Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Les voeux 2019 des Gilets Jaunes

31 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

Je partage largement les voeux ci-aprés de Patrick Tillet et le point de vue de Priscillia Ludowsky. ;-)

   Je vous les retransmet en mon nom perso ainsi que toute mon amitié...un bémol: pas certain du tout que les seules zinstitutions d'une République avec un quelconque numéro soient responsables des zavatars jupitériens...

                             PP

 

« Le temps est venu de changer de civilisation » Edgar Morin

 

Vœux 2019 : que la 5e République ne passe
          pas l’été !

 

 

Vœux 2019 : que la 5e République ne passe pas l’été !

Jamais établir des vœux pour une année nouvelle ne m’aura paru aussi évident, aussi impératif, aussi urgent. J’ai pour l’année 2019, une résolution ferme et deux vœux très pressants.

Résolution : ne participer en 2019 à aucune consultation électorale dans le cadre des institutions de la 5e République

Jamais une révolution n’est née d’une élection organisée dans le cadre d’institutions que la révolution entendait détruire. Voilà pourquoi je ne participerai à aucune consultation organisée en 2019 dans le cadre des institutions de la 5e République visant à récupérer le mouvement des Gilets jaunes, ou à le court-circuiter :

  • abstention aux élections européennes du 26 mai (scrutin de toute façon totalement inutile), avec ou sans liste parasite estampillée “Gilets jaunes” ;
  • pas de participation à des législatives anticipées suite à une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale (n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon et à la France insoumise).

Tweet de Priscillia Ludosky, une des initiatrices du mouvement des Gilets jaunes.

 

Vœux 1 : que le mouvement Gilets jaunes monte en puissance tout au long de cette année 2019

Après une période d’accalmie hivernale très relative, mais aisément explicable par le besoin de reprendre son souffle après une saison 1 très tonique et l’envie de passer les fêtes de fin d’année en famille, je crois sincèrement que le mouvement des Gilets jaunes montera en puissance au cours de cette année nouvelle. Et ce pour deux raisons :

  • parce que, même forts d’incontestables victoires en 2018, les Gilets jaunes n’ont encore rien obtenu qui puisse améliorer la situation sociale précaire d’une grande partie d’entre eux et calmer ainsi leur colère ;
  • parce que la joie et la fierté d’avoir inventé une nouvelle manière de vivre ensemble sur leurs ronds-points (« notre seconde maison ») est un autre puissant stimulant à l’action qui prévaut largement sur les risques de désespoir et de renoncement.
Vœux 2 : que la 5e République ne passe pas l’été

Le point d’orgue de mes vœux pour cette année 2019 est que la 5e République ne passe pas l’été de l’année qui vient ; que ses institutions pourries soient impitoyablement détruites ; que ses tristes acteurs corrompus, sa cour de malfaisants cyniques, soient impitoyablement chassés et mis hors d’état de nuire.

S’il est une chose que les Gilets jaunes ont appris lors de la saison 1 de leur soulèvement, c’est bien qu’il n’y a strictement rien à espérer du lamentable avatar macroniste mis en place en 2017 par un système à bout de souffle pour assurer sa survie au sein d’une Union européenne mortifère. Rien à attendre d’une police et d’une justice tant que celles-ci seront au service exclusif d’un (dés)ordre que nous combattons. Rien à apprendre de médias qui n’en sont plus, réduits à n’être plus que de viles officines de propagande mensongère. #NoRespect !

Le mieux est donc qu’on en finisse au plus vite. Ce vœux, vital, déterminant pour l’avenir de notre pays et de notre peuple, me paraît tout à fait de l’ordre des possibles.

Bonne année de sécession populaire à tous !

Partager ce billet (pour celles et ceux à la rue)
 

Lire la suite

Baisse historique des APL, retraites, chômage, ce qui nous attend en 2019

31 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

Toujours plus loin
Baisse historique des APL, retraites, chômage, ce qui nous attend en 2019

Alors que le mouvement des gilets jaunes continue de faire souffler un vent de contestation contre le président Macron, celui-ci a tout de même prévu un calendrier de réformes chargé pour l’année 2019... à moins qu’un coup d’arrêt ne soit imposé à l’exécutif.

 

Crédits photos : Ludovic MARIN / AFP

Emmanuel Macron, en 2017, s’est fait élire sur la base d’un programme ambitieux de réformes et sur sa capacité à les mettre en œuvre. Président jupitérien, il a commencé son mandat sur les chapeaux de roue avec la loi travail XXL qui n’avait pas rencontré de véritable résistance avant de poursuivre sur les fameuses réformes du printemps dernier : la loi ORE et la réforme du rail. Bien que ces lois soient passées, le gouvernement avait déjà laissé des plumes dans la bataille, et ce avant que l’affaire Benalla puis le mouvement des gilets jaunes ne semble donner un coup de grâce à Macron.

Acculé et ne tirant sa légitimité que de ces réformes, Macron n’a d’autres choix que de se tenir à la ligne qu’il s’est fixée en début de mandat. Ainsi, l’année 2019 prévoit trois grands chantiers pour un gouvernement déjà bien affaibli face à un mouvement social bien remonté : la réforme des APL, celle des retraites et celle de l’assurance chômage.

Tout d’abord, en ce qui concerne la réforme des APL, l’objectif est clair : faire des économies. Il s’agit principalement de changer la façon dont sont calculées les aides et la fréquence de réactualisation des aides pour la faire tomber à 3 mois. Cette mesure à elle seule pourrait priver d’aides près de 1.2 millions de foyers. Cette nouvelle attaque fait suite à l’abaissement de 5€ par mois des APL l’an passé.

Le chantier suivant pour le gouvernement est une réforme de l’assurance chômage, elle aussi dans un but austéritaire. L’un principaux points d’économie pour le gouvernement sera de revoir les règles de calcul dans le cadre du cumul d’indemnité chômage et d’un emploi. Cette mesure qui permet la survie des travailleurs les plus précaires coûterait trop cher pour le gouvernement qui vise à faire des économies. Au prétexte de « responsabiliser » les bénéficiaires de telles aides afin qu’ils retrouvent un emploi durable, cette mesure est dans la ligne de mire du gouvernement. Comme dans le cas précédent, il s’agit d’une attaque directe contre les plus précaires.

La dernière attaque et pas la moindre du gouvernement concerne le système de retraite. Finie la retraite par répartition, place à la retraite par points. L’objectif cette fois est clair, il s’agit de la fin de l’ensemble des régimes spéciaux qui bénéficiaient jusque-là à certaines catégories de travailleurs. Avec cette réforme, la pension de retraite sera calculée sur l’ensemble de la carrière et non, comme dans le système actuel, sur les meilleurs trimestres de la vie active.

A l’heure où le mouvement des gilets jaunes dénonce la vie chère, de telles mesures seront autant de provocations qui ne feront qu’aggraver la situation des ménages précaires. Il n’en reste pas moins que Macron n’a pas le choix, s’il veut conserver le peu de gens qui lui sont encore fidèles mais surtout s’il ne veut pas voir son fameux « projet » annoncé à grands cris lors de sa campagne électorale tomber à l’eau, il doit aller au bout de ces réformes…. Et pour cela, Macron n’a pas d’autre choix que de tenter de renouer avec la méthode « bulldozer » : En définitive, éteindre les braises des Gilets Jaunes pour recommencer à sidérer toute résistance en enchainant les réformes les unes après les autres.

Cependant, contrairement à l’année 2018, il n’est plus Jupiter mais un des présidents les plus détestés de l’histoire de la Vième république. Plus que jamais, il est possible de mettre en échec le programme austéritaire dans la rue, et mettre à mal la fin du quinquennat de Macron.

Lire la suite

Gilets Jaunes: la "Contagion"a atteint 22 pays dans le monde!!!

28 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La nation .

Gilets Jaunes: la « contagion » a atteint 22 pays dans le Monde!! ..

