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Le blog de Lucien PONS

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_ÉTUDIANTS_ _PROCHAINES VICTIMES DES MALFRATS DE LA FINANCE_

2 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole, #La finance dérégulée

_ÉTUDIANTS_ _PROCHAINES VICTIMES DES MALFRATS DE LA FINANCE_

 

 

_ÉTUDIANTS_

 

_PROCHAINES VICTIMES DES MALFRATS DE LA FINANCE_

 

  HTTPS://INFO.ARTE.TV/FR/ETUDIANTS-LAVENIR-CREDIT [1]

  [1]

 

L’ARRÊTÉ POUR AUGMENTER LES FRAIS DE SCOLARITÉ UNIVERSITAIRE EST

PUBLIÉE. ELLE EST DÉSORMAIS APPLICABLE POUR L'AN PROCHAIN.

 

_HTTPS://WWW.LEGIFRANCE.GOUV.FR/AFFICHTEXTE.DO?CIDTEXTE=JORFTEXT000038396885&CATEGORIELIEN=ID

[2]_

 

Tout étudiant non européen, sauf doctorant dans un premier temps, 

VERRA SES FRAIS D'INSCRIPTION DÉCUPLÉS SUIVANT LE DIPLÔME [3] (

article 8 ou tableau No 2 de l'arrêté  ) .

 

Notez la façon de présenter l'arrêté, où l'on mets bien en avant

les bénéficiaires des frais traditionnels, ceux ne faisant pas partie

de cette liste ( article 1 à 6 ) seront d'office redevables des frais

élevés ( licence : 2770€/AN au lieu de 170€/an, Master 3770€/AN

au lieu de 243€/an   )

 

Heureusement certaines universités refusent d'appliquer cette loi à la

rentrée prochaine ( probablement en jouant sur "l'autonomie" et les

possibilités d'exonération pour rester dans les clous légaux ). Mais

la ministre rappelle que tout fonctionnaire doit obéissance et doit

appliquer les ordres sacrés d'un gouvernement tout puissant. On

retrouve ici un aspect autocratique bien connu dans notre université,

que l'on cache pudiquement de faux débats : on vous entends, mais on

fera quand même.

 

  Voici une vidéo sur une partie du débat au sénat, avec peu de

sénateurs si on en juge les images ..._ __HTTPS://YOUTU.BE/4SHRRLABYS8

[4]_

 

Il n'y a pas si longtemps, la ministre justifiait l'augmentation des

frais d'inscription des étudiants étrangers sous prétexte que leurs

parents n'avaient pas payé l'impôt en France. L'argument actuel

indique que c'est pour leur permettre d'avoir un enseignement de

qualité car leur accueil n'est pas digne de ce qui est attendu pour

notre pays ... 

 

Si on gobe ce genre d'argument, le suivant est tout trouvé. Si la

qualité d'accueil n'est pas au RDV pour les étudiants étrangers,

l'est-elle déjà pour les étudiants européens qui suivent les mêmes

formations que les étudiants hors UE ? Non bien sûr.  Il faudra

aussitôt que les autres étudiants participent aux frais à leur tour.

Et là, les frais d'inscriptions seront rehaussés pour tous ! Des frais

que la ministre juge elle-même "extrêmement élevés" pour 4000€/an

( _cf vidéo du sénat à  3'40"_ [4] ). C'est donc sciemment et avec

cynisme que cette ministre, et le gouvernement associé, mettent en

place une politique de rehaussement de frais. Ce n'est certainement pas

pour donner l'accès à tous à la connaissance ( pourtant payé par nos

impôts ) ni même pour financer le système éducatif ( sinon pourquoi

vendre des sociétés de l'État qui rapportent de l'argent, comme les

aéroports, la Française des Jeux et autres dont les bénéfices

pourraient participer au financement de l'éducation par exemple ? ).

 

Très probablement, cette hausse participera à la politique de

destructuration des universités, complétant le dispositif de mise en

concurrence, en appliquant diverses règles de dérégulation à

commencer par "l'autonomie", la dévolution des biens immobiliers à

budget constant, les regroupements d'établissements, Labex et Idex,

puis maintenant établissements d'expérimentation. LE BUT EST DE

LÂCHER L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR AUX CROCS DE LA FINANCE. Nous sommes

dans une des phases de la "libéralisation" du savoir pour les marchés.

Macron et ses sbires appliquent bien leur programme sous couvert d'une

pommade de communication, il suffit de lire leur programme [5] entre les

lignes et tout devient clair. Tâchons de nous en souvenir

collectivement pour les prochaines élections ! Il en va de l'avenir des

générations futures d'étudiants, de nos enfants.

 

Un des desseins de ce gouvernement est bien de réduire les

connaissances à l'état de simples marchandises sur lesquels pourront

s’agréger des montages financiers, comme par exemple les prêts

bancaires, "offerts" de droit aux étudiants pour faciliter leur

"autonomie" par rapport aux parents ... mais certainement pas par

rapport aux banques. Le reportage, "ÉTUDIANTS, L'AVENIR À CRÉDIT",

pouvant être consulté sur 

HTTPS://INFO.ARTE.TV/FR/ETUDIANTS-LAVENIR-CREDIT [1] est

particulièrement édifiant et montre bien ce qui se cache derrière. Si

vous n'avez pas le temps de tout voir, visionnez plus particulièrement

la discussion de la vente des dettes étudiantes en Angleterre, d'un

État vers des organismes financiers privés ... et ce n'est par

philanthropie (_ CF Vidéo, à 1h03' puis 1h06' et plus si vous n'êtes

pas déprimé_ ). 

 

Le SNESUP-FSU de l'Université de Nice avait dernièrement payé les

droits pour diffuser ce documentaire au Petit Valrose, avec débat.

Malheureusement, cela n'a pas attiré foule, mêmes pour les premiers

concernés, les étudiants, alors que le système d'endettement se mets

en place petit à petit, devant nos yeux. UCA, qui en est un exemple

local avec ses "Masters" à 4000€ ( tiens comme par hasard le même

prix que celui exprimé par la Ministre ), participe localement à

l’enchaînement de vies aux mains d'organisations financières, avec

à la clef, une bulle aussi importante que celle des subprimes ... SI ON

NE RÉAGIT PAS, BIEN SÛR CAR IL N'EST PAS TROP TARD !

