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Le blog de Lucien PONS

L'objectif de la troïka est de faire baisser les salaires à 150,00 euros mensuels en Grèce et ...

30 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Salut à tous et a toutes,
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Important: Les représentants de la Troïka viennent d'expliquer au Parlement Européen que l'objectif de leurs politiques appliquées à la Grèce est de "faire baisser les salaires et les pensions de ce pays au niveau de la Roumanie et de la Bulgarie, c.a.d. 150 euros par mois". La déclaration des représentants de la Troïka a été faite hier mardi durant  la session commune des commissions Économie et Emploi du Parlement Européen, en réponse à une question du député européen de SYRIZA Nikos Hountis.
  Après cette déclaration très officielle, il n'est plus permis le moindre doute quant a la suite des événements car ces salaires "bulgares" seront très bientôt combinés en Grèce avec un coût de la vie français ou allemand. En somme, la famine -et la barbarie- généralisée...
Alors, mobilisons-nous! Ça urge plus que vous le pensez!...
Amitiés
Yorgos

***

Murs d'Athènes, mars 2012
 Thanato stous politikous=mort aux politiciens
 Λευτερια στους κρατούμενους (Lefteria stous kratomenous)=liberté pour les détenus
 για τη Συνωμοσία Πυρήνων της Φωτιάς (gia ti Synomosia pyrinon tis fotias)= de la Conspiration des cellules de feu (groupe anarchiste)



Envoyé par Blogger dans Basta ! Journal de marche zapatiste multilingue يكفي ! جريدة المسيرة الزاباتية المتعددة اللغات le 3/29/2012
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GRECE: QUELQUES VERITES A SAVOIR .......ON MENT SUR LES GRECS AUJOURD'HUI.

29 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 14:43

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GRECE: QUELQUES VERITES A SAVOIR

 

 

ON MENT SUR LES GRECS AUJOURD'HUI

 

 

ON  MENTIRA SUR VOUS DEMAIN ......

 

 

Par le journaliste indépendant - non lié ni aux pouvoirs

Ni aux puissances d'argent –

Michel Collon - 8 mars 2012

Voir son site inverstig'action

 

 

 

Les médias nous mentent sur les Grecs. Comment ? En recopiant sans aucune analyse critique ce cliché de Merkel et Sarkozy :

« Les Grecs ont vécu au-dessus de leurs moyens ».

 

Double manipulation:

1. « Les » Grecs, ça n’existe pas.

2. Les donneurs de leçons sont en réalité les coupables.

 

Manipulation n° 1. Parler des Grecs en général comme si c’était une seule catégorie, une seule classe. En cachant les faits suivants :

1. Les armateurs grecs, multimilliardaires contrôlant 16% de la flotte mondiale, ne paient jamais aucun impôt et l’U.E. n’y touche pas.

2. L’Eglise orthodoxe, principale propriétaire de terres et de richesses touristiques du pays, a également échappé aux impôts. L’U.E. n’en dit rien.

3. Selon le commissaire UE Bolkestein, « une grande partie de la population grecque est paresseuse ». De même, selon Merkel, les Grecs prendraient trop de vacances et partiraient trop tôt à la pension (déclaré à Meschede, le 17 mai 2011). Ouh, la menteuse !

- Les Grecs ont sept jours de vacances de moins que les Allemands.

- ils arrêtent de travailler en moyenne à 61,9 ans, soit un mois plus tard qu’en Allemagne. Conclusion : « Les Grecs » se divisent en deux "catégories" très inégales.

Les Grecs comme vous et moi. L’UE veut leur imposer des salaires de 650 - 800 euros par mois, des pensions de 450 € et des hausses de taxes.

Tout profit pour l’autre sorte de Grecs, les 1%, qui gagneront encore plus de milliards, et les planqueront à Londres, à Berlin ou dans les paradis fiscaux (Suisse etc ).

 

Manipulation  n° 2. Merkel et Sarko se présentent en généreux humanitaires soucieux de sauver les Grecs. C’est le coup du pompier pyromane.

- Qui a, en été 2009, au plus fort de la crise, forcé le gouvernement grec à débourser 2,5 milliards € pour six frégates françaises ? Sarkozy.

- Qui leur a fourgué six sous-marins pour 5 milliards € ? Merkel.

- Ajoutez 400 millions pour quinze hélicoptères de combat du franco-allemand EADS, et vous arrivez à 7,9 milliards € gaspillés !

Alors que la Grèce occupe déjà la cinquième place au palmarès mondial des plus grands acheteurs d’armes conventionnelles. Merci l’Otan !

On parle de la « corruption grecque ». Fort bien. Que va faire l’UE contre Siemens qui a distribué des pots-de-vin à tour de bras pour acquérir une position de monopole aux Jeux olympiques d’Athènes de 2004 ?

Autre silence complice. Qui a truqué les comptes de la Grèce pendant dix ans afin qu’elle puisse entrer dans l’euro ? Les banquiers de Goldman Sachs. Qui vient-on de placer à la tête de la Banque Centrale Européenne ? Mario Draghi, vice-président de Goldman Sachs durant ces manipulations comptables !

 

Comme dans tout grand conflit, la question clé est : à qui profite le crime ?

Le « plan de sauvetage » de la Grèce vise en réalité des objectifs cachés

1. Les Grecs d’en bas se serreront la ceinture pour rembourser aux banques franco-allemandes une dette qui n’a profité qu’aux Grecs d’en haut.

2. On va privatiser au maximum pour obliger la Grèce à céder les morceaux intéressants de son économie : eau, gaz, télécoms, port, aéroports, Loterie nationale, armements…

3. Nous contribuables des différents pays européens, allons payer « un plan de sauvetage » afin que les banquiers ne perdent pas un sou sur leurs prêts frauduleux et malhonnêtes.

 

En quoi ça vous concerne ? C’est très simple. Si on réussit (mais il y a là-bas une fameuse résistance), si on réussit à faire travailler les Grecs pour des cacahuètes, on viendra vous dire : « Tu veux garder un boulot, ? Il va falloir être compétitif face aux Grecs ! » Pigé ?

 

Voilà ce que j’ai appris – et d’autres choses encore – en découvrant cette semaine l’excellent « Comment osent-ils ? », de Peter Mertens. Sous-titre : La crise, l’euro et le grand hold-up. Ce livre est depuis plusieurs semaines numéro un des ventes en Flandre, et voici que sort la traduction française. Investig’Action publie en exclusivité le chapitre Grèce d’où j’ai tiré ces infos surprenantes. Les autres chapitres analysent le pseudo « miracle allemand », le programme de Sarkozy, le retour du nationalisme, les problèmes de la Belgique et la nécessité de développer les débats de société. Un livre passionnant, que je trouve indispensable pour quiconque va subir la crise… L’économie, ça n’est pas compliqué en fait, et c’est trop important pour la laisser aux mains des soi-disant « spécialistes » qui ont fait faillite.

 

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Union européenne : encore un mauvais coup contre la démocratie. Un article de Raoul Marc Gennar

28 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Union européenne : encore un mauvais coup  contre la démocratie 

424915_283565541712153_100001761295796_699071_1586176074_n.jpgUn nouveau traité européen fournit une fois de plus la démonstration d’une réalité inscrite dès 1957 dans le projet d’Union européenne : l’incompatibilité de ce projet avec les exigences de la démocratie. Une nouvelle preuve est fournie avec le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Adopté par les représentants des Etats membres de la zone euro le 2 février 2012 et ratifié les 21 et 28 février par le parlement français, ce MES est une institution financière internationale destinée à prendre, à partir de juin 2013, la suite des instruments créés en 2010 pour faire face à la crise de la dette. Son siège est fixé à Luxembourg,

Il n’a aucun compte à rendre ni au Parlement européen, ni aux parlements nationaux, ni aux citoyens des Etats membres et ne peut faire l’objet de poursuites. Le MES, ses biens, fonds et avoirs jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire. Locaux et archives du MES sont inviolables. Il est exempté de toute obligation imposée par la législation d’un Etat Membre. Par contre, doté de la personnalité juridique, le MES pourra ester en justice. En cas de litige entre le MES et un Etat Membre, c’est la Cour de Justice de l’UE qui est compétente.

L’institution est dirigée par un collège composé des ministres des Finances des Etats membres appelés « gouverneurs ». Ceux-ci désignent un Conseil d’administration qui nomme un Directeur général. Le Conseil des gouverneurs est compétent pour toutes les décisions relatives à l’intervention du MES. Le Conseil d’administration s’occupe de la gestion de l’institution.

Le but du MES est de « mobiliser des ressources financières et de fournir, sous une stricte conditionnalité, » un soutien à la stabilité d’un de ses Etats membres qui connaît des graves difficultés financières susceptibles de menacer la stabilité financière de la zone euro. A cette fin, il peut lever des fonds. Son capital est fixé à 700 Milliards d’euros fournis par les Etats membres à la demande du MES selon une répartition indiquée dans le traité. Les Etats s’engagent « de manière irrévocable et inconditionnelle » à fournir leur contribution au MES qui peut décider de revoir les contributions de chaque Etat. Cette décision s’imposera automatiquement. Il peut emprunter sur les marchés financiers.

Lorsqu’un Etat Membre sollicite une demande de soutien à la stabilité, c’est la Commission européenne en liaison avec la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est chargée d’évaluer le risque pour la stabilité de la zone euro, d’évaluer, en collaboration avec le FMI, la soutenabilité de l’endettement public du pays demandeur et d’évaluer les besoins réels de financement de ce dernier.

Lorsque le MES décide d’octroyer un soutien à la stabilité, c’est la Commission européenne, en liaison avec la BCE et le FMI, qui négocie avec l’Etat demandeur les conditions dont est assorti ce soutien. Ce sont les mêmes qui sont chargés du respect des conditions imposées. Pour avoir accès aux aides du MES, un Etat devra avoir ratifié le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire » qui impose aux Etats membres d’introduire dans leur Constitution la règle de l’équilibre budgétaire et la mise en place d’un mécanisme automatique de correction qui échappera à la délibération parlementaire lorsque cette règle ne sera pas respectée.

