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Le blog de Lucien PONS

V. Poutine répond aux questions de F. Zakaria. Forum économique de St. Petersbourg

31 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La guerre

V. Poutine répond aux questions de F. Zakaria. Forum économique de St. Petersbourg

Ajoutée le 7 juil. 2016

0:48 Sanctions. Nouvelle "guerre froide"?
8:58 Ukraine
13:18 Syrie
19:28 USA. Donald Trump. Hilary Clinton.
28:42 Sport. Dopage. Euro-2016
En intervenant lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a répondu aux questions de Fareed Zakaria sur les sanctions anti-russes, la situation en Ukraine et en Syrie, la présidentielle américaine, sur le problème de dopage et sur les affrontements entre les supporters pendant l'Euro-2016 en France

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Des généraux ALLEMANDS disent "STOP " à la RUSSOPHOBIE

31 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #La guerre, #Ukraine

. © AP Photo/ Stephen J. Carrera

. © AP Photo/ Stephen J. Carrera

© Flickr/ glawster

Près d'une centaine de généraux et d'officiers supérieurs de l'ex-RDA ont signé une lettre ouverte intitulée "Soldats pour la paix", dans laquelle ils condamnent la politique de l'Occident vis-à-vis de la Russie.

Selon les militaires, le remaniement du monde sous l'égide des USA et de leurs alliés a conduit à de nombreuses guerres. Pourtant, l'histoire montre qu'il est préférable d'être ami avec les Russes plutôt que l'inverse. Cette lettre sera envoyée au Bundestag et aux ambassades des pays de l'Otan.
  

Moscou dénonce une campagne antirusse déchaînée aux USA. Les représentants du commandement militaire de l'ex-RDA appellent les pays de l'Otan à stopper l'hystérie militaire et la russophobie. La lettre "Soldats pour la paix" a été publiée sur le site du quotidien allemand Junge Welt. "Nous savons bien ce qu'est la guerre, et nous prônons la paix", indique le message signé par les ex-ministres de la Défense de l'ex-RDA Heinz Kessler et Theodor Hoffmann, trois généraux de corps d'armée, 19 généraux de division, 61 généraux de brigade, dont le cosmonaute Sigmund Jähn, plusieurs amiraux, ainsi que des colonels et des capitaines.
 
70 ans après la fin du conflit qui a coûté la vie à 27 millions de Soviétiques, la guerre redevient un compagnon de l'humanité, note la lettre. "Le remaniement du monde sous l'égide des USA et de leurs alliés a conduit aux guerres en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, au Yémen, au Soudan, en Libye et en Somalie", souligne la lettre.
 
Les militaires allemands indiquent que la stratégie américaine vise à éliminer la Russie en tant que concurrent et à affaiblir l'Union européenne. Et la tentative de faire de l'Ukraine un membre de l'UE et de l'Otan, selon eux, est une aspiration à créer un "cordon sanitaire" de la région balte jusqu'à la mer Noire pour isoler la Russie du reste de l'Europe, ce qui rend impossible l'union entre la Russie et l'Allemagne.
Les signataires de cette lettre remarquent également une campagne sans précédent des médias, une atmosphère d'hystérie militaire et de russophobie. D'après eux, cette tendance va à l'encontre du rôle diplomatique que pourrait jouer l'Allemagne au regard de sa situation géopolitique, de son expérience historique et des intérêts objectifs du peuple. "Nous n'avons pas besoin d'une campagne militaire contre la Russie, mais d'une entente mutuelle et d'une coexistence pacifique. Nous n'avons pas besoin d'une dépendance militaire des USA, mais de notre propre responsabilité pour la paix", écrivent les militaires.
"En tant que militaires, nous savons bien que la guerre ne doit pas être un outil de la politique. En s'appuyant sur notre expérience, nous pouvons évaluer les conséquences pour toute l'Europe", a déclaré dans une conférence de presse l'ex-ministre de la Défense de la RDA l'amiral Theodor Hoffmann. Selon ce dernier, plusieurs signataires de cette lettre ont été témoins de la Seconde Guerre mondiale. Il a souligné également que les problèmes clés de notre époque ne pouvaient être réglés qu'en coopération avec la Russie. "L'expérience montre qu'il vaut mieux être ami qu'ennemi avec les Russes", conclut Hoffmann.
 
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SYRIE : le journal allemand "Die Welt" reconnait que l’attaque au GAZ SARIN de Ghouta a été perpétrée par Al-Qaïda

31 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Publié par El Diablo

 

 

 

 

(Reuters)

(Reuters)

Un journal allemand atlantiste reconnait que l’attaque au gaz sarin de Ghouta a été perpétrée par Al-Qaïda

Le journal allemand Die Welt est un inconditionnel avéré de l’OTAN et des Etats-Unis. Il suit toujours la ligne de propagande conservatrice officielle, jusqu’au dernier point sur le dernier i. Mais dans l’édition de dimanche, aujourd’hui, un de ses journalistes, bien en cour et chef de département, plaide pour un changement de cap en Syrie : Assad ne va pas disparaître et « l’ouest » doit l’accepter pour empêcher une prise de contrôle salafiste de ce pays.

Enterré dans un article de langue allemande, on trouve cette analyse de l’attaque au gaz sarin sur Ghouta en 2013 et du « manque de réaction » de l’administration Obama :

 

Lorsque le 21 août 2013, le gaz neurotoxique sarin a été utilisé dans Ghouta, une banlieue de Damas, [Obama] a dû prendre une décision. Il a ordonné de se préparer à tirer des missiles de croisière depuis la mer. Mais les services secrets britanniques étaient en possession d’un échantillonnage du gaz sarin utilisé. Une analyse a montré que le gaz sarin n’appartenait pas au régime syrien, mais à al-Nusra. Obama a renoncé à son projet d’attaque.

Il y a plusieurs problèmes avec cette description des d’événements. Le parlement britannique avait rejeté une attaque sur la Syrie. Le Congrès des Etats-Unis avait refusé d’en autoriser une. Si Obama avait attaqué, les républicains auraient, sans nul doute, entamé une procédure de destitution contre lui. Ce sont des questions de politique intérieure, et non pas la découverte de la réelle origine du gaz sarin, qui ont stoppé les plans d’attaque d’Obama.

L’explication du journaliste de Die Welt, à savoir que le gaz sarin d’al-Nusra était différent de celui du gouvernement syrien Sarin, est également contestable. Selon un récent rapport extensif, basé sur des entretiens avec un « rebelle » aligné sur al-Qaïda en Syrie, al-Qaïda a pris le gaz sarin dans une installation de stockage du régime syrien, quand il a conquis la base syrienne du Régiment 111, à la fin de 2012. C’était avant la scission d’al-Nusra et de l’Etat islamique. Si cela est exact, Il ne peut donc pas y avoir de différence entre le « gaz sarin du régime » et le « gaz sarin d’al-Qaïda ».

Mais, même mis à part l’origine du gaz sarin, les experts de missiles étasuniens savaient depuis longtemps que les missiles qui transportaient le gaz sarin ne pouvaient pas avoir été tirés depuis les zones tenues par le gouvernement. Leur portée était tout simplement trop courte. Ainsi, l’attaque ne peut qu’avoir été une attaque sous fausse bannière.

Malgré tout, l’analyse que fait ce journal allemand montre que le vent a tourné et que la tempête officielle de « changement de régime » est en train de se calmer. La perte d’un élément majeur de la propagande officielle, tel que l’attaque au gaz sarin, laisse penser qu’on va nous servir une nouvelle narrative. Laquelle ? Nous le verrons bientôt.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

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Vive le capitalisme... ! Parole d’actionnaire : 372 milliards d’euros de dividendes au 2ème trimestre 2016

31 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #Les transnationales, #Terrorisme, #le nazisme

 

Vive le capitalisme... ! Parole d’actionnaire : 372 milliards d’euros de dividendes au 2ème trimestre 2016

Et non, non, non... détrompez-vous ! Ce n'est pas win-win ! Dans ce bas-monde il y a de gagnants... parce qu’il y a de perdants ! Ces actionnaires et patrons heureux sont l'oligarchie planétaire, la nomenklatura capitaliste, la classe dominante bénéficiant de plus de quarante ans de néolibéralisme rampant, conquérant et triomphant.

Les dividendes des actionnaires dans le monde sont en hausse en 2016. Donnant 372 milliards d’euros pour le deuxième trimestre de cette année (1). Un montant que nous pouvons extrapoler pour trouver une somme annualisée de 1 488 milliards d’euros, pas moins. La société de gestion d’actifs à l’origine de ce calcul trimestriel, Henderson Global Investors, annonce cependant pour toute l’année 2016 une hausse de dividendes de 3,9%, prévoyant seulement 1 180 milliards de dollars usd pour cette année. Retenons le calcul le plus haut pour de comparaisons pédagogiques.

