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Le blog de Lucien PONS

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GRECE: L'Union Européenne ordonne de détruire les caïques, ces bateaux qui font partie intégrante de « l’identité grecque » et pas seulement dans les îles. 

7 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Grèce

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Après leur défaite embarrassante, l’OTAN, l’UE et l’Occident tentent de changer la réalité des faits en Macédoine. Par Flavien Rehaut

3 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La mondialisation, #Grèce, #Yougoslavie

Après leur défaite embarrassante, l’OTAN, l’UE et l’Occident tentent de changer la réalité des faits en Macédoine

Article de Strategic-Culture, traduit par Soverain

Bien que le référendum de changement de nom du 30 septembre 2018 en Macédoine qui devait mettre cette ex-République fédérale yougoslave sur la voie d’une adhésion à l’OTAN (certaine) et (joyeusement promise mais beaucoup moins certaine) à l’UE ait lamentablement échoué (36,91% des électeurs ayant voté, bien en dessous des 50% + 1 nécessaires pour sa validité) , rien ne le laisse penser dans la réaction des occidentaux. En effet, un nouveau terme est sans doute nécessaire pour décrire avec justesse les réactions des principaux représentants du reliquiae reliquiarum de l’époque unipolaire de l’après-guerre froide dirigée par les Occidentaux. Les « fausses nouvelles » ne leur rendent tout simplement pas justice. Peut-être peut-on appeler ça « fausse réalité » ?

Le Département d’État américain a fermement démenti cette réalité en publiant la déclaration suivante :

« Les États-Unis se félicitent des résultats du référendum organisé le 30 septembre par la République de Macédoine, lors duquel les citoyens ont exprimé leur soutien à l’adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne (UE) en acceptant l’accord Prespa entre la Macédoine et la Grèce. Les États-Unis appuient fermement la mise en œuvre intégrale de l’accord, qui permettra à la Macédoine de prendre la place qui lui revient au sein de l’OTAN et de l’UE, contribuant ainsi à la stabilité, la sécurité et la prospérité régionales. Alors que le parlement macédonien entame ses délibérations sur les changements constitutionnels, nous exhortons les dirigeants à dépasser la politique partisane et à saisir cette occasion historique d’assurer un avenir meilleur au pays en tant que membre à part entière des institutions occidentales ».

Le commissaire européen chargé des négociations européennes de voisinage et d’élargissement, Johannes Hahn, n’était pas en reste dans son mépris pour les 63% des « déplorables » macédoniens qui sont restés chez eux pour exprimer leur désaccord avec le renoncement à leur identité nationale et à leur nom de pays (il devait devenir la « Macédoine du Nord ») en échange du double plaisir de a) devenir la chair à canon de l’OTAN dans son dangereux jeu du poulet avec la Russie et b) de devenir des nouveaux esclaves de la dette européenne : « référendum en Macédoine : Je félicite les citoyens qui ont voté lors du référendum consultatif d’aujourd’hui et qui ont fait usage de leurs libertés démocratiques. Avec le vote très significatif du « oui », il y a un large soutien à l’accord #Prespa + à la voie #Euroatlantique du pays. J’attends maintenant de tous les dirigeants politiques qu’ils respectent cette décision et qu’ils la fassent progresser avec la plus grande responsabilité et la plus grande unité entre les partis, dans l’intérêt du pays. » Il a été secondé le lendemain, dans une déclaration commune, par Federica Mogherini, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-présidente de la Commission européenne.

Naturellement, en tant qu’acteur public de premier plan, le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a été particulièrement (hyper)actif. Au fur et à mesure que les résultats décevants commençaient à se faire sentir, Stoltenberg s’est immédiatement mis à contrôler les dégâts en envoyant un tweet : « Je me félicite du oui au référendum en Macédoine. J’exhorte tous les dirigeants et partis politiques à s’engager de manière constructive et responsable pour saisir cette occasion historique. « La porte de l’OTAN est ouverte, mais toutes les procédures nationales doivent être achevées. » Le lendemain, il a renforcé sa missive délirante en publiant une déclaration similaire cosignée par le président de l’UE, Donald Tusk. Et le lendemain, lors d’une conférence de presse, Stoltenberg a même offert une adhésion fulgurante à l’OTAN aux Macédoniens réticents – janvier 2019, pour être exact – s’ils avaient la gentillesse de mettre en œuvre d’urgence l’accord qui avait précisément été rejeté si fermement par ces Macédoniens. Quand l’OTAN dit qu’elle promeut les valeurs démocratiques – elle le pense !

Mais ce n’était pas la fin de la « fusion démocratique » autour de ce qui pourrait bien s’avérer être le Waterloo des Balkans de l’OTAN, de l’UE et du reste de la fin de l’histoire de l’Occident. Par exemple, le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates du Parlement européen, tout en regrettant que le taux de participation ait été inférieur à 50%, a néanmoins salué les résultats du référendum et appelé l’opposition à respecter la volonté exprimée par la majorité (sic) des électeurs. Le leader du groupe, Udo Bullmann, tout en affirmant que, d’une certaine manière, un taux de participation inférieur à 37% représentait encore une « majorité », a profité de l’occasion pour fustiger le président macédonien pour avoir eu le culot d’appeler au boycott du référendum (il a commis le crime de l’appeler « suicide historique » dans son discours à l’Assemblée générale des Nations unies) ainsi que pour dénoncer, – devinez quoi? – des « rapports sur l’ingérence russe dans le processus électoral. » Il va sans dire que Bullmann n’a offert absolument aucune preuve de ses affirmations. D’autre part, selon de nombreux médias, à l’approche du 30 septembre, alors qu’aucun haut responsable russe ne se trouvait dans les environs, une véritable procession de personnalités politiques occidentales a fait le pèlerinage à Skopje afin de révéler aux autochtones leurs « véritables » intérêts : Sebastian Kurz, « Mad Dog » Mattis, l’infatigable Stoltenberg, Federica Mogherini, Johannes Hahn, Angela Merkel. Pas d’ingérence, évidemment….

Parlant d’Angela Merkel, elle s’est également jointe au mépris unanime de ses collègues démocrates occidentaux pour l’opinion majoritaire des électeurs macédoniens, exhortant le pays à « faire avancer » l’application de l’accord rejeté à la majorité, citant le « soutien massif » des électeurs et faisant valoir par la bouche de son porte-parole que la participation requise de 50% + 1 était « très élevée » car les listes électorales auraient inclus de nombreuses personnes ayant depuis longtemps quitté le pays.

Coïncidence ( ?), le même argument a été utilisé par le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias, qui a estimé que les « oui » exprimés lors du référendum « représentent en fait la majorité malgré la faible participation, car la Macédoine ne compte pas 1,8 million d’électeurs inscrits sur ses listes électorales mais seulement 1,2 million depuis que 300 000 personnes ont quitté le pays, et cela depuis la dernière actualisation des listes électorales, qui date de 20 ans. Il suffit de jeter un coup d’œil aux résultats des dernières élections législatives en Macédoine (décembre 2016), où le taux de participation a été légèrement inférieur à 1,2 million d’électeurs (1 191 832 pour être exact), soit officiellement 66,79%, pour se rendre compte de la fausseté de son affirmation contestée par la réalité. Si l’on en croit Kotzias et Merkel (qui ne s’y sont pas opposés à l’époque), le taux de participation aux élections de 2016 aurait été de 99%, un chiffre qui aurait fait rougir d’envie tout dictateur totalitaire. D’autre part, ces élections ayant produit le « résultat souhaité » permettant la formation du gouvernement actuel, fortement pro-OTAN/UE, dirigé par Zoran Zaev, qui les a automatiquement rendues « valides » aux yeux des grands prêtres de la démocratie à Bruxelles, Berlin, Londres et Washington.

Il va sans dire que M. Zaev s’est joint à la mascarade de ses patrons occidentaux, saluant le référendum comme un « succès démocratique » et annonçant qu’il demanderait le soutien du Parlement macédonien pour modifier la Constitution et faire ratifier l’accord avec la Grèce (selon l’accord Prespa, le Parlement macédonien doit adopter les amendements constitutionnels nécessaires avant fin 2018) afin que le Parlement grec puisse en faire autant et conclure l’affaire. Toutefois, M. Zaev et ses partenaires politiques albanais sont actuellement bien loin de la majorité des deux tiers nécessaire (ils peuvent compter sur 71 députés, soit 9 de moins que les 80 nécessaires), et ils devront organiser des élections anticipées s’ils ne parviennent pas rapidement à les obtenir.

