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Le blog de Lucien PONS

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Washington veut affamer les peuples d’Iran, du Venezuela, de Cuba, et tous ceux qui osent lui resister… Par Richard Labévière

30 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE

Washington veut affamer les peuples d’Iran, du Venezuela, de Cuba, et tous ceux qui osent lui resister… Par Richard Labévière

Washington veut affamer les peuples d’Iran, du Venezuela, de Cuba, et tous ceux qui osent lui resister…

http://prochetmoyen-orient.ch

 

Grâce à Donald Trump, le prix du pétrole flambe. Le baril de Brent a atteint – mardi dernier – 74,60 dollars, un prix inégalé depuis six mois. Et la tendance n’est pas près de s’inverser. Unilatéralement, le président américain a décidé de mettre fin – le 2 mai prochain – aux dérogations qui permettaient encore à huit pays (Chine, Inde, Turquie, Japon, Corée du Sud, Taïwan, Italie et Grèce) d’importer du brut iranien. L’Américain cherche à empêcher toute exportation de brut iranien, afin de « priver le régime de sa principale source de revenus ». Sans ciller, la Maison Blanche affirme que « depuis quarante ans, Téhéran utilise ces fonds pour déstabiliser le Moyen-Orient… »

 

« C’est celui qui dit qui y est… » disent les enfants qui ont souvent raison ! Parce qu’en matière de déstabilisation des Proche et Moyen-Orient, il n’est pas besoin de sortir d’Harvard pour savoir que les Etats-Unis sont l’un des responsables majeurs des guerres régionales, depuis qu’ils ont mis la main sur les réserves pétrolières saoudiennes avec la signature du Pacte du Quincy (14 février 1945) et depuis la fondation d’Israël – « ce petit pays de merde qui emmerde la planète entière » pour reprendre les propres termes de l’ambassadeur Daniel Bernard1-, favorisant colonisations, occupations et répressions dans les Territoires palestiniens grâce à la bienveillante tutelle évangélisto-sioniste américaine.

 

Par conséquent, les dernières élucubrations de la Maison Blanche à l’encontre de l’Iran prêteraient plutôt à sourire si elles ne constituaient la plus grossière des provocations destinées à augmenter la tension dans une région qui n’en a vraiment pas besoin ! En mai 2018 – et tout aussi unilatéralement – les Etats-Unis ont décidé de sortir de l’accord international sur le nucléaire iranien en adoptant de nouvelles sanctions économiques renforcées à l’égard de Téhéran. En novembre dernier, ils ont annoncé clairement vouloir mettre en place un embargo absolu visant à empêcher l’Iran d’exporter la moindre goutte de pétrole.

 

Adoptées pour six mois à la faveur des plus grands clients de l’Iran, les exemptions arrivent donc à terme. A ce jour, l’Iran demeurait le cinquième exportateur mondial, sa production pouvant atteindre 1,7 million de barils/jour, la Chine en absorbant plus d’un tiers devant l’Inde (20%). Les dérogations de la Maison blanche étaient seulement destinées à la stabilisation du prix du baril avant les élections de mi-mandat du 6 novembre 2018. Pour compenser une hypothétique disparition du pétrole iranien, Donald Trump a d’ores et déjà fait appel à la très servile Arabie saoudite pour « stabiliser le marché ». La monarchie wahhabite en a, aussitôt profité pour couper quelques têtes en toute impunité… L’Irak s’est dit aussi prêt à augmenter ses exportations pour répondre aux injonctions de Washington.

 

Sachant que la Chine importe quelque 6% de son brut d’Iran et que nombre de ses raffineries sont spécialement configurées pour le brut iranien, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a engagé Washington à « adopter une attitude responsable, un rôle constructif et non le contraire », laissant entendre que Pékin continuerait à acheter… iranien.. De son côté, Téhéran a dénoncé « l’illégalité » de la décision américaine et menacé de bloquer le détroit d’Ormuz par où transite une grande partie du brut mondial. « C’est un passage maritime et si nous ne pouvons pas l’utiliser, nous le fermerons », a averti le général Alireza Tangsiri, commandant de la marine des Gardiens de la révolution.

 

Et pour détendre davantage l’atmosphère, la Maison blanche a aussi décidé d’inscrire les « Gardiens de la révolution » sur la liste américaine des organisations terroristes. Le statut des « Pasdaran » – le corps des Gardiens de la révolution – est fixé par la constitution iranienne : l’armée régulière est chargée de la défense des frontières tandis que la mission des Pasdaran est d’assurer la protection des institutions de la République islamique. A ce titre, ce corps d’élite dépend directement du Guide la Révolution Ali Khamenei. Bref, c’est un peu comme si le corps des Marines se retrouvait lui aussi sur la liste noire des organisations terroristes ! Aberration totale, nouvelle provocation inutile !

 

Toujours est-il que les sanctions américaines pénalisent – en premier lieu – le peuple, les petites gens qui ne peuvent se procurer des produits de première nécessité dont bon nombre de médicaments. « L’objectif de Donald Trump est clairement de susciter la pénurie alimentaire afin de générer colère populaire et mouvements sociaux à l’encontre du régime », explique un diplomate européen en poste à Washington ; « selon de vieilles techniques utilisées et toujours améliorées depuis des décennies et plus récemment lors des ‘révolutions de couleurs’ en Ukraine, Géorgie, Liban, etc. Washington cherche à reproduire ce qui a permis d’enfoncer l’URSS durant les années quatre-vingt ».

 

« VICTORY »

 

Les administrations américaines successives fonctionnent souvent de manière unidimensionnelle, fétichiste, sinon infantile.. Ainsi, la grande, sinon l’unique source d’inspiration actuelle de la Maison Blanche, du Département d’Etat et du Pentagone est – selon différentes sources à l’intérieur du système lui-même – le livre de Peter Schweizer, un politologue de deuxième zone : Victory – The Reagan Administration’s Secret Strategy that Hastened the Collapse of the Soviet Union, paru en 1994. Plutôt médiocre, ce livre de journaliste énumère les techniques qui, selon son auteur, ont permis à l’administration Reagan d’abattre l’URSS. Au nombre de trois, elles sont sans surprise : des « sanctions économiques extrêmes » pour affamer les populations ; une course effrénée à l’armement pour capter l’énergie industrielle au détriment du développement économique et social ; enfin, une incessante campagne de communication pour diffamer l’ennemi.

 

C’est le directeur de la Fondation pour la défense des démocraties (FDD)2 lui-même qui le confirme : « J’ai conseillé la lecture de « Victory » à Miky Pompeo qui en a fait son livre de chevet qui est devenu le guide de toute l’administration. Oui Victory, dont le titre est terriblement programmatique s’est imposé comme la bible de l’équipe Trump. C’est formidable ! ». Récemment, la directrice du ministère israélien des Affaires étrangères a dit textuellement : « la Fondation pour la défense des démocraties est l’une de nos meilleures vitrines dans le monde… ». En fait, le concept central du livre de Peter Schweizer est des plus simplistes, pour ne pas dire simplet : « sanctions extrêmes », avec lesquelles il s’agira de couper les vivres à un pays – y affamer la population – pour y créer un mécontentement social susceptible de provoquer un changement de régime.

 

Si l’Iran est bien la cible actuellement prioritaire de la Maison Blanche, d’autres pays sont dans le collimateur américain : principalement ceux qui n’acceptent pas le diktat économique et politique des Etats-Unis. Dans cette perspective, Washington s’efforce d’appliquer, depuis une dizaine d’années, un nouveau « Plan Condor » destiné à refaire de l’Amérique latine son arrière-cour docile, pourvoyeuse de matières premières et de débouchés commerciaux. Après avoir favorisé un coup d’Etat constitutionnel contre Dilma Rousseff et Lula au Brésil, la Maison Blanche veut maintenant la peau du Venezuela et de tout autre régime latino-américain qui ne partagerait pas ses priorités.

 

Richard Labévière

29 avril 2019

 

1 Libération, 20 décembre 2001.

2 FDD : ce machin a été initié par la secrétaire d’Etat Madeleine Albright au début des années 2000. Organiquement lié à l’AIPAC – le lobby pro-israélien américain – ce pseudo Think-tank milite depuis plusieurs années pour un durcissement des sanctions contre l’Iran.

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Julian Assange : un prisonnier politique par Ron Paul

25 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #la liberté, #Assange

Julian Assange : un prisonnier politique par Ron Paul

 

 


Par Ron Paul − Le 15 avril 2019 − Source The Ron Paul Institute

La semaine dernière, le gouvernement britannique a arrêté le rédacteur en chef de Wikileaks, Julian Assange, sur une ordonnance d’extradition US. C’est une attaque contre chacun de nous. C’est une attaque contre la Constitution américaine. C’est une attaque contre la liberté de presse. C’est une attaque contre la liberté d’expression. C’est une attaque contre notre droit de savoir ce que notre gouvernement fait de notre argent en notre nom.

Julian Assange est un prisonnier politique, au même titre que l’était le cardinal Mindszenty en Hongrie ou Nelson Mandela en Afrique du Sud.

Eux et tant d’autres ont été emprisonnés parce qu’ils avaient dit la vérité sur leurs gouvernements.

Les gouvernements répressifs ne veulent pas que leurs citoyens sachent qu’ils utilisent tous les moyens, alors ils font tout pour contrôler les médias. En même temps, on nous enseigne que nous avons une presse libre, que son but est de dévoiler la corruption de notre système afin que nous puissions exiger de nos dirigeants politiques qu’ils apportent des changements ou soient confrontés à leurs responsabilités, comme le chômage. On nous dit que c’est ce qui nous différencie du totalitarisme.

Mais l’arrestation d’Assange est le canari dans la mine, qui nous avertit que quelque chose va vraiment mal dans notre système.

Qu’est-ce qui ne va pas ? Les grands médias américains semblent toujours aux ordres du gouvernement américain. C’est pourquoi ils se sont empressés de confirmer l’acte d’accusation de Washington, selon laquelle Assange n’a rien à voir avec le journalisme. Pour eux il ne s’agit que d’un problème de piratage d’ordinateurs du gouvernement !

