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Le blog de Lucien PONS

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Impressions depuis l’Iran – suivi de "Lettres de Syrie".

4 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Impressions depuis l’Iran – suivi de "Lettres de Syrie"

"Qu’est ce que tu veux aller faire en Iran ?"

Dans un monde dominé par la prolifération et les menaces de guerres envers les peuples des pays non-alignés, par la manipulation grossière de l’information (1) - guerre faite aux peuples des pays alignés - et par la récupération et le contrôle des mouvements de résistance des peuples de tous les deux, il ne reste qu’une chose à faire : aller voir soi-même sur place.

L’occasion se présente un beau matin dans une agence de voyage où, en passant, je me renseigne sur les prix d’avion pour l’Iran : on me propose un vol Zurich-Istanbul-Téhéran pour le mois d’août pour un peu plus de 400 euros. Un coup de fil à l’ambassade d’Iran plus tard, me voilà rassurée : une voix très sympathique me confirme que je peux acheter ce billet sans souci et - autre bonne nouvelle - que je peux sans problème m’y rendre en sandales (la seule chose qui m’inquiétait vraiment). Effectivement, je reçois mon visa sans encombre.

A la question "Qu’est ce que tu veux aller faire en Iran ?" j’ai souvent répondu simplement : "Quand les médias disent une chose, il m’arrive de penser le contraire..." Bien sûr, il y a eu d’autres éléments qui m’ont donné envie d’aller connaître ce pays, entre autres le fait que l’Iran sera à la tête du Mouvement des pays non-alignés pour ces prochaines années et reçoit en ce mois d’août les représentants des 120 états membres, qui représentent 55% de la population mondiale, et qui se réunissent tous depuis leur création avec ce besoin d’autodétermination en commun. Ce qui me rapprochait aussi du peuple iranien était le fait que son gouvernement actuel a toujours soutenu la cause du peuple palestinien.

Pour la suite (j’exagère un peu, mais pas trop), et en sous-titrant les mises-en garde de certaines personnes de mon entourage, tout le monde ne semble pas du même avis...

"Tu ne pourras pas voyager sans l’autorisation de ton mari"

Partir légère, sans plan, sans adresse, sans contacts, a toujours été ma façon préférée pour découvrir un pays. Je m’imaginais un peuple très hospitalier et ouvert - et je n’ai pas été déçue. Je profite du vol pour apprendre à prononcer quelques mots et à compter en farsi. Montrer une photo de famille (avec mon mari et mes 4 ados qui sont restés au pays) est un bon moyen pour entrer en communication avec des femmes de mon âge qui ne parlent pas l’anglais. Pour trouver un cyber-café, une gare ou un bureau, je me fais écrire les indications en farsi sur un bout de papier, car je ne peux pas lire les enseignes... Je me fais souvent aborder, en priorité par des jeunes entre 20 et 28 ans qui m’offrent spontanément leur aide sans jamais s’imposer, soit pour me montrer leur grande richesse en biens culturels ou soit parce qu’ils ont tout simplement envie de pratiquer leur anglais. Souvent, en partant, ils me laissaient leur numéro de téléphone : « si tu as des problèmes de traduction, appelle-moi, je ferai l’interprète". C’est un service que je n’ai évidemment jamais eu besoin d’utiliser parce que je faisais partout de nouvelles rencontres.

Après quelques jours, j’avais expérimenté tous les moyens de locomotion possibles : moto-taxi improvisé, bus public, métro (espace femmes ou espace mixte), taxi collectif et train. Le premier taxi, de l’aéroport de Téhéran au centre ville à 4h du matin, m’a coûté plus cher que le train de nuit entre Yazd et Kerman et le bus de nuit VIP entre Kerman et Shiraz réunis. Le prix du pétrole est effectivement assez cher pour le transport individuel (700 tuman/7000 rials le litre), ce qui revient à env. 20 dollars les 500 km, alors qu’en bus, le même trajet ne coûte que 5 US dollars (août 2012). Je n’ai croisé qu’une douzaine de touristes européens au cours de ces 3 semaines. il parait que le tourisme a beaucoup baissé depuis les derniers 4 ou 5 ans.

"Tu ne pourras pas aller dans un hôtel toute seule"

Je n’ai fait que deux fois une demande de logement via le site de couchsurfing, qui m’est familier et qui fonctionne aussi très bien en Iran, même si ce n’est pas vu d’un bon oeil du coté du gouvernement qui préfère que les gens logent dans des hôtels payants. Sinon, je me fais souvent inviter spontanément par des rencontres du jour.

Le fait de voyager léger et de ne rien réserver à l’avance me permet d’accepter ces invitations. Si je choisis de loger dans une auberge, il arrive que le réceptionniste lui-même m’invite à venir dans sa famille pour un repas ou même pour y dormir. Je peux me permettre d’arriver en pleine nuit dans certaines villes, en me sentant plus en sécurité qu’en Suisse car, au pire, il me resterait toujours la possibilité de m’allonger en plein centre ville dans un parc public aux côtés de ces familles de touristes iraniens qui y plantent leurs tentes en toute légalité. C’est donc le pays pour voyager en tant que femme seule, avec une hospitalité non calculée inédite, et protégée par l’islam des avances de la gente masculine.

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« Tu ne pourras pas boire de l’alcool »

C’est vrai. Comme dans tous les pays musulmans, l’idée de boire de l’alcool ne me traverse pas l’esprit ici - même à moi, qui adore le vin ! Arrivée presque au début du ramadan, j’ai côtoyé beaucoup de musulmans pratiquants, jeunes et moins jeunes. Tous les cafés et restaurants sont fermés durant la journée et il faudra dénicher des vitrines couvertes de journaux ou entrer dans des petits magasins afin de s’approvisionner de quelque chose de comestible avant le coucher du soleil. Dans ce contexte, et peut-être à cause de la température, l’idée de manger ne me traverse étonnement pratiquement jamais l’esprit. J’ai quelques noix dans mon sac et je bois de l’eau aux robinets. J’ai toujours quelque chose de plus passionnante à faire que de penser à manger et encore moins à boire de l’alcool. D’ailleurs, mes 3 semaines de séjour me paraîtront deux fois plus longues car je ne dors que peu, n’étant pas fatiguée - est-ce un effet de l’abstinence ? - et discute souvent jusqu’à 4h du matin avec mes interlocuteurs pour prendre directement le safar (petit déjeuner avant l’aube). Deux fois, il m’arrivera de jeûner complètement, c’est-à-dire sans boire de l’eau, en solidarité avec la personne avec laquelle je me trouvais, malgré leur insistance que je n’y étais pas obligée, juste pour en faire l’expérience. Ce n’était finalement pas une bonne idée car j’ai eu mal à la tête pendant 2 heures en fin de journée. Par contre, je peux désormais compatir et repérer les pratiquants en fin de journée d’après leur regard et la façon qu’ils ont de se mouiller la bouche sans boire.

Islam

Il y a beaucoup de passages du Coran qui ressemblent à la Bible, avec la différence que les musulmans ne croient pas que Jésus soit le fils de Dieu mais simplement un de ses prophètes car, pour eux, le concept de la trinité correspondrait à une forme de polythéisme. Ils ne croient pas non plus au péché originel dont le sacrifice de Jésus sur la croix serait la rédemption. Ils croient à la responsabilité de chacun, selon ses actes.

Vie religieuse - vie profane

Les règles religieuses qui concernent la vie quotidienne ; et qui dans un monde non islamique sont souvent considérées comme désagréables ou imposées par la force ou restrictives, ne paraissent pas être ressenties par les pratiquants comme négatives ni comme des limitations à leurs libertés. La vie religieuse ou spirituelle et la vie des plaisirs matériels ont l’air de faire bon ménage. Ceux qui ne pratiquent pas le jeûne le font discrètement par égard aux autres. Souvent, les musulmans expliquent que les règles du Coran sont très logiques et adaptées à une vie saine, comme par exemple le fait de ne pas boire de l’alcool, de ne pas manger du porc, de se laver avant chaque prière, etc.

« Qu’est ce que tu vas faire chez les musulmans pendant le ramadan ? »

Les repas du soir sont de grands moments de joie de vivre. Le ramadan se termine par le ’Id al-Fitr, fêté en famille.

D’ailleurs, les iraniens ne souffrent pas de stress et emportent souvent leur grand tapis dans le coffre de leur voiture pour s’arrêter aux heures chaudes sous un arbre pour faire une sieste, boire du thé, manger des raisins ou fumer le narguilé. Les journées de voyage sont exemptées du jeûne, mais doivent être rattrapées avant le prochain ramadan.

Les chiites

En Iran, c’ est le chiisme qui est majoritaire, contrairement aux autres pays islamiques, mais jamais je n’ai entendu des propos négatifs contre les sunnites ou contre les chrétiens.

L’imam est un érudit qui connaît les lois, chez les chiites, avec un ayatollah à leur tête. "L’Imam Khomeini a reçu le titre d’iman honoraire après son décès. Il fut un Guide, un père, un enseignant, un espoir et le bien-aimé de la nation iranienne, il symbolisait l’espoir de tous les opprimés du monde, particulièrement parmi les musulmans", m’explique le guide dans le modeste Khomeiny house à Qom et m’offre le livre "Governance of the jurist : Islamic government", une compilation des écrits de Khomeini où il argumente sur la nécessité de former un gouvernement islamique dans lequel tous les problèmes sociétales sont déjà réglementés. Ainsi, la république islamique fut instauré en 1979 par un référendum.

Aujourd’hui, ils sont nombreux à reprocher à leur président, Ahmadinejad, de ne pas être assez diplomatique avec les pays impérialistes et d’ainsi ramasser des sanctions économiques. Beaucoup voient en lui la cause de la montée des prix. Aussi, ils se plaignent que le pétrole est trop cher, contrairement aux promesses faites par le gouvernement. Il y a aussi beaucoup d’Iraniens qui considèrent que la religion ne devrait pas être mêlée à la politique, que la pratique du ramadan et d’autres pratiques religieuses sont des bonnes choses en soi, mais ne devraient pas être plus ou moins imposées par leur gouvernement. Idem pour le code vestimentaire.

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"Tu devras porter le voile"

Eh ben, oui ! Alors que beaucoup de femmes n’ont pas du tout envie de se séparer de leur voile décoratif, elles trouvent que cela devrait être leur libre choix. De l’autre coté, elles sont contentes que leur mari ne puisse pas voir les jambes d’autres jeunes femmes. Elles se sentent plus protégées ainsi, car elle pensent que les hommes ont toujours des désirs. Pour ma part, la chaleur du mois d’août m’est bien plus agréable en manches longues. Je me suis aussi vite habituée au foulard, même si je m’en serais passé parfois, et je suis généralement invitée à me mettre à l’aise dès que j’entre dans une maison. Le rosari (foulard) se porte partout par toutes les femmes, les cheveux dépassent plus ou moins selon l’âge ou selon la région (ville ou campagne), le maqnei (voile plus formel qui ressemble un peu au voile de nos religieuses) est porté par les fonctionnaires, sur certains lieux de travail, à la télé, etc., et a l’avantage de ne pas devoir être remis en place régulièrement. Souvent, des femmes âgées se voilent en plus avec le djador complet qui, pour les autres, n’est obligatoire que dans certaines mosquées où il peut être emprunté à l’entrée, et certaines personnes âgées tiennent en permanence un bout du voile dans la bouche pour cacher la moitié de leur visage. A la maison ou entre elles, les femmes se mettent à l’aise, et j’en ai même vu venir faire la sieste dans la partie des femmes des mosquées où, après la dernière prière du soir, un petit casse-croûte (iftar) est distribué à tout le monde. L’hygiène est un autre point où la vie religieuse et la vie profane se retrouvent, et c’est toujours un plaisir de trouver un hamman publique pour se faire un gommage hebdomadaire, même si la plupart des femmes le font chez elles à la maison. J’ai aussi croisé plusieurs iraniennes qui apparemment venaient d’effectuer une chirurgie plastique pour montrer un nez parfait, une pratique apparemment assez répandue.

