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Le blog de Lucien PONS

Le génocide de la nation grecque a commencé par Paul Craig Roberts.

31 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #l'horreur économique, #Grèce, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme

Le génocide de la nation grecque a commencé
par Paul Craig Roberts

vendredi 31 août 2018, par Comité Valmy

Le génocide de la nation grecque a commencé

La dissimulation politique et médiatique du génocide de la nation grecque a débuté hier (20 août), avec les déclarations politiques de l’Union européenne et autres annonçant la fin de la crise grecque. Cela veut dire que la Grèce est finie, morte. Ayant été exploitée jusqu’à l’os, sa carcasse est jetée aux chiens.

 

Trois cent cinquante mille Grecs, principalement des jeunes et des spécialistes, ont fui la Grèce morte. Le taux de natalité est de très loin inférieur à ce qui est nécessaire pour maintenir la population restante. L’austérité imposée aux Grecs par l’UE, le FMI et leur gouvernement, a fait fondre de 25% l’économie. Le déclin est l’équivalent à celui de la Grande Dépression aux États-Unis, mais les effets sont pires en Grèce. Le président Franklin D. Roosevelt avait atténué l’impact du chômage massif avec la loi sur la sécurité sociale et d’autres éléments de dispositif de protection, comme l’assurance-dépôts et des programmes de travaux publics, tandis que le gouvernement grec, se conformant aux ordres du FMI et de l’UE, a aggravé le choc du chômage de masse en supprimant le filet de la sécurité sociale.

 

Traditionnellement, quand un pays souverain se trouve dans l’impossibilité de rembourser ses dettes, que ce soit à cause de corruption, mauvaise gestion, malchance ou événements imprévus, les créanciers du pays réduisent le service de la dette au niveau pouvant être remboursé.

 

Pour la Grèce, le jeu a été changé. La Banque centrale européenne, dirigée par Jean-Claude Trichet, et le Fonds monétaire international, ont statué que la Grèce devait payer l’intégralité des intérêts et du principal de ses obligations d’État détenues par des banques allemandes, néerlandaises, françaises et italiennes.

 

Comment cela a-t-il été réalisé ?

Ces deux organismes ont considérablement aggravé la crise de deux façons, et ils laissent aujourd’hui la Grèce dans une situation bien pire qu’au début de la crise, il y a près de dix ans.

 

Au début de la « crise », qui aurait pu être facilement résolue en réduisant une partie de la dette, celle-ci représentait 129% du produit intérieur brut grec. Aujourd’hui, la dette grecque représente 180% du PIB.

 

Pourquoi ?

Afin de payer les intérêts à ses créanciers, pour qu’ils ne perdent pas un centime, un supplément d’argent a été prêté à la Grèce. Le prêt additionnel, qualifié de « renflouement » par la pressetituée financière, ne visait pas à remettre à flot la Grèce. Il s’agissait d’un plan permettant de rembourser les créanciers.

 

Le régime Obama a favorisé ce plan car, comptant sur lui, les banques étasuniennes avaient vendu des couvertures de défaillance sur la dette grecque. Sans ce « renflouement, » les banques étasuniennes auraient perdu leur pari et payé une assurance [inutile] contre la défaillance des obligations grecques.

 

En outre, la Grèce a été tenue de vendre son patrimoine public à des étrangers et de réduire le filet de sécurité sociale. Elle a dû, par exemple, diminuer les retraites en dessous du revenu vital, et réduire radicalement les soins médicaux, de sorte que les gens meurent avant de pouvoir se faire soigner.

 

Si ma mémoire est bonne, la Chine a acheté des ports grecs. L’Allemagne a acheté l’aéroport. Diverses entités allemandes et européennes ont acheté les compagnies municipales de distribution d’eau. Les spéculateurs immobiliers ont acheté des îles protégées pour y développer l’immobilier.

 

Ce pillage du patrimoine public grec ne visait pas à réduire la dette de la Grèce, il allait avec le paiement des intérêts des nouveaux prêts.

 

Plus grande que jamais, la dette grecque est toujours là. L’économie est plus insignifiante que jamais, tout comme la population grecque à qui la dette est attribuée.

 

La déclaration de fin de la crise grecque n’a fait qu’annoncer aux banques étrangères qu’il n’y a plus rien d’intéressant à tirer des Grecs. La Grèce coule rapidement. Tous les revenus associés aux ports maritimes, à l’aéroport, aux services municipaux et au reste des biens publics qui ont été privatisés de force, vont désormais dans la poche d’étrangers. Ils sortent l’argent du pays et font ainsi couler toujours plus l’économie grecque.

 

Les Grecs ne se sont pas seulement fait voler leur avenir économique. Ils ont aussi perdu leur souveraineté. La Grèce n’est plus une nation souveraine. Elle est dirigée par l’UE et le FMI. Dans mon livre de 2013, The Failure of Laissez Faire Capitalism, dans la partie III, « La fin de la souveraineté, » j’ai clairement décrit la manière dont cela se ferait.

 

Les Grecs ont été trahis par le gouvernement Tsipras. Ils avaient la possibilité de se révolter et d’utiliser la violence pour renverser le gouvernement qui les vendait à des banquiers internationaux. Au lieu de cela, les Grecs ont accepté leur propre destruction et n’ont rien fait. Au fond, la population grecque s’est suicidée.

 

La crise financière mondiale de 2008 n’est pas terminée. Elle a été balayée sous le tapis par la création massive d’argent des banques centrales étasunienne, européennes, britannique et japonaise. Cette création de monnaie a largement distancé la croissance de la production réelle et majoré la valeur des actifs financiers au-delà de ce qui peut être soutenu par la réalité du terrain économique.

 

Il reste encore à voir comment va évoluer cette crise. Elle a la capacité d’entraîner la destruction de la civilisation occidentale. Les pays vont-ils se dévorer entre eux ? Après la Grèce, est-ce que ce sera le tour de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, de la France, de la Belgique, de l’Australie et du Canada, jusqu’à ce qu’il n’en reste aucun ?

 

Le monde occidental entier vit dans les mensonges fomentés par de puissants groupes d’intérêt économique pour servir leurs intérêts. Les médias indépendants n’existent pas, sauf sur Internet, et ils sont diabolisés et leur accès est dit indigne de confiance. Les gens qui vivent dans un monde d’informations contrôlées n’ont aucune idée de ce qui se passe en ce qui les concerne. Ils ne peuvent donc pas agir en fonction de leurs propres intérêts.

 

Paul Craig Roberts
21 août 2018

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a tenu de nombreux postes universitaires, a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur de Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a écrit aussi de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français.

Traduction Petrus Lombard

Source : Réseau International

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Déclassification de documents secrets: Clinton et les globalistes lancent l'opération de discrédit de Vladimir Poutine. Par karine Bechet Golovko

31 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La mondialisation

vendredi 31 août 2018

Déclassification de documents secrets: Clinton et les globalistes lancent l'opération de discrédit de Vladimir Poutine
 
 
 
Aujourd'hui, la Clinton Digital Library vient de déclassifier plus de 500 pages de mémos et de conversations téléphoniques de la période Eltsine. Et toute la presse orientée vers la Russie se focalise sur un aspect précis: quand Eltsine a téléphoné à Clinton pour lui présenter la candidature de Poutine. Sorti de son contexte, c'est comme si Poutine était un homme de Clinton. Vue l'ambiance actuelle, si l'on voulait attaquer directement l'image du Président russe, l'on ne s'y prendrait pas mieux. Et ce qui suit est à compléter avec le texte d'hier qui prend alors toute sa mesure.
 

 
Ce n'est pas la Maison-Banche et Trump, mais bien le clan globaliste de Clinton qui vient de déclassifier tout un paquet de documents concernant les relations russo-américaines, à l'époque où il était normal pour tout le monde que les Etats-Unis déterminent le cours de la politique russe. 
 
Vous les trouverez ici, sur le site de la Clinton Digital Library.
 
Au-delà de ces plus de 500 pages, la presse a, évidemment par hasard, retenu un passage de quelques lignes:
 
 
Autrement dit, Eltsine présenterait à Clinton, dans sa conversation téléphonique du 8 septembre 1999, son successeur, Vladimir Poutine, un homme fort mais sociable, qui connaît bien l'Occident, qui continuera la politique mise en place par Eltsine, qui renforcera la démocratie russe comme le veulent les Etats-Unis, un homme, Vladimir Poutine, avec lequel Clinton et les Etats-Unis pourront faire affaires sans problème.
 
