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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #les elections europeennes de mai 2014. tag

Elections du 25 mai 2014. De la pertinence des sondages...

7 Juin 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

De la pertinence des sondages...

lundi 2 juin

IPSOS est un organisme sérieux et personne ne peux douter du professionnalisme des enquêtes réalisées par cet institut, notamment de cette enquête réalisée juste avant le vote du 25 mai, et publiée le 25 mai au soir.

On y apprend ainsi que l’abstention est différenciée selon les électorats, la plus faible pour l’électorat du FN, la plus forte pour celui de Hollande... A vrai dire, rien de très surprenant, mais les chiffres publiés interrogent...

L’analyse par électorats montre que la mobilisation de l’électorat de droite et du FN a été supérieure à celle de l’électorat socialiste. 58% des électeurs de François Hollande en 2012 ne se sont pas rendus aux urnes pour, par comparaison, 50% de ceux de Marine le Pen et 48% de ceux de Nicolas Sarkozy. Comme aux municipales, il y a donc bien eu une abstention différentielle entre électeurs de gauche et de droite lors ces élections européennes. C’est au sein des électorats du Front de Gauche (57%) et de l’UDI (57%) que la participation a été la plus importante.

Ce sont les réponses aux enquêteurs qui donnent ce résultat. Mais on peut les comparer d’une manière simple et tout à fait factuelle à la mobilisation réelle au final de chaque électorat, à partir... de leur voix.

Ainsi, 50% des électeurs 2012 de Sarkozy disaient s’abstenir, mais 10% de plus l’ont fait, ou ont voté autre chose... Parmi les 42% d’électeurs de Hollande 2012 qui déclaraient à IPSOS se préparer à voter aux européennes, près d’un tiers n’ont pas voté ou ont voté autre chose que PS... Mais il faudrait aussi considérer que, si 50% des électeurs FN seulement annonçaient voter le 25 Mai, il y en avait 1,5 Millions qui ne le disaient pas et qui l’ont fait, à moins que le FN ne mobilise le 25 mai dans tous les électorats...

Quand au Front de Gauche, ses électeurs voulaient sans doute rassurer IPSOS, car un sur trois ayant déclaré vouloir voter aux européennes un jour avant le vote ne l’ont finalement pas fait... ou ont changé de vote !

Bref, devons-nous nous préoccuper des sondages ? Le plus sûr moyen de connaissance des intentions des Français n’est-il pas dans la réalité des forces organisées de terrain de notre parti et de son ancrage dans les milieux populaires ?

 

http://lepcf.fr/spip.php?page=breve&id_breve=318

électorat 2012 2014 perte en voix abstention déclarée dans l’enquête
Hollande 10 272 705 2 650 357 74,2% 58%
Sarkozy 9 753 629 3 943 819 59,6% 48%
UDI 3 275 122 1 884 565 42,5% 43%
FdG 3 984 822 1 200 713 69,9% 43%
FN 6 421 426 4 712 461 26,6% 50%
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Francis Arzalier sur les "Européennes" 2014 : « UNE DÉCULOTTÉE SANS NOM »

5 Juin 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

 

Jeudi 5 juin 2014 4 05 /06 /Juin /2014 07:45

PRISE DE POSITION

PRISE SUR
LE BLOG DE DIABLO

fessee-deculottee.jpg

C'est le verdict sans appel que fait des élections européennes Édouard Martin, qui fut syndicaliste médiatique avec les sidérurgistes de Lorraine, et eut alors le courage de faire honte au Président Hollande de leur avoir menti au profit du patronat multinational, avant d'être désigné comme député à Strasbourg par le même Hollande...Pour être "sans nom",la déculottée infligée à la "gauche" gouvernementale française, responsable de l'austérité et des régressions sociales subies par ceux qui vivent de leur travail et les chômeurs, n'est pas une surprise. Nous la savions d'avance, elle était méritée. TREIZE POUR CENT DES VOTANTS, SOIT MOINS DE 5 POUR CENT DES ÉLECTEURS FRANÇAIS, UN SCORE ÉTONNANT POUR LE PARTI AU POUVOIR, DANS UN PAYS QUI SE DONNE EN EXEMPLE DE DÉMOCRATIE !


Le PCF, englué dans ses alliances électoralistes avec le PS, n'est pas brillant non plus: Dans le cadre d'un Front de Gauche qui le fait de plus en plus disparaître du paysage médiatique, il dépasse à peine 6 pour cent des votants, soit moins de 3 pour cent des électeurs ( près de 6 sur 10 ont choisi de ne pas voter!). Le PCF n'a plus qu'un seul député au Parlement de Strasbourg, qui s'y est d'ailleurs illustré par son opportunisme, par exemple en ne dénonçant pas les aventures militaires de la France officielle.


Les élections de Mai 2014 ne portaient pas qu'un jugement sur la politique néfaste de Hollande et Valls, mais aussi sur l'Union Européenne, dont la majorité des Français condamnent aujourd'hui les conséquences ( destruction de l'indépendance nationale au profit des Multinationales et de leurs actionnaires ).


Parlons Clair ne se prétend pas prophète, mais communiste fidèle à son idéal, et de bon sens. Il y a plusieurs mois, il annonçait: " Dans tous les pays du continent, la croissance massive des sentiments de défiance à l'encontre des conséquences sociales, économiques et politiques de cette " Europe des Traités", annonce une abstention forte, et des succès dépassant 20 pour cent pour les partis critiques de l'Europe supranationale et de l'Euro...Dans les pays ou lesCommunistes se révèlent incapables d'exprimer et d'orienter les sentiments populaires " anti-Européens", les mécontents se reportent sur les démagogues d'extrême-droite..." C'est arrive le 25 mai,pas seulement en France: des listes d'extrême droite xenophobe ont rassemble environ 1 votant sur 5 en Autriche, Danemark, Hongrie, Grande- Bretagne...


Parlons Clair ajoutait, et cela s'est aussi vérifié: "Le même danger guette la France, qui pourrait bien connaître en mai 2014 une abstention massive, et une forte poussée du Front National, SI LE PCF LUI LAISSE INCARNER LE DISCOURS ANTIEUROPEEN AUPRÈS DES SALARIÉS..." Ce qui fut le cas, avec les résultats qu'on sait... Laissons donc le choeur des pleureuses de la "Gauche eurocrate" gloser à l'infini sur les 25 pour cent de Marine Le Pen, qui ne sont en fait qu'un électeur français sur 10 ( et c'est déjà bien trop ), et attelons nous a réfléchir et à agir pour parer au danger.


La pire réaction a ce " séisme " prévisible serait le découragement parmi nous, l'idée que lutter ne sert plus à rien, que les mouvements sociaux sont des le départ voués à l'échec,que la montée du fascisme est inévitable. Certes, le rapport des forces à bascule en un demi-siècle dans les pays européens. En 1968, les salariés français ou italiens, occupant en foules résolues les rues et les usines, imposaient de nouveaux progrès sociaux. En 2014, leurs enfants ou petits enfants sont décimés par la destruction des industries nationales par le capitalisme européen et mondialise et désarmés par la quasi disparition des partis communistes ou leur dilution dans l'opportunisme et le carriérisme bureaucratique: Ils en sont souvent réduits à des actions désespérées pour obtenir de meilleures primes de licenciement...


C'est bien pourquoi il faut célébrer comme il le mérite l'exemple magnifique des salariés de Fralib à Gemenos. Après des années de greve opiniâtre, et grâce à la solidarité qu'ils ont su susciter, ils ont contraint la multinationale Unilever a leur donner la possibilité de perpétuer leur outil de travail sous la forme d'une coopérative ouvrière.Ils démontrent ainsi que les luttes peuvent gagner, et qu'en France comme ailleurs, c'est le chemin à suivre.



FRANCIS ARZALIER

le 1er juin 2014.

 

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PARLEMENT EUROPÉEN : le Parti Communiste de Grèce (KKE) quitte le groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL)

5 Juin 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

PARLEMENT EUROPÉEN : le Parti Communiste de Grèce (KKE) quitte le groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL)

KKE-manif.jpg

Le Comité central du Parti Communiste de Grèce (KKE), dans un communiqué, a déclaré que les 2 députés européens du KKE ne siégeront plus au sein de la GUE/NGL

Dans un communiqué du Comité central du KKE, les communistes grecs expliquent pourquoi leurs 2 députés européens ne siégeront plus au sein de la GUE/NGL. 

 
1 - Ils accusent la GUE d'être un groupe tourné vers l'aménagement et le soutien à l'Union européenne. Ils reprochent l'évolution politique du groupe confédéral européen et sa composition après les élections. 
 
