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Le blog de Lucien PONS

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: «La thèse officielle? Une foutaise!» [Werner Munter]

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #Energie, #Europe supranationale, #Réflexions, #ecologie

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: «La thèse officielle? Une foutaise!» [Werner Munter]

30 Décembre 2015

Publié par Michel El Diablo

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: «La thèse officielle? Une foutaise!» [Werner Munter]

Werner Munter

Werner Munter

Par Laurent Grabet le 03 mai 2014 

CLIMATOSCEPTIQUE :Spécialiste reconnu des avalanches, le Suisse Werner Munter planche nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique. Et, pour lui, l’homme n’y est pour rien!

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Il y a une semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pointait une nouvelle fois d’un doigt accusateur l’homme et le CO2 qu’il produit comme principaux coupables du réchauffement climatique. Pour Werner Munter, spécialiste mondialement reconnu des avalanches, qui se penche compulsivement sur le phénomène depuis trois ans, «ces gens sont des imbéciles qui répètent en boucle des bêtises, le savent et sont payés pour!» Le Bernois nous a longuement reçus dans son appartement d’Arolla (VS) pour étayer ces accusations entre une tranche de viande séchée et deux verres de Cornalin. Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il nous l’explique.

Vous affirmez que l’homme n’a rien à voir avec le réchauffement. Pourquoi ?

Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. Je l’ai d’ailleurs constaté en tant que guide de montagne en voyant les glaciers reculer. Celui qui nous fait face par exemple a perdu 100 m depuis que j’ai acheté cet appart en 1989. En 2005, le pilier Bonatti des Drus s’est effondré à cause du réchauffement du permafrost. Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons.

Quelles sont ces raisons ?

La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud! Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.

Votre second argument ?

La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison – dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe? J’ai beaucoup de peine à le croire (rires).

Pourquoi dès lors la thèse officielle fait quasi consensus? Vos collègues scientifiques ne sont pas tous des imbéciles !

Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an! C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion. Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes!

Votre dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique. C’est-à-dire ?

Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple: la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne.

Alors au final, comment expliquez-vous ce fichu réchauffement ?

Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre!

 

SOURCE : Le Matin.ch

 

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: «La thèse officielle? Une foutaise!» [Werner Munter]

LIRE ÉGALEMENT ICI un article qui conteste les thèses de Werner Munter

 

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: «La thèse officielle? Une foutaise!» [Werner Munter]
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http://www.les-crises.fr/propagande-l-elimination-de-zahran-alloush-le-combattant-islamiste-que-tous-adoraient-detester-par-hala-kodmani/

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #Daesch, #Les média, #la liberté

Ma petite enquête du jour, que je partage avec vous en mode “live”. (spécial école de “journalisme”©)

Un bel exemple de propagande journalistique du XXIe siècle.

I. Libération : “L’élimination de Zahran Alloush, le combattant islamiste que tous adoraient détester, par Hala Kodmani”

Voici l’article de Libération. Lisez-le et exercez votre esprit critique. Mon analyse suit.

Source : Liberation, Hala Kodmani, 27-12-2015

Zahran Alloush, le 21 juillet, dans son fief de Douma. Photo AMER ALMOHIBANY. AFP

Le décès à la suite d’une frappe russe, près de Damas, du chef du groupe Armée de l’islam, qui était prêt à discuter dans des négociations de paix, risque de rendre mort-né le processus voulu par l’ONU.

« Non je ne me réjouis pas que Zahran Alloush ait été tué par les Russes, malgré l’énorme différend personnel et public qui m’oppose à lui.» C’est un ennemi juré du chef du groupe Armée de l’islam, qui réagit ainsi vendredi à la confirmation de sa mort dans un raid aérien près de Damas. L’écrivain syrien Yassin al-Haj Saleh accuse Alloush de l’enlèvement à Douma de sa propre femme, disparue depuis fin 2013 au côté de l’avocate des droits de l’homme Razan Zaitouneh et de deux autres de leurs compagnons. La réaction de l’intellectuel opposant démocrate aujourd’hui exilé en Turquie illustre les sentiments ambivalents des nombreux et divers adversaires du chef de guerre salafiste que tout le monde adorait détester.

Puissant chef et fondateur de la formation la plus importante de la rébellion syrienne dans la région de Damas, estimée à 45 000 hommes, Zahran Alloush, 44 ans qui régnait en maître incontesté sur la Ghouta orientale était un personnage hautement controversé. Libéré au début de l’été 2011 du célèbre « pavillon islamiste » de la prison de Sednaya en même temps que des dizaines de salafistes et jihadistes, à la faveur d’une amnistie de Bachar al-Assad, il annonce aussitôt vouloir renverser le régime par la force, au grand dam des militants de la révolution encore pacifique, qui le soupçonnent de complicité objective avec le régime. Il s’installe dans sa ville natale de Douma, 100 000 habitants à 10 km au nord-est de la capitale, où son père était déjà connu comme prédicateur salafiste proche de l’Arabie Saoudite, devenue le principal soutien du fils Alloush. Après avoir participé à la «libération» de la région des forces du régime fin 2011, Zahran parvient à unifier les différents groupes d’opposition armés rivaux sous la bannière de l’Armée de l’islam, imposant un ordre, loin du chaos d’autres zones rebelles au nord de la Syrie.

Assiégée, affamée et régulièrement bombardée par l’armée de Bachar al-Assad, l’enclave, comparée par un chercheur américain à une «bande de Gaza géante» survit miraculeusement. «Du fait de la corruption et du ravitaillement par les tunnels contrôlés par le seigneur de guerre», disent les détracteurs d’Alloush. «Grâce à une gestion politique et militaire rigoureuse», considèrent au contraire ses partisans de Douma, banlieue sunnite longtemps marginalisée et farouchement opposée au régime. «Nous avons à Ghouta des ressources comme l’eau et l’agriculture, mais aussi de nombreux professionnels parmi les citoyens qui se sont montrés très créatifs pour assurer les besoins vitaux de la population», assurait Zahran Alloush. Dans une interview publiée le 15 décembre sur le site The Daily Beast, du New York Times, au lendemain de la réunion à Riyad des différentes composantes politiques et militaires de l’opposition syrienne, dont un représentant de l’Armée de l’islam, Alloush se pose  en maître du pragmatisme. «Nos priorités restent celles des débuts de la révolution syrienne : débarrasser notre pays de toute forme de dictature et de terrorisme. Comme toutes les autres forces révolutionnaires, nous combattons tant les forces d’Assad que la mentalité takfiriste de l’Etat islamique», expliquait il.

Fort de ses succès contre les forces de l’Etat islamique qu’il a réussi à chasser de toutes les régions qu’il contrôlait près de Damas, le chef de l’Armée de l’islam s’est présenté comme un exemple pour une rébellion syrienne islamique mais non jihadiste. Le profil parfait aujourd’hui pour les Saoudiens, qui lui ont toujours apporté un soutien politique et financier solide et généreux. «L’armée d’Alloush est exclusivement composée de Syriens, sans combattants étrangers ou anciens jihadistes d’Irak ou d’Afghanistan», souligne Hadeel Oueiss, jeune journaliste syrienne, chrétienne d’Alep, qui l’a interviewé par téléphone pour le Daily Beast. «Installé à quelques kilomètres du palais présidentiel de Damas, il est une cible de choix pour les frappes russes», écrivait la journaliste, dix jours avant l’assassinat ciblé de Zahran Alloush.

Logiquement, les médias du régime Assad ont célébré «la mort du grand terroriste des Saud», les hommes du Hezbollah ont distribué des pâtisseries dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’Iran se réjouissait de l’élimination du «terroriste wahhabite» et que la Russie rappelait les attaques de l’Armée de l’islam contre les habitants de Damas. Les plus heureux de sa disparition étaient les hommes de l’Etat islamique qui ont salué «la fin d’un traître à l’islam». En revanche, dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime. «C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawyé.

Source : Liberation, Hala Kodmani, 27-12-2015

II. Analyse de texte

Le décès à la suite d’une frappe russe, près de Damas, du chef du groupe Armée de l’islam, qui était prêt à discuter dans des négociations de paix, risque de rendre mort-né le processus voulu par l’ONU.

Déjà, le sous-titre est mythique… Salauds de Russes, oser tuer le chef de l’armée de l’Islam !

« Non je ne me réjouis pas que Zahran Alloush ait été tué par les Russes, malgré l’énorme différend personnel et public qui m’oppose à lui.»

Donc là, la journaliste dès la première phrase vous dit clairement quoi penser. 1/ sa mort est regrettable 2/ salauds de Russes (bis)

C’est un ennemi juré du chef du groupe Armée de l’islam, qui réagit ainsi vendredi à la confirmation de sa mort dans un raid aérien près de Damas. L’écrivain syrien Yassin al-Haj Saleh accuse Alloush de l’enlèvement à Douma de sa propre femme, disparue depuis fin 2013 au côté de l’avocate des droits de l’homme Razan Zaitouneh et de deux autres de leurs compagnons. La réaction  de l’intellectuel opposant démocrate aujourd’hui exilé en Turquie illustre les sentiments ambivalents des nombreux et divers adversaires du chef de guerre salafiste que tout le monde adorait détester.

Dans le texte de la journaliste, il ne ressort aucune ambivalence, c’est au contraire très clair…

Amnistie.

Admirez le choix du mot mis en exergue…

Puissant chef et fondateur de la formation la plus importante de la rébellion syrienne dans la région de Damas, estimée à 45 000 hommes, Zahran Alloush, 44 ans qui régnait en maître incontesté sur la Ghouta orientale était un personnage hautement controversé. Libéré au début de l’été 2011 du célèbre « pavillon islamiste » de la prison de Sednaya en même temps que des dizaines de salafistes et jihadistes, à la faveur d’une amnistie de Bachar al-Assad, il annonce aussitôt vouloir renverser le régime par la force, au grand dam des militants de la révolution encore pacifique, qui le soupçonnent de complicité objective avec le régime.

Ca m’a donné l’occasion de creuser une bonne fois pour toutes cette historie d’amnistie, qui ressort souvent.

Que nous dit (ou sous-entend) la propagande ? Que, pour lutter contre les gentils manifestants démocrates, l’infâme dictateur sanguinaire de sinistre mémoire “Bachar” a alors libéré les masses d’islamistes qu’il avait emprisonnés afin qu’ils aillent combattre à sa place les gentils démocrates, bref qu’il a instrumentalisé – si ce n’est créé – al-Qaïda en Syrie et Daech. Ce que la journaliste ici reprend sur le monde “on le soupçonne de complicité avec “le régime”©”. Bien.

Qu’en est-il ?  L’AFP indiquait le 31 mai 2011 : « ”Le président Assad a décrété un décret accordant une amnistie générale à tous les crimes commis avant le 31 mai 2011″, a indiqué l’agence officielle Sana. “L’amnistie touche tous les détenus politiques ainsi que les membres de la confrérie des Frères musulmans.”» Une amnistie générale donc. Combien, et pourquoi ? Il faut quitter les médias français pour comprendre. Le Washington Post précise : « The amnesty could affect about 10,000 people who Syrian activists say have been rounded up since the anti-government protests broke out in mid-March. The release of political prisoners has been a key demand of the opposition.» « L’amnistie pourrait concerner environ 10 000 personnes dont les manifestants syriens indiquent qu’elles ont été emprisonnées depuis que les protestations anti-gouvernementales ont éclaté mi-mars. La libération des prisonniers politiques était une demandé clé de l’opposition. » Al Jaseera confirme : « The amnesty decree is believed to be a part of the overtures by the Syrian government to its opposition, largely seen as symbolic. But it is also seen as an appeal to protesters, as one of their main demands has been the release of political prisoners » « Cette amnistie est considérée comme faisant partie des ouvertures du gouvernement syrien à son opposition. Mais elle est est aussi vue comme un appel direct aux manifestants, puisqu’une de leur principale revendication était la libération des prisonniers politiques» 

Donc après que le gouvernement syrien ait arrêté des milliers de manifestants, il a décidé de faire un geste d’apaisement par une amnistie générale, libérant des milliers de prisonniers, dont des “dizaines” d’islamistes – vu que c’était la principale revendication des manifestants.

Et la propagande utilise désormais ça pour laisser entendre qu’Assad est allié des islamistes : quand Bachar arrête les islamistes, c’est un tyran, quand il les libère (avec des milliers d’autres opposants), c’est un complice de Daech – fantastique. Je vous renvoie enfin à la déclaration de Robert Baer, ancien responsable de la CIA pour la région qu’on interrogeait sur ces accusations de complicité Assad / islamistes: “C’est tout simplement délirant. Ces gens sont guidés par le Coran et le divin, ce sont de vrais fanatiques.

Mais pourquoi écouter les pros quand on a des “journalistes”© ? Et donc, Mme Kodmani reprend des rumeurs complotistes de complicité, et c’est tellement crédible qu’elle indique que le “complice” a aussitôt indiqué vouloir renverser Assad par la force, ce qu’il a immédiatement commencé à faire. Que la réalité ait montré le niveau de délire de l’accusation n’empêche donc pas la “journaliste”© de toujours reprendre ces ragots fin 2015.

Bon, voilà, une demi-heure de recherche sur Internet. Et je vous avoue que, bien que rodé, une part de moi reste toujours sidérée de la façon dont les médias nous prennent vraiment pour des imbéciles, et en quoi on ne peut pas leur faire confiance pour rapporter honnêtement des évènements à l’international…

Il s’installe dans sa ville natale de Douma, 100 000 habitants à 10 km au nord-est de la capitale, où son père était déjà connu comme prédicateur salafiste proche de l’Arabie Saoudite, devenue le  principal soutien du fils Alloush. Après avoir participé à la «libération» de la région des forces du régime fin 2011, Zahran parvient à unifier les différents groupes d’opposition armés rivaux sous la bannière de l’Armée de l’islam, imposant un ordre, loin du chaos d’autres zones rebelles au nord de la Syrie.

Euh, donc “vive l”armée de l’islam” et son ordre, quoi ? Je signale que Daech est aussi apprécié sur place car il ramène l’ordre, et a une réelle action sociale…

«Takfiriste»

Assiégée, affamée et régulièrement bombardée par l’armée de Bachar al-Assad, l’enclave, comparée par un chercheur américain à une «bande de Gaza géante» survit miraculeusement. «Du fait de la corruption et du ravitaillement par les tunnels contrôlés par le seigneur de guerre», disent les détracteurs d’Alloush. «Grâce à une gestion politique et militaire rigoureuse», considèrent au contraire ses partisans de Douma, banlieue sunnite longtemps marginalisée et farouchement opposée au régime. «Nous avons à Ghouta des ressources comme l’eau et l’agriculture, mais aussi de nombreux professionnels parmi les citoyens qui se sont montrés très créatifs pour assurer les besoins vitaux de la population», assurait Zahran Alloush. Dans une interview publiée le 15 décembre sur le site The Daily Beast, du New York Times, au lendemain de la réunion à Riyad des différentes composantes politiques et militaires de l’opposition syrienne, dont un représentant de l’Armée de l’islam, Alloush se pose  en maître du pragmatisme. «Nos priorités restent celles des débuts de la révolution syrienne : débarrasser notre pays de toute forme de dictature et de terrorisme. Comme toutes les autres forces révolutionnaires, nous combattons tant les forces d’Assad que la mentalité takfiriste de l’État islamique», expliquait il.

