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Le blog de Lucien PONS

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EHPAD: «Ils font du fric sur le dos des plus faibles» : un syndicat tire à boulets rouges sur les Ehpad. Le 29 avr. 2019.

2 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La santé, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

«Ils font du fric sur le dos des plus faibles» : un syndicat tire à boulets rouges sur les Ehpad
«Ils font du fric sur le dos des plus faibles» : un syndicat tire à boulets rouges sur les Ehpad
Un syndicaliste venu sous les fenêtres de de la direction de l'AP-HP à Paris pour une manifestation (image d'illustration).

Les portefeuilles des propriétaires d'Ehpad semblent se porter au mieux, mais les salariés de hôpital public estiment pour leur part que les fermetures de lits dans leurs services de gériatrie seraient corrélées à la fortune de ces premiers.

Le syndicat hospitalier Sud-Santé alerte régulièrement sur «la casse de l'hôpital du public», ainsi que sur la privatisation du secteur de la santé et celui de la gériatrie, en particulier. Cette fois, c'est Cathy Le Gac, co-secrétaire générale de ce syndicat, qui est montée au créneau sur Facebook avec une publication dans laquelle elle partage un article du site ehpad.com claironnant la réussite financière «des propriétaires d’exploitants d’EHPAD privés en France», selon les chiffres du magazine Challenges«Voici les noms des personnes qui font du fric sur le dos des plus faibles...», assène Cathy Le Gac. Et de reprendre les noms des fortunes les plus emblématiques de ce secteur visiblement en plein essor.

Si les placements financiers dans ce domaine sont encouragés par le site ehpad.com, les partenaires sociaux de l'hôpital public font eux part de toute leur inquiétude.

Ainsi Sud-Santé avait déjà alerté dans un communiqué publié à la fin du mois de mars 2019 : «En Ile-de-France, la population augmente régulièrement. Nous vivons de plus en plus vieux, mais pas forcément en bonne santé. Malgré les besoins à venir, Martin Hirsch [directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris] décide de fermer 1 200 lits sur les 2 400 de l’APHP. Soit la suppression de 50% des lits de soins de longue durée (SLD). C’est un véritable plan de destruction massive ! [...] Souvenons-nous de tous les scandales de certaines de ces structures le printemps dernier… Ces groupes cotés en bourse ou appartenant pour la plupart à des fonds de pension qui exigent un retour sur investissement. La prise en charge des personnes âgées se fait au prix d’une maltraitance institutionnelle qui se généralise, par exemple, ils attribuent la somme de 3,46 euros par jour pour 3 repas et une collation.»

Pour le syndicat, aucun mystère : les fermetures de lits en gériatrie dans le secteur public vont bénéficier au domaine privé.

Jointe par RT France, Valérie Pistone, infirmière et secrétaire de la section Sud-Santé à l'hôpital René Muret à Sevran en Seine-Saint-Denis où 179 lits en gériatrie pourraient prochainement fermer, semble totalement dépitée au téléphone : «C'est un scandale sanitaire qui se prépare. Il faudrait un plan gériatrie ambitieux mais le patient doit être rentable selon la direction de l'AP-HP... L'humain passe après l'argent.»

La syndicaliste compare le traitement des aînés dans le public et dans le privé : «Chez nous [à l'hôpital René Muret], il y a toujours un médecin de garde ou un interne la nuit. Par contre, seuls 12% des Ehpad disposent d'un service d'infirmières de nuit. Donc dans ces établissements, quand un patient est malade la nuit, il faut appeler les pompiers ou le Samu et il part pour les urgences qui sont déjà saturées.»

A en croire Valérie Pistone, le patient devra alors attendre pendant plusieurs heures dans le service d'urgences où il atterrira après sa prise en charge, «une perte de sens», selon elle : «Ils sont malades, mais on les sort de leur environnement». Et de déplorer un paradoxe : «En substance, on nous dit de vieillir, mais en bonne santé ! Il faut comprendre que beaucoup des patients qui sont dans nos services ont déjà été refusés par les Ehpad pour des raisons financières. Dans notre département de la Seine-Saint-Denis, qui pourra se payer les dépassements d'honoraires du secteur privé dans les années à venir ? Les seniors vont-ils devoir s'endetter pour se soigner ? Leurs plans sont en contradiction avec les statistiques locales et les gens ne bénéficieront pas d'une offre de soins à la hauteur de leurs besoins. La Seine-Saint-Denis était un département jeune, mais à présent, il a vieilli, comme les autres.»

C'est un scandale sanitaire qui se prépare, mais le patient doit être rentable. L'humain passe après l'argent

A l'autre bout de la chaîne, les propriétaires des Ehpad connaissent un certain succès financier à en croire le classement publié par Challenges, mais les partenaires sociaux craignent que ce ne soit au détriment des patients. C'est ce que dénonce avec tant de force le syndicat Sud-Santé, ainsi que le rappelle Valérie Pistone : «On appelle ça "l'or gris" et ça rapporte beaucoup. Leur personnel est payé par la sécurité sociale et ils négocient tout au cordeau avec des prix de gros qui ramènent le coût quotidien des repas à un peu plus de 3,40 euros, le tout pour trois repas et un goûter. Vous avez déjà essayé de manger pour ce prix-là, vous ? Mais les propriétaires d'Ehpad sont de plus en plus décomplexés par rapport à cette situation.»

Alors les syndicats cherchent à mobiliser dans les hôpitaux publics, notamment à Sevran : «Tous les mardis on tient une assemblée générale, car notre situation est très floue. La direction ne confirme pas les chiffres de fermetures de lits que nous avons obtenus en off, mais ils ne les démentent pas non plus... On sait très bien qu'ils vont faire comme d'habitude, c'est-à-dire ne pas communiquer pendant le plus longtemps possible et sortir leurs cartouches au dernier moment pour que personne n'ait le temps de réagir. Du coup, on a cette grosse impression de ne pas avoir d'avenir. Pour la fermeture d'un bâtiment entier en gériatrie chez nous, nous nous attendons à une échéance dans le courant de l'année 2019 ou en 2020», déplore Valérie Pistone de Sud-Santé. Selon ce même syndicat, 6 000 suppressions de postes également sont prévues d'ici l'année 2023 pour l'AP-HP.