"En Iran, on ne respecte pas les femmes"

Je n’ai pas eu cette impression. Par contre, mes interlocutrices étaient choquées quand je leur ai dit que chez nous, une femme gagne souvent 20 à 30 % de moins pour le même travail effectué par un homme. Elles sont très bien représentées dans tous les domaines, les places dans les garderies sont faciles à obtenir et je n’ai jamais entendu un homme siffler derrière une femme ou vu un client taper une serveuse sur son derrière. J’ai rencontré un très grand nombre de femmes ingénieurs, médecins, avocates, journalistes, etc. Il parait qu’elles représentent plus de 60% des étudiants à l’université. Ayant entendu à mon retour de voyage que l’Iran comptait à nouveau fermer l’accès aux femmes à certains branches, j’ai posé la question à une de mes nouvelles connaissances par mail. Voici sa réponse (pas tout à fait convaincante à mon avis) : « Oui, j’ai aussi entendu qu’il y aura certaines branches où les hommes auront priorité. Le fait d’avoir plus de femmes que d’hommes à l’Université est effectivement devenu un problème et on aura beaucoup d’hommes au chômage, ce qui peut devenir un danger pour tout le monde. Malgré le fait que les filles sont d’excellentes étudiantes, il y a certains emplois qui se prêtent mieux aux hommes. Par contre, il n’y aura aucune limitation d’accès des femmes à l’université. Mais, je pense que ce déséquilibre en faveur des femmes en Iran doit être un peu corrigé, ce qui sera mieux pour tout le pays.  »

"Tu vas être prise pour une espionne européenne"

Suivi de « Prends avec toi l’adresse de l’ambassade Suisse", le deuxième n’allant pourtant pas très bien avec le premier, alors que l’ambassade Suisse fait aussi office de représentation des intérêts des Etats-Unis et que la Suisse venait d’offrir de l’argent à l’opposition syrienne peu avant mon départ... Bon, je n’ai pas suivi ce conseil non plus, et le fonctionnaires me font une bonne impression. D’abord les douaniers qui m’accueillent avec un « welcome in Iran  », puis des policiers iraniens qui m’aident à attraper un bus entre deux villes et m’offrent de l’eau en plein ramadan, tout en s’excusant qu’elle n’est pas assez fraîche et finalement à ma deuxième sortie définitive (en revenant en transit à l’aéroport de Téhéran, après une petite virée improvisée en Arménie et en Géorgie. Je suis obligée de leur demander de m’organiser une carte d’embarquement à l’extérieur, car je n’ai plus de visa, ce qu’ils font pour moi en pleine nuit).

Toutefois, j’ai été surveillée lors de la grande manifestation à Quods, qui a lieu chaque dernier vendredi du ramadan en soutien à la Palestine pour dénoncer l’ingérence des impérialistes et des sionistes. Alors que j’étais en train de parler avec un Japonais équipé d’une énorme caméra, deux policiers en civil m’ont demandé gentiment de leur montrer mes photos prises pendant la manifestation. Ils m’ont rassuré que je ne devais pas avoir peur d’eux et que c’était juste un jour très sensible pour eux et qu’ils ne souhaitent pas que nos médias diffusent n’importe quoi. Je les ai rassurés de mon coté que eux non plus, ne doivent pas avoir peur de moi et on a bien rigolé ensemble. Toutes mes photos ont passées la censure.

"Tu vas ramasser une bombe israélienne"

Nous savons tous que le refus d’Israël de signer le traité de non prolifération des armes nucléaires est un sérieux obstacle à la paix mondiale, tout comme ses déclarations belligérantes et odieuses envers ce peuple pacifique. Le silence consentant de l’Europe n’y aide pas non plus.

Les réponses de mes interlocuteurs par rapport à leur évaluation d’une éventuelle agression par Israël se résument à peu près ainsi : Nous entendons ces discours et ces menaces depuis 30 ans. Nous sommes un peuple très paisible. Utiliser la bombe atomique est contre notre religion. Nous n’avons jamais attaqué personne, mais nous saurons très bien nous défendre. Nous avons le droit de faire des recherches dans l’énergie nucléaire civile. Israël possède 200 ogives. Personne ne s’indigne. Nous avons aussi des missiles d’une portée de plus de 2600 km. Le petit Israël n’aura jamais les moyens pour nous attaquer tout seul, cela serait suicidaire de leur part, mais ils en sont capables. Ce serait la plus grosse erreur de leur histoire. S’ils le font avec l’aide des USA, ce sera le déclenchement de la dernière guerre mondiale. Ici, nous vivons tranquillement et personne ne pense à une guerre.....

Ces réponses correspondent aux discours de l’Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique qui a succédé à Khomeini, et que l’on peut souvent voir à la télévision durant ce mois de ramadan. Bien-sur, que je ne comprends pas ce qu’il dit mais voici ce que j’ai trouvé sur le net :

dans un des sermons de la prière de l’Eïd-ul-Fitr :

« La République islamique d’Iran considère l’utilisation des armes nucléaires, chimiques et à destruction massive comme un péché impardonnable. Nous avons proposé le slogan "Un Moyen-Orient sans armes nucléaires" que nous respectons. Cela ne veut pas dire que nous sommes prêts à renoncer à l’énergie nucléaire pacifique et à la production de combustible. Conformément aux accords internationaux, l’utilisation de l’énergie nucléaire pacifique est un droit pour tous les pays. » (3)

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Une guerre massive de 8 ans fut imposée à ce peuple paisible par Saddam Hussein, soutenu par le bloc occidental et oriental. L’Iran a ainsi perdu beaucoup de ses hommes, ce qui baisse considérablement la moyenne d’âge et explique peut-être entre autres, pourquoi en Iran on peut prendre sa retraite après 20 à 30 ans de vie active, et non pas après 42 ans comme chez nous en Suisse.

Sous blocus depuis 30 ans, une partie du peuple reproche à son gouvernement être à l’origine de la hausse des prix (le pain par exemple a augmenté de 100 à 500 rials (25ct) en 2 ans). « Si notre président était un peu plus diplomatique avec les pays de l’Ouest, on n’aurait pas toutes ces sanctions.  » Aussi la phrase « On n’a pas le droit de critiquer  », que j’ai entendue trois fois, prononcée à voix haute (!) dans des transports en commun. « Pourtant, tu viens de le faire... »

Depuis l’instauration de la république islamique, les Iraniens sont allés une trentaine de fois aux urnes. Le 12 juin 2009, avec 85% de participation, sous la vigilance du monde entier, ils ont voté pour Ahmadinejad, issu du peuple. Moussavi, soutenu depuis l’étranger, a réclamé de nouvelles élections et il y a eu des manifestations violentes, soutenues aussi par l’étranger. Le budget consacré à la déstabilisation de la révolution iranienne de 400 millions de dollars US par an a dû être augmenté cette année là (2009). (Etant membre de l’association Suisse-Cuba depuis vingt ans, je connais la même politique appliquée à un tout petit pays nommé Cuba). Pourquoi ne peut-on pas laisser à ce pays sa souveraineté ? Pourquoi toute cette désinformation ?

Que quelqu’un puisse déclencher une guerre contre un peuple si paisible m’est tout simplement impensable. Oui, je sais, je suis naïve  : ce ne sont jamais les peuples qui veulent la guerre mais leurs gouvernements. Seulement voilà  : chez nous, ces derniers ne se gênent pas pour la réclamer haut et fort, ce qui n’est pas du tout le cas en Iran. (2)

De retour dans mon pays, certains médias continuent à propager les propos belliqueux des pays impérialistes, de mettre de l’huile sur le feu de la guerre civile en cours en Syrie (4), d’analyser le Moyen Orient dont ils ne comprennent pas grand chose - les spécialistes analystes du Moyen Orient prolifèrent dans nos médias - et d’attiser la haine contre l’Islam : tous les moyens sont bons pour justifier une guerre contre des peuples innocentes. La commémoration du massacre des réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila n’est pas un thème abordé et la parole est rarement donnée aux concernés.

La population iranienne, contrairement à certains européens, connaît aussi les atrocités commises par une partie de l’opposition syrienne et leur financement depuis extérieur. Pour eux, la Syrie représente un allié important, ensemble avec le Liban. Je n’ai pas osé aller en Syrie mais, par contre, je vous propose un résumé de lettres de Syriens vivant en Syrie que j’ai pu interviewer. (4)

Andrea Duffour

(1) On n’a pas toujours l’occasion d’aller voir sur place, mais on peut toujours faire des recherches sur un auteur avant de lire son article... Envie de passer une nuit blanche ? Il suffit de chercher dans google ou dans youtube dans toutes les langues que tu connais, avec tes propres mots clefs, comme par exemple désinformation - média-mensonge- faux reportage - manipulation de l’info- stratégie du choc, stratégie du chaos + Syrie, Iran, Venezuela, Cuba, etc. Envie de te faire ta propre idée sur un "dictateur" ? L’important est de toujours chercher ses discours ou des textes écrits PAR lui et non pas SUR lui.

(2) Plus de 2600 inspections/personnes/ jours de la IAEA ont eu lieu sur
près de 145 lieux d’inspection, choisis par les inspecteurs eux-mêmes, sans
pouvoir prouver que l’Iran exploite l’énergie nucléaire à des fins
militaires. source : * *http://www.youtube.com/watch?v=A5OuNt2oTYg, à la
minute 5 ; voir aussi le clip youtube intitulé "ni Israël, ni rayé, ni
carte" dénonçant une fois de plus le média-mensonge :
http://www.youtube.com/results?

(3) sermons de la prière de l’Eïd-ul-Fitr. Pour le discours intégral : http://french.khamenei.ir/index.php?option=com_content&t...

(4) voir mon article Lettres depuis la Syrie,


Lettres depuis la Syrie

Tellement choquée par la désinformation qui circule autour de l’Iran et de la récupération des mouvements de résistance en Syrie, je me suis décidée à aller voir par moi-même sur place. Un voyage en Iran cet été, ainsi qu’un échange épistolaire commencé au début octobre avec une vingtaine de Syriens que j’ai pris au hasard sur un réseau social, pour leur demander leur analyse personnelle de la situation sur place, m’ont permis de me forger ma propre opinion.

Inutile de dire, que de me rendre en Iran - malgré les découragements de mon entourage, car voyageant seule, en plein Ramadan, sans aucune connaissance ni réservation sur place – a été sans doute l’une des plus belles et riches expériences que j’ai faites, et je suis convaincue que ce peuple hospitalier, pacifique et instruit n’entamera jamais une guerre, mais saura très bien se défendre en cas d’attaque.

Même s’ils sont nombreux à critiquer le côté non diplomatique de leur gouvernement qui, selon beaucoup d’entre eux, représente la cause des sanctions internationales et de la hausse des prix, leur cœur bat aussi pour leurs peuples frères, notamment les Palestiniens et les Syriens.

