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Le blog de Lucien PONS

la mondialisation

Retour sur le rôle des réseaux Soros dans l’affaire Amesys. Par Thibault Kerlirzin

20 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation

Retour sur le rôle des réseaux Soros dans l’affaire Amesys

Quiconque se souvient de « l’affaire Amesys » garde à l’esprit que les attaques contre cette entreprise française, filiale du groupe Bull, vinrent d’acteurs nombreux – à l’instar des attaques contre le Groupe Bolloré. Une fois de plus, on y retrouve les réseaux Soros.

 

amesys
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En 2006, la société Amesys vendit du matériel de surveillance électronique à Kadhafi, avec l’accord du gouvernement français. Le contrat, d’environ trente-trois millions d’euros, prévoyait de fournir à la Libye un système d’interception de l’ensemble du trafic Internet du pays, le système Eagle. Il comprend la technologie dite Deep Packet Inspection (DPI), qui est également utilisée dans le civil par de nombreuses entreprises, notamment les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) et d’autres sociétés du secteur des télécommunications. Rappelons ici que Soros investit massivement dans le domaine de la technologie, mais – on s’en doute – pas dans cette entreprise française.

La guerre contre Kadhafi, en 2011, prit officiellement fin à la prise de Tripoli, le 23 août. Le 29 août, la BBC publia un reportage[1] mettant clairement Amesys en cause dans l’aide à la traque aux opposants du « régime », suivi d’un article du Wall Street Journal[2] le lendemain. Au centre de surveillance d’Internet de Tripoli, des journalistes retrouvèrent des manuels d’utilisation d’Amesys. D’autres sociétés furent mises en cause : Narus Technologies du groupe Boeing, VASTech SA Pty Ltd (Afrique du Sud) et ZTE Corp., entreprise chinoise de télécommunications. Les ONG de défense des droits de l’homme profitèrent de cette médiatisation pour porter plainte contre Amesys. En France, Reflets.info et Owni (sous la plume de Jean-Marc Manach) ont longuement écrit sur l’affaire.

Aly Ramadan Abuzaakouk, 64 ans, aurait été surveillé par la technologie Amesys en Libye. L’homme est présenté comme animant une ONG de défense des droits de l’homme, libyaforum.org, basée à Washington, ville où il vivrait en exil depuis 1977. Selon Manach, l’ONG aurait reçu 269 000 dollars de la NED (National Endowment for Democracy), « une ONG financée par le Congrès américain afin de soutenir ceux qui luttent pour la démocratie, qui le qualifie[3] de « figure de proue du mouvement pro-démocrate libyen« . »[4] En outre, en 2010, la NED aurait donné 75 000 dollars à cette même organisation.[5] Autre opposant mis sur liste noire de Kadhafi depuis 1981, Abdul Majid Biuk serait un autre réfugié politique aux Etats-Unis, où il travaillerait comme principal d’une école islamique. Son ONG Transparency-Libya aurait touché 269 000 dollars de la NED. Enfin, également traqué par la technologie Amesys, selon Owni, Ashour Al Shamis, 64 ans, exilé en Grande-Bretagne, animerait Akhbar-libya.com. Financé par la NED « à hauteur de 360 000 dollars », il s’agirait d’un site anglo-arabe.

  • On rappellera que Transparency International est une sorosite généreusement financée, et de très longue date, par George Soros. L’un des partenaires de Transparency Libya, l’UNCAC, a 370 partenaires dont l’Open Society Macedonia et l’Open Society Foundations Slovakia – ainsi que de nombreuses sections de Transparency International ou encore Global Witness (on trouvera probablement d’autres sorosites en cherchant plus avant dans cette liste).[6]
transparency-international-open-society
Transparency International, une ONG « indépendante » généreusement financée par l’Open Society de George Soros.
  • L’Open Society finance le Center for International Media Assistance de la NED.[7] Réciproquement, à l’instar de l’USAID en Macédoine[8], la NED apporte son soutien financier à des projets de l’Open Society.[9]

Le journaliste Julien Teil souligne pour sa part que, « à en croire Owni […] Amesys, société française spécialisée dans l’espionnage, avait développé un logiciel permettant à Kadhafi et à ses services de surveiller ces personnages. […] [Des] personnes pour lesquelles des mandats d’arrêt internationaux ont été émis, ne devraient pas être surprises d’être surveillées par l’Etat qui les a émis (en l’occurrence la Libye). » Owni, Wikileaks et Le Monde, poursuit Teil, ne présentent pas le passé de ces individus, ni la nature du NSFL (National Front for the Salvation of Libya) au sein duquel ils ont participé activement, « organisation terroriste liée à une branche radicale des frères musulmans ». L’un d’eux était en outre présent à une réunion de Chatham House [le Royal Institute of International Affairs – RIIA] à Londres au mois de juin 2011, « au sein de laquelle il était question de la manière dont il serait possible de faire imploser Tripoli »[10].

Surtout, Amesys, anciennement i2e, avait mis au point un système, Cryptowall[11], solution inviolable par le système d’espionnage anglo-américain Echelon, ancêtre de Prism et utilisé en permanence, par les Etats-Unis, à des fins d’espionnage industriel et pour intercepter des communications mondiales des amis comme des ennemis. Pour le journaliste d’investigation Duncan Campbell – qui a le premier révélé l’existence d’Echelon au public en 1988 –, il s’agit d’une arme d’espionnage électronique des communications à des fins économiques. Les Etats-Unis se sont ainsi vantés d’avoir, par son biais, vaincu des industries françaises rivales comme Alcatel et Thomson CSF.[12] Partie du contrat UKUSA de 1947 (passé entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie), Echelon et ses multiples stations ont pour mission « d’intercepter et de traiter les communications relayées par des satellites de communication commerciale. »[13] De plus, le système Comint, qui fait partie du programme Echelon, permet d’identifier les numéros de téléphone des deux correspondants d’une conversation téléphonique, et « les agences SIGINT des nations de l’UKUSA ne posent aucune restriction quant à l’accumulation de renseignements sur les citoyens et les entreprises de pays extérieurs à l’UKUSA, y compris tous les pays membres de l’Union Européenne à l’exception du Royaume-Uni. »[14] Enfin, soulignait i2e dans son exposé sur Cryptowall, l’ancien directeur de la CIA R. James Woolsey « a admis l’utilisation du système à des fins d’espionnage industriel ». Airbus aurait ainsi perdu un contrat de 6 milliards de dollars avec l’Arabie Saoudite après que la NSA eut révélé l’existence d’intermédiaires dans la négociation.

Questions : quel rôle ont joué les sorosites dans la guerre contre Amesys ? Certaines personnes, en-dehors de ces ONG, sont-elles liées aux réseaux Soros ?

  • Dès le 10 juin 2011, le journaliste du site Owni, Jean-Marc Manach, fit des révélations sur le système d’interception d’informations Eagle. Le 15 mars 2012, il publia Au pays de Candy, un livre à charge contre l’opération – Candy – d’aide de la France à la Libye pour « espionner tous ses citoyens sur Internet », notamment avec Amesys.[15] En 2015, Manach faisait partie de l’équipe ayant réalisé un film, The Migrant Files, « un projet de journalisme collaboratif soutenu par Journalismfund.eu », un projet financé par, entre autres, l’Adessium Foundation et l’Open Society, et qui a pour partenaire le Global Investigative Journalism Network, dont l’Open Society est le principal sponsor et soutien[16] (on y trouve aussi la Ford Foundation, l’Adessium Foundation, etc.).[17] Manach dispose d’une fiche auteur sur le site de Journalismfund.eu.[18] Notons par ailleurs qu’Owni s’avère être un relai favorable de travaux et rapports de l’Open Society.[19]
  • Le 12 septembre 2011, l’ONG Sherpa décida de porter plainte auprès du procureur de la République de Paris pour vente illégale d’un dispositif de surveillance à distance. Sherpa est probablement la plus influente sorosite française. Dans son rapport annuel de 2007, l’ONG rapportait avoir reçu des subsides de l’Open Society[20], un montant qui s’élève à plus de 46 000 euros entre 2006 et 2010, avant que Sherpa décide de ne plus détailler les subventions allouées par ses bailleurs de fonds. Néanmoins, dans le rapport de Sherpa de 2014, l’Open Society figurait toujours au rang des partenaires.[21] C’est également le cas sur la page dédiée du site, où l’on trouve également plusieurs sorosites : Global Witness, Sigrid Rausing Trust (dont le bureau international accueil Chris Stone, président de l’Open Society, et Mabel van Oranje, membre notamment de Global Witness)[22], CEE Banlwatch Network, Human Rights Watch, la coalition sorosienne Publish What You Pay, etc.[23]
  • En octobre 2011, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)[24] et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) portèrent également plainte contre X dans l’affaire Amesys, cette fois pour « complicité d’actes de torture » auprès du tribunal de grande instance de Paris. La LDH est partenaire de la FIDH, que finance l’Open Society.[25] Un document piraté par DC Leaks rapporte par ailleurs que la LDH reçut plus de 66 000 dollars de l’Open Society en 2013-2014.[26]

