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Le blog de Lucien PONS

Le jeudi 4 février 2016 aura lieu à Nice une manifestationde soutien aux 8 syndicalistes de Goodyear condamnés à 9 mois de prison ferme.

29 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Le syndicalisme, #La lutte des classes, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #Europe supranationale, #Les transnationales, #La finance dérégulée

Le jeudi 4 février 2016 aura lieu à Nice  une manifestationde soutien aux 8 syndicalistes  de Goodyear condamnés à 9 mois de prison ferme.

 Le jeudi 4 février 2016 aura lieu à Nice

une manifestationde soutien aux 8 syndicalistes

de Goodyear condamnés à 9 mois de prison ferme.

 

Le Rassemblement débutera à 10h place Garibaldi avec prise de parole, suivi du déplacement vers la place Masséna, pour terminer par une autre prise de parole. La fin de la manifestation est prévue à 14h.

 

 

Après le jugement inique du 12 janvier 2016 nous sommes nombreux à être révoltés par cette justice de classe et  par cette volonté du gouvernement « socialiste » de criminaliser l’action syndicale. Nous sommes nombreux à relayer le combat des syndicalistes de Goodyear. Nous sommes nombreux à leur témoigner avec force notre soutien. Nous sommes nombreux à relayer la pétition après l’avoir signée.

 

Signez et partagez la pétition CLIQUEZ ICI

 

 

 Suite à l’élan de solidarité manifesté aux 8 syndicalistes de Goodyear, la CGT Goodyear a remercié les signataires et a proposé à ces derniers de constituer des comités locaux de soutien aux 8 condamnés de Goodyear (voir ci-après).

 

Beaucoup d’entre nous ont décidé de répondre positivement à la proposition de la CGT Goodyear. Nous avons donc créé un comité de soutien dans les Alpes-Maritimes. Cette décision a été actée à Nice le 21 janvier 2016.

 

L’objectif principal de ce comité est de permettre la visibilité de l’action des Goodyear lors des phases importantes de leur lutte. Le 12 janvier à l’annonce du verdict prononcé par le procureur, ils avaient annoncé une large manifestation de soutien dans un avenir proche correspondant à l’appel de cette décision de justice. Cette manifestation nationale aura lieu le jeudi 4 février 2016 partout en France.

 

La manifestation la plus importante est prévue naturellement à Amiens, mais les comités locaux de soutien ont pour mission d’organiser des manifestations partout sur le territoire national. Ce qui aura pour effet de transformer cet évènement en évènement national (selon les recommandations des organisateurs de la CGT Goodyear d’Amiens).

 

Les délais étant très courts, le comité local a déposé une demande de manifestation en préfecture pour cette date.

Sous réserve d’acceptation par les autorités de l’état : Le Rassemblement débutera à 10h place Garibaldi avec prise de parole, suivi du déplacement vers la place Masséna, pour terminer par une autre prise de parole. La fin de la manifestation est prévue à 14h.

 

Nous venons vers vous afin de consolider le comité par votre présence. Il regroupe seulement des citoyens, mais il bénéficie déjà du soutien effectif de plusieurs organisations politiques et syndicales.

 

  • Une mobilisation massive est nécessaire.
  • Il faut manifester notre soutien aux syndicalistes embastillés injustement pour s’opposer à ce drôle de climat sécuritaire qui s’abat sur notre pays.
  • Le relais massif de cette initiative est fondamental pour la lutte victorieuse des Goodyear.
  • Leur victoire est aussi la victoire du peuple sur la ploutocratie mondialisée.
  • C’est aussi la victoire des lanceurs d’alerte qui s’exposent dangereusement pour que viennent les jours heureux.

 

 

Le comité de soutien 06 aux 8 de Goodyear

 

Adresse courriel : cs06goodyear@gmail.com

Le jeudi 4 février 2016 aura lieu à Nice  une manifestationde soutien aux 8 syndicalistes  de Goodyear condamnés à 9 mois de prison ferme.
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La peur des Rouges ? Ça marche plus ! Par Finian Cunningham.

29 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #La Russie, #La France, #l'Allemagne, #L'Italie., #Ukraine

La peur des Rouges ? Ça marche plus !


Finian Cunningham
Finian Cunningham

Par Finian Cunningham – Le 20 janvier 2016 – Source Sputniknews

Les gouvernements américain et britannique lancent une nouvelle campagne de presse pour diaboliser la Russie, avec de grandes déclarations selon lesquelles le Kremlin infiltre des partis politiques et des médias d’information. L’ignoble but des Russes, nous dit-on, est de détruire l’Union européenne.

Nous avons déjà vu des versions de cette tactique de la peur à propos de l’Ukraine et de Poutine le nouvel Hitler. Mais ce que qu’illustre cet exercice à faire bâiller d’ennui est que le vieux sortilège agité par leurs dirigeants n’agit plus sur le public occidental. L’opium de la propagande occidentale est périmé.

Peu importe la Russie. L’UE n’a personne d’autre à blâmer sinon elle-même pour ses tensions et difficultés présentes, dues à sa lâche soumission à la politique irresponsable de Washington.

Vingt-cinq ans après la fin de la Guerre froide et la dissolution de l’Union soviétique, Washington et son fidèle acolyte de Londres cherchent désespérément à revenir en arrière, au bon vieux temps où ils pouvaient contrôler leur opinion publique avec des histoires cauchemardesques.

Rappelez-vous ces bons vieux croquemitaines de Rouges sous le lit, la menace rouge, l’Empire du mal, et toute cette sorte de choses, lorsque les autorités occidentales mobilisaient leurs populations par la peur et l’appréhension que «les Russes arrivent» [avec le couteau entre les dents, NdT].

Si on regarde en arrière aujourd’hui, il semble incroyable que ce lavage de cerveau occidental ait réussi avec de telles tactiques d’épouvante. À l’époque, il fonctionnait très bien. Cela a permis aux États-Unis et à leurs alliés de l’Otan de construire un immense arsenal d’armes nucléaires capables de réduire plusieurs fois la planète en cendres ; cela a permis en particulier aux États-Unis d’intervenir militairement dans des douzaines de pays dans le monde, de renverser leurs gouvernements et d’y imposer des dictatures brutales – sous le prétexte de défendre le monde libre contre les méchants Russes.

La semaine dernière, nous avons eu un remake de la recette de lavage de cerveau de la Guerre froide. Le Daily Telegraph britannique, un fourrier notoire de la guerre psychologique, a publié un reportage décrivant la Russie et le président Vladimir Poutine comme un spectre malfaisant qui tente de briser l’unité européenne en «finançant des partis politiques» et en tentant une «déstabilisation soutenue par Moscou».

Le journal, appelé par dérision le Torygraph en raison de ses liens profonds avec l’establishment politique de droite en Grande-Bretagne, citait anonymement des responsables du gouvernement disant :

«C’est vraiment une nouvelle Guerre froide, là. Juste en face de l’UE, nous voyons une preuve alarmante des efforts russes pour défaire le tissu de l’unité européenne sur toute une série de questions stratégiques vitales.»

Le même article déclarait que le Congrès américain avait ordonné à James Clapper, le directeur du service de renseignement national étasunien, de «procéder à un examen approfondi du financement clandestin par les Russes des partis européens au cours de ces dix dernières années».

Les partis politiques européens soupçonnés de prétendues manipulations par les Russes incluent le Parti travailliste britannique sous Jeremy Corbyn, Le Front national dirigé par Marine Le Pen en France, ainsi que d’autres partis aux Pays-Bas, en Hongrie, en Italie, en Autriche et en Grèce, selon le Daily Telegraph.

Pas une ombre de preuve n’est apportée à l’appui de l’histoire de la supposée conspiration russe pour déstabiliser la politique européenne. Typiques de la vieille propagande occidentale de la Guerre froide déguisée en informations, les accusations portées contre le gouvernement russe reposaient sur des insinuations, des préjugés et la diabolisation. La Russie et son dirigeant Vladimir Poutine sont malfaisants, parce que… eh bien, euh, parce que nous disons qu’ils sont malfaisants.

Ce qu’il se passe réellement ici est que les coutures de l’Union européenne craquent à cause du nombre massif de citoyens ordinaires extrêmement déçus de sa monstruosité antidémocratique. Cette désaffection à l’égard de l’UE concerne les électeurs des partis de droite comme de gauche.

Les politiques économiques d’austérité impitoyables, qui accroissent le chômage et la pauvreté, et les coupes draconiennes dans les services publics – tandis que les banques, les bénéfices des entreprises et une minorité de riches deviennent toujours plus riches – ont aliéné de larges couches de la population parmi les 500 millions de personnes qui composent l’UE.

Les dirigeants politiques de l’UE, qu’ils s’intitulent conservateurs, libéraux, socialistes ou autre, se sont montrés impuissants à apporter davantage de politiques démocratiques et à répondre aux besoins des gens. Aux yeux de beaucoup d’Européens, les partis politiques établis sont tous les mêmes, tous suivent servilement une forme de bien-être capitaliste au profit des super-riches déjà bien gavés.