C’est à ces derniers que j’aimerais maintenant sans tarder donner la parole, en choisissant un interlocuteur pour chaque type de réponses (mises en évidence par l’auteure) :
 
Réponse depuis LATAKIA (3 oct. 2012)
Je ne peux pas répondre à toutes tes questions, car je ne suis pas très intéressé à la politique. Personne ne sait ce qui se passe vraiment. Il y a beaucoup de mensonges qui circulent. Disons que la vie est normale ici à Latakia, je vais au boulot tous les jours et je vois mes amis après le travail ou les w-e. Si tu passes en Syrie, tu seras la bienvenue à Latakia et je peux te faire visiter la ville ou t’aider, si tu en as besoin. 
Hasan* from Latakia, Syria (et 6 autres réponses dans le même style, dont 3 qui me conseillent de ne pas venir en Syrie en ce moment)

Réponse depuis ALEP (4 oct. 2012)
(..) Je viens d’arriver en Turquie depuis Alep, le point le plus chaud en batailles et violences. Je ne suis toujours pas installé ici à Gaziantep et je suis préoccupé pour ma famille qui ne pouvait pas me rejoindre parce qu’elle n’avait pas de passeports. J’espère pouvoir vous écrire plus quand on sera installé et que j’aurai trouvé un travail. Merci, aussi pour la chaleur humaine et la préoccupation que vous démontrez envers mon peuple.
Tarik* de Alep, Syria (ainsi qu’un deuxième interlocuteur qui est en train de partir pour la Turquie et un autre qui a quitté pour les USA)

Réponse depuis DAMAS (7 et 9 oct. 2012)
Mon meilleur ami est mort, il a été tué par un sniper dans son appartement. Il avait préparé une rencontre entre des étudiants pro-régime et des étudiants opposants. Le père d’un autre ami a été kidnappé et personne ne sait où il se trouve. Beaucoup de personnes innocentes sont mortes, des milliers de maisons brulée. Combien de morts le monde aura-il encore besoin avant d’agir ? C’est une guerre pour prendre le contrôle sur la Syrie et nous, le peuple, sommes les victimes. On continuera à saigner et à mourir jusqu’à ce que le monde décidera s’il veut nous sauver ou nous laisser dans un futur obscur.
Wael* de Damas, Syrie (et 2 autres dans le même style, notamment celui qui est parti aux USA)

Analyse extensive depuis LATAKIA (3 et 7 oct)
Chère Andrea, je ne suis pas très actif sur [ce réseau], mais je pense pouvoir vous aider dans vos recherches. Quoi qu’il en soit, Latakia, dans sa majorité, est pro-régime, puis viennent les neutres, et puis vous avez la masse presque silencieuse des opposants (la plupart d’entre eux ont un background islamique). 

Ici à Latakia, nous n’avons pas (encore) souffert comme à Homs ou Alep, mais la situation peut s’envenimer à n’importe quel moment (…) Dans les forêts autour, il y a beaucoup de batailles entre les forces du gouvernement et "les rebelles".

Voici mon analyse succincte des deux côtés de la Syrie (analyse simplifiée, bien sûr) :

A Les Pro-Régimes : 

1 - Les éléments positifs : Des bons citoyens, "clean" en général, ils croient en Bachar Al- Assad. Ils ne croient pas que les forces de sécurité puissent commettre des crimes contre les citoyens, et ils ne peuvent pas voir les choses positives émanant de l’opposition. Ils croient que ce qui se passe aujourd’hui est un simple résultat d’un complot, et qu’il n’a pas de raisons internes. 

2 - Les simples citoyens : Ils soutiennent le président et son régime (à mon avis, le régime est le régime de son père) parce que le groupe (une espèce de clan ou famille) auquel ils appartiennent le soutiennent.

3 - Les corrompus : Ce sont les seuls responsables de toutes les atrocités et des crimes commis par le « régime » et ils forment une masse énorme dans le « régime ». Certains d’entre eux soutiennent le « régime » pour maintenir leurs privilèges, tandis que d’autres ont pris la décision rejoindre la "Révolution" quand ils ont senti que le "régime" devait bientôt s’effondrer.

B. L’opposition :

1 - Les opposants positifs : Ce sont ceux qui ont toujours été debout contre la corruption, l’oppression et l’injustice commises par le « régime ». Certains d’entre eux étaient des prisonniers politiques ou activistes auparavant. Ils rêvent d’un meilleur pays où il n’existe pas de monopole du pouvoir, d’ injustice, de corruption et de terreur.

2 - Les simples citoyens : Ce sont ceux qui se dressaient contre le « régime » parce que les groupes auxquels ils appartiennent (clan, famille) l’ont combattu. Ceci peut être attribué à des injustices dont certains individus ont souffert sous le « régime ». Ensuite, des personnalités influentes de ces groupes ont motivé les foules à se battre contre le statu quo, suite à la souffrance de ces individus.

3 - Les personnes d’origine musulmane : Ils varient entre les simples citoyens et les fanatiques. Les fanatiques luttent contre le « régime », car ils pensent que c’est un « régime infidèle » qui devrait être détruit afin de mettre en place un régime islamique. Ils profitent de la situation actuelle pour faire avancer leur cause. Ils forment la majorité de l’opposition armée pour le moment. Cela signifie que la plupart des « rebelles armés » sont des islamistes ou ont ce background en général. Bien sûr, il est à noter qu’une énorme masse des « rebelles » armés ne sont pas du tout syriens. 

C. Autres facteurs : 

Certaines parties externes, comme certains États du Golfe, les Etats-Unis, ou encore le gouvernement turc ont tenté de profiter de la situation pour leur propre bénéfice, ce qui a aggravé la situation. Ils ont fourni des armes aux « rebelles » et les ont motivés à lutter contre le gouvernement, ce qui est une raison importante pour laquelle certaines villes sont devenues des champs de batailles réels, parce que dans beaucoup de ces endroits, ce n’étaient PAS les forces gouvernementales qui ont commencé la lutte (comme à Al Haffa, ville de Latakia, la bataille a été lancée par les « rebelles »). À mon avis, l’armement de la « Révolution » n’apportera rien de bon aux Syriens, cela ne fera qu’ouvrir que plus large la « Porte du Diable".

Pour résumer, il y a éléments radicaux des deux côtés et il existe de l’incompréhension entre les forces positifs des deux côtés, c’est- à-dire, les "pro-régimes" paisibles ne voient que les éléments radicaux du coté de "l’opposition" et les opposants paisibles ne voient que les éléments négatifs des pro-régimes. Les forces positives des deux côtés n’arrivent pas à se mettre ensemble pour maintenir la paix.
Tamman de Latakia, Syria

Re-bonjour,
Merci pour votre réponse et pour expliquer de quelle manière pensent les gens en Europe concernant la Syrie. Comme je m’y attendais, la première catégorie que vous avez mentionnée (ceux qui pensent que l’opposition est de 100% clean) est la plus importante, à part ceux qui ne se soucient pas du tout de nous. 

Si vous me le demandez, je crois que je m’intègre le mieux dans la catégorie du milieu en Syrie. Ici, on nous appelle la « face grise » parce que nous n’avons rejoint aucun des deux opinions dominantes « noir » ou « blanc ». Quoi qu’il en soit, j’ai l’habitude de ne pas parler de la question car généralement, cela ne génère que des problèmes, Nous avons une sorte de "Spasma mentale", si on peut appeler cela ainsi. Il est difficile pour la plupart des gens d’ accepter ce que les autres pensent.

- C’était mon analyse personnelle, oui, et s’il vous plaît, n’hésitez pas à me citer, mais je préfère ne pas parler en mentionnant mon vrai nom.

- Pour les guillemets, oui vous avez raison, cela signifie que je veux dire "soi-disant" car ce n’est pas la façon dont je voudrais vraiment l’appeler.

- Je suis d’accord sur les facteurs externes que vous avez mentionnés. En fait, si l’Etat de la Syrie (non seulement le régime) tombait entre les mains de l’« ouest » (vous savez, je veux dire « l’Occident » politiquement), ceci changerait la donne. C’est pourquoi l’actuel « régime » - quelle que soit sa relation avec son peuple - est censé de tomber pour que l’OTAN, les sionistes et certains dirigeants du Golfe, etc., puissent mettre les mains dessus contre l’Iran, la Chine, la Russie, et les pays BRIC. Je suis d’accord avec vous, il a des dimensions internationales et mondiales, non seulement nationales.

- Troisième guerre mondiale ! C’est ce qui me fait vraiment peur, la région est très sensible pour la paix internationale. En fait, je pense que vous êtes d’accord qu’une guerre régionale peut prendre un caractère international. Surtout quand personne ne veut céder afin de maintenir la paix. Je crains que la prophétie de 2012 (je n’y crois pas) pourrait commencer en Syrie, à moins que quelque chose d’inattendu se produise. Si l’Occident attaque l’Iran, les Iraniens vont attaquer le Golfe et Israël, et la boîte de Pandore sera ouverte.

- Comment nous aider depuis l’Europe ? Je pense que le meilleur moyen est d’étendre la sensibilisation sur les différentes facettes de la situation syrienne, et sur ses complications internationales et les effets sur l’équilibre et la paix mondiale, expliquer qu’il n’y a pas un régime ou une opposition "blanc ou noir" - Cette idée est vraiment dangereuse pour tout le monde, et il faut penser à toutes ces dimensions avant d’agir ou s’y associer.
* Tamman de Latakia - Syrie
 
et voici une dernière autre voix qui dit à peu près le contraire :

E) une autre analyse depuis Damas (9 oct 2012)
Chère sœur : tout d’abord, merci pour ton attention à notre problème. Avant de t’expliquer ce qui arrive à notre patrie chérie, j’aimerais te dire que je ne suis ni de l’un ni de l’autre côté, parce que les deux vont sur le faux chemin. Ils sont les deux trop fixés sur leur positions : le président ne quittera pas sa fonction et l’opposition ne lâchera pas avant qu’il ne quittera. Je peux pourtant constater que des endroits qui sont contrôlés par l’armée libre souffrent moins de la hausse des prix alors que là où le gouvernement a le contrôle, elle se poursuit sans que personne n’y fasse rien.(...) Ma famille habite à Altabkaa en Alrkaa, une bouteille de gaz lui revenait à 1500 s.p. alors que le prix du gouvernement est de 400 s.p, tout a augmenté sauf le pain, et l’hiver est devant la porte... Je pense que vous êtes du bon côté, du côté de ceux qui n’aimeraient pas entrer dans une guerre civile. L’armée libre est faite par des officiers qui n’acceptent pas d’être impliqués dans des tueries de manifestants, ils ont déserté, puis instauré ce qu’on appelle l’armée libre. C’est eux maintenant les responsables qui défendent les civils et les manifestants. Je ne pense pas qu’il y ait des étrangers dans l’armée civile, mais je suis sûre qu’il y a des étrangers dans l’armée du gouvernement comme en Iran et au Liban. Si je vous disais comment l’armée libre a obtenu au début leurs armes, vous allez rire : il les ont acheté à l’armée syrienne, puis ont volé des magasins d’armes. Je ne pense pas qu’ils recoivent des armes depuis l’étranger.
Zaid* from Damaskus, 9th of october

F) depuis Alep, (12 oct 2012)
J’habite à Nubiie Alzahra, une petite ville à 21 km d’Alep, avec une population de 60000 habitants, dont la plupart font partie de la minorité shiite. Les rebelles (Free Syrian Army) ont considéré tous les habitants comme des défendeurs du gouvernement et ont commencé un siège injuste envers toute la population pendant plus de 3 mois. Personne ne peut entrer ni sortir sans être kidnappé ou tué, plus de 200 personnes ont ainsi été kidnappé et personne ne sait ce qu’ils sont devenues, il manquent toutes les produits de base depuis 3 mois, en un mot, ma ville est devenue h o r r i b l e. Je pense que les Syriens sont un bon peuple avec un cœur blanc, même les occupants de ma ville, mais il y a beaucoup de malentendus produits par des terribles politiciens et médias qui nous font nous entretuer entre nos propres voisins. Cette opposition a commencé avec une demande paisible et justifiée pour plus de liberté et a tout de suite été transformée en une révolte armée qui a perdue toutes ses revendications de vue et qui n’est plus du tout représentative pour le peuple syrien. J’appelle les politiciens horribles du monde entier (USA, Europe, Russie China et Iran) : Arrêtez de jouer avec notre sang !
Ahmed* depuis Alep

J’arrête ici. Les réponses continuent à envahir ma boîte e-mail et il est évident que ce n’est pas que chez nous que règne le chaos de l’information. La seule chose qui est certaine, c’est que, malgré tous les avis de nos "analystes-spécialistes" du Moyen-Orient, il n’y aura jamais qu’une seule vérité. Une partie d’un peuple persécuté par un gouvernement féroce qui tue chaque jour à petite dose son propre peuple et qui cherche du soutien à l’étranger, avec une armée qui vend ses armes à sa propre opposition ? Une lutte paisible intérieure qui a été récupérée par d’autres intéressés, des forces islamistes, puis l’OTAN et ses mercenaires pour faire plonger la Syrie dans le chaos et ainsi mieux pouvoir s’attaquer à l’Iran et prendre le contrôle de la région ? Ou, comme Tamman le dit, un peu de tout cela ? Après le chaos, la guerre civile, un embrasement de toute la région, peut-être le déclenchement d’une dernière guerre mondiale ? A qui profite le crime ? Une seule chose est sûre : ce seront toujours les peuples qui verseront leur sang. Et le principe reste plus ou moins toujours le même : à un moment donné, on commence par déshumaniser une personne ou une population pour pouvoir ensuite justifier l’injustifiable - et nous ne pouvons pas en devenir complice, ni en mettant de l’huile sur le feu ni par notre silence.
 