2- Dans la ligne de mir des communistes grecs, les partis membre du PGE (Parti de la gauche européenne), Die Linke et SYRIZA, qui essayent, selon eux et comme la LCR et LO jadis, d'imposer une ligne politique dans le groupe et au détriment du KKE. 
 
3- Selon les communistes grecs, la GUE serait devenu un outil de la commission européenne, grâce à l'impulsion du PGE. Selon le communiqué, la GUE tente de créer un «bloc de gauche» avec les sociaux-démocrates et les verts. De plus les déclarations d'Alexis Tsipras apportant son soutien à Jean Claude Juncker (PPE) sont de la trahison. Le KKE reproche aussi l'attitude anticommuniste de Die Linke. 
 
4- Le KKE reproche le manque l'attitude de certains eurodéputés membre de la GUE qui ont soutenu la guerre en Libye, l'intervention de l'UE en République centrafricaine, aient soutenu l'UE dans les affaires intérieures de la Syrie, soutenue la campagne subversive contre Cuba, n'ont pas condamné l'intervention de l'UE en Ukraine ... 
 
5- Le KKE refuse d'adhérer a un groupe politique européen, il entend ne plus participer au fonctionnement du Parlement européen. 
 
6- Le KKE entend continuer son effort de reconstruction du mouvement communiste en Europe 

 
Ainsi le Parti communiste grec veut promouvoir une stratégie politique en faveur de la classe ouvrière et des couches populaires dans son pays et en Europe, il entend lancer un processus de reconstruction du mouvement communiste en Europe. 

 
La participation du Parti communiste grec dans le groupe de la GUE/NGL serait utilisée comme un "alibi de gauche" opportuniste par des partis politiques sociaux-démocrates qui agissent en faveur de l'UE et qui acceptent la barbarie capitaliste. 

 

 

 

article et traduction: Nicolas MAURY

 

http://www.communcommune.com/article-parlement-europeen-le-parti-communiste-de-grece-kke-quitte-le-groupe-de-la-gauche-unitaire-europ-123815559.html

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Constituante! Révocabilité! Raquel Garrido sur France Inter.

4 Juin 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Constituante! Révocabilité! Raquel Garrido sur... par lepartidegauche

Le 26 mai 2014, Raquel Garrido était invitée du journal de 13h de France Inter, suite à l'échec de la gauche aux élections européennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Européennes 2014 : « UNE DÉCULOTTÉE SANS NOM » [Collectif Communiste Polex]

4 Juin 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Mercredi 4 juin 2014        

fessee-deculottee.jpg

C'est le verdict sans appel que fait des élections européennes Édouard Martin, qui fut syndicaliste médiatique avec les sidérurgistes de Lorraine, et eut alors le courage de faire honte au Président Hollande de leur avoir menti au profit du patronat multinational, avant d'être désigné comme député à Strasbourg par le même Hollande...Pour être "sans nom",la déculottée infligée à la "gauche" gouvernementale française, responsable de l'austérité et des régressions sociales subies par ceux qui vivent de leur travail et les chômeurs, n'est pas une surprise. Nous la savions d'avance, elle était méritée. TREIZE POUR CENT DES VOTANTS, SOIT MOINS DE 5 POUR CENT DES ÉLECTEURS FRANÇAIS, UN SCORE ÉTONNANT POUR LE PARTI AU POUVOIR, DANS UN PAYS QUI SE DONNE EN EXEMPLE DE DÉMOCRATIE !


Le PCF, englué dans ses alliances électoralistes avec le PS, n'est pas brillant non plus: Dans le cadre d'un Front de Gauche qui le fait de plus en plus disparaître du paysage médiatique, il dépasse à peine 6 pour cent des votants, soit moins de 3 pour cent des électeurs ( près de 6 sur 10 ont choisi de ne pas voter!). Le PCF n'a plus qu'un seul député au Parlement de Strasbourg, qui s'y est d'ailleurs illustré par son opportunisme, par exemple en ne dénonçant pas les aventures militaires de la France officielle.


Les élections de Mai 2014 ne portaient pas qu'un jugement sur la politique néfaste de Hollande et Valls, mais aussi sur l'Union Européenne, dont la majorité des Français condamnent aujourd'hui les conséquences ( destruction de l'indépendance nationale au profit des Multinationales et de leurs actionnaires ).


Parlons Clair ne se prétend pas prophète, mais communiste fidèle à son idéal, et de bon sens. Il y a plusieurs mois, il annonçait: " Dans tous les pays du continent, la croissance massive des sentiments de défiance à l'encontre des conséquences sociales, économiques et politiques de cette " Europe des Traités", annonce une abstention forte, et des succès dépassant 20 pour cent pour les partis critiques de l'Europe supranationale et de l'Euro...Dans les pays ou lesCommunistes se révèlent incapables d'exprimer et d'orienter les sentiments populaires " anti-Européens", les mécontents se reportent sur les démagogues d'extrême-droite..." C'est arrive le 25 mai,pas seulement en France: des listes d'extrême droite xenophobe ont rassemble environ 1 votant sur 5 en Autriche, Danemark, Hongrie, Grande- Bretagne...


Parlons Clair ajoutait, et cela s'est aussi vérifié: "Le même danger guette la France, qui pourrait bien connaître en mai 2014 une abstention massive, et une forte poussée du Front National, SI LE PCF LUI LAISSE INCARNER LE DISCOURS ANTIEUROPEEN AUPRÈS DES SALARIÉS..." Ce qui fut le cas, avec les résultats qu'on sait... Laissons donc le choeur des pleureuses de la "Gauche eurocrate" gloser à l'infini sur les 25 pour cent de Marine Le Pen, qui ne sont en fait qu'un électeur français sur 10 ( et c'est déjà bien trop ), et attelons nous a réfléchir et à agir pour parer au danger.


La pire réaction a ce " séisme " prévisible serait le découragement parmi nous, l'idée que lutter ne sert plus à rien, que les mouvements sociaux sont des le départ voués à l'échec,que la montée du fascisme est inévitable. Certes, le rapport des forces à bascule en un demi-siècle dans les pays européens. En 1968, les salariés français ou italiens, occupant en foules résolues les rues et les usines, imposaient de nouveaux progrès sociaux. En 2014, leurs enfants ou petits enfants sont décimés par la destruction des industries nationales par le capitalisme européen et mondialise et désarmés par la quasi disparition des partis communistes ou leur dilution dans l'opportunisme et le carriérisme bureaucratique: Ils en sont souvent réduits à des actions désespérées pour obtenir de meilleures primes de licenciement...


C'est bien pourquoi il faut célébrer comme il le mérite l'exemple magnifique des salariés de Fralib à Gemenos. Après des années de greve opiniâtre, et grâce à la solidarité qu'ils ont su susciter, ils ont contraint la multinationale Unilever a leur donner la possibilité de perpétuer leur outil de travail sous la forme d'une coopérative ouvrière.Ils démontrent ainsi que les luttes peuvent gagner, et qu'en France comme ailleurs, c'est le chemin à suivre.



FRANCIS ARZALIER

le 1er juin 2014

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EUROPÉENNES 2014 : Analyse de l’URCF [Réflexions sur les résultats]

4 Juin 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

EUROPÉENNES 2014 : Analyse de l’URCF [Réflexions sur les résultats]

urcf

Union des Révolutionnaires Communistes de France

 

ÉLECTIONS EUROPÉENNES – mai 2014 –

Analyse de l’URCF - Réflexions sur les résultats

 

« Séisme », « tsunami », les mots prononcés ne sont pas assez forts, de la part des partis bourgeois gérants du pouvoir du Capital (UMP-PS), pour dépeindre la situation à l’issue des élections européennes. En effet, les commentateurs préfèrent mettre l’accent sur les presque 25 % du FN plutôt que sur la formidable abstention populaire.

 

Le « premier parti de France », pour reprendre cette image, c’est l’abstention populaire (57 %), certes en léger recul par rapport à 2009, mais qui demeure très forte malgré le battage pour le vote « quel qu’il soit » ou la reconnaissance du vote « blanc ».

 

Abstention qui touche tous les pays, notamment dans l’Est de l’Europe, dans des pays présentés par les médias comme « très attachés à l’Union européenne » (Pologne, Slovaquie...).

 

Là où les communistes présentaient une véritable alternative anti-UE, comme en Grèce avec le KKE (Parti communiste de Grèce), leurs progrès dans un contexte difficile sont un point d’appui pour tous les communistes et progressistes.

