Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #amerique tag

Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ? par Thierry Meyssan

23 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ?

La volonté du président Trump de combattre Daesh et d’en finir avec le terrorisme international est extrêmement difficile à mettre en œuvre. En effet, elle porte préjudice aux États qui l’ont organisé et implique une réorientation de la politique internationale. Le nouveau président états-unien ne semble pas en mesure de donner ordre à ses troupes de passer à l’attaque tant qu’il n’a pas trouvé et scellé de nouvelles alliances.

Le 21 mars 2017
JPEG - 42 ko

L’opposition que rencontre le président Donald Trump est si forte que le plan de lutte contre Daesh, qui devait être présenté le 22 mars lors d’un sommet de la Coalition à Washington, n’est toujours pas prêt. Sa ligne politique est toujours aussi floue. Seul l’objectif d’éradication du jihadisme a été acté, mais aucune de ses implications n’a été résolue.

Le général Joseph Votel, le patron du CentCom, n’a toujours pas présenté les options sur le terrain. Il devrait le faire uniquement début avril.

Sur le terrain, on se contente donc d’échange d’information entre États-uniens d’un côté, Russes et Iraniens de l’autre. Pour maintenir les choses en l’état, les trois puissances sont convenues de prévenir un affrontement entre Turcs et kurdes. Et des bombardements intenses sont menés contre Al-Qaïda au Yémen et contre Daesh en Irak. Mais rien de décisif. L’attente est de rigueur.

Pour le compte de Londres et de Washington, l’arme du terrorisme international est gérée par la Ligue islamique mondiale depuis 1962. Elle comprend à la fois la Confrérie des Frères musulmans (composée d’arabes) et l’Ordre des Naqchbandis (surtout composé de turco-mongols et de caucasiens).

Jusqu’à la guerre du Yémen, le budget militaire de la Ligue était plus important que celui de l’armée saoudienne, de sorte que la Ligue est la première armée privée au monde, très loin devant Academi/Blackwater. Même s’il s’agit uniquement d’une armée de Terre, elle est d’autant plus efficace que sa logistique dépend directement du Pentagone et qu’elle dispose de nombreux combattants suicides.

C’est la Ligue —c’est-à-dire les Séoud— qui fournit à Londres et à Washington le personnel qui organisa la seconde « Grande Révolte arabe », en 2011, sur le modèle de celle de 1916, mais sous la dénomination de « Printemps arabe ». Dans les deux cas, il s’agissait de s’appuyer sur les wahhabites pour redéfinir les frontières régionales au profit des Anglo-Saxons.

Il ne s’agit donc pas simplement d’abandonner l’arme du terrorisme, mais aussi :
 de rompre l’alliance entre Londres et Washington pour le contrôle du Moyen-Orient élargi ;
 de priver l’Arabie saoudite et la Turquie de l’arme qu’ils développent pour le compte de Londres et de Washington depuis un demi-siècle ;
 de déterminer le futur du Soudan, de la Tunisie et de la Libye.
En outre, il faut également trouver un accord avec l’Allemagne et la France qui ont abrité des dirigeants de la Confrérie depuis 1978 et ont financé le jihad.

D’ores et déjà, nous voyons que le Royaume-Uni ne l’entend pas de cette oreille. Il s’avère que c’est le GCHQ (service d’interception satellitaire britannique) qui a placé la Trump Tower sous écoutes durant la campagne électorale et la période de transition. Tandis que, selon l’Agence jordanienne Petra, l’Arabie saoudite a secrètement financé un tiers de la campagne électorale d’Hillary Clinton contre Donald Trump.

C’est pourquoi le président Trump semble chercher de nouveaux alliés pour lui permettre d’imposer ce changement.

Il organise actuellement une rencontre avec le président Xi Jinping au cours de laquelle il pourrait planifier l’adhésion de son pays à la Banque d’investissement chinoise. Il placerait alors ses alliés devant le fait accompli : si les États-Unis participent à la construction des routes de la soie, il deviendrait impossible au Royaume-Uni, à l’Arabie saoudite et à la Turquie, à l’Allemagne et à la France de poursuivre le jihad en Irak, en Syrie et en Ukraine.

Source
Al-Watan (Syrie)

Lire la suite

L'Eurovision pris en otage par l'Ukraine. Par Karine Bechet Golovko.

23 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #le nazisme, #Ukraine

jeudi 23 mars 2017

 

L'Eurovision pris en otage par l'Ukraine

 
Ioulia Samoïlova, chanteuse russe
 
 
Le concours de l'Eurovision est plus un indicateur social qu'un évènement musical central. Dans le cadre du conflit ukrainien, il est devenu une plateforme politique pour Kiev. Cette année, allant encore plus loin, l'Ukraine interdit à la chanteuse russe, Ioulia Samoïlova, contre l'avis de l'union européenne de radio-télévision qui organise l'évènement. Pourtant, ceci n'est que la conséquence de la politisation de ce concours que les organisateurs ont accepté l'année dernière.
 

 
Lors du précédent concours de l'Eurovision, l'Ukraine a présenté une chanteuse présentant une chanson politique sur les tatars de Crimée, violant ainsi le principe de fonctionnement de l'Eurovision (voir notre article ici). Sans même parler de la question du vote. Peu importe, l'Ukraine a donc eu le droit d'organiser ce concours.
 
Et elle ne peut accepter la participation d'une chanteuse russe. C'est viscérale. C'est une question de principe. Dès l'annonce de la candidature de I. Samoïlova, son nom et ses coordonnées ont été publiées sur le site ukrainien Mirotvorets, à l'origine de l'assassinat d'opposants. Le conseiller Guerashenko, qui justement est en charge du site des ennemis de l'Ukraine Mirotvorets, a tout d'abord expliqué à quelles conditions elle pourrait participer. La chanteuse ne doit plus participer à des évènements anti-ukrainiens et ne doit pas se prononcer pour le rattachement de la Crimée à la Russie. Or, son crime est simplement d'avoir participé, avec beaucoup d'autres artistes internationaux, à un concert en Crimée. 
 
Les réactions sur les réseaux sociaux sont assez choquantes. Alors que l'Ukraine se veut "tolérante" et ait trouvé un slogan on ne peut plus politiquement correct, Celebrate diversity, les ukrainiens se moquent de son invalidité. Toute la distance entre les prétentions de respect de l'autre tel qu'il est et la bassesse des instincts primaires est ici révélée. Les coups volent très bas, mais il est vrai que les réseaux sociaux ne sont, en général, pas réputés pour leur hauteur de vue. 
 
"Comme en raison du dopage, les invalides ont perdus le droit de participer aux Jeux Paralympiques, la Russie a décidé d'envoyer leur représentant au moins à l'Eurovision"
 
Et sa candidature est vécue comme une provocation, en raison de ses concerts en Crimée:
 
 
"Si Kiev permet à la pro-russe Samoïlova d'entrer en Ukraine, ce sera à 100% interprété comme une reconnaissance de fait que la Crimée est un territoire russe".
 
L'Ukraine n'a pas pris ce risque en raison des dangers que pouvaient présenter la chanteuse pour la sécurité nationale. Elle est donc interdite de territoire pendant trois ans. La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, M. Zakharova, a fait une déclaration intéressante mettant la société tolérante occidentale face à son hypocrisie:
"Je pense que maintenant le moment de vérité est arrivé pour la société européenne: est-ce qu'elle va se laisser promener en laisse par le SBU (services de sécurités ukrainiens) et ainsi motiver les radicaux ukrainiens à d'ultérieurs exploits, ceux-là mêmes qui ont enterrés tous les efforts des accords de Minsk, ou bien va-t-elle quand même démontrer que l'Europe et ses valeurs fondamentales, que les politiciens ukrainiens ont soutenus en paroles, est encore bel et bien vivante."
 
L'Ukraine n'en a pas terminé avec les conséquences de son coup d'Etat. Car nombres de chanteurs sont allés se produire en Crimée. Ce qui pose aussi un problème pour la chanteuse arménienne à l'Eurovsion. Comme le déclarent les services spéciaux ukrainiens:
Il n'est physiquement pas possible de contrôler tout le monde, mais le cas de la chanteuse arménienne sera analysé pour voir si elle s'est produite ou non en Crimée.
La réaction de la presse française est significative. Pas un mot pour défendre cette chanteuse handicapée, alors que, parrait-il, l'Europe est particulièrement préoccupée par les droits des handicapés. A moins que, comme pour ce qu'ils considèrent être des minorités - et non plus des humains à part entière - tout ne dépende du contexte politique et non d'une réelle empathie. Car, finalement, personne ne semble choqué.
 
Au contraire, l'on appréciera l'article de l'Express qui semble même trouver ça normal, puisque c'est une provocation. Dans la logique française, la Crimée semble avoir été, d'un coup d'un seul, occupée par la force et des combats sanglants, la population forcée d'être russe, alors que tout était calme à Kiev et que les criméens pleuraient de désespoir en appelant Bandera au secours. Ce mythe, quelque peu pariodié aussi, est devenu un élément de la propagande occidentale. Et comme toute propagande, elle est caricaturale. Autant que les raccourcis historiques en ce qui concerne les tatars de Crimée, dont la déportation n'a pas été due à une crise caractérielle de Staline, comme vous pouvez le lire ici dans notre article.
 
La discussion qui se pose maintenant pour la Russie est de savoir quoi faire, car elle se trouve dans une situation asymétrique avec l'Ukraine. Le pouvoir ukrainien a une haine profonde et solide pour la Russie et les russes et il est prêt à se battre contre civils, femmes et enfants, utilisant même des méthodes de terroriste si elles peuvent être nécessaires. La Russie, elle, ne se bat pas contre les ukrainiens, elle les recueille. L'on compte plus d'un million d'ukrainiens réfugiés en Russie suite à la guerre civile. A part les poussées hytériques de Jirinovsky qui déclarait hier soir, dans l'émission de V. Soloviev, vouloir renvoyer tous les ukrainiens qui sont en Russie en Ukraine, les politiques russes comprennent très bien l'importance de protéger ces gens, et dans un but humanitaire et sur un plan stratégique. Sinon, c'est tout le peuple ukrainien qui peut se retourner contre la Russie.
 
L'idée se fait jour de n'envoyer simplement personne dans ce cas et de boycotter ce concours étrangement populaire en Russie. Ce sera peut être l'occasion, salutaire, de remettre en cause la popularité de ce show, dont le mauvais goût a peu d'égal.
 
 
 
 
Lire la suite

Europe de la défense : saisie de la dissuasion nucléaire de la France par l’Allemagne et des Etats-Unis. (Manlio Dinucci, Initiative Communiste).

21 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #AMERIQUE

Europe de la défense : saisie de la

dissuasion nucléaire de la France par

l’Allemagne et des Etats-Unis.