Comme l’a dit le New York Times dans un éditorial, se comportant comme un porte-parole du gouvernement américain, Julian Assange a commis « un crime incontestable ». Mais était-ce le cas ? Comme l’a écrit le journaliste Glenn Greenwald la semaine dernière, ce que Julian Assange a fait en 2010, ce pour quoi il risque l’extradition vers les États-Unis n’est pas différent de ce que le New York Times et d’autres journaux font chaque jour ! Il a tenté d’aider Chelsea Manning à protéger son identité alors que celle-ci dénonçait des crimes du gouvernement américain à un journaliste. L’information en question contenait une vidéo montrant des militaires américains participant joyeusement au meurtre de civils irakiens. En quoi est-il criminel que nous en soyons informés ?

La différence, c’est qu’Assange et Manning ont mis dans l’embarras le gouvernement américain, qui nous mentait en prétendant qu’il était en train de « libérer » l’Irak et l’Afghanistan alors qu’il faisait le contraire. Les journalistes non-contestataires publient des « informations fuitées » qui renforcent les néocons, ou d’autres narratives qui couvrent différentes factions du gouvernement américain. C’est pourquoi les médias américains veulent voir Assange en prison, ou pire : il a renversé leur panier de linge sale.

La leçon est claire : lorsque vous renforcez le discours du gouvernement, vous êtes un « journaliste courageux ». Lorsque vous dénoncez la corruption au sein du gouvernement, vous êtes un criminel. Voulons-nous vraiment vivre dans un pays où il est illégal d’apprendre que le gouvernement se livre à des actes criminels ? Et moi qui pensais que, comme citoyens engagés, nous avions l’obligation de demander des comptes à notre gouvernement…

Tant que Julian Assange est en prison, nous sommes tous en prison. Quand les membres du gouvernement ont le pouvoir de dicter ce que nous avons l’autorisation de voir, d’entendre et de savoir, nous ne vivons plus dans une société libre. Julian Assange sera extradé vers les États-Unis et il subira des dizaines de chefs d’accusation. Ils veulent l’enterrer pour que le prochain Assange y réfléchisse à deux fois avant de nous informer des crimes gouvernementaux.

Allons-nous les laisser nous voler notre liberté ?

Ron Paul

Traduit par Stünzi, relu par Cat pour le Saker francophone

https://lesakerfrancophone.fr/julian-assange-un-prisonnier-politique

 

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« Je veux rendre visite à Julian ». Par Mairead CORRIGAN-MAGUIRE

14 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Assange, #AMERIQUE

« Je veux rendre visite à Julian »

Mairead Maguire, Prix Nobel de la Paix, a demandé au ministère de l’Intérieur britannique la permission de rendre visite à son ami Julian Assange qu’elle a nommé cette année pour le prix Nobel de la paix.

Je veux rendre visite à Julian pour voir s’il reçoit des soins médicaux et lui faire savoir qu’il y a beaucoup de gens dans le monde qui l’admirent et lui sont reconnaissants pour son courage d’essayer d’arrêter les guerres et de mettre fin à la souffrance des autres.

Le jeudi 11 avril restera dans l’histoire comme un jour sombre pour les droits de l’humanité, lorsque Julian Assange, un homme courageux et bon, fut arrêté par la police métropolitaine britannique, enlevé de force sans avertissement préalable, dans un style digne d’un criminel de guerre, à l’ambassade d’Équateur, et enfermé dans un fourgon de police.

Il est triste que le gouvernement britannique, à la demande du gouvernement des États-Unis, ait arrêté Julian Assange, symbole de la liberté d’expression en tant qu’éditeur de Wikileaks, et que les dirigeants du monde et les principaux médias restent silencieux sur le fait qu’il est un homme innocent jusqu’à preuve du contraire, alors que le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire le définit comme innocent. La décision du président équatorien Lenin Moreno, qui, sous la pression financière des Etats-Unis, a retiré l’asile au fondateur de Wikileaks, est un autre exemple du monopole mondial des Etats-Unis sur la monnaie, faisant pression sur d’autres pays pour qu’ils se plient à leur volonté ou risquer conséquences financières et éventuellement violentes de leur désobéissance à cette prétendue superpuissance mondiale, qui a malheureusement perdu son sens moral. Julian Assange avait obtenu l’asile à l’ambassade de l’Equateur il y a sept ans précisément parce qu’il avait prévu que les Etats-Unis exigeraient son extradition pour faire face à un grand jury aux Etats-Unis pour des meurtres de masse commis, non pas par lui, mais par les forces américaines et de l’OTAN, et cachés au public.

Malheureusement, je crois que Julian Assange n’aura pas droit à un procès équitable.

Comme nous l’avons vu au cours des sept dernières années, les pays européens et bien d’autres n’ont pas la volonté politique ou l’influence nécessaires pour défendre ce qu’ils savent être juste, et finiront par céder à la volonté des États-Unis. Nous avons vu Bradley Manning retourner en prison et à l’isolement, nous ne devons donc pas être naïfs : c’est certainement le sort qui attend Julian Assange.

J’ai rendu visite à Julian à deux reprises à l’ambassade d’Equateur et j’ai été très impressionnée par cet homme courageux et très intelligent.

La première visite a eu lieu à mon retour de Kaboul, où de jeunes adolescents afghans ont insisté pour écrire une lettre en demandant que je la porte à Julian Assange, pour le remercier, pour avoir publié sur Wikileaks la vérité sur la guerre en Afghanistan et pour aider à empêcher leur pays d’être bombardé par des avions et des drones. Tous avaient une histoire de frères ou d’amis tués par des drones alors qu’ils ramassaient du bois en hiver dans les montagnes.

J’ai nommé Julian Assange le 8 janvier 2019 pour le prix Nobel de la paix. J’ai publié un communiqué de presse dans l’espoir d’attirer l’attention sur sa nomination, qui semble avoir été largement ignoré par les médias occidentaux.

Par des actions courageuses de Julien et d’autres comme lui, nous pouvions voir clairement les atrocités de la guerre. A travers les médias, ces documents ont déposé à nos pieds les atrocités commises par nos gouvernements.

Je suis fermement convaincue qu’il s’agit là de la véritable essence d’un militant et c’est une honte pour moi de vivre à une époque où des gens comme Julian Assange, Edward Snowden, Chelsea Manning et quiconque est prêt à nous ouvrir les yeux sur les atrocités de la guerre est susceptible d’être poursuivi comme un animal par les gouvernements, puni et tenu au silence.

Par conséquent, je pense que le gouvernement britannique devrait s’opposer à l’extradition d’Assange, car elle crée un dangereux précédent pour les journalistes, les lanceurs d’alerte et d’autres sources de vérité sur lesquels les États-Unis pourraient faire pression à l’avenir.

Cet homme paie un prix élevé pour mettre fin à la guerre et pour la paix et la non-violence, et nous devrions tous nous en souvenir.

Mairead Maguire

Traduction "Merci Mairead" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

»» http://www.peacepeople.com/nobel-peace-laureate-maguire-requests-uk-ho...
URL de cet article 34806
   
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Je suis choqué, Assange n'a fait que dire la Vérité, clame Dick Marty.

12 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #la liberté, #AMERIQUE, #Assange

 

Vous l’avez toutes et tous appris, Julian Assange a été arrêté à Londres par la police britannique. 

Pour commenter l’événement, la Radio Télévision suisse (RTS) a invité l’ancien rapporteur sur les prisons secrètes de la CIA pour le Conseil de l’Europe.

A noter, par exemple, que TF1 a juste évoqué le cas et même pas en une de son 20 heures.

Peut-être parce que, comme l'énonce le conseiller juridique de Julian Assange dans une émission de la même RTS, il s’agirait là d’« un grand sentiment de honte pour l'Union européenne dans son ensemble et pour le Royaume-Uni en particulier ».

Le fait est qu’entendre Dick Marty, ce 11 avril au soir dans le cadre du téléjournal suisse a de quoi interpeller.

A cet égard, saluons l’invitation qui lui a été faite de s’exprimer!

Demeure malgré tout la question des chefs d’accusation portés à l’encontre de Julian Assange comme celui de viol, pour ne citer que celui-ci.

Il est dit « classé », souhaitons-le pour tous, victimes et prévenu!

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La guerre contre le Venezuela est construite sur le mensonge (MintPressNews)

25 Février 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #AMERIQUE, #Vénézuela

La guerre contre le Venezuela est construite sur le mensonge (MintPressNews)

Si le larbin de la CIA Guaido et ses suprémacistes blancs s’emparent du pouvoir, ce sera le 68e renversement d’un gouvernement souverain par les États-Unis, pour la plupart des démocraties.

En voyageant avec Hugo Chavez, j’ai vite compris la menace du Venezuela. Dans une coopérative agricole de l’état de Lara, les gens attendaient patiemment et avec bonne humeur dans la chaleur. Des cruches d’eau et de jus de melon étaient distribuées. On jouait de la guitare ; une femme, Katarina, se tenait debout et chantait avec une voix de contralto.

« Qu’est-ce qu’elle dit ? » ai-je demandé.
« Que nous sommes fiers », m’a-t-on répondu.

Les applaudissements qui lui étaient adressés se sont fusionnés avec l’arrivée de Chavez. Sous un bras, il portait une sacoche remplie de livres. Il portait sa grande chemise rouge et saluait les gens par leur nom, s’arrêtant pour écouter. Ce qui m’a frappé, c’est sa capacité d’écoute.

Mais maintenant, il lisait. Pendant près de deux heures, il a lu au microphone des extraits de la pile de livres à côté de lui : Orwell, Dickens, Tolstoï, Zola, Hemingway, Chomsky, Neruda : une page par ci, une ligne ou deux par là. Les gens applaudissaient et sifflaient lorsqu’il passait d’un auteur à l’autre.

Puis les paysans ont pris le micro et lui ont dit ce qu’ils savaient et ce dont ils avaient besoin ; un visage d’ancien, comme taillé dans le bois d’un banyan voisin, a fait un long discours critique au sujet de l’irrigation ; Chavez a pris des notes.

