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Le blog de Lucien PONS

la syrie - la libye - l'iran -

« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1] Marie-Ange Patrizio, par Comité Valmy.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La gauche, #Politique étrangère, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La République, #La nation .

« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1]
Marie-Ange Patrizio

mardi 23 décembre 2014, par Comité Valmy

Voir en ligne : Le combat anti-impérialiste de l’Etat-nation et du peuple syriens est celui de l’ensemble des peuples du monde - Claude Beaulieu, Geneviève Blache

« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1] Marie-Ange Patrizio, par Comité Valmy.
« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1]

Un article du journaliste Jacques-Marie Bourget : « Interroger Bachar Al Assad est-il un crime de guerre ? » a été publié (peu de temps) par les sites Afrique Asie puis Le Grand Soir[2]. D’après le directeur d’un de ces sites, à qui je me suis adressée, cet article avait pour but de « dénoncer les réactions véhémentes des médias mainstream qui s’étaient offusqués que Paris-Match[3] ait donné la parole au Président Bachar al-Assad ». Vérification faite, les réactions véhémentes contre l’interviewer, Régis Le Sommier, sont rares et moins véhémentes que l’article qui veut les incriminer. D’autres réactions, non véhémentes[4], à cette interview n’ont pas été publiées par les sites accueillant J-M Bourget. Qui, lui, a saisi l’occasion de l’interview de Paris-Match pour nous raconter comment il lui est « arrivé de devoir donner la parole à des monstres au nom du droit à ceux-ci de s’exprimer ». Sans nommer ses monstres. Ni d’ailleurs le confrère journaliste qui a fait l’interview pour Paris-Match. Ni rapporter le moindre mot de l’interviewé qui « a le droit de s’exprimer ». Mais non sans nous dire, par contre, combien cet interviewé serait un « criminel », un « bourreau » et un « dictateur », et qu’il n’a pour lui et pour « son aimable dynastie » « ni faiblesse ni penchant » etc.

 

Cet article est choquant pour plusieurs raisons et j’ai adressé par courriel à Mr. J-M Bourget, le 14 décembre, une série de remarques et questions sur ses propos[5] :

 

« Monsieur Bourget,

« Quand les sbires de Bachar balancent sur les rebelles des tonneaux de poudre »

les « sbires de Bachar » sont les soldats, conscrits, de l’Armée arabe syrienne, qui défendent leur pays et leurs familles ; les « tonneaux de poudre » qu’ils « balancent » permettent justement de cibler au plus près, au moins large, les repères des terroristes : l’Armée arabe syrienne a ainsi délivré le pays rue par rue, parfois maison par maison, sans bombarder massivement –comme son aviation serait en mesure de le faire- des quartiers où étaient et sont encore présents des civils, tenus en otage par les mercenaires terroristes ( djihadistes ou pas). C’est notamment ce qui explique la progression assez lente mais sûre de la libération des zones qui étaient aux mains de ceux que vous appelez rebelles en utilisant le vocabulaire des agresseurs de la Syrie qui se font passer pour ses « amis ».

 

« Interdit de séjour à Damas, et depuis trente ans, je n’ai ni faiblesse ni penchant pour l’aimable dynastie des Assad. Je connais leurs prisons, leurs tortures et leurs crimes et celles [ceux] commises [commis] dans leur colonie, le Liban ».

 

Monsieur Bourget, qu’est-ce qui vous « interdit de séjour à Damas » ? Avez-vous, depuis trente ans, demandé un visa pour aller faire votre métier en Syrie ? Vous l’a-t-on refusé ? Doit-on en déduire que vous parlez d’un pays où vous n’avez pas mis les pieds « depuis trente ans » ? Pensez-vous que ce pays n’a pas changé « depuis trente ans » et, en particulier, depuis les –bientôt- quatre dernières années où il se bat contre une agression redoutable ? Avez-vous lu la nouvelle Constitution de la Syrie ?

 

Savez-vous que le Président al-Assad (« Bachar » comme vous dites à la suite de Fabius) a été réélu avec des scores de participation électorale à faire pâlir d’envie François, Barack, Angela et tous nos députés, et candidats aux primaires si peu corrompus

 

d’ailleurs ?

« Bachar Al-Assad n’est pas Hitler mais un bourreau comme les autres »,

Comme qui par exemple ? Et en quoi précisément, lui, depuis qu’il est à la présidence de la République arabe syrienne, est-il un bourreau ? Avez-vous, par exemple, lu son discours d’investiture[6] ? Avez-vous, par exemple, puisque vous parlez de ceux qui sont allés l’interviewer, vu la vidéo « les coulisses de l’interview »[7] où le reporter de Paris-Match donne quelques précisions sur la façon et les conditions dans lesquelles il a été accueilli et reçu par « le bourreau » ?

 

Monsieur Bourget, pour rester dans le journalisme d’investigation et ne pas tomber dans l’allégation, vous devriez être précis dans vos écrits, et si vous voulez parler de la Syrie, commencez par demander un visa pour aller mettre à jour vos catégories et jugements. Il y a de larges zones maintenant en Syrie où vous ne serez pas « sous les bombes » ni sous les barils de TNT, à moins que vous ne passiez la frontière clandestinement pour aller travailler aux côtés des « rebelles ». Salutations. »

 

Monsieur Bourget ne m’a pas répondu mais a posté ce commentaire sur le site LGS :

 

« La seule chose qui soit interdite, c’est d’interdire. Libre à tous ceux qui trouvent que la dynastie des Al-Assad est vraiment ce qu’il y a de mieux pour un peuple, et il est vrai qu’aujourd’hui, Bachar Al-Assad est devenu un dictateur du moindre mal. Mais, si vous aviez été à Nhar El Bared en octobre 1983 vous auriez vu les soldats d’Assad bombarder les camps palestiniens. Avant cela, vous auriez vu à Beyrouth ces merveilleuses troupes venir au secours des néo fascistes libanais des "Phalanges" fondées par Gemayel sur le modèle des SA.. Tout cela contre les combattants de gauche, les marxistes et les palestiniens, énumération où les trois tendances peuvent se rejoindre. J’oublie le massacre de Hama, et ce n’est pas parce que les activistes d’alors, les massacrés, étaient Frères Musulmans qu’il ne faut pas s’indigner. J’oublie l’assassinat de Kamal Jou[m]blat et les dizaines d’autres au Liban et en Syrie.

 

Il se trouve que tous mes amis syriens, parce que communistes ou [sic] marxistes, depuis quarante ans, ont été contraints de quitter leur pays, la Syrie, après prison et torture. Des gens que, pourtant, vous ne retrouverez jamais dans le camp des "rebelles" et autres stipendiés de Washington.

 

Quand on pose les Al-Assad en modèle, sauf à se confondre à un bourreau, c’est savoir que ce pouvoir est totalitaire, policier et destructeur. Parlons d’idéologie, même celle du Baas a disparu et avant que ce dernier ne l’étrangle, le maître de Bachar était l’émir du Qata. [Suite plus bas] ».

 

Un journaliste pose des questions, éventuellement se pose des questions mais –lacanien ou pas- ne répond pas forcément à celles qu’on lui pose ; ici, le journaliste préfère raconter, d’abord, quelques souvenirs d’ancien reporter envoyé il y a une trentaine d’années sur certains théâtres d’opération (aucun n’est en Syrie) par les journaux pour lesquels il a travaillé ; puis ce qu’il a entendu sur d’autres « massacres » qu’il n’a pas oubliés.

On n’est pas obligé de confondre ces souvenirs (et oublis) avec la réalité historique ; de même que l’auteur n’est pas obligé d’opérer une mise à jour de ses récits en intégrant des informations qui ont été diffusées entre-temps sur ces événements, confirmant ou infirmant les fragments de mémoire de tout un chacun.

 

Néanmoins, pour avoir une idée de la fiabilité des éléments apportés en guise d’arguments, on peut prendre, dans sa liste de « si vous aviez été à », l’exemple le plus précis donc le plus facile à vérifier : « l’assassinat de Kamal Jou[m]blat », dont même wikipedia, peu suspect de sympathie à l’égard de la « dynastie des Al Assad », indique que « la piste Syrienne privilégiée par les enquêteurs au début de l’enquête a cependant été discréditée. Il semblerait que l’enquête ait fait l’objet d’une instrumentalisation politique, plusieurs témoins s’étant désistés en avouant avoir été achetés ».

 

Sur ce qui se passe aujourd’hui dans les camps palestiniens non pas au Liban mais dans la Syrie de « ce pouvoir totalitaire, policier et destructeur », on trouvera d’autres informations, plus récentes[8].

 

On peut regretter que Mr. Bourget ne nous indique pas quelques témoignages de « tous [ses] amis syriens (…) communistes ou marxistes » en complément, au moins, du sien. On notera d’ailleurs qu’il est difficile de trouver -sur nos médias français, « communistes ou marxistes » ou pas- des témoignages sur la « dynastie Assad » ou sur l’actuel « dictateur » (rétrogradé en moins de 24h « dictateur du moindre mal ») émanant de « communistes ou marxistes » syriens réfugiés non pas en France ou en Europe ou au Canada, pays assez peu « communistes ou marxistes », mais dans des pays comme, par exemple, Cuba, ou le Venezuela. Est-ce qu’aucun des communistes syriens n’est allé se réfugier là-bas, ou bien est-ce que ceux qui y sont allés ne font pas la même analyse que J-M Bourget de « la dynastie des Al Assad » etc. ? Peut-être ces autres camarades de la diaspora syrienne ne trouvent-ils ni prioritaire, ni utile, ni nécessaire, ni même fondé et juste, aujourd’hui (et de là où ils sont depuis quelques années ou dizaines d’années), de faire ce genre d’interventions sur la « dynastie » et son actuel « dictateur du moindre mal », pendant que, en pleine agression contre leur pays, leurs camarades restés en Syrie se battent aux côtés du gouvernement, de l’Armée arabe syrienne et des Comités populaires qui montent la garde dans les villages et les quartiers.

 

Mais les amis syriens « communistes ou marxistes » auront entendu parler du soutien très clair qu’a apporté le président Chavez à la Syrie agressée et à celui qu’il appelle son frère[9]. Et ils ont dû lire la déclaration faite par le Comité central du Parti communiste syrien dès décembre 2012[10].

