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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Le 19 octobre 2012 - L’attentat de Beyrouth est une manipulation (...)

20 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Bonjour.

  

La guerre contre l'état souverain syrien bat son plein. Les tentatives d'intervention directes n'ont pas pu être engagées. Les hordes barbares de salafistes payées et armées par l'occident sont moins opérationnelles. Il reste les attentats pour gagner la guerre médiatique auprès des opinions publiques. Les grands média publics ou privés se chargent chaque jour de déverser la logorrhée atlantiste. Il faut pour agréger les citoyens à cette guerre humanitaire, franchir un cap supplémentaire. Peut-être que l'attentat de Beyrouth s'inscrit dans cette stratégie militaire. Les références ci-dessous concernant cette question sont issues du site "mai68". Je vous recommande particulièrement les références empruntées au dessinateur Hergé où Tintin met en lumière cette manipulation des masses de façon extrêmement claire.

 

Bien cordialement.
  
Lucien PONS.

Liban - 19 octobre 2012 - L’attentat de Beyrouth est une manipulation américano-sioniste contre la Syrie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L’attentat de Beyrouth est une manipulation des Américano-sionistes destinée à justifier une intervention en Syrie et au Liban. Cela rappelle l’affaire Rafic Hariri, montée de toutes pièces elle-aussi contre la Syrie. L’exploitation spectaculaire de cet attentat par les médias, et le fait que pour tuer une seule personne l’on ait utilisée une bombe qui en a tué neuf et qui a fait des dégats eux aussi spectaculaires, ne laissent aucun doute à ce sujet.

Liban - août 2010 - Hassan Nasrallah du Hezbollah accuse Israël d’avoir assassiné Rafic Hariri :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1406

SYRIE - RAFIC HARIRI La commission Mehlis discréditée :

http://mai68.org/ag/892.htm

Mensonges américains (démonstration indispensable !) :

http://mai68.org/journal/N93/6mars2005.htm

LIBAN - Affaire Hariri - Nouvelle donne au pays du Cèdre :

http://mai68.org/spip/spip.php?article173

Le massacre d’al-Houla est l’œuvre des services secrets occidentaux (Parti communiste Russe) :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4237

Une provocation destinée à justifier une guerre ouverte de la Turquie contre la Syrie :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4524

Comment déclencher une guerre en passant pour les gentils (Hergé)

Voici, expliqué par Hergé aux pages 20, 21 et 22 du Lotus Bleu, comment l’impérialisme Japonais a justifié l’invasion de la Chine. Vous verrez que cela ressemble étrangement au déclenchement des guerres modernes. Pas grand chose n’a changé :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1740

FAIRE CIRCULER RAPIDEMENT !

  
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Un article de Kourosh Ziabari. Un Prix Nobel de la Paix... pour ceux qui ont déclaré la guerre à mon pays.

18 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Un article de Kourosh Ziabari. Un Prix Nobel de la Paix... pour ceux qui ont déclaré la guerre à mon pays 
 
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16 octobre 2012

Un prix pour les fauteurs de guerre

Le Prix Nobel est le prix le plus prestigieux pouvant être attribué dans une vie. Le legs d’Alfred Nobel est tellement unique et incomparable que plus d’un siècle après que le premier Prix Nobel fut attribué, il reste le prix le plus enthousiasmant et le plus estimé qui puisse être décerné aux gens qui agissent pour promouvoir et faire progresser les sciences et la paix dans le monde.

Beaucoup de gens passent leur vie à rêver de remporter un Prix Nobel, sans révéler cette aspiration à quiconque. Des chimistes, des physiciens, des médecins, des économistes, des écrivains, des poètes et des militants qui consacrent leur vie entière à de remarquables réalisations qui méritent légitimement et réellement un Prix Nobel, peuvent être témoins du passage rapide et imparable des années sans être jamais reconnus pour leurs avancées et accomplissements pourtant saisissants, que ce soit par la fondation Nobel ou les universités, organismes et groupes qui attribuent des prix importants.

Personne ne peut douter que le Prix Nobel peut perdre en signification, diminuer en importance et en valeur avec le temps. Mais chaque année, plusieurs semaines avant la publication des noms des lauréats du Prix Nobel en physiologie ou médecine, chimie, physique, littérature, paix et sciences économiques... les médias, auteurs, professeurs d’université et gens du commun commencent à spéculer pour savoir à qui peut être attribué le prix et qui fera enregistrer son nom dans la brillante histoire du Prix Nobel.

Au moment d’écrire ses volontés en 1895, Alfred Nobel pensa qu’il convenait de confier la responsabilité d’attribuer le Prix Nobel de la Paix à un comité norvégien, parce que la Norvège n’avait pas les mêmes traditions militaristes que la Suède, et « qu’à la fin du 19ème siècle, le Storting (assemblée législative) norvégienne s’était étroitement impliquée dans l’Union Interparlementaire et dans ses efforts pour résoudre les conflits par la médiation et l’arbitrage, » comme le rappelle le site Internet du Comité Nobel de la Norvège.

Alfred Nobel avait saisi le besoin de soutenir et de promouvoir les efforts dans le monde pour la paix, et pour cette raison, il avait exigé que ce soit un groupe de cinq législateurs norvégiens qui décident tous les ans de l’attribution du Prix Nobel de la Paix.

C’est peu dire que les critères pour l’attribution du Prix de Nobel de la Paix tels que stipulés par le Comité Nobel norvégien ont été souvent politiquement motivés, et ceci n’est pas conforme à la volonté d’Alfred Nobel. Naturellement, dans l’histoire du Prix de Paix Nobel se trouvent des personnes dont les efforts sincères pour favoriser la paix, encourager le dialogue parmi les nations et réduire ou supprimer les armées, ont largement mérité ce prix.

Mais, soyons justes : l’Union Européenne est-elle vraiment digne de recevoir le Prix de Nobel de la Paix ?

Je ne sais vraiment pas si cette Union a vraiment contribué à la fraternité entre ses 27 membres tout au long des décennies passées, mais ce dont j’ai personnellement été témoin au cours de l’année écoulée est que cette Union a agressivement déclaré une guerre totale à l’Iran, même si c’est sans verser directement le sang, affectant dans mon pays des millions de civils innocents qui ne peuvent pas comprendre pour quel crime ils sont visés et punis d’une façon si agressive et si injuste.

L’Union Européenne a commencé à imposer un embargo complet sur le pétrole iranien depuis le 1er juillet dernier, pour obéir aux pressions directes des États-Unis et dans l’objectif de paralyser le programme nucléaire de l’Iran qu’ils prétendent à buts non-civils. Leur objectif en définitive est de briser le dos de l’économie de l’Iran et d’imposer des concessions politiques.

En raison de ces sanctions, la valeur de la devise de l’Iran, le rial, a chuté à son plus de bas niveau face au dollar depuis trois décennies. Le pays est frappé par une hyperinflation effarante et selon le Prof. Steve H. Hanke, le prix des marchandises et des biens de consommation a augmenté de 70% tous les mois depuis que les sanctions ont commencé à entrer en vigueur. Quant à l’exportation du pétrole, elle a diminué de 800 000 à 600 000 barils chaque jour, ce qui signifie une réduction de 50% des ventes. De plus, plusieurs compagnies internationales de transports aériens et maritimes ont cessé leur coopération avec l’Iran en raison de la crise économique qui traverse le pays.

En raison de l’embargo sur le pétrole et des autres restrictions financières imposés à mon pays par l’Union Européenne, les familles iraniennes ne peuvent plus financer les études de leurs enfants à l’étranger et par conséquent, un grand nombre d’étudiants iraniens rentrent en masse au pays. Les médicaments essentiels et les produits pharmaceutiques qui étaient précédemment importés des pays étrangers n’ont plus accès aux marché iranien et les milliers de malades qui ont besoin de médicaments pour traiter des maladies comme la thalassémie, l’hépatite, le diabète, les différents types de cancer, les maladies cardiaques et les troubles psychiatriques font face à de très graves problèmes.

Les dirigeants de l’Union Européenne prennent-ils en considération le fait que leurs sanctions représentent un prix très lourd à payer pour les citoyens iraniens innocents, et qu’elles brisent les ambitions et les aspirations de milliers de jeunes en les empêchant de réaliser leurs rêves, à cause de problèmes financiers qui démolissent leurs vies ?

Les dirigeants de l’Union Européenne qui reçoivent aujourd’hui la magnifique accolade du prix - le plus important au niveau mondial - pour la Paix, savent-ils au moins que le pouvoir d’achat de la classe moyenne et des familles qui travaillent a souffert d’une chute libre inimaginable ces derniers mois et que la vie de ces gens est à la veille d’un effondrement ?

Faire les guerres ne consiste pas seulement à bombarder des villes ou à lancer des armes nucléaires sur d’autres nations. Ce que l’Union Européenne fait avec l’Iran, c’est indubitablement une guerre totale dans laquelle les citoyens ordinaires sont les victimes silencieuses.

Alfred Nobel écrivait : [mon capital devra] « être investi dans des valeurs sûres par mes exécuteurs testamentaires, et constituera un fonds dont les intérêts seront annuellement distribués sous forme de prix à ceux qui, pendant l’année écoulée, auront apporté le plus grand bénéfice à l’humanité. »

Détruire l’économie de l’Iran et ruiner les vies de milliers et milliers de civils innocents, est-ce cela le magnum opus [la plus grande œuvre] pour lequel l’Union Européenne se voit attribué le Prix Nobel pour la Paix ?

Kourosh Ziabari, 13 octobre 2012.


Kourosh Ziabari est un journaliste iranien et correspondants pour les médias. Il écrit pour Global Research, Tehran Times, Iran Review, Veterans Today et Salem News. Ses articles et ses interviews ont été publiés dans 10 pays. Il a reçu en 2010 du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, la médaille de la Jeunesse iranienne pour ses activités dans les médias.
Blog en anglais : http://cyberfaith.blogspot.com

Traduit de l’anglais pour Info-Palestine.net par al-Mukhtar (16.10.2012) :
http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=12755

Texte original en anglais (13.10.2012) :
http://www.silviacattori.net/article3801.html.

http://www.silviacattori.net/article3825.html

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L’Otan plie bagage, la Turquie au bord de la crise de nerfs, par Thierry Meyssan. Article repris sur le blog de Jean Lévy.

17 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Voltairenet.org

  Sur le blog de Jean Lévy le 17 octobre 2012.

