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Le blog de Lucien PONS

l'armee francaise

Qui étaient les deux militaires français tués lors d'une libération d'otages au Burkina Faso

10 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'armée française

Les maîtres Cédric de Pierrepont (à gauche) et Alain Bertoncello (à droite) ont étés tués dans l'assaut.
Les maîtres Cédric de Pierrepont (à gauche) et Alain Bertoncello (à droite) ont étés tués dans l'assaut. - SIRPA MARINE.
Portraits
Qui étaient les deux militaires français tués lors d'une libération d'otages au Burkina Faso
 
Quatre otages, dont deux Français enlevés la semaine dernière au Bénin, ont été libérés par une opération des Forces Spéciales dans la nuit du 9 à ce vendredi 10 mai. Les maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, du commando Hubert, ont étés tués lors de l'assaut. Dans cette région, le soutien aux groupes djihadistes monte en puissance.

Deux commandos marine français ont perdu la vie lors d’un assaut lancé dans la nuit du jeudi 9 à ce vendredi 10 mai, destiné à libérer deux otages enlevés la semaine dernière dans le parc national de la Pendjari, au nord du Bénin, non loin des frontières avec le Burkina Fasso et le Niger. Le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello étaient tous deux membres du commando Hubert, basé à Saint Mandrier. Cette unité de nageurs de combat constitue l’élite des commandos marine, un des fers de lance du Commandement des Opérations Spéciales (COS). Depuis cinq ans, les Forces Spéciales françaises de l’opération « Sabre » basées à Ouagadougou, au Burkina Faso, chassent les djihadistes sans relâche. Dans le cadre de l’opération « Barkhane », c'est à ces hommes que revient la traque quotidienne des GAT (Groupes Armés Terroristes).

Le 1er mai dernier, deux enseignants en vacances avaient disparu alors qu’ils effectuaient un safari dans cette immense région de forêts et de savanes, au relief très accidenté, difficilement contrôlable par les forces de sécurité. Une zone où existent des groupes criminels motivés par une rançon, mais où les réseaux de soutien aux groupes djihadistes se sont fortement développés depuis des mois, avec une multiplication des attaques au sud du Burkina Faso et à l’est du Niger. Le 2 mars 2018, une attaque de ces groupes en plein centre de Ouagadougou, où vingt-huit personnes avaient été tuées, était apparue comme une forme de défi à la France.

opération de vive force

 

Très rapidement après la disparition des touristes, la mobilisation des agents du parc et de la police locale avait permis de découvrir un corps criblé de balles, identifié comme celui du guide, sur les berges de la rivière Pendjari. Le véhicule qui les transportait avait ensuite été découvert dans la commune de Partiaga, au Burkina Faso, à une soixantaine de kilomètres de la frontière. La décision d’intervenir rapidement pour libérer les otages peut être due à des renseignements sur leur possible acheminement par leurs ravisseurs vers le Mali. Dans un tel cas de figure, il est nécessaire d’éviter que les otages ne soient exfiltrés vers les sables du désert, malien, ou libyen, où la récupération aurait été beaucoup plus difficile. Il s’agit aussi de ne pas se laisser faire dans une zone où la présence française est forte. Le raid a visé un campement à proximité de Gorom-Gorom, dans l’angle nord-est entre le Mali, le Niger et le Burkina.

Cette opération de vive force s’est faite avec le concours des forces armées burkinabè, des moyens de Barkhane et du renseignement américain, notamment de leur drone « Reaper ». Depuis l’engagement en Afghanistan, les militaires du COS ont développé un très grand savoir-faire dans leur collaboration avec les FS américaines, notamment leurs homologues des SEAL.

La ministre de la Défense, Florence Parly, a salué « la mémoire des deux militaires des Forces Spéciales de l’opération Barkhane morts pour la France lors de la libération d’otages au Burkina Faso ». Le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, a précisé dans un communiqué que « cette libération d’otages, au prix de la vie de deux commandos marine, démontre la maîtrise technique des Forces Spéciales françaises et leur courage héroïque. L’action précise et déterminée des militaires français a permis de neutraliser les ravisseurs en préservant la vie des otages, au prix de la vie de nos deux camarades. Cette opération audacieuse a permis de sauver les quatre personnes retenues prisonnières sur le campement : les deux otages français ainsi qu’une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne. »

« J’admire leur courage, je partage la peine de leur famille et de leurs proches », a pour sa part déclaré l’amiral Prazuck, chef d’Etat-Major de la Marine, qui fut lui-même le commandant de la Forfusco (Force maritime des fusiliers-marins et commandos).

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Éléments de portrait de ces deux héros

Le ministère de la Défense a communiqué différents éléments sur les deux officiers-mariniers du commando Hubert :

Né en 1986, le maître Cédric de Pierrepont est originaire du Morbihan. Il entre dans la Marine nationale en 2004, au sein des équipages de la flotte. Il intègre en 2005 la spécialité de fusilier marin et se distingue en terminant premier sur quarante-sept de son cours de Brevet élémentaire.

Un an et demi plus tard, il réussit le stage commando. Il est ensuite affecté au commando de Penfentenyo où il est promu au grade de second-maître et obtient son brevet d’aptitude technique fusilier marin-commando. En août 2012, il réussit le cours de nageur de combat puis rallie le commando Hubert. Il y occupait les fonctions de chef de groupe commando depuis le 1er avril 2018.

Le maître de Pierrepont était pacsé. Il cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d’opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier.

Il était titulaire de quatre citations (à l’ordre du régiment, de la brigade et de la division) avec attribution de la Croix de la Valeur Militaire et d’une citation à l’ordre de la Brigade avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale. Il était en outre décoré entre autres de la Médaille d’or de la défense nationale « Nageur de combat – Missions d’opérations extérieures » et de la médaille d’Outre-mer avec agrafes Sahel et Liban.

Le maître Alain Bertoncello, né en 1991, est originaire de Savoie. Il entrée dans la Marine nationale en rejoignant l’école de maistrance le 14 février 2011. Il choisit le 1er mars 2012 la spécialité de fusilier marin et réussit le stage commando la même année. Après 5 ans au commando Jaubert, il obtient le brevet de nageur de combat et rejoint le commando Hubert basé à Saint-Mandrier dans le Var, où il était affecté depuis juillet 2017.

Après son entrée au sein des commandos marine, le maître Bertoncello a participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était engagé depuis le 30 mars dernier. Le maître Bertoncello était pacsé. Il cumulait plus de 7 ans de service au sein de la Marine nationale. Il était titulaire d’une citation à l’ordre du régiment avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale et était décoré de la Médaille d’Outre-mer pour le Moyen-Orient ainsi que de la Médaille d’argent de la Défense nationale.

Depuis 2004, le commandement des opérations spéciales (COS) a perdu 29 commandos dont 7 appartenaient à la FORFUSCO (force maritime des fusiliers marins et commandos) dont l’état-major est basé à Lorient.

 

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L'ÉTAT FRANÇAIS RENONCE À CONSTRUIRE LE MONUMENT À LA MÉMOIRE DE TOUS LES MILITAIRES FRANÇAIS MORTS EN OPÉRATIONS EXTÉRIEURES

23 Mars 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #L'armée française

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Information Mars
Lettre d'information - MARS 2018

                                                 

                                          De la (dis) continuité de l’État

 

Le mardi 18 avril 2017, le président de la République, monsieur François Hollande, proche de la fin de son mandat et ayant annoncé officiellement qu’il renonçait à se représenter, présidait, parc André Citroën, à Paris, une curieuse cérémonie. Curieuse en effet, voire insolite car inclassable : ce n’était pas une inauguration, pas même la pose d’une première pierre ; il s’agissait de l’officialisation de la décision prise de construire en ce lieu un monument à la mémoire de tous les militaires français morts en opération extérieure depuis la fin de la guerre d’Algérie.