 

J-M Bourget a malgré tout tiré une petite leçon des critiques reçues : dans sa réaction aux commentaires, il met des guillemets au mot rebelle.

 

Je complète l’intégralité de cette réaction en en rapportant ici la dernière phrase ; elle permet d’apprécier la logique elliptique et la disponibilité au débat de celui qui défend le droit de chacun à s’exprimer et qui « continue à militer pour le droit d’écouter même le ridicule et le pire » : « vos leçons de journalisme vous les gardez pour vous et je vous laisse à votre modèle dont le meilleur allié et défenseur en France, est le Front National ».

 

C’est Noël. Petit Jésus, je vous l’offre.

M-A Patrizio

psychologue (retraitée) et traductrice

Copie, pour droit de réponse, aux sites qui ont publié le texte de J-M Bourget.

[1] Merci à M. A-N., traductrice franco-syrienne, de m’avoir signalé ce proverbe.

[2] http://www.legrandsoir.info/interroger-bachar-al-assad-est-il-un-crime-de-guerre.html et

http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/8633-bachar-al-assad-dans-paris-match-donner-la-parole-a-ce-monstre-n-est-pas-un-crime.html

[3]http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-president-syrien-Bachar-el-Assad-recoit-Paris-Match-661934

[4]http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-image-de-bachar-al-assad-et-la-160462

[5] Postée ensuite en commentaire sur le site LGS ; adressée aussi au directeur de la Revue Afrique-Asie.

[6] http://www.mondialisation.ca/texte-integral-du-discours-dinvestiture-du-president-bachar-al-assad/5392232

[7]https://www.youtube.com/watch ?v=zZSU5wBsS-w&list=UUYvQOj-t4u5-QKGB3AuoLjw »

[8] http://www.info-palestine.net/spip.php ?article15045

[9] notamment Hugo Chavez recevant le couple Al Assad au Venezuela, au milieu de la communauté syrienne : “Uh, Ah, Bashar no se va ! “

http://www.dailymotion.com/video/x13s2jh_quand-hugo-chavez-et-bashar-al-assad-se-rencontraient-en-2010_news

et http://www.voltairenet.org/article184852.html

[10] http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article3076

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[Bombe] “Les chemins de Damas” : Comment l’Elysée a manipulé les rapports sur les armes chimique. Olivier Berruyer.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La nation ., #La République, #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'armée française, #Politique étrangère, #Europe supranationale

23 décembre 2014.

[Bombe] “Les chemins de Damas” : Comment l’Elysée a manipulé les rapports sur les armes chimique

Encore une bombe, qui n’intéresse pas nos médias : le gouvernement nous a juste menti pour déclencher une guerre… (ce qui devrait nosu occuper bien plsu que de savoir si le MH-17 a été accidentellement descendu par des Ukrainiens pro-Kiev ou des Ukrainiens pro-Dontesk par exemple…)

Nos dirigeants, nains intellectuels et/ou moraux, aveuglés par 20 ans de manipulations à succès, ont oublié que l’Histoire, ça pouvait être “grave”.

Le réalité devrait hélas bientôt les (et nous…) rattraper et leur rappeler ce principe…

Le livre français, les chemins de Damas, publié il y a quelques jours, provoque un scandale en révélant des éléments secrets sur la manière dont la présidence française a forcé le corps diplomatique et les services secrets français à se soumettre à la décision politique de renverser Assad et à manipuler les rapports sur les armes chimiques et la réelle puissance du régime syrien.

Un livre publié à Paris il y a quelques jours et intitulé Les chemins de Damas, Le dossier noir de la relation franco-syrienne, par les journalistes français Georges Malbrunot et Christian Chesnot, donne de précieuses informations sur les coulisses de la relation entre Paris et Damas au cours des 40 dernières années. Ce livre d’investigation contient des informations et des interviews avec des personnalités étroitement impliquées dans le dossier syrien, des années 1980 à nos jours.

En passant des sommets présidentiels aux confrontations politiques et meurtrières, et des tensions diplomatiques aux périodes de lune de miel et à la coordination secrète des deux capitales, le livre s’attaque aux “dossiers noirs” et autres événements cachés qui caractérisent la relation décrite comme “quasi-schizophrène” entre les deux pays.

Selon le synopsis qu’en propose l’éditeur Robert Laffont, Les chemins de Damas montre que les présidents français successifs ont agi avec la Syrie “souvent de manière émotionnelle, avec précipitation ou avec improvisation, ce qui a conduit à l’impasse que nous observons aujourd’hui (dans les relations)“.

Les auteurs relatent un incident qui a suivi immédiatement l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafik Hariri : “Au moment même où Jacques Chirac, après l’assassinat de son ami Rafik Hariri, voulait “faire rendre gorge” à Bachar el-Assad, la France livrait à Assad dans le plus grand secret, deux hélicoptères Dauphin et fournissait à son entourage un système pour sécuriser leurs communications.”

Quant aux présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande “ils ont fait tour à tour les mêmes erreurs par méconnaissance de la réelle capacité de survie du régime syrien,” concluent les auteurs.

La presse française a publié quelques extraits du livre, notamment Le Point du 9 octobre. Le magazine a écrit que le livre était “exceptionnel,” et a publié des morceaux du livre qui contiennent des détails importants sur les discussions qui se tenaient dans les couloirs du ministère des Affaires Etrangères, de l’Elysée, des services secrets et des services de sécurité français sur la crise syrienne.

(Sous Sarko) Altercation au ministère des Affaires étrangères

Un chapitre du livre intitulé “Bagarre au Quai d’Orsay” fait état d’une violente querelle sur la Syrie qui s’est produite dans un bureau du ministère des Affaires Etrangères à Paris au printemps 2011. A cette époque, Alain Juppé était le ministre des Affaires Etrangères. L’altercation a eu lieu dans le bureau d’Hervé Ladsous, le chef de cabinet du ministre des Affaires Etrangères, entre Eric Chevallier, l’ambassadeur de France à Damas, et Nicolas Galey, le conseiller du président (Nicolas Sarkozy à l’époque) pour le Moyen-Orient. Etaient aussi présents Patrice Paoli, directeur, à l’époque, du département du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et aujourd’hui ambassadeur de France au Liban, et Joseph Maila, le directeur de la prospective au ministère des Affaires étrangères, ainsi que des diplomates responsables des affaires syriennes.

La conviction de l’ambassadeur Chevallier était la suivante : “Le régime d’Assad ne tombera pas, Assad est fort” et il se maintiendra au pouvoir. C’est ce qu’il avait écrit dans ses dépêches diplomatiques depuis Damas, raison pour laquelle il avait été rappelé à Paris. Chevallier “a redit aux personnes présentes à cette réunion qu’il était “proche du terrain”, et qu’il avait “visité diverses régions de la Syrie et qu’il n’avait pas le sentiment que le régime en place était en train de s’effondrer“.

Arrêtez de dire des bêtises !” l’a interrompu Galey, le représentant de Sarkozy. “Il ne faut pas s’en tenir aux faits, il faut voir plus loin que le bout de son nez.” a-t-il ajouté. La remarque de Galey était d’une “hostilité sans précédent” selon une des personnes présentes. Même Ladsous “a été choqué de la détermination de Galey,” quand il est apparu que Galey “n’était pas venu prendre part aux délibérations mais remplir une mission spécifique : imposer l’idée que la chute d’Assad était inévitable,” et faire comprendre à tout le monde qu’aucune opinion divergente ne serait tolérée dans le corps diplomatique français.

Mais Chevallier a défendu sa position qui différait de celle que l’Elysée voulait imposer. Il a dit qu’il avait rencontré l’opposition syrienne régulièrement, “mais qu’il continuait à penser que le régime avait la capacité de survivre ainsi que des soutiens étrangers“. On se moque de vos informations !” a réitéré Galey, ce à quoi l’ambassadeur a répondu : “Vous voulez que j’écrive autre chose mais mon travail comme ambassadeur est de continuer à dire ce que j’ai écrit, c’est à dire ce qui est réellement arrivé. “Vos informations ne nous intéressent pas. Bachar el-Assad doit tomber et il tombera,” a rétorqué Galey d’une voix coupante. La querelle s’est alors envenimée, ce qui a forcé Ladsous à intervenir plusieurs fois pour mettre fin à cette “bataille verbale”.

(Sous Hollande) Un rapport étrange sur les attaques aux armes chimiques en Syrie

Une autre section du livre traite des actions du président François Hollande en août 2013, quand il a ordonné la déclassification du document de synthèse des rapports de la Sécurité Extérieure et du Renseignement militaire sur les attaques aux armes chimiques dans la région de Ghouta près de Damas, au moment où il tentait de rallier un soutien international en faveur d’une frappe pour punir ceux “qui empoisonnaient des innocents.” Le livre révèle que la conclusion du rapport conjoint avait été “élaguée” par le conseiller spécial du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, d’une manière qui d’une certaine façon faisait du tort aux informateurs.

Les informateurs avaient soulevé plusieurs questions dans leurs rapports concernant des événements qu’ils n’avaient pas pu vérifier comme l’utilisation de gaz sarin. Une des hypothèses faite par les informateurs dans leurs rapports était la suivante : “Il est possible que des bombardements classiques de l’armée syrienne sur un laboratoire clandestin des rebelles ait provoqué une fuite de gaz.” Mais cette conclusion a été “purement et simplement coupée” du texte du rapport final.

Nous avons fait des erreurs en ce qui concerne la Russie

Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur et Secrétaire Général sous Sarkozy, dit que la manière dont Juppé a traité la Russie fut une grave erreur ; il souligne que la Russie n’aurait pas dû être marginalisée mais qu’au contraire, on aurait dû en tirer partie. Il a ajouté : “Si nous avions mis de côté notre égoïsme, notre prestige et notre amour du pouvoir et dit aux Russes qu’ils étaient les plus à même de concourir à trouver une solution en Syrie, ils auraient été heureux d’apporter un soutien positif. Ils étaient les seuls à pouvoir faire quelque chose.”

