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Le blog de Lucien PONS

André Tosel, le capitalisme est devenu un monstre destructeur

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme

André Tosel, le capitalisme est devenu un monstre destructeur

Pour André Tosel, il existe un salariat qui contient des réserves de puissance sociale, la lutte pour le salaire et le salaire élargi aux contributions sociales étant stratégique. Aujourd’hui les centres de production sont dispersés et diversifiés, le recours à la sous-traitance est généralisé. Ils sont néanmoins interconnectés. Certes, on peut alors parler d’une pluralité de la classe ouvrière et d’une hétérogénéité des fronts de résistance. Il y a une multitude de résistances au capitalisme, une pluralité de sujets qui refusent d'être réduits au statut d'objets-objet, mais il est possible de trouver de motifs unificateurs horizontaux en faveur de" la vie bonne", des traductions transversales des luttes produisant du commun de combat. C’est ainsi que se créent des « collectifs » (infirmières , professeurs ou groupes de soutien à une cause locale, paysans pauvres, indigènes en survie, etc. ) qui résistent chacun de leur côté sans toujours d’ailleurs obtenir le soutien des populations environnantes, sauf cas exceptionnel comme Fralib à Marseille où les ouvriers ont réinventé l’idée de coopérative chère à Jaurès. Peut-être verra-t-on une multiplication d'expériences conseillistes à la base et des connexions les reliant?

Les apports de André Tosel sont toujours captivants. Lisons.

Michel Peyret

André Tosel : "Il se manifeste une multitude de résistances au capitalisme"

Entretien réalisé par Philippe Jérôme

Mercredi, 24 Juillet 2013, L'Humanité

À partir du constat que le capitalisme est devenu un monstre destructeur, André Tosel invite à ancrer dans l’idée d’un « monde commun » toute pensée de transformation révolutionnaire.

Né à Nice en 1941, André Tosel est professeur émérite de philosophie à l’université de Nice Sophia-Antipolis, où il a dirigé de 1998 à 2003 le Centre de recherches d’histoire des idées. Agrégé de philosophie en 1965 et docteur d’État en philosophie en 1982, il a enseigné à l’université de Besançon, ainsi qu’à Paris-I Panthéon- La Sorbonne. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages portant notamment sur la philosophie italienne et continue à collaborer aux revues la Pensée et Actuel Marx. Spécialiste de philosophie politique, il a travaillé sur Spinoza, Hegel, Marx, Gramsci et sur plusieurs penseurs marxistes. Ses travaux portent sur la rationalité moderne, ainsi que sur les philosophies de la mondialisation.

André Tosel est membre de la Société française de philosophie. Ses derniers ouvrages parus (en 2011) portent sur « les scénarios de la mondialisation culturelle » (Éditions Kimé).

Influencé par Althusser lorqu’il faisait ses études à Normale Sup, cet ancien responsable national des Jeunesses chrétiennes est maoïste en mai 1968, adhère et milite activem°. ent au PCF de 1972 à 1984. De 1982 à 1988, il est vice-président enseignant de l’université de Nice, puis, en 2002, est élu au conseil de gestion de l’UFR lettres, arts et siences humaines de l’université de Nice Sophia-Antipolis. Depuis une dizaine d’années, il consacre une bonne part de ses activités à l’éducation populaire et, dans le même temps, il s’est politiquement rapproché du Front de gauche.

Au XIXe siècle, Marx pensait que le capitalisme creusait sa propre tombe… Qu’en est-il en ce début de XXIe siècle ?

André Tosel. Depuis que le mouvement ouvrier existe on a souvent fait la constatation que le capitalisme a atteint ses dernières limites. A la fin du 19° siècle les théoriciens de la II° Internationale , les socialistes allemands ou encore Jaurès ont pensé que l’on sortirait bientôt de l’ère capitaliste par la démocratie. Mais le capitalisme a toujours déplacé sa crise de sorte qu’il se trouve en état permanent de crise rendant le possible tout à fait impossible. Il a jusqu’à présent toujours réussi à diviser ses adversaires sauf dans la période de la révolution léniniste qui reste de ce point de vue un cas exceptionnel et qui a échoué avec le stalinisme.

L’autre constatation que l’on peut faire est que nous vivons une crise d’une gravité égale à celle de 1929, mais ceux qui se nomment "progressistes", notamment les communistes se trouvent pris en quelque sorte à contre pied puisque les changements dans la société sont contrôlés si ce n’est impulsés par les forces capitalistes qui exploitent à leur profit la plasticité humaine. D’où la difficulté: comment distinguer pour "les progressistes" les éléments de civilisation qu'il faut conserver face à un capitalisme de plus en plus destructeur et ceux qui doivent être abandonnés parce qu'il s'agit non d' un acquis mais de formes auto destructrices à terme de la reproduction capitaliste. La croissance économique avec son délire obsessionnel d'infinité relève d'un "plus de jouir en toc" ( comme le dit le psychanalyste Jacques Lacan). Mais, d'autre part, les masses subalternes appauvries ne peuvent supporter de leur côté que leurs besoins vitaux ne soient pas satisfaits dans la dignité. Comment peu à peu expérimenter d'autres modes de produire et de consommer, d'"exister" dans le partage en établissant une égalité réelle ?

Qu’entendez-vous par « plasticité humaine » ?

