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Le blog de Lucien PONS

Macron l’éborgneur” : il est allé trop loin, il doit partir. Par Frédéric Lordon

31 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

Macron l’éborgneur” : il est allé trop loin, il doit partir. Par Frédéric Lordon

Frédéric Lordon, comme toujours a trouvé les bons mots.

Il est clair que le gouvernement a sciemment décidé de continuer à utiliser des armes dangereuses, que la plupart des autres polices européennes n’utilisent pas dans ce contexte.

Et que tout est fait pour faire peur aux gens, afin de les dissuader de manifester.

Source : Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon, 28-01-2019

William Blake. — « Nebuchadnezzar » (Nabuchodonosor), gravure de 1795.

La vidéo tournée d’un immeuble en hauteur plonge sur une cour de récréation du 19e arrondissement d’où monte un grand cri scandé : « Macron démission ! Macron démission ! ». Ce pouvoir est devenu l’objet du lazzi des enfants. Normalement un régime qui en est là ne connaît plus qu’une forme ou une autre de sursis.

On ne spéculera pas plus que ça sur le sens politique des petits. Davantage sur le degré auquel le pays est imprégné de la détestation du monarque pour que les mioches en aient capté quelque chose. En tout cas, les petites éponges de cour de récré ne se trompent pas : il est haï. Et pour des raisons écrasantes, incontestables, dont la gravité ne cesse d’ailleurs de croître. Dans la série graduée des actes par lesquels un souverain en vient à perdre sa légitimité, le point maximal est atteint quand il prend le parti de constituer sa population en ennemie, et par conséquent de lui faire la guerre. Nous en sommes là, littéralement. Déployer des blindés en ville, équiper les forces de police de fusils à pompe, et même de fusils d’assaut, infliger aux manifestants des blessures… de guerre, c’est bien être en guerre. Du reste, s’il en est à prévoir des plans d’exfiltration des ministres et à prépositionner un hélicoptère pour évacuer l’occupant de l’Élysée, c’est que ce régime lui-même ne s’illusionne pas tout à fait quant à la réalité de ses rapports avec « sa » population.

En vérité, ce pouvoir est symboliquement à terre. Il a franchi un à un tous les seuils du discrédit, et puis ceux du scandale. Il ne lui reste plus que la force armée pour contenir la contestation. Et, pour tenir le reste, celle des répétiteurs médiatiques qui s’acharneront jusqu’au bout à soutenir qu’élu régulièrement, haut la main ajouteront même les plus bêtes ou les plus oublieux des conditions réelles de son élection, il est entièrement « légitime ». Nous apprenons donc de leurs bouches autorisées qu’un dirigeant, pour peu qu’il ait satisfait à une comédie électorale entièrement truquée, peut parfaitement mutiler ses opposants, envisager de leur faire tirer dessus au fusil d’assaut — une image que, pour tout leur récent bon vouloir, les médias n’ont pas encore trouvé le temps de montrer —, s’engager dans des voies juridiques proto-totalitaires, sans que sa « légitimité » soit le moins du monde remise en question.

En vérité, ce pouvoir est symboliquement à terre. Il a franchi un à un tous les seuils du discrédit, et puis ceux du scandale. Il ne lui reste plus que la force armée pour contenir la contestation.

Malheureusement, ces verdicts de légitimité ne valent pas mieux que la légitimité de ces véridicteurs. Or, de ce côté non plus la situation n’est pas fameuse. On n’en finit pas, par exemple, de contempler les étonnants renversements qui conduisent l’éditocratie à trouver horrifiant ici ce qu’elle trouvait admirable là, et réciproquement. « Qu’ils dégagent ! » en Tunisie : magnifique ; « Macron démission ! » : foule haineuse. Place Tahrir : printemps arabe ; Place de l’Étoile : hordes de casseurs. Crémation des statues de Chávez : peuple en lutte ; parodie de guillotine pour Macron : extrémistes violents. Police poutinienne : dictature ; police macronienne : ordre républicain.

À ce sujet, précisément, Bloomberg, organe bien connu pour ses sympathies révolutionnaires, titre ceci : « La réponse de Macron aux “gilets jaunes” fait paraître Poutine modéré en comparaison (1) ». On voit d’ici le tableau sauter dans les têtes de Laurent Joffrin ou Jérôme Fenoglio, les soudures qui se défont, les écoulements de matière cérébrale par les oreilles : comment se peut-il ? Poutine, pourtant le nom propre de la tyrannie ? Macron pire ? C’est impossible. Logiquement, pas un média français n’en parlera. Ordinairement très préoccupés du prestige international de la France, des regrettables dommages que peuvent lui causer d’irresponsables mouvements de grève de fonctionnaires, pas un n’a rapporté la stupéfaction de la presse anglo-saxonne qui observe, médusée, le devenir néofasciste du macronisme. Ni, symétriquement, le fait que le gilet jaune est devenu une sorte de symbole international, adopté par tous ceux qui sont en lutte, où l’on pourrait trouver de quoi nourrir une certaine fierté — question de point de vue, sans doute.

Voilà en tout cas où en sont encore les diseurs de légitimité. Obstinés à maintenir qu’un pouvoir en guerre contre sa population n’en est pas moins tout démocratique. Car c’est là le propre de l’inconséquence médiatique qui, après avoir occulté les violences policières pendant deux mois, se met d’un coup à en parler, d’ailleurs plus sous l’effet de l’emballement mimétique que d’un quelconque retour de conscience, mais pour n’en tirer aucune conclusion substantielle. La « démocratie » fait la guerre au-dedans, elle s’apprête, sous les approbations de l’extrême droite, à passer une loi de musèlement de toute forme de contestation, mais ça ne pose pas le moindre problème de principe. Si bien qu’on peut continuer d’en appeler au « Grand débat » au nom de « la démocratie » même, comme de juste. Pendant que, samedi après samedi, les hôpitaux se remplissent. Et que les tribunaux débordent.

Il s’agit donc maintenant de faire savoir à ce pouvoir qu’il est trop tard, beaucoup trop tard. En fait même, que c’est fini. Pour cette raison toute simple qu’on ne parle pas avec des institutions qui, après avoir fait pendant trois décennies la démonstration constante de leur absolue surdité, sont désormais de fait passées au stade militaire (grenades au TNT, blindés, fusils d’assaut : stade militaire). Et dont on ne voit pas par quel soudain accès de sincérité, elles se seraient miraculeusement converties à « l’écoute ».

On pense au misérable QCM gouvernemental, à ses lignes déjà toutes tracées (« Baisser le taux d’impôt sur les sociétés à 25% », « Rendre la fiscalité du capital comparable à celle des autres pays européens pour stimuler l’investissement, y compris en supprimant l’ISF »), à sa manière toute particulière de poser les questions Identifier le type de dépenses publiques à baisser », « Faut-il supprimer certains services publics ? »),bref à cette parfaite ouverture du débat ouvert (2). On pense aussi à ce qu’écrit Éric Vuillard dans sa Guerre des pauvres (il s’agit de la révolte paysanne emmenée par Thomas Müntzer dans l’Allemagne du XVIe siècle) : « C’est alors que le duc Albert de Mansfeld entama des négociations. Il fallait que ça traîne en longueur, afin de démoraliser l’adversaire et de gagner du temps. La négociation est une technique de combat (3) ». Et il faudrait aller « dialoguer » dans ces conditions ?

Pour l’éditorialiste du Monde, la réponse ne fait pas de doute. « L’ultraviolence » de ceux qui veulent « attaquer la République (…), voire renverser le gouvernement (…) est la négation de la tolérance et du débat (…), [l’]ennemie de la démocratie ». Ici la revue de détail est complète : il ne manque pas un recouvrement, pas une escroquerie nominale, pas une fausse position de problème — tout n’est-il pas d’ailleurs joué quand le texte s’intitule « Gilets jaunes : la violence ou le débat » ? Il est vrai qu’il date énormément, du 7 janvier, une éternité, une époque en tout cas où Le Monde ne s’était pas encore aperçu qu’il y avait des violences policières. Ni ne savait comment on organise les « Grands débats ». Au demeurant, maintenant il le sait et, visiblement, ça ne change pas grand-chose à sa manière de concevoir « la tolérance et le débat » — on aura même sous peu l’occasion de mesurer quel degré de pantomime Le Monde est capable d’endosser pour maintenir la fiction de la démocratie (élevé, pressent-on).

En tout cas, nous savons que, dans une tête d’éditorialiste du Monde, la politique ne connaît qu’un état possible : « le débat », à part bien sûr son opposé maléfique : « la violence ». Qu’on doive débattre, soit pour trancher des différences de troisième ordre au milieu des questions écrites par le gouvernement, soit à la rencontre des LBD, ça n’ôte rien, aux yeux du Monde, de sa qualité de débat au « débat ». La « démocratie » a les défenseurs qui lui correspondent exactement.

Hormis la philosophie d’éditorialiste et les scénographies présidentielles aimablement relayées par les chaînes d’information en continu, ça n’est pourtant pas ainsi que les « gilets jaunes » l’entendent. Assez logiquement, les institutions présentes, et celui qui en incarne les tares au plus haut point, récupèrent aujourd’hui la fin de non-recevoir appelées par leurs propres fins de non-recevoir administrées pendant trente ans. On peut autant qu’on veut ripoliner de « démocratie » des institutions sous prétexte qu’elles pratiquent l’élection, et de temps en temps la parlote, sans que cela suffise à en faire des institutions démocratiques.

En fait, les institutions de la surdité organisée finissent toujours par recueillir l’émeute, et c’est dans l’ordre des choses. Un certain philosophe écrit ceci dans un de ses traités politiques : « Les séditions, les guerres, le mépris ou la violation des lois doivent être imputées, c’est certain, non tant à la méchanceté des sujets qu’au régime vicieux de l’État (4) ». Et telle est bien, à l’os, la seule conclusion valide à tirer des événements actuels : ils ont pour cause que le régime de l’État est vicieux.

En fait, les institutions de la surdité organisée finissent toujours par recueillir l’émeute, et c’est dans l’ordre des choses.

Parfois aussi, c’est sous la forme la plus innocente que se laisse découvrir la vérité : un syndicaliste policier, invité de l’émission d’Arrêt sur images (5), exprime avec une désarmante candeur son désarroi : « Les manifestants ne jouent plus le jeu ». C’est tellement complet, tellement profond, que c’en est vertigineux. En un mot, tout est dévoilé. La pantomime démocratique-sociale, c’était un jeu. Vous faites semblant de demander, nous faisons semblant d’écouter — n’oubliez pas de vous munir de vos merguez, et soyez rentrés pour 18 heures. Incidemment, le syndicaliste policier nous apprend que dans la liste des morts en puissance, on pourrait bien compter, non seulement Macron, les institutions de la Ve République, la presse, mais aussi les confédérations syndicales (au désespoir de leurs bases, souvent admirables) : mortes d’inutilité, pour n’avoir fait trop longtemps que « jouer ». Car voilà la chose enfin dite : Bastille-Nation, c’était un jeu.

Comment s’étonner que, la nullité des médiateurs visible de tous, le jeu de la « médiation » n’ait plus la cote ? Depuis 1995, aucune action revendicative dans la forme réglée de la manifestation n’a rien obtenu — c’est bien plus probablement la part « débordante » du mouvement anti-CPE qui lui a valu son succès. Mobilisation après mobilisation, on a vu monter le « seuil d’écoute » du pouvoir : un million de manifestants, puis un et demi, puis deux, en-dessous de quoi : rien (en fait, au-dessus de quoi, rien non plus). Ce que pour le coup on peut appeler le « minimum syndical » n’a jamais cessé d’être rehaussé. Et les syndicats, qui aiment tant le jeu qu’ils sont prêts à le jouer à n’importe quelle condition, de ramer pour mettre toujours plus de monde dans la rue pour toujours moins de résultat. Une syndicaliste dépitée du SNES admet elle-même : « Depuis la réforme des retraites en 2003, les gens ont intériorisé l’idée que la grève ne servait à rien pour se faire entendre » (6). En effet, dans ces institutions-là, rien ne sert plus à rien pour se faire entendre. Alors, voyons : que reste-t-il pour se faire entendre quand il n’est plus possible de se faire entendre ? — à part la voie des « gilets jaunes ».