 

Les progrès annoncés des populistes et fascistes dans certains pays sont donc à mesurer, mais aussi à nuancer, compte tenu du nombre de votants. Il en est de même en France, si l’on prend les résultats par rapport aux inscrits (ce qui ne se fait plus depuis longtemps, sans même évoquer les non-inscrits de plus en plus nombreux, en particuliers les travailleurs immigrés « extra-communautaires », privés de tout droit citoyen dans l’UE...) :

 

 

-  FN : 10,75 % des inscrits

 

-  UMP : 8,6 %

 

-  PS : 6 %

 

-  Front de gauche : 3 %

 

Le score du Front National (FN), comme de tous les partis, est donc à relativiser. Le FN, qui perd près de 2 millions d’électeurs par rapport à la Présidentielle (où Marine Le Pen obtenait 6,4 millions de voix, tandis qu’aux Européennes, elle recueille 4,7 millions de suffrages), est en tête par défaut, les partis piliers du pouvoir du Capital enregistrant un véritable effondrement. Les partis défenseurs de l’UE capitaliste (UMP-PS-UDI-Modem- Écolos) atteignent difficilement les 50 % des votants et représentent moins de 20 % des exprimés. Les résultats attestent donc de la perte de confiance massive vis-à-vis de l’UE, de la colère vis-à-vis de son bilan notamment, de la politique généralisée d’austérité.

 

 

Trois courants vis-à-vis de l’UE ont présenté des candidats dans cette campagne en France :

 

 

 

1/ Les tenants de l’UE, qui accèdent en alternance au pouvoir politique dans chaque État, et cogèrent l’Union européenne sous la direction des monopoles : conservateurs-libéraux et social-démocratie. Ces partis paient incontestablement à la fois leur violation de la souveraineté populaire (cf le véritable putsch institutionnel pour faire annuler le NON par l’adoption d’un TCE bis) et le bilan des présidences Hollande et Sarkozy.

 

Percevant le rejet croissant de l’UE, les partis tenants de l’UE ont démagogiquement évoqué une « autre Europe », une « réorientation », mais responsables de la construction de l’Europe et des politiques antipopulaires mises en œuvre, ils ne pouvaient convaincre sur ce thème. L’UDI-Modem, comme les Écolos, auxiliaires des forces tenantes de la construction de l’Europe capitaliste n’ont guère été plus audibles, pour les mêmes raisons.

 

 

2/ Un autre courant tenant de l’UE « aménagée socialement », le Front de gauche (FdG), n’a pas rencontré plus de succès. La critique de la « dictature de la finance », la « conquête de nouveaux pouvoirs politiques », la proposition d’une Banque Centrale européenne transformée en « Banque pour l’emploi et la formation », suscitent peu d’intérêt dans les couches populaires.

 

Le Front de Gauche a essayé de mobiliser derrière le leader de Syriza TSIPRAS, candidat au poste de président de la Commission européenne, arrivé en tête en Grèce. Le présenter comme incarnant la « gauche radicale » est pour le moins abusif (cf. la critique de Syriza par le KKE sur notre site).

 

Syriza constitue la relève de la social- démocratie traditionnelle (le PASOK en faillite), et son programme est de nature réformiste, s’inscrivant dans le cadre de l’UE impérialiste et des rapports de production capitalistes.

 

L’objectif assigné au Front de Gauche, par Mélenchon après la présidentielle, de « passer devant le PS aux Européennes », est loin d’être atteint malgré le recul retentissant du PS. Le Front de Gauche perd 5 points par rapport à l’élection présidentielle et 2,7 millions de voix, mais retrouve son niveau des européennes de 2009, avec 1,2 million d’électeurs (160 000 voix de plus), sur fond de léger recul de l’abstention et de pertes sensibles du NPA.

 

Nul doute que le Front de Gauche paie ses divisions entre un PCF qui, pour conserver son appareil électoral, a besoin du PS, et le Parti de gauche, sans véritable appareil d’élus, et qui, visant une alliance avec les Verts, peut se montrer plus critique verbalement à l’égard du pouvoir de Hollande et Valls.

 

Autre facteur, le Front de Gauche ne suscite pas l’adhésion massive des syndiqués ayant voté. Selon un sondage IFOP, à prendre avec les précautions nécessaires : le FdG recueille 30 % des voix dans la CGT, 17 % chez Solidaires, 11 % à FO...

 

La véritable cause de la stagnation du Front de Gauche se situe dans son opportunisme :

 

a/ Il s’inscrit dans la reconnaissance de l’UE comme cadre possible des « transformations sociales ».

 

 

b/ Il nie le caractère de classe de l’UE, construite par et pour les monopoles et sous leur direction exclusive. La phrase de « gauche » sur la « Finance » s’inscrit dans la thèse opportuniste et réformiste d’un « partage des pouvoirs et des richesses » dans le cadre d’un « autre » capitalisme ! Un « altercapitalisme » contrôlant la finance !

 

 

c/ Le FdG propose de donner à l’UE un rôle plus important dans les conflits internationaux comme en Ukraine. Étrange position, alors que l’UE, par ses ingérences, ses interventions armées, est au service de la politique de guerre des classes capitalistes d’Europe (en Ukraine, Syrie, Afrique Noire), avec l’impérialisme français aux avant- postes. Le Front de Gauche échoue ainsi à convaincre une majorité de travailleurs, en raison de son opportunisme foncier, mariant les phrases sociales et pacifistes avec l’insertion dans le cadre impérialiste de l’UE qu’il faudrait simplement « réorienter ».

 

 

d/ Enfin, le FdG refuse la lutte pour rompre avec l’UE et les autres instances impérialistes ; il ignore la nécessité d’un changement radical de mode de production, pour installer le socialisme à la place du capitalisme ; comme Kautsky (le leader opportuniste de la Seconde Internationale), il rêve d’un capitalisme aménagé et d’un impérialisme pacifié.

 

 

 

3/ Le troisième courant concourant aux Européennes est l’opposition bourgeoise et nationaliste à l’UE, mixte de démagogie sociale et nationale, à caractère raciste et xénophobe, qui progresse dans beaucoup de pays de l’UE (Grèce avec Aube Dorée, UKIP en Grande-Bretagne, Danemark et France avec le FN).

 

 

Ce courant, d’essence capitaliste, surfe sur le rejet de l’UE, sur son bilan, et dénonce la « dictature de Bruxelles ». Mais c’est pour mieux affirmer son soutien et sa défense du système capitaliste, en prônant le protectionnisme national (ou européen pour d’autres), et en faisant mine d’ignorer la portée des lois objectives capitalistes d’internationalisation continue des forces productives et d’interdépendance croissante entre pays capitalistes.

 

 

Tous ces partis populistes et fascistes désignent un bouc-émissaire, « l’immigration », et cherchent ainsi à diviser les travailleurs selon leur nationalité, leur croyance ou non croyance..., pour le plus grand service des monopoles ayant besoin de concurrence dans les forces du travail. Au-delà de sa dénonciation de l’UE, le courant populiste ou fasciste s’inscrit à la fois comme force de réserves du capitalisme et comme épouvantail pour mieux présenter l’UE comme « démocratique » et de « paix ». Le recours aux forces fascistes banderistes, nazies, en Ukraine, souligne les sas existants entre les partis bourgeois traditionnels et les groupes fascistes.

 

 

En France, le FN incarne le rejet nationaliste et pro-capitaliste de l’UE. Il est arrivé en tête en profitant de la désagrégation des piliers de l’UE (UMP et PS), il enracine nationalement son électorat en arrivant en tête dans 5 circonscriptions, dans le cadre d’une abstention très largement majoritaire, mais recule en suffrages par rapport à la présidentielle (voir ci-dessus).

 

 

 

À son sujet, les médias et les partis au service du capitalisme se livrent à plusieurs mensonges :

 

 

1/ Le FN serait le « premier parti de France ». C’est faux : ce qui s’est exprimé majoritairement, c’est l’abstention de manière écrasante dans les villes et quartiers populaires.

 

 

 

2/ Le FN aurait bénéficié des voix nombreuses, voire majoritaires, de la classe ouvrière et de la jeunesse. Pour affirmer la démonstration, les médias ignorent le poids de l’abstention.

 

 

Qu’en est-il réellement ?

 

 

Si 30 % des électeurs du FN sont des salariés, 64 % de cette catégorie se sont abstenus ; pour les jeunes (de moins de 35 ans selon cette étude), 30 % de ceux qui ont voté l’ont fait pour le FN, mais 73 % se sont abstenus ! Au-delà d’une conception sociologisante rigide, dans les pays capitalistes, « l’idéologie dominante est celle de la classe dominante » (Marx) ; il y a toujours des fractions d’ouvriers et d’employés pour voter contre leur classe en soutenant des partis bourgeois.