Ce MES va renforcer l’emprise des marchés financiers sur les Etats et la zone euro puisqu’il va être lui aussi soumis aux agences de notation quand il empruntera sur les marchés financiers. Les banques, qui peuvent emprunter à 1% auprès de la Banque Centrale européenne, prêteront au MES à un taux nettement supérieur et le MES prêtera aux Etats à un taux encore supérieur et ces fonds serviront à payer la charge de la dette qui entrera dans les coffres des banques. Ce MES, c’est un mécanisme d’enrichissement des banques privées au détriment des Etats, c’est-à-dire des peuples.

On s’en rend compte, les gouvernements signataires de ce traité ont créé un monstre institutionnel contre lequel les Etats eux–mêmes et à fortiori les peuples seront désormais impuissants puisqu’ils se sont engagés à en respecter les règles « de manière irrévocable et inconditionnelle ». Ainsi se poursuit, sous la pression du monde de la finance et des affaires, l’effacement, au profit d’institutions échappant à tout contrôle, d’un principe démocratique fondamental : la souveraineté populaire.

 

 

Raoul Marc Jennar

 

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Une conférence sur la dette à Cannes le vendredi 30 mars par Etienne Chouard.

27 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

EtienneChouard Nice-29avril2011 O-75 r1 800-600Bonjour.
  
La dette, la précarité, la désindustrialisation, la privatisation des services publics, les cadeaux aux ultrariches, la charge contre la population et en particulier contre les ouvriers et contre les classes moyennes, la recherche systématique de boucs émissaires, etc..., (j'arrête là, la liste est encore très très longue), ne sont pas une fatalité. La pensée unique voudrait nous faire croire que ce sont ces solutions là qu'il faudrait privilégier. Elles seulement seraient marquées au sceau de la raison. L'oligarchie au pouvoir n'a de cesse de se vautrer dans d'indécentes bacchanales, le profit maximum doit être sans cesse accéléré. Ces mafieux en col blanc qui détiennent hélas tous les pouvoirs, veulent toujours augmenter leurs rapines. Le mécanisme de la dette, qu'ils s'emploient à rendre complexe afin de nous éloigner de ce problème présenté comme seulement technique, est l'outil idéal pour faire plier les peuples et pour les asservir à nouveau. Nous avons le devoir de résister. Nous avons le devoir de proposer une autre lecture de la situation. Nous avons le devoir de préserver les acquis sociaux durement gagnés par nos anciens, au prix souvent du sang et des larmes. Nous avons le devoir de recréer des solidarités dans ce monde ravagé par la crise. Nous avons le devoir d'apporter une perspective aux nombreuses personnes dont l'avenir s'assombrit. Nous avons le devoir de donner à nos enfants un monde où ils pourront vivre harmonieusement. 
 
Etienne Chouard, professeur d'économie, citoyen exemplaire qui en 2005 a permis à de nombreux concitoyens de mieux comprendre le fameux TCE et surtout d'en percevoir la grande toxicité. Il sera de nouveau dans le département des Alpes-Maritimes le vendredi 30 mars pour expliquer le mécanisme de la dette. Il nous faut profiter de sa venue pour porter un regard différent sur ces problèmes économiques que nous vne pouvons laisser aux seuls ultralibéraux..
 
 
Cordialement
 
Lucien PONS
 
 
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Europe : pacte budgétaire, 10 choses que vous devez savoir.

24 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Samedi 24 mars 2012

 

10 choses que vous devez savoir

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L’austérité à marche forcée...

 

Corporate Europe Observatory

 



Le 1er mars 2012, 25 chefs d’État et de gouvernements ont signé un nouveau traité, qui devrait entrer en vigueur au début de l’année 2013.Ce Pacte budgétaire a été conçu dans l’urgence, et sous de très mauvais auspices : ses promoteurs avaient initialement prévu de l’adopter sous forme de modification des traités existants, mais le véto de la Grande-Bretagne, lors du Conseil européen du 9 décembre, les a obligés à créer un nouveau Traité ad hoc. Cette procédure permettait en outre une adoption plus « souple » et « simple », c’est-à-dire qu’elle garantissait moins d’« interférences » liées à tout débat public et démocratique, en adoptant un traité de l’Union européenne qui n’en était pas vraiment un.

Ce Pacte budgétaire a pour vocation à obliger les États signataires à appliquer des politiques budgétaires très strictes via un renforcement des règles et contrôles. Entre autres, les dénommés « déficits structurels » devront rester sous la limite de 0,5% du PIB. Si l’adoption du nouveau traité a été chaudement applaudie par le monde des affaires, et notamment la fédération patronale européenne BusinessEurope, elle a été dénoncée de manière univoque par les syndicats, et pour la première fois de son histoire, la Confédération européenne des syndicats (CES) s’est opposée à un traité européen.

    
Pourquoi maintenant ?

« Ce Traité rassure peut-être les amis politiques de la Chancelière Merkel, mais sûrement pas les millions de chômeurs, de travailleurs pauvres et précaires en Europe, qui attendent en vain un véritable soutien de la part des institutions européennes. C’est pourquoi nous y sommes opposés » a expliqué Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES [2].

La plupart des commentateurs et analystes s’accordent pour dire que ce traité ne va pas changer le cours de la crise de l’euro, et il n’a pas vocation à le faire. Il vise davantage à orienter les politiques économiques futures de l’Union européenne, ainsi qu’à donner des gages à l’électorat allemand. La Chancelière Angela Merkel a ainsi souhaité exprimer sa fermeté à l’égard des pays surendettés, et montrer que le co-financement du Mécanisme européen de stabilité (MES) sera assorti de strictes conditionnalités – de plans d’austérité drastiques – pour les Etats membres qui souhaiteraient en bénéficier.
 

Trois nouveautés

 

Une analyse rapide du nouveau traité peut donner l’impression qu’il s’agit tout au plus d’un ensemble de nouvelles règles et de mécanismes. Ce texte est en effet rempli de dispositifs qui visent à orienter les politiques économiques dans de nombreux domaines. Si l’on met de côté les déclarations d’autocongratulation sur les « réalisations » passées, la répétition des contrôles déjà prévus dans la législation européenne et les suites à donner à ce Pacte, il reste tout au plus trois nouveautés : une formalisation plus poussée des Sommets de la zone euro, des mécanismes d’intervention plus réactifs à l’égard des pays en déficits, ainsi que le fameux « frein à la dette », qui met en place de manière contraignante des règles pour réduire la dette et les déficits.
 

Dénouer l’enchevêtrement de ces mesures peut s’avérer compliqué.

En fait, les principaux éléments de ce traité se résument en 10 points :

 

- 1. Un « traité pour l’austérité »

Voici l’aspect central de ce traité : l’obligation pour les États membres de durcir leurs politiques budgétaires – en réduisant voire évitant les déficits – de manière bien plus drastique que ce qui est prévu dans la législation européenne.

Le resserrement des politiques budgétaires n’est bien évidemment pas un élément nouveau des politiques européennes. Le Pacte de stabilité et de croissance (issu du traité de Maastricht), au cœur de l’Union économique et monétaire impose aux États membres de garder leurs déficits sous les 3% du PIB… Avec amendes à la clé, dans le cas des pays de la Zone euro. Dans un premier temps, les gouvernements en faute se voient attribuer un programme pour atteindre un budget équilibré. L’élément clé de ce « programme d’ajustement » est la réduction du « déficit structurel » (voir ci-après), l’objectif étant généralement d’atteindre un objectif de 0,5% du PIB en plusieurs années [3]. Le nouveau traité rend cet objectif obligatoire.

Qu’est-ce que le déficit structurel ?

 

Le déficit structurel est censé révéler un problème à moyen-terme dans le budget d’un État qui aurait des recettes insuffisantes et de dépenses trop importantes.

  

Pour obtenir ce déficit, il faut soustraire au déficit annuel de l’État le déficit dû aux variations de l’économie (en temps de crise, les déficits s’accroissent de manière « automatique ») ainsi que les dépenses exceptionnelles des gouvernements, dépenses considérées comme « légitimes » dont la liste est établie.

  

Ce déficit structurel est la base sur laquelle on considère qu’un État doit prendre des mesures pour couper dans les dépenses ou augmenter les taxes. Le « frein à la dette » vise à réduire ce déficit identifié comme cause structurelle d’endettement.

 

On peut ainsi calculer que si le traité était appliqué, les coupes budgétaires (ou hausses fiscales) se seraient avérées considérables : pour le moment, seuls 4 États membres font état d’un déficit en dessous du seuil « magique » de 3% (Luxembourg, Finlande, Suède, Estonie) [4].

Dans de nombreux pays, des mesures dramatiques devraient être prises. En Belgique, par exemple, où sur un déficit total de 4,6%, 4% sont considérés par la Commission comme « déficit structurel ». La Belgique devrait donc, selon le traité, réduire son déficit sous une barre de 1,1% (0,5% de déficit structurel + 0,6% de déficit non structurel).

A première vue, les États signataires ne sont pas directement contraints à prendre des mesures de réduction des dépenses sociales. Pourtant, « réduire le déficit structurel » présuppose ici des mesures bien particulières.

Les recommandations de la Commission aux États membres sous les coups d’une procédure de déficit excessif – actuellement cela concerne 23 des 27 Etats membres – sont très claires : il faut couper dans les dépenses sociales pour diminuer le déficit structurel [5].

  

Une limite de 0,5% du déficit structurel va par ailleurs sérieusement réduire les options disponibles pour les gouvernements, notamment en situation de crise. Elle les empêchera de faire les investissements publics nécessaires pour répondre à la crise.

Enfin, il faut noter que le traité – ainsi que de nombreuses des règles et procédures européennes actuelles – met particulièrement l’accent sur les dépenses. Cela a été confirmé avec l’adoption du Pacte pour l’euro en mars 2011, qui explique de manière claire que l’« équilibre des finances publiques » présuppose des attaques contre les retraites, les dépenses de santé et allocations sociales [6].