Antoine Boitel

Lire aussi : AP-HP : après les urgences, l'intersyndicale appelle à la grève dans les hôpitaux parisiens

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La destruction programmée de la Sécurité Sociale par le Gouvernement Macron. Par Lucien Pons

3 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #La santé, #La Sécurité Sociale

La destruction programmée de la Sécurité Sociale par le Gouvernement Macron. Par Lucien Pons

Les français sont-ils conscients de ce qu’ils sont en train de perdre avec les attaques contre la Sécurité Sociale ? Ce formidable projet de société qui, selon Ambroise Croizat, devait « mettre fin à l’obsession de la misère » est aujourd’hui en passe de s’effondrer sous les coups de boutoirs du gouvernement, contre ce qui fait son fondement : la cotisation sociale.

Ce qu’ils appellent « charges sociales » sont seulement les salaires différés que l’employeur doit. Le gouvernement Macron assèche le financement de la sécurité sociale donc il condamne cette belle institution sociale à disparaître. Il obéit en cela aux « Grandes Orientations de la Politique Économique » imposées par l’Union européenne. Ces recommandations furent clairement exprimées dans « les recommandations » de 2015 et de 2016.

Il importe de rappeler ce que les « allégements de charges aux entreprises et aux salariés » imposent comme conséquences pour la Sécurité Sociale :

  • Elle est tout d’abord une amputation directe du salaire dont la cotisation est partie intégrante, c’est « un salaire socialisé » fondé sur les richesses créées dans l’entreprise, la seule richesse qui va directement du cotisant vers le bien-être des gens sans passer par les actionnaires. Si le salaire net c’est pour le quotidien du mois, le salaire brut c’est pour la vie.
  • Vers qui est destinée cette économie patronale ? Elle n’ira ni vers l’emploi, ni vers l’investissement, mais servira à augmenter les marges patronales et à nourrir les actionnaires.
  • Cela conduira à la hausse de la CSG et de la CRDS qui alourdiront la feuille d’impôt. Cela fiscalise et étatise un peu plus encore la sécurité Sociale. Depuis 1995, la part de fiscalisation dans le financement de la Sécu est passée de 4,9% à 28% tandis que celle de la cotisation sociale tombe de 86,6% à 67, 3%. Imagine-t-on ce que deviendra la sécurité Sociale abandonnée aux mains de l’état ? Une seule ordonnance à l’image de ce qui s’est passé en Espagne, pourrait engendrer des coupes drastiques ou pire cela pourrait imposer une privatisation immédiate.
  • La mort de la cotisation sociale n’est rien d’autre que celle de la Sécurité Sociale, une coquille vide livrée au privé, aux assurances santé inégalitaires et très coûteuses. C’est la fin du droit de vivre dignement !

En 2019 le CICE est maintenue et son « enveloppe est doublée, elle est de 40 milliards d’euros. Mais ce qui est le plus grave réside dans la nouvelle affectation de ces sommes données prioritairement et sans contrepartie aux grandes entreprises du CAC40. Cette somme n’est plus un allègement d’impôt comme dans les 5 années précédentes, elle est allouée pour exonérer les entreprises « des charges sociales » sur la masse salariale jusqu’à 3,5 SMIC. Cela revient à donner 20 milliards d’euros pour alléger les charges patronales, ce manque à gagner pour la Sécurité sociale sera payé par l’impôt (CSG et CRDS). Au final c’est une double peine pour le contribuable car il paye 20 milliards d’euros aux entreprises pour les allègements de charges et 20 milliards de CSG pour compenser ce manque à Gagner, MERCI MACRON !

Mais ce n’est pas tout. Dans les enfumages proposés par ce gouvernement pour augmenter les salaires existe le dispositif qui consiste à supprimer la cotisation sociale sur la fiche de paye, c’est-à-dire affecter le salaire socialisé au salaire net.

Dans ces deux aspects de suppression du salaire socialisé l’objectif est clair. Il s’agit d’assécher le financement de la Sécurité Sociale donc de liquider cette belle institution conformément aux injonctions de Bruxelles.

A y regarder de près l’efficience supposée du marché en toutes choses dissimule mal un acte de brigandage opéré par les ultra riches de ce monde. Le budget annuel de la Sécurité Sociale est de 488,5 milliards d’euros en 2017 (en comparaison le budget de l’état est d’environ 300 milliards d’euros en 2017). Cette somme énorme échappe pour l’instant échappe totalement aux appétits des voleurs autorisés que sont les fameux « investisseurs ».  Ils n’ont de cesse de tout mettre en œuvre pour mettre la main sur cette somme gigantesque.

Deux autres prédations sont en cours sur des budgets sur lesquels ils n’ont pas encore la main totalement, il s’agit du budget de l’éducation et de celui de l’eau. Comme c’est bizarre, des réformes urgentes sont opérées dans ces domaines dans l’intérêt général, plutôt dans l’intérêt exclusif des 0,1% des plus riches.

Lucien Pons

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Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019

28 Mars 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La santé, #Les Gilets Jaunes, #Services publics

Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019

 

Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019

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Dans l’après-midi d’hier, les députés ont adopté sans surprise, par 349 voix pour et 172 contre, le projet de loi pour l’organisation et la transformation du système de santé. Portée par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, la réforme - qui entérine notamment la suppression du numerus clausus - comporte son lot de défis pour la santé et l’accès aux soins dans les territoires. Pour y faire face, les députés ont reconnu la promotion de la santé comme compétence à part entière des collectivités et confirmé qu’un millier de CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) devraient voir le jour d’ici à 2022. Regroupant tous les professionnels de santé d’un territoire, ces CPTS ont pour but de favoriser le travail en équipe des professionnels de santé libéraux avec notamment la prise en charge de consultations sans rendez-vous, pour soulager l'hôpital.

