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Le blog de Lucien PONS

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L'OCDE renforce son combat contre l'enseignement en Russie. Par Karine Bechet Golovko.

1 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Ecole, #La France, #La Russie

mardi 28 février 2017

L'OCDE renforce son combat contre l'enseignement en Russie

 
O. Golodets, vice-Premier ministre
 
 
Les Forums économiques divers et variés sont toujours l'occasion d'annonces de réformes, qui n'ont malheureusement que peu de rapport avec l'économie. O. Golodets, responsable du bloc socio-économique au Gouvernement russe n'a pas fait exception à la règle et au Forum d'investissement de Sotchi se prononce pour une réforme radicale de l'école supprimant les classes rectangulaires, avec le maître et le tableau ... considérées comme un héritage soviétique. Que serait-on sans l'épouvantail soviétique? Il faudrait alors parler de l'OCDE, ce qui serait, certes, plus délicat.
 

 
Olga Golodets, Vice-premier ministre responsable des questions socio-économiques au Gouvernement vient de faire quelques déclarations qui méritent de s'y arrêter:
"Les classes chez nous ne sont pas correctement construites: chez nous, elles sont toutes rectangulaires, parce qu'il y a l'habitude que l'enseignant se tienne devant, avec derrière lui le tableau, et les enfants sont assis en rang, comme nous étudions pendant notre enfance. Mais pour former une approche par projet, pour constituer des travaux en groupe, pour constituer des équipes et atteindre un but, les enfants doivent être assis autrement, le travail doit se faire autrement. (...) Dans ce cas, l'enseignant n'est plus en mentor, mais il aide l'enfant à développer son talent."
Pour O. Golodets, ces faiblesses du système d'enseignement russe sont le résultat de l'époque soviétique. Et comme elle le dit, cette fois très justement, ces propositions ne sont pas anecdotiques. Sur ce dernier point, nous ne pouvons qu'être d'accord. Puisque ici, il n'est pas question d'amélioration de l'enseignement, mais de diminuer la place de l'enseignant, de créer une rupture du rapport d'autorité. Entre l'adulte et l'enfant en général, entre le professeur et l'élève en particulier. Puisque l'enfant sait déjà, il suffit de le guider avec des projets et des travaux en groupes qui doivent se substituer au processus d'apprentissage, jugé trop lourd car relevant d'une culture de l'effort viscéralement rejetée et remplacée par celle du dû et de l'immédiateté. Dans la pure tradition de cette génération des soixante-huitards qui a pris le pouvoir.
 
Il est tout à fait possible pour la Russie, c'est un choix qui est fait dans beaucoup de sociétés post-modernes européennes à l'Ouest, comme la France ou les pays scandinaves. Mais la Russie doit être consciente que ce choix implique un changement global de sa vision de la société, qui concerne tous les éléments clés de cette idéologie néolibérale fondée sur la déracination de l'individu et la discréditation des éléments structurants. Plus concrètement, il faut choisir: gender, LGBT, mariage gay, adoption internationale sans restriction .... ou ... une vision traditionnelle de la société. Jouer sur les deux tableaux est la position la plus instable qui puisse être choisie et c'est un choix perdant à terme, qui va du compromis à la compromission.
 
Deux remarques en ce qui concerne les affirmations de O. Golodets marquant ce rejet, parfois inconscient, de l'époque soviétique très présent chez certains politiques russes aujourd'hui, qui vivent leur origine, manifestement, comme un regret, comme un complexe, comme une tâche de naissance qu'ils ne savent dépasser:
 
  1. La France n'a jamais été un pays soviétique et les classes d'écoles sont disposées de la même manière. 
  2. Le Forum économique de Sotchi est-il également un avorton du soviétisme pour prévoir une salle où les gens sont assis en rang et devant les personnalités assises, elles, en face avec un tableau - certes électronique - derrière leurs dos?
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Dans toutes ces déclarations, il y a une imposture: le silence sur la source, comme si cette idée venait spontanément d'émerger dans la tête de O. Golodets. Car la source est indicible, vue la ligne politique officiellement menée par la Russie, à savoir la maîtrise totale de sa politique intérieure et internationale fondée sur la plénitude de la souveraineté. Comment affirmer simplement: lisez le rapport de l'OCDE Perspectives des politiques de l'éducation 2015 et vous y trouverez toutes les références nécesaires aux tentatives "d'innovation" (et non de destructuration dans la Novlangue actuelle) de l'enseignement dans les pays appartenant à l'OCDE. Au-delà de l'indicible, il y a surtout incompatibilité fondamentale.
 
Pour ceux qui n'auront pas le courage de prendre le risque d'ingurgiter une pitance aussi nocive, voici quelques hors-d'oeuvres tout à fait suffisants pour saisir l'ampleur du désastre. Il s'agit d'une interview donnée par A. Schleider, directeur de l'enseignement de l'OCDE, à l'incontournable journal Le Monde en août 2014. Morceaux choisis. 
 
Sur le rôle des femmes dans les réformes, rôle qui va satisfaire O. Golodets et pourra nous inquiéter:
Dans quelques pays, des réformes majeures, qui ont totalement modifié le visage de l'école, ont été menées par des femmes ministres. Je pense à mon pays, l'Allemagne, où le système a été très largement réformé dans les années 2000. Je pense aussi à l'Italie, où les changements ont été moins consensuels, certes, mais où le système éducatif est bien plus efficace aujourd'hui qu'en 2000.
En ce qui concerne l'essence de l'enseignement: il ne s'agit plus d'acquérir des connaissances, mais un savoir-faire. D'où la remise en cause des méthodes d'enseignement et le culte de "projets" et de "travail en groupe". Puisque le but de l'école est de former une armée de mains-d'oeuvre plus ou moins qualifiée selon les besoins des entreprises, mais surtout pas des être pensants, qui pour leur développement ont besoin de rigueur, d'efforts et de connaissances pures. 
L'enseignement n'est pas pertinent en France. On y est en décalage. Le monde moderne se moque bien de ce que vous savez. Il s'intéresse à ce que vous savez en faire
Sur l'importance idéologique de la formation des enseignants:
On ne changera les mentalités des élèves qu'en changeant celle des professeurs.
Ces réformes sont des réformes idéologiques qui n'ont que peu à voir avec l'intérêt de l'enfant, sa préparation à sa vie adulte, son développement intérieur. Seul un homme armé de connaissances et de rigueur est armé pour la liberté. Mais notre société n'a pas besoin d'hommes libres, elle a besoin d'exécutants. Car ce n'est plus l'ère des bâtisseurs. Ce n'est plus l'ère des penseurs. C'est l'ère des commerçants.  
 
 
 
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« Pourquoi rejeter le progrès est moderne ! C’est un devoir humaniste » L’édito de Charles SANNAT

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La mondialisation, #le nazisme, #Les média, #Ecole, #Services publics, #La santé

  « Pourquoi rejeter le progrès est moderne ! C’est un devoir humaniste » L’édito de Charles SANNAT
 

« Pourquoi rejeter le progrès est moderne ! C’est un devoir humaniste » L’édito de Charles SANNAT

Le progrès est en marche et il est fort probable que nous ayons plus de chance en nous y adaptant qu’en espérant qu’il s’arrête.

Certains lecteurs me disent que je manifeste apparemment une grande réticence au changement et que je ne comprends rien.

Il ne faut pas confondre réticence au changement ou au progrès et préservation de l’humanisme et de l’humanité.

Je m’explique.

La technique & l’humanisme

Il y a deux volets dans le progrès. Le premier c’est nos gadgets techniques. Ils restent des gadgets. Ils changent plus ou moins notre quotidien, ils sont plus ou moins « novateurs » ou plus ou moins utiles, ils ont des effets secondaires importants ou faibles… Bref, c’est de la technique et cela relève essentiellement de l’intendance.