Une plaquette distribuée au public expliquait que tout était réglé. L’artiste était choisi et la maquette de son œuvre présentée. Le financement était assuré : un demi-million d’euros pour l’aménagement du jardin à la charge de la ville de Paris et un autre demi-million pour le monument proprement dit à la charge du budget de la Défense d’alors. Sur le site, une exposition déjà mise en place expliquait, sous forme de grands panneaux de couleur avec photos, l’origine et les étapes de la  réalisation de ce projet qui, en l’état, devenait exécutable très rapidement.

Las ! Près d’un an plus tard, le comité national d’entente des associations patriotiques, soucieux du devenir du projet dont plus aucun écho ne parvenait à ses oreilles, a été obligé de constater que celui-ci était sérieusement ensablé. La nouvelle secrétaire d’État auprès du ministre des Armées a repris à son compte le dossier, mais une année, au cours de laquelle rien n’a bougé,  a été perdue.

Dès lors, constatant que la continuité de l’État n’est pas assurée alors que, pour lui, seule une modique somme d’un demi-million d’euros est en jeu, comment avoir confiance dans l’annonce de la hausse vertigineuse des crédits consacrés à notre Défense telle qu’elle est prévue dans le projet de loi de programmation militaire, couvrant la période 2019-2025, adopté en Conseil des ministres le jeudi 8 févier 2018 ?

En effet, dans ce texte, il est prévu qu’entre 2019 et 2022, les crédits affectés au ministère des Armées croîtront de 1,7 Md € par an pour atteindre 41 Mds € hors pensions en 2022. Mais il est prévu également qu’en 2025, le budget sera porté à 50 Mds € atteignant ainsi à la fameuse barre des 2 % du PIB. Cependant, cet engagement volontariste est fortement nuancé puisque, ce même jeudi 8 février, le ministère des Armées a diffusé ce communiqué (extrait) : « Les ressources pour les armées 2024 et 2025 seront précisées lors d'une actualisation prévue en 2021, qui prendra en compte la situation macroéconomique à cette date, dans l'objectif de porter l'effort national de défense à 2 % du PIB en 2025 ».

Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’écrire cela ressemble à une sorte de réflexe moral consistant à se pardonner à l’avance le fait, cela ne fait guère de doute, de ne pas pouvoir tenir parole demain. Car, il suffit de faire  le calcul : passer de 41 Mds € en 2022 à 50 Mds € en 2025, signifie, sur trois ans,  une augmentation annuelle de 3 Mds € du budget des Armées. Comment y croire quand, au prix de la démission d’un chef d’état-major des Armées, l’État n’a pas su trouver sur sa substance 850 M € pour, in fine, les retirer au budget des Armées. Plus encore que la nature précise des actions annoncées par l’État, c’est la persistance dans la durée de leur mise en œuvre, quelles que soient les échéances électorales ou les alternances, bref le respect de la continuité de l’action gouvernementale qui garantit, ou non, la confiance que le citoyen met en l’État.

 La Rédaction de l’ASAF

 

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Paroles de Münich (16 au 18 février 2018). Par Nicolas Gros-Verheyde

27 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #l'Allemagne, #L'armée française, #La guerre

Nicolas Gros-Verheyde

Journaliste correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Ouest-France et Sud-Ouest + Lettre de l'expansion. Rédacteur en chef du site B2. Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale).
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La Conférence de Munich sur la sécurité et le retour de l’Allemagne à la politique de la puissance mondiale

27 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #le nazisme, #L'armée française, #l'Allemagne

La Conférence de Munich sur la sécurité et le retour de l’Allemagne à la politique de la puissance mondialeLa Conférence de Munich sur la sécurité et le retour de l’Allemagne à la politique de la puissance mondiale
La Conférence de Munich sur la sécurité et le retour del’Allemagne à la politique de la puissance mondiale

Les interventions de la ministre allemande de la défense Ursula von der Leyen et du ministre des affaires étrangères Sigmar Gabriel à la Conférence de Munich sur la sécurité révèlent la tâche centrale d’un futur gouvernement de grande coalition : le retour de l’Allemagne au militarisme et aux politiques de grande puissance qui ont abouti au siècle dernier à deux guerres mondiales et aux crimes les plus terribles de l’histoire humaine.

Dès 2014, von der Leyen de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et Frank-Walter Steinmeier, prédécesseur de Gabriel pour le Parti social-démocrate (SPD), ont annoncé la fin des restrictions militaires à la Conférence de Munich de l’année en question.

« L’Allemagne doit être prête à s’engager en amont dans la politique étrangère et de sécurité, de manière plus décisive et plus substantielle », avait déclaré Steinmeier à l’époque, ajoutant que « l’Allemagne est trop grande pour commenter la politique mondiale depuis le banc de touche. »

Von der Leyen prend position maintenant pour mettre en œuvre cette politique.

« Nous avons assumé la responsabilité », se vantait-elle, citant le rôle de l’Allemagne en Ukraine, le renforcement du flanc oriental de l’OTAN et les missions militaires de l’Allemagne en Irak, en Syrie et au Mali. En même temps, elle a annoncé un vaste programme de réarmement qui doublera les dépenses militaires allemandes en quelques années.

Von der Leyen a indiqué sa détermination à déployer de nouvelles armes. « Renforcer des capacités et des structures est une chose », a-t-elle déclaré. « La volonté commune d’utiliser réellement la force militaire lorsque les circonstances l’exigent en est une autre. »

Gabriel a parlé dans une veine similaire. L’Europe a besoin d’une « projection commune de puissance dans le monde », a-t-il déclaré. Elle ne peut pas se passer de moyens militaires « car en tant que seuls végétariens, nous trouverons les choses sacrément difficiles dans un monde de carnivores ».

Il a mis en garde contre le « début d’une nouvelle ère asiatique » et a exhorté les personnalités militaires et les politiciens présents à « relever les défis d’un monde beaucoup plus inconfortable et dangereux ». Il s’est vanté que l’accord de coalition du Parti social-démocrate et de l’Union chrétienne-démocrate/chrétienne-social a stipulé « des investissements massifs dans la politique étrangère, de sécurité et de développement ». Il a ajouté que « au cœur de la politique étrangère du nouveau gouvernement », il y aurait « un concept global de sécurité interconnectée ».

Pesant sur les travaux de la Conférence de Munich sur la sécurité se profilaient les tensions grandissantes entre les États-Unis et l’Europe, ainsi que les menaces de guerre contre la Corée du Nord, l’Iran, la Russie et la Chine. Des intervenants importants tels que le président de la conférence, Wolfgang Ischinger, et le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ont prévenu que le monde n’a jamais été aussi proche des conflits nucléaires que depuis la fin de la guerre froide.

La classe au pouvoir en Allemagne réagit à cette crise comme elle l’a fait tout au long de son histoire – en agitant ses sabres, en se réarmant et en développant des plans fous pour devenir une grande puissance.

Gabriel a déclaré que les États membres de l’Union européenne devaient «développer des stratégies et des instruments » pour défendre leurs intérêts en Afrique et dans la région « de l’Europe de l’Est à l’Asie centrale ». Il a menacé la Russie, la Chine et les États-Unis en déclarant que « personne ne devrait chercher à diviser l’UE».

Le gouvernement allemand compte sur une coopération étroite avec la France et invoque l’unité européenne afin d’occulter la véritable nature de ses plans de grande puissance. Von der Leyen a inauguré la conférence avec sa collègue française Florence Parly, qui a également présenté un programme de réarmement complet. Parly a déclaré : « Nous avons pris une décision politique pour créer une « armée d’Européens »." ! L’Allemagne et la France sont prêtes à poursuivre conjointement le projet européen et nous invitons tous les Européens à aller de l’avant. »

La rhétorique invoquant l’Europe n’a rien à voir avec l’unification du continent dans l’intérêt de ses habitants. C’est l’expression du désir allemand de dominer l’Europe pour agir en tant que puissance mondiale. Les chefs de gouvernement européens sont si divisés que certains ont refusé de s’asseoir ensemble sur un podium, ce qui a provoqué des reproches de la part d’Ischinger, le président de la conférence de Munich.