Andrea Duffour
Fribourg, Suisse

URL de cet article 18121
http://www.legrandsoir.info/impressions-depuis-l-iran-suivi-de-lettres-de-syrie.html

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Otan, piraterie du 21ème siècle, par Manlio Dinucci dans le journal "Il Manifesto". Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio.

27 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

L’art de la guerre

 

Otan, piraterie du 21ème siècle

 

Manlio Dinucci

 

 

La piraterie, exercée en Méditerranée depuis l’antiquité, fut considérée comme légitime quand, à partir du 12ème siècle, elle se transforma en guerre de poursuite autorisée par les souverains. Officiellement abolie en 1856, elle continue à être pratiquée aujourd’hui selon des motivations et techniques nouvelles. Comme celles utilisées par l’Otan, dont les navires de guerre sont autorisés à aborder des « navires marchands suspects » dans les eaux internationales et en réquisitionner le chargement, et dont les chasseurs peuvent intercepter, même dans l’espace aérien international, « des avions civils suspects » et les forcer à atterrir. L’action de la Turquie, qui avec des chasseurs F-16 a obligé l’avion de ligne syrien Moscou-Damas à atterrir à Ankara, est donc pour l’Otan pleinement légitime. Ayant séquestré les passagers, parmi lesquels des citoyens russes avec des enfants, les autorités turques ont perquisitionné l’avion sans témoins, déclarant avoir trouvé et séquestré « des matériels militaires et des munitions ». Moscou assure qu’à bord se trouvaient seulement des composants d’un radar, fournis selon un accord commercial régulier, et en demande la restitution. Mais Washington se range aux côtés d’Ankara, en déclarant n’avoir « aucun doute sur le fait qu’il y avait à bord de l’avion un important matériel militaire » (qui pourrait maintenant être exhibé comme « preuve », en jurant l’avoir trouvé dans l’avion). Le premier ministre turc Erdogan, au lieu d’être appelé à  répondre de l’acte de piraterie aérienne, se transforme en accusateur des Nations Unies, coupables à ses dires de « négligence, faiblesse et injustice » qui ont empêché une action internationale contre la syrie. Erdogan, paladin du droit international, ne dit pas que le vrai trafic, non seulement d’armes mais d’hommes armés, est celui qui passe par la Turquie pour alimenter la guerre en Syrie. Pays avec lequel Erdogan avait auparavant entretenu des rapports de relatif bon voisinage. Politique à présent renversée. Les 900kms de frontière entre les deux pays, où Turcs et Syriens ont des cultures communes et des rapports commerciaux profitables, ont été transformés par Ankara en avant-poste de la guerre en Syrie, accusée par Erdogan d’être celle qui viole la frontière. Derrière se trouve l’Otan, qui déclare « avoir tous les plans nécessaires prêts pour défendre la Turquie », c’est-à-dire d’être prête à envoyer des forces armées. Comme faisaient les pirates quand ils débarquaient pour saccager. Le butin d’aujourd’hui est un pays entier, la Syrie, sur lequel on se prépare à mettre la main en créant depuis la Turquie des « zones tampons » à l’intérieur du territoire syrien.

   On fait de même à la frontière jordano-syrienne. L’opération, à laquelle a aussi participé l’Italie, a commencé en mai avec la manœuvre Eager Lion (lion impatient ? NdT). A son terme, un contingent de spécialistes étasuniens de la guerre est  resté en Jordanie pour créer une « zone tampon » en territoire syrien. La manœuvre en tenailles se ferme du côté israélien où, le 21 octobre, commence Austere Challenge 12, un grand exercice de missiles Usa-Israël de trois semaines pour préparer la « riposte à une attaque simultanée syrienne et iranienne ». « Riposte » qui prévoit aussi l’emploi d’armes nucléaires. Au point culminant de la manœuvre arrivera de Bruxelles le commandant suprême de l’Otan, J. Stavridis, pour assurer qu’est aussi prête à la guerre (déjà commencée avec les sanctions Ue contre la Syrie et l’Iran) l’Union européenne, décorée du prix Nobel de la Paix pour son œuvre en faveur de la « fraternité entre les nations ».

 

Edition de mardi 16 octobre 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20121016/manip2pg/14/manip2pz/330217/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

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NON AUX PREPARATIFS DE GUERRE EN SYRIE! Point de vu du PC belge.

25 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

NON AUX PREPARATIFS DE GUERRE !

Faisant suite à la chute d’un obus syrien sur une localité frontalière de la Turquie, le régime d'Erdogan a réagi de manière violente sur 4 fronts.

D’abord en pilonnant pendant deux jours des positions syriennes, en convoquant ensuite le Conseil de Ministres de l’Otan pour demander la « solidarité » militaire des pays membres, en présentant par après son cas comme une agression auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies. Finalement, et le plus grave, en demandant au parlement turc l’autorisation d’une intervention militaire sur le sol syrien.

Rappelons-nous que le régime turc avait déjà essayé d’incendier la région lorsqu’un de ses avions fut abattu par la défense aérienne syrienne sous prétexte que l’armée syrienne aurait attaqué cet avion alors qu’il se trouvait dans l’espace aérien international et non dans celui de la Syrie. Accusation vite démentie lorsqu’il fut constaté que le missile utilisé par la Syrie à cette occasion avait un rayon d’action qui ne lui permettait pas de toucher une cible au-delà de son territoire.

Aujourd’hui, encore une fois, l’OTAN et ses laquais, tant dans les gouvernements que dans les médias dominants, font preuve d’une énorme hypocrisie. Ils font semblant d’ignorer que la Turquie, en suivant les instructions de l’Otan, s’est engagée dans un comportement permanent de provocations, militaires en particulier, contre les peuples de Syrie. C’est elle qui accueille le siège militaire de la prétendue Armée syrienne libre? ; C’est elle qui organise un gigantesque trafic d’armes destinée à ces « rebelles » et qui couvre les allers et retours frontaliers des opérations militaires de ces groupes terroristes .C’est dans ces circonstances que de toute évidence un obus syrien (que la presse atlantiste présente comme un « bombardement ») a touché le territoire turc, causant des victimes civiles, ce que bien entendu nous le déplorons.

Nous dénonçons avec force la politique aventurière de l’Otan qui, avec la complicité remarquée du gouvernement Hollande en France et d’Obama aux Etats Unis, est en train de tout mettre en oeuvre dans le but d’accomplir la désintégration de la Syrie de manière à renforcer l’hégémonie israélo-américaine dans la région. Et nous appelons le gouvernement Di Rupo à arrêter sa lamentable politique d’obéissance docile envers les diktats de la politique militariste de l’Otan.

Bruxelles, octobre 2012

Le Bureau Politique du Parti communiste (Belgique)

 

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Beyrouth: La Signature Du Mossad La Complicité D'Hariri Pour Renverser le Gouvernement. Repris sur le blog d'Eva.

24 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Attentat De Beyrouth La Signature Du Mossad La Complicité D'Hariri Pour Renverser le Governement Actuel Par "L'Hiver Arabe" Au Pays Des Cèdres

Comme En 2005 avec l'assassinat de Rafic Hariri - dont le fils Saad traitre à sa patrie et à son peuple joue la carte de l'Axe US Israel Arabie Saoudite - ce nouvel attentat tuant cette fois le chef de la sécurité intérieur libanais le brigadier gl Wissam al-Hassan fait partie du plan de destabilisation pré élection parlementaire 2013 du Liban orchestré par cet axe maléfique exécuté par le Mossad et ses complices au sein de la mouvance Mars 14, des traitres Hariri, Geagea, et la girouette Jumblatt. But : renverser le gouvernement en place et réinstaller les collabos Hariri et sa clique. Au pays des Cèdres un "Hiver Arabe" Made in USISRAEL"



Attentat De Beyrouth La Signature Du Mossad La Complicité D'Hariri Pour Renverser le Governement Actuel Par "L'Hiver Arabe" Au Pays Des Cèdres

Le 19 Octobre l'explosion d'une voiture piégée dans un quartier chrétien de Beyrouth Ashrafiya a fait 8 morts dont le chef de la sécurité libanaise Wissam al Hassan un Sunnite proche du président libanais Michel Sulaiman et 78 blessés principalement des Chrétiens libanais.

Hassan avait récemment démantelé un réseau d'espionnage libanais travaillant pour le compte du Mossad. Le problème au Liban n'est pas tant l'ennemi extérieur que l'ennemi de l'intérieur ceux qui collaborent étroitement avec le régime juif sioniste et son Parrain américain regroupé au sein du groupe d'opposition Mars 14 dont le Mouvement du Futur de Saad Hariri et les partis de Gaegea et de Jumblatt.

A l'évidence le régime juif sioniste a renoué avec ses vieilles habitudes d'opérations terroristes clandestines au Liban.

Depuis 1992 jusqu'à aujourd'hui mêmes scénarios et mêmes objectifs: tenter de déstabiliser le Liban, répandre le chaos, et si possible allumer une guerre civile interconfessionnelle sunnite shi'ite. Qui bénéficie d'un tel scénario pouvant rapidement dégénérer comme celui qui se déroule depuis un an et demi en Syrie ?

ISRAÊL.

En Février 2005 un attentat terroriste de même type avait couté la vie à l'ancien premier ministre du Liban, Rafic Hariri. Cet assassinat visait à déstabiliser politiquement le Liban mais surtout avec la complicité du Mouvement du Futur tombé entre les mains du fils, Saad Hariri - milliardaire qui passe une grande partie de son temps entre Paris et l'Arabie Saoudite où vit sa famille - à chasser les Syriens du Liban pour préparer le terrain à une attaque et invasion israélienne.

Le régime juif sioniste a tenté pendant l'été 2006 de parachever ce scénario, sans succés. L'armée israélienne a été battue par la Résistance libanaise du Hezbollah lors de cette guerre de 2006. Un coup dur pour les capacités de dissuasion de cette armée coloniale juive sioniste.

Cet attentat de Beyrouth visant la déstabilisation du Liban constitue l'Acte 1 d'un scénario qui a pour but d'enclencher un "Hiver Arabe" au Liban - comme on l'a vu des aujourd'hui avec des centaines de jeunes libanais désoeuvrés payés grassement par Hariri/Arabie Saoudite se réclamant de son Mouvement du Futur et de la Coalition dite de Mars 14- une phase nécéssaire au retour en politique du collaborateur et traitre à son pays et à son peuple, Saad Hariri, lors des prochaines élections parlementaires de 2013.

