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Le blog de Lucien PONS

Retour vers le futur en Hollandie : L'écotaxe est une ferme générale accordée à un groupe de financiers pour la perception d'un droit d'octroi !

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

Retour vers le futur en Hollandie : L'écotaxe est une ferme générale accordée à un groupe de financiers pour la perception d'un droit d'octroi !

Quelquefois les mots simples permettent de comprendre les situations compliquées : L'écotaxe ce n'est ni plus ni moins qu'une ferme générale[ article Wikipedia ] accordée au consortium privé Ecomouv pour la perception d'un droit d'octroi ! Les portiques Ecotaxe sont ainsi la version contemporaine des barrières d'octroi ou du Mur des Fermiers Généraux .    
Le consortium est composé de l’opérateur de téléphonie mobile SFR, qui appartient au groupe Vivendi, de Géodis, une filiale de la SNCF, de Steria, troisième société française d’ingénierie informatique, ainsi que du groupe d’électronique de défense Thales. Détenue à 70 % par le groupe privé Autostrade per l’Italia, qui exploite déjà 3 000 kilomètres d’autoroutes en Italie, Ecomouv’ a été créé sur demande du gouvernement français pour mettre en place le prélèvement sur les véhicules de plus de 3,5 tonnes sur tout le territoire. Ce montant devrait s’élever à 1,24 milliard d’euros par an, dont 240 millions d’euros seront adressés à  Ecomouv’. Le consortium devra en retour élaborer, financer et construire d’ici 2013 le réseau qui permettra de suivre en temps réel le mouvement des camions sur les 15 000 kilomètres d’autoroutes, de routes départementales et nationales taxés. Les transporteurs français et étranger qui circulent en France devront embarquer dans leurs semi-remorques une balise GPS qui transmettra les informations au centre de Metz. Les données seront ensuite traitées, afin d’éditer les factures dont devront s’acquitter les sociétés de transport.
Cette délégation de service public sera supervisée par une brigade des douanes qui a déjà pris ses quartiers sur les 400 hectares de la BA 128
 
Cela aura des conséquences géopolitiques puisque ce droit d'octroi refragmente le territoire national en y instaurant des barrières à la " libre circulation des marchandises "©™ . Il n'est donc pas étonnant que la restauration de cet impôt prè-révolutionnaire provoque la contestation la plus vive dans les anciens pays d'état [ Bretagne, Bourgogne, ...] [ article Wikipedia ] et que l'on y trouve des références à des Jacqueries anti-fiscales comme la  révolte des bonnets rouges. La France n'a pas fini de solder les conséquences de la Révolution de 1789 et la guerre-civile larvée qui se déroule depuis !
 
Nota : " Chouans en avant ! " , chanson extraite de l'opéra-rock " La révolution Française " , avait provoqué en 1973 les éructations du député Socialiste de l'Isère Louis Mermaz et du député Socialiste de Paris Claude Hasday Ezratty plus connu sous son pseudo d'artiste " Claude Estier " . Une raison de plus de se repasser cette vidéo . File:Pays d'etat.svg
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L'école, article de Jean-Paul Brighelli sur le site "Causeur". Ce gouvernement ne voit rien, n’entend rien, et ne dit rien qui vaille.

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

Article 10

Ce gouvernement ne voit rien, n’entend rien, et ne dit rien qui vaille

Publié le 28 octobre 2013

 

peillon fioraso laicite

Or donc, en ce début juillet 1989, nous allions fêter le bicentenaire de la Révolution et les 49 ans de Jean-Paul Goude, dont on attendait avec intérêt — amusement — suspicion (rayer les mentions inutiles) le grand événement chorégraphique qu’il devait mettre en scène sur les Champs-Elysées le 13 juillet au soir.
Pendant ce temps, au ministère de l’Education rue de Grenelle, Lionel Jospin, Claude Allègre et une poignée de conspirateurs mettaient la dernière main à la loi 89-486, promulguée le 10 juillet 1989 — la fameuse loi qui met l’élève au centre d’un système dont la circonférence n’est plus nulle part.
Je n’ai pas besoin de beaucoup solliciter mon imagination pour entrevoir ces individus — masqués, peut-être — articuler à voix haute, tout en se mettant de grandes claques dans le dos, le fameux article 10 de cette loi qui fit définitivement glisser l’Ecole dans l’apocalypse molle où elle s’enlise désormais.
Cela pourrait donner quelque chose comme ça :

Lionel Jospin, lisant.
Dans les collèges et les lycées…

Une voix s’élève — peut-être celle d’Olivier Schrameck.
On ne dit rien sur les universités ?

Allègre, allègrement :
À quoi bon ? Dans les facs, ils font déjà ce qu’ils veulent, non ?

Jospin
Claude, je reprends… « Dans les collèges et les lycées, les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité…

Allègre, toujours hilare.
Très bon, ça, le respect du principe de neutralité !
Rires obséquieux.

Jospin.
… disposent de la liberté d’information et de la liberté d’expression.
Il lève la tête, et consulte son cabinet.

Olivier Schrameck
Lionel… Peut-être faudrait-il glisser une clausule, à destination des laïques qui pourraient riposter… Et des tous ces « républicains » qui nous…

Jospin
Oh oui, ça pour nous les… Tu as raison. Que proposes-tu ?

Olivier Schrameck
Eh bien, quelque chose du genre : « L’exercice de ces libertés ne peut porter atteinte aux activités d’enseignement. »

Jospin
Très bon, ça ! Mes élèves peuvent tout dire, de toutes les façons, mais ils n’interdiront pas aux profs de pérorer dans leur coin. Très bien ! Adopté à l’unanimité, comme nous disions à l’OCI quand nous ne demandions l’avis de personne !
Hilarité générale…

On sait comment, dès le mois de septembre suivant, avec la première affaire de voiles, certains élèves comprirent ce droit à la « liberté d’expression » : si l’Islam avait décidé de bâillonner les femmes au lieu de les murer derrière un voile, sans doute la poire d’angoisse insérée dans la bouche des jeunes filles aurait-il été le symbole de leur liberté d’expression.
Il fallut convoquer le Conseil d’Etat, dès novembre 1989, qui limita la liberté d’expression prônée par l’article 10 de la « loi Jospin » de juillet 1989 « lorsqu’elle contrevient aux exigences du service public, et ce, quel que soit le niveau d’enseignement ». Puis reformer une commission pour accoucher dans la douleur de la loi de 2004, qui interdit les signes religieux ostensibles dans les écoles, les collèges et les lycées. Rien sur l’université, rien sur les hôpitaux, où l’on savait déjà que les convictions (jamais mot n’a si bien commencé pour dire ce qu’il veut dire — au fond) de certains entravaient le libre exercice de la médecine.

Rien d’étonnant : on cherche en vain, dans cette loi de 1989, le mot « laïque » ou « laïcité » : jamais cité — passé sous silence. La laïcité bâillonnée par le ministre de l’Education — joli sujet de tableau pour un peintre porté sur les allégories. Ce qui n’est pas explicite, dans une loi, n’est jamais implicite : s’il n’est pas, il n’est plus.
Jean Zay avait cru bon de préciser, après avoir signé une circulaire mémorable sur l’école, que la laïcité était au cœur du système : « Ma circulaire du 31 décembre 1936 a attiré l’attention de l’administration et des chefs d’établissements sur la nécessité de maintenir l’enseignement public de tous les degrés à l’abri des propagandes politiques. Il va de soi que les mêmes prescriptions s’appliquent aux propagandes confessionnelles. L’enseignement public est laïque. Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements. Je vous demande d’y veiller avec une fermeté sans défaillance.»

« Fermeté sans défaillance » : mais c’était avant-guerre, sous la plume d’un bon élève (Zay fut deux fois lauréat du concours général, en composition française puis en philosophie) — cette abomination de la pédagogie moderne, auquel les collabos allaient montrer ce qu’il en coûtait d’être juif, franc-maçon, radical-socialiste, pacifiste mais anti-hitlérien et laïcard convaincu. Bravo au tribunal de Clermont-Ferrand, qui l’a condamné, et bravo aux gardiens de la prison de Riom, qui l’ont gardé au chaud en attendant que les miliciens l’exécutent. Ce n’est pas exactement l’Auvergne que j’aime.

Et bravo aux collabos modernes qui pactisent avec les communautarismes de tout poil, et pensent que la « liberté d’expression » vaut bien le renoncement, à terme, à toutes les autres libertés. Geneviève Fioraso ne voit pas pourquoi il faudrait légiférer sur le voile à l’université, qui ne pose selon elle aucun problème. L’Observatoire de la laïcité ne voit pas pourquoi il faudrait légiférer pour que des crèches comme Baby-Loup puissent s’occuper d’enfants sans que Belphégor interpose ses voiles noirs entre eux et la lumière. Ce gouvernement réalise, ces derniers temps, l’idéal bouddhiste des trois singes. Il ne voit rien, n’entend rien, et ne dit rien qui vaille : que la dernière intervention de François Hollande vise à proposer à une mauvaise élève arrogante de revenir en France sans ses parents est significatif du manque d’imagination, d’audace et finalement de bon sens de l’exécutif.