ldh

  • Heba Morayef, directrice de Human Rights Watch (financée par Soros[27] et dont le fondateur, Aryeh Neier, fut président de l’Open Society de 1993 à 2012) pour l’Egypte[28], aurait été placée sous surveillance[29] par le régime de Kadhafi. Ceci n’est pourtant pas surprenant, sachant que cette femme aurait joué un rôle déterminant[30] dans le Printemps Arabe en Egypte justement, un coup d’Etat « gene sharpien » aidé par Soros et Canvas.
  • Au mois de mars 2013, c’est au tour de Reporters Sans Frontières de s’en prendre à Amesys.[31] L’ONG publie un Rapport spécial surveillance sur « Les ennemis d’Internet », les « mercenaires de l’ère digitale ». Elle classe l’entreprise française parmi ces cinq « ennemis », avec Gamma, Trovicor, Hacking Team et Blue Coat. Leurs produits seraient ou auraient été utilisés par des gouvernements « pour commettre des violations des droits de l’homme et de la liberté de l’information ».[32] Dans La face cachée de Reporters Sans Frontières. De la CIA aux faucons du Pentagone, Maxime Vivas rapporte que l’Open Society finance l’ONG.[33] Le site de RSF confirme d’ailleurs lui-même cette information : parmi ses divers mécènes, l’Open Society est l’un des deux organismes privés étrangers qui finance l’organisation.[34] Il n’est pas possible de connaître l’ampleur du financement de RSF par l’Open Society pour les dernières années ; l’ONG, opaque, ne donne pas ces informations.
  • Le Business and Human Rights Resource Centre s’est fait le relai fréquent des déboires judiciaires de l’affaire Amesys.[35] Comme nous l’avons déjà vu, l’Open Society finance cet organisme.
  • Mediapart incrimina également l’entreprise et la France dans de nombreux articles[36], et son fondateur Edwy Plenel en fit de même.[37] Qui a procuré des documents confidentiels à Mediapart ? Nous l’ignorons. Encore récemment, Roland Dumas rapporta les propos que lui avait confiés Mitterrand, à savoir que Plenel serait « un agent de l’étranger ».[38] Pour autant, Plenel a-t-il un rapport avec l’Open Society ? En juin 2015, cette dernière (et deux autres organisations) organisa en France une conférence, « Egalité trahie », sur les contrôles au faciès. Elle se fit en partenariat avec Mediapart et fut animée par Plenel.[39] En 2012, Plenel et Mediapart organisèrent une rencontre avec plus d’une vingtaine d’intervenants, dont Lana Holo, représentante à Paris de l’Open Society.[40] En 2014 enfin, Plenel appelait à faire un don pour soutenir l’ONG La Quadrature du Net[41], que finance l’Open Society[42], à hauteur de 40% pour l’année 2014 et de 32% en 2015.[43]
  • Fabrice Arfi, de Mediapart, est l’un des quatre seuls journalistes français (aux côtés notamment de Karl Laske, également de Mediapart) à être membre de l’ICIJ[44] (International Consortium of Investigative Journalists), l’un des deux organismes (avec l’OCCRP) à l’origine des Panama Papers et bien entendu financé par l’Open Society.[45] Arfi s’en prit régulièremen,t à Amesys sur Mediapart.
  • Reflets.info est probablement le plus actif contre Amesys, aujourd’hui encore.[46] Le site n’est aucunement lié à l’Open Society. Néanmoins, l’un de ses auteurs phares est Fabrice Epelboin.[47] Selon sa fiche Wikipédia, il joua « un rôle actif » dans la révolution colorée sorosienne de 2010-2011, en Tunisie.[48] De plus, nous pouvons trouver des échanges de courriels amicaux entre Fabrice Epelboin et Adel Beznine, lequel expose, auprès d’une autre personne, être financé par l’Open Society pour développer un logiciel Open Source.[49]

Hasards ? Ou une autre opération de guerre économique ?

Thibault Kerlirzin

 
Notes

[1] http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-14711290

[2] http://www.wsj.com/articles/SB10001424053111904199404576538721260166388

[3] http://www.ned.org/events/democracy-award/2011-democracy-award/2011-democracy-award-biographies

[4] http://bit.ly/2jM8b3W

[5] Le lien est accessible via la Wayback Machine : http://web.archive.org/web/20111011024901/http://ned.org/where-we-work/middle-east-and-northern-africa/libya

[6] http://uncaccoalition.org/en_US/about-us/members-list/

[7] http://www.cima.ned.org/donor-profiles/open-society-foundations/

[8] https://stopoperacijasoros.wordpress.com/2017/01/27/ngo-watchdog-warns-that-distribution-of-new-95-million-earmarked-by-usaid-for-soros-activists-in-macedonia-is-under-way/

[9] https://www.opensocietyfoundations.org/sites/default/files/partners_20090720_0.pdf

[10] http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/a-quoi-sert-wikileaks-111371

[11] https://www.frenchleaks.fr/Un-systeme-de-cryptage-pour-eviter.html

[12] Campbell (Duncan), Surveillance électronique planétaire, Allia, 2001, pp.8-9.

[13] Ibid., p.13.

[14] Ibid., p.32.

[15] http://owni.fr/2012/03/15/au-pays-de-candy/

[16] https://www.opensocietyfoundations.org/about/programs/independent-journalism

[17] http://gijn.org/sponsors-and-supporters/

[18] http://www.journalismfund.eu/author/jean-marc-manach

[19] http://bit.ly/1RpYdkF

[20] https://www.asso-sherpa.org/wp-content/uploads/2013/09/Rapport-dactivit%C3%A9s-2007.pdf

[21] https://www.asso-sherpa.org/wp-content/uploads/2013/09/RA-2014_Def_BD.pdf

[22] https://www.sigrid-rausing-trust.org/About-SR-Trust/The-Trustees

[23] https://www.asso-sherpa.org/nos-partenaires

[24] https://www.fidh.org/IMG/pdf/note_affaire_amesys_fr.pdf

[25] https://www.fidh.org/fr/qui-sommes-nous/nos-financements/

[26] https://fr.scribd.com/document/321222770/Initiatives-pour-influencer-les-Elections-Europeennes-2014-Open-Society-Soros#from_embed

[27] https://www.hrw.org/fr/news/2010/09/07/george-soros-sengage-verser-100-millions-de-dollars-human-rights-watch

[28] http://www.forbes.com/pictures/lmh45kdmg/heba-morayef-egypt-director-human-rights-watch/

[29] http://www.atlantico.fr/pepites/entreprises-espionnage-internet-kadhafi-172011.html

[30] https://www.youtube.com/watch?v=CrqkYcIlatk

[31] http://surveillance.rsf.org/amesys/

[32] http://surveillance.rsf.org/

[33] http://www.legrandsoir.info/la-face-cachee-de-reporters-sans-frontieres-de-la-cia-aux-faucons-du-pentagone.html

[34] http://fr.rsf.org/structure-des-charges-et-des-01-07-2005,14274.html

[35] http://bit.ly/2kLm18C

[36] https://www.mediapart.fr/journal/mot-cle/amesys

[37] https://reflets.info/jean-jacques-uvroas-qosmos-et-amesys-ne-sont-pas-prestataires-des-services-francais/

[38] https://www.youtube.com/watch?v=rdTP4J01DRw

[39] https://blogs.mediapart.fr/louise-fessard/blog/210615/le-25-juin-18h45-au-relais-de-belleville-paris-comment-en-finir-avec-les-controles-au-facies

[40] http://www.profencampagne.com/article-speciale-mediapart-2012-ils-ont-tenu-tete-a-sarkozy-l-integrale-merci-mediapart-merci-edwy-p-103731472.html

[41] https://twitter.com/edwyplenel/status/545911941357907969

[42] https://www.laquadrature.net/fr/ils-soutiennent-la-quadrature-du-net

[43] https://soutien.laquadrature.net/faq#faq-1

[44] https://www.icij.org/journalists/fabrice-arfi

[45] https://www.icij.org/about

[46] https://reflets.info/category/sagas/bienvenue-chez-amesys/

[47] https://reflets.info/author/epelboin/

[48] https://fr.wikipedia.org/wiki/Fabrice_Epelboin

[49] http://hackerspace.tn/lists/membre/msg00549.html

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.Nous voulons attirer votre attention sur le sort de Julian Assange.

18 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation

Nous voulons attirer votre attention sur le sort de Julian Assange.

Nous voulons attirer votre attention sur le sort de Julian Assange.

Au bout de six ans, si vous ne savez toujours pas :

  • qu’il n’a jamais été accusé de viol
  • qu’il n’a violé aucune loi (d’une juridiction dont il dépendait)

...c’est peut-être le moment de changer de sources d’information.

L’indifférence des grands médias et leur diffusion de fausses informations sur cette affaire n’est pas pour nous surprendre. Nous sommes habitués.

Plus troublant est le silence des médias "alternatifs" qui ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui sans le travail de Julian Assange et de Wikileaks.

Wikileaks : http://wikileaks.org
Faire un don : http://iamwikileaks.org
Infos campagne : http://justice4assange.org
Boutique : http://wikileaks.shop
Télécharger : http://somersetbean.com/free-assange/

URL de cette brève 5951
https://www.legrandsoir.info/vous-avez-une-minute.html
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C'est en Italie que se joue l'avenir de l'Europe. Par Denis Collin.

15 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation

C'est en Italie que se joue l'avenir de l'Europe

Retour sur la situation italienne et les leçons qu'on en peut tirer pour la France
Par Denis Collin • Vendredi 12/10/2018 

 


Depuis la formation de cet étrange gouvernement Lega-M5S, l’Italie est devenue pour les progressistes autoproclamés le repoussoir parfait. Salvini est un fasciste, son gouvernement est fasciste et il n’y a pas à discuter de tout cela. Celui qui demande une analyse un peu plus approfondie, un peu plus subtile est déjà en train de faire le jeu du fascisme, de tisser la toile des « rouge-brun » ou d’organiser le front unique des « populistes » et des souverainistes, deux catégories que tout homme de gauche se doit d’abhorrer par-dessus-tout.

Qu’on nous permette cependant de revenir sur la situation de l’Italie aujourd’hui et la réalité de ce gouvernement. Il faut d’abord commencer par balayer les accusations de fascisme, de retour aux heures sombres de notre histoire et autres calembredaines de la même farine. Le fascisme, c’es la violence politique et les bandes armées. Combien de permanences syndicales ont-elles été saccagées par les hordes salvinistes ? Combien d’antiracistes ou de « no border » ont-ils été contraints de boire de l’huile de ricin ? Combien d’intellectuels ont-ils été déportés aux îles Lipari, combien de communistes mis en prison, combien de députés socialistes assassinés ? Bon vous me direz qu’il n’y a plus ni communistes ni socialistes, mais la disparition de ces deux partis n’est pas absolument un mauvais coup de Salvini. Les dirigeants socialistes et communistes, les Craxi et les Occhetto, ont été assez grands pour saborder tous seuls leurs propres partis. Et la gauche ferait mieux de se demander pourquoi les dirigeants communistes se sont fait « hara-kiri » au congrès de Bologne en 1991. Pourquoi les d’Alema, Veltroni et tutti quanti qui ont présidés aux destinées du PDS l’ont-ils fondu dans ce truc infâme qu’est le PD, machine politique entièrement au service du capitalisme mondialisé et de la politique de l’Union Européenne, profitant de chacun de ses passages au pouvoir pour faire ingurgiter une nouvelle purge au peuple italien. Comme le disait encore hier Romano Prodi, ancien chef de la « gauche », « ll fut obéir aux règles européennes, même quand elles ne sont pas intelligentes ». Tout est là.