 

En 1958, De Gaulle de retour au pouvoir récupéra 1 million de voix ouvrières ou populaires du PCF.

Sarkozy, en 2007, gagna des voix ouvrières (peu nombreuses) avec son slogan démagogique et incompris sur le « travailler plus pour gagner plus » et sur ses références démagogiques à Jaurès, Gramsci, Guy Môquet.

 

 

Les progrès du FN dans certaines couches populaires relèvent du même phénomène.

 

 

 

Dans les années 80, la bourgeoisie a déclenché une guerre idéologique à caractère anticommuniste et antisoviétique sur le thème entre autre du « goulag ». Le double objectif était à la fois de soumettre le PCF à des pressions puissantes pour qu’il abandonne ses objectifs révolutionnaires fondateurs et s’intègre dans la société en se social-démocratisant par son alliance avec le PS, un des instigateurs de cette campagne, et de contribuer à préparer la destruction de l’URSS minée par l’opportunisme. Le reniement de l’identité communiste et du marxisme-léninisme a abouti, au-delà de sa dénomination trompeuse, à ce que le PCF n’incarne plus un Parti communiste orienté vers le renversement du capitalisme et la construction d’une société socialiste/communiste, mais une formation prônant l’aménagement social du système.

 

 

L’idéologie bourgeoise favorisa les peurs, prôna l’incompréhension du monde en cultivant l’irrationalisme et la méfiance vis-à-vis des sciences et du progrès. Philosophes et historiens à la solde du système d’exploitation s’attaquèrent à l’héritage des Lumières, de la Révolution française de 1789-1793 assimilée à l’origine du « mal » (le communisme), les manuels d’histoire minimisaient ou niaient le rôle décisif de l’URSS dans la victoire sur le fascisme et la libération de l’humanité.

 

 

Ces thèses bénéficiaient du relais des médias et maisons d’édition. Or tout renforcement de l’idéologie bourgeoise signifie un affaiblissement de l’idéologie prolétarienne, communiste, comme disait Lénine.

 

 

De plus, des mutations structurelles s’opérèrent dans le cadre de la nouvelle division internationale capitaliste du travail. En France, ce furent plus de 2 millions d’emplois industriels supprimés dans la sidérurgie, la métallurgie, les mines, c'est-à-dire dans les zones de forte concentration prolétarienne.

 

 

Cela entraîna un fort recul de la « conscience pour soi » (Marx), c'est-à-dire de la conscience révolutionnaire de la mission historique de la classe ouvrière de renverser le capitalisme par l’instauration d’un nouveau mode de production dont elle est porteuse: le socialisme- communisme. Il y eut des incidences sur la composition sociale de la CGT et cela favorisa l’affaiblissement du syndicalisme de lutte de classes.

 

Faute de véritables outils de défense au quotidien et stratégiques, le prolétariat s’est tourné vers « le moindre mal » ou plus exactement vers ce qui sanctionnait l’équipe au pouvoir (la social- démocratie ou la réaction populiste en alternance).

 

 

Or ces forces UMP-PS ont eu pour objectif d’appliquer la politique du grand Capital à travers l’UE, et sont les instruments des monopoles et de l’oligarchie financière.

 

 

Quant à l’UE, elle soutient à Kiev un gouvernement issu d’un putsch, composé de groupes qui exaltent le nazisme et la politique fasciste nationaliste de Bandera ; elle intègre en son sein des gouvernements qui, dans les anciens pays socialistes, détruisent les monuments à la Résistance antifasciste, à la libération, au rôle joué par l’Armée Rouge et qui interdisent les partis communistes et leurs symboles, qui criminalisent toute expression de la vérité du XXème siècle : c’est le communisme qui a vaincu le fascisme nazi, c’est le communisme qui, au travers de la construction du socialisme en URSS, a permis aux travailleurs des pays capitalistes de conquérir des droits, ceux justement que l’UE et les États capitalistes nationaux s’acharnent à mettre en pièces pour leurs commanditaires du Grand Capital, au moyen des partis réactionnaires et sociaux-démocrates.

 

 

Par rejet des deux partis dominants de la Vème République, certains estiment que le FN peut traduire leur colère, leur mécontentement et leurs angoisses devant la crise, alors que nous l’avons dit : comme avec l’UMP ou le PS, ils votent contre leur classe et contre les intérêts populaires.

 

 

Le fait que l’exploitation du prolétariat aujourd’hui se fasse dans les PME (51 % du prolétariat y travaillent) renforce le poids de l’idéologie dominante, au travers de l’influence d’un petit patronat d’autant plus réactionnaire qu’il ne récupère qu’une part minime de la plus-value. Cette couche patronale fournit une base sociale au FN, au service, en dernière instance, du Capital monopoliste. C’est donc un défi pour le communisme révolutionnaire, de gagner la majorité du prolétariat au combat contre le capitalisme, le seul qui puisse mettre en échec la réaction et ouvrir des perspectives.

 

 

 

Rappelons que si le NON au TCE a été un vote fortement marqué par son caractère de classe, celui-ci n’en était pas moins hétérogène : il y avait un NON populaire, défenseur des intérêts populaires, mais majoritairement contre le néo-libéralisme, et un NON nationaliste et xénophobe (très minoritaire), exprimant l’opposition à l’UE de certains secteurs, peu nombreux, des petites et moyennes entreprises capitalistes, petits commerçants et paysannerie.

 

 

En réponse aux résultats des élections du 25 mai, des manifestations à l’appel des syndicats étudiants et lycéens ont eu lieu pour dénoncer et combattre le racisme du FN, avec des pancartes accusant les « abstentionnistes » sur le type « abstention=collaboration », drapeaux de l’UE déployés, dans une tentative scandaleuse, manipulatrice, de dédouaner le Parti socialiste, les gouvernements, l’UE et le capitalisme.

 

 

Ce qui alimente le vote FN, c’est la trahison des (maigres) engagements du candidat Hollande, comme ses prétendues priorités à la jeunesse et aux chômeurs, sa dénonciation de la « finance », alors que les cadeaux au Capital (financés par l’argent public) pleuvent ! Les jeunes manifestants ont raison de vouloir combattre le FN et le racisme, mais le combat contre le fascisme est politique, et non pas seulement « moral » ; il implique le lien indissoluble avec la lutte contre le capitalisme, pour la révolution socialiste, car c’est le capitalisme qui constitue la source du racisme, de la xénophobie, des discriminations de toute nature, du fascisme et des guerres impérialistes. Sinon le combat contre le FN sera dévoyé et instrumentalisé pour servir de force d’appoint à la social-démocratie. L’expérience le montre : le PS au pouvoir, par sa politique antisociale et antipopulaire, alimente le vote FN, puis ce danger renforcé, il appelle au vote utile républicain !

 

 

Un autre panneau dans les manifestations anti-FN se montrait plus justifié quand est écrit : « Ce n’est pas dans les urnes que résident nos rêves ! »

 

Comment analyser la nature de l’abstention ?

 

L’URCF a fait campagne, faute de pouvoir présenter ses listes (poids de la censure par l’argent), pour l’abstention active, sous le mot d’ordre : « Pas une voix pour cette construction réactionnaire du Capital ! ».

Les autres groupes se réclamant du communisme ont opté pour l’abstention. Seuls, « Communistes » a présenté des listes, pour avoir accès à la campagne officielle (Radio – Télévision), mais sans bulletin de vote imprimé officiellement, l’impact est forcément limité. Le PCOF, quant à lui, soutenait le Front de Gauche dont il est membre.

 

Les partis trotskistes (LO et NPA), qui présentaient des candidats, sont en fort recul. L’abstention revêt un caractère populaire marqué, les partis de la gauche institutionnelle n’ont pas convaincu la majorité de leurs électeurs dans leurs municipalités.