Bref, Poutine serait une marionnette qui en fait servirait les intérêts occidentaux. Ce morceau sorti de son contexte laisse à penser cela, ce qui est tiré dans la presse à direction de la population russe. Le message est clair: malgré les apparences, Poutine est notre homme et maintenant que l'on a déclassifié les documents pour vous l'apprendre vous allez le regarder autrement. Vous ne le soutiendrez plus. Ce que les sanctions ont échoué à faire, ces publications orientées sont censées le réussir.
 
Pour cela, le morceau a été sorti de son contexte. Les deux présidents, russe et américain, discutent des problèmes de terrorisme dans le Caucase, le cas du Pakistan, et Clinton va bientôt rencontrer Poutine sur ces questions. Eltsine ne demande pas l'autorisation à Clinton d'en faire son successeur, il lui parle d'un successeur qu'il a choisi. La situation est totalement différente de ce qui est présenté (voir page 556).
 
On peut donc en déduire qu'il s'agit bien d'une mise en scène ou d'une opération de communication politique. Le but est simple: continuer à faire baisser le rating du Président, déjà atteint par les réformes impopulaires et globalistes introduites ces derniers temps par le clan russe néolibéral. De cette manière le clan Clinton, qui idéologiquement les soutient, renforce leur action par un coup extérieur.
 
Le système politique russe, comme nous l'avons écrit hier, est extrêmement personnifié. L'opération lancée est très simple: après avoir isolé le pivot du système en laissant s'implanter les néolibéraux, qui O grand jamais n'ont critiqué Vladimir Poutine, il faut le décrédibiliser. Vous voyez, il mène la même politique qu'eux, vous voyez il les défend. Dernier coup: maintenant vous comprenez, c'est parce qu'il était de toujours avec eux.
 
La ficelle est grosse, mais le rating est objectivement en baisse. Un choix idéologique s'impose. Il ne s'agit pas de restaurer l'Union soviétique, il s'agit de défendre un libéralisme à visage social, ce qui avait fait la popularité du Président russe. Il s'agit de mettre un terme à la politique néolibérale (antiétatique), et non libérale, qui affaiblit l'Etat. Le combat aujourd'hui n'est pas entre les Etats-Unis et la Russie, il est entre les globalistes et les étatistes à l'intérieur des Etats.
 
 
 
 
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Couples homosexuels, congé maternité et autres considérations vues de Moscou. Par Hélène Richard-Favre

31 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie

30/08/2018

Couples homosexuels, congé maternité et autres considérations vues de Moscou

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A Moscou, dont je reviens, j’ai eu une ou deux fois l’occasion de songer aux défenseurs de toutes sortes de droits. Par exemple, j’ai vu des couples homosexuels déambuler main dans la main dans la rue sans paraître inquiétés, voire traqués.

Mieux, non loin, des miliciens étaient en poste et n’ont pas réagi. Mais où est donc cette Russie homophobe contre laquelle manifestait la Maire de Genève

Et sinon, dans la grande librairie où j’ai discuté de l’organisation de la prochaine présentation de mon dernier livre paru à Moscou, j’ai incidemment appris que la durée d’un congé maternité était de deux ans, voire même trois ans, qu’il était payé, accordé à la mère, au père ou à tout autre membre de la famille de l’enfant.

A préciser que non, la personne qui reste deux ou trois ans en congé ne perd pas son emploi.

Pour le reste, eh bien depuis 14 ans que je me rends à Moscou et à Saint-Pétersbourg, entre autre pour les présentations de mes livres, j’observe à quelle rapidité ces deux villes se transforment.

La mondialisation y opère à sa manière.

Cela dit, j’ai entendu de nombreuses fois dire combien les Russes avaient eu de plaisir à accueillir autant de citoyens venus de tous les coins de la Terre pour assister à la Coupe du monde de football. Ainsi auront-ils pu se faire une idée de notre pays, m’ont confié plusieurs personnes de milieux et d’âges très divers.

La Russie n’est sans doute pas le paradis, pas plus ni moins que n’importe quel autre pays. Mais elle n’est pas l’enfer que l’on fait d’elle.

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Baby-loup, le retour ? (suite) La France ne peut totalement ignorer les « constatations » du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU

31 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #La laïcité

Baby-loup, le retour ? (suite) La France ne peut totalement ignorer les « constatations » du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU
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Suite de l’article « Baby-Loup, le retour ? Non, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU ne peut pas « condamner la France » ! »

S’il n’existe pas de sanctions à disposition du Comité, il reste que les Etats signataires du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ont contracté des obligations auxquelles ils ne peuvent se dérober, sauf à dénoncer le traité –ce qui serait politiquement insoutenable. Les seules réserves qu’a émises la France lors de sa signature concernent l’art. 27 (droits des « minorités », contraire à l’universalisme républicain) : elle n’a pas vu que l’art 26 (interdiction des discriminations) relevait de la même approche différentialiste.

L’art. 2.3 du Pacte engage les Etats signataires aux trois garanties a, b, et c ci-dessous :

a) Garantir que toute personne dont les droits et libertés reconnus dans le présent Pacte auront été violés disposera d’un recours utile, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles ;

– Que faut-il entendre par « recours utile », puisque les « auteurs » (1)Puisque le Comité n’est pas une juridiction, il ne peut reconnaître des « plaignants », mais seulement des « auteurs » des « communications » alléguant de violations du Pacte à leur encontre (Protocole facultatif, art. 2). des communications au Comité doivent avoir préalablement épuisé les voies de recours interne, et qu’il n’en reste donc plus ? Les « constatations » du Comité du 10 août 2018 nous éclairent –et l’on voit qu’il ne s’agit plus de constatations, mais de véritables injonctions :

« l’Etat partie est tenu, entre autres : d’indemniser l’auteure de manière adéquate et de prendre des mesures de satisfaction appropriées, incluant une compensation pour la perte d’emploi sans indemnités et le remboursement de tout coût légal, ainsi que de toute perte non pécuniaire encourue par l’auteure en raison des faits de l’espèce. »

Il ne s’agit donc plus de garantir un « recours », mais d’offrir une « compensation », ce qui est très différent –et étranger au texte du Pacte. Champagne pour « l’auteure », et aux frais du contribuable ! On rappellera simplement que l’Etat ne peut décaisser un seul Euro, sous peine d’illégalité, pour contrevenir à une décision de justice passée en force de « chose jugée »…

– Mais le Comité (pourquoi se priver ?) n’hésite pas à formuler une seconde injonction à la France :

« L’Etat partie est également tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir des violations similaires à l’avenir ».

Faudra-t-il donc décider que le règlement intérieur d’une association laïque ne s’applique pas aux « femmes musulmanes », qui auraient aussi le droit de ne pas obéir à leur responsable hiérarchique et de provoquer une altercation sur le lieu de travail (car tel sont les motifs du licenciement de Mme Afif) ? Idée difficilement applicable sans violer le principe d’égalité, mais démonstration par l’absurde de la dangerosité du concept de « discrimination », qui sert de cheval de Troie à la lutte contre l’égalité.

Plus sérieusement, la France, partie à l’Union Européenne et à la Convention européenne des droits de l’Homme, reconnaît l’autorité des juridictions correspondantes (CJUE et CEDH), aux décisions desquelles elle se soumet. La constatation éventuelle par ces juges de violations des droits ne manque jamais d’être suivie de mesures nécessaires pour éviter leur reproduction.

b) Garantir que l’autorité compétente, judiciaire, administrative ou législative, ou toute autre autorité compétente selon la législation de l’Etat, statuera sur les droits de la personne qui forme le recours et développer les possibilités de recours juridictionnel ;

En l’espèce, il n’existe pas d’autre « autorité compétente selon la législation de l’Etat » que la Cour de cassation (2)L’existence de questions préjudicielles à la CJUE, ou de questions prioritaires de constitutionnalité au Conseil constitutionnel ne doit pas faire illusion : après la réponse de l’organe consulté, la Haute Juridiction qui l’a interrogée se prononce bien elle-même en dernier ressort. ! Les signataires de ce Pacte étaient-ils bien conscients que la disposition ci-dessus pouvait les engager à instaurer une forme de « sur-cassation » (3)On rappellera que c’est le juge d’appel qui est saisi en dernier de l’affaire au fond. La cassation ne peut porter que sur les éléments de forme (le juge d’appel a-t-il correctement qualifié les faits, appliqué la loi, etc.) , après décision définitive d’une juridiction suprême ? Cela paraît douteux. Toujours est-il que la France, pour sa part, n’en a rien fait.

