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Le blog de Lucien PONS

la syrie - la libye - l'iran -

Le conflit syrien pour les nuls, par Observatus geopoliticus

2 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le conflit syrien pour les nuls

Publié le 29 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Moyen-Orient

En ces fêtes de fin d'année, vous aurez peut-être, chers lecteurs, l'occasion de discuter entre la poire et le fromage de la guerre en Syrie qui entre dans sa phase terminale. Vous me dites souvent qu'il est difficile d'expliquer la situation à des gens qui se contentent des "informations" dégurgitées par BFM ou l'imMonde. Pour répondre à cette demande, voici un résumé schématique et clair de ces huit années qui ont bouleversé le Moyen-Orient et changé la donne mondiale.

La problématique centrale du conflit est l'arc chiite Iran-Irak-Syrie-Hezbollah :

Cet arc est, pour diverses raisons, la bête noire des Etats clients/alliés de l'empire américain au Moyen-Orient.

Pour les pétromonarchies du Golfe, Arabie saoudite et Qatar en tête, il empêche de faire passer leurs pipelines vers la Turquie et l'Europe. Cela se double, pour Riyad, d'une véritable obsession religieuse vis-à-vis de l'"hérésie" chiite.

Pour Israël, l'arc, qui se nomme lui-même axe de la Résistance et soutient la cause palestinienne (les sunnites ont depuis longtemps abandonné la lutte), est l'ennemi à abattre. Il est synonyme de continuum stratégique qui ravitaille le Hezbollah au Liban.

La Turquie a une position géographique exceptionnelle et prétend devenir l'interface énergétique par laquelle passeraient les gazoducs et oléoducs des pétromonarchies. De plus, Erdogan a engagé une ambitieuse politique néo-ottomane sunnite qui lorgne vers le Sud.

Pour les Américains, outre le fait de plaire à leurs protégés (c'est le rôle de tout empire) et de mettre des bâtons dans les roues de l'Iran, leur ennemi depuis 1979, cela permettrait de squizzer énergétiquement la Russie et de la remplacer, sur le marché européen, par les hydrocarbures du Golfe.

Ainsi, tout concourt à ce que "quelque chose se passe". Dès 2007, dans un article prémonitoire intitulé The redirection, Seymour Hersh indicait que la "guerre contre le terrorisme" avait laissé place à la guerre contre les chiites, pourtant ennemis mortels des terroristes sunnites qui mettaient l'Occident et le monde à feu et à sang. Rien d'étonnant à cela, les Américains avaient déjà profité de l'émotion du 11 septembre pour régler leurs petits comptes géopolitiques et attaquer Saddam, pourtant adversaire d'Al Qaïda...

Quelque chose se prépare donc, mais où ? Attaquer l'Iran de front est impossible après les fiascos irakien et afghan. Ré-attaquer l'Irak "libéré" quelques années auparavant est invendable auprès de l'opinion publique. Quant au Hezbollah libanais, il est par trop excentré et Israël s'y est d'ailleurs cassé les dents en 2006. Le maillon faible est la Syrie. C'est là que les efforts vont se porter.

Dès la fin des années 2000, le plan est prêt, comme l'expliquera Roland Dumas. La vague des "Printemps arabes" de 2011 est un prétexte idéal. Qu'une partie des Syriens se soulève réellement, sans arrière-pensées, contre Assad ne peut être nié. Que d'autres groupes aient été préparés et financés en amont, faisant partie d'une manœuvre élaborée dans des capitales étrangères pour faire tomber Assad, c'est une évidence.

  • Plan A (2011-2014) : le renversement d'Assad

Le plan est simple : faire tomber Assad et le remplacer par un régime sunnite favorable aux intérêts de l'empire US et de ses clients.

L'arc chiite serait coupé, le Hezbollah isolé au Liban et les pipelines pétromonarchiques pourraient passer, via la Jordanie alliée et la Syrie nouvellement conquise, vers la Turquie et l'Europe.

La "rébellion" va bon train et le gouvernement a déjà perdu tout l'Est du pays en juin 2013. Peu importe que le Front al-Nusra (la branche syrienne d'Al Qaïda) soit le fer de lance de la révolte, les rebelles continueront à être qualifiés de "modérés" dans notre bonne presse. Pour les parrains de la "révolution", la chute d'Assad n'est qu'une question de temps...

Cependant, quelques grains de sable enrayent la machine. En Syrie utile, à l'Ouest, les loyalistes résistent, soutenus en bloc par les minorités religieuses (Alaouites, chrétiens) ainsi que par la bourgeoisie sunnite, effrayés par le djihadisme des "rebelles". Le Hezbollah, lui, vole au secours d'Assad et envoie ses bataillons. C'est dans ce contexte qu'intervient le premier false flag chimique, celui de la Ghouta, qui doit servir de prétexte au bombardement massif des loyalistes par les Américains, ouvrant une voie royale aux rebelles modérément modérés. Mais Poutine est là, qui désamorce la crise, on s'en rappelle.

  • Plan B (2014-2015) : Daech et le corridor sunnite

La probabilité de voir le renversement d'Assad et la prise de contrôle de toute la Syrie ayant du plomb dans l'aile, une autre idée se fait jour, un plan à minima en quelque sorte : créer un sunnistan de part et d'autre de la ligne Sykes-Picot, frontière artificielle séparant l'Irak et la Syrie. C'est à cela que servira Daech.

Les mails piratés de Clinton le montrent, les généraux américains (Wesley Clark, Michael Flynn) le confirment : les alliés des Etats-Unis ont financé et aidé Daech pendant que Washington regardait opportunément ailleurs. On parle ici des éternels suspects saoudiens et qataris bien sûr. Quant à la Turquie, ses liens avec l'Etat Islamique sont connus de tous. A Kobané, pendant que les Kurdes résistaient aux furieux assauts de Daech, l'artillerie turque les bombardait dans le dos. Plus localement (Golan), sans que cela ait d'ailleurs une grande portée stratégique, Israël a tissé de bonnes relations avec l'EI ; ses responsables et sa presse ne s'en cachent pas.

Fin 2014, le sunnistan est une réalité :

Néanmoins, rien ne va plus. Le 29 juin 2014, l'Etat Islamique proclame le Califat sur les territoires qu'il contrôle. Pour l'Arabie, gardienne des lieux saint de l'islam, c'est un casus belli, non pas idéologique (les décapitations saoudiennes n'ont rien à envier à celle de l'EI), mais religieux. Comment ?! Nos créatures nous échappent, une fois de plus...

Les exactions mises en scène par Daech entraînent la réprobation internationale et le retournement de certains pays. Le roi de Jordanie, horrifié de voir un de ses pilotes brûlé vif dans une cage, sent le vent tourner et se rapproche de Moscou, donc de Damas. Les Etats-Unis, qui avaient longtemps fermé les yeux, se réveillent soudain devant les caméras et se retournent contre le monstre qu'ils avaient paternellement laissé proliférer. Surtout que, depuis septembre 2015, les Russes se sont invités dans la partie et, eux, ne font pas de détails...

  • Plan C (2015-2018) : la carte kurde

C'est en quelque sorte un plan B bis, encore plus réduit et comportant bien des complications.

Daech étant décidément insoutenable, le dernier jeu en vogue est intitulé Qui prendra la place du Califat ? Créer, de la main gauche, un monstre qui fait le sale boulot pour finir par le combattre, de la main droite, afin de prendre sa place : la ficelle est vieille comme le monde. C'est ce qu'ont fait les pompiers-pyromane américains, avec les Kurdes dans le rôle de l'extincteur.