Ben oui, on le sent super démocrate le gars, “ennemi des dictatures financé par l’Arabie Saoudite” (il vaut mieux lire ça que d’être aveugle)… Comme la “journaliste”© ne précise pas, les takfiri sont des extrémistes islamistes adeptes d’une idéologie ultra-violente.

Fort de ses succès contre les forces de l’État islamique qu’il a réussi à chasser de toutes les régions qu’il contrôlait près de Damas, le chef de l’Armée de l’islam s’est présenté comme un exemple pour une rébellion syrienne islamique mais non jihadiste.

OB : Ah, j’imagine que c’est donc ça un “rebelle modéré” ? En tous cas, on peut reconnaitre qu’il y a pire comme traitement médiatique pour un combattant islamiste. On se croirait face à un “journalisye”© nous parlant de l’Afghanistan en 1980…

Le profil parfait aujourd’hui pour les Saoudiens, qui lui ont toujours apporté un soutien politique et financier solide et généreux. «L’armée d’Alloush est exclusivement composée de Syriens, sans combattants étrangers ou anciens jihadistes d’Irak ou d’Afghanistan»,

Ok. Le gars a 45 000 combattants, et PAS UN étranger, ni djihadiste. Chapeau. J’imagine qu’elle pointé la liste des 45 000, chapeau, sacré boulot.

souligne Hadeel Oueiss, jeune journaliste syrienne, chrétienne d’Alep, qui l’a interviewé par téléphone pour le Daily Beast.

Ah pardon, non. La source est une “jeune journaliste”© syrienne, qui l’a interviewé par téléphone, et qui répète donc simplement ses déclarations. Bref, c’est juste lui qui le dit, mais on habille ça pour que ça fasse professionnel…

L’Interview du Daily Beast est ici. On apprend qu’elle est jeune en effet, 23 ans… Du lourd. (des fois, je me dis que tout ceci est un cauchemar et que je vais me réveiller). Elle est cependant courageuse, car elle a manifesté contre Assad en 2011, et indique avoir été arrêtée et torturée par les forces de sécurité. Elle reprend sans distance les accusations sur le bombardement au gaz de 2013.

C’est dommage que Mme Kodmani ne reprenne pas certaines perles de l’interview, comme “Q : “Dans vos précédentes interviews, vosu disiez que vous n’aviez pas de différences fondamentales avec le front al-Nosra, la franchise d’al-Qaïda en Syrie, et que votre conseiller en charia n’avait pas de divergence avec le leur [...]  R : je faisais allusion à Abu Maria al-Qahtani, l’un des conseillers de la charia [d'al-Nosra]. Nous avons vu que Qahtani montrait un visage modéré et nous voulions encourager ces efforts. Maintenant al-Nosra a différents conseillers de la charia, et la nôtre a désormais de nombreux désaccords avec eux, idéologiquement et intellectuellement.” OK, l’idéologue modéré d’al-Qaïda…

Et aussi : “Nous croyons que, à l’avenir,la Syrie après Assad devrait être dirigée par un corps technocratique qui aurait les compétences et les qualifications. Nous ne croyons pas que la Syrie devrait être dirigée par des factions sectaires ou partisanes, mais par un organisme technocratique qui représenterait la diversité du peuple syrien. ” OK. Le type a donc toutes les qualifications requises pour intégrer l’ENA…

«Installé à quelques kilomètres du palais présidentiel de Damas, il est une cible de choix pour les frappes russes», écrivait la journaliste, dix jours avant l’assassinat ciblé de Zahran Alloush.

Pâtisseries

Logiquement, les médias du régime Assad ont célébré «la mort du grand terroriste des Saud», les hommes du Hezbollah ont distribué des pâtisseries dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’Iran se réjouissait de l’élimination du «terroriste wahhabite» et que la Russie rappelait les attaques de l’Armée de l’islam contre les habitants de Damas.

Que du bon : dans la même phrase Assad, Hezbollah, Iran et Russie, carton plein – avec bonus “pâtisseries”, quels barbares ces russo-chiites… Important d’avoir toujours une image (sans intérêt en l’espèce) qui va frapper l’esprit…

Les plus heureux de sa disparition étaient les hommes de l’État islamique qui ont salué «la fin d’un traître à l’islam». En revanche, dans le camp des opposants syriens,

parce que l’État islamique, ce n’est pas un “opposant syrien”, hein, c’est un complice…

dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur«Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.

«C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawia.

La conclusion est formidable. Limite délirante, en tous cas sans le moindre conditionnel, sans la moindre analyse, chapeau, l’article se conclut comme il a commencé… Salauds de Russes !

Hala Kodmani

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Mais qui était Zahran Alloush ?

Difficile de le savoir à la lecture de sa page Wikipedia en français, elle est très limitée.

Sa page anglaise est au contraire éclairante – veinards, on vous l’a traduite (avec nos excuses, c’est approximatif vu que c’est la traduction en français de la traduction en anglais d’insultes arabes):

 

Zahran Alloush (Arabic: زهران علوش Zahrān `Alūš; 1971 – 25 December 2015) Zahran Alloush Jaysh al-Islam est un membre central du Front Islamique dont il était le chef militaire et était décrit comme un des personnages les plus important dans la partie de la Syrie occupée par les rebelles. Alloush appellait au nettoyage de tous les Alaouites et Chiites de Damas., déclarant plus tard aux journalistes occidentaux que cette déclaration et d’autres similaires avaient été causé par la pression et le “stress psychologique” auquel il fut exposé lors du siège gouvernmental de Ghouta. Il a été tué le 25 décembre 2015 et son successeur est Essam al-Buwayadha.

Début de vie

Zahran Alloush (né en 1971 à Douma, Rif Dimashq) était marié à 3 femmes. Il était le fils du Cheik Abdullah Alloush, un prêcheur Salafiste de Damas qui avait vécu en Arabie Saoudite

Il a commencé une Maîtrise à la faculté de Droit de l’Université de Damas et à terminé une Maîtrise en droit de la Charia à l’Université Islamique de Médine. La division Palestine du renseignement Syrien l’a arrêté en 2009 pour possession d’armes. Il a été relâche de la prison de Sedanaya en 2011 lors de l’amnistie générale décrétée trois mois après le déclenchement de la rébellion syrienne.

Guerre Civile Syrienne

Après sa libération, il a fondé un groupe rebelle nommé « le Bataillon de l’Islam » pour combattre le gouvernement Assad. Le groupe a grandi et s’est renommé Brigade de l’Islam. En 2013, il s’est joint à d’autres factions pour créer l’Armée de l’Islam, toujours sous la direction d’Alloush. Il est devenu le groupe le plus puissant opérant dans la zone de Damas.

De nombreuses figures de l’opposition syrienne ont accusé Alloush d’être responsable du kidnapping de l’activiste syrien Razan Zeitouneh et de sa compagne à Douma le 9 décembre 2013. Alloush à nié ces allégations.

Alloush a prononcé un discours sur les mérites du Hadj (le pèlerinage à la Mecque) en 2013 et a s’est adressé à Osama ben Laden en l’appelant par les titres honorifiques de « Cheik » et de « rahimahu Allah » pour avoir fait son Hadj aux environs de 1991-92 quand Alloush était à l’Université Islamique de Médine. Alloush considérait Jabhat al-Nosra, filiale syrienne d’al Quaïda, comme « nos frères » disant que « la conclusion de cette question est que nous, à Jaish al-Islam, louons nos frères du Front al-Nosra et ne les considérons pas comme Khawarij (terroristes) comme il est dit d’eux. Nous combattons à leurs coté et ils combattent à nos côtés. »[15]

Alloush a fait une déclaration durant le Ramadan de 2013 où il attaquait les Chiites en les qualifiant de “Rafidis”, les Alouites qu’il appellait “Nusayris” et les “Majus” (Zoroastrians), déclarant que «  les Moudjahidin de Shaam vont nettoyer Shaam des immondices des Rafidis et du Rafidisme, ils vont nettoyer à jamais « in sha Allah », puis ils vont nettoyer la terre de Shaam des immondices des Majoos (adorateurs du feu) qui combattent la religion d’Allah le Tout-Puissant », « les Chiites sont méprisables et pitoyables depuis toujours“, “Et je vous annonce, vous immondes Rafidis : comme Banu Umayya vous a écrasé dans le passé, le peuple de Ghouta & Shaam vous écrasera bientôt. Ils vous feront goûter le douloureux tourments de ce monde, avant qu’Allah vous les fasses goûter dans l’Au-Delà, vous Rafidis impurs. Vous vous confronterez avec l’incroyable puissance des Combattants de l’Islam.[16][17][18][19][20][21]

Alloush a injurié les Chiites, Alaouites et Iraniens des noms de “Rafidi”, “Nusayri”, et “Majusi” (Magi, un terme référent aux Zoroastriens).[22]

Alloush a déclaré que les Alaouites était «  plus infidèles que les Juifs et les Chrétiens » (أكفر من اليهود والنصارى), qualifiant les Alouites de “Nusayri” (النصيرية).[23] terme issu d’une fatwa sur les Alaouites émise par Ibn Taymiyyah.[24]

Alloush déclara que « notre nation a soif d’un état Islamique » et a attaqué la démocratie après qu’un journaliste ait demandé à Alloush «  pouvez-vous accepter un état laïque, démocratique et pluraliste ? ».[25][26][27][28][29][30][31]

Zahran Alloush a déclaré que celui que « celui qui regarde les temps modernes voit que depuis que le Jihad s’est établi dans le monde islamique depuis l’Afghanistan jusqu’à la Tchétchnie, la Bosnie-Herzgovine, le Kosovo, l’Afrique, l’Irak, la Somalie et maintenant la Syrie, l’Ouest traite le Jihad avec un double standard. D’abord il veut utiliser le Jihad pour disséminer l’extrémisme puis il importe les fils du monde islamique pour les unir sous une idéologie qui fait haïr La Religion par la majorité des musulmans ».[32]

Alloush s’est aussi moqué des médias sociaux.[33] L’ancien compte Twitter officiel de Zahran Alloush, zahran1970,  qui fut suspend par Twitter, envoya de multiple messages directs appelant les gens « soldats de l’armée électronique Nusayri » et « servant des Juifs ibn Saba’“, et des « ennemis d’Allah » en même temps que la dernière partie du Coran verset 3:119 (قل موتوا بغيظكم إن الله عليم بذات الصدور) qui dit au gens de mourir en colère et qu’Allah sait ce qui se passe en eux.[34]

Alloush’s Jaysh al-Islam a diffusé une vidéo glorifiant les Ommeyades et la conquête du Levant par les musulmans.[35][36]

Zahran Alloush a émis un discours exhortant ses combattants à combattre les « Magi et les Rafidi ennemis » qu’il a accusé d’essayer d’établir un « Etat Magi » et un « Etat Perse.[37][38]

En avril 2015, Zahran Alloush apparu soudainement dans la ville turque d’Istanbul. Un porte-parole de l’Armée de l’Islam déclarât qu’Alloush voulait rencontrer les dirigeants des groupes rebelles à Istanbul pour discuter de la manière de lever le siège de Ghouta. Il a été critiqué par le public. Dans les média, nombreux sont ceux qui se sont demandé comment il a pu voyager en Turquie et revenir alors que la ville était encerclée.[39]

Le 9 avril 2015, le compte officiel Twitter d’Alloush zahranalloush a retweetté le discours du Ramadan de 2013 appelant à l’extermination des Chiites et des Alaouites du Levant.[40]

Alloush a rejeté la démocratie et a appelé à un état islamique pour succéder à Assad, même si lors d’une interview avec les journalistes de McClatchy, Alloush a utilisé une rhétorique modérée, déclarant que les Syriens devraient décider dans quel sorte d’état ils voulaient vivre, que les Alaouites faisaient partie du peuple syriens et que seuls ceux qui avaient du sang sur les mains devaient en rendre compte. Son porte-parole a déclaré que la rhétorique sectaire et islamique qu’Alloush avait utilisé précédemment était à consommation interne pour rallier ses combattants.[3][41][42]

En juillet 2015, Alloush a accusé les « forces internationales » de mener une guerre de médias contre les Jihadistes tel son propre groupe Jaysh al-Islam.[43]

Zahran Alloush a dénoncé le PKK [44] et a déclaré que « ce Parti des Travailleurs du Kurdistan avait adopté le philosophie de Hegel comme son idéologie… Hegel est un communiste.”[45][46][47]

Le capitaine Islam Allouche, un cousin de of Zahran Alloush, est porte-parole de Jaysh al Islam et gère le compte Twitter (ndt : anglophone) islamallousheng,[48] et le compte arabe  islamdamas1980.[49] Islam Alloush a annoncé que Jaysh al-Islam’s appuyait l’offensive turque contre le PKK.[50]

Mort

Il a été déclaré tué dans le village d’Utaya à l’Est de Damas le  25 December 2015 par une frappe de l’armée de l’air syrienne.[51]

Allégations de crimes de guerre

Alloush a été accusé de la disparition de l’activiste syrien des droit civils et avocat des droits humains  Razan Zaitouneh, qui a été enlevé par des hommes armés, en même temps que sa femme et deux autres collègues, de leur bureau dans la zone controlée par Jaysh al-Islam à Douma en décembre 2013.[52]

Le 1er novembre 2015, il a été rapporté que les forces de Jaysh al-Islam forces paradaient avec des civils alaouites enfermés dans des cages à l’est de Ghouta pour se protéger de frappes aériennes russes.[53][54] (Source)

Il a été confirmé que Jaish Al-Islam a participé au massacre d’Adra [55] commis par le Front Islamique (dont il est membre).

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Bien bien bien…

Bon, je vous abandonne quelques minutes, je vais aller manger des pâtisseries….

En attendant, si quelqu’un pouvait compléter la page Wikipedia en français du monsieur, ce serait bien – voir d’améliorer ensuite les traductions. Me contacter si besoin.

Mais qui a tué  Zahran Alloush ?

Vous voulez rire ?

Pourquoi la journaliste dit-elle que c’est l’aviation russe qui l’a tué ?

