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Le blog de Lucien PONS

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Pétition - Santé. Le Docteur Alain Joseph à la ministre de la santé Agnès Buzyn: L’aluminium dans les vaccins : expliquez-vous Madame la Ministre ou démissionnez !

21 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #La santé

Pétition - Santé

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Pétition : L’aluminium dans les vaccins : expliquez-vous Madame la Ministre ou démissionnez !

L’aluminium dans les vaccins : expliquez-vous Madame la Ministre ou démissionnez !

Auteur : Docteur Alain Joseph

Créé le 17/09/2017  

 

À l'attention : de Agnès Buzyn, Ministre de la Santé

Madame Agnès BUZYN, vous persistez à vouloir vacciner des enfants contre 11 maladies et vous ne tenez compte d'aucune mise en garde de médecins compétents. Vous persistez à dire (comme les laboratoires qui vendent les vaccins), que l'adjuvant à base d'aluminium n'a aucun effet secondaire et vous faites fi des travaux de chercheurs reconnus dans leur domaine, tel Monsieur le Professeur Romain GHIRARDI, qui prouvent que l'aluminium des vaccins est responsable de la Myofasciite à macrophages.

Cette négation de faits scientifiques prouvés par des chercheurs indépendants qui ne sont pas du tout des "antivaccins" bafoue le Principe de Précaution. Quelle est la raison qui vous pousse à les ignorer ? Pourquoi madame la Ministre voulez-vous imposer des vaccins à l'aluminium qui sont dangereux ?
Nous savons que vous avez longtemps travaillé pour l'industrie pharmaceutique. La suspicion de conflits d'intérêts est donc très forte.

Nous ne pouvons pas accepter une telle situation et demandons l'ouverture rapide d'une enquête sérieuse. Que ce soit les "provaccins" ou les "antivaccins", personne ne peut y trouver à redire puisque cette recherche de conflits d'intérêts ne peut qu' éclaircir le débat et ne met pas en cause le principe même de la vaccination. 

Vous qui allez signer cette pétition, prenez la peine de visionner les deux liens joins à celle-ci.
Je sais que vous connaissez ces témoignages Madame la Ministre, pourquoi les ignorez-vous ? Quels sont vos motifs ?

Si vous ne demandez pas la suppression de l'aluminium comme adjuvants des vaccins et des études sérieuses sur les effets secondaires de ceux-ci dans les plus brefs délais, nous demandons votre démission.

Dr Alain JOSEPH

En savoir plus sur www.vaccinssansaluminium.org


 
 
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Régis Debray : «L'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique». Par Vincent Tremolet de Villers

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #l'horreur économique


Régis Debray : «L'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique»

 

 

ENTRETIEN - «Nouveaux pouvoirs et nouvelles servitudes», tel est le sujet du dernier numéro de l'excellente revue Médium que dirige Régis Debray. Il s'agit moins de détailler la dernière élection présidentielle que de décrire, selon les mots de Philippe Guibert, «les transformations silencieuses qui l'ont préparée».

 

Paul Soriano cherche ainsi les nouvelles figures de l'autorité. Régis Debray, lui, tente de saisir ce que peut être le nouveau pouvoir. Interrogation qu'il prolonge dans un court, vif et savoureux «essai d'intervention» publié aux Éditions du Cerf. On y retrouve sa distance moqueuse qui dissimule une véritable profondeur, son œil qui saisit le basculement d'une époque et sa langue plus vivante que jamais. Elle s'amuse, cabriole, mais toujours pour illustrer la cohérence d'une pensée. Les lecteurs du Figaro auront le plaisir de retrouver Régis Debray le 16 octobre à la Salle Gaveau pour une grande rencontre qui promet d'être passionnante.

LE FIGARO-. Votre essai qui succède à Civilisation s'intitule Le Nouveau Pouvoir. En quoi la victoire de Macron est-elle «neuve»? Ne peut-on pas y voir plutôt un succès balzacien ou stendhalien?

Régis DEBRAY-. Rastignac et Julien Sorel, disons le jeune à talents que les scrupules n'étouffent pas est une figure constante. Ce qui m'intéresse, en tant que médiologue, ce sont les variations climatiques de cet invariant romanesque, les voies et moyens de l'ascension. Pour aller vite, en 1910, l'ambitieux sans fortune qui veut narguer et coiffer l'ordre établi fait Normale Sup ; en 1960, il fait l'ENA ou Polytechnique ; en 2010, il fait HEC, lance une start-up et va en stage aux États-Unis. Il n'a plus besoin d'apprendre le latin et le grec ni les causes de la crise de 1929, mais la gestion comptable et financière. C'est cela le nouveau. Le numérique permet tous les raccourcis. Avant, qui voulait parvenir commençait par servir l'État et pantouflait ensuite dans les affaires. Maintenant, on commence par le business et ensuite on devient député ou ministre. C'est le triomphe de ce qu'on appelle pudiquement la société civile. «Nouveau Pouvoir» n'est qu'un article de la revueMédiumsur nos dernières servitudes technologiques. La stratégie de carrière de notre jeune président s'inscrit dans une nouvelle formule de civilisation, où le smartphone et le réseau ont changé les règles du jeu.

Et quelle est cette nouvelle formule?

Une formule où la clé de la réussite, c'est l'argent plus l'image. Le couple indispensable. Le chiffre est sec et froid, l'image réchauffe et sourit. Le calcul célibataire, cela manque d'aura. Trop rebutant. D'où l'importance stratégique de Paris Match et Elle.

Les nouveaux héros, écrivez-vous, nos Bayard, Du Guesclin, la Pérouse, sont Larry Page, Zuckerberg, Jeff Bezos… Quelle vision du monde incarnent-ils?

L'empire de la techno-économie sur la Cité, ce qui venant des empereurs de cette nouvelle économie est tout à fait naturel. Les idées dominantes sont celles de la classe dominante, disait Marx. Nos mythes d'identification viennent logiquement du pays dominant. La gloire n'est plus militaire, elle n'est plus politique, elle est entrepreneuriale.

Quant à leur vision, c'est d'abord celle d'un monde où chaque jour est le dayone. L'innovation est permanente et nous n'avons pas de dette envers un quelconque héritage. C'est un monde fluide, avec primauté des flux sur les stocks, rapide, atomisé où il n'y a pas de place pour la négativité, ou la contradiction, le devoir étant d'être positif et performant. Il ne peut y avoir de groupement que d'intérêts, notamment autour d'une marque, les brand communities. C'est un univers lisse et glissant, où chacun est invité à surfer sur la dernière vague. Le dogme, c'est l'absence de dogme, le consommateur remplace le citoyen, le marché est ouvert à tous, en libre accès. Cela peut donc s'appeler démocratie…

C'est un peu glaçant…

Non. Ces inventeurs, je leur tire mon chapeau, parce qu'ils fabriquent les outils de leur idéal et ils ont l'idéal de leurs outils. Ils intronisent non seulement une vision mais une pratique du monde. Karl Marx serait fier d'eux à double titre: d'abord parce que pour eux c'est l'infrastructure économique qui commande et parce qu'ils appliquent le mot d'ordre: le monde n'est plus à interpréter mais à transformer. Un brin de marxisme, décidément, cela peut aider à comprendre ce qui se passe.

Vous êtes «siliconisé»?

J'aimerais bien, mais ce n'est pas possible. Je suis interdit d'accès aux USA et nul en informatique. Et je n'oublie pas que le monde californien est dur aux faibles et aux perdants. Une entreprise se juge à ses résultats et liquide ceux qui ne rapportent rien. Pascal y chercherait en vain sa distinction des ordres, les corps, les esprits et la charité. Malgré le charity business, un monde-entreprise est sans justice ni charité.

Doit considérer que les GAFA sont d'ores et déjà plus puissants que nos vieilles formes politiques, notamment celle de l'État-nation?

Je l'ignore mais il est probable qu'on sait beaucoup plus de choses sur les Français, leurs désirs et leur conduite chez Google qu'à l'Élysée. Et quasiment tout ce qui vient nous frapper l'œil et l'esprit, à domicile, est issu des GAFA.

La question clé, c'est celle de la transplantation culturelle. Est-ce qu'une personnalité historique comme la France a assez de défenses immunitaires pour maintenir sa différence?

Un pays centraliste qui se fédéralise, une nation façonnée par un État qui se désétatise, une république unitaire qui se morcelle en ethnies et communautés: le socle bouge. Peut-on, cela dit, se refaire un ADN, je ne le pense pas. On va sans doute vers un montage composite que j'appellerais gallo-ricain, comme il y eut des Gallo-Romains. Regardez le Pilier des Nautes qu'on a exhumé sous le chœur de Notre-Dame. C'est une stèle élevée par les bateliers de Lutèce sous le règne de Tibère. Elle est dédiée à la fois aux divinités romaines et gauloises. Une formule mixte, fifty-fifty. On peut se recommander à la fois de Paul Ricœur et de Jeff Bezos, ce n'est pas contradictoire. La force de l'empire américain, comme jadis romain et islamique, c'est l'aptitude au trait d'union. Indo-musulman, italo-américain, gallo-ricain. Un empire mondial sait s'acclimater aux cultures régionales qui s'acclimatent à lui.

Notre société latine, dites-vous en substance, est en train de basculer dans un modèle scandinave. Les Français parviendront-ils à s'acclimater à cette nouvelle morale?

Dans la société latine, la première figure de l'autorité, c'est le père. Chez les catholiques, on dit le Saint-Père, «mon père» au prêtre, et nous avions des Pères de la nation. Dans le modèle scandinave, la figure de l'autorité, c'est le juge et la société protestante est une communauté de frères qui n'a de Père qu'au Ciel. Nous avons perdu le Père et le Juge, vu nos antécédents plutôt fâcheux, ce n'est pas pour demain. Problème. De toute façon, le Scandinave est une feuille de vigne utile pour nous cacher le devenir anglo-saxon d'une culture latine, qui d'ailleurs s'est mise à parler le globish, buzz, task-force et prime time.

En quoi la transparence peut-elle devenir tyrannique?

Est-ce que la société de la transparence ne va pas devenir une société de surveillance? Ne va-t-elle pas abolir la frontière entre le privé et le public qui est le postulat républicain? Va-ton vers la dictature du «On» sur le «moi-je» et sur le «nous»? Les grands opérateurs de la transparence sont soucieux, comme personne, du secret de leurs procédures. Qui va contrôler les contrôleurs? À voir. En tout cas, le centre du panoptique est opaque.

La politique elle-même est menacée?

La comédie, certainement pas, et d'autant moins que la politique n'est plus qu'une comédie. Le grand drame héroïque, lui, a pris congé. Peut-on avoir des héros dans une société toutes tripes à l'air où chacun est le valet de chambre de chacun? L'ivrognerie de Churchill lui aurait été fatale. Prenons une anecdote au hasard: lors d'une réception à Buckingham, il était un peu saoul. Une dame de la cour s'en indigne à haute voix. Churchill lui répond: «Vous avez raison, chère Madame, mais moi demain je serai sobre tandis que vous vous serez toujours aussi moche qu'aujourd'hui.» Imaginez cela en tweet ou sur Facebook. Notre grand homme serait mort.

Est-ce à dire que l'hypocrisie bourgeoise est un facteur de stabilité sociale et politique?

À sa manière oui, mais ne me faites pas plaider pour l'ordre moral victorien. Les mufles et les butors sont des gens sincères et spontanés, c'est-à-dire sauvages, obscènes et pulsionnels. Après tout, la courtoisie vient de la cour et les rituels nous empêchent de nous entre-tuer. La civilisation, c'est aussi éviter ou refréner le premier mouvement (qui, comme disait Talleyrand, est toujours le bon). Si l'hypocrisie, c'est la politesse, le protocole, le savoir-vivre, je vote pour. Si c'est l'inauthentique, le frelaté, la duplicité, je vote contre. C'est une question pour l'écrit du bac. On pourrait y répondre par un dialogue au théâtre entre Jean-Jacques Rousseau et Marc Fumaroli, et je risque d'être d'accord avec les deux…

Le retour des bonnes manières…

Un éloge des bonnes manières serait mal vu, mais j'aime beaucoup le costume de scène. Je trouve très bon que le juge ait une robe, le militaire un uniforme et que chaque lycée en ait un ne me gênerait pas du tout. C'est précieux, le personnel impersonnel. C'est la leçon de l'État et du monde catholique. On ne demande pas à un prêtre ou à un gendarme son nom de famille. Que la fonction dépasse la personne, c'est le début de la civilisation. L'extrême de la transparence, c'est la désublimation: vous n'êtes que ce que vous êtes, c'est-à-dire la liste de vos derniers achats. Triste, non?

À vous lire, tous les chemins mènent au protestantisme. Le pape François participe-t-il de ce mouvement?

L'aggiornamento de l'Église depuis Vatican II se fait dans un sens qu'on peut dire protestant. Déconcentration, désacralisation du prêtre, réduction liturgique, etc. François a tout d'un pape anticlérical, mais je ne vois pas Billy Graham (le pape protestant) épouser l'option préférentielle pour les pauvres, dénoncer l'économie liquide et l'argent comme le premier des terrorismes, prêcher pour l'intégration des exclus. La centralité du pauvre, comme pour Léon Bloy, c'est absolument étranger aux religions de la prospérité et de la réussite. François l'Argentin, le Latin résiste de son mieux à ce moment néo-protestant.