 

L’Otan plie bagage,

la Turquie au bord de la crise de nerfs

 | DAMAS (SYRIE) | 16 OCTOBRE 2012
 
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L’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) a débuté au Kazakhstan, le 8 octobre, des manœuvres intitulées « Fraternité inviolable » (« НЕРУШИМОЕ БРАТСТВО »). Le scénario est celui du déploiement d’une force de paix dans un pays imaginaire où œuvrent des jihadistes internationaux et des organisations terroristes sur fond de divisions ethno-confessionnelles. Le corps diplomatique accrédité, qui a été invité à assister à l’exercice, a écouté avec attention le discours d’ouverture du secrétaire général adjoint de l’Organisation. Il a clairement indiqué que l’OTSC se prépare à intervenir éventuellement au Grand Moyen-Orient. Et pour ceux qui font la sourde oreille, Nikolai Bordyuzha a précisé que son adjoint ne parlait pas de l’Afghanistan.

 

La Déclaration de Genève, négociée par Kofi Annan le 30 juin, prévoit le déploiement d’une force de paix si le gouvernement syrien et l’opposition en font l’un et l’autre la demande. L’Armée « syrienne libre » a rejeté cet accord. Le terme « opposition » désigne donc uniquement les partis politiques qui ont été réunis depuis, à Damas, sous la houlette des ambassadeurs russe et chinois. L’accord de Genève ayant été validé par le Conseil de sécurité, le déploiement de « chapkas bleues » peut être mis en œuvre sans résolution ad hoc. Valery Semerikov a précisé que 4 000 hommes sont d’ores et déjà affectés à cette force de paix, tandis que 46 000 autres sont formés et peuvent être mobilisés rapidement en renforts.

 

Dans ce contexte, les signes du retrait occidental de Syrie se multiplient. Le flux d’armes et de combattants occidentaux s’est interrompu, seuls continuent les transferts financés par l’Arabie saoudite et le Qatar.

 

Beaucoup plus surprenant : six fois de suite, le commandement Otan d’Incirlik a donné aux jihadistes des instructions de regroupement dans des zones particulières pour se préparer à de vastes offensives. Or, si l’Armée arabe syrienne, conçue pour affronter l’Armée israélienne, est inadaptée à la guérilla, elle est au contraire très efficace dans les combats classiques. Elle a donc, chaque fois, encerclé et anéanti les éléments rassemblés de l’Armée « syrienne libre ». On pouvait penser la première fois à une erreur tactique, la seconde à l’entêtement d’un général incompétent, mais à la sixième fois, on doit envisager une autre hypothèse : l’Otan envoie volontairement ces combattants à la mort.

 

Contrairement à la perception commune, la motivation des jihadistes n’est pas à proprement parler idéologique ou religieuse, mais esthétique. Ils n’entendent pas mourir pour une cause et se désintéressent d’ailleurs du sort de Jérusalem. Ils épousent une posture romantique et cherchent à exacerber leurs sensations que ce soit par des drogues ou dans la mort. Leur comportement les rend facilement manipulables : ils cherchent des situations extrêmes, on les y place et on guide leur bras. Au cours des dernières années, le prince Bandar bin Sultan était devenu le grand architecte de ces groupuscules, incluant Al-Qaeda. Il les encadraient avec des prédicateurs leur promettant un paradis où 70 vierges leur offriraient des plaisirs paroxystiques, non pas s’ils atteignaient un objectif militaire particulier ou un but politique, mais uniquement s’ils mouraient en martyrs là où Bandar avait besoin d’eux.

 

Or, le prince Bandar a disparu de la scène depuis l’attentat dont il a été victime le 26 juillet. Il est probablement mort. Du Maroc au Xinjiang, les jihadistes sont livrés à eux-mêmes, sans aucune coordination véritable. Ils peuvent se mettre au service de n’importe qui, comme l’a montré la récente affaire de l’assassinat de l’ambassadeur états-unien en Libye. Par conséquent, Washington veut désormais se débarrasser de cette piétaille devenue encombrante et dangereuse, ou tout au moins en restreindre le nombre. L’Otan donne des ordres aux jihadistes pour les exposer au feu de l’Armée arabe syrienne qui les élimine en masse.

 

Par ailleurs, la police française a abattu le 6 octobre un salafiste français qui avait commis un attentat contre un commerce juif. Les perquisitions qui ont suivi ont montré qu’il appartenait à un réseau incluant des individus partis faire le jihad en Syrie. La police britannique a fait une découverte similaire quatre jours plus tard.

 

Le message de Paris et de Londres, c’est que les Français et les Britanniques morts en Syrie n’étaient pas des agents en mission secrète, mais des fanatiques agissant de leur propre initiative. C’est évidemment faux puisque certains de ces jihadistes disposaient de matériels de communication aux normes Otan, fournis par la France et le Royaume-Uni. Quoi qu’il en soit, ces mises en scène marquent la fin de l’implication franco-britannique aux côtés de l’Armée syrienne libre, tandis que Damas restitue discrètement des prisonniers. Une page est tournée.

 

Dès lors, on comprend la frustration de la Turquie et des monarchies wahhabites qui, à la demande de l’Alliance, se sont investies sans réserve dans la guerre secrète, mais devront assumer seules l’échec de l’opération. Jouant le tout pour le tout, Ankara s’est lancé dans une série de provocations visant à empêcher l’Otan de se dérober. Tout y passe, depuis le positionnement de pièces d’artilleries turques en territoire syrien jusqu’à la piraterie d’un avion civil. Mais ces gesticulations sont contre-productives.

 

Ainsi, l’avion de Syrian Air en provenance de Moscou qui a été détourné par les chasseurs turcs ne contenait aucune arme, mais des engins électroniques de protection civile destinés à détecter la présence de fortes charges explosives. A vrai dire, la Turquie n’a pas voulu empêcher la Russie de livrer un matériel destiné à protéger les civils syriens du terrorisme, mais a tenté d’accroître la tension en maltraitant des passagers russes et en empêchant leur ambassadeur de leur porter assistance. Peine perdue : l’Otan n’a pas réagit aux accusations imaginaires proférées par Recep Tayyip Erdogan. Pour seule conséquence, le président Poutine a annulésine die sa visite prévue à Ankara le 15 octobre.

 

Le chemin vers la paix est encore long. Mais, même si la Turquie aujourd’hui, ou les monarchies wahhabites demain, essayent de prolonger la guerre, le processus est enclenché. L’Otan plie bagage et les médias tournent progressivement leurs regards vers d’autres cieux.

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La « responsabilité de protéger » des civils ou des intérêts? De Julie Lévesque dans "Mondialisation-CA"

15 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La « responsabilité de protéger » des civils ou des intérêts?

La notion de « responsabilité de protéger » est un leurre. Étayée sur un principe moral inattaquable, à savoir la protection des civils, elle devient par le fait même, incontestable. Le principe porte pourtant bien son nom, puisque sa mise en œuvre a en effet pour but de protéger. Cependant l’idée de protéger des civils sert uniquement d’appât pour galvaniser l’opinion publique, car en réalité on ne protège rien d’autre que des intérêts géostratégiques et financiers.

L’histoire récente le démontre à merveille. Le concept a été invoqué dans le cas de la Libye et il l’est aujourd’hui dans le cas de la Syrie. La tactique est la même et ne date pas d’hier. En 1981, la CIA a élaboré un plan « visant à installer un gouvernement pro-étasunien en Libye. Ce plan comprenait un “programme de ‘désinformation’ destiné à embarrasser Kadhafi et son gouvernement; la création d’un ‘contre-gouvernement’ pour contester sa prétention au leadership national; ainsi qu’une campagne paramilitaire progressive constituée d’opérations de guérilla à petite échelle” ». (William Blum, Killing Hope, Common Courage Press, 2004, p.283, cité dans Julie Lévesque, LIBYE : Opération clandestine et propagande de guerre, 20 octobre 2011.)

On a diabolisé Kadhafi, créé le Conseil national de transition et armé et financé une guérilla. On diabolise maintenant le gouvernement syrien, démocratiquement élu, on a créé le Conseil national syrien et on arme et finance une guérilla (Armée syrienne libre). La tactique des rebelles « prodémocratie » ayant été amplement documentée et utilisée à maintes reprises par le passé, qu’il s’agisse des rebelles en Haïti en 2004, des moudjahidines en Afghanistan et des Contras au Nicaragua dans les années 1970-80 ou de l’Armée de libération du Kosovo dans les années 1990, l’aveuglement médiatique général ne peut s’expliquer que par une propagande concertée alliant désinformation et censure.

Le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et les pays de l’OTAN tiennent-ils vraiment à protéger des civils en Syrie? Si c’était le cas, ils n’appuieraient pas une rébellion armée qui y commet des massacres (Houla) et blâme le gouvernement afin de nourrir une sinistre propagande de guerre.

Pour le général étasunien hautement décoré Smedley Buttler, les guerres sont l’expression des rivalités économiques. Dans son livre La guerre est un Racket paru en 1935, il se décrit lui-même comme « le racketteur du capitalisme » :

J’ai passé 33 ans de ma vie chez les Marines à jouer Monsieur Muscle pour les affaires, pour Wall Street et les banquiers. Bref, j’ai été le racketteur du capitalisme. (Smedley Butler, La guerre est un racket, Lemme, 2008)

Et c’est cette rivalité qui s’exprime actuellement au Moyen-Orient. Manlio Dinucci explique la situation syrienne et ce que l’on veut réellement protéger :

Comme en Libye, on a fiché un coin dans les fractures internes pour provoquer l’écroulement de l’état, en instrumentalisant la tragédie dans laquelle les populations sont emportées. Le but est le même : Syrie, Iran et Irak ont signé en juillet 2011 un accord pour un gazoduc qui, d’ici 2016, devrait relier le gisement iranien de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et ainsi à la Méditerranée. La Syrie où a été découvert un autre gros gisement près de Homs, peut devenir un hub de couloirs énergétiques alternatifs à ceux qui traversent la Turquie et à d’autres parcours, contrôlés par les compagnies étasuniennes et européennes. Pour cela on veut la frapper et l’occuper. (Manlio Dinucci, L’art de la guerre. Syrie : l’Otan vise le gazoduc, 9 octobre, 2012)

Lorsque l’on demande à ceux qui prônent les interventions dites humanitaires, pourquoi devrait-on intervenir ici plutôt que là, ils ne donnent jamais la vraie raison : les pays de l’OTAN et leurs alliés n’invoquent pas la responsabilité de protéger pour des conflits où leurs intérêts ne sont pas menacés. Le conflit le plus meurtrier depuis la fin de la deuxième guerre mondiale a eu lieu au Congo, pourtant on n’a jamais suggéré d’y intervenir. Cela prouve que même si l’intention derrière ce concept est noble, ceux qui ont encouragé sa création et peuvent l’employer, c’est-à dire les grandes puissances, veulent protéger autre chose que des civils:

Malgré 8 ans de guerre au Congo (de 1996 à 2003), un nombre de victimes estimé entre quatre et dix millions et les risques de conflit qui perdurent, l’intérêt du Canada pour ce pays depuis 1995 s’est limité presque essentiellement à la richesse minérale […]

Outre les liens directs avec les politiciens, le Canada a d’autres raisons de ne pas surveiller ou tenter de stopper l’exploitation des ressources dans la République démocratique du Congo (RDC) […] Les gouvernements ont rendu le droit fiscal favorable au minières et maintenu une « tradition longue et minable de compagnies aux actions cotées en cents mal réglementées » […]

Le Monde Diplomatique rapporte que les compagnies minières Barrick et Banro « finançaient des opérations militaires [en RDC] en échange de contrats lucratifs ». Un reportage dans Z Magazine en 2006 signalait que Barrick « est active dans la ville de Watsa, au nord-ouest de la ville de Bunia, l’endroit le plus violent du Congo. La Force de défense du peuple ougandais (FDPO) a contrôlé les mines de façon intermittente durant la guerre. Des responsables de Bunia affirment que des dirigeants de Barrick sont venus dans la région en avion escortés par la FDPO et le Front patriotique rwandais (FPR) afin de surveiller et inspecter leurs intérêts miniers […]

[S]oixante-quinze pourcent des ressources minières en RDC sont détenues par des compagnies étrangères. Le Congo se situe au 142e rang mondial de l’indice de développement humain et au 158e rang en ce qui a trait au PIB par habitant. « Le profit va uniquement aux compagnies, pas aux Congolais » […] (Gwalgen Geordie Dent, Mining the Congo. Canadian mining companies in the DRC, 26 mai 2007.)

