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Le blog de Lucien PONS

Multi-niveau. Rédigé par Observatus geopoliticus 

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

Multi-niveau

30 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie

Une énorme partie d'échecs se joue actuellement sur plusieurs niveaux et en différents lieux, tant dans les couloirs de la Maison blanche et du Kremlin que dans la steppe désertique syro-jordanienne. Comme le dit un fidèle lecteur, il est bien difficile de s'y retrouver sur le tapis vert syrien entre les innombrables combinaisons pair-impair, rouge et noir, manque ou passe, d'autant que l'équation est encore compliquée par les traditionnels retournements et enchevêtrements moyen-orientaux. Par où commencer ?

"L'attaque chimique" n'a pas (encore ?) eu lieu et Washington plastronne. J'invente une menace imaginaire, elle ne se matérialise pas, c'est grâce à mon avertissement, applaudissez-moi. Connaissant le Donald, la gloriole gratuite à usage interne n'est certes pas à exclure. Mais toute cette affaire cache bien autre chose, et notamment les fractures béantes au sein de la nouvelle administration.

Derrière le damage control mâtiné de sauvetage de face du Pentagone, il apparaît clairement que les militaires n'étaient pas au courant de l'explosive déclaration de la Maison blanche, le Centcom allant jusqu'à dire publiquement qu'il n'a "aucune idée" des raisons qui ont conduit à cette annonce.

Fait intéressant, tout ceci est intervenu seulement trois jours après que le colonel Dillon, porte-parole de la coalition contre l'Etat Islamique, a déclaré que les Etats-Unis voyaient d'un bon oeil les efforts de l'armée syrienne et des milices pro-iraniennes dans le combat contre Daech. Des faucons (McMaster ?) voulant torpiller les ouvertures faites par les colombes ne s'y prendraient pas autrement...

Mais le panier de crabes impérial est encore plus méphistophélique. Il n'a échappé à personne que la crise a éclaté peu de temps après la visite du beau-fils Kushner en Israël. Le mari d'Ivanka (appelons-le Ivanko), qui se revendique presque ouvertement sioniste, a-t-il été chargé par Bibi la Terreur d'un message ainsi que de quelques "renseignements de première main sur une prochaine attaque chimique" - inventés - à destination du Donald ?

Pas impossible, d'autant que le président semble plus faire confiance à son gendre post-pubère qu'à ses secrétaires d'Etat aux Affaires étrangères et à la Défense. De par son amitié avec l'ambassadeur émirati à Washington, Kushner aurait par exemple eu un rôle crucial dans la tempête twittique du Donald contre le Qatar lors du conflit du Conseil de Coopération du Golfe. Au grand dam de Mattis et Tillerson, plutôt sur la ligne de Doha et qui passent leur temps à nettoyer les bêtises du gamin. On dit d'ailleurs T. Rex fatigué de voir son travail systématiquement saboté par la famille Trump et peut-être même sur la sellette. A suivre...

Ainsi donc, Ivanko aurait été mandaté par l'establishment israélien, paniqué devant la constitution de l'arc chiite, pour convaincre son beau-père de menacer Assad, menaces qui seront évidemment considérées comme un feu vert par les barbus modérément modérés ? L'hypothèse paraît plausible et séduisante, et la seconde partie de la proposition est même indiscutable. Sauf que... Quelque chose ne cadre pas tout à fait avec la première partie.

Kushner était apparemment totalement opposé à la frappe tomahawkienne d'avril :

Un passionnant article du toujours très informé Robert Parry dévoile de l'intérieur la prise de décision. Il y aurait eu une vive lutte dans les hautes sphères du pouvoir et une gêne évidente parmi la communauté du renseignement, persuadée de l'innocence d'Assad dans l'événement chimique. A la Maison Blanche, un combat à couteaux tirés eut lieu entre d'un côté Steve Bannon et Jared Kushner (!) et, de l'autre, le conseiller à la sécurité nationale, le néo-con McMaster. Finalement, Cretinho s'est rangé à l'avis de la clique de ce dernier, souhaitant alléger la pression du Deep State à son égard.

Arrêtons-nous un instant sur Kushner, gendre juif orthodoxe de Trump et sioniste fervent, qui a pourtant pris le parti de son ennemi personnel Bannon et conseillé à son beau-père de tout déballer sur la Syrie : l'intox de la Ghouta et la manip de Khan Cheikhoun la semaine dernière.

Ajoutons qu'Ivanko est également accusé par la MSN de sympathies pro-russes, ce qui, comme chacun sait, constitue de nos jours l'acte d'accusation le plus grave que peut trouver le système impérial. Non décidément, quelque chose ne colle pas. Nous parlions plus haut d'insolubles combinaisons rouge, impair et passe...

A Moscou, on ne perd en tout cas pas son temps avec de telles subtilités et promet une réponse "proportionnée" en cas d'attaque américaine suite à un éventuel nouveau false flag chimique. Lavrov, qui ne parle jamais pour ne rien dire, a donné une intéressante conférence de presse dans laquelle une phrase intrigue :

"J'espère que cette fois, les Etats-Unis prendront en compte la nécessité de vraiment lutter contre la prolifération d'armes chimiques."

Serait-ce à dire que le facétieux Sergueï accuse les USA d'avoir permis la prolifération d'armes chimiques en Syrie par le passé ? En fournissant, exemple pris au hasard bien entendu, les barbus de Khan Cheikhoun juste avant le bombardement syrien ?

Le risque d'escalade est en tout cas pris au sérieux et l'on note une forte recrudescence de cargos russes qui passent et repassent le Bosphore en faisant l'aller-retour Russie-Tartous. On imagine que ce n'est pas pour débarquer des cargaisons de chocolats...

En un temps d'incertitude sur les intentions de Washington - même la vraie presse d'information s'y perd, le d'habitude pessimiste Moon of Alabama y voyant la fin de l'aventure US, Russia Insider prédisant au contraire une attaque imminente -, il est en effet plus prudent d'accumuler les joujoux militaires pour faire face à toute éventualité.

Dans notre grand jeu Qui mettra la main sur le territoire califal ? - question qui sous-tend à vrai dire tout le conflit syrien -, les loyalistes ont marqué plusieurs dizaines de points depuis un mois, pour le plus grand malheur de l'axe israélo-saoudien. Le blitz royal vers la frontière syro-irakienne a évidemment fait sonner toutes les alarmes à Riyad et Tel Aviv, permettant l'accès à la Méditerranée pour l'Iran (et même, dans le futur, pour les routes de la Soie chinoises).

Il y a quelques heures, toute la poche à l'est de Khanasir a été libérée - les petits hommes en noir en passe d'être totalement encerclés se sont retirés -, mettant définitivement fin à la présence de Daech dans la province d'Alep et permettant la jonction stratégique entre Ithiya et Rusafa. Sur la carte, cela représente un gain énorme pour Damas :

Désormais, les bases sont jetées pour la réduction du saillant à l'est de Hama et surtout la grande offensive orientale vers Deir ez Zoor et, plus loin, vers la frontière irakienne, où les bataillons du blitz sont d'ailleurs en train d'avancer de leur côté.

C'est le moment que choisit le sultan pour lancer une attaque très sérieuse contre le canton kurde d'Afrin (une semaine d'intenses bombardements et maintenant une forte concentration de troupes) dans le but semi-avoué de faire la jonction avec l'Idlibistan, ce qui serait évidemment totalement inacceptable pour Damas et Moscou.

Où l'on constate une nouvelle fois l'invraisemblable noeud gordien de la région : les Russes sont plus ou moins alliés aux Kurdes et depuis un an aux Turcs, qui se détestent pourtant les uns les autres. L'empire américain n'est pas le seul à allier les contraires...

Des rumeurs infondées faisaient état du retrait du contingent russe de la petite base que Moscou avait établie dans la zone kurde ; en réalité, 160 soldats supplémentaires ont apparemment été envoyés en renfort pour bien montrer qu'il est hors de question de désenclaver l'Idlibistan.

Se dirige-t-on alors vers une confrontation russo-turque ? Improbable au vu du tectonique rapprochement entre Moscou et Ankara. Il se pourrait même que Poutine ait en réalité donné un feu vert tacite (et partiel) à Erdogan, histoire de calmer les ardeurs américano-saoudiennes des Kurdes de l'autre partie du Rojava, proxies que l'empire utilise pour descendre vers le sud et tenter de réduire le corridor chiite :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C'est bien possible... A moins que tout n'ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l'on pourrait assister à une détonante convergence de l'armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l'armée irakienne. Deux contre un si l'on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l'armée irakienne restera neutre : le rapport de force n'est de toute façon pas en faveur de l'empire. Le tout face à une résistance désespérée de l'EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant...

De fait, des voix kurdes commencent à se faire entendre, menaçant d'interrompre l'opération pour la prise de Raqqa - sans parler d'une descente méridionale - si le sultan continue de bombarder leurs frères d'Afrin. Casse-tête pour Washington. Aux dernières nouvelles, Erdogan vient de s'entretenir au téléphone pendant trente longues minutes avec le Donald puis a appelé Poutine dans la foulée. Ce qui s'est dit vaut de l'or mais nous ne le saurons pas tout de suite...

Notons en passant, afin de montrer le degré incomparable des intrications auxquelles nous assistons en spectateur comblé, que les récents ronds de jambe kurdes aux Saoudiens wahhabites que nous avions relevé la dernière fois sont également la contrepartie de la "tolérance" de Riyad vis-à-vis des idées indépendantistes kurdes. Non pas que les grassouillets cheikhs fondamentalistes se soient soudain pris de passion pour le crypto-marxisme du Rojava mais dans un but tout ce qu'il y a de machiavélique : mettre un gros caillou dans la chaussure turque et punir Ankara pour son soutien au Qatar. Le Moyen-Orient ne changera jamais...

Revenons à notre guerre syrienne. Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière. Pour résumer :

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Tout cela se décidera sur le terrain mais aussi dans les couloirs du pouvoir. A Washington, la discorde règne en maître, on l'a vu. Le Centcom tire dans les pattes de la Maison blanche qui torpille le Pentagone et le Département d'Etat. Quelle cabale prévaudra ? A Moscou, l'ours attend de pied ferme une éventuelle provocation chimique de l'un des clans américains (lequel ?) Ajoutez les facteurs turco-kurde et qataro-saoudien, mélangez et servez.

On le voit, le jeu sur le subtil échiquier multi-niveaux (local, régional, global) est d'une complexité extraordinaire...

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Bachar al-Assad en visite auprès des militaires russe et auprès de son peuple. Un grand chef d'état!

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #République, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

 

 

6. SYRIE bannière.JPG

 

Vraies niouzes

 

Au moment où Cretinho et ses Pieds Nickelés transatlantiques braillent à tous vents que Bachar al-Assad (cet affreux allié des Russes) se prépare une fois de plus à tuer des enfants syriens à coups de gaz sarin et que, quand il le fera, croyez-nous, on ne restera pas les bras croisés (niveau bac à sable, c’est vrai, et message pas du tout subliminal aux terroristes « Allez-y les mecs, on dira que c’est lui ! »), le président syrien n’est pas resté planqué dans son bunker, au contraire. Semaine de visites plutôt chargée, parfois seul, parfois en famille.

 

7. Emblem Russian Forces.gif

 

Bachar al-Assad en visite « surprise » dans une base aérienne russe en Syrie

RT français27 juin 2017

 

8. ASSAD AVION.jpg

 

Le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu dans une base militaire aérienne russe dans l'Ouest de la Syrie. Plusieurs photos et vidéos de ce déplacement qui n'avait pas été annoncé ont rapidement circulé sur internet.

Le président a visité la base russe dans la ville syrienne de Hmeymim ce 27 juin dans la matinée. La visite du chef de l'État a été confirmée par la présidence, alors que différentes photographies et vidéos commençaient à circuler sur les réseaux sociaux. 

On y voit le président syrien monter à bord d'un chasseur-bombardier russe SU-35 au sol, en compagnie de militaires russes.

 

 

Le président a aussi pu découvrir le BMPT-72, un blindé de dernière génération destiné à accompagner l'infanterie au sol. Son surnom est « Terminator 2 ».

 

9. Terminator.jpg

 

La Russie « a offert des armes et des munitions pour appuyer la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme, [...] elle a donné son sang à [un pays] frère », a écrit Bachar al-Assad dans le livre d'or de la base, remerciant « les combattants russes et Vladimir Poutine ».

 

10. BACHAR base russe.jpg

 

En déplacement en Syrie, le chef de l'état-major russe Valéri Guerassimov s'est entretenu avec le président syrien, selon le ministère russe de la Défense.