Une grande partie du problème vient de ce que l’Union européenne n’a manifesté aucune indépendance à l’égard de Washington. Les gouvernements européens, sous le harnais de l’Otan, l’alliance militaire dirigée par les Américains, ont aveuglément rejoint les États-Unis dans leurs guerres désastreuses et illégales pour obtenir des changements de régime en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie. Ces guerres se sont à leur tour retournées contre l’Europe en lui léguant la pire crise des réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.

Aggravant encore la difficulté, il y a l’impasse totalement inutile et futile entre la Russie et l’Europe à propos de la crise en Ukraine. Les agriculteurs, les entreprises et les travailleurs européens souffrent à cause de Washington et de la politique de Bruxelles qui a déstabilisé l’Ukraine afin d’isoler la Russie au profit d’un certain agenda politique. Sur ce point, les gouvernements européens sont particulièrement exécrables, puisqu’il devrait être clair que Washington veut isoler la Russie avec le seul objectif de la remplacer comme fournisseur principal d’énergie du continent. C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied.

Étant données toutes ces composantes du problème, il n’est pas étonnant que les citoyens européens soient mécontents de ce qu’on appelle leurs dirigeants politiques. Le mépris populaire pour Bruxelles a atteint des niveaux record, et à juste titre.

La pathétique déférence servile à l’égard des politiques économique et étrangère de Washington se manifeste sous la forme de protestations et de dissidence à l’égard du projet européen dans son entier. La montée de la droite en Pologne, où le parti nationaliste est au pouvoir, est un autre signe des temps.

Mais plutôt que de se mettre à l’écoute du mécontentement généralisé à travers l’Europe, ce que tentent Washington et ses alliés pro-atlantistes comme la Grande-Bretagne est de faire de la Russie un bouc émissaire.

L’ironie de la chose est que Washington et Londres cherchent à lui imputer les misères et la désunion croissantes en Europe. Alors que c’est Washington et Londres qui sont les raisons principales pour lesquelles l’Europe part en lambeaux.

À cette fin, les États-Unis et la Grande-Bretagne relancent les vieilles épithètes de la Guerre froide pour diaboliser la Russie, comme moyen de détourner l’attention de leur propre influence malfaisante et destructrice sur le reste de l’Europe.

Il y a des décennies, la diffamation antirusse a pu agir sur le public. En particulier lorsque des agences de presse occidentales et leurs journalistes infiltrés par la CIA et le MI6 jouissaient d’un monopole efficace sur l’opinion publique. Mais ces temps sont révolus. Le public occidental n’est plus sous l’emprise des histoires effrayantes comme le seraient de petits enfants. Il y a beaucoup de sources d’information alternatives à leur disposition qui leur permettent de se faire une image plus précise.

Et cette image précise des problèmes de l’Europe n’a rien à voir avec de prétendus méfaits russes. La malfaisance est plutôt abondamment attribuée à Washington et à ses gouvernements européens laquais.

La tentative de remake de la peur rouge par Washington et Londres peut facilement être écartée. Mais l’intéressant est que cela manifeste profondément combien ces deux acteurs sont à court d’idées de propagande avec laquelle distraire les populations occidentales de plus en plus inquiètes et en colère.

Les gens veulent des solutions réelles pour surmonter les problèmes sociaux et économiques, et non d’idiotes histoires à faire peur, périmées depuis des dizaines d’années. Plus l’opinion publique occidentale se sent insultée par un tel non-sens, plus elle méprise ses dirigeants. Les puissances capitalistes occidentales, en déroute et impuissantes, sont dans un cul-de-sac. Allez-y, pointez-vous, on vous attend !

Finian Cunningham

Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par Diane pour le Saker francophone

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Larbinerie : qui finance les « No Borders » de Calais ? Par Antonin Campana.

28 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #l'immigration, #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La nation ., #La guerre, #L'OTAN.

Larbinerie : qui finance les « No Borders » de Calais ?

 

Publié par Antonin Campana sur 26 Janvier 2016, 17:06pm

Catégories : #Le coin des clowns, #Les joies de la nation Frankenstein

Larbinerie : qui finance les « No Borders » de Calais ?

[Le mouvement « No Border » dispose de moyens financiers énormes qui lui permettent d’organiser un véritable réseau international d’activistes. Qui le soutient, qui  finance ? Sans se cacher : l’Union européenne, Georges Soros, l’OSCE, la fondation Rothschild et le patronat allemand ! ]

 

Qui sont ces « No Borders » qui manipulent les « migrants » de Calais et s’illustrent régulièrement par des actions violentes ? On sait que ces fils et filles de bonne famille sont pour l’abolition des frontières, l’immigration de masse, la régularisation des clandestins et l’arrêt des expulsions. On sait que ces enfants gâtés de notre société peuvent à peu près tout se permettre en République : de la violence envers les policiers à l’agression de Calaisiens récalcitrants. Ainsi, commettre des violences volontaires sur la police doublées d’incitation à la violence contre l’autorité publique vous expose à la relaxe sous les applaudissements… si vous êtes un No Border ! Faire passer clandestinement un enfant dans un autre pays vous exposera à une petite amende avec sursis… si c’est pour la juste cause des « migrants » ! De la même façon,  prendre à l’abordage un Ferry vous exposera à être jugé pour « infraction au code des transports », un peu comme si vous preniez le métro sans titre de transport, mais à condition bien sûr d’être un « rebelle » !

Le no-border est le produit de la boboïtude familiale et d’une éducation scolaire véhiculant les valeurs et les mythes ambiants. C’est un personnage façonné par le Système, pétri de conformisme, incapable de raisonner hors de ses préjugés de classe, montrant peu d’esprit critique et d’indépendance intellectuelle : comment le no-border a-t-il pu créer la multinationale no-border ? Comment un être avec aussi peu de relief et de personnalité a-t-il pu organiser et financer un réseau international se structurant « spontanément » aussi bien en France, qu’en Grande-Bretagne, en Australie, en Ukraine ou au Mexique ? Comment est-il parvenu, sans même se servir de l’argent de papa, à faire  fonctionner des camps d’été (Strasbourg, Bruxelles, Stockholm…) nécessitant des sommes dignes d’une révolution de couleur pour former militants et cadres, faire passer des éléments de langage, imprimer et distribuer des guides pratiques, créer des médias alternatifs, fournir autant de matériel que besoin ?

La réponse se trouve à Calais même et directement sur Internet, tant nos maîtres n’ont plus rien à cacher, tant ils ne craignent plus le pouvoir d’un peuple qu’ils pensent définitivement domestiqué.

Cinq minutes de recherches sur Internet (difficile pour un journaliste de faire un tel travail) suffisent en effet pour nous apprendre que l’action no-border à Calais est organisée et coordonnée par une officine nommée Calais Migrant Solidarity . Cette officine se veut une métastase  de United for Intercultural Action, un « Réseau européen contre le nationalisme, le racisme, le fascisme et pour soutenir les migrants et réfugiés » (sic).

Mais qui finance ce courageux réseau ?  « Dis-moi qui te paie, je te dirai qui tu es », dit le bon sens populaire…

La réponse se trouve sur le site même de United for Intercultural Action . Nous trouvons parmi les généreux « supporters » (liste non exhaustive) des no-borders, tenez-vous bien :

  • la Commission européenne

  • le Conseil de l’Europe

  • le Conseil œcuménique des Eglises

  • la Rothschild Foudation

  • le Jewish Humanitarian Fund

  • L’Open Society de Georges Soros

  • L’OSCE

  • Le patronat et le gouvernement fédéral allemand (Foundation Remembrance, EVZ)

  • le Home Office Britannique

  • etc

Vous avez bien lu, les « No Borders », ces rebelles, ces anarchistes, ces radicaux, ces ultra-gauches… sont financés principalement par l’Union Européenne et le milliardaire Soros, avec l’appui de la fondation  Rothschild ! Plus cocasse encore, le Home Office britannique, c’est-à-dire le département censé lutter contre l’immigration illégale,  fait partie des principaux soutiens désintéressés !

Nous voyons donc :

  • Un gouvernement britannique refusant officiellement l’immigration des migrants, mais soutenant discrètement ceux qui la mettent en œuvre

  • Un gouvernement français envoyant ses CRS dans la « Jungle », mais finançant une Union européenne qui rémunère ouvertement les milices qui les agressent

  • Des no-borders se disant anarchistes et anticapitalistes, mais faisant avec empressement un travail de larbins au service du Grand Capital 

  • Des Calaisiens subissant les violences des migrants, mais finançant de leurs impôts ceux qui instrumentalisent ces violences 

On le voit, les dés sont pipés. On nous manipule. Ménageant notre exaspération, « nos » élus font du théâtre à la télé pour nous rassurer, pour faire durer : le temps travaille pour leurs maîtres. Nos dirigeants  hypocrites jouent un double jeu dont la finalité est bien la « société ouverte » voulue par Soros, les no-borders ou la Commission européenne. Espérer que ces élus résolvent le problème des migrants relève donc du délire absolu : ils sont mandatées par l’oligarchie pour les installer au milieu de nous. Et depuis quarante ans, elles s’en tiennent à cette feuille de route.