André Tosel. En reprenant et prolongeant l’idée selon laquelle l’homme est en perpétuelle évolution et ne peut pas être achevé, j’entends par plasticité l’indétermination de l’activité humaine, non pas tant à l’image d’un sculpteur qui travaille sa boule de glaise mais qui ne sait pas ce qui va en sortir qu'à l'image d'un manipulateur de génome qui peut désormais cloner l'humain pour des usages indéfinis où le pire peut advenir ou d'un banquier qui imagine des produits financiers dont la toxicité est un possible réel. Pour l’homme "tout est possible", mais rien ne dit que tout le possible soit souhaitable et créateur d'une plus value d'humanité pour tous. L’activité humaine ne connaît aucune limite « naturelle », elle se produit comme "seconde nature" indéfiniment, en se constituant comme histoire dans et par un "terrain artificiel" qui est sa nature propre. L'homme est un être ingénieux, capable de génie créateur. Les formes de cette autoproduction sont à chaque fois finies, circonscrites et limitées, conditionnées par un état des rapports historiques -écologiques, économiques, sociaux, politiques et culturels, sur la terre qu'il faut rendre habitable en tant que globe fini. Cette ingéniosité ne peut plus être comprise comme "perfectibilité" assurée de produire toujours "plus" et "mieux", comme le pensaient les philosophes des Lumières, et sous certains points de vue Marx et Engels. Il ne s'agit pas de limiter a priori ce génie, mais de le contrôler de manière à ce qu'il tempère son infinité avec la prise en compte de la finitude qui voue tout humain, vivant parlant et travaillant, toute société humaine à revêtir une forme limitée et mortelle. Il serait plus adéquat de parler d'auto-contrôle démocratique, normé par les droits de l'homme, d'égale liberté et de libre égalité, si possible dans l'élément d'un sens commun, d'une raison commune. Un communisme de la finitude en quelque sorte...
Nous somme loin aujourd'hui de ce réalisme utopique, de cette utopie réaliste qui est la seule proposition humainement raisonnable et rationnelle. Le capitalisme mondialisé est un Monstre destructeur qui est en fait autodestructeur. On est très loin, en effet, de l'idée de la production destructrice ou de la destruction productrice, chère à l'économiste Joseph Schumpeter qui pensait par ces termes définir et justifier la dynamique du mode de production capitaliste en posant que la dimension productrice compenserait à terme la masse des destructions soi disant nécessaires. Or la masse de destruction croît de manière exponentielle. Or, c'est un bloc économico-politique capitaliste globalisé mais différencié -selon des rapports de concurrence impitoyable- qui capture et confisque cette plasticité à son profit exclusif et selon l'illimitation du capital. Ce bloc et lui seul mène la guerre de classe au genre humain en capturant de cette propriété qu’ont les hommes de s’auto transformer en transformant leur rapport à nature et à ses co variations.
C’est un processus nouveau par lequel le Monstre flirte avec l’autodestruction, voire avec la mort et qui crée des risques multiples de monstruosités, comme on le voit nettement dans tous les domaines, aussi bien en matière financière que biopolitique, technologique, sociale et politique. En biologie, par exemple, pour la première fois de son histoire, l’homme a accès à la production de sa propre reproduction par la procréation artificielle et peut aussi prolonger, ou supprimer, ou modifier sa vie corporelle par la science, à l'infini. On pourrait prendre également l’exemple d’Internet qui peut produire des merveilles de communication et de discussion généralisée et instantanée, donner accès à des encyclopédies tout comme il peut atrophier irréversiblement les capacités d'attention, détruire des savoirs séculaires, ou organiser une surveillance universelle de tous par quelques uns. Sur le plan social l'invention de l'auto management invite chaque salarié employé à s'employer à se faire le juge de ses performances économique et donc à justifier son éventuel licenciement comme juste sanction de son insuffisance, comme autopunition, à devenir la victime consentante de sa mort sociale au nom des intérêts supérieurs de l'entreprise. Dans tous ces domaines de l’activité humaine, on ne peut pas fixer de limites sauf à passer pour un conservateur; et pourtant le point de vue d'une finitude partagée ne peut être différé. Il y a urgence. Cette plasticité humaine reste dans le mode de production capitaliste placée sous le commandement d’une loi de système, d’un impératif qui n’est pas seulement celui de la productivité industrielle mais de la productivité financière et par conséquent de formes nouvelles d’exploitation. La soumission réelle des activités au capital est l'autre face de l'impératif de l'accumulation financière et de son "plus de jouir en toc". L'Argent est objet d'accumulation infinie pour autant qu'il conditionne la jouissance narcissique, non plus aux seuls biens, mais à sa possession illimitée comme fétiche. Pour ceux qui n'en ont pas assez et en désirent "encore", il faut consentir à l'auto-exploitation pour accéder à la spéculation, cette modalité perverse du franchissement de la jouissance. Celle-ci est jouissance à mort: les gains hors norme ne peuvent remplir le vide du fétiche et naît alors le désir de détruire en hyper-spéculant (sur le dos des autres aussi), en risquant des pertes hors norme que la collectivité est sommée de réparer. Ou bien le non performant n'a plus qu'à se suicider sur place. On a bien là des formes inédites du mode d'existence en capitalisme mondialisé qui exigent de croiser la critique du fétichisme selon Marx et la théorie psychanalytique du fétiche. "Pas d'argent sans travail. pas de travail sans exploitation, pas d'exploitation sans dette infinie". Voici une des formules du Monde Monstre qui dévore l'existence des masses humaine , consume la terre, détruit toute production de sens dans l'illimitation insensée de sa démesure obsessionnelle. Le capitalisme mondialisé est la véritable névrose obsessionnelle de l'humanité qui détruit l'être au monde comme monde commun. La plasticité humaine court le risque de son autodestruction.

Comment résister à ces nouvelles formes d’aliénation ?

André Tosel. Il y existe une littérature critique très importante que les médias dominants ignorent en préférant donner la parole à ceux que Georges Labica nommait les intellectuels starisés ou hi-fi, haute fidélité aux impératifs du système. Cette critique aujourd'hui n'a pas seulement besoin d'être socialisée. Elle est affrontée à la tâche positive de se faire source de propositions et d'expérimentations sous peine de déchoir au rang de savoir impuissant de notre impuissance. Il ne faut pas participer à la désolation générale sous peine d'en être le complice. Aujourd'hui des hommes et des femmes luttent et résistent. Toute analyse critique devrait comporter obligatoirement en contre -champ des récits d'expériences, des exposés de pratiques alternatives en Europe et dans le monde entier , à tous les niveaux. Un média comme l’Humanité peut jouer à ce sujet un grand rôle. L'urgence est de produire des opérateurs de conversion entre les diverses résistances actuelles, venues des subalternes, de tous ces groupes privés du pouvoir social d'être cause de leur action, et réduits souvent au statut d'effets passifs, de sujets-objets devenus objets-objets ou rebuts, individus entre eux gérée par les mécanismes d'identification néocapitalistes. Qu'il s'agisse des ouvriers, des employés, chômeurs ou non, des femmes et des minorités homosexuelles, des groupes ethniques en mal d'une légitime reconnaissance, de peuples pris dans le néocolonialisme capitaliste; le problème est d'imaginer comme des opérateurs de conversion permettant de traduire les luttes les unes dans les autres, de les unifier, sans les noyer, à tous les niveaux, du local au global.
La ville et particulièrement la ville globale (il en existe une trentaine) est ici le milieu décisif où ces subalternes se côtoient et peuvent se rencontrer à la condition que chaque groupe puisse critiquer ce qui dans son particularisme fait obstacle au "commun" à trouver ou inventer. Ce qu’il faudrait face à la mise en concurrence des intérêts; c’est créer des collectifs de coopération pluriels.

Il y aurait donc une sorte d’individualisation de l’exploitation capitaliste. Est-ce à dire que les antagonismes de classes ont disparu ?