De là le policier un peu stupéfait, et ses manifestants qui « ne jouent plus le jeu ». C’est exact : les « gilets jaunes » n’ont plus envie de jouer. Ils ne jouent plus le jeu, pour avoir tout simplement compris cette vérité tautologique que, dans le monde de la surdité institutionnalisée, on ne parle jamais qu’à des murs. Voilà très exactement ce que signifie que « le régime de l’État est vicieux » : délibérément fermé à tout, il ne laisse d’autre alternative que de le souffrir tel quel ou de le renverser. Souffrir : depuis, trente ans, c’est assez. Donc le renverser.

Au stade où nous en sommes, d’ailleurs, il n’est plus seulement question de la surdité des institutions, mais aussi de l’infamie des personnes, qui fait du renversement presque une exigence sanitaire. On dit qu’on connait quelqu’un à ceux dont il fait ses proches. Castaner, Griveaux, Benalla. Benalla, nous commençons à être fixés. Griveaux, on a bien avancé également (7). Non, là c’est Castaner qui fait une percée. « Aucun policier n’a attaqué de “gilets jaunes” », c’était déjà une sorte d’exploit. Ici on se demande : que peut-il se passer dans une tête comme celle de Castaner pour oser ceci quand (normalement) il doit savoir que les réseaux sociaux sont submergés des preuves de son obscénité ? Mais on connait que quelqu’un a atteint le dernier degré de l’ignominie quand ses efforts pour tenter de s’en tirer l’y enfoncent encore davantage : quelques jours après, réflexion faite, « il y a eu des atteintes graves à la vision ». Même France Info, la honte du journalisme, n’osera pas reprendre tels quels les éléments de langage du ministre — il faudra bien parler d’yeux crevés.

On notera que, comme Griveaux, Castaner vient du Parti socialiste. Et c’est comme une sorte de destin historique de la social-démocratie, ou d’une certaine « gauche républicaine », de se rouler dans la honte, depuis Thiers jusqu’à Collomb, en passant par Ebert. Et maintenant Castaner. « On parle de perte d’œil, je préfère ne pas reprendre ce terme-là ». Qu’est-il possible, même à froid, de penser d’un individu comme Castaner ? Qui peut encore lui accorder le moindre respect, à lui, mais aussi à celui qu’il sert, et aux institutions qui maintiennent de tels personnages ?

Yaël Pivet-Braun, la présidente LREM de la commission des lois déclare sur RFI qu’elle « ne croi(t) pas qu’il y ait eu d’abus des forces de l’ordre (8) ». Comment des députés LREM peuvent-ils s’étonner de retrouver murées leurs résidences ou peinturlurées leurs permanences ? Par exemple : vous aviez deux mains, une est arrachée par une grenade qui est une arme de guerre. Là-dessus, vous vous entendez dire qu’il n’y a pas eu d’abus des forces de l’ordre, et même, de TF1, qu’il n’y a aucun blessé grave. Puis Macron ment outrageusement. « Vous êtes le seul pays qui utilise des grenades contre sa population » l’interpellent des étudiants à l’université de Louvain — « Alors là, vous dites n’importe quoi ». Qui niera qu’il y a de quoi avoir des envies de parpaings et de truelle ? — même à une seule main. Et si c’est plutôt votre œil qui a fini dans une poubelle d’hôpital, Castaner préfère ne pas utiliser ce terme-là. On y réfléchit posément, et on se demande : qu’est-ce qu’on peut faire avec ces gens-là ? Y a-t-il quoi que ce soit d’autre à faire que de les chasser ? Peut-être même faudrait-il s’aviser de le faire sans tarder, avant qu’ils n’aient achevé de refermer sur nous un État policier forteresse.

Élu avec un soutien réel d’à peine 10,5 % du corps électoral (9), tenu, par les conditions mêmes du second tour, de se séparer d’une partie de son programme, foulant au pied cet élémentaire devoir moral, portant et la violence sociale et le scandale de l’enrichissement des riches à un point inouï, recevant pour ces textes les plus sinistres l’approbation répétée de l’extrême droite à laquelle il était supposé faire barrage, et désormais en guerre plutôt qu’en marche, Macron est allé trop loin, beaucoup trop loin. Il n’a plus aucun titre à faire valoir pour sa légitimité — à part les proclamations obstinées de l’éditorialisme de service.

Le propre des grands événements politiques, c’est qu’ils sont des leçons de choses — ici, comme une physique de la légitimité, et de ses effondrements. À cet égard, Arendt, s’interrogeant sur le paradoxe qui veut que le mot « révolution » vienne de l’astronomie, où il désigne non pas du tout le changement mais le retour circulaire du même, Arendt, donc, signale qu’il emporte aussi l’idée d’une nécessité irrésistible. C’est une révolte, non sire c’est une révolution indique à Louis que cette fois-ci c’est cuit : ça lui vient dessus avec la force de l’inéluctable, il n’y échappera pas. On a sans doute le devoir intellectuel de se méfier de la résonance en histoire, mais on ne peut pas non plus ne pas être sensible à ses avertissements, et parfois à ses charmes.

À l’époque, déjà, Christophe Barbier ne voyait pas ce qu’on pouvait opposer à la légitimité de Louis XVI puisqu’il avait été installé selon les procédures régulières de la succession dynastique — parfaitement légitimes, ainsi, par conséquent, que le produit de leur opération. Ce que ces gens sont à l’évidence incapables de voir, c’est que la légitimité n’est pas une qualité substantielle. Un temps les institutions sont dites légitimes. Et puis un jour on les regarde sous un autre angle, et on se dit qu’en fait elles ne le sont pas. Alors elles tombent, et toujours de la même manière : sous le poids du scandale.

Il s’en suit, pour les personnages de l’époque, qu’ils viennent prendre une certaine place dans l’Histoire — leur place. Celles de Castaner et de Macron sont en train de s’aménager. Macron va rester dans l’Histoire, c’est désormais acquis. Comme Macron-l’éborgneur, ou Macron-la-grenade. Peut-être Macron-l’hélicoptère. Ce serait souhaitable. Car maintenant, il faut qu’il parte.

Frédéric Lordon

Source : Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon, 28-01-2019

 

Vidéo à voir.

https://www.youtube.com/watch?v=OtuuzOYXzE4

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Grand débat : Chantal Jouanno flingue une "opération de communication" du gouvernement. Par Louis Nadau

25 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons

Mascarade

Grand débat : Chantal Jouanno flingue une "opération de communication" du gouvernement

Par Louis Nadau

Publié le 25/01/2019

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L'ancienne organisatrice du grand débat affirme ce vendredi 25 janvier que le dispositif est faussé par le cadrage établi par le gouvernement.

"Nous n'avions pas prévu de faire une opération de communication, on avait prévu de faire un grand débat". Ce vendredi 25 janvier, Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), abandonne la prudence qu'elle avait adoptée jusqu'alors quant à l'indépendance du dispositif lancé par Emmanuel Macron pour tenter de sortir de la crise des gilets jaunes. "Le grand débat est faussé", enfonce-t-elle sur LCI, confirmant les craintes qu'avaient déjà émises la CNDP dans son rapport de fin de mission du 14 janvier.

"La réponse est déjà faite"

Le cadrage du grand débat, circonscrit aux quatre thèmes retenus par le gouvernement sur un site dédié (granddebat.fr), est une hérésie d'après la présidente de la CNDP. "Quand vous procédez uniquement par un questionnaire, on sait très bien comment ça se passe, la réponse est déjà faite", dénonce l'ancienne ministre sarkozyste, pour qui c'est "aux Français de choisir les sujets qu'ils mettent sur la table". "C'est un autre exercice, où vous choisissez les questions, qui sont forcément orientées, forcément il y a toujours des biais dans les questions que vous posez. Là par exemple, si vous voulez travailler sur la question du travailleur pauvre et du pouvoir d'achat, des hôpitaux, du handicap il n'y a aucune question portant sur ces sujets".

 

Lire aussi

Granddebat.fr : le site Internet pas si neutre du grand débat national de Macron

 

https://www.marianne.net/politique/chantal-jouanno-grand-debat-national-communication?_ope=eyJndWlkIjoiZWQ2N2RjOTg0NDgyYTg1YWU1MzExMjVlOTZjODI3ZmMifQ%3D%3D

 

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Davos : le masque végan tombe. interdire au peuple de manger de la viande ! Par Paul Aries

23 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Davos

 
Une nouvelle fois : interdire au peuple de manger de la viande
Davos : le masque végan tombe !

Le Forum économique de Davos ordonne cette semaine au bon peuple de réduire sa consommation de viande, donc aussi de fromage et de lait, pour sauver des millions de vie et lutter contre le changement climatique. La viande serait donc une impasse pour l’humanité et notamment la viande de bœuf élevée au rang d’ennemi public n°1 de la planète.

On croirait presque du Aymeric Caron dans le texte, dénonçant les « viandales », c’est-à-dire les mangeurs de viande, de lait et de fromage, comme si le milliard trois cent millions de petits paysans dans les pays du Sud étaient les responsables du désastre actuel, comme si ce n’était pas le 1%, fut-il végan, qui vandalisait la planète. Il est vrai que d’autres penseurs végans, comme Estiva Reus, estiment que ces petits éleveurs sont de toute façon condamnés par l’histoire. Ce n’est pas la première fois que les puissants veulent interdire au peuple de manger de la viande ; dans l’antiquité, au moment de la christianisation où le péché de « gula » devient le désir de manger au-dessus de son statut social, jusqu’au XIXe siècle où Paul Lafargue, le gendre de Marx (plus connu pour son fameux opuscule Le droit à la paresse) s’opposera aussi aux fausses viandes, faux pain, faux vin etc.

Le Forum économique de Davos renoue donc avec une très longue histoire mais, cette fois, avec le soutien actif des milieux végans. Les adeptes du véganisme (je parle de ceux qui assument ses thèses) ont bien préparé le terrain pour que le discours du Forum économique de Davos puisse apparaître aux médias comme une bonne nouvelle ! Les grands capitalistes seraient donc subitement devenus humanistes, se souciant du sort des pauvres, prenant au sérieux le sort de la planète, se préoccupant enfin de la souffrance animale. Les « méchants » ce seraient les éleveurs, les omnivores, ceux qui osent encore porter des pulls en laine et des chaussures en cuir. Aymeric Caron parle de 95 % de salauds à l’échelle planétaire. Bigre ! Allons donc, Davos a été, reste et sera toujours la vitrine de luxe des mille plus grandes firmes capitalistes qui entendent nous faire la leçon ! Les végans croient triompher alors qu’ils n’ont été que les idiots utiles du capitalisme prédateur détruisant toute biodiversité. Nous ne pouvons qu’espérer que les vrais défenseurs des animaux comprennent enfin à quel point ils se sont fait gruger par les végans.

Ce conclave de Davos peut-il nous aider à arracher le masque au véganisme, véritable cheval de Troie des biotechnologies alimentaires, banalisant la mort de dizaines de millions de paysans ? J’ai peur cependant, parfois, à entendre certains de nos politiques se porter à la défense des thèses véganes que ce qui subsiste des gauches et de l’écologie finisse par se mettre à l’école de Davos, sous prétexte de ne pas se fâcher avec quelques activistes végans, de ne pas risquer de perdre quelques suffrages, au risque d’en perdre bien davantage, par pure démagogie et par populisme mal digéré. Camarades insoumis, le peuple des gilets jaunes n’est pas végan ! Prétendre camper dans un entre-deux comme le tentent certaines forces politiques (qui me sont par ailleurs fort sympathiques) c’est ne pas comprendre les enjeux, car il ne s’agit pas d’opposer, à la façon des végans, les protéines végétales et animales, mais d’opposer, d’un côté, les protéines végétales et animales issues de l’agriculture et de l’élevage industriels et, de l’autre, les protéines végétales et animales issues d’une agriculture paysanne et d’un élevage fermier. Entre Via Campesina (l’internationale syndicale des petits paysans) et le Forum économique de Davos, faut-il vraiment hésiter camarades insoumis ? J’appelle France Insoumise, le PCF, EELV, Generation.S, le NPA, les décroissants, à s’opposer au Forum économique de Davos en soutenant le collectif « Quand l’abattage vient à la ferme » dont le slogan « Naître, vivre et mourir à la ferme » est un double pied de nez à l’industrie de la viande et au véganisme abolitionniste ! Vous y serez en bien meilleure compagnie aux côtés de la Confédération paysanne, du MODEF, de Nature & Progrès, des AMAP, de la FNAB que si vous restez dans une fausse neutralité face au véganisme ! J’ajoute que cette déclaration de guerre du capitalisme globalisé contre l’élevage (et les éleveurs et animaux d’élevage) ne constitue pas une surprise, sauf pour celles et ceux qui choisissent de n’écouter que les bobards des végans hyper-médiatisés qui, depuis des années, labourent le terrain, inoculent leur poison idéologique, abusent des bons sentiments et de l’empathie d’une population urbaine qui, pour l’essentiel à perdu tout contact avec la nature, avec les animaux.

