Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la nation . tag

Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

26 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #Economie, #alstom

Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

  • Par
  • Mis à jour

Dans un entretien à Ouest-France à paraître mercredi, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a confirmé que l'Etat allait céder pour 10 milliards d'euros d'actifs qui serviront à crée un fonds de "l'innovation de rupture", fonds souhaité par le président Emmanuel Macron.

Début juillet, Bercy avait déjà fait comprendre qu'une série d'actifs seraient cédés par l'Etat pour financer l'innovation. Pour l'essentiel, ce devrait être des participations minoritaires dans des entreprises du secteur concurrentiel c'est-à-dire non stratégiques.

Pour rappel, la France dispose, selon le rapport du Compte Général de l'Etat 2016, de 1817 participations financières pour un montant de 262,7 milliards d'euros. Dans le détail, 137,5 milliards d'euros correspondent à des valeurs relatives à des entités contrôlées par l'Etat - comme EDF, la Poste ou SNCF mobilités - et 125,2 milliards d'euros concernent des entités non contrôlées par l'Etat. On compte parmi celles-ci Engie, Orange, Renault, Dexia ou encore Alstom.

Lire la suite

Le Vel d’Hiv et la faute d’Emmanuel Macron, par Jacques Sapir

23 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #L'Allemagne

La déclaration d’Emmanuel Macron du dimanche 15 juillet, lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, attribuant à la France la responsabilité de cet acte atroce choque et scandalise. Elle va à l’encontre de ce que dit le droit constitutionnel sur ce sujet. Or, le Président de la République est l’un des garants de ce droit. Elle constitue une faute politique grave et jette au-dessus des moulins une grande partie des principes de notre droit constitutionnel.

Il convient de savoir que le point de la soi-disant « responsabilité » de la France ou de la République dans les actes commis par le régime de Vichy a été souvent abordé. Les ouvrages d’historiographie abondent[1], tout comme les textes envisageant cette question sous l’angle du droit constitutionnel et du droit public. Bertrand Renouvin a écrit sur son blog un texte très clair sur ce sujet[2]. Mais, on ne peut se contenter d’une lecture purement juridique de cette question, même si une telle lecture est, bien sur, importante. Il y a aussi naturellement la dimension politique et émotionnelle d’un tel sujet, qu’avait illustré le magnifique film « Les guichets du Louvre » en 1974[3].

Une faute politique

Il est clair qu’il n’y a nulle continuité entre la République et le régime de fait qui se nommait « Etat Français » et était situé à Vichy. Les textes ici abondent. Il y a bien entendu l’ordonnance du 9 août 1944 qui constate, dans son article 2 que sont « nuls et de nul effet tous les actes constitutionnels législatifs ou réglementaires, ainsi que les arrêtés pris pour leur exécution, sous quelque dénomination que ce soit, promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940 et jusqu’au rétablissement du Gouvernement provisoire de la république française »[4]. En fait, le débat en droit constitutionnel porte sur trois choses.

  • L’acte « unique » votant à Pétain les pleins pouvoirs est anticonstitutionnel car le droit public français interdit la délégation d’une compétence sans disposition expresse. En effet, si la loi constitutionnelle du 25 février 1875, qui sert de base au jugement sur la délégation des pouvoirs, accorde au Parlement réuni en Assemblée nationale l’exercice du pouvoir constituant dérivé (et l’autorise donc à réviser la Constitution), elle ne l’autorise nullement à déléguer un tel pouvoir[5]. Cet acte l’a transformé en Tyrannus ab Exercitio tandis que Pétain, en conséquence, était un Tyrannus absque Titulo.
  • Plus généralement, les responsables de la France Libre, et le Général de Gaulle à leur tête, on dès l’été 1940 contesté la légalité du régime de Vichy. Ainsi, dans son manifeste de Brazzaville, le 27 octobre 1940, le général de Gaulle avait proclamé : « […] il n’existe plus de gouvernement proprement français» et « L’organisme sis à Vichy et qui prétend porter ce nom est inconstitutionnel et soumis à l’envahisseur [6]», tout en éditant, le même jour, la première Ordonnance de la France libre établissant le Conseil de défense de l’Empire qui organisait « les pouvoirs publics dans toutes les parties de l’Empire libérées du contrôle de l’ennemi […] sur la base de la législation française antérieure au 23 juin 1940 »[7]. Puis, l’ordonnance n°16 du 24 septembre 1941 créant le Comité national français confirme cela.
  • Un grand juriste, René Cassin, qui avait rejoint le général de Gaulle à Londres et qui après la guerre oeuvra pour la naissance des Nations Unies, a montré dans divers textes la non-constitutionnalité du régime de Vichy[8].

La question est donc juridiquement tranchée. Selon Éric Conan et Henri Rousso, qui sont les auteurs d’un gros ouvrage consacré à la postérité du régime de Vichy dans la mémoire française et dont une nouvelle édition de 1996 traite spécifiquement de cette question[9], le Président Jacques Chirac, lors de son discours du 16 juillet 1995, prononcé pour la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv’, s’est contenté de reconnaître la « responsabilité de l’État français » concernant les persécutions racistes et antisémites de Vichy, parlant de « faute collective » mais aussi disant : « Cette France n’a jamais été à Vichy ». L’ambiguïté est née de ces formules.

Responsabilité légale, responsabilité morale

Mais, dire que la responsabilité de la République n’était pas engagée, que la République était à Londres puis à Alger et non pas à Vichy, ne règle pas le problème moral même s’il règle la question de droit. Si le régime de Vichy a pu se targuer d’une apparence de légalité, c’est bien en raison de la démission et de la trahison d’une partie de l’élite politique française, qui vota les « pleins pouvoirs » à Pétain[10]. Ce point est connu et, des partis alors représentés à l’Assemblée Nationale, aucun n’est sorti indemne. Ce sont des individus qui ont refusé de voter, les fameux « 80 »[11], mais non des partis[12]. La faillite de cette élite politique pose le problème de sa responsabilité et, au-delà, de comment nous, Français, nous affrontons ce problème.

La démission d’une partie des élites politiques, de ceux qui prétendaient représenter le peuple, en juin 1940 est un problème que l’on doit donc affronter. Car, continuer le combat était possible. Nous pensons, avec les collègues du « projet FTL » et à travers les deux livres pour l’instant publiés[13], avoir montré qu’une poursuite de la guerre eut alors était possible, avec un transfert des forces militaires en Afrique du Nord. Le coût moral de la démission et du processus qui conduisit au régime de Vichy est immense et se fait encore sentir de nos jours. Il explique pourquoi une partie de l’élite française n’a plus confiance en la France.