Premier problème : ces Kurdes vivent dans l'extrême nord syrien et sont les frères d'armes et la base arrière du PKK, la bête noire de la Turquie, membre de l'OTAN. Washington est bien embêtée : seuls les Kurdes sont capables de reprendre le territoire daéchique et couper l'arc chiite, mais les utiliser et les armer provoque la fureur d'Ankara. Le tour de passe-passe consistant à y adjoindre quelques combattants arabes et à rebaptiser le tout "Forces Démocratiques Syriennes" (FDS) ne trompe personne et surtout pas Erdogan.

Dès lors, le sultan se retourne lui aussi contre Daech et envahit une partie du Nord syrien (Al Bab) pour prendre de vitesse les Kurdes et empêcher leur jonction avec Afrin. Il passe ensuite son temps à recycler les barbus d'Idlib pour les lancer contre le Rojava des Kurdes, à menacer régulièrement ces derniers et à grogner contre leur protecteur américain.

Cela n'empêche pas les FDS cornaquées par les forces spéciales US d'avancer vers le Sud, bien loin de leur zone de peuplement. Commence alors une folle course-poursuite entre Kurdo-Américains d'un côté, Syro-Irano-Russes de l'autre, sur les décombres du califat de Daech, en direction de la frontière syro-irakienne. Pour les premiers, il s'agit de couper l'arc chiite, pour les seconds de le reconstituer.

Les "chiites" marquent un point précieux en juin 2017 quand ils doublent la base américaine d'Al Tanaf dans le Sud et parviennent à la frontière. Ils continuent vers le noeud stratégique d'Al Bukamal, que visent également, de l'autre côté de l'Euphrate, les FDS qui descendent à toute allure. En Irak, les milices chiites pro-iraniennes font de même tandis que le califat de l'EI est laminé de tout côté.

La bataille finale n'aura finalement pas lieu malgré les tensions et les escarmouches, Russes et Américains ayant trouvé un modus operandi, se partageant les rives de l'Euphrate. Mis à part quelques poches isolées, l'EI est fini, y compris de l'autre côté de la frontière, en Irak. Quant à l'arc chiite, il est partiellement reconstitué, mais enserré entre la zone contrôlée par les FDS et la poche américano-"rebelle" d'Al Tanaf.

C'est dans ce contexte qu'intervient la bombe lancée en ce mois de décembre 2018 par Trump sur le retrait américain de Syrie.

Voilà, chers lecteurs, le conflit syrien résumé schématiquement en quelques minutes. Vous avez maintenant tous les éléments pour briller dans les dîners en ville ou, plus simplement, expliquer à votre entourage ce qui sous-tendait cette guerre. Vous pouvez aussi tout simplement donner le lien vers cet article. Quant à nous, continuons sur les derniers rebondissements...

*** Dernières nouvelles ***

Les prédictions de notre dernier billet se révèlent exactes. L'armée syrienne entre massivement dans la région de Manbij, en coordination avec les FDS face aux rebelles et à leur parrain turc. Les Kurdes ne savent plus quoi faire pour caresser les loyalistes, un porte-parole déclarant même que FDS et armée syrienne sont les membres d'une même famille. Le retournement de veste kurde prête à sourire, mais nous avons toujours souligné ici que, depuis toutes ces années, les deux parties avaient bien pris soin de ne jamais couper les ponts.

Pour le système impérial, le sénateur Lindsay Graham en tête, l'appel des Kurdes à Assad est "un désastre majeur", rien que ça. Et le faucon néo-con de continuer : "C'est un cauchemar pour la Turquie et peut-être Israël. Les grands vainqueurs sont l'Iran, Assad et l'EI". Daech étant fini, la dernière partie du communiqué est un élément de propagande. Pour le reste, il n'a pas tort et on comprend qu'il soit horrifié devant la reconstitution de l'arc chiite.

Les Turcs l'ont effectivement un peu mauvaise, affirmant même sans rire que les Kurdes n'avaient "pas le droit de demander de l'aide au gouvernement syrien" (!) Le sultan ne sait plus sur quel pied danser, éructant contre "l'opération psychologique" de Damas à Manbij mais assurant que si les YPG s'en retirent, tout va bien finalement.

Les Russes ont encore manœuvré à la perfection, prenant bien soin de ne laisser personne sur le carreau et de donner du sucre à tout le monde. Ils sont vraisemblablement derrière l'accord sur Manbij et assurent que la présence militaire turque en Syrie est "temporaire". Le message est d'ailleurs délicieusement ambigu, justifiant les actions d'Ankara tout en lui montrant gentiment la porte de sortie :

"Les activités de la Turquie dans le nord de la Syrie sont un phénomène temporaire lié à ses préoccupations de sécurité nationale. Nous savons qu'Ankara apporte son soutien total à l'intégrité territoriale et à la souveraineté de la Syrie, et rien ne nous permet de remettre en cause la crédibilité de cette position".

Selon certaines rumeurs, les Russes auraient été plus loin et averti Ankara de rester en dehors de cette affaire et de laisser Assad reprendre l'intégralité du territoire.

Le message est en tout cas passé et les Turcs se déclarent heureux de continuer à coopérer avec la Russie et l'Iran dans le format Astana pour régler le conflit. L'importante délégation turque qui a fait le voyage de Moscou semble avoir quand même obtenu quelque chose. Les deux pays se sont mis d'accord sur la coordination entre leurs troupes pour "éliminer la menace terroriste en Syrie". En décodé, cela pourrait vouloir dire qu'Ankara va enfin s'occuper de l'Idlibistan tandis que Moscou va tenter de convaincre les YPG kurdes de désarmer. L'on se dirige petit à petit vers ce que nous prévoyions :

On peut imaginer à terme un Kurdistan syrien autonome mais occupé par l'armée syrienne dans laquelle seraient intégrées les YPG. Sous contrôle de Damas, donc, mais aussi de Moscou. Acceptable pour les Turcs, acceptable pour les Kurdes, acceptable pour Assad et le Kremlin.

Alors que le système impérial reste sur sa faim, la guerre est sur sa fin. Retournant leur keffieh à la vitesse de l'éclair, les pays arabes annoncent l'un après l'autre la réouverture de leur ambassade à Damas. Les rats remontent sur le navire... Les plus hypocrites sont sans doute les Emirats Arabes Unis, dont la télé Sky News n'a pas assez de louanges sur le renouveau d'Alep, après avoir passé des années à troller sur le désormais légendaire "dernier hôpital" de la ville. Quant aux Saoudiens, ils se préparent doucement mais sûrement à suivre le mouvement. La malédiction de Touthankassad a encore fait une victime : Jubeir, le MAE de Riyad qui nous assurait pendant des années qu'Assad allait partir, vient de voir la porte.

Ce sont tous ces atterrissages à l'aéroport de Damas qui ont peut-être permis aux Israéliens de perpétrer leur peu glorieux raid de Noël. Nous savions déjà que les jets s'étaient cachés derrière des avions civils. Ils se pourrait qu'ils aient également profité du fait que Damas ait désactivé le brouillage électronique GPS de sa défense anti-aérienne afin de permettre aux avions des émissaires d'atterrir. S'ils voulaient, par ce coup de poker un peu suicidaire, éliminer l'Arsène Lupin du Moyen-Orient, Qassem Soleimani, c'est raté. Le bonhomme était tranquillement en train d'assister à un service funéraire à Téhéran...

Reste l'Irak, où la visite surprise du Donald au nez et à la barbe de Bagdad, a fait des vagues. Nous nous demandions il y a trois jours :

Reste à voir si les dirigeants irakiens, qui n'ont même pas été invités à la petite sauterie, seront d'accord et s'ils possèdent une marge de manœuvre suffisante pour refuser ce qui ressemble furieusement à un diktat de Washington.

