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Le blog de Lucien PONS

terrorisme

La justice française relâche un Kosovar, criminel de guerre présumé. Par Maxime Perrotin

21 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La mondialisation, #Terrorisme, #Yougoslavie

 
Ramush Haradinaj
La justice française relâche un Kosovar, criminel de guerre présumé
© AP Photo / Jean-Francois Badias
International
 

La justice française a ordonné, jeudi 12 janvier, la remise en liberté de Ramush Haradinaj. Interpellé il y a tout juste une semaine, à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, l’ex-Premier ministre kosovar faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

 

Les autorités serbes le suspectant d'avoir torturé et assassiné des dizaines de civils pendant la guerre.

 

Ramush Haradinaj n'aura passé en tout et pour tout qu'une semaine dans les geôles françaises. L'ex-Commandant de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et ancien Premier ministre (pendant cent jours, en tout et pour tout, entre 2004 et 2005) de la région Serbe sécessionniste est ressorti libre du tribunal de Colmar jeudi 12 janvier. Une remise en liberté qui ne surprend pas Slobodan Despot, écrivain et éditeur d'origines serbo-bosniaque. Pour lui, si des « très bonnes raisons » expliquent certainement cette décision du tribunal, il n'exclut pas « l'existence de pressions, de nature politique, économique et même beaucoup plus concrètes, de gens avec qui on ne plaisante pas. »

« Cela ne m'étonne pas, ce qui eut été vraiment surprenant c'est que la justice française agisse dans le cadre d'Interpol et qu'elle extrade ce criminel — ce criminel présumé, évidemment —, alors là on aurait été vraiment très étonnés, positivement, par l'intégrité, la probité, des magistrats français… mais en Europe de l'Ouest ce n'est pas du tout ce qu'on attend. »

Il faut dire que depuis plusieurs jours, on relate dans la presse que son interpellation en France menace la reprise du dialogue entre la Serbie et le Kosovo, Ramush Haradinaj étant considéré par les Albanais de cette province comme un « héros de guerre ». Rappelons toutefois que Ramush Haradinaj est le plus fervent opposant au rétablissement des relations entre Pristina et Belgrade.

 

Ramush Haradinaj est donc libre, mais pas pour autant tiré d'affaire, nous assure-t-on du côté des magistrats. Ramush Haradinaj reste en effet sous contrôle judiciaire à Strasbourg, le temps que la justice française examine la demande d'extradition formulée par la Serbie. Belgrade qui l'accuse d'avoir détenu, torturé et exécuté des dizaines de civils, tant serbes qu'albanais ainsi que des Roms, durant les années de conflit au Kosovo.

 

Ainsi, le criminel de guerre présumé s'est vu sommer de ne pas quitter le territoire national afin de répondre à une future convocation, contraint de remettre son passeport aux autorités françaises. Une bien maigre garantie, estime Slobodan Destpot:

« Vous pouvez bien laisser votre passeport, entre la France et le Kosovo il n'y a pas un seul endroit où vous devez présenter un passeport pour passer les frontières. Les cartes d'identité suffisent. C'est une mascarade, une mascarade qui dure depuis les années 90. »

Un examen par la Justice française de la demande d'extradition de Belgrade, qui pourrait prendre plusieurs semaines. D'autant plus que si le Ministère de la Justice serbe a annoncé mardi avoir officiellement demandé à la France l'extradition de l'ex-chef de guerre, cette demande n'est visiblement toujours pas « officiellement parvenue » aux magistrats de la Cour d'appel de Colmar. Quoi qu'il en soit, pour notre intervenant, il serait grandement surprenant que la requête de Belgrade auprès des autorités françaises aboutisse.

« Cela fait 25 ans que la crise de l'ex-Yougoslavie est traitée en Occident dans un seul sens, avec une seule catégorie de coupables et une seule catégorie d'innocents, la culpabilité d'un chef de guerre albanais pour l'instant n'est pas à l'ordre du jour. »

 

Un point de vue que semble partager, à sa manière, Maître Rachel Lindon, l'avocate de Ramush Haradinaj, qui entend bien ne pas se satisfaire de cette libération. Elle déclare « la suite sera évidemment l'annulation de la notice Interpol qui n'a pas lieu d'être et de la demande d'extradition qui doit être refusée ». La jeune avocate, titulaire d'un Master en droits de l'homme de l'Université de Londres, tant inscrite au Barreau de Paris qu'à la Cour Pénale Internationale, estime en effet que les accusations de Belgrade à l'encontre de son client sont « purement politiques ».

 

Il faut dire que le procès d'un homme tel que Ramush Haradinaj raviverait des souvenirs que les pays occidentaux aimeraient bien oublier, eux qui ont été les soutiens de premier plan de l'UCK et de la sécession du Kosovo.

« Dans la situation actuelle, l'OTAN est tellement ébranlée, tellement mise en doute, que personne, je pense, en Europe de l'Ouest n'aimerait rouvrir le dossier du Kosovo, c'est un dossier qu'on essaie d'oublier aussi soigneusement que possible. »

Ramush Haradinaj, un individu littéralement intouchable, un « funambule extraordinaire qui se tire de toutes les situations quelles qu'elles soient » juge Slobodan Despot. Acquitté à plusieurs reprises par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de près de 37 chefs d'inculpation. Des acquittements survenus dans des circonstances plus que troubles. Comme nous l'expliquait la semaine dernière le Colonel des forces spéciales Jacques Hogard, qui fut déployé au Kosovo dans le cadre de l'OTAN, Ramush Haradinaj a été acquitté dans des conditions assez troubles.

« […] au fur et à mesure que disparaissaient les témoins à charge qui étaient assassinés, qui mourraient dans leur baignoire, qui étaient renversés par un bus, qui disparaissaient purement et simplement de la circulation et ce personnage est certainement l'un des plus grands criminels de guerre de notre époque troublée. »

« La procureur du TPIY, Madame Carla Del Ponte a dû renoncer à nombre de témoignages à charge pour cause de disparition, c'est-à-dire d'assassinats de témoins contre ce monsieur. »
confirme Slobodan Despot.

Comme nous le rappelions aussi la semaine dernière, le rapport du sénateur suisse Dick Marty sur le trafic d'organes organisé entre le Kosovo et l'Albanie et qui fit l'effet d'une bombe au moment de sa présentation devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe en décembre 2010, s'est rapidement enlisé:

« Un rapport accablant sur l'industrie du trafic d'organes au Kosovo, un rapport qui donne des faits précis et qui implique la classe politique dirigeante du Kosovo ».

 

Classe politique dont fait d'ailleurs partie Ramush Haradinaj, même s'il n'est pas directement cité dans le rapport en question.

 

La mise sous le boisseau du rapport Marty n'est d'ailleurs pas une première sur le thème. Carla Del Ponte, pourtant ex-procureur général du TPIY, évoquait dans ses mémoires — deux ans avant D. Marty — l'existence de ce trafic d'organes. Il faut dire que dans cette affaire, Ramush Haradina, aujourd'hui chef de l'opposition au Kosovo n'est pas le seul impliqué, son compagnon d'armes de l'UCK, Hashim Thaçi, actuel Président du Kosovo, l'est également. Slobodan Despot se désole:

« C'est probablement le crime le plus hideux de toute la guerre civile yougoslave qu'on est en train d'essayer d'étouffer. »

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Bachar al-Jaafari : Ceux qui disent qu’Idleb est effectivement une zone de désescalade ne savent pas de quoi ils parlent ! Par PATRIZIO Marie-Ange

12 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Bachar al-Jaafari : Ceux qui disent qu’Idleb est effectivement une zone de désescalade ne savent pas de quoi ils parlent !

Bachar al-Jaafari : Ceux qui disent qu’Idleb est effectivement une zone de désescalade ne savent pas de quoi ils parlent ! Par PATRIZIO Marie-Ange

 

Pour mémoire, intervention du délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies le 7 septembre 2018 devant le Conseil de sécurité, présidé jusqu’à la fin du mois par la déléguée permanente des États-Unis ; les discussions ayant porté quasi exclusivement sur la situation « humanitaire » à Idleb…(NdT, Mouna Alno-Nakal)

___________________________________________

Merci Madame la Présidente,

Permettez que je commence par un petit clin d’œil éducatif pour expliquer à mes collègues ce que signifient les accords d’Astana.

L’Accord d’Astana 4, aux délibérations duquel j’ai participé, avait pour objectif la création de « zones de désescalade » en Syrie, était limité à six mois, renouvelable si les « groupes armés » concernés par l’accord respectaient le cessez-le-feu et se séparaient des « groupes terroristes armés » exclus de ce même accord. Ce qui ne fut pas le cas à Idleb, puisque les groupes armés ont refusé de se séparer des groupes terroristes armés ou, plus exactement, puisque leurs sponsors ont refusé que cette séparation ait lieu.

De plus, les terroristes d’Idleb ont lancé 400 drones sur la base russe de Hmeimim, à Lattaquié, et ont bombardé quasi quotidiennement la ville d’Alep depuis environ un an et demi, en dépit de ces accords. C’est pourquoi, celui qui dit qu’Idleb est une zone de désescalade est dans l’erreur et ne sait pas de quoi il parle. Cette zone est tombée parce que les groupes armés n’ont pas respecté les conditions de l’Accord d’Astana 4.

Cette simple introduction devrait donc expliquer aux membres de ce Conseil pourquoi les choses en sont arrivées là où elles sont à Idleb.

 

Suite intégrale : https://www.mondialisation.ca/bachar-al-jaafari-ceux-qui-disent-quidleb-est-effectivement-une-zone-de-desescalade-ne-savent-pas-de-quoi-ils-parlent/5627721 

 

Chers correspondants,

1) Je voudrais signaler que les textes des interventions intégrales du délégué permanent de la République arabe syrienne aux Nations Unies ne sont jamais fournis sur le site de l’ONU. Nous les devons au travail militant de leur traductrice, après transcription de l’enregistrement audio du site ONU. 

Ces textes mériteront d’être recueillis dans un manuel qui pourrait servir à nos Excellences pour leur apprendre ce qu’est la diplomatie. 

 

2) Retour sur le texte de l’intervention  du 6 septembre:

Celui qui s’est battu contre le terrorisme à votre place ne cèdera pas à vos menaces…

Extrait : 

"Concernant les mensonges et les falsifications, j’ai toujours à l’esprit le rapport éhonté et ridicule, préparé par la correspondante de CNN, Arwa Damon, lors de sa rencontre en Turquie de prétendues victimes ayant fui la prétendue attaque chimique de Douma d’avril 2018. Laquelle prétendue attaque chimique a servi de prétexte aux gouvernements des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France à l’attaque tripartite sur la Syrie le samedi 14 avril 2018, suite à laquelle nous avions demandé la réunion de ce Conseil. Ce rapport filmé montre la journaliste, correspondante de CNN, plonger son nez dans un cartable d’écolier, en plein territoire turc, à des centaines de kilomètres de Douma et une semaine après l’incident présumé. Elle renifle et son odorat s’active pour lui faire dire sur les écrans de CNN, en dépit du décalage d’une semaine et à des centaines de kilomètres du lieu de la présumée attaque chimique, sans signes visibles d’un quelconque malaise, qu’elle a senti la puanteur bizarre de produits chimiques. Elle a dit « stinky », en anglais. Un rapport diffusé dans le cadre de la justification de l’agression militaire sur la Syrie. Voyez le niveau de régression politique et médiatique !"

Pour idée de cette régression il vaut la peine de prendre 1 minute et 30 secondes pour aller voir Arwa Damon renifler dans le cartable - pour vérifier que c’était bien une attaque chimique- prendre l’air dégoûté et agiter élégamment les doigts devant son nez pour chasser l’odeur. 

Mais oui, elle est “a multi-award winning senior international correspondent for CNN. As one of the network's Middle East specialists, she frequently reports from conflict zones across the Middle East and North Africa region”. “Grand reporter” plusieurs fois primée et spécialiste de la région. 

https://russia-insider.com/en/cnn-bird-brain-arwa-damon-sniffs-syrian-kids-backpack-finds-chemical-weapons-russian-tv-news/ri23212

ou, pour les russophobes :

https://www.youtube.com/watch?v=pYuKu9PhxL4

Bien plus fort que les Casques blancs pleins de poussière et de sang vermillon qui s’agitent devant les caméras : le vécu du senti,

M-A

 

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Syrie, attaque chimique annoncée à Jisr al-Choghour...? Par Bernard Maillard

12 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie, attaque chimique annoncée à Jisr al-Choghour...?

Publié par Bernard Maillard sur 11 Septembre 2018, 15:07pm

Catégories : #Géopolitique, #politique, #corruption

C’est quoi ce film en train d’être tourné à Jisr al-Choghour dans la province d’idlib ???

 

Commentaire publié le 11 septembre 2018 à 15h40 à la suite de l’article

 

Le Monde - « Idlib résume toute la tragédie syrienne »

 

https://www.lemonde.fr/decryptages/article/2018/09/11/idlib-resume-toute-la-tragedie-syrienne_5353238_1668393.html

 

 

Après la provocation à l’attaque chimique, on peut s’attendre

 

                 -  à une rapide et massive attaque du funeste trio Trump Macron May qui a déjà sévi  en Syrie en toute illégalité, sur la base de faits non établis et en dehors de tout mandat international, le 14 avril 2018

 

               - à une réplique légitime de la Syrie et de ses alliés qui pourra atteindre les navires émetteurs de l’attaque initiale , et qui abattra donc des soldats et marins , exposés au conflit en toute illégalité

 

                 - à un black-out généralisé de tous les réseaux sociaux via le blocage d’internet pour raisons de sécurité, de fait pour faire obstacle à toute opposition et pour attiser la guerre.

 

D’où l’importance de dénoncer dès maintenant les manipulations et provocations en cours de préparation en ce moment même à Jisr al-Choghour et autres lieux dans la province d’Idlib

 

 

Pour retrouver tous les articles du Blog de Malicorne sur la  guerre en Syrie

http://www.guerre-en-syrie-blog-de-malicorne.over-blog.com/

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A l’intérieur du programme secret d’Israël pour soutenir les rebelles syriens – Politique étrangère. Par Elizabeth Tsurkov

11 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch

     foreignpolicy.com

 

A l’intérieur du programme secret d’Israël pour soutenir les rebelles syriens – Politique étrangère

(Inside Israel’s Secret Program to Back Syrian Rebels – Foreign Policy)

Par Elizabeth Tsurkov

 

| Septembre 6, 2018

 


Israël a secrètement armé et financé au moins 12 groupes rebelles en Syrie du Sud qui ont aidé à empêcher des combattants soutenus par l’Iran et des militants de l’Etat islamique de prendre position près de la frontière d’Israël ces dernières années, d’après plus que deux douzaines de commandants et de membres ordinaires de ces groupes.

Les transferts militaires, qui se terminèrent à la fin juillet de cette année, comprenaient des fusils d’attaque, des machines de fusils, des lanceurs de mortiers et des véhicules de transport. Les agences de sécurité israéliennes ont délivré les armes par trois grilles connectant les Hauteurs du Golan occupées par les Israéliens à la Syrie – les mêmes passages qu’Israël employait pour délivrer de l’aide humanitaire aux résidents de la Syrie du Sud souffrant depuis des années de la guerre civile.

Israël a aussi fourni des salaires à des combattants rebelles, payant chacun d’eux de +/- $75 par mois, et fournissait de l’argent supplémentaire aux groupes qui achetaient des armes sur le marché noir syrien, d’après les rebelles et les journalistes locaux.

Les payements en même temps que le service qu’Israël recevait en retour, ont créé une attente parmi les rebelles qu’Israël intercéderait si des troupes loyales au Président Bashar al-Assad essayaient d’avancer en Syrie du Sud.

 

Quand les forces du régime soutenues par le pouvoir aérien russe ont précisément fait cela cet été, Israël n’est pas intervenu, laissant les groupes rebelles se sentir trahis.