Cependant, il ne faut pas oublier que Zaev chantait un air assez différent avant le référendum, assurant que  » les citoyens prendront la décision  » et que le Parlement votera sur les changements constitutionnels nécessaires seulement si le référendum est un succès. Mais c’était à l’époque, alors que la confiance était encore élevée et que la combinaison habituelle de la pression occidentale, de l’argent et de la domination écrasante de l’éventail des médias permettrait de faire le travail. Et puis la réalité a frappé le 30 septembre….

Malgré tout, au milieu de tous les faux applaudissements et de toutes les manifestations publiques de confiance de la foule pro-OTAN/UE, un sentiment palpable de malaise plane dans l’air. Comme l’a dit un article d’opinion de la Deutsche Welle, « le faible taux de participation au référendum en Macédoine est un mauvais point de départ pour le développement futur du pays ». Et, selon DW en serbe, un commentaire du Frankfurter Allgemeine Zeitung a averti que « les politiciens qui ne cessent de parler de la démocratie comme d’un « bien inestimable » ne devraient pas demander au Parlement de Skopje d’accepter les résultats du vote ». En d’autres termes, le peuple macédonien (lire – une large majorité de la population slave majoritaire) a « voté avec ses pieds » et rejeté l’accord, et aucune nouvelle élection parlementaire, quels qu’en soient les résultats, ne peut changer ce fait déplaisant mais immuable. Rien que pour cette raison, tout effort mené par l’Occident pour « fabriquer le consentement » en faisant passer l’accord par le Parlement actuel ou futur sera délégitimé – même si, comme nous le savons, l’OTAN n’accorde pas trop d’importance aux référendums de toute façon, tandis que l’UE ne s’oppose pas à faire voter les citoyens aussi souvent qu’il le faudrait pour obtenir le « bon » résultat.

Mais l’Occident n’a pas seulement perdu de sa légitimité en Macédoine – il a entaché sa réputation, peut-être irrémédiablement. Comme l’a dit l’ancien conseiller présidentiel Cvetin Chilimanov, « L’Occident nous a humiliés… Les Macédoniens ont rejeté cette agression médiatique, psychologique, politique et de propagande contre le peuple, et c’est ce qui explique toute la tragédie actuelle : un pourcentage élevé de gens qui étaient réellement orientés vers l’Ouest a changé d’avis et ne regarde plus l’Ouest comme une démocratie, une avancée et une réussite… Voilà pourquoi le boycott a été décidé. Des pressions ont été exercées contre la Macédoine, un pays qui avait toujours été ouvert aux rapprochements avec l’Occident, mais qui ne voulait pas faire ce compromis écœurant et s’humilier devant les pays voisins, devant les pays occidentaux. Nous ne comprenions pas pourquoi cette humiliation était nécessaire pour que nous puissions devenir membres de l’Europe. Le pire, c’est peut-être la pensée d’une majorité silencieuse de la population, qu’elle n’oubliera pas cette insulte et cette attaque contre la Macédoine. »

Aleksandar Pavic

 
Diaspora
 
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Le génocide de la nation grecque a commencé par Paul Craig Roberts.

31 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #l'horreur économique, #Grèce, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme

Le génocide de la nation grecque a commencé
par Paul Craig Roberts

vendredi 31 août 2018, par Comité Valmy

Le génocide de la nation grecque a commencé

La dissimulation politique et médiatique du génocide de la nation grecque a débuté hier (20 août), avec les déclarations politiques de l’Union européenne et autres annonçant la fin de la crise grecque. Cela veut dire que la Grèce est finie, morte. Ayant été exploitée jusqu’à l’os, sa carcasse est jetée aux chiens.

 

Trois cent cinquante mille Grecs, principalement des jeunes et des spécialistes, ont fui la Grèce morte. Le taux de natalité est de très loin inférieur à ce qui est nécessaire pour maintenir la population restante. L’austérité imposée aux Grecs par l’UE, le FMI et leur gouvernement, a fait fondre de 25% l’économie. Le déclin est l’équivalent à celui de la Grande Dépression aux États-Unis, mais les effets sont pires en Grèce. Le président Franklin D. Roosevelt avait atténué l’impact du chômage massif avec la loi sur la sécurité sociale et d’autres éléments de dispositif de protection, comme l’assurance-dépôts et des programmes de travaux publics, tandis que le gouvernement grec, se conformant aux ordres du FMI et de l’UE, a aggravé le choc du chômage de masse en supprimant le filet de la sécurité sociale.

 

Traditionnellement, quand un pays souverain se trouve dans l’impossibilité de rembourser ses dettes, que ce soit à cause de corruption, mauvaise gestion, malchance ou événements imprévus, les créanciers du pays réduisent le service de la dette au niveau pouvant être remboursé.

 

Pour la Grèce, le jeu a été changé. La Banque centrale européenne, dirigée par Jean-Claude Trichet, et le Fonds monétaire international, ont statué que la Grèce devait payer l’intégralité des intérêts et du principal de ses obligations d’État détenues par des banques allemandes, néerlandaises, françaises et italiennes.

 

Comment cela a-t-il été réalisé ?

Ces deux organismes ont considérablement aggravé la crise de deux façons, et ils laissent aujourd’hui la Grèce dans une situation bien pire qu’au début de la crise, il y a près de dix ans.

 

Au début de la « crise », qui aurait pu être facilement résolue en réduisant une partie de la dette, celle-ci représentait 129% du produit intérieur brut grec. Aujourd’hui, la dette grecque représente 180% du PIB.

 

Pourquoi ?

Afin de payer les intérêts à ses créanciers, pour qu’ils ne perdent pas un centime, un supplément d’argent a été prêté à la Grèce. Le prêt additionnel, qualifié de « renflouement » par la pressetituée financière, ne visait pas à remettre à flot la Grèce. Il s’agissait d’un plan permettant de rembourser les créanciers.

 

Le régime Obama a favorisé ce plan car, comptant sur lui, les banques étasuniennes avaient vendu des couvertures de défaillance sur la dette grecque. Sans ce « renflouement, » les banques étasuniennes auraient perdu leur pari et payé une assurance [inutile] contre la défaillance des obligations grecques.

 

En outre, la Grèce a été tenue de vendre son patrimoine public à des étrangers et de réduire le filet de sécurité sociale. Elle a dû, par exemple, diminuer les retraites en dessous du revenu vital, et réduire radicalement les soins médicaux, de sorte que les gens meurent avant de pouvoir se faire soigner.

 

Si ma mémoire est bonne, la Chine a acheté des ports grecs. L’Allemagne a acheté l’aéroport. Diverses entités allemandes et européennes ont acheté les compagnies municipales de distribution d’eau. Les spéculateurs immobiliers ont acheté des îles protégées pour y développer l’immobilier.

 

Ce pillage du patrimoine public grec ne visait pas à réduire la dette de la Grèce, il allait avec le paiement des intérêts des nouveaux prêts.

 

Plus grande que jamais, la dette grecque est toujours là. L’économie est plus insignifiante que jamais, tout comme la population grecque à qui la dette est attribuée.

 

La déclaration de fin de la crise grecque n’a fait qu’annoncer aux banques étrangères qu’il n’y a plus rien d’intéressant à tirer des Grecs. La Grèce coule rapidement. Tous les revenus associés aux ports maritimes, à l’aéroport, aux services municipaux et au reste des biens publics qui ont été privatisés de force, vont désormais dans la poche d’étrangers. Ils sortent l’argent du pays et font ainsi couler toujours plus l’économie grecque.

 

Les Grecs ne se sont pas seulement fait voler leur avenir économique. Ils ont aussi perdu leur souveraineté. La Grèce n’est plus une nation souveraine. Elle est dirigée par l’UE et le FMI. Dans mon livre de 2013, The Failure of Laissez Faire Capitalism, dans la partie III, « La fin de la souveraineté, » j’ai clairement décrit la manière dont cela se ferait.

 

Les Grecs ont été trahis par le gouvernement Tsipras. Ils avaient la possibilité de se révolter et d’utiliser la violence pour renverser le gouvernement qui les vendait à des banquiers internationaux. Au lieu de cela, les Grecs ont accepté leur propre destruction et n’ont rien fait. Au fond, la population grecque s’est suicidée.