La réponse ne s'est pas fait attendre. La condamnation est unanime et les principaux partis politiques irakiens veulent désormais voter au parlement l'expulsion des troupes américaines du pays. Comme le dit un député : "L'Irak ne doit pas être une plateforme servant aux Américains à régler leur compte avec les Russes et les Iraniens". Ici encore, Grand jeu et arc chiite, c'est tout ce dont il s'agit dans ce conflit, même si vous n'en lirez pas une ligne dans la presse...

Terminons sur une hypothèse, osée certes. Après ses annonces de retrait syrien et afghan, Trump, véritable fossoyeur de l'empire, souhaite également se désengager d'Irak. Ne pouvant en prendre publiquement la responsabilité, car cela entraînerait la rébellion ouverte du Deep State, déjà échaudé par le retrait de Syrie, il organise ce voyage provocateur. Cela cause évidemment la fureur des dirigeants irakiens, dont le parlement vote l'expulsion des troupes US. Et le Donald, jouant de son apparente bêtise, de se justifier : Vous voyez, je voulais rester mais ce sont eux qui nous ont fait partir.

Encore une fois, ce n'est qu'une simple hypothèse, improuvable de toute façon. Elle aurait toutefois le mérite d'expliquer l'invraisemblance de ce voyage, secret sans raison et contraire à toutes les règles diplomatiques. L'avenir nous le dira...

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Idlib: les "agents occidentaux" tués!

20 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

  • Idlib: les

Explosion d'un atelier de fabrication de produits chimiques à Idlib a fait des morts et pas n'importe quels morts: depuis des années on assiste en Syrie aux mises en scènes chimiques qui servent par intermittence de prétexte aux frappes occidentales contre le sol syrien.

Ces mises en scènes ont impliqué des agents que les médias "mainstream" ne cessent de décrire comme étant des humanitaires. Or ces pseudo humanitaires ou "Casques blancs" viennent de périr dans un incident "chimique" alors qu'ils étaient en plein processus de fabrication d'arme chimique! 

Selon Sputnik, 11 experts britanniques, tchétchènes et turcs ont été tués à la suite de l'explosion d'un atelier contenant de grandes quantités d’engrais, d'explosifs et de barils de chlore liquide. L'atelier se trouve dans le district de " Turmanin " située dans la banlieue nord d'Idlib, à 15 kilomètres de la frontière turque.

Neuf experts étrangers et deux éléments des "Casques blancs " ont péri dans cette explosion. Le bilan des morts de cet incident, "à l’origine pour l’instant indéterminée", pourrait s’alourdir puisque plusieurs corps ont été pulvérisés.  

Une partie de l'atelier abritait un laboratoire de production des produits explosifs et chimiques et il était placé sous la supervision d'"experts étrangers d’origine britannique, tchétchène et turque", et certains d'entre eux se trouvaient à l'intérieur de l'atelier au moment de l’explosion.

Selon des sources syriennes aucune thèse n'était encore privilégiée par les forces de sécurité après la violente explosion qui a soufflé ce samedi cet atelier : « Une erreur technique humaine, commise au cours de certains testes, pourrait être à l’origine de cette explosion », a-t-on appris de la même source.

En pleine coopération avec des "Casques blancs" leTahrir al-Cham (ex-Front al-Nosra) a transporté des substances de cet atelier vers des lieux inconnus. Le 14 octobre Tahrir al-Cham a annoncé dans un communiqué son opposition à l'accord sur la mise en place d’une zone démilitarisée à Idlib, (nord-ouest syrien) signé entre les parties turque et russe à Sotchi.

En dépit des preuves démontrant les crimes de guerre commis par les Casques blancs opérant en Syrie, ces derniers et leur famille seront accueillis en héros au Royaume-Uni. Le Canada de Jacques Trudeau vient lui aussi accord l'asile à de nombreux Casques blancs, en leur rendant un hommage appuyé. 

Pour le chef de la diplomatie syrienne Walid al-Mouallem, les Casques blancs sont une organisation créée avec le soutien du MI6 et chargée de mettre en scène une attaque chimique à Idlib et d’en accuser le gouvernement syrien. L'incident d'aujourd'hui prouve que le diplomate a entièrement raison. 

Plusieurs preuves avaient auparavant démontré le rôle des Casques blancs dans les complots visant à accuser le gouvernement syrien de violations des droits de l’homme.

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Syrie : 60 civils tués par la Coalition à Deir Ezzor. Par AL Manar

20 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie : 60 civils tués par la Coalition à Deir Ezzor

Le 20 octobre 2018
Syrie : 60 civils tués par la Coalition à Deir Ezzor. Par AL Manar

 

Rédaction du site

Plus de 60 civils ont trouvé la mort dans les frappes portées par la coalition US sur Deir Ezzor, rapporte l’agence syrienne SANA en citant des sources sur le terrain.

«62 civils sont morts et des dizaines d’autres ont été blessés dans une attaque aérienne de la coalition internationale visant les villages d’al-Soussa et al-Boubadran dans l’est de la province de Deir Ezzor», indique l’agence.
Ils ont péri dans trois attaques perpétrées à trois moments différents durant ces dernières 24 heures contre ces villages actuellement contrôlés par Daech.
Les raids aériens de la coalition ont visé les mosquées de Othmane ben Affane et Ammar ben Yasser, ainsi que les maisons et l’infrastructure.

Selon Sana, les avions de la coalition mènent depuis quelques jours la politique de la terre brûlée sous prétexte de vouloir éradiquer Daech qui avait attaqué la milice kurde de Forces démocratiques syriennes, conquis 20 km2, et pris en otage 800 civils, selon des sources syriennes et russes.

Le 13 octobre dernier, l’agence SANA a rapporté que la coalition antiterroriste internationale avait largué des bombes au phosphore blanc sur la ville de Hadjin à une centaine de kilomètres de Deir Ezzor.

 

Source: Divers

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Idlib : la bataille reprend de plus belle contre les terroristes

20 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

 19 octobre 2018 
Un commandant et des officiers de l’armée syrienne en visite à Alep. ©AFP
Un commandant et des officiers de l’armée syrienne en visite à Alep. ©AFP

De lourds affrontements ont éclaté entre les forces de l’armée syrienne et les terroristes à Idlib après que ces derniers ont refusé à nouveau de quitter la zone tampon désignée.

Des affrontements violents ont eu lieu, ce vendredi 19 octobre, entre l’armée syrienne et les terroristes dans la campagne orientale d’Idlib, après des bombardements intenses de l’armée syrienne qui ont visé les positions de Hayat Tahrir al-Cham situées près de la base aérienne d’Abou Dhuhour dans l’est de la province d’Idlib.

Selon une source militaire dans la région, l’armée syrienne aurait ciblé avec des missiles et des obus d’artillerie les positions des terroristes situées près de Khuwayn et de Zarzour, afin de riposter à la pléthore de missiles que les terroristes tiraient sur la région d’Abou Dhuhour.

Cette dernière confrontation intervient à peine 24 heures après l’arrivée du commandant des Forces du Tigre, le général de brigade Suheil al-Hassan, dans l’est de la province d’Idlib, avec l’un des chefs du 5e corps de l’armée.

Les sources sur le terrain indiquent que l’armée syrienne s’apprête à lancer une nouvelle offensive dans la partie orientale de la zone tampon tandis que les terroristes ont refusé de quitter les lieux.

En effet, l’accord de Sotchi avait été appliqué à Idlib sans que les terroristes ne remplissent leurs engagements consistant à se retirer de la zone tampon.

