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Le blog de Lucien PONS

Ukraine: "AZOV" - nouvelle force politique est née. Par Yelena Delville

22 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Ukraine, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'Allemagne, #La mondialisation

Non, toujours pas de nazis en Ukraine.
Non, l'Europe ne les voit toujours pas.
J'aimerais que le parlement européen VOTE EN FAVEUR de l'ouverture des frontières (c'est bientôt je crois) avec l'Ukraine.
Et on les verra de très près.

 
Ajoutée le 18 oct. 2016

A vous de juger ...
Le 14 octobre 2016, Azov, sous l'égide d'Andriï Biletski, annonce la création d'un nouveau parti appelé Corps National dont l'ambition affichée est de « prendre le pouvoir et reconquérir les territoires "
Mémo: A la base, le bataillon, puis régiment « Azov" est un des bataillons dits volontaires qui avaient participé à l'opération punitive dans le Donbass. Avec les bataillons Aïdar, Donbass, Dnepr-1 et Dnepr-2, il était financé par l'oligarque Igor Kolomoïsky. Après la décision des autorités ukrainiennes de liquider toute formation armée illicite, ces régiments ont été invités à rejoindre les troupes du ministère ukrainien de la Défense
Wiki: Le Régiment Azov (ukrainien : Полк « Азов »), jusqu'à septembre 2014 bataillon Azov (en ukrainien : Батальйон « Азов ») connu aussi sous le nom des « hommes en noir »1 est une unité paramilitaire spéciale formée de volontaires ukrainiens intégrée à la garde nationale ukrainienne. Il est placé sous le commandement du ministère de l'intérieur d'Ukraine, et intégré aux « forces de défense » par l’État-major ukrainien. Ce bataillon chargé de lutter contre l'insurrection armée pro-russe à l'Est, a été formé le 5 mai 2014, d'abord à Marioupol pour garder les bâtiments administratifs2. Ensuite le bataillon a été basé à Berdiansk. Il doit son nom à la mer d'Azov. Il était composé d'environ 800 volontaires fin 2014 mais vit ses effectifs rapidement décuplés en raison de sa popularité croissante durant l'année 2015, portant le nombre de combattants potentiels à plus de 3000 fin 2016. Les combattants, venus surtout de l'Ouest de l'Ukraine proviennent aussi du centre et de l'est de l'Ukraine. Le régiment compte également dans ses rangs de nombreux combattants issus des pays voisins ainsi qu'un contingent d'Europe occidentale jusqu'en 2015 d'apparence plus minoritaire. En 2015, Azov s'est doté d'une branche politique activiste avec la création d'un corps civil divisé en plusieurs branches à travers toute l'Ukraine et qui se charge de coordonner des actions militantes pour le compte du régiment

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(VIDEO) Déclaration du Président Zakhartchenko suite au meurtre de Motorola. Le 17 octobre 2016

22 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Terrorisme, #L'OTAN.

(VIDEO) Déclaration du Président Zakhartchenko suite au meurtre de Motorola. Le 17 octobre 2016
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Les raisons cachées de la russophobie en Europe par Luc Etib

18 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #Comité pour une Nouvelle résistance, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #l'horreur économique

Les raisons cachées de la russophobie en Europe par Luc Etib
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Pendant ce temps, dans le sous-continent...Rédigé par Observatus geopoliticus 

15 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme

Pendant ce temps, dans le sous-continent...

15 Octobre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Aujourd'hui à Goa s'est ouvert le sommet annuel des BRICS. Des décisions considérables, des changements tectoniques s'y font habituellement jour, mais le sommet de cette année est quelque peu particulier et pose autant de questions qu'il n'apporte de réponses. Dans sa tentative désespérée (et, à terme, vaine) de conserver son hégémonie, l'empire semble avoir en l'occurrence réussi à partiellement casser la dynamique de développement des BRICS. L'une des rares victoires dont peut se prévaloir Washington ces derniers temps...

Le Brésil a été retourné par un coup d'Etat constitutionnel et la multipolaire Dilma a été poignardée dans le dos par son Brutus à elle, l'informateur de l'ambassade US Michel Temer. Il sera d'ailleurs amusant de voir ce bon petit pion du système impérial côtoyer Poutine ou Xi Jinping, même si une surprise n'est pas impossible. D'autre part, l'aigle essaie depuis des années et avec abnégation de détacher l'Inde du camp eurasien et de la placer sous l'égide de la pax americana. Aussi attend-on moins de ce sommet que de ceux qui l'ont précédé.

Il a lieu alors que la tension indo-pakistanaise, vieux serpent de mer des relations internationales depuis plus d'un demi-siècle, atteint un nouveau pic suite aux incidents du Cachemire il y a deux semaines, faisant une nouvelle fois planer le spectre nucléaire. Là encore, rien de neuf sous les cimes enneigées du K2, le conflit cachemiri dure depuis l'indépendance des deux pays en 1947.

Votre serviteur se donne la parole :

On en connaît l’histoire : une population majoritairement musulmane réclamant son rattachement au Pakistan en 1947, un maharadja hindou souhaitant son rattachement à l’Inde, une partition en deux qui laisse chacun sur sa faim. New Delhi veut récupérer la partie septentrionale ; Islamabad revendique la partie méridionale et instrumentalise les mouvements islamistes qui y mènent la guérilla. Une douzaine de groupes rebelles combattent au Cachemire indien pour son indépendance ou son rattachement au Pakistan, dans un conflit qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. A partir du milieu des années 1990, ces mouvements furent rejoints par des djihadistes étrangers, arabes et afghans, formés au combat en Afghanistan lors du djihad contre les Soviétiques.

Mais ce conflit dépasse le seul cadre territorial ou identitaire. Pour le pouvoir pakistanais, la question du Cachemire permet de mobiliser et d’unir derrière lui une société divisée et de faire passer au second plan l’impéritie économique des différents gouvernements qui se sont succédé. Quant à l’armée, elle justifie par ce conflit son budget colossal. Il faut noter enfin que le Cachemire est également un enjeu hydrographique, le Pakistan, et dans une moindre mesure l’Inde, étant fortement tributaires des rivières qui descendent de ses montagnes.

Sous l’ombre du K2, cet abcès de fixation à la confluence de trois religions – islam, bouddhisme et hindouisme – est également à la croisée de trois puissances nucléaires. Au terme de l’agression chinoise de 1962, condamnée à la fois, fait rare, par l’URSS et les Etats-Unis, Pékin occupa définitivement le territoire indien de l’Aksaï Chin, bande de terre désolée mitoyenne du Cachemire et du Tibet. Le Pakistan a, de plus, cédé à la Chine une partie de son Cachemire septentrional gagné sur l’Inde, sans doute à dessein, afin de compliquer le règlement du conflit, car l’Inde ne peut évidemment pas reconnaître cette cession d’un territoire qu’elle a perdu et qu’elle revendique toujours.

Le conflit cachemiri est inextricable et explosif, assurément l’un des points les plus chauds du globe malgré l’altitude glacée à laquelle il se déroule, et surveillé de près par tous les états-majors du monde. Au-delà du refus de rendre à l’Inde une région qu’il considère comme lui revenant de plein droit, il semble de toute façon impossible que le Pakistan envisage des négociations de restitution du Cachemire septentrional. Celui-ci est en effet devenu, avec le développement des relations avec sino-pakistanaises, un territoire stratégiquement essentiel : c’est le seul point de contact terrestre entre la Chine et le Pakistan, reliés par la fameuse Karakoram Highway, la route la plus haute du monde, par où transitent biens commerciaux et équipements militaires. Et demain, peut-être, le pétrole et le gaz coulant de Gwadar jusqu’au Xinjiang chinois.