Néanmoins, comme rappelé ci-dessus, la France a agi pour « développer les possibilités de recours juridictionnel » en adhérant en 1952 à la Cour de Justice (aujourd’hui : de l’Union Européenne), en 1974 à la Convention européenne des droits de l’Homme : désormais, la CJUE et la CEDH peuvent être saisies (et l’ont été à maintes reprises) par des citoyens qui recourent contre des décisions de la justice française. Ce point mériterait d’autant plus d’être souligné en réponse au Comité que les décisions de ces deux juridictions (4)La CJUE a admis la discrimination indirectes du fait de l’interdiction du port de signes religieux par un règlement intérieur d’entreprise, à condition qu’elle soit « objectivement » justifiée par « la poursuite par l’employeur, dans ses relations avec ses clients, d’une politique de neutralité politique, philosophique ainsi que religieuse, et que les moyens de réaliser cet objectif soient appropriés et nécessaires. » (14 mars 2017, G4S Secure Solutions) vont plutôt dans le sens de la jurisprudence Baby-Loup !

c) Garantir la bonne suite donnée par les autorités compétentes à tout recours qui aura été reconnu justifié.

La notion de « bonne suite » est suffisamment vague pour que tout soit permis : ainsi le Comité exige que la France rende publique ses « constatations », et lui communique « dans un délai de 180 jours, des renseignements sur les mesures prises pour [leur] donner effet ».

Encore une fois, rien n’oblige la France à déférer aux injonctions du Comité : si elle devait néanmoins rendre publiques les « constatations » du Comité, elle devrait les assortir du rappel de la décision de la Cour de cassation et de ses motivations.

Quant aux « mesures », elles sont déjà prises, on l’a vu, du fait de l’insertion de la France dans les cadres juridiques de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe. Ces traités internationaux, qui ont force juridique supérieure à nos lois nationales, instaurent des mécanismes de protection des droits reposant sur l’intervention de véritables juridictions internationales, dont les décisions s’imposent à la France. Ces juges veillent particulièrement au respect des droits fondamentaux, parmi lesquels la liberté de religion et le principe de non-discrimination, en cause en l’espèce selon le Comité.

On peut d’ailleurs considérer qu’en renonçant à recourir devant la CEDH, Mme Afif n’a pas véritablement « épuisé les voies de recours », sinon internes, du moins juridictionnelles, à sa disposition : la recevabilité de sa « communication » paraît donc douteuse au regard de l’art. 2 du Protocole facultatif.

Note(s)   [ + ]

1.Puisque le Comité n’est pas une juridiction, il ne peut reconnaître des « plaignants », mais seulement des « auteurs » des « communications » alléguant de violations du Pacte à leur encontre (Protocole facultatif, art. 2).
2.L’existence de questions préjudicielles à la CJUE, ou de questions prioritaires de constitutionnalité au Conseil constitutionnel ne doit pas faire illusion : après la réponse de l’organe consulté, la Haute Juridiction qui l’a interrogée se prononce bien elle-même en dernier ressort.
3.On rappellera que c’est le juge d’appel qui est saisi en dernier de l’affaire au fond. La cassation ne peut porter que sur les éléments de forme (le juge d’appel a-t-il correctement qualifié les faits, appliqué la loi, etc.)
4.La CJUE a admis la discrimination indirectes du fait de l’interdiction du port de signes religieux par un règlement intérieur d’entreprise, à condition qu’elle soit « objectivement » justifiée par « la poursuite par l’employeur, dans ses relations avec ses clients, d’une politique de neutralité politique, philosophique ainsi que religieuse, et que les moyens de réaliser cet objectif soient appropriés et nécessaires. » (14 mars 2017, G4S Secure Solutions)
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   Baby-Loup, le retour ? Non, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU ne peut pas « condamner la France » !

31 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #la laïcité

(source UFAL)
        Baby-Loup, le retour ? Non, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU ne peut pas « condamner la France » !

By Charles Arambourou on Laïcité 

« L’affaire Baby-Loup » rebondirait-elle ? 4 ans après la décision définitive de la Cour de cassation déboutant la salariée de la crèche qui contestait son licenciement, le Comité des droits de l’homme de l’ONU vient de déclarer, le 10 août 2018 , que la France avait en l’espèce violé la liberté de manifester sa religion et discriminé « les femmes musulmanes » : elle devrait donc indemniser la salariée licenciée. Les amis du communautarisme (à condition qu’il soit islamiste) claironnent que « l’ONU condamne la France » (l’Obs), voire « a mis un point final » à l’affaire (la FNLP), pour se réjouir bruyamment. A tort semble-t-il. Explications.

Petit rappel des faits…

Mme Afif a été licenciée par la crèche associative Baby-Loup en décembre 2008. Contrairement à ce qui est généralement colporté, ce n’était pas pour le port d’un voile islamique, mais pour refus de respecter le règlement intérieur prescrivant la neutralité, et de déférer aux consignes de sa hiérarchie : conflit classique d’insubordination. La question essentielle était, non pas la religion de la salariée, mais la légalité du règlement intérieur se prévalant du « principe de laïcité et de neutralité ».

Après 4 ans de procédure (1), Mme Afif avait été définitivement déboutée le 25 juin 2014, par l’Assemblée Plénière de la Cour de cassation, constatant que la restriction imposée à la liberté de manifester leur religion par les salariées était suffisamment précise, justifiée par la nature des tâches accomplies (l’éducation de très jeunes enfants), et proportionnée au but recherché –ainsi que l’exigent le Code du travail français et le droit conventionnel en Europe.

La salariée et ses conseils ont alors saisi le Comité des droits de l’homme de l’ONU pour violation par la France du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Contrairement à ce qui avait été primitivement annoncé, ils se sont bien gardés de s’adresser à la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH), car ils risquaient de perdre, étant donné la « marge d’appréciation » que ce (véritable) tribunal reconnaît aux Etats.

Le Comité des droits de l’homme n’est pas une juridiction pouvant infliger des sanctions !

Avec cet organisme, on sort du domaine proprement juridictionnel et du droit positif pour entrer dans un monde plus flou, à la limite de l’idéologie.

Ce Comité –qu’il ne faut pas confondre avec le « Conseil » du même nom (que l’Arabie saoudite présida), est chargé par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, de veiller au respect par les Etats signataires du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il comprend 18 personnalités de 18 Etats différents.

Le Premier protocole facultatif de ce Pacte –signé par la France- lui donne compétence pour « recevoir et examiner des communications émanant de particuliers… prétendant être victimes d’une violation, par cet Etat partie, de l’un quelconque des droits énoncés dans le Pacte. » (art. 1er) après épuisement de toutes les voies de recours disponibles. « Examiner des communications », et non « juger des plaintes » !

Le Comité « fait part de ses constatations à l’Etat et au particulier » (art. 5). Il publie par ailleurs un rapport annuel. On est loin d’une « juridiction » qui pourrait « condamner », on le voit ! « Faire part de ses constatations » n’est pas « prononcer un jugement », encore moins une « condamnation », puisque le Comité ne peut infliger aucune sanction (sauf « épingler » l’Etat dans son rapport).

Il est vrai qu’au fil des ans, il s’est pris de plus en plus pour un tribunal… bien en vain, faute de compétences juridictionnelles. Ses « constatations » du 10 août 2018 sont une parodie de jugement.

Comme la grenouille de la fable, le Comité se prend pour une juridiction internationale suprême

Nonobstant l’attention portée par la Cour de cassation, en dernier ressort, à la rédaction de son bref arrêt, le Comité soutient que le licenciement de Mme Afif aurait violé les articles 18 et 26 du Pacte. Qu’en est-il ?

L’art. 18 proclame la « liberté de pensée, de conscience et de religion », tout en prévoyant des restrictions à la « liberté de manifester sa religion ou ses convictions », dans les mêmes termes que l’art. 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. De telles dispositions avaient permis à la CEDH (2) de reconnaître l’incompatibilité du port du foulard, signe religieux fort, avec l’éducation de jeunes enfants dans une crèche. Qu’à cela ne tienne, le Comité dit tranquillement l’inverse : la France, selon lui, « n’a pas apporté de justification suffisante qui permette de conclure que le port d’un foulard par une éducatrice de crèche porterait atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants et des parents la fréquentant ». Pan sur le bec de la Cour de cassation, et de la CEDH –excusez du peu !