Le nouveau représentant de l'ONU pour le Moyen Orient, Jeffrey Feltman - ce choix par Ban Ki Moon lui-même marionnette des USISRAEL n'est pas du au hasard car Feltman ancien ambassadeur US au Liban est depuis toujours acquis à la cause juive sioniste - a récemment anticipé le résultat de ces élections de 2013 au Liban en claironnant que le Hezbollah et ses alliés seraient battus aux prochaines élections de 2013.

Cette "anticipation" en dit long sur le programme de Feltman ce "représentant de l'ONU" et sa complicité dans le regain de violence terroriste au Liban ainsi que celle de Ban Ki Moon - qui a lui aussi "anticipé" (coincidence? ) la nouvelle flambée de violence au Liban en affirmant que ce qui se passe en Syrie risquait de déborder au Liban. Pendant tout le temps qu'il a été en poste à Beyrouth Feltman a continuellement interféré dans les affaires intérieures du Liban inclus lors de la guerre libano israélienne de 2006 au profit d'Israël.

Là encore, comme en Syrie - et auparavant la Libye et l'Irak - l'objectif de ces campagnes terroristes de déstabilisation d'états souverains visent un changement de gouvernement cette fois au Liban. Des méthodes colonialistes s'appuyant sur des attentats terroristes visant principalement les populations civiles dont La France avait établi les "règles de bonne conduite" pendant la guerre d'Algérie et qui depuis ont été reprises en Amérique Latine, en Afrique, au Moyen Orient.

En 2007, le journaliste d'investigation américain, Seymour Hersh, dans un article publié à l'époque dans the New Yorker intitulé "The Redirection" a fourni des détails de ce plan US, Israël, Arabie Saoudite.

Selon Hersh, Hariri a mis sur pied une armée de miliciens dans le Nord du Liban en zone frontalière avec la Syrie d'où les allées et venues incessantes depuis le début de la guerre contre la Syrie en Mars 2011 notamment vers la ville syrienne d'Homs.Un grand nombre de ces mercenaires ont avoué avoir des liens directs avec Al Qaeda de même qu'avec les US, Israël et l'Arabie Saoudite. Ils ont été entrainés armés et financés par leurs "parrains" d'abord pour déstabiliser la Syrie et maintenant c'est au tour du Liban.

Cette implication dans des actes terroristes en Syrie et maintenant au Liban de ces groupes de mercenaires/Al Qaeda stationnés sur la frontière libano syrienne avait déjà été détaillée par Hersh dans son article de 2007.

"La Redirection" parle des opérations conjointes US Israël Arabie Saoudite visant à créer un front violent d'extrémisme visant le président syrien Bashar Al Assad, le Hezbollah au Liban et bien sûr le gouvernement actuel en Iran.

Ces groupes terroristes pour certains donc affiliés à Al Qaeda ont combattu en Afghanistan en Irak contre les soldats américains mais ont été "retournés" par les services secrets saoudiens.

Selon Hersh :

"En 2005 selon un rapport établi par l'International Crisis Group basé aux US, Saad Hariri le dirigeant de la majorité sunnite au parlement libanais et le fils de l'ancien premier ministre assassiné- Saad a hérité de plus de 4 milliards de dollars après l'assassinat de son père - a versé 48 000 dollars pour la libération de 4 membres du groupe de militants islamiques Dinniyeh. Ces hommes avaient été arrêtés alors qu'ils tentaient d'établi un mini état islamique au Nord du Liban. Le Crisis Group a fait remarquer qu'un grand nombre de ces militants" s'étaient entraînés dans des camps d'al Qaeda en Afghanistan".

"Selon le rapport du Crisis Group Saad Hariri plus tard a utilisé la majorité parlementaire pour obtenir "une amnistie pour 22 Islamistes de Dinniyeh de même que pour 7 militants soupçonnés d'avoir comploter un attentat contre les ambassades italienne et ukrainienne à Beyrouth l'année précédente. Il a aussi arrangé un pardon pour Samir Geagea, un dirigeant d'une milice chrétien maronite qui avait été condamnés pour 4 assassinats politiques dont l'assassinat en 1987 du premier ministre Rashid Karami. Hariri avait qualifié ses actions auprès des reporters comme étant humanitaires.

Dans un interview à Beyrouth un haut responsable du gouvernement Siniora avait reconnu qu'il y avait des djihadistes sunnites opérant à l'intérieur du Liban. "Nous avons une attitude libérale qui permet à des groupes d'Al Qaeda d'être présents ici " a-t-il dit. Il avait lié ceci à l'éventualité que l'Iran et la Syrie pourraient décidé de transformer le Liban en " théâtre de conflit"


"The Redirection " Seymour Hersh Le New Yorker 2007.

Cet article mentionne également l'importance des financements clandestins américains au parti d'Hariri alors dirigé par Fouad Siniora et qui ont permis de développer cette milice de groupuscules terroristes:

"Les Etats Unis ont également fourni un soutien clandestin au gouvernement Siniora selon un ancien haut responsable des renseignements et consultant du gouvernement US. " Nous sommes dans un processus de renforcement de la capacité sunnite à résister à l'influence shi'ite et nous répandons l'argent tout autour le plus largement possible" a dit cet ancien responsable. Le problème c'est que cet argent "va toujours dans plus de poches que vous ne pensez qu'il ira " a-t-il dit. Dans ce cas nous finançons tout un tas de sales types avec des conséquences sérieuses imprévisibles. Nous n'avons aucune garantie ni ne recevons de coupons signés par les gens que nous soutenons afin d'éviter que cet argent n'aille à des gens que nous ne voulons pas soutenir. C'est une aventure à haut risque".

Les responsables américains européens et arabes avec qui je me suis entretenus m'ont dit que le gouvernement Siniora et ses alliés ont permis qu'une partie de l'aide finissent entre les mains de groupes sunnites radicaux émergeants au Liban Nord, dans la vallée de la Bekaa, et dans le Sud autour des camps de réfugiés palestiniens. Ces groupuscules constituent une barrière contre le Hezbollah et en même temps leurs liens idéologiques sont avec Al Qaeda"
"


The Redirection" Seymour Hersh Te New Yorker 2007

A noter que récemment les responsables sécuritaires américains ont eux mêmes avoué qu'une partie des armes et financements en soutien à l'opposition syrienne allait directement à des groupes affiliés à Al Qaeda via la Turquie et le Liban.

Autrement dit les gouvernements US et européens dont la France de Hollande et leurs acolytes des dictatures monarchiques arabes Qatar et Arabie Saoudite arment et financent Al Qaeda en Syrie comme au Liban tout en prétendant "combattre le terrorisme".

A l'évidence ce nouvel attentat terroriste au Liban vise à étendre le chaos de la Syrie jusque chez son voisin libanais tout en accusant le gouvernement d'Al Assad d'en être responsable alors même que ce dernier est confronté à des attentats terroristes comme celui de ce matin à Damas qui a fait 10 morts et de nombreux blessés.

Hariri et sa clique Geagea et la girouette Jumblatt sont prêts à sacrifier des vies libanaises pour servir leurs propres intérêts politico financiers de mêmes que ceux de leurs maîtres américains juifs sionistes et saoudiens.

Il appartient au peuple libanais de resserrer les rangs ne pas tomber dans le piège d'une nouvelle guerre civile sectaire qui fait le jeu de leur ennemi commun : l'entité juive sioniste. Cette dernière désormais incapable militairement de combattre le Hezbollah la Syrie l'Iran a recours au terrorisme pour tenter d'arriver à ses fins : installer des gouvernements fantoches au Liban en Syrie en Iran.

Le peuple Libanais comme le peuple Syrien sauront avec courage relever les défis d'un terrorisme colonialiste juif sioniste barbare et sanglant que soutiennent l'Empire sur le déclin US et ses états vassaux européens la France de Hollande en tête.



Dimanche 21 Octobre 2012

Le blog d'Eva: http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-beyrouth-la-signature-du-mossad-la-complicite-d-hariri-pour-renverser-le-governement-111568083.html

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BHL - l’allié d’al-Qaïda veut une intervention militaire en syrie « contre » l’islamisme ! (vidéo)

23 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

BHL - l’allié d’al-Qaïda veut une intervention militaire en syrie « contre » l’islamisme ! (vidéo)

lundi 22 octobre 2012.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Alors que, le 3 juin 2012, BHL parlait sur BFM de son alliance avec al-Qaïda ; le lundi 22 octobre 2012, il signait dans Le Monde une tribune demandant une intervention militaire en Syrie, en dehors de l’ONU, pour lutter contre l’islamisme ! Ils nous prennent vraiment pour des cons sans aucune mémoire :

 

BHL avoue l’alliance entre al-Qaïda et…
l’impérialisme américano-sioniste

Regarder surtout à partir de la minute 10.

BHL sur BFMTV le 3 juin 2012

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.


Intervenir en Syrie pour combattre Assad et le "fondamentalisme islamiste"

http://www.almanar.com.lb/french/ad…

22-10-2012 - 14:54

Les pays occidentaux doivent intervenir d’urgence pour combattre "la dictature des Assad" et le "fondamentalisme islamiste" afin d’"arrêter les rivières de sang qui coulent" en Syrie, estiment des militants franco-sionistes dans une tribune publiée lundi dans le quotidien Le Monde.

"Assez de dérobades ! Assez de pusillanimité ! L’avenir démocratique de la Syrie requiert une aide décisive", écrivent les franco-sionistes Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, ainsi que l’ancien ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et Jacques Bérès, un chirurgien d’origine israélienne qui s’est rendu plusieurs fois en Syrie depuis le début de la crise.

La France, les Etats-Unis, doivent agir "que ce soit en neutralisant l’aviation qui bombarde villes et villages, en fournissant les armes idoines aux courants démocratiques parmi les combattants, en apportant renfort et espoir aux Alaouites, y compris dans les sphères de pouvoir, qui veulent se débarrasser des criminels à la tête de l’Etat".

"C’est précisément quand on estime, comme nous, que la dictature des Assad est à juste titre condamnée et que le fondamentalisme islamiste constitue un danger majeur pour l’avenir du pays, que s’impose le devoir de protéger", estiment-ils.

Les signataires mettent en garde sur l’influence grandissante d’éléments islamistes dans les rangs de la rébellion. "Oui, il y a de plus en plus d’extrémistes dans l’opposition syrienne. Oui, il y a des jihadistes étrangers qui viennent renforcer les rangs des combattants. Oui, ces quelques milliers de fanatiques, nationaux ou venus de l’extérieur, commettent des attentats-suicides qu’il faut condamner", disent-ils.

Ces militants sionistes appellent les Occidentaux à contourner le Conseil de sécurité de l’ONU "paralysée par les vetos russe et chinois". "N’importe quelle autre alliance est justifiée pour arrêter les rivières de sang qui coulent dans les villes syriennes", selon eux.

"Ne pas intervenir, tandis que s’accélère le massacre des innocents, c’est adresser, en revanche, le pire des messages et c’est renforcer, en particulier, le sentiment anti-occidental", concluent-ils.

