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Le blog de Lucien PONS

Praljak, le cadavre de trop du TPI pour l'ex-Yougoslavie? Par Karine Béchet Golovko

30 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #la yougoslavie

jeudi 30 novembre 2017

Praljak, le cadavre de trop du TPI pour l'ex-Yougoslavie?
 
 
 
Hier 29 novembre 2017, le général Slobodan Praljak a avalé la ciguë après avoir été confirmé coupable par les membres du TPI pour l'ex-Yougoslavie en appel. Choc de deux mondes, dont la coexistence est impossible. Celui des idées, qui peuvent conduire au sang, et celui de la bonne morale, qui cache le sang. Praljak serait-il le cadavre de trop de cet étrange tribunal où l'on meurt beaucoup?
 

 
Sans revenir sur les détails de la guerre de l'ex-Yougoslavie, disons qu'avec le recul, elle commence à beaucoup ressembler aux prémisses du démantèlement de l'espace post-soviétique que l'on voit perdurer aujourd'hui. Avec la chute de l'URSS et le maintient de la Russie dans un état de faiblesse durant toutes les années 90, tout a commencé très vite. La mort de Tito réveille les revendications ethniques et d'indépendance. En 1991, des négociations politiques sont lancées entre les serbes et les bosniaques, mais tombent dans une impasse. Le 29 février 1992, le pouvoir bosniaque organise un référendum d'indépendance, auquel ne participent pas les serbes. Il ne reste plus qu'à reconnaître les résultats. Mais le morcellement d'un pays risque toujours de provoquer des crises violentes, une manifestation est alors organisée à Sarajevo le 5 avril, où pour la dernière fois les serbes et les bosniaques ont manifesté ensemble pour la paix. Sans que l'on n'ait pu établir d'où, des tirs éclatères sur la foule. Les victimes sacrificielles permirent de justifier l'intervention occidentale dans le processus politique interne yougoslave. L'UE a reconnu dès le 6 avril les résultats du référendum et le morcellement du pays avec l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine. Le 7 avril fut le tour des Etats Unis. Ca ne vous rappelle rien? Passons. Comme prévu et manifestement attendu, la guerre a pu commencer. Par deux fois, l'OTAN a lancé une opération militaire particulièrement violente contre le pays et principalement les serbes, montrés seuls responsables du conflit par la communauté internationale. La disclocation du pays est célébrée en 1995. Dans la première partie du conflit, de 1992 à 1995, le nombre des victimes est à ce jour difficilement estimable: de 70 000 à 200 000.
 
En 1999, l'OTAN se souvient à nouveau de ce morceau de terre, et le fondement d'une nouvelle intervention dite "humanitaire" fut la cause des albanais et le nettoyage ethnique imputé aux serbes. Mais les informations sur les dégâts causés par les bombardements démocratiques lancés contre les serbes sont classés secrets-défenses aux USA et aucune information ne filtre sur la détermination des cibles civiles qui furent nombreuses, comme le montre ce rapport de l'Institut de recherche sur l'énergie et l'environnement, pointant notamment le bombardement systématique des installations industrielles civiles, ayant entraîné des dangers réels immédiats et à long terme pour la population civile, sans même parler des problèmes juridiques de bombardements de cibles civiles en violation du droit de la guerre. Pour autant, aucune action en justice internationale n'a été lancée contre les pays occidentaux responsables de ces désastres. L'impunité totale qu'ils ont alors ressentie leur a totalement délié les mains dans ce que nous voyons aujourd'hui.
 
Ces problèmes étiques et ce parti-pris politique immédiat explique peut-être ce qui ressemble de plus en plus à du fanatisme de la part du Tribunal prénal international pour l'ex-Yougoslavie. Si au départ, les deux parties au conflit, les serbes et les bosniaques furent reconnus coupables du déclenchement de la guerre, finalement sous la pression de la politique internationale et grâce à l'objectivité toujours incontestable de la presse occidentale, les serbes sont les pricipaux figurants présumés coupables de cette étrange institution quasi-judiciaire.
 
D'une manière générale, la justice pénale internationale est une justice à part, c'est la justice des vainqueurs. Elle repose bien sur un motif politique et défend une vision idéologique. C'est elle qui est censée poser la vérité officielle, construire l'histoire officielle du Bien contre le Mal. Pour que les peuples dorment en paix, il est important qu'ils soient persuadés que le Bien a gagné. Ces mécanismes fonctionnent lorsqu'il existe un réel consensus sur le mal, comme en ce qui concerne les crimes nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale. Avec cette instance, l'Occident a voulu réutiliser ce qui avait finalement bien fonctionné, oubliant qu'il en manquait ici les fondements moraux, le bien et le mal étant particulièrement imbriqués. D'une certaine manière, la puissante campagne médiatique qui accompagne ce processus de blanchiment para-judiciaire et de légitimation internationale fonctionne dans l'ensemble assez bien au regard des populations occidentales, qui n'ont pas eu accès à d'autre point de vue que le point de vue officiel dans ce conflit extrêmement complexe et ne remettent absolument pas en cause l'intervention de l'OTAN. Ce but a été atteint, un autre coupable a été trouvé.
 
Non seulement le fondement de cette "justice" a ainsi été légitimé, mais le déroulement du spectacle est présenté sous un jour particulièrement favorable. Lorsque la presse française parle des conditions de détention, elle présente la prison où sont incarcérés les détenus, principalement les dirigeants serbes, comme une prison modèle:
Il faut dire que la prison de la Cour Pénale Internationale est un peu particulière. Cette prison de haute sécurité, située dans le quartier résidentiel de Scheveningen à La Haye, la capitale des Pays-Bas, fonctionne en respectant le principe fondamental de la justice internationale: le respect des droits de l'homme. "Les détenus sont des accusés qui attendent leur jugement, et qui sont donc présumés innocents, ce qui n'est pas toujours très bien compris à l'extérieur: ils possèdent des droits qu'ils n'auront plus une fois condamnés", expliquait Marc Dubuisson, le directeur des services d'appui judiciaires de la Cour au Figaro.
Ils peuvent se faire à manger, rencontrer leurs conjoints, un modèle même de tolérance. Or, dans ce monde merveilleux, où les "présumés innoncents" sont incarcérés jusqu'à 15 ans avant d'entendre leur verdict, on meurt beaucoup et l'on ne soigne pas vraiment. L'on se souviendra de la réaction hystérique de la communauté internationale suite au décès en prison en Russie de Magnitsky, qui blanchissait les fonds pour le magnat Browder. Cette mort a donné lieu à une révision totale du système de soins. Mais dans la prison du TPI, on continue allègrement à mourir.
 
Il faut dire que l'accès au soin est très sélectif. Nombreux dirigeants serbes ont des problèmes cardiaques, sans avoir d'accès aux traitements, ni de consultations avec des spécialistes, Milocevic en est mort. Un autre, a vécu un an avec une tumeur au cerveau avant d'être renvoyé dans un hôpital en Serbie pour y mourir. C'était trop tard, il n'a pas été soigné pendant trop longtemps. En général, 6 dirigeants serbes sont morts, soit "suicidés" par pendaison notamment, soit de maladie par manque de soins, soit 'd'une arrêt du coeur". Aucune enquête n'a abouti à quoi que ce soit, aucun élément ne filtre. 2006, suicide de Milan Babic. 1998 suicide de Slavko Dokmanovic. Voir le reportage pour les russophones:
 
 
 
Nous sommes très loin de l'image bobo de la prison modèle que l'on veut nous vendre. 
 
L'attitude des juges, si l'on peut les appeler ainsi, laisse également à désirer. L'on se souviendra du procès de Mladic, qui après plusieurs infarctus se sent mal lors du prononcé de son jugement. Le juge ne lui permet pas d'avoir accès à un médecin. Lorsqu'avec ses dernière forces il déclare "Tout cela n'est qu'un tissus de mensonges, c'est un tribunal de l'OTAN", le jugement sera lu sans lui, c'est plus commode de se retrouver entre soi, entre personnes du même monde. De toute manière l'affaire était réglée, comme l'affirmait le procureur, "tout jugement autre qu'une condamnation à vie serait une honte pour la justice." Justice est faite, il peut être satisfait. Mais la question des soins n'est pas réglée et il y a un véritable problème d'image de la justice. Alors peut-on encore parler de justice?
 
La manière dont les hommes sont traités dans ce tribunal est très éloignée des standards internationaux requis en la matière. La justice est un processus qui doit suivre des règles, mais qui doit également être conforme à l'image de la justice. C'est ce que ne cesse de marteler l'Europe. Couper les micros lorsque les paroles dérangent (l'on se souviendra de Milosevic), refuser des pauses à des personnes malades (le cas notamment de Mladic), refuser les accès aux soins (ils sont trop nombreux pour être cités), sont des violations flagrantes des droits des personnes en jugement. Que ce tribunal remette de facto en cause la présomption d'innoncence est attendu dans ce type de "justice de légitimation", mais remettre en cause la nature humaine de la personne poursuivie lui confère un niveau très sophistiqué de barbarie.
 
Face à ce qu'il n'a pu considérer comme de la justice, le général croate Slobodan Paljak s'est suicidé en avalant du poison après avoir déclaré:
Praljak n'est pas un criminel. Je rejette avec mépris votre verdict
Le juge, dans un autre monde, ne semble pas faire attention à ce qu'ingurgite l'accusé, il lui demande simplement de se taire et de s'asseoir.  Sur la vidéo, c'est flagrant:
 
 
Le juge se moque éperdument de ce qu'avale démonstrativement Praljak, lui a des choses importantes à faire, il doit rendre la justice et condamner ces monstres. Puisqu'ils sont ici, devant lui, ce sont des monstres. Or cet individu le gêne, à gesticuler comme ça. Il détourne l'attention de la Justice. C'est manifeste, il est contrarié. Et lorsque l'avocate tente de faire comprendre que Praljak a avalé du poison, l'on ne voit strictement aucune empathie apparaître sur le visage du juge, juste de la contrariété. Un homme meurt devant ses yeux et lui, ça le dérange, car l'ordre du jour va en être perturbé. Un tel niveau de cynisme tend à l'inhumain.
 
L'une des avocates de Praljak, Natacha Favo Ivanovic, déclare qu'il faut absolument trouver les responsables. La question des méthodes de travail de cette juridiction doit être posée.
 
C'est le moins que l'on puisse dire, un véritable problème moral se pose. Praljak est-il le cadavre de trop de ce tribunal qui a fini par rendre la vengeance et non la justice, discréditant d'autant le système très fragile de la justice internationale?
 
 
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Mercosur/UE La filière sucrière en danger

30 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #La finance dérégulée, #l'agriculture

La filière sucrière en danger
© Cédric Faimali/GFA

 

En pleines négociations pour un accord commercial avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela), l’UE envisage d’inclure dans son offre des produits sensibles, dont le sucre, lors du prochain cycle de négociations entre le 4 et le 10 décembre. Cette déclaration inquiète fortement les syndicats européens et les industriels du sucre.

Dans un communiqué du 21 novembre, la CIBE (Confédération internationale des betteraviers européens), le CEFS (Comité européen des fabricants de sucre), l’EFFAT (Fédération européenne des syndicats de l’alimentation, de l’agriculture et du tourisme) et le Copa-Cogeca enjoignent à la Commission européenne de « rejeter toute tentative d’inclure l’offre de sucre dans le commerce au Mercosur ».

 

« Dans les secteurs du sucre et de l’éthanol, il n’existe pas de règles du jeu équitables pour les pays du Mercosur qui ont mis au point des systèmes sophistiqués de soutien interne », a déclaré Pekka Pesonen, le secrétaire général du Copa-Cogeca.

Craintes pour le secteur sucrier

Pour les syndicats européens, une plus grande ouverture du marché du sucre « nuirait gravement au secteur sucrier de l’UE et mettrait en péril un grand nombre des 140 000 agriculteurs, 30 000 employés et des centaines de communautés rurales dont les moyens de subsistance dépendent du secteur ».

 

Le Copa-Cogeca exhorte la Commission à faire preuve de « détermination et de leadership dans ces négociations ». Ils rappellent finalement aux États membres « à ne pas porter un coup supplémentaire au secteur agricole de l’UE qui est vital pour les économies de nos zones rurales ».

 

A.M.
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Sortir du  "Guantanamo social" et de  " L’archipel des goulags " des caisses de protection sociale

27 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La santé, #Services publics

Bonjour

 

Une fois la boite à bonheur assuré ouverte la félicité est à portée de main.

Vous avez aimé les ordonnances Micron, vous allez adorer la suite , les pôvres entreprises citoyennes chargées du bien-être de tous et surtout de celui des actionnaires sont dans une dictature immonde qui les prive de substantiels bénéfices, jugez-en par vous-mêmes.

 

Sortir du « Guantanamo social  » et de  » L’archipel des goulags  » des caisses de protection sociale.

Rien que cela, je n'imaginais pas qu'Ambroise Croizat ait pu à ce point opprimer des personnes bien sous tous rapports

Cordialement

Lucien Pons

Sortir du  "Guantanamo social" et de  " L’archipel des goulags " des caisses de protection sociale
Sortir du  "Guantanamo social" et de  " L’archipel des goulags " des caisses de protection sociale
 
Sortir du  » Guantanamo social  » et de  » L’archipel des goulags  » des caisses de protection sociale

On ne peut pas pérenniser ou reconstruire une  » sécurité sociale  » sur un modèle qui pouvait fonctionner sous les 30 glorieuses avec une espérance de vie de 67 ans, une croissance de 5 % et le plein emploi.

