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Le blog de Lucien PONS

La Russie se retire du Centre de contrôle et de coordination dans le Donbass,

21 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #le nazisme

19 décembre
14:23

En raison des complications diverses et variées créées par l'Ukraine, la Russie a finalement décidé hier de se retirer dès le 19 décembre 2017 du Centre de contrôle et de coordination créé le 26 septembre 2014 par les deux présidents russe et ukrainien afin de prévenir tout escalade incontrôlée du conflit entre l'Ukraine et les régions de Donetsk et Lugansk. Composé d'officiers ukrainiens, russes et de membres de la mission de surveillance de l'OSCE, les relations n'étaient pas des plus aimables. En revanche, ce Centre obligeait d'une part au dialogue entre l'Ukraine et les représentants du Donbass, mais il permettait aussi à l'OSCE d'éviter tout contact direct pour ses excursions dans les régions de DNR et LNR. Le retrait de la Russie de ce Centre est à double tranchant: un risque d'escalade du conflit est à craindre, car Kiev a les mains libres et l'OSCE a toujours eu des problèmes de cécité sélective, mais justement en ce qui concerne l'OSCE, ses membres vont être obligés à plus d'objectivité - ou à se retirer.

Comme cela a été annoncé depuis quelque temps, le travail des officiers russes dans cette mission conjointe a été rendu quasiment impossible par l'Ukraine. Sans compter les incivilités des officiers ukrainiens envers leurs collègues russes, Kiev n'a jamais voulu adopter un Règlement permettant de fixer les "règles du jeu". Ce qui a permis, petit à petit de causer des difficultés, afin de fausser les constatations factuelles: interdiction de discuter avec la population, restriction de déplacement à l'intérieur même du bâtiment où ils étaient logés avec leurs collègues ukrainiens en Ukraine. Un peu comme des prisonniers, ils étaient autorisés à sortir 10 minutes par heure et chaque fois "accompagnés" par des soldats ukrainiens. Par ailleurs, les contacts entre les officiers russes et la mission de surveillance de l'OSCE étaient réduits au minimum par leurs collègues ukrainiens. Exemple d'incident, le 22 juillet de l'année dernière, le responsable de la mission russe a été arrêté par les Ukrainiens, accusé d'espionnage et déporté en Russie avec une interdiction de territoire de 5 ans.

La dernière "goutte" celle de trop, a été la décision de Kiev d'obliger la Russie à fournir au 1er janvier les données personnelles des officiers russes participant à cette mission commune, ainsi que toutes les informations concernant leurs familles.

La Russie a donc décidé de retirer dès le 19 décembre ses 75 officiers du Centre de contrôle et de coordination, comme l'a annoncé le ministère des Affaires étrangères le 18 décembre. Immédiatement, des complications sont survenues. Alors que l'équipe russo-ukrainienne devait passer la ligne de front au check point Gorlovka-Mayorsk, la mission de l'OSCE qui assurait parallèlement le contrôle s'est retirée et ensuite les tirs ont commencé, notamment d'artillerie. Il a fallu attendre aujourd'hui pour que l'Ukraine garantisse la sécurité du passage. Pour sa part, Kiev accuse DNR LNR d'avoir touché le village de Novoluganskoe, qui eux ont signalé des tirs venant du côté ukrainien, tout comme à Svetlodarsk. Mais l'OSCE a manifestement "oublié" d'inclure ses informations dans son rapport. 

Il faut dire que justement le 18 décembre, un pilonnage massif des quartiers d'habitations de Gorlovka, Gomolski ou encore Dolomitnoe a été signalé. A Gorlovka, le maire affirme que le pilonnage du centre de la ville par les forces ukrainienne a commencé vers 20h40 du soir, touchant notamment le bâtiment du foyer des jeunes travailleurs. Le village Golmovski, situé au nord de la ville, est également bombardé et les locaux de l'ancienne colonie de vacances ont pris feu.

Stakhanova, ce matin, 9 immeubles d'habitation et l'hôpital ont été touchés par l'armée ukrainienne. Afin d'éviter des explosions, puisque les conduites de gaz ont été touchées, tout a été coupé et les gens se retrouvent sans gaz, sans eau, sans électricité.

Ainsi, le retrait de la Russie, sur le plan militaire, laisse craindre une aggravation du conflit, surtout avec la position plus que conciliante de l'OSCE, laissant à l'Ukraine les mains libres. La presse occidentale continue également son oeuvre de propagande, ne parlant jamais du conflit qu'en oubliant de préciser qui attaque, sortant chaque fait de son contexte. Ainsi, elle s'inquiète pour Kiev de ce que le conflit ne s'intensifie et que les Ukrainiens ne soient obligés de "se défendre". Renversant totalement la situation. Magnifique oeuvre de propagande dans RFI (bon, il ne s'agit pas d'un "poste commun", mais c'est un détail, le pire suit ....):

Pour illustrer cela, RFI ne recule devant rien et publie une photo de militaires russes ... à Rostov, oubliant juste de préciser à ses lecteurs que Rostov se trouve justement en Russie ... Qu'il ne s'agit donc pas d'une photo démontrant la fantasmagorique présence militaire russe en Ukraine. En revanche c'est une basse manipulation, un simple article de propagande.

L retrait de la Russie va mettre l'OSCE mal à l'aise. Jusqu'à présent cette mission en Ukraine s'appuyait sur ses liens avec le pouvoir à Kiev, les républiques de DNR et LNR étant infréquentables. Pour assurer la sécurité de ses membres lors des déplacements dans ces républiques, le schéma était simple: ils contactaient les membres russes du Centre, les prévenaient de leur circuit et attendaient que les Russes se chargent eux-mêmes avec les républiques d'organiser leur sécurité. En se retirant, la Russie va obliger la mission de l'OSCE à entrer réellement en contact avec les représentants de DNR et LNR, ce qui est un aspect politique extrêmement important. L'OSCE va être obligée à plus d'objectivité, à rééquilibrer sa vision de la situation, à entrer en contact personnel, faute de quoi elle sera amenée à reconnaître l'échec de sa mission, car elle ne pourra plus remplir sa mission en se passant de contacts directs réels. Beaucoup va dépendre de cette organisation. L'Ukraine a décidé de continuer à participer, unilatéralement à cette mission, mais retire ses officiers du Donbass, personne ne pouvant plus garantir leur sécurité. Cette participation unilatérale est un non-sens. Mais soit l'OSCE va continuer à couvrir cette réalité parallèle permettant de fausser ouvertement la situation factuelle, soit elle va reconnaître la fin de facto de l'inexistence de ce Centre. Ce sera la première épreuve pour ces observateurs très complaisants.

La décision de la Russie est ainsi une décision à double tranchant. D'une part, une recrudescence du conflit est à attendre, l'Ukraine se trouvant les mains libérées, alors que le Canada a pris la décision de lui fournir des armes létales. D'autre part, l'activité de l'OSCE se trouve devant un choix stratégique: continuer à protéger ouvertement les intérêts ukrainiens ou tenter de remplir - enfin - la mission pour laquelle elle a été envoyée, les contacts obligés avec les dirigeants de DNR et LNR compliquant la possibilité de continuer dans la politique de l'autruche.

Karine Bechet-Golovko

Source

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L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre

20 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La guerre

L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre

Par Wolfgang Jungmann – Le 15 novembre 2017 – Source NEOPresse

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

Le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a appelé, à l’occasion de la rencontre des ministres de la Guerre de l’OTAN, à orienter la planification de l’infrastructure civile vers les besoins de l’armée : « Il ne s’agit pas seulement de commandement. Nous devons également veiller à ce que les routes et les ponts soient assez solides pour supporter les plus massifs de nos véhicules et que les réseaux ferroviaires pour le transport rapide de blindés et de matériel lourd soient bien équipés. »

Les rôles clés seraient assurés par les gouvernements nationaux, le secteur privé et l’Union européenne.

Stoltenberg n’a laissé planer aucun doute sur la direction que prendront les mouvements de troupes : « Les routes et les voies mal adaptées pour le transport des chars rendent actuellement difficile par exemple un déplacement rapide de troupes vers les pays baltes. »

C’est de nouveau contre la Russie. Exactement comme le Führer avait développé le réseau d’autoroutes par tous les moyens dans les années 1930, pour déplacer le plus rapidement possible des troupes et du matériel vers l’Est (le dernier tronçon de l’A2, qui reliait Berlin à la Ruhr, a été inauguré ponctuellement le 23 septembre 1939, pour le début de la Seconde Guerre mondiale), le renforcement de l’infrastructure de transport fait partie aujourd’hui encore d’une préparation consciencieuse et responsable de la guerre.

L’ensemble de l’UE a immédiatement pris position, claqué des talons et promis solennellement de remettre prochainement en état le réseau de transports à l’abandon en Europe. Die Zeit rapporte : « Federica Mogherini, la représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a annoncé à Bruxelles que la Commission européenne diffuserait, d’ici la fin de la semaine, des propositions sur la manière dont le transport de troupes à l’intérieur de l’Europe peut être amélioré. »

Cette entrée massive de la politique en faveur d’une économie de guerre, dans laquelle toutes les activités se concentrent uniquement sur le renforcement de la capacité de faire la guerre, est le point culminant d’une propagande belliqueuse s’aggravant sans cesse. En la matière, un pas entraîne toujours l’autre. Il semble toujours que l’OTAN soit en position défensive par rapport à la Russie et qu’en plus sa force militaire doive être nettement supérieure.

Ainsi les agressions actuelles de l’OTAN contre la Russie sont fondées sur la situation en Ukraine, sa prétendue annexion de la Crimée et son intervention dans la guerre en Syrie. Ici, la véracité des faits et du contexte historique ne joue aucun rôle. L’important est de présenter toutes les agressions par les États-Unis et l’OTAN exclusivement comme des mesures défensives. Presque toujours, au début d’une crise, d’un conflit, on peut entendre les bruits de bottes de l’OTAN.

Par exemple, les États-Unis ont mis le feu en Ukraine il y a plusieurs années, lorsque s’y jouait en 2004, aux yeux du public, une mise en scène convaincante.

« Soixante-cinq millions de dollars fournis par les contribuables ont été versés depuis 2002 par le Département d’État américain pour les élections en Ukraine, par le biais du NED et des fondations des partis Démocrate et Républicain aux États-Unis, respectivement le NDI et l’IRI », écrit Der Spiegel dans son numéro 46 de 2005. Il cite le sénateur républicain Ron Paul :

« Nous ne savons pas exactement combien de millions ou de douzaines de millions de dollars le gouvernement des États-Unis a dépensé pour l’élection présidentielle en Ukraine. Mais nous savons qu’une grande partie de cet argent était destinée à soutenir un candidat spécifique ». Puis il explique à ses lecteurs : « Victor Iouchtchenko ».

En ce moment, des faits importants, selon lesquels les élections présidentielles aux États-Unis auraient été manipulées par la Russie, constituent ainsi un levier pour continuer à stigmatiser la Russie.