Cette démission pose aussi, au-delà de la responsabilité d’hommes et de femmes, et l’on pense à Maurice Papon, à René Bousquet, celle d’une partie de la population française qui n’a pu ou n’a su protéger une autre partie, mais aussi ceux qu’elle avait accueillis. Car, l’un des principes de la civilisation est bien le respect des lois de l’hospitalité. Bien entendu, cette responsabilité doit aussi se mesurer à l’aune des réalités historiques, et cela sans anachronismes.

La responsabilité des alliés, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, qui ont concentré les bombardements stratégiques sur les villes allemandes et les industries, sans beaucoup de résultats, alors que des attaques systématiques sur les voies ferrés et sur les sources d’énergie auraient été bien plus efficaces et auraient empêché, ou à tous le moins considérablement diminué, les déportations, est largement plus importante[14]. Et ce d’autant plus que la réalité et l’ampleur du projet exterminateur des nazis est connu dès l’été 1943, voire avant.

C’est pour cela que l’on peut admettre sans difficultés qu’il y ait une responsabilité morale, non de la République mais des citoyens et de l’élite politique dans les crimes du régime de Vichy. Cette responsabilité, elle est diffuse, elle est imprécise, elle ne se mesure pas et ne se compare pas, mais elle existe néanmoins. C’était en partie ce que Jacques Chirac voulait dire lors de son fameux discours de 1995 et même si certaines des formulations sont fausses[15], l’idée générale était juste. La rafle du Vel’ d’Hiv fut un crime commis en France, par des français qu’ils aient agi sur ordre de l’occupant ou de leur propre initiative, et non par la France. Mais, parce que nous sommes français, nous ne pouvons détourner les yeux.

Légalité et Légitimité

Dans sa déclaration, Emmanuel Macron nous donne une nouvelle preuve que lui, le Président de la République, ne maîtrise pas la distinction entre Légalité et Légitimité, une distinction qui est pourtant au cœur même des principes du droit constitutionnel. Il nous donne aussi une nouvelle preuve qu’il est prêt à sacrifier sur l’autel de la communication et de l’émotion ces dits principes. Ce faisant, Emmanuel Macron a commis une faute grave. Quand on ne sait pas distinguer le Tyrannus absque titulo du Tyrannus ab Exercitio on court le risque, même si on est arrivé au pouvoir de manière légale et légitime, de se transformer en tyran.

 

Notes

[1] Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, Paris, 1994 ; nouvelle édition Gallimard, coll. « Folio histoire », Paris, 1996, 513 p. Ferro Marc, Pétain, Paris, Fayard, 1987 (réimpr. 2008), 789 p..

[2] www.bertrand-renouvin.fr/marine-le-pen-vichy-et-le-veldhiv-chronique-136/

[3] https://www.senscritique.com/film/Les_guichets_du_louvre/473330

[4]https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006071212&dateTexte=20090620

[5] Berlia G, « La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 », Revue de Droit Public, 1944 ; G. Liet-Veaux, « La fraude à la Constitution », RDP, 1943 ; Nguyen Quoc Dinh, « La loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 portant organisation provisoire des pouvoirs publics », RDP, 1946

[6] Cité dans : Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, op. cit., p. 71.

[7] Journal officiel de la France libre (Brazzaville), n 1, 20 janvier 1941, p. 3.

[8] Cassin René, « Un coup d’État, la soi-disant Constitution de Vichy », La France Libre, Londres, vol. 1, n° 2, 16 décembre 1940 et n 3, janvier 1941

[9] Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, Paris, 1994 ; nouvelle édition Gallimard, coll. « Folio histoire », Paris, 1996, 513 p.

[10] Voir, Journal Officiel des débats parlementaires, n 43, du 11 juillet 1940.

[11] Malroux Annie, Ceux du 10 juillet 1940, le vote des quatre-vingts, L’Harmattan, Paris, 2006

[12] Epstein Simon, Un paradoxe français – Antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la Résistance., éd. Albin Michel, Paris, 2008, coll. « Bibliothèque Histoire », 621 p.

[13] Sapir Jacques (avec F. Stora et L. Mahé) Et si la France avait continué la guerre…T1 et T2, Tallandier, Paris, 2010, 2012.

[14] http://www.anesi.com/ussbs02.htm

[15] « Allocution de M. Jacques Chirac Président de la République prononcée lors des cérémonies commémorant la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942 (Paris) » (http://www.elysee.fr/elysee/francais/interventions/discours_et_declarations/1995/juillet/allocution_de_m_jacques_chirac_president_de_la_republique_prononcee_lors_des_ceremonies_commemorant_la_grande_rafle_des_16_et_17_juillet_1942-paris.2503.html )

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 16-07-2017

Lire la suite

Marine Le Pen, Vichy et le Vel’d'Hiv – Écrit par Bertrand Renouvin

21 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation .

Marine Le Pen, Vichy et le Vel’d'Hiv – Chronique 136

 
Marine Le Pen, Vichy et le Vel’d'Hiv – Écrit par Bertrand Renouvin

La polémique créée à partir des propos de Marine Le Pen sur la rafle du Vel’d’Hiv est hallucinante au sens propre du terme : ce qui est perçu de ce qu’elle dit est étranger à la réalité de ses déclarations.

Quand un individu est victime d’hallucinations, seul son entourage peut en être troublé. Si des personnages publics, relayés par les médias, condamnent des propos au motif qu’ils exprimeraient le contraire de ce qui est effectivement dit, le trouble devient général car il y a inversion du motif du scandale. La vérité historique est proclamée fausse, l’erreur historique est proclamée absolument vraie et ceux qui contestent cette fausse vérité sont dénoncés comme révisionnistes : tel est le délire collectif auquel il faut résister.

Quand Marine Le Pen déclare que « la France n’est pas responsable du Vel’d’Hiv », elle ne fait que reprendre la vérité exprimée par les autorités françaises jusqu’en 1995. Vérité historique, qui repose sur une analyse et sur des principes juridiques établis par la Déclaration organique faite à Brazzaville le 16 novembre 1940 : les organismes installés à Vichy sont issus d’un coup d’Etat, le prétendu « gouvernement de Vichy » est une autorité de fait placée dans la dépendance de l’ennemi et dont les actes sont illégaux. La Déclaration de Brazzaville constate que la Constitution est toujours en vigueur et que l’autorité centrale provisoire – qui deviendra le Gouvernement provisoire de la République française – devra répondre de ses actes devant les représentants de la nation lorsque le territoire national sera entièrement libéré. Entièrement libéré : il faut souligner que dès 1940 des territoires français sont administrés par la France libre et participent à l’effort de guerre aux côtés des Alliés. Le Conseil de Défense de l’Empire s’inscrit dans la continuité républicaine et le général de Gaulle est légitime parce qu’il organise la reconquête des territoires occupés – d’abord ceux de l’Empire français puis la métropole.