L’art. 26 proclame l’égalité devant la loi, et (mais ?) interdit toute discrimination (il en énumère 12 sortes). Le Comité prétend que Mme Afif « a été licenciée sans indemnité de rupture parce qu’elle portait un foulard » -ce qui est faux, comme on l’a rappelé plus haut. Mais cela lui permet de soutenir que son licenciement n’avait pas de but légitime et n’était pas proportionné à ce but : il ne reposait pas sur « un critère raisonnable et objectif » et « [constituait] donc une discrimination inter-sectionnelle(3) (sic) basée sur le genre et la religion », puisqu’écartant de l’emploi une « femme musulmane » (4) . Ahurissant, surtout quand on sait que l’intéressée avait travaillé depuis des années dans la crèche sans voile : non seulement elle n’y avait été discriminée ni pour sa religion ni pour son genre, mais elle avait au contraire bénéficié de toutes les attentions de la crèche pour réussir à accéder aux fonctions de directrice-adjointe ! Discrimination… positive, pour reprendre un terme peu égalitaire et surtout peu universaliste !

Il s’agit bien d’une autre forme de droit, différentialiste et non égalitaire, porté par les juristes anglo-saxons, qui pollue peu à peu l’ensemble du paysage juridique international. En témoigne la confusion, sensible dans l’argumentation du Comité, entre « liberté de religion » (de croyance) et « liberté de manifester sa religion » : rappelons que la première est absolue (liberté de pensée), alors que la seconde est limitée par la loi et le respect des droits et libertés d’autrui. Il est manifeste que jamais la crèche n’a entendu contester à Mme Afif le droit de croire que Muhammad est le messager d’Allah, que celui-ci est le seul dieu, etc. Elle demandait seulement à ses salariés (tous en contact avec les enfants et leurs familles) de ne pas manifester leurs propres convictions pour respecter la liberté de conscience des usagers.

Les « constatations » du Comité des droits de l’Homme de l’ONU sont heureusement dépourvues de valeur jurisprudentielle, comme de force contraignante : les amis du communautarisme ont donc tort de se réjouir, prenant leurs désirs pour la réalité. Quelle que soit l’attitude que choisira le Gouvernement français, les réactions des médias et des organismes divers à ce non-jugement du Comité révèlent (ou confirment) les lignes de fracture sur la neutralité religieuse au travail, et le respect de la liberté de conscience des jeunes enfants.

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ONU/Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre... Bachar al-Jaafari

30 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

ONU/Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre... Bachar al-Jaafari

29 août 2018

ONU/Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre...

Bachar al-Jaafari
https://www.legrandsoir.info/onu-syrie-ce-que-vous-ne-devez-pas-entendre.html

NdT : Ce 28 août 2018, tout un chacun pouvait lire sur le site de l’ONU : « À la une, la détérioration croissante de la situation humanitaire au nord-ouest de la Syrie au menu du Conseil de sécurité ». Et ceux qui ont suivi les interventions publiques du Conseil de sécurité ont pu constater que la diffusion de l’intervention du délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, le Dr Bachar al-Jaafari, a été rapidement interrompue.

Interrogé sur l’incident par la télévision nationale syrienne, il a décrit une séance particulièrement étrange, tenue sous le titre de l’humanitaire, mais où les discussions publiques et à huis clos ont surtout porté sur le futur usage d’armes chimiques par les terroristes à Idleb et sur les menaces d’une nouvelle agression de l’Occident contre la Syrie.. Concernant l’interruption de la diffusion de son intervention, il a déclaré :

En ce mois d’Août la présidence du Conseil est britannique et, aujourd’hui, il s’est passé qu’après avoir écouté 16 intervenants, le Directeur de l’OCHA [Bureau de la coordination des affaires humanitaires] et les délégués des 15 pays membres du Conseil de sécurité, la présidente britannique a décidé de limiter mon temps de parole à 5 minutes ; ce que j’ai refusé [...] Mais le problème est qu’elle s’était préalablement entendue avec la Secrétaire générale adjointe à la communication au Département de l’information de l’ONU, Mme Alison Smale également britannique, pour que l’enregistrement diffusé de mon intervention soit coupé. Je suis d’ailleurs le seul dans ce cas et, comme vous l’avez constaté, la diffusion a été interrompue 2 minutes environ après ma prise de parole.

De toute façon, nous avons porté plainte auprès de la Secrétaire générale adjointe et j’ai adressé, il y a quelques minutes, une lettre officielle à la présidente du Conseil en personne, lui demandant d’intégrer le texte complet de mon intervention au compte-rendu officiel destiné aux instances de l’ONU, afin que tous les États membres soient mis au courant de ce que nous avions l’intention de dire...

Pour mémoire, voici le texte intégral de cette intervention que vous ne deviez pas entendre.... [NdT]

* * *

Merci Madame la Présidente.

Merci aussi pour avoir mentionné les deux lettres que j’ai adressées aux bons soins de la présidence et des membres du Conseil de sécurité à propos du « chimique » et du grand danger qui nous guette au cas il serait utilisé une nouvelle fois à Idleb.

Vous m’avez posé quelques questions, Madame la Présidente, et j’ose espérer que vous aurez le cœur assez grand pour supporter ce que j’ai à dire pendant quelques minutes, maintenant que je vous ai tous écoutés pendant plus d’une heure et demie. En effet, nombre de points importants méritent quelques éclaircissements, mais avant de lire mon communiqué je voudrais signaler ce qui suit :

·                                 Premièrement : Au cours de la période correspondant au rapport de l’OCHA de ce jour, le ministère des Affaires étrangères a consenti à 2700 demandes du Programme Alimentaire Mondial [PAM] concernant l’acheminement des aides aux régions libérées et ailleurs : 2700 demandes !

·                                 Deuxièmement : Ce mois-ci, nous avons distribué aux représentants des États membres du Conseil de sécurité des explications détaillant le sens et les objectifs de la Loi n°10 [loi prévoyant la création d’entités administratives locales en charge des efforts de reconstruction, votée début avril 2018 et interprétée, entre autre, comme une tentative d’expropriation des déplacés syriens par le gouvernement syrien... NdT], lesquelles explications invalident toutes les allégations et informations biaisées présentées de temps à autre par certains quant aux prétendus objectifs de cette loi et, par conséquent, devraient clore la polémique sur le sujet..

·                                 Troisièmement : Le Croissant rouge syrien coopère quotidiennement et continuellement avec les partenaires locaux et internationaux à l’acheminement des aides humanitaires et de dizaines de convois aux régions où des civils en ont besoin.

Mais notre problème avec l’OCHA est le suivant : M. Ging a déclaré que seules quatre convois ont été autorisés. Ce qui n’est pas vrai.

Notre problème avec l’OCHA est qu’il ne compte que les convois auxquels il participe. Autrement dit, les convois du PAM [Programme Alimentaire Mondial] , du HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés] ou de la Croix-Rouge, ne sont pas reconnus par l’OCHA. Les centaines de convois et les milliers de tonnes d’aides humanitaires rendues dans les régions où les civils en ont besoin ne sont pas pris en compte par l’OCHA. Par conséquent, pour l’OCHA, seuls quatre convois ont été autorisés ce mois-ci. Ce n’est pas vrai et c’est trompeur pour les représentants des États membres de ce Conseil.

Ceci étant dit, j’entame la lecture de mon communiqué :

Madame la Présidente,

C’est à maintes reprises que nous avons mis en garde contre la présence, dans cette salle, d’un énorme et féroce éléphant menaçant les fondements de notre travail collectif et piétinant nombre de vérités, afin de camoufler les violations par certains États membres permanents des dispositions de la Charte [des Nations Unies] et des principes du Droit international.

Aujourd’hui, l’obstination dans l’erreur semble toujours de mise dans les politiques et les pratiques des gouvernements occidentaux à l’égard de mon pays. Au lieu de reconnaître leur culpabilité et d’assumer leur responsabilité politique et juridique pour avoir lancé une guerre terroriste contre la Syrie, son État et son peuple, et au lieu de rectifier les politiques catastrophiques menées contre notre région en général et contre mon pays en particulier, ils persistent dans leur agression et, par le biais de leurs bannières noires, de leurs casques blancs et de leurs lignes rouges, ils préparent de nouvelles mises en scènes sanglantes utilisant des armes chimiques dans le nord-ouest de la Syrie. Ceci, dans le but d’entraver l’opération politique en cours, de justifier l’agression de mon pays ainsi que l’occupation de certaines de ses régions, et d’insuffler une nouvelle énergie aux reliquats du terrorisme encore présent dans ces régions.

Le gouvernement de mon pays condamne le communiqué publié il y a quelques jours par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, et réfute le fond et la forme de son contenu.. La Syrie a affirmé à plusieurs reprises qu’elle considère que l’usage des armes chimiques est immoral, qu’elle le condamne en tout lieu, en toutes circonstances et contre qui que ce soit.

