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Le blog de Lucien PONS

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Agitprop occidentale sur la Syrie, un art où rien n’est laissé au hasard

11 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 
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Il faut le reconnaître : en affaires intérieures comme en géopolitique, nos médias, nos intellectuels et nos stratèges mainstream manient à merveille l’art pour ne pas dire l’arme de la rhétorique inversée. A vouloir en découdre à tous prix avec le gouvernement de Damas d’une part et purger l’espace public des voix critiques et dissidentes sur le conflit syrien d’autre part, ils n’ont pas peur de verser dans l’idéologie, la propagande et le militantisme dignes des troupes de théâtre soviétiques d’agitprop. On trouvera bien sous leur plume une touche autocritique de ci de là pour se donner des airs pluralistes et libertaires. Mais consciemment ou pas, ils nous resservent la vieille soupe habituelle dans leur gamelle de soldats du système. Coup de projo sur la guerre des mots menée par nos « experts » embedded en Syrie. Sans blindé et sans camouflage.

 

 
C’était déjà le cas lors du conflit libyen de l’an dernier. Un banlieusard de Benghazi recruté dans une mosquée salafiste mimant une décapitation avec son pouce sur son cou aux cris d’Allah ou Akbar, devenait miraculeusement un mignon combattant de la liberté.

En revanche, ses compagnons français du « gang de Roubaix » ou de « Forsane Al Izza » n’ont pas eu droit aux mêmes éloges. On se souviendra que les unités du RAID n’avaient pas fait dans la dentelle pour « neutraliser » le frère toulousain du barbu de Benghazi.

Alors, imaginez la tête et le discours des présentateurs du JT de TF1, imaginez l’attitude de l’armée française si 6.000 à 8.000 Mohamed Merah se déployaient dans Paris, Marseille ou Lyon comme à Homs, Damas ou Alep. Oserait-t-on parler de « soutien populaire » à propos de ces djihadistes s’ils trouvaient des appuis dans certaines cités HLM ?

Idem pour les commandos qataris, saoudiens ou égyptiens partis mener le djihad contre la Libye verte de Mouammar Kadhafi. Tous ces légionnaires ont été dépeints comme des humanistes passionnés de démocratie. Par contre, un militant panafricain d’origine nigériane, malienne ou sahraoui qui combat aux côtés de Mouammar Kadhafi se transformait en vulgaire mercenaire, « violeur » de préférence pour bien entretenir le fantasme du Nègre libidineux. Avec des cargaisons de viagra livrées par le colonel s'il vous plaît !

Concernant la Libye, il y a eu autant de désinformation qu’il n’y a de sable dans le désert de Syrte…

Même topo en Syrie.

Le djihadiste syrien adoubé par Riyad et Doha qui achève sa victime selon des pratiques satanistes est travesti en guérillero romantique sous le clavier magique de nos « spin doctors ». Mais un soldat syrien qui résiste à une invasion étrangère est sèchement présenté comme une sorte de SS à la solde de la « secte alaouite ». Un civil armé progouvernemental qui défend son quartier contre les incursions terroristes, contre les preneurs d’otages et les cambrioleurs, c’est d’office un chabbiha (partisan armé du régime) « briseur d’os et de crânes ». Même le milicien discipliné et patriote du Hezbollah libanais qui se trouve chez lui devient un odieux terroriste « auxiliaire de la dictature alaouite ».

Autre comparaison : quand nos soldats tuent des innocents, cela s’appelle une bavure. Les miliciens de l’Armée syrienne libre (ASL) étant (à l’instar des soudards de Tsahal) nos protégés, les massacres qu’ils commettent sont eux aussi maquillés en bavures même quand leurs salves visent des quartiers résidentiels, des hôpitaux, des écoles et tuent le journaliste Gilles Jaquier ainsi que neuf manifestants pro-Assad à Homs.

A l’inverse, quand c’est l’armée syrienne qui tue des innocents, ce qui arrive hélas très souvent, cela s’appelle un massacre prémédité.

Un chasseur-bombardier de l’OTAN, ça mène des frappes, ciblées voire chirurgicales dira-t-on au risque de faire un pléonasme.

Mais quand l’armée syrienne envoie ses MIG ou actionne son artillerie contre des terroristes et des mercenaires après avoir évacué les populations civiles (si les preneurs d’otages le permettent) pour éviter les victimes collatérales, cela s’appelle un « pilonnage intensif », un « massacre » ou une « boucherie ».

Autre découverte lumineuse de nos fabricants du prêt-à-penser, le terrorisme existerait partout dans le monde sauf en Syrie où ce label serait une exclusivité du régime de Damas.

Mieux, le terrorisme qui sévit en Syrie depuis bien avant le début du printemps arabe serait une « prophétie auto-réalisatrice » ou comment la presse occidentale s’invente des légendes urbaines.[1]

On peut aisément comprendre le manque de zèle de la part de l’Occident à reconnaître ce terrorisme-là : il impliquerait une reconnaissance du droit du régime syrien à la légitime défense.

Pour faire connaître la réalité du terrorisme anti-syrien en dépit du catéchisme manichéen dans lequel certains « experts » de la Syrie cherchent à nous enfermer, en avril dernier, j’ai publié un texte intitulé « Le terrorisme anti-syrien et ses connexions internationales », par lequel je décrivais la consanguinité entre trois mouvements djihadistes antisyriens de naguère, d’hier et d’aujourd’hui, c’est-à-dire entre les Frères musulmans syriens qui ont dévasté le pays dans les années 70 et 80 avant d’être anéantis à Hama par l’armée syrienne en 1982, les mouvements anti-chiites comme Ousbat al Ansar, Fatah Al Islam ou Jound Al Cham qui ont contaminé les camps palestiniens du Liban au début des années 2000, puis qui ont vu leur force s'accroître après le départ des troupes syriennes du pays du Cèdre (avril 2005) surtout du côté de Tripoli au point de harceler l’armée syrienne sur son propre territoire et de frapper Damas et enfin, les filiales actuelles d'Al Qaïda en Syrie comme le Front al Nosrah, Ahrar Al Cham, la Brigade Tawhid etc. qui ont le vent en poupe à la faveur du prétendu « printemps syrien ».

Hormis certains médias alternatifs, personne de la grande presse ne s’est intéressé à la genèse du terrorisme anti-syrien. Il y a comme un tabou à ce sujet.

Tant et si bien que dès le début du printemps syrien, certains « experts » ont voulu nous faire croire qu’en Syrie, il n’existait pas de tradition d’Islam takfiriste et conquérant.

Vous aviez beau leur rappeler que les plus farouches Inquisiteurs de l’Orient médiéval étaient syriens notamment Ibn Taymiyya ainsi que ses disciples Ibn Kathir et Ibn Qayyim, que certaines régions du pays s’abreuvent quotidiennement de prêches retransmis par des chaînes satellitaires saoudiennes comme Iqraa, Wessal ou Safa TV qui dépeignent les alaouites comme plus vils que les Juifs et les Chrétiens et qui appellent à « purifier » le pays des « impies », que pour cette raison, dans certains coins reculés de Syrie notamment en périphérie des zones de peuplement alaouites, les non sunnites et même les sunnites laïcs ne sont pas les bienvenus et ce, depuis des lustres, d’après notre presse officielle, ce serait malgré tout le gouvernement laïc et multiconfessionnel de Damas qui serait responsable de la « communautarisation » du conflit syrien.

On se demande bien quel intérêt pourrait avoir Damas à nourrir une hostilité envers la population sunnite alors que le gros des effectifs militaires et l’essentiel de l’élite politique et économique du pays est sunnite.

Pourquoi donc un gouvernement bénéficiant de l’appui de la majorité sunnite du pays s’aliénerait-il cette majorité ?

Ceux qui connaissent le pays savent pertinemment bien que l’idéologie officielle ne tolère nullement le discours sectaire. Toute propagande à caractère « ta’ifiyyé » (sectaire) est pénalement punissable en Syrie.

Or, seule l’opposition utilise la rhétorique sectaire, désigne les alaouites comme les « ennemis » ou les responsables de la répression et des injustices réelles ou supposées, accuse les druzes et les chrétiens de collusions avec le « régime alaouite » et menace les sunnites qui siègent au gouvernement de représailles pour leur prétendue trahison envers leurs coreligionnaires.

Portée à bout de bras par les puissances sunnites (Turquie, Jordanie, Etats membres du Conseil de coopération du Golfe), l’opposition syrienne est l’unique camp qui peut réellement profiter de la confessionnalisation du conflit.

En réalité, le ferment qui unit toutes ses forces contre le régime syrien n’a rien à voir avec la démocratie. C’est essentiellement la guerre contre l’Iran et ses soutiens politiques (la Syrie) et religieux (le Hezbollah) qui intéressent les bailleurs de fonds de la « révolution syrienne ».[2]

Il convient de rappeler ici que la haine anti-chiite distillée par les régimes réactionnaires arabes d’inspiration sunnite s’est particulièrement exacerbée après les deux victoires du Hezbollah face à Israël, celle du 25 mai 2000 qui permit de libérer le Sud du Liban de l’occupation sioniste et celle qui couronna la « Guerre des 33 jours » durant l’été 2006.

Ces deux victoires ont été conquises grâce au soutien sans faille de Damas. Depuis lors, les photos de Hassan Nasrallah, secrétaire-général du Hezbollah aux côtés de Bachar El-Assad ont fleuri dans tout le pays, ce qui n’a pas plu à tout le monde.

En effet, le renforcement de la fraternité stratégique et idéologique entre la Syrie résistante et le Liban résistant a été brandi par les fondamentalistes sunnites férus de théories du « complot chiite » comme une menace pour « Ahl Al Sunna », la communauté des sunnites.

Grâce à notre presse, l’opinion publique occidentale ignore dans sa majorité que les roitelets du Golfe ont à ce point paniqué de voir un mouvement chiite mettre Israël à genoux et générer une sympathie supra-confessionnelle dans la rue arabe qu’ils ont accusé celui-ci d’ « aventuriste », de « provocateur » et d’ « irresponsable ».

Après cette mise au point nécessaire, revenons à d’autres cas d’abus de langage de notre presse engagée sur le front syrien.

Quand un pays allié est attaqué par des groupes armés, ces derniers sont d’office des terroristes.

Ainsi, le 5 août dernier, seize militaires égyptiens ont été tués dans le Sinaï non par des rebelles mais par des « terroristes ». [3]

En revanche, les milliers de soldats syriens tués dans le même type de guet-apens sont les cibles légitimes des « révolutionnaires » et des « rebelles ».

Un journaliste du camp ennemi tué par des terroristes est lui aussi une cible légitime puisqu’il n’est qu’un vulgaire « outil de propagande ». [4]

Réduits à l’état de simples objets, de rouages inertes, les journalistes travaillant pour les chaînes publiques syriennes ne peuvent donc attendre la moindre compassion de la part de leurs confrères occidentaux.

Le silence observé par les organisations internationales de défense de la presse à l’égard de la censure imposée par la Ligue arabe aux chaînes publiques syriennes n’a dès lors rien d’étonnant.

Pour définitivement disqualifier un ennemi, rien de tel qu’une bonne dose de reductio ad hitlerum stalinumque.

L’anti-hitlérisme et l’anti-stalinisme sont deux produits indétrônables de ce que Noam Chomsky appelle « l’industrie du consentement ».

Les exactions commises par la police politique du régime de Damas sont ainsi assimilées aux pratiques « gestapistes » ou « staliniennes »[5] mais jamais à la répression survenue durant la guerre de Vendée ni aux horreurs perpétrées par la France lors de l’insurrection malgache de 1947 ni à l’usage massif de la gégène contre le peuple algérien ou en Indochine, ni aux tortures et exécutions perpétrées par l’armée US au Vietnam, à Bagram en Afghanistan, à Abou Ghraib en Irak ou en Amérique latine.

Notre presse n’oserait jamais traiter nos alliés régionaux de Nazis, ni l’Arabie wahhabite de la dynastie Séoud peuplée de princes sadiques et de prêcheurs de la haine, ni l’émir putschiste et esclavagiste du Qatar ni le régime militaro-islamiste d’Ankara. Pourtant, ces trois régimes répriment, torturent, et emprisonnent. Cela dit, il est vrai que le premier nous approvisionne en pétrole, le deuxième nous fournit du gaz et rachète nos clubs de football et nos jolis quartiers et le troisième a un taux de croissance économique à deux chiffres. Et en plus, tous les trois sont Israel friendly.