  1. Ce sont les rebelles qui disent ça, mais ils n’ont aucun moyen de connaitre la nationalité de l’avion, évidemment…
  2. L’armée russe a dit que ce n’était pas elle
  3. L’armée syrienne l’a revendiqué

Donc la source de Libé ce sont les islamistes, qui n’ont aucun moyen de connaitre la vérité…

Lire ici par exemple “on doit considérer jusqu’à preuve du contraire que c’est bien l’armée syrienne qui est à l’origine du bombardement. Depuis cette date du 25 décembre et à ce jour 28 décembre, aucune source ne remet en cause la revendication syrienne ‪En conclusion : Tan Khaerr ne donne aucune source autre que des affirmations gratuites et non étayées datant toutes du 25 décembre, avant la revendication syrienne. Par ailleurs, son insistance à vouloir impliquer l’aviation russe en l’absence de tout élément probant est troublante

Mais qui est Hala Kodmani ? (la journaliste de Libé)

Alors là, la page Wikipedia en français est  encore plus limitée, mais très éclairante…

Ancienne attachée de presse de Boutros Boutros-Ghali à l’Organisation internationale de la francophonie et ancienne collaboratrice du délégué de la Ligue arabe à Paris, elle est aujourd’hui responsable de la rubrique Syrie à Libération après avoir dirigé la rédaction arabe de la chaîne France 24,

Elle a participé à divers travaux documentaires sur le Moyen-Orient, notamment sur Damas en Syrie.

Elle est la sœur de Bassma Kodmani, cofondatrice du Conseil national syrien (organe de l’opposition syrienne basé à Paris).

Elle a fondé en mai 2011 et préside l’association française Souria Houria (Syrie Liberté) qui milite pour le renversement du régime de Bachar el-Assad.

Elle a gagné en 2013 le prix de L’Association de la presse diplomatique française (l’APDF) pour sa couverture de la situation en Syrie.

Ah oui, quand même… La responsable de la rubrique Syrie à Libération a créé une association militant pour le renversement d’Assad : chapeau la déontologie. Donc on a à Libération des responsables de rubrique Syrie ou Russie totalement biaisés anti-gouvernement local (et donc dans le sens de notre gouvernement), et ceux des États-Unis et de Bruxelles totalement biaisés dans l’autre sens (et toujours dans le sens de notre gouvernement).

Et accessoirement sa soeur (dont elle n’est en rien responsable, bien entendu – j’en parle juste car elle a un rôle important sur le sujet Syrien) a cofondé le Conseil National Syrien, organe fantoche, contrôlé en majorité par les Frères Musulmans, et que la France a reconnu comme représentant légitime de la Syrie…

Le jour où je créé un journal, j’exigerait que chaque responsable de revue soit indépendant et non biaisé, sans avis préconçu, et qu’il change de rubrique tous les 4 ou 5 ans. Charge à lui d’interroger largement des spécialistes, des témoins, pour se faire son avis, le tout en s’en tenant le plus possible aux faits, et aux analyses croisées d’experts divergents…

(Moi, je vous préviens, le jour où Fabius me donnera une médaille pour la qualité de mes articles, je songerai au suicide pour cause de honte – notez au passage la terreur sur son visage face au 4e pouvoir qui se dresse devant lui…

Je plaisante un peu là, mais, plus sérieusement, c’est AUSSI à cause de personnes de ces 2 genres qu’on a eu 130 morts à Paris. Dans la longue chaine de responsabilités, elles ont contribué à la dégradation de la situation, car si les citoyens étaient réellement informés, ils ne toléreraient pas notre politique étrangère actuelle, et son changement diminuerait les risques. En 2006, on était le pays occidental le plus aimé par les Arabes…)

Mais continuons.

Mais qui est Bassma Kodmani ?

Qui est la soeur alors ?

“Bassma Kodmani est la fille de Nazem Kodmani, ancien ambassadeur de Syrie en France, artisan du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Syrie après la crise du canal de Suez et diplomate responsable du département Europe occidentale au ministère syrien des Affaires étrangères à son retour à Damas ; arrêté quelques mois peu après la guerre des Six Jours pour avoir critiqué son ministre de tutelle, il finit par rejoindre Beyrouth, Londres, puis l’UNESCO accompagné de sa famille. Sa mère, Hyam Mardam-Bey, est la nièce de Jamil Mardam-Bey, un dirigeant syrien de l’époque post-indépendance du mandat français”

Ah, on n’avait pas précisé que le père était ambassadeur de Syrie donc – un détail.

“Bassma Kodmani acquiert un doctorat en science politique à Sciences-Po Paris

Aïe aïe aïe…

avant d’intégrer en 1981 l’Institut français des relations internationales (IFRI). Cette année-là, elle crée à l’IFRI le programme d’études sur le Moyen-Orient et l’Islam, qu’elle dirige jusqu’en 1998, date à laquelle elle quitte l’IFRI. Elle est par ailleurs maître de conférences à l’Université Paris I Sorbonne et Marne-La-Vallée où elle enseigne les relations internationales. De 1999 à 2005, elle dirige le programme « Gouvernance et Coopération Internationale pour le Moyen-Orient » à la Fondation Ford, basée en Égypte avec pour mission de soutenir les institutions de recherche arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En septembre 2005, elle fonde et devient directrice exécutive de l’Initiative de Réforme arabe, un consortium d’instituts de recherche du monde arabe initié par le think tank américain Council on Foreign Relations et travaillant en partenariat avec des instituts européens et américains sur les questions de réforme et de transition démocratique dans le monde arabe. Elle occupe ensuite les fonctions de chercheur visiteur au Collège de France de 2005 à 2006, chercheur associé au CERI – Sciences Po de 2006 à 2007 et chargée de mission à la direction internationale du CNRS de 2007 à 2009.”

Tiens, c’est un clone de Marie Mendras ? Trèèèèès proche des Américains donc (voir le CFR).

Engagement politique

Elle participe aux réunions du groupe Bilderberg en 2008 et en 2012

Bien sûr…

 En 2011, dans le contexte de la guerre civile syrienne, elle participe à la fondation du Conseil national syrien (CNS) dont elle intègre le comité exécutif. Elle est également porte-parole et responsable des relations extérieures de l’organisation.

La Page Wikipedia du CNS indique :

Pour Haytham Manaa, responsable à l’étranger du CNCD, les personnalités qui occupent les postes de premier plan du CNS « ne sont qu’une façade, afin de mieux cacher les islamistes, qui dominent le CNS »5. De fait, un tiers des membres du CNS sont issus desFrères musulmans, ce qui les rend majoritaires au sein du Conseil5,4. Or, les Frères musulmans syriens sont financés essentiellement par le Qatar et des pétromonarchies du Golfe19,47. Kamal al-Labwani, ancien membre du CNS ayant démissionné en mars 2012, accuse également les Frères musulmans de détourner les fonds financiers et les moyens du CNS, notamment des armes, pour « bâtir leur propre base populaire »32. Imad Houssari, démissionnaire du CNS et membre des comités locaux de coordination, affirme de son côté que les Frères musulmans veulent contrôler le budget de l’organisation et que certains d’entre eux financent des groupes salafistes41. Enfin, Walid Al Bounni, adhérent du CNS, a quitté le mouvement pour protester contre leur influence48.

Ok ok…

Le 28 août 2012, alors que le CNS est en perte de vitesse auprès des acteurs syriens et internationaux, elle annonce, avec d’autres membres, sa démission de l’organisation en déplorant son absence de crédibilité3 et en déclarant notamment que « le CNS ne travaille pas bien avec les autres groupes d’opposition »13. Elle retourne alors à ses activités universitaires et se consacre à l’effort humanitaire pour le peuple syrien14. Si Kodmani affirme qu’elle n’a pas démissionné à cause de tensions, un article – anonyme – sur le site du magazine Jeune Afrique estime qu’elle ne supportait plus les attaques à son encontre12. Pour l’universitaire Fabrice Balanche, « cela faisait longtemps que Bassma Kodmani, vue comme la représentante du camp occidental au sein du CNS, était fragilisée »15.

En septembre 2012, elle participe à la création de l’association “Initiative pour une nouvelle Syrie” dont l’action est dédiée à l’assistance humanitaire et à des projets pour favoriser une transition réussie. Elle en est également la trésorière16.

En février 2013, elle soutient la proposition de dialogue faite au régime syrien par Mouaz al-Khatib, président de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution17.

En juillet 2013, elle signe une lettre ouverte à François Hollande réclamant la mise en place en Syrie d’une zone d’exclusion aérienne, « la mise au ban diplomatique du régime syrien » et « une aide substantielle sur le plan militaire aux brigades de l’Armée libre »18.

Voilà voilà…

 

Mais le meilleur reste à venir : les deux derniers témoins cités dans le texte, vous savez :

dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.

«C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawia.

Mais qui est Nahed Badawia ?

Cela va aller vite, je n’ai pas trouvé grand chose sur Nahed Badawia, c’est apparemment juste une “ingénieure et journaliste” syrienne réfugiée en France, opposante de longue période à Assad, militante de gauche.

Elle intervient d’ailleurs dans des collèges, et j’imagine que les élèves sont donc désormais bien informés de la complexité de la situation syrienne.

D’ailleurs un lycée a même fait un article après leur rencontre :

“Le gouvernement syrien répond aux manifestations pacifistes par les armes. D’abord en éliminant des activistes et leurs familles, puis en allant jusqu’à torturer et tuer des enfants [OB : Et des nourrissons aussi ?] .

Les opposants au régime s’organisent alors au sein de groupes rebelles armés, des plus modérés comme l’Armée Syrienne Libre (ASL) fondée par des militaires syriens favorables à l’instauration d’un régime démocratique [Robert Baer : "L’Armée syrienne libre n’a jamais vraiment existé"], aux extrémistes djihadistes qui prônent un régime islamiste (Front Islamique, JabhatAl Nosra, Etat Islamique en Irak et au Levant ou EIIL). Plus de 150 000 syriens ont déjà été victimes de cette guerre, en majorité des civils [Probablement faux : 90 000 soldats Syriens morts et à peu près autant de rebelles armées en tous cas], y compris des enfants.

Bashar-el-Assad a un double discours : à l’extérieur il dit être contre le terrorisme qui sévit dans son pays, tandis qu’en interne il dit qu’il y a un complot international [Mais où va-t-il chercher ça ce complotiste© ?].

Dans ce contexte, les journalistes, témoins gênants de la répression, deviennent des ennemis d’État.”)

Ainsi, avec un peu de chance, 1 ou 2 devraient intégrer Sciences-Po…

Bref, c’est une personne sans autorité spéciale. Mais la “journaliste”© a donc décidé que c’est sa vision qui restera dans notre esprit…

Mais qui est Riad Hijab ?

Riad Hijab est l’avant dernière personne citée dans l’article de Libération :

dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.

Sa page Wikipedia française indique :

Issu d’une famille sunnite de Deir ez-Zor1, Riad Hijab est nommé ministre de l’Agriculture et de la Réforme le 14 avril 2011. Un an plus tard, le 6 juin 2012, il est nommé Premier ministre par le président Bachar el-Assad2 et forme son gouvernement le 23 du même mois3,4, durant le conflit syrien de 2011-2012.

Le 6 août suivant au matin, alors que la télévision d’État annonce que Riad Hijab a été limogé, on apprend que celui-ci a fait défection et a fui en Jordanie, où sa famille se trouvait déjà depuis quelques jours5. Il condamne des crimes contre l’humanité commis par le régime et affirme son soutien à la rébellion6,7,8. Il affirme aussi qu’il a dû accepter le poste de Premier ministre sous des menaces de mort. Il abandonne également son portefeuille de l’Agriculture.

En décembre 2012, il serait le favori des États-Unis et de l’Arabie saoudite pour diriger un gouvernement de transition après une éventuelle chute du régime de Bachar el-Assad. Mais le Qatar et la Turquie lui préféreraient Mouaz al-Khatib, président de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution (CNFOR), tandis que Georges Sabra, président du Conseil national syrien, juge que « les Syriens ne sont pas prêts à l’accepter pour le moment »9. Après avoir été effectivement évoqué dans des discussions au sein de la CNFOR, il décide de ne pas se porter candidat, notamment à cause des réticences des Frères musulmans à son égard : Ghassan Hitto est finalement élu10.

Tiens, très bizarre donc cette histoire : ce type est donc le seul ministre  monde qu’il aurait fallu menacer de mort pour qu’il accepte le poste de Premier Ministre – et qui a ensuite fait défection. Je regarde alors sur la page anglaise, un peu plus complète :

Defection – According to Hijab’s former spokesman Mohammad Otari, Hijab resigned, and he and his family had defected to Jordan on 6 August 2012.[2][11] Syrian state TV reported that Hijab had been “sacked” and that Deputy PM Omar Ibrahim Ghalawanji would become the head of a new caretaker government.[2] Hijab released a statement through Otari criticizing the current Syrian government, calling it a “terrorist regime”. The statement declared “I am from today a soldier in this blessed revolution“. According to Otari, Hijab had been planning his defection for months with the help of the Free Syrian Army.[11][12][13][14] Hijab was reportedly heading for Qatar, an active supporter of the Syrian rebels.[15] Speaking in Amman, Jordan, on 14 August 2012, Hijab alleged that Assad’s current government was collapsing “morally, financially and militarily“, allegedly only controlling a mere 30% of the entire country still. He called on the Syrian Arab Army and its officers to join the rebellion against president Assad and the Ba’ath party government and for the opposition forces to unite.[5] On 17 August, Hijab held meetings in Doha, Qatar, to discuss Assad’s toppling and to attempt unification of Syrian opposition forces.[16]

According to his spokesman Otari on August 6, Hijab also encouraged other officials to defect,[11] and opposition sources claimed that three other ministers as well as three army generals defected on the same day. However, one of the ministers named by the opposition, Treasurer of Syria Mohamad Gillati appeared on Syrian television later in the day to deny the rumors of his defection to the rebellion.[2]

Though Hijab was not considered a member of Assad’s inner circle,[11] BBC News described his departure as the “highest-profile defection since the uprising began in March 2011″ and “a stunning blow to President Assad”.[12] Guardian writer Ian Black called it “a propaganda coup for the opposition” but not a “fatal blow”.[15] The United States government stated that the “defection” showed Assad’s government was “crumbling from within”. The Barack Obama administration again called for al-Assad’s resignation.[17]

Bref, défection très surprenante, et propos très durs contre Assad. OK.

Mais le plus beau est la dernière phrase de la page : “According to Der Spiegel, Hijab and other prominent Syrian defectors were bribed by the French secret services inside the country as well as by Qatar.[19] ” “Selon Der Spiegel, Hijab et d’autres éminentes personnalités ayant fait défection ont été soudoyés par les Services secrets français dans le pays ainsi que par le Qatar“.

Ah oui, quand même… Bon, il dit quoi le Spiegel le 21 aout 2012 ?