 

La crise financière mondiale de 2008 n’est pas terminée. Elle a été balayée sous le tapis par la création massive d’argent des banques centrales étasunienne, européennes, britannique et japonaise. Cette création de monnaie a largement distancé la croissance de la production réelle et majoré la valeur des actifs financiers au-delà de ce qui peut être soutenu par la réalité du terrain économique.

 

Il reste encore à voir comment va évoluer cette crise. Elle a la capacité d’entraîner la destruction de la civilisation occidentale. Les pays vont-ils se dévorer entre eux ? Après la Grèce, est-ce que ce sera le tour de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, de la France, de la Belgique, de l’Australie et du Canada, jusqu’à ce qu’il n’en reste aucun ?

 

Le monde occidental entier vit dans les mensonges fomentés par de puissants groupes d’intérêt économique pour servir leurs intérêts. Les médias indépendants n’existent pas, sauf sur Internet, et ils sont diabolisés et leur accès est dit indigne de confiance. Les gens qui vivent dans un monde d’informations contrôlées n’ont aucune idée de ce qui se passe en ce qui les concerne. Ils ne peuvent donc pas agir en fonction de leurs propres intérêts.

 

Paul Craig Roberts
21 août 2018

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a tenu de nombreux postes universitaires, a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur de Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a écrit aussi de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français.

Traduction Petrus Lombard

Source : Réseau International

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«Sortie de crise» de la Grèce : Macron supprimera-t-il son tweet après l'analyse de Varoufakis ?

25 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #l'horreur économique, #Grèce, #Le grand banditisme

 
 
«Sortie de crise» de la Grèce : Macron supprimera-t-il son tweet après l'analyse de Varoufakis ?
«Sortie de crise» de la Grèce : Macron supprimera-t-il son tweet après l'analyse de Varoufakis ?© LOUISA GOULIAMAKI Source: AFP
Un sans-abri dans une rue d'Athènes, en décembre 2017 (image d'illustration).
 

Professionnels de l'économie, Emmanuel Macron et Yanis Varoufakis ont, chacun de leur côté, commenté la fin du dernier plan de sauvegarde accordé à la Grèce par la Troïka. Mais les deux anciens ministres ne semblent pas partager le même optimisme...

Le 20 août 2018, la Grèce sortait officiellement du dernier des trois plans successifs d'aide financière pilotés par la Troïka. Celle-ci correspond aux trois institutions (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) qui supervisent «les plans de sauvetage» des pays membres de l'UE, en contrepartie desquels les Etats concernés doivent entreprendre des mesures structurelles censées garantir leur solvabilité auprès de leurs créanciers.

Alors qu'Emmanuel Macron et Yanis Varoufakis ont tous deux commenté la fin du troisième plan de perfusion économique préparé par ses créanciers pour la Grèce, les deux anciens ministres, respectivement de l'Economie et des Finances, ont établi des conjectures sensiblement différentes quant à l'avenir économique de la République hellénique.

Fort d'un parcours à travers lequel il n'a pas manqué de côtoyer les chiffres, tant avec sa carrière d'associé-gérant de la Banque Rothschild qu'avec son expérience au ministère de l'Economie, le dirigeant français s'est félicité le 20 août de «la sortie de la crise du peuple grec».

Si ce seul tweet ne saurait résumer de façon exhaustive les observations d'Emmanuel Macron sur la question de la dette grecque, le chef d'Etat français n'a jamais caché son intérêt pour le pays, du moins pour les enjeux qu'il y décèle dans le cadre de son projet de «refondation démocratique de l'Europe». Ainsi, le 7 septembre 2017, Emmanuel Macron déclarait haut et fort depuis Athènes : «Je n’ai pas choisi la Grèce par hasard pour une première visite d’Etat.»


Dans son tweet du 20 août 2018, le locataire de l'Elysée évoque un «plan de soutien». Cette formulation aurait de quoi faire bondir Yanis Varoufakis qui préfère parler d'une «prison de la dette». Car, de son point de vue, le plan de sauvegarde imposé par la Troïka n'avait rien d'un «soutien».

Lire aussi : Après l'avoir soutenu, Varoufakis met Macron en garde

«Augmentation de la dette», «désertification», «enrichissement des banques» : le tableau de Varoufakis

 

Professeur d'économie et auteur de nombreux ouvrages universitaires, l'ancien ministre grec des Finances (premier semestre 2015) a accordé un entretien au quotidien allemand Bild, dont il a posté, le 22 août, l'intégralité sur son site.

Il y dénonce les conséquences négatives, selon lui, des trois plans de sauvegarde conduits par la Troïka. L'économiste est catégorique : «Les demandes de coupes budgétaires des créanciers ont empêché les investissements et la consommation.»

L'argent était destiné aux banques allemandes et françaises

Yanis Varoufakis déplore aussi l'évolution de la situation économique de son pays qui a poussé, selon lui, à une «désertification» : «Depuis 2010, les jeunes n'ont eu de cesse de quitter le pays, ces dernières années, à une fréquence de 15 000 par mois.»

La responsabilité d'Angela Merkel

 

 

En outre, conscient de s'adresser à un journal allemand, l'économiste grec n'a pas manqué de pointer la responsabilité de la chancelière Angela Merkel dans la mise en place desdits plans de sauvegarde : «Vous les Allemands, avez été dupés par madame Merkel, deux fois [...]. Une fois quand elle comparé le premier plan de sauvetage à un acte de solidarité envers les Grecs, alors que l'argent [en question] était destiné aux banques allemandes et françaises qui ont prêté des sommes importantes à l'Etat grec et à l'oligarchie [...]. Une deuxième fois lorsqu'elle a promis que les prêts seraient remboursés avec des intérêts : cela était impossible au vu de la faillite de la Grèce.»

Interrogé à plusieurs reprises sur Angela Merkel, l'économiste ne mâche pas ses mots. Certes, il rend hommage à son «charme particulier», qui lui aurait permis de «détruire [François] Hollande» et qu'«elle utilisera de la même façon avec [Emmanuel] Macron». Mais il a affirme aussi qu'Alexis] Tsipras a été un «jeu d'enfant» pour Angela Merkel et précise : «Elle lui a beaucoup promis et ne lui a rien donné. Par exemple, elle lui avait promis un allègement de la dette qu'elle a plus tard empêché.»

Il est absolument indispensable que le pays soit prêt à retourner à sa monnaie nationale

Dressant pour le quotidien allemand un portrait beaucoup plus sombre de la situation économique de la Grèce que ne le suggère le récent tweet d'Emmanuel Macron (pour qui Yanis Varoufakis avait par ailleurs appelé à voter lors de l'élection présidentielle française de 2017), l'économiste grec a également accordé, le 20 août 2018, un entretien au quotidien britannique The Times. Dans cette interview, Yanis Varoufakis affirme : «Pendant la majeure partie de la dernière décennie, la Grèce a vécu la plus grande catastrophe économique en temps de paix depuis la Grande Dépression [...] Il est donc absolument indispensable que le pays soit prêt à retourner à sa monnaie nationale.»

Ces propos sont sans équivoque pour celui qui s'était positionné contre le Brexit lors du référendum britannique sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. En effet, il avait qualifié l'UE d'«Etat scandaleux», mais considéré que «vouloir le déchirer n'[était] pas la solution».

Lire aussi : Un ancien de la BCE spécialiste des questions monétaires analyse la crise italienne pour RT

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Incapables de payer les impôts immobiliers, des Grecs cèdent leurs biens

21 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Incapables de payer les impôts immobiliers, des Grecs cèdent leurs biens

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es conséquences sanitaires des politiques économiques. Quand l’austérité tue

22 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Grèce, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La santé

Les conséquences sanitaires des politiques économiques

Quand l’austérité tue

Rigueur ou relance ? Si, depuis le début de la crise financière de 2007, les gouvernements européens ont choisi, les experts poursuivent leurs délibérations… avec d’autant plus de prudence qu’ils font rarement partie des premières victimes des coupes budgétaires. Soumettre les politiques économiques aux critères d’évaluation de la recherche médicale permettrait toutefois de trancher la question.