On le voit, l'équation est déjà compliquée par la présence d'un troisième acteur - le dragon chinois - alors que l'ombre des deux grands plane derrière. Mais nous y reviendrons plus loin... Sur la genèse historique et géographique du conflit cachemiri, on lira également avec profit cette excellente analyse.

Quelques jours plus tard, au Pakistan, une bombe faisait sauter un train dans la province rétive du Baloutchistan, tuant six personnes. Tout sauf un hasard... Dans l'article pré-cité, j'écrivais :

Le Baloutchistan représente une zone de turbulence et d’instabilité récurrente. C’est un conflit peu connu du grand public occidental – sans doute parce que les insurgés sont d’obédience marxiste et non islamiste - mais qui peut se révéler pour le Pakistan au moins aussi dangereux que les troubles des zones tribales.

Ayant constitué un royaume indépendant par le passé, les Baloutches ont vu d’un très mauvais œil la constitution de l’Etat pakistanais en 1947 et pas moins de cinq guerres insurrectionnelles ont eu lieu depuis, guerres que l’Inde est accusée d’avoir attisées afin d’affaiblir le frère ennemi. New Delhi a en effet tout intérêt à ce que la situation au Baloutchistan s’envenime, faisant ainsi d'une pierre deux coups : empêcher la Chine de s'implanter dans cette zone stratégique (plusieurs expatriés chinois y ont trouvé la mort) tout en déstabilisant le Pakistan, déjà englué dans les zones tribales et au Cachemire.

Car la région est d’une importance immense avec le fameux nœud de Gwadar, port "donné" à Pékin au sortir du Golfe persique et autour duquel se tisse l’alliance stratégique et énergétique entre la Chine, le Pakistan et l’Iran.

Ainsi, Islamabad et New Delhi semblent continuer leur éternel petit jeu de déstabilisations et de coups bas, ce au moment où ils entrent dans l'Organisation de Coopération de Shanghai ! Certes, le couple sino-russe tentera d'apaiser les rancœurs entre les frères ennemis du sous-continent mais ça ne sera peut-être pas aussi simple...

Si les recompositions d'après-Guerre froide furent rapides avec les pays somme toute relativement insignifiants d'Europe orientale ou de l'ex-URSS, il n'en est pas de même avec les mastodontes eurasiatiques. Et certains événements de ce dernier quart de siècle (11 septembre, guerre d'Afghanistan, campagne de l'empire contre l'Eurasie etc.) sont encore venus compliquer la donne, l'immuable loi des vases communicants faisant le reste...

Durant la Guerre froide, les lignes étaient claires : URSS-Inde vs USA-Chine-Pakistan. De ces alliances/oppositions, que reste-t-il aujourd'hui ? Commençons par le plus simple :

Russie-USA :

Facile...

USA-Chine :

La lune de miel américano-maoïste pour faire contrepoids à l'URSS dans les années 60, 70 et 80 est finie. Le dragon est la plus grande perte de l'empire.

Chine-Russie :

Le couple du XXIème siècle, ce blog le documente presque chaque jour. L'hystérie hégémonique US a poussé Moscou et Pékin dans les bras l'un de l'autre.

Inde-Pakistan :

Je t'aime, moi non plus.

Chine-Pakistan :

La symbiose entre ces deux-là est toujours d'actualité. Il se pourrait d'ailleurs que Xi fasse le facteur d'Islamabad et délivre un message à Modi au cours de ce sommet des BRICS. La traditionnelle alliance sino-pakistanaise est même redoublée depuis que Pékin a la folie des grandeurs et entreprend le projet Gwadar que nous avons évoqué plus haut, aussi appelé China-Pakistan Economic Corridor (CPEC). Certains journaux pakistanais l'affirment : cela transformera le pays.

Au sortir du Golfe persique, à deux pas de l'Iran lui aussi en marche vers l'intégration eurasiatique, cette route stratégique doublée de pipelines transportera le gaz et le pétrole moyen-oriental en Chine via les somptueux décors himalayens, évitant la mer et la capacité de nuisance de la puissance maritime.

Coloriez le Pakistan et l'anneau eurasien se referme, la boucle est bouclée... D'autant plus qu'au centre, se trouvent les -stan d'Asie centrale, membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai et parties  prenantes des routes de la Soie chinoises et/ou de l'Union eurasienne russe.

 

 

 

Jusqu'ici, ça va. C'est maintenant que les complications commencent...

Inde-Russie :

L'alliance traditionnelle de la Guerre froide a largement survécu et les deux pays coopèrent toujours militairement, énergétiquement, diplomatiquement, financièrement (dédollarisation). 70% de l'armement indien est d'origine russe et nous apprenons d'ailleurs aujourd'hui que Moscou fournira ses fameux S-400 à l'Inde, la mettant au même rang que la Chine et au-dessus de l'Iran (qui n'a bénéficié "que" de S-300). La Russie est, avec le Japon, le seul pays de la planète à tenir annuellement un sommet bilatéral avec New Delhi. Bref, l'amitié indo-russe est là pour durer et il y a plus de chance qu'un homme mettre le pied sur Pluton que de voir ces deux-là se placer dans des camps opposés. Sauf que...

Inde-USA :

Depuis plus de quinze ans, Washington travaille l'Inde pour tenter de la retourner. Cela avait déjà commencé sous Clinton (le mari), puis l'inénarrable "guerre contre le terrorisme" de Bush (le fils) avait pu faire croire à l'Inde que les Américains étaient sérieux. Soyons justes : l'AfPak post-2001 est sans doute le seul endroit du monde où Washington a réellement lutté contre le djihadisme/islamisme/terrorisme, et pour New Delhi, c'est tout ce qui comptait. A mesure que le double-jeu pakistanais apparaissait au grand jour, le rapprochement entre les Etats-Unis et l'Inde était inévitable. Ca ne va pas encore très loin mais quelques signes dérangeants sont apparus ces dernières années.

En 2009, l'empire avait fait pression sur l'Inde pour qu'elle abandonne l'IPI, gazoduc Iran-Pakistan-Inde déjà dans les cartons, et choisisse à la place l'aberrant TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde). Alors certes, la situation a un peu évolué depuis :

L'accord sur le nucléaire iranien et la levée des sanctions ont pour conséquence de faire revivre le projet saboté par Washington de gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI). Dans leur volonté d'isoler l'Iran, les Américains avaient réussi à détourner l'Inde du projet en 2009 et tentaient de promouvoir l'invraisemblable TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) censé passer au beau milieu des Talibans sans que ceux-ci ne s'en rendent compte. Trêve de délire et retour à la réalité, l'Inde est maintenant de nouveau intéressée par l'IPI et le projet fait sens.

Mais le fait que New Delhi ait pu, comme de vulgaires eurocrates de Bruxelles, succomber aux mirages énergétiques promus par tonton Sam laisse rêveur...

Et il y a deux mois, un accord inédit a été signé entre les marines des deux Etats. Pas de panique à bord, ce LEMAO autorise seulement les navires à faire relâche et à se ravitailler dans les ports du partenaire en cas d'exercices militaires ou de mission humanitaire et ne stipule en aucun cas le déploiement de troupes sur lesdites bases. M'enfin, tout de même... On sait très bien comment fonctionne l'entrisme de l'empire et sa politique des petits pas.