Dans les milieux atlantistes de gauche comme de droite, il est de bon ton de se référer à l’antifascisme pour « aider » le lecteur profane à décoder le conflit syrien.

Pour Thomas Pierret, maître (incontesté) de conférences en islam contemporain à l'université d'Edimbourg, les djihadistes qui convergent en Syrie pour combattre le régime « impie » en Syrie font penser aux « Brigades internationales » mobilisées aux côtés de la République durant la guerre civile espagnole de 1936-39.[6]

Mais il ne lui viendrait pas à l’esprit de comparer ces combattants aux recrues de la Division des grenadiers SS Charlemagne partis en découdre avec le bolchevisme sur le Front de l’Est durant la seconde guerre mondiale ou aux Contras qui ont combattu le gouvernement sandiniste du Nicaragua avec l’appui financier… de l’Arabie saoudite !

L’utilisation abusive de la guerre antifasciste espagnole est devenue un classique parmi les marqueurs idéologiques permettant de distinguer les gentils des méchants.

On se souviendra que l’an dernier, le philosophe mercenaire franco-israélien Bernard-Henri Levy s’était pris pour la réincarnation d’André Malraux affrontant les balles franquistes dans les tranchées de la République espagnole. Notre Don Quichotte milliardaire avait même confondu les Brigades internationales d’inspiration communiste avec les armées coloniales de l’OTAN et leurs supplétifs al-qaïdistes.

Ces dernières semaines, les rebelles syriens et leurs alliés djihadistes venus « mourir à Alep » ont eu droit à de véritables chansons de geste dans notre presse où ils sont régulièrement comparés aux antifascistes du monde entier partis « mourir à Madrid » face aux troupes de Franco.[7]

Je doute que BHL ne daigne offrir une image aussi épique de l’Internationale djihadiste qui se bat et meurt tout aussi « héroïquement » au Yémen ou au Pakistan à l’ombre des drones américains.

Et puis, il y a ces mots aussi dévastateurs que des bombes…

Suite à l’attentat du 18 juillet qui a visé les bureaux de la sécurité de Damas, le journaliste Pierre Prier du Figaro a interrogé le bloggeur associé du quotidien Le Monde, Ignace Leverrier, de son vrai nom Wladimir Glassman, le fameux borgne sioniste qui porte « un œil (un seul) sur la Syrie ».[8]

Les deux comparses s’accordent à dire que le général Daoud Rajha victime de l’attentat était une « caution chrétienne » et un « idiot utile » du régime. Pour le sieur Leverrier/Glassman et pour bien d’autres observateurs, le régime syrien procède à des calculs ethniques pour « corrompre » les minorités et les rendre responsables de sa « politique de terreur ».

En revanche, on ne les entendra pas utiliser les mêmes termes insultants à l’égard du Kurde Abdel Basset Sayda qui n’a été élu à la tête du Conseil national syrien (CNS) que pour draguer les Kurdes syriens et pour donner ainsi un cachet pluraliste à une opposition dominée par les Frères musulmans.

Pourtant, Sayda, désormais grand ami de Sarkozy, est l’idiot utile par excellence, un parfait inconnu qu’une majorité de Kurdes syriens rejettent à la fois parce qu’il n’a aucun pedigree militant et parce qu’il siège dans une structure proche des services secrets turcs.

Revenons sur le champ de bataille de la guerre des mots. Un imam sunnite soutenant le gouvernement de Bachar El-Assad est un « agent » du régime. Mais on n’utilisera jamais ce mot infamant à propos d’un imam de l’opposition inspiré par les prêches anti-chiites et inféodé au wahhabisme.

Un gouvernement ennemi est toujours qualifié de « régime ». Il ne nous viendrait jamais à l’idée de parler de « régime » de Londres, de Paris, de Berlin ou de Washington.

Un gouvernement ennemi doit continuellement inspirer haine et dégoût. C’est pourquoi, il doit être montré sous son jour le plus hideux.

Par conséquent, la Syrie qui est à la fois un Etat-providence inspiré du modèle soviétique où le politique régule en grande partie l’économie, où le fonctionnariat est pléthorique, où l’enseignement est gratuit et de qualité de même que le système de santé, un Etat non endetté auprès de nos instances économiques et donc affranchi de la dictature financière occidentale, un Etat autosuffisant promoteur de la souveraineté alimentaire, un Etat tiers-mondiste et pro-palestinien, un Etat laïc et multiconfessionnel mais aussi un Etat policier où la torture et les exécutions sommaires sont monnaie courante, cette Syrie aux multiples facettes est dans notre presse réduite à son seul profil répressif. Les attributs de l’Etat syrien qui le rendent moins repoussant, seraient selon nos idéologues, tout bonnement fabriquées, bidonnés, manipulés et falsifiés.

Un gouvernement ennemi est foncièrement machiavélique. Il est l’incarnation du Mal. Il tue ses ennemis mais aussi ses propres amis pour accuser ses ennemis. L’assassinat du fils du moufti pro-Bachar, c’est Bachar ! L’attentat contre les généraux de Bachar, c’est Bachar ! Les djihadistes anti-Bachar, une œuvre de Bachar ! Les étudiants pro-Bachar tués à l’université par des anti-Bachar, un coup de Bachar ! Les massacres de villageois, d’ouvriers, de fonctionnaires, de journalistes, de profs, de cinéastes, de sportifs pro-Bachar, un crime de Bachar ! Nos médias ne reculent devant aucune théorie du complot à propos de l’ennemi.

Dans les rédactions occidentales comme dans la rue, celui qui n’associe pas l’Etat syrien aux termes « cynique », « brutal », « totalitaire », « féroce », « maffieux », « sanguinaire », « odieux », « barbare », « sectaire », « corrompu », « assassin » etc. est suspecté de sympathie envers l’ennemi.

A moins de s’appeler Kofi Annan, défendre la paix, la modération, la réconciliation en Syrie comme le fit le défunt (premier) président algérien Ben Bella pour mettre un terme à la guerre civile qui déchira son pays devient suspect. Maccarthysme, le retour.

Un gouvernement ennemi est « isolé » même s’il jouit du soutien des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), c’est-à-dire de nations qui totalisent plus de 40% de la population mondiale. Ajoutez à cette dynamique les Etats-membres de l’ALBA, l’Algérie, l’Iran ou encore la Biélorussie et vous arrivez à près de la moitié de l’humanité. Cela fait tout de même beaucoup d’amis pour un Etat mis en quarantaine.

Un gouvernement ennemi comme celui de Damas a pour seul soutien populaire une bande de « profiteurs », de « clients » et d’ « apparatchiks »[9] mais les opposants achetés à prix d’or sur le marché de Riyad et Doha sont bien entendu des démocrates sincères et désintéressés.

Quant au peuple, toujours d’après nos médias, c’est l’opposition qui en aurait l’exclusivité. En revanche, l’autre peuple, celui qui refuse de prendre part à l’anarchie, qui affiche un soutien total ou conditionnel au gouvernement, qui incarne la majorité silencieuse, ce peuple-là, n’existe pas. Au mieux, il est vaguement évoqué dans de rares articles d’analyse.

La liste des mots détournés par le courant de pensée dominant dans le cas de la guerre civile syrienne est longue et le sujet mériterait que l’on y consacre un dictionnaire.

Les quelques exemples cités dans ce billet montrent que dans une guerre, les mots ne sont pas neutres. Leur choix est déterminé par nos convictions. Ils sont le prolongement, le miroir de nos idées, de notre sensibilité. Les journalistes de guerre ne dérogent pas à la règle. Ils ne choisissent pas leurs mots, leurs sources ou leurs interlocuteurs au hasard. Avoir une idéologie et faire de la propagande n’a rien de surprenant en soi lorsque l’on a pour mission d’intéresser un public sur des événements politiques contenant une lourde charge émotive. Ce sont les intérêts sous-jacents qui doivent poser question et nous inciter à rester vigilants surtout lorsque ledit journaliste dissimule sa propagande sous les oripeaux d’une morale supérieure prétendument universelle.
 
 
Source : michelcollon.info
 
 
Notes :

[1] Alain Jaulmes, Le Figaro, 31 juillet 2012
[2] Il n’est pas toujours aisé de séparer le politique du religieux. Les courants orthodoxes comme les hétérodoxies cumulent souvent une dimension à la fois politique et religieuse.
[3] France 24, 11 août 2011
[4] AFP, 6 août 2012
[5] Koen Vidal, De Morgen, 3 juillet 2012
[6] Le Vif, 6 août 2012, Gokan Gunes, Syrie : qui sont ces djihadistes dont se sert Damas ?
[7] Mourir à Madrid est un célèbre film documentaire de Frédéric Rossif consacré à la guerre civile espagnole
[8] Le Figaro, 19 juillet 2012
[9] Le Soir, 30 janvier 2012

 

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Alain Chouet : nos ministres sont-ils mal conseillés ou naïfs sur la Syrie?

8 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Alain Chouet : nos ministres sont-ils mal conseillés ou naïfs sur la Syrie?

Sur le blog de Georges Malbrunot

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2012/09/alain-chouet-nos-ministres-son.html

Je vous propose une analyse d'Alain Chouet, ancien haut-responsable de la DGSE, et spécialiste de la Syrie, pays où il se rend depuis 40 ans. Une analyse iconoclaste sur les événements dramatiques qui se déroulent sur le terrain depuis un an et demi, et plus largement sur les acteurs qui tirent les ficelles dans les coulisses des révoltes arabes en cours. On peut ne pas être d'accord, mais son point de vue argumenté et étayé est à verser au débat.

L'expression "printemps arabe" est censée faire référence au « Printemps des peuples » de 1848. Depuis la révolte de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, la contagion s'est étendue de la Tunisie successivement à l'Égypte, à la Libye, à Bahrein, au Yémen et enfin en Syrie.


Contrairement à ce qui a pu être dit, ces contestations populaires, d'une ampleur et d'une intensité très variables, n'ont pas été le fait des "réseaux sociaux", dans des pays où l'accès à Internet est réduit à une minorité de personnes "branchées" et où les moyens de blocage du Net sont très développés. Même si les aspirations de ces divers peuples visaient à chasser des dirigeants corrompus pour favoriser l'instauration d'une démocratie, les manifestants en reprenant le slogan « Dégage ! » (« Erhal » en arabe) entendaient réclamer un meilleur partage des richesses pour améliorer leurs conditions de vie, obtenir des emplois et retrouver une certaine dignité (« karama » en arabe).

En fait, ces révoltes, révolutions ou encore « réveil arabe » ont en commun d'avoir été financées par le Qatar et d'autres monarchies du Golfe et d'avoir été encadrées par les Frères musulmans. Le résultat ne s'est pas fait attendre : on en voit déjà les effets en Tunisie, en Libye et bientôt en Égypte.

La question que l'on est en droit de se poser est : par quel miracle, les Européens ont-ils pu soutenir à ce point des mouvements qui vont à la fois à l'encontre des intérêts mêmes de ces populations et aussi des nôtres. Si la démocratisation de ces pays ne nous laisse pas indifférent, les voir retomber dans une nouvelle forme de soumission plus insidieuse n'augure rien de bon pour l'avenir. Depuis plus d'un an, ce printemps arabe n'en finit pas.

La Syrie est le dernier pays à avoir été pris dans une tourmente qui a mis le pays à feu et à sang. Les pires conjectures formulées au premier semestre 2011 concernant les mouvements de révolte arabes deviennent aujourd’hui réalité. Je les avais largement exposées dans divers ouvrages et revues à contre courant d’une opinion occidentale généralement enthousiaste et surtout naïve. Car il fallait tout de même être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures qui avaient éliminé toute forme d’opposition libérale et pluraliste, la démocratie et la liberté allaient jaillir comme le génie de la lampe par la seule vertu d’un Internet auquel n’a accès qu’une infime minorité de privilégiés de ces sociétés. Une fois passé le bouillonnement libertaire et l'agitation des adeptes de Facebook, il a bien fallu se rendre à l'évidence. Le pouvoir est tombé dans les mains des seules forces politiques structurées qui avaient survécu aux dictatures nationalistes parce que soutenues financièrement par les pétromonarchies théocratiques dont elles partagent les valeurs et politiquement par les Occidentaux parce qu'elles constituaient un bouclier contre l'influence du bloc de l'Est : les forces religieuses fondamentalistes. Et le « printemps arabe » n'a mis que six mois à se transformer en « hiver islamiste ».