Comme on le sait, l’affaire du changement de régime et de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a mal tourné à l’époque. Der Spiegel a toutefois écrit ces mots prophétiques en 2005 déjà :

« D’un autre côté, il n’y a plus de retour en arrière possible pour les États-Unis et leurs alliés. Beaucoup d’argent, beaucoup d’efforts ont été investis. Dans les semaines précédant l’élection (de Iouchtchenko à la présidence de l’Ukraine), des valises d’argent liquide provenant des États-Unis furent livrées à l’aéroport de Kiev, raconte la comptable de l’organisation d’opposition ‘Notre Ukraine’. Un don américain privé de plus de 150 000 dollars a été temporairement mis à l’écart parce que personne ne savait plus où l’affecter. »

Ce qui était vrai alors l’est encore plus aujourd’hui. S’il y avait à l’époque « beaucoup de millions ou de douzaines de millions de dollars », en 2014, dix ans plus tard, selon la secrétaire d’État américaine alors en poste Victoria Nuland, c’était plus de 5 milliards de dollars que les États-Unis et leurs alliés avaient investis dans un changement de régime en Ukraine, dont l’unique but était d’encercler la Russie. Nuland a mentionné cette somme dans une conversation téléphonique interceptée par le service de renseignement ukrainien le 28 janvier 2014.

Tout le monde sait qu’il faut des retours sur investissement. Les retours, dans une Ukraine colonisée par l’Occident, permettraient avant tout de bloquer facilement les livraisons de pétrole et de gaz de la Russie, puisque ces sources d’énergie sont amenées dans l’UE par le système de pipeline ukrainien. Ensuite, les fournisseurs d’énergie dominés par les États-Unis se précipiteraient.

L’hebdomadaire Die Zeit cite le prof. John Mearsheimer, qui enseigne la science politique à l’Université de Chicago, dans un article d’Alice Bota du 17 mai 2015, dans lequel celle-ci se donne toute les peines du monde pour nier l’influence américaine en Ukraine :

« Selon lui (le prof. Maersheimer), Washington poursuit sa politique d’ingérence en Ukraine, dix ans après la Révolution orange. Pour lui, c’est clair : les manifestations sur le Maïdan, qui ont finalement abouti au renversement du président Victor Ianoukovitch le 22 février 2014, ont été préparées par les Américains pendant des années, avec beaucoup d’argent. Un coup d’État. L’Amérique voulait un changement de pouvoir car elle voulait gagner de l’influence sur l’Ukraine. »

Bien que l’on veuille absolument nous faire croire que les manifestations du Maïdan ont conduit au renversement de Ianoukovitch, les manifestants étaient, dans le meilleur des cas, des figurants dans un drame qui se déroulait devant l’opinion publique mondiale, et dont le déroulement et l’issue étaient décidés depuis longtemps. Les temps changent, de même que Serge Eisenstein a essayé en 1928, avec les moyens du cinéma muet et des milliers de figurants, de donner une image de la Révolution d’Octobre qui avait très peu à voir avec la réalité, les tireurs de ficelles aux États-Unis ont donné, avec l’aide des nouveaux médias, l’image d’une insurrection populaire en Ukraine qui n’a jamais eu lieu.

Le renversement du pouvoir à Kiev était décidé depuis longtemps. Le Maïdan n’a été que l’occasion bienvenue de frapper enfin. Après plusieurs semaines de manifestations contre un gouvernement corrompu, qui n’a pas hésité à « violer son propre peuple », le monde était prêt pour le « décompte final ». Le 20 février, la violence s’est intensifiée. Il y a eu des coups de feu. Le soir, 70 personnes gisaient, mortes, sur le pavé. Les responsables des tirs en embuscade ne sont toujours pas identifiés, encore moins jugés. [Si, on sait aujourd’hui qui étaient les tireurs. Voir cet article, NdT] Notamment parce que le nouveau gouvernement a montré peu d’enthousiasme pour faire la lumière.

L’important n’était pas la vérité, mais ce qui était tenu pour la vérité dans l’opinion publique et c’était l’histoire que les médias racontaient déjà alors que les corps des morts n’étaient pas encore froids : les Berkut, les forces spéciales de Ianoukovitch, avaient tiré indistinctement dans la foule – sur ordre du président. Ainsi Ianoukovitch était définitivement discrédité et visé. Il a fui la foule excitée par le parti nazi « Secteur droit » : « Ils réclament la peine de mort, ils veulent le mettre au pilori, mais il doit au moins aller au tribunal », et Der Spiegel se réjouissait encore le 24 février de voir enfin en Russie un spectacle semblable à la pendaison publique de Saddam Hussein ou à l’ignoble assassinat de Kadhafi.

Les forces qui se trouvaient maintenant au pouvoir en Ukraine ne représentaient plus du tout une grande partie de la population ukrainienne. Selon le dernier recensement à peu près fiable, environ 8 334 100 Russes ethniques vivaient en Ukraine, soit 17,3% de la population totale. L’une des premières mesures du nouveau gouvernement a été la suppression du russe comme deuxième langue officielle. Cela a suscité la colère, en particulier, des habitants des oblasts de Lougansk et de Donetsk, où la proportion de la population russe est respectivement de 39% et de 38,2%, et en Crimée, où les Russes sont majoritaires. La loi existe toujours. Si elle n’est plus en vigueur actuellement, elle  pourrait à tout moment le redevenir.

La population a protesté, ce qui a poussé le nouveau gouvernement à envoyer des troupes [contre les régions rétives du Donbass, NdT] qui, armées jusqu’aux dents, ont même utilisé l’artillerie. En juillet, le nouveau président ukrainien, le fabricant de chocolat et oligarque Porochenko, a déclaré, tout à fait dans le style des généraux de la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale : « Les militants paieront de centaines de vies celle de chacun de nos soldats. »

Die Welt écrivait le 19 décembre 2012 :

« Les directives du haut commandement de la Wehrmacht de septembre 1941 ordonnaient par exemple de fusiller de 40 à 100 ‘communistes, nationalistes ou démocrates’ par soldat allemand tué… Dans la Yougoslavie occupée, le général Franz Böhme avait établi que pour chaque soldat allemand tué, il fallait fusiller 100 otages, et que pour chaque blessé, il fallait en fusiller 50. »

Wilhelm Keitel, le commandant en chef de l’armée allemande, a été condamné à mort par pendaison le 1er octobre 1946 lors du procès de Nuremberg contre les principaux criminels de guerre, entre autres à cause de ses « ordonnances de représailles » [contre les otages civils, NdT]. La peine a été exécutée le 16 octobre 1946 à Nuremberg.

En Crimée, le gouvernement russe devait craindre pour le maintien de sa flotte de la mer Noire à Sébastopol. Déjà sous le président Iouchtchenko, pro-occidental, l’accord conclu en 1997 et valable jusqu’en 2017 sur l’utilisation des installations par la flotte russe à Sébastopol était utilisé par l’Ukraine comme moyen de chantage sur la Russie.

Au cours du conflit gazier de 2005-2006, l’Institut pour la sécurité nationale de l’Ukraine a proposé qu’« une série de compromis politiques devait être recherchée suite à l’augmentation rapide des prix de l’approvisionnement en gaz, fixés dans l’accord ukrainien [avec la Russie, NdT]. Cela comprenait l’accord sur le retrait anticipé (au 1er janvier 2012) de Crimée de la flotte russe en mer Noire et le protocole dans lequel la Russie devrait déclarer explicitement qu’elle n’aurait pas d’objections à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans un avenir prévisible (2008-2010) », comme l’écrit assez maladroitement Lyudmyla Synelnyk dans l’ouvrage paru en 2013 Energieressourcen und politische Erpressung : Der Gasstreit zwischen Russland und der Ukraine” (Ressources énergétiques et chantage politique : le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine). En 2008, Iouchtchenko se penchait encore une fois personnellement sur la question. Lyudmyla Synelnyk écrit :

« C’est ainsi que le 20 mai 2008 (donc quelques mois avant la guerre en Géorgie d’août 2008) – contrairement aux affirmations de la presse occidentale selon lesquelles cette exigence était une réaction à la participation d’éléments de la flotte russe à la guerre) – le gouvernement ukrainien a été chargé par décret présidentiel de préparer un projet de loi sur l’abrogation de l’accord russo-ukrainien sur le stationnement de la flotte de la mer Noire russe après 2017. »

Bien que le traité ait été prolongé de 2010 à 2042, Poutine savait que l’expulsion de la flotte de Sébastopol menaçait la Russie au plus tard en 2017, les États-Unis prenant ensuite possession des installations, les forces au pouvoir à Kiev n’ont d’entrée pas reconnu la prolongation de l’accord.

On peut appeler cela une politique de puissance, mais la Russie devait agir, tant en Ukraine de l’Est, dont la séparation du reste du pays était planifiée et acceptée tout à fait ouvertement avec un haussement d’épaules dans les médias occidentaux dès le début du Maïdan, qu’en Crimée. La Russie avait été massivement défiée par les États-Unis, l’OTAN et l’Union européenne. Mais maintenant, elle était présentée comme l’unique agresseur.

On reconnaît sans peine le même schéma dans le cas de la Syrie. Des troubles intérieurs limités ont été utilisés pour amener dans le pays des mercenaires, des armes et des munitions en grand nombre sous le prétexte de protéger la population d’un dictateur massacreur de son propre peuple. Un mémorandum qui se trouvait dans les courriels piratés de Hillary Clinton démontre qu’il ne s’agit en aucun cas, pour les États-Unis, de liberté et de droits de l’homme pour la population syrienne.

Le document ne porte ni la date ni le nom de son auteur, d’où on peut déduire qu’il s’agit d’un proche collaborateur de Clinton, ou de la ministre américaine des Affaires étrangères de l’époque elle-même. À partir de quelques passages du texte, on peut facilement dater la rédaction du papier à mars-avril 2012, donc à un stade très précoce de la guerre en Syrie.

