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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #actualite tag

Fumée et feu Par James Howard Kunstler

3 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Histoire, #ACTUALITE, #AMERIQUE, #La France, #Terrorisme, #Le fascisme

Dans leurs costumes de guerre noirs et leurs masques les ANTIFA ressemblent aux groupes fascistes des années 1930 malgré le nom « Antifa » qui prétend évidemment en faire leurs ennemis.

Fumée et feu


Par James Howard Kunstler – Le 14 août 2017 – Source kunstler.com

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Coucou les « Nazis corn pone » ! 1. Voici venir les tireurs de ficelle. Bon, vous vous attendiez à quoi ?

Avec les différentes autorités de cette culture qui enfoncent sans cesse des notions de « privilège blanc » dans le crâne du public, tôt ou tard, elles étaient sûres de provoquer une réponse des cerveaux reptiliens suivant les ordres de bas niveau de leur cerveau limbique de blanc-becs. Bien sûr, vous ne pouviez pas organiser un acte de provocation plus stupide dans l’État de Virginie, garantissant de faire bondir de rage les bas de plafond du coin, que de menacer d’enlever une statue de Robert E. Lee.

Il y a une tonalité tragiquement déprimante dans toute cette affaire qui suggère que l’arc de l’histoire lui-même conduit cette affaire – un sombre animus dans l’âme nationale qui lutte pour résoudre ses contradictions. Et l’incident de Charlottesville, qui a laissé une femme sur le carreau et beaucoup d’autres gravement blessés à coup de voiture-bélier, a la saveur d’un « premier coup de feu » dans une nouvelle guerre civile.

L’écho de la campagne pour les droits civils du moment – une étrange breuvage à base de Black Lives Matter, d’« Antifa » (anti-fasciste), de féminisme de la dernière vague, de politique autour des sanctuaires pour une immigration illégale et d’agitation LGBTQQ – émane des campus universitaires et se glisse dans la culture de masse comme un miasme, empoisonnant les relations sociales, montant groupes contre groupes, dans une orgie de revendications de victimisation d’un genre qui mène inévitablement à la violence. C’est ainsi que commencent les guerres tribales et religieuses dans les sociétés primitives.

Il y a aussi un air qui sonne faux dans cette campagne qui devrait alerter les centres supérieurs de jugement du cerveau. Le meurtre de Michael Brown à Ferguson qui a déclenché le mouvement Black Lives Matter n’a jamais été un cas convaincant d’injustice, mais a été largement considéré comme tel, malgré les enquêtes étatiques et fédérales (menée par le Ministère de la Justice sous Obama), qui en a conclu autrement. Le prédicat du « privilège blanc » n’est pas responsable des taux extraordinaires d’homicides des Noirs entre eux à Chicago et à Baltimore ou des flash mobs d’adolescents noirs dans les centres commerciaux du pays. Ce que l’on peut soupçonner derrière tout cela, c’est l’échec spectaculaire de la campagne originelle des droits civiques des années 1960 à modifier les structures de la pauvreté dans l’Amérique noire, ainsi que la culpabilité grincheuse chez les progressistes démocrates blancs pour les échecs de leurs propres politiques bien intentionnées, converties de manière perverse en auto-flagellation raciale.

La dernière itération du féminisme provient des campus qui ont été largement pris en charge par les pédagogues féminines issues du baby-boom, en particulier les départements non techniques, et qui est maintenant un fait accompli, de sorte que les griefs qui continuent d’en couler semblent fabriqués et hystériques. Elle a également une forte odeur de simple malentendus et l’ensemble de cette idéologie est enveloppé dans un jargon impénétrable d’école supérieure conçu pour lui donner un éclat intellectuel immérité et malhonnête. Le fait sombre est que, tôt ou tard, même certains hommes intelligents pourraient le remarquer et finir par s’en foutre.

Le mouvement « Antifa » serait amusant s’il n’était pas lui-même propice à la violence, puisqu’il épouse exactement le même despotisme contre la pensée libre qu’il prétend combattre. Il veut arrêter et éradiquer le débat dans l’arène publique et piétiner les principes qui le gênent, par exemple, le premier amendement affirmant le droit à la liberté d’expression. Il se moque du cri de guerre pour la « diversité » (diversité uniquement pour les idées approuvées par les Antifas). Que tant d’étudiants universitaires actuels s’abonnent à ce mouvement devrait faire réfléchir les gens et leur faire percevoir le malaise sur la scène politique de la prochaine génération. Dans leurs costumes de guerre noirs et leurs masques, ils ressemblent aux groupes fascistes des années 1930 malgré le nom « Antifa » qui prétend évidemment en faire leurs ennemis.

Le mouvement de sanctuarisation des immigrants illégaux est tout simplement insensé, en commençant par le refus des fonctionnaires de faire une distinction entre les citoyens et les autres. Il y a toutes les raisons de penser que les maires des « villes sanctuaires » et les administrateurs des « campus sanctuaires » devraient être poursuivis en vertu de la loi fédérale. Cela a atteint un tel degré en Californie que les doyens du collège de l’État intègrent des étudiants « sans papiers » dans des programmes spéciaux, au point où ils sont sûrs de provoquer une coupe des financements et peut-être la destruction de leurs propres institutions. Le mouvement est l’essence même de l’anarchie et une disgrâce pour la classe supposément pensante.

Le mouvement LGBTQQ, une ramification du féminisme 3.0, vise à effacer la biologie elle-même appliquée à la sexualité des mammifères humains, en même temps qu’elle veut créer de nouveaux droits sociaux et politiques spéciaux – basés sur diverses catégories de désir sexuel qui sont, et ils insistent, biologiquement guidés, comme l’envie d’un homme de s’équiper par chirurgie pour se comporter comme une femme. Le mouvement est maintenant allé jusqu’à essayer de faire honte aux personnes qui se situent dans les catégories biologiques originales (« cisgenre », un autre caillot de jargon métaphysique de l’école secondaire) et surtout les hommes hétérosexuels. Tous les autres obtiennent des bons points pour être « à la pointe de la pointe ». Il faut vraiment se demander combien de temps cette absurdité va se poursuivre avant de provoquer une réaction parmi les savants en biologie.

Si nous entrons dans une nouvelle guerre civile, ne commettez pas l’erreur de penser que c’est le produit uniquement des rustres d’extrême droite. Ces bozos le clown de nazis et du KKK ne se lèvent que parce que les personnes habilitées à penser au centre ont été trop lâches pour se heurter à la marée montante de l’idiotie aux deux extrémités du spectre, et surtout à gauche avec son entrisme direct dans les fabriques politiques de la vie américaine, dictant la façon dont les gens doivent penser et agir, et de quoi ils devraient se préoccuper.

Ce que nous ne pouvons pas vraiment dire encore, c’est si ces batailles en resteront là et même vont s’accroitre avec le fardeau financier avec lequel la nation est en train de « somnambuler », ou si la crise financière les submergera comme un tsunami et laissera ces stupides drapeaux de guerre en lambeaux, lessivés sur une plage isolée.

James Howard Kunstler

Note du Saker Francophone

Pour comprendre les réseaux de déstabilisation agissant de concert aux USA et en France notamment, on vous conseille cette conférence du Cercle Aristote de Thibault Kerlirzin, Soros Connection.

À relire aussi le texte de Richard M. Ebeling sur ces nouvelles formes de tyrannie.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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Déploiement de troupes aux frontières de la Russie : passage en revue des larbins des USA. Par Sébastien Hairon.

20 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Ukraine, #La nation ., #Terrorisme, #le nazisme

jeudi 19 janvier 2017

Déploiement de troupes aux frontières de la Russie : passage en revue des larbins des USA

 
Il y a peu je vous parlais de l'arrivée des troupes d'occupations américaines débarquant en Allemagne

Mais, en  plus de ces occupants venant des USA, ses complices participent eux-aussi à jeter de l'huile sur le feu en envoyant des troupes et du matériel en Europe de l'Est aux frontières de la Russie.

                                                                             Le Canada

Fidèle caniche de Washington ( mais en la matière, la France depuis l'ère Sarkosy l'a largement dépassé), Ottawa ne pouvait pas ne pas en être.
Dans le cadre de l'opération reassurance, le Canada envoie :
une frégate de classe  Halifax, la St-John's, composé de 225 membres d'équipage, d'un rayon d'action de 7100 miles. Son armement de bord comprend 24 torpilles, 16 missiles mer/air, 8 missiles de surface, un canon de 57mm, un canon de 20mm et six mitrailleuses de calibre 12,7mm.
Cette frégate dispose d'un pont d'envol pour l'hélicoptère qu'elle a à son bord. Il s'agit d'un CH-124 sea king.
Ce navire a été mit en service en 1996.

Dans le cadre de son engagement au sein de l'o.t.a.n, le Canada enverra 450 soldats et des blindés en Lettonie au printemps 2017 Metro
En Ukraine (opération unifier), 200 soldats sont présents depuis le 14 septembre 2015, pour former leurs homologues Ukrainiens à tuer des russophones dans le Donbass. La vidéo qui suit est plus que parlante...De très nombreux civils ont déjà été victimes de snipers Ukrainiens, dont certains sont certainement passés dans ces centres d’entraînements.