En Tunisie et en Égypte, les partis islamistes, Frères musulmans et extrémistes salafistes se partagent de confortables majorités dans les Parlements issus des révoltes populaires. Ils cogèrent la situation avec les commandements militaires dont ils sont bien contraints de respecter le rôle d'acteurs économiques dominants mais s'éloignent insidieusement des revendications populaires qui les ont amenés au pouvoir.

Constants dans leur pratique du double langage, ils font exactement le contraire de ce qu’ils proclament. En, Égypte, après avoir affirmé sur la Place Tahrir au printemps 2011 qu'ils n'aspiraient nullement au pouvoir, ils revendiquent aujourd'hui la présidence de la République, la majorité parlementaire et l'intégralité du pouvoir politique. En Tunisie, et après avoir officiellement renoncé à inclure la charia dans la constitution, ils organisent dans les provinces et les villes de moyenne importance, loin de l'attention des médias occidentaux, des comités de vigilance religieux pour faire appliquer des règlements inspirés de la charia.

Ce mouvement gagne progressivement les villes de plus grande importance et même les capitales où se multiplient les mesures d'interdiction en tous genres, la censure des spectacles et de la presse, la mise sous le boisseau des libertés fondamentales et, bien sûr, des droits des femmes et des minorités non sunnites. Et ces forces politiques réactionnaires n'ont rien à craindre des prochaines échéances électorales.

Largement financées par l'Arabie et le Qatar pour lesquels elles constituent un gage de soumission dans le monde arabe, elles ont tous les moyens d’acheter les consciences et de se constituer la clientèle qui perpétuera leur domination face à un paysage politique démocratique morcelé, sans moyens, dont il sera facile de dénoncer l'inspiration étrangère et donc impie. La Libye et le Yémen ont sombré dans la confusion. Après que les forces de l'OTAN, outrepassant largement le mandat qui leur avait été confié par l'ONU, ont détruit le régime du peu recommandable Colonel Kadhafi, le pays se retrouve livré aux appétits de bandes et tribus rivales bien décidées à défendre par les armes leur pré carré local et leur accès à la rente. L'éphémère « Conseil National de transition » porté aux nues par l'ineffable Bernard Henri Lévy est en train de se dissoudre sous les coups de boutoir de chefs de gangs islamistes, dont plusieurs anciens adeptes d'Al-Qaïda, soutenus et financés par le Qatar qui entend bien avoir son mot à dire dans tout règlement de la question et prendre sa part dans l’exploitation des ressources du pays en hydrocarbures.

Au Yémen, le départ sans gloire du Président Ali Abdallah Saleh rouvre la porte aux forces centrifuges qui n'ont pas cessé d'agiter ce pays dont l'unité proclamée en 1990 entre le nord et le sud n'a jamais été bien digérée, surtout par l'Arabie Séoudite qui s'inquiétait des foucades de ce turbulent voisin et n'a eu de cesse d'y alimenter la subversion fondamentaliste. Aujourd'hui, les chefs de tribus sunnites du sud et de l'est du pays, dont certains se réclament d'Al-Qaïda et tous du salafisme, entretiennent un désordre sans fin aux portes de la capitale, Sanaa, fief d'une classe politique traditionnelle zaydite – branche dissidente du chiisme – insupportable pour la légitimité de la famille séoudienne. Seul le régime syrien résiste à ce mouvement généralisé d'islamisation au prix d'une incompréhension généralisée et de l'opprobre internationale.

Avant de développer ce sujet, je crois devoir faire une mise au point puisque d'aucuns croient déceler dans mes propos et prises de positions des relents d'extrême droite et de complaisance pour les dictatures. Je me rends régulièrement en Syrie depuis 45 ans et y ai résidé pendant plusieurs années. Je ne prétends pas connaître intimement ce pays mais je pense quand même mieux le connaître que certains de ces journalistes qui en reviennent pleins de certitudes après un voyage de trois ou quatre jours.

Mes activités m'ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J'ai pu constater qu'ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n'est pas qu'ils ont une conception différente des droits de l'homme de la nôtre. C'est qu'ils n'ont aucune conception des droits de l'homme…

Leur histoire explique en grande partie cette absence. D'abord, ils puisent leur manière d'être dans quatre siècles d'occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l'écorchage vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises pendant le mandat de 1920 à 1943, et, dès l'indépendance du pays, conseillés techniquement par d'anciens nazis réfugiés, de 1945 jusqu'au milieu des années 50, et ensuite par des experts du KGB jusqu'en 1990. Tout ceci n'a guère contribué à développer chez eux le sens de la douceur, de la tolérance et du respect humain.

Quant au régime syrien lui-même, il ne fait aucun doute dans mon esprit que c'est un régime autoritaire, brutal et fermé. Mais le régime syrien n’est pas la dictature d'un homme seul, ni même d'une famille, comme l'étaient les régimes tunisien, égyptien, libyen ou irakien. Tout comme son père, Bashar el-Assad n'est que la partie visible d'un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d'Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d'une mainmise islamiste sur le pouvoir, seule évolution politique que l'Occident semble encourager et promouvoir dans la région.

Quand je suis allé pour la première fois en Syrie en 1966, le pays était encore politiquement dominé par sa majorité musulmane sunnite qui en détenait tous les leviers économiques et sociaux. Et les bourgeois sunnites achetaient encore – parfois par contrat notarié – des jeunes gens et de jeunes filles de la communauté alaouite dont ils faisaient de véritables esclaves à vie, manouvriers agricoles ou du bâtiment pour les garçons, bonnes à tout faire pour les filles.

Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Je vous en donne ici une description rapide et schématique qui ferait sans doute hurler les experts mais le temps nous manque pour en faire un exposé exhaustif. Issus au Xè siècle aux frontières de l'empire arabe et de l'empire byzantin d'une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux mêmes sous le nom d’Alaouites – c'est à dire de partisans d'Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l'Islam que peuvent l'être les chamanistes de Sibérie. Et cela ne leur a pas porté bonheur….

Pour toutes les religions monothéistes révélées, il n’y a pas pire crime que l'apostasie. Les Alaouites sont considérés par l'Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au XIVè siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l'ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n'a jamais été remise en cause et est toujours d'actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans.

Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l'actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s'autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leurs tortionnaires. Il leur a fallu attendre le milieu du XXè siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l'erreur classique des parvenus lors de l'indépendance de leur pays en 1943.

Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l'institution militaire n'était qu'un médiocre instrument de promotion sociale, ils n'ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l'encadrement de l'armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c'est à dire les minorités : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites et surtout Alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu'ils s'en servent pour voler les riches et se venger d'eux. C'est bien ce qui s'est produit en Syrie à partir des années 60.

Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d'une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l'armée de l'air puis ministre de la défense, s'est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – Chrétiens et Druzes - qui l'ont assisté dans sa marche au pouvoir. Ils s'est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires dont vous pourrez trouver la description détaillée dans un article paru il y maintenant près de vingt ans.

Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les Juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chiites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d'Irak et des Coptes d'Égypte.

Car, contrairement à la litanie que colportent les bien-pensants qui affirment que « si l'on n'intervient pas en Syrie, le pays sombrera dans la guerre civile »…. eh bien non, le pays ne sombrera pas dans la guerre civile. La guerre civile, le pays est dedans depuis 1980 quand un commando de Frères musulmans s'est introduit dans l'école des cadets de l'armée de terre d'Alep, a soigneusement fait le tri des élèves officiers sunnites et des alaouites et a massacré 80 cadets alaouites au couteau et au fusil d'assaut en application de la fatwa d'Ibn Taymiyya.

Les Frères l'ont payé cher en 1982 à Hama – fief de la confrérie - que l'oncle de l'actuel président a méthodiquement rasée en y faisant entre 10 et 20.000 morts. Mais les violences intercommunautaires n'ont jamais cessé depuis, même si le régime a tout fait pour les dissimuler. Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d'accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective.

Peu habitué à la communication, le régime syrien en a laissé le monopole à l'opposition. Mais pas à n'importe quelle opposition. Car il existe en Syrie d'authentiques démocrates libéraux ouverts sur le monde, qui s'accommodent mal de l'autoritarisme du régime et qui espéraient de Bashar el-Assad une ouverture politique. Ils n'ont obtenu de lui que des espaces de liberté économique en échange d'un renoncement à des revendications de réformes libérales parfaitement justifiées.

Mais ceux-là, sont trop dispersés, sans moyens et sans soutiens. Ils n'ont pas la parole et sont considérés comme inaudibles par les médias occidentaux car, en majorité, ils ne sont pas de ceux qui réclament le lynchage médiatisé du « dictateur » comme cela a été fait en Libye. Si vous vous vous informez sur la Syrie par les médias écrits et audiovisuels, en particulier en France, vous n'aurez pas manqué de constater que toutes les informations concernant la situation sont sourcées « Observatoire syrien des droits de l'homme » (OSDH) ou plus laconiquement « ONG », ce qui revient au même, l'ONG en question étant toujours l''Observatoire syrien des droits de l'homme. L'observatoire syrien des droits de l'homme, c'est une dénomination qui sonne bien aux oreilles occidentales dont il est devenu la source d'information privilégiée voire unique. Il n'a pourtant rien à voir avec la respectable Ligue internationale des droits de l'homme. C'est en fait une émanation de l'Association des Frères musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont été autrefois condamnés pour activisme violent, en particulier son fondateur et premier Président, Monsieur Ryadh el-Maleh. L'Osdh s’est installé à la fin des années 80 à Londres sous la houlette bienveillante des services anglo-saxons et fonctionne en quasi-totalité sur fonds séoudiens et maintenant qataris.

Je ne prétends nullement que les informations émanant de l'OSDH soient fausses, mais, compte tenu de la genèse et de l'orientation partisane de cet organisme, je suis tout de même surpris que les médias occidentaux et en particulier français l'utilisent comme source unique sans jamais chercher à recouper ce qui en émane.

Second favori des médias et des politiques occidentaux, le Conseil National Syrien, créé en 2011 à Istanbul sur le modèle du CNT libyen et à l'initiative non de l'État turc mais du parti islamiste AKP. Censé fédérer toutes les forces d'opposition au régime, le CNS a rapidement annoncé la couleur. Au sens propre du terme…. Le drapeau national syrien est composé de trois bandes horizontales. L'une de couleur noire qui était la couleur de la dynastie des Abbassides qui a régné sur le monde arabe du 9è au 13è siècle. L'autre de couleur blanche pour rappeler la dynastie des Omeyyades qui a régné au 7è et 8è siècle. Enfin, la troisième, de couleur rouge, censée représenter les aspirations socialisantes du régime. Dès sa création, le CNS a remplacé la bande rouge par la bande verte de l'islamisme comme vous pouvez le constater lors des manifestations anti-régime où l'on entend plutôt hurler « Allahou akbar ! » que des slogans démocratiques. Cela dit, la place prédominante faite aux Frères musulmans au sein du CNS par l'AKP turc et le Département d'État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde.

La Syrie n'est pas la Libye et les minorités qui représentent un bon quart de la population entendent avoir leur mot à dire, même au sein de l'opposition. Lors d'une visite d'une délégation d'opposants kurdes syriens à Washington en avril dernier, les choses se sont très mal passées. Les Kurdes sont musulmans sunnites mais pas Arabes. Et en tant que non-arabes, ils sont voués à un statut d’infériorité par les Frères. Venus se plaindre auprès du Département d'État de leur marginalisation au sein du CNS, ils se sont entendus répondre qu'ils devaient se soumettre à l'autorité des Frères ou se débrouiller tout seuls. Rentrés à Istanbul très fâchés, ils se sont joints à d'autres opposants minoritaires pour démettre le président du CNS, Bourhan Ghalioun, totalement inféodé aux Frères, et le remplacer par un Kurde, Abdelbassett Saïda qui fera ce qu'il pourra – c'est à dire pas grand chose - pour ne perdre ni l'hospitalité des islamistes turcs, ni l'appui politique des néo-conservateurs Américains, ni, surtout, l'appui financier des Séoudiens et des Qataris.