La toute première phrase dans le document de WikiLeaks dément la version américaine de l’ingérence : « La meilleure façon d’aider Israël à faire face à la menace nucléaire croissante de l’Iran est d’aider les Syriens à renverser le régime de Bachar al-Assad. »

Il s’agissait donc à l’évidence d’affaiblir l’Iran en le privant de son plus fidèle allié. Il s’agissait de maintenir le monopole d’Israël sur les armes nucléaires au Proche-Orient : « Ce dont l’armée israélienne s’inquiète vraiment – mais ne peut pas en parler ouvertement – c’est de la perte de son monopole nucléaire. Une capacité nucléaire iranienne ne mettrait pas seulement fin à ce monopole, mais pourrait aussi inciter d’autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à s’équiper d’armes nucléaires. »

La secrétaire d’État américaine ou l’un de ses plus proches collaborateurs révèlent au printemps 2012 les vraies réflexions de l’administration Obama : « C’est la relation stratégique entre l’Iran et le régime de Bachar al-Assad en Syrie qui permet à l’Iran de saper la sécurité d’Israël (…) par ses alliés au Liban, comme le Hezbollah, qui est soutenu, armé et formé par l’Iran en Syrie. »

De cela, il n’y a qu’une conclusion à tirer : « La fin du régime d’Assad mettrait fin à cette alliance dangereuse. »

Visiblement, on ne faisait pas confiance à ses propres négociations avec l’Iran sur la limitation de son programme nucléaire, ces dernières n’avaient d’emblée qu’une fonction d’alibi : « Les négociations sur la limitation du programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire d’Israël. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran de continuer à développer la partie décisive de son programme nucléaire – la capacité d’enrichir l’uranium. »

Et donc, en 2012, le renversement d’Assad n’était considéré à Washington que comme la première étape d’une importante solution définitive. La petite guerre avant la très grande contre l’Iran : « Faire tomber Assad ne serait pas seulement une énorme bénédiction pour la sécurité d’Israël, cela atténuerait également la peur compréhensible d’Israël de la perte de son monopole nucléaire. Ensuite Israël et les États-Unis pourraient développer une vision commune au moment où le programme iranien serait si dangereux qu’une action militaire pourrait se justifier. »

On pensait procéder avec Assad et sa famille comme auparavant avec Saddam Hussein en Irak ou Mouammar Kadhafi en Libye : « Sa vie et sa famille étant en danger, seule la menace ou l’usage de la force changera l’esprit du dictateur Bachar al-Assad. »

On n’avait pas non plus l’intention de se laisser entraver par le droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait approuver une intervention militaire contre la Syrie, a été écarté d’autorité : « La Russie ne soutiendra jamais une telle mission, donc cela n’a aucun sens de passer par le Conseil de sécurité des Nations unies. »

Quant à la Russie alliée de la Syrie, où se trouve sa seule base militaire en Méditerranée, elle était encore considérée comme beaucoup trop faible pour qu’on doive se préoccuper davantage de sa réaction : « Certains soutiennent que la participation des États-Unis fait courir le risque d’une autre guerre avec la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre autre chose. Dans ce cas, la Russie avait de vrais liens ethniques et politiques avec les Serbes, des liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors elle n’avait rien fait de plus que se plaindre. »

Comme on sait, tout s’est ensuite déroulé un peu différemment. Vraisemblablement aussi parce que Hillary Clinton n’était plus la ministre des Affaires étrangère des États-Unis pendant le second mandat d’Obama et qu’elle se préparait, avec son équipe de néocons et de fauteurs de guerre, à sa propre campagne présidentielle de 2016. Obama a reculé plusieurs fois devant une participation directe des États-Unis à la guerre en Syrie.

À la demande d’Assad, la Russie s’est activement engagée en septembre 2015 contre les terroristes islamistes avec des frappes aériennes et a mis fin à l’interminable effusion de sang du peuple syrien, à quelques exceptions près. Mais dans la propagande, la Russie était désormais l’agresseur, comme si c’était Poutine qui avait été à l’origine des nombreux morts en Syrie pour des raisons stratégiques et non les États-Unis.

Revenons maintenant à la demande de l’OTAN de transformer graduellement notre économie en une économie de guerre. Avec la stigmatisation en tant qu’agresseur qui a attaqué d’autres pays comme l’Ukraine et la Syrie, en violation du droit international, il y a l’avertissement injustifiable que l’ours russe pourrait aussi intervenir militairement contre d’autres pays, et en premier lieu contre les États baltes. Alors la peur a été attisée et rapidement, l’appel à s’armer a retenti. La Russie ne comprend que le langage de la force, il faut la retenir, montrer sa force.

Aucun épouvantail, aucune comparaison avec des événements historiques catastrophiques n’a été et n’est suffisant pour retenir les applaudissements de l’industrie de l’armement et des faucons. On a cité à maintes reprises la politique d’apaisement du Premier ministre britannique Neville Chamberlain à l’égard d’Hitler en 1938. Si Chamberlain avait alors remis énergiquement Hitler à sa place, soutient-on encore et encore, la Seconde Guerre mondiale n’aurait jamais eu lieu.

La stupide comparaison de Poutine avec Hitler est censée faire peur aux gens. Ils doivent se préparer à la grande confrontation avec le Mal éternel. Comme dans toute économie de guerre, ils doivent mettre de côté leurs besoins personnels au profit du grand effort nécessaire pour écraser l’ennemi décrit comme hyper-puissant.

Adieu les nouvelles places en crèche, adieu les écoles toute la journée, la prise en charge des enfants et des jeunes, adieu les systèmes de retraite équitables, la dignité dans la vieillesse, les investissements dans le système de santé et les soins. Dorénavant, chaque euro sera utilisé pour la formation à la défense. Chaque pays doit consacrer 2% du produit intérieur brut, chaque année, pour son armement. À cela s’ajoutent maintenant les coûts énormes pour élargir les routes sur lesquelles les blindés pourront rouler vers l’Est, pour renforcer des ponts qui devront supporter les énormes colosses de métal. Sans aucun égard pour l’environnement, les autoroutes devront pouvoir être utilisées en cas de guerre comme pistes d’atterrissage et de décollage pour les bombardiers meurtriers. Les lignes de chemin de fer doivent être modernisées, non pas pour se rendre mieux, plus vite et plus ponctuellement de A à B, mais pour qu’on puisse les employer, en cas de besoin, pour la victoire.

Mais chers concitoyens, soyez confiants et donnez volontiers pour les chars, les fusées et les bombardiers. Pour le moment, ils ne veulent que votre argent. Mais tôt ou tard, ils viendront et ils vous demanderont vos enfants et vos petits-enfants.

Wolfgang Jungmann

Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par Cat pour le Saker francophone

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(VIDEO) Une enfance sous les bombes.

20 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #le nazisme

(VIDEO) Une enfance sous les bombes.

(VIDEO) Une enfance sous les bombes.
20 décembre
 

Le bénévole Andreï Lyssenko, qui travaille dans l'humanitaire à Donetsk, a filmé les enfants du village de Troudovski, situé sur la périphérie ouest de Donetsk en train de rentrer de l'école sous les bombardements ukrainiens. Regardez ! Est-ce comme ça que l'enfance doit être ? 

 
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RT, la chaîne du Kremlin, débarque en France

20 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Les média

RT, la chaîne du Kremlin, débarque en France

Pour la présidente de RT France (ex-Russia Today), Xenia Fedorova, il s’agira d’une vraie chaîne francophone non politique et pas de la voix de la Russie. Mais à Paris, l’Elysée ouvre l’œil et le Conseil supérieur de l’audiovisuel surveille de près l’initiative. La chaîne s'intéresse également à la Suisse

Ce sera «avant Noël», assure Xenia Fedorova, la présidente et directrice de l’information de RT France (ex-Russia Today), la chaîne de télévision francophone qui doit commencer d’émettre depuis Paris avant la fin de l’année. Quelques réglages techniques sont encore nécessaires pour que RT France soit disponible sur Internet et directement sur l’écran de télévision des abonnés de l’opérateur Free. Des discussions sont encore en cours avec les autres opérateurs (Orange, SFR, Bouygues) et les promoteurs de RT espèrent un accord dans les premiers mois de 2018.

Lundi, la chaîne a diffusé une bande-annonce d’une minute où l’on voit tous ses animateurs vedettes dans différents pays tenter de dire quelque mots en français, puis la journaliste Stéphanie de Muru, qui a présenté pendant douze ans des journaux sur BFMTV, leader des chaînes d’info en France, annoncer le lancement prochain de RT France avec ce slogan: «Nous poserons les questions que personne n’ose poser.»

RT, qui va parler en français après l’anglais, l’espagnol et l’arabe et peut toucher (chiffres internes) 700 millions de personnes dans 100 pays, sent le soufre à Paris. Xenia Fedorova le sait mieux que quiconque et ne manque jamais de dénoncer le «RT bashing» qu’elle n’aurait «pas cru possible au pays de Voltaire»: le 29 mai 2017, elle s’est vue reprocher par Emmanuel Macron et devant Vladimir Poutine, excusez du peu, de faire du journalisme de «propagande».

«Organes de propagande mensongère», selon Macron

Lors d’une conférence de presse commune des présidents français et russe, dans le cadre idyllique du château de Versailles, Xenia Fedorova s’était indignée que son média n’ait pu couvrir normalement la campagne du candidat Macron. Le président Macron, sèchement, l’avait renvoyée dans les cordes: «La totalité des journalistes étrangers, y compris russes, ont eu accès à ma campagne», avait-il répondu, ajoutant avec son œil bleu acier le plus dur: «A cela, je ne céderai rien. Russia Today et Sputnik ne se sont pas comportées comme des organes de presse et des journalistes, mais comme des organes d’influence et de propagande mensongère, ni plus, ni moins.» Il faisait référence aux soupçons sur sa prétendue homosexualité qu'auraient relayés les deux canaux d’information – ce dont RT France se défend.

Fermez le ban. Depuis, la situation ne s’est pas améliorée. Les journalistes de RT France sont toujours interdits d’Elysée. Une seule exception: lors de la visite de Donald Trump à Paris, le 14 Juillet, ils ont eu droit à une accréditation, mais ce fut un bonheur sans lendemain. Pourtant, Xenia Fedorova n’en démord pas et met au défi le président français de trouver un seul exemple de désinformation ou de «fake news» sur son site internet, pendant et après la campagne électorale. Elle-même assure avoir «tout checké» et en être ressortie bredouille…

Un bail de neuf ans

RT France s’est installée dans 1800 mètres carrés de bureaux dans les immeubles Arcs de Seine de Boulogne-Billancourt, dans la proche banlieue de Paris. Signe d’optimisme, le bail a été signé pour neuf ans. TF1 est à deux pas, Canal +, la BBC, Hewlett Packard et Huawei guère plus loin. Deux studios sont en cours d’aménagement: un studio «news» de 100 mètres carrés et un plus petit pour les débats et talk-shows. La chaîne diffusera 24 heures sur 24, produira plus de 10 heures de direct par jour, avec un journal par heure et une alternance de 30 minutes de news avec huit présentateurs, et de 30 minutes de documentaires et de débats.

Parmi ces présentateurs, il y aura des journalistes expérimentés mais pas de vedettes de l’audiovisuel. La plupart des 50 journalistes (sur un total de 150 personnes) seront surtout des jeunes très motivés, heureux de tenter l’aventure. Officiellement, des grands noms ne sont pas venus car il fallait signer un contrat dans l’urgence. S’il y a bien eu des «conversations» avec l’essayiste Natacha Polony, de tendance souverainiste, il n’a jamais été question de la recruter, assure Xenia Fedorova.

Pour l’instant, seul le débat régulier prévu entre l’économiste souverainiste Jacques Sapir et le journaliste libéral Jean-Marc Sylvestre met des noms connus sur l’affiche. Jacques Sapir en est ravi: «Cette chaîne, confie-t-il, va apporter une dose de pluralisme dans le paysage audiovisuel, c’est pour cela que je l’ai soutenue dès le premier jour. Cela donnera aux téléspectateurs l’occasion d’entendre un autre point de vue que l’hystérie anti-russe ambiante, qui parfois confine au racisme.»