C’est ici que l’on cultive le vin, un cépage de type Syrah foncé. « John, John, viens là, » dit El Presidente, après m’avoir vu m’endormir dans la chaleur et les profondeurs d’Oliver Twist.

« Il aime le vin rouge », a dit Chavez au public qui sifflait et applaudissait, et il m’a offert une bouteille de ’vino de la gente’ [vin du peuple - NdT]. Mes quelques mots en mauvais espagnol ont provoqué des rires et des sifflements.

En observant Chavez avec la gente, on comprenait la nature de cet homme qui avait promis, à son arrivée au pouvoir, que chacun de ses mouvements serait soumis à la volonté du peuple. En huit ans, Chavez a remporté huit élections et référendums : un record mondial. Il était électoralement le chef d’État le plus populaire du continent, probablement au monde.

Toutes les grandes réformes des Chavistas ont été votées, notamment une nouvelle constitution dont 71 % du peuple a approuvé chacun des 396 articles qui accordent des libertés inouïes, comme l’article 123, qui reconnaît pour la première fois les droits fondamentaux des métis et des Noirs, dont Chavez faisait partie.

Lors d’un de ses tutoriels sur les routes, il a cité un écrivain féministe : ’L’amour et la solidarité, c’est la même chose.’ Ses auditeurs l’ont bien compris et s’exprimaient avec dignité, rarement avec déférence. Les gens ordinaires considéraient Chavez et son gouvernement comme leurs champions : comme les leurs.

C’était particulièrement vrai pour les indigènes, métis et afro-vénézuéliens, qui avaient été méprisés historiquement par les prédécesseurs immédiats de Chavez et par ceux qui vivent aujourd’hui loin des barrios, dans les demeures et penthouses de Caracas Est, qui se rendent à Miami où se trouvent leurs banques et qui se considèrent comme ’blancs’. Ils sont le noyau dur de ce que les médias appellent ’l’opposition’.

Quand j’ai rencontré cette classe, dans les banlieues appelées Country Club, dans des maisons dotées de lustres accrochés au plafond et de mauvais portraits accrochés aux murs, je les ai reconnus. Il auraient pu être des Sud-Africains blancs, de la petite bourgeoisie de Constantia et de Sandton, piliers des cruautés de l’apartheid.

Les caricaturistes de la presse vénézuélienne, dont la plupart appartiennent à une oligarchie et s’opposent au gouvernement, présentaient Chavez comme un singe. Un animateur de radio l’a qualifié de ’singe’. Dans les universités privées, la monnaie d’échange verbale des enfants des riches est souvent l’insulte raciste envers ceux dont les cabanes sont à peine visibles à travers la pollution.

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Caracas, 7 février, 2009. Howard Yanes | AP

Bien que la politique identitaire fasse fureur dans les journaux libéraux occidentaux, « Race » et « Classe » sont deux mots presque jamais prononcés dans leur ’couverture’ mensongère de cette dernière tentative ouverte de Washington de s’emparer de la plus grande source de pétrole du monde et de récupérer son ’arrière-cour’.

Malgré tous les défauts des Chavistas - comme le fait d’avoir laissé l’économie vénézuélienne devenir l’otage des fortunes pétrolières et de n’avoir jamais sérieusement contesté le grand capital et la corruption - ils ont apporté la justice sociale et la fierté à des millions de personnes et ils l’ont fait avec une démocratie sans précédent.

Des 92 élections que nous avons surveillées’, a déclaré l’ancien président Jimmy Carter, dont le Carter Centre est un observateur respecté des élections dans le monde, ’je dirais que le processus électoral au Venezuela est le meilleur au monde’. En revanche, le système électoral américain, qui met l’accent sur l’argent de la campagne électorale, ’est l’un des pires’, a déclaré M. Carter.

En étendant le droit de vote à un État populaire parallèle d’autorité communale, basé dans les barrios les plus pauvres, Chavez a décrit la démocratie vénézuélienne comme ’notre version de l’idée de Rousseau de la souveraineté populaire’.

Au Barrio La Linea, dans sa petite cuisine, Béatrice Balazo m’a dit que ses enfants étaient la première génération de pauvres à fréquenter l’école toute la journée et à recevoir un repas chaud et à apprendre la musique, l’art et la danse. « J’ai vu leur confiance s’épanouir comme des fleurs, » dit-elle.

Dans le Barrio La Vega, j’ai écouté une infirmière, Mariella Machado, une femme noire de 45 ans avec un rire impressionnant, s’adresser à un conseil foncier urbain sur des sujets allant des sans-abri à la guerre illégale. Ce jour-là, ils lançaient Mision Madres de Barrio, un programme visant à lutter contre la pauvreté chez les mères célibataires. En vertu de la Constitution, les femmes ont le droit d’être rémunérées en tant que soignantes et peuvent emprunter auprès d’une banque spéciale pour les femmes. Aujourd’hui, les femmes au foyer les plus pauvres reçoivent l’équivalent de 200 $ par mois.

Dans une pièce éclairée par un seul tube fluorescent, j’ai rencontré Ana Lucia Ferandez, 86 ans, et Mavis Mendez, 95 ans. Sonia Alvarez, 33 ans à peine, était venue avec ses deux enfants. Autrefois, aucune d’entre elles ne savait lire et écrire ; aujourd’hui elles étudiaient les mathématiques. Pour la première fois de son histoire, le Venezuela compte près de 100 % d’alphabétisés.

C’est le résultat de Mision Robinson, un plan conçu pour les adultes et les adolescents auparavant privés d’éducation à cause de la pauvreté. Mision Ribas offre à tous la possibilité de suivre un enseignement secondaire, appelé bachillerato (les noms de Robinson et Ribas font référence aux dirigeants indépendantistes vénézuéliens du XIXe siècle).

En 95 ans, Mavis Mendez en a vu défiler des gouvernements, pour la plupart des vassaux de Washington, présider au vol de milliards de dollars de butin de pétrole, dont une grande partie a été envoyée à Miami. ’Nous n’avions pas d’importance sur le plan humain’, m’a-t-elle dit. ’Nous vivions et mourions sans véritable éducation, sans eau courante et sans nourriture que nous ne pouvions acheter. Quand nous tombions malades, les plus faibles mourraient. Maintenant, je peux lire et écrire mon nom et bien plus encore ; et quoi que disent les riches et les médias, nous avons semé les graines d’une véritable démocratie et j’ai la joie de la voir se réaliser.

En 2002, lors d’un coup d’État soutenu par Washington, les fils et filles, petits-enfants et arrière-petits-enfants de Mavis se sont joints à des centaines de milliers d’autres qui sont descendus des barrios sur les collines et ont exigé que l’armée reste loyale envers Chavez.

Le peuple m’a sauvé’, m’a dit Chavez. ’Ils l’ont fait avec les médias contre moi, des médias qui refusaient d’informer même sur les faits les plus élémentaires de ce qui était en train de se passer. Pour trouver une démocratie populaire, en action héroïque, il est inutile de chercher ailleurs.’

Depuis la mort de Chavez en 2013, son successeur Nicolas Maduro, alors ministre des Affaires étrangères et vice-président, a cédé son étiquette dérisoire d’’ancien conducteur de bus’ pour devenir dans la presse occidentale la réincarnation de Saddam Hussein. Il n’est certainement pas Chavez ; la chute du prix du pétrole dans une société qui importe presque toute sa nourriture a souvent été confrontée à une incompétence officielle qui a allongé les files d’attente dans les supermarchés et provoqué l’agacement chez trop de Chavistas.

Néanmoins, Maduro a remporté la présidence en 2018 lors d’une élection que les principaux membres de l’opposition avaient exigée, puis boycottée, une tactique qu’ils avaient déjà tentée contre Chavez.

Le boycott a échoué : 9 389 056 personnes ont voté ; seize partis y ont participé et six candidats se sont présentés à la présidence. Maduro a obtenu 6 248 864 voix, soit 67,84 %.

Le jour du scrutin, j’ai parlé à l’un des 150 observateurs électoraux étrangers. ’C’était tout à fait régulier’, a-t-il dit. ’Il n’y a pas eu de fraude, aucune des terribles affirmations des médias ne tient la route. Zéro. Incroyable, vraiment.’

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participation à une répétition générale de l’élection présidentielle du 7 Octobre, effectuée le 5 Août 2012 - Fernando Llano | AP

Comme tirée de la scène d’un thé chez les fous dans Alice au Pays des Merveilles, l’administration Trump a présenté Juan Guaido, une création en carton pâte du National Endowment for Democracy de la CIA, comme le "Président légitime du Venezuela". Selon El Nacional, 81 pour cent du peuple vénézuélien n’avait jamais entendu parler de Guaido, qui n’a été élu par personne.

Maduro est "illégitime", dit Trump (qui a gagné la présidence US avec trois millions de voix de moins que son adversaire), un "dictateur", dit Mike Pence, vice-président dont on peut démontrer qu’il n’a pas de scrupules, et John Bolton, conseiller à la "sécurité nationale" (qui m’a demandé lors d’une interview en 2003 : "Dites, vous êtes communiste, peut-être même travailliste ?").

En tant qu’’envoyé spécial au Venezuela" (en clair, préposé aux coups d’état), Trump a nommé un criminel condamné, Elliot Abrams, dont les intrigues au service des présidents Reagan et George W. Bush ont produit le scandale Iran-Contra dans les années 1980 et plongé l’Amérique centrale dans des années de misère meurtrière. Si l’on met Lewis Carroll de côté, on peut dire que ces trois chapeliers fous menaient la parade dans les années 80. Le contexte historique de Trump n’est pas connu.

Pourtant, leurs mensonges sur le Venezuela ont été repris par ceux qui les ont payés pour garder les pendules à l’heure, notamment ceux de réputation libérale.

Sur Channel 4 News, Jon Snow a beuglé devant le député travailliste Chris Williamson, ’Ecoutez, vous et M. Corbyn êtes dans un sale pétrin [au Venezuela]’ ! Quand Williamson a essayé d’expliquer pourquoi menacer un pays souverain était une erreur, Snow l’a interrompu. ’Vous avez eu votre chance !