La Conférence de Munich sur la sécurité a déclenché une frénésie militariste dans les médias et les partis politiques. Les journaux allemands sont remplis de reportages sur le fait que l’armée est « négligée » et « sous-financée ». Les généraux se sentent pousser des ailes une fois de plus.

Harald Kujat, ancien inspecteur général de l’armée, a parlé à la radio publique Deutschlandfunk et critiqué sévèrement les responsables politiques. Il a qualifié l’état de l’armée de « tragédie » et appelé à un « changement de cap ». Tout en notant que la ministre de la Défense avait annoncé « un programme d’armements de 130 milliards d’euros d’ici 2030 », il s’est plaint que « malheureusement jusqu’ici rien ne s’est passé ».

Même le langage sanguinaire du passé revient. Lorsque le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exigé à Munich que l’Europe «s’efforce d’obtenir des capacités politiques mondiales », la presse allemande s’est jetée là-dessus avec enthousiasme. Un article de Die Zeit s’intitulait « Plus de capacités pour la politique mondiale, s’il vous plaît ! », Tandis que le Frankfurter Allgemeine Zeitungécrivait : « L’Europe doit devenir plus compétente dans la politique mondiale ».

Cette expression est chargée d’un sens historique considérable. La « politique mondiale » était le slogan sous lequel l’Empire allemand, dans les deux décennies précédant la Première Guerre mondiale, s’engagea dans une voie d’expansion impérialiste, unissant les propriétaires fonciers, les industriels et la petite bourgeoisie derrière un programme de réarmement naval, qui a abouti inéluctablement au conflit avec la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Dans son ouvrage classique sur l’histoire allemande, La longue route vers l’Ouest, Heinrich August Winkler a intitulé le chapitre sur les années 1890 à 1918 de « La politique mondiale et la guerre mondiale ». Il a écrit, « Quand l’Allemagne, à laquelle la création de l’empire avait déjà donné un statut demi-hégémonique sur le continent européen, a décidé à poursuivre la politique mondiale », les conséquences ne pouvaient être que « des efforts défensifs des grandes puissances concernées ».

La « politique mondiale » était aussi dirigée contre l’ennemi à l’intérieur – la classe ouvrière et la social-démocratie en pleine expansion, encore marxiste à l’époque. Winkler a cité une lettre écrite par le contre-amiral Alfred von Tirpitz en 1895. L’auteur du programme d’armement naval a écrit que l’Allemagne devait progresser vers la politique mondiale « non moins parce que la grande nouvelle tâche nationale et le gain économique associé est un fort palliatif contre les sociaux-démocrates éduqués et non éduqués ».

Aujourd’hui, c’est le SPD, en alliance avec la CDU/CSU, qui entreprend la « politique mondiale », avec toutes les conséquences que cela implique : réarmement interne et externe, des coupes dans les dépenses sociales, cooptation des médias par l’état, la censure sur Internet et le renforcement de l’extrême droite sous la forme de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Il n’y a pas de résistance à cela au Bundestag (parlement), y compris dans la soi-disant opposition. Les Démocrates libéraux (FDP) et l’AfD, dont les députés et responsables comprennent de nombreux anciens officiers militaires et de l’Armée de réserve, sont entièrement du côté des militaires.

Les Verts attaquent la nouvelle grande coalition depuis la droite. Tobias Lindner, le porte-parole de la politique de défense des Verts, a accusé le ministre de la Défense lors d’une émission de la Deutschlandfunk [radio publique] de ne rien faire pour résoudre les problèmes de l’armée. L’armée manque de systèmes d’armement très complexes, a-t-il dit, ajoutant : « Qu’en est-il des navires, qu’en est-il des avions ? »

Le Parti de gauche soutient la renaissance de la politique de la grande puissance. Stefan Liebich, représentant du Parti de gauche au Comité parlementaire des Affaires étrangères, a exprimé son enthousiasme pour le discours de Gabriel. Repenser et réorienter la relation avec les États-Unis « n’a que trop tardé », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Phoenix. « Nous sommes un pays souverain avec nos propres intérêts, qui coïncident très souvent avec les intérêts des États-Unis, mais parfois non », a-t-il ajouté.

Au sein du SPD, les partisans et les opposants à la grande coalition évitent le problème. Les partisans ne s’y attaquent pas parce qu’ils ne veulent pas susciter d’opposition. Dans son argumentaire de vente pour la participation du SPD au gouvernement adressé aux membres du parti, qui votent actuellement sur l’accord de coalition, l’exécutif du parti n’a jamais mentionné une seule fois la politique étrangère ou l’armée. Les opposants à la grande coalition évitent le sujet parce qu’ils sont d’accord avec Gabriel sur cette question.

Le Sozialistische Gleichheitspartei (SGP-Parti de l’égalité socialiste) est la seule tendance politique qui rejette la politique de grande puissance et le militarisme et cherche à mobiliser l’opposition des travailleurs et jeunes à ces fléaux. Nous rejetons la grande coalition et appelons à de nouvelles élections.

L’accord de coalition montre quels plans monstrueux seraient appliqués par une grande coalition. En même temps, cela soulève beaucoup plus de questions. Nous exigeons la publication de tous les accords et arrangements secrets conclus par leSPD, la CDU-CSU et leurs conseillers militaires et de politique étrangère au cours des mois de discussions de coalition à huis clos. Comment le doublement du budget militaire sera-t-il financé ? L’Allemagne envisage-t-elle d’acheter des armes nucléaires ? Y a-t-il des accords similaires avec la France et l’OTAN ?

La lutte pour de nouvelles élections est la première étape pour contrer la conspiration de la classe dirigeante qui prépare une catastrophe historique. Le Sozialistische Gleichheitspartei mène une campagne intensive dans la classe ouvrière et dans les écoles et universités pour dénoncer les machinations de l’élite dirigeante et construire avec ses partis frères en France et en Grande-Bretagne un puissant mouvement socialiste contre la guerre, la dictature et le capitalisme.

Peter Schwarz

source:https://www.wsws.org/fr/articles/2018/02/22/muni-f22.html

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HOMMAGE NATIONAL : lundi 26 février 2018 à 16h45 sur le Pont Alexandre III à l’adjudant Émilien Mougin et au maréchal des logis Timothé Dernoncourt, morts pour La France dans le cadre de l'opération Barkhane.

26 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #Terrorisme, #L'armée française

 
HOMMAGE NATIONAL : lundi 26 février 2018 à 16h45 sur le Pont Alexandre III à l’adjudant Émilien Mougin et au maréchal des logis Timothé Dernoncourt, morts pour La France dans le cadre de l'opération Barkhane.
Posté le vendredi 23 février 2018
HOMMAGE NATIONAL : lundi 26 février 2018 à 16h45 sur le Pont Alexandre III à l’adjudant Émilien Mougin et au maréchal des logis Timothé Dernoncourt, morts pour La France dans le cadre de l'opération Barkhane.

Le lundi 26 février à 17h00 sur le pont Alexandre III, le gouverneur militaire de Paris invite le plus grand nombre de nos concitoyens à manifester leur hommage à nos camarades du 1er régiment de Spahis de Valence morts pour la France au Mali mercredi dernier, l’adjudant Émilien Mougin et le maréchal des logis Timothé Dernoncourt, par une présence digne, silencieuse et fraternelle au passage du cortège funèbre.

Les personnes ne pouvant être présentes et désirant se recueillir à la mémoire de nos deux frères d’armes pourront suivre le passage du cortège funèbre sur le pont Alexandre III sur cette page Facebook.

Les honneurs funèbres militaires seront rendus ensuite dans la cour d'honneur de l’Hôtel national des Invalides lors d’une cérémonie privée et intime, en présence du chef d’état-major de l’armée de Terre.