Audace, oui — « de l’audace et la patrie est sauvée » : Danton, réveille-toi, ils sont devenus fous !

 

*Photo : FAYOLLE PASCAL/SIPA.  00660599_000033. 

 

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Articles d'Indépendance des Chercheurs: CNRS, INSERM, recherche et précarité (II).

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

Articles d'Indépendance des Chercheurs  :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/10/27/cnrs-inserm-chomage-et-precarite-ii.html

CNRS, INSERM, recherche et précarité (II)

Le 27 octobre 2013, un billet de La Nouvelle République
intitulé « Les courbes du chômage » conclut « Retenons que le chômage a encore grimpé ». En réalité, non seulement le chômage continue à augmenter mais la politique de François Hollande et Jean-Marc Ayrault comporte une généralisation de la précarité au détriment des emplois stables. C'est de toute évidence là que réside la « réforme de structure » la plus essentielle réclamée par le Fonds Monétaire International (FMI), ensemble avec une privatisation générale de l'économie comme déjà évoqué entre autres dans nos articles « FMI, Pisani-Ferry, "réformes de structure", OMC » et « Hollande, Montebourg, privatisation de l'économie » (I) et (II). S'agissant de la recherche scientifique, Midi Libre (Montpellier) expose la situation de « Lise, chercheur bac + 12, à la recherche d’un travail ». Dans le même article, un représentant du collectif des précaires de la recherche de Montpellier rappelle que 29% de la masse salariale du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) en équivalent temps plein correspond à des contrats de durée déterminée (CDD), et que ce pourcentage monte à 42% dans le cas de l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale). Malheureusement, cette inquiétante situation ne pourra qu'être aggravée par l'application de la loi Fioraso qui poursuit la politique entreprise depuis vingt-cinq ans visant à placer les organismes publics de recherche dans une dépendance croissante par rapport au secteur privé. La situation est analogue dans l'enseignement supérieur, que l'on cherche à « régionaliser » et à rapprocher également des milieux d'affaires locaux. Précisément, France-Guyane emploie le titre « Les vacataires, l'autre visage du malaise universitaire ». Il y a cinq ans déjà, le Collectif Pour l'Abolition de la Précarité dans l'Enseignement supérieur, la Recherche et ailleurs (PAPERA) diffusait une déclarationsoulignant d'emblée que « la précarité et le chômage sont devenus des outils de gestion économique dans tous les domaines de la société ». C'est ce que l'on peut appeler une « réforme de structure » dans le jargon technocratique. Et comme c'est souvent le cas, les faits accomplis ont devancé et dépassé les déclarations officielles. Mais PAPERA déclare à juste titre vouloir aller plus loin, et dénonce dans son texte « d’autres formes de précarités », y compris « la restriction de l’accès aux moyens et aux outils de travail ». A présent, c'est même pire. L'affaire de Carmen de Jong récemment évoquée dans notre article « Carmen de Jong et le statut des enseignants-chercheurs (I) »met en évidence que, même pour un professeur d'université titulaire et connu sur le plan international, la précarité de fait peut aller jusqu'au risque d'une saisie quasi totale de son traitement de fonctionnaire. Qu'il s'agisse du CNRS, de l'INSERM, des autres établissements de recherche ou des universités devenues « autonomes », que devient l'indépendance des scientifiques dans cette situation d'instabilité croissante ?

[la suite, sur le lien
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/10/27/cnrs-inserm-chomage-et-precarite-ii.html]


et pour rappel :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/05/02/francois-hollande-et-la-creativite-privatisee.html

CNRS, INSERM, recherche et précarité (I)

Le 14 mai 2013, JuriTravail diffuse une note d'information intitulée « Requalification d'un CDD en CDI et prime de précarité », se référant entre autres à un arrêt récent de la Cour de Cassation d'après lequel l'indemnité de fin de CDD reste acquise au salarié même si son CDD est transformé en CDI. Au même moment, TF1 annonce « Le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi définitivement adopté ». Malheureusement, il ne s'agit pas d'une sécurisation mais d'une « flexisécurisation » comportant une véritable casse du Code du Travail. Et quelle est la situation dans des organismes publics de recherche français comme le CNRS(Centre National de la Recherche Scientifique) ou l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) ? Dans une note récente avec le titre « A Nantes , les contrats précaires de la Recherche se rebiffent », le SNTRS-CGT écrit entre autres : « Les dégraissages continuent, renforcés par la charte des CDD de l’Inserm et du CNRS qui limitent à 3 ans la durée des contrats, certaines équipes se vident littéralement ». Rien de moins, et il ne semble pas qu'une quelconque politique ministérielle ait mis fin à cette avalanche de suppressions de CDD. Une excellente raison pour rappeler le jugement du Tribunal Administratif de Nantes concernant une chercheuse précaire de longue date travaillant à l'INSERM en CDD avec des « contrats-supports » du CHU de Nantes et du CNRS. Sur la base d'une analyse concrète de la situation, le Tribunal a estimé que l'INSERM était depuis longtemps l'employeur unique de cet agent précaire et annulé pour détournement de procédure la décision de l'INSERM de ne pas renouveler son contrat. Dans cette affaire pourtant de première instance, le risque financier était considérable pour la requérante au vu des sommes très élevées réclamées par l'INSERM au titre des frais d'avocat. Le 14 mai également, Atlantico interroge « Que peut vraiment l'Europe contre le chômage des jeunes ? » De toute évidence, la première mesure serait de mettre un terme à la politique appliquée depuis une trentaine d'années (mondialisation du capitalisme, privatisations, délocalisations, « libre circulation » de capitaux et marchandises, dumping social planétaire...) comme souligné encore dans nos articles récents « G7 et impasse des pays ex-riches » (I) et (II).

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/05/02/francois-hollande-et-la-creativite-privatisee.html]


ainsi que :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/05/02/francois-hollande-et-la-creativite-privatisee.html

François Hollande et la créativité... privatisée

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/10/19/carmen-de-jong-et-le-statut-des-enseignants-chercheurs-i-493.html

Carmen de Jong et le statut des enseignants-chercheurs (I)


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Si en revanche vous avez apprécié le contenu de nos articles, nous ne pouvons que vous encourager à rediffuser autour de vous cette lettre d'information. Merci d'avance.

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
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La "collaboration économique" durant l'Occupation : une collaboration de classe entre patrons français et patrons allemands. Le blog de Jean Lévy.

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

Lundi 28 octobre 2013          

Industriels et banquiers français

sous l’occupation

Jeudi 24 Octobre 2013

 

BERTRAND ROTHÉ

 

Ceux qui estiment que "Industriels et banquiers français sous l’occupation" va faire un foin, provoquer des divorces au motif que le grand père a fait notre fortune, payé notre château, en vendant du beurre aux Allemands, se trompent.


Couverture Industriels et banquiers, Annie Lacroix-Riz
Couverture Industriels et banquiers, Annie Lacroix-Riz
Grands ou petits savants, chercheurs, étudiants ou simples passionnés d’histoire, si vous fouillez dans une salle d’archives et qu’un grand carton se met à bouger, n’ayez pas peur, c’est Annie Lacroix-Riz qui vit à l’intérieur. 
Dans le monde des dépouilleurs, de notes, rapports, mémoires ou pactes, cette obsédée du document  est médaillée aux J.O de la connaissance par le grimoire. Mais pourquoi Annie Lacroix-Riz  - qui nous sert aujourd’hui le plat glacé, la cigüe d’un livre Industriels et banquiers français sous l’occupation, (éditions Armand Colin)-  a-t-elle besoin de s’abriter derrière la vérité des traces écrites laissées par les acteurs de l’histoire ? 

C’est que la dame n’est pas l’amie de tout le monde. Ancienne élève de Normale Sup et professeur émérite à Paris 7, elle reste un penseur en quarantaine. Pour la détester, parfois la diffamer, nous avons d’ un côté  les industriels et banquiers, toujours en place, dont les ascendants sont mis à nu. Et certains, nous a démontré l’historienne, en France pendant la seconde guerre, ont consciencieusement produit ce Zyklon B qui était l’outil de la « solution finale ». A minima, tous ces bons gestionnaires ont collaboré « économiquement » au bonheur de l’Allemagne. 

L’autre « ennemi » d’Annie Lacroix-Riz, c’est la pensée unique. Celle de ses collègues qui tiennent les clés de coffres vides, ceux de l’histoire officielle. Tous, à l’époque où « c’était porteur » ont pris leur carte au PCF.
Avant d’écrire « mon dieu quelle horreur », au moment où les soviets passent de mode. Lacroix-Riz, sans renoncer, sauf à sa carte du PC,  continue fièrement de labourer le sillon marxiste. Il ne conduit ni aux pages culture du Monde ni à un emploi de consultant au FMI.  

