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Le blog de Lucien PONS

Justice des vainqueurs, retour sur Srebrenica

31 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #La Yougoslavie

Justice des vainqueurs, retour sur Srebrenica

 

Général Dominique Delawarde  – Iveris.eu – Tribune libre 23.3.2019

Le 20 mars 2019, Radovan Karadzic, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Aucune vraie surprise à première vue. Toutefois, en y regardant de plus près, un témoignage capital de 2005, celui du général canadien Mac Kenzie, commandant la Force de l’ONU à l’époque des faits, met en évidence un « deux poids, deux mesures » du jugement, flagrant et choquant à la fois, et conteste, à juste titre, certains aspects de la « vérité médiatique » devenue « vérité historique »(1).

 

 

Radovan Karadzic, là où devraient être assis tous les « responsables » US en gros et en détail si le TPYI était un vrai tribunal international et non une officine de gangsters

 

 

Ayant servi à Sarajevo très peu de temps avant les faits (hiver 94-95), puis à nouveau quatre ans après (lors de l’enquête 1999-2000), je suis en mesure de confirmer certains aspects de ce témoignage.

 

Que dit le général Mac Kenzie ? Il donne trois éléments clefs :

 

1 – Avant le « massacre », Naser Orić, jeune chef bosniaque (musulman) de 25 ans prend, en 1992, le commandement du secteur de Srebrenica. De 1993 jusqu’à juillet 1995, il entreprend une série de raids et de massacres dans des dizaines de petits villages serbes autour de la ville pour étendre son territoire. Le montant total des pertes infligées aux Serbes est, selon Mac Kenzie, au moins égal à celui des pertes bosniaques imputables au massacre de Srebrenica et ce sont ces actions bosniaques répétées et meurtrières qui ont suscité la réaction militaire serbe sur Srebrenica en 1995, réaction qui a débouché sur un massacre « de revanche ».

Cette partie du témoignage de Mac Kenzie est confirmée par le général français Morillon lorsqu’il déclare : « Dans la nuit du Noël orthodoxe, nuit sacrée de janvier 1993, Naser Orić a mené des raids sur des villages serbes… Il y a eu des têtes coupées, des massacres abominables commis par les forces de Naser Orić dans tous les villages avoisinants ».

Elle est confirmée par le procureur du TPYI qui déclare de son côté : « Naser Orić est à ce moment-là, l’autorité régnante et le seigneur de guerre de Srebrenica »….  « Il devient ivre de pouvoir » et « ne s’embarrasse pas de faire respecter les lois et coutumes de la guerre. Ses hommes attaquent, pillent et brûlent une cinquantaine de villages et hameaux serbes des alentours. À Kravica et dans d’autres villages, Orić commande et prend part personnellement à ces attaques », selon son acte d’accusation.

2 – Ce massacre n’est pas un génocide. Le général Mac Kenzie dit que les femmes, les enfants et les vieillards ont été évacués de la ville de Srebrenica et transportés en zone bosniaque avant le présumé massacre. Ceci n’était évidemment pas la pratique de Naser Orić lors de ses attaques sur les villages serbes. Mais ce simple fait exclut, selon Mac Kenzie, l’utilisation du mot « génocide » par les forces serbes.

3 – Un  bilan du massacre très exagéré. Mac Kenzie dit enfin que l’expression de « jusqu’à 8.000 morts » utilisée par les médias pour quantifier l’ampleur du massacre est fortement exagérée car elle inclut 5.000 présumés disparus et que 2.000 corps seulement ont été retrouvés dont beaucoup étaient imputables aux nombreux combats ayant eu lieu avant le présumé « massacre ».

Je confirme personnellement cette version des faits qui accrédite une hypothèse beaucoup plus basse de l’ampleur du massacre pour une raison simple : j’ai suivi, sur le terrain et scrupuleusement, l’élection d’après-guerre (en 2000) pour la ville de Srebrenica, élection supervisée par l’OSCE. La circonscription de Srebrenica a été gagnée, à une assez forte majorité, par les bosniaques musulmans. L’ampleur de cette victoire n’aurait pas été possible si 8.000 électeurs musulmans de la ville avaient été vraiment massacrés en juillet 1995.

Comme l’a dit le général Mac Kenzie, la mathématique élémentaire ne colle pas avec l’expression médiatique « jusqu’à 8.000 ». De nombreux « présumés disparus » dans le massacre de Srebrenica sont donc « réapparus » pour voter en l’an 2000. Ils s’étaient simplement réfugiés ailleurs le temps du conflit. Les médias occidentaux ont préféré ignorer cette petite information pourtant révélatrice.

