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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

"La Syrie a, selon tous les augures, gagné la guerre. Il lui reste à gagner la paix", par Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France

18 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

 

 

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                          "L'armée loyaliste syrienne de Bachar al
                          Assad Images"

La bénédiction syrienne Durant ces interminables années de brouillard et d’enfer qu’a traversées la Syrie, qu’aurait été la vie sans l’espoir ? Pensons ici d’abord au peuple syrien martyrisé et exposé à un ethnocide, à son armée nationale qui aura payé un si lourd tribut à l’agression barbare lancée par le groupe de ses « amis », et aux responsables qui face à la « communauté internationale » ont dû porter à bout de bras l’Etat visé par un politicide… On pensera aussi aux amis, défenseurs et partisans de la Syrie légale, tous ceux qui aimaient cette société plurielle, tolérante, aimable et hautement civilisée, et craignaient qu’elle ne disparaisse à jamais.

Certes, la flamme ne s’est jamais éteinte, mais il était permis aux plus optimistes de s’interroger parfois ou de douter de l’avenir face aux assauts d’une coalition islamo-israélooccidentale abreuvée de centaines de milliards de pétrodollars et puisant ses combattants dans un vivier inépuisable de mercenaires venus de cent horizons.

La Syrie tiendrait-elle, face à la meute féroce des puissances impériales - grandes, petites ou moyennes - de « l’Axe du Bien », contre la horde sauvage des djihadistes démocrates, des terroristes modérés, des révolutionnaires en peau de lapin ? Résisterait-elle aux cohortes de déserteurs, de transfuges qui se donnaient rendez-vous au sein d’une « armée libre » téléguidée par ses pires ennemis, aux ordres et à la botte des islamistes et de leurs parrains, faisant la roue pour séduire le ci-devant « ennemi sioniste »?

Comme tous les pays plongés dans des situations troubles, la Syrie a connu la fatalité des infidélités, des lâchetés, des compromissions, des corruptions petites ou grandes, mais son peuple, au sens noble du terme, a résisté vigoureusement, ses institutions sont restées debout et ses gouvernants ont tenu bon. Grâce à sa résilience étonnante, l’Etat syrien s’est fait des alliés solides qu’il a su fidéliser : la Russie et la Chine d’une part, l’Iran, le Hezbollah et ses alliés d’autre part. Une réalité qui allait interdire la répétition au « Pays de Cham » d’un scénario irakien, libyen ou yéménite.

Néanmoins, les « grandes démocraties » ne pouvaient que rester aveugles et sourdes à ces réalités dérangeantes et déplaisantes, la Syrie étant depuis la fin de la guerre froide un pays à détruire et à abattre. Les élites désormais acquises au néoconservatisme n’ont rien trouvé de mieux que de soumettre les « opinions » à un tapage médiatique sans précédent allant de pair avec une omerta sans faille et un lavage de cervelle ahurissant. En brèves de comptoir de « sciences-po » ou de « France désinfo », la doxa occidentale sur le conflit de Syrie s’est trouvée résumée dans une ou deux sentences lapidaires, symboles assez désolants de la subtilité réduite de nos dirigeants, de nos analystes et de nos penseurs, expressions de l’arrogance indécrottable des Occidentaux. « Bachar doit partir », « Pas de place pour Bachar dans l’avenir de la Syrie »…

C’est alors qu’intervient la « malédiction syrienne » qui aura sanctionné les décideurs, les faiseurs d’opinion, tous ceux qui avaient perdu une occasion de se taire. La liste est longue de ces imprécateurs qui expédiaient avec morgue Bachar Al Assad à La Haye, à Moscou, à six pieds sous terre, ou ailleurs, et qui concoctaient des plans sur la comète Syrie, en écrivant un avenir qu’ils ne verraient jamais. Combien ont répété la rengaine comme des perroquets des années durant avant d’être expédiés par les électeurs, par la providence ou par la justice immanente vers les poubelles ou les oubliettes de l’Histoire. Exit donc les innombrables bouffons et imposteurs « amis de la Syrie ».

Pour sa part, Bachar Al Assad est toujours là, incontournable, populaire chez lui comme bien d’autres en rêveraient…La Syrie, qui s’achemine vers une victoire décrétée « impensable » face à tant d’ennemis si puissants, est debout, alors que la discorde, fruit de la défaite, s’est installée dans le camp des agresseurs et que le chaos y règne en maître… Pas besoin à la rigueur de croire au ciel pour admettre qu’il y a une « malédiction syrienne » qui a frappé et frappe les ennemis de cette « terre sainte » que « Dieu protège » (Allah hami-ha), mais il faut bien en tout cas parler d’une bénédiction syrienne. Ce qui est en train d’arriver est logique et juste, mais l’issue désormais attendue de cette guerre universelle constitue une sorte de miracle, même et notamment pour ceux qui ont eu foi en l’avenir.

Cette victoire, la Syrie l’aura amplement méritée ! Malgré tout ce que diront les esprits chagrins, quel peuple admirable, quelle armée d’exception ! Et on cèdera à la tentation de dire : s’il y a bien un homme d’Etat qui mérite d’être sur terre, c’est ce Président qui aura su incarner l’espoir, rester fidèle à ses alliances et conduire son pays vers la victoire.

La Syrie a, selon tous les augures, gagné la guerre. Il lui reste à gagner la paix.

Mais le vaillant pays qui a combattu pour nous a certainement toutes les capacités requises pour relever avec succès ce nouveau défi afin que cette guerre n’ait pas été « une guerre pour rien ». Ce qu’à Dieu ne plaise ! Ce sera une rétribution qui, bien mieux que la vengeance, paiera le sacrifice des innombrables victimes, les morts comme les vivants./.

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Le sommet de l’OTAN accélère les préparatifs de guerre contre la Russie, par Alex Lantier

15 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #La guerre, #le nazisme, #Terrorisme

Le sommet de l’OTAN accélère les préparatifs de guerre contre la Russie

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/11/mattis-stoltenberg-1728x800_c.jpg

Le sommet de l’OTAN accélère les préparatifs de guerre contre la Russie

Mercredi et jeudi, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN se sont réunis à Bruxelles pour discuter des plans d’une escalade militaire majeure en Europe. Alors que le gouvernement Trump alimente le conflit avec la Russie et la Chine dans le Pacifique avec des menaces d’attaque nucléaire américaine contre la Corée du Nord, l’OTAN prévoit une modernisation majeure de ses installations militaires en Europe pour mener une guerre avec la Russie.

L’OTAN prévoit deux nouveaux grands centres de commandement militaire en Europe. L’un, probablement en France ou au Portugal, coordonnerait des opérations navales à grande échelle pour transporter des troupes américaines en Europe et détruire des navires de guerre russes dans l’Atlantique. L’autre, probablement en Allemagne ou en Pologne, coordonnerait le transport terrestre des forces de l’OTAN à travers l’Europe pour attaquer la Russie, notamment en veillant à ce que les frontières intérieures en Europe n’arrêtent pas le transit rapide des forces de frappe de l’OTAN vers l’est.

Dans son article qui passe en revue ces plans avant le sommet, le magazine d’information allemand Der Spiegel a carrément écrit : « En langage clair : l’OTAN se prépare à une éventuelle guerre avec la Russie ».

Lors de sa conférence de presse à Bruxelles, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a tenté d’imputer la responsabilité de la Russie de cette situation. « Nous avons réduit la structure de commandement à la fin de la guerre froide, car les tensions ont diminué », a déclaré Stoltenberg, « mais nous avons vu une Russie qui a investi de nombreuses années dans ses capacités militaires, modernisé ses capacités militaires, et qui n’exerce pas seulement ses forces conventionnelles, mais aussi ses forces nucléaires, et que l’on a vu utiliser la force militaire contre un voisin : l’Ukraine […] L’OTAN doit être capable de répondre à cela. »

Les affirmations selon lesquelles le renforcement de l’OTAN est une réponse à l’agression russe sont des mensonges politiques. La Russie effectue des exercices militaires sur son propre sol. C’est l’OTAN qui, après un quart de siècle de guerres au Moyen-Orient, a renversé un gouvernement ukrainien pro-russe par un coup d’État à Kiev en 2014, qui envoie ses troupes jusqu’aux frontières de la Russie. Les menaces de Trump d’annihiler la Corée du Nord avec « un feu et une furie comme le monde n’en a jamais vu », lancées à l’occasion de l’anniversaire du bombardement atomique américain de Nagasaki cette année, étaient un signe indubitable du rôle agressif et, franchement, insensé des puissances impérialistes de l’OTAN.

Au sommet de Bruxelles, les responsables de l’OTAN ont clairement indiqué qu’ils prévoyaient une guerre terrestre majeure contre la Russie, qui possède le deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde après les États-Unis. Le ministre lituanien de la Défense, Raimondas Karoblis, a déclaré que la construction de nouvelles bases était essentielle, car le retard dans le transport des troupes et des armes à travers l’Europe pour combattre l’armée russe signifiait « plus de pertes et des risques supplémentaires […] le temps est très important ici. »

Expliquant les commentaires de Karoblis, le Washington Post affirmait que « la rapidité avec laquelle l’OTAN peut réagir à toute agression russe pourrait faire la différence entre combattre pour défendre les frontières de l’OTAN et des combats beaucoup plus durs pour reprendre du territoire déjà perdu. »

De telles discussions sur la planification de la guerre de l’OTAN cachent au public que ce que l’OTAN projette est une guerre qui dégénérerait rapidement en un échange nucléaire dévastateur entre l’OTAN et la Russie qui ferait des centaines de millions, voire des milliards de morts.

Ceci est largement reconnu par les fonctionnaires du gouvernement et les analystes de la politique étrangère. Mike Kofman, du US Center for Naval Analyses, a écrit que le « problème de la fixation sur la dissuasion de guerre conventionnelle dans la lutte balte est que, comme dans l’ancienne impasse entre l’OTAN et le Pacte de Varsovie, cette guerre présente des possibilités d’escalade nucléaire. La plupart des experts russes que je connais dans la communauté de l’analyse militaire, y compris ceux de Russie, pensent pas vraiment qu’il y ait une chance qu’une bataille conventionnelle avec l’OTAN reste conventionnelle. »

Passant en revue le risque d’une guerre entre l’OTAN et la Russie dans les pays baltes, le site Web américain National Interest a commenté : « Une telle guerre dégénérera presque certainement en une guerre nucléaire complète entre les deux superpuissances nucléaires de la planète – ce qui veut dire que tout le monde est perdant. »

Néanmoins, le sommet de Bruxelles a agressivement poussé un renforcement de l’OTAN dans les États baltes et en Scandinavie contre la Russie. La Finlande s’est jointe à onze autres pays dans le cadre d’un programme visant à acquérir de vastes stocks de missiles américains air-sol de haute précision. Cela s’est produit après que la Suède a organisé son plus grand exercice militaire depuis 23 ans en septembre, avec 19 000 soldats suédois et des forces américaines, françaises, danoises, finlandaises, norvégiennes, estoniennes et lituaniennes. En mars, la Suède a rétabli la conscription dans une politique qui, selon les responsables de la défense, visait à préparer le pays à la guerre contre la Russie.