Le montant annualisé des dividendes est plus important que le PIB individuel annuel de chacun de tous les pays du monde (PIB nominal de 2015), outre les dix premiers (2). Donc de tout ce " reste du monde ", soit un total de 187 pays et 20 territoires (3). Ce n’est pas rien. Plus important que le PIB de tous les pays de l’Amérique latine en individuel, outre le Brésil, avec ses 1 772 milliards de dollars (2015). Plus donc que le PIB des deux autres géants de cet ensemble géopolitique qui sont le Mexique, avec 1 144 milliards de dollars, et l’Argentine, avec 585 milliards de dollars.

Mais aussi plus que la somme des trois plus importants PIB de l’Afrique (2015) : le Nigeria avec 490 milliards de dollars, l’Égypte avec 331 milliards de dollars, et l’Afrique du sud avec 313 milliards de dollars, soit 1 134 milliards de dollars usd pour ces trois premières économies africaines. Bien supérieure aussi au PIB annuel de la CEDEAO, ces 15 pays de l’Afrique de l’ouest – avec le Nigeria, ce géant – qui eurent un PIB de 674 milliards de dollars (2015). Et d’ailleurs presque 50 fois le PIB de la Côte d’Ivoire, avec ses 31,2 milliards (2015), le plus "lourd" de tous les PIB de la zone franc CFA (pour rappel, "colonies françaises d’Afrique").

Et ce n’est que la pointe visible de l’iceberg. Entre sous-estimations, cachoteries, camouflages et escamotages. Cela ne tient pas compte de dividendes non versés, des réinvestissements. Ni des capitalisations, boursières. Ni des gains très substantiels d’actionnaires occupant de postes dirigeants dans les sociétés, disposant aussi des biens sociaux, des gains en nature. Ni des "dividendes" occultes, des "actionnaires" tapis dans l’ombre, de la corruption publique et privée, de ceux de l’économie grise et de l’économie noire, criminelle, des mafias diverses, ni de la finance off-shore, de tous ces dividendes invisibilisés et finissant en vastissimes fraudes fiscales – ce crime universel des personnes physiques et "morales" – le sport préféré des riches de notre monde, etc. etc.

Enfin, le bonheur des uns – en dividendes et paillettes, mais suivis parfois de charitable "philanthropie" pour la bonne conscience, de magazines mondains et soirées de gala – fait les malheurs de beaucoup, beaucoup d’autres, les malheurs de la précarité, des bas-salaires, du travail au noir, des accidents du travail, des maladies professionnelles, des dépressions, des burn-outs, des suicides, du chômage, des malnutritions, de la paupérisation, des guerres hybrides, des guerres civiles, de guerres classiques, des disettes, des famines, de la dévastation de la nature, du sous-développement organisé, du piétinement des peuples, de l’écrasement des souverainetés nationales, ... et cetera.

Vae victis ! soit Honte, misère et malheur aux vaincus, aux perdants...! A savoir, dans notre planète de vaincus et de perdants, dont le Sud à la vocation de les abriter depuis des siècles mais aussi dans le Nord riche et protégé – suite à la fin des trente glorieuses, l’éclatement de la première crise pétrolière en 1973 et le début des embats néolibéraux et du démantèlement par pièces de l’État social – soit un "petit" 99% de personnes touchant de non-dividendes ou d’anti-dividendes pour les plus exploités et marginalisés (4). Dans les rubriques "pertes et profits", les actionnaires ici régalés ont les profits, les auspices et les augures, les bons, et nous ici en bas de la pyramide – le "reste du monde" –qui sommes les perdants, nous sommes parqués dans les rubriques pertes.

Ces actionnaires et patrons heureux sont l’oligarchie planétaire, la nomenklatura capitaliste, la classe dominante bénéficiant de plus de quarante ans de néolibéralisme rampant, conquérant – hé oui, le premier pays gouverné par les économistes néolibéraux fut, fut, fut ... le Chili du général Pinochet dès 1973 ! – et triomphant. Les politiques économiques néolibérales sont faites en leur nom, pour garantir leurs intérêts stratégiques et de juteux dividendes.. Les marchés commandent les économies du monde mais les actionnaires commandent les marchés. Et ils ne veulent pas se voir ni comme oligarchie ni comme nomenklatura. A travers ses propagandistes, ses leaders d’opinion, les élites technocratiques agissantes à leur solde, ses médias tout-puissants et ses griots de toute sorte, ils veulent aussi empêcher l’humanité qu’on les voit ainsi, nus et devenir ensuite détestables.

Hé non, non, non... détrompez-vous ! Ce n’est pas win-win ! Dans ce bas-monde il y a de gagnants... parce que il y a de perdants !

Rassurés, enrichis ou protégés par salariés, fonctionnaires de tout type et bénévoles intéressés – parfois aussi par de serfs et esclaves modernes, comptables, managers, avocats fiscalistes, pénalistes, journalistes, théories et théoriciens, idéologues, propagandistes, religieux qui consolent, justifient ou absolvent doutes et mauvaises consciences, politiciens, pas mal de politiciens, artistes, sportifs et saltimbanques, cireurs-de-pompe amateurs et professionnels, gardes du corps, matons, policiers, militaires et mercenaires... ... les actionnaires, les patrons, tout compte fait, n’ont pas trop à se plaindre (5).

Donc, sourires, champagne et bonnes consciences... Merci, merci patrons et actionnaires, et encore plus de prospérité, amours, gloire et beautés pour vous !

 

Luis F. Basurto

 

(1) " Tous les actionnaires de la planète se sont partagé 372 milliards d’euros au deuxième trimestre " Le Monde.fr avec AFP | 2016/08/22 01:42:53- mis à jour le 2016/08/22 09:51:03

(2) A savoir, les EU, la Chine, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Inde, l’Italie, le Brésil et le Canada

(3) Données statistiques issues de :
http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.MKTP.CD?end=2015&a...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_nominal

(4 ) https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2015-01-19/les-1-...

(5) https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2016-01-18/62-per...

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Journalisme hypocrite (Consortium News) par Robert PARRY

31 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Les média, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Ukraine, #La Russie, #Terrorisme

 

Journalisme hypocrite (Consortium News)

Au cours des dernières décennies, les grands médias des Etats-Unis ont trahi le peuple américain d’une manière historique en diffusant de fausses informations ou des narratives trompeuses sur pratiquement tous les sujets internationaux importants, et continuent à ce jour à mener le pays dans des conflits destructeurs et inutiles.

Pour moi, un tournant majeur fut lorsque les principaux organes d’information ont refusé de se pencher sur les tenants et aboutissants du scandale Iran-Contra, y compris sur ses origines dans les contacts illicites entre les Républicains et les Iraniens au cours de la campagne de 1980 et la collaboration de l’administration Reagan avec des trafiquants de drogue pour soutenir la guerre des Contras au Nicaragua. (Au lieu de cela, les grands médias ont dénigré les reportages sur ces véritables scandales.)

Si ces histoires peu recommandables avaient été pleinement expliquées au peuple américain, leur opinion sur Ronald Reagan et George H.W. Bush serait beaucoup moins favorable et la montée des sous-fifres néocons de Reagan aurait pu être stoppée. Au contraire, les néo-conservateurs ont consolidé leur domination sur la politique étrangère officielle de Washington et le fils inepte de Bush fut autorisé à s’emparer de la Maison Blanche en 2001.

Ensuite, on aurait pu penser que l’invasion désastreuse de l’Irak en 2003 - justifiée par une cohorte de mensonges - aurait finalement condamné les néocons, mais, à l’époque ils avaient déjà profondément pénétré les médias nationaux et les grands groupes de réflexion, et leur influence s’étendait au-delà du Parti républicain jusque dans les profondeurs du Parti démocratique.

Ainsi, malgré la catastrophe en Irak, presque rien n’a changé. Les néo-conservateurs et leurs copains les interventionnistes libéraux ont continué à fabriquer des récits qui ont conduit les Etats-Unis dans un bourbier après l’autre, à la recherche de plus en plus de « changements de régime » tout en écartant les recommandations pour une résolution pacifique des crises internationales.

Dissonance cognitive

Dans le cadre de ce phénomène, il existe une profonde dissonance cognitive tandis que les logiques évoluent en fonction des nécessités tactiques des néocons. D’un cas à l’autre, il n’y a aucune cohérence logique ou morale, et les principales agences de presse suivent, se refusant encore et toujours d’exposer ces hypocrisies flagrantes.

Le gouvernement des Etats-Unis défend un monde « fondé sur des règles » lorsque cela sert ses intérêts mais viole allégrement le droit international lorsqu’il a décidé qu’une « guerre humanitaire » l’emportait sur la souveraineté nationale et la Charte des Nations Unies. Ce dernier est particulièrement facile après qu’un dirigeant étranger a été diabolisé dans la presse, mais la souveraineté devient inviolable dans d’autres circonstances, lorsque les régimes criminels sont amis de Washington.