 

Quant à la province d’Alep, l’armée syrienne avait donné aux terroristes jusqu’au 15 octobre pour retirer leurs forces d’al-Zahraa dans l’ouest de cette province syrienne, afin d’éviter de lancer une offensive sur ce front.

L’ultimatum était fixé au lundi 15 octobre. Les terroristes auraient dû se retirer de la « zone démilitarisée » à Idlib. Mais ils ont fait faux bond. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant, dans la mesure où ces derniers ont aussi déjà violé l’accord. 

 

 

En dépit des mises en garde répétées des armées syrienne et russe, les terroristes de Hayat Tahrir al-Cham et leurs alliés ont non seulement refusé de retirer leurs forces opérant sur cet axe, mais ont aussi lancé un défi à l’armée syrienne et à ses alliés. Depuis le 15 octobre, ils attaquent tous les jours l’ouest d’Alep.

L’armée syrienne y a réagi en envoyant un grand nombre de renforts censés s’installer aux abords du quartier d’al-Zahraa, où elle s’est associée aux troupes de la Garde républicaine qui se battent en première ligne contre les terroristes depuis le déclenchement de la bataille d’Alep en 2012.

L’armée syrienne devrait lancer une grande opération dans les semaines à venir pour mettre fin à la présence des derniers éléments de Hayat Tahrir al-Cham dans la capitale provinciale.

 

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Comment les Kurdes imposent leur domination aux chrétiens dans le Nord syrien. Par Caroline HAYEK

7 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

Comment les Kurdes imposent leur domination aux chrétiens dans le Nord syrien
Éclairage

Fermeture d’écoles, arrestations, intimidations... Les Assyriens et autres minorités dans le Rojava sous haute pression.

05/10/2018
 

Les chrétiens du nord-est de la Syrie ne savent plus à quel saint se vouer. Minoritaires dans une région dominée aujourd’hui par les forces kurdes, les Assyriens sont en proie à une répression de la part des autorités de la province autonome de facto. À la faveur de leur lutte contre l’EI, les Kurdes ont pu accroître leur domination dans l’Est syrien et ainsi gagner en autonomie vis-à-vis du régime avec lequel ils entretiennent des relations ambivalentes. Les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurdes et soutenues par Washington) jouent leur propre carte en Syrie dans le but d’établir le grand Rojava, une zone autonome a la frontière syro-turque. C’est plus précisément dans le canton d’el-Jeziré que le ton est monté entre la minorité religieuse et les FDS, notamment à cause de la promulgation de plusieurs décrets cet été, jugés « nuls et non avenus » par les différentes Églises, concernant la gestion des écoles privées. Des opposants assyriens sont, depuis, la cible de la police du gouvernement autonome.

Fin août, plusieurs établissements se sont vu fermer leurs portes par les autorités en place, avant que la population et les chefs communautaires ne manifestent leur indignation et leur refus de se plier aux lois du Rojava. Après avoir mis la main sur près d’une centaine d’écoles gouvernementales afin d’y imposer leur programme scolaire, les Kurdes espéraient parvenir à faire plier les écoles chrétiennes à Qamechli, à Darbassiya et à Malikiya. Le parti de l’Union syriaque, qui a rejoint la coalition kurde du PYD (Parti de l’union démocratique, considéré par Ankara comme la branche syrienne du PKK terroriste), a été envoyé pour imposer ses propres enseignants et un même corpus scolaire aux directeurs de ces écoles qui accueillent des enfants de toutes les communautés religieuses. « Ils veulent désormais qu’on refuse les enfants kurdes sous prétexte qu’ils iront dans leurs propres écoles. Et le dernier décret en date stipule que tout fonctionnaire de la région autonome qui enverrait ses enfants dans des écoles suivant le programme de l’État devra payer une amende d’un million de livres syriennes et recevra une peine de prison de trois mois », déplore Mgr Benham Hindo, évêque syro-catholique de Hassaké, contacté par téléphone. « Nous refusons de nous soumettre à leurs diktats et continuerons à résister à la domination kurde. Ils veulent nous voler notre terre, notre langue et notre culture, en somme nous faire partir », poursuit-il.

(Lire aussi : En Syrie, le cursus scolaire fait polémique dans les régions kurdes)

 

Police assyrienne

De nombreuses voix dissidentes se sont élevées contre ces agissements jugés « hostiles », mais elles ont rapidement été réprimées par la force. Un intellectuel assyrien et coordinateur au sein du système éducationnel syriaque, Issa Rachid Issa, a ainsi été passé à tabac le 22 septembre par la Sutoro, force de police assyrienne, intégrée aux Asayech, la police kurde. Le directeur d’une école de Malikiya, Charbel Michel Saliba, a quant a lui été détenu pendant cinq heures le 1er octobre. Une autre personnalité, Sleiman Youssef, un journaliste et activiste de Qamechli, opposant au régime de Damas, a été emmené la veille par la police, sans la moindre explication. « Vers 20h dimanche dernier, trois pick-up ont débarqué devant chez nous et des hommes armés de la Sutoro ont demandé après mon père. Ils ont mis à sac la maison sans que l’on comprenne ce qu’ils voulaient y trouver, puis ils sont partis avec les ordinateurs et nos téléphones portables et ont emmené notre père », raconte Serin Youssef, l’un de ses fils, témoin de la scène, contacté via Facebook. « Cela fait des années que notre père s’oppose ouvertement dans ses écrits au Parti syriaque et aux Kurdes, refusant de vivre sous leur joug, mais c’est la première fois qu’ils s’en prennent à lui de la sorte », déplore son autre fils Emarceen, refugié en Allemagne, également contacté par L’OLJ. Le journaliste avait ouvertement dénoncé la fermeture des écoles assyriennes de la région et fait part d’actes d’intimidation de la part des autorités en place. « Les soutiens de notre père sont nombreux, mais beaucoup ont peur de critiquer les autorités », confie Serin. Alors que le sort des écoles, rouvertes provisoirement, est aujourd’hui suspendu à la décision de prochains pourparlers au sein d’une commission initiée par Mgr Hindo avec les autorités, la détention arbitraire de Sleiman Youssef est venue jeter plus d’huile sur le feu. En fin de soirée hier, on apprenait la libération du journaliste assyrien. Contacté par L’OLJ, le PYD n’a pas donné suite.

« Les Kurdes ont fait porter le chapeau de la fermeture des écoles au Parti syriaque. Nous traitons aujourd’hui directement avec Saleh Muslim (fondateur du PYD) afin de régler la question à travers une commission », précise l’évêque de Hassaké. Cherchant à calmer les esprits, la Sutoro affirme dans son dernier communiqué vouloir protéger toutes les communautés religieuses et défendre la liberté de pensée. « La plupart des chrétiens ne sont pas d’accord avec l’attitude du Parti syriaque, qu’ils perçoivent comme un groupe de traîtres allant contre les intérêts de leur communauté, même s’ils affirment le contraire », renchérit Emarceen. « Les chrétiens de la région ne veulent ni des Kurdes ni du régime, dont le comportement est similaire », estime le jeune homme.

(Lire aussi : Les Kurdes syriens vont poursuivre le dialogue avec le régime)

Mgr Hindo accuse les forces kurdes de vouloir soumettre à tout prix les populations locales. Un comportement qui ne date pas d’hier. Dans cette région contrôlée par les Kurdes depuis plusieurs années, cohabitent des minorités arabes, assyriennes, syriaques et d’autres communautés plus petites comme les Arméniens, les yézidis, les Turkmènes et les Circassiens. « Le 18 août 2015, un sniper des forces kurdes m’a tiré dessus, j’en garde la trace. Et aujourd’hui encore, notre évêché est entouré par de nouveaux snipers », fustige Mgr Hindo, qui dit rejeter l’autorité du gouvernement kurde. Selon lui, tout indique qu’un projet pour faire fuir les chrétiens de la région est toujours en cours.