 

 

Le silence médiatique est assourdissant, il ne faudrait pas motiver encore plus qu’ils ne le sont déjà, les Gilets Jaunes de France.

Les Médias français se gardent bien d’aborder ce sujet: le mouvement des « Gilets Jaunes » s’exporte partout dans le monde: en Europe, en Afrique, en Amérique, en Asie… Pour contrer (à mon petit niveau) ce silence médiatique, je vous propose donc un « tour du monde des Gilets Jaunes »… 

A Taïwan, la Ligue pour la réforme fiscale et juridique (qui milite depuis décembre 2016 pour obtenir une justice fiscale), a organisé une marche de Gilets Jaunes le 19 décembre. A Taipei (capitale de Taïwan), plus de 10 000 manifestants ont répondu à l’appel (Source: Taïwan News)

En Bulgarie, les manifestants antigouvernementaux ont commencé à porter des gilets jaunes dès le 16 novembre (Source: LCI)

Au Canada, les Gilets Jaunes de l’Alberta et des provinces de la Saskatchewan protestent contre la taxe gouvernementale sur le carbone et contre la signature récente d’un pacte sur la migration (Source: CTV News)

En Croatie, le 15 décembre 2018, des Gilets Jaunes ont manifesté à Zagreb, Pula et Rijeka (Source: Index.hr)

En Égypte, un avocat a été arrêté pendant 15 jours après avoir publié une photo de lui-même vêtu d’un gilet jaune pour soutenir les manifestations en France (Source: Jerusalem Post). La vente de gilets jaunes a même été interdite en Egypte!! (Source: The Guardian)

En Allemagne, les Gilets Jaunes manifestent devant la porte de Brandebourg et à Munich (Source: Spiegel)

Manifestation de Gilets Jaunes à Munich (Allemagne)

Manifestation de Gilets Jaunes à Munich (Allemagne)

En Hongrie, des milliers de Gilets Jaunes protestent contre le gouvernement Orban dans les rues de Budapest (Source: Le Monde)

En Irak, le 5 décembre, des Gilets Jaunes ont manifesté à Bassorah pour obtenir davantage de possibilités d’emploi et de meilleurs services publics. Le gouvernement a tiré sur les manifestants à balles réelles (Source: NBC News)

En Israël, les incertitudes économiques et la corruption ont conduit à un rassemblement de Gilets Jaunes à Tel Aviv le 14 décembre (Source: Jerusalem Post)

En Italie, la manifestation des Gilets Jaunes a inspiré un mouvement pro-gouvernemental mais anti-Européen: « Nous sommes inspirés par les Gilets Jaunes français, mais nous sommes motivés par d’autres questions. Contrairement aux Français, nous soutenons notre gouvernement. Nous protestons contre l’Europe. Nous voulons que l’Europe n’interfère plus avec la politique italienne. » (Source: The Guardian)

En Jordanie, des manifestants jordaniens critiquant la situation économique dans le pays ont commencé à endosser des gilets jaunes alors que les manifestations se propageaient à l’extérieur de la capitale (Source: The National)

Aux Pays-Bas, le 1er décembre, des Gilets Jaunes ont manifesté dans des villes néerlandaises. De nouvelles manifestations ont eu lieu le 8 décembre, au cours desquelles des manifestants pacifiques ont traversé Rotterdam (Source: NL Times)

Au Pakistan, des centaines d’ingénieurs ont organisé une journée de protestation à Lahore avec des gilets jaunes (Source: Pakistan Today)

En Pologne, le 12 décembre, un groupe d’agriculteurs a bloqué l’autoroute A2 à 30 kilomètres de Varsovie, réclamant une indemnisation pour les porcs qu’ils étaient obligés d’abattre (en raison de la peste porcine africaine) et protestant contre l’importation de produits agricoles ukrainiens non étiquetés par rapport à leur pays d’origine. Le ministre de l’Agriculture, Jan Krzysztof Ardanowski, a rencontré les manifestants pour leur expliquer que le gouvernement allait satisfaire toutes leurs revendications (Source: New York Times)

Au Portugal, le 21 décembre 2018, un rassemblement de Gilets Jaunes a été organisé sous le slogan « Vamos Parar Portugal », ce qui se traduit approximativement par « Arrêtons le Portugal » (Source: Euronews)

En Russie, le 23 décembre 2018, des manifestants portaient des gilets jaunes lors d’un rassemblement contre l’augmentation des frais de stationnement à Moscou (Source: Kommersant)

En Serbie, une organisation de défense des droits civils « Združena akcija Krov nad glavom » (traduction: action combinée, un toit sur la tête) a commencé à utiliser des gilets jaunes dans le cadre de ses manifestations pour s’opposer à l’expulsion d’un habitant du district de Mirijevo à Belgrade et pour faire preuve de solidarité et d’une cause commune avec le mouvement des Gilets Jaunes français (Source: N1 Info)

En Tunisie, un groupe dérivé, les Gilets Rouges, est apparu sur Facebook, appelant à des manifestations contre la situation économique du pays (Source: Independent)

Le symbole a également été utilisé par des manifestants au Royaume-Uni, en Suède et en Grèce (Source: BBC)

En Belgique, le mouvement « Gilets Jaunes » est très actif depuis 1 mois.
La police anti-émeute à Bruxelles a été la cible de billes de billard et de pavés le 30 novembre. Elle a riposté avec des canons à eau. 60 arrestations ont été effectuées pour trouble à l’ordre public (Source)
Plusieurs dépôts de pétrole ont été bloqués en Wallonie le 16 novembre 2018 (Source). Certains Gilets Jaunes belges ont commencé à former un parti pour les élections fédérales belges prévues en 2019 sous le nom de « Mouvement citoyen belge » (Source)
Le 8 décembre, des manifestants réclamant la démission du Premier ministre Charles Michel ont tenté de franchir un barrage antiémeute, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants. Les manifestants ont jeté des pierres, des fusées éclairantes et d’autres objets sur la police, une centaine de manifestants ont été arrêtés (Source)

Les médias se gardent bien de parler de cette contagion mondiale du phénomène « Gilets Jaunes ». Il ne faudrait pas que ça motive encore plus les Gilets Jaunes Français!! Charge à nous de faire circuler ces informations  🙂

 *

Lire la suite

Les 7 éclatantes victoires des Gilets jaunes saison 1

27 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

« Le temps est venu de changer de civilisation » Edgar Morin

 

Les 7 éclatantes victoires des Gilets
          jaunes saison 1

 

 

Les 7 éclatantes victoires des Gilets jaunes saison 1

Alors que s’achève la saison 1 de leur soulèvement et que se prépare activement la saison 2 (dès janvier 2019), les Gilets jaunes ont déjà remporté au moins 7 victoires décisives :

  1. « Le régime Macron a été brisé psychologiquement » (Emmanuel Todd).
  2. Les “grands” médias sont apparus dans leur vérité crue : de vulgaires et détestables officines de propagande arcboutées dans la défense grotesque de leur caste.
  3. Les vieilles organisations politiques et syndicales d’opposition de façade ont été ringardisées, marginalisées.
  4. Les vieilles élites intellectuelles de gauche, éternelles donneuses de leçons à deux balles, se sont ridiculisées : le soupçon de manipulation des GJ par l’extrême droite, la curée stupide contre Étienne Chouard et son supposé “confusionnisme”…
  5. Parallèlement à ces destructions salubres des derniers vestiges du vieux monde, les GJ ont réinventé une nouvelle manière du vivre ensemble en redonnant fierté et espoir à toutes les couches populaires de leur pays (leur plus belle victoire, selon moi) .
  6. Les GJ ont jeté les bases saines d’une reconstruction politique du pays : le RIC.
  7. Enfin, les GJ ont redonné une visibilité positive de la France sur la scène internationale où beaucoup se sont empressés de les imiter.

Bonne fin d’année et grand merci à tous les mutins, à très vite pour la saison 2 !

=> Photo : des Gilets jaunes fêtent Noël sur leur rond-point.