L’administration de George W. Bush et les médias traditionnels justifièrent en partie l’invasion de l’Irak en accusant Saddam Hussein de violations des droits de l’homme. L’illégalité évidente de l’invasion fut ignorée ou rejetée comme de simples chicaneries de la part des « apologistes de Saddam ». De même, l’administration Obama et les médias ont justifié l’invasion de la Libye en 2011 sous l’accusation mensongère que Mouammar Kadhafi s’apprêtait à massacrer des civils (il avait dit qu’il s’en prenait aux terroristes islamiques).

Mais les mêmes médias regardent ailleurs ou trouvent des excuses lorsque le massacre de civils est l’oeuvre d’« alliés », comme Israël contre les Palestiniens ou l’Arabie saoudite contre les Yéménites. Ensuite, le gouvernement des Etats-Unis se précipite pour livrer encore plus d’armes pour que les bombardements puissent se poursuivre.

La vision du terrorisme est sélective aussi. Israël, l’Arabie Saoudite et d’autres « alliés » américains dans le Golfe Persique ont aidé et encouragé des groupes terroristes, y compris le front al-Nosra d’Al-Qaïda, dans une guerre contre le gouvernement en grande partie laïque de la Syrie. Ce soutien à la subversion violente a suivi la diabolisation du président syrien Bachar al-Assad par les médias.

Ainsi, en essayant d’éviter un autre bourbier à l’irakienne, le président Obama fait face à de vives critiques à Washington dominée par les néocons parce qu’il n’en fait pas assez pour imposer un « changement de régime » en Syrie, bien qu’il ait effectivement autorisé la livraison d’armes sophistiquées US à la soi-disant opposition « modérée » , qui opère souvent sous la structure de commandement d’al-Nosra.

En d’autres termes, il est acceptable d’intervenir ouvertement et clandestinement lorsque c’est Washington qui le décide, indépendamment du droit international et même si cela implique une complicité avec les terroristes. Mais le refrain change lorsque la balle est dans l’autre camp.

Dans le cas de l’Ukraine, toute aide russe aux rebelles russes ethniques sous l’agression d’une armée ukrainienne qui comprend des bataillons néo-nazis, tels que la brigade Azov, est inadmissible. Le droit international et une structure « fondée sur des règles » doivent être défendus en punissant la Russie.

Les médias ont encore trahi leurs lecteurs avec une couverture unilatérale du coup d’Etat de 2014 qui a renversé le président élu Viktor Ianoukovitch, qui avait subi lui aussi une campagne de diabolisation de la part des fonctionnaires américains et de la presse grand public. Ainsi, les principaux organes de presse ont applaudi le coup d’Etat et ne voyaient rien de mal lorsque le nouveau régime soutenu par les Etats-Unis a annoncé une ’Opération de lutte contre le terrorisme’ – contre les Ukrainiens ethniques russes qui avaient voté pour Ianoukovitch et qui considéraient le régime putschiste comme illégitime.

Dans les médias occidentaux, le régime putschiste ’tout de blanc vétu’ à Kiev ne pouvait pas faire de mal, même lorsque ses troupes d’assaut néo-nazis ont brûlé des dizaines de Russes ethniques vivants à Odessa et furent le fer de lance de « l’Opération de lutte contre le terrorisme » à l’est. Tout était de la faute de la Russie, même s’il n’y avait aucune preuve que le président Vladimir Poutine avait joué un rôle dans la déstabilisation de l’Ukraine.

En fait, toutes les preuves indiquent que c’était bien le gouvernement des États-Unis qui cherchait un « changement de régime ». Par exemple, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes, Mme Victoria Nuland, lors d’une conversation téléphonique interceptée, fut surprise en train de conspirer avec l’ambassadeur US Geoffrey Pyatt au sujet de qui devait prendre le pouvoir - « C’est Yats » a-t-elle dit à propos d’Arseniy Iatseniouk - et de discuter sur comment « faire aboutir » le projet. Le coup d’Etat se déroula quelques semaines plus tard, et Iatseniouk émergea comme le nouveau premier ministre.

L’exceptionnalisme des États-Unis

Les médias des États-Unis agissent comme si le gouvernement US avait un droit incontestable à intervenir dans les affaires intérieures des pays partout dans le monde - que ce soit par la subversion ou l’invasion militaire - mais les mêmes médias s’indignent si quelqu’un ose résister aux édits de Washington ou tente d’imiter les Etats-Unis.

Donc, en ce qui concerne l’Ukraine, alors que la Russie voisine est intervenue pour empêcher les massacres dans l’est et laisser le peuple de Crimée voter un référendum sur la sécession, le gouvernement américain et les médias ont accusé Poutine d’avoir violé le droit international. Les frontières nationales, même dans le contexte d’un violent coup d’état réalisé en partie par des néo-nazis, devaient être respecté, a pieusement annoncé Washington. Même les 96 % des électeurs de Crimée qui votèrent pour rejoindre la Russie furent ignorés en vertu du principe de la souveraineté des Etats.

En d’autres termes, si Poutine protège ces Russes ethniques de la répression violente par les ultra-nationalistes ukrainiens, il est coupable d ’ « agression » et son pays doit être puni par des sanctions sévères. Les néocons américains ont aussitôt commencé à rêver de déstabiliser la Russie et de réussir un autre « changement de régime » à Moscou.

Pendant ce temps, le régime ukrainien soutenu par les EtatsUnis a poursuivi son « Opération de lutte contre le terrorisme », en utilisant des armes lourdes contre les dissidents ukrainiens de l’est dans un conflit qui a coûté quelque 10.000 vies, dont de nombreux civils. Le conflit ukrainien est l’une des pires saignées en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, mais les néocons et leurs copains libéraux-faucons appellent à armer l’armée ukrainienne de sorte qu’elle puisse - une bonne fois pour toutes - écraser la résistance.

Au début de la crise, Nicholas D. Kristof, éditorialiste du New York Times, qui s’était construite une image d’humanitaire bienveillant, voulait livrer plus d’armes au régime de Kiev et aux Ukrainiens de l’est (dont les membres de la famille de son père), de sorte qu’ils puissent tuer leurs voisins ethniques russes - ou « aller à la chasse à l’ours », comme l’a dit Kristof. En appelant les Russes des ’ours’, Kristof assimilait leur massacre à l’abattage d’animaux.

Pourtant, dans une récente chronique, Kristof prend une position très différente en ce qui concerne la Syrie, qu’il veut voir envahir par l’armée US et pour y créer de soi-disant « zones de sécurité » et « zones d’exclusion aérienne » pour empêcher l’armée et les forces aériennes syriennes d’attaquer les positions rebelles.

La souveraineté signifie une chose en Ukraine, même après un coup d’Etat qui a renversé le président élu. Là-bas, les frontières nationales doivent être respectées (du moins après l’installation d’un régime pro-U.S.) et le régime a tous les droits de tuer des dissidents pour faire valoir son autorité. Après tout, ce n’est qu’une partie de chasse.

Mais la souveraineté signifie autre chose en Syrie, où le gouvernement des Etats-Unis est appelé à intervenir en faveur d’une des parties dans une guerre civile brutale pour empêcher que le gouvernement ne reprenne le contrôle du pays ou pour éviter un règlement négocié du conflit. En Syrie, le « changement de régime » l’emporte sur tout.

Outrage sélectif

Dans son article, Kristof a noté d’autres conflits où les États-Unis sont censés faire plus, en qualifiant la non-invasion de la Syrie de « tâche sur notre conscience à tous, similaire... aux yeux détournés de la Bosnie et du Rwanda dans les années 1990, du Darfour, dans les années 2000 ».

Notez encore l’indignation sélective de Kristof. Il n’appelle pas à une invasion américaine d’Israël / Palestine pour protéger les Palestiniens des opérations de « ratonnade » périodiques d’Israël. Il ne suggère pas non plus de bombarder les aérodromes saoudiens pour empêcher le bombardement continu du royaume des Yéménites. Et il ne proteste pas contre le massacre en Irak instiguée par les Etats-Unis, où des centaines de milliers de personnes ont péri, et il ne mentionne pas la guerre apparemment sans fin des Etats-Unis en Afghanistan.

Comme beaucoup d’autres experts traditionnels, Kristof adapte son humanitarisme à la cause de la domination mondiale des Etats-Unis. Après tout, combien de temps pensez-vous que Kristof garderait son poste de chroniqueur bien payé s’il plaidait pour une « zone d’exclusion aérienne » en Israël ou pour une intervention militaire contre l’Arabie Saoudite ?

Autrement dit, combien de courage professionnel faut-il avoir pour rejoindre la meute contre les « ennemis » des Etats-Unis une fois qu’ils ont été diabolisés ? Ce fut pourtant bien une telle « pensée grégaire » qui ouvrit la voie à l’invasion américaine de l’Irak pour renverser Saddam Hussein, une décision adoptée par les « faucons libéraux » aussi bien que les néo-conservateurs et qui marqua le début d’une souffrance massive à travers le Moyen-Orient et maintenant l’Europe. Selon certaines estimations, les morts irakiens s’élèvent à plus d’un million.