Comment définir «ce moment protestant»?

Je l'appellerais plutôt évangélique, sinon pentecôtiste. Le protestantisme est plastique et multiple et sa diversité est un atout. Et comme il est né au XVIe siècle de la première sécularisation de l'Occident, il se marie mieux que le catholicisme avec un monde pleinement sécularisé. Le protestantisme venu du Nord commercial est passé à l'Ouest américain et nous revient par le Sud afro-antillais, ce qui apporte un certain réchauffement climatique des froidures calvinistes. J'ai longtemps cru que la civilisation de l'image devait donner au catholicisme un avantage sur son rival iconoclaste, mais j'avais sous-estimé le protest-song, la World Music, le retour de l'émotionnel et l'éclatement des institutions.

 

 

 

- Crédits photo : Medium

Sommes-nous définitivement sortis de l'Histoire?

Tout dépend de ce que vous mettez dans ce nous. Si c'est l'Européen de l'euro, oui, il a déjà beaucoup donné au tragique et jouit d'une retraite bien méritée. L'Europe officielle est devenue un Dominion: on peut vaquer à nos affaires intérieures, mais pour les choses sérieuses, la guerre ou la paix, c'est l'Otan qui décide, donc Washington. Quant à la France «en marche», qui rêve d'un pays bien managé, apaisé, sans débat de fond, où une pure gestion technique viendrait dissoudre les contradictions de classe et de convictions, oui, elle a dételé, elle aussi. Mais si le nous, c'est l'humanité, alors non. L'uniformisation techno-économique a provoqué en contrecoup une formidable fragmentation politico-culturelle du monde, où chaque peuple se raccorde à ses racines pour se redonner une appartenance et qui retrouve ses racines, notamment religieuses, a toutes les chances de retrouver ses vieux ennemis. On peut le regretter mais ce phénomène, la post-modernité archaïque, couvre les cinq continents. C'est en quoi l'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique, tout comme celle des États-Unis d'Europe. Au point qu'on peut se demander si notre marche actuelle vers un État-nation transformé en holding et des responsables en managers ne revient pas à prendre l'air du temps à rebours ou l'autoroute à contresens.

 Vincent Tremolet de Viller

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Les enfants de M. Séguin Par Alexandre Devecchio

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République

Les enfants de M. Séguin
Par Alexandre Devecchio

lundi 18 septembre 2017, par Comité Valmy

Les enfants de M. Séguin

REPORTAGE - Un livre, Philippe Séguin, le remords de la droite, vient de paraître sur cet homme politique atypique et singulier. L’ancien président de l’Assemblée nationale a influencé toute une génération, et sa philosophie continue de hanter la famille gaulliste.

Il y avait comme un « un écho lointain et assourdi de la mort du général de Gaulle », dira Jean-Louis Bourlanges. Ce 11 janvier 2010, un cercueil recouvert du drapeau tricolore entre dans la cour d’honneur des Invalides, au son de la Marche funèbre. Malgré le froid polaire, les plus hauts dignitaires de l’État ont fait le déplacement. Trois présidents de la République – Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing -, cinq premiers ministres – François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, Laurent Fabius et Pierre Mauroy. Tous sont venus rendre hommage à l’homme du « non » à Maastricht, décédé subitement d’un arrêt cardiaque le 7 janvier.

 

Quelque part là-haut, dans un brouillard de fumée, Philippe Séguin enchaîne les gauloises. Avec ses yeux de Droopy, le colosse à la barbe mal taillée observe la scène. L’enfant de Tunis, l’orphelin dont le père est mort en héros à la guerre ne peut être que bouleversé par les honneurs de la République. Mais, comme toujours avec ce sentimental atrabilaire, la colère chasse l’émotion. Soudain, le volcan entre en éruption : son cendrier vole dans les nuages, sa voix caverneuse fait trembler le ciel. Sa rage est d’abord dirigée contre lui-même. Est-il passé à côté de son destin ? Par ses faiblesses, a-t-il privé la France de sa stature d’homme d’État ? Elle est aussi dirigée contre ses pairs qui le célèbrent après avoir combattu et marginalisé ses idées. « La politique est comme la vie : chacun porte sa part de mauvaise conscience. Et Philippe Séguin, assurément, était la mauvaise conscience de la droite. En mourant, il est devenu son remords », écrit Arnaud Teyssier dans une biographie appelée à faire référence, qui vient de paraître aux Éditions Perrin : Philippe Séguin, le remords de la droite . Avec empathie et distance, il y dresse le portrait contrasté d’une personnalité hors du commun. Aussi massif physiquement qu’il était fin d’esprit. Aussi incommode et impétueux qu’il pouvait être doux et chaleureux. Orateur de génie qui emportait les foules et intellectuel de la politique capable de percées conceptuelles.

 

Philippe Séguin était « une voix, un ton, un style ». Mais derrière la figure d’exception, Arnaud Teyssier fait également le récit et le bilan de trente ans de vie politique française. À travers le destin inachevé de Séguin, il nous raconte la « dégaullisation », puis la décomposition de la droite française. Et, plus largement, la dégénérescence de nos institutions et de notre démocratie. Sept ans après la mort de Séguin, la question est désormais de savoir s’il était le dernier homme politique de son espèce, l’ultime représentant d’un monde ancien ou si son héritage est encore fécond, sa vision, souvent jugée prophétique, susceptible d’éclairer l’avenir. « Philippe n’a pas écrit de Petit Livre rouge. Le séguinisme, c’était d’abord une tempête », avait déclaré son ami Jean de Boishue, peu après sa mort.

« Il aimait le football, mais ce n’était pas un avant-centre »

« Séguin était un astre solitaire comme aurait pu le rester Clemenceau ou le général de Gaulle s’il n’y avait pas eu la guerre », analyse aujourd’hui l’essayiste Nicolas Baverez, qui fut son stagiaire à l’ENA, puis l’un de ses plus proches collaborateurs. Pourtant, entre 1990 et 1997, il y eut « un moment Séguin ». Malgré son aversion pour les courtisans et les « écuries », le maire d’Épinal avait su entraîner et inspirer toute une génération de jeunes gens brillants qui s’étaient rangés spontanément derrière son panache. Parmi eux, des militants et des politiques, mais aussi des journalistes et des intellectuels. On peut citer, parmi beaucoup d’autres, Henri Guaino, François Fillon, Roger Karoutchi, Paul-Marie Coûteaux, Jean-Christophe Comor, Éric Zemmour. Tout a commencé le 11 février 1990, dans l’immense hall bondé du Bourget, lors des assises du RPR. Le discours de Séguin ce jour-là a fait date. David Desgouilles, aujourd’hui chroniqueur politique, s’en souvient comme si c’était hier. Il avait 18 ans. « J’ai tout de suite senti que c’était derrière cet homme-là que je devais me battre », explique-t-il.

 

Cependant, c’est un autre discours qui fera entrer Séguin dans l’histoire. Celui du 5 mai 1992, à la tribune de l’Assemblée nationale. Pendant près deux heures trente, Séguin va se battre pour convaincre les députés des risques économiques, sociaux et politiques liés au traité de Maastricht. Vingt-cinq ans plus tard, pour la France du « non », ce discours sonne comme une prédiction d’oracle. « C’est la plus belle campagne que j’ai faite de ma vie. C’était celle qui avait le plus de signification, qui ressemblait le plus à la politique à laquelle je crois, se souvient Henri Guaino, qui a contribué à la rédaction du discours de Maastricht, son premier. Il ne s’agissait pas du destin des uns ou des autres, mais de gagner ou de perdre pour une idée que nous nous faisions de notre pays. » Le 3 septembre 1992, Séguin, sans doute trop respectueux du vieux président très malade, rate son face-à-face avec François Mitterrand. La campagne se termine néanmoins en apothéose le 12 septembre, avec le meeting du Zénith de Paris. Devant 6 000 personnes, les « trois conscrits de Maastricht » – Villiers, Pasqua, Séguin – se succèdent à la tribune comme des rock stars. Le 20 septembre, le « oui » l’emporte à 51 %. C’est, malgré tout, un succès inespéré pour Philippe Séguin qui, l’année suivante, est élu président de l’Assemblée nationale. Il devient une personnalité politique incontournable.

 

« Il avait tout pour finir dans la cour des grands,
il a fini à la Cour des comptes » Philippe de Villiers

Puis, entre la nomination de Juppé à Matignon en 1995 et le discours d’Aix-la-Chapelle en faveur de la monnaie unique, la démission fracassante de Séguin du RPR et sa campagne « sacrificielle » pour la mairie de Paris, ses fidèles se découragent un par un. Jean-Christophe Comor, fondateur du mouvement des jeunes séguinistes, le RAP (Rassemblement pour une autre politique), qui a compté jusqu’à 1 500 adhérents de moins de 25 ans, se souvient du jour où il a claqué la porte. Séguin était venu annoncer, sur le plateau du dernier « 7 sur 7 » d’Anne Sinclair, qu’il allait « mettre de l’eau de son vin ». « Moi qui suis vigneron je peux vous dire que ce n’est pas possible ! », s’amuse celui qui a aujourd’hui troqué la politique pour les vendanges. Dans sa lettre de démission, il rappelle à Séguin l’une de ses propres formules : « Ne transigez sur rien. » En 2002, Philippe Séguin fait ses adieux à la politique et retourne à la Cour des comptes, son corps de sortie de l’ENA, dont il deviendra le premier président en 2004. Il n’adhérera jamais à l’UMP qu’il considère comme une coalition d’intérêts dépourvue de toute vision. « Il avait tout pour finir dans la cour des grands, il a fini à la Cour des comptes », se désole Philippe de Villiers. Pour Paul-Marie Coûteaux, Séguin est l’homme des occasions manquées. « Il aimait le football, mais ce n’était pas un avant-centre », ironise-t-il.

 

Orphelins, comme leur père spirituel, les enfants de Séguin ont fini par tracer leur propre chemin. Dans un best-seller écrit au scalpel, La France qui tombe, Nicolas Baverez a analysé avec une précision d’entomologistes les conséquences du traité de Maastricht. Henri Guaino est resté l’un des plus fidèles à la philosophie politique de Séguin. Mais, comme le souligne Arnaud Teyssier, le président de l’Assemblée nationale était un vrai homme politique tandis que Guaino, malgré diverses aventures électorales, est resté avant tout un intellectuel. Ironie du sort, il a achevé, comme Séguin, sa carrière politique dans une élection parisienne qui a viré à la farce. Lui aussi est retourné à la Cour des comptes.

 

François Fillon et Philippe Séguin – Crédits photo : Elodie GREGOIRE/REA

François Fillon a réussi là où Séguin avait échoué : devenir premier ministre. Cela s’est fait au prix d’une nette prise de distance avec les idées sociales et souverainistes de son mentor. En 1995, il avait choisi Balladur contre Chirac et Séguin. En 2017, le candidat des Républicains à la présidentielle s’est davantage inscrit dans la filiation de Thatcher que dans celle de Séguin. « Si Philippe Séguin avait vu le débat de la primaire où François Fillon et Alain Juppé ont débattu un long moment pour savoir s’il fallait supprimer 500.000 ou 300.000 fonctionnaires, il aurait probablement été hors de lui, analyse Teyssier. Bien qu’il fût président de la Cour des comptes, il considérait que lorsque la France était dans une situation difficile sur le plan de la solidité de la société, ce qui est le cas aujourd’hui, les discours comptables n’étaient pas primordiaux. » Cet économisme sans âme a peut-être coûté son élection à François Fillon. Car les catégories populaires lui ont préféré Marine Le Pen qui se présentait comme une candidate souverainiste.

 

La dernière figure du monde d’hier

« La droite et la gauche sont deux détaillants qui ont le même grossiste, l’Europe »

S’il a combattu Jean-Marie Le Pen durant toute sa carrière, Séguin avait pressenti très tôt que la « dégaullisation » du RPR conduirait le FN à recueillir jusqu’à 40 % des suffrages. Il ne se doutait pas, en revanche, qu’il deviendrait lui-même une référence pour ce parti longtemps antigaulliste. « Il y a eu le piratage d’un héritage gaulliste dont Séguin était le représentant le plus brillant depuis de Gaulle, analyse encore Teyssier. Lorsqu’il y a piratage, il y a les pirates et ceux qui se laissent pirater. Quand vous laissez vos trésors sur la plage, les pirates n’ont pas besoin de prendre d’assaut le vaisseau. » L’effondrement de Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux-tours montre que l’appropriation de l’héritage gaullo-séguiniste par le FN reste superficiel. Cependant, l’élimination des Républicains dès le premier tour et la relative percée du Front national marquent un tournant inédit dans le paysage politique.

 

La victoire de Macron dans le lexique séguiniste signifie « la disparition pure et simple de la politique diluée dans la gouvernance ». « La droite et la gauche sont deux détaillants qui ont le même grossiste, l’Europe », prédisait-il, bien avant la victoire du candidat En marche !. Marie-France Garaud abonde dans ce sens : « Dans une démocratie, le pouvoir appartient au peuple. On s’imagine aujourd’hui qu’on peut façonner le peuple de manière extérieure à sa propre volonté. » Dans le nouveau monde, Séguin serait condamné à n’être qu’une nostalgie. La dernière figure du monde d’hier. À moins qu’un néo-séguinisme ne soit précisément le négatif du projet économico-européen d’Emmanuel Macron. Arnaud Teyssier note que, dans la nouvelle génération, « les 25-30 ans, qui ne l’ont pas connu, sont fascinés par lui ». Nés après la chute du mur de Berlin, ces enfants de la globalisation « sont orphelins d’un certain gaullisme ou d’une certaine conception de la nation et de l’histoire ». Rien à voir avec ces barons de la politique qui invoquent la figure de Philippe Séguin comme un signe extérieur de gaullisme populaire et social.