 

Lire la suite

Etienne Chouard mange-t-il les petits enfants ? Par Matthieu Morel

24 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Etienne Chouard

Etienne Chouard mange-t-il les petits enfants ?

Je n’étais pas chaud pour que l’on lance le débat sur la création d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC). Je le pense inutile. Le moment n’est pas constituant, il est celui de la défaite politique frontale à infliger au bloc bourgeois unifié l’année dernière autour du coup d’État de Macron.Tout répit donné à ce pouvoir lui permet de poursuivre l’accomplissement de sa feuille de route. Destruction de l’État providence français. Alors détruisons les destructeurs, en imposant l’ECHEC de la solution Macron inventée comme dernière chance par l’oligarchie et la haute fonction publique d’État. C’est un préalable. On fera tous les référendums que vous voudrez après.

Le problème étonnant est que le débat débouche sur le lynchage en grand d’un de ses promoteurs. Mathieu Morel nous donne son avis sur le délire qui vient de s’emparer de la presse et des réseaux. Pourquoi Étienne Chouard est-il ainsi diabolisé ? En fait, la question est simple, beaucoup de ceux qui se piquent d’avoir la fibre sociale et de ne vouloir que du bien au peuple français, mais dès lors que celui-ci reste bien tranquille, ont été terriblement gênés par sa soudaine insurrection. C’est que l’on veut bien être de « gauche », mais à condition de dire aux prolos ce qu’ils doivent faire. Et puis de garder son âme suffisamment propre pour ne pas encourir les critiques des professeurs de vertu de la « gauche du capital ». Il était quand même difficile de suivre la presse de pouvoir et ses petits valets sur les accusations délirantes lancées contre les « gilets jaunes », traités de populistes, xénophobes, fascistes, nazis, et évidemment antisémites. Alors, on se jette sur le prétexte qui va permettre de prendre des pincettes : Pierre a parlé à Paul qui a parlé à Jacques qui a croisé Marcel, dont la cousine connaît Alain qui lui-même a croisé un drôle de méchant il y a 15 ans. Je ne connaissais Étienne Chouard que de nom avant qu’il me demande en ami il y a quelques semaines sur Facebook. Ce que l’algorithme m’a donné à lire depuis ne m’a pas choqué. Mais je pense que ce n’est pas le débat, l’objectif de tout ce tapage n’est destiné qu’à provoquer une diversion, dont le pouvoir a bien besoin.

Régis de Castelnau

 

 

Etienne Chouard mange-t-il les petits enfants ?

 

Ce fameux RIC, qui fait frémir tous les démocrates brevetés du « cercle de la raison », a vu ressurgir la figure d’Etienne Chouard. Sans surprise, une presse indépendante (et subventionnée) – opportunément abondée, une fis de plus, par un « antifascisme » que je n’aurais décidément pas aimé devoir croiser dans les années 40 – se précipite dans les poubelles afin d’y trouver de quoi se mettre sous la dent. Et avec un client pareil, il n’était pas difficile de prévoir qu’elle ne serait pas déçue.

Etienne Chouard s’est fait connaître en 2005, en livrant un travail assez prodigieux sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe dont il a décortiqué les articles sur son blog pour alerter sur ce dont nous sommes précisément en train de crever grâce au Traité de Lisbonne qui en est la copie à peu près conforme, au détail près que nos sages élites n’ont pas eu l’imprudence, 3 ans après le « non » tonitruant de 2005, de demander aux Français leur avis puisqu’elles le connaissaient. La corrélation est assez amusante pour mériter d’être rappelée : 2005 reste une plaie béante qui ne se refermera pas par de belles paroles ou de lénifiants slogans. Déjà, d’ailleurs, les opposants à ce Traité – de même que ceux qui, 13 ans plus tôt, s’étaient opposés à celui de Maastricht – se voyaient systématiquement rangés par la même presse à l’extrême-droite : au pire comme agents masqués, au mieux comme idiots utiles.

De son propre aveu, il a vécu 2005 comme un « éveil politique » et, à la suite du succès – provisoire – du « non » à ce référendum, a continué ses pérégrinations avec, de mon point de vue, un entêtement et une ingénuité aussi louables qu’agaçants et imprudents, voire franchement casse-gueule. Comme un explorateur qui vient de découvrir que la réalité dans laquelle il vivait n’est qu’un décor, il a fureté un peu partout derrière ce théâtre d’ombres. Dans ce genre de démarche guidée par une curiosité vorace et la remise en question d’à peu près tout, je sais, d’expérience, qu’on ne met jamais bien longtemps à découvrir la multitude de groupes, de mouvances, d’idéologues, d’hurluberlus, de fanatiques qui existent « en-dehors du système », et où se croisent le pire comme le meilleur.

Pour ledit « système », toutes ces dissidences plus ou moins folkloriques ne présentent pas un grand danger – peut-être même quelques avantages – dès lors que s’y trouvent quelques opportuns croquemitaines auxquels il pourra, en cas de besoin, amalgamer tous les autres de la même manière qu’il sait – jusqu’à présent du moins – pouvoir compter sur l’existence de l’épicerie Front National pour gagner des élections de plus en plus laborieuses.

Au cours de son cheminement, Chouard a fait sien un principe : si l’on se prétend démocrate, alors on doit pouvoir parler avec tout le monde, y compris n’importe qui. On peut trouver ça naïf (c’est mon cas) mais lorsqu’on constate que la « démocratie » est devenue le cercle fermé, de plus en plus restreint, d’une caste qui octroie seule les brevets de respectabilité et les anathèmes, la question ne manque pas forcément de pertinence. Pourquoi, sinon, ne pas rétablir officiellement un « suffrage censitaire », réservé au « cercle de la raison » ? Ça aurait au moins le mérite d’une certaine cohérence mais assumer sa propre hypocrisie n’est jamais facile, ni très agréable.

Sur le principe, donc, il n’a pas forcément tort : la démocratie se fait bel et bien avec tout le monde. Pourtant, s’il n’y a rien de répréhensible en soi, ne serait-ce que pour sa culture personnelle ou pour « prendre un pouls », à aller prendre connaissance de ce qui se raconte chez les uns ou chez les autres, y compris chez des Soral ou d’autres sbires du même marigot, la prudence la plus élémentaire devrait commander de ne PAS fricoter à l’aveuglette avec n’importe qui. Il en est – et Soral est de ceux-là – avec lesquels on ne fricote pas. Tout court. Sauf à vouloir se retrouver à coup sûr englué dans son sillage, qu’on le veuille ou non, et assuré d’en ressortir marqué au fer rouge – si toutefois on a la chance d’en ressortir. L’erreur désastreuse, la faute navrante de Chouard est d’avoir complètement manqué de discernement au sujet de ce zozo-là. Par une naïveté têtue, par une critiquable inconséquence, par un idéalisme ingénu que ses propres amis lui ont d’ailleurs reproché à juste titre. Erreur qu’il a reconnue par la suite mais… trop tard et de façon trop alambiquée pour un monde amateur de slogans et de raisonnements simples, faciles à mettre dans des cases.

Bref… il a fait le con. Et en beauté ! Il n’est ni le seul ni, sûrement, le dernier mais il y est allé en fanfare.

Or lorsqu’on a l’ambition de faire de l’éducation populaire, lorsqu’on prétend vouloir s’adresser au grand nombre, faire ainsi le con se paie très cher, et très longtemps. On ne se compromet pas avec ce genre d’individu. Simplement parce que ça ne sert strictement à rien. Parce que si on ne sait pas ce qu’on pourra peut-être y gagner, on sait en revanche que ce qu’on y perdra à coup sûr est bien trop précieux. C’est pourtant un écueil d’autant plus facile à éviter que n’importe quel curieux qui souhaite savoir par ses propres moyens ce que pense un Soral de tel ou tel sujet constatera que ses monologues et diverses logorrhées pullulent un peu partout et qu’il suffit de quelques clics pour en prendre connaissance sans trop se salir… et comprendre rapidement qu’on s’est donné beaucoup de mal pour quelques franches nausées et pas grand-chose d’utile.