L’hommage de la nation sera témoigné au cours d’une cérémonie présidée par la ministre des Armées, Florence Parly, mardi 27 février à 14h30 au sein du régiment en présence des familles et des frères d’armes de nos camarades décédés

 

 

 

Contact presse : 
Capitaine Marie-Laure Vanesse 
Bureau communication 
Cabinet du gouverneur militaire de Paris 
Tel : 01 44 42 37 43 / 06 63 36 93 01 
Courriel : marie-laure.vanesse@intradf.gouv.fr

 

Site de rediffusion : www.asafrance.fr

 
Source : www.asafrance.fr
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JEUX OLYMPIQUES : Anaïs BESCOND rend hommage aux soldats morts au Mali

26 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #L'armée française

JEUX OLYMPIQUES : Anaïs BESCOND rend hommage aux soldats morts au Mali
Posté le samedi 24 février 2018
JEUX OLYMPIQUES : Anaïs BESCOND rend hommage aux soldats morts au Mali

La biathlète, engagée dans l’armée, a rendu hommage aux deux soldats français morts mercredi.

L’hommage juste après la médaille. La biathlète tricolore Anaïs Bescond a dédié sa breloque en bronze acquise avec le relais féminin jeudi à l’entourage des deux militaires français morts mercredi au Mali. Déjà troisième sur la poursuite et en or sur le relais, elle a évoqué spontanément le sujet au micro de France Télévisions.

« Aujourd’hui, j’ai une grosse pensée pour mes collègues militaires qui sont déployés partout dans le monde et pour le drame survenu (au Mali). J’ai envie de dédier cette médaille à leur famille et à leurs proches. Ici, on fait notre guerre amicale, on représente des valeurs fraternelles. Quand on réussit des performances comme ça, il faut aussi relativiser les choses. »

Première athlète française à remporter trois médailles dans les mêmes Jeux d’hiver, Anaïs Bescond (30 ans) est également engagée sous les drapeaux. Caporal-chef, elle fait partie de l’armée de Terre et a déjà disputé les championnats du monde militaires.
Comme elle, 18 des 108 athlètes français engagés en Corée sont issus des rangs de l’Armée, dont Martin Fourcade, Pierre Vaultier, Simon Desthieux (médaillés d’or), Richard Jouve (médaillé de bronze) ou encore Tessa Worley.

Mercredi, le maréchal des logis-chef Emilien Mougin, sous-officier, et le brigadier-chef Timothée Dernoncourt sont morts dans l’explosion au passage de leur véhicule blindé sur une mine artisanale. Le colonel François-Xavier Héon a également été blessé dans une zone frontalière du Niger réputée pour servir de refuge à des groupes djihadistes.

 

R. Bx
(Le Parisien)

Site de rediffusion : www.asafrance.fr

 


L’ASAF remercie le caporal-chef Anaïs BESCOND dont les propos sont révélateurs de la fraternité d’armes qui unit tous les membres des forces armées.
Bel exemple pour la Nation.
Par leurs brillants résultats et leur comportement exemplaire, les militaires de l’équipe de France font honneur à notre pays.

 

Pour lire le dossier de presse "Les athlètes militaires par disciplines", cliquez sur le PDF ci-dessous.
logo pdf

 
Source : www.asafrance.fr
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Macron veut instaurer le service militaire et menace de frapper la Syrie. Par Alex Lantier

21 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'Allemagne, #L'armée française, #La Russie

                      Macron veut instaurer le service militaire et menace de frapper la Syrie

Par Alex Lantier

Mondialisation.ca, 16 février 2018

wsws.org 15 février 2018

Région : L'EuropeMoyen-Orient et Afrique du Nord

Thème: Guerre USA OTANMilitarisation

Analyses: SYRIE

 

https://www.mondialisation.ca/wp-content/uploads/2018/02/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2018-02-16-%C3%A0-10.32.01-400x357.png

Mardi soir, devant l’Association de la presse présidentielle, Emmanuel Macron a appelé à un retour au service national universel et a menacé de frapper la Syrie, une ancienne colonie française. Ces remarques, quelques jours après une frappe américaine qui a tué des dizaines de soldats sous contrat russes en Syrie, constituent un avertissement sans équivoque du danger de guerre mondiale.

Il expose également le caractère de l’axe franco-allemand que Macron tente de rassembler avec un éventuel gouvernement de «Grande coalition» entre conservateurs et sociaux-démocrates à Berlin. Il vise à convertir l’Europe en un bloc militariste agressif, en envoyant des Français et Françaises se faire tuer dans des guerres impérialistes impliquant toutes les grandes puissances mondiales.

«Je souhaite un service obligatoire, ouvert aux femmes et aux hommes» avec «une ouverture sur la chose militaire», a-t-il déclaré, reprenant ainsi un thème de sa campagne l’année dernière. Il a ajouté que la durée du service pourrait être «entre 3 et 6 mois, ce n’est pas encore établi.»

Comme lorsqu’il a proposé d’instaurer le service militaire en 2017, Macron a essayé de minimiser l’importance de cette proposition, qu’il a traitée de service «civique». Bref, les jeunes enrôlés pourraient aussi finir par patrouiller dans les villes de France, comme l’ont fait les soldats sous l’état d’urgence. Cependant, même en 2017, Macron avait laissé entendre que le retour au service militaire était un préparatif pour la guerre, en disant: «Nous sommes entrés dans une époque des relations internationales où la guerre est à nouveau un horizon possible de la politique.»

Mardi, Macron s’est dit prêt à lancer des frappes aériennes contre la Syrie, alors que les médias relayaient des allégations américaines non étayées, selon lesquelles Damas aurait utilisé du gaz de chlore. Dans la presse, on accusait Macron d’avoir oublié la «ligne rouge» qu’il avait définie en septembre dernier à l’ONU, en promettant d’attaquer la Syrie si la France ou ses alliés déclaraient que Damas avait utilisé des armes chimiques dans la guerre menée par l’OTAN en Syrie.

«Si [la France] a des preuves avérées que des armes chimiques proscrites sont utilisées contre les civils [en Syrie par le gouvernement], nous frapperons», a-t-il dit. «Nous frapperons l’endroit d’où ces envois sont faits ou là où ils sont organisés.. La ligne rouge sera respectée.»

Macron a dit être en contact avec le président russe Vladimir Poutine, l’allié clé du président syrien Bachar el-Assad, pour faire parvenir des avertissements et des menaces au régime syrien. «Je l’ai redit au président Poutine, en [lui] demandant d’être très clair avec le régime syrien, qui a réaffirmé qu’il n’utilisait pas d’armes chimiques… Mais nous le surveillons», a déclaré Macron. «Dès que la preuve sera établie je ferai ce que j’ai dit.»

Si Macron lançait ces frappes, ce serait une agression militaire contre une ancienne colonie, encouragée par l’Otan, qui pourrait provoquer une guerre avec la Russie. Tenter de les justifier en citant des allégations non vérifiées à propos d’armes chimiques a tout d’une provocation. De telles allégations à propos d’attaques au gaz à Ghouta en 2013 et Khan Shaykhun en 2017 se sont avérées être des provocations: des milices islamistes soutenues par l’Otan utilisaient le gaz tout en les attribuant au régime afin de fournir un prétexte aux attaques de l’Otan contre la Syrie.

Cela fait suite au voyage de la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, en Irak le week-end dernier pour y annoncer une escalade de la présence militaire allemande, et la publication la semaine dernière du programme d’un gouvernement de «Grande coalition» à Berlin.

Un élément-clé du programme est la collaboration avec la France en matière de politique commerciale et militaire et au Moyen-Orient. Von der Leyen et son homologue française, Florence Parly, doivent ouvrir conjointement la Conférence de Munich sur la sécurité ce week-end.