 

« La doctrine gaullienne n’a probablement jamais été aussi actuelle depuis la fin des années 1950-1960. C’est sans doute dans cette philosophie politique qu’il faut aller chercher les réponses aux défis de notre temps, veut croire Henri Guaino. C’est tout le paradoxe de cette famille politique qui s’est dissoute dans l’UMP et qui a complètement disparu au moment où ce qu’elle portait était le plus en accord avec les circonstances : l’époque, les désordres du monde et les défis du moment. » Ce que résume Louis de Bonald, cité par Arnaud Teyssier au début de son ouvrage : « Il y a des hommes qui, par leur sentiment, appartiennent au temps passé et, par leurs pensées, à l’avenir. Ceux-là trouvent difficilement leur place dans le présent. »

 

Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro
le 15 septembre

Source : cet article du Figaro est repris sur le site
Gaullisme.fr

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Rohingyas : idéologies et approche victimaire Par Philippe Raggi

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La guerre

Aung San Suu Kyi.

Aung San Suu Kyi.

Rohingyas : idéologies et approche victimaire

 

L’ennui avec une idéologie, quelle qu’elle soit, c’est que son approche de la réalité est rarement conforme avec les faits. Lénine disait qu’il n’y avait que deux idéologies, l’idéologie bourgeoise ou l’idéologie socialiste (1). En cela, comme sur d’autres points d’ailleurs, il avait tort. Il y en a une troisième : l’idéologie de l’Islam militant ou islamisme. Ainsi Jules Monnerot avait-il bien raison de dire que l’Islam serait le communisme du XXème siècle (2). Cette affirmation se révèle et se constate tous les jours. L’actualité nous en donnant des éléments à flot constant. Pour l’illustrer, nous nous pencherons sur ce qu’il se passe en Asie du Sud-Est, précisément au Myanmar, l’ancienne Birmanie.

Le grand public a découvert ces dernières années et plus encore ces derniers mois, une minorité dont elle ignorait jusqu’à lors l’existence : les Rohingyas. Minorité ethnique et religieuse, elle est une de celles qui composent l’ensemble des habitants du Myanmar, avec la majorité Birmane bouddhiste. Malheureusement, ce public approche le conflit en question, par les informations qui lui sont données, de façon tronquée ; l’explication qui lui est donnée est monocausale. Rien n’est plus faux, surtout en matière géopolitique.

Un tiers exclu

Les Rohingyas sont un sous-groupe du peuple bengalais situé sur le territoire de l’actuel Myanmar suite aux affres de la colonisation britannique. Les Britanniques ayant utilisé les Rohingyas dans la répression contre les Birmans, que ce soit lors de la conquête de ce qui allait devenir le Raj britannique ou au moment de l’indépendance birmane, cette minorité n’a jamais été considérée par la quasi totalité des habitants de la Birmanie (puis du Myanmar) comme faisant légitimement partie des peuples constituant la « nation birmane ». Des groupes ethniques, le Myanmar en compte de nombreux – pas loin de 130 (3) – et pas toujours en sympathie avec le pouvoir de la capitale actuelle, Naypyidaw (4). En effet, que ce soit avec les Chans, les Chins, les Karens bien sûr, de nombreux conflits ont émaillé les rapports avec le pouvoir en place depuis l’indépendance en janvier 1948, notamment sous la junte militaire entre 1962 et 2011 et ce jusqu’à aujourd’hui.

Les Rohingyas ne parlent quasi exclusivement que le Bengali, et ne sont ni intégrés et encore moins assimilés à leurs compatriotes bouddhistes. Depuis longtemps discriminés et persécutés dans le pays (ils n’ont pas le droit de sortir du Rakhine, n’ont pas de papiers d’identité), ils ne sont véritablement des citoyens mais ont le statut d’« associés » à la Birmanie ; bref, ils sont dans une situation bien plus difficile  comparativement aux autres minorités ethniques ou religieuses, elles mêmes souvent persécutées.

Géographiquement, les Rohingyas se regroupent à l’Ouest du Myanmar, près de la frontière avec le Bangladesh, dans le Nord de la province de l’Arakan (Etat de Rakhine), en un territoire ouvert sur le Golfe du Bengale. Ils constituent une des minorités dans ladite province, face aux Arakanais (bouddhistes) majoritaires.

Minorité ethnique, les Rohingyas sont aussi une minorité religieuse en ceci qu’ils sont musulmans. C’est là qu’intervient l’approche idéologique du conflit (dont nous parlions au préambule), c’est là que les faits sont travestis, que s’ouvre le Story telling. Alors que l’on nous présente le conflit sous un angle exclusivement religieux (gentils musulmans contre méchants bouddhistes), nous pourrions dire en utilisant un terme de juriste, que l’Islam n’est en définitive pas le « fait générateur » du conflit. En effet, il y a d’autres fortes minorités musulmanes au Myanmar : il y a ceux d’origine indienne et ceux d’origine chinoise (Panthays). Or, que constate-t-on ? Que ces deux autres minorités musulmanes du Myanmar n’ont aucun souci d’intégration et qu’elles ne font pas l’objet de discrimination et de mépris de la part du pouvoir et/ou de la population du Myanmar, qu’il n’y a pas de conflit de la nature dont sont partie prenante les Rohingyas. Ainsi, présenter ce qui s’y passe sous l’angle d’une minorité musulmane opprimée du fait seul qu’elle professe l’Islam ne tient pas la route. Par contre, ceux qui ont un intérêt particulier à ce que le conflit soit perçu de la sorte sont les idéologues : les islamistes et les mondialistes.

Les islamistes

Les premiers idéologues sont les islamistes, qu’ils soient locaux (Rohingyas, Bangalais), régionaux (du Sud de la Thaïlande, de Malaisie, des Philippines et d’Indonésie) et aussi bien sûr, ceux de la mouvance islamique pro-califat (Al-Qaida, Etat Islamique, Hizb-ut-Tahrir, etc.). Par la mise en avant de cette posture victimaire, « les » musulmans n’apparaissant plus médiatiquement avec le label « barbares terroristes », « oppresseurs » et « sanguinaires » mais comme des opprimés, un statut privilégié qui apitoie l’opinion et exonère de toute analyse (5), tant l’émotion tue la raison. De plus, en appeler à l’action des musulmans du monde contre les responsables au pouvoir à Naypyidaw, permet à ces idéologues non seulement de permettre l’ouverture d’un nouveau foyer-creuset pour combattants jihadistes, mais encore de mobiliser les musulmans du monde (la Oumma) face à l’ennemi impie en une cause transnationale, globale.

Soulignons que dans ce conflit, les armes ne sont pas que d’un seul côté. Les Rohingyas ne sont pas que des victimes, tuant et détruisant eux aussi ; et ce, avec autant de sauvagerie, de haine que les extrémistes birmans bouddhistes, civils ou militaires. Les Rohingyas ne sont pas épars et sans structures combattantes. Ils ont des groupes armés, mobiles et entraînés, dont le Harakah al-Yaqin qui se fait appeler Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) lorsqu’il communique avec des journalistes occidentaux. Enfin, ce conflit n’est pas circonscrit aux seules limites du territoire birman de l’Arakan. Un certain nombre de combattants Rohingyas sont des jihadistes militants, en liaison étroite avec le Harakat al Jihad al Islami du Bengladesh voisin, ayant été entraînés par l’ISI (les Services pakistanais), souvent passés par les madrassas pakistanaises et ayant connu le théâtre afghan. Des liens ont été observés, par ailleurs, notamment entre les insurgés des trois provinces du Sud thaïlandais et les musulmans birmans des organisations Rohingya Solidarity Organization (RSO), Arakan Rohingya Islamic Front (ARIF) et de l’Arakan Rohingya National Organization (ARNO). Il est à noter, au passage, que la plupart de ces groupes islamistes armés ont leur siège au Bengladesh et qu’ils bénéficient de la bienveillance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne.

Les mondialistes

Les autres idéologues sont les mondialistes. Ces derniers utilisent, eux, un autre ressort idéologique : les « droits de l’Homme », ceci pour de simples mais colossaux intérêts financiers. Ces mondialistes appartiennent à deux groupes qui ne sont pas sans liens : des intérêts privés et des intérêts étatiques. Les premiers étant de grands groupes pétroliers (notamment britanniques et américains, tels Exxon, British Petroleum, mais aussi Shell, etc.). En effet, on constate que le groupe Total présent au Myanmar depuis 1992, subit depuis deux décennies des attaques incessantes via des ONG anglo-saxonnes, des organisations « humanitaires » poussées et financées par les groupes pétroliers ; le but de ces actions aux paravents « droits de l’hommistes » étant d’évincer Total de sa licence d’exploitation des ressources en hydrocarbure (gaz et pétrole) au Myanmar et en particulier du champ gazier off shore de Yadana (dont Total est opérateur à hauteur de 31,2 %)(6), une éviction qui se ferait au profit de ses concurrents (7). Les autres mondialistes étant les Etats-Unis dans une action visant non pas Naypyidaw directement en tant que tel, mais bien plutôt la Chine, pilier du régime birman, en un jeu de billard à plusieurs bandes. Rappelons qu’un pipe-line a été construit, reliant le Yunan (Kunming) aux rives du Golfe du Bengale (port de Kyaukphyu, dans la province de l’Arakan) ; un pipe-line financé par les Chinois et qui compte beaucoup en tant que voie d’acheminement énergétique pour Pékin. Il est aisé de comprendre que des troubles dans la région, un conflit armé et un pipe-line endommagé et/ou rendu inopérant, un pays (le Myanmar) mis au ban des nations pour ses exactions directes ou indirectes sur une partie de sa population, gênerait la République Populaire de Chine.

Ces deux types d’idéologues, par delà leurs motivations respectives, ne peuvent donc qu’applaudir si ce n’est pousser à la mise en avant de ce conflit (au détriment d’autres sur la planète), car pour l’un, il mobilise au niveau mondial non seulement la Oumma, mais la tendance islamiste radicale et jihadiste en un nouvel abcès de fixation et de trouble régional ;  et pour l’autre, il permet d’avancer des intérêts économiques et de déstabiliser un rival de poids, ceci par le biais d’organisations relais aux intentions « humanistes » qu’ils financent et qu’ils manipulent (8).

Jusqu’à lors louée par les capitales occidentales, Aung San Suu Kyi se voit reprocher aujourd’hui de ne rien dire sur ce conflit. Il faut dire que l’ancienne égérie des mondialistes – coqueluche des droits de l’hommistes, enfant chérie de l’hyper-classe et lauréate du Prix Nobel de la Paix – qui avait été utilisée pour diminuer le pouvoir de la junte dans les années 1990-2010, étant Birmane et bouddhiste ne peut se désolidariser de la majorité de son peuple composé à 88 % de bouddhistes. Par ailleurs, elle sait l’importance de Pékin et de l’aspect vital du pipe-line chinois. Elle mesure également l’influence au sein de la population des bouddhistes nationalistes, qu’ils soient du Mouvement 969 du moine Ashin Wirathu ou de la Fondation Philanthropique Buddha Dhamma dirigée par le moine Tilawka Biwuntha. Ainsi, Aung San ne défendra-t-elle jamais la cause des Rohingyas et son éclat d’icône de la démocratie bâtie dans les années 90 sera vraisemblablement de plus en plus terni dans les médias mainstream. Il est donc fort à craindre que ces affrontements ne cessent, compte-tenu du fait qu’ils sont nourris et souhaités tant en interne, par des extrémistes bouddhistes et militaires ainsi que des Rohingyas, qu’à l’extérieur du pays par des idéologues islamistes et mondialistes.

 | 9 septembre 2017

Philippe Raggi est chercheur en géopolitique, spécialisé sur l’Asie du Sud-Est. Chef du département Asie du Sud-Est, à l’Académie Internationale de Géopolitique. Chargé de recherche, au Centre Français de Recherches sur le Renseignement (CF2R).

Notes :

(1) Les Origines intellectuelles du léninisme, éd. Calmann-Lévy, 1977.

(2) Sociologie du communisme, échec d’une tentative religieuse au XXe siècle, Paris,  éd. Libres-Hallier, 1979.

(3) Officiellement, il y en a 135.

(4) L’ancienne capitale, Rangoun demeurant néanmoins capitale économique.

(5) On lira avec intérêt le livre de François Thual, Les conflicts identitaires, éd. Ellipses, 1995.

(6) Lire : http://www.total.com/fr/medias/actualite/communiques/myanmar-total-met-en-production-le-projet-gazier-badamyar?xtmc=exploration%20production%20myanmar&xtnp=1&xtcr=3

(7) Cf. l’étude faite par Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, sur le sujet de ces ONG en Birmanie (http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece.php).