- 2. Un pilotage automatique

 

Lorsque le « frein à la dette » n’est pas respecté par un gouvernement lors de l’adoption du budget national, des mécanismes au sein même de la législation nationale devraient déclencher des sanctions – suffisamment sérieuses pour remettre le gouvernement sur la voie d’une « réduction des déficits ».
 

Cela pose la question suivante : dans ce cas, qui va se charger de faire rentrer les gouvernements dans le rang, et comment ?

Qui va poursuivre les gouvernements et les obliger à changer sa politique économique, et par quel biais ?

Le traité nous donne quelques indices. La responsabilité pour définir les « principes communs » des règles budgétaires est dévolue à la Commission européenne, y compris les principes sur « l’indépendance des institutions responsables au niveau européen pour contrôler le respect strict des règles ». En d’autres termes, des instances indépendantes seront mises en place au niveau national, probablement composées d’experts et d’économistes, afin de veiller à l’application de la discipline budgétaire

 [7].


- 3. L’austérité à perpétuité

 

Aucune limite temporelle n’est prévue au renforcement des politiques budgétaires.

 

Le texte stipule en effet que les États membres doivent adopter des « dispositions à caractère contraignant, de préférence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d’une application et d’une adhésion totale lors du processus d’adoption du budget national ».

En d’autres termes, de manière permanente.

La préférence de l’Allemagne va pour la procédure constitutionnelle. L’Allemagne a récemment adopté une modification constitutionnelle qui s’apprête à forcer les gouvernements futurs à rester en dessous d’un déficit structurel de 0,35%. C’est ce type de mesure que la Chancelière Merkel souhaiterait voir appliquer dans les autres États membres. Il y a cependant d’autres possibilités, qui doivent néanmoins s’appliquer de manière permanente. Comme l’indiquait la Chancelière :
« Le frein à la dette va être contraignant et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire. [8] »

Bien sûr, le texte stipule qu’il faut « respecter totalement les prérogatives des parlements nationaux », mais dans un tel contexte, cela sonne davantage comme un véritable pied-de-nez.
 

Dans certains pays, une modification de la constitution nécessite un referendum, et il s’agit là d’un scénario à éviter à tout prix pour les promoteurs du Pacte budgétaire. Une manière de faire cela, dans le cadre de ce nouveau traité européen qui n’en est pas un, serait de mettre en place une règle permanente, quasi-constitutionnelle, mais en dehors de la Constitution.

- 4. En cas de doute, la Cour européenne de justice aura le dernier mot

 

Que se passe-t-il si un État membre considère qu’un autre État membre n’a pas adopté de législation suffisamment contraignante pour mettre en œuvre les règles du traité ?

Dans ce cas, le plaignant peut porter plainte auprès de la Cour de justice européenne. Cela peut s’avérer quelque peu surprenant : en effet, le rôle de la Cour de justice européenne est de s’assurer du respect de la législation européenne, pas de régler des différends entre États de manière générale ou sur la base de traités hors de l’Union européenne. Pourtant, la Cour de justice européenne pourra à ce titre imposer des amendes à hauteur de 0,1% du PIB.
Ce rôle clé dévolu à la Cour de justice européenne pourrait devenir très important dans le futur. Il permettra a tout État membre de porter plainte sur tout aspect de la mise en œuvre du traité dans un autre État membre.


- 5. Peu ou pas de flexibilité

 

Les signataires devront-ils ramener leur déficit structurel en dessous de 0,5% du PIB dès l’application du traité ?

 

Non, mais cela devra se faire rapidement. Le temps dévolu n’est pas encore clairement défini dans les propositions de la Commission.

Dans leurs « efforts » pour réduire les déficits, les signataires auront exceptionnellement la possibilité de dévier du chemin étroit de l’austérité, dans le cas où ils feraient face à une récession ou croissance faible, à condition que cela ne mette pas en danger l’atteinte d’un « équilibre budgétaire à moyen terme ».

La même exception figure lorsque l’objectif de 0,5% est atteint.

 

Cette exception reste néanmoins très floue, et pourrait ne jamais entrer en vigueur. La seule véritable disposition permettant une flexibilité concerne les États qui sont peu endettés, pour lesquels un déficit de 1% du PIB est toléré. Mais peu de signataires pourront profiter de cette exception dans les prochaines années [9].

 

Même en temps de crise, les signataires qui souhaiteraient mettre en place des politiques budgétaires ambitieuses et des investissements publics se verront opposer des obstacles importants. Il s’agit de tuer dans l’œuf toute tentative de réponse keynésienne à la crise, réponse qui a pourtant prouvé son efficacité dans le passé quand bien même elles auraient provoqué d’importants déficits.


« Quand tout va bien, de tels resserrement budgétaires sont inutiles. Quand tout va mal, ils ont des conséquences néfastes. Ce n’est pas un signe de mauvaise gestion que de présenter des déficits en temps de crise » comme l’explique l’économiste Jesper Jeffersen [10].
Ce traité s’apprête donc à graver dans le marbre une réponse à la crise qui s’avère inadaptée, et à faire en sorte que, en temps de crise, ce soient les dépenses publiques qui soient systématiquement désignées comme responsables – même si, comme c’est le cas aujourd’hui, les causes de la crise se trouvent davantage dans le fonctionnement du secteur privé.

 

Mauvais diagnostic… mauvais remèdes.

    
- 6. La méthode de calcul est biaisée,

et stigmatise les dépenses sociales

 

Les détails du calcul du « déficit structurel » sont trop compliqués pour être compréhensibles et transparents vis-à-vis du grand public. En fait, il n’y a pas de consensus au plan international, ni même à l’échelle européenne, sur la méthode de calcul. Le FMI, l’OCDE, la Banque centrale européenne et la Commission européenne, chacun utilise sa propre approche.
 

Pourtant, la méthode utilisée joue un rôle crucial. Ce chiffre de 0,5% peut déterminer à maints égards l’avenir de nos droits sociaux. Déterminer si un État se trouve d’un côté ou de l’autre de ce seuil dépend dans une large mesure de la méthode de calcul.
 

Un exemple : en 2011, la Commission a calculé que le déficit structurel du Danemark était de 3%. Le gouvernement danois, quant à lui, a avancé le chiffre de 1%. Si c’était le chiffre de la Commission qui devait être utilisé, le pays devrait faire en termes d’efforts budgétaires le double des économies qu’il a réalisées en « réformant » son système de retraite (c’est-à-dire en réduisant les pensions).
 

Pour la Banque nationale danoise, et le Ministre des finances du Danemark, la méthode employée par le gouvernement reflète mieux la réalité de l’économie danoise, tandis que la méthode de la Commission comprend des biais à l’égard des pays qui disposent d’une importante protection sociale [11].

Pourtant, c’est bien la Commission qui sera en charge des principes communs de calculs des déficits structurels, et il y a fort à parier qu’elle propose les mêmes méthodes qu’elle utilise actuellement.
 

Les méthodes employées par un État pourront par ailleurs être portées devant la Cour de justice européenne si elles sont considérées comme inadaptées. Là encore, tout porte à croire que la Cour soutiendra les méthodes employées par la Commission depuis des années.

Ainsi les méthodes nationales de calcul risquent de ne pas faire long-feu : la Commission devrait faire de l’adoption de règles uniformes une priorité ; ces règles pourraient s’avérer un outil politique de premier choix pour imposer la discipline budgétaire.

- 7. Il s'agit d'un outil politique -

les calculs sont peu fiables, voire dangereux

On se doute bien que la Commission ne dispose pas de boule de cristal. Et quand bien même, le calcul du « déficit structurel » comporte tant d’impondérables [13] que cet indicateur n’est pas vraiment pertinent pour juger de l’état d’une économie. Dans le cadre du Pacte budgétaire, il est davantage utilisé comme un outil pour jeter l’opprobre sur les dépenses publiques comme des maux, et pousser les États à réformer leurs économies.

- 8. La zone euro est aux manettes 

 

Au-delà du « frein à la dette », le traité comporte deux sections importantes.

 

La première reprend la décision prise en octobre de tenir deux sommets la zone euro par an. Ces sommets seront présidés par un nouveau président du sommet de la zone euro qui sera « désigné par les chefs d’État et de gouvernements des parties contractantes dont la monnaie est l’euro à la majorité simple, en même temps que le Conseil européen élit son Président, et pour la même durée ».

Cette partie du traité a prêté à controverse, en effet plusieurs pays en dehors de la zone euro, la Pologne en tête, ont exprimé leurs craintes que les décisions importantes soient prises au sein du club de l’euro (à la majorité qualifiée), club duquel ils seraient écartés. Le traité prévoit en l’occurrence que les pays hors de la zone euro puissent assister aux Sommets comme participants, ainsi que la tenue d’un Sommet des signataires du Pacte budgétaire.


- 9. Soumission et mise à l’amende des pays en déficit

 

La seconde section concerne les règles à l’égard des pays en déficits, qui sont elles aussi modifiées. Dans le cadre des traités européens, il existe une « procédure de déficit excessif » qui vise à obliger les États membres à rester sous le seuil de 3% de déficit. Cette procédure comprend plusieurs étapes : tout d’abord, la décision de lancer la procédure doit être prise par Conseil européen sur proposition de la Commission, puis l’État membre concerné doit produire un rapport sur les mesures qu’il considère de prendre pour résorber le déficit, enfin en cas d’absence de résultats, il peut recevoir un avertissement ou une amende s’il appartient à la zone euro.
 

Cette procédure est considérablement renforcée avec le Pacte budgétaire. En effet, les décisions seront désormais prises à la « majorité inversée », y compris pour le lancement de la procédure. Le traité prévoit en effet qu’il faudra une majorité qualifiée des membres de la zone euro pour s’opposer au lancement des poursuites contre un État membre.
 

Aujourd’hui, seuls quatre membres de la zone euro ne sont pas sous le coup d’une procédure de déficit excessif [14], mais le mode de vote rendait la procédure lente voire la bloquait. La majorité qualifiée étant difficile à obtenir, ce sera désormais plus simple d’infliger des amendes.

En 2011, la France s’était opposée à la majorité inversée… Ce sera désormais la règle avec le nouveau traité.