L’évocation par Macron d’une attaque contre la Syrie souligne que l’axe Berlin-Paris prépare une vaste expansion de l’agression militaire européenne, avec des conséquences explosives. Au cours des 25 années écoulées depuis la dissolution de l’URSS par le régime stalinien, qui a éliminé le principal contrepoids militaire aux guerres impérialistes, Washington a cherché à contrebalancer sa faiblesse économique croissante en recourant à la guerre et à ses avantages militaires.

Cela a abouti à la publication en janvier d’une stratégie de défense nationale des États-Unis qui traite la Russie et la Chine, deux puissances nucléaires de premier plan, d’ennemis de Washington.

Au cours de la même période, Paris a poursuivi une politique étrangère de plus en plus belliqueuse. Outre ses guerres dans son ancien empire colonial africain, il a rejoint plusieurs guerres menées par les États-Unis: en 1991 contre l’Irak, en 2001 en Afghanistan, et les guerres de 2011 en Libye puis en Syrie. Sous Macron, Paris intensifie cette offensive, tout en remettant des milliards d’euros de réductions d’impôts aux riches et en finançant ces politiques réactionnaires avec des coupes sociales profondes visant les travailleurs.

Un effondrement politique explosif du capitalisme mondial est en cours, qui menace les travailleurs en Europe et dans le monde de conséquences catastrophiques. Cela implique non seulement des conflits de l’Otan avec la Russie et la Chine, mais aussi des conflits à peine dissimulés entre les puissances de l’OTAN, qui ont abouti deux fois au XXe siècle à des guerres mondiales.

Les remarques de Macron mardi soir ont notamment mis en évidence des différences significatives entre Washington et l’axe Berlin-Paris sur la Russie et le Moyen-Orient.

D’abord, malgré ses menaces belliqueuses contre la Syrie, Macron a exclu une frappe immédiate et exprimé sa méfiance envers les allégations américaines d’utilisation de gaz par les Syriens. «Mais aujourd’hui, nous n’avons pas, de manière établie par nos services, la preuve que des armes chimiques proscrites par les traités ont été utilisées contre les populations civiles», a-t-il dit.

Si c’est le cas, pourquoi Macron a-t-il réagi à ces allégations non vérifiées, en lesquelles il n’a apparemment pas confiance, en menaçant de bombarder la Syrie?

Ensuite, selon Les Echos, Macron a appelé à un rapprochement avec la Russie et à l’ouverture d’un «dialogue avec les trois États membres du processus d’Astana» sur la guerre en Syrie, à savoir l’Iran, la Turquie et la Russie. Cela semble mettre Macron sur une trajectoire différente de la stratégie de défense nationale des États-Unis et des bombardements américains en Syrie. En plus, Macron avait passé un appel téléphonique cordial le 9 février à Poutine, dans lequel il a également appelé à intensifier les échanges commerciaux et politiques avec le Kremlin.

Selon un communiqué de l’Élysée, Macron a félicité Poutine sur «la dynamique de nos relations bilatérales depuis la rencontre de Versailles, le 29 mai dernier» et a observé que «les échanges politiques sont réguliers.» Il a aussi applaudi le développement continu des relations entre «nos acteurs économiques, culturels, nos penseurs, nos jeunesses».

Enfin, Macron a salué le «dialogue permanent» en cours entre la France et la Turquie. Macron avait déjà déclaré qu’Ankara l’avait « rassuré » sur son invasion de la Syrie visant les Kurdes. Par contre, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson est arrivé hier pour des négociations de crise en Turquie. Le ministre des Affaires étrangères turc Mevlüt Çavuşoğlu a dit que son alliance avec Washington pourrait «briser totalement» à cause du soutien américain aux forces kurdes en Syrie.

Ces divergences euro-américaines ont refait surface lors du sommet des ministres de la Défense des pays de l’OTAN à Bruxelles. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a averti que cela «n’aurait aucun sens si l’Otan et l’UE commençait à se concurrencer.»

L’ambassadrice des États-Unis à l’OTAN, Kay Bailey Hutchison, a cité le risque d’une rupture des relations euro-américaines face à la coopération militaire européenne entre Berlin et Paris. Elle a dit, «Nous ne voulons certainement pas que cela devienne une véhicule protectionniste pour l’UE, et nous la surveillerons de près car si les choses vont dans ce sens-là, cela pourrait briser l’alliance de sécurité forte que nous avons. Nous voulons que les Européens aient des capacités et des forces, mais pas qu’ils se coupent des produits américains ou norvégiens, voire britanniques.»

Alexandre Lantier

 

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 15 févier 2018

La source originale de cet article est wsws.org

Copyright © Alex Lantierwsws.org, 2018

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Mistral: les navires égyptiens pourraient être équipés d’armes russes.

7 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La guerre, #L'armée française

Mistral: les navires égyptiens pourraient être équipés d’armes russes.
Mistral: les navires égyptiens pourraient être équipés d’armes russes
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La Russie poursuit les négociations avec Le Caire portant sur un éventuel équipement des porte-hélicoptères Mistral d’armements russes. Elle a déjà remporté l’appel d’offres pour la livraison d’hélicoptères pour ces navires.

 

La Russie continue de travailler avec l'Égypte en vue d'équiper ses porte-hélicoptères Mistral avec des systèmes d'armes et de commande, a indiqué l'assistant du Président russe pour la coopération militaire technique Vladimir Kojine au journal Kommersant.

 

Les négociations sont encore en cours, mais la question sera tranchée en 2018, selon lui. Le Kremlin espère que l'Égypte apprécie les avantages dont dispose la Russie par rapport aux autres candidats à cette tâche.

Le Caire a déjà interpellé la Russie au sujet de la livraison d'hélicoptères Ka-52K «Katran» pour les Mistral, l'Égypte refusant d'équiper ses navires d'aéronefs européens ou américains.

 

«En mai 2017, la Russie a été officiellement proclamée gagnante de l'appel d'offres pour la livraison d'hélicoptères. À l'heure actuelle, […] seuls des détails restent à mettre au point», a indiqué le responsable.

 

Un contrat de 1,2 milliard d'euros prévoyant la livraison de deux porte-hélicoptères français de classe Mistral avait été conclu entre la France et la Russie en 2011. Cependant, les événements en Ukraine et les pressions exercées sur François Hollande par ses alliés de l'Otan avaient contraint le Président de la République à résilier le contrat avec Moscou pour revendre les bâtiments de guerre au Caire. La Russie livrera à l'Égypte des hélicoptères Kamov et des équipements navals pour les navires Mistral.

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PA-2 : Macron diffère mais ne renonce pas … Par Richard Labévière

3 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #L'armée française

PA-2 : Macron diffère mais ne renonce pas … Par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018

Vendredi dernier, le président de la République a présenté ses vœux aux armées depuis le porte-hélicoptères – Dixmude1 – en rade de Toulon. Sa priorité était de rétablir la relation avec nos armées – relation passablement secouée depuis la démission estivale du CEMA, le général Pierre de Villiers. De fait, il a tenté de répondre – point par point – à l’ancien CEMA sur le registre « gros sous », mais sans vraiment afficher de priorités, de véritables ambitions, ni de dessein stratégique

Pour bien afficher qu’il a décidé « d’arrêter la lente érosion de nos capacités militaires », il revoit sa copie sur le plan des moyens en affirmant vouloir poursuivre « un effort budgétaire inédit », afin d’atteindre les 2 % de PIB en 2025. Ainsi, il confirme l’augmentation du budget 2018 à 34,2 milliards d’euros (+ 1,8 md, puis 1,7 md chaque année jusqu’en 2022). Et, il annonce en plus 3 milliards d’euros en 2023 pour tenir le cap, c’est-à-dire un an après la prochaine élection présidentielle…

Assurément, le président « fait le job », et plutôt bien : une France forte capable d’assurer sa sécurité dans un monde incertain, de défendre ses intérêts et de participer à la résolution des crises internationales, etc, etc. Il enchaîne sur l’incompressible nécessité d’un outil de défense « complet » et « complémentaire » de notre diplomatie avec nos aides au développement dans une approche globale d’un monde global. Là, il y aurait beaucoup à dire, d’autant que nos aides publiques au développement en baisse constante depuis une vingtaine d’années commencent seulement à être stabilisées et que notre diplomatie et outils diplomatiques connaissent la même déshérence aux mêmes rythme et temporalité…

Après avoir dit aux familles de nos morts et blessés au champ d’honneur ce qu’il fallait dire, le Président cogne (et il a raison, mais ce n’est pas très sûr que cela soit très efficace) nos industries et industriels de défense (trop chers et pas toujours dans le sens des intérêts du pays). Dans cet état d’esprit, il veut afficher un « regard neuf », rompre avec les idées convenues et les mauvaises habitudes. Dont acte ! Il protège ses arrières en soulignant à plusieurs reprises que la prochaine loi de programmation militaire (LPM) ne pourra pas tout faire – tout et tout de suite, s’entend ! Et au passage, il prend l’exemple du PA-2 (notre deuxième porte-avions) – sans annoncer qu’il y renonce définitivement, mais plutôt comme un exemple de ce qui ne pourra pas être pris en compte par les prochaines LPMs. Bien comprendre : le PA-2 n’est pas enterré, mais repoussé… A voir !