Nous avons 9 millions de pauvres ou précaires, 6 millions de chômeurs, une multiplication de faillites d’entreprises, des soignants abandonnant leurs professions ou s’expatriant, un système de Santé et d’organisation des soins en déconfiture, des retraites Madoff et ce n’est que le début.

Nous avons à APS proposé à maintes reprises un modèle à 3 piliers qui assure la Liberté de soigner et d’être soigné, une Équité entre citoyens et professionnels de toute nature sans discriminations selon les statuts, qui assure une Solidarité responsable, ceci dans un système budgétaire à l’équilibre et non à crédit à supporter par les générations futures.
Un modèle social et de Démocratie sanitaire et sociale qui respecte le Droit et les Lois et les principes de la DDHC faisant partie de notre Constitution.

On ne peut accepter un système de protection sociale qui ne respecte pas les valeurs fondamentales de notre République.

Un Préalable, ne plus « dealer: avec les geôliers, les « dealers » de la Santé et des retraites, geôles dont les syndicats paritaires et catégoriels non représentatifs ont les clés ( cf. Code du travail et règlements de l’Organisation Internationale du Travail OIT), sous tutelle d’un Etat complice pour vendre la Santé aux  » vraies fausses mutuelles » au profit de leurs actionnaires ou dirigeants et au détriment des classes moyennes du privé et des indépendants par un « hold-up » au profit des régimes spéciaux bien représentés par des syndicats mafieux et ceci au nom de la Solidarité et de la Justice Sociale, une pseudo-philanthropie de façade ou en trompe l’oeil sous des prétextes fallacieux.

Pourquoi  » Guantanamo social  » ?

Notre protection sociale est liberticide, les obligations d’affiliations à des caisses dont les statuts juridiques de mutuelles ou d’associations ont semble t’il été falsifiés et les comptes bidouillés.
Sans statut juridique et les conditions juridiques qui s’y rattachent, elles n’ont aucune légalité à agir.
Ni assurances, ni mutuelles, la dénomination de  » sécurité sociale  » au nom de la Solidarité nationale n’est pas un statut juridique.

Ne respectant ni le Droit, les Lois nationales ou internationales, ni la Constitution ou la DDHC, on peut bien qualifier ces organismes de  » Guantanamo social « . 

Il en résulte des abus de confiance, des abus de position dominante, des abus de pouvoir, des abus de faiblesse, des discriminations sociales et fiscales, des discriminations entrés catégories professionnelles selon leurs statuts et parfois même au sein d’une même profession, ce qui est le cas des médecins libéraux avec des discriminations entre secteurs d’activités, à l’origine de discrimination entre patients par des remboursements différenciés.

Ces discriminations n’ont aucune base médicale pour se justifier et conduisent à de véritables escroqueries aux cotisations sociales sans contrepartie, et ceci en particulier par le tarif d’autorité.

Il est donc difficile de parler d’un Etat de Droit ou de Justice Sociale ou de Solidarité !
Pourquoi  » Archipel des goulags  » ?

Les CPAM exercent des pressions sur les professionnels de santé, les accusant  » d’indus » sur des critères administratifs ou d’interprétations de nomenclature des actes médicaux. En l’occurrence les CPAM cherchent à se faire justice par eux mêmes avec un chantage aux soignants, méconnaissant un Droit fondamental, celui du Droit à la défense en leurs faisant signer des reconnaissances  » d’indus  » sous pression, ce que l’on pourrait qualifier d’abus de faiblesse (les infirmières libérales sont particulièrement touchées).

En refusant d’obtempérer, ces professionnels de santé sont menottés, accusés d’escroqueries, mis en garde à vue et traînés au devant des tribunaux correctionnels. Ils peuvent être condamnés à plusieurs dizaines de milliers d’euros et 2 ans de prison avec sursis. Des peines qui ne sont pas infligées à des trafiquants de drogue ou des dealers.

Ces CPAM se permettent même de prélever ces supposés  » indus » sur le compte des professionnels, sans aucun jugement exécutoire. Les CPAM privées ne connaissent toutefois aucun préjudice, n’étant que des intermédiaires d’assurance entre les assurés et les soignants.

Il existe un réel harcèlement envers les professionnels de santé aux seuls fin de réduire le  » trou » de la Sécu ! ( À l’exclusion des véritables fraudes, qui ne semble pas être la majorité).

Les CPAM exercent des pressions sur leurs patients, là encore un harcèlement et abus de faiblesse, pour faire accuser et condamner les professionnels avec parfois des arguments fallacieux.

Les CPAM ont leurs propres tribunaux ou ils sont juges et parties, les assesseurs étant rémunérés par les caisses; qu’il s’agisse des TASS ou de la Commission Nationale Paritaire.

Dans un pays de Droit, des entreprises de Droit privé, ne sont pas au dessus des lois, même si elles sont en charge d’une mission de service public. Elles se permettent de violer la loi à tous les niveaux en bafouant le Droit à la défense et par des actes qui pourraient être qualifiés de pénalement répréhensibles.

Les professionnels de santé ne sont pas responsables de la mauvaise gestion des CPAM depuis 40 ans, ils sont déjà la variable d’ajustement de leurs déficits avec les honoraires déconnectés des réalités économiques et les plus bas de l’OCDE, et ces traitements qui sont infligés aux professionnels de santé pour combler les déficits, sont bien comparables à un  » Guantanamo social » et à un « Archipel de goulags » pour des professionnels qui font jusqu’à 70h/ semaine.

Le harcèlement et les abus de faiblesse sont tels, que les professionnels n’osent même plus facturer leurs actes de nuits, ou au tarifs opposables, de peur d’être accusés d’escroqueries, alors qu’ils sont pour la grande majorité dévoués, serviables, prenant en charge de multiples actes ne figurant pas à la nomenclature des actes de sécurité sociale, mais qu’ils les font gratuitement pour leurs patients alors même qu’ils pourraient les facturer en Hors Nomenclature ou en Dépassements Exceptionnels de temps ou de lieu, ce qui est légal, et ceci par humanisme et dévouement.
Ils pourraient tout aussi bien s’en tenir à leurs strictes actes de la nomenclature sans assurer tous les petits services rendus en annexe et ceci gratuitement.  Il est par ailleurs curieux que les CPAM ne voient aucun inconvénient à ce que les professionnels de santé passent parfois 2 ou 3 fois le temps imposé administrativement gratuitement, travaillant largement à perte.

Par ailleurs il existe des liens de subordination des professionnels de santé au donneur d’ordre, les CPAM et des liens de subordination des syndicats au TASS, à la CNR ( Commission Nationale Paritaire), les assesseurs étant rémunérés par la Sécurité sociale. 

 

  • Il serait temps que nos médias si prompts à publier des faits divers sans véritable incidence fassent leur travail d’information, sur ce qui est un problème national et de Santé publique.
  • Il serait temps que toutes les professions de santé dénoncent ces dérives.
  • Il serait grand temps que les instances représentatives du personnel de Santé comme les associations de malades non subventionnées réagissent, ces derniers seront les victimes d’une crise sanitaire.
  • Il serait grand temps que les citoyens se mobilisent, ils seront les victimes d’une crise sanitaire et sociale.
  • Il serait grand temps que nos représentants politiques se penchent sur un système de prévoyance pour construire la  » sécurité sociale  » du XXI ème siècle en concertation avec les professionnels de santé et les associations de malades non subventionnés.
  • Il serait grand temps que la France redevienne un Etat de Droit, de Liberté, d’Équité et de Solidarité responsable; Alliance des Professions de Santé a proposé les grandes lignes d’une Démocratie sanitaire et sociale, et ceci depuis plus de 2 ans.
 » Un pays qui ne sait pas se réformer vraiment est voué au déclin »; nous y sommes déjà !

Dr Edward W.Metzger  pour APS

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Que s'est-il passé finalement à Lougansk? Par Karine Béchet Golovko.

27 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #La Russie, #le nazisme

lundi 27 novembre 2017

Que s'est-il passé finalement à Lougansk?
 
Léonid Pacetchnik, le nouveau visage de LNR
 
 
L'ampleur de l'opération anti-terroriste qui a été menée à Lougansk et a conduit au changement de pouvoir dans la jeune république est révélatrice de la fragilité de la situation et de la diversité des armes utilisées dans ce conflit. Médiatique, militaire, politique. Sanglante et de persuasion. Cette guerre est multiforme, à la fois traditionnelle et post-moderne. Que s'est-il passé à LNR?
 

 
Le 21 novembre, après l'annonce de la mise à pied du ministre de l'intérieur, I. Kornet, par le dirigeant de la LNR, I. Plotnitsky, des hommes en camouflage sans signe distinctifs et certains avec un bandeau blanc au bras apparaissent dans la ville, en même temps que des véhicules militaires. Pour autant, la vie continue à se dérouler (presque) normalement, les magasins sont ouverts, les gens vaquent à leurs occupations.
 
 
 
 
Les bâtiments administratifs sont principalement visés. Surtout celui de la Procuratura générale (le parquet). 
 
 
Que se passe-t-il alors? 
 
Le ministre de l'intérieur démis de ses fonctions, I. Kornet, non seulement continue à exercer ses fonctions, fort du soutien de ses hommes, mais il lance une opération anti-terroriste contre des personnalités importantes de l'entourage du dirigeant de la république, I. Plotnitsky. Celui-ci finit par lancer un mandat contre, notamment, le procureur général de la république et d'autres personnes haut placées déclarées agents d'influence de l'Ukraine.
 
La scène qui aurait pu faire tout basculer se déroule autour du bâtiment de la Procuratura (le Parquet). Sachant qu'il est sur le point de se faire arrêter, le Procureur général donne l'ordre à ses hommes de prendre les armes et de défendre le bâtiment jusqu'à la dernière munition contre ce qui est une "provocation". Finalement, les hommes ne tirent pas, apprennent qu'il s'agit, en face, de représentants du ministère de l'Intérieur, ils déposent les armes. Un bain de sang a été évité.
 
Pendant ce temps-là, l'opération coup de filet continue. Une dizaine de personne sont concernées, qui sont accusées de représenter les intérêts ukrainiens et d'avoir infiltré les plus hauts cercles du pouvoir de la république, prenant sous leur coupe le dirigeant de la république, I. Plotnitsky.
 
Le 23 novembre, I. Plotnitsky se rend à Moscou et le 24 il démissionne, pour raison "de santé". A sa place est élu par le Conseil de la république, à titre temporaire jusqu'aux élections, Léonid Pacetchnik, ancien ministre de la Sécurité nationale. Un homme fort qui a immédiatement déclaré tout faire pour ne pas permettre à une crise institutionnelle d'entraîner LNR dans le chaos. Il a également fait deux déclarations générales: à la fois, L. Pacetchnik confirme l'attachement de LNR aux accords de Minsk et, en même temps, la poursuite du cours d'indépendance par rapport à l'Ukraine choisi par la population lors du référendum de 2014.
 
L'opération ukrainienne de déstabilisation de LNR a échoué. Ce qui oblige à tirer quelques conclusions, plus générales.
 
Cette action s'inscrit dans un schéma beaucoup plus général, celui d'une guerre multiforme menée dans le Donbass, par (l'intermédiaire) de l'Ukraine. Si les attaques militaires placent ce conflit dans la perspective d'une guerre classique, les attaques de mortiers n'ont toujours pas cessées (350 en 24h le 25 novembre), l'on ne peut la résummer à cela. Une véritable opération est lancée contre les populations frontalières, pour les "rallier" à la cause, ce qui n'est pas évident.   
 
Les fausses annonces ont afflué ces derniers jours, les sites officiels des jeunes républiques piratés plusieurs fois. Certains annoçaient que DNR avait pris par la force LNR et que les cadavres jonchaient les rues. D'autres lançaient des informations erronées sur l'identité des personnes arrêtées. Le but évident: déstabiliser la population. Par ailleurs, L. Pacetchnik dément l'arrestation de Plotnitsky et remercie Zakhartchenko, le dirigeant de DNR, pour l'aide apportée.
 
Aux alentours des républiques, la résistance sourde existe réellement. Objectivement, les gens de la zone ATO estiment moins bien vivre sous Kiev. Par exemple, les habitants de Adveevka sont sortis manifester pour demander la restauration des contacts avec Donetsk, car depuis le blocus, ils n'ont plus accès aux médecins et ne peuvent plus se soigner normalement.
 
Pour éviter que la situation ne dérape, cette fois-ci dans l'autre sens, et puisque que Kiev est absolument incapable d'assumer les conséquences de sa politique suicidaire, les Etats Unis lancent un programme à la fois  pour soutenir l'agriculture dans les zones du Donbass sous contrôle de Kiev, et une opération de films de propagande "pour contrer la propagande russe". Il faut faire comprendre aux populations de l'ATO la chance qu'ils ont de ne pas être inclues dans DNR LNR.
 
Face à cela, les deux républiques indépendantistes doivent se renforcer. Pas seulement militairement, mais surtout politiquement et institutionnellement. La manière la plus simple est celle de la réunion sous une personnalité juridique unique. Cette perspective fait peur à Kiev, car unies elles seraient beaucoup plus fortes, justement politiquement, ce qui aurait un impact certain sur ces mythiques "accords de Minsk".
 