«Dire du mal de la Russie, c’est tendance»

Xenia Fedorova ne dit pas autre chose: «Dire du mal de la Russie, c’est tendance en France.» Dans un premier temps, le budget de 22 millions sera bouclé par l’Etat russe. Puis RT France espère faire rentrer des recettes publicitaires. Le tout sous une étroite surveillance du Conseil supérieur de l’audiovisuel: «Nous avons inscrit dans la convention de RT des stipulations particulières sur l’honnêteté de l’information», avait indiqué au Monde Olivier Schrameck, le président du CSA. Réponse de Xenia Fedorova: «Il n’y aura qu’à regarder la chaîne pour comprendre qu’il n’y a pas de problème.»

A entendre Xenia Fedorova, cette jeune femme de 36 ans qui manie remarquablement et en anglais la langue de bois, on va voir ce qu’on va voir en se postant devant RT France, qui présentera une ligne éditoriale différente de celle des «chaînes mainstream» que sont BFMTV, LCI ou CNews.

«Faire entendre d’autres voix»

«Le contenu sera distinct des médias classiques, explique-t-elle, car RT défend une perspective différente. Nous couvrirons les mêmes types de sujets mais nous ferons en sorte de rendre visibles toutes les opinions, toutes les voix, et pas une seule.» Elle veut par exemple que la parole des experts soit accompagnée de témoignages de ces fameux «gens normaux», qui font déjà les programmes de toutes les chaînes. Un exemple? «Sur une visite d’Emmanuel Macron en Afrique, nous apporterions des opinions différentes, des experts expliquant la situation, ce qui se passe réellement, pourquoi il y a telle ou telle réaction, ce qu’on en pense en Afrique également. La différence sera évidente: RT sera la chaîne qui fait entendre les voix qui sont laissées de côté par les médias classiques.»

On accuse sa chaîne d’être la voix de la Russie? «Nous allons faire une chaîne française, pas une chaîne russe, répond-elle sans se démonter. Les journalistes sont pour la plupart Français ou francophones. Mais nous serons une chaîne française avec une perspective différente, sans arrière-pensée politique, en particulier sur les sujets de politique intérieure.»

«Une perspective différente»

Elle ajoute toutefois: «Sur les sujets internationaux, nous permettrons à une opinion divergente de s’exprimer. Bien sûr, pour les sujets liés à la Russie, comme la Syrie, vous aurez la possibilité de comprendre pourquoi la Russie est impliquée. Cela ne veut pas dire que nous ne parlerons que de la Russie. RT apportera une perspective différente. Nous ne sommes pas tenus de respecter la même ligne éditoriale que tout le monde.»

Lire aussi: «Désinformation, l’offensive russe»

Xenia Fedorova renvoie l’ascenseur aux critiques: «Très souvent, sur les chaînes mainstream, on a pu voir que des sujets internationaux très importants étaient couverts d’une façon très biaisée, univoque.» Sur RT, promet-elle, «nous respecterons l’éthique journalistique» et il y aura même du «fact checking».

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La Crimée à l'ONU: ligne de clivage géopolitique.

20 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

20 décembre
19:10

Après les déclarations des Etats-Unis ne reconnaissant pas le rattachement de la Crimée à la Russie, l'on ne peut pas être surpris du vote de l'Assemblée générale de l'ONU, où 70 Etats du bloc américain décident de condamner la volonté des habitants de Crimée. Il est vrai que cela tombe particulièrement à point alors que le crime d'agression est réactivé auprès de la Cour pénale internationale, dont la Russie n'a heureusement - et tout comme les Etats-Unis - pas ratifié les statuts.

Le 19 décembre, sur proposition notamment de l'Ukraine, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution sur la violation des droits en Crimée et condamnant l'acte du rattachement à la Russie. Celle-ci s'inscrit dans la suite du rapport présenté par le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme en septembre dernier, dans lequel on trouve le terme "d'occupation" et dont la paternité des violations de droits n'est pas toujours très claire, mais la Russie en est rendue exclusivement responsable.

Le vote de cette résolution hautement politique montre le clivage de la société internationale. D'une part, le bloc atlantiste qui a voté pour (70 voix) et constitué autour des Etats-Unis, avec les pays de l'UE, ainsi que la Géorgie, Israël, la Nouvelle Zélande ou encore le Japon par exemple. 26 pays se sont prononcés contre: la Russie, la Chine, l'Inde, des pays comme la Bolivie, le Zimbabwe, le Soudan, le Vénézuéla  et des pays de l'espace postsoviétique. Un troisième bloc de 76 pays s'est abstenu, essentiellement de l'Amérique latine (où l'influence des Etats Unis est forte, mais qui restent proches de la Russie), d'Afrique et du Moyen Orient.

Pour leur part, les députés de Crimée invitent leurs collègues étrangers à venir sur place discuter avec la population et se faire une idée par eux-même de ces "violations systématiques" des droits de l'homme. Il serait intéressant de savoir combien ont pris le risque de confronter leurs préjugés à la réalité ...

L'on retrouve ainsi autour du clivage de la Crimée la carte géopolitique contemporaine. D'une part les tenants d'un monde unipolaire atlantiste, protégeant les intérêts américains. Ceux-ci conduisant ici à refuser la reconnaissance du droit à l'autodétermination des habitants de Crimée malgré l'effondrement de l'Etat ukrainien lors du Maïdan, car cela reviendrait à reconnaître l'échec de cette soi-disant révolution, dont le but était simplement de retirer l'Ukraine de la zone d'influence russe et de créer une arme pour tenir la Russie revenant sur la scène internationale. Sans oublier la question énergétique, très importante. D'autre part, l'on trouve les Etats qui ont voté contre, sont engagés dans un combat par forcément contre la globalisation en tant que telle, la Russie, la Chine et l'Inde sont totalement intégrées dans ces processus globaux, mais contre la domination exclusive américaine. Dans quelle mesure il est possible de distinguer l'atlantisme du globalisme, c'est une autre question. Le troisième groupe de pays représente ceux qui n'ont pas de prétentions géopolitiques et tentent de se faire une place entre ces deux pôles.

D'une manière stratégique, l'adoption de cette résolution doit être replacée dans le cadre de l'élargissement des fondements pour la saisine de la Cour pénale internationale au crime d'agression, qui a été adopté non sans difficultés il y a quelques jours:

"Nous avons activé par consensus le crime d'agression", ont indiqué deux diplomates. Créée en 1998 par un traité signé à Rome et entré en vigueur en 2002, la CPI ne jugeait jusqu'à présent que les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre. Ce quatrième chef d'inculpation revient à reconnaître l'attaque de la souveraineté d'un pays par un autre et désigner des coupables présumés parmi ses dirigeants.

"Le sujet est sensible", avait souligné un spécialiste du dossier sous couvert d'anonymat au début de l'assemblée. Il trouve un écho dans de nombreux pays, en Russie (Georgie, Crimée), en Libye (guerre franco-britannico-américaine contre Kadhafi), en République démocratique du Congo (interférences rwandaise, ougandaise) ou en Syrie où plusieurs acteurs internationaux sont en guerre depuis 2011.

Parmi les exemples cités, celui qui reste le plus d'actualité, en dehors de la Syrie, est bien évidemment la Russie, puisqu'elle est dès lors explicitement qualifiée de pays agresseur. Le fait qu'elle ne reconnaisse pas la juridiction de la CPI ne va pas empêcher qu'une pression importante ne soit exercée contre elle sur ce plan par le bloc atlantiste. 

Karine Bechet-Golovko

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La Russie doit accepter le conflit avec les Etats-Unis pour en sortir

13 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

mercredi 13 décembre 2017

La Russie doit accepter le conflit avec les Etats-Unis pour en sortir
 
 
 
Les Etats-Unis renforcent le combat contre la Russie dans cette période pré-électorale. L'opération est clairement lancée et ce sur deux fronts: d'une part sur la société, afin de discréditer le fondement patriotique du pouvoir qui est aussi l'axe de l'électorat de V. Poutine, d'autre part en faisant pression sur l'entourage oligarchique du Président. Des JO aux sanctions financières, la mécanique s'emballe sans rencontrer à ce jour trop de résistance.
 

 
Les élections présidentielles russes approchent et la nouvelle candidature de V. Poutine n'est, pour le moins, pas favorablement perçue en Occident. Si les mesures frontales visant à l'isolement de la Russie n'ont pas fonctionné, si les sanctions ont permis de relancer l'économie intérieure et la russophobie de resserrer le peuple autour du président sur le mode patriotique de la "Patrie en danger", il semblerait que les Etats-Unis aient tiré les leçons de leurs échecs et changent de mode d'action.
 
Discréditer le fondement patriotique et donc la raison du vote Poutine
 
La base électorale de V. Poutine n'est pas composée de ceux qui ont assisté à la première de Nureev, eux voteront plutôt Sobtchak ou Iavlinsky; ni des business men en manque de dérégulation, qui voteront Titov. Son électorat est principalement composé de la masse populaire, celle qui a besoin d'un Etat pour relancer l'économie réelle et non les bitcoins, celle qui a besoin d'un Etat qui assure la médecine et l'enseignement car c'est une société qui fait des enfants et a des grands-parents, non pas un groupe d'individus déracinés, "nombrilisés", bref cosmopolites. 
 
Cette base électorale a été confortée dans son choix par différentes mesures permettant de relancer le pays et surtout par l'apogée atteint avec le rattachement de la Crimée, où toute une population s'est regroupée autour d'un drapeau. Avec l'intervention en Syrie, où au nom du drapeau, les soldats défendent le pays contre l'expansion du terrorisme. Et ce drapeau n'est pas neutre, il est tricolore.
 
La facilité désarmante avec laquelle l'élite politique et sportive a craché sur le drapeau (voir notre texte ici) en acceptant sans aucune condition ni résistance de participer de manière "neutre" aux JO a déstabilisé ceux qui pensaient qu'à la différence de l'ère Eltsine les symboles de l'Etat avaient une valeur. Comme on a pu le lire ici ou là, les sportifs doivent se montrer, faire des performances, car les JO sont avant tout un "business" et les athlètes en ont besoin aussi pour signer des contrats - cela n'a donc rien à voir avec le pays, le drapeau sera bien présent mais bien proprement plié au fond de soi. Cette démonstration d'hypocrisie retransmise sur toutes les ondes hier soir montre à quel point ce petit monde est totalement décalé des réalités du pays, ne pense même pas que cela puisse exaspérer. Il espère au contraire rassurer les gens avec une sorte de patriotisme condescendant bon marché. Les sportifs et leurs fédérations veulent participer? Qu'ils y aillent, il n'est pas nécessaire d'en faire un évènement national, ils n'y représentent qu'eux de toute manière. 
 
Cette hypocrisie si facilement et naturellement amenée a creusé un fossé dangereux avec le "bon peuple", que l'on fait vivre sur la base de l'idée patriotique. Or, un patriotisme sans Etat et sans drapeau s'effondre. Soit il est pour tout le monde, soit il n'est pas.
 
Ce facteur de déstabilisation arrive à point nommé avant les présidentielles russes de ce printemps. Comment réagira l'électorat face à la discréditation de l'idée qu'il croyait incarnée par son candidat? La légitimité du système de gouvernance du président Poutine repose sur une seule chose, et il ne s'agit pas du poids des oligarques, mais sur le réel soutien populaire. C'est bien d'ailleurs pour cela que sa candidature a été annoncée en deux temps: devant les jeunes et dans une usine. Devant le peuple, moderne et traditionnel, mais le peuple.
 