Aujourd’hui, la Syrie réaffirme qu’elle ne possède aucune arme chimique et qu’elle a respecté tous les engagements pris avec l’OIAC [Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques], laquelle en a informé l’ensemble des organisations internationales concernées, dont votre respecté Conseil. Il est donc inutile que je vous répète à chaque réunion que le stock de produits chimiques syriens a été détruit à bord du navire américain Cape Ray en mer Méditerranée, tandis que le stock d’Israël en armes nucléaires, chimiques et biologiques attend toujours la bénédiction de ce Conseil pour s’en débarrasser.

Madame la Présidente,

Je mets entre vos mains des informations documentées sur les préparatifs de l’organisation terroriste le Front al-Nosra, et de groupes affiliés, en vue de l’utilisation d’armes chimiques contre des civils du gouvernorat d’Idleb, dans le but d’incriminer l’Armée arabe syrienne et de justifier n’importe quelle éventuelle agression militaire menée par les gouvernements des pays employeurs de ces organisations terroristes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de l’attaque américaine sur l’aéroport d’Al-Chaayrate le 7 avril 2017, et lors de l’agression tripartite américano-franco-britannique le14 avril 2018.

Dans le cadre des préparatifs de ce crime, face auquel nous demandons fermement aux gouvernements ayant de l’influence sur ces groupes terroristes de dissuader leurs agents de le mettre à exécution, huit conteneurs de chlore ont été transportés au village de Helouz à Idleb, en prévision du scénario destiné à la mise en scène d’une nouvelle attaque chimique. Une attaque jouée par les terroristes du « Parti islamique du Turkestan » et du Front al-Nosra -terroristes que les rédacteurs des rapports onusiens se plaisent à qualifier d’« opposition armée non étatique »-, lesquels utiliseront des produits chimiques toxiques contre des civils syriens, dont des dizaines d’enfants, kidnappés depuis quelques jours dans les campagnes d’Alep et d’Idleb, afin d’accuser le gouvernement syrien et de poursuivre la brutale agression contre la Syrie.

Toute agression contre mon pays, si elle avait lieu, serait une agression contre un pays membre fondateur des Nations Unies, une agression contre la paix et la sécurité régionales et internationales, un soutien au terrorisme et une atteinte aux efforts que nous avons consentis avec nos alliés pour le combattre ; en sachant que la roue tourne et que tôt ou tard l’agresseur finira pas payer ses forfaits.

Je me contenterai de ce peu, Madame la Présidente, en réponse à votre exigence de limiter mon temps de parole bien que cette réunion soit importante, concerne mon pays, et que tous se sont amplement exprimés.

Merci.

Dr Bachar al-Jaafari

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

Sources : Vidéos Al-Ikhbariya / Mission syrienne à l’ONU

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/470160786815910/

https://www.youtube.com/watch?v=niroDO85jVc

 

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ONU /Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre... Par Marie-Ange Patrizio

30 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

ONU /Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre... Par Marie-Ange Patrizio
ONU /Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre...

 

Ce 28 août 2018, tout un chacun pouvait lire sur le site de l’ONU : « À la une, la détérioration croissante de la situation humanitaire au nord-ouest de la Syrie au menu du Conseil de sécurité ». Et ceux qui ont suivi les interventions publiques du Conseil de sécurité ont pu constater que la diffusion de l’intervention du délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, le Dr Bachar al-Jaafari, a été rapidement interrompue

 

Interrogé sur l’incident par la télévision nationale syrienne, il a décrit une séance particulièrement étrange, tenue sous le titre de l’humanitaire, mais où les discussions publiques et à huis clos ont surtout porté sur le futur usage d’armes chimiques par les terroristes à Idleb et sur les menaces d’une nouvelle agression de l’Occident contre la Syrie. Concernant l’interruption de la diffusion de son intervention, il a déclaré : 

 

En ce mois d’Août la présidence du Conseil est britannique et, aujourd’hui, il s’est passé qu’après avoir écouté 16 intervenants, le Directeur de l’OCHA [Bureau de la coordination des affaires humanitaires] et les délégués des 15 pays membres du Conseil de sécurité, la présidente britannique a décidé de limiter mon temps de parole à 5 minutes ; ce que j’ai refusé [...] Mais le problème est qu’elle s’était préalablement entendue avec la Secrétaire générale adjointe à la communication au Département de l’information de l’ONU, Mme Alison Smale également britannique, pour que l’enregistrement diffusé de mon intervention soit coupé. Je suis d’ailleurs le seul dans ce cas et, comme vous l’avez constaté, la diffusion a été interrompue 2 minutes environ après ma prise de parole. 

 

De toute façon, nous avons porté plainte auprès de la Secrétaire générale adjointe et j’ai adressé, il y a quelques minutes, une lettre officielle à la présidente du Conseil en personne, lui demandant d’intégrer le texte complet de mon intervention au compte-rendu officiel destiné aux instances de l’ONU, afin que tous les États membres soient mis au courant de ce que nous avions l’intention de dire... 



 

 

 

 

Pour mémoire, voici le texte intégral de cette intervention que vous ne deviez pas entendre… [NdT]

 

Merci Madame la Présidente.

 

Merci aussi pour avoir mentionné les deux lettres que j’ai adressées aux bons soins de la présidence et des membres du Conseil de sécurité à propos du « chimique » et du grand danger qui nous guette au cas il serait utilisé une nouvelle fois à Idleb.

 

Vous m’avez posé quelques questions, Madame la Présidente, et j’ose espérer que vous aurez le cœur assez grand pour supporter ce que j’ai à dire pendant quelques minutes, maintenant que je vous ai tous écoutés pendant plus d’une heure et demie. En effet, nombre de points importants méritent quelques éclaircissements, mais avant de lire mon communiqué je voudrais signaler ce qui suit :

Premièrement: Au cours de la période correspondant au rapport de l’OCHA de ce jour, le ministère des Affaires étrangères a consenti à 2700 demandes du Programme Alimentaire Mondial [PAM] concernant l’acheminement des aides aux régions libérées et ailleurs : 2700 demandes !

Deuxièmement: Ce mois-ci, nous avons distribué aux représentants des États membres du Conseil de sécurité des explications détaillant le sens et les objectifs de la Loi n°10 [loi prévoyant la création d’entités administratives locales en charge des efforts de reconstruction, votée début avril 2018 et interprétée, entre autre, comme une tentative d’expropriation des déplacés syriens par le gouvernement syrien… NdT], lesquelles explications invalident toutes les allégations et informations biaisées présentées de temps à autre par certains quant aux prétendus objectifs de cette loi et, par conséquent, devraient clore la polémique sur le sujet.

Troisièmement: Le Croissant rouge syrien coopère quotidiennement et continuellement avec les partenaires locaux et internationaux à l’acheminement des aides humanitaires et de dizaines de convois aux régions où des civils en ont besoin.

 

Mais notre problème avec l’OCHA est le suivant : M. Ging a déclaré que seules quatre convois ont été autorisés. Ce qui n’est pas vrai.

 

Notre problème avec l’OCHA est qu’il ne compte que les convois auxquels il participe. Autrement dit, les convois du PAM [Programme Alimentaire Mondial] , du HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés] ou de la Croix-Rouge, ne sont pas reconnus par l’OCHA. Les centaines de convois et les milliers de tonnes d’aides humanitaires rendues dans les régions où les civils en ont besoin ne sont pas pris en compte par l’OCHA. Par conséquent, pour l’OCHA, seuls quatre convois ont été autorisés ce mois-ci. Ce n’est pas vrai et c’est trompeur pour les représentants des États membres de ce Conseil.

 

Ceci étant dit, j’entame la lecture de mon communiqué :

 

Madame la Présidente,

 

C’est à maintes reprises que nous avons mis en garde contre la présence, dans cette salle, d’un énorme et féroce éléphant menaçant les fondements de notre travail collectif et piétinant nombre de vérités, afin de camoufler les violations par certains États membres permanents des dispositions de la Charte [des Nations Unies] et des principes du Droit international.

 

Aujourd’hui, l’obstination dans l’erreur semble toujours de mise dans les politiques et les pratiques des gouvernements occidentaux à l’égard de mon pays. Au lieu de reconnaître leur culpabilité et d’assumer leur responsabilité politique et juridique pour avoir lancé une guerre terroriste contre la Syrie, son État et son peuple, et au lieu de rectifier les politiques catastrophiques menées contre notre région en général et contre mon pays en particulier, ils persistent dans leur agression et, par le biais de leurs bannières noires, de leurs casques blancs et de leurs lignes rouges, ils préparent de nouvelles mises en scènes sanglantes utilisant des armes chimiques dans le nord-ouest de la Syrie. Ceci, dans le but d’entraver l’opération politique en cours, de justifier l’agression de mon pays ainsi que l’occupation de certaines de ses régions, et d’insuffler une nouvelle énergie aux reliquats du terrorisme encore présent dans ces régions.