- 10. Le traité va entrer dans la législation européenne

 

Le traité n’est pas un traité européen. Pourtant, il donne des tâches et responsabilités très importantes à la Commission, et confère à la Cour de justice européenne un pouvoir considérable. Il est néanmoins prévu qu’il intègre, d’ici 5 ans, la législation européenne.

 

Vu l’état des discussions, ce scénario est tout à fait probable. La République Tchèque et le Royaume-Uni ne sont pour le moment pas signataires, mais des arrangements sont en bonne voie d’être trouvés, et le Royaume-Uni pourrait bien bénéficier d’exemptions à certaines clauses dans le cadre d’un traité de l’UE.

Un danger pour la société et la démocratie

 

D’ici à ce qu’il soit intégré à la législation européenne, cela ne fera pas de différence. Le vrai changement sera sur le court-terme. Déjà l’an dernier, les règles concernant la surveillance des budgets en déficit ont été considérablement renforcées, avec un resserrement des délais, des exigences plus pressantes et plus contraignantes pour la mise en place de mesures d’austérité, des amendes plus élevées…

 

Avec le Pacte pour l’euro et les réformes de la gouvernance économique (« six-pack »), cette tendance s’est accrue. Le « traité d’austérité » resserre un cran de plus les vis d’un édifice institutionnel complexe qui fait de l’austérité l’alpha et l’oméga des politiques économiques européennes…

Et qui s’apprête à heurter de plein fouet les droits sociaux et la protection sociale.

 

Néanmoins, tout n’est pas encore joué.

 

Le fait que 25 chefs d’État et de gouvernement aient paraphé le texte ne signifie pas que tout est terminé. Pour commencer, le traité doit être ratifié, et malgré le fait qu’il ait été tout particulièrement pensé pour éviter de susciter le débat démocratique, le gouvernement irlandais a d’ores et déjà été forcé de tenir à un référendum en fin d’année. Et quand bien même il serait ratifié et mis en œuvre, ce traité sera sans doute la cible d’une résistance sociale massive, lorsque ses conséquences deviendront claires.

 

Traduction par

 

Frédéric Lemaire

 

 

Investig Action

 

 

Cri du Peuple 1871 :

 

 

http://www.mleray.info/article-europe-pacte-budgetaire-10-choses-que-vous-devez-savoir-102168716.html

 
 

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Notes

 

Source : Les dessous de Bruxelles

[1] Pacte budgétaire, ou Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire » T, http://www.european-council.europa....

[2] Communiqué de presse de la CES, 31 janvier 2012, http://etuc.org/a/9605

[3] Réglement 1466/97, article 5,http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ...

[4] Statistiques Eurostat, http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tg...

[5] European Economy, Occassional Papers 65, 2010, http://ec.europa.eu/economy_finance...

[6] Pacte Europlus, page 19 des conclusions du Conseil, 24, 25 mars 2011, http://www.consilium.europa.eu/uedo...

[7] Cela fait longtemps que l’idée de telles instances indépendantes, disposant d’un rôle important est débattue au sein les institutions européennes, et de nouvelles propositions législatives dans ce sens devraient être faites bientôt.

[8] The Guardian, 30 janvier 2012, http://www.guardian.co.uk/business/...

[9] Dépêche Eurostat, 6 février 2012, http://epp.eurostat.ec.europa.eu/ca...

[10] Professeur Jesper Jespersen, interview, 24 février 2012.

[11] Commission européenne, European Economy no 3, 2006, http://ec.europa.eu/economy_finance...

[12] Exemples tirés de Pat McArcle ; “The Euro Crisis : The ‘Fiscal Compact’ and Fiscal Policy”, Working Paper 6, Institute of International and European Affairs, 2012, page 13. http://www.iiea.com/publications/th...

[13] A critique argumentée de la méthode de la Commission européenne a été élaborée par la Banque Nationale danoise (département économie) : Ann-Louise Winther ; “Konjunkturudsving og offentlige finanser”, Kvartalsoversigt, 1. Kvartal 2011 del 1, Danmarks Nationalbank, 2011, pp. 71- 91. https://www.nationalbanken.dk/C1256...

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/

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Trafalgar le 8 avril 2012. Alerte sur nos côtes méditerranéennes.

24 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Energie

 
Bonjour à tous.
 
le dimanche 8 avril aura lieu à la Seyne sur Mer une grande manifestation pour dénoncer les dangers de l'exploitation des gaz de schistes. Le projet d'installer des plates-formes de forage en Méditérrannée présente de très gros risques. Il est temps d'en prendre vraiment conscience et de résister.
Vous trouverez ci-dessous et en pièces jointes des éléments pour forger votre opinion.
  
  
Cordialement .
Lucien PONS.
 
  
Un texte de Jean-marc FONSECA.
 
 
Ce message s’adresse à ceux qui ont le cerveau plus gros et plus vif qu’une arapède.
A moins d’être un fondamentaliste du système techno-industriel de la marchandisation du monde et de penser que notre mode et niveau de vie n’est pas négociables quitte à sacrifier les générations qui nous succéderons ; nous ne pouvons ignorer les dangers que constituent l’exploitation des gaz de roche-mère à grande profondeur (dit gaz de schistes) pas plus que l’absence de solutions technologique concernant le retraitement et le stockage des déchets nucléaires. Une nouvelle folie vient d’arriver ; celui d’effectuer des recherches en vue d’une éventuelle exploitation de ressources pétrolière en Méditerranée au large de Marseille.
Si les accidents majeurs en termes d’industrie nucléaire, n’ont pas été nombreux, providence oblige, ces trente dernières années : il n’en est pas de même que ceux qui sont advenus aux plateformes en mer. Penser que s’il se produit un accident au large de Marseille la côte Méditerranéenne n’en subira pas les conséquences, de la Ligurie, en passant par la Corse et de Monaco aux calanques de Cassis ne repose pas sur la raison mais sur l’idéologie. :« Je suis prêt à tout pour ne pas manquer de carburant pour ma bagnole. »
Or la Méditerranée, un des berceaux des civilisations de l’humanité est un système fermé et fragile sans parler de sa propension aux phénomènes telluriques quasi permanents.
Le 8 Avril se déroulera à La Seyne-sur-Mer une grande manifestation contre ce projet dément, des bus partiront de Nice pour s’y rendre. Notre Comté étant concerné par-delà de tous présupposés idéologiques ; j’y participerai faisant flotter bien haut notre unique drapeau à l’aigle rouge. Je lance un appel afin que toutes celles et tous ceux qui sont attachés charnellement à notre terre et à son bout de mer participent à cette action.
A quoi servirait recouvrer nos libertés avec nos sources mortes, notre mer morte, du béton et du bitume dans toute la plaine du Var, nos montagnes couvertes de stations et notre langue et notre culture agonisante. 
   

 Menace sur nos côtes !

 

  Dimanche 8 avril à La Seyne sur Mer (83) :

  

   

 Le "Trafalgar du Gaz de Schiste" 

  

 

 

Grand rassemblement sur terre et

 

 

en mer 

 

 

contre le permis offshore "Rhône Maritime",

 

   

Pour dire NON au GdS et au hydrocarbures en mer.

 

 

Pour participer depuis les Alpes-Maritimes ou le Var, un départ groupé en bus est

 

organisé :

Tarif (A/R) :   12 ou 8 euros (tarif réduit : étudiant, chômeur ...)

Réservation obligatoire avant le 1er Avril auprès de 

 

nicole.chelli@gmail.com (06.50.25.69.01) pour un départ des Adrets
                                                                              

-sylvie.bonaldi@gmail.com (06.88.38.29.29) pour un départ de Nice

 

(10h Jardin  Albert 1er).
 
 
 

Toute la côte méditerranéenne est concernée. La concession de près de 10 000 km²,  au large à 50 km de Marseille et à 25 km de Toulon, est située à proximité immédiate du sanctuaire Pelagos pour la protection des mammifères marins du Parc National de Port-Cros (qui abrite nombre d’espèces protégées, notamment baleines, tortues marines et poissons), des Îles d'Hyères et à une trentaine de kilomètres seulement du futur parc national des Calanques. L'enquête publique concernant la création de ce parc vient en effet tout juste de rendre un avis favorable.

Les projets sont déjà bien avancés : ce permis a été accordé en 2002 et  prolongé une première fois en 2006.  La société britannique Melrose attend aujourd'hui la  réponse à sa nouvelle demande de prolongation et demande également son transfert à la société texane Noble Energy. Date butoir : le 11 avril 2012.

La campagne de prospection est en cours, avec notamment depuis un an des "études sismiques en deux dimensions utilisant des ondes acoustiques". Plusieurs échouements de cétacés ont été constatés. Pour le groupe d'études des cétacés de Méditerranée (GECEM), "le phénomène est tout à fait hors norme [...]".

Les Collectifs locaux nous préparent une belle journée festive, entre amis et en famille, avec de beaux points de vue pour les photographes.
Rendez-vous dès 11 heures pour un grand pique-nique... au Parc de la Navale
 => photos <=

Détails, affiche, renseignements pratiques... en pièces jointes
et sur le site des Collectifs du Var =>collectif Var  <=
et des Alpes-Maritimes =>collectif 06    <=
 
Chanson en pièce jointe à imprimer nous la répéterons dans le car
SOYONS NOMBREUX

 

 

Rassemblement national

 

La Seyne sur Mer

  

Dimanche 8 avril 2012.

 

Rassemblement national.

    

Pour dire non à la plateforme de forage au large de nos côtes !    

11heures, pique-nique citoyen au citoyen au parc de la Navale (anciens chantiers navals)  

de La Seyne sur mer.

Toute la journée, rassemblement maritime: Sortie des bateaux dans tous les ports du littoral.

 

 

S’étendant sur une zone de 12500 km², à quelques kilomètres du parc national de Port-Cros, le permis « Rhône Maritime » menace également une zone protégée de reproduction des cétacés appelée le sanctuaire Pelagos. La prospection sismique par ondes acoustiques effectuée à partir d’un bateau qui sillonne le secteur depuis un an perturbe d’ores et déjà considérablement les cétacés. Mais si le permis d’exploration venait à être renouvelé comme les autorités doivent le décider avant le 11 avril 2012, ouvrant ainsi la porte au véritable projet d’exploitation  d’hydrocarbures, la menace serait toute autre et le risque d’une marée noire dévastatrice bien réel.