Ottawa participe à l'occupation de l'Europe avec ses troupes et contribue par sa présence militaire à la déstabilisation de la paix chez nous. Au lieu vouloir jouer les gros bras en Europe de l'Est, le gouvernement de Trudeau ferait mieux de moderniser ses casernes qui tombent en ruine Radio-Canada Les 350 millions de dollars engagés dans cette occupation en Lettonie seraient effectivement plus utiles ailleurs que dans cette aventure militaire Radio-Canada
Cette vidéo m'a bien fait rire ! Le même constat peut s'appliquer à de nombreuses autres armées Occidentales, en particulier, celle des USA.    
                                                                      
                                                                        L'Italie      


140 soldats seront envoyés en Lettonie au printemps 2017 Euronews Ces hommes seront intégrés et commandés par le Canada en y intégrant le bataillon dont l'ossature principale sera composée de troupes d'Ottawa.

                                                                        La France

La France va envoyer 300 soldats en Estonie au printemps 2017. Les troupes de ce contingent seront fournie par 130 hommes du 2ème régiment d'infanterie de marine originaire du Mans, du personnel du 6ème régiment du génie d'Angers et du 11ème régiment d'artillerie de marine de Rennes se joindront aux Manceaux. Au niveau du matériel, cinq chars Leclerc, 13 véhicules blindés de combat d'infanterie feront partie de cette expédition. Ouest-France
 

A noter qu'entre le 28 août 2016 et le 5 janvier, 4 mirages 2000-5 opéraient en Lituanie dans le cadre de l'opération "Baltic air policing 2016"
Les troupes Françaises engagées en 2017 en Estonie seront sous commandement Britannique. En 2018, elles se déploieront en Lituanie sous commandement Allemand !
Sortons vite de l'otan, de l'ue et retrouvons nos francs et notre indépendance !

                                                                             Les Pays-Bas

L'armée de l'air Néerlandaise a remplacé les mirages 2000 français le 5 janvier dans le cadre de l'opération "Baltic air policing". Quatre F-16 fighting falcon joueront les flics du ciel pour le compte de l'otan pendant environ 4 mois. 45eNord
En plus de ses avions, les Bataves mettront à disposition de l'otan, des troupes au sein du bataillon sous commandement Allemand en Lituanie. Ils arriveront au mois de mars. Ministère de la défense des Pays-Bas

                                                                     L'Allemagne

L'Allemagne qui commandera le bataillon en place en Lituanie enverra pour sa part 500 hommes, comptera 200 véhicules dont 26 chars léopard 2 Rtbf

                                                                      La Belgique

Sous commandement Germanique, la Belgique dépêchera en Lituanie une compagnie du train de 90 hommes. Ministère de la défense Belge

                                                                 La Grande-Bretagne

Les britanniques enverront 800 hommes, des drones et des chars challengers 2 en Estonie Sott

Les forces Françaises seront donc sous commandement Anglais !
En plus de cet engagement terrestre, la royale air force enverra plusieurs typhons en Roumanie sur la base de Mihail Kogalniceanu pendant 3 mois de l'été 2017. Ministère de la défense Britannique

Voilà les principaux protagonistes, complices et serviles larbins des USA dans leur tentative de déstabilisation de l'Europe. L'OTAN ne sert que les intérêts des lobbys de l'armement et l'économie Américaine jouant sur une peur fantasmée de l'improbable invasion par l'armée russe d'un pays-tiers. Le seul envahisseur dans ce lamentable remake des pires heures de la guerre froide, provient de ce pays arrogant, belliqueux, et envahissant, à savoir les démons-unis ! Partout où passent les troupes de l'oncle Sam, les pays trépassent, et les demandes de concessions dans les cimetières grimpent en flèche !

Yankees go home !

Parallèlement à l'arrivée de ces troupes d'occupation en Europe de l'Est, des manœuvres de l'OTAN, exercice Bison Drawsko 2017,  ont commencé le 11 janvier en Allemagne et en Pologne.

Ces gesticulations auront lieu jusqu'au 24 février. Les Pays-Bas fourniront le gros des troupes, avec pas moins de 3600 hommes et 600 véhicules. Rien que pour ce pays, il a fallu 29 trains et 1000 wagons pour acheminer le matériel en Pologne. C'est le plus grand exercice auquel participent les Bataves depuis les 15 dernières années Ministère de la défense des Pays-Bas
900 hommes et leur matériel participeront aussi à ces manœuvres issus de 6 autres pays : l'Allemagne, la Pologne, l'Estonie, le Canada,  la Belgique et bien entendu les USA.
panzers Allemands (bataillon 414) à l'embarquement ! Destination la Pologne...comme au "bon vieux temps" ?
Source des vidéos ici

Comme nous pouvons le constater, l'OTAN continue et continuera à jeter de l'huile sur le feu et à provoquer la Russie cette année par des gestes clairement inamicaux, contrairement à ses déclarations selon lesquelles elle serait une organisation œuvrant pour la paix ! Pas certain que ce type de plaisanterie d'un goût douteux arrache ne serait-ce qu'un début de sourire aux peuples Libyen ou Serbe. Les communiqués que je viens de lire pendant les deux jours et demi où j'ai travaillé sur cet article sont une parfaite illustration et une mise en pratique de la pensée Orwellienne.
La guerre c'est la paix !
La résistance n'est pas un droit, mais un devoir !

Sébastien Hairon volontaire bénévole à Donetsk (DNR)

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Sébastien Hairon.
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2017, le grand basculement. Mis en ligne par le site "entrefilet" le 6 janvier 2017

16 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #Les média, #l'horreur économique, #Je suis Charlie?

2017, le grand basculement. Mis en ligne par le site "entrefilet" le 6 janvier 2017

2017, le grand basculement

06/01/2017 L’effondrement de l’Empire atlantiste et de sa contre-civilisation tourne au tragi-comique. Le spectacle est tellement désolant que l’on se surprend même à éprouver une certaine gêne devant la petitesse des acteurs pris au piège de cet épilogue pourtant historique. La gêne par exemple de voir le minuscule Obama se ridiculiser encore davantage en donnant des coups de pieds rageurs dans son château de sable; de voir aussi la volaille merdiatique occidentale s'obstiner à piailler en perdant ses dernières plumes de crédibilité; de voir encore la panique des prétendants au trône hexagonal devant leur propre vacuité; de voir enfin la sublime élite européenne se persuader qu’elle a encore un rôle à jouer. La gêne en somme de voir toute la caste dirigeante de l'hyper-Titanic atlantiste s’avilir jusqu’au grotesque pour arracher encore au temps qui les vomit quelques lambeaux de vie. 2017 descend pourtant sur leur nuque comme un impeccable couperet. L'année du grand basculement ?

L’Empire en voie d’extinction
On voyait bien la bête pourrir sur pieds depuis quelques années mais le millésime 2016 aura été admirablement dévastateur pour l’Empire atlantiste. C’est l’année où tous les derniers joints de l’édifice ont pour ainsi dire pété en même temps.
Le Brexit; l’éviction du gang Clinton par le «déplorable» Trump; la montée irrésistible en Europe des partis souverainistes; la perte totale de crédibilité de la machine à enfumer merdiatique après la chute d’Alep, bref, autant de déculottées qui ont poussé toute la pègre ultralibérale de l’Empire dans les cordes.
Matrice et capitainerie du Système, les Etats-Unis en ont pris pour leur grade, nécessairement. De l’Ukraine à la Syrie en passant par la Lybie ou par l’Irak, toutes ses opérations de regime change ont foiré lamentablement.

Sans nous appesantir sur le désormais «failed state» ukrainien (1), la perte d’Alep en décembre dernier représente sans conteste le coup de grâce, l’humiliation ultime d’une machine à dévorer le monde qui va devoir s’habituer à bouffer de la compote à la paille désormais.
D’où la rage d’adolescent attardé manifestée par le pitoyable Obama dans les derniers jours de son pitoyable mandat.
Même ses provocations contre Poutine ou ses manœuvres pour savonner la planche à son successeur auront tourné au fiasco.
En expulsant 35 diplomates russes sur la base d’accusations fallacieuses par exemple, le POTUS espérait sans doute pouvoir encore jouer les gros bras dans une ultime passe d’armes intercontinentale. C’est raté. Le haussement d’épaule de Poutine (2) lui a renvoyé sa fanfaronnade en pleine tronche avec le claquement sec et terriblement humiliant d’une gifle diplomatique.

  1. constat est sans appel: Obama-le-pitre aura sans aucun doute possible été le pire POTUS depuis la Seconde guerre mondiale, c’est-à-dire le meilleur finalement. Il laisse en effet derrière lui un Empire en voie d’extinction, pour ainsi dire ruiné, que plus personne ne craint, et désormais guetté par une dislocation qui pourrait bien surprendre par sa rapidité.
    Merci à lui.
    On ajoutera à ce stade que cette dislocation pourrait prendre une forme inattendue dans la guerre qui oppose Trump à l'Etat profond US désormais. Sur MSNBC, un sénateur vient ainsi de menacer Trump, suggérant à mots à peine couverts que la CIA pourrait bien vouloir sa peau (3).