Tout cela fait désordre, bien sûr, mais est surtout révélateur de l'orientation que les États islamistes appuyés par les néo-conservateurs américains entendent donner aux mouvements de contestation dans le monde arabe. Ce ne sont évidemment pas ces constatations qui vont rassurer les minorités de Syrie et les inciter à la conciliation ou à la retenue. Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l'État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu'elles défendront par la violence. Faire sortir le président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n'est pas lui qui est visé, ce n'est pas lui qui est en cause, c'est l'ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs. Plus le temps passe, plus la communauté internationale entendra exercer des pressions sur les minorités menacées, plus les choses empireront sur le modèle de la guerre civile libanaise qui a ensanglanté ce pays de 1975 à 1990.

Il aurait peut être été possible à la communauté internationale de changer la donne il y a un an en exigeant du pouvoir syrien des réformes libérales en échange d'une protection internationale assurée aux minorités menacées. Et puisque l’Arabie et la Qatar – deux monarchies théocratiques se réclamant du wahhabisme – sont théoriquement nos amies et nos alliées, nous aurions pu leur demander de déclarer la fatwa d'Ibn Taymiyyah obsolète, nulle et non avenue afin de calmer le jeu. Il n'en a rien été.

À ces minorités syriennes menacées, l'Occident, France en tête, n'a opposé que la condamnation sans appel et l'anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l'accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique. Débarrassés des ténors sans doute peu vertueux du nationalisme arabe, de Saddam Hussein, de Ben Ali, de Moubarak, de Kadhafi, à l'abri des critiques de l'Irak, de l'Algérie et de la Syrie englués dans leurs conflits internes, les théocraties pétrolières n'ont eu aucun mal à prendre avec leurs pétrodollars le contrôle de la Ligue Arabe et d'en faire un instrument de pression sur la communauté internationale et l'ONU en faveur des mouvements politiques fondamentalistes qui confortent leur légitimité et les mettent à l'abri de toute forme de contestation démocratique.

Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s'emparer d'un pouvoir qu'elles guignent depuis près d'un siècle n'a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l'empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent. Prompt à condamner l'islamisme chez lui, l'Occident se retrouve à en encourager les manoeuvres dans le monde arabe et musulman.

La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste, l'arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas. De même les médias et les politiques occidentaux ont assisté sans broncher à la répression sanglante par les chars séoudiens et émiratis des contestataires du Bahraïn, pays à majorité chiite gouverné par un autocrate réactionnaire sunnite. De même les massacres répétés de Chrétiens nigérians par les milices du Boko Haram ne suscitent guère l'intérêt des médias et encore moins la condamnation par nos politiques. Quant à l'enlèvement et la séquestration durable de quatre membres de la Cour Pénale Internationale par des « révolutionnaires » libyens, elle est traitée en mode mineur et passe à peu près inaperçue dans nos médias dont on imagine l'indignation explosive si cet enlèvement avait été le fait des autorités syriennes, algériennes ou de tel autre pays non encore « rentré dans le rang » des « démocratures », ces dictatures islamistes sorties des urnes.

À défaut de logique, la morale et la raison nous invitent tout de même à nous interroger sur cette curieuse schizophrénie de nos politiques et nos médias. L'avenir dira si notre fascination infantile pour le néo-populisme véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l'Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d'une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l'abri.

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Le Comité Valmy: Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

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Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci
Comité Valmy

Appel mis en ligne le 18 août 2012

Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci

À TOUS LES FRANÇAIS

Nous sommes aujourd’hui l’objet d’une longue et importante campagne médiatique qui nous abreuve de mensonges à propos de la Syrie. Cet acharnement des médias de la pensée unique a pour but de nous faire accepter la participation de la France à une agression criminelle contre un pays souverain, qui fut longtemps un pays ami et que nous avons aussi, autrefois occupé sous mandat de la SdN. Cette agression que subissent déjà l’Etat-nation et le peuple syrien, viole les lois internationales, les traités signés par notre pays, notre constitution et nos lois.

 

Ainsi :

Comment qualifierait-on, en France, l’appui que donneraient l’Allemagne, la Suisse ou l’Espagne par exemple, par la mise à la disposition de bases, d’armements, d’argent, de munitions, de matériel de communication, de service de propagande sans nuance, à des groupes armés et fanatisés, ces groupes attaquant notre gendarmerie, notre police, détruisant à l’explosif les trains, les aéroports, les lignes électriques, assassinant fonctionnaires, journalistes, élus, choisis sur critères ethniques ou religieux ? Que diraient les Etats-Unis si le Canada ou le Mexique se livraient contre eux à des attaques semblables ?
Qui est tué en Syrie ? La moitié des morts estimées entre 17 et 20.000 par les occidentaux appartiennent aux forces gouvernementales, dites de « répression ».

 

Le seul correspondant accepté par nos journalistes et les médias en France, leur source unique concernant la situation en Syrie est une officine partisane (une seule personne en réalité) pilotée par les services secrets britanniques, l’autoproclamé « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme ».

 

Comment qualifiait-on chez nous pendant l’Occupation la radio et les journaux inféodés à l’ennemi du peuple et de la nation ? « Radio Paris est allemand ».

 

Même si, et beaucoup d’entre nous ont conscience que ce n’est pas le cas, Bachar Al Assad était bien le dictateur affirmé par les médias du système, les Syriens qui refusent l’agression de leur pays souverain par des hordes étrangères seraient-ils pour autant des suppôts de cette prétendue dictature ?

 

La France et l’Angleterre sont entrées en guerre pour défendre la Pologne de Pilsudski, qui coopérait juste avant avec Hitler ; les millions de personnes qui ont dénoncé les guerres US contre l’Irak soutenaient le peuple irakien agressé et pas nécessairement Saddam Hussein.

 

Comment ose-t-on parler de « la communauté internationale », comme si elle était unie ou majoritaire, alors que les réunions organisées par l’OTAN et les émirats et rassemblant de pseudo « amis de la Syrie », concernent moins de population que la dernière réunion de Téhéran, le jeudi 9 août 2012, où plus de la moitié de la population mondiale était représentée ? Cette majorité des peuples, n’en déplaise aux pseudos « humanitaires » ou aux « bobos de gauche ou de droite », dénonce l’alliance agressive de l’OTAN, des euro occidentalistes, du Japon avec des émirs et les salafistes et djihadistes du Proche-Orient. Les peuples prennent conscience du risque grandissant de guerre mondiale qui ne pourrait être que nucléaire. Ils n’acceptent plus les guerres d’agression déclenchées sous des prétextes aussi divers que mensongers comme en Irak, Afghanistan (il n’y eut aucun ultimatum ni déclaration de guerre), Yougoslavie, Côte d’Ivoire, Libye, et qui aujourd’hui avec la Syrie servirait de détonateur à une conflagration généralisée.

 

Si la France officielle installée dans une logique de guerre et qui déjà soutient de différentes manières l’agression extérieure, notamment en fournissant des armements et des spécialistes aux extrémistes salafistes aux origines diverses, franchissait le pas de la guerre ouverte que certains réclament dans ses rangs, alors nous nous trouverions du mauvais coté, celui des fauteurs de guerre que nous imposent les politiques, les journalistes et les « élites » autoproclamées qui monopolisent le pouvoir au détriment de la souveraineté populaire.

 

Nous, organisations et citoyens d’horizons divers, de sensibilités différentes, estimons avoir le devoir d’alerter sur le péril imminent qui menace non seulement l’honneur et les valeurs de la France, les principes de notre République, mais également, au-delà, notre sécurité, notre vie et celle de nos enfants. Au nom de la paix et du respect de ces valeurs, nous demandons que cesse cette agression contre la Syrie, afin de briser l’engrenage d’une nouvelle guerre mondiale, que seuls les peuples peuvent empêcher.

 

15 août 2012

Cet appel ouvert à la signature des citoyens qui souhaitent contribuer à cette initiative, est initié par le Bureau national du Comité Valmy ainsi que par des personalités et des militants d’organisations et de sensibilités diverses.
Liste des premiers signataires ci-dessous :

 

Note Importante :

Le forum du site est l’objet d’une attaque permanente et invasive de spams. Le forum est en conséquence souvent fermé et inaccessible afin de limiter les dégats.
Utiliser pour signer, l’adresse courriel ci-dessous ainsi que pour les messages : merci de spécifier vos nom, prénom, lieu de résidence et si vous le souhaitez, votre sensibilité politique afin de souligner le caractère pluraliste de cet appel.
.

 

Contact et signatures :
Claude Beaulieu
info@comite-valmy.org

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Communiqué du PRCF. STOPPER LA MARCHE A LA GUERRE DU SOCIAL-IMPERIALISTE HOLLANDE.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

STOPPER LA MARCHE A LA GUERRE DU SOCIAL-IMPERIALISTE HOLLANDE

Pressé par la droite qui veut rééditer en Syrie l’aventure libyenne (laquelle a déstabilisé

- outre la Libye elle-même, en proie à de violents désordres dont on n’entend pas parler ou que très peu -  toute l’Afrique occidentale en plongeant le Mali dans le malheur, pour commencer !), les « pacifiques » Hollande et Fabius s’empressent de prendre la tête du camp des va-t-en guerre en Syrie.

 

 

 

Hollande annonce qu’il reconnaîtra aussitôt un éventuel « gouvernement » du prétendu « conseil national syrien » et que, si ce gouvernement fantoche dont l’idée germe à Paris et à Washington le réclame, la France interviendra militairement en Syrie. Bien entendu, l’emballage est « humanitaire » - encore que, le 25 Août, dans son discours lors de la cérémonie de commémoration de la Libération de Paris, Hollande ait bel et bien dit : « Ce régime [syrien] disparaîtra parce que – et c’est la leçon que nous pouvons livrer au monde -  quand la liberté est en marche, rien ni personne ne peur l’arrêter. La France a pris et prendra les initiatives nécessaires en soutien de la révolution syrienne, sur le plan politique, sur le plan diplomatique, sur le plan humanitaire pour aider au soulèvement ». Bien entendu, il s’agit pour l’instant de « rester dans la légalité internationale » - par crainte des représailles russes ou chinoises (on sait moins que l’Inde et le Brésil sont plus que réticents à l’idée d’une intervention de l’OTAN en Syrie…). Mais qui ne voit que la mise en place de « zones tampons », de « couloirs aériens », de « zones d’exclusion » par les armées occidentales, conduiront nécessairement à une nouvelle guerre totale contre un pays arabe, au risque d’embraser aussi le Liban puis l’Iran – un pays qu’Israël se prépare à frapper de son côté alors que de notoriété publique, Tel Aviv s’est illégalement dotée depuis longtemps de l’arme nucléaire !

Bref, une fois de plus, ces bonnes âmes (si manifestement éprises de Liberté, Egalité, Fraternité - il n’est que de voir comment les choses se passent en France!) se préparent, à l’appel du « philosophe » guerrier BHL, à créer les prémices d’une nouvelle guerre régionale, voire pire avec tout ce que cela signifiera inévitablement : violation du droit des nations à disposer d’elles-mêmes sans ingérences externes, éclatement vraisemblable de l’Etat syrien « à l’irakienne », arrivée au pouvoir d’intégristes fanatiques ; sans parler des frais énormes occasionnés au budget national par ce type d’aventure alors qu’on nous raconte que l’Etat français n’a même pas les moyens de maintenir la retraite à 60 ans pour tous ou de remplacer les fonctionnaires qui partent à la retraite (déjà 6 sur 7 ne sont plus remplacés à l’Equipement)…

Une fois de plus, le PS fait mine de « traîner les pieds » devant une intervention impérialiste puis, quand la droite fronce les sourcils, le vieux parti social-impérialiste de Jouhaux, de Guy Mollet et de Mitterrand – ces piliers des guerres impérialistes et coloniales – s’empresse de montrer qu’il n’est pas moins belliqueux que la droite…  

Avec en prime le jésuitisme propre à Laurent Fabius ; car en réalité, Hollande feint de « venir à l’aide » de ses commis syriens (depuis des mois la France jette de l’huile sur le feu et arme les insurgés syriens, comme le fait la Turquie, l’Arabie saoudite, la CIA et le Qatar, ces parangons de démocratie…) alors que – comme chacun peut le constater – c’est Hollande qui dicte de Paris la marche à suivre aux « opposants » syriens avec pour seul objectif de permettre à l’impérialisme occidental de re-coloniser la Syrie en sauvant les apparences d’un « appel à l’aide » venu d’une prétendue « révolution syrienne », de Damas même ! Il est vrai que la Syrie et le Liban sont les plus anciennes colonies françaises : la première colonisation de ces deux pays – et de la Palestine – date des Croisades et  la seconde colonisation date du « mandat » colonial attribué à la France par la SDN à l’issue de la guerre de 14/18.