(8) Cette instrumentalisation d’idiots utiles en arrive à un tel point que l’on devrait requalifier certaines ONG en GONG, des Governemental ONG, comme le dirait Eric Denécé.

 

URL de cette page: http://arretsurinfo.ch/rohingyas-ideologies-et-approche-victimaire/

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George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution — 14 septembre 2017

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La guerre

George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution

George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution  — 14 septembre 2017

Meeting with George Soros and Rohingya Representatives in Yangon – january 2015


George Soros, Financier and Chairman of the Open Society Foundations and promoters of democratization, delivered his pre-recorded speech at the Oslo Conference to End Myanmar’s Persecution of Rohingya, The Norwegian Nobel Institute, 26 May 2015

George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution parallels Nazi genocide

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La crise des réfugiés rohingya et le problème de l’objectivité Par Gearóid Ó Colmáin — 16 septembre 2017

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation

La crise des réfugiés rohingya et le problème de l’objectivité

 
 

Cet article aurait dû s’intituler « la crise des réfugiés dans l’État d’Arakan » ou « la crise des réfugiés birmans/bengalis ». Mais les lecteurs sont plus familiers avec des titres comme « la crise des réfugiés rohingya » ou « le génocide rohingya ». Pour quelle raison? Le 25 août, un groupe terroriste de l’Armée du Salut Rohingya d’Arakan [ARSA, Arakan Rohingya Salvation Army, anciennement Harakah al-Yaqin, NdT] appuyé par l’Arabie Saoudite a pris d’assaut trente postes de police dans l’État d’Arakan au Myanmar, tuant 12 officiers de police et deux civils. Le gouvernement birman a réagi en lançant une opération militaire de contre-insurrection à grande échelle. 59 insurgés furent tués.

Les autorités birmanes ont laissé fuiter des informations qui prouvent que le chef d’ARSA, Ata Ullah, avait préparé ces attaques avec le concours d’agents extérieurs des services de renseignements pakistanais et de terroristes de l’EI en Irak. Ceux qui soutiennent l’ARSA et la cause des Rohingyas accusent les militaires birmans (Tatmadaw) d’incendier des villages rohingya (bengalis orientaux). Le Tatmadaw affirme que les villages ont été incendiés par des terroristes, infiltrés parmi les communautés d’immigrants illégaux bengalis. Des milliers de Musulmans, de Bouddhistes et de Hindous ont fui les violences. De nombreux témoins oculaires et victimes bouddhistes ont décrit des massacres commis par des terroristes bengalis à des journalistes locaux au Myanmar. Ces nouvelles n’ont pas atteint les gros titres internationaux.

Des agences des droits de l’homme financées par le Département d’État US et par l’Arabie Saoudite, notamment Human Rights Watch, ont imputé l’ensemble des violences au Tatmadaw. Ainsi que l’a démontré l’expert de la Birmanie Rick Heizman, Human Rights Watch a publié des images de Bouddhistes s’enfuyant devant des terroristes bengalis, y compris un cliché montrant un homme être battu à mort par des Musulmans, prétendant que ce sont des Bouddhistes d’Arakan qui sont responsables des faits. Heizman définit ces actes comme de la désinformation délibérée, et entend apporter ces preuves devant la Cour Pénale Internationale et poursuivre Human Rights Watch pour crimes contre l’humanité.

Dans des articles précédents j’ai expliqué les raisons derrière la guerre médiatique en cours contre le Myanmar et les forces complexes d’origine ethnique, religieuse, historique et géopolitique qui alimentent cette violence. Aucun chercheur – pas même le gouvernement birman – ne prétend que toute la violence provient d’un seul camp. Mais tous les médias grand public, ainsi que la plupart des sources médiatiques alternatives, accusent le gouvernement du Myanmar et des « moines bouddhistes fascistes et racistes ». J’ai contesté ce consensus pendant ces deux dernières années, comme une simplification outrancière d’un conflit ethno-religieux compliqué et je continuerai à le faire. Ce qui suit est un échange entre un journaliste bangladais et moi-même. Le Bangladesh fait d’énormes efforts pour prendre soin des centaines de milliers de réfugiés qui fuient les violences dans le nord de l’État d’Arakan. Le gouvernement de la Ligue Awami du Premier Ministre Sheikh Hasina possède une longue histoire de lutte contre l’impérialisme et, comme le Myanmar, est confronté à la sinistre possibilité d’une campagne de déstabilisation et de changement de régime soutenue par Israël et les États-Unis. Le journaliste qui m’a contacté est désigné par les lettres « BJ », ci-dessous:

 

BJ: Je travaille pour le quotidien anglophone à plus grand tirage du Bangladesh. Tous les reporters qui reviennent de la région frontalière me disent la même chose, 99,99% des gens auxquels ils ont parlé leur disent qu’ils fuient le gouvernement/armée. Et je sais pertinemment, au moins pour certains d’entre eux, qu’ils ne sont pas en train de « mentir/tromper intentionnellement ». Cependant, en ce qui concerne la plupart des choses, j’ai du monde une opinion assez différente de la leur. Cette affaire, je ne la connais pas assez bien de première main, mais toutes les informations disponibles autour de moi racontent le même récit. Cela dit, je conserve encore l’esprit ouvert. J’ai suivi votre travail, et crois pleinement que vous êtes un homme doué d’éthique, par conséquent, s’il vous plaît continuez de progresser dans votre travail. Si ce que vous dites est vrai, alors les gens ont besoin de le savoir, en particulier autour de moi et vite. « Si » vous avez raison, ce qui n’entend pas que je pense le contraire. En dépit de tant d’apparentes « preuves convaincantes » qui ont atteint mes oreilles, c’est précisément dans ces moments-là, hé bien, qu’il y a souvent un rat quelque part.

GOC: Quand j’étais en Syrie à la fin du mois de mars 2011, juste deux semaines après que la première attaque des Islamistes ait tué de nombreux policiers et civils, j’ai parlé à de nombreux individus professant être anti-Assad, et qui étaient vraiment aimables. Certains d’entre eux étaient membres des Frères Musulmans. J’ai dîné avec eux. Ils étaient extrêmement amicaux. Ils m’ont dit des choses, plein de choses. J’ai entendu des histoires à propos des « Shabiha », la milice du gouvernement etc., sur le manque de liberté dans le pays; comment des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite seraient meilleurs. J’ai écouté et pris note de ce qu’ils m’ont dit. Puis j’ai dîné avec des gens qui sont pro-Assad. Ils étaient aussi extrêmement aimables et amicaux. Je les ai écoutés. Ils avaient une toute autre histoire. Une fois que j’avais parlé à des gens de tous bords, j’ai pris du recul et considéré les puissances mondiales impliquées, les raisons de leur hostilité envers la Syrie et l’historique de leurs techniques de déstabilisation. C’était plus facile pour moi de placer ce qui se passait en contexte, car j’avais lu de nombreux documents de recherches US en politique étrangère et comprenais l’objectif du Sionisme au Moyen-Orient. J’avais également écrit au sujet de la guerre en Libye, et étudié les événements qui avaient mené au bombardement français de la Côte d’Ivoire l’année précédente. Quand vous étudiez de près les guerres menées par l’OTAN ou l’Occident, vous commencez à déceler des schémas et des motifs qui reviennent, comme les mouvements d’une symphonie. Beaucoup de gens ont été bernés par le Printemps Arabe parce qu’ils n’avaient pas étudié l’histoire des programmes US de « démocratisation ». Même si le gouvernement US confirme être l’instigateur des mouvements de contestation, de nombreux activistes continuent de répéter les mêmes slogans et mèmes diffusés par les agences US. L’empire US n’est pas omnipotent mais nombre des stratèges qui le servent ont un QI plus élevé que celui de leurs détracteurs gauchistes. Les médias de masse publient régulièrement des histoires épouvantables venant de « réfugiés syriens » à propos des crimes allégués d’Assad. Mais ils n’interviewent jamais les gens qui le soutiennent et qui ont été protégés par l’Armée Arabe Syrienne des terroristes soutenus par l’Occident. Ces gens-là se chiffrent par millions. Pourquoi ne sont-ils jamais entendus? Vos reporters ont-ils enquêté sur les manifestations pro-gouvernementales qui se sont déroulées au Myanmar, dénonçant les terroristes bengalis et leurs groupes de lobbyistes des droits de l’homme? Avez-vous examiné tous les exemples de fausses informations, de retouches d’images, etc.?

Le commencement de la guerre en Syrie était très semblable au Myanmar actuel. Avez-vous interviewé les minorités bouddhistes de votre pays pouvant avoir des liens avec des Bouddhistes du Myanmar? Avez-vous interviewé un seul des milliers de Bouddhistes qui déclarent fuir la terreur bengalie, et qui sont désormais eux aussi dans des camps de réfugiés? Les réfugiés bengalis sont des malheureux. Ce sont de pauvres gens qui sont manipulés par des criminels sans scrupules, dont la cervelle a été lessivée par une idéologie sataniste importée d’Arabie Saoudite. L’identité rohingya a été concoctée par la classe dirigeante bien introduite du Bangladesh, du Pakistan et du nord de l’État d’Arakan. Ce sont les paysans bengalis qui souffrent, pour servir leurs seigneurs des Frères Musulmans. Les Wahhabites peuvent polluer l’esprit de millions de gens. Le parti pris est une chose que la plupart des gens ne peuvent tout simplement pas surpasser. À chaque fois que j’ai interrogé des Musulmans pro-rohingya sur les crimes contre les Bouddhistes, ils ont tout simplement ignoré ma question. La seule conclusion que j’en tire, c’est qu’ils considèrent les Bouddhistes comme des sous-hommes. Je trouve particulièrement troublant de voir combien la bigoterie est répandue parmi les Musulmans – même parmi ceux qui affirment totalement rejeter le racisme et qui dans de nombreux cas défendent des causes justes. Je soupçonne qu’il existe un niveau équivalent de bigoterie parmi de nombreux Bouddhistes et Hindous. La bigoterie ne résoudra pas le problème.

BJ: Des points très intéressants. Je ne peux pas diverger sur la Syrie, ni sur l’Arabie Saoudite. Ni sur le fait qu’il y a en effet une similitude entre le Bangladesh (un peuple satisfait) et la Syrie avant le début de la guerre. Comme je vous l’ai dit M. Ó Colmáin, tous les éléments autour de moi sont criants du « récit officiel », comme c’est généralement le cas quand il se mijote quelque chose. Et même pour dire ouvertement que ce n’est peut-être pas ce qui se passe, hé bien disons que je ne l’ai pas beaucoup fait, tout simplement parce que les gens ne vont pas bien le prendre. C’est pourquoi je garderai l’esprit ouvert. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose de pourri là-dessous. Et c’est pourquoi je vais attendre la suite de vos travaux avec enthousiasme.

Pour ce qui est des questions qui me sont directement adressées. Personnellement, je n’ai interviewé personne. Des gens que je connais ont interviewé des Bouddhistes birmans qui sont plutôt anti-Myanmar ou d’ONGs (je considère les deux comme nuls et inutiles). Ils ont interviewé des Rohingyas et des non-Rohingyas musulmans et hindous. Et ils ont dit que l’histoire qui domine, en prenant les deux groupes ensemble, est de loin que c’est l’armée qui est coupable (mais serait-il trop difficile de prétendre être l’armée?) mais apparemment très peu de Bouddhistes ont dit que c’était l’ARSA.

Je n’ai pas entendu parler des Bouddhistes, rien du tout, je ne sais même pas s’ils sont ici.

GOC: Encore une fois, le problème est tel que vous l’avancez. Les gens qu’ils ont interviewé sont anti-Myanmar ou viennent d’ONGs. Il y a plein de gens au Myanmar qui travaillent pour des ONGs occidentales, des officines médiatiques, etc. Et ils chantent tous la même chanson. Mais il y a des millions d’autres gens dotés d’une opinion différente. Pourquoi l’opinion de la majorité des citoyens du Myanmar est-elle systématiquement invalidée? Vous dites que les gens vont mal le prendre. La vérité peut être dure à entendre, et nombreux sont les gens qui la prennent mal. Les médias occidentaux parleront du manque de « transparence » et de « démocratie » au Myanmar mais ces termes sont vides de sens. En Occident nous vivons dans des oligarchies et toutes les décisions importantes affectant le public sont prises derrière des portes closes. Les opinions du public sont implantées par le biais de slogans répétés par des sténographes ignorants de médias cooptés. Dans notre société la recherche de la vérité est devenue un crime.

BJ: J’ai deux questions pour vous, et j’imagine que vous devrez deviner les réponses. 1) Que pense le gouvernement de la Ligue Awami de tout ceci, que projettent-ils de faire en fonction de leur compréhension de la situation. 2) Pareil, en ce qui concerne les gouvernements de l’Inde et de la Chine?

J’ai également vu beaucoup de photos prises par nos photographes directement dans les camps de réfugiés. Les conditions « ont l’air » terribles, je veux dire vraiment, vraiment mauvaises. Et bien sûr la plupart des gens ont un air un peu différent, mais beaucoup d’entre eux (peut-être 70%) ont cette touche bengalie très classique, comme les gens qui viennent de cette région.

Je demanderai peut-être à mon patron d’y aller moi-même, en fait.