Je ne suis ni pro-Chouard, ni anti-Chouard. Ses marottes m’agacent souvent, ses maladresses m’exaspèrent et je ne saurais même pas dire si je suis d’accord avec ses travaux puisque j’ai cessé de les suivre depuis longtemps. Ce qui me semble sûr en revanche, c’est qu’il fournit avec opiniâtreté et de bonne foi un travail sincère, aussi critiquable qu’estimable (qu’on le juge donc là-dessus !), et que pour le reste, il n’est jusqu’à preuve du contraire coupable que d’un entêtement inconséquent et d’une naïveté confondante. Fautes effectivement répréhensibles, que la bonne foi ne suffit peut-être pas à excuser totalement mais qui, si elles peuvent éventuellement motiver une certaine circonspection à son égard, ne justifient pas les procès pour « rouge-brunisme supputé » et autres chasses aux sorcières en meutes, surtout de la part de démocrates auto-certifiés, eux-mêmes prompts à pratiquer sur autrui l’amalgame douteux et approximatif sans jamais craindre l’accusation infâmante de « confusionnisme », braves zélés chiens de garde d’un ordre qui les entretient et qu’ils redoutent par-dessus tout de voir bousculé par des gueux surgis de nulle part.

Aux dernières nouvelles, il vient de demander à ses accusateurs de pouvoir se défendre publiquement, face à eux. La façon dont sa requête sera traitée – si toutefois

Lire la suite

Libérez Drouet et tous les GJ emprisonnés !! Signez la pétition et faites la circuler le plus possible.

22 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

Libérez Drouet et tous les GJ emprisonnés !!

samedi 22 décembre 2018, par Luniterre (Date de rédaction antérieure : 22 décembre 2018).

Dès le départ, ce mouvement GJ est parti un peu dans toutes les directions, et aucune liste revendicative n’en a réellement émergé comme reflétant les aspirations du mouvement.

Toutefois, ce qui devrait nous réunir tous, aujourd’hui, c’est l’arrestation, particulièrement brutale, d’Eric Drouet, assortie assez vite de fausses accusations… « port d’arme » …une hypothétique matraque qu’il n’avait évidemment pas… Mais cela reste relayé par les médias aux ordres !

Cette arrestation est l’épreuve réelle de la durabilité ou non de ce mouvement…

Soit il retrouve l’unité, ou plutôt, y accède enfin, sur le thème de la solidarité et de la Libération d’Eric Drouet et de tous les prisonniers GJ, ou bien il vaut mieux réellement passer à autre chose…

Les deux pétitions en cours approcheront chacune des 50 000 signatures d’ici peu… soit en une demi journée…

Les vidéos de l’arrestation, dupliquées à n exemplaires, ont déjà été vues des milliers de fois, en quelques heures, à peine…

Il y a donc là une nouvelle révolte potentielle, si les GJ encore en lutte savent la gérer positivement.

Le pouvoir et la presse tentent d’enterrer le mouvement et de casser Drouet et ses amis, pionniers des GJ, d’ici Noël.

Deux jours pour réagir…

Deux jours décisifs…

Renaissance du mouvement, sur une base de solidarité humaine, ou bien sa fin, et durable, car cassé dans ce qui est son âme même, quoi qu’on en pense, et que cela nous plaise ou non.

Luniterre

************************

Lors de l’acte 6 des Gilets jaunes, l’une des figures médiatiques du mouvements, Eric Drouet, a été interpellé avec 64 autres personnes à Paris. Au micro de RT France, une autre représentante des Gilets jaunes, Laëtitia Dewalle, témoigne.

Alors que plusieurs centaines de Gilets jaunes manifestent ce 22 décembre 2018 à Paris dans un calme relatif, l’un des leaders du mouvement, Eric Drouet, a été interpellé par les forces de l’ordre avec 64 autres personnes. Présente sur place au moment de son interpellation, Laëtitia Dewalle, autre figure des Gilets jaunes, témoigne au micro de RT France. 

Laetitia Dewalle raconte l’arrestation d’Eric Drouet
Lors de l’acte 6 des Gilets jaunes à Paris

22 décembre 2018

Cliquer sur l’image ci-dessus pour voir la vidéo

« Il a été interpellé assez violemment : une quinzaine de gendarmes lui ont littéralement sauté dessus […] Il s’est retrouvé au sol, il a pris des coups et a été gazé à bout-portant », raconte-t-elle. Des Gilets jaunes ont tenté de s’interposer car, selon elle, « il n’a rien fait » à part être « le symbole d’un mécontentement ». Une pétition a été mise en ligne pour exiger sa libération. Laëtitia Dewalle estime qu’Eric Drouet a été interpellé car il est un symbole. Les forces de l’ordre n’ont pour l’instant fait que confirmer son arrestation, sans en expliquer la cause.

Eric Drouet, 33 ans, un chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne), est une des voix qui pèsent dans la contestation qu’il définit lui-même comme « populaire » et « totalement apolitique ». Il a été arrêté vers 14h15 rue Vignon, dans le quartier de la Madeleine, au milieu de quelques dizaines de manifestants.  Créée mi-octobre, sa page Facebook appelant au « blocage national contre la hausse des carburants » a été rapidement suivie par des dizaines de milliers de personnes, amorçant la mobilisation nationale du 17 novembre, l’« acte I » du mouvement. C’est lui qui avait appelé les Gilets jaunes à manifester à Versailles ce 22 décembrei, avant de lancer ce matin sur Facebook un nouvel appel à se rassembler à Montmartre. 

https://francais.rt.com/france/5715…

*******************

 

LA PÉTITION :

 

.

Déjà plus de 40 000 signatures !!!

.

**********************

"Selon une source judiciaire, il est retenu pour trois raisons : organisation illicite d’une manifestation sur la voie publique, port d’arme prohibé, et participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations. Samedi matin, c’est notamment lui qui avait appelé les manifestants à se rendre à Montmartre, alors qu’un rassemblement des "gilets jaunes" était initialement attendu du côté de Versailles. Déjà visé par une enquête

Ce trentenaire est devenu en quelques semaines une des figures des "gilets jaunes", à coups de vidéos sur Facebook et d’appels à rejoindre la capitale pour manifester. Vendredi 7 décembre, le parquet de Paris avait déjà ouvert une enquête pour "provocation à la commission d’un crime ou d’un délit" et "organisation d’une manifestation illicite" à son encontre.

Le parquet avait reçu un signalement du préfet de police de Paris concernant une interview d’Eric Drouet sur BFMTV, dans laquelle il appelait les "gilets jaunes" à entrer dans l’Elysée. Le leader du mouvement sera entendu dans le cadre de ces investigations et devra "préciser la portée des propos qu’il a tenus", indiquait alors une source proche de l’enquête. "Je n’ai jamais dit que je voulais aller à l’Elysée pour tout casser mais pour se faire entendre", s’était-il défendu à l’époque.

https://www.francetvinfo.fr/economi…

************************

 

***************************

Lire la suite

Les gilets jaunes vus depuis le pays d’en bas, par Jean-Claude Michéa

22 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

 
21.décembre.2018
 
Les gilets jaunes vus depuis le pays d’en bas, par Jean-Claude Michéa
 

Source : Sud Ouest, Jean-Claude Michéa, 18-12-2018

Le mouvement des gilets jaunes est une révolte morale spontanée contre un système économique aussi absurde qu’injuste, estime Jean-Claude Michéa

Si j’ai choisi de vivre, depuis maintenant plus de deux ans, dans un petit village des Landes – à 10 kilomètres du premier commerce, du premier café et du premier médecin (26% des communes françaises, mondialisation oblige, sont déjà dans ce cas), c’est bien sûr d’abord parce que le mode de vie hors-sol, standardisé et « festif » de Montpellier m’était devenu insupportable.