    Suicide merdiatique
    L’affaire d’Alep aura aussi permis à la volaille merdiatique d’achever son suicide en beauté.
    En près de 6 ans de tueries encadrées par les services secrets de moins en moins secrets de Washington, Riyad, Ankara, Londres, Tel-Aviv ou Paris (4), on croyait avoir tout vu, tout lu en matière de désinformation sur cette prétendue révolution syrienne et ses rebelles bisounours – notamment de la part d’une gauche française totalement ravagée par un crétinisme romantique effarant.
    Avec la prise d’Alep-est pourtant, les dernières bornes de la décence n’ont pas seulement été repoussées, elles ont été littéralement explosées dans une formidable crise d’hystérie merdiatique où les rumeurs les plus folles de massacres et même de viols collectifs par les troupes syriennes ont été présentées comme des faits avérés.
    C’était comme si au sein des rédactions occidentales – devenues officines du «Ministère de la vérité» de l'Empire depuis quelques années déjà (5) –, ont avait joué à qui aurait l’idée la plus délirante, la plus malsaine pour tenter de susciter encore la mobilisation et sauver la rébellion qu’on avait fantasmée.

Tout cela pour qu’à la fin, les seuls charniers découverts dans une Alep libérée soient ceux de civils torturés et massacrés par les rebelles bisounours qu’on avait tenté de faire passer durant 6 ans pour les dignes héritiers du Che (6).
Là encore: passé la colère aux moments cruciaux de la bataille, on s’est surpris à éprouver ensuite une certaine gêne face à l’ampleur des démentis que le réel infligeait coup pour coup aux délires d’une corporation merdiatique désormais réduite à un troupeau bêlant de petits militants hallucinés.

Le nouveau complot de Poutine
Mais comme on le sait le ridicule ne tue pas, hélas.
Et la plume encore puante de ses derniers mensonges orientaux, on a pu voir ensuite avec quelle dévotion hargneuse ledit troupeau s’est vite remis au garde-à-vous pour alimenter les nouvelles minutes de haine antirusse commanditées par l’éditeur-Système (7).
Ainsi, déjà accusé d'avoir en quelque sorte placé Trump à la Maison-Blanche, Vladimir Poutine est désormais soupçonné de vouloir organiser cette année encore une série de quasi coups d’Etat en Europe pour y placer, là aussi, des (es)-pions à lui lors des élections en Allemagne et en France notamment.

C'est le dernier complot cosmique mis au jour par nos rigoureux enquêteurs nourris au grain bio de la déontologie et de l’éthique des grandes écoles de journalisme officielles: Magic-Poutine s’apprêterait... à prendre le contrôle du monde-libre par extrêmes-droites interposées. Si si. (8)
Magic-Poutine version grand méchant de Comic Books: c'est du lourd, du massif, de l'indiscutable, et on a déclenché des guerres intergalactiques pour moins que ça.
Bêler d’effroi pour le compte de l’Empire est un travail harassant, à n’en pas douter.

L’UE en plein naufrage
Du côté de l’UE de Bruxelles, le naufrage se poursuit aussi sans encombre. La nausée des Européens est désormais telle que, à nouveau, tous les plumitifs du Système sont mobilisés (encore eux, les pauvres) pour sauver la succursale étasunienne.
Dans L’im-Monde du 21 décembre on pouvait ainsi lire en se pinçant le nez: «La Commission européenne n’a rien à voir avec la description technocratique qui en est faite (...) Jean-Claude Juncker (...) s’efforce de taxer les multinationales, de faire la chasse au paradis fiscaux et d’avoir une gestion politique – comprendre de gauche – des politiques budgétaires.» (9)
Ce que confirment pleinement d’ailleurs les révélations du Guardian du 4 janvier dernier (10), selon lesquels «Juncker aurait bloqué des réformes contre l’évasion fiscale».

Mais allez, on ne va pas chipoter comme disent nos amis belges. L’UE c’est chouette, c’est beau et ça sent bon puisque l’’im-Monde et ses clones vous le martèlent, et d’ailleurs tous les retraités grecs vous le confirmeront.
Reste que malgré les efforts déployés pour sauver l’image de l’UE, ça commence franchement à sentir le sapin pour le machin et nous, on aime bien..

Une fois n’est pas coutume, nous nous risquerons même au jeu des pronostics pour dire que 2017 aura sa tête, à l’UE de Bruxelles donc, avec une probable série d’xxExit qui seront sinon accomplis du moins franchement sur les rails avant la fin de l’année.
La perspective est tellement jouissive qu'on se laisserait presque aller à pousser pour l'occasion un petit «Jun-cker, blai-reau, le peuple aura ta peau»...
Patience.


En attendant un Trump à Paris
Pour boucler la boucle, on voulait encore souligner le spectacle lamentable donné par l'ennuyeuse petite troupe d'énarques en lice pour la Présidentielle française. Ce qui confirme d'ailleurs que le théâtre, plus c'est subventionné, plus c'est de la..., enfin plus c'est mauvais quoi.
En ce moment, la sitcom en est à la primaire de l’autre tête dite «de gauche» du Parti inique, pardon, unique, aux commandes, et nous voulions évoquer un peu la vacuité abyssale de la chose. Et puis nous y avons renoncé. Un coup de mou sans doute, non pas devant l’ampleur de la tâche, nous ne sommes pas si paresseux, mais devant son inutilité. Si vous en avez la force, il vous suffit en effet de vous infliger un JT de temps en temps pour être édifiés. Nous, on y arrive plus.
Alors pour faire court, nous nous risquerons là encore au jeu des pronostics en disant qu'il est bien possible, sinon probable, que les Français décident enfin de tirer la chasse sur cette caste d'énarques et autres enfumeurs néolibéro-progressistes en choisissant leur propre Trump, quel qu’il soit. «N’importe qui plutôt qu’un de ceux-là», nous paraît l’engagement citoyen le plus responsable et respectable qui soit par les temps qui courent.

Epilogue
L'Empire atlantiste est donc enfin entré dans la phase finale de son effondrement.
Les Etats-Unis dévissent et la succursale européenne se débat pour survivre aux secousses.

Partout les idéologues et les artisans du chaos sont désormais démasqués, conspués, et la machine merdiatique qui recouvrait leur sale petite mécanique d'un vertueux vernis est en panne.
Les temps sont tragiquement propices au changement.
2017 sera-elle l'année du grand basculement?
Tout est prêt.

Mis en ligne par entrefilets.com le 6 janvier 2017

1 La vérité sur l’Ukraine exposée au Parlement européen

2 Trump et d'autres saluent la décision «mûre» de Poutine de ne pas répondre aux sanctions américaines

3 Did Chuck Schumer Just Threaten Donald Trump?

4 Liste d’officiers de la coalition américaine capturés à Alep-Est

5 Goebbels peut aller se coucher

6 Alep: des charniers de civils découverts dans des quartiers libérés des combattants

7 Guy Verhofstadt: «Résistons à la guerre hybride que Poutine mène contre l’Occident»

8 Le Monde craint «la cyberguerre de Poutine» à l’approche de la présidentielle française

9 [Le Monde] Vous reprendrez bien un peu de propagande UE avec votre propagande Alep ?


10 Juncker aurait bloqué des réformes contre l’évasion fiscale, selon le «Guardian»

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Les Républicains font pression sur Guaino en gelant son investiture aux législatives Par Tristan Quinault Maupoil.

6 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation .

Les Républicains font pression sur Guaino en gelant son investiture aux législatives

 

Le président de la Commission nationale d'investiture des Républicains met en garde le député des Yvelines, qui souhaite être candidat contre François Fillon. «C'est minable», répond l'intéressé qui compte se maintenir.

Henri Guaino sera-t-il investi par les Républicains pour les prochaines élections législatives? Le député des Yvelines est également candidat à l'élection présidentielle, ce qui ne plaît pas à la rue de Vaugirard. Et pour cause, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy ne se prive pas de dire tout le mal qu'il pense du projet de François Fillon. «Je ne soutiendrai jamais un programme que je trouve profondément injuste», avait-il prévenu en décembre dernier.

Des déclarations qui bloquent son investiture pour les élections législatives de juin prochain. «Un parti politique n'est pas un self dans lequel on peut avoir accès sans contrepartie au beurre, à l'argent du beurre et à la crémière», prévient Jean-François Lamour, le nouveau président de la Commission nationale des investitures (CNI) des Républicains, cité dans Valeurs Actuelles. «Il sera difficile de valider son investiture lors de la convention de la CNI le 14 janvier prochain. Nous allons très certainement mettre en attente sa circonscription au-delà de cette date butoir. Notre décision finale interviendra lorsqu'il aura exprimé son souhait de rompre définitivement avec sa famille politique ou de rentrer dans le rang», indique ce proche de François Fillon.

Une mise en garde qui irrite l'intéressé. «Il n'y a rien de plus minable que la politique de l'intimidation», lance Henri Guaino au Figaro. «Un parti n'est peut être pas un self mais ça ne doit pas non plus être une caserne», dit-il. Avant d'ironiser: «Les dirigeants passent, la famille politique reste».

L'ancien conseiller à l'Elysée assure n'avoir eu aucun contact avec Jean-François Lamour ou d'autres responsables des Républicains pour aborder la question de son investiture. «Ils sont lâches. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent. Je serai quand même candidat. Comme disait Chirac, “ça m'en fait bouger une...”».

La circonscription d'Henri Guaino, la 3e des Yvelines, est considérée comme imperdable pour la droite. Lui-même y avait été élu avec 61,85% des voix en 2012. «Il y a des gens qui rôdent, elle attire les convoitises», observe-t-il. Ce qui fait dire à l'élu que «les politiciens sont de retour dans leur pire forme».