« C’est une leçon qu’on n’oubliera jamais au sujet d’Israël. Il ne se soucie pas des …des gens. Il ne se soucie pas d’humanité. La seule chose dont il se soucie, ce sont ses propres intérêts, » a dit Y…un combattant d’un des groupes, Forsan al-Jolan.

Israël a essayé de garder secret ses relations ave les groupes. Alors que certaines publications les ont rapportées, les interviews de Politique étrangère menées avec des membres de milice pour cette histoire fournissent le récit le plus détaillé  du soutien d’Israël pour les groupes. Tous les combattants ont parlé à condition que leur nom et leurs factions ne soient pas révélés.

La quantité d’armes et ‘argent qu’Israël a transféré aux groupes – comprenant des milliers de combattants – est petite comparée aux montants fournis par d’autres pays impliqués dans la guerre civile de 7 ans, incluant le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et les Etats-Unis. Même au sommet du programme israélien d’assistance, cette année, les commandants rebelles se sont plaints que c’était insuffisant.

 

Mais l’assistance est significative pour plusieurs raisons. Elle marque un moyen de plus qu’Israël a essayé pour empêcher l’Iran de retrancher sa position en Syrie – en  même temps que des frappes aériennes sur des campements iraniens et une pression politique d’Israël a porté via la Russie, le principal courtier au pouvoir en Syrie.

Cela soulève aussi des questions sur l’équilibre de pouvoir en Syrie alors que la guerre civile finalement serpente. Avec les forces iraniennes qui ont aidé Assad à battre les rebelles ne montrant aucun penchant pour quitter la Syrie, le potentiel pour le pays de devenir une situation explosive entre Israël et l’Iran paraît imminent.

Un porte-parole de l’ambassade israélienne à Washington a décliné tout commentaire pour cette histoire..

Israël a commencé à armer des groupes rebelles avec l’Armée libre syrienne en 2013, incluant des factions dans Quneitra, Daraa, et les zones sud de la campagne de Damas. Les armes transférées à l’époque, étaient surtout des fusils d’assaut M16, fabriqué aux US. Plus tard Israël a changé pour fournir aux rebelles surtout des armes non-américaines  - apparemment pour cacher la source de l’assistance – incluant des fusils et des munitions provenant d’une cargaison iranienne au groupe libanais Hezbollah qu’Israël avait saisces groupes est restée régulière pour un certain temps, mais elle s’est étendue significativement l’an dernier. Israël passa de soutenir des centaines de combattants pour atteindre des groupes comprenant des milliers de rebelles. L’augmentation en assistance a coïncidé avec une modification plus large de la politique d’Israël en Syrie. Après que des appels  à l’Administration US et au Kremlin échouèrent à sécuriser un accord qui assurerait que des milices soutenues par l’Iran resteraient éloignées du sud de la Syrie, Israël a adopté une politique plus agressive.

Sa force aérienne se mit à frapper plus profondément dans le territoire syrien, visant pas simplement des expéditions d’armes individuelles d’Iran au Hezbollah mais aussi des bases iraniennes dans le pays.

Deux des groupes qu’Israël soutenant ont été identifiés publiquement - Forsan al-Jolan (Les Seigneurs du Golan), une faction basée sur la ville frontière de Jubata al-Khashab en Quneitra, et Liwaa Omar bin al-Khattab, basée à Beit Jinn, une ville voisine du Mont Hermon.

Contrairement à d’autres supporters étrangers de l’opposition syrienne, Israël a fait peu d’efforts pour organiser et consolider son programme d’aide. A la place, il s’est apparemment confié à des relations qu’il a développées avec des commandants individuels, dirigeant l’assistance directement à eux.  

D’après des rebelles en Syrie du Sud, ces commandants communiquaient avec des autorités israéliennes par téléphone et les rencontraient occasionnellement face à face dans le Golan occupé par Israël. Quand des commandants changeaient de groupe et de lieu, l’assistance israélienne les suivait. D’un autre côté, quand des commandants étaient tués ou retirés de leur position à cause des luttes de pouvoir internes, l’assistance israélienne à leurs anciennes factions était arrêtée. 

Forsan al-Jolan était le groupe préféré d’Israël. L’an dernier, il a ajouté plusieurs centaines de combattants dans ses rangs grâce à une augmentation du financement israélien, d’après des membres de la faction. Il a aussi servi comme un distributeur d’équipement militaire fourni par Israël pour d’autres groupes. Ceci a permis au groupe d’avoir une influence externe à la fois à Quneitra et le gouvernorat voisin de Daraa.

Israël a aussi fournit un soutien de feu à des factions rebelles luttant contre l’affilié local de l’Etat islamique dans le Yarmouk Basin. D’après des rebelles, des journalistes et des résidents locaux, Israël a lancé des frappes de drones visant des commandants de l’Etat islamique et des frappes de missiles de précision contre le personnel du groupe, des fortifications et des véhicules pendant des batailles avec les rebelles. Israël n’a pas étendu un soutien de feu similaire pour les assauts de rebelles contre les forces du régime.

 Comme résultat de l’assistance humanitaire et militaire d’Israël beaucoup d’habitants de Syrie du Sud en sont venu à le percevoir comme un allié. Des Israéliens ont publié son programme « Bons voisins » en arabe, incluant des opérations humanitaires en Syrie du Sud et un traitement de certains Syriens dans des hôpitaux israéliens.

Y., le combattant de  Forsan al-Jolan, m’a raconté, il y a quelques mois : « Israël est le seul avec des intérêts dans la région et un petit peu d’humanité et il (fournit) une assistance à des civils. »

Mais alors que les troupes loyales  à Assad aidées par les forces russes et iraniennes, ont repris le contrôle de plus en plus de régions de la Syrie, Israël a cherché d’autres moyens pour garantir ses intérêts le long de la frontière.

En juillet de cette année, des autorités israéliennes ont apparemment atteint une compréhension avec la Russie qui a permis pour le retour de forces du régime vers Daraa et Quneitra occidentaux, les régions adjacentes aux Hauteurs du Golan. En échange, la Russie aurait promis de garder les milices soutenues par l’Iran à 80 km des Hauteurs du Golan et ne pas commencer à gêner les frappes israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie.

Même après que l’offensive d’Assad sur le sud de la Syrie ait commencé, beaucoup de Syriens dans la région se sont accroché à l’espoir qu’Israël  empêcherait au moins au régime de recapturer le gouvernorat adjacent de Quneitra.

Des milliers de gens ont fui vers la région confinée aux Hauteurs du Golan, mais Israël n’est pas intervenu pour les protéger.

Un dirigeant de la communauté locale de Daraa occidental qui a accepté d’être seulement identifié comme Abu Khaled a dit qu’il a vite réalisé que compter sur Israël avait été une erreur.

« Croyez-moi, Israël regrettera son silence sur ce qui s’est passé en Syrie du Sud. Nous dans notre ville et les villes voisines nous nous sommes réconciliés à contre cœur ave le régime, mais cette réconciliation affectera Israël dans un futur prochain, » a-t-il dit.

 

Alors que le régime s’approchait, certains des rebelles s’adressèrent à leurs contacts israéliens et demandèrent l’asile, craignant la répression des forces d’Assad. Les autorités israéliennes ont répondu en autorisant un petit nombre de commandants rebelles et les membres de leur famille immédiate d’entrer en Israël pendant la nuit du 22 juillet. D’autres ont été repoussés.

 

Où se trouvent ces commandants et leurs familles reste peu clair. D’après des gens en Syrie, des rumeurs disent qu’ils sont en Israël, d’autres en Jordanie. Un ancien commandant a informé ses subordonnés qu’il était arrivé en Turquie.

Pour les combattants ordinaires, la plupart ont choisi de rester dans leur maison et de se soumettre au régime plutôt que de fuir à Idlib, la seule enclave restante de forces rebelles. Certains ont été arrêtés, apparemment pour avoir travaillé avec Israël, alors que d’autres ont rejoint des milices pro-régime ou l’Armée syrienne elle-même comme moyen d’éviter une persécution du régime.

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https://www.haaretz.com/israel-news/report-israel-secretly-armed-and-funded-12-syrian-rebel-groups-1.6462729

Israel secretly armed and funded 12 Syrian rebel groups, report says

Haaretz

6/9/2018

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Contre-histoire de la “guerre froide”. Par Bruno Guigue.

11 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La mondialisation, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #le nazisme

11 septembre
19:27

De l’Ukraine à l’affaire Skripal, de la Syrie au Russiagate, l’actualité offre sa ration quotidienne de ce qu’il faut bien appeler la nouvelle « guerre froide ». Comme au bon vieux temps, le monde est divisé entre les bons et les méchants, et on subit une avalanche impressionnante de propagande. Ce n’est pas nouveau. Pour accréditer une menace soviétique suspendue comme l’épée de Damoclès au-dessus des démocraties occidentales, on prétendit à plusieurs reprises, jusque dans les années 80, que l’arsenal militaire de l’URSS était nettement supérieur à celui des USA. Or c’était complètement faux. « Pendant toute cette période, note Noam Chomsky, de grands efforts ont été déployés pour présenter l’Union soviétique plus forte qu’elle ne l’était réellement, et prête à tout écraser. Le document le plus important de la guerre froide, le NSC 68 d’avril 1950, cherchait à dissimuler la faiblesse soviétique que l’analyse ne manquait pas de révéler, de façon à donner l’image voulue de l’État esclavagiste qui poursuivait implacablement le contrôle absolu du monde entier » (“L’an 501, La conquête continue”, EPO, 1994).

Cette menace systémique était bel et bien une fiction. L’arsenal soviétique fut toujours inférieur à celui de ses adversaires. Les dirigeants de l’URSS n’ont jamais envisagé d’envahir l’Europe occidentale, et encore moins de « conquérir le monde ». En fait, la course aux armements - et notamment à l’armement nucléaire - est une initiative typiquement occidentale, une sorte d’application à la chose militaire du dogme libéral de la concurrence économique. C’est pourquoi cette compétition mortifère - où l’on frôla l’apocalypse atomique au moins une fois, en octobre 1962 - fut sciemment entretenue par Washington dès le lendemain de la victoire alliée sur l’Allemagne et le Japon. Cyniquement, le camp occidental avait deux bonnes raisons de provoquer cette compétition : la guerre avait exténué l’URSS (27 millions de morts, 30% du potentiel économique anéanti), et elle avait fantastiquement enrichi les USA (50% de la production industrielle mondiale en 1945).

Forgée par le conflit mondial, cette suprématie économique sans précédent créait les conditions d’une politique étrangère agressive. Bien entendu, cette politique avait un habillage idéologique : la défense du « monde libre », de la démocratie et des droits de l’homme contre le « totalitarisme soviétique ». On peut d’ailleurs mesurer le sérieux de ces motivations démocratiques au soutien apporté par Washington, dans la même période, aux dictatures de droite les plus sanguinaires. Mais cette politique impérialiste, conformément à la doctrine forgée par George Kennan en 1947 (le containment du communisme) avait surtout un objectif inavoué : l’épuisement progressif de l’URSS - rudement éprouvée par l’invasion hitlérienne - dans une compétition militaire où le système soviétique allait dilapider les moyens qu’il aurait pu consacrer au développement. Force est de constater que cette politique a porté ses fruits, de Harry Truman (1945-1952) à George W. H. Bush (1988-1992).

Surclassée par un capitalisme occidental qui bénéficiait de conditions extrêmement favorables au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique a donc fini par quitter la scène en 1991 au terme d’une compétition perdue d’avance. Pourtant rien ne semble avoir changé, et la guerre froide, aujourd’hui, continue de plus belle. Près de trente ans après la disparition de l’URSS, l’hostilité occidentale à l’égard de la Russie ne faiblit pas. « De Staline à Poutine », un récit où transpire la bonne conscience occidentale attribue toutes les tares au camp adverse, incriminant une puissance maléfique dont la résilience ferait peser une menace irrésistible sur le monde prétendument civilisé. Comme si l’affrontement Est-Ouest devait absolument survivre au pouvoir communiste, on s’obstine à désigner dans la Russie actuelle une sorte d’ennemi systémique, l’empire du mal soviétique ayant simplement été repeint aux couleurs russes pour les besoins de la cause.

Aux yeux des élites dirigeantes occidentales, il faut croire que Moscou reste Moscou, et que la menace venant de l’Est résiste aux changements politiques. Communisme ou pas, l’agenda géopolitique du « monde libre » demeure irréductiblement anti-russe. En un sens, les russophobes d’aujourd’hui pensent comme le général de Gaulle, qui décelait la permanence de la nation russe sous le vernis soviétique. Mais ces obsédés de l’ogre moscovite en tirent des conclusions diamétralement opposées. Visionnaire, farouchement attaché à l’idée nationale, le fondateur de la Cinquième République trouvait dans cette permanence une bonne raison de dialoguer avec Moscou. Les russophobes contemporains, au contraire, y voient le prétexte d’un affrontement sans fin. De Gaulle voulait dépasser la logique des blocs en apaisant les tensions avec la Russie, tandis qu’ils entretiennent ces tensions afin de souder dans la haine anti-russe le bloc occidental.

Le discours dominant en Occident durant la première « guerre froide » (1945-1990) ne cessait d’attribuer la responsabilité du conflit à l’expansionnisme soviétique et à l’idéologie communiste. Mais si la guerre froide continue aujourd’hui, c’est la preuve qu’un tel discours était mensonger. Si le communisme était responsable de la guerre froide, l’effondrement du système soviétique aurait sonné le glas de cet affrontement, et le monde aurait tourné la page d’un conflit qu’on attribuait - à tort - à l’incompatibilité entre deux systèmes. Or il n’en est rien. La Russie n’est plus communiste, et l’Occident vassalisé par Washington l’accuse quand même des pires horreurs, expulse ses diplomates sous de faux prétextes, lui inflige des sanctions économiques, exerce une pression militaire à ses frontières, bombarde ses alliés au Moyen-Orient, et lui prête même le pouvoir machiavélique de faire élire le candidat de son choix à la Maison-Blanche.

Cette renaissance de l’hystérie anti-moscovite est d’autant plus significative qu’elle succède à une décennie, les années 90, dont la tonalité géopolitique était fort différente. Mais cette époque est révolue. Fini, le temps où la Russie déliquescente de Boris Eltsine (1991-2000) avait les faveurs du « monde libre ». Soumise à la « thérapie de choc » libérale, elle s’était placée dans l’orbite occidentale. L’espérance de vie de la population régressa de dix années, mais ce détail importait peu. La Russie rejoignait le monde merveilleux de l’économie de marché et de la démocratie à l’occidentale. Son équipe dirigeante, elle, touchait les dividendes d’une reddition qui lui valait son adoption par l’Occident. Malheureusement pour ce dernier, cette lune de miel prit fin au début des années 2000. Car la Russie a redressé la tête. Avec Vladimir Poutine, elle a recouvré sa souveraineté et défendu ses intérêts nationaux. Tordant le cou aux « oligarques », elle a repris le contrôle des secteurs-clé de son économie - notamment dans l’énergie - que lorgnaient avec gourmandise les requins de la finance mondialisée.

Cette renaissance soudaine a provoqué un tollé en Occident. Une fois passé la parenthèse providentielle - du point de vue occidental - de l’ère Eltsine, le containment du communisme a repris du service sous la forme d’une diabolisation frénétique de la Russie. Tant qu’elle faisait allégeance aux Occidentaux, la Russie débilitée des années 90 ne lui portait pas ombrage : elle avait réintégré le droit commun des nations qui regardent bien sagement du côté de la bannière étoilée. Mais lorsqu’elle s’est émancipée de cette tutelle, la Russie dégrisée de Vladimir Poutine a suscité une hargne peu commune. Comme au temps de la guerre froide, on s’est mis à accuser Moscou de tous les maux. Une interminable litanie a de nouveau envahi les médias du « monde libre ». Menace systémique pour le monde occidental, péril mortel pour ses intérêts, ferment corrosif pour ses valeurs, brute épaisse ne comprenant que la force, Etat-voyou imperméable au code de conduite des nations civilisées : toutes les nuances du répertoire y sont passées.