L’élevage n’est pas en soi responsable de la destruction des écosystèmes, du réchauffement planétaire, de la pénurie d’eau potable, de la faim dans le monde touchant un milliard d’humains. Le véganisme sert à dépolitiser les questions agricoles et alimentaires, car ce n’est pas un régime alimentaire qui est responsable, mais un système économique, industriel, celui du capitalisme productiviste. Une prairie avec ses vaches n’est pas une source mais un puits de carbone, l’élevage n’est pas responsable de la faim dans le monde car les vaches broutent de l’herbe et la transforment en protéines et ne se trouvent donc pas en concurrence avec l’alimentation humaine, sauf si on les gave de céréales comme le fait l’élevage industriel, etc. Pour repolitiser la question agricole, vous avez un grand choix, relisez Jean Zieger, Carlo Petrini, regarder l’excellent documentaire « Vers un crash alimentaire » d’Yves Billy et Richard Prost.

Certains pourraient s’étonner que le Forum de Davos abandonne à son sort l’industrie de la viande, mais ce serait ignorer que c’est au cœur même de cette industrie que le projet d’imposer de la fausse viande, du faux lait, du faux fromage a d’abord triomphé ! Ces grandes firmes ont, certes, d’abord imposé l’élevage industriel qui est un désastre pour les animaux, les fermiers, les ouvriers des abattoirs, les mangeurs, la planète et même les investisseurs. Faire des animaux des machines à produire des protéines au plus bas coût, ce n’est non seulement pas de l’élevage mais très vite guère rentable. Les épizooties représentent entre 17 % et 50 % du chiffre d’affaires selon les secteurs et les pays, la grippe aviaire a coûté plus de 1250 milliards de dollars, l’épidémie de SARS entre 30 et 50 milliards, etc. Les mangeurs n’ont plus confiance et se détournent de la viande. L’industrie avait donc imaginé une première alternative capitaliste avec le clonage des vaches mais les mangeurs n’en veulent pas ! L’industrie a donc choisi d’en finir avec la vraie viande pour imposer la fausse viande végétale (prouesse biotechnologique supposant, le plus souvent, des produits OGM pour fabriquer du faux sang), la fausse viande cellulaire et même a-cellulaire (lait, œufs, etc.

Merci donc aux maîtres-penseurs de Davos de rendre public, ce qui se joue en coulisse et que je dénonce dans ma Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser  ! Les plus grands PDG de la planète, ceux de Google, de General Electric, de Virgin, des investisseurs comme Bill Gates ou Jeremy Coller, les patrons des lobbys de la viande, des céréales et de la finance ont donné leur ordre : il faut en finir avec l’élevage traditionnel ! Jeremy Coller, considéré comme le financier européen le plus important, est à la manœuvre en ayant réuni un consortium de grandes firmes représentant 2,4 billions de dollars (des milliers de milliards).

La déclaration du Forum économique de Davos me donne donc raison. Les végans sont bien les idiots utiles du capitalisme biotech ! Je dis aux militants des gauches et de l’écologie, cessez de vous faire avoir, n’écoutez pas ceux qui pensent avec le Forum économique de Davos ! Je dis aux défenseurs des animaux, ne voyez vous pas que votre cause légitime (et qui est aussi la mienne) est dévoyée pour servir les intérêts de quelques grands groupes économiques. Les végans, qui ne pèsent que 4 % de la population, ont colonisé notre imaginaire, avec le soutien des chiens de garde du système, avec des stratégies de communication dignes des plus grands groupes. J’invite à désobéir aux ordres de Davos, même si cela déplaît aux végans !

Paul ARIES : auteur de Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser (Larousse, janvier 2019) et Histoire politique de l’alimentation du paléolithique à nos jours (Max Milo, 2017).

URL de cet article 34431
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granddebat.fr : le site Internet pas si neutre du grand débat national de Macron Par Louis Nadau. Marianne

23 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

granddebat.fr : le site Internet pas si neutre du grand débat national de Macron

Par Louis Nadau

Publié le 22/01/2019 

 

Le gouvernement n'a de cesse de montrer que le "grand débat national" lancé par Emmanuel Macron est neutre, par exemple en lui trouvant des garants. Mais le site Internet "granddebat.fr", censé permettre de le nourrir ou d'y contribuer en ligne, montre d'inquiétants symptômes de macronisme aigu.

"Adopter une posture de neutralité vis-à-vis des participants, ne pas prendre parti pour tel ou tel raisonnement, proposition ou avis". La charte du grand débat national lancé par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des gilets jaunes est très claire : les discussions doivent être ouvertes et aucun biais idéologique ne doit venir les orienter. Sauf que la navigation sur le site Internet mis en place par le gouvernement pour encadrer le débat (granddebat.fr), ou y contribuer en ligne, donne l'impression que cette promesse est un vœu pieu, tant les rails qui sont déroulés sur la plateforme, à coups de questionnaires et de fiches, paraissent étroits…

There is no alternative

Les "fiches de présentation" des quatre grands thèmes du débat choisis par le gouvernement, rédigées par les équipes de ce dernier, doivent notamment permettre à chacun de s'instruire de la situation du pays et de nourrir sa réflexion. Mais leur lecture laisse un léger goût de propagande. La plus importante, concernant "la fiscalité et les dépenses publiques", étincelle qui a mis le feu aux gilets jaunes, brosse ainsi un tableau très orienté. Voici par exemple son "diagnostic" de la situation qui fait l'ouverture sur trois pages : la France, y apprend-on dans les passages mis en valeur en gras, connaît "le niveau de dépense publique le plus élevé des pays développés lorsqu’il est rapporté au produit intérieur brut (PIB)", "le taux de prélèvements obligatoires (y) est en hausse constante depuis 50 ans et est aujourd’hui le plus élevé des pays riches" et, "sur 1000 euros de dépenses publiques, l’ensemble des dépenses relatives à l’Assemblée nationale, au Sénat et au Gouvernement représente 1 euro" (tableau détaillé à l'appui). Boum.

 

Résultat, nous assène-t-on encore en guise d'intertitres, "les impôts et les prestations assurent une redistribution des revenus", "les français (sic) bénéficient de prestations sociales importantes" mais "le poids des impôts et des cotisations sociales est un enjeu pour la compétitivité de l’économie française". Trop de dépenses publiques et trop d'impôts pour une politique sociale plombant la compétitivité des entreprises : un parfait résumé de la doxa libérale visant à "libérer les énergies", qui a justifié un an de politique économique macroniste. Les hypothèses d'une relance de la croissance, d'une remise en question de la règle européenne des 3% de déficit ou encore de dispositifs protectionnistes sont passées sous silence.

A ce stade, pourtant, le lecteur est encore censé n'en être qu'au simple diagnostic. Suivent "les enjeux du débat", qui présentent un résumé cette fois plus assumé des "objectifs" du gouvernement, puis les questions sur lesquelles celui-ci sollicite l'éclairage du citoyen. Lequel, s'il n'a pas encore compris la nécessité absolue de réduire les impôts, doit répondre à une question bien orientée : "Quels impôts faudrait-il, prioritairement, réduire davantage ?". Pour plus de justice fiscale, là encore, on repassera, il n'est question ici que de baisse des dépenses. Conformément au souhait présidentiel, la piste du rétablissement de l'ISF n'est évidemment pas soulevée. "Si le choix est fait de poursuivre les baisses d’impôts", poursuit la fiche non sans une certaine hypocrisie, le citoyen est ensuite invité à "identifier le type de dépenses publiques à baisser". Seul exemple concret cité : "Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?". Seule respiration dans ce matraquage en bonne et due forme, la dernière question : "Voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?". Comme un défi lancé à quiconque oserait s'aventurer sur une telle piste après la lecture de cette fiche. Car, vous l'aurez compris : There is no alternative.

Dans son autre fiche concernant "la transition écologique", le gouvernement prend encore moins de précautions, n'hésitant pas à verser dans l'autopromotion dès la présentation des "enjeux du débat". On s'y voit rappeler que "diverses mesures ont été mises en place depuis 18 mois pour accompagner les Français", qui "s'ajoutent à celles mises en place par les collectivités locales, les entreprises ou les associations". La fiche présente ainsi comme un "enjeu" du débat de "passer à un véhicule plus propre et moins coûteux à l'usage, grâce à la prime à la conversion", système réformé par l'exécutif depuis le 1er janvier 2019. "Jusqu"à 5.000 euros d'aide", fait même miroiter ce qui ressemble à une plaquette commerciale. Les mérites du chèque énergie (augmenté en 2019), du crédit d'impôt de transition énergétique ou de l'écoprêt à taux zéro sont eux aussi vantés, l'air de rien.

Au milieu de cette présentation censément neutre se trouve encore un lien permettant aux internautes de se rendre… sur le site du ministère de la Transition écologique, afin de consulter "toutes les aides disponibles". Allez accuser, après cela, le gouvernement d'inaction écologique !

Des "enjeux" escamotés

Autre gros volet du débat soulevé par les gilets jaunes, "la démocratie et la citoyenneté". C'est là, a priori, que l'on s'attend à causer RIC (référendum d'initiative citoyenne) et autres nouveautés démocratiques propres à redonner du pouvoir au peuple. C'est là aussi que le gouvernement a choisi de cacher la partie sur "l'immigration et l'intégration", qui devait initialement constituer une thématique en soi. Ici, tout "diagnostic" ou présentation des "enjeux du débat" ont disparu. La fiche se borne à une volée de statistiques sur l'immigration, sans problématisation. Comme si l'exécutif se trouvait gêné aux entournures sur ce thème. Serait-ce le souvenir de la catastrophique tentative de débat sur l'identité nationale initiée sous Nicolas Sarkozy ?

Lire aussiGrand débat : mais à quoi joue Macron avec l’immigration ?

 

"Je veux aussi que nous mettions d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter", avait pourtant déclaré Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du 10 décembre, avant que le gouvernement ne rétropédale deux jours plus tard en plaçant l'immigration sous le tapis de la citoyenneté. Un souci d'éviter les sujets trop brûlants qui sourd également dans le contenu de la dernière fiche pédagogique, abordant "l'organisation de l'Etat et des services publics". Ses rédacteurs ouvrent alors à fond le robinet d'eau tiède, énumérant des objectifs consensuels qui donnent plutôt l'idée d'un concours de défonçage de portes ouvertes que d'un réel débat national : "En partant des besoins et de l'expérience concrète des citoyens, le débat doit faire émerger des idées pour rendre les administrations et services publics plus utiles en étant plus proches, plus simples et plus transparents". Révolutionnaire.

S'il en fallait encore pour douter de la pertinence de ces fiches, les bordées de questions qui concluent les fascicules ont, elles aussi, de quoi laisser perplexe sur la manière dont le gouvernement conçoit un débat. Dans de nombreux cas, les questions posées s'apparentent, au mieux, à une enquête d'opinion, au pire à une étude de marché électoral. "Diriez-vous que votre vie quotidienne est aujourd’hui touchée par le changement climatique ?", "Estimez-vous avoir accès au service public dont vous avez besoin ?", "En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?"… Autant d'interrogations qui montrent que le gouvernement semble se soucier davantage de prendre le pouls du peuple que de débattre avec lui.

 

https://www.marianne.net/politique/grandebatfr-site-grand-debat-national-ligne?_ope=eyJndWlkIjoiZWQ2N2RjOTg0NDgyYTg1YWU1MzExMjVlOTZjODI3ZmMifQ%3D%3D

 

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Alstom-General Electric : les preuves du grand racket américain. Propos recueillis par Emmanuel Lévy, Marianne

22 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La colonisation de la France

Alstom-General Electric : les preuves du grand racket américain

Propos recueillis par Emmanuel Lévy, Marianne

Publié le 18/01/2019 à 18:00

 

 

Entretien avec Frédéric Pierucci, ex-dirigeant d'Alstom qui a passé près de deux ans en prison aux Etats-Unis.