Plus largement, le sommet de l’OTAN a discuté des plans de guerre partout dans le monde. Les puissances de l’UE se sont engagées à envoyer 3000 soldats de plus pour participer à l’occupation de l’Afghanistan par les États-Unis. Dans la foulée de l’escalade des tensions entre la Turquie et ses principaux alliés de l’OTAN, les États-Unis et l’Allemagne, un accord aurait été conclu entre la Turquie, la France, l’Italie et l’Espagne pour collaborer au développement de systèmes de missiles pour la Turquie.

Ce mouvement de guerre est objectivement enraciné dans les politiques menées par les puissances de l’OTAN, dirigées par les États-Unis, depuis la dissolution stalinienne de l’URSS en 1991. Washington mena des guerres avec le soutien de diverses puissances européennes en Irak, en Yougoslavie, Afghanistan, Libye, Syrie et au-delà. Alors que Washington voulait utiliser sa puissance militaire pour cimenter son hégémonie mondiale en tant que puissance dominante dans l’alliance de l’OTAN et dominer la masse continentale eurasienne, ces guerres se sont avérées être des déboires horribles, sanglants et coûteux qui ont fait des millions de morts.

Tandis que Washington menace de lancer une guerre majeure en Asie de l’Est, visant en fin de compte à briser l’élan du défi croissant posé par la Chine aux intérêts impérialistes américains par la Chine, les conflits s’intensifient également au sein même de l’OTAN. Surtout après la décision de l’Allemagne de remilitariser sa politique étrangère, depuis l’élection de Trump et la décision de retrait britannique de l’Union européenne (UE) en 2016, qui a retiré de l’UE le meilleur allié militaire des États-Unis en Europe, les tensions entre les puissances majeures de l’OTAN ont explosé.

Ces tensions sont apparues peu de temps après l’élection de Trump, lorsque Trump a menacé d’imposer des tarifs douaniers pour tenter de couper les exportations de voitures allemandes vers les États-Unis.

Dans un document de prospective consulté par Der Spiegel, intitulé « Perspectives stratégiques 2040 », l’armée allemande prévoyait la possibilité d’une « désintégration de l’UE » et l’éruption de guerres à travers l’Europe. Après des « décennies d’instabilité », écrit-il, on pourrait avoir une situation où « l’élargissement de l’UE est largement abandonné, d’autres États ont quitté l’UE et l’Europe a perdu sa compétitivité mondiale dans de nombreux domaines. Le monde de plus en plus désordonné, parfois chaotique et conflictuel a radicalement changé l’environnement de sécurité allemand et européen. »

Dans ces conditions, les responsables de l’OTAN ont souligné leurs projets de collaboration continue avec l’UE alors même que les pays de l’UE, menés par l’Allemagne et la France, ont annoncé des plans pour un pacte militaire commun. La Coopération structurée permanente (PESCO), qui sera signée à Bruxelles le 13 novembre, serait destinée à mettre en commun des ressources pour créer des systèmes d’armement conjoints, à mettre en place une structure de commandement militaire et à faciliter les opérations conjointes de différentes nationalités. Cependant, ce pacte exclurait non seulement les États-Unis, mais aussi la Grande-Bretagne, qui quitte l’UE.

Les responsables de l’OTAN, conscients de la large opposition à la guerre avec la Russie dans la population européenne, ont proposé que l’UE aide à coordonner les efforts politiques plus larges visant à promouvoir la guerre. L’OTAN sera en pourparlers étroits avec les gouvernements, les banques, la police et les services de renseignement à travers l’Europe qui sont chargés d’essayer d’imposer des plans de guerre à la population européenne.

Stoltenberg a déclaré : « Bien sûr, la mobilité militaire ne concerne pas seulement les militaires. Cela nécessite une approche pan-gouvernementale. Il est donc important que nos ministres de la défense sensibilisent nos ministres de l’intérieur, des finances et des transports aux exigences militaires. »

Le danger principal dans cette situation est que de larges masses de la classe ouvrière en Europe et dans le monde ne sont pas conscientes du fait que la possibilité d’une guerre mondiale catastrophique est vraiment pressante, et à quel point les pertes d’un tel conflit seraient dévastatrices. C’est pourquoi le WSWS souligne l’urgence de construire un mouvement anti-guerre international fondé sur la classe ouvrière et une perspective socialiste et anti-impérialiste, et demande le soutien actif de ses lecteurs dans la diffusion de ses textes contre la guerre.

Alex Lantier

source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/nov2017/otan-n11.shtml

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/le-sommet-de-lotan-accelere-les-preparatifs-de-guerre-contre-la-russie/#dmI8rzbMH4HpHesL.99

 

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Danger ! Prolifération étatique par Pascal Boniface 

15 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #Terrorisme, #Les transnationales

Danger ! Prolifération étatique

 

Les essais nucléaires indiens et pakistanais ont remis au premier plan de l’actualité internationale le problème de la prolifération des armes atomiques. Mais, parallèlement à ce défi stratégique déjà ancien, s’en dresse un autre, peut-être plus dangereux pour la stabilité internationale : la prolifération étatique.

L’émiettement du monde est global et dépasse les clivages Nord/Sud ou Est/Ouest (1). Il est spectaculaire dans les fédérations multinationales qu’étaient l’Union soviétique et l’ex-Yougoslavie. Mais la tendance désintégratrice est générale du Québec au Sri Lanka, de la Chine au Royaume-Uni. Elle touche aussi l’Afrique, où le principe réaliste de la préservation des frontières héritées de la colonisation a cédé une première fois, en 1993, avec la reconnaissance de l’Erythrée, et pourrait plier de nouveau devant les tensions ethniques et politiques en Somalie, au Sénégal, en Angola, au Congo, au Liberia, à Djibouti, ainsi que dans une dizaine d’autres Etats.

Il est probable que, dans les années à venir, la déferlante de la prolifération étatique se renforce encore et s’abatte sur certains pays considérés encore comme incontestablement unis. Le plus peuplé d’entre eux, la Chine, pourrait se révéler moins monolithique qu’on pense. Ses provinces périphériques, sans parler du Tibet, aspirent depuis longtemps à l’indépendance, et même dans les régions han, les réformes économiques pourraient susciter une dynamique séparatiste.

L’Inde subit aussi de fortes pressions sécessionnistes. A la frontière pakistanaise, les sikhs militent pour la création d’un Khalistan indépendant. Au pied de l’Himalaya, la sécession du Gurkha se prépare, et au Cachemire, le gouvernement indien fait face, depuis des décennies, à un mouvement séparatiste islamique.

L’Indonésie, avec ses 18 000 îles et ses 200 millions d’habitants - dont 500 groupes ethniques - pourrait connaître également des sécessions. A commencer par celle du Timor-Oriental. Il n’est effectivement pas exclu que le pays éclate en plusieurs Etats, certains espérant devenir de nouveaux Singapour.

Au Brésil, les habitants des régions riches du sud du pays se plaignent de devoir subventionner un Nord pauvre, et quelques-uns sont prêts à se défaire des territoires situés au nord de Rio de Janeiro. « Le séparatisme, explique le chef d’un mouvement qui milite pour l’éclatement du Brésil, est la seule voie permettant au Brésil de s’arracher de son arriération. »

Au Mexique, un Nord développé, démocratique et comparativement aisé, s’irrite d’un Sud pauvre, fortement indien et de plus en plus violent. La révolte au Chiapas est née de cet état de fait et se nourrit des privations économiques. Les partis politiques mexicains reflètent en partie ce fossé : le Parti d’action nationale (PAN), libéral et proche des milieux d’affaires, domine le Nord, alors que c’est au Sud que l’étatique et redistributeur Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) fait ses meilleurs scores.

En Russie, les mouvements sécessionnistes sont loin de ne concerner que la Tchétchénie. Si, dans ce dernier cas, les considérations ethniques et religieuses l’emportent, la situation est tout autre dans le reste de la fédération. Par exemple, la République de Touva, à la frontière mongole, s’est arrogé le droit d’assurer sa défense territoriale, et le Tatarstan et le Bachkortostan ont signé des traités d’amitié et de coopération avec l’Abkhazie, une région autonome de Géorgie, elle-même l’un des Etats nés du démembrement de l’URSS.

Les grands pays ne sont pas les seuls à devoir en découdre avec le sécessionnisme. Dans le Pacifique, la Nouvelle-Guinée fait face à l’éventualité du départ de l’immense montagne de cuivre qu’est l’île de Bougainville. Sans vouloir heurter les sensibilités nationalistes de ses habitants, il est clair que leur réticence à partager les richesses de l’île avec les citoyens - moins aisés - de Nouvelle-Guinée est l’une des motivations premières de l’agitation séparatiste. De même, on peut supposer que le désir du Soudan sud de s’émanciper de Khartoum ne repose pas seulement sur des motifs ethniques (Africains contre Arabes) et religieux (chrétiens et animistes contre musulmans), mais aussi sur le fait que, comme par hasard, les richesses pétrolières du pays sont situées au Sud... Et pourtant, une fois de plus, on recourt aux clivages nationaux et ethniques pour expliquer un phénomène dont la volonté de parvenir à une plus grande prospérité reste la cause profonde.

Même en Europe occidentale, symbole de la sécurité militaire, de la prospérité économique et de l’intégrité territoriale, le mouvement sécessionniste semble se mettre en branle. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1923, l’Europe comptait 23 Etats pour un total de 18 000 kilomètres de frontières ; en 1998, ils sont 50 ayant en commun 40 000 kilomètres de frontières. Qu’en sera-t-il dans dix ans ?

Le sécessionnisme, menace contre la paix

Lse Etats se sont souvent constitués au fil des guerres. Le nombre d’entités politiques en Europe est ainsi passé de près de 500 en l’an 1500 à quelques dizaines au début du XXe siècle, la plupart d’entre elles ayant été absorbées de force par de plus vastes ensembles. Aujourd’hui, le phénomène est inversé : les guerres contemporaines résultent non plus de l’unification d’Etats, mais de leur démantèlement ; non pas de la volonté de construire de grands empires, mais de la balkanisation du monde. Le sécessionnisme est la menace la plus sérieuse contre la paix.

Les sécessions n’ont rien à voir avec les guerres d’indépendance. Certes, les deux ont en commun l’affirmation d’une identité souvent niée au sein d’un ensemble étatique plus vaste. Pourtant, la motivation principale des sécessions n’est pas la défense d’une identité menacée, mais plutôt la volonté de se séparer des « autres » et de profiter seuls des richesses du pays, jusqu’alors « indûment partagées ». Dans la plupart des cas, les racines des aspirations sécessionnistes n’ont pas poussé dans le désir effréné de liberté, mais plutôt dans la conviction que, les temps étant durs, la prospérité est plus facile à retrouver au sein d’une petite entité que dans l’immensité d’un ensemble plus vaste. C’est ce qui a poussé les Slovènes à vouloir quitter la fédération yougoslave. Le démantèlement de l’URSS s’explique en grande partie par le souci des Slaves de ne plus porter le fardeau des Républiques d’Asie centrale.

Une tendance générale semble toucher le monde : la course à la petite taille, dans l’espoir de passer au travers du chas qui mène à la prospérité économique. Partout on souhaite que l’Etat se débarrasse des charges inutiles, c’est-à-dire des régions qui plombent le produit national brut (PNB).