Concentré de tous les poncifs russophobes, ce discours belliciste, malheureusement, ne fut pas seulement un discours. Les actes ont suivi. Depuis quinze ans, les USA organisent délibérément une confrontation globale avec Moscou qui a deux caractéristiques : aucun président américain n’y a fait exception, et elle se déploie sur trois fronts principaux. Complexe militaro-industriel oblige, c’est d’abord sur le terrain de la course aux armements que Washington a déclenché les hostilités. En 1947, les USA voulaient « contenir » le communisme en enserrant l’URSS dans un réseau d’alliances militaires prétendument défensives (OTAN, OTASE, Pacte de Bagdad). Dans les années 90, l’URSS n’existe plus. Pourtant, la politique américaine est toujours la même, et l’alliance atlantique survit miraculeusement à la menace qu’elle était censée conjurer. Pire, Washington élargit unilatéralement l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, violant l’engagement pris auprès de Gorbatchev qui accepta la réunification de l’Allemagne en échange d’une promesse de non-extension de l’alliance atlantique dans l’ex-glacis soviétique.

Cette offensive géopolitique de l’OTAN avait évidemment un corollaire militaire. Ce fut d’abord l’installation, chez les nouveaux Etats-membres d’Europe orientale, d’un bouclier antimissile américain. Impensable au temps de l’URSS, ce dispositif fait peser sur Moscou la menace d’une première frappe et rend caduc tout accord de désarmement nucléaire. Ce fut ensuite la multiplication des manœuvres militaires conjointes aux frontières occidentales de la Fédération de Russie, de la Baltique à la Mer Noire. Sans oublier, bien entendu, la toile de fond de cette démonstration de force : colossal, le budget militaire US représente la moitié des dépenses militaires mondiales, crevant en 2018 le plafond des 700 milliards de dollars. En augmentation constante, il équivaut à 9 fois celui de la Russie (13 fois si l’on tient compte du budget militaire de l’OTAN). Au demeurant, l’essentiel des dépenses nouvelles accroît la capacité de projection des forces et n’a aucun caractère défensif, conformément à la doctrine de « l’attaque préemptive » fixée par les néoconservateurs depuis 2002. Dans ce domaine, rien n’arrête le progrès, et Donald Trump a annoncé, en juillet 2018, qu’il créerait même une « force spatiale » distincte de l’US Air Force pour éviter que les Russes et les Chinois ne dominent ce nouveau théâtre d’opérations.

Après la course aux armements, la déstabilisation de « l’étranger proche » fut le deuxième front ouvert par les USA et leurs vassaux contre Moscou. En fomentant un coup d’État en Ukraine (février 2014), ils entendaient détacher ce pays de son puissant voisin afin d’isoler davantage la Russie, dans la foulée des « révolutions colorées » qui se déroulèrent en Europe orientale et dans le Caucase. Depuis 2014, l’Ukraine est donc en proie à une crise intérieure gravissime. Le coup d’Etat a porté au pouvoir une clique ultra-nationaliste dont la politique a humilié la population russophone des régions orientales. Cette provocation délibérée des autorités usurpatrices de Kiev, soutenues par des groupes néo-nazis, a poussé les patriotes du Donbass à la résistance et à la sécession. Mais aucun char russe ne foule le territoire ukrainien, et Moscou a toujours privilégié une solution négociée de type fédéral. L’OTAN stigmatise et sanctionne la Russie pour sa politique à l’égard de l’Ukraine, alors que la seule armée qui tue des Ukrainiens est celle de Kiev, portée à bout de bras par les puissances occidentales. Dans cet « étranger proche », il est clair que c’est l’Occident qui défie outrageusement la Russie à ses frontières, et non l’inverse. Que dirait-on à Washington si Moscou menait des manœuvres militaires conjointes avec le Mexique et le Canada, et provoquait ouvertement la déstabilisation de l’Amérique du Nord ?

Après la course aux armements et la déstabilisation de « l’étranger proche », c’est sur le terrain syrien que Washington a entrepris de contrecarrer Moscou. Le projet de déstabilisation du Moyen-Orient remonte en réalité au début des années 2000. Ancien commandant en chef des forces US en Europe, le général Wesley Clark révéla le contenu d’un mémo classifié du Pentagone provenant du bureau du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld : « Il disait que nous allions attaquer et détruire les gouvernements de sept pays en cinq ans : nous allions commencer par l’Irak, puis ensuite nous irions en Syrie, au Liban, en Libye, en Somalie, au Soudan et enfin en Iran. » Clark décrivit aussi la véritable visée des néoconservateurs du Pentagone : « Ils voulaient que nous déstabilisions le Moyen-Orient, pour le retourner sens dessus dessous, afin de le voir finalement tomber sous notre contrôle. » (cité par F. William Engdahl, “Le charme discret du Djihad, Demilune, 2018). Cette stratégie secrète visait - et elle vise toujours - à l’émiettement du Moyen-Orient en une myriade d’entités ethniques et religieuses rivales, faibles et manipulables à volonté.

La réalisation de ce programme implique la destruction ou le démembrement des Etats souverains de la région, et notamment de ceux qui persistent dans leur refus de s’aligner sur l’axe Washington-Tel Aviv. La tentative d’anéantissement de l’État séculier syrien, principal allié arabe de l’URSS, puis de la Russie, constitue le dernier avatar de cette stratégie, dont l’Afghanistan, l’Irak, le Soudan, la Libye et le Yémen ont aussi fait les frais - et continuent de subir les méfaits à ce jour. Pour parvenir à ses fins, l’empire du chaos a orchestré une violence généralisée destinée à déstabiliser les Etats récalcitrants - comme la Syrie - tout en fournissant le prétexte d’une intervention militaire - directe ou indirecte - prétendument destinée à éradiquer le terrorisme. En somme, la stratégie des « néocons » vise à entretenir la terreur tout en faisant semblant de la combattre, Washington tirant profit de la situation sur les deux tableaux, toute avancée du terrorisme justifiant la présence armée des USA, et toute défaite infligée au terrorisme se trouvant portée au crédit de leur fermeté à l’encontre de ces forces maléfiques.

Or cet extraordinaire tour de passe-passe stratégique eut son banc d’essai dans l’organisation du « djihad » antisoviétique en Afghanistan dès la fin des années 70. Conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski organisa le recrutement de djihadistes issus du monde entier, et les fit acheminer illégalement jusqu’à l’Afghanistan via le Pakistan. Le but avoué de cette manœuvre était de créer « un Vietnam soviétique ». Washington fit monter la tension à l’intérieur de l’Afghanistan afin de forcer l’URSS à réagir en intervenant au profit du gouvernement pro-communiste de Kaboul. Issu de l’aristocratie polonaise, Brzezinski était obsédé par l’Union soviétique. Il théorisa la stratégie consistant à déstabiliser la « ceinture verte » (musulmane) bordant le flanc sud de la Russie. A ses yeux, les djihadistes rebaptisés « combattants de la liberté » constituaient des recrues de choix pour une « guerre sainte » contre le communisme athée. Moscou tomba dans le piège tendu par Washington, et cette erreur lui coûta très cher. Pour mener à bien la déstabilisation du gouvernement afghan, les stratèges de la CIA s’appuyèrent sur la puissance financière saoudienne, qui versa aux bandes armées des sommes faramineuses. Enfin, la logistique du djihad antisoviétique passa par l’entremise d’Oussama Ben Laden, dont l’organisation fournit un canal de recrutement pour les combattants affluant du monde musulman. Dès le début des années 80, le dispositif terroriste qu’on désignera bientôt sous l’appellation d’Al-Qaida était en place, coordonné et sponsorisé par l’axe Washington-Riyad.

En réalité, la « guerre froide » n’a jamais cessé. Course frénétique aux armements, déstabilisation de « l’étranger proche » et chaos organisé dans la « ceinture verte » qui longe le flanc sud de la Russie sont les trois fronts ouverts par les stratèges de Washington, depuis les années 2000, pour relancer l’affrontement Est-Ouest. Cette entreprise hégémonique est une œuvre de longue haleine qui prolonge la stratégie de containment préconisée par George Kennan dès 1947. Cet affrontement permanent justifie un effort militaire dont le président Eisenhower n’avait même pas l’idée lorsqu’il alerta l’opinion américaine à la fin de son mandat sur les dangers du « complexe militaro-industriel ». Accrochés à leur rêve d’hégémonie planétaire, les USA compensent aujourd’hui par un activisme tous azimuts le déclin de leur économie et l’effondrement de leur modèle de société. Adossée à l’alliance russo-chinoise et russo-iranienne, la résistance victorieuse de la Syrie vient d’administrer une leçon aux bellicistes de Washington. Les USA se vantent d’avoir gagné la première guerre froide. Qu’ils gagnent aussi la seconde est peu probable. Comme la précédente, ils l’ont déclenchée pour imposer au reste du monde le modèle libéral - ou prétendu tel - qui leur garantit depuis 1945 un accès privilégié aux matières premières et aux marchés mondiaux. Mais la réussite économique de la Chine et la renaissance politique de la Russie sont des pavés monumentaux jetés dans la mare de cette hégémonie finissante. Et les litanies sur la « démocratie » et les « droits de l’homme » finiront bien par lasser tous ceux qui voient quel usage en font les « Docteur Folamour » de Washington.

Bruno Guigue

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Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou 7 septembre 2018

11 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou 7 septembre 2018
  • 1 – Sur le 4e Forum économique oriental
  • 2 – Sur la Conférence des jeunes diplomates des pays de la région Asie-Pacifique
  • 3 – Sur le 2e Forum féminin eurasiatique
  • 4 – Sur le portail « Communauté féminine eurasiatique »
  • 5 – Sur l’évolution de la situation en Syrie
  • 6 – Sur la déclaration de James Jeffrey, représentant spécial du Secrétaire d’État américain pour la Syrie
  • 7 – Sur l’évolution de la situation autour de Kirill Vychinski
  • 8 – Sur la situation autour de ladite « affaire Skripal »
  • 9 – Sur le rapport du Directeur général de l’AIEA concernant la mise en œuvre du Plan d’action global commun sur le programme nucléaire iranien
  • 10 – Sur le début des travaux de la 39e session du Conseil des droits de l’homme de l’Onu
  • 11 – Sur la réaction de l’Otan aux exercices militaires Vostok 2018
  • 12 – Sur les activités à l’occasion du 70e anniversaire de l’ouverture de la mission diplomatique israélienne à Moscou
  • 13 – Sur les nouvelles audiences au Sénat américain avec la participation de représentants de Facebook et de Twitter
  • 14 – Sur le problème de la déformation de la vérité dans la vie politique des USA
  • 15 – Sur le rapport de plusieurs centres analytiques français concernant les manipulations de l’information
 
  •  
 

 

 
1 – Sur le 4e Forum économique oriental

Le 4e Forum économique oriental (FEO-4) se déroulera à Vladivostok du 11 au 13 septembre. Cet événement annuel a été initié par le Président russe Vladimir Poutine en 2015 afin de contribuer au développement accéléré de l’économie de l’Extrême-Orient et d’élargir la coopération internationale dans la région Asie-Pacifique.

L’ordre du jour du FEO-4 englobe un large spectre de questions relatives au perfectionnement des avantages concurrentiels de l’Extrême-Orient russe telles que l’optimisation des régimes préférentiels existants (le « territoire de développement prioritaire », le port libre de Vladivostok) et la création de nouveaux (un centre financier et un « offshore » sur l’île Rousski), ainsi que l’élaboration de mesures supplémentaires de stimulation de la coopération sectorielle, des projets de hautes technologies, des petites et moyennes entreprises.

Dans le contexte de l’agenda d’intégration actuel et de la situation géopolitique qui évolue de manière dynamique en Asie-Pacifique, un accent particulier sera mis sur l’exploitation substantielle des opportunités qui s’ouvrent à la Russie. Seront notamment étudiées les perspectives d’unification de l’Union économique eurasiatique (UEE) et de la stratégie chinoise « La Ceinture et la Route », la création d’un large contour d’intégration dans la Grande Eurasie, ainsi que la formation d’un espace de coopération économique sur la péninsule coréenne (Russie-Corée du Sud-Corée du Nord).

Pour la première fois sur la plateforme du FEO se tiendront les activités du programme spécial « Territoire des innovations » orienté sur le soutien aux jeunes chercheurs, inventeurs et développeurs, ainsi que sur la création d’un écosystème innovant pour garantir la compétitivité de notre pays à long terme.

Dans le cadre du Forum sont prévus les dialogues d’affaires Russie-ANASE, Russie-Japon, Russie-Corée du Sud, Russie-Europe, et Russie-Chine.

En marge du Forum se déroulera la 7e conférence de l’APEC pour la coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur, qui sera consacrée cette année aux défis de la révolution numérique, ainsi que de nombreuses expositions et activités sportives et culturelles.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à plusieurs activités dans le cadre de ce forum.

 
2 – Sur la Conférence des jeunes diplomates des pays de la région Asie-Pacifique

Les 11 et 12 septembre, dans le cadre du FEO-4 à Vladivostok, se tiendra le Dialogue des jeunes diplomates des pays de la région Asie-Pacifique – une réunion dans le cadre du « Forum des jeunes diplomates » organisé depuis plus de 5 ans par le Conseil des jeunes diplomates du Ministère russe des Affaires étrangères.

Le thème principal de l’activité est la création de l’Association internationale des jeunes diplomates et la réalisation du concept de « diplomatie horizontale ».

RUSSIE LAVROV 2018124194011315  Sergueï Lavrov

La participation d’invités éminents est prévue. Peut-être que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pourra également participer à cette activité.

Nous invitons les journalistes à 9 heures du matin les 11 et 12 septembre.

Pour recevoir des informations plus détaillées sur l’activité du Conseil des jeunes diplomates, veuillez composer le +7-916-487-43-54.

 
3 – Sur le 2e Forum féminin eurasiatique
EURASIE Le deuxième Forum des femmes d'Eurasie présentera les meilleurs programmes des volontaires de Russie1Lors de la rencontre de Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération de la FR avec les femmes leaders des projets des volontaires au Conseil de la Fédération en mai 2018 les cinq gagnantes de la première étape du Marathon des volontaires ont reçu des diplômes d’honneur. C’est pour elles l’occasion de participer à la deuxième édition du Forum des femmes d’Eurasie.  
Le 2e Forum féminin eurasiatique, auquel participeront plus de 1000 femmes de 122 pays, se déroulera à Saint-Pétersbourg du 19 au 21 septembre au palais de Tauride.

Ce forum est organisé par le Conseil de la Fédération de l’Assemblée fédérale russe et l’Assemblée interparlementaire des pays membres de la Communautés des États indépendants. L’activité sera soutenue par la fondation Roscongress.

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L’événement central sera la réunion plénière « Les femmes pour la sécurité mondiale et le développement durable » présidée par la présidente du Conseil de la Fédération de l’Assemblée fédérale russe Valentina Matvienko. Le programme du 2e Forum féminin oriental comporte plus de 40 différentes activités.

RUSSIE Valentina Matvienko 1033510738  Valentina Matvienko

Les thèmes principaux du Forum seront l’élargissement des opportunités des femmes et leur rôle dans la politique, l’économie, l’établissement d’une coopération efficace sur le soutien aux innovations, le développement de l’économie numérique, la garantie de la sécurité écologique et la promotion de projets caritatifs et sociaux.

Lors du 2e Forum féminin eurasiatique sont prévues

  • des sessions spéciales de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), de l’Unesco, de la Banque mondiale,
  • la réunion du « G20 féminin »,
  • du club d’affaires féminin des Brics,
  • le séminaire de l’APEC,
  • ainsi que la présentation du rapport de l’Organisation mondiale de la santé.