Une autorité de fait ne peut être identifiée à « la France » et la complicité des vichystes avec l’Occupant dans la rafle du Vel’d’Hiv relève de la trahison. Nul n’ignore que les hommes reconnus coupables de trahison ont été condamnés à la Libération et que tous les actes de l’autorité de fait ont été déclarés nuls et de nul effet par l’ordonnance du 9 août 1944 que je reproduis ci-dessous, ainsi qu’un article, assorti de documents, que j’avais publié après le discours de François Hollande du 22 juillet 2012.

Ces pages de notre histoire politique, juridique, constitutionnelle, viennent d’être recouvertes par des déclarations en forme de procès intenté à Marine Le Pen. Le Monde écrit que le « roman national » que Marine Le Pen et Florian Philippot veulent promouvoir est « anachronique et nauséabond » et que leur « version de l’Histoire » ramène la France « au déni de l’après-guerre ». Cela signifie que le général de Gaulle et l’ensemble des autorités de la France libérée sont coupables de « déni » de même, nous dit Le Monde, que toute la génération de la Seconde Guerre mondiale dont François Mitterrand faisait partie !

Le procès intenté à Marine Le Pen est donc un procès intenté à tous ceux qui récusent les discours sur la culpabilité de la France prononcés par Jacques Chirac et François Hollande : pas seulement aux combattants mais à leurs enfants – aux enfants des gaullistes, des communistes, des chrétiens démocrates, des socialistes patriotes, des royalistes, qui sont fidèles à leurs pères selon la chair ou selon l’esprit. Tous rejetés dans les enfers du déni, du mensonge, de la légende nauséabonde… Ce n’est pas tout : Emmanuel Macron et bien d’autres condamnent la « faute politique et historique » de Marine Le Pen et y voient la preuve que la présidente du Front national est d’extrême-droite. Lorsque Marine Le Pen s’aligne sur le général de Gaulle et sur François Mitterrand, elle est d’extrême-droite ! Lorsque, pressée de questions, Marine Le Pen évoque le « régime collaborationniste de Vichy », elle est d’extrême droite ! Comme si nous pouvions oublier que  pendant toute l’après-guerre, les vichystes s’étaient échinés à faire la différence entre « le Maréchal » et les Collaborateurs !

La Vérité, c’est l’Erreur. L’Erreur, c’est la Vérité. Nous sommes dans un épisode orwellien qui aboutit, dans le camp du Politiquement correct, à entériner la thèse vichyste : si l’on dit que la rafle ordonnée par les Allemands en juillet 1942 est un crime commis par la France, on reconnaît que Vichy, c’est la France, que Pétain, c’est la France comme le martelait la propagande maréchaliste. A vouloir trop accabler Marine Le Pen, on sombre dans l’inepte.

***

http://www.bertrand-renouvin.fr/vichy-un-pouvoir-de-fait/

http://www.bertrand-renouvin.fr/chronique-54-francois-hollande-le-vel-d%E2%80%99hiv-et-la-france/

Ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental.
Article 1
La forme du Gouvernement de la France est et demeure la République. En droit celle-ci n’a pas cessé d’exister.

Article 2
Sont, en conséquence, nuls et de nul effet tous les actes constitutionnels législatifs ou réglementaires, ainsi que les arrêtés pris pour leur exécution, sous quelque dénomination que ce soit, promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940 et jusqu’au rétablissement du Gouvernement provisoire de la République française.
Cette nullité doit être expressément constatée.

Article 3
Est expressément constatée la nullité des actes suivants ;
L’acte dit loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 ;
Tous les actes dits : « actes constitutionnels »,
Tous les actes qui ont institué des juridictions d’exception,
Tous les actes qui ont imposé le travail forcé pour le compte de l’ennemi,
Tous les actes relatifs aux associations dites secrètes,
Tous ceux qui établissent ou appliquent une discrimination quelconque fondée sur la qualité de juif.
L’acte dit « décret du 16 Juillet 1940″ relatif à la formule exécutoire.
(…)
Article 7
Les actes de l’autorité de fait, se disant « gouvernement de l’Etat français » dont la nullité n’est pas expressément constatée dans la présente ordonnance ou dans les tableaux annexés (annexes non reproduites), continueront à recevoir provisoirement application.
Cette application provisoire prendra fin au fur et à mesure de la constatation expresse de leur nullité prévue à l’article 2.
Cette constatation interviendra par des ordonnances subséquentes qui seront promulguées dans le plus bref délai possible.

Lire la suite

Macron : les territoires comme des filiales à (mal) restructurer, par Laurent Herblay

21 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée

Macron : les territoires comme des filiales à (mal) restructurer

 

par Laurent Herblay

French President Emmanuel Macron delivers a speech during the local government conference dubbed 'National Conference of Territories' held at the Senate in Paris, France, July 17, 2017. REUTERS/Ian Langsdon/Pool
 
Décidément, dans le rôle d’apprenti-sorciers de la globalisation pour les nuls appliquée aux collectivités territoriales, Emmanuel Macron semble vouloir mettre ses pas dans ceux de son mentor, François Hollande, qui avait déjà charcuté notre carte régionale. Non seulement il propose une mal conçue suppression de la taxe d’habitation, mais voilà qu’il veut réduire le nombre d’élus.

Les territoires façon gribouille

Adepte des mesures gadgets s’inscrivant dans la doxa ultralibérale dominante, le président annonce une réduction du nombre d’élus locaux, une mesure qui ne devrait pas déplaire à grand monde, si ce n’est les élus. Mais ce faisant, même s’il y a sans doute des choses à rationnaliser dans les collectivités territoriales, il commet les mêmes erreurs que son prédécesseur. D’abord, il poursuit cette logique comptable du rabotage permanent des budgets publics, qui produit récession, déshabillage de territoires en difficulté, s’inspirant des pratiques des coupeurs de coûts du privé, dans une sphère qui ne peut, ni ne doit fonctionner comme une entreprise, car elle n’a pas du tout la même finalité.

Bien plus grave, conjugué à la suppression de la taxe d’habitation, Macron complexifie encore l’organisation publique en coupant plus encore le lien entre les ressources de ces collectivités et leurs budgets, ce qui a pour effet de déresponsabiliser les élus, qui deviennent de simples demandeurs et récipiendaires de fonds publics, cassant de plus en plus le lien possible entre les choix proposés par le responsable d’un territoire et validés par les électeurs et ce qu’il fait. Avant, le lien était bien plus direct, permettant une responsabilité claire des élus devant leurs électeurs. Demain, ce lien sera encore plus distant, ramenant des élus du suffrage universel au rang de simples fonctionnaires.