 
 
 

 


 

Par Manlio Dinucci, 

Edition du mardi 14 mars 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/il-grande-gioco-nucleare-in-europa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


 


Cet article est suivi d’un commentaire du journal mensuel « Initiative Communiste » qui ne laisse pas indifférent votre serviteur. Le titre est très évocateur « Europe de la défense : saisie de la dissuasion nucléaire de la France par l’Allemagne et les Etats-Unis. » Autant dire que je partage cette brève analyse et que je vois d’un très mauvais oeil se mettre en place les sombres desseins de l’Union Européenne. //RO


La torpille lancée à travers le New York Times -l’accusation contre Moscou de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI)- a touché son objectif : celui de rendre encore plus tendus les rapports entre Etats-Unis et Russie, en ralentissant ou empêchant l’ouverture de cette négociation annoncée par Trump dès sa campagne électorale. La torpille porte la signature d’Obama, qui en juillet 2014 (immédiatement après le putsch de Place Maïdan et la crise consécutive avec la Russie) accusait Poutine d’avoir testé un missile nucléaire de croisière, dénommé SSC-X-8, violant le Traité FNI de 1987 qui interdit le déploiement de missiles avec base à terre et portée comprise entre 500 et 5500 km.

D’après ce que déclarent des fonctionnaires anonymes du renseignement étasunien, deux bataillons russes en sont déjà armés, chacun doté de 4 lanceurs mobiles et 24 missiles à tête nucléaire.
Avant de quitter l’an dernier sa charge de Commandant suprême allié en Europe, le général Breedlove prévenait que le déploiement de ce nouveau missile russe « ne peut rester sans réponse ». Il taisait par contre le fait que l’Otan garde déployées en Europe contre la Russie environ 700 têtes nucléaires étasuniennes, françaises et britanniques, presque toutes prêtes au lancement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et au fur et à mesure qu’elle s’est étendue à l’Est jusqu’à l’intérieur de l’ex URSS, l’OTAN a de plus en plus rapproché ses forces nucléaires de la Russie.

C’est dans la cadre de cette stratégie que s’insère la décision, prise par l’administration Obama, de remplacer les 180 bombes nucléaires B-61 -installées en Italie (50 à Aviano et 20 à Ghedi Torre), Allemagne, Belgique, Hollande et Turquie – par les B61-12 : nouvelles armes nucléaires, chacune à quatre options de puissance sélectionnables selon l’objectif à frapper, capables de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement. Un programme de 10 milliards de dollars, par lequel chaque B61-12 coûtera plus que son poids en or.

En même temps les USA ont réalisé en Roumanie la première batterie de missiles terrestre de la « défense anti-missile », qui sera suivie d’une autre en Pologne, composée de missiles Aegis, déjà installés à bord de 4 navires de guerre étasuniens déployés en Méditerranée et Mer Noire. C’est le soi-disant « bouclier » dont la fonction est en réalité offensive : s’ils arrivaient à le réaliser, USA et Otan tiendraient la Russie sous la menace d’un first strikenucléaire, en se fiant à la capacité du « bouclier » de neutraliser les représailles. De plus, le système de lancement vertical Mk 41 de Lockheed Martin, installé sur les navires et dans la base en Roumanie, est en mesure de lancer, selon les techniques spécifiques fournies par le même constructeur, « des missiles pour toutes les missions », y compris celles d’ « attaque contre des objectifs terrestres avec missiles de croisière Tomahawk », armables aussi de têtes nucléaires.

Moscou a averti que ces batteries, étant en mesure de lancer aussi des missiles nucléaires, constituent une violation du Traité FNI.

Que fait l’ dans cette situation ? Alors qu’elle déclame son engagement pour le désarmement nucléaire, elle est en train de concevoir dans ses cercles politiques ce que le New York Times définit comme « une idée auparavant impensable : un programme d’armements nucléaires Ue ». Selon ce plan, l’arsenal nucléaire français serait « reprogrammé pour protéger le reste de l’Europe et placé sous un commun commandement européen», qui le financerait par un fonds commun. Cela adviendrait « si l’Europe ne pouvait plus compter sur la protection américaine ». En d’autres termes : dans le cas où Trump, se mettant d’accord avec Poutine, ne déploierait plus les B61-12 en Europe, c’est l’UE qui penserait à poursuivre la confrontation nucléaire avec la Russie.

Dans une tribune parue récemment, Le Grand jeu nucléaire de l’Europe,  Manlio Dinucci fait le bilan des manœuvre de l’ pour doter l’Allemagne d’une réelle capacité nucléaire et renforcer la capacité offensive des Etats Unis. Dans son rapport au Comité Central du PRCF (12 mars 2017), Georges Gastaud a montré que l’enjeu central de la « défense européenne » intégrée à l’ est de mettre l’arme nucléaire française à la disposition de l’Union Eeuropéenne, c’est-à-dire à la fois de l’impérialisme allemand résurgent et de l’impérialisme américain. A la fois pour

  1.  Désarmer définitivement la France en la privant de la , lui interdire tout retour à l’indépendance politique, donc, à une politique de Frexit progressiste orientée vers la rupture anticapitaliste
  2.  faire de l’Allemagne capitaliste, sous masque européen (comme pour le mark et l’euro) une puissance nucléaire mondiale
  3. Permettre à l’Empire européen sous dominance berlinoise de devenir un Etat capable de faire la à la fois à l’Est et, certaines « dérives continentales » restant relativement stables à travers les âges, à l’Ouest si nécessaire.

Alors que le PCF-PGE, qui a renié les principes communistes et qu’il fait même les yeux doux à Hamon (partisan de l’OTAN et du renforcement de l’UE !), il est urgent pour tous les communistes véritables de dénoncer l’OTAN (cf le texte commun de la Coordination communiste Nord et du PRCF), la « défense » européenne, la remilitarisation galopante de l’impérialisme allemand. Déjà dans les années 50, le PCF de Duclos avait fait échec, parallèlement aux députés gaullistes, la Communauté Européenne de Défense (C.E.D.), le faux nez du réarmement allemand.

 

Lire la suite

Vers un nouveau Yalta. Par Karine Bechet Golovko.

20 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #le Libéralisme

Lundi 20 mars 2017

 

Vers un nouveau Yalta

 
Comité d'intégration Russie-Donbass


Le 17 mars 2017 a été fondé, en Crimée, le Comité d'intégration Russie-Donbass à l'occasion du 3e anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie. Va-t-on vers un nouveau Yalta?


 
Dans le Palais de Livadia, à Yalta, comme en 1945, s'est tenue l'assemblée constitutive du Forum d'intégration Russie-Donbass, à laquelle ont pris part des députés russes, des membres du Conseil de la Fédération, des représentants des régions, des experts et les dirigeants de DNR et LNR. Si pour l'instant aucune décision politique officielle n'a été prise concernant l'intégration de ces républiques dans la Fédération de Russie, des mécanismes d'intégration sectorielle sont mis en place.
 
 
Le blocus mis en place par l'Ukraine a contraint le Donbass à renforcer ses liens avec la Russie et celle-ci est manifestement prête à assumer ses obligations. Ainsi, le député A. Kozenko a déposé un projet de loi visant, après la reconnaissance des passeports de DNR et LNR, à permettre à leurs titulaires à ne pas avoir besoin d'autorisation de travail en Russie et devant faciliter l'intégration des entreprises dans l'espace russe.
 
V. Konstantinov, premier ministre de Crimée, a insisté sur le fait que l'intégration politique ne devait pas trop tarder, car le retour vers l'Ukraine n'était plus possible. Il est vrai que la Crimée est particulièrement sensible à ces processus, les ayant elle-même vécus il n'y a que trois ans de cela. Et lancer le processus d'intégration du Donbass à l'occasion des cérémonies de commémoration du rattachement de la Crimée est fortement symbolique.
 
Les intervenants ont mis en avant le renforcement prévu de la coopération culturelle, mais aussi dans le domaine médical ou de l'enseignement, des processus d'intégration économique et sociale. A ce jour, la Russie a envoyé 62 convois humanitaires dans le Donbass, mais ce n'est plus suffisant. Pour le membre du Conseil de la Fédération S. Mamedov, si la Russie s'est toujours prononcée pour le respect et l'exécution des accords de Minsk 2, il faut être aveugle pour ne pas voir par la faute de qui ils ne sont pas exécutés et ne le seront pas. Il y a donc une reconnaissance de l'échec de ces accords.
 
Les dirigeants des Républiques de Donetsk et Lugansk ont largement soutenu ce processus qu'ils appellent de leurs voeux, estimant que trois années à verser leur sang pour garder le droit d'appartenir au monde russe légitime leur position.
 
I. Plotnitsky, le dirigeant de LNR, a déclaré que le Donbass était le coeur de la Russie. Il s'est retrouvé en Ukraine à la suite d'une erreur historique qu'il convient de corriger. 
 
Quant à A. Zakharchenko, le dirigeant de DNR, le Donbass a toujours été intégré dans l'économie russe, que ce soit à la période impériale ou soviétique, et il réoriente son activité, à nouveau, vers la Russie. Quant à l'avenir, ils prennent pour exemple la Crimée.
 
A la fin de l'assemblée, les participants ont fondé le Comité d'intégration Russie-Donbass, ayant qualité d'association. Il a officiellement pour but de renforcer le processus d'intégration culturelle, humanitaire, économique et sociale. Officiellement, il ne s'agit pas encore d'intégration politique, mais le processus est lancé.
 
Le choix du lieu pour l'organisation de cet évènement est loin d'être anodin. C'est dans ce Palais qu'en 1945 un nouvel ordre mondial, malgré les résistances des "alliés", fut institué. En lançant le processus d'intégration du Donbass, la Russie se prononce pour un nouvel ordre mondial, multipolaire, dans lequel les Etats sont responsables de leur politique et en assument les conséquences.
 
Il est évident que l'Occident ne va pas prendre la chose à la légère, car il n'est pas prêt de remettre en cause ni ses avantages, ni son impunité. Jusqu'à présent, depuis la chute de l'URSS, les Etats Unis, avec l'OTAN et l'UE, ont pris l'habitude de pouvoir écarter du pouvoir les dirigeants qui dérangent, de faire exploser les pays et les recomposer à leur guise et en fonction de leurs intérêts du moment, de mettre des territoires sous gouvernance internationale et l'Europe de l'Est et la Russie sous "contrôle démocratique". Le tout en se fondant sur sa volonté souveraine et sans avoir à répondre des conséquences de ses politiques, lorsque les Etats sont détruits, la population livrée à elle-même mais les actifs "utilement" répartis entre les sociétés "démocratiques".
 
La Russie a déjà lancé deux alertes. La première avec l'intégration de la Crimée suite au référendum populaire des habitants de la presqu'île, voulant fuire ce chaos fascisant en Ukraine. Ainsi, le message était le suivant: vous pouvez lancer des mouvements révolutionnaires et faire tomber les régimes, mais dans ce cas il y a risque de perte de l'intégrité territoriale, puisque l'Etat a été remis en cause. La seconde alerte a été lancée avec la Syrie. Depuis la chute de l'URSS, la Russie ne se mêlait pas des affaires de l'Occident à l'étranger, même dans son étranger proche. En Yougoslavie, elle a pu réagir diplomatiquement, mais elle était encore trop faible pour pouvoir mettre un frein aux appétits occidentaux. Or, le temps a passé et l'Etat a été rétabli. Elle a ainsi, à la surprise générale, répondu à l'appel du Gouvernement syrien pour l'aider à lutter contre les mouvements islamistes, dont certains, comme Al Quaïda, bénéficient d'un soutien ouvert des pays démocratiques. L'intervention militaire de la Russie en Syrie a permis de renverser le rapport de force, ce que la coalition américaine n'a pu ou voulu faire et de permettre de laisser au peuple syrien la liberté de choisir son avenir politique, la décision prise par la coalition américaine de renverser Assad ayant été reportée sine die. Ici aussi, le message est clair: la communauté internationale n'a pas le droit de retirer aux populations nationales le droit de décider de leurs dirigeants sous couvert d'intervention militaire presqu'humanitaire.
 