Antonin Campana

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L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949 (4/4)

24 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #Europe supranationale

L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949 (4/4)
 

Le Saker Francophone

 

L'article, de taille, est découpé en 4 parties. La 4e et dernière partie nous emmène en Ukraine avant de conclure.

Partie 1 – 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/01/l-otan-cherche-

la-destruction-de-la-russie-depuis-1949-1-4.html

Partie 2 – 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/01/l-otan-

cherche-la-destruction-de-la-russie-depuis-1949-2-4.html

Partie 3

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/01/l-otan-

cherche-la-destruction-de-la-russie-depuis

 

L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949 (4/4)

 

Coopération rime avec provocation

Rappelez vous comment deux ans plus tard, après le 11 septembre, quand les États-Unis invoquèrent la charte de l’Otan auprès de leurs alliés pour s’engager dans la guerre en Afghanistan, Poutine offrit d’autoriser l’alliance à transporter du matériel de guerre à travers le territoire russe (en 2012, le ministre des Affaires étrangères, Lavrov, offrit à l’Otan l’utilisation d’une base à Ulvanovsk pour transporter de l’équipement hors de l’Afghanistan). Cette invasion de l’Afghanistan était le troisième déploiement des forces de l’Otan dans une guerre, après la Bosnie et la Serbie, et Moscou l’accepta comme un fait accompli. La Russie passa même sous silence ses inquiétudes quand les États-Unis établirent des bases dans les anciennes républiques soviétiques d’Ouzbékistan et du Kirghizistan.

Mais en 2004, l’Otan s’étendit encore pour intégrer l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, qui avaient toutes fait partie de l’Union soviétique et sont voisines de la Russie. Au même moment, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovénie furent admises, avec la Slovaquie qui s’était séparée de la République tchèque. Les Russes demandèrent à nouveau : «Pourquoi ?»

En 2007, les États-Unis commencèrent à négocier avec les Polonais l’installation d’un complexe anti-missile en Pologne, avec un système radar en République tchèque. En principe, cet armement était destiné à détruire tout futur missile iranien lancé contre l’Europe ! Mais Moscou devint furieux, accusant les États-Unis de vouloir lancer une nouvelle course aux armements. En raison des sentiments anti-militaristes chez les Polonais et les Tchèques, les plans furent annulés en 2009. Mais ils pourraient être réactivés à tout moment.

En 2008, les États-Unis reconnurent le Kosovo, qui abrite désormais la plus grande base américaine hors des États-Unis (camp Bondsteel), comme un pays indépendant. Bien que les États-Unis aient considéré jusque là le Kosovo comme une province de la Serbie (et peut-être même avaient-ils compris sa signification profonde comme cœur de l’orthodoxie serbe), ils déclarèrent (par la voix de Condoleezza Rice) que le Kosovo était un phénomène sui generis (seul de son genre). Oubliez la loi internationale, elle ne s’applique pas.

La même année 2008, l’Otan annonça effrontément que la Géorgie et l’Ukraine «deviendraient membres de l’OTAN». Là dessus, le président comique de la Géorgie, Mikhail Saakachvili bombarda Tskhinvali, capitale de la république autoproclamée d’Ossétie du Sud, qui avait résisté à son intégration dans la république de Géorgie depuis la chute de l’Union soviétique en 1991. Dans ce cas, la Russie défendit l’Ossétie du Sud, envahissant la Géorgie, et elle reconnut ensuite l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de la République d’Abkhazie. (Ceci peut être vu comme une réponse du tac au tac à la décision américaine de reconnaître l’indépendance du Kosovo six mois plus tôt.)

Ce fut une guerre de 6 jours, coûtant la vie de 280 militaires (y compris 100 du coté ossète du Sud et russe) et causant environ 400 morts civils. Et il n’y a plus eu de guerre russe depuis lors. La Crimée n’a pas été envahie l’année dernière, mais plutôt saisie par les force russes en place, bénéficiant du soutien populaire général. Et il y a peu d’indices que les forces régulières russes se battent contre les forces d’État ukrainiennes. Des Ukrainiens d’origine ethnique russe le font, recevant sans aucun doute du soutien de leurs cousins à travers la frontière historiquement changeante. Mais l’accusation de l’invasion russe de l’Ukraine est un cheval de bataille du département d’État, de la propagande automatiquement reprise par les experts-marionnettes de la presse officielle, pas une réalité contemporaine.

Saakachvili s’attendait peut-être à être soutenu par les États-Unis lorsqu’il provoqua Moscou en août 2008. Mais alors qu’il recevait un soutien ferme du sénateur John McCain, qui déclara «Nous sommes tous Géorgiens maintenant», il reçut peu d’aide du département d’État de George W. Bush, soucieux de ne pas provoquer la troisième guerre mondiale. La Géorgie n’était pas encore un État membre de l’Otan capable d’invoquer la clause de défense mutuelle de la charte de l’alliance.

Saakachvili quitta ses fonctions en 2010 et est maintenant poursuivi par la justice géorgienne pour abus de fonctions. Après un bref passage à la Fletcher School of International Law and Diplomacy en 2014, il acquit la nationalité ukrainienne, perdant par la même occasion sa nationalité géorgienne et (un des nombreux exemples de la folle gouvernance ukrainienne, incluant Iatseniouk et Porochenko) fut nommé gouverneur d’Odessa en mai dernier !

Étant donné la débâcle de 2008, des pays comme l’Allemagne sont peu enclins à accepter une admission de la Géorgie dans l’Otan. Ils voient peu de bénéfices à provoquer la Russie en étendant sans arrêt l’alliance défensive de la guerre froide. Cependant, la Croatie et l’Albanie furent intégrées à l’Otan en 2009, la première année de l’administration Obama, juste à temps pour participer à la quatrième guerre de l’Otan contre la Libye.

A nouveau, il n’y avait aucune raison pour une guerre. Le colonel Kadhafi avait été très amical avec les régimes occidentaux depuis 2003, et coopérait avec la CIA contre le terrorisme islamiste. Mais quand le printemps arabe balaya la région en 2011, certains leaders occidentaux (dirigés par le président français Nicolas Sarkozy mais incluant la toujours va-t-en-guerre Hillary Clinton) se convainquirent eux-mêmes que la chute de Kadhafi était imminente et qu’il valait mieux aider l’opposition à le déposer et ainsi rentrer dans les grâces de n’importe quel successeur.

Le conseil de sécurité de l’ONU approuva une résolution pour établir une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils des troupes supposées génocidaires de Kadhafi. Mais ce que l’Otan libéra fut quelque chose de différent : une guerre contre Kadhafi qui mena à son meurtre brutal et à l’horrible chaos qui règne depuis lors en Libye, une base fiable pour al-Qaïda et EI. La Russie et la Chine protestèrent toutes les deux, alors que la guerre était encore en cours, que l’Otan avait déformé la signification de la résolution de l’ONU. Il est peu probable que ces deux membres permanents du Conseil de sécurité se laisseront à nouveau duper dans une telle coopération.

Nous pouvons donc ajouter l’échec de Libye aux États dysfonctionnels de Bosnie, du Kosovo et de l’Afghanistan à notre liste des exploits de l’Otan depuis 1991. Pour résumer : depuis la chute de l’URSS, les USA et certains alliés (souvent en leur qualité d’alliés de l’Otan) ont mené des guerre contre les Serbes bosniaques, la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tout en frappant des cibles au Pakistan, au Yémen, en Somalie et ailleurs, en toute impunité. La Russie est allée en guerre une seule fois : pour 8 jours en août 2008 contre la Géorgie.

Et pourtant, tous les commentateurs des principaux journaux télévisés vous disent, en vous regardant droit dans les yeux, que Poutine est un envahisseur.

 

Pourquoi l’extension de l’Otan ?
 

Donc, pendant que l’Otan ne cessait d’accueillir de nouveaux membres, elle montrait un penchant grandissant à partir en guerre, d’Asie Centrale à l’Afrique du Nord. On peut se demander : pourquoi ?
 

La raison putative en 1949 était la défense de l’Europe occidentale contre une supposée invasion soviétique. Cette justification est encore utilisée : quand les partisans de l’Otan parlent aujourd’hui en faveur de l’inclusion de la Lituanie, par exemple, ils vont argumenter que si la Lituanie était restée en dehors de l’alliance, les Russes l’auraient sûrement déjà envahie sous prétexte de défendre les droits des minorités russes.

Il y a en fait très peu d’indices des ambitions russes ou des ambitions personnelles de Poutine de recréer l’empire tsariste ou l’Union Soviétique. Poutine s’est plaint il y a quelques jours : «Nous ne voulons pas du retour de l’URSS, mais personne ne nous croit.» Il a aussi affirmé que les gens qui ne ressentent pas de nostalgie pour l’Union Soviétique, comme le disent la plupart des citoyens de l’ancienne URSS assez âgés pour s’en rappeler, n’ont pas de cœur, alors que ceux qui veulent la restaurer n’ont pas de cerveau.

Pendant l’expansion inexorable de l’Otan entre 1999 et 2009, la Russie répondit, non pas par des menaces mais avec une calme indignation.