André Tosel. Disons qu’ils se sont émoussés, l’idée du "No future" selon laquelle on ne peut pas faire autrement s’étant ancrée dans les esprits. Il faut encore une fois tenir compte de l’attrait qu’exerce sur l’homme l'idée de devenir auto-entrepreneur. Cette idée a pour noyau rationnel l'effort pour libérer sur le plan imaginaire la puissance que chacun met à faire quelque chose de sa vie. L’activité humaine se maintient toujours comme effort positif pour vivre, pour contrecarrer ce qui l'oppresse et la contraint. Il faut compter encore sur cet irréductible avant qu'il ne soit lui aussi totalement "managé".

Cela dit, la lutte des classes reste en un certain sens le moteur de l’histoire. Si les ouvriers ont subi une défaite historique sous les coups de la mondialisation, il ne faut pas oublier que les capitalistes ne cessent de mener cette lutte pour les raisons structurales, pour maintenir leurs taux de profit en s'immunisant apparemment dans la finance. Du côté des subalternes, la résistance n’est pas à la hauteur de cette violence du Capital Monde, mais les contradictions sont permanentes, même dans un contexte où la plasticité humaine a pris la la forme d'une segmentation des classes ouvrières et où la coordination des classes subalternes est rendue difficile. Ne serait-ce que parce que le niveau global dominé par la nouvelle caste dirigeante économique et politique construit son hégémonie au niveau local, les luttes ouvrières sur les sites nationaux des entreprises transnationales ont une dimension globale au sein du local. Il en va de même pour les combats écologiques dans des lieux déterminés.

Comment se constituent ces classes subalternes et dans quelles conditions pourraient-elles s’allier avec la classe ouvrière ?

André Tosel. Il n’existe plus de classe ouvrière centrale car il n’y a plus d’usines fordistes comme en 1920 à Turin chez Fiat où les ouvriers étaient comme une armée concentrée en un même lieu. Il existe un salariat qui contient des réserves de puissance sociale, la lutte pour le salaire et le salaire élargi aux contributions sociales étant stratégique. Aujourd’hui les centres de production sont dispersés et diversifiés, le recours à la sous-traitance est généralisé. Ils sont néanmoins interconnectés. Certes, on peut alors parler d’une pluralité de la classe ouvrière et d’une hétérogénéité des fronts de résistance. Il y a une multitude de résistances au capitalisme, une pluralité de sujets qui refusent d'être réduits au statu d'objets-objet, mais il est possible de trouver de motifs unificateurs hirizontaux en faveur de" la vie bonne", des traductions transversales des luttes produisant du commun de combat. C’est ainsi que se créent des « collectifs » (infirmières , professeurs ou groupes de soutien à une cause locale, paysans pauvres, indigènes en survie, etc. ) qui résistent chacun de leur côté sans toujours d’ailleurs obtenir le soutien des populations environnantes, sauf cas exceptionnel comme Fralib à Marseille où les ouvriers ont réinventé l’idée de coopérative chère à Jaurès. Peut-être verra-t-on une multiplication d'expériences conseillistes à la base et des connexions les reliant?

Les classes subalternes partagent les mêmes difficultés mais aussi les mêmes espérances que la classe ouvrière segmentée. Elles sont constituées de tous ceux dont le travail est nécessaire mais qui sont en position seconde , dominée. On y trouve les petits employés et les fonctionnaires, ce qui reste de la petite paysannerie et de l’artisanat; les précaires, les immigrés… Ils subissent une forme d’exploitation collective. Par exemple les enseignants : ils sont mal payés, mal considérés , soumis aux diktats des pseudo pédagogies modernistes, leur formation initiale et continue est réduite. Mais les résistances moléculaires existent et elles finissent par franchir des seuils et s'organiser en ensembles plus vastes.

Pour qu’un front de résistance de ces classes se forme, comme le pensait Gramsci (1) il est nécessaire que chaque couche subalterne produise par la lutte des citoyens et de sujets conscients, ouvriers, paysans, employés, techniciens divers… qui s’approprient les connaissances philosophiques , politiques , sociologiques les plus utiles pour eux et leur combat .Pour que l’alliance – vitale- des intellectuels et de la classe ouvrière se forme il faut que se forment au sein de la classe ouvrière et des subalternes , des intellectuels propres entrant en convergence avec les intellectuels professionnels.

En l’espace d’une trentaine d’années l’humanité a vécu de grands bouleversements politiques avec notamment l’effondrement du communisme soviétique, la révolution conservatrice américaine, l’échec et la conversion de la social démocratie au capitalisme mondialisé, l’émergence timide de nouvelles idées altermondialistes… Pour plagier Gramsci, peut on dire que nous vivons une époque où le vieux idéologique tarde à mourir tandis que le neuf peine à naître et à s’imposer ?
André Tosel. Je n’en suis pas sûr et faisons attention: le neuf, on le voit avec le nouveau management des travailleurs, n’est pas toujours quelque chose de positif ! Le nouveau, c’est aussi la folie financière actuelle qui mène la planète au pire. Mais cela peut être positif pour l’homme si la créativité est collectivisée, socialisée de façon à ce que les citoyens et les sujets ne soient pas les victimes de leur propre situation. Je dirai que globalement le neuf fait partie de cette plasticité humaine indéterminée avec sa part d’équivoque, car toujours susceptible d’être manœuvrée par les forces capitalistes.
Si l’on regarde maintenant ce qui se passe à gauche, on voit poindre des idées et des concepts nouveaux, socialisme du 21° siècle en Amérique du Sud, éco-socialisme en Europe, éveil politique, social et écologique des masss chinoises. Ce qu’il faudrait maintenant ce sont une fois encore des conversions de pratiques qui permettraient de produire et de parler un langage commun. Selon moi ce langage commun peut continuer avoir trois mots pour base : liberté, égalité, commun. Au fond il faut revenir à une version radicalisée des droits humains personnels, pas seulement la liberté, mais les droits effectifs c'est-à-dire l’égalité. Comment alors reformuler la fraternité selon l'idée du commun, c'est-à-dire du vivre ensemble, pour coopérer, pour coexister. L'idée de monde commun est philosophiquement l'idée centrale pour toute analyse critique et pour tout projet de transformation révolutionnaire. Dans « l’être -au-monde-ensemble » se manifeste tout ce qui relève du bien commun, de la vie bonne pour tous, de l'existence sensée et significative, de la préservation des communs traditionnels (eau; terre, air, espèces vivantes), mais aussi de la création nouveaux communs (énergies, formes de solidarité; capital de cultures et de langues partagées, réserves de sensibilités et d'activités créatrices). On ne peut échapper en ce point au défi de l'écologie politique, des modes de vie économes, des mode de production et de consommation égalitaires communs. On pourrait alors considérer qu'une fois déconnectés de la logique du Monstre qu'est le Capital Monde le travail, l’entreprise sont des biens communs qui ne peuvent être laissés à une logique qui les détruit. Il faudrait en quelque sorte reformuler l’idéal communiste à l’aune de la problématique du bien commun et des communs.