Un deuxième ingrédient du fascisme est l’alliance de la pègre avec l’armée et le grand capital. On ne trouve évidemment rien de tout cela en Italie aujourd’hui. La pègre mafieuse, on peut en trouver à la Lega, sans aucun doute, mais elle s’est aussi très bien infiltrée dans les « honorables » partis de gouvernement traditionnels, au premier chef Forza Italia et le PD qui a repris le pire des traditions de la démocratie chrétienne version Andreotti et, en même temps, le goût de la magouille du PCI. Le procès qui s’est tenu l’an passé contre la « Mafia capitale » de Rome a bien mis tout cela en lumière. En tout cas, le grand capital ne soutient pas vraiment Salvini et le journal de la petite-bourgeoisie intellectuelle et de la bourgeoisie de gauche, la Repubblica ne lui fait guère de cadeaux. Le Corriere della Sera, la grande bourgeoisie du Nord faite journal, ne lui est pas plus favorable. Par contre la petite-bourgeoisie traditionnelle et une partie des ouvriers lui apportent leur soutien, de même que certaines fractions des capitalistes moyens, mais ceux-ci préfèrent nettement Berlusconi bien que l’attelage du cavaliere soit aujourd’hui assez brinquebalant et ne tire plus le Carroccio.

Idéologiquement la Lega est le produit d’une bizarre transformation. Née comme un mouvement sécessionniste du Nord, visant à construire un soi-disant Padanie plus ou moins indépendante, ce parti était raciste surtout à l’égard des Italiens du Sud (Rome étant d’ailleurs souvent englobée dans le Sud). Du coup il était aussi outrageusement pro-européen : une Padanie indépendante aurait, selon ses chefs de l’époque, trouvé sa vraie place dans une Europe débarrassée des États centralisateurs. En changeant ce qui doit être changé, on pourrait rapprocher ce mouvement de indépendantistes catalans qui eux ne sont pas des fascistes mais sont au contraire parés de toutes les vertus par la gauche et l’extrême gauche… Après l’élimination de Bossi qui avait trop mis les mains dans le pot de confiture, la Lega s’est totalement réorientée. Ne se contentant plus d’être un parti supplétif de Berlusconi, elle s’est transformée en parti national italien, a cherché à s’implanter dans le Sud et est devenue pour le moins « eurosceptique ». Et son « racisme » à l’encontre des Italiens du Sud s’est tourné plutôt en xénophobie générale, dirigée cependant plus directement contre les vagues de « migrants ».

Encore faut-il comprendre pourquoi ses attaques contre les « migrants » ont rencontré un assez large écho dans la population, ce qui a d’abord permis à la Lega de passer de 4 à 18% aux élections générales et à Salvini une montée de popularité dans les sondages (plus de 60% des Italiens). Généralement la xénophobie est assez bien partagée et aucune nation n’existe si ses citoyens ne préfèrent pas leurs concitoyens à l’étranger. Rousseau avait dit à ce sujet des mots définitifs que les âmes charitables du mondialisme échevelé ne veulent plus entendre, bien que l’on sache que sous toutes les latitudes les peuples aiment bien rester « maîtres chez soi » (padrone da se), que les gouvernements exercent un contrôle vigilant à leurs frontières et que personne n’aime trop être envahi par des étrangers, surtout des étrangers aussi étranges. D’ailleurs les Français qui donnent des leçons d’humanité à la Terre entière exercent un contrôle tatillon à la frontière franco-italienne : on ne sait jamais un migrant pour passer de l’Italie à la France… Dans le cas de l’Italie, ces données générales n’avaient finalement qu’assez peu joué et les Italiens pendant des années se sont montrés bien plus accueillants que la plupart de leurs voisins. L’Italie est proche de la Tunisie et de la Lybie et pendant des années sa marine s’est débrouillée seule pour sauver les barques des trafiquants qui faisaient naufrage. Des centaines de milliers de réfugiés ont été accueillis, soignés et souvent intégrés par un gouvernement qui accordait par ailleurs des aides substantielles à chaque nouvel arrivant. Pendant des années, les Italiens ont demandé aux autres gouvernements européens de les aider, de prendre leur part de ce fardeau. En vain. L’UE se contentait de rappeler à l’Italie les contraintes de Maastricht. La montée d’un sentiment d’hostilité et à l’UE et aux immigrés a sa racine là et pas ailleurs. Et Salvini a exploité ce sentiment. Ajoutons que la situation « sécuritaire » de certains quartiers n’est pas toujours très agréable. Il existe des mafias « rom » qui concurrencent ou s’allient aux différentes branches de la mafia italienne. Dans certaines régions du Sud des mafias nigérianes opèrent à grande échelle et Salvini a eu beau jeu de dire qu’il voulait bien les bons immigrés mais pas les voyous. Nous savons aussi que Salvini laisse fuiter « en privé » des propos moins policés et qu’il libère des comportements assez peu ragoûtants – mais nous avons les mêmes à la maison. Salvini a même réussi à gagner l’électorat chrétien dont les sondages montre qu’il suit plus le chef de la Lega que le pape sur la question de l’accueil des réfugiés et du coup voilà cet homme bien peu chrétien qui fait l’apologie de l’Europe chrétienne… Enfin l’alliance avec Marine Le Pen – en ce moment c’est une vraie lune de miel entre ces deux-là – et les accointances avec Orban finissent de tracer le portrait du vice-premier ministre italien. Un homme de droite, s’appuyant sur le sentiments d’hostilité aux étrangers sur l’anti-fiscalisme qu’en France on dirait « poujadiste ». Bref quelqu’un dont on sait qu’il est fondamentalement un adversaire politique.

Mais une fois ce portrait dressé, on voit bien qu’il n’y a rien de fasciste là-dedans ou alors il faut caractériser la droite dans son ensemble de « fasciste ». Si on s’en tient aux paquets de décrets anti-immigration adoptés en conseil des ministres, l’Italie se trouve maintenant à peine au niveau de la France en matière de restrictions. À côté de Collomb, Salvini est un peu « petits bras ». Et qui connait un tant soit peu l’Italie sait parfaitement que parler de « danger fasciste » en ce moment est une pure folie. Au contraire, l’événement intéressant, celui qui aurait du interpeller les commentateurs, c’est le ralliement de Salvini à une alliance avec le Movimento Cinque Stelle (M5S), un mouvement que l’on pourrait plus volontiers situer « à gauche ». Partisan de l’intervention de l’État dans une optique plutôt keynésienne mais en même temps plutôt écologiste et proche des thèses de la décroissance, critique du pouvoir bureaucratique et corrompu et partisan de la démocratie directe, c’est apparemment l’exact opposé de la Lega ! Une pomme de discorde entre eux : la ligne TAV Lyon-Turin, à laquelle la Lega est favorable alors que le M5S est très engagé dans les mouvements « no TAV ». Il y a cependant deux points de convergence : d’abord la méfiance, pour ne pas dire plus, à l’égard de l’UE – plusieurs économistes M5S sont ouvertement favorables à la sortie de l’euro et travaillent en ce sens – et ensuite le refus de l’immigration de masse et la préoccupation de l’identité italienne. Si, sur l’immigration c’est Salvini qui a mené la danse, en revanche sur le budget, ce budget qui a mis hors d’eux Juncker et Moscovici, c’est le M5S qui impose ses vues.

Le point capital aujourd’hui, ce n’est pas la « nature » du gouvernement italien, mais le fait qu’il ait engagé, pour la première fois, une dynamique de remise en question concrète, immédiate du carcan de l’Union Européenne. Ici, en France, on a beaucoup parlé de la « désobéissance », mais c’est ce gouvernement italien-là qui la met en œuvre. Où cela conduira-t-il ? Il est difficile de le dire. La Lega a été tirée en dehors de son espace traditionnel, beaucoup d’Italiens mettent leurs espoirs dans Salvini qui leur semble l’homme énergique dont l’Italie a besoin pour sortir du marasme. Ils se trompent certainement, mais leurs illusions sont un fait objectif. Pendant le même temps, Salvini a renouvelé pour les élections régionales son pacte avec… Berlusconi ! Donc au niveau local la Lega sera alliée à un parti qui est dans l’opposition au gouvernement Lega-M5S. Comment cela sera-t-il possible ? En maintenant cette alliance avec Il Cavaliere, la Lega envoie un signal : nous ne sommes pas aussi fous que le M5S et nous n’irons pas jusqu’à la rupture avec l’UE ! D’un autre côté, l’affaire du budget pourrait conduire Salvini plus loin qu’il ne l’aurait souhaité. Si la spéculation se déchaîne contre l’Italie (le fameux spread, c’est-à-dire l’écart entre les taux allemands et italiens, qui a beaucoup augmenté), le pays pourrait se trouver dans une mauvaise situation. Mais fort heureusement, les Italiens n’ont pas fait confiance à un homme de gauche comme Tsipras. Les dirigeants M5S et certains cadres de la Lega étudient sérieusement la possibilité de la sortie de l’euro pour sauver l’Italie face à la spéculation plus ou moins pilotée de Berlin ou Paris. Régulièrement, des sphères gouvernementales, fuitent des informations selon lesquelles on se préparerait à mettre en circulation en Italie une nouvelle monnaie en lieu et place de l’euro. Les dirigeants seront-ils assez forts pour résister aux pressions de l’UE ? Mystère.

Les Italiens ont un certain nombre d’atouts à faire valoir dans cette partie tendue qui se jouent en ce moment. L’économie italienne, bien qu’ayant eu beaucoup de mal à se sortir de la crise de 2008 reste exportatrice net : tout le monde ne peut pas en dire autant, et surtout pas la France qui ne cesse de s’enfoncer. La deuxième puissance industrielle d’Europe, derrière l’Allemagne, ce n’est pas la France mais l’Italie. En outre, la dette publique italienne, à la différence de la dette publique française, est majoritairement détenue par les Italiens alors que nous, nous nous finançons sur les marchés mondiaux, depuis que Pompidou en a fait la règle. Certes, le système bancaire italien est très fragile, mais pas beaucoup plus, finalement, que celui de ses voisins. En outre le fort engagement des banques françaises dans les affaires italiennes, notamment le Crédit Agricole qui a pris le contrôle de la plupart des grandes caisses d’épargne du Nord (Cariparma, Carispezia, etc.), va conduire les dirigeants français à avancer prudemment et les déclarations fanfaronnes du petit président français pèseront peu si l’effondrement des banques italiennes entraîne celui du Crédit Agricole et de la Société Générale (rien que ça !). Enfin, dernier atout : l’Italie n’est pas la faible Grèce mais l’un des membres fondateurs de l’UE qui fut portée sur les fonds baptismaux à Rome voilà plus de soixante ans. La sortie de l’Italie de l’euro entraînerait sa sortie de l’UE – c’est qui a été dit aux Grecs pour les convaincre de rester dans l’euro et d’en payer le prix – et ce serait la fin de l’UE, le détricotage de tout un système économique avec une crise profonde dans tous les pays européens.

Donc la désobéissance italienne pourrait être payante – encore une fois si ses dirigeants sont des princes machiavéliens et non une variation sur le thème archi-usé de la combine et de la tambouille à la sauce de la vieille démocratie chrétienne. Les Italiens pourraient obtenir une sorte de renégociation des traités, donnant une plus grande marge aux gouvernements nationaux. Bref, on pourrait aboutir à une situation intermédiaire entre le plan A et le plan B de la France Insoumise.