Les remarques de Poutine sur la dissolution de l’Union soviétique comme une tragédie géopolitique et ses affirmations occasionnelles au sujet du droit à leur  langue et des autres droits des Russes dans les anciennes républiques soviétiques ne constituent pas des menaces militaires. Comme toujours, les néoconservateurs sélectionnent une phrase ici et là quand ils essaient de décrire Poutine comme (encore) un autre Hitler. En fait, les Russes ont été, de façon relative, la voix de la raison ces dernières années. Alarmés par les conséquences des actions américaines au Moyen-Orient, ils ont cherché à contenir l’impérialisme américain tout en défiant le terrorisme islamiste.

En août 2013, Obama menaça d’attaquer la Syrie pour punir le régime d’avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple (les accusations ont été démenties par Seymour Hersh, entre autres). Une intervention adroite du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le refus de la Chambre des communes britannique d’appuyer une attaque (s’assurant que, comme la guerre d’Irak, elle ne recevrait pas le soutien de l’Otan) ainsi qu’une opposition interne ont contribué à éviter une autre guerre américaine au Moyen-Orient.

Mais c’est comme si les va-t-en-guerre du département d’État, dépités par le succès russe à protéger leur allié syrien du destin de Kadhafi, et vexés de leur capacité constante à maintenir des bases aériennes et navales sur la côte syrienne [base de Tartous, NdT], redoublaient d’efforts pour provoquer la Russie. Comment le faire mieux qu’en interférant en Ukraine, qui a non seulement fait partie de l’Union soviétique mais aussi de l’État russe depuis 1654 et qui était le centre du Rus de Kievoriginel au Xe siècle ?

L’Otan courtisait l’Ukraine depuis 1994, cinq ans avant que l’alliance ne s’étende pour inclure la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Kiev a signé le plan d’action d’adhésion à l’Otan en 2008, quand Victor Iouchtchenko était président, mais c’était en suspens quand ce dernier fut élu en 2010. Jouissant du solide soutien de l’Est russophone, Ianoukovitch gagna ce que les observateurs internationaux appelèrent une élection libre et démocratique.

Ianoukovich ne voulait pas que l’Ukraine rejoigne l’Otan. Il voulait une Ukraine neutre maintenant ses relations traditionnelles avec la Russie. Cela exaspéra Victoria Nuland, la cheffe du bureau Eurasie au département d’État, qui fit du projet d’attirer l’Ukraine dans l’Otan le but de sa vie. Ce serait le prix ultime pour l’Otan en Europe de l’Est. Un pays de 44 millions d’habitants bien éduqués, de la taille de la France, stratégiquement situé sur la mer Noire, historiquement dominée par la flotte russe de la Mer noire. Un pays divisé ethniquement entre l’Est russophone et généralement pro-russe et l’Ouest plus orienté vers l’Occident et parlant l’ukrainien, avec un mouvement néofasciste vigoureux et férocement anti-russe, prêt à être utilisé.

Nuland, une ancienne aide de Cheney, dont la vision du monde néoconservatrice a attiré favorablement l’attention de Hillary Clinton et donc sa promotion, est la femme du politologue néoconservateur et avocat de la guerre en Irak, Robert Kagan (Kagan fut un membre fondateur du célèbre think tank Project for a New American Century). Le couple représente les deux facettes d’un incessant complot néoconservateur : ceux qui travaillent à la destruction de la Russie et ceux qui travaillent à la destruction du Moyen-Orient, utilisant consciemment des mensonges pour embrouiller les masses quant à leur but véritable.

Au National Press Club en décembre 2013, Nuland se vanta que les États-Unis (à travers des ONG comme le National Endowment for Democracy) avait dépensé 5 milliards de dollars pour soutenir les aspirations européennes de l’Ukraine. Cette formulation délibérément vague est censée faire référence au soutien américain à l’admission de Kiev dans l’Union européenne. Le tort de Ianoukovitch, selon les États-Unis, n’était pas qu’il rejetait l’adhésion à l’Otan, ceci ne fut jamais mentionné. Ianoukovitch avait prétendument trahi les aspirations pro-européennes de son peuple en ayant lancé, puis rejeté, un accord d’association avec le bloc commercial, craignant que cela ne signifie un régime d’austérité de style grec imposé au pays depuis l’extérieur.

A partir de novembre 2013, la foule se rassembla sur le Maidan à Kiev pour protester, entre autres, contre le changement d’avis de Ianoukovitch au sujet de l’adhésion à l’Union européenne. Le département d’État américain embrassa leur cause. On peut se demander pourquoi les États-Unis auraient des intérêts à promouvoir l’adhésion d’un pays à l’UE, alors qu’elle constitue un bloc commercial concurrent. Quelle différence cela fait-il pour vous et moi si l’Ukraine a des liens économiques plus étroits avec la Russie ou avec l’Union européenne ?

Le sale petit secret des États-Unis est de vouloir tirer profit de cet élan à rejoindre l’Europe pour attirer l’Ukraine dans l’Otan, ce qui aurait pu être considéré comme la prochaine étape naturelle dans le réalignement de l’Ukraine.

Profitant de la colère populaire contre la corruption de Ianoukovitch, mais aussi travaillant avec des politiciens connus pour être favorables à l’admission dans l’Otan et à l’expulsion des forces navales russes de leur base de Crimée – qu’elles occupent depuis 1780 –, et incluant les forces néofascistes qui haïssent la Russie mais détestent aussi l’Union européenne, Nuland et son équipe, y compris l’omniprésent John Mc Cain, firent leur apparition sur le Maidan, distribuant des cookies et encourageant la foule à destituer le président.

Cela fonctionna, bien sûr. Le 22 février, à un jour de la signature d’un accord sous la médiation de l’Europe, en vue de réformes gouvernementales et de nouvelles élections, et pensant que la situation s’était détendue, Ianoukovitch fut forcé de fuir pour sauver sa vie. Les forces néo-fascistes de Svoboda et du Secteur droit servirent de troupes d’assaut pour renverser le régime. Les manœuvres machiavéliques de Nuland avaient triomphé.

Il semblait qu’après 14 ans d’expansion, l’Otan pourrait bientôt être capable d’accueillir un énorme nouveau membre dans ses rangs, complétant l’encerclement de la Russie et fichant dehors la flotte russe, transformant la mer Noire en un lac de l’Otan.

Hélas pour les néoconservateurs et les interventionnistes libéraux, le nouveau régime d’Arseniy Iatseniouk et de ses alliés du Parti de Svoboda, choisi par Nuland, s’aliéna immédiatement la population russophone qui demeure en rébellion armée, rendant le pays ingouvernable alors même que son économie s’effondre, et l’idée d’expulser les Russes de Sébastopol est devenue inimaginable.

Mais que veulent les stratèges de l’Otan ? Où vont cette expansion sans fin et ces provocations irréfléchies ?

La Russie, une menace existentielle ?

Avant tout, les avocats de l’Otan, bien qu’ils répètent souvent qu’ils «ne sont pas contre la Russie, que ceci n’a rien à voir avec la Russie», prennent effectivement en considération une constante menace russe. Le général Sir Adrian Bradshaw, l’officier britannique le plus gradé de l’Otan, déclara en février que «la Russie pose une évidente menace à notre existence». Le général Joseph Votel, commandant des opérations spéciales US, déclara au forum d’Aspen sur la sécurité en juillet que la «Russie pourrait poser une menace existentielle aux États-Unis».

Le président du House Armed Service Committee Mac Thornberry (Républicain, Texas) a conseillé à Obama de signer une loi de financement militaire car la Russie pose une menace existentielle aux États-Unis. Le philanthrope George Soros (qui aime financer des révolutions de couleur) écrivit dans la New York Review of Books en octobre que l’Europe «est face à un défi russe à sa propre existence».

Ce sont des mots absurdes et stupides venant de personnalités haut placées. N’est-il pas évident que c’est la Russie qui est encerclée, pressée et menacée ? Que son budget militaire est une fraction du budget américain et que sa présence militaire globale est minuscule comparée à l’empreinte américaine ?

Mais quiconque regarde les débats des candidats présidentiels américains et peut percevoir la prévalence de la paranoïa au sujet de la Russie, la qualification sans réfléchir de Poutine comme nouvel Hitler, et l’expression obligatoire de la détermination à rendre l’Amérique plus forte peut comprendre pourquoi l’expansion de l’Otan est affreusement dangereuse.

Les gens qui ne pensent pas rationnellement ou dont l’esprit est tordu par l’arrogance peuvent regarder la carte de l’expansion de l’Otan et penser fièrement : «Les choses doivent être ainsi ! Pourquoi quiconque questionnerait-il le besoin des nations de se protéger en s’alliant avec les États-Unis ? Ce sont des alliances comme l’Otan qui préservent la paix et la stabilité dans le monde.»

(Certains sont capables de penser cela, peut-être, mais le fait est que le monde est devenu moins paisible et beaucoup moins stable qu’il ne l’était pendant la Guerre froide, quand les deux superpuissances se contrôlaient l’une l’autre. Les États-Unis ont émergé comme ce qu’un diplomate français a appelé une hyper-puissance ou un hyper pouvoir intervenant avec impunité dans de multiples pays et produisant de nouvelles et souvent épouvantables formes de résistance.)