La vente d'Alstom à General Electric est le résultat d’une action coordonnée de la justice et de la multinationale américaines. Frédéric Pierucci, ex-dirigeant d'Alstom qui a passé près de deux ans en prison aux Etats-Unis, en est convaincu. Dans un livre choc, Le Piège américain, il démontre cette collusion et dénonce le pacte de corruption à la tête d’Alstom. Ce lundi 14 janvier, Olivier Marleix, député LR, a d’ailleurs saisi la justice pour que soit levé le voile sur les conditions de vente de ce fleuron français.

Selon vous, il y aurait collusion entre le Department of justice (DOJ), c’est-à-dire le parquet américain, et General Electric (GE). Autrement dit : l'enquête pour corruption engagée par le DOJ concernant Alstom, qui débouchera sur une lourde amende, va entraîner in fine la prise de contrôle de l’industriel français ?

 

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Frédéric Pierucci : Ce n’est pas une conjecture, les preuves matérielles sont là. En 2014, sollicité par Bercy, l’Allemand Siemens fait une contre-proposition à l’alliance GE-Alstom. L'Américain ne vacille pas et réplique même avec une offre aussi inattendue qu’alléchante. Sans en connaître le montant, GE assure prendre à sa charge l’amende dont devra s’acquitter Alstom. Cela n’a pas de sens. Outre qu’il est parfaitement illégal de prendre à son compte le paiement d’une amende pénale sanctionnant un tiers, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, aucun conseil d’administration ne peut signer un chèque en blanc. Car personne ne connaît alors le montant de l’amende. Sera-t-elle de 500 millions de dollars, d’un milliard ou d’un milliard et demi ? Cela, Siemens le sait pertinemment et ne peut donc s’aligner sur l’offre américaine. C’est même tellement délirant que, lors de la finalisation du rachat, GE renoncera à payer cette amende du fait même de cette illégalité ! C’est à mon sens le premier signe de collusion entre le Department of justice et GE.

Un deuxième signe est la présence de General Electric lors des négociations entre le DOJ et Alstom. A quel titre le futur acheteur, qui n’est alors que putatif, prend-il place autour de la table ?

Enfin, un troisième indice est fourni par le timing. En prison, j’ai eu tout le temps d’étudier les dossiers de plaider-coupable dans ce genre d’affaire. Dans 99 % des cas, quand il y a accord entre le DOJ et une entreprise, le montant de l’amende, est validé par un juge fédéral en moins de dix jours. Dans le cas qui nous concerne, la juge va prendre tout son temps. En tout cas, le temps nécessaire pour permettre au patron d’Alstom, Patrick Kron, et au gouvernement Français d’obtenir le feu vert des autorités européennes de la concurrence permettant la vente de l’entreprise française.

Au final, c’est Alstom qui payera l’amende ?

Oui. Là aussi, on nage en plein délire. GE propose de mettre 12,35 milliards de dollars sur la table pour acheter Alstom, cette offre s'accompagnant donc de l’engagement de payer l’amende. L’ensemble des parties ne pouvaient ignorer l’illégalité de cette procédure. Quant à Alstom - qui paye pourtant des armées d’avocats – il est étrange que l’entreprise n’ait pas pensé un instant à inscrire une clause de compensation du prix de 12,35 milliards de dollars au cas elle serait amenée à régler, elle même, cette amende.

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C’est pourtant bien ce qui se passera au final, de sorte que les actionnaires d’Alstom vont supporter deux fois le prix de l’amende : une première fois parce que GE ne paye pas ; une deuxième en la payant la payant sur ses fonds. En tout, cela représente 1,4 milliard de dollars.Et tout le monde trouve cela parfaitement normal. Le conseil d'administration ne réagit pas. Pas plus que les actionnaires. C’est scandaleux. Bouygues, le premier d’entre eux, est aux abonnés absents. Plus étrange, les fonds de gestion qui sont également dans le capital d’Alstom ne réagissent pas non plus.

Et Patrick Kron part avec 4 millions de bonus et sa retraite chapeau…

Oui, en tout il y en a pour 13,7 millions d’euros. Reprenons le fil. 1) Patrick Kron décide de mener des négociations de vente d’Alstom avec GE sans en parler avec son conseil d’administration. 2) Devant la justice américaine, il plaide coupable de corruption. 3) Il vend mal l’entreprise. 4) Tout le monde applaudit. Certains crient même au génie ! Il faut vraiment ne rien comprendre à rien. Au prétexte que le nouveau patron de General Electric a récemment constaté 23 milliards de dollars de perte, les Américains en attribuent l'entière responsabilité au rachat d’Alstom. Mais enfin, cela n’a pas de sens ! Les déboires de GE sont largement antérieurs à cette opération. Depuis 2008, l'Américain traîne comme un boulet la quasi faillite de sa banque, GE capital, emportée dans la tourmente des subprimes. Ensuite, la dernière génération de turbines à gaz de GE comporte une sorte de malfaçon qui devrait lui coûter fort cher. Enfin, il est d’usage pour un dirigeant qui prend la barre d’une entreprise de plomber les comptes à son arrivée : faire table rase du passé, ça aide pour présenter un beau bilan dès les premières années de son mandat…

Pour rappel, dans les années 2000 Siemens a dû également plaider coupable pour corruption devant le DOJ. Heinrich von Pierer, son patron d’alors, a-t-il été loué comme l’a été Patrick Kron ? Non, il a été destitué. Pire, Siemens va même le poursuivre, lui et d’autres dirigeants de l’époque. Heinrich von Pierer va, à lui seul, payer 5 millions d'euros.

 

 

Lire aussiLoïk Le Floch-Prigent : "Alstom a encore un avenir en France"

 

 

 

 

https://www.marianne.net/economie/alstom-general-electric-les-preuves-du-grand-racket-americain?fbclid=IwAR1kprXAQQhiPZbtWHqyKd99_dNcA4OxL3NVJv4z9c8LuheFX0v4jn1C2tc

 

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La révolte populaire des Gilets jaunes et les directions des partis politiques et syndicales. Par Mohamed Belaali..

21 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

Une étrange situation caractérise la scène politique française. Au moment où la lutte des classes entre opprimés et oppresseurs fait rage, les syndicats et partis politiques de gauche semblent dépassés et assistent en spectateur à ce conflit ouvert. Pour l'instant ces organisations semblent incapables d'encadrer et d'orienter ce soulèvement populaire qui manque cruellement d'une direction consciente et déterminée capable d’unir un mouvement sans unité, de le guider pour mener un combat politique de classe contre classe.

 

Le Mouvement des Gilets jaunes, qui est né et s'est développé en dehors de toute organisation politique ou syndicale, est d'abord une révolte contre la situation économique et sociale désastreuse dans laquelle se trouve une large frange de la population. C'est une révolte contre cette politique de paupérisation ultra-libérale menée tambour battant par les gouvernements successifs. C'est un rejet massif non seulement de ces politiques, mais aussi du Président de la République serviteur zélé de la classe dominante. Il est un produit authentique de la lutte des classes qui secoue la société française aujourd'hui.

 

Mais le Mouvement des Gilets jaunes constitue aussi une contestation, un refus de l'immobilisme qui caractérise la plupart des directions politiques et syndicales de gauche, excepté, il faut bien le souligner, la France Insoumise et l'Union syndicale Solidaires (1). Le reste des forces de gauche donne l'impression d'être domestiqué par le capitalisme qu'il a cessé de combattre. Son «anticapitalisme», lorsqu'il existe, reste pour le moins superficiel et inoffensif. Le silence des grandes centrales syndicales peut être interprété comme un soutien indirect au pouvoir en place alors même que celui-ci est fragilisé par le combat des Gilets jaunes. Elles sont davantage préoccupées par les élections professionnelles dans les entreprises et dans la fonction publique que par la révolte des Gilets jaunes. Leur institutionnalisation les éloigne ainsi progressivement des préoccupations sociales et politiques de ceux qui subissent au jour le jour les affres du chômage et de la précarité. Dans un communiqué signé le 6 décembre 2018 par tous les syndicats, excepté Solidaires, elles vont jusqu'à condamner la violence dans les revendications sans jamais dénoncer les violences policières exercées sur les Gilets jaunes «nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications» et le communiqué d'ajouter «La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations» (2).

 

La révolte des Gilets jaunes est en quelque sorte une remise en cause profonde des manières, des tactiques et des stratégies des partis politiques « spectateurs » pour affronter le pouvoir de la classe dirigeante. Dans ce sens on peut considérer le soulèvement des Gilets jaunes comme un appel urgent lancé aux partis et aux syndicats de gauche pour renouveler de fond en comble leur analyse de la situation politique, des structures du pouvoir, des rapports de force et de l'idéologie dominante intimement liée aux intérêts de la bourgeoisie. Car au fond, il ne s'agit pas seulement d'améliorer ou de gérer la brutalité et la barbarie de la société capitaliste, mais de l'abolir. Il ne s’agit pas seulement de mener un combat pour améliorer momentanément les conditions d’existence des travailleurs, des des salariés, bref de tous les exploités pour rendre la société capitaliste supportable, mais de lutter pour une nouvelle société. Car la tendance générale du capitalisme n’est pas d’améliorer les conditions de celles et ceux qui produisent la richesse, mais de les dégrader. 

L’histoire nous a toujours enseigné que la bourgeoisie ne renonce jamais à ses privilèges, qu’elle n’accorde jamais rien par générosité ou grandeur d’âme et qu’elle ne recule devant rien pour sauver ses intérêts. La guerre menée en ce moment contre les Gilet jaunes est un exemple on ne peut plus éloquent (3).

La bourgeoisie française brutalise, méprise et humilie ses propres citoyens tout en dénonçant en même temps les atteintes aux droits de l’homme ailleurs dans le monde ! Quel cynisme !

 

Si la force du Mouvement des Gilets jaunes, malgré ses défauts et ses contradictions, réside dans son existence et dans sa magnifique résistance (deux mois déjà) à la classe dirigeante, cela reste toutefois insuffisant pour permettre le bouleversement radical de la société capitaliste. Il ne peut le faire qu’en s’alliant avec la classe ouvrière, seule classe réellement révolutionnaire malgré le chômage de masse et la bureaucratie des directions des partis et syndicats qui se réclament d’elle.

 

La base des centrales syndicales et des partis politiques de gauche doit lutter contre ses propres directions pour lui imposer un plan de bataille unitaire avec les Gilets jaunes. C'est ce que font certaines Unions Départementales de la CGT qui appellent à manifester aux cotés des Gilets jaunes. C'est le cas de la CGT du Cher, de Paris, de la Charente-maritime, du Loiret, du Doubs, de Montbéliard  etc (4). « Nous ne voulons cependant en aucun cas récupérer le mouvement. Nous sommes simplement reconnaissants envers les gilets jaunes, qui sont parvenus à éveiller et mobiliser une partie de la population, et nous voulons construire un rapport de confiance» disait Jean-Philippe Gadier, de la FSU 31 qui exprime à son tour «la volonté d’une convergence entre syndicats et le mouvement des gilets jaunes» (5).

Les initiatives à la base se multiplient et le boycott du « grand débat national» se généralise. Il faut partout amplifier ces initiatives unitaires. Le combat contre la bourgeoisie doit être mené partout, dans la rue, sur les ronds-points, dans les usines et sur tous les lieux de travail. La situation politique n'a jamais été aussi propice pour mener une offensive unitaire d'envergure contre la classe des exploiteurs.