Les tranchées étant creusées, que nous dit l’historienne qui, en 1999 avant l’ouverture des archives de l’instruction des procès faits aux ministres de Vichy, avait déjà abordé le sujet ?
Dans son premier opus elle laissait une toute petite porte ouverte sur le doute : « après tout, les industriels et banquiers, en tous cas certains, n’ont peut-être collaboré que menacés d’un pistolet sur la tempe … ».
Du  volume d’aujourd’hui, lourd de 816 pages, tombe le verdict : « non la collaboration économique, sauf exception, n’a rien eu de forcé ». Mieux, elle fut une jubilation pour ces « managers » qui, par la nouvelle Europe avec à sa tête le grand Reich, vivaient une première forme de mondialisation.    

Révolution économique qui serait une divine surprise apportée dans les banques et usines par les fourgons d’Hitler ?
Pas du tout, nous dit Lacroix-Riz. 
L’entente, le premier tissage des liens, l’élaboration du rêve remontent bien avant l’invasion de la France. Avant même l’arrivée du chef nazi comme chancelier, nombre de représentants des « 200 familles » trouvaient que ce révolutionnaire avait de bonnes idées. Après 1936, au motif que « mieux vaut Hitler que le Front populaire », le patronat a choisi le modèle allemand avant qu’il ne débarque sous l’Arc de triomphe.  

Les entrepreneurs nazis installés en France, on a assisté, Lacroix-Riz nous le montre, à la création de cartels, au pillage de matières premières et de produits fabriqués qui prenaient la couleur de l’Europe nouvelle en prenant le train pour Berlin. Les « capitaux juifs », bien sûr, devenant aryens dès qu’un collabo français les livrait  à l’édification du III e Reich.  Sainte pudeur, ne parlons pas des biens coloniaux pillés par l’Allemagne jusqu’en Afrique,  grâce à la bonne volonté et au zèle du patronat français…   

Dans les usines de l’hexagone, celles qui tournaient encore, il s’agissait de mouiller sa chemise pour le bien des hommes nouveaux. Avec une politique sociale exemplaire : baisse des salaires, concentration du capital et hausse des profits. Pour expliquer la douleur, le maître de l’usine accusait le poids de l’occupant tout en grossissant un bas de laine qui, aujourd’hui encore, n’a pas été détricoté.   

La table des matières, et celle des noms cités, est le pire du livre. Le pire pour l’honneur perdu de ceux qui, le 18 août 44,  ont eu le temps d’arracher la Francisque de leur veste pour y agrafer  le V des FFI. Leurs petits papiers sont là, dans le livre, et pas oubliés. Tels l’œil de la tombe ils les regardent.  

Ceux qui estiment qu’un tel livre va faire un foin, provoquer des divorces au motif que le grand père a fait notre fortune, payé notre château, en vendant du beurre aux Allemands, se trompent. 
Annie Lacroix-Riz, si elle est une femme d’archives, est par là même une historienne de placard : rien ne doit être dit, ou publié sur ces écrits qui ravivent des querelles oubliées, simples incartades du temps. 

En 1945, grandeur et unité du pays oblige, De Gaulle n’a pas souhaité demander des comptes à des industriels et banquiers fort utiles pour « relever la France ». Et  Mitterrand n’a-t-il pas sonné la paix finale depuis le wagon du TGV qui l’a conduit de Vichy à l’Élysée. Avec Bousquet en chef de gare.  
  
Industriels et banquiers français sous l’occupation.
Éditions Armand Colin. 
 
 
 
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Syrie : la réalité de la situation militaire sur le terrain à partir des cartes. Le blog de Jean Lévy.

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Lundi 28 octobre 2013          

 

Orient XII

 

 

L’insurrection syrienne

et la guerre des cartes

      

 

 

 24 OCTOBRE

Les cartes reflètent-elles la réalité ? Sont-elles une vision objective du monde, de ses divisions, de ses conflits ? Rien n’est moins sûr. Elles reflètent souvent un point de vue subjectif et aussi des partis pris. Elles sont aussi un élément de la guerre de l’information, comme le prouve le conflit

yrien.

L’idée de ce billet m’est venue fin août dernier lorsque les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont menacé de bombarder la Syrie, à la suite des attaques chimiques du 21 août dans la banlieue de Damas1. Les experts se sont alors succédé dans les médias, cartes à l’appui, pour « expliquer » cette décision.

Il fallait « punir » le « régime de Damas », comme l’affirmait le président François Hollande ; mais ensuite ?

Plusieurs militaires à la retraite mettaient en avant le fait que des « frappes » ne serviraient à rien si elles ne correspondaient pas à des objectifs stratégiques à plus long terme. S’il s’agissait de viser directement Bachar Al-Assad, considéré comme responsable des attaques chimiques, on pouvait se contenter de bombarder le palais présidentiel et des sites de commandement, comme ce fut le cas en Libye lors de l’opération « El Dorado Canyon » en mars 1986, pendant laquelle Mouammar Kadhafi et sa famille furent directement visés.

Une autre option consistait à bombarder massivement les défenses de l’armée syrienne, en particulier les aéroports militaires, pour la priver de la maîtrise du ciel et donner ainsi un avantage significatif à l’insurrection.

SUR FOX NEWS, LA CARTE JUSTIFIE UNE INTERVENTION AMÉRICAINE EN SYRIE

Cependant, pour « rééquilibrer le rapport des forces », comme le disait pudiquement Laurent Fabius, encore fallait-il que l’insurrection soit en mesure de profiter de l’opportunité. Les défenseurs de l’intervention militaire tentèrent donc de convaincre que l’insurrection était suffisamment puissante et organisée pour accompagner au sol l’offensive aérienne des Occidentaux.

Mais ils devaient aussi convaincre les opinions que cette insurrection était dominée par des modérés et que les djihadistes étaient marginaux.

Encore chercheuse à l’époque à l’Institute for the Study of War, Elizabeth O’Bagy donna sur la chaine américaine Fox News une lecture des faits particulièrement scandaleuse.

La carte qu’elle présentait à l’écran(fig. 1), pour appuyer sa démonstration, trahissait une totale mauvaise foi ou une incompétence profonde.

On remarque tout d’abord que les zones contrôlées par les « rebelles » et le « régime » épousent parfaitement les limites provinciales, ce qui laisse penser que ce sont des provinces entières avec leur administration qui sont passées sous le contrôle de l’insurrection.

Pour Elizabeth O’Bagy, les rebelles sont divisés en deux groupes : « modérés » et « extrémistes » : sans doute classe-t-elle parmi les « extrémistes » le Front Al-Nosra et l’État islamique d’Irak et du Levant, qui sont effectivement présents dans ces régions, mais qu’en est-il des groupes salafistes appartenant au Front islamique de Syrie (FIS) ?

Certes, ils ne sont pas affiliés officiellement à Al-Qaida et ne prônent qu’un djihad national, mais l’imposition de la charia et l’exclusion des minorités font intégralement partie de leur programme.

Quant au Front islamique de libération de la Syrie (FILS), qui attire irrésistiblement les bataillons de l’Armée syrienne libre (ASL) depuis sa création à l’automne 2012, il est certes plus modéré que le FIS et Al-Nosra, mais son programme repose clairement sur la promotion de l’islam politique. Par ailleurs, la déclaration du 26 septembre 2013 de la part de treize groupes rebelles, dont le Liwa al-Tawid, lié à l’ASL et au FIS, affirmant rejeter la Coalition nationale syrienne et s’allier avec Al-Nosra, indique une nette tendance à la radicalisation de ces groupes « modérés »2.

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Figure 1 : La Syrie divisée
D’après « Elizabeth O’Bagy : On the Front Lines of Syria’s Civil War », The Wall Street Journal,30 août 2013.

Plutôt que d’ouvrir des débats sans fin sur la définition de « modéré » ou d’« extrémiste » au sein des forces de l’insurrection, revenons plutôt à la carte que propose cette experte nord-américaine. Les milices kurdes du Parti de l’union démocratique (PYD) y sont intégrées dans le groupe des rebelles. Il est vrai que les zones kurdes échappent à l’armée syrienne, laquelle s’est retirée de ces zones au profit du PYD, qui peut être considéré comme un allié stratégique du régime de Bachar Al-Assad.

Les affrontements réguliers entre les milices kurdes et les insurgés arabes (Alep, Ras el-Aïn, Ain el-Arab, etc.) depuis plus d’un an prouvent qu’il faut distinguer les Kurdes des « rebelles », ce qu’Elizabeth O’Bagy ne fait pas.

Quant aux conclusions que l’on peut tirer de l’occupation du terrain par les rebelles « modérés » et « extrémistes », elles sont tout simplement fantaisistes. Les extrémistes occuperaient ainsi toute la province de Raqqa et seraient également très présents à la frontière turque et à la frontière irakienne.

Mais il suffit de superposer une carte de la répartition de la population syrienne par localité3 (fig. 2) pour constater que l’emprise territoriale des rebelles « modérés » concerne en réalité des zones très peu peuplées. Tout comme celles que tient la contre-insurrection (l’armée syrienne) du reste. Elizabeth O’Bagy souhaitait prouver que les États-Unis pouvaient s’appuyer sur une insurrection modérée et par conséquent qu’il ne fallait pas craindre les islamistes radicaux en Syrie.