Un document récent du collectif québécois Échec à la guerre, opposé à toute intervention militaire en Syrie ou ailleurs comme solution aux conflits, déconstruit la notion de responsabilité de protéger et explique son origine. Si le fascicule est juste dans son ensemble et s’oppose à cette doctrine, il se base toutefois sur une lecture en partie erronée des événements et omet les réelles luttes de pouvoir externes ayant nourri les conflits en question :

Lors des conflits yougoslaves, entre 1990 et 1995, et lors du génocide du Rwanda de 1994, il a été impossible pour la communauté internationale d’intervenir afin de protéger réellement la population, et cela a suscité un grand sentiment d’impuissance chez plusieurs. En ex-Yougoslavie en 1995, les forces de protection de l’ONU (Forpronu), avec plus de 38 000 Casques bleus, ont été incapables d’éviter le massacre de Srebrenica malgré un mandat qui incluait la protection des civils et la surveillance des zones démilitarisées.

L’OTAN est donc intervenue en 1995 afin de « protéger les civils ». Il s’agissait d’un prélude au concept de responsabilité de protéger, puisque cette intervention semblait montrer que les forces de l’ONU pouvaient être insuffisantes pour maintenir la paix sur le plan international. Dans les faits, l’OTAN, dirigée par les États-Unis a court-circuité la capacité de l’ONU d’intervenir efficacement dans ce conflit.

L’explication des origines du concept porte à confusion en disant qu’il a été « impossible pour la communauté internationale d’intervenir afin de protéger réellement la population » dans les conflits yougoslave et rwandais. D’une part, il s’agit davantage d’un refus d’intervenir. D’autre part, cela occulte le rôle de la soi-disant communauté internationale dans ces conflits.

Les conquêtes géostratégiques et financières passe la plupart du temps par la diabolisation d’un groupe et/ou d’un dirigeant nuisant à ces conquêtes : les Serbes et Slobodan Milosevic, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et maintenant Bachar Al-Assad. Michael Parenti, spécialiste du conflit yougoslave, dissipe les écrans de fumée de la propagande antiserbe qui perdurent depuis les années 1990 et son analyse révèle les similitudes entre la déstabilisation des Balkans et celle du Moyen-Orient.

Des divers peuples yougoslaves, ce sont les Serbes que l’on a diabolisés, car ils représentaient la nationalité la plus importante et la plus opposée au démantèlement de la Yougoslavie […] Des atrocités ont été commises des deux côtés dans la bataille, une bataille encouragée par les puissances occidentales […] Toutefois les reportages ont été systématiquement partiaux. Les […] atrocités commises par des Croates et des musulmans envers les Serbes se sont rarement rendus dans la presse étasunienne […] Au même moment, on mettait l’accent sur les atrocités commises par les Serbes, allant même parfois jusqu’à en fabriquer. Le discours officiel, fidèlement répété par les médias des États-Unis, était que les Serbes bosniaques commettaient toutes les atrocités. (Michael Parenti, The Media and their Atrocities, mai 2000.)

On assiste depuis à une répétition de cette tactique de désinformation. Ces médias et ces intellectuels qui ont pris position en faveur des rebelles syriens et libyens et se réclament de la responsabilité de protéger font de la propagande de guerre, laquelle enfreint l’Article 20 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par les Nations Unies en 1976 : « Toute propagande en faveur de la guerre est interdite par la loi. »

Quels étaient les véritables enjeux du conflit yougoslave? Dans son livre paru en 1998, Poker Menteur : Les grandes puissances, la Yougoslavie et les prochaines guerres, Michel Collon explique que la Yougoslavie représentait un carrefour stratégique recelant quatre  enjeux : 1) le contrôle des routes du pétrole et du gaz; 2) la domination de l’Europe de l’Est; 3) l’affaiblissement et la maîtrise de la Russie; 4) l’assurance de bases militaires. (Michel Collon, Poker Menteur : Les grandes puissances, la Yougoslavie et les prochaines guerres, Editions Aden, 1998, p. 129.)

On le voit, les seules différences entre la déstabilisation des Balkans au siècle dernier et celle du Moyen-Orient à l’heure actuelle sont l’endroit à conquérir et le rival à affaiblir. À la Russie, alliée de la Syrie et toujours dans la ligne de mire, il faut maintenant ajouter l’Iran que l’on menace d’attaquer pour de fausses raisons.

Bref, ce modus operandi machiavélique est vieux comme le monde : diviser pour régner. Les médias dominants des États membres l’OTAN servent à le camoufler en relayant la propagande guerrière des stratèges de l’Alliance, le bras armé de l’élite politique et financière occidentale, et de leurs alliés du Golfe. Rappelons-le, le Qatar et l’Arabie Saoudite sont des monarchies répressives n’ayant aucune crédibilité en termes de démocratie et de protection des civils. Or, les médias mainstream n’ont jamais évoqué l’absurdité et l’hypocrisie patente du cercle autoproclamé d’« amis de la Syrie » dont ils font partie avec les membres de l’OTAN.

La responsabilité de protéger, un instrument illégal aux yeux du droit international et contraire à la Charte de l’ONU, sert à légitimer des interventions militaires visant uniquement à assurer la domination des intérêts financiers et géostratégiques. Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts et les intérêts des « amis de la Syrie » n’ont rien à voir avec la protection des civils ou la démocratisation : ils arment et financent des groupes antidémocratiques, salafistes et djihadistes qui tuent des civils et des représentants du peuple, élus démocratiquement.

Le document d’Échec à la guerre, bien qu’il voit l’interventionnisme comme de l’impérialisme, conclut :

Une intervention est possible, mais il est impératif qu’elle réponde à des critères très stricts. Entre autres, il doit exister des preuves substantielles d’un génocide et l’intervention doit demeurer un dernier recours après que les mesures diplomatiques, le blocage des flux d’armement, les sanctions économiques aient été inefficaces.

Or, les sanctions économiques font partie de la guerre et tuent elles aussi. Avant l’invasion de l’Irak en 2003, un demi-million d’enfants irakiens sont morts des conséquences de telles sanctions. À la question « leur mort a-t-elle valu le coup? », l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright, qui a joué un rôle important dans les conflits des Balkans et à qui Barack Obama a décerné l’orwellienne « Médaille de la liberté », a répondu « nous croyons que oui ».

Si l’on veut réellement protéger les civils d’atrocités, il faudrait commencer par traduire en justice les criminels de guerre comme Mme Albright et les médias qui battent les tambours de guerre. Pourquoi ne pas tenter d’« imposer des sanctions économiques aux États-Unis en raison de leur lignée sanglante de crimes contre la paix »?

 
Article de : Julie Lévesque
Sur le blog d'Eva:
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La démocratie contre la paix. Un article de Guillaume De Rouville du 27 juin 2012.

14 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La démocratie contre la paix. Un article du 27 juin 2012.
  
 

Les preuves de l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à des fins géopolitiques, notamment dans les conflits libyen et syrien, s’amoncellent, et pourtant l’opinion publique occidentale continue à soutenir l’idée que nos dirigeants défendent la démocratie contre la tyrannie dans ces régions du monde. L’Occident peut ainsi s’allier ouvertement avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, principaux pourvoyeurs de fonds aux mouvements terroristes islamistes dans le monde, leur fournir des armes, un appui logistique, des images satellites, des informations stratégiques et un soutien diplomatique sans faille, les opinions publiques refusent de voir la réalité en face et préfèrent penser que ces actions sont motivées par les valeurs démocratiques qui fondent nos sociétés.

Pour ces opinions publiques, mettre en avant le jeu pervers des Occidentaux en Orient ce n’est pas dire la vérité, c’est soutenir Assad ou Kadhafi et faire le jeu des dictatures. Ce n’est pas expliquer le monde tel qu’il fonctionne devant nos yeux avec ses complexités et ses manipulations, ses enjeux géopolitiques et les calculs cyniques de ses principaux acteurs, c’est prendre parti contre des mouvements démocratiques.

Quand les démocraties occidentales soutiennent et répandent la guerre et la terreur, comme en Libye ou en Syrie, avec les pires alliés que l’on puisse imaginer pour aller planter le drapeau de la démocratie en terres étrangères, ne faut-il pas être du côté de la paix et lutter contre les dérives de la démocratie occidentale au nom même des valeurs qu’elle est sensée représenter ? La paix n’est-elle pas un bien commun tout aussi important que cet autre bien commun qu’est la démocratie ? Quand la démocratie n’est qu’un prétexte pour des appétits prédateurs sans limite (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie), appétits qui se traduisent par des massacres de masse de populations civiles innocentes, quand la démocratie sert d’appât pour attraper un peuple à la gorge et le jeter dans un cycle de violences dont ne sortiront que la misère, le chaos et l’asservissement généralisés, ne faut-il pas prendre la défense de la paix contre la démocratie, quoiqu’il en coûte pour sa propre réputation ?