Dans le cadre du forum féminin auront lieu des réunions des représentants des milieux d’affaires

  • de la Russie,
  • de la France,
  • de l’Allemagne,
  • de l’Inde
  • de la Chine,

ainsi que l’exposition des projets des femmes-exportatrices « Fabriqué en Russie: l’exportation par les mains des femmes », la présentation de success-stories, un marathon de volontaires, ainsi qu’une présentation de femmes designers russes.

Le Forum vise à renforcer les processus de dialogue, l’intégration, et à développer la coopération internationale dans l’ensemble.

 
4 – Sur le portail « Communauté féminine eurasiatique »

eurasie le site -Communauté féminine eurasiatique-shapka2007f

Je voudrais également mentionner le site « Communauté féminine eurasiatique », qui a été nommé en tant qu’agence d’information officielle du 2e Forum féminin eurasiatique.

Il s’agit d’un média indépendant non-gouvernemental créé par l’Institut des sciences sociales et des technologies de l’information.

Depuis deux ans, le site a publié plus de 1 000 articles originaux, et il a déjà comptabilisé plus de 1,5 million de visites en 2018. Il est disponible en plusieurs langues et dispose notamment d’une version anglaise officielle. Il attire des lecteurs de plus de 100 pays du monde: 38% de la Russie, 25% de l’Europe, 23% de l’Asie et 14% des États-Unis.

Ce site présente des reportages uniques, des interviews et des articles analytiques. Il publie notamment des informations sur les participants au forum du monde entier, parle des talents et des accomplissements des femmes dans différents domaines, de leurs qualités personnelles et de leur vision de la vie. Les contributeurs du site partagent également leur propre expérience qui leur a permis d’atteindre leurs objectifs.

Le site dispose d’une base de photos uniques. Toutes les publications sont exclusives, mais peuvent être présentées gratuitement par les médias partenaires.

voir http://eawf.ru/fr2018/about/pla/

Le slogan du site est le suivant: « Se raconter mutuellement, pour que tout le monde sache ». Vous pouvez vous en convaincre vous-mêmes.

Pourquoi  je parle spécialement de ce site?

Car il existe un dicton, qui est malheureusement devenu la règle, disant que « ce ne sont pas les bonnes nouvelles, mais les mauvaises nouvelles qui se vendent bien ». Nous habitons malheureusement dans un monde de mauvaises nouvelles, et stimulons cet agenda négatif par l’attention que nous lui portons.

Le Forum accueillera donc des débats très intéressants pour tenter de savoir si nous pouvons former nous-mêmes un agenda positif, nous échanger des récits, des histoires et des informations sur nos accomplissements pour former un climat d’information positif qui pourrait à son tour influer sur nos réalités quotidiennes. A mon avis, ce site constitue une tentative de progresser vers cet objectif.

Je voudrais également mentionner que nous envisageons d’organiser de nouveau une conférence de presse itinérante en marge du Forum, tout comme nous l’avons fait en 2015 dans le cadre du 1er Forum féminin eurasiatique.   

 
5 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

syrie l'ouverture officielle de la 60e Foire internationale annuelle de Damas11-5

Nous constatons de nouvelles tendances positives dans l’évolution de la situation en Syrie. L’événement principal a été cette semaine l’ouverture officielle de la 60e Foire internationale annuelle de Damas, qui se déroule cette année sous le slogan « La gloire de l’Orient commence à Damas ». La foire, constituée de différents événements qui se dérouleront jusqu’au 15 septembre, réunira des représentants officiels et des délégations de 48 pays.

Russie Gueorgui Kalamanov, maxresdefault  Gueorgui Kalamanov,

La délégation russe est menée par Gueorgui Kalamanov, Vice-Ministre russe de l’Industrie et du Commerce.

On poursuit un travail actif de reconstruction de l’infrastructure économique et sociale détruite par les terroristes dans les régions libérées de Syrie.

Dans le contexte de la rentrée, il était surtout important d’assurer la réparation et le fonctionnement à part entière des établissements qui ne pouvaient plus dispenser aux enfants d’enseignement digne depuis des années. Les autorités syriennes ont atteint cet objectif.

Qui plus est, le gouvernement syrien a rétabli dans de très brefs délais le travail de 60 établissements médicaux dans la Ghouta orientale, au nord de Homs et dans le sud du pays. On a annoncé le lancement de la construction d’un grand complexe médical qui sera rattaché à l’université de Hama.

On accorde une attention particulière au retour des personnes déplacées à leur foyer et au rapatriement des réfugiés dont le flux ne cesse de s’accroître.

La Syrie a fêté le 4 septembre le premier anniversaire de la levée du blocus de Deir-ez-Zor. Plus de 600 000 personnes déplacées sont revenues dans la province depuis (notamment ces deux derniers mois), qui avaient quitté leur maison pour fuir Daech ou d’autres groupes armés.

Au sud-ouest de la Syrie, où la police militaire russe aide à rétablir la démarcation entre les forces syriennes et israéliennes selon les accords de 1974, on nettoie le territoire des caches des terroristes. Parmi les dernières trouvailles, on peut notamment citer des dépôts d’armes et de munitions, ainsi que des équipements de communication par satellite.

La zone de désescalade d’Idleb reste un « point chaud » sur la carte de la Syrie.

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Légende : 

  •  -Zone grise occupée par Daech 
  •  -Zone rose sous contrôle du gouvernement syrien ou irakien.
  •  -Zone verte, zone de désescalade depuis mi-2017 occupée par Al-Qaïda, Daech ou l’ASL
  • zone jaune sous contrôle des USA avec les Forces Démocratiques Syriennes FDS

La majorité de ce territoire est actuellement contrôlée par les terroristes réunis autour du Front al-Nosra au sein de la structure baptisée Hayat Tahrir al-Cham. Même la présence des militaires turcs sur 12 postes d’observation situés le long du périmètre de la zone n’empêche pas ces partisans d’Al-Qaïda de lancer sans cesse des provocations armées visant l’armée régulière, la population civile et la base militaire russe de Hmeimim. Pour mettre fin à ces incursions, les forces aérospatiales russes ont lancé le 4 et le 5 septembre des frappes ciblées contre les sites terroristes qui assuraient les préparatifs et l’organisation des attaques de drones d’assaut contre les militaires russes et syriens. Des informations détaillées sur ce thème ont été présentées par le Ministère russe de la Défense.     

Les militaires russes et turcs débattent activement des efforts visant à éliminer la présence terroriste à Idleb en infligeant le minimum de dommages aux civils.

La semaine dernière, des hauts responsables turcs ont confirmé qu’ils considéraient Hayat Tahrir al-Cham comme une organisation terroriste. Ankara a accueilli du 31 août au 4 septembre les négociations entre les groupes de travail russe et turc sur la sécurité régionale et la situation en Syrie. Les deux parties ont confirmé leur volonté de poursuivre leur travail conjoint dans ce domaine.

Parallèlement, les combattants du Front al-Nosra poursuivent la destruction méthodique de l’infrastructure à Idleb:

  • ils font sauter les ponts et détériorent les routes, espérant ainsi se préparer à une offensive éventuelle des forces gouvernementales – qu’ils attendent et redoutent.
  • On constate l’arrestation de militants de la société civile qui se prononcent pour la signature d’accords d’armistice locaux entre les groupes d’opposition armée non-terroristes et les autorités légitimes de la Syrie.
  • Les terroristes empêchent la population civile de quitter Idleb via les corridors humanitaires existants et emmènent les habitants des villages se trouvant près de la ligne de contact à l’intérieur de la province afin d’utiliser ces innocents en tant que bouclier humain. La même tactique a déjà été perfectionnée dans d’autres parties de la Syrie.

Nous appelons nos partenaires internationaux, ceux qui soulignent publiquement leur forte préoccupation face au déclenchement d’une « crise humanitaire » à Idleb en cas d’offensive des forces gouvernementales, à prendre en considération les faits susmentionnés et à en tirer les conclusions nécessaires concernant les responsables réels de cette crise.

Nous voudrions également confirmer notre position de principe sur la nécessité d’éliminer les terroristes de manière complète et définitive sur tout le territoire syrien, ainsi qu’affirmer que la Russie fera tout son possible pour réduire au minimum les pertes humaines et les dégâts subis par les civils d’Idleb.
Nous espérons que nos partenaires capables d’influer sur les événements contribueront à ce travail en favorisant la séparation entre les terroristes et les groupes d’opposition armée prêts à participer au règlement politique.

Je voudrais souligner encore une fois le fait suivant: nous avons à plusieurs reprises annoncé à nos partenaires étrangers à tous les niveaux que la lutte contre le terrorisme serait poursuivie. 

 
6 – Sur la déclaration de James Jeffrey, représentant spécial du Secrétaire d’État américain pour la Syrie

USA james-jeffrey-us-amb-syria-arkiv-aa  James Jeffrey,

Les propos de James Jeffrey, représentant spécial du Secrétaire d’État américain pour la Syrie, n’ont pas échappé à notre attention. Je cite:

« Les USA ont demandé plusieurs fois à la Russie l’autorisation de travailler (mener des activités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme) dans la province syrienne d’Idleb afin de détruire les derniers bastions du groupe terroriste Daech et d’autres extrémistes. »

Cette déclaration a été relayée par les médias mondiaux, et notamment par l’agence de presse Reuters.

Cette déclaration a suscité de nombreuses questions chez nous. Étant donné qu’elle a été faite publiquement, nous voudrions demander des précisions publiquement.

  • De quoi s’agit-il?
  • Que voulait dire le représentant spécial du Secrétaire d’État américain pour la Syrie James Jeffrey?
  • Parce que nous ne comprenons pas très bien sa déclaration.
 
7 – Sur l’évolution de la situation autour de Kirill Vychinski

ukraine-sur-linterpellation-en-ukraine-du-rc3a9dacteur-en-chef-de-ria-novosti-ukraine-kirill-vychinski-320759427 Kirill Vychinski

 

Hier a été annoncée la décision du tribunal municipal de Kherson de prolonger la détention de Kirill Vychinski, directeur du site RIA Novosti-Ukraine, arrêté à Kiev sur une accusation de haute trahison montée de toutes pièces en mai dernier. Le journaliste restera en détention jusqu’au 4 novembre 2018. Nous répétons qu’il s’agit d’un homme qui exerçait ses fonctions de manière parfaitement ouverte, en respectant les lois du pays d’accueil et l’éthique journalistique.

Nous sommes particulièrement préoccupés par la détérioration continuelle de l’état de santé de Kirill Vychinski, qui a été hospitalisé d’urgence car il se trouvait en état de pré-infarctus dans la salle d’audience. Le journaliste est détenu à l’isolement, où l’on refuse de lui apporter l’aide médicale qualifiée dont il a besoin.
Nous voudrions souligner tout particulièrement qu’il ne s’agit pas d’un homme qui se fait passer pour un journaliste, un scénariste ou un artiste. C’est un journaliste en chair et en os.
C’est un homme connu de vous et de toute la communauté internationale précisément en tant que journaliste. Ce n’est pas un homme qui était le représentant d’un autre métier. A part le journalisme il n’exerçait aucune autre activité sociale. Depuis le départ, Kirill Vychinski faisait du journalisme – et ce de manière professionnelle et compétente. Je voudrais répéter que c’est en cette qualité qu’il était déclaré en Ukraine. Il est également connu de la communauté journalistique mondiale uniquement en tant que journaliste.
Nous exigeons la libération immédiate de Kirill Vychinski, et qu’avant cela lui soient garanties des conditions de détention admissibles et dispensée une aide médicale en temps opportun.
Nous appelons la communauté internationale à influencer l’arbitraire juridique qui règne en Ukraine. La propagation continue de la rhétorique antirusse agressive dans l’espace médiatique ukrainien et la lutte sans scrupule contre toute manifestation de dissidence pourraient emporter une autre vie humaine.
La politique des autorités ukrainiennes visant à accuser ses propres journalistes n’incite pas non plus à l’optimisme.
Nous partageons les préoccupations du représentant de l’OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir suite aux décisions des tribunaux ukrainiens d’accorder aux autorités un accès aux données des téléphones portables de Natalia Sedletskaïa rédactrice en chef de l’émission « Skhemy » sur Radio Liberty, et de Kristina Berdinskikh, journaliste de Novoe Vremia. Il s’agit d’une violation directe de l’un des principes fondamentaux des médias: le droit des journalistes à la non-divulgation de leurs sources d’information.
Hier a également été annoncée la décision du Conseil national ukrainien pour la télévision et la radio de restreindre temporairement la diffusion de la chaîne russophone RTVI (dont la licence est britannique) sur le câble du pays. Nous considérons cette décision comme l’un des maillons de la campagne qui se poursuit pour éliminer les sources d’information alternatives de l’espace médiatique du pays.
La négligence flagrante des principes démocratiques d’assurer la liberté d’expression et des médias en Ukraine dépasse l’entendement.

Cette ligne de Kiev mène manifestement vers la dégradation de la situation concernant la garantie de la liberté d’expression dans ce pays. Il faut sans plus attendre que la communauté journalistique et des droits de l’homme participe au règlement de la situation catastrophique relative à la liberté des médias en Ukraine.

 
8 – Sur la situation autour de ladite « affaire Skripal »

ANGLETERRE Theresa May15701143  Theresa May

 Comme vous l’avez vu, ce 5 septembre la Première ministre britannique Theresa May a présenté au Parlement de nouvelles informations fournies par la police britannique concernant l' »affaire Skripal ».

Le moment- clé de ce discours a été la déclaration selon laquelle l’enquête aurait obtenu des photos et des vidéos de deux suspects de l’usage de la substance chimique « Novitchok », leur itinéraire sur le territoire du pays, leur citoyenneté, et leur nom et prénom en lettres latines. Nous ne comprenons toujours pas et ignorons si les informations rendues publiques sont tout ce dont dispose l’enquête ou si ce sont des informations partielles, ni si ces informations ont été traitées par les forces de l’ordre britanniques ou si ce sont des données factuelles.

Je pense que tout le monde a pris connaissance de ces publications. Nous l’avons fait également. J’espère aussi que vous avez consulté nos déclarations à ce sujet, publiées le jour même sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. De notre point de vue, tout est exposé très clairement et en détail dans ces commentaires russes. Compte tenu des questions que nous avons reçues, nous revenons à ce sujet.

Ainsi, selon la version britannique, les figurants de l' »affaire Skripal », à laquelle a été ajouté l’empoisonnement chimique de deux habitants d’Amesbury, sont de prétendus officiers du renseignement, des citoyens russes qui aurait agi avec l’aval de hauts fonctionnaires de notre pays. Au plus haut niveau, le Royaume-Uni affirme que le crime a été commis par des individus présentés sur les photos diffusées par la police. Les agents de Scotland Yard précisent immédiatement que les noms et prénoms des malfaiteurs sont certainement fictifs, mais qu’on sait qu’ils sont venus de Moscou et que des traces de « Novitchok » ont été retrouvées dans leur chambre d’hôtel.

S’en sont suivies des accusations contre la Russie, devenues habituelles, dans le style « highly likely » (cette fois la formulation s’est changée en « almost certainly », c’est-à-dire « très certainement »).
Tout est aberrant dans cette histoire, mais en particulier les affirmations de la Première ministre britannique Theresa May selon lesquelles seule la Russie disposerait des ressources techniques, de l’expérience d’utilisation et de motifs pour une telle attaque.

On a l’impression que la chef du gouvernement britannique vit dans un vide informationnel et ignore, ou on ne lui rapporte pas, non seulement les nombreuses déclarations des autorités russes, mais également les articles de presse. Peut-être sélectivement. On lui montre l’émission « Informations de la semaine » avec Dmitri Kisselev, mais pas les déclarations du Président russe Vladimir Poutine, du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, des membres du gouvernement, des représentants officiels de l’Administration présidentielle, du Ministère des Affaires étrangères.