Le livre traite aussi de la fragile relation entre les diplomates français et les services secrets et du conflit entre le Renseignement Intérieur et le Renseignement Extérieur sur la question syrienne. L’antipathie entre les deux agences a commencé au début de la crise syrienne et s’est prolongée même après que les deux agences se soient installées à Amman. Les rapports venant des deux agences semblaient contradictoires en 2011. Un diplomate qui était en contact avec les deux agences a expliqué que toutes les deux étaient convaincues que Assad ne tomberait pas rapidement mais que le Renseignement Intérieur a vite noté le rôle des salafistes et des djihadistes dans la rébellion, tandis que le Renseignement extérieur continuait d’envoyer des rapports diabolisant le régime de Assad.

Sabah Ayoub

Source : Al-Akhbar

Traduction : Dominique Muselet

[Bombe] “Les chemins de Damas” : Comment l’Elysée a manipulé les rapports sur les armes chimique. Olivier Berruyer.
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Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost. Le site d'Olivier Berruyer.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'armée française, #Politique étrangère

22 décembre 2014.

Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost

Michel Collon ressortait à propos en septembre dernier ce texte de 2012…

L’intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l’auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s’emploient aujourd’hui à détruire son pays et son indépendance, que nous avions publié initialement le 10 février 2012. Nadia Khost dénonce le cynisme de l’Occident. Il convient de relire ce texte à l’heure où la coalition qui comprend la France « frappe » les terroristes de l’EIIL en Irak alors qu’il y a un an Paris voulait frapper le gouvernement Assad qui les combattait.

Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost. Le site d'Olivier Berruyer.
Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost. Le site d'Olivier Berruyer.

Se préparant à envahir l’Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd’hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N’est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n’est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d’avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l’ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la «  démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l’État Syrien qu’il veut fabriquer :
1) Il n’a pas exigé des élections qui révéleraient l’État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu’ils refusent.
Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu’à l’ouverture des urnes.
2) Il ne s’est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l’ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c’est la réponse des Syriens au projet de l’Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d’Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d’artistes et d’intellectuels et la délégation des opposants syriens de l’intérieur, à l’entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l’ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, les partisans de ce Conseil d’Istanbulont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s’y trouvait.

Quelle belle expression de «  démocratie » !

D’où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n’a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l’intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l’économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l’économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l’Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l’intérieur, avions également rappelé l’œuvre de Khaled ALAZEM, l’économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d’un système public puissant, avec l’aide de l’Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l’expropriation des maisons privées.

Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l’eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu’aujourd’hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu’ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l’explosif à Idleb. Ou le sort de l’ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N’importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu’ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n’a jamais connu un tel mépris de l’être humain !
Et l’Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d’une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani – Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas – Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d’armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n’avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas – Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s’opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n’ont-ils pas été tués parce qu’ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l’Occident.

Voici par exemple le cas d’un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d’armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d’ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une « armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d’électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d’Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu’une armée arabe patriotique puisse être équipée d’armes fabriquées par l’État d’Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d’une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?

Radwan Zyiadé, membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l’article 7 [de la Charte des Nations Unies –Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l’ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d’un million d’Irakiens, et qui garantissent l’impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : «  Ce que vit le monde Arabe actuellement n’est pas un printemps, c’est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d’horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l’information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s’affrontant. Nous avons su nous mettre d’accord sur la loi qui garantit le droit à l’information, l’interdiction d’emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l’interdiction d’autorisation à n’importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d’accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l’information, mais d’un «  Conseil national de l’information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l’objectif de protéger la liberté d’expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l’ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu’ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d’une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l’ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d’une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J’y ai participé en tant qu’écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d’ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d’éducation nationale et d’aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d’indépendance nationale et patriotique… en feignant aussi d’ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire !

N’importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd’hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu’a connu l’Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l’épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s’applique aussi aux autres partis.

Et c’est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l’ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J’ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l’ingérence étrangère a instrumentalisée. J’ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J’ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l’ancien gouverneur de Homs, et la mise à l’écart du président de l’Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J’ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l’expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d’un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l’infiltration sioniste par des prix attribués à l’élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi – et pas seulement le parti Baath – mettent en avant la loyauté au parti.

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu’on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s’importe pas.

Qu’amène aujourd’hui le projet « démocratique » de l’Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n’écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l’ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L’opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, d’être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus «  démocrates » des Syriens qui refusent l’ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l’occupant occidental, avec l’argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n’arrive presque pas à croire qu’un intellectuel comme le chef du Conseil national d’Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu’il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l’embargo contre l’Irak, mais n’a pas libéré le Liban, et n’a pas utilisé l’article 7 pour empêcher l’État d’Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu’il ne sache pas que les «  négociations » n’ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n’aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus «  démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n’est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d’un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s’il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s’il est obtenu par la voix des urnes.

L’attaque contre les ambassades syriennes n’est pas une action politique ; c’est l’œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j’ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l’être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n’est pas l’amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l’occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n’est qu’un papier d’emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.

La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari, de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l’occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l’infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l’une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu’une élite d’intellectuels et d’hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l’indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste – en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l’insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l’occupation en 1936 – des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n’y a pas de Syriens de la génération de l’Indépendance qui n’aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l’orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m’a raconté qu’avec deux de ses amis, il s’est engagé pour lutter contre l’occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n’est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu’il nouerait des contacts avec l’État d’Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d’Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d’images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu’Israël, en plus d’être un État raciste, est une base militaire d’occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l’ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l’expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C’est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu’on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l’âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n’est pas seulement l’enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d’amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : «  la poésie est lâche si elle n’est pas portée par la colère ». Sa colère s’adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C’est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l’ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n’avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l’homme de l’indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l’ont porté jusqu’à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l’ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu’au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l’âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu’il a cité ces deux vers du poème de Nizar : «  ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l’arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu’en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l’ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n’ont pas bougé pour la terre volée et l’honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».

Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l’argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d’imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d’histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d’intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L’utilisation de l’ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n’est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l’ont brandi n’ont pas remarqué que c’est le drapeau de la résistance contre l’occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l’Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l’Etat d’Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l’ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l’argent du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, n’ayant touché aucun pot de vin occidental, n’ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d’Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu’à la destruction du pays.

Ce sont des opposants de cette trempe qui sont les garants de la démocratie et de la droiture, à même de préserver la souveraineté et de protéger le peuple contre le fléau de la corruption, capables d’empêcher qu’un homme corrompu comme l’ex- gouverneur de Homs [3] puisse trahir son pays en fermant les yeux sur la construction [par des rebelles] d’un réseau de tunnels souterrains, participant ainsi aux préparatifs devant servir à la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l’ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c’est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l’opposition de l’intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d’Istanbul serait présent ». C’est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu’il fasse en Syrie ce qu’il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n’est pas qu’une question politique, c’est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c’est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d’être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d’occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l’Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd’hui que l’armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l’on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d’États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la « démocratie occidentale » : SARKOZY n’a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d’OBAMA n’a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n’ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l’Occident colonialiste qu’il n’avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.

Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne – auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe – vit à Damas.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l’opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

 

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.

 

[3] L’ex-gouverneur s’est enfui au Qatar où il a été récompensé pour sa trahison. Il a causé un tort inestimable à son peuple à Homs, pour avoir permis à des groupes islamistes -bien avant mars 2011- de creuser des tunnels, les reliant à des installations en sous sol préexistantes, pour y aménager des entrepôts d’armes et de ravitaillement devant servir à l’acheminement par les rebelles des armes et du ravitaillement.

 

Publié le 10 février 2012 par silviacattori.net : http://www.silviacattori.net/articl…

 

 

32 réponses à Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost

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Syrie : Fabius, Lavrov, et les mensonges des médias français. Le site d'Olivier Berruyer.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La nation ., #La République, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'armée française, #Politique étrangère

Syrie : Fabius, Lavrov, et les mensonges des médias français. Le site d'Olivier Berruyer.
par Mouna ALNO-NAKHAL

Sujet tellement vaste qu’il nous faut aller à l’essentiel en ne rapportant que des faits incontestables, avant d’essayer de comprendre le pourquoi de cet acharnement de la part de ceux qui connaissent la vérité mais persistent dans leurs mensonges, dans l’espoir de les imprimer dans nos gènes.

Ainsi le 25 novembre, les réseaux sociaux sont en ébullition et rapportent que dans un entretien avec France Inter, M. Fabius « veut sauver Alep par des frappes ambigües » ! Qu’est-ce qu’une frappe ambigüe ? Pas de chance, Google ne répond pas. Pas de chance non plus, les liens correspondant à la vidéo estampillée « Laurent Fabius : Il faut sauver Alep ! » [1] donnent à entendre son sentiment sur d’autres sujets !?

Finalement, nous retrouvons tout ou partie du texte de ce fameux entretien de M. Fabius avec France Inter [2] sur le site « France Diplomatie » :

LES « FRAPPES AMBIGÜES » DE M. FABIUS

Q – Le 4 novembre, vous avez déclaré qu’après Kobané, il fallait sauver Alep. J’y ai pleinement souscrit [!!!] Cela étant, ne trouvez-vous par paradoxal, alors que la coalition bombarde Daech, qu’à quelques centaines de kilomètres, parfois même moins, elle laisse l’aviation de Bachar Al-Assad envoyer des barils de poudre sur les populations d’Alep, sur les populations de la banlieue de Damas, elle laisse commettre chaque jour, des crimes contre l’humanité et cela en toute impunité. À quand l’interdiction de l’espace aérien syrien pour les avions de Bachar Al-Assad ?

R – C’est vrai qu’il y a déjà plusieurs semaines, dans la presse française et internationale, j’ai dit qu’il fallait sauver Alep parce que je pressentais déjà qu’après Kobané où Daech a été stoppée, la prochaine cible pour Daech et d’ailleurs aussi pour Bachar al-Assad, vous avez raison de le dire, c’est Alep. Abandonner Alep, ce serait condamner la Syrie et ses voisins à des années de chaos avec des conséquences humaines terribles.

Nous travaillons avec l’envoyé de l’ONU pour essayer de faire exactement ce que vous dites, c’est-à-dire, d’une part de sauver Alep et d’autres part, de créer des « safe zone » où il ne soit pas possible aux avions de Bachar Al-Assad et aux gens de Daech de poursuivre les Syriens. Nous sommes en train d’y travailler, il y a de nombreuses personnes à convaincre. C’est la position de la diplomatie française et je répète à ce micro que l’objectif maintenant, c’est de sauver Alep.