Et s’il y a des simplifications à faire, comme je le soutenais il y a trois ans et demi, c’était plus dans la réduction du nombre d’échelons. Ce qui est incroyable, c’est que ceux qui nous dirigent ont créé deux nouveaux échelons (la région et l’agglomération), complexifiant la gestion de notre territoire, et réclament ensuite une réduction des moyens qu’ils ont eux-mêmes dispersés. Et dans la grande usine à gaz construite depuis plus de trois décennies, l’État assure une part croissante des moyens des collectivités territoriales, lui donnant les moyens de les réduire à son bon vouloir. La suppression de la taxe d’habitation parachèverait la désorganisation de l’administration de nos territoires.

Bien sûr, il y a sans doute des choses à améliorer. Mais je crois que ce serait plutôt la suppression des régions et des agglomérations pour revenir au couple département – commune, qui a fait ses preuves, et le retour à des ressources directes, pour que les élus locaux assument directement leurs choix et que les électeurs puissent juger de manière pleine et entière.

Laurent Herblay
Membre du CA de l’Association

Lire la suite

«Merci» : l'Armée rend un hommage émouvant à Pierre de Villiers lors de son départ (VIDEOS)

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #L'OTAN., #La République, #La France, #L'armée française

«Merci» : l'Armée rend un hommage émouvant à Pierre de Villiers lors de son départ (VIDEOS)

«Merci» : l'Armée rend un hommage émouvant à Pierre de Villiers lors de son départ (VIDEOS)© JOEL SAGET / AFP Source: AFP
Pierre de Villiers
 

Après avoir remis sa démission le 19 juillet 2017, l'ancien chef d'état-major des armées a quitté le ministère dans la journée même, salué par le personnel et les hauts gradés. La ministre des Armées Florence Parly est restée toutefois silencieuse.

Pour Pierre de Villiers, démissionnaire de son poste de chef d'état-major des Armées, cette longue journée s'est clôturée par plusieurs hommages dont celui de l'état-major interarmées avec un sobre : «merci».

 

A son départ du ministère des Armées en fin d'après-midi, Pierre de Villiers a été accueilli par une haie d'honneur des trois corps d'armées, preuve de sa popularité auprès de ses collaborateurs mais aussi de ses troupes.

ssu d'une famille d'aristocrates vendéens à la culture militaire, frère de l'homme politique Philippe de Villiers, l'ancien chef d'état-major était proche de ses soldats et à maintes reprises à leurs côtés sur le terrain. Plus jeune général cinq étoiles de l'armée française, il a servi, entre autres, en opération au Kosovo en 1999 et en Afghanistan en 2005.

En nommant son successeur le général François Lecointre, Emmanuel Macron pourrait bien s'éloigner de la tradition française. D'une part, le nouveau chef d'état-major n'a pas été choisi dans le vivier habituel des candidats potentiels. D'autre part, le général François Lecointre entre politiquement mieux dans le cadre de la construction d'une Défense européenne, souhaitée par Emmanuel Macron. Le nouveau chef d'état-major a en effet été désigné en janvier 2013 pour devenir le premier commandant de la Mission européenne de conseil et de formation des forces armées maliennes (EUTM).

Interviewé par France 2 à l'arrivée d'une étape du Tour de France Emmanuel Macron s'est expliqué sur les raisons qui l'ont mené à limoger Pierre de Villiers. «Ce n'est pas le rôle du chef d'état-major [de défendre le budget des armées], mais celui de la ministre [des armées, Florence Parly]», a-t-il ainsi expliqué. Quant à elle, la ministre des Armées, n'a fait aucune déclaration, alors qu'un silence radio presque parfait règne dans les rangs de La République en marche (LREM).

Pourtant, dans le reste de la classe politique, le limogeage de Pierre de Villiers a suscité de nombreuses réactions. «C'est une situation sidérante. Le général a participé à une réunion à huis clos et son devoir et son honneur est de répondre franchement, clairement, à toutes les questions qui lui sont posées», a notamment déploré Jean-Luc Mélenchon.

Lire aussi : Démission du chef d'état-major des armées : «Le général Pierre de Villiers n'a fait que son devoir

Lire la suite

Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La guerre, #Le fascisme

Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)

Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)
Emir Kusturica

Evoquant les difficiles relations entre la Russie et l'Occident, le réalisateur serbe Emir Kusturica confie à RT sa vision de Vladimir Poutine, Donald Trump, et de la situation en Ukraine, en laquelle il voit une redite de la guerre de Yougoslavie.

RT : Vous avez un jour dit que la Serbie était respectée dans le monde entier, et ce grâce à Vladimir Poutine. Quelle en est selon vous la raison ?

Emir Kusturica (E. K.) : Vladimir Poutine, à mon avis, a fait quelque chose de très important pour le monde entier. Car, comme l'a dit un écrivain russe fort instruit, c’est la démocratie qui a souffert le plus après la chute de l’URSS.

A l’époque de l’Union soviétique, les démocrates français, italiens, anglais... tâchaient de démontrer à ceux qui étaient de l’autre côté du rideau de fer que régnait une vraie démocratie dans leur pays. Avec la chute de l’URSS, ils n’avaient plus rien à prouver à personne. Il ne fallait que suivre le mouvement du progrès naturel, qui est, en grande partie, alimenté par le côté obscur de la nature humaine.

Aussi, j'approuve les actions de Vladimir Poutine, qui, avec une manière, fine, qui lui est propre, remet la Russie sur pieds après la période Eltsine, afin que le peuple puisse être fier de son histoire et – et c'est le plus important – de sa culture.

Pourquoi l’Occident a-t-il des problèmes avec Vladimir Poutine ? Quels sont les avantages que présente la position du président russe ? Prenons l’exemple de l’Asie. Il s'agit de la région la plus peuplée, dotée de grandes puissances économiques, notamment la Chine. Les meilleurs réalisateurs asiatiques tournent des films dédiés à des questions d’éthique, d'auteurs des XIXe et du XXe siècles et que nous pouvons trouver dans les livres des grands écrivains russes.

C'est l'histoire qui nous montrera qui a raison et qui a tort, et non pas ceux qui essayent de réduire à zéro le rôle de la culture dans l'histoire de l’humanité. A chaque fois que je me rends en Occident, je m'entretiens avec des intellectuels qui en savent très peu sur Vladimir Poutine et la Russie contemporaine. Celui qui a interdit les importations de semences OGM mérite au minimum qu’on le respecte. C’est l’un des pires aspects de notre monde : nous sommes en proie à la production de Monsanto, qui n’a rien de naturelle et qui est quotidiennement à l'origine de cas mortels. Vladimir Poutine a interdit les OGM et revitalisé l’agriculture russe. Les résultats qu’il a obtenu sont splendides. En outre, c’est un homme qui préserve la culture de son pays. Pour cette raison, c'est un héros.