GOC: Il n’y a aucun doute à propos de l’horreur des camps de réfugiés, et de l’infortune tragique dans laquelle se trouvent les réfugiés bengalis. La plupart des pays qui appellent à ce que la « communauté internationale » fasse quelque chose sont eux-mêmes responsables de la création de millions de réfugiés, et ont commis des génocides dans de nombreux pays. La Turquie et l’Arabie Saoudite sont les propagandistes-en-chef des Rohingyas! Je ne vais pas présumer pouvoir dire à un Bangladais ce que fabrique son propre gouvernement. Mais voici comment je vois la situation.

 

Les USA veulent écraser le Bangladesh

 

Les États-Unis n’ont jamais voulu du gouvernement de la Ligue Awami au pouvoir. Ils ont des liens historiques avec la Russie de l’époque soviétique; ce sont des progressistes sociaux dotés d’une forte base à gauche. Ils s’opposent aux arnaques de micro-crédit de Mohamed Yunus, et ils sont réellement déterminés à hisser le Bangladesh au niveau des pays développés par une planification stratégique étatique, comme par exemple dans leurs politiques agricoles mues par un désir d’autosuffisance alimentaire. L’autosuffisance alimentaire est la fondation de la liberté et de l’indépendance nationale. Les USA veulent qu’aucun pays ne soit autosuffisant dans son alimentation. Il y a eu, au moins depuis 2013, une guerre discrète de basse intensité menée par les agences US contre le Bangladesh – en particulier de la part des médias et d’ONGs, mais également par des remous politiques qui ont par la suite été injustement imputés au gouvernement. Les accusations autour des droits de l’homme, les inquiétudes concernant des dirigeants syndicaux disparus qui n’ont jamais été des dirigeants syndicaux; le sujet de l’objectivité des procès sur le génocide, où beaucoup d’informations sur les complicités US dans le génocide de 1971 vont probablement ressortir.

Récemment, nous avons pu voir le complot israélien utiliser le parti pro-islamiste du BNP. Israël cherche à influencer la minorité hindoue afin de mettre un coin entre l’Inde et le Bangladesh. J’imagine qu’ils espèrent que Modi laissera faire le changement de régime au Bangladesh, si l’Inde peut y conserver une influence à travers une espèce de fusion hybride hindoue/islamiste. Regardez l’Ukraine! Des Juifs à côté de Nazis. La fusion est tendance de nos jours aux USA, en termes de changements de régimes.

Les réfugiés bengalis pourraient être utilisés dans des mouvements contestataires de masse et des insurrections contre le « régime » de Hasina. La presse française l’appelle déjà un régime! Nous sommes donc dans les premiers stades d’une guerre hybride. Sheikh Hasina est une femme intelligente. Elle comprend que les Bengalis que les USA lui intiment d’accueillir sont pro-pakistanais, wahhabisés et dangereux. Elle ne veut plus les voir. Donc, elle rejette le problème de l’autre côté du fleuve Naf. Mais cela ne fonctionnera pas. Il faudra qu’elle rencontre Aung San Suu Kyi, pour déterminer d’un plan.

Mais le Myanmar ne peut pas non plus résoudre ce problème car en ce qui les concerne, ce sont pour la plupart des immigrants illégaux. La Russie a de bonnes relations avec les deux pays et œuvrera à désamorcer la situation. Ils concevront peut-être des mécanismes à l’ONU dans ce sens. La Chine n’a pas le temps pour ce genre de bêtises. Beijing soutiendra Naypyidaw mais apaisera également Islamabad et Dacca, tout en émettant de tièdes déclarations conciliantes à l’ONU. Islamabad, tout en jouant le jeu de l’indignation musulmane, reste en bons termes avec Naypyidaw. J’ai suggéré qu’il s’agit de l’État Profond au Pakistan, d’éléments de l’ISI [Inter-Services Intelligence, services de renseignements pakistanais, NdT] et, pareillement au Bangladesh, d’éléments anti-AL [Awami League, Ligue Awami, NdT] et pro-islamistes du DGFI [Directorate-General of Forces Intelligence, services de renseignements bangladais, NdT].

Il existe un réseau terroriste international opérant dans ces pays mais nombre de ses dirigeants sont à Londres, sous la protection des renseignements britanniques. L’Occident réclame désormais des résolutions à l’ONU. Les Russes et les Chinois commencent à s’interposer. Beaucoup dépend de la manière dont vont réagir les pays musulmans. La Russie dispose d’un homme au tempérament sauvage en Ramzan Kadyrov, qui agit avant de réfléchir. Poutine a besoin de le prendre à part, de lui expliquer la situation et de lui dire de se taire. Les Iraniens ont déjà mis le pied dedans, avec des déclarations très mal avisées. Ils peuvent toujours prétendre que la cause a été « piratée » par les Saoudiens! Pour ce qui est des médias alternatifs gauchistes qui crient à hue et à dia qu’un génocide est en cours, ils se tairont et prétendront qu’ils n’y avaient jamais cru de toute façon dès que l’info aura fait son tour. Je ne fais là référence qu’à ceux qui affirment être anti-impérialistes – pas les adeptes de Chomsky; ceux-là sont déjà une farce.

Qui est responsable de la violence?

Dans les dépêches des médias de masse j’ai entendu des Bengalis dire qu’ils fuyaient la violence et certains dire qu’ils fuyaient l’armée. C’est logique. L’armée a pris d’assaut les communautés bengalies, à la recherche d’armes et de terroristes. Qu’étaient-ils censés faire? Ils étaient probablement terrifiants et ont pu commettre des atrocités mais pour l’instant je n’ai vu aucune preuve de ces atrocités. Donc, il y a des gens qui fuient la violence. Ça c’est vrai. Mais qui a commencé ces violences? Les terroristes de l’ARSA. Et quelle est la position officielle du Tatmadaw? Ils sont à la recherche des terroristes. Qui met le feu aux villages? Les Bengalis disent l’armée, l’armée dit les Bengalis. Afin de discerner lequel des deux dit probablement la vérité nous avons besoin de considérer les forces en présence, à la fois dans le pays et à l’extérieur de celui-ci. Quels sont les intérêts qui profitent de ces incendies? Les activistes bengalis ont attiré beaucoup d’attention et leur récit d’oppression est d’ores et déjà imprimé dans l’esprit des gens. Tout le monde a entendu parler du terme « Rohingya », qu’ils sont « le peuple le plus opprimé du monde et que le Myanmar est coupable de génocide », et ainsi de suite. Donc, si j’étais général du Tatmadaw je tannerais rudement le cuir de mes soldats s’ils donnaient à l’Occident ce que je pense qu’ils veulent, c’est-à-dire un prétexte pour imposer des sanctions ou occuper le pays avec des troupes de l’ONU, ou les deux. Le Kosovo est le précédent historique le plus proche. Nous pourrions également considérer l’histoire des groupes terroristes islamistes. L’incendie volontaire est chez eux une technique guerrière commune. Nous savons aussi que le terrorisme sous faux drapeau est la technique standard des groupes liés à al-Qaeda. Donc, pourquoi devrions-nous rejeter les accusations du Tatmadaw qui affirment que les terroristes bengalis mettent le feu à leurs propres villages? Nous verrons peut-être des preuves concluantes d’incendies de la part du Tatmadaw. Mais nous devons garder l’esprit ouvert et écouter toutes les parties avant de juger.

Activiste sur Internet: « pourquoi Press TV publie-t-il de fausses informations sur le Myanmar?

 

L’Iran veut s’affirmer en tant que leader dans le monde musulman. L’Iran est une puissance émergente et potentiellement un empire régional, doté d’une longue histoire d’hégémonie culturelle et politique dans la plus vaste région, s’étendant jusqu’à Chittagong. Le philosophe Abul Ala Maududi influença l’Ayatollah Khomeini, il y a donc aussi des liens idéologiques. Maududi avait des idées intéressantes mais il disait aussi que toutes les autres religions doivent se soumettre à l’Islam. Comment songez-vous que les Bouddhistes du Myanmar puissent accueillir cette idée alors qu’ils ont vu le Bangladesh, l’Afghanistan et la Malaysie, jadis bouddhistes, devenir maintenant complètement islamiques? Dans ces pays, les Bouddhistes subissent actuellement des violences et des discriminations.

Les Bouddhistes Theravada du Myanmar craignent d’être les suivants et dans le nord de l’État d’Arakan où les Musulmans composent la majorité, ils ont fait l’expérience du nettoyage ethnique. Nombreux sont les moines qui doivent être escortés jusqu’au temple par des soldats. J’espère voir un jour un reportage sur Press TV à ce sujet. Mon ami, vous dites que vous n’êtes pas conscients des Bouddhistes dans votre pays. Le Bangladesh était naguère plein de Bouddhistes. L’Islam n’est pas une religion menacée. Elle est vivante, se porte bien et progresse. Les Bouddhistes se sentent menacés et l’attitude horrible consistant à ignorer leurs craintes et à les diaboliser, nourrit la perception que les Musulmans veulent que tout le monde les tolère mais que pour leur part, ils ne toléreront pas tout le monde. Si un dialogue est ouvert entre les intellectuels bouddhistes et musulmans sur ce thème, le Myanmar et le Bangladesh seront tous deux engloutis dans la guerre civile. Je ne parle pas ici du Dalaï-Lama de la CIA. Il soutient la « cause rohingya » parce qu’il travaille pour les Étasuniens. On vous manipule tous, pour que vous vous haïssiez et que vous vous combattiez. Tout cela fait partie du pivot impérial US vers l’Asie.

Mais le problème est que désormais l’Iran alimente le même genre d’individus qu’il combat en Syrie. Mais ils ont fait la même chose en Libye, à travers une rhétorique anti-Kadhafi. L’Iran a soutenu les terroristes bosniaques et kosovars pendant les guerres en Yougoslavie. Le Parti Républicain a publié un rapport détaillé démontrant que le Président Clinton avait autorisé la livraison d’armes iraniennes aux terroristes appuyés par la CIA. Les terroristes bosniaques et kosovars ont perpétré un génocide contre les Serbes. L’Église Catholique a soutenu les fascistes croates et le Pontifex Maximus actuel soutient ceux qui haïssent les Chrétiens au Myanmar. Lucrèce avait dit, « religio peperit scelerosa atque impia facta » – la religion attire le crime et les actes impies. Lucrèce n’avait pas tort!

Lors d’une récente conférence d’intellectuels internationaux à Téhéran, j’ai rencontré un dirigeant nationaliste serbe. Il soutient l’Iran et leur pardonne pour la Yougoslavie, et l’Iran entretient désormais de bonnes relations avec les pays des Balkans. La Yougoslavie et la Libye étaient des erreurs. Le dialogue est la clé. Je sais pertinemment que des gens au plus haut niveau des corps militaires et des renseignements iraniens sont entièrement dévoués à l’anti-impérialisme. Ainsi, l’espoir est là que l’Iran joue à l’avenir un rôle diplomatique plus constructif dans ces conflits.

La situation birmane est particulièrement complexe et je ne pense pas que l’Ayatollah Ali Khameneï ait été bien informé par les émissaires iraniens qui s’y trouvent. Ceci étant dit, les médias iraniens sont actuellement les seuls à réellement évoquer sérieusement le sujet, à l’exception de la Chine. Il n’est pas possible d’exprimer une réelle opinion sur quoi que ce soit dans les médias occidentaux de nos jours. C’est toujours possible en Iran. Et Press TV m’a assuré qu’ils veulent savoir la vérité. Donc, espérons que nous parviendrons à faire passer l’information. L’Iran est le seul pays en mesure d’être médiateur dans ce conflit et d’y prendre un rôle pré-éminent, mais ils devront aussi se soucier des gens appartenant à d’autres religions. Je n’en ai pas encore été témoin. Prenez mes deux contradicteurs lors des deux débats auxquels j’ai participé sur Press TV. Aucun d’entre eux n’a témoigné d’empathie au sujet des meurtres de Bouddhistes et de Hindous par des Bengalis. Ils s’en fichaient. Comment faut-il l’interpréter? C’est très laid. Je n’ai pas pris parti dans cette affaire. Je n’ai pas nié qu’il y a eu du terrorisme bouddhiste. Le seul moyen de rester objectif est d’interroger votre propre parti pris. Si les Tatmadaw ont jeté des bébés dans les flammes, s’il existe des preuves de tels crimes, je serai le premier à les dénoncer. Je n’ai vu aucune preuve de ce type. J’ai vu des preuves de bébés torturés et les vidéos servir à blâmer le Tatmadaw. Les armées torturent. AUCUN doute là-dessus. Mais aucune armée professionnelle ne torture quelqu’un en le filmant, pour ensuite donner le film à son ennemi pour qu’il s’en serve contre lui. Il faut examiner les preuves. J’ai vu comment al-Qaeda tue des enfants en Syrie et accuse le gouvernement, donc je n’ai aucune hésitation pour affirmer que c’est ce qu’ils font aussi au Myanmar. Mais si vous pouvez me fournir des preuves du contraire je devrai réviser ma position sur les bases de ces preuves. Je me souviens quand les premières photos de policiers morts à Benghazi en Libye ont été vues, en 2011. Les médias ont dit qu’ils avaient été abattus par Kadhafi parce qu’ils refusaient de tirer sur leur propre peuple. J’avais alors affirmé qu’aucun militaire ne serait assez stupide pour filmer une exécution militaire pour trahison puis la donner à l’ennemi. Si les militaires libyens avaient voulu les tuer, ils l’auraient fait en privé en s’assurant qu’il n’y avait aucune image. Un an après que le pays le plus riche d’Afrique ait été détruit, le journal britannique The Independent a reconnu que ces hommes avaient été abattus par des rebelles appuyés par l’OTAN dans le but d’en imputer la cause au gouvernement libyen. Mais les gens ont la mémoire courte et de pauvres capacités d’analyse. Les impérialistes le savent. Maintenant, ils disposent d’un nouveau scénario et peuvent le regarder décoller sur pilote automatique. Une fois de plus, les gauchistes bien-pensants sont les turboréacteurs de l’empire.