Ces quelques mots sur le PA-2 ont aussitôt alimenté nombre de malentendus, Fake News et commentaires pressés de la presse ! Mais « ils ne signifient ni un enterrement du PA-2, ni un renoncement2, mais contribuent davantage à une mise en perspective des priorités de la prochaine LPM qui doit clairement établir qu’on ne peut pas répondre à toutes les sollicitations stratégiques en même temps. Par ailleurs, et indépendamment du court-terme, la permanence à la mer du Groupe aéronaval demeure une priorité stratégique du président de la République », nous explique-t-on à l’Elysée.

Cela dit, et comme à son habitude, le Président communique à sa façon, c’est-à-dire sur le mode du « je vous ai compris ». Son discours de Toulon répond, point par point aux raisons ayant amené le général Pierre de Villiers à démissionner l’été dernier. Autrement dit : on bouche les trous, on comble les retards, on fait dans le court terme et l’urgence. De la posture initiale d’homothétie négative (saupoudrage indifférencié d’austérité), on passe à celle d’une homothétie positive (ajustements quantitatifs indifférenciés). Donc – et le général Pierre de Villiers peut en être fier/sa démission aura au moins servi à cela ! – le budget de la défense va augmenter, mais quelle est l’ambition ? Quel est le cap ? Quelles sont les priorités stratégiques ? Quel est le grand dessein ? Quel est le souffle ?

Revenons sur la volonté confirmée du Président d’un modèle d’armée « complet ». Il confirme – fort heureusement – la sanctuarisation de notre dissuasion nucléaire, dans sa composante aérienne et celle de la Force Atlantique en soulignant sa « permanence à la mer ». Il est clair que sans cette « permanence » à la mer de nos SNLE, notre dissuasion ne serait qu’un poisson de papier. Ce concept de « permanence » est fondamental pour l’ensemble de nos orientations stratégiques, et tout particulièrement pour la défense de notre espace maritime – dont les élites politiques et administratives se félicitent quotidiennement qu’il soit le deuxième au monde. Une fois qu’on a dit cela que fait-on ? Les mêmes communicants sont alors beaucoup moins loquaces et on ne peut que les renvoyer au document de référence : le rapport des sénateurs Jeanny Lorgeoux et André Trillard de juillet 20123.

Cela dit, la « permanence » à la mer demeure bien le concept majeur de toute espèce de stratégie maritime d’un pays comme le nôtre qui n’a renoncé, ni à sa souveraineté, ni à son rayonnement, ni à ses ambitions. Cet impératif catégorique de la permanence à la mer repose sur un triptyque : permanence à la mer d’un SNLE ; permanence de nos capacités amphibies (trois porte-hélicoptères BPC) permettant de débarquer et d’embarquer dans tous les coins du monde ; enfin permanence du Groupe aéronaval… Et c’est sur ce dernier point que les propos toulonnais du Président sont source de bien des malentendus.

Aujourd’hui, cette dernière permanence n’est pas assurée, puisque notre seul porte-avions, le Charles de Gaulle doit effectuer – régulièrement – des séjours au bassin pour entretiens et modernisations4. Depuis son entrée en fonction en 2001, le Charles et son Groupe aéronaval ont effectué plus d’un million de kilomètres autour de la planète pour défendre la sécurité et les intérêts de la France. Comprenant cette nécessité d’une permanence à la mer du Groupe aéronaval – durant la campagne de la dernière élection présidentielle -, Emmanuel Macron, comme ses concurrents François Fillon, Marine le Pen, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, s’était prononcé pour le lancement rapide des études préalables à la construction d’un deuxième porte-avions.

L’équation de la permanence à la mer de notre Groupe aéronaval induit, non seulement le remplacement du Charles (à l’horizon 2030), mais aussi la nécessité de la mise en service d’un sister-ship – bâtiment jumeau – (sur le modèle Foch-Clémenceau), ce qui revient à considérer la mise en chantier d’un deuxième et/aussi d’un troisième porte-avions. Et qu’on ne vienne pas réduire cette équation à la contrainte des coûts – une enveloppe dégressive de trois à deux milliards d’euros -, puisqu’il faut aussi parler des gains en matière de recherche, de sous-traitance et d’apports à notre filière aérospatiale !

Alors, deuxième et troisième porte-avions ! Mais de quoi parle-t-on ? Un officier général de l’armée de terre et ami de l’auteur de ces lignes lui tient régulièrement à peu près ce langage : à quoi servent tes porte-avions alors qu’on peut louer des plateformes aériennes partout dans le monde ? Et d’ajouter avec ses certitudes toutes terriennes : la bataille de Midway est terminée !

Sur le premier point, il n’est pas difficile de comprendre que l’installation d’une base aérienne française – hors de nos frontières – comporte plusieurs contraintes : celle des coûts directs et induits n’est pas toujours bien évaluée et finit par créer de désagréables surprises avant d’exploser en vol, c’est le cas de le dire ! Les coûts politiques sont aussi souvent très mal évalués, minorés, voire niés. Faire décoller des avions de chasse français, pour bombarder Dae’ch, depuis une plateforme jordanienne induit aussitôt une signification politique lourde. Alliée des Etats-Unis et d’Israël, la Jordanie entretient aussi des rapports complexes avec la confrérie des Frères musulmans – référence idéologique centrale des jihadistes contemporains qui tuent dans les rues de Paris, Londres ou Berlin. On pourrait prendre d’autres exemples en Asie centrale et ailleurs.

Toujours est-il que le porte-avions est l’arme – par excellence – de projection de puissance ; qu’elle permet la projection d’une base aérienne française partout dans le monde, en toute indépendance politique dans un contexte où l’évolution de la menace ne se réduit pas au spectre terroriste. La puissance de feu du porte-avions peut assurer l’entrée en premier sur un théâtre d’opération et renforcer la manœuvre terrestre sans augmenter l’empreinte au sol. Si on ne va pas rejouer de sitôt la bataille de Midway (même si, en matière stratégique, il faut rester prudent et modeste quant au retour de format qu’on croyait définitivement dépassé), il s’agit de bien prendre en compte « l’affirmation de puissances émergentes ou ré-émergentes dans la sphère navale », souligne à juste titre le chercheur Jean-Sylvestre Mongrenier.

La situation internationale durable, les ambitions des puissances émergentes et ré-émergentes et la convergence de multiples lignes de crise confortent la modernité des porte-avions et leur rôle de premier plan dans les rapports de force internationaux. Si la Russie ne possède que le Kouznetsov, elle a mis en chantier une plateforme d’un tonnage de 100 000 tonnes. Compétiteur stratégique de l’Occident, la Chine pourrait, à terme, posséder quatre porte-avions. Soucieuse de contrecarrer son expansionnisme naval, l’Inde entend engager un porte-avions sur chacune de ses façades maritimes, obligeant le Pakistan à rentrer dans cette course. Le Brésil et l’Argentine, eux-aussi, ont rouvert le dossier.