Le 23 février 2015, le groupe État islamique s’empare de près de 14 villages assyriens, jetant des milliers de personnes sur les routes. « L’armée syrienne était à 500 mètres de la route de montagne où sont passés les convois de Daech (acronyme arabe de l’EI) mais pas une seule rafale de kalachnikov n’a été tirée pour extirper les gens de leur sommeil », accuse Mgr Hindo. Un sentiment d’abandon exprimé vis-à-vis d’un régime qui « ne peut rien faire » aujourd’hui par rapport aux ambitions hégémoniques des Kurdes. « J’ai même envoyé un mémorandum à Sotchi – ayant été invité mais n’ayant pas pu y aller – dont la plus grande partie traite de la question des Kurdes », ajoute l’évêque. La communauté internationale, « inerte face au sort des chrétiens syriens », est également pointée du doigt. L’évêque syro-catholique ne parvient plus aujourd’hui à avoir un décompte fiable de ses ouailles. « Nous avons tous les jours des demandes de copie de certificat de baptême, car les gens ne pensent qu’à une chose, c’est partir », déplore Mgr Hindo.

 

 

Repère

 

Les Kurdes de Syrie, longtemps marginalisés, autonomes de facto dans le Nord

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Est-ce qu’un nouveau « Suez » est en préparation pour la Syrie ? Par Alastair Crooke

7 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch

 
7.octobre 2018 // Les Crises
 
Est-ce qu’un nouveau « Suez » est en préparation pour la Syrie ? Par Alastair Crooke
 

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 01-09-2018

Est-ce qu’un nouveau « Suez » est en préparation pour la Syrie?

Ainsi, la métamorphose est terminée. Le président Trump a finalement, entièrement, changé le discours de sa campagne de 2016, qui consistait à imaginer de façon vague une politique étrangère grandiose basée sur des négociations pour « LA PAIX MONDIALE, rien de moins ! » comme Trump l’a tweeté quand il a imposé des sanctions contre l’Iran. Nous avons écrit, le 3 août, citant le professeur Russell-Mead, que la métamorphose de Trump du 8 mai (La sortie du JCPOA par les USA), a constitué un changement radical de direction : celui qui reflète « l’instinct de Trump, lui disant que la plupart des Américains ne désirent pas du tout un monde “post-Américain” ». Les partisans de Trump ne veulent plus de longues guerres, « mais ils ne sont pas susceptibles non plus d’accepter stoïquement le déclin des USA ».

Tout a commencé, très précisément, par « la métamorphose de Trump le 08 mai » – c’est a dire, au moment où le président des USA a définitivement adopté « la ligne israélienne : sortie de l’accord sur le nucléaire iranien, décision de sanctionner et d’asphyxier l’économie de l’Iran et quand il a approuvé le (vieux, jamais réalisé) projet d’une « OTAN arabe » sunnite, mené par Riyad, qui s’opposerait à l’Iran chiite.

En termes pratiques, « l’art de la négociation de Trump » [référence à son livre The Art of the Deal, NdT] appliqué à la géostratégie, comme nous le voyons maintenant, s’est ainsi transformé en une utilisation radicale de moyens de pression (en utilisant un dollar fort et les taxes douanières comme armes) – en recherchant toujours les moyens de forcer l’adversaire à la capitulation. Ceci ne peut pas être dénommé « négociation » : C’est plutôt comme si ce script avait été tiré du film Le Parrain.

Mais, quand Trump a sans réserves adopté la « ligne » israélienne (ou, plus correctement la ligne Netanyahou) , il a également endossé tous « les bagages » qui viennent avec. Le document A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm [Un nouveau départ : une stratégie pour sécuriser le royaume, NdT] de 1996, préparé par un groupe d’étude mené par Richard Perle pour Benjamin Netanyahou, a lié les camps des néoconservateurs israéliens et américains en un seul ensemble. Et ils sont toujours étroitement liés. « L’équipe Trump » est maintenant remplie de néoconservateurs qui haïssent l’Iran sans retenue. Et Sheldon Adelson (un gros donateur de la campagne de Trump, un soutien de Netanyahou et l’instigateur du déplacement de l’ambassade des USA à Jérusalem), a par conséquent pu implanter son allié, John Bolton (un néoconservateur), comme conseiller principal en politique étrangère de Trump.

L’Art de la négociation a efficacement été transformé en un outil néoconservateur pour augmenter le pouvoir américain – et de nos jours il ne reste rien de l’idée « d’avantage mutuel » ni dans les discours, ni dans les actes.

Et maintenant, cette semaine, la métamorphose a été achevée. Après le sommet de Helsinki entre Trump et le Président Poutine, qui semblait avoir ouvert une petite opportunité – par la coopération entre les deux États – pour ramener la stabilité en Syrie. Beaucoup ont espéré que de ce petit terrain d’entente au sujet de la Syrie, une légère diminution de la tension entre les USA et la Russie pouvait avoir trouvé un sol fertile.

Trump a dit des choses positives ; la zone autour de Dera’a, au sud la Syrie, a été vidée en douceur des insurgés et a été reprise par l’armée syrienne. Israël n’a pas émis d’objection à avoir l’armée syrienne comme proche voisin. Mais ensuite la coopération s’est arrêtée. La raison n’en est pas claire, mais peut-être ceci était le premier signe de l’éclatement du pouvoir à Washington. La compréhension mutuelle d’Helsinki a d’une façon ou d’une autre disparu (bien que la coordination entre militaires ait continué).

Poutine a envoyé le responsable du Conseil de la sécurité russe à une réunion avec Bolton à Genève le 23 août, pour explorer d’éventuelles possibilités de coopération commune ; et, si c’était le cas, si c’était une initiative politiquement « viable ». Mais avant même que cette réunion bilatérale avec un représentant russe se soit tenue, Bolton – parlant à partir de Jérusalem (de ce que l’on a considéré comme un séminaire pour « faire reculer l’Iran » avec le premier ministre Netanyahou) – a averti que les États-Unis répondraient « très fortement » si les forces loyales envers le Président syrien Bashar Al-Assad devaient utiliser des armes chimiques dans l’offensive pour reprendre la province d’Idlib (offensive attendue pour septembre), prétendant que les USA avaient des renseignements sur leur intention d’utiliser de telles armes dans Idlib.

Le porte-parole du Ministère de la Défense Russe, cependant, a dit le 25 août « les Militants de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), [formés par une entreprise britannique identifiée], se préparaient à mettre en scène une attaque chimique en Syrie du nord qui sera utilisée comme prétexte pour une nouvelle frappe de missiles par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France – sur les installations du gouvernement de Damas ». Les officiels russes ont dit qu’ils avaient tous les renseignements sur cette opération sous faux-drapeau.

Ce qui est clair est que depuis début août les USA ont mis en place une task force navale (incluant l’USS Sullivans et l’USS Ross) en position de frapper la Syrie, ainsi que des forces aériennes dans la base aérienne des USA au Qatar. Le président français Emmanuel Macron a de même déclaré que la France était aussi prête à lancer de nouvelles frappes contre la Syrie, en cas d’attaque aux armes chimiques dans le pays.