Des « projets territoriaux de santé »
Pour « mieux structurer l’offre de soins dans les territoires », les députés ont voté, par ailleurs, la création des « projets territoriaux de santé ». Élaborés au sein des conseils territoriaux de santé, notamment à la demande de l'AMF, ils « définissent le territoire pertinent pour la mise en œuvre par ses acteurs de l’organisation des parcours de santé », est-il indiqué dans l'article 7.
Dans le même article, le texte renforce les dispositifs de concertation avec les élus : il est en effet prévu que « dans chaque département, le directeur général ou le directeur de la délégation départementale de l’agence régionale de santé présente devant des élus [parmi lesquels les présidents des EPCI du département et au moins cinq représentants des maires du département, ndlr], au moins une fois par an et en tant que de besoin, le bilan de la mise en œuvre du projet régional de santé au cours de l’année écoulée ainsi que ses orientations pour l’année à venir, notamment sur l’accès aux soins et l’évolution de l’offre en santé ».

Une révision de la carte hospitalière par ordonnances
La loi habilite le gouvernement à réviser la carte hospitalière par ordonnances « pour favoriser l’accès aux soins et au regard des besoins de la population et de l’offre présente sur le territoire concerné ». Il s'agira d'un côté de labelliser entre 500 et 600 « hôpitaux de proximité » recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, mais sans maternité, et avec de la chirurgie sur autorisation strictement encadrée. De l'autre côté, de modifier les règles d'autorisations des activités de soins (chirurgie, maternité, urgences...) et des équipements. De nombreux amendements demandaient la suppression de cet article.
L’article 10, lui, rend obligatoire les commissions médicales au sein des GHT (groupements hospitaliers de territoire), toujours sans la participation des élus locaux. Un amendement soutenu par l’AMF demandait que deux élus siègent au sein de leur comité stratégique, alors que pour l’instant, les élus ne sont représentés qu’au sein du « comité territorial des élus locaux », qui n’est qu’une instance consultative.

L’obligation de stage en zone tendue pour les étudiants en médecine abandonnée
La mesure emblématique de la réforme est la suppression, à compter de la rentrée 2020, du numerus clausus et du concours couperet limitant le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine, dentaire, pharmacie et maïeutique (sage-femme). Les universités, en accord avec les agences régionales de santé, détermineront les effectifs d’étudiants en deuxième et troisième année. Avec un triple objectif : « répondre aux besoins du système de santé, réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins, notamment dans les territoires périurbains, ruraux, de montagne, insulaires et ultramarins, et permettre l’insertion professionnelle des étudiants ». Proposée en commission par des députés La République en marche, la disposition qui prévoyait que les étudiants aient validé, pour accéder au troisième cycle des études de médecine, « un stage situé dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins », a été supprimée (lire Maire info du 20 mars).
La prochaine réunion du groupe de travail mensuel, obtenu par l’AMF et piloté par la ministre des Solidarités et de la Santé, dont l’objectif est « d’associer étroitement les maires et présidents d’intercommunalité au projet de loi santé », est prévue le 5 avril.

Ludovic Galtier (avec AFP)

Le projet de loi Santé adopté par l’Assemblée nationale le 27 mars 2019
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La casse sociale du gouvernement Macron.

17 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La sécurité sociale, #La santé, #Services publics, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #l'horreur économique

La casse sociale du gouvernement Macron.

Prep.Coord.Nat] Tolbiac, commune libre.

 

Ce soir 2 avril AG étudiant.e.s cheminot.e.s à Tolbiac.. Amphi plein.

 - intervention de 8 ou 9 cheminot-e-s, des postiers  du 92 en grève reconductible à 150-200 depuis le 26 mars

( caisse de grève), de la CGT-HPE contre la sous-traitance ayant soutenu et fait gagner avec la CNT-SO la grève de 111 jours des Holiday In Clichy,...

- volonté de jonction dans des actions concrètes de la part des cheminots et des étudiants (en cours d'élaboration),et volonté d'auto-organisation dont les cadres sont à poser. ( pour rappel le 22 mars les étudiants avaient fait le choix de rejoindre les cheminots à la Gare de l'Est plutôt que les fonctionnaires à Bercy    

-  Vu la montée des mobilisations et appels à la grève ( Carrefour, précaires de l'éducation nationale le 5, agents publics et privés de collecte et traitement des déchets dès mardi 3, travail social et hôpitaux...) les cheminots ne gagneront pas seuls le combat pour faire dérailler Macron, mais ils ont une responsabilité historique pour faire prendre une grève générale reconductible ( ils seront à 50 % en grève mardi et à 77% pour les conducteurs) et pour '"raccrocher les wagons"...Si 5 syndicats ont défini le calendrier de grèves perlées à la SNCF, SUD Rail a déposé un préavis de grève reconductible dès le 3, Paris Nord l'a votée le 22 mars, St-Lazare aussi, Gare de Lyon en décide demain à l'AG de 11H..

Mardi 3 avril ,  à 13H gare de l'Est départ de la manif cheminots rejoints par les étudiants, postiers, et autres secteurs en lutte

Dès le 4 avril nombreuses actions , pour beaucoup l'histoire des mouvements sociaux montre que la grève reconductible est la seule efficace

mais elle suppose des caisses de grève et un large soutien des usagers. 

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Saint-Brieuc: 120 médecins démissionnent de l'hôpital

15 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #l'horreur économique, #La santé

Saint-Brieuc: 120 médecins démissionnent de l'hôpital

 

 

Saint-Brieuc: 120 médecins démissionnent de l'hôpital

 

 

 

 

 

En conflit ouvert avec leur hiérarchie, les praticiens ont collégialement quitté la commission médicale de l'établissement.