 
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Ukraine: La vérité cachée sur la fusillade de la place Maïdan

27 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

Ukraine: La vérité cachée sur la fusillade de la place Maïdan

 
« Le documentaire “Ucraina, le verità nascoste” diffusé par la chaîne italienne Canale 5 nous apprend ce que nous avions déjà compris, à savoir que la fusillade de la place Maïdan (20 février 2014) qui avait fait des victimes tant du côté des forces de l’ordre que des manifestants, était un coup monté. » Bruno Adrie | 17 NOVEMBRE 2017

Maïdan – Un officier de police attaqué par les manifestants le 18 février 2014

Les interviews de trois snipers de nationalité géorgienne, menées par le journaliste italien Gian Micalessin et diffusées dans le style de documentaire à suspens sur Canale 5 (programme Matrix) la semaine dernière, n’ont toujours pas trouvé d’écho dans les grands médias internationaux. Cela n’est guère surprenant si l’on tient compte des preuves accablantes contre les vrais auteurs et organisateurs du coup d’État de 2014 à Kiev, généralement connu sous le nom de « révolution de la dignité ».

Le documentaire présente Alexander Revazishvili, Koba Nergadze et Zalogi Kvaratskhelia, des officiers géorgiens recrutés pour effectuer une «mission spéciale» à Kiev par Mamuka Mamulashvili, proche de  Bacho Akhalaia, l’ancien ministre de la défense de Mikhaïl Saakachvili. Ils affirment que le 15 janvier 2014, ils ont atterri à Kiev équipés de faux documents et ont été transférés à Maidan. Ayant reçu 1000 USD chacun et avec promesse de recevoir 5000 USD après le « travail », ils ont été chargés de préparer des postes de snipers dans les bâtiments de l’Hôtel Ukraine et du Conservatoire, dominant la Place Maidan.

Map of the Maidan square in Kiev and surrounding buildings

Les faits qu’ils ont révélés par la suite étaient choquants. Avec d’autres tireurs d’élite (certains d’entre eux étaient des Lituaniens) ils ont été mis sous le commandement d’un agent militaire américain Brian Christopher Boyenger (sa page Facebook est ici ). L’équipe de coordination comprenait aussi Mamulashvili et tristement célèbre Segrey Pashinsky, qui a été arrêté par des manifestants le 18 février 2017 avec un fusil de sniper dans le coffre de sa voiture et a ensuite dirigé la première administration du président par intérim de l’Ukraine post-Maïdan. Les armes sont arrivées sur place le 18 février et ont été distribuées aux divers groupes géorgiens et lituaniens. « Il y avait trois ou quatre armes dans chaque sac, il y avait des canons Makarov, des fusils AKM, d’autres fusils et beaucoup de cartouches.« – témoigne Nergadze.

Le lendemain, Mamulashvili et Pashinsky ont expliqué aux tireurs d’élite qu’ils devaient tirer sur la place et semer le chaos. « Quand Mamulashvili est arrivé, je lui ai aussi posé la question. Les choses se compliquent, nous devons commencer à tirer – il a répondu que nous ne pouvons pas aller aux élections présidentielles. « Mais tirer sur qui? » Demandai-je. Il a répondu que peu importe qui et où cela n’avait pas d’importance, il fallait tirer quelque part le plus possible pour semer le chaos.

« Ce n’était pas grave si nous tirions sur un arbre, une barricade, ou ceux qui jetaient un Molotov, ce qui comptait était de semer la panique. »

» J’ai écouté les cris « , se souvient Revazishvili.  » Il y avait beaucoup de morts et de blessés en bas. Ma première et unique pensée était de partir précipitamment avant qu’ils ne me rattrapent. Sinon, ils me mettaient en pièces. «

Quatre ans plus tard, Revazishvili et ses deux compagnons rapportent qu’ils n’ont pas encore reçu les 5000 USD promis et ont décidé de dire la vérité sur ceux qui les « ont utilisés et abandonnés « .

Le documentaire complet avec sous-titres anglais est disponible ci-dessous (en deux parties):

Deux jours plus tard, une agence de presse macédonienne, Infomax, a organisé une conversation nocturne de 52 minutes avec Koba Nergadze et Zalogi Kvaratskhelia (en macédonien) dans laquelle ils ont fourni plus de détails sur leurs origines et leur mission à Kiev:

Ces trois hommes se présentent comme des officiers militaires repentis qui « obéissaient simplement aux ordres » et ne savaient pas qu’ils « devaient tuer des gens ». Une tentative naïve d’agents professionnels des escadrons de la mort, pour ne pas dire plus. En même temps, le temps et l’heure de ces confessions et révélations  sont parfaitement synchronisés avec l’agonie actuelle du régime en place à Kiev.

Dès le début, ces Géorgiens bavards affirment explicitement que l’opération a été initiée par l’ancien président de la Géorgie Mikhaïl Saakachvili. Le chef de Mamulashvili, Bacho Akhalaia, était un proche du dirigeant géorgien qui avait perdu les élections législatives en octobre 2012 à la suite du scandale des abus en prison (Human Rights Watch a consacré un rapport spécial au « Georgian Abu-Ghraib », prison de Gldani, le même mois). A l’époque où le trio de sniper géorgien a été engagé pour un sale boulot à Kiev, Akhalaia était sous le coup d’un procès pénal sous l’accusation d’abus de pouvoir pendant qu’il dirigeait la section pénitentiaire du ministère de la Justice, et également de détention illégale et de tortures (en octobre 2014, il plaide coupable devant le tribunal de Tbilissi et sera condamné à 7,5 ans de prison). Un mois plus tôt, en novembre 2013, Mikhaïl Saakachvili, confronté à de multiples accusations criminelles en Géorgie, avait quitté le pays pour les États-Unis et s’était officiellement  installé à l’Université Tufts. Lui et ses comparses, ayant subi une défaite douloureuse dans leur pays d’origine, n’initieraient pas un projet risqué et aventureux dans un pays voisin à moins qu’ils n’y aient été obligés par leurs maîtres pour rattraper l’échec de leur mission en Géorgie. .

Quoi qu’il en soit, aux premiers jours de la crise ukrainienne, le vaste réseau financé de Soros en Géorgie (Bacho Alakhaia, un brillant rejeton du célèbre clan criminel Mengrel, reçoit de l’argent de Soros au Georgia Liberty Institute depuis ses études au début des années 2000) a été activé pour mener des opérations spéciales à Kiev.

Quatre ans plus tard, la situation a radicalement changé. Une alliance démocratique de façade entre Porochenko et Saakashvili a volé en éclats. Saakachvili a de nouveau prouvé être un psychopathe incapable de construire une relation politique stable (depuis septembre 2017, l’Ukraine envisage d’extrader Saakachvili aux autorités géorgiennes pour répondre à leur demande). Pendant ce temps, le 1er novembre, l’un des assistants les plus proches de Bacho Alakhaia et Saakachvili, l’ancien chef de la police militaire au ministère de la Défense géorgien, Megis Kardava, a voulu faire face aux mêmes accusations criminelles en Géorgie, a été arrêté avec de faux passeport à la frontière ukrainienne. Le service de sécurité ukrainien a déjà annoncé qu’il serait extradé à Tbilissi dans les 40 jours. Plusieurs autres Géorgiens de l’équipe de protection personnelle de Saakachvili ont été arrêtés en Ukraine et expulsés vers leur pays d’origine plus tôt fin octobre.

Tous ces éléments pourraient faire en sorte que le trio de snipers géorgiens apparaisse préventivement à la télévision italienne comme des «lanceurs d’alerte volontaires dévoilant la vérité» sur Euromaidan avant qu’ils ne soient capturés et punis comme boucs émissaires.

Ils ont nommé, plutôt prudemment, un certain nombre de personnalités emblématiques du régime en place à Kiev – Andriy Parybiy (actuellement président de la Verkhovna Rada d’Ukraine), Segrey Pashinsky (député représentant le Front populaire pro-gouvernemental) et Vladimir Parasyuk (un autre membre charismatique du Parlement) ) – en tant qu’organisateurs et coordinateurs du massacre sur la place Maidan le 20 février 2014.

Leurs affirmations sont confirmées par d’autres preuves. Le recueil le plus complet de ces faits a été réalisé par le professeur de l’Université d’Ottawa Ivan Katchanovsky (il a également commenté le documentaire italien la semaine dernière).

Quels que soient nos sentiments envers les snipers repentis, leurs confessions publiques ne les exonèrent pas de la responsabilité d’avoir délibérément tué des gens. Ce n’était pas des soldats sur un champ de bataille pendant une guerre déclarée. Ils ne pouvaient pas recevoir d’ordres de leurs chefs. Ils ont été embauchés pour de l’argent pour faire un sale boulot et ils savaient que ce qu’ils allaient faire était un sale boulot. Leur bavardage pour tenter de prouver le contraire est ridicule. Par conséquent, ce trio, Alexander Revazishvili, Koba Nergadze et Zalogi Kvaratskhelia, ainsi que ceux qui les ont embauchés et commandés – Mamuka Mamulashvili (actuellement il est le commandant de la Légion Geogian dans le Donbass), Brian Boyenger (il a combattu du coté ukrainien au Donbass en 2015-2016) – et d’autres snipers de Géorgie, de Lituanie et d’Ukraine doivent être jugés en Ukraine ou dans tout autre pays dont les citoyens ont péri pendant l’Euromaïdan. Ensuite viendront les politiciens ukrainiens, principaux bénéficiaires de ce massacre – ceux qui ont été nommés (Andriy Parybiy, Segrey Pashinsky et Vladimir Parasyuk) et ceux encore inconnus du public.

The Heavenly Hundred, perished on Maidan square in 2014

 

En fait, cette histoire encore sous-silence sape totalement la légitimité du régime de Porochenko. Les larmes de crocodile des dirigeants de cette nation qui souffre depuis longtemps sur les tombes des victimes de la « révolution de la dignité » ne feront qu’accentuer et souligner à chaque fois le rôle des dirigeants dans le massacre de leurs propres partisans. Ayant payé une somme dérisoire de 1000 USD à chaque tireur d’élite étranger, ils sont arrivés au pouvoir pour abuser des rêves et de la confiance des millions de citoyens Ukrainiens. C’était le prix réel de la «dignité» ukrainienne pour les maîtres d’œuvre de leur catastrophe nationale.

Article original: Oriental Review | 23 novembre 2017

Traduit par Réseau International – Photos: Oriental Review.

Source: Réseau International

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HARIRI A PARIS, GEAGEA EN EMBUSCADE A BEYROUTH…Par Richard Labévière

26 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le Liban

HARIRI A PARIS, GEAGEA EN EMBUSCADE A BEYROUTH…

Il est sans doute trop tôt, et en tout cas très exagéré de parler du retour de la diplomatie française, sinon d’une « nouvelle diplomatie française » aux Proche et Moyen-Orient, comme l’explique Guillaume Berlat dans L’envers des cartes de cette semaine ! Le Premier ministre libanais est arrivé samedi à Paris avec sa femme. Pas fous, les Saoudiens ont gardé deux de ses enfants en otages. Officiellement, ces derniers poursuivent leurs études dans la capitale du royaume, mais personne n’est dupe ! Saad Hariri devrait « faire une petite tournée arabe » (en Egypte et au Koweït) – selon les propres termes de son entourage – avant de rentrer ce mercredi à Beyrouth pour confirmer ou non sa démission, annoncée le 4 novembre dernier depuis l’Arabie saoudite.

Vraisemblablement, il répétera les arguments rédigés pour lui par les services saoudiens : le méchant Hezbollah ne doit plus participer au gouvernement libanais et disparaître de la surface de la terre ! Mais avant d’évaluer les conséquences de ce Vaudeville sur la situation libanaise, il faut souligner deux informations importantes : d’abord, il y a cette visite du patriarche maronite en Arabie saoudite. Comme si c’était le moment ! Ensuite, il y a les révélations du quotidien Al-Akhbar selon lesquelles le chef de l’extrême-droite (Forces libanaises/FL) – Samir Geagea disposerait désormais d’une milice armée de quelques 10 000 fusils. Dans ce contexte, la succession de Saad Hariri et la formation d’un nouveau gouvernement aiguise déjà bien des appétits.

UNE VISITE HISTORIQUE ?

Le patriarche maronite – le cardinal Bechara Raï -, a effectué mardi une visite en Arabie saoudite. Prévue avant la crise saoudienne de la semaine dernière, ce voyage a néanmoins été maintenu : c’est la première fois qu’un patriarche maronite effectue un tel déplacement, ont souligné ses services. « Il doit marquer un rare moment d’échange interreligieux dans le royaume ultraconservateur, qui abrite les lieux les plus saints de l’islam », a indiqué l’un des conseillers du Patriarche. En 1975, le Patriarche grec-orthodoxe Elias Maouwad avait fait le voyage pour porter la voix des Palestiniens. Rien de tel pour Bechara Raï qui était venu seulement parler religion !

Arrivé lundi dernier, aucun émir, ni la moindre autorité religieuse ne s’étaient déplacés à l’aéroport. Il a été reçu mardi matin par le roi Salman. Lors de leur entretien, les deux hommes ont évoqué « les relations fraternelles entre le royaume et le Liban, et confirmé l’importance du rôle des différentes religions et cultures pour promouvoir la tolérance et renoncer à la violence », selon l’agence officielle saoudienne SPA. Interdiction de rire !