«Raisonnablement confiant» sur sa capacité à rassembler les 500 signatures d'élus nécessaires pour valider sa candidature à l'élection présidentielle auprès du Conseil constitutionnel, le candidat assure qu'il va continuer à rencontrer des maires pour parvenir à son objectif, malgré les menaces de son parti.

 
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Éric Denécé : États-Unis, les vraies raisons de l’expulsion des diplomates russes

4 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #ACTUALITE, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Éric Denécé : États-Unis, les vraies raisons de l’expulsion des diplomates russes

Source : CF2R, Eric Denécé, 01-01-2017

Le président américain Barack Obama a ordonné vendredi 30 décembre l’expulsion de trente-cinq diplomates russes accusés d’être des « agents de renseignement » de Moscou en poste à l’ambassade de Russie à Washington et au consulat russe de San Francisco. Sans apporter de détails, la Maison-Blanche les accuse d’avoir « agi d’une manière qui ne correspond pas à leur statut diplomatique » et leur a donné 72 heures pour quitter le pays. Par ailleurs, le département d’Etat a décrété la fermeture de deux bâtiments appartenant à la Russie dans les Etats du Maryland, près de Washington, et de New York, au motif qu’ils étaient « utilisés par des responsables russes à des fins de renseignement ». 

Harcèlement ou cyberattaques ? Que reprochent les États-Unis à la Russie ?

La Maison-Blanche a précisé que ces représailles constituaient « une réponse au harcèlement croissant, ces deux dernières années, contre le personnel diplomatique [américain] en Russie par les forces de sécurité et de police ». Un harcèlement qui serait allé« bien au-delà des règles de comportement diplomatiques internationales ». Barack Obama a ajouté que ces actions font suite « aux avertissements que nous avons adressés de manière répétée au gouvernement russe, en privé et en public. Elles sont une réponse nécessaire et adaptée aux actions visant à nuire aux intérêts américains en violation des normes de comportement internationales établies ».

Le président américain a également annoncé que des sanctions étaient prises contre « neuf entités et individus », parmi lesquels deux services de renseignement russes, le GRU (renseignement militaire) et le FSB (service de sécurité intérieure) et leurs responsables. Le premier est accusé par la Maison-Blanche d’avoir, grâce à ses agents et ses moyens techniques, « falsifié, altéré (…) des informations avec l’objectif ou l’effet d’interférer dans le processus électoral américain en 2016 ». Quant au FSB, il est accusé d’avoir aidé le GRU. Mais curieusement, il n’est pas fait état du SVR, pourtant principal service de renseignement extérieur russe présent à l’étranger.

De plus, trois entreprises russes soupçonnées d’avoir apporté un « soutien matériel » aux opérations de piratage informatique vont être également juridiquement et financièrement sanctionnées par l’administration américaine. « Les sanctions ne s’arrêteront pas là » a ajouté Barack Obama, prévenant que les Etats-Unis prendront d’autres mesures « au moment que nous choisirons, y compris des opérations qui ne seront pas révélées au public ».

En réalité, cette expulsion d’officiels russes – la plus importante depuis 2001[1] – vient sanctionner la supposée ingérence de Moscou dans la campagne présidentielle américaine, pendant laquelle le Parti démocrate aurait été victime de cyberattaques qui auraient favorisé l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Selon un rapport publié le 29 décembre par le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security/DHS) et le FBI[2], deux groupes de hackers qui seraient liés au renseignement russe – dénommés APT 28 ou Cozy Bear et APT 29 ou Fancy Bear – sont présentés comme responsables « de piratages ayant ciblé un parti politique américain » pendant l’été 2016. Selon les autorités américaines, le premier serait réputé proche du FSB, tandis que le second serait une émanation du GRU[3].

Ces attaques contre les serveurs et ordinateurs du Parti démocrate ont mené à la publication de plusieurs milliers d’e-mails et documents internes du mouvement, plus tard mis en ligne sur Wikileaks, jetant une lumière crue sur les manœuvres du clan Clinton afin d’écarter la candidature de Bernie Sanders et révélant nombre de magouilles et d’irrégularités internes. Ces actions auraient largement contribué à affaiblir la campagne d’Hillary Clinton. Mais, pour le moment, le gouvernement américain a donné peu d’éléments liant les diplomates déclarés persona non grata aux cyberattaques supposées de l’été dernier.

Outre ces supposés piratages informatiques destinés « à influencer l’élection présidentielle », Washington accuse Moscou de plusieurs cyberattaques contre des établissements financiers, des universités et d’autres institutions américaines.

Fin décembre, des responsables du DHS, du FBI et du Bureau du directeur du renseignement national (DNI) ont communiqué les codes des logiciels malveillants Grizzly Steppe[4] aux responsables de la sécurité des infrastructures critiques nationales (secteur financier, services publics, transports, énergie, etc.). Les responsables des services publics du Vermont ont alors aussitôt réagi, affirmant avoir identifiéun de ces codes dans les systèmes de contrôle du réseau électrique. Cette découverte à immédiatement été médiatisée, provoquant la peur dans les structures gouvernementales que les « pirates informatiques liés aux services russes tentent activement de pénétrer les infrastructures critiques du pays pour conduire des attaques destructrices ».

Des réactions outragées d’élus politiques locaux proches de l’administration Obama n’ont pas tardé à avoir lieu : le 30 décembre, le gouverneur démocrate du Vermont, Peter Shumlin, déclarait que « tous les Américains devraient être à la fois alarmés et scandalisés que Vladimir Poutine, un des plus grands voyous du monde, ait tenté de briser notre réseau électrique, sur lequel nous comptons pour soutenir notre qualité de vie, notre économie, notre santé et notre sécurité (…). Cet épisode devrait mettre en évidence le besoin urgent que notre gouvernement fédéral poursuive vigoureusement et mette fin à ce genre d’ingérence russe ». Un peu plus tard, le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy, renchérissait, jetant encore un peu plus d’huile sur le feu : « cela va au-delà des piratages informatiques classiques : il s’agit maintenant d’essayer d’accéder aux services publics pour manipuler le réseau électrique et l’arrêter au milieu de l’hiver ».

Une étonnante absence de preuves

Que penser de accusations américaines et des mesures qui ont été prises par la Maison-Blanche tant les affirmations de l’administration Obama sont véhémentes mais aussi confuses ?

Concernant le supposé hacking des ordinateurs du Parti démocrate, pour le moment, personne n’a pu avoir accès aux informations réunies par la CIA qui « prouveraient » l’implication russe dans cette affaire. En conséquence, il est probable que des renseignements parcellaires aient été extrapolés pour conclure au hacking russe des ordinateurs du Parti démocrate. Mais ce ne sont pas là des preuves. Pourtant, dès le 7 octobre, un communiqué commun du DHS et du DNI affirmait « avoir la conviction que cette opération venait de Russie et ne pouvait avoir été lancée qu’avec l’accord des plus hautes autorités[5] ».

D’ailleurs, au sein même de la communauté américaine du renseignement, les accusations font débat : une partie de la CIA n’est pas d’accord avec l’interpréation donnée et la majorité du FBI – même si certains de ses dirigeants ont fait une étonnante volte-face le 29 décembre – considère qu’il n’y a que des ragots dans le dossier mais en aucun cas des éléments judiciaires à charge. Sans exclure la « piste russe », les membres du Bureau se montrent beaucoup plus prudents que Langley sur le sujet, affirmant tirer des « conclusions très différentes de celles de la CIA ».

Plusieurs médias, comme The Intercept, indiquent également que les sources anonymes de la CIA s’exprimant dans les colonnes du Washington Post pour accuser Moscou n’apportent pas d’éléments probants afin de soutenir les accusations qu’ils émettent. D’autres observateurs considèrent que les preuves techniques présentées – comme l’utilisation d’un traitement de texte configuré en russe – ou le fait que les piratages ont majoritairement eu lieu pendant les heures diurnes du fuseau horaire de Moscou, sont insuffisantes pour incriminer la Russie. Enfin, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a déclaré lors d’une interview que la source des e-mails que son site avait révélés n’était pas la Russie[6].

Concernant les cyberattaques « identifiées » dans le Vermont, les dirigeants de la société Burlington Electric, en charge de la gestion du réseau électrique local, ont déclaré que le code malveillant avait été détecté « dans un ordinateur portable qui n’était pas connecté aux systèmes de contrôle du réseau » et qui a été immédiatement isolé. Les responsables de la sécurité de Burlington ont reconnu qu’ils ne savaient déterminer à quel moment ce code était entré dans l’ordinateur, ni si les « hackers russes » avaient eu pour intention de perturber le fonctionnement du système ou d’observer s’ils pouvaient le pénétrer. A noter que les représentants du département de l’Energie et du DHS ont refusé de commenter ces faits.

Ainsi, concernant ces deux affaires, en l’état actuel des choses, il n’y a ni preuve avérée, ni commission parlementaire, ni enquête judiciaire, ni unanimité au sein de la communauté du renseignement. A tel point que le motif officiel de l’expulsion des diplomates russes n’est pas le supposé hacking des ordinateurs du Parti démocrate, mais un vague prétexte de « harcèlement diplomatique », ce qui en dit long sur les supposés éléments à charge. Le président élu Donald Trump a d’ailleurs mis en cause la véracité des renseignements à l’origine des accusations à l’égard de Moscou.