 

Le gouvernement de mon pays condamne le communiqué publié il y a quelques jours par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, et réfute le fond et la forme de son contenu. La Syrie a affirmé à plusieurs reprises qu’elle considère que l’usage des armes chimiques est immoral, qu’elle le condamne en tout lieu, en toutes circonstances et contre qui que ce soit.

 

Aujourd’hui, la Syrie réaffirme qu’elle ne possède aucune arme chimique et qu’elle a respecté tous les engagements pris avec l’OIAC [Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques], laquelle en a informé l’ensemble des organisations internationales concernées, dont votre respecté Conseil. Il est donc inutile que je vous répète à chaque réunion que le stock de produits chimiques syriens a été détruit à bord du navire américain Cape Ray en mer Méditerranée, tandis que le stock d’Israël en armes nucléaires, chimiques et biologiques attend toujours la bénédiction de ce Conseil pour s’en débarrasser.

 

Madame la Présidente,

 

Je mets entre vos mains des informations documentées sur les préparatifs de l’organisation terroriste le Front al-Nosra, et de groupes affiliés, en vue de l’utilisation d’armes chimiques contre des civils du gouvernorat d’Idleb, dans le but d’incriminer l’Armée arabe syrienne et de justifier n’importe quelle éventuelle agression militaire menée par les gouvernements des pays employeurs de ces organisations terroristes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de l’attaque américaine sur l’aéroport d’Al-Chaayrate le 7 avril 2017, et lors de l’agression tripartite américano-franco-britannique le14 avril 2018.

 

Dans le cadre des préparatifs de ce crime, face auquel nous demandons fermement aux gouvernements ayant de l’influence sur ces groupes terroristes de dissuader leurs agents de le mettre à exécution, huit conteneurs de chlore ont été transportés au village de Helouz à Idleb, en prévision du scénario destiné à la mise en scène d’une nouvelle attaque chimique. Une attaque jouée par les terroristes du « Parti islamique du Turkestan » et du Front al-Nosra -terroristes que les rédacteurs des rapports onusiens se plaisent à qualifier d’« opposition armée non étatique »-, lesquels utiliseront des produits chimiques toxiques contredes civils syriens, dont des dizaines d’enfants, kidnappés depuis quelques jours dans les campagnes d’Alep et d’Idleb, afin d’accuser le gouvernement syrien et de poursuivre la brutale agression contre la Syrie.

 

Toute agression contre mon pays, si elle avait lieu, serait une agression contre un pays membre fondateur des Nations Unies, une agression contre la paix et la sécurité régionales et internationales, un soutien au terrorisme et une atteinte aux efforts que nous avons consentis avec nos alliés pour le combattre ; en sachant que la roue tourne et que tôt ou tard l’agresseur finira pas payer ses forfaits.

 

Je me contenterai de ce peu, Madame la Présidente, en réponse à votre exigence de limiter mon temps de parole bien que cette réunion soit importante, concerne mon pays, et que tous se sont amplement exprimés.

 

Merci.

 

Dr Bachar al-Jaafari

 

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

 

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

 

Sources : Vidéos Al-Ikhbariya / Mission syrienne à l’ONU

 

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Privatisations des barrages hydrauliques producteurs d'électricité

30 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #EDF, #Services publics, #Haute trahison

Le gouvernement a donc annoncé la privatisation des 150 plus grands barrages hydrauliques de France. Cela fait plus de 10 ans que la Commission européenne fait pression sur Paris pour en finir avec la gestion publique du secteur hydroélectrique, sans succès. Avec Macron, Bruxelles est rapidement satisfaite. Cette décision est pourtant lourde de conséquences, tant pour la bonne gestion du réseau électrique national et la facture du consommateur que pour la sécurité du territoire.

Le 12 mars, des salariés d’EDF hydroélectricité manifestaient devant le parlement européen à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC-FO. Ils exigent l’abandon de l’ouverture à la concurrence de la gestion des barrages, annoncée officiellement le 31 janvier 2018 par l’entourage du Premier ministre dans une lettre à la Commission européenne.

Jusqu’à présent, une très grande majorité des 2 300 barrages métropolitains étaient de fait propriété publique. EDF gère directement 85% des 433 concessions du pays (1 ou plusieurs barrages relié.s à une même centrale électrique), le reste est gérée par Engie et des structures régionales, comme la Compagnie Nationale du Rhône ou encore la Société Hydro-Electrique du Midi. Les 150 plus grands barrages (plus de 20 mètres de haut) vont être privatisés d’ici 2022. C’est l’équivalent d’une puissance électrique de 4.3 GW, soit trois réacteurs nucléaires nouvelle-génération. L’ensemble des barrages (20 GW) devraient être privatisés d’ici 2050. Les appels d’offres vont commencer à la fin de l’année 2018 et des firmes de 6 pays se sont déjà montrées intéressées.

Cela fait maintenant dix ans que la Commission européenne exige de la France qu’elle ouvre son secteur hydroélectrique selon les règles d’« une concurrence pure et parfaite ». Bruxelles en veut à EDF (géré à 83.5% par l’État) pour sa position trop «dominante» sur le marché global de l’électricité. Comme il était impossible d’exiger la privatisation des centrales nucléaires françaises (ces dernières relèvent des «activités d’importance vitale»), c’est l’hydraulique, deuxième source de production électrique du pays, qui a été ciblée par Margrethe Vestager (commissaire européenne à la concurrence). Or, au vu de la structure du réseau français, les ouvrages hydrauliques relèvent tout autant d’une « importance vitale »…

Les barrages sont un gage de résilience énergétique, et pas seulement…

Les centrales hydroélectriques sont une pièce maîtresse dans le réseau électrique national, car elles pallient très rapidement les pics de consommation. À ce titre, privatiser ces centrales, c’est défaire la cohérence d’une gestion centralisée. Mais c’est aussi une menace sur les factures, et sur la sûreté du territoire :

Les barrages fournissent 12.5% de l’électricité française (70% des énergies renouvelables). C’est l’électricité la moins chère : 20 à 30 €/MWh alors que le prix moyen, indexé sur le prix du nucléaire, oscille entre 33 et 46 €/MWh. Un opérateur privé pourrait facilement maintenir les valves du barrage fermées et attendre que le pic de consommation fasse frôler la pénurie d’électricité pour faire monter les prix. Ainsi, le prix spot devrait globalement augmenter, et donc les factures d’électricité… Sur le plan juridique, rien ne l’empêcherait.

Les barrages protègent le réseau, car ils lissent la consommation: lorsqu’il y a un pic de consommation (par exemple le matin à 8h quand tout le monde prépare son petit-déjeuner) les vannes sont ouvertes et en quelques minutes l’énergie supplémentaire est fournie. Les barrages représentent ainsi 66 % de cette « capacité de pointe », le reste étant assuré par des centrales thermiques. Dans les périodes creuses, le surplus d’énergie nucléaire est utilisé pour remplir certains barrages (les centrales STEP qui représentent 10% des ouvrages) en repompant l’eau en aval.

Pour cette même raison, ils sont essentiels dans la transition énergétique, car ils peuvent compenser l’intermittence des énergies renouvelables: quand il y a du vent ou du soleil, on pompe de l’eau vers le barrage et on ouvre les vannes dans le cas inverse : c’est un moyen de stocker de l’énergie. Si l’installation de nouveaux barrages doit être évitée pour des questions écologiques (protection des rivières naturelles et des cycles de sédiments), de nouveaux types d’ouvrages hydrauliques sont à l’étude. À Madère par exemple où l’on se rapproche des 100% d’énergie renouvelable, des mini réseaux de barrages en circuit fermé remontent l’eau quand il y a surproduction éolienne et la turbine quand il n’y a pas de vents. Ce type d’installation représente d’ailleurs de nouveaux débouchés pour l’industrie, nous y reviendrons.

L’eau est essentielle pour refroidir les centrales nucléaires. Ces dernières sont majoritairement disposées sur des cours d’eau comprenant des barrages. Or combien un prestataire privé pourrait monnayer une eau essentielle pour éviter une catastrophe, a fortiori en été quand l’eau se fait rare ? À ceux qui pensent que le bon sens est plus fort que les intérêts pécuniers quand il s’agit d’éviter un tel drame, il est intéressant de se documenter sur les pratiques de l’Américain General Electric (GE) dans notre pays. Après avoir racheté Alstom énergie, GE organise en juin 2016 une grève de la maintenance dans les centrales nucléaires françaises pour obtenir d’EDF des conditions plus avantageuses (moins de responsabilités en cas d’incidents). Résultats : plusieurs centaines d’incidents et une direction d’EDF contrainte à plier.