Mais avec ce qui s’est passé au 20° siècle, dans les pays dits « communistes », le communisme n’est-il pas sur le plan idéologique, définitivement condamné ?
André Tosel. Je crois que l’on est loin d’en avoir fini avec l’analyse de ce qui s’est passé en Union Soviétique et dans les pays gouvernés par des sociaux-démocrates se réclamant du marxisme. Un nouveau communisme est à inventer sur la base de la critique de ce qui a été fait ou manqué dans le passé. Cependant en même temps supprimer toute référence aux fondamentaux du communisme serait se démunir. Ces fondamentaux sont à redéfinir partir du devenir Monstre du Capital Monde. Voici quelques questions :qu'est-ce que l'appropriation sociale ? Comment articuler conflits sociaux et conflits identitaires? Quel soin prendre de notre rapports à une Terre profondément transformée, mal traitée comme un simple stock ? Comment conserver des savoir faire et des savoir penser dans la constitution d'un Entendement général objectivé dans les technologies nouvelles? Ce n’est pas parce que le mot "communisme" a été imprononçable longtemps qu’il a perdu son sens. Cela implique notamment assumer toute la dimension utopique-réaliste du communisme, utopie voulant dire se transport dans un lieu qui n’existe pas encore mais qui permet une vie réelle, non pas un autre monde séparé, mais un monde simplement autre, purifié de ce qui fait de notre monde un non monde pour des masses immenses.

Cet endroit serait un monde nouveau : est il possible à réaliser ?
André Tosel. Le changement de mode de production et je dirais même de mode d’exister et de co exister est désormais un souci partagé, une évidence en devenir. Se posent ici les problèmes redoutables de la consommation absurde et de la dette à vie devenue une véritable chaîne pour les travailleurs. Aujourd'hui la véritable carte d’identité est la carte de crédit : "tu n’existes que parce que tu t’endettes et pour autant que l’on te permet de t'endetter" ! De ce point de vue, il faut reconnaître au capitalisme un certain génie ! Mais un mauvais génie qui appauvrit le bien commun, dégrade la vie quotidienne de chacun et produit des sentiments d’identification communautaire négatifs. Il faut insister sur ce point des identifications communautaires réactives dont font partie des religions et notamment l’islam dans les quartiers populaires ou le néo-évangélisme en Afrique et aux Amériques. Mais les religions étaient-elles vraiment parties ? Ne se sont-elles pas plutôt transformées sur un marché religieux spécifique ? Elles peuvent toujours fonctionner comme un marqueur identitaire surdéterminant les autres en produisant un effet de communauté de communautés. Elles peuvent dans un contexte de crise conduire, non pas à un fascisme comme on l’a connu dans les années trente, mais à des monstruosités comme on le voit par exemple en Inde actuellement où dans ce pays démocratique on assiste à des pogroms de musulmans perpétrés par l’extrême droite hindouiste. Des majorités se sentant menacées par des minorités peuvent se faire prédatrices et violentes en participant à une racisation des rapports sociaux et en rendant plus difficile une perspective politique, sociale et culturelle commune. Partout dans le monde on assiste à un aiguisement des conflits identitaires en réaction à la dévastation sociale des solidarités concrètes. Tout un mode de vie est à réinventer.
Sur le plan économique, il faut aller vers un système, non pas fondé sur de simples nationalisations résorbables dans la logique du capital,, mais sur la réappropriation sociale des biens communs tels que l’eau, les transports ou l’énergie, le patrimoine culturel et scientifique.
Sur le plan politique, on assiste à la constitution d’une nouvelle classe dirigeante auto-proclamée et auto-sélectionnés, réunissant des hommes politiques néo-(socio-)libéraux formant avec leurs nuances le parti unique du capital et de ses fractions, des dirigeants d'entreprises, des banquiers et traders, des universitaires de régime, des experts avec ou sans compétence, des médiacrates. Cette classe transnationale mais localement active constitue une nouveauté en ce qu'elle constitue les réseaux transnationaux moléculairement inscrits dans le local, notamment dans les villes globales, ces nouveautés absolues. Ce sont ces réseaux qui prennent après analyse, dans les initiatives décisives qui soumet les Etats en commandant le remboursement des dettes, en déconstruisant les services publics, en programmant la réduction de la valeur de la force de travail, en promouvant la concurrence entre travailleurs au prix de l'essor des conflits identitaires, en pilotant le surendettement des pauvres, ce moyen de domination nouveau, en encourageant le sur enrichissement des riches, en développant un individualisme cynique et sans pitié, en ouvrant les vannes de sa démesure. On a un bon exemple de cette gouvernance surdéterminée par la domination de la finance avec les institutions et les mécanistes anti-démocratiques qui structurent la Communauté Européenne autour de l'euro et font d'elle la sainte Alliance du Monstre capital béni par les Eglises chrétiennes. Cette Sainte Alliance de l'Argent devient criminelle structurellement et le capitalisme en est délégitimé. Ce qui a été infligé à la Grèce devrait servir d'avertissement quant au futur qui menace
Les Etats sont ainsi conduits à organiser eux-mêmes, à l'insu de leur plein gré, leur propre dénationalisation. Ce phénomène est lui aussi inédit et il n'annonce nul cosmopolitisme éthico-politique. Il s'inscrit dans la guerre économique à mort pour la conquête des marchés. Il tend à quasi étatiser de nouvelles puissances, comme l'Europe, et il n'exclut aucune guerre ouverte pour le contrôle des ressources décisives. La démocratie, tant vantée, qui repose sur le principe de la souveraineté d'un peuple nationalement déterminé entre dans une crise irréversible. Les exécutifs transnationaux et les réseaux armés des puissances de l'information exercent une dictature sans précédent et réduisent le champ d'action des parlements nationaux. L'idée de souveraineté populaire éclate et se dilue. L'idée de peuple souverain à laquelle nous sommes attachés depuis la révolution française se délite. Ce processus est aggravé par le refus des castes dirigeantes à unifier dans la même citoyenneté nationale interculturelle, dans le même territoire "national", les diverses fractions qui coexistent : résidents citoyens nationaux, résidents non nationaux, transitoires ou permanents. SI la souveraineté populaire a toujours été une fiction efficace fondatrice, aujourd'hui elle se défait dans la dé-fiction d'une nation dénationalisée et impuissante à s'élargir. Comment alors réinventer une démocratie alors que nous vivons une dé-démocratisation autoritaire désappropriant les citoyens et les sujets de tout pouvoir ? Comment non pas tant refaire LE peuple, mais faire DU peuple ? C'est cette question que masque le débat manipulé sur le populisme.