Autant dire que nous sommes là dans une confusion totale, qui ne peut que susciter des doutes majeurs quant à la réalité des faits présentés. Une grande partie des journalistes américains sentent qu’ils sont au cœur d’une manipulation orchestrée par l’administration sortante et sont plutôt assez prudents dans cette affaire.

Quand bien même certaines de ces accusations seraient-elles fondées, rappelons que ce que la Maison-Blanche reproche à ces hackers c’est d’avoir dévoilé des e-mails authentiques mettant en lumière les turpitudes d’Hillary Clinton et de son entourage, suite à quoi le FBI aurait du réagir et poursuivre la candidate en justice, ce qu’il n’a pas fait. En somme, les « hackers russes » ont joué le rôle de Whistleblowers, lequel est constamment encouragé par Washington partout dans le monde lorsqu’il s’agit de lutte contre la corruption, la fraude ou le terrorisme. Au demeurant, personne ne semble avoir critiqué les Démocrates pour leur amateurisme coupable puisqu’ils ont été incapables de protéger leur système informatique alors même que leur candidate était l’épouse de l’ancien président et ex ministre des Affaires étrangères !

Quant à l’implication de Moscou, elle reste à prouver. Affirmer que Trump a été élu grâce à l’appui de Poutine n’a pas de sens, car si tel était le cas, l’opération aurait été d’un grand amateurisme et aurait eu pour effet de voir son soutien démasqué et son candidat décrédibilisé, ce qui aurait été totalement contre-productif.

La « vertu » américaine offusquée : quand l’hôpital se moque de la charité

Dans le cadre de l’expulsion des trente-cinq diplomates russes, Barack Obama a invité les pays « amis et alliés » des Etats-Unis à « travailler ensemble pour contrer les efforts de la Russie visant à saper les bonnes pratiques internationales et à s’ingérer dans le processus démocratique ». A l’occasion de cette affaire Washington s’érige donc en victime innocente d’une cyberagression contraire au droit international, condamne sans hésitation de telles pratiques et dénonce la volonté de Moscou d’interférer dans le processus démocratique des Etats-Unis. Si nous ignorions qu’il n’y a pas plus éloquente qu’une prostituée faisant un discours sur la chasteté, nous en tomberions à la renverse !

L’espionnage est un grand classique entre les Etats. Indéniablement, les Russes, comme les autres nations, espionnent leurs principaux rivaux, concurrents et alliés. Mais si pendant la Guerre froide, les Soviétiques étaient de loin le plus agressifs, la situation s’est inversée depuis. La croissance exponentielle de la communauté américaine du renseignement et de ses moyens font des Etats-Unis le pays du monde qui espionne le plus les autres, au prétexte de la guerre contre le terrorisme (GWOT). Entendre Washington se plaindre de l’agressivité des services russes – ce qui est au passage une réalité, aux Etats-Unis comme en Europe – laisse songeur. Utiliser un tel argument relève d’une mauvaise fois évidente

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Washington a conduit plus d’interventions politiques clandestines dans le monde – orientant le résultat d’élections ou soutenant des coups d’Etat[7] – que ne le fit l’URSS. Les Américains ont même théorisé le Regime Change, qu’ils ont appliqué en agissant par ONG « démocratiques » interposées à l’occasion des « révolutions oranges » dans les années 1990, du « printemps » arabe à partir de 2011, ou de la pseudo révolution de Maidan en Ukraine (2014), ou bien encore en bafouant ouvertement le droit international lors de l’invasion de l’Irak en 2003.

Il convient également de rappeler que la NSA a mis sur écoute les dirigeants politiques de la planète entière – y compris ses plus fidèles alliés -, qu’elle surveille toutes les communications électroniques mondiales et qu’elle a développé des capacités d’attaques informatiques sans équivalent dans le monde.

Ce sont les États-Unis qui ont lancé les premières cyberattaques en Iran, afin de saboter, avec l’aide des services israéliens, le programme nuclaire iranien. Cette histoire est détaillée dans les documents de Snowden dont l’authenticité n’a jamais été mise en doute. La NSA a également pénétré les réseaux informatiques de plusieurs agences et minstères de Chine. Ce sont là des actes de guerre. Et les frappes de drones comme les éliminations ciblées conduites dans le cadre de la guerre contre le terrorisme relèvent de la même logique. Or, les Etats-Unis ont toujours traité par le mépris et balayé d’un revers de la main les critiques et accusations formulées contre eux en raison de ces actes, déniant aux autres Etats comme à la communauté internationale le droit de les juger de quelque manière que ce soit. Voir donc aujourd’hui la Maison-Blanche dénoncer une violation des règles internationales – qui plus est sans guère de preuves – dont le pays aurait été victime illustre bien l’unilatéralisme qui caractérise Washington depuis la fin de la Guerre froide.

Les enjeux véritables de la crise pour l’administration Obama

Au demeurant, cette affaire survient dans un contexte très particulier, dont il importe de rappeler les nombreux paramètres.

– L’Establishment de Washington a été totalement surpris par la victoire de Donald Trump et a compris qu’un grand ménage allait avoir lieu dans lequel beaucoup de ses membres perdraient leurs positions politiques et les retombées économiques liées à leurs alliances internationales.

– Aussitôt élu, le futur président a clairement manifesté son extrême méfiance à l’égard de la communauté du renseignement et plus particulièrement de la CIA, qu’il soupçonne d’avoir eu une forte et néfaste influence sur la politique de ses deux prédécesseurs.

– Aussitôt désigné comme futur Conseiller à la Sécurité nationale, le général Michael Flynn[8] a annoncé qu’il allait recentrer l’Agence – dont il critique ouvertement les performances – sur la recherche et l’analyse du renseignement et a désigné un nouveau directeur chargé de la remettre au pas[9]. Flynn a déclaré qu’il allait confier à l’avenir l’ensemble des opérations clandestines au Commandement des opérations spéciales (USSOCOM[10]/JSOC[11]) – donc au Pentagone -, ce à quoi la CIA est déterminée à s’opposer à tout prix.

– Donald Trump, Mike Flynn, mais aussi le futur secrétaire d’Etat, Rex Tillerson – actuel président d’Exxon-Mobil – n’ont pas fait mystère de leur volonté de renouer des relations de confiance et de partenariat avec la Russie de Poutine, ce qui va à l’encontre des positions de l’administration actuelle et de ses intérêts.

Nous sommes donc là de manière évidente dans une affaire américano-américaine ou deux clans s’affrontent pour rénover ou conserver le pouvoir… avant le 20 janvier, date de prise de fonction de Donald Trump. Ainsi, Barack Obama et son administration s’emploient clairement à :

– pourrir la situation pour le début de la présidence Trump, à défaut de pouvoir remettre en cause son élection,

– saboter le rapprochement américano-russe.

Rappelons également que l’expulsion des officiels russes intervient quelques jours après la libération d’Alep par la coalition russo-syrienne et l’accord de cessez-le-feu conclu entre Russes, Syriens, Iraniens et Turcs sans la participation de Washington. Ce sont là deux déconvenues majeures de la politique étrangère américaine. Enfin, rappelons qu’Edward Snowden, la bête noire du renseignement américain, est toujours à Moscou. Dès lors, rien d’étonnant à ce que Washington multiplie les provocations vengeresses à l’encontre de la Russie.

La réaction russe

La Russie a « catégoriquement » rejeté les accusations dont elle est l’objet, les jugeant « indécentes ». A titre de réciprocité, Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères à immédiatement proposé à Vladimir Poutine de déclarer persona non grata trente et un diplomates de l’ambassade des États-Unis à Moscou et quatre du consulat de Saint-Pétersbourg et de leur interdire l’utilisation d’une maison de campagne dans la banlieue de Moscou et d’un bâtiment leur servant de dépôt dans la capitale. Mais le président russe a déclaré qu’il n’expulserait aucun diplomate américain, souhaitant ne pas répondre à ce « nouveau geste inamical de l’administration américaine sortante » destiné « à déstabiliser plus encore les relations russo-américaines », alors même qu’il attend l’entrée en fonction du nouveau président américain pour rétablir avec lui des relations de confiance entre les deux pays. Donald Trump a salué aussitôt « l’intelligence » du président russe. Force est de constater l’astuce avec laquelle Vladimir Poutine a su éviter le piège tendu par l’administration américaine, désamorçant ainsi une crise aurait pu provoquer une tension majeure.

*

Le psychodrame sur le prétendu mais non étayé piratage russe n’a pas peut-être pas encore atteint son paroxysme, car il reste trois semaines avant l’investiture de Donald Trump. Mais déjà, cette affaire, dans laquelle le grotesque le dispute à l’absurde, s’affirme comme l’une des histoires les plus surréalistes des relations internationales  contemporaines.

Conséquence de la croissance exponentielle des supports d’information (internet, réseaux sociaux, médias audiovisuels) depuis le milieu des années 1990, puis de l’entrée en scène des Spin Doctors à partir de 2002, le monde est entré dans une nouvelle ère de manipulation de l’information et des opinions. La combinaison d’un Storytelling efficace et de la maîtrise des canaux de communication internationaux permet de faire apparaître le faux encore plus vrai que le vrai[12]. Les justifications fantaisistes de l’invasion de l’Irak en 2003, le « roman » des « révolutions » arabes à partir de 2011, les présentations faussées de la crise ukrainienne et du conflit syrien n’en sont que les illustrations les plus visibles.