Donc, il faut se rappeler comment The New Yorker, The New York Times et d’autres soi-disant publications « progressistes » ont sauté sur le train en marche pour la guerre en Irak de George W. Bush. Ils sont devenus ce que l’ancien patron de Kristof, Bill Keller, a surnommé « le club des regarde-maman-je-suis-un-faucon » (Keller, soi-dit en passant, a été nommé rédacteur en chef lorsque les mensonges sur les armes de destruction massive en Irak furent démasqués. Comme beaucoup de ses collègues faucons, il n’ont au aucun compte à rendre pour leur crédulité ou carriérisme.)

Kristof n’a pas rejoint le club à ce moment-là, mais a signé plus tard, exhortant une campagne de bombardements massif en Syrie après que l’administration Obama ait fait des déclarations maintenant largement discréditées accusant le gouvernement de Bachar al-Assad d’avoir lancé une attaque au gaz sarin dans les environs de Damas, le 21 août 2013.

Nous savons maintenant que le président Obama n’a pas mis en oeuvre les plans de bombardement en partie parce que les analystes du renseignement US avaient dit qu’ils doutaient de la culpabilité d’Assad. Les preuves semblent désormais indiquer une provocation par les rebelles proches d’Al-Qaïda pour attirer les Etats-Unis dans une intervention à leurs côtés, mais le courant dominant des médias US persiste à dire qu’Obama n’a pas réussi à imposer sa « ligne rouge » contre Assad et l’utilisation d’armes chimiques, comme s’il s’agissait d’un « fait établi ».

Bien que la campagne de bombardement approuvé par Kristof en 2013 aurait pu jouer en faveur d’Al-Qaïda (ou de l’Etat islamique) et donc déclenché une tragédie encore pire pour le peuple syrien, le chroniqueur persiste à préconiser une invasion US de la Syrie, bien enveloppée dans un joli langage « humanitaire ». Mais il devrait être clair que les termes à consonance agréable comme « zones de sécurité » ne sont que des euphémismes pour « changement de régime », comme nous l’avons vu en Libye en 2011.

Oublier la réalité

Les médias « oublient » souvent qu’Obama a autorisé la formation et l’armement des soi-disant rebelles syriens « modérés » dont beaucoup se sont placés sous le commandement militaire du Front al-Nosra d’Al-Qaïda avec des armes américaines sophistiquées, telles que des missiles antichars TOW, qu’on retrouve dans les arsenaux d’al-Nosra et ses alliés djihadistes.

En d’autres termes, au-delà de l’indignation sélective sur la morale et le droit international, nous assistons à un journaliste sélectif. En effet, à travers toute la profession, on constate un abandon presque complet de l’objectivité en matière de reportages sur la politique étrangère des Etats-Unis. Même les publications libérales et de gauche s’en prennent maintenant à ceux qui ne rejoignent pas la dernière version de club des « « regarde-maman-je-suis-un-faucon ».

Tandis que de la politique étrangère dominée par le néo-conservatisme continue à pousser le monde vers toujours plus de catastrophes, nous voici désormais avec des plans de déstabilisation de la Russie qui possède l’arme nucléaire (hum... comment cela pourrait-il tourner mal ?), Les médias refusent de donner au peuple les informations objectives nécessaires pour freiner ces excès.

Pratiquement rien n’a été appris de la guerre catastrophique en Irak lorsque le gouvernement des Etats-Unis a rejeté les négociations et les inspections (ainsi que toute appréciation de la réalité complexe sur le terrain) pour adopter une posture de dur-à-cuire. À quelques exceptions près, les médias ont tout simplement suivi.

Aujourd’hui, la posture pro-guerre est profondément répandue au sein du Parti démocrate et même parmi certains gauchistes bellicistes qui se joignent à la fête pour insulter les quelques dissidents anti-guerre avec des méthodes McCarthyistes en accusant quiconque qui conteste la « pensée grégaire » sur la Syrie ou la Russie d’être un « apologiste d’Assad » ou un « larbin de Poutine ».

À la Convention nationale démocratique, certains des délégués de Hillary Clinton ont même scandé « USA, USA » pour étouffer les cris des délégués de Bernie Sanders qui criaient « assez de guerres ». D’une façon plus large, le médias dominants ont principalement ignoré ou réduit au silence tous ceux qui dévient de la sagesse conventionnelle dominée par le néo-conservatisme.

Robert Parry

Traduction « j’ai souvent retiré l’adjectif « américain » parlant des médias parce que c’est bien pareil chez nous, non ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» https://consortiumnews.com/2016/08/16/americas-journalistic-hypocrites/
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De la Fondation des oeuvres pour l’islam de France à la Fondation pour l’islam de France. Par Hélène Richard-Favre.

31 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #l'islamisme

31/08/2016

De la Fondation des oeuvres pour l’islam de France à la Fondation pour l’islam de France

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C’est en 2005 que la Fondation des oeuvres pour l’islam de France voit le jour et c’est Dominique de Villepin, alors premier ministre, qui la crée par décret.

La principale raison de ladite Fondation consiste à construire et à gérer les lieux de cultes d’entente avec les maires des communes concernées. Elle est donc reconnue institution d’intérêt public.

Très vite, cependant, des dysfonctionnements surviennent.

En octobre 2010, dans une question orale au Sénat, Jean-Pierre Chevènement -désormais appelé à diriger la Fondation pour l’islam de France- demande des explications à cet égard.

Mais la réponse qui lui est apportée ne lui convient pas:

https://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ10101055S.html

Ne reste qu’à souhaiter que la nouvelle Fondation pour l’islam de France soit en mesure de dépasser et de surmonter ce qui n’a pu l’être avec la Fondation des oeuvres pour l’islam de France.

A découvrir comment certains se chargent déjà de développer la polémique au sujet de propos tenus par Jean-Pierre Chevènement tandis que l’on a mis en doute sa connaissance de l’islam, le sujet semble rester très sensible:

http://www.france24.com/fr/20160830-france-fondation-isla...

 

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Le crépuscule de l’Otan par Thierry Meyssan. Damas (Syrie) | 11 juillet 2016

30 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #AMERIQUE, #le nazisme, #Terrorisme

Le crépuscule de l’Otan

L’histoire de l’Otan et ses activités actuelles permettent de comprendre comment l’Occident a construit ses mensonges et pourquoi il en est désormais prisonnier. Les éléments contenus dans cet article sont choquants, mais il est impossible de démentir les faits. Tout au plus peut-on s’accrocher aux mensonges et persister à s’y tenir.

| Damas (Syrie)

L'Otan chante «We are the world». Lors de la réunion d’Istanbul, le 13 mai 2015, les dirigeants de l’Otan terminent un repas bien arrosé. Ils se moquent des crétins qui croient en leur discours de paix en chantant « We are the world ». On reconnait sur cette indécente vidéo le général Philip Breedlove, Jens Stoltenberg, Federica Mogherini et de nombreux ministres de la Défense.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Otan vient de se tenir à Varsovie (7 et 8 juillet 2016). Ce devait être le triomphe des États-Unis sur le reste du monde, ce fut en réalité le début de la débâcle.

Rappelons ce qu’est l’Alliance atlantique.

Ce que fut l’Alliance

Alors que les élites européennes étaient paniquées à l’idée d’une possible accession au pouvoir des Partis communistes, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1949, elles se placèrent sous « parapluie » états-unien. Il s’agissait avant tout d’être en mesure de menacer les Soviétiques pour les dissuader de soutenir les communistes occidentaux.

Les États de l’Ouest étendirent progressivement leur alliance, notamment en y joignant les Allemands de l’Ouest, qui avaient été autorisés à reconstituer leur armée, en 1955. Inquiets des capacités de l’Alliance, l’URSS répondit en créant le Pacte de Varsovie, six ans après la création de l’Otan.

Cependant, avec la Guerre froide, les deux alliances évoluèrent de manière impériale : d’un côté l’Otan dominée par les États-Unis et dans une moindre mesure par le Royaume-Uni, de l’autre le Pacte de Varsovie dominé par l’Union soviétique. De fait, il était devenu impossible de quitter ces structures : l’Otan n’hésita pas à utiliser le Gladio pour organiser des coups d’État et recourir à des assassinats politiques préventifs, tandis que le Pacte de Varsovie envahissait à visage découvert la Hongrie et la Tchécoslovaquie qui avaient émis des velléités d’indépendance.

Avant même la chute du Mur de Berlin, l’Union soviétique mit fin à ce système. Mikhaïl Gorbatchev laissa chaque État membre du Pacte de Varsovie reprendre son indépendance (« My Way ») ce qu’il dénomma ironiquement sa « doctrine Sinatra ». Lorsque l’URSS s’effondra, ses alliés se dispersèrent et il fallut plusieurs années de stabilisation avant que ne se constitue l’actuelle Organisation du Traité de sécurité collective (OTCS). Ayant intégré les erreurs du passé, celle-ci est basée sur une stricte égalité des États membres.