Il y a l’autre volet, les impacts humains. Les changements que ces progrès opèrent sur nous et parfois en nous. Celles et ceux qui ont lu quelques philosophes grecs en dehors de l’école et avec de la maturité, ceux qui ont lu quelques pensées d’empereurs romains, savent à quel point depuis 3 ou 4 000 ans finalement, l’homme n’a pas changé.

Nous n’avons pas changé d’un seul poil. Nos sciences, nos gadgets, nos appareils, nos réseaux, et prochainement le cerveau planétaire auquel quelques grands malades de transhumanistes veulent nous brancher par des implants technologiques afin de réaliser le rêve nazi du mythe du surhomme ou de l’homme amélioré ou encore augmenté (peu importe les termes) n’ont pas changé la nature profonde de l’homme. Pire, la technologie, en réalité, ne nous donne pas le meilleur humain.

La technologie, mise au service du totalitarisme marchand, des profits et de la consommation de masse, en réalité diminue l’homme, elle exacerbe ce qu’il y a de plus mauvais dans l’être humain.

Solitude, enfermement, peur de l’autre, absence de lien, sont les conséquences de la télévision et de la violence véhiculée, des jeux vidéo ou des réseaux sociaux. De la « technologie ».

Jalousie, frustration, envie, égoïsme, haine de l’autre, orgueil mais aussi luxure sont les conséquences de la société de consommation. Du totalitarisme marchand.

L’un et l’autre forment un cocktail détonant de déshumanisation.

L’alibi Arte

Oui mais « à la télé il y a aussi Arte »… C’est ce que j’appelle l’alibi Arte. À cette question, posez une autre question : « Quelle est la dernière chose que tu as vu sur Arte et à quelle fréquence regardes-tu cette chaîne ? »

Évidemment que de la technologie peut sortir le meilleur en termes purement théoriques et si nous étions dans un monde parfait.

Le problème c’est que, dans la vraie vie, le métier de TF1 défini par son ancien PDG c’était bien de « vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola », pas à éduquer, élever les masses ou les informer pour qu’elles rentrent de plain-pied dans le monde dit de la « connaissance » !

Une fois que nous avons évacué cet « alibi Arte », que reste-t-il de la technologie actuelle ?

Nos sociétés deviennent-elles moins violentes ? NON.

Nos sociétés génèrent-elles plus de bonheur ? NON.

Nos sociétés créent-elles du lien social ? NON.

Nos sociétés sont-elles ouvertes ? Oui… et en train de se fermer sous vos yeux.

Notre monde est-il en paix ? NON, il n’y a jamais eu autant de conflits.

Plus nous avons de technologie, moins nous avons de liberté, moins nous avons de sécurité, plus nous avons et vivons de violences, de guerres et de conflits. Nous sommes seuls, isolés, tous devant nos écrans, abrutis, coupés du monde et tout simplement de la vie.

Nos pensées se résument désormais à des émoticônes, des hiéroglyphes modernes certes mais qui restent des simples dessins disant si je suis triste ou content, si je rigole ou pas, c’est le degré 0 de la langue, le degré 0 du langage, le degré 0 de l’écriture et donc le degré 0 de la pensée.

Il n’y a plus la possibilité d’exprimer une pensée complexe et construite, abstraite. Plus nous avons de tablettes, moins nous avons d’intelligence et d’humanité.

Plus nous avons de tablettes, de drones, de robots et autres technologies, plus nous devenons stupides et bêtes.

On nous explique que le progrès c’est plus d’intelligence… C’est faux !

Pour le moment, le progrès c’est une entreprise massive d’abrutissement des masses.

Alors oui, moi aussi j’ai un portable, un ordinateur, mais je veux les considérer uniquement comme des outils. Oui, c’était mieux avant et il ne faut pas avoir peur de le dire, pas pour rejeter les progrès qui, de toutes les façons, s’imposeront à nous, mais pour les dompter et les mettre au service de notre humanité et de notre humanisme.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais… qui a vécu dans les années 1500… Ce n’est donc pas tout jeune et pourtant, il avait déjà tout compris.

J’aime le progrès, les sciences, les découvertes, profondément, totalement. Mais ce progrès technique sans le volet philosophique et humaniste, croyez-moi, ne vaut strictement rien.

Le progrès sans âme, sans amour, sans intelligence, sans humanité, sera au mieux une succession de gadgets, au pire, les outils de notre propre perte collective.

Si nous voulons que le progrès soit une chance, alors il faudra le dompter. Le dompter cela veut dire savoir accepter de voir croître certains progrès et avoir aussi la volonté farouche d’en faire décroître d’autres et de les refuser.

Je terminerai juste en vous disant que ce que je vous dis là est une évidence que toutes les éminences de la Silicon Valley ont parfaitement assimilée.

L’école Waldorf bannit de sa pédagogie pour les enfants des cadres de Google et autres Amazon ou Apple, tous les écrans, tablettes, iPad et autres télévisions jusqu’au lycée… et après, les limitations restent très fortes. Si vous ne me croyez pas, lisez cet article de Libération ici.

Les plus technophiles savent faire décroître la technologie et la mettre de côté pour préserver l’humanisme de leurs enfants.

J’espère que vous comprenez enfin à quel point toute cette technologie, ces prôôôgrès, dont on nous rebat les oreilles, n’en sont pas. Ce sont des outils de contrôle des masses, des outils de contrôle social, ils sont des moyens de lobotomiser les foules.

La technologie que l’on vous offre est la ruine de l’âme, mais les élites, elles, en préservent leurs propres enfants.

Je ne suis donc pas réfractaire au changement, je n’ai juste aucune illusion sur ce qu’il est : la négation même de notre intelligence, de nos capacités et de notre humanité. Il est conçu comme un asservissement.

Ci-dessous le clip de Moby. C’est moderne, et ça dit en musique la même chose que moi.

Le progrès technique n’est pas une fin en soi. Le véritable progrès, le véritable chemin est celui de la sagesse humaine, de la domination de nos passions. Il y a des progrès qui en réalité empêchent cette évolution humaine, cette révolution humaniste. Le progrès nous fait perdre les lumières. Il faut donc savoir l’accepter pour partie. Avoir la force de le rejeter sur d’autres aspects.

Dans tous les cas, il ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel. L’essentiel c’est comme le disait Saint-Exupéry, que l’on ne voit bien qu’avec le cœur. N’oubliez pas l’amour.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

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 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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Le Centre Sirius ou quand briller ne peut être un but par Karine Bechet Golovko

9 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La Russie, #Ecole

vendredi 9 décembre 2016

 

Le Centre Sirius ou quand briller ne peut être un but

 
 
 
Une spirale régressive tend à brouiller les frontières, en Russie, entre Peter Pan et la recherche scientifique. De la glorification d'une armée de "petits génies" à l'infantilisation des doctorants, ce programme artificiel et destructurant est un merveilleux remède pour lutter contre le developpement  systémique de la recherche scientifique et la formation solide des connaissances. 
 

 
 
Il semblerait que les jeunes enfants et adolescents russes soient quasiment tous des genies, ou au minimum surdoués. En tout cas, si l'on en croit ce Fonds "Talents et réussite" qui supervise le Centre Syrius spécialement créé pour les enfants surdoués. Au 1er septembre 2016, ce Fond annonçait compter environ 7000 enfants surdoués. Mais en regardant le site de Syrius, l'on découvre que chaque mois 600 enfants et 100 enseignants sont envoyés à Syrius. Bref, c'est une affaire qui tourne.
 
100 enseignants par mois? Ils n'enseignent plus, donc dans les "écoles normales"? Idem pour 600 enfants chaque mois, déscolarisés? A ce rythme là, il faut moins d'un an pour assècher le stock de surdoués. Donc, les financements aussi... Mais, les enfants continuent à arriver. Et des reportages nous montrent de petits génies en herbes en train de "créer" de nouveaux appareils, manier la technologie et la chimie à merveille. En tout cas, ils tripotent des éprouvettes et font tourner des robots.
 