Mais son analyse fut rapidement contredite par l’IHS, société d’expertise britannique, qui démontra que les radicaux (FIS, Al-Nosra et État islamique d’Irak et du Levant) étaient au contraire majoritaires4 parmi l’insurrection, ce qui rejoint les conclusions d’Aron Lund, chercheur suédois spécialisé dans ce domaine5 et du représentant de l’ONU à Damas qui affirmait, interrogé par Georges Malbrunot, que 58 % des combattants insurgés étaient des salafistes.

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Figure 2 : La répartition de la population syrienne
Atlas du Proche Orient arabePUPS, 2011.

Une carte publiée le 17 juin 2013 dans un article du quotidien britannique The Independent, réalisée à partir des analyses d’Aron Lund, possède davantage de nuances (fig. 3). Elle ne distingue pas entre « rebelles modérés » et « rebelles extrémistes », mais les zones kurdes sont séparées de celles des « rebelles ».

Le graphiste a tenu compte des zones désertiques et il a introduit la notion de « zone contestée », c’est-à-dire disputée entre l’insurrection et la contre-insurrection.

Basée sur les données fournies de l’Ong Syria Needs Project (fig. 4) dont s’inspirent de nombreux médias britanniques tel que la BBC, cette carte n’est pas extrêmement précise, ce qui conduit à de nombreuses erreurs de détail6, mais elle donne une vision globale des forces en présence.

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Figure 3 : les principaux groupes insurgés
The Independent
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Figure 4 : la division de la Syrie
Syria Needs Project

L’OPPOSITION CARTOGRAPHIE SES DÉSIRS

ET NON LA RÉALITÉ

Les cartes de Syria Needs Project sont reprises par des sites web de l’opposition syrienne, tel que Yallasourya. Réalisée par un auteur inconnu (Karybdamoid), la carte (fig. 5) du conflit comporte nombre de détails censés lui donner de la crédibilité. L’extension des trames rouges, vertes et violettes dans les zones désertiques renforce l’impression d’une domination de l’insurrection sur le territoire.

Au nord-ouest de la Syrie, une zone violette sépare ainsi la zone tenue par l’armée syrienne (la région côtière) et l’intérieur, alors que la séparation est beaucoup plus stricte puisqu’elle repose sur un clivage territorial entres alaouites et sunnites.

La ville de Hama est placée en zone contestée alors qu’elle est tenue par l’armée syrienne, tout comme Palmyre. Ras el-Aïn serait aux mains de l’opposition alors que les milices kurdes contrôlent globalement la ville et les villages environnants.

Cette carte semble être une reprise quelque peu fantaisiste et orientée d’une carte plus complexe publiée par Syria Needs Project (fig. 6). Cette dernière met en valeur les aéroports militaires indispensables pour la maîtrise du territoire.

La différence entre les zones peuplées et désertiques est clairement établie, ce qui permet de relativiser le contrôle du territoire par les différents camps.

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Figure 5 : le détail des zones d’oppositions et gouvernementale
Yallasourya
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Figure 6 : le détail des zones de l’opposition et des zones gouvernementales
Syria Needs Project

L’inconvénient majeur de ces différentes cartes est de donner une trop grande importance à l’espace rural. La majorité de la population syrienne réside dans les villes et il faudrait par conséquent accompagner toutes ces cartes à l’échelle de la Syrie de cartes à l’échelle des principales agglomérations, notamment Damas et Alep.

Si, en termes de superficie, l’insurrection contrôle la majorité du territoire peuplé, la contre-insurrection contrôle la majorité de la population7.

LA PRESSE FRANCOPHONE

ENTRE IDÉOLOGIE ET DÉFI TECHNIQUE

Cartographier la crise syrienne, en choisissant ses sources et en cherchant un mode de représentation neutre, est un véritable défi. En juin 2013, Libération a publié une carte intitulée « Insurrection, contre-insurrection et communautés » dont nous sommes l’auteur (fig. 7)8.

Résultat de recherches personnelles, cette carte n’est pas une synthèse de différentes cartes déjà parues. Elle repose sur un système d’information géographique dans lequel sont recensées les informations statistiques de six mille localités syriennes (avec, pour les plus importantes — un millier — leur caractère ethnico-confessionnel).

Naturellement, il ne s’agit pas de faire un amalgame caricatural entre l’identité ethnico-confessionnelle et l’appartenance, ou non, à l’insurrection, mais il reste que c’est un facteur d’explication, comme le souligne la carte.

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Figure 7 : insurrection, contre-insurrection et communautés
Fabrice Balanche, octobre 2013

Des spécialistes de la question, tel Aron Lund, décrivent les principaux groupes, leur obédience, leur localisation et fournissent une estimation du nombre de combattants. Néanmoins, il est très difficile d’en dresser la carte car les groupes sont nombreux et dispersés. D’après le représentant de l’ONU à Damas, cité par Georges Malbrunot9, nous aurions deux mille groupes insurgés, dont seulement six cents compteraient plus de cinquante combattants. Aron Lund évoque, dans un article publié en juin 2013 dans The Independent10, une douzaine de brigades principales, mais ce sont davantage des fédérations que des brigades constituées avec une organisation hiérarchisée. 

Le Monde a tenté une « géographie de la rébellion syrienne » pour laquelle j’ai été sollicité (fig. 8). Cette carte avec une légende hiérarchisée apporte beaucoup d’explications, mais elle pêche par l’importance donnée aux zones tenues par l’insurrection.

La zone gouvernementale semble limitée au réduit alaouite et aux environs de Soueida (le djebel druze). J’avais fait part de ce problème mais il n’a pas été résolu. La « radiographie de la rébellion syrienne » (fig. 9) publiée dans le quotidien suisse Le Temps11 me paraît beaucoup plus en phase avec la réalité : elle superpose, par des trames, les différentes zones : rebelle, kurde, gouvernementale et inhabitée. Les principaux groupes rebelles sont représentés par des symboles dans leurs fiefs respectifs en fonction de leur importance numérique.

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Figure 8 : géographie de la rébellion syrienne
Le Monde
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Figure 9 : radiographie de la rébellion syrienne
Le Temps

Le caractère révolutionnaire de la crise syrienne ne résiste pas aux cartes. Dans une guerre conventionnelle, il est aisé de représenter des fronts, des armées, des territoires occupés, mais la chose est plus complexe dans le cas d’une guerre civile. Le simple fait de cartographier remet en cause une certaine vision de la crise syrienne, celle qui la considère comme une révolution et non une guerre civile.

En effet, la superposition de la représentation des territoires tenus pas l’insurrection et la contre-insurrection avec celle de la répartition ethnico-confessionnelle de la population fait apparaître nettement la dimension communautaire du conflit.

À l’échelle de l’agglomération d’Alep, superposer la carte des combats (fig. 10) à celle des quartiers informels d’une part, peuplés essentiellement de migrants ruraux, et, de l’autre, de ceux qu’habitent les citadins d’origine (fig. 11) met en évidence une autre dimension du conflit : l’opposition ville-campagne.

Certains idéologues dans les rangs de l’insurrection ne s’arrêtent pas à de tels « détails » et croient pouvoir manipuler les représentations cartographiques du conflit au prétexte que les données statistiques seraient inexistantes ou peu fiables. Leur démarche rappelle celle du régime syrien qui a précisément négligé les fondamentaux de l’espace et qui n’a pas prêté attention aux déséquilibres territoriaux croissants, jusqu’à se trouver confronté à cette insurrection.

Néanmoins, à force de tordre les données spatiales à leur guise et de promettre depuis deux ans et demi la chute imminente de Bachar Al-Assad, l’opposition syrienne et ses soutiens médiatiques en arrivent à saper leur propre crédibilité.

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Figure 10 : les combats à Alep en août 2012
Le Monde
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Figure 11 : les quartiers formels et informels à Alep
Atlas du Proche-Orient arabe, PUPS, 2011.

1« Rébellion », « résistance », « opposition » ou « terrorisme » : comment qualifier le fait d’avoir pris les armes contre l’État en Syrie ? Le choix des termes n’est pas innocent, il reflète un parti pris. Comme toujours au Proche-Orient, que cela soit au Liban ou à propos du conflit israélo-palestinien, un chercheur peut rapidement être accusé d’être à la solde de l’un ou l’autre camp au vu des mots qu’il emploie. Pour cette tentative de cartographie des forces en présence dans le conflit syrien, nous emploierons les termes d’« insurrection » et de « contre-insurrection », empruntés au vocabulaire militaire.

2« Radiographie de la rébellion syrienne », Le Temps,1er octobre 2013.

3Un travail effectué à partir des cartes topographiques syriennes dans le cadre de la production d’un Atlas de Syrie à l’Ifpo entre 2003 et 2007.

5Voir Syrian Jihadism, Ubrief, n° 13, 14 septembre 2012.

6La ville d’Idleb est toujours tenue par la contre-insurrection, ainsi que celle de Deraa. Au nord de Lattaquié, le gouvernement contrôle toujours le poste-frontière de Kessab avec la Turquie.