Si la catastrophe du golfe du Mexique a révélé au monde l’incapacité des compagnies pétrolières à colmater une fuite à grandes profondeurs, elle laisse aussi présager ce qu’il adviendrait de nos paysages si un tel scénario devait se produire en Méditerranée. Car la zone en question est encore plus profonde que celle du golfe du Mexique (jusqu’à 2600m de profondeur !) et surtout, elle se situe dans un secteur à forte activité sismique, le dernier tremblement de terre d’une magnitude de 5,6 ayant eu lieu à la fin du mois de janvier 2012.



A ce stade, nous avons encore les moyens de faire pression sur les ministères de l’industrie et de l’écologie pour que ce permis ne soit pas renouvelé. C’est pourquoi il est primordial de montrer notre détermination et de réussir la  mobilisation, qu’elle soit terrestre ou maritime.



Habitants des départements côtiers, passionnés de sports nautiques, pêcheurs, professionnels du tourisme, élus, représentants d'organisations professionnelles, syndicales ou associatives, amoureux de la nature, de notre département, de la mer Méditerranée, simples citoyens révoltés par cette main mise sur ce bien commun, faites connaître autour de vous ce projet désastreux pour notre environnement et participez au rassemblement terrestre qui aura lieu le dimanche 8 avril 2012 à 11h aux chantiers navals de la Seyne sur Mer. Participez également au rassemblement maritime en sortant en mer, lors de cette journée, dans chaque port varois, pour exprimer votre mécontentement et  exiger l'abandon du permis "Rhône Maritimes".  

 

www.non-aux-hydrocarbures-en-mer.org

 

http://gazdeschiste-collectif-var.over-blog.com  

 

 

  • La chanson. 
SUR L’AIR DE BELLA CIAO

pas d’ça chez toi, pas d’ça chez moi
soyons conscients qu’l’avenir est entre nos bras
pas d’ça chez toi, pas d’ça chez moi
le gaz de schiste on n’en veut pas

nappe phréatique, état critique
pour satisfaire les délires de nos politiques
nappe phréatique, état critique
le gaz de schiste on n’en veut pas.

car vos profits, n’valent pas nos vies
et contre vous la planète nous on la chérie
car vos profits n’valent pas nos vies
le gaz de schiste on n’en veut pas.

votre croissance c’est d’l’inconscience
plutôt réduire nos consommations d énergie
votre croissance c est d’l’inconscience
le gaz de schiste on n’en veut pas

ne rien détruire plutôt construire
et faire ensemble que le monde devienne un sourire
ne rien détruire plutôt construire
le gaz de schiste on n’en veut pas
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Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie.

24 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

   Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie 

  

  

Un haut fonctionnaire français a invité , le 19 mars 2012, des journalistes arabes basés à Paris pour leur révéler la bataille qui se livre actuellement au sein du gouvernement français en général et du Quai d’Orsay en particulier à propos de la Syrie.

Selon cette personnalité, l’ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, dont l’ambassade vient d’être fermée et qui est rentré à Paris, a pris à partie son ministre devant ses collègues. Il a accusé Alain Juppé de ne pas avoir tenu compte de ses rapports et d’avoir falsifié les synthèses pour provoquer une guerre contre la Syrie.

Au début des événements, en mars 2011, le Quai avait dépêché des enquêteurs à Deraa pour savoir ce qui s’y passait. Leur rapport, transmis à Paris, indiquait qu’après quelques manifestations, la tension était retombée, en contradiction avec les reportages d’Al-Jazeera et de France24 qui indiquaient à l’inverse que la ville était à feu et à sang. L’ambassadeur demanda la prolongation de la mission pour suivre l’évolution des événements. Furieux de ce premier rapport, le ministre des Affaires étrangères lui téléphona pour exiger qu’il le modifie et fasse état d’une répression sanglante. L’ambassadeur plaça alors le chef de mission à Deraa en conférence téléphonique avec le ministre pour lui redire qu’il n’y avait pas de répression sanglante. Le ministre menaça l’ambassadeur et la conversation se termina de manière glaciale.

Immédiatement après, le cabinet d’Alain Juppé fit pression sur l’AFP pour qu’elle publie des dépêches mensongères confortant la vision du ministre.

Durant les mois qui suivirent, les incidents opposant Éric Chevallier et Alain Juppé ne cessèrent de se multiplier, jusqu’à l’affaire des otages iraniens et la mort du « journaliste » Gilles Jacquier. À cette occasion, l’ambassadeur reçu l’ordre d’exfiltrer les agents de la DGSE travaillant sous couverture de presse. Il réalisa l’importance de l’action secrète entreprise par Alain Juppé [1].

Ancien ministre de la Défense, Alain Juppé a semble t-il conservé de solides amitiés au sein des services militaires dont certains agents lui restent dévoués.

La même source assure que des rapports de l’ambassadeur auraient été négligés ou falsifiés et que celui-ci, pour étayer ses dires, aurait fait parvenir au Quai des rapports d’homologues européens attestant tous que la Syrie n’est pas confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation par des groupes armés venus de l’étranger. À son arrivée à Paris, Éric Chevallier aurait demandé une enquête administrative interne pour confondre son propre ministre.

Ces révélations en appelant d’autres, un autre haut fonctionnaire a révélé qu’Alain Juppé n’est pas seulement en conflit avec son administration, mais aussi avec ses collègues de l’Intérieur et de la Défense. Claude Guéant et Gérard Longuet auraient non seulement négocié avec le général Assef Chawkat l’exfiltration des agents français présents dans l’Émirat islamique de Baba Amr, comme le Réseau Voltaire l’a relaté [2], mais aussi la libération de trois commandos français détenus par la Syrie [3].

Dimanche 18 mars, le quotidien pro-syrien Ad-Diyar, édité à Beyrouth, a confirmé que trois prisonniers français ont été remis au chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Édouard Guillaud, lors d’un déplacement au Liban, prétendument effectué à l’occasion de la réorganisation du contingent français de la FINUL. Selon une source syrienne de haut niveau, l’amiral aurait en échange personnellement veillé au complet démantèlement de la base arrière que les services militaires français avaient installée au Liban.

Le conflit entre l’ambassadeur Chevallier et le ministre Juppé est connu depuis longtemps. Le 4 avril 2011, le journal électronique Rue89 avait publié un article attribué à un auteur franco-syrien anonyme [4]. On pouvait y lire que l’ambassadeur « se serait fait le porte-parole du régime, prétendant que les révoltes de Daraa et Lattaquié sont manipulées depuis l’étranger et que les médias mentent sur la réalité ». Dix jours plus tard, c’était au tour de Georges Malbrunot d’affirmer sur son blog du Figaro que l’ambassadeur « est complètement basharisé » [5]. Enfin, le 5 mai, France24, la chaîne placée sous la tutelle d’Alain Juppé, avait accusé l’ambassadeur de « minimiser la révolte » [6]

Le conflit entre le chef d’état-major des armées et Alain Juppé est également connu depuis longtemps. L’amiral Edouard Guillaud n’avait pas apprécié qu’Alain Juppé, alors ministre de la Défense, planifie à l’avance le renversement de Mouammar el-Kadhafi. Avec le discret soutien de son nouveau ministre de tutelle Gérard Longuet, il avait fait savoir publiquement son désaccord lorsqu’il avait reçu instruction de mobiliser les forces françaises contre la Libye.

Quant aux relations Guéant-Juppé, elles sont notoirement exécrables. On se souvient qu’avec l’arrogance qu’on lui connaît Alain Juppé avait posé comme condition pour son entrée au gouvernement Fillon que Claude Guéant quitte le secrétariat général de l’Élysée parce qu’il ne voulait pas avoir à lui parler.

Après l’accord survenu entre Washington, Londres et Moscou pour calmer le jeu en Syrie, Alain Juppé peut toujours compter sur l’appui d’Ankara, de Riyad et de Doha, ainsi que sur les principaux médias, mais se trouve isolé en France et privé des moyens nécessaires à sa politique … à moins, bien sûr, que le président Sarkozy ne pousse à la guerre pour faire remonter dans les sondages le candidat Sarkozy.

[1] « Le fiasco des barbouzes français à Homs », par Boris V., Komsomolskaïa Pravda, 18 janvier 2012, version française de New Orient News disponible sur le site du Réseau Voltaire.

[2] « Les journalistes-combattants de Baba Amr », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2012.

[3] « La France rétablit la censure militaire », Réseau Voltaire, 4 mars 2012.

[4] « À Damas, le régime de Bachar el-Assad prépare un bain de sang », par Sadik H., Rue89, 4 avril 2011.

[5] « Syrie : quand l’ambassadeur de France déjeunait avec la bête noire des frondeurs », par Georges Malbrunot, L’Orient indiscret/Le Figaro, le 14 avril 2011.

[6] « L’ambassadeur de France en Syrie a clairement minimisé la révolte », par Julien Pain et Peggy Bruguière, France24, 5 mai 2011

 

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Un échange très intéressant entre Gaston Pellet, ancien député communiste du sud-ouest et jacques Myard actuel député UMP du Sud-Ouest.

 

1° partie

Si vous cessiez, vous et vos alliés "occidentaux", d'accabler et/ou de massacrer les Arabes -et ceux auxquels vous les assimilez et que vous appelez "les musulmans" : en France d'abord, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Palestine, et en ce moment même, indirectement en Syrie (voir ci-dessous)  après l'Algérie, la Tunisie, le Maroc et partout où ils se trouvent... peut-être n'aurions-nous pas à déplorer des morts y compris "musulmans".

Arrêtez votre propagande. La suspension de la campagne électorale arrange certains candidats et pas d'autres. A qui profitent ces événements ? !
A l'avenir, gardez vos messages insidieux et la désinformation, pour parler par euphémisme, qui bat son plein chaque jour concernant  "nos affaires étrangères". Après la Libye, la Syrie...
Justement, je reçois le message en pj. Me confirmez-vous ces informations ou les démentez-vous ?
 