Les gens regardant une carte de l’Otan en Europe peuvent aussi mentalement colorier le Monténégro. Cette petite république de l’Adriatique, de moins de 650 000 habitants, a été formellement invitée par l’Otan à soumettre sa candidature le 2 décembre. Quels autres pays devront encore signer ?

Comme mentionné en 2008, l’Otan a annoncé que la Géorgie et l’Ukraine adhéreraient. Mais leur cas est actuellement en attente. La Biélorussie, coincée entre la Pologne et l’Ukraine, a été sous le contrôle autoritaire du président Alexander Loukachenko depuis 1994. Le régime, considéré comme proche de Moscou, a été visé par une révolution de couleur ratée, financée par les États-Unis, en mars 2006. Le favori américain était Mikhail Marynich, un ancien ambassadeur en Lettonie et partisan de l’adhésion à l’Otan. (Il a participé à une réunion de l’Otan à huis clos,Guerre et Paix, à Riga en novembre 2006.)

Et puis il y a la Moldavie, l’ancienne République soviétique de Moldavie, située entre la Roumanie et l’Ukraine. A l’Est se trouve la république sécessionniste de Transnistrie, où les Moldaves sont une minorité et les Russes et les Ukrainiens représentent presque 60% de la population. C’est une zone de conflit gelé. Le rêve néoconservateur est de changer tous ces régimes et de tous les amener dans le giron de l’Otan.

Que faites-vous quand vous avez complété l’encerclement occidental de la Russie ? Mais, bien entendu, vous déstabilisez le pays lui-même, espérant le scinder ! La Russie reste une nation multi-ethnique, multi-culturelle. Il y a des tensions et des mouvements sécessionnistes à exploiter, dans le Caucase en particulier, mais aussi en Sibérie et dans la péninsule de Carélie.

Si la Russie est une menace existentielle, sa propre existence est donc une menace, exact ? Donc pourquoi ne pas la démembrer ? La logique de l’expansion de l’Otan ne requiert-elle pas un ennemi ? Et l’Amérique ne dirige-t-elle pas le monde en défaisant des ennemis ?

Et si c’était l’Otan la vraie menace ? (Après tout, dans son dernier projet majeur, n’a-t-elle par détruit totalement l’État moderne de Libye avec comme résultat la déstabilisation du Mali ?)

Ne devrions-nous pas nous réjouir des tensions dans l’Otan et de l’échec des États membres à allouer 2% de leur recette aux dépenses militaires ? Ne devrions-nous pas nous réjouir des résistances à l’extension de l’Otan, des plaintes au sujet des pressions coercitives des États-Unis et des appels à plus de coopération avec la Russie plutôt qu’à la confrontation et à la destruction ?

Gary Leupp

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Ukraine : Les cavaliers de l’Apocalypse.

22 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Politique étrangère

Ukraine : Les cavaliers de l’Apocalypse.

Ukraine : Les cavaliers de l’Apocalypse

Le 22 janvier 2016

Tout a commencé par la visite à Kiev de Boris Gryzlov le 11 janvier dernier. Ensuite, il y a eu une rencontre entre Nuland et Sourkov, à laquelle nous avons consacré un article à part. Après, ce fut le tour des messagers François Holland et Angela Merkel le 19 janvier. Le 20 à Zurich a eu lieu l’entrevue de Kerry avec Lavrov. Tandis qu’aujourd’hui le service presse du président Porochenko a informé qu’il y a eu un rendez-vous de 4 h entre lui et Joe Biden également à huis-clos.

Le nombre de visites officielles ayant eu lieu cette semaine est vraiment sans précédent. Il est évident que derrière les déclarations, qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, se cache quelque chose de plus qu’une simple tentative des USA et de l’Europe de faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle applique les accords de Minsk.

Apparemment, le discours de Biden devant la Rada n’a pas suffit pour faire passer le message auprès les dirigent du pays, ainsi il a été obligé de sacrifier 4h supplémentaires de son temps pour remonter les bretelles au président Porochenko une fois supplémentaire.

Je pense que l’Ukraine n’a pas été l’unique sujet dont les personnages haut placés des USA, de la Russie et de l’Europe ont débattu au cours de ces rencontres. Je fais exprès d’omettre l’Ukraine dans ce contexte puisqu’elle ne peut pas participer à ces discussions à priori. Porochenko n’a fait que de recevoir les instructions (il se peu qu’il essaye de marchander quelque chose pour lui-même, mais il est peu probable qu’il y arrive) car c’est celui qui paie les violons, qui choisit la musique.

Les évènements qui se déroulent actuellement au Moyen Orient que tout près de chez nous en Moldavie confirment une fois de plus que la lutte qui se déroule est plus que sérieuse.

Premièrement, les USA ont besoin de régler tous leurs différends avec la Russie avant le25 janvier, date de la rencontre entre les chefs de l’opposition et le gouvernement syrien, puisqu’il n’est plus possible aujourd’hui prendre une quelconque décision de façon unilatérale sans tenir compte de l’avis et des souhaits de la Fédération de la Russie. On le comprend parfaitement à la Maison Blanche et s’efforcent à faire une proposition qui puisse convenir à la Russie avec le moins de casse pour eux-mêmes aussi bien sur le plan économique que diplomatique. Incontestablement, dans ce nœud de contradictions que les USA ont fait sciemment enchevêtrer, l’Ukraine aussi joue un rôle. Le plus probable étant qu’elle est une des monnaies de change dont on se sert pour marchander pour conclure tel ou autre accord. Au même tire que l’annonce qu’Irak a l’intention d’acheter environ 400 avions après la levée des sanctions, dont 114 à la compagnie Airbus. Ceci m’en a tout air d’un accord : vous levez vos sanctions prise contre moi, encontre partie nous allons injecter une partie de l’argent ainsi débloqué dans votre économie, en vous commandant des avions pour une somme ondelette.

Deuxièmement, je suis plus que certain que les USA ont pu se rendre compte de l’incapacité totale du gouvernement ukrainien de faire ne serait ce que ce qu’on leur demande et non pas ce qui leur passe par la tête. L’argent venant du FMI ainsi que des autres organismes atterrit avec une constance remarquable dans les poches des fonctionnaires. Sur le plan politique, les discordes et les règlements des comptes internes ne font que s’amplifier au jour le jour. Je pense qu’à la lecture d’une énième déclaration de Porochenko, de Iatseniouk, de Klitchko, de Iaresko (NDT : la ministre des finances de l’Ukraine) ainsi que des autres membres du gouvernement ukrainien, plusieurs sont ceux qui s’arrachent les cheveux ou avalent des antidépresseurs dans le Département de l’Etat US ainsi que dans de hauts bureaux européens. La série de déclarations de Porochenko et de Iaresko sur la libération de la Crimée « annexée » en est un exemple flagrant. Ou encore les agitations du ministre de l’énergie et de l’industrie houillère qui s’invente de nouveau prétextes pour porter une plainte auprès du Tribunal d’arbitrage de Stockholm en adoptant la posture d’un chevalier qui se bat pour une cause noble.

En prenant en compte tout ceci, je vais être amené à décevoir les « patriotes » de l’Ukraine qui pensent que Biden, Nuland et Kerry ne font que défendre avec stoïcisme les intérêts de l’Ukraine et obligent les « sales russes » se trainer par terre à genoux pendant ces rencontres à huis clos. Ils ne font qu’essayer de marchander pour vous vendre au meilleur prix. Ceci dit, il n’y a plus grande chose à vendre.

P.S. Je viens de tomber sur une annonce disant que « Les responsables de Coca-Cola et de Pepsy sont parfaitement passibles d’une peine de prison ferme. Le bureau du procureur de la République Autonome de la Crimée (NDT : le statut que la Crimée avait au sein de l’Ukraine laquelle continue à en parler comme si elle lui appartenait toujours et nomme des fonctionnaires à des postes en Crimée qui restent toutefois à Kiev) a lancé une procédure pénale suivant le paragraphe 1 de l’art.364-1 du Code Pénal de l’Ukraine. Aujourd’hui j’ai réçu le compte rendu officielle de la part du bureau du Procureur de la République Autonome de la Crimée que le 11/01/2016 une procédure pénale a été lancée pour un chef d’accusation prévu par le paragraphe 1 de l’art.364-1 du Code Pénal de l’Ukraine (NDT : l’abus de pouvoir). Concernant les chefs d’accusation prévues par les articles 110 et 229 du Code Pénal de l’Ukraine, l’enquête est en cours ».Voilà ce qu’a publié sur sa page FB un des députés du parti « Le Front Populaire » Gueorgui Logvinaski. написал депутат от партии «Народный Фронт» Георгий Логвинский на своей странице в Facebook. (NDT : Il s’agit de ce cas où les deux compagnies vaient lancé des campagnes publicitaires montrant une carte sur laquelle la Crimée fait partie de la fédération de La Russie) )

A titre d’information : la partie recette du budget de L’Ukraine pour l’année 2016 fait 595,1 milliards de grivnas (1 dollars = environ 25 grivnas).