Car il ne s’agit évidemment pas de défendre des dictateurs (comme d’habiles rhéteurs aiment à le répéter), nos dirigeants le font très bien à notre place, aussi longtemps d’ailleurs que ces dictateurs financent leurs actions ou hochent de la tête au pillage des ressources naturelles de leur pays. Il s’agit de répondre au bourgeois cultivé (celui qui lit Le Monde, le Guardian ou le New York Times et croit y trouver une description de la réalité) vivant dans les beaux quartiers de Paris, de Londres ou de New York, qui ne comprend pas que l’on puisse s’horrifier des stratégies employées pour faire tomber un dictateur. Il n’a jamais eu à se battre pour la démocratie, il l’a reçue en héritage et on l’a gavé depuis sa plus jeune enfance avec des valeurs démocratiques qui sont pour lui plus une jouissance qu’un devoir ou une obligation. Pour se sentir un citoyen méritant il n’a qu’à se soumettre avec nonchalance à la société de consommation et du spectacle et à aller voter de temps à autre pour le bonimenteur le plus présentable. Il n’y a pas de mal à cela ; c’est ainsi que vont les choses en démocratie et nous ne revendiquons pas d’autre régime politique pour gouverner le troupeau de consommateurs que nous sommes.

Ce que nous souhaitons simplement souligner, c’est que les rentiers de la démocratie (dont nous faisons partie) n’ont aucun mérite particulier dans l’essor ni dans l’existence de la démocratie occidentale et de ses valeurs. Alors, quand sans aucune nuance, tel ou tel d’entre eux approuve des guerres qui apportent la ruine, la terreur et le chaos dans des pays non démocratiques, on a envie de lui dire, “va là-bas, va t’engager aux côtés des rebelles salafistes et va admirer les massacres, les haines ethno-religieuses s’élever sur le cadavre de la laïcité, va contempler les enfants se faire trancher la tête et dis-moi s’il faut nécessairement en passer par là pour mériter la démocratie” ? Car, apparemment, pour ces rentiers, pour ces enfants gâtés de la démocratie, il s’agit juste de la mériter, pas de l’avoir, ni d’en profiter.

Si seulement cette démocratie était la promesse du sang versé et des souffrances endurées, on pourrait, en effet, comprendre l’envie du bourgeois cultivé de clouer le bec aux diseurs de mauvaise fortune et autres trouble-fête ou rabat-joie qui prennent la démocratie trop au sérieux pour jouer avec elle. Mais elle n’est, comme on l’a dit, que le prétexte d’un jeu géopolitique où l’Occident s’est allié avec des islamistes radicaux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar pour détruire des États-nations laïques sur des bases ethno-religieuses afin, notamment, de contrer l’influence chinoise et russe et de s’assurer l’accès à un certain nombre de ressources naturelles. On ne bâtit pas la démocratie sur le sectarisme religieux, sur le démembrement des États-nations, en envahissant un pays, en ruinant son infrastructure, en y apportant le libéralisme le plus pur (comme en Irak et en Libye), en donnant le pouvoir aux légions wahhabites qui défendent un islam intolérant et moyenâgeux. C’est mensonger et criminel de le prétendre ou de feindre de l’ignorer. À la place de la démocratie nous avons installé des fosses communes dans lesquelles nous avons jeté pêle-mêle des civils innocents et le cadavre de la paix.

Créer des guerres civiles dans des pays en paix : voila en un mot la responsabilité morale du bourgeois cultivé, rentier de la démocratie qui, dans le confort de ses certitudes sans conséquences pour lui, soutient l’impérialisme humanitaire de nos grands commis. Il y a beaucoup d’irresponsabilité et de morgue dans cette attitude qui consiste à soutenir la terreur wahhabite au nom des valeurs des Lumières et à faire de la démocratie occidentale un instrument de jouissance pour soi et de malheur pour les autres.

Comment expliquer l’aveuglement volontaire des bourgeois cultivés qui forment la masse inerte de nos opinions publiques, celle dont l’élite se joue pour fabriquer le consentement général ?

Peut-être que l’explication se trouve dans ce que nous appelons “l’ambiguïté démocratique” ou le “paradoxe démocratique” : la démocratie est à la fois le meilleur régime et celui qui permet le mieux de faire la guerre au nom de la paix, de tuer au nom des droits de l’homme, de persécuter au nom de la liberté individuelle, de conquérir des pays au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il semble qu’il y ait un caractère orwellien inhérent à la démocratie, en raison de l’image de vertu qui lui colle à la peau et qui permet, sans forcer les gens, de leur faire accepter l’inacceptable. La domination d’une élite y est discrète, invisible, sans violence excessive. On peut limiter la répression à quelques individus, torturer essentiellement ceux qui n’ont pas la qualité de citoyens (10 000 Musulmans étrangers torturés pour un Bradley Manning). L’élite démocratique ne dépend pas d’un tyran identifiable dont il suffirait de couper la tête pour remettre en cause l’ordre établi. En démocratie, la domination d’une minorité semble être le résultat d’un consentement général que l’on appelle souveraineté du peuple. L’oligarchie parvient à vendre à l’opinion publique son credo libéral, la financiarisation de son économie qui tue ses emplois, des guerres d’agression qui ne profitent qu’à une minorité, des explications du monde qui ne résistent pas à l’examen critique (11-Septembre, guerre contre le terrorisme), etc. La démocratie semble ainsi être, entre les mains de nos élites, l’instrument le plus efficace qui leur permet de se maintenir au pouvoir et d’accomplir des politiques contraires à l’intérêt général au nom même de cet intérêt général. Comme nous l’exposons dans La Démocratie ambiguë (1) : le sentiment commun est que la démocratie est infaillible, que les dirigeants ne nous trompent pas, que les médias ne nous manipulent pas. Nous évacuons toute pensée contraire comme ‘théorie du complot’, absurde paranoïa d’illuminés du Web. Le simple questionnement de la version officielle est synonyme de folie.

Il est quasiment impossible de démontrer aux citoyens d’un régime démocratique que leur pays peut, dans telle ou telle situation, incarner le mal. Les citoyens vivant en démocratie ne parviennent pas à être soupçonneux de leurs dirigeants ; ils sont de candides consommateurs qui ne peuvent pas admettre que la démocratie puissent faire le mal, car, si elle le faisait, ils ne vivraient plus dans cette démocratie immaculée qu’on leur vend, ils devraient, par conséquent, douter de la nature du régime dans lequel ils vivent, et cela, ils en sont psychologiquement et moralement incapables. À force de leur répéter qu’ils vivent en démocratie on leur a ôté l’appareil critique qui leur permettrait de voir les limites de cette affirmation.

L’esprit critique semble impuissant à renverser cette image trop flatteuse que nous avons de nos propres démocraties. Il faut avoir un esprit dissident, et pas seulement critique, pour ne pas se satisfaire de l’apparence démocratique et pour exiger que la chose corresponde au mot.

Ainsi, pour revenir sur le cas syrien, il est difficile pour la Russie ou la Chine de soutenir Bachar el-Assad car on assimile leur soutien à celui d’un régime dictatorial qui commet des crimes contre l’humanité. En revanche, et c’est là que le paradoxe apparaît, il est semble naturel et moral pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux de soutenir les légions wahhabites (qui commettent également des crimes contre l’humanité - 2), car étant des démocraties, les États-Unis et leurs alliés ne pourraient pas vouloir le mal. Qu’importe que l’Occident utilise la guerre comme moyen de domination (en Afrique et au Moyen-orient par exemple) et que la Russie et la Chine aient principalement recours au développement économique, la morale semble toujours du côté de la ‘démocratie’.

Souligner la complexité d’une situation et expliquer l’instrumentalisation de l’idéal démocratique par les élites occidentales, plutôt que de proposer une vision monolithique d’un conflit, c’est faire honneur aux valeurs démocratiques de discussions et de libre réflexion. Que ceux qui se posent des questions se fassent insulter et traiter d’auxiliaires des dictateurs par les bourgeois cultivés est certainement triste, mais ne doit pas les décourager de continuer à faire des efforts de compréhension et d’explication et à défendre la paix contre les fausses promesses des apprentis sorciers de la démocratie qui promeuvent, sur le mode orwellien, la paix éternelle par des guerres perpétuelles et les vertus démocratiques par des crimes de masse.

Guillaume de Rouville

http://lidiotduvillage.org/2012/06/26/la-democratie-contre-l...

(1) La Démocratie ambiguë, Guillaume de Rouville, Éditions Cheap, juin 2012.

(2) Et sans doute de manière plus systématique.

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http://www.legrandsoir.info/la-democratie-contre-la-paix.html
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Le controversé militant antisioniste radical, que les sionistes considèrent comme un traître, donne ces conseils géopolitiques aux Turcs. Conseils de Shamir aux Turcs.

14 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le controversé militant antisioniste radical, que les sionistes considèrent comme un traître, donne ces conseils géopolitiques aux Turcs. Conseils de Shamir aux Turcs.

 

Cessez le feu, les Turcs!
 Par Israël Adam Shamir
 
 Dans la corrida qui se déroule au Moyen Orient, le moment de vérité se rapproche à grand pas. La Syrie d'Assad est le taureau blessé qui fonce lourdement dans l'arène, fatigué par une longue année de harcèlement. Les banderilles des moudjahiddines sont fichées dans son échine déchirée. Le public, Européens, Américains, dirigeants du Golfe, s'égosillent: à mort, à mort Assad! Et le matador turc de faire un pas en avant, et de tirer son épée. Ses canons envoient des rafales mortelles sur les pentes syriennes, une tempête de feu et de plomb s'abat sur les collines. Erdogan se prépare à donner le coup de grâce à son voisin harassé.


 "Arrête, Erdogan, ne fais pas ça, laisse tomber! Lui crient des milliers de Turcs qui manifestent contre cette guerre sanglante. La Syrie a été un bon voisin pour la Turquie: Assad n'a pas permis aux séparatistes kurdes d'ouvrir leur second front contre les Turcs, il leur a remis Ocalan, il n'a pas fait de la perte d'Antioche une cause nationale, il a maintenu l'armée israélienne au large, il a encaissé le choc de la guerre au Liban en soutenant les vaillants guerriers du Hezbollah. La Syrie après Assad sera bien pire pour la Turquie.


Si les janissaires d'Erdogan organisent une attaque par traîtrise contre la Syrie, et provoquent son effondrement, il s'ensuivra une tornade terrifiante qui s'abattra sur la Turquie aussi. L'inévitable massacre de Syriens chrétiens par les moudjahiddines avec soutien de la Turquie rappellera au monde les nombreux villages et bourgs chrétiens que les Turcs victorieux ont jadis écrasé et dépeuplé, et qui sont maintenant bien oubliés. Les fantômes des Arméniens et des Grecs massacrés se dresseront au dessus des ruelles de Smyrne et des rives de Van. Depuis la Syrie brisée, un Kurdistan définitif verra le jour, qui réduira la Turquie aux proportions que lui avait dévolues le Traité de Versailles.