Les Tchèques, plus prospères, ont repris la rhétorique nationaliste pour se débarrasser de la Slovaquie. Dans le passé, les revendications slovaques auraient au mieux été ignorées, au pis sévèrement réprimées. Le désir de partition aurait été perçu comme attentant aux intérêts tchèques, et néfaste à l’unité et à la puissance de l’Etat. Alors qu’auparavant l’étendue géographique était vue comme le gage d’une plus grande considération sur le plan international, le divorce tchécoslovaque prouve que la puissance n’est plus recherchée ; en l’espèce, elle a même été considérée comme un obstacle à la prospérité.

L’exemple de la Hongrie, bien que présentant une situation inversée par rapport à celle de la Tchécoslovaquie, confirme cette tendance. Si la Hongrie a abandonné tout irrédentisme (2) , c’est en grande partie pour des raisons économiques : les Hongrois rêvent de rejoindre l’Union européenne, ce qui est incompatible avec le fardeau économique que constituerait la prise en charge des minorités hongroises de Roumanie et de Slovaquie plus pauvres. La quête d’efficacité économique a étouffé la vision d’une Grande Hongrie, même si toute vibration rhétorique sur ce sujet n’a pas disparu.

Le même phénomène se reproduit aux quatre coins de la planète. Face au précédent de la réunification allemande dont le coût exorbitant a marqué les esprits, les Coréens du Sud ont renoncé à une réunification rapide de la Péninsule, bien qu’elle fasse toujours partie des priorités officielles. L’argument avancé est imparable : si l’opulente Allemagne de l’Ouest a tant de difficultés à digérer sa moitié de l’Est, comment la Corée du Sud, qui joue de justesse dans la même cour que la RFA en matière économique, pourra-t-elle se relever de sa fusion avec la Corée du Nord, cette dernière étant encore plus sclérosée que ne l’était la RDA ?

En Italie du Nord, la Ligue lombarde s’est rendue populaire en faisant miroiter la possibilité de se séparer du sud du pays, si cher et improductif. Au XIXe siècle, l’unité italienne, qui mit fin aux douloureuses divisions de la Péninsule, avait été accueillie comme un facteur de développement et un moyen d’acquérir un statut plus élevé sur la scène internationale.

En Espagne, c’est dans les deux régions les plus aisées et industrialisées (Catalogne et Pays basque) que le nationalisme régional est le plus fort. Les revendications catalanes et basques sont en fait moins adressées à Madrid qu’aux régions pauvres comme l’Andalousie, l’Estrémadure ou les Asturies, dans lesquelles les sentiments nationalistes sont faibles.

« L’enfer, c’est les autres », pourraient déclarer les sécessionnistes du monde entier, désireux de se délester des régions pauvres du pays, responsable d’une baisse du PNB par habitant. Parfois la majorité cherche à se débarrasser d’une minorité jugée improductive ; dans d’autres cas, c’est la minorité qui espère améliorer son sort en quittant l’indigente majorité. Dans les deux cas, la solution passe par le « largage » des indésirables, dans l’espoir de mener une vie plus confortable.

Le facteur désintégrateur qui agit sur les individus (les riches sont de moins en moins solidaires des pauvres) concerne aussi les peuples. L’appât du gain, la course vers la prospérité et la poursuite débridée des biens de consommation semblent être devenus le nouveau moteur de l’histoire. La gloire, la fierté nationale, le bien-être collectif, l’intérêt commun, la volonté de puissance, cèdent la place aux considérations matérielles, même si de temps à autre certains mouvements semblent reprendre l’étendard ; il ne s’agit pourtant que d’un écran de fumée.

Bien souvent, le nationalisme et la proximité culturelle ne sont utilisés que pour mieux masquer l’intérêt économique à court terme. Le monde est entré dans l’ère de la prolifération étatique et du sécessionnisme à tous crins, mais aussi, et peut-être de façon plus flagrante, dans celle du cocooning stratégique.

Pascal Boniface

Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Paris ; auteur de La Terre est ronde comme un ballon, Seuil, Paris, 2002, et de La France contre l’Empire, Laffont, Paris, 2003.
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« La peur des gens de perdre leur travail et le climat de terreur chez SFR » L’édito de Charles SANNAT

7 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Le fascisme, #Terrorisme

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

C’est encore une fois la société SFR, qui fait partie de la galaxie Drahi, le grand manitou magnat de la presse-médias et des télécoms, à la tête d’un groupe dont la valeur est estimée à 50 milliards d’euros et également d’une dette de 50 milliards d’euros, qui fait parler d’elle.

Mon propos ici ne sera pas de « condamner » plus particulièrement SFR, mais de partir de ce qui se passe chez SFR pour en faire la nouvelle règle de la vie en société (commerciale) dans notre pays. La nouvelle norme de fonctionnement, de non-dialogue social, de violence managérial c’est SFR et tous… les autres qui font pareil !

On peut vous parler de diversité avec des trémolos dans la voix.
On peut vous parler harcèlement moral en bêlant.
On peut vous parler égalité hommes-femmes en pleurant.
On peut vous parler de RSE (responsabilité sociale et écolo) de l’entreprise la main sur le cœur.

La vérité, mes amis, c’est que vous êtes insignifiants.

Nous sommes insignifiants.

Je ne crois pas cela pour ce que vous êtes et que nous sommes tous : des êtres humains qui doivent bénéficier d’amour et de bienveillance.

Nous sommes insignifiants pour le totalitarisme marchand, piétaille sans importance pour les entreprises, pions sur l’échiquier du capitalisme mondial, esclaves consentants du spectacle mondialiste.

Ce système qui nous rend insignifiants nie donc l’humanité de tous. C’est ce que nous voyons encore à travers ce nouveau plan social largement prévisible et que j’avais évidemment évoqué dans ces colonnes comme étant une évidence.

Vous savez, c’est toujours la même politique de petits pas, d’itération. On le fait par étape.

SFR : nouvelle vague de licenciements 

Alors qu’Altice s’était engagé à conserver ses effectifs 3 ans, voici le délai de sursis terminé.
Voilà donc des salariés bientôt condamnés exécutés. Ce sont des milliers de postes qui seront supprimés. Et ce sera dans beaucoup d’entreprises la même chose.

« La débâcle continue chez SFR. L’opérateur s’apprête à lancer une nouvelle vague de licenciements, comme il l’avait annoncé il y a quelques mois. Les syndicats s’inquiètent du «climat de terreur et de crainte» qui s’intensifie au sein de l’entreprise depuis le rachat par Altice. »

La CFTC, CFE-CGC, CGT, UNSA et CFDT mettent en lumière une explosion des entretiens préalables chez SFR Distribution (structure détenant la plupart des boutiques SFR). Dans leur communiqué, ils pointent du doigt des motifs «futiles et subis» avec «des entretiens non-formalisés». Cela crée «un climat de terreur et de crainte» au sein de l’entreprise.

« Un climat de terreur et de crainte »

Et voilà ce que je retiens de cet article ou de ce que « remontent » les syndicats.
Les gens ont peur.
Tellement peur de perdre leur travail que c’est de la terreur.
Vous êtes nombreux à m’écrire. À me raconter ce qui se passe dans vos entreprises respectives. Même si je ne peux matériellement pas répondre à chacune et chacun de vous, ce qui ressort de vos courriers c’est que ce que l’on veut vous faire prendre pour des drames individuels ne sont en réalité qu’un immense drame collectif.

Celui des gains massifs de productivité qui laminent l’emploi, mais surtout l’histoire de la fin avec le communisme de la façade douce et paternaliste du système économique qui devient ce qu’il a toujours été : violent et abject.

Le problème c’est que nous ne nous sommes pas adaptés à cette nouvelle donne.

Et la première étape pour ne pas avoir peur, et je vous en ai un peu parlé hier, c’est de travailler son employabilité. Mais pas uniquement !

Il faut avoir une politique patrimoniale et une gestion financière personnelle visant une stratégie d’indépendance.

Pour vous affranchir de la peur mes amis, il faut économiser encore et encore car l’argent économisé vous affranchit et vous libère. La dépense et la consommation vous aliènent. L’épargne vous libère. C’est exactement en ce sens que « l’argent est un excellent serviteur mais un bien mauvais maître ». C’est exactement pour cette raison que je roule en Dacia. J’ai bon goût, je vous assure. Je serais « bien » au volant d’une belle Audi !

Le problème c’est que le besoin de possession vous rend dépendant d’une course infinie à l’échalote. Cette course au « train de vie » vous rend dépendant de vos revenus, de votre employeur. Quand la roue tourne, et elle tourne de plus en plus vite, alors c’est la peur, la crainte et comme cela est écrit carrément la « terreur ».

Aucun travail ou boulot ne doit vous terroriser !

Si vous êtes terrorisé à l’idée de perdre votre travail, c’est que vous n’avez pas pensé votre employabilité.

Si vous êtes terrorisé à l’idée de perdre votre travail, c’est que vous n’avez pas pensé votre liberté financière en épargnant.

Si vous êtes terrorisé à l’idée de perdre votre travail, c’est que vous n’avez pas pensé votre niveau de vie, vos dépenses et votre niveau de consommation.

Je sais, cela peut sembler un peu « dur ». Vous serez nombreux sans doute à vouloir m’écrire que « moi c’est différent je n’ai pas le choix ».

Avant de le faire… posez-vous quelques questions simples. Combien me coûte ma voiture ? Combien me coûte mon téléphone portable ? Mes abonnements télé/câble/Netflix ou Canal+ ? Combien me coûte mon logement ? Combien me coûtent mes restaurants chaque mois ?

Mes amis, nous sommes terrorisés quand on se sent prisonnier.

Si l’on veut s’épargner cette situation, alors il faut réduire drastiquement son train de vie pour ne pas être soumis à un niveau de dépenses.

Il faut penser et travailler son employabilité.

Il faut être en mouvement et anticiper.

Un employeur vous quitte ? 10 de retrouvés ! Encore faut-il savoir où chercher et comment.

La liberté et la sérénité, cela se mérite. Cela se construit. Patiemment. Dans la durée et avec constance.

Ce qui se passe chez SFR est la nouvelle tendance lourde. Ne vous laissez pas avoir. Ne soyez pas naïf, et n’attendez rien du politique… Vous savez, Drahi c’est aussi l’homme qui murmure à l’oreille de Macron, et puis désormais, comme vous avez pu le calculer hier, cela ne coûte plus très cher de vous licencier, même « abusivement ».

C’est à vous de prendre en compte dans vos réflexions et dans vos actions ces nouvelles réalités.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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« Oligarques ou eurogarques, ils assassinent, espionnent, menacent tous les jours !!! » L’édito de Charles SANNAT

18 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La nation ., #La République, #La finance dérégulée, #Terrorisme

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Il est de bon ton, sous nos latitudes, de se gausser des « oligarques » russes. Il y a de quoi se moquer de nos amis russes effectivement, le problème c’est qu’à force de regarder les pailles dans l’œil de nos voisins, nous oublions l’énorme poutre dans nos yeux d’européens.

Si les Russes ont leurs oligarques, nous avons nos eurogarques, et je peux vous assurer que comme leurs voisins, ces oligarques et ces eurogarques assassinent, espionnent et menacent tous les jours.