Le patriarche a également été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) et s’est entretenu avec l’émir de Riyad, Fayçal ben Bandar ben Abdel Aziz, qui a offert un déjeuner en l’honneur du chef de l’Église maronite. « La visite du patriarche Bechara Raï souligne l’approche du royaume en faveur de la coexistence pacifique, de la proximité et de l’ouverture à toutes les parties de la population arabe », a écrit sur Twitter le ministre saoudien chargé des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan. Nouvelle interdiction de rire !

L’une des principales conséquences de cette visite pourrait être l’installation d’un Centre international permanent de dialogue interreligieux… Ici on peut sourire, tant il y a déjà pléthore de ce genre de machins qui ne servent pas à grand-chose… d’autant que le Patriarche maronite n’aura finalement rencontré aucune autorité religieuse wahhabite durant son séjour… Alors, opération de communication, instrumentalisation à but stratégique ou signe d’une réelle inflexion du pouvoir saoudien ? A voir… Plusieurs observateurs attentifs espéraient que le Patriarche pourrait évoquer la question de la liberté de culte dans la dictature wahhabite où la construction d’églises et la pratique religieuse autre que celle de l’Islam sont formellement interdites. Il semble que cette question légitime se soit perdue dans les sables…

Toujours est-il qu’en marge de cet himalayen sommet du dialogue inter-religieux, le Patriarche maronite en aurait profité pour se dire « convaincu » par les motifs de la démission du Premier ministre Saad Hariri, cautionnant ainsi la séquestration du Premier ministre libanais et accréditant la manipulation de son discours contraint, ainsi que la mise en résidence surveillée de sa famille. Sans doute, une dimension méconnue du dialogue interreligieux… Bravo !

GEAGEA CHERCHE UNE NOUVELLE GUERRE CIVILE

L’église maronite est-elle devenue folle ? En tout cas, son Patriarche relance à toute vitesse les Maronites dans le mur de leurs divisions ancestrales. Il y a d’une part les partisans de Michel Aoun – qui ont noué, en novembre 2006, un accord de coexistence, sinon de partenariat politique avec le Hezbollah. D’autre part, les Phalangistes de la famille Gemayel s’ajoutent aux adeptes fascisants de Samir Geagea, partisans d’un « Christianistan » purifié de toutes autres imperfections communautaires, religieuses et culturelles. Serial Killer notoire de la guerre civile (1975 – 1990), Samir Geagea avait du reste précédé les déclarations saoudiennes du Patriarche maronite pour affirmer – lui aussi – qu’il comprenait et approuvait les raisons de la démission de Saad Hariri.

Cette convergence entre le leader d’extrême-droite et le Patriarche Bechara Raï n’est pas vraiment une surprise, s’inscrivant dans la droite ligne de la complicité, tout aussi notoire, que Samir Geagea entretenait avec le prédécesseur de l’actuel Patriarche – Monseigneur Nasrallah Boutros Sfeïr – qui dirigea l’église maronite de 1986 jusqu’au 26 février 2011. Plusieurs bons connaisseurs de la scène libanaise estiment que Sfeïr et Geagea étaient liés par des questions d’argent, notamment d’importants placements immobiliers. Toujours est-il que lorsqu’on ose poser la question aux membres de l’Académie pontificale de Rome ou à d’autres responsables de la diplomatie du Vatican, ces derniers blêmissent avant de se fermer comme des huitres.

Bref, les relations historiques entre Samir Geagea et le Patriarcat maronite ne sont pas d’une clarté d’évangile, mais illustrent d’une manière singulière leur position commune sur la démission de Saad Hariri. Celle-ci donne raison, tant à l’Arabie saoudite qu’à Israël. Et cela tombe plutôt bien, puisqu’il s’agit des deux principaux bailleurs de fonds du parti de Samir Geagea. Toujours en embuscade, celui-ci ressurgit en période de crise, comme si la déstabilisation, les angoisses et les difficultés quotidiennes récurrentes des Libanais lui transfusaient une nouvelle énergie, un carburant de jouvence afin de relancer son projet d’une partition ethnico-religieuse du Liban.

La crise actuelle lui offre la formidable opportunité d’annoncer la reconstitution de sa milice armée afin de « contrer le Hezbollah », comme lui demandent ses protecteurs saoudiens et israéliens. Le chef de l’extrême-droite libanaise peut aussi compter sur la bienveillante protection de l’administration Trump où il compte plusieurs ardents supporters, dont l’universitaire libanais Walid Pharès (ou Farès), très en cour dans les milieux républicains les plus conservateurs. Ancien conseiller de Samir Geagea, Walid Pharès est le véritable théoricien de la purification ethnico-religieuse. Il est régulièrement sollicité par certains médias parisiens, qui le présentent comme « chercheur indépendant », au même titre qu’Antoine Basbous, ancien porte-parole des FL, directeur d’un Observatoire du monde arabe dont il est semble-t-il le seul membre…

La reconstitution d’une « milice » armée des FL n’est pas une bonne nouvelle et ne saurait se justifier comme une réponse symétrique à l’existence des unités combattantes du Hezbollah. N’ayant ni la même histoire, ni la même nature que les factions armées de la guerre civile libanaise, les unités armées du Hezbollah constituent la « Résistance » à l’armée israélienne qui poursuit quotidiennement ses incursions au Liban depuis l’invasion de 1982. Elles ne forment pas une « milice » à proprement parler, puisque les Chi’ites n’ont pas pris part à la confrontation initiale opposant les Chrétiens aux Palestiniens et leurs alliés « islamo-progressistes », comme on les qualifiait au début des années 70.

Ce n’est qu’en 1982, lorsque l’armée israélienne a envahi le Liban, que la communauté chi’ite a commencé à s’organiser militairement autour d’Amal, puis de Amal-islamique, enfin autour du Hezbollah, à partir de 1983. Après les accords de Taëf (22 octobre 1989), qui mirent fin à la guerre civile, les « milices » ont dû déposer les armes. Face à la faiblesse opérationnelle de l’armée libanaise, exsangue après quinze années de guerre civile, le Hezbollah a pu conserver son potentiel militaire pour contenir l’armée israélienne qui continuait à occuper le sud du pays. Sur toute cette histoire, on peut toujours consulter l’excellent livre de référence de Frédéric Domont : Le Hezbollah – Un mouvement islamo-nationaliste1.

Suite au retrait israélien du sud du Liban en juillet 2000, le Hezbollah a décidé de maintenir ses unités armées aux frontières du Liban. Les forces de Tel-Aviv occupent toujours le secteur libanais des fermes de Chebaa, une région qui permet de contrôler le réseau hydrographique du fleuve Litani. Chasse et marine israéliennes continuent à violer quotidiennement l’espace aérien libanais et les eaux territoriales, notamment les zones riches en nappes gazières… Depuis le déclenchement de la guerre civilo-globale de Syrie, le Hezbollah défend l’intégrité et la souveraineté du Liban – comme nous l’écrivions dans prochetmoyen-orient.ch du 22 juin 2015 – et ce en coopérant efficacement avec l’armée libanaise. En effet, sans son engagement militaire dans les jurds de Qoussair, Yabroud et Qalamoun (Bekaa nord), Dae’ch, Jahat al-Nosra ou d’autres groupes salafo-jihasites auraient envahi le port de Tripoli et pris pied dans d’autres villes du Pays du Cèdre !

A ce moment-là aussi, Samir Geagea était le premier à condamner l’engagement du Hezbollah comme s’il souhaitait que les protégés de ses amis saoudiens s’installent durablement sur le territoire libanais. Aujourd’hui encore et à l’unisson avec Riyad et Tel-Aviv, le chef de l’extrême-droite libanaise souffle sur les braises de la guerre civile. Mais cette fois-ci, il le fait avec la bénédiction du nouveau Patriarche maronite dont on espérait qu’il avait rompu avec les complicités fascisantes de son prédécesseur. Pas de chance !

ET MAINTENANT ?

Attendons mercredi pour écouter les nouvelles déclarations de Saad Hariri à Beyrouth, cette fois-ci. Sur le plan militaire, Tel-Aviv ne va sans doute pas refaire la guerre de l’été 2006 au Hezbollah, mais cherche toujours une opportunité de revanche sur son meilleur ennemi arabe. Dans l’immédiat trois actions israéliennes vont se poursuivre : 1) soutien logistique et prise en charge des blessés des groupes de Jabhat al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie) sur le plateau du Golan où est engagé le Hezbollah ; 2) bombardements en Syrie ciblant soi-disant sites et convois suspectés de livrer de l’armement au Hezbollah ; 3) violations quotidiennes des espaces aérien et maritime libanais dans le contexte d’une prochaine mise en exploitation des blocs gaziers (8, 9, 10 et 11) revendiqués par Tel-Aviv. Pour Israël, il s’agit surtout de rappeler aux Libanais leur vulnérabilité et l’impossibilité organique de leur armée à défendre les frontières nationales.

Dans ces conditions où Tel-Aviv poursuit sa stratégie de la tension, le Hezbollah doit pouvoir conserver ses capacités opérationnelles afin de pallier aux insuffisances de l’armée gouvernementale. On ne peut que souligner la contradiction récurrente de Tel-Aviv condamnant régulièrement les armes du Hezbollah tout en empêchant les Etats-Unis, l’Allemagne et la France notamment, d’équiper et de moderniser l’armée nationale libanaise.

Pour sa part, l’Arabie saoudite ne va pas faire la guerre au Liban, ni à l’Iran comme elle le fait (de manière assez pitoyable du reste) au Yémen. Riyad a perdu en Syrie, s’enlise au Yémen et anime une répression quotidienne de la population civile au Bahreïn. La monarchie wahhabite est en mesure de susciter au Liban ce qu’elle sait faire de mieux : provoquer des attentats meurtriers et déstabilisateurs en payant quelques égarés parmi le million de pauvres syriens réfugiés dans le pays. Là encore Samir Geagea s’est mis à hurler, lorsqu’il y a quelques mois le Hezbollah a pris l’initiative d’escorter des réfugiés syriens désireux de rentrer chez eux. Les mêmes, qui déplorent la présence massive de Syriens au Liban, ont alors déclaré que le Hezbollah raccompagnait des « terroristes » en Syrie. Faudrait savoir !

Sur le plan politique, on entre certainement dans un tunnel de nouvelles crises politiques à répétitions et rebondissements multiples. Une fois à Beyrouth, Saad Hariri va-t-il confirmer sa démission ou y renoncer contre quelques concessions du Hezbollah ? Hassan Nasrallah doit parler ce lundi… Dans le premier cas, il faudra dénicher un successeur acceptable, ce qui ne va pas être facile. D’ores et déjà, Bahaa – le frère cadet de Saad – a fait acte de candidature en s’applaventrissant comme un « fidèle de la famille saoudienne régnante ». Dans un communiqué adressé à Associated Press, il accuse l’Iran et le Hezbollah de vouloir contrôler le Liban… Heureusement, cet analphabète, qui fréquente davantage les tables de jeu de Monaco que les chancelleries, fait plus rigoler que réfléchir !

Dans un tel contexte, les Sunnites libanais sont loin d’être sur la même longueur d’ondes. L’ancien patron des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Achraf Rifi, qui a réussi à supplanter Saad Hariri à Tripoli, ainsi que l’ancien Premier ministre Najib Mikati (lui aussi de Tripoli) ne représentent pas des alternatives crédibles. Comme le souligne le politologue Paul Khalifeh, les Sunnites libanais sont affaiblis et accusent un « coup terrible » qui ne vient pas de Téhéran, mais de Riyad, censé être leur protecteur : « certaines figures marginalisées, comme le député Ahmad Fatfat et l’ex-député Moustapha Allouche, ont pensé qu’ils se trouvaient devant une bonne occasion d’améliorer leurs positions au sein du CDF (Courant du Futur : parti de Saad Hariri). M. Fatfat a adopté le discours radical du ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhane, à l’égard de l’Iran et du Hezbollah, leur faisant assumer la responsabilité de la démission de M. Hariri. Cette position est en décalage par rapport à la tactique adoptée par le CDF, sous l’impulsion des députés Bahia Hariri, Nouhad Machnouk et du conseiller du Premier ministre, son cousin Nader Hariri, qui estiment que le parti doit d’abord réclamer en priorité le retour de Saad Hariri »2.

Dans tous les cas de démission acceptée, retirée ou aménagée, on s’achemine vraisemblablement vers un remaniement ministériel majeur, voire vers la dissolution de l’actuel cabinet pour rechercher, ce qui est déjà annoncé comme une nouvelle « équipe de technocrates ». Déclenchée par l’Arabie saoudite, cette crise veut aussi amorcer l’après-Aoun, qui – de fait – est déjà lancé avec l’inoxydable Samir Geagea et ses miliciens armés en embuscade !

Voilà qui va prendre du temps, beaucoup de temps, retardant d’autant plus la mise en exploitation des nappes gazières off-shore et le renflouement des 77 milliards de dollars du déficit budgétaire. Malheureusement, la vie quotidienne des Libanais (qui en parle ?) va continuer à se dégrader : coupures d’électricité, entassements des ordures, augmentations des frais de santé et de scolarité, sans parler des problèmes de transport qui ne cessent de s’aggraver.