Si l’on prend l’étude citée (avec la même prudence), les syndiqués CGT se sont abstenus à hauteur de 52 %, ceux de Solidaires à 57 %, de FO à 61% et près de 45 % de la CFDT ont opté de même. C’est là aussi une marque de défiance de la base des syndiqués à l’égard de la CES (Confédération Européenne des Syndicats) et de son bilan. En effet, depuis le NON de 2005, on assiste à un rejet de l’UE ou plus exactement, des conséquences de sa politique (démantèlement du Code du travail, remise en cause du droit à la protection sociale, austérité et précarité croissantes, hausse du chômage ...). Les illusions sur une UE « autrement », sur une « réorientation de l’UE » en faveur des intérêts populaires, se heurtent au scepticisme croissant et à la réalité objective (les grands groupes dominent nationalement et internationalement). Les abstentionnistes, globalement, alors que le FN menait campagne contre l’UE à partir de positions chauvines et anti-immigrés, ont rejeté les conceptions nationalistes bourgeoises incarnées par ce parti. L’abstention a donc revêtu un caractère progressiste.

 

 

Dans sa campagne dans les entreprises et quartiers populaires, l’URCF dénonçait l’UE et le capitalisme qui est sa source. Mais pas d’illusions, le mouvement général d’abstention n’a pas encore atteint la pleine compréhension, avec les luttes afférentes, que le rejet de l’UE et des conséquences de sa politique est partie intégrante, indissociable, du combat contre sa source, le mode de production capitaliste et son pouvoir de classe. C’est un appel à amplifier la dénonciation et l’action contre l’UE et l’impérialisme.

 

 

Pas de combat contre l’UE sans combat contre le capitalisme, sans combat pour le socialisme !

 

 

La crise de la représentation politique

 

La crise de la représentation politique, manifeste lors de la victoire du NON au référendum (90 % de la représentation parlementaire soutenait le OUI qui a obtenu 44 %), s’amplifie. Les partis dirigeant le pouvoir capitaliste, UMP et PS, recueillent 34 % des votants et 14 % des inscrits.

 

 

Toutefois, cette crise, faute d’alternative progressiste et de véritable parti communiste, marxiste-léniniste, implanté nationalement et agissant, ne constitue pas une crise révolutionnaire au sens léniniste. Certains commentateurs évoquent l’avènement du tripartisme (UMP-PS-FN) : c’est, selon nous, s’en tenir à une lecture trop « électoraliste » du moment et sous-estimer le poids des mécanismes des institutions réactionnaires de la 5ème République, centrées sur le bipolarisme, forme prise par la dictature du Capital dans notre pays.

 

 

L’alternance entre partis conservateur et social-démocrate (avec l’appui des partis satellisés au second tour) permet au système capitaliste d’éviter que le mécontentement ne débouche sur une crise politique révolutionnaire, en détournant mécontentement et colère contre le parti au gouvernement. Les médias et instituts de sondage vont alors orienter l’opinion publique autour d’un nouvel homme « providentiel » appartenant à l’un des deux pôles co-gestionnaires du pouvoir du Capital. Rien ne montre que cela n’opèrera pas en 2017.

 

 

Par contre, le FN voit deux voies s’ouvrir : ou il parvient à recomposer la droite sous forme d’un bloc réactionnaire/néofasciste (comme dans l’Italie de Berlusconi) en s’alliant une partie significative des adhérents et cadres de l’UMP qui à travers Sarkozy et Copé ont été sensibilisés au discours xénophobe et « anti-Schengen » ; ou il constituera une réserve pour le capitalisme si le mécontentement et la crise débouchaient sur l’usure finale des institutions de la 5ème République.

 

 

La faiblesse de Hollande et du gouvernement, et leur caractère inaudible et impuissant, peuvent ouvrir une crise politique majeure. Il est impératif que la classe ouvrière et les syndicats s’engagent dans des luttes d’ampleur pour défendre le pouvoir d’achat, l’emploi, les conditions de travail. C’est la seule voie pour faire reculer le Capital et le gouvernement, pour que les travailleurs ne paient plus pour la crise du capitalisme.

 

 

Les objectifs de l’URCF sont plus que jamais d’actualité :

 

- Poursuivre notre stratégie faisant du socialisme, du pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés, notre objectif stratégique

 

Dénoncer l’UE et le capitalisme d’un même mouvement, opposer la solidarité́ internationaliste entre les peuples, tous victimes de l’UE, au national-chauvinisme qui divise les travailleurs

 

- Dénoncer la politique opportuniste du social-réformisme qui fait le jeu de la social-démocratie, instrument du pouvoir capitaliste

 

- Amplifier la diffusion des documents et de l’action de l’Initiative des partis communistes et ouvriers d’Europe qui regroupe 29 partis frères, dont l’URCF, et dont la coordination et le combat sont la seule réponse politique à l’UE, en contribuant à travailler à la rupture avec l’UE, l’OTAN, dans la perspective d’une Europe socialiste

 

- Amplifier l’action pour la construction du Parti communiste de France, fidèle à l’héritage de l’Internationale Communiste, en développant le travail de nos sections d’entreprises, de nos sections dans les quartiers populaires pour que renaisse dans ce pays un véritable Parti communiste, outil incontournable pour que le prolétariat et ses alliés organisent une nouvelle révolution en France, prolétarienne et socialiste.

 

URCF, le 30 mai 2014

 

 

SOURCE

 

http://www.communcommune.com/article-europeennes-2014-analyse-de-l-urcf-reflexions-sur-les-resultats-123808274.html

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La montée du FN aux européennes, réponse à Raquel Garrido.

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Réponse à Raquel Garrido

Chère camarada Garrido,

Que fut grande notre surprise que de découvrir dans un de tes commentaires sur facebook ton analyse contre les intellectuels critiques de l’autre gauche. Pour toi, c’est eux qui portent en grande partie la responsabilité, si ce n’est du score du FN, au moins de l’échec du FdG dans les élections européennes.

Les catastrophes de dimanche soir ne seraient que la conséquence d’une erreur d’analyse des intellectuels Euro-Critiques. Devons-nous te rappeler que, il y a cela cinq ans, beaucoup d’entre eux nous soutenaient massivement ?

Aujourd’hui, ils s’éloignent de nous alors que nous avons tant besoin de leurs travaux pour crédibiliser nos positions. Nous vivons une séparation. Pour toi, les raisons de ce divorce, c’est qu’ils partageraient la tentation de « faire peuple ». Et dans cette ambition discutable, ils n’auraient rien trouvé de mieux que de défendre la sortie de l’euro.

Nous te le disons franchement : ton analyse est navrante. N’as-tu pas l’impression de faire le même procès « en populisme » qui a déjà tant fait de mal à la gauche radicale ?

Nous pensons que ta manière de conforter ton raisonnement en disant qu’en utilisant les mêmes mots que le FN, ils les crédibilisent, est grave. Sans t’en rendre compte, tu te places avec les médias et nos ennemis en avançant l’idée que les extrêmes se retrouvent. Ne penses-tu pas qu’il y a des raisons plus profondes à la catastrophe de dimanche ?

Ceux que tu qualifies de « néo-chevenementistes » n’ont rien à voir avec le FN. Ils défendent comme toi la Gauche. Ils veulent aussi un SMIC qui permet à tous de vivre. Ils rêvent, eux-aussi, d’une démocratie saine et purgée des intérêts d’égos et d’argents. Mais pourtant, aujourd’hui, nous nous retrouvons de moins en moins.

A te lire, nous pourrions croire que la médaille de la vérité à Gauche s’acquiert par les actions militantes sur le terrain. Et, alors, sans aucun doute, tu la détiendrais. Et pourtant, quel est le résultat de ta brillante campagne ?

Un recul ! Un échec ! Un front national jamais aussi fort !

Le militantisme ne peut vaincre, à lui seul, la réalité et encore moins la vérité. Combattre ne fait pas tout. Le peuple est doté d’intelligence. Le rencontrer, l’aimer, ne suffit pas à se le mettre dans son lit. Il est nécessaire de lui apporter les réponses aux questions qu’ils se posent. Et s’il peut y avoir, en politique, plusieurs vérités, elles doivent au moins être crédibles pour être audibles.

Aujourd’hui, le Front de Gauche ne l’ait plus car son attachement à la construction européenne l’assimile aux partis de gouvernements qui ont trop trahis au nom de l’idéal européen. Pourquoi serions-nous différents aux yeux des électeurs ? Un militant socialiste, dans la rue, n’est pas un manipulateur ! Il est comme toi. Il est comme nous. Il pense bien faire. Mais il ne se rend pas compte qu’il ne peut simplement pas faire tant qu’il acceptera les contraintes de Bruxelles et de Francfort. Le peuple l’a compris. Il l’a exprimé en 2005. Les partis de l’autre gauche, eux, continuent à fermer les yeux sur cette réalité.