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a commenté sur le nombre croissant de défections de la semaine dernière en disant que: “Tout cela montre que les gens de toutes sortes ont décidé d’abandonner le régime.” Ils ont tous reconnu, a-t-il dit à l’agence de nouvelles française AFP que le régime d’Assad fait actuellement assassiner son propre peuple. Il a ajouté “D’après les informations que nous avons, mais nous verrons si cela est confirmé dans les jours qui viennent, il y a d’autres défections spectaculaires qui se produisent”

Mais les transfuges semblent avoir non seulement des raisons politiques. Comme le “Times” a rapporté mardi également le versement de fonds. Les pays européens ont donc payé conjointement avec certains états du Golfe des pots de vin à des responsables syriens pour les amener à se détourner du régime d’Assad. Lors d’une réunion de diplomates européens en mai dans la capitale qatarie Doha, il a donc été convenu que des “incitations” devraient être donnés à des représentants du régime syrien pour qu’ils rompent avec Assad . La réunion des ambassadeurs a été décidée alors que la politique avait détruit tout espoir de succès du plan de paix de l’ancien médiateur de l’ONU, Kofi Annan. La Russie avait bloqué avec la Chine une condamnation claire du régime Assad ou même des sanctions.

[ Je n'ai pas trouvé la source du "Times" (si quelqu'un trouve, me contacter merci...)]

Elle n’est pas  belle cette histoire ? Ce type expliquait d’ailleurs urbi et orbi que le régime était au bord de l’effondrement en aout 2012 (voilà le souci quand on paye les gens, c’est comme quand on les torture, ils racontent n’importe quoi, et surtout ce que vous voulez entendre…). Il  donc contribué à intoxiquer nos dirigeants. ¨Pourtant quand on lit ce que le héros de Libération veut faire aux Alaouites, on comprend qu’ils ne vont pas lâcher l’affaire facilement…

Mais il y a encore mieux.

Après avoir pas mal farfouillé, je suis tombé sur cet article de Jean-Loup Izambert, un journaliste d’investigation relativement sérieux. Voilà ce qu’il nous raconte dans son livre 56 – L’État français complice de criminels  (propos qu’il faut donc prendre au conditionnel, à creuser) :

“Volcan de Damas et Séisme syrien”

“Riad Hijab ?

Né en 1966 à Deir ez-Zor, [...] il est nommé ministre de l’Agriculture et de la Réforme (avril 2011 à août 2012), puis Premier ministre, le 23 juin 2012, par le président Bachar el-Assad.

Mais, les services de renseignement russes, qui s’intéressent à son activité et à son entourage, avertissent leurs homologues syriens de la préparation d’une tentative de coup d’État orchestrée par des services occidentaux avec sa participation. Une opération montée en deux temps par Washington et Paris, avec la participation des dictatures du golfe arabo-persique, et baptisée “Volcan de Damas et séisme syrien” devait renverser le gouvernement par un second coup d’État faisant suite à celui – mis en échec – des Frères musulmans en 2011.

(Source : L’Obs. Voir aussi le long article sur Wikipedia anglais)

Ce plan prévoyait l’intervention de groupes de mercenaires pour décapiter par des attentats les directions des organes de sécurité syriens et de l’armée. Après plusieurs attentats, dont l’un qui détruisit le Siège de la Sécurité nationale et causa la mort de plusieurs dirigeants du Conseil de sécurité nationale, Washington et Paris pensaient que des officiers supérieurs feraient défection avec leurs unités et se retourneraient contre le gouvernement civil.

L’Élysée impliqué dans le coup d’État du 18 juillet 2012
Les services secrets des puissances liguées contre la République arabe syrienne – notamment les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar – ont envisagé ce coup d’État lors d’une réunion qui s’est tenue il Tunis à la fin février 2012. L’attentat eut bien eu lieu le 18 juillet suivant, date prévue pour déclencher le coup d’État, tuant le ministre de la Défense, le vice-ministre de la Défense ainsi que le chef de la cellule de crise, et blessant de nombreuses autres personnes. Le ministre des Affaires étrangères Fabius refusa de condamner l’attentat qui coûta la vie à plusieurs civils et militaires.

Lors de ce coup d’État, Riad Hijab devait prendre la direction du gouvernement de transition préparé dans la coulisse des états-majors occidentaux. Pour lancer cette opération, plusieurs milliers de mercenaires, principalement libyens, jordaniens, tchétchènes et tunisiens, sont entrés en Syrie en quelques jours, essentiellement par les frontières jordanienne et turque, Près de trois mille d’entre eux viendront semer la mort jusque dans la capitale et sa banlieue, pensant renverser le gouvernement qu’ils imaginaient isolé et déstabilisé par les attentats suicides de la mi-juillet.

Mais, contrairement aux prévisions de Washington et de Paris, l’armée syrienne, aidée par la population et ses Comités de défense populaire, les délogera des quartiers de Damas. Au bout d’une semaine de combats acharnés quartier par quartier, rue par rue, leurs survivants devront battre en retraite. Hijab porte donc une lourde responsabilité dans ce complot. Démasqué, il est aussitôt démis de ses fonctions. Il parvient a s’enfuir le 5 août, juste avant d’être arrêté, avec l’aide de la brigade AI-Moetassem, un groupe de l’ASL, et se réfugie en Jordanie. Là, il retrouve sa famille qui l’avait précédé bien auparavant, par précaution, en raison de son activité conspiratrice.

Plus tard, son porte-parole, Mohamed Otri, s’exprimant depuis la Jordanie reconnaîtra que “M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres ».

En France, Le Canard Enchaîné, sous la plume de Claude Angeli, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire, révélera le “complot barbouzard contre Bachar el-Assad”. La plupart des médias français se feront très discrets sur ce coup d’État manqué auquel les services français (DGSE) sont associés. [...]

Les conseillers étasuniens et saoudiens le récupéreront ensuite pour conduire le « gouvernement provisoire» destiné à diriger la Syrie en cas de renversement du gouvernement. Il se heurtera alors à nouveau à l’opposition du Qatar et de la Turquie, qui feront désigner à sa place, le 18 mars 2013, Ghassan Hitto. Cet homme d’affaires présente toutes les« qualités » pour ce poste puisqu’il est proche des Frères musulmans et est étroitement lié à la société syrienne pour vivre… aux États-Unis depuis 1980 ! [...]

Le 9 juillet 2013, un an après la tentative de coup d’État avortée de l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », des informations indiquent l’arrivée en Jordanie de soldats étasuniens, anglais et français pour des manœuvres militaires. Celles-ci se présentent comme une répétition d’une nouvelle opération militaire visant à créer une zone tampon en territoire syrien, près de la frontière turque, par la destruction de cibles civiles et militaires…”

Note Izembert : Les services secrets syriens ont expulsé discrètement vers la France, via la Turquie, une vingtaine de militaires français, parmi lesquels un colonel du service des transmissions de la DGSE. Ces militaires ont été arrêtés fin janvier- début février 2012 près des villes de Homs et d’Azouz. Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française, et le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, négocieront leur libération avec Damas par l’intervention d’un pays tiers. L’accord pour le rapatriement de ces militaires a été pris au plus haut niveau du pouvoir politique syrien. (Source : TheTelegraph)

“Il y avait deux réunions à Tunis, s’amuse un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay. La première, la conférence dite « des amis de la Syrie », regroupait des représentants d’une soixantaine de pays, dont Hillary Clinton ou Alain Juppé. Le bilan n’est pas glorieux.

Une autre se voulait plus discrète et réunissait des gens en principe mieux armés que les diplomates, les hommes des services secrets. « On leur souhaite bon vent pour dégommer Bachar..» Réaction sur le même ton d’un officier d’état-major : « C’est la meilleure solution. On ne peut pas refaire le même coup qu’avec la Libye et bombarder une armée syrienne autrement plus solide que celle de Kadhafi et dont les blindés se baladent tranquillement dans des villes insurgées. Et puis, cette fois, l’ONU ne donnera pas son feu vert. »

Putschistes à convaincre vite

Exact. Russes et Chinois y mettraient leur veto. Reste alors la méthode déjà utilisée en Libye : fournir des armes efficaces aux insurgés, voire des conseillers en guérilla urbaine. Des livraisons sont prévues, dit-on au Quai d’Orsay et à la Direction du renseignement militaire (DRM), via des pays arabes, comme le Qatar. Mais il y a mieux, et c’est aujourd’hui d’actualité, selon les connaisseurs : « préparer un coup d’État ». Encore faut-il trouver, sur place, des interlocuteurs valables, discrets, courageux. Et cela suppose de sacrés efforts de persuasion.

A Tunis, la semaine dernière, des représentants des services secrets de plusieurs pays : Qatar, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Turquie, Arabie Saoudite, notamment – ont envisagé cette solution. L’idée est d’exploiter d’éventuelles divergences au sein des forces de sécurité et du clan Assad. A en croire un officier de renseignement, des militaires syriens, jusque-là plutôt loyaux, considèrent désormais qu’il n’y a pas d’autre issue à la crise actuelle qu’une rupture avec Bachar et sa famille. Selon lui, les princes saoudiens sont prêts à mettre de l’argent sur la table pour aider à la conversion de ces futurs rebelles.

Quant à l’opposition syrienne, « elle est fragmentée, divisée sur le plan ethnique, idéologique ou stratégique », constate un analyste de la DRM. D’un côté, le Conseil national syrien, « un faux nez des Frères musulmans », dit-on. De l’autre, le Comité de coordination nationale, qui regroupe des intellectuels et des opposants favorable une solution entre Syriens. Sans compter les déserteurs de l’Armée syrienne libre. Et pas forcément tous d’accord sur les ingérences étrangères et sur l’avenir du pays, une fois Bachar écarté.

Ce n’est pas joué, et les comploteurs réunis à Tunis savent que le régime peut encore tenir avec ces quelque 40 000 militaires du clan alaouite (branche du chiisme) – trois divisions blindées la Garde nationale, les Forces spéciales – et grâce à des services de sécurité omniprésents. Face sunnites, leur loyauté est aussi une question survie dans cette guerre civile entre musulmans, sans armistice ni pacifistes à l’horizon.

Claude Angeli – Le Canard Enchainé N° 4766 du 29 Février 2012

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Bref, évidemment, on sera prudent sur tout ceci, mi cela mériterait de lourdes enquêtes parlementaires – si on était en Démocratie, bien entendu.

ÉDIT : tiens on me signale cette vidéo d’Hugo Chavez sur le rôle de la France en Syrie 

En conclusion, merci donc à Libération pour ce beau moment.

S’ils ont un peu de temps, entre le “pic de chaleur”, “bientôt la neige”, “alerte terroriste” et “la cousine de la grand-mère du logeur du kamikaze”, ce serait bien qu’ils creusent par exemple l’existence de cette opération “Volcan de Damas et séisme de la Syrie”, et interrogent l’exécutif (mais si, rappelez-vous, le Watergate, tout ça, tout ça…).

Et comme quoi, en creusant un seul article, on tombe rapidement sur des pépites…

Mais cela confirme hélas ma vision.

On a une guerre qui va crescendo entre la Russie et l’Islamisme radical, nouveau fascisme qui menace nos sociétés (depuis l’extérieur, je précise, tomber dans le piège de l’inquiétude intérieure type “5e colonne” est exactement ce qu’attendent de nous nos ennemis. Et ces gens ne passeraient guère à l’acte sans formation et soutiens extérieurs).

Et nos élites vont faire le choix plus ou moins conscient et officiel de l’islamisme, comme on le voit depuis 35 ans (Afgahnistant, Bosnie, Kosovo, Arabie, Irak, Libye, Turquie…) , et comme on le voit toujours avec leur courbettes devant les dirigeants de l’Arabie, du Qatar et de la Turquie….

On le voit ici, la “journaliste”© nous invite mezza voce à haïr ces Russes irresponsables qui ont tué un chef islamiste, dont on veut nous faire croire qu’il était indispensable à un “accord politique” –  sauf que les accords politiques c’est bien, gagner la guerre (ou être en position de le faire) c’est mieux…

En attendant, bonnes pâtisseries à tous – orientales, évidemment :)

P.S. merci de me signaler les coquilles…

 

 

32 réponses à [Propagande] L’élimination de Zahran Alloush, le combattant islamiste que tous adoraient détester, par Hala Kodmani

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Articles d'Indépendance des Chercheurs : L'affaire d'Olivier Voinnet et le fonctionnement de la recherche (I)

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Economie, #Ecole, #Europe supranationale, #Services publics

Articles d'Indépendance des Chercheurs :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/12/29/l-affaire-d-olivier-voinnet-et-le-fonctionnement-de-la-reche-51306.html

L'affaire d'Olivier Voinnet et le fonctionnement de la recherche (I)

Nous articles « Olivier Voinnet et le fiasco de l'évaluation scientifique » (I) et (II) ont évoqué la faillite de l'évaluation scientifique institutionnelle que dévoile l'affaire d'Olivier Voinnet, devenu même membre de l'Académie des Sciences juste avant la mise en cause par Pub Peer de l'un de ses articles les plus cités. Mais peut-on valablement isoler de telles carences de l'évaluation scientifique du fonctionnement global des institutions concernées, à commencer par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dont la direction a très tardivement découvert l'affaire et finalement sanctionné Olivier Voinnet au milieu du scandale international ? Or Olivier Voinnet est devenu chercheur du CNRS en 2002. Le fait incroyable que pendant plus de douze ans le Comité National de la Recherche Scientifique « n'ait rien vu », pas plus que les jurys de concours et de prix, ou encore d'autres institutions comme l'Académie des Sciences française et l'European Molecular Biology Organisation (EMBO) qui lui a accordé sa médaille d'or en 2009, nous semble nécessiter une analyse approfondie dépassant les jurys et instances d'évaluation dont la nullité pratique a été mise en évidence. Il y a une semaine, page 24 de son numéro du 21 décembre, Direct Matin employait le titre « La recherche en question » à propos de l'ouvrage de Luis Gonzalez-Mestres L'Enigme Bogdanov (Editions Télémaque). L'Enigme Bogdanov évoque entre autres l'affaire d'Olivier Voinnet et procède à une critique d'ensemble des institutions scientifiques actuelles. Peut-on raisonnablement suivre une autre démarche et ignorer, notamment, l'évolution imposée depuis trois décennies à la recherche française et européenne ? En réalité, dès le départ Voinnet n'a pas été un « simple chercheur » au CNRS mais un directeur de laboratoire influent, et semble même avoir été d'emblée embauché à cette fin dans un système où le rôle des lettres de recommandation est loin d'être négligeable. Comment sa candidature a-t-elle été examinée ? L'affaire d'Olivier Voinnet n'est donc pas uniquement une crise de l'évaluation, mais également une crise des hiérarchies scientifiques et, par là, des prétendues « réformes » progressivement mises en place depuis la deuxième moitié des années 1980 au CNRS et ailleurs. Revenir sur l'ensemble de cette politique récurrente, dont la précarisation croissante du statut des chercheurs « non directeurs » fait également partie, est à présent une première urgence. Pas seulement en France, d'ailleurs.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/12/29/l-affaire-d-olivier-voinnet-et-le-fonctionnement-de-la-reche-51306.html ]


et pour rappel :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/12/23/olivier-voinnet-et-le-fiasco-de-l-evaluation-scientifique-ii-51298.html

Olivier Voinnet et le fiasco de l'évaluation scientifique (II)