En accusant le Kremlin de vouloir pour manipuler et détruire la démocratie américaine, une partie de l’Establishment d’outre-Atlantique s’est lancée dans une tentative aussi pathétique que desespérée ayant pour but de permettre à ses membres de conserver leurs postes et de poursuivre la politique internationale de tension qu’ils ont mis en place depuis le début des années 2000, la seule qui, à leurs yeux, permette d’assurer la pérennité de la domination politique et économique des Etats-Unis sur le monde.

 


  • [1] 50 agents avaient dû alors quitter le territoire américain.
  • [2] https://www.us-cert.gov/sites/default/files/publications/JAR_16-20296A_GRIZZLY%20STEPPE-2016-1229.pdf
  • [3] De très nombreux piratages ont été attribués à ces deux groupes, dont celui qui a visé TV5 Monde en 2015.
  • [4] Nom donné par les Américains à la soit-disant opération russe.
  • [5] https://www.dhs.gov/news/2016/10/07/joint-statement-department-homeland-security-and-office-director-national
  • [6] http://www.foxnews.com/politics/2016/12/16/wikileaks-founder-assange-on-hacked-podesta-dnc-emails-our-source-is-not-russian-government.html
  • [7] Guatemala, Iran, Vietnam, Indonésie, Argentine, Philippines, Bosnie… pour ne citer que quelques exemples célèbres, sans parler des interventions dans la vie politique européenne pendant la Guerre froide, notamment en France et en Italie.
  • [8] Ancien officier des forces spéciales et ex directeur du renseignement militaire (DIA).
  • [9] Il lui reproche notammment d’avoir envoyé les analystes sur le terrain, ce qui leur a fait perdre tout recul, altérant considérablement les capacités d’analyse de l’Agence. Il est par ailleurs déterminé à restreindre son autonomie, considérant qu’elle est devenue une véritable « armée privée » imposant régulièrement sa vision de la situation internationale à la Maison-Blanche.
  • [10] United States Special Operations Command.
  • [11] Joint Special Operations Command.
  • [12] Le 30 décembre, des responsables américains ont « informé anonymement » certains médias que la Russie avait fermé l’école anglo-américaine de Moscou en représailles à l’expulsion de ses diplomates. CNN a été la première à diffuser cette information, largement reprise par les réseaux sociaux… qui est évidemment dénuée de tout fondement !

Source : CF2R, Eric Denécé, 01-01-2017

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Pourquoi l’US Navy est-elle à quai ?

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #ACTUALITE, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Pourquoi l’US Navy est-elle à quai ?

Pourquoi l’US Navy est-elle à quai ?

 

 

Pourquoi l’US Navy est-elle à quai ?

On sait depuis longtemps, – en fait, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondial, – que l’US Navy veille à garder en déploiement opérationnel un certain nombre de ses groupes de porte-avions, autour de cette unité centrale du contrôle des mers qu’est devenu le grand porte-avions d’attaque (CVA pour l’US Navy). Il s’agit d’une planification très complexe aujourd'hui parce que le nombre de CVA est réduit à dix et qu’un certain nombre d’entre eux doivent se trouver en relâche technique, soit pour une simple raison d’une nécessaire interruption du service pour repos et entretien courant, soit pour des périodes d’entretien plus fondamental (mise en radoub), soit pour des stades de modernisation, des réparations, etc.

Avec les CVA modernes, extrêmement complexes et d’un entretient délicat, ces périodes d’immobilisation s’allongent et rendent encore plus complexe la planification, alors que les crises ne cessant d’éclater et de se développer dans le monde. Quoi qu’il en soit, la Navy essaie d’avoir trois ou quatre unités en déploiements opérationnels en même temps sur toutes les mers du monde et selon les nécessités stratégiques du moment ; ces dernières années, des situations se sont présentées où ces déploiements simultanés étaient réduits à deux groupes, dans de courtes périodes intermédiaires où un CVA avait quitté sa zone opérationnelle alors qu’un autre se trouvait sur le point d’y arriver. Mais la situation actuelle est complètement originale et étrange : aucun déploiement opérationnel de CVA, une “première” depuis 1945, à la très forte signification stratégique et symbolique même si cette situation ne devrait dure que d’une à trois semaines.

Infowars.com s’empare de la nouvelle pour en faire une interrogation sur son sens politique et caché : pourquoi l’administration Obama a-t-elle ordonné ce repli de l’US Navy et ne se pourrait-il pas que cette mesure préparât une opération de type-falseflag d'ici le 20 janvier et la prestation de serment de Trump ?

« In what can only be described as a disproportionate appropriation of U.S. Navy assets, a blatant breach of standard protocol, and a possible set up for a false flag operation — the entire U.S. Navy aircraft carrier group, 10 active carriers, have returned to port and are now all sitting ducks. According to information displayed on GoNavy.jp, which tracks the current locations of all active aircraft carriers, the Obama Administration has ordered every single active U.S. aircraft carrier home.

» About 6000 sailors from the USS Dwight D. Eisenhower strike group returned to Norfolk, Virginia “out of nowhere” Friday, just ahead of New Year’s, after CVN69’s deployment on June 1. “The Eisenhower’s replacement carrier, the USS George H.W. Bush, was delayed by more than six months in the shipyards and will not be able to replace the Ike until early” 2017, Navy officials say. [...]

» Additionally it’s important to note that radio talk show host Alex Jones has warned of a possible impending false flag, one that may come before President-elect Trump takes office.

» Could something be brewing on the horizon? »

C’est essentiellement à partir d’une enquête faite par FoxNews et difffusée le 31 décembre 2016 qu’il est apparu que l’US Navy se trouvait dns cette posture. Le texte que donne FoxNews en complément de son reportage filmé reste assez confus à cause du mélange des explications techniques et budgétaires et des arguments de communication que donnent les officiels contactés. Il semblerait que cette situation ne durerait formellement qu'une semaine, à l'issue de laquelle le USS Carl-Vinson quitterait sa base et son port d’attache de San Diego pour aller prendre position dans le Pacifique ou éventuellement dans l’Océan Indien (ce qui demandera un certain temps et ne comblera réellement le “vide stratégique” que vers le 20 janvier, – justement...).

Voici quelques extraits du texte de FoxNews :

« For the next week, not only will there be no U.S. Navy aircraft carrier in the Middle East, but there will be no American aircraft carriers deployed at sea anywhere else in the world, despite a host of worldwide threats facing the United States. [...]

» While there is no U.S. aircraft carrier in the Middle East right now, there is a large deck U.S. Navy amphibious assault ship with thousands of Marines on board as well as helicopters and some jets to respond to a crisis, according to officials. [...] In the meantime, the Navy tells Fox News the U.S. military has other jets available to make up for the aircraft carrier gap in the Middle East and elsewhere in the world. The Navy can also “surge” a carrier now in port to deploy if necessary. But the absence of a deployed U.S. Navy aircraft carrier, long seen as a symbol of American power projection, is noteworthy. It is believed to be the first time since World War II that at least one U.S. aircraft carrier has not been deployed. [...]

» It’s not the first time there was a carrier gap in the Middle East. Last fall, the U.S. Navy relied on a French aircraft carrier to fill the void when the USS Theodore Roosevelt returned home. At the time it was the first gap in carrier coverage in the Middle East since 2007.

» Other factors contribute to the U.S. Navy not having an aircraft carrier deployed anywhere in the world right now. [...] The congressionally mandated budget cuts known as sequestration have also been felt on the waterfront since 2011. After billions of dollars were cut from the Navy’s budget, ships such as the George H.W. Bush were forced to prolong their time in the shipyards, which had a ripple effect down the line. If the Bush had left the shipyard on time, she would have relieved the Ike in the Gulf or the Mediterranean, officials tell Fox News. »

On observera que les deux interprétations diffèrent notablement, Infowars.com posant aussitôt l’hypothèse d’un “coup” de l’administration Obama et FoxNews se contentant d’exposer les arguments de la Navy, tout en mettant en évidence le caractère stratégique extraordinaire de la situation qui symbolise bien le déclin de la puissance stratégique US. Il reste que cette occurrence effectivement extraordinaire se produit dans une séquence de grande tension aux USA, avec deux présidents, le sortant et le nouvel élu, en position d’affrontement jusqu’au 20 janvier et l’inauguration officielle du président Trump.

Bien qu’une coïncidence reste effectivement possible, l’argument d’une situation provoquée ne peut être complètement rejetée, loin s’en faut. La Navy planifie de loin la situation de ses CVA, et il paraît plutôt étonnant qu’elle ait laissé se faire ce “vide” stratégique extraordinaire en plein processus de transition du pouvoir, dans une période où, en général, les forces armées US ont plutôt tendance, sinon mission de montrer leur puissance alors que le pouvoir politique est dans une position constitutionnellement incertaine. Cette remarque s'accompagne par ailleurs dans notre chef de la précision que nous sommes plutôt en complet désaccord sur l’énoncé de l’article d’Infowars.com selon lequel “l’administration Obama a ordonné que tous les porte-avions d’attaque de l’US Navy regagne leurs ports d’attache” (« ...the Obama Administration has ordered every single active U.S. aircraft carrier home... »). Une direction politique ne peut donner un tel ordre secrètement, surtout sur un temps très réduit comme l’article le laisse entendre, et l’US Navy de son côté ne se prêterait certainement pas à une manœuvre à long terme, demandant une planification à mesure, sans soulever l’aspect politique et stratégique complètement extraordinaire, sinon extraordinairement suspect de la chose dans la période actuelle de transition et de tension ; bref, il est difficile à des comploteurs, fussent-ils américanistes et de l’administration Obama, de jouer avec des groupes de porte-avions d’attaque comme l’on dirige des drones liquidateurs à 7.000 kilomètres de distance.