 

Les forces de gauche qui se réclament de la classe ouvrière ainsi que leurs militants doivent toujours avoir présent à l'esprit, comme disait Lénine, l'exemple du «tribun populaire sachant réagir contre toute manifestation d'arbitraire et d'oppression, où qu'elle se produise, quelle que soit la classe ou la couche sociale qui ait à en souffrir, sachant coordonner tous ces faits en un tableau d'ensemble de la violence policière et de l'exploitation capitaliste, sachant profiter de la moindre occasion pour exposer devant tous ses convictions socialistes et ses revendications démocratiques, pour expliquer à tous et à chacun la valeur universelle de la lutte émancipatrice du prolétariat». (6)

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://solidaires.org/Manifester-en-masse-pour-faire-ceder-le-gouvernement(1)

(2)https://www.force-ouvriere.fr/IMG/pdf/cp_-_force_ouvriere_-_declaration_des_os_6_decembre_2018_.pdf

(3)http://www.belaali.com/2018/12/la-guerre-contre-le-peuple.html

(4)http://www.ud18.cgt.fr/

(5)  https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/toulouse-syndicats-appellent-manifester-gilets-jaunes-samedi-lors-venue-macron_20781738.html

(6)V.Lénine, « Que faire». Editions sociales, éditions du progrès, page 135.

 

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Pétition. NON au traité d’Aix-la-Chapelle entre la France et l'Allemagne !

21 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #La nation ., #La France

Pétition:

NON au traité d’Aix-la-Chapelle
entre la France et l'Allemagne !

Propos liminaires:


Cet article a pour but d'alerter, de dénoncer, de s'opposer au traité inique d'Aix la Chapelle qui doit être signé par Emmanuel Macron le 22 janvier 2019. Ce traité a été dévoilé le 8 janvier 2019 seulement ! Les grands médias sont curieusement aux abonnés absents pour informer le public.

Voici en perspective quelques traits inquiétants, même si ce n'est pas explicitement dit:

  • Partage du siège de membre permanent au Conseil de Sécurité avec l'Allemagne. Donc à terme ce siège reviendra à l'Allemagne car nos zélites , comme en 1940, préfèrent la collaboration et la soumission avec des intérêts étrangers plutôt que de défendre les intérêts de la France et de son peuple.
  • Nier le référendum de 2013 sur le projet d'eurorégions en Alsace Lorraine où la question posée proposait la création de l’eurorégion transfrontalière avec fusion des départements du Haut Rhin, du Bas Rhin et de la région Alsace. Le non avait été majoritaire. Mais ce qui a été refusé par le peuple n'a pas d'importance, les zélites en décident autrement. C'est bien l'objectif de ce traité que de créer des "Euro Districts". Concernant l'Alsace et la Lorraine il s'agira peu à peu de revenir à la situation voulue par Bismarck en 1870 et renouvelé par Hitler en 1940 avec la signature de l'armistice par Pétain. La loi germanique s'appliquera peu à peu sur ce territoire français!
  • La soi-disant armée européenne de défense, déjà mise en chantier dans les années 1950 par la création de la CED, sera quand même soumise aux ordres de l'OTAN. Elle aura pour but de rapprocher, voire plus, les armées allemandes et françaises.  Ces dernières années les différents gouvernements sous prétexte d'obéir à "l'EUROPE", ce qui est un peu vrai, ont eu de bien curieux comportements ! les industries d'armements relevant de la sécurité du territoire national ont toutes été bradées aux puissances étrangères pour l'instant amies, USA, Allemagne,... . En fait cette armée de défense européenne sert à dissimuler la cession de l'arme nucléaire à l'Allemagne. Ceci nous sera vendu par les éléments de langage liés à notre endettement excessif, à la sacro-sainte amitié franco-allemande mise en avant seulement de ce côté-ci de la frontière et autres tares inhérentes à ce peuple gaulois qui "fume des clopes et sent le diesel". Le locataire actuel de l'Elysée est très en pointe dans ce tropisme anti-France qui pourrait s'assimiler à de la "Haute Trahison". La vente d'Alstom en 2014 lorsqu’il était ministre de l’économie et qu’il pouvait s’opposer à celle-ci, est la partie émergée de cet iceberg d'ignominies.
  • Que dire encore de l'abandon progressif de notre langue...

 

Pour conclure, je tiens à préciser que le fait de proposer une pétition contre la trahison en catimini par notre exécutif - qui est proposée actuellement à ma connaissance par ce site seulement - ne constitue en aucun cas un soutien aux autres propos et thèses développés par ce média. Mon but n'est en aucun cas de faire de la publicité pour ce dernier, mais bien d'alerter mes concitoyens sur les dangers de ce traité. J'aimerais que d'autres propositions de contestation affluent et je relaierai celles-ci également.

Bien cordialement

Lucien Pons.

 

SIGNEZ LA PETITION !

NON au traité d’Aix-la-Chapelle
entre la France et l'Allemagne !

non-traite-aix-la-chapelle

Macron est en train de jouer l’avenir de la France... dans votre dos !
Exprimez votre refus en signant la pétition et diffusez-la d'urgence avant le 22 janvier.

Madame, Monsieur,

Sans même consulter le peuple français, Emmanuel Macron va tenter de soumettre un peu plus la France à l’Allemagne, en signant un véritable Traité de Versailles à l'envers.

Un mois après avoir signé en catimini le Pacte de Marrakech sur l’immigration, Macron s’apprête à récidiver le 22 janvier prochain avec le Traité d’Aix-la-Chapelle.

Et en ajoutant au passage toujours plus de technocratie « européenne ».

Il a fallu attendre le 8 janvier, soit deux semaines à peine avant sa signature, pour que l’Élysée publie un communiqué annonçant ce traité, en prenant bien soin d'éviter de joindre le texte !

Il se fiche vraiment de la tête des Français !

De nombreux médias ont alors repris mot pour mot la propagande officielle.

Le but de cette manipulation est simple : ils veulent diaboliser tous ceux qui s’opposent au pouvoir de Macron et à la technocratie de l’Union européenne.

Pour cela, ils sélectionnent soigneusement quelques « fausses informations », comme celle évoquant la perte de l’Alsace-Lorraine. Ils focalisent tout leur discours dessus, comme si tous les Français inquiets pour l’avenir de leur pays le croyaient sérieusement, les faisant « subtilement » passer pour des débiles et discréditant par avance toute tentative d’opposition.

Si ces médias faisaient honnêtement leur travail, ils auraient pu relever à quel point ce Traité d’Aix-la-Chapelle est objectivement déséquilibré en faveur de l’Allemagne.

Sur les 28 articles qu’il contient, pas un seul ne sert avant tout les intérêts français.

Au contraire, l’article 8 engage la France à avoir pour « priorité » de faire de l’Allemagne un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette exigence rappelle celle du vice-chancelier allemand Olaf Scholz en novembre dernier, quand il réclamait de la France qu’elle abandonne son siège permanent au profit de « l’Union Européenne ».

En plus de dilapider notre puissance diplomatique, le Traité d’Aix-la-Chapelle met l’armée française, 5ème du monde, au service de la sécurité allemande « en cas d’agression ». Quant à la langue allemande, bien moins rayonnante que le français à l’international, elle est pourtant placée sur un pied d’égalité et promue sur l’ensemble de notre territoire.

Plus grave encore, ce traité s’attaque à notre indépendance en tant que nation.

Sous les titres pompeux de « Conseil d’experts économiques » et « Conseil de défense et de sécurité », des organes technocratiques de contrôle franco-allemands vont être créés, avec un droit de regard sur des pans entiers de notre souveraineté. Le tout, sans que leurs membres n’aient été élus démocratiquement.

Et c’est bien vous qui allez devoir payer pour ça. Comme pour la création d’un « Fonds citoyen commun destiné à encourager et à soutenir les initiatives de citoyens ». Vos impôts, encore !

Les articles 13 et 14 du traité s’en prennent à l’unité de notre pays en encourageant la modification de « la législation » dans les régions frontalières, transformées en « eurodistricts », et le passage en force par « dérogations ».

Pendant ce temps, un ministre allemand pourra assister librement au Conseil des ministres français, coeur même de nos choix politiques et de nos décisions stratégiques…

Que reste-t-il après cela de notre liberté de peuple ?

Les Français n’ont jamais voté pour que leurs représentants agissent sous le regard, pour ne pas dire la contrainte, de dirigeants et de technocrates étrangers.

Sous couvert de coopération et de réciprocité, ce Traité d’Aix-la-Chapelle marque en réalité une entreprise de soumission de la France à l’Allemagne.

De plus en plus isolée sur la scène internationale, Angela Merkel use d’Emmanuel Macron comme d’une béquille afin de servir les intérêts allemands.

C’est une véritable capitulation historique dans laquelle Macron veut nous entraîner : dès son préambule, ce traité prévoit de « faire converger » la France avec le système allemand, au détriment de notre souveraineté et de notre liberté. Comprenez : la France va servir de marche-pied aux ambitions allemandes.

Et pourquoi s’aligner ainsi sur l’Allemagne, en laissant de côté le reste des nations européennes ?

Voilà pourquoi il est plus qu’urgent de nous mobiliser.

Avant même les élections européennes de mai prochain, nous devons faire reculer Macron dans son entreprise de rabaissement de la France et de démolition de notre souveraineté.

Signez la pétition contre le Traité d’Aix-la-Chapelle et partagez-la autour de vous !

Un grand merci pour votre action.

L’équipe Damoclès

 

 

https://damocles.co/non-traite-aix-la-chapelle/merci

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L’appel des Gilets Jaunes de Montreuil

20 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

L’appel des Gilets Jaunes de Montreuil

Un très beau texte des Gilets Jaunes de Montreuil, et leur appel à se retrouver tous ensemble à Commercy* le 26 janvier prochain.

Texte de l’appel :

"Les gilets jaunes de Montreuil ont entendu l’appel de l’assemblée populaire de Commercy à se retrouver dans une grande assemblée des assemblées, une commune des communes, le 26 janvier prochain.
Nous les remercions et leur répondons que nous seront présents.

A Montreuil aussi, nous avons enfilé des gilets jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

Le gilet jaune est le symbole d’une révolte. Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l’État sont allés trop loin.

Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « maintien de l’ordre » et nous affirmons notre solidarité aujourd’hui comme demain.

On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la police pour défendre un rond point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les immigrés ni les exilés, mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies. C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une intelligence collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien. Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

C’est pour cela que nous serons présents à Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !"

*Commercy est une commune de 6500 habitants dans le département de la Meuse, dont elle est une des sous-préfectures. Elle est située dans la région de Lorraine. (NDLR)

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https://www.mondialisation.ca/les-gilets-jaunes-proposition-pour-aller-plus-loin/5630091

Les ‘Gilets Jaunes’: proposition pour aller plus loin

Dans les périodes troublées, comment garder un minimum de sens critique et de recul afin d’analyser et tenter de comprendre ce qui se passe ? La vigilance qui déjà en temps ordinaires doit être de chaque instant particulièrement dès qu’il s’agit de la chose politique, doit être encore plus vive, et il faut se rappeler que le présent est souvent – toujours ? – le résultat de décisions antérieures. Il convient donc de questionner ce qui s’est déroulé en amont pour en arriver à comprendre la situation actuelle.

Dans cet ordre d’idées, il faudrait revenir à la dernière campagne pour l’élection présidentielle de mai 2017, et voir à quel point les Français ont été soumis par les médias dominants au chantage habituel entre le FN représenté par Marine Le Pen et son opposant. Face à la peste il n’y avait qu’une option : un jeune cadre dynamique, bon chic bon genre, dont l’énergie débordante masquait l’inanité du programme, mais présenté comme garant des valeurs ‘démocratiques’. Et des ténors de tous horizons et conditions, sont montés au créneau, pensant en cela accomplir leur devoir citoyen : « Tout sauf l’extrême-droite ! » nous ont-ils ânonné en boucle. Pauvres niais… encore à croire que le ‘vote utile’ était signe de conscience politique.

Le ton était donné : toutes celles et ceux qui ne se mettraient pas ‘En marche’derrière le sémillant pupille de la banque Rothschild seraient soupçonnés d’appartenance à l’infréquentable mouvance brune d’extrême-droite. Comme lors de l’élection massive [plus de 80%] pour J. Chirac au second tour en 2002 contre J-M. Le Pen, de nombreux électeurs se sont précipités pour élire E. Macron contre sa rivale, présentée aux Français comme l’épouvantail de service. Quelle aubaine, finalement cette famille Le Pen ! Désormais, les électeurs ne votent plus ‘pour’ un candidat et son programme, ils votent ‘contre’ un autre, souvent le même d’ailleurs. D’où, l’augmentation de l’abstention et de votes blancs – ouf ! – que les tenants du pouvoir s’empressent… d’ignorer.