Avec le titre « The Top 10 Retractions of 2015 », Retraction Watch publie dans The Scientist le bilan de l'année. La France et ses institutions, notamment l'Académie des Sciences et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), ne sont pas absentes de ce triste « podium ». Le biologiste des plantes Olivier Voinnet les « représente » avec rien de moins que sept rétractations d'articles pendant l'année 2015. Notre article « Olivier Voinnet et le fiasco de l'évaluation scientifique (I) » et d'autres qui l'ont précédé avaient déjà évoqué cette regrettable affaire que notre collègue Luis Gonzalez-Mestres analyse également dans son ouvrage L'Enigme Bogdanov (Editions Télémaque) après l'avoir commentée sur son blog Notre Siècle. Malgré la sanction infligée en juin dernier par la direction du CNRS, Olivier Voinnet reste à ce jour membre de l'Académie des Sciences. Pourtant, évoquant cette affaire dans les pages 383 à 386 du Bulletin Officiel du CNRS de juin-juillet 2015 (paru le 10 juillet), le Président du CNRS souligne que pour la Commission Administrative Paritaire (CAP) « ces faits ne sont pas une simple succession d’erreurs mais le résultat de mauvaises pratiques » et « constituent des manquements graves au principe d’intégrité en recherche scientifique ». Le septième article rétracté par Olivier Voinnet, paru dans The Plant Journal en février 2003 et très cité, est commenté par une note de Retraction Watch du 4 décembre intitulée « Voinnet retracts highly cited paper, bringing his total to 7 ». L'article est signé par l'équipe de recherche au sein de laquelle Olivier Voinnet a obtenu son titre de docteur en 2001 à Norwich (Royaume Uni) avant d'être recruté par le CNRS en 2002 tout en obtenant le Science Magazine Prize for Young Scientist of the year. Un article d'avril 2004 également très cité et retracté, paru dans The Plant Cell, est signé par Olivier Voinnet avec ses collaborateurs de l'Institut de Biologie Moléculaire des Plantes du CNRS à Strasbourg. Voinnet est donc l'auteur commun à ces deux articles récemment rétractés. Or c'est précisément en 2004 que Voinnet a reçu la médaille de bronze du CNRS, qui n'a été que le début d'une longue série de distinctions et de promotions jusqu'à devenir membre de l'Académie des Sciences en novembre 2014. Comment les institutions scientifiques françaises ont-elles pu, pendant plus de douze ans, faire preuve d'une si faible capacité de vigilance et d'évaluation du travail scientifique ? Et qu'étaient devenues les instances d'évaluation statutaires du CNRS au cours d'une si longue période ? L'affaire d'Olivier Voinnet met en évidence un très sérieux problème du fonctionnement de nos institutions scientifiques et de leurs instances. Mais qui ose l'aborder dans la clarté ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/12/23/olivier-voinnet-et-le-fiasco-de-l-evaluation-scientifique-ii-51298.html ]


ainsi que :

Olivier Voinnet et le fiasco de l'évaluation scientifique (I)

Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (I)

Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (II)

Olivier Voinnet, frères Bogdanoff et procédures du CNRS (III)

Olivier Voinnet, CNRS : une sanction de fait inexistante ?

L'Enigme Bogdanov, de Luis Gonzalez-Mestres (I)

Institutions scientifiques, évaluation, objectivité (I)

Institutions scientifiques, évaluation, objectivité (II)



Si vous avez apprécié le contenu de nos articles, nous ne pouvons que vous encourager à rediffuser autour de vous cette lettre d'information. Merci d'avance

Bonne Fête de fin d'année et très heureuse année 2016 !

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

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L’état-major US dénonce l’influence des faucons libéraux sur la Maison-Blanche, par Thierry Meyssan

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La République, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #Europe supranationale

Publié par Jean Lévy

 

L’ancien directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA), Michael T. Flynn, et l’ancien président du Comité des chefs d’état-major (JCS), Martin Dempsey, et leurs épouses. Après avoir obéi en silence, ils ne ménagent plus leurs critiques de l’influence des faucons libéraux sur la Maison-Blanche. Selon eux, Washington doit agir en partenaire fiable de Moscou au lieu de multiplier les coups tordus en Syrie et en Ukraine.

L’ancien directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA), Michael T. Flynn, et l’ancien président du Comité des chefs d’état-major (JCS), Martin Dempsey, et leurs épouses. Après avoir obéi en silence, ils ne ménagent plus leurs critiques de l’influence des faucons libéraux sur la Maison-Blanche. Selon eux, Washington doit agir en partenaire fiable de Moscou au lieu de multiplier les coups tordus en Syrie et en Ukraine.

   Voltairenet.org

L’état-major US dénonce

l’influence des faucons libéraux

sur la Maison-Blanche

Les militaires peuvent-ils influencer les politiques ou doivent-ils se contenter de leur obéir, même lorsqu’ils constatent leurs erreurs ? C’était le thème d’un célèbre article du colonel James H. Baker, actuel stratège du Pentagone. C’est aussi le sens de l’article de Seymour Hersh sur la manière dont l’état-major n’a cessé de mettre en garde la Maison-Blanche à propos des opérations de la CIA en Syrie et en Ukraine. Depuis plusieurs mois, le complexe militaro-industriel, l’ancien directeur de la DIA, puis l’ancien chef d’état-major, et aujourd’hui l’ancien secrétaire à la Défense multiplient les critiques de la politique du président Obama.

 

Depuis la conférence de Genève, en juin 2012, les États-Unis accumulent les contradictions à la fois à propos de la Syrie et de l’Ukraine. Cependant, l’état-major a choisi de faire fuiter sa position de manière à influencer la Maison-Blanche.

Contradictions et hésitations de la Maison-Blanche

Durant les mandats de George W. Bush, la Maison-Blanche souhaitait renverser la République arabe syrienne et créer une zone de chaos en Ukraine comme elle y était parvenue en Irak. Il s’agissait d’une part de poursuivre le remodelage du « Moyen-Orient élargi » et d’autre part de couper les lignes de communication terrestre entre l’Occident d’un côté, la Russie et la Chine de l’autre.

Lorsque Barak Obama lui succéda, il était conseillé à la fois par le général Brent Scowcroft et par son propre mentor en politique, Zbignew Brzezinski. Les anciens conseillers en sécurité nationale de Jimmy Carter et de Bush père se méfiaient de la théorie straussienne du chaos. Pour eux, le monde devait être organisé selon le modèle de la Paix de Westphalie, c’est-à-dire autour d’États internationalement reconnus. Comme Henry Kissinger, ils préconisaient certes d’affaiblir les États pour qu’ils ne puissent pas s’opposer à l’hégémonie US, mais pas de les détruire ; par conséquent, ils utilisaient volontiers des groupes non-étatiques pour leurs basses œuvres, mais ils n’entendaient pas leur confier la gestion de territoires.

Lorsque les faucons libéraux, autour d’Hillary Clinton, de Jeffrey Feltman et de David Petraeus —un général de salon passé dans le civil—, sabotèrent l’accord que la Maison-Blanche venait de négocier avec le Kremlin et relancèrent la guerre en Syrie, en juillet 2012, Barack Obama ne réagit pas. La campagne électorale présidentielle battait son plein aux États-Unis et il ne pouvait pas se permettre de laisser apparaître au grand jour le désordre qui régnait au sein de son équipe. Il tendit donc un piège au général Petraeus qu’il fit arrêter, menottes au poignet, au lendemain de sa réélection, puis remercia Hillary Clinton et la remplaça par John Kerry. Ce dernier était en effet capable de recoller les morceaux avec le président el-Assad avec lequel il entretenait des relations cordiales. Feltman, quant à lui, était déjà à l’Onu, et il semblait délicat de le rappeler soudainement.

Quoi qu’il en soit, John Kerry se laissa d’abord persuader que c’était trop tard et que la République arabe syrienne n’en avait plus pour longtemps. La seule chose qu’il pouvait faire, c’était d’éviter au président el-Assad la fin tragique de Mouamar el-Kadhafi, sodomisé à la baïonnette. La Maison-Blanche et le département d’État étaient aveuglés par les mensonges de l’ère Bush. À l’époque, tous les fonctionnaires étaient mobilisés, non plus pour analyser et comprendre le monde, mais pour justifier à l’avance les crimes de Washington. En 2006, le premier secrétaire de l’ambassade US à Damas, William Roebuck, avait rédigé un rapport qui faisait foi : la Syrie n’était pas une république baassiste, mais une dictature alaouite. L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie pouvaient légitimement soutenir la majorité sunnite de la population pour apporter la « démocratie de marché » [1].

Le président Obama laissa donc la CIA poursuivre son opération de renversement du régime syrien, sous couvert de soutien aux « rebelles modérés ». De vastes trafics d’armes furent organisés, d’abord depuis la Libye post-Kadhafi, puis depuis la Bulgarie de Rossen Plevneliev et Boïko Borissov [2], et plus tard depuis l’Ukraine post-Ianoukovytch [3]. Simultanément, des bureaux de recrutement sont ouverts dans tout le monde musulman pour envoyer des combattants sauver les sunnites syriens écrasés par la dictature alaouite.

Las, il faudra bien admettre que la République arabe syrienne résiste à la plus gigantesque coalition de l’Histoire (114 États et 16 organisations internationales réunies au sein des « Amis de la Syrie »). Elle y parvient simplement parce qu’elle n’a jamais été une dictature alaouite, mais bien un régime laïque et socialiste ; que les sunnites n’y sont pas massacrés par l’armée, mais qu’ils constituent la majorité des soldats qui défendent le pays face à l’agression étrangère.

Lorsque les néo-conservateurs, autour de Victoria Nuland, parvinrent à renverser le régime à Kiev à coup de milliards de dollars, en février 2014, le président Obama y vit le résultat mérité de longues années d’efforts. Il ne mesura pas tout de suite les conséquences de cette opération. Puis, il se trouva face à un dilemme : soit laisser le pays sans gouvernement, comme un trou béant entre l’Union européenne et la Russie, soit mettre au pouvoir les petits soldats de la CIA, des nazis et quelques islamistes. Il choisit la seconde option, pensant que ses services trouveraient parmi ces mercenaires des individus capables de se respectabiliser. La suite des événements a montré qu’il n’en fut rien. En définitive, alors que le régime de Viktor Ianoukovytch était certes corrompu —mais pas plus que ceux de Moldavie, de Bulgarie ou de Géorgie, pour ne citer que ceux là—, le pouvoir actuel de Kiev incarne tout ce contre quoi Franklin D. Roosevelt se battit.

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Seymour Hersh a révélé aussi bien le massacre de My Lay durant la guerre du Vietnam que les tortures de la prison d’Abu Ghraib durant celle d’Irak. Après avoir travaillé au New York Times, puis au New Yorker, il ne parvient plus à se faire publier dans son propre pays et collabore à la London Review of Books.

Ce que veulent les militaires US

Alors que la Maison-Blanche et le Kremlin viennent de conclure un second accord pour la paix au Proche-Orient, le journaliste Seymour Hersh publie, dans la London Review of Books, une longue enquête sur la manière dont l’état-major interarmes états-unien, sous la présidence du général Martin Dempsey, résista aux illusions de Barack Obama [4]. Selon lui, les militaires tentèrent de conserver le contact avec leurs homologues russes, malgré la gestion politique de la crise ukrainienne. Ils transmirent des informations cruciales à certains de leurs alliés, en espérant que ceux-ci les donnent aux Syriens, mais ils s’abstinrent de toute aide directe à Damas. Seymour Hersh déplore qu’il en soit aujourd’hui différemment depuis que le général Joseph Dunford a pris la présidence de l’état-major.

Dans cet article, il affirme que la politique de la Maison-Blanche n’a jamais varié sur quatre points, tous plus absurdes les uns que les autres selon les militaires : 
- l’insistance sur le départ du président el-Assad ; 
- l’impossibilité de créer une coalition anti-Daesh avec la Russie ; 
- le fait que la Turquie est un allié stable dans la guerre contre le terrorisme ; 
- et le fait qu’il existerait réellement des forces d’opposition modérée apte au soutien US.

On se souvient que le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, fut limogé en février 2014 pour avoir questionné cette politique [5]. Il a été remplacé par Ashton Carter, un haut-fonctionnaire —ancien collaborateur de Condoleezza Rice— connu pour son sens des affaires [6].

Par la suite, en octobre 2014, la Rand Corporation, principal think tank du complexe militaro-industriel, prit officiellement position en faveur du président el-Assad. Elle souligna que sa défaite serait immanquablement suivie d’une prise de pouvoir par les jihadistes, tandis que sa victoire permettrait de stabiliser la région [7].

En août 2015, c’était au tour du général Michel T. Flynn, ancien directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA), de révéler à Al-Jazeera ses efforts pour mettre en garde la Maison-Blanche sur les opérations planifiées par la CIA et des alliés de Washington avec les jihadistes. Il commentait un de ses rapports récemment déclassifiés [8] annonçant la création de Daesh [9].

Enfin, en décembre 2015, l’ancien secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, déclarait que la position de la Maison-Blanche sur la Syrie décrédibilisait le président Obama [10].

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L’élimination du président démocratiquement élu de Syrie est un objectif de guerre des faucons libéraux et des néo-conservateurs. Sa neutralisation impliquerait la chute du régime comme le lynchage de Mouamar el-Kadhafi a plongé la Libye dans le chaos. A contrario, on ne peut sauver les Syriens sans soutenir leur président, Bachar el-Assad.

Comment les militaires ont tenté d’aider la Syrie

Selon Hersh, en 2013, l’état-major états-unien aurait fait connaitre à ses homologues syriens les quatre exigences de Washington pour changer de politique : 
- la Syrie devrait empêcher le Hezbollah d’attaquer Israël ; 
- elle devrait reprendre les négociations avec Israël pour régler la question du Golan ; 
- elle devrait accepter la présence de conseillers militaires russes ; 
- enfin elle devrait s’engager à procéder à de nouvelles élections à la fin de la guerre en autorisant une large frange de l’opposition à y participer.

Ce qui surprend à la lecture de ces quatre conditions, c’est soit l’absence complète de connaissance de la politique proche-orientale qu’ont les militaires états-uniens, soit leur volonté de poser des conditions qui n’en sont pas et qui seront donc immédiatement acceptées par Damas. À moins qu’il ne s’agisse de suggestions au président el-Assad pour qu’il parvienne à faire évoluer son homologue états-unien.

- En premier lieu, le Hezbollah est un réseau de résistance à l’occupation israélienne qui s’est créé au Liban en réaction à l’invasion de 1982. Il était initialement non pas encadré par les Gardiens de la Révolution iraniens, même s’il doit beaucoup aux Bassidjis, mais par l’Armée arabe syrienne. Il ne se tourna vers l’Iran qu’après le retrait de l’Armée syrienne du Liban, en 2005. Et encore, lors de la guerre israélo-libanaise de 2006, le ministre syrien de la Défense était secrètement présent sur la ligne de front pour surveiller le transfert du matériel. Aujourd’hui, le Hezbollah chiite et l’Armée arabe syrienne laïque se battent ensemble, à la fois au Liban et en Syrie, contre les jihadistes que soutient Israël, à la fois au plan aérien et en matière médicale.