Gaston PELLET
  
  
/ 21 MARS 2012

 

COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
Député UMP
Membre de la commission des affaires étrangères
et de délégation au renseignement
Président du Cercle Nation et République
 
21 Mars 2012

 
A/S : TOULOUSE

La localisation très rapide du présumé auteur des lâches assassinats des militaires et enfants à Toulouse et dans la région est à mettre au mérite des forces de police françaises qui ont accompli un travail remarquable et doivent recevoir nos plus vives félicitations.

Les premières informations connues confirment la piste d'attentats perpétrés par un ou plusieurs islamistes extrémistes totalement engagés dans le jihad.

Malheureusement nous savons depuis longtemps que de jeunes Français de confession musulmane font le voyage afghan pour recevoir une formation militaire pour ensuite rentrer en France et passer à l'acte .

Nous savons aussi que la France est l'une des cibles d'Al-qaïda au Maghreb et nous ne sommes pas à l'abri d'actions terroristes perpétrées soit par des dormants soit par des équipes étrangères.

Les Français doivent comprendre que la lutte sera longue, car la radicalisation d'une partie -même minoritaire - de l'Islam est une tendance à long terme qui se nourrit de multiples facteurs, dont la non solution du conflit du Proche Orient.

En l'occurence on se doit de dénoncer les conclusions hatives et ignobles de certains groupuscules "gauchistes" , mais pas seulement , qui ont ces jours derniers accusé sans vergogne la droite parlementaire française d'être à l'origine d'une campagne anti immigration qui entrenerait certains extrémistes à l'action meurtrière.

HONTE A EUX !!!

 

2° partie

 

Monsieur le Député,

Je vous ai envoyé un message de réponse au vôtre du 21 mars. Vous le trouverez à nouveau en pièce jointe.

Vous ne m'avez pas répondu.

Je me permets d'insister pour que vous me donniez une réponse.

Tant qu'il n'en est rien, je vous demande de me rayer de votre liste de diffusion sur laquelle je ne vous ai pas autorisé à me faire figurer.

 

Salutations.

Gaston Pellet

 

 

 



Toulouse, une gauche irresponsable !

Communiqué de presse de Jacques MYARD
Député UMP
Président du Cercle Nation et République  

 

   
A/S : Toulouse, une gauche irresponsable !

Après avoir accusé la droite parlementaire d’avoir créé une atmosphère anti immigration qui aurait poussé des éléments d’extrême droite à perpétrer les attentats de Toulouse, et se retrouvant démentie par les faits, nous entendons désormais plusieurs voix à gauche tonitruer que les services DCRI et DGSE auraient failli à leurs missions en ayant trop tardé à identifier Mohamed Merah.

Ces propos sont ignobles, irresponsables, et démontrent de la part de leurs auteurs un cynisme total à des fins de polémiques électorales, alors que tous les experts en la matière relèvent le travail de professionnel de la police nationale effectuée en un temps record.

La mission des services a été de retrouver une aiguille dans une meule de foin, prétendre qu’on aurait pu l’éviter alors même que l’auteur, certes repéré comme un salafiste, n’avait jamais commencé à passer à l’acte, relève d’une insigne mauvaise foi. Ce sont les mêmes qui s’indignent lorsque le gouvernement veut renforcer la législation pour lutter contre l’insécurité. Les hypocrites se portent bien à gauche !

Quant aux déclarations d’Eva JOLY de ce jour sur France Info, critiquant violemment la présence du Ministre de l’Intérieur à Toulouse au motif qu’il appartiendrait au seul Procureur de conduire les opérations, tout en vantant les charmes de la société norvégienne qui a engendré un tueur fou avec un bilan de 100 morts, ces déclarations sont à l’image de cette candidate de 5è zone : GROTESQUES !

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La crise de l’euro vu du haut de l’Empire State Building, par George Blecher.

24 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

 

BANKST~1[Traduction exclusive] La crise de l’euro vu du haut de l’Empire State Building, par George Blecher

George Blecher est un écrivain américain, professeur de littérature à l’Université de New-York .Valérie Courteau a traduit pour nous son dernier article…

Les dirigeants européens doivent porter un regard froid sur l’Atlantique avant de commencer à démanteler l’Union, écrit George Blecher. Devenir une imitation des États-Unis reviendrait à renoncer à toutes les choses qui font de l’Europe le meilleur de tous les mondes.

Bon nombre des articles que j’ai écrits sur la culture des États-Unis pour les publications européennes au cours des vingt dernières années portaient le même message: Voici ce que nous faisons de stupide aux États-Unis. Si vous ne faites pas attention, quelqu’un le fera en Europe au cours des cinq prochaines années. Certaines de ces folies sont la prise en charge des maisons d’édition indépendantes par des conglomérats qui n’ont aucun intérêt dans l’édition, la commercialisation de tout, de l’enseignement supérieur à l’art, aux sports, à la médecine, mais également passer du consensus à la politique contradictoire, au point où personne dans le gouvernement américain n’est d’accord sur rien, et où les politiciens deviennent des enfants gâtés qui considèrent le compromis comme un signe de faiblesse personnelle.

Je n’étais pas devin: les changements se transmettent toujours des grands pays aux plus petits. Ce qui était intéressant, c’est que, grâce à la technologie, le temps de latence entre les événements aux États-Unis et en Europe a commencé à diminuer: ce qui pouvait autrefois prendre des années pour traverser l’océan pouvait maintenant se produire du jour au lendemain.

Puis vint la crise financière américaine. Bien qu’elle fût initialement traitée par la presse américaine avec une sorte de surprise béate – et par la Commission européenne avec un soupçon de condescendance – beaucoup de gens l’ont vu venir. L’année dernière, un excellent écrivain financier américain, Michael Lewis, a écrit un livre intitulé The Big Short, dans lequel il décrit les « anticonformistes » de Wall Street – des spéculateurs qui ont observé la crise qui se développait (au début, ils ont été tout simplement sidérés par la fragilité des prêts hypothécaires résidentiels et des produits «dérivés») et ont fait fortune à partir de ce qu’ils ont perçu.

En l’espace de quelques nanosecondes, la crise est arrivée en Europe. Comment pouvait-il en être autrement? Et ce, pour plusieurs des mêmes motifs.

Certains aspects de la crise de l’euro résonnent comme un écho à tous ceux qui connaissent la version américaine. Par exemple, la réponse à la spéculation bancaire qui a contribué à fomenter la crise a été tout aussi timide en Europe qu’aux Etats-Unis, seuls les Islandais, et les braves initiateurs d’Occupy Wall Street, se sont vraiment énervés. Et même si l’UE semble essayer de punir un peu les spéculateurs en réduisant le remboursement sur les obligations gouvernementales grecques (par opposition aux États-Unis où le gouvernement récompense les grandes banques pour leur avarice), la responsabilité principale de la crise s’est installée sur l’ensemble des citoyens grecs, en particulier ceux qui sont employés dans le secteur public. Le secteur bancaire / financier, dont de nombreux membres faisaient de l’argent rapidement « à l’américaine », a été largement négligé, et pas un – à l’exception notable de l’ex-Premier ministre d’Islande! – n’a été mis en prison. (Non pas que les banquiers européens doivent être inspirés par la cupidité américaine, je pense qu’ils le sont suffisamment.)

Cependant, il y a un message implicite troublant porté par la crise de l’euro qui est différent de la version américaine: le fait que l’Europe a commencé à se voir comme divisée en deux classes distinctes des Nations – non seulement les riches contre les pauvres, mais les “grown-up” (celles du Nord) vs «enfantines» (celles du Sud), «responsables» vs «irresponsables», «travailler dur» vs «paresseux» – vous voyez l’idée. Non seulement cette dichotomie est follement réductrice, mais elle a des échos sinistres de classifications antérieures sur le QI, l’origine ethnique, la race, la religion – des choses dont personne ne veut parler.

Mais maintenant que Mme Merkel et M. Draghi ont repris la gestion de la crise de l’euro, confortés dans leur jugement sur le mauvais état de la Grèce comme des parents sévères prêchant l’abstinence, c’est le bon moment pour aborder quelques points positifs du projet européen d’après-guerre, et de son avenir – d’un point de vue qui se trouve à 5000 miles de distance.
Le premier point est que peu importe les malheureux adjectifs dont des candidats à la présidentielle américaine affublent l’État-providence européen, il s’agit d’une réalisation assez spectaculaire, et dont les Européens devraient être fiers. Si seulement vous saviez combien il est difficile de vivre aux États-Unis, sans la protection d’un État-providence! Combien les parents font d’efforts pour trouver soit une école décente publique où mettre leurs enfants, soit pour trouver assez d’argent pour les envoyer dans une coûteuse école privée. Combien d’Américains perdent de temps à gérer leurs régimes privés d’assurance médicale, et comment, au moins jusqu’à la réforme du système de santé initiée par Obama (si jamais elle se fait), des dizaines de millions d’Américains sans assurance laissent leurs maladies s’aggraver au point où ils ne peuvent plus guère passer la porte de l’hôpital en marchant. Je pourrais continuer. Le fait est que pour moi et pour d’autres admirateurs, l’État-providence européen ne ressemble pas à une réalité universelle et naturelle mais nous le voyons vraiment comme un acte de volonté et d’abnégation. L’UE est vraiment fondée sur un principe noble: la volonté de créer une société des nations désireuses de prendre soin les unes des autres. Au lieu de secouer un doigt accusateur envers des Grecs fautifs, l’UE ferait mieux de trouver un moyen de ramener son partenaire-nation à la santé en centralisant la dette et en adoucissant de la rhétorique de l’austérité.