« Ils ont discuté de la coordination des actions des forces gouvernementales syriennes et de l'aviation russe dans la lutte contre les groupes terroristes » a déclaré le ministère dans un communiqué.

 

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C'est la première visite de Bachar al-Assad à la base de Hmeymim, située à proximité de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne du pays. La Russie a mobilisé une partie de son aviation pour soutenir les opérations de l'armée syrienne contre les différents groupes terroristes qui combattent dans la région.

Source : https://francais.rt.com/international/40269-bachar-el-ass...

 

7. Emblem Russian Forces.gif

 

the real Syrian Free Press ~ War Press Info ~ Archive of Most Important Reliable Global War News

 

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Le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à des membres blessés de l’armée dans la campagne de Hama

 

13. Bachar Famille 1.jpg

 

Mardi 26 juin (2017) le président Bachar al-Assad, son épouse et leurs enfants ont rendu visite à un certain nombre de soldats blessés de l’Armée et des Forces Armées, dans leurs villages de la campagne de Hama.

 

 

Dans le village de Tal Aafar, le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à Mohammad Ahmad Kalil, dont les blessures reçues au front lui ont valu d’être déclaré invalide à 90%, et qui a reçu des soins suivis d’un traitement du programme « Jarif al-Watan », qui l’aide aussi à mettre sur pied un projet d’élevage de moutons.

 

 

Le président al-Assad et sa famille ont également rendu visite, dans le village de Rabou, à Fatir Hassan Mansour qui a été lui aussi gravement blessé en combattant les terroristes, et qui se retrouve avec un taux d’invalidité de plus de 90%. Comme Khalil, il est aidé par Jarif al-Watan pour mettre en route un moyen de subvenir malgré tout à ses besoins.

 

 

Dans le village de Matna, le président al-Assad et sa famille ont ensuite rendu visite à Ahmad Mohammad al-Ali, qui est déjà en train d’élever du bétail grâce à l’aide du même programme. Toute la famille al-Assad a encore visité Ayham Mahmoud Dunya, qui était incapable de marcher, suite à ses blessures, mais qui, aujourd’hui, a reçu le Président sur ses pieds. Lui aussi a obtenu, du même programme, un soutien incluant des prothèses, de la chirurgie et le coup de pouce de départ pour lancer son entreprise.

 

 

Le programme Jarih al-Watan (« Blessés pour la Patrie ») a été lancé par la Présidence de la République Arabe Syrienne en 2014 pour soutenir les militaires blessés et pourvoir à leurs besoins, en particulier ceux dont les blessures les empêchent de reprendre le cours normal de leurs vies. Il fournit des prothèses aux grands blessés et les aide à se lancer dans des projets de travail compatibles avec leur état, tout en apportant son aide financière à ceux qui sont totalement infirmes. Le projet concerne tous les membres blessés de l’Armée, des Forces Armées [quelle est la différence ? ndt] et des forces de soutien.

 

[ Quand on sait comment sont traités, une fois démobilisés, les vétérans US, et ce, depuis le Vietnam, on comprend qu’ils soient de plus en plus nombreux à devenir pro-Poutine et pro-Assad. ]

 

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From the visit of President Assad and his family to the house of the injured Mohammed Ahmed Khalil

 

14. Bachar famille 2.jpg

 

Voir toutes les photos.

Source : https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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15. ASSAD président 2021.jpg

 

SOURCES  :

Syrian News AgencySubmitted by SyrianPatriots, Lone BearWar Press Info Network at :https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad-and-family/ ~

Re-publications are welcome, but we kindly ask you,to facilitate the correct information's diffusion,to cite all these original links and sources.

 

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Mis en ligne le 29 juin 2017

 

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La ligne rouge de Trump

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La ligne rouge de Trump

La ligne rouge de Trump

 
Le journaliste prix Pulitzer Seymour Hersh, une légende du journalisme d’investigation américain célèbre pour la précision obsessionnelle de ses enquêtes, a notamment mis au jour le massacre de Mỹ Lai au Vietnam en 1968, et le scandale de la torture et des violations systématiques des droits de l’homme par les Américains à Abou Ghraib, en Irak, en 2004. En 2013, à propos de l’utilisation alléguée de sarin par les forces armées d’Assad, il publiait « Whose sarin ? » (Le sarin de qui ?) sur la London Review of Books, un article aujourd’hui devenu une réference mondiale.

Au bout de plusieurs mois d’enquête auprès de ses sources de la communauté du renseignement des USA, ses conclusions : il n’y a pas eu d’attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun, en Syrie, de la part des forces armées d’Assad.


Par Seymour Hersh
Paru sur Die Welt sous le titre Trump‘s Red Line


Le 6 avril, le président des USA Donald Trump a autorisé une frappe de missiles Tomahawk, à l’aube, sur la base aérienne de en Syrie centrale, en représailles contre ce qu’il a appelé un attaque avec un agent neurotoxique perpétrée par le gouvernement syrien deux jours plus tôt, dans la ville tenue pas des rebelles Khan Cheikhoun. Trump a donné cet ordre malgré les avertissements de la communauté des renseignements américains selon lesquels elle n’avait aucune preuve d’utilisation d’une arme chimique par les Syriens.

 

Les renseignements disponibles clarifiaient que les Syriens avait ciblé un lieu de rencontre djihadiste, le 4 avril, en utilisant une bombe téléguidée fournie par les Russes, et équipée d’une tête conventionnelle. Les détails de l’attaque, y compris des informations sur leurs dénommée cibles de haute valeur, avaient été fournies par les Russes plusieurs jours plus tôt aux Américains et aux militaires alliés à Doha, dont la mission est de coordonner toutes les opérations aériennes américaines, alliées, russes et syriennes dans la région.

Quelques-uns des officiels militaires et de renseignements étaient particulièrement consternés par la détermination du président à ignorer les preuves. « Cela ne tient pas debout », a dit un officier à des collègues en apprenant la décision de bombarder. « Nous SAVONS qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique… les Russes sont furieux. Proclamer que nous avons les vrais renseignements et que nous savons la vérité… apparemment, que nous ayons voté pour Trump ou Clinton, peu importe. »

Quelques heures à peine après le bombardement du 4 avril, les médias du monde entier étaient saturés de photos et de vidéos de Khan Cheikhoun. Des photos de personnes mortes ou mourantes, souffrant censément d’empoisonnement aux agents neurotoxiques, ont été publiées sur les réseaux sociaux par des activistes locaux, y compris les Casque blancs, un groupe d’intervention humanitaire célèbre pour sa proximité avec l’opposition syrienne.

La provenance des photos n’était pas claire et aucun observateur international n’a encore inspecté le site, mais dans le monde entier, les populations ont immédiatement conclu à l’utilisation délibérée de l’agent neurotoxique sarin, autorisé par le président Bachar el-Assad de Syrie. Trump a approuvé cette conclusion en faisant une déclaration quelques heures après l’attaque, décrivant « l’action odieuse » d’Assad comme une conséquence de la « faiblesse et de l’irrésolution » de l’administration Obama face à ce qu’il disait être l’usage passé d’armes chimiques par la Syrie.

Au grand désarroi de nombre de membres expérimentés de son équipe de sécurité nationale, au cours des 48 heures suivantes de réunions intensives et de discussions préliminaires à des décisions, personne n’a pu faire changer Trump d’avis. Au cours d’une série d’interviews, j’ai appris l’ampleur de la déconnexion entre le président et nombre de ses conseillers militaires et officiels des renseignements, aussi bien que des officiers de terrain dans la région, qui avaient une compréhension totalement différente de la nature de l’attaque syrienne à Khan Cheikhoun. J’ai obtenu des preuves de cette déconnexion, sous la forme de transcriptions de communications en temps réel, immédiatement après l’attaque syrienne du 4 avril. Dans un processus très important préalable à une frappe appelé déconfliction, les officiers russes et américains se fournissent mutuellement des informations détaillées sur les plans de vol planifiés et les coordonnées des cibles, pour s’assurer qu’il n’y ait aucun risque de collision ou de rencontre imprévue (les Russes parlent au nom de l’armée syrienne). Ces informations sont fournies chaque jours aux avions américains AWACS qui surveillent les vols après leur décollage. Le succès de la déconfliction peut être évalué au fait qu’à ce jour, il n’y ait pas eu une seule collision, ou même un danger de collision entre les chasseurs-bombardiers supersoniques américains, alliés, russes et syriens.

Les officiers des forces aériennes russes et syriennes avaient donné des détails sur le plan de vol soigneusement établi vers, et à partir de Khan Cheikhoun le 4 avril directement, en anglais, aux contrôleurs de déconfliction à bord de l’AWACS qui patrouillait près de la frontière turque, à 60 miles plus loin au nord.

La cible syrienne à Khan Cheikhoun, comme transmis aux Américains à Doha, était décrite comme un immeuble de deux étages en parpaings dans le nord de la ville. Les renseignements russes, qui sont transmis quand il le faut avec la Syrie et les USA dans le cadre de leur combat commun contre les groupes djihadistes, avaient établi qu’une rencontre de haut niveau de leaders djihadistes allait se produire dans l’immeuble, y compris de représentants d’Ahrar al-Sham et du groupe affilié à al-Qaïda anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra. Les deux groupes s’étaient récemment alliés, et contrôlaient la ville et ses environs. Les renseignements russes décrivaient l’immeuble en parpaings comme un centre de contrôle et de commandes qui abritait une épicerie et d’autres locaux commerciaux dans son rez-de-chaussée, avec d’autres magasins essentiels à la communauté à proximité, dont un magasin de tissus et une boutique d’électronique.

« Les rebelles contrôlent la population en contrôlant la distribution de biens dont les gens ont besoin pour vivre – la nourriture, l’eau, le gaz propane, les fertilisants pour faire pousser leurs récoltes et les insecticides pour les protéger, » m’a dit un conseiller senior de la communauté des renseignements américaine. La cave était utilisée pour stocker des roquettes, des armes et des munitions, ainsi que des produits à distribuer gratuitement à la communauté, notamment des médicaments et des décontaminants à base de chlore. Le lieu de rencontre – un QG régional – était à l’étage. « C’était un lieu de rencontre établi », a dit le conseiller senior.  « Un local de long terme sécurisé qui comprenait des armes, des communications, des dossiers et un centre de cartes d’état-major de la région. » Les Russes voulaient être sûrs de leurs informations et ont déployé un drone pendant des jours au-dessus du site pour intercepter les communications et développer ce que les services de renseignements appellent un POL (pattern of life, schéma de vie). Le but était de prendre note de ceux qui entraient et sortaient de l’immeuble et de suivre les allées et venues des armes, y compris des roquettes et des munitions.

Une des raisons du message des Russes à Washington sur la cible potentielle était de s’assurer que tout agent de la CIA ou informateur des Américains qui aurait réussi à s’infiltrer dans le commandement djihadiste serait prévenu de ne pas assister à la réunion. On m’a dit que les Russes avaient passé l’information directement à la CIA. « Ils jouaient bien le jeu, » a dit le conseiller senior. Les indications russes notaient que la réunion djihadiste venait à un moment de pressions accrues pour les insurgés : il est probable que le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham cherchaient désespérément une ouverture dans le nouveau climat politique. Dans les derniers jours de mars, Trump et deux de ses assistants-clé en sécurité nationale – le Secrétaire d’État Rex Tillerson et l’ambassadrice à l’ONU Nikki Haley – avaient fait des déclarations selon lesquelles, dans les mots du New York Times, la Maison-Blanche avait « abandonné le but » de faire pression sur Assad pour qu’il « quitte le pouvoir, marquant un changement abrupt de la politique du Moyen-Orient qui avait guidé Obama pendant plus de cinq ans. » Le Secrétaire à la presse Sean Spicer avait dit à un briefing de presse du 31 mars qu’il y avait « une nouvelle réalité politique que nous devons accepter, » impliquant qu’Assad était là pour rester.