Russie-Pakistan :

Ce rapprochement a peut-être allumé quelques lumières rouges au Kremlin. Deux semaines après la signature du LEMAO, Moscou et Islamabad annonçaient une grande première, à savoir des exercices militaires conjoints. Quelle révolution copernicienne par rapport aux années 80, quand le Pakistan, main dans la main avec les Saoudiens et les Américains, armait et envoyait moudjahidins et djihadistes tuer du Soviétique. Ou quand il sortait de son chapeau les Talibans contre Massoud, désormais soutenu par les Russes ! Après l'ivresse, la gueule de bois : quinze années de guerre dans les zones tribales et d'attentats partout ailleurs semblent avoir ramené sur terre Islamabad, revenue de ses chimères islamistes. Le rapprochement avec Moscou est finalement dans la logique des choses...

Cependant, derrière la scène des soldats russes faisant leur petit footing à Rawalpindi (là-même où Ben Laden s'était caché au grand jour, nouvelle ironie), l'on peut voir un avertissement subliminal du Kremlin à New Delhi. Nous aussi, on peut vous emm... C'était dans les tuyaux depuis quelques années déjà et c'est également peu ou prou confirmé par un officiel pakistanais qui explique que c'est le resserrement des liens américano-indiens qui provoque le rapprochement de son pays avec la Russie. Apparemment, le message est passé et la Nouvelle Delhi n'a pas trop bien pris la chose. Mais la millénaire sagesse indienne sait bien qu'on ne peut avoir le curry et l'argent du curry...

USA-Pakistan :

Les anciens meilleurs amis du monde (soutien US à la dictature islamiste de Zia dans les années 70, aux généraux moudjahidinisés dans les années 80, talibanisés dans les années 90) ont divorcé. A croire que Washington ne peut s'accommoder que de régimes flirtant avec le djihadisme et que le Pakistan quelque peu "désislamisé" d'aujourd'hui ne l'intéresse plus...

Toujours est-il que les relations sont en berne et que des membres du Congrès travaillent même à une proposition de loi qualifiant le Pakistan d'Etat sponsorisant le terrorisme. Décidément, après l'Arabie saoudite, le Congrès veut couper l'Amérique de tous ses petits copains fondamentalistes. Pour être honnête, les termes employés dans le texte sont marqués au coin du bon sens, mais cette loi a quarante ans de retard ! Après avoir utilisé jusqu'à la corde le Pakistan et les différentes nébuleuses islamistes sous son contrôle, l'empire du chaos jette ce qui ne lui sert plus, alors même que ce pays commence à se normaliser.

Chine-Inde :

Pour compliquer encore un peu les choses, les relations entre les deux poids lourds asiatiques, traditionnellement adversaires, s'améliorent. C'est notamment dû à la personnalité de Modi, aux affaires depuis 2014 et fervent admirateur du modèle chinois. Les dernières années "américanisantes" de Singh ont été réorientées vers un renforcement de la coopération eurasiatique, notamment avec Pékin.

Elu Premier ministre, Modi avait attendu deux mois pour réserver sa première visite officielle à l'étranger à l'importantissime sommet des BRICS de Brasilia (là où fut prise la décision de créer la banque des BRICS et après laquelle éclata, ô douce coïncidence, la crise du MH17 au-dessus de l'Ukraine). Ajoutons aussi que, d'une certaine façon, le LEMAO signé en août était en discussions depuis dix ans et n'est pas son œuvre.

Toutefois, les sujets de discorde avec le dragon restent légion, notamment l'alliance sino-pakistanaise, et ce n'est pas le réchauffement brûlant de la question cachemirie qui fera penser le contraire.

 

Ainsi va le Grand jeu dans le sous-continent, de l'infernal binôme indo-pakistanais à la sourde lutte entre l'empire maritime et le duopole eurasien. Là comme ailleurs, les Etats-Unis sont en net recul, ayant perdu presque deux (Chine et Pakistan) pour gagner un tiers (Inde). Peut-être le plan sino-russe au sein de l'Organisation de Coopération de Shanghai consistait-il à amener chacun son poulain - le Pakistan pour Pékin, l'Inde pour la Russie - et les réconcilier sous l'égide eurasienne. Régler ce conflit presque immémorial serait une belle réussite pour l'OCS et la chose est loin d'être irréalisable ; déjà, nous avons assisté à une intégration inimaginable il y a encore peu. Mais les vieux antagonismes sont toujours prêts à se réveiller et le système impérial ne se privera de jouer dessus afin d'enrayer son déclin.

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Hollande déboussolé face à Poutine. La France plus isolée que jamais. Par Hadrien Desuin dans "Causeur".

15 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La France, #La Russie, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #l'islamisme, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE

Hollande déboussolé face à Poutine

La France plus isolée que jamais

Auteur

Hadrien Desuin
Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

Publié le 13 octobre 2016 

Mots-clés : , , , ,

 
 
hollande poutine russie alep syrie

Sipa. Feature Reference: AP21827575_000063 .

Le report sine die de la visite du président russe à Paris, pourtant prévue de longue date, est un nouvel épisode du burlesque qui guide notre diplomatie depuis presque cinq ans. L’inauguration de la cathédrale orthodoxe du quai Branly était l’occasion pour la France de se replacer dans le jeu diplomatique alors que les relations américano-russes sont au plus bas. Mais François Hollande n’a pas eu le courage de préserver l’indépendance de la France. Il a préféré rallier in extremis les bons élèves du camp occidental.

Hollande improvise sur TMC

Dans une séquence improvisée, François Hollande a benoitement livré au micro de TMC ses hésitations. “Je me suis posé la question (…) Est-ce que c’est utile ? Est-ce que c’est nécessaire ? Est-ce que ça peut être une pression ?”  Il commence par confirmer au jeune journaliste qui se trouvait là qu’il va recevoir le président russe et il finit sa phrase en ânonnant “si je le reçois…” Il est tellement sincère, au fond, notre président. On le voit hésiter, trembler en direct. Comme une Léonarda diplomatique. Cet homme n’aime pas ce pour quoi il a été élu: décider et choisir. Il laisse la décision à Vladimir Poutine. Et Vladimir Poutine de lui répondre moqueur :  “je viendrai quand François Hollande sera prêt”. Comme si Hollande n’était pas vraiment dans son assiette. Pas vraiment maître de lui même. Après tout, la France doit parler à Moscou pour exister sur la scène internationale. Mais la Russie n’a pas besoin de Paris pour compter dans le monde.

Bluff présidentiel

Désireux de se ressaisir et de dissiper ce perpétuel sentiment de flou, François Hollande a tenté devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe de prouver qu’il avait un cap, qu’il avait la carrure de Vladimir Poutine. Il a ainsi prétendu avoir reporté l’entrevue suite à ”un désaccord majeur entre la Russie et la France ». Mais c’est trop tard, le mal est fait. La France s’est humiliée.

Drapé dans une logique humanitaire à sens unique, Jean-Marc Ayrault semble, de son côté, avoir enfilé les bottes de Laurent Fabius. Après le départ de ce dernier au Conseil Constitutionnel, la diplomatie française semblait pouvoir prendre une tournure un poil plus réaliste. En particulier dans ces deux grandes crises ukrainienne et syrienne mais depuis c’est la rechute. Le retour des grandes déclarations, des coups de menton et des doigts levés; cette parodie d’Aristide Briand à la SDN.

La Russie a du mettre son véto à la résolution française de cessez le feu à Alep. Une gifle que le quai d’Orsay n’a pas digérée. Car Poutine est déterminé à terminer le siège des quartiers Est et à reprendre le contrôle de la Syrie septentrionale. Il s’agit pour Moscou, Téhéran et Damas d’infliger une cuisante défaite aux rebelles djihadistes alliés à la branche syrienne d’Al-Qaïda (leur « divorce blanc » n’a trompé personne pour reprendre l’expression de Fabrice Balanche).