7D’après nos calculs, la contre-insurrection contrôle 50 à 60 % de la population, l’insurrection arabe sunnite 15 à 20 %, les milices kurdes 5 à 10 % et environ 20 % de la population serait en zone contestée. Les zones insurgées et disputées sont celles qui ont vu fuir le plus d’habitants ; le nombre d’habitants a par conséquent réduit par rapport au début du conflit, tandis que dans la zone gouvernementale il a augmenté. La relative sécurité qui règne dans cette dernière a attiré de nombreux réfugiés.

9« Un rebelle sur deux serait islamiste »Le Figaro, 16 septembre 2013.

11Boris Mabillard, « Une nébuleuse traversée par les fractures idéologiques », 30 septembre 2013.

 

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-syrie-la-realite-de-la-situation-militaire-sur-le-terrain-a-partir-des-cartes-120773984.html

 

 

 

 

 

Directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo).
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Electricité, gaz : la casse du service public rend la vie impossible aux familles. Article du POI.

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics

Electricité, gaz : la casse du service public rend la vie impossible aux familles

EDF augmentation tarifs

s'informerSelon une étude Médiaprism publiée jeudi par le mensuel 60 Millions de consommateurs, un tiers des Français ont eu du mal à payer leur facture d’énergie au cours des trois dernières années.

Les plus touchés sont les locataires (43%) et les personnes aux revenus modestes (52% des foyers vivant avec moins de 1 500 euros par mois). Moins de la moitié des Français ont pu se permettre des travaux pour économies d’énergie, compte tenu de leur coût.

EDF a augmenté les tarifs aux particuliers de 5% depuis le 1er août tout en limitant la hausse pour les entreprises et les collectivités (2,5 %), et pour les très gros consommateurs industriels (hausse nulle).

Depuis juillet 2007, les marchés de l’électricité et du gaz sont totalement ouverts à la « concurrence libre et non faussée » .

Conformément aux exigences de Bruxelles, la loi du 10 février 2000, a engagé l’ouverture du marché. La loi NOME de 2010 (nouvelle organisation du marché de l’énergie) dont le candidat Hollande annonçait la suspension a été maintenue.

Le syndicat CGT des électriciens-gaziers, témoins des problèmes des usagers a réagit en lançant un « Appel pour une interdiction des coupures, d’électricité et de gaz toute l’année !  »

La dislocation du monopole public de production d’électricité, distribution, et transport augmente encore les charges sur les usagers. Ainsi le conseil général du Doubs avait décidé l’an dernier d’une surtaxe sur l’électricité. Elle s’est heurtée à la résistance des maires de petites communes du département.

filet pointilles gris

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« l’exigence de l’abrogation des directives européennes,
pour le retour aux monopoles publics,
pour la Renationalisation des Services publics »

Privatisation d’EDF-GDF:
ce qu’en disaient des électriciens et gaziers du POI dès 2008

EDF augmentation tarifsCommuniqué POI du 6 septembre 2008 — L’Union Européenne et ses partisans ont toujours assuré que la « concurrence libre et non faussée » ferait baisser les prix.

Ils mentaient et chacun peut le constater !

Sur les 8 premiers mois de cette année 2008, les usagers ont subi :
- 3 augmentations du prix du gaz (4 % en janvier, 5,5% fin avril, et 5 % le 15 août) soient 15,2% de hausse en seulement 8 mois.
- Depuis 2004, le prix du gaz a augmenté de 45%.
- L’augmentation de 2% du tarif réglementé de l’électricité, soit environ 2 fois plus qu’en 2007.

hausse EDF

Conformément aux exigences de Bruxelles, la loi du 10 février 2000, a engagé l’ouverture du marché, et la casse des monopoles publics de distribution, de transport et de production d’électricité avec notamment la séparation du Réseau de Transport Electricité, et la filialisation de la distribution.

Le gouvernement Jospin, ne nous avait-il pas assuré que cette loi transposant la directive 96/92/CE sur l’électricité, était une « transposition de gauche » ?

Mensonge !

Depuis :

2002 : au sommet de Barcelone, Jospin et Chirac ont annoncé l’ouverture totale des marchés pour 2007.

2003 : c’est la directive gaz 98/30/CE, transposée le 3 janvier 2003 par le gouvernement Raffarin qui a engagé l’ouverture du marché du gaz.

2004 : c’est la loi Sarkozy du 9 août qui transposant les directives 2003/54/CE et 2003/55/CE, a transformé EDF, GDF et GRT en sociétés anonymes distinctes.

Ministre de l’économie et des finances, Sarkozy, avait déclaré devant les députés : « c’est clair, c’est net il n’y aura pas de privatisation d’EDF et GDF ».

Mensonge bien sûr !
Puisque mi-juillet 2008 la fusion Gaz de France avec SUEZ, privatisant ainsi totalement GDF a été « officialisée » !

Personne ne peut nier aujourd’hui que l’ouverture des marchés exigée par Bruxelles, c’est bien la privatisation et le démantèlement du Service Public d’EDF et de Gaz de France.

C’est d’ailleurs, ce que chacun peut constater avec les nouvelles filialisations de la distribution en 2008 et la création d’ERDF et GRDF, en application de la loi de transposition de décembre 2006. Les usagers ne savent plus à qui s’adresser pour les mises en service, le paiement, les renseignements, et ils doivent maintenant s’adresser à des plateformes téléphoniques et à plusieurs « entreprises différentes » au lieu du seul EDF avant.

Les centaines d’agences clientèle sont fermées, les centres ont été démantelés, et les emplois supprimés ou externalisés. C’est inacceptable !

La loi du 7 décembre 2006 devrait mettre fin en 2010 aux tarifs réglementés de l’électricité et du gaz, conformément aux injonctions de la commission européenne à la concurrence.

En France, depuis 2000, les entreprises qui ont souhaité sortir des contrats EDF-GDF pour aller à « la concurrence », ont vu leurs factures augmentées de 75% en 6 ans.

Les usagers l’ont bien compris, car seulement 200 000 foyers sur plus de 30 millions ont quitté les tarifs réglementés depuis 2007. Et de nombreuses entreprises ont souhaité revenir aux tarifs régulés.

Personne ne peut accepter de voir doubler ses factures.

En Angleterre, pointe avancée de la libéralisation, les tarifs du gaz ont doublé en 5 ans et l’électricité a augmenté de 70%. Tout cela conduit à ce qu’une partie de plus en plus importante de la population ne puisse plus se chauffer.

Et le bénéfice net du nouveau groupe GDF-SUEZ a augmenté de 14% à 3,4 milliards d’euros, grâce à « l’augmentation des ventes d’énergie en Europe et à l’international dans un environnement de prix de marché élevé » (Source AFP 1er sept 2008)

Inacceptable encore aussi les annonces de augmentations pour la période 2009-2012 !
On lit dans La Tribune du mercredi 27 août, que « Mr Francony, le président d’Electricité réseau distribution France (ERDF), la filiale d’EDF chargée de la distribution de l’électricité, réclame une augmentation de ses tarifs de 15,1 % . (…) La Commission de régulation de l’énergie, qui publie ses orientations aujourd’hui, se montre plus modeste en proposant une augmentation de 8 % ».

« Notre système a été mis à mal par les réorganisations imposées par l’ouverture du marché, laquelle exige aujourd’hui des niveaux de qualité supérieurs à ce que nous pouvons donner« , explique M. Francony. « Nous nous sommes fixé un plan de modernisation et d’amélioration de la qualité du réseau, un plan de 10 milliards d’euros entre 2006 et 2016« , précise Michel Francony.

Les choses sont claires : l’ouverture des marchés imposé par Bruxelles conduit pour les usagers, comme pour le personnel à des reculs considérables.

Depuis 2000, pour faire passer chaque loi, chaque transposition de directives européennes, de nouveaux coups au Statut National du personnel, et en particulier au régime spécial de retraite ont été portés.

Pour faire passer la loi du 9 août 2004 et transformer EDF et GDF en SA, il fallait faire sauter le « verrou » du régime spécial de retraite, le « salaire d’inactivité », en créant une caisse de retraite de droit privé (la CNIEG).

Oui le Statut National du personnel, institué après 1946, est une partie intégrante de la loi de nationalisation, et malgré les coups portés, il est encore là et s’applique à tous les Electriciens et Gaziers.

C’est le fait d’être salariés à vie à EDF qui a permis par exemple lors de la tempête de 1999, à de nombreux agents « inactifs » de revenir dans leurs centres pour aider à remettre le réseau en état de fonctionnement.

Les électriciens et gaziers n’acceptent pas : ils ont dit non à la casse de leur Statut et du Service Public en manifestant à plus de 80 000 en 2002 et 2004.

A l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui avec la privatisation, c’est par la création d’EDF nationalisée en 1946 que les gros investissements en terme de distribution, de réseau et de production (construction des barrages dans les années 50, puis des centrales nucléaires …), ont pu être réalisés, et que l’électricité a pu arriver partout, y compris dans les villages de montagne les plus reculés.

Aujourd’hui, ce qu’ils voudraient c’est privatiser donc vendre le bien de la nation, et en plus faire payer les investissements aux usagers, qui payeraient finalement 2 fois ! Tout ça pour le bénéfice des nouveaux actionnaires d’EDF et GDF-SUEZ. !