Les officiels russes et syriens des renseignements, qui coordonnent les opérations avec les postes de commande américains, ont clarifié que la frappe planifiée sur Khan Cheikhoun était spéciale à cause de la cible à haute valeur. « C’était un vrai changement. La mission sortait de l’ordinaire – mettez le planning à jour, » le conseiller senior m’a dit. « Tous les officiers de la région – dans l’infanterie, les Marines, les forces aériennes, la CIA et la NSA – « devaient savoir ce qui se préparait. Les Russes avaient fourni une bombe téléguidée, ce qui est une occurrence rare. Ils sont avares de leurs bombes téléguidées et les partagent rarement avec les forces aériennes syriennes. Et les Syriens ont assigné la mission à leur meilleur pilote, avec leur meilleur copilote. » Les renseignements préliminaires sur la cible, tels que fournis par les Russes, ont reçu la meilleure des notes possibles dans la communauté américaine. »

L’ordre exécutif qui gouverne les opérations militaires des USA sur le théâtre, qui a été donné par le Chef d’État-Major des armées des États-Unis, comprend des instructions qui définissent les relations entre les forces armées russes et américaines présentes en Syrie. « C’est comme un ordre d’opération – ‘voici ce que vous êtes autorisés à faire’ », a dit le conseiller. « Nous ne partageons pas de contrôle opérationnel avec les Russes. Nous ne menons pas d’opérations communes avec eux, ni d’activités de soutien à l’une des leurs opérations. Mais la coordination est autorisée. Nous nous tenons mutuellement au fait des événements et ce package comprend des échanges de renseignements. Si nous obtenons un renseignement qui pourrait aider les Russes à accomplir leur mission, c’est de la coordination ; et les Russes font de même pour nous. Quand nous obtenons un renseignement sur un centre de commandement ou de contrôle, » a ajouté le conseiller en référence à la cible de Khan Cheikhoun, « nous faisons ce que nous pouvons pour les aider à agir en conséquence ». « Ce n’était pas une attaque chimique », a dit le conseiller. « C’est une histoire fantasmagorique. Si cela avait été le cas, tous les participants au transfert, au chargement et à l’armement de la bombe – il aurait fallu la faire passer pour une bombe conventionnelle de 227 kg – auraient porté des combinaisons hazmat en cas de fuite. Il y aurait très peu de chances de survie sans cette protection. Le sarin de qualité militaire inclut des additifs conçus pour en augmenter la toxicité et la létalité. Chaque lot qui sort d’usine est maximisé pour tuer. C’est la raison pour laquelle il est produit. Le sarin n’a pas d’odeur, est invisible et la mort survient en une minute. Pas de nuage. Pourquoi produire une arme si les gens peuvent y échapper ? »

La cible a été frappée à 6h55 du matin, le 4 avril, juste avant minuit à Washington. Une évaluation des dommages de bombardement menée par l’armée des USA, plus tard, a déterminé que le chaleurs et la puissance de la bombe de 227 kg syrienne avait déclenché une série d’explosions secondaires qui auraient pu générer un gros nuage toxique qui aurait pu s’étendre sur la localité, formé par la dispersion des fertilisants, désinfectants et d’autres biens stockés dans la cave, ses effets magnifiés par la densité de l’air du matin, qui avait piégé les émanations au niveau du sol. Selon les estimations des renseignements, a dit le conseiller senior, le bombardement lui-même avait tué jusqu’à quatre leaders djihadistes, et un nombre inconnu de chauffeurs et de gardes du corps. Il n’y a aucun décompte confirmé du nombre de civils tués par les gaz toxiques diffusés par les explosions secondaires, bien que des activistes de l’opposition aient rapporté qu’il y avait eu plus de 80 morts, et que des médias comme CNN aient fait grimper l’évaluation du nombre des victimes à 92 personnes.

Une équipe de Médecins Sans Frontières, qui traitait des victimes de Khan Cheikhoun dans une clinique distante de 96 kilomètres au nord, a rapporté que « huit patients présentaient des symptômes – y compris des pupilles contractées, des spasmes musculaires et un défécation involontaire – cadrant avec une exposition à un agent neurotoxique comme le gaz sarin ou des composés similaires. » MSF a également visité d’autres hôpitaux qui avaient reçu des victimes et trouvé des patients présents « qui sentaient le chlore, ce qui suggérait qu’ils y avaient été exposés. » En d’autres termes, les preuves suggèrent qu’il y avait plus d’un produit chimique en cause dans les symptômes observés, ce qui n’aurait pas été le cas si les forces armées syriennes – comme l’ont répété les activistes de l’opposition – avait largué une bombe au sarin, qui n’a pas de puissance percussive ou de système d’allumage capable de provoquer des explosions secondaires. Les symptômes décrits, toutefois, cadrent avec la dispersion d’un mélange de produits chimiques, y compris du chlore et des organophosphates utilisés dans de nombreux fertilisants, qui peuvent provoquer des effets neurotoxiques similaires à ceux du sarin.

L’internet s’est mis en action dans les heures qui ont suivi, et des photos macabres des victimes ont envahi les réseaux et Youtube. Les services de renseignement américains ont reçu la mission d’établir ce qui s’était produit. Parmi les informations reçues, il y avait une interception de communication syrienne collectée par une nation alliée avant l’attaque. La communication interceptée, qui avait eu un gros effet sur quelques-uns des assistants de Trump, ne mentionnait pas de gaz neurotoxique ou de sarin, mais elle citait la discussion d’un général syrien sur une arme « spéciale » et sur le besoin d’un excellent pilote pour manoeuvrer l’avion d’attaque. Il se référait, comme les gens des renseignements l’avaient compris, contrairement, semble-t-il, à nombre d’assistants inexpérimentés et de membres de la famille de Trump, à la bombe fournie par les Russes, avec son système de téléguidage. « Si vous avez déjà décidé que c’était une attaque au gaz chimiques, vous verrez inévitablement une référence à une bombe de sarin dans cette discussion sur une arme spéciale, » a dit le conseiller. « Est-ce que les Syriens ont planifié l’attaque de Kahn Cheikhoun ? Absolument. Est-ce que nous avons les communications interceptées qui le prouvent ? Absolument. Est-ce qu’ils avaient prévu d’utiliser du sarin ? Non. Mais le président n’a pas dit, ‘Nous avons un problème et nous allons enquêter’. Il voulait bombarder la Syrie. »

A l’ONU le jour suivant, l’ambassadrice Haley a créé une sensation médiatique quand elle a exhibé des photos des victimes et accusé la Russie de complicité. « Combien d’enfants morts de plus faudra-t-il pour que la Russie s’en inquiète ? » a-t-elle demandé. NBC News, dans un rapport typique de leur style, le même jour, a cité des officiels américains confirmant que du gaz neurotoxique avait été utilisé et Haley a lié l’attaque directement au président Assad. « Nous savons qu’avec l’attaque d’hier, le régime barbare Assad est tombé encore plus bas, » a-t-elle dit. Il était ironique que l’Amérique se précipite pour blâmer Assad et reprocher sur complicité aux Russes, au prétexte de leur soutien aux dénégations de la Syrie quand à une utilisation de gaz neurotoxiques à Khan Cheikhoun, comme l’ambassadrice Haley et d’autres à Washington l’ont fait. « Ce dont la plupart des Américains ne se rendent pas compte, » a dit le conseiller, « est que s’il y avait eu une attaque au gaz neurotoxique autorisée par Bachar, les Russes seraient dix fois plus consternés que n’importe qui en Occident. La stratégie russe contre Daech, qui implique la coopération des Américains, aurait été détruite et Bachar serait responsable d’avoir contrarié la Russie, avec des conséquences imprévisibles pour lui. Bachar ferait ça ? Alors qu’il a presque gagné sa guerre ? C’est une blague ? »

Trump, un consommateur avide d’infos télévisées, a dit, alors que le roi Abdallah de Jordanie était assis à ses côtés dans le Bureau ovale, que ce qui s’était passé était « horrible, horrible » et un « affront terrible à l’humanité ». A la question de savoir si son administration allait changer sa politique envers le gouvernement Assad, il a répondu « Vous verrez ». Il a donné un indice de la réplique à venir dans une conférence de presse subséquente avec le roi Abdallah : « Quand vous tuez des enfants innocents, des bébés innocents – des bébés, de petits bébés – avec un gaz chimique si létal… cela dépasse beaucoup, beaucoup de lignes, au-delà d’une ligne rouge… Cette attaque sur des enfants hier, a eu un gros impact sur moi. Gros impact… il est très, très possible… que mon attitude envers la Syrie et Assad ait beaucoup changé. »

Quelques heures après avoir vu les photos, le conseiller a dit, Trump a donné des instructions à l’appareil de la défense nationale pour des représailles contre la Syrie. « Il a fait ça avant d’en parler à qui que ce soit. Les planificateurs ont ensuite demandé à la CIA et à la DIA s’il y avait des preuves selon lesquelles la Syrie avait du sarin stocké dans un aéroport à proximité ou quelque part dans la zone. Leur armée avait dû en avoir pour bombarder avec. La réponse a été, « nous n’avons aucune preuve que la Syrie détienne du sarin ou en ait utilisé, » a dit le conseiller. La CIA leur a également dit qu’il n’y avait pas de livraison résiduelle de sarin à Al-Chaayrate [la base aérienne d’où les SU-24 syriens ont décollé le matin du 4 avril] et Assad n’avait aucune raison de commettre un suicide politique. » Tous les participants, sauf peut-être le président, comprenaient aussi qu’une équipe de haut vol de l’ONU avait passé plus d’un an, après une attaque syrienne alléguée au sarin en 2013, à éliminer toutes les armes chimiques, dans une douzaine de dépôts d’armes chimiques en Syrie.

A cette étape, le conseiller a dit, les planificateurs de la sécurité nationale étaient plutôt déconcertés : « Personne ne savait d’où venaient les photos. Nous ne savions pas qui étaient les enfants ou comment ils avaient été blessés. Le sarin est très facile à détecter parce qu’il pénètre la peinture, et tout ce dont on a besoin est d’un échantillon de peinture. Nous savions qu’il y avait eu un nuage et qu’il avait atteint des gens. Mais vous ne pouvez pas vous baser là-dessus pour en conclure en toute certitude qu’Assad avait caché du sarin à l’ONU parce qu’il voulait l’utiliser à Khan Cheikhoun. » Les renseignements avaient clarifié qu’un chasseur-bombardier SU-24 des forces armées syriennes avait utilisé une arme conventionnelle pour frapper sa cible : elle n’avait pas de tête chimique. Et pourtant, il a été impossible aux experts de persuader le président de ce fait ; il avait pris sa décision. « Le président a vu les photos de petites filles empoisonnées et a déclaré que c’était une atrocité d’Assad. « C’est typique de la nature humaine. Vous sautez aux conclusions que vous voulez. Les analystes des renseignements ne discutent pas avec un président. Ils ne vont pas dire au président, « si vous interprétez les données de cette façon, je démissionne. »

Les conseillers de la sécurité nationale comprenaient leur dilemme : Trump voulait répondre à l’affront à l’humanité commis en Syrie et il ne voulait pas en être dissuadé. Ils avaient affaire à un homme qu’ils ne considéraient ni comme méchant, ni comme stupide, mais dont les limitations en matière de décisions de sécurité étaient sévères. « Tous ses proches connaissent ses tendances à agir précipitamment quand il n’a pas connaissance des faits. Il veut des briefings verbaux et des photos. C’est un risque-tout. Il peut assumer les conséquences d’une mauvaise décision dans le monde des affaires ; il ne peut perdre que de l’argent. Mais dans notre monde, des vies peuvent être perdues et il peut y avoir des dommages graves à notre sécurité s’il se trompe. On lui a dit qu’il n’y avait pas de preuves d’un implication syrienne et pourtant, Trump dit : « Allez-y. »

Le 6 avril, Trump a organisé une réunion d’officiels de la sécurité nationale dans sa résidence secondaire de Mar-a-Lago, en Floride. La réunion ne servait pas à décider quoi faire, mais comment le faire au mieux – ou, comme certains le souhaitaient, comment en faire le moins possible tout en faisant plaisir à Trump. « Le patron savait avant la rencontre qu’ils n’avaient pas de preuves, mais ce n’était pas la question, » a dit le conseiller. « La réunion portait sur ‘Voici ce que je vais faire’, et puis on lui expose les options. »

Les renseignements détenus par les USA n’avaient aucune importance. Le plus expérimenté, à la table, était le Secrétaire de la défense James Mattis, un général du corps des marines à la retraite qui jouit de la confiance du président et qui comprenait peut-être la vitesse à laquelle cela peut s’évaporer. Mike Pompeo, le directeur de la CIA dont l’agence avait répété qu’elle n’avait pas de preuves d’une bombe chimique syrienne, n’était pas présent. Le Secrétaire d’État Tillerson était admiré à l’intérieur pour sa capacité à travailler des longues heures et ses lectures avides de câbles diplomatiques et de rapports, mais il ne savait que très peu de chose sur la guerre et l’organisation d’un raid de bombardement. Les participants étaient dans une impasse, a dit le conseiller. « Le président était émotionnellement galvanisé par le désastre et il voulait des options. » Il en a eu quatre, en ordre croissant. L’option N°1 était de ne rien faire. Les participants, a dit le conseiller, comprenaient tous qu’elle était vouée à l’échec. L’option N°2 était une tape sur la main : bombarder une base aérienne en Syrie, mais seulement après avoir alerté les Russes, et à travers ces derniers les Syriens, pour éviter qu’il y ait trop de victimes. Quelques-uns des planificateurs appelaient ça « l’option gorille » : les USA allaient jeter des regards noirs et se frapper la poitrine pour faire peur et montrer leur détermination, mais ne causeraient que peu de dégâts significatifs. La troisième option était d’adopter le package de frappes qui avait été présenté à Obama en 2013, et qu’il avait fini par rejeter. Le plan impliquait un bombardement massif des principales bases aériennes syriennes et des centres de commandes et de contrôle, avec des bombardiers B1 et B52 au départ de leurs bases aux USA. L’option N°4 était la « décapitation » : éliminer Assad en bombardant son palais à Damas, ainsi que son réseau de commande et de contrôle et tous les bunkers souterrains où il aurait éventuellement pu faire retraite en cas de crise.