(1) Antonio Gramsci (1891-1937). Philosophe, journaliste, homme politique, fondateur du parti communiste italien en 1924, emprisonné en 1926 par Mussolini.

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Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Europe supranationale, #Politique étrangère

30 juillet 2014.

Ukraine – En vrac (30-07)

Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

Il dit avoir vu des impacts ressemblant à des traces de mitraillage… (cf à 6’00 sur la vidéo), Source : CBS.ca

Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17
Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17
Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

Le reportage de la BBC est revenu

Eyewitness #1: There were two explosions in the air. This is how it [the plane] tore apart. And it [the remains of the plane] flew off to the sides [gesturing with hands in two opposite directions].
Eyewitness #2: And nearby there was one other airplane, a military one, everyone saw.
Eyewitness #1: Yes, yes. It was going lower, because it could be seen. It was going below the passenger plane.
Eyewitness #3: There were sounds of an explosion. But they were in the sky. Then this plane turned around sharply like this [gesturing with her finger], changed trajectory, and flew in that direction [showing the direction with her hand].

Source : Mish

L’armée russe combat en Ukraine – selon le Monde…

Du lourd sur LeMonde.fr

Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

Ahh, on reprend donc les propos du cofondateur du Parti National social d’Ukraine, tout va bien…

Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

Donc aucune info solide , en fait – pas grave !

Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

Euh, ou une bombe à bord, ou un missile air-air, ou un mitraillage par avion, ou un missile sol-air de l’armée ukrainienne, etc…

Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

Des combats on éclaté avec l’ARMEE RUSSE à coté de l’avion ?

Ukrainien parlant russe, Russe, ça change quoi après tout ?

P.S. question : il faut avoir fait des études pour bosser au Monde ?

Washington et l’UE frappent sévèrement l’économie russe – Le Nouvel Observateur

Les Etats-Unis imposent de nouvelles sanctions dans des secteurs-clés de l’économie russe : l’énergie, l’armement, et la finance.

Le président américain, Barack Obama, a annoncé mardi 29 juillet, dans la foulée des Européens, une série de sanctions économiques contre la Russie, accusée de déstabiliser l’est de l’Ukraine.

Cette prise de parole est intervenue quelques heures après l’annonce, à Bruxelles, d’une série de mesures pour bloquer l’accès aux marchés financiers européens des entreprises et banques russes et interdire toute nouvelle vente d’armes et de technologies sensibles dans le domaine de l’énergie.

Déplorant que la Russie s’isole de la communauté internationale “après des décennies de réels progrès”, Barack Obama a souligné que cette situation n’était pas inéluctable : “C’est un choix que la Russie et le président [Vladimir] Poutine en particulier ont fait”.

“Ce n’est pas une nouvelle guerre froide”, a-t-il cependant estimé. “C’est un problème très spécifique lié à l’attitude de la Russie qui refuse de reconnaître que l’Ukraine peut suivre sa propre voie”.

L’UE accentue les sanctions

L’Union européenne a durci sa position depuis le crash mi-juillet d’un avion malaisien dans l’est de l’Ukraine, attribué à un tir de missile par les séparatistes prorusses. Ce drame, qui a coûté la vie à 298 personnes dont près de 200 Néerlandais, a poussé les Européens à frapper l’économie russe et à passer à la “phase 3″ de leurs sanctions.

C’est vrai ça, pourquoi attendre les résultats de l’enquête ?

L’Ukraine assassine des civil dans l’Est, Israël assassine des civils à Gaza, Donc la Russie est sanctionnée – logique.

Valeurs européennes 2.0

Les capitales ont bataillé ferme pour que l’impact des sanctions sur leurs économies soit “aussi équilibré que possible”, a affirmé le Premier ministre finlandais Alexander Stubb.

Pour le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ces sanctions constituent un “avertissement fort”. “La déstabilisation de l’Ukraine ou de tout autre pays voisin aura des coûts énormes pour l’économie russe”, a-t-il averti. “Nos appels sont restés lettre morte [...] les armes et les combattants continuent d’affluer en Ukraine depuis la Russie”.

“Inévitable”

Ce geste était “inévitable”, a estimé pour sa part la chancelière allemande, Angela Merkel, qui a appelé le pouvoir russe “à emprunter la voie de la désescalade et de la coopération”.

Pour Barack Obama, le fait que les Européens, qui ont des liens économiques étroits avec la Russie, aient adopté ces mesures, démontre que “la patience de l’Europe vis-à-vis du président Poutine, dont les mots ne sont pas suivis d’actes, s’effrite”.

Le Trésor américain a précisé que les Etats-Unis interdisaient désormais aux Américains d’effectuer certaines transactions impliquant des financements sur le long terme avec la VTB, deuxième banque de Russie, la Banque de Moscou, qui est une de ses filiales, ainsi que la Banque agricole russe.

Ca, c’est vraiment très dangereux pour le système financier international

La vente de Mistral à la Russie épargné (sic.)

Les mesures prises par l’Europe ne seront pas rétroactives dans le domaine de la défense, permettant à la France d’honorer son contrat de vente de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie, au grand dam de pays comme la Lituanie, en faveur de la méthode forte à l’encontre de Moscou.

Les Européens ont également décidé de bloquer les avoirs de huit personnes, dont quatre hommes d’affaires russes proche du président Poutine, accusés de bénéficier de l’annexion de la Crimée ou de soutenir activement la déstabilisation de l’est de l’Ukraine. Leur identité sera connue mercredi.

Le site de l’accident d’avion inaccessible

Pour le troisième jour d’affilée, les experts néerlandais et australiens ont renoncé mardi à se rendre sur les lieux de l’accident où demeurent débris et dépouilles, chaque jour qui passe rendant l’enquête sur la catastrophe aérienne plus compliquée.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a appelé le président ukrainien Petro Porochenko pour demander l’arrêt des combats près du site, qui constituent, selon Moscou, une violation de la résolution votée à l’ONU après le drame du vol MH17.

Les militaires ukrainiens ne mènent aucun combat sur la zone de la catastrophe. Cette zone est bloquée par les terroristes”, s’est défendu un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko.

Il a cependant ajouté que les forces ukrainiennes faisaient “tout leur possible pour libérer cette zone” et indiqué que dix militaires ukrainiens avaient péri au cours des dernières 24 heures.

OB : le journaliste se rend-il vraiment compte de ce qu’il écrit ?

Sur le plan diplomatique, le président ukrainien a proposé de tenir des pourparlers jeudi à Minsk avec la Russie concernant la situation dans l’Est de l’Ukraine et l’accès au site du crash.