Évidemment, ça ne suit pas les chemins prévus par nos bonnes gens « de gauche », évidemment, ce n’est pas très pur et on n’y trouve l’estampille « IGP, garanti de gauche ». Mais il faut partir des réalités, pas des lubies et des discours impuissants de la « gauche de gauche ». Cela suppose que l’on soit capable de hiérarchiser les combats, de mettre ce qui est décisif au premier plan et de renvoyer à des jours meilleurs les débats sociétaux qui ne peuvent que diviser les classes populaires. Aller jusqu’au bout d’une révolution intellectuelle et politique radicale. Si nous voulons tirer des leçons pour nous, en voici quelques-unes :

La première est qu’il y a une course de vitesse entre le FN/RN et ceux qui gardent encore en tête, sincèrement, les idéaux émancipateurs du mouvement ouvrier. Si on ne veut pas avoir un Salvini français, il faut s’adresser à l’électorat populaire du FN/RN. Sinon, comme en Italie, les restes du mouvement communiste et socialiste regarderont impuissants une bataille dont les chefs sont peu reluisants. Mais comme le disait à peu près Hegel, quand l’histoire n’a de grands hommes, elle les invente.

Deuxième leçon : cesser de regarder aujourd’hui avec les lunettes d’hier et de parler de fascisme à toutes les sauces. Marine Le Pen n’est pas plus fasciste que Salvini, même si elle n’a peut-être pas le courage politique de son compère italien. En tout cas le RN n’est pas un parti fasciste contre lequel il faudrait faire une sorte de « cordon sanitaire ». La démocratie n’est pas menacée par les « hordes lepénistes » mais par les gens bien propres sur eux qui contrôlent l’État et les grandes entreprises et ont engagé la grande bataille pour broyer tous les acquis sociaux et liquider toutes les libertés démocratiques. Et pour défendre notre pays, notre modèle social, nos valeurs républicaines, il faut être prêt à faire alliance avec le diable et même avec la grand-mère du diable.

Troisième leçon : il faut un parti, construit méthodiquement, avec des sections par ville et un local par section, des fédérations départementales, en suivant l’organisation républicaine du pays, avec des adhérents qui cotisent et des secrétaires et des trésoriers, bref des choses assez « ancien monde » qui sont les seules à tenir dans le temps. Il faut cesser de citer Gramsci (sans l’avoir lu) mais faire du « gramscisme pratique ». La gazeuse France Insoumise a tourné le dos à cette tâche et ne connait pas d’autre moyen de régler les différends au sein du mouvement que l’exclusion et l’omniscience du chef suprême. Un billet assuré pour la défaite.

Je crains de n’être pas entendu par le petit monde des militants. Les défaites franches, dit Régis Debray, ont l’avantage qu’on ne peut pas se raconter d’histoires, qu’on est obligé de reprendre le problème à zéro. Nous n’avons pas eu de défaite franche et, en France, la décomposition de la gauche se poursuit et on fait comme si rien de sérieux ne s’était passé et comme si on pouvait continuer de rabâcher les mêmes litanies. Nous chassons les phobies. Mais il y en une qui se porte bien, c’est la démophobie, la crainte du peuple, la crainte de la parole qui vient d’en bas et que tous les politiques se refusent à entendre. Il serait temps de se déboucher les oreilles et d’entendre que ça branle dans le manche.

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Port du Havre: Alexis Kohler de nouveau épinglé . Par martine orange et Laurent Mauduit

10 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #l'horreur économique

Port du Havre: Alexis Kohler de nouveau épinglé
Par et

La Cour des comptes a rendu public un référé sévère sur le terminal multimodal du port du Havre. Un projet décidé « à la hâte », « protégeant mal les intérêts publics » et qui « n’a pas trouvé son équilibre économique ». Alexis Kohler était administrateur du port au moment où le projet et le montage financier ont été adoptés. Il avait tout approuvé.

La Cour des comptes porte décidément un grand intérêt au port du Havre. Deux ans après avoir rédigé un rapport critique sur la gestion du Grand Port maritime du Havre (GPMH), la juridiction financière s’est de nouveau penchée sur un des grands projets du port : le terminal multimodal. Son référé, rendu public le 9 octobre, dresse un bilan sévère de l’opération : le terminal, décidé « à la hâte », a été réalisé au détriment des intérêts et finances publics et « n’a pas encore trouvé son équilibre économique ».

Coïncidence qui tombe bien mal pour l’Élysée : ce projet, lancé en 2009, l’a été au moment où Alexis Kohler – aujourd’hui secrétaire général de la présidence de la République – siégeait au conseil de GPMH, nommé par l’Agence des participations de l’État (APE) en tant que représentant de l’État, de début 2010 au printemps 2012. Il y assurait même la présidence du comité d’audit. Le bilan dressé par la Cour des comptes est donc un peu le sien. Après une cascade de rebondissements, dont le dernier en date était celui de la déclaration d'intérêts fantôme d'Alexis Kohler lors de son entrée au GPMH (lire ici), ce référé de la Cour des comptes constitue donc un embarras de plus pour l’Élysée.

Port 2000, construit pour accueillir les porte-conteneurs géants au Havre. © Haropa/ port du havrePort 2000, construit pour accueillir les porte-conteneurs géants au Havre. © Haropa/ port du havre

 

Pour Alexis Kohler, qui est visé par une enquête préliminaire ouverte le 4 juin par le Parquet national financier (lire notre article ici), dans le prolongement des révélations de Mediapart sur ses relations cachées avec le groupe de sa famille Mediterranean Shipping Company (MSC), ce référé est encombrant : il apporte des éclairages complémentaires sur le rôle du haut fonctionnaire du temps où il siégeait au conseil de ce port, dont MSC était l’un des principaux opérateurs. Il illustre aussi la façon dont le macronisme maltraite les intérêts publics. Ce référé peut être consulté ici. (pdf, 1 B)

Pendant des années, le terminal multimodal a été un serpent de mer au Havre. Tous s’accordaient sur la nécessité de développer le transport fluvial et ferroviaire à côté du port, d’agrandir son « hinterland ». Assurer des connexions ferroviaires et fluviales afin de pouvoir augmenter le trafic des marchandises et des conteneurs, pouvoir les acheminer ou les faire venir de très loin semble d’autant plus impératif que le port est en train de se moderniser et de s’étendre avec la création de Port 2000. Mais l’État, toujours aussi impécunieux, laisse traîner le projet.

Aussi, dès que le port du Havre est devenu une entité indépendante, à la suite de la réforme portuaire adoptée en 2008, la direction du port, assumée par Laurent Castaing – président des chantiers de Saint-Nazaire depuis 2012 – s’est empressée de reprendre le projet. Mais le port, qui s’est déjà lourdement engagé financièrement pour réaliser Port 2000 avec l’aide des collectivités locales, n’a plus de ressources financières pour assumer en plus la création du terminal multimodal.

 

Qu’à cela ne tienne, il y a le partenariat public-privé, cette technique perverse qui séduit toute la haute fonction publique. Un groupement privé, Projénor, constitué autour du Crédit agricole et de la Caisse des dépôts et consignations, est prêt à assurer le financement et la construction du terminal, dans le cadre d’une société Le Havre Terminal Trimodal (LH2T). Il est alors prévu qu’une deuxième entité, Le Havre Terminal Exploitation (LHTE), où se retrouvent SNCF et Geodis, des filiales de la compagnie maritime d’affrètement, le groupe maritime CMA CGM, assurera l’exploitation du terminal en garantissant un trafic minimum.

 

Fort de ces assurances, la direction du port se précipite pour mettre en route le projet. Personne ne prend alors la peine de s’assurer que la modernisation des lignes de chemin de fer à partir du Havre, condition indispensable pour développer le fret ferroviaire, ou celle du canal Rouen-Le Havre, vont être mises en œuvre pour assurer la viabilité du projet. Le sujet est évoqué dans différentes instances – ministère, conseil régional ou départemental –, cela suffit. Dix ans après, la rénovation de la ligne Paris-Le Havre n’est toujours pas achevée.

Un conseil extraordinaire du GPMH est donc convoqué le 4 juin 2010, avec comme seule question à l’ordre du jour le projet de chantier multimodal du Havre. Comme à l’habitude, les administrateurs semblent ne pas avoir été véritablement informés et découvrir le dossier lors de cette réunion. Mais il faut aller vite, dans l’espoir d’avoir « une mise en service en 2013 », explique la direction, selon le compte-rendu de ce conseil que Mediapart a obtenu dans le cadre de l’enquête sur le port du Havre (lire ici).

Malgré l’insistance de Laurent Castaing pour boucler la décision au plus vite, l’administrateur représentant du personnel, Jacques Paumelle, ne peut s’empêcher de souligner les dangers du montage présenté. « Pourquoi le GMPH supporte-t-il seul le risque financier sur les garanties accordées pour ce projet ? En d’autres termes, GPMH est-il devenu banquier du jour au lendemain ? » Le directeur du Havre lui répond que pour obtenir la participation d’acteurs privés, « le prix à payer est qu’il faut assurer la partie de garantie que ne veulent pas donner les opérateurs ».

Alexis Kohler s’empresse de voler à son secours, en intervenant longuement pour défendre ce projet « stratégique pour le port ». Bien sûr, reconnaît-il, « on peut regretter que GPMH soit fortement impliqué » dans le montage financier. « Mais nous sommes contraints de prendre en compte l’évolution de la situation économique », insiste-t-il. Un argument que reprendront tant Laurent Castaing qu’Alexis Kohler et tous les conseillers de Bercy, pour justifier les milliards de garanties apportées par l’État en vue d’assurer les commandes de MSC aux chantiers de Saint-Nazaire.

Semblant peser le pour et le contre, Alexis Kohler ne manque pas de souligner « la complexité du montage » proposé. « L’origine du risque pour le port se trouve dans le fait que, au-delà de sa part comme actionnaire de la société LH2T, le port apporte sa garantie aux prêteurs qui sont également les actionnaires de la société et qui, bénéficiant de cette garantie, en cas de difficulté rencontrée par cette société, seront évidemment tous incités à appeler la garantie plutôt qu’à injecter des fonds dans la société », dit-il. Mais pour lui, le danger semble théorique. En sa qualité de président du comité d’audit et représentant de l’État, il se déclare « satisfait, dans les conditions qui sont posées dans la délibération ».