« Trump a éliminé l’option N°1 d’entrée, «  a dit le conseiller senior, et l’assassinat d’Assad n’a pas été envisagé. « Mais il a dit, en essence : ‘Vous êtes des militaires et je veux de l’action militaire.’ ». Le président était également initialement opposé à l’idée d’avertir les Russes avant la frappe, mais il a fini par l’accepter à contrecoeur. « Nous lui avons donné l’option Boucles d’or – ni trop chaud, ni trop froid, juste à la bonne température. » La discussion a eu ses moments de bizarrerie. Au cours de la réunion de Mar-a-Lago, Tillerson s’est demandé pourquoi le président ne pouvait tout simplement pas appeler des bombardiers B52 et pulvériser la base aérienne. On lui a répondu que es B52 étaient très vulnérables aux missiles sol-air (SAMs) dans la zone et qu’employer de tels avions aurait demandé des tirs de suppression qui pourraient tuer des défenseurs russes. « Qu’est-ce que c’est ? » a demandé Tillerson. Bien, monsieur, lui a-t-on répondu, cela veut dire qu’il nous faudrait détruire les sites de SAMs au long de la trajectoire de vol des B52, or ils sont contrôlés par des Russes, et nous nous retrouverions probablement dans une situation beaucoup plus difficile. « La leçon en était : Dieu merci, des militaires assistaient à la réunion, » a dit le conseiller. « Ils ont fait de leur mieux face à une décision qui avait déjà été prise. »

Cinquante-neuf missiles Tomahawk ont été lancés de deux destroyers de l’US Navy en service dans la Méditerranée, le Ross et le Porter, vers la base aérienne Al-Chaayrate près de Homs, une ville contrôlée par le gouvernement. La frappe a rempli sa mission dans la mesure où elle a causé aussi peu de dégâts que possible. Les missiles ont une faible charge explosive – à peu-près 100 kg de HBX, la version militaire moderne du TNT. Les réservoirs de stockage de carburant, une cible première, ont été pulvérisés, le conseiller senior a dit, déclenchant un incendie et des nuages de fumée qui ont interféré avec le système de guidage des missiles suivants. Au moins 24 des missiles ont raté leur cible et seuls quelques-uns d’entre eux ont pénétré dans les hangars, détruisant neuf avions syriens, nettement moins que n’en a annoncé l’administration Trump. On m’a dit qu’aucun des neuf n’était opérationnel : des avions aussi endommagés sont ce que les forces aériennes des USA appellent des reines de hangar. « C’étaient des agneaux sacrificiels, » a dit le conseiller senior. Le personnel important et les avions chasseurs opérationnels avaient été évacués vers des bases proches des heures avant le début du raid. Les deux pistes et les postes de stationnement des avions, qui avaient également été ciblées, étaient réparées et de nouveau opérationnelles dans les huit heures suivantes. En résumé, ce n’était pas grand-chose de plus qu’un coûteux feu d’artifice.

« C’était un spectacle monté par Trump du début jusqu’à la fin, » a dit le conseiller senior. « Quelques-uns des conseillers seniors en sécurité nationale du président ont considéré la mission comme une mauvaise décision présidentielle minimisée, qu’ils avaient l’obligation de de mener à bien. Mais je ne pense pas que notre personnel de la sécurité nationale se laissent de nouveau emporter dans une autre mauvaise décision. Si Trump avait choisi l’option 3, il y aurait peut-être eu des démissions immédiates. »

Après la rencontre, avec les Tomahawks en route, Trump a parlé à la nation à partir de Mar-a-Lago, et a accusé Assad d’avoir utilisé du gaz neurotoxique pour asphyxier « les vies d’hommes, de femmes et d’enfants sans défense. C’était une mort lente et brutale pour beaucoup… aucun enfant de Dieu ne devrait souffrir une telle horreur. » Les jours suivants ont été ses plus réussis en tant que président. L’Amérique s’est regroupée autour de son commandant en chef, comme elle le fait toujours en temps de guerre. Onze semaines après son investiture, Trump, qui avait fait campagne sur des préconisations de paix avec Assad, bombardait la Syrie sous les applaudissements des Républicains, des Démocrates et des médias.

Un célèbre présentateur de télé, Brian Williams de MSNBC, a utilisé le mot « beau » pour décrire les images des Tomahawks lancés depuis la mer. Sur CNN, Fareed Zakaria a dit, « Je pense que Donald Trump est devenu président des États-Unis. » Une revue de presse des 100 principales publications de presse américaines montre que, dans leur sillage immédiat, 39 d’entre elles ont publié des éditoriaux en faveur des frappes de missiles, y compris le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal.

Cinq jours plus tard, l’administration Trump réunissait les médias nationaux pour un briefing sur le contexte de l’opération en Syrie. L’essentiel du briefing portait sur des accusations selon lesquelles les dénégations catégoriques et répétées des Russes quant à un quelconque usage de sarin à Khan Cheikhoun étaient des mensonges, parce que le président Trump avait dit que du sarin avait été utilisé. Cette affirmation, qui n’a été ni contestée, ni disputée par l’un des reporters présents, est devenue la base de critiques subséquentes :

  • Les mensonges répétés de l’administration Trump sur l’utilisation de sarin par la Syrie a mené à une croyance généralisée dans les médias et le public américains selon laquelle la Russie a choisi de s’impliquer dans une campagne corrompue de désinformation et de dissimulation en soutien à la Syrie.
     
  • Les forces armées russes étaient hébergées, avec celles de la Syrie, dans la base d’ Al-Chaayrate (comme elles le sont à travers toute la Syrie), évoquant la possibilité selon laquelle la Russie aurait été informée de la détermination de la Syrie à utiliser du gaz sarin à Khan Cheikhoun, et n’aurait rien fait pour l’en empêcher.
     
  • L’usage allégué de gaz sarin par la Syrie et la défense de cet usage par la Russie suggéreraient fortement que la Syrie avait caché des stocks illicites de sarin à l’équipe de désarmement de l’ONU qui avait passé presque toute l’année 2014 à inspecter et à éliminer toutes les armes chimiques des 12 dépôts d’armes chimiques syriens, à la suite de l’accord entre l’administration Obama et la Russie passé après l’usage allégué, mais jamais prouvé, de gaz sarin contre une redoute militaire rebelle dans la banlieue de Damas, l’année précédente.

A sa décharge, au cours du briefing, le porte-parole avait pris soin d’employer des mots comme « pense », « suggère » et « croit » au moins dix fois pendant les 30 minutes de l’événement. Mais il a également dit que son briefing était fondé sur des données qui avaient été déclassifiées par « nos collègues de la communauté du renseignement ». Ce que le porte-parole n’a pas dit, et ne savait peut-être pas, était que l’information classifiée de la communauté soulignait que la Syrie n’avait pas utilisé de sarin dans le bombardement du 4 avril.

La presse grand public a réagi comme la Maison-Blanche l’avait espéré : les articles attaquant la dissimulation alléguée des Russes en soutien à l’utilisation de sarin par la Syrie ont dominé les informations et de nombreuses plate-formes médiatiques ont ignoré les myriades de précautions oratoires du porte-parole. Une ambiance de renouveau de la Guerre froide régnait. Le New York Times, par exemple – le plus célèbre des journaux des USA – avait titré « La Maison-Blanche accuse la Russie de dissimulation dans l’attaque chimique syrienne ». Le Times notait bien que la Russie niait tout en bloc, mais ce qui avait été décrit par le porte-parole comme « des données déclassifiées » étaient soudain devenues « un rapport déclassifié des services de renseignement ». Il n’y avait pourtant pas de rapport des services de renseignement officiel déclarant que la Syrie avait utilisé du sarin, seulement un « résumé fondé sur des données déclassifiées sur l’attaque », comme l’avait dit le porte-parole.

La crise est passée au second plan vers la fin du mois d’avril, alors que la Russie, la Syrie et les USA restaient concentrés sur l’annihilation de Daech et des milices d’al-Qaïda. Quelques-uns de ceux qui avaient travaillé sur la crise, toutefois, en ont gardé une inquiétude. « Les salafistes et djihadistes ont obtenu tout ce qu’ils voulaient avec ces manigances sur le gaz neurotoxique syrien », m’a dit le conseiller senior à la communauté du renseignement des USA en référence à une escalade des tensions entre la Syrie, la Russie et l’Amérique. « La question est, qu’est-ce qui se passe s’il y a une autre attaque au sarin sous fausse bannière, et qu’on en rejette la responsabilité sur la Syrie haïe ? Trump a fait monter les enchères et s’est mis tout seul le dos au mur avec sa décision de bombarder. Et n’imaginez pas que ces types ne soient pas en train de planifier une nouvelle fausse attaque. Trump n’aura pas d’autre choix que de bombarder de nouveau, et plus durement. Il est incapable d’admettre qu’il a fait une erreur. »

La Maison-Blanche n’a pas répondu à des questions spécifiques sur le bombardement de Khan Cheikhoun et de la base d’Al-Chaayrate. Ces questions ont été envoyées par e-mail à la Maison-Blanche le 15 juin et n’ont reçu aucune réponse.

Seymour Hersh

Traduction et note d’introduction Entelekheia
Photo Pixabay

[Update]NdT : Il semble que la question soit effectivement revenue sur le tapis. La Maison-Blanche s’accroche, comme prévu, à sa version des faits et ajoute même une deuxième couche de stupidité en prévoyant, sans aucune preuve, une « nouvelle attaque au sarin » par Assad et des représailles… et en nous entraînant tous dans le risque d’un conflit ouvert avec la Russie. Voir à ce sujet Conflagration ? Sur les Chroniques du Grand Jeu.
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France : Impliqué dans l'affaire "Business France" Emmanuel Macron en passe de démissionner

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation .

France : Impliqué dans l'affaire "Business France" Emmanuel Macron en passe de démissionner
TEXTE  TAILLE

i

 
 Emmanuel Macron et Muriel Pénicaud à la French Tech en 2016
 

 

 

 

 

 

 

En savoir plus sur http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-30155.html#Mgcqt5xpQuXsyziu.99

Si le nouveau président français est aussi "vin nouveau" et adepte de l'éthique qu'il le prétend, il devrait faire mieux que son mentor François Hollande qui, accablé par son impopularité, opta l'année dernier, de ne pas se rendre ridicule en sollicitant un second mandat : Macron devrait purement et simplement démissionner comme l'ont fait il y a quelques jours, des piliers -d'obédience MoDem- de son régime (Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard et François Bayrou) soupçonnés d'avoir  rémunéré  avec des fonds  du parlement européen des gens qui travaillaient pour leur parti. 

Selon le journal français "Libération" paru ce matin, le cabinet de Macron, du temps où il était ministre des Finances, aurait été impliqué dans une affaire de violation présumée des règles de mise en concurrence, dans l'organisation d'une soirée organisée à Las Vegas par Havas pour le compte de Business France. Une afaire au sujet de laquelle une enquête est ouverte en France.  

 

 

 

S'inspirant d'un audit réalisé par le cabinet d'audit EY (ex-Ernst & Young) qui mentionne  "que la définition exacte des besoins a pu être en partie déterminée par des personnes extérieures à Business France, en particulier le cabinet du ministre de l'Economie", Libération affirme que l'actuelle ministre du Travail, Muriel Penicaud, à l'époque directrice générale de Business France, avait «validé» certaines dépenses relatives à l'organisation de cette soirée, contournant ainsi les règles de l'agence publique qu'elle dirigeait, et qui était chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

La dramatique de l'affaire vient du fait qu'au moment où cette affaire a été révélée, Emmanuel Macron -qui n'était pas encore président de la République- avait fermement nié la responsabilité de son entourage, allant même jusqu'à affirmer que son «ministère a[vait] toujours respecté les règles des appels d'offres et des marchés publics». Or il est clair aujourd'hui que ce n'était pas vrai.