 

 

 

Links:

------

[1] https://info.arte.tv/fr/etudiants-lavenir-credit

[2]

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038396885&categorieLien=id

[3]

https://www.huffingtonpost.fr/entry/frais-scolarite-etudiants-etranges-officiel-rentree-2019_fr_5cbc64fbe4b06605e3efc11a?ncid=other_trending_qeesnbnu0l8&utm_campaign=trending

[4] https://youtu.be/4shRrlABYs8

[5]

https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/enseignement-superieur-recherche

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L'OCDE, la mondialisation et la dégradation des sociétés développées

29 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

lundi 29 avril 2019

L'OCDE, la mondialisation et la dégradation des sociétés développées
 
 
 
L'OCDE a sorti un rapport qui, finalement, souligne ce que chacun ressent déjà : la mondialisation non seulement n'a pas amélioré la vie dans les sociétés développées, mais elle a des effets pervers inévitables et destructeurs : disparition de la classe moyenne, "ubérisation" du travail, baisse des salaires, etc. La recommandation est simple : les Etats doivent non pas lutter contre la mondialisation, (les dogmes ça ne se discutent pas), mais pleinement convertir leurs sociétés nationales à cette paupérisation, voire précarité, chronique. Ce que justement Macron nous prépare. Pour cela, ils sont libres de trouver les slogans qui conviendront : la liberté absolue, la mobilité absolue. L'important est "l'absolu" virtuel pour cacher la dégradation réelle.
 
Un intéressant rapport de l'OCDE est sorti sur les perspectives de l'emploi après ce qu'il est convenu d'appeler la révolution numérique. Sa présentation est disponible ici en français. Ainsi, avec la robotisation une partie des emplois doit disparaître d'ici 2020 et une autre partie va être profondément transformée :
 
 
La France se situe ici dans la moyenne. Et en ce qui concerne les transformations de métiers :
 
 
 
 
Et en ce qui concerne la précarisation du travail :
 
 
Les formes du travail ont toujours évolué au rythme des découvertes, des transformations sociales et géopolitiques. Notre époque, en ce sens, ne fait pas exception et il n'y a aucune raison d'ailleurs pour cela. L'histoire ne s'est pas arrêtée. Les idéologies ne sont pas mortes. Aujourd'hui aussi, l'on nous montre le côté inévitable de cette voie, comme si elle était objective, inévitable et non le résultat d'un choix, qui implique l'existence d'alternatives. Au-delà du fantasme technologique qui laisse songeur, le danger est bien plus profond pour les sociétés développées. Il est existentiel.
 
Dans une excellente présentation de ce rapport faite par le journal La Tribune, l'accent est mis sur le véritable problème de la mondialisation toujours grandissante grâce au renforcement de l'intégration de l'économie mondiale ( je cite : "la part des exportations dans le PIB est passée de 23% en 1975 à 43% en 2017") : la disparition de la classe moyenne, la précarité grandissante, le dumping salarial réalisé de facto par les masses de travailleurs immigrés. Cette dégradation qualitative est par ailleurs soulignée par l'OCDE :
 "si le nombre d'emplois n'est pas nécessairement voué à diminuer, leur qualité pourrait se détériorer et les disparités entre travailleurs s'aggraver"
Et pour cacher ce phénomène difficilement compatible avec le culte de la mondialisation, l'on nous vend le mythe du travail dans le numérique, qui a créé des emplois. 
 
 
Mais de quels emplois s'agit-il ? 
La montée en puissance des plateformes numériques a également fragilisé des travailleurs comme les livreurs à vélo par exemple. Il dénonce la position "de certains indépendants qui sont dans une zone grise [...] l'un des enjeux est de limiter le recours abusif aux formes atypiques d'emplois comme les emplois indépendants qui ne devraient pas être des emplois indépendants car les gens ont un seul donneur d'ordre. Ce sont des faux emplois indépendants. Les indépendants n'ont parfois qu'un seul client qui est en fait le seul donneur d'ordre. Ces travailleurs se retrouvent en difficulté pour négocier le prix de leur prestation fixé par leur client. Ils ne négocient pas véritablement leurs horaires de travail sinon ils peuvent être éjectés des plateformes. Ils se retrouvent comme des salariés sans ouverture de droits à l'assurance chômage, à la formation."
 
Prendre pour argent comptant les chiffres bruts devant rassurer sur l'absence de chute quantitative de création d'emplois, c'est considérer les hommes interchangeables, pouvant et devant exercer n'importe quel métier, c'est justement nier la véritable individualité, qui est pourtant lancée comme un slogan à tous les coins de rues.
 
Or, les emplois créés sont précaires, sans véritable protection sociale, sans salaires, ne donnant généralement pas droit à une retraite, et ces "auto-entrepreneurs" n'ont très souvent qu'un client auquel ils sont pieds et poings liés. Cette nouvelle forme de travail est un asservissement total, un recul important sur les garanties sociales durement acquises, et cela au nom d'une pseudo-liberté, qui ressemble plus à de l'abandon social.
 
Comme le souligne cet article de La Tribune :
 Dans un récent opuscule intitulé, La polarisation de l'emploi en France, ce qui s'est aggravé depuis la crise de 2008,les chercheurs Ariell Reshef et Farid Toubal expliquaient ceci:
"Ces évolutions (technologies et mondialisation) se sont traduites par une modification en profondeur de la structure de l'emploi en France, caractérisée par une augmentation de la proportion des emplois à bas ou haut salaire au détriment des emplois à salaire intermédiaire. Conséquence logique de ce phénomène, les emplois de la classe moyenne se sont raréfiés ou ont même, pour certains, disparu, contribuant fortement au sentiment d'un déclassement irréversible. Si elle entraîne de vives tensions économiques en accroissant les inégalités salariales, la polarisation de l'emploi se traduit aussi par une polarisation sociale et politique."
La mondialisation est en train de tuer la classe moyenne, celle qui fait le ciment de toute société développée, car elle exige une minorité ultra-formée et une masse sous formée et sous-payée, interchangeable. Ces transformations n'ont rien de techniques, elles sont idéologiques. Et lorsque l'OCDE parle de mieux former les masses, ce n'est pas une refonte du système scolaire pour chercher à former des individus pensants qui est envisagée, c'est la production de masse manipulables, infantiles, aptes à utiliser les technologies. Et surtout pas à réfléchir en toute indépendance. Les slogans doivent suffisamment compenser le besoin de pensée.
 
Dans une société qui repose entièrement sur le culte de la consommation, du pouvoir d'achat, pour que les citoyens aient le sentiment de leur existence, c'est une impasse. Et un échec.
 
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La dégradation de l'enseignement, la dégradation de l'homme : conditions d'existence de la mondialisation. Par Karine Bechet Golovko

13 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

jeudi 11 avril 2019

La dégradation de l'enseignement, la dégradation de l'homme : conditions d'existence de la mondialisation
 
 
 
50 années de déstructuration de l'enseignement scolaire ont permis de désorienter les individus, de les annihiler, de produire des êtres sans repères, sans connaissances et surtout de remplacer la raison par des slogans. Ce qui est un échec pour l'homme, est une réussite pour ce système idéologique globalisé, qui ne peut prospérer qu'à ce prix. Un prix que nous payons de nos personnes, dans le sens direct du terme.
 