Ainsi, une majorité de Français a voulu tourner le dos à l’extrême-droite, votant pour un candidat issu du PS – et des milieux financiers… non, il n’y a pas d’oxymore, c’est la nouvelle ‘gôôche’ paraît-il – mais se déclarant « ni de gauche ni de droite »… et elle a eu un président dont les déclarations, actions et manœuvres depuis son accession à la fonction, ainsi que celles de son équipe, sont plus répressives les unes que les autres, ne laissant planer aucun doute quant à l’inclinaison pour une droite… extrême. Quand il est dit qu’il faut préférer l’original à la copie, cherchez l’erreur !

Faut-il s’étonner dès lors, du ’Mouvement des Gilets Jaunes’ ?! Comme exprimé dans mes précédents billets, ce mouvement me paraît non seulement légitime, mais il faut s’étonner qu’il n’ait pas émergé plus tôt, vu les multiples trahisons que les citoyens ont essuyées de la part des élus. Et il faut espérer que le mouvement continuera, allant même en amplification tant que le changement en profondeur d’une structure d’Etat obsolète et du ‘système’ ne seront pas envisagés.

A cet effet, de nombreux ‘GJ’ ou sympathisants du mouvement interpellent l’appareil d’Etat et ses représentants divers, leur demandant : « Quand donc allez-vous comprendre !? » 

Je pense que c’est là une question erronée et qu’il ne faut pas se méprendre : les tenants du pouvoir ont très bien compris ce dont il est question. Mais, simplement ils ne veulent rien entendre ! Parce qu’il s’agit de privilèges que ces gens-là ne veulent pas voir remis en question et encore moins, partager – n’est qu’à voir le blocage sur l’ISF. Et ils sont déterminés à utiliser tous les moyens pour les préserver, y compris la force, les menaces, et la panoplie de procédés violents qui relèvent de méthodes fascistes – plus de 10 morts et des milliers de blessés, dont certains resteront handicapés à vie – allant même comme Mme. Bergé à saisir la justice à l’encontre du journaliste Juan Branco l’accusant « d’armer les esprits » par ses propos. « Armer les esprits » ?… faut en avoir un bien tordu pour trouver la formule ! Puis, les mêmes viendront se vanter sans sourciller de la ‘liberté d’expression’ – quand il s’agit de ‘Charlie’ et de clouer le bec aux musulmans qui se sont indignés des caricatures qui les méprisaient – garante des ‘valeurs démocratiques’ du pays !

La France en est là ! Et il faut le voir, bien en face.

Quand Fr. Fillon alors 1er ministre de N. Sarkozy déclarait que « la France était en faillite », il ne croyait pas si bien dire. Sauf qu’il se trompait – volontairement ? – de cible : c’est de faillite politique dont il s’agit. Le pays n’ayant jamais été aussi riche, avec un PIB en constante croissance depuis des décennies.

Une majorité de médias dominants flanqués de leurs ‘éditocrates’ hautains, a moqué des années durant les pratiques de certaines ‘républiques bananières’, comme elle aimait les qualifier. Ces médias – inaudibles, non fiables et d’ailleurs en perte constante d’audimat – pourront désormais constater que loin de s’en démarquer, le gouvernement français utilise les mêmes procédés dès qu’il s’agit de protéger ses plus nantis. Certains d’entre eux n’hésitant pas à encourager les forces de l’ordre « à tirer dans le tas » comme le proposait L. Ferry lors de son passage chez G. Durand sur Radio Classique… et dont aucune voix de la caste n’est venue condamner les propos y compris Mme. Bergé, frappée d’aphonie pour le coup. Qu’en eut-il été si ces propos avaient été tenus par un ‘GJ’, un ‘basané’ ou un habitant ‘des quartiers’ ?!… 

De nombreux intervenants s’étonnent de pratiques d’une violence inouïe des forces de l’ordre lors des manifestations des ‘GJ’… Ils ignorent sans doute que ces pratiques musclées sont calquées sur le régime israélien, expert en la matière dans ses méthodes de répression à l’encontre de la population palestinienne et bien implanté en France, particulièrement dans la sphère politico-médiatique. Ceci pourrait en partie expliquer cela. Aux dernières nouvelles, lors de l’acte IX du samedi 12.01 dernier, certains CRS étaient équipés de fusils d’assaut automatiques (HK G36). Une première, lors de manifestations citoyennes… qui présage d’un durcissement de l’appareil d’Etat qui n’entend rien céder sur l’essentiel. (voir : https://www.presstv.com/DetailFr/2019/01/15/585837/France-Gilets-jaunes-escalade-violence-police-CRS-fusils-assaut-automatique)

Des sources bien informées indiquent que l’un des actuels conseillers favoris du président Macron n’est autre que N. Sarkozy… « Ni de gauche ni de droite » affirmait-il… De fait, mais de la caste des voyous ! Voyez donc ces cols-blancs qui se sont hissés aux plus hautes fonctions : les Sarkozy, Woerth, Cahuzac, Balkany, Strauss-Kahn, Guéant, Solère, Urvoas, Fillon, Désir, Juppé, Gaudin, Ferry… et j’en passe ! (voir : https://www.lepoint.fr/politique/117-senateurs-sont-soupconnes-d-avoir-detourne-8-millions-d-euros-13-10-2017-2164246_20.php)… Ces donneurs de leçons qui, imbus de leur pouvoir et trop contents de l’exercer s’empressent d’envoyer quelque citoyen derrière les barreaux pour un vol à l’étalage, quelques grammes de shit ou un PV non payé, quand ce n’est pas pour aide aux migrants… Les électeurs vont-ils enfin ouvrir les yeux sur ceux qu’ils portent aux plus hautes fonctions ?!

Dans de nombreuses professions, une faute grave ou de déontologie est sanctionnée et vous met à l’écart. Que ce soit en tant que médecin, avocat, professeur, … A l’inverse, quand vous faites de la politique et devriez donc être exemplaires, tous les abus semblent permis. Combien de ceux-là ne sont pas empêtrés dans des affaires de corruption, de détournements, de magouilles, de pots-de-vin, de faux et usage de faux, … sans qu’ils soient sanctionnés à hauteur des faits et sans les écarter de manière définitive de la fonction ? Là aussi, cherchez l’erreur ! (voir : https://www.village-justice.com/articles/fonctionnaire-peut-etre-sanctionne-pour-des-faits-relevant-vie-privee,28773.html)

Venons-en donc au cœur du problème : le fait est, que ni Macron ni son successeur s’il devait être désigné par ces mêmes médias qui nous l’ont vendu, ne pourront poursuivre les réformes envisagées, tant elles sont le fruit de décisions prises par l’Union européenne dont les citoyens ne veulent plus ! Et c’est bien-là que se trouve l’épicentre des problèmes rencontrés par les populations des différents pays européens. Dès lors, puisque les gouvernements nationaux sont désormais contraints d’appliquer les Traités européens, il faut s’en prendre à cette construction bancale qui ne contente personne, hormis le petit cercle de nababs qui en profitent.

Aucun pays appartenant à la zone euro ne peut piloter sa politique nationale de manière indépendante comme c’était le cas auparavant. Les normes européennes ont définitivement lié les pays qui composent l’UE dans un carcan de Traités et de Directives qui leur ôtent toute souveraineté. 

En saine ‘démocratie’, il revient aux citoyens d’exprimer si ces normes leur conviennent ou pas, sachant que c’est à Bruxelles qu’il faudra aller en masse pour manifester leur refus de l’UE telle qu’on leur impose. Les ‘GJ’ de tous pays n’obtiendront rien de substantiel en se cantonnant à manifester dans leurs villes et pays. Ils devront intégrer cette notion et se rendre à l’évidence : leurs gouvernements nationaux sont pieds et poings liés par les Traités signés. L’exemple de la sortie de la Grande-Bretagne aux forceps illustre combien ces Traités sont une véritable cage qui emprisonne les Etats et leur population aux règles et dictats européens qui ne se soucient pas des citoyens mais n’ont comme seuls objectifs, de les faire travailler pour le plus grand bénéfice de quelques fortunés qui sont parvenus à imposer la privatisation de tous les pans de la société et à jongler avec leurs capitaux dorénavant ‘libres de circuler’ selon cette UE qui malmène ses peuples. Les pouvoirs nationaux ont été lentement mais assurément transférés à l’Europe. Et c’est donc bien contre cette Europe inéquitable qu’il faut concentrer les efforts de contestation et d’opposition. C’est-là que se situe le pouvoir. Et c’est ce dernier qu’il convient de renverser. Le ‘Grand débat national’ lancé par le président français et son équipe n’est qu’une tentative de gagner du temps et tenter de calmer les esprits. Il n’en sortira rien d’essentiel. Les Macron et autres figurants ne sont à leurs postes que pour exécuter les directives européennes. Ce sont des marionnettes qui se gonflent d’importance à mesure qu’elles la perdent, rien de plus.

Dans la foulée, quand les citoyens auront compris et intégré cette notion et qu’ils voudront pousser plus loin la réforme indispensable du système actuel tant décrié pour ses injustices, c’est au niveau des alliances qu’il faudra repenser les choses. Je lis et entends beaucoup de citoyens déboussolés, voire apeurés par la perspective d’une UE qui se déliterait. Ceux-là n’ont d’autre argument que celui répété par la propagande européiste qu’un repli sur soi – chaque Etat retrouvant sa souveraineté nationale – nous livrerait aux défis des grandes puissances que sont les USA et les BRICS. Avec cette idée désormais répandue qu’il faut être grand pour être puissant sur la scène économique et financière. La Suisse et Singapour en sont de brillants exemples…

La nature ayant horreur du vide, en tant qu’Européens, nous n’avons que trop attendu pour travailler avec la Russie réformée. Nos élus gardent les réflexes américano-primaires d’une détestation du communisme soviétique qui n’a pourtant plus cours. Les décisions d’appliquer les sanctions et mesures de rétorsion dictées par le gouvernement américain nous ont déjà coûté très cher – plusieurs dizaines de milliards d’euros ! – et se révèlent inopérantes contre un Etat tel que la Russie – 4è partenaire économique avec l’UE il y a quelques années – qui a de son côté et en réaction, noué des alliances intelligentes avec l’Asie, nouveau centre économique et financier mondial. 

Comme je le dis souvent, à terme la géographie a toujours le dernier mot sur l’Histoire, et nous indique que nous devons absolument nous tourner vers la Russie, porte d’accès vers l’Asie dont le continent auquel nous appartenons nous lie. Nous sommes partie-prenante de l’Eurasie, et les alliances par-delà les 6000km d’océan atlantique avec l’Amérique du Nord ont quelque chose d’artificiel et ‘contre-nature’. 

Dans la même perspective, nous pourrions aussi démanteler l’OTAN qui ne fait qu’entretenir des guerres extérieures ruineuses pour nos Etats mais rentables pour les marchands d’armes, sans parler des drames qu’elles infligent à des populations qui, à juste titre, finissent par détester tout ce qui vient d’occident et entretiennent parfois des plans pour s’en venger, par n’importe quel moyen.

Nous avons donc toutes les possibilités de créer une autre Europe que celle improbable, que nous voyons se déliter sous nos yeux. Il est urgent d’y réfléchir, de défaire la construction européenne existante et ses alliances mortifères au profit de nouveaux choix dans le sens du continent Eurasiatique dont nous sommes citoyens.

Daniel Vanhove

16.01.19

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Daniel Vanhove, Mondialisation.ca, 2019

 

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https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/les-appels-a-la-convergence-et-la-greve-generale-se-multiplient-a-la-fsu-la-cgt-sud-et-les-giletsjaunes/

 

Les appels à la convergence et la grève générale se multiplient à la FSU, la CGT, SUD et les #gilets jaunes

- -janvier 16, 2019

A force de mobilisation à la base et sur le terrain, les syndicalistes sont en train de bousculer l’inertie des directions syndicales confédérales. Tandis que les travailleurs, en gilets jaunes ou non ont massivement investis les rues, les ronds points pour dire leur colère, pour revendiquer des hausses de salaires, des services publics, la souveraineté populaire, l’initiative syndicale au niveau national était au point mort. Aucune surprise de voir la CFDT qui a appelé à voter Macron à voler au secours du régime. En revanche, les hésitations dans les prises de positions du sommet de la CGT et le silence à la FSU n’ont pas été sans augmenter la méfiance avec les gilets jaunes.