La décision du Comité olympique russe, les déclarations de Joukov sur le soutien qui sera apporté à tous les sportifs, le retournement du discours de V. Poutine passant en deux semaines du caractère inacceptable de participer sans drapeau à la confirmation de la décision niant l'intérêt du pays, le retournement des chaînes nationales se préparant à montrer finalement les JO, tout cela ouvre une brèche dans laquelle s'engouffre toute une population médusée par tant de légèreté et d'inconsistance. Provoquer le doute sur la véracité du fondement du vote, c'est déstabiliser la base électorale, beaucoup plus sûrement qu'en finançant une opposition caricaturale. Car c'est l'élite elle-même qui scie la branche sur laquelle elle est assise.
 
 
Pression sur l'entourage oligarchique
 
Le second moyen d'action pré-électoral est de toucher "le rempart" du pouvoir, à savoir le cercle oligarchique. Cette action est rendue possible par l'interpénétration issue de la chute de l'Union soviétique entre les milieux d'affaires et les milieux politiques.
 
La liste des nouvelles sanctions, beaucoup plus violentes et ciblées contre l'entourage du Président doit être prête pour février. En attendant les noms ne sont pas connus, ce qui permet le chantage, mais les moyens d'action promettent d'être très lourds. Comme on peut le lire dans la presse anglo-saxonne:
The next deadline is February 2, when the Treasury Department is supposed to release a list of Russian officials and Kremlin-connected business leaders to be targeted for restrictions. That could include limitations on financial transactions with banks, real estate brokerages, and other institutions.
Speaking to a panel of the Senate Foreign Relations Committee, Mitchell said the Trump administration was committed to meeting that deadline.
The new legislation, called Countering America's Adversaries Through Sanctions Act, also includes measures that could impact energy companies doing deals in Europe, or, for example, with commercial ties to the Russian undersea pipeline project known as Nordstream 2.
Faut-il trouver ici l'une des raisons du virage politique incroyable que la Russie vient de prendre sous nos yeux? Faut-il y voir une des raisons des difficultés que le pays connaît à trouver des réponses réellement adaptées? Espérons que non, car tout ce mouvement ne s'arrêtera pas là, surtout si la Russie continue non seulement à refuser le combat, mais à le nier.
 
Un combat à mort qu'il faut accepter
 
L'agressivité des Etats-Unis contre la Russie ne s'arrêtera évidemment pas avec les JO (personne ne promet de rétablir le Comité olympique russe juste après), pas plus qu'avec le règlement de la situation en Syrie ou dans le Donbass.
 
La position de Tillerson est ici très significative. Il y a une semaine, Tillerson déclare, presque simplement, que les Etats-Unis n'accepteront jamais "l'annexion" de la Crimée:
“We will never accept Russia’s occupation and attempted annexation of Crimea,” Secretary of State Rex W. Tillerson vowed in his opening remarks at the Organization for Security and Co-operation in Europe. 
Mais hier devant l'Atlantic Council, il va beaucoup plus loin. Tout d'abord, il réduit la participation de la Russie en Syrie au soutien à Assad, disant qu'ici, soit, la Russie a choisi un camp, mais qu'en Ukraine, elle s'est approprié une partie de territoire. Les sanctions contre la Russie devront donc être maintenues jusqu'à ce que l'intégralité territoriale ukrainienne soit restaurée.
 
 
 
Maintenant, Tillerson ne parle pas uniquement des Accords de Minsk, qu'il déclare mécaniquement devoir appliquer, de la mission de paix de l'ONU occupant tout le Donbass que la Russie doit accepter, mais ... aussi de l'obligation pour la Russie de se séparer de la Crimée, comme on peut le lire sur le sténogramme de son discours:
We will return to the issue of Crimea. I know that President Putin’s made it clear that that’s not on the table for discussion. It will be at some point. But today, we want to stop the violence in east Ukraine and let’s see if we can solve that one.
Ainsi, les cartes sont abattues: la question du Donbass et de la mission de paix de l'ONU n'est qu'un prélude au véritable but de cette opération, à savoir obliger la Russie à se débarrasser de la Crimée, ultime renoncement annonçant la fin non seulement de l'incarnation de l'idée patriotique, mais aussi du pays qui, dans sa forme actuelle, ne pourrait y survivre. Tout en le sachant pertinemment, Tillerson déclare que, certes, Poutine n'est pas prêt à en parler .... mais ce moment viendra
 
Etrange formulation. Pourquoi "ce moment viendra"? Le danger présenté par cette option ne s'amenuisera pas avec le temps et Tillerson le sait parfaitement. Ce qui peut changer, ce n'est pas l'opinion présidentielle, c'est la situation générale du pays, ce discrédit du patriotisme et donc de l'idée nationale qui permet d'affaiblir l'Etat. Il peut s'agir de l'intérêt non pas cette fois de quelques sportifs et de leur droit incompressible à conclure des contrats publicitaires, mais de l'intérêt encore plus poignant du grand business, intérêt présenté comme confondu avec celui de l'Etat, intérêt qui ici - comme ailleurs - diverge pourtant.
 
Pour sortir de cette impasse qui conduit le pays sur une pente extrêmement glissante, d'autant plus en période pré-électorale, la Russie doit cesser sa politique d'évitement, ramasser le gant qui lui a été lancé - et relancé quelques fois déjà - et finalement accepter le combat. Mais pour cela, le président Poutine, qui se présente toujours comme le président de "tous les Russes", doit devenir un acteur politique, faire le choix d'être le président de sa base électorale, justement dans l'intérêt du pays. Car il n'est pas toujours possible, principalement en situation de conflit, de réunir les extrêmes.
 
 
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Syrie – L’EI est vaincu et ce sera bientôt le tour des États-Unis

12 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie – L’EI est vaincu et ce sera bientôt le tour
des États-Unis
 

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Syrie – L’EI est vaincu et ce sera bientôt le tour des États-Unis

L’Etat islamique en Syrie et en Irak est officiellement vaincu. La résolution des Nations Unies qui a permis à d’autres pays de combattre l’EI en Syrie et en Irak est devenue caduque. Mais l’armée américaine veut, en dehors de toute base légale, poursuivre son occupation du nord-est de la Syrie. Elle n’y arrivera pas. Ses alliés kurdes de la région l’abandonnent déjà et préfèrent maintenant la protection russe. Des forces de guérilla pour combattre la « présence » américaine sont en formation. Le plan américain est à courte vue et stupide. Si les États-Unis s’entêtent à rester là, beaucoup de leurs soldats mourront.

Il y a deux jours, l’armée arabe syrienne a colmaté les dernières brèches sur la rive ouest de l’Euphrate. Après avoir combattu tout le long de la rivière depuis Alep vers l’est, la Force du Tigre a atteint Deir Ezzor qui avait déjà été libéré. Toutes les villes et villages qu’ils ont rencontrés en cours de route sont maintenant contrôlés par le gouvernement syrien. Les combattants islamiques restants ont été repoussés dans le désert où ils seront chassés et tués.

Il y a deux jours, le président russe Vladimir Poutine a annoncé une « victoire complète » en Syrie :

« Il y a deux heures, le ministre (russe) de la défense m’a rapporté que les opérations sur les rives est et ouest de l’Euphrate se sont achevées par la déroute totale des terroristes », a déclaré Poutine.

«  Naturellement, il pourrait encore y avoir des poches de résistance, mais dans l’ensemble, les opérations militaires à ce stade et sur ce territoire se sont terminées, je le répète, par la déroute totale des terroristes », a-t-il dit.

Aujourd’hui, le Premier ministre irakien Haider Abadi a annoncé la victoire et la « fin de la guerre » contre l’EI du côté irakien :

«  Nos forces ont repris le contrôle total de la frontière irakienne et syrienne et j’annonce donc la fin de la guerre contre Daesh (EI), » a déclaré Abadi lors d’une conférence à Bagdad.

Au nord de l’Euphrate, les Forces démocratiques syriennes (FDS), les forces par procuration américaines, avaient récemment négocié un autre accord (42) avec les combattants islamiques restants. L’EI aurait donné le contrôle d’un poste frontière avec l’Iraq aux FDS et, en échange, aurait obtenu le droit de circuler librement dans les zones contrôlées par les FDS. Cet accord a fait suite à un accord antérieur aux termes duquel les États-Unis et le SDF avaient permis à 3 500 combattants de l’EI de fuir Raqqa pour aller combattre l’armée syrienne à Deir Ezzor. C’était une tentative des États-Unis pour retarder ou empêcher la victoire de la Syrie et de ses alliés. Elle a échoué.

Peu de temps après le nouveau cessez-le-feu proclamé entre les forces par procurations américaines des FDS et l’EI, des officiers russes ont rencontré des responsables des Unités de protection du peuple kurde (YPG), la force principale des FDS. Ces entretiens ont complètement changé la situation. Lors d’une conférence de presse commune, les Kurdes et les Russes se sont engagés à unir leurs efforts pour combattre l’EI à l’est de l’Euphrate. Il semble que les YPG ne soient plus convaincus que les États-Unis veuillent le combattre. Les Russes ont pris le commandement et les forces aériennes russes soutiennent depuis les YPG dans leur lutte contre l’EI dans le gouvernorat de Deir Ezzor sur la rive est du fleuve :

 

 

«  Un état-major opérationnel conjoint a été créé dans la ville d’Es-Salhiya pour assurer le contrôle direct et organiser la coopération avec les milices populaires. Outre les conseillers russes, des représentants des tribus orientales de l’Euphrate y participent », a déclaré Poplavskiy, en ajoutant que dans les « prochains jours », tout le territoire à l’est de l’Euphrate  serait libéré des terroristes.

Selon Mahmoud Nuri, un représentant des YPG kurdes, la milice « s’est battue très efficacement contre l’EI sous le commandement russe » et les forces kurdes se sont également déclarées prêtes à assurer la sécurité des spécialistes militaires russes opérant sur la rive orientale de l’Euphrate.

Les États-Unis s’inquiètent vivement du fait que les Russes appuient soudain les forces américaines par procuration dans le nord-est de la Syrie. Les États-Unis veulent s’approprier la région. (Ils veulent probablement aussi protéger ce qui reste de l’EI pour le réutiliser au besoin. Les États-Unis prétendent que le soutien aérien russe aux Kurdes viole «  l’espace aérien de la coalition ».

Les États-Unis qui n’ont jamais été invités en Syrie, prétendent maintenant y détenir un espace aérien ? Les Russes, alliés au gouvernement syrien, ont été invités dans le ciel syrien. Tout le monde sait parfaitement bien qui a le droit de se trouver dans la région et qui ne l’a pas. Mais l’armée américaine a horreur de regarder en face ses propres abus autant que de se mesurer à un adversaire qui connait la musique :

Une fois, deux avions d’attaque A-10 de l’armée de l’air volant à l’est de la rivière Euphrate ont failli heurter de front un Su-24 Fencer russe se trouvant à seulement 300 pieds de distance – une distance infinitésimale quand on pense que tous les avions volent à plus de 350 milles à l’heure. Les A-10 firent une embardée pour éviter l’avion russe, qui aurait dû se trouver à l’ouest de l’Euphrate.