Comme l'affirme en grandes lettres l'Organisation pour la coopération et le développement économique - OCDE (eh oui, c'est elle qui est à la source des réformes de l'école ces dernières dizaines d'années de par le monde) : 
La Direction de l’éducation et des compétences de l’OCDE aide les individus et les nations à identifier et acquérir les connaissances et les compétences qui permettent l’accès à des emplois meilleurs et des vies meilleures, créent de la prospérité et favorisent l’inclusion sociale.
La finalisation de l'éducation est posée : l'on ne forme plus des êtres humains qui doivent s'émanciper et construire leur vie, on aide des individus à acquérir "des compétences" pour qu'ils trouvent un emploi et les pays à ne plus s'en inquiéter, les structures internationales sont là pour ça. Donc, si le sens de l'enseignement n'est plus déterminé par les Etats, ceux-ci ne maîtrisent plus, non plus, la vision du monde qui sera découlera : le point d'équilibre, le référent, ne sera plus l'Etat national, mais une vision globalisée dénationalisée.
 
En jetant un coup d'oeil rapide sur certaines pratiques développées ces dernières années à l'école, l'on  remarquera, en général, le rejet de l'effort et le renforcement de son idéologisation : oublié le par-coeur, car il faut faire un effort et tout doit être ludique, l'enfant, sans qu'il n'ait les connaissances nécessaires est appelé à réaliser des "projets" sur les thèmes fondamentaux de l'époque : l'écologie, le réchauffement climatique, l'égalité homme-femme devenu féminisme, les migrations et le culte de la honte de l'histoire nationale, etc. A l'école, l'enfant n'apprend plus, il ingurgite des réflexes conditionnés lui permettant d'intégrer cette société globalisée.
 
Et les résultats sont impressionnants et les médias semblent soudain se réveiller : ça ne marche pas! Quelle surprise, l'on ne s'en serait pas douté .... Remarque d'un professeur :
Depuis 30 ans, on voit le niveau des élèves qui baisse, notamment sur les fondamentaux. Sur les opérations élémentaires, par exemple, 37% des élèves savent aujourd'hui faire une division. Avant ils étaient 74%. Sur les savoirs fondamentaux il y a clairement une baisse de niveau.
A cela, l'on pourrait se dire: Enfin, ils ont compris, ils vont enfin se remettre au travail, faire apprendre aux enfants. Eh non, puisque ça ne marche pas, il faut aller encore plus loin : la faute à l'école, qui fait peur, avec ses contrôles :
Il y a un tiers des élèves qui entrent en classe en ayant mal au ventre et moi je me demande comment on fait pour apprendre en ayant mal au ventre. On a système d'évaluation où on part du principe que l'élève ne veut pas apprendre, donc on va lui faire peur avec des contrôles, et ça ne marche pas.
Logique, s'il n'y a plus de contrôle, on ne pourra plus dire que le niveau de l'enfant a baissé et l'on continue à égaliser vers le bas. D'autant plus que, paraît-il, il ne sert à rien de faire plus d'heures, mais paradoxalement, il faut s'arrêter pour expliquer lorsqu'un élève ne comprend pas (ce qui est plutôt normal). Alors comment combiner les deux ? A moins d'en revenir à la connaissance spontanée ... Et l'on pourra alors fermer les écoles, les remplacer par des centres de formation spécialisée, tout en laissant quelques véritables écoles - mais pour l'élite (ce qui en réalité existe déjà).
 
Et rassurez-vous, ce constat ne concerne pas que les mathématiques. L'on en arrive à la même conclusion avec l'anglais, ce qui "dommageable" en période de globalisation, à moins que tous n'y soient pas appelés. S'inquiéter du niveau du français (en fac, il m'est arrivée de devoir lire les copies de 1ere année à voix haute pour comprendre ce qui était écrit ... donc ces gens ont eu un bac) est hors de propos, qui va encore lire autre chose que quelques exclamations et onomatopées dans les réseaux sociaux ? Résultat :
La France, qui parvenait encore à tenir son rang au niveau européen lors de la première enquête en 2001 se retrouve aujourd’hui en queue de peloton, loin derrière des nations aux traditions scolaires plus neuves comme le Kazakhstan, la Bulgarie ou l’Irlande du Nord. Seuls les Belges (francophones) parviennent à faire pire, mais au moins ont-ils connu un sursaut entre 2006 et 2011. Contrairement à la France qui a vu son score baisser de manière continue depuis quinze ans.
L'enseignement de l'histoire et de la géographie a connu le même sort, justement parce que ces matières sont fondamentales pour le renforcement du sentiment national. Or, à l'époque de la globalisation et des immigrations de masse, l'histoire ne peut plus être nationale et la géographie devient un concept à dimension variable. Cette furie idéologique a commencé dans les années 70. Un texte terrible : 
Dans le système scolaire, une discipline n'est jamais isolée, puisqu'elle s'inscrit nécessairement dans un contexte politique, social et scientifique. Ainsi, le système français a longtemps fonctionné sur le principe de l'émancipation individuelle. Il s'agissait de libérer les esprits et d'armer la raison. Dans cette perspective, la géographie devait favoriser la création et l'appropriation du creuset national et républicain. Le contenu de cet enseignement était ainsi fondé sur un savoir positiviste et idéologiquement "nationalocentré".
Mais ça, c'était avant. Qui a besoin de la raison ou de la nation aujourd'hui? Nous avons besoin d'individus hors-sol, donc on a changé l'enseignement de l'histoire-géographie :
dans les années 1970 (...) De "nationalocentrée", cette lecture devenait mondialisée et européenne. Dès lors, le message géographique que le système scolaire est amené à porter auprès des élèves pâtit d'un manque de clarté et de lisibilité. De surcroît, le principe d'un enseignement visant à l'émancipation individuelle s'est transformé en un processus de socialisation générationnelle et intergénérationnelle.
Si de plus en plus de jeunes aujourd'hui ne savent plus ce que signifie 5,2, en revanche les lycéens font de merveilleuses propositions au ministre de l'Education nationale en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Ca, c'est important, quand même. Ce qui permet de produire des fanatiques apeurés comme cette pauvre Greta Thunberg totalement instrumentalisée, comme le révèle cette enquête surprenante à lire : 
Contrairement aux jeunes manifestantes de Bruxelles, Greta n’a répondu à aucune question. Je me suis trouvé face à une petite fille éteinte, sans passion, manipulée par des gens inquiétants, enfant sous terreur. Elle est programmée pour des speechs apocalyptiques et provocants de quelques minutes devant les grands de ce monde.
C'est vrai que les professeurs jouent le jeu destructeur de cette idéologie, incitant les enfants, manipulables, à "jouer aux grands", sans en avoir ni le recul, ni les bases. Pourtant, il est bien reconnu que l'âge d'or de l'enseignement se situe ... dans les années 20.  Encore une remarque :
L'esprit critique que nous appelons de nos vœux est cependant d'autant plus difficile à inculquer en ce début de XXIème siècle que les élèves sont à la fois privés d'une véritable mémoire raisonnée et abreuvés d'une fausse mémoire
Mais comment développer un esprit critique sans connaissance ? C'est impossible. Et l'on pourrait dire que ça tombe bien. Comment pourrions-nous sinon réécrire l'histoire en fonction des besoins du moment, comment sinon serait-il possible de lancer les hommes, comme des petits soldats dociles, dans des combats idéologiques qui ne sont pas les leurs, un slogan aux lèvres et le doigt sur l'écran ? La vanité et le vide de ce monde de consommation et de communication, repose sur la dégradation intérieure de l'homme et le bruit extérieur. Si la majorité d'entre nous n'a pas pour but d'acheter, de  se bâfrer, bref de consommer tout et n'importe quoi mais le plus possible, si les gens ne peuvent plus mesurer la réussite de leur vie à leur pouvoir d'achat et aux cours de yoga en guise de poussée compensatrice spirituelle, la révolte risquerait de gronder. Le BigMac en guise de raison d'être, laisse un arrière-goût quelque peu écoeurant ...
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"Pendant que Parcoursup déraille, les établissements privés sont à la fête" - Anthony Cortes, Marianne, 10 septembre 2018