Ce sont les Saoudiens qui seront les grands gagnants de la guerre, et non pas les Turcs. Le rêve du califat aura pour centre le Golfe, et non pas le Bosphore. De leurs propres mains, les Turcs sont en train de creuser leur défaite.


Les bonnes relations avec la Russie en souffriront gravement. La Russie a invité la Turquie à restreindre ses actions, et lui a rappelé la terrible responsabilité que doit endosser l'agresseur. La Russie veut que la Syrie trouve sa propre issue à la crise. La Russie est le plus grand partenaire commercial de la Turquie; des milliers d'ingénieurs turcs et de techniciens travaillent en Russie,  des milliers de Russes passent leurs vacances en Turquie.

 

Et surtout, les relations entre la Russie et la Turquie sont importantes au-delà des considérations mercantiles pratiques. Ce sont deux grands pays, les deux héritiers de l'empire romain d'Orient, ou empire byzantin. Les Ottomans en ont hérité l'essentiel de leur territoire, plus tard morcelé en 1918; la Russie pour sa part héritait de son esprit et de sa foi, ses ramifications les plus importantes. Si l'on cherche à établir des symétries, il faut regarder du côté de l'empire romain d'Occident: son corps central, l'Europe de l'Ouest, a été fragmenté et se trouve en processus de réunification, et sa ramification la plus importante, ce sont les USA qui  ont hérité de son esprit impérial.


Les Russes et les Turcs sont très semblables entre eux; les Turcs sont "des Russes en shalvars", comme ils disent. Les deux nations ont traversé la modernisation et l'occidentalisation, mais sans perdre leur identité propre. Les deux nations sont passées par un violent déni de leur foi entre les années 1920 et 1990, et ont redécouvert leurs pentes religieuses naturelles ensuite.


Les Russes voient les Turcs comme des humains égaux, et ils  sont en empathie avec eux. Le brillant historien russe Lev Goumilev a exalté la camaraderie des frères d'armes russes et turcs qui avaient su briser la vague des croisades occidentales des XIII° et XIV° siècles. A l'époque moderne, Lénine avait donné un coup de main à Mustapha Kemal et  a déjoué toutes les prétentions russes sur la Turquie vaincue, parce qu'il espérait que la Turquie reprendrait son rôle historique de protecteur de l'Orient. Les Russes et les Turcs doivent rester amis. Si les Russes disent à Erdogan "n'y va pas", il devrait  écouter. Seulement c'est lui qui a abattu leur avion.


Les Russes ne sont pas obsédés par Bachar al Assad, et il n'est pas non plus leur meilleur ami. Il est arrivé au pouvoir en 2000, mais sa première visite à Moscou n'a pas eu lieu avant 2005, car il frayait jusque là avec Paris et Londres. Le commerce de la Russie avec la Syrie n'est pas énorme, d'ailleurs. Le premier ministre Netanyahu a promis au président russe Poutine de protéger les intérêts russes en Syrie en cas de victoire des rebelles. Les Russes ne sont pas égoïstes; ils insistent sur une transformation pacifique, selon la volonté des Syriens, et s'opposent au viol de la Syrie qu'envisagent les Saoudiens et l'Occident.


Les relations de la Turquie avec l'Iran vont en souffrir. Pour l'Iran, la Syrie est un partenaire important, une fenêtre sur la Méditerranée. La victoire des forces pro américaines en Syrie refermera cette fenêtre. Les Iraniens en voudront terriblement à la Turquie, ce n'est pas une bonne idée de saccager ces relations.


Le peuple turc ne veut pas de la guerre contre la Syrie; les généraux turcs eux-mêmes ne sont pas chauds pour qu'on lâche la meute. Seuls les pro-Otan occidentalisés à l'intérieur de la classe dirigeante turque désirent renverser le gouvernement légitime de Damas. Il y a d'autres Turcs qui se souviennent que la soumission envers les Occidentaux n'a jamais été le bon choix  pour la Turquie, ni pour la Russie.


Je comprends pourquoi les dirigeants turcs ont décidé de soutenir les rebelles il y a un an: ils s'étaient laissé égarer par la ritournelle commune du Golfe et de l'Ouest,  selon laquelle le gouvernement syrien allait s'effondrer très vite, et ils voulaient se retrouver du côté des gagnants. Mais après la bruyante campagne médiatique, la réalité s'est imposée, et elle a démenti les prophéties: malgré les milliards de dollars dépensés par le Qatar, les Saoudiens et les Occidentaux, malgré les tas d'armes amenés par la frontière turque, le régime d'Assad est resté solide, et jouit encore du soutien populaire.

 

C'est le moment de se ressaisir. Dans tous les jeux, il arrive un moment où il faut revoir ses positions, quand le joueur décide ne pas mettre sur la table sa bonne monnaie après s'être débarrassé de la mauvaise. Et le repositionnement a commencé, avec le mouvement des Turcs qui demandent des comptes, le bilan des pertes, que l'on arrête de soutenir les rebelles et qu'on essaye de restaurer la normalité avec un excellent mot d'ordre: "pas d'embrouilles avec les voisins". Le  New York Times a déjà rapporté il y a quelques jours une flambée  annonciatrice du virage à 180° dans l'état d'esprit des Turcs: les gens sont déçus, à cause du flot de réfugiés, de l'avalanche de moudjahiddines syriens sans foi ni loi, de la pagaille et du regain de la résistance kurde.


Les Turcs sont réputés pour leurs pirouettes intrépides. En 1940, ils étaient aux côtés de l'Allemagne, parce qu'ils étaient sûrs de la victoire du Reich, mais en 1944, ils ont compris que l'URSS était en train de gagner, et ils ont viré de bord. C'est le moment d'en faire autant, de revenir à la neutralité stricte, de cesser de soutenir les rebelles et de refermer la frontière: voilà ce que le peuple a expliqué au reporter du New York Times.


Mais les gens qui ont planifié la débâcle syrienne, de l'autre côté de la mer, ont tiré des conclusions opposées de ce changement d'état d'esprit: ils ont décidé d'accélérer leurs opérations, et ont provoqué les échanges de tirs d'artillerie. Nous ne savons pas qui a armé les mortiers dans les villages à la frontière turque; si c'est l'armée syrienne dans le feu de la bataille, ou les rebelles pour déclencher la guerre. Le quotidien turc Yurt a fait savoir que les tirs venaient d'engins de l'OTAN récemment fournis aux rebelles par les Turcs: "le gouvernement d'Erdogan a fourni les mortiers aux groupes armés (de l'Armée syrienne 'libre') en Syrie, qui ont bombardé la ville d'Akcakale", titrait-il. Les munitions étaient, selon la même source, des munitions de l'Otan, des 120 AE HE-TNT.


Même le New York Times a admis qu'on ignore qui est responsable de l'atterrissage des mortiers en Turquie. La chaîne allemande ZDF a annoncé que les tirs de mortier venaient de territoires contrôlés par des combattants de l'Armée syrienne "libre". Un clip vidéo dérobé ajoute qu'ils ont reconnu leur responsabilité pour l'attaque d'Akcakale et le meurtre de cinq citoyens turcs.


Mais il se peut que les tirs soient partis des troupes gouvernementales, lorsqu'ils ont tiré sur les rebelles, et que les villageois turcs en aient été les victimes innocentes. Dans la mesure où les Turcs permettent aux rebelles d'opérer librement sur leur territoire, c'est tout à fait possible.


Mais ce n'est pas une raison pour déclencher la guerre. Souvenons-nous en 2010, lorsque les Israéliens ont abattu comme d'authentiques maffieux neuf volontaires turcs désarmés à bord du Mavi Marmara. C'était un assassinat brutal en plein jour, et tout à a été filmé, aucun doute ne subsiste. Erdogan avait menacé d'envoyer la marine turque sur les rivages palestiniens et de délivrer Gaza par la force. Mais est-ce qu'il l'a fait? Que nenni. Le voici maintenant qui fait le brave face à la Syrie épuisée et dévastée; mais pourquoi n'a-t-il donc pas eu le courage de s'en prendre à Israël, comme les Syriens l'ont fait?


Et maintenant les Israéliens espèrent qu'Erdogan va aider les rebelles à détruire la Syrie; ils ont demandé aux Turcs de coordonner des actions conjointes avec eux. De sorte qu'au lieu de punir Israël, Erdogan est en train de combler les désirs des Israéliens.


Je me rappelle un certain mois de février couvert de neige, à Istanbul, en 2003, lorsque j'étais venu pour argumenter contre le passage de l'armée US pour aller dévaster l'Irak. Je leur disais: "le vieux projet sioniste tenace est en train de se réaliser. D'abord l'Irak doit être réduit en cendres. Ensuite ce sera l'Iran, l'Arabie saoudite, la Syrie, puis tout ce qui constituait jadis l'empire ottoman jusqu'à ce que tous, avec les voisins, du Pakistan jusqu'à l'Afrique, soient  devenus zone d'influence pour les intérêts spéciaux d'Israël, zone dont la police sera confiée aux Turcs.


Ce plan, le général Sharon l'avait ébauché bien des années auparavant, puis il avait été reformulé par les néo-conservateurs sionistes Richard Perle et Douglas Feith en 1996, et il est maintenant mis à jour par le clan de Wolfowitz, les gens qui continuent à faire la politique étrangère US. Si tout cela est parachevé ce sera avec la connivence de la Turquie, de son gouvernement soi-disant islamique.


J'en suis désolé pour vous, mes amis. Vous étiez les bergers du Moyen Orient, et maintenant vous êtes passés dans le camp des loups. Vous étiez des meneurs d'hommes, et vous voici devenus les larbins de vos maîtres. Vous étiez les protecteurs de l'islam, et vous êtes sur le point de permettre la profanation de la Mosquée d'Al-Aqsa.


Ce que j'annonçais alors est devenu vérité; rien de bon n'est sorti de la guerre d'Irak. Et maintenant, je peux le redire: rien de bon de sortira de la guerre de Syrie.


Les histoires de massacres multipliés bien souvent ne sont que des histoires. Wikileaks a publié un rapport de Stratfor qui disait: "la plupart des affirmations les plus sérieuses de l'opposition syrienne se sont avérées de grossières exagérations, ou simplement des mensonges." Et ce qui se passe sur le terrain n'est certainement pas pire que tout ce qui a pu être fait aux Kurdes en Turquie. Et les Turcs n'ont probablement pas envie du tout d'une intervention dite humanitaire dans leur pays.


Mon conseil: n'essayez pas d'abattre la Syrie, retournez à votre politique de neutralité stricte, cessez le feu et le soutien logistique aux rebelles. Laissez les Syriens régler leurs problèmes entre eux, sans intervention étrangère.


Traduction: Maria Poumier

 


Israel Shamir est maintenant en Turquie. On peut lui écrire  à l'adresse adam@israelshamir.net

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Regard d’une Syrienne sur son pays.