Notons au passage que l’Otan comme le Pacte de Varsovie sont des organisations contraires à la Charte des Nations unies car les États membres perdent leur indépendance en acceptant de placer leurs troupes sous commandement états-unien ou soviétique.

Contrairement à la Russie, les États-Unis sont restés un empire et continuent à utiliser l’Otan pour mener leurs alliés à la baguette. L’objectif initial de faire pression sur les Soviétiques pour qu’ils n’aident pas les communistes occidentaux à accéder au pouvoir n’a plus de raison d’être. Il ne reste donc qu’une tutelle états-unienne.

En 1998, l’Otan livra sa première guerre, contre un État minuscule (l’actuelle Serbie) qui ne l’avait aucunement menacée. Les États-Unis créèrent lentement les condition du conflit, formant la mafia kosovare au terrorisme sur la base turque d’Incirlik, organisant une campagne de terreur en Serbie, puis accusant le gouvernement serbe de la réprimer de manière disproportionnée. L’enclume ayant écrasé la mouche, on constata dans les chancelleries que l’Alliance était en réalité bien lourde et peu efficace. On commença alors de profondes réformes.

L’Alliance depuis le 11 septembre 2001

Avec la disparition de l’URSS, il n’y avait plus aucun État au monde capable de rivaliser militairement avec les États-Unis, et donc encore moins avec l’Otan. Celle-ci aurait normalement dû disparaître, mais il n’en fut rien.

D’abord un nouvel ennemi surgit : le terrorisme. Puis, il frappa diverses capitales de l’Alliance, obligeant les Etats membres à se soutenir les uns les autres.

Bien sûr, il n’y a aucune proportion entre ce que fut le Pacte de Varsovie et une bande de barbus terrés dans une cave en Afghanistan. Pourtant, tous les Etats membres de l’Otan font mine de le croire, car ils n’ont pas le choix : le seul moyen de protéger sa population est de signer les communiqués de l’Otan, de tenir le discours unique obligé.

Malgré une abondante littérature historique, les Occidentaux n’ont toujours pas compris que l’Otan avait été créée par leurs classes possédantes contre eux et qu’elle est aujourd’hui utilisée par les États-Unis contre leurs élites. Le cas est un peu différent pour les États baltes et la Pologne, qui sont entrés récemment dans l’Alliance et en sont encore au premier stade de crainte des élites face aux communistes.

La zone géographique presque illimitée de l’Alliance

Si l’Otan était une alliance défensive, elle se bornerait à défendre ses États membres, mais au lieu de cela, elle a élargi sa zone d’intervention géographique. À la lecture du communiqué final de Varsovie, on constate qu’elle se mêle de tout : de la Corée —où les États-Unis n’ont toujours pas signé de paix avec la République démocratique— à l’Afrique —où le Pentagone espère toujours installer l’AfriCom—. La seule partie du monde qui lui échappe, c’est l’Amérique latine, zone réservée de Washington (« doctrine Monroe »). Partout ailleurs, les vassaux du Pentagone sont priés d’envoyer leurs troupes pour défendre les intérêts de leur suzerain.

L’Alliance est aujourd’hui de toutes les guerres. C’est elle qui coordonna la chute de la Libye, en 2011, après que le commandant de l’AfriCom, le général Carter Ham, eut protesté contre l’emploi d’Al-Qaïda pour renverser Mouamar el-Kadhafi. C’est encore elle qui coordonne la guerre contre la Syrie depuis l’installation de l’Allied Land Command, en 2012, à Izmir en Turquie.

Au fur et à mesure, des États non-européens ont été intégrés dans l’Otan, avec des niveaux divers de participation. Les derniers en date sont le Bahreïn, Israël, la Jordanie, le Qatar et le Koweït, qui disposent chacun d’un bureau au siège de l’Alliance depuis le 4 mai.

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Le nouveau siège de l’Alliance, à Bruxelles, vient d’être construit pour la modique somme d’un milliard de dollars.

Ce que l’Alliance est aujourd’hui

Chaque État membre est prié de s’armer pour participer aux prochaines guerres et d’y consacrer 2 % de son PIB, même si l’on est en réalité encore loin du compte. Ces armes devant être compatibles aux normes Otan, il est prié de les acheter à Washington.

Certes, il reste des productions nationales d’armement, mais pas pour très longtemps. Ainsi au cours des vingt dernières années, l’Otan a systématiquement poussé à détruire les usines aéronautiques militaires de ses États membres, sauf celles des États-Unis. Le Pentagone a annoncé la création d’un avion multirôle à un prix imbattable, le F-35 Joint Strike Fighter. Tous les États en ont commandé et fermé leurs propres usines. Vingt ans plus tard, le Pentagone n’est toujours pas en mesure de produire un seul de ces avions à tout faire et doit présenter des F-22 bricolés durant les foires d’armement. Les clients sont constamment sollicités pour financer les recherches, tandis que le Congrès étudie la relance de la production d’anciens avions car, probablement, le F-35 ne verra jamais le jour.

L’Otan fonctionne donc comme une entreprise de racket : ceux qui ne payent pas devront affronter des attentats terroristes.

Les États-Unis ayant poussé leurs alliés à devenir dépendants de leur industrie militaire, ils ont cessé de la perfectionner. Pendant ce temps, la Russie a reconstitué son industrie d’armement et la Chine est sur le point d’y parvenir. D’ores et déjà l’armée russe a dépassé le Pentagone en matière conventionnelle. Le système qu’elle a pu déployer à l’Ouest de la Syrie, en mer Noire et à Kaliningrad lui permet d’inhiber les commandes de l’Otan qui a dû renoncer à la surveiller dans ces régions. Et en matière aéronautique, elle produit déjà des avions multirôle à faire pâlir d’envie les pilotes de l’Alliance. La Chine, quant à elle, devrait également dépasser l’Otan en matière conventionnelle d’ici deux ans.

Les Alliés assistent donc à la décrépitude de l’Alliance, qui est aussi la leur, sans réagir, à l’exception du Royaume-Uni.

Le cas de Daesh

Après l’hystérie des années 2000 à propos d’al-Qaïda, un nouvel ennemi nous menace : l’Émirat islamique en Irak et au Levant, « Daesh ». Tous les États membres ont été priés de rejoindre la « Coalition mondiale » (sic) et de le vaincre. Le sommet de Varsovie s’est félicité des victoires remportées en Irak et même en Syrie malgré « l’intervention militaire de la Russie, sa présence militaire importante, son soutien au régime » qui forment une « source de risques et [de] défis supplémentaires pour la sécurité des Alliés » (sic) [1].

Chacun ayant bien compris que l’Émirat islamique avait été créé en 2006 par les États-Unis, on nous assure que l’organisation s’est aujourd’hui retournée contre eux, comme on nous l’avait asséné à propos d’al-Qaïda. Pourtant, le 8 juillet, alors que l’Armée arabe syrienne combattait divers groupes terroristes dont Daesh à l’Est de Homs, l’armée de l’air US est venue les couvrir durant quatre heures. Ce temps a été mis à profit par Daesh pour détruire méthodiquement le pipeline reliant la Syrie à l’Irak et à l’Iran. Ou encore, lors des attentats du 4 juillet en Arabie saoudite (notamment en face du consulat états-unien de Jeddah, de l’autre côté de la rue), Daesh a utilisé des explosifs militaires high tech dont seul le Pentagone dispose aujourd’hui. Il n’est donc pas difficile de comprendre que d’une main le Pentagone combat l’Émirat islamique dans certaines zones, tandis que de l’autre, il lui fournit des armes et un soutien logistique dans d’autres zones.

L’exemple ukrainien

L’autre croquemitaine, c’est la Russie. Ses « actions agressives (…) y compris ses activités militaires provocatrices à la périphérie du territoire de l’Otan et sa volonté avérée d’atteindre des objectifs politiques par la menace ou l’emploi de la force, constituent une source d’instabilité régionale, représentent un défi fondamental pour l’Alliance » (sic).

L’Alliance lui reproche d’avoir annexé la Crimée, ce qui est exact, en niant le contexte de cette annexion : le coup d’État organisé par la CIA à Kiev et l’installation d’un gouvernement comprenant des nazis. Bref, les membres de l’Otan ont tous les droits tandis que la Russie viole les accords qu’elle avait conclus avec l’Alliance.

Le sommet de Varsovie

Le sommet n’a pas permis à Washington de colmater les brèches. Le Royaume-Uni qui vient de mettre un terme à sa « relation spéciale » en sortant de l’Union européenne a refusé d’augmenter sa participation à l’Alliance pour compenser l’effort qu’elle a résilié au sein de l’UE. Londres s’est abrité derrière son prochain changement de gouvernement pour éluder les questions.