Q – La Coalition internationale qui est engagée contre les djihadistes de Daech n’a-t-elle pas tendance à fermer les yeux sur les exactions du régime de Bachar Al-Assad ? L’attention s’est déportée au bénéfice et au profit du régime Assad.

R – C’est l’une des différences d’approche entre la diplomatie française et d’autres diplomaties. Nous disons que nous avons deux adversaires : Daech et al-Qaïda et Bachar Al-Assad qui en profite, si je puis dire, pour avancer ses pions.

Q – Donc il en profite.

R – Nous disons qu’il faut des frappes que l’on appelle des frappes ambigües, qui permettent de faire reculer Bachar al-Assad et qu’il y ait au Nord de la Syrie, des zones de sécurité où la population syrienne puisse en paix se développer. [Comprenez le contraire : il faut tout faire pour que la Syrie entre dans la catégorie des États faillis ; Ndt]

(…)./. »

En bref, toujours les mêmes pour dérouler le tapis mensonger, toujours le même délire, et les frappes ambigües sont des frappes dirigées contre Bachar, autrement plus dangereux pour Laurent que tous les daéchiens réunis, sauf que, c’est Erdogan et Israël qui parlent de « safe zones », non M. de Mistura qui a parlé de « freeze zones » [3].

D’ailleurs, voici le discours de M. Lavrov le lendemain, 26 novembre, suite à ses discussions avec la délégation syrienne à Sotchi. Nous précisons que nous l’avons transcrit et traduit à partir de sa traduction instantanée en arabe [4].

II. DISCOURS DE M. LAVROV [26 novembre 2014]

Bonsoir à vous tous,

Nous sommes heureux d’accueillir la délégation de la République arabe syrienne présidée par le ministre des Affaires étrangères, Walid al-Mouallem, en Russie fédérale. Une rencontre a eu lieu aujourd’hui même avec le Président Poutine. Elle a été suivie par des discussions denses sur nombre de sujets, entre Monsieur le Ministre et moi-même.

Nous partageons le même point de vue sur l’évolution de la situation au Moyen-Orient et dans le Monde, notamment en Syrie, ainsi que sur la prime importance des menaces du terrorisme et de l’extrémisme.

L’organisation terroriste nommée « État islamique » tente d’atteindre son objectif déclaré par avance, celui d’établir un califat régi par des lois extrémistes sur une partie du territoire syrien et du territoire irakien, là où flottent les « bannières noires » ; les derniers événements indiquant qu’une évolution semblable commence à atteindre le Liban, la Libye et l’Égypte.

La Russie continuera à accorder son soutien à la Syrie – ainsi qu’à d’autres États confrontés à la menace terroriste – et nous renforcerons ses capacités de combat contre le terrorisme.

Nous sommes convaincus que la lutte contre le terrorisme doit être conduite selon les normes internationales et loin des deux poids deux mesures. Ce qui nous amène à poser des questions concernant la « Coalition internationale » formée par les États-Unis et à partir de laquelle ils ont déclaré avoir le droit de mener des frappes sur les régions dominées par l’État islamique, en territoire syrien, sans consulter les autorités officielles à Damas ; ce qui, d’après nous, va à l’encontre des normes et des lois internationales.

C’est en toute franchise que nous critiquons les déclarations de Washington relatives à la « non-coordination » avec la République arabe syrienne dans leur guerre contre le terrorisme ; déclarations d’autant plus irresponsables et illogiques que l’opération de destruction des armes chimiques syriennes s’est achevée avec succès, confirmant le sérieux du gouvernement syrien quant au respect de ses engagements contractuels.

Nous condamnons les tentatives d’exploitation des groupes extrémistes et, plus exactement, des groupes terroristes, dans le but de poursuivre l’opération consistant à renverser le gouvernement syrien. En résumé, le terrorisme menace tout le monde, aussi bien ceux qui raisonnent sainement que ceux qui réfléchissent en vrais patriotes syriens ou ceux qui ont leur propre vision pour régler le conflit. Un conflit sur lequel M. le Ministre Mouallem et moi-même sommes arrivés à la même certitude : il ne peut se régler par la force !

C’est pourquoi nous considérons qu’il est absolument important de soutenir, parallèlement au combat contre le terrorisme, la voie de « la solution politique » qui conviendrait aussi bien au gouvernement syrien qu’à tous ceux qui sont concernés par une telle solution. C’est pourquoi nous travaillons à assurer les conditions susceptibles de favoriser le « dialogue entre les Syriens », après avoir tiré les leçons de nos tentatives précédentes, y compris les deux conférences à Montreux.

La Russie travaille donc activement dans cette direction et nous affirmons que nous sommes disposés à ce que ce dialogue se déroule à Moscou, entre le gouvernement syrien et une représentation, la plus large possible, de toutes les composantes sociales et politiques de la Syrie.

Au cours de cette réunion, nous avons déclaré notre soutien à la proposition de M. de Mistura, l’émissaire spécial des Nations Unies pour la Syrie, dans la mesure où elle implique « un soutien international de la solution politique en Syrie », le dernier mot revenant aux Syriens eux-mêmes et sur la base d’une entente entre eux !

La Russie et la Syrie estiment que l’initiative de M. de Mistura, consistant à aller de l’avant vers une telle solution en « gelant la situation sur le terrain » à commencer par Alep, est positive. Et, je suis sûr qu’une telle opération épargnera de nouvelles victimes et ramènera des milliers de ses habitants vers leur vie normale.

Nous avons aussi discuté des relations bilatérales entre nos deux pays, M. Poutine leur ayant accordé une attention particulière durant notre rencontre préalable.

Abstraction faite de la poursuite de notre soutien au gouvernement syrien dans sa guerre contre le terrorisme, la Russie offre une aide humanitaire consistante au peuple syrien depuis une année et demie. Trente avions du Ministère russe des Situations d’urgence ont déjà été envoyés. Mais l’aide humanitaire russe n’est pas que gouvernementale. Elle passe aussi par l’intermédiaire de l’Église russe représentée par la Société impériale orthodoxe de Palestine et d’autres associations non gouvernementales.

Nous sommes aussi intéressés par le développement de notre coopération bilatérale dans le domaine commercial et le domaine économique, sujet discuté le mois dernier, lors de la réunion des Comités ministériels de nos deux pays.

Pour finir, je veux assurer que nous apprécions grandement les efforts des Syriens pour la protection des droits des Chrétiens qui ont tant de fois été persécutés lors des crises répétées au Moyen-Orient. Nous considérons qu’ils sont d’une grande importance pour tout le Moyen-Orient et pour la Syrie, en tant qu’États où les gens doivent vivre en sécurité et égaux en droit.

Ici, mis à part le fait que la Russie continuera à soutenir le gouvernement syrien par des moyens militaires, humanitaires et diplomatiques, et qu’elle n’est pas dupe des manœuvres de M. Fabius et de ses amis, nous retenons que :

  • La priorité des priorités est de combattre le terrorisme, alors que celle de M. Fabius est de renverser le Président syrien.
  • La Coalition internationale « engagée contre les djihadistes de Daech », menée par Washington, s’active en dehors du droit international ; ce qui témoigne, en effet, d’une différence d’approche entre la diplomatie de M. Fabius et la diplomatie de M. Lavrov.
  • La proposition de M. de Mistura est accueillie favorablement dans la mesure où elle fait partie de la « solution politique » fondée, en interne, sur le dialogue entre Syriens et la réconciliation nationale parrainée par le gouvernement syrien ; ce que M. Fabius et ses amis doivent empêcher à tout prix.
  • Les leçons de Genève 1 et 2 ont été tirées : le dialogue entre Syriens – à Moscou, Damas ou ailleurs – exclut les prétendus opposants révolutionnaires, qu’ils soient membres de la prétendue ASL [Armée Syrienne Libre] ou du prétendu CNS [Conseil National Syrien transformé en Coalition], membres du gouvernement arbitrairement reconnu comme seul représentant légitime du peuple syrien par la France et le trio infernal Turquie- Arabie saoudite-Qatar, ou membres de l’organisation terroriste Al-Nosra qui fait un si « bon boulot » selon M. Fabius [5] . Tous ces traitres qui ont échoué à vendre leur patrie à l’étranger, clés en mains, n’ont plus aucune crédibilité ni en Occident, ni en Syrie ; ce qui fait que M. Fabius ne peut plus compter que sur les médias inféodés pour nous convaincre qu’il est le chevalier blanc face à un dictateur qui « ne mérite pas de vivre parce qu’il tue son peuple ». Un peuple qui a bravé le monde entier pour le réélire, faut-il le rappeler ; d’où sa volonté de le « développer », comme il dit, à coups de frappes ambigües sur la tête des gens d’Alep.

LES MENSONGES EHONTES DES MEDIAS FRANÇAIS DEVENUS PIRES QUE TOUS LES AUTRES

Et les médias sont fidèles au poste pour hurler en chœur : « Le régime syrien cent fois plus meurtrier que les djihadistes de l’État islamique », « Daesh et le régime Assad s’entendent parfaitement », etc…

Il faut vraiment avoir la mémoire courte et mépriser la mémoire, sinon l’intelligence, d’autrui pour oublier le massacre de 120 policiers dont les corps ont été mutilés avant d’être balancés dans l’Oronte à Jisr al-Choughour dès Juin 2011, les massacres de Houla à l’arme blanche, les massacres de Adra par décapitation et enfournement des civils dans les fours à pain de la ville, les massacres de Raqqa par crucifixion ou piétinement, les viols déguisés en mariages temporaires qui n’ont même pas épargné les petites filles, les bouffeurs de cœur et de foie, les massacres de soldats syriens à Tabqa et plus récemment la décapitation d’une vingtaine de plus, etc…

Inutile d’en donner les références et de participer à la propagande daéchienne ? Certes, mais c’est quand même dangereux pour les jeunes de ce pays et, tout simplement, immoral de la part de M. Fabius d’affirmer que les bourreaux sont les alliés des soldats qu’ils massacrent !