Je comprends que l’émission « Informations de la semaine » sur la chaîne Rossiya 1, avec Dmitri Kisselev, est si populaire qu’elle est citée au Parlement britannique en tant que position russe officielle.
Mais je voudrais décevoir Theresa May: la position russe officielle a été exprimée à de nombreuses reprises
  • par le Président russe Vladimir Poutine,
  • le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov
  • et les représentants officiels des structures publiques russes,
  • les représentants officiels de l’Administration du Président de la Fédération de Russie et du Ministère russe des Affaires étrangères.

De plus, Londres a déclaré que le Royaume-Uni avait exigé plusieurs fois que la Russie rende des comptes concernant ses agissements à Salisbury, et qu’en réponse Moscou aurait menti et essayé de confondre tout le monde.

C’est complètement faux, ce n’est même pas une invention, ce n’est pas une question d’insinuations, c’est tout simplement un flagrant mensonge.

Tout ce qui était exigé de notre part dès le premier jour était de reconnaître deux faits – soit les deux, soit l’un d’entre eux. Il nous était suggéré de reconnaître au choix que la Russie:
  • a) avait commis un crime à Salisbury,
  • b) avait perdu le contrôle de substances chimiques toxiques.
Il nous a été dit également qu’il s’agissait de substances toxiques militaires. Le Royaume-Uni n’a proposé aucune autre question ni ordre du jour. Il était uniquement proposé à la Russie de choisir l’une des deux options.

Bien que ces méthodes soient inadmissibles – on a accusé Londres d’ultimatum – la Fédération de Russie a poursuivi le dialogue. Nous le pensions en tout cas. En réalité, le même monologue continue à ce jour avec le Royaume-Uni. Nous espérons au moins qu’à une étape commencera également un dialogue.

La Fédération de Russie a envoyé à Londres un grand nombre de requêtes. Nous avons publié une partie de notre correspondance unilatérale sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères.

Il ne s’agit pas seulement de leur liste, mais également des documents qui ont été envoyés par la Fédération de Russie à ses collègues britanniques via les canaux diplomatiques.

Plus encore, je voudrais noter que le Royaume-Uni nous a déclaré plusieurs fois qu’il ne pouvait pas nous fournir d’informations par les canaux diplomatiques, et que l’Ambassade de Russie au Royaume-Uni devait s’adresser aux hôpitaux et aux commissariats de police elle-même pour vérifier et demander les informations nécessaires.
L’Ambassade de Russie au Royaume-Uni a fait ce qui était suggéré par les diplomates britanniques et a commencé à s’adresser aux commissariats et aux hôpitaux. Quand ces commissariats et hôpitaux ont été submergés de requêtes russes, auxquelles ils n’ont pas non plus jugé utile de répondre, une autre « consigne utile » a été donnée.
Il nous a été dit que l’Ambassade de Russie au Royaume-Uni ne devait pas envoyer de requêtes aux hôpitaux et aux commissariats, mais faire appel aux diplomates britanniques via les structures publiques. L’Ambassade de Russie a bien pris note de cette information et a commencé à envoyer des requêtes au Foreign Office. A la plupart de nos requêtes, nous n’avons même pas reçu de réponse bureaucratique.
C’est pourquoi, quand la Première ministre britannique dit qu’il a été proposé à la Russie de répondre à des questions, de rendre des comptes, et que Moscou s’est comporté de manière non constructive – non seulement c’est faux, mais c’est aussi une désinformation concrète. Je répète que la Russie a envoyé plusieurs fois des requêtes aux autorités britanniques. Dans ces requêtes, hormis les questions pratiques sur ce qui s’était réellement passé à Amesbury et Salisbury, hormis la volonté de recevoir et d’obtenir des autorités britanniques des informations concrètes pour aider l’enquête en Fédération de Russie, nous avons également demandé un accès direct à la famille Skripal. Nous avons également proposé au Royaume-Uni que les forces de l’ordre des deux pays travaillent ensemble sur l’enquête.

Nous avons trouvé complètement absurdes les déclarations de plusieurs États hier pendant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelaient la Russie à coopérer avec l’enquête britannique. C’est un autre monde, c’est au-delà du théâtre de l’absurde: c’est une aberration. Je répète: nous avons même dû publier nos requêtes aux autorités britanniques

Je répète: nous n’avons pas tout publié en intégralité, mais s’il le fallait nous publierions tout. Même si cela ne correspond pas à la pratique diplomatique. Mais ce que fait Londres ne correspond, non plus, à aucune pratique civilisée.

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J’attire votre attention sur le fait que nous avons reçu de nombreuses questions au sujet de ces individus, des requêtes de confirmer ou de démentir leur appartenance aux organes publics russes.

Après l’obtention des premières informations concernant les faits à Salisbury, la Russie a fait des déclarations officielles – à raison – non seulement au niveau politique, mais également au sommet pour dire que la Fédération de Russie n’avait rien à voir là-dedans.

C’est pourquoi le discours du 5 septembre à Londres, la nouvelle tentative d’attirer l’attention de la communauté internationale, des États, des associations et des journalistes sur ces photos en les faisant passer pour des photos d’individus appartenant aux organes publics russes, constitue un exemple classique de désinformation. Notre position était bien connue de Londres, elle a été exprimée publiquement et plusieurs fois au Royaume-Uni via les canaux diplomatiques, à l’Ambassadeur du Royaume-Uni en Russie Laurie Bristow, par le biais de l’Ambassade de Russie à Londres.

Je voudrais réitérer les thèses que nous avons déjà exprimées:
1. Le discours de la Première ministre britannique Theresa May au Parlement britannique le 5 septembre, comme ses déclarations antérieures concernant Salisbury et Amesbury, adopte un ton inadmissible.
2. Cette déclaration, comme les déclarations antérieures de la Première ministre britannique Theresa May à ce sujet, contient des accusations sans appel visant la Fédération de Russie.
3. Nous nions fermement toutes les insinuations avancées et déclarées par le Royaume-Uni. Je pense que cette phrase en dit long. Je voudrais également attirer l’attention sur le fait que cette déclaration n’est pas faite pour la première fois. Pendant plus de 5 mois, nous avons répété à de nombreuses reprises cette position de la Russie à tous les niveaux.
4. Nous avons noté que sa déclaration stipulait que seule la Russie disposait des capacités techniques et possédait une expérience d’utilisation du « Novitchok », ainsi que des motifs pour son usage à Salisbury. Cela a été fait immédiatement après une publication du Secrétariat technique de l’OIAC un jour plus tôt à La Haye. Je voudrais souligner que c’est l’unique « preuve » sur laquelle se base toute l’accusation des autorités britanniques. Car les images et les vidéos qui ont été présentées ne sont pas des preuves: ce sont des photos de prétendus accusés. Et en ce qui concerne les preuves, il nous est suggéré de « croire sur parole ». Alors je voudrais souligner à nouveau que c’est l’unique « preuve », à savoir que seule la Russie aurait des motifs pour utiliser une substance chimique, que seule la Russie disposerait de capacités techniques et d’une expérience d’utilisation du « Novitchok ». Plusieurs fois, y compris dans cette salle où étaient présents des représentants du corps diplomatique, et à l’OIAC publiquement, ainsi que sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères, nous avons présenté des données factuelles concernant les pays qui ont testé, à quelle échelle et qui avaient les capacités de fabriquer cette substance. Nous n’étions pas les seuls à le dire. Je voudrais rappeler qu’en quelques mois il s’est avéré, tout cela a été officiellement déclaré et confirmé par les pays de l’UE, que de telles substances avaient été fabriquées et testées sur le territoire des pays de l’UE. Et évidemment des élaborations colossales en la matière existent au Royaume-Uni et aux USA, qui sont en fait les principaux bénéficiaires de toute cette provocation globale.

Je voudrais également attirer l’attention sur le fait que le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères a publié de nombreux documents, y compris des références, à ce sujet. Ces rubriques seront régulièrement mises à jour.

 
9 – Sur le rapport du Directeur général de l’AIEA concernant la mise en œuvre du Plan d’action global commun sur le programme nucléaire iranien

AIEA image1170x530cropped.jpg Le Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano. Photo AIEA/D. Calma

Le Directeur général de l’AIEA Yukiya Amano a publié le 30 août un nouveau rapport sur les vérifications menées par l’Agence en Iran dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action global commun et de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité de l’Onu correspondante. Ce texte sera examiné lors de la prochaine session du Conseil des gouverneurs de l’AIEA qui débutera le 10 septembre.

Le Directeur général confirme encore une fois le respect infaillible par l’Iran de tous ses engagements dans le cadre du Plan. Cette conclusion témoigne déjà du caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien et montre que le Plan remplit efficacement ses objectifs dans ce domaine. L’Iran est aujourd’hui le pays du monde  le plus inspecté par l’AIEA. L’approche de Téhéran confirme également sa volonté de maintenir l’accord en vigueur – ce que la Russie soutient absolument.

Nous poursuivons notre travail actif visant à maintenir le Plan, y compris en coopération avec tous les participants à l’accord.  

 
10 – Sur le début des travaux de la 39e session du Conseil des droits de l’homme de l’Onu

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La 39e session du Conseil des droits de l’homme de l’Onu débutera le 10 septembre à Genève.

Comme à l’habitude, son ordre du jour sera assez chargé. Il y aura notamment des discussions détaillées sur un large éventail de questions relatives aux droits de l’homme et notamment aux problèmes des peuples autochtones, à la prévention des génocides, à l’influence des mesures coercitives unilatérales sur les droits de l’homme, à la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, au respect des droits des personnes âgées, au droit au développement, au maintien d’un ordre du monde juste et démocratique, à l’utilisation des mercenaires, à la lutte contre les formes modernes d’esclavage, aux kidnappings et aux arrestations arbitraires. On envisage également d’examiner le respect des droits de l’homme dans certains pays, notamment en Syrie et en Ukraine.

Le Conseil tirera le bilan de l’Examen périodique universel passé en mai dernier par 14 États, notamment par la Fédération de Russie.

En marge de la session, des ONG russes organiseront plusieurs événements consacrés à la lutte contre les formes modernes de racisme et de xénophobie, ainsi qu’au rétrécissement de l’espace russophone en matière d’éducation et d’information dans les pays baltes et en Ukraine. En parallèle, la délégation russe envisage de présenter le programme de master dans le domaine des droits de l’homme, qui est mis en œuvre avec succès depuis des années en Fédération de Russie en coopération avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

La délégation russe promouvra avec constance le développement d’un dialogue constructif et la recherche de solutions universellement acceptables à toutes les questions-clés relatives à la protection des droits de l’homme au niveau global, et mettra l’accent sur la prévention de la politisation de ce domaine et de l’utilisation de ce dernier en tant qu’outil de pression politique.

 
11 – Sur la réaction de l’Otan aux exercices militaires Vostok 2018

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Dans un esprit de transparence et de prévisibilité, la Russie a présenté à l’avance (en mai dernier) des informations détaillées à ce sujet aux pays membres de l’Alliance atlantique au cours d’une réunion du Conseil Russie-Otan. Les attachés militaires des pays de l’Otan ont reçu une invitation à assister aux manœuvres. Il s’agit d’un geste évident de bonne volonté de la part de la Russie. Nous avions pris une initiative similaire en 2017 lors des exercices Zapad-2017. Les manœuvres de 2017, marquées par une ouverture inédite de la Russie, avaient également suscité des critiques indiquant que ces événements étaient inattendus et que leur objectif était incompréhensible.

Ainsi, l’Occident ne comprend prétendument pas les actions de la Russie. 

Nous nous sommes malheureusement habitués aux propos des représentants de l’Otan et de certains pays membres affirmant que la Russie se préparerait à un certain « conflit de grande envergure ». L’Occident tente toujours de trouver une menace russe dans n’importe quel événement ou phénomène, bien qu’il n’en existe aucun fondement.

Les exercices Vostok 2018 se déroulent loin de la zone de responsabilité de l’Otan – la région euroatlantique – et n’ont rien à voir avec la sécurité des pays membres de l’Alliance.

Quant à nous, nous ne pouvons pas ignorer la décision des pays membres de l’Otan d’augmenter considérablement leurs dépenses militaires, qui constituent déjà plus du total mondial et dépassent d’environ 14 fois le budget militaire russe, ainsi que la croissance de l’intensité et du nombre d’exercices de l’Otan à proximité des frontières russes.

Nous avons souligné à plusieurs reprises ces derniers temps la croissance de l’intensité et du nombre d’exercices militaires des pays de l’Otan dans les régions situées à proximité des frontières russes.
La position russe reste inchangée: cette activité suscite une préoccupation considérable et ne renforce pas la sécurité, mais la torpille en créant des risques supplémentaires d’incidents militaires armés.
 
12 – Sur les activités à l’occasion du 70e anniversaire de l’ouverture de la mission diplomatique israélienne à Moscou

RUSSIE ISRAEL thumbs_b_c_985501c79fb285d0964f359aa160a673Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu

A l’occasion du 70e anniversaire de l’ouverture de la mission diplomatique israélienne à Moscou, jeudi 6 septembre, un séminaire historique a été organisé par l’Ambassade d’Israël à l’Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères avec le soutien du Ministère. Des diplomates et des politiciens russes et israéliens, des représentants de la communauté scientifique et des personnalités publiques ont participé à cet événement. Le même jour s’est ouverte l’exposition « Golda Meir » à la synagogue chorale de Moscou, qui présente pour la première fois certains documents des Archives de la politique étrangère de la Fédération de Russie.

Mercredi 5 septembre a été inaugurée une plaque commémorative à l’entrée de la chambre de l’hôtel Metropol où résidait Golda Meir, la première Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire d’Israël en Union soviétique.

 
13 – Sur les nouvelles audiences au Sénat américain avec la participation de représentants de Facebook et de Twitter

 

C’est avec intérêt que nous avons suivi les nouvelles audiences au Comité du renseignement du Sénat américain ce mercredi 5 septembre, auxquelles ont participé des représentants de Facebook et de Twitter.

Une nouvelle fois a été évoqué le thème de la mythique ingérence russe dans les processus électoraux en Amérique et dans d’autres pays occidentaux. Certains parlementaires ont formulé des accusations fortes vis-à-vis de Moscou, selon lesquelles « la Russie agissait non seulement contre le gouvernement américain, mais également contre le peuple américain », qu’une « Amérique faible – c’était bon pour la Russie ». En sachant que les agences de presse Russia Today et Sputnik ont été publiquement qualifiées de « médiateur des services spéciaux russes » simplement parce qu’elles offraient au public un point de vue alternatif et la possibilité d’exprimer une opinion indépendante.

Par exemple, quand Buzzfeed publie des informations sur l’activité financière et le transfert de fonds de l’Ambassade de Russie, nous comprenons parfaitement que ces informations peuvent être fournies uniquement par les représentants des services américains compétents, mais personne au Congrès américain ne se dit que ce média, comme il se fait appeler, est précisément un médiateur des services secrets. C’est précisément une médiation exercée par une structure d’information entre les services secrets et, malheureusement, le service public. Mais personne n’a mentionné ce thème.

usa jack-dorsey-770x515  Jack Dorsey:

Une question directe a été posée au directeur exécutif de Twitter, Jack Dorsey:

« Vous êtes une société américaine? Voudriez-vous que l’Amérique reste la principale superpuissance de la planète? »
Est-ce normal qu’une telle question soit posée au représentant d’un réseau social?

Ces dernières décennies, les USA insistaient sur le fait que les réseaux sociaux étaient les nouveaux médias, les journalistes d’une nouvelle ère.

Visiblement, c’est le fond du problème. Il ne s’agit pas de la protection des utilisateurs mais des ambitions impériales des USA. Malheureusement, ce sont les conséquences de la russophobie de ces dernières années.