En 2006, Channel 4 News a effectivement accusé Chavez de comploter pour fabriquer des armes nucléaires avec l’Iran : un fantasme. Le correspondant de Washington de l’époque, Jonathan Rugman, a permis à un criminel de guerre, Donald Rumsfeld, de comparer Chavez à Hitler, sans être contesté.

Des chercheurs de University of the West of England ont étudié les reportages de la BBC sur le Venezuela sur une période de dix ans. Ils ont examiné 304 articles et ont constaté que seulement trois d’entre eux faisaient référence à l’une ou l’autre des politiques positives du gouvernement. Pour la BBC, le bilan démocratique du Venezuela, la législation sur les droits de l’homme, les programmes alimentaires, les initiatives en matière de santé et la réduction de la pauvreté n’ont pas eu lieu. Le plus grand programme d’alphabétisation de l’histoire de l’humanité n’a pas eu lieu, tout comme les millions de personnes qui défilent en faveur de Maduro et à la mémoire de Chavez n’existent pas.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi elle n’avait filmé qu’une marche de l’opposition, la journaliste de la BBC Orla Guerin a répondu qu’il était ’trop difficile’ de participer à deux marches dans le même journée.

Une guerre a été déclarée au Venezuela, et la vérité est ’trop difficile’ à raconter.

Il est trop difficile de raconter l’effondrement des prix du pétrole depuis 2014 comme étant en grande partie le résultat des machinations criminelles de Wall Street. Il est trop difficile de qualifier de sabotage le blocage de l’accès du Venezuela au système financier international dominé par les États-Unis. Il est trop difficile de qualifier comme illégales les ’sanctions’ de Washington contre le Venezuela, qui ont causé la perte d’au moins 6 milliards de dollars de revenus au Venezuela depuis 2017, dont 2 milliards de dollars de médicaments importés, ou de qualifier comme acte de piratage le refus de la Banque d’Angleterre de rendre les réserves d’or du Venezuela.

L’ancien rapporteur des Nations Unies, Alfred de Zayas, l’a assimilé à un ’siège médiéval’ destiné à ’mettre le pays à genoux’. C’est une agression criminelle, dit-il. Elle est semblable à celle à laquelle Salvador Allende fut confronté en 1970 lorsque le président Richard Nixon et son équivalent de John Bolton, Henry Kissinger, entreprirent de ’faire hurler l’économie [du Chili]’. La longue nuit noire de Pinochet allait suivre.

Le correspondant du Guardian, Tom Phillips, a tweeté une photo de lui avec une casquette sur laquelle figuraient des mots en espagnol qui signifiaient en argot local : ’Rendez le putain de Venezuela cool à nouveau.’ Un journaliste habillé en clown est peut-être l’étape finale de la dégénérescence du journalisme.

Si le larbin de la CIA, Guaido et ses suprémacistes blancs s’emparent du pouvoir, ce sera le 68e renversement d’un gouvernement souverain par les États-Unis, dont la plupart des démocraties. Une vente au rabais des services publics et des richesses minières du Venezuela suivra certainement, de même que le vol du pétrole du pays, comme l’a souligné John Bolton.

Sous le dernier gouvernement contrôlé par Washington à Caracas, la pauvreté avait atteint des proportions historiques. Il n’y avait pas de soins de santé pour ceux qui ne pouvaient pas payer. Il n’y avait pas d’éducation universelle ; Mavis Mendez, et des millions d’autres comme elle, ne savaient ni lire ni écrire. C’est pas cool, ça, Tom ?

John Pilger

John Pilger est un journaliste primé. Ses articles paraissent dans le monde entier dans des journaux tels que le Guardian, l’Independent, le New York Times, le Los Angeles Times, le Mail & Guardian (Afrique du Sud), Aftonbladet (Suède), Il Manifesto (Italie). Son site Web personnel est www.johnpilger.com.

Traduction "construite sur des mensonges, comme toutes les guerres" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» https://www.mintpressnews.com/john-pilger-war-venezuela-built-lies/255422/
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Silence en Occident autour de la disparition de citoyens russes en Ukraine. Par Karine Bechet Golovko

1 Février 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #Ukraine

vendredi 1 février 2019

Silence en Occident autour de la disparition de citoyens russes en Ukraine
 
 
 
La disparition et le décès de citoyens russes en Ukraine, condamnés ou accusés par les autorités ukrainiennes, ne semblent pas particulièrement émouvoir en Occident. Imaginez que le capitaine du navire militaire ukrainien interpellé en Russie ait disparu, imaginez qu'un prisonnier ukrainien soit décédé suite aux coups reçus dans un lieu de privation de liberté. Un scandale en aurait immédiatement suivi, sans oublier de nouvelles sanctions. Mais ici, rien. Silence. Valery Ivanov meurt dans une colonie pénitentiaire à Lvov et rien. Le capitaine du bateau de pêche Nord disparaît de son lieu de résidence surveillée par les Ukrainiens, on n'en parle pas. La manipulation des consciences collectives se fait non seulement par la manière dont les faits sont traités, mais aussi par le choix opéré de traiter ou de taire une information. En voici un exemple.
 

 
Le 9 décembre 2018, Valery Ivanov, volontaire russe engagé dans le Donbass et condamné à 12 ans de réclusion pour activité terroriste et actes de guerre agressive (?), meurt en détention, dans la colonie pénitentiaire n°40 à Lvov, dans l'Ouest de l'Ukraine. Le lendemain, le consulat russe est informé du décès d'un de leur citoyen, par accident. Il était soi-disant tombé d'une échelle dans un "espace de loisirs" pour les détenus, alors qu'il aurait voulu changer une ampoule. C'est la version idéale et corrigée qui a été officiellement servie par les autorités ukrainiennes, notamment leur Ombudsman. Rappelons qu'en 2017, Ivanov aurait dû être échangé dans le cadre des Accords de Minsk prévoyant les échanges de prisonniers entre LDNR et l'Ukraine, mais il a été rayé de la liste.
 
Toutefois, après un examen du corps, il s'est trouvé beaucoup de blessures graves, des côtes brisées, une blessure à la tête importante, trop d'éléments qui ne cadrent pas avec une mauvaise chute d'une échelle ... dans un espace de loisirs. Ainsi, il est apparu, ensuite, que Valery Ivanov a été battu par des gardiens, puis mis en isolement sans être soigné et qu'il en est mort. 
 
Le ministère russe des Affaires étrangères a publiquement condamné ces faits et le Comité d'enquête vient d'ouvrir une affaire pénale pour violences volontaires ayant porté atteinte à la santé et à la vie et ayant conduit à la mort par inadvertance de la victime.
 
Silence médiatique.
 
Au même moment, dans une autre affaire, le capitaine du bateau de pêche Nord, qui a été pris par l'Ukraine dans les eaux de la mer d'Azov, a disparu. Ce n'est pas la première fois. Il avait déjà été enlevé une fois par le SBU (KGB ukrainien) et détenu pour être interrogé toute une journée, sans présence de son avocat, sans que personne n'ait été prévenu. Mais cette fois-ci, il n'est toujours pas de retour et une enquête pour crime a été ouverte afin de lancer les opérations de recherche, paraît-il. Citoyen russe, il est détenu illégalement par l'Ukraine. Et disparaît de manière surprenante.
 
Silence médiatique.
 
Rien, aucune réaction de cette mythique communauté internationale, qui depuis longtemps a fait son choix et sélectionne ses poussées de bonne conscience. Rien dans la presse non plus, qui dans l'immensité de son indépendance ne voudrait surtout pas perturber le cours pro-ukrainien et anti-russe des politiques occidentales avec des détails - dissonants. Car il faudrait alors commencer à s'interroger sur l'Ukraine, sur les conditions de détention, sur la conformité aux normes européennes, sur les principes de justice, etc. Il faudrait commencer à aborder trop de questions dérangeantes. Alors qu'il suffit de se taire. Lorsqu'une information n'est pas révélée, elle n'existe pas. Et tout peut continuer - en silence.
 
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Alstom-General Electric : les preuves du grand racket américain. Propos recueillis par Emmanuel Lévy, Marianne

22 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La colonisation de la France

Alstom-General Electric : les preuves du grand racket américain

Propos recueillis par Emmanuel Lévy, Marianne

Publié le 18/01/2019 à 18:00

 

 

Entretien avec Frédéric Pierucci, ex-dirigeant d'Alstom qui a passé près de deux ans en prison aux Etats-Unis.

La vente d'Alstom à General Electric est le résultat d’une action coordonnée de la justice et de la multinationale américaines. Frédéric Pierucci, ex-dirigeant d'Alstom qui a passé près de deux ans en prison aux Etats-Unis, en est convaincu. Dans un livre choc, Le Piège américain, il démontre cette collusion et dénonce le pacte de corruption à la tête d’Alstom. Ce lundi 14 janvier, Olivier Marleix, député LR, a d’ailleurs saisi la justice pour que soit levé le voile sur les conditions de vente de ce fleuron français.

Selon vous, il y aurait collusion entre le Department of justice (DOJ), c’est-à-dire le parquet américain, et General Electric (GE). Autrement dit : l'enquête pour corruption engagée par le DOJ concernant Alstom, qui débouchera sur une lourde amende, va entraîner in fine la prise de contrôle de l’industriel français ?

 

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Frédéric Pierucci : Ce n’est pas une conjecture, les preuves matérielles sont là. En 2014, sollicité par Bercy, l’Allemand Siemens fait une contre-proposition à l’alliance GE-Alstom. L'Américain ne vacille pas et réplique même avec une offre aussi inattendue qu’alléchante. Sans en connaître le montant, GE assure prendre à sa charge l’amende dont devra s’acquitter Alstom. Cela n’a pas de sens. Outre qu’il est parfaitement illégal de prendre à son compte le paiement d’une amende pénale sanctionnant un tiers, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, aucun conseil d’administration ne peut signer un chèque en blanc. Car personne ne connaît alors le montant de l’amende. Sera-t-elle de 500 millions de dollars, d’un milliard ou d’un milliard et demi ? Cela, Siemens le sait pertinemment et ne peut donc s’aligner sur l’offre américaine. C’est même tellement délirant que, lors de la finalisation du rachat, GE renoncera à payer cette amende du fait même de cette illégalité ! C’est à mon sens le premier signe de collusion entre le Department of justice et GE.