Source : Le Nouvel Observateur

Papier de Libération dans la même veine : Sanctions : le tardif réveil de l’Europe

Après des mois de tergiversations et pour la première fois depuis le début de la crise en Ukraine, l’Union européenne prend des sanctions d’envergure contre la Russie. ”

«Les dirigeants européens sont conscients des risques de représailles mais ils ont fait les arbitrages après un acte impardonnable et la manière dont il a été géré par le président Poutine», a expliqué un diplomate évoquant le crash du Boeing de la Malaysia Airlines abattu par un missile tiré par les séparatistes.”

“Dès lundi, François Hollande, Angela Merkel, David Cameron et Matteo Renzi, en liaison avec Barack Obama, avaient opté pour la ligne dure. Leur poids a permis d’emporter la décision malgré quelques tiraillements au sein des Vingt-Huit, partagés entre d’un côté des pays de l’Est (comme la Pologne ou les Baltes) depuis longtemps partisans de la fermeté, et d’autres plus prudents, inquiets des contrecoups, notamment sur leur approvisionnement en gaz.

Le crash du vol MH 17 a été déterminant dans ce changement. «Cet acte de guerre a obligé les Occidentaux à constater que ce qui se déroule dans l’est de l’Ukraine est bien une guerre, une vraie guerre», note François Heisbourg, conseiller spécial du président de la Fondation pour la recherche stratégique. Les preuves à l’encontre des rebelles prorusses sont accablantes et les responsabilités du pouvoir russe aussi. «Lorsque l’on arme des voyous, on ne doit pas être surpris que ceux-ci se comportent comme des voyous», résumait la semaine dernière l’ambassadeur français à l’ONU, Gérard Araud. Des puissances européennes restées longtemps réticentes, comme l’Allemagne, craignant les conséquences économiques d’un bras de fer avec Moscou, ont basculé, y compris sous la pression de leur propre opinion publique. Selon un sondage publié par l’hebdomadaire Der Spiegel, quelque 52% des Allemands sont désormais favorables à des sanctions plus dures «même si cela détruit des emplois». Les milieux d’affaires se sont résignés.”

Bravo, en effet, plus personne ne va tergiverser : bon courage !

Les Russes ont connu bien pire, on parle ici de leur sécurité, ainsi que d’une humiliation nationale, ils sont soudés derrière un vrai leader populaire – ils ont donc des capacité d’acceptation infiniment supérieures aux nôtres, bon courage alors pour le conflit économique, face à nos pays émasculés…

Ca se passe comme ça en Ukraine de l’Est

29/07 :

28/07 : 5 octogénaires tués à Lougansk (Ils ne pourront plus donner de coups de parapluie…) :

Gorlivka bombardée :

Le résultat ici, mais je vous déconseille de cliquer si vous n’avez pas le coeur bien accroché. Si oui, vous avez l’avant / après ici)

Longue vidéo, IMAGES TRES DURES :

Mais ça va, on sanctionne la Russie…

Témoignage de Michael Bociurkiw, un des premier experts de l’OSCE sur le site du MH 17

“Le jeu dangereux de Poutine” – on croit rêver…

17 réponses à Ukraine – En vrac (30-07)

http://www.les-crises.fr/ukraine-en-vrac-30-07/#!prettyPhoto

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« Les sanctions contre Poutine renforcent le nationalisme russe », par Vladimir Fédorovski.

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Europe supranationale, #Politique étrangère

30 juillet 2014.

« Les sanctions contre Poutine renforcent le nationalisme russe », par Vladimir Fédorovski

Intéressant article d’un opposant à Poutine dans Le Figaro

FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’Union européenne a décidé de nouvelles sanctions pour punir la Russie de son soutien aux séparatistes ukrainiens. Pour l’écrivain Vladimir Fédorovski, ces mesures ne font que renforcer Poutine et la haine de l’Occident.

Vladimir Fédorovski est un écrivain russe d’origine ukrainienne, actuellement le plus édité en France. Diplomate, il a joué un rôle actif dans la chute du communisme, il fut promoteur de la perestroika puis porte-parole d’un des premiers partis démocratiques russes. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Russie mythique, et dernièrement un essai sur Poutine intitulé Poutine, l’itinéraire secret, (Editions du Rocher, 2014). Il présente actuellement en France un spectacle de théatre total intitulé Les mystères de Saint -Petersbourg .

Figarovox: Pour la première fois depuis le début de la crise, l’Union Européenne prend des sanctions d’envergure pour punir la Russie de son soutien aux séparatistes ukrainiens: blocage des ventes d’armes, de l’accès aux marchés financiers, gels des avoirs financiers de plusieurs oligarques proches de Poutine… Ces sanctions sont-elles efficaces? Peuvent-elles faire plier Poutine?

Vladimir Fédorovski: La question des sanctions est celle de leur efficacité. Or je crois que ces sanctions n’auront pas l’effet escompté. Historiquement, j’ai été un des premiers à critiquer Poutine. Mais on est là dans l’esprit de confrontation tel que développé par Obama lors du discours de West Point où il parlait «d’isoler la Russie». Il aurait pu dire «isoler Poutine», mais en disant «isoler la Russie» il a commis une erreur. Une erreur de néophytes diplomatiques qui constitue une offense pour la Russie. La haine ne fait pas une politique.

Poutine a-t’il les moyens de mettre en place des représailles qui pourraient diviser les pays de l’UE?

Poutine va répondre, c’est évident! Aujourd’hui il a déjà commencé à bloquer l’importation de légumes d’Ukraine et de Moldavie. Les Russes vont souffrir, c’est certain, et perdent peut-être jusqu’à 20% de leur revenu.

Le pari de Washington et Bruxelles, serait d’affaiblir l’économie russe pour retourner l’opinion et les oligarques contre Poutine, et à terme, d’obtenir un changement de régime. Cela vous parait-il réalisable?

Poutine a 91% d’avis favorables pour sa politique en Ukraine. L’esprit de confrontation n’aura d’autres résultats que de renforcer Poutine. Oui, l’économie russe va souffrir, peut-être perdre 4% de croissance. Cela va casser la croissance allemande aussi et peut-être même européenne. Mais ce que les Occidentaux ne comprennent pas, c’est que les Russes ont l’habitude de souffrir. C’est un peuple triplement martyr: par les communistes (25 millions de morts), dans la guerre contre le nazisme (25 millions de morts) et la bêtise russo-occidentale de 1991-92 (1800% d’inflation, une économie démantelée).

Oui, l’économie russe va souffrir, peut-être perdre 4% de croissance. Mais ce que les Occidentaux ne comprennent pas, c’est que les Russes ont l’habitude de souffrir.

Cette volonté d’humilier la Russie ne risque-t-elle pas d’exacerber les tensions?