Face à cette négation du Service Public, n’est-il pas temps de revenir à la loi de nationalisation arrachée par nos anciens en 1946 qui a permis un développement sans précédent de la distribution de l’électricité pour tous et sur tout le territoire, et ce au prix le plus bas et en respectant la péréquation tarifaire ?

Le Parti Ouvrier Indépendant, s’est constitué les 13 et 14 juin dernier sur une base commune. Il a inscrit dans son manifeste l’exigence de l’abrogation des directives européennes, pour le retour aux monopoles publics, pour la Renationalisation des Services Publics.

edfAujourd’hui face à la situation concrète à laquelle sont confrontés les usagers, les personnels gaziers, électriciens et ceux des services communs, nous proposons de nous rassembler afin de prendre des initiatives d’unité pour le retour au Service Public tel que la loi de Nationalisation de 1946 l’avait défini.

Nous nous adressons à tous, à la population, aux collègues, il y a urgence pour le retour aux monopoles publics de production, de distribution et de transport du Service Public de l’électricité et du gaz.

Nous nous adressons à tous pour relayer partout ce communiqué.

http://parti-ouvrier-independant.fr/2013/10/27/electricite-gaz-la-casse-du-service-public-rend-la-vie-impossible-aux-familles/

 

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Syrie : Obama perd ses alliés saoudiens.

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie : Obama perd ses alliés saoudiens
Les USA viennent de perdre un allié précieux dans le dossier syrien : le prince saoudien Bandar ben Sultan ne veut plus coopérer avec les Etats-Unis, en signe de protestation contre leur politique au Moyen-Orient. En cause : le refus d’Obama d’attaquer la Syrie et le redémarrage des relations USA-Iran.
26 octobre 2013

La manœuvre n’est pas anodine : les Saoudiens ont même refusé leur place au Conseil de sécurité des Nations unies alors qu’ils venaient de l’obtenir. Ce conflit avec l’Arabie saoudite pourrait marquer une grande défaite géopolitique de la Maison blanche, écrit le jeudi 24 octobre le quotidien Kommersant.

Le prince Bandar ben Sultan a fait part de ses intentions au port de Djeddah face à un groupe de diplomates européens. "Un tournant décisif nous attend : les Saoudiens ne veulent plus être dépendants des USA", a déclaré le prince Bandar, qui fut ambassadeur à Washington pendant 22 ans. Il était, jusque là, l’un des politiques saoudiens les plus appréciés par l’Occident. D’après une source diplomatique, cette distanciation avec les USA s’accompagnerait d’une réorientation vers les alliés régionaux et la France, qui adopte une position plus ferme que Washington sur la question syrienne. Enfin, pour expliquer son refus inattendu de siéger au Conseil de sécurité des Nations unies, où l’Arabie saoudite a été admise pour la première fois la semaine dernière, le prince a déclaré : "Ce signal ne s’adresse pas à l’Onu mais aux USA".

D’autres politiciens saoudiens influents ont aussi durci leur discours à l’égard des USA, confirmant que les propos du prince n’étaient pas une improvisation. "Toute cette pitrerie sur le contrôle international de l’arsenal chimique d’Assad n’aurait été qu’un épisode ridicule si elle n’avait pas été aussi une flagrante trahison", a déclaré le prince Turki al-Fayçal.

Ce conflit sans précédent entre les Etats-Unis et leur principal allié du Golfe est au centre de l’actualité de la semaine. Il a significativement influé sur l’issue de la conférence des "Amis de la Syrie" à Londres, en présence du secrétaire d’Etat John Kerry et du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal. Dans ce contexte, l’opposition syrienne n’a toujours pas accepté de participer à la conférence de paix Genève-2.

L’administration Obama préfère éviter d’exacerber la confrontation avec Riyad. "Nous comprenons que l’Arabie saoudite soit déçue que l’opération militaire en Syrie n’ait pas eu lieu mais nous comptons sur la poursuite de la coopération, a déclaré John Kerry. Je suis persuadé que l’Arabie saoudite et les USA resteront amis et alliés."

Ce ne sera pas simple : les directions prises par Washington et Riyad s’éloignent de plus en plus. L’influence des islamistes radicaux se renforce en Arabie saoudite et la dynastie dirigeante doit en tenir compte. Manœuvrant entre l’Occident et les fondamentalistes radicaux, le monarque saoudien est contraint de faire de plus en plus attention aux seconds. Comme en témoigne la position radicale sur la Syrie, partant de la nécessité d’y renverser le régime laïque.

Le conflit avec l’Arabie saoudite pourrait marquer une grave défaite géopolitique de la Maison blanche. Car ce pays abrite la plus grande base américaine du Golfe et joue un rôle clé dans la sécurité énergétique de l’Amérique en empêchant l’effondrement des cours pétroliers mondiaux. De plus, la majeure partie des actifs saoudiens - pour le montant astronomique de 690 milliards de dollars - est libellée en titres de valeur américains.

RIA Novosti , 24 octobre 2013.

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Ce n’est pas l’Armée Syrienne Libre, mais l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL) qui constitue une menace sérieuse pour le régime d’Assad. Sur le site de Silvia Cattori.

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

La Syrie et la stratégie saoudienne d’embrasement régional
Le corridor d’Al-Qaïda à travers la Syrie
Ce n’est pas l’Armée Syrienne Libre, mais l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL) qui constitue une menace sérieuse pour le régime d’Assad.
27 octobre 2013

Mardi soir, des kamikazes et des hommes armés ont attaqué des points de contrôle irakiens le long de la route N°11, qui relie Bagdad à la Syrie via Ramadi. Ils ont déclenché des explosions au poste de contrôle de Routba ainsi qu’à d’autres checkpoints un peu à l’ouest de Ramadi. Trente-sept personnes ont été tuées dans ces attaques, en majorité des membres des services de sécurité. La route N°11 est la route du sud de l’Irak vers la Syrie.
L’autre route qui relie Bagdad à la Syrie est l’autoroute N°12, qui passe au nord de Ramadi dans les villes de Anan et Rawah, le long de l’Euphrate et dans la ville syrienne de Raqqa. La semaine dernière, des combattants de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) ont attaqué les villes de Anan et Rawah, détruisant un pont et essayant de détruire des pylônes électriques. L’armée irakienne a pu contrer l’attaque de l’EIIL sur Rawa, et a ainsi déjoué la tentative de l’EIIL de s’emparer des villes qui lui auraient permis de contrôler l’autoroute N°12. Le vice-Premier ministre Saleh Iraq al-Mutlaq a déclaré que l’attaque de la semaine dernière était une « tentative désespérée d’al-Qaïda [EIIL] pour s’implanter en Irak. » Il semble probable que l’EIIL a décidé d’essayer de prendre le contrôle de l’autoroute N°11 après que son attaque sur la route N°12 a été repoussée.

La route qui relie l’Irak au Liban via Raqqa est partiellement sous contrôle de l’EIIL

Le mois dernier, l’EIIL a obtenu des succès remarquables. Son opération, baptisée Elimination de l’Impureté, a expulsé ou absorbé les unités de l’Armée Syrienne Libre tout au long du flanc nord de la Syrie. La ville d’Azaz à la frontière syro-turque est aux mains de l’EIIl depuis un mois. A partir d’avril, l’EIIL a commencé à attirer à lui toutes les factiosn salafistes plus petites, dont le Jabhat al Nosra (non sans heurts) et des éléments d’Ahrar el Cham (dont le chef Abou Obeida al’Binnishi avait été tué par l’EIIL en septembre). Un nouveau rapport de l’International Crisis Group daté du 17 octobre observe que l’EIIL est désormais « l’organisation la plus puissante dans le nord et l’est de la Syrie et profitait de son contrôle sur les champs pétroliers. » L’analyste Aymenn Jawad al-Tamimi affirme que l’EIIL ne peut être délogé de ses places fortes dans le nord et l’est de la Syrie par aucune coalition de l’ASL et de ses alliés. De fait, dans les derniers mois, l’EIIL a gravement affaibli le potentiel militaire de l’ASL, après avoir tué en juillet Kamal Hamami, un de ses plus importants chefs de bataillons, et avoir attiré à lui nombre de ses combattants locaux. L’Armée Syrienne Libre ne représente plus une véritable menace pour le gouvernement syrien.

Une situation déplorable

La principale voix séculière du soulèvement en Syrie, Yassin al Haj Saleh, qui vivait dans la clandestinité dans son pays pendant la guerre civile, s’est enfui à l’étranger le 12 octobre. Dans sa lettre ouverte, « Adieu à la Syrie, pour un certain temps », M. Saleh écrit que sa ville d’origine, Raqqa, est passée sous le contrôle des « spectres qui hantaient notre enfance, les ogres. » La situation à Raqqa, écrit M. Saleh, est déplorable. C’était dur de voir « des étrangers l’opprimer et tenir en main le destin de sa population, confisquant les biens publics, détruisant une statue d’Haroun al-Rachid ou profanant une église, arrêtant des gens qui disparaissent ensuite dans leurs prisons. »

Le départ de Syrie de M. Saleh indique que les choses ont empiré par rapport à l’été dernier quand le chercheur Yasser Munif s’était rendu dans le nord du pays et avait constaté qu’à Raqqa, « les gens sont de plus en plus critiques à l’égard de l’EIIL et d’al-Nosra. » Il semble que cet espace laissé à la critique interne de l’EIIL est manitenant plus restreint. Les affiches qui promeuvent les vues de l’EIIL abondent à Raqqa, laissant entendre une mise en sourdine des rivalités entre les diverses factions islamistes. Comme l’observe el-Tamimi, dans les manifestations publiques les bannières de l’EIIL et du jabhatal Nosra flottaient côte à côte.