- De 1995 (Wye River) à 2000 (Genève), le président états-unien Bill Clinton organisa des négociations entre Israël et la Syrie. En définitive, tout fut négocié équitablement, alors même que la délégation israélienne trichait en écoutant les conversations téléphoniques des présidents US et syrien [11]. La paix aurait pu et aurait dû être signée, si et uniquement si le Premier ministre israélien Ehud Barack n’avait reculé au dernier moment, ainsi qu’en atteste le président Clinton dans ses mémoires [12]. Bachar el-Assad reprit, de sa propre initiative, des négociations, indirectes cette fois, via la Turquie. Mais il les interrompit lorsque Israël viola grossièrement le droit international en abordant dans les eaux internationales la « Flottille de la Liberté ». La Syrie souhaite toujours reprendre et conclure ces négociations, c’est la partie israélienne, et elle seule, qui le refuse.

- Concernant les relations militaires entre Damas et Moscou, elles remontent à la période soviétique et furent plus ou moins interrompues à l’époque de Boris Eltsine. En 2005, Bachar el-Assad se rendit en Russie pour renégocier la dette contractée avec l’Urss. Il offrit alors au Kremlin 30 kilomètres de côte pour agrandir le port militaire de Tartous, mais les Russes dont l’armée était en pleine réorganisation ne furent pas intéressés. Avant la Conférence de Genève (juin 2012), le conseiller national de sécurité Hassan Tourekmani proposa aux Russes de déployer des « Chapkas bleues » sur le sol syrien pour stabiliser le pays. Le Kremlin, observant l’activité de la CIA et l’afflux de jihadistes de tout le monde musulman, comprit un peu plus tard que cette guerre n’était qu’une répétition avant de se déplacer dans le Caucase. Vladimir Poutine déclara la Syrie « question intérieure russe » et prit l’engagement d’y déployer son armée. Si rien ne se passa en 2013 et 2014, ce n’est pas que la Russie changea d’avis, mais qu’elle prépara ses forces, notamment en mettant au point de nouvelles armes.

- Enfin, la République arabe syrienne a procédé, en mai 2014, à une élection présidentielle qualifiée de juste et démocratique par toutes les ambassades à Damas. Ce sont les Européens qui, en violation de la Convention de Vienne, ont empêché des centaines de milliers de réfugiés d’y participer. Et c’est toujours eux qui ont convaincu différents groupes d’opposition de ne pas présenter de candidats. Bachar el-Assad, qui a largement gagné ce scrutin, est prêt à remettre son mandat en jeu, de manière anticipée, à la fin de la guerre. Par un simple vote de l’Assemblée, la République pourrait accepter les candidatures de Syriens exilés, sauf ceux qui ont collaboré avec les Frères musulmans ou avec leurs organisations armées (Al-Qaïda, Daesh, etc.).

Les militaires US ne veulent pas être pris pour des néo-conservateurs

Juste avant de quitter ses fonctions, le général Martin Dempsey avait fait nommer le colonel James H. Baker directeur de l’Office of Net Assessment, c’est-à-dire du bureau chargé de la prospective et de la stratégie au Pentagone [13]. Or, Baker a la réputation d’être à la fois droit, rationnel et raisonnable, tout à l’opposé des straussiens. Bien que Seymour Hersh ne le cite pas dans son article, on croit percevoir son empreinte sur la position de l’état-major US.

Quoi qu’il en soit, l’article de Seymour Hersh atteste de la volonté de l’état-major US de se distinguer à la fois de la Maison-Blanche et des faucons libéraux comme les généraux David Petraeus et John Allen ; une manière comme une autre de souligner que, dans le contexte actuel, le président Obama n’a plus aucune raison de poursuivre les ambiguïtés auxquelles il était astreint ces trois dernières années.

À retenir 
- Au cours des derniers mois, la Rand Corporation (principal think-tank du complexe militaro-industriel), l’ancien directeur de la Defense Intelligence Agency Michael T. Flynn, l’ancien président du Comité des chefs d’état-major Martin Dempsey, et l’ancien secrétaire à la Défense Chuck Hagel ont mis en cause les contradictions et les hésitations de la Maison-Blanche. 
- L’intelligentsia militaire US conteste la politique héritée de l’ère Bush de confrontation avec la Russie. Elle demande une collaboration en Syrie et en Ukraine aussi bien qu’une reprise en main des alliés que sont sensés être la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar. 
- Pour les officiers supérieurs US (1) il faut soutenir le président el-Assad qui doit vaincre et rester au pouvoir ; (2) il faut agir avec la Russie contre Daesh ; (3) il faut sanctionner la Turquie qui ne se comporte pas en allié, mais en ennemi ; (4) enfin il faut arrêter d’imaginer qu’il existerait des rebelles syriens modérés et de se cacher derrière ce fantasme pour laisser la CIA soutenir les terroristes.

 

[2] « Mise à jour d’une nouvelle filière de trafic d’armes pour les jihadistes », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 24 décembre 2015.

[3] « Le Qatar et l’Ukraine viennent de fournir des Pechora-2D à Daesh », « Comment le Qatar a préparé le bombardement d’un camp de l’Armée syrienne », par Andrey Fomin, Oriental Review (Russie), Réseau Voltaire, 22 novembre et 10 décembre 2015.

[4] “Military to Military. US intelligence sharing in the Syrian war”, Seymour M. Hersh, London Review of Books, Vol. 38, No. 1, January 7, 2016.

[5] « Obama a-t-il encore une politique militaire ? », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 1er décembre 2014.

[6] « Ash Carter s’entoure d’une équipe de SDB Advisors », Réseau Voltaire, 26 décembre 2014.

[7Alternative Futures for Syria. Regional Implications and Challenges for the United States, Andrew M. Liepman, Brian Nichiporuk, Jason Killmeyer, Rand Corporation, October 22, 2014.

[8Rapport de l’Agence de Renseignement militaire aux divers services de l’administration Obama sur les jihadistes en Syrie (document déclassifié en anglais), 12 août 2012.

[9] « Le renseignement militaire états-unien et la Syrie », par W. Patrick Lang, Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), Réseau Voltaire, 21 décembre 2015.

[10] “Hagel : The White House tried to destroy me”, Dan de Luce, Foreign Policy, December 18, 2015.

[11Cursed Victory : A History of Israel and the Occupied Territories(Victoire maudite : l’histoire d’Israël et les territoires occupés), Ahron Bregman, Penguin, 2014 (Traduction disponible uniquement en allemand).

[12My Life, Bill Clinton, Knopf Publishing Group, 2004.

[13] « Ashton Carter nomme le nouveau stratège du Pentagone », Réseau Voltaire, 17 mai 2015.

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De la chute de l’Empire à la surfusion du Système

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales

De la chute de l’Empire à la surfusion du Système

Le 23 décembre 2015 – Source entrefilets.com

L’expérience est étonnante. Vous mettez une bouteille d’eau au congélateur environ deux heures et demie puis vous la ressortez délicatement. Vous constaterez que l’eau est toujours liquide bien que sa température soit largement descendue en-dessous de zéro. Il suffit alors d’un simple choc sur la bouteille pour que l’eau se transforme instantanément en glace. L’effet est saisissant. C’est la surfusion. Cette transition de phase brutale peut aussi s’appliquer à la biologie, comme aux sociétés humaines. Ainsi, à l’image de l’eau de notre bouteille, le Système néolibéral américaniste qui a produit notre contre-civilisation se trouve-t-il déjà bien en-dessous du degré zéro fatidique. Malgré son apparente normalité, il est ainsi dans un état de désorganisation totale et un simple choc pourrait suffire à provoquer son effondrement. La chute de l’Empire US, aujourd’hui en phase terminale, sera à n’en pas douter le choc décisif en question.

 

L’illusion de l’hyperpuissance

Depuis plusieurs années déjà, le déclin de l’Empire étasunien connaît une accélération phénoménale. Son économie ne tient debout qu’au prix d’un endettement permanent. Sur le plan militaire, le Pentagone engage des moyens toujours plus colossaux pour des résultats toujours plus lamentables, butant même contre un plafond de verre en matière de technologie militaire. Enfin, au plan géopolitique, l’Empire accumule les ratages et les erreurs et ne peut qu’assister au reflux de son leadership sur les affaires mondiales.

Désormais, même si la puissance US est encore bien réelle, elle est sans commune mesure avec l’idée que l’on s’en fait. C’est que l’image de l’hyperpuissance étasunienne est surtout le fruit d’une illusion fantastique, d’une merveilleuse opération de com’ soutenue par 70 ans de propagande hollywoodienne qui ont hypnotisé les esprits. Sous le vernis, l’Empire se fissure. Il est même en train de perdre la dernière bataille, celle des cœurs, et il n’y a plus guère que la caste politique libérale et son clergé médiatique pour croire encore à ses tours de magie.

Une économie faisandée

Ainsi, au plan économique d’abord, la résilience américaine est un leurre. Aujourd’hui aux États-Unis, plus de 46 millions d’Américains font la queue devant les banques alimentaires 1. Le chômage explose malgré des statistiques bidouillées 2 qui permettent au Marché des fous de croire encore au mirage. Mais en réalité, si l’on inclut les chômeurs de longue durée éjectés des statistiques sous Clinton, le chômage US oscille entre 13% de la population active pour les estimations les plus optimistes, et 23% 3 pour les plus réalistes.
Seule la toute-puissance du dollar dans le négoce international, dopé par une planche à billets qui tourne à plein régime, maintient le Titanic US à flot au prix d’un endettement sans fin. A l’heure actuelle, le cumul des dettes publique et privée US culmine au chiffre stratosphérique de 64 000 milliards de dollars 4.
Le dollar est désormais une telle monnaie de singe que même le FMI a intégré le yuan chinois comme monnaie de réserve. La montée en puissance des BRICS leur a aussi permis toutes les audaces, y compris celle de créer leur propre banque d’investissements concurrente de la Banque mondiale sous obédience américaine.

En réalité, les États-Unis n’ont plus les moyens de défendre leur hégémonie monétaire et même le négoce de l’énergie, et notamment du pétrole, commence à se faire en roubles ou en yuan, ce qui était impensable il y a quelques années encore. Tous les régimes qui avaient eu jusque là eu la prétention de se passer du dollar dans le négoce énergétique, comme l’Irak ou la Libye, ont été rayés de la carte.

On en est plus là.

Désormais, il ne s’agit plus de savoir quelle sera la prochaine bulle spéculative made in US à éclater, mais quand, sachant qu’elle est là, sous le vernis, en train d’enfler, inéluctablement.

Un Rambo aux pieds d’argile

Au niveau militaire, c’est le même mirage, la même fascination construite, la même illusion. Malgré 620 milliards de dollars de budget annuel, 1,5 millions de personnels militaires, 20 000 tanks et avions, une dizaine de porte-avions et des centaines de sous-marins, des dizaines d’agences de renseignements regroupant des milliers de barbouzes, les performances militaires de l’Empire sont lamentables.

Depuis 25 ans, toutes ses interventions se sont soldées par de cuisants échecs, que ce soit en Irak et en Afghanistan ou, maintenant, dans la guerre par procuration syrienne.

En un quart de siècle de gesticulations militaires, et malgré l’inside job du 11 Septembre 5 et le fameux remodelage du Moyen-Orient qu’il avait permis, l’Amérique après avoir perdu l’Asie centrale est en train de perdre le Moyen-Orient.

Bien sûr, la fascination reste. Les États-Unis ont de merveilleux porte-avions qui sillonnent les mers en permanence, de fabuleux bombardiers officiellement furtifs qui scintillent dans le ciel, mais à quoi servent-ils au juste ?

Qui se soucie encore en effet de contrôler à grands frais la surface totale des mers à la manière des thalassocraties des siècles passés, alors qu’un seul avion russe, grâce à ses nouveaux systèmes de brouillage 6, peut s’approcher suffisamment de chacun de ces mastodontes pour les envoyer par le fond en un clic ? A quoi sert-il encore d’avoir des bombardiers furtifs si chers à produire que le Pentagone n’ose pas sortir sans une escadrille complète de chasseurs en escorte, annulant du même coup leur si onéreuse furtivité ?

De même, alors que la Russie et la Chine multiplient les avancées technologiques en matière d’armement en construisant des outils simples mais performants et efficaces, le Pentagone est désormais incapable de briser le plafond de verre technologique qui le conduit à enchaîner les fiascos comme des perles [7 Les limites de la quincaillerie US], à l’image de ce fameux bombardier du futur le F-35 dont le prix ne cesse de s’envoler mais qui, lui, ne vole toujours pas.

Aujourd’hui, même les analystes anglo-saxons estiment que les États-Unis sont dépassés en matière de technologies militaires face aux matériels russes et chinois 7.

Géopolitique de la fuite en avant

Au plan géopolitique enfin, le constat est également douloureux pour l’Empire. Même sa tentative de fracturer l’Eurasie en créant de toutes pièces une guerre en Ukraine est loin d’avoir donné les résultats escomptés. En un tour de main et avec l’aide de quelques petits hommes verts, Vladimir Poutine a tourné la manœuvre à son avantage en rapatriant la Crimée dans le giron russe, s’assurant ainsi un accès définitif aux mers chaudes de manière quasi inespérée.

Cette nouvelle Guerre Froide 2.0 a même été un formidable accélérateur pour pousser la Russie et la Chine à intensifier leur coopération à tous les niveaux. Dans sa tentative désespérée de créer son fameux intermarium 8 pour empêcher tout rapprochement entre l’Europe et la Russie, les États-Unis ont précipité la constitution d’un bloc asiatique redoutable avec lequel, tôt ou tard, l’Europe opérera une jonction.

Même l’Inde et le Pakistan sont désormais en passe d’intégrer l’Organisation de coopération de Shanghai, qui regroupe déjà nombre de républiques d’Asie centrale en plus de la Chine et de la Russie. Cet affrontement homérique où l’Empire recule inexorablement prend toute son ampleur dans le nouveau Grand Jeu autour des ressources énergétiques et de la fameuse guerre des tubes ou pipelineistan, c’est-à-dire la guerre pour le contrôle des routes d’acheminement du pétrole et du gaz. Une guerre qui explique d’ailleurs en grande partie la soudaine réhabilitation de l’Iran et la guerre actuelle en Syrie, notamment.

Mais là aussi, là encore, les États-Unis voient leurs projets sévèrement contrariés 9, armes à la main si nécessaire. Russie et Chine n’hésitent désormais plus à défendre militairement leurs intérêts face aux manigances d’un Empire US qui ne fait plus peur. Or un Empire que l’on ne craint plus est un Empire à l’agonie. L’Empire US ne se bat plus aujourd’hui pour grandir, ni même pour se maintenir, il se bat pour freiner son déclin. Et si l’Empire n’est certes pas mort et conserve une terrible capacité de nuisance, il n’en est pas moins vaincu.