13 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Regard d’une Syrienne sur son pays

Le nouveau gouvernement français a,  jusqu’à ce jour, chaussé sur la crise syrienne les bottes interventionnistes et  militaristes de son prédécesseur.

Les médias dominants, comme à leur habitude, ne se sont pas étonnés de cette continuité  et lui ont pour la plupart d’entre eux  emboité le pas sans trop s’interroger sur la pertinence de cette politique guerrière dans une période où les problèmes de la société française devraient  pourtant interdire à un gouvernement responsable d’attiser , pour des raisons qui restent obscures, la crise dans d’autres pays. Ironie de l’histoire,  la Syrie faisait partie des pays choisis par l’Union Européenne pour développer avec  eux dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen des relations de bon  voisinage.

Cette politique de force brute  impulsée par les Etats-Unis et qui n’a de soutien que dans les pays capitalistes  dominants est maintenant refusée et condamnée par la majorité des pays membres  de l’ONU comme l’a démontré la récente conférence des pays non alignés à Téhéran.

Pour que la France sorte de son  jusqu’auboutisme guerrier il est nécessaire que l’opinion publique nationale  exerce sa liberté de jugement sur cette crise. En effet,  même si aujourd’hui ce sont les syriens  qui en subissent les conséquences les plus meurtrières, cette crise comporte des  risques importants d’extension internationale.

Déverrouiller l’information est  la  première responsabilité de ceux  qui souhaitent que la crise syrienne soit réglée par des voies politiques.

C’est pourquoi COMAGUER, Comité  Comprendre et agir contre la guerre, fondé à Marseille en 2001 a invité une  citoyenne franco-syrienne à nous apporter son témoignage sur la crise dans son  pays.

AYSSAR MIDANI, chimiste  et informaticienne, est franco-syrienne. Elle préside une association de  scientifiques syriens expatriés NOSSTIA et une association culturelle  euro-syrienne AFAMIA. Elle vit et travaille en France mais se rend 3 ou 4 fois  par an pour organiser congrès, ateliers et formations scientifiques et  techniques. Son dernier séjour en Syrie remonte au mois  dernier.

 

Nous  l’accueillerons

VENDREDI 19  OCTOBRE A 19 H

       

CHEZ MILLE  BABORDS

61 RUE  CONSOLAT   13001 MARSEILLE

Contact: comaguer@nomade.fr

Documents: http:// comaguer.over-blog.com

Emissions : chaque mardi sur Radio  Galère 88.4mhz

 

http://www.mondialisation.ca/regard-dune-syrienne-sur-son-pays

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Pas de guerre, pas de pleurs ! (Hürriyet), par Nuray Mert.

13 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Pas de guerre, pas de pleurs ! (Hürriyet)

"La Turquie n’est pas loin de la guerre ... préparez la guerre si vous souhaitez la paix", a déclaré le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan comme si la Turquie était poussée vers la guerre en dépit de ses efforts pacifiques. En fait, ce n’est pas vrai, la Turquie s’est poussée elle-même à se rapprocher de la guerre en raison de sa politique syrienne. Non, ce n’est pas seulement le résultat d’erreurs de calcul du gouvernement concernant le processus syrien. Il est vrai que le gouvernement n’a pas pu comprendre la complexité de la situation, ni s’agissant de la Syrie ni de la politique régionale et mondiale en général, mais plus important encore, la Turquie a ses propres calculs concernant le changement de régime en Syrie.

En fait, les conditions semblaient en faveur d’un engagement lourd de la Turquie dans le début du processus de changement de régime en Syrie. La Turquie était désireuse d’avoir son mot à dire dans la Syrie post-al-Assad et la politique occidentale a encouragé la position de la Turquie. Puis tout a changé, mais la Turquie n’a pas changé sa position alors que les enjeux s’élevaient. La Turquie a soutenu l’Armée syrienne libre presque comme son mandataire, non seulement parce qu’elle rêvait de faire de la Syrie post-al-Assad son arrière-cour, mais aussi parce que la Turquie est obsédée par le contrôle des Kurdes dans toute la région. [1]

Maintenant, le gouvernement utilise le prétexte d’un tir de mortier syrien qui a tué cinq civils dans la ville frontalière d’Akcakale [2] afin d’intensifier la crise. Le gouvernement n’évite pas de nouvelles tensions, bien au contraire il utilise la tension pour ses propres calculs politiques. L’adoption par le Parlement turc d’une motion autorisant le gouvernement à s’engager dans des opérations militaires au-delà de ses frontières [3] est une étape inquiétante vers de nouveaux affrontements. Il a s’agit en effet d’un événement tragique, mais l’atmosphère politique en Turquie n’amène personne à douter sérieusement de la responsabilité de la politique gouvernementale qui encourage l’Armée syrienne libre à utiliser la frontière turque comme un refuge de sureté. Si la Turquie avait été préoccupée par des affrontements à la frontière pour des raisons de sécurité, elle aurait également dû avertir l’Armée syrienne libre de maintenir les affrontements éloignés de la frontière turque. En oubliant de mettre en garde l’Armée syrienne libre, la Turquie encourage les militants par tous les moyens.

D’ailleurs, personne n’est prêt à discuter de l’empressement possible du gouvernement turc d’utiliser la motion pour commencer le contrôle militaire des régions kurdes du nord de la Syrie. Lorsque les Kurdes syriens ont pris le contrôle des régions à majorité kurde de la Syrie, les analystes pro-gouvernementaux ont ouvertement suggéré au gouvernement de donner plus de soutien à l’Armée syrienne libre afin d’arrêter les Kurdes.

Il semble que la Turquie envisage d’utiliser n’importe quelle excuse [4] pour contrôler militairement le nord de la Syrie, non pas pour se prévenir du régime de Bachar al-Assad, mais dans le but de dissuader les Kurdes d’accéder à l’autonomie dans le nord. C’est pourquoi le MHP nationaliste a ardemment soutenu la motion au Parlement. Par conséquent, une fois de plus nous avons besoin de voir que la question kurde est la clé pour l’avenir d’une Turquie pacifique et démocratique, à partir du moment où la guerre à domicile nous amène à proximité de la guerre à l’étranger. La Turquie se dirige vers des turbulences au niveau national et international. Afin d’arrêter que la Turquie ne glisse vers une politique autoritaire de la "guerre à domicile et la guerre à l’étranger," nous devrons nous opposer par tous les moyens. Pas de guerre, pas de pleurs !

Source : No war, no cry !

[1] Le parlement turc vient de prolonger une nouvelle fois pour un an son accord au gouvernement à mener des opérations militaires transfrontalières en Irak tel qu’il le fait depuis 2007.

[3] Cette autorisation est valable pour une durée d’un an.

[4] Dernière excuse en date l’interception surréaliste d’un jet civil syrien en provenance de Moscou au prétexte qu’il aurait contenu du matériel militaire, allégation qui a été catégoriquement démentie par l’organisme russe titulaire du monopole des exportations militaires (BTC) cité par le quotidien russe Kommersant

[2] A en croire un éditorial du journal turc Yurt Gazetesi, ce tir de mortier pourrait être une provocation :

Provocation sanglante

Merdan Yanardağ & Omer Ödemiş - Yurt Gazetesi
Samedi 6 Octobre 2012

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Il a été confirmé que le village syrien d’Ayn El Isa était sous le contrôle des rebelles depuis 10 jours quand des obus de mortier ont été tirés sur la ville turque d’Akcakale et tué 5 civils turcs.

On pense que des groupes terroristes (en collaboration avec le gouvernement de l’AKP) voulant attirer la Turquie dans une guerre avec la Syrie ont organisé l’attaque au mortier qui a eu lieu.

Les informations fournies par des sources syriennes ont confirmé l’absence de soldats de l’armée syrienne arabe dans la zone où les obus de mortier ont été tirés.
Les photos prises et les nouvelles rapportées par les journalistes turcs qui ont visité la région après l’événement l’ont confirmé.

Des officiels du Ministère syrien de la Défense ont déclaré dans un communiqué à notre journal :

"Il est un fait connu que la portée des mortiers est faible. Cette portée varie entre 1,5 à 3 kilomètres.

Il serait impossible que les obus de mortier tombés à Akcakale aient été tirés d’ailleurs que le village d’Ayn El Isa. Il est un fait connu que ce village a été occupé par des terroristes armés soutenus par le gouvernement turc.

L’armée syrienne arabe n’a rien à voir avec ce bombardement."

Des experts militaires turcs confirment le point de vue des autorités syriennes.
Les experts que nous avons interrogés (leurs noms ne seront pas révélés en raison de leur sécurité) ont déclaré que la portée effective des obus de mortier est de 3 km et ceci augmente la probabilité qu’ils aient été tirés à partir du village d’Ayn El Isa ou dans un endroit très proche de ce village.

Certaines sources qui sont proches de l’AKP, mais opposées à une guerre avec la Syrie ont déclaré que "la ville d’Akcakale a été frappée par une arme (un mortier) fournie par notre gouvernement", en référence au gouvernement turc de l’AKP.

"L’objectif est d’attirer la Turquie dans une guerre"

Les autorités syriennes disent que la même région a été bombardé par l’armée syrienne par air et par terre : "Ils (les rebelles) assassinent brutalement notre peuple. Ils veulent attirer la Turquie dans le conflit car ils ont compris qu’ils sont aculés et seront vaincus."

Les autorités ont indiqué que pendant la bataille de 17 mois, l’Armée arabe syrienne a choisi de créer une zone de facto tampon pour rester éloigné de la frontière turque. Cette zone tampon a été utilisée par les groupes terroristes pour échapper à l’Armée arabe syrienne.

Les obus de mortier appartiennent à l’OTAN

Des sources de renseignement syriennes ont déclaré que l’inventaire de l’armée syrienne contient des canons de mortier, mais que les obus qui ont frappé Akcakale étaient en provenance de l’OTAN.

Une personnalité très proche de l’AKP a déclaré : "Les obus tombés à Akcakale n’appartiennent pas à la Syrie".

Les rebelles armés utilisent les mêmes obus de mortier contre l’armée syrienne. Ces obus et ces canons ont été fournis aux rebelles par la Turquie et d’autres pays membres de l’OTAN. On rapporte également que ces obus de mortier ont été souvent utilisés par les rebelles dans des attaques menées en particulier à Alep et dans ses environs.

D’autre part, un expert en géopolitique Patrick Henningsen a noté que sous couvert de "représailles" en continuant des bombardements, la Turquie a déjà accru la zone de sureté pour les insurgés le long de la frontière de la Syrie avec la Turquie sur 19 km de profondeur.

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http://www.legrandsoir.info/pas-de-guerre-pas-de-pleurs-hurriyet.html

  
ARTICLES ASSOCIES
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"On n'a plus le temps", il faut s'intéresser à la Syrie de toute urgence.