Parmi cette kyrielle de mensonges des médias français, nous avons retenu cet extrait d’un article de Libération [6]. Il en dit long sur la frustration de M. Fabius et de ses amis devant ce qu’ils qualifient de « Revirement US » et, soit dit en passant, nous éclaire sur une deuxième différence d’approche entre la diplomatie française et le pragmatisme de la diplomatie américaine :

« Au vu des dernières avancées sur le terrain, c’est bien une alliance de fait qui semble s’être nouée entre les Etats-Unis et le régime de Bachar al-Assad face aux jihadistes de l’Etat islamique. Résumons : pour les Etats-Unis, l’ennemi numéro 1, désormais, c’est l’Etat islamique. Tout plutôt que les bouchers de la nébuleuse jihadiste. Même s’il faut pour cela préserver le régime syrien qui fait balancer par hélicoptères des barils d’explosifs sur sa population civile. »

En effet, si Daech, ses sœurs et ses supporters, remportent des victoires ponctuelles, l’Armée nationale syrienne remporte des victoires stratégiques et irréversibles, à moins d’une guerre régionale qu’aucun État agresseur n’ose actuellement entreprendre, pas même Erdogan, qui réclame aussi sa « safe zone », avant de se mouiller à soutenir ses alliés dans leur guerre clanique contre le terrorisme qu’ils ont engendré [7].

Quant aux barils de poudre balancés sur les « civils », une photo et sa légende valent mille discours :

Syrie : Fabius, Lavrov, et les mensonges des médias français. Le site d'Olivier Berruyer.

Bref, c’est l’hystérie collective reflétant celle qui a frappé tous les donneurs d’ordre pris à leur propre piège, après avoir grillé tant de cartes et tous les milliards des Golfeux, sans jamais réussir à briser l’Armée nationale syrienne.

Dire cela ne relève d’aucun triomphalisme. Les Syriens sont fatigués, blessés, meurtris. Même la terre et les pierres pleurent de douleur. Qui ose nier qu’il s’agit d’une guerre mondiale qui se prolonge et ne cesse de rebondir depuis bientôt quatre ans ?

Il n’empêche que partout où l’Armée de leur fils et filles avancent, ils se remettent à reconstruire [8]. Alors, M. Fabius, laissez Alep tranquille et oubliez votre « safe zone ». Tout porte à croire que vous n’aurez ni l’une, ni l’autre.

Mouna Alno-Nakhal, 28/11/2014

Source : Mondialisation.ca

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Pour l’Histoire : 38 secondes de Fabius le 8/9/2014 :

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La Zone d’Exclusion Aérienne en Syrie : une tentative de sauver Al-Qaeda par Tony Cartalucci.

20 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La mondialisation, #Europe supranationale, #La France, #Politique étrangère, #La Russie

La Zone d’Exclusion Aérienne en Syrie : une tentative de sauver Al-Qaeda  par Tony Cartalucci.

La Zone d’Exclusion Aérienne en Syrie : une tentative de sauver Al-Qaeda


par Tony Cartalucci

I.C.H – N.E.O.– 14 décembre 2014

On a dit que les frappes aériennes récentes de l’aviation israélienne sur la Syrie font partie d’un plan régional des États-Unis, de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et d’Israël pour établir une « No-Fly-Zone » (Zone d’Exclusion Aérienne ou ZEA) au-dessus de la Syrie, exactement comme l’OTAN l’a fait en Libye en 2011, avec comme résultat effectif de livrer la nation entière à Al Qaeda et, maintenant, aux terroristes de l’« État Islamique ». DEBKA Files a suggéré, dans son article  « Les frappes aériennes d’Israël ont anéanti le matériel russe destiné à contrecarrer la No-Fly-Zone au-dessus de la Syrie » que :

Des sources militaires US de haut rang ont révélé, lundi 8 décembre, que les frappes aériennes d’Israël près de Damas des jours précédents ont anéanti le matériel russe qui venait d’arriver, y compris les missiles qui avaient été envoyés en hâte pour aider la Syrie et le Hezbollah à faire échouer un plan US d’établissement d’une Zone d’Exclusion Aérienne sur la Syrie du Nord.

Quelle que soit la véracité de ce rapport, des tentatives pour justifier et imposer une ZEA au-dessus de la Syrie ont été un objectif affiché des décideurs politiques occidentaux depuis 2011, où un stratagème identique a été utilisé, sous le prétexte d’ « interventions humanitaires » en Libye.

 

Une No-Fly-Zone pour protéger les terroristes, et non pas les « civils » ni des « rebelles »

Les décideurs politiques financés par les entreprises mondialistes de l’Institut des Entreprises Américaines (IEA) ont publié en 2013 un article intitulé « Jack Keane et Danielle Pletka : Comment arrêter les massacres d’Assad », où ils affirmaient que :

La Syrie n’est pas la Libye. Les troupes de Bachar al-Assad sont bien armées et ses forces sur le terrain mènent des campagnes victorieuses contre les forces rebelles partout dans le pays.

Mais, éliminer la capacité d’Assad à utiliser sa force aérienne et faire ainsi pencher la balance en faveur des rebelles anti-Assad – comme les USA et leurs alliés l’ont fait pour aider les combattants qui ont fini par renverser Muammar Kadhafi – est non seulement réalisable mais souhaitable.

Cependant, en Libye, la ZEA « humanitaire » de l’OTAN a très clairement été mise en œuvre non pour protéger des civils innocents mais pour fournir une couverture aérienne à des mercenaires terroristes armés et dirigés par l’OTAN elle-même. Ces terroristes sont aujourd’hui reconnus pour être Al Qaeda et le soi-disant « État Islamique » (ISIS). Il est donc clair que « les massacres d’Assad » étaient en réalité une guerre de défense contre les rangs dépravés d’Al Qaeda, qui vont de son Front Al Nusra à l’ISIS.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, le Département d’État US lui-même a révélé que le Front Al Nusra d’Al Qaeda n’avait pas seulement été impliqué dans les premiers combats, mais avait déjà, bien avant cela, manifesté sa présence dans tout le pays, en se livrant à des centaines d’attaques dans la plupart des villes syriennes. Dans un rapport officiel du Département d’État désignant Al Nusra comme organisation terroriste étrangère et comme un faux-nom d’Al Qaeda en Irak, il était dit que :

Depuis novembre 2011, le Front Al Nusra a revendiqué près de 600 attaques – allant de plus de 40 attentats-suicides à des petites opérations à l’explosif ou à l’armement léger – dans les centres urbains principaux, dont Damas, Alep, Hamah, Dara, Homs, Idlib et Dayr al-Zawr. Au cours de ces attaques, de très nombreux Syriens innocents ont été tués.

La présence généralisée d’Al Qaeda, si tôt dans le conflit, est due au fait que les USA, Israël et l’Arabie Saoudite conspirent ouvertement, depuis au moins 2007, pour utiliser une organisation terroriste chargée de mener à leur place, par procuration en somme, une guerre contre l’Iran et ses alliés, y compris la Syrie et le Hezbollah au Liban.

La guerre de Damas n’est donc en rien une guerre contre son propre peuple ni contre des « rebelles démocrates », mais au contraire une guerre de défense contre un front lourdement armé de militants sectaires soutenus par l’étranger, dans le but d’envahir et d’occuper la Syrie après avoir renversé son gouvernement.

Ce front terroriste, suscité par l’étranger avec l’aide inestimable des médias occidentaux, n’arrive même pas à se cacher derrière la façade évanescente d’une « rébellion ».

Un exemple précis illustre bien cette réalité – le fait qu’il n’y a jamais eu de « rebelles modérés », mais le fait aussi que l’intervention occidentale, prétendant se fonder sur une assistance à des « rebelles  modérés » inexistants et à des «civils », est une conspiration criminelle qui n’a d’autre but que de manigancer un changement de régime et d’imposer la volonté de l’Occident à la nation, c’est-à-dire au peuple syrien :

Le mois dernier, il a été révélé que des terroristes, dépeints par l’Ouest comme des « rebelles modérés » et adoubés par les États-Unis avant d’être dotés d’un armement lourd incluant des missiles anti-tanks, ont officiellement fusionné avec Al Qaeda. L’International Business Times déclarait dans son article intitulé « Syrie les djihadistes d’Al Nusra capturent des missiles anti-tanks US “TOW” aux rebelles modérés » :

On craint que l’armement fourni par les USA aux rebelles modérés syriens soit tombé aux mains de militants djihadistes affiliés à Al Qaeda, après des affrontements entre groupes rivaux.

Des combattants islamiques de Jabal al-Nusra ont pris le contrôle de larges bandes de territoire, à Jabal al-Zawiya, dans la province d’Idlib, ce week-end, mettant en déroute les groupes du Front Révolutionnaire Syrien (FRS), soutenu par les États-Unis et Harakat Hazm.

Washington comptait sur le FRS pour contrer les militants islamiques d’ISIS sur le terrain, en complément de ses frappes aériennes.

Un groupe rebelle soutenu dans le passé par les États-Unis a condamné mardi les frappes aériennes. Harakat Hazm, un groupe rebelle qui avait reçu une cargaison d’armes US anti-tanks au printemps, a dit des attaques aériennes qu’elles étaient « une attaque contre la souveraineté nationale » et déclaré que les attaques dirigées par l’étranger ne font que renforcer le régime d’Assad. Cette déclaration provient d’un document émanant prétendument de ce groupe, qui a circulé sur Internet, où il avait été posté, en « traduction anglaise », sur un compte Twitter appelé Moniteur du conflit syrien. Plusieurs experts de la Syrie, y compris Charles Lister, du Centre Brooking de Doha, croient que le document est authentique.

En dépit des efforts faits pour prétendre que Harakat Hazm aurait été « battu » par Al Qaeda, on sait que ce groupe avait déjà, ouvertement, prêté allégeance à Al Qaeda plus d’un mois auparavant. En septembre, le Daily Beast rapportait, dans son article « Les comploteurs d’Al Qaeda en Syrie “déconnectés” dit un espion US » que Harakat Hazm condamnait les frappes aériennes US sur ISIS et Al Nusra. Le Daily Beast écrivait (c’est moi qui souligne) :

Avant la déclaration officielle, des signes montraient que Harakat Hazm s’engageait, en Syrie, dans des alliances qui pourraient être incompatibles avec son rôle de partenaire des USA. Au début de septembre, un  porte-parole officiel de Harakat Hazm a dit à un reporter du Los Angeles Times : « En Syrie, on nous a catalogués comme laïcistes, et nous avons craint qu’Al Nusra ne se mette à nous combattre. Mais Nusra ne nous a pas combattus. En fait, nous nous battons à leurs côtés. Nous aimons Nusra. »

 

Les États-Unis, l’OTAN et Israël sont la force aérienne de l’« État Islamique »

Ayant ceci présent à l’esprit, les alliés de la Syrie doivent prendre toutes les mesures qui s’imposent pour qu’une Zone d’Exclusion Aérienne ne soit pas seulement politiquement irréalisable, mais pour qu’elle soit aussi tactiquement et stratégiquement irréalisable.