Dans ce contexte éloquent, pourquoi le PA-2 français reste-t-il maudit ? Une chose est sûre : « les p’tits voleurs de Bercy », comme les appelle Vincent Desportes, ainsi que les petits censeurs aux ciseaux de bois – Jean-Claude Mallet, Cédric Lewandowski et les autres anciens de l’équipe d’Alain Richard – ont toujours été allergiques au PA-2, pour ne pas dire à tout ce qui flotte… Avec compétence, Arnaud Danjean vient de souligner dans sa Revue stratégique (dernièrement remise au Président) que l’axe Méditerranée/mer Rouge/océan Indien, constitue l’une des matrices essentielles de la défense de notre pays. La bonne tenue de cet axe a, impérativement besoin d’une permanence à la mer de notre Groupe aéronaval.

In fine, il en va de l’autonomie stratégique de la France, de son rôle de « nation-cadre » et du rang qu’elle entend tenir dans un monde très incertain. Puissance détentrice du deuxième domaine maritime mondial, notre pays doit être à l’avant-pointe d’une Europe du grand large. A terme, et le Président le sait parfaitement, elle ne pourra l’être sans son PA-2 et un PA-3 en préparation. Notre défense et notre croissance commencent au large !

Richard Labévière

1 Le Dixmude (L9015) est un bâtiment de projection et de commandement (BPC) de la Marine nationale française de la classe Mistral. C’est le 3e bâtiment de la classe Mistral, après le Mistral (L9013) et le Tonnerre (L9014). Il a été admis au service actif le 27 juillet 2012 et remplace le TCD Foudre (L9011). Une quatrième unité dont la date de construction n’a pas été fixée devrait remplacer le TCD Siroco (L 9012). Il peut être intégré soit au groupe aéronaval français, soit à force multinationale ou à des missions de maintien de la paix sous mandat des Natioins unies ou dans le cadre de l’Union européenne. Sa devise est « Sacrifiez-vous, Tenez ! », en hommage à la phrase de l’amiral Ronarc’h dont la brigade de fusiliers marins s’est sacrifiée à la bataille de Dixmude. La ville de Marseille est marraine de ce bâtiment depuis janvier 2017.
2 Aux dernières nouvelles, les études concernant la mise en chantier du PA-2 devraient néanmoins être prises en compte par la prochaine LPM. Ouf !
3 Maritimisation : la France face à la nouvelle géopolitique des océans. Rapport d’information de MM. Jeanny Lorgeoux et André Trillard, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées – n° 674 (2011-2012) – 17 juillet 2012.
4 Le Charles de Gaulle a ainsi été indisponible pendant trois ans et demi, sur les 16 années de service ; ce qui représente pour notre pays trois années sans les « 42 000 tonnes de diplomatie » du seul Groupe aéronaval de la Marine nationale.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018

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Ami, entends-tu le bruit sourd du pays qu’on enchaine ? Par Charles Gave

17 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La République, #L'armée française

Toujours pour changer un peu, la vision du paleolibéral Charles Gave

Source : Institut des Libertés, Charles Gave, 18-10-2017

Plusieurs événements ont attiré mon attention lors des derniers mois, et tous confirment mes pires craintes : une attaque fort bien menée contre notre système démocratique est en cours.

Commençons par l’élection présidentielle.

Les hommes de Davos (HdD) et autres oints du Seigneur (ODS) qui gouvernent la France depuis trop longtemps déjà ont eu une peur bleue lorsqu’ils se sont réveillés les matins suivants les votes pour le Brexit et pour monsieur Trump. Les peuples se révoltaient contre leurs maîtres, les incultes se rendaient compte que le Roi était nu et votaient en conséquence, ce qui était insupportable.

Une contre-attaque fut donc organisée pour que la même chose ne se produise pas chez nous.

Dans le droit français traditionnel, il existe plusieurs principes généraux dont le premier est que « on ne choisit pas son juge ». Ce qui veut dire que les parties à un procès, parquet y compris, en matière pénale n’ont pas la possibilité de choisir tel ou tel juge, ou telle ou telle juridiction. Il y a des règles générales de compétence territoriale, ou de spécialités techniques qui vont amener des juridictions à intervenir mais ce sera par détermination de la loi. C’est la raison pour laquelle ce que l’on appelait « les juridictions d’exception » sont aujourd’hui proscrites.

Le deuxième principe est celui que les juridictions du fond ne peuvent pas s’auto saisir. Elles ne peuvent l’être qu’ à l’initiative d’une partie. Or le parquet est lui aussi une partie au procès en matière pénale, doté de prérogatives spéciales puisqu’il est « l’avocat de la République ».

En application de ces principes, si à la suite d’une enquête préliminaire qui n’est pas contradictoire, il considère qu’il faut ouvrir une procédure d’instruction, il saisit le doyen des juges d’instruction, qui désignera le juge du siège qui diligentera « l’information judiciaire ». Celle-ci devra se dérouler de façon contradictoire dans le respect rigoureux du code de procédure pénale et respecter le principe de la loyauté. Ces règles élémentaires ont été foulées aux pieds à l’occasion de la campagne présidentielle. Le Parquet National Financier (PNF) est une institution d’exception créée après l’affaire Cahuzac. Sa composition soigneusement organisée par l’Élysée Christiane Taubira en son temps, en ont fait une officine totalement dévouée au pouvoir en place.

Gros avantage, cette nouvelle entité, qui n’a répétons-le aucun pouvoir juridictionnel a la capacité de s’autosaisir, c’est-à-dire qu’elle peut lancer une enquête préliminaire à sa guise et au moment de son choix sur une personnalité qui deviendrait gênante pour le pouvoir en place (par exemple). On sait le rôle des médias, immédiatement destinataires des pièces de la procédure pourtant secrète, qui rendent ces enquêtes préliminaire politiquement meurtrières. Mais comme si cela ne suffisait pas, on a créé au tribunal de grande instance de Paris un pôle financier chargé de l’instruction. Dont les magistrats entretiennent avec ceux du parquet des relations étroites ce qui constitue une violation au principe de choisir son juge. Et en étant sur, de surcroît, que celui qui sera désigné aura les bonnes orientations politiques.

 

Rétrospectivement, l’idée de monsieur Hollande apparait très clairement : il était persuadé que son opposant aux élections présidentielles suivantes serait monsieur Sarkozy et qu’il était donc nécessaire de préparer des dossiers contre lui, que l’on ferait fuir au Canard Enchainé quelques semaines avant l’élection, ce qui permettait à un juge du PNF (ancien du syndicat de la magistrature ou pas) de s’autosaisir, permettant de ce fait la réélection du président sortant.

Monsieur Hollande ayant été par trop lamentable, il a fallu que nos hommes de Davos réorganisent hâtivement le plan de campagne compte tenu du désastre Brexitien et de l’élection de monsieur Trump.

L’ennemi à battre n’était plus monsieur Sarkozy, mais le Peuple.

Commençons par le but à atteindre. Il fallait qu’au deuxième tour nous ayons face à face un candidat représentant les hommes de Davos contre madame Le Pen, pour assurer le maintien au pouvoir de notre caste.

Il fallait donc attendre les résultats des primaires de la droite.

Si par hasard ce candidat était monsieur Juppé ou monsieur Sarkozy, il n’y avait aucune inquiétude à avoir, l’un et l’autre étant des membres solides et patentés de l’internationale de Davos.

Monsieur Fillon était plus embêtant avec son attachement à Philippe Seguin, ses racines régionales et sa femme anglaise (Galloise). A l’évidence, l’homme n’avait pas beaucoup de caractère, mais à l’évidence encore il ne pouvait pas être considéré comme « sûr ». A tout hasard donc, un homme jeune et propre sur lui fut lancé dans la bagarre pour permettre de procéder le cas échéant à un gambit, un peu comme aux échecs.