Un deuxième signe est la présence de General Electric lors des négociations entre le DOJ et Alstom. A quel titre le futur acheteur, qui n’est alors que putatif, prend-il place autour de la table ?

Enfin, un troisième indice est fourni par le timing. En prison, j’ai eu tout le temps d’étudier les dossiers de plaider-coupable dans ce genre d’affaire. Dans 99 % des cas, quand il y a accord entre le DOJ et une entreprise, le montant de l’amende, est validé par un juge fédéral en moins de dix jours. Dans le cas qui nous concerne, la juge va prendre tout son temps. En tout cas, le temps nécessaire pour permettre au patron d’Alstom, Patrick Kron, et au gouvernement Français d’obtenir le feu vert des autorités européennes de la concurrence permettant la vente de l’entreprise française.

Au final, c’est Alstom qui payera l’amende ?

Oui. Là aussi, on nage en plein délire. GE propose de mettre 12,35 milliards de dollars sur la table pour acheter Alstom, cette offre s'accompagnant donc de l’engagement de payer l’amende. L’ensemble des parties ne pouvaient ignorer l’illégalité de cette procédure. Quant à Alstom - qui paye pourtant des armées d’avocats – il est étrange que l’entreprise n’ait pas pensé un instant à inscrire une clause de compensation du prix de 12,35 milliards de dollars au cas elle serait amenée à régler, elle même, cette amende.

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C’est pourtant bien ce qui se passera au final, de sorte que les actionnaires d’Alstom vont supporter deux fois le prix de l’amende : une première fois parce que GE ne paye pas ; une deuxième en la payant la payant sur ses fonds. En tout, cela représente 1,4 milliard de dollars.Et tout le monde trouve cela parfaitement normal. Le conseil d'administration ne réagit pas. Pas plus que les actionnaires. C’est scandaleux. Bouygues, le premier d’entre eux, est aux abonnés absents. Plus étrange, les fonds de gestion qui sont également dans le capital d’Alstom ne réagissent pas non plus.

Et Patrick Kron part avec 4 millions de bonus et sa retraite chapeau…

Oui, en tout il y en a pour 13,7 millions d’euros. Reprenons le fil. 1) Patrick Kron décide de mener des négociations de vente d’Alstom avec GE sans en parler avec son conseil d’administration. 2) Devant la justice américaine, il plaide coupable de corruption. 3) Il vend mal l’entreprise. 4) Tout le monde applaudit. Certains crient même au génie ! Il faut vraiment ne rien comprendre à rien. Au prétexte que le nouveau patron de General Electric a récemment constaté 23 milliards de dollars de perte, les Américains en attribuent l'entière responsabilité au rachat d’Alstom. Mais enfin, cela n’a pas de sens ! Les déboires de GE sont largement antérieurs à cette opération. Depuis 2008, l'Américain traîne comme un boulet la quasi faillite de sa banque, GE capital, emportée dans la tourmente des subprimes. Ensuite, la dernière génération de turbines à gaz de GE comporte une sorte de malfaçon qui devrait lui coûter fort cher. Enfin, il est d’usage pour un dirigeant qui prend la barre d’une entreprise de plomber les comptes à son arrivée : faire table rase du passé, ça aide pour présenter un beau bilan dès les premières années de son mandat…

Pour rappel, dans les années 2000 Siemens a dû également plaider coupable pour corruption devant le DOJ. Heinrich von Pierer, son patron d’alors, a-t-il été loué comme l’a été Patrick Kron ? Non, il a été destitué. Pire, Siemens va même le poursuivre, lui et d’autres dirigeants de l’époque. Heinrich von Pierer va, à lui seul, payer 5 millions d'euros.

 

 

Lire aussiLoïk Le Floch-Prigent : "Alstom a encore un avenir en France"

 

 

 

 

https://www.marianne.net/economie/alstom-general-electric-les-preuves-du-grand-racket-americain?fbclid=IwAR1kprXAQQhiPZbtWHqyKd99_dNcA4OxL3NVJv4z9c8LuheFX0v4jn1C2tc

 

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Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ? Par Emmanuel Leroy

10 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie

Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ?

Par Emmanuel Leroy − le 7 Juillet 2018

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Pour entrer directement dans le cœur du sujet, j’irai au fait et je dirai que si l’on ne prend pas conscience que la guerre en cours contre la Russie aujourd’hui est la même guerre que l’oligarchie anglo-saxonne a mené depuis l’époque élisabéthaine contre l’Espagne et le Portugal, puis contre la Hollande, puis contre la France, définitivement vaincue à Waterloo, puis contre l’Autriche-Hongrie vaincue en 1918 et enfin contre l’Allemagne vaincue en 1945, on ne peut comprendre intimement aucun des grands événements qui se sont déroulés sur le continent européen depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Tous ces peuples européens ont courbé la tête et leurs élites sont passées sous les fourches caudines de la City, aujourd’hui renforcée par Wall Street.


Dans cette lecture rapide de l’histoire de l’Europe des 5 derniers siècles, force est de constater qu’il ne reste qu’un peuple sur le continent eurasiatique qui n’a jamais été vaincu définitivement par les puissances anglo-saxonnes et c’est le peuple russe. Voilà pourquoi ce que les Anglais ont appelé « Le Grand jeu » continue et il continuera jusqu’à ce que la Russie s’incline à son tour ou jusqu’à ce que Mammon tombe de son piédestal.

Si l’on ne rentre pas dans cette logique, on ne peut rien comprendre à la chute du mur de Berlin en 1989, ni aux sécessions programmées des pays baltes, de la Biélorussie, de l’Ukraine et des régions d’Asie centrale ni aux révolutions de couleur en Yougoslavie ni à celle de Géorgie en 2008, ni bien sûr à la crise ukrainienne que nous connaissons aujourd’hui.

La crise ukrainienne

Dans une première analyse, on pourrait dire que la cause première de la guerre résulte de la chute du Président Viktor Yanoukovitch à la suite des manifestations de Maïdan qui a conduit à la mise en place d’un régime néo-bandériste à la solde de l’occident. Puis de manière concertée et volontariste, ce régime manipulé et tenu à bout de bras par le FMI, les USA et la Commission européenne, a créé délibérément les conditions d’une sécession dans l’est de l’Ukraine, comme si on avait voulu créer un abcès purulent aux frontières de la Russie.

Première question : l’agression contre la Russie en Ukraine est-elle une mesure de rétorsion consécutive aux défaites successives subies par les terroristes islamistes manipulés par l’occident sur le front syrien depuis l’intervention russe à l’automne 2015 ? Peut-être, sans doute même, mais cela n’a pas une grande importance dans l’analyse des causes profondes de cette guerre, car ceux qui font la guerre à la Russie aujourd’hui, je ne parle pas des marionnettes de Kiev bien entendu, la font depuis très longtemps et ils n’ont pas besoin d’un prétexte aussi futile qu’une défaite marginale au moyen-orient pour poursuivre inexorablement le but qu’ils poursuivent depuis des siècles. Nous reviendrons sur cet aspect en détail un peu plus loin.

Alors remontons plus avant dans l’analyse des causes de cette guerre. Le magazine russe Zavtra a publié le 15 mars 2015 le compte rendu d’une table ronde organisée autour de la situation actuelle en Russie et en Ukraine, de ses causes et de son impact pour l’avenir. Alexander Nagorny, Secrétaire exécutif du club d’Izborsk implique la perestroïka de Gobatchev dans la genèse de la guerre civile en Ukraine. Il a parfaitement raison d’intégrer cette période de l’histoire russe comme une des causes de la situation de crise qui existe aujourd’hui dans le Donbass, mais à la condition de ne pas oublier d’analyser la pérestroïka et la glasnost gorbatchévienne pour ce qu’elles étaient, à savoir des mesures de déstabilisation et de réorientation politique suscitées par l’occident.
Si l’on se refuse à admettre cette hypothèse, on ne peut rien comprendre aux conditions de la dislocation du régime soviétique et au pillage généralisé qui a suivi durant l’ère Eltsine.

Si l’on remonte encore plus loin dans le temps, on peut considérer que le financement pendant la première guerre mondiale de Trotsky par la City et certaines banques new-yorkaises d’une part et de Lénine par l’Allemagne de Guillaume II d’autre part, afin de renverser la dynastie des Romanov et d’établir un régime totalitaire et spécifiquement antichrétien constituent là encore, une cause ancienne mais probable de la guerre en Ukraine.

Et enfin, si l’on remonte encore un peu le fleuve de l’histoire, on peut considérer que la guerre de Crimée de 1853 s’inscrit aussi dans la même logique, avec les mêmes motivations, que la guerre d’Ukraine qui se déroule actuellement dans le bassin du Don. Que peut-on retenir de significatif dans cette guerre de Crimée menée au XIXème siècle, au-delà du prétexte fallacieux de la question des lieux saints de Jérusalem et du contrôle de la mer Noire pour lequel la France n’avait aucun intérêt stratégique ni même commercial ? Qu’il s’agit là de la première guerre que la France fit au service exclusif des intérêts anglo-saxons, car depuis Waterloo, une grande partie des élites françaises, aristocratie et bourgeoisie confondues, se sont progressivement détournées de l’intérêt national pour servir la cause du maître dominant de l’époque, hier Londres et aujourd’hui Washington.

D’une manière différente, mais toujours en poursuivant le même but, la finance anglo-saxonne, après avoir soutenu l’émergence du nazisme en Allemagne comme elle avait soutenu la révolution bolchevique en Russie, est parvenue à l’un de ses buts en brisant les reins de la puissance germanique, et là encore en amenant les élites allemandes à Canossa, à réduire un autre grand peuple européen au servage idéologique et à le priver de sa souveraineté.