Le bénéfice net de PepsiCo pour l’année 2010 a été de 6,3 milliards de dollars…

Le bénéfice net de The Coca-Cola Compani pour l’année 2013 a été de 8,5 milliards de dollars…

J’ai comme sentiment que dans ce cas il s’agit d’un « carlin qui aboie sur un éléphant » (NDT : référence à un fable du même titre d’un poète russe Ivan Krylov). Peut-on avoir l’affaire à des gens qui commettent des actes d’une pareille stupidité ? La réponse me semble évidente.

Gueorgui Morozov, rédacteur en chef de la Novorossia Today

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La Moldavie, la Géorgie et l'Ukraine doivent poursuivre leurs réformes et la Russie doit arrêter d'interférer, demandent les députés

22 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #l'Allemagne, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme

La Moldavie, la Géorgie et l'Ukraine doivent poursuivre leurs réformes et la Russie doit arrêter d'interférer, demandent les députés

Session plénière Communiqué de presse - Relations extérieures − 21-01-2016 - 12:34

 

La Russie doit arrêter de s'impliquer directement ou indirectement dans les conflits en Géorgie, Moldavie et Ukraine, et d'interférer avec leurs aspirations européennes, affirme une résolution sur les progrès de réformes. Un an après la ratification des trois accords d'association et de libre-échange approfondi et complet avec l'UE, les députés mentionnent les réformes qui doivent encore être adoptées et prennent acte du référendum néerlandais du 6 avril sur l'accord UE-Ukraine.

 

Dans une résolution, adoptée à main levée ce jeudi, saluant les progrès de la Géorgie, de la Moldavie et de l'Ukraine, qui ont "choisi la voie d'une intégration politique et économique plus étroite avec l'Union européenne", les députés demandent à la Russie de mettre un terme à son intervention directe ou indirecte dans les conflits sur ces territoires, notamment son occupation en Crimée.

 

Ils soulignent qu'au cours des 12 premiers mois, les exportations de la Géorgie vers l'UE ont augmenté de 15% et celles de la Moldavie de 62%. Ils s'attendent à une croissance similaire pour les exportations ukrainiennes.

 

Le Parlement fait également remarquer que le soutien financier de l'Union européenne est subordonné à des progrès de réformes concrets.

 

Géorgie: indépendance des médias et des tribunaux

 

Les députés sont préoccupés par l'indépendance du système judiciaire et les menaces possibles au pluralisme des médias en Géorgie, faisant par exemple référence au procès à l'encontre du propriétaire de la société de radiodiffusion "Rustavi 2". Ils soutiennent l'idée d'envoyer une mission d'experts de l'UE pour superviser l'affaire.

 

Par ailleurs, le Parlement critique les "critères flous" selon lesquels les procureurs et enquêteurs sont nommés, ainsi que les "pressions illicites" exercées sur les juges de la Cour constitutionnelles de Géorgie, une pression reconnue par la commission de Venise du Conseil de l'Europe.

 

Moldavie: le nouveau gouvernement doit tenir ses engagements

 

Les députés saluent le gouvernement moldave nouvellement approuvé, qui prend actuellement ses fonctions après plus d'un an d'impasse due à l'"instabilité politique systémique". Ils déplorent cependant le vol d'un milliard d'euros, qui a disparu du système bancaire, et demandent instamment de traduire les responsables en justice.

 

Ukraine: ombre de la Russie, corruption et référendum néerlandais


 

Les députés condamnent la suspension par la Russie de son accord de libre-échange avec l'Ukraine au moment même où l'accord de libre-échange UE-Ukraine est entré en vigueur. Ils déplorent les "lourdes restrictions commerciales" aux exportations ukrainiennes vers la Russie et s'inquiètent de la paralysie économique et financière de l'Ukraine. Ils rappellent aussi la nécessité d'une aide financière supplémentaire de l'Union au pays. De plus, ils demandent aux États membres d'éviter la construction de nouveaux gazoducs à partir de la Russie et contournant l'Ukraine, comme le "Nord Stream II". 

Les députés attendent des dirigeants ukrainiens qu'ils respectent leurs engagements en matière de lutte contre la corruption "endémique" qui, à leurs yeux, constitue le plus grand obstacle à l'effort de réforme.

Par ailleurs, le Parlement prend acte du prochain référendum néerlandais sur l'accord d'association UE-Ukraine et "espère que le peuple néerlandais décidera en tenant compte des avantages de l’accord et de ses effets tangibles sur l’Union européenne et sur les Pays-Bas en particulier".

 

 

Procédure: résolution non législative

 

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La liberté d'exprè-fion selon Manuel Valls

21 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Le socialisme, #la liberté, #La lutte des classes, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Terrorisme

Bonjour.
Voilà ce que permet l'état d'urgence. Embastiller un simple citoyen qui dérange la ploutocratie régnante. Nous entrons peu à peu en dictature dure.
Réagissez, il est déjà trop tard.
Lucien Pons

La liberté d'exprè-fion selon Manuel Valls

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Évasion fiscale : « On a affaire à des oligarchies nationales complètement vérolées

21 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Le traité Transatlantique., #Terrorisme

Source : The Dissident, Julien Le Gros, 23-12-2016

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon – DR

Ne vous fiez pas à l’apparence inoffensive de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Dans leur dernier ouvrage « Tentative d’évasion (fiscale) », les deux sociologues égratignent une fois de plus nos puissants. Et racontent comment, de Bercy à Genève, la fraude fiscale est désormais un système au service de l’oligarchie. Signe du destin, The Dissident les a rencontrés à Paris, à la station… Luxembourg !

The Dissident : Au début de votre essai, on comprend que les affaires Cahuzac et Liliane Bettencourt ont été le déclencheur du livre.

Monique Pincon-Charlot : Dans Le président des riches (Zones, 2010) il y a déjà des choses sur les paradis fiscaux. Dans Les ghettos du gotha, il y a l’histoire de la famille Mulliez, propriétaire du groupe Auchan, et de son emménagement à Estaimpuis, en Belgique, à 300 mètres de la frontière française. C’est un sujet sur lequel on se documente depuis le début de notre travail. On a eu des lectures très nombreuses… et très rasoir ! Le sujet n’est pas drôle du tout. Et il y a un an pile, on est partis en Suisse pour ce livre.

Qu’y apprend t-on ?

Il n’y a aucun scoop : les membres de la noblesse et de la bourgeoisie qui sont cités sont déjà dans la presse. L’intérêt de notre livre, c’est de montrer une classe sociale mobilisée au-dessus de tous les États pour ne pas contribuer à la solidarité nationale.

À l’époque des Ghettos du gotha, vous avez eu accès à des cercles très fermés. Aujourd’hui, est-ce plus compliqué d’avoir accès aux informations ?

Michel Pinçon : C’est difficile de travailler sur la fraude fiscale ! Dans nos travaux antérieurs, on a eu des informations par des gens de ce milieu. Mais c’est carrément tabou de leur demander comment ils gèrent leur patrimoine, de fraude fiscale, de paradis fiscaux. On a obtenu des informations diverses et variées, souvent de militants. Au Luxembourg et en Suisse, des groupes de résistance dénoncent la connivence de leurs États avec cette fraude fiscale.

Le Luxembourg est un des lieux privilégiés de la fraude fiscale. Amazon y a construit son siège social sur une presqu’île, dans la vieille ville de Luxembourg. Il y a juste de quoi loger une cinquantaine de salariés ! Ce n’est pas là où se font réellement les choses. Cela permet tout simplement d’y inscrire les bénéfices d’Amazon et d’être très peu taxé. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a été Premier Ministre du Luxembourg. On a la tête de l’Europe un individu qui un est complice évident de la fraude fiscale. C’est d’un cynisme… Ils sont tous complices : Juncker, Obama, le pourfendeur de la finance que se prétendait Hollande quand il cherchait des voix.

Monique Pinçon-Charlot : En 2010, le lanceur d’alerte Antoine Deltour a dévoilé le nom de tous les rescrits fiscaux1 qu’il a pu recopier avant son départ de l’un des big four, c’est-à-dire l’un des quatre plus grands cabinets d’audit financiers, le cabinet PWC. À l’époque, Juncker était ministre des Finances du Luxembourg. Il ne pouvait pas ne pas être au courant. En récompense, l’oligarchie l’a coopté comme président de la Commission européenne. Tandis qu’Antoine Deltour est poursuivi pour violation du secret des affaires et encourt cinq ans d’emprisonnement. Son procès aura lieu en janvier au Luxembourg.

Comment remonter le fil de ces évasions fiscales ?

Michel Pinçon : Nos sociétés dites démocratiques fonctionnent avec énormément d’interdits, de secrets. En particulier le secret fiscal. En France, on peut consulter les revenus d’une personne auprès de l’administration fiscale. Au bureau des impôts, vous pouvez demander à voir les déclarations fiscales des gens qui habitent votre quartier. Mais on surveille que vous ne preniez pas de notes. Si vous révélez les sommes que gagne telle personne, vous êtes automatiquement condamné à une amende correspondant au montant de ce que vous avez révélé. Si vous dites que Monsieur Untel a déclaré 2 millions de revenus l’année précédente, vous êtes imposé de la même somme. Ça refroidit les tentatives de révélation ! Pour les fraudes fiscales, ce sont des documents secrets auxquels même les employés des impôts n’ont pas accès. C’est le secteur bancaire qui garde ces documents à l’abri.