 

«Merci d’avoir participé à ce test clinique. Vous ne vous rappelez peut-être pas avoir donné votre accord, mais vous avez été enrôlé en décembre 2007, au début de la Grande Récession. Votre traitement n’a pas été administré par des médecins ou des infirmières, mais par des politiciens, des économistes et des ministres des finances. Dans le cadre de cette étude, ils vous ont fait suivre, ainsi qu’à des millions d’autres personnes, l’un des deux protocoles expérimentaux suivants : l’austérité ou la relance. L’austérité est un médicament destiné à réduire les symptômes de la dette et du déficit, pour traiter la récession. Elle consiste à diminuer les dépenses gouvernementales en matière de couverture médicale, d’assistance aux chômeurs et d’aide au logement.

« Si vous avez reçu une dose expérimentale d’austérité, vous avez peut-être remarqué de profonds bouleversements dans le monde qui vous entoure. Si en revanche vous faites partie du groupe de la relance, votre vie n’a peut-être pas été bouleversée par le chômage et la récession. Il est même possible que vous vous trouviez aujourd’hui en meilleure santé qu’avant la crise... » Ce message ne vous sera jamais adressé. Et pourtant…

Afin de déterminer les meilleurs traitements, les chercheurs en médecine ont recours à des « essais randomisés contrôlés » à grande échelle (1). Dans le domaine de la politique, il se révèle difficile, voire impossible, d’enrôler toute une société dans des tests d’une telle envergure pour expérimenter des mesures sociales. Toutefois, il arrive que des dirigeants politiques, confrontés à des problèmes similaires, optent pour des lignes d’action différentes. Pour les scientifiques, ces « expériences naturelles » offrent la possibilité d’étudier les conséquences sanitaires d’options politiques (2).

Nous avons ainsi analysé des données provenant des quatre coins du monde au cours de diverses périodes de récession, en mesurant l’impact social des mesures d’austérité et de relance. Plusieurs de nos résultats étaient prévisibles. Quand les gens perdent leur travail, ils risquent davantage de se tourner vers la drogue, l’alcool ou de développer des tendances suicidaires, comme aux Etats-Unis au cours des années 1930 ou en Russie durant la période des privatisations massives des années 1990. Mais, au cours de nos recherches, nous avons également découvert que certaines communautés, voire des nations entières, jouissent d’une meilleure santé depuis l’effondrement de leur économie. Pourquoi ?

Une leçon pour les peuples

Deux pays illustrent les résultats de nos travaux concernant l’Europe empêtrée dans la crise de la dette depuis la fin des années 2000 : l’Islande (3) et la Grèce (4).

Sur la période 2007-2010 — les pires années de la crise —, le taux de mortalité a diminué régulièrement en Islande en dépit d’une légère hausse (non significative) des suicides à la suite de l’effondrement des marchés. Lors de nos recherches sur les récessions en Europe, nous avions découvert que les crises bancaires provoquent généralement une augmentation à court terme des accidents cardiaques. Mais tel n’est pas le cas en Islande.

En octobre 2008, confronté aux répercussions de la crise des subprime aux Etats-Unis et aux engagements inconsidérés de ses banques, Reykjavík a dans un premier temps fait appel au Fonds monétaire international (FMI) pour mettre en place un plan de sauvetage. Celui-ci s’accompagnait de recommandations favorables à l’instauration d’une politique d’austérité, en particulier dans le système de santé publique — qualifié par le FMI de « bien de luxe » —, qui aurait dû subir une baisse de financement de 30%.

Les Islandais ont refusé ce plan en manifestant massivement. Un événement inattendu s’est alors produit début 2010. Le président islandais a demandé au peuple ce qu’il souhaitait : fallait-il absorber la dette privée pour renflouer les banquiers en réduisant drastiquement le budget du gouvernement ou refuser de payer pour investir dans la reconstruction de l’économie ? Interrogés par référendum, 93 % des Islandais ont choisi la seconde option.

Au total, en pleine période de récession, l’Islande a choisi de continuer à accroître ses dépenses consacrées à la protection sociale, déjà passées, entre 2007 et 2009, de 280 milliards de couronnes (environ 1,6 milliard d’euros) à 379 milliards de couronnes (environ 2,3 milliards d’euros), soit de 21 à 25 % du produit intérieur brut (PIB). Les dépenses supplémentaires, décidées après 2010, ont par exemple financé de nouveaux programmes d’« allégement de dettes » pour les propriétaires dont le bien immobilier valait désormais moins que le montant de leur emprunt. L’opération a permis d’éviter une explosion du nombre de sans-abri. En 2012, l’économie islandaise croissait de 3 %, et le chômage descendait au-dessous de 5 %. Au mois de juin de la même année, l’Islande a effectué des remboursements sur ses dettes plus tôt que prévu. Le FMI a dû reconnaître que l’approche unique de l’Islande avait entraîné une reprise « étonnamment » forte (5)

Plus au sud, la Grèce a servi de laboratoire pour étudier les effets des politiques d’austérité. En mai 2010, le FMI lui a proposé un prêt aux conditions habituelles : privatiser les entreprises et les infrastructures publiques, amputer les programmes de protection sociale. Comme en Islande, les manifestants grecs réclamaient un référendum national sur cet accord, mais le plan d’austérité fut appliqué sans être voté : contrairement à ce qui s’est passé en Islande, la démocratie a été suspendue.

Face à la progression du chômage, aux expropriations de masse et à l’augmentation des dettes privées, de nombreux Grecs se sont tournés vers les programmes de protection sociale pour survivre. Or, déjà très affaiblis par les mesures d’austérité, ceux-ci n’étaient pas en mesure d’absorber l’augmentation soudaine du nombre de bénéficiaires. A mesure que les budgets des hôpitaux diminuaient, consulter un médecin devenait de plus en plus difficile. Les files d’attente pour avoir accès à un thérapeute ont doublé, puis triplé. Dans un entretien accordé au New York Times, le chef du département d’oncologie à l’hôpital Sotiria, au centre d’Athènes, le docteur Kostas Syrigos a raconté l’histoire d’une patiente atteinte du pire cancer du sein qu’il ait jamais vu. Les réformes imposées par la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) l’avaient empêchée de se soigner depuis un an. Quand elle s’est présentée dans une clinique clandestine, où travaillaient des médecins bénévoles, la tumeur avait percé la peau et commençait à suinter sur ses vêtements. La femme souffrait atrocement et tamponnait sa plaie purulente avec des serviettes en papier (6).

En mai 2010, juste après la mise en place du premier plan de sauvetage du FMI, la compagnie pharmaceutique Novo Nordisk a quitté le marché grec car l’Etat lui devait 36 millions de dollars. Ce retrait a non seulement coûté des emplois, mais également privé cinquante mille diabétiques d’insuline.

Le taux de suicide a augmenté, en particulier chez les hommes : entre 2007 et 2009, avant même le plan du FMI, il avait bondi de 20 %. Le 4 avril 2012, Dimitris Christoulas s’est ainsi rendu place Syntagma, en plein centre-ville d’Athènes. Il a gravi les marches du Parlement, placé une arme contre sa tempe et déclaré : « Je ne me suicide pas. Ce sont eux qui me tuent. » Une lettre retrouvée dans sa sacoche expliquait : « Le gouvernement (...) a détruit mon seul moyen de survie, qui consistait en une pension très respectable que j’ai payée seul pendant trente-cinq ans (...). Puisque mon âge avancé ne me permet pas de réagir de manière active (quoique, si un Grec saisissait une kalachnikov, je serais juste derrière lui), je ne vois pas d’autre solution pour finir dignement ma vie et ne pas me retrouver à fouiller dans les poubelles pour me nourrir. »

Les associations de soutien psychologique ont constaté une multiplication par deux des appels à l’aide. Et il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg. Certains Grecs ont sans doute préféré ne pas appeler au secours en raison de la stigmatisation qui entoure la détresse psychologique dans le pays : l’Eglise orthodoxe refuse par exemple d’enterrer ceux qui se suicident. De nombreux médecins considèrent l’augmentation du nombre de « blessures indéterminées » et d’autres causes mystérieuses de décès comme la manifestation de suicides déguisés pour sauver l’honneur des familles.