Depuis que les commandants américains et russes se sont mis d’accord le mois dernier pour voler sur des rives opposées d’un tronçon de 45 milles de l’Euphrate afin de prévenir les accidents dans le ciel de plus en plus encombré de l’est de la Syrie, les avions de guerre russes ont violé cet accord une demi-douzaine de fois par jour, selon les commandants américains. Selon eux, Moscou veut tester la détermination américaine, pousser les pilotes de l’armée de l’air à réagir imprudemment, et aider l’armée syrienne à consolider les acquis territoriaux avant les pourparlers diplomatiques pour mettre fin à la guerre de près de sept ans du pays.

L’EI a disparu. Rien ne justifie la création d’un « espace aérien de la coalition ». Où se trouve l’« accord » qui permet aux États-Unis d’occuper indéfiniment le nord-est de la Syrie, comme il affirme maintenant officiellement vouloir le faire ?

Le Pentagone prévoit de maintenir indéfiniment des forces américaines en Syrie, même après la fin officielle de la guerre contre le groupe extrémiste islamiste, pour participer à ce qu’il appelle des opérations antiterroristes, ont déclaré des officiels.

Il y a environ 2 000 soldats américains en Syrie et un nombre indéterminé de personnel privé en soutien. Le mois dernier, l’armée américaine a retiré 400 marines de Syrie où les forces américaines sont entrées pour la première fois à l’automne 2016.

Plus tôt dans la semaine, des officiels ont dévoilé les plans d’un engagement à durée indéterminée, connu sous le nom de présence « conditionnelle ».

Le Pentagone a déclaré que ses forces armées cibleraient des parties de la Syrie qui ne sont pas entièrement gouvernées par le régime ni les forces rebelles. L’armée affirme qu’elle a le droit de rester là.

L’armée américaine se fait beaucoup de films sur la « légalité » et les « accords ». Nous avons déjà dit que sa « présence » en Syrie est manifestement illégale. La feuille de vigne fournie par la résolution 2249 des Nations Unies pour combattre l’EI est en poussière. Poutine a suffisamment insisté sur la « déroute totale des terroristes » et la victoire « complète » pour qu’il n’y ait pas de doute là-dessus. Il n’y a absolument aucune raison pour que les États-Unis restent là. D’ailleurs ils n’y arriveront pas.

Le commandant des forces paramilitaires qui soutiennent le gouvernement syrien et irakien a envoyé une note aux États-Unis pour leur faire savoir que les forces américaines restantes en Syrie seront combattues :

Le commandant du corps des Gardiens de la révolution iranienne, le général de brigade Haj Qassem Soleimani, a envoyé un message verbal, via la Russie, au chef du commandant des forces américaines en Syrie, lui conseillant de retirer toutes les forces américaines jusqu’au dernier soldat « sinon les portes de l’enfer s’ouvriront  ».

«  Voilà mon message au commandement militaire américain : lorsque la bataille contre l’EI (le groupe Etat islamique) prendra fin, aucun soldat américain ne sera plus toléré en Syrie. Je vous conseille de partir de vous-mêmes sinon vous y serez contraints par la force », a dit Soleimani à un officier russe. Soleimani a demandé au responsable russe de bien préciser les intentions iraniennes concernant les Etats-Unis : à savoir qu’ils seront considérés comme des forces d’occupation s’ils décidaient de rester dans le nord-est de la Syrie où Kurdes et tribus arabes vivent ensemble.

En 1983, les casernes militaires américaines et françaises de Beyrouth ont sauté après que leurs forces sont intervenues pour soutenir un des camps de la guerre civile libanaise. Plusieurs centaines de soldats sont morts. Après l’attaque, les États-Unis se sont retirés du Liban. Les soldats américains qui restent dans le nord-est de la Syrie peuvent maintenant s’attendre à subir le même sort.

Les États-Unis affirment qu’ils ont 2 000 soldats au nord-est de la Syrie. Ils avaient auparavant prétendu en avoir 500. Ce nouveau nombre a été annoncé après le rapatriement de 400 marines et il est encore bien inférieur à la réalité :

Le chiffre mis à jour ne tient pas compte des effectifs des missions classifiées ni de certains membres du personnel des opérations spéciales, a indiqué M. Pahon.

Pendant des mois, les États-Unis ont prétendu n’avoir que 500 soldats dans la région. Ils ne faisaient même pas mention du personnel privé qui suit leurs troupes partout. Le nombre réel des Américains en Syrie devait être dix fois plus élevé que le nombre officiel. Le nouveau nombre officiel est « 2000 et quelque ». Le nouveau nombre réel est probablement supérieur à 3 500, plus plusieurs milliers de personnel privé. Cette révélation confirme une fois de plus que l’armée américaine ment tout le temps.

Les « 2 000 et quelque » qui restent maintenant auront besoin de dizaines de tonnes d’approvisionnements chaque jour et les États-Unis n’ont pas de ligne d’approvisionnement sécurisée vers le nord-est de la Syrie. C’est de l’arrogance et de la sottise que de vouloir maintenir les troupes sur place. Quelques guérilleros pourront facilement empêcher les livraisons. Tous les camps que ces troupes occuperont seront la cible d’attaques extérieures et intérieures.

Les Kurdes des YPG sont déjà en train de sortir de leur coalition avec les États-Unis… Ils se lient maintenant d’amitié avec les Russes qui leur fournissent un soutien aérien là où les États-Unis veulent maintenir l’EI en vie. Combien de temps encore les soldats américains qui se trouvent dans les zones contrôlées par les YPG pourront-ils faire confiance à leurs « alliés » ?

Le Pentagone dit que la présence en Syrie est « conditionnelle », mais il ne dit pas à quelles conditions il y mettrait fin. Le général Soleimani semble croire que si quelques centaines de sacs mortuaires étaient débarqués sur la base d’Andrews près de Washington, cela pourrait constituer une condition suffisante pour que les Américains s’en aillent.

La situation dans les autres parties de la Syrie n’a pratiquement pas changé. Les différents groupes Takifiri d’Idelb continuent à se massacrer les uns les autres. Les forces syriennes retarderont probablement les attaques qu’ils ont planifiées dans la région tant que leurs ennemis se dévoreront mutuellement. Mais dans un an, Idelb et le nord-est de la Syrie seront probablement de nouveau aux mains du gouvernement syrien.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

source:http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9301

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Syrie – L’EI est vaincu et ce sera bientôt le tour des États-Unis

L’Etat islamique en Syrie et en Irak est officiellement vaincu. La résolution des Nations Unies qui a permis à d’autres pays de combattre l’EI en Syrie et en Irak est devenue caduque. Mais l’armée américaine veut, en dehors de toute base légale, poursuivre son occupation du nord-est de la Syrie. Elle n’y arrivera pas. Ses alliés kurdes de la région l’abandonnent déjà et préfèrent maintenant la protection russe. Des forces de guérilla pour combattre la « présence » américaine sont en formation. Le plan américain est à courte vue et stupide. Si les États-Unis s’entêtent à rester là, beaucoup de leurs soldats mourront.

Il y a deux jours, l’armée arabe syrienne a colmaté les dernières brèches sur la rive ouest de l’Euphrate. Après avoir combattu tout le long de la rivière depuis Alep vers l’est, la Force du Tigre a atteint Deir Ezzor qui avait déjà été libéré. Toutes les villes et villages qu’ils ont rencontrés en cours de route sont maintenant contrôlés par le gouvernement syrien. Les combattants islamiques restants ont été repoussés dans le désert où ils seront chassés et tués.

Il y a deux jours, le président russe Vladimir Poutine a annoncé une « victoire complète » en Syrie :

« Il y a deux heures, le ministre (russe) de la défense m’a rapporté que les opérations sur les rives est et ouest de l’Euphrate se sont achevées par la déroute totale des terroristes », a déclaré Poutine.

«  Naturellement, il pourrait encore y avoir des poches de résistance, mais dans l’ensemble, les opérations militaires à ce stade et sur ce territoire se sont terminées, je le répète, par la déroute totale des terroristes », a-t-il dit.

Aujourd’hui, le Premier ministre irakien Haider Abadi a annoncé la victoire et la « fin de la guerre » contre l’EI du côté irakien :

«  Nos forces ont repris le contrôle total de la frontière irakienne et syrienne et j’annonce donc la fin de la guerre contre Daesh (EI), » a déclaré Abadi lors d’une conférence à Bagdad.

Au nord de l’Euphrate, les Forces démocratiques syriennes (FDS), les forces par procuration américaines, avaient récemment négocié un autre accord (42) avec les combattants islamiques restants. L’EI aurait donné le contrôle d’un poste frontière avec l’Iraq aux FDS et, en échange, aurait obtenu le droit de circuler librement dans les zones contrôlées par les FDS. Cet accord a fait suite à un accord antérieur aux termes duquel les États-Unis et le SDF avaient permis à 3 500 combattants de l’EI de fuir Raqqa pour aller combattre l’armée syrienne à Deir Ezzor. C’était une tentative des États-Unis pour retarder ou empêcher la victoire de la Syrie et de ses alliés. Elle a échoué.

Peu de temps après le nouveau cessez-le-feu proclamé entre les forces par procurations américaines des FDS et l’EI, des officiers russes ont rencontré des responsables des Unités de protection du peuple kurde (YPG), la force principale des FDS. Ces entretiens ont complètement changé la situation. Lors d’une conférence de presse commune, les Kurdes et les Russes se sont engagés à unir leurs efforts pour combattre l’EI à l’est de l’Euphrate. Il semble que les YPG ne soient plus convaincus que les États-Unis veuillent le combattre. Les Russes ont pris le commandement et les forces aériennes russes soutiennent depuis les YPG dans leur lutte contre l’EI dans le gouvernorat de Deir Ezzor sur la rive est du fleuve :

 

 

«  Un état-major opérationnel conjoint a été créé dans la ville d’Es-Salhiya pour assurer le contrôle direct et organiser la coopération avec les milices populaires. Outre les conseillers russes, des représentants des tribus orientales de l’Euphrate y participent », a déclaré Poplavskiy, en ajoutant que dans les « prochains jours », tout le territoire à l’est de l’Euphrate  serait libéré des terroristes.

Selon Mahmoud Nuri, un représentant des YPG kurdes, la milice « s’est battue très efficacement contre l’EI sous le commandement russe » et les forces kurdes se sont également déclarées prêtes à assurer la sécurité des spécialistes militaires russes opérant sur la rive orientale de l’Euphrate.

Les États-Unis s’inquiètent vivement du fait que les Russes appuient soudain les forces américaines par procuration dans le nord-est de la Syrie. Les États-Unis veulent s’approprier la région. (Ils veulent probablement aussi protéger ce qui reste de l’EI pour le réutiliser au besoin. Les États-Unis prétendent que le soutien aérien russe aux Kurdes viole «  l’espace aérien de la coalition ».