Pour autant, à chaque fois que la Russie ne fait montre de force, on la considère comme faible. Lorsqu'elle négocie les accords de Minsk, les "partenaires" la font passer du rôle de garant à celui de partie et justifient ainsi l'adoption de sanctions. Quant au discours, il atteint des sommets de violence - pour l'instant verbale. La guerre de l'information discrédite des médias ayant pourtant très longtemps bénéficié d'une excellente réputation, discrédite un système idéologique, le libéralisme, considéré comme libérant l'homme. Ces crises fondamentales de notre système entraînent une période d'hésitation, de vide. Car les médias ne peuvent être remplacés par d'autres plus sûrs et une sorte de guerre interne a commencé, chacun avaçant sa Vérité, la radicalisation devenant preuve d'objectivité, la partialité remplaçant l'investigation, la description biaisée l'analyse. Crise idéologique aussi suite à la radicalisation du libéralisme discréditant a priori toute contestation, devenant totalitaire en ce qu'il s'est donné pour mission de créer cet homme nouveau sans frontières et sans culture, cet homme mondialisé.  Mais aucune idéologique acceptable ne l'a remplacé et l'on tourne toujours dans une graduation variable autour du paradigme libéralisme/conservatisme. Les Etats étant classés non pas en fonction de leur politique réelle, mais en fonction de l'image que l'on veut donner d'eux, sachant que "libéralisme" est toujours synonyme de "Bien".
 
L'Ukraine est, en ce sens, un bon pays, car elle a choisi la voie "européenne". Elle est contre la Russie, donc elle est démocratique et libérale. Et l'on ne veut pas voir les groupes néonazis, l'on ne veut pas voir la répression de l'opposition, la destruction des mécanismes judiciaires, les dysfonctionnements du Parlement. Elle est du côté du bien. Et l'Occident ne peut réellement voir le blocus. 
 
La Russie a envoyé son troisième signal. Dans ce cas, l'on ne laisse pas les populations souffrir parce que les "valeurs" européennes ne permettent plus de les protéger. Elle lance le processus d'intégration du Donbass.
 
Chaque étape de la radicalisation de la politique menée par ce monde unipolaire arquebouté sur une période révolue a entraîné une réaction asymétrique de la Russie. L'hystérie qui s'empare tant des médias que des politiques occidentaux est surtout le signe de leur faiblesse et de leur démission morale. Ils ne peuvent reconnaître ni leurs actes, ni leur échec et se drapent dans une dignité d'autant plus affichée qu'elle est maltraitée. 
 
Le temps n'est-il pas venu d'en tirer les conséquences? L'ère d'un nouveau Yalta est venue, elle se construira avec ou sans nous.
 
 
Lire la suite

Gattaz contre Molière. Article du journal "RUPTURES"

20 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #l'horreur économique

Gattaz contre Molière

Gattaz Molière

La « clause Molière » fait des vagues. Le président du Medef en personne est monté au créneau pour dénoncer les dérives « nationalistes » qu’il attribue à cette disposition. Celle-ci, qui a été votée par plusieurs Conseils régionaux (dominés par Les Républicains) prévoit que l’attribution d’un marché de travaux publics est conditionnée à l’engagement d’employer des salariés maîtrisant la langue française.

Officiellement, il s’agit d’assurer la sécurité sur les chantiers. Dans les faits, le but est de freiner l’extension galopante de l’emploi de « travailleurs détachés », traduction pratique de la libre circulation de la main d’œuvre au sein de l’UE. Un principe fondateur de l’intégration européenne qui permet de mettre les travailleurs des différents pays en concurrence directe les uns avec les autres.

Depuis l’élargissement de l’Union européenne à l’Est et la généralisation de cette règle sans restriction, des centaines de milliers de salariés sont ainsi embauchés par des sociétés souvent spécialisées à l’Est qui profitent des immenses écarts de salaire et de protection sociale entre Etats membres. Certes, un plombier polonais expédié en France bénéficie en principe du minimum salarial qui prévaut dans l’Hexagone. Mais, outre que cette disposition est bien souvent impunément bafouée  à travers diverses astuces, les cotisations sociales, elles, sont celles du pays d’origine.

L’accélération de cette pratique a conduit le Parlement européen à adopter quelques semblants de garde-fous en 2014. Il fut alors promis que, cette fois, ces pratiques seraient sérieusement encadrées. Deux ans plus tard, rien n’a changé. Sous la pression notamment des PME du bâtiment dans les pays de l’Ouest, qui voient leurs marchés s’envoler au profit des grandes entreprises recourant à la main d’œuvre de l’Est à bas prix, une nouvelle révision est envisagée. Les dirigeants des pays d’Europe centrale font barrage.

Tirs de barrage

Du coup, des biais tels que ladite clause Molière sont mise en place, d’autant que cette concurrence accrue sur le marché du travail passe de moins en moins inaperçue parmi les citoyens (et « nourrit les populismes » s’effraie-t-on du côté de LR).

Il n’en fallait pas moins pour déclencher des tirs de barrage. Des préfets – comme celui de la région Rhône-Alpes – saisissent la justice contre la clause. Le ministre des Finances a diligenté une étude auprès de ses services quant à la légalité de mesures faisant obstacle à la libre circulation. La CFDT, et même la CGT, ont dénoncé des intentions « visant à marcher sur les traces du Front national ».

 « Vous commencez comme ça, ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l’euro » – Pierre Gattaz

Ces oppositions viennent de recevoir un soutien de poids : Pierre Gattaz, le patron des patrons, a solennellement mis en garde : « vous commencez comme ça, et puis après vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l’euro ». Pardi…

Quant au patronat européen, il s’est insurgé contre la « discrimination des travailleurs en fonction de leur langue », et a appelé à sévir sans faiblesse : « nous comptons sur la Commission européenne et sur les gouvernements nationaux pour garantir l’application de la libre circulation en Europe ».

De son point de vue, il a parfaitement raison : l’Union a été conçue, dès son origine, pour assurer la « quadruple liberté » de circulation : des biens, des services, de la main d’œuvre et des capitaux. C’est grâce à cette dernière que les grands groupes peuvent fermer une usine là pour la délocaliser ailleurs – dernier exemple en date : la multinationale Whirlpool qui supprime son établissement de la Somme pour aller produire des lave-vaisselle en Pologne (un article détaillé sur cet exemple paraîtra dans l’édition de mars de Ruptures).

Une pratique parfaitement légitime, non ? Car comme dirait M. Gattaz, vous commencez par vous indigner des délocalisations, et vous finissez par vouloir sortir de l’UE…

Lire la suite

Comment fonctionne la "machine" François Asselineau ? Article d' Europe 1.

20 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Comment fonctionne la "machine" François Asselineau ?

 le 17 mars 2017
 
Comment fonctionne la "machine" François Asselineau ?
François Asselineau, président de l'UPR, s'entoure de militants hyperactifs sur les réseaux sociaux.@ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Le fondateur de l'UPR, qui se présente à la présidentielle, peut compter sur un réseau de militants fourni, hyperactifs en ligne. Mais c'est lui qui reste au centre du jeu.

Plus que la gauche et la droite, les "anti-système" et les "purs produits du système", les mondialistes et les protectionnistes, le plus gros clivage en politique est probablement celui qui sépare ceux qui ont les codes de ceux qui ne les possèdent pas (encore). Au 12 avenue de Wagram, vendredi matin, l'équipe de François Asselineau boxait dans la seconde catégorie. Le président de l'Union populaire républicaine (UPR) a beau affirmer que l'obtention des 500 parrainages requis pour être candidat à la présidentielle n'a rien d'une surprise pour quiconque s'intéressait un minimum à sa candidature, lui-même contenait difficilement sa joie étourdie.

Dans une pièce trop petite pour accueillir les nombreux journalistes que le leader du "parti qui monte malgré le silence des médias" ne voyait pas souvent jusqu'à la semaine dernière, François Asselineau a pris le contrepied de l'intégralité de la classe politique bien installée en commençant sa conférence de presse avec trois minutes d'avance. Il a ensuite déroulé son programme, ses idées et sa vision de la France pendant 50 minutes, devant un parterre dans lequel les militants se mêlaient à la presse. Les premiers se distinguant de la seconde par la vigueur de leurs applaudissements et de leurs cris de joie, mais aussi par les sourires flottants de ceux qui ont encore du mal à encaisser le succès.

Au commencement était Asselineau

Il faut dire que l'UPR revient de loin. Fondé il y a dix ans, le parti reposait intégralement, à ses débuts, sur la personnalité de François Asselineau. Et ce dernier n'était jusqu'ici connu que d'un cercle restreint de hauts fonctionnaires et de politiques côtoyés depuis sa sortie de l'ENA, en 1985. Vice-major de la promotion Léonard de Vinci, également diplômé de HEC, celui qui a rejoint l'Inspection générale des finances après l'école d'administration mise avant tout sur son expérience professionnelle pour asseoir sa crédibilité. Conseiller de Gérard Longuet, ministre de l'Industrie et du commerce extérieur en 1993, directeur de cabinet de Françoise de Panafieu, ministre du Tourisme deux ans plus tard, il a ensuite été chargé de mission d'Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères, en 1996. "J'étais considéré comme un bon élément", lâche-t-il. "On portait attention à mes analyses."
 
Jusqu'à ce que, nommé délégué général à l'intelligence économique par Nicolas Sarkozy, en 2004, il soit finalement écarté. "Afficher des positions critiques, même de façon confidentielle, n'a pas été apprécié." Par "positions critiques", il faut entendre une opposition sans appel à la construction européenne. "Une erreur, un anachronisme" pour François Asselineau, qui n'a de cesse de dénoncer cette "prison des peuples ". Autre cheval de bataille : les Etats-Unis, que le fondateur de l'UPR voit tirer les ficelles d'à peu près tous les maux actuels, de l'Union européenne à l'Etat islamique en passant par la réforme territoriale
 
François Asselineau est méticuleux et perfectionniste, mais c'est aussi un brillant analyste.
 