120 médecins et chefs de service qui siègent au sein de la Commission médicale d'établissement (CME) ont présenté cette semaine leur démission.© REUTERS

120 médecins et chefs de service qui siègent au sein de la Commission médicale d'établissement (CME) ont présenté cette semaine leur démission.

 

Selon un chef de pôle de l'hôpital Yves-le-Foll de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), c'est une "première dans l'histoire de (l'établissement)". 120 médecins et chefs de service qui siègent au sein de la Commission médicale d'établissement (CME) ont présenté leur démission pour protester contre la façon dont la direction gère cette structure.

Les griefs des démissionnaires, dévoilés par Ouest France: absence de discussion autour du mode de gouvernance, non-renouvellement des contrats à durée déterminée au sein des services techniques et administratifs et des soignants (42 postes), construction d'un nouveau pôle ambulatoire sans concertation avec les praticiens... l'ambiance est résolument tendue dans les couloirs de l'hôpital briochin.

Le spectre du déficit

"Nous ne sommes même pas associés à ce projet qui va coûter 25 millions d'euros", confie un médecin au quotidien au sujet du nouveau pôle. Dans une région où les hôpitaux de Guingamp et Lannion, confrontés l'un et l'autre à un important déficit financier et placés sous tutelle, cette situation fait surtout grincer des dents. D'autant que l'hôpital connaît, selon sa direction, "depuis 2017 une situation de déficit qui s'inscrit dans un contexte national, alors même qu'il n'avait pas connu (cela) depuis de nombreuses années".

En allant au clash avec leur hiérarchie, les médecins de la CME de l'hôpital Yves-le-Foll assument la rupture du dialogue. "Dans les services, on leur reprochait un peu de cautionner les décisions de la direction. Leur acte marque un tournant", assure Christian Brice, médecin urgentiste et délégué de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

Cette décision va surtout déclencher une enquête conduite par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Ces investigations pourraient durer plusieurs mois. Autant dire que la crise risque de s'inscrire dans la durée.

 

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Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille par L’équipe de Fakir

1 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La santé, #l'horreur économique

Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

par L’équipe de Fakir 23/04/2010

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On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

Avant la lutte sur les retraites, Fakir se décarcasse : nous apportons notre pierre dans la bataille des idées. Avec toute une gamme d’outils : supplément papier, mini-pièce de théâtre, fichier PDF, affiche en BD, émission de radio… Autant de formes différentes, mais pour servir la même idée : éclairer un point du débat économique, et pourtant central, le partage de la valeur ajoutée. Depuis 1983, l’INSEE évalue à 9,3 % du PIB les richesses qui ont glissé de la poche des salariés à celle des actionnaires. C’est cela, le « hold-up tranquille » contre lequel Fakir entre en guerre.

Fakir vous offre… le kit du « hold-up tranquille »

Avant la lutte sur les retraites, Fakir se décarcasse :
nous apportons notre pierre dans la bataille des idées – assez lourde, on espère, assez tranchante aussi.

Nous pratiquons le sur mesure, avec toute une gamme d’outils à votre disposition : supplément papier, mini-pièce de théâtre, fichier PDF, affiche en BD, émission de radio… Autant de formes différentes, mais pour servir la même idée : éclairer un point du débat économique, et pourtant central, le partage de la valeur ajoutée. Depuis 1983, l’INSEE évalue à 9,3 % du PIB les richesses qui ont glissé de la poche des salariés à celle des actionnaires. C’est une donnée clé, qui représente des centaines de milliards d’euros – ce que nous appelons un « hold-up tranquille » et qui permet de renverser le regard sur toutes les « réformes » en cours : retraites bien sûr, mais aussi Sécurité sociale, flexibilité, pouvoir d’achat.

Avec la contre-information délivrée ici, rigolote sur la forme mais sérieuse sur le fond, pas bête mais accessible, combative mais pas sectaire, on peut entamer le travail de conviction dans notre famille, parmi nos amis, nos cousins, nos collègues. Comme quoi, tout simplement, des marges de manœuvre existent. Et une fois échangé ce document, peut-être entamerez-vous une discussion – qui vous mènera ensemble dans les manifs.

Que faire, maintenant ?

– Vous pouvez télécharger le fichier PDF de notre quatre pages spécial sur la valeur ajoutée : Tchio’Fakir : un hold up tranquille. Le PDF est téléchargeable ici.

– Vous pouvez commander en ligne 10 (6€), 50(12€), 100(15€),500(50€) ou 1000(80€) exemplaires de notre supplément spécial valeur ajoutée en cliquant ici. Sinon télécharger un bulletin de commande ici et envoyez-nous un chèque à l’ordre de Fakir, 21 rue Eloi Morel, 80000 Amiens.

– Vous pouvez aussi commander notre superbe affiche (très pratique pour conscientiser les masses aux toilettes) en envoyant un mail à cette même adresse.

– Vous pouvez écouter une émission de Là-bas si j’y suis sur ces 9,3 % ici.

– Et vous pouvez lire l’article ci-dessous, revenant plus en détail sur le « hold-up tranquille ».

Le PDF de quatre pages sur la valeur ajoutée sera diffusé dans les manifestations du 1er mai à Arras, Amiens, Lille, Rennes, Morlaix, Toulouse, Pau, Bordeaux, Marseille, Nancy, Mulhouse, Belfort, Vesoul, etc. Si votre ville n’apparaît pas à l’avant-garde fakirienne, à vous de prendre le taureau par les cornes !