La suite, c’est la Cour des comptes qui la raconte dans son référé. Celle-ci remarque que le dossier du terminal multimodal a été fait « à la hâte », « sans expertise contradictoire portant sur sa pertinence et sa viabilité », « sans modèle économique sur son exploitation », « sans analyses juridiques », « sans conseils extérieurs » et « sans analyse comparée des différents montages ».

D’emblée, le montage du projet est déséquilibré. Car comme dans tous les dossiers de partenariat public-privé, le pouvoir revient au privé. C’est lui qui fixe les conditions, détermine l’opération, la conduit, la réalise. Les entités publiques, elles, ne sont là que pour payer. Dans le cas du terminal multimodal, il est prévu dès l’origine que le port du Havre devra apporter 70 % des financements, sans avoir voix au chapitre.

Pis ! La direction accepte de consentir des engagements de concessions aux actionnaires privés du terminal, totalement à son détriment. Comme dans le cas du rachat – illégal – des outillages aux exploitants, la Cour des comptes s’étonne que l’autorité portuaire en arrive à oublier à ce point ses intérêts, « alors même que le port avait été averti par son avocat de leur caractère préjudiciable à ses intérêts », ajoute-t-elle en coup de pied de l’âne.

Le terminal multimodal s’est avéré une opération désastreuse. Mal pensé, mal réalisé, prenant du retard, il n’a jamais fonctionné comme prévu. La société d’équipement est tombée en faillite. Comme l'avait évoqué Alexis Kohler – pour tout de suite en démentir la possibilité –, dès que l’échec est devenu patent, les actionnaires privés se sont dépêchés de quitter le navire. Pour maintenir le projet, le port du Havre a dû reprendre tout à sa charge, prendre le contrôle de la société d’équipement, remettre des financements, revoir les conditions d’exploitation. « L’activité du terminal a redémarré progressivement en décembre 2015. En 2017, il a traité 84 000 boîtes [conteneurs – ndlr], ce qui est insuffisant pour assurer l’équilibre économique. »

L’aventure laisse de lourdes traces dans les comptes : « Le terminal a finalement été entièrement financé par des fonds publics et le coût final de l’équipement (147,8 millions d’euros) a crû de 10,9 millions d’euros par rapport aux prévisions », écrit la Cour des comptes. Pour les actionnaires privés, le Crédit agricole et Caisse des dépôts, qui participeront par la suite aux financements des paquebots de MSC à Saint-Nazaire, tout va bien. Ils ont certes dû prendre les pertes en capital liées à la faillite de la société d’équipement. Mais ils « perçoivent régulièrement les intérêts et commissions liés aux opérations de financement, et Projénor, filiale du Crédit agricole, ainsi que la présidence de LH2T, ont perçu intégralement les rémunérations prévues initialement ».

Ainsi en va-t-il des partenariats public-privé « à la française » : c’est la puissance publique qui prend les risques et les pertes, et le privé les bénéfices quand ils existent, sans que cela ne choque qui que ce soit. Car – que l’on se rassure ! – aucun des responsables de cette affaire calamiteuse, à commencer par Laurent Castaing, dont la gestion est épinglée pour la troisième fois par la Cour des comptes, ne se voit demander des explications, encore moins des comptes. Quant à Alexis Kohler, désormais arbitre décisionnaire sur tous les dossiers économiques et industriels, il y a de quoi s’inquiéter quand on constate, preuves à l’appui, la légèreté et l’indifférence avec lesquelles il traite l’argent et les intérêts publics.

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Ridicule : chronique de la présidence Macron Par ingirumimus dans Accueil le 19 Septembre 2018 à 09:25 Tous les hommes politiques de l'époque..."> Ridicule : chronique de la présidence Macron. Par René Teboul.

9 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #l'horreur économique

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 Ridicule : chronique de la présidence Macron

Tous les hommes politiques de l'époque contemporaine sont très souvent ridicule. Certains plus que d'autres cependant, à cause de leur amateurisme. Macron est sur le toboggan infernal des mauvais sondages c’était assez prévisible vu l’amateurisme dont il fait preuve dans la conduite de sa fonction. Le voilà tombé à 19% de « satisfaits » dans le dernier sondage disponible[1]. Il est en train de battre le record d’Hollande. Mais plus spectaculaire encore c’est la vitesse à laquelle il s’effondre. Plus encore que sa politique qui pourrait après tout satisfaire la droite moderne, ce qui ne passe pas, c’est sa personnalité. Le malheur pour lui est que chaque fois qu’il parle, il dit une imbécilité que tout le monde relève facilement. Dernièrement le voilà en train de commenter le chômage ! S’adressant à un chômeur dont le métier est l’horticulture, il lui explique qu’en traversant la rue il est facile de trouver du boulot[2]. Et oui, ses prédécesseurs n’y avaient pas pensé ! En Grèce où le chômage est encore de 25% alors que 500 000 jeunes ont émigré, non plus. Il voulait sans doute dire que cet horticulteur devait se reconvertir dans la restauration serveur, cuisinier, ce secteur embauche. C’est stupide en effet. Passons encore sur le fait qu’on doive se reconvertir pour trouver du travail. Mais ne connaissant absolument pas son sujet, Macron fait comme s’il existait des emplois en quantité suffisante. C’est faux, et c’est juste une question d’arithmétique. Il y a environ aujourd’hui 6 millions de chômeurs toutes catégories confondues. Et, selon l’INSEE environ 250 000 à 300 000 emplois à pourvoir. On voit donc que même si ces emplois étaient tous occupés, il resterait encore près de 6 millions de chômeurs sur le carreau.  

Ridicule : chronique de la présidence Macron

Macron qui ne connait à rien à rien, et encore moins sur le reste laisse entendre qu’il y aurait des millions d’emplois à occuper dans le secteur de la restauration. C’est faux. Ce secteur emploie à l’heure actuelle environ 1 million de personnes, et encore il faut prendre en compte tout le secteur dit de l’hébergement et de la restauration[3]. Sa croissance étant de 5% par an, il y a probablement un potentiel de créations de 50 000 emplois. Cela ne suffit évidemment pas à absorber les 6 millions de chômeurs. En outre il faut prendre en considération deux éléments importants les arrivées sur le marché du travail des jeunes qui se chiffrent à environ 250 000 par an[4]. Également il y a une arrivée de 250 000 immigrés en France par an, depuis une vingtaine d’années. Beaucoup compte sur les départs en retraite qui devraient être de l’ordre de 600 000 unités par an. Mais ce chiffre a des chances de ne pas être atteint parce que les gouvernements successifs ont procédé à l’allongement de la durée des cotisations pour obtenir le taux le plus élevé. Macron fait donc comme si le chômage était volontaire. Cette idée est fausse et crapuleuse. En effet si cette thèse était juste, il n’y aurait aucune raison pour que le taux de chômage change lorsque le taux de croissance évolue : le nombre de fainéants qui profitent cyniquement du système resterait le même. Or on s’est aperçu qu’entre 1997 et 2001 le nombre de chômeurs avait baissé d’un tiers, sans qu’on ait modifié mes conditions d’accès aux allocations chômage. 

Ridicule : chronique de la présidence Macron

Cette phrase malheureuse a été évidemment moquée tout de suite sur les réseaux sociaux pour son arrogance et son absence d’humanité. Car plus encore que sa politique, c’est bien la personne même du président qui exaspère les Français. Macron est ainsi devenu en quelques mois non seulement un personnage dont la politique brouillonne ne satisfait personne, à part les ultra-riches, mais dont le ridicule fait honte. Et quand un homme politique en est là, il est clair qu’il n’a pas d’avenir, même si pour l’instant la solidité des institutions de la cinquième République le protège d’une destitution.    

Ridicule : chronique de la présidence Macron

Le chômage est un sujet très sensible pour les Français. Le taux reste très élevé, les emplois de bonne qualité très rare. On est surpris des réactions nombreuses et virulentes sur ce thème. Certes c’est pour le moquer, mais on le moque sur une question que les Français voudraient bien voir pris au sérieux. C’est bien pour cela qu’il est reproché à Macron de traiter ce sujet par-dessus la jambe. Apparemment il est incapable de tirer des leçons de ses propres échecs. Tout le monde le répète depuis des mois, il est arrogant et méprisant avec les pauvres. Mais il se révèle incapable de changer d’attitude, il change de communiquant, mais rien ne change vraiment. C’est plus fort que lui. Il ne se maîtrise pas et multiplie les bévues qui laissent entendre qu’il n’a pas vraiment toute sa tête et que son action relève de l’amateurisme. Certains pensent maintenant que c’est le pouvoir qui l’a rendu fou, moi je pense qu’il l’était avant. Mais après tout c’est un détail. Insulter les Français à longueur de temps relève de la pathologie. Raide et glacial, il vieillit à grande vitesse, au fur et à mesure qu’il perd le contrôle sur sa propre image. 

Ridicule : chronique de la présidence Macron

Mais le ridicule de Macron ne s’arrête pas à la question du chômage. Elle s’étend à sa volonté de transformer l’Elysée en une petite boutique de souvenirs. Ce petit commerce a été moqué un peu partout sur le net. Par exemple les mugs à l’effigie du président étaient soi-disant en porcelaine de Limoges, mais outre qu’ils avaient failli être fabrique en Chine, ils venaient tout simplement de Toulouse ! La virulence des réactions des Français face à cette marchandisation est une critique en acte non seulement de la désacralisation de la fonction présidentielle, mais aussi de cette manière de tout étalonner avec de la monnaie. On lui a également reproché de singer les manières de la famille royale d’Angleterre qui elle aussi arrondit ses fins de mois en vendant des objets à son effigie. Macron se prendrait-il pour un monarque ? On sait qu’il considère que la France manque d’un roi. Macron vend de tout, des tee-shirts à son image, des mugs, des affiches de lui faisant semblant d’être président. Evidemment s’il a eu une telle idée, c’est que quelqu’un la lui a soufflée ! Derrière cela il y a des conseillers en communication et quelques affairistes qui vont engranger de la menue monnaie : seuls 12% des recettes reviendront à l’Elysée. On a remarqué que le prix de ces objets était très élevé : le mug est à 25 euros, alors que le mug de la reine d’Angleterre est moitié moins cher. Les tee-shirts sont à 55 euros. De quoi dissuader les pauvres ! L’ensemble de cette démarche qui se voudrait moderne révèle en fait le narcissisme du président, mais aussi son goût immodéré pour l’argent.  Pour justifier de cette démarche mercantile, on a évoqué que l’argent servirait à rénover le palais de l’Elysée. 350 000 € ont été engrangé, ce qui correspond pour la rénovation à 12% x 3500000 = 42 000 €. C’est très peu, et même si on pense que sur un an on peut arriver à 2 millions d’euros, ça ne fera jamais que 240000 € pour l’Elysée. Soit bien moins que les primes des directeurs de cabinet ! En outre, il est à peu près certain que lorsque l’effet de mode se sera tassé, les recettes chuteront bien plus bas encore. Qui en effet souhaite embarrasser son armoire à linge de tee-shirts aussi affreux à l’effigie d’un président honni ? 