Autrement dit, et pour résumer mon propos, depuis la fin du XVIème siècle au moins, l’oligarchie anglaise, c’est-à-dire aristocratie et finance réunies, a conçu le projet de dominer le monde par tous les moyens, y compris légaux : la guerre, le vol, la corruption, la subversion, le boycott, le blocus, les sanctions économiques, l’assassinat, le chantage, la désinformation… La liste n’est pas exhaustive.

Lorsque certains historiens qualifient de volonté d’équilibre entre grandes puissances la politique de Londres depuis Henry VIII jusqu’à la première guerre mondiale, ils n’ont que partiellement raison. Derrière le jeu des alliances successives avec l’Autriche, la Prusse, la Russie, la France, la Suède ou d’autres, se dessinait toujours la volonté de faire tomber l’une après l’autre toutes les puissances qui dominaient le continent européen et qui pouvaient compromettre le grand projet thalassocratique. D’abord il fallut briser l’empire de Charles Quint et sa suprématie maritime dans le commerce des Amériques, puis briser la puissance française qui domina l’Europe de la fin du XVIIème siècle jusqu’à Waterloo.

Puis il fallut à l’oligarchie anglo-saxonne deux guerres mondiales pour réduire à néant la puissance germanique en mobilisant pour cela toutes les énergies des nations qu’elle avait subjuguées. Pour abattre la puissance allemande, il était vital dans le plan des anglo-saxons que l’URSS s’oppose à l’Allemagne nazie et que ces deux géants de la scène européenne s’affrontent et s’épuisent dans une lutte mortelle ce qui advint. Cet éclairage permet avec le recul de mieux comprendre l’intelligence politique du pacte Molotov-Ribbentrop dont Hitler et les dirigeants nazis n’ont pas compris la réelle portée, ainsi que l’a montré l’expédition à Londres que fit Rudolf Hess en 1941.

Alors aujourd’hui où en est-on ?

L’oligarchie anglo-saxonne a gagné la guerre idéologique puisque depuis la fin de l’Union soviétique aucune puissance dans le monde n’offre d’alternative à son discours libéral et libertaire. Or, il s’agit d’une lutte à mort dont l’enjeu, le Grand Enjeu, est la domination mondiale, ce dont les néo-conservateurs américains ne se cachent même plus. Le monde unipolaire qu’ils souhaitent instaurer est celui que George Orwell dénonçait dans son roman 1984. Ces gens-là rêvent d’une humanité réduite en esclavage et dont ils seront les maîtres tous puissants.
La dernière forteresse qu’il leur reste à conquérir se trouve sur les rives de la Moskova. Et la guerre qu’ils feront, qu’ils font, pour conquérir le Kremlin est une guerre totale : Idéologique, culturelle, religieuse, économique, technologique et bien sûr militaire.

Ils se serviront des centaines d’organisations non-gouvernementales comme celles de Monsieur Soros et de ses amis, ils appliqueront la politique des sanctions, ils achèteront les esprits et les âmes et ils donneront leurs directives aux agents de la 5ème colonne afin de saboter et d’affaiblir la puissance slave. Ils paieront des Femen, des Pussy Riot ou des Navalny pour salir et faire tomber la Sainte Russie.

Face à cette volonté de conquête de la part du monde anglo-saxon et de son oligarchie financière, face à des êtres pour qui la Russie traditionnelle représente tout ce qu’ils haïssent et qu’ils veulent voir disparaître, les Russes ne peuvent se contenter de contester leurs mensonges à la tribune de l’ONU. La responsabilité de la Russie aujourd’hui est historique et l’enjeu va bien au-delà d’une Sainte Alliance telle que celle dont rêvait le Tsar Alexandre 1er, car si la Russie tombe demain, c’est toute l’humanité qui tombera avec elle sous la férule du monde abject de l’argent.

En conclusion, je dirais que le courage et la volonté ne suffiront pas pour gagner cette guerre. Cette fois-ci, il ne faudra pas compter sur le général Hiver pour l’emporter. Car l’arme principale utilisée par nos ennemis est l’arme culturelle et les batailles qu’ils sont en train de livrer se déroulent déjà depuis un quart de siècle de Pskov à Vladivostok. Le cinéma, la musique, les concerts de rock, la peinture, le théâtre, la littérature, l’enseignement, les médias, Internet, tous ces vecteurs sont utilisés pour transformer l’âme du peuple russe et le subvertir, comme ils sont toujours utilisés en occident pour maintenir les populations dans l’adoration de leurs maîtres et des régimes pseudo démocratiques qu’ils nous ont imposés.

Il découle de cela que le pragmatisme et le bon sens utilisés comme moyens de défense en réplique aux attaques que la Russie subit de manière croissante ne sont pas des armes suffisantes face à l’hégémonie idéologique et culturelle de notre adversaire commun. Contre l’idéologie des droits de l’homme et du libre marché il faut opposer une vision du monde alternative qui démontre la nocivité des buts poursuivis par l’oligarchie anglo-saxonne. Pour contrer cette idéologie mortifère qui se sert de l’individualisme pour tuer les peuples et les asservir, il faut promouvoir la liberté des peuples et la pluralité des cultures contre le totalitarisme rampant de l’hegemon anglo-saxon. Le conservatisme et le patriotisme sont sans doute des armes qu’il faudra utiliser, mais je ne suis pas certain qu’elles seront suffisantes pour l’emporter. C’est une guerre de religion que mène le Système et l’un de ses buts primordiaux est d’achever l’éradication de la religion chrétienne sur le continent européen. Et la Russie est l’un des lieux où renaît cette foi. Voilà un crime impardonnable.

Emmanuel Leroy

Président de l’association humanitaire
Urgence Enfants du Donbass

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Deux agents du SBU étaient à bord des navires ukrainiens capturés. Par Christelle Néant

28 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #La Russie, #Ukraine

Deux agents du SBU étaient à bord des navires ukrainiens capturés
Deux agents du SBU étaient à bord des navires ukrainiens capturés

Hier, les services de sécurité russes (FSB) ont dévoilé que parmi les 24 hommes d’équipages capturés suite à la provocation organisée par Kiev près du détroit de Kertch, deux se sont avérés être des agents des services de sécurité ukrainiens (SBU).

Afin de prouver qu’il s’agissait bien d’une provocation délibérée de la part des navires ukrainiens, le FSB a, comme promis, divulgué des détails sur ce qui s’est passé, et publié la vidéo des interrogatoires de plusieurs des Ukrainiens arrêtés.

La chronologie des événements ne laisse aucun doute sur l’aspect délibéré de la violation des eaux territoriales russes par les navires ukrainiens et le fait que la Russie ait tout tenté pour résoudre pacifiquement le problème, se résolvant à n’utiliser les armes que devant l’échec de toutes les tentatives non violentes de ramener les marins ukrainiens à la raison.

Chronologie de la provocation

Le 24 novembre, le FSB découvre deux navires ukrainiens, le « Gorlovka » et le « Iani Kapou » à 28-30 km au Sud-Est de Meganome qui se dirigent vers le détroit de Kertch. À leur approche des eaux territoriales russes, les autorités maritimes de la fédération de Russie leur rappellent les règles de navigation dans le détroit et la procédure de demande de passage qui doit se faire longtemps à l’avance. Les navires ukrainiens répondent alors qu’ils ne prévoient pas de franchir le détroit de Kertch.

Le lendemain matin, le 25 novembre à 2 h 05, le bateau de patrouille russe « Izoumroud », découvre les navires ukrainiens « Nikopol » et « Berdiansk » juste au Sud de la limite des eaux territoriales russes, et qui se dirigent vers le détroit de Kertch. À 3 h 45, les deux navires rejoignent le « Gorlovka » et le « Iani Kapou ».

À 5 h 35, le « Berdiansk » annonce qu’il prévoit de passer le détroit de Kertch avec le « Nikopol » et le « Iani Kapou » à destination du port de Berdiansk. Dix minutes plus tard, les autorités maritimes russes rappellent au commandant du Berdiansk que le passage à travers le détroit leur est pour l’instant interdit car ils doivent se conformer à la procédure.

À 5 h 50, le commandant du « Berdiansk » réclame le droit de passage immédiat au nom du traité entre la Russie et l’Ukraine sur la coopération et l’utilisation de la mer d’Azov et du détroit de Kertch.

À 6 h 30, les autorités maritimes russes rappellent au « Berdiansk » que pour assurer la sécurité du trafic maritime, ils doivent demander la permission de passer 48 h puis 24 h avant, confirmer 4 h avant le passage et se conformer au planning de franchissement du détroit. Or les navires ukrainiens n’ont pas fait de demande de passage dans les temps impartis.

Les navires ukrainiens ignorent les ordres des autorités maritimes russes, et poursuivent leur route vers le détroit, franchissant la frontière maritime de la fédération de Russie à 7 h 10 du matin au point 44°52’N, 36°31’E, violant l’article 25 de la convention de l’ONU sur les lois de la mer, et l’article 12 de la loi fédérale russe sur les mers intérieures, le territoire maritime et la zone adjacente de la fédération de Russie.

À 7 h 20, les bateaux de patrouille russes « Don » et « Izoumroud » prennent alors des mesures pour empêcher le passage du détroit par la force, et appellent les navires ukrainiens par radio leur intimant l’ordre de quitter immédiatement les eaux territoriales russes. Les équipages ukrainiens ignorent alors purement et simplement les ordres des autorités maritimes russes.

À 8 h 35, les navires ukrainiens sont mis en état d’alerte, leurs canons sont découverts, inclinés à 45° et pointés vers les bateaux de la fédération de Russie, en violation de l’article 19 de la convention de l’ONU sur les lois de la mer. Les Russes rappellent alors aux navires ukrainiens que la menace d’utilisation d’armes dans les eaux territoriales russes sera considérée comme une violation du droit international et des lois de la fédération de Russie.

À 10 h 35, les navires ukrainiens envoyés en renfort depuis le port de Berdiansk, informent leur quartier général que les bateaux du FSB les empêchent de rejoindre les trois autres navires de l’autre côté du détroit. De 10 h 35 à 18 h 30, les bateaux des gardes côtes russes maintiennent les navires militaires ukrainiens dans une zone au sud du détroit de Kertch.