Insolentiae sous surveillance dans les Macron Leaks

Tout le monde s’en fiche. Abrutis aux séries télé et autres divertissements de télé-réalité pourtant, la liberté et la démocratie se méritent.

Quand Wikileaks dévoile 70 000 mails de la campagne de Macron accessible ici, alors on se rend compte de certaines méthodes qui sont le fonctionnement de notre triste monde.

Si vous vous amusez à entrer mon nom dans ce moteur de recherche ou celui de cette publication, à savoir Insolentiae, vous aurez quelques dizaines de courriels d’échanges consacrés à votre humble serviteur et à sa prose. Vous avez là, sous les yeux, les preuves des premières méthodes d’intimidation, des premiers niveaux de menaces.

Wikileaks sur Insolentiae et les Macron Leaks ici

Macron Leaks seuls ici 

Puis quand ce n’est pas assez, quand les gens vont trop loin, ici aussi, en Europe, on les assassine.

L’Europe “choquée” après l’assassinat d’une journaliste à Malte

Voici ce que dit Euractiv de l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, la journaliste d’investigation maltaise.

Cette blogueuse et journaliste est notamment à l’origine d’accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin.

Sa mort, dans sa voiture, qui était piégée, provoque une vague d’indignation en Europe. Une indignation particulièrement hypocrite, car on ne peut pas s’attaquer au paradis fiscal luxembourgeois.

Hypocrite, parce que l’on ne peut pas s’attaquer au paradis fiscal irlandais.

Hypocrite parce que l’on ne peut rien dire des contrats signés par dizaines et qui n’ont pour objet que de siphonner l’argent public afin d’enrichir nos eurogarques et les politiciens massivement corrompus qui nous dirigent.

Hypocrite, parce que tout cela est connu, et archiconnu mais indicible.

« Daphne Caruana Galizia était la journaliste la plus engagée dans la lutte contre la corruption à Malte. Elle avait été impliquée dans les révélations des Panama papers. Son blog, Running Commentary, était considéré par de nombreux journalistes comme la meilleure source d’information sur son pays.

Elle a été assassinée juste après avoir posté un dernier article sur son blog, dans lequel elle estimait la situation ”désespérée” et reformulait des accusations contre des personnalités importantes du gouvernement, lorsque sa voiture a explosé. La force de l’explosion a projeté hors de la route son véhicule, qui a fini réduit en miettes dans un champ. »

« Dans la soirée, des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées à Sliema, près de La Valette, lors d’une veillée, bougies à la main, pour rendre hommage à la journaliste. »

La palme de l’hypocrisie au Premier sinistre d’entre eux et au vrai-con maltais !

« ”Tout le monde sait que j’ai été vivement critiqué par Mme Caruana Galizia, à la fois politiquement et personnellement”, a rappelé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat (centre gauche), lors d’un point de presse durant lequel il a dénoncé un acte ”barbare” et ordonné aux forces de l’ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que son ou ses auteurs soient traduits en justice.

”Ce qui s’est passé aujourd’hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd’hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d’expression”, a-t-il déclaré. ”Je n’aurai de cesse que justice soit faite”. »

Début juin, le même Joseph Muscat avait remporté une large victoire lors d’élections législatives anticipées convoquées à la suite d’une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches. La journaliste avait joué un rôle central dans cette affaire.

Il faut dire que Michelle Muscat, l’épouse du Premier ministre qui est vraiment très, très attristé par la disparition de cette journaliste et que même que cela est vraiment un très triste jour pour la démocratie et blablablablabla, « a ainsi été accusée d’avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l’Azerbaïdjan en échange de l’autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. Le chef de cabinet du Premier ministre et son ministre à l’Énergie avaient aussi été accusés de détenir des sociétés-écrans non déclarées au Panama. Ils ont tous deux été défendus par Joseph Muscat ».

Si Malte est une île fort belle, et très attractive au niveau des impôts et autres taxes et je devrais retirer les « s » et mettre cela au singulier tellement elles sont légères, Malte est un paradis fiscal au sein de l’Europe.

Un paradis fiscal qui sert évidemment de plateforme à des affaires pas très saines avec le consentement de tous nos eurogarques qui, encore une fois, se gavent sur le dos des peuples.

Lorsque les politiciens jettent à la vindicte populaire les « petits » riches et petits bourgeois de France, quand ils opposent les gens, ils le font pour que piétaille hurle contre son voisin un peu plus aisé parce qu’il a un bien ou deux et une belle bagnole. C’est facile l’indignation de proximité et de quartier.

Il est nettement plus difficile et dangereux de s’attaquer aux véritables coupables, à ceux qui détiennent les leviers de pouvoir, à ceux qui dirigent la police, la justice. À ceux qui font les lois et surtout qui font appliquer les lois.

Plus grave que les bruits de bottes, ce qui est très inquiétant c’est plutôt « le silence des pantoufles ».

Sans relâche mes amis, il faut dénoncer cette Europe-là, car loin des belles idées de paix entre les peuples, l’Union européenne est devenue en réalité un pouvoir autoritaire, gérée par des eurogarques prêts à tout pour assouvir leur besoin d’argent et de toute puissance y compris laminer des peuples entiers, et assassiner ou intimider celles et ceux qui résistent.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source Euractiv ici

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Airbus joue sa survie, la France et l'Allemagne à sa rescousse. Par Michel Cabirol

18 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #Allemagne, #Airbus

Airbus joue sa survie, la France et l'Allemagne à sa rescousse

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(Crédits : Hannah Mckay)
Les Etats-Unis ont mis en joue Airbus. Emmanuel Macron et Angela Merkel sont unis pour sauver le constructeur aéronautique, en danger de mort. Une survie qui pourrait passer par la nomination d'une nouvelle direction.

Le dossier est explosif, très explosif. Trop peut-être. Il est fort probable qu'il fasse pschitt malgré tout. Selon les informations que La Tribune a recueilli durant son enquête, tout le monde se tient chez Airbus entre les nouveaux "parias" du groupe et les nettoyeurs mais aussi au niveau des Etats. Car ce dossier ne concerne pas n'importe quelle société  en Europe : Airbus est l'une des entreprises industrielles les plus emblématiques du Vieux Continent, sinon la plus emblématique. Airbus est même la fierté de la France et de l'Allemagne, le symbole de leur coopération.

Mais aujourd'hui Airbus est en danger de mort, des enquêtes sont ouvertes en Grande-Bretagne et en France sur des éventuels faits de corruption. Les États-Unis sont quant à eux en embuscade. Sa survie va donc dépendre de l'équilibre des forces entre d'un côté l'Allemagne et la France, et de l'autre les États-Unis. Il y aura bien sûr des concessions de part et d'autre de l'Atlantique et certainement des habillages de communication habiles pour faire croire à la sévérité des sanctions. Au sein du groupe, personne n'a également intérêt à aller au bout de l'histoire car chacun sait où est son intérêt (financier) à éviter de déclencher le premier les hostilités même si un grain de sable peut toujours se glisser. Explications sur un dossier où la morale est bannie...

Le bal des hypocrites chez Airbus

Chez Airbus, il y a donc d'un côté les "parias" du groupe, très clairement tous issus du feu service SMO (Strategy Marketing Organization), anciennement dirigé par Marwan Lahoud et, avant lui, par Jean-Paul Gut. Une équipe qui disposait d'un réseau et d'une influence incroyables à travers le monde et qui était capable de vendre de la glace à des esquimaux. A tel point que des passerelles très fortes existaient entre les grands commerciaux de SMO (160 personnes environ) et les services secrets français, assure-t-on à La Tribune. Les commerciaux rendaient compte de leurs affaires et des négociations dans des pays dits compliqués aux seconds, qui en retour, les aidaient ponctuellement. Des échanges en quelque sorte de bon procédé. Ce système faisait partie tout simplement de l'influence française dans les coulisses du monde.

 

SMO a donc fait gagner des milliards d'euros de commandes au groupe et des millions de primes, indexées sur les contrats signés, aux dirigeants d'Airbus. C'était le bon temps où chacun croquait sa part avec gourmandise et insouciance. Trop. Car des centaines de millions de commissions aux intermédiaires ont été validées pendant des années par la direction financière d'Airbus, voire par les plus hauts dirigeants du groupe quand le montant des contrats grimpaient à des sommets himalayens, explique-t-on à La Tribune.

Bien sûr, les chèques destinés aux intermédiaires ont également été signés par la direction financière du groupe, précise-t-on. Y compris ceux qui portaient des "valises de billet" pour arroser les milieux politiques ou autres pour obtenir des commandes dans certains pays sensibles. Une pratique courante et nécessaire pour la plupart des groupes qui commercent dans ces pays. Pas question donc de les déclarer à l'UK Export Finance (UKEF) ou même à la Coface, qui exigent les noms des intermédiaires et le montant des commissions pour accorder un financement à l'export. Mais ce temps est désormais révolu depuis les enquêtes lancées en 2016 par le Serious Fraud Office (SFO), l'agence britannique anti-fraude, puis le Parquet national français (PNF).

Aussi tous ceux qui ont fait gagner des milliards au groupe et des millions à leurs dirigeants et/ou ont servi Marwan Lahoud sont devenus des parias dans le groupe. De tolérés par Tom Enders, qui ne les a jamais vraiment trop appréciés mais en avaient besoin (voir l'enquête de Mediapart), ils ont été bannis du jour au lendemain à la suite des audits internes confiés à partir de 2014 à des cabinets d'avocats américains. Leurs investigations se concentreraient sur la période 2011-2017. "Il y a eu des errements, des dysfonctionnements. C'est grave", nous confie une source en interne. Résultat, la plupart des dirigeants de SMO ont quitté un à un le groupe, nantis de gros chèques assortis de clauses de confidentialités très strictes. Des départs que la direction justifie pour la majorité d'entre eux par l'opération d'intégration du groupe lancée en septembre 2016 par Tom Enders. Ils n'avaient plus leur place dans la nouvelle organisation... Ce qui fait sourire les connaisseurs du dossier. Ainsi, après Anne Tauby, directrice du Marketing et de la Globalisation du groupe, c'est au tour du directeur de la région Asie-Pacifique Pierre Jaffre d'être le prochain sur la liste de Tom Enders et de son directeur juridique John Harrison, appelé en renfort en 2015 par le PDG d'Airbus pour faire le nettoyage.

Et surtout, les bannis, rompus aux méthodes du business mondial, n'ont évidemment pas oublié d'emporter avec eux dans leurs cartons des documents compromettants pour la direction pour se protéger. Bien sûr, ils n'ont aucune raison de les faire sortir tant que... l'équilibre de la terreur n'est pas rompu. Jusqu'ici ce qui est sorti dans la presse ne représente qu'une infime partie de l'iceberg même si "99% des contrats ont été faits dans les règles", rappelle un ancien de la maison. Mais les petites mains du SMO à l'image de certains juristes, qui n'ont pas été aussi bien traitées par la direction que certains responsables, tiendront-elles leur langue si leur vie professionnelle est à jamais brisée ? A voir...