12 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Ecole

"Pendant que Parcoursup déraille, les établissements privés sont à la fête" - Anthony Cortes, Marianne, 10 septembre 2018

lundi 10 septembre 2018par Laurence

Alors que la phase principale de Parcoursup vient de se terminer, les chiffres communiqués par le ministère de l’Enseignement supérieur révèlent que près de 180.000 étudiants ont quitté la plateforme depuis le mois de mars. Se seraient-ils tournés vers les formations privés ?

Pour lire cet article sur le site de Marianne

Le bilan n’est pas glorieux. Alors que Parcoursup vient d’en finir avec la phase principale d’admission, les chiffres communiqués par le ministère de l’Enseignement supérieur démontrent que la plateforme n’a pas vraiment été à la hauteur de l’enjeu. Le 5 septembre, sur 812.000 candidats à une poursuite d’étude au mois de mars, ils étaient encore 113.062 bacheliers ou étudiants en réorientation à ne pas savoir où diable ils allaient étudier cette année… Où en sont-ils aujourd’hui ? Impossible de le savoir, le ministère ayant interrompu la communication de statistiques jusqu’au 21 septembre. Ce que l’on sait, c’est qu’en six mois, près de 180.000 jeunes ont quitté la plateforme sans que l’on connaisse leurs motivations. Soit un peu plus de 20% des personnes qui s’étaient initialement inscrites sur la plateforme. Reste à retrouver leur trace… Ont-ils été poussés dans les bras des établissements privés, découragés par la lenteur du successeur d’APB ?

Augmentation des demandes d’inscription

"Dans l’enseignement supérieur privé, une tendance se dégage, explique à Marianne Christine Fourage, secrétaire générale de la SNPEFP-CGT. Très clairement, il y a eu une augmentation sensible des demandes d’inscription pour cette rentrée 2018… Que ce soit dans les écoles privées (d’ingénieurs, de commerce ou de management par exemple) ou dans les universités catholiques qui proposent quelques formations hors Parcoursup". Une affirmation qui se vérifie auprès des établissements qui veulent bien communiquer leurs chiffres. Par exemple, l’École supérieure d’électronique de l’Ouest (Eseo) a enregistré bien plus de candidatures dans chacun de ses établissements cette année que l’an dernier. Et sans surprise, le nombre d’inscriptions enregistrées à l’approche de la rentrée a décollé. A Paris, les effectifs des classes de première année ont bondi de 20%, contre 27% à Dijon (Côte-d’Or) et 32% à Angers (Maine-et-Loire). Dans cette même ville, l’université catholique a eu à traiter 1.280 candidatures, contre 1.180 l’année précédente. "Il y a clairement un effet Parcoursup", commente la syndicaliste. Dans d’autres établissements, comme l’école Vidal de Toulouse (Midi-Pyrénées), qui propose une large gamme de BTS (commerce international, tourisme, assurance…), on assure avoir toujours "le nez dans l’enregistrement des chiffres". "C’est trop tôt", répète-t-on pour repousser à plus tard la communication de données précises. Mais on le concède : "Nous accueillerons largement plus d’étudiants cette année que l’année passée".

Une tendance générale que confirme Patrick Roux, président de la Fédération nationale de l’enseignement privé (Fnep). Lui-même dirige trois établissements de l’école dentaire française, basés à Narbonne, Toulouse et Paris. "Dans nos trois établissements, nous avons relevé une augmentation des inscriptions de 5 à 8 points, indique-t-il à MarianneNous n’avons pas encore de chiffres officiels au niveau national mais les échos vont pratiquement tous dans le même sens : nous assistons à une hausse globale plutôt spectaculaire."


Attendre ou se tourner vers le privé

Selon lui, plusieurs points peuvent expliquer ce phénomène. Les dysfonctionnements de la plateforme Parcoursup sont rapidement cités : "Dès le mois de juin, de nombreux étudiants ont connu une situation de blocage. Pour en sortir, deux choix se sont offerts à eux : attendre ou s’orienter vers le privé, où les places ne sont pas forcément comptées. Certains ont donc fait le choix de quitter le navire public, et on peut les comprendre".

L’autre raison est à trouver dans la "lucidité" de ces futurs étudiants, explique le président de la Fnep, un brin provocateur : "Les gamins qui n’ont eu que des réponses négatives ne vont pas s’entêter à multiplier les démarches dans un circuit qui leur a fait passer le message qu’ils étaient indésirables !".

Un schéma qui s’applique particulièrement aux candidats de BTS, selon Françoise Lambert, secrétaire fédérale du Sgen-CFDT, syndicat de l’enseignement supérieur privé et public. "Les étudiants dont le projet professionnel est dessiné avec certitude et qui ne peuvent passer que par un seul BTS ne se posent pas mille questions, explique-t-elle à MarianneSi le diplôme qu’ils courtisent est inaccessible pour eux dans le public, ils iront l’obtenir dans le privé, à condition bien sûr d’en avoir les moyens. Ce qui élimine une grosse partie des bacheliers technologiques et professionnels qui, pour une bonne partie, sont issues de classes populaires… Car pour trouver une place dans le privé, il suffit de payer : c’est la sélection par le chèque".

En 10 ans, 40% d’étudiants en plus dans le privé

Face à cet afflux, certains établissements auraient pris des dispositions pour pouvoir accueillir un maximum d’étudiants et ainsi profiter autant que possible de "l’effet Parcoursup". Comment ? En élargissant leur capacité officielle d’accueil sans forcément ouvrir de classes supplémentaires, rapporte Christine Fourage. "C’est bon pour les affaires… moins pour les conditions d’étude de ces étudiants", commente-t-elle. Ce serait par exemple le cas, selon elle, à l’université privée Léonard de Vinci de Courbevoie (Hauts-de-Seine), qui aurait vu le nombre de demandes d’inscriptions "exploser" à partir du mois de mai, au moment de l’envoi des premières réponses adressées aux étudiants sur Parcoursup. Aucune réponse ne nous a cependant été apportée par l’établissement.