À 18 h 30 les trois navires (« Berdiansk », « Nikopol » et « Iani Kapou ») mettent alors les gaz et tentent d’échapper aux navires russes en faisant demi-tour. Ces derniers leur intiment l’ordre de s’arrêter en vain. De 19 h à 20 h 40, le « Don » et le « Izoumroud » poursuivent les navires ukrainiens, leur envoyant signaux radio, sonores, lumineux et pyrotechniques pour qu’ils s’arrêtent. Ces ordres sont totalement ignorés par les marins ukrainiens.

À 20 h 42, après plus de 12 h de course poursuite, le « Izoumroud » avertit les navires ukrainiens qu’ils seront contraints de tirer s’ils n’obéissent pas. Devant le silence obstiné des navires ukrainiens, et en conformité avec la loi russe sur la protection des eaux territoriales de la fédération de Russie, le commandant du « Izoumroud » décide d’ouvrir le feu sur les navires ukrainiens.

À 20 h 45, le « Izoumroud » procède à un tir d’avertissement clair vers le groupe de navires ukrainiens, toujours en vain. Les navires de la marine ukrainienne continuent leur route vers les eaux territoriales russes. À 20 h 50 le « Izoumroud » prévient le « Berdiansk » que s’ils ne s’arrêtent pas conformément aux ordres des autorités maritimes russes, il leur tirera dessus pour les stopper.

Devant le silence obstiné et le refus d’obtempérer, à 20 h 55 le « Izoumroud » ouvre le feu sur le « Berdiansk » dans les eaux territoriales russes. Trois minutes plus tard, le commandant du « Berdiansk » appelle à l’aide en déclarant avoir trois blessés. À 21 h 06, le « Izoumroud » aborde le « Berdiansk », récupère l’équipage et prodigue les premiers soins aux blessés.

À 21 h 15, le Don capture le « Iani Kapou » et à 21 h 27, un hélicoptère Ka-52 de l’armée russe stoppe le « Nikopol », lui aussi dans les eaux territoriales russes. À 23 h 21, le « Don » arraisonne le « Nikopol ». Les équipages ukrainiens et leurs bateaux sont ensuite emmenés à Kertch.

Interrogatoire des marins ukrainiens

Le FSB ne s’est pas contenté de publier la chronologie complète des événements, il a aussi publié une vidéo de l’interrogatoire de trois des marins arrêtés. Et là, surprise, parmi les 24 membres d’équipage, les services de sécurité russes découvre deux agents du SBU (services de sécurité ukrainiens).

Face caméra, les trois hommes avouent avoir mené une provocation, et ignoré délibérément les ordres des autorités maritimes russes transmis par radio. Le capitaine Vladimir Lessovoï avoue qu’il savait que ce qu’ils faisaient était une provocation.

L’un des deux agents trouvés à bord du Nikopol, Andreï Drach, est un officier de la 7e direction de renseignement militaire du SBU. Il dit sans ambages, face caméra, qu’ils sont bien entrés dans les eaux territoriales russes et qu’ils ont reçu des avertissements sur le fait qu’ils violaient la loi russe et qu’ils devaient en sortir.

Voir la vidéo sous-titrée en anglais :

 

 

La présence de deux agents du SBU a bien été confirmée, par nul autre que le directeur du SBU, Vassili Gritsak. Ce dernier a beau annoncer que ces officiers étaient là au titre du contre espionnage, la réalité est bien plus simple : ils étaient là pour s’assurer que les marins ukrainiens mèneraient la provocation jusqu’au bout.

Leur présence à bord montre clairement que la provocation était délibérée, et voulue par les autorités de Kiev. Un point confirmé par le FSB qui a aussi ajouté que les eaux territoriales violées étaient déjà russes même avant la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie.

« Les navires de guerre ukrainiens sont entrés dans les eaux territoriales russes sur ordre direct des autorités de Kiev. Les navires de guerre sont entrés sans autorisation dans les eaux territoriales russes qui jouissaient de ce statut avant même la réunification de la Crimée avec la Russie. La provocation a été coordonnée par deux agents des services de sécurité ukrainiens qui étaient à bord des navires ukrainiens », a déclaré le service de presse du FSB.

Conséquences de l’incident

Suite à l’article d’hier, la Rada a finalement voté la loi martiale pour 30 jours, dans les oblasts côtiers et ceux situés près de la frontière avec la Russie. Fait troublant, la version publiée au journal officiel ukrainien, mentionne 60 jours et aucune limite territoriale, déclenchant un scandale.

Le service de presse du Cabinet de Petro Porochenko a bien sûr déclaré que c’était une erreur qui allait être corrigée dans l’édition de demain et que la personne responsable serait trouvée et punie pour cette bourde.

En attendant, grâce à cette mesure, Petro Porochenko va pouvoir au mieux reporter les élections, au pire éliminer tous ces opposants sérieux.

Pendant ce temps-là l’Occident blâme la Russie et ferme les yeux sur les actions totalement illégales des marins ukrainiens, et l’ONU a totalement échoué à servir à quelque chose dans cette affaire.

Dans les années 30, les Occidentaux ont laissé faire Hitler dans l’espoir de contrer le communisme. Aujourd’hui, ils laissent faire les autorités ukrainiennes néo-nazies post-Maïdan dans l’espoir de contrer la Russie.

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, ai-je besoin de vous dire comment tout cela va se finir ?

Christelle Néant

source:http://www.donbass-insider.com/fr/2018/11/27/deux-agents-du-sbu-etaient-a-bord-des-navires-ukrainiens-captures/

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Les sept armes imparables qui permettent aux Etats-Unis de dominer le monde. Par Michel Cabirol.

28 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France

28.novembre.2018. Les Crises
 
Les sept armes imparables qui permettent aux Etats-Unis de dominer le monde
 

Source : La Tribune, Michel Cabirol,

Le protectionnisme et une politique extraterritoriale agressive permettent aux Etats-Unis de Trump de dominer le reste du monde. Et le président américain vient de renforcer les mesures pour mieux contrôler les investissements étrangers aux Etats-Unis. En France, le Sénat plaide pour la mise en place de plateformes financières spécifiques et pour un rôle accru de l’euro afin de contrer les sanctions extraterritoriales américaines.

Les Etats-Unis, l’hyperpuissance à qui rien ne résiste ou presque. Avec Donald Trump, Washington assume aujourd’hui complètement ce rôle de gendarme du monde. L’actuel président américain ne fait pourtant qu’utiliser un arsenal judiciaire mis en place depuis longtemps par ses prédécesseurs comme les lois Helms-Burton et d’Amato adoptées en 1996. Elles pénalisaient les transactions commerciales réalisées respectivement avec Cuba, la Libye et l’Iran. Les précédents présidents américains n’ont jamais hésité eux non plus à se servir de cet arsenal.

En conséquence, entre 2009 et 2016, les banques européennes ont par exemple versé environ 16 milliards de dollars de pénalités infligées pour violations des sanctions internationales américaines et/ou de la législation anti-blanchiment aux administrations américaines, dont 8,97 milliards pour BNP Paribas. Ces sanctions entraînent “aussi, inévitablement, des interrogations sur un possible ciblage des entreprises européennes et sur la loyauté de certaines pratiques des administrations américaines”, avaient d’ailleurs estimé en février 2016 les auteurs d’un rapport sur l’extraterritorialité de la législation américaine, les députés Pierre Lellouche et Karine Berger.

Souveraineté, Donald Trump réveille un peu l’Europe

Pour autant, Donald Trump va sans aucun complexe un cran plus loin. Le retrait unilatéral des États-Unis le 8 mai dernier de l’accord nucléaire avec l’Iran conclu en 2015 et la remise en application concomitante des sanctions américaines ont fragilisé, voire annihilé la mise en œuvre d’un accord politique pourtant jugé capital dans la lutte contre la prolifération nucléaire et pour la stabilité régionale. Cette décision entraîne un retrait massif des entreprises européennes des échanges avec l’Iran par crainte des sanctions extraterritoriales des États-Unis. Washington a également amplifié les sanctions contre la Russie de Poutine et a en outre lancé une guerre commerciale contre la Chine. C’est beaucoup. A tel point que les États-Unis pratiquent sans complexe une politique juridique extérieure…

Car au-delà des sanctions économiques et financières que les Etats-Unis infligent aux entreprises non américaines, Washington met en péril la qualité des relations transatlantiques et affecte surtout l’autonomie des décisions économiques des autres pays et leur souveraineté diplomatique. D’ailleurs on voit naître des alliances assez inimaginables il y a peu de temps encore : l’Union européenne s’allie à la Chine et la Russie pour contrer les Etats-Unis sur le dossier iranien. En France, le Sénat plaide pour la mise en place de plateformes financières spécifiques et pour un rôle accru de l’euro afin de contrer les sanctions extraterritoriales américaines. Ainsi, une plateforme comme celle dont l’Union européenne vient d’annoncer la création avec l’Iran permettra ainsi à ce pays de continuer à exporter du pétrole et à acheter des biens à l’étranger sans échanges financiers.

“Ce n’est pas une banque mais un dispositif sur lequel on enregistrerait des + et des -“, a expliqué mercredi le sénateur Philippe Bonnecarrère, en saluant son côté à la fois “rustique et robuste”. “Quand l’Iran vendrait du pétrole en Chine ou en Inde, des + viendraient s’aligner sur cette plateforme au prorata des ventes”, a précisé le sénateur centriste du Tarn (Union centriste), auteur d’un rapport de la Commission des Affaires européennes du Sénat, intitulé “L’extraterritorialité des sanctions américaines : quelles réponses de l’Union européenne ?”.