 

Obama a besoin de Poutine

Moscou entend accélérer les choses avant les élections américaines. Les deux candidats promettent de replacer les Etats-Unis au rang de leader du monde libre mais ils ne prêteront serment que fin janvier. En attendant, Barack Obama n’a pas caché son souhait de reprendre Mossoul avant son départ de la Maison-Blanche. Sa priorité est la chute de Daech et il sait qu’il doit compter malgré tout sur Moscou pour atteindre son but. La course contre-la-montre est engagée. Tout doit être terminé pour l’hiver.

A l’initiative de Moscou et Damas, plusieurs cessez-le-feu ont déjà été négociés ou proposés à Alep, sous l’égide de l’ONU, afin que la population alépine puisse sortir de ce piège. Malheureusement, les groupes djihadistes ont interdit à la population d’en profiter. La population civile est le bouclier humain et la caution morale des djihadistes et de leur famille. Les hôpitaux abritent des QG, ils permettent aux grands chefs de la rébellion de se protéger mais aussi d’exposer les blessés aux bombardements de l’aviation russe (comme à Kunduz avec l’aviation américaine). Le but est de jouer sur la corde humanitaire occidentale et de provoquer une intervention sinon une pression occidentale sur Poutine.

La France se fait le porte-voix  de ses clients du Golfe. Lesquels relayent les cris des groupes djihadistes enfermés dans Alep. La France surjoue son rôle de patrie des droits de l’homme et de soldat de la paix. Mais en réalité, elle n’est plus maîtresse de son propre jeu. La France est entrée dans une confrontation avec la Russie qui la marginalise un peu plus. Plutôt que de réactiver une guerre froide inutile avec Moscou, et de multiplier les rebuffades, Paris ferait mieux d’assumer le dialogue. Pour combattre notre seul et vrai ennemi commun, les djihadistes.

 

Hadrien Desuin

  • Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

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M6, une chaîne néo-réac? Islam, FN: les chiens de garde scandalisés. Par Hadrien Desuin dans "Causeur".

15 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La République, #La France, #La mondialisation, #l'horreur économique, #l'islamisme, #UOIF-Frères Musulmans

M6, une chaîne néo-réac?

Islam, FN: les chiens de garde scandalisés

Auteur

Hadrien Desuin
Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

Publié le 10 octobre 2016

Entre son émission "Dossier Tabou" sur l'islam français et l'entretien de Karine Le Marchand avec Marine Le Pen, M6 essuie ces derniers jours une polémique bien de chez nous.

 

m6 islam villardiere lepen

L’intrusion du journaliste Bernard de La Villardière au fin fond de la Seine-Saint-Denis vaut au présentateur de la sixième chaîne une indignation qui souffle du plateau de Cyril Hanouna au blog du directeur adjoint de L’Express en passant par le quotidien gratuit 20 minutes. Comme un écho du flot d’insultes déversés sur son compte Twitter. Le CSA a été saisi et Nicolas de Tavernost, président de la chaîne M6 a reçu une docte lettre du président de L’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco. Pour l’ancien secrétaire général de François Mitterrand « la généralisation des difficultés telles que présentées par ce reportage donne une vision déformée de la réalité ». Comble de la vanité, il s’étonne que M6 n’ait pas mentionné le « travail considérable » effectué par son organisme. La défense de la laïcité par Jean-Louis Bianco mériterait en effet un “Dossier Tabou” à lui tout seul…

 

L’islam, une vache sacrée médiatique

Le célèbre journaliste de “Zone Interdite” et “Enquête exclusive” a plutôt bien choisi le titre de sa nouvelle émission. Selon le Larousse, un tabu est étymologiquement en polynésien “un interdit de caractère religieux qui frappe un être, un objet ou un acte en raison du caractère sacré ou impur qu’on leur attribue.” Par extension, le tabou “a un caractère social et moral qu’il serait malséant d’évoquer, en vertu des convenances sociales ou morales.” “L’islam en France, la république en échec”: le titre de la première émission de Dossier tabou avait tout de la vache sacrée médiatique.

En préliminaire, la présentation de l’émission avait le mérite de ne pas tourner autour du pot. ” Nous avons découvert que les imams les plus extrémistes gagnent du terrain aux dépens de modérés républicains, parfois menacés de mort  (…)  L’Union des Organisations Islamiques de France a pour but de déconnecter la communauté musulmane du reste de la société, de grignoter peu à peu l’espace public au nom de la liberté d’expression pour installer la charia en France. Elle organise de grands rassemblements et attire des centaines de milliers de personnes qui peuvent écouter des prédicateurs étrangers souvent homophobes, antisémites et favorables à la lapidation des femmes. D’anciens Frères Musulmans ont accepté de témoigner pour dévoiler la stratégie cachée du mouvement qui veut former les élites islamistes de demain.
Aussitôt accusé de racolage télévisuel, le sujet choisi par La Villardière avait en effet l’inconvénient d’intéresser le français moyen, au point de réaliser pour sa première un très joli score d’audience, 2,4 millions de téléspectateurs. La « mosquée Daech » de Sevran, louée par un imam de l’UOIF, la branche française des frères musulmans, ne méritait sans doute pas qu’un journaliste se déplace jusque là. Filmer à Sevran une mosquée salafiste clandestine ou une école coranique sur un terrain municipal, franchement quel intérêt sinon de stigmatiser les salafistes? Pour Stéphane Gatignon, maire écolo de Sevran interrogé sur RMC, la venue de l’équipe de M6 n’est rien d’autre que “de la provoc””. Bernard de la Villardière a voulu “faire de l’audience sur le dos de la ville de Sevran” Dans un communiqué il dénonce “une polémique politicienne cherchant à faire de Sevran un Molenbeek français”. Si les jeunes de Sevran partent en Syrie, c’est donc la faute de la course à l’audimat chez M6. Allez comprendre.

Complotisme mainstream

Les chiens de garde du PAF ont aussi pointé, avec un soupçon de complotisme, le montage de la scène d’agression dont La Villardière était forcément le déclencheur. S’appuyant sur une vidéo amateur censée dédouaner les jeunes de Sevran, un certain Ousmane, venait donner du grain à moudre à l’observatoire de l’islamophobie, pardon à l’Observatoire de la laïcité (pardonnez la confusion, mais l’équipe de Jean-Louis Bianco passe visiblement plus de temps à traquer les pourfendeurs de l’islam radical que les ennemis de la laïcité). Silence gêné en revanche quand le Ousmane en question se révèle être un grand admirateur de Dieudonné. La vidéo complète diffusée ensuite par M6 pour éteindre la polémique ne laisse aucun doute sur la bande de voyou ceinturant l’équipe de reportage. Frappés et mis au sol, les journalistes sont contraints de quitter les lieux.
Un geste de solidarité ou un mot de soutien était bien le minimum qu’on pouvait attendre de la part des confrères de La Villardière. Face à un délit d’entrave à la liberté de la presse, la gauche morale, d’habitude si prompte à défendre les libertés, s’est retournée sur l’agresseur blanc à particule. Lequel n’aurait pas dit « bonjour » aux individus qui tentaient d’interrompre son interview (la vidéo de M6 devait démentir cette accusation grotesque). Un peu de sérieux et d’honnêteté suffisent à constater que le journaliste et son équipe étaient au contraire d’une patience infinie avant leur prise à partie.
Au lieu de s’interroger sur la violence de l’islamisme dans certains territoires perdus de la République, les petits marquis de la bien-séance médiatique reprochent à l’équipe de M6 de ne pas avoir demandé aux caïds de la cité l’autorisation de filmer leur terrain de jeu. Pour ne pas traiter le fond du sujet, on lance un contre-feu qui en dit long sur l’état de la liberté d’expression en France.