Salut à toutes et à tous,

Le seul problème, mais ça, ils ne le disent pas, c’est que c’est eux, ou plutôt ce qu’ils représentent, c’est-à-dire l’impérialisme américano-sioniste, qui a commandité la rebellion armée en Syrie. C’est eux qui ont financé et envoyé en Syrie des mercenaires islamistes recrutés un peu partout dans le monde par le biais d’al-Qaïda. N’oublions pas en effet qu’al-Qaïda n’est rien de plus qu’une branche secrète de la CIA :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1419

Cela rappelle ce qu’il se passe au Mali, où, pour fabriquer de toutes pièces une excuse pour envoyer des militaires au nord du pays déloger le MNLA et les Touaregs, la France a commencé par envoyer AQMI (al-Qaïda au Maghreb - lien cliquable) dans cette région :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4550

Il y a seulement une différence : alors qu’au Mali, AQMI a été envoyé par la France directement pour servir d’excuse à l’envoie de l’armée pour réintégrer de force l’Azawad au Mali ; en Syrie, l’impérialisme a envoyé des mercenaires islamistes dans le but qu’ils prennent effectivement le pouvoir en procédant comme en Libye :

http://mai68.org/spip/spip.php?article3169

Mais pour cela, il fallait que les populations occidentales ne prenent pas conscience que les fameux "rebelles" de l’armée soit-disant "syrienne" et soit-disant "libre" ne sont qu’une bande de mercenaires islamistes souvent liés à al-Qaïda, financés et entraînés par la CIA et les services secrets français dans la région d’Antioche à la frontière de la Syrie avec la Turquie :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4510

http://mai68.org/spip/spip.php?article4394

Il aurait fallu que ça ne se sache pas, mais c’est loupé, tout le monde le sait ! or, comme au nord-Mali, la présence d’islamistes sert d’excuse pour y envoyer les forces armées de l’impérialisme français ; les sionistes veulent se servir du fait que les gens ont compris que les prétendus "rebelles syriens" n’étaient que des islamistes liés à al-Qaïda pour s’en servir, comme pour le Mali, d’une excuse pour ne pas tenir compte des vétos russes et chinois à l’ONU et envoyer quand même les troupes coloniales.

Cela présente un avantage supplémentaire du point de vue de la propagande américano-sioniste : en faisant semblant de vouloir combattre les islamistes d’al-Qaïda, il espèrent nous faire croire que ce n’est pas eux qui les ont envoyés.

Ils croient que nous n’avons aucune mémoire ; mais nous n’avons pas oublié que, sur BFM, le 3 juin 2012, BHL avait avoué son alliance avec al-Qaïda. Vidéo-preuve :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4257

Ils nous prennent vraiment pour des ... !

Bien à vous,
do
http://mai68.org

 

Le lien de cet article: http://mai68.org/spip/spip.php?article4594

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La leçon de Chavez à l'Empire, un discours plein d'humanisme et de bon sens sur la Syrie.

22 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

http://www.dailymotion.com/video/xuatyb_la-lecon-de-chavez-a-l-empire_news?start=33


La leçon de Chavez à l'Empire

Par Par librepenseur007
Discours alternatif à partager massivement ! Plus d'infos ici : https://www.facebook.com/Hugo.Chavez.page.de.reinformation

Le 8 Octobre 2012, pour sa première conférence de presse faisant suite aux élections, le Président Hugo Chavez s'exprime sur la Syrie, livrant un discours plein de bon sens, d'humanisme et à total contre-courant du discours dominant, à gauche comme à droite.

 

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Syrie : L’Émir, Erdogan et Hollande... même combat ! Article repris sur le site du Grand Soir.

21 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie : L’Émir, Erdogan et Hollande... même combat !

À la veille du XIVème Sommet de la francophonie organisé à Kinshasa du 12 au 14 octobre 2012, le Président français François Hollande a distribué les bons points et les mauvais… La palme d’or est revenue à deux pays : le Qatar et la Turquie qu’il a tenu à saluer pour leur attitude et/ou leur retenue en tant que chantres de la démocratie et/ou de l’action humanitaire à l’égard du « conflit syrien » ! Les mérites de l’Émir qatari faisant couler beaucoup d’encre dans notre bel Hexagone, laissons nos parlementaires et responsables démocrates, tel Monsieur Yves Bonnet ancien Préfet et ancien Directeur de la DST, éclairer le débat comme il l’a fait sur France 5. Puis, après avoir écouté ou lu les points clés de l’intervention de notre Président sur France 24, intéressons-nous au dessous des « cartes », notamment celle correspondant à cette fameuse « zone tampon », couloir humanitaire ou zone protégée, c’est comme on voudra, et qui tarde à se concrétiser pour nos ex et actuel gouvernements, pressés d’en finir avec l’État syrien, sa géographie, son peuple, sa civilisation, son Histoire et ses infrastructures qu’on n’a pas fini de démolir… Un petit bout de carte parmi d’autres cartes remaniées pour les besoins de l’Occident, un siècle après l’autre… Simple « Re-partition » d’un Moyen-Orient, éternellement convoité, et qu’on espère bien concrétiser le moment venu coûte que coûte !

* * *

I. Les points clés de l’intervention de Monsieur Yves Bonnet sur France 5 [1]

[…] Il y a tout de même une propagande salafiste. Il faut quand même appeler un chat, un chat ! Il y a des pays étrangers, deux en particulier : le Qatar et l’Arabie saoudite… Ils ne se contentent pas seulement de payer les footballeurs du PSG ! Quand je vois le Qatar se préoccuper de la situation dans nos banlieues… De quoi se mêle-t-il ? C’est une grande démocratie le Qatar ! Tout le monde sait qu’il y a une vie démocratique… J’ai été Préfet, je trouve absolument intolérable qu’un certain nombre de pays étrangers viennent s’occuper de la situation de nos banlieues… Et l’Arabie saoudite ? Quelle est la tolérance religieuse de ce pays ? Ce sont des pays qui sont la négation même de l’expression démocratique. Et ce sont ces pays qui viennent s’occuper de nos affaires… Il y a une propagande salafiste ! Tout le monde sait qu’aujourd’hui les propagandes salafistes, mais pas seulement en France, dans les pays de l’Afrique sub-saharienne aussi, sont payées par l’Arabie saoudite et le Qatar ! Moi, je pense qu’il faut tout de même que nous posions le problème de façon assez claire avec ces pays qui se prétendent nos alliés, nos amis…

[…] Ce que je voudrais dire aussi, si vous permettez de donner un petit coup de projecteur de plus haut. C’est que nous sommes, nous qui sommes une démocratie, en train d’assimiler en quelque sorte, par ce vieux processus français, des populations nouvelles qui sont des populations musulmanes et qui globalement ne posent pas de problèmes… Et, nous sommes aux confluents de deux grandes stratégies. Il y a eu la stratégie américaine de démolition de tous les régimes arabes laïcs. Ça a été fait systématiquement. On voit les merveilleux résultats ! Avec, je me permets de le dire et je vous le dis quand même, le problème des Chrétiens d’Orient dont personne ne parle… qui ont disparu… qui sont en train de disparaître de l’Irak… qui vont disparaître de la Syrie ! Et moi, je suis désolé, je ne vois pas pourquoi on n’y prêterait pas attention ! Je pense qu’il y a là un gros problème aussi…

[…] Alors, il y a cette stratégie américaine de démolition des régimes arabes laïcs suspectés d’entretenir des relations plus ou moins sympathiques avec L’Union soviétique. Ce sont quand même les Américains qui ont fabriqué Al-QaÏda… je suis désolé, ça c’est un fait qui n’est plus contesté par personne ! Deuxième chose : il y a cette stratégie des pays du Golfe qui est de faire monter le salafisme, de le répandre un peu partout… je pense que nous sommes bien d’accord. Je dis au passage d’ailleurs, que le terme d’antisémite, moi, ne me convient pas du tout, parce que les arabes sont des sémites et que vous avez les deux tiers des juifs qui ne sont pas sémites… mais enfin, passons ! Alors parler de judéo-phobie… non mais, parlons français ! Ces deux politiques ont convergé parce que ces deux pays du Golfe, et en particulier le plus puissant est l’allié indéfectible des États-Unis. Et nous, nous sommes pris dans cette espèce de maelstrom où nous essayons de préserver notre identité, notre démocratie avec beaucoup de difficultés. Mais il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain. Je pense que nous sommes tout de même dans une société qui est en voie d’apaisement sur le plan de la vie entre les communautés…

[Transcription partielle de l’émission, mais mot à mot.]

II. Les points clés de l’intervention du Président Hollande sur France 24 [2]

[…] Le Qatar soutient l’opposition à Bachar el-Assad après avoir été, je le rappelle, dans l’Histoire récente… un de ses soutiens. Il est dans l’opposition. Il veut favoriser l’opposition. Nous aussi ! La France aussi ! Nous disons donc qu’il faut fédérer l’opposition et il faut préparer l’après Bachar el-Assad ! Et cette transition doit être une transition vers la Démocratie… pas vers le chaos… vers la démocratie… c’est-à-dire que le projet doit réunir toutes les forces de l’intérieur, et de l’extérieur, qui demain voudront une Syrie libre et démocratique ! Le Qatar a sa place. Il peut aider. Il peut soutenir et nous le faisons en bonne intelligence. Mais pour nous, il n’est pas question de fournir des armes, et nous l’avons dit… à des rebelles dont nous ne saurions rien des intentions. Pour les « territoires qui ont été libérés », j’ai demandé à ce que ces territoires puissent être protégés. Ensuite, j’ai dit au Qatar, mais pas simplement au Qatar, qu’il mène des « œuvres humanitaires » dans un certain nombre de pays… dont le Mali ! Je leur ai dit : « Faites attention, vous pensez parfois être dans l’humanitaire et vous pouvez, sans que vous ne soyez pour autant responsables, vous retrouver à financer des initiatives qui peuvent être au bénéfice des terroristes ». Ils m’ont répondu… les autorités du Qatar, et donc… l’Émir et son Premier ministre, qu’ils sont extrêmement vigilants par rapport à cela, et je veux les croire ! Donc… je suis dans une position où je ne laisse rien passer !

[…] Plus tôt Bachar partira, plus sûre sera la transition en Syrie… Plus le conflit dure, plus les risques ensuite sont grands… risque d’abord de guerre civile, risque de chaos après… ou de « partition ». Je m’y refuse ! Donc… la France, elle est aux avant-postes. Elle a beaucoup été « regardée » ces derniers mois… depuis mon élection ! Regardez ce que nous avons fait. C’est nous qui avons demandé que l’opposition puisse se réunir, ce qui a été fait d’ailleurs, au mois de Juillet, ici, à Paris… et se fédérer dans un « gouvernement provisoire » ! Nous avons été les premiers à le dire ; les premiers à dire aussi qu’il fallait « protéger les zones libérées » ; premiers à faire en sorte qu’il puisse y avoir une « aide humanitaire »… ce que nous faisons en Jordanie [3] ; premiers à dire également que nous devons nous coordonner pour que les « personnes déplacées et les réfugiés » puissent être accueillis dans de bonnes conditions, notamment pour l’hiver qui arrive ; premiers à dire que nous devons tout faire pour que Bachar el-Assad parte et que nous trouvions une solution, y compris proche de lui… J’ai entendu la proposition de la Turquie par rapport au vice-président [4]. Il y a des personnalités « encore » en Syrie, qui peuvent être des solutions de transition, mais il n’y a pas de compromis avec Bachar el-Assad !!!

[…] La Turquie a été « particulièrement retenue » et je veux saluer l’attitude de ses dirigeants, parce qu’il y a eu des agressions, il y a eu des provocations [5] ! Donc… la Turquie fait tout pour éviter le déchaînement… qui serait d’ailleurs dans l’intérêt de la Syrie : « Créer un conflit international qui pourrait souder la Syrie contre un agresseur supposé venir de l’extérieur » ! Donc… nous devons tout faire pour que le conflit syrien, plus exactement, « la Révolution syrienne » ne fasse pas de débordements en Turquie, au Liban, en Jordanie. Donc… ma responsabilité est très grande, parce que la France veut que le Liban garde son intégrité ! Ma responsabilité est grande parce que je soutiens ce qui se passe en Jordanie [6]… là aussi, un processus démocratique… et puis des réfugiés qui sont quand même très nombreux !

[Transcription partielle de l’émission, mais mot à mot.]