Ces positions valent au leader de l'UPR d'être classé comme conspirationniste par Conspiracy
 
 
Watch, un site web qui repère et décortique les théories du complot. Une critique que François Asselineau a longtemps eu beaucoup de mal à supporter. "J'en ai enduré, des haussements d'épaule. C'est une vraie souffrance, surtout quand vous avez longtemps été considéré comme un très bon élément." Car outre son CV long comme le bras, François Asselineau aime mettre en avant des compétences moins attendues. "Je suis un globe-trotter né", confie-t-il par exemple. "J'ai visité 85 pays." Il cite aussi fièrement un "4/5 en Japonais à l'ENA, en deuxième langue vivante". Il "aime [se] cultiver" et a lu, beaucoup, de Confucius au Coran en passant par les Evangiles et les textes fondamentaux du bouddhisme et de l'hindouisme. "C'est quelqu'un qui a une grosse capacité de travail", se souvient le colonel Régis Chamagne, ancien membre du Bureau national de l'UPR. "Il est méticuleux et perfectionniste, mais c'est aussi un brillant analyste."
Asselineau 2

Puis vinrent les militants

Sur les militants, l'effet est immédiat. "C'est un authentique passionné", raconte Antoine Goblet, militant de l'UPR dans le Nord, qui a rencontré plusieurs fois le premier homme politique qui lui donne réellement envie de voter. "J'étais assez impressionné. Il a une carrure, un parcours et quelque chose qui émane de lui, une stature qui vous fait penser que vous avez un chef de l'État qui se tient devant vous." Comme de nombreux adeptes, ce jeune fonctionnaire territorial a découvert François Asselineau sur Internet. "Un ami m'a dit d'aller voir ses conférences en ligne." 

Ces conférences, nombreuses, François Asselineau leur doit tout. "Je mélange la politique et Power Point pour faire de l'éducation populaire", résume le fondateur de l'UPR. Autrement dit, il expose ses thèses anti-construction européenne, explique comment la CIA finance le Front national ou pourquoi le logo de feu l'UMP est "traîtreusement américain". C'est long, la mise en scène est austère, et cela fait un carton : bien souvent, la barre des 50.000 vues est allègrement dépassée. Régulièrement, cela se compte en plusieurs centaines de milliers. "J'ai découvert ça de prime abord avec méfiance", reconnaît Antoine Goblet. "Et en fait, avec un peu de courage et de curiosité, ces analyses deviennent étonnantes. Au fur et à mesure qu'on découvre, on a le sentiment de récupérer les clefs de compréhension pour repérer le jeu politique français. Cela devient une véritable bouffée d'oxygène."

 

Je mélange la politique et Power Point pour faire de l'éducation populaire.
 

 

Comme lui l'a fait en 2014, près de 18.000 personnes ont adhéré à l'UPR, selon le décompte officiel du parti, qui se targue d'être le plus transparent en la matière. Elles viennent de droite comme de gauche, "majoritairement de gauche" même, précise François Asselineau. Et comme Antoine Goblet, nombreux sont les militants hyperactifs sur Internet. Sur les réseaux sociaux, ils dégainent plus vite que leur ombre lorsqu'un article parlant de leur candidat leur paraît mensonger. Le jeune homme, qui passe plusieurs heures dans les transports chaque jour pour rejoindre son lieu de travail, admet ainsi passer la majorité de ce temps libre sur Internet. "On a l'occasion d'interpeller les journalistes via Twitter, via Facebook. On en discute entre militants quand on tombe sur un article où, effectivement, il y a de la diffamation. On se dit qu'on irait bien contacter l'auteur."

Infatigables, ils tweettent, interpellent et versent parfois dans le harcèlement de journalistes politiques, qui ont tous ou presque reçu au moins une fois des messages très remontés (et très nombreux) d'anonymes excédés par le traitement médiatique réservé à leur champion. Ou, justement, l'absence de traitement médiatique. Mais les militants se défendent de toute stratégie encouragée par les instances dirigeantes du parti. "On s'organise à notre niveau, il n'y a pas de consignes", assure Antoine Goblet. "Je n'ai pas d'armée de l'ombre", confirme François Asselineau. Le colonel Régis Chamagne tempère quelque peu. "S'il se développe surtout de façon virale, le cybermilitantisme de l'UPR est parfois impulsé par le haut."

À l'UPR, tout le monde avance le même argument pour expliquer cette omniprésence sur Internet : c'est bien parce que les médias négligent le parti que ses militants et son président sont obligés d'investir la Toile. "Depuis dix ans, on n'a aucun écho, aucun relais médiatique. Il y a un sentiment d'injustice et beaucoup de militants qui sont agacés", explique Antoine Goblet. Selon lui, ce silence subi a renforcé la motivation des troupes. "Il y a vraiment de la ténacité, de l'envie, de l'enthousiasme à l'idée de faire découvrir les analyses irréfutables de François Asselineau."

 

Depuis dix ans, on n'a aucun écho, aucun relais médiatique. Il y a un sentiment d'injustice et beaucoup de militants qui sont agacés.
 

 

Des amateurs très bien rôdés

Il n'y a pas que sur Internet que les militants sont hyperactifs. Comme leurs collègues d'autres partis, ils tractent sans relâche sur les marchés. Et probablement plus que ceux d'autres partis, ils collent des affiches partout. "Comme on ne passait pas dans les médias, on a eu beaucoup de volontaires", raconte François Asselineau. L'UPR a investi 14.000 euros dans 200.000 affiches "de mauvaise qualité", comme l'admet le président lui-même, pour en recouvrir toutes les surfaces disponibles, notamment à Paris.

Leur nombre et leur engagement expliquent grandement comment François Asselineau a pu obtenir plus de 500 parrainages, lui qui avait plafonné à 17 signatures en 2012. "Je suis allé sur le terrain pour aller voir les maires, leur expliquer la situation", raconte Antoine Goblet, qui convient volontiers que ça n'a pas été facile. "Beaucoup d'élus locaux ne voulaient même pas nous recevoir. Mais quand on arrivait à avoir un rendez-vous, on s'est aperçus que beaucoup voulaient faire émerger des petits candidats pour enrichir le débat, au nom du pluralisme." La motivation des militants joue aussi. "Ce n'est pas pour le candidat que [j'ai donné mon parrainage] mais pour la personne qui est venue me le vendre", confie ainsi Serge Cardonne, maire d'une petite commune dans le Gers, à Franceinfo. "[François Asselineau] sait s'entourer de personnes qui savent convaincre." Jean-Pierre Valette, édile dans la Côte-d'Or, ne dit pas autre chose. "Ils se sont déplacés. C'est plus pour leur énergie que j'ai apporté mon parrainage."

 

Il veut tout contrôler et ne sait pas déléguer. Cela peut s'apparenter à de l'autoritarisme.
 

 

Autant de preuves, pour François Asselineau, que son parti fonctionne bien par la base. "Je ne suis pas derrière tout le monde. Il y a une effervescence collective." Pourtant, le président reste, quoi qu'il en soit, la clef de voûte. Celui par lequel tout passe et auquel il est très difficile de s'opposer. "Il a, comme tout le monde, les défauts de ses qualités. Il veut tout contrôler et ne sait pas déléguer", estime ainsi Régis Chamagne. "Cela peut s'apparenter à de l'autoritarisme." Le colonel s'est mis en retrait du bureau national du parti avant de le quitter définitivement en 2015. Il protestait à l'époque contre l'éviction d'un autre responsable, Yannick Hervé, exclu après avoir diffusé des messages à caractère antisémite sur son compte Facebook. "Il y a eu une campagne à charge d'Asselineau. À aucun moment Yannick Hervé n'a pu se défendre devant le Bureau national", dénonce Régis Chamagne.

Au final, cette verticalité est en totale adéquation avec la vision politique de François Asselineau. Lui qui se présente en nouveau de Gaulle, au-dessus des partis, ni de droite, ni de gauche, présente un programme entièrement centré sur sa personne et les prérogatives régaliennes d'un chef de l'Etat. "L'éducation, la santé, l'écologie, l'environnement, tout ça relève d'un programme pour les législatives, par pour la présidentielle", assène-t-il. Programme que l'UPR devra bien finir par présenter, puisque le parti a prévu d'investir 577 candidats à la députation. 

 
Lire la suite

Marche SS à Riga: L'Europe aime les nazis quand les nazis n'aiment pas la Russie. Par Karine Bechet Golovko.

18 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch

vendredi 17 mars 2017

 

Marche SS à Riga: L'Europe aime les nazis quand les nazis n'aiment pas la Russie

 
 
 
Alors que chacun jouait à se faire peur avant les élections aux Pays Bas, alors que l'on nous serine avec le danger que représente le Front national en France, l'Europe ne voit rien à redire lorsqu'une Marche célébrant la mémoire des légionnaires SS est organisée à Riga. Bref, comme on peut le lire de plus en plus souvent dans les réseaux sociaux russes: en principe l'Europe est contre les nazis, mais si les nazis sont contre les russes, alors l'Europe n'est pas contre. Toute l'hypocrisie d'une Europe décadente.
 

Riga organise chaque année une Marche en l'honneur de ses morts dans les bataillons SS de légionnaires. Voici en image:
 
 

 
Des manifestants antifascistes se sont fait arrêtés par la police:
 
 
 
Ainsi, environ 2000 personnes, des vétérans et des jeunes, viennent célébrer la mémoire de leurs héros, des SS. Dans le défilé ont pris part également des députés lettoniens, mais également des "collègues" venus d'Ukraine et d'Estonie.
 
Alors que le ministère russe des affaires étrangères est inquiet face à la normalisation dans l'espace européen de mouvements en soutien aux nazis et apelle la communauté internationale à réagir, le silence se fait dans les chancelleries occidentales. Elles sont beaucoup plus préoccupées à célébrer la victoire - sans surprise - de la démocratie européenne sur l'extrême droite aux Pays Bas ou bien à s'inquiéter des tweets de Marine Le Pen. 
 
Il est vrai que ces légions SS lettoniennes ne sont rien comparées à ce danger ... Elles furent simplement constituées sur le territoire lettonien occupé par les nazis et sous leur commandement. Elles comptaient jusqu'à 150 000 personnes, militaires ou policiers. Leurs exactions contre les populations civiles sont telles, qu'elles furent condamnés comme structure au procès de Nuremberg. Pourtant, leur popularité auprès du pouvoir balte est très fort. Ces individus sont reconnus comme ancien combattant et touchent en cette qualité une pension de retraite spéciale, qui n'est pas reconnue aux vétérans qui ont lutté contre le nazisme. Ce n'est pas l'allemand nazi qui est désigné comme occupant, mais le russe. Cette manière de réécrire l'histoire est très en vogue en Europe, ce qui est compréhensible lorsque l'on voit combien de pays se sont réellement battus contre les nazis, et elle est reprise par cette opposition russe dite libérale qui a table ouverte et garnie en Occident.
 
Ainsi, le seul site qui remette en cause le caratère nazi de cette manifestation est Meduza, dont voici le reportage:
 
 
Ils reprennent le discours habituel, ni nazis ni communistes, mettant sur le même pied Hitler et celui qui l'a vaincu, Staline et ainsi l'Allemagne nazie et l'ensemble de l'URSS, même si, étrangement, l'attaque ne vise que la Russie, une de ses composantes. Au fait, Staline était géorgien. Et quid du parti communiste en France alors? Il y a beaucoup d'incohérences dans cette démarche, incohérences qui montrent que le but est ailleurs.
 
Donc ces légionnaires ne seraient pas nazis, d'ailleurs certains le disent devant caméra, ils luttaient pour "la libération"  de leur pays. Et regrettent manifestement encore la défaite des nazis. Pendant ce temps-là, des slogans russophobes fusent et également antisémites. L'on voit des croix gammées, des saluts nazis, etc. Mais évidemment, ce ne sont pas des nazis. Comme nous pouvons le voir ici:
 
 
 
 
Pourquoi Meduza propage ce reportage alors? Parce que Meduza est un site en russe destiné à faire la propagande anti-russe dans les populations russophones. Il a été fondé en 2014 avec le soutien de M. Khodorkovsky et enregistré justement en Lettonie.
 