12 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Bonjour à tous.

  

Guy Martin, en plus d'être membre des Amis du Monde Diplomatiques et de nombreuses autres organisations, est un des premiers adhérents de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" dont je suis le président. Il est même de ceux qui ont permis à celle-ci d'exister. En effet il était parmi les 50 personnes qui, le dimanche 16 mai 2010, sont parties de la Côte d'Azur à 4 h du matin pour aller au rassemblement annuel des Glières. Peu de gens se connaissaient et pourtant un même élan  nous a porté vers ce lieu chargé d'histoire où nous avons pu entendre des voix fortes et trempées. Serge Portelli, Léon Landini et d'autres, ont forgé en nous ce besoin de Résistance que nous avons concrétisé en créant notre association.

  

Guy de par sa formation est attentif à la géopolitique, il est docteur en géographie. Pour lui le droit international établi après la seconde guerre mondiale, fruit de terribles leçons de cette guerre et de ses atrocités, reconnu par les pays membres de l'ONU, ainsi que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, sont les  seules  références  solides  dans notre monde perturbé. Le pouvoir des multinationales est en train de se substituer au pouvoir des Etats nations par le truchement du droit d'ingérence fallacieusement qualifié d'humanitaire et plus fort encore par le devoir d'ingérence « humanitaire ». Le français Bernard Kouchner a installé ce drôle de substitut au droit international en utilisant la notoriété acquise avec son statut de  "French Doctor".

  

Depuis le démantèlement de l'ex-Yougoslavie jusqu'au pillage de la Libye en passant par la Côte d'Ivoire nous sommes abreuvés de désinformations afin de nous faire avaler l'absurdité qui consiste à dire: "Il faut faire la guerre pour protéger la paix". Devant cet abîme de mensonges aucune réaction ne monte à la surface. Auraient-ils colonisé notre inconscient pour nous imposer de pareilles inepties? Le ministre de la propagande d’Hitler, Joseph Goebbels disait bien que :  "Plus le mensonge est gros mieux il passe". Sommes nous donc dans un état totalitaire où l'on nous indique ce qu'il faut penser? Le plus inquiétant est qu'il n'y ait pas de véritables protestations de la part de personnes desquelles ont serait en droit d'en attendre.

  

Le scénario catastrophe, bien préparé par les stratèges otanniens, est en train de se réaliser en Syrie sous nos yeux indifférents. Notre réflexion et notre capacité de penser ont-elles disparues? Le texte que Guy Martin adresse à Serge Halimi a le mérite de secouer nos consciences. Accordez lui le temps nécessaire de la lecture et surtout de l'analyse.

 

Bien cordialement.

Lucien PONS. Président de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

Le texte de Guy MARTIN.

Mon cher Serge,

 

C’est vrai que vous avez perdu beaucoup de temps que vous auriez pu consacrer à une analyse de fond de l’affaire syrienne, alors que le risque d’avènement d’un totalitarisme religieux est patent, et connue par vos « lecteurs engagés »  la manipulation de ce risque totalitaire par les Etats Unis d'Amérique (pratique habituelle) et par leurs vassaux (plus inhabituel pour la France, et sans doute inattendu chez des socialistes épris de laïcité). Mais vous avez encore le temps, avant que ce totalitarisme qui encercle le gouvernement syrien ne parvienne à déstructurer un Etat arabe laïque et nationaliste qui gêne tant le camp américain, les Saoud, leurs vassaux, Israël, et que ne se produise le génocide à attendre d’une telle catastrophe.

 

A votre agenda, il faut donc inscrire, c’est un impératif éthique et moral,  le dossier le plus  révélateur des grands problèmes diplomatiques de notre époque, celui de la Syrie à publier sans plus perdre de temps :

 

-          Les émeutes de Damas en 1860 et la position argumentée d’Abd el Kader (autre regard de l’Islam et sur l’Islam),

-          L’histoire de ce territoire dépecé au gré des volontés européennes,

-          Les dirigeants arabes débonnaires qui furent remplacés par des tyrans préférés de l’Occident,

-          La politique syrienne de la France entre 1918 et 1939  et la question  des minorités en Syrie,

-          La pratique de l’esclavagisme par les Sunnites au détriment des Alaouites jusqu’aux années 1960,

-          Les vieilles fatwas anti alaouites et  la manipulation des extrémistes religieux par les Etats Unis d'Amérique, leurs alliés  Saoud et leurs vassaux,

-          Les totalitarismes régionaux au secours de la démocratie en Syrie,

-          La politique d’ouverture du gouvernement de bachar el Assad, les élections organisées depuis plus d’un an, la modification de la Constitution, … et l’assassinat des personnalités de tous bords appelant au dialogue avec le gouvernement,

-          Le massacre de Houla, ses présentations successives par la presse et ses vrais auteurs,

-          L’Observatoire syrien des Droits de l’Homme : supercherie et organe de  propagande,

-          Les droits de l’Homme en Syrie : la situation, produit de l’Histoire ; le cas des femmes syriennes au Moyen-Orient, comparaison avec les femmes en Arabie saoudite et dans tous les pays de la coalition arabe sous la férule américaine,

-          Les peuples arabes et la situation syrienne : le divorce entre les dirigeants et la rue..

-          La politique arabe de la France depuis de Gaulle jusqu’à aujourd’hui.

-          La Russie, la Chine et la question syrienne,

-          Le traitement de l’affaire syrienne par la presse dominante. Bilan : le métier de journaliste est en danger.

-          Etc ?

 

Je diffuse ce courriel ouvert à la multitude de ceux qui attendent un dossier qu’ils prendront le temps de lire…

 

Bien cordialement,

Guy Martin

Ami du Monde diplomatique

 

11 octobre 2012

Le Monde diplomatique

« On n'a plus le temps... »

par Serge Halimi

Ceux qui se désolent du manque d'attention à leur cause, à leur activité, se voient souvent opposer la même explication : « On n'a plus le temps. » On n'a plus le temps de se plonger dans un livre « trop long », de flâner dans une rue ou dans un musée, de regarder un film de plus de quatre-vingt-dix minutes. Ni celui de lire un article abordant autre chose qu'un sujet familier. Ni de militer ni de faire quoi que ce soit sans être aussitôt interrompu, partout, par un appel qui requiert d'urgence son attention ailleurs.

Pour une part, ce manque de temps découle de l'apparition de technologies qui ont permis de... gagner du temps : la vitesse des déplacements s'est accrue, celle des recherches, des transmissions d'informations ou de correspondances aussi, souvent à un coût modeste ou dérisoire. Mais, simultanément, l'exigence de vitesse n'a cessé d'obérer l'emploi du temps de chacun, et le nombre de tâches à réaliser a explosé. Toujours connecté. Interdit de musarder. On n'a plus le temps .

Parfois, c'est aussi l'argent qui fait défaut : on n'a plus les moyens. S'il coûte toujours moins cher qu'un paquet de cigarettes, un journal comme Le Monde diplomatique implique une dépense que bien des salariés, chômeurs, étudiants, précaires ou retraités ne jugent pas anodine.

Parmi d'autres, ces raisons expliquent la désaffection de la presse payante. Une fraction de ses anciens lecteurs l'abandonne à mesure que la fenêtre de papier ouverte sur le monde, l'attente du postier ou du kiosquier se métamorphosent en une contrainte de lecture supplémentaire dans un calendrier surchargé - et surtout s'il faut payer. Un des propriétaires de Free et du Monde, M. Xavier Niel, anticipe que les journaux auront disparu d'ici une génération.

Si leur financement se faisait sur des écrans, des tablettes, il n'y aurait peut-être guère motif à s'alarmer : ceci remplacerait cela. Mieux encore, la science, la culture, les loisirs, l'information se diffuseraient plus vite, y compris dans les lieux les plus reculés. Au reste, nombre de périodiques conçus sans autre projet rédactionnel que d'arrondir les profits (ou l'influence) de leurs propriétaires peuvent bien succomber sans que la démocratie y perde. Seulement, les nouvelles technologies de l'information n'assurent au journalisme ni les emplois ni les ressources des anciennes. A moins de travailler à titre bénévole, c'est-à-dire en tirant ses revenus d'ailleurs, comme la plupart des blogueurs, la profession se trouve menacée du pire : elle ignore si elle dispose d'un avenir.

Un train, un métro, un café, un congrès politique : autrefois, dans ces endroits, la presse régnait ; dorénavant, combien de gens y déploient encore un journal autre que « gratuit » ? Ne s'agit-il que d'une impression ? Les chiffres s'entêtent et confirment la réalité d'un décrochage. En Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis, la diffusion des journaux a décliné de 17 % au cours des cinq dernières années. Et le recul se poursuit. En France, une période de fièvre électorale ne provoque plus aucun retour vers les kiosques ; de janvier à août 2012, les quotidiens généralistes ont ainsi accusé un reflux moyen de leurs ventes de 7,6 %par rapport à l'an précédent. Même l'été dernier, pourtant marqué par les Jeux olympiques, les ventes de L'Equipe, un titre sportif en situation de monopole, ont continué à baisser (...)

Lire la suite de cet article de Serge Halimi :

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/10/HALIMI/48240

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Un risque de vraie guerre: la Turquie, base arrière des terroristes de l'OTAN, intercepte un avion de ligne syrien transportant des Russes.

11 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Damas a réclamé jeudi 11 octobre à Ankara la restitution "intégrale" des marchandises confisquées dans l'avion intercepté par la Turquie au motif qu'il transportait une cargaison suspecte. Damas accuse Ankara de "comportement hostile". L'interception de l'appareil qui faisait la liaison Moscou-Damas mercredi soir est "un signe supplémentaire de la politique hostile menée par le gouvernement de [Recep Tayyip] Erdogan qui [...] abrite [les rebelles] et bombarde le territoire syrien", a indiqué le ministère des affaires étrangères dans un communiqué. Cet épisode accentue la tension diplomatique entre la Turquie, la Russie et la Syrie.


"DES ÉLÉMENTS DOUTEUX"


L'appareil syrien, un Airbus A-320, a d'abord été escorté par deux avions F4 de l'armée de l'air turque, puis forcé d'atterrir à l'aéroport d'Ankara-Esenboga pour des contrôles de sécurité. La cargaison suspecte a été saisie en conformité avec la réglementation de l'aviation civile, selon le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu. "Il y a des éléments à bord qu'on peut qualifier de douteux", a indiqué le ministre sans donner de détails.


Il pourrait s'agir de pièces de missile selon la chaîne d'information NTV, ou de matériel de communication destiné au régime de Bachar Al-Assad selon la télévision publique TRT. L'avion a été finalement autorisé à redécoller d'Ankara, neuf heures après avoir été intercepté, avec ses trente-cinq passagers.