Même si Parcoursup semble avoir jeté un certain nombre d’étudiants dans les bras de formations privés parfois très onéreuses, la plateforme n’a fait que renforcer une tendance qui n’est pas nouvelle. En effet, entre 2008 et 2017, les effectifs étudiants de l’enseignement supérieur privé avaient déjà augmenté de 40,2%, selon une note d’août 2018 du Système d’information et d’études statistiques (Sies), du ministère de l’Enseignement supérieur. "Depuis une décennie, nous assistons à un morcellement budgétaire de l’enseignement supérieur public qui permet au privé de prospérer, observe Françoise Lambert. D’autant que dans le même temps, les établissements privés jouissent d’un réseau de plus en plus fourni et assurent à leurs étudiants une insertion professionnelle pratiquement garantie… Parcoursup n’est qu’une grosse goutte d’eau"

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Le douloureux constat du faible niveau de rémunération des enseignants français qui mine la profession. Par Jean-Paul Brighelli

2 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Ecole

Le douloureux constat du faible niveau de rémunération des enseignants français qui mine la profession

Jean-Michel Blanquer a évoqué la prime au mérite pour les enseignants lors de sa conférence de rentrée. Ils sont de plus en plus confrontés à des difficultés à la suite du gel des salaires et face à l'inflation.

Triste réalité
Publié le

image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2018/08/000_18q8k4.jpg

Le douloureux constat du faible niveau de rémunération des enseignants français qui mine la profession

 

Atlantico : Ce mercredi, Jean-Michel Blanquer  pendant sa conférence de rentrée a parlé de la prime au mérite pour les enseignants et a déclaré que l' "on a perdu la belle tradition des profs qui s'investissent dans le périscolaire". Comment aborder cette déclaration à une époque où les professeurs sont de plus en plus obligés de se tourner vers le périscolaire ou d'autres activités pour arrondir les fins de mois dans un contexte de gel des salaires et de reprise de l'inflation ?
 
Jean-Paul Brighelli : Voilà des années que, sous prétexte que l'inflation était contenue, les salaires de la fonction publique stagnent.
 
L'inflation repart à la hausse, mais les salaires, eux, ne bougent pas, au nom de la réduction des déficits. L'écart donc, se creuse. Quand on pense que les pensions alimentaires augmentent chaque année au rythme officiel de l'inflation, on mesure ce qu'un enseignant divorcé finit par payer — et ce qui lui reste, sur un salaire moyen, au bout de 15 ans de métier, des 30 000 € / an qu'il gagne. Soit moitié moins que son homologue luxembourgeois ou allemand, pour un temps de travail qui, contrairement à bien des légendes, est supérieur.
 
Encore faudrait-il distinguer enseignement primaire et secondaire. Le salaire de l'instituteur mexicain, par exemple, est inférieur d'environ 7000 € à celui de son homologue français. Mais celui du professeur du Secondaire mexicain est supérieur de près de 10 000 € à celui du Français. En jouant, non sans démagogie, sur une politique du "corps unique de la Maternelle à l'Université", les syndicats français sont parvenus à faire globalement baisser le salaire de tout le monde. Que l'on imagine, s'il vous plaît, comment se loge à Paris ou en proche banlieue un instituteur ou un professeur du Second degré débutant, avec 1500 euros par mois — mais les syndicats ont obtenu, en échange de l'abandon du logement sur place des instituteurs, qu'on les appelle "professeurs des écoles". Sûr que cela améliore l'ordinaire.
 
Du coup, effectivement, les enseignants tentent de joindre les deux bouts en travaillant pendant les vacances dans les centres aérés, en pratiquant l'aide aux devoirs, en succombant aux charmes péniblement tarifés (autour de 9 € de l'heure) de soupapes à gogos comme Acadomia — et autres boîtes à Bac de grande réputation et de faible niveau.
 
Et je ne parle pas de ceux qui rêvent (et parfois sautent le pas) de quitter l'enseignement, alors même que l'on manque de profs, et que l'on peine à en recruter. Même si le salaire ne fait pas toute l'attractivité d'un métier, il y contribue. Il contribue aussi à dissuader d'y entrer.
 
Enfin, nombre d'enseignants (des enseignantes surtout) ne travaillent pas à plein temps, afin de s'occuper de leurs enfants. Alors 80% de 1500 euros par mois…
Mieux vaut faire des ménages. Etre serveuse de bar. Ou…
 
Ce type de déclarations n'est-elle pas au final préjudiciable pour le corps enseignant ? Est-ce vraiment en favorisant le périscolaire et en faisant des primes au mérite que l'on pourra régler le problème de recrutement ?
Je ne suis pas hostile au principe de primes au mérite : encore faudrait-il savoir de quoi l'on parle. Ce ne peut être mesuré sur les résultats hors sol des élèves : telle classe recrutée dans un quartier de cadres supérieurs sera toujours plus performante qu'une classe de milieu défavorisé, ne serait-ce que parce que le rapport au langage, dès le départ, est complètement différent.
 
En fait, il faudrait que les Inspecteurs se décarcassent, passent évaluer l'enseignant et sa classe en début d'année, et reviennent en fin d'année pour constater les progrès. Sur cette base, oui, on pourrait parler de mérite.
 
Ajoutons que des primes non intégrées dans le salaire permettent de vivoter un peu mieux, mais que l'addition se paie au moment du départ à la retraite.
Mais il est vrai que ce gouvernement va s'occuper justement de nos retraites…
 
Enfin, et même si le budget de l'éducation nationale augmente chaque année, est-ce vraiment suffisant pour compenser les dizaines d'années de manque d'investissement qui ont précédé ?
Je m'en voudrais de penser que l'on est ce que l'on gagne… Augmenter les salaires (au moins les salaires de départ) de façon sensible (disons 50% pour commencer) serait salutaire. Mais redonner au métier le lustre qu'il a perdu… Travailler l'opinion pour qu'elle reconnaisse à nouveau le rôle essentiel de celles et ceux qui forment les futurs citoyens — vos enfants et les miens… Ne plus faire de démagogie en insinuant que peut-être il faudrait remettre sur le tapis la question des vacances (ce sont les élèves qui ont des vacances, faut-il le rappeler : ceux qui envient les profs tiennent-ils vraiment à ce que leurs enfants travaillent 46 semaines par an ?)… Ne plus tolérer les réflexions sur ce métier de paresseux — viens donc faire cours une semaine dans un collège lambda, et on en reparlera… Encourager les vraies initiatives, et pas le conformisme pédagogique qui a assassiné déjà deux générations d'élèves… Soustraire les enseignants à la férule de "pédagogues" qui n'ont plus vu d'élèves depuis des lustres… Remettre sur pied une formation (et une formation continue, afin de récupérer les enseignants formés / déformés par les IUFM et les ESPE) qui donne des armes aux futurs maîtres au lieu de les offrir en victimes expiatoires à des hordes de gamins déchaînés — et applaudis par des pédagogues qui pour rien au monde ne s'y frotteraient… Oui, tout cela permettrait de retrouver des vocations. 
 