Tout au plus a-t-on pu prendre deux décisions : installer des bases permanentes à la frontière russe et développer le bouclier anti-missiles. La première décision étant contraire aux engagements de l’Otan, on procédera en installant des troupes qui alterneront de sorte qu’il n’y aura pas de contingent permanent, mais que des soldats seront toujours présents. La seconde consiste à utiliser le territoire des Alliés pour y déployer des soldats US et un système d’armes. Pour ne pas vexer les populations qu’ils occuperont, les États-Unis ont accepté de placer le bouclier anti-missiles non pas sous leur commandement, mais sous celui de l’Otan. Ce qui ne change que sur le papier car le Commandeur suprême de l’Alliance, actuellement le général Curtis Scaparrotti, est obligatoirement un officier états-unien nommé par le seul président des États-Unis.

[1] « Communiqué du Sommet de l’Otan à Varsovie », Réseau Voltaire, 9 juillet 2016.

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La Chine et la Syrie par Thierry Meyssan

30 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La mondialisation, #AMERIQUE, #La Russie, #la Chine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La Chine et la Syrie

Bien que l’on ignore ce qui a été véritablement convenu entre les armées chinoise et syrienne, l’existence d’un accord entre elles modifie à la fois le champ de bataille et l’équilibre des relations internationales. Alors que les services secrets anglo-saxons ont diffusé l’année dernière des intoxications farfelues sur ce même sujet, Thierry Meyssan établit le point des enjeux.

| Damas (Syrie)
 
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Bien que la visite en Syrie de l’amiral Guan Youfei (le responsable du nouveau département de la coopération militaire internationale chinoise) se soit située dans le cadre d’une prise de contact avec l’ensemble des pays de la région, elle a suscité l’inquiétude en Occident. Pour le moment, selon l’accord signé, l’Armée chinoise s’est juste engagée à former en Chine des militaires syriens du service de santé. Cependant, chacun a bien compris que cet accord cache autre chose car cela fait déjà quatre ans qu’une moitié des médecins militaires est formée en Chine. Bien que l’on ignore ce qui a été véritablement décidé, l’existence de cet accord marque un changement stratégique.

En effet, au cours des cinq dernières années, la Chine populaire s’est interdit toute forme de coopération qui puisse être interprétée par Washington comme une aide militaire. Elle a donc non seulement refusé de livrer des armes, mais aussi des matériels civils indispensables durant cette guerre, comme des détecteurs de tunnels.

Indépendamment de la très importante assistance économique de Pékin, chacun se souvient que la Russie avait identiquement conclu un accord avec la Syrie début 2012, préfigurant son assistance militaire trois ans et demi plus tard. La Chine se prépare-t-elle donc à se déployer aussi ?

Il est probable que la réponse dépendra de la rapidité du déploiement états-unien en mer de Chine et des provocations des alliés de Washington dans cette région.

L’intérêt de la Chine pour la Syrie date de l’Antiquité et du Moyen-Âge. La route de la soie traversait l’Asie centrale pour passer par Palmyre et Damas avant de bifurquer vers Tyr et Antioche. Il reste peu de choses de cette lointaine coopération commerciale, sinon la Pagode visible sur les mosaïques de la Mosquée des Omeyyades. Le président Xi a fait de la restauration de cette voie de communication (et de la création d’une seconde à travers la Sibérie et l’Europe) l’objectif principal de son mandat.

L’autre grand intérêt de Pékin est la lutte contre le Parti islamisque du Turkestan qui a rejoint al-Qaïda, puis Daesh. Il existe aujourd’hui un quartier ouïghour à Rakka et Daesh édite un journal spécialement pour ses membres.

Les membres de ce groupe se rattachent à l’Ordre des Naqchbandis, une congrégation soufie dont l’ancien Grand mufti de Syrie, Ahmad Kuftaru, fut maître. Des loges de cet ordre se sont rapprochées des Frères musulmans, en 1961, sous l’influence des services secrets anglo-saxons, CIA et MI6. Ils ont participé à la création de la Ligue islamique mondiale par l’Arabie saoudite, en 1962. En Irak, ils se sont organisés autour d’Izzat Ibrahim al-Douri et soutinrent la tentative de coup d’État des Frères musulmans syriens, en 1982. En 2014, ils ont fourni 80 000 combattants à Daesh. En Turquie, les Naqchbandis ont créé la Millî Görüş dont Recep Tayyip Erdoğan était un des responsables. Ce sont eux qui ont, dans les années 90, organisé aussi bien les mouvements islamistes dans le Caucase russe que dans le Xinjiang chinois.

Plus encore que les Russes, les Chinois ont besoin de renseignements sur cette filière et sur la manière dont Washington et Londres la contrôlent. Ils avaient cru à tort, en 2001, que les Anglo-Saxons avaient changé après les attentats du 11-Septembre et qu’ils collaboreraient avec l’Organisation de coopération de Shanghai pour lutter contre le terrorisme. Ils savent aujourd’hui que la Syrie est un authentique ami de la paix.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Poutine : feu vert pour les nationalistes économiques en Russie

30 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #La Russie, #Economie

Poutine : feu vert pour les nationalistes économiques en Russie

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Poutine : feu vert pour les nationalistes économiques en Russie

Après plus de deux ans d’aggravation de la croissance économique et une économie en difficulté, avec un taux d’intérêt de la Banque centrale à 10,5%, qui rend pratiquement impossible la stimulation de la croissance, le président russe Vladimir Poutine a finalement brisé le bras de fer entre factions internes.

Le 25 juillet, Poutine a exigé que le groupe économique appelé le Club Stolypine prépare des propositions pour stimuler la reprise de la croissance. Celles-ci seront présentées au gouvernement au quatrième trimestre de cette année. Ce faisant, Poutine a rejeté deux factions économiques libérales ou néolibérales influentes qui avaient entraîné la Russie dans une récession politiquement et économiquement dangereuse avec leur idéologie occidentale libérale du marché libre.

C’est un développement majeur, celui que j’attendais depuis que j’avais eu la possibilité d’échanger des vues en juin à Saint-Pétersbourg au Forum économique international annuel. Avec très peu de fanfare, la presse russe, il y a quelques jours a diffusé une note qui pourrait avoir une signification positive la plus profonde pour l’avenir de l’économie nationale russe. Le blog russe en ligne, Katehon a publié le court préavis suivant: « Le président russe Vladimir Poutine a demandé au groupe d’économistes du club Stolypine de finaliser son rapport et, sur cette base, préparer un nouveau programme de développement économique, comme alternative au plan économique Koudrine. Le programme lui-même doit être remis au Bureau du Conseil économique au quatrième trimestre 2016. »

Dans son commentaire, Katehon note l’importance capitale de la décision d’abandonner l’approche néolibérale du marché libre − promue par l’ancien ministre des Finances, Alexeï Koudrine − qui est clairement destructrice : « Le rapport du club Stolypine conseille d’augmenter l’investissement, d’alimenter l’économie avec de l’argent provenant du budget de l’État et de la Banque centrale russe. À contrario, le concept du Centre pour la recherche stratégique d’Alexeï Koudrine suggérait que les investissements devaient être privés et que l’État devait assurer la stabilité macroéconomique, une faible inflation et un déficit budgétaire réduit. »

Koudrine a échoué

Dans la situation actuelle des sanctions économiques et financières occidentales sévères contre la Russie, le flux de tels investissements privés dans l’économie, préconisé par les partisans du camp Koudrine sont rares, et c’est un euphémisme. Tailler dans ce qui est un déficit budgétaire très minime ne fait qu’augmenter le chômage et aggraver la situation. Le président Poutine a clairement réalisé que cette expérience néolibérale a échoué. Il est assez probable qu’il a été forcé de laisser se développer la réalité économique, sous la domination des libéraux, jusqu’au point où il est apparu clairement, à toutes les factions internes, qu’une autre route devait être empruntée de toute urgence. La Russie, comme tous les pays, a des intérêts opposés, et maintenant les intérêts néolibéraux sont suffisamment discrédités par la mauvaise performance du groupe Koudrine pour que le président puisse réagir de manière décisive. En tout cas, le développement autour du groupe Stolypine est très positif pour la Russie.

En convoquant la nouvelle réunion du Présidium du Conseil économique le 25 mai, après une interruption de deux ans, le président Poutine, notant que le groupe est délibérément constitué de points de vue opposés, a déclaré à ce moment-là : « Je propose aujourd’hui que nous commencions par les sources de croissance pour l’économie de la Russie au cours de la prochaine décennie […] la dynamique actuelle nous montre que les réserves et les ressources qui ont servi de forces motrices pour notre économie au début des années 2000 ne produisent plus les effets escomptés. Je l’ai dit dans le passé, et je veux insister sur ce point à nouveau maintenant, la croissance économique ne reviendra pas toute seule. Si nous ne trouvons pas de nouvelles sources de croissance, notre PIB va stagner, et alors nos possibilités dans le secteur social, la défense et la sécurité nationale, et dans d’autres domaines, seront considérablement inférieures à ce qui est nécessaire pour développer vraiment le pays et progresser. »

Maintenant, à peine deux mois plus tard, Poutine s’est manifestement décidé. Il a aussi clairement un œil sur les prochaines élections présidentielles de mars 2018 en Russie. Ce faisant, il a choisi celui des trois groupes du Conseil économique qui croit que l’État a un rôle positif à jouer dans le développement de l’économie nationale.