Ce lieu, Syrius, ne concerne pas seulement les sciences dures, pour lesquelles il ne semble plus nécessaire d'apprendre, puisque l'on doit "créer" une souris d'ordinateur sans connaissances systématisées, mais également le sport, les arts, la littérature, etc. Et il faut dire que certains thèmes des leçons pour surdoués ... font sourire. On trouve par exemple "La nature du rire et les formes du comique dans la littérature", qui néccesite surtout de la culture si l'on veut réellement aller en profondeur et non "jouer à la culture" dans un PMU de luxe. Encore mieux: "Le texte dans l'espace scolaire. Comment ça marche?": ici, l'on se croirait à une table ronde de l'OCDE. Mais en effet, il faut bien préparer cette armée de surdoués, puisqu'ils sont l'avenir du pays, comme tous les enfants.
 
Et la recette plait, puisqu'elle s'appuie sur la confusion entre le fait qu'un enfant qui s'intéresse à un domaine devient "automatiquement" surdoué. Ce qui permet de mettre en avant des armées d'enfants soi-disant plus doués les uns que les autres, et qui aiment jouer à l'adulte, puisqu'ils sont des enfants. Ce qui fait également plaisir aux parents, qui ainsi vivent par procuration la vie qu'ils n'ont pas eu. La question de l'éducation, vitale pour le développement de l'enfant, elle, est reléguée aux callenques grecques, à cette époque dépassée où Aristote estimait que l'on ne devient pas philosophe avant 50 ans. Aujourd'hui, il faut tout, tout de suite et surtout sans efforts. L'on créé alors des parodies. Ces parodies ont touché la science.
 
Sirius une école? Non, ce n'est pas une école. Il n'y a pas de systèmatisation de l'enseignement. C'est un peu comme un hobbie. En d'autres temps, moins prétentieux et moins superficiels, on disait que l'enfant "s'intéressait" à la chimie, à la danse, à la musique, à la lecture et donc pendant son temps libre, il exerçait ces activités. Maintenant, l'époque a besoin de petits génies sans bouillir, sans efforts, des génies naturels. 99% de travail et 1% d'intuition? Non, l'époque a renversé les proportions. 
 
S'il y a à ce point une volonté de financer l'enseignement et la recherche, pourquoi ne pas s'occuper des écoles? Pourquoi ne pas travailler à augmenter le niveau général de l'enseignement dans les écoles pour permettre à chacun de se réaliser? Fournir des ordinateurs et des tableaux électroniques est loin de régler les vrais problèmes de l'école. Des manuels qui n'expliquent strictement rien, des connaissances sorties de leur contexte et non structurées que l'enfant retient de manière aléatoire sans en comprendre le sens. Mais c'est vrai, ça demande beaucoup plus d'efforts et une politique à la Peter Pan ne suffit pas.
 
Surtout si l'on regarde ce qui se passe au niveau de l'Université. Avec la réforme du doctorat de 2015, un doctorant n'est plus considéré comme un chercheur en herbe qui doit faire ses recherches, s'intégrer dans un Centre de recherche, apprendre aussi les us et coutumes de ce milieu. Non, il redevient un étudiant, qui doit avoir des cours, passer un diplôme. Accessoirement, il écrit aussi une thèse, résultat de ses travaux de recherche ... 
 
Il n'apprend pas à "grandir", on le conditionne à stagner, à rester cet éternel étudiant. Ce qui affaiblit aussi les centres de recherche, qui ne peuvent plus créer "d'écoles de pensée" qu'avec une très grande difficulté, contre le système et non grâce au système.
 
Cette incompréhension totale des besoins de la recherche est flagrante au niveau du gouvernement, notamment avec le vice Premier ministre Chuvalov, qui enjoint aux Universités à travailler "autrement", la science ne devant pour lui être que le prologement du business. Il ne s'agit pas de dire que ces domaines doivent être scinder, mais réduire l'Université à la formation de futurs professionnels est le meilleur moyen de tuer la recherche en sciences dures, la recherche théorique, la recherche en littérature ou philosophie, puisque les résultats ne sont pas directement négociables sur le marché, ne sont pas côtés en bourse et rarement permettent d'obtenir un brevet. Pourtant, ils conditionnent le développement de la société. Et si l'Etat n'en a pas conscience, ce n'est pas la société qui le remplacera, le business a d'autres intérêts. A court terme et plus pragmatiques. Qui existent, mais qui n'épuisent pas la question.
 
Bref, tout ce cinéma permet de mettre devant les caméras des petits génies de 10 ans, que l'on destructure en masse en leur donnant pour message que l'effort n'est pas nécessaire puisqu'ils sont surdoués, en masse, et lorsqu'ils arrivent à l'Université ... ils doivent remplir les besoins des entreprises. 
 
Ce n'est pas une génération de chercheurs géniaux qui se met en marche, mais une génération de techniciens aculturés à l'égo surdimensionné. Et ce n'est pas forcément ce qui caractérise l'âge d'or d'une société. Pour autant, les recommandations de l'OCDE seront remplies à merveille.
 
PS: Le grand éclat de Sirius - l'étoile - ne vient pas tant, selon les astronomes, de sa luminosité intrinsèque, que de sa proximité avec le système solaire. Autrement dit, l'angle d'analyse permet de lever les illusions ... 
 

1 commentaire:

 

Mme Olga Vassilieva, nouvelle ministre de l'Enseignement et de la Recherche, ne peut-elle pas intervenir pour faire changer les choses?
Quand vous dîtes : "Pourquoi ne pas travailler à augmenter le niveau général de l'enseignement dans les écoles pour permettre à chacun de se réaliser", je ne peux que vous donner raison surtout après avoir pris connaissance du dernier classement Pisa. La Russie est 32ème en sciences, 26ème en lecture, 23ème en mathématiques. J'ai été stupéfaite, je n'aurais jamais cru que le niveau était si bas, pire que celui de la France. 

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Olga Vassilieva: la nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche en Russie qui redonne espoir. A quand la même chose en France?

2 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La République, #Ecole, #Europe supranationale, #La mondialisation

vendredi 2 septembre 2016

Olga Vassilieva: la nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche en Russie qui redonne espoir

Alors que #Hollande annonce la prochaine mise à mort du Lycée, que l'enseignement en #France ressemble de plus en plus à une farce de mauvais goût ou à une usine à #propagande, la #Russie met un terme aux expérimentations #néolibérales qui destructurent sa politique d'enseignement et de #recherche depuis 20 ans. La nomination d'Olga #Vassilieva au ministère de l'éducation et de la recherche redonne en fin espoir. Qu'il est agréable de pouvoir annoncer une bonne nouvelle de cette ampleur!

 

Картинки по запросу ольга васильева финансирование науки
 
Olga Vassilieva, nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche fait partie de ces rares personnalités que l'on sent capable de rester droite au milieu d'une tempête et d'en ressortir sans avoir été décoiffée. Et elle aura besion de toute cette force de caractère et de conviction pour remettre en place un ministère crucial, malmené par ses prédécesseurs séduits par les charmes des réformes expérimentales. Un virage politique est pris, l'éducation et la recherche sortent de la sphère d'influence des néolibéraux. Ce qui ne va pas se passer simplement.
 

 
La presse dite "libérale" crtique, sans toujours se cacher derrière des formules de politesse, cette nouvelle ministre qui ose ne pas rejeter en bloc l'enseignement soviétique et soumettre à un esprit critique les expérimentations récentes. Il faut dire que d'un pays, l'Union soviétique, qui garantissait un niveau de formation général non égalé, la Russie est tombée, de réforme post-moderne en réforme néo-libérale à un système destructuré ne permettant ni l'apprentissage, ni la réflexion et difficilement la recherche.
 