Lire aussi : Pour Emir Kusturica, Vladimir Poutine est «un type bien»

RT : Qu'avez vous pensé de la récente rencontre entre Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump ?

E. K. : Je considère que Donald Trump n’a toujours pas dit ce qu’il devait dire. Je parle des promesses faites au cours de sa campagne électorale, promesses qu’il a oubliées. Il y a deux choses à faire remarquer. Premièrement, le fait est que l’Etat profond est derrière toutes les décisions importantes prises aux Etats-Unis. Deuxièmement, le complexe militaro-industriel américain est tellement puissant que le président ne peut pas agir sans le consentement d’autres personnes. Je trouve que la position de Vladimir Poutine est positive et en même temps, supérieure. J’ai également remarqué un peu d'incertitude dans le comportement du président américain. Je dirais même que cette rencontre nous a prouvé que ce n’était pas lui qui prenait les décisions. Et ça, c’est un grand problème pour l’humanité dans son ensemble.

RT : Ici même, à Mecavnik, en Serbie, vous avez récemment tourné votre film On the Milky Road, dans lequel Monica Belucci et vous-même jouez les rôles principaux. Ce film a reçu un grand prix à Sébastopol, en Crimée. Le 23 juillet prochain, vous envisagez de donner un concert à Yalta, autre ville de Crimée. N’avez-vous pas peur des sanctions ?

E. K. : Non. La vie n'a de sens que si tu es libre, si tu fais ce que tu veux. Tout au long de ma vie, je suis resté fidèle à mes décisions, à ma façon de faire. Dans cette situation je préférerais que les sanctions soient imposées à ceux qui donnent des concerts, disons, à New York ou même à Washington, où tant de guerres ont été préparées. Prenons l’exemple de Mouammar Kadhafi, ou le chaos que les Américains sèment dans le monde entier depuis déjà 20 ans. Si on doit imposer des sanctions, ce n'est certainement pas contre des musiciens qui jouent là où ils l'entendent, surtout à Yalta.

RT : Que pensez-vous de la situation en Ukraine ?

E. K. : La situation en Ukraine, telle que je la connais, ressemble à celle qui a eu cours en Yougoslavie. Nous assistons aux pressions de l'Occident. Au cours de l'unification européenne, l’Ouest a divisé la Yougoslavie. Et quoi qu'on dise de l'impossibilité de maintenir son intégrité, la Yougoslavie divisée est devenue un casse-tête pour le monde entier. La destruction n’émane pas de ceux qui veulent sauver leur patrie, mais de ceux qui paient pour la déstabilisation de cette dernière.

Victoria Nuland [diplomate américaine, chargée de l'Europe au département d'Etat de 2013 à 2017] a déclaré publiquement qu’il avait fallu 50 milliards de dollars pour plonger l'Ukraine dans un tel chaos. En outre, comment pouvons-nous soutenir des gens qui ont des conceptions nazies ? Les événements qui ont lieu dans le monde prouvent que les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme.

Lire aussi : Non, ce n’est pas parce qu’il est ami avec Vladimir Poutine qu’Emir Kusturica ne sera pas à Cannes

Lire la suite

A Istres, Emmanuel Macron veut sauver les meubles après la démission du général de Villiers

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #L'armée française

A Istres, Emmanuel Macron veut sauver les meubles après la démission du général de Villiers

- Avec AFP

A Istres, Emmanuel Macron veut sauver les meubles après la démission du général de Villiers © Jean-Paul Pelissier Source: Reuters

Au lendemain de la démission fracassante du chef d'état-major des armées, Emmanuel Macron s'est évertué à reconquérir le cœur et les esprits des militaires, multipliant les hommages et les assurances budgétaires.

Emmanuel Macron est arrivé dans la matinée du 20 juillet à la base aérienne 125 d'Istres (Bouches-du-Rhône), accompagné du nouveau chef d'état-major François Lecointre. Après la démission du chef d'état-major des armées, le 19 juillet, le président a multiplié les hommages aux militaires.  

Je ne laisserai personne dire que des choix budgétaires se font aux dépens de votre sécurité. C'est faux. J'en serai le garant

«Votre engagement, l'engagement de l'armée de l'air comme celui de toutes les armées est nécessaire et je le respecte profondément, [...] je sais ce que la Nation vous doit», a insisté Emmanuel Macron, assurant les militaires de sa «profonde estime» et de sa «confiance».

«Je veux que vous ayez les moyens de vos missions», a déclaré le chef de l’Etat dans son discours. Le président de la République a réaffirmé par ailleurs que le budget de la Défense serait porté à 34,2 milliards d'euros en 2018, précisant qu'aucun budget autre que celui des armées ne serait augmenté cette année-là. Un argument de poids censé rassurer les militaires inquiets de la situation budgétaire de la Défense.

Emmanuel Macron a également réaffirmé sa volonté de porter l'effort de défense à 2% du PIB d'ici à 2025, une de ses promesses phares durant la campagne présidentielle.

«Le ministère des Armées n'est pas un ministère comme les autres parce que des vies sont engagées au quotidien», a-t-il encore observé avant d'ajouter : «Je ne laisserai personne dire que des choix budgétaires se font aux dépens de votre sécurité. C'est faux. J'en serai le garant.»

Lire aussi : Le plan d'économies drastique du gouvernement suscite inquiétude et interrogation dans l'opposition

Le chef de l'Etat a également fait savoir qu'en 2017, le montant de la loi de finances initiale serait respecté. S'il y a une «contribution des armées à la solidarité nationale», [à hauteur de 850 millions d'euros], ces décisions de gestion n'auront, selon le président «aucun impact, ni sur la stratégie, ni sur les capacités, ni sur l'effort de défense».

Emmanuel Macron a récemment annoncé d'importantes coupes budgétaires à hauteur de 850 millions d'euros imposées à la Défense.

En désaccord avec le chef de l’Etat sur ces coupes budgétaires, le général Pierre de Villiers a démissionné le 19 juillet de son poste de chef d'état-major des armées, un geste sans précédent sous la Ve République qui a marqué la première crise ouverte du quinquennat d'Emmanuel Macron.

«Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d'assurer la pérennité du modèle d'armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français», a déclaré le général dans un communiqué. Il s'était auparavant exprimé à huis clos à l'Assemblée nationale, où il avait assuré que la situation n'était «pas tenable».