De l’indignation à la révolte

La chute de l’Empire est donc une affaire de temps, et elle entraînera tout aussi inéluctablement la chute du Système néolibéral dont il est la matrice. Nous ne croyons pas en effet à un simple basculement des centres de pouvoir de l’Occident vers l’Asie, avec la simple reprise en mains des mêmes structures néolibérales mortifères par d’autres, ce qui reviendrait à reculer pour mieux sauter.

Nous avons la conviction que la chute de l’Empire US sera le point de rupture, le choc qui provoquera la surfusion 10 du Système. Le séisme sera sans aucun doute terrible, mais salutaire. Le modèle de société néolibéral qui a produit la contre-civilisation qui est la nôtre est en effet un cancer qui ronge et détruit non seulement le vivant, la terre, les mers, l’air, tout ce qui marche, nage, pousse ou vole, mais qui annihile aussi les sociétés humaines, les rabaissant à un agglomérat d’égoïsmes en concurrence, de consommateurs compulsifs aliénés aux cerveaux [définitivement] disponibles.

Notre planète n’est déjà plus capable de digérer toutes les déjections de ce Système de production de masse et, si cette folie propre à consommer tout l’univers ne cesse pas, il est évident que nous disparaîtrons. En provoquant une surfusion du Système par sa dynamique propre, l’Histoire pourrait cependant nous sauver de nous-mêmes en nous aidant à tirer la chasse sur cette pègre néolibérale et en offrant l’occasion d’un changement radical.

Il appartiendra alors aux sociétés civiles de saisir la chance offerte, de cesser de s’indigner inutilement pour enfin se révolter, d’abord pour empêcher le Système d’instaurer ce totalitarisme qui constitue son aboutissement naturel et sa dernière ligne de défense, ensuite pour se prendre en mains et développer d’autres façons d’être, de cohabiter et de coopérer, pour nourrir d’autres idéaux que la propriété et la possession, pour chercher à bâtir, enfin, cette société libre, égalitaire et décente à laquelle nous avons pour l’instant renoncé.

Note du Saker Francophone

Le site entrefilet.com nous gratifie d’un excellent texte pour finir l’année. Je vous propose quelques liens complémentaires pour étayer cette analyse.

  • 22/12/15 : François Roddier : Thermodynamique de l’évolution
    Un essai de thermo-bio-sociologie. Je vous conseille la lecture de la 4e de couverture en lien ci-dessus et la lecture du livre qui est une mine de savoir sur la notion d’évolution. Vous saurez tout sur la théorie de la surfusion, de la criticalité auto-organisée, les domaines d’Ising et bien d’autre encore.
  • 09/12/15 : Jean-Philippe Immarigeon : État de l’Empire états-unien
    Une courte vidéo 24’57 qui développe cette notion de «fruit d’une illusion fantastique», avec quelques exemples.
  • 01/09/15 : Le désespérant désert de l’Esprit par Adam pour le Club Orlov
    Le texte est très bon mais c’est la conclusion, sur la gestion de fin de vie de l’Empire, qui est à lire et complète cet article.
 
  1.  La réalité économique rattrape les fantaisies du marché 
  2.  248 000 postes créés aux États-Unis : la réalité derrière les chiffres 
  3.  L’effondrement de l’économie américaine 
  4.  US Debt Clock 
  5.  Sur le 11 Septembre 
  6.  La Russie brouille les commandes du porte-avions Ronald Reagan et de la 7ème flotte 
  7.  The Economist : les cinq faiblesses de l’armée américaine 
  8.  Ukraine-Russie : quand l’Empire tombe le masque 
  9.  Syrie : sang contre pétrole, l’ultime guerre du Pipelinestan 
  10.  Surfusion de l’eau 
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Qui est Vladimir Poutine?

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La paix, #La nation .

Qui est Vladimir Poutine?

Qui est Vladimir Poutine?

 

Si nous lisons la presse occidentale et que nous nous alimentons des productions d’Hollywood, nous aurons de Poutine et de la Russie une opinion négative et de rejet. Peu nombreux sont ceux et celles qui aiment être identifiés au mal dans tout ce qu’il y a de plus diabolique. Comme le disait G.W. Bush, dans le but de rallier le monde derrière sa cause, « vous êtes avec nous pour le bien ou contre nous pour le mal », reprenant à son compte les paroles du Christ dans Mathieu 12:30 : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi s’égare. »

saddam-husseinOn peut comprendre, pour les gouvernements, qu’il est plus facile d’avoir l’appui de leur peuple si l’ennemi à abattre est l’incarnation de ce Satan qui veut dominer le monde. D’où l’importance de diaboliser par tous les moyens possibles cet ennemi qui se met au travers de leurs projets.

kadhafiAu temps du président Bush, ce fut surtout les terroristes, identifiés comme les auteurs du 11 septembre 2001, qui furent la cible incarnant ce mal absolu.

Ce combat a conduit à la guerre en Irak avec plus d’un million de victimes, à la guerre en Afghanistan et en Libye avec plus de 250 000 morts. Toutes ces guerres ont été réalisées au nom de la lutte contre le terrorisme et elles allaient se poursuivre en Syrie contre le président Bachar Al-Assad lorsque Vladimir Poutine, président de la Russie, a répondu à l’appel du gouvernement légitime de la Syrie pour lutter contre les véritables terroristes.

Daech et ses bossL’Occident, loin de s’en réjouir, comme on aurait pu s’y attendre, trouve plutôt à redire de cette intervention de la Russie, pourtant légitime et conforme au droit international, ce qui n’est pas le cas de la coalition internationale sous la direction des États-Unis. Cette réaction de l’Occident fait dire à plusieurs analystes que les terroristes qu’ils disent combattre en Syrie sont plutôt des alliés soutenus pour renverser le gouvernement de Bachar Al Assad dont ils veulent le départ. Par son intervention, Vladimir Poutine est plus que jamais l’ennemi à abattre, d’autant plus qu’il a décodé le jeu véritable des États-Unis et de l’OTAN dans leur volonté de prendre le contrôle de la Syrie et du Moyen-Orient. Il n’en fallait pas plus pour qu’il devienne le nouveau « Satan »

DiableVladimir Poutine devient ainsi la « bête noire » qui s’interpose aux projets de conquête de la Syrie par l’Occident. Cet engagement de la Russie, dans cette lutte contre les terroristes en Syrie, ne plaît pas du tout aux autorités gouvernementales étasuniennes et européennes. De plus, cette intervention met à jour la haute performance de la technologie militaire qui a fait plus en trois mois que ce que les États-Unis et ses partenaires européens ont fait pendant toute une année. Pas surprenant que tout ce qui peut être dit pour diaboliser cet homme d’État soit proclamé haut et fort par les médias occidentaux.

LE VÉRITABLE VISAGE DE POUTINE

POUTINEPoutine est sans aucun doute un homme exceptionnel, amant de la nature, discipliné, partageant un esprit analytique et pratique avec une vision humaniste et spirituelle. Il sait faire preuve d’un esprit ouvert, mais aussi de liberté et de détermination dans ses décisions. Il demeure maître de son agenda. Son amour pour son peuple est indéniable et sa vision du monde rejoint celle qui fait des personnes, des peuples et des nations des entités autonomes et sujets de droit et de respect. Ce n’est pas pour rien qu’il se fait le promoteur, avec ses collègues du BRICS, d’un monde multipolaire harmonisé sur la base de consensus et d’entendement. Une vision, tout à l’opposé de celle promue par les États-Unis et ses alliés de l’OTAN d’un monde unipolaire sous la gouverne de l’Empire. En cela, Poutine devient l’ennemi à abattre.

Quelques références ou vidéos qui mettent en évidence des traits de cet homme.

Poutine au monastère de ValamPeu nombreux sont ceux qui imaginent Poutine recueilli quelque part dans un monastère pour y trouver paix et lumière. C’est pourtant ce qu’il fait, dans la plus grande discrétion, une ou deux fois par année. On se souviendra de sa disparition de la scène publique, au printemps 2015, ce qui avait donné lieu à tous les scénarios allant de sa mort jusqu’à celui d’un enlèvement. Personne n’avait alors pensé qu’il ait pu se retirer pour prier et méditer. http://humanisme.blogspot.ca/2015/03/poutine-ou-etait-il-donc.html

Poutine 2Alors que Vladimir Poutine était premier ministre de la Russie, il y eut, en 2012, une grève importante dans le secteur de la cimenterie. Les oligarques, propriétaires des cimenteries, se refusaient de répondre aux demandes des travailleurs et n’éprouvaient aucune gêne des effets désastreux de cette grève sur l’économie régionale et sur la vie des populations directement concernées.

C’est alors que le premier ministre Poutine décida de mettre un terme à cette fermeture des cimenteries. Il s’est alors rendu chez les oligarques propriétaires pour les convaincre de mettre fin à ce conflit et de remettre en opération ces cimenteries. https://www.youtube.com/watch?v=cfOgahR3NI4&feature=youtu.be

Poutine n’est pas du genre à réagir sous l’effet de la colère. Il se donne le temps de cueillir l’information la plus fiable, de l’analyser, de la discuter avec ses plus proches collaborateurs avant de passer à l’action. Il revient rarement sur ses décisions une fois qu’elles ont été prises. Au cours des deux dernières années, il s’est présenté devant plus de mille journalistes pour expliquer sa compréhension des problèmes et les solutions qui s’imposent. Pendant des heures, il répond aux questions sans utiliser la « langue de bois ».poutine-ei.20150916jpg-1728x800_cC’est ainsi qu’il a donné son point de vue sur ce qui se passait en Ukraine et sur l’intervention de la Russie en Syrie. Dans les deux cas, il fait appel au respect du droit international et défend le droit des peuples à décider eux-mêmes de leurs destinées. Ces choix ne relèvent pas de puissances étrangères. Par contre, toutes les forces démocratiques doivent s’unir pour éliminer le terrorisme de l’État islamique.  http://humanisme.blogspot.ca/2015/10/si-la-bagarre-est-inevitable-il-faut.html également Lorsque la Russie pose ses conditions » et « Poutine au Parlement russe».

Poutine et le pape 3Si Poutine ne recule pas devant la menace, il n’est pas un promoteur de guerres. Il a doté la Russie d’armements les plus modernes capables de répondre adéquatement à ceux qui oseraient s’en prendre à la Russie. Comme tous les États, il assume la responsabilité des intérêts du peuple russe dont la sécurité figure au premier plan. Lors de sa seconde rencontre au Vatican avec le pape François, ce dernier lui a remis la médaille de l’Ange faiseur de Paix. Je ne sais si ce geste avait quelque chose à voir avec cette remise du Prix Nobel de la paix à Obama, au lendemain de son élection à la présidence des États-Unis, en 2008. Toujours est-il que le pape a jugé pertinent d’honorer de Président de la Russie de cette médaille de l’ange faiseur de paix.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150614/1016541813.html également http://humanisme.blogspot.ca/2015/06/president-poutine-au-vatican.html

Poutine et les anmauxCet homme, diabolisé par les uns, soutenu à plus de 85% de son peuple et respecté dans le monde par une grande majorité, demeure égal à lui-même, peu importe les circonstances. Il porte la fierté de son peuple avec lequel il partage sa compréhension des choses et le pourquoi des actions qu’il entreprend. Il aime la nature et trouve en elle sérénité et paix. Je termine ce portrait avec ces photos qui nous montrent Poutine amoureux des animaux. http://www.canalfrance.info/Il-etait-une-fois-Vladimir-Poutine-et-les-animaux_a695.html

Oscar Fortin

source: http://humanisme.blogspot.com

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Comment POUTINE règle le problème de la fermeture des usines.

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #La justice, #Le grand banditisme, #Les transnationales

Comment POUTINE règle le problème de la fermeture des usines.

"Et dire que les mêmes situation se passent en France (PSA PEUGEOT, ...) et rien n'est fait."

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North Stream: le gazoduc de la discorde dans l’Union Européenne

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #La France, #L'Italie., #Ukraine, #Le capitalisme;, #Economie

North Stream: le gazoduc de la discorde dans l’Union Européenne

North Stream: le gazoduc de la discorde dans l’Union Européenne

Il était inévitable, et à bien des égards justifié, que l’annonce de l’accord entre Gazprom et les entreprises européennes BASF, E.ON, Engie, OMV et Shell pour la construction de deux nouveaux pipelines du gazoduc North Stream soulève des polémiques et le mécontentement dans plusieurs pays européens, notamment en Italie.

Des polémiques et des réactions de signe opposé. Les pays d’Europe centrale et orientale, anti-russes sur toute la ligne et menés par la Pologne, se sont dits préoccupés par le renforcement du déjà solide axe Moscou-Berlin en termes de gaz. Le renforcement du gazoduc, en mesure d’assurer 55 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz russe supplémentaires sur les côtes allemandes, ne contournerait pas  seulement l’Ukraine, mais aussi la Slovaquie et la République tchèque, déjà inquiètes de la perte des royalties liées au transit du gaz.

Mais le renforcement du gazoduc North Stream ne pouvait certes pas passer inaperçu en Italie. Non seulement notre pays est le deuxième plus grand importateur de gaz naturel russe (26 milliards de mètres cubes en 2014) de l’Union Européenne après l’Allemagne – le gaz russe représente environ la moitié des importations nationales, dans un contexte dans lequel le gaz, en général,  contribue à une part importante de la production électrique italienne – mais l’Italie avait été  forcée justement par la Commission européenne de faire annuler un accord similaire – le South Stream – en raison des sanctions prises contre la Russie après la crise en Ukraine. Il est donc vrai que les tensions croissantes entre la Turquie et la Russie – avec Ankara décisive pour le transport de gaz russe vers l’Europe du Sud – ont hypothéqué définitivement ce projet central de la stratégie énergétique italienne.

Le projet, en raison des sanctions et de la politique hostile de l’Union Européenne à l’égard de la Russie, avait été suspendu par Gazprom à la fin de l’année dernière, avec la liquidation du consortium qui comprenait Eni avec une participation de 15% avec l’allemande Wintershall et la française EDF. Saipem, contrôlée par Eni a perdu ainsi une commande d’une valeur de 2,4 milliards et selon les termes du contrat, recevra à titre de compensation une somme qui couvrira les coûts des navires inactifs (personnel, entretien, amortissements).

La décision de Berlin sur le renforcement du North Stream en dépit des sanctions sur la Russie, a mené ainsi à une convergence de protestations dans les autres pays européens, bien qu’avec des raisons opposées. Soit l’Italie soit les pays d’Europe centrale et orientale sont en effet en train de constituer un front uni pour solliciter la Commission européenne de vérifier attentivement l’acceptabilité du projet North Stream-2 par rapport à ce qui a été appliqué avec beaucoup de zèle par Bruxelles dans le cas de South Stream.