III. La carte de la « zone tampon » qu’Erdogan tarde à concrétiser [7]
 
Le projet d’une « zone tampon » en territoire syrien, que le gouvernement turc voudrait mettre à exécution par le feu et le sang en massant et en soutenant les « bandes armées » venues de tout horizon à travers la frontière nord et nord-ouest de la Syrie, concerne une région qui devrait s’étendre du poste frontière syrien d’Al-Salama jusqu’à la côte nord en passant par la région d’Idlib [8] ; les points cibles essentiels à sa concrétisation étant les suivants :

1. A’zaz et les petites villes situées au nord d’Alep, notamment Maaret Al-Nouman, Khan Shaykhun et Jisr al-Shughour se situant autour de la ville d’Idlib, que l’opposition armée destine à devenir sa capitale grâce à l’appui du voisin turc !

Cette zone représente 5% de la superficie de la Syrie, est densément peuplée [17% de la population], est riche de ses élevages et de son agriculture [40% des surfaces agricoles]. Elle permettrait d’ouvrir la voie vers la côte méditerranéenne en passant par la belle région dite des Al-Kassatel , puis Kassab, Al-Hafa, et les villages turkmènes et kurdes de la campagne environnant Lattaquié, sans oublier la jonction escomptée avec le « Sandjak d’Alexandrette » usurpé suite au « Traité de Lausanne » de 1923.

En effet, il est important de noter que ces localités quasi frontalières de la Turquie sont caractérisées par une population mixte d’arabes et de turkmènes encore influencés par la culture, les traditions et les coutumes turques. D’où la manoeuvre du gouvernement turc précédant la concrétisation de « son complot armé » et qui a consisté à gagner la confiance des Syriens de cette zone en leur facilitant les passages aller-retour de la frontière et, chemin faisant, la contrebande lucrative d’armes expédiées ensuite aux quatre coins du pays en prélude à la création de la nécessaire zone tampon, une fois les opérations armées portées à leur paroxysme dans Alep, ses zones d’accès à Idlib, et tout autour de la ville de Lattaquié.

C’est ainsi que le gouvernement d’Erdogan a planifié l’isolement de ce riche et stratégique territoire du nord-ouest syrien avant de l’annexer à la Province du Hatay correspondant à peu près au Sandjak d’Alexandrette limitrophe préalablement annexé. Finalement, cela reviendrait à concrétiser le plan du mandat français du siècle dernier visant la partition de la Syrie en trois petits états, tel que l’illustre le drapeau à « trois étoiles » brandi par les soi-disant valeureux révolutionnaires de la liberté !

2. Jabal Al-Zawiya dont le relief accidenté a grandement aidé les bandes armées à se propager pour tenter de contrôler la région dès le début de la dite « crise syrienne », et où elles se sont réfugiées fuyant l’armée régulière syrienne dès qu’elle est arrivée à Idlib.

3. Maaret Al-Nouman devenue le refuge, l’arsenal, et la base principale de redéploiement de ces bandes, maintenant que Jabal al-Zawiya a tenu ses promesse.

4. La province d’Idlib particulièrement stratégique du fait qu’elle se situe au point de convergence de trois grandes villes : Alep, Hama, Homs jusqu’à Lattaquié.

Tel est le plan assigné au gouvernement turc qui s’acharne à créer sa fameuse zone tampon sous couvert d’une aide humanitaire prétendument destinée à la protection de « personnes déplacées et réfugiées sur son territoire ». Derrière l’engagement d’Ankara à accueillir et à financer les terroristes djihadistes, en partance vers la Syrie, se profile le rêve néo-ottoman ; celui de restaurer l’hégémonie de l’Empire ottoman déchu sur la région, à commencer par la Syrie !

[Traduction intégrale de l’article original du de Salloum Abdallah pour TopNews-Nasser Kandil].

IV. Carte, parmi d’autres, du « Moyen-Orient redessiné » pour les besoins de l’Occident [9]

« How a better Middle East would look ! » déclarait le colonel Ralph Peters dans le « Armed Forces Journal » des militaires US [10], présentant la refonte du Moyen-Orient comme un arrangement « humanitaire » et « juste ». Selon lui : « Les frontières internationales ne sont jamais tout à fait justes. Mais le degré d’injustice qu’elles infligent à ceux qu’elles forcent à se regrouper ou à se séparer fait une énorme différence… souvent la différence entre la liberté et l’oppression, la tolérance et la barbarie, l’autorité de la loi et le terrorisme, ou même la paix et la guerre ». Comprendra qui voudra !

Sans oublier les tragédies palestinienne, irakienne, libyenne… à vous de juger des conséquences d’un tel cynisme, apparemment partagé par nombre de dirigeants occidentaux, sur les citoyens syriens martyrisés et livrés à la « horde terroriste » soutenue par les puissances civilisées et démocrates, sous couvert de la Responsabilité… de protéger !

Mouna Alno-Nakhal

[Biologiste]

16/10/2012

Références :

[1] les points clés de l’intervention de Monsieur Yves Bonnet ancien Préfet et ancien Directeur de la DST, sur la 5.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_...

[2] Les autres points clés de l’intervention de François Hollande
http://www.france24.com/fr/20121011-autres-points-cl%C3%A9s-...

[3] Syrie : Manœuvres militaires en Jordanie...simple message ou signes avant-coureurs d’une opération militaire conjointe de 19 pays [par Dr Amin Hoteit]
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31...

[4] Syrie : vous n’avez pas mieux trouvé que Farouk Al-Chareh ? [par Al-Hayat, journal pro-opposition syrienne !]
http://www.courrierinternational.com/article/2012/10/11/syri...

[5] Pas de guerre, pas de pleurs ! (Hürriyet) [par Nuray Mert]
http://www.legrandsoir.info/pas-de-guerre-pas-de-pleurs-hurr...

[6] Préparant une escalade de la guerre en Syrie, le Pentagone déploie des forces spéciales en Jordanie [par Bill VanAuken]
http://www.mondialisation.ca/preparant-une-escalade-de-la-gu...

[7] Article original du 14/10/2012 de Salloum Abdallah pour Topnews- Nasser Kandil [Liban]
المخطط التركي للمنطقة العازلة خاص توب نيوز : سلوم عبدالله
http://topnews-nasserkandil.com/topnews/share.php?event_id=3...

[8]

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NB : Carte complétée à partir de celle figurant sur l’article original [7] pour situer les points clés, faute de mieux.

[9] Le projet d’un « Nouveau Moyen-Orient » [par Mahdi Darius Nazemroava]
http://www.mondialisation.ca/le-projet-d-un-nouveau-moyen-or...

[10] How a better Middle East would look [by Ralph Peters]
http://live.armedforcesjournal.com/2006/06/1833899

URL de cet article 18006
http://www.legrandsoir.info/syrie-l-emir-erdogan-et-hollande-meme-combat.html

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Le 19 octobre 2012 - L’attentat de Beyrouth est une manipulation (...)

20 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Bonjour.

  

La guerre contre l'état souverain syrien bat son plein. Les tentatives d'intervention directes n'ont pas pu être engagées. Les hordes barbares de salafistes payées et armées par l'occident sont moins opérationnelles. Il reste les attentats pour gagner la guerre médiatique auprès des opinions publiques. Les grands média publics ou privés se chargent chaque jour de déverser la logorrhée atlantiste. Il faut pour agréger les citoyens à cette guerre humanitaire, franchir un cap supplémentaire. Peut-être que l'attentat de Beyrouth s'inscrit dans cette stratégie militaire. Les références ci-dessous concernant cette question sont issues du site "mai68". Je vous recommande particulièrement les références empruntées au dessinateur Hergé où Tintin met en lumière cette manipulation des masses de façon extrêmement claire.

 

Bien cordialement.
  
Lucien PONS.

Liban - 19 octobre 2012 - L’attentat de Beyrouth est une manipulation américano-sioniste contre la Syrie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L’attentat de Beyrouth est une manipulation des Américano-sionistes destinée à justifier une intervention en Syrie et au Liban. Cela rappelle l’affaire Rafic Hariri, montée de toutes pièces elle-aussi contre la Syrie. L’exploitation spectaculaire de cet attentat par les médias, et le fait que pour tuer une seule personne l’on ait utilisée une bombe qui en a tué neuf et qui a fait des dégats eux aussi spectaculaires, ne laissent aucun doute à ce sujet.

Liban - août 2010 - Hassan Nasrallah du Hezbollah accuse Israël d’avoir assassiné Rafic Hariri :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1406

SYRIE - RAFIC HARIRI La commission Mehlis discréditée :

http://mai68.org/ag/892.htm

Mensonges américains (démonstration indispensable !) :

http://mai68.org/journal/N93/6mars2005.htm

LIBAN - Affaire Hariri - Nouvelle donne au pays du Cèdre :

http://mai68.org/spip/spip.php?article173

Le massacre d’al-Houla est l’œuvre des services secrets occidentaux (Parti communiste Russe) :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4237

Une provocation destinée à justifier une guerre ouverte de la Turquie contre la Syrie :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4524

Comment déclencher une guerre en passant pour les gentils (Hergé)

Voici, expliqué par Hergé aux pages 20, 21 et 22 du Lotus Bleu, comment l’impérialisme Japonais a justifié l’invasion de la Chine. Vous verrez que cela ressemble étrangement au déclenchement des guerres modernes. Pas grand chose n’a changé :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1740

FAIRE CIRCULER RAPIDEMENT !

  
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Un article de Kourosh Ziabari. Un Prix Nobel de la Paix... pour ceux qui ont déclaré la guerre à mon pays.

18 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Un article de Kourosh Ziabari. Un Prix Nobel de la Paix... pour ceux qui ont déclaré la guerre à mon pays 
 
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16 octobre 2012

Un prix pour les fauteurs de guerre

Le Prix Nobel est le prix le plus prestigieux pouvant être attribué dans une vie. Le legs d’Alfred Nobel est tellement unique et incomparable que plus d’un siècle après que le premier Prix Nobel fut attribué, il reste le prix le plus enthousiasmant et le plus estimé qui puisse être décerné aux gens qui agissent pour promouvoir et faire progresser les sciences et la paix dans le monde.

Beaucoup de gens passent leur vie à rêver de remporter un Prix Nobel, sans révéler cette aspiration à quiconque. Des chimistes, des physiciens, des médecins, des économistes, des écrivains, des poètes et des militants qui consacrent leur vie entière à de remarquables réalisations qui méritent légitimement et réellement un Prix Nobel, peuvent être témoins du passage rapide et imparable des années sans être jamais reconnus pour leurs avancées et accomplissements pourtant saisissants, que ce soit par la fondation Nobel ou les universités, organismes et groupes qui attribuent des prix importants.

Personne ne peut douter que le Prix Nobel peut perdre en signification, diminuer en importance et en valeur avec le temps. Mais chaque année, plusieurs semaines avant la publication des noms des lauréats du Prix Nobel en physiologie ou médecine, chimie, physique, littérature, paix et sciences économiques... les médias, auteurs, professeurs d’université et gens du commun commencent à spéculer pour savoir à qui peut être attribué le prix et qui fera enregistrer son nom dans la brillante histoire du Prix Nobel.

Au moment d’écrire ses volontés en 1895, Alfred Nobel pensa qu’il convenait de confier la responsabilité d’attribuer le Prix Nobel de la Paix à un comité norvégien, parce que la Norvège n’avait pas les mêmes traditions militaristes que la Suède, et « qu’à la fin du 19ème siècle, le Storting (assemblée législative) norvégienne s’était étroitement impliquée dans l’Union Interparlementaire et dans ses efforts pour résoudre les conflits par la médiation et l’arbitrage, » comme le rappelle le site Internet du Comité Nobel de la Norvège.