Du coup, se pose la question de sa responsabilité. Car à moins que l'on puisse dire qu'il n'était pas au courant des menées irrégulières de son cabinet, ce qui est impensable pour un ministre et symboliquement révélateur de l'irresponsabilité d'un homme politique qui a la prétention de diriger tout un Etat, le président français devrait donner l'exemple de son sens des responsabilités en rendant le tablier. Surtout que sa ministre a admis hier qu'"Il y a eu une erreur de procédure". « J'ai immédiatement déclenché un audit, interne et externe... Il y a eu ensuite une inspection générale qui a confirmé qu'effectivement il y avait eu erreur et que d'autre part j'avais pris les bonnes mesures. Rien d'autre à dire », a-t-elle avancé pour se défendre. Non sans insister sur le fait que C'est elle qui avait « alerté le conseil d'administration », et « déclenché l'audit ». 

Vers un syndrome Bayrou

Malheureusement, les médias hexagonaux si friands d'inquisition se limitent à brocarder du menu fretin, en évitant à chaque fois d'égratigner le mammouth.

Comme Bayrou qui avait exclu de démissionner avant de prendre la porte de manière fracassante -laissant "en route" le projet de réforme de la justice française dont il était porteur-, comme Richard Ferrand qui avait envoyé paître ceux qui lui demandaient de rendre son tablier suite à l'affaire immobilière emportant conflit d'intérêt dans laquelle il était impliqué -avant d'être poussé à une démission masquée en recasement à la tête du groupe parlementaire REM- Muriel Penicaud qui est à son tour assise sur des charbons ardents,  exclut de démissionner du gouvernement. Et comme d'habitude, Le porte-parole du gouvernement français, Christophe Castaner, déclare ne pas être inquiet des conséquences de cette affaire pour sa collègue. Mais a posteriori, on ne peut s'empêcher d'imaginer que ce n'est là qu'une vaine résistance qui débouchera inéluctablement sur sa sortie du gouvernement, tandis que le nouveau Messie logé à l'Elysée suite à un hold-up politique sur fond d'OPA électoral orchestré par la mafia Rockefeller, restera, lui, intouchable, car "exempt" de tout péché.

Décidément, la France qui en voulant se tirer des "affaires" s'est jetée mains et pieds liés dans les bras d'un... banquier "d'affaires", est résolument mal... engouffrée...!


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S'inspirant d'un audit réalisé par le cabinet d'audit EY (ex-Ernst & Young) qui mentionne  "que la définition exacte des besoins a pu être en partie déterminée par des personnes extérieures à Business France, en particulier le cabinet du ministre de l'Economie", Libération affirme que l'actuelle ministre du Travail, Muriel Penicaud, à l'époque directrice générale de Business France, avait «validé» certaines dépenses relatives à l'organisation de cette soirée, contournant ainsi les règles de l'agence publique qu'elle dirigeait, et qui était chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

La dramatique de l'affaire vient du fait qu'au moment où cette affaire a été révélée, Emmanuel Macron -qui n'était pas encore président de la République- avait fermement nié la responsabilité de son entourage, allant même jusqu'à affirmer que son «ministère a[vait] toujours respecté les règles des appels d'offres et des marchés publics». Or il est clair aujourd'hui que ce n'était pas vrai.

Du coup, se pose la question de sa responsabilité. Car à moins que l'on puisse dire qu'il n'était pas au courant des menées irrégulières de son cabinet, ce qui est impensable pour un ministre et symboliquement révélateur de l'irresponsabilité d'un homme politique qui a la prétention de diriger tout un Etat, le président français devrait donner l'exemple de son sens des responsabilités en rendant le tablier. Surtout que sa ministre a admis hier qu'"Il y a eu une erreur de procédure". « J'ai immédiatement déclenché un audit, interne et externe... Il y a eu ensuite une inspection générale qui a confirmé qu'effectivement il y avait eu erreur et que d'autre part j'avais pris les bonnes mesures. Rien d'autre à dire », a-t-elle avancé pour se défendre. Non sans insister sur le fait que C'est elle qui avait « alerté le conseil d'administration », et « déclenché l'audit ». 

Vers un syndrome Bayrou

Malheureusement, les médias hexagonaux si friands d'inquisition se limitent à brocarder du menu fretin, en évitant à chaque fois d'égratigner le mammouth.

Comme Bayrou qui avait exclu de démissionner avant de prendre la porte de manière fracassante -laissant "en route" le projet de réforme de la justice française dont il était porteur-, comme Richard Ferrand qui avait envoyé paître ceux qui lui demandaient de rendre son tablier suite à l'affaire immobilière emportant conflit d'intérêt dans laquelle il était impliqué -avant d'être poussé à une démission masquée en recasement à la tête du groupe parlementaire REM- Muriel Penicaud qui est à son tour assise sur des charbons ardents,  exclut de démissionner du gouvernement. Et comme d'habitude, Le porte-parole du gouvernement français, Christophe Castaner, déclare ne pas être inquiet des conséquences de cette affaire pour sa collègue. Mais a posteriori, on ne peut s'empêcher d'imaginer que ce n'est là qu'une vaine résistance qui débouchera inéluctablement sur sa sortie du gouvernement, tandis que le nouveau Messie logé à l'Elysée suite à un hold-up politique sur fond d'OPA électoral orchestré par la mafia Rockefeller, restera, lui, intouchable, car "exempt" de tout péché.

Décidément, la France qui en voulant se tirer des "affaires" s'est jetée mains et pieds liés dans les bras d'un... banquier "d'affaires", est résolument mal... engouffrée...!


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Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/06/4bmy449806582esg4g_800C450-1728x800_c.jpg

Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

Certaines sources syriennes ont fait part des agissements inhabituels américains dans le ciel syrien.

Selon la chaîne al-Mayadeen, ces nouveaux agissements des États-Unis ressemblent à ceux menés par eux avant leurs frappes balistiques sur la base militaire de Shayrat en Syrie, en avril dernier.

Ces sources ont confié à al-Mayadeen avoir observé, au cours de ces derniers jours, des activités d’espionnage inhabituelles des Américains au large de la Syrie, ce qui laisse penser qu’un incident aurait lieu.

De même, trois avions d’espionnage de la marine américaine ont effectué des vols au large de la Syrie.

Selon Sputnik, plusieurs sites occidentaux suivant les déplacements des avions militaires ont recensé les vols de trois avions de reconnaissance américains à proximité du littoral syrien, plus particulièrement de la base navale russe de Tartous.

Dans ce droit fil, Guennadi Gatilov, vice-ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde les États-Unis contre tout acte unilatéral.

Les déclarations de Washington selon lesquelles Damas serait en train de préparer des « attaques chimiques », entraveront le processus des négociations d’Astana et de Genève consacrées au règlement de la crise syrienne.

« Les tentatives US visant à faire monter la tension en Syrie sont inadmissibles », a-t-il indiqué.

Il a également réitéré que pour la Russie, l’armée syrienne ne représentait aucune menace pour les experts américains.

Pour rappel, la Maison Blanche a prétendu, mardi 27 juin, dans un communiqué sans aucun document à l’appui, que le gouvernement syrien serait en train de préparer une attaque chimique.

source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i39750-agissements_inhabituels_des_états_unis_dans_le_ciel_de_la_syrie

 

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/agissements-inhabituels-des-etats-unis-dans-le-ciel-de-la-syrie/#KU1fWJYJPdIY2ekP.99

 

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Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

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Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

Le pilote du vieux bombardier léger syrien Sukhoï Su-22 (« Fitter ») abattu par des F/A-18E Super Hornet US pour protéger un convoi spécial d’anciens combattants de Daech (acronyme arabe péjoratif désignant l’organisation terroriste de l’État Islamique) près d’Al-Riqqa, est parvenu à s’éjecter à temps en évitant un premier missile. Il s’appelle Ali Fahd et est père de trois enfants.

Des forces spéciales de l’armée syrienne ont pénétré en pleine nuit dans la zone où l’appareil s’est abattu pour tenter de le secourir. Une opération SAR du type le plus extrême car les hordes de Daech et des mercenaires kurdes soutenus par des Navy Seals US sont aux trousses du pilote syrien.

Dans de telles conditions, les chances de survie d’Ali Fahd sont minimes selon des analystes. Cependant, tout demeure possible. Personne ne s’attendait qu’un vieil appareil comme le Su-22, destiné principalement à l’attaque au sol puisse réussir à  esquiver une première salve de missile AA (Air-Air) de dernière génération.

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Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriete plan, le nez d’un Su-22

Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriere plan, le nez d’un Su-22

Le mystère demeure quant à savoir pourquoi des F/A-18E US en provenance du Qatar se sont rués sur l’appareil syrien pour protéger un convoi spécial de Daech évoluant au sud de Tabaqa et fort éloigné des forces démocratiques kurdes (soutenues par les US).

Washington a justifié cet acte traduisant une extrême frustration par des règles d’engagement destinées à protéger les alliés de la coalition dont les forces démocratiques kurdes. Un prétexte qui ne tient pas du tout la route.

Selon certaines informations émanant de sources très au fait de la guerre de l’ombre en Syrie, le convoi transportait d’anciens combattants de Daech en phase de reconversion pour servir au sein des Maghawir Al-Thawra (les « commandos de la Révolution », un terme typiquement inventé par Washington) et avec eux se trouvaient deux responsables du département des opérations de la CIA et des agents arabisants du Mossad israélien.

source:https://strategika51.wordpress.com/2017/06/19/syrie-laviation-us-est-intervenue-pour-proteger-un-convoi-tres-special-de-daech/

 

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/syrie-laviation-us-est-intervenue-contre-un-bombardier-syrien-pour-proteger-un-convoi-tres-special-de-daech/#EtIzfYrs13XjU6XR.99

 

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Qui est Nicolas Berggruen, le milliardaire « philanthrope » qui a financé Sylvie Goulard ? Journal "RUPTURES".

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La finance dérégulée

Qui est Nicolas Berggruen, le milliardaire « philanthrope » qui a financé Sylvie Goulard ?

L’information était disponible depuis 2014, mais Le Journal du dimanche l’a actualisée et mise sur le devant de la scène le 25 juin dernier : Sylvie Goulard a reçu de l’Institut Berggruen plus de 10 000 euros par mois d’octobre 2013 à janvier 2016, période au cours de laquelle elle était députée européenne (voir notre article). Dans la rubrique « Mon parcours » de son site personnel, l’éphémère ministre des Armées présente ainsi son activité au service du think tank américain : « Conseillère spéciale du Council for the Future of Europe [Conseil pour l’avenir de l’Europe] », un groupe de réflexion qui dépend du « Nicolas Berggruen Institute for Governance [Institut pour la gouvernance] ».

Sylvie Goulard précise ensuite qu’il s’agit d’une « association à but non lucratif visant à promouvoir une meilleure gouvernance mondiale et européenne. » Elle ajoute que le Conseil pour l’avenir de l’Europe « est présidé par Mario Monti » et qu’il « comporte des personnalités de sensibilités politiques diverses telles que, notamment, Jacques Delors, Guy Verhofstadt, Pascal Lamy, Romano Prodi ou Jean Pisani-Ferry. » On imagine les débats enflammés entre ces anticonformistes que tout oppose…

Un milliardaire « philanthrope » de plus

Basé en Californie, l’Institut Berggruen a été fondé en 2010 par le milliardaire américano-allemand – qui a grandi en France – Nicolas Berggruen, fils du richissime collectionneur et marchand d’art Heinz Berggruen (décédé en 2007). Le magazine Forbes évalue la fortune personnelle du golden boy à 1,81 milliard de dollars. Mais, à 55 ans, cet ancien jet-setter est quelque peu blasé, il a l’argent triste et veut désormais être reconnu en tant qu’intellectuel.

Nicolas Berggruen est actionnaire et membre du conseil d’administration du Monde.

Nicolas Berggruen aspire même à une vie d’ascète : « Je ne suis pas si attaché aux biens matériels […]. Je possède très peu de choses. […] quelques papiers, deux ou trois livres et quelques chemises, vestes et pulls », déclare-t-il en 2012 au Daily Mirror. La preuve de son détachement des biens de ce monde : il a longtemps vécu « sans domicile fixe », c’est-à-dire dans des hôtels cinq étoiles, ce qui fascine les médias. Le Figaro est tombé sous le charme de ce bourlingueur de luxe qui « sillonne le monde dans son jet privé Gulfstream IV. Ce nomade richissime peut ainsi résider dans 14 villes différentes en un mois. » Sans doute en phosphorant durant les vols sur les moyens de réduire l’empreinte carbone des gueux.