Dire cela ne signifie en rien donner un blanc-seing à quelque « régime » que ce soit. C’est simplement rappeler que ceux qui veulent instaurer la « démocratie » en Syrie (avec l’aide d’Al Qaida et des Emirats ?) n’ont pas été si regardants quand l’Arabie saoudite a, tout récemment, écrasé la révolution populaire au Bahrein. Alors il n’était pas question de « régime » saoudite et personne à Paris ou à Washington n’a réclamé une intervention militaire pour châtier les envahisseurs saoudiens. Monsieur BHL était sûrement alors à Cannes en train de parader dans le dernier navet à sa gloire que lui ont offert ses parrains impérialistes pour le remercier de ses arrogants services dans la recolonisation récente de la Libye.

Plus que jamais, les progressistes français doivent apprendre le doute méthodique à l’encontre de la propagande totalitaire qui déferle sur notre pays à propos de la Syrie (comme de Cuba, du Venezuela, etc. où l’on n’entend jamais qu’UN son de cloche dans les médias). Que chacun se souvienne que « les peuples n’aiment pas les missionnaires bottés » (Robespierre) et que l’impérialisme est l’ennemi principal des peuples et de la paix.

 

 BRÈVE

SYRIE  France2 JT de 20h. Reportage sur un médecin français parti en Syrie, dans des zones contrôlées par les rebelles, pour soigner et opérer.
            Ce qu'il fait. Il opère des victimes civiles des combats et des combattants. Mais, nous dit la voix de la reporter qui a fait le sujet : le chirurgien français s'interroge sur son engagement aux côtés de la rébellion car, et là c'est de nouveau le médecin qui parle : sont arrivés des djihadistes étrangers, "qui ont un discours de djihadiste, un raisonnement de djihadiste, qui disent que Mohammed Mehra (l'assassin de Toulouse) a bien fait, que c'est un exemple à suivre".
Son "engagement sans réserve (aux côtés de le rébellion) en prend un coup" conclut la reporter. Mais pas Hollande, ni Fabius, ni BHL toujours aux côtés des djihadistes.

 

Video : http://www.youtube.com/watch?v=07EC9grcqzU&feature=related

 

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Syrie, champ de bataille médiatique.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie, champ de bataille médiatique

Par Antonin Amado et Marc de Miramon

septembre 2012

Antonin Amado et Marc de Miramon  Journalistes.

 
Le Monde diplomatique
Septembre 2012 p 10

Comment rendre compte d’un soulèvement qui dure depuis dix-huit mois, alors que l’accès au terrain est périlleux ? Si la férocité du régime ne fait aucun doute, la manière dont certains médias relaient, sans les vérifier, les communiqués de tel ou tel groupe d’opposition et occultent le jeu de puissances comme l’Arabie saoudite, les Etats-Unis ou la Turquie relève plus de la propagande que de l’information.

En Syrie, « les armes chimiques sont sous surveillance », informe Le Figaro (22 juillet 2012) ; « des forces spéciales américaines ont été déployées pour prévenir leur dispersion ». Et un diplomate en poste en Jordanie avertit : « C’est la menace des armes chimiques qui peut déclencher une intervention américaine ciblée. » Nous voilà donc replongés avec Damas, à quelques nuances près, dans le scénario écrit pour Bagdad dix ans plus tôt. M. Bachar Al-Assad lâchera-t-il ses armes de destruction massive sur son opposition ? L’accusation est pourtant déjà vieille de plusieurs mois : « Des tueurs d’Assad [ont] lancé dans la région d’Al-Rastan, non loin de la ville rebelle de Homs, des opérations aériennes avec utilisation de gaz toxiques », rapportait dès septembre 2011 le site de Bernard-Henri Lévy.

«  [Nous avons] entendu cette affirmation de dizaines d’interlocuteurs dans la province de Hama, écrivait l’Agence France-Presse (AFP), avec une prudence exceptionnelle, le 27 juillet 2012. Mais, en dépit d’une semaine de recherches, aucun chef rebelle, chef de tribu, médecin, simple combattant ou civil n’a pu produire de preuve irréfutable. » La guerre en Syrie, conclut la dépêche, « est aussi celle de l’information et de la désinformation ».

29 janvier 2012. L’intox est partie d’un compte Twitter (@Damascustweets) appartenant à « des militants proches de l’opposition  » : M. Al-Assad aurait fui la Syrie. Le palais présidentiel serait encerclé par l’Armée syrienne libre (ASL), et le dictateur acculé aurait tenté de rejoindre l’aéroport international de la capitale avec femme, enfants et bagages pour se réfugier à Moscou. Invérifiable, la « rumeur » n’est pourtant « pas sans fondement », assure le site Internet du Nouvel Observateur : « Selon le correspondant de la BBC au Moyen-Orient, Jeremy Bowen, l’ASL n’est plus qu’à trente minutes du palais présidentiel de Bachar Al-Assad. Une situation militaire qui pourrait pousser le dictateur à la fuite...  »

18 juillet 2012. Tandis qu’une nouvelle offensive des rebelles entraîne des affrontements d’une intensité inédite à Damas, une bombe explose au quartier général de la Sécurité nationale, tuant notamment le ministre de la défense ainsi qu’Assef Chaoukat, beau-frère de M. Al-Assad. Sur les chaînes d’information françaises, les représentants de l’opposition, essentiellement issus du Conseil national syrien (CNS), commentent l’événement en direct. Le régime, croit-on, vit ses derniers jours, voire ses dernières heures. «Oui, nous pouvons dire que c’est le début de la fin », estime Mme Randa Kassis (4), présidente de la Coalition des forces laïques et démocratiques syriennes, membre du CNS. Des sources anonymes, citées par le quotidien britannique The Guardian, affirment que M. Al-Assad en personne a été blessé lors de l’attaque. Son épouse a une fois encore pris l’avion pour Moscou. L’ASL ainsi qu’un groupuscule islamiste revendiquent l’attentat, tandis que le régime y voit la main des «puissances étrangères» soutenant l’opposition armée (Turquie, Qatar, Arabie saoudite...).

Tout compte fait indemne, M.Al-Assad acceptera de «partir» deux jours plus tard, «mais d’une façon civilisée». C’est une dépêche de l’AFP qui l’annonce, le 20 juillet peu avant 9 heures. Confirmé une trentaine de minutes plus tard par le concurrent britannique Reuters, le «scoop» reprend en réalité un entretien accordé à Radio France Internationale (RFI) par l’ambassadeur de Russie en France. Qui n’annonçait en aucun cas le départ de M. Al-Assad, mais se contentait de rappeler l’engagement pris par la Syrie le 30 juin à Genève d’aller «vers un régime plus démocratique»…

La démocratie, voilà ce pour quoi se battent les Syriens depuis le soulèvement de mars 2011, réprimé avec une brutalité et une cruauté largement documentées (5). Mais le conflit se livre aussi sur le terrain médiatique ; une guerre que taisent la plupart des organes de presse occidentaux. Certes, la réalité du terrain est particulièrement difficile à percevoir. Le régime accorde ses visas au compte-gouttes. Ceux qui réussissent, au péril de leur vie, à rejoindre les insurgés empruntent tous ou presque les mêmes filières de l’ASL ; leurs récits épousent ensuite le storytelling développé par cette même ASL ainsi que par ses parrains turcs, saoudiens et qataris : un régime barbare écrase dans le sang des manifestations pacifiques, défendues par des militants pros-démocratie riches en courage mais pauvres en armes, munitions, médicaments…

Quant aux quelques journalistes ayant accepté l’invitation du régime (6) de M. Al-Assad, ils racontent sans surprise des histoires radicalement différentes : celles de cadavres de soldats atrocement mutilés qui s’entassent dans les morgues des hôpitaux, de minorités (chrétiennes, alaouite, etc.) terrorisées par des bandes armées ne menant pas une guerre de libération, mais une guérilla confessionnelle soutenue par les pétromonarchies du Golfe.

Embarrassante pour l’opposition armée, la présence en Syrie de groupes djihadistes, dont certains se réclament d’Al-Qaida, est désormais avérée. Une raison de plus, martèle Libération (6 août 2012), pour «aider politiquement et militairement » les insurgés, «ne serait-ce que pour ne pas laisser le champ libre et la victoire finale aux islamistes ».

Séparer le bon grain révolutionnaire de l’ivraie djihadiste s’avère parfois délicat. Abou Hajjar, « moudjahid qui a quitté la région parisienne il y a quatre mois pour participer au soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad », se définit comme un «activiste islamiste, et non pas comme un djihadiste proche d’Al-Qaida». Témoignant dans les colonnes du Figaro, il jure que les «minorités chrétiennes ou alaouite », qui soutiennent majoritairement le régime, «seront représentées au Parlement » dans la Syrie de demain (7). Tout en indiquant avoir ouvert un «bureau de la prédication » dans le village de Sarjeh pour diffuser les «livres interdits» d’Ibn Taymiyya, un «grand théoricien du djihad », rappelle Le Figaro, sans préciser qu’il est aussi l’auteur d’une fatwa appelant à la guerre sainte contre les alaouites.

Mais ces quelques témoignages n’entament pas la trame de la dramaturgie syrienne : pilonnage de Homs, massacre de Houla, mort des journalistes Marie Colvin, Rémi Ochlik et Gilles Jacquier – dont il semble maintenant qu’il ait été tué par des tirs provenant des positions rebelles. Une poignée d’acteurs dominent la narration du conflit. Parmi eux, les principales chaînes satellitaires du Proche-Orient, dont Al-Arabiya et Al-Jazira, propriété des deux poids lourds de la Ligue arabe, nouveau haut-parleur de la diplomatie du Golfe : l’Arabie saoudite et le Qatar. Ces monarchies absolues, qui ne s’appuient sur aucune légitimité démocratique tout en promouvant la «liberté » chez leurs voisins, mènent une «guerre froide régionale » à la Syrie, dernier régime arabe participant, selon elles, à l’« arc chiite » qui s’étendrait de Beyrouth à Bagdad, en faisant vaciller Bahreïn.

Ces chaînes bénéficient d’un a priori bienveillant quant à la fiabilité des informations qu’elles diffusent, si fantaisistes soient-elles. Ainsi l’essayiste Caroline Fourest écrit-elle dans Le Monde (25 février 2012) : «D’après Al-Arabiya, des opposants au régime iranien affirment que leur gouvernement a fourni un four crématoire à son allié syrien. Installé dans la zone industrielle d’Alep, il tournerait à plein régime… Pour brûler les cadavres des opposants ?»

 

FATEH MOUDARRES. – Sans titre, 1996

 

La dictature de l’instantané

Pour le reste, les médias s’appuient sur l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), organisme qui fournit, par le biais des agences de presse AFP, Associated Press (AP) et Reuters, les bilans des affrontements et les récits de l’opposition armée. Son fondateur, M. Rami Abdel Rahmane, raconte avoir émigré en 2000 au Royaume-Uni, où il tient une boutique de vêtements. Depuis son appartement de Coventry, il affirme être le « seul membre de son organisation vivant en Angleterre. Mais j’ai deux cents correspondants bénévoles en Syrie, en Egypte, en Turquie et au Liban. Ce sont des militaires, des médecins, des militants de l’opposition ». Il revendique une complète neutralité : « Je ne suis financé par personne. J’ai créé l’OSDH en 2006 parce que je voulais faire quelque chose pour mon pays. » Comment, aidé d’un simple secrétaire, peut-il obtenir et vérifier quasiment en temps réel les chiffres (morts et blessés) des affrontements militaires aux quatre coins du pays ?