A ce tableau triste à pleurer, vient s’ajouter – comme nous l’évoquions précédemment – la menace de nouveaux attentats, plus pesante que jamais. Une fois de plus le Liban paie la facture des manœuvres régionales de Washington et Tel-Aviv. Bonne lecture néanmoins, et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
20 novembre 2017

1 Frédéric Domont et Walid Charara : Le Hezbollah – Un mouvement islamo-nationaliste. Editions Fayard, octobre 2004.
2 Paul Khalifeh – Middle East Eye, 13 novembre 2017.

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ARABIE SAOUDITE – LIBAN : VOYAGE EN ABSURDIE ! Par Guillaume Berlat

26 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Le Liban

ARABIE SAOUDITE – LIBAN : VOYAGE EN ABSURDIE !

« Heureux, qui comme Ulysse, a fait un beau voyage ». Belle citation de Joachim du Bellay qui enchantait les enfants que nous étions au siècle dernier. Avec un brin d’imagination, elle pourrait être adaptée sous la forme suivante : « Heureux, qui comme Jupiter, a fait un beau voyage » après la visite du président de la République à Abou Dhabi aux Émirats arabes unis (programmée) et à Riyad en Arabie saoudite (improvisée) à la veille des célébrations officielles du 11 novembre 2018.

Le chef de l’État excelle dans sa fonction de diplomate en chef (il veut régler d’un coup de baguette magique le différend entre l’Arabie saoudite et l’Iran, voire avec le Liban) et de VRP de luxe de l’industrie française (achat de par les Émirats de deux corvettes multifonctions Gowind construites par Naval Group et octroi d’un milliard d’euros pour les entreprises françaises1) au moment où la compétitivité de notre pays ne se redresse pas2.

Pendant ce temps, son ministre de l’Europe (qui existe de moins en moins en termes concrets) et des Affaires étrangères (qui lui sont de plus en plus étrangères), Jean-Yves Le Drian voit passer les trains et n’en peut mais. Au premier la diplomatie du mégaphone, au second la diplomatie du psittacisme.

LA DIPLOMATIE DU MÉGAPHONE

En l’espace de 48 heures, le président de la République a pu démontrer ses immenses talents de diplomate dans cet « Orient compliqué ». Rien ne semble lui résister tant il est d’une intelligence supérieure, une sorte de cocktail détonnant d’Einstein et de Talleyrand.

L’aubade à MBZ

Emmanuel Macron abandonne, l’espace de deux journées, le champ de bataille hexagonal pour rejoindre le champ de bataille proche-oriental, accompagné de sa fidèle compagne (celle dont on découvre qu’elle coûte déjà 440 000 euros de frais de fonctionnement au contribuable… attendons la suite). Le Président de la République inaugure le Louvre d’Abou Dhabi3, œuvre monumentale de l’architecte Jean Nouvel4. Jupiter déploie toute la palette de ses talents diplomatiques. Diplomatie culturelle oblige, on prête quelques œuvres maîtresses du Louvre et on dénonce l’obscurantisme religieux (« L’idée consiste à créer ce pont entre l’Occident et l’Orient, à faire dialoguer les cultures et les civilisations à travers de musée »5). Diplomatie sécuritaire également, on se félicite de la chute de Raqqa et de la fin de la territorialité de l’EIIL6.

Diplomatie militaire, il en fallait en raison de la présence des militaires de l’opération « Chammal ». On félicite nos héros (et ils le sont), omettant de signaler au passage qu’on diminue régulièrement leurs moyens, mettant en danger leur vie. La publication de « Servir » par l’ex-CEMA, Pierre de Villiers vient rappeler le manque de moyens de nos armées7.

Diplomatie économique, il va sans dire, on obtient quelques espèces sonnantes et trébuchantes du prince Mohamed Ben Zayed al-Nahyan (MBZ)8. Diplomatie classique, il en faut bien un zeste, on décide d’un partenariat stratégique franco-émirien. Nicolas Sarkozy s’était entiché du Qatar, François Hollande s’était jeté dans les bras de l’Arabie saoudite. Jupiter trouve une autre maîtresse. Diplomatie juridique, on décide que le sort des Français ayant fait le coup de poing en Syrie et en Irak serait traité « au cas par cas ». Diplomatie de la séduction de notre jeune quadragénaire qui éblouit par son regard d’acier et par sa « pensée complexe ». Cela n’est pas inutile, la diplomatie c’est aussi l’art de convaincre. Communication, d’abord et avant tout9.

La sérénade à MBS

Mais Jupiter, c’est aussi Zorro, ne l’oublions pas ! Dès que le feu couve au Proche et au Moyen-Orient, le pompier Macron arrive, en se pressant (contrairement au personnage de la chanson d’Henri Salvador), pour circonscrire l’incendie naissant. Mohammed ben Salmane (MBS) l’appelle à son secours. N’écoutant que son cœur, il se précipite à Riyad10 au moment où le Kim Jong-un de la région affame le Yémen et se fait tancer par l’ONU11 ; embastille plus de 1500 cents personnalités (ministres, hauts fonctionnaires, hommes d’affaires…) sous prétexte de mettre fin à la corruption endémique (sport national) qui menacerait la démocratie saoudienne ; déclare quasiment la guerre à l’Iran accusée de tous les maux de la terre ; prend en otage le premier ministre libanais, Saad Hariri sous prétexte qu’il serait menacé d’assassinat dans son pays et le contraint à renoncer à son poste de premier ministre12… Drôle de citoyen en vérité que ce jeune prince qui ne manque ni d’ambition, ni de poigne !

Les entretiens (d’une durée de trois heures qui ont lieu à l’aéroport de la capitale saoudienne) auraient porté sur les « récents développements au Moyen-Orient » et sur les efforts des deux responsables « pour la sécurité et la stabilité dans la région, y compris via une coordination dans le combat contre le terrorisme », précisent les Saoudiens. Les communicants de Jupiter sont plus prolixes surtout lorsqu’il s’agit de mettre en valeur leur héros Emmanuel Macron est venu pratiquer sa politique étrangère favorite (le parler à tout le monde) ; apaiser les tensions irano-saoudiennes (sans l’aide des Américains et des Russes13 et des puissances régionales comme la Turquie) ; proposer sa médiation (les meilleurs médiations sont traditionnellement celles qui restent secrètes) ; marquer sa distance avec la position saoudienne sur l’Iran (elle ne serait pas conforme à ce qu’il pense); s’informer sur la situation au Liban (il ne rencontrera pas Saad Hariri qui est prisonnier des Saoudiens)14 ; dénoncer l’hégémonisme iranien dans la région en marquant sa solidarité avec Riyad (les Saoudiens sont des oies blanches sur ce registre de l’ingérence dans les pays étrangers, en particulier au Liban15…) ; soutenir la stratégie du nouveau prince (« vision 2030 ») ; s’inquiéter de la situation humanitaire au Yémen16 (il y a de quoi dans ce pays ravagé par la guerre de la coalition saoudienne)…17 Une sorte de tour du monde diplomatique en trois heures. Mais de grandes initiatives françaises dans la région, il n’en fut, semble-t-il pas question.

La diplomatie de la prospective n’avait pas été invité au cours de cette seconde étape du périple jupitérien que les médias ont déjà oublié dès le lendemain. Emmanuel Macron reçoit le ministre libanais des Affaires étrangères à Paris le 14 novembre 2017 pour démontrer son implication dans le dossier du pays du cèdre. Il annonce dès le lendemain qu’il a obtenu de MBS la libération de l’otage Saad Hariri et de sa famille qu’il accueillera à Paris mais qu’il n’y serait pas en statut d’exilé. Rien ne nous est dit sur les risques de la politique étrangère saoudienne engagée sur quatre fronts : Syrie et Yémen avec le succès que l’on sait et, désormais, Liban sous une forme plus sournoise18 et Qatar.

On l’aura compris, si les Saoudiens privilégient une forme de diplomatie classique fondée sur la discrétion, du côté de Jupiter, il en va tout autrement. À Paris, on préfère et on pratique la diplomatie de la communication et du mégaphone. Est-ce la meilleure méthode pour conduire efficacement une médiation complexe ?

LA DIPLOMATIE DU PSITTACISME

Pendant ce temps, son ministre des Affaires étrangères, l’homme de Lorient, particulièrement désorienté par les temps qui courent, se contente de ramasser les quelques miettes que lui laisse son chef, usant de son réseau d’ex-ministre de la Défense dans la zone pour exister. Deux occasions lui sont données d’exceller dans ce registre.

La confession aux ministres et aux élus

Jean-Yves Le Drian n’y va pas par quatre chemins lorsqu’il s’adresse à ses collègues en conseil des ministres dans le Salon Murat. Le volatil en est le témoin privilégié19. Sur le dossier syrien, il nous épate par la profondeur de sa pensé stratégique. Cela vole bas en dépit des hordes de conseillers et de diplomates qui l’aliment en informations, en réflexions comme le CAPS. Que dit-il ? « Poutine à la main, à cause du désengagement américain. La France et l’Europe doivent prendre conscience de la nouvelle organisation qui est en train de se mettre en place. D’où la nécessité d’une diplomatie européenne » (sic)20. Les bras vous en tombent tant on en apprend plus par les médias de quatre sous que le ministre en charge de la diplomatie n’a pas le temps de parcourir.

Le Quai d’Orsay découvre, avec sidération, que la Russie est devenue un acteur incontournable dans la région et, en Syrie, en particulier. Mazette ! Où va-t-on ? Peut-être, entre temps, grâce à la lecture de prochetmoyen-orient.ch, Jean-Yves Le Drian a pris connaissance de l’ouvrage de Maria Khondynskaya-Golenishcheva intitulé : « Alep. La guerre et la paix » 21 et a découvert des choses qu’il ne connaissait pas ? Résoudre le problème en ayant recours à un ectoplasme qui a pour nom Union européenne et qui n’a aucune réalité diplomatique, il fallait oser le dire. C’est confier le volant à un aveugle. Mais, ce n’est pas fini. « Bachar est en place ; la question n’est pas de savoir ce que l’on pense. On doit d’abord combattre le terrorisme islamiste et ensuite instaurer un État démocratique en Syrie, sans Bachar ». Le Quai d’Orsay découvre que le président syrien – donné pour mort en août 2012 par Laurent Fabius – est toujours à sa place et qu’il faut combattre les terroristes dont le même visionnaire, actuel président du Conseil constitutionnel déclarait que ces mêmes affreux faisaient du bon boulot. On croit tomber à la renverse en découvrant ces paroles inoubliables. De plus, nous allons instaurer un état démocratique sans Bachar. Mais de qui se moque-t-on ?

Nous (France) allons créer ex nihilo un état démocratique à notre main (avec quelle onction internationale incontestable ?) en décidant en lieu et place du peuple syrien. Cela s’appelle de l’ingérence dans les affaires intérieures. Jean-Yves Le Drian n’aurait-il pas abusé de quelques boissons fortes avant de prononcer de pareilles inepties ? Que font ses hauts fonctionnaires au lieu de le conseiller ? Ils rêvent ou ils n’osent pas informer le ministre des principes fondamentaux du droit international. « Dans les deux cas, l’erreur occidentale a consisté à prétendre se substituer aux autres peuples pour définir leurs intérêts »22. Une fois encore, nous jouons aux apprentis sorciers, ne voulant pas tirer les leçons de l’Irak et de la Libye sans parler de l’Afghanistan où règne une joyeuse pagaille.

Lors du dernier conseil des ministres, au titre de la traditionnelle communication sur la situation internationale, il récidive sur le mode humoristique. Il évoque la « tension croissante entre l’Iran et l’Arabie saoudite », la situation « extrêmement tendue » dans ce dernier pays et souligne que tous ces dignitaires « sont dans une prison dorée, puisqu’ils sont logés à l’hôtel Ritz Carlton de Riyad. Mais en même temps, ils sont privés de liberté ». L’un de ses charmants collègues du gouvernement dira plus tard : « on dirait qu’il récite ce qu’il a déjà lu dans la presse »23. Il est vrai que la dernière livraison d’intelligence on line est plus éclairante que les analyses du ministre24. Feuille à laquelle le Quai d’Orsay est abonné. Il suffirait qu’un fonctionnaire de son cabinet lui rédige un bref résumé en une page !

Devant les parlementaires de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat (18 et 24 octobre 2017), Jean-Yves Le Drian retrouve son képi d’ex-ministre de la Défense pour présenter les grands axes de la diplomatie française25. Sur une heure et demie d’exposé, il consacre tout son prêche aux opérations extérieures de la France, omettant de parler de la Russie, de la Chine, des États-Unis, du Proche-Orient. À quoi servent donc les auditions du responsable de la diplomatie française devant les élus de la nation ? Après ces auditions, le sénateur Ladislas Poniatowski lui déclare à titre de propos de bienvenue : « Monsieur le ministre, on a le sentiment, et encore plus, depuis l’audition de la semaine dernière, que vous n’êtes pas ministre des Affaires étrangères mais toujours ministre de la Défense ». Visiblement vexé, Jean-Yves Le Drian réplique : « Si vous voulez dire que j’ai gardé mon casque lourd, mon treillis et mon gilet pare-balles, ce n’est pas faux. Mais, la diplomatie, c’est beaucoup de situations conflictuelles ».