Et sans doute aussi parce que j’étais assez « réactionnaire », ou assez épicurien, pour oser encore croire qu’une tomate cultivée sur place et sans manipulation chimique aurait forcément un tout autre goût que son ersatz industriel importé de Chine ou d’Australie par containers géants (lesquels, au passage, utilisent un fioul nettement plus polluant – quoique non taxé ! – que celui des voitures diesel).

La colère généreuse des gilets jaunes

Bien entendu, un tel changement d’univers a aussi un aspect politique. D’une part, parce qu’il correspond habituellement à une volonté d’introduire un peu plus de cohérence dans sa vie personnelle (je ne voulais pas ressembler à ces intellectuels de gauche qui célèbrent sans cesse la « mixité sociale » tout en se gardant bien d’habiter dans les quartiers les plus « sensibles » !). Et de l’autre, parce que le fait de vivre au cœur d’une région rurale m’offrait l’occasion de vérifier par moi-même à quel point la description de la France « périphérique » par Christophe Guilluy – description pourtant longtemps moquée par toute la « sociologie » mandarinale – collait au millimètre près à la réalité que j’avais sous les yeux. Et de fait, il suffit de partager la vie de ces petits paysans, artisans, éleveurs ou retraités pour lesquels – malgré leur sens aigu de l’entraide – chaque fin de mois est devenue un casse-tête insoluble, dans une région aux paysages sauvages et magnifiques mais où presque tous les transports en commun et services de proximité (pour ne rien dire des problèmes de couverture téléphonique) ont été méthodiquement sacrifiés sur l’autel des dogmes libéraux, pour que la colère généreuse des gilets jaunes – l’expression est d’Orwell – prenne aussitôt tout son sens !

« Ceux d’en haut » et « ceux d’en bas »

A quoi, en effet, assistons-nous aujourd’hui sinon au retour, sous une forme inédite, de cette « question sociale » (autrement dit, de ce conflit d’intérêt qui oppose toujours, même de façon latente, « ceux d’en haut » et « ceux d’en bas ») qui, il y a peu, figurait encore au centre de toute critique socialiste ? Or c’est justement cette question sociale, et avec elle, l’idée même de « lutte des classes », que la gauche européenne – depuis sa conversion massive, au début des années 1980, au libéralisme économique, politique et culturel – tente par tous les moyens de noyer sous le flot continu de ses fameuses « questions sociétales ». De nos jours, « être de gauche » ne signifie plus, en effet, combattre un système économique et social injuste fondé sur l’accumulation sans fin du capital. C’est, au contraire, chercher à substituer à ce combat l’unique croisade libérale « contre toutes les discriminations » – de la défense de l’écriture « inclusive » au rejet de l’alimentation carnée, en passant par l’interdiction de la fessée. Il est donc clair que la gauche est aujourd’hui devenue une force objectivement contre-révolutionnaire. Et il ne faut donc pas s’étonner si le fossé qui la sépare des classes populaires – et par conséquent de cette France périphérique où vivent la majorité des Français – ne cesse de s’agrandir (songeons, par exemple, à l’état d’hébétude dans lequel l’apparition du mouvement des gilets jaunes a plongé toute l’intelligentsia de gauche (1)).

Situation encore aggravée par le fait que cette nouvelle gauche trouve désormais son centre de gravité électoral dans ces classes moyennes urbaines, surdiplômées et hyper-mobiles, qui non seulement ne représentent que 10 à 20% de la population mais sont aussi massivement protégées contre les effets de la mondialisation – quand encore elles n’en profitent pas. C’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle mon appel récurrent à réhabiliter la critique socialiste dérange autant les mandarin(e)s de gauche. Comme le soulignait en effet le grand socialiste américain Upton Sinclair, il est très « difficile d’amener quelqu’un à comprendre une chose quand son salaire dépend précisément du fait qu’il ne la comprend pas » !

Le retour de ce peuple théoriquement « disparu »

Or, le premier mérite des gilets jaunes, c’est justement d’avoir fait voler en éclats le mythe fondateur de la « sociologie » de gauche selon lequel le concept de « peuple » n’aurait plus, de nos jours, aucun sens politique, sauf à s’appliquer au seul univers des « banlieues ».

Car c’est bien, en effet, ce peuple théoriquement « disparu » qui non seulement fait aujourd’hui son retour en force sur la scène de l’Histoire, mais qui a même déjà obtenu – grâce à son sens politique exceptionnel et son inventivité rafraîchissante – plus de résultats concrets en quelques semaines que toutes les bureaucraties syndicales et d’extrême gauche en trente ans. Il fallait donc toute la cécité de classe des « écologistes » bourgeois pour ne pas avoir vu d’emblée que sous la question ponctuelle du prix de l’essence perçait déjà – pour reprendre les mots du remarquable Appel de Commercy – « un mouvement généralisé contre le système » et, au premier chef, contre cette confiscation croissante du pouvoir des citoyens par des politiciens de métier et des juges non élus. D’autant qu’il n’était vraiment pas difficile de comprendre – sauf à vivre, tels un BHL ou un Romain Goupil, sur une autre planète – que la revendication initiale des gilets jaunes relevait beaucoup moins de ce « culte de la bagnole » censé caractériser, aux yeux des élites « éclairées », les « beaufs » de la France périphérique (alors que toutes les études statistiques montrent au contraire que ce sont précisément les riches qui polluent le plus!) que d’une révolte morale spontanée contre un système économique aussi absurde qu’injuste qui – afin que les riches deviennent toujours plus riches – doit sans cesse obliger les Français les plus modestes à parcourir toujours plus de kilomètres pour pouvoir travailler, consulter un médecin, poster une lettre, faire leurs courses ou encore trouver une école, une maternité ou un centre administratif (c’est même une des raisons pour lesquelles les gilets jaunes ont si vite redécouvert les vertus de la démocratie directe et de l’autonomie locale). Quel que soit donc le sort qui attend, à court-terme, ce mouvement révolutionnaire (…) il est d’ores et déjà certain que la colère du peuple ne retombera plus. Et que, tôt ou tard, les « princes qui nous gouvernent » auront à en payer le prix.

————————————————————————————————————————–—

Note :
1) Il est difficile de ne pas songer ici au célèbre ouvrage de Paul Lidsky, Les écrivains contre la Commune, publié par Maspero en 1970. Dans cet essai décapant, l’auteur rappelait comment les principaux écrivains de gauche de l’époque – mettant de côté, pour un temps, leurs griefs habituels contre la bourgeoisie et le « vieux monde » – avaient, dans leur immense majorité, applaudi la répression de la Commune de Paris (ordonnée, il est vrai, par Adolphe Thiers et Jules Favre – deux des plus grandes figures de la gauche libérale d’alors). C’est que l’appel de cette dernière à instaurer une véritable république sociale avait donné d’un coup une tout autre signification au vieux concept libéral et républicain d’égalité. De quoi confirmer, en somme, la célèbre analyse de Marx selon laquelle, s’il existe toujours « une certaine opposition et une certaine hostilité » entre la bourgeoisie économique de droite (celle qui participe directement au processus d’accumulation du capital ») et la bourgeoisie culturelle de gauche (les universitaires, écrivains ou artistes qui « tirent leur subsistance principale de l’illusion que cette classe se fait sur elle-même »), c’est une opposition et une hostilité condamnées à tomber d’elles-mêmes « chaque fois que survient un conflit pratique où la classe tout entière est menacée ».