 

 

 

Hadrien Desuin

Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

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Un député étatsunien écrit à John Kerry : "Commettons nous des crimes de guerre au Yémen" ? (Ron Paul Institute)

15 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La mondialisation, #La France, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Politique étrangère

Un député étatsunien écrit à John Kerry : "Commettons nous des crimes de guerre au Yémen" ? (Ron Paul Institute)

par Daniel Macadams 15 Octobre 2016, 03:41 Yemen Crimes de guerre USA Lieu Lettre Arabie Saoudite Collaboration Crimes contre l'humanité Impérialisme Articles de Sam La Touch

Un député étatsunien écrit à John Kerry : 
"Commettons nous des crimes de guerre au Yémen" ?
Article originel : US Congressman to John Kerry: Are We Committing War Crimes in Yemen ?
Par Daniel Macadams
Ron Paul Institute for Peace and Prosperity

Traduction SLT

Mardi, le représentant des Républicains, Ted Lieu, (D-CA) a écrit une lettre remarquable au Secrétaire d'État John Kerry. Evoquant le "carnage civil causé par la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite au Yémen", le Républicain Lieu a exprimé ses inquiétudes à Kerry notamment que le gouvernement étatsunien pourrait être "responsable de crimes de guerre au Yémen" du fait du soutien matériel étatsunien continu à l'attaque saoudienne en cours sur son voisin du sud.

Selon le Républicain Lieu, il semble clair que les Saoudiens visent intentionnellement des civils au Yémen et que le soutien des Etats-Unis envers l'Arabie Saoudite dans une guerre si illégale et immorale signifie que Washington en partage la responsabilité avec Riyad.

Lieu a écrit :

 

Les bombardements répétés et fréquents sur les civils montrent que la question n'a pas à voir avec l'incompétence brute de la coalition militaire saoudienne. Les apologistes de la coalition saoudienne peuvent peut-être défendre quelques erreurs, mais il y a eu plus de 70 attaques aériennes illégales. Il apparaît que la coalition saoudienne vise intentionnellement des civils ou bien qu'elle ne distingue pas entre les civils et les objectifs militaires. Dans les deux cas il s'agit de crimes de guerre...
L'arrêt immédiat du soutien et de l'incitation de la coalition militaire saoudienne aiderait non seulement à réduire le risque légal encouru par les officiels étatsuniens, cela enverrait un message fort au monde que les Etats-Unis respectent les lois de la guerre et les droits humains fondamentaux.

La semaine dernière, les avions de chasse saoudiens ont bombardé des obsèques au Yémen, tuant ou blessant près de 1.000 civils. Les rapports suggèrent qu'après le bombardement initial sur les obsèques, des avions de chasse saoudiens sont retournés pour attaquer les premiers secours. Des fragments de bombes fabriqués aux États-Unis ont été photographiés sur le site.

Il n'y a eu aucune communication sur une éventuelle réponse du Département d'État à la lettre du Républicain Lieu.

Souvent de telles lettres sont envoyées par un groupe de Représentants pour montrer la solidarité sur un sujet. La présence seule du Républicain Lieu sur la lettre pourrait signifier que ses collègues ont refusé de le rejoindre sur ce sujet ou peut-être qu'il n'a pas recherché l'assistance de ses collègues.

Un député étatsunien écrit à John Kerry : "Commettons nous des crimes de guerre au Yémen" ?  (Ron Paul Institute)
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Syrie : un Vannetais raconte l’enfer de la guerre à Alep. Reportage de Lionel Cabioch pour Ouest France.

15 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La Russie, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Les média, #ISIL

Source : Lionel Cabioch, pour Ouest France, le 13 octobre 2016.

ouestfrance_syrie

Depuis huit mois, le Vannetais Pierre Le Corf vient en aide aux habitants d’Alep en Syrie grâce à son ONG « We are superheroes ». A 27 ans, il est le seul étranger à vivre dans la ville assiégée confrontée à des bombardements incessants ces derniers jours. Il développe des projets éducatifs avec des enfants des rues et de jeunes diplômés à Alep mais aussi des actions de formation aux premiers soins. Témoignage.

Entretien avec Pierre Le Corf, 27 ans, seul étranger à vivre depuis huit mois à Alep.

La vidéo est à voir sur le site "les crises".

Le lien est à la fin de l'article.

De retour en France cet été, vous avez finalement décidé de repartir vivre à Alep. Pourquoi ?

 

Je devais revenir pour poursuivre ce que j’ai initié ici. Je me suis attaché aux habitants dont je suis très proche. J’essaie de les aider du mieux que je peux. J’ai envie de me battre avec eux, jusqu’à mon dernier souffle.

Concrètement que faites-vous sur le terrain ?

J’ai développé des projets qui commencent à bien fonctionner, notamment un programme d’actions culturelles. Il vise à emmener entre 400 et 600 jeunes, personnes âgées et familles, au cinéma.

Sans cette initiative, personne n’y aurait accès, car les places sont très chères. C’est une belle évasion pour eux, même si y aller est un risque, car l’unique salle se trouve près de la ligne de front et reçoit beaucoup de mortiers.J’essaie aussi de connecter les jeunes et les personnes âgées une fois par mois. Je fais également des jeux avec les enfants. Un autre programme consiste à former aux premiers soins, avec une distribution de matériel médical.

Votre mission est aussi de préparer l’après-guerre…

Oui. Nous accompagnons les jeunes dans le montage de projets personnels et professionnels. L’important est qu’ils bâtissent des choses à Alep. Et bien sûr, on les aide dans leur reconstruction psychologique.

Comment vivent-ils la situation ?

On vit en état de siège. On n’a ni eau ni électricité. Les gens ont du mal à vivre avec la guerre, mais pour autant ils l’ont acceptée. Ils vivent une sorte de déni et font semblant de ne pas la voir. C’est très difficile. Il y aura beaucoup de travail à faire pour reconstruire les gens de l’intérieur.

Y a-t-il un fossé entre ce qui se dit en France et ce que vous vivez à Alep ?

Il y a un abysse. Ici, à l’ouest, c’est particulier, nous vivons comme des fantômes. Nos bombardements, personne n’en parle. Le monde a les yeux tournés vers l’est de la ville, mais ferme les yeux sur l’ouest, où vivent 1 200 000 personnes qui doivent affronter le terrorisme au quotidien.

Nous subissons les roquettes, les mortiers, les balles explosives, les bonbonnes de gaz montées en roquette… Tout ça est envoyé par le Front Al-Nosra, des terroristes affiliés à Al-Qaida que l’on appelle des rebelles modérés en Occident, alors qu’ils essaient de conquérir le territoire pour en faire un état islamique. On est pris en otages.

Quel est le quotidien de la population ?

La population essaie de continuer à vivre et à croire en demain. Ce qui est très difficile, puisque la guerre a saccagé les rêves des gens. La journée est rythmée par les explosions, les attaques, la mort des gens que l’on connaît ou pas. Mais le quotidien, c’est aussi de belles histoires d’amitié, de fraternité, d’entraide.

La guerre a vraiment rapproché les habitants, leur a donné l’envie de se tenir plus par la main. Ils essaient de maintenir l’espoir en se réunissant en famille ou entre amis. Mais il y a beaucoup de périodes de latence où ils errent dans les rues, dans les cafés, ne sachant pas quoi faire et ne sachant surtout pas ce qu’ils vont devenir.