Mac Kenzie a la caractéristique de n’être ni serbe, ni bosniaque. C’est un général canadien. On ne peut le soupçonner de partialité. Ses propos sur le massacre des villages serbes avant Srebrenica ont d’ailleurs été confirmés par le général Morillon, général Français, qui l’a précédé à Sarajevo. L’auteur des massacres des Serbes Naser Orić, commandant les forces bosniaques, a mis lui-même la main à la pâte et, aux dires de Mac Kenzie, a massacré plus de Serbes dans les villages autour de Srebrenica que Mladic n’en a tué dans la ville. Il a été condamné à deux ans de prison en première instance et acquitté en appel. Karadzic, qui n’a pas participé directement à des actions de guerre contre les bosniaques mais était le chef d’état de la République serbe autoproclamée de Bosnie, donc responsable des actes de ses subordonnés, est condamné à la perpétuité.

Comment expliquer ce deux poids, deux-mesures ? La justice est rendue par les vainqueurs. « Vae Victis », malheur aux vaincus.       

L’histoire est écrite par les vainqueurs. Dans ce cadre, la vérité médiatique du camp des vainqueurs de « l‘après victoire » devient « vérité historique », si biaisée soit-elle, si romancée soit-elle, si mensongère soit-elle. Elle devient très vite la seule vérité historique « politiquement correcte ». Celui qui s’élève pour la corriger ou  la remettre  en  question  est immédiatement qualifié, au  mieux de « révisionniste », au pire de « négationniste »…

Les voix qui s’élèvent, comme celles du général Mac Kenzie, celle du général Morillon, ou très modestement la mienne, dans le cas de Srebrenica, sont étouffés par le fracas médiatique. La vérité historique ? Ce sont les médias et les juges du camp des vainqueurs qui l’écrivent et nul témoin, présumé impartial, et même appartenant au camp des vainqueurs, n’est admis à faire valoir un constat différent. C’est la vie.…

S’il fallait pendre tous les vrais criminels de guerre, alors une belle brochette de chefs d’État ou de chefs militaires du camp occidental (celui des vainqueurs) auraient été pendus depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, à commencer par Hashim Thaci, actuel président de la république du Kosovo, promu à cette fonction par les occidentaux, mais trafiquant d’organes lors de la guerre du Kosovo. Il utilisait les prisonniers de guerre serbes comme une « banque d’organes frais » et il faisait exécuter ses prisonniers au fur et à mesure des commandes qu’il recevait. Et je ne parle évidemment pas des chefs d’État qui déclenchent des guerres sous des prétextes mensongers et font tuer, par leurs forces armées, des centaines de milliers de personnes en Irak, en Syrie ou ailleurs, qui font légaliser ou couvrent la torture exécutée par les spadassins de leurs pays, ou encore rendent tristement célèbres les noms d’Abu Graib, de Guantanamo ou de Gaza. Et je n’évoque pas les chefs d’État qui font exécuter « le génocide à petit feux » de la nation palestinienne sur ses terres ancestrales ou couvrent l’apartheid et le nettoyage ethnique en Palestine de leur silence coupable.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir », disait La Fontaine. C’est la vie.…

La conclusion de mon propos est la suivante : à force de nous être assénée quotidiennement pendant des mois, voire des années, la vérité « médiatique » du camp des vainqueurs devient, souvent à tort, la vérité « historique ».

Si certains mensonges sont parfois rapidement éventés (couveuses du Koweit, Timisoara, armes de destruction massives de Saddam, attaque au gaz de la Goutha), d’autres vérités dérangeantes ne le sont qu’après déclassification d’archives secrètes, un demi-siècle ou davantage, après les faits. Encore faut-il que quelqu’un ait l’idée de « tirer sur le fil du mensonge et que tout vienne…. »

Par ailleurs, dans les jugements rendus en fin de conflit, le camp des perdants paie, à faute égale, un prix beaucoup plus élevé que le camp des gagnants qui fournit les juges du tribunal et les rémunère. C’est la vie……

Dominique Delawarde

 

Source : https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/418-justice_des_vainqueurs_retour_sur_srebrenica_

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L’étendue des destructions de l’OTAN en Yougoslavie

31 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #La Yougoslavie

L’étendue des

destructions de l’OTAN

en Yougoslavie

 

Russia Insider – 25.3.2019

L’étendue des destructions de l’OTAN en Yougoslavie

 

Il y a 16 ans [20 aujourd’hui, ndt], l’« Organisation de défense collective » a lancé une guerre illégale contre la Yougoslavie [avec la bénédiction de tous les autres États de l’Union Européenne et de la Grande Bretagne. ndt]

Cet article, extrait de nos archives, a été publié pour la première fois par Russia Insider en mars 2015 (Tanjug)

Source d’origine : Tanjug. Traduit pour Russia Insider par Mihajlo Doknic

 

____________________

 

 

Il y a 16 ans, sans Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’OTAN a lancé une attaque illégale sur la Yougoslavie. Aujourd’hui, des cérémonies commémoratives se sont déroulées dans tout le pays. Tanjug aligne les quelques chiffres qui montrent l’étendue de la destruction du pays et des pertes en vies humaines.

 

 

 

Mission accomplished : pays détruit, populations massacrées

 

 

Le 24 mars 1999, sans la moindre résolution du Conseil de Sécurité, l’OTAN a déclenché une agression militaire contre la Yougoslavie [la Serbie et le Montenegro].