Source : Sud Ouest, Jean-Claude Michéa, 18-12-2018

Lire la suite

[RussEurope-en-Exil] Premiers enseignements du mouvement des Gilets Jaunes, par Jacques Sapir

22 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

21.décembre.2018
[RussEurope-en-Exil] Premiers enseignements du mouvement des Gilets Jaunes, par Jacques Sapir

Le texte de Jacques Cotta, que je conseille à tous de lire[1], est une réflexion sur la nature des Gilets Jaunes et de leur mouvement. Il lance un débat important, débat auquel ce présent texte se veut à son tour une contribution. On n’insistera pas sur les implications du mouvement ni sur les réactions des uns et des autres. On veut ici présenter quelques premières réflexions sur les conséquences de ce mouvement. Car, ce mouvement fait naître de très nombreux fantasmes, tant à droite qu’à gauche. Il est vrai qu’un mouvement où l’on voit essentiellement des drapeaux tricolores, où l’on entend surtout chanter la Marseillaise, a de quoi désarçonner qui se complait dans les rites de la « gôche ». Ce n’est pas le cas de Jacques Cotta. Je ne reviens donc par sur son analyse, dont je partage un certain nombre de points. Je voudrai ici plutôt insister sur d’autres éléments qui ne me semblent pas moins importants.

La prise de conscience de la force collective

Un mouvement social, il faut toujours le rappeler, c’est d’abord et avant tout une expérience collective au sein de laquelle des individus isolés prennent conscience de leur force une fois qu’ils sont rassemblés. On se souvient de cette phrase écrite par Karl Marx dans le 18 Brumaire de Louis-Bonaparte : « Les paysans parcellaires constituent une masse énorme dont les membres vivent tous dans la même situation, mais sans être unis les uns aux autres par des rapports variés. Leur mode de production les isole les uns des autres, au lieu de les amener à des relations réciproques (…)Ainsi, la grande masse de la nation française est constituée par une simple addition de grandeurs de même nom, à peu près de la même façon qu’un sac rempli de pommes de terre forme un sac de pommes de terre »[2].

De nombreux historiens et sociologues ont fait ce constat avec les différents mouvements sociaux, de la Révolution de 1789 au mouvement contre les projets d’Alain Juppé en 1995, en passant bien entendu par 1936 et 1968. Mais, ce mouvement social là, celui des Gilets Jaunes, a ceci de particulier qu’il fait vivre cette expérience collective à des gens qui étaient à priori aux antipodes de celle-ci. La très grande majorité des participants à ce mouvement appartiennent aux professions libérales, sont des petits commerçants ou de petits entrepreneurs, ou sont des travailleurs « ubérisés », soumis justement à cette ubérisation du travail dont on a tant parlé. On doit y ajouter des salariés, mais très rarement de grandes entreprises et des retraités. Le cadre d’existence de ces personnes ajoute aussi à l’isolement qu’ils peuvent connaître dans le cadre de leur travail : c’est la France dite « péri-urbaine », des petites villes mais aussi des lotissements construits à la campagne, qui s’est exprimée dans ce mouvement. On y reconnaît les traits de la France dite « périphérique » analysée par Christophe Guilluy[3]. Ce cadre d’existence est marqué par un retrait, plus ou moins important des services publics laissant ces personnes encore plus isolées, encore plus dépendantes de leur moyen de transport individuel. La combinaison de l’isolement sur le lieu d’activité et de celui sur le lieu d’existence aboutissait à rendre invisibles ces personnes mais aussi à le mettre hors de la vie politique et associative. On a beaucoup glosé sur la prégnance du vote Marine le Pen ou Front National chez les Gilets Jaunes. Mais, la réalité était bien plus une domination des attitudes abstentionnistes.

Or, ce mouvement a mis des personnes en contacts avec d’autres personnes. Les fameux « ronds-points » dont Monsieur Castaner souhaite tant l’évacuation, ont été de fantastiques lieux de rencontres et de construction d’une identité politique collective. Non que les discussions sur ces ronds-points aient toutes été consensuelles. Non qu’il n’existe, et c’est vrai dans tout mouvements, des divergences d’opinion entre « jusqu’au-boutiste » et entre personnes plus modérées. Ces différences et ces divergences sont normales. Mais, l’existence de ces différences et de ces divergences est seconde par rapport à l’expérience collective que ces personnes ont pu faire. Elles ont fait l’expérience aussi de la force d’un mouvement, une force qui a fait plier un gouvernement qui s’était montré jusqu’à maintenant intraitable, que ce soit sur la question des « réformes » du Code du Travail ou sur celle de la SNCF. Les victoires remportées, pour insuffisantes qu’elles soient, sont cependant très substantielles quand on les compare à ce qu’ont obtenu les mouvements contre la loi travail ou celui des cheminots. Ces victoires par ailleurs obèrent la capacité d’Emmanuel Macron et de son gouvernement de s’attaquer aux retraites et à l’assurance chômage. Ce sont les premières, et pour l’instant les seules, qui ont fait dérailler le programme néo-libéral en France depuis 2017, voire même depuis plus longtemps. Les victoires, même partielles, remportées par ce mouvement ont un pouvoir accélérateur sur les autres revendications. Il en est ainsi de la police[4]. Il en sera demain pour d’autres catégories sociales.

Le resurgissement de la question sociale

A cela, il faut ajouter un deuxième point important : le mouvement des Gilets Jaunes a provoqué le resurgissement de la question sociale comme question majeure de la politique en France. Rappelons-nous ce dont on prétendait discuter au mois de septembre dernier : nous allions de la réforme constitutionnelle à la réforme des retraites. Le mouvement a remis la question sociale, et en son sein la question des salaires, au centre des débats.

Bien entendu, la question sociale n’avait jamais complètement été évincée. Les manifestations contre la première « loi travail » (El Khomri), les mobilisations comme celles des cheminots ou contre la seconde « loi travail » montraient bien une permanence de cette question. Mais, la dimension générale du pouvoir d’achat, de la pauvreté dans laquelle se débattent des millions de français, avaient eu tendance à être occultés, voire remplacés par des questions sociétales comme celle du « mariage pour tous ». D’une manière plus générale, et ici encore il faut remonter au premier mandat de Jacques Chirac (1995-2002) et à la mobilisation contre la réforme Juppé, la question sociale avait été largement marginalisée dans le débat français. Ce n’est donc pas un petit exploit qu’aura réalisé le mouvement des Gilets Jaunes en réussissant à remettre au centre de la vie politique française cette question.

La forte présence des femmes dans ce mouvement, qui rappelons-le fut lancé par des vidéos réalisées par des femmes, leur présence massive sur les ronds points, est aussi une indication de la profondeur de cette question sociale et de l’urgence mise à jour par ce mouvement. On dira, et ce n’est pas faux, qu’il ne concerne qu’une partie des français. Les couches sociales qui forment la base des Gilets Jaunes étaient d’ailleurs, jusqu’à maintenant les « français invisibles », ceux qui travaillaient, péniblement et souvent aux limites de la misère, ou les retraités, dont les conditions sont aussi de plus en plus précaires pour une large part d’entre eux. L’irruption sur la scène politique et la scène médiatique de ces « invisibles » à donc fait l’effet d’un choc, tout comme leurs revendications ont bouleversé les ordres du jour établis à l’avance des élites politiques françaises. Ce choc et ce bouleversement doivent aussi beaucoup au soutien très majoritaire dont le mouvement a bénéficié, et continue pour l’heure de bénéficier, dans l’opinion politique française[5].

Le resurgissement de la question sociale a pris aussi la forme d’une insurrection. On pense aux violences qui ont accompagné certaines des manifestations. Dans ces dernières, ce ne sont pas seulement ceux que l’on appelle les « casseurs » que l’on a vu, ce ne sont pas non plus seulement les petits groupes extrémistes, de droite ou de gauche, dont l’importance a été énormément fantasmée, qui ont été en cause. Ces violences, et il faut en avoir conscience, ont aussi été l’expression de l’immense colère accumulée par ces français invisibles. C’est cette colère qui a pris le gouvernement et le Président de la République au dépourvu, les contraignant à reculer en rase campagne, quitte à se prendre les pieds aussi dans les diverses procédures qui encombrent aujourd’hui la vie politique française, quitte aussi à devoir céder à leur propre majorité[6]. Encore une fois nous avons eu la démonstration qu’un mouvement social fort peut obtenir satisfaction et que la violence, quand elle est légitime, ne dénature nullement ce mouvement.