Et vous, quelle est votre condition d’étranger à Alep ?

Mon quotidien c’est d’essayer d’aider les gens. Ce qui n’est pas évident car en tant que seul étranger ici, je dois faire face à une pression énorme. Je suis un peu cassé de l’intérieur. J’ai vu beaucoup de gens mourir. J’ai essayé d’en secourir. J’ai pu sauver quelques vies. Je passe mon temps avec les familles. Je travaille avec des volontaires.Pour l’heure, je finance tout de ma poche et ça demande beaucoup d’investissement. Ça commence à être dur. Je dois désormais lever des fonds pour pouvoir continuer…

Quand pensez-vous rentrer ?

Je ne sais pas. Je n’ai pas de date. L’idée pour moi est de travailler dur pour que les projets puissent se pérenniser avec ou sans ma présence.

Il est possible de faire un don à l’organisation sur le site internet de We are superheroes ou via sa page Facebook.

 

3 réponses à Syrie : un Vannetais raconte l’enfer de la guerre à Alep

  1. Fritz Le 15 octobre 2016 
    Merci au journaliste d’avoir interrogé cet homme… Jusqu’à présent, “humanitaire” rimait plutôt avec mensonge de guerre.

    Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien. Mais au bout du compte, la vérité finira par l’emporter.

    Le discours dominant sur l’humanitaire en Syrie, c’est plutôt ça :
    https://humanitaire.revues.org/1809
    Hillary C. (célèbre pour son sens du bénévolat) réclame une zone d’exclusion aérienne et des corridors humanitaires en Syrie : http://aa.com.tr/fr/politique/hillary-clinton-appelle-%C3%A0-une-zone-d-exclusion-a%C3%A9rienne-sur-la-syrie/407520

  2. Pascalcs Le 15 octobre 2016 
    C’est un témoignage de plus qui sous-tend les dires et descriptions de la situation à Alep fait par la journaliste Vanessa Beeley dont il est question dans un des thèmes du site. Peut être devrait on demander à M. Tenzer d’inviter ce courageux jeune homme dans son cours de Sciences Po….
  3. John Le 15 octobre 2016 
     

    Au bout de 5 ans de guerre, le stock de munition/arme/nourriture existant avant le début du conflit a été épuisé donc les combattants actuels ont besoin de soutien étranger pour continuer le conflit. Les rebelles modérés ont disparus avec le stock initial de ressource/matériel, ensuite ils ont du prêter allégeance au drapeau noir pour recevoir les financements des voisins wahhabites.

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Que peuvent les Russes face à une attaque américaine en Syrie ?

15 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La mondialisation, #L'OTAN., #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Daesch

Que peuvent les Russes face à une attaque américaine en Syrie ?

Aux dernières nouvelles, la Russie a lancé un ultimatum passif aux États-Unis sur la Syrie
Saker US
Saker US

Par The Saker – Le 5 octobre 2016 – Source The Saker

Les tensions entre la Russie et les États-Unis ont atteint un niveau sans précédent. Je suis totalement d’accord avec les participants à l’émission CrossTalk, la situation est même pire et plus dangereuse que pendant la crise des missiles cubains. Les deux camps se dirigent maintenant vers ce qu’on appelle un Plan B  qui, pour le dire simplement, représente au mieux pas de négociations et, au pire, une guerre entre la Russie et les États-Unis.

L’essentiel à comprendre dans la position russe, dans d’autres conflits récents avec les Etats-Unis, est que la Russie est toujours beaucoup plus faible qu’eux et qu’elle ne veut par conséquent pas la guerre. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne s’y prépare pas activement. En réalité, elle le fait intensément et activement. Tout cela signifie que si un conflit éclatait, la Russie essaierait, autant qu’elle le peut, de le maintenir aussi limité que possible.

Théoriquement, les niveaux possibles de confrontation sont, en gros, les suivants :

  1. Une impasse militaire du genre Berlin 1961. On pourrait dire que c’est déjà en cours en ce moment, quoique à distance et de manière moins visible.
  2. Un incident militaire unique, comme ce qui est s’est passé récemment lorsque la Turquie a abattu un SU-24 russe et que la Russie a choisi de ne pas riposter.
  3. Une série d’affrontements localisés semblables à ce qui se passe actuellement entre l’Inde et le Pakistan.
  4. Un conflit limité au théâtre de guerre syrien (disons comme une guerre entre le Royaume-Uni et l’Argentine à propos des îles Malouines).
  5. Une confrontation régionale ou mondiale entre les États-Unis et la Russie.
  6. Une guerre thermonucléaire totale entre les États-Unis et la Russie.

Pendant mes années d’études en stratégie militaire, j’ai participé à de nombreux exercices d’escalade et de désescalade, et je peux attester que s’il est très facile de trouver des scénarios d’escalade, j’attends encore de voir un scénario de désescalade crédible. Ce qui est possible, cependant, c’est l’«escalade horizontale» ou «escalade asymétrique», dans laquelle un camp choisit de ne pas faire monter les enchères ou de pratiquer directement l’escalade, mais choisit plutôt une autre cible de représailles, pas nécessairement plus utile, seulement différente, mais de même niveau d’importance conceptuelle (aux États-Unis, Joshua M. Epstein et Spencer D. Bakich ont fait la plus grande partie du travail novateur à ce sujet).

La principale raison pour laquelle nous pouvons nous attendre à ce que le Kremlin tente de trouver des options asymétriques pour répondre à une attaque des États-Unis est que dans le contexte syrien, la Russie est désespérément sous-armée par rapport aux États-Unis/OTAN, du moins quantitativement. La solution logique pour les Russes est d’utiliser leur avantage qualitatif ou de chercher des «cibles horizontales» comme options possibles pour des représailles. Cette semaine, quelque chose de très intéressant et de très inhabituel s’est produit : le major-général Igor Konachenkov, le chef de la Direction du service de presse et d’information du ministère de la Défense de la Fédération de Russie, a ouvertement mentionné l’une de ces options. Voici ce qu’il a dit :

«En ce qui concerne les menaces de Kirby [porte-parole du Département d’État] sur de possibles pertes d’avions russes et le renvoi de soldats russes en Russie dans des sacs mortuaires, je voudrais dire que nous savons exactement où et comment de nombreux «spécialistes non officiels» opèrent en Syrie et dans la province d’Alep, et nous savons qu’ils sont impliqués dans la planification opérationnelle et supervisent les interventions des militants. Bien sûr, on peut continuer à insister sur le fait qu’ils sont impliqués sans succès dans la tentative de séparer les terroristes de al-Nusra des forces de l’«opposition». Mais si quelqu’un tente de mettre ces menaces à exécution, il n’est pas du tout certain que ces militants auront le temps de se sortir de là.»

Sympathique, non ? Konachenkov semble menacer les «militants», mais il est sûr de mentionner qu’il y a beaucoup de «spécialistes non officiels» parmi ceux-ci et que la Russie sait exactement où ils sont et combien il y en a. Bien sûr, officiellement Obama a déclaré qu’il y a quelques centaines de conseillers spéciaux en Syrie. Une source russe bien informée suggère qu’il y a plus de 5 000 conseillers étrangers auprès des Takfiris, y compris environ 4 000 Américains. Je suppose que la vérité est quelque part entre ces deux chiffres.