Un échec en Syrie ouvrira les vannes à des flots accrus de terrorisme, autrement dit à une vaste guerre par procuration à l’Iran, puis à la Russie, et ensuite à la Chine.

Le monde ne peut pas se permettre d’accepter la prééminence continue d’un pouvoir hégémonique prêt à user de telles tactiques pour atteindre son objectif, en soi odieux et intolérable, de conquête mondiale. Tout comme en Libye, où des extrémistes sectaires génocidaires agissant en sous-traitants régionaux d’Al Qaeda (en ce compris le Groupe de Combat Islamique Libyen et Al Qaeda au Maghreb), et se battant maintenant ouvertement sous la bannière de l’ISIS, ont été propulsés au pouvoir par l’OTAN, de même, cette fois encore, le plan de l’OTAN est d’installer partout des extrémistes en Syrie et de les y mettre au pouvoir. Le but poursuivi n’est pas seulement la destruction totale de la Syrie, mais l’utilisation de la Syrie comme tremplin pour porter la guerre en Iran, contre le Hezbollah au Liban, puis pour diriger ensuite ces forces mercenaires de l’OTAN vers le nord-est, c’est-à-dire vers la Russie et, finalement, vers la Chine.

Dans ce but, les USA et l’OTAN – principalement la Turquie – aussi bien qu’Israël, ont tout au long de ce conflit syrien fourni des armes, de l’assistance et même une couverture aérienne à Al Qaeda, dans leur volonté de renverser violemment le gouvernement syrien. Comme ils l’avaient fait en Libye, ils ont dissimulé le rôle d’Al Qaeda sous la fable des « rebelles modérés » et des « manifestants pacifiques » soucieux de « démocratie ». Tandis que la façade s’écroule, un récit de plus en plus embrouillé et incohérent est propagé pour tenter d’expliquer comment l’Occident a injecté des milliards de dollars d’aide militaire dans la région, avec pour résultat qu’Al Qaeda, et non les pseudo-rebelles modérés, surnage comme force combattante dominante.

La seule explication, et le plan ourdi dès le départ, c’est que les USA, l’OTAN, Israël et leurs autres alliés ont intentionnellement construit et déployé les différentes factions d’Al Qaeda dans la région, pour qu’elles y mènent, à leur place, une atroce et coûteuse guerre par procuration.

La « Zone d’Exclusion Aérienne » que l’Occident essaie de vendre au monde n’est qu’un camouflage rhétorique pour pouvoir fournir une couverture aérienne aux assassins d’Al Qaeda, tout en interdisant à la seule force militaire de la région qui combatte effectivement Al Qaeda, c’est-à-dire l’Armée Syrienne, d’expulser ce fléau de ses frontières, afin de pouvoir rétablir l’ordre dans le pays, et, partant, dans la région.

La Zone d’Exclusion Aérienne en Syrie : une tentative de sauver Al-Qaeda  par Tony Cartalucci.

Tony Cartalucci est, rappelons-le, un écrivain, journaliste et chercheur en géopolitique US qui vit en Thaïlande (Bangkok) et qui collabore principalement au magazine New Eastern Outlook, NEO.

Son blog : http://landdestroyer.blogspot.be/

Son adresse e-mail : cartalucci@gmail.com

url de cet article :  http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2014/12/19/l-envers-du-reve-2me-partie-8349101.html (traduction c.l.)

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article40466.htm

 

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Le Canard enchaîné accuse Israël de livrer des armes à al Nosra.

18 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Politique étrangère, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La guerre, #La paix

Le Canard enchaîné accuse Israël de livrer des armes à al Nosra.

 Le Canard enchaîné accuse Israël de livrer des armes à al Nosra.

Le Magazine français, le Canard Enchaîné a indiqué qu’Israël aurait apporté de l’équipement militaire à la branche syrienne d’Al Qaïda, le Front al-nosra.

Citant le site d'information israélien Debkafile, l'hebdomadaire français a dévoilé, au cours de ces derniers mois, que Tsahal avait étendu son assistance militaire, dans le cadre d’un programme conjoint avec les Etats-Unis, la Jordanie et l’Arabie Saoudite, visant à sélectionner des groupes rebelles combattant l’armée de Bachar al-Assad.

Une part de cette aide a fini entre les mains d’éléments locaux du Front al-nosra, en nombre restreint, qui se sont mêlés à ces rebelles, notamment au Sud de la Syrie - mais pas en d’autres régions de Syrie, où ces armes éventuellement livrées à l’ASL (armée syrienne libre) et détournées ont une autre provenance.

Les observateurs de l’ONU ont aussi signalé des "contacts" entre Tsahal et des rebelles de diverses affiliations sur le Golan et les Druzes ont manifesté contre les soins prodigués, y compris à des blessés d’Al-nosra. 


 Source : DEBKAfile 12 Décembre 2014, le Canard Enchaîné

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Le groupe Etat islamique est approvisionné directement par l'OTAN, via la Turquie. Publié par wikistrike.com le 3 Décembre 2014.

18 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La paix, #La mondialisation, #Le capitalisme;

Le groupe Etat islamique est approvisionné directement par l'OTAN, via la Turquie.

Publié par wikistrike.com le 3 Décembre 2014.

Le groupe Etat islamique est approvisionné directement par l'OTAN, via la Turquie. Publié par wikistrike.com le 3 Décembre 2014.

La chaine allemande Deutsche Welle (DW) a publié un reportage vidéo d'une importance capitale ; c'est sans doute le premier grand média occidental à admettre que ce qu'on appelle l'EIIL (ou ISIS, ou encore Islamic State) est alimenté, non pas par le marché noir du pétrole, ou par les prises d'otage avec rançons, mais par des approvisionnements et du matériel pour plusieurs milliards de dollars, transportés quotidiennement par camion jusqu'en Syrie à travers la frontière avec la Turquie, pays membre de l'OTAN. 

Le reportage qui s'intitule 'IS' supply channels through Turkey (" Les circuits d'approvisionnement de l'EIIL viennent de Turquie") confirme ce qui avait été rapporté par plusieurs analystes politiques dès 2011, à savoir que la Turquie, bien que membre de l'OTAN, permet le passage d'énormes quantités de fournitures, d'armes et de combattants à travers sa frontière avec la Syrie à destination des positions tenues par l'EIIL. 

Dans une scène surréaliste du reportage de DW, on voit des terroristes anti-syriens traverser tranquillement la frontière et une fois arrivés de l'autre côté, être abattus par des combattants kurdes. 

Les habitants et les commerçants locaux interviewés par DW admettent que le commerce qu'ils exerçaient avec la Syrie s'est interrompu dès le début du conflit et que les camions de marchandise qui traversent la frontière proviennent de « l'ouest de la Turquie. » Le reportage de DW ne s'attarde pas sur ce que signifie l'expression « ouest de la Turquie », mais cela désigne visiblement Ankara, les différents ports utilisés par l'OTAN, et bien évidemment la base aérienne de l'OTAN à Incirlik. 

Bien que le reportage de DW affirme que personne ne sait vraiment qui est derrière toutes ces expéditions, on n'y apprend néanmoins que le gouvernement turc d'Ankara nie l'existence même de ces convois de camions filmés par les reporters allemands. Il est cependant certain que la Turquie, non seulement est au courant, mais qu'elle en est directement complice, de même que l'OTAN, laquelle fait semblant de vouloir combattre l'EIIL, mais n'est pas parvenue jusqu'à maintenant à dénoncer et à éradiquer les sponsors internationaux de l'EIIL, et chose plus importante, l'OTAN a refusé de couper purement et simplement les lignes d'approvisionnement de l'EIIL - ce qui constitue pourtant l'un des principes de base de toute stratégie militaire. 

Depuis le début, derrière la menace de l'EIIL, l'OTAN 

Comme expliqué depuis 2007, les USA et leurs complices dans la région ont comploté pour utiliser al-Qaïda et d'autres groupes armés extrémistes dans le but de réorganiser la carte de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Le célèbre journaliste lauréat du prix Pulitzer Seymour Hersh écrivait dans son article de 2007 intitulé "The Redirection: Is the Administration's new policy benefiting our enemies in the war on terrorism?" :

 

 

« Pour affaiblir l'Iran qui est majoritairement chiite, le gouvernement Bush a décidé de revoir ses priorités au Moyen-Orient. Au Liban, le gouvernement a coopéré avec l'Arabie Saoudite - qui est sunnite - dans le cadre d'opérations clandestines destinées à affaiblir le Hezbollah, l'organisation chiite soutenue par l'Iran. Les États-Unis ont aussi pris part à des opérations clandestines visant l'Iran et son alliée la Syrie. Un des effets de ces activités a été le développement de groupes extrémistes sunnites qui épousent une vision militante de l'Islam, sont hostiles aux États-Unis, et sont proches d'al-Qaïda. »

Bien sûr, le terme « groupes extrémistes » qui « épousent une vision militante de l'Islam » et « sont proches d'al-Qaïda », désigne clairement l'État islamique. L'EIIL constitue la force expéditionnaire de mercenaires de l'OTAN, dévastant par procuration les ennemis de cette dernière depuis la Libye en Afrique du Nord, jusqu'au Liban et à la Syrie, en passant par l'Irak et même aux frontières de l'Iran. Son approvisionnement apparemment inépuisable en argent, en armement et en combattants ne peut s'expliquer que par l'aide de plusieurs pays étrangers et par l'existence de territoires refuges que l'OTAN protège du feu de ses ennemis que sont la Syrie, le Hezbollah, l'Iran et l'Irak. Le reportage de la chaine allemande DW met bien en évidence la façon dont les terroristes de l'ISIS s'échappent régulièrement de Syrie et trouvent refuge en Turquie. 