Pourtant, sur le terrain, dans les syndicats, la convergence des travailleurs s’est faites rapidement. A Marseille, la CGT 13, la FSU et SUD, avec un large rassemblement d’associations et de partis politiques ont déjà impulsé une manifestation dès le samedi 15 décembre une large manifestation unitaire à Marseille. Un nouvel appel à manifester à été lancé pour le samedi 26 janvier. Entre temps, la CGT 13 avec un tract siglé de son logo et d’un gilet jaune a organisé avec les gilets jaunes une manifestation commune réunissant un millier de participant à Martigues le 12 janvier dernier.

Dans le Tarn, la FSU et la CGT ont lancé également un appel pour une grève générale dès la fin du mois de janvier

Dans l’Allier, dès le 1er janvier la CGT, la FSU,FO et solidaires ont déposé un préavis de grève

Les exemples se multiplient comme nous on peut l’illustrer ci dessous, la convergence apparaissant souhaité tant par les syndicalistes que par les gilets jaunes qui demandent que le syndicats construisent la grève générale.

Au niveau national, la confédération CGT appelle dans un communiqué ce 15 janvier ” toutes les organisations syndicales d’appeler, dans les jours qui viennent, à monter d’un cran le niveau de l’action y compris par la grève”. Cependant à ce jour aucune date n’est encore fixée, et dans la fonction public un communiqué commun de l’ensemble des centrales syndicales n’appellent pas à la grève. Pour autant des appels pour une grève générale à partir de début février circulent sur les réseaux sociaux, preuvent que les travailleurs ont compris quelle devait être la méthode et le moyens pour faire gagner les travailleurs. Chaque syndicaliste, chaque gilet jaune, chaque travailleur peut d’ore et déjà se mobiliser pour dans les assemblées générales et à la base appeler à construire cette grève générale. Car si la grève générale ne se décrète pas, elle se construit !

La FSU du Tarn appelle à la construction d’une grève générale et à avec la CGT construit la convergence avec les gilets jaunes

Motion FSU 81

D’un côté, le mouvement des GJ, mouvement populaire de grande ampleur soutenu par une grande partie des Français, a franchi le cap des fêtes de fin d’année et repart de plus belle, mettant en avant beaucoup de revendications dont les organisations syndicales n’auraient pas à rougir : hausse importante immédiate du SMIC, des salaires, des pensions et des minimas sociaux, fiscalité plus juste : rétablissement de l’ISF, suppression de  la TVA sur les produits de 1ère nécessité et réduction pour les autres produits, renforcer la place de l’impôt sur les revenus (plus de tranches, plus progressif), accès à la santé et aux soins pour tous, développement des services publics (hôpitaux, crèches, écoles, transport, emploi…)…

Dans le même temps, alors que le mouvement des GJ fait aussi entendre l’idée de citoyenneté active fondée sur la compétence du peuple, nous assistons à une convergence de fait dans certains départements avec les organisations syndicales, CGT et FSU en tête, et l’idée monte progressivement de la nécessité de prolonger le blocage initial des ronds-points par le blocage de l’économie.

De l’autre côté, Macron et son gouvernement, représentants de l’oligarchie financière et soutenus par les instances internationales du capitalisme, UE en tête, utilisent à la fois répression de grande intensité et désinformation de masse avec la complicité de nombreux médias. Ils utilisent aussi la diversion autour d’un « grand débat » tout en annonçant que celui-ci ne changera rien aux mesures d’ores et déjà mises en place ou annoncées et en particulier la réforme des retraites,  la poursuite de la casse du lycée et du Bac ou la remise en cause des statuts de la FP. Dans la foulée, le « questionnaire » joint à la lettre pour orienter le « débat » vise clairement à mettre en accusation les services publics et à promouvoir un « pacte girondin » accroissant les disparités sociales et territoriales.

De  la crise historique qui se déroule sous nos yeux ne sortiront pas deux vainqueurs : soit Macron parviendra à la franchir pour mieux appliquer son programme de casse sociale, ouvrant la porte à l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir, soit le mouvement populaire le contraindra à se soumettre ou se démettre, ouvrant alors des perspectives de progrès social, de justice et de fraternité.

Dans ce contexte, la FSU 81 prend l’initiative avec la CGT du département de s’adresser aux gilets jaunes pour construire des convergences et, pourquoi pas, des manifestations en commun comme cela se fait déjà dans le Cher, en Haute-Garonne ou dans les Bouches du Rhône.

Mais la responsabilité des organisations syndicales est engagée spécifiquement dans leur champ d’intervention propre : les entreprises privées et les services publics.

Dans ce cadre l’heure est maintenant venue de mettre en débat la construction d‘une grève générale faisant le lien entre toutes les revendications (corporatistes type « stylos rouges » et générales de justice sociale et fiscale) et permettant de franchir un cap dans le rapport des forces par la convergence des luttes.

Aussi la FSU 81 s’adresse-t-elle à la FSU nationale afin qu’elle prenne toute sa place d’organisation syndicale de lutte et de transformation sociale en portant à l’interpro la nécessité d’une grève générale à la fin du mois de janvier.

La CGT et SUD 59 appelle à la convergence des luttes

La CGT la FSU et les gilets jaunes ensemble dans le 13

NOUS EXIGEONS LE DROIT 

DE TRAVAILLER ET DE VIVRE DIGNEMENT :

  • La suppression des taxes, et de la TVA
  • Le rétablissement de l’ISF
  • Hausse de tous les salaires, des retraites et des minimas sociaux
  • L’accès à la santé et aux soins pour tous
  • Une fiscalité équitable pour la population mais aussi pour les PME ET PMI
  • Le développement des services Publics (Hôpitaux, crèches, écoles, ..)
  • La consultation régulière des citoyens

Tous ensemble, c’est possible !

Alors venez nous rejoindre

LE SAMEDI 05 JANVIER 2019 à 13h30 A MARTIGUES

AU ROND-POINT DU CHAT NOIR SOUS LE VIADUC

Dans les Pyrénées Atlantiques

APPEL A MANIFESTER
SAMEDI 19 JANVIER, 14h place Ste Ursule
TOUS ENSEMBLE !


Pour le SMIC à 1 800 €, le rétablissement de l’ISF, une juste répartition des richesses…

Parce que nous avons des revendications communes, l’union locale CGT de Bayonne appelle à un rassemblement samedi 19 janvier à 14h place Ste Ursule. Le cortège rejoindra le rassemblement « gilets jaunes » pour favoriser la convergence des luttes.Parce qu’il est temps d’unir nos forces, contre cette politique des « ultras riches » qui continuent à s’engraisser sur le dos des citoyens, des travailleurs !

La CGT reste persuadée que les progrès sociaux se gagneront par la grève générale 

et la convergence des luttes

Nous revendiquons :- La diminution de la TVA sur les produits de 1ère nécessité
- Le rétablissement de l’ISF
- Le SMIC à 1800€ brut
- Hausse de tous les salaires, des retraites et des minima sociaux
- L’accès à la santé et aux soins pour tous
- Une fiscalité équitable pour la population mais aussi pour les TPE, les PME-PMI
- Le développement des services publics (hôpitaux, crèches, écoles, transport, énergie…)

Bayonne, le 14 janvier 2019

L’appel des gilets jaunes aux syndicats pour lancer la grève générale

A Tour où la mobilisation est forte, les gilets jaunes réunis en assemblée générale lancent un appel

Appel adopté par « l’assemblée générale des Gilets Jaunes du 37 »

L’Assemblée générale des Gilets Jaunes du 37 du 11/01/2019 appellent les organisations syndicales du département :

  • à se joindre aux actions des Gilets jaunes,
  • à organiser une grève générale dans les entreprises privées et les services publics,
  • afin de bloquer l’économie et de faire céder Macron et son gouvernement sur ces revendications sociales et démocratiques.

Le 6 janvier c’est les gilets jaunes de Montpellier qui avait décidé d’interpeller les syndicats et ils ont rencontrés la CGT et FO le 10 janvier.

Il ne s’agit pas d’initiative isolé mais bien d’un mouvement important, en témoigne par exemple cet appel

Appel aux syndicats adopté par l’assemblée régionale à Lille

Communiqué de la part des Gilets Jaunes Hauts de France à l’intention des organisations syndicales

Voilà sept semaines que la mobilisation des « Gilets Jaunes » ne connaît pas de répit. Nous sommes au quotidien sur les ronds – points, sur les autoroutes, dans la rue chaque samedi face à une répression des plus violente ! D’aucun pensait qu’avec les fêtes, notre mouvement prendrait fin, mais nous sommes encore là, bien décidés à ne rien lâcher !

Ce mouvement est inédit, intersectoriel, de portée internationale, indépendant de toute structure politique traditionnelle. Mais de la politique, nous en faisons tous les jours. Nous avons enfin compris que nous n’avions besoin de personne pour penser à notre place. Et certainement pas de professionnels de la politique qui prennent des décisions en notre nom mais qui pourtant ne connaissent rien de notre quotidien.

Nous luttons contre l’exploitation que la grande majorité du peuple subit au profit d’une minorité de riches, de plus en plus riches. Alors que les dividendes versés aux actionnaires n’ont jamais été aussi importants, la France d’en bas se crève pour des salaires de misère !

Pour bloquer l’économie et avoir enfin une vie juste, nous avons besoin d’une grève générale. Nous demandons aujourd’hui aux organisations syndicales de se positionner clairement du côté des exploité.e.s, de soutenir notre lutte et d’y prendre part en appelant à une grève générale reconductible dès janvier 2019 afin de permettre à tous les salarié.e.s d’exercer leur droit de grève et de pouvoir se joindre à la lutte.

La NVO rend compte de la convergence des luttes menée sur le terrain par les syndicalistes CGT

Depuis le 17 novembre, des militants CGT se rendent à la rencontre des gilets jaunes. Là où le courant passe, ces rapprochements ont fait émerger de nombreuses convergences revendicatives.

NVO -2 janvier 2019 Par Cyrielle Blaire

Quand les gilets jaunes lancent leur premier appel à manifester le 17 novembre, la CGT refuse de prendre part aux cortèges où le Rassemblement national (RN) a décidé de défiler. Pas question de manifester aux côtés de l’extrême droite. « Au début, on était très méfiants », reconnaît Fabrice David, secrétaire de l’union départementale CGT de Loire-Atlantique. Comme ce militant, beaucoup à la CGT voient d’un œil circonspect ce mouvement anti-taxe né sur les réseaux sociaux auxquels de nombreux petits patrons s’associent.

Des gens qu’on n’avait jamais vus

Dans les permanences syndicales, on voit alors débarquer des travailleurs inconnus au bataillon. « Les gens mobilisés chez les gilets jaunes sont des salariés de petites entreprises où l’on est peu présents, des publics précarisés que l’on n’avait jamais vus, relève Pierre Marsein, secrétaire de l’union départementale CGT de Haute-Loire. Sur le département, les salaires sont inférieurs de 20% à la moyenne nationale, on a beaucoup de temps partiel subi, de femmes seules. Les gens se font exploiter, il y a une exaspération totale et une grande colère ».

A Orléans, l’union départementale CGT est contactée après avoir vu passer sur les réseaux sociaux un tract CGT. « Ce sont des jeunes qui ne connaissaient rien aux syndicats, aux bourses du travail. On a eu une discussion passionnante, débattu de l’utilité de l’impôt, s’enthousiasme Aurelio Ramiro, secrétaire de l’UD. Ce qui a fait déborder le vase, c’est qu’ils habitent à 30-40 km de l’agglo orléanaise. La hausse du carburant impactait directement ce qui leur restait à vivre. »

Il y a des secteurs où des fachos se regroupent entre eux. Là, la discussion n’est pas possible, mais dans d’autres ça se passe très bien

François Bonnin, trésorier de l’union locale CGT de Châtellerault.

Partout, des syndicalistes se rendent à la rencontre de ces gilets jaunes qui se sont regroupés pour exprimer leur colère. L’accueil qui leur est réservé diverge selon la composition sociologique de ceux sur les points de blocage.