En juillet 2013, l’EIIL avait organisé une évasion massive à la prison irakienne d’Abou Ghraib, libérant 500 détenus. L’EIIL avait eu recours à des voitures piégées, des kamikazes et des miliciens pour cette opération. L’EIIl avait ensuite dirigé ces combattants vers la frontière irako-syrienne dans le but d’essayer de prendre le contrôle des points de passage frontaliers dans le cadre de leur projet d’établir un corridor pour relier Ramadi en Irak à Tripoli dans le nord Liban (un affrontement dans cette ville a causé la mort d’un garçon de13 ans le 23 octobre). Les attaques de la nuit du 22 octobre s’inscrivaient dans ce scénario.

L’EIIL et sa forme de radicalisme sont un produit du financement de la rébellion par le Qatar et l’Arabie Saoudite. L’argent des Arabes du Golfe ainsi que des combattants étrangers et un groupe de combattants Syriens motivés ont donné l’avantage à l’EIIL. Dans le même temps, tandis que l’argent du Qatar et de l’Arabie saoudite a permis à leur client de dominer les autres rebelles sur le champ de bataille, l’influence de ces deux monarchies a empêché l’unification des rangs et le développement d’un agenda par les dirigeants de la rébellion. En trois ans, la Coalition Nationale des Forces Syriennes Révolutionnaires et d’Opposition (CNS) a été incapable de formuler un programme clair pour la Syrie. Cette absence [de programme] n’est pas dû à un manque d’imagination, mais à la subordination du CNS aux rivalités mesquines entre ses bienfaiteurs Arabes du Golfe. Le CNS s’était mis lui même dans l’impasse quand il avait en fin de compte laissé faire une révolution de palais pour écarter Mo’az al-Khatib de son poste [de leader du CNS]. Après d’intenses luttes intestines, le CNS avait finalement désigné Ahmad Saleh Touma en qualité de premier ministre. Ghassan Hitto avait démissionné car on le voyait comme trop proche du Qatar dont l’étoile commençait à pâlir. Le président actuel est Ahmad Jarba, qui a des liens étroits avec la monarchie saoudienne. Vers la fin septembre, les islamistes ont rejeté le CNS. Abdul Qader Saleh, le chef de la Brigade Tawhid [unicité de Dieu] d’Alep, a fait savoir qu’ils [les islamistes] envisageaient de former une alliance islamique (al-tahaluf al-islami). Le chercheur Aron Lund considère que les islamistes ne sont pas allés au delà d’une simple proposition. La marque des rivalités entre Arabes du Golfe traverse profondément la coalition.

L’agenda saoudien

Malgré les gains obtenus par l’EIIL dans le nord de la Syrie, l’agenda de l’Arabie Saoudite pour la Syrie est bloqué. En l’absence d’intervention militaire étrangère, l’EIIL sera incapable de renverser le régime en place à Damas. – c’est une des raisons pour lesquelles l’EIIL a décidé de s’emparer des postes frontaliers (avec l’Irak, la Turquie et le Liban). Une confrontation dangereuse va probablement avoir lieu dans la région de la Ghouta occidentale près de Damas, mais elle ne débouchera sur aucun gain stratégique significatif pour quiconque. Ce sera un bain de sang sans résultat substantiel, comme une bonne partie de ce qui se passe maintenant dans cette guerre. Incapable d’avancer dans le centre du pays, l’EIIL revendique les marges de la Syrie. L’Arabie Saoudite s’attendait à ce que les Etats Unis bombardent la Syrie en septembre, ce qui aurait affaibli le pouvoir d’Assad et permis à ses clients de prendre le pouvoir (l’Arabie Saoudite est aussi déçue par l’acceptation par les Etats Unis de l’ouverture iranienne pour des discussions). La route de Damas semblant fermée, l’EIIL s’est adonné avec plus de force à la violence nihiliste dans les régions qu’il contrôle – pas vraiment le résultat espéré par l’Arabie Saoudite. C’est la raison pour laquelle le Prince Bandar bin Sultan, qui assure la liaison avec les rebelles, a parlé de réévaluer la relation de l’Arabie Saoudite avec les USA, et c’est aussi la raison qui a conduit l’Arabie Saoudite à refuser d’occuper le siège qu’elle venait tout juste d’obtenir au Conseil de Sécurité de l’ONU. L’Arabie Saoudite avait soutenu les Talibans dans les années 1990 avec l’idée que ce mouvement modérerait son idéologie avec le temps. Il n’en fut rien. Il semble que la monarchie veuille faire encore le même pari, en dépit d’un précédent défavorable.

Le type de violence qui a éclaté la nuit du 22 octobre est devenue chose courante en Irak, avec plusieurs milliers de morts cette année (presque 500 rien que pour ce mois). La guerre en Syrie, bloquée dans une impasse douloureuse, s’est déplacée vers l’Irak, un pays déjà affligé par la guerre et la dévastation dans son histoire récente. Ici, les « visages qui se durcissent sous un masque de tristesse » comme l’écrit le poète Syrien Adonis, regardent les civilisations s’effondrer pour de vulgaires desseins géopolitiques. L’ombre d’al Qaïda s’installe sur l’Irak et la Syrie, durcissant encore plus les traits des Syriens et des Irakiens ordinaires. Le moment du lancement d’une offensive générale de l’EIIL au Liban se rapproche nécessairement ainsi que le donnent à penser les affrontements à Tripoli et dans les villes frontalières. Les discussions pour un cessez-le-feu et les négociations à Genève sont fort éloignées dans la désolation qui est venue envelopper les routes qui relient Beyrouth à Bagdad, un trajet qui aurait pu être fait assez tranquillement il y a un siècle mais qui connaît aujourd’hui la tourmente des fusils et de la frustration.

Vijay Prashad
The Hindu, 25 octobre 2013.

http://www.silviacattori.net/article5003.html


Vijay Prashad est titulaire de la chaire Edward Saïd à l’Université Américaine de Beyrouth, Liban.

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Le Prix Nobel de la Paix, ou Prix Nobel de la Propagande occidentale. Par Finian Cunningham sur le site de Silvia Cattori.

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Par Finian Cunningham
Le Prix Nobel de la Paix, ou Prix Nobel de la Propagande occidentale
Le Prix Nobel de la Paix devrait être rebaptisé Prix Nobel de la Propagande après l’attribution cette année de la récompense toujours aussi artificielle à l’équipe de spécialistes en armes chimiques agréée par l’ONU pour désarmer la Syrie. Parmi les autres lauréats douteux du prix "illustre", on trouve le criminel de guerre présumé et ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger, qui a supervisé le bombardement génocidaire intensif de l’Indochine dans les années 1970.
20 octobre 2013

Plus récemment, un autre criminel de guerre présumé, le président américain Barack Obama, fait partie des lauréats malgré son recours continu aux assassinats et aux agressions meurtrières dans plusieurs pays, dont l’Iran, la Libye, la Corée du Nord, la Somalie, le Yémen et la Syrie.

Un comité norvégien de neutralité apparemment scandinave décide de la remise du prix tous les ans, et il le fait depuis plus d’un siècle, depuis 1901. Le prix fut créé par Alfred Nobel, un important marchand d’armes. Cela en soi en dit long sur la nature contradictoire de l’Institution.

L’an dernier, le lauréat du prix Nobel fut encore une autre honte à la morale et au bon sens, sous la forme de l’Union européenne. Comment un bloc de gouvernements peut-il être considéré comme pacifique quand il réduit à néant les services sociaux de base de millions de ses citoyens pour le compte de banques criminelles et d’une élite privée richissime ? Ou quand il lève un embargo sur les armes des extrémistes qui se déchainent en Syrie ? Ou lorsqu’il est de mèche dans l’application de sanctions économiques paralysantes contre l’Iran - sur la base de calomnies nucléaires concoctées par le renseignement militaire occidental -, des sanctions qui tuent des femmes et des enfants par manque de médicaments vitaux ?

Même s’il y a eu au fil des ans quelques lauréats qui méritaient le prix Nobel de la Paix, il est néanmoins préférable de traiter cette institution avec scepticisme, sinon dérision. Les aspects méritoires du prix peuvent servir à donner du crédit à des associés douteux et déplorables. En cela il est davantage le Prix de la Propagande que le Prix de la Paix.

Le récipiendaire de cette année, l’équipe d’inspection appartenant à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques [Organization for the Prohibition of Chemical Weapons, OPCW], n’a commencé son travail de démantèlement des stocks que la semaine dernière en Syrie, dans le cadre de l’arrangement que la Russie a proposé le mois dernier pour éviter qu’une guerre illégale d’agression ne soit planifiée par le lauréat du Prix Nobel de la Paix Barack Obama. Le gouvernement syrien du Président Bashar al-Assad a pleinement adhéré à ce processus de désarmement.