Donc la menace russe est simple : vous nous attaquez et nous attaquerons les forces étasuniennes en Syrie. Bien sûr, la Russie niera farouchement viser les militaires américains et insistera pour dire que l’attaque n’était dirigée que contre des terroristes, mais les deux camps comprendront ce qui se passe ici. Fait intéressant, la semaine dernière, l’agence de presse iranienne Fars a rapporté qu’une telle attaque russe avait déjà eu lieu :

30 agents israélien du renseignement extérieur tués dans une attaque de missile Kalibr russe à Alep : 

«Les navires de guerre russes ont tiré trois missiles Kalibr sur la salle des opérations de coordination d’officiers étrangers dans la région de Dar Ezza dans la partie ouest d’Alep, près de la montagne Sam’an, tuant 30 officiers israéliens et étrangers», a annoncé le service en arabe de l’agence de presse russe Sputnik, citant une source du champ de bataille d’Alep qui l’a dit mercredi. La salle des opérations était située dans la partie occidentale de la province d’Alep au milieu de la haute montagne Sam’an et d’anciennes grottes. La région est profondément insérée dans une chaîne montagneuse. Plusieurs officiers américains, turcs, saoudiens, qataris et britanniques ont aussi été tués en même temps que les officiers israéliens. Les officiers étrangers qui ont été tués dans la salle des opérations d’Alep dirigeaient les attaques des terroristes à Alep et Idlib.» 

Que cela se soit vraiment passé ou que les Russes diffusent de telles histoires pour indiquer que cela pourrait arriver, le fait reste que les forces étasuniennes en Syrie pourraient devenir une cible évidente pour une riposte russe, par missile de croisière, bombes traditionnelles ou opération directe par les forces spéciales russes. Les États-Unis ont aussi plusieurs installations militaires secrètes en Syrie, y compris au moins un aérodrome avec des avions à rotors basculants à mission multiple V-22.

Un autre développement intéressant a été l’information rapportée par Fox News selon laquelle les Russes déploient des S-300V (c’est-à-dire des systèmes anti-missiles et anti-aériens SA-23 Gladiator) en Syrie. Lisez cet excellent article pour une analyse détaillée des capacités de ce système anti-missile. Je le résumerai en disant que les S-300V peuvent contrer des missiles balistiques, des missiles de croisière, des avions radar à très basse altitude (furtifs) et des avions AWACS. C’est un système de défense aérienne au niveau d’une armée ou d’un corps d’armée, tout à fait capable de défendre la plus grande partie de l’espace aérien syrien, mais aussi d’atteindre la Turquie, Chypre, la Méditerranée orientale et le Liban. Les radars puissants de ce système pourraient non seulement détecter et accrocher des avions américains (y compris furtifs) à longue distance, mais ils pourraient aussi fournir une aide énorme aux quelques avions de combat russes assurant la supériorité aérienne en leur fournissant une image claire du ciel et de l’aviation ennemie en utilisant des liaisons cryptées. Enfin, la doctrine aérienne étasunienne est extrêmement dépendante de l’usage des avions AWACS pour guider et soutenir les combattants américains. Les S-300V contraindront les AWACS des USA/OTAN à opérer à des distances très inconfortables. Entre les radars à longue portée des Sukhoi russes, les radars sur les croiseurs russes au large de la côte syrienne et les radars des S-300 et S-300V au sol, les Russes auront une bien meilleure vision de la situation que leurs homologues américains.

Il semble que les Russes s’efforcent de compenser leur infériorité numérique en déployant des systèmes haut de gamme pour lesquels les États-Unis n’ont pas de véritable équivalent ni de bonnes contre-mesures.

Il y a essentiellement deux possibilités de dissuasion : le déni, lorsque vous empêchez votre ennemi de frapper ses cibles, et la riposte, lorsque vous rendez les coûts d’une attaque ennemie inacceptables pour lui. Les Russes semblent suivre les deux pistes à la fois. Nous pouvons donc résumer l’approche russe de la manière suivante :

  1. Retarder autant que possible une confrontation en gagnant du temps.
  2. Tenter de maintenir toute confrontation au niveau d’escalade le plus bas possible.
  3. Si possible, répliquer avec des escalades asymétriques/horizontales.
  4. Plutôt que de l’«emporter» contre les USA/OTAN, rendre les coûts de l’attaque trop élevés.
  5. Essayer de faire pression sur les «alliés» des États-Unis dans le but de créer des tensions au sein de l’Empire.
  6. Essayer de paralyser les États-Unis au niveau politique en rendant les coûts d’une attaque politiquement trop onéreux.
  7. Essayer de créer progressivement les conditions sur le terrain (Alep) qui rendent futile une attaque des États-Unis.

Pour ceux qui ont grandi avec les films de Hollywood et qui continuent à regarder la télévision, ce genre de stratégie ne suscitera que frustration et condamnation. Il y a des millions de stratèges en chambre qui sont sûrs qu’ils pourraient faire un bien meilleur travail que Poutine pour contrer l’Empire US. Ces gens nous ont dit depuis des années maintenant que Poutine a «vendu» les Syriens (et les Novorusses) et que les Russes devraient faire ceci ou cela pour vaincre l’Empire anglosioniste. La bonne nouvelle est qu’aucun de ces stratèges en chambre n’est au Kremlin et que les Russes s’en sont tenus à leur stratégie ces dernières années, un jour après l’autre, même lorsqu’ils étaient critiqués par ceux qui veulent des solutions rapides et «faciles». Mais la principale bonne nouvelle est que la stratégie russe fonctionne. Non seulement l’Ukraine occupée par les nazis est en train de s’effondrer, mais les États-Unis sont fondamentalement à court d’options en Syrie (voir cette excellente analyse de mon ami Alexander Mercouris dans The Duran).

La seule étape logique qui reste pour les États-Unis en Syrie est d’accepter les conditions de la Russie ou de s’en aller. Le problème est que je ne suis pas convaincu que les néocons, qui dirigent la Maison Blanche, le Congrès et les médias dominants américains, soient «rationnels». C’est pourquoi les Russes ont recouru à tant de tactiques dilatoires et pourquoi ils ont agi avec une aussi grande prudence : ils affrontent des idéologues professionnels incompétents qui ne se conforment tout simplement pas aux règles non écrites, mais claires, qui président à des relations internationales civilisées. C’est ce qui rend la crise actuelle encore beaucoup plus grave que la crise des missiles cubains : une superpuissance est clairement devenue folle.

Les Américains sont-ils assez fous pour risquer une Troisième Guerre mondiale à cause d’Alep ?

Peut-être que oui, peut-être que non. Mais qu’en est-il si nous reformulons la questions et demandons…

Les Américains sont-ils assez fous pour risquer une Troisième Guerre mondiale afin de maintenir leur statut de «nation indispensable dans le monde», de «dirigeant du ‘monde libre’», de «Cité sur la colline» et tout le reste de leur non-sens impérialiste ?

Là, je suggérerais que oui, ils en sont potentiellement capables.

Après tout, les néocons ont raison lorsqu’ils ont le sentiment que si la Russie se met à défier ouvertement les États-Unis et à les vaincre en Syrie, personne ne prendra plus jamais les anglosionistes au sérieux [dans leur posture exceptionnaliste, NdT].

Que croyez-vous que pensent les néocons lorsqu’ils voient le président des Philippines qualifier publiquement Obama de «fils de pute» et puis dit à l’Union européenne d’«aller se faire foutre» ?

Bien sûr, les néocons peuvent encore trouver un certain réconfort dans la soumission abjecte des élites politiques européennes, mais ils savent que l’inscription est sur le mur 1 et que leur Empire tombe rapidement en ruines, non seulement en Syrie, en Ukraine ou en Asie mais même aux États-Unis. Le plus grand danger ici est que les néocons puissent tenter de rassembler la nation autour de son drapeau, soit en mettant en scène une nouvelle action sous fausse bannière soit en déclenchant une véritable crise internationale.