Lire aussi : «Merci» : l'Armée rend un hommage émouvant à Pierre de Villiers lors de son départ (VIDEOS)

Lire la suite

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine. Jacques Pauwels

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #De Gaulle

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine. Jacques Pauwels

Dans deux de ses livres, Le choix de la Défaite : les élites françaises dans les années 1930 et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République 1938-1940 (Paris, Armand Colin, 2010 et 2008), Annie Lacroix-Riz, spécialiste d’histoire contemporaine et professeur à l’université Paris 7, a expliqué comment, dans les années trente, l’élite de la société française – politiciens, militaires de haut rang, industriels, banquiers, le haut clergé, etc. – a voulu et planifié l’ « étrange défaite » de 1940. C’est par le biais de cette trahison que l’élite put triompher de l’« ennemi intérieur » gauchiste, empêcher d’autres réformes politiques et surtout sociales comme celles introduites par le Front Populaire, et éliminer le système, trop démocratique à son goût, de la 3e République en faveur du régime autoritaire et collaborateur de Vichy. Ce régime choya tous les éléments de l’élite du pays, mais surtout le patronat, et tandis qu’il fut un paradis pour celui-ci, il fut un enfer pour les salariés, et pour le peuple français en général ; Annie Lacroix-Riz l’a bien démontré dans un autre ouvrage, Industriels et banquiers sous l’Occupation (Armand Colin, Paris, 2013). Or, dans une toute nouvelle étude, Les Élites françaises entre 1940 et 1944 (Armand Colin, Paris, 2016), l’historienne se penche sur un autre aspect de la saga de la couche supérieure de la société française des années trente et quarante : leur passage de la tutelle allemande à la tutelle américaine.

Les défaites subies par la Wehrmacht devant Moscou (fin 1941) et surtout Stalingrad (hiver 1942-1943) ainsi que l’entrée en guerre des États-Unis et le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (novembre 1942) firent comprendre à l’élite française que l’Allemagne perdrait la guerre et que l’inévitable victoire soviétique impliquerait fort probablement pour la France le triomphe de la Résistance, « majoritairement ouvrière et communiste », et par conséquent une épuration des collaborateurs et des changements révolutionnaires. Afin d’éviter un tel scénario, catastrophique pour eux-mêmes et pour leur ordre socio-économique, la majorité des politiciens, militaires, industriels, banquiers, et autres « gens très bien », responsables directement ou indirectement pour la trahison de 1940 et la politique collaboratrice, répressive et même meurtrière de Vichy, commencèrent à se dissocier discrètement de la tutelle allemande et à préparer un « avenir américain ». Ils espéraient que l’occupation allemande de la France serait suivie par une occupation américaine, ce qui éviterait des « désordres », mot de passe pour les changements révolutionnaires associés avec la Résistance; et dans le contexte d’une Pax Americana engendrée par une victoire américaine leurs péchés pro-nazis seraient pardonnés et oubliés, leur permettant de conserver les privilèges traditionnels et nouveaux dont ils avaient joui grâce à Vichy. Sous les auspices du nouveau tuteur américain, la France serait un « Vichy sans Vichy ».

Il était possible de rêver à tout cela parce que les leaders américains détestaient également l’idée que, après le départ des Allemands, les Résistants communistes et autres puissent prendre le pouvoir en France, y provoquer des « mutations [politiques et socio-économiques] profondes » et ouvrir la porte à l’influence soviétique. À Washington on n’avait rien contre le régime de Vichy, avec lequel on maintenait jusqu’en janvier 1943 de bonnes relations diplomatiques ; et les autorités étatsuniennes, Roosevelt en tête, espéraient longtemps que dans l’après-guerre Pétain ou un des autres dirigeants vichyssois pas trop souillés par leur germanophilie – comme Weygand ou Darlan – resterait au pouvoir en France, peut-être après un léger « replâtrage parlementaire » du système vichyssois. « L’avenir américain » fut préparé dans des négociations en Afrique du Nord, où les É.-U. avaient plusieurs consulats, en Espagne et en Suisse, où Berne fut le pied-à-terre de l’agent secret étatsunien Allen Dulles, qui y « veillait à l’avenir de la France » et de l’Europe en général.

Les Allemands étaient à la hauteur mais toléraient ces initiatives parce que l’élite du Reich préparait son propre « avenir américain », ce qui impliquait des industriels et banquiers allemands avec de bons contacts américains – y compris Dulles – et même des chefs de la SS/Gestapo. Afin de permettre à quelques-uns des plus fermes suppôts du nazisme au sein de de l’élite allemande, par exemple le banquier Hjalmar Schacht, de se poser en « résistants » quand le régime nazi s’écroulerait, on les enferma dans des camps de concentration comme Dachau, où ils étaient « entièrement séparés de la masse des détenus du camp proprement dit » et bien traités. De façon similaire, les autorités allemandes en France eurent la gentillesse d’arrêter de nombreux « collaborationnistes de premier plan » et de les « déporter » vers le Reich pour y attendre la fin de la guerre dans un confortable lieu de « détention d’honneur », par exemple des hôtels à Bad Godesberg et au Tyrol. Cette expérience devait servir de « brevet de ‘résistance’ » à ces personnages, leur permettant de poser en héros patriotiques à leur retour en France en 1945.

Tandis qu’à l’occasion du choix du tuteur allemand comme « protecteur des coffre-forts » en 1940, « un chef français compatible avec le guide allemand » se tenait déjà prêt dans les coulisses, à savoir Pétain, la sélection d’un chef français compatible avec le nouveau guide américain était nettement moins facile. Le tandem de l’élite française et les autorités américaines détestaient celui qui apparaît aujourd’hui comme un choix manifeste, à savoir Charles de Gaulle, le chef des « Français libres ». La raison ? Ils le regardaient comme un « fourrier du bolchevisme », « un simple tremplin vers le pouvoir des communistes ». Ce n’est que très tard, à savoir le 23 octobre 1944, donc plusieurs mois après le débarquement en Normandie et le début de la libération du pays, que de Gaulle fut reconnu officiellement par Washington comme chef du Gouvernement provisoire de la République française. La chose devint possible à cause de plusieurs facteurs. Primo, les Américains ont fini par se rendre compte que le peuple français ne tolérerait pas qu’après le départ des Allemands « le tout-Vichy [fût] maintenu en place ». Ils ont compris que, inversement, de Gaulle bénéficiait d’une grande popularité et du soutien d’un grande partie de la Résistance. Par conséquent, ils avaient besoin de lui pour « neutraliser les communistes au lendemain des hostilités ». Secundo, de Gaulle négocia auprès de Roosevelt afin d’adopter une politique « normale », ne menaçant aucunement « le statu-quo socio-économique » ; et il donna des gages en « repêchant » de nombreux collaborateurs vichyssois qui avaient été les favoris des Américains.  Tertio, le chef des « Français libres » avait pris ses distances avec l’Union Soviétique. C’est ainsi que le gaullisme s’est « respectabilisé » et que de Gaulle est devenu « un leader de la droite », acceptable à élite française aussi bien qu’aux Américains, les successeurs des Allemands dans le rôle de « protecteurs » des intérêts de cette élite. Or, du point de vue des nouveaux vrais maîtres de la France – et de la plupart du reste de l’Europe – il fut et resta une sorte de « rebelle » qui continua longtemps à leur causer des ennuis.