UNE "AGRESSION" SELON DAMAS


La passe d'armes a pris de l'ampleur avec la réaction de Damas. Le ministre des transports syrien a accusé la Turquie de s'être livrée à un acte de "piraterie aérienne". Ces propos ont été relayés par la chaîne de télévision libanaise Al Manar, chaîne du Hezbollah allié du régime de Damas.


La compagnie aérienne nationale syrienne a accusé les autorités turques d'avoir "agressé" l'équipage de l'avion. Selon la directrice de la compagnie Syrian Air, qui n'a pas précisé la nature de l'"agression", celle-ci a eu lieu après que l'équipage a "refusé de signer [un papier stipulant que] l'avion avait fait un atterrissage d'urgence". Selon elle, ce sont des "avions militaires turcs (...) qui ont obligé l'avion à atterrir sans que le pilote ait été prévenu à l'avance, et ce en vue d'une inspection". "Un accident aurait pu se produire tellement les avions militaires étaient proches", a précisé la directrice de Syrian Air.


LA SYRIE SUSPEND SES IMPORTATIONS D'ÉLECTRICITÉ EN TURQUIE


La tension est à son comble entre la Turquie et la Syrie. Depuis le bombardement du village d'Akçakale le 3 octobre, l'armée turque répond coup pour coup aux tirs syriens atteignant le territoire turc en visant des positions tenues par les troupes fidèles au président Assad. La Turquie, membre de l'OTAN, a rompu avec le régime de Damas, et soutient désormais les rebelles syriens et accueille sur son sol 100 000 réfugiés syriens. Elle a renforcé sa présence militaire sur la frontière longue de 900 kilomètres avec la Syrie, déployant des batteries d'artillerie et des chars notamment.


De son côté, la Syrie a suspendu il y a une semaine ses importations d'énergie électrique en provenance de la Turquie, a annoncé jeudi 11 octobre le ministre de l'énergie turc, Taner Yildiz. Il a cependant ajouté que son pays était près à reprendre ses livraisons si son voisin le demandait.


MOSCOU DEMANDE DES EXPLICATIONS


"En l'état actuel des choses, l'incident ne devrait pas affecter les relations turco-russes", avait indiqué en début de soirée le ministre des affaires étrangères turc. Mais Moscou ne l'entend visiblement pas ainsi, et le ministre des affaires étrangères russe a réclamé jeudi des explications d'Ankara, estimant que les autorités turques avaient "mis en danger" des passagers russes en interceptant l'avion.


Une source russe dans les services d'exportation d'armes a affirmé à l'agence Interfax qu'il n'y avait "ni armes ni composants pour des armements à bord de l'appareil". "S'il avait fallu livrer à la Syrie des équipements militaires ou des armes, cela aurait été fait en bonne et due forme, et non pas par une voie illégale, d'autant plus avec des civils à bord de l'appareil", a ajouté ce responsable. Le président russe, Vladimir Poutine, a repoussé à une date indéterminée une visite prévue à Ankara.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFuAAyuFlpZKqZflth.shtml

L'ACTUALITÉ
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::  Agences
11/10/12 :: 7:06
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Un risque de vraie guerre: la Turquie, base arrière des terroristes de l'OTAN, intercepte un avion de ligne syrien transportant des Russes
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Notes :
Turquie : la dernière (?) provoc d’Erdogan
Par Louis Denghien*


L’Airbus A 320 syrien détourné par deux avions F4 de l’armée de l’air turque hier et contraint à atterrir à l’aéroport d’Ankara a été autorisé à redécoller pour Damas dans la nuit de mercredi à jeudi. Pendant plusieurs heures l’appareil, avec une trentaine de passagers, a été retenu, au motif, avancé par le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, que l’appareil transportait « une cargaison illégale (…) qui aurait dû être signalée ; en conformité avec la réglementation de l’aviation civile ». « Il y a des éléments à bord dont on peut qualifier de douteux », a poursuivi le ministre sans donner de détails.


Escalade vers quoi au juste ?


Des médias turcs ont évoqué ainsi des éléments de missiles (selon la chaîne d’information NTV) ou du matériel de communication destiné au régime de Bachar al-Assad, (selon la télévision publique TRT). Evoqué mais pas montré. Se pose aussi la question, pour les Candide que nous sommes, de qui a informé les autorités turques de l’existence de cette éventuelle cargaison délictueuse.


Ce qui en revanche ne fait pas question, c’est le contexte dans lequel s’inscrit cet incident : une escalade anti-syrienne du gouvernement Erdogan, qui s’est fait accorder par sa majorité un droit de réplique à toute agression syrienne, ou tout incident présenté comme tel ; qui a renforcé sa présence militaire sur toute la frontière ; qui a envoyé le chef d’état-major de son armée, le général Ozel, inspecter spectaculairement ce dispositif et menacer la Syrie de riposte « encore plus forte« ; qui vient de relancer, par la bouche de Davutoglu, un appel au « remplacement » de Bachar al-Assad par son vice-président Farouk al-Charaa. Et qui, « accessoirement », continue d »héberger et d’équiper – ou de laisser équiper par d’autres – les bandes rebelles syriennes.


Et non content d’avoir intercepté l’avion syrien, les autorités turques ont décrété que l’espace aérien syrien ne présentait plus les garanties nécessaires de sécurité et elles ont exhorté les avions de ligne à ne plus l’emprunter. Cet avertissement a entraîné une courte interruption du trafic aérien et des changements de cap.


Bref, le pouvoir turc est dans le registre de la provocation. Mais une provocation qu touche d’autres Etats : 17 des 35 passagers de l’A320, qui venait de Moscou, étant russes, Moscou a demandé, par l’intermédiaire de son ambassadeur à Ankara, des « explications » à Ankara. Le chef de la diplomatie turque – peut-être conviendrait-il mieux de dire « erdoganienne » – Ahmet Davutoglu, a assuré hier soir qu’il n’y avait pas de problèmes de ce côté-là : « En l’état actuel des choses, l’incident ne devrait pas affecter les relations turco-russes » a-t-il déclaré. Reste que les diplomates russes accourus à l’aéroport n’ont pas été autorisés à voir les passagers.


Là encore, on ne voit pas à quel jeu joue vraiment Erdogan ? Ou plutôt si, il donne l’impression d’un homme ivre, qui sait qu’il v aux ennuis, mais n’a plus en lui les ressources pour faire machine arrière. La guerre autour de laquelle il semble tourner depuis des mois signifierait, quoi qu’il arrive, des pertes humaines, économiques et diplomatiques conséquentes pour son pays. Et un risque politique énorme pour lui. C’est bien pourquoi, d’ailleurs, nous continuons à ne pas croire à un tel conflit. La Syrie n’a elle aucun intérêt à une telle guerre, elle en a une autre, en bonne voie, à gagner…


Le « J’accuse » du chef de l’opposition turque


Cette surenchère provocatrice d’Erdogan et de son AKP sont loin, on le sait de faire l’unanimité : Kemal Kiliçdaroglu, n°1 du Parti républicain du Peuple (CHP, gauche laïque modérée), première formation de l’opposition parlementaire, a carrément traité Davutoglu d’ »idiot » (on évoque même un mot plus fort), et déclaré que la politique étrangère turque n’avait plus « aucune profondeur stratégique ». C’était le 9 octobre, et le président du CHP, qui s’exprimait devant son groupe parlementaire, s’est livré à un procès en règle de la politique étrangère d’Erdogan et de l’AKP : « Qui est actuellement du côté de la Turquie ? le Hamas, Barzani (président du Kurdistan autonome irakien), le Qatar et l’Arabie séoudite« . En face, a ajouté Kiliçdaroglu, « la Syrie, elle, a l’appui du Brésil, de l’Iran, de la Russie et de la Chine« . Et il concluait « naturellement » sur l’ »incompétence » de Davutoglu, « désormais connue du monde entier« . Certes, Kiliçdaroglu a omis de citer l’OTAN dans les appuis d’Ankara, mais cet appui, l’incident du Phantom abattu et les appels récents à l’apaisement des tensions syro-turques de Rasmussen l’ont bien montré, est assez platonique.


Et dans la rue, à Ankara, à Istambul, et dans d’autres villes des manifestations importantes ont eu lieu. Contre la logique de guerre d’Erdogan. Mai aussi contre le soutien de celui-ci à l’ASL et pour la fermeture des camps de réfugiés syriens. Pour le retour, plus globalement à une politique d’amitié avec Damas, elle qu’elle prévalait encore voici à peine deux ans, Erdogan regnante. Voici une vidéo d’une de ces manifestations qui a eu lieu à Antakia/Antioche, début septembre : elle montre que les Turcs de la région étaient alors des milliers à réclamer déjà la paix avec leur voisin. Depuis, il y a eu les incidents que l’on sait, les menaces gouvernementales que l’on sait. On imagine donc que les opposants à cette logique de guerre doivent être encore plus motivés, encore plus nombreux, aujourd’hui.

Ci-dessous, la manifestation d’Antioche :

http://www.youtube.com/watch?v=0lB4GRuAT9U


La dernière carte d’Erdogan

On voit bien qu’Erdogan cherche à « élargir sa base » en jouant la carte du nationalisme turc, un atout maître : lors du vote du Parlement sur le droit de riposte turc aux « agressions » syriennes, le Premier ministre a réussi à rallier à son panache vert les élus de la droite nationaliste, pourtant eux aussi opposés à la politique syrienne d’Erdogan, mais très sensibilisés, comme la majorité des Turcs, à la question kurde et du PKK. Reste que la politique suivie depuis un an n’a valu objectivement que des déboires à la Turquie : 80 000 réfugiés au Hatay, sources d’incidents quotidiens avec la population locale et de frais pour le budget turc ; insécurité entretenue aussi par les bandes ASL qui vont et viennent à leur guise (ou peu s’en faut) à travers la frontière ; marasme économique dû à la chute des échanges avec le voisin ; constitution d’un front militaire kurde cohérent sur les frontières irakienne et syrienne, suite à l’alliance de fait du PKK et du PYD de Syrie, alors que l’activisme du PKK se fait plus offensif dans le sud-est de la Turquie. Et aussi, certainement, une perte de prestige, – et de leadership diplomatique – de la Turquie Erdogan dans le monde arabo-musulman, vue au début des « printemps arabes » comme un modèle d’islamisme politique démocratique et moderne, et à présent perçue comme un allié du Qatar dans la promotion d’une forme violente de sectarisme islamiste sunnite.


Les alliés nationalistes de circonstance de M. Erdogan feraient bien de réfléchir à ce bilan, avant de le suivre dans sa fuite en avant, aux conséquences qu’on imagine…
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http://www.infosyrie.fr/
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