Et c’est pourquoi, comme nos travaux l’ont déjà prouvé, le Front de Gauche n’a plus aucune crédibilité. Et c’est bien cela, et non la façon de parler de l’Europe par « les néo-chevènementistes », qui est responsable de la disparition du rêve dans le discours politique

Défendre la sortie de l’Euro et revenir à un régime de souveraineté populaire en France peut permettre de redécouvrir le chemin du peuple et du progrès social. Et en le retrouvant, en défendant un programme légalement et politiquement crédible, alors nous pouvons faire fructifier le feu révolutionnaire qui vit en chacun de nous.

Pour te dire la vérité, chez la Gauche d’Opposition, nous avons la sensation de voir chez toi et d’autres qui partagent l’idée de révolutionner l’union européenne, la même bêtise que chez ceux qui croyaient en la monarchie constitutionnelle. Comme eux, tu sais qu’il faut aller de l’avant. Comme eux, tu rêves d’un monde plus juste, meilleur et de prospérité. Pourtant, eux comme toi, vous ne voyez pas que le roi était mort dès le 14 juillet 1789.

Nous, nous ne disons rien d’autre. L’union européenne est morte lors du referendum en 2005. Le peuple attend de la gauche radicale qu’elle fasse tomber la tête. Et aux funérailles, nous danserons une nouvelle carmagnole. Et enfin, en libérant la voix du peuple français, d’autres, partout en Europe et dans le monde, pourront entendre les vibrations de nos cris de désir insatiable de liberté, d’égalité et de fraternité.

La Gauche d’Opposition en réponse à un de tes commentaires sur facebook où tu dis « Ces intellectuels qui parlent au nom du peuple et qui essaient de « faire populaire » en adoptant des positions déprimantes n’aident en rien à la lutte politique. Ils font aujourd’hui sur l’euro ou le reste comme a fait le PS qur l’immigration: tâcher de coller au plus près du FN. Avec le résultat que l’on connait. En effet l’idée qu’il y a un « problème de l’immigration » a largement fait son chemin, on l’a vu.
Ayant, quant à moi, VRAIMENT fait cette campagne (autrement dit j’ai… distribué des tracts, parlé à des compatriotes, et pas seulement dans des colloques savants ou sur france culture), je considère que ce qu’il nous a manqué c’est le rêve, l’enchantement. Sur l’Europe, il est pratiquement impossible de faire rêver, mais une cible de clarté à l’horizon nous aurait bien aidé dans le travail de conviction et de mobilisation. Je trouve la pensée neo-chevenementiste triste à mourir. Elle ne pourra jamais faire rêver personne. Ne comptez pas sur moi pour la porter.
Je ne me battrai que pour un idéal généreux et égalitaire. Je me battrai pour le smic à 1700€, pour le droit de révoquer les élus, pour le droit de vote dès 16 ans, pour le droit de participer à la refondation nationale en concourant à une assemblée constituante. Voilà mon idée de souveraineté populaire. J’ai d’ailleurs la même exigence en Europe. L’Europe, comme création politique, ne peut marcher que fondée sur le consentement populaire. Il n’y aura de refondation européenne que par le biais d’une constituante européenne. Et c’est en prenant le pouvoir réel que nous édicterons enfin les règles écologiques qui sauveront notre écosystème. »

 

http://www.gaucheopposition.fr/2014/05/reponse-a-raquel-garrido/

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C'est la chute finale, sur le blog de Descartes.

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Publié le 30 Mai 2014 par Descartes  

Rien ne sera comme avant après ce 25 mai. Non pas parce quelque chose ait radicalement changé. Les fondamentaux qui ont rendu possible la victoire du Front National sont à l’œuvre depuis fort longtemps. Depuis plus de trente ans nous assistons à la dégradation de nos institutions, à la démission de nos élites, à la détérioration – dans la plus grande indifférence des bienpensants – de notre appareil productif, à la marginalisation politique des couches populaires et à la prise du pouvoir par les classes moyennes, à la destruction de l’ascenseur social et à la promotion des « communautés ». C’est dire que tout ce qui a permis au Front National d’arriver en tête dans cinq circonscriptions sur sept et de devenir le premier parti de France ne date pas de dimanche dernier. Trente ans que l’empereur a été progressivement délésté de ses beaux habits devant une foule de courtisans politico-médiatiques qui vantaient en permanence la modernité et la « branchitude » de son costume. Aujourd’hui, l’Empereur est nu et il le sait. Pas étonnant qu’il ait envie de changer de tailleur.

Le résultat du 25 mai dernier n’est donc pas un fait nouveau, mais un symptôme d’une évolution ancienne arrivée à un stade paroxystique. Celui d’une contexte ou les couches populaires sont privées de tout levier efficace leur permettant de contester les évolutions qui leur sont imposées par une alliance entre une bourgeoisie qui s’enrichit chaque fois plus et des classes moyennes hantées par le spectre du déclassement. Quels sont les leviers d’action laissés aux classes populaires ? La grève ? Elle est pratiquement impossible dans un contexte de chômage de masse et de délocalisation. La manifestation ? L’expérience a montré que la manifestation ouvrière – contrairement à celle des classes moyennes, voir CPE – n’aboutit à rien. Le vote ? L’expérience là encore montre que la politique économique et sociale mise en œuvre sert les mêmes intérêts quelque soit la coalition sortie des urnes. L’abstention ? On a bien vu qu’elle ne fait peur à personne, et que nos politiques n’en tiennent aucun compte une fois la victoire emportée, même lorsqu’elle l’est avec 15 % des voix.

Le Front National a profité habilement de cette situation, en tenant un discours qui ouvre une fenêtre dans cette atmosphère étouffante. Non pas un discours « fasciste » - qui dans la France de 2014 n’auraient attiré personne – mais au contraire un discours qui reprend reprend les idées qui ont permis en un temps – hélas, revolu – aux partis « de gauche » de représenter effectivement la classe ouvrière. Des idées simples comme celles de redevenir maître chez soi, de produire chez nous, de renforcer nos institutions, de revaloriser le travail, de rompre avec les discours victimistes et pleurnichards. Et, last but not least, un discours qui dit qu’une autre politique est possible, là où les autres se résignent à quelques aménagements de l’existant. Sarkozy avait réussi en 2007 à attirer le vote populaire avec un discours volontariste et – je reprends ici ses propres termes – en reprenant les drapeaux que la gauche avait laissé tomber. Maintenant que la droite dite « républicaine » est redevenue de droite, c’est le Front National qui capitalise ces mêmes drapeaux. Mais il ne faut pas oublier que lorsque Sarkozy en 2012 a quitté ce discours pour celui nettement plus droitier que lui soufflait Patrick Buisson, les résultats n’ont pas été probants. Ce qui montre bien combien le succès du FN se joue sur sa récupération des thèmes populaires, et non sur une quelconque veine « fasciste ».

Le 25 mai n’est pas, contrairement à ce que les commentateurs bienpensants veulent nous faire croire, le triomphe du « repli sur soi ». Pas plus que la victoire du « fascisme » dont nous rabat les oreilles l’extrême gauche. C’est la réponse de l’électorat populaire à l’autisme d’une élite politique dominée par les classes moyennes et qui, de la droite dite « républicaine » à l’extrême gauche, a renoncé à changer quoi que ce soit sur le fond. Bien sûr, personne n’assume ce renoncement. A droite et au centre on se réfugie qui dans le « il n’y a pas d’alternative », à gauche dans le monde onirique avec des utopies chaleureuses mais totalement déconnectées de la réalité. Cela fait plus de trente ans que nous glissons sur cette pente savonneuse, et au fur et à mesure que les gouvernements se succèdent et se ressemblent, que le fossé entre le langage des campagnes électorales et la pratique des gouvernements devient de plus en plus évident, l’illusion devient chaque fois plus difficile à entretenir. Ce renoncement des élites, dont Maurice Duverger parlait déjà en 1986 dans « la nostalgie de l’impuissance », le peuple français – et c’est tout à son honneur – les accepte de plus en plus mal. Non parce qu’il refuse de regarder la mondialisation en face, mais parce qu’il refuse de se laisser imposer ses choix par cette mondialisation aveugle. Et si les appels à la résignation des libéraux – qu’ils soient « sociaux » ou pas – ne font plus recette, ce ne sont certainement pas les utopies « sociétales » de la « gauche radicale » qui peuvent constituer une alternative. L’électorat populaire a été abandonné, rejeté par des politologues du genre Terra Nova qui l’ont marqué du sceau de l’infamie sous prétexte qu’il n’adhère à l’idée que se font les bobos de la « tolérance », tolérance dont Clemenceau disait fort justement qu’il y a des maisons pour ça. Dans la « gauche radicale », on se prétend défenseur d’un prolétariat « virtuel » qui n’a qu’un rapport lointain avec la classe ouvrière réelle. Cet électorat abandonné était à prendre, le FN l’a pris. La faute à qui ? Si les « djeunes » veulent manifester, ils feraient mieux de le faire sous les fenêtres de Marie-George Buffet et de Robert Hue, de Jospin et de Aubry, de Mélenchon et de Besancenot plutôt que de Marine Le Pen.