A Elbeuf dans l’Eure, le syndicat CGT a dû montrer patte blanche pour amorcer un échange avec les « jaunes ». « Ce sont des salariés perdus, qui morflent. Au début ils ne voulaient pas de nos couleurs. On s’est expliqués, on a distribué des tracts. Ils ont vu qu’ils s’étaient trompés d’adversaire» ,raconte Christian Morin le secrétaire de l’union départementale CGT normande.

Défiance ou simple méconnaissance ? Certains gilets jaunes se hérissent à la vue des syndicats. « A la Roche-sur-Yon, on a emmené nos tracts mais on s’est fait jeter. Il y a un rejet du politique et du syndicalisme », déplore Olivier Jacques, en charge de la vie syndicale à l’union départementale CGT de Vendée. Beaucoup de structures déplorent la mauvaise image qu’a pu donner la mobilisation des routiers ; la CGT et FO avaient appelé à la grève le 9 décembre pour le pouvoir d’achat avant de négocier avec le gouvernement. « On nous a traité de vendus » , regrette Nathalie Charron, secrétaire administrative de l’union départementale CGT d’Eure-et-Loire.

Au début, il y avait des vus caricaturales de part et d’autre. Des camarades voyaient les gilets jaunes comme des « populos », un peu fachos. En échangeant, ils se sont rendus compte que c’était le commun des citoyens

Damien Girard, secrétaire de l’union locale CGT de Saint-Nazaire

Après un mauvais démarrage, la situation s’est rapidement débloquée dans les Pyrénées-Atlantiques. « Des camarades sont allées sur les barrages des péages pour nouer des liens. Ils n’ont pas été très bien accueillis. Puis des gilets jaunes sont venus nous voir. On a vite vu qu’ils n’étaient pas hostiles. Ils n’étaient pas très éloignés de nous et avaient une vraie réflexion sur la fiscalité », relate Jean-Claude Zapparty, secrétaire de l’union départementale CGT des Pyrénées-Atlantiques.

Le rapprochement entre syndicalistes et gilets jaunes a fait émerger des débats de fond.

« Nous avons eu des discussions sur la nécessité d’augmenter les salaires sans rogner sur les cotisations sociales, sur le fait qu’il faut que ce soit les patrons qui paient et pas l’État », détaille le secrétaire de l’union départementale CGT de Haute-Loire. Des échanges semblables ont émergé à Châtellerault, renouant avec la tradition syndicale de l’éducation populaire. « On leur a expliqué pourquoi on revendiquait du salaire brut alors qu’eux parlent en net, qui est ce qu’ils voient sur leur fiche de paie, commente François Bonnin, secrétaire de l’union locale CGT viennoise. Sur les cotisations sociales – qu’ils appellent « charges » -, on a fait un travail pédagogique pour montrer que ça servait à financer la santé, les hôpitaux. Ils nous ont entendus ».

80 à 90% de revendications communes

Sur le terrain, des revendications ont été listées de part et d’autre, faisant apparaître de nombreuses convergences. « On est en train de regarder leur cahier de doléance. On est d’accord à 80%, même s’il y a encore des trucs qui nous choquent, par exemple sur la revendication d’un revenu pour les femmes aux foyers », signale Jérôme Delmas, secrétaire de l’union départementale CGT du Lot.

Aux dires des syndicats, les cahiers de doléances auraient beaucoup évolué depuis le début du mouvement. « On a dépassé la taxe sur le carburant. On voit qu’on a des revendications communes sur le pouvoir d’achat, les retraites, le chômage, la fiscalité… », énumère Sylvain Moreno, secrétaire CGT du groupe Lafarge, qui a appelé à rejoindre les gilets jaunes.

Les revendications ont évolué, elles rejoignent beaucoup ce que l’on porte. Les contacts avec la CGT y sont sans doute pour quelque chose

Jean-Claude Zapparty, secrétaire de l’union départementale CGT des Pyrénées-Atlantiques

Localement, les syndicats se sont appuyés sur ces convergences pour lancer des actions aux côtés des gilets jaunes. « Ils réclament le retour des commerces de proximité. On leur a proposé de bloquer le Auchan, où les salaires sont très bas et qui touche beaucoup de CICE sans créer d’emploi. Ça leur a tout de suite parlé », témoigne Matthieu Viellepeau, secrétaire de l’union locale CGT de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

A Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, chasubles jaunes et rouges se sont rassemblés le 1er décembre devant la gare pour réclamer d’une même voix la réouverture de la ligne SNCF de train voyageurs Pont-Saint-Esprit-Avignon-Nîmes. « Les gens sont obligés de prendre la voiture pour aller jusqu’à Avignon. Les gilets jaunes se sont réappropriés cette revendication portée par la CGT », se réjouit Patrick Lescure, secrétaire de l’union locale CGT de Bagnols.

Gilets jaunes, gilets rouges : souvent le même combat !

Ce mouvement hétéroclite de salariés précarisés, de chômeurs, de retraités et de petits patrons tous éprouvés par des fins de mois difficiles, beaucoup de syndiqués l’ont rejoint spontanément, n’hésitant pas à enfiler une chasuble fluo pour aller bloquer barrages et ronds-points. « Les gens n’en peuvent plus. Ils ont des vies de merde, ils sont usés. Et en plus on les prend pour des gueux, des gens qui ne réfléchissent pas. Là on a l’occasion de montrer que la CGT n’est pas la caricature véhiculée par les médias. Il faut y aller », estime Christophe Chrétien, secrétaire du syndicat CGT Sanofi Tour, très impliqué dans le mouvement.

La couleur n’a pas d’importance. Le but c’est la convergence des luttes, c’est ce pour quoi on se bat

Matthieu Viellepeau, secrétaire de l’UL de Fontenay-sous-Bois.

 

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[RussEurope-en-Exil] Notre réponse : lettre au Président de la République à la suite de la lettre envoyée aux Français, par Jacques Sapir

19 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

 
18.janvier.2019 Les Crises
 
[RussEurope-en-Exil] Notre réponse : lettre au Président de la République à la suite de la lettre envoyée aux Français, par Jacques Sapir
 
 

Lettre au Président de la République à la suite de la lettre envoyée aux Français

 

Monsieur le Président de la République,

Vous avez envoyé à tous les Français une lettre sur le « débat national » que vous avez organisé. A cette lettre, nous voulons répondre. Certains répondrons en actes, bien sûr, qu’il s’agisse de manifestations, et d’autres par écrit.

Monsieur le Président, vous avez, certes, écouté la révolte qui gronde. Si tel n’avait pas été le cas d’ailleurs, jamais vous n’auriez écrit votre lettre. Mais, clairement, vous ne l’avez pas entendue. Nous en voulons preuve le choix des thèmes que vous proposez dans ce « débat », choix qui écarte soigneusement les « sujets qui fâchent ». Vous voulez que nous débattions des impôts, de nos dépenses et de l’action publique, de l’organisation de l’État et des collectivités publiques, de la transition écologique et enfin de la démocratie et de la citoyenneté. Mais, vous avez soigneusement omis les thèmes du pouvoir d’achat, de l’inégalité des richesses, tout comme vous avez omis la construction européenne, que vous mentionnez par ailleurs. Vous affirmez dans votre lettre « Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle ». Vous feignez d’ignorer, que ce soit à dessein ou non, que votre élection ne s’est nullement faite sur un « projet ». Il est patent que vous n’avez été élu que parce que l’autre candidate, Mme Marine le Pen, était rejetée. Cette ambiguïté était manifeste dans votre élection. Votre tort fut de ne pas la reconnaître. Jamais les Français ne vous ont donné un mandat pour mener les réformes auxquelles vous vous êtes livré. La révolte actuelle est le produit direct, et logique, de cette situation.

Monsieur le Président, votre action, depuis maintenant près de deux ans, a été une suite d’attaques contre les plus modestes, contre les travailleurs. Attaques donc contre les services publics qui sont d’autant plus indispensables que le revenu est faible mais aussi contre le droit du travail. Attaques encore dont ont résulté une suite de renforcements des inégalités, ce que l’INSEE reconnaît. Enfin, par vos déclarations, vous avez fait subir une suite d’humiliation aux humbles et aux plus pauvres, vous avez donné des démonstrations constantes de votre mépris. Les formes, parfois violentes, de la révolte actuelle en découlent. Quand une situation devient insupportable, on ne la supporte plus. Craignez la colère du peuple, Monsieur le Président. Ce qu’elle exprime dans le refus de votre personne, dans la demande de votre départ qui monte dans les « cahiers de doléances », ce n’est pas simplement le refus de votre politique, c’est le refus des humiliations.

Votre politique n’est d’ailleurs que la traduction, dans le contexte particulier de la France, des recommandations de l’Union européenne. Quand le mot souveraineté sort de votre bouche, ce n’est que pour parler de l’Union européenne et jamais de la France. En voulant substituer un pouvoir technocratique à la souveraineté du peuple, vous tournez le dos aux fondements mêmes de notre République que vous prétendez par ailleurs défendre. Comme vos prédécesseurs, vous pensez que le tour de passe-passe du Traité de Lisbonne, annulant le référendum de 2005, constitue un acquis. C’est une dangereuse présomption. Craignez de finir comme ont fini tous ceux qui ont ignoré ou méprisé la souveraineté du peuple de France.

Monsieur le Président, vous entendez poursuivre votre néfaste chemin. Après vous être attaqué au droit du travail, à la SNCF, ce sont à des attaques contre le régime des retraites et la sécurité sociale que vos experts se préparent. Ces attaques, si elles étaient conduites à leur terme, aggraveraient la situation des plus modestes, empireraient la pauvreté qui monte dans notre pays alors même que jamais ce dernier n’a été aussi riche. S’il vous restait une once de sens commun, un atome d’honnêteté, ces questions auraient dû faire partie du « débat national ». Devant l’ampleur du mouvement que la France connaît, vous auriez dû reconnaître qu’une telle remise en cause de vos convictions était inévitable. Las, il n’en sera évidemment rien.

Nous constatons tous que le problème ne s’arrête pas à votre politique ; c’est votre comportement et votre personne qui sont aujourd’hui la cause des troubles violents que nous connaissons. Et, cette violence, elle d’abord et avant tout, subie par le peuple, qui ne compte plus aujourd’hui ses blessés, ses estropiés, et demain peut-être ses morts. De cela, il vous faudra un jour répondre.

Monsieur le Président, oui, votre comportement pose problème. Nous l’avons vu avec vos déclarations. Ce mélange d’arrogance et de suffisance, de mépris teinté de condescendance, est pour beaucoup dans les événements dramatiques que nous avons connus depuis le mois de novembre. Nous le voyons encore avec le texte de votre lettre. Elle mélange la démagogie avec une volonté évidente de confusion. Vous multipliez les questions secondaires afin de mieux faire passer des questions primordiales dont certaines ne sont même pas formulées. Quel dédain coule de cette lettre où les mots de « pouvoir d’achat » ne figurent pas alors qu’ils sont pourtant la cause première de la révolte populaire. Les études que vous avez faites ne vous donneront jamais le droit d’insulter les gens. Plus profondément, vous affectez de croire que l’élection vous a donné en propriété un pouvoir dont, à dire le vrai, vous n’êtes que le délégataire. Vous êtes aujourd’hui devant un choix qui est clair : revenir à la raison ou entraîner le pays avec vous dans le chaos.

Monsieur le Président, nous vous écrivons une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Ainsi commence une célèbre chanson de Boris Vian, entrée dans la culture populaire. Mais, ce n’est pas nous qui entendons déserter notre pays. Ce sont vos amis et vous qui avez fait sécession avec le peuple de France. Cette sécession est potentiellement grosse de malheurs pour tous. N’en doutez pas, l’histoire est tragique. Elle l’est tout particulièrement pour les dirigeants qui tournent le dos avec mépris et constance au peuple.

Assurément, vous avez, mais pour combien de temps encore, la force des armes. Souvenez vous pourtant de cette phrase de Victor Hugo : LA DERNIÈRE RAISON DES ROIS, LE BOULET. LA DERNIÈRE RAISON DES PEUPLES, LE PAVÉ.

Signataires :

Bruno Belllegarde

Leila Charfadi

Denis Collin

Jacques Cotta

Michèle Dessenne

Danièle Goussot

Eric Julliot

Marie Annick Le Bars

Marc Lebas,

Bertrand Renouvin,

Claude Rochet

Jacques Sapir

Signataires de l’appel pour la création du « collectif pour la souveraineté et la justice sociale », le CNSJS
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