Le journal turc Hurriyet dit que l’armée des USA jette les bases pour fermer l’espace aérien sur la Syrie du nord. Des camions militaires américains sont signalés comme ayant transporté des systèmes radar dans la ville de Kobanî, contrôlée par la milice Kurde et sur la base militaire des USA dans Al-Shaddadah au sud d’Al-Hasakah. Hurriyet prétend que les USA planifient d’utiliser ces stations radar pour établir une zone d’exclusion aérienne sur le territoire entre Manbij à Alep et Deir ez-Zor. (Cette information cependant, n’est pas confirmée)

Évidemment, la Russie prend cette menace américaine très au sérieux (elle a déployé 20 navires de guerre dans l’Est de la Méditerranée, face à la Syrie). Et l’Iran évidemment prend également la menace au sérieux. Dimanche le Ministre de la Défense iranien a fait une visite impromptue et rapide à Damas pour sceller un accord tripartite (Russie, Syrie et Iran) en réponse à tout type d’attaque américaine sur la Syrie.

Puis, à la suite des allégations de Bolton en matière d’armes chimiques et du pré-positionnement de navires lance-missiles guidés américains près de la Syrie, Petrushev et Bolton se sont rencontrés. La réunion a été un désastre. Bolton a insisté pour que Petrushev admette l’ingérence russe dans les élections américaines. Petrushev a refusé. Trump a dit que nous avons des preuves « secrètes ». Petrushev a rétorqué que si c’était le cas, quel était le but de d’exiger cet aveu. Bolton a effectivement dit : Nous vous sanctionnons quand même.

Eh bien… sans surprise, les deux n’ont pas été en mesure de s’entendre sur le retrait iranien de la Syrie (que Petrushev a mis sur la table). Bolton a non seulement dit « non » catégoriquement, mais il a ensuite rendu publique l’initiative russe de parler d’un éventuel retrait de l’Iran – la tuant ainsi dans l’œuf, et tuant cette initiative comme étant une manœuvre pour faire levier sur une diplomatie ultérieure. Même le communiqué final, insipide, terne et non informatif, qui est habituel dans de telles circonstances, n’a pu être adopté.

Le message semble clair : tout accord d’Helsinki sur la Syrie est mort. Et les États-Unis sont prêts à frapper la Syrie, semble-t-il (ils ont en fait mis des moyens en position). Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ?

Un élément évident est que, jusqu’à présent, la main de Trump dans tout cela n’est pas visible. Aujourd’hui, le pouvoir semble s’être fracturé à Washington en ce qui concerne la politique au Moyen-Orient. Les néoconservateurs sont aux commandes. C’est très important, car le mince pilier sur lequel le rapport de Trump avec le président Poutine s’était construit, était la perspective d’une coopération américano-russe sur la Syrie. Et cela semble, maintenant, être lettre morte.

Lawrence Wilkerson, aujourd’hui professeur, mais ancien chef de cabinet du secrétaire d’État Colin Powell lors de l’épisode tristement célèbre des « armes de destruction massive » de Saddam Hussein, le dit « froidement » :

« Cela a à voir… avec le retour des néoconservateurs (Néocons)… Ce qui se passe aujourd’hui, alors que Trump est de plus en plus préoccupé par les défis considérables et sans cesse croissants qui se posent à lui personnellement et à sa présidence institutionnelle, est le retour aux postes déterminants du gouvernement de ces gens, de ceux-là même qui ont permis aux États-Unis l’invasion de 2003 en Irak. Même ceux d’entre eux qui ont déclaré “Jamais Trump” – comme l’a résumé l’archi-Neocon Eliot Cohen – salivent à la perspective de mener à bien leur politique étrangère et de sécurité – alors que Trump macère littéralement dans les excrétions de sa propre corruption. »

« Une avant-garde, bien sûr, est déjà dans notre gouvernement pour attirer, réconforter et réintégrer d’autres personnes de ce genre. John Bolton, en tant que conseiller du président en matière de sécurité nationale, dirige cette meute bien qu’il ne soit pas, à proprement parler, étiqueté néocon… »

« Actuellement, leur première cible, et la plus identifiable, est l’affaire inachevée – qu’ils ont en grande partie commencée – avec la Syrie et l’Iran, les deux menaces potentielles les plus sérieuses pour Israël. Si les néocons obtenaient ce qu’ils veulent – et ils sont remarquablement astucieux – cela signifierait une nouvelle guerre en Syrie et une nouvelle guerre avec l’Iran, ainsi qu’un soutien accru au plus grand État parrain du terrorisme sur terre, l’Arabie saoudite. »

Bolton, Pompeo et les néoconservateurs ont clairement indiqué qu’ils n’ont pas – au moins – abandonné le « changement de régime » en Syrie comme objectif – et qu’ils restent déterminés à faire subir un revers stratégique à l’Iran (Bolton a déclaré que les sanctions seules, à elles seules, et sans un coup stratégique supplémentaire à l’Iran, seraient insuffisantes pour modifier le « comportement malveillant » des Iraniens).

Il n’est pas certain que Mattis et Votel soient pleinement d’accord avec les représailles militaires « très vigoureuses » de Bolton contre la menace syrienne (pour utilisation présumée d’armes chimiques). (Mattis a réussi à limiter le dernier tir de missiles de Trump sur la Syrie et à coordonner avec Moscou une « réponse inexistante » à la salve de Tomahawk de Trump). En sera-t-il de même cette fois-ci si les États-Unis prennent à nouveau le prétexte sans fondement (et non prouvé par la suite) de l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien?

Compte tenu du nouveau « fait » stratégique de la visite « surprise » du ministre iranien de la Défense à Damas, dimanche, pour signer une résolution commune sur la lutte contre une telle attaque contre la Syrie, Israël se joindra-t-il à toute attaque – en utilisant le prétexte de son « droit » autoproclamé d’attaquer les forces iraniennes n’importe où en Syrie ? Netayahou « pariera-t-il » sur l’absence de réaction des Russes face aux avions israéliens hostiles entrant dans l’espace aérien syrien ?

Qui baissera les yeux en premier ? Netanyahou ? Ou bien Trump sortira-t-il suffisamment de ses tribulations domestiques pour en prendre note et dire « non » ?

Quoi qu’il arrive, les présidents Poutine et Xi peuvent « interpréter les runes » de cette affaire, c’est-à-dire que les plus hauts responsables du président Trump restent engagés, ouvertement ou par de « faux drapeaux », à défendre « l’ordre mondial » américain. Ces responsables partagent un mépris commun pour le désengagement et le repli de l’administration Obama. Ils veulent arrêter, et même couper la montée des rivaux américains, tout en rétablissant leur ancienne position, ces anciens piliers de la puissance mondiale américaine, c’est-à-dire la domination militaire, financière, technologique et énergétique de l’Amérique.

La Russie tente de désamorcer la situation critique en partageant avec Washington ses renseignements selon lesquels Tahrir al-Sham (anciennement connu sous le nom d’al-Nosra), préparait une attaque chimique qui serait alors présentée à tort comme une autre « atrocité » commise par le « régime syrien ». Huit bidons de chlore ont été livrés dans un village près de la ville de Jisr al-Shughur, et un groupe de militants spécialement formés, préparés par une compagnie de sécurité britannique, sont également arrivés dans la région pour imiter une opération de sauvetage visant à sauver les « victimes » civiles. Les militants ont l’intention d’utiliser des enfants otages dans l’incident mis en scène, disent des responsables russes.

Mais Washington écoutera-t-il ? A partir du moment où le « régime » syrien ou iranien est assujetti à un jugement de délinquance morale (indépendamment des preuves) – dans le contexte de la revendication de l’Amérique à sa propre destinée (morale) évidente, ces « régimes » après avoir été des ennemis relatifs et temporaires se transforment en ennemis absolus. Car, quand on défend le « destin » de l’humanité et qu’on cherche « la PAIX MONDIALE, rien de moins », comment peut-on faire la guerre, si ce n’est au nom d’un bien qui va de soi ? Ce qui se prépare n’est pas d’attaquer un adversaire, mais de punir et de tuer les coupables.