 

Quel avenir pour les syndicats ?

Ce retour au premier plan de la question sociale s’est fait, il faut le souligner, sans les syndicats. Ce point interroge. On peur, bien sûr, évoquer ici les « trahisons », qu’elles soient réelles ou supposées, des directions syndicales. Cela n’épuise pourtant pas la question. Les syndicats, affaiblis par le mépris dans lequel ce gouvernement les tient, sont aussi affaiblis et en un sens discrédités par les défaites qu’ils ont subis dans les précédentes mobilisations. Tout ceci est exact, mais insuffisant. Alors, on dira aussi que parmi les Gilets Jaunes il y avait relativement peu de salariés, et donc peu de personnes potentiellement syndiquées. Ici encore, rien de plus exact. Cela explique certainement le peu de prise que les syndicats pouvaient avoir sur ce mouvement. Mais, cela n’explique pas la surprise dans laquelle ce dit mouvement les a plongée.

Avançons ici une hypothèse. Les syndicats sont des organisations dont le rôle institutionnel se déploie dans des circonstances « normales », soit correspondant aux normes de l’action syndicale, que cette dernière soit revendicative ou qu’elle se situe dans l’espace des négociations collectives. Or, ce mouvement a correspondu justement à une situation a-normale et exceptionnelle. Les syndicats ont donc été logiquement dépassés, comme ils l’avaient été en 1968 lors du déclenchement de la grève générale, comme ils l’avaient été en 1936. Allons même plus loin : la révolution russe commence, en février, par une manifestation spontanée des femmes, une manifestation à laquelle s’opposent les syndicats et les partis (illégaux) d’opposition. La disparition, du moins momentanée, des corps intermédiaires était donc en un sens normale.

Ce qui est plus exceptionnel dans ce mouvement est sa grande méfiance, voire son opposition de principe à ces corps intermédiaires. Elle reflète naturellement tant les échecs passés des syndicats, que le fait que de nombreuses personnes de ce mouvement n’ont jamais été syndiquées de leur vie. Au-delà, cependant, il y a un immense désir d’auto-organisation dans ce mouvement mais aussi de démocratie directe. L’une des issues possibles des Gilets Jaunes serait donc la naissance d’une nouvelle organisation, mi-syndicale (quand il s’agira de traiter les questions qui en réalité relèvent traditionnellement de la culture syndicale), mi-politique, par réactions aux partis existant. La forme de structuration spontanée, autour des ronds-points, indique un fort sentiment basiste et confère d’ailleurs à ce mouvement une bonne part de sa résilience et de sa capacité à faire durer dans le temps la mobilisation. Ce n’est certes pas par hasard si le Ministre de l’intérieur a ciblé spécifiquement l’organisation autour des ronds-points. Au-delà des questions de sécurité, qui existent mais qui sont là surtout utilisées comme un prétexte, c’est bien la peur de voir cette forme de structuration s’enraciner dans le temps qui motive le Ministre de l’intérieur.

 

Les raisons d’un impact durable

Il est donc aujourd’hui évident que ce mouvement va durablement peser sur la société française. Cette évidence est d’ailleurs admise par la plupart des éditorialistes de la presse française. Mais, au-delà du lieu commun, il convient de s’interroger sur les raisons profondes de cet impact ou plus précisément des diverses formes que cet impact revêtira.

La première raison tient, comme on l’a dit, en ce que des individus jadis isolés, ont découvert qu’en commun ils possédaient une force capable de faire plier un gouvernement. La comparaison d’ailleurs entre ce résultat et les échecs des précédents mouvements sociaux est spectaculaire. Même si ce mouvement se divise, ce qui est en un sens inévitable, ce souvenir et cette leçon resteront dans les consciences. Nous connaîtrons dans les années qui viennent le même niveau d’activité politique et sociale que l’on avait pu connaître après mai 1968. Mais, ce niveau prendra des formes nouvelles car, à la différence de l’après mai 1968, il n’y a pas aujourd’hui d’organisations (parti ou syndicat) capables d’encadre cette activité.

La seconde renvoie au plus profond de l’histoire sociale du XIX et des débuts du XXème siècle. Le mouvement des Gilets Jaunes, à travers l’expérience des ronds points, remet au gout du jour des formes d’organisations horizontales, locales. Au début du mouvement syndical, le conflit avait été grand entre les tenants d’une organisation horizontale (les bourses du travail) et les tenants d’une organisation plus verticale, autour des branches d’activités. Cette deuxième tendance l’avait progressivement emporté, et aujourd’hui tous les syndicats fonctionnent principalement au travers de fédérations de branches. Cette forme, pour nécessaire qu’elle ait été à un moment où l’économie s’organisait autour de quelques branches qui en formaient le cœur (les constructions mécaniques, l’automobile, les mines), est aujourd’hui si ce n’est périmée du moins insatisfaisante. L’un des enjeux pour la suite du mouvement est de redonner vie à ces structures locales, réunissant TOUS les travailleurs, quelle que soit leur activité ou quel que soit leur statut. Les fédérations syndicales actuelles devraient prendre acte de ce changement et comprendre qu’elles doivent faire la place à ces formes d’organisations, qui ne se réclameront d’aucune organisation car des militants de toutes ces organisations, tout comme des militants inorganisés, pourront y participer. L’impact de ce mouvement se fera sentir dans le défi auquel les centrales syndicales seront confrontées. Elles devront y répondre ou disparaître.

La troisième raison réside dans le surgissement d’une volonté de démocratie directe. Tout le monde a remarqué l’importance prise par le Referendum d’Initiative Citoyenne, le RIC, dans les revendications des Gilets Jaunes. Cela en dit long sur la situation de la société. Le discrédit qui frappe aujourd’hui les formes de la démocratie représentative est profond. On peut se demander s’il n’est pas irrémédiable. Son origine se trouve dans la très grande similitude des programmes, et surtout des actions, des partis de « droite » et de « gauche » dans le cadre contraignant de l’Union européenne et de l’Euro. C’est ce que des collègues appellent le « parti unique de l’Euro ». L’expression de cette similitude a été flagrante quand les députés et sénateurs de « droite » comme de « gauche » ont voté en Congrès la ratification du Traité de Lisbonne qui reprenait le texte rejeté qui avait été soumis au référendum de 2005. Il y a là un péché que la classe politique française n’a pas fini d’expier. Le RIC suscite bien des oppositions d’ailleurs au sein de cette « classe » qui se comporte de plus en plus comme une caste. Mais, chaque nouvelle attaque contre le RIC ne peut que renforcer la volonté au sein du peuple de voir aboutir justement le RIC, dans une formule où il soit mobilisable et où les thèmes traités ne puissent être contraints au préalable. Car, toute volonté de contraindre indûment l’ordre du jour politique reflète en réalité un sentiment profondément anti-démocratique[7]. Le champ ouvert au RIC ne doit donc pas être limité au préalable. Mais, le RIC doit donner lieu à un véritable débat et la campagne ne devrait donc pas être inférieure à 3 mois. Cette question du RIC va concentrer les oppositions politiques au mouvement des Gilets Jaunes. Mais, compte tenu du soutien dont il continue de bénéficier dans l’opinion, ces oppositions semblent plus devoir être des combats d’arrière-garde.

 

Le mouvement des Gilets Jaunes n’est aujourd’hui pas terminé. Ses formes vont évoluer. Il va poser de manière de plus en plus claire la question du rapport à l’Union européenne et à l’Euro. Mais son impact est d’ores et déjà considérable sur la société française, sur les institutions comme sur la vie politique. La seule incertitude aujourd’hui réside dans le temps qu’il faudra pour que les changements issus de ce mouvement se cristallisent et s’institutionnalisent.

 

Notes

[1] http://la-sociale.viabloga.com/news/gilets-jaunes-lutte-des-classes-elections-et-speculation

[2] Marx K., Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Paris, Editions Sociales, 1969.

[3] Guilluy C., La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires, Paris, Flammarion, coll. Champs, 2015.