Ridicule : chronique de la présidence Macron

Mais ce n’est pas tout. Macron et sa garde rapprochée sont montés au créneau pour tenter d’empêcher Alexandre Benalla que de se rendre témoigner devant la commission d’enquête du Sénat. Macron en personne a téléphoné à Larcher pour lui demander de renoncer[5]. Cette tentative d’intimidation a eu l’effet contraire. Larcher s’est régalé de rendre cette intervention intempestive publique. Castaner y est allé lui aussi de sa diatribe, accusant le Sénat de vouloir renverser le président de la République[6]. C’est évidemment ridicule, le Sénat n’a pas les moyens de déboulonner le président de la République. Mais c’est allé encore plus loin. La ministre de la justice la sinistre Belloubet, par ailleurs très molle ministre de la justice, a dénoncé cette audition comme un détournement de la justice[7]. Il y a bien une panique en Macronie à cause de cette affaire Benalla. Ce dernier s’est fait remarquer du reste en insultant le Sénat : comment les sénateurs osent ils le convoquer[8] ? Bouffon comme son chef, il a commencé par dire qu’il n’irait pas. On se demande ce qu’il craint, qu’on lui demande des comptes sur son coffre-fort ? Mais finalement quand Philippe Bas l’a menacé de lui envoyer la police pour l’amener devant la commission d’enquête, il a cédé, il ira bien témoigner. Sans doute c’est l’Elysée qui l’a décidé à y aller. Tout cela sent l’improvisation et l’amateurisme à tous les niveaux. En tous les cas ça marque mal et ridiculise un peu plus Macron et sa bande. La députée LREM a quitté ce parti, indiquant qu’elle avait l’impression de se trouver à bord du Titanic[9] ! Les rats quittent le navire accroissant ainsi un sentiment de panique déjà palpable depuis quelque temps.  

Ridicule : chronique de la présidence Macron

Il est facile d’anticiper une nouvelle chute de popularité de Macron dans les sondages du mois d’octobre. Cette déconfiture programmée va sans doute renforcer la droite Les Républicains et les mettre au coude à coude avec LREM. Les Républicains de type Juppé, macroncompatibles sont évidemment distancés. C’est une concurrence favorable à la gauche du type la France insoumise et au Rassemblement national. L’instabilité politique n’est pas près de s’achever en France. Avec tout ça le plan pauvreté qui devait faire la preuve que Macron était aussi de gauche est passé aux oubliettes. Tout le monde s’en moque, au mieux on en critique l’hypocrisie.

Ridicule : chronique de la présidence Macron 

Ridicule : chronique de la présidence Macron 

 

[1] http://www.atlantico.fr/pepites/seuls-19-francais-satisfaits-action-emmanuel-macron-3506811.html

[2] http://www.leparisien.fr/politique/macron-a-un-jeune-chomeur-je-traverse-la-rue-et-je-vous-trouve-un-emploi-15-09-2018-7889829.php

[3] http://www.pole-emploi.org/files/live/sites/peorg/files/documents/Statistiques-et-analyses/E%26S/ES_39_les%20metiers%20de%20l'hotellerie%20et%20de%20la%20restauration.pdf

[4] Même Le monde conteste ce chiffre, avec des arguments plutôt recevables. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/09/17/conseils-de-macron-a-un-chomeur-derriere-les-chiffres-des-emplois-non-pourvus_5356264_4355770.html

[5] https://www.lexpress.fr/actualite/politique/affaire-benalla-macron-bouscule-larcher-au-telephone_2035027.html

[6] http://www.atlantico.fr/pepites/benalla-castaner-accuse-senat-vouloir-obtenir-destitution-macron-3505412.html

[7] http://www.leparisien.fr/politique/benalla-auditionne-au-senat-nicole-belloubet-met-en-garde-contre-un-empietement-sur-le-judiciaire-15-09-2018-7889637.php

[8] https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/12/alexandre-benalla-na-aucun-respect-pour-les-senateurs-des-petites-personnes_a_23524635/

[9] http://www.lefigaro.fr/politique/2018/09/16/01002-20180916ARTFIG00192-la-deputee-frederique-dumas-claque-la-porte-de-larem.php

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Le soutien de tout « progressiste » à la politique italienne ne devrait-il pas être sans faille… … dans l’affrontement avec l’UE contre l’austérité généralisée. Par Jacques Cotta

8 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #l'Italie

Le soutien de tout « progressiste » à la politique italienne ne devrait-il pas être sans faille…

… dans l’affrontement avec l’UE contre l’austérité généralisée.
Par Jacques Cotta • Actualités • Lundi 08/10/2018 • 
 

 


Emmanuel Macron a donné le « la ». Pour les prochaines élections européennes, il y aurait d’un côté les « progressistes » dont il serait le leader incontesté, de l’autre les « populistes » ou encore « fascistes » que représenteraient à merveille les italiens Di Maio ou Salvini. Les bons d’un côté, les méchants de l’autre. La discussion serait donc close avant même d’avoir été esquissée sur la nature des partis, des politiques, des hommes qui les portent. Et si tout cela était tout de même un peu plus compliqué.

Di Maio, Salvini, et la coalition Lega-M5S

Il serait absurde pour prendre le contre pied d’Emmanuel Macron de trouver une virginité révélée qui « réhabiliterait » Salvini, le leader de « la Lega » du nord.

Salvini est par exemple partisan de la « théorie du ruissellement », par ailleurs chère à notre président Emmanuel Macron, qui vise à baisser les impôts des riches au nom de la relance. La Lega, parti xénophobe dont il a pris la direction, était il y a peu encore concentrée dans le Nord de l’Italie tel un mouvement régionaliste, exprimant la révolte du petit patronat du nord industriel contre l’état central italien, rassemblant comme un parti de masse sur le modèle du vieux PCI nombre de ses anciens militants, comme des secteurs de la classe ouvrière désorganisée par les restructurations industrielles. Avec Salvini, ce parti plutôt européiste, qui refusait de payer pour « les pouilleux du sud », c’est à dire tout ce qui se trouve au sud de la capital Rome, a infléchi sa politique, adopté une ligne critique vis à vis de l’UE, s’est élargi, et a affirmé sa volonté d’être « un parti de toute l’Italie ».

Tout en reconnaissant donc la réalité des formations politiques et le caractère peu fréquentable de quelques uns des leaders concernés, il serait tout autant absurde de ne pas regarder les raisons politiques pour lesquelles les italiens ont porté au pouvoir cette coalition improbable, Liga et M5S.
C’est l’opposition à la politique portée par les grands partis qui explique le succès électoral de La Lega et du mouvement M5S. Ce sont les engagements de campagne portant sur l’opposition à toute une série de contre réformes imposées par les dirigeants allemands et français et défendues becs et ongles par le PD de Matteo Renzi -réforme des retraites, loi travail à l’italienne, etc…- et par Forza Italia de Berlusconi allié aux autres partis du PPE qui explique le bouleversement de la vie politique italienne.

Le système italien basé sur la démocratie chrétienne, le PD et Forza Italia, a explosé et la popularité de la coalition au pouvoir tient à la politique qu’elle met en pratique, du moins qu’elle annonce… En Italie comme en France, les étiquettes ont fait long feu pour laisser place aux jugements réellement politiques qui déterminent l’attitude des électeurs. Descendons donc de la chaire des prêcheurs et des excommunicateurs, et voyons, dans leur vulgaire réalité, les actes du pouvoir italien.

Un programme de rupture avec l’UE

A l’issue d’un conseil des ministres jeudi 27 septembre au soir, Luigi di Maio, vice président du conseil et patron du mouvement 5 étoiles, a annoncé devant des supporters enthousiastes la décision de laisser filer le déficit budgétaire à 2,4% du PIB au mépris de la volonté commune des marchés financiers et des recommandations de Bruxelles. De la part des populistes comme ils sont qualifiés, la décision tranche sérieusement, notamment avec le gouvernement précédent de centre gauche qui avait prévu de limiter le déficit à 0,8% du produit national et qui envisageait un retour à l’équilibre en 2020. Bref, les « populistes » partisans de l’affrontement avec Bruxelles lorsque la « gauche » se déclare favorable à plus d’austérité pour demeurer dans les clous de la commission européenne.

La décision du gouvernement italien, contre l’avis des plus modérés dont le ministre des finances Giovanni Tria, partisan d’un déficit limité à 1,6%, indique donc une détermination politique qui pousse à l’affrontement avec Bruxelles. Macron voulait imposer le débat entre les progressistes et les populistes. Di Maio le prend au mot. Du point de vue des intérêts immédiats de « l’Italie d’en bas », qui est progressiste dans l’affaire?

Pierre Moscovici, l’ancien ministre socialiste de Hollande recasé depuis à la commission européenne, fulmine. Il menace, sans faire reculer les italiens dont le président du conseil Giuseppe Conte indique 27 milliards d’euros de dépenses supplémentaires.
Sont prévues une augmentation des dépenses sociales, une réforme du système des retraites et des baisses d’impôts. De plus,10 milliards d’euros sont destinés à « un revenu de citoyenneté » pour combattre la pauvreté. Ce revenu prévoit des allocations de 780 euros par mois pour 6,5 millions d’italiens les plus démunis, dont les retraités qui vivent sous le seuil de pauvreté. Pour les retraites, 8 milliards devraient permettre la possibilité de cesser le travail à 62 ans avec 38 ans de cotisations. 400 000 personnes devraient pouvoir partir plus tôt.

Pour les impôts, Un million d’auto-entrepreneurs et artisans ne paieront que 15% d’impôts. Un plan d’investissements en infrastructures de 15 milliards d’euros supplémentaires est arrêté.

Evidemment, la coalition au pouvoir est prise dans une contradiction qui pousse naturellement à l’affrontement avec Bruxelles. Comment en effet réaliser les mesures annoncées tout en baissant les impôts sinon en transgressant la règle de la commission qui interdit les déficits?