Le groupe Stolypine, à bien des égards, nous ramène au génie expliquant le miracle économique allemand après 1871, dont les idées ont créé la croissance économique la plus impressionnante, dans toute l’Europe, d’un pays attardé en à peine plus de trois décennies. Les seuls autres pays à approcher cette réussite économique allemande ont été les États-Unis après 1865, et la République populaire de Chine après 1979, avec Deng Xiaoping et son socialisme aux caractéristiques chinoises. Le modèle de développement économique national est basé sur le travail de l’économiste allemand du XIXe siècle, maintenant presque inconnu, Friederich List, le concepteur du modèle de base du développement économique national.

Trois camps

Pendant les années 1990 de thérapie de choc de Boris Eltsine, des économistes de Harvard comme Jeffrey Sachs − financés par le méga-pilleur George Soros − ont conseillé Eltsine. Les politiques désastreuses de l’équipe économique d’Eltsine, alors dirigée par Egor Gaïdar, ont mis en œuvre une privatisation massive des biens de l’État, à des prix bradés, entre les mains d’investisseurs occidentaux comme Soros. Ils ont réduit drastiquement le budget de l’État, affaibli le niveau de vie, éliminé les pensions de vieillesse de la population. Tout a été fait au nom de la réforme du marché libre. Après le traumatisme, lors de la première présidence de Poutine en 1999, la Russie a commencé lentement une reprise douloureuse, non pas à cause de la thérapie de choc de Gaïdar-Harvard, mais malgré cela, grâce à la détermination du peuple russe.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces idéologues du libre marché, les adeptes de Gaïdar, ont jusqu’à présent joui d’un quasi-monopole sur les politiques des ministères de l’Économie et des Finances en Russie.

Ils ont été aidés par la dirigeante du camp monétariste, légèrement différente, mais tout aussi destructrice, la gouverneure de la Banque centrale russe, Elvira Nabiullina – qui semble obsédée par le contrôle de l’inflation et la stabilisation du rouble.

En mai dernier, Poutine a donné le premier signe qu’il commençait à s’ouvrir à l’idée que les rapports toujours rassurants de ses ministres des Finances et de l’Économie, annonçant « la reprise au coin de la rue » – comme disait Herbert Hoover au début de la Grande Dépression américaine en 1930 – étaient faux. Le président russe a convoqué le Présidium du Conseil économique – un groupe qui avait somnolé pendant deux ans – lui demandant de venir avec un plan pour résoudre les problèmes économiques de la Russie. Le présidium se composait de trente-cinq membres représentant chacun l’un des trois principaux camps économiques.

L’ancien ministre néolibéral des Finances, Alexeï Koudrine, dirigeait un camp, soutenu par le ministre des Finances Anton Siluanov et le ministre de l’Économie Alexey Ilyukayev. Ce groupe demande le recours au laissez-faire occidental habituel tel que la réduction drastique du rôle de l’État dans l’économie via la privatisation massive des chemins de fer, des compagnies d’énergie comme Gazprom et d’autres biens de valeur. Koudrine a également été nommé par Poutine à la présidence du groupe de stratégie économique de vingt-cinq membres, nouvellement réorganisé en mai. De nombreux économistes nationaux craignaient le pire de cette nomination, à savoir une reprise de la thérapie de choc Gaidar en mode turbocompressé. Il est maintenant évident que ce ne sera pas le cas. Koudrine et son approche ont été rejetés pour leur inefficacité.

Le deuxième groupe était représenté par la dirigeante de la Banque centrale, Elvira Nabiullina. Ils étaient les plus conservateurs, affirmant qu’aucune réforme n’était nécessaire et qu’un stimulus économique ne l’était pas non plus. Il suffit de tenir le cap avec un taux d’intérêt de la Banque centrale à deux chiffres ce qui va, en quelque sorte, tuer l’inflation et stabiliser le rouble, comme si c’était la clé pour débloquer le potentiel de croissance économique de la Russie. Cela a plutôt été la clé pour tuer lentement l’économie et augmenter l’inflation.

Le club Stolypine

Le troisième groupe représenté était celui que la majorité des observateurs occidentaux a le plus ridiculisé et rejeté ; Stratfor, le think-tank du Pentagone l’a qualifié de « collectif étrange ». Je les ai personnellement rencontrés, j’ai parlé avec eux et ils ne paraissent guère étranges à toute personne ayant une claire morale de l’esprit.

C’est ce groupe qui, après deux mois, a reçu le mandat de Vladimir Poutine d’exposer ses plans pour stimuler à nouveau la croissance en Russie.

Le groupe rassemble essentiellement des disciples de ce que le grand économiste allemand du XIXe siècle presque oublié, Friedrich List, appellerait une stratégie de « l’économie nationale ». L’approche historique de l’économie nationale, fondée par List, s’opposait directement à celle d’Adam Smith qui représentait l’école britannique, alors dominante, du libre-échange.

Les vues de List ont été de plus en plus intégrées dans la stratégie économique du Reich allemand en commençant par le Zollverein – ou union douanière – en 1834, qui a unifié le marché intérieur allemand. Il a créé la base pour l’émergence, dans les années 1870, d’une Allemagne colossale, rivale économique de la Grande-Bretagne, dépassant celle-ci dans tous les domaines en 1914.

Lors de la réunion de mai 2016, ce troisième groupe, le club Stolypine, incluait Sergei Glazyev et Boris Titov, co-président de l’association Business Russia, et médiateur d’affaires russe depuis la création de ce poste en 2012. Les deux, Titov et Glazyev – un conseiller de Poutine sur l’Ukraine et d’autres questions – sont membres fondateurs du club Stolypine. En 2012, Glazyev a été nommé par Poutine, alors Premier ministre, pour coordonner les travaux des organismes fédéraux dans le développement de l’Union douanière de la Biélorussie, du Kazakhstan et de la Russie, devenue aujourd’hui l’Union économique eurasienne. Titov, également leader du parti Juste Cause, est un entrepreneur russe à succès qui, ces dernières années, a travaillé à l’avancement de diverses politiques économiques au sein de l’État, souvent en opposition aux idéaux libéraux du libre-marché de Koudrine. Notamment, Titov est également co-président du Russian-Chinese Business Council.

Une indication générale du genre de propositions que le groupe Stolypine proposera pour relancer une croissance économique substantielle en Russie et faire face à d’importants déficits en infrastructures de base, qui entravent grandement l’entreprise productive, est contenue dans une série de propositions que Glazyev a faites en septembre 2015 pour le Conseil de sécurité russe, organe consultatif essentiel du Président.

Là, Glazyev a proposé une feuille de route de cinq ans pour la souveraineté économique et à long terme de la croissance de la Russie. Il avait pour but l’immunité aux chocs économiques extérieurs et à l’influence étrangère [les sanctions par exemple, NdT], et en fin de compte, sortir la Russie de la périphérie du système et l’intégrer au cœur du système économique mondial. Les objectifs incluent une augmentation de la production industrielle de 30 % à 35 % sur une période de cinq ans, la création d’une orientation sociale vers l’économie du savoir par le biais du transfert de ressources économiques considérables à l’enseignement, aux soins de santé et au domaine social, la création d’instruments visant à accroître l’épargne jusqu’à un certain pourcentage du PIB, et d’autres initiatives, y compris la transition vers une politique monétaire souveraine.

En 1990, la première priorité de Washington et du FMI était de faire pression sur Eltsine et la Douma pour privatiser la Banque d’État russe, en vertu d’un amendement constitutionnel qui a mandaté la nouvelle Banque centrale de Russie, comme la Réserve fédérale ou la Banque centrale européenne, pour être une entité purement monétariste dont le mandat est seulement de contrôler l’inflation et stabiliser le rouble. En effet, la création monétaire en Russie a été retirée de la souveraineté de l’État et liée au dollar américain.

Le plan Glazyev de 2015 a également proposé d’utiliser les ressources de la Banque centrale pour fournir des prêts ciblés aux entreprises et aux industries en leur fournissant des taux d’intérêt faibles bonifiés, entre 1 % et 4 %, rendus possibles par l’assouplissement quantitatif à hauteur de 20 mille milliards de roubles sur une période de cinq ans. Le programme a également suggéré le soutien de l’État aux entreprises privées par la création d’obligations réciproques pour l’achat de produits et de services à des prix convenus.

De même, Glazyev propose que le rouble retrouve sa force comme alternative au dollar, de facto en faillite, par l’achat d’or pour garantir la monnaie. Il a proposé que la Banque centrale soit mandatée pour acheter toute la production d’or des mines russes à un prix donné, afin d’augmenter le soutien au rouble d’or. La Russie est aujourd’hui le deuxième plus grand producteur d’or du monde.