La Yougoslavie, prétendue responsable d’une « catastrophe humanitaire » au Kosovo-et-Métochie, a été agressée, après que les soi-disant négociations de Rambouillet sur le statut futur du Kosovo aient échoué. Les accords de Rambouillet prévoyaient le déploiement de forces de l’OTAN sur le territoire de la Yougoslavie. La partie yougoslave ne voulait pas de troupes de l’OTAN sur son territoire et a proposé que ce soient des troupes de l’ONU qui soient déployées pour superviser la mise en œuvre des accords de Rambouillet, ce qui fut confirmé par le Parlement yougoslave.

Insatisfaite, l’OTAN a alors déchaîné une offensive militaire massive sur le petit pays et son people, qui s’est soldée par d’innombrables destructions et la perte de nombreuses vies. Le général Wesley Clark, qui dirigeait la campagne, a admis, dans son livre La guerre moderne, que le projet et les préparations pour la guerre étaient déjà en cours en 1998, et définitivement arrêtés en août 1998. Ce qui signifie que les « négociations » de Rambouillet n’ont jamais eu la moindre chance d’aboutir.

 

Aujourd’hui, « Tanjug » aligne quelques chiffres qui ont été rendus publics par le gouvernement serbe, montrant éloquemment les dévastations de toutes sortes et la destruction du pays qui ont résulté de l’offensive de l’OTAN

 

  • Plus de 2500 personnes tuées, dont plus de 1.500 civils
  • 500 personnes blessées
  • Un tiers des capacités du pays en électricité et en énergie détruit
  • Coût total des destructions matérielles : plus de 100 milliards de dollars.

 

Il n’y a pas une seule ville en Serbie qui n’ait été prise pour cible par l’OTAN. L’étendue des dégâts structurels s’est élevé à :

 

  • 000 maisons et appartements
  • 470 kms de routes
  • 595 kms de voies ferrées
  • 14 aéroports
  • 39 hôpitaux et centres médicaux
  • 69 écoles
  • 19 écoles maternelles
  • 176 objets culturels
  • 82 ponts

 

Le pilonnage de ce tout petit pays par les troupes de l’OTAN a impliqué :

 

  • 150 avions
  • 300 attaques [sorties] par l’aviation
  • 300 missiles Cruise Middle lancés
  • 000 bombes à fragmentation [interdites]
  • 000 tonnes de bombes et d’autres munitions
  • Des munitions à l’uranium appauvri

 

Après des efforts diplomatiques, la signature de l’Accord Technique Militaire de Kumanovo (Macédoine) Il a été mis fin aux bombardements et à l’agression le 9 juin, à condition que l’armée yougoslave se retirerait du Kosovo dans les trois jours.

Ce jour-là, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté la Résolution 1244, et quelque 37.000 soldats « de la KFOR » ont été envoyés au Kosovo [en réalité, c’est l’OTAN qui y a commandé la force du maintien de la paix], avec pour mandat d’assurer la paix et la stabilité et de permettre le retour des réfugiés, jusqu’à ce qu’un large statut d’autonomie ait été négocié pour le Kosovo.

Avec le soutien des USA, de l’OTAN et de la majorité des pays de l’UE, le Kosovo a déclaré son indépendance en 2008… !

Tous ceux en somme, qui se sont ensuite si bruyamment opposés à l’auto-détermination de la Crimée ou d’autres parties de l’Ukraine…

 

Source : https://russia-insider.com/en/history/extent-natos-destruction-yugoslavia/ri4901

URL de cet article : http://blog.lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr/index.php/letendue-des-destructions-de-lotan-en-yougoslavie/

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

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Manifestante blessée à Nice: la version de Macron et du procureur contredite par des policiers. Par Pascale Pascariello

31 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Les violences policières

Manifestante blessée à Nice: la version de Macron et du procureur contredite par des policiers. Par Pascale Pascariello

Manifestante blessée à Nice: la version de Macron et du procureur contredite par des policiers

28 mars 2019 Par Pascale Pascariello

La militante Geneviève Legay a été gravement blessée samedi 23 mars à Nice. Le président de la République et le procureur ont depuis affirmé que les forces de l’ordre ne l’avaient pas touchée. Or, le jour même de la manifestation, un rapport policier, consulté par Mediapart, attestait du contraire. D’autres témoignages qui renforcent l’idée d’un mensonge orchestré.

Le mensonge des autorités est grossier. Depuis le samedi 23 mars, des vidéos et des versions contradictoires circulent avec une question centrale : Geneviève Legay, porte-parole d’Attac, gravement blessée lors d'un rassemblement à Nice, a-t-elle été heurtée par les forces de l'ordre ? Le président de la République et le procureur de la République n'ont eu de cesse de répondre par la négative à cette question. Mais selon les informations obtenues par Mediapart, un policier expliquait le jour même du rassemblement sur procès-verbal qu’au vu des premiers éléments de l'enquête, la victime, âgée de 73 ans, avait été heurtée par « un homme portant un bouclier ».