Ce qui est reproché à la coalition Ligue-5 étoiles, c’est la rupture avec les limites imposées par l’Europe et les marchés. Du coup, l’UE a décidé d’user de ses arguments pour casser les velléités italiennes. La bourse de Milan est l’objet de toutes les attaques. En une journée, les spéculateurs lui ont imposé une perte de 3,7%. Les taux à 10 ans ont commencé à grimper passant de 2,888% à 3,084% vendredi 28 septembre au matin. Le fameux « spread », l’écart entre les taux à dix ans allemand et italien, considéré comme le baromètre du risque sur les marchés, s’est lui aussi tendu. Il était de 260 points de base vendredi matin, en nette hausse, loin des 130 points de base affichés début 2018. Il risque de grimper encore ces prochains jours, renchérissant les coûts auxquels l’Italie se finance. La volonté de la finance est sans équivoque, tenter d’asphyxier le plus vite possible l’Italie pour imposer un changement d’orientation, ou mieux, un renversement du gouvernement. Déjà, comme pour la Grèce, les agences de notations, officine du capital financier, prévoient de réviser la note attribuée à l’Italie, entrainant de façon quasi mécanique une hausse des taux, toujours dans la perspective d’une asphyxie de la péninsule.

Danger mortel pour l’union européenne

C’est donc sur le terrain financier que l’UE compte réagir en mettant à genoux la péninsule, interdisant une politique que les électeurs ont plébiscitée et qu’ils approuvent à plus de 60% selon les derniers sondages qui devraient rendre quelque peu jaloux Macron et ses 29% de satisfaits…

La situation italienne met au centre la question de la démocratie bafouée comme à chaque occasion par les institutions européennes. Car c’est bien la décision du peuple qui a porté des élus du pouvoir qui est niée par Bruxelles. C’est bien contre le peuple souverain que toutes les manoeuvres sont engagées, dés lors que la politique mise en oeuvre est contraire à la volonté bruxelloise.

« Nous faisons du bien à l’Italie et aux Italiens », a assuré le président du conseil, Giuseppe Conte, tandis que ses deux vice-premiers ministres, Matteo Salvini et Luigi Di Maio saluaient la naissance du « budget du changement ». En réalité, n’est-ce pas l’Union européenne elle-même, qui par son orientation austéritaire imposée à tous les peuples d’Europe, permet aux Salvini, Di Maio et autres de prospérer?

A y regarder de plus prés, le gouvernement italien n’applique t’il pas à la lettre ce que définit le planA et planB proposé ici, basé sur la possibilité de désobéir aux traités et décisions de l’UE dés lors que l’intérêt du peuple le nécessiterait? Luigi Di Maio a d’ailleurs assuré que le gouvernement italien n’avait pas l’intention « d’aller au conflit avec la CE », laissant la CE venir au conflit avec le peuple italien.

La Grèce devait servir d’exemple à tous les velléitaires. Pierre Moscovici, le socialiste français et commissaire européen, a condamné les italiens qui font « de la relance avec une dette très élevée » et menacé « cela finit par se retourner contre ceux qui le font ». Le budget italien serait « hors des clous », la dette « explosive ». Il menace. Matteo Salvini a répondu: « Même si l’UE devait recaler notre loi de finances, nous irons de l’avant ». Dans l’épreuve de force qui est engagée et dont nul ne peut prévoir l’issue, sans se sentir en quoi que ce soit attaché aux gouvernants italiens, le soutien des vrais progressistes à la politique qui défie Bruxelles ne devrait-elle pas être sans faille?

De fait le gouvernement italien est en rupture avec l’UE sur tous les grands sujets, en particulier sur les règles de l’Union économique et monétaire, sur la politique étrangère et sûr sur le dossier migratoire. Ce qui se joue en Italie n’a pas grand chose à voir avec les fantasmes macroniens à usage purement électoral. Ce qui se joue avec un des pays fondateurs de l’union, une des premières économies de l’union européenne, est l’éclatement de l’UE et l’accomplissement d’un gigantesque « Brexit » généralisé. N’est-ce pas cela qui se déroule sous nos yeux et que tous les admirateurs de doigt qui ignorent la lune ne veulent entrevoir?

Jacques Cotta
Le 8 octobre 2018
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Réfugiés: l'Etat augmente le budget de l'intégration de 14%. Publié par LEXPRESS

6 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #l'immigration, #l'horreur économique

Réfugiés: l'Etat augmente le budget de l'intégration de 14%
publié le
 
Des réfugiés africains étudiant les codes de la vie en France dans le couvent de Thal-Marmoutier, en Alsace, le 1er février 2018.
Des réfugiés africains étudiant les codes de la vie en France dans le couvent de Thal-Marmoutier, en Alsace, le 1er février 2018.afp.com/PATRICK HERTZOG
 

Le bugdet 2019 prévoit notamment un objectif de 86% de demandeurs d'asile hébergés d'ici 2020, contre 50% aujourd'hui.

Gros coup de pouce pour l'intégration des réfugiés. Le budget consacré à la mission "immigration, asile et intégration" est chiffré à 1,58 milliard d'euros en 2019, soit une hausse de 200 millions par rapport à 2018 (+14 %), selon les documents budgétaires publiés cette semaine. Le budget général n'augmente, lui, que de 0,6%.  

LIRE AUSSI >> 15 millions pour aider les réfugiés à trouver un emploi 

 
 

"Il y a un redimensionnement de la politique d'intégration", dans le sillage du comité interministériel de cet été, qui permettra notamment de financer le doublement des cours de langue et les mesures d'insertion professionnelle, a-t-on expliqué à l'Intérieur. 

Le budget prévoit ainsi une hausse de plus de 40 % l'an prochain des crédits de l'intégration, à 395 millions d'euros, dont 52 millions pour la formation linguistique. 

Plus de places d'hébergement

L'Etat se fixe également des objectifs élevés en terme d'hébergement, puisqu'il prévoit d'héberger 86 % des demandeurs d'asile à l'horizon 2020, contre 50 % seulement en 2018. Cela suppose une augmentation du parc, qui devrait atteindre "plus de 97 000 places en 2019", selon les annexes budgétaires.  

LIRE AUSSI >> Droit d'asile: les principales dispositions du projet de loi 

Pour faire sortir les déboutés et les réfugiés de ces dispositifs d'hébergement, l'Etat prévoit aussi de porter à 10 000 places le parc d'hébergement des réfugiés. 

Dans ses calculs, l'administration table, en 2019 comme en 2020, sur "une stabilité de la demande d'asile" et "une baisse de 10 % des demandeurs Dublin" (déjà enregistrés dans un autre pays européen). Environ 100 000 personnes ont demandé l'asile en France l'an dernier. 

L'Etat renforce en parallèle la lutte contre l'immigration irrégulière, avec un plan de 50 millions d'euros pour les centres de rétention administrative, pour lesquels 450 places supplémentaires sont prévues.  

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[Carte] Les sites français en première ligne face au nouveau patron de General Electric. Par Manuel Moragues

6 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #l'horreur économique, #La haute trahison

[Carte] Les sites français en première ligne face au nouveau patron de General Electric
Manuel Moragues


Publié le

Infographie Nommé le 1er octobre à la tête du géant américain General Electric, Lawrence Culp doit restaurer la rentabilité du groupe, pénalisée par sa branche Power. Une mission à hauts risques pour les usines françaises.

[Carte] Les sites français en première ligne face au nouveau patron de General Electric
L'activité de turbines à gaz de GE, dont Belfort (Territoire-de-Belfort) est le centre européen, a vu sa rentabilité chuter en 2017.
© DR

La France est en première ligne face à la mission du nouveau PDG de General Electric: restaurer la génération de trésorerie. Quelque 16 000 personnes sont aujourd'hui employées par GE dans l'Hexagone. Un quart doit sortir du périmètre d'ici à 2021 selon les plans arrêtés par l'ex PDG John Flannery, qui prévoient la scission de la division santé et la vente de l'activité pétrole & gaz.

 

 

Le nouveau GE se retrouverait ainsi avec plus des trois quarts de ses effectifs français relevant de la division Power. Précisément la branche malade de l'Américain qui pénalise ses marges. L'Hexagone bénéficiait d'une relative protection de l'emploi via l'engagement pris par GE envers l'Etat, lors de l'acquisition des activités énergie d'Alstom, de créer 1 000 emplois.

Non seulement cet engagement n'a pas été tenu – seuls 330 emplois nets ont été créés -, mais cette clause emploi tombe début novembre. L'avenir des sites français de GE est bien incertain. Et certains salariés se mobilisent déjà, comme à l'usine de turbines de Belfort, dans le territoire de Belfort.

 

 

 

 

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Scandale: Sous la pression de l’Europe, la France cède les 150 plus grands barrages hydrauliques !

6 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #Haute trahison, #l'horreur économique

Scandale: Sous la pression de l’Europe, la France cède les 150 plus grands barrages hydrauliques !
 
 

Le gouvernement a donc annoncé la privatisation des 150 plus grands barrages hydrauliques de France. Cela fait plus de 10 ans que la Commission européenne fait pression sur Paris pour en finir avec la gestion publique du secteur hydroélectrique, sans succès. Avec Macron, Bruxelles est rapidement satisfaite. Cette décision est pourtant lourde de conséquences, tant pour la bonne gestion du réseau électrique national et la facture du consommateur que pour la sécurité du territoire.

Le 12 mars, des salariés d’EDF hydroélectricité manifestaient devant le parlement européen à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC-FO. Ils exigent l’abandon de l’ouverture à la concurrence de la gestion des barrages, annoncée officiellement le 31 janvier 2018 par l’entourage du Premier ministre dans une lettre à la Commission européenne.

Jusqu’à présent, une très grande majorité des 2 300 barrages métropolitains étaient de fait propriété publique. EDF gère directement 85% des 433 concessions du pays (1 ou plusieurs barrages relié.s à une même centrale électrique), le reste est gérée par Engie et des structures régionales, comme la Compagnie Nationale du Rhône ou encore la Société Hydro-Electrique du Midi. Les 150 plus grands barrages (plus de 20 mètres de haut) vont être privatisés d’ici 2022. C’est l’équivalent d’une puissance électrique de 4.3 GW, soit trois réacteurs nucléaires nouvelle-génération. L’ensemble des barrages (20 GW) devraient être privatisés d’ici 2050. Les appels d’offres vont commencer à la fin de l’année 2018 et des firmes de 6 pays se sont déjà montrées intéressées.

 

 

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Après leur défaite embarrassante, l’OTAN, l’UE et l’Occident tentent de changer la réalité des faits en Macédoine. Par Flavien Rehaut

3 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La mondialisation, #Grèce, #Yougoslavie

Après leur défaite embarrassante, l’OTAN, l’UE et l’Occident tentent de changer la réalité des faits en Macédoine

Article de Strategic-Culture, traduit par Soverain

Bien que le référendum de changement de nom du 30 septembre 2018 en Macédoine qui devait mettre cette ex-République fédérale yougoslave sur la voie d’une adhésion à l’OTAN (certaine) et (joyeusement promise mais beaucoup moins certaine) à l’UE ait lamentablement échoué (36,91% des électeurs ayant voté, bien en dessous des 50% + 1 nécessaires pour sa validité) , rien ne le laisse penser dans la réaction des occidentaux. En effet, un nouveau terme est sans doute nécessaire pour décrire avec justesse les réactions des principaux représentants du reliquiae reliquiarum de l’époque unipolaire de l’après-guerre froide dirigée par les Occidentaux. Les « fausses nouvelles » ne leur rendent tout simplement pas justice. Peut-être peut-on appeler ça « fausse réalité » ?