Mais à en croire le concret, les problèmes existant réellement, les représentants des réseaux sociaux ont reconnu qu’ils ne faisaient pas suffisamment pour lutter contre l’activité indésirable sur les réseaux sociaux. Nous sommes d’accord.

Ils ont mentionné les chiffres faramineux relatifs aux faux comptes bloqués: entre octobre 2017 et mars 2018 Facebook a désactivé 1,27 milliard de faux comptes.
Cependant, dans le même temps, la fausse page de l' »ambassade soviétique en Tchécoslovaquie », diffusant d’une manière moqueuse une désinformation flagrante sur la Russie, continue d’exister.
Nous avons saisi plusieurs fois l’administration de Facebook pour demander de prendre des mesures, en recevant toujours la même réponse: « la page n’enfreint pas les règles de la plateforme sociale ». L’heure est manifestement venue de poser sur le plan pratique la question de l’invitation des représentants des réseaux sociaux à Moscou pour une conversation substantielle comme celle que nous avons entendue aux USA.
Je serais également intéressée d’entendre si la compagnie américaine Facebook veut que l’Amérique demeure la principale superpuissance. Pourquoi ne pas parler de ce sujet, par exemple, mais à Moscou?

En réalité, le problème des fake news et des fausses pages existe. Je rappelle que depuis cette tribune, j’ai déjà dit que la fermeture des fausses pages d’ambassades russes nous avait demandé beaucoup de temps et d’efforts. Pendant plusieurs semaines, nous ne pouvions pas fermer les fausses pages d’ambassades russes dans les pays de l’UE. Nous avons apporté aux collègues de Facebook des informations intégrales. Ce problème a franchi depuis longtemps les frontières des USA et il est devenu mondial.

Alors parlons-en ensemble, et non pas dans les couloirs en convoquant et en posant la question seulement de savoir si « vous voulez que les USA demeurent la plus grande superpuissance de la planète? »

Nous constatons de plus en plus clairement la nécessité d’élaborer un système universel plus transparent et indépendant d’identification des faux comptes en tenant compte des normes éthiques et culturelles internationalement reconnues, de la liberté d’expression, sans enfreindre les normes législatives nationales de tous les pays du monde. Nous avons noté que les représentants de l’administration des réseaux sociaux avaient dit comprendre ce problème et assuré qu’ils travaillaient sur le perfectionnement du système de surveillance et de filtration. De notre côté, nous jugeons que l’une des démarches les plus importantes en ce sens est le dévoilement des informations sur toutes les pages bloquées où, hormis la mention du compte, serait indiqué la raison pour laquelle elles ont été bloquées. Si le terme « Russie » est constamment mentionné, il serait intéressant de savoir quels faux comptes se cachent derrière le nom « Russie ».

Nous soulignons qu’en raison du caractère mondialisé du problème, nous jugeons inadmissibles les tentatives de l’administration américaine d’exercer une pression sur les réseaux sociaux. Nous prônons une discussion professionnelle, mais pas une convocation pour exiger d’expliquer ce qui a été fait pour que l’Amérique reste l’unique superpuissance du monde.

 
14 – Sur le problème de la déformation de la vérité dans la vie politique des USA

 

Ces derniers temps, aucune de nos conférences de presse ne se déroule sans qu’on ne mentionne les termes « fake », « propagande » et « mensonge flagrant ». Mes collègues et moi avons mené une étude pour tenter de comprendre le problème de la déformation de la vérité dans la vie politique américaine. Et, pour un maximum d’objectivité, nous n’avons utilisé dans notre travail que les informations des experts américains présentées dans les sources ouvertes. Nous avons obtenu un tableau très intéressant.

Selon les estimations des spécialistes américains, la pratique d’omission des faits et des liens de cause à effet par rapport aux événements dans le pays et à l’étranger, enracinée dans le secteur médiatique et dans la politique des USA, a atteint une ampleur sans précédent. Ce ne sont pas nos estimations, mais celles des experts américains. Plusieurs experts qualifient ce phénomène sociopolitique de « déclin de la vérité ». On constate une érosion des frontières entre opinion et fait. Lors d’une analyse des événements, on accorde une préférence aux appréciations exprimées et à l’avis personnel au détriment de l’analyse de ce qui s’est passé en réalité. En sachant que souvent, les informations ne sont pas du tout vérifiées. Et les sources factuelles perdent tout simplement leur signification. Elles sont simplement ignorées.

Les analystes soulignent qu’à l’heure actuelle, dans des conditions où les médias et les réseaux sociaux assurent une couverture totale du public et où la mise en scène des batailles politiques au sein des organes du pouvoir s’est transformée en routine quotidienne, ce « déclin de la vérité » aux USA ne s’accompagne pas de signes d’un quelconque retour à la normale. Les institutions politiques perdent leur capacité à remplir leurs fonctions initiales, et la population s’intéresse de moins en moins à leur activité.

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Michael Rich

Michael Rich, président du centre américain d’études stratégiques Rand Corporation, note que les débats ouverts cèdent leur place aux discours de couloir, alors que le suivi des institutions a perdu son efficacité et qu’il est orienté sur les problèmes secondaires.

Il doute également que la réforme du Congrès, qui fait l’objet de débats aux USA depuis plusieurs années, puisse apporter des résultats notables. L’extrême niveau de polarisation interpartite des approches de tous les principaux problèmes ne permet pas aux congressistes d’interagir entre eux de manière constructive.

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Micah Zenko de l’Institut royal des relations internationales affirme que la compréhension, par les législateurs, du caractère de leurs tâches a changé. Cette pensée est soutenue par Michael Rich, qui estime que les aspirations des congressistes actuels ne se traduisent pas par un travail réfléchi dans le domaine de la législation ou de l’administration publique, mais plutôt par leur implication dans des « actions théâtralisées répugnantes ».

Les spécialistes sont particulièrement inquiets des éventuelles conséquences du « déclin de la vérité » en politique étrangère. Ce n’est pas notre avis – c’est celui de spécialistes américains. Ces derniers affirment que plusieurs grands échecs politiques de l’histoire américaine se sont produits précisément à cause d’un manque d’attention pour les faits, et leur manipulation conjoncturelle.
Un article conjoint de Thomas Mann de la Brookings Institution et de son confrère Norman Ornstein stipule directement que les démocrates créent activement une réalité déformée aux yeux de l’establishment américain.

USA Rodger Baker1ucSvdt3lkU  Rodger Baker

Nous trouvons curieuse la pensée du vice-président de la société analytique privée américaine Stratfor, Rodger Baker, selon laquelle les flux de mensonges de la part de l’opposition politique à Donald Trump sont basés sur sa conviction que le monde libéral est universel par nature, qu’il est la meilleure forme d’organisation de la société et de l’État, et qu’il est inévitable dans la perspective historique. Le spécialiste suppose qu’aucune de ces affirmations ne correspond à la réalité.

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Comme l’affirme Brian Catulis du Center for American Progress, les USA ne manquent pas de personnes instruites qui attirent l’attention sur la situation difficile dans laquelle se trouve la politique étrangère du pays. Cependant, on ressent un manque cruel de spécialistes ayant des propositions concrètes pour en sortir.

Je voudrais noter que ce problème, avait été identifié – à sa manière – par l’ex-président américain Barack Obama, qui affirmait en 2016 que si l’Occident n’apprenait pas à distinguer la vérité de la propagande, il se retrouverait confronté à de grande difficultés. Malheureusement, ses propos ont été prophétiques.

Il est évident que l’élite intellectuelle des USA a parfaitement conscience de la nuisibilité et de l’inutilité stratégique de déformer la vérité dans la vie politique de son pays. Mais à ce que l’on sache, aucune réponse n’a été encore trouvée pour savoir comment il était possible de stopper et même de faire comprendre au public l’idée des terribles conséquences de la création d’une fausse réalité.

 
15 – Sur le rapport de plusieurs centres analytiques français concernant les manipulations de l’information

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Les Français ne cessent d’aggraver le climat de russophobie dans les médias sous prétexte de lutter contre la désinformation. Ainsi, un rapport sur les manipulations de l’information rédigé par plusieurs centres analytiques liés auх ministères français des Affaires étrangères et de la Défense a été publié le 4 septembre. Il vient de s’ajouter à d’autres initiatives bien connues de la France, telles que le projet de loi sur la lutte contre les fake news – qui vise en réalité à renforcer le contrôle des médias – ou la division éventuelle des sites d’informations entre « bons » et « mauvais » dans le cadre du projet de création d’un indice de confiance envers la presse. On parle bien de la France, patrie de la liberté d’expression dans son sens moderne, des normes éthiques et des exigences envers le journalisme. C’est le pays qui a posé les fondements de la démocratie contemporaine, ainsi que de l’interprétation et de l’application actuelles de la liberté d’expression.

…rapport sur les manipulations de l’information rédigé par plusieurs centres analytiques liés auх ministères français des Affaires étrangères et de la Défense a été publié le 4 septembre…
Ce texte, qu’on ne peut même pas considérer comme le résultat d’un travail d’experts tellement il est rempli d’affirmations catégoriques et de clichés propagandistes, frappe par son caractère ouvertement antirusse et ses attaques hostiles contre les médias russes travaillant en France.

Les Français considèrent ouvertement RT et Sputnik comme des organisations propagandistes qui ne peuvent pas prétendre au statut de médias.

Qui plus est, le rapport affirme que ces ressources d’information ne font que de la propagande. On ne présente en même temps aucune preuve, ni aucun argument pour soutenir ces assertions, ce qui constitue à mon avis un bon exemple du genre de fake news qu’on propose justement de combattre.

Si tu présentes un texte sans aucun fondement factuel, de quoi s’agit-il?

Ainsi, on attribue à RT l’affirmation selon laquelle en Catalogne, « l’espagnol est étudié comme langue étrangère », alors que la chaîne n’a rien publié de ce genre. Sinon, présentez-nous une capture d’écran, s’il vous plaît. Je sais parfaitement que les journalistes commettent parfois des erreurs. Nos collègues du Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères  nous ont récemment indiqué qu’un site de RT présentait des informations erronées. Nous avons contacté RT et il s’est avéré que la chaîné avait déjà remarqué la réaction des utilisateurs, apporté les corrections nécessaires et présenté ses excuses.

Qui plus est, le rapport contient une liste de 50 recommandations destinées aux pays, à la société civile et aux individus.

Un de ces points conseille de priver d’accréditation les journalistes de RT et de Sputnik: « Marginaliser les organes de propagande étrangers. Il faut d’abord les appeler par leur nom (…) Il faut en tirer les conséquences, c’est-à-dire ne pas les accréditer et ne pas les inviter aux conférences de presse réservées aux journalistes ».

De plus, pour illustrer cette proposition d' »appeler par leur nom », on cite les propos du Président français Emmanuel Macron indiquant que RT et Sputnik sont des « organes d’influence ». Nous avons déjà indiqué que toute cette histoire concernant RT en France s’expliquait uniquement par l’attitude personnelle d’Emmanuel Macron envers ce média.

  • Quelles sont les raisons de son ressentiment?

Il vaut mieux poser cette question aux Français. Malheureusement, c’est lui qui a lancé cette tendance. Il n’existe aucun autre fondement concret. Une autre chose est que les organes publics, qui ressentent la conjoncture actuelle ou travaillent tout simplement sur commande, tentent de présenter des arguments en faveur de la thèse d’Emmanuel Macron, mais n’arrivent toujours pas à le faire.

L’objectif de ce rapport est évidemment de former l’image d’un ennemi extérieur. A vrai dire, nous pensons que tout cela vise non seulement à isoler RT et Sputnik, mais surtout à justifier les nouvelles mesures de limitation de la liberté d’expression en France que les autorités préparent actuellement. Ces dernières ont donc choisi RT et Sputnik comme une couverture. Une couverture très commode.

FRANCE HARLEM DESIR ob_fe657c_220600harlemdesir2b16df  Harlem Désir

Nous espérons entendre une réaction appropriée des institutions internationales spécialisées et des ONG.

On ne peut pas laisser une chose pareille sans réaction. Nous attendons tout d’abord les commentaires d’Harlem Désir, Représentant de l’OSCE pour la liberté des médias, et ses estimations d’expert concernant le lien entre les textes de ce genre, qui reflètent de fait la position des pouvoirs français compétents, et les engagements de la République française dans le cadre de l’OSCE, notamment dans le domaine du respect de la liberté d’expression et de l’accès égal à l’information pour tous. 

à suivre

RUSSIE Maria Zakharova1035964291

 


SOURCE/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3338704

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Le FSB révèle la collaboration entre les services secrets ukrainiens et Daesh. Par Karine Bechet Golovko.

11 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

mardi 11 septembre 2018

Le FSB révèle la collaboration entre les services secrets ukrainiens et Daesh
 
 
 
Le 9 septembre 2018, le FSB a arrêté près de Smolensk un ressortissant russe, membre de Daesh, envoyé par le SBU (KGB ukrainien) et l'organisation extrémiste Secteur Droit commettre un assassinat en Russie et préparer des attentats. Ainsi, la très européenne Ukraine, aurait recours à des membres de l'organisation terroriste Daesh, qui a tué nombre de nos concitoyens sur tout le territoire européen, pour régler ses comptes avec la Russie? Et l'UE, la France en tête, suivent les Etats-Unis pour soutenir ce qui ressemble de plus en plus à un Etat terroriste?
 

 
Le 10 septembre, le FSB a largement diffusé cette vidéo de l'arrestation et de l'interrogatoire de Mejid Mogamedov, citoyen russe né dans la république fédérée russe du Daghesthan en 1988, membre de l'Etat islamique:
 
 
Le jeune homme affirme avoir été envoyé par les services secrets ukrainiens et Secteur Droit tuer un des commandants du Donbass, actuellement à Smolensk, pour 10 000 dollars. Des armes et des explosifs ont été retrouvés à son domicile. Le SBU déclare que cette déclaration est fausse. Pourtant, les preuves matérielles sont là ...
 
Selon le communiqué officiel du FSB, début 2018 Mogamedov est arrivé en Ukraine pour régler les questions de coopération entre les représentants de l'état islamique en charge des bandes dans le Caucase du Nord, qui l'ont mis en contact avec le SBU et Secteur Droit. Lors des discussions avec le SBU, Magomedov a eu pour mission de liquider un commandant de DNR à Smolensk, ce qui explique son arrivée sur les lieux, après avoir reçu les armes et explosifs nécessaires.
Le suspect aurait également déclaré que «les services nationaux ukrainiens apportent sur leur territoire tout leur soutien aux combattants de l'Etat islamique et leur offrent sécurité, soutien financier, armes et explosifs dans le but de planifier des attaques sur le sol russe»
Des comportements déviants dans l'armée ukrainienne avaient déjà été remarqués. L'on se souviendra du "spectacle" offert par les militaires ukrainiens pour les enfants lors des festivités du 1er juin, journée de l'enfance (voir notre texte ici). Ils n'ont rien trouvé de mieux que de mimer un égorgement, avec fontaine de sang:
 
 
 
Est-ce cela le visage d'une "Ukraine européenne"? Ou bien sous l'effet des révolutions américaines, de la faiblesse et de la duperie de l'UE, n'avons nous pas créé un monstre aux portes de l'Europe?
 
 
 
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IDLIB : UNE SCHIZOPHRENIE OCCIDENTALE…Par Richard Labévière

11 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

IDLIB : UNE SCHIZOPHRENIE OCCIDENTALE…Par Richard Labévière
IDLIB : UNE SCHIZOPHRENIE OCCIDENTALE…

Idlib, cinq lettres qui résonnent à la fois comme l’espoir, le scandale et une nouvelle manifestation du mal récurrent de l’Occident. L’espoir d’une fin prochaine de la guerre civilo-globale de Syrie ; le scandale de jihadistes armés occupant la dernière région d’un pays souverain avec le soutien actif des Occidentaux, des pays du Golfe et d’Israël ; le mal de l’Occident : une schizophrénie récurrente consistant à aider des terroristes, de même filiation que ceux venus tuer nos enfants dans les rues de Paris, Berlin, Londres et de bien d’autres localités d’Amérique, d’Afrique et d’Asie.