Cependant, il est précoce, pour dire le moins, d’attribuer le Nobel à l’OIAC, tout comme il était prématuré que le comité basé à Oslo donne la récompense à Obama en 2009, à peine quelques mois après sa première élection et avant qu’il se soit révélé être un des présidents américains les plus bellicistes depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Comment savons-nous que l’OIAC sera efficace pour désarmer les armes chimiques des groupes mercenaires soutenus par l’Occident pour renverser le gouvernement Assad ? Comment savons-nous que l’OIAC n’abusera pas malicieusement de son mandat et de son statut de Prix Nobel pour faire avancer le récit de la propagande occidentale contre le gouvernement syrien ?

L’attribution d’un prix de la paix fondée sur aucun antécédent solide fait craindre que l’institution et ses connotations bienveillantes ne sont utilisées pour inculquer un programme politique répréhensible.

On peut voir la même formule de propagande insidieuse d’une vertu supposée cachant le vice dans le rapport, cette semaine, du groupe Human Rights Watch basé à New-York sur les massacres perpétrés en Syrie par des miliciens soutenus par l’étranger. Ce rapport accuse jusqu’à 20 groupes liés à Al-Qaïda, dont Al-Nusra et l’Etat islamique d’Irak et Shams, d’avoir tué des dizaines de civils dans la province de Lattaquié, à l’ouest de la Syrie, début août.

Ce témoignage apparemment accablant provenant d’une organisation occidentale pour les droits de l’homme peut sembler être un développement positif. Mais comme avec le Prix Nobel de la Paix, il y a un danger très réel que le rapport de HRW serve simplement à blanchir les crimes des gouvernements occidentaux.

Pour commencer, le rapport de HRW affirme qu’il a trouvé "la première preuve des crimes contre l’humanité des forces de l’opposition." Ce qui laisse entendre que les atrocités précédentes sont imputables aux forces syriennes gouvernementales. C’est tout simplement faux. De nombreuses sources fiables ont révélé que la plupart, sinon tous les grands massacres dans les villes et villages à travers la Syrie, au cours des deux dernières années, ont été commis par des groupes de mercenaires anti-gouvernementaux.

Les médias occidentaux et les groupes de défense des droits de l’homme, y compris Human Rights Watch et Amnesty International, ont délibérément ou par incompétence faussement attribué ces crimes aux forces gouvernementales syriennes, ce qui sert ensuite à conférer une fausse autorité morale aux gouvernements occidentaux pour leur intervention illicite en Syrie.

Par exemple, à la fois le HRW et la chaîne publique de Grande-Bretagne, la BBC, ainsi que la Voix de l’Amérique, du gouvernement états-unien, ont diffusé des rapports disant que les forces de l’Etat syrien avaient mené des bombardements au Napalm sur des écoles à Raqqa et Alep, au nord du pays. Ces rapports étaient basés sur des vidéos amateur non vérifiées diffusées par des soi-disant groupes de l’opposition, comme Ahrar al-Sham, qui ont été eux-même impliqués dans la perpétration d’atrocités comme dans la province de Lattaquié, en août dernier.

HRW et les médias occidentaux continuent d’accuser le gouvernement syrien pour l’incident à l’arme chimique du 21 août près de Damas. HRW a publiquement attaqué d’autres sources crédibles, qui ont rapporté que cet incident était une fabrication odieuse très probablement perpétré par des militants soutenus par l’Occident dans une provocation calculé.

Il y a de fortes suspicions, étayées par des preuves circonstancielles et des témoignages, que les enfants présentés comme ayant été empoisonnés dans les vidéos diffusées par l’opposition de l’incident du 21 août à l’est de Ghouta, près de Damas, ont été kidnappés par des miliciens au cours de leurs raids terroristes contre des villages autour de Lattaquié pendant les semaines précédentes. Leurs morts ont donc été mises en scène à des fins de propagande ignoble, qui a permis aux gouvernements, aux médias et à l’industrie des droits de l’homme occidentaux de fustiger Bashar al-Assad, pour aboutir finalement à la nomination d’une équipe d’inspection de l’OIAC et, bizarrement, à leur attribution du Prix Nobel.

Le dernier rapport de HRW sur les massacres de Lattaquié note que plus de 200 personnes, principalement des femmes et des enfants, sont toujours portées manquantes après ces attaques. Mais le HRW n’aborde pas le lien criant avec les petites victimes anonymes filmées dans l’incident de Ghouta Est.

Un autre effet de la propagande pernicieuse du rapport de HRW sur les massacres par des miliciens à Lattaquié est qu’il renforce l’illusion qu’en Syrie, les miliciens sont divisés entre les "mauvais extrémistes" et les "bons modérés", que les gouvernements occidentaux soutiennent. HRW dit qu’il n’a trouvé aucune preuve reliant la soi-disant Armée syrienne libre soutenue par l’Occident aux atrocités de Lattaquié. Ceci est cependant contredit par des rapports précédents selon lesquels le leader de l’Armée syrienne libre, le général Salim Idris, le "chouchou" modéré des gouvernements occidentaux, était à Lattaquié pendant les carnages. Non seulement il était présent à Lattaquié, mais il a été filmé célébrant "le succès" des opérations.

Le 11 août, le New York Times rapportait : "La visite du général Salim Idris, commandant de l’Armée syrienne libre, semble avoir eu pour objectif de montrer que lui et ses combattants étaient aussi impliqués dans les prises [sic] à Lattaquié dans le cadre d’un nouveau front dans la guerre civile." Cet article ajoutait qu’Idris se vantait des "réalisations" dans une vidéo.

Le groupe Human Rights Watch ne constitue donc pas une contribution positive à la clarification du brouillard de la guerre que l’Occident a injecté sans relâche sur la Syrie - loin de là. HRW est une partie profonde et insidieuse du problème. En fait, le groupe blanchit la très réelle implication criminelle des gouvernements et des médias occidentaux dans la guerre secrète d’agression contre la Syrie.

Les prix Nobel de la Paix peuvent sembler anodins. Mais ils sont une partie centrale de la machine de propagande occidentale, autant que le MI6, la CIA, le Mossad, le Pentagone, la Maison Blanche et toute la panoplie des médias occidentaux d’information aux titres augustes, comme la BBC et le New York Times.

Finian Cunningham
11 octobre 2013


Finian Cunningham est né en 1963 à Belfast, en Irlande. Il est un expert éminent en affaires internationales. Auteur et commentateur, il a été expulsé du Bahreïn en juin 2011 pour ses articles critiques dans lesquels il soulignait les violations des droits de l’homme par le régime soutenu par l’Occident. Il est titulaire d’une maîtrise en chimie agricole et a travaillé comme rédacteur scientifique de la Royal Society of Chemistry, Cambridge, en Angleterre, avant de poursuivre une carrière dans le journalisme. Il est également musicien et compositeur. Pendant de nombreuses années, il a travaillé comme rédacteur en chef et écrivain dans les grands médias, y compris The Mirror, Irish Times et The Independent. Il vit maintenant en Afrique de l’Est où il écrit un livre sur le Bahreïn et le Printemps arabe. Il co-anime une émission hebdomadaire d’actualité, le dimanche à 15 heures GMT sur Bandung Radio.

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La Géorgie est, avec l’Ukraine et la Moldavie, au centre du projet de partenariat oriental de l’Union européenne. Article du journal "Le Soir".

28 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

26.10.2013 - LE SOIR

Clivage Est-Ouest

La Géorgie est, avec l’Ukraine et la Moldavie, au centre du projet de partenariat oriental de l’Union européenne, en chantier depuis 2009 – au grand dam de Moscou, qui y voit une manœuvre d’endiguement. Un sommet, décisif, est prévu fin novembre à Vilnius. Celui des dirigeants européens, qui s’est achevé vendredi à Bruxelles, a «réaffirmé» que l’UE est «déterminée» à signer un accord d’association et de libre-échange avec l’Ukraine, pour autant que le sort de l’opposante et ex-Premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko soit résolu d’ici là. Les Vingt-huit ont aussi «confirmé» que l’UE est prête à «parapher» des accords similaires avec la Géorgie et la Moldavie au sommet en Lituanie, «en vue de leur signature d’ici l’automne 2014».

La bonne marche démocratique de ces pays est évidemment une condition sine qua non de leur rapprochement avec l’UE. La bonne tenue des élections présidentielles de ce dimanche en Géorgie est donc considérée comme un test important. Le favori, Guiorgui Margvelachvili, prône une détente avec Moscou, comme son coreligionnaire et Premier ministre Ivanishvili. Vendredi, les présidents biélorusse et… ukrainien ont même suggéré à Tbilissi de réintégrer le giron de la Communauté des Etats indépendants, soit grosso modo les pays de l’ex-URSS! Mais les autorités géorgiennes le jurent sur tous les tons: rien ne les fera dévier de leur projet d’intégration à l’UE et à l’Otan…

PHILIPPE REGNIER

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