Les images diffusées depuis le 23 mars, qui ont provoqué une forte émotion dans le pays, montrent cette militante historique en train de manifester pacifiquement avec un drapeau arc-en-ciel à la main, et quelques secondes après, soudainement allongée au sol avec du sang autour du visage.

Geneviève Legay a été hospitalisée pour « hémorragie méningée frontale gauche, hématome occipital droit, hématome cérébelleux droit, fracture de l’os rocher droit, fracture de l’os pariétal droit, fracture médico-sphénoïdale ».

Geneviève Legay, samedi 23 mars à Nice, lors d'un rassemblement des gilets jaunes. © Reuters

Le jour même, Jean-Michel Prêtre, le procureur de la République de Nice, ouvre une enquête « en recherche des causes des blessures » et affirme qu’elle a chuté « et s’est cognée contre un pylône fixe ». Le lundi 25 mars, avec autant d’assurance, il indique, lors d’une conférence de presse, que Geneviève Legay « n’a pas été touchée par des policiers. Il n’y a aucun contact direct entre un policier et cette dame ».

Pourtant, les premiers éléments de l’enquête contredisent ces affirmations. Dans un procès-verbal que Mediapart a pu consulter, daté du 23 mars à 19 h 05, un officier de police judiciaire (OPJ) écrit : « Selon les premiers éléments recueillis, la septuagénaire aurait été bousculée par un homme qui portait un bouclier, sans plus de précisions [sic] ».

Au cours de son audition, un autre policier, ayant participé à la charge, précise : « Nous avons chargé, donc effectivement nous avons poussé les personnes devant nous. (…) C’est après la charge en me retournant que j’ai constaté qu’une femme était à terre. »

Dans un entretien avec Nice Matin, publié le lundi 25 mars, le président de la République déclare que « pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable(…) Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci ». Là encore, les premiers constats de l’enquête sont enterrés : Emmanuel Macron assure que « cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre ».

Arié Alimi, avocat de la famille, a déposé plainte contre « X » pour « violence volontaire en réunion avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique et sur personne vulnérable ». « Notre plainte vise aussi Georges-François Leclerc, préfet des Alpes-Maritimes, pour complicité de violences volontaires aggravées », et « nous déposons également plainte pour subornation de témoin ».

En effet, selon l'avocat, « lorsque Madame Legay s’est réveillée à l’hôpital, le samedi 23 mars 2019, elle a indiqué que des policiers sont venus à deux reprises dans sa chambre et qu’une policière a essayé avec insistance de lui faire dire que c’était un caméraman qui l’avait bousculée, et non les forces de l’ordre ».

Mediapart a également pu consulter ce procès-verbal : lors de l’audition de Geneviève Legay, la policière l’interroge effectivement sur la présence d’un journaliste et lui demande si elle se rappelle de lui et de ses agissements. En revanche, lorsque la victime affirme avoir été poussée par les forces de l’ordre, elle ne lui demande pas de détailler son récit.

La piste d’une chute provoquée par un journaliste sera cependant vite écartée. « Nous étions à deux mètres d’elle comme je l'ai expliqué aux policiers lors de mon audition, relate à Mediapart le garde du corps d'une journaliste et d'un caméraman, tous trois présents lors de la charge policière. Geneviève Legay était comme nous en première ligne, personne ne l’a séparée des policiers qui ont chargé brutalement. Je n’ai pas vu lorsqu’elle est tombée. Je suis moi-même tombé et j’ai entraîné avec moi le caméraman pour le protéger. Quand je me suis relevé, j’ai vu qu’elle était à terre avec du sang qui coulait de sa bouche. »

Lire aussi

D’autres témoignages que nous avons recueillis confirment que Geneviève Legay a été touchée par « un homme qui portait un bouclier ». Thibault Huart, street medic, secouriste auprès des personnes blessées lors des manifestations, précise : « Geneviève Legay a reçu un coup de bouclier au visage et s’est effondrée à ce moment-là. J’étais à un ou deux mètres d’elle avant et pendant la charge des policiers. Elle a bien reçu un coup des forces de police au visage, ce qui l’a fait tomber. Ensuite j’ai dû m’occuper d’un journaliste et je ne l’ai retrouvée que lorsqu’elle était à terre. J’ai voulu l’aider mais des policiers m’ont empêché de le faire. »

Un autre street medic, René Paysant, a publié une vidéo dans laquelle il dénonce les interdictions faites par les policiers aux street medics de venir en aide à la victime. Thibault Huart et d'autres secouristes s'apprêtent à engager des poursuites pour non-assistance à personne en danger. 