Mais ce qu’oublie le ministre en charge des Affaires étrangères, c’est que la diplomatie a pour principal, si ce n’est essentiel, objectif de régler des situations conflictuelles par des moyens pacifiques. En cas d’échec, la coopération fait place à la coercition, le diplomate cède la place au militaire. Petite nuance… mais de taille lorsque l’on occupe le poste de ministre des Affaires étrangères et non celui de ministre de la Défense ou des Armées ! Il devrait suivre une formation accélérée à la diplomatie, aux relations internationales et à la géopolitique26.

La confession à Europe 1

Intervenant à 8h15 le novembre 2017 sur Europe 1 dans la tranche de Patrick Cohen, le festival continue. Il se contente de paraphraser la parole jupitérienne sans la moindre originalité. La bataille de Raqqa est gagnée ; ne transformons pas le problème iranien en problème nord-coréen ; il faut gagner la paix en Irak en respectant les règles du droit humanitaire ; ne faisons pas du départ de Bachar al-Assad un préalable au règlement de la crise syrienne (les Russes ne nous demandent pas notre avis et ils préfèrent en parler directement avec les Américains) ; rédigeons une constitution et organisons des élections (nous ne savions pas que la Syrie était encore un protectorat français) ; Emmanuel Macron rencontrera le prince saoudien qui a demandé à le rencontrer ; la France est préoccupée par ce qui se passe au Liban et par le sort de Saad Hariri et elle est attachée à la stabilité de ce pays qui accueille beaucoup de réfugiés syriens sur son sol ; au Yémen, la France soutient la coalition mais est préoccupée par la situation humanitaire ; Paris est préoccupé par les prétentions hégémoniques de l’Iran et par le développement de ses capacités balistiques (cela ressemble aux éléments de langage saoudien)…

Le ministre annonce qu’il se rendra à Riyad, à Téhéran et rappelle qu’il a rencontré le maréchal Al Sissi. Pour qui Jean-Yves Le Drian prend-il les auditeurs de cette station privée ? Pour des crétins des Alpes. Rien n’est dit sur le nouvel axe États-Unis/Arabie saoudite/Israël qui se dessine au Proche-Orient !27 Rien n’est dit sur les récentes mises en garde d’Israël face à l’Iran !28 Rien n’est dit sur les initiatives diplomatiques russes sur la Syrie (Astana, Genève…).

Il semble que l’accessoire l’emporte sur le principal, la tactique sur la stratégie, la communication sur l’action. Nous sommes au cœur d’une diplomatie incantatoire qui se trouve à l’opposé d’une diplomatie exécutoire. Brillant ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian se révèle, à l’expérience, un piètre chef de la diplomatie française au moment où les vents sont mauvais et où l’on aurait besoin d’un capitaine au long cours expérimenté… et cela même s’il obtient la libération de l’otage Saad Hariri et sa venue en France. Le prix en est aussi, celui du report de sa visite à Téhéran qui n’a pas apprécié ses charges contre l’Iran (programme balistique, hégémonie dans la région…). Ce qui signifie que la médiation française entre l’Arabie saoudite et l’Iran a du plomb dans l’aile !

Après le sottisier de Laurent Fabius, la direction des archives du Quai d’Orsay (délocalisée à La Courneuve par la grâce d’un tiers mondiste, deux tiers mondain, Bernard Kouchner) s’honorerait en commençant à alimenter le bêtisier de Jean-Yves Le Drian. Il possède un art consommé d’enfoncer les portes ouvertes et d’enfiler les perles diplomatiques

On l’aura compris, faute d’avoir prise sur les évènements, Jean-Yves Le Drian pratique avec un certain succès, il faut le lui reconnaitre, la politique du perroquet qui répète ce que dit son maître, la diplomatie du psittacisme. Certains considèrent que la France vient de réussir un coup de maître diplomatique avec l’affaire Hariri29. L’avenir nous dira ce qu’il en est. Souvenons-nous de ce qu’il reste aujourd’hui de la médiation de Jupiter sur la Libye (accord de la Celle-Saint-Cloud) ! Souvenons-nous de ce que nous a coûté notre implication dans les affaires libanaises au début des années 1980 : multiplication des prises d’otages, assassinat de notre ambassadeur à Beyrouth et de son attaché militaire, attentat contre le bâtiment Drakkar à Beyrouth de 1983 qui a tué 58 parachutistes ! L’histoire ne se répète pas nécessairement mais on ne sait jamais…

Quelle meilleure conclusion de cet épisode peu glorieux pour la diplomatie française que la une de Time Magazine du 9 novembre 2017, hebdomadaire auquel s’est longuement confié Jupiter dans la langue de Shakespeare (dans un « anglais excellent, fait très rare chez un dirigeant français ») et qui l’affiche le visage grave ! « Le prochain leader de l’Europe » (« The Next Leader of Europe ») en est le titre principal accompagné en petits caractères d’un commentaire peu élogieux : « Encore faudrait-il qu’il arrive à gouverner la France » (« If Only He Can Lead France »)30. Même si le corps de l’article est prudemment sceptique, il n’en reste pas moins que nos amis américains, nos meilleurs ennemis aiment bien et pratiquent à merveille le in cauda venenum (dans la queue le venin) à l’égard de leurs principaux alliés ! Qui aime bien, châtie bien… c’est bien connu depuis la nuit des temps.

Au vu de tout ce qui précède, le président de la République et son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères gagneraient à méditer quelques réflexions frappées au coin du bon sens du général Pierre de Villiers précité. Parmi d’autres, nous leur recommanderons celles-ci : « Dans les temps difficiles que nous traversons, mieux vaut faire de la stratégie que de la tactique »31 et « Sans bonne stratégie, la meilleure des tactiques est d’un faible rendement. Sans supériorité tactique, la meilleure stratégie est défaillante »32. Cela vaut également pour l’Arabie saoudite qui comme le rappelle Alain Rodier : « Mieux vaut entretenir un foyer de fixation à l’extérieur que gérer une insurrection à domicile »33.

 Prudence est mère de sûreté surtout avec l’imprévisible MBS et ses sbires. La diplomatie française éviterait quelques fâcheuses embardées dans la région en privilégiant la vérité à l’ambiguïté. La pratique des relations internationales requiert du temps et de la patience et, surtout, une bonne dose d’équilibre, de discrétion, voire de secret, gage de son efficacité. On sait que les voyages forment la jeunesse, déforment les pantalons. Aujourd’hui, sous le règne impérial, omnipotent et omniscient de Jupiter-Zeus, nous savons que la prétendue diplomatie française peut se résumer en un vulgaire voyage en absurdie.

Guillaume Berlat
20 novembre 2017

1 Anne Cheyvialle, Un milliard d’euros pour les entreprises françaises, Le Figaro, 10 novembre 2017, p. 7.
2 Anne de Guigné, La compétitivité de la France ne se redresse pas. Le déficit commercial, inquiétant talon d’Achille de l’économie française, Le Figaro économie, 9 novembre 2017, pp. 21-22-23.
3 Philippe Dagen, Abou Dhabi, l’anti-Louvre, Le Monde, 14 novembre 2017, p. 22.
4 François-Xavier Bourmaud, Macron inaugure le Louvre d’Abou Dhabi, Le Figaro, 9 novembre 2017, p. 9.
5 Marc Semo, A Abou Dhabi, Macron prône le dialogue des civilisations sur fond de tensions régionales, Le Monde, 10 novembre 2017, p. 10.
6 Roumiana Ougartchinska, Libye. La revanche de Daech ?, Marianne, 17-23 novembre 2017, pp. 46-48.
7 Pierre de Villiers, voir chapitre 5 : « Le prix de la paix, c’est l’effort de guerre », dans Servir, Fayard, 2017, pp. 125-148.
8 Marc Semo, Abou Dhabi, le nouvel ami de Paris, Le Monde, 11-12-13 novembre 2017, p. 7.
9 Emmanuel Macron. Une semaine dans le vie du président, Paris Match, 16-22 novembre 2017, Une et pp. 54 à 68.
10 Ludovic Marin, Arabie saoudite-Iran : Macron a rencontré le prince ben Salmane à Riyad, www.LePoint.fr, 10 novembre 2017.
11 Marie Bourreau/Hélène Sallon, L’ONU exige la levée par Riyad du blocus du Yémen, Le Monde, 10 novembre 2017, p. 10.
12 Benjamin Barthe, « Où est Saad Hariri ? », se demandent les Libanais, Le Monde, 11-12-13 novembre 2017, p. 6.
13 Nouvel échange d’amabilités entre Donald Trump et Vladimir Poutine, www.Lexpress.fr , 11 novembre 2017.
14 Jean-Pierre Perrin, Liban : la démission forcée de Saad Hariri déchire la communauté sunnite, www.mediapart.fr , 11 novembre 2017.
15 Jean-Pierre Perrin, Comment Hariri s’est retrouvé piégé en Arabie saoudite, www.mediapart.fr , 10 novembre 2017.
16 Vincent Vantighem, Yémen. Au bord de la catastrophe, 20’, 10 novembre 2017, p. 8.
17 Marc Semo, Emmanuel Macron en mission d’apaisement en Arabie saoudite, Le Monde, 11-12-13 novembre 2017, p. 6.
18 Renaud Girard, Les risques de la politique saoudienne, Le Figaro, 14 novembre 2017, p. 19.
19 Le casse-tête syrien, Le Canard enchaîné, 8 novembre 2017, p. 2.
20 Jean-Jacques Mével, 23 pays européens se lancent dans une opération militaire inédite, Le Figaro, 14 novembre 2017, pp. 6-7.
21 Guillaume Berlat, Alep : guerre, paix et mythologie, www.prochetmoyen-orient.ch , n° 151, 6 novembre 2017.
22 Thierry de Montbrial, Vivre le temps des troubles, Albin Michel, 2017, p. 66.
23 Prison dorée, Le Canard enchainé, 15 novembre 2017, p. 2.
24 www.intelligenceonline.fr , Le Monde du renseignement, n° 794, 15 novembre 2017.
25 Le soldat du Quai, Le Canard enchaîné, 8 novembre 2017, p. 2.
26 Philippe Moreau-Defarges, La géopolitique pour les nuls, First éditions, 2016.
27 Christophe Ayad, Des liaisons dangereuses, Le Monde, 10 novembre 2017, p. 23.
28 Piotr Smolar, Les nouvelles lignes rouges d’Israël face à l’Iran, Le Monde, 10 novembre 2017, p. 10.
29 Hadrien Desuin, Saad Hariri à Paris : le réveil diplomatique de la France, www.lefigaro.fr , 16 novembre 2017.
30 La une ambiguë du « Time Magazine » sur Emmanuel Macron, 6Medias publié par www.LePoint.fr , 9 novembre 2017.
31 Pierre de Villiers, précité, p. 21.
32 Pierre de Villiers, précité, p. 56.
33 Éric Denécé (sous la direction de), La menace mondiale de l’idéologie wahhabiste, CF2R, Arcena Imperï, 2017, p. 203.

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Saad Hariri, MBS, l'apprenti sorcier

26 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Le Liban

MBS, l'apprenti sorcier
 
22 novembre, 2017
Entretien
Bassam Tahhan

 

Le premier ministre d’un Etat souverain retenu par un autre Etat a été une première extraordinaire dans les annales des relations diplomatiques. Voir Saad Hariri annoncer sa démission à la télévision depuis Ryad tenait du tragi-comique. Tragique car il en va de la stabilité du Liban et plus largement de toute la région ; comique car cela relève d’une bouffonnerie de la part d’un prince héritier, Mohamed Ben Salman, dit MBS, qui n’aura finalement, et malgré les conseils de Jared Kushner, le gendre de Donald TRUMP, réussi qu’à se prendre les pieds dans le tapis. Avec sa médiation, le Président, Emmanuel Macron, a permis aux deux parties de sortir, la tête haute, de cette impasse. Pour autant, le retour de Saad Hariri à Beyrouth ne résout pas la crise libanaise et il reste de nombreuses inconnues. Bassam Tahhan, consultant en géopolitique internationale, décrypte un dossier complexe, sorte de puzzle auquel il manquerait des pièces…

Lorsque Saad HARIRI était à Ryad, Emmanuel MACRON l’a invité, avec sa famille, or, le Premier ministre libanais est arrivé en France sans ses deux adolescents restés en Arabie Saoudite. Comment interpréter l’absence de ces deux enfants ?

Selon moi, le fait que Saad Hariri ne soit venu qu’avec son aîné et pas avec ses deux autres enfants signifie qu’il demeure otage et qu’il fait toujours l’objet de pressions. Mais tout de même, cette affaire met en lumière les incongruités de la politique libanaise où un Premier ministre peut avoir plusieurs nationalités. Saad Hariri a trois passeports : français, saoudien et libanais ce qui pose un vrai problème. Est-ce qu’un Premier ministre peut jouir d’une autre nationalité ? En outre, il ne faut pas oublier qu’il fait également partie de la famille de l’actuel roi. 

Comment analyser cette séquestration ?

Cela fait partie d’un plan américain dessiné depuis longtemps par Donald Trump, sa fille et son gendre Jared Kushner, ils utilisent MBS comme un apprenti sorcier. Si cette affaire tourne mal pour le Liban dans le cas où le parti d’Hariri, le « Courant du Futur » ou d’autres acteurs de la scène libanaise comme Samir Geagea entreraient en conflit avec le Hezbollah, ils essaieront d’étendre ce conflit à l’Iran ou la Syrie. Cette affaire est une sorte de crise du Qatar bis.

Quelle peut être l’issue de cette crise ?