Il existe par contre un autre possibilité, qui est que l’US Navy ait volontairement effectué une telle planification pour priver le commandement civil d’une capacité importante de frappe, au cas où une opération de provocation (par exemple contre la Syrie) aurait été lancée pour tente de déstabiliser, par exemple soit la candidature Trump, soit le président-élu Trump. (L’exemple choisi [Trump] est en fait le seul cas possible impliquant l’hypothèse d’une “opération de provocation” au vu de la distribution des pouvoirs, des candidats, de leurs programmes, etc., tout au long de la campagne USA-2016.) L’US Navy avait réalisé une opération de cette sorte, d’une façon politiquement très claire derrière les arguments techniques qui avaient permis de dégarnir les capacités d’attaque contre l’Iran dans la période 2006-2007, alors que les extrémistes de l’administration Bush (Cheney & sa clique) réclamaient une attaque contre l’Iran. De simples dispositions techniques, avec des procédures de remplacement arrangées dans un sens adéquat en modulant les déplacements des porte-avions avaient permis de réduire la présence de l’US Navy à deux, voire un seul CVA au large de l’Iran en juillet-août 2007, au moment le plus intense de la possibilité d’une attaque ; cette présence était absolument insuffisante pour le dispositif aérien et de soutien technique nécessaire à l’attaque stratégique envisagée. (On retrouve des traces de cette opération notamment dans le F&C du 18 juillet 2007 sur « Le porte-avions volant », tandis que de nombreuses autres références renvoient à un conflit ouvert entre des chefs du JCS et de l’US Navy, – les amiraux Mullen et Fallon particulièrement, – et les extrémistes de l’administration GW Bush.)

Avec cette référence à l’esprit, on peut effectivement donner une signification politique à cette situation stratégique extraordinaire de l’US Navy, au moins pendant cette période vitale et très tendue de la transition. On sait depuis longtemps, au moins dans la période depuis 9/11, que les militaires US ont été la fraction du pouvoir la moins encline au déclenchement d’un conflit et, en général, aux diverses politiques bellicistes développées avec ce zèle par les pouvoirs politiques et certains services de sécurité. Par ailleurs, cette même situation stratégique de l’US Navy sert de rappel utile, de la part des militaire, des promesses du candidat Trump de restaurer l’outil militaire US dans toute sa puissance. Enfin, pour couronner cette addition d’arguments qui ont une logique commune mais qui sont finalement contradictoires dans leur signification à long terme, la situation actuelle de “vide stratégique” de l’US Navy renforce le choix supposé de l’administration Trump d’abandonner une politique belliciste et d’interventionnisme extérieur... Puisque, décidément et preuve par les CVA de la Navy, il s’avère que les USA n’en ont plus moyens...

 

Mis en ligne le 3 janvier 2017 

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Décès de Jean-Christophe Victor, “voyageur infatigable”, par Cécile Mazin -

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #ACTUALITE, #La France, #Services publics

Décès de Jean-Christophe Victor, “voyageur infatigable”

Cécile Mazin - 29.12.2016

 

Animateur du magazine Le Dessous des cartes, Jean-Christophe Victor est décédé. Auteur et préfacier de plusieurs ouvrages dédiés à la géographie, mais également à la géopolitique, il a officié sur Arte durant 26 années. « Intellectuel brillant, et surtout humaniste convaincu et engagé dans la transmission de son savoir », souligne la chaîne.

 

 

 

Créée en 1990, Le Dessous des cartes, devenue une référence, utilise des cartes de géographie pour décrypter les relations internationales et les enjeux de notre temps. Soucieux de ne pas se limiter à une analyse immédiate et théorique du monde, Jean-Christophe Victor n’a cessé de le parcourir, pour le raconter dans sa complexité au plus grand nombre et notamment aux jeunes générations.

 

Il venait d’ailleurs de faire paraître Le Dessous des cartes Asie, chez Tallandier/Arte. « Toutes les observations montrent que depuis vingt ans, le centre du monde s’est progressivement déplacé dans la région — même si on ne peut pas parler de “continent” au sens géographique, pas plus que de continent européen, qui n’est qu’une péninsule dans l’ouest de l’Eurasie », expliquait-il à Libération.

 

Au-delà de son grand professionnalisme, les équipes d’ARTE soulignent sa fidélité, sa rigueur, mais aussi sa foi en l’avenir et son optimisme chevillé au corps. Homme engagé au service de causes humanistes et environnementales, Jean-Christophe Victor a partagé le quotidien de la chaîne depuis sa création et a contribué étroitement à en façonner l’image. Il en était devenu un emblème.

 

Saluant « son intégrité, sa passion pour transmettre et faire comprendre simplement les sujets les plus complexes », Véronique Cayla, Présidente d’ARTE France, rappelle ses qualités intellectuelles et humaines hors normes, qui se traduisaient dans ses recherches, ses conférences et ses ouvrages.

 

 

 

Le décès de l’animateur est survenu ce 28 décembre. 

 

Véronique Cayla, Peter Boudgoust, Anne Durupty, Alain Le Diberder, Bruno Patino et l’ensemble de l’unité Société et Culture, Marie-Laure Lesage et les équipes d’ARTE France développement, Claire Aubret et toute l’équipe de réalisation du Dessous des Cartes ainsi que l’ensemble du personnel de la chaîne adressent leurs plus sincères condoléances à sa famille et plus particulièrement à son épouse et à ses enfants.

 

La ministre de la Culture Audrey Azoulay a rendu un hommage appuyé au géographe :

 

Créateur de l'émission culte Le Dessous des cartes, Jean-Christophe Victor décryptait inlassablement sur Arte depuis 26 ans les grands enjeux géopolitiques du monde. Fils de l'explorateur polaire Paul-Emile Victor et de la journaliste Eliane Victor, il était ethnologue et géographe passionné de l'Asie, conférencier et enseignant, mais surtout un voyageur infatigable, éternel passionné des hommes et de leurs sociétés.

 

Jean-Christophe Victor aura contribué à façonner une certaine idée du service public, tout entier tourné vers la transmission de la complexité du monde au plus grand nombre. Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches.

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Haro sur la Russie: le Prix Nobel de la paix à l'oeuvre. Par Hélène Richard-Favre

30 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #Daesch, #le nazisme

Haro sur la Russie: le Prix Nobel de la paix à l'oeuvre

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capture d’écran de: https://fr.sputniknews.com/international/2016122910294092...

La présidence américaine expulse trente-cinq diplomates russes en poste à Washington et à San Francisco et leur donne 72 heures pour quitter le territoire des Etats-Unis.

Au 30 décembre à midi, l’accès aux représentations diplomatiques leur sera interdit.

Mais avant d’apprendre cette mesure, on trouvait, comme chaque jour dans la presse, la même attention bienveillante portée à la Russie.

Le Temps, grand quotidien suisse d’audience internationale, lui consacrait une nouvelle page, cette fois pour démontrer comment les homosexuels sont poursuivis sinon traqués. 

Il est vrai que partout ailleurs dans ce vaste monde, les gays sont respectés. On est même si sensible à leur sort qu’en France, on a décoré de la Légion d’Honneur le Prince d’un pays qui les tient en si haute estime qu’il les exécute. 

Charlie Hebdo, hebdomadaire dont tout le monde ou presque a porté le deuil de ses membres assassinés il y aura bientôt deux ans, rit du crash du Tupolev tu-154 en Mer Noire. Oui, on sait, il paraît que Charlie se rit de tout.

Mais la Russie, elle, ne va pas s’amuser encore longtemps à ce jeu de dupes. Et sa réponse sera à la hauteur d’attitudes qui, non seulement la salissent, mais discriminent autant de citoyens occidentaux qui s’en passeraient bien.

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Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)
. Par Diana Johnstone

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

 
Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)

 

Si la campagne présidentielle 2016 aux États-Unis fut une honte nationale, la réaction des perdants offre un spectacle plus triste encore. Hillary Clinton et son camp sont incapables d’admettre leur défaite.

Pourquoi ça ?

Parce que leur grand projet d’imposer l’hégémonie de l’Amérique "exceptionnelle" au monde entier, en renversant les régimes récalcitrants l’un après l’autre, paraît menacé par l’outsider Donald Trump. Celui-ci s’est prononcé contre la politique de « changement de régime », réalisation dont Hillary se vantait depuis son rôle essentiel dans la destruction de la Libye de Kadhafi. L’ensemble de l’establishment occidental, composée en gros d’idéologues néo-conservateurs, d’interventionnistes libéraux, de la haute finance, de l’OTAN, ainsi que de la plupart des dirigeants médiatiques et politiques des États-Unis et de l’Union Européenne, sont tous engagés à refaçonner le Moyen-Orient pour satisfaire Israël et l’Arabie Saoudite et à démolir l’impertinente Russie. Ils ont par conséquent été saisis d’une panique hystérique à l’idée que leur projet commun de globalisation puisse être saboté par un intrus imprévisible.