Joint par Mediapart, Bernard M. affirme lui aussi avoir vu Geneviève Legay « poussée par un policier et son bouclier pendant la charge. Une fois à terre, un policier l’a traînée. Elle a reçu des coups de pied. Et elle a été déplacée à deux mètres de sa chute, près d'un plot, d'un pylône ». Ce chef d’entreprise à la retraite a alerté les policiers sur les agissements de leurs collègues. « On m’a demandé de me taire. C’était effrayant. Je ne peux pas passer sous silence ce dont j’ai été témoin. » Le récit de Bernard soulève de grandes interrogations quant à la version du procureur selon laquelle Geneviève Legay aurait heurté un pylône. Ces coups pourraient-ils être à l'origine des côtes fêlées ?

Une chose est sûre, qui ressort de toutes les auditions : le commissaire Rabah Souchi a donné l'ordre de charger. Comme le signale l’un des policiers auditionnés, « à un moment, je me retourne et j’entends Monsieur Souchi dire “Chargez, chargez !” Suite à ces ordres, nous avons chargé les trois sections en même temps. »

Certains policiers ont enjambé Geneviève Legay alors qu’elle était déjà gravement blessée, allongée et presque inconsciente. Un major de police précise : « Je peux vous confirmer que mes hommes ont enjambé ceux qui étaient tombés à terre. » Un autre explique avoir « constaté la présence d’une personne au sol que j’ai dû enjamber pour ne pas trébucher. (…) J’ai continué mon mouvement en compagnie de mes deux collègues et c’est une fois la progression terminée que nous avons constaté que c’était une femme qui était au sol ».

Pour le commissaire Souchi, joint par Mediapart, « suite à ces sommations, il y a eu des avancées adaptées qui font qu’une dame est tombée [sic]. Elle est tombée comment ? C’est un accident. Et il y a une enquête qui est faite sous l’autorité du procureur de la République (…) ». Ces faits sont là encore contredits par des policiers qui ont affirmé lors de l'audition avoir poussé des manifestants lors de la charge.

Le procureur de la République n’a pas donné suite à nos multiples demandes.

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Le parquet de Paris est saisi de l'affaire Alstom. Par Martine Orange

29 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #La France

Le parquet de Paris est saisi de
l'affaire Alstom
Par

Olivier Marleix, ancien président de la commission parlementaire sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle, a saisi le parquet de Paris sur l’affaire Alstom. Le député LR s’interroge sur les conditions de vente qui ont abouti au démantèlement du groupe industriel. Emmanuel Macron, ministre de l’économie à l’époque, est clairement visé.

L’ancien président de la commission parlementaire sur « les décisions de l’État en matière de politique industrielle », Olivier Marleix, a saisi le parquet de Paris, le 17 janvier, au titre de la procédure de l’article 40 du code de procédure pénale, sur l’affaire Alstom. Dans une lettre, révélée par Le Monde, le député LR, qui s’était beaucoup interrogé dans le cadre de la commission d’enquête sur les conditions de vente d'Alstom à GE en 2014, a décidé de signaler au parquet certains faits au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Cet article oblige toute autorité ou tout fonctionnaire à informer la justice de tout fait qui pourrait s'apparenter à un crime ou un délit.

Olivier Marleix s’interroge d’abord sur l’étonnante impunité judiciaire dont a bénéficié le groupe en France, alors qu’Alstom avait reconnu des faits de corruption dans plusieurs pays entre 2000 et 2011. En l’absence de poursuites pénales en France, le département américain de justice (DoJ) s’était emparé du dossier. Cette action judiciaire avait servi de levier pour permettre à son concurrent américain GE de s’emparer de la branche énergie d’Alstom, comme nous l’avions raconté à l’époque.

 

Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, et Patrick Kron, alors pdg d'Alstom en 2015Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, et Patrick Kron, alors pdg d'Alstom en 2015
Un ancien cadre d’Alstom, Frédéric Pierucci, emprisonné pendant plus de 3 ans aux États-Unis, revient dans un livre, Le Piège américain, sorti cette semaine, sur les circonstances de cette vente et sur la façon dont la justice américaine a été utilisée comme outil pour démanteler le groupe français.

 

Dans sa lettre au parquet, Olivier Marleix s’interroge aussi sur l’existence d’un possible « pacte de corruption » au bénéfice du ministre de l’économie de l’époque, Emmanuel Macron, qui a signé l’autorisation de rachat de la branche énergie Alstom par GE.

Lors d’une première commission parlementaire en 2015 sur les conditions de vente d’Alstom, Emmanuel Macron avait alors déclaré que « le gouvernement avait été mis devant le fait accompli » et « s’était trouvé face à un projet totalement ficelé ». En bref, le gouvernement n’avait rien pu faire pour arrêter le projet de démantèlement d’Alstom conçu entre les dirigeants des deux groupes.

Dans les faits, la commission d’enquête parlementaire de 2018 a mis en lumière, à la suite de l’audition de David Azéma, alors responsable de l’Agence des participations de l’État (APE), qu’un projet de démantèlement avait bien été étudié directement par AT Kearney dès décembre 2012.