Saad Hariri rentré au Liban le jour de la fête de l’indépendance, avait deux possibilités, maintenir sa démission ou y renoncer. Il a choisi une troisième voie qui consiste à suspendre sa décision, nous revoilà donc à la case départ, la crise libanaise est toujours au-devant de la scène. Cela étant, le Président libanais, Michel Aoun et Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah sortent grandis de cette séquence par la sagesse avec laquelle ils ont géré cette crise délicate et sans précédent dans les relations internationales. Ironie du sort, Saad Hariri se retrouve dans les habits du héros populaire. Autant dire que la séquestration du Premier ministre a eu les effets inverses à ceux escomptés : MBS s’est tiré une balle dans le pied. Il faut donc s’attendre à des répercussions graves dans les semaines à venir concernant la situation intérieure du Royaume Saoudite. Se servir de Saad Hariri pour déstabiliser le Liban était de toute façon une très mauvaise idée. Il faut se souvenir qu’il s’est retrouvé au pouvoir par hasard, il a mis ses pas dans ceux de son père, mais le costume est trop grand pour lui. Il n’est à la hauteur ni en politique ni dans les affaires. Il s’est retrouvé à la tête d’une immense holding et son groupe OGER a fait faillite.

Quel a été le rôle d’Emmanuel Macron ?

Le Président français a joué un coup de maître, il a occupé la scène et a permis à tout le monde d’avoir une sortie honorable. Le Liban retrouve un Premier ministre libre au moins physiquement, ce qui redore le blason d’un Etat qui aurait pu passer comme fantoche dans la mesure où son Premier ministre est arrêté dans un autre pays. Emmanuel Macron est donc gagnant sur tous les tableaux de la scène libanaise du parti de Michel Aoun à celui d’Hariri.  Il est également gagnant du côté de l’Arabie Saoudite car il a offert une porte de sortie à MBS, dont tout le monde a pu s’apercevoir qu’il pratiquait les méthodes d’un Etat voyou.

L’ Arabie Saoudite sort elle totalement perdante de cette séquence surréaliste ?

Attendons de voir la suite, néanmoins l’actualité autour du Premier ministre a permis de masquer momentanément l’extrême fragilité de ce Royaume et ses nombreux problèmes. En effet, cet Etat est englué dans la guerre au Yémen et dans la crise du Qatar ; il a perdu en Syrie malgré les milliards déversés. Enfin « l’affaire Hariri » a permis d’occulter, un tant soit peu, l’incroyable purge des princes réalisée en vue de la difficile succession du prince héritier.  

Les Etats-Unis et Israël, un pays qui s'est rapproché de l’Arabie Saoudite, ont-ils raison de se servir de MBS afin de jouer leur carte stratégique au Proche et Moyen Orient, n’est-ce pas un jeu extrêmement risqué ?

C’est un fait aujourd’hui, les relations entre le royaume saoudite et Israël éclatent au grand jour avec la bénédiction de l’administration trump et la coopération étroite de son gendre Jared Kushner. Effectivement, il y a un risque, celui de déclencher une guerre au Moyen Orient à cause du manque d’expérience de MBS. Cette guerre aurait des conséquences néfastes sur tous les pays de la région et notamment sur Israël qui serait peut-être obligé d’adopter une riposte nucléaire. Néanmoins quoi que fasse MBS, ce ne pourrait être que bénéfique pour les USA et Israël car la désagrégation des différentes entités au royaume saoudite irait dans le sens du rêve du Moyen Orient tant désiré par les néoconservateurs et donnerait peut-être une chance à Israël d’annexer des territoires qui iraient jusqu’aux côtes de la mer rouge de ce royaume.

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Arabie Saoudite : Après la tentative de coup d’état, par Richard Labévière

26 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le Liban

Beyrouth, 13 novembre 2017.

Comme l’a titré le quotidien Al-Akhbar, dès le lendemain de l’annonce de sa démission sur la chaine de télévision saoudienne Al-Arabia, le Premier ministre libanais Saad Hariri serait l’« otage » du jeune prince héritier Mohamad Ben Salman (MBS). La démission surprise de Saad Hariri constitue sans doute l’un des dégâts collatéraux d’une tentative de coup d’Etat fomenté par les princes, hommes d’affaires et responsables militaires du clan de l’ancien roi Abdallah et d’autres cercles – religieux notamment -, victimes de la révolution de palais mené par l’actuel roi Salman (83 ans) pour installer définitivement son fils MBS (32 ans) sur le trône !

OTAGE ET PRISONNIER

Otage et prisonnier de la monarchie wahhabite, Saad Hariri l’est à plusieurs titres : Premier ministre libanais, mais détenteur d’un passeport saoudien, Saad Hariri et sa famille restent historiquement liés au clan Abdallah. Le Premier ministre libanais partage les options régionales de l’ancien roi d’Arabie : conservatisme sunnite, fermeté vis-à-vis d’Israël et évitement d’un durcissement immodéré avec l’Iran. Cette posture l’a amené à accepter l’accession du général Michel Aoun à la présidence du Liban, après avoir tendu la main à Sleiman Frangieh, le chef des Marada, lui-aussi partisan du camp du « 8 mars », allié au Hezbollah.

En obligeant Saad Hariri à démissionner de ses fonctions d’une manière si brutale, MBS le force aussi à renoncer à la participation du Hezbollah aux pouvoirs exécutif (deux ministres font actuellement partie du gouvernement) et législatif (13 députés sur 128) libanais et, par conséquent, à renier son pragmatisme consensuel qui avait permis au Pays du Cèdre de sortir de plusieurs années de blocage politique. Et pour qu’il boive le calice jusqu’à la lie, Riyad oblige Saad Hariri à effectuer une visite aux Emirats arabes unis, l’autre partenaire de l’Arabie saoudite partisan d’un durcissement des relations avec l’Iran et le Qatar. Le Premier ministre libanais a dû aussi accorder une interview effectuée depuis Riyad à la chaine libanaise Future-TV(organe du camp du 14 mars auquel appartient Saad Hariri) ce dimanche 12 Novembre. Il déclare qu’il est fier d’avoir démissionné depuis l’Arabie saoudite, ajoutant que « le roi Salman le considère comme un fils et qu’il respecte le prince héritier MBS ». Tout est dit !

Non sans cynisme, et en forçant ainsi le Premier ministre libanais à se transformer en VRP de sa politique belliciste, Riyad ose affirmer que Saad Hariri est bien libre de ses mouvements ! En réalité, toute la famille du Premier ministre libanais est retenue en résidence surveillée dans une banlieue résidentielle de Riyad, en dépit des tentatives de médiation libanaise, égyptienne, marocaine, palestinienne et française pour le ramener au Liban – lui et sa famille – ou les exfiltrer vers la France. Profitant de la visite d’Emmanuel Macron aux Emirats arabes unis, la diplomatie française aura mobilisé, en vain, toutes ses énergies.

L’actuel ambassadeur de France à Riyad, l’excellent François Gouyette, a remué des montagnes et des dunes. Il a pu s’entretenir seul à seul avec le Premier ministre libanais et comprendre que ce dernier et sa famille sont retenus en Arabie saoudite contre leur volonté. Bertrand Besancenot – ambassadeur de France à Riyad durant dix ans et actuel médiateur dans le contentieux opposant la monarchie saoudienne au Qatar – ainsi que le patron des services extérieurs (DGSE), Bernard Emié – ancien ambassadeur à Alger et Beyrouth – ont eux-aussi aussi mouillé la chemise, mais se heurtant à une absolue fin de non-recevoir du pouvoir saoudien.

Représentant la France à Beyrouth, l’ambassadeur Bruno Foucher a fait le tour des responsables politiques du Pays du Cèdre, s’assurant de leur volonté unanime à éclaircir les conditions de cette démission surréaliste, contraire à tous les usages. Avec sang-froid et maîtrise, le président libanais Michel Aoun a rejeté cette démission prononcée en dehors du territoire national, exigeant le retour de Saad Hariri au Liban afin qu’il puisse expliquer à ses pairs les raisons d’une telle décision. Seul le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, semble se réjouir du coup de force saoudien…

Sur la route du retour des Emirats arabes unis où il venait d’inaugurer le Louvre local, Emmanuel Macron a fait halte à l’aéroport de Riyad pour y rencontrer MBS, afin d’évoquer « les crises régionales » et le sort du Premier ministre libanais. En signant dernièrement avec Theresa May et Angela Merkel un communiqué commun appelant Donald Trump à ne pas défaire l’accord sur le nucléaire iranien, le président français a indisposé, non seulement Washington, mais aussi Riyad. Afin de rééquilibrer la donne, Emmanuel Macron a donc multiplié les déclarations de fermeté vis-à-vis de l’Iran – s’agissant notamment de son programme balistique – lors de sa visite de la base française d’Abu Dhabi. Mais cela n’a pas suffi à convaincre MBS de le laisser ramener Saad Hariri et sa famille à Paris pour sortir de l’impasse.

« MBS est maintenant prisonnier d’une fuite en avant comme le Prince de Machiavel : soit supprimer tous ses opposants d’un coup, soit succomber lui-même à ses opposants », explique un expert libanais de la monarchie wahhabite qui souhaite conserver l’anonymat ; « à 32 ans, ce jeune prince sans expérience pense qu’avec l’argent il peut tout acheter alors que ses décisions sont des échecs patents, en Syrie, au Yémen et au Bahreïn- où la répression quotidienne par les forces saoudiennes de sécurité contre une population majoritairement chi’ite indispose aussi fortement les minorités chi’ites des provinces pétrolières saoudiennes régulièrement secouées par des mouvements de protestation tout aussi violemment réprimés. Sa conception géopolitique du monde la plus sophistiquée se réduit à celle de la planète des singes… »

REVOLUTION ET CONTRE-REVOLUTION DE PALAIS

Roland Lombardi1 nous rappelle opportunément l’exemple le plus frappant de la détermination de MBS à détenir la totalité du pouvoir entre ses seules mains : « le cas du puissant et incontournable prince Mohammed ben Nayef Al Saoud (57 ans et propre cousin du jeune prince), ancien Monsieur Sécurité et anti-terrorisme du royaume et véritable version bédouine d’un Joseph Fouché ou d’un J. Edgar Hoover est emblématique. Il a été évincé en juin dernier de son ministère de l’Intérieur, de son poste de vice-Premier ministre et surtout de son statut de prince héritier… Tout cela engendre frustrations, rancœurs et fait de nombreux mécontents parmi les élites et les notables écartés du pouvoir ».

Dans les milieux religieux, ce ne sont pas moins d’un millier d’imams wahhabites jugés extrémistes qui ont été mis à l’ombre en quelques semaines, comme en témoignent les dernières arrestations de Salman al-Awda, Awad al-Qarni et Ali al-Omari, trois prédicateurs conservateurs très populaires. D’autres arrestations concernent notamment des personnes étroitement liées à la famille du défunt prince héritier et ministre de la Défense Sultan ben Abdel Aziz, mort en 2011. Le nombre des comptes en banque, appartenant à des particuliers, qui ont été gelés, est passé de 1 200 à plus de 1 700, précise-t-on de sources bancaires.

La dernière décision de MBS visant à permettre aux femmes de conduire leur propre voiture sans être accompagnées d’un chaperon, a été perçue par le Conseil des Oulémas et tous les gardiens du wahhabisme – qui sert toujours de fondement aux lois de la monarchie – comme un véritable défi et une concession faite à l’administration américaine.

Cette révolution de palais, à la fois autoritaire et tintée de modernisme, est couverte, sinon encouragée par Donald Trump lui-même, qui a décidé de miser sur le jeune prince héritier à trois conditions : moderniser, sinon « occidentaliser » les usages de la vie quotidienne de la monarchie ; combattre le radicalisme salafiste et arrêter de financer le terrorisme islamiste ; enfin, orienter principalement la politique étrangère de la monarchie contre l’Iran en se rapprochant d’Israël. Cette « couverture » américaine est principalement le fait de quatre personnages clefs : Jared Kushner (36 ans), le gendre et proche conseiller de Trump, farouchement pro-israélien ; le général H. R. McMaster conseiller à la sécurité nationale ; le général James Mattis Secrétaire à la Défense et le chef de cabinet de la Maison blanche, le général John Kelly.

Les trois derniers connaissent bien les arcanes de l’Orient compliqué et cherchent à tourner la page d’une Arabie saoudite impliquée dans les attentats du 11 septembre 2001 : 17 des 19 pirates de l’air étaient Saoudiens ou d’origine saoudienne. Le 20 mai 2017 à Riyad, devant une cinquantaine de pays sunnites, Donald Trump adoube l’Arabie saoudite comme la seule et unique puissance régionale du Proche-Orient aux côtés d’Israël. Non content de vendre plusieurs centaines de milliards d’armements aux monarchies du Golfe, Donald Trump appelle – en convergence de moins en moins cachée avec Israël – à « isoler l’Iran », accusé de « soutenir le terrorisme ».

Parmi les 10 000 princes saoudiens, ces orientations ne font pas l’unanimité, surtout le rapprochement amorcé avec Tel-Aviv. Ajoutées à l’autoritarisme grandissant de MBS et à sa volonté affichée d’accaparer la totalité du pouvoir, plusieurs manifestations populaires ont été violemment réprimées dernièrement, notamment dans la province du Assir, la région stratégique des terminaux gaziers et pétroliers. Plusieurs sources locales parlent même d’affrontements armés faisant plusieurs dizaines de victimes. Il n’en faut pas plus pour que le Palais dénonce une tentative de coup d’Etat, lui permettant de finir de décapiter toute espèce d’opposition au nom d’une soudaine « lutte contre la corruption ».