A l’ouest d’Alep – au nord-ouest de la Syrie – Idlib est la capitale du gouvernorat du même nom, à moins d’une centaine de kilomètres de la frontière turque. La majorité des habitants d’Idlib travaillaient dans les industries voisines d’Alep et dans l’agriculture. Très fertiles, les terres de la province – 6000 km2 – produisaient en abondance des céréales, du coton, des olives, des figues, du raisin, des tomates et du sésame. La région abrite les vestiges de plusieurs cités antiques dont celle d’Ebla – Tall Mardikh -, site exceptionnel de recherches archéologiques où furent découvertes des tables d’argile couvertes de caractères araméens, la langue du Christ.

Depuis l’automne 2012, la ville est envahie par plusieurs groupes terroristes de la coalition Jaïch al-Fatah (l’Armée de la conquête) regroupant principalement Jabhat al-Nosra (la Qaïda en Syrie), Ahrar al-Cham, Faylaq al-Cham et d’autres factions de jihadistes armés, dont celles de l’organisation « Etat islamique »/Dae’ch. La ville d’Idlib abritait 3000 Chrétiens. Risquant de devoir se convertir à l’Islam sunnite, la majorité d’entre eux a dû fuir… vers le sud en direction de Homs, Hama et Damas ou vers le Liban voisin.

En janvier 2018, l’armée gouvernementale syrienne a pu libérer une petite partie du gouvernorat d’Idlib et encercler l’enclave jihadiste, un tiers étant contrôlé par Dae’ch, les deux autres tiers par une coalition regroupée autour de Jabhat al-Nosra/Al-Qaïda. Depuis le début de l’été, ces groupes criminels sont assiégés, utilisant comme bouclier humain une partie de la population civile qui se monterait à trois millions de personnes. Selon d’autres estimations non stabilisées, la poche d’Idlib servirait aujourd’hui de refuge à 25, voire 30 000 jihadistes armés, dont une bonne partie d’étrangers (3000 Ouïghours avec leurs familles, plusieurs milliers de mercenaires des contingents en provenance de différentes régions du Caucase, quelques centaines d’activistes maghrébins, européens et asiatiques.

UNE MÊME MACHINERIE

Pourquoi ces gens se retrouvent-ils aujourd’hui concentrés dans la poche d’Idlib ? Durant la libération d’Alep en décembre 2016, puis ultérieurement avec celles de Deir ez-Zor, de la Ghouta et de Deraa, les autorités syriennes et leurs alliés russes ont, chaque fois, négocié une amnistie au bénéfice des groupes ayant accepté de rendre les armes ; les irréductibles choisissant la possibilité de s’exfiltrer à destination de la région d’Idlib. Ainsi et de fait, Idlib et sa province sont devenues le déversoir, sinon le sanctuaire de toutes les factions terroristes refusant d’accepter les progrès continus de la reconquête du « territoire national » par son « armée nationale », aidée de ses alliés russes, iraniens et du Hezbollah libanais.

A chacune des étapes de cette reconquête, les pays occidentaux – au premier rang desquels les Etats-Unis – ont annoncé, de manière métronomique, l’imminence d’attaques chimiques commanditées par le seul « régime de Bachar al-Assad », selon la terminologie des chancelleries et de la presse occidentales. A chaque fois a été enclenchée la même machinerie et ses mêmes rhétoriques alarmistes : celle du siège médiéval (Alep assiégée, encerclée, étouffée, coupée du monde, etc.) ; celle du « bain de sang » et de la martyrologie (Alep-Martyr, Deraa-martyr, la Ghouta-martyr, etc.) ; celle de la catastrophe humanitaire (sans précédent) et celle de l’usage d’armes chimiques, tandis que les Etats-Unis font obstruction – depuis 2002 quand cela ne les arrange pas- au déploiement des experts indépendants de l’OIAC (Organisation internationale de l’interdiction des armes chimiques – agence des Nations unies basée à La Haye aux Pays-Bas).

L’ultime discours de « la ligne rouge » devait permettre d’effectuer des bombardements, pudiquement appelés « frappes » – en dehors de tout cadrage des Nations unies – comme ce fut le cas en avril 2018 ; « frappes chirurgicales » bien-sûr qui, officiellement, ne firent aucune victime. Ultérieurement, différentes enquêtes indépendantes de provenances diverses (Nations unies, services de renseignement, ONGs, etc.) devaient conclure qu’aucune preuve ne permettait d’attribuer ces attaques chimiques au « régime de Bachar al-Assad, alors qu’il était avéré que la « rébellion » en faisait un usage régulier.

Il y a trois semaines, le conseiller américain à la sécurité nationale – John Bolton – remettait le couvert affirmant que des attaques chimiques se préparaient à Idlib et qu’il fallait ainsi s’attendre à de nouvelles « frappes occidentales » sur la Syrie… Quelques jours après, appliquant la « diplomatie du perroquet » – selon l’expression de Guillaume Berlat – le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian proférait les mêmes menaces, mot pour mot. L’ironie de l’histoire est que c’est le même John Bolton – faucon parmi les faucons – qui en 2002 obtenait la tête du premier Directeur général de l’OIAC – le diplomate brésilien José Bustani -, ce dernier ayant eu l’impertinence de proposer le déploiement de ses inspecteurs en Irak afin de chercher les fameuses armes de destruction massive qu’on ne trouva jamais, oh grand jamais !

Jean-Claude Mallet, l’inoxydable conseiller de Jean-Yves le Drian, surnommé par ses collègues le « Bolton français » cultive le même mépris pour l’OIAC, affirmant parait il à ses proches – comme Jérôme Bonnafont le patron d’ANMO (la Direction « Afrique du Nord/Moyen-Orient » du Quai d’Orsay) – qu’il « préférait voir Dae’ch au pouvoir à Damas, plutôt que Bachar al-Assad ! » Une telle clairvoyance diplomatique ne s’invente pas…

DEUX REUNIONS DEDIEES

Dans un tel contexte de provocation, le chef de la diplomatie syrienne – Walid Mouallem – a déclaré le 30 août dernier que « le gouvernement était résolu à libérer la totalité du territoire syrien ». Le 4 septembre, le Kremlin annonçait que l’armée syrienne s’apprêtait « à régler le problème du terrorisme » à Idlib. Depuis, les États-Unis multiplient les déclarations pour s’opposer à toute offensive contre les groupes terroristes retranchés à Idlib, tout en affirmant leur volonté de continuer à lutter contre le terrorisme ! Allez comprendre… ou plutôt cherchez l’erreur ! L’ambassadeur américain à l’ONU, Nikki Haley, réitérait la volonté du président Donald Trump : avertir le gouvernement syrien de ne pas reprendre la dernière partie du territoire syrien contrôlé par les jihadistes.

Il y a quelques jours, David Ignatius – journaliste au Washington Post – citait un haut responsable de l’administration américaine, expliquant qu’il « fallait multiplier les initiatives pour résister à une attaque d’Idlib », ajoutant qu’« en ce moment, notre travail consiste à aider à créer des bourbiers (pour la Russie et le gouvernement syrien) jusqu’à ce que nous obtenions ce que nous voulons ». Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux sont particulièrement engagés dans trois de ces bourbiers : la Palestine, la guerre du Yémen et la dernière invention d’un « printemps arabe » en Irak pour essayer d’amener ce pays – majoritairement chi’ite – à s’opposer à l’Iran. Nous y reviendrons.

Toujours est-il que les présidents turc, russe et iranien se sont réunis vendredi à Téhéran pour décider de la marche à suivre. Ils ont acté « une stabilisation par étapes », laissant la porte ouverte à la négociation avec les insurgés. La Russie et l’Iran se sont prononcés clairement pour une opération militaire visant à neutraliser les derniers groupes jihadistes pour « libérer la dernière portion du territoire national syrien d’une occupation terroriste soutenue par des puissances étrangères ».

Si la Turquie partage la même volonté d’éradiquer la Qaïda de l’ensemble de la région, il n’en va pas de même pour les groupes terroristes dits « modérés » qu’elle soutient et garde comme un fer au feu afin de continuer à faire pression sur Damas pour l’empêcher de concéder aux Kurdes une entité autonome à ses frontières. Ankara craint – par-dessus tout – que le nord de la Syrie ne serve de base de repli aux activités du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré en Turquie comme une organisation terroriste). Plusieurs observateurs attentifs de ce sommet ont pu constater un nouveau rapprochement d’Ankara et de Moscou au détriment d’une relation turco-américaine de plus en plus détériorée.

L’ONU, qui réunissait aussi ce même vendredi le Conseil de sécurité sur la question d’Idlib, a de son côté appelé cette semaine les différents acteurs à « éviter un bain de sang ». Washington, Londres et Paris ont renouvelé leurs menaces de recourir à la force si « l’armée syrienne employait à nouveau l’arme chimique contre sa population, comme ce fut le cas à la Ghouta orientale au printemps dernier ». Dans les couloirs du Conseil de sécurité, l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia s’est un peu lâché : « nous avons la forte impression que nos partenaires occidentaux enflamment l’hystérie autour d’Idlib et cherchent ensemble à ne pas autoriser la chute de la dernière importante enclave terroriste en Syrie ».

Refusant d’admettre sa défaite militaire sur le terrain – alors que son objectif , faut il le rappeler, était bien la partition de la Syrie à l’image de ce que les interventions occidentales ont fait en Irak et en Libye -, la Coalition (Etats-Unis, France, Grande Bretagne, pays du Golfe et Israël) a clairement perdu la bataille sans toutefois renoncer à poursuivre la guerre… L’extension de la guerre de Syrie s’opère dans trois directions, autant d’anciens et de nouveaux « bourbiers », selon la terminologie du Washington Post.

TROIS « BOURBIERS » FABRIQUES

« La guerre est un caméléon », selon Carl von Clausewitz, et dans le contexte de la biodiversité politique des Proche et Moyen-Orient, la résurgence continuelle du conflit israélo-palestinien est un invariant depuis 1948. Violant régulièrement l’espace aérien libanais, la chasse israélienne effectue aussi de nombreux bombardements en Syrie, ciblant officiellement des objectifs « iraniens et du Hezbollah libanais ». Ces éléments de langage sont assez curieux, sinon parfaitement contradictoires puisque qu’aucune unité iranienne, ni le Hezbollah ne sont engagés de manière compacte, leurs soldats étant intégrés à des unités de l’armée régulière syrienne. Et les services de renseignement israéliens – ayant accumulé des échecs notoires pendant et depuis la dernière guerre menée contre le Liban (été 2006) – « ne sont pas en mesure de localiser avec précision les soldats iraniens, comme ceux du Hezbollah engagés dans les différents théâtres syriens », explique un officier européen de renseignement en poste en Jordanie.

Il n’empêche que l’armée israélienne fournit armes et logistique aux terroristes de Jabhat al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie), qui opèrent sur le plateau du Golan. Au nom de l’action humanitaire, les terroristes blessés sont exfiltrés par des « ONGs israéliennes » pour être soignés dans des hôpitaux des colonies voisines. Tel-Aviv craint que la reconquête de la « totalité du territoire national » par l’armée syrienne ne remette en cause – à terme – sa présence sur le territoire du plateau du Golan, occupé et annexé depuis juin 1967. Benjamin Netanyahou profite de cette confusion guerrière pour imposer son « Etat juif » et l’instauration d’un régime d’Apartheid en Israël, tout en continuant la poursuite de déportations massives des populations palestiniennes de Jérusalem-Est et de Cisjordanie.

Le deuxième « bourbier » concerne l’intensification de la guerre du Yémen, qui depuis 2015 consiste à amplifier une confrontation qui opposerait la minorité chi’ite houthi – supposément soutenue par l’Iran – aux forces gouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Au Yémen, la différenciation Sunnites/Chi’ites n’a jamais été réellement pertinente, la logique des affrontements relevant davantage d’une cassure régionale opposant les confédérations tribales du nord à celles du sud. Washington et Riyad ont délibérément transformé les différends yémenites Nord-Sud en opposition interne à l’Islam, en une « fitna » entre Sunnites et Chi’ites. En fait, il s’agit surtout d’une extension, d’un glissement de la guerre civilo-globale de Syrie vers le sud, opposant en grande partie les mêmes acteurs – non seulement dans le sud de la péninsule arabique, mais aussi sur les eaux entre les détroits d’Ormuz, de Bab-el-mandeb et la mer Rouge.

Avec l’aide de la France, les Emirats arabes unis (EAU) opèrent un mouvement naval « d’enveloppement » de la péninsule arabique qui s’effectue à partir du détroit d’Ormuz, s’appuyant d’abord sur l’installation d’une importante base sur l’île yéménite de Socotra, transformée en porte-avions. Le nord de la Somalie constitue la deuxième étape de ce déploiement naval avec une implantation spectaculaire sur les docks de Berbera, l’un des rares ports en eau profonde de la Corne de l’Afrique. Une installation secondaire se poursuit dans le port de Bossasso.

La troisième étape de ce déploiement maritime s’opère en Erythrée, dans le port d’Assab, au sud du pays sur la côte occidentale de la mer Rouge. L’installation émirienne a débuté en avril 2015, en échange de la modernisation de l’aéroport international d’Asmara, mais aussi d’une aide financière et pétrolière au gouvernement érythréen. L’ensemble du dispositif naval émirien est géré directement par le ministère de la Défense à Abou Dhabi. Les tâches de coordination opérationnelle sont effectuées par un état-major interarmées installé dans l’archipel des Hanish, à mi-chemin entre les côtes africaines et arabiques, entre le Yémen et l’Erythrée.

Entre mer Rouge et détroit d’Ormuz, ce déploiement naval inédit s’explique – bien-sûr – par les bras de fer engagés contre l’Iran et le Qatar, mais aussi en raison d’une guerre portuaire régionale plus ancienne et plus profonde, l’obsession d’Abou Dhabi étant d’assurer un avenir hégémonique sans partage de Dubaï, la « Citée entrepôt »1.

Le dernier bourbier, le plus récent, vise à réactiver la dynamique d’éclatement et de polarisation communautaire en Irak. Vendredi dernier, des centaines de manifestants ont mis le feu au consulat iranien de Bassora où neuf manifestants ont été tués. Le couvre-feu a été instauré pour tenter de contenir un mouvement social « anti-corruption ». Selon un diplomate européen en poste à Bagdad, « les services américains ne sont pas étrangers à cette flambée de violence qui a ciblé des groupes armés chi’ites proches de l’Iran et les locaux du consulat d’Iran. Les américains cherchent à provoquer une espèce de printemps arabe pour imposer un pouvoir anti-iranien à Bagdad, incarné par leur homme : le premier ministre sortant Haïdar al-Abadi »- qui semble très fragilisé.

Cette nouvelle crise intervient à un moment de paralysie politique à Bagdad. Le Parlement élu en mai dernier ne parvient toujours pas à s’accorder sur le choix de son président et les tractations se poursuivent pour trouver une coalition à même de former un gouvernement. Déchiré par des années de violences depuis l’invasion anglo-américaine de 2003, l’Irak se remet d’une longue guerre contre Dae’ch. Malgré d’importantes recettes pétrolières (7,7 milliards de dollars en août), le pays connaît toujours un fort chômage et des pénuries répétitives d’eau et d’électricité. « En termes de « bourbier », les services américains en connaissent un rayon et ne vont certainement pas en rester en si bon chemin afin de se venger de l’affront de la défaite américaine – et plus largement occidentale – en Syrie, un deuxième Vietnam dit-on au Pentagone », conclut le diplomate européen.