Financier à la réputation d’excentrique se piquant de « philanthropie » et d’ « idées », Nicolas Berggruen reste avant tout un homme d’affaires. Avec sa holding personnelle, qui fait des investissements immobiliers et financiers dans le monde entier, il est l’actionnaire majoritaire du premier groupe de médias espagnol Prisa (qui possède notamment le quotidien El País). Ce géant des médias présent dans 23 pays détient 15 % du groupe Le Monde. D’après Mediapart, M. Berggruen « siège au conseil d’administration du Monde ». On peine à comprendre la discrétion du « journal de référence » sur un si prestigieux compagnonnage.

L’amicale de la « mondialisation heureuse »

Quand L’Obs – alors encore Le Nouvel Observateur – publie un portrait du « loup de Wall Street repenti en berger philanthrope », qui est sollicité pour faire l’éloge du « milliardaire qui voulait sauver le monde » ?… L’indispensable Alain Minc bien sûr ! Le chantre de la « mondialisation heureuse » semble parler de lui-même lorsqu’il plaide en faveur de Nicolas Berggruen : « Un businessman arpentant le domaine des concepts ne fait-il pas œuvre plus utile qu’un intellectuel se lançant dans les affaires ? » Pur hasard : Alain Minc est lui aussi membre du Conseil pour l’avenir de l’Europe, ainsi que du 21st Century Council (Conseil du XXIe siècle), un autre groupe de réflexion issu de l’Institut Berggruen, dont la description et la composition valent le détour.

« C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général » – Jacques Attali, à propos de Nicolas Berggruen

Ancien président du conseil de surveillance du Monde, il se trouve qu’Alain Minc a représenté Prisa et… Nicolas Berggruen lorsque le groupe espagnol voulait racheter le quotidien vespéral en 2010, une offre concurrente de celle portée par le trio finalement victorieux Bergé-Niel-Pigasse (cf. le livre Un si petit Monde d’Odile Benyahia-Kouider, Fayard, 2011). Un banquier de chez Rothschild épaulait alors secrètement M. Minc dans cette opération tout en prétendant par ailleurs travailler gratis pour la Société des rédacteurs du Monde. C’était Emmanuel Macron. Le futur président était même allé jusqu’à se cacher au dernier étage d’un immeuble pour éviter – en vain – que son double jeu ne soit découvert.

Le portrait au cirage de Nicolas Berggruen brossé par L’Obs serait incomplet si l’irremplaçable Jacques Attali n’y avait pas apporté sa touche : « C’est un garçon étrange, extrêmement gentil, extrêmement cultivé et extrêmement curieux, dans tous les sens du terme ». Et le grand mage médiatique surenchérit : « C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général. Je le crois sincère dans sa démarche. » Même si elle a touché 300 000 euros d’émoluments, Sylvie Goulard devrait être décorée pour avoir servi un si précieux personnage.

Le financier qui voulait être philosophe

Fort de quelques cours particuliers de philosophie (on imagine le salaire des deux professeurs…), Nicolas Berggruen a écrit avec le journaliste Nathan Gardels un livre intitulé Gouverner au XXIe siècle : La voie du milieu entre l’Est et l’Ouest (Fayard, 2013). Cet ouvrage en appelle à une « gouvernance intelligente » faisant la synthèse entre la « démocratie libérale occidentale » et le « modèle chinois ». Ce must-read des élites transnationales comporte une préface de Jacques Attali et un avant-propos d’Alain Minc. Dans lesquels, on le soupçonne, les Dupond et Dupont du mondialisme néolibéral doivent insister sur les « réformes indispensables ». « Je dirais même plus, les indispensables réformes… »

« Le paradoxe de la démocratie : afin de sauver la démocratie, nous devrons peut-être en avoir moins » – Nicolas Berggruen

Le dessein intellectuel et politique de Nicolas Berggruen est assez facile à cerner à travers la fadeur cyber-patronale de ses propos : il s’agit de ripoliner l’incontournable capitalisme à coups de nouvelles technologies, de « gouvernance » et de « démocratie participative ». Dès lors on comprend son attachement à l’intégration européenne à la sauce digitale. Une visite du compte Twitter de ce ravi de la crèche mondiale donne un aperçu de sa « pensée profonde ». Il écrit par exemple le 24 mai 2017 : « Le paradoxe de la démocratie : afin de sauver la démocratie, nous devrons peut-être en avoir moins. » Précisons qu’il ne s’agit pas d’une citation de 1984. Un article du site Les Influences fournit d’autres éléments d’appréciation éclairants sur le personnage : « Nicolas Berggruen, le supercapitaliste des idées ».

À noter que notre financier-philosophe, via son Institut, a fondé avec le Huffington Post un nouveau média en 2014 : le WorldPost, une publication dédiée aux « enjeux mondiaux ». Il y (co)signe lui-même des articles, comme celui-ci ; le titre laisse deviner un point de vue résolument iconoclaste : « Le “président start-up” de la France est exactement ce dont l’Europe a besoin pour redémarrer ».

Macron pour les Nuls

Comme on peut aisément s’en douter, ce membre éminent de l’oligarchie est un détracteur féroce du nouveau président français. Ses tweets en attestent : « Macron écrit l’histoire pour la France et l’Europe – un leadership nouveau, post-parti » (7 mai) ; « La France célèbre ses francs-tireurs : le Roi-Soleil, Napoléon et maintenant, Macron » (12 juin) ; « Le gouvernement d’Emmanuel Macron offre une aube nouvelle à la France, à l’Europe et à la civilisation occidentale » (19 juin). Il ne manque qu’une sobre allusion à Jupiter. Dommage que Sylvie Goulard ne soit plus de cette aventure héroïque. Peut-être va-t-elle se consacrer à la 4e édition de son bien nommé classique L’Europe pour les Nuls.

« Il m’impressionne beaucoup parce qu’il est à la fois généreux et engagé » – Nicolas Berggruen, à propos de George Soros

Qui sont les modèles de Nicolas Berggruen ? Sans surprise, les milliardaires mécènes William Gates (Bill pour les intimes) et Warren Buffet. Mais aussi George Soros, à propos duquel il déclare en 2010 : « Il m’impressionne beaucoup parce qu’il est à la fois généreux et engagé. » Toutefois, comme M. Berggruen se réclame de la « post-idéologie » – une fumisterie capitaliste –, il nuance quelques années plus tard : « J’ai un grand respect pour lui, pour ce qu’il a fait. Mais l’Institut [Berggruen] n’a pas de parti pris idéologique [sic]. Nous ne sommes pas là pour dire à des pays arabes par exemple : la démocratie libérale à l’occidentale est le meilleur système. Il faut tout changer et être comme nous. »

Nicolas Berggruen fait penser au personnage de Paul Arnheim dans le génial roman L’Homme sans qualités (1930-1932) de Robert Musil. Comme l’industriel Arnheim, le financier Berggruen cherche à concilier l’esprit et les affaires. C’est très perceptible dans cet article – coécrit avec Nathan Gardels – publié dans le Washington Post (13 avril 2017). Le titre semble parodique mais il n’en est rien : « Comment les prochaines élections en France et en Allemagne peuvent sauver l’Occident ».

Remercions Sylvie Goulard d’avoir permis d’attirer l’attention sur son mécène. Dans le bestiaire du capitalisme mondialisé et « innovant », il aurait été regrettable de passer à côté du spécimen Nicolas Berggruen.

Laurent Dauré

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Réforme du code du travail : vers une baisse générale des salaires ?

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La nation ., #La République, #La finance dérégulée, #La Sécurité Sociale, #La santé

Réforme du code du travail : vers une baisse générale des salaires ?

Réforme du code du travail : vers une baisse générale des salaires ?© Jean-Paul Pelissier Source: Reuters
Protestation au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron le 8 mai 2017

La réforme du code du travail préparée par Emmanuel Macron et son gouvernement peut-elle relancer l'emploi en France ? L'économiste Dany Lang rejette cette idée et fustige une loi aux conséquences «inquiétantes» pour les travailleurs français.

RT France : Certains médias ont d'ores et déjà renommé la réforme du code de travail sur laquelle planche actuellement le gouvernement «Loi Travail bis». Cette appellation vous semble-t-elle justifiée ?

Dany Lang (D. L.) : Oui, tout à fait. Il s'agit dans les faits de la suite de la loi Macron et de la Loi El Khomri, qui a elle-même été très largement inspirée par Emmanuel Macron. Cette appellation me paraît donc tout à fait fondée.

On assistera un peu partout à des chantages à l’emploi assez durs

RT France : Depuis la fuite de documents de travail autour de cette réforme, ce texte est critiqué par de nombreux observateurs. Quels en sont, selon vous, les principaux dangers ?

D. L. : Outre l’inversion de la hiérarchie des normes, potentiellement nocive pour les droits des salariés, le danger est que les heures complémentaires [heures effectuées par un salarié à temps partiel au-delà de la durée de travail prévue dans son contrat de travail] ne soient payées au même taux que les heures normales. Cela montre assez clairement que l'un des objectifs de cette loi est de faire baisser les salaires. Ce qui fera baisser de fait le pouvoir d'achat et qui ne peut être une bonne chose pour la consommation. C'est également une loi qui permettra de rendre l'emploi plus flexible... et les licenciements plus violents. On assistera un peu partout à des chantages à l’emploi assez durs.

Cela aura des répercussions négatives pour la plupart des ménages et des travailleurs. Leur emploi sera de moins en moins certain, ce qui va encore accroître les difficultés d'accès au logement. Les propriétaires veulent des garanties et c'est un aspect auquel les personnes impliquées dans le travail préparatoire de cette réforme n'ont sans doute pas réfléchi.

Les conséquences macro-économiques de cette réforme me paraissent assez détestables : les salaires vont baisser, le chantage à l'emploi s'accroître. Elle revient à donner tout pouvoir aux employeurs et annihiler tous les contre-pouvoirs syndicaux. Cette perspective est objectivement très inquiétante.

Ces avantages donnés aux chefs d'entreprise ne permettront pas du tout l'augmentation des embauches

RT France : Avec cette réforme, Emmanuel Macron veut donner plus de libertés aux entrepreneurs, notamment en donnant la part belle aux accords d'entreprise. Est-ce de nature à permettre l'augmentation des embauches ?

D. L. : C’est le grand credo des néo-libéraux depuis plusieurs décennies. Or, il n’a jamais été prouvéque rendre le divorce plus facile favorisait le mariage. Les employeurs ne prennent pas de décisions d'embauche en fonction de la difficulté à licencier les gens mais en fonction de leurs besoins pour assurer leur production. A ce jour, il n'est d'ailleurs pas si complexe que cela de licencier quelqu'un en contrat à durée indéterminée (CDI). Il y a juste une procédure légale à suivre, dont la frange la plus réactionnaire du patronat, proche de Macron, veut se débarrasser.

Emmanuel Macron a une majorité faite de personnes pour la plupart inconnues et assez hétéroclites qui, à mon avis, n'ont pas toutes compris le fond de son programme, qui est tout de même un projet au service des 0,1% les plus riches et de la finance

RT France : Emmanuel Macron prévoyait de faire passer cette réforme par ordonnances. Le fait qu'il ait acquis aux élections législatives une large majorité remet-il cela en question selon vous ?

D. L. : Je pense qu'il le fera quand même, car il a là une majorité faite de personnes pour la plupart inconnues et assez hétéroclites qui, à mon avis, n'ont pas toutes compris le fond de son programme, qui est tout de même un projet au service des 0,1% les plus riches et de la finance. Emmanuel Macron risquerait de se retrouver avec des amendements qu'il ne souhaite pas, comme cela avait été le cas avec la Loi El Khomri. De plus, avec un débat au Parlement, les citoyens seraient informés des horreurs qui se préparent. Ainsi, même avec une majorité très large, je pense qu'il utilisera l'article 35 de la Constitution qui lui permet de décider par ordonnance. Ce qui est assez choquant pour le dialogue social, qui devient alors inexistant. Mais annihiler le dialogue social et permettre aux employeurs de faire tout ce qu’ils souhaitent n’est-il pas justement l’objectif de ces nouvelles réformes bien inutiles sur le front de l’emploi ?

 

 

LIRE AUSSI : Le projet de réforme du code du travail, fruit d'«une intense campagne du patronat» ?

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Le projet de réforme du code du travail, fruit d'«une intense campagne du patronat» ?

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La Sécurité Sociale

Le projet de réforme du code du travail, fruit d'«une intense campagne du patronat» ?

Le projet de réforme du code du travail, fruit d'«une intense campagne du patronat» ?© Michel Euler / POOL Source: AFP
Emmanuel Macron et son conseiller Pierre-André Imbert lors d'une discussion préliminaire avec Pierre Gattaz, président du Medef le 23 mai 2017.