[4] https://www.20minutes.fr/societe/2400463-20181220-interieur-syndicats-trouvent-accord-revalorisation-salariale-policiers

[5] Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio, « Balises d’opinion », Le regard des Français sur le mouvement des « Gilets jaunes » et sur les alternatives à Emmanuel Macron, Novembre 2018 et sondage BVA, https://gallery.mailchimp.com/9159d767cdbf427eb1c520474/files/b1249d2d-71f7-40b8-98a7 c1a976a9eb4b/Rapport_de_résultats_BVA_Orange_La_Tribune_RTL_Baromètre_politique_Vague_117_Novembre_2018.pdf

[6] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-apres-discussion-avec-les-parlementaires-le-gouvernement-maintient-finalement-toutes-les-mesures-annoncees-en-novembre_3106829.html

[7] Holmes S., “Gag-Rules or the politics of omission”, in J. Elster & R. Slagstad, Constitutionalism and Democracy, Cambridge University Press, Cambridge, 1993 (1988), pp. 19-58

Lire la suite

Gilets jaunes : face au piège des Européennes, préparer une grande intiative nationale, par Jean LEVY

22 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

LA FRANCE EN JAUNE SUR LES ROND-POINTS

LA FRANCE EN JAUNE SUR LES ROND-POINTS

Résultat de recherche d'images pour "Assemblée européenne Images" Pris en otages sous le drapeau étoilé..

Après des semaines d'activité sur le terrain, les gilets jaunes, ou du moins certains d'entre eux, envisagent d'emprunter la voie du suffrage. Une occasion leur semble offerte avec les élections européennes. Ainsi, pensent-ils, ils seront à même de traduire leur popularité, acquise en tant que mouvement contestataire, en représentation parlementaire.

Cette perspective semble aller de soi...

Et pourtant, cette voie serait sans issue démocratique.
Elle serait contraire au but recherché.

Pourquoi ?

D'abord, le Parlement européen, par sa fonction et ses objectifs, vise à l'ancrage de la France dans un espace où est exclu l'idée même de souveraineté nationale, l'Union européenne.  Celle-ci  revendique pour elle-même cette souveraineté. Le président de la République ne cache pas son adhésion à ce projet funeste qui priverait les citoyens français du droit de décider de ce qui est bon ou mauvais pour leur pays. Or, ce droit constitue la cheville ouvrière du mouvement des gilets jaunes...

"Dire que tout va changer parce qu'il y a un nouveau gouvernement, c'est prendre ses désirs pour des réalités (…) Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens " Jean-Claude Juncker

Ensuite, la participation au scrutin à l'Assemblée européenne suppose un choix de candidats parmi ceux-ci, pouvant entrainer des divisions fatales au mouvement, et le dépérissement de celui-ci. Cela serait faire un cadeau au pouvoir macronien qui, d'avance, s'en lèche les babines. Celui-ci n'attend que le dépérissement de cette force populaire de contestation, issue des profondeurs de notre pays.

D'autre part, et cette consultation électorale réjouit par avance toute la Macronie; une liste "Gilets jaunes" ne ferait que diviser les forces qui se présentent comme hostiles au Président de la République, sans mordre sur l'électorat qui lui est favorable. Autrement dit, présenter une telle liste serait faire un cadeau à Emmanuel Macron, qui ne manquerait pas de s'en prévaloir comme d'un nouveau plébiscite...

Les gilets jaunes doivent concevoir d'autres angles d'attaque contre le pouvoir élyséen. Une de leur force, c'est d'incarner l'idée d'une rupture avec le régime de pouvoir personnel au service des grands intérêts financiers. Bâtir une France démocratique où les citoyens seraient les seuls juges des intérêts de leur nation,  demeure avec le Referendum d'Initiative Citoyenne, la clef de voûte de leur action.

Il faut concrétiser cette volonté !

En préparant un acte fondateur qui fasse date dans notre histoire.

Dans cette perspective, tout en restant vigilant au quotidien face aux manoeuvres du pouvoir et à ses velléités de reprendre le terrain perdu,  ne serait-il pas temps d'organiser concrètement la consultation de masse de nos concitoyens par le biais d'Etats Généraux où seraient rassemblés et publiés leurs cahiers de doléances ?

Les assises Nationales seraient tenues à Paris dans une vaste enceinte prestigieuse comme le Stade de France -  prête à recevoir des dizaines de milliers de gilets jaunes, porteurs de ces doléances.

Ces Assises nationales seraient préparées au niveau local, le plus près du peuple et sous son contrôle. Pourquoi ces Assemblées de base ne se tiendraient-elles pas le même jour au chef lieu de canton, dans une mairie accueillante - dans le cadre de fêtes populaires de la liberté. 

Résultat de recherche d'images pour "Fête de la Fédération 1790 Images" 14 juillet 1790

Ces perspectives d'action, leur annonce solennelle constitueraient un évènement politique central qui bousculeraient tous les calculs du pouvoir, sa volonté de reconquérir le terrain perdu, y compris par la eépression.

L'initiative resterait au peuple et à ses gilets jaunes

Lire la suite

Exclusion de Sébastien Nadot. «Dirigisme gouvernemental» : un député vote contre le budget, le groupe LREM l’exclut

22 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

«Dirigisme gouvernemental» :
un député vote contre le budget,
le groupe LREM l’exclut
«Dirigisme gouvernemental» : un député vote contre le budget, le groupe LREM l’exclut© Jacques Demarthon
L'Assemblée nationale où a été voté le Budget 2019 à 345 voix contre 200 en première lecture le 20 novembre.
 

Sébastien Nadot, député de la majorité dont l'abstention lors du vote de la loi Asile et immigration avait déjà fait grincer des dents, a voté contre le budget 2019 et dénonce le «dirigisme gouvernemental». Il a été exclu du groupe LREM.

La démarche est sans précédent : pour la première fois depuis leur entrée à l'Assemblée nationale en 2017, les députés La République en marche (LREM) ont vu l'un des leurs exclu de leur groupe parlementaire ce 20 décembre.

Il s'agit du député de Haute-Garonne Sébastien Nadot, issu du Mouvement des progressistes de Robert Hue. Celui qui avait battu au second tour son adversaire de La France insoumise avec 60,5% des voix a en effet été écarté du groupe parlementaire LREM après avoir voté contre le projet de budget 2019. 

«Trois priorités avaient été fixées par le gouvernement pour le budget 2019 : libérer l’économie et le travail, protéger les Français, investir pour l’avenir en préparant les défis de demain et en transformant l’action publique : ce projet de loi de finances ne me paraît pas en mesure d’atteindre les objectifs fixés, particulièrement en ce qui concerne le quotidien d’une majorité de Français et la nécessaire transition écologique», avait-il déclaré pour justifier son vote selon La Dépêche du Midi.

Mais les critiques formulées par Sébastien Nadot ne se bornent pas au seul projet de budget : il dénonce le «dirigisme gouvernemental» et, plus largement, l'attitude du gouvernement vis à vis des élus locaux et des parlementaires, qui suscite de nombreux questionnements à l'intérieur du parti présidentiel : «Le dirigisme gouvernemental n’a pas non plus épargné les collectivités territoriales et n’a pas su intégrer les aspirations et inquiétudes des premiers acteurs de la démocratie locale : maires et conseils municipaux. La verticalité du pouvoir est sans doute nécessaire. L’absence de concertation dans les phases de prise de décision n’est pas satisfaisante.»

Le bureau du groupe parlementaire LREM, «convoqué ce soir en réunion extraordinaire sous la présidence de Gilles Le Gendre a décidé à l’unanimité des présents l’exclusion du groupe de Sébastien Nadot», a fait savoir le groupe. Le député s'était déjà opposé à la loi Asile et immigration mais n'avait fait que s'abstenir lors du vote. Il n'est pour l'instant pas encore question de l'exclure du parti.

Lire aussi : La République en marche vers une première fronde parlementaire ?

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 > >>