L'un des principaux objectifs de l'OTAN dès 2012 fut d'utiliser tous les prétextes possibles pour étendre ces territoires refuges, ou « zones tampons » à l'intérieur de la Syrie elle-même, en les faisant protéger par les forces militaires de l'OTAN, et depuis lesquelles les « rebelles » pourraient opérer. S'ils y étaient parvenus, les équipes de caméraman de DW auraient probablement filmé ces mêmes convois de camions, mais cette fois traversant les villes d'Idlib ou d'Alep, et non le long de la frontière avec la Syrie. 

Le complot des États-Unis et de leurs alliés visant à créer une force mercenaire sectaire alignée sur al-Qaïda ayant été mis en évidence, tout comme le fait que les soi-disant « rebelles modérés » que les US ont officiellement soutenus en Syrie ne sont rien d'autre que des extrémistes sectaires, le reportage de DW filmant les convois d'approvisionnement en provenance de la Turquie vient confirme, si le doute existait encore, que la menace posée par l'EIIL vis-à-vis de l'OTAN provient de l'OTAN elle-même. Cela lève le voile sur une politique étrangère si incroyablement insidieuse que l'on a du mal à y croire, même après la diffusion par de grands médias comme DW d'images montrant que les voies d'approvisionnement de l'EIIL proviennent de territoires contrôlés par l'OTAN.

Traduit par ilfattoquotidiano.fr 

Source: GR

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Libye : Idriss Déby accuse. Par Dominique Jamet.

18 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Afrique, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Libye : Idriss Déby accuse

Idriss Deby

Idriss Deby

Le 17 décembre 2014

Ces propos peu diplomatiques ont fait faire la grimace aux représentants de la France présents au Forum.

 

C’est un assez joli pavé qu’Idriss Déby, président de la République du Tchad, a jeté dans la mare consensuelle du premier Forum international pour la paix et la sécurité en Afrique, réuni à Dakar au début de la semaine.

Le parcours et la personne de M. Déby ne sont certes pas irréprochables. Longtemps compagnon de route du sinistre Hissène Habré, aujourd’hui réfugié au Sénégal et toujours sous la menace d’une éventuelle comparution devant la Cour de justice internationale, Idriss Déby fut de ceux qui, avec le soutien de la Libye de Kadhafi, renversèrent Goukouni Oueddei et mirent la main sur le pays en 1980. Dix ans plus tard, c’est avec l’aide de la France et de la Libye que Déby, après avoir échappé de justesse aux tueurs de Habré, détrôna et remplaça son parrain. Il y a maintenant près de vingt-cinq ans qu’il gouverne le Tchad d’une main de fer, et ce n’est que grâce à l’intervention militaire de la France qui, par deux fois, lui a sauvé la mise et mis en déroute les rebelles, comme lui venus de Libye et comme lui armés et télécommandés par Kadhafi, qu’il règne toujours sur N’Djamena.

Tel quel, Idriss Déby est en première ligne, à nos côtés, dans la guerre qui oppose les gouvernements des pays du Sahel aux différents groupes djihadistes qui ont bien failli instituer un État islamique au Mali il y a près de deux ans, et l’armée tchadienne est la seule force africaine sur laquelle peuvent compter et s’appuyer nos soldats dans ce pays.

C’est donc en homme qui connaît le terrain et le sujet que le président tchadien, devant ses collègues sénégalais, mauritanien, malien, et en présence de notre ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, a dénoncé sans prendre de gants la responsabilité occidentale dans la déstabilisation de la Libye et du Sahel. « C’est l’intervention de l’OTAN et la chute de Kadhafi, a-t-il rappelé, qui sont à l’origine du chaos qui a gagné toute la région. La Libye est devenue l’arsenal où se sont approvisionnés et armés tous les groupes salafistes que nous combattons. L’OTAN a assuré le dépannage mais pas le service après-vente. Or, elle dispose seule des moyens qui lui permettraient de finir le travail. C’est ce que nous attendons d’elle. »

Ces propos peu diplomatiques, mais néanmoins irréfutables et applaudis par le public africain, ont fait faire la grimace aux représentants de la France présents au Forum. Mais ce n’était rien à côté de ce qui suivait. « L’intervention de la France et de la Grande-Bretagne, a déclaré le président Déby, avait pour seule raison d’être et pour seul but d’assassiner Kadhafi ». 

Ainsi, à en croire une des personnes les mieux informées sur ce glorieux épisode dont les protagonistes ont depuis quelque temps cessé de se vanter, ce ne serait pas seulement par pure humanité, dans le louable souci de sauver Benghazi et sa population rebelle, ni même pour les beaux yeux de Bernard-Henri Lévy que M. Sarkozy et M. Cameron se seraient ingérés dans l’urgence et par la force dans la guerre civile libyenne.

Connaîtrons-nous un jour la vérité sur cette affaire, si compromettante qu’elle puisse être pour tous ceux, de tous bords et de tous pays, qui y ont été mêlés ? Les paroles de M. Déby sont comme un éclair dans les profondes ténèbres qui entourent à ce jour l’origine, le déroulement, l’issue de l’opération franco-britannique et les circonstances troublantes de la mort de Kadhafi.

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Syrie. Des victimes du conflit demandent réparation à Laurent Fabius. Le journal Ouest-France.

11 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère, #La France, #La République, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient

Syrie. Des victimes du conflit demandent réparation à Laurent Fabius

Une plainte de Syriens a été déposée contre Laurent Fabius, pour des propos qu'il a tenus sur la guerre civile. | AFP

Une plainte de Syriens a été déposée contre Laurent Fabius, pour des propos qu'il a tenus sur la guerre civile. | AFP

Des réfugiés Syriens, dont les proches ont été victimes des rebelles, ont réclamé une réparation symbolique "pour les fautes personnelles" du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Sept civils syriens, cinq hommes et deux femmes, qui se présentent comme des proches de victimes de violences commises par les rebelles luttant contre le régime de Bachar al-Assad, sont à l'origine de cette procédure devant le tribunal administratif de Paris.

« Vous devez notamment déterminer si le fait pour un ministre français de déclarer qu'un chef d'État étranger ne mérite pas d'exister est un acte de gouvernement ou une faute personnelle », a déclaré à l'audience Me Damien Viguier, un des avocats des civils syriens.

Laurent Fabius s'est montré en pointe dans le dossier syrien, au côté de la rébellion à qui la France a livré des armes, et il est visé pour plusieurs déclarations publiques. Le chef de la diplomatie avait ainsi estimé, en août 2012, que « Bachar al-Assad ne mériterait pas d'être sur terre » et, en décembre 2012, que « le Front al-Nosra fait du bon boulot », alors même que cette organisation jihadiste syrienne venait d'être classée terroriste par les États-Unis.

Lire aussi : Armes chimiques en Syrie. Fabius craint un massacre « sans précédent »

Le tribunal compétent ?

L'un des plaignants, Nawar Darwich, affirme que le village près de Lattaquié (ville côtière du nord-ouest de la Syrie), dans lequel il s'était réfugié avec sa famille pour fuir des attentats ayant visé son quartier à Damas, avait été envahi à l'aube du 4 août 2013 par des « bandes armées appartenant aux groupes criminels » du groupe al-Nosra et de l'Armée syrienne libre qui ont massacré une quinzaine de membres de sa famille, dont ses parents et quatre de ses frères et sœurs.

Le rapporteur public a demandé le rejet de la demande des plaignants, estimant que la justice administrative était incompétente à l'égard des « actes de gouvernement ». Le tribunal administratif a mis l'affaire en délibéré sous quinze jours.

Les plaignants avaient déjà déposé une plainte contre Laurent Fabius devant la Cour de Justice de la République, habilitée à juger les infractions des membres du gouvernement pendant leurs fonctions, mais la justice avait classé la procédure en janvier dernier.

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[L’œil itinérant] En dynamitant le gazoduc South Stream, l’Union européenne fait pivoter encore davantage la Russie et la Turquie vers l’Eurasie.

9 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #L'OTAN.

[L’œil itinérant] En dynamitant le gazoduc South Stream, l’Union européenne fait pivoter encore davantage la Russie et la Turquie vers l’Eurasie.

4 décembre 2014 Dan Iel 7 commentaires

L’Union européenne aurait donc infligé une défaite à Poutine en le forçant à abandonner le projet de gazoduc South Stream. C’est du moins ce qu’entonnent les médias institutionnels occidentaux. Quelle absurdité ! La réalité sur le terrain va dans un tout autre sens.

Poutine chevauchant le gazoduc South Stream fermé, sans débouchés vers l’Union européenne

Poutine chevauchant le gazoduc South Stream fermé, sans débouchés vers l’Union européenne

En abandonnant le gazoduc South Stream au profit d’un Turk Stream, la toute dernière manœuvre spectaculaire dans la saga du Pipelinistan [1] ne manquera pas de causer une énorme onde de choc géopolitique dans toute l’Eurasie, et ce, pour un bon moment. C’est le nouveau grand jeu eurasiatique à son meilleur.

Résumons. Il y a quelques années, la Russie a conçu deux projets de gazoduc : le Nord Stream (aujourd’hui pleinement opérationnel) et le South Stream (toujours à l’état de projet), afin de contourner l’Ukraine, qui est peu fiable comme pays de transit. Voilà maintenant que la Russie propose un nouvel accord avantageux avec la Turquie, qui lui permet d’ignorer la position de la Commission européenne, qui n’est pas constructive (dixit Poutine).

La carte 2009 des gazoducs en service et prévus

La carte 2009 des gazoducs en service et prévus

Une récapitulation s’impose pour comprendre le jeu en cours. Il y a cinq ans, j’ai suivi de très près l’opéra absolu [2] du Pipelinistan qu’était la guerre des gazoducs rivaux South Stream et Nabucco. Nabucco avait fini par être écarté. Le South Stream pourrait éventuellement ressusciter, mais seulement si la Commission européenne retrouve ses sens (ne parions pas là-dessus).

S’étendant sur 3 600 kilomètres, le South Stream devait être en place en 2016. Ses embranchements devaient atteindre l’Autriche, les Balkans et l’Italie. Gazprom en possède 50 % des parts, l’italienne ENI 20 %, la française EDF 15 % et l’allemande Wintershall, une filiale de BASF, 15 %. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces grandes sociétés énergétiques européennes ne sont pas particulièrement enchantées. Pendant des mois, Gazprom et la Commission européenne tergiversaient à propos d’une solution. Sans surprise, Bruxelles a fini par succomber à sa propre médiocrité ainsi qu’aux pressions continuelles des USA par rapport à la Bulgarie, son maillon faible.

Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse avec Recep Tayyip Erdogan, à Ankara, le 1er décembre 2014. PhotoMikhail Klimentyev / Reuters / RIA Novosti / Kremlin

Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse avec Recep Tayyip Erdogan, à Ankara, le 1er décembre 2014. PhotoMikhail Klimentyev / Reuters / RIA Novosti / Kremlin

La Russie va toujours construire un gazoduc sous la mer Noire, sauf qu’il sera redirigé vers la Turquie et livrera la même quantité de gaz que celle prévue dans le projet South Stream (un point crucial). La Russie va aussi construire un nouveau terminal pour le gaz naturel liquéfié (GNL) en Méditerranée. Gazprom n’a donc pas dépensé cinq milliards de dollars (financement, coûts d’ingénierie) en vain. La réorientation s’avère un choix judicieux du point de vue économique. La Turquie est le deuxième client en importance de Gazprom après l’Allemagne. Son marché est plus important que ceux de la Bulgarie, de la Hongrie et de l’Autriche réunis.

La Russie propose aussi un réseau unique de transport gazier capable de livrer du gaz naturel de partout en Russie à n’importe quel terminal à ses frontières.

Finalement, comme si elle en avait besoin, la Russie obtient une autre preuve éclatante que le véritable marché à forte croissance de l’avenir, c’est en Asie qu’il se trouve, plus particulièrement en Chine, et non pas dans une Union européenne timorée, stagnante, dévastée par l’austérité et paralysée politiquement. Le partenariat stratégique russo-chinois en constante évolution sous-entend que la Russie est complémentaire à la Chine, en excellant dans les projets d’infrastructure majeurs comme la construction de barrages et l’installation de pipelines. Nous assistons ici à des relations d’affaires trans-eurasiatiques ayant une grande portée géopolitique et non pas à l’adoption de politiques teintées d’idéologie.

Modélisation de la première centrale nucléaire de la Turquie qui sera construite par la compagnie russe Rosatom dans la province méditerranéenne de Mersin. Sa mise en service est prévue pour 2016. (Photo: DHA)

Modélisation de la première centrale nucléaire de la Turquie qui sera construite par la compagnie russe Rosatom dans la province méditerranéenne de Mersin. Sa mise en service est prévue pour 2016. (Photo: DHA)

Une défaite russe ? Vraiment ?

La Turquie aussi en sort gagnante. Car outre l’accord avec Gazprom, Moscou va mettre sur pied rien de moins que l’ensemble de l’industrie nucléaire de la Turquie, sans oublier l’augmentation des échanges liés au pouvoir de convaincre (plus de commerce et de tourisme). Mais avant tout, la Turquie se rapproche encore plus d’être acceptée comme membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Moscou milite activement en ce sens. La Turquie accéderait ainsi à une position privilégiée comme plaque tournante à la fois de la ceinture économique eurasiatique et, évidemment, de la ou des nouvelles routes de la soie chinoises. L’Union européenne bloque l’entrée de la Turquie ? La Turquie se tourne vers l’Est. Un exemple éloquent d’intégration eurasiatique.

Washington fait tout en son pouvoir pour créer un nouveau mur de Berlin s’étendant des pays baltes à la mer Noire, afin de mieux isoler la Russie. Pourtant, l’équipe chargée de ne pas faire de conneries à Washington n’a jamais vu venir le dernier coup que le maître du judo, des échecs et du jeu de go Poutine leur réservait, à partir de la mer Noire en plus.

Depuis des années, Asia Times Online rapporte que l’impératif stratégique clé de la Turquie est de se positionner comme un carrefour énergétique indispensable de l’Orient à l’Occident, d’où transitera aussi bien le pétrole irakien que le gaz naturel de la mer Caspienne. Du pétrole de l’Azerbaïdjan transite déjà par la Turquie via l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) mis de l’avant par Bill Clinton et Zbig Brzezinski. La Turquie deviendrait aussi le carrefour du gazoduc transcaspien, si jamais il se concrétisait (rien n’est moins sûr), pour acheminer le gaz naturel du Turkménistan à l’Azerbaïdjan, puis à la Turquie jusqu’à sa destination finale en Europe.

Ce qu’a accompli le maître du judo, des échecs et du jeu de go Poutine en un seul coup, c’est de faire en sorte que les sanctions stupides imposées par l’Union européenne se tournent de nouveau contre elle. L’économie allemande souffre déjà beaucoup des pertes commerciales avec la Russie.

La brillante stratégie de la Commission européenne gravite autour de ce qu’on appelle le troisième paquet énergie, qui oblige les gazoducs et leur contenu d’appartenir à des sociétés distinctes. La cible a toujours été Gazprom, qui possède des gazoducs dans de nombreux pays en Europe centrale et de l’Est. Puis la cible dans la cible a toujours été le gazoduc South Stream.

Il appartient maintenant à la Bulgarie et à la Hongrie qui, soit dit en passant, se sont toujours opposées à la stratégie de la Commission européenne, d’expliquer le fiasco à leurs populations et de maintenir la pression sur Bruxelles. Après tout, ces pays vont perdre une fortune, sans parler du gaz qu’ils n’obtiendront pas avec la mise au rancart du South Stream.

Voici ce qu’il faut retenir :

  • la Russie vend encore plus de gaz… à la Turquie ;
  • la Turquie obtient le gaz dont elle a grandement besoin à un prix d’ami ;
  • les membres de l’Union européenne, sous la pression de l’Empire du Chaos, en sont réduits à courir encore et encore comme des poules sans tête dans les sombres couloirs de Bruxelles, en se demandant qui les a décapités.

Pendant que les atlantistes reviennent à leur mode par défaut et concoctent encore d’autres sanctions, la Russie continue à acheter de plus en plus d’or.

Méfiez-vous des lances néoconservatrices

Le jeu n’est pas terminé, loin de là. Dans un proche avenir, bien des variables vont se croiser.

Ankara pourrait changer son jeu, mais c’est loin d’être assuré. Le président Erdogan, le sultan de Constantinople, voit sûrement dans le calife Ibrahim de l’EIIS/EIIL/Da’ech un rival voulant lui ravir sa superbe. Le sultan pourrait ainsi caresser l’idée d’atténuer ses rêves néo-ottomans et revenir à sa doctrine de politique étrangère précédente, soit zéro problème avec nos voisins.

Pas si vite ! Jusqu’ici, Erdogan était engagé dans le même jeu que la maison des Saoud et la maison des Thani, c’est-à-dire se débarrasser d’Assad pour assurer la mise en place d’un oléoduc partant de l’Arabie saoudite et d’un gazoduc partant du gisement gazier géant South Pars/North Dome au Qatar. Ce gazoduc liant le Qatar, l’Irak, la Syrie et la Turquie entre en concurrence avec le gazoduc Iran-Irak-Syrie déjà proposé, dont les coûts s’élèvent à 10 milliards de dollars. Le client final, c’est bien sûr l’Union européenne, qui cherche désespérément à échapper à l’offensive de Gazprom.

Cher voisin, et comment vont vos extrémistes ?

Cher voisin, et comment vont vos extrémistes ?

Qu’arrivera-t-il maintenant ? Erdogan va-t-il mettre fin à son obsession qu’Assad doit partir ? Il est trop tôt pour le dire. Le ministère des Affaires étrangères turc est en effervescence. Washington et Ankara sont sur le point de s’entendre à propos d’une zone d’exclusion aérienne le long de la frontière turco-syrienne même si, plus tôt cette semaine, la Maison-Blanche a insisté pour dire que l’idée avait été rejetée.

La maison des Saoud a l’air d’un chameau dans l’Arctique. Son jeu meurtrier en Syrie s’est toujours résumé à un changement de régime pour permettre la construction éventuelle d’un oléoduc de la Syrie à la Turquie parrainé par les Saoudiens. Voilà maintenant que les Saoudiens constatent que la Russie est sur le point de répondre à tous les besoins énergétiques de la Turquie, en occupant toujours une position privilégiée pour vendre encore plus de gaz à l’Union européenne dans un proche avenir. Qui plus est, Assad doit partir ne part pas.

Pour leur part, les néoconservateurs aux USA affûtent leurs pointes de lance empoisonnées avec enthousiasme. Dès le début de 2015, une loi sur une Ukraine libre pourrait être déposée à la Chambre des représentants. L’Ukraine y sera décrite comme un important allié des USA non membre de l’Otan, ce qui se traduira, en pratique, par une annexion virtuelle à l’Otan. Il faudra ensuite s’attendre à encore plus de provocation néoconservatrice turbopropulsée contre la Russie.

Un scénario possible serait qu’un vassal et chiot comme la Roumanie ou la Bulgarie, sous la pression de Washington, décide d’accorder aux navires de l’Otan le plein accès à la mer Noire. De toute façon, qui se soucierait qu’une telle décision violerait les accords existants au sujet de la mer Noire touchant à la fois la Russie et la Turquie ?

Entre aussi en compte un connu inconnu rumsfeldien dangereux, à savoir comment les pays fragiles des Balkans vont réagir à l’éventualité d’être subordonnés aux caprices d’Ankara. Bruxelles aura beau maintenir la Grèce, la Bulgarie et la Serbie dans une camisole de force, il n’en demeure pas moins que sur le plan énergétique, ces pays vont commencer à dépendre de la bonne volonté de la Turquie.

Pour le moment, contentons-nous de mesurer la magnitude de l’onde de choc géopolitique causée par le dernier coup du maître du judo, des échecs et du jeu de go Poutine. Préparez-vous aussi en vue du prochain épisode du pivot vers l’Eurasie amorcé par la Russie. Poutine se rend à Delhi la semaine prochaine. Attendez-vous à une autre bombe géopolitique.

Pepe Escobar
Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr

Notes

[1] Guerre liquide : Bienvenue au Pipelineistan, Mondialisation.ca, 03-04-2009

[2] Tomgram : Pepe Escobar, Pipelineistan’s Ultimate Opera, TomDispatch.com, 01-10-2009

Pour approfondir sur le sujet

Source : Russia and Turkey pivot across Eurasia, Asia Times Online, à paraître le 08-12-2014

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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