Monique Pinçon-Charlot : Il y a une multiplication des secrets : secret fiscal, secret bancaire, secret des affaires. Dès qu’on touche aux problèmes de la défense, c’est le secret défense. Le travail d’investigation peut toujours tomber sous le coup du secret des affaires. Être lanceur d’alerte relève de l’exploit. S’est mis en route un système de protection des lanceurs d’alerte, qui n’est pas encore parfait. Ce sont des grains de sable dans la machine oligarchique de ceux qui dorment dans les beaux quartiers.

Et le rôle des services fiscaux contre les fraudes ?

Monique Pinçon-Charlot : Tous les grands procès en cours – UBS France, HSBC France ou le Crédit mutuel – ne sont jamais le résultat de la traque des services fiscaux de Tracfin. Ces informations peuvent venir d’un conflit familial : les 80 millions d’euros de Liliane Bettencourt non déclarés en Suisse ont été révélés par le procès initié par sa fille. Elles peuvent aussi venir de lanceurs d’alerte comme Stéphanie Gibaud, Nicolas Forissier, ou Olivier Forgues à UBS France.

Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, il y a une machine de guerre très sophistiquée. Dans le reportage sur le Crédit Mutuel2, les spectateurs ont vu le système des poupées gigognes. On part d’un compte numéroté pour construire des sociétés écran, on fait des fiducies en utilisant des noms d’écrivains comme pseudonyme. Seul le chargé de clientèle connaît le véritable nom du client. Ça, ce n’est pas informatisé ! UBS France a démarché sur le sol français des Français pour rapatrier leurs avoirs en Suisse. Ils avaient des « carnets du lait ». C’est-à-dire une double comptabilité.

Dans votre livre, vous expliquez comment un directeur de la Direction nationale d’enquête fiscale (DNEF) a été placardisé pour avoir voulu traiter le cas Falciani (ancien salarié de HSBC, qui a livré des informations sur 130 000 comptes appartenant à des exilés fiscaux présumés).

Monique Pinçon-Charlot : On a pu interviewer de façon anonyme six inspecteurs des impôts qui témoignent du fait qu’ils ne peuvent plus vraiment faire leur travail. Dès qu’il s’agit d’une personnalité, tout est cloisonné. Ils n’ont pas accès à l’ensemble des informations. Il y a toute une machine, qu’on décrit dans le chapitre sur Bercy, faite pour préserver les intérêts des plus riches.

On apprend aussi que les paradis fiscaux ne sont pas toujours là où on le croit…

Michel Pinçon : Les entreprises se réfugient dans des îles où elles ne font rien à part engranger des bénéfices sans payer d’impôts. Les îles Vierges britanniques, les Bermudes… une dizaine d’îles au total. Mais c’est trompeur. L’un des paradis fiscaux les plus importants est le Delaware, ce petit État américain entre New-York et Washington. Il y a plus de sociétés que d’habitants. C’est un paradis fiscal sous la houlette du gouvernement américain. C’est un secret de polichinelle. Dans une des éditions du Bottin mondain, il y avait une publicité pour les facilités fiscales qu’offre le Delaware aux Français. Il y avait même une adresse à Paris ! Depuis qu’on l’a signalé, elle a été fermée. Mais ça continue de fonctionner sous une autre bannière. C’est étonnant, puisqu’Obama se veut pourfendeur des inégalités… Mais il ne parle jamais du Delaware !

Monique Pinçon-Charlot : Il n’a toujours pas signé l’accord historique du 29 octobre 2014 à Berlin, dans lequel quatre-vingt-dix pays ont ratifié l’échange automatique d’information entre administrations fiscales. Mais pas les États-Unis. La fameuse loi TAFTA élaborée sur recommandation de Barack Obama est à sens unique. Sous peine de ne plus avoir d’activités aux États-Unis, tous les pays du monde doivent déclarer les citoyens américains qui ouvrent des comptes non déclarés. Par contre, le Delaware n’est pas tenu à une réciprocité. Il y a une guerre fiscale. Et les États-Unis veulent détourner l’argent de l’évasion fiscale à leur profit.

Quelle morale peut-on tirer de tout ça?

Michel Pinçon : Une conclusion de notre livre, c’est qu’on a affaire à des oligarchies nationales complètement vérolées. C’est le Monopoly ! Ce sont des gens qui n’ont plus aucun sens du bien commun, comme il y en avait encore sous la IIIème ou IVème République. Enrichissons-nous ! C’est vraiment la morale des politiques d’aujourd’hui.

Monique Pinçon-Charlot : La violence des riches est opaque. Tandis que l’histoire de la chemise du DRH d’Air France, ça c’est visible ! Ça permet de criminaliser le salarié. On traite de voyous les travailleurs d’Air France. Pour gagner des millions d’euros, le PDG de Wolkswagen a fait une énorme fraude, avec des conséquences terribles pour le réchauffement climatique. Le Figaro a parlé de « tricherie ». Vous voyez la différence : voyou d’un côté, tricheur pour les grands de ce monde.

Qu’est-ce qui vous donne malgré tout des raisons d’espérer?

Michel Pinçon : Il y a des initiatives citoyennes, des rassemblements de magistrats, de fonctionnaires des impôts, avec des associations. Une plate-forme sur les paradis fiscaux regroupe une vingtaine d’associations comme Attac. Le mouvement Solidarité en Suisse nous a bien surpris. Quand on est sortis de la gare de Genève, pendant notre enquête, la première chose qu’on a vu ce sont des affiches : « À bas les forfaits fiscaux, les riches doivent payer leurs impôts. » Avec nos valises à roulette, on s’est dit : « Tiens c’est bizarre, on est attendu s! » On n’avait pourtant rien dit à personne. En fait, Solidarité en Suisse avait fait une votation [pour demander l’abolition] des forfaits fiscaux, qui font que les étrangers – contrairement aux Suisses – peuvent ne pas payer d’impôt sur leur patrimoine en Suisse.

Notes : 

1 Un rescrit fiscal peut faire prévaloir la sécurité juridique du contribuable et lui permettre d’obtenir un régime fiscal particulier. Le « Lux Leaks » révélé en 2014 met en cause une liste d’accords fiscaux entre l’administration luxembourgeoise et des entreprises pratiquant l’évasion fiscale.

2 Initialement programmé sur Canal +, ce documentaire a été censuré par Vincent Bolloré, proche du patron du Crédit Mutuel, Michel Lucas. Il a finalement été diffusé par France 3 dans le magazine Pièces à conviction.

Source : The Dissident, Julien Le Gros, 23-12-2016

 

 

20 réponses à Évasion fiscale : « On a affaire à des oligarchies nationales complètement vérolées »

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theuric Le 21 janvier 2016 
 
 

Ce qui m’intéresse vraiment c’est de constater combien ces gens, les fraudeurs, peuvent être dans l’incapacité de comprendre qu’ils sont eux-mêmes en train de détruire ce qui fait leur puissance.
Ce mécanisme autodestructeur vient qu’ils ne trouvent pas, au-devant d’eux, un quelconque contre pouvoir, et le plus puissant ne pouvant qu’être l’état.
Mais là où cela devient passionnant c’est de percevoir leur impossibilité de faire le lien entre leurs actes et la déconfiture actuelle de l’économie-monde.
D’où ce réflexe, pour, à leurs yeux, en donner sens, d’en rejeter la faute sur la production dispendieuse pétrolière séoudienne, la baisse du prix du pétrole qui en est lié, des déboires boursiers et immobiliers chinois ou de toutes autres raisons.
Sauf de remettre en cause leurs perceptions fausses, ils ne pourrons jamais comprendre que d’appauvrir continuellement, d’abord les ouvriers, puis les classes-moyennes basses, les intermédiaires et enfin les plus hautes ne pouvait que conduire et conduit désormais le monde et eux-mêmes à la ruine.

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La France face à la baisse des naissances

21 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La finance dérégulée, #Services publics

La France face à la baisse des naissances

20 janv. 2016

La France face à la baisse des naissances

Pour la première fois depuis plus de quinze ans, la France a vu ses naissances chuter en 2015. C’est moins la conséquence de circonstances économiques que d’une perte de confiance des jeunes couples dans l’avenir de notre pays.

C’est officiel, selon l’Insee (l’institut national des statistiques). La France compte aujourd’hui 66,6 millions d’habitants, soit seulement 247.000 de plus qu’il y a un an. Mais ce qui est le plus intéressant dans ce bilan démographique publié cette semaine, c’est que pour la première fois depuis 1999, notre pays a vu le nombre des naissances reculer : de 19.000 en 2015. Ce qui représente une baisse de 2,3 % de la natalité d’autant plus étonnante que cela fait des années que notre population est l’une des plus dynamiques d’Europe avec un nombre toujours croissant de bébés. Que les gouvernements soient de droite ou de gauche. Cette exception française avait pour origine une politique familiale et des modalités bien précises définies à l’époque du Général de Gaulle avec des aides financières, des allocations familiales généreuses, une fiscalité favorable aux familles nombreuses, mais aussi des congés maternité de longue durée et des places en crèche toujours plus importantes.