Exemples pour illustrer l'étendue des dégâts:
 
  • Fin des compositions écrites et des examens oraux, le tout remplacé par des tests à choix multiples, auxquels les élèves sont préparés dès le primaire; 
  • introduction de matière inconsistante comme "le monde qui nous entoure" où l'on peut trouver comme question au test de fin d'année pour l'équivalent du CM1 "quel shampoing est meilleur pour les enfants?" et dont le programme passe du Bénélux (sans avoir appris la géographie de l'Europe) aux règles de circulation automobile; 
  • la mise sous tutelle des instituts de recherche de l'Académie des sciences qui doivent justifier l'intérêt scientifique de  programmes de recherche devant des fonctionnaires qui "gère le patrimoine" de l'Académie, puiqu'ils n'ont plus de budget;
  • la composition du salaire des enseignants fortement dépendant de facteurs extérieurs: primes, fonds etc Ce qui les pousse à inscrire les enfants à toute une série de concours inutiles organisés on ne sait par qui, par exemple.
  • Désengagement de l'Etat dans le financement de la recherche, laissé aux entreprises et diverses fondations;
  • Destructuration de l'enseignement professionnel et technique.
La liste peut être longue, c'est pourquoi l'ancien ministre Livanov, qui a réussi à mettre à genoux l'Académie des sciences, fondée sous l'Ancien régime, qui a introduit ce fameux test de fin d'études constituant en une suite de croix à mettre dans des cases, qui a destructuré les programmes scolaires, notamment en histoire, en favorisant la démultiplications des manuels et cahiers, cet individu  a réussi a faire l'unanimité - des parents et des chercheurs - contre lui. Il était en revanche plutôt bien vu dans les milieux dits "progressistes".
 
Ces mêmes milieux qui ont immédiatement voué une haine à la nouvelle ministre de l'éducation et de la recherche. Et son parcours et ses positions dérangent.
 
Olga Vassilieva a une formation en culturologie, en histoire et en relations internationales. Sa thèse avait porté sur la question des relations entre l'Eglise orthodoxe et le pouvoir soviétique dans les années 43-48. La question religieuse a toujours occupé son esprit et explique aussi son parcours d'enseignant-chercheur, thème récurrent dans ses publications scientifiques. Elle entre ensuite à l'Administration présidentielle en 2012 et va s'occuper de la mise en place d'un nouveau manuel d'histoire et de la restructuration du programme. Elle fait également partie de l'association internationale de l'histoire des religions et du comité scientifique de plusieurs revues comme Religion et sciences.
 
Cet intérêt non caché qu'elle porte à la religion orthodoxe, au fondement de la culture russe et de la construction de l'Etat en Russie, dérange ces nouveaux "progressistes", dont l'attitude est plus empreinte de bolchévisme à l'égard du religieux que de tolérance. Elle reçoit alors l'estampillage "conservateur", ce qui vaut bannissement pour ces milieux.
 
Et son discours confirme en effet leurs pires craintes, nous redonnant par la même espoir. En ce qui concerne l'enseignement, le ton change. Le système de test automatique auquel les élèves sont formés au long des années pour arriver, comme elle le souligne, dans un état qui ne leur permet pas d'écrire, d'argumenter et de réfléchir à l'Université doit être remis en cause. Si les tests peuvent, dans une certaine mesure être gardés, des compositions et des oraux doivent être réintégrés, ainsi que des exercices dans les sciences dures. D'une manière plus générale, l'idée de développer l'enseignement on-line est abandonnée, les salaires des enseignants et des chercheurs vont être revalorisés et les problèmes budgétaires ne peuvent être invoqués, l'Etat a la charge de l'enseignement et de la recherche, il faut relancer l'enseignement professionnel en étroite colaboration avec les entreprises, etc. Le temps est arrivé où l'on affirme enfin que le succès de ce domaine dépend surtout de la qualité des hommes et pas uniquement de la quantité d'ordinateurs dans la salle de classe, du tableau électronnique ou de la construction d'une piscine dans l'école.
 
Il s'agit bien d'un tounant profond dans la politique intérieure russe et dans le discours du Gouvernement. Un tournant qui était grandement attendu et redonne espoir. Comme O. Vassilieva l'affirme, il ne s'agit pas de tout rejeter, il faut bien analyser ce qui a été fait et prendre de chaque système, du système soviétique et des inovations récentes, ce qu'il y a de meilleur pour former cette nouvelle génération, qui est l'avenir du pays.
 
Enfin un discours constructif et sain. Espèrons qu'il fera tâche d'huile au sein d'un Gouvernement qui en a bien besoin.
 
 
 
 
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Face au bradage de l'histoire nationale à l'école, Jean LEVY donne son point de vue sur un manuel qui revient aux fondamentaux des années 30...

20 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La mondialisation, #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Ecole, #Culture, #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance

 

 

Couverture Nouveau Manuel Histoire Casali

 

LE COMMENTAIRE DE JEAN LEVY

 

En France, depuis des décennies, la classe dominante - l'oligarchie financière - brade l'histoire de France. Celle-ci  n'est plus enseignée dans les écoles de la République. Les multinationales stigmatisent les frontières, jugées comme un obstacle à la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes, réduits au rôle de main d'œuvre...De là, les gouvernements à la botte du capital estiment en conséquence que l'idée de nation est dépassée et donc qu'apprendre l'histoire de la nation est un anachronisme dangereux  en opposition  à l'idée même de construction européenne.  Celle-ci substitue aux Etats indépendants un espace de libre concurrence administré centralement - l'Union européenne - en vue d'imposer aux différents peuples une politique commune dictée par le capital concentré.

D'où, plus d'histoire chronologique de l'évolution de la société française. En substitution, une diversité de thèmes éclectiques, sans rapport avec le temps et l'espace, qui fragmente la connaissance de l'évolution politique, économique et culturelle de notre peuple. Avec une perte de repaires  pourtant fondamentaux dans la compréhension de l'enchaînement des faits historiques.  

Cet enseignement, qui veut se parer de couleurs "progressistes" fait la part belle aux séquences noires de notre histoire : l'esclavage, le colonialisme, la guerre de 14-18, celle-ci dénoncée comme une boucherie divisant le "peuple européen" ...Mais ces critiques mettent en cause la France et son peuple, comme si ces crimes n'avaient pas pour origine la cupidité d'une classe aristocratique, puis bourgeoise, avide de profits et de dividendes !

Cette mainmise sur l'histoire par la classe qui nous gouverne est dénoncée justement par des universitaires et hommes politiques qui prône le retour à un enseignement plus conforme aux méthodes pédagogiques du passé.

Un ouvrage vient de paraître, qui exprime cette volonté :

"LE NOUVEAU MANUEL D'HISTOIRE", de Dimitri Casali,

préface de Jean-Pierre Chevènement

aux éditions de la Martinière

pour les classes de cinquième, de quatrième et de troisième.

On peut saluer, dans ce manuel,  le retour à l'enseignement chronologique de l'histoire, seule pédagogie qui permette de comprendre l'évolution des sociétés, les raisons des changements, l'apport des personnages, qui, sous tous les régimes, ont contribué positivement à la construction de notre histoire, à faire ce que nous sommes. 

Certes, les appréciations des évènements peuvent donner lieu à controverse : 

sur la Terreur montagnarde, la Commune de Paris, les origines de la guerre de 14-18, sur la "construction européenne", par exemple.

Encore faut-il, pour qu'un débat s'instaure que soit connue, dans sa perspective historique, l'évolution de la société et les faits qui y ont contribué.

L'éclairage donné par "LE NOUVEAU MANUEL D'HISTOIRE"  aux faits relatés ou trop laissés dans l'ombre,  offre matière à critiques, même vives. Cependant, n'est-ce pas mille fois préférable à une histoire désossée, sans repaire, qui fracasse notre passé ? 