L’AFP a en tout cas décerné à l’OSDH le statut de source incontournable, comme le détaille Ezzedine Said : «La première utilisation de l’OSDH date de novembre 2006. Cette organisation s’est montrée fiable et crédible dans le passé, raison pour laquelle nous continuons à l’utiliser.» Le rédacteur en chef de l’antenne de Nicosie, à Chypre, où sont centralisées les dépêches sur le Proche-Orient, reconnaît néanmoins que «nos journalistes n’ont pratiquement aucun contact avec les correspondants de cette organisation sur le terrain. Ceux qui sont en poste à Damas ne peuvent pas travailler librement. Ils ne sont pas en mesure de donner une vision d’ensemble de la situation dans le pays. L’OSDH, qui ne s’engage jamais politiquement dans ses communiqués, n’est pas une source parfaite. Mais c’est celle qui donne les chiffres les moins fantaisistes sur le nombre de morts sur le terrain ». A l’AFP, certains ne cachent pas leur malaise : «Nous savons parfaitement que l’OSDH n’est pas fiable, déplore un grand reporter du service international. Mais nous continuons quand même à diffuser ses chiffres. Quand on interroge la direction, sa réponse est toujours la même : “Vous avez probablement raison, mais les autres agences font la même chose. Et notre secteur est très concurrentiel.”»

La manière dont l’OSDH a par exemple couvert le massacre de Houla pose question sur son impartialité revendiquée, de même que sur la fiabilité de ses correspondants. Le 25 mai 2012, à Houla, cent huit personnes ont bien été tuées. Les corps de quarante-neuf enfants et trente quatre femmes gisent dans cette localité regroupant plusieurs villages et située au nord de la ville de Homs. Dans un communiqué daté du 26 mai et relayé par l’AFP, l’OSDH rapporte dans un premier temps la mort de quatre-vingt-dix personnes, tuées dans des bombardements. Les observateurs mandatés par l’Organisation des Nations unies (ONU) et la Ligue arabe affirmeront, le 29 mai, que la plupart des victimes ont été exécutées à l’arme blanche. Les Nations unies révèlent le même jour que le secteur du massacre était tenu par des forces de la rébellion.

Un rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU publié le 16 août impute finalement «la plupart» des morts aux forces gouvernementales, même si ses enquêteurs n’ont pas pu se rendre sur place et ne sont pas en mesure de «déterminer l’identité des auteurs» du massacre. Ce qui n’a pas empêché le rapport initial de l’OSDH d’être largement diffusé et exploité par la diplomatie française pour faire plier la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU : «Le massacre de Houla peut faire évoluer les esprits », espérait le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, dans un entretien au Monde (29 mai 2012).

Mme Donatella Rovera, qui travaille pour Amnesty International, s’est rendue clandestinement en Syrie durant trois semaines, en avril et en mai derniers, pour essayer d’établir un bilan humain du conflit. Elle pointe la difficulté d’une telle entreprise : «Les hôpitaux ne sont pas des sources fiables, car les blessés ne peuvent pas s’y rendre sans se faire arrêter par les forces de sécurité. Je me trouvais à Alep lors d’une opération massive de l’armée. J’ai vu les petites antennes médicales de fortune installées dans des appartements où des médecins sous-équipés tentaient de soulager les blessés. Dans ces conditions, les bilans sont plus simples à établir. Quand on arrive après les faits, il faut recueillir les témoignages des survivants, des voisins, relever des indices laissés sur le terrain comme des éclats d’obus ou des traces de balles sur les murs. » Et de souligner qu’il est «possible de travailler de l’extérieur du pays, mais des difficultés supplémentaires se présentent alors. Notamment sur la fiabilité de sources que l’on connaît mal et qui peuvent être tentées de nous manipuler ».

Fin juillet, Amnesty International dénombrait douze mille tués, contre dix neuf mille pour l’OSDH. La rigueur dont prétend faire preuve l’organisation non gouvernementale contraste avec les chiffres avancés par M. Abdel Rahmane. Surtout, elle n’est pas compatible avec la dictature de l’instantané qui conditionne l’économie médiatique, et en particulier ses réseaux numériques.

(1)           « Syrie : la révolution s’arme et a besoin de l’OTAN», 30 septembre 2011, www.laregledujeu.org

(2) « Bachar el-Assad s’est enfui... sur Twitter », 30 janvier 2012, www.lepoint.fr

(3)           « Bachar Al-Assad a-t-il tenté de fuir la Syrie vers Moscou?», 30 janvier 2012, tempsreel.nouvelobs. com

(4)           « Bataille de Damas : les jours d’Assad sont-ils comptés ? », « Le débat », France 24, 19 juillet 2012.

(5)           «Torture archipelago : Arbitrary arrests, torture and enforced disappearances in Syria’s underground prisons since March 2011 », Human Rights Watch, New York, 3 juillet 2012.

(6)           Cf. par exemple les reportages de Patricia Allémonière, diffusés en juillet sur TF1.

(7) « Abou Hajjar, combattant français en Syrie », Le Figaro, Paris, 4-5 août 2012.

Olivier MONTULET

Vivez et arrivera ce qui arrivera

Le pire mais surtout le meilleur

Avenue du Luxembourg, 7 bte 1

B - 4020 LIEGE

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Syrie et avenir de "la guerre humanitaire" : des lits "humanitaires" installés par la France pleins à craquer.

4 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

20 août 2012

Syrie et avenir de "la guerre humanitaire" : des lits "humanitaires" installés par la France pleins à craquer.

Komla KPOGLI

Laurent Fabius, le Juppé de François Hollande, a effectué le 16 aout 2012 une visite dans un camp de réfugiés en Jordanie. Là, le pauvre humanitaire ministre français des affaires étrangères, voyant des centaines voire des milliers de blessés que la France soigne humanitairement énonce que " tant que Bachar El-Assad continuera son oeuvre de mort il y aura des blessés et des réfugiés et il faudra faire de l’humanitaire ". Oui, des blessés dans des "lits vides", comme le constate le reporter, Patrick Fandio, qui n’a eu d’autre choix que de dire la vérité sur ces tentes inoccupées et des lits qui n’ont jamais reçu le moindre blessé. C’est dire combien sur ce coup-là, la propagande a donc foiré. Pas un mot de la part du "ministre humanitaire" en revanche sur des massacres et autres actes inhumains commis par les "pauvres révolutionnaires", "insurgés", "rebelles" (on ne sait plus quel vocabulaire adopté face à une horde de djihadistes armés pour la cause par les USA, la France, la Grande-Bretagne par l’intermédiaire des territoires mercenaires de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de la Jordanie) qui, pendant la même semaine, jetaient depuis des immeubles de plusieurs étages des personnes et égorgeaient publiquement d’autres dans les rues syriennes.

 

Extrait JT 13h, TF1, 16 août 2012

Comme on peut le voir sur ces images de TF1, un des plus grands outils de la propagande française, il y a des milliers de blessés, se tordant de douleur mais opérés par de braves français ayant abandonné pays et familles pour LA "cause humanitaire" du moment : sauver les victimes d’Al Assad, le nouveau méchant que la croisade occidentale pourchasse "diplomatiquement". Ces milliers de blessés imaginaires sous les tentes françaises vus par Laurent Fabius sont déchiquetés par les bombes de l’armée nationale syrienne renommée "l’armée d’Al-Assad". Ne les voyez-vous pas, vous ? Seriez-vous aveugles ? Regardez-là, là, làààà, sous les tentes. Vooooilààààà ! vous les voyez maintenant ? Les victimes de "l’oeuvre de mort de Bachar Al-Assad" ? Voilààà, c’est rassurant ! Sinon il devenait inquiétant de constater que vous ne voyiez pas ces civils blessés malgré leur présence manifeste sous les tentes françaises.

Comme ces blessés et ces victimes du "bourreau, du massacreur" de Syrie, selon les mots mêmes de Fabius, sont innombrables et comme la Russie et la Chine n’entendent en rien céder aux chantages ni aux arguments mensongers dont les Occidentaux ont le secret en pareilles circonstances, Fabius ira dire en Turquie, un des canaux de transmission d’armes aux "rebelles-révolutionnaires-insurgés" syriens qu’au vu de l’hécatombe, " Bachar Al-Assad ne mérite pas d’être sur terre ". Quelle belle sentence après avoir vu des blessés occupant des lits vides ! Une telle déclaration est un appel clair et net au meurtre. Mais qui condamne ces propos ? Personne. Pas même la fameuse opposition incarnée par l’UMP, si prompte à taper sur les socialistes tombeurs de Sarkozy qui trouve d’ailleurs que la France de Hollande n’en fait pas assez sur la Syrie. Bien au contraire, tout le monde salue la fermeté du ministre. Dans les médias amoureux fous de "la guerre humanitaire" inventée par l’Occident, "la diplomatie française se donne enfin des dents" comme le souhaitait Dominique de Villepin sur Europe1 récemment. Sur France Inter le 17 août 2012, Frédéric Encel, intraitable idéologue se présentant malgré tout comme un universitaire enseignant de géopolitique, prévenait ceux qui seraient tentés de juger Fabius de Talleyrand qui disait que tout ce qui est excessif est insignifiant, que l’excès verbal dont a fait preuve le sosie d’Alain Juppe en la personne de Laurent Fabius était " parfaitement justifié ", puisque ajoute-t-il, " des 18 mois d’une répression féroce accablant en priorité des civils avec toute la panoplie de tortures et humiliations si un haut représentant d’une authentique démocratie n’emploie pas le terme de bourreau, alors jamais celui-ci ne s’imposera...Ces propos de notre ministre ne sont pas si virulents que cela. " Voilà qui est tranché !

Faut-il rappeler que ce nouvel Edit de Fabius s’inscrit dans une longue série de déclarations du nouveau Alain Juppé, celui qui s’était illustré dans la chasse à Mouammar Kadhafi avec le mythique massacre des populations civiles libyennes par le "fou" de Tripoli. Le samedi 21 juillet dernier, le même Fabius lançait un appel à une non-identifiable opposition montée de toutes pièces en affirmant que " Le moment est venu de préparer la transition et le jour d’après. Nous sommes tous d’accord pour considérer que l’heure est venue pour l’opposition de se mettre en ordre de marche afin de prendre les commandes du pays. Nous souhaitons la formation rapide d’un gouvernement provisoire ". L’envie est donc immense pour la France et ses alliés d’en découdre le plus tôt avec le gouvernement syrien et de le remplacer par des satrapes totalement soumis. La Syrie sera redevenue ce qu’elle fut : un pays sous "mandat" français comme elle l’avait été de 1919 à 1949. L’indépendance de la Syrie ne sera reconnue par la France qu’après la guerre de 1946 que celle-ci avait farouchement mené pour conserver sa tutelle sur le pays. Configuration identique à la Libye post-Kadhafi qui est une reconstitution de la Libye italienne après la défaite de Mussolini divisée en la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan. Jusqu’au renversement par Kadhafi et ses compagnons du roi Idriss en septembre 1969, l’Angleterre avait dirigé les deux premières régions (la Tripolitaine et la Cyrénaïque), la France, quant à elle, avait régenté le Fezzan et tout ceci avec leurs alliés les Etats unis d’Amérique. Autant ces mêmes pays qui se sont coalisés 42 ans plus tard pour assassiner Mouammar Kadhafi et reconstituer la Libye coloniale d’antan, autant les mêmes agissent en Syrie pour remettre ce pays sous leur giron et, par ricochet, se rapprocher davantage de l’Iran qu’ils ont ciblé depuis longtemps.

La Russie et la Chine, à l’aune de leurs propres intérêts géopolitiques, pour le moment, n’entendent pas céder sur la Syrie contrairement à ce qu’ils avaient fait sur la Libye. Ces deux pays avaient livré la Libye aux hyènes occidentales qui l’ont détruite et mis la main sur ses richesses avec de petits satrapes soigneusement recrutés à qui ils ont attribué l’exercice de la police locale. Aussi, la Russie et la Chine ont-ils donné la clé aux Occidentaux de redessiner tout le Sahara à partir de la Libye. "Qui possède Tripoli possède le Soudan" (le Soudan entendu ici comme l’Afrique centrale, le coeur de l’Afrique), énonçait en 1885, Gerhard Rohlfs, voyageur allemand qui parcourait la région. Cette prédiction est en train de trouver son accomplissement sous nous nos yeux. Le Mali découpé en est une preuve palpable avec la création du fameux Azawad après la création du Sud Soudan, créatures dont la vocation est de répondre aux préoccupations extérieures qu’on cache sous le manteau troué des revendications indépendantistes locales.