Les États-Unis qui n’ont jamais été invités en Syrie, prétendent maintenant y détenir un espace aérien ? Les Russes, alliés au gouvernement syrien, ont été invités dans le ciel syrien. Tout le monde sait parfaitement bien qui a le droit de se trouver dans la région et qui ne l’a pas. Mais l’armée américaine a horreur de regarder en face ses propres abus autant que de se mesurer à un adversaire qui connait la musique :

Une fois, deux avions d’attaque A-10 de l’armée de l’air volant à l’est de la rivière Euphrate ont failli heurter de front un Su-24 Fencer russe se trouvant à seulement 300 pieds de distance – une distance infinitésimale quand on pense que tous les avions volent à plus de 350 milles à l’heure. Les A-10 firent une embardée pour éviter l’avion russe, qui aurait dû se trouver à l’ouest de l’Euphrate.

Depuis que les commandants américains et russes se sont mis d’accord le mois dernier pour voler sur des rives opposées d’un tronçon de 45 milles de l’Euphrate afin de prévenir les accidents dans le ciel de plus en plus encombré de l’est de la Syrie, les avions de guerre russes ont violé cet accord une demi-douzaine de fois par jour, selon les commandants américains. Selon eux, Moscou veut tester la détermination américaine, pousser les pilotes de l’armée de l’air à réagir imprudemment, et aider l’armée syrienne à consolider les acquis territoriaux avant les pourparlers diplomatiques pour mettre fin à la guerre de près de sept ans du pays.

L’EI a disparu. Rien ne justifie la création d’un « espace aérien de la coalition ». Où se trouve l’« accord » qui permet aux États-Unis d’occuper indéfiniment le nord-est de la Syrie, comme il affirme maintenant officiellement vouloir le faire ?

Le Pentagone prévoit de maintenir indéfiniment des forces américaines en Syrie, même après la fin officielle de la guerre contre le groupe extrémiste islamiste, pour participer à ce qu’il appelle des opérations antiterroristes, ont déclaré des officiels.

Il y a environ 2 000 soldats américains en Syrie et un nombre indéterminé de personnel privé en soutien. Le mois dernier, l’armée américaine a retiré 400 marines de Syrie où les forces américaines sont entrées pour la première fois à l’automne 2016.

Plus tôt dans la semaine, des officiels ont dévoilé les plans d’un engagement à durée indéterminée, connu sous le nom de présence « conditionnelle ».

Le Pentagone a déclaré que ses forces armées cibleraient des parties de la Syrie qui ne sont pas entièrement gouvernées par le régime ni les forces rebelles. L’armée affirme qu’elle a le droit de rester là.

L’armée américaine se fait beaucoup de films sur la « légalité » et les « accords ». Nous avons déjà dit que sa « présence » en Syrie est manifestement illégale. La feuille de vigne fournie par la résolution 2249 des Nations Unies pour combattre l’EI est en poussière. Poutine a suffisamment insisté sur la « déroute totale des terroristes » et la victoire « complète » pour qu’il n’y ait pas de doute là-dessus. Il n’y a absolument aucune raison pour que les États-Unis restent là. D’ailleurs ils n’y arriveront pas.

Le commandant des forces paramilitaires qui soutiennent le gouvernement syrien et irakien a envoyé une note aux États-Unis pour leur faire savoir que les forces américaines restantes en Syrie seront combattues :

Le commandant du corps des Gardiens de la révolution iranienne, le général de brigade Haj Qassem Soleimani, a envoyé un message verbal, via la Russie, au chef du commandant des forces américaines en Syrie, lui conseillant de retirer toutes les forces américaines jusqu’au dernier soldat « sinon les portes de l’enfer s’ouvriront  ».

«  Voilà mon message au commandement militaire américain : lorsque la bataille contre l’EI (le groupe Etat islamique) prendra fin, aucun soldat américain ne sera plus toléré en Syrie. Je vous conseille de partir de vous-mêmes sinon vous y serez contraints par la force », a dit Soleimani à un officier russe. Soleimani a demandé au responsable russe de bien préciser les intentions iraniennes concernant les Etats-Unis : à savoir qu’ils seront considérés comme des forces d’occupation s’ils décidaient de rester dans le nord-est de la Syrie où Kurdes et tribus arabes vivent ensemble.

En 1983, les casernes militaires américaines et françaises de Beyrouth ont sauté après que leurs forces sont intervenues pour soutenir un des camps de la guerre civile libanaise. Plusieurs centaines de soldats sont morts. Après l’attaque, les États-Unis se sont retirés du Liban. Les soldats américains qui restent dans le nord-est de la Syrie peuvent maintenant s’attendre à subir le même sort.

Les États-Unis affirment qu’ils ont 2 000 soldats au nord-est de la Syrie. Ils avaient auparavant prétendu en avoir 500. Ce nouveau nombre a été annoncé après le rapatriement de 400 marines et il est encore bien inférieur à la réalité :

Le chiffre mis à jour ne tient pas compte des effectifs des missions classifiées ni de certains membres du personnel des opérations spéciales, a indiqué M. Pahon.

Pendant des mois, les États-Unis ont prétendu n’avoir que 500 soldats dans la région. Ils ne faisaient même pas mention du personnel privé qui suit leurs troupes partout. Le nombre réel des Américains en Syrie devait être dix fois plus élevé que le nombre officiel. Le nouveau nombre officiel est « 2000 et quelque ». Le nouveau nombre réel est probablement supérieur à 3 500, plus plusieurs milliers de personnel privé. Cette révélation confirme une fois de plus que l’armée américaine ment tout le temps.

Les « 2 000 et quelque » qui restent maintenant auront besoin de dizaines de tonnes d’approvisionnements chaque jour et les États-Unis n’ont pas de ligne d’approvisionnement sécurisée vers le nord-est de la Syrie. C’est de l’arrogance et de la sottise que de vouloir maintenir les troupes sur place. Quelques guérilleros pourront facilement empêcher les livraisons. Tous les camps que ces troupes occuperont seront la cible d’attaques extérieures et intérieures.

Les Kurdes des YPG sont déjà en train de sortir de leur coalition avec les États-Unis… Ils se lient maintenant d’amitié avec les Russes qui leur fournissent un soutien aérien là où les États-Unis veulent maintenir l’EI en vie. Combien de temps encore les soldats américains qui se trouvent dans les zones contrôlées par les YPG pourront-ils faire confiance à leurs « alliés » ?

Le Pentagone dit que la présence en Syrie est « conditionnelle », mais il ne dit pas à quelles conditions il y mettrait fin. Le général Soleimani semble croire que si quelques centaines de sacs mortuaires étaient débarqués sur la base d’Andrews près de Washington, cela pourrait constituer une condition suffisante pour que les Américains s’en aillent.

La situation dans les autres parties de la Syrie n’a pratiquement pas changé. Les différents groupes Takifiri d’Idelb continuent à se massacrer les uns les autres. Les forces syriennes retarderont probablement les attaques qu’ils ont planifiées dans la région tant que leurs ennemis se dévoreront mutuellement. Mais dans un an, Idelb et le nord-est de la Syrie seront probablement de nouveau aux mains du gouvernement syrien.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

source:http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9301


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Les JO, le camembert et Moi: le moment de vérité. Par Karine Béchet Golovko.

12 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

lundi 11 décembre 2017

Les JO, le camembert et Moi: le moment de vérité
 
 
 
Le politologue russe Dmitry Kulikov a parfaitement formulé l'enjeu de la réaction de la société russe à la décision du CIO "effaçant" la Russie de la compétition: "Moment de vérité pour nous. Comme nation politique".
Après une semaine et avant la réaction officielle de la réunion olympique devant déterminer à quelle sauce les athlètes russes pourront digérer le pays, une brève analyse s'impose. Ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à ce qui ressemble de plus en plus à un orgasme libérateur collectif.
 

 
Suite à la décision du CIO, très rapidement, les sportifs et leurs fédérations se sont prononcés pour une participation aux JO. Joukov, à la tête du comité olympique russe suspendu a déclaré en audition au Parlement qu'il était honteux de condamner des sportifs qui décidaient de participer et qu'il fallait les soutenir à tout prix. Le boycott serait impensable au risque de faire sortir la Russie de l'histoire olympique. Evidemment, avant 1952 date à laquelle elle y est entrée, le sport n'existait pas. Mais il est vrai que la mondialisation aidant, le rapport des sportifs à leur pays a beaucoup changé. Ce fait est maintenant attesté.
 
Le message est tant et si bien passé qu'un député a proposé de déplacer les vacances parlementaires pour permettre aux représentants de la Nation d'aller soutenir "leurs équipes". Seule la saine réaction du speaker de la Douma V. Volodine a mis fin à ce cirque, déclarant que s'il n'est pas possible de garantir une participation des athlètes russes sous le drapeau national au nom du pays, les députés n'ont rien à y faire.
 
 
La réaction tant attendue est tombée, l'élite politico-sportive a digéré presque immédiatement l'insulte, refuse de la voir pour ne pas avoir à y réagir, glisse dans une réalité parallèle, celle où "tout est normal", risquant d'entraîner avec elle le pays et provoquant par là même une réaction violente dans la société, qui ne comprend pas pourquoi l'intérêt personnel de quelques athlètes est plus important pour l'Etat que leur intérêt personnel à eux. Acheter la paix sociale pour maintenir une apparence de normalité est certes toujours possible, mais ne règle pas le problème, ce que de nombreux analystes soulignent: la crise ne se limite pas aux JO et ne s'arrêtera pas avec eux. Distinguons ici deux plans d'analyses: à l'intérieur du pays et à l'international.
 
A l'intérieur, orgasme libéral et éjection précoce d'un patriotisme passé de mode
 
Une sorte de réaction en chaîne s'est enclenchée après la prise de conscience de la facilité avec laquelle les arguments patriotiques furent balayés d'un revers de manche. Alors que l'idée patriotique au socle de la société russe semblait coulée dans le bronze depuis le rattachement de la Crimée, elle fut écartée sans même qu'une réelle discussion des implications géopolitiques n'ait lieu. L'intérêt du sportif a primé sur tout. C'est donc possible. Ouvertement possible. Et ce sont les réactions patriotiques de la société qui sont condamnées. Le renversement du paradigme est avéré.
 
L'Etat a reconnu sa défaite, celle de l'intérêt général devant l'intérêt particulier, sa soumission à celui-ci, son abdication. Victoire de l'idéologie néolibérale sur le conservatisme. Et le signal fut parfaitement interprété par la bonne société moscovite et cosmopolite. Chacun s'emballe pour ces JO, comme si rien n'existait, entraînant un glissement des frontières immédiatement acté.
 