C'est la question posée

 

http://fr.calameo.com/read/0048146550d5fdab964a4?IdTis=XTC-FZHX-G8CJXU-DD-FOQF8-0FE

Tag(s) : #Histoire
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Manuels scolaires : le grand chambardement" et le commentaire de "canempechepasnicolas"

20 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Ecole, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #l'horreur économique

 

"Manuels scolaires : le grand chambardement" et le commentaire de "canempechepasnicolas"

"canempechepasnicolas", en publiant l'article du "Point", est conscient du gouffre idéologique qui existe entre l'hebdo de François Pinault et notre blog. Cependant, si nos finalités sont contradictoires, il est utile de publier ses critiques si celles-ci rejoignent les nôtres.

C'est le cas en ce qui concerne la modification des programmes scolaires décidée par le gouvernement PS.

Celui-ci, en tournant le dos, au nom du modernisme, à l'enseignement traditionnel, abandonne les données de base lire, écrire, compter, jugées archaïques, l'histoire chronologique - la nôtre d'abord - avec ses repères et l'intelligence de son déroulement, la géographie de notre pays avec ses fleuves et leurs affluents, les départements et leur chef-lieu, afin que dès l'enfance chaque enfant connaisse sa patrie, socle d'un enseignement plus vaste.

Mais, pour le pouvoir en place, maintenir ces connaissances premières alimente ce dont il pourfend le plus,  l'amour prioritaire de son pays, qualifié d'aliment du "souverainisme" abhorré.

Et toujours au nom de la modernité, pour vivre avec son temps, pourquoi apprendre l'orthographe, la grammaire, le vocabulaire,  alors que les rapports entre les gens aujourd'hui se règlent à coup de SMS, avec l'ordi, par internet et Google, et que la réponse est au bout du clavier. Pourquoi apprendre aux jeunes à raisonner alors que les "experts" vous donnent la solution à la télé ? Quels besoins un jeune précaire, condamné aux petits boulots,  a-t-il besoin de faire connaissance avec Molière, Voltaire, Victor Hugo, La Boétie et sa thèse sur la "servitude volontaire" ? 

Pourquoi pas Marx, pendant que vous y êtes?

Apprenait-on Homère, Virgile et Platon aux esclaves romains?

Nous y reviendrons.

 

 

Le Point

Du passé faisons table rase : l'intégralité des programmes du CP à la 3e a été revue pour la rentrée 2016.

Branle-bas de combat chez les éditeurs.

 

C'est une grande première. À la rentrée 2016, tous les programmes scolaires du CP à la troisième changeront. Tous, en même temps. Alors que les éditeurs avaient pris l'habitude de travailler une année entière sur la refonte des ouvrages scolaires pour une matière donnée, pour un niveau, avant d'attaquer ceux de la classe suivante un an plus tard, ils ont dû s'atteler à tout remettre à plat en même temps, dans l'urgence. Avec de nouveaux programmes définis seulement depuis la rentrée 2015, il ne leur restait que neuf mois pour élaborer les contenus de tous les nouveaux manuels scolaires.

Et il ne s'agissait pas seulement d'un simple toilettage. En plus de la réforme de l'orthographe à intégrer, les objectifs pédagogiques ne sont plus fixés par classe, mais par cycle de trois ans. Fini, les programmes à boucler avant la fin de l'année : désormais, les notions à connaître auront trois ans pour être étudiées. Une nouvelle manière de travailler, qui gênera considérablement les enseignants (les élèves n'auront pas vu les mêmes chapitres l'année précédente, selon le professeur qu'ils auront eu), et qui embarrassera aussi les élèves qui changeront d'établissement scolaire en cours de cycle. Quant aux éditeurs, ils disposent d'une liberté inédite : concevront-ils des livres scolaires par cycle, ou choisiront-ils leur propre répartition annuelle des programmes ?

Gouffre financier

Ce grand chambardement est aussi un gouffre financier. L'acquisition des nouveaux livres s'étalera sur deux ans, mais la loi de finances 2016 budgète, rien que pour la première année, 150 millions d'euros pour le renouvellement des livres des collégiens. En effet, ce sont plus de 11 millions de manuels qui seront imprimés d'ici à septembre, rien que pour eux. À la rentrée prochaine, les élèves de la sixième à la troisième recevront ainsi de nouveaux manuels de français, de mathématiques et d'histoire-géographie. Les élèves de cinquième auront un manuel de LV2, puisque cet enseignement est avancé d'un an avec la réforme du collège, et les élèves de sixième disposeront d'un nouveau manuel de sciences.

À l'école élémentaire, c'est plus compliqué. Selon plusieurs estimations, quelque 16 millions de manuels doivent être imprimés pour les écoliers dans l'urgence. Mais même s'il est fréquent que les communes prennent en charge partiellement ou totalement l'achat de ces manuels, cela n'est en rien une obligation pour elles. Dès lors, certaines écoles risquent de ne pas pouvoir financer tous les nouveaux manuels en septembre, créant des inégalités entre les élèves.

Quant à ce qu'il adviendra des manuels obsolètes, aucune directive n'a encore été donnée, même si certains éditeurs, comme Belin, proposent aux 6 800 collèges métropolitains de collecter gratuitement les livres scolaires afin de les recycler.

Fautes incluses

Avec tant de problèmes à régler en si peu de temps, il ne faudra pas être trop tatillon : les fautes d'orthographe seront parfois incluses (« Choisissez vos quatre passages préférés et expliquez pour chacun deux (sic) pourquoi il (sic) vous ont plu » chez Nathan), tout comme les erreurs d'illustration (chez Hatier, l'auteur de science-fiction Christophe Lambert aurait été gratifié d'une photo de son homonyme acteur, sans l'intervention d'un internaute observateur).

Tout comme certains exercices n'auront pas eu le temps d'être adoubés avant d'être imprimés, tel ce travail de réécriture d'un texto tiré d'un nouveau manuel destiné aux élèves de quatrième publié par Nathan, et fortement critiqué sur les réseaux sociaux : « CC C MWA ! G 1 truc a te dir jcroi kon devré fer 1 brek... bz. » (« Coucou, c'est moi ! J'ai un truc à te dire : je crois qu'on devrait faire une pause… Bises. ») Si vous aviez compris, c'est que vous êtes fin prêt pour la réforme.

Tag(s) : #Education nationale

 

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Quand l’Éducation Nationale étouffe les vocations : témoignage d’une enseignante effondrée

19 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Ecole, #La France, #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Quand l’Éducation Nationale étouffe les vocations : témoignage d’une enseignante effondrée

par

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. »
J. Derrida, La carte postale, 2004.

Être et vouloir

Encore enfant, à l’âge de onze ans, je décidai que je deviendrais professeure de français. C’était une décision profonde et arrêtée qui ne changea plus, sauf pour choisir d’enseigner aussi le latin et le grec. En première, je rencontrai le professeur qui marqua ma vie : Monsieur D. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, originaire du Togo, agrégé de lettres classiques et ancien attaquant du PSG. Il était très exigeant, drôle, cultivé. Il possédait un goût réel pour la littérature française, latine et grecque. Je fus tellement passionnée par ses cours, tellement subjuguée par son travail que mon désir s’habilla d’un rêve : arriver à faire, un peu, aussi bien que lui...

Je suis devenue enseignante de lettres classiques, j’ai atteint la destination que je m’étais fixée treize ans auparavant. J’ai enseigné pendant cinq ans dans le Nord de la France. Aujourd’hui, je doute encore parfois, mais une chose est certaine : je n’enseignerai plus jamais dans l’Éducation nationale.

Monsieur D. et l’institution qu’il représentait m’ont trahie.

Année 0 : vocation

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je fus assignée à un lycée de centre-ville, de bonne réputation. La réforme de l’enseignement impliquait qu’on ne me formât pas avant de m’envoyer en classe, mais plutôt au cours de l’année, le mercredi, en plus d’un temps plein ordinaire. Je reçus l’aide d’une enseignante formidable, mais qui était affectée en collège quand je devais enseigner à des lycéens, et uniquement formée en lettres modernes, ce qui fit de mon cours de latin aux classes de premières un mystère à percer de mon côté.