Le second point est de toute évidence un poncif – et pourtant, étant donné le sentiment anti-américain de nombreux intellectuels européens, il peut aussi paraître contre-intuitif: l’Europe semble encore souffrir d’un complexe d’infériorité d’après-guerre qui la fait admirer et imiter les États-Unis pour de mauvaises raisons. Prenez la spéculation sur les vingt dernières années. Plutôt que de regarder les marchés américains surchauffés avec une dose de scepticisme, les Européens ont suivi. Après la rhétorique à la fois de la droite américaine et de la gauche, plusieurs pays européens ont essayé de privatiser les services publics, mais sans grand succès: ils n’ont pas gagné le soutien populaire ou n’ont pas réduit leurs coûts de manière significative. Leur erreur fut qu’ils avaient vu les Etats-Unis comme un avant-poste européen (ou l’Europe comme un avant-poste américain!) Au lieu de ce qu’il est vraiment: un pays riche du Tiers Monde avec une superposition bizarre de puritanisme.

Il y a quelques étés, j’ai vu un journaliste TV demander à Slavoj Zizek s’il appréciait d’être européen: “Oh, bien sûr,” dit-il, “c’est le seul grand espace public dans le monde où l’on est libre d’être athée.” Sous couvert de plaisanterie, je pensais qu’il disait quelque chose d’important. Si vous regardez à travers le monde, vous verrez qu’il avait raison. Il a été l’expression d’un eurocentrisme nécessaire, ce n’était pas tant du snobisme que de la gratitude: un grand nombre des meilleurs courants de pensées européens (l’humanisme, les Lumières, la recherche scientifique, etc.) se développe le mieux grâce à une atmosphère où la religion ou le culte de l’Etat ne sont pas des forces oppressives.

Alors – pourquoi la crise de l’euro ne peut être considérée comme une opportunité pour l’Europe de porter un regard critique sur son passé et l’avenir? Pour prendre une certaine distance des modèles américains ou chinois, et établir ensuite un système plus silencieux, plus humain, moins volatil que celui que l’une des superpuissances est capable de mobiliser? Peut-être que c’est trop demander à un groupe de nations qui doit encore apprendre à s’entendre avec l’autre, mais n’est-il pas plus logique de retrouver un sentiment de solidarité au sein de l’UE plutôt que de classifier à nouveau l’Europe en groupes de pays tandis que les financiers attendent la prochaine façon intéressante de se remplir les poches?

George Blecher

Source : Eurozine, d’après le Berliner Gazette.

 

Sur le blog d'Olivier Berruyer: http://www.les-crises.fr/crise-euro-empire-state/

 

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Sciascia et les techniques de la manipulation. Un intellectuel décrypte la réalité italienne.

23 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Sciascia et les techniques de la manipulation.

Rosa LLORENS


 

Au milieu de sa décadence morale et intellectuelle, l’Europe a encore (ou a eu récemment) de grands écrivains et intellectuels engagés, même s’ils sont peu présents dans les medias (quand ils ne subissent pas la censure, comme Peter Handke). Leonardo Sciascia est mort en 1989, mais son oeuvre est toujours très actuelle. Il a toujours mis en scène la société italienne, et plus précisément sicilienne ; mais l’Italie a souvent été un pays précurseur, dans le domaine politique et social : elle a vu (juste après la Pologne de Pilsudski) l’arrivée au pouvoir, en 1922, du fascisme, qui allait ensuite s’étendre sur toute l’Europe continentale. Les analyses de Sciascia sur l’Italie des années 1960-80 pourraient donc nous aider à déchiffrer d’autres contextes.

Dans Le Contexte (1971), Sciascia raconte une affaire politico-criminelle qui serait aujourd’hui volontiers dénigrée comme relevant de l’obsession du complot et dont l’auteur serait traité de paranoïaque. Mais Sciascia est l’un des écrivains et intellectuels les plus respectés en Italie.

L’inspecteur Rogas est chargé d’enquêter sur une série de meurtres de magistrats perpétrés en divers points d’un "pays imaginaire". Il découvre qu’il y a un lien entre eux : ces magistrats ont été mêlés au procès d’un pharmacien, Crès, condamné pour tentative d’empoisonnement sur sa femme et qui vient justement de sortir de prison ; or, Rogas se rend compte que Crès a été victime d’une machination montée par sa femme et que, condamné à tort, il a des raisons de vouloir se venger. Mais Rogas ne pourra pas l’interroger : pourtant placé sous surveillance, Crès s’enfuit, et il ne reste même pas de photos de lui. Et, au lieu de faciliter les recherches, les supérieurs de Rogas lui ordonnent de suivre une autre piste, celle des assassinats politiques, qui auraient été l’oeuvre d’un groupuscule anarchiste. Rogas obéit, mais se rend compte que la piste est farfelue, il continue donc, en parallèle et clandestinement, son enquête sur Crès, qui va le mener jusqu’aux plus hauts responsables de l’Etat (ministres, généraux) ; il comprend que Crès est protégé par la Police : elle lui assure l’impunité pour qu’il puisse commettre ses assassinats (pour le 5e et dernier, elle le manipule même), qui vont être utilisés dans le cadre d’une stratégie de déstabilisation de l’Etat, visant à mettre en place un pouvoir dictatorial.

On reconnaît ici la "stratégie de la tension" qu’on attribue à l’organisation Gladio, créée par la CIA, après la guerre, pour empêcher, par tous les moyens, l’arrivée au pouvoir du Parti Communiste en Italie.

Sciascia précise dans une note qu’il a commencé ce roman, début 1969, pour s’amuser, à partir d’un fait divers et d’un personnage de serial-killer, mais que, en le finissant, il n’avait plus du tout envie de rire. En effet, la réalité l’avait rattrapé : en décembre 1969, eut lieu l’attentat de Piazza Fontana, à Milan, qui fit 16 morts, et qui marque le début des "années de plomb". L’extrême-gauche et, en particulier, les anarchistes, furent aussitôt accusés (un jeune anarchiste trouva la mort dans un commissariat dans des circonstances louches : il se serait jeté par la fenêtre). En fait, tous les suspects qu’on put sérieusement mettre en cause appartenaient à l’extrême-droite - mais tous furent finalement relaxés en 2005 ! (voir les articles très circonstanciés de Wikipedia sur Gladio, Années de plomb, Piazza Fontana... ; on peut voir aussi le film que F. Rosi a tiré du roman, Cadavres exquis, avec Lino Ventura dans le rôle de Rogas).

En 1974, Sciascia récidive avec Todo Modo : ce nouveau roman policier se déroule dans l’Ermitage Zafer, fondé par un prêtre, Don Gaetano, qui y réunit, pour des retraites religieuses, de hauts dirigeants politiques et économiques. Comme plus tard dans Le Nom de la rose, d’U. Eco, des assassinats vont se produire dans ce monastère-hôtel, sous les yeux du narrateur, un peintre, qui, tout en réfléchissant aux événements, poursuit des entretiens politico-philosophiques avec Don Gaetano ; celui-ci se révèle, dans un jeu de séduction intellectuelle avec le narrateur qui rappelle les relations de Raskolnikov avec le Commissaire dans Crime et Châtiment, un homme extrêmement intelligent et cultivé mais dépourvu de tout sens moral. Le narrateur découvre qu’il est au centre d’un complot d’Etat,organisé par un parti de la droite catholique (évidemment la DC, la Démocratie Chrétienne, au pouvoir depuis 1945), et visant, là aussi une déstabilisation politique, et il prendra ses responsabilités : Sciascia tire en quelque sorte les leçons de l’impunité des coupables d’attentats d’extrême-droite.

Et, là aussi, la réalité imitera l’art : en 1978, éclate l’affaire Aldo Moro, dirigeant de la DC séquestré par les Brigades Rouges qui, au bout de deux mois de vaines tentatives pour négocier avec la DC, finiront par l’assassiner. Le corps (ce fut une tragédie nationale) fut découvert dans le coffre d’une voiture.

Même si les Brigades Rouges sont les auteurs matériels du meurtre, les responsabilités morales sont à chercher plus haut : qui avait intérêt à la mort d’Aldo Moro ? Sciascia, là encore, s’est chargé de l’analyse du contexte, dans son livre L’Affaire Moro : celui-ci représentait l’aile gauche de la DC, favorable, face à la crise économique et politique, au "compromis historique", c’est-à-dire une alliance avec le PCI. Sa mort libérait la DC (et la CIA) de cette éventualité ; on comprend donc son refus de négocier avec les Brigades Rouges.

Mais on peut continuer à lire l’histoire récente de l’Italie suivant ce schéma. En 1992, c’est l’affaire Mani pulite (mains propres) : un groupe de juges indépendants accuse les plus hauts dirigeants de corruption et complicité avec la Mafia, c’est le système des pots-de-vin, Tangentopoli. Mais à quoi aboutit cette vague de scandales ? à une déstabilisation de toute la classe politique : les 2 principaux partis (le PCI s’était fait hara-kiri en 1991), la DC et le PSI disparaissent et le pouvoir revient en 1994 à un homme d’affaires véreux, Berlusconi, qui inaugure un nouveau système politique, celui où les milieux d’affaires, au lieu de déléguer leurs pouvoirs à des hommes politiques, l’exercent directement, sous le nom de l’un d’entre eux, particulièrement photogénique ou convaincant.

Todo Modo (par tous les moyens) est un slogan lié aux Jésuites (c’est une citation tirée d’une prière de leur fondateur, saint Ignace de Loyola). Mais c’est aussi bien la devise de la Raison d’Etat, des services secrets (comme la CIA) et de tout ambitieux. A ceux qui, face à toute tentative d’analyse, dégainent l’accusation de "théorie du complot", il faudrait rappeler les faits historiques (il y en a bien d’autres !) et les schémas que nous ont légués des intellectuels comme Sciascia pour mieux comprendre le monde où nous vivons.

Rosa Llorens.

 

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En route vers le protectionnisme.