La boucle est bouclée. L'on retrouve ces individus qui toujours attendaient la "libération" par l'Allemagne civilisée depuis la chute de l'Empire russe, à chaque fois, cette libération d'eux-mêmes, de leur pays qu'ils détestent encore plus qu'ils ne se détestent. D'être nés en Russie et non ... à Paris. A la rigueur en Allemagne. Finalement le temps passe, les gens ne changent pas, n'apprennent pas. Ils n'ont toujours pas compris que sans l'armée rouge, ils ne seraient plus là pour en parler.
 
 
 
Lire la suite

Frexit, classe ouvrière et socialisme – par Georges Gastaud, PRCF.

17 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le socialisme

Frexit, classe ouvrière et socialisme – par Georges Gastaud

par , PRCF

La candidature de François Asselineau aux présidentielles a relancé le débat : faut-il « seulement » sortir de l’ et se fixer cet objectif limité, « raisonnable » et « réaliste », sans se soucier d’engager la rupture avec le capitalisme ? Faut-il au contraire viser « d’abord » la rupture avec le capitalisme, la sortie de l’, de l’euro et de l’OTAN intervenant chemin faisant et par-dessus le marché (si du reste elle intervient : car cela ne figure pas au menu des « Etats-Unis socialistes d’ » chers aux héritiers de Trotski…)? Ou bien encore, faut-il, comme le propose le PRCF, articuler une stratégie de «  progressiste » d’emblée articulée sur la rupture avec le capitalisme, c’est-à-dire en clair, orientée vers la révolution socialiste ? Et pour cela promouvoir à la fois l’objectif minimal d’une sortie de l’euro/UE/OTAN et l’objectif stratégique de la transformation socialiste de la France en les associant l’un à l’autre par le truchement d’un programme de transition révolutionnaire axé sur la défense de la paix, l’antifascisme, la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie, l’élargissement de la démocratie populaire et la recherche de coopérations internationales élargie à tous les continents ?

Sortir de l’UE sans rompre avec le capitalisme ?

Il est clair que la première réponse ne peut convenir à des révolutionnaires : le Brexit de droite promu par le parti UKIP et porté par Theresa May ne peut évidemment améliorer durablement le sort des ouvriers britanniques, pas plus que le protectionnisme retors affiché par D. Trump ou par son admiratrice Marine Le Pen n’est susceptible de remettre en selle les millions de cols bleus déclassés par les délocalisations… A moins bien sûr que la classe ouvrière anglaise, dans laquelle les thèmes anticapitalistes refont surface au grand dam des caciques travaillistes, ne réoriente le Brexit dans la bonne direction en retrouvant ses fières traditions combatives : mais dans ce cas, il faut modifier l’hypothèse examinée, car il ne s’agirait plus dès lors d’un Frexit de droite et que l’horizon d’une transformation socialiste de la Grande-Bretagne se dessinerait de nouveau…

Mais surtout, la situation française est telle que le Frexit ne peut être mené jusqu’au bout que sur des bases d’emblée populaires, progressistes et in fine, anticapitalistes. En effet, le MEDEF, le CAC-40, les banques « françaises », en un mot l’impérialisme « français »*, sont unanimement acquis à la « construction » européenne, à l’ « Union transatlantique », à la « reconfiguration du territoire national », tout cela s’opérant dans une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (comme y oblige le Traité de Maastricht) : ces orientations ont du reste été écrites noir sur blanc et mises en cohérence dans le manifeste-programme du MEDEF toujours en vigueur intitulé Besoin d’aire (déc. 2011). Qu’importe si ces orientations euro-atlantiques flamboyantes, destinées à obtenir aux oligarques « français » une place au soleil de la mondialisation germano-yankee, débouchent sur le déclassement massif des travailleurs industriels, de la paysannerie laborieuse, des artisans « ubérisés », sur l’humiliante éviction du français au profit du tout-anglais, sur les « coopérations renforcées » avec Berlin, voire sur la fusion des armées allemandes et françaises au sein de l’OTAN, en un mot sur le démontage final de l’Etat-nation qui constitue la feuille de route commune de MM. Gattaz, Macron et Fillon** ? Comme en outre le « Frexit » ne peut guère être porté avec esprit de suite par les « couches moyennes », fussent-elles « altermondialistes », qui hésitent toujours par nature entre le camp du capital (donc de l’UE) et celui du travail (72% des ouvriers ont voté non à l’euro-constitution en 2005 !), il ne reste que la classe ouvrière, et plus généralement, que la classe des travailleurs salariés, pour mener le Frexit jusqu’au bout et avec esprit de conséquence. Alors que le Parti Maastrichtien Unique (PS, LR, EM…) et ses satellites « euro-constructifs » (euro-écolos, euro-« communistes », euro-trotskistes***…) conduit (ou accompagnent en geignant) la casse des conventions collectives, des statuts, du code du Travail, des retraites par répartition, de la Sécu, des services publics, du secteur industriel nationalisé (notamment EDF) pilotés par Berlin/Bruxelles (faut-il d’ailleurs dire Bruxlin ou Berxelles ?), c’est bien pour sauver ses acquis sociaux, pour augmenter les revenus du travail, bref, pour vivre mieux, que la classe laborieuse doit, peut et veut de plus en plus s’extraire de ce broyeur d’acquis, de souverainetés, de libertés et de paix mondiale, qu’est depuis toujours l’UE de par l’essence même de ses traités et des forces de classe qui l’ont construite,.

La conclusion inévitable est donc que l’orientation sociale du Frexit, son contenu de classe (en clair, quelle classe sociale pilote-t-elle le Frexit et vers quel objectif socio-économique ?) est capitale pour sa réussite elle-même, qui ne peut évidemment se contenter de demi-mesures : à un moment, il faudra bien que la France ouvre la porte de l’euro-prison… et qu’elle la referme derrière elle ! Bien entendu, la sortie de l’euro-UE-OTAN ne peut suffire pour produire la rupture avec le capitalisme pas plus que l’envol d’une fusée à plusieurs étages ne garantit à lui seul que le satellite qu’elle porte à son faîte soit finalement placé correctement sur orbite. Comme disent les mathématiciens, le Frexit est la condition nécessaire, non la condition suffisante d’une sortie du capitalisme, et c’est bien par la sortie de l’UE qu’il faut commencer, à la fois parce qu’on ne peut pas sortir de son pays sans d’abord sortir de sa maison et parce que, de fait, l’idée de reconstituer conjointement l’indépendance nationale et le progrès social est bien plus rassembleuse pour commencer (mais la soif de liberté croît à mesure qu’on y goûte…) que les idées, aujourd’hui très minoritaires, de socialisation des moyens de production, de dictature du prolétariat et de marche vers la société sans classes (idées sans lesquelles le mot « socialisme » est vide de sens). Mais si ce que nous avons énoncé ci-dessus est exact (et nous attendons avec impatience une réfutation appuyée sur des faits !), la relation entre Frexit et rupture avec le capitalisme est bien plus complexe qu’une simple relation mécanique de condition nécessaire à condition suffisante dans laquelle la première se contenterait d’inclure la seconde comme une possibilité formelle. Car on ne peut tout bonnement pas « allumer » l’intérêt des masses populaires, principal support d’un Frexit véritable, allant au bout des choses, sans lier d’emblée ce Frexit à la renationalisation des entreprises privatisées, à la reconstruction de la protection sociale, à la réduction rapide des inégalités criantes, à la reconstruction résolue, menée tambour battant, du produire en France industriel et agricole, c’est-à-dire sans lier le Frexit à toute une série d’objectifs progressistes, antifascistes, anti-impérialistes, qui ne peuvent que heurter tous azimuts les intérêts capitalistes en accusant crûment la dimension de classe aiguë de la « construction européenne » et en marquant a contrario la dimension de classe révolutionnaire d’une sortie par la gauche de l’euro-prison.

Ce n’est nullement qu’il faille mettre la charrue avant les bœufs, à la manière des gauchistes, en réclamant magiquement, en dehors de tout rapport des forces concrets, « le socialisme tout de suite, sinon rien ! ». En effet, des orientations de ce genre, dans le cadre des rapports de forces idéologiques encore très marqués par le recul de la conscience de classe, ne sont que des incantations, des mots jetés au vent. En réalité, ce babillage « hyper-révolutionnaire » éloigne la classe ouvrière de ce qu’elle doit conquérir de toute nécessité pour effectuer pratiquement la révolution socialiste : le rôle dirigeant dans un vaste rassemblement populaire majoritaire capable d’isoler et de vaincre le grand capital maastrichtien. Au contraire, le babil gauchisant (les mots ne coûtent pas cher et le symbole de la révolution n’est pas le mégaphone impuissant du NPA mais l’alliance des producteurs signifiée par la faucille et par le marteau) isole le prolétariat et abandonne à des fractions de la moyenne bourgeoisie (UPR), voire de la grande (Le Pen), le drapeau de l’union populaire pour tirer la nation des griffes des oligarques. Ce n’est pas la sortie du capitalisme qui est le préalable au Frexit progressiste, car dire cela reviendrait à dire qu’il faut magiquement mettre le satellite sur orbite avant d’avoir fait décoller la « fusée » : mais c’est bien et bien le sens antifasciste, progressiste, ouvrier, populaire, anticapitaliste en un mot, du Frexit qui peut d’emblée allumer l’intérêt de dizaines de millions de « petites gens » ; et pas seulement l’attention de milliers d’intellectuels progressistes, si respectables soient-ils, pour une rupture franche, décidée, « carrée », avec l’UE. En conséquence, la sortie de l’UE/OTAN doit être d’emblée conjuguée à un programme positif et clairement anticapitaliste de progrès social et de nationalisations démocratiques qui permette rapidement aux travailleurs de respirer et de vivre mieux : sans quoi la contre-attaque des adversaires du FREXIT serait terrible, les masses travailleuses ne le défendront pas au moment critique et tout cela aboutira à court terme à atteindre l’objectif mal dissimulé de l’oligarchie : la liquidation pure et simple de la nation (cette dénationalisation ultime de la France figure déjà en filigranes dans le programme de Macron, l’homme du tout-anglais officialisé, de l’hyper-régionalisation, de l’ubérisation générale, du démontage rapide des protections sociales, de la « défense franco-allemande », etc.).