Sans vous, on est rien. Avec vous, on pourra beaucoup. Et c’est pour ça qu’à la fin c’est nous qu’on va gagner…

Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

« La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années. »

D’où sont tirées ces lignes ?
On croirait une communication de la CGT ?
Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ». Dans leur Working Papers N°231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share (« Hausse tendancielle mondiale de la part des profits »), eux insistent pourtant sur les « hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui », sur cette « marge d’une importance sans précédent », sur cette « preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires » et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

Ce sont donc les financiers eux-mêmes qui dressent ce constat, avec étonnement : jamais les bénéfices n’ont été aussi hauts, jamais les salaires n’ont été aussi bas, un déséquilibre inédit depuis au moins un demi-siècle, et vrai pour l’ensemble des pays industrialisés.
Et cette analyse ne souffre d’aucune contestation : d’après le Fonds Monétaire International, dans les pays membres du G7, la part des salaires dans le Produit Intérieur Brut a baissé de 5,8 % entre 1983 et 2006. D’après la Commission européenne, au sein de l’Europe cette fois, la part des salaires a chuté de 8,6 %. Et en France, de 9,3 %. Dans le même temps, la part des dividendes dans la valeur ajoutée passait de 3,2 % à 8,5 %. Un quasi-triplement.

Combien ça coûte ?

Enoncés ainsi, ces 9,3 % paraissent abstraits. Ils représentent en fait des montants colossaux – qui ont des conséquences très concrètes dans notre vie quotidienne.

Qu’on les évalue, d’abord :
Le PIB de la France s’élève, aujourd’hui, à près de 2 000 milliards d’euros.

– Donc il y a en gros 120 à 170 milliards d’euros qui ont ripé du travail vers le capital, calcule Jacky Fayolle, ancien directeur de l’IRES – Institut de Recherche Economique et Social.

– 120 à 170 milliards par an, alors ?

– Pour aller très vite, c’est ça.

Même avec des estimations basses, le seuil des cent milliards d’euros est largement dépassé. Soit plus de dix fois le « trou » de la Sécurité sociale en 2007 (dix milliards, l’année d’avant la crise), cinq fois celui de 2009 (22 milliards d’euros, crise oblige). Une vingtaine de fois celui des retraites (7,7 milliards d’euros). Des « trous » amplement médiatisés, tandis qu’on évoque moins souvent celui, combien plus profond, creusé par les actionnaires dans la poche des salariés…

– C’est un hold-up géant dont on ne parle pas, c’est ça ?

– Oui, tempère Jacky Fayolle, sauf que le mot hold-up est trop brutal pour parler d’un changement qui cumule tout un ensemble de facteurs : le poids du chômage, les politiques économique, les changements de la gouvernance des entreprises depuis une vingtaine d’années. »

Ces 9,3 % devraient, par le gigantisme des sommes en jeu, des centaines de milliards d’euros, ces 9,3 % devraient s’installer au cœur du débat.
Quand Nicolas Sarkozy intervient, à la télévision, et déclare « si nous voulons sauver notre système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions. Tous les chiffres sont sur la table », un chœur devrait s’élever dans le pays citant un chiffre qui n’est pas « sur la table » : 9,3 %.
Quand le même revient à la télé, et déclare « Il faut plus d’argent contre Alzheimer, plus d’argent contre le cancer, plus d’argent pour les soins palliatifs, mais où est-ce qu’on les trouve ? où est-ce qu’on les trouve ? », on pourrait lui apporter la solution : qu’il retrouve ces 9,3 % dans les portefeuilles de ses amis du Fouquet’s.
Toute la contestation des « nécessaires réformes en cours » pourrait, inlassablement, s’appuyer sur ces 9,3 %. Or, c’est à l’inverse qu’on assiste : cette donnée majeure est quasiment effacée de la sphère publique, éclipsée dans les médias, à peine mentionnée par les politiques. Un point central de l’économie en devient le point aveugle.

C’est pourquoi Fakir vient apporter ses lumières…

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Levothyrox : l'Agence du médicament invoque la loi du secret des affaires pour ne pas communiquer des informations, accuse l'avocat de patients

29 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #l'horreur économique, #La santé

Levothyrox : l'Agence du médicament invoque la loi du secret des affaires pour ne pas communiquer des informations, accuse l'avocat de patients

Maître Emmanuel Ludot affirme sur franceinfo ne pas avoir pu obtenir toutes les informations qu'il souhaitait sur la nouvelle formule du Levothyrox.

Les ancienne et nouvelle formule du Levothyrox.
Les ancienne et nouvelle formule du Levothyrox. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

La première application connue de la loi validée en juillet 2018 sur le secret des affaires concerne le dossier sensible du Levothyrox. Ce médicament est accusé par plusieurs dizaines de milliers de patients malades de la thyroïde de provoquer, dans sa nouvelle formule, des effets indésirables. Une information judiciaire est même ouverte au pôle santé de Marseille.

Dans cette affaire, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) invoque cette nouvelle loi pour censurer un document apportant des précisions sur cette nouvelle formule du Levothyrox, selon maître Emmanuel Ludot, qui défend des dizaines de patients qui ont porté plainte pour tromperie et mise en danger de la vie d'autrui.

"Je m'attendais à tout sauf à ça"

 

Voulant constituer son dossier, maître Ludot a envoyé en avril dernier à l'ANSM une demande de copie de l'autorisation de mise sur le marché du Levothyrox - un document qui doit lui être remis en théorie de plein droit - mais qu'il a seulement reçu début septembre : "La première surprise c'est de découvrir qu'il y a eu une autorisation modifiée de mise sur le marché du Levothyrox de façon très discrète pour ne pas dire clandestine au beau milieu du scandale par le laboratoire Merck en novembre 2017", raconte l'avocat à franceinfo.

"La deuxième surprise", poursuit-il, "c'est que je reçois un document qui est complètement caviardé, expurgé, je n'ai que quelques pages de l'autorisation modifiée de mise sur le marché du Levothyrox au motif que l'on m'oppose le secret des affaires. Je m'attendais à tout sauf à ça. J'ai bien compris l'habilité de l'ANSM qui a attendu sciemment six mois pour me répondre, ils ont attendu que cette loi soit promulguée en juillet dernier."