Celui-ci prévoyait notamment la vente de la branche énergie à GE et la création d'« un Airbus du rail » avec Siemens. Ce projet avait été remis à Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l’Élysée, mais avait été gardé secret, comme notre enquête l’a démontré. Aucune alerte n’avait été donnée ni aux ministres ni à l’administration sur les risques de démantèlement encourus par Alstom.

« Le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées [Alstom, Technip, Alcatel…] ne peut qu’interroger, souligne le député dans son courrier. S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption. »

Au moment où l’affaire Alstom rebondit, ce qu’il reste des activités industrielles d’Alstom en France est clairement menacé. Bien que GE n’ait tenu aucun des engagements contractés auprès du gouvernement français au moment du rachat, notamment en termes de création d’emplois, le gouvernement et Alstom ont abandonné au groupe américain le contrôle complet des co-entreprises qui avaient été constituées en 2015, et particulièrement celui sur les brevets industriels liés à la turbine Arabelle qui équipe toutes les centrales nucléaires et les sous-marins français.

La nouvelle direction de GE, qui considère désormais qu’elle a fait une mauvaise affaire en reprenant les activités énergie d’Alstom, a déprécié de 23 milliards de dollars la valeur de ce rachat qui ne lui en avait coûté que 10 milliards. Une opération comptable lourde de conséquences pour la branche énergie d’Alstom : aux yeux de GE, celle-ci ne vaut plus rien.

Quant à l’Airbus du rail, il semble être sur le point de dérailler. De nombreuses autorités de la concurrence, notamment britannique et allemande, ont fait savoir que le rapprochement entre Siemens et Alstom leur paraît nuire à la concurrence du ferroviaire en Europe. La direction de la concurrence de la Commission européenne a déjà fait savoir combien elle n’était pas convaincue par l’argument de la concurrence chinoise avancé pour justifier ce mariage entre les deux groupes.

Elle estime en outre que les « remèdes »  – en d’autres termes les cessions ou abandons d’activités – proposés par les deux groupes ne lui paraissaient pas suffisants pour supprimer les situations de monopole dans lesquelles pourrait se retrouver le nouvel ensemble.

Très inquiète, l’intersyndicale d’Alstom redoute que le projet n’aboutisse à un démantèlement complet des activités ferroviaires d’Alstom, puisque c’est Siemens qui a clairement la main sur le projet de fusion. L’ensemble des syndicats du groupe demande donc l’abandon total d’un projet qui à leurs yeux n’a qu’un seul motif : verser 1,8 milliard de dividende exceptionnel aux actionnaires, dont Bouygues.

Pour l’instant, le gouvernement se tait, le dossier devenant de plus en plus encombrant .

 

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Retrouver nos principaux articles sur Alstom

 

Les non-dits d’Emmanuel Macron dans l’affaire Alstom

 Vente d’Alstom : l’enjeu caché de la corruption 

Macron rattrapé par son bilan à BercyAlstom ou l’histoire d’une faillite industrielle à la française

Alstom Siemens : un projet de fusion qui prend des airs de liquidation.

 

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Témoignage de Vanessa à propos des violences policières à Nice le 23 mars 2019. "TERREUR SUR LA VILLE".

28 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Violences policières

Témoignage de Vanessa à propos des violences policières à Nice le 23 mars 2019. "TERREUR SUR LA VILLE".

J'étais présente ce samedi 23 mars 2019 et le lundi suivant aux manifestations niçoises.
J'ai vécu de plein fouet la violence de la police.
Violences verbales avec des insultes à l'encontre d'un ami qui filmait.
Violences physiques et psychologiques sur les manifestants et sur les passants totalement étrangers à la manifestation, où je suis intervenue, quand des policiers tentaient de les poursuivre en courant dans la rue pérolière, les menaçant au visage avec un flashball.
Intimidation sur les street medics, observant la manifestation et qui ont été embarqués, sur l'ordre du commandant Souchi, sans justification aucune. Apeurée d'être moi même privée de ma liberté, j'ai laissé faire.
Intimidation et torture psychologique au rendez-vous, lors du passage dans la petite rue en goulot d'étranglement, en bas du parc impérial, où protégée par mon appareil photo, j'ai passé en première ligne la menace du flasball, toujours pointé vers la tête. Fondant en larmes devant le cordon de crs, la pression relâchée, ces mots sont sortis en flot, les yeux dans les yeux: " pourquoi faites vous ça?, pourquoi faites vous ça ? Pourquoi faites vous ça? .... " Réponse du pointeur: " Au moins, tu auras un beau poster à afficher ... "

J'invite toutes les personnes qui étaient présentes à faire circuler leur temoignage, à parler autour d'elles, au buraliste, à l'épicerie du coin, au voisin de café... Vous n'êtes pas seule a avoir eu peur et je vous remercie de votre courage. Malgré les tentatives pernicieuses du gouvernement pour insuffler la terreur dans les esprits par la violence policière, la judiciarisation à outrance des procédures des manifestants arrêtés, et bientôt peut-être la suspension du RSA pour ceux qui auront été condamnés, vous ne nous empecherez pas de nous battre pour une meilleure justice sociale, fiscale et environnementale.