Alfred Nobel avait saisi le besoin de soutenir et de promouvoir les efforts dans le monde pour la paix, et pour cette raison, il avait exigé que ce soit un groupe de cinq législateurs norvégiens qui décident tous les ans de l’attribution du Prix Nobel de la Paix.

C’est peu dire que les critères pour l’attribution du Prix de Nobel de la Paix tels que stipulés par le Comité Nobel norvégien ont été souvent politiquement motivés, et ceci n’est pas conforme à la volonté d’Alfred Nobel. Naturellement, dans l’histoire du Prix de Paix Nobel se trouvent des personnes dont les efforts sincères pour favoriser la paix, encourager le dialogue parmi les nations et réduire ou supprimer les armées, ont largement mérité ce prix.

Mais, soyons justes : l’Union Européenne est-elle vraiment digne de recevoir le Prix de Nobel de la Paix ?

Je ne sais vraiment pas si cette Union a vraiment contribué à la fraternité entre ses 27 membres tout au long des décennies passées, mais ce dont j’ai personnellement été témoin au cours de l’année écoulée est que cette Union a agressivement déclaré une guerre totale à l’Iran, même si c’est sans verser directement le sang, affectant dans mon pays des millions de civils innocents qui ne peuvent pas comprendre pour quel crime ils sont visés et punis d’une façon si agressive et si injuste.

L’Union Européenne a commencé à imposer un embargo complet sur le pétrole iranien depuis le 1er juillet dernier, pour obéir aux pressions directes des États-Unis et dans l’objectif de paralyser le programme nucléaire de l’Iran qu’ils prétendent à buts non-civils. Leur objectif en définitive est de briser le dos de l’économie de l’Iran et d’imposer des concessions politiques.

En raison de ces sanctions, la valeur de la devise de l’Iran, le rial, a chuté à son plus de bas niveau face au dollar depuis trois décennies. Le pays est frappé par une hyperinflation effarante et selon le Prof. Steve H. Hanke, le prix des marchandises et des biens de consommation a augmenté de 70% tous les mois depuis que les sanctions ont commencé à entrer en vigueur. Quant à l’exportation du pétrole, elle a diminué de 800 000 à 600 000 barils chaque jour, ce qui signifie une réduction de 50% des ventes. De plus, plusieurs compagnies internationales de transports aériens et maritimes ont cessé leur coopération avec l’Iran en raison de la crise économique qui traverse le pays.

En raison de l’embargo sur le pétrole et des autres restrictions financières imposés à mon pays par l’Union Européenne, les familles iraniennes ne peuvent plus financer les études de leurs enfants à l’étranger et par conséquent, un grand nombre d’étudiants iraniens rentrent en masse au pays. Les médicaments essentiels et les produits pharmaceutiques qui étaient précédemment importés des pays étrangers n’ont plus accès aux marché iranien et les milliers de malades qui ont besoin de médicaments pour traiter des maladies comme la thalassémie, l’hépatite, le diabète, les différents types de cancer, les maladies cardiaques et les troubles psychiatriques font face à de très graves problèmes.

Les dirigeants de l’Union Européenne prennent-ils en considération le fait que leurs sanctions représentent un prix très lourd à payer pour les citoyens iraniens innocents, et qu’elles brisent les ambitions et les aspirations de milliers de jeunes en les empêchant de réaliser leurs rêves, à cause de problèmes financiers qui démolissent leurs vies ?

Les dirigeants de l’Union Européenne qui reçoivent aujourd’hui la magnifique accolade du prix - le plus important au niveau mondial - pour la Paix, savent-ils au moins que le pouvoir d’achat de la classe moyenne et des familles qui travaillent a souffert d’une chute libre inimaginable ces derniers mois et que la vie de ces gens est à la veille d’un effondrement ?

Faire les guerres ne consiste pas seulement à bombarder des villes ou à lancer des armes nucléaires sur d’autres nations. Ce que l’Union Européenne fait avec l’Iran, c’est indubitablement une guerre totale dans laquelle les citoyens ordinaires sont les victimes silencieuses.

Alfred Nobel écrivait : [mon capital devra] « être investi dans des valeurs sûres par mes exécuteurs testamentaires, et constituera un fonds dont les intérêts seront annuellement distribués sous forme de prix à ceux qui, pendant l’année écoulée, auront apporté le plus grand bénéfice à l’humanité. »

Détruire l’économie de l’Iran et ruiner les vies de milliers et milliers de civils innocents, est-ce cela le magnum opus [la plus grande œuvre] pour lequel l’Union Européenne se voit attribué le Prix Nobel pour la Paix ?

Kourosh Ziabari, 13 octobre 2012.


Kourosh Ziabari est un journaliste iranien et correspondants pour les médias. Il écrit pour Global Research, Tehran Times, Iran Review, Veterans Today et Salem News. Ses articles et ses interviews ont été publiés dans 10 pays. Il a reçu en 2010 du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, la médaille de la Jeunesse iranienne pour ses activités dans les médias.
Blog en anglais : http://cyberfaith.blogspot.com

Traduit de l’anglais pour Info-Palestine.net par al-Mukhtar (16.10.2012) :
http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=12755

Texte original en anglais (13.10.2012) :
http://www.silviacattori.net/article3801.html.

http://www.silviacattori.net/article3825.html

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L’Otan plie bagage, la Turquie au bord de la crise de nerfs, par Thierry Meyssan. Article repris sur le blog de Jean Lévy.

17 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Voltairenet.org

  Sur le blog de Jean Lévy le 17 octobre 2012.

 

L’Otan plie bagage,

la Turquie au bord de la crise de nerfs

 | DAMAS (SYRIE) | 16 OCTOBRE 2012
 
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L’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) a débuté au Kazakhstan, le 8 octobre, des manœuvres intitulées « Fraternité inviolable » (« НЕРУШИМОЕ БРАТСТВО »). Le scénario est celui du déploiement d’une force de paix dans un pays imaginaire où œuvrent des jihadistes internationaux et des organisations terroristes sur fond de divisions ethno-confessionnelles. Le corps diplomatique accrédité, qui a été invité à assister à l’exercice, a écouté avec attention le discours d’ouverture du secrétaire général adjoint de l’Organisation. Il a clairement indiqué que l’OTSC se prépare à intervenir éventuellement au Grand Moyen-Orient. Et pour ceux qui font la sourde oreille, Nikolai Bordyuzha a précisé que son adjoint ne parlait pas de l’Afghanistan.

 

La Déclaration de Genève, négociée par Kofi Annan le 30 juin, prévoit le déploiement d’une force de paix si le gouvernement syrien et l’opposition en font l’un et l’autre la demande. L’Armée « syrienne libre » a rejeté cet accord. Le terme « opposition » désigne donc uniquement les partis politiques qui ont été réunis depuis, à Damas, sous la houlette des ambassadeurs russe et chinois. L’accord de Genève ayant été validé par le Conseil de sécurité, le déploiement de « chapkas bleues » peut être mis en œuvre sans résolution ad hoc. Valery Semerikov a précisé que 4 000 hommes sont d’ores et déjà affectés à cette force de paix, tandis que 46 000 autres sont formés et peuvent être mobilisés rapidement en renforts.

 

Dans ce contexte, les signes du retrait occidental de Syrie se multiplient. Le flux d’armes et de combattants occidentaux s’est interrompu, seuls continuent les transferts financés par l’Arabie saoudite et le Qatar.

 

Beaucoup plus surprenant : six fois de suite, le commandement Otan d’Incirlik a donné aux jihadistes des instructions de regroupement dans des zones particulières pour se préparer à de vastes offensives. Or, si l’Armée arabe syrienne, conçue pour affronter l’Armée israélienne, est inadaptée à la guérilla, elle est au contraire très efficace dans les combats classiques. Elle a donc, chaque fois, encerclé et anéanti les éléments rassemblés de l’Armée « syrienne libre ». On pouvait penser la première fois à une erreur tactique, la seconde à l’entêtement d’un général incompétent, mais à la sixième fois, on doit envisager une autre hypothèse : l’Otan envoie volontairement ces combattants à la mort.

 

Contrairement à la perception commune, la motivation des jihadistes n’est pas à proprement parler idéologique ou religieuse, mais esthétique. Ils n’entendent pas mourir pour une cause et se désintéressent d’ailleurs du sort de Jérusalem. Ils épousent une posture romantique et cherchent à exacerber leurs sensations que ce soit par des drogues ou dans la mort. Leur comportement les rend facilement manipulables : ils cherchent des situations extrêmes, on les y place et on guide leur bras. Au cours des dernières années, le prince Bandar bin Sultan était devenu le grand architecte de ces groupuscules, incluant Al-Qaeda. Il les encadraient avec des prédicateurs leur promettant un paradis où 70 vierges leur offriraient des plaisirs paroxystiques, non pas s’ils atteignaient un objectif militaire particulier ou un but politique, mais uniquement s’ils mouraient en martyrs là où Bandar avait besoin d’eux.

 

Or, le prince Bandar a disparu de la scène depuis l’attentat dont il a été victime le 26 juillet. Il est probablement mort. Du Maroc au Xinjiang, les jihadistes sont livrés à eux-mêmes, sans aucune coordination véritable. Ils peuvent se mettre au service de n’importe qui, comme l’a montré la récente affaire de l’assassinat de l’ambassadeur états-unien en Libye. Par conséquent, Washington veut désormais se débarrasser de cette piétaille devenue encombrante et dangereuse, ou tout au moins en restreindre le nombre. L’Otan donne des ordres aux jihadistes pour les exposer au feu de l’Armée arabe syrienne qui les élimine en masse.

 

Par ailleurs, la police française a abattu le 6 octobre un salafiste français qui avait commis un attentat contre un commerce juif. Les perquisitions qui ont suivi ont montré qu’il appartenait à un réseau incluant des individus partis faire le jihad en Syrie. La police britannique a fait une découverte similaire quatre jours plus tard.

 

Le message de Paris et de Londres, c’est que les Français et les Britanniques morts en Syrie n’étaient pas des agents en mission secrète, mais des fanatiques agissant de leur propre initiative. C’est évidemment faux puisque certains de ces jihadistes disposaient de matériels de communication aux normes Otan, fournis par la France et le Royaume-Uni. Quoi qu’il en soit, ces mises en scène marquent la fin de l’implication franco-britannique aux côtés de l’Armée syrienne libre, tandis que Damas restitue discrètement des prisonniers. Une page est tournée.

 

Dès lors, on comprend la frustration de la Turquie et des monarchies wahhabites qui, à la demande de l’Alliance, se sont investies sans réserve dans la guerre secrète, mais devront assumer seules l’échec de l’opération. Jouant le tout pour le tout, Ankara s’est lancé dans une série de provocations visant à empêcher l’Otan de se dérober. Tout y passe, depuis le positionnement de pièces d’artilleries turques en territoire syrien jusqu’à la piraterie d’un avion civil. Mais ces gesticulations sont contre-productives.

 

Ainsi, l’avion de Syrian Air en provenance de Moscou qui a été détourné par les chasseurs turcs ne contenait aucune arme, mais des engins électroniques de protection civile destinés à détecter la présence de fortes charges explosives. A vrai dire, la Turquie n’a pas voulu empêcher la Russie de livrer un matériel destiné à protéger les civils syriens du terrorisme, mais a tenté d’accroître la tension en maltraitant des passagers russes et en empêchant leur ambassadeur de leur porter assistance. Peine perdue : l’Otan n’a pas réagit aux accusations imaginaires proférées par Recep Tayyip Erdogan. Pour seule conséquence, le président Poutine a annulésine die sa visite prévue à Ankara le 15 octobre.

 

Le chemin vers la paix est encore long. Mais, même si la Turquie aujourd’hui, ou les monarchies wahhabites demain, essayent de prolonger la guerre, le processus est enclenché. L’Otan plie bagage et les médias tournent progressivement leurs regards vers d’autres cieux.

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