Pendant quarante ans, des programmes de pulvérisation d’insecticides avaient empêché les maladies transmises par les moustiques de se développer en Grèce. A la suite des coupes drastiques opérées dans les budgets alloués au sud du pays, une épidémie de virus du Nil occidental a éclaté en août 2010, tuant soixante-deux personnes. Le paludisme a fait son retour pour la première fois depuis 1970. Les autorités ont également constaté une recrudescence d’infections par le VIH au centre d’Athènes, du jamais-vu en Europe depuis des années : entre janvier et octobre 2011, les nouveaux cas ont été multipliés par dix chez les usagers de drogues. Entre-temps, les crédits alloués aux programmes d’échange de seringues avaient été supprimés. L’usage de l’héroïne a augmenté de 20 % entre 2010 et 2011, notamment chez les jeunes, frappés par un taux de chômage de 40 %.

Avec un budget amputé de presque 50 %, le ministre de la santé grec n’avait guère de marges de manœuvre. Cependant, une issue politique demeurait : l’option démocratique. En novembre 2011, au moment où l’épidémie de VIH a été constatée, le premier ministre Georges Papandréou a ainsi tenté la solution islandaise, annonçant un référendum sur une seconde cure d’austérité. Le peuple grec voyait clairement que les mesures d’austérité ne fonctionnaient pas. En dépit des coupes budgétaires, la dette publique continuait à s’envoler (165% du PIB en 2011). Mais, sous la pression de la « troïka » et d’autres gouvernements européens, notamment français et allemand, M. Papandréou a annulé le référendum avant d’être poussé à la démission.

Comme ce fut le cas en Islande, le FMI a finalement admis, en 2012 : « Nous avons sous-estimé les effets négatifs de l’austérité sur l’emploi et l’économie (7). » Mais imposer cette épreuve à la Grèce représentait moins une stratégie économique qu’un projet politique. Mme Angela Merkel, la chancelière allemande, a ainsi présenté le plan d’aide octroyé à Athènes comme une leçon inculquée au reste de l’Europe : « Ces pays peuvent voir que le chemin emprunté par la Grèce n’est pas facile. Ils feront donc tout ce qu’ils peuvent pour l’éviter (8).  »

Les politiques économiques ne sont ni des agents pathogènes ni des virus qui provoquent directement la maladie, mais la « cause des causes » : le facteur sous-jacent qui détermine qui sera exposé aux plus grands risques sanitaires. Voilà pourquoi la moindre modification d’un budget national peut avoir des effets considérables — et parfois involontaires — sur le bien-être de la population.

Nous disposons désormais d’éléments sérieux nous permettant de conclure que le véritable danger pour la santé publique n’est pas la récession en tant que telle, mais l’adoption de politiques d’austérité pour y faire face. Autant dire que, si l’« expérience grecque » avait été menée selon des critères aussi rigoureux que des tests cliniques, elle aurait été interrompue depuis longtemps par un conseil d’éthique.

Sanjay Basu & David Stuckler

Respectivement docteur en sociologie et professeur de médecine, auteurs de Quand l’austérité tue. Epidémies, dépressions, suicides : l’économie inhumaine (Autrement, Paris, 2014), d’où est tiré cet article.

(1Lire Bruno Falissard, « Soigner le malade ou la maladie ? », Le Monde diplomatique, juin 2014.

(2NDLR. Les auteurs s’appuient sur les travaux les plus récents ainsi que sur leurs propres études, publiées par les revues scientifiques The Lancet, British Medical Journal ou PLOS Medicine. Leurs sources peuvent être consultées sur notre site.

(3Sur la crise islandaise, lire Silla Sigurgeirsdóttir et Robert Wade, « Quand le peuple islandais vote contre les banquiers », et « Une Constitution pour changer d’Islande ? », Le Monde diplomatique, respectivement mai 2011 et octobre 2012.

(4Sur la crise grecque, lire notre dossier « Le laboratoire grec », Le Monde diplomatique, février 2013.

(5Fonds monétaire international, « Iceland : Ex post evaluation of exceptional access under the 2008 stand-by arrangement » (PDF), rapport n° 12/91, Washington, DC, avril 2012.

(6The New York Times, 24 octobre 2012.

(7The Guardian, Londres, 1er février 2002.

(8British Broadcasting Corporation (BBC), Londres, 2 mai 2010.

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Appauvris par les memoranda, les Grecs vont perdre tous leurs biens, par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis.

7 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Grèce

Appauvris par les memoranda, les Grecs vont perdre tous leurs biens, par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis.
    Appauvris par les memoranda, les Grecs vont perdre tous leurs biens

    Les emprunts non performants, la situation du parc immobilier en Grèce et les saisies des résidences principales

    par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis
    30 avril, 2018

    L’étau se resserre sur les Grecs. Appauvris par les mesures d’austérité imposés par trois memoranda, ils doivent désormais se battre pour conserver leurs maisons, menacées par les emprunts hypothécaires non performants. Contractés avant la crise et les 25% de réduction du PIB, souvent dans des termes léonins, ces emprunts ne peuvent plus être honorés après des pertes d’emploi ou des baisses des revenus dépassant les 40%.


    La situation du parc immobilier en Grèce

    En Grèce, pendant de nombreuses décennies après la seconde guerre mondiale, l’achat d’un bien immobilier constituait pour la plupart des ménages la seule manière à long terme de faire des économies susceptibles d’échapper à l’inflation. La plus grande part de la richesse des Grecs a longtemps été placée dans l’immobilier et en particulier dans leur résidence principale, qui constituait traditionnellement un moyen d’assurer leurs vieux jours, en l’absence de prestations d’un État social inexistant même avant la crise. D’après différentes études, en 2002 le patrimoine des foyers grecs étaient constitués à 81,8% de biens immobiliers, à 17% de dépôts et seulement à 1,2% d’actions. Les Grecs sont propriétaires de leur habitation à 80,1%, le deuxième taux le plus élevé, après l’Espagne, de l’ancienne Union européenne des « 15 ». Dans les régions agricoles ce pourcentage atteint même les 97% contre 73,5% dans les zones urbaines [1].

    Le recensement d’Elstat de 2011 [2] annonçait 6.4 millions de logements privés pour un total de 3.66 millions de foyers, et ainsi 2.5 millions de logements vacants. En comparaison, le recensement de 2001 faisait apparaître 5,4 millions d’habitations privées, dont 1,4 millions d’habitations vides [3].

    Cette augmentation importante du parc des logements en 10 ans explique et reflète le boom des emprunts hypothécaires suite à l’annonce début 2005 par l’État grec que la TVA s’appliquerait à partir du 1er janvier 2006 sur tous les chantiers du bâtiment, jusque-là épargnés. C’est le moment où de nombreux foyers ont contracté des emprunts immobiliers pour construire précipitamment, avant l’application de la TVA sur le bâtiment, jusque-là exempté [4]. Déjà l’entrée dans la zone euro avait entraîné une importante hausse du coût de la vie et de nombreuses familles recouraient aux emprunts à la consommation ou à des jongleries avec leurs cartes bancaires, multipliant les virements d’une carte à l’autre pour alimenter successivement plusieurs comptes bancaires. La plupart de ces dettes de cartes bancaires se sont transformées en nouveaux prêts de consommation à des taux de 6 à 8 %, après « arrangements » dans la période 2012-2014.

    C’est aussi le moment où les grandes banques étrangères (avec en premier la Société Générale et la Deutsche Bank) ont déversé sur le marché bancaire grec leur surplus de liquidités, permettant aux banques grecques dont Eurobank de distribuer des emprunts hypothécaires et à la consommation, à un taux que les marchés français et allemand ne permettaient plus. Ceci sans aucune régulation par l’État grec. Les bases étaient jetées pour la crise qui s’en est suivie, qui est d’abord une crise de l’endettement privé, comme l’a bien montré la Commission pour la vérité sur la dette grecque [5].

    Des recapitalisations importantes et une réorganisation du marché bancaire grec ont abouti à sa concentration au bénéfice de quatre banques principales, Alpha Bank, Ethniki (Banque Nationale de Grèce), Peiraios (Banque du Pirée) qui avait racheté en 2013 les trois banques chypriotes en faillite et la partie assainie de la Banque agricole Agrotiki, et détient donc les hypothèques des terrains agricoles, et Eurobank. Ces quatre banques ont par ailleurs développé des activités dans l’immobilier à travers des filiales spécialisées.