Les dirigeants d'Airbus, dont Tom Enders, qui s'est soumis selon nos informations, aux enquêtes internes du groupe en confiant son téléphone et ordinateur professionnels aux enquêteurs, plaident quant à eux l'ignorance sur des faits éventuels de corruption. "Il y a deux niveaux de responsabilité : ceux qui ont eu de mauvais comportements et ceux qui ont des responsabilités managériales dans le groupe", fait-on valoir en interne. Très clairement, la direction la joue en reprenant la formule tristement célèbre : "responsable mais pas coupable". Une ligne de conduite fragile si des documents compromettants venaient finalement à sortir... En outre, le SFO demande à Airbus des coupables, qui ne sont pas protégés des poursuites pénales par l'accord passé entre le groupe et l'agence britannique. Qui va payer pour tout le monde? Certains des bannis sont prêts à rendre coup pour coup.

Que vont faire les Etats-Unis?

Les Etats-Unis vont-il s'inviter dans ce dossier? C'est la question qui trotte dans toutes les têtes des acteurs de cette affaire d'Etat(s). Mais ils y sont déjà comme le révèle Le Monde. En revanche, ce qu'ont pu faire impunément les Etats-Unis avec Alstom, il n'est pas sûr qu'ils puissent infliger le même châtiment à Airbus sans coup férir. Pour sauver le constructeur européen, joyau industriel européen, "la France est prête à rendre coup pour coup si les Etats-Unis recommencent à faire du terrorisme économique" avec ce  dossier, assure-t-on à la Tribune.

Les Etats-Unis vont donc devoir analyser les conséquences d'une attaque contre Airbus et en jauger les avantages et les inconvénients. Car après Alstom, Technip, Total, BNP ou encore Crédit Agricole qui ont courbé l'échine face aux Etats-Unis, Airbus serait la goutte d'eau qui ferait déborder le vase. Trop, c'est trop. Clairement, le dossier Airbus peut basculer dans une guérilla potentiellement mortifère des deux côtés de l'Atlantique dans le cadre de la guerre économique que se livrent les Etats-Unis et l'Europe. D'autant que le comportement du département de la justice américain (DoJ) est de plus en plus considéré en Europe comme un comportement de "voyou", fait-on valoir en France.

Pour les Etats-Unis, la question est de savoir si le jeu en vaut vraiment la chandelle. La France a fait passer le message, calqué sur celui de la dissuasion nucléaire : vous attaquez, nous ripostons. Car la France a un nouvel outil, la loi Sapin 2, qui permet cette riposte. Des dossiers seraient déjà constitués. Enfin, si Airbus disparaît, les Etats-Unis pourraient se retrouver en duopole avec les Chinois. Le veulent-ils vraiment? A suivre.

La loi Sapin 2 dispose qu'en cas d'infractions relatives à la corruption commises à l'étranger par un Français, une personne résidant habituellement en France ou exerçant tout ou partie de son activité économique sur le territoire français, la loi française est applicable en "toutes circonstances".

Macron et Merkel, unis pour sauver Airbus

En France, le dossier est personnellement pris en main par Emmanuel Macron après avoir longtemps été sous-estimé par François Hollande. Le président et son plus proche entourage ont pris conscience de l'extrême gravité de la situation et seraient prêts à en découdre. "C'est l'un des dossiers les plus sensibles et les plus secrets" du moment explique-t-on à La Tribune. C'est également un dossier régulièrement évoqué dans les échanges fréquents entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui a des relations extrêmement froides avec Tom Enders. "C'est leur sujet prioritaire. Les deux Etats sont déjà intervenus sur le thème : 'il faut mettre fin à ce bordel qui menace la pérennité du plus gros acteur industriel en Europe'", decrypte-t-on.

Chez Airbus, qui s'est dénoncé auprès du SFO pour fuir la justice américaine, on assure que le sérieux de l'enquête de l'agence britannique permettra de maintenir les Etats-Unis en dehors du dossier. Faut-il rappeler que le gouvernement Blair avait enterré en 2006 une enquête du SFO sur le très sulfureux contrat Al-Yamamah avec l'Arabie Saoudite. Il avait invoqué la "relation stratégique essentielle" entre les deux pays et expliqué que l'enquête pourrait nuire à la sécurité nationale. Peu de temps après, Londres signait un très important contrat militaire avec Ryad. Comme quoi la raison d'Etat et l'hypocrisie font bon ménage...

Pour autant, chacun a bien conscience qu'il faudra sortir de ces affaires par le haut... avec forcément des compromis à la clé. "Il y a vraiment un problème de gouvernance", affirme-t-on au sein du gouvernement. Selon une source proche du dossier au sein de l'Etat, une réflexion serait d'ailleurs engagée sur une opération "main propre" à la tête d'Airbus, qui impliquerait le départ de tout le comité exécutif du groupe, Français compris. Problème, qui pour les remplacer? La question n'est pas encore semble-t-il résolue. Et Angela Merkel doit encore former sa coalition dans la douleur. Mais le moment de vérité approche. Alors, pschitt ou bang bang ?

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[Recommandé] Kadhafi avait prévenu Tony Blair que sa chute ouvrirait la porte à des attaques islamistes en Europe

18 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Je suis très heureux de vous présenter ce document historique sur la Libye.

Rappel historique

Rappelons qu’en février-mars 2011, s’est répandue l’information indiquant que Kadhafi bombardait des civils pacifiques qui manifestaient contre lui :

BHL joua un important rôle dans cette propagande de guerre (source) :

Acrimed montra qu’il est passé environ une fois par jour dans les médias durant 3 semaines :

Plus sérieusement, on sait aujourd’hui que ceci était faux, et quand, il y avait des combats, c’était face à des djihadistes, comme le rappelle Patrick Haimzadeh (ancien diplomate français en Libye, qui est un de nos spécialistes de ce pays) :

Or, à l’époque, Tony Blair, ancien premier ministre britannique qui a quitté le pouvoir en 2007, aurait été contacté par un « individu proche de Kadhafi » en 2011, pour aider à négocier un accord avec le gouvernement anglais. Le but aurait été de sauver la vie de Kadhafi, dont le régime était sur le point de tomber. (Pour plus d’informations, lire ici ou ici)

Comme il y a une transparence autrement plus grande en Angleterre qu’en France, le Parlement a déclassifié en 2016 le script de deux conversations entre Blair et Kadhafi, survenues le 25 février 2011 (ici et ).

Nous vous en proposons la traduction. Vous verrez : c’est assez surréaliste, Blair tenant de convaincre Kadhafi de l’existence d’atrocités (fantaisistes) décrites dans les médias anglais…

Source : UK Parliament, le 7/1/2016

La conversation téléphonique du 25 février 2011 entre Tony Blair et Kadhafi, de 11h15 à 11h45

[la ligne était mauvaise, donc il manque des mots]

Blair : Bonjour. J’ai essayé de vous joindre ces derniers jours. Nous sommes dans une situation grave et très difficile. Pouvez-vous s’il vous plaît me dire ce que vous pensez de ce qui se passe actuellement.

Kadhafi : Merci pour votre appel, M. Blair. Personne ne m’a prévenu que vous avez essayé de m’appeler. Je vais vous dire la vérité. Ce n’est pas une situation compliquée du tout. L’histoire est simple : une organisation a établi des cellules dormantes en Afrique du Nord. Une organisation qui se fait appeler al-Qaïda pour l’Afrique du Nord (peut-être des islamistes de Mahada ?) [à Djibouti, NdT]. Ils ne parlent pas arabe, ils parlent islamique. Les cellules dormantes de Libye sont semblables aux cellules dormantes qui étaient en Amérique avant le 11/9.

Soudain, ils ont reçu l’ordre d’attaquer les postes de police et de provoquer ces troubles. Ils ont réussi à prendre des armes. Ils ont attaqué les bâtiments par surprise et des coups de feu ont été échangés. Très peu de victimes des deux côtés. La police a été surprise par l’attaque. Ils n’ont pas pour tactique de faire des manifestations, ce n’est pas leur genre. (Il parle de « similarités avec l’Afghanistan et l’Algérie.) Ils ont réussi à prendre des armes et à terrifier les gens. Les gens ne peuvent plus quitter leurs maisons.

Ils ont été menacés avec des armes. Ils ont réussi à mettre en place des stations locales et, à Benghazi, ont propagé la pensée et les idées d’al-Qaïda. Ils veulent l’appeler l’Émirat al-Qaïda. Le chef est un détenu de Guantanamo appelé al-Hassadi (?). Les renseignements américains le connaissent. Ils nous l’ont remis. Ses disciples sont d’al-Qaïda. [Peut-être le Yumara… islamique ?] C’est une situation de djihad. Ils ont des armes et terrorisent les gens dans la rue. Après les avoir attaqué, ils fuient. Le portrait qui en est fait n’est pas fidèle. Pas de correspondants étrangers ici. Nous avons demandé à tous les journalistes du monde de venir voir la vérité. Ce sont des bandes armées qui ont des armes.

[Je n’ai] pas décidé de les affronter par la force, [j’ai] demandé à leurs familles de les convaincre de déposer les armes. Vous ne pouvez pas raisonner avec eux. Ils ne cessent de dire des choses du genre au nom de Mahomet. C’est comme ben Laden. Ils ouvrent la voie pour lui en Afrique du Nord. Ils ouvrent la voie pour lui en Afrique du Nord. Ils déplacent le système en Afrique du Nord. Ils contrôlent la mer Méditerranée. Leur plan est de [???] en mer Méditerranée les navires et les vaisseaux de non-croyants. Comme du temps de Barberousse et du temps de l’Empire ottoman. Ils veulent contrôler la Méditerranée, puis ils attaqueront l’Europe.

 

Il faut l’expliquer à la communauté internationale. Les reporters peuvent venir pour s’assurer que ceci est la vérité, ils sont les bienvenus. Une fois en leurs mains, ils les abattent. Ils ont un rôle à jouer à ce sujet, tous ceux qui veulent découvrir la vérité, ils le peuvent, les portes sont ouvertes. Nous sommes tous contre le terrorisme. Nous avons déjà fait cette alliance ensemble. Fournissez-nous le nécessaire pour que nous puissions lutter contre ce terrorisme. Les déclarations de l’UE et de l’ONU nous montrent qu’elles ne sont pas conscientes de la vérité et ne savent pas ce qui se passe. Il n’y a pas de journalistes pour transmettre la vérité. Nous n’avons pas dit au monde ce qui se passe. Aucune manifestation ou quoi que ce soit. Les rues pleines de gens soutenant la révolution. Même leurs propres familles disent « s’il vous plaît essayez de faire quelque chose, ils ont des armes et nous intimident nous aussi. » Nous avons besoin d’un ami. Expliquez la situation telle que vous la voyez en ce moment. Faites des efforts avec les Américains et l’UE. Travaillez avec eux.

Blair : Tout d’abord, j’ai parlé à des gens en Amérique et en Europe. Je parle à titre personnel. Je veux proposer ce que je pense être une solution. Il est essentiel que la violence cesse et que l’on tente d’engager un dialogue pacifique avec toutes les parties.

Kadhafi : Quelle sorte de violence ?

Blair : Il y a eu effusion de sang et de la violence. Laissons de côté la façon dont c’est arrivé. C’est important de mettre en place un processus qui permette d’arriver à traiter ce sujet d’une manière pacifique.

Kadhafi : Il n’y a pas de violence, ces gens ont attaqué des postes de police. Il y a eu échange de violence et ces gens ont perdu.