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je dus préparer, enseigner et corriger le résultat de dix-huit heures de cours par semaine en lycée, et ce sans aucun outil pédagogique ou didactique. Le travail que me demanda mon année de stage fut énorme, j’y consacrai des morceaux de nuits, mes week-ends et mes temps libres.

Malgré tous ces obstacles, je garde ancré en moi ce souvenir de certitude : j’avais trouvé ma voie. Malgré mes pleurs, ma fatigue, le surmenage et la forte impression d’indifférence de mon entourage professionnel à ce qui me pesait, j’avais en moi ce bastion de force, ce secret impérissable d’avoir confirmé ma vocation. J’aimais mes élèves, j’aimais leur envie d’apprendre, leurs remarques, leurs blagues, leur scepticisme parfois, leur enthousiasme pour nos projets. Ils me rendaient mon investissement au-delà de toute espérance. Je me sentais faite pour ce que je faisais, dans mon élément. Ma tutrice et l’inspectrice qui me visita en fin d’année furent unanimes : c’était ma vocation !

La vocation, de la même famille que vocal, est un appel : quelle joie de se sentir appartenir si fortement, être et vouloir profondément, quel terrible bonheur ! Une chance incommensurable, qui vaut bien des débuts difficiles, pensais-je.

Année 1 : désenchantement

Rentrée de septembre. Je suis mutée en collège. Aucun de mes cours de lycée n’aura d’utilité. Tout est à refaire, les programmes à découvrir, les cours à fabriquer, la pédagogie à adapter. Le collège est à 80 kilomètres de chez moi, je dois prendre un métro, un train et un bus pour l’atteindre. C’est un collège en périphérie, classé sensible et violent. J’apprends que l’année précédente, une jeune fille de 6ème s’est suicidée avec le fusil de chasse de son père. Je découvre à 23 ans la misère du bassin minier, son désespoir, ses impasses culturelles et sociales. Ici, les familles ne croient plus en l’école, les élèves encore moins. Ici, des parents demandent à payer en deux fois un carnet de correspondance à 4 euros. Je prends conscience de la bulle de sécurité dans laquelle j’ai été élevée, je déchante. Mes élèves de 6ème ne savent pas ce qu’est un verbe, ils déchiffrent à peine lorsque je les fais lire.

Quelle solitude. Au gré d’un algorithme automatique, je passe d’un lycée de centre ville à un collège sensible et violent. Je m’agrippe à la très bonne ambiance entre collègues, à la solidarité, au travail intellectuel que je peux faire, non plus sur le contenu des cours mais sur leur forme, l’aspect purement pédagogique. Comment accrocher la classe, comment mettre les élèves au travail, comment les aider à apprendre, eux qui n’ont jamais appris ?

C’est intéressant et complexe, mais ce n’est pas ce que j’aime. Les cours sont essentiellement de la grammaire, de l’orthographe, de la lecture laborieuse. Il faut faire la police, gérer les perturbateurs, cibler les grandes difficultés pour essayer de les combattre. Je revois très vite mes exigences à la baisse. Je repense à mes anciens lycéens écrivant le réquisitoire de l’Étranger, créant le procès de Médée, s’amusant à l’écriture automatique ou récitant des phrases de Cicéron en toge.

Je n’ai jamais eu d’élèves en collège, je n’ai jamais fait de cours de ce niveau, mais personne ne sera là pour m’aider ou pour me guider : ça y est, je suis « validée », je suis « à l’abri », je suis « titulaire »... Je suis seule.

Année 2 : apnée

L’avantage de connaître mon établissement, c’est que la rentrée est moins impressionnante. Cette année nous changeons de principal adjoint. Le précédent était humain, drôle et très investi dans son travail. Il est un des éléments qui a contribué à ce que l’année se passe sans que j’abandonne le combat. La nouvelle principale adjointe est une stagiaire : après 20 ans dans la grande distribution et un an d’enseignement à des BTS vente, elle a passé le concours de chef. Elle nous accueille tous le jour de la rentrée avec un diaporama : Justin Bieber, les anges de la télé-réalité, Miley Cyrus, un extrait vidéo de LOL, un film sur des adolescents. Son but : nous faire comprendre les élèves de notre collège (qu’elle n’a encore jamais vus). J’ai l’impression de rêver.

Nous lui laissons une chance, puis deux, puis dix… Rien n’y fait. L’organisation est catastrophique, la communication avec les parents est un fiasco. Elle dit être « au taquet » ou avoir « fait une couille », elle est à la mode, elle est « dans le coup » mais elle est tout sauf compétente pour gérer notre établissement, qui cumule des problématiques humaines très complexes. Néanmoins, cette principale adjointe sera titularisée sans problème car elle aura fait un travail formidable d’organisation de projets pour faire « rayonner » l’établissement : faire venir des entreprises auprès des élèves, proposer une journée portes ouvertes. Les compétences en ressources humaines passent bien après celles en communication quand il s’agit de valider un chef d’établissement…

Pour aider une de mes collègues revenant de dépression et qui ne se sent plus capable de le faire le jour de la rentrée, j’ai accepté une nouvelle mission : professeur principal. C’est une mission bien peu valorisée et très complexe. Je passe des récréations à surveiller la classe pour la punir de son comportement en arts-plastiques — et moi avec, puisque je n’ai par conséquent pas de pause. Je convoque les parents des élèves difficiles, je reçois ces mêmes élèves avec la CPE (conseillère principale d’éducation) ou l’assistante sociale, je décide avec elle entre deux bouchées à la cantine d’un plan pour essayer une énième fois de remettre T. sur la voie du travail, pour aider S. qui dort avec son beau-père, pour punir F. et que cela fasse enfin effet. Je reste tard au collège, ma semaine est une apnée de 5 jours.

Le climat en salle des profs se dégrade. Les élèves perturbateurs ou violents ont une immunité dangereuse car rien n’est fait par les chefs pour les punir lorsqu’ils vont trop loin. Deux petites de 6ème rentrent pleines de bleus d’une récréation car elles révisaient sur un banc. Un élève donne une claque derrière la tête à l’une de mes collègues, pour rire.

Je me lève à 5h15 tous les matins pour arriver à l’heure avec le métro, le train, le bus. Je rentre épuisée. Je pleure sans arrêt. Je rêve du travail toutes les nuits. Je n’ai plus goût à rien. Je ne respire plus. Je prends l’avion et me surprends à espérer de toutes mes forces qu’il s’écrase. Je décide de demander ma mutation avant de sombrer complètement. J’obtiens un établissement tout aussi difficile mais bien plus proche, l’espoir se rallume au fond de moi : peut-être n’est-il pas trop tard pour faire mon travail dans de bonnes conditions...

Année 3 : pas de responsable

La rentrée et son lot de nouveautés. J’arrive pleine d’entrain, revigorée par le changement. Je suis à presque une heure de chez moi, mais l’essentiel du trajet est en tramway : c’est le luxe ! Mon nouvel établissement est « mixte », il est composé d’élèves de milieu très modeste et très aisé à la fois. La plupart de mes latinistes sont de classe bourgeoise, inscrits au conservatoire où ils vont deux après-midi par semaine suivre des cours d’instrument et de solfège au lieu de faire arts-plastiques ou technologie. Ce sont des jeunes polis, curieux, intéressés. Ils participent, posent des questions, argumentent, s’enthousiasment. À 13 ans, ils ne se voient pas ailleurs qu’à l’école : on leur a transmis l’importance de l’instruction. Leurs parents ont le temps de s’intéresser à eux, de les suivre dans leurs résultats, d’assister aux conseils de classe et aux réunions parents-professeurs. C’est un réel bonheur de les avoir en cours. Je respire enfin.