Face à la dévalorisation morale radicale de l’« Autre » dans les médias occidentaux ; et – d’autre part – face à l’expression vertueuse de la bonne conscience occidentale, les présentations rationnelles de la Russie peuvent-elles espérer avoir du poids ? Le seul fait qui pourrait bien peser dans la balance est la menace que la Russie utilise son arsenal de missiles en Méditerranée orientale. Mais, et après ?

Alastair Crooke est un ancien diplomate britannique, fondateur et directeur du Conflicts Foum basé à Beyrouth.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 01-09-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Livraison des S300 en Syrie et unification du système antiaérien avec la Russie

4 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch

mercredi 3 octobre 2018

Livraison des S300 en Syrie et unification du système antiaérien avec la Russie
 
 
 
Après que le 17 septembre 2018 un avion militaire russe ait été descendu, faisant 15 victimes, en raison du comportement d'un avion militaire israélien, la Russie est revenue sur sa décision de suspension de la livraison du système de défense antiaérienne S300 à la Syrie, qu'elle avait consentie en compromis avec Israël. Maintenant, la Syrie va pouvoir reprendre le contrôle de son ciel.
 
Ce 17 septembre, Israël bombarde à la frontière avec Syrie des positions iraniennes. Prévenant au dernier moment la Russie qui n'a pas le temps de mettre ses avions en sécurité, l'avion israélien se sert de l'avion militaire russe comme d'un pare-feu. En effet, celui-ci reçoit le coup fatal de la défense syrienne antiaérienne. Malgré les démentis d'Israël, le ministère russe de la Défense, après enquête, maintient la responsabilité première d'Israël.
 
En réponse, la Russie va renforcer la sécurité des militaires russes dans la zone et donc reprendre le contrôle du ciel. Alors qu'en 2010 déjà, la Syrie avait conclu un contrat avec la Russie pour l'achat de S300 pour un montant de 900 millions de $ qui devaient être livrés au plus tard au printemps 2013, elle suspend sa livraison. Si elle fait un geste envers Israël qui veut garder toute latitude dans la région contre "ses" ennemis, l'Iran beaucoup plus que l'état islamique, la Russie invoque alors les sanctions adoptées contre la Syrie par le Conseil de sécurité de l'ONU. Il est toutefois surprenant que cela  concerne les S300, qui sont des armes défensives ... Le même problème s'était posé lorsque la Russie avait conclu un contre avec l'Iran en 2007 pour un montant de 800 millions de $, auquel avait également renoncé la Russie suite aux sanctions adoptées contre l'Iran en 2010. 
 
Il semblerait que dans les guerres postmodernes, non seulement tous les Etats n'aient pas le droit de se défendre, mais que seulement certains pays puissent décider de la "convenabilité" des acheteurs d'armes, certains bénéficiant d'une immunité totale selon des critères particulièrement obscurs.
 
Suite au crash de l'avion militaire russe impliquant Israël, la Russie a pris la décision de finalement livrer les S300 à la Syrie. L'annonce du changement de politique n'a pas été du goût des Etats-Unis qui annoncent, si la livraison a réellement eu lieu, une importante escalade du conflit dans la région:
In Washington, State Department spokeswoman Heather Nauert could not confirm reports that the S-300 had been delivered.
“I cannot confirm that that is accurate. I hope that they did not,” she told a press briefing. “That would be, I think, sort of a serious escalation in concerns and issues going on in Syria, but I just can’t confirm it.”
En quoi un système de défense devrait-il entraîner une escalade dans la région? 
 
Pour sa part, Israël maintient la pression et déclare que si livraison il y a lieu, de toute manière, ils continueront à bombarder. Certes, mais ce sera beaucoup plus difficile ... et dangereux. Peut-être de là vient le risque d'escalade? Mais alors quel est le rapport avec la lutte contre le terrorisme? 
“We have not changed our strategic line on Iran,” Israeli Education Minister Naftali Bennett
 
Le ministère de la Défense russe a donc laissé diffuser des images concernant la livraison des S300 en Syrie.
 
 
Choïgu, ministre russe de la Défense a expliqué que, en plus de la livraison du système de défense aérien S300, la Russie envisage de regrouper les deux systèmes antiaériens, S400 russes et S300 syriens, pour ne former qu'un seul espace de défense. Ce qui doit être opérationnel au 20 octobre. Par ailleurs, un système de brouillage électronique a été mis en place, qui permet de bloquer les systèmes électroniques à proximité. 
 
Pour sa part, le porte-parole de la coalition américaine, S. Ryan, estime que cela ne change rien, puisque les mécanismes de communication avec la Russie sont maintenus et permettent de prévenir les accidents.
 
Quoi qu'il en soit, Israël perd sa liberté de vol et il lui sera beaucoup plus difficile d'intervenir en Syrie.
 
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Un ex-militaire américain dévoile les motivations derrière la livraison de S-300 à Damas

29 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 
S-300
Un ex-militaire américain dévoile les motivations derrière la livraison de S-300 à Damas
© Sputnik . Pavel Lisitsyn
 

Dans un entretien à Sputnik, l’expert militaire américain Scott Bennett affirme que la livraison de S-300 à Damas est une réponse raisonnable de la Russie au crash de l’Il-20. Grâce à cette mesure, Moscou contribuera à la stabilité régionale et assurera la sécurité de l’espace aérien de la Syrie et de ses militaires déployés dans le pays.

 

Interrogé par Sputnik, Scott Bennett, officier américain en retraite et expert de la lutte antiterroriste, a commenté dans quelle mesure la décision de Moscou de livrer des systèmes S-300 à Damas influencerait la situation dans le pays et dans la région en général.

 

«Les systèmes S-300 sont un moyen de stabiliser la région. La Russie a des obligations envers ses militaires et ses alliés de protéger l'espace aérienne de la Syrie d'attaques de la part d'Israël, de l'Otan, des États-Unis, de la France, etc.», a indiqué M.Bennett.

Selon lui, cette mesure aurait dû être prise depuis longtemps, parce que la catastrophe de l'avion russe était un «acte d'agression» israélienne.

«L'avion israélien a changé sa trajectoire de vol d'une telle façon que le missile [syrien, ndlr] est venu frapper l'aéronef russe», a expliqué l'expert.

 

De plus, grâce aux livraisons des S-300, Damas et Moscou obtiendront les capacités supplémentaires de libérer le territoire syrien de la présence militaire étrangère.

«Les militaires qui se trouvent en Syrie sans l'invitation du Président Bachar el-Assad sont des envahisseurs. C'est un acte d'agression violant la Charte des Nations Unies et la souveraineté de la Syrie», a constaté Scott Bennett.

Quant aux actions israéliennes qui ont mené à l'incident de l'Il-20, elles s'expliquent par l'intention de tester la volonté de la Russie de protéger ses positions en Syrie.

«Cela a été une sorte d'épreuve. Les Russes y ont réagi en montrant que cela ne se produirait plus. […] Les Russes ont eu toutes les raison de déclarer que ce qui traverse l'espace aérienne de la Syrie sera immédiatement abattu», a souligné M.Bennett.

«La réaction de la Russie a été très nuancée et raisonnable. Poutine est un très bon stratège. Il essaye d'équilibrer de nombreux État, tels que la Turquie, Israël, l'Iran, la Syrie et les États-Unis», a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

 

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou avait annoncé ce lundi que l'armée syrienne recevrait des batteries anti-aériennes S-300 d'ici deux semaines. Cette déclaration fait suite à la destruction par erreur d'un Il-20 de l'armée russe au-dessus de la Méditerranée par la défense antiaérienne syrienne dans le cadre d'un raid aérien israélien. Moscou a accusé l'aviation de l'État hébreu d'avoir provoqué le tir ayant touché l'appareil russe.