En attendant, je conseillerais à des étudiants (et des étudiantes) désireux de gagner leur vie de penser à autre chose — serveur de bar, femme de ménage, ou…
 

 

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Aulnay-sous-Bois : une école privée musulmane pour éviter "les sorties scolaires dans les gay prides"

30 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #I, #Ecole, #Laïcité

Info Marianne

Aulnay-sous-Bois : une école privée musulmane pour éviter "les sorties scolaires dans les gay prides"

 

Aulnay-sous-Bois : une école privée musulmane pour éviter "les sorties scolaires dans les gay prides"

Pour promouvoir l'école privée qu'il compte ouvrir ce 3 septembre à Aulnay-sous-Bois, le président d'une association musulmane accuse l'Education nationale d'"apprendre la masturbation" ou de combattre "les jupes longues". De quoi faire désordre, alors que l'établissement occupe un bâtiment loué par la mairie LR...

Le nouvel établissement doit porter le nom de Philippe Grenier, premier député musulman élu en France à la fin du 19e siècle. L’Espérance musulmane de la jeunesse française (EMJF), une association confessionnelle d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, compte ouvrir en cette rentrée scolaire une école hors contrat dans la ville de banlieue parisienne. Une montée en puissance pour l’association locale, très active à Aulnay auprès des jeunes. Mais à en croire les propos tenus en ligne par le président de l’EMJF, l’ouverture de cet établissement est surtout motivée par une violente hostilité à l’école publique, accusée d’« apprendre la masturbation » aux enfants, entre autres…

Une charge contre "les laïcistes"

Dans un post publié le lundi 27 août sur son profil Facebook - qui a été supprimé peu de temps après la publication de notre article - Hassen Farsadou prend un ton très musclé pour inciter les parents musulmans à retirer leurs enfants des établissements publics. Le président de l'EMJF pourfend « les laïcistes » qui auraient « enlevé le hijab de l’école », « lancé une vendetta contre les bandanas, les jupes longues, les sorties scolaires » ou encore « mis en application les ABCD » de l’égalité, un programme de lutte contre les stéréotypes de genre mis en place par Najat Vallaud-Belkacem, mais abandonné en 2014 après de rudes polémiques.

Le président de l’EMJF conclut ainsi son post énamouré pour l’école de la République : « En 2018, les bouquins pour leur apprendre la masturbation sont prêts = vous allez continuer à leur laisser vos enfants. Mais vous attendez les sorties scolaires dans les Gay pride pour vous ressaisir ??? » Hassen Farsadou relaie ainsi une intox très propagée ces dernières années sur les réseaux sociaux, prétendant qu’un enseignement de la masturbation serait prévu en maternelle. Contacté, il n’a pas répondu à nos sollicitations.

 

Un bâtiment loué par la mairie

Cerise sur le gâteau : ce nouvel établissement occupera le bâtiment d'une ancienne école... loué par la mairie d’Aulnay-sous-Bois ! Comme le racontait Le Parisien début août, le conseil municipal a en effet voté l’octroi d’un bail de 25 ans à l’association qui, jusqu'ici, occupait les lieux gratuitement. Une décision assumée par le maire Bruno Beschizza (Les Républicains), cité par le quotidien : « Dans une grande ville comme la nôtre, on peut multiplier les écoles confessionnelles… à condition qu’elles respectent la loi. »

 

Le nombre d'écoles privées musulmanes est en nette progression en France, comme le rapportait L'Opinion cet hiver. Une école hors contrat ne touche pas de financement de l’Etat et peut mettre en place ses propres programmes pédagogiques, mais elle doit se déclarer aux services de l’Education nationale, qui peuvent effectuer des contrôles. L’EMJF a déposé sa déclaration d’ouverture d’école auprès du rectorat de Créteil cet été. « La rentrée est le 3 septembre, comme dans les écoles publiques », nous indique-t-on au standard téléphonique de l’association. Le rectorat de Créteil et la mairie d’Aulnay-sous-Bois n’avaient, eux, pas répondu à nos questions mercredi soir.

L’EMJF avait déjà laissé apparaître ses orientations très communautaristes en conviant des prédicateurs radicaux en 2015 et 2016. Comme l’avait révélé Marianne, les intervenants en question prônaient sans complexe la soumission des femmes à leurs maris et l’un d’entre eux était même suivi par les services pour ses discours pro-djihadistes. L’une de ces sympathiques conférences s’était tenue dans un gymnase municipal, gracieusement prêté par Bruno Beschizza. Visiblement, les relations sont toujours au beau fixe, même lorsqu’il s’agit de combattre les affreux « laïcistes ».

 

Lire aussi Islam : comment l'école fait-elle face à la radicalité de certains élèves ?

 

 

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Réforme du bac : vers un diplôme plus inégalitaire et moins républicain ?

17 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #La finance dérégulée, #Ecole, #Services publics

Réforme du bac : vers un diplôme plus inégalitaire et moins républicain ?
Réforme du bac : vers un diplôme plus inégalitaire et moins républicain ?  © FREDERICK FLORIN Source: AFP
Le bac débute le 18 juin pour les lycéens avec la traditionnelle épreuve de philosophie
 

Les épreuves du baccalauréat débutent le 18 juin. Celui-ci sera profondément remanié pour une toute nouvelle version en 2021. Enseignants comme élèves craignent une rupture avec la tradition républicaine, redoutant une augmentation des inégalités.

Les lycéens de Terminale sont en plein bachotage. Ils préparent leur première épreuve de l'examen, la philosophie, sur laquelle ils plancheront le 18 juin. La version traditionnelle de ce baccalauréat vit actuellement son crépuscule : elle sera bientôt remplacée par un nouvel examen, «le Bac 2021», version Jean-Michel Blanquer . Les séries ES (économique et social), S (scientifique) et L (littéraire) seront ainsi prochainement supprimées au profit d'un bac dit «modulaire».

Les lycéens auront ainsi à suivre huit enseignements communs, auxquels il devront ajouter deux à trois spécialités (parmi 12 possible,s dont les mathématiques) et jusqu'à deux options (parmi sept proposées). Une usine à gaz qui se confronte à un premier problème, de l'aveu même de Jean-Marc Huart, directeur général de l'enseignement scolaire, qui confiant sur RTL le 15 février : «[Les spécialités] ne seront pas toutes proposées dans chaque lycée.» Interviewé par RT France, Mohamed Haouas, responsable des mobilisations lycéennes pour le Syndicat général des lycéens (SGL), craint ainsi que l'élève ne doive faire plusieurs kilomètres pour trouver le lycée qui corresponde à ses attentes et proposant les spécialités qu'il désire.