En tant que représentante élue du personnel, je participe à de nombreuses réunions, au conseil d’administration et au conseil de discipline notamment. J’y vois dans l’un les incohérences d’une institution qui vacille, dans l’autre l’impuissance de l’école à vaincre le déterminisme social. Car, au-delà de mes cours de latin, groupe privilégié, c’est la même cour de récréation que dans le collège précédent, la même violence physique et verbale omniprésente, les mêmes hurlements, humiliations, bagarres. Dans les conseils de discipline où je siège, les parents semblent tristes, dépassés par leurs enfants, épuisés par leur travail quand ils en ont un, désespérés par leur quotidien quand ils n’en ont pas. Parfois, une cousine ou une sœur est là pour traduire, parfois, une cousine ou une soeur est là, à défaut d’autre chose.

Le Département crée à cette époque un programme pour financer des projets visant à combattre les difficultés scolaires. On nous propose de penser « hors des cases », on nous donne une grande liberté de budget : enfin quelque chose de possible, je me sens pousser des ailes !

Je crée un projet dans lequel je m’investis énormément : sortir les élèves les plus perturbateurs de classe une fois par semaine et les mettre tous ensemble dans un groupe dont j’aurais la charge le vendredi après-midi sur mon temps libre. Le profil de ces élèves a souvent quelques similitudes : ils ont de la répartie, ils cherchent à se distinguer, à être reconnus d’une façon ou d’une autre, ils aiment, ou prétendent aimer, le rap. Je voudrais leur faire découvrir des chansons de rap de qualité, les analyser avec eux et les aider à en écrire. Je voudrais changer un peu leur rapport au savoir, leur dégoût du savoir. Leur montrer que la langue ne sert pas qu’à faire des dictées, mais aussi à s’exprimer pour se faire entendre. Que le langage permet de maîtriser le monde dans lequel ils vont évoluer. Je rêve qu’ils apprennent à penser, qu’ils apprennent à dire plutôt qu’à parler. Je remplis des tas de papiers et j’attends, impatiente. Je me projette et cela m’aide à tenir, à dépasser la colère, la frustration quotidienne, les rappels à l’ordre constants dans la cour de récréation, les insultes, les incivilités, les bousculades auxquelles j’assiste sans cesse. Les mois passent : à chaque fois que je demande, on me dit que la sélection des dossiers prend du temps.

Conseil d’administration du mois de juin : au détour d’une phrase et devant les vingt-cinq personnes réunies, la principale déclare que tous les projets présentés sont annulés, que le Département n’a finalement pas les fonds. Assise à la table, entourée de vingt-cinq personnes qui ne savent pas ce qui se brise alors en moi, je ravale mes larmes pour pouvoir affronter les deux heures de réunion qui nous attendent.

Une phrase.

Elles m’ont vue aux réunions préparatoires, plus enthousiaste que le reste de mes collègues, investie, motivée, en pleine ébullition. Elles m’ont vu accepter de ne pas être payée les vendredis après-midi pour que le projet ne coûte pas trop cher. Elles ont vu mon espoir, elles ont vu mon attente. Mais je ne mérite pas plus que ça, une phrase au détour de l’ordre du jour de la réunion. Je ne mérite pas deux minutes en tête à tête pour reconnaître mon investissement et regretter avec moi le projet qui n’aboutira pas. La faute est au Département qui n’a pas les fonds. Mes chefs refusent de prendre la responsabilité de cet échec, et je me retrouve sans personne à blâmer, sans personne à qui exprimer ma déception, mon regret, ma frustration. La faute à personne... tant pis pour moi.

Réunion de l’équipe de lettres, début juillet. Chaque matière a besoin d’un coordinateur de discipline, tâche aussi contraignante que bénévole. En fin d’année, M. nous annonce qu’après 15 ans de coordination, elle a besoin de souffler et que quelqu’un prenne la relève. Quelqu’un accepterait-il de la remplacer ? Je vois le silence répondre à M., je vois tous mes collègues plus âgés que moi baisser les yeux, sans rien dire. Je vois tout le monde attendre, gêné, que quelqu’un d’autre réponde. Et je sens la colère monter. La colère face à tous ces responsables qui ne veulent pas accepter de l’être, qui n’osent même pas dire non à voix haute. Par provocation, par colère, par dépit, j’accepte de reprendre le poste. Grossière erreur, car je le fais pour les mauvaises raisons. Par besoin de reconnaissance, mais surtout pour leur faire honte, à eux qui ne font rien, à eux qui n’assument rien. Quelle naïveté ! Sitôt que le problème a trouvé sa solution, tout le monde s’en fout...

Année 4 : effondrement

La réforme des collèges est annoncée depuis l’année précédente mais elle se concrétise en début d’année. Changement radical du collège vendu sur tous les médias par la ministre. Aussi douée en communication qu’incompétente en pédagogie, cette jeune femme explique à qui veut l’entendre que le modèle du collège est dépassé, que les élèves s’ennuient, que les enseignants restent affiliés à d’anciennes méthodes, que les options élitistes empêchent l’apprentissage pour tous. Le latin, le grec, les classes européennes et bilangues sont supprimées. Les classes de musiciens déchargés deux après-midi par semaine pour aller au conservatoire sont maintenues, ne semblant pas faire partie de l’élitisme visé...

J’entends partout combien les disciplines que j’ai choisies, qui me passionnent, qui je le crois sincèrement sont porteuses d’émancipation pour les élèves d’origine populaire, sont ennuyeuses et dépassées. J’entends partout que nos cours sont pleins de grammaire aride et de déclinaisons obscures. Je vois mon métier voué aux gémonies, ridiculisé, méprisé.

Moi qui n’ai jamais fait de cours magistral, qui ai traduit du rap et Pharell Williams en latin, qui ai monté une pièce de théâtre en toge avec surtitrage powerpoint, je m’entends dire que je suis élitiste, ennuyeuse et dépassée. Il faut changer, faire des projets, du concret, du ludique... Ah bon ? Quelle nouveauté ! Je m’engage syndicalement pour combattre ces mensonges éhontés, pour organiser la résistance au sein du collège et auprès des parents. Je sens un nouveau souffle s’emparer de moi, je me dis que je trouverai peut-être mon épanouissement dans le travail par ce biais là, à défaut de le trouver dans l’enseignement de la littérature.

Je décide de préparer un voyage cette année : devant le danger de disparition de ma matière, devant l’envie et la gentillesse de mes élèves, je me lance dans ce projet chronophage et compliqué d’une visite de la Provence romaine.

Exposée en tant que syndicaliste, je me retrouve convoquée chez la principale pour différents motifs, je reçois des remarques déplacées et des regards désapprobateurs. J’organise une réunion syndicale qui se déroule tant bien que mal : je fais de mon mieux pour qu’on laisse parler les collègues qui défendent cette réforme que j’abhorre, afin qu’ils ne se sentent pas acculés. Le lendemain, une collègue m’agresse devant mes élèves, dans la cour, me reprochant ce que d’autres ont dit à la réunion. Elle m’impose l’entière responsabilité de tout ce qui s’y est dit.

Au bout de quelques mois, tous les voyages prévus sont annulés faute de moyens. La principale ne souhaite pas financer les voyages sur les fonds du collège, assumant sa gestion « en bon père de famille » nous dira-t-elle. Les élèves et les parents sont déçus, quant à moi...

Trop de choses s’accumulent.

J’ai trop donné, pour rien.

J’ai trop espéré, pour rien.

J’ai trop combattu, pour rien.

Je m’effondre.

Je prends rendez-vous chez la psychologue du travail pour lui exprimer mon mal-être. Pendant une heure, elle prend des notes en me demandant ce qui ne va pas. À chaque réponse que je lui donne, elle me dit ne pas comprendre. « Qu’est-ce qui ne va pas ? En quoi est-ce si grave tout ça ? Pourquoi ne pas voir le verre à moitié plein ? » Je me sens illégitime dans ma souffrance, j’ai l’impression d’être une enfant qui fait des manières. Je suis choquée par son manque de bienveillance, je pars encore plus déboussolée qu’à mon arrivée.

Il n’y a pas de réponse, il n’y a pas de solution, il n’y a pas d’écoute.