Par Gearóid Ó Colmáin, le 14 septembre 2017

Article original: http://www.gearoidocolmain.org/2221-2/

Traduit par Lawrence Desforges

Source: https://globalepresse.net/2017/09/15/la-crise-des-refugies-rohingya-et-le-probleme-de-lobjectivite/

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En août dernier, 93 Rohingyas hindous ont été massacrés par des terroristes islamistes rohingyas

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La guerre, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

En août dernier, 93 Rohingyas hindous ont été massacrés par des terroristes islamistes rohingyas

 
Le nom « Rohingya » ne signifie pas celui d’une ethnie particulière mais d’une minorité parlant la langue bengali. Selon les critères communément accepté par les éthnologistes, une ethnie correspond à un groupe d’humains parlant une langue spécifique donc nous pouvons affirmer sans risques que les Rohingyas sont d’ethnie bengali. L’ethnie bengali est majoritaire au Bengladesh et dans l’Etat du Bengale Occidental situé en Inde. Ces deux entités étatiques ont été séparée lors de l’indépendance de l’Inde en 1947, la majorité des Musulmans se retrouvant dans ce qui était alors le Pakistan Oriental et qui est devenu le Bengladesh suite à la guerre d’indépendance de 1971, tandis que la majorité des Bengalis de religion hindou se retrouvait dans ce qui est l’Etat indien du Bengale Occidental dont la capitale est Calcutta. Mais, bien évidemment, il était quasiment impossible de réunir les membres d’une même religion dans un même ensemble étatique en se contentant de tracer une ligne frontalière et aujourd’hui, tandis que le Bengale Occidental possède une importante minorité musulmane, le Bengladesh possède quant à lui une importante minorité hindou.

Lors de la colonisation de la Birmanie au XIXème siècle, les Anglais se sont aperçu que l’immense majorité des Birmans refusaient de collaborer avec leur administration coloniale. Ils ont donc « importé » des Bengalis dans ce pays pour leur servir de flics. Vu que l’actuel Bengladesh est frontalier de la Birmanie, ce qui n’est pas le cas de l’Etat indien du Bengale Occidental, la grande majorité de ces « bengalis/rohingyas » anciens collaborateurs des colonialistes anglais étaient de confession musulmane. La majorité mais pas tous. Une minorité d’entre eux étaient de religion hindoue. Et ces derniers ont évidemment refusé de s’intégrer aux mouvements armés islamistes se revendiquant de l’Etat islamique ou d’Al Qaïda

Les 24 et 25 août 2017, 93 membres minoritaires hindous du village de Kha Maung Seik situé dans le district de Maungdaw, ont été abattus par des musulmans rohingyas, 8 jeunes femmes hindoues et 10 enfants, forcés de se convertir à l’Islam pour avoir la vie sauve, ont été kidnappés et conduits au Bangladesh à travers la frontière. Les 93 personnes qui ont été assassinées n’ont pas été classées comme tuées dans les annonces gouvernementales birmanes.

Les tueurs ont ensuite traversé la frontière pour se rendre au Bangladesh, se sont réfugiés dans un camp de réfugiés se trouvant là-bas, ont été soignés, et se promènent actuellement en portant les vêtements qu’ils ont volés aux victimes du massacre.

Ces « Bengalis/Rohingyas » hindous ont été massacrés par une foule musulmane de plusieurs centaines de personnes aux visages masqués, portant des armes à feu, des machettes, des haches et d’autres armes entre leurs mains. Les assassinats se sont produits dans les hameaux hindous des villages de Ye Bauk Kyar et Taung Ywar Anauk Kha Maung Seik les 27 et 28 août.

56 villageois hindous ont été tués dans le massacre du village de Ye Bauk Kyar qui s’est produit vers 4 heures de l’après-midi le 24 août, tandis que 37 autres Hindous ont été abattus dans le village voisin de Taung Ywar vers 10 heures du matin le 25 août. Le nombre des victimes de ces deux massacres correspond à 93. En regardant le calendrier des événements, le premier massacre du village de Ye Bauk Kyar a été lancé moins d’une demi-journée avant les attaques coordonnées nocturnes contre 30 avant-postes de sécurité par les terroristes islamistes rohingyas.

Une femme « bengali/rohingya » hindoue, Daw Khalwani, a témoigné sur ce massacre.

Daw Khalwani, une femme hindoue de 40 ans originaire de Ye Bauk Kyar, se dirigeait vers son village sans savoir que les musulmans « bengalis/rohingyas » y étaient en train de commettre un massacre. Alors qu’elle remarquait une agitation en se rapprochant du village, elle s’est cachée dans les buissons et a dû supporter l’horreur de voir ce qui se passait. A part son fils, qui était en voyage au Bangladesh à ce moment-là et elle-même, les six autres membres de sa famille ont été assassinés devant ses yeux.

Sous le choc et poussée par la peur, elle s’est furtivement dirigé vers le petit village hindou le plus proche, Taung Ywar, et a passé la nuit là-bas. Elle a raconté aux villageois ce qui venait de se passer au village de Ye Bauk Kyar, et cela a terrorisé ses interlocuteurs. S’enfuir pendant la nuit n’était pas une option raisonnable pour eux, car leur village était entouré de grands villages « rohingyas/bengalis » musulmans et ils savaient n’être pas en mesure de les traverser. Étant donné que la population totale du village, cette nuit-là, y compris les enfants et les vieilles personnes, ne comptait que 54 habitants, toute lutte était totalement impossible.

Dans la peur et l’impuissance, ils ont passé la nuit à prier car ils ne pouvaient pas sortir. Toutes les connexions téléphoniques étaient déjà mortes depuis trois jours. Ils ont essayé de se rassurer en pensant que ces musulmans « rohingyas/bengalis » étaient peut-être satisfaits de l’extermination d’un village hindou et qu’ils ne s’en prendraient pas à eux. (Pendant cette soirée sans sommeil, des terroristes « rohingyas/bengalis » ont lancé des attaques coordonnées contre une trentaine d’avant-postes de sécurité dans les cantons de Maungdaw, Buthidaung et Rathedaung).

Mais le lendemain, à 8 heures du matin, des centaines d’attaquants habillés en noir et portant des masques noirs, tous armés de fusils, de haches et de machettes se sont pointés à Taung Ywar. Ils ont commencé par piller les maisons et ont ensuite rassemblé les villageois. Tous les téléphones portables des villageois leur ont été confisqués. Ensuite, la foule armée les a conduit hors du village, vers le sud-ouest jusqu’à une petite vallée située près du village musulman de Baw Taw Lar. Sur place, il y avait une grande fosse sur le sol prête à servir.

Tous les prisonniers ont été attachés avec des cordes. Les prisonniers qui allaient être exécutés avaient les yeux bandés. Le massacre des prisonniers a été fait sans qu’il n’y ait eu de désordre, et les corps ont été jetés dans la fosse. Avec le meurtre de chaque malheureux prisonnier, les bourreaux criaient « Allah Akbar ».

Les bourreaux disaient aussi: « Vos bâtards recourent au peuple Rakhine et à l’armée birmane. Maintenant, allez demander à votre peuple Rakhine et à votre armée birmane de venir ici. Vous adorez des idoles de pierre. Vous méritez d’être tué. »

Témoignage de Daw Khalwani, une survivante du massacre (en langue bengali):

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Les Serbes oubliés du Kosovo – Campagne terroriste contre les Serbes [2/3] Par Marc Jean — 17 septembre 2017

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'Allemagne, #Yougoslavie, #La guerre, #Le fascisme, #Politique étrangère

Les Serbes oubliés du Kosovo – Campagne terroriste contre les Serbes [2/3]

 Les Serbes oubliés du Kosovo – Campagne terroriste contre les Serbes [2/3]   Par Marc Jean — 17 septembre 2017

Hashim Thaci et Joe Biden célèbrent l’indépendance du Kosovo


[Partie 1]

Campagne terroriste contre les Serbes

L’opinion publique a oublié un épisode important qui va être le facteur déclenchant du trafic d’armes dans la région. A la suite de scandales financiers gigantesques en Albanie en mars-avril 1997, de violentes insurrections secouent le pays. (1) Les émeutiers en profitent pour piller dans les armureries de l’armée près d’un million d’armes de guerre ! L’UCK va bien entendu en profiter pour s’armer à bon compte et lancer au printemps 1998 ses premières offensives d’envergure. Cette organisation terroriste s’était déjà fait la main entre 1996 et 1997. Le 11 février 1996, l’UCK pose des bombes contre cinq camps de réfugiés serbes de Krajina : bilan, plus d’une vingtaine de morts et plusieurs centaines de blessés. Une quinzaine d’attentats seront commis au Kosovo ainsi qu’en Macédoine, visant la police serbe, les « traîtres », c’est-à-dire les Albanais qui collaborent avec la police ou qui travaillent dans des centres d’écoute des services serbes. Sur l’ensemble de l’année 1998, on recense 1885 attaques albanaises contre la police et les civils. Durant ces attaques, 173 civils et 115 policiers sont assassinés, 403 policiers et 358 civils sont blessés, et de 239 personnes sont enlevées dont des femmes et des enfants. La Serbie décide enfin de réagir et « dans la deuxième moitié de l’été 1998, les Serbes, grâce aux efforts conjugués de la police et de l’armée, réussissent, au prix d’immenses sacrifices, à briser complètement l’UCK et à faire revenir la population albanaise dans ses foyers… » (2)

La grande manipulation en marche

Les officines de propagande vont mettre tout en œuvre pour persuader l’opinion publique que l’armée serbe et ses supplétifs commettent des crimes de guerre et mettent en œuvre une politique d’épuration envers les Kosovars. Le « carnage de Raçak »’ va indigner le monde entier et achèvera de diaboliser à jamais les Serbes, présentant les combattants de l’UCK comme des « combattants de la liberté », des victimes suscitant la compassion populaire médiatisée. Dans son livre « Guerres contre l’Europe » (1) Alexandre Del Valle relate avec précision les dessous de cette sordide affaire.

Nous résumerons les faits : les forces de l’ordre yougoslaves, après en avoir averti les inspecteurs de l’OSCE (3) et en représailles à une vague d’attentats antiserbes, avaient lancé, le 14 janvier 1999, une opération antiterroriste contre le village de Raçak, fief de l’UCK, qui avait depuis plusieurs mois rompu les accords de cessez-le-feu. Une équipe de l’agence américaine APTV avait même été autorisée à filmer les combats ! A 15 heures précises, les forces serbes contrôlaient le terrain. Le nombre de victimes variait du simple au double, entre 15 et plusieurs dizaines selon Belgrade, 37 selon l’OSCE, 45 pour les Américains, 51 selon les Albanais. Les observateurs de l’OSCE, restés sur place après le retrait des forces serbes, trouveront des morts dans certaines maisons, et quelques blessés, auxquels ils porteront secours. Mais aucune trace d’une quelconque « tuerie ».

C’est, en réalité, le lendemain matin, que les journalistes et observateurs, encadrés par des combattants de l’UCK, subitement réapparus au cours de la nuit, seront dirigés vers un fossé rempli de cadavres de « présumé » civils albanais. Désormais la version d’un massacre commis envers des civils désarmés sera la thèse défendue par le chef de la mission de l’OSCE dirigée par William Walker, (3) avant toute enquête impartiale.

En 2001, dans un article du Toronto Star, (4) Peter Worthington, sur la base de nombreux rapports d’experts présents sur place, démonte le mensonge de Walker : les insignes militaires (de l’UCK) avaient été arrachés des vêtements des cadavres, les corps avaient été empilés mais il n’y avait pas de mare de sang, ce qu’il aurait dû y avoir s’il y avait eu un massacre, les experts en balistique ont prouvé que le Albanais avaient été touchés de loin, d’angles et de lieux différents, et surtout, les victimes avaient quasiment toutes des traces de poudre sur le mains, signifiant qu’ils avaient tiré récemment avec des armes. En 2008, neuf ans près les faits, la Finlandaise responsable de la troisième équipe de médecins légistes, le docteur Helena Ranta, (5) avouera finalement qu’elle avait subi de fortes pressions à l’époque pour charger son analyse contre les Serbes, par le ministère finlandais des Affaires étrangères et par William Walker.