L’Union Européenne confirme ainsi de voyager sur la base d’un double standard lorsqu’il s’agit de protéger les intérêts des grandes puissances et de l’Allemagne en particulier. La mise en œuvre des sanctions contre la Russie procède en outre de manière plutôt contradictoire. D’une part, on oblige les pays membres à adopter les sanctions, d’autre part il n’aura pas échappé par exemple, que le support utilisé pour le lancement récent des satellites 11 et 12 du système européen Galilée était un Soyouz russe loué 100 millions d’euros. Par conséquent sur des secteurs stratégiques tels que l’énergie et l’aérospatiale, soit l’Allemagne soit la Commission européenne se sont montrées beaucoup plus « malléables » que sur les exportations de produits agricoles et industriels européens vers la Russie. Le résultat est que dans une économie comme l’italienne l’impact des sanctions sur la Russie a été très lourd, un véritable « se tirer tout seul une balle dans le pied. »

SERGIO CARARO

source : http://www.contropiano.org/economia/item/34469-north-stream-il-gasdotto-della-discordia-dentro-l-unione-europea

via: https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/291215/north-stream-le-gazoduc-de-la-discorde-dans-lunion-europeenne

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[Cadeau de Noel] Marie Mendras sévit aussi sur la Syrie

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Aujourd’hui, un beau cadeau de fin d’année : le dernier édito de Marie Mendras dans la Newsletter de Sciences-Po/CERI, du 18/12/15

Le grand écart entre Washington et Moscou : le difficile positionnement de la France dans la lutte contre Daech

Par Marie Mendras

Depuis les attentats du 13 novembre, la France occupe une position centrale dans la lutte contre le terrorisme islamiste.

Non. Depuis les attentats du 13 novembre, la France occupe une position centrale dans la liste des cibles de Daech, ce n’est pas pareil.

Et pourtant, elle apparaît relativement marginale dans le débat américain sur le combat contre Daech.

Flute ! On se demande à quoi c’est dû.

Vu de Washington, le président français s’impose difficilement dans le débat transatlantique sur la stratégie à suivre.

Ah, ben du coup, on comprend à quoi c’est dû…

C’est une situation étrange.

In-com-pré-hen-si-ble je dirais même…

François Hollande a été à la pointe de l’analyse sur la Syrie,

Oups, j’ai dû mal lire…

François Hollande a été à la pointe de l’analyse sur la Syrie,

Ah non, j’avais bien lu.

On pourrait avoir des explications pour ce dithyrambe, ou c’est en supplément ?

Mais est-ce ici un universitaire ou un passe-plats du Parti socialiste en fait ?

pourfendeur de Bachar el-Assad, critique de la position du Kremlin dès mai 2012 et prêt à opérer des frappes aériennes à l’été 2013.

C’est vrai qu’il a été à deux doigts de faire comme Sarko en Libye – une ré-u-ssite !

Mais il n’a alors été suivi ni par le président américain ni par le Premier Ministre britannique,

Logique Mendras : 1/ il a raison, c’est un génie 2/ Personne ne le suit 3/ conclusion : euhhhhhhhh

tous deux confrontés à des parlements opposés à une telle opération militaire.

PUTAIN de Démocratie parlementaire !

Par chance, nous en sommes préservés dans la Présipauté de France…

Contrarié, François Hollande a été découragé d’agir avec les alliés,

Hein ?

tandis que le gouvernement français n’a point été convaincu par la “solution” trouvée par les Américains et les Russes de sauver la face en obligeant Assad à détruire ses armes chimiques.

Oh ben, pfff, oh, la “solution” ! Faire en sorte que la Syrie accepte volontairement de détruire son stock d’armes de destruction massive, quel échec !

Et en Israël, ils commencent quand au fait ?

Il avait raison de le penser : les massacres n’ont pas cessé, Daech a pris racine, Assad a été renforcé.

Assad a été renforcé ? Quand il a perdu 70 % du pays ? Le gars qui serait peut-être pendu à cette heure si les Russes n’étaient pas intervenus en septembre…

Ce déséquilibre entre le fort engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme islamiste

AH-AH-AH-AH

En leur livrant des armes donc ?

Sérieusement, ils ont des clown de classe internationale à Sciences-Po.

et son faible leadership stratégique est réapparu clairement pendant le marathon diplomatique de François Hollande fin novembre 2015 : ses rencontres avec des dirigeants européens et surtout, ses voyages éclair à Washington et à Moscou ont eu des résultats bien décevants. La visite à Washington a surtout permis à Barack Obama de réaffirmer qu’il avait lui-même pris l’initiative d’une “grande coalition de 65 pays” depuis déjà plus d’un an et qu’il attendait un engagement ferme de la France.

Oui, notre président est aussi un clown – mais c’est normal, il est ancien prof d’économie à Sciences-Po…

A Moscou, la discussion avec Vladimir Poutine le 26 novembre a fini par donner le beau rôle au président russe, qui s’est proposé de “coordonner” les frappes avec la France, sans reprendre l’idée française de coalition que, la veille encore, il avait semblé vouloir approuver tout en soutenant le dictateur syrien. Face à ce maigre bilan, Obama ne pouvait que reprendre le leadership et renforcer la coalition of the willing.

Hein ?

Comment expliquer cette position insatisfaisante de la France, pourtant impliquée, volontariste et dotée d’une force de frappe qui crédibilise sa capacité d’agir ?

Avec Washington, le dialogue est soumis aux aléas de la politique intérieure américaine.

Notons qu’avec Paris, le dialogue est soumis aux aléas de la politique intérieure américaine.

Or, après la fusillade du 2 décembre à San Bernardino en Californie, les Américains se sont repliés sur ce drame national. Les révélations sur la trajectoire de radicalisation des deux terroristes et leur allégeance à Daech ont fait ressurgir le traumatisme du 11 septembre 2001 dans un contexte pourtant très différent, où la grande majorité de la population est opposée à une nouvelle guerre au Moyen-Orient

Ben oui, car la population a vu ce qu’il s’est passé quand on ils ont écouté les universitaire type Mendras en 2001…

et voit dans la fermeture des frontières et la protection du territoire national la solution aux problèmes. La question est traitée sous le seul angle du terrorisme et se traduit par la montée de la xénophobie au sein de l’opinion conservatrice, qui considère les musulmans et les immigrés comme des dangers.

Les frappes américaines en Syrie et Irak sont peu commentées. Parmi les candidats à l’investiture présidentielle, seule Hillary Clinton s’est prononcée sur ce sujet, avec compétence,

SAINTE Hillary Clinton de l’enfant Goldman Sachs

en donnant une explication détaillée du problème mais sans proposer de solution novatrice.

Ah, c’est donc ça la “compétence” pour une universitaire de Sciences-Po…

Dans un débat public dominé par Donald Trump et son appel à fermer les frontières aux musulmans,

DEVIL Donald Trump

les analyses sérieuses ne se font plus entendre. Aux États-Unis, les deux sujets sont en quelque sorte dissociés : d’un côté, la grande politique internationale et le Moyen-Orient ; de l’autre, la sécurité du citoyen américain et son droit constitutionnel à s’armer et se défendre. Le sujet politique et sociologique de la radicalisation de citoyens et résidents américains n’est toujours pas discuté publiquement, contrairement à ce qui se passe en France. La politique américaine reste donc autocentrée, très marquée par le 11 septembre et les erreurs stratégiques qui ont suivi. La guerre en Irak est désormais vue comme le résultat d’une over-reaction dont on n’a pas encore tiré les leçons.

“Si tu as compris, appuie sur la touche étoile”…

Enfin, la position de la France sur la Russie n’est pas comprise à Washington où l’on pense que la France doit avant tout renforcer son engagement militaire aux côtés des Etats-Unis.

Au pied Rex !!!!!

Le président Hollande a donc été critiqué pour avoir proposé une coalition à Vladimir Poutine,

Oh c’te honte – une coalition internationale avec la Russie…

Au passage, vous aurez noté le vocable “coalition” systématiquement mis en avant, alors que ça ne veut pas dire grand-chose, et que ça sert surtotu à s’assoir sur le droit international.

alors que celui-ci continue à soutenir inconditionnellement l’armée d’Assad. L’ambiguïté sur le sens du mot “coalition” a joué au détriment de la diplomatie française, qui a aussi montré ses hésitations, passant d’un registre à un autre selon que l’ennemi désigné était Daech ou la dictature syrienne.

Mais EN QUOI le gouvernement syrien est-il notre ennemi ? Le gouvernement turc ou saoudien, je vois très bien, mais le syrien ?

C’est fascinant de laisser des universitaires user de tels mots, qui sont une incitation à la haine entre les nations.

(Enfin, il faudra m’expliquer quelle ambiguïté porte le mot “coalition”)

Vladimir Poutine, lui, n’a jamais tergiversé. Il a toujours soutenu Assad, seul “pouvoir légitime”, seul “garant de l’intégrité nationale” contre “tous les terroristes”.

Euh, oui, et ?

Le président russe dispose d’un atout important : il peut décider seul, sans aucun débat parlementaire ni discussion publique.

Elle parle de Poutine ou de Hollande là ?

Euh, il y a bien un Parlement en Russie, élu démocratiquement, et en plus à la proportionnelle ?

Il peut donc aller plus loin encore dans l’engagement militaire et dans la propagande guerrière.

Hein ?

Quelle “propagande guerrière” ? Il fait la guerre le gars…

Comment la France pourrait-elle amener le Kremlin à faire la différence entre les opposants de la première heure, qui dès le début de la répression contre le soulèvement populaire ont dénoncé les tueries du régime, et les islamistes de Daech ?

En leur montrant la photo de “terroristes modérés”, les Américains n’ont en pas plus trouvé que des armes de destruction massive en Irak…

La France s’est trouvée par moments isolée,

Ce que c’est que d’être gouverné par des cadors…

ce qui est dommage quand on connaît l’engagement politique et militaire français contre les violences terroristes.

dommage ou normal ?

Elle gagnerait sans aucun doute à mieux inscrire son action dans une politique européenne,

SAINTE EUROPE priez pour nous

C’est beau de défendre un cadavre…

à expliquer sa position au sein de l’Alliance atlantique,

SAINTE ALLIANCE ATLANTIQUE

et à ne donner aucun gage aux tenants français d’un souverainisme anti-américain, anti-européen, et pro-Kremlin.

et pro-Hitler enfin ! Tsss, il manque la base…

Le défi posé par les réfugiés du Moyen-Orient a idéologisé le débat, et encouragé le discours protectionniste et “identitaire”.

C’est incompréhensible…

Comme toujours, la politique étrangère nous renvoie à nos affaires intérieures.

Hein ?

_____

Marie Mendras revient de Washington, où elle participe à un projet d’étude de la Transatlantic Academy sur les politiques américaines et européennes envers la Russie.

Marie Mendras, à suivre prochainement dans tous vos médias où elle a table ouverte (normal vu une telle “compétence”©)…

BONUS : tiens, je viens de retomber sur cet édito de 2005

Les institutions politiques en danger

Pouvoirs n°112 – La Russie de Poutine – janvier 2005 – p.5-22 

Le recul des libertés et du suffrage universel direct, le contrôle de l’information et des médias, la régression dans le fonctionnement de toutes les institutions publiques, l’exacerbation de la violence sont des réalités trop évidentes et préoccupantes pour continuer à décliner les paradigmes de la transition à la russe. Le Kremlin concentre peu à peu l’essentiel du pouvoir dans l’exécutif, joue, dangereusement, du terrorisme international pour prendre des mesures sécuritaires et autoritaires, reprend le contrôle des richesses pétrolières, rejette le fédéralisme, mais se désintéresse de l’organisation de l’État et de ses structures. Vladimir Poutine s’isole dans un régime hyper-présidentialiste  ; sur le plus long terme, la faiblesse de sa stratégie est qu’elle est pensée comme une contre-attaque et une prise accrue de contrôle, et non comme une restructuration de l’État et des modes de gouvernement.

Heureusement, ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça… – des vigies comme Mme Mendras veillent…

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C’est quoi la Transatlantic Academy ?

The Transatlantic Academy is a research institution devoted to creating common approaches to the long-term challenges facing Europe and North America. The Academy does this by each year bringing together scholars, policy experts, and authors from both sides of the Atlantic and from different disciplinary perspectives to research and analyze a distinct policy theme of transatlantic interest. Working together from a collaborative and interdisciplinary perspective, Academy fellows bridge the Atlantic academic and policy communities, and use research, publications, and seminars to develop policy-relevant contributions to critical debates in North America and Europe.

The Transatlantic Academy was created in 2007 as a partnership between the German Marshall Fund of the United States (GMF) and the ZEIT-Stiftung Ebelin und Gerd Bucerius. In addition, the Academy received startup funding from the Transatlantic Program of the Government of the Federal Republic of Germany through funds of the European Recovery Program (ERP) of the Federal Ministry of Economics and Technology. The Robert Bosch Stiftung and the Lynde and Harry Bradley Foundation joined as full partners beginning in 2008, and the Fritz Thyssen Stiftung joined as a full partner in 2011. Additionally, the Volkswagen Stiftung supports a fellowship at the Academy for promising young scholars based at German institutions working in a specific field of the humanities.

Le GMF est bien connu pour avoir été été une pépinière de journalistes, universitaires et autres personnalités au service de l’atlantisme…

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Article 411-5 du Code Pénal :
 
 Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, lorsqu’il est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.
 

 

44 réponses à [Cadeau de Noel] Marie Mendras sévit aussi sur la Syrie

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 30 décembre 2015 à 07h56
 
 

Non mais franchement, il ne peut qu’y avoir unanimité concernant l’incroyable analyse de cette dame.
Les encarts d’Olivier à chaque paragraphe se suffisent largement.
Revenons sur les termes employée par cette grande expert(e), chercheure au CNRS je crois.
Contre l’armée d’Assad que peut faire l’armée d’Hollande? En plus il y a l’armée de Poutine.
Elle a oublié l’armée de Washington et celle de Merkel. Quel choix de vocabulaire!
Il faut qu’elle sache que l’armée syrienne défend la Syrie dont le territoire est occupé par une armée composite essentiellement étrangère faite de barbares cruels formés par les otanistes.
La Syrie (avec ou sans Bachar) défend son territoire et l’opposition syrienne soutient son armée.
Quand à l’armée de Poutine il s’agit de l’armée russe dont le président n’est pas le chef. Il faut un vote de la Douma pour mettre l’armée en action. Ce qui n’est pas le cas en France.
Rappelons au passage que l’armée d’Hollande est exsangue. De restriction en restriction, elle a de moins en moins les moyens de ce qu’on attend d’elle malgré la haute compétence de ses militaires, de plus les interventions qu’on lui demande ont un coût, qui paye? Ce ne sont pas les européistes ni leurs alliés atlantistes.
Elle oublie que l’intervention de la coalition atlantisme n’a aucun mendras, euh pardon, mandat pour intervenir.
La Russie a répondu positivement au peuple syrien, qui par son président en a fait la demande, pour venir à son secours.
Ce qui n’est pas le cas du président français au mépris de son peuple et du peuple syrien par soumission aux mendras, euh pardon, aux mantras sans cesse répétés par les atlantistes

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