Le Département d’État américain a fermement démenti cette réalité en publiant la déclaration suivante :

« Les États-Unis se félicitent des résultats du référendum organisé le 30 septembre par la République de Macédoine, lors duquel les citoyens ont exprimé leur soutien à l’adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne (UE) en acceptant l’accord Prespa entre la Macédoine et la Grèce. Les États-Unis appuient fermement la mise en œuvre intégrale de l’accord, qui permettra à la Macédoine de prendre la place qui lui revient au sein de l’OTAN et de l’UE, contribuant ainsi à la stabilité, la sécurité et la prospérité régionales. Alors que le parlement macédonien entame ses délibérations sur les changements constitutionnels, nous exhortons les dirigeants à dépasser la politique partisane et à saisir cette occasion historique d’assurer un avenir meilleur au pays en tant que membre à part entière des institutions occidentales ».

Le commissaire européen chargé des négociations européennes de voisinage et d’élargissement, Johannes Hahn, n’était pas en reste dans son mépris pour les 63% des « déplorables » macédoniens qui sont restés chez eux pour exprimer leur désaccord avec le renoncement à leur identité nationale et à leur nom de pays (il devait devenir la « Macédoine du Nord ») en échange du double plaisir de a) devenir la chair à canon de l’OTAN dans son dangereux jeu du poulet avec la Russie et b) de devenir des nouveaux esclaves de la dette européenne : « référendum en Macédoine : Je félicite les citoyens qui ont voté lors du référendum consultatif d’aujourd’hui et qui ont fait usage de leurs libertés démocratiques. Avec le vote très significatif du « oui », il y a un large soutien à l’accord #Prespa + à la voie #Euroatlantique du pays. J’attends maintenant de tous les dirigeants politiques qu’ils respectent cette décision et qu’ils la fassent progresser avec la plus grande responsabilité et la plus grande unité entre les partis, dans l’intérêt du pays. » Il a été secondé le lendemain, dans une déclaration commune, par Federica Mogherini, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-présidente de la Commission européenne.

Naturellement, en tant qu’acteur public de premier plan, le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a été particulièrement (hyper)actif. Au fur et à mesure que les résultats décevants commençaient à se faire sentir, Stoltenberg s’est immédiatement mis à contrôler les dégâts en envoyant un tweet : « Je me félicite du oui au référendum en Macédoine. J’exhorte tous les dirigeants et partis politiques à s’engager de manière constructive et responsable pour saisir cette occasion historique. « La porte de l’OTAN est ouverte, mais toutes les procédures nationales doivent être achevées. » Le lendemain, il a renforcé sa missive délirante en publiant une déclaration similaire cosignée par le président de l’UE, Donald Tusk. Et le lendemain, lors d’une conférence de presse, Stoltenberg a même offert une adhésion fulgurante à l’OTAN aux Macédoniens réticents – janvier 2019, pour être exact – s’ils avaient la gentillesse de mettre en œuvre d’urgence l’accord qui avait précisément été rejeté si fermement par ces Macédoniens. Quand l’OTAN dit qu’elle promeut les valeurs démocratiques – elle le pense !

Mais ce n’était pas la fin de la « fusion démocratique » autour de ce qui pourrait bien s’avérer être le Waterloo des Balkans de l’OTAN, de l’UE et du reste de la fin de l’histoire de l’Occident. Par exemple, le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates du Parlement européen, tout en regrettant que le taux de participation ait été inférieur à 50%, a néanmoins salué les résultats du référendum et appelé l’opposition à respecter la volonté exprimée par la majorité (sic) des électeurs. Le leader du groupe, Udo Bullmann, tout en affirmant que, d’une certaine manière, un taux de participation inférieur à 37% représentait encore une « majorité », a profité de l’occasion pour fustiger le président macédonien pour avoir eu le culot d’appeler au boycott du référendum (il a commis le crime de l’appeler « suicide historique » dans son discours à l’Assemblée générale des Nations unies) ainsi que pour dénoncer, – devinez quoi? – des « rapports sur l’ingérence russe dans le processus électoral. » Il va sans dire que Bullmann n’a offert absolument aucune preuve de ses affirmations. D’autre part, selon de nombreux médias, à l’approche du 30 septembre, alors qu’aucun haut responsable russe ne se trouvait dans les environs, une véritable procession de personnalités politiques occidentales a fait le pèlerinage à Skopje afin de révéler aux autochtones leurs « véritables » intérêts : Sebastian Kurz, « Mad Dog » Mattis, l’infatigable Stoltenberg, Federica Mogherini, Johannes Hahn, Angela Merkel. Pas d’ingérence, évidemment….

Parlant d’Angela Merkel, elle s’est également jointe au mépris unanime de ses collègues démocrates occidentaux pour l’opinion majoritaire des électeurs macédoniens, exhortant le pays à « faire avancer » l’application de l’accord rejeté à la majorité, citant le « soutien massif » des électeurs et faisant valoir par la bouche de son porte-parole que la participation requise de 50% + 1 était « très élevée » car les listes électorales auraient inclus de nombreuses personnes ayant depuis longtemps quitté le pays.

Coïncidence ( ?), le même argument a été utilisé par le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias, qui a estimé que les « oui » exprimés lors du référendum « représentent en fait la majorité malgré la faible participation, car la Macédoine ne compte pas 1,8 million d’électeurs inscrits sur ses listes électorales mais seulement 1,2 million depuis que 300 000 personnes ont quitté le pays, et cela depuis la dernière actualisation des listes électorales, qui date de 20 ans. Il suffit de jeter un coup d’œil aux résultats des dernières élections législatives en Macédoine (décembre 2016), où le taux de participation a été légèrement inférieur à 1,2 million d’électeurs (1 191 832 pour être exact), soit officiellement 66,79%, pour se rendre compte de la fausseté de son affirmation contestée par la réalité. Si l’on en croit Kotzias et Merkel (qui ne s’y sont pas opposés à l’époque), le taux de participation aux élections de 2016 aurait été de 99%, un chiffre qui aurait fait rougir d’envie tout dictateur totalitaire. D’autre part, ces élections ayant produit le « résultat souhaité » permettant la formation du gouvernement actuel, fortement pro-OTAN/UE, dirigé par Zoran Zaev, qui les a automatiquement rendues « valides » aux yeux des grands prêtres de la démocratie à Bruxelles, Berlin, Londres et Washington.

Il va sans dire que M. Zaev s’est joint à la mascarade de ses patrons occidentaux, saluant le référendum comme un « succès démocratique » et annonçant qu’il demanderait le soutien du Parlement macédonien pour modifier la Constitution et faire ratifier l’accord avec la Grèce (selon l’accord Prespa, le Parlement macédonien doit adopter les amendements constitutionnels nécessaires avant fin 2018) afin que le Parlement grec puisse en faire autant et conclure l’affaire. Toutefois, M. Zaev et ses partenaires politiques albanais sont actuellement bien loin de la majorité des deux tiers nécessaire (ils peuvent compter sur 71 députés, soit 9 de moins que les 80 nécessaires), et ils devront organiser des élections anticipées s’ils ne parviennent pas rapidement à les obtenir.

Cependant, il ne faut pas oublier que Zaev chantait un air assez différent avant le référendum, assurant que  » les citoyens prendront la décision  » et que le Parlement votera sur les changements constitutionnels nécessaires seulement si le référendum est un succès. Mais c’était à l’époque, alors que la confiance était encore élevée et que la combinaison habituelle de la pression occidentale, de l’argent et de la domination écrasante de l’éventail des médias permettrait de faire le travail. Et puis la réalité a frappé le 30 septembre….

Malgré tout, au milieu de tous les faux applaudissements et de toutes les manifestations publiques de confiance de la foule pro-OTAN/UE, un sentiment palpable de malaise plane dans l’air. Comme l’a dit un article d’opinion de la Deutsche Welle, « le faible taux de participation au référendum en Macédoine est un mauvais point de départ pour le développement futur du pays ». Et, selon DW en serbe, un commentaire du Frankfurter Allgemeine Zeitung a averti que « les politiciens qui ne cessent de parler de la démocratie comme d’un « bien inestimable » ne devraient pas demander au Parlement de Skopje d’accepter les résultats du vote ». En d’autres termes, le peuple macédonien (lire – une large majorité de la population slave majoritaire) a « voté avec ses pieds » et rejeté l’accord, et aucune nouvelle élection parlementaire, quels qu’en soient les résultats, ne peut changer ce fait déplaisant mais immuable. Rien que pour cette raison, tout effort mené par l’Occident pour « fabriquer le consentement » en faisant passer l’accord par le Parlement actuel ou futur sera délégitimé – même si, comme nous le savons, l’OTAN n’accorde pas trop d’importance aux référendums de toute façon, tandis que l’UE ne s’oppose pas à faire voter les citoyens aussi souvent qu’il le faudrait pour obtenir le « bon » résultat.

Mais l’Occident n’a pas seulement perdu de sa légitimité en Macédoine – il a entaché sa réputation, peut-être irrémédiablement. Comme l’a dit l’ancien conseiller présidentiel Cvetin Chilimanov, « L’Occident nous a humiliés… Les Macédoniens ont rejeté cette agression médiatique, psychologique, politique et de propagande contre le peuple, et c’est ce qui explique toute la tragédie actuelle : un pourcentage élevé de gens qui étaient réellement orientés vers l’Ouest a changé d’avis et ne regarde plus l’Ouest comme une démocratie, une avancée et une réussite… Voilà pourquoi le boycott a été décidé. Des pressions ont été exercées contre la Macédoine, un pays qui avait toujours été ouvert aux rapprochements avec l’Occident, mais qui ne voulait pas faire ce compromis écœurant et s’humilier devant les pays voisins, devant les pays occidentaux. Nous ne comprenions pas pourquoi cette humiliation était nécessaire pour que nous puissions devenir membres de l’Europe. Le pire, c’est peut-être la pensée d’une majorité silencieuse de la population, qu’elle n’oubliera pas cette insulte et cette attaque contre la Macédoine. »

Aleksandar Pavic

 
Diaspora
 
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