    En 2010, à l’annonce du premier mémorandum, la Grèce entière avait regardé avec incrédulité Yiorgos Papandréou, alors premier ministre, expliquer devant les caméras que le gouvernement, après avoir appelé le FMI à la rescousse, s’efforcerait à ce que soit maintenu au moins un salaire ou un revenu dans chaque famille dans les difficiles années à venir. La Grèce venait de traverser une décennie glorieuse avec l’entrée dans l’euro et les jeux olympiques de 2004 ; cette « prédiction » sonnait particulièrement faux, et tout le monde s’était regardé en s’interrogeant sur la santé mentale ou du moins sur les motifs de l’étrange prédiction – inquiétante – du premier ministre de l’époque. Or les memoranda qui se sont succédés depuis 2010 ont provoqué des baisses de revenus ou même des pertes totales pour de nombreux foyers quand le chômage s’est installé – avec des pertes de revenus qui ont dépassé les 40%. Pour une famille moyenne, même si l’on garde un emploi, il fallait désormais revoir les dépenses mensuelles, et nombre de gens ont été obligés d’opérer un choix entre manger à leur faim, nourrir leurs enfants et rembourser leurs emprunts dont les taux étaient d’ailleurs relativement élevés : de 7 à 13%.

    En outre, de nouveaux impôts ont été instaurés, comme l’impôt sur les constructions (ENFIA) ou les impôts de solidarité qui frappent aussi les retraités pauvres et les employés. Aussi au bout de sept années de crises et de memoranda, les familles ont eu de plus en plus de mal à rembourser leur emprunt, contracté avant les pertes.

    Après des années de crise financière et de récession, les banques grecques sont lestées de 103 milliards d’euros de créances douteuses, soit environ 60% du produit intérieur brut du pays [6]. Dans la perspective des crash tests bancaires imposés par la BCE lors du premier trimestre 2018 et confrontées à des créances douteuses qui atteignait 46,7 % de leurs actifs [7] au troisième trimestre 2017, les banques grecques ont trouvé à s’en débarrasser coûte que coûte en les revendant à des fonds d’investissements financiers spécialisés.

    Les fonds vautours s’emparent des prêts hypothécaires grecs non performants

    Les quatre banques grecques ont négocié la vente à prix cassé de leurs créances douteuses ou crédits non performants (Non Performing Loans NPL) à des fonds d’investissement étrangers. Ces Non Performing Loans sont constitués principalement d’emprunts à la consommation, de cartes bancaires et de prêts à des petites ou très petites entreprises qui ne sont plus honorés par les débiteurs en cessation de paiement depuis plus de trois mois – pour la Grèce, souvent depuis plus longtemps.

    – Eurobank a vendu en septembre 2017 ses créances toxiques d’une valeur de 1,5 milliards d’euros, à un fonds suédois spécialisé, Intrum Justitia AB (Intrum). Le prix de rachat (45 millions d’euros) a représenté environ 3% du capital dû à Eurobank.

    – La Banque du Pirée va échanger contre 2 milliards des créances douteuses d’une valeur de 2,5 milliards d’euros. Plus précisément, elle va vendre des créances NPL d’une valeur de 2,3 milliards pour 400 millions d’euros, et recevoir 1,6 milliards pour 700 emprunts NPL contractés par 120 entreprises.

    – La Banque Nationale Ethniki annonce par l’intermédiaire de Morgan Stanley qui la conseille qu’elle s’apprête à céder ses créances NPL, d’une valeur initiale de 2 milliards, atteignant 5,2 milliards avec les intérêts pour 1 milliard d’euros. Ces créances concernent 200 000 emprunteurs, pour des prêts à la consommation (1,1 milliard), des cartes de crédit (500 millions) et des prêts aux petites entreprises (environ 400 millions d’euros). À noter que dans le cas d’Ethniki, la majorité des cessations de paiement remontent à environ 7 ans pour des dettes d’un montant moyen estimé à 10 000 d’euros. La banque précise que la vente des créances douteuses a été précédée par une proposition de règlement faites aux clients dans le cadre du code de déontologie, généralement faites par téléphone, et ne concerne pas « ceux qui ont répondu aux offres d’arrangement ».

    – À son tour, Alpha Bank a annoncé fin janvier 2018 la vente pour 1 milliard d’€ de ses prêts non performants NPL d’une valeur de 3,7 milliards (2 milliards plus les intérêts) [8].

    Ces cessions risquent d’exclure définitivement tout espoir d’arrangement de leurs dettes hypothécaires pour les ménages en rupture de paiement, qui gardent jusqu’à fin 2018 le faible espoir d’un recours juridique offert par la loi Katseli-Stathakis.


    Les enchères électroniques pour dettes, une exigence des créanciers

    Les saisies par les banques sur les biens mobiliers et immobiliers des particuliers se sont concrétisées après l’organisation des enchères sur internet. La tenue des enchères avait été jusque-là empêchée par des protestations citoyennes, occupations d’Études notariales, etc., que le procédé des enchères en ligne est supposé contourner.

    Pour se convaincre de l’« efficacité » de l’État grec, les créanciers demandent pas moins de 7000 enchères électroniques d’ici la fin août 2018, soit environ 1000 enchères par mois, à doubler pour les trois mois suivants pour atteindre un total requis de 13 000 adjudications à la fin de l’année [9].

    Un vaste mouvement de protestations citoyennes, qui s’étend sur toute la Grèce depuis plus d’un an, s’oppose physiquement à la tenue des enchères, en coopération avec la majorité des associations de notaires, concernés par les dégâts sociaux impliqués, qui ont contribué à bloquer les adjudications en refusant d’y procéder jusqu’à la fin de l’année 2017. En face, les banques et une minorité de notaires opportunistes pressés de procéder à des enchères s’alignent derrière le gouvernement, qui cède aux pressions des créanciers avec force propagande contre les opposants et en promouvant l’ouverture des enchères qui vont menacer les biens des couches les plus appauvries de la société grecque. Les luttes pour le logement en Grèce ont à peine commencé.

    Pire, trois ans après l’élection de janvier 2015 qui a porté Tsipras et Syriza au pouvoir sur un programme de sortie de l’austérité et des memoranda, seule possibilité pour la Grèce de retrouver sa souveraineté, la loi mammouth votée début janvier 2018 prévoit la saisie et la mise aux enchères des biens privés envers l’administration pour dettes supérieures à 501 €. À noter que tant le FMI que le gouverneur de la BCE, Mario Draghi lui-même, font des saisies en ligne une condition sine qua non pour la 4e évaluation qui conditionne le 4e et dernier versement. La même loi prévoit que les protestations contre les mises aux enchères qui en ont empêché jusque-là la « bonne tenue » seront pénalisées par des peines d’emprisonnement ferme de 3 à 6 mois.

    Si les résidences principales des gens les plus modestes étaient jusque-là protégées de l’appétit des banques par un arsenal législatif (loi Katseli revue, durcie mais étendue jusque fin 2018 par la loi Stathakis [10]), les nouvelles mises aux enchères prévues au bénéfice de l’Autorité Autonome des Ressources publiques, qui a remplacé le service des impôts et des douanes, ne sont soumises à aucune restriction. Ainsi dès février 2018, des résidences principales ont été mises aux enchères sur une plate-forme digitale, concernant indistinctement riches fraudeurs ou petits entrepreneurs ruinés qui ne peuvent plus payer les cotisations, petits propriétaires retraités pauvres ou chômeurs qui ne peuvent plus faire face à leurs taxes.

    En effet, le nombre des contribuables qui ne peuvent plus faire face à la pression fiscale augmente de manière proportionnelle à la progression du taux de pauvreté, résultant des réformes imposées par les créanciers depuis 2010.

    Petit à petit, même le paiement de factures domestiques est devenu difficile. En effet la hausse des impôts et le démantèlement des services publics comme l’électricité, l’eau courante et le gaz, et la surtaxation cumulée (TVA sur la somme finale qui contient déjà 15% de taxe…) ont abouti à des hausses exponentielles des factures. Résultat, il n’est pas rare que des factures d’électricité ou d’eau s’élève à 700 ou 1000 euros, causant un déséquilibre durable sur un budget familial serré. 30% des clients de DEI [11] l’entreprise encore publique d’électricité sont en rupture de paiement et les coupures d’accès à l’électricité se multiplient.