Nous ne lâcherons rien !

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Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019

28 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La santé, #Les Gilets Jaunes, #Services publics

Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019

 

Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019

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Dans l’après-midi d’hier, les députés ont adopté sans surprise, par 349 voix pour et 172 contre, le projet de loi pour l’organisation et la transformation du système de santé. Portée par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, la réforme - qui entérine notamment la suppression du numerus clausus - comporte son lot de défis pour la santé et l’accès aux soins dans les territoires. Pour y faire face, les députés ont reconnu la promotion de la santé comme compétence à part entière des collectivités et confirmé qu’un millier de CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) devraient voir le jour d’ici à 2022. Regroupant tous les professionnels de santé d’un territoire, ces CPTS ont pour but de favoriser le travail en équipe des professionnels de santé libéraux avec notamment la prise en charge de consultations sans rendez-vous, pour soulager l'hôpital.

Des « projets territoriaux de santé »
Pour « mieux structurer l’offre de soins dans les territoires », les députés ont voté, par ailleurs, la création des « projets territoriaux de santé ». Élaborés au sein des conseils territoriaux de santé, notamment à la demande de l'AMF, ils « définissent le territoire pertinent pour la mise en œuvre par ses acteurs de l’organisation des parcours de santé », est-il indiqué dans l'article 7.
Dans le même article, le texte renforce les dispositifs de concertation avec les élus : il est en effet prévu que « dans chaque département, le directeur général ou le directeur de la délégation départementale de l’agence régionale de santé présente devant des élus [parmi lesquels les présidents des EPCI du département et au moins cinq représentants des maires du département, ndlr], au moins une fois par an et en tant que de besoin, le bilan de la mise en œuvre du projet régional de santé au cours de l’année écoulée ainsi que ses orientations pour l’année à venir, notamment sur l’accès aux soins et l’évolution de l’offre en santé ».

Une révision de la carte hospitalière par ordonnances
La loi habilite le gouvernement à réviser la carte hospitalière par ordonnances « pour favoriser l’accès aux soins et au regard des besoins de la population et de l’offre présente sur le territoire concerné ». Il s'agira d'un côté de labelliser entre 500 et 600 « hôpitaux de proximité » recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, mais sans maternité, et avec de la chirurgie sur autorisation strictement encadrée. De l'autre côté, de modifier les règles d'autorisations des activités de soins (chirurgie, maternité, urgences...) et des équipements. De nombreux amendements demandaient la suppression de cet article.
L’article 10, lui, rend obligatoire les commissions médicales au sein des GHT (groupements hospitaliers de territoire), toujours sans la participation des élus locaux. Un amendement soutenu par l’AMF demandait que deux élus siègent au sein de leur comité stratégique, alors que pour l’instant, les élus ne sont représentés qu’au sein du « comité territorial des élus locaux », qui n’est qu’une instance consultative.

L’obligation de stage en zone tendue pour les étudiants en médecine abandonnée
La mesure emblématique de la réforme est la suppression, à compter de la rentrée 2020, du numerus clausus et du concours couperet limitant le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine, dentaire, pharmacie et maïeutique (sage-femme). Les universités, en accord avec les agences régionales de santé, détermineront les effectifs d’étudiants en deuxième et troisième année. Avec un triple objectif : « répondre aux besoins du système de santé, réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins, notamment dans les territoires périurbains, ruraux, de montagne, insulaires et ultramarins, et permettre l’insertion professionnelle des étudiants ». Proposée en commission par des députés La République en marche, la disposition qui prévoyait que les étudiants aient validé, pour accéder au troisième cycle des études de médecine, « un stage situé dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins », a été supprimée (lire Maire info du 20 mars).
La prochaine réunion du groupe de travail mensuel, obtenu par l’AMF et piloté par la ministre des Solidarités et de la Santé, dont l’objectif est « d’associer étroitement les maires et présidents d’intercommunalité au projet de loi santé », est prévue le 5 avril.

Ludovic Galtier (avec AFP)

Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019
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Les dérives autoritaires du président Macron. par Régis de Castelneau

28 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Les dérives policières

Les dérives autoritaires du président Macron. par Régis de Castelneau
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Macron dans l’interview de Nice matin  menteur et indécent. Par Gilles K

27 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Les violences policières

Macron dans l’interview de Nice matin  menteur et indécent. Par Gilles K

Conséquence d'une charge injustifiable ...  mais il faut que l'ordre règne,   ...  en vidant les places et les rues.
Restez chez vous   ...   soyez sage.  Il ne sert à rien de revendiquer. Même si on est pacifique.

Macron dans l’interview de Nice matin  menteur et indécent


 

Je souhaite d’abord qu’elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l’hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille."

La charge de la police était-elle disproportionnée ce samedi matin aux abords de la place Garibaldi en marge d'une manifestation de "gilets jaunes" pourtant interdite ?