En massacrant la famille, les socialistes ont fait l’impasse sur le destin de la France

Mais c’était compter sans l’arrivée au pouvoir des socialistes et de personnalités qui ont eu pour obsession dès le départ de déconstruire la famille par tous les moyens possibles. Pour la seule raison que le foyer familial est le seul endroit où sont encore enseignées et transmises un certain nombre de valeurs essentielles ou des «murs porteurs de notre civilisation», comme le dit si joliment Philippe de Villiers. Les familles ont donc été l’un des principaux boucs émissaires de cette gauche pétrie d’idéologie arrivée au pouvoir avec François Hollande. Cela s’est traduit notamment par trois mesures fortes. D’abord sur le plan fiscal avec une pénalisation du niveau de vie de près de 1,5 million de familles, à hauteur de 1 000 euros par an. Ensuite, il y a eu la modulation des allocations familiales. Nouvelle sanction financière estimée à 1 500 euros par an pour 485 000 ménages. Enfin, comme si tout cela ne suffisait pas, les socialistes ont diminué la prestation d’accueil du jeune enfant. Les seules familles qui ne sont pas concernées par ces mesures sont celles issues de l’immigration et dont les revenus sont trop faibles pour donner lieu à une quelconque modulation.

C’est ainsi que meurent les nations, voire les civilisations

Mais ne nous trompons pas : si la France connaît pour la première fois une inversion de la courbe des naissances, ce n’est pas une simple question d’allocations. Cela témoigne d’abord et avant tout de la part des jeunes parents d’un tragique manque de confiance dans l’avenir. La montée constante de l’insécurité physique et sociale, l’intensification des communautarismes, la perte des repères fondamentaux qui constituent le socle d’une patrie, la déstabilisation de la société par une arrivée massive de clandestins et enfin le climat de guerre de religion installé par des islamistes radicaux constituent autant d’éléments qui pèsent sur le moral des ménages et des familles. Les voilà subitement incapables de se projeter dans l’avenir faute de confiance dans une communauté nationale qui devrait les protéger au lieu de les punir et les encourager au lieu de les brider.

La France face à la baisse des naissances

20 janv. 2016

© Charles Platiau Source: Reuters

Un couple à Paris

Pour la première fois depuis plus de quinze ans, la France a vu ses naissances chuter en 2015. C’est moins la conséquence de circonstances économiques que d’une perte de confiance des jeunes couples dans l’avenir de notre pays.

C’est officiel, selon l’Insee (l’institut national des statistiques). La France compte aujourd’hui 66,6 millions d’habitants, soit seulement 247.000 de plus qu’il y a un an. Mais ce qui est le plus intéressant dans ce bilan démographique publié cette semaine, c’est que pour la première fois depuis 1999, notre pays a vu le nombre des naissances reculer : de 19.000 en 2015. Ce qui représente une baisse de 2,3 % de la natalité d’autant plus étonnante que cela fait des années que notre population est l’une des plus dynamiques d’Europe avec un nombre toujours croissant de bébés. Que les gouvernements soient de droite ou de gauche. Cette exception française avait pour origine une politique familiale et des modalités bien précises définies à l’époque du Général de Gaulle avec des aides financières, des allocations familiales généreuses, une fiscalité favorable aux familles nombreuses, mais aussi des congés maternité de longue durée et des places en crèche toujours plus importantes.

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En massacrant la famille, les socialistes ont fait l’impasse sur le destin de la France

Mais c’était compter sans l’arrivée au pouvoir des socialistes et de personnalités qui ont eu pour obsession dès le départ de déconstruire la famille par tous les moyens possibles. Pour la seule raison que le foyer familial est le seul endroit où sont encore enseignées et transmises un certain nombre de valeurs essentielles ou des «murs porteurs de notre civilisation», comme le dit si joliment Philippe de Villiers. Les familles ont donc été l’un des principaux boucs émissaires de cette gauche pétrie d’idéologie arrivée au pouvoir avec François Hollande. Cela s’est traduit notamment par trois mesures fortes. D’abord sur le plan fiscal avec une pénalisation du niveau de vie de près de 1,5 million de familles, à hauteur de 1 000 euros par an. Ensuite, il y a eu la modulation des allocations familiales. Nouvelle sanction financière estimée à 1 500 euros par an pour 485 000 ménages. Enfin, comme si tout cela ne suffisait pas, les socialistes ont diminué la prestation d’accueil du jeune enfant. Les seules familles qui ne sont pas concernées par ces mesures sont celles issues de l’immigration et dont les revenus sont trop faibles pour donner lieu à une quelconque modulation.

C’est ainsi que meurent les nations, voire les civilisations

Mais ne nous trompons pas : si la France connaît pour la première fois une inversion de la courbe des naissances, ce n’est pas une simple question d’allocations. Cela témoigne d’abord et avant tout de la part des jeunes parents d’un tragique manque de confiance dans l’avenir. La montée constante de l’insécurité physique et sociale, l’intensification des communautarismes, la perte des repères fondamentaux qui constituent le socle d’une patrie, la déstabilisation de la société par une arrivée massive de clandestins et enfin le climat de guerre de religion installé par des islamistes radicaux constituent autant d’éléments qui pèsent sur le moral des ménages et des familles. Les voilà subitement incapables de se projeter dans l’avenir faute de confiance dans une communauté nationale qui devrait les protéger au lieu de les punir et les encourager au lieu de les brider.

«La femme n’allaite pas l’enfant, mais la destinée», avaient coutume de dire les Anciens. Car toutes les sociétés qui nous ont précédés ont eu la sagesse de raisonner en regardant à très long terme. En massacrant la famille pour des raisons idéologiques et budgétaires, les socialistes ont fait l’impasse sur le destin de la France et son avenir dans plusieurs générations. La logique malthusienne des nouveaux ayatollahs de l’écologie ne va rien arranger. C’est ainsi que meurent les nations, voire les civilisations. Et lorsqu’on s’en aperçoit, c’est toujours trop tard.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT et à ce blog.

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François Hollande veut réadopter le protocole de Paris de l'OTAN que de Gaulle avait dénoncé en 1967.

21 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #L'armée française, #L'OTAN., #AMERIQUE

François Hollande lors d'un sommet de l'OTAN à Chicago

François Hollande lors d'un sommet de l'OTAN à Chicago

François Hollande veut réadopter le protocole de Paris de l'OTAN que de Gaulle avait dénoncé en 1967

20 janv. 2016,

Le changement c'est maintenant : les «principes d’indépendance militaire et stratégique de notre pays» que l'actuel président défendait face au projet de Nicolas Sarkozy ne semblent plus faire partie de ses préoccupations.

«Le protocole de Paris fut dénoncé par la France le 30 mars 1966 lorsque celle-ci décida de quitter la structure de commandement intégrée de l'OTAN. La dénonciation est devenue effective le 31 mars 1967» peut-on lire dans les motifs du projet de loi. Depuis, la France de Nicolas Sarkozy a réintégré la structure de commandement de l’OTAN, ce qui est pour la France de François Hollande de 2015, une raison pour réadopter ce protocole. Même si en 2008 le futur président dénonçait la «dangereuse rupture ... [des] principes d’indépendance militaire et stratégique de notre pays», une fois au pouvoir celui-ci n’a pas à cœur de restaurer ces principes affirmés par le Général de Gaulle, mais plutôt de les enterrer davantage.

Ainsi, on peut lire dans l’exposé des motifs de cette loi qu’ «en 2009, la France a décidé de réintégrer la structure de commandement de l'OTAN. En conséquence, elle a recommencé à accueillir du personnel de l'Organisation dans ses quartiers généraux militaires sans que ses QG ne bénéficient toutefois d'aucun statut international. Seuls des arrangements de circonstance ont permis jusqu'ici l'accueil de personnels de l'OTAN dans les QG situés sur le sol français. L'attractivité du territoire français s'en trouve affectée de même que l'influence française au sein des structures de commandement».

Au menu de ces mesures, on retrouve notamment l’article 7 du protocole, qui exonère les personnels du QG des impôts de «l’État d’accueil». Mais ces employés restent redevables de leurs taxes à l’OTAN lui-même ou au pays dont ils sont originaires. L’article 8 «prévoit que les QG sont exonérés sur le territoire des États parties des droits et taxes afférents aux dépenses qu'ils supportent dans l'intérêt de la défense commune». Soit autant de recettes qui ne rentreront plus dans les poches de l’Etat français.

 

Autre fait notable, l’article 13 garantit le caractère inviolable «des archives et autres documents officiels conservés dans les locaux d’un QG interallié ou détenus par tout membre de ce QG». Mais, précise le texte, cette inviolabilité pourrait néanmoins être levée… si la personne concernée y renonce.

Lire aussi : «Pour discuter des affaires européennes, il faut aller aux Etats-Unis»

 

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