La réforme du travail sera le premier grand chantier du quinquennat d'Emmanuel Macron. Alors que l'avant projet de loi a été révélé par la presse, l'économiste Henri Sterdyniak en décortique les points-clé et leurs effets potentiels sur l'emploi.

RT France : Dans l'«avant-projet de loi habilitant le gouvernement à prendre, par ordonnances, des mesures pour l'emploi» daté du 12 mai 2017, la première ordonnance souhaiterait élargir le champs des négociations par accords d'entreprise, notamment et en priorité dans le cadre du contrat de travail. Si une telle ordonnance était passée en ces termes, qu'est-ce que cela pourrait entraîner concrètement pour les salariés ?

Henri Sterdyniak (H. S.) : Actuellement pour un grand nombre de dispositifs, l'entreprise doit se plier à des règles nationales. On autoriserait là l'entreprise à modifier ces règles nationales en particulier les règles de licenciement, de contrats à durée indéterminée ou déterminée. Eventuellement – on ne le sait pas à l'heure actuelle – cela pourrait permettre de toucher à la fixation des salaires ou à des règles de santé et de sécurité.

Une entreprise pourrait décider par exemple qu'elle a le droit de faire des contrats à durée déterminée sans limite de temps ou qu'elle a le droit de préciser dans les contrats d'embauche qu'une personne peut être automatiquement licenciée si l'entreprise perd tel ou tel contrat. Une entreprise pourrait éventuellement dans son accord inscrire que les salaires baissent si le chiffre d'affaire diminue. Les entreprises auraient donc beaucoup plus de libertés qu'elles n'en ont actuellement.

Avec cette flexibilité, il y a un risque que les entreprises se concurrencent par le bas, qu'elles fassent pression sur les salaires et les conditions de travail

 

RT France : Est-ce que ces libertés octroyées au patronat sont de nature à permettre d'augmenter les embauches ?

H. S. : C'est la position du patronat. Il dit aujourd'hui que le salariat en France est trop rigide, qu'il fait peser un poids trop lourd sur les entreprises qui sont contraintes de subir les chocs économiques sans pouvoir licencier ni baisser les salaires. Les entreprises assurent que si on leur donnait plus de liberté, en échange elles embaucheraient plus.

A l'inverse, on peut dire, qu'en principe, une entreprise embauche lorsqu'elle a une demande à satisfaire, quand elle a des travaux à effectuer. Or avec cette flexibilité, il y a un risque que les entreprises se concurrencent par le bas, qu'elles fassent pression sur les salaires et les conditions de travail ce qui dégraderait la situation des travailleurs. Or, des travailleurs avec une situation dégradée entraînent une baisse de la demande. Globalement, l'effet serait négatif. Là est toute la question de l'arbitrage à faire. En ce moment il y a une intense campagne du patronat pour dire : «Atténuez le droit du travail et on va embaucher.» Le gouvernement a promis au patronat de le faire, il le fera.

Le gouvernement a comme contrainte qu'il faut que l'accord soit acceptable pour certains syndicats

RT France : La place des syndicats semble mise à rude épreuve dans ce document de travail. D'un côté un projet d'ordonnance expose l'idée d'une fusion des Institutions représentatives du personnel, de l'autre des concessions importantes comme les «chèques syndicaux» et la prise en compte de la question des administrateurs salariés sont formulées. Les syndicats dans leur forme actuelle sont-ils menacés par ces projets d'ordonnances au profit de représentants sans étiquette ou non rattachés aux organisations classiques ?

H. S. : Il y a de nombreux points à soulever autour de cette question. Tout d'abord, la réforme limite le nombre de représentants du personnel dans les entreprises. Ce qui est bien sûr problématique, car dans le même temps on annonce vouloir améliorer le rôle des accords d'entreprise. Il est difficile de dire à la fois «on veut promouvoir la négociation au sein des entreprises» tout en limitant le nombre de représentants du personnel.

Actuellement les représentants du personnel, les délégués syndicaux doivent être mandatés par des organisations syndicales nationales représentatives. Or l'idée du patronat est de faire apparaître des travailleurs non affiliés à ces postes. Cela comporte le risque de permettre au patronat d'imposer ses vues et de faire ce qu'on appelle des «syndicat maisons», c'est-à-dire des syndicats entièrement contrôlés par le chef d'entreprise.

Néanmoins, le gouvernement a comme contrainte qu'il faut que l'accord soit acceptable pour certains syndicats. Il ne peut se heurter à un front de l'ensemble des syndicats. C'est pour cela qu'il y a tout de même quelques mesures favorables comme l'idée que les syndicats seraient financés par une cotisation des entreprises – le chèque syndical – ou encore celle d'augmenter la part des administrateurs salariés dans certaines entreprises. Le tout est de savoir aujourd'hui si cela suffira pour faire passer la pilule face à l'ensemble des mesures.

Si d'un côté on donne des allocations chômage aux travailleurs non-salariés et aux démissionnaires mais que de l'autre on vide une partie des chômeurs actuellement en leur disant qu'ils ne font pas assez d'efforts pour retrouver un emploi, c'est une politique extrêmement contestable

RT France : La réforme et l'élargissement de l'assurance chômage à tous les actifs dont les salariés démissionnaires – présente dans ce document de travail mais également dans les promesses de campagne d'Emmanuel Macron – devra-t-elle forcément aller de pair avec une baisse des conditions d'indemnisation comme le craint une partie des observateurs ?

H. S. : Je ne sais pas. La réforme actuellement n'est pas cohérente. Il est difficile de dire quoi que ce soit sur ce sujet. Elargir l'accès aux indemnisations du chômage aux salariés démissionnaires ne pose pas un problème très grave puisqu'une partie importante des démissionnaires retrouvent leurs droits un peu plus tard : si vous démissionnez et que vous cherchez un nouvel emploi au bout de trois mois vous retrouvez vos droits à l'assurance-chômage.

L'étendre aux travailleurs non-salariés suppose que ces travailleurs cotisent à l'assurance chômage. Le problème reste que, jusqu'à présent, le gouvernement n'a jamais éclairci ce point. Il parait difficile de dire que les non-salariés seront couverts sans cotiser. S'ils cotisent, il n'y aura que peu de souci. S'ils ne le font pas, cette réforme n'est pas possible. 

Par ailleurs, le gouvernement a dit vouloir réduire les dépenses de l'assurance chômage en contrôlant plus sévèrement la recherche d'emploi des chômeurs. Le problème est qu'aujourd'hui en France il manque 4 millions d'emplois. Les gens peuvent chercher, il y aura toujours ces 4 millions d'emplois manquants. Cela risque d'être un prétexte pour exclure des gens de l'indemnisation. Si d'un côté on donne des allocations chômage aux travailleurs non-salariés et aux démissionnaires mais que de l'autre on prive une partie des chômeurs actuels de leurs indemnisations en leur disant qu'ils ne font pas assez d'efforts pour retrouver un emploi, c'est une politique extrêmement contestable.

 

Lire aussi : Réforme du code du travail : Edouard Philippe veut «aller vite»

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Démantèlement de la cotisation sociale, hausse de la CSG : Macron applique le programme du MEDEF Par Olivier Nobile .

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La santé, #La Sécurité Sociale, #Services publics

Démantèlement de la cotisation sociale, hausse de la CSG : Macron applique le programme du MEDEF

Le Président Macron a annoncé son intention de procéder à une augmentation de la CSG de 1,7 point dans les prochaines semaines. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’augmentation de cet impôt qui est affecté à la Sécurité sociale. Toutefois la ligne de dénonciation brandie par ses contempteurs, fondée sur la baisse de pouvoir d’achat des travailleurs et de retraités est pour partie erronée et ne permet pas de comprendre en quoi cette augmentation de la CSG est effectivement critiquable.

Un peu d’histoire : qu’est-ce que la CSG ?

La Contribution sociale généralisée a été instaurée par Michel Rocard en 1991. À l’origine, cette nouvelle contribution a été présentée comme un mode d’élargissement de l’assiette du financement de la Sécurité sociale et un moyen de soumettre les revenus du capital à une fiscalité sociale. En effet, contrairement à la cotisation sociale, part indirecte des salaires uniquement acquittée par les employeurs et les salariés, la CSG s’étend sur les revenus d’activité, de remplacement, du patrimoine, du capital et des jeux. Les taux de CSG varient en fonction des revenus concernés.

A l’origine, la CSG sur les revenus d’activité (du travail) est instaurée au taux de 1,1 % et a été compensée par la suppression de 1,05 % de cotisations salariale d’assurance vieillesse(1) L’instauration de la CSG a en réalité donné lieu à un double mouvement symétrique très difficilement compréhensible pour le grand public :
1. cotisations patronales (-1,6 pt) branche famille / cotisations patronales (+ 1,6 pt déplafonnés) branche vieillesse
2. CSG famille (+ 1,1 pt) / Cotisation salariale vieillesse (- 1,05 pt
). Déjà en 1991 Rocard usait du même subterfuge que celui qu’entend mettre en oeuvre le président Macron : compenser la baisse de pouvoir d’achat des salariés liée à l’introduction d’un impôt sur l’activité par une baisse corrélative de cotisations sociales. D’ailleurs la plupart des observateurs de l’époque n’ont vu dans la CSG qu’une nouvelle génération de cotisation sociale. La nature juridique de la CSG a toutefois immédiatement donné lieu à une décision du Conseil Constitutionnel qui a confirmé sa nature fiscale et non celle de cotisation sociale(2)À noter qu’une récente décision du Conseil d’Etat a remise en cause la nature fiscale de la CSG et de la CRDS sur les revenus locatifs et des plus-values immobilières des non-résidents ; cette décision, loin de reconnaître la nature salariale de la CSG ouvre en réalité la voie à de nombreuses réclamations auprès du fisc de la part de contribuables français affiliés auprès de caisses de sécurité sociale étrangères. . La CSG est donc un impôt affecté à la Sécurité sociale et les postes d’affectation (branche famille initialement) sont un enjeu déterminant de la discussion. Quoiqu’il en soit la CSG marque le point de départ d’une introduction massive de la fiscalité dans les finances de la Sécurité sociale. Nous y reviendrons.

La CSG a très rapidement connu une expansion ininterrompue. En 1994 puis en 1997, la CSG sur les revenus d’activité est augmentée par deux fois dans des proportions importantes, et cette fois-ci sans compensation par une baisse de cotisation sociale. Le taux de CSG est aujourd’hui de 7,5 % et cette hausse a permis de diversifier ses postes d’affectation : outre la branche famille, la CSG est aujourd’hui affectée au Fonds de Solidarité Vieillesse, à l’Assurance maladie (dont elle représente 50 % des recettes), à la Caisse Nationale de solidarité pour l’autonomie, et à la CADES (qui a pour mission d’emprunter sur les marchés financiers pour amortir la dette sociale). À noter, en ce qui concerne l’affectation de la CSG à la CADES, qu’il s’agit d’une décision récente et pour le moins contestable, la CADES étant déjà financée par un autre impôt siamois de la CSG, crée par Alain Juppé en 1996, la CRDS. La question de l’affectation de la CSG à la CADES pourrait apparaître comme terriblement technique et il serait possible d’en épargner le lecteur si cette décision d’affectation ne s’était faite au détriment des recettes de la branche famille, créant artificiellement le déficit de la CNAF qui a justifié la réforme des prestations familiales de 2013, laquelle s’est traduite par une économie de 2,5 milliards d’euros au détriment des familles …

La CSG : un impôt social sur le capital ?

Beaucoup ont vu en 1991 et voient encore aujourd’hui dans la CSG une contribution du capital au financement de la Sécurité sociale et l’apport de ressources nouvelles permettant de garantir la pérennité financière de la Sécurité sociale. Le rendement de la CSG atteint 90 milliards d’euros par an et son rendement unitaire est en effet très supérieur à celui d’un point de cotisation sociale (12 milliards d’euros par point de CSG contre 8 milliards pour un point de cotisation sociale déplafonnée). Si l’on y regarde de plus près, le fort rendement de la CSG est une réalité en trompe-l’oeil.

En effet, en premier lieu, 70 % du rendement de la CSG repose sur les revenus d’activité. A tel point que la CSG est fréquemment présentée comme le premier impôt sur le revenu français, son rendement se situant loin devant celui de l’impôt sur le revenu (IR) acquitté par les contribuables. D’aucuns, tels Thomas Piketty, entendent-ils d’ailleurs fusionner les deux impôts sur le revenu (CSG et IR), occultant le fait que le premier est affecté à la Sécurité sociale et qu’une telle fusion ne manquerait pas de priver la Sécurité sociale de ressources essentielles au gré des projets de loi de finances.