Contre-épreuve de cette démonstration positive : ni Debout la République ni le FN ne vont jusqu’au FREXIT « carré ». Non seulement le programme du FN est fort timide sur le plan social (la proposition-phare de rétablir la retraite à 60 ans est bidon puisque le FN ne supprimerait pas les 42 annuités et les décotes), mais il ne s’agirait même pas d’un Frexit de plein exercice. MLP ne propose en fait que « la sortie concertée de l’euro » (pas de sortie sans le feu vert d’Angela !), qu’un référendum sur l’UE (comme l’a fait David Cameron, et en se gardant de dire à l’avance ce qu’elle voterait elle-même). Dans la réalité, la « sortie de l’euro » servirait surtout de monnaie d’échange avec les LR dans le cas où le FN ayant conquis l’Elysée, il ne pourrait compter d’emblée sur une majorité de députés FN à l’Assemblée ; si bien qu’il aurait grand besoin pour gouverner des députés LR ou du moins, de leur partie la plus fascisante. Qui ne voit qu’alors le maintien (« provisoire », ben voyons !) de la France dans l’UE/euro, serait la condition du soutien au FN des LR du type « droite forte », le vrai but d’un éventuel bloc gouvernemental FNLR étant alors de « remettre la France en ordre », c’est-à-dire de briser la CGT, de mater les quartiers populaires, de renforcer et de militariser l’Etat policier… tout en demeurant bien sagement dans une pseudo-« Europe des nations » criminalisant le communisme, célébrant ses « racines chrétiennes » (et blanches) et trouvant de nouveaux arrangements impérialistes avec les USA (notamment contre la Chine et les Etats arabes).

Rompre avec le capitalisme sans sortir de l’UE ?

affiche du PRCF de 2005 pour le non à toute constitution européenne

Il est besoin de moins de mots pour réfuter la proposition euro-trotskiste, ainsi que les arguties pseudo-léninistes de certains groupes qui n’ont manifestement rien compris au 7ème Congrès de l’Internationale communiste ainsi qu’au rapport qu’y prononça Dimitrov, le secrétaire général de l’IC fraichement arraché aux geôles hitlériennes. Qui ne voit que refuser de faire campagne sur la sortie de l’UE dans la perspective d’emblée proclamée d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme, c’est, de fait, protéger à la fois l’UE… et le capitalisme ? Qu’importe aux capitalistes que de braves Besancenot, Poutou et autre Nathalie Arthaud s’époumonent aux cris de « à bas le capitalisme ! », et « révolution immédiate », « internationale » et même « permanente » (ce que, soit dit en passant, le trotskisme promet depuis 100 ans sans l’esquisse d’un début de réalisation, et pour cause…). Quand on coupe d’emblée l’objectif de la révolution prolétarienne de toutes les luttes démocratiques, patriotiques et antifascistes (car tous ces milieux minimisent, voire nient la fascisation galopante et la nécessité d’une large mobilisation spécifique contre elle), de la défense de la paix contre l’impérialisme (car les mêmes renvoient dos à dos l’impérialisme US agresseur et, qui « le régime russe », qui « la dictature chinoise », qui « le régime de Damas », qui le Venezuela bolivarien…), de la défense du « produire en France » (considéré comme étant d’essence xénophobe alors qu’il est la condition vitale pour que la classe ouvrière, française et immigrée, ne finisse pas massivement déclassée en « plèbe » de type romano-impérial), de la sauvegarde des langues nationales (car sans doute c’est une « ouverture internationaliste » que de laisser l’impérialisme américain imposer partout SA langue et SA « culture » pourrie par le fric !) et de la souveraineté des peuples, comment veut-on que le socialisme puisse prendre corps dans de véritables luttes de masse, comme ce fut invariablement le cas lors des Révolutions chinoise, cubaine, vietnamienne, sans parler de la Révolution d’octobre accomplie sous le drapeau de la paix pour tous et de la terre aux paysans ? Comment veut-on, tout bonnement, catalyser le « tous ensemble » nécessaire pour stopper l’offensive antisociale si l’on nie le cadre national lui-même, ou si l’on refuse de voir combien la « construction européenne » peut – à la manière de critères de convergence au négatif – fédérer les luttes contre les privatisations (travailleurs du public), les délocalisations (travailleurs du privé), l’ubérisation, etc. ? Etranges « matérialistes marxistes » qui, sous couvert de maximalisme verbal, refusent en fait de construire le Front antifasciste, patriotique, populaire et écologique qui peut unir autour des travailleurs l’ensemble des couches populaires et moyennes pour isoler le capital financier, état-major du mode de production capitaliste, et préparer ainsi dans les actes les conditions du renversement général de la classe capitaliste ? Exiger mille fois la lune sans jamais construire la fusée, pire, harceler en permanence ceux qui essaient de construire ladite fusée sans oublier de placer à sa cime le « spoutnik » révolutionnaire, c’est se conduire en mouches du coche, ce meilleur allié, non pas du « petit cheval rouge » qui s’efforce de tracter la charrette, mais de la pente contre-révolutionnaire, qui tire en continu la charrette vers le bas, vers la défaite et le découragement. Pire que pire, abandonner à la réaction le drapeau de la Nation – issu d’une des plus grandes révolutions de l’histoire s’agissant de la France ! -, la Marseillaise (un hymne appelant le peuple à s’armer !), la langue française (porteuse d’un héritage frondeur qui va au minimum de François Villon à Aimé Césaire en passant par Hugo !), voire le produire en France, base d’existence matérielle du prolétariat, c’est abandonner la classe ouvrière au fascisme. C’est ce que n’ont pas craint de faire certains faux communistes qui expliquaient encore il y a peu aux ouvriers raffineurs, épicentre de la lutte contre la Loi Travail, qu’il ne serait pas si grave que certaines raffineries françaises fussent délocalisées dans le tiers-monde « puisque tous les travailleurs sont frères » ? Que dire de ces « généreux » individus qui font de l’internationalisme pseudo-prolétarien sur le dos des ouvriers du « nord » jetés à la rue pour que MM. les capitalistes gagnent encore plus d’argent sur le dos des prolétaires du Sud… tout en aggravant sans cesse les conditions de vie de tout le monde ?

 Le seul « argument », mille fois réfuté déjà – mais il n’est pire sourd que qui refuse d’entendre ! – de l’anti-« frexisme » pseudo-révolutionnaire est alors de dire à ceux qui veulent construire une République sociale rompant avec l’UE et en route vers la révolution : « vous êtes d’affreux « étapistes », vous voulez une « démocratie avancée » éludant la révolution, pis, vous voulez refaire le « honteux » compromis historique de 1945 qui a vu des ministres communistes (Thorez, Croizat, Paul, Tillon, excusez du peu…) intégrer un gouvernement présidé par de Gaulle au lieu de lancer bille en tête les FTP et les « milices patriotiques » à la conquête du pouvoir d’Etat (avec l’armée américaine sur le territoire ? Et en prenant le risque irresponsable d’un affrontement mondial immédiat entre les USA, nouvellement doté de l’arme atomique, et l’URSS, victorieuse de Hitler au prix de trente millions de morts ? Notons d’abord que le bilan des ministres communistes de 45-47 n’a rien de honteux. Au contraire, il est proprement glorieux et il a apporté au peuple français ses plus grandes conquêtes depuis 1793 : nationalisation de Renault, d’EDF-GDF, de l’Aéronautique (SNECMA) et des Charbonnages de France, création comités d’entreprise, fondation du CEA et relance du CNRS, rénovation démocratique de l’école, code du travail, droit de vote des femmes, justice spécifique pour les mineurs, généralisation des conventions collectives, statut du mineur et du fonctionnaire, retraites par répartition et, cerise sur le gâteau, Sécurité sociale remboursant les soins médicaux à 100%… Qui dit mieux en l’espace de deux ans de présence combative au gouvernement ? Et qui ne voit, puisque l’on accuse les défenseurs du CNR de « passéisme », que la défense de tous ces « conquis » est au cœur des luttes actuelles où s’affrontent les défenseurs de l’UE et les partisans de nouveaux « Jours heureux » réconciliant démocratie, progrès social et indépendance nationale ?

Mais surtout, ce sont les sectaires et les dogmatiques du « socialisme tout de suite, sinon rien ! », qui télescopent les époques. En guise d’épouvantail réformiste, ils s’inventent en effet une « étape » démocratique, un « compromis historique », une sorte de « troisième voie » interminable entre capitalisme et socialisme qui résulterait selon eux de la stratégie de Frexit progressiste. L’auteur de ces lignes a cent fois expliqué que, précisément, les époques sont différentes. En 45, un compromis historique était possible à l’international (Yalta) et à l’échelle nationale (France, Italie, Belgique…), non seulement pour des raisons de rapport des forces, non seulement parce qu’un objectif de classe non négligeable était d’empêcher Washington de mettre la France sous tutelle directe (AMGOT, monnaie américaine). C’est déjà pour contrer cet objectif antinational que le PCF clandestin s’était rapproché de de Gaulle, isolant ainsi le général Giraud, la marionnette maladivement anticommuniste et néo-pétainiste que voulaient imposer Londres et Washington. A l’époque, un courant politique de masse comme le gaullisme était encore historiquement possible : ce courant, certes bourgeois et impérialiste, pouvait alors « naviguer » entre les deux Grands issus de la guerre, l’américain et le soviétique, pour permettre à la France capitaliste, sortie très affaiblie de la guerre, de tirer son épingle du jeu sur le plan international (en clair, de tenir en respect les Anglo-Saxons tout en restant dans le camp capitaliste). La mission de classe du gaullisme était aussi de préparer les fusions monopolistes qui, à l’époque, devaient alors encore s’opérer principalement à l’échelle nationale. Bref, la grande bourgeoisie – qui n’a jamais été réellement patriote, ni même gaulliste, et qui ne le sera jamais, sa seule patrie étant son tiroir-caisse – pouvait alors miser conjoncturellement sur un courant bourgeois patriotique légitimé par la « France libre ». Et bien sûr elle était aussi forcée de le faire parce que le courant patronal collabo était sorti discrédité de la défaite commune de Hitler et de Pétain. Et ce fut la mission principale du pouvoir gaullo-pompidolien, entre 1958 et 1974, que de constituer avec l’aide de l’Etat ces géants financiers et industriels nationaux que furent Rhône-Poulenc, la BNP, Péchiney-Ugine-Kulhmann, Schneider-Creusot-Loire, etc.

Or cette ère « nationale » de la grande bourgeoisie hexagonale est pour l’essentiel révolue pour deux raisons.

Parce que l’URSS est tombée, que les nouveaux rapports de forces entre puissances capitalistes ont globalement desservi l’impérialisme français à l’avantage des USA et de l’Allemagne « unifiée », codirigeants de l’UE libre-échangiste, antirusse et re-colonisatrice des pays de l’Est. Il y a donc moins d’espace géopolitique pour un néo-bonapartisme gaullien (au sens que Marx donne au mot « bonapartisme » dans son 18 Brumaire de Louis Bonaparte) naviguant entre l’Est et l’Ouest. Mais il y avait aussi bien moins d’espace « intérieur » pour des fusions monopolistiques purement nationales : à l’heure de la mondialisation américaine et de l’Europe allemande, la concentration capitaliste s’opère en effet au minimum à l’échelle continentale et transcontinentale : Renault-Nissan, PSA/Opel, Alsthom/General Electrics, France-Télécom/ « Orange », etc. D’où le « besoin d’aire » de l’oligarchie patronale « française » (dans le temps on osait dire : « espace vital » ou « Lebensraum »). D’où la germanophilie mâtinée d’atlantisme de « notre » bourgeoisie profondément honteuse de ce qui fait notre fierté, les acquis sociaux, et qu’elle nomme dédaigneusement l’ « exception française ». D’où le basculement des oligarques et de tous les snobs qui la courtisent à l’English Mother Tongue (l’anglais langue maternelle). D’où ce couple morbide que forment la xénophobie d’Etat et de l’auto-phobie nationale dont nous avons révélé les racines de classe dans un autre article. Si bien qu’aujourd’hui, si les bases d’une union du peuple de France formée contre le grand capital et centrée sur la classe travailleuse existent plus que jamais (ce que le PRCF nomme le FR.APPE), les bases d’un compromis historique « national » du type de celui qui se forma très brièvement en 1945, où le rôle dominant était tenu par le Général, et dont le socialisme n’était pas l’objectif à court terme, se sont effilochées. Aujourd’hui, la reconstitution des acquis sociaux du CNR et la sortie connexe de l’UE atlantique qu’impose cette reconstitution ne pourraient conduire qu’à de rapides et brutaux affrontements de classes entre le bloc populaire conduit par la classe ouvrière et le bloc maastrichtien de plus en plus fascisant conduit par l’oligarchie hexagonale et par ses alliés extérieurs (notamment, l’Axe Washington-Berlin). Ainsi, non seulement le Frexit progressiste n’ajournerait pas sine die le socialisme pour la France, mais – si les communistes et les syndicalistes de classe jouent vraiment leur rôle – il rapprocherait au contraire, de manière concrète et sur des bases de masse, la « lutte finale » entre capital et travail, entre capitalisme et socialisme.