Il est évident que le président de la Russie a réalisé que le progrès impressionnant obtenu par la Russie dans le domaine de la politique étrangère peut être fatalement affaibli par une économie défaillante, talon d’Achille de la Russie, comme je l’ai noté dans un article précédent. L’annonce faite le 25 juillet par Poutine a le potentiel d’inverser cette situation si elle est mise en œuvre avec résolution à tous les niveaux. Là, le président a la responsabilité d’établir clairement la stratégie sur cinq ans, un laps de temps très utile pour juger les résultats, et n’ayant rien à voir avec les vieux plans quinquennaux soviétiques, comme De Gaulle l’avait bien compris en France.

En donnant à la population une vision claire de son avenir, il peut puiser dans les remarquables ressources humaines russes pour accomplir littéralement l’impossible et transformer l’économie en une véritable prospérité fondée sur des bases plus solides que celles du monétariste laissez-faire de l’Ouest qui est aujourd’hui, de facto, en faillite.

Bravo Russie !

F.William Engdhal

Article original paru dans New Eastern Outlook

source: http://lesakerfrancophone.fr/poutine-feu-vert-pour-les-nationalistes-economiques-en-russie

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Les grands ministères russes déménagent vers les bunkers, car la «guerre d’Hillary Clinton » semble inévitable.

29 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #L'armée française, #Politique étrangère, #La guerre, #Terrorisme

samedi 27 août 2016

Les grands ministères russes déménagent vers les bunkers, car la «guerre d’Hillary Clinton » semble inévitable

 
 
 
Une série inquiétante de bulletins d’«actions urgentes » émis par le ministère russe de la Défense (MoD) au cours des dernières 24 heures, après que les forces militaires de la Fédération ont été mises en état d'alerte combat montrent que les préparatifs tous azimuts sont en cours pour se préparer à un conflit mondial. Les principaux bureaux des ministères importants sont en cours de transfert vers la zone fédérale protégée de Mezhgorye Urban Okrug . En effet, un bulletin met gravement en garde que « la guerre d’Hillary-Obama est probablement inévitable ».
 
Pour autant que nous soyons en mesure de reconstituer cet ensemble de bulletins d’"action urgente" du MoD, et immédiatement après l'ordre extraordinaire d'hier de placer toutes les forces militaires de la Fédération en état d'alerte de plein combat, les équipes d'élite du Service de Sécurité (FSB) et du MoD, les Alpha Spetsnaz, ont commencé à protéger et à déplacer divers ministères au sein du Kremlin pour leur relocalisation dans la République du Bashkortostan.
Les recours aux équipes Alpha Spetsnaz du FSB et du MoD pour toute opération au sein de la Fédération sont particulièrement à noter, car ces équipes sont parmi les deux meilleures forces spéciales du Monde, les plus formées, et les plus craintes. La véritable signification de ces bulletins faisant référence à la République du Bachkortostan est un code signifiant le complexe souterrain massif connu en Occident sous le nom de  Monts Yamantau.
Selon Wikipédia : "Le Yamantaou est devenu célèbre aux États-Unis à la suite d'une théorie du complot lancée dans les milieux conservateurs qui le considèrent comme un pendant russe à la légendaire Zone 51. Il abriterait un immense complexe souterrain de l'ère Brejnev aux proportions monumentales.
Il existe des installations militaires de l'armée russe près de la ville fermée militaire de Mejgorié et celle de Snejinsk. Par ailleurs, à l'instar du mont Kosvinski (600 km au nord), cette formation rocheuse est soupçonnée par des responsables de l'US Army d'abriter un centre secret d'armes nucléaires ou un bunker1. Selon des sources américaines, le complexe local pourrait accueillir 60 000 personnes et des recherches sur les armes nucléaires y auraient lieu".
En outre, il convient de noter que la République du Bachkortostan est l'endroit le plus sûr de la Fédération et, en tant que «république d'importance fédérale», elle est entourée par de nombreuses bases militaires, des fortifications  protégées par des armes atomiques de divers types.
Dans notre tentative de mesurer toute l'importance et la signification de ces extraordinaires mouvements de guerre déployés par la Russie, mais ayant seulement ces bulletins MoD d’"action urgente" pour nous guider, nous sommes en mesure de dire que les hauts dirigeants russes sont gravement préoccupés par la conviction que les États-Unis (et par extension ses alliés de l'OTAN) sont sur le point de tenter une action sous «faux drapeau» contre la Russie ou l'Iran afin de lancer une guerre à grande échelle, s’étirant sur de multiples fronts d'Europe, du Moyen-Orient et d’Asie .
Pour justifier ces craintes, ces bulletins soulignent le volume sans précédent de dizaines de milliers de forces de combat de l'OTAN sur les frontières de la Fédération, alors qu’en même temps les navires de guerre de la marine américaine ont commencé à jouer au "chat et à la souris" avec l'Iran par des incursions dans leurs eaux territoriales dans le but de créer un incident du type «Golfe du Tonkin», qui avait servi de prétexte mensonger pour attaquer le Vietnam il y a plus de 50 ans. La guerre du Vietnam a causé des dégâts incommensurables pour le Vietnam à cause des armes chimiques utilisées par les Américains, et malgré tout leur arsenal, les États-Unis ont lamentablement subi une défaite contre un pays "du tiers monde".
Le régime Obama-Clinton a l'intention de refaire le même coup. 
Pour savoir qui, réellement aujourd’hui, interfère dans quel pays duquel, les e-mails récemment libérés de George Soros, un top supporter d’Hillary, montrent qu’en fait, le plan directeur d’Obama-Clinton a pour objectifs non seulement de déstabiliser la Russie, mais aussi de renverser le président Poutine.
Comme tous les «plans directeurs» d’Obama-Clinton des 8 dernières années, les analystes du renseignement du MoD soulignent que leur tentative de détruire la Russie a complètement échoué, ainsi que leurs "plans" soutenant les monarchies islamo-terroristes qui veulent construire des pipelines à travers la Syrie et l'Irak (en concurrence directe avec l'Iran et la Russie), et qui ont versé à Hillary Clinton des dizaines de millions de dollars "d'avance" pour qu’elle les aide dans ce projet.
Le couple Obama-Clinton a, non  seulement échoué contre la Russie, mais il a échoué aussi dans sa "guerre créée" contre la Syrie et l'Irak. Cette semaine, leur émissaire, le vice-président américain Joe Biden, l’a prouvé  en ordonnant à ses troupes kurdes de se retirer devant les forces turco-russes, et par sa plaidoirie auprès de la Suède de ne pas laisser achever les travaux du pipeline russe Nord Stream 2 , car si ce pipeline entre en fonction, cela précipiterait la chute du régime nazi ukrainien installé par les États-Unis.
De plus, le PDG de la Deutsche Bank avertit maintenant des "conséquences fatales" auxquelles ils sont confrontés. Les analystes MoD comparent la situation à celle de 2008 qui a vu l’effondrement de Lehman Brothers, ce qui a amené le système bancaire mondial entier au bord de la destruction. Si cela devait arriver, la victoire Donald Trump serait possible, ce que les élites craignent plus que la troisième guerre mondiale. Car, protégés dans leurs bunkers pour élites, une guerre mondiale ne les tuerait pas, par contre, si Trump est élu président, il les mettrait tous en prison pour leurs innombrables crimes.
 
 http://www.whatdoesitmean.com/index2101.htm
Traduction : Hannibal GENSERIC

 

Des missiles supersoniques invulnérables équiperont les bombardiers russes

Tu-22M3 
Les bombardiers russes Tu-22M3 seront équipés de missiles supersoniques Х-32 capables de percer n’importe quelle défense ennemie. Fusil d'assaut Kalachnikov 
Les bombardiers à long rayon d’action Tu-22M3 des Forces aérospatiales russes seront bientôt équipés de missiles de croisière supersoniques X-32, annonce le journal russe Izvestia. La nouveauté de l'industrie de la défense russe sera presque complètement invulnérable face aux systèmes ennemis de défense antimissile et aérienne. Après le tir, les missiles X-32 s’élèvent jusqu'à 40 kilomètres d’altitude. Après être entrés dans la stratosphère, ils entament un vol horizontal puis piquent vers la cible. 
La précision de guidage des missiles est très élevée et ne dépend pas des systèmes de navigation par satellite GPS et GLONASS car ils possèdent leur propre système de navigation inertielle. Les X-32 sont conçus afin de détruire des cibles ennemies de grande taille: bases militaires, navires, centrales électriques, ponts. Les tests de l'arme touchent à leur fin, les missiles supersoniques stratosphériques sont quasiment prêts, indique Izvestia.

Source : https://fr.sputniknews.com/defense/201608261027459629-missiles-supersoniques-bombardiers-russes/

 

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