Les Élites françaises entre 1940 et 1944 est une étude surprenante, fascinante, rigoureusement et minutieusement documentée, comme les autres livres d’Annie Lacroix-Riz. De ceux-ci, il faut encore mentionner Aux origines du carcan européen (1900-1960) : La France sous influence allemande et américaine (Paris, Éditions Delga, 2014). On peut y apprendre comment, à la suite de la fin de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont su consolider leur domination politique et économique de l’Europe occidentale par le biais de la création d’institutions européennes. Et ils l’ont fait en collaboration avec des élites françaises, allemandes et autres – y compris des collaborateurs vichyssois « recyclés » tels que Jean Monnet. Dans ce contexte aussi, leur ancien antagoniste, de Gaulle, leur a causé quelques ennuis.

Lire la suite

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (2/2). Par Robert Charvin

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #De Gaulle

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (2/2)

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (2/2). Par Robert Charvin

…Cette justice, surtout après 1947, avait pour mission de rompre avec le pouvoir résistant, et surtout de dissocier les différentes tendances de la Résistance, tout comme les préfets s’opposaient aux commémorations des associations d’anciens résistants et à l’édification de monuments souvenir (par exemple à Monceau les Mines en 1949). Le caractère des procédures ouvertes contre les anciens résistants apparaissait d’autant plus « décalé » que diverses lois d’amnistie précitées avaient déjà été votées au bénéfice des collaborateurs et que des officiers allemands précédemment condamnés à mort par contumace étaient acquittés.

 

Les résistants poursuivis étaient le plus souvent d’anciens Francs-Tireurs et Partisans, plus ou moins isolés du parti communiste auquel ils avaient appartenu et qui n’étaient donc pas en mesure de bénéficier d’un soutien conséquent. Le PCF avait procédé après la Libération à l’exclusion de certains résistants, au nom de « l’anti-titisme », souvent aussi parce qu’ils étaient simplement des militants « incontrôlables » se refusant à la discipline politique imposée parfois en raison de la contestation de certains dirigeants, comme J. Duclos, dont les positions durant la guerre n’avaient pas été claires.

Lorsque ces ex-résistants étaient suspectés par la justice d’affaires relevant du droit commun (par exemple, d’actes de pillages dans les maquis), le parti préférait prendre ses distances pour échapper au discrédit, dans une période de haute tension politique.

Si les cas sont nombreux, seuls sont encore connus, un demi-siècle plus tard, ceux qui ont fait l’objet d’études universitaires, à partir des archives locales. On peut citer, par exemple, le cas d’Émile Philippot, des FTP de l’Yonne, dont toute la famille est engagée dans la Résistance. Il est chargé des réquisitions pour le ravitaillement des partisans. Il dynamite des trains de marchandises et procède à l’exécution d’une informatrice de la Gestapo.

Arrêté par les Allemands pour « terrorisme », il est condamné par la Cour Spéciale de Dijon à perpétuité puis remis aux Allemands. Rien d’étonnant : « L’État Français » qui collaborait avec le Reich assimilait tous les résistants à des « terroristes », agents de Moscou, « siège d’une politique impérialiste renouvelée de la politique nationaliste des Tsars ».

Cette Résistance n’était qu’un « moyen de préparer une invasion issue des tendances ataviques à la marche vers l’ouest, […] tout en se ménageant des partisans, […] traîtres à leurs pays », […] » et « prêts à se sacrifier au nationalisme russe aux dépens du nationalisme français ». Philippot est libéré en septembre 1944, alors qu’il était incarcéré dans les locaux de la Gestapo, gravement malade. Dès 1945, il est à nouveau incarcéré en tant que « faux » résistant, et condamné pour vols et recels, c’est-à-dire pour les réquisitions qu’il avait pratiquées pour ravitailler son maquis. Un témoin de la défense dénoncera cette accusation mettant sur le même plan « des kilos de lard récupérés et les cadavres des fusillés et déportés » !

Condamné à 5 ans de réclusion en 1948, en pleine crise du blocus de Berlin Ouest, et des grandes grèves en France, il sera gracié par le Chef de l’État en 1949. De nombreuses autres affaires, de même nature, se sont produites, dans un climat d’acharnement judiciaire : certains magistrats, impliqués dans la répression vichystes, prenaient leur revanche.

On peut citer encore le cas de Francis Flamand, responsable d’un groupe de résistants de Bresse du Nord, dont le chef de corps était le capitaine Otcharenko, officier de l’Armée Rouge, prisonnier évadé et rallié au maquis français. Il est accusé de pillage et d’exécution d’agents de la Gestapo, sans aucune considération des conditions de guerre. Toutefois, la procédure fut suspendue définitivement.

Robert Serant, jeune communiste né en 1925, condamné le 18 juillet 1941 pour ses premiers actes de résistance, FTP à 17 ans, arrêté à nouveau, déporté, il s’évade en 1945 et rejoint la Première Armée française. Mais en 1946, il est poursuivi par la Cour de Justice de Dijon pour « dénonciation » par un parquetier, proche de Vichy. Il est condamné à 3 ans de prison. En 1946, il est à nouveau poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dijon pour attentats contre des collaborateurs. Il sera libéré en 1948.

L’affaire qui a eu le plus de retentissement est celle de Guingouin, chef FTP, dans le Limousin39, devenu le Maire de Limoges à la Libération. En rupture avec la direction nationale du PCF40, Georges Guingouin, qui pendant 4 ans défia la police de Vichy, la milice et les SS, s’est fait arrêter 9 ans après la Libération, en été 1953, dans le bureau d’un juge (qui poursuivait déjà une instruction contre lui durant la guerre). Pourtant, la loi d’amnistie du 6 août 1953 s’appliquait à tous les crimes commis par des résistants entre 1940 et janvier 1946, en tant qu’actes de guerre. L’affaire Guingouin officiellement relevait du droit commun !

Au plan politique, ce sont les Socialistes de la SFIO qui sont les plus actifs contre les « crimes qui déshonorent la Résistance ». Pour eux, l’objectif est de discréditer les communistes, sans réelle préoccupation de l’image de la Résistance. Guingouin, l’ancien maire de Limoges, condamné à 20 ans de travaux forcés pour « crime de guerre » (il s’agissait de l’exécution par les FTP de personnes suspectées de collaboration avec la police allemande), a purgé 4 ans de prison, malgré une absence presque totale de charge.

Refusant l’amnistie, Guingouin réclame la révision de son procès. Une campagne nationale de solidarité s’est alors développée (avec Claude Bourdet, J. Debu-Bridel, Léo Hamon, Jean Rous, J.M. Domenach, F. Mauriac, etc.). Son avocat est Roland Dumas.