Les sanctions sont géopolitiquement contre-productives et moralement inacceptables. Plus l’Occident punit la Russie, plus le nationalisme russe en sort renforcé. Aujourd’hui, Poutine se retrouve piégé par la pression nationaliste, et apparait comme un modéré sur l’échiquier politique russe. L’opposition, bousillée, a été réduit à la dissidence.

L’opinion russe est-elle en train de se retourner contre l’Occident?

Les Russes sont aujourd’hui dans une mentalité post-versaillaise, comme les Allemands entre les deux guerres. Ils ont le syndrome de la citadelle assiégé, sont persuadés d’un complot occidental visant à leur nuire. Résultat: on a un retour esthétique, mental de l’URSS et de ses valeurs, qui aboutit à une négation de la réalité pro-

Les sanctions sont géopolitiquement contre-productives et moralement inacceptables.

occidentale de la classe moyenne russe qui était en train de naitre. Cela aura des répercussions en France, et pas qu’à Cannes et aux Galeries Lafayette!

Les russes sont de plus en plus antioccidentaux, et c’est une tragédie. Quand j’étais sur le char avec Elstine lors du putsh de 1991, l’opinion russe était à 90% pro-occidentale. Les Américains vivent sur l’illusion qu’ils ont gagné la Guerre Froide, mais c’est faux! C’est nous qui avons tué le communisme!

Le risque n’est-il pas, à terme de pousser la Russie dans les bras de la Chine et de l’Asie qui seront autant d’alliés et de marchés de substitution?

Bien sûr! La rupture historique avec Tchaïkovski, Dostoïevski et Tolstoï, cette Russie qui s’est construite en relation avec l’Europe, va pousser la Russie à faire une alliance économique avec la Chine , des alliances militaires avec les chiites (Iran).

La diplomatie américaine d’aujourd’hui n’est pas un chef d’œuvre de compétence. Obama a déclaré en juin que le monde n’avait jamais été aussi peu violent («The world is less violent than it has ever been»)! Un tel déni de réel, on dirait du Brejnev! Le monde n’a jamais été aussi dangereux!

Dans ce contexte international, si la Russie est repoussé dans son coin, il y aura des répercussions dans d’autres crises, notamment au Proche Orient. La Russie était un allié sûr en Orient. La vocation historique, civilisationnelle, et géopolitique de la Russie est d’être l’allié objectif de l’Occident contre l’islamisme radical.

Alors, quelle solution pour apaiser les tensions?

Je voudrais que se poursuive ce qui avait été ébauché lors de la rencontre pour la commémoration du Débarquement. «L’esprit de Normandie», cette diplomatie du dialogue qu’avait initié François Hollande était une attitude diplomatique plus intelligente que l’esprit de confrontation d’Obama.

L’urgence en Ukraine n’est pas politique, mais économique. Il faut absolument trouver 35 milliards d’euros pour sauver l’Ukraine avant l’automne où celle-ci basculera définitivement dans le chaos. Le magnat du chocolat Petro Porochenko doit trouver la force de se transformer en Nelson Mandela ukrainien pour apaiser les tensions, et permettre à nouveau aux deux Ukraine de coexister après cette guerre civile.

« Les sanctions contre Poutine renforcent le nationalisme russe », par Vladimir Fédorovski.

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Ukraine - Avion MH17 Malaysian - missiles et accusations.

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Europe supranationale

Ukraine - Avion MH17 Malaysian - missiles et accusations

Un expert un jour, un autre expert le lendemain qui remet en cause les explications plus ou moins techniques du premier, une hystérie entretenue par les propagandistes de Euromaïdan, des combats de tweets et de comptes Facebook usurpateurs, des enregistrements hétéroclytes rassemblés qui ne prouvent rien, beaucoup de choses ont été annoncées ces dernières 24 heures suite à la tragédie du vol MH17. Alors que cet avion de ligne survolait les zones où les combats étaient de la plus haute intensité, quels sont les faits palpables, les accusations et rétractations de la part des gouvernements et "experts"?

https://www.youtube.com/watch?v=F9XZhiwo7I0&index=4&list=UU-R4RhxWho7NYP10QEmxv0g

Notons qu'en France, il y a quelques semaines, de nombreux experts et expertes étaient déjà venus nous apprendre l'Ukraine. Jugez-en par vous-mêmes:
http://www.youtube.com/watch?v=cE5zJ7...

Toute la crise ukrainienne censurée depuis plusieurs mois, jusqu'à la date de cette tragédie:
http://www.youtube.com/playlist?list=...
http://www.les-crises.fr/ukraine/

Note du 28/07:
Depuis hier nous sommes repassés en mode: mensonge conscient. Les médias mainstream français (jusqu'alors simplement "orientés") reviennent au mode opératoire d'il y a deux mois (avant la période de black-out). De très bons billets à ce sujet, ici:
http://www.les-crises.fr/mh17-4-enorm...
http://www.les-crises.fr/mh17-une-enq...
http://www.les-crises.fr/travail-coll...
http://www.les-crises.fr/medias-le-n-...
http://www.les-crises.fr/mh17-suite/
http://www.les-crises.fr/et-pendant-c...
http://www.les-crises.fr/le-drame-aer...
http://www.les-crises.fr/theorie-avio...
http://www.vineyardsaker.fr/2014/07/2...

Article du "Star" (presse malaisienne en Anglais) contre-disant les mensonges ignobles d'Antoine Giniaux (France Inter) à propos du comportement des séparatistes envers les experts malaisiens: http://www.thestar.com.my/News/Nation...

Autres chaînes Youtube à visiter traitant de la crise ukrainienne:
http://www.youtube.com/channel/UCAR5R...
http://www.youtube.com/user/cyborg0071

https://www.youtube.com/watch?v=F9XZhiwo7I0&index=4&list=UU-R4RhxWho7NYP10QEmxv0g

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Est Ukraine - 17 Juillet, avant, après, cessez-le-feu et mensonges.

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #La nation ., #L'OTAN., #Europe supranationale

Est Ukraine - 17 Juillet, avant, après, cessez-le-feu et mensonges.

Avant, après, tout autant que ce jour du 17 juillet où l'Est de l'Ukraine a réapparu subitement sur les écrans TV, les forces de Kiev n'ont jamais amorcé de quelconque cessez-le-feu. Ca ne les a pas empêchés de reprocher aux séparatistes, et même à la Russie (sensée donc diriger l'Ukraine?) de gêner les enquêteurs sur les lieux du crash de l'avion de Malaysian Airlines.