Alain Juppé avec l’appui de Nicolas Sarkozy avait fait des agressions contre le président laurent Gbagbo et contre Mouammar Kadhafi des affaires personnelles. Laurent Fabius porté par François Hollande, moins bavard et moins agité que son prédécesseur mais aussi résolu que lui, fait de la Syrie une affaire personnelle, multipliant invectives, livraison d’armes et matraquage verbal contre Bachar Al-Assad. C’est de bonne guerre, car ce qui caractérise fondamentalement l’Occident c’est qu’il ne s’engage que s’il a procédé à un calcul minutieux des pertes et profits. Lui dénier ce trait de caractère c’est faire injure à son génie et à sa civilisation que ses enfants n’hésitent d’ailleurs pas à présenter comme supérieure. Son histoire montre qu’il n’existe de cause humanitaire dans laquelle l’Occident s’engage que tout ce qui va dans le sens de sa puissance et du renforcement de sa domination sur les peuples. Avec des conséquences aussi juteuses pour l’Occident et surtout pour ses entreprises multinationales, la guerre humanitaire a de beaux jours devant elle. A moins que les peuples victimes et potentiellement victimes à cause des convoitises que suscitent leurs terres décident de se constituer en peuples solides dotés aussi bien de dirigeants, de citoyens informés et animés de patriotisme éclairé par l’histoire et les intérêts qui doivent être les leurs que d’organisation, de discipline et de moyens de défense puissants.

Komla KPOGLI
20 août 2012
Web. http://lajuda.blogspot.com

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Libye : mission risquée pour Mohamed al-Megaryef.

4 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Libye : mission risquée pour Mohamed al-Megaryef

Bye-Bye Addeljalil ! - L’attaque de Bab Al-Aziziyah

et la fuite de Kadhafi

Sur France-Irak Actualité :

http://0z.fr/L45fx


 

 

Mardi 4 septembre 2012

 

 

Par Gilles Munier (Afrique Asie – septembre 2012)

La situation intérieure en Libye est toujours aussi chaotique. Un an après l’entrée des towarsde Zenten dans Tripoli, les conflits tribaux sanglants, les mitraillages, les attentats, les assassinats ciblés et les enlèvements se succèdent sans que personne ne puisse y mettre un terme. Si la « guerre humanitaire » de l’Otan se solde par un désastre… humanitaire, le secteur pétrolier, lui, se porte à merveille. La production libyenne dépasserait 1,55 million de barils/jours, à peu près l’équivalent de celle enregistrée avant la chute du colonel Kadhafi. Alors, mission accomplie ?

Pour Alexander Graf Lambsdorff, chef de la mission d’observateurs de l’Union européenne aux élections législatives du 7 juillet, la« démocratie » se porte bien : 62% des électeurs incrits se sont rendus normalement aux urnes. Il lui importe peu que les partisans de l’ancien régime aient été rayés des listes électorales et que les milliers de déplacés intérieurs et de réfugiés n’aient pu voter. L’important pour les Occidentaux est que les islamistes - que tout le monde donnait gagnants - aient été « laminés ». Le Parti de la justice et de la construction (PJC) de Mohammed Sawan - émanation des Frères Musulmans - n’a obtenu que 17 sièges, et leParti Watan d’Ali al-Sallabi… deux seulement. Abdelkarin Belhaj, ex-commandant militaire de Tripoli et figure emblématique de l’opposition islamiste à Kadhafi, a été battu. 

Posture anti-qatarie

 Les « libéraux » de l’Alliance des forces nationales (AFN), coalition d’une quarantaine de partis dirigée par Mahmoud Jebril – ancien n°2 du CNT – ont emporté la majorité des sièges alloués aux candidats des partis politiques. Leur victoire relative – 39 sièges sur 200 -  s’explique par les moyens mis à leur disposition par les pétroliers occidentaux. Normal, leur leader étant – selon un   télégramme d’ambassade US diffusé en 2009 par WikiLeaks - « un interlocuteur sérieux comprenant la position américaine ». Les communicants engagés par l’équipe Jebril ont présenté leur candidat comme un bon musulman de rite malékite, compétent, un homme de caractère n’acceptant les responsabilités et les honneurs qu’accompagnés des prérogatives s’y rapportant. Alors qu’il avait été poussé à la démission par des manifestations populaires à Benghazi et à Misrata, sa démission de la présidence de l’exécutif du CNT, le 23 octobre 2011, et son refus de diriger le premier gouvernement post-Kadhafi, ont été transformés en posture nationaliste anti-qatarie ! N’avait-il pas déclaré en public à Zenten, le 20 novembre suivant, qu’il ne tolérait pas que des avions qataris décollent et atterrissent « à longueur de journée » sur la base militaire de Miitigua (près de Tripoli), sans que le gouvernement sache ce qu’ils transportent ? Aux centaines de milliers de Libyens, victimes de l’OTAN et des milices, il a dit qu’il ne pouvait plus accepter que des organisations internationales l’informent de cas concrets de torture, sans avoir de réponse à leur donner.

Le 8 août dernier, la passation de pouvoir entre le CNT et le Congrès national général s’est déroulée sans anicroche, si ce n’est l’interdiction faite par Mustapha Abdeljalil à une jeune journaliste libyenne « non voilée et maquillée »de rendre compte de la cérémonie… Personne ne savait alors vers qui iraient les voix des parlementaires, notamment celles des 120 indépendants, les « libéraux » et les Frères Musulmans ne présentant pas de candidat pour – selon leurs dires -  ne pas créer de tensions au sein de l’assemblée. Après un deuxième tour de scrutin, Mohammed Megaryef, ancien dirigeant du Front national pour le salut de la Libye (FNSL), devenu Parti du Front national  - 3 sièges aux législatives - a été élu président du congrès, totalisant 113 voix, face à Ali Zidane qualifié d’islamiste modéré.

« Chiens errants »

A la différence d’Abdeljalil et de Jibril, Mohamed Megaryef, 72 ans, originaire de Benghazi, n’est pas un opposant de la dernière heure. Ancien président de la Cour des comptes libyenne, puis ambassadeur en Inde, il a fait défection en 1980, époque où le colonel Kadhafi faisait  « liquider les ennemis de la révolution à l’étranger », qualifiés de « chiens errants » - par des unités spéciales. Il a maintenant un an pour rédiger une nouvelle constitution et organiser un nouveau scrutin. Ses relations avec Mahmoud Jebril s’annoncent déjà problématiques : le chef des « libéraux »voudrait que le comité de 60 membres – 20 par régions -  chargé de la constitution soit élu et non nommé comme l’a annoncé Megaryef pour gagner du temps.

Son gouvernement devra surtout désarmer les milices. Selon un rapport de l’université de Harvard, il y aurait à Misrata plus d’armes que d’habitants ! Il lui faudra résoudre la question des 35 000 déplacés intérieurs, des exilés, des milliers de migrants africains parqués dans des camps de rétention insalubres, lutter contre le racisme et les châtiments sauvages dont sont victimes les Libyens à peau noire de Tawergha, créer une forces armée nationale, lutter contre la corruption … etc… etc…  Mohamed Megaryef a du pain sur la planche. Il lui faudra beaucoup de diplomatie pour remettre sur pied la Libye en  restant, comme il l’a déclaré, «à l’écart de toutes les considérations politiques, régionales et tribales »… et des injonctions de l’OTAN.

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Bye-Bye Addeljalil !

Fortune faîte, Mustapha Abdeljalil, président duConseil national de transition (CNT), a annoncé qu’il prenait sa retraite. Quelques jours plus tôt, à Al-Bayda, il avait chiffré à 2 milliards de dollars la somme dépensée par le Qatar pour renverser Kadhafi. Tous les Libyens se rendant à Doha se voyaient octroyer une somme d’argent, a-t-il ajouté. Certains la remettaient au CNT, d’autres la gardaient pour eux… Abdeljalil n’est pas allé jusqu’à révéler le montant l’ « aide »personnelle qui lui a été allouée, ni ce qu’il en a fait. Mais on dit, à Benghazi, qu’il possède maintenant deux luxueuses villas en Turquie.

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 L’attaque de Bab Al-Aziziyah

et la fuite de Kadhafi

Le Front national pour le salut de la Libye (FNSL), que dirigeait Mohamed Megaryef, a tenté a plusieurs reprises de prendre le pouvoir en Libye. La tentative la plus retentissante a été l’attaque, le 8 mai 1984, de la caserne Bab Al-Azizyah, PC du colonel Kadhafi en plein Tripoli.

Un commando, formé au Soudan, devait assassiner Kadhafi lors d’une visite prévue au centre international d’exposition de Tripoli. Par petits groupes, ses 18 membres avaient passé clandestinement la frontière tuniso-libyenne et attendaient l’heure H à Tripoli, dans des appartements loués par des opposants. Ils durent changer leur plan à l’annonce que leur chef – Ahmed Howass –  devant arriver le dernier, avait été tué en entrant en Libye. Tentant le tout pour le tout, trompant la vigilance des gardes, sept d’entre eux pénétrèrent dans la caserne Bab Al-Azizyah, cachés dans une benne à ordures. Ils parvinrent au bureau du colonel Kadhafi qui, entendant les coups de feu, s’enfuit par un tunnel. Pourchassés, les attaquants furent tous tués.

Mohamed Megaryef, devenu ennemi n°1 du régime, a échappé à plusieurs tentatives d’attentats : à Rome en 1981, à Casablanca en 1984, et à Madrid en 1985. Ses frères, restés en Libye, ont été emprisonnés à plusieurs reprises. Selon Abderrahmane Chalgham, ancien ministre des Affaires étrangères, les services secrets libyens ont fait exploser le DC-10 d’UTA Brazaville-Paris, le 17 septembre 1989  - 170 morts -  parce qu’ils pensaient que Megaryef était à bord.

 

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Libye, Syrie : Une agitation occidentale auprès des Musulmans qui porte ses fruits, par Pierre Dortiguier

4 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Libye, Syrie : Une agitation occidentale auprès des Musulmans qui porte ses fruits, par Pierre Dortiguier

IRIB- L’agitation et la propagande sont d’abord à usage interne, car il s’agit de discipliner les volontés et non de les éteindre :

ceci s’est produit avec la modification du visage de l’Islam offert  à l’Occident depuis une décennie. La  radicalisation, surtout en Angleterre, de l’islamisme  a eu ce paradoxe d’être à la fois montré du doigt et relativement, sinon régulièrement toléré, entrant même dans le paysage londonien et  celui du Royaume.

L’on vous montre des leaders extrémistes ou décrits comme tels, et les orateurs sont parfois inquiétés, mais à grand renfort de publicité qui décrit leur habillement, les entoure de mystère, quitte à en faire un élément de l’originalité britannique, un fruit de l’arbre de la liberté ; à qui s’adresse cette image de l’Islam ? Est-ce aux Anglicans, à ces sectes protestantes, à l’Église catholique  encore forte dans le pays, à la masse d’incrédules ou de sceptiques occupés de leur travail et des dangers du chômage, à une jeunesse anglaise connue pour être une des plus délaissée d’Europe ?

  C’est par imitation de cette situation que quelques centaines de personnes, pas même des milliers, ont aussi en Europe continentale voulu offrir pareille définition de l’Islam à des fidèles immigrés qui s’en étonnent toujours, car elle ne répond pas à leurs habitudes et au bon sens: cela va du Maghreb français jusqu’aux anciennes Indes néerlandaises devenues Indonésie, implantées dans ce pays nordique.

 L’accélération à ce mouvement a été, chose peu relevée, donnée par l’affaire des caricatures danoises, d’où émergea un prétendu sentiment d’islamophobie exagéré : ceci a eu pour conséquence de radicaliser médiatiquement toute forme d’Islam et de fournir aux jeunes musulmans un cadre que l’on pourrait qualifier d’extrémiste mêlant des considérations évidentes de justice, comme par exemple sur la Palestine ou sur la liberté de culte et l'hygiène sociale, avec des appels à un bouleversement complet des régimes musulmans extérieurs, donnant vie à une forme religieuse de néo-marxisme internationaliste.