De Gaulle lui-même lui manifeste son soutien : « Je n’ai pas oublié que Guingouin fut un combattant de la liberté et qu’il a maintes fois risqué sa vie pour la France » (message du 14 avril 1955). En 1959, enfin, c’est le Parquet lui-même chargé de l’accusation, qui prononce une véritable plaidoirie en faveur de Guingouin. C’est le non-lieu. La Ligue des droits de l’homme a même demandé l’ouverture d’une information judiciaire contre les responsables des poursuites et contre les personnels de la prison de Brive où Guingouin a failli être assassiné.

Dans les grands journaux français, en particulier Le Figaro (26-27 décembre 1953), on évoquait les « centaines de crimes commis dans les maquis limousins ». Un journal allemand comparait le Limousin à Katyn (Deutsche Soldaten Zeitung). On médiatisait à outrance « la terreur rouge » qui régnait dans le Limousin et « l’imposture » du résistancialisme. Le Président de la République R. Coty, élu, était un ancien parlementaire ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 : le climat est propice à une campagne nationale de dénigrement de la Résistance. Elle est utile à la politique de soutien au réarmement de l’Allemagne, qui a besoin de l’oubli des crimes du nazisme.

Un procès à Bordeaux de janvier-février 1953 jugeait 21 des SS ayant participé au massacre d’Oradour. Le 20 février 1953, le Parlement réuni en urgence vota par 319 voix contre 211, une loi d’amnistie exceptionnelle entraînant leur libération immédiate. Le Général Lammerding, chef de la division « Das Reich » ne fut pas extradé par les Britanniques qui contrôlaient la région de Düsseldorf. Les « exigences » de la guerre froide se substituent à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

Avec l’affaire Guingouin, il n’y a plus un seul acte de guerre accompli par la Résistance qui ne puisse être remis en question. Il s’agit de juger en temps de paix des actes n’ayant de signification qu’en temps de guerre, mais qualifiés de crimes de droit commun !

 

Extrait du livre “Faut-il détester la Russie ?” (Chapitre : Le Procès de la résistance)

Lire la suite

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2). Par Robert Charvin

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation .

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2)

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2). Par Robert Charvin

La méconnaissance de la Résistance en Occident est aujourd’hui quasi-totale. Il s’est agi, non seulement de réhabiliter un passé trop souvent jugé, aux yeux des milieux les plus conservateurs, honteux parce qu’antinational, mais aussi de discréditer ceux qui avaient été reconnus comme « héros de la Résistance ». Un long travail de sape a été mené durant des décennies en France, particulièrement après les premières lois d’amnistie de 1947 et 1951 effaçant les condamnations pour faits de collaboration.

 

Tout a été entrepris pour que la Résistance (communiste notamment) ne soit plus perçue comme patriotique, mais seulement comme subversive, préparant la Révolution sociale, tout comme le combat de la Russie était dénoncé comme la préparation de la révolution communiste dans toute l’Europe. Ceux qui avaient bradé la Nation faisaient ainsi sans retenue le procès du « faux » patriotisme de la Résistance.

La Résistance française a été ainsi « dénationalisée » par l’accusation de n’avoir débuté qu’avec l’agression allemande contre la Russie en 1941. Malgré son unité durant la guerre jusqu’à la Libération, tout a été fait pour faire imploser la Résistance, dissociant les communistes des non communistes, la seule « authentique » étant celle des Gaullistes.

Les seules personnalités – peu nombreuses – issues de l’élite traditionnelle, ralliées à la Résistance, furent tolérées. Le peuple de la Résistance, essentiellement composé de communistes et de citoyens anonymes, subit une propagande destructrice. La clandestinité avait entraîné de nombreux problèmes, tels ceux, par exemple, du ravitaillement et de l’équipement des maquis. Ils étaient parfois contraints de pratiquer des réquisitions sur l’habitant, source de mécontentement de certaines populations. Les dénonciations n’étaient pas rares ; les trahisons de quelques- uns menaçaient des réseaux entiers.

La torture, les déportations et les exécutions sommaires frappaient les résistants faits prisonniers, particulièrement les communistes jugés « irrécupérables ». Selon l’historien peu contesté H. Michel, la Résistance française eut au moins 20.000 fusillés et sur ses 115.000 déportés, 40.000 seulement revinrent. Cette violence subie provoquait une violence en retour contre les collaborateurs avérés mais aussi contre de simples suspects.

La justice expéditive et sommaire à l’encontre des amis de l’ennemi n’excluait évidemment pas les erreurs et les injustices. Dès lors que l’ordre traditionnel a été rétabli et que la Résistance ne fut plus qu’un souvenir, assimilé au désordre et à une révolution avortée, des opérations visant à son discrédit se sont multipliées. L’une des voies empruntées est celle du judiciaire, les tribunaux étant chargés, totalement éloignés du contexte de guerre, de juger de la légalité des actes d’une Résistance condamnée à l’illégalité par des occupants et leurs collaborateurs locaux.

 

« Ceux qui étaient jusque-là considérés comme des héros locaux
furent l’objet de poursuites judiciaires »

 

En France, par exemple, quelques années seulement après la victoire des Alliés, la justice pénale s’est saisie d’un certain nombre d’affaires mettant en cause quelques résistants dans le but de discréditer toute la Résistance, dont la mémoire était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli, alors qu’il était jugé nécessaire de renoncer à l’indépendance nationale vis- à-vis des États-Unis et de faire endurer l’Histoire à la population comme une fatalité excluant tout volontarisme politique. La guerre froide, comme dans d’autres pays de l’Europe occidentale – surtout après 1947 – a conduit à multiplier les procès d’anciens résistants pour des faits de guerre.

Ceux qui étaient jusque-là considérés comme des héros locaux en raison de leur engagement durant la Seconde Guerre mondiale furent l’objet de poursuites judiciaires pour des affaires liées à la vie difficile des maquis : réquisitions, exécution sommaire de dénonciateurs ou de suspects de trahison. Dans tous les maquis, les deux questions majeures étaient en effet la sécurité et le ravitaillement. La seule façon de limiter les dénonciations potentielles était de faire exemple en éliminant les suspects.

Ces procès s’inscrivaient dans la continuité de la répression « Vichyste » : c’était la même police qui arrêtait, les juges qui poursuivaient les anciens résistants étaient les mêmes, qui lors de la Libération, avaient échappé à l’épuration, c’est-à-dire la quasi-totalité du corps de la police et de la magistrature et qui fonctionnaient dans le même esprit après la guerre comme durant son déroulement…

Lire la suite

Extrait du livre “Faut-il détester la Russie ?” (Chapitre : Le Procès de la résistance)

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>