Flou sur la nouvelle formule du Levothyrox

Ce document de deux pages que franceinfo s'est procuré ne précise pas les raisons médicales qui expliquent le changement de formule, ni le lieu de production, ni le nom de l'entreprise qui fabrique le principe actif du levothyrox. En réponse, l'ANSM s'est justifiée auprès de maître Ludot en expliquant qu'une communication non censurée porterait "atteinte aux secrets légalement protégés, et notamment à la protection du secret des affaires" (Article L311-6 du Code des relations entre le public et l'administration). Contactée par franceinfo, l'ANSM n'a pas répondu pour le moment.

De son côté, le laboratoire allemand Merck, également contacté par franceinfo, répète que son médicament est fabriqué "en Europe" sans livrer plus de précision. De nombreux malades se demandent si certains comprimés du nouveau Levothyrox ne venaient pas d'une usine chinoise de Merck, les normes dans ce pays n'étant pas toujours les mêmes qu'en Europe.

"La dissimulation la plus totale"

Des explications qui ne satisfont pas Emmanuel Ludot, en colère : "On est dans la dissimulation la plus totale et pour faire en sorte qu'on ne soit pas informés, on nous oppose une loi qui n'a strictement rien à voir avec le droit à la santé."

C'est bien évidemment une information constitutionnelle, on a tous le droit de savoir ce que l'on ingère donc évidemment on est dans l'abus totalMaître Emmanuel Ludotà franceinfo

Début septembre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s'est fait remettre un rapport sur la crise du Levothyrox. Il plaide pour plus de transparence dans l'information des patients. Le collectif "Informer n'est pas un délit" dénonce une situation inacceptable et demande au gouvernement de rendre rapidement publique la totalité des informations concernant le nouveau Levothyrox.

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. Sept bébés naissent sans bras ou sans main près d'un petit village de l'Ain, une fréquence hors norme

28 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #agriculture, #Services publics, #La santé, #La France

VIDEO. Sept bébés naissent sans bras ou sans main près d'un petit village de l'Ain, une fréquence hors norme

L’Œil du 20 heures" s’est penché sur un rapport médical troublant longtemps resté confidentiel. Autour de Druillat, ce village de l’Ain, en quatre ans, 7 bébés sont nés sans bras ou sans main. Une fréquence hors norme selon la structure qui a donné l’alerte, et qui pourtant aujourd’hui est menacée de disparaître.

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C’est dans leur pavillon, à la sortie du village, que nous avons rencontré Mélanie et Jonathan Vitry. Leur fils Ryan, 8 ans, est né sans main droite. Son père a modifié son quad pour qu’il puisse le piloter. Pas détecté à l’échographie, les parents ont découvert le handicap de leur enfant le jour de sa naissance : “J’ai pleuré, forcément. Et mon mari est tombé dans les pommes.”

Les médecins n’ont aucune explication. L’anomalie ne serait pas génétique, pas liée non plus à des prises de médicaments, ou de drogue. Seule certitude : des enfants comme Ryan, il y en a 7 dans un rayon de 17 kilomètres autour de Druillat. Tous nés entre 2009 et 2014.  

“Sur une zone pareille, c’est tout à fait énorme !”  

Une fréquence qui a alerté Emmanuelle Amar, épidémiologiste, elle travaille pour le Remera, une structure qui recense les malformations dans la région. Dans cette zone géographique, c’est 58 fois plus que la normale, selon les résultats de son enquête. “On a interrogé toutes les mères avec un questionnaire très poussé sur leurs habitudes de vie. Le seul point commun c’est que toutes ces femmes vivent en zone rurale au milieu des champs."  

Fin 2014, l’épidémiologiste  transmet son rapport aux autorités de santé. Deux ans plus tard,  Santé Publique France répond en contestant la méthologie et précise : “Compte tenu de la nature du problème détecté et de ses répercussions sociétales, en termes de craintes des populations concernées, une vigilance renforcée semble nécessaire.”  

Une vigilance renforcée, mais plus par l’équipe du Remera. Après 45 années d’existence, la structure pourrait disparaître. Les subventions publiques lui ont été coupées : “Les conséquences sont très simples, c’est la fin de la surveillance des malformations, c’est à dire clairement la fin de l’alerte aussi", regrette Emmanuelle Amar.  

La région Auvergne Rhône Alpes, qui cofinançait, considère que désormais, ça ne fait plus partie de ses attributions. Quant à l’Inserm, l’organisme de recherche, il justifie l’abandon des subventions en affirmant que “l’apport du registre pour la recherche est très faible”. Etonnant, car il y a deux ans, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, vantait, au contraire, le travail du Remera.    

Entre temps des médecins de Bretagne et des Pays de la Loire ont alerté à leur tour les autorités. Sept enfants sont nés sans bras autour de deux villages, en quelques mois seulement.  

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es conséquences sanitaires des politiques économiques. Quand l’austérité tue

22 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Grèce, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La santé

Les conséquences sanitaires des politiques économiques

Quand l’austérité tue

Rigueur ou relance ? Si, depuis le début de la crise financière de 2007, les gouvernements européens ont choisi, les experts poursuivent leurs délibérations… avec d’autant plus de prudence qu’ils font rarement partie des premières victimes des coupes budgétaires. Soumettre les politiques économiques aux critères d’évaluation de la recherche médicale permettrait toutefois de trancher la question.

 

«Merci d’avoir participé à ce test clinique. Vous ne vous rappelez peut-être pas avoir donné votre accord, mais vous avez été enrôlé en décembre 2007, au début de la Grande Récession. Votre traitement n’a pas été administré par des médecins ou des infirmières, mais par des politiciens, des économistes et des ministres des finances. Dans le cadre de cette étude, ils vous ont fait suivre, ainsi qu’à des millions d’autres personnes, l’un des deux protocoles expérimentaux suivants : l’austérité ou la relance. L’austérité est un médicament destiné à réduire les symptômes de la dette et du déficit, pour traiter la récession. Elle consiste à diminuer les dépenses gouvernementales en matière de couverture médicale, d’assistance aux chômeurs et d’aide au logement.