Le rendement de la CSG sur les revenus d’activité est en réalité sensiblement identique à celui de la cotisation sociale déplafonnée acquittée par les employeurs et salariés, les seules différences sur cette assiette au profit de la CSG proviennent du fait que certains revenus du travail ont été précisément exonérés de cotisations sociales… mais pas de CSG (c’est le cas de l’épargne salariale par exemple).

Mais surtout, l’assiette qui apporte à la CSG un avantage comparatif décisif par rapport à la cotisation sociale en termes de rendement n’est nullement composée des revenus du capital. En effet 20 % du rendement de la CSG provient des revenus de remplacement, autrement dit les pensions de retraite, les indemnités de chômage, les pensions d’invalidité et les indemnités journalières de la Sécurité sociale. Présenté autrement, l’assujettissement des revenus de remplacement à la CSG correspond dans les faits à une réduction de 18 milliards d’euros de prestations sociales versées chaque année aux Français, elles-mêmes versées en contrepartie de la cotisation sociale qui est une partie indirecte de leur salaire !

En conséquence, si l’on ajoute la CSG sur les revenus d’activité (le salaire direct) et la CSG sur les revenus du remplacement (le salaire indirect), 90 % du rendement de la CSG repose sur les revenus du travail. La CSG sur les revenus du capital et du patrimoine, ne représentent guère que 10 % du rendement de cet impôt miracle. C’est certes une ressource non négligeable pour la Sécurité sociale mais marginale et qui ne frappe au demeurant que les revenus du capital des particuliers et non celui des entreprises.

La CSG, cheval de Troie de la fiscalisation de la Sécurité sociale et son étatisation

Comme nous l’avons dit plus haut, l’enjeu de la CSG réside dans son affectation. Et celle-ci ne tient nullement au hasard. Depuis sa création, la CSG vise dans les faits à se substituer à la cotisation sociale comme mode de financement des pans de la Sécurité sociale liés à l’assistance aux plus pauvres (Fonds de solidarité vieillesse qui verse le minimum vieillesse(3)De son vrai nom : Allocation de Solidarité pour les personnes âgées. , Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) ou qualifiés d’universels (branche famille, assurance maladie). La CSG poursuit par conséquence un objectif univoque et correspond à une très vieille revendication du MEDEF : exonérer les employeurs de leur responsabilité sociale en qualité de financeurs des risques sociaux non directement liés à l’emploi et faire financer ces risques (prestations familiales, dépenses de santé, dépenses d’assistance) par leurs bénéficiaires eux-mêmes.

Il s’agit d’une stratégie politique assumée de séparation des prestations de sécurité sociale en deux catégories étanches : celle des risques sociaux dits contributifs, c’est à dire couverts par des prestations sociales versées en contrepartie d’une cotisation sociale préalable (retraites, indemnités journalières de l’assurance maladie, rentes d’accidents du travail …) et celle des prestations versées de manière universelle ou dans le cadre de le prise en charge de la pauvreté (prestations familiales sous conditions de ressources, prise en charge des soins médicaux, etc …). Cette stratégie s’appuie sur l’idée communément admise qu’il ne serait plus possible de faire financer par les employeurs (via la cotisation sociale) des prestations sociales à vocation universelle car versées à des bénéficiaires qui ne cotisent pas, dans un contexte de chômage de masse. Par conséquent l’impôt est appelé à se substituer à la cotisation sociale car il ne serait pas possible de faire financer par les cotisations des travailleurs des prestations sociales versées y compris à des inactifs…

Cet argument est spécieux à plus d’un titre. Tout d’abord la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale participe directement de la réduction des salaires dans la valeur ajoutée, donc d’une augmentation des profits des entreprises, tout en faisant peser le financement des risques sociaux sur les assurés eux-mêmes, ce qui s’apparente pour ces derniers à une double peine. En effet, comme on l’a démontré plus haut, ce sont toujours les travailleurs qui sont appelés en définitive à financer les risques sociaux : en effet, comme on l’a démontré plus haut ce sont eux qui contribuent pour plus de 90% à la CSG. Or, et c’est le point le plus important, la CSG, contrairement à la cotisation sociale, n’ouvre droit à aucune prestation sociale. En conséquence, en faisant reposer le financement de la branche famille et de l’assurance maladie sur la CSG, le législateur a introduit la possibilité de faire financer, par la CSG des travailleurs, des prestations sociales … auxquelles ceux-ci ne peuvent prétendre ! Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’évolution des prestations de la branche famille qui sont toutes soumises à conditions de ressources et réservées aux familles les plus modestes. Seules les Allocations familiales demeurent encore universelles mais la modulation introduite en 2014 les a réduites pour les allocataires ayant un revenus supérieur à 6000 € par mois pour un couple. Il en va de même de l’assurance maladie, certes devenue universelle depuis 1999 (loi CMU orientée elle aussi vers les plus démunis) mais dont les montants de remboursement ont été continuellement abaissés, obligeant les assurés sociaux à souscrire massivement à des contrats d’assurance complémentaire, rendus d’ailleurs obligatoires depuis l’ANI de 2012. La fiscalisation des pans dits universels (ou non contributifs) de la Sécurité sociale s’accompagne systématiquement d’une transformation de la Sécurité sociale en un auxiliaire de l’Etat en matière de lutte contre la pauvreté, rompant précisément avec la vocation initiale de la Sécurité sociale, conçue comme une institution du salaire visant à protéger les travailleurs de notre pays.

Par ailleurs il est inepte de prétendre qu’il n’y aurait aucun lien entre les prestations sociales à vocation universelle et le monde de l’entreprise, et partant, justifierait de mettre fin à la responsabilité économique et sociale de l’employeur. Rappelons pour commencer la nature assurantielle de la Sécurité sociale érigée par le Conseil National de la Résistance n’excluait nullement que la Sécurité sociale poursuive un objectif affirmé d’universalisation des prestations sociales. C’est également nier le fait que rétrécissement du nombre de travailleurs cotisants est principalement liée à la situation de chômage de masse qui s’est traduite depuis 30 ans par l’éviction massive de travailleurs potentiels du monde du travail. C’est faire peu de cas des dizaines de milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales versées sans contrepartie au patronat, dont le CICE et le pacte de responsabilité sont les derniers avatars en date, et ce, sans impact sur la réduction du chômage… Mais cela mériterait d’autres développements.

Prétendre enfin qu’il n’y a aucun lien entre les prestations familiales ou les prestations de l’assurance maladie et le monde du travail est absurde. En effet, l’état de santé des travailleurs ou encore le fait que les parents de jeunes enfants puissent les faire garder pendant leur journée de travail contribuent directement à la productivité du travail et sont des facteurs de croissance endogène ; la Sécurité sociale génère pour le système capitaliste d’importantes externalités positives. C’est sur cette base que les employeurs se sont vu imposer en 1945 une responsabilité sociale et économique en se voyant contraints de financer la Sécurité sociale par la cotisation sociale. Vouloir mettre fin au financement salarial de la Sécurité sociale consiste à segmenter les branches de la Sécurité sociale et à rigidifier la frontière entre risques sociaux selon leur nature universelle ou assurantielle. Les conséquences politiques sont considérables : il s’agit de mettre fin au principe de solidarité entre les branches et liquider le principe de démocratie sociale qui sous-tendait le projet du Conseil National de la Résistance.

D’un côté les risques dits contributifs (vieillesse, chômage, prestations en espèce …) demeurent financés par la cotisation sociale uniquement car le patronat a un intérêt direct à en faire des leviers de son projet politique de régulation sociale des travailleurs. La réforme du paritarisme initiée dès 1967, de même que le développement considérable des organismes complémentaires et paritaires de Protection sociale (UNEDIC, AGIRC-ARRCO, institutions de prévoyance, complémentaires santé ANI …) ont contribué à donner au patronat un rôle prédominant dans la gouvernance des régimes de protection sociale directement connectés au projet capitaliste : chômage, retraite, prévoyance d’entreprise …

D’un autre côté, les risques dits universels de la protection sociale (prestations familiales, prestations en nature de l’assurance maladie, minima sociaux et aides au logement) sont très majoritairement financés par l’impôt et l’Etat a progressivement dessaisi les partenaires sociaux de toute responsabilité politique. L’Etatisation massive de la Sécurité sociale s’exerce en premier lieu sur les régimes de base de la Sécurité sociale et ceux-ci perdent progressivement toute vocation de protection sociale universelle des travailleurs au profit d’un objectif de prise en charge minimale des besoins sociaux des plus pauvres et des exclus du monde du travail. En ce sens la fiscalisation d la Sécurité contribue à créer un système de protection duale, écartelé ente la Protection sociale d’entreprise réservée aux travailleurs les plus favorisés des grands groupes et les dispositifs de prise en charge de la pauvreté financés par l’impôt et réservés exclusivement aux plus démunis. Quant aux travailleurs situés juste au dessus des seuils de prise en charge des prestations sous conditions de ressources (prestations familiales, CMU complémentaire, minima sociaux …), ils deviennent les éternels laissés pour compte d’un système qu’ils contribuent à financer sans pouvoir en bénéficier. Au prix d’un sentiment d’abandon et d’un ressentiment marqué à l’endroit des “assistés” et des “privilégiés” (fonctionnaires, salariés couverts des garanties collectives …). Oubliant au passage que les vrais privilégiés sont davantage à rechercher du côté des ultra-riches…

La CSG Macron : ne pas faire fausse route

Le projet d’accroissement de la CSG annoncé par le Président Macron ne fait que renouer avec le projet de son mentor Michel Rocard. Il s’agit d’accroître la part de cet impôt dans le financement de la Sécurité sociale et de réduire parallèlement les cotisations salariales acquittées par les salariés. Pour un salarié, ce système de vases communicants se traduira par une légère augmentation de pouvoir d’achat.

Les retraités risquent en revanche d’être les vrais perdants de cette mesure : la hausse de la CSG se fera en effet sans compensation de pouvoir d’achat mais il est d’ores et déjà prévu de ne pas toucher aux taux réduit des retraités les plus modestes, de telle sorte que cette augmentation touchera en définitive 60% des retraités dont le revenu est supérieur à 1200 € par mois. Cela étant, pour une partie d’entre eux, la baisse du montant des pensions devrait être compensée par l’exonération de la taxe d’habitation. Pour les fonctionnaires et les chômeurs, la situation est moins claire mais il est prévu des mécanismes de compensation, de telle sorte que cela ne se traduira pas ou peu par une baisse de pouvoir d’achat.

Nous pouvons en tout état de cause penser qu’Emmanuel Macron, en fin stratège, saura éviter le piège de baisses de pouvoir d’achat trop brutales orientées vers telle ou telle catégorie sociale afin d’éviter de heurter brutalement l’opinion publique ou attiser les oppositions. En ce sens, la critique de la mesure d’augmentation de la CSG à l’aune de la baisse du pouvoir d’achat semble faire fausse route.

La véritable finalité de cette mesure repose en revanche sur un nouvel affaiblissement de la cotisation sociale au profit d’une nouvelle extension de la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale. Voila le sens de cette réforme qui vise à étatiser encore davantage les pans jugés universels du Droit social des travailleurs et parachever le mouvement de transformation de la Sécurité sociale en auxiliaire a minima des politiques d’assistance à destination des plus pauvres. Le tout au prix d’un réduction des droits sociaux des travailleurs, d’une liquidation de ce qui reste de démocratie sociale dans les Conseils d’Administration des organismes sociaux, et d’une incitation pour ces derniers à trouver leur salut dans les dispositifs de prévoyance d’entreprise et de régimes complémentaires inféodés aux intérêts du MEDEF. Soit quelques mètres de terre supplémentaires sur le cercueil d’Ambroise Croizat.

Note(s)   [ + ]

1.L’instauration de la CSG a en réalité donné lieu à un double mouvement symétrique très difficilement compréhensible pour le grand public :
1. cotisations patronales (-1,6 pt) branche famille / cotisations patronales (+ 1,6 pt déplafonnés) branche vieillesse
2. CSG famille (+ 1,1 pt) / Cotisation salariale vieillesse (- 1,05 pt
2.À noter qu’une récente décision du Conseil d’Etat a remise en cause la nature fiscale de la CSG et de la CRDS sur les revenus locatifs et des plus-values immobilières des non-résidents ; cette décision, loin de reconnaître la nature salariale de la CSG ouvre en réalité la voie à de nombreuses réclamations auprès du fisc de la part de contribuables français affiliés auprès de caisses de sécurité sociale étrangères.
3.De son vrai nom : Allocation de Solidarité pour les personnes âgées.
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