1/ L’arme de l’extraterritorialité

La domination des Etats-Unis sur le reste du monde tient à ce que certaines lois américaines s’appliquent à des personnes physiques ou morales de pays tiers en raison de liens parfois ténus avec les Etats-Unis (un paiement en dollars par exemple). C’est l’arme imparable des Etats-Unis pour sanctionner les personnes et les entreprises non américaines. Les lois s’appliquent notamment à toutes les sociétés présentes sur les marchés financiers réglementés américains. Ces lois concernent essentiellement trois domaines : les sanctions internationales imposées, y compris de façon unilatérale, par les Etats-Unis ; la corruption d’agents publics à l’étranger ; et, enfin, l’application de la fiscalité personnelle américaine aux citoyens américains non résidents. Pour Donald Trump, l’application d’une politique extraterritoriale agressive est semble-t-il sa doctrine.

2/ L’arme des sanctions économiques

Hier, Cuba, la Libye, le Soudan, aujourd’hui, l’Iran à nouveau, la Russie. Les États-Unis mettent en œuvre des sanctions économiques et embargos au cas par cas. Ainsi, le Congrès américain a voté la loi CAATSA (Counter America’s Adversaries Through Sanctions Act ou en français “Contrer les ennemis des Etats-Unis par le biais des sanctions”) pour sanctionner la Russie. Cette loi impose des sanctions économiques contre toute entité ou pays, qui conclut des contrats d’armement avec des entreprises russes. Les Etats-Unis ont également rétabli en mai un embargo contre l’Iran et demandent au reste du monde de le respecter sous peine d’imposer des pénalités financières aux entreprises américaines et étrangères qui y contreviendraient. Donald Trump a appelé fin septembre tous les pays de la planète à isoler le régime iranien, dénonçant la “dictature corrompue” au pouvoir selon lui à Téhéran.

Et gare à ceux qui voudrait passer entre les mailles du filet. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), service du Trésor qui veille à l’application des sanctions internationales américaines dans le domaine financier, emploie environ 200 personnes et dispose d’un budget de plus de 30 millions de dollars. L’OFAC surveille notamment les transactions financières mondiales pour détecter les mouvements suspects. Toutes les transactions faites par les circuits officiels sont enregistrées et donc contrôlables dès lors que l’on dispose de moyens de traitement de masse. C’est bien sûr le cas des Etats-Unis.

Ainsi, BNP Paribas s’est vu infliger en 2014 une amende stratosphérique de près de 9 milliards pour violation des sanctions internationales américaines. Dans cette affaire, le ministère de la Justice américain (Department of Justice) a mis en avant la dimension de sécurité nationale, qui est l’une des justifications traditionnelles de l’extraterritorialité. Début septembre, la Société générale a évalué à près de 1,2 milliard d’euros les amendes qu’elle devra payer après avoir effectué des transactions en dollars impliquant des pays sous le coup de sanctions américaines, notamment l’Iran.

Actuellement, Danske Bank, la plus grande banque danoise, a annoncé début octobre faire l’objet d’une enquête des autorités américaines. Sa filiale estonienne, qui est au centre du scandale, a vu transiter entre 2007 et 2015 quelque 200 milliards d’euros à travers les comptes de 15.000 clients étrangers non-résidents en Estonie. Les transactions ont été faites en dollars et en euros. Une part importante de ces fonds a été jugée suspecte, ce qui pourrait porter la somme d’argent sale à plusieurs dizaines de milliards d’euros, provenant essentiellement de Russie.

3/ L’arme anti-corruption

Pas question de badiner avec la corruption. Les Etats-Unis veillent. Ainsi, la législation américaine réprime la corruption d’agents publics à l’étranger. Cette lutte est incarnée par le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) de 1977. Et les Etats-Unis y ont mis les moyens. Ils ont à ce titre été parmi les principaux promoteurs de la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales adoptée dans le cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 1997. En outre, la lutte contre la corruption est clairement assumée comme la seconde priorité du FBI, juste après le contre-terrorisme.

Le non-respect de cette législation a d’ailleurs entraîné de très lourdes pénalités pour des entreprises européennes. C’est le cas d’Alstom qui a dû payer une amende de 772 millions de dollars en 2014 pour violation de la législation américaine anti-corruption. Siemens, qui a racheté l’activité transport d’Alstom, a également été rattrapé en 2008 par la justice américaine (800 millions) tout comme Total (398 millions), Alcatel (137 millions) et bien d’autres… Airbus est d’ailleurs dans le collimateur de la justice américaine, qui surveille les enquêtes du Serious Fraud Office britannique et du parquet national français lancées contre le constructeur européen.

4/ L’arme du protectionnisme commercial

C’est l’un des risques majeurs pour les échanges commerciaux mondiaux, la recrudescence des mesures protectionnistes. En 2017, 20% de ces mesures ont émané des Etats Unis, ce qui augmente considérablement leur impact sur l’économie mondiale, précisait AON dans sa 21e édition de la cartographie internationale des risques politiques, terrorisme et violences politiques. “L’impact des décisions de Donald Trump est significatif notamment dans la métallurgie et l’aéronautique et pourrait engendrer des mesures de rétorsion, principalement de la part de la Chine, avait estimé en avril dernier Jean-Baptiste Ory, responsable du Pôle Risques Politiques d’Aon France.

Il n’avait pas tort. Après l’imposition cet été de taxes punitives réciproques de 25% sur 50 milliards de marchandises, Donald Trump a imposé début septembre des tarifs douaniers punitifs sur des biens chinois représentant 250 milliards de dollars d’importations annuelles. Il menace également de frapper pour 267 milliards de dollars d’importations supplémentaires, soit la quasi-totalité des exportations de la Chine vers les États-Unis. Pékin avait promis de répliquer avec l’imposition de droits de douane de 5 ou 10% sur des produits américains d’une valeur de 60 milliards de dollars d’importations annuelles.

5/ L’arme du CFIUS

Les Etats-Unis étaient déjà l’un des pays où les acquéreurs étrangers devaient montrer patte blanche pour s’offrir une société américaine disposant de technologies sensibles. Pas suffisant pour Donald Trump. L’administration américaine a décidé mercredi de prendre de nouvelles mesures pour cadenasser son industrie des investissements étrangers. Les nouvelles règles, liées à la réforme du Comité sur les investissements étrangers (CFIUS) adoptée cet été, vont exiger des investisseurs étrangers qu’ils soumettent obligatoirement aux autorités toute prise de participation – et non plus seulement prise de contrôle – dans une entreprise américaine appartenant à l’un des 27 secteurs clés désignés, dont l’aéronautique, les télécoms, l’industrie informatique, celle des semi-conducteurs et des batteries. Cette réforme constitue la première mise à jour des règles du CFIUS depuis plus de 10 ans. Toutefois, l’administration Trump préparerait d’autres réglementations pour les domaines de l’intelligence artificielle et des infrastructures.

Ces nouvelles règles prendront effet le 10 novembre avant une mise en application définitive dans 15 mois. Elles prévoient désormais que tout investissement étranger dans une des industries clés soit passé sous revue et éventuellement bloqué s’il représente “une menace d’érosion de la supériorité technologique”, selon un haut responsable du Trésor. Trois critères vont ainsi motiver l’inspection du CFIUS : s’il y a prise de participation étrangère, d’où qu’elle vienne, même minoritaire; s’il y a attribution à un étranger d’un siège au conseil d’administration de l’entreprise américaine visée, et si l’investisseur étranger peut influencer les prises de décision au sein de cette entreprise technologique.

Aucun pays étranger n’était spécifiquement visé, mais par le passé, le CFIUS, un organisme intergouvernemental dont la tutelle est le Trésor, a bloqué des prises de contrôle par des investisseurs chinois. Huawei a déjà dû renoncer à l’acquisition des sociétés américaines informatiques 3 Leaf en 2012 et 3 Com en 2008. En 2016, selon les derniers chiffres, le CFIUS avait examiné 172 transactions, qui étaient à l’époque des prises de contrôle, et lancé 79 enquêtes avec une seule décision défavorable.

6/ L’arme ITAR

Quatre lettres inquiètent les industriels de la défense : ITAR (International Traffic in Arms Regulations). Pourquoi? Si un système d’armes contient au moins un composant américain sous le régime de la réglementation américaine ITAR, les Etats-Unis ont le pouvoir d’en interdire la vente à l’export à un pays tiers. Or beaucoup de sociétés françaises et européennes intègrent des composants américains notamment électroniques, dans de nombreux matériels, tout particulièrement dans les domaines aéronautique et spatial. “Notre dépendance à l’égard des composants soumis aux règles ITAR est un point critique”, avait reconnu en mai 2011 à l’Assemblée nationale le PDG de MBDA, Antoine Bouvier.

Washington a récemment frappé d’un veto l’industrie d’armement tricolore en interdisant l’exportation du missile de croisière Scalp de MBDA vers l’Egypte et au Qatar. En conséquence, cette décision freine la vente de Rafale supplémentaires au Caire. C’est clairement une atteinte à la souveraineté de la France. Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis jouent avec les nerfs de la France. Ainsi, ils avaient longuement hésité à faire jouer la réglementation ITAR sur un dossier français en Inde. Ils ne l’ont finalement pas fait. En 2013, ils avaient déjà refusé une demande de réexportation aux Emirats Arabes Unis de composants “made in USA” nécessaires à la fabrication de deux satellites espions français (Airbus et Thales). La visite de François Hollande aux États-Unis en février 2014 avait permis de régler positivement ce dossier.

7/ L’arme du Cloud Act

Désormais, le Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act) s’applique à toutes les sociétés relevant de la juridiction des Etats-Unis et qui contrôlent les données quel que soit le lieu où elles sont stockées, selon l’avocat Yann Padova. Les grands acteurs américains du cloud et leurs filiales devront donc s’y conformer. Tout comme le devront les autres entreprises du secteur, y compris européennes, qui opèrent sur le territoire américain. Clairement, des données stockées hors des États-Unis mais sur des serveurs appartenant à des sociétés américaines ne peuvent plus être considérées comme sécurisées. Le Cloud Act donne la possibilité aux États-Unis d’accéder aux données dès lors qu’elles sont hébergées par des Cloud Providers américains, sans que les utilisateurs en soient informés, quand bien même ces données seraient stockées en France ou concerneraient un ressortissant européen, et ce sans passer par les tribunaux.

Source : La Tribune, Michel Cabirol,

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