Blair : Je comprends ce que vous dites comme dirigeant. La communauté internationale peut aider, mais ne peut le faire que s’il y a un dialogue pacifique. Pas de violence. Le processus de changement ne peut se faire que d’une manière pacifique. Ces situations ne peuvent être résolues que d’une manière pacifique. Le désir de la communauté internationale est de voir se produire un processus pacifique. J’en serais heureux mais il faut l’accord du chef de file pour le faire.

Kadhafi : Certes mais vous devez souligner que la lutte se fait contre al-Qaïda. Nous ne les combattons pas, ce sont eux qui nous attaquent.

Blair : Absolument, je comprends cela.

Kadhafi : Envoyez des journalistes et des hommes politiques. Parlez-leur directement, voyez quel genre de personnages ils sont et leurs liens avec al-Qaïda.

Blair : Je comprends votre point de vue sur AQ. Et nous sommes autant contre AQ que quiconque.

Kadhafi : Nous n’avons aucun problème avec le peuple libyen. Ils sont otages à Benghazi et ???. Ils utilisent la force.

Blair : Mais la bonne façon de traiter ce problème est que le leader énonce clairement qu’il veut une issue pacifique à cette question. Si cela vous convient, je le transmettrai aux Américains et aux Européens. Le leader doit dire : « Je suis prêt à étudier une issue pacifique et à s’engager avec la communauté internationale, y compris américaine et européenne, pour obtenir une issue pacifique. » S’il est prêt, je mettrai le leader en contact avec les États-Unis et l’UE.

Kadhafi : C’est très bien. J’ai eu un message d’Obama dans les mêmes termes. Je suppose qu’Obama a compris ce qui se passe. Une fois que les journalistes étrangers seront venus ici pour dépeindre la vérité. Ils verront toute la vérité.

Blair : Il est important de connaître la vérité maintenant. Je comprends que vous êtes attaqué. Assurez-vous autant que vous pourrez que personne d’autre ne soit tué, aucune nouvelle effusion de sang, c’est indispensable pour arriver au processus que je décris. Si vous pouvez me l’assurer, je vais dire aux États-Unis et à l’UE de trouver une solution pacifique pour régler cette question.

Kadhafi : Ok, mais supposons qu’ils attaquent l’enceinte ou un poste de police : qu’est-ce que je fais ?

Blair : Je comprends la difficulté quand vous êtes attaqué. Mais l’utilisation d’avions pour attaquer des villes et l’utilisation de la force contre des civils, cela doit cesser, sinon c’est impossible pour la communauté internationale d’agir.

Kadhafi : De tels faits ne sont jamais arrivés. Ils ont pris des munitions. Maintenant, ils attaquent les camps militaires…

Blair : Je comprends. Ce que je vais faire est d’appeler les États-Unis aujourd’hui et l’UE et leur parler. Il faut apaiser la tension en ce moment. Je vais essayer de revenir avec une proposition ferme. L’action clé est d’apaiser la tension. Besoin d’un numéro où nous pouvons vous joindre très rapidement.

Kadhafi : Ok.

Blair : Je vous rappelle dans les deux heures.

Kadhafi : Merci.

Appel Tony Blair-Kadhafi de 15h35 à 16h00

Blair : J’ai parlé à des gens, le point clé c’est que l’effusion de sang et la violence doivent absolument cesser.

Kadhafi : qui a dit cela ? Tout est faux

Blair : Nous avons des rapports qui nous donnent des informations, laissez-moi vous expliquer parce que j’ai parlé à des gens, tout le monde veut une solution pacifique à cette question.

Kadhafi : Il n’y a pas de combats du tout en Libye, qui a dit cela ? Ils veulent quelque chose d’autre. C’est une campagne de colonisation. Nous devons déjouer la colonisation. Il n’y a rien ici, pas de combat, pas de sang. Venez donc ici à Tripoli pour tout voir.

Blair : on croit que des combats sont en cours, si vous avez un endroit sûr où aller, vous devriez y aller parce que cela ne se terminera pas pacifiquement et il doit y avoir un processus de changement. Ce processus de changement peut être géré et nous devons trouver une façon de le gérer.

Kadhafi : il me semble que c’est une colonisation, je vais devoir armer le peuple et me préparer au combat

Blair : si le leader dit qu’il veut un terme à la violence, vous devez le faire comprendre au monde extérieur. Ma préoccupation est que ça se passe de la manière la plus pacifique. Il faut en trouver le chemin. Le mieux est de se livrer à un processus qui entraîne un changement pacifique

Kadhafi : des Libyens vont mourir, il y aura des dégâts sur la Méditerranée, l’Europe et le monde entier. Ces groupes armés profitent de la situation pour se justifier, et nous les combattrons.

Blair : vous devez essayer de faire quelque chose pour que ce processus se fasse pacifiquement. La seule façon de le faire est de dire au peuple que vous allez vous engager dans un processus de changement, que vous dites à vos forces de ne pas être violentes contre le peuple et que cela va maintenant être géré pacifiquement et correctement. Vous devez être dans une position où la Libye est prête à le faire pacifiquement. Les États-Unis et l’UE sont dans une position difficile en ce moment, et j’ai besoin de leur apporter l’assurance que cela se terminera pacifiquement.

Kadhafi : je n’ai aucun pouvoir ni mandat, je ne suis pas le Président. Je n’ai rien à céder, c’est le rôle des Libyens, ils veulent changer le ??

Blair : à la lumière de ce qui est arrivé, je ne pense pas que ça puisse se produire. Faites quelque chose qui permette au processus d’avancer, la violence doit cesser et une nouvelle constitution doit prendre forme. Le plus important est que ce processus de changement débute et il ne peut s’engager que si le leader en donne le signal clair. En plus d’insister pour que la violence cesse, il doit dire clairement qu’il veut ce changement. Je répète ce que les gens m’ont dit : s’il y a un moyen de partir, il devrait le faire maintenant. Je pense que cela peut se passer pacifiquement, mais il doit agir maintenant et annoncer qu’il veut le faire.

Kadhafi : Où est-il censé aller ? Il n’a pas de mandat.

Blair : La position du leader est cruciale, s’il indique qu’il veut que cela se produise maintenant, qu’il restera à l’écart et qu’il ira dans un endroit sûr. Je pense que cela résoudra la situation pacifiquement. S’il veut que ça arrive, je peux transmettre ce message aux personnes à qui j’ai parlé. Il y a un processus de changement qui va avoir lieu, qui a été indiqué clairement par le leader lui-même. Il a besoin de dire qu’il accepte ce changement, et il doit se tenir à l’écart pour que ça se produise pacifiquement.

Kadhafi : il n’y a pas de sang ici, c’est très calme, mais si vous voulez prendre la Libye, nous sommes prêts à combattre, ce sera comme l’Irak. Pourquoi ne venez-vous pas voir Tripoli ?

Blair : Permettez… permettez-moi, mon cher, personne ne veut recoloniser la Libye. La Libye est à son peuple.

Kadhafi : laissez-nous seuls alors, si vous voulez voir l’ampleur des manifestations de soutien, la télé libyenne montre l’ampleur. Nous savons faire le tri. [Kadhafi pose le téléphone près du téléviseur] Il n’y a pas de combat, il n’y a pas de manifestations. « Vive Kadhafi » crie un enfant.

Kadhafi : venez à Tripoli et voyez vous-mêmes !

Blair : laissez-moi voir cela. Je suis au Koweït en ce moment, mais mon inquiétude est que ça se passe très très vite et que si nous ne trouvons pas un moyen d’en sortir dans les prochaines heures, je ne sais pas ce qui arrivera. Le leader peut aider mais s’il ne le fait pas on se retrouve avec le sang de nombreux Libyens et je ne veux pas que cela se produise.

Kadhafi : il n’y a ni bain de sang, ni combat. Venez voir par vous-même. Des gens répandent des rumeurs par les chaînes de télé. Certains viennent de Guantanamo, nous les connaissons par leur nom, ils soutiennent al-Qaïda. Soutenez-vous al-Qaïda ?

Blair : non, absolument pas, l’important est de savoir comment nous mettre dans les conditions pour que cette situation puisse se terminer d’une manière pacifique. Si les gens voyaient le leader mis à l’écart, ils seraient contents de ça. Si ça continue un autre jour, ou deux, nous n’allons plus pouvoir être dans les bonnes conditions. Je dis ça parce que je le crois profondément. Si on n’arrive pas à trouver une sortie très rapidement, on dépassera le point de non-retour.

Kadhafi : il y a des combats en Algérie, en Afghanistan et au Pakistan, etc. – soutenez-vous le terrorisme ?

Blair : nous sommes complètement opposées au terrorisme et à al-Qaïda. Le seul moyen de sortir de cette situation maintenant est de permettre qu’un processus de changement constitutionnel ait lieu maintenant.

Kadhafi : les membres d’al-Qaïda ne sont pas pour le changement, ce n’est pas leur demande. Ce sont des gosses, aucun ne parle de constitution ni de changement.

Blair : alors c’est pourquoi il est important que le leader prenne l’initiative et parle de changement. J’ai voulu relayer ce message du fait de l’urgence étant donné que c’est la dernière chance de résoudre ceci pacifiquement. Je ne sais pas s’il est possible pour moi de venir.

Kadhafi : cela signifie-t-il que vous déclencherez une intervention militaire si nous n’avons pas de solution pacifique ?

Blair : absolument pas, personne ne veut cela et personne ne le pense, et ce n’est pas une recolonisation. Tant qu’il n’y aura pas un processus pacifique en place, ils vont continuer. Mon désir est de mettre en place quelque chose de pacifique plutôt qu’une confrontation violente.

Kadhafi : ces gens au Nigeria et en Afghanistan, les talibans ont une constitution

Blair : Le leader est le seul qui puisse y arriver d’une manière pacifique. Si cela ne se produit pas très rapidement, alors le peuple libyen le fera de manière très destructive.

Kadhafi : Cela n’arrivera pas, si vous n’intervenez pas, je vais donner des armes au peuple libyen ce soir.

Blair : nous ne voulons pas cela

Kadhafi : nous n’avons aucun problème, simplement, laissez-nous tranquilles. Si vous êtes vraiment sérieux et à la recherche de la vérité, prenez un avion et venez nous voir.

Blair : Je vais me renseigner à ce sujet. J’ai essayé de relayer le message et j’espère que le leader réfléchira sur ce que j’ai dit et nous le pressons d’en prendre l’initiative. J’aimerais vous offrir une issue pacifique.

Kadhafi : venez voir la réalité.

Blair : gardez le contact.

Source : UK Parliament, le 7/1/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Épilogue

Les conséquences de la guerre de Libye sont hélas connues. Comme le rappelle Haimzadeh, plus de 30 000 Libyens ont perdu la vie :

La chute du gouvernement a conduit à ce que les armes du pays soient revendues à l’étranger, beaucoup se sont retrouvées au Mali, alimentant les guérillas djihadistes (source) :

Et enfin, cela a aussi déstabilisé le contrôle des migrations :

 

 

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La Syrie libère Al Mayadin, la coalition US passe un accord avec Daesh à Raqqa, la Turquie envahit la province d’Idleb. Initiative Communiste

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

La Syrie libère Al Mayadin, la coalition US passe un accord avec Daesh à Raqqa, la Turquie envahit la province d’Idleb. Initiative Communiste

La Syrie libère Al Mayadin, la coalition US passe un accord avec Daesh à Raqqa, la Turquie envahit la province d’Idleb

En , la guerre contre le terrorisme continue et fait tomber les masques.