Il est difficile de dire jusqu’à quel point les électeurs qui ont voté pour les candidats du FN partagent le projet – ou plutôt l’un des projets, parce qu’il y a plusieurs – défendus par ce parti. Mais tous les sondages montrent que ces électeurs ont une chose en commun : le rejet des fausses alternatives – Schultz ou Junker ? Social-libéralisme ou libéralisme social ? – dans lesquels on prétend les enfermer. Et tout montre aussi que ces électeurs ont compris qu’en votant pour les partis du consensus européiste – qui va de l’UMP au Front de Gauche, hélas ! – ou en s’abstenant ils n’auraient fait que conforter les élites médiatico-politiques dans leur autisme. Imaginez-vous ce qu’auraient été les discours de la soirée électorale si le FN avait fait 5%... on aurait entendu le cœur chanter « vous voyez bien que tout le monde est pour l’Europe de Maastricht moyennant quelques aménagements ». Si le vote de dimanche dernier a fermé la voie à cette autosatisfaction, on aura au moins gagné ça.

En d’autres termes, l’électorat populaire a fait le bon diagnostic et agi en conséquence. Ne pas le comprendre, disqualifier ce vote au nom de la lutte contre le « fascisme » c’est se boucher les yeux et les oreilles au fait que la fracture que révèle le vote FN est une fracture de classe. Après avoir nié ce fait pendant des années, même la « gauche radicale » le reconnaît aujourd’hui. Un sondage publié cette semaine dans l’Humanité montre que des ouvriers et employés qui se sont déplacé pour voter, 41% ont voté pour le FN, et que le vote pour ce parti progresse fortement chez les syndiqués, toutes obédiences confondues. Plutôt que de se déclarer « atterrés » ou de maudire le vote populaire, les progressistes devraient au contraire être stimulés par cette démonstration d’intelligence et de maturité politique de la part du peuple français. « Mieux vaut allumer une chandelle que de maudire l’obscurité », comme disent nos amis anglais. Ce vote montre qu’il y a une demande de changement, et cela est encourageant. Ensuite, si l’on ne veut pas des solutions proposées par le FN, c’est aux progressistes de proposer une réponse alternative qui puisse satisfaire les demandes des couches populaires. Mais les progressistes doivent aussi être conscients que l’Histoire ne les attendra pas. S’ils ne sont pas capables de proposer des solutions aux problèmes, d’autres se chargeront de le faire. Imaginer que les gens continueront sagement à voter pour des gens qui n’ont aucune chance de résoudre leurs difficultés, c’est se bercer de douces illusions.

Le vote du 25 mai est, je suis convaincu, un vote pour le changement. C’est pourquoi j’ai du mal à être catastrophé comme le sont un certain nombre de mes connaissances, y compris celles qui disent sur tous les tons vouloir le changement. Nous cherchions à sortir l’électorat de son indifférence ? Et bien, c’est fait. Pourquoi pleurer alors ? Bien sur, Marine Le Pen ne représente pas l’alternative que je voudrais. Mais le résultat du FN est un grand coup de pied dans la fourmilière politique. Il donne l’opportunité d’amorcer une dynamique d’où peut surgir un programme alternatif que je serais heureux de voter. A nous de saisir cette opportunité.

Malheureusement, personne ne semble prendre ce chemin. On a pu le voir lors de la soirée électorale sur nos médias. Si vous me permettez là encore une considération personnelle, je dois dire que la soirée électorale a été l’une des plus jouissives depuis le soir du 29 mai 2005. Le dicton chinois veut que si l’on s’installe sur le pas de sa porte et qu’on est assez patient, on finit par voir passer le cadavre de son ennemi. Les mines déconfites des européistes de gauche comme de droite, le dépit haineux des commentateurs bienpensants, voilà un spectacle que j’aimerais voir plus souvent. Mais au delà de ces satisfactions fort mesquines, je le reconnais, il y a les comportements politiques. Et en lisant ces comportements, le message ne pouvait être plus clair : c’était « les électeurs aboient, la caravane passe ». Nous avons entendu Valls déclarer qu’il ne changerait rien. Nous avons entendu les « partis de gouvernement » nous expliquer que les électeurs n’avaient rien compris. Nous avons vu des commentateurs faire de gros efforts pour nous démontrer que les français n’ont pas en fait voté ce qu’ils ont voté (1). Nous avons vu un commissaire européen nous expliquer que l’Europe nous protège grâce aux cinquante règlements qu’il avait lui-même impulsé pour mieux contrôler les banques (c’est la spécialité de l’UE de fermer l’écurie une fois que le cheval s’est échappé). Rien qui puisse laisser penser que le message envoyé par un votant sur quatre ait été entendu.

Depuis, ça ne s’est pas arrangé. Le président de la République s’est adressé à nous pour nous expliquer – entre deux fautes de français (2) – qu’il ne changerait rien. La fièvre passée, les commentateurs sont revenus à leurs commentaires habituels. La « gauche radicale », suivant son réflexe pavlovien, manifeste « contre le vote Front National » sans se rendre compte de l’aberration démocratique que contient cette formule. Le texte de l’appel à manifester contre le Front National (3) du jeudi 29 mai est d’ailleurs révélateur. Voici le premier paragraphe de cet appel :

« Les résultats des élections européennes sont un véritable cataclysme politique dans notre pays. Cela ne correspond pas à nos valeurs, celles du mouvement social. Notre camp, c’est celui qui s’indigne et se mobilise contre l’expulsion des sans-papiers, contre les violences, misogynes, homophobes et racistes. C’est celui qui croit en l’égalité et la solidarité, qui rembourse la contraception et l’IVG, qui s’est engagé pour les droits des femmes. Celui qui a su bâtir un modèle social qui garantit à tou-te-s l’accès à la santé et à l’éducation. Cette France qui croit aux idéaux d’égalité et de progrès doit se mobiliser. »

Si « notre camp » est celui-là, à quel « camp » appartiennent ceux qui sont préoccupés par le chômage, par les fins de mois difficiles, par la fermeture de branches industrielles entières, par l’insécurité dans leur quartier ? Notre pays compte bientôt trois millions et demi de chômeurs et des millions de précaires, nos industries disparaissent, et les jeunesses politiques de la gauche ne nous parlent que de l’expulsion de sans papiers et des violences misogynes. Comment dans ces conditions peuvent elles espérer être entendues par l’électorat populaire, qui a d’autres problèmes un peu plus pressants ? Il y a quelque chose d’effrayant dans l’autisme d’une classe politico-médiatique qui confond ses marottes avec l’intérêt général, qui est persuadée de détenir la vérité révélée et se sent investie on ne sait pas par quelle divinité du pouvoir de faire le bonheur des peuples malgré eux. Cet autisme, on l’a vu, n’épargne personne à droite comme à gauche jusqu’à y compris la gauche radicale. Les soi-disant élites n’écoutent plus que les gens comme eux, et sont devenues sourdes aux préoccupations du reste de la société. C’est là où se trouve le véritable danger. Si Marine Le Pen arrive un jour au pouvoir, ce sera portée par les voix de ceux dont on a trop longtemps ignoré les problèmes, et non par un coup d’Etat « fasciste ».

Au fond, le plus surprenant dans la situation que nous vivons est certainement la surprise de nos politiques et de nos commentateurs. On aurait dit que tous ces gens ont été pris au dépourvu par les résultats. Pourtant, ils étaient prévisibles, que dis-je, annoncés depuis plusieurs semaines. Même pour un observateur moyennement informé comme moi. Alors, imaginez pour les Fressoz et les Giesbert, supposés être la crème de la crème de nos analystes politiques, et pour tous ces ministres qui ont à leur disposition les rapports des préfets ? Sans parler des partis politiques, avec leurs réseaux à l’écoute des citoyens. Tous ces gens savaient le résultat à l’avance. Or, le soir de l’élection, l’impréparation était totale. Personne n’avait l’air d’avoir préparé son discours, tout le monde semblait KO debout. On en arrivait à se demander à quels résultats tous ces gens-là s’étaient préparés. S’attendaient jusqu’au bout à un miracle ?