En en mot, ceux qui ne voient, à droite « que » la sortie neutre,  « raisonnable », comme dit M. Dupont-Aignan, de l’euro-destruction nationale et ceux qui, « à gauche » refusent d’affronter l’UE sous couvert de « socialisme tout de suite sinon rien », commettent la même erreur antidialectique. Incapables de voir les choses dans leur dynamique et leurs interactions dialectiques, il refusent de voir que :

  • le Frexit lui-même nécessite – pour être mené jusqu’au bout, la rupture effective avec l’euro-UE-OTAN – d’être porté par un programme franchement progressiste de transition révolutionnaire, donc par un parti communiste centré sur le monde du travail et associant le drapeau rouge au drapeau tricolore ; bref le contraire du « ni droite ni gauche » de plusieurs groupes souverainistes actuels qui croient ainsi sortir du « système » alors même que ledit système fait tout pour mettre en place un second tour Le Pen/Macron qui oblitèrerait la vieille opposition du camp réactionnaire et du camp progressiste. Alors que notre tâche est de faire à nouveau coïncider camp progressiste, camp capitaliste et camp anti-UE (comme à l’époque où existait un vrai PCF).
  • la dynamique du Frexit devra, pour gagner, pour ne pas être rapidement balayée par les forces euro-atlantiques internes et externes, s’appuyer sur une dynamique de classe dont le terme sera, soit le socialisme, soit l’euro-dissolution de la France et la fascisation de l’Europe occidentale ; car sans cette orientation violente, la classe dominante ne saurait durablement imposer ce viol sanglant des peuples que serait la création de l’Empire euro-atlantique sur la ruine des Etats-nations nés de la Révolution française, de l’insurrection nationale grecque contre les Ottomans, du Printemps des peuples de 1848 et du Risorgimento italien. Plus que jamais patriotisme républicain et internationalisme prolétarien de nouvelle génération convergent tant il est vrai que, pour parachever la mise en place de l’Empire euro-atlantique ultraréactionnaire, il est nécessaire de liquider le pays de la Révolution jacobine comme a déjà été liquidé l’Etat hérité de la Révolution bolchévique.

C’est pourquoi concrètement les militants communistes doivent tout à la fois saisir les occasions de faire germer « en bas » l’alliance euro-critique, anti-FN et anti-OTAN du drapeau rouge et du drapeau tricolore (tel est le sens de l’appui critique, mais franc et dynamique, que le PRCF apporte à la candidature Mélenchon), de déployer l’unité d’action communiste, de promouvoir un programme communiste commun de Frexit progressiste. Ce pourquoi il faut s’adresser, non aux euro-trotskistes qui protègent « de gauche » la « construction européenne », non aux souverainistes de droite qui combattent les communistes ou qui veulent les mettre à la remorque, mais à la classe ouvrière, aux syndicalistes de classe, aux patriotes antifascistes, à tous ceux qui acceptent les « deux drapeaux » en rejetant catégoriquement l’oriflamme bleu marine et le drapeau impérial de l’UE atlantique. Ainsi remettra-t-on définitivement « le monde du travail au centre de la vie nationale », comme le prescrivait le programme du CNR intitulé Les Jours heureux.


* cette réalité n’en est pas moins une contradiction dans les termes : ce qui ne surprendra pas les dialecticiens !

** Et aussi, en réalité, de B. Hamon, lequel est, soit bien naïf, soit suprêmement rusé…

***nous disons « euro-trotskistes » car apparemment, il existe aussi désormais en France, des militants de tradition trotskiste qui sont opposés à l’UE : tant mieux évidemment.

Georges Gastaud est auteur notamment de

  • Lettre ouverte aux bons français qui assassinent la France, Le Temps des Cerises, 2005
  • Patriotisme et Internationalisme, 2010, edition du CISC
  • Marxisme et Universalisme, Classes, Nations, Humanité, 2015, Delga
  • Lumières Communes, Traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique, 2016, Delga
  • Mondialisation capitaliste et projet communiste, Le temps des cerises, 1997
Lire la suite

Voter, pour quoi faire ? Par Bruno Guigue.

16 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Macron

Excellente analyse de Bruno Guigue relative aux candidatures et programmes divers

 

A noter que le seul vote permettant de réaffirmer le non populaire contre le coup d'état perpétré en 2008 ( référendum populaire bafoué par N.Sarkosy et le congrès réuni à Versailles ) à la constitution européenne

 

c'est de voter contre l'UE, contre l'euro, contre l'Otan, pour la souveraineté du peuple français sans laquelle il ne saurait y avoir de démocratie

 

Actuellement, le président de la "république française" n'est que l'exécutant des décisions de l'UE (commission européenne non élue)

Le peuple français est totalement dépossédé de toute souveraineté

 

Non à l'UE mai2005/Frexit 2017

 

------------------------------

 

 

Voter, pour quoi faire ?

Bruno GUIGUE

Voter le 23 avril, pour quoi faire ? Si les élections servaient vraiment à quelque chose, disait Coluche, il y a longtemps qu’on les aurait interdites. Avant d’aborder les enjeux du futur scrutin, il faut sans doute en passer par cette cure de réalisme. Car, on le sait d’expérience, il n’y a pas grand-chose à espérer des élections, elles ont rarement changé le cours des événements, et elles se résument souvent à un rituel où le peuple s’imagine qu’il a le choix. Cette illusion de la démocratie formelle est entretenue par ceux qui en tirent bénéfice, le simulacre électoral ayant pour principal effet de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

A la limite, le processus électoral pourrait passer pour un acte de souveraineté si les dés du jeu politique n’étaient pas pipés. Il exprimerait la volonté du peuple si cette volonté pouvait se formuler, librement, au terme d’une délibération collective digne de ce nom. On peut toujours rêver qu’il en soit ainsi, mais ce n’est pas le cas. Les médias de masse sont les larbins du capital, le débat démocratique s’apparente aux jeux du cirque et la confrontation des idées est dénaturée par les intrigues politiciennes. Dans ces conditions, la question se pose : faut-il céder, une fois de plus, le 23 avril, au fétichisme du bulletin de vote ?

On dira aussi, à juste titre, que c’est le mouvement populaire, et non le scrutin électoral, qui a arraché les principales avancées collectives qui ont fait de la France un pays doté d’un indice de développement humain élevé. C’est vrai. Sans les grèves massives et les occupations d’usines de 1936 et 1968, la condition des couches populaires serait pire. Sans la démonstration de force de la classe ouvrière organisée, dans ce grand moment fondateur que fut la Libération, nous n’aurions ni sécurité sociale, ni services publics, ni droits des travailleurs.

Or sa puissante volonté de changement, dans ces circonstances historiques, le peuple l’a également manifestée dans les urnes. Avec un PCF à 28%, en 1945, le rapport de forces était favorable. Le patronat collabo rasait les murs, la droite était aux abois, Maurice Thorez était vice-président du conseil et l’ouvrier Ambroise Croizat, ministre communiste, créa la “Sécu”. Présidé par De Gaulle, ce fut le meilleur gouvernement que la France aie connu. Il accomplit les réformes de structure dont le pays avait besoin, ces mêmes réformes qui subissent les assauts des forces réactionnaires depuis un quart de siècle.

En accompagnant le mouvement des masses, il arrive donc que le vote lui donne une traduction politique. On peut toujours vanter les charmes du spontanéisme (il a sa noblesse), on peut dénoncer la mascarade électorale, mais s’abstenir au moment crucial revient à laisser l’adversaire dicter ses conditions. Voter ou ne pas voter, au fond, c’est surtout une affaire de circonstances, de conjoncture politique. La question n’est donc pas : faut-il s’abstenir aux élections ? Elle est plutôt : en s’abstenant le 23 avril, obtiendra-t-on un résultat plus intéressant qu’en allant voter ?

Comme disait Yvon Gattaz, père et prédécesseur de l’actuel président du MEDEF dans les années 70, on ne fait pas la même politique économique et sociale avec un PC à 10% et un PC à 25%. Si nous en doutons parfois, les détenteurs de capitaux, eux, le savent bien. Une élection n’est jamais qu’un moment d’un processus plus vaste, et même si l’essentiel se joue ailleurs, elle contribue à cristalliser un rapport de forces. En appliquant cette maxime patronale à la situation actuelle, on voit bien qu’un vote significatif en faveur de la « France insoumise » ferait peser la balance du bon côté. Car le programme de Jean-Luc Mélenchon, certes, n’a rien de révolutionnaire, sans mouvement social il est voué à l’échec, mais il ouvre des perspectives intéressantes.

A y regarder de près, c’est le seul programme qui entend consolider les défenses immunitaires de ceux qui vivent modestement de leur travail, qu’ils soient ouvriers, employés, artisans, paysans, fonctionnaires, chômeurs ou retraités. Ce n’est pas un programme communiste, loin de là, mais un projet keynésien de gauche, à contenu fortement redistributif, qui associe relance par la demande, investissement public et rétablissement des droits sociaux. Son financement au moyen d’une réforme fiscale audacieuse, à rebours des pratiques libérales, en fait un programme socialement progressiste.

Là où le bât blesse, c’est que ce projet n’est réalisable qu’en dehors de la zone euro, voire de l’UE, et que le candidat ne le dit pas clairement. Selon lui, le plan A consistera à renégocier le contenu des traités européens et on appliquera le plan B (sortie de l’UE) si cette négociation échoue. Or il faudrait parvenir à s’extraire du monde réel pour parier sur le succès d’une telle négociation. Elle supposerait en effet que 26 Etats, subitement, se mettent à satisfaire les demandes françaises. Cette fausse alternative est donc une erreur, car elle brouille le message du candidat et entretient le doute sur ses intentions.

Cette ambiguité est d’autant plus regrettable que Jean-Luc Mélenchon se réclame à juste titre d’un « indépendantisme français » et préconise la rupture de la France avec l’OTAN. Contrairement à MM. Fillon, Macron et Hamon, il prend au sérieux l’héritage gaullien, il milite pour une diplomatie souveraine et stigmatise le suivisme d’un François Hollande qui a mis la France à la remorque des intérêts américains. En refusant de prôner explicitement le Frexit, la « France insoumise », par conséquent, manque de cohérence politique.