Au grand dépit des hommes de Davos et des media, Fillon sortit vainqueur de la primaire de la droite et la machine se mit en route.

Notre « propre sur lui » bénéficia immédiatement du soutien de tous les patrons du capitalisme de connivence français qui fort opportunément détenaient une grande partie des media et fut rejoint par quelques vieux chevaux de retour de la démocratie chrétienne …et Fillon fut inculpé en temps utile par le PNF, ce qui garantissait la présence au deuxième tour du jeune homme propre sur lui.

Le but était atteint : l’homme de Davos fût élu, mais ce dont le peuple commença à se rendre compte c’est que nous avions eu en fait un coup d’état organisé par les hommes de Davos appuyés par une partie de la magistrature et avec la complicité de la quasi-totalité de la presse pour fausser une élection. Et du coup les électeurs se sont à peine donnés la peine d’aller voter au deuxième tour et encore moins aux législatives.

Et donc le nouveau président est certes légal, mais pas du tout légitime. Il n’y a pas eu « une rencontre entre un homme et un peuple » mais tout au plus une rencontre entre un homme et 20 % de l’électorat qui pensent comme lui, le candidat ayant été choisi parce qu’il faisait partie de ces 20 %.

Et ce qui me gêne aujourd’hui est bien sûr que notre président ait été élu grâce à un putsch organisée fort intelligemment par les hommes de Davos et les oints du seigneur, et que nous, les électeurs « normaux » avons été une fois de plus roulés dans la farine par ces mêmes hommes de Davos.

Mais si j’ai raison, ces hommes sans foi ni loi ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.

Leur but étant de créer un état européen technocratique et qui n’aurait pas besoin de se soumettre aux élections –le vieux rêve de Jean Monnet- il va leur falloir accélérer autant que faire se peut le mouvement vers un tel système, car les peuples se réveillent parfois de leurs assoupissements et de tels réveils peuvent être douloureux pour ceux au pouvoir. Surtout quand le Président n’a aucune légitimité…

Il leur va falloir donc agir très, très rapidement, pour essayer de rendre la situation irréversible le plus vite possible.

L’étape suivante va sans doute aucun se produire au niveau européen et monsieur Juncker, comme d’habitude a été suffisamment stupide pour nous annoncer quel était le plan de bataille.

La monnaie européenne est un échec flagrant, qui a fait la fortune de l’Allemagne et ruiné tous les pays de l’Europe du Sud, chacun en conviendra, mais ce n’est un échec flagrant nous disent ceux qui l’ont créé que parce que le mouvement vers l’Europe a été trop lent.

La solution ce n’est donc pas moins d’Europe et plus de démocratie mais plus d’Europe et moins de démocratie.

Plus d’Europe veut dire mettre sur pied de toute urgence un Etat Européen muni d’un vrai Président Européen, qui aura prééminence sur les pouvoirs exécutifs locaux flanqué d’un ministre des finances européen qui aura droit de regard sur les finances de chaque état européen, mais aussi créer une armée européenne, des députés européens qui ne soient rattachés à aucune nation et que sais-je encore.

Et bien entendu, ce projet sera lancé dès que les élections allemandes seront passées et il s’agira et en premier lieu de transférer à des organismes européens non élus la souveraineté militaire française contre une promesse par l’Allemagne de financer nos déficits budgétaires et notre système social. L’Allemagne paiera pour les erreurs de nos hauts fonctionnaires, avec le sang des soldats français telle est l’offre française…Monsieur Macron est en train de réinventer le STO de sinistre mémoire.

Pour cela, il fallait d’abord se débarrasser du chef de l’armée, le général Pierre de Villiers tant cet homme était sourcilleux sur tout ce qui concernait la souveraineté militaire de la France, ce qui fut fait fort proprement et fort rapidement.

(Question : Mais qu’est qu’attend le General Pierre de Villiers pour se lancer en politique en créant un parti appelé « Souveraineté Française » qui mettrait fin aux souffrances du FN et des Républicains ?)

 

Résumons-nous.

La France a déjà perdu sa souveraineté

  • sur ses frontières avec les accords de Schengen.
  • sure sa Justice
  • sur sa Loi Constitutionnelle
  • sur qui peut ou ne pas vivre en France avec le Traité de Lisbonne qui avait été refusé par la population française quand il avait été présenté sous le nom de constitution européenne.
  • sur sa monnaie avec le traité de Maastricht et l’euro.

Dans les mois qui viennent, tout le travail de monsieur Macron va être que la France finisse de perdre sa souveraineté budgétaire, déjà bien entamée hélas, mais surtout sa souveraineté militaire.

A ce moment-là, la France n’aura plus qu’une seule chose à vendre à l’Allemagne (lire l’Europe) pour boucler ses fins de mois : le siège de la France au conseil de sécurité aux Nations Unies, ce qui ne saurait tarder. Resteront peut-être l’Alsace et la Lorraine dont monsieur Macron, en fin négociateur qu’il est pourrait tirer sans aucun doute un bon prix, mais là j’anticipe un peu.

Que le gouvernement français actuel veuille lancer une telle initiative, je n’en doute pas une seconde.

Que cela réussisse à mon avis a à peu près autant de chances qu’une enclume a de voler, et pour deux séries de raison, les unes intérieures, les autres extérieures.

Commençons par les raisons intérieures.

Les hommes de Davos et autres ODS ont réussi à gouverner la France sans interruption depuis 1974 en faisant croire au peuple qu’il y avait une droite et une gauche, alors qu’en fait ces deux partis avaient été complètement noyautés par les HdD et les ODS qui avaient violemment expulsé tous ceux qui n’acceptaient pas leurs projets à long terme.

La dernière élection les a fait sortir du bois et chacun sait qui gouverne vraiment aujourd’hui notre pays et l’a gouverné depuis quarante ans. Et donc où ils réussissent, ou ils sont foutus telle est la réalité puisqu’ils sont maintenant en pleine lumière. Ils ne peuvent plus se cacher

Et comme ils le savent, je crains le pire pour nos Libertés. Les journalistes qui s’y opposeront seront virés, les sites des opposants seront hackés, les contrôles fiscaux vont pleuvoir sur ceux qui manifesteraient leur désaccord, la propagande sur les radios et dans les media sera insupportable. Ma chère épouse ne cesse de me dire que je vais avoir un accident de voiture…etc.

L’année qui vient à être dure, très dure pour l’IDL. Mais oh combien passionnante…

Venons-en aux raisons extérieures.

Le but de nos ODS est d’inféoder la France à l’Allemagne en offrant à cette dernière la force militaire française comme appât. L’idée est : vous payez nos (hauts) fonctionnaires et on vous apporte l’armée française et le feu nucléaire sur un plateau.

Cette tentative va amener à une levée de boucliers partout en Europe où voir resurgir l’empire de Charlemagne va susciter un enthousiasme très moyen (que le lecteur imagine la réaction des Grecs, des Tchèques, des Italiens, des Polonais, des Hollandais, des Anglais, des Espagnols…) Voilà qui ferait monter la détestation d’une Europe gérée par un condominium franco-allemand à des niveaux inouïs immédiatement.

Aucune chance que les Allemands n’acceptent.

Qui plus est, les USA risquent de faire les gros yeux et de faire comprendre au gouvernement allemand, voir au gouvernement français que la recréation était terminée.

Mais si l’Allemagne ne paye pas –ce qui semble le plus probable- alors la tentative des HdD et ODS français de créer un Etat (Européen) franco-allemand implosera et les ODS français se retrouveront bien isolés face au désastre économique qui surviendra.

L’année qui vient va être intéressante.

NDLR: Un immense merci à notre ami Régis de Castelnau pour son aide avisée dans le rédaction de la partie juridique de cet article que le lecteur saura reconnaitre.

Source : Institut des Libertés, Charles Gave, 18-10-2017

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