Après Deir Ez Zorr, la Syrie libère Al Mayadin

Après Deir Ez Zorr, il y a quelques semaines, c’est l’une des principales villes de la vallée de l’Euphrate – Al Mayadin – qui vient d’être libérée par l’armée républicaine syrienne. L’offensive lancée par la Syrie pour chasser est ainsi en train de porter ses fruits, le groupe terroriste islamiste se voyant ainsi privé de la principale ville qu’il contrôlait encore en Syrie et qui était devenue sa capitale de facto.

Cette victoire syrienne est obtenue dans des conditions difficiles, grâce au soutien du groupe aérien de l’armée russe en Syrie – qui comprend moins d’une trentaine d’avions, à comparer aux centaines d’avions déployés par les USA et leurs alliés de l’OTAN, France comprise, dans la région – du Liban et de l’Iran. Elle démontre par les faits qu’il est possible de défaire Daesh et que la progression de l’État Islamique – avec les conséquences tragiques tels que les attentats en France – est bien le fruit du laisser faire par les capitales occidentales qui se sont appuyées sur Daesh pour mettre la Syrie à feu et à sang pour profiter du chaos, pour avancer leurs pions dans cette région stratégique et riche en pétrole. Rappelons que ces dernières semaines, afin d’entraver la progression de l’armée syrienne, une contre-offensive de Daesh a  pu se déployer à travers des centaines de km² de désert censés être contrôlés par des rebelles soutenus par les États-Unis et la France. Oui, dans la guerre contre Daesh, les masques tombent.

De fait, on se demande comment les centaines d’avions – y compris de l’armée française – les livraisons massives d’armes et les militaires présents en nombre de la coalition US n’ont jamais permis de faire reculer pendant plus de 3 ans Daesh. Poser la question c’est y répondre. Il suffit de se souvenir que la multinationale française du ciment – Lafarge – a payé Daesh au moment même où cette organisation terroriste commanditait des attentats en France. Et cela sans que le gouvernement et le ministre des affaires étrangères de l’époque n’y trouvent à redire. Laurent Fabius – qui déclarait que Al Nosra -c’est à dire Al Quaida) faisait du bon boulot en Syrie – désormais président du Conseil Constitutionnel, l’une des plus hautes institutions en France, se retrouve désormais dans la collimateur de la justice.

La libération de la majeure partie du pays et le contrôle de la quasi-totalité de ses grandes villes de Syrie par les autorités souveraines de Damas est un camouflet infligé à l’hyper -impérialisme euro-atlantique. Une défaite géopolitique résultant de la mobilisation asymétrique russe et iranienne, avec le soutien diplomatique de la Chine. La libération de Deir Ez Zorr et de Al Mayadin est ainsi à mettre en rapprochement avec la volte-face du président Trump qui prétend répudier les accords multilatéraux signés concernant la question nucléaire avec Téhéran, des accords garantis par Paris et Berlin. Là aussi les masques tombent et Macron comme Merkel apparaissent pour ce qu’ils sont, les pions de Washington, à la remorque d’un président américain dont chacun ne peut désormais plus nier qu’il est la menace principale contre la paix mondiale.

À Raqqa, la coalition US passe un accord avec Daesh

À l’inverse, à Raqqa, la coalition américaine vient de passer un marché avec Daesh pour finaliser la prise de la ville : un étrange marché qui consiste à permettre aux milliers de terroristes islamistes regroupés dans la ville de sortir avec leurs armes vers… la province de Deir Ez Zorr. En vertu de quoi les combats se sont arrêtés. Les familles des victimes des terroristes de Daesh en France jugeront comme il se doit cette politique de la coalition américaine à laquelle Macron participe, consistant à laisser poursuivre ailleurs les crimes des terroristes islamistes qui ,de Raqqa, ont commandité – nous dit-on – les attentats contre Charly et l’Hyper Casher, puis les attentats contre le Bataclan, Nice, Saint-Etienne du Rouvray etc…

Erdogan et la Turquie se lancent ouvertement à l’assaut de la Syrie : les troupes turques franchissent la frontière vers Idleb

Dans le même temps, violant le processus de Genève et les négociations d’Astana en cours, la Turquie de l’autocrate Erdogan – profitant une fois de plus du soutien militaire de l’OTAN et financier de l’Union Européenne qui lui verse des milliards d’euros a une nouvelle fois violé les frontières, envoyant ses soldats dans le nord de la Syrie, dans la province d’Idleb. Une province où elle subventionne et influence déjà de nombreux groupes terroristes islamistes qui agissent dans cette région, dont le principal est ouvertement affilié à Al Quaida. Le but de cette nouvelle invasion turque violant le droit international est à la fois de continuer à prendre le contrôle du nord de la Syrie, mais également d’attaquer les Kurdes dans cette zone frontalière du Kurdistan turque.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

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Pétition : NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES ! Léon Landini, Résistant FTP-MOI

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Terrorisme, #Politique étrangère

 

Communiqué de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » en faveur de la pétition lancée par Léon Landini : « NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES ! ».

 

Je trouve scandaleux et même davantage que le Président actuel se permette d'imposer ces symboles au peuple français malgré le refus net et catégorique exprimé le 29 mai 2005.

Cela porte un nom, c'est une forfaiture!

Agissons donc pour retrouver notre Liberté et notre indépendance. L'engagement permanent de monsieur Léon Landini doit nous permettre de lever la tête et de combattre . La France mérite mieux que ces marionnettes imposées de l'extérieur. Il faut RESISTER!

Lucien PONS Président de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"

Une vidéo intéressante

https://www.youtube.com/watch?v=x3FUlzfTFmw

Pétition : NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES ! Léon Landini, Résistant FTP-MOI

Pétition : NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES !

Léon Landini, Résistant FTP-MOI, Médaille de la Résistance, président du PRCF, et d'un large rassemblement

15 oct. 2017 — Emmanuel Macron, en violation de la constitution française et du vote des Français le 29 mai 2005 veut imposer à la France le drapeau de l'Union Européenne - bleu marial au douze étoiles un drapeau anti laïc faisant explicitement référence au culte de la vierge d'après le fonctionnaire européen qui l'a dessiné - ainsi que l'hymne de l'Union Européenne. En clair remplacer l'hymne de la Révolution - la Marseillaise - et le drapeau de la République Française par celui de l'UE cette structure totalitaire à laquelle les français en 2005 et la majorité des peuples européens consultés ont dit non lors de plusieurs referendum. Pour faire respecter la souveraineté des peuples et refuser cette nouvelle marque de soumission à une institution supranationale structurellement anti démocratique qui divise et oppose les peuples et renforce la dictature des multinationales contre les peuples signez la pétition pour dire non au drapeau de l'Union Européenne et à son hymne.
signez la pétition sur change.org , faites signez vos proches et vos amis, partagez la sur les réseaux sociaux. Tous ensemble, unissons nos voix pour faire respecter celle des peuples, et défendre en France et en Europe la souveraineté des peuples, base et condition nécessaire de la démocratie.

Une vidéo intéressante

https://www.youtube.com/watch?v=x3FUlzfTFmw

 

Voici le lien pour signer la pétition
https://www.change.org/p/france-non-au-drapeau-de-l-union-europ%C3%A9enne-et-%C3%A0-son-hymne-place-aux-peuples

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“Ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue…”, par Thomas Sankara

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Terrorisme

Billet pour l’anniversaire de son assassinat…

Thomas Sankara

Dans notre grande série “Pas vu à la télé”, connaissez-vous Thomas Sankara ?

Thomas Sankara est un homme politique anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabé. Il est né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute-Volta.

Militaire, il a créé le parti Révolution burkinabé, et est devenu premier ministre de son pays en janvier 1983, mais fut limogé et mis aux arrêts le 17 mai, après une visite de Guy Penne, conseiller de François Mitterrand. Le lien entre la visite de Guy Penne et l’arrestation de Sankara reste sujet à controverse, même si les soupçons d’une intervention française restent forts.

Un nouveau coup d’État, le 4 août 1983, place Thomas Sankara à la présidence du Conseil national révolutionnaire. Il définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son « Discours d’orientation politique », écrit par Valère Somé.

Thomas Sankara était en premier lieu un des chefs du Mouvement des non-alignés, les pays qui durant la Guerre froide ont refusé de prendre parti pour l’un ou l’autre des deux blocs. Dans ses discours, il dénonce le colonialisme et le néo-colonialisme, notamment de la France, en Afrique. Devant l’ONU, il défend le droit des peuples à pouvoir manger à leur faim, boire à leur soif, être éduqués. Il rebaptise le pays : la Haute-Volta devient Burkina Faso (« Pays des hommes intègres »). Les résultats de cette politique sont sans appel : réduction de la malnutrition, de la soif (construction massive par les CDR de puits et retenues d’eau), des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabés ou non) et de l’analphabétisme. Sankara est aussi connu pour avoir rompu avec la société traditionnelle inégalitaire burkinabé, par l’affaiblissement brutal du pouvoir des chefs de tribus, et par la réintégration des femmes dans la société à l’égal des hommes (interdiction de l’excision, réglementation de la polygamie, participation à la vie politique, une journée hebdomadaire lors de laquelle les hommes devaient aller au marché à la place des femmes a été instaurée). Il a aussi institué la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification. Il est le seul président d’Afrique (et sans doute du monde) à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l’État pour les remplacer par de basiques Renault 5. Il faisait tous ses voyages en classe touriste et ses collaborateurs étaient tenus de faire de même – quand il ne se déplaçait pas en “avion-stop”… Il est célèbre aussi pour son habitude de toujours visiter Harlem (et d’y faire un discours) avant d’arriver à l’ONU. Il est considéré par certains comme le Che Guevara africain. (Source : Wikipedia).

Je vous parle de lui en raison du “Discours sur la dette des pays africains” qu’il a tenu à l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) à Addis Abeba (Ethiopie) le 29 juillet 1987. Il permet de réfléchir d’une part au rôle que nous avons joué en tant que créancier, et d’autre part à l’ironie de se retrouver aujourd’hui gravement débiteur. Écoutons-le.


Discours de THOMAS SANKARA a ADDIS ADEBA

 

Vous pouvez le télécharger ici en pdf.

Ou le lire ici 🙂 :


Discours prononcé par Thomas Sankara sur la dette

« Un front uni contre la dette »

Prononcé à la 25e conférence des pays membres de l’OUA à Addis-Abéba le 29 juillet 1987

Au sujet du fonctionnement de l’OUA

Monsieur le président ; Messieurs les chefs des délégations : Je voudrais qu’à cet instant nous puissions parler de cette autre question qui nous tiraille : la question de la dette, la question de la situation économique de l’Afrique. Autant que la paix, elle est une condition importante de notre survie. Et c’est pourquoi j’ai cru devoir vous imposer quelques minutes supplémentaires pour que nous en parlions. Le Burkina-Faso voudrait dire tout d’abord sa crainte. La crainte que nous avons c’est que les réunions de l’OUA se succèdent, se ressemblent mais qu’il y ait de moins en moins d’intéressement à ce que nous faisons.