Je suis entrée dans ce métier pour faire des choses concrètes, prise d’une passion vraie, d’un désir profond. Je me suis fait abattre, année après année, jusqu’à ce qu’il ne reste en moi ni confiance, ni espoir, ni désir. Je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je veux. C’est fini.

Nous sommes en avril et je ne retournerai plus au collège.

Comment se reconstruire, comment être et vouloir à nouveau ?

Carmen Angor

Photo : CC Nicolas Vigier

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la stratégie de Lisbonne prescrivant la marchandisation programmée de la connaissance.

25 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #La République, #Ecole, #Services publics

Articles d'Indépendance des Chercheurs :



http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/23/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iii-51627.html

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (III)

Le 23 mai 2016, Le Monde évoque un « blocage persistant des raffineries face à la loi travail » alors que L'Usine Nouvelle écrit « Avec le blocage des raffineries, la pénurie d'essence prend de l'ampleur ». Pourtant, du côté de manifestants, médias, syndicats, grévistes... le silence et l'absence d'analyse perdurent en ce qui concerne le rapport évident entre la mondialisation du capitalisme et le projet de loi sur le travail de Myriam El Khomri, cible affichée du mouvement actuel. Nos articles « Loi El Khomri : le débat que l'on étouffe » (I), (II), (III), (IV) et (V) et « L'actuel blocage de l'économie aide la loi El Khomri » ont déjà commenté cette incroyable situation, alors que de toute évidence la future orientation du mouvement devrait dépendre crucialement de l'analyse stratégique manquante. Mais visiblement, il existe des tabous et les analyses « dérangent » dans la société française actuelle. Or précisément, le livre L'Enigme Bogdanov (Editions Télémaque), de notre collègue Luis Gonzalez-Mestres (paru en novembre 2015), semble toujours « déranger » pour une raison analogue. Son analyse circonstanciée de la prétendue « affaire Bogdanoff » s'accompagne d'un parcours de la situation actuelle de la recherche, de rappels historiques sur un large éventail de domaines, et de réflexions connexes sur les plans scientifique et institutionnel ainsi que sur le plan citoyen. Il en émerge les éléments d'une critique globale que la « bien-pensance » a toujours cherché à éviter. Dans « L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" » (I) et (II), nous avions déjà entrepris d'examiner le contenu fort « gênant » d'un livre paru juste avant les attentats de Paris et qui, de ce fait, n'a pas pu bénéficier d'une réelle publicité au moment de sa sortie mais que par la suite les médias ont clairement boudé. La situation actuelle et sa problématique nous semblent commander la poursuite du commentaire du livre L'Enigme Bogdanov où, précisément, la mondialisation du capitalisme est explicitement évoquée. D'autant plus, que la recherche française paye une lourde facture de cette mondialisation qui se poursuit sous l'égide du grand capital.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/23/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iii-51627.html ]


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/24/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iv-51630.html

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (IV)

Le 24 mai 2016, les conseils scientifiques des organismes de recherche français (CNRS, INSERM, INRA, INED, IRD) ont conjointement adopté une motion intitulée « Etat d'urgence dans la recherche », diffusée notamment par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dans un communiqué de presse. Le communiqué dénonce explicitement à juste titre « l'annonce brutale du projet de suppression par décret de 256 millions d'euros de crédit 2016 pour la "Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur" ». Il se réfère également à une tribune parue dans Le Monde avec le titre « Coupes budgétaires dans la recherche : huit grands chercheurs dénoncent "un suicide scientifique et industriel" » et signée par huit scientifiques connus. Malheureusement, si cette dénonciation des coupes budgétaires est largement fondée, ni le communiqué des conseils scientifiques ni la tribune parue dans Le Monde ne procèdent à une analyse globale du rôle de la mondialisation du capitalisme, de la stratégie des organismes qui en émanent, de la politique de l'Union Européenne... dans cet affaiblissement des moyens de la recherche française. Une thématique pourtant abordée dans l'ouvrage L'Enigme Bogdanov (Editions Télémaque), de notre collègue Luis Gonzalez-Mestres qui dénonce en particulier (chapitre VII) « la stratégie de Lisbonne prescrivant la marchandisation programmée de la connaissance ». C'est précisément cette marchandisation de la connaissance, programmée par la stratégie de Lisbonne adoptée en mars 2000 à l'échelle européenne, qui exerce une pression croissante sur les moyens de la recherche française alors que l'Union Européenne gère directement un volume de plus en plus élevé de moyens budgétaires de la recherche. Analysant le contexte scientifique, institutionnel et historique de la prétendue « affaire Bogdanoff », le livre L'Enigme Bogdanov ne pouvait valablement ignorer le rôle de la mondialisation du capitalisme et de la stratégie de l'Union Européenne dans l'évolution de l'éducation et la recherche françaises. Le travail d'analyse et d'invitation à la réflexion citoyenne collective mené à terme dans L'Enigme Bogdanov contraste très clairement avec les silences récurrents sur la mondialisation du capitalisme dans les mobilisations actuelles contre la loi El Khomri, mais aussi dans les textes de chercheurs contre les coupures budgétaires et la précarisation. Dans ce contexte, le livre L'Enigme Bogdanov « dérange » par son effort de clarté devant le public.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/24/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iv-51630.html ]


et pour rappel :

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (I)

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (II)

L'Enigme Bogdanov, de Luis Gonzalez-Mestres, et la question du chômage

L'Enigme Bogdanov, livre pour Noël de réflexion citoyenne

Un livre interactif : L'Enigme Bogdanov, de Luis Gonzalez-Mestres

L'Enigme Bogdanov, de Luis Gonzalez-Mestres (I)

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (I)

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (II)

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (III)

Loi El Khomri : le débat que l'on étouffe (IV)

Loi El Khomri : le débat que l'on étouffe (V)

L'actuel blocage de l'économie aide la loi El Khom

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La loi NOTRe. Fin de la gratuité : les tarifs du transport scolaire dans les Pyrénées-Atlantiques.

3 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La réforme territoriale, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Ecole

Fin de la gratuité : les tarifs du transport scolaire dans les Pyrénées-Atlantiques

Fin de la gratuité : les tarifs du transport scolaire dans les Pyrénées-Atlantiques
Les familles devront désormais payer pour le transport scolaire.
archive jean-philippe gionnet
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Les familles devront désormais payer pour le transport scolaire et commencent à recevoir la tarification mise en place pour la rentrée prochaine.

100 euros par enfant prenant le bus, 80 de plus pour le deuxième enfant et 0 pour le troisième : les familles des Pyrénées-Atlantiques commencent à recevoir la tarification mise en place à la rentrée prochaine pour le transport scolaire (1).

Rappelons que le conseil départemental, dont le réseau transporte 27 000 élèves au Pays basque et en Béarn, a voté en février la fin de la gratuité pour ce service. "Ce service public départemental représente une dépense de 1 000 euros par an et par élève transporté. C’est une organisation complexe qui constitue une charge importante pour la collectivité que le Département continue à assumer, malgré un contexte budgétaire difficile", écrit la collectivité dans son courrier aux familles.

Des aides en cas d’absence de transport à proximité

En mettant fin à la gratuité, le Département espère financer au moins 10 % du coût de ce service. Soit au moins 4 millions d’euros. À noter qu’un tarif majoré, à 180 euros par enfant, a été mis en place pour les élèves qui ne sont pas scolarisés dans un établissement de leur secteur.

Des aides financières sont par ailleurs prévues lorsqu’il n’existe aucune solution de transport à proximité du domicile de l’enfant. Calculées proportionnellement à la distance entre le domicile et l’établissement scolaire, elles s’élèvent entre 450 et 750 euros pour les élèves demi-pensionnaires ; à 0,50 euro par kilomètre pour les enfants handicapés ; et entre 150 à 750 euros pour les élèves internes.

1) Les inscriptions doivent être effectuées sur le site www.transport64.fr

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