« Les barrages fournissent 12.5% de l’électricité française (70% des énergies renouvelables). C’est l’électricité la moins chère : 20 à 30 €/MWh alors que le prix moyen, indexé sur le prix du nucléaire, oscille entre 33 et 46 €/MWh. Un opérateur privé pourrait facilement maintenir les valves du barrage fermées et attendre que le pic de consommation fasse frôler la pénurie d’électricité pour faire monter les prix. »

Outre l’aspect énergétique, les barrages retiennent de l’eau pour les cultures, les activités de loisir ou pour abreuver les villes. Un opérateur privé va-t-il daigner relâcher de l’eau gratuitement en fonction des besoins de la vallée, comme c’était toujours le cas ? Si ce « service » est payant, d’une part l’eau n’est définitivement plus un bien commun, et de l’autre, les prix de l’eau potable vont augmenter. Beaucoup d’agriculteurs seront tentés de prélever davantage dans les nappes phréatiques, dont la plupart sont déjà mal en point.

Avec le changement climatique, les sècheresses et les pluies violentes vont se multiplier en France. Les barrages servent à tamponner ces événements en faisant des réserves pouvant durer des mois. Il n’est pas sûr qu’une entreprise privée daigne prévoir des plans de remplissage à long terme dans le simple but de limiter les dégâts d’une sècheresse… Comment les convaincre d’adapter également les infrastructures au futur des besoins locaux ? Le témoignage de Jean-Louis Chauz, président du Conseil économique, social et environnemental d’Occitanie, illustre bien le ressentiment qui gagne peu à peu les collectivités : « En 2035, le déficit de stockage d’eau pour la nouvelle démographie de la région et les besoins de l’agriculture, des écosystèmes, de la préservation de la biodiversité, sera de 1 milliard de m3. EDF et Engie ont provisionné les budgets nécessaires pour engager les travaux pour le stockage d’eau. À l’heure où l’Occitanie est confrontée à un problème majeur de ressources en eau dans les années à venir, à même de compromettre son développement voire sa sécurité sanitaire, il est incompréhensible et dangereux de chercher à complexifier une organisation de la gestion de l’eau…».

Alors que plusieurs barrages présentent des risques, souvent en raison de leur grand âge, les investisseurs auront-ils envie de dépenser de l’argent pour les entretenir convenablement ? Pour rappel, EDF investit 400 millions d’euros par an dans le renforcement de ses ouvrages. « Les incertitudes quant au devenir des concessions hydrauliques pourraient obérer certains investissements», a d’ailleurs prévenu le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Pas question pour EDF de financer de nouveaux équipements si c’est pour s’en faire dépouiller dans la foulée par un concurrent, en somme. Cette réaction peut sembler normale, mais quid des travaux de rénovation entre temps, dont certains sont urgents ?

Socialiser les pertes, faire turbiner les profits

L’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards € par an, dont la moitié revient aux collectivités territoriales. Ce qu’on appelle la « rente hydroélectrique », c’est-à-dire le bénéfice final, est donc d’au moins 1,25 milliard €. Globalement, le secteur est très excédentaire, y compris parce que la masse salariale n’est pas très importante : 21 000 pour tout le secteur hydraulique. Les coûts sont surtout liés à l’entretien des infrastructures. «Un GW d’hydraulique coûte 1 milliard d’euros à construire, mais tous nos barrages sont déjà amortis depuis longtemps, tout ce qui est turbiné aujourd’hui c’est du pur bénéfice, ce sera la poule aux œufs d’or pour le repreneur», explique Laurent Heredia, de la FNME-CGT.

 

L’Etat espère tirer 520 millions € de redevances par an (Cours des Comptes), soit presque 5 fois moins que l’excédent brut des concessions actuelles… Cela semble donc une très mauvaise opération financière. Alors pourquoi une telle décision ?

La France est le seul pays d’Europe auquel on ait demandé la privatisation des barrages. En Allemagne par exemple, les concessions ont été déléguées aux Landers. En Norvège, qui tire 99% de son électricité des barrages (certes non membre de l’UE) les licences hydrauliques ne sont ouvertes qu’à des opérateurs publics. La Slovénie a quant à elle constitutionnalisé «un grand service public de l’eau».

«Un GW d’hydraulique coûte 1 milliard d’euros à construire, mais tous nos barrages sont déjà amortis depuis longtemps, tout ce qui est turbiné aujourd’hui c’est du pur bénéfice, ce sera la poule aux œufs d’or pour le repreneur»
explique Laurent Heredia, de la FNME-CGT

Avant Emmanuel Macron, les gouvernements avaient cherché à gagner du temps sur la question, malgré les pressions de Bruxelles. Les ministres socialistes Delphine Batho et Ségolène Royal avaient par exemple essayé de trouver un équilibre en créant des sociétés d’économie mixte pour opérer des petits barrages : le public y conserverait une minorité de blocage de 34 % pour cadrer les éventuels repreneurs privés. En juin 2015, la Commission européenne juge que cela n’a rien à voir avec une concurrence « libre et non faussée » et met en demeure Paris « d’accélérer l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques».

La France «aurait pu classer son hydroélectricité comme service d’intérêt général échappant à la concurrence, mais n’en a rien fait», s’étonne Alexandre Grillat de la CFE-Energies. En effet, comme on l’a vu, contrôler un barrage peut avoir des répercussions jusque dans l’intégrité des centrales nucléaires…

Pour ne pas être accusé de « brader » les barrages à des étrangers, le gouvernement a laissé entendre qu’une priorité serait donnée aux repreneurs français. Total et Engie espèrent ainsi rafler la mise, mais des firmes allemandes, espagnoles, italiennes, norvégiennes, suisses, canadiennes et chinoises se sont déjà montrées intéressées. Un pas de plus sur le chemin de l’intrusion de puissances étrangères au cœur du réseau énergétique ?

Une filière sabotée qui témoigne de l’hypocrisie gouvernementale.

Toute la filière hydroélectrique, de la manufacture à l’usage, est attaquée par le gouvernement Macron. Quand Macron était ministre de l’Économie (2014-2016), il s’est arrangé pour permettre la vente d’Alstom à General Electric. GE est désormais actionnaire à 50% de la branche énergie d’Alstom qui construit différentes pièces essentielles pour les centrales nucléaires (les fameuses turbines Arabelle de Belfort), et les barrages…

Dans l’usine GE-hydro de Grenoble, un plan social de 345 postes (sur 800) laisse entrevoir un avenir incertain pour l’ensemble du site. Depuis plus d’un siècle, cette usine fabriquait et réparait sur mesure les turbines des grands barrages français avec un savoir-faire unique, mondialement reconnu. En plus d’avoir fourni 25% de la puissance hydraulique installée dans le monde (dont le barrage des Trois gorges en Chine) et avoir permis l’essor industriel des Alpes françaises, ses carnets de commandes sont pleins. Dès lors, comment comprendre cette décision ? En effet, pouvoir fournir des pièces de rechange est une activité stratégique essentielle… Et la transition écologique tant « priorisée » par Macron ne peut se faire sans l’hydraulique.

Impossible de trouver une raison rationnelle valable, y compris sur le plan strictement économique… Dès lors, ce sabotage organisé d’une activité stratégique (parmi tant d’autres) questionne sérieusement sur le bon sens du gouvernement. Le manque de transparence sur des changements aussi structurants pour la vie du pays est un déni de démocratie.

Du côté des salariés, la résistance s’organise. À l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC-FO, les hydrauliciens vont multiplier les arrêts de travail et déployer leurs banderoles sur les grands barrages d’EDF.

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Ponts écroulés et ponts bombardés. Par Manlio Dinucci, traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio.

30 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #l'Italie, #L'OTAN.

Ponts écroulés et ponts bombardés. Par Manlio Dinucci, traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio.

L’art de la guerre

 

Ponts écroulés et ponts bombardés

 

Manlio Dinucci

 

“L’image est vraiment apocalyptique, on dirait qu’une bombe est tombée sur cette très importante artère” : voilà comment un journaliste a décrit le pont Morandi qui venait de s’écrouler à Gênes, en brisant la vie de dizaines de personnes.