Monsieur le président : Combien sont-ils les chefs d’Etat qui sont ici présents alors qu’ils ont dument appelés à venir parler de l’Afrique en Afrique ? Monsieur le président : Combien de chefs d’Etats sont prêt à bondir à Paris, à Londres, à Washington lorsque là-bas on les appelle en réunion mais ne peuvent pas venir en réunion ici à Addis-Abeba en Afrique ? Ceci est très important. [Applaudissements] Je sais que certains ont des raisons valables de ne pas venir.

C’est pourquoi je voudrais proposer, Monsieur le président, que nous établissions un barème de sanctions pour les chefs d’Etats qui ne répondent pas présents à l’appel. Faisons en sorte que par un ensemble de points de bonne conduite, ceux qui viennent régulièrement, comme nous par exemple, [Rires] puissent être soutenus dans certains de leurs efforts. Exemple : les projets que nous soumettons à la Banque africaine de développement (BAD) doivent être affectés d’un coefficient d’africanité. [Applaudissements] Les moins africains seront pénalisés. Comme cela tout le monde viendra aux réunions.

Au sujet de la dette des pays africains

Je voudrais vous dire, Monsieur le président, que la question de la dette est en question que nous ne saurions occulter. Vous-même vous en savez quelque chose dans votre pays où vous avez du prendre des décisions courageuses, téméraires même. Des décisions qui ne semblent pas du tout être en rapport avec votre âge et vos cheveux blancs. [Rires] Son Excellence le président Habib Bourguiba qui n’a pas pu venir mais qui nous a fait délivrer un important message donné cet autre exemple à l’Afrique, lorsque en Tunisie, pour des raisons économiques, sociales et politiques, il a du lui aussi prendre des décisions courageuses. Mais, Monsieur le président, allons-nous continuer à laisser les chefs d’Etats chercher individuellement des solutions au problème de la dette avec le risque de créer chez eux des conflits sociaux qui pourraient mettre en péril leurs stabilités et même la construction de l’unité africaine ? Ces exemples que j’ai cités, il y en a bien d’autres, méritent que les sommets de l’OUA apportent une réponse sécurisante à chacun de nous quant à la question de la dette.

Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par son origine. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui se sont transformés en ” assistants techniques “. En fait, nous devrions dire en assassins technique. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des ” bailleurs de fonds “. Un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le “bâillement” suffirait à créer le développement chez d’autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés. On nous a présenté des dossiers et des montages financiers alléchants. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous à amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.

La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. On nous dit de rembourser la dette. Ce n’est pas une question morale. Ce n’est point une question de ce prétendu honneur que de rembourser ou de ne pas rembourser.

Monsieur le président : Nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu’elle est intervenue ici même. Elle a dit, elle qui est européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée. Je voudrais simplement la compléter et dire que la dette ne peut pas être remboursée. La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en surs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en surs également. Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme au casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils perdent au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. Non, Monsieur le président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu. Et la vie continue. [Applaudissements]

Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé.

On parle du Plan Marshall qui a refait l’Europe économique. Mais l’on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacés, leurs stabilités étaient menacées. Qui a sauvé l’Europe ? C’est l’Afrique. On en parle très peu. On parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.

Au sujet du pouvoir financier

La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements. Lorsqu’on nous parle de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite. La crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leurs droits face aux exploiteurs. Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique. Il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l’on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos et les bas-quartiers. Il y a crise parce que les peuples partout refusent d’être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s’inquiéter.

On nous demande aujourd’hui d’être complices de la recherche d’un équilibre. Equilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Equilibre au détriment de nos masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complices. Non ; nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples. Nous ne pouvons pas les accompagner dans leurs démarches assassines.

Monsieur le président : Nous entendons parler de clubs, club de Rome, club de Paris, club de Partout. Nous entendons parler du groupe des cinq, des sept, du groupe des dix, peut-être du groupe des cent, que sais-je encore ? Il est normal que nous créions notre club et notre groupe. Faisons en sorte que dès aujourd’hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d’ou partira le souffle nouveau : Le Club d’Addis-Abeba.

Au sujet de la morale

Nous avons le devoir aujourd’hui de créer le front uni du Club d’Addis-Abeba contre la dette. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons dire aux autres, qu’en refusant de payer, nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse mais au contraire dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est. Du reste les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Mais Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes que ceux qui exploitent l’Europe. Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d’Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saura être payée. Quand nous disons que la dette ne saurait être payée ce n’est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. Nous estimons que nous n’avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas la même morale.

La Bible, le Coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité. Il faudra qu’il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. [Applaudissements] Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle de dignité. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle du mérite de ceux qui paient et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne paieraient pas. Nous devons au contraire dire que c’est normal aujourd’hui. Nous devons au contraire reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre quand il vole ne commet qu’un larcin, une peccadille tout juste pour survivre et par nécessité. Les riches, ce sont eux qui volent le fisc, les douanes et qui exploitent les peuples.

Monsieur le président, ma proposition ne vise pas tout simplement à provoquer ou à faire du spectacle. Je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui ici ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas, il peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la banque mondiale payer. Nous tous le souhaitons. [rires et applaudissements]

Ma proposition n’est pas non plus… Je ne voudrais pas qu’on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité, sans expérience. Je ne voudrais pas non plus qu’on pense qu’il n’y a que des révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais qu’on admette simplement que c’est l’objectivité et l’obligation. Et je peux citer, dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette, des révolutionnaires, comme des non révolutionnaires, des jeunes comme des vieux. Je citerai par exemple, Fidel Castro a déjà dit de ne pas payer, il n’a pas mon âge, même s’il est révolutionnaire. Mais je pourrais citer également François Mitterrand qui a dit que les pays africains ne pouvaient pas payer, les pays pauvres ne peuvent pas payer. Je pourrais citer madame le premier ministre…je ne connais pas son âge et je m’en voudrais de le lui demander. Mais… [rires] c’est un exemple. Je voudrais citer également Félix Houphouët-Boigny, il n’a pas mon âge. Cependant il a déclaré officiellement et publiquement, du moins pour ce qui concerne son pays, la Côte d’Ivoire ne peut pas payer. Or, la Côte d’ivoire est classée parmi les pays les plus aisés d’Afrique, au moins d’Afrique francophone. C’est pourquoi il est normal qu’elle paye plus, en contribution, ici [éclats de rires].

Mais, Monsieur le président, ce n’est donc pas de la provocation. Je voudrais que très sagement vous nous offriez des solutions. Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer la dette. Non pas dans un esprit belliqueux, belliciste. Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, donc j’ai grand besoin, [Applaudissements] avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement.

Au sujet des armes

Et je voudrais terminer en disant que nous pouvons rassurer les pays auxquels nous disons que nous n’allons pas payer la dette, que ce qui sera économisé n’ira pas dans les dépenses de prestige. Nous n’en voulons plus. Ce qui sera économisé ira dans le développement. En particulier nous éviterons d’aller nous endetter pour nous armer. Car chaque fois qu’un pays africain achète une arme, c’est contre un Africain. Ce n’est pas contre un Européen, ce n’est pas contre un Asiatique, c’est contre un Africain. Par conséquent nous devons également dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l’armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais Monsieur le président, je voudrais que nous nous désarmions. Parce que moi je porte l’unique arme que je possède. D’autres ont camouflé les armes qu’ils ont. [Rires et applaudissement]

Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pourrons également utiliser ses immenses potentialités pour développer l’Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches. Nous avons suffisamment de quoi faire et nous avons un marché immense, très vaste du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Nous avons suffisamment de capacité intellectuelle pour créer ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pouvons les trouver.

Au sujet de la préférence africaine

Monsieur le président : Faisons en sorte que nous mettions au point ce Front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Faisons en sorte que ce soit à partir d’Addis-Abeba que nous décidions de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles. Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains. Produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique.

Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer. Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso pour habiller les Burkinabé. Ma délégation et moi-même, nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne d’Europe ou d’Amérique.[Applaudissements] Je ne fais pas un défilé de mode mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne. Je vous remercie, Monsieur le président.

La patrie ou la mort, nous vaincrons ! [longs applaudissements]

Thomas Sankara

Thomas Sankara


Épilogue

Thomas Sankara« Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! […]La patrie ou la mort ! »

En effet, Thomas Sankara a été assassiné 75 jours plus tard, le 15 octobre 1987, à 37 ans, durant le coup d’État de son “ami” Blaise Campaoré, appuyé, semble-t-il, par le Libéria, la Lybie, la France et la CIA.

En avril 2006, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a condamné le Burkina Faso pour refus d’enquêter sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara (et d’en poursuivre les responsables).

Blaise Campaoré est resté président du Burkina Faso jusqu’en 204, où il a été chassé du pouvoir par un soulèvement populaire.

Il a toujours été régulièrement reçu à Paris…

Sarkozy Compaoré

Oser lutter, oser inventer l’avenir.” [Thomas Sankara]

 

Réponses à [15/10] “Ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue…”, par Thomas Sankara

Commentaires recommandés

 
 
 

Vous savez ce que Sankara a fait quand il a pris le pouvoir ? Il a vendu les grosses Mercedes du gouvernement pour les remplacer par de modestes Renault 5… je me suis toujours étonné que cet homme soit resté en vie 4 ans.

@raph: “Si un état s’endette c’est parce qu’il dépense trop”… Non. Ca c’est du répétage de bourrage de crâne télévisuel. Déjà, les dettes modernes ne sont pas faites pour être remboursées. Au contraire : c’est l’intérêt sur ces dettes qui fait tourner la machine (100% de nos impôts sur le revenus vont servir à payer UNIQUEMENT les intérêts… oubliez les bobards au sujet des hôpitaux, des routes, etc…).

En ce qui concerne les pays africains et l’Amérique latine, la dette a été un moyen de les dominer et de les asservir. Voir la témoignage de John Perkins : “confessions d’un assassin financier”:
http://www.dailymotion.com/video/xa636d_john-perkins-confessions-d-un-corru_news

Savez-vous que Sadam Hussein avait décidé de ne plus vendre son pétrole en dollars peu de temps avant que les US se lancent en croisade contre lui ? Savez-vous que Kadhafi était en train de motiver des états africains à sortir de nos monnaies papier en créant un dinar indexé sur l’or ? Que l’Iran depuis 2008 fait tout pour ne plus se faire payer son pétrole en dollars ? Tout cela ne donne-t-il pas un éclairage différents et intéressant au sujet des tensions / guerres avec ces pays ?

Le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, l’OTAN, etc… sont les agents de cette domination Nord/Sud. La nouveauté, c’est que maintenant c’est au tour des pays Européens de se faire dépecer sans vergogne. Retenez bien la propagande “les Grecs sont des tricheurs, ils ont tous acheté des 4×4 de luxe, etc…”, car c’est ce qu’on dira de la France l’année prochaine pour justifier votre étranglement financier. Alors seulement, peut-être, vous commencerez à comprendre l’étendue de cette ignoble système, de l’enfumage dont vous êtes victime, et à vous auto-guérir de votre syndrome de Stockholm! Mais pour vos économies, il sera trop tard…

T. Sankara était un très grand homme très en avance sur son temps, pas un petit excité de passage. Ils savait de quoi il parlait.

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