« Si vous avez reçu une dose expérimentale d’austérité, vous avez peut-être remarqué de profonds bouleversements dans le monde qui vous entoure. Si en revanche vous faites partie du groupe de la relance, votre vie n’a peut-être pas été bouleversée par le chômage et la récession. Il est même possible que vous vous trouviez aujourd’hui en meilleure santé qu’avant la crise... » Ce message ne vous sera jamais adressé. Et pourtant…

Afin de déterminer les meilleurs traitements, les chercheurs en médecine ont recours à des « essais randomisés contrôlés » à grande échelle (1). Dans le domaine de la politique, il se révèle difficile, voire impossible, d’enrôler toute une société dans des tests d’une telle envergure pour expérimenter des mesures sociales. Toutefois, il arrive que des dirigeants politiques, confrontés à des problèmes similaires, optent pour des lignes d’action différentes. Pour les scientifiques, ces « expériences naturelles » offrent la possibilité d’étudier les conséquences sanitaires d’options politiques (2).

Nous avons ainsi analysé des données provenant des quatre coins du monde au cours de diverses périodes de récession, en mesurant l’impact social des mesures d’austérité et de relance. Plusieurs de nos résultats étaient prévisibles. Quand les gens perdent leur travail, ils risquent davantage de se tourner vers la drogue, l’alcool ou de développer des tendances suicidaires, comme aux Etats-Unis au cours des années 1930 ou en Russie durant la période des privatisations massives des années 1990. Mais, au cours de nos recherches, nous avons également découvert que certaines communautés, voire des nations entières, jouissent d’une meilleure santé depuis l’effondrement de leur économie. Pourquoi ?

Une leçon pour les peuples

Deux pays illustrent les résultats de nos travaux concernant l’Europe empêtrée dans la crise de la dette depuis la fin des années 2000 : l’Islande (3) et la Grèce (4).

Sur la période 2007-2010 — les pires années de la crise —, le taux de mortalité a diminué régulièrement en Islande en dépit d’une légère hausse (non significative) des suicides à la suite de l’effondrement des marchés. Lors de nos recherches sur les récessions en Europe, nous avions découvert que les crises bancaires provoquent généralement une augmentation à court terme des accidents cardiaques. Mais tel n’est pas le cas en Islande.

En octobre 2008, confronté aux répercussions de la crise des subprime aux Etats-Unis et aux engagements inconsidérés de ses banques, Reykjavík a dans un premier temps fait appel au Fonds monétaire international (FMI) pour mettre en place un plan de sauvetage. Celui-ci s’accompagnait de recommandations favorables à l’instauration d’une politique d’austérité, en particulier dans le système de santé publique — qualifié par le FMI de « bien de luxe » —, qui aurait dû subir une baisse de financement de 30%.

Les Islandais ont refusé ce plan en manifestant massivement. Un événement inattendu s’est alors produit début 2010. Le président islandais a demandé au peuple ce qu’il souhaitait : fallait-il absorber la dette privée pour renflouer les banquiers en réduisant drastiquement le budget du gouvernement ou refuser de payer pour investir dans la reconstruction de l’économie ? Interrogés par référendum, 93 % des Islandais ont choisi la seconde option.

Au total, en pleine période de récession, l’Islande a choisi de continuer à accroître ses dépenses consacrées à la protection sociale, déjà passées, entre 2007 et 2009, de 280 milliards de couronnes (environ 1,6 milliard d’euros) à 379 milliards de couronnes (environ 2,3 milliards d’euros), soit de 21 à 25 % du produit intérieur brut (PIB). Les dépenses supplémentaires, décidées après 2010, ont par exemple financé de nouveaux programmes d’« allégement de dettes » pour les propriétaires dont le bien immobilier valait désormais moins que le montant de leur emprunt. L’opération a permis d’éviter une explosion du nombre de sans-abri. En 2012, l’économie islandaise croissait de 3 %, et le chômage descendait au-dessous de 5 %. Au mois de juin de la même année, l’Islande a effectué des remboursements sur ses dettes plus tôt que prévu. Le FMI a dû reconnaître que l’approche unique de l’Islande avait entraîné une reprise « étonnamment » forte (5)

Plus au sud, la Grèce a servi de laboratoire pour étudier les effets des politiques d’austérité. En mai 2010, le FMI lui a proposé un prêt aux conditions habituelles : privatiser les entreprises et les infrastructures publiques, amputer les programmes de protection sociale. Comme en Islande, les manifestants grecs réclamaient un référendum national sur cet accord, mais le plan d’austérité fut appliqué sans être voté : contrairement à ce qui s’est passé en Islande, la démocratie a été suspendue.

Face à la progression du chômage, aux expropriations de masse et à l’augmentation des dettes privées, de nombreux Grecs se sont tournés vers les programmes de protection sociale pour survivre. Or, déjà très affaiblis par les mesures d’austérité, ceux-ci n’étaient pas en mesure d’absorber l’augmentation soudaine du nombre de bénéficiaires. A mesure que les budgets des hôpitaux diminuaient, consulter un médecin devenait de plus en plus difficile. Les files d’attente pour avoir accès à un thérapeute ont doublé, puis triplé. Dans un entretien accordé au New York Times, le chef du département d’oncologie à l’hôpital Sotiria, au centre d’Athènes, le docteur Kostas Syrigos a raconté l’histoire d’une patiente atteinte du pire cancer du sein qu’il ait jamais vu. Les réformes imposées par la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) l’avaient empêchée de se soigner depuis un an. Quand elle s’est présentée dans une clinique clandestine, où travaillaient des médecins bénévoles, la tumeur avait percé la peau et commençait à suinter sur ses vêtements. La femme souffrait atrocement et tamponnait sa plaie purulente avec des serviettes en papier (6).

En mai 2010, juste après la mise en place du premier plan de sauvetage du FMI, la compagnie pharmaceutique Novo Nordisk a quitté le marché grec car l’Etat lui devait 36 millions de dollars. Ce retrait a non seulement coûté des emplois, mais également privé cinquante mille diabétiques d’insuline.