Ainsi, tout est réhabilité. Le spectacle de Serebrennikov (assigné à domicile pour détournement de fonds publics, voir ici) est monté en nouveau drapeau de libération nationale par la classe bobo-moscovite. Un spectacle financé par des oligarques, dont la préparation n'a pas été aboutie (voire un peu bâclée), permettant à travers le ballet-spectacle Nureev, de tenter de modifier le discours sur l'homosexualité et l'universalité des "valeurs" européennes", la sacralisation de leur combat. Un spectacle fait par une minorité pour une minorité montré en grande pompe au Bolchoï uniquement à ce public choisi. Le porte-parole du Kremlin, D. Peskov, parle d'un spectacle d'envergure mondiale. Pour autant et très étrangement s'il s'agit d'un spectacle de cette qualité, il ne sera montré la prochaine fois qu'en ... mai et après, on ne sait pas selon le directeur du Bolchoï. Mais à la fin du spectacle, la troupe a demandé la libération de Serebrennikov, la salle a applaudi debout 15 minutes scandant le prénom du metteur en scène, l'art étant hors toute loi, c'est bien connu. Finalement, le but recherché a été atteint, un coup de comm. Mais sans prendre le risque d'ouvrir ce spectacle à un large public, qui risque de ne pas être suffisamment "évolué" pour en apprécier la substantifique moelle.
 
Fait, cette fois-ci particulièrement choquant est l'affiche du festival du film documentaire ArtDocFest qui se tient à Moscou, où un film-documentaire faisant l'apologie du bataillon ukrainien punitif Aïdar est montré. En plein centre de Moscou. Au début du film, un groupe de personnes du Donbass arrive. A leur réaction choquée, l'argument de la démocratie et de la liberté d'expression totale leur est opposé par la bonne pensance repue. Les exploits héroïques de ce bataillon dans le Donbass, ils  les connaissent non pas par ouï-dire, mais personnellement. "Imaginez que vous montriez un film sur les grands exploits des SS à des Juifs?", a été leur (saine) réaction. Ils disent que ces "héros" sont des fascistes, qu'il est impensable de montrer ce film. La police intervient. Les évacue. Soit, ils troublent l'ordre public. L'ignominie arrive après: les applaudissements des spectateurs accompagnent la police. Une telle scène aurait-elle été possible il y a encore un an? Non. Le mouvement s'accélère.
 
 
 
Quand tout est permis et finalement si facile, pourquoi s'arrêter en si bon chemin. La boîte de Pandore a été ouverte, attendons la suite. Il n'y a aucune raison pour que ça se calme, le but réel n'est pas encore atteint.
 
A l'international, puisqu'il est possible de taper sur la Russie, pourquoi s'en priver?
 
La facilité avec laquelle la Russie a avalé des affronts de taille comme l'expulsion de ses diplomates, s'est adaptée sans grande résistance aux nouvelles réalités (qu'elle provoque elle-même par son attitude) comme avec les JO est interprétée comme un signe de faiblesse en Occident. Non pas de sagesse, mais de peur de la confrontation. C'est pourquoi, comme l'affirme très justement le politologue Dmitry Kulikov, le combat ne s'arrête pas aux JO et ne prendra pas fin avec eux.
 
En Syrie, la Russie a pris le dessus, cette victoire est condamnée par les officiels occidentaux, qui l'octroient aux Etats-Unis. Comme l'espace médiatique est totalement contrôlé par le pouvoir atlantiste, les médias en Europe et aux Etats-Unis répètent cette fable à satiété, sans être dérangés. La population n'est même pas réellement au courant d'une intervention de la Russie en Syrie. Ce qu'elle sait de la Russie est qu'elle EST le mal. Ce que résume cet article du New York Times.
 
 
Et puisque la Russie a finalement si facilement pris la décision du CIO, tout est permis. Le CIO innove avec des "lettre d'invitation" pour les sportifs russes, il décide de prendre à sa charge leur venue. Que d'amabilité. Exit la Russie. Le Times s'y met avec un humour caustique, concours humoristique pour trouver le costume neutre de ces athlètes. Pas encore assez neutres, mais rien n'est encore fini. Le pays est devenu un objet d'humour et de dérision pendant que Joukov continue à interdire toute critique des athlètes, à invoquer la participation et à se demander (vraiment naïvement?) s'il sera quand même possible d'indiquer quelque chose de national sur ces costumes. Bref, le principe est accepté, seuls les détails sont discutés.
 
 
Maintenant, s'ouvre une nouvelle phase internationale, avec le passage au processus politique en Syrie et l'aggravation du conflit en Ukraine. Comment va réagir la Russie? Ces deux terrains, comme les JO, ne sont que des lieux de combats annexes, mais desquels vont dépendre la stabilité intérieure du pays dans cette nouvelle période et sa possibilité de véritablement revendiquer un monde multipolaire. Les dernières fois que les libéraux ont pris le contrôle du pays, ça s'est terminé par deux révolutions et le crash du pays, en 1917 et en 1991. Or, c'est justement le retour de ces figures des années 90 que l'on observe.
 
La Russie peut tenter encore une fois ce pari, en se disant qu'ayant tiré les leçons du passé, elle ne réitèrera pas les mêmes erreurs. Ou bien elle peut penser que les mêmes causes entraînent les mêmes effets.
 
La montée de cette bulle néolibérale et globaliste (tout autant que foncièrement atlantiste) ne peut rester sans incidence sur la politique internationale, et au premier plan quant au Donbass, comme l'illustre parfaitement ce film sur Aïdar. Selon le politologue A.Tchesnakov, les tentatives de mettre en place une mission de l'ONU sur tout le territoire du Donbass étaient une tentative appuyée par les libéraux pour que la Russie sorte du conflit ukrainien en sauvant la face. Mais abandonner le Donbass entraînerait un risque sérieux d'explosion de la Russie.
 
L'heure du choix est arrivée, et elle nécessite un peu plus de cohérences. Et donc de s'intéresser à des questions fondamentales, comme celle-ci: pourquoi les athlètes auraient-ils plus de droits que les camemberts? La comparaison se semble tout à fait à propos. Les producteurs de camembert consacrent toute leur vie à leur art, sacrifient souvent leur vie de famille. Demandons donc, en toute cohérence, la libération des camemberts. Cela peut être intégré dans le programme électoral des candidats libéraux à la présidentielle, qu'ils décident eux-mêmes quelles idéologies ils défendent, l'on s'y perd un peu parfois ...
 
 
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Nouveau triomphe chaviste aux élections municipales du Venezuela

12 Décembre 2017 , Rédigé par RM

Cet article est reposté depuis Viva Venezuela.

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Le fascinant texto d’Alexis Tsipras à Martin Schulz. Le journal "RUPTURES".

11 Décembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #Le fascisme, #Grèce, #l'horreur économique

Le fascinant texto d’Alexis Tsipras à Martin Schulz
Tsipras

Décidément, Alexis Tsipras est fascinant. A chaque fois, on croit qu’il ne pourra plus nous surprendre. Il y parvient pourtant, toujours et encore. Cette fois, le Premier ministre grec – que les grands médias, non sans humour involontaire, continuent à étiqueter « gauche radicale »… – vient d’envoyer un extraordinaire texto au chef du SPD allemand, Martin Schulz.

Mais avant d’apprécier la teneur ce celui-ci, il faut rappeler que son parti, Syriza, gagna les élections de janvier 2015 en promettant de mettre fin à l’austérité dès qu’il arriverait au pouvoir. M. Tsipras précisait tout de même qu’il entendait que la Grèce reste dans l’Union européenne et dans la zone euro, ce qui constituait une contradiction absolue avec sa promesse.

Cela n’a pas manqué : après six mois de tensions avec les créanciers du pays placé sous la tutelle de la Troïka (UE, Banque centrale européenne, FMI), le chef du gouvernement acceptait officiellement le principe d’en passer par les exigences de Bruxelles. Les vannes des concessions étaient dès lors grandes ouvertes.

Pourtant, il organise début juillet 2015 un référendum portant sur le renforcement des coupes sociales et économiques massives que la Troïka veut imposer. Et appelle personnellement les électeurs à voter Non – ce qu’ils ont fait très massivement.

A peine quelques semaines plus tard, son gouvernement signe avec l’Union européenne et ses acolytes un mémorandum qui ouvre une phase de capitulations d’ampleur inégalée : les « économies » sur les salaires, les retraites et les minimas sociaux sont amplifiées à un degré jamais vu en Europe en temps de paix ; privatisations, dérèglementations, casse du code du travail sont au programme.

La semaine dernière encore, les « partenaires » européens de la Grèce ont obtenu que quatre centrales du service public d’électricité soient privatisées.

Le parlement, renouvelé en septembre 2015, ne cesse depuis lors d’enchaîner les votes d’aggravation des mesures, sous la menace de stopper les tranches de prêts accordées à Athènes.

C’est sans fin : la semaine dernière encore, les « partenaires » européens de la Grèce ont obtenu que quatre centrales du service public d’électricité soient privatisées. C’est donc dans ce contexte qu’on peut savourer le texto du chef du gouvernement hellène à son ami social-démocrate allemand pour l’implorer de ne pas rester au bord de la route « dans cette phase décisive pour l’UE ». En clair, d’accepter d’entrer à nouveau dans une grande coalition à Berlin sous l’égide d’Angela Merkel…

Dès le résultat des élections allemandes du 24 septembre, le SPD avait pourtant exclu cette hypothèse, tant la gifle que lui ont infligée les électeurs fut retentissante. Pas question, pour les sociaux-démocrates, de prolonger une expérience qui pourrait bien devenir suicidaire.

Las, l’échec des négociations entre les amis de la chancelière, les Verts et les Libéraux paralyse pour l’heure la politique allemande, et plonge de ce fait les dirigeants européens dans l’inquiétude et la fébrilité. Du coup, M. Schulz – de son propre aveu – reçoit continument des messages de toutes parts demandant au SPD de rempiler avec les conservateurs. Emmanuel Macron n’est pas le dernier à faire pression sur l’ancien président de l’europarlement.

Supplique pathétique

Mais la supplique d’Alexis Tsipras est la plus pathétique. Le chef du gouvernement grec martèle que la reconduction de la grande coalition allemande est « une condition indispensable aux réformes progressistes nécessaires et à la démocratisation de l’Europe ». Car, poursuit M. Tsipras, il y a désormais une chance « de mettre sur la table de l’Europe un agenda progressiste » permettant de sauver cette dernière.

Une grande coalition allemande est la « condition indispensable aux réformes progressistes nécessaires et à la démocratisation de l’Europe » – Alexis Tsipras

On a donc la confirmation que, pour la « gauche radicale », en l’occurrence grecque, le sauvetage « progressiste » de l’Europe a la priorité sur tout autre préoccupation, et passe par la reconduction d’Angela Merkel dans une configuration analogue à celle qui prévaut depuis 2013 – celle-là même qui fit fleurir des caricatures de Mme Merkel et de l’actuel président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, en nazis dans les manifestations populaires qui furent nombreuses dans le pays, des années durant…

L’homme qui avait pourtant battu une « grande coalition » socialiste-droite dans son propre pays, estime désormais qu’« une véritable position de gauche consiste à s’engager pour des vrais changements et réformes, et non de garder propre son identité ».

On peut lui faire confiance : pour ce qui est de se salir les mains, Alexis Tsipras est, en trois ans, devenu champion toutes catégories. Mais puisque c’est pour sauver l’Europe…

 

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