Hélas, la vérité vient toujours trop tard, et le mensonge de Raçak fera le tour du monde. Certains faussaires en ajouteront encore dans la diabolisation. Madeleine Albright, à l’époque secrétaire d’Etat américaine, inventera des détails que même Walker n’avait pas osé inventer, en parlant de « douzaines de personnes avec la gorge tranchée», le ministre des Affaires étrangères canadien parle d’une « écœurante persécution de civils », et le ministre allemand des Affaires étrangères, le social-démocrate Joschka Fischer, déclarera que le massacre fut le tournant pour lui et que « la guerre était la seule réponse ». Quant au président Clinton, il déclarera, le 24 mars 1999, dans son discours à la nation américaine justifiant la guerre : « Maintenant ils [les Serbes] ont commencé à aller de village en village, bombardant les civils et brûlant leurs maisons. Nous avons vu des personnes innocentes enlevées de leur maisons, forcées à s’agenouiller dans la poussière et criblées de mitraille. » Joseph Lieberman, sénateur du parti démocrate ira jusqu’à dire : « Les Etats-Unis d’Amérique et l’Armée de libération du Kosovo représentent les mêmes valeurs humaines et principes…Se battre pour l’UCK, c’est se battre pour les droits de l’homme et les valeurs américaines. » (6)

Le plan diabolique de l’OTAN

La Serbie désormais diabolisée, il fallait maintenant encore trouver les motifs de l’intervention militaire. La stratégie infernale va se dérouler en deux temps. D’abord « truquer » les négociations qui allaient s’ouvrir à Rambouillet, en accusant les Serbes de refuser de signer les accords. L’opinion publique fut tenue dans l’ignorance totale de ce qui se tramait. Dès le départ, les Serbes sont désignés d’office comme les uniques responsables de l’échec en refusant de signer un texte sans amendements possible, sous menace d’être ipso facto bombardés ! Or, le gouvernement serbe accepta les principaux points du volet politique de ce projet d’accord, mais refusa, ce qui était inacceptable pour tout Etat souverain, le volet militaire qui prévoyait la présence des forces de l’OTAN en Serbie, et le droit de passage illimité des troupes étrangères en ex-Yougoslavie. Alors que les Européens n’étaient pas opposés à la poursuite des négociations, les Américains mirent les Serbes au pied du mur : « Signez ou vous êtes bombardés » !

Du 23 mars au 10 juin 1999, l’OTAN lance l’opération « Ange miséricordieux » ! et bombardera la Serbie sans cesse, nuit et jour, pendant presque 3 mois, à un rythme moyen de quatre cent quatre-vingts sorties aériennes par jour. 82 ponts sont détruits, toutes les raffineries pétrolières, 14 centrales thermoélectriques, 13 aéroports, 20 gares ferroviaires et 121 usines sont anéantis (7).

Pour justifier un tel acharnement envers un pays sans défenses, en violation de la charte de l’ONU, sans aucun accord du Conseil de Sécurité, les dirigeants politiques vont déverser les mensonges les plus sordides pour gagner l’opinion publique et faire taire ses réticences. Rudolf Scharping, ministre social-démocrate allemand de la Défense, va dépasser toutes les bornes. Il va convoquer une conférence de presse le 27 avril 1999 pour présenter des photos de « civils albanais massacrés » par les Serbes dans le village de Rugovo et ânonnera une histoire larmoyante sur le sort des pauvres civils albanais du Kosovo.

Le lendemain, le quotidien allemand Bild publiera ces images terrifiantes avec en gros titre : « C’est à cause de cela que nous faisons la guerre ». Or ces photos étaient des montages orchestrés par l’OSCE, il ne s’agissait non pas de civils, mais de terroristes de l’UCK morts dans un accrochage avec l’armée régulière yougoslave. (8)

Il serait trop long de relever tous les mensonges déversés par les dirigeants atlantistes et leurs relais médiatiques, pendant cette campagne abominable de bombardement. Mais pour la fin, citons les propos absolument hallucinants de Bernard-Henri Lévy dans les colonnes du Point, tressant des lauriers aux avions de l’Otan : « Merci, malgré tout, aux avions de la démocratie et du droit international : ces avions n’ont pas de couleur -ce sont les avions de la liberté. » (9)

Les dirigeants politiques responsables de ces bombardements criminels, et les médias qui, volontairement, ou par aveuglement anti-serbe, ont diffusé des informations mensongères porteront toujours devant l’Histoire la responsabilité de ces crimes envers un peuple courageux et fier.

MARC Jean

(1) Alexandre Del Valle, Guerres contre l’Europe,Editions des Syrtes,Paris, 2000, p.285

(2) Nikola Mirkovic, Le Martyre du Kosovo, Editeur Jean Picollec, Paris, 2013, p.71

(3) Le président Milosevic avait accepté l’envoi au Kosovo, le 12 octobre 1998, d’une Mission de vérification internationale(KVM) composée de 1380 observateurs de l’OSCE .Malgré leur bonne volonté et l’intégrité de ses membres, son action fut entravée par l’intervention des services spéciaux américains, qui, à travers William  Walker, Chef de la KVM, va orienter les différents rapports dans un sens unilatéralement favorable aux éléments terroristes de l’UCK, déjà étroitement liés aux services américains, anglais et allemands. Rappelons que Walker, de sinistre souvenir, fut adjoint du colonel North dans les opérations spéciales du Nicaragua en soutenant la Contra. Au Salvador aussi, Walker avait envoyé ses recrues faire des stages à Fort Benning. Le 16 novembre 1989, ce furent les stagiaires de Walker, les soldats du « bataillon Atlacalt » qui tuèrent dans leur lit, en pleine nuit, d’une balle dans la tête, six jésuites, leur cuisinière et son enfant de 15 ans. (Pour plus de détails, se reporter au livre d’Alexandre Del Valle « Guerres contre l’Europe » Editions des Syrtes, p.255)

(4) Peter Worthington, Le canular qui a déclenché une guerre. Comment les Etats-Unis, l’Otan et les médias occidentaux ont été trompés au Kosovo, Toronto Sun, 2 avril 2001

On fera remarquer à Peter Worthington que son analyse est erronée, en ce sens que ni les Etats-Unis ni l’Otan n’ont été trompés, mais qu’ils ont sciemment trompé l’opinion par des mensonges. Les médias, quant à eux, ont servilement repris la version officielle. On peut souligner néanmoins que deux journalistes français ont osé douter de la version officielle de Raçak : Renaud Girard dans le Figaro du 20 janvier 1999 « Zones d’ombres autour d’un massacre » et Christophe Châtelot, dans Le Monde du 21 janvier 1999, « Les morts de Raçak ont-ils vraiment été massacrés froidement ? »

(6) Alexandre Del Valle, Guerres contre l’Europe, Editions des Syrtes, Paris, 2000,

(7) « La guerra infinita » (La guerre infinie), reportage du journaliste italien Riccardo Iacona, pour la RAI3,2008, cité dans Nikola Mirkovic, Le Martyre du Kosovo, Editeur Jean Picollec, Paris, 2013p.85

(8) Dans un documentaire allemand, diffusé sur la chaîne allemande ARD le 8 février 2001, « Es begann mit einer Lüge » (Cela commença par un mensonge) de Jo Angerer et Mathias Werth, Henning Hensch, un Allemand détaché auprès de l’OSCE, et auteur d’un rapport concluant qu’il n’y a pas eu de massacre de civils, avouera l’existence de ce document qui avait été classé secret défense (Nikola Mirkovic, Le Martyre du Kosovo, Editeur Jean Picollec, Paris, 2013 p.87)

(9) « Le bloc note de Bernard-Henri Lévy, Retour d’Albanie, Frontière du Kosovo. Impressions », Le Point, 17 avril 1999. Honte à ce journal pour avoir osé publier une telle infamie.

[Partie 1]

Source: http://arretsurinfo.ch/les-serbes-oublies-du-kosovo-campagne-terroriste-contre-les-serbes-23/

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Les Serbes, les oubliés du Kosovo [1/3] Par Marc Jean — 16 septembre 2017

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'Allemagne, #Yougoslavie, #Terrorisme, #Politique étrangère, #Le fascisme

Les Serbes, les oubliés du Kosovo [1/3]

Les Serbes, les oubliés du Kosovo [1/3]  Par Marc Jean — 16 septembre 2017

Les soldats de la Force pour le Kosovo [KFOR] regardent le pogrom contre les Serbes au Kosovo en 2004. Crédit photo Nikola Mirkovic


[Partie 1]

Les médias ont tourné la page du Kosovo, oublié comme bien d’autres événements récents faisant la une des médias pendant quelques mois, puis disparaissant, chassés par une actualité sans cesse renouvelée. En 1999 pourtant, ces mêmes médias diffusaient quotidiennement des images dramatiques sur le sort des Kosovars, victimes d’un, soi-disant, génocide commis par les milices serbes. L’opinion, abusée par une manipulation parfaitement orchestrée, prenait fait et cause pour les Kosovars et approuvait l’intervention de l’Otan au Kosovo, totalement illégale en droit international, et contraire même aux propres statuts de cet organisme. Après des bombardements intensifs pendant plusieurs semaines, la Yougoslavie n’a pas eu d’autre choix que de se retirer de ce territoire [Ndlr, les Serbes y étaient alors majoritaires]. La suite fut tragique. Nous allons retracer ces événements et présenter la situation actuelle des Serbes au Kosovo.

L’histoire du Kosovo

Le Kosovo est d’abord une terre ancestrale du peuple serbe. Il serait trop long de raconter en détail l’histoire d’un peuple victime pendant des siècles de l’oppression de l’empire ottoman. Nikola Mirkovic, dans son livre « Le martyre du Kosovo » (1) fournit de nombreux renseignements sur cette histoire faite d’exactions, de massacres et de violence. Les Albanais, d’origine chrétienne, mais convertis à l’islam sous le règne ottoman, n’eurent de cesse d’étendre leurs terres au détriment des Serbes du Kosovo. Ils vouent une haine inextinguible envers leurs voisins chrétiens serbes.

Voici ce qu’écrit en 1913 un Français, le publiciste et historien André Cheradame: « Quant à la plaine du Kosovo, qui fut au Moyen-Âge le centre même de l’empire serbe et qui, il y a seulement quarante ans, était presque exclusivement peuplée de Serbes, les Albanais s’y sont développés en faisant fuir par leurs exactions et leurs meurtres la malheureuse population serbe qui, j’ai pu le constater sur place, il y a seulement deux ans, vivait dans un véritable état de terreur sous l’oppression albanaise ».(2)

Après bien des péripéties, en automne 1918, les troupes essentiellement françaises et serbes, sous le commandement du général français Louis Franchet d’Espèrey, libèrent le sud de la Serbie dont le Kosovo des mains des armées austro-hongroises et bulgares alliées aux Albanais. Les traités de paix de 1919 et 1920 donnent naissance au royaume des Serbes, Croates et Slovènes qui s’unissent afin de créer un bloc des « Slaves du Sud »(Yougo-Slaves). Malheureusement, le répit fut de courte durée. L’Italie fasciste va conquérir l’Albanie en 1939 et 100 000 Albanais en profiteront pour envahir le Kosovo et s’attaquer, de nouveau, avec une violence inouïe, aux Serbes et à leur héritage. 

En 1941, l’Allemagne, sans déclaration de guerre préalable, bombarde Belgrade et s’attaque à la Serbie. Pour mâter la résistance serbe, une division de Waffen SS musulmans albanais est même créée : la division Skanderberg (3), qui se distingua par des crimes épouvantables contre les Serbes du Kosovo, comme le massacre de Velika à la frontière du Kosovo et du Monténégro. Le diplomate italien Carlo Umilta présent sur place sera écœuré. Il écrit: « Le jour du Noël orthodoxe, les Albanais ont tué des dizaines et des dizaines de Serbes, une multitude a été blessée, et seule l’intervention de nos carabiniers a empêché la poursuite du massacre ». 

Le résistant communiste albanais Saïd Bakali Jakupi est lucide sur le sentiment réel que les Albanais éprouvent pour les Serbes. Il écrit : «Les Shiptars [Albanais] ne veulent nulle coopération avec les Slaves, ils ne veulent pas d’eux ici. Quand ils entendent qu’un malheur quelconque est arrivé aux Slaves, qu’ils soient partisans [communistes] ou tchetniks [monarchiques], ils s’en réjouissent […]. Ils extermineraient jusqu’au dernier Serbe se trouvant au Kosovo, tellement est grande leur haine des Slaves » (4).

Après la guerre, le nouvel homme fort de la Yougoslavie, Tito, croate par son père et slovène par sa mère, n’éprouve aucune sympathie pour la composante serbe de cette nouvelle entité. Bien au contraire, il va s’efforcer de diluer le peuple serbe partout où il se trouve. Pour honorer la promesse faite aux Albanais pendant la guerre, il fait du Kosovo une région autonome de la Serbie en 1946. Ses espoirs chimériques de faire des Albanais des citoyens à part entière de la Yougoslavie restent vains, les Albanais n’ont aucune envie de devenir « Yougoslaves », ils veulent devenir de grands Albanais dans une grande Albanie. Les conditions de vie des Albanais de Yougoslavie sont bien meilleures que celles de leurs compatriotes d’Albanie, ce qui encourage une émigration massive de ces derniers qui s’installent en grand nombre dans le sud de la Serbie, avec la bienveillance du régime communiste yougoslave. (5) 

Progressivement, avec un taux de fécondité des femmes albanaises qui s’envole (avec en moyenne 7 membres par famille), les Serbes deviennent des étrangers sur leur propre terre. La violence envers les Serbes, attaqués, volés, humiliés par les Albanais qui agissent en toute impunité sous le regard complaisant des autorités locales, va provoquer en 1961 et 1981 une vague de départ d’environ 150 000 à 200 000 Serbes. Pendant la même période 200 000 à 240 000 Albanais arrivant d’Albanie, s’installent au Kosovo. A cet égard, on notera que toutes les chancelleries occidentales étaient clairement au courant de la situation et de nombreux médias occidentaux évoquent déjà les revendications sécessionnistes des Albanais et leurs crimes contre les Serbes, tels le New York Times, The Economist, Le Monde, Reuters, etc (6). Avant de modifier radicalement leurs points de vue quelques années après et de devenir les critiques les plus féroces des Serbes et les soutiens des  »malheureux Kosovars » victimes des  »méchants Serbes ».