 

Le ministre avait rappelé que la livraison de systèmes S-300 à Damas, décidée en 2010, avait été retardée à la demande d'Israël, mais que la situation avait désormais changé et «pas par notre faute», avait-il précisé. Aujourd'hui, des S-300 commandés par les Russes sont implantés autour de la base navale de Tartous, tandis que des S-400, plus modernes, sont déployés sur la base aérienne de Hmeimim.

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La Syrie: [Vidéo] Entretien avec Gabriel Galice, par Alimuddin Usmani

23 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 
23.septembre.2018s
 
[Vidéo] Entretien avec Gabriel Galice, par Alimuddin Usmani
 

Source : Gabriel Galice, Youtube, 06-09-2018

Le président de l’Institut International de recherches pour la paix à Genève, Gabriel Galice, s’exprime sur le conflit armé en Syrie.

Source : Gabriel Galice, Youtube, 06-09-2018

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Les revendications occidentales sur la Syrie, par Thierry Meyssan

22 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Les revendications occidentales sur la Syrie

Alors que sur le terrain, la guerre se termine et qu’il ne reste qu’Idleb à libérer des terroristes, les Occidentaux repartent en campagne. Ils viennent de présenter leurs revendications à l’envoyé spécial de l’Onu, Staffan de Mistura. Sans surprise, les États-Unis refusent le processus conduit par la Russie pour la seule raison qu’ils n’y ont pas participé, tandis que le Royaume-Uni et la France entendent imposer des institutions qui leur permettraient de contrôler le pays en sous-main.

| Damas (Syrie)
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Nommé en 2014, avant l’intervention militaire russe contre les jihadistes, Staffan de Mistura est un diplomate pro-US censé rechercher la paix en Syrie au nom de l’Onu. Quatre ans plus tard, il continue à trouver des échappatoires pour le compte des Occidentaux.

L’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, a reçu à Genève une délégation du Groupe d’Astana (Iran, Russie, Turquie), puis le 14 septembre, une autre du Petit Groupe (Arabie saoudite, Égypte, États-Unis, France, Jordanie et le Royaume-Uni).

Côté occidental, l’ambassadeur James Jeffrey et le colonel Joel Rayburn conduisaient la délégation US, tandis que l’ambassadeur et ancien directeur du Renseignement extérieur (DGSE 2012-16), François Sénémaud, présidait la délégation française.

Chaque délégation a remis aux Nations unies un document secret sur ses revendications, en vue de peser sur les négociations intra-syriennes en cours. Russia Today a fait fuiter le document occidental [1], comme Kommersant avait fait fuiter il y a deux semaines les directives internes de l’Onu [2].

- Première remarque, le point 3 du document du Petit Groupe reprend la directive interne de l’Onu : « Il n’y aura pas d’assistance internationale à la reconstruction dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien en l’absence d’un processus politique crédible conduisant inéluctablement à la réforme constitutionnelle et aux élections supervisées par l’ONU, à la satisfaction des pays donateurs potentiels. » [3].

L’Allemagne, qui a participé à des réunions du Petit Groupe, ne semble pas avoir été représentée à celle-ci. La veille, son ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, s’était désolidarisé de ce point. Juste avant de rencontrer son homologue russe, Sergeï Lavrov, il avait tweeté que son pays était prêt à participer à la reconstruction « s’il existe une solution politique menant à des élections libres » [4] [5]. Pour le Petit Groupe et pour l’Onu, la reconstruction ne commencera pas tant que les pays donateurs potentiels n’auront pas atteint leurs objectifs de guerre, pour l’Allemagne, elle peut accompagner le processus de réconciliation politique.

- Deuxième remarque : les différents interlocuteurs internationaux font référence à la résolution 2254 du 18 décembre 2015 [6]. Cependant, le Petit Groupe extrapole le sens du texte. Alors que la résolution du Conseil de sécurité pose que la rédaction de la Constitution est l’affaire des seuls Syriens entre eux, le Petit Groupe affirme qu’elle ne doit être rédigée que par un Comité placé sous les auspices et contrôlé par l’Onu.

Il s’agit évidemment de casser les décisions de Sotchi, c’est-à-dire à la fois de détruire ce qui a été fait dans les derniers mois et de s’opposer au rôle de la Russie dans la solution de la crise [7]. Les États-Unis veulent conserver leur statut de puissance indispensable, tandis que le Royaume-Uni et la France entendent poursuivre leur projet colonial.

- Troisième remarque : le Petit Groupe n’entend pas seulement transférer la responsabilité de la rédaction de la Constitution de Sotchi à Genève, il a déjà son idée sur ce qu’elle doit être. Il s’agirait de reproduire le modèle que Washington a imposé à l’Iraq et qui y maintient une crise permanente pour le plus grand bénéfice des Occidentaux. Les pouvoirs du président seraient exclusivement protocolaires ; ceux du Premier Ministre seraient inexistants au niveau régional ; et ceux de l’armée devraient être limités.

Les puissances coloniales maintiennent leur pouvoir au Proche-Orient derrière des apparences de démocraties. Elles parviennent toujours à constituer des gouvernements non-représentatifs de leurs peuples. Depuis 1926 au Liban et depuis 2005 en Iraq, les institutions ont été conçues pour surtout empêcher que ces pays redeviennent des États-nations. Le Liban est divisé en communautés religieuses et l’Iraq en régions distinctes à prédominance d’une communauté religieuse. Israël, quant à lui, n’a pas plus de gouvernement représentatif, non pas à cause de sa Constitution —il n’en a pas—, mais de son système électoral.

- Quatrième remarque : alors que la résolution 2254 édicte que les élections devront avoir lieu sous la supervision de l’Onu, le Petit Groupe considère que l’organe syrien chargé de l’organisation des élections devra travailler quotidiennement sous les ordres de l’Onu, notamment en ce qui concerne d’éventuelles plaintes pour fraude.

Ainsi, les Occidentaux se conservent la possibilité d’annuler des résultats qui ne correspondraient pas à leurs attentes : il suffira de faire déposer une plainte pour fraude et de la déclarer fondée. Le Peuple syrien aurait le droit de voter pourvu qu’il tombe dans le piège qui lui est tendu, et encore à la condition qu’il vote pour ceux que l’on a choisis pour lui.

En Europe, les citoyens cherchent leur souveraineté, en Syrie ils se battent pour leur indépendance.

[1] « Déclaration de principes du Petit Groupe pour la Syrie », Réseau Voltaire, 18 septembre 2018.

[2] « Paramètres et principes de l’assistance des Nations Unies en Syrie », par Jeffrey D. Feltman, Réseau Voltaire, 3 septembre 2018.

[3] “There will be no international reconstruction assistance in Syrian-governement-held areas absent a credible political process that leads unalterably to constitutional reform and UN-supervised elections, to the satisfaction of potential donor countries”.

[4] “Wenn es eine politische Lösung in #Syrien gibt, die zu freien Wahlen führt, sind wir bereit Verantwortung beim Wiederaufbau zu übernehmen”

[5] « L’Allemagne se positionne contre la directive Feltman », Réseau Voltaire, 14 septembre 2018.

[6] « Résolution 2254 (Plan de paix pour la Syrie) », Réseau Voltaire, 18 décembre 2015.

[7] « Consensus entre Syriens à Sotchi », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 février 2018.

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