    Les Grecs, otages fiscaux des créanciers et du gouvernement

    En un mois entre septembre et octobre 2017, les contribuables débiteurs d’une échéance non honorée auprès de l’administration des impôts grecs avaient augmenté de 9,6%, ce qui démontre l’épuisement du système fiscal grec.

    En octobre 2017 plus de deux tiers de l’ensemble des 6.100.000 contribuables ayant déposé une déclaration d’impôts avaient des dettes envers les impôts. En effet, les impôts non payés s’élèvent à 10,87 milliards d’euros pour la seule année 2017, avec une nouvelle ardoise de 1,27 milliard d’euros pour le mois de décembre [12]. Au total, près d’un million de cas de saisies sur les dépôts bancaires et sur les propriétés immobilières ont touché les contribuables grecs en 2017. D’après les éléments donnés par l’Agence des Recettes, l’ensemble des saisies a atteint 991.392 fin octobre 2017 contre 971.508 en septembre de la même année. Cette augmentation de 19.884 saisies en un mois signifie que l’Agence des Recettes a fait plus de 500 nouvelles saisies par jour [13].

    Le gouvernement prétend que seuls les « mauvais payeurs » seront concernés par ces mises aux enchères, mais fin 2017, Euclide Tsakalotos, le ministre des finances et principal négociateur avec les créanciers, expliquait que « nombre de ménages s’ils ont vu leurs revenus baisser, en conservent un néanmoins mais choisissent de ne pas donner la priorité au remboursement de leur prêts bancaires ou au paiement de leurs impôts ». Ce discours justifie les mesures dictées par les créanciers au nom de « la lutte contre la culture du non-paiement », censée caractériser particulièrement les Grecs [14]. Or les créances douteuses n’étaient que de 5,5% du total des créances privées en 2008, passant à 7% en 2009 pour exploser à partir des memoranda à 45,9% de l’ensemble des créances en 2016, neuf fois plus que la moyenne de l’UE (5,1%). [15]

    Tout l’esprit des memoranda tient en ces mots : pour justifier les mises aux enchères des habitations principales par l’État grec, il suffisait d’élargir la notion de mauvais payeur systématique à de plus larges couches de la population, de même que la baisse du seuil de pauvreté, indexé sur le salaire minimum réduit de 751 € en 2009 à 586 € en 2011, a rendu un peu moins dramatiques les statistiques sur la néo-pauvreté des Grecs. Et de même que la dette publique a justifié la mise à l’encan des biens et services publics grecs, les dettes privées justifient désormais les saisies des biens privés.
    Ainsi 2,3 millions de contribuables (sur un total de 11 millions d’habitants en Grèce) avec des dettes s’élevant jusqu’à 2000 euros risquent de perdre leur bien immobilier parce que la chute de leur niveau de vie les précipite dans l’incapacité de payer. 

     
     
     
     
     
     

    Pour les mois de janvier et février 2018, l’Agence Autonome des Recettes du Public a enregistré un nouveau record d’impôts non payés de 2,6 milliards supplémentaires pour ces seuls deux mois, faisant explosant la dette totale des contribuables à 101,6 milliards d’€, dont 87,6 milliards possiblement recouvrables (c’est-à-dire correspondant à un endettement depuis moins de dix ans).

    Les vrais mauvais payeurs et champions de l’évasion fiscale révélés par la liste Falciani (dite « Lagarde ») continuent, eux, à dormir d’un sommeil que rien ne vient troubler. Dans les commentaires de Poul Thomsen, responsable du secteur Europe pour le FMI lors de sa session de printemps en avril 2018, on voit se profiler au nom d’une « meilleure répartition fiscale au bénéfice des investissements », une nouvelle baisse du seuil de non-imposition, qui va soumettre de nouvelles tranches des classes moyenne et populaire [16] à la toute-puissance de l’Agence Autonome des Recettes du Public, transformée en shérif des créanciers.

     

    Merci à Anouk Renaud et Éric Toussaint pour leur relecture attentive.

    Notes

    [4Cette loi N.3427/2005 a été signée par les ministres Alogoskoufis (Économie et Finances), Sioufas (Développement), Voulgarakis (Intérieur), Panayiotopoulos (Travail et Solidarité Sociale) et Papaligouras (Justice)[[https://www.taxheaven.gr/laws/law/index/law/11

    [10La loi Katseli de 2010 prévoyait une protection des résidences principales face aux requêtes de saisie des banques pour impayés, en accordant un recours judiciaire pouvant aboutir à une tonte de la dette et à un règlement pour le remboursement du reste dû. La loi Stathakis de 2015 a confirmé cette loi en en raccourcissant le délai d’examen en justice et en étendant sa protection aux dettes envers les impôts, les caisses d’assurance, les collectivités locales et les organismes privés (banques). Elle établit aussi un seuil bancaire en dessous duquel il n’est pas possible de saisir un compte particulier et un « seuil minimum de survie » (entre 537 et 682 € pour un adulte célibataire, entre 1347 et 1720 € pour un couple avec deux enfants, etc). http://www.daneioliptes.com/web/10-αλλαγες-στο-νομο-κατσελη/

    [12Ergasianet Φορο-εξάντληση : Στα 10,87 δισ. ευρώ οι απλήρωτοι φόροι το 2017 25-01-2018

    [14Les Grecs dont une expression favorite est : « Je ne veux rien lui devoir » – qui explique aussi la générosité ostensible de l’hospitalité grecque.

    [16 Διεύρυνση φορολογικής βάσης ζητεί το ΔΝΤ

    * Marie-Laure Coulmin Koutsaftis Documentariste, essayiste et traductrice du grec moderne, permanente au CADTM.

     

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    La Fête de l’indépendance : de la Grèce aux autres nations. Vidéo

    19 Mars 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Grèce, #l'horreur économique

    La Fête de l’indépendance : de la Grèce aux autres nations. Vidéo

    La Fête de l’indépendance

     De la Grèce aux autres nations.

    Vidéo

     

     

    Le 25 mars 2018 les organisations - CLN (Comité de Libération Nationale), Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR et le RPS FIERS (Rassemblement du Peuple Souverain pour une France Indépendante Et une République Sociale) organisent un rassemblement place de la Nation à Paris et lancent un appel à toutes les organisations amies à se joindre à cette manifestation.

     

    Ce sera une réunion statique de 10h à 14h pour  célébrer La Fête de l’indépendance : de la Grèce aux autres nations.

     

    Répondre à cet appel c’est défendre les peuples du continent européen et plus largement défendre tous les peuples du monde, conformément à la charte des Nations Unies. Tous les peuples sont menacés par cette folie ultralibérale.

    Notre démarche est aussi d’alerter nos concitoyens sur le sort qui est réservé à la France et aux français. Dire que la situation sociale et économique en France est devenue médiocre voire périlleuse apparait hélas comme un lieu commun. Notre pays s'enfonce dans une crise majeure. Personne ne peut dire le contraire. Mais que s'est-il passé pour qu'une grande nation comme la nôtre en arrive à cette extrémité?

     

     

    Bien cordialement.

     

    Lucien Pons. Président de l’association CNR « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

     

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    Invitation à la fête de l'indépendance de la Grèce et des autres nations, place de la Nation à Paris le 25 mars 2018 .

    19 Mars 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Grèce

     Invitation à la fête de l'indépendance de la Grèce et des autres nations, place de la Nation à Paris le 25 mars 2018 .

     Invitation à la fête de l'indépendance de la

     

    Grèce et des autres nations,

     

    place de la Nation à Paris le 25 mars 2018 .

     Invitation à la fête de l'indépendance de la Grèce et des autres nations, place de la Nation à Paris le 25 mars 2018 .

    Le 25 mars 2018 diverses organisations grecques [ΠΛΑΤΦΟΡΜΑ ΠΟΛΙΤΙΚΟΣ ΔΙΑΛΟΓΟΣ (Plate-forme Dialogue Politique), METΩΠΟ ΓΙΑ ΜΙΑ ΕΛΕΥΘΕΡΗ ΕΛΛΑΔΑ (Front pour une Grèce libre), et ΔΕΠΟΛ (Union Démocratique de citoyens)],  lancent un appel pour alerter les peuples européens sur le sort réservé à la Grèce et au peuple grec.