 C’est dans ce vivier que se recrute le mercenariat étranger en Europe contre justement les obstacles que l’Occident a vu ou estime devoir se dresser sur sa route : hier Khadafi, et son projet d’États-Unis d’Afrique bien tombé à l’eau, ou – en Tunisie- une structure politique autoritaire mais capable de progrès éducatif et économique, le Bourguibisme mué, après l'orage salafiste, en terrain bien trempé de protectorat qatari, - au Maroc où un pays américanophile est aimablement pris en main par des habiles se réclamant de la même mouvance radicale, sans que rien ne change ! Existe-t-il un changement économique et social réel -je ne dis pas espéré- en Égypte ? Mais on y parle d’islamisme, et comme par un fait exprès, tous ces mouvement s’alignent sur les initiatives occidentales aujourd’hui syriennes, demain qui toucheront la Russie, et son Tatarstan, et le Caucase,  et la Chine face à ses Ouïghours  !  

 Nous avons affaire à ce que la psychiatrie de la fin du 19ème en Allemagne a nommé d’un terme connu, la schizophrénie, forme de pathologie qui est marquée par le trait de l’ambivalence et de l’insensibilité :"ah! que ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais!" dit un personnage de Racine, - la haine et l’affection se portent unies sur les proches : c’est ainsi que l’islamisme s’attaque en priorité aux cibles musulmanes, comme les anciens communistes s’en prenaient aux sociaux-traîtres, aux socialistes démocrates ; avec une férocité inouïe, comme le montrent les images de la guerre syrienne ; et en partie libanaise !

Tous ces mouvements se retournent contre l’Iran, au  prétexte de lutter contre une hérésie, puisque le wahhabisme se veut intolérant, et est né , ne survivra que dans la violence ; un peu ce que fut la machiavélisme en Italie converti en anarchisme pour lequel la fin justifie tous les moyens les plus bas et odieux !

 Dans cette lutte contre l’ordre social, au profit d’ordres concurrents, ou de puissances de désagrégation sociale mondialement organisées –ce que le lexique marxiste entendait par l’Internationale-  la jeunesse  musulmane nombreuse est sollicitée, manœuvrée, séduite, et l’un des moyens subtils pour la capter est le délaissement systématique dans lequel elle est tenue : le battage autour du « voile » islamique a été une création d’atmosphère de séparation sociale, d’habitude de se tenir dans un pays d’immigration, comme un État dans l’État, au besoin en formant avec la bienveillance  tacite des autorités, une Alliance factuelle  des démocrates libéraux et des radicaux, comme il se trouve maintenant dans cette « opposition » au Président Assad, que veut revigorer le système qui nous gouverne !

Ces alliances qui auraient été dénoncées naguère comme « contre nature » sont-elles un produit synthétique de laboratoire politique ? Elles supposent, en tous les cas, une entente qui a deux buts :

  1.La séparation des Musulmans de la société occidentale, tenus  à l'écart comme  réservoir de violence!

   2.La désorganisation corrélative de toute société indépendante au nom d’un radicalisme utopique !

     C’est aux élites religieuses, c’est-à-dire à ceux qui ont été choisis pour éduquer le population, et aux élites ntellectuelles qui peuvent juger des normes politiques de définir les traits pathologiques artificiellement créés, cultivés et exploités par des montreurs de marionnettes sanglantes et rien que mécaniques!

 

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Le patron de la CIA en Turquie pour discuter Syrie et lutte anti-terrorisme 03/09/2012

4 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Le patron de la CIA en Turquie pour discuter Syrie et lutte anti-terrorisme  03/09/2012


Le directeur de la CIA David Petraeus effectue actuellement une visite en Turquie pour y faire le point avec les autorités turques des dossiers régionaux comme le conflit en Syrie, a-t-on appris lundi de source officielle américaine à Ankara. "David Petraeus est en visite en Turquie pour y discuter des derniers développements régionaux", a indiqué cette source à l'AFP, sans donner plus de détails sur le contenu de ces entretiens. Selon la presse turque, le patron de l'agence de renseignement américaine est arrivé à Istanbul dimanche pour s'entretenir principalement, avec des responsables turcs, de la crise syrienne et de la lutte anti-terroriste. La Turquie et les États-Unis ont tenu il y a une dizaine de jours à Ankara une première réunion destinée à jeter les bases d'un "mécanisme opérationnel" visant à préparer l'après Bachar al-Assad en Syrie. Le principe d'un tel mécanisme avait été décidé lors d'une visite à Istanbul, le 11 août, de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton. Selon une source diplomatique turque, les diplomates, militaires et responsables des services de sécurité des deux pays qui ont participé à cette réunion ont discuté de la coordination de leurs réponses face à la crise syrienne en matière militaire, politique et de renseignement. Ils ont notamment évoqué la menace créée par l'arsenal chimique à la disposition du régime du président syrien et les risques que la Syrie devienne un sanctuaire pour des mouvements armés tels le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie) ou bien le réseau Al-Qaïda. Cette visite est la deuxième de David Petraeus en Turquie depuis mars, où il s'était entretenu avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le chef des services de renseignement d'Ankara Hakan Fidan. 

http://ennaharonline.com/fr/international/14253.html 

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La France et la Turquie réclament à l’ONU la création de zones tampon en Syrie.

4 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 La promotion d’une intervention militaire occidentale en Syrie est dirigée par la France, en alliance avec la Turquie. Ces pays sont cependant soutenus par les États-Unis, la Grande-Bretagne et une alliance régionale de monarchies sunnites réactionnaires telles l’Arabie saoudite et le Qatar, qui sont déterminés à renverser le régime syrien du président Bachar al-Assad dans le but d’isoler l’Iran.

Chris Marsden
Lundi 3 Septembre 2012

 


Hier, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a réclamé la création d’une zone tampon en Syrie. Qualifiant la création de celle-ci d’initiative humanitaire et de moyen d’endiguer l’afflux de réfugiés, la mise en place d’une telle zone implique une intervention militaire contre la Syrie. La Turquie a critiqué les pays qui se sont opposés à une intervention militaire, en premier lieu la Russie et la Chine. 
Mercredi, Davutoglu a dit aux médias, « Nous attendons des Nations Unies qu'elles traitent la question de la protection des réfugiés à l’intérieur de la Syrie et si possible en les abritant dans des camps. »
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dit que ne pas agir indirectement revenait à à soutenir la répression en Syrie et a qualifié de « fiasco » les vétos de la Russie et de la Chine aux résolutions anti-syriennes au Conseil de sécurité. 

La proposition n’a aucune chance d’être acceptée. La réunion du Conseil de sécurité a été une réunion inter-factions constituée par les puissances déterminées à faire tomber le gouvernement syrien par la force et celles qui n’y ont participé que pour faire connaître leur opposition. 

Annoncée comme une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères, organisée par la France qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité, seuls Laurent Fabius et le britannique, William Hague, étaient présents sur les cinq membres permanents. Et moins de la moitié des 15 membres du conseil y avaient envoyé des ministres. 
 
La Chine et la Russie ont pratiquement boycotté une réunion dont le seul but était de légitimer les hostilités contre la Syrie. Ceci a été accentué par l’invitation adressée à la Turquie, au Liban et à la Jordanie et qui tous contribuent à abriter les forces anti-Assad soutenues par les États-Unis tels le Conseil national syrien, l’Armée libre syrienne et divers groupes de type al Qaïda. 

La France a été obligée de reconnaître un « double refus », avec l’absence de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton à réunion. « Les États-Unis et la Grande-Bretagne estiment que nous avons obtenu le maximum de ce qui pouvait l’être au Conseil de sécurité et Moscou et Beijing nous ont répondu qu’une résolution de ce genre aurait été biaisée, » a dit un diplomate.

L’implication de la position de Clinton est que la réunion du Conseil de sécurité, qui prend fin aujourd’hui, passera pour la preuve que la voie de l’ONU est fermée et qu’une nouvelle « coalition of the willing » de type Irak [nom donné par le gouvernement Bush à la coalition intervenue en Irak] doit agir. Le président américain Barack Obama, le premier ministre britannique, David Cameron et le président français, François Hollande, ont tous déclaré ces derniers jours que l’utilisation ou la menace d’armes chimiques par la Syrie constituerait le franchissement d'une « ligne rouge » et provoquerait une intervention militaire. Cette invocation d' « armes de destruction massive » ou bien une forte insistance sur des préoccupations « humanitaires » rhétoriques pourraient devenir le casus belli pour que Washington, Paris et Londres soutiennent une intervention militaire menée par la Turquie et soutenue par l’Arabie saoudite et le Qatar.

Les Frères Musulmans sont devenus un instrument clé de la politique étrangère américaine dans la région. Les puissances impérialistes ont soutenu leur arrivée au pouvoir après que les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière eurent fait chuter deux anciens alliés de Washington, Zine el Abidine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Égypte.

Leur utilité a été souligné par les agissements du nouveau président égyptien, l’universitaire formé aux États-Unis, Mohamed Morsi, lors d’une conférence des États membres du Mouvement des non-alignés réunis en sommet à Téhéran. L’ Iran a essayé de se servir du Mouvement des non-alignés, créé en 1961 à l’initiative du président yougoslave Josip Tito, comme d’une tribune pour s’opposer à l'isolement qui lui est imposé par les États-Unis. Mais Morsi a profité de son discours, lors de cette conférence qui a duré une semaine, pour accuser le régime d’Assad d'être « un régime d’oppression qui a perdu sa légitimité » et pour insister sur « une ingérence active de nous tous. »

Morsi a exigé que l’Iran intègre un groupe de contact de quatre pays dont l’Égypte, la Turquie et l’Arabie saoudite pour négocier la fin de la crise syrienne sur la base de l’éviction d’Assad. Son appel fait partie d’un effort de propagande continu pour justifier un changement de régime par la force en Syrie sous la tutelle de Washington.

Un élément important de cette campagne de désinformation est la référence permanente à un nombre de victimes en progression constante et absolument invérifiable, auquel s’ajoutent des accusations incessantes de massacres et d’atrocités commis par l’armée syrienne. 

Dans la période qui précédait le Conseil de sécurité, les allégations s'étaient concentrées sur des affirmations de l’opposition d’un massacre dans la ville de Déraya. Il fut d’abord rapporté dimanche que 200 civils en majorité sunnites avaient été tués. Dès le mercredi suivant, on citait un chiffre corrigé à la hausse et s’élevant à 400 victimes civiles. 

Tout comme les affirmations similaires de massacres à Houla et à Qubair, faites avant la tenue de réunions précédentes du Conseil de sécurité et destinées à justifier une action contre la Syrie, les reportages des médias sur les événements survenus à Déraya, sont déjà en train de s’effilocher. 

Le premier journaliste occidental à s’être rendu dans la ville de Déraya a été Robert Fisk du journal The Independent. Il a rapporté mercredi que, loin d’être la conséquence d’un massacre non provoqué de civils, plusieurs habitants lui ont parlé de « prise d’otages par l’Armée syrienne libre et de pourparlers désespérés d’échange de prisonniers entre les opposants au régime, armés, et l’armée syrienne, avant que les forces gouvernementales du président Bachar al-Assad ne prennent la ville d’assaut pour l’arracher au contrôle des rebelles. » 

Les habitants ont expliqué que les combattants de l’opposition avaient enlevé des civils et des soldats en permission, en avaient tué un grand nombre et en avaient proposé d’autres comme otages en échange de prisonniers. 

En relatant des « atrocités » qui étaient « bien plus répandues que supposées », Fisk cite une femme qui a vu « au moins dix corps d’hommes sur la route près de chez elle… ajoutant que les troupes syriennes n’étaient pas encore entrées dans Déraya. »

Un autre homme a dit qu’il pensait que la plupart des morts photographiés dans un cimetière et que l'on faisait passer pour des victimes de l’armée syrienne, « étaient liés à l’armée gouvernementale et parmi eux se trouvaient plusieurs appelés en permission. » 

Le témoin a dit, « L’un des morts était un facteur – ils l’ont inclus avec les autres parce qu’il était fonctionnaire. »
Fisk fait remarquer, « Si ces récits sont vrais, alors les hommes armés – portant des cagoules, selon une autre femme qui a décrit comment ils ont investi sa maison et comment elle les a embrassés pour chercher à les empêcher de tirer sur sa propre famille – étaient des insurgés armés et non des soldats syriens. »
En claironnant sans discernement les déclarations de l'opposition et en attribuant tous les morts de la guerre civile aux prétendus méfaits d’un camp, les médias agissent comme une arme au nom des pouvoirs impérialistes qui cherchent à se partager entre eux le Moyen-Orient.

http://www.wsws.org/fr/articles/2012/sep2012/tamp-s03.shtml

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