Emmanuel Macron s'est montré ferme: "Pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. Je pense que quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci. Cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre. Elle s’est mise en situation d’aller dans un endroit interdit, de manière explicite, et donc d’être prise dans un phénomène de panique. Je le regrette profondément, mais nous devons, partout, faire respecter l’ordre public. Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse."

 

 


La tenue des robots cops ...  jusqu'aux lunettes noires!

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«Le rapport qui va permettre de virer 30 000 fonctionnaires en les faisant passer pour des feignasses!! » L’édito de Charles SANNAT

27 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Services publics

 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Les ficelles sont grosses, mais que voulez-vous, cela fonctionne !

Public ou privé, les méthodes sont toujours les mêmes.

Appelez cela « audit » ou « rapport » éventuellement même « enquête », l’idée est de pondre un document dont la conclusion sera en tout point conforme à la prochaine évolution que souhaitent mettre en place ceux qui dirigent. Ces évolutions porteront le nom de « réformes » ou de « réorganisation ».

Dites-moi donc ce que vous voulez faire et je vous écrirai le rapport qui vous va bien !

Ces études alibis sont devenues un incontournable de la manipulation et de la propagande appelées pudiquement ou plus justement d’ailleurs « fabrication du consentement ».

Tout commence par les titres !

« Exclusif: le rapport choc sur le vrai temps de travail des fonctionnaires »

C’est le titre par exemple de cet article du Figaro. Haaa…. Enfoirés de fonctionnaires qui ne fichent rien ! En plus avec mon argent de contribuable ! Ca y est je me sens « haineux » !!!

Voilà j’ai bon ? Et bien c’était exactement le but recherché. Créer de l’animosité et justifier la suppression de certains postes.

Sauf, que dans une véritable démocratie et dans un pays où les relations devraient être apaisées nous devrions pouvoir parler de la suppression de certains postes sans avoir à prouver qu’il faut les supprimer parce que ceux qui les tiennent ne fichent rien ou pas grand-chose.

De vous à moi, dans le privé, les entreprises sont également pleines de gens qui passent beaucoup de temps à la machine à café et en pause cigarette. Le temps de présence de façon générale n’a pas grand-chose à voir avec le temps productif et c’est valable partout et tout temps.

30% des fonctionnaires ne fichent rien !

Ils semblent trouver en haut lieu que c’est beaucoup, moi, je trouve cela miraculeux d’avoir 70% de gens qui travaillent encore alors qu’ils ne sont même pas sanctionnés quand ils tirent au flanc. C’est donc un résultat assez admirable.

D’autant plus que quand on regarde dans le détail sur 1.1 million de postes regardés c’est 310 000 qui sont concernés mais que sur les 310 000 il n’y en a que 190 000 pour lesquels il n’y a aucune justification liée à leur poste permettant d’expliquer qu’ils ne fassent pas leur 35 heures du genre conditions de travail, ou spécificité de la fonction etc…

Cela fait tomber le taux à 20% ce qui me semble de manière certes empirique être le taux général de tire-aux-flancs dans la société

Et le mobile du crime apparaît…

Cette étude a été « commandée par le ministre et son secrétaire d’État, Olivier Dussopt » et elle, tombe à point nommé alors que le projet de loi de transformation de la fonction publique va arriver sur la table.

Macron s’était engagé à supprimer 50 000 postes de fonctionnaires et là grâce à ce rapport on peut en supprimer 30 000 directement qui ne servent à rien puisqu’ils ne font déjà rien ! Fort pratique.

Dans un pays qui a presque 100% de dette sur PIB il est normal de parler de la dépense publique. Il est normale et plus que souhaitable également de la faire baisser.
Il est parfaitement légitime de faire la chasse aux dépenses et que chacun à son poste travaille comme il se doit.

Ce qui n’est pas normal, c’est ce genre de méthodes qui relève (et c’est une désastreuse habitude française, et généralisée à toutes les sphères de la société) plus de la manipulation et de la propagande de bas étage que de la définition d’un projet commun établi dans un cadre démocratique où on laisse choisir au peuple ce qu’il souhaite voir croître et décroître, car c’est face aux complexités de notre monde et de notre économie que notre peuple doit être remis.

C’est dans ce sens que le RIC, que la démocratie participative sont essentiels.

Nous ne pourrons pas aller toujours plus loin dans l’endettement, et quand vient le moment de payer l’addition, il ne faut pas se leurrer, soit nous essayons de définir collectivement comment nous allons le faire ensemble, soit nous finirons dans les émeutes en prenant un risque important d’une perte de contrôle significative de la situation.

Quand les choses deviennent trop grave, c’est au peuple de trancher, or, nos mamamouchis ont décidé de décider pour nous ce qui serait le mieux pour nous faire payer sans nous demander notre avis.

Et dire que certains se demandent encore pourquoi les Gilets Jaunes sont encore dans la rue… décidément, « quand ça veut pas comprendre, ça veut pas »…

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

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