Danielle Goussot, professeure de français à la retraite, s'interroge quant au modèle que propose le gouvernement : «Je ne sais pas si c'est le lycéen qui va choisir son lycée ou si ce n'est pas plutôt le lycée qui va choisir ses élèves», regrette-t-elle.

Professeur de philosophie et vice-président d'Action et démocratie au sein de la CFE-CGC, René Chiche, estime que «le principal danger est le bac maison», c'est à dire un bac local, dont les contours différeraient selon les lycées. Une crainte partagée par Danielle Goussot, qui craint que la part de 40% de contrôle continu dans le résultat final des élèves ne donne trop de poids aux établissements au détriment de l'égalité de chacun face à un examen commun : «Le diplôme ne sera plus un diplôme national».

Pour René Chiche, l'école se «dénationalise» et «se décrédibilise» pour ces mêmes raisons : «Ces notes sont de la responsabilité de chaque professeur alors que dans le cadre d'un examen [...] on intègre la dimension universelle [dans la notation].». Le professeur de philosophie se montre ainsi très critique quant au contrôle continu et au poids accordé à l'oral dans la notation, qui sont selon lui contraires à l'objectivité d'un examen commun et à la garantie de l'anonymat des candidats : «Le baccalauréat, lui même, n'aura plus de sens [...] On n'aura plus de bac du tout, tout se jouera par l'intermédiaire des dossiers». Il juge d'ailleurs «que le résultat qui est actuellement déjà grotesque de plus de 80% de réussite au baccalauréat va devenir carrément ridicule avec près de 100% [de réussite]». Logique, puisque 50% de la note finale (contrôle continu et oral) sera attribuée par l'établissement scolaire – qui n'aura aucun intérêt à voir sa réputation touchée par un mauvais taux de réussite.

En outre, René Chiche pointe le risque d'un marchandage de la note qui serait effectuée sur le professeur par sa hiérarchie, les parents voire l'élève, ouvrant ainsi la voie «à des comportements calamiteux».

«Pour un établissement universitaire qui va sélectionner de futurs étudiants, l'université va voir d'un œil différent un lycéen qui vient du 93 et celui qui vient d'Henri IV, cet œil attentif va enlever la nature universelle du baccalauréat», argumente Mohamed Haouas, mettant en exergue la force des lycées dont les notes auraient plus de valeur car plus exigeants. 

Une réforme du bac était-elle nécessaire ? Oui, répond Mohamed Haouas, qui aurait préféré que des consultations soient menées avec les lycéens et le monde enseignant avant que le gouvernement n'engage sa réforme. «On voulait un baccalauréat beaucoup plus égalitaire entre les lycéens et les établissements», assume-t-il. Pour René Chiche, «il ne fallait non pas muscler le baccalauréat, mais le clarifier pour rappeler son but [et] muscler l'enseignement». Il juge donc la réforme «bâclée». 

 

Lire aussi : Réforme du baccalauréat : le secteur scolaire divisé (INTERVIEWS

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Réunis en AG ce lundi, Rennes 2 : 5.000 "agitateurs professionnels" votent pour poursuivre la mobilisation

17 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Les média, #Ecole

Réunis en AG ce lundi
Rennes 2 : 5.000 "agitateurs professionnels" votent pour poursuivre la mobilisation

Mardi dernier Rennes 2 organisait une assemblée générale rassemblant 2600 personnes. D'abord 3.500, ils ont finit par être 5.000 à être présent venus en AG. Un record (nationale) qui montre que la mobilisation étudiante ne fait que s’amplifier quand Macron-tout-puissant choisit la voie forte pour faire taire ses opposants !

 

Mardi dernier, une Assemblée Générale réunissant 2.600 personnes votait la reconduction du blocage jusqu’à ce lundi. Fac bloquée depuis une semaine et occupée depuis début avril, Rennes-2 connaît un pic énorme de mobilisation. Cette nouvelle AG a réuni pas moins de 5.000 étudiants, personnels et enseignants ! Un record. Une Assemblée qui a commencé par discuter de la loi ORE et qui abordera sans aucun doute la question de la répression, quand à moins de cent kilomètre, c’est le carnage de NDDL qui est en train de se jouer.

Macron et son gouvernement n’en finissent plus de démontrer leur mépris. Leurs discours mensongers, la pression qu’ils tentent de faire peser sur les étudiants pour casser le mouvement et empêcher la convergence avec les autres secteurs en lutte n’ont pas réussi à affaiblir la mobilisation. L’envoi de leurs flics sur les facs pour déloger violemment les étudiants encore moins. Au contraire, les assemblées se massifient, et Rennes-2 en est la preuve flagrante (et très encourageante).

Crédit photo : page Facebook Assemblée Générale - Rennes 2

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Agression de l'extrême droite à la fac de Montpellier

23 Mars 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #Ecole

Témoignage et vidéos] Attaque de l’extrême-droite à la fac de Montpellier : "J’ai vu l’administration applaudir face au sang d’étudiants en lutte pour leurs droits"
En réponse à l'évacuation violente par une milice de la faculté occupée de Montpellier un rassemblement de soutien aura lieu ce soir 19h place de la Sorbonne! 👉https://www.facebook.com/events/427272224377579/

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Massacre à la tronçonneuse ... ou comment on organise la fin du lycée. Par Denis Collin

8 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #l'horreur économique, #Ecole

Massacre à la tronçonneuse

... ou comment on organise la fin du lycée
Par Denis Collin • École • Jeudi 01/02/2018 •
 
Il n’est pas toujours facile de comprendre ce qui sortirait de l’application du rapport Mathiot et les chiens de garde veillent au grain (y compris le SNALC définitivement rallié au pouvoir depuis qu’il a perdu une partie de ses effectifs). Certains font mine de croire que ce n’est qu’un rapport alors que Blanquer a annoncé que l’architecture ne changerait pas.

Il y aurait à faire des considérations terminologiques intéressantes. La LV1 n’existe plus, elle est remplacée par l’anglais et suivie non d’une LV2 mais de « la langue vivante ». Les langues anciennes ne figurent pas dans le répertoire (sauf peut-être dans les options) et les mathématiques s’appellent maintenant « mathématiques-informatique ». Ces détails (le diable est dans les détails) sont en eux-mêmes révélateurs. Comme est révélateur le fait que ce rapport reprend de nombreux éléments de la réforme Darcos (rejetée à l’époque) et … des propositions de « Terra Nova », un club qui servait de boîte à idées pour toute l’aile droite du PS.

Je vais essayer ici d’aborder le détail du projet et de montrer de quoi il s’agit en testant quelques cas.