23 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

En route vers le protectionnisme

Mur d'Hadrien

La question du protectionnisme commence peu à peu à s'imposer au sein du débat public. Loin d'être une question aussi essentielle que la viande halal ou l'identité nationale, certains candidats à l'élection présidentielle en font cependant l'un de leur cheval de bataille. La conférence du lundi 19 mars, organisée à l'Ecole de Guerre économique par l'association « Pour un débat sur le libre échange », offrait l'occasion d'étudier plus en détails cette question primordiale pour l'avenir de notre pays. Le casting proposé était alléchant puisque se sont succédés à la tribune Erik S.Reinert, Hervé Juvin, Gabriel Colletis, Jean-Luc Gréau, Philippe Arrondel et Philippe Murer. Il n'a pas déçu

L'auteur du livre « Comment les pays riches sont devenus riches? Pourquoi les pays pauvres restent pauvres », Erik S.Reinert était chargé de planter la première banderille. Nous avons eu droit à une véritable mise à mort du néo-libéralisme. En effet le diplômé d'Harvard considéré comme l'un des chefs de file en matière d'économie hétérodoxe dans le monde anglo-saxon n'a pas choisi de faire le voyage jusqu'à Paris à vide.

 

Il débute son intervention en expliquant que le clivage droite-gauche n'a plus réellement de sens et qu'il est nettement moins important que le clivage qu'il définit comme celui du « canon orthodoxe » et de « l'autre canon ». En résumé il s'agit de la différence entre une économie immuable basée sur des mathématiques et des hypothèses et une autre axée sur le changement et prenant en compte l'histoire économique. La première offre la part du lion aux consommateurs aux exigences desquels il convient de se plier. La seconde se concentre sur le producteur et l'innovateur. La première s'est inspirée des théories d'Adam Smith et de sa « main invisible ». La seconde se base sur les thèses de Schumpeter ou de Keynes.

 

Au sein de l'analyse d'Erik S.Reinert, la théorie des cycles économiques est très présente qu'il s'agisse d'analyser les crises financières ou les mises en place de mesures protectionnistes. Ainsi il explique qu'aucune nation n'est devenue prospère sans avoir eu recours au protectionnisme sauf peut-être Hong-Kong.

 

Le 21ème siècle marque un tournant dans la domination économique mondiale puisque l'occident perd de sa superbe face à une Asie qui se pose en sérieux concurrent. Pour Reinert la force d'un pays réside plus dans sa capacité à maîtriser les savoir-faire que dans sa dotation en matières premières. Le développement de l'Europe s'est basé sur cette maîtrise notamment grâce à la lutte des classes qui a offert un équilibre en évitant la stérilisation du savoir.

 

Erik S. Reinert

Pour Reinert le développement des Etats doit s'effectuer grâce à l'industrialisation. Il précise que les pays doivent opter pour une stratégie d'accroissement de la valeur des produits plutôt que pour une stratégie de compression des coûts, trop court-termiste puisqu'un pays produisant à un coût encore plus compétitif finira toujours par émerger.

 

Le déclin de l'occident s'explique par la non remise en cause d'un modèle néo-libéral utilisé pour soumettre les autres économies du monde. A force de vanter les mérites de ce modèle, les pays occidentaux ont fini par y croire et par se l'appliquer à eux-mêmes. Or le bilan du néo-libéralisme est un échec puisque seule l'Asie en a profité en terme de PIB. De plus l'absence de nations à revenus intermédiaires est constatée. Les pays riches restent riches, dans le meilleur des cas, ou déclinent alors que les pays pauvres s'enfoncent dans la pauvreté.

 

La thèse de Rinnert est que le déclin de l'occident est lié au fait que l'héritage du passé a été oublié. Il importe donc de réinventer les théories des « 30 glorieuses » qui visaient à industrialiser les pays du monde. Cette industrialisation doit passer par une phase de protection. La difficulté pour un Etat-Nation étant de décider à quel moment est-il opportun d'accentuer ou de réduire les mesures protectionnistes. La théorie de la protection se fonde sur le fait observable que les activités économiques sont de qualités différentes et que l'instauration de mesures protectionnistes évite l'émergence de déséquilibres trop profonds. Cette théorie n'est pas compatible avec le libre-échangisme qui se base sur l'échange de travail de même valeur.

 

La mise en place d'un protectionnisme intelligent vise à trouver un équilibre entre producteur et consommateur. A court terme, les intérêts du consommateur peuvent être sacrifiés pour permettre au producteur de générer de hauts revenus qui lui permettront d'accroître par la suite son activité afin de créer de l'emploi et de proposer des produits plus compétitifs.

 

Quant aux mesures de rétorsions que pourraient prendre les pays victimes de mesures protectionnistes, il est essentiel de comprendre que des mesures « efficientes » au niveau micro-économique ne le sont pas forcément au niveau macro-économique . Ainsi l'absence de mise en place de mesures protectionnistes conduit à un appauvrissement mondial généralisé puisque les entreprises vont toujours chercher à produire à moindre coût et donc à verser des salaires de plus en plus bas. Afin d'établir un parallèle historique, nous pourrions indiquer que lorsque l'Angleterre était la seule nation industrialisée, ne pas développer son industrie pouvait se justifier pour un pays sans protection mais cela aboutissait à un équilibre général de la pauvreté.

 

Le choix qui s'offre à l'occident est donc de savoir de quelle façon il souhaite organiser son déclin. Un déclin relatif comme les Pays-Bas de 1700 qui sont restés un pays prospère même s'il n'est plus au sommet ou un déclin absolu comme celui de Venise de 1700 qui se réduit aujourd'hui à une ville musée.

 

Hervé Juvin

A la suite de cette intervention, l'économiste Hervé Juvin a pris la parole. Il a insisté sur le manque de transparence des tenants du néo-libéralisme qui veulent imposer leurs thèses comme une vérité absolue en dehors de laquelle il n'existe pas de place pour le débat. Il a indiqué que le protectionnisme n'était pas une question de doctrine mais une question de moment, c'est à dire qu'il est un outil qu'il convient d'utiliser au moment opportun comme actuellement. Hervé Juvin a exprimé sa préférence en faveur de mesures protectionnistes douanières plutôt qu'en faveur d'une guerre des monnaies qui favorise surtout les spéculateurs.

 

Enfin il a formulé trois remarques. Il a remarqué que si depuis le grenelle de l'environnement la France produisait moins de gaz carbonique en revanche elle en consommait plus ce qui constitue une véritable perte d'autonomie politique. Il a ensuite précisé que la terre est devenue un marché comme un autre puisque les investisseurs, conscients de la faiblesse du papier, se tournent désormais vers les terres arables ce qui pose question pour la production d'aliments à l'avenir. Enfin il a conclu par des doutes quant à la compatibilité de la libre circulation des mouvements de capitaux avec la démocratie.

 

Gabriel Colletis est ensuite monté à la tribune. Il a indiqué qu'une théorie était souvent dominante parce qu'elle sert les intérêts dominants. Avant de citer List pour affirmer que l'on ne peut pas penser l'industrie sans penser le protectionnisme et inversement. Il a répété qu'une industrie ne pouvait pas se développer sans protection et qu'il s'agissait de la raison pour laquelle le protectionnisme devait être le moyen d'un projet national de développement. La nécessité de lutter contre la vision néo-libérale qui considère le travail uniquement comme un coût a été réaffirmée tout comme l'importance de créer des normes de protection sociales, environnementales et financières. Il a dénoncé le fait que les programmes de baisse des charges sociales ne visaient pas à la compétitivité mais à la rentabilité.

Gabriel Colletis

Gabriel Colletis s'est positionné en fervent défenseur d'un capitalisme industriel au détriment d'un capitalisme financier avec l'urgence de réorienter la production en fonction des besoins de la société française et de remettre la finance à sa place. A ce sujet, il a précisé que le capital était mieux rémunéré que le travail en raison de sa volatilité. Tant que les pays laisseront le capital être volatile, il bénéficiera d'une rémunération privilégiée. Sa conclusion aura des allures de feu d'artifice, lorsqu'il affirmera qu'une véritable règle d'or devrait consister à fixer un niveau maximal de détention de la dette par des non-résidents.

 

Puis vint le tour de Philippe Arrondel qui s'attaqua à la « smicardisation » de la société française. Il s'attarda notamment sur le cas des « travailleurs détachés » c'est à dire la délocalisation sur place qui avait défrayé la chronique au travers de la directive « Bolkenstein » au moment du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen en 2005. Bien que légalement ce procédé soit interdit, il s'effectue relativement fréquemment en pratique sans être déclaré.

 

L'économiste Jean-Luc Gréau, ancien expert du MEDEF, poursuivit la conférence en s'attaquant aux trois postulats couramment émis à l'égard du protectionnisme. Le protectionnisme n'est pas ringard, il reste un formidable outil économique en fonction des périodes historiques. Le protectionnisme n'est pas une fermeture, il s'agit d'une ouverture maintenue aux échanges et aux savoir-faire. Le protectionnisme n'a pas mené à la guerre, il s'agit d'une falsification de l'histoire comme l'a démontré Paul Bairoch puisque toutes les conditions étaient déjà réunies avant 1929. Avant de conclure ses propos en conseillant le dernier livre de David Todd qui montre que de très puissants intérêts soutiennent les thèses libre-échangistes.

 

L'intervention de Philippe Murer a permis de démontrer à l'appui d'un sondage IFOP que les Français étaient favorables à 65% à une augmentation des droits de douane et à 57% aux frontières de la France si nos partenaires européens refusent de coopérer. Il a salué le courage des économistes qui mettent en jeu leur carrière académique pour soutenir les thèses protectionnistes.

 

Il a ensuite dénoncé les manipulations des chiffres de l'emploi en France et en Allemagne où les taux de chômage devraient être de 15 ou 16% avant de s'attaquer à l'explosion de la dette qui coïncide avec les lois de dérégulation de la finance.

 

Pour conclure, il est revenu sur les objectifs fondamentaux de l'humanité qui devraient être le niveau de vie, l'emploi, la cohésion sociale. Ces objectifs sont en contradiction complète avec le libre-échange. C'est pour cette raison, qu'il convient de lutter contre ce système afin de le réformer.

Philippe Murer est à l'initiative d'une pétition en faveur de la mise en place d'un protectionnisme européen. C'est un premier pas mais les plus grands voyages commencent tous par un premier pas.

 

 

Theux

  http://lespoir.jimdo.com/2012/03/22/en-route-vers-le-protectionnisme/

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