Vous verrez que rien n'est terminé et que l'accident ne sera qu'une raison de plus pour les soutiens de Kiev (l'UE et les USA) pour attiser la guerre tant que la Russie se refuse à intervenir.

https://www.youtube.com/watch?v=nhDwI6KebT4&list=UU-R4RhxWho7NYP10QEmxv0g#t=542

Vous verrez que rien n'est terminé et que l'accident ne sera qu'une raison de plus pour les soutiens de Kiev (l'UE et les USA) pour attiser la guerre tant que la Russie se refuse à intervenir.

Toute l'actualité censurée sur l'Ukraine:
http://www.youtube.com/playlist?list=...
http://gaideclin.blogspot.fr/
http://www.les-crises.fr/ukraine/

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Ukraine - les enfants de la guerre. Soudain notre vie a changé... (vidéo)

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La nation ., #La mondialisation

samedi 12 juillet 2014

Ukraine - les enfants de la guerre. Soudain notre vie a changé... (vidéo)

Ukraine - les enfants de la guerre. Soudain notre vie a changé... (vidéo)

Les enfants dessinent et jouent à ce qu’ils voient dans la vie qui les entoure.

 

«Les enfants de guerre» dessinent la guerre.

Nous vous présentons ce dessin animé créé du 3 au 5 juillet 2014 par les enfants habitant le camp de réfugiés ukrainiens, qui se trouve en Russie, sur le site d’un camp de colonie de vacances «Pioner» de la région de Rostov.

 

 

 

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Des milliers d’Israéliens manifestent à Tel Aviv CONTRE LA GUERRE à GAZA.

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Politique étrangère, #Palestine libre, #La mondialisation

Mercredi 30 juillet 2014

Des milliers d’Israéliens manifestent à Tel Aviv CONTRE LA GUERRE à GAZ

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Par El Diablo

http://www.communcommune.com/article-des-milliers-d-israeliens-manifestent-a-tel-aviv-contre-la-guerre-a-gaza-124258281.html

Des milliers d’Israéliens manifestent à Tel Aviv CONTRE LA GUERRE à GAZA.

Des milliers d’Israéliens manifestent à Tel Aviv contre la guerre

à Gaza, répondant à l'appel des communistes et des pacifistes

Communiqué du Parti communiste d’Israël

Traduction ML pour vivelepcf et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Autour de 7000 Israéliens ont manifesté samedi 26 juillet 2014 contre la guerre à Gaza sous le mot d’ordre : « Assez de morts – La paix maintenant entre Israéliens et Palestiniens ».


Le rassemblement s’est déroulé sur la place Rabin dans le centre de Tel Aviv. Parmi les slogans clamés par les manifestants : « Arrêtez la guerre ! », « Retour des soldats à la maison ! » ou « Juifs et Arabes refusent d’être des ennemis ».


Plusieurs personnalités ont pris la parole dont le député Dov Khenin [de la coalition Hadash], un ancien combattant de l’association « Combattants pour la paix », Yifat Solel, représentant du « forum anti-occupation » du parti Meretz, le professeur Eva, président de l’académie des arts décoratifs Bezalel, Odeh Bisharat, écrivain et ancien secrétaire du Hadash, le docteur Julia Chaitlin, professeur au collège académique Sapir de Sderot, qui habite dans le kibboutz Urim, à proximité de Gaza. Alon-Lee Green, membre du Comité central du Parti communiste d’Israël et responsable syndical, présentait les intervenants.


La chaîne de télévision Channel 2 a remarqué que le parti sioniste de gauche, Meretz et l’association « La Paix maintenant » n’étaient pas présentes en tant que tels.


Ben Kfir, du « cercle des parents », dont la fille a été tuée dans un attentat suicide du Hamas en 2003, a également pris la parole. Il a contredit l’affirmation du gouvernement selon laquelle il n’y aurait pas de partenaire avec qui faire la paix parmi les Palestiniens.


Les intervenants ont critiqué l’attitude du gouvernement qui refuse les négociations de paix. Et qui ne connaît d’autre politique que la guerre. Les manifestants ont réclamé la fin de l’occupation et du siège de Gaza. Ils ont allumé des bougies en mémoire des victimes.


De l’ordre de 300 contre-manifestants d’extrême-droite ont essayé de saboter le rassemblement. Un important cordon de police enserrait la place pour séparer les deux camps. 8 personnes ont été arrêtées.


On pouvait lire dans l’appel à la manifestation :


« Samedi, le camp de la paix se rassemble place Rabin. Le tribut payé à la guerre est lourd en vies, en blessures des deux côtés, en destruction et horreur, sous les bombes et les roquettes. Nous réagissons en nous rassemblant et en portant cette exigence : « Arrêtez la guerre maintenant ! ».


« Nous devons arrêter la guerre et entamer les discussions avec les dirigeants palestiniens reconnus de Cisjordanie et de Gaza pour mettre fin à l’occupation et au blocus et pour arriver à l’indépendance et à la justice pour les deux peuples, israélien et palestinien. »


« Au lieu, encore et encore, d’ajouter des guerres et des actions militaires aux guerres et actions militaires, il est temps d’ouvrir la voie au dialogue et à un règlement politique. Il y a une solution politique. Quel prix devrons nous encore payer, population du Sud et de l’ensemble d’Israël, population de Gaza et de Cisjordanie, avant d’arriver à cette solution ? Ensemble, Juifs et Arabes, nous allons surmonter l’occupation et la guerre, la haine et le racisme et nous allons ouvrir un chemin pour la vie et pour l’espoir. »


Vidéo du rassemblement :

http://www.youtube.com/watch?v=85mbQ-gnUQE

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L'union européenne c'est la guerre avec l'OTAN

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Europe supranationale

L'union européenne c'est la guerre avec l'OTAN

Une vidéo intéressante.

https://www.youtube.com/watch?v=2st9BVIR1b4

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La Géorgie, comme la Moldavie, signera un accord d’association avec l’UE le 27 juin.

30 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Ecole, #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation .

La Géorgie, comme la Moldavie, signera un accord d’association avec l’UE le 27 juin

Repris sur le site des moutons enragés.

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/05/14/la-georgie-comme-la-moldavie-signera-un-accord-dassociation-avec-lue-le-27-juin/

Avec ces deux entrées dans l’Union Européenne, on continue dans la stratégie des chaines décrite par François Asselineau dans sa conférence A VOIR ABSOLUMENT: « Qui dirige la France et l’Union Européenne« . Lorsque l’Europe était composée de 12 pays, les décisions étaient difficiles à prendre puisqu’il fallait que les 12 tombent d’accord, chacun y voyant ses propres intérêts avant tout, alors imaginez maintenant, en plus du fait qu’une crise majeure touche le continent, et que les lobbys se montrent toujours plus agressifs et puissants. Deux nouvelles entrées, mais pour quel résultat au final?

La Géorgie, comme la Moldavie, signera un accord d’association avec l’UE le 27 juin.
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