Jared Kushner arrive à Riyad en catastrophe. Durant la nuit de samedi à dimanche dernier, il reste en compagnie de MBS jusqu’à 4 heures du matin, tandis que la Vème Flotte2 est mise en alerte. Plusieurs escadrilles de la chasse américaine survolent Djeddah et le Nedj, couverts par un appareil de surveillance AWACS (Airborne Warning and Control System). Accréditant qu’il y a bien eu tentative de coup d’Etat, le CENTCOM reste en alerte, particulièrement mobilisé pour la protection de Dubaï après l’affirmation d’un journal iranien disant qu’il suffirait d’un missile sur cette ville pour faire éclater « la bulle financière des Emirats arabes unis ».

ARRESTATIONS ET ATTENTATS

Simultanément à cette purge sans précédent engagée par MBS contre ses opposants, dimanche 5 novembre l’hélicoptère du prince Mansour ben Moqren – vice-gouverneur de la province du Assir (dans laquelle se sont déroulées les manifestations anti-MBS) – s’écrase près d’Abha à proximité de la frontière du Yémen. « D’autres responsables militaires » se trouvaient à bord de l’appareil a précisé la chaine pro-gouvernementale Al-Arabia, laissant entendre que l’appareil avait été victime, soit d’une avarie technique, soit d’un tir des rebelles yéménites houthi…

Accusés d’être soutenus par l’Iran, ces derniers ont revendiqué avoir tiré un missile sur une distance de plus de 750 kilomètres pour viser l’aéroport de Riyad. Il s’agit de la première attaque du genre visant la capitale saoudienne. Si plusieurs officiers européens de renseignement confirment la paternité « houthi » du tir de ce missile sur Riyad, ces mêmes sources se montrent plus dubitatives quant au crash de l’hélicoptère du prince Moqren. Certains estiment qu’aucune indication de tir de proximité n’a été relevé et que l’explosion est intervenue de l’intérieur de l’appareil…

Dans ce contexte de « tension extrême », selon les propres termes d’un ambassadeur européen en poste à Riyad, le roi Salman a signé deux décrets. Le premier entérine la mise à la retraite anticipée et l’arrestation de l’émir Metab ben Abdallah, le puissant chef de la Garde nationale saoudienne – un corps d’élite de 200 000 hommes chargé d’assurer la sécurité de la capitale et de lutter contre le terrorisme. Le même texte officialise aussi les arrestations du vice-amiral Abdallah al-Sultan, aux commandes de la marine saoudienne depuis 2014 et du ministre de l’Economie et du Plan Adel Fakih.

Un second décret a installé une Commission de lutte contre la corruption, sous la présidence de MBS. Cette nouvelle instance décide aussitôt d’appréhender onze princes, quatre autres ministres en exercice et une dizaine d’anciens ministres dont l’émir Turki ben Abdallah, l’ancien gouverneur de la province de Riyad, lui aussi proche du clan Abdallah. Dans le même temps, à New York, on annonçait que l’offre publique d’achat pour la privatisation effective de l’ARAMCO serait lancée non pas à Riyad, mais… à Wall Street à la plus grande joie du président Trump !

Fait aussi partie de la charrette l’homme d’affaire Walid ben Talal, considéré comme l’un des hommes les plus riches du monde. Sa société Kingdom Holding Company est actionnaire de Citigroup, Apple, Twitter et Euro-Disney notamment. Son animosité envers le président américain Donald Trump pourrait être l’une des raisons de son arrestation. Deux autres hommes d’affaires opposés à MBS font partie du lot : Walid ben Ibrahim al-Ibrahim, le propriétaire de la MBC (Middle East Broadcasting Company) ayant refusé dernièrement de vendre ses chaines à MBS et Bakr ben Laden, le président du groupe Saudi BinLaden, référence lourde des attentats du 11 septembre 2001.

Toutes ces personnalités- soit plus de 1 500 personnes – ont été enfermées à l’hôtel Ritz de Riyad où a été aussi transféré Saad Hariri. La presse officielle de la monarchie vient d’annoncer l’adoption d’une nouvelle loi anti-terroriste qui préconise notamment des peines d’emprisonnement de 5 à 15 ans pour diffamation ou insulte publique à l’égard du roi ou du prince héritier.

L’APRES AOUN A COMMENCE

« Indépendamment de l’insulte faite au peuple libanais, aujourd’hui, le jeune MBS fait exactement ce que Recept Erdogan a fait après la tentative de coup d’Etat visant à le renverser en juillet 2016 », explique un officier de renseignement en poste à Beyrouth, « il fait le ménage en neutralisant les grandes familles, les milieux sécuritaires, économiques et médiatiques suspectés, non pas d’avoir participé directement à la tentative de coup d’Etat, mais de l’avoir acceptée, sinon souhaitée. Avec l’aval des Etats-Unis, il est en train de mettre en place un régime dictatorial tout en libéralisant les mœurs et les réseaux sociaux, parce que c’est meilleur pour les affaires ».

La prise en otage du Premier ministre libanais par les autorités saoudiennes a principalement trois conséquences sur la situation libanaise : une remontée optimale de la menace terroriste (des attentats contre des cibles chi’ites sont à craindre, notamment dans le nord du pays et les régions et quartiers urbains chi’ites des grandes agglomérations) ; la suspension des élections législatives qui devaient avoir lieu en mai prochain ; et la recherche – qui s’annonce d’ores et déjà laborieuse – d’un nouveau gouvernement de « technocrates » où la présence du Hezbollah ne serait plus affichée.

D’une manière générique et organique, cette crise relance aussi la course à la succession de Michel Aoun pour la future présidence de la République. Dialectiquement, la prise d’otage de Saad Hariri foudroie les espoirs de Gibran Bassil de succéder à son beau-père à Baabda, sans parler de ceux du chef des FL Samir Geagea, le « tueur en série » de la guerre civile, aujourd’hui courroie de transmission au Liban des intérêts israéliens et saoudiens.

Victime de son double langage – critiquant le Hezbollah en Arabie saoudite et dans toute la région tout en s’affichant comme son allié sur la scène intérieure -, le premier est largement responsable de l’affaire Hariri. Obligé maintenant de sortir de ses ambiguïtés coutumières, il ne peut être un candidat sérieux à la succession de son beau-père ! Depuis qu’il est sorti de prison, le deuxième souffle sur les braises confessionnelles comme s’il rêvait de voir reprendre la guerre civile pour s’adonner à son occupation favorite : l’assassinat de tous ceux qui ne partagent pas son fantasme d’un réduit chrétien purifié ethniquement et religieusement !

« Dans tous les cas de figures », affirme un ambassadeur européen en poste à Beyrouth, « ni Gibran Bassil, ni Samir Geagea ne pourront prétendre à la succession de Michel Aoun, qui nécessitera un homme jeune, apaisé, populaire et ouvert ».

La rédaction de prochetmoyen-orient.ch souhaite la libération prochaine de Saad Hariri et de sa famille, ainsi que la stabilité de notre cher Liban ! Bonne lecture et bonne semaine !

Richard Labévière
13 novembre 2017

1 Roland Lombardi – docteur en histoire, consultant indépendant en géopolitique et analyste au sein du groupe JFC Conseil. « Arabie saoudite : La “Nuit des Longs Cimeterres” se poursuit… » 8 novembre 2017.
2 La Cinquième flotte de l’US Navy a été créée le 26 avril 1944 puis supprimée en janvier 1947. Dans les années 1990, suite à la guerre du Golfe, le Pentagone a décidé de créer une flotte chargée des forces navales au Moyen-Orient. Elle est donc recréée le 1er juillet 1995. Son quartier général se trouve à Manama, au Bahreïn. Le soulèvement bahreïni de 2011 aurait conduit le commandement américain à envisager d’implanter le quartier général de la flotte dans un pays plus stable, le Qatar ou les Émirats arabes unis. La Ve flotte opère sous l’autorité du CENTCOM.

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[Censure ?] Menaces contre “Complément d’enquête” et “Envoyé Spécial” !Source : Pure Médias, Florian Guadalupe,

26 Novembre 2017 , Rédigé par lucien-pons

Grogne des journalistes de “Complément d’enquête” et d'”Envoyé Spécial” contre Delphine Ernotte, par Florian Guadalupe

Source : Pure Médias, Florian Guadalupe, 22-11-2017

Les reporters des magazines ont adressé une lettre à la présidente de France Télévisions pour faire part de leur colère.

Tempête à tous les étages à France 2. Ce mercredi, les reporters de “Complément d’enquête” et d'”Envoyé spécial” ont adressé une lettre, que s’est procurée “Quotidien“, à l’adresse de Delphine Ernotte, pour faire part de leur mécontentement concernant l’un des projets de France Télévisions. En effet, le groupe audiovisuel public envisage pour début 2018 de supprimer les magazines d’information le jeudi soir en deuxième partie de soirée, et de proposer “Complément d’enquête” en prime-time. Mécaniquement, cette décision provoquerait une réduction du nombre de numéros du programme de Thomas Sotto, ainsi que de celui d’Elise Lucet.

“Dangereux au niveau éditorial” et “incohérent pour le téléspectateur”

En premier lieu, les journalistes notent “la suppression pure et simple des 33 CDD de reporters des magazines” voulue par la direction de l’information. Selon eux, cela représente la “quasi-totalité des postes de fabricants” des deux magazines du jeudi soir, ainsi que de l’émission “13h15”. “Nous venons d’apprendre par accident que notre propre direction vous propose de supprimer jusqu’à 30 ETP (Equivalent Temps Plein) dans les magazines – dont les effectifs s’élèvent à moins de 100 personnes, hiérarchie et production comprises“, lancent-t-ils, rappelant que leur rédaction représente “moins de 7% des effectifs de l’information.

Le projet d’un passage des deux magazines à un rythme mensuel leur “paraît à la fois dangereux au niveau éditorial” et “incohérent pour le téléspectateur“. “Comment se retrouver dans une soirée du jeudi qui verrait se succéder ces deux émissions, mais aussi ‘L’Angle éco’, ‘L’Emission politique’, les portraits de Laurent Delahousse ?“, interrogent-t-ils Delphine Ernotte, assurant qu’une récente étude “facturée 48.000 euros” et “commandée par la direction des magazines” préconisait “précisément l’inverse“.

“Est-ce vraiment tout cela que vous souhaitez supprimer ?”

Par la suite, les reporters des magazines d’Elise Lucet et de Thomas Sotto souhaitent “alerter sur les conséquences directes” de vouloir “se séparer de CDD“, “dont certains sont des collaborateurs exclusifs et à temps plein” du groupe depuis près de 10 ans. Ils ajoutent : “Concrètement, sans CDD, sachez qu’il ne restera plus que deux reporters à ‘Complément d’enquête’, et cinq à ‘Envoyé Spécial’. Autant le dire franchement : cela reviendrait à faire disparaître ces é­missions.

De plus, ils relèvent les nombreuses enquêtes réalisées par les deux magazines qui ont eu un impact sur la société ces dernières années : l’affaire Bygmalion, l’Erythrée, la communication d’Emmanuel Macron, l’interview d’Asia Argento, les activités de Vincent Bolloré – une enquête qui a reçu le prix Albert Londres -, l’affaire Penelope Fillon ou encore les spéciales attentats. “Est-ce vraiment tout cela que vous souhaitez supprimer ? Pour la première fois dans l’histoire de France Télévisions, vous allez, madame Ernotte, devoir valider une réduction du nombre d’heures consacrées à l’information“, s’attristent les journalistes de France 2.

“C’est la survie des derniers magazines produits par le service public qui est en jeu”

Pour conclure, ils concèdent que “la rédaction et les magazines doivent participer aux efforts d’économie“, déclarant “avoir beaucoup d’idées allant dans ce sens” et vouloir “les faire partager“. “Mais prendre comme seule boussole la diminution de nos ETP de fabricants, alors que nous sommes, au quotidien, spectateurs impuissants d’aberrations de gestion nous paraît incompréhensible“, écrivent-t-ils, avant de terminer : “Avant de faire votre choix, gardez à l’esprit que derrière cette décision comptable, c’est la survie des derniers magazines produits par le service public qui est en jeu.

Source : Pure Médias, Florian Guadalupe, 22-11-2017

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Réponse à [Censure ?] Menaces contre “Complément d’enquête” et “Envoyé Spécial” !Fabrice Le 26 novembre 2017 à 06h34

  1. Afficher/Masquer

    Il est clair que plutôt de censurer directement ces émissions dérangeante pour les gouvernements qui se sont succédés mais surtout les amis de monsieur Macron rien de tel qu’étrangler à la source ces émissions en faisant les innocents en se drapant dans les motifs de rigueur budgétaire en parallèle on notera que les affidés des amis sonnent l’halali contre Élisabeth Lucet histoire de rajouter une couche afin d’essayer pitoyablement de faire taire toute protestation.

    Je crois avoir vu une pétition pour soutenir une des dernières journalistes d’investigation qui peut informer le grand public au niveau national. Ah oui voilà

    https://www.mesopinions.com/petition/medias/liberte-expression-exercice-fonction-journaliste-elise/35960

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