Dans mon lycée, il y a actuellement 14 sections de terminale qui demandent 60 heures d’enseignement de philosophie. Parmi ces 14 sections, 3 sections de terminale littéraire avec 8 heures hebdomadaires. Avec le rapport Mathiot, les heures de philosophie feraient partie du « tronc commune » (unité 1) où 6 disciplines se disputent 12 heures d’enseignement. On peut donc estimer que la philosophie aurait 2 heures sur ces 12 heures. Pour mon lycée, cela ne ferait plus que 28 heures de philosophie par semaine. On peut donc supprimer 2 postes sur les 4 ! Admettons que, par extraordinaire, la philosophie bénéficie de 3 heures hebdomadaires, cela ferait 42 heures soit entre un poste et un poste et demi supprimé. Soyons fou ! Imaginons que l’on introduise la philosophie dans une majeure ou une mineure de l’unité 2. Imaginons que plus de 12 élèves choisissent cette majeure ou cette mineure, cela ferait encore 3 ou 4 de philosophie soit au total entre 45 et 46. C’est toujours 15 heures de moins par rapport à la situation actuelle (un service d’agrégé, par exemple). Et c’est une hypothèse très optimiste car compte-tenu du nouveau mode dit d’orientation (en fait de sélection), les élèves sont invités à s’orienter en fonction des « attendus » des établissements d’enseignement supérieur. Quel élève choisirait une discipline pour laquelle les attendus « philosophie » seraient seulement ceux des UFR de philosophie et des CPGE littéraires (et encore, pas nécessairement) ? Dans le meilleur des cas, dans l’hypothèse la plus folle donc, seule une poignée d’élèves aurait 7 heures de philosophie au lieu de 8 aujourd’hui pour les 2000 classes de TL que comptent les lycées de ce pays. Pour tous les élèves des actuelles filières ES et S, le projet Mathiot détruit toute tentative de dispenser un enseignement élémentaire de philosophie.  En tout cas, dans les hypothèses les plus optimistes, on aboutit à la suppression d’un quart des professeurs de philosophie. Tout cela au nom de la promotion de la philosophie « discipline universelle ». Le rapport Mathiot est un exercice terrifiant de « novlangue ».  

Poursuivons. Il y a 3 classes de TES. En mathématiques, cela fait 15 heures auxquelles il faut ajouter 2 heures pour la spécialité, soit 17 heures au total. Avec le projet Mathiot, on pourrait avoir des SES/math et des SES/histoire-géo. Admettons que les maths disposent encore de 4 heures dans le premier cas auxquelles on pourrait ajouter une mineure de maths de 3 heures. On aurait encore 7 heures pour une classe. Imaginons une deuxième SES/math sans mineure math mais avec une mineure complémentaire SES par exemple et enfin une troisième SES/histoire-géo avec un mineure math, on arriverait à 14 heures de maths (au lieu de 17). Mais si on espère conserver les heures de mathématiques, cela ne pourra se faire qu’au détriment de l’histoire … ou des SES. Autrement dit, dans une hypothèse optimiste pour les professeurs des mathématiques, on perd des heures dans cette discipline (environ 20%) et on perd des heures en histoire-géographie et en SES. Il y a un autre problème : les classes préparatoires ECE ont un horaire et un programme de mathématiques assez robustes. Le nouveau bac soit restreindrait drastiquement les possibilités d’accès au CPGE soit demanderait une refonte radicale (à la baisse) des programmes de mathématiques dans ces CPGE.

Il y a des dizaines de combinaisons à tester et il est bien difficile de se faire une idée précise des variations horaires. Mais la tendance générale est parfaitement claire : une baisse drastique du volume des enseignements et le montage d’une véritable usine à gaz de disciplines au choix du client, privée de toute cohérence. Il n’y aurait plus de classes (et donc plus de conseils de classe !), plus d’unité de travail pour les élèves.

Cette réforme nécessite aussi la réécriture de tous les programmes et l’articulation des programmes des troncs communs, des majeures et des mineures ; bref, l’organisation du chaos dans les enseignements disciplinaires.

Enfin la réforme a des conséquences directes sur l’enseignement supérieur. Les CPGE auront le plus grand mal à recruter des candidats ayant un « profil » un tant soit peu cohérent et devront donc s’adapter au chaos. Et comme les CPGE préparent le recrutement aux grandes écoles, on voit que c’est à un dynamitage complet du système que veut procéder le ministre, ce qui n’est pas surprenant, puisqu’il n’a jamais caché que son objectif était bien de faire sauter le système.

Cerise sur le gâteau : le rapport Mathiot préconise une large autonomie des établissements dans l’offre des majeures et des mineures et même la possibilité de proposer des enseignements qui ne figurent pas dans le « catalogue » national. Fin du caractère national des diplômes et fin de l’ « éducation nationale ». Et pour ceux qui s’inquiéteraient de la baisse générale de niveau des élèves, il y a une réponse toute prête : recours massive au « numérique », c’est-à-dire à l’enseignement par vidéos (MOOC).

Il n’y a rien à garder de ce rapport. Il doit être rejeté en bloc et en détail, non seulement parce qu’il affaiblira dramatiquement le niveau des élèves mais parce qu’il liquide toute la philosophie généralement de notre système d’enseignement qui gardait quelques restes de la tradition humaniste. De ce point de vue, la discussion sur sélection ou pas sélection à l’Université est une question assez secondaire. La sélection est simplement un élément du dynamitage global du système éducatif. Il y a d'autres aspects sur lesquels on reviendra et qui ne sont pas moins graves.

Denis Collin – 1 février 2018

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Une interview de Blanquer donnée à « SOS éducation » et subrepticement supprimée du net :

"Il faut simplement une méthodologie de la réforme." Qu’il développe ensuite :

« Pour commencer en douceur, il faut donner de la liberté à certains territoires, à certaines structures, sur la base du volontariat. Il faut faire réussir des initiatives à moindre échelle, avant de les généraliser.

Si on prend l’exemple de l’établissement autonome, on n’est pas obligé de le faire tout de suite à 100 %. Même en le voulant, de toutes façons, on n’y arriverait pas. Il faut commencer sur une petite base de 5 à 10 % d’établissements volontaires, montrer que c’est un jeu gagnant pour tout le monde, y compris pour les professeurs qui pourront choisir leur lieu de mutation. Par ailleurs, il faut aussi faire saisir qu’il y a des effets de système et que si un élément administratif est modifié, des éléments pédagogiques le seront aussi : si le recrutement des professeurs est modifié, leur formation le sera également, ainsi que le contenu des programmes. Tout se tient : il faut avoir une vision systémique, qui ne soit pas pyramidale et qui fasse confiance aux acteurs. »

Sur l'éventualité de voir apparaître "une offre scolaire autonome", M Blanquier explique : "Sans aller vers des logiques de privatisation, on peut aller vers des logiques de délégation, qui permettent d'accomplir mieux le service public en responsabilisant davantage les acteurs."

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