UN DESASTRE FRANÇAIS

Dernièrement sur les ondes de France Inter, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit au sujet de la question d’Idlib que « Bachar al-Assad a gagné la guerre. Il faut le constater, mais… il n’a pas gagné la paix ». Plutôt que de se réjouir de la fin prochaine d’une guerre hélas très meurtrière, le ministre a, une nouvelle fois, succombé à la « diplomatie du perroquet » sans esquisser le moindre mea culpa pour notre politique étrangère, véritable désastre depuis la décision prise par son prédécesseur Alain Juppé de fermer l’ambassade de France à Damas en mars 2012.

A la suite de cette décision incompréhensible et lourde de conséquences – s’il fallait fermer les ambassades de France dans tous les pays avec lesquels nous avons quelques différends, on finirait par ne plus parler qu’avec la Confédération helvétique ou la Papouasie extérieure, et encore… – s’est imposée une série d’affirmations proprement idéologiques : Bachar est le seul responsable des centaines de milliers de morts de la guerre civile mais aussi régionale ; Bachar tue son peuple (avec des armes chimiques) ; Bachar est le seul dictateur de la région (sous entendu, l’Arabie saoudite et les autres pays sunnites de la région sont autant de démocratie-témoins..) ; Bachar doit partir, etc. Et Laurent Fabius franchissait plusieurs fois le mur du son de l’incompétence diplomatique, voire de l’obscénité, en affirmant notamment que « les p’tits gars de Nosra font du bon travail » ou que « Bachar n’a pas le droit d’être sur terre… »

Pour l’instant, trois raisons essentielles expliquent partiellement ce désastre français : 1) avec le chiraquisme finissant (dans les eaux du G-8 d’Evian en juin 2003), une école néo-conservatrice française (surgeon de sa maison-mère américaine) a fait main-basse sur le Quai d’Orsay, une partie du ministère de la Défense et de l’Elysée. Hormis un alignement inconditionnel sur la politique étrangère américaine, cette secte (appelée aussi La Meute) nourrit une admiration tout aussi inconditionnelle de la politique israélienne et une haine liquide de l’Iran ; 2) la multiplication de substantielles ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït, l’Egypte et d’autres, obligent à quelques contorsions sélectives en matière de défense des droits de l’homme ; 3) une ignorance crasse de l’histoire, de la géographie et de l’anthropologie des Proche et Moyen-Orient gagne du terrain chez nos élites politico-administratives alors qu’il n’y a pas si longtemps encore l’école orientale du Quai tenait le haut du pavé…

Malgré plusieurs répressions coloniales extrêmement brutales durant le Mandat, malgré la donation du Sandjak d’Alexandrette de la Syrie du mandat à la Turquie, malgré le transfert de la technologie nucléaire à Israël et bien d’autres facéties tout aussi lamentables, la France éternelle conservait néanmoins en Syrie une très bonne image, une certaine estime, sinon une estime certaine. Depuis trente ans, l’auteur de ces lignes y constatait un « désir de France » intact et polymorphe. De Victor Hugo au général de Gaulle en passant par la blanquette de veau et la diversité de ses terroirs, la belle France était considérée comme un pays occidental atypique – très à part – car porteur de cette troisième voix/voie gaullienne qui fait tant horreur aux néo-cons et autres mondialistes hystériques, arrogants et destructeurs.

Quelques secondes de rêve : si la France était restée (par le biais de son ambassade à Damas et de ses excellents connaisseurs de la Syrie aujourd’hui montrés du doigt, censurés, voire « criminalisés ») en position d’observateur, comme a su le faire l’Allemagne et d’autres pays européens ; si la France était restée fidèle à sa troisième voie proche-orientale historique, elle serait aujourd’hui au centre du jeu, à armes égales avec la Russie et l’Iran. Elle serait en position de médiatrice, pièce maîtresse de la reconstruction politique et économique à venir.

Au lieu de cela – et aux antipodes de ses intérêts vitaux – elle s’est mise délibérément hors-jeu, hors des processus d’Astana et de Sotchi (et pas seulement par russophobie délirante), n’occupant plus qu’un strapontin dans la négociation de Genève, essayant laborieusement de revenir par le biais de l’action humanitaire et du retour des réfugiés. Hormis les erreurs précédemment soulignées, comment les responsables de notre pays ont-ils pu se tirer dans le pied à ce point ?

AU BOULOT !

Parce qu’il ne faut plus nous raconter d’histoires et revenir au réel – plusieurs hauts responsables syriens nous l’ont dernièrement confirmé -, la France sera le dernier des pays auxquels fera appel la nouvelle Syrie. Et, les poules auront des dents avant de voir une société française se réinstaller en Syrie. Les Syriens préféreront se réconcilier avec les Etats-Unis et la Grande Bretagne, voire avec le diable avant de pardonner à la France éternelle ses partis pris idéologiques et ses leçons pseudo-morales ! Les Syriens feront affaire avec n’importe quelle entreprise européenne de Malte, d’Andorre, du Portugal ou de Papouasie extérieure (encore elle) avant de songer à fabriquer, commercer et penser français …

Les historiens à venir nous expliqueront – un jour peut-être – comment un tel désastre français fut possible ; comment le pays de la Révolution de 1789, des soldats de l’An-II , jusqu’à ceux du Conseil national de la Résistance, a-t-il pu aider – en leur livrant des armes – des criminels voulant abolir la laïcité, le droit des femmes et la liberté de cultes et de croyances en Syrie ? Comment notre cher pays a-t-il pu consciemment favoriser l’expansion d’un Islam radical qui a fait tant de victimes en France et dans le monde entier depuis des décennies ? A défaut d’engager une psychanalyse collective, il faudra que les responsables de ce désastre rendent – un jour aussi – des comptes, parce que l’alignement occidental n’explique pas tout, d’autant que d’autres pays européens – répétons-le – ont choisi de ne pas aller aussi loin que la France dans le reniement, sinon la haine de soi !

Oui, la question est bien de comprendre cette névrose mortifère dont les psychiatres continuent à interroger les mécanismes. Comme les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie, c’est-à-dire que la personne qui en souffre n’a pas conscience de sa maladie (en tout cas pendant les périodes aiguës). Cette particularité rend difficile l’acceptation du diagnostic par la personne schizophrène et son adhésion à la thérapie médicamenteuse.

En définitive et face aux échéances urgentes de la libération à venir d’Idlib et de la reconstruction de la Syrie, notre vieux pays et ses élites ont vraiment du boulot. Il serait temps de s’y mettre sans exclusive, ni excommunications…

 
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Bonne lecture néanmoins et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
10 septembre 2018

1 Roland Marchal : Dubaï : le développement d’une cité-entrepôt dans le Golfe. Editions du CNRS/CERI, juin 1997.

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PARIS Attaque à l'arme blanche, sept blessés dont 4 gravement

10 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La guerre, #Daesch, #Terrorisme, #Immigration

 
PARIS Attaque à l'arme blanche, sept blessés dont 4 gravement
Photo Zakaria ABDELKAFI / AFP

Photo Zakaria ABDELKAFI / AFP

Un homme, "a priori de nationalité afghane", muni d’une arme blanche et d’une barre de fer, s'en est pris à des passants dimanche soir dans le XIXème arrondissement de Paris.

 

Sept personnes ont été blessées, dont quatre grièvement, dimanche soir à Paris, après avoir été agressées par un homme, "a priori de nationalité afghane", muni d’une arme blanche et d’une barre de fer.

Deux touristes anglais figurent parmi les personnes grièvement blessées. Un témoin est par ailleurs en état de choc. 

Selon BFMTV, le pronostic vital d'un des blessés serait engagé.

Cet homme a été interpellé par un équipage de la Brigade anticriminalité (BAC), a précisé une source policière.

Inforgaphie Visactu

A priori pas une attaque terroriste

"Rien ne permet à ce stade de retenir le caractère terroriste de ces agressions", selon une source proche de l’enquête.

Les faits se sont déroulés peu avant 23H00 (21H00 GMT) dans le 19e arrondissement, dans le nord de Paris, le long du canal de l’Ourcq, dans un quartier où deux cinémas MK2 se font face de chaque coté du canal.

Selon une source proche de l’enquête, "un homme a priori de nationalité afghane a attaqué des personnes qui lui étaient inconnues dans la rue".

Poursuivi par des joueurs de pétanque

Selon un vigile d’un des cinémas, qui a vu la fin de la scène, l’homme avait déjà agressé des gens et s’est fait poursuivre par deux autres hommes qui tentaient de l’arrêter. "Il avait une barre de fer en main et l’a jetée sur ses poursuivants, puis a sorti un couteau", a-t-il dit à un journaliste de l’AFP.

Youssef Najah, 28 ans, qui se trouvait sur le quai de Loire en train de marcher le long du canal à proximité d’un terrain de pétanque, a vu un homme "en train de courir avec un couteau de 25-30 cm à la main. Il y avait une vingtaine de personnes qui le poursuivaient, ils lui jetaient des boules de pétanques. Il a pris quatre à cinq boules sur la tête, mais ils ne sont pas arrivés à l’arrêter".

Toujours selon ce témoin, l’homme s’est ensuite engouffré dans une impasse, "a essayé de se cacher derrière deux touristes anglais. On leur a dit: faites gaffe, il a un couteau. Mais ils n’ont pas réagi". Ces touristes ont ensuite été agressés.

À Londres, le ministère des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué cité par des médias que "deux Britanniques figuraient parmi les personnes visées", sans donner plus de détail.

L’enquête, pour tentatives d’homicides volontaires, a été confiée au 2e District de la police judiciaire.

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Macron, ferme ta gueule ! Par Erwan Castel.

7 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La guerre, #le nazisme

 
jeudi 6 septembre 2018
Macron, ferme ta gueule !
 
 
Lorsque le Centre de représentation de la République Populaire de Donetsk ouvre ses portes en France, les narcissiques jaloux trépignent, les collabos pro-ukrops s'étranglent et les laquais mondialistes du gouvernement grincent des dents. Ces derniers, sûrs de leurs prétentions dictatoriales de contrôler la Justice vont d'ailleurs lâcher le procureur de la République contre cette association créée autour d'un partenariat entre le Ministère des Affaires Etrangères de la RPD et Hubert Fayard le représentant honoraire de la République en France.
 
Le dossier est complexe et surtout sensible car cette action menée par le procureur, sur ordre d'un pouvoir hystérique et complice des criminels de Kiev, ne s'attaque pas seulement au Donbass, mais à travers l'association de loi 1901 qui régit sa représentation en France à cette Liberté d'expression qui est un des fondements de la République française ainsi que de ces "droits de l'Homme" pour lesquels officiellement elle bombarde la Libye, la Syrie etc.
 
La procédure va être longue et durer une année...
 
L'équipe d'Hubert Fayard organise sa défense et, prête à recevoir l'impact a déjà organisé une association de repli. La politique du "pot de terre contre le pot de fer" est dans tous les esprits.
 
Et voilà qu'au lendemain du tragique assassinat du Président Aleksandre Zakharchenko exécuté par les copains de Macron and Co, la demande de dissolution du Centre de représentation de la RPD en France est rejetée par le tribunal ! "Hourrah !!"
 
Le procureur de la Raie publique est donc débouté et à travers lui le Ministère des Affaires à l'étranger ainsi que Macron, ce gouverneur de la colonie France léchant les culs de Washington et les bottes de Kiev. Mais je remercie cependant humblement tous ces Torquemada de la pensée unique de leurs aboiements de castrés qui ont offert une tribune médiatique supplémentaire pour faire éclater la Vérité sur le Donbass autant que sur leur indignité.
 
Du côté de Kiev c'est le knock out ! et ces salopards qui ont osé assassiner lâchement le Président élu de la RPD de considérer aujourd'hui cette décision due justice de "coup de poignard dans le dos !" ( "les cons ça ose tout c'est même à ça qu'on les reconnait") "Pizdiet !!"
 
Ce procès qui avait déjà l'avantage de médiatiser cette République populaire rebelle que les esclavagistes modernes voudraient voir disparaître, se termine donc par une victoire qui est celle de la  Liberté d'expression, du peuple du Donbass et de Hubert Fayard et son équipe qui depuis plus d'un an se battent contre vents et marées pour libérer en France, la Vérité et que je félicite pour son opiniâtreté et son dévouement.
 
Comme quoi en France tout n'est peut-être pas perdu !
 
Erwan Castel 
 
"Je dédie cette décision à la mémoire du Président Zakhartchenko"
 
Hubert Fayard, représentant honoraire de la RPD en France
 
 
Nous saluons certainement le résultat de l'affaire dans le centre de la France, et nous croyons que mérite de cette décision positive dans une large mesure revient à l'action de M. Fayard et de tous les membres du centre, qui non seulement ont défendu l'avenir de notre centre, mais aussi prouvé que le peuple de Donbass a un grand soutien à l'étranger. Nous sommes sûrs que cet événement sera indicatif et instructif pour ceux qui tentent encore de nous appeler "terroristes" et "séparatistes" et d'empêcher la diffusion d'informations véridiques sur les événements en République populaire de Donetsk.
 
Natalia Nikonorova, Ministre des Affaires Etrangères de la RPD
 
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Source du lien : Sputnik
 
 
Ayant débouté la demande du procureur représentant le gouvernement Macron de dissoudre la représentation de la République populaire autoproclamée de Donetsk en France, la justice française a «quelque part reconnu l’existence de la RPD», a déclaré son représentant officiel à Sputnik. «C’est un camouflet pour le Quai d’Orsay», a-t-il souligné.
 
Hubert Fayard, représentant officiel de la République populaire de Donetsk (RPD) en France, a commenté, dans une interview accordée à Sputnik, la décision de la justice française de reconnaître la représentation de la RPD à Marseille, qui auparavant avait été attaquée en justice par le procureur de la République française représentant le gouvernement Macron.
 
«C'est une grande victoire. […] Je dédie cette décision à la mémoire du Président [Alexandre, ndlr] Zakhartchenko», a tenu à souligner Hubert Fayard.
Et de poursuivre:
 
«La justice française reconnaît notre existence et notre rôle en France et quelque part reconnaît l'existence de la République populaire de Donetsk. C'est un camouflet pour les autorités de Kiev, pour le Quai d'Orsay, c'est une victoire pour la liberté d'expression.»
 
Il a estimé que c'était une décision équilibrée:
 
«La justice a travaillé énormément sur le dossier, puisque mon avocat m'a dit que le texte de la décision, c'est une dizaine de pages, donc ce n'est pas une décision prise à la légère.»
 
 
Le représentant officiel de la République populaire autoproclamée de Donetsk a également explicité ce que signifiait la décision du tribunal:
 
«La justice a débouté toutes ces demandes du procureur de la République. […] Les juges ont considéré, au niveau juridique, que nous étions une représentation légale et qu'on ne troublait pas l'ordre public, parce que le procureur avait même dit que je troublais l'ordre international. Je ne savais pas que j'avais autant de pouvoir. La justice n'a pas suivi ces recommandations.»
 
Hubert Fayard suppose d'ailleurs qu'ils vont faire appel, mais, d'après lui, peu importe, car la décision prise par la justice française est déjà «une victoire» et ils continueront leur mission de représenter la République populaire autoproclamée de Donetsk en France:
«Même si cela déplaît à M.Macron ou à M.Le Drian, comme je dis, la République n'est pas reconnue, mais elle existe, le peuple existe, un gouvernement existe, le Président existait mais il a été assassiné, je le déplore, le gouvernement français n'a rien dit. C'est à notre honneur de continuer notre combat.»
 
Natalia Nikonorova, ministre des Affaires étrangères de la République populaire autoproclamée de Donetsk, a qualifié la décision prise par la justice française de «grand événement» qui prouve que le peuple du Donbass a le soutien de l'étranger:
 
«Cette décision est un grand événement qui veut dire que les autorités des pays européens, malgré une pression de la part d'organismes de la diplomatie ukrainienne et le point de vue qu'ils imposent, commencent à percevoir la République populaire de Donetsk, son peuple et son droit à l'autodétermination de manière objective et juste.»
 
 
 
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