En ce moment précis, tout ce que nous pouvons faire est d’attendre en espérant qu’il y ait suffisamment de résistance au sein du gouvernement pour empêcher une attaque des États-Unis sur la Syrie avant que la nouvelle administration entre en fonction. Et tandis que je ne suis pas un partisan de Trump, je serais d’accord que Hillary et sa méchante cabale de néocons russophobes est si mauvaise que Trump me donne quelque espoir, du moins par rapport à Hillary.

Donc si Trump l’emporte, la stratégie de la Russie sera fondamentalement justifiée. Une fois que Trump est à la Maison Blanche, il y a au moins la possibilité d’une redéfinition complète des relations entre les États-Unis et la Russie, qui commenceraient évidemment par une désescalade en Syrie. Alors que Obama/Hillary refusent catégoriquement de se débarrasser de Daesh (par là, je veux dire al-Nusra, al-Qaïda et toutes leurs diverses dénominations), Trump semble déterminé à les combattre sérieusement, même si cela signifie que Assad reste au pouvoir. Il y a très certainement une base pour un dialogue ici. Si Hillary gagne, alors les Russes devront faire un choix absolument crucial : quelle est l’importance de la Syrie dans le contexte de leur objectif de rendre à nouveau la Russie souveraine et faire tomber l’Empire anglosioniste ? Une autre manière de formuler la même question est : «La Russie préférerait-elle une confrontation avec l’Empire en Syrie ou en Ukraine ?»

Une façon d’évaluer l’état d’esprit en Russie est d’examiner le langage d’une loi récente proposée par le président Poutine et adoptée par la Douma et relative à l’Accord entre la Russie et les États-Unis sur la gestion et l’élimination du Plutonium (PMDA dans son sigle anglais), qui, de nouveau, a vu les États-Unis échouer encore une fois à remplir leurs obligations, et que la Russie a maintenant suspendu. Ce qui est intéressant est le langage choisi par les Russes pour énumérer les conditions auxquelles ils recommenceraient à participer à cet accord et, fondamentalement, seraient d’accord pour reprendre tout type de négociations sur l’armement :

  1. Une réduction de l’infrastructure militaire et du nombre de troupes américaines stationnées sur le territoire des États membres de l’OTAN qui ont rejoint l’alliance après le 1er septembre 2000, aux niveaux où ils étaient au moment où l’accord original est entré en vigueur.
  2. L’abandon de la politique hostile des États-Unis à l’égard de la Russie, ce qui exigerait l’abolition de la Loi Magnitsky de 2012 et des conditions de la Loi sur le soutien à la liberté de l’Ukraine de 2014, qui étaient dirigées contre la Russie.
  3. L’abolition de toutes les sanctions imposées par les États-Unis sur certains ressortissants de la Fédération de Russie, individus et entités légales russes.
  4. La compensation de tous les dommages subis par la Russie en raison de l’imposition de sanctions.
  5. Les États-Unis sont aussi tenus de soumettre un plan clair pour l’élimination irréversible du plutonium couverte par le PMDA.

Non, les Russes ne délirent pas. Ils savent très bien que les États-Unis n’accepteront jamais de telles conditions. Donc de quoi s’agit-il réellement ? C’est une façon diplomatique mais sans ambiguïté de leur dire exactement la même chose que le président philippin Duterte (et Victoria Nuland) a dit à l’Union européenne.

Les Américains devraient commencer à faire attention.

The Saker

Article original paru sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par jj pour le Saker francophone

 
  1.  « L’inscription sur le mur », un idiotisme, est un présage de destin douloureux ou de malheur. Il est tiré du Livre de Daniel où un écrit surnaturel prédit la chute de Babylone. La version anglaise « The writing on the wall » est très utilisée dans la littérature. Wikipédia
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Fiche signalétique des Casques blancs

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN., #La mondialisation

Fiche signalétique des Casques blancs




Par Simon Wood – Le 5 octobre 2016 – Source Off Guardian

À propos des Casques blancs, voici quelques faits que vous devez connaître. Partagez-les avec votre famille et vos amis qui croient encore en les médias commerciaux occidentaux.

* Les Casques blancs, aussi appelés Défense civile syrienne, ne sont pas ce qu’ils prétendent être. Le groupe n’est pas syrien ; il a été créé avec des fonds étasuniens et britanniques, sous la supervision d’un entrepreneur d’armes britannique en 2013, en Turquie.

* Le nom «Défense civile syrienne» a été volé à l’organisation syrienne légitime du même nom. L’authentique Défense civile syrienne avait été fondée en 1953 et est un membre fondateur de l’Organisation internationale de défense civile (1958).

* Le nom de «Casques blancs» a été improprement repris de l’organisation de secours argentine légitime Cascos Blancos / White Helmets. En 2014, Cascos Blancos / White Helmets a été honoré par les Nations unies pour 20 ans d’aide humanitaire internationale.

* Les Casques blancs de l’OTAN sont d’abord une campagne médiatique pour soutenir les objectifs de changement de régime des États-Unis et de leurs alliés. Après avoir été fondé par l’entrepreneur en sécurité James LeMesurier, la «marque» Casques blancs lui a été attribuée en 2014 par une société de marketing nommée «La campagne syrienne», gérée depuis New York par des non-Syriens comme Anna Nolan. «La Campagne syrienne» avait elle-même été «incubée» par une autre société de marketing nommée «Purpose» .

* L’affirmation des Casques blancs qu’ils sont «neutres, impartiaux et humanitaires» et «au service de tous les habitants de Syrie» est fausse. En réalité, ils ne travaillent que dans des zones contrôlées par l’opposition violente, principalement des terroristes associés avec Nusra/al-Qaïda (récemment renommé Jabhat Fath al Sham).

* Les Casques blancs affirment être sans armes, mais c’est faux. Il y a des photos  montrant leurs membres portant des armes et célébrant des victoires militaires de Nusra/al-Qaïda.

* Les Casques blancs affirment être apolitiques et non alignés, mais c’est faux. En réalité, ils promeuvent activement et font pression en faveur de l’intervention des États-Unis et de l’OTAN, violant ainsi les règles du travail humanitaire authentique.

* La description de Right Livelihood [dit «prix Nobel alternatif» en français, NdT] selon laquelle la «Défense civile syrienne» a sauvé 60 000 personnes et «soutient la fourniture de services médicaux à près de 7 millions de personnes» est fausse. En réalité, il reste peu de civils dans les zones contrôlées par les terroristes en Syrie. C’est pourquoi nous voyons ces vidéos choquantes représentant les Casques blancs.

* Les Casques blancs de l’OTAN sapent et détournent d’elles le travail d’authentiques organisations comme la VRAIE Défense civile syrienne et le Croissant-Rouge arabe syrien.

* Le récent film Neflix sur les Casques blancs n’est pas un documentaire ; c’est une auto-publicité promotionnelle. Les réalisateurs n’ont jamais mis un pied en Syrie. La vidéo syrienne, réelle ou mise en scène, a été fournie par les Casques blancs eux-mêmes. Depuis le début, avec les scènes montrant un acteur Casque blanc disant à son petit garçon de ne pas faire la vie dure à sa maman et jusqu’à la fin, la vidéo est artificielle et manipulatrice. La vidéo a été produite par une société de marketing commerciale, Violet Films/Ultra Violet Consulting, qui fait de la publicité pour ses services dans la «gestion de médias sociaux», la «gestion de foules» et la «mise en œuvre de campagnes médiatiques».

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

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