Sur ce plan, c’est François Asselineau qui a raison. On ne peut restaurer la souveraineté nationale – condition expresse de la souveraineté populaire – qu’en rompant les amarres avec l’OTAN et avec l’UE. Il faut sortir de l’OTAN, cette machine de guerre dont la raison d’être est de servir les ambitions impérialistes de Washington. Mais il faut aussi rompre avec l’UE, car la fonction de cette instance supranationale est de soustraire la politique économique à la délibération démocratique. Ni plan A, ni plan B. La seule réponse, c’est le Frexit. Et le seul moyen d’y parvenir, c’est le référendum.

Marine Le Pen, dira-t-on, veut aussi restaurer la souveraineté nationale. Mais son programme renoue avec l’ADN droitier du FN dès qu’il s’agit d’expliquer ce qu’on entend faire, une fois au pouvoir, de cette souveraineté rétablie. Son programme n’inclut ni redistribution des revenus, ni nationalisation des banques, ni contrôle des mouvements de capitaux, ni rien qui fâche de près ou de loin les possédants. Le rétablissement du franc ne manque pas de panache, mais ce changement restera purement cosmétique s’il ne s’accompagne de réformes de structures. Marine Le Pen n’en a prévu aucune. Pas plus qu’il ne conteste les hiérarchies sociales, le FN n’entend faire plier les puissances d’argent.

Comme l’expérience l’a montré, le FN prétend défendre les travailleurs, mais il les abandonne en chemin lorsque l’oligarchie s’attaque à leurs droits. Lors des grèves contre la Loi-Travail, Mme Le Pen réclamait l’intervention de la police contre les grévistes. Si elle est élue, le discours à tonalité sociale de Florian Philippot ne résistera pas deux mois. Il est stupide de qualifier ce projet de fasciste. En fait, c’est un projet banalement réactionnaire. On ne peut mener une politique progressiste qu’en sortant de l’UE, c’est vrai. Mais ce n’est pas parce qu’on veut sortir de l’UE qu’on va mener une politique progressiste !

Son discours monomaniaque contre l’immigration, bien sûr, offre au FN une rente de situation électorale. Comme s’il suffisait de mettre fin aux flux migratoires pour créer des emplois, le FN répète cette formule magique comme un mantra. Caresser dans le sens du poil l’islamophobie ou la xénophobie ambiante, toutefois, ne fait pas une politique. On se demande si ses électeurs croient vraiment aux fabuleuses économies que permettrait de réaliser la suppression de la prétendue facture migratoire, tant la ficelle est grosse. Pour séduire l’électorat populaire, en tout cas, le parti a besoin d’entretenir cette mythologie vieille comme le monde.

Du coup, non seulement il oppose les Français entre eux, mais il les berne en leur faisant croire qu’il y a un trésor de guerre, quelque part, dont il suffirait de se saisir. La stratégie du bouc-émissaire, chez Le Pen, est à double emploi. Elle fournit un dérivatif aux hantises et aux frustrations des victimes de la mondialisation. Mais, en même temps, elle masque les incohérences d’un projet qui entend redistribuer aux ouvriers sans toucher aux intérêts des possédants. La mono-causalité immigrée réconcilie tout le monde ! Véritable martingale, elle permettra d’augmenter les salaires tout en baissant les charges, et de financer de nouvelles dépenses régaliennes sans augmenter les impôts sur les riches.

Cette quadrature du cercle lepéniste, au fond, est la figure inversée du cercle carré des eurobéats (Macron, Fillon, Hamon) qui veulent perpétuer à tout prix la tutelle des marchés sur les Etats. Marine Le Pen veut la souveraineté sans la redistribution tout en prétendant le contraire, ce qui est à la fois incohérent et réactionnaire. M. Fillon, lui, ne veut ni la souveraineté ni la redistribution, ce qui est à la fois cohérent et réactionnaire. M. Hamon veut la redistribution mais pas la souveraineté, ce qui est absurde. M. Macron veut tout et son contraire, et d’ailleurs il se moque des programmes. M. Mélenchon veut la redistribution, mais il devra imposer la souveraineté (plan B) pour y parvenir. Car une chose est sûre : les marchés ne lui offriront pas l’opportunité de temporiser.

Bruno GUIGUE

URL de cet article 31630
https://www.legrandsoir.info/voter-pour-quoi-faire.html

Bruno GUIGUE

04/03 Quand la démocratie dégénère en bouffonnerie

23/02 Benoît Hamon, voiture-balai d’un PS vermoulu

20/02 La famine, arme des forts contre les faibles

17/02 Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité

Lire la suite

La révolution syrienne qui n’existait pas. Par Stephen Gowans. Partie III. (Fin)

13 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme

La révolution syrienne qui n’existait pas

 

 

 

Par Stephen Gowans, le 22 octobre 2016

Source : What’s Left

Traduction : Le Saker Francophone

La révolution syrienne qui n’existait pas. Par Stephen Gowans. Partie III. (Fin)

Notes

  1. Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, 4 février, 2011
  2. Rania Abouzeid, The Syrian style of repression : Thugs and lectures, Time, 27 février 2011
  3. Rania Abouzeid, Sitting pretty in Syria : Why few go backing Bashar, Time, 6 mars 2011
  4. Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, March 6, 2011
  5. Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, 6 mars 2011
  6. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  7. Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ?, Time, 9 avril 2011
  8. Robert Fisk, Welcome to Dera’a, Syria’s graveyard of terrorists, The Independent, 6 juillet 2016
  9. Le président Assad à la chaîne de télévision ARD : « Les terroristes ont rompu l’accord de cessation des hostilités dès la toute première heure, l’Armée syrienne s’est abstenue de prendre des mesures de représailles », SANA, 1er mars 2016
  10. Ibid.
  11. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  12. Rania Abouzeid, Arab Spring : Is a revolution starting up in Syria ?, Time, 20 mars 2011 ; Rania Abouzeid, Syria’s revolt : How graffiti stirred an uprising, Time, 22 mars 2011
  13. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  14. Rania Abouzeid, Arab Spring : Is a revolution starting up in Syria ?, Time, 20 mars 2011
  15. Thousands march to protest Syria killings, The New York Times, 24 mars 2011
  16. Rania Abouzeid, Assad and reform : Damned if he does, doomed if he doesn’t, Time, 22 avril 2011
  17. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  18. Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, 4 février 2011
  19. Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011
  20. Alfred B. Prados and Jeremy M. Sharp, Syria : Political Conditions and Relations with the United States After the Iraq War, Congressional Research Service, February 28, 2005
  21. Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011
  22. Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011
  23. Syrie : un autre éclairage du conflit qui dure depuis 5 ans, BeCuriousTV, May 23, 2016, http://www.globalresearch.ca/syria-aleppo-doctor-demolishes-imperialist-propaganda-and-media-warmongering/5531157
  24. Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011
  25. Jay Solomon, To check Syria, U.S. explores bond with Muslim Brothers, The Wall Street Journal,July 25, 2007
  26. Ibid.
  27. Liad Porat, The Syrian Muslim Brotherhood and the Asad Regime, Crown Center for Middle East Studies, Brandeis University, December 2010, No. 47
  28. Ibid.
  29. http://www.judicialwatch.org/wp-content/uploads/2015/05/Pg.-291-Pgs.-287-293-JW-v-DOD-and-State-14-812-DOD-Release-2015-04-10-final-version11.pdf
  30. Alfred B. Prados and Jeremy M. Sharp, Syria : Political Conditions and Relations with the United States After the Iraq War, Congressional Research Service, February 28, 2005.
  31. Anthony Shadid, Security forces kill dozens in uprisings around Syria, The New York Times, April 22, 2011
  32. Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011
  33. Fabrice Balanche, The Alawi Community and the Syria Crisis, Middle East Institute, May 14, 2015
  34. Anthony Shadid, Syria broadens deadly crackdown on protesters, The New York Times, May 8, 2011
  35. Rania Abouzeid, Meet the Islamist militants fighting alongside Syria’s rebels, Time, July 26, 2012
  36. Rania Abouzeid, Interview with official of Jabhat al-Nusra, Syria’s Islamist militia group, Time,Dec 25, 2015
  37. Robert Fisk, Syrian civil war : West failed to factor in Bashar al-Assad’s Iranian backers as the conflict developed, The Independent, March 13, 2016
  38. Anthony Shadid, Syria broadens deadly crackdown on protesters, The New York Times, May 8, 2011
  39. Nada Bakri, Syria allows Red Cross officials to visit prison, The New York Times, September 5, 2011
  40. Nada Bakri, Syrian opposition calls for protection from crackdown, The New York Times, October 25, 2011
  41. President al-Assad to Portuguese State TV : International system failed to accomplish its duty… Western officials have no desire to combat terrorism, SANA, March 5, 2015
  42. Patrick Seale, Syria’s long war, Middle East Online, September 26, 2012
  43. Ibid.
  44. Rania Abouzeid, Sitting pretty in Syria : Why few go backing Bashar, Time, March 6, 2011
  45. Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, March 6, 2011
  46. Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011
  47. Anthony Shadid, Security forces kill dozens in uprisings around Syria, The New York Times, April 22, 2011
  48. Ben Fenton, Macmillan backed Syria assassination plot, The Guardian, September 27, 2003
  49. Robert Fisk, Conspiracy of silence in the Arab world, The Independent, February 9, 2007
  50. Robert Dreyfus, Devil’s Game : How the United States Helped Fundamentalist Islam, Holt, 2005, p. 205
  51. William R. Polk, Understanding Syria : From pre-civil war to post-Assad, The Atlantic, December 10, 2013
  52. Dreyfus
  53. Dreyfus
  54. William R. Polk, Understanding Syria : From pre-civil war to post-Assad, The Atlantic, December 10, 2013
  55. Quoted in Nikolas Van Dam, The Struggle for Power in Syria : Politics and Society under Asad and the Ba’ath Party, I.B. Taurus, 2011
  56. Patrick Cockburn, Confused about the US response to Isis in Syria ? Look to the CIA’s relationship with Saudi Arabia, The Independent, June 17, 2016
  57. National Security Strategy, February 2015
  58. Robert Baer, Sleeping with the Devil : How Washington Sold Our Soul for Saudi Crude, Three Rivers Press, 2003, p. 123
  59. US State Department website. http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/3580.htm#econ. Accessed February 8, 2012
  60. The National Security Strategy of the United States of America, September 2002
  61. National Security Strategy, February 2015
  62. The National Security Strategy of the United States of America, March 2006
  63. Henry Fountain, Researchers link Syrian conflict to drought made worse by climate change, The New York Times, March 2, 2015
  64. Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, February 4, 2011
  65. Jonathan Steele, Most Syrians back President Assad, but you’d never know from western media, The Guardian, January 17, 2012
  66. Full transcript : Classic video interview with Comrade Ghassan Kanafani re-surfaces, PFLP, October 17, 2016, http://pflp.ps/english/2016/10/17/full-transcript-classic-video-interview-with-comrade-ghassan-kanafani-re-surfaces/

 

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>