Le taux de suicide a augmenté, en particulier chez les hommes : entre 2007 et 2009, avant même le plan du FMI, il avait bondi de 20 %. Le 4 avril 2012, Dimitris Christoulas s’est ainsi rendu place Syntagma, en plein centre-ville d’Athènes. Il a gravi les marches du Parlement, placé une arme contre sa tempe et déclaré : « Je ne me suicide pas. Ce sont eux qui me tuent. » Une lettre retrouvée dans sa sacoche expliquait : « Le gouvernement (...) a détruit mon seul moyen de survie, qui consistait en une pension très respectable que j’ai payée seul pendant trente-cinq ans (...). Puisque mon âge avancé ne me permet pas de réagir de manière active (quoique, si un Grec saisissait une kalachnikov, je serais juste derrière lui), je ne vois pas d’autre solution pour finir dignement ma vie et ne pas me retrouver à fouiller dans les poubelles pour me nourrir. »

Les associations de soutien psychologique ont constaté une multiplication par deux des appels à l’aide. Et il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg. Certains Grecs ont sans doute préféré ne pas appeler au secours en raison de la stigmatisation qui entoure la détresse psychologique dans le pays : l’Eglise orthodoxe refuse par exemple d’enterrer ceux qui se suicident. De nombreux médecins considèrent l’augmentation du nombre de « blessures indéterminées » et d’autres causes mystérieuses de décès comme la manifestation de suicides déguisés pour sauver l’honneur des familles.

Pendant quarante ans, des programmes de pulvérisation d’insecticides avaient empêché les maladies transmises par les moustiques de se développer en Grèce. A la suite des coupes drastiques opérées dans les budgets alloués au sud du pays, une épidémie de virus du Nil occidental a éclaté en août 2010, tuant soixante-deux personnes. Le paludisme a fait son retour pour la première fois depuis 1970. Les autorités ont également constaté une recrudescence d’infections par le VIH au centre d’Athènes, du jamais-vu en Europe depuis des années : entre janvier et octobre 2011, les nouveaux cas ont été multipliés par dix chez les usagers de drogues. Entre-temps, les crédits alloués aux programmes d’échange de seringues avaient été supprimés. L’usage de l’héroïne a augmenté de 20 % entre 2010 et 2011, notamment chez les jeunes, frappés par un taux de chômage de 40 %.

Avec un budget amputé de presque 50 %, le ministre de la santé grec n’avait guère de marges de manœuvre. Cependant, une issue politique demeurait : l’option démocratique. En novembre 2011, au moment où l’épidémie de VIH a été constatée, le premier ministre Georges Papandréou a ainsi tenté la solution islandaise, annonçant un référendum sur une seconde cure d’austérité. Le peuple grec voyait clairement que les mesures d’austérité ne fonctionnaient pas. En dépit des coupes budgétaires, la dette publique continuait à s’envoler (165% du PIB en 2011). Mais, sous la pression de la « troïka » et d’autres gouvernements européens, notamment français et allemand, M. Papandréou a annulé le référendum avant d’être poussé à la démission.

Comme ce fut le cas en Islande, le FMI a finalement admis, en 2012 : « Nous avons sous-estimé les effets négatifs de l’austérité sur l’emploi et l’économie (7). » Mais imposer cette épreuve à la Grèce représentait moins une stratégie économique qu’un projet politique. Mme Angela Merkel, la chancelière allemande, a ainsi présenté le plan d’aide octroyé à Athènes comme une leçon inculquée au reste de l’Europe : « Ces pays peuvent voir que le chemin emprunté par la Grèce n’est pas facile. Ils feront donc tout ce qu’ils peuvent pour l’éviter (8).  »

Les politiques économiques ne sont ni des agents pathogènes ni des virus qui provoquent directement la maladie, mais la « cause des causes » : le facteur sous-jacent qui détermine qui sera exposé aux plus grands risques sanitaires. Voilà pourquoi la moindre modification d’un budget national peut avoir des effets considérables — et parfois involontaires — sur le bien-être de la population.

Nous disposons désormais d’éléments sérieux nous permettant de conclure que le véritable danger pour la santé publique n’est pas la récession en tant que telle, mais l’adoption de politiques d’austérité pour y faire face. Autant dire que, si l’« expérience grecque » avait été menée selon des critères aussi rigoureux que des tests cliniques, elle aurait été interrompue depuis longtemps par un conseil d’éthique.

Sanjay Basu & David Stuckler

Respectivement docteur en sociologie et professeur de médecine, auteurs de Quand l’austérité tue. Epidémies, dépressions, suicides : l’économie inhumaine (Autrement, Paris, 2014), d’où est tiré cet article.

(1Lire Bruno Falissard, « Soigner le malade ou la maladie ? », Le Monde diplomatique, juin 2014.

(2NDLR. Les auteurs s’appuient sur les travaux les plus récents ainsi que sur leurs propres études, publiées par les revues scientifiques The Lancet, British Medical Journal ou PLOS Medicine. Leurs sources peuvent être consultées sur notre site.

(3Sur la crise islandaise, lire Silla Sigurgeirsdóttir et Robert Wade, « Quand le peuple islandais vote contre les banquiers », et « Une Constitution pour changer d’Islande ? », Le Monde diplomatique, respectivement mai 2011 et octobre 2012.

(4Sur la crise grecque, lire notre dossier « Le laboratoire grec », Le Monde diplomatique, février 2013.

(5Fonds monétaire international, « Iceland : Ex post evaluation of exceptional access under the 2008 stand-by arrangement » (PDF), rapport n° 12/91, Washington, DC, avril 2012.

(6The New York Times, 24 octobre 2012.

(7The Guardian, Londres, 1er février 2002.

(8British Broadcasting Corporation (BBC), Londres, 2 mai 2010.

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