     

    Les organisations - CLN (Comité de Libération Nationale), Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR et le RPS FIERS (Rassemblement du Peuple Souverain pour une France Indépendante Et une République Sociale) – ont répondu (comme en 2017) à cet appel et lancent des invitations aux organisations politiques syndicales et associatives pour marquer notre solidarité avec ce peuple martyr.

     

    En parfaite coopération avec les grecs, nous organisons un rassemblement place de la Nation à Paris le 25 mars 2018.

    Ce sera une réunion statique de 10h à 14h pour soutenir le peuple grec à l’occasion de l‘anniversaire de la fête d’indépendance de la Grèce.

     

    Notre rôle est d’informer sur la situation alarmante imposée au peuple grec par la troïka. Mais pour apprécier la vitalité de ce peuple, qui est à l’origine du concept de démocratie garantie par la charte de l’ONU, nous privilégions le côté festif. Le titre de la manifestation en témoigne :

     

    Fête de l’indépendance : de la Grèce aux autres nations

     

    Après des prises de paroles de responsables grecs et français sur les thèmes suivants : L’indépendance, la paix et l’intégrité territoriale des états, cette journée festive se terminera par un sirtaki géant !

     

    Ce pays, berceau de la culture occidentale, est le laboratoire de toutes les expérimentations ultralibérales destinées à soumettre les peuples et à détruire les états-nations.

     

    Répondre à cet appel c’est donc défendre les peuples du continent européen et plus largement défendre tous les peuples du monde, menacés par cette folie ultralibérale. À l'ère où le capitalisme sans frontières écrase tout sur son passage, et où nos dirigeants optent pour une « mondialisation » au bénéfice unique des banques et des multinationales, on nous présente l'éclatement de nos États comme un phénomène naturel et inéluctable. Au même moment, on nous martèle que les « minorités » (ethniques, raciales ou religieuses) de l'Europe « se réveillent », que leurs revendications identitaires sont légitimes, entrainant le morcellement de l'État souverain dont elles font partie.

     

    Notre démarche est aussi d’alerter nos concitoyens sur le sort qui est réservé à la France et aux français. Ceux qui dirigent le monde et particulièrement ceux qui dirigent l’Union européenne réservent à la France et aux français de même pour les autres états-nations et pour les autres peuples - le même sort que celui réservé à la Grèce et aux grecs. Le tristement célèbre Wolfgang Schaubble, actuel président du Bundestag et anciennement ministre allemand de l’économie a dit  « la France serait contente que quelqu’un force le Parlement  à voter des réformes difficiles ». Ces quelques mots révèlent la volonté étrangère d’imposer à la France la potion ultralibérale.

     

    Dire que la situation sociale et économique en France est devenue médiocre voire périlleuse apparait hélas comme un lieu commun. Notre pays s'enfonce dans une crise majeure. Personne ne peut dire le contraire. Mais que s'est-il passé pour qu'une grande nation comme la nôtre en arrive à cette extrémité?

     

    Nos gouvernements successifs, sous la direction de l'Union européenne, ont fait le pire choix : la politique ultralibérale de l'école de Chicago. Les traités européens ont obligé les états à réduire ou à faire disparaitre leurs services publics. Les Recommandations de Bruxelles qui arrivent sur le bureau du chef de l'état tous les 6 mois imposent l’agenda des contre réformes.

    http://eurlex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:12008E106:FR:HTML

     

    Que sont devenus en France les transports, la poste, l'énergie, l'hôpital, l'école, l'Université, la recherche..? Le chômage, les inégalités d'accès aux soins, à l'éducation, au logement, à la culture, au loisir...expriment une paupérisation généralisée et les dernières lois qui viennent d'être votées ne vont qu'aggraver la situation. La suppression de la sécurité sociale est en route. L’hôpital public en France est menacé comme tous les services publics ; la suppression de 22000 postes et de 16 000 lits dans les hôpitaux en 2017 témoigne de l'ampleur de l'attaque.

     

    Le pays est privé de politique monétaire avec la monnaie unique, le parlement français n'est plus maitre de son budget ni de ses lois. Par exemple (art. 106 du TFUE) « Les traités de l'UE ont pour but d'ouvrir les services publics à la concurrence ».

     

    Sans notre indépendance, il n’y a aucune autre politique économique et sociale possibles. Que deviendront nos vies avec l’ubérisation de la société française, la fin de la protection sociale, du code du travail et une précarisation permanente de l’emploi?

     

     

    Nous vous invitons à vous joindre à cette manifestation.  Nous pouvons, si nous sommes nombreux, la transformer en un appel pour la libération des peuples.

     

    Bien cordialement.

     

     

    Lucien Pons. Président de l’association CNR « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

     

     Invitation à la fête de l'indépendance de la Grèce et des autres nations, place de la Nation à Paris le 25 mars 2018 .

    LA GRÈCE SOMBRE DANS LE DÉSASTRE

    par Christina Komi (enseignante chercheur franco-grecque)

    L’usage du terme « Macédoine » et la question de la dénomination officielle du petit pays situé au sud de l'ex-Yougoslavie est une situation politique –certes pas la seule-- qui n'a pas reçu ces vraies dimensions de la part des médias en France. Si la question du nom de ce pays, composé en grande partie d'albanais, de bulgares et de serbes, et de sa reconnaissance de la part de la Grèce sous le même nom que la province limitrophe grecque, est revenue ces derniers temps en première page de l'actualité en Grèce, c'est parce qu'il y a une urgente pression de l'Empire qui souhaite en finir rapidement afin de pouvoir intégrer le nouvel État balkanique dans l'Otan. Ceci lui permettra de fermer définitivement les portes à un éventuel accès de la Russie en Méditerranée.

    Étant donné l'extrême faiblesse de la Grèce en ce moment, pays sans souveraineté, hypothéquée dans tous les sens, mise sous la main de la Troika et des vautours, et « gouvernée » par des marionnettes, des traitres qui sont prêts à tout jeter aux charognards, on peut sentir déjà, le démembrement final venir : l'amputation territoriale.

    Le régime grec actuel, pareillement aux précédents, est complètement incapable de se montrer à la hauteur des circonstances, pire encore, il bafoue sans cesse les indications que le peuple grec lui donne : du grand NON aux plans de la Troika du 5/7/15 (qui s'est transformé par Tsipras en oui en une nuit), au sabotage des grandes manifestations de Thessalonique du 21/1/18 (500.000 personnes) et d'Athènes (4/2/18 : 1.500.000 personnes) où le peuple s'est prononcé contre la cession du nom « Macédoine », ce régime laisse aujourd'hui sans réponse les provocations de la Turquie. Dans le sud-est de la mer Égée : un nouvel épisode de provocation sur les îles rocheuses d'Imia, ainsi que la piraterie des forces marines turques dans la Zone Économique Exclusive chypriote… La Turquie, en même temps qu'elle fait la guerre en Syrie, attaque les pays côté ouest, dans la perspective de gagner de l'espace vital en mer.

    Avec Tsipras et son ministre de défense (P. Kammenos) muets et, pire encore, disparus aux jours où leur présence était indispensable, c'est l'ambassadeur actuel des Etats Unis à Athènes, Geoffrey Pyatt –oui, ce même qui était ambassadeur en Ukraine lors de la révolte, du coup d'État et de la prise du pouvoir par des nazis, qui a mené à la plus grande crise entre l'Ouest en la Russie des derniers 30 ans– qui s'est déplacé à Ankara pour décider quel sera le sort des grecs et des chypriotes...

    Les différents articles en PJ, ainsi que la vidéo de la manifestation d'Athènes avec les paroles d'une citoyenne grecque --qui pose le contexte de la destruction galopante de la Grèce en tant qu’État nation-- montrent les enjeux géopolitiques actuels dans les Balkans, région qui a été la mèche de flamme des 2 guerres mondiales ainsi que des atrocités du démembrement de la Yougoslavie. Apparemment, tout cela est loin d'être fini...

    *https://www.youtube.com/watch?v=gQztvF2iHKA&t=1s

     Invitation à la fête de l'indépendance de la Grèce et des autres nations, place de la Nation à Paris le 25 mars 2018 .
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    Pourquoi la Turquie veut Envahir les Iles Grecques. Par Uzay Bulut , journaliste turque née et élevée en Turquie.

    10 Mars 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Grèce, #La Turquie, #l'Allemagne

     
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