Enfin, les Serbes du Kosovo s’organisent et manifestent contre la terreur dont ils sont l’objet. Le 23 mars 1989, le parlement du Kosovo adopte des amendements à la constitution de la Serbie proposés par Belgrade et qui reviennent sur les privilèges octroyés par Tito. Un sursaut national traverse le peuple serbe. Le 28 juin 1989, un demi-million de Serbes fêtent le 600 ème anniversaire de la bataille de Kosovo Polje (7), sur les lieux mêmes du combat. Le président de la République fédérale de Yougoslave, Slobodan Milosevic déclare que, si le Kosovo devait être défendu par les armes, il le ferait et que les batailles ne pourront être gagnées sans la détermination, le courage et l’abnégation, ces vertus présentes jadis au Champ des Merles.

Les Kosovars albanais vont alors riposter d’abord par une grande mobilisation organisant des grèves générales et mettant progressivement en place une véritable administration parallèle. Déjà, les médias occidentaux vont colporter l’image d’une Serbie nationaliste, voulant réduire les aspirations du peuple Kosovar et faire taire les voix dissidentes. Le discours de Slobodan Milosevic sera bien évidemment utilisé par les médias pour dénoncer une prétendue dérive xénophobe et guerrière.

Quelques années plus tard, les Kosovars vont créer l’UCK (Ushtria Clirimtare e Kosovës), l’Armée de libération du Kosovo. Utilisant des méthodes de guérilla – d’ailleurs qualifiée d’organisation terroriste par les pays occidentaux – l’UCK va semer la terreur parmi les Serbes, les non Albanais et même les Albanais accusés de loyauté envers Belgrade.

Nous analyserons dans une seconde partie comment les pays occidentaux, principalement les Etats Unis secondés par le Royaume Uni, vont, d’abord attiser, ensuite instrumentaliser, ce conflit dans leurs seuls intérêts géopolitiques, en violation du droit international et en mépris total des droits des Serbes du Kosovo. Nous relèverons aussi le rôle cynique des médias qui, bien avant les épisodes libyen et syrien, seront leurs relais serviles. Dans un troisième volet, nous présenterons la situation tragique des Serbes, parqués aujourd’hui dans des enclaves, au milieu d’une population hostile.

MARC Jean | 15 septembre 2017

 

Les Serbes, les oubliés du Kosovo [1/3]  Par Marc Jean — 16 septembre 2017

(1) Nikola Mirkovic, dans son livre Le martyre du Kosovo. Editions Jean Picollec, 2013, dont sont extraits un certain nombre d’observations de cet article. Nous recommandons vivement sa lecture.

(2) André Cheradame, Douze ans de propagande en faveur des peuples balkaniques, Paris, 1913, p.328-329, cité par Komnen Becirovic, dans Le Kosovo sur le calvaire, p.209, L’Âge d’Homme, 2009

(3) Au même moment, une autre division SS formée de bosniaques musulmans, est créée en Bosnie : la division Handschar, de sinistre réputation. Une troisième division de musulmans SS sera également créée en Bosnie : la division Kamar

(4) Smilia Avramov, Le Génocide en Yougoslavie dans le contexte du droit international, p.208, Belgrade, 1992, cité par Komnen Becirovic dans Le Kosovo sur le calvaire, p.241, L’Âge d’Homme,2009

(5) Nikola Mirkovic, Le martyre du Kosovo, Editions Jean Picollec, 2013, p.62-63

(6) Exodus Of Serbians Stirs Province in Yugoslavia (L’exode des Serbes remue la province en Yougoslavie), Marvin Howe, New York Times, 12 juillet 1982

(7) La bataille entre l’armée serbe commandée par le prince Lazare et le sultan Murat 1er au Kosovo Polje, le  »Champ du Merle », se déroula le 28 juin 1389. La lutte est féroce et laisse les deux armées quasiment anéanties. Le royaume serbe y perd presque toute sa chevalerie aux côtés du prince Lazare, décapité. Cette bataille, et cette date, sont à tout jamais gravées dans le cœur des Serbes et dans leur mémoire collective pour de multiples raisons. Le prince Lazare deviendra un symbole historique pour le peuple serbe, héros de la chrétienté et héraut de la liberté. Autant de valeurs, est-il besoin de le préciser, méprisées aujourd’hui par les mondialistes comme un Bernard Henri Lévy, qui fut, dans ce conflit comme aussi en Bosnie, un des plus farouches pourfendeurs des  »méchants  » Serbes. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Kosovo_Polje

Source: http://arretsurinfo.ch/les-serbes-les-oublies-du-kosovo-13/

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Discours sur l’état de l’Union 2017 : Des vents favorables par Jean-Claude Juncker. (Partie III) FIN.

15 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le fascisme

Discours sur l’état de l’Union 2017 : Des vents favorables

par Jean-Claude Juncker

 

Réseau Voltaire | Bruxelles (Belgique) | 13 septembre 2017


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En trois parties.

 

[PARTIE III] et FIN.

UNE UNION PLUS DÉMOCRATIQUE

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Notre Union a besoin d’un saut démocratique.

Je souhaiterais que les partis politiques européens lancent leurs campagnes pour les prochaines élections plus tôt que par le passé. Trop souvent, les campagnes électorales européennes ont été réduites à une simple addition des propositions électorales nationales. La démocratie européenne mérite mieux.

Aujourd’hui, la Commission propose de nouvelles règles sur le financement des partis et des fondations politiques. Il s’agit de ne pas renflouer les caisses des extrémistes qui sont contre l’Europe. Il s’agit de permettre aux partis européens de mieux pouvoir s’articuler.

Je n’ignore pas que l’idée est contestée par plus de quelques-uns, mais je dois vous dire que j’ai de la sympathie pour présenter des listes transnationales. De telles listes rendraient les élections au Parlement européen plus européennes et plus démocratiques.

Je pense également qu’au cours des prochains mois, nous devrions associer les parlements nationaux et la société civile au niveau national, régional et local aux travaux sur l’avenir de l’Europe. Au cours des trois dernières années, les membres de la Commission ont rendu visite aux parlements nationaux à plus de 650 reprises. Ils ont également participé à plus de 300 dialogues avec les citoyens dans plus de 80 villes des 27 États membres. Mais nous pouvons encore faire mieux. C’est pourquoi je soutiens l’idée du président Macron d’organiser des conventions démocratiques dans toute l’Europe en 2018.

À mesure que le débat se développera, j’accorderai personnellement une attention particulière à l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie en 2018. 2018 est l’année où ces quatre pays célébreront leur 100ème anniversaire. Ceux qui ont pour ambition de façonner l’avenir de notre continent doivent connaître et honorer notre histoire commune et donc l’histoire des quatre pays mentionnés, pays sans lesquels l’Europe ne serait pas complète.

Le besoin de renforcer la démocratie a également des conséquences pour la Commission européenne. Aujourd’hui, je transmets au Parlement européen un nouveau code de conduite des commissaires. Tout d’abord, ce nouveau code précise que les commissaires peuvent se présenter dans des conditions normales comme candidats aux élections européennes. Il est évident que le nouveau code renforcera les obligations des commissaires en matière d’intégrité, pendant et après leur mandat.

Qui veut renforcer la démocratie européenne ne peut pas accepter que le progrès démocratique que constitua l’innovation des têtes de liste – "Spitzenkandidaten" – ne soit pas renouvelé. Je suis convaincu que tout futur Président tirera avantage de cette expérience unique qui consiste à faire campagne dans tous les coins de notre beau continent. Pour comprendre les défis de son poste et la diversité de nos Etats membres, un futur Président doit rencontrer les citoyens dans les mairies à Helsinki comme sur toutes les places d’Athènes. Je sais pour avoir mené une telle campagne que cela vous rend humble, mais cela vous donne aussi plus de poids pendant votre mandat. Et vous pouvez traiter avec les autres dirigeants au Conseil européen fort de la confiance d’avoir été ainsi élu tout comme ils l’ont été. C’est bon pour l’équilibre de notre Union.

Plus de démocratie veut dire plus d’efficacité. L’efficacité européenne gagnerait en force si nous pouvions fusionner les présidences de la Commission européenne et du Conseil européen.

Cette proposition ne vise en rien mon excellent ami Donald, avec qui j’ai collaboré harmonieusement ces trois dernières années. Elle ne vise ni Donald ni moi-même.

Le paysage européen serait plus lisible et plus compréhensible si le navire européen était piloté par un seul capitaine.

Le fait d’avoir un seul président refléterait mieux la véritable nature de notre Union européenne, à la fois comme Union d’États et comme Union de citoyens.

NOTRE FEUILLE DE ROUTE

Mesdames et Messieurs les députés,

La vision d’une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique que je présente aujourd’hui associe des éléments de tous les scénarii que j’ai exposés en mars dernier.

Mais notre avenir ne peut rester un scénario, une esquisse, une idée parmi d’autres.

C’est aujourd’hui que nous devons préparer l’Union de demain.

J’ai envoyé ce matin au président Tajani, au président Tusk ainsi qu’aux futures présidences tournantes du Conseil d’ici à mars 2019, une feuille de route indiquant la direction que nous devrions suivre.

Un élément important résidera dans les plans que la Commission présentera en mai 2018, en vue de faire en sorte que le budget de l’UE soit à la hauteur de nos ambitions et que nous puissions tenir toutes nos promesses.

Le 29 mars 2019, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne. Ce sera un moment à la fois très triste et tragique. Nous le regretterons toujours. Mais nous devons respecter la volonté du peuple britannique.

Le 30 mars 2019, nous serons une Union à 27. Je propose que nous nous y préparions bien.

Les élections au Parlement européen auront lieu à peine quelques semaines plus tard, en mai 2019.

Ce sera un rendez-vous important avec la démocratie européenne. Il faudra que les citoyens européens se rendent aux urnes en ayant une vision claire de la manière dont l’Union européenne évoluera dans les années à venir.

C’est pourquoi j’en appelle au président Tusk et à la Roumanie, qui exercera la présidence au cours du premier semestre de 2019, pour qu’ils organisent un sommet spécial en Roumanie, le 30 mars 2019. Mon vœu serait que ce sommet se tienne dans la magnifique ville antique de Sibiu, que je connais aussi sous le nom de Hermannstadt. Ceci devrait être le moment de nous réunir pour prendre les décisions nécessaires à la construction d’une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique.

Mon espoir est que le 30 mars 2019, les Européens se réveilleront dans une Union où nous défendons tous nos valeurs. Où tous les Etats membres respectent vigoureusement l’état de droit. Où être un membre à part entière de la zone euro, de l’union bancaire, et de l’espace Schengen soit devenu la norme pour chaque Etat membre de l’UE.

Où nous aurons consolidé les fondements de notre Union économique et monétaire afin de pouvoir défendre notre monnaie unique dans toutes les circonstances, bonnes ou mauvaises, sans avoir à recourir à une aide extérieure. Où notre marché unique sera plus équitable pour les travailleurs de l’est comme de l’ouest.

Où nous aurons réussi à nous mettre d’accord sur un solide socle des normes sociales. Où les bénéfices seront imposés là où ils sont réalisés. Où les terroristes ne trouveront aucune faille à exploiter. Et où nous nous serons mis d’accord sur la création d’une véritable union européenne de la défense.

Où un président unique conduira les travaux de la Commission et du Conseil européen, après avoir été élu à l’issue d’une campagne électorale pan-européenne démocratique.

Si, le 30 mars 2019, nos citoyens se réveillent dans cette Union-là, alors ils devraient pouvoir apporter leur vote aux élections du Parlement européen quelques semaines plus tard en ayant la ferme conviction que notre Union travaille pour eux.

CONCLUSION

Mesdames et Messieurs les députés,

L’Europe n’est pas vouée à l’immobilisme. Elle doit le refuser.

Helmut Kohl et Jacques Delors m’ont appris que l’Europe n’avance que quand elle fait preuve d’audace. Avant de devenir réalité, le marché unique, l’espace Schengen et la monnaie unique étaient considérés comme de simples vues d’esprit. Pourtant, ces trois projets ambitieux sont la réalité d’aujourd’hui.

J’entends ceux qui disent qu’il ne faut pas surcharger la barque européenne, maintenant que l’Europe va mieux.

Mais il ne faut pas, à l’heure où nous sommes, pécher par excès de prudence. Il ne suffit pas de réparer le toit. Nous devons commencer à terminer le travail maintenant.

Maintenant qu’il fait beau, et tant qu’il fait encore beau. Parce que, quand les prochains nuages se formeront à l’horizon – et ils se formeront –, il aura été trop tard.

Alors, larguons les amarres.

Mettons les voiles.

Et profitons des vents favorables.

Jean-Claude Juncker

 

FIN

http://www.voltairenet.org/article197879.html

 

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