Si je devais garder une image des élections européennes, ce serait celle de l’émotion et de la détresse de Mélenchon à sa conférence de presse (4). Pour une fois, le Petit Timonier n’a pas cherché à minimiser l’ampleur du désastre. Il n’a pas, comme c’est devenu son habitude, cherché à gonfler le score du Front de Gauche. Il a admis, avec des trémolos dans la voix qui n’étaient nullement feints, la défaite et le besoin de revenir sur les erreurs commises (5). Vous remarquerez d’ailleurs que depuis le soir de l’élection le blog de Mélenchon est muet et fermé aux commentaires. Tout cela – vous voyez, je suis optimiste – est de bon augure. La baffe reçue des électeurs ce 25 mai pourra peut-être réussir là ou les amis qui lui veulent du bien – à ne pas confondre avec les sycophantes qui, comme tout flatteur, vivent aux crochets de celui qui les écoute – ont échoué. C'est-à-dire à lui faire comprendre qu’une révision en profondeur du programme, du langage et du positionnement sont indispensables s’il veut pouvoir conquérir et représenter l’électorat populaire, condition sine qua non de tout changement de fond. Permettez-moi donc d’adresser à Jean-Luc un message personnel : Courage ! Rien n’est perdu pour celui qui a le courage d’admettre les erreurs et de les corriger.

Descartes

(1) Efforts qui ont par exemple consisté à remarquer qu’après tout, malgré les 26% du Front National, les partis européistes font encore près de 69 % des voix. Seulement, cet argument oublie un phénomène bien connu des experts en marketing, celui de la rémanence des choix. Pour le dire autrement : si vous arrivez au rayon lessives de votre supermarché en n’ayant jamais acheté une lessive, il y a de grandes chances que votre choix soit guidé par le prix, ou les qualités annoncées du produit ou de l’emballage. Mais si vous avez déjà acheté, la probabilité que vous preniez une marque que vous avez déjà acheté est relativement importante alors même que son prix, son emballage ou ses qualités sont moins attractives. En d’autres termes, pour qu’une nouvelle marque arrive à attirer votre attention, il lui faut offrir beaucoup plus que la marque installée. En politique, le phénomène de « prime au sortant » est une bonne illustration de ce phénomène. Ce phénomène de rémanence limite l’amplitude des évolutions qu’on peut observer d’une élection sur l’autre. Même si la majorité du peuple français était eurosceptique, il serait très difficile pour le camp eurosceptique de passer de 10% à 50% en seulement cinq ans. De tels déplacements du vote sont extrêmement rares.

(2) Quelqu’un devrait expliquer au président que les formules « La France, elle est comme ci » et « le changement, il devrait donner cela » sont incorrectes. Le discours de François Hollande étant bourré de fautes de cette nature, je me suis demandé si ce n’était qu’un tic de langage du président à l’oral. Mais les fautes figurent aussi dans le discours écrit tel qu’il est publié sur le site de l’Elysée… franchement, on ne pourrait pas payer au président un bon correcteur de discours ?

(3) L’appel est signé par l’UNEF, la FIDL, l’UNL, Osez le Féminisme, la Maison des Potes, les Jeunes Socialistes, les Jeunes Communistes, les Jeunes du Parti de Gauche, les Jeunes de la Gauche Unitaire, les Jeunes Ecologistes, les Jeunes Radicaux de Gauche. Le texte, long de plusieurs paragraphes, ne mentionne pas une seule fois les mots « chômage » ou « chômeur ».

(4) consultable ici : http://www.dailymotion.com/video/x1wq06x_conference-de-presse-de-j-l-melenchon-europeennes-2014_news

(5) Dommage qu’il ait ressenti le besoin de rejeter la faute sur les autres – le gouvernement, pour faire court. Dommage aussi qu’il voie dans la résultat du FN le simple fait que « d’aucuns ont réussi à imposer l’idée que c’était les immigrés, que c’était les mœurs, que c’était la nature du mariage, qui posaient problème dans ce pays ». Or, si quelqu’un a martelé que « les mœurs et la nature du mariage posaient problème », c’est bien le Front de Gauche. Comparez la place donnée à ces questions dans le programme du FDG avec celle qui est réservée aux questions économiques… si « la nature du mariage » ne pose pas de problème, pourquoi est-on allé le réformer avec la loi dite « du mariage pour tous » âprement défendue par le Front de Gauche ?

 

http://descartes.over-blog.fr/2014/05/c-est-la-chute-finale.html

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Pourquoi la montée du FN? Une partie de la réponse

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.


Pourquoi la montée du FN?  Une partie de la réponse.

Ecoutez, si cela n'est déjà fait, ces trois émissions de "Là-bas si j'y suis"

Bonjour la SOUS-France ...













On s’étonne, on panique, on s’indigne, la marée noire a encore monté. C’était quelques tâches puis quelques nappes, aujourd’hui c’est jusqu’au cou.

Pourquoi ?

Trente ans de mépris, trente ans d’abandon, trente ans de trahison. Du haut des hauts plateaux de télévisions les experts invoquent des causes et des

raisons. Depuis 2008, 300 usines ferment chaque année en France. 150 000 usines en friche dans le pays. Et des femmes et des hommes aussi, méprisés,

abandonnés, trahis.

Marine s’est contentée de voler le constat et le discours de la gauche critique pour les mettre dans la vitrine de sa vieille boutique xénophobe.

Et ça marche. Bien mieux que le train que nous prenons aujourd’hui entre Givet et Charleville, dans les Ardennes, dans cette France en friche, cette SOUS FRANCE.

Seule tâche de couleur, une affiche de Marine Le Pen sur un mur de briques noires.

Reportage : Gaylord Van Wymeersch

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=3007

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=3008

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=3009


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Résultats des ÉLECTIONS EUROPÉENNES : finalement ce n'est pas très difficile à interpréter ! (Paul JORION)

28 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Résultats des ÉLECTIONS EUROPÉENNES : finalement ce n'est pas très difficile à interpréter ! (Paul JORION)

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Ben non, ce n’est pas très compliqué parce que voyez vous-même : les Italiens sont devenus socialistes et populistes, les Grecs sont devenus communistes, les Britanniques populisto-isolationnistes, et les Français, tout comme les Danois d’ailleurs, sont devenus fascistes.


Quant au parlement européen lui-même, là aussi les choses sont claires : belle victoire pour la droite puisque les socialistes et les libéraux reculent, et belle victoire pour la gauche puisque la droite et les libéraux reculent !


Faut-il continuer le raisonnement pour prouver qu’une interprétation des élections européennes en termes de partis politique n’a aucun sens ?


Alors que s’est-il passé en Europe ? Il y a eu un vote massif (y compris de ceux qui ont voté en restant chez eux) contre l’austérité, contre les gouvernements mondiaux non-élus (Fonds monétaire international, Commission européenne, TAFTA, NSA, transnationales et tutti quanti) et en fait contre l’ultralibéralisme sous toutes ses formes, que celui-ci soit représenté par des libéraux fiers de l’être, par des conservateurs de tout poil ou par des partis socialistes de droite.


Les Européens n’ont pas voté pour des partis : ils ont voté pour des personnalités. Quelles personnalités ? C’est très simple : celles les plus susceptibles dans leur propre pays d’aller taper du poing sur la table et d’aller expliquer pourquoi elles tapent sur la table dans un discours cohérent (les adeptes de la colère pour la colère ont également pris une raclée). Et dans tel pays cette personnalité est d’extrême-droite et dans tel autre d’extrême-gauche, apolitique au sens « gauche / droite », ou que sais-je encore, cela n’a aucune importance : ceux qui sont allés voter sont allés voter pour la capacité à taper du poing sur la table et à dire clairement pourquoi.


Mon influence personnelle dans ce qui s’est passé hier se situe à un endroit difficile à préciser entre le nul et l’insignifiant. Faut-il pour autant que je cache ma satisfaction que les électeurs européens ont fait ce que je leur suggérais de faire ? À savoir envoyer à Strasbourg et à Bruxelles le maximum de parlementaires qui répéteront inlassablement et avec force : « Non et non, et encore non ! » aux prêtres de la religion féroce qui nous gouverne et dont nous ne voulons pas, et ceci, jusqu’à ce que le message passe ! Les électeurs de toute l’Europe l’ont fait, et à leur manière aussi, les abstentionnistes. Bravo !

 

Le 26 mai 2014

Paul JORION

source

 

http://www.communcommune.com/article-resultats-des-elections-europeennes-finalement-ce-n-est-pas-tres-difficile-a-interpreter-paul-j-123748713.html

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