  Mots qui ramènent à l’esprit d’autres images, celles des environ 40 ponts serbes détruits par les bombardements Otan en 1999, parmi lesquels le pont sur la Morava méridionale où deux missiles frappèrent un train en faisant un massacre chez les passagers. Pendant 78 jours, décollant surtout des bases italiennes fournies par le gouvernement D’Alema, 1100 avions effectuèrent 38 mille sorties, larguant 23 mille bombes et missiles. Détruisant systématiquement les structures et infrastructures de la Serbie, et provoquant des milliers de victimes chez les civils.. Aux bombardements participèrent 54 avions italiens, qui effectuèrent 1378 sorties, en attaquant les objectifs désignés par le commandement étasunien. “Pour le nombre d’avions nous n’avons été seconds que derrière les USA. L’Italie est un grand pays et on ne doit pas s’étonner de l’engagement montré dans cette guerre”, déclara D’Alema.


  Dans l’année même où il participait à la démolition finale de l’État yougoslave, le gouvernement D’Alema démolissait la propriété publique de la Società Autostrade (gestionnaire aussi du pont Morandi), en en cédant une partie à un groupe d’actionnaires privés et en cotant le reste en Bourse. Le pont Morandi s’est écroulé fondamentalement par la responsabilité d’un système centré sur le profit, le même qui est à la base des puissants intérêts représentés par l’Otan. 

 

  Le rapprochement entre les images du pont Morandi écroulé et des ponts serbes bombardés, qui à première vue peut sembler forcé, est au contraire fondé. 

  Avant tout, la scène déchirante des victimes ensevelies par l’écroulement devrait nous faire réfléchir sur l’horrible réalité de la guerre, que les grands médias nous mettent sous les yeux comme une sorte de wargame, avec le pilote qui cible le pont et la bombe téléguidée qui le fait sauter en l’air. 

  En second lieu nous devrions nous rappeler que la Commission européenne a présenté le 28 mars un plan d’action prévoyant la potentialisation des infrastructures de l’Ue, ponts compris, mais pas pour les rendre plus sûres pour la mobilité civile mais plus aptes à la mobilité militaire (cf. “Ue, Espace Schengen pour les forces Otan”, il manifesto, 3 avril 2018). 

   En réalité, le plan a été décidé par le Pentagone et par l’Otan, qui ont demandé à l’Ue d’”améliorer les infrastructures civiles afin qu’elles soient adaptées aux exigences militaires” : de façon à pouvoir déplacer avec la plus grande rapidité des chars d’assaut, cannons autopropulsés et autres véhicules militaires lourds, d’un pays européen à l’autre pour faire face à “l’agression russe”. Par exemple : si un pont n’est pas en mesure de supporter le poids d’une colonne de chars d’assaut, il devra être renforcé ou reconstruit.


    On dira que dans ce cas le pont deviendra plus sûr aussi pour les véhicules civils. Mais la question n’est pas aussi simple.
   Ces modifications ne seront effectuées que sur les tronçons les plus importants pour la mobilité militaire et l’énorme dépense sera à la charge de chaque pays, qui devra soustraire des ressources à l’amélioration générale des infrastructures. 

  Une contribution financière Ue est prévue pour un montant de 6,5 milliards de dollars d’euros, mais -a précisé Federica Mogherini, responsable de la “politique de sécurité” de l’Ue- seulement pour “assurer que des infrastructures d’importance stratégique soient adaptées aux exigences militaires”.
  Le temps presse : pour septembre le Conseil européen devra spécifier (sur indication Otan) quelles sont les infrastructures à potentialiser pour la mobilité militaire. Y aura-t-il aussi le pont Morandi, reconstruit pour que les chars d’assaut USA/Otan puissent en sécurité transiter sur la tête des Gênois ?

 

Édition de mardi 28 septembre 2018 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/ponti-crollati-e-ponti-bombardati/ 

Traduit de l’italien par M-A P. 

 

Note de l’auteur pour les versions étrangères :

“Le pont Morandi, important viaduc autoroutier de Gênes géré par une société privée, s’est écroulé le 14 août, en provoquant plus de 40 victimes. La cause probable est un effondrement structurel, dont les signes ont cependant été ignorés pendant des années”.

 

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Aulnay-sous-Bois : une école privée musulmane pour éviter "les sorties scolaires dans les gay prides"

30 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #I, #Ecole, #Laïcité

Info Marianne

Aulnay-sous-Bois : une école privée musulmane pour éviter "les sorties scolaires dans les gay prides"

 

Aulnay-sous-Bois : une école privée musulmane pour éviter "les sorties scolaires dans les gay prides"

Pour promouvoir l'école privée qu'il compte ouvrir ce 3 septembre à Aulnay-sous-Bois, le président d'une association musulmane accuse l'Education nationale d'"apprendre la masturbation" ou de combattre "les jupes longues". De quoi faire désordre, alors que l'établissement occupe un bâtiment loué par la mairie LR...

Le nouvel établissement doit porter le nom de Philippe Grenier, premier député musulman élu en France à la fin du 19e siècle. L’Espérance musulmane de la jeunesse française (EMJF), une association confessionnelle d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, compte ouvrir en cette rentrée scolaire une école hors contrat dans la ville de banlieue parisienne. Une montée en puissance pour l’association locale, très active à Aulnay auprès des jeunes. Mais à en croire les propos tenus en ligne par le président de l’EMJF, l’ouverture de cet établissement est surtout motivée par une violente hostilité à l’école publique, accusée d’« apprendre la masturbation » aux enfants, entre autres…

Une charge contre "les laïcistes"

Dans un post publié le lundi 27 août sur son profil Facebook - qui a été supprimé peu de temps après la publication de notre article - Hassen Farsadou prend un ton très musclé pour inciter les parents musulmans à retirer leurs enfants des établissements publics. Le président de l'EMJF pourfend « les laïcistes » qui auraient « enlevé le hijab de l’école », « lancé une vendetta contre les bandanas, les jupes longues, les sorties scolaires » ou encore « mis en application les ABCD » de l’égalité, un programme de lutte contre les stéréotypes de genre mis en place par Najat Vallaud-Belkacem, mais abandonné en 2014 après de rudes polémiques.

Le président de l’EMJF conclut ainsi son post énamouré pour l’école de la République : « En 2018, les bouquins pour leur apprendre la masturbation sont prêts = vous allez continuer à leur laisser vos enfants. Mais vous attendez les sorties scolaires dans les Gay pride pour vous ressaisir ??? » Hassen Farsadou relaie ainsi une intox très propagée ces dernières années sur les réseaux sociaux, prétendant qu’un enseignement de la masturbation serait prévu en maternelle. Contacté, il n’a pas répondu à nos sollicitations.

 

Un bâtiment loué par la mairie

Cerise sur le gâteau : ce nouvel établissement occupera le bâtiment d'une ancienne école... loué par la mairie d’Aulnay-sous-Bois ! Comme le racontait Le Parisien début août, le conseil municipal a en effet voté l’octroi d’un bail de 25 ans à l’association qui, jusqu'ici, occupait les lieux gratuitement. Une décision assumée par le maire Bruno Beschizza (Les Républicains), cité par le quotidien : « Dans une grande ville comme la nôtre, on peut multiplier les écoles confessionnelles… à condition qu’elles respectent la loi. »

 

Le nombre d'écoles privées musulmanes est en nette progression en France, comme le rapportait L'Opinion cet hiver. Une école hors contrat ne touche pas de financement de l’Etat et peut mettre en place ses propres programmes pédagogiques, mais elle doit se déclarer aux services de l’Education nationale, qui peuvent effectuer des contrôles. L’EMJF a déposé sa déclaration d’ouverture d’école auprès du rectorat de Créteil cet été. « La rentrée est le 3 septembre, comme dans les écoles publiques », nous indique-t-on au standard téléphonique de l’association. Le rectorat de Créteil et la mairie d’Aulnay-sous-Bois n’avaient, eux, pas répondu à nos questions mercredi soir.

L’EMJF avait déjà laissé apparaître ses orientations très communautaristes en conviant des prédicateurs radicaux en 2015 et 2016. Comme l’avait révélé Marianne, les intervenants en question prônaient sans complexe la soumission des femmes à leurs maris et l’un d’entre eux était même suivi par les services pour ses discours pro-djihadistes. L’une de ces sympathiques conférences s’était tenue dans un gymnase municipal, gracieusement prêté par Bruno Beschizza. Visiblement, les relations sont toujours au beau fixe, même lorsqu’il s’agit de combattre les affreux « laïcistes ».

 

Lire aussi Islam : comment l'école fait-elle face à la radicalité de certains élèves ?

 

 

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