Le désir exprimé par Donald Trump d’améliorer les relations avec la Russie contredit la volonté de Hillary Clinton de « faire payer la Russie » pour sa mauvaise conduite au Moyen-Orient et ailleurs. Si le nouveau président tient ses promesses, cela pourrait constituer un coup sérieux au renforcement militaire de l’OTAN sur les frontières de la Russie, entrainant des pertes sérieuses pour l’industrie américaine de l’armement qui prévoit de gagner des milliards de dollars en vendant des armes superflues aux alliés de l’OTAN sous prétexte de la prétendue « menace russe ».

Les craintes du parti de la guerre sont peut-être exagérées. Les premiers choix de collaborateurs de Trump laisse prévoir une survie probable de la prétention des États-Unis à être la nation "exceptionnelle" et indispensable. Mais les priorités pourraient changer. Et ceux qui sont habitués à un règne absolu ne peuvent tolérer que celui-ci soit remis en cause.

Les mauvais perdants d’en haut



Les membres du Congrès, les grands médias, la CIA et jusqu’au président Obama se sont ridiculisés, et la nation avec eux, en affirmant que la cabale clintonienne a perdu l’élection à cause de Vladimir Poutine. Dans la mesure où le reste du monde pourrait prendre ces pleurnicheries au sérieux, cela devrait augmenter encore le prestige déjà considérable de Poutine. L’idée qu’un piratage moscovite de quelques messages internes au parti démocrate puisse faire perdre le candidat favori du puissant establishment étatsunien ne peut que signifier que la structure politique des États-Unis est si fragile que quelques révélations de courriels peuvent provoquer son effondrement. Un gouvernement notoirement connu pour fouiner dans les communications privées du monde entier, ainsi que pour renverser des gouvernements les uns après les autres par des moyens moins subtils et dont les agents se sont vantés d’avoir manipulé les Russes en 1996 pour faire réélire le totalement impopulaire Boris Eltsine, semble maintenant réduit à pleurer, « maman, Vlady joue avec mes jouets de piratage ! »


 Il serait normal que les Russes préfèrent un président des États-Unis qui écarte ouvertement la possibilité de déclencher une guerre contre la Russie. Cela ne fait pas de la Russie « un ennemi », c’est juste un signe de bon sens. Cela ne signifie pas que Poutine soit assez naïf pour imaginer que Moscou puisse décider du résultat de l’élection avec quelques tours de passe-passe.

Tout ce spectacle misérable n’est rien d’autre que la poursuite de la russophobie exploitée par Hillary Clinton pour distraire de ses propres scandales multiples. En tant que pire perdante dans l’histoire électorale américaine, il lui faut blâmer la Russie, plutôt que de reconnaître qu’il ne manquait pas de raisons pour la rejeter.

La machine de propagande a trouvé une réponse aux informations gênantes : elles sont fausses. Cette fois-ci, les conspirationnistes de Washington sont en train de se surpasser. Les geeks russes étaient supposés savoir qu’en révélant quelques messages internes du Comité national démocrate, ils pouvaient assurer l’élection de Donald Trump. Quelle formidable prescience !

Obama promet des représailles contre la Russie pour avoir traité les États-Unis comme les États-Unis traitent, disons, le Honduras (et même la Russie elle-même jusqu’à ce que Poutine y mette un terme). Poutine a rétorqué que pour autant qu’il sache, les États-Unis n’étaient pas une république bananière, mais une grande puissance capable de protéger ses élections. Ce que Washington est en train de nier avec véhémence. Les mêmes médias qui ont affirmé l’existence des « armes de destruction massive » de Saddam transmettent à présent cette théorie du complot absurde avec tout le sérieux du monde.


En dénonçant ce « complot » russe sans donner de preuves, la CIA se départit de la discrétion habituelle des services de renseignement lorsqu’ils se soupçonnent mutuellement de manoeuvres, car le but du récit actuel est de convaincre le public américain que l’élection de Trump est illégitime, dans l’espoir vain d’abord de gagner le collège électoral, puis de paralyser sa présidence en le qualifiant d’agent de Poutine.

Les mauvais perdants d’en bas



Les mauvais perdants au sommet savent au moins ce qu’ils font et ont un but. Les mauvais perdants d’en bas expriment des émotions sans objectifs clairs. Appeler à « la résistance » comme si le pays venait d’être envahi par des extraterrestres n’est qu’une fausse auto-dramatisation. Le système électoral américain est archaïque et bizarre, mais Trump a joué le jeu selon les règles. Il a fait campagne pour remporter les Etats pivots, et non une majorité populaire, et c’est ce qu’il a obtenu.

Le problème n’est pas Trump mais un système politique qui réduit le choix de l’électorat à deux candidats détestés, soutenus par de grandes fortunes.

Quoiqu’ils pensent ou ressentent, les manifestants de rue anti-Trump, plutôt jeunes, créent une image d’enfants gâtés d’une société de consommation hédoniste qui piquent des crises lorsqu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. Bien sûr, certains sont véritablement préoccupés pour leurs amis immigrants illégaux et craignent leur déportation (ce qui se faisait déjà sous Obama). Il reste possible d’organiser leur défense. Il est probable que la plupart des manifestants auraient préféré Bernie Sanders, mais que cela leur plaise ou non, leurs protestations sont la continuation des thèmes dominants de la campagne négative de Hillary Clinton. Elle a joué sur la peur. En l’absence de tout programme économique pour répondre aux besoins de millions d’électeurs qui ont montré leur préférence pour Sanders, et de ceux qui se tournèrent vers Trump tout simplement à cause de sa vague promesse de créer des emplois, sa campagne a exagéré la portée des déclarations les plus politiquement incorrectes de Trump, créant l’illusion que Trump était un raciste violent dont le seul programme était de susciter la haine. Pire encore, Hillary a stigmatisés des millions d’électeurs favorables à Trump comme « un panier de déplorables, racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes – tout ce que vous voulez ». Ces remarques ont été faites à un rassemblement LGBT, dans le cadre de sa politique identitaire pour gagner les voix des minorités en stigmatisant la majorité blanche – qui elle-même est en passe de devenir minoritaire. La prémisse des politiques identitaires est que les minorités ethniques et sexuelles sont opprimées et donc moralement supérieures à la majorité blanche, qui est l’oppresseur implicite. C’est cette tendance à trier les gens selon des catégories moralement distinctes qui divise la population, tout autant —sinon plus — que les hyperboles de Trump sur les immigrants mexicains ou musulmans. Elle a servi à convaincre un grand nombre de gens dévoués au politiquement correct à considérer la classe ouvrière blanche des régions du centre des États-Unis comme des envahisseurs ennemis qui menaceraient de les envoyer tous dans des camps de concentration.


Effrayés par ce que Trump est accusé de vouloir faire, ses adversaires d’en bas ont tendance à ignorer ce que ses adversaires d’en haut sont en train de faire. La dernière trouvaille de la campagne Clinton, à savoir rejeter la faute de sa défaite sur les « fausses nouvelles », soi-disant inspirées par l’ennemi russe, est une facette de la tendance croissante de vouloir censurer Internet, d’abord pour pédophilie, ou antisémitisme, et prochainement sous prétexte de combattre les « fausses nouvelles » — c’est-à-dire celles qui vont à l’encontre de la ligne officielle. Cette menace contre la liberté d’expression est bien plus grave que les saillies machistes de Trump que la campagne Clinton a bruyamment gonflées pour créer le scandale.

Il est normal et souhaitable que se développe une opposition politique aux mesures réactionnaires de la future administration Trump. Mais une telle opposition devrait s’atteler à définir les enjeux et fixer des objectifs précis, au lieu d’exprimer un rejet global sans résultat pratique.

La réaction anti-Trump hystérique est incapable de saisir les implications de la campagne qui vise à blâmer Poutine pour la défaite de Hillary. Les anti-Trump veulent-ils la guerre avec la Russie ? J’en doute. Mais ils ne veulent pas reconnaître que malgré tout, la présidence Trump présente une occasion d’éviter la guerre avec la Russie. Ceci est une fenêtre d’opportunité qui se refermera brutalement si l’establishment clintonien et le parti de la guerre obtiennent gain de cause. Qu’ils en soient conscients ou non, les manifestations de rue aident cet establishment à délégitimer Trump et à saboter le seul élément vraiment positif dans son programme : la paix avec la Russie.

Ajustements dans la liste des ennemis



Par leurs choix fatalement erronés au Moyen-Orient et en Ukraine, les dirigeants à Washington ont mis les États-Unis dans une trajectoire de collision avec la Russie. Incapable d’admettre que les États-Unis ont parié sur le mauvais cheval en Syrie, le Parti de la Guerre ne voit pas d’autre choix que de diaboliser et de « punir » la Russie, au risque en fin de compte d’avoir recours aux arguments décisifs du vaste arsenal nucléaire du Pentagone. La propagande anti-russe a dépassé les niveaux extrêmes de la guerre froide. Presque tout le monde s’y met, en rivalisant d’inventivité. Qu’est-ce qui peut mettre un terme à cette folie ? Qu’est ce qui peut servir à créer des attitudes et des relations normales envers cette grande nation qui aspire avant tout à être simplement respectée et à promouvoir le droit international basé sur la souveraineté nationale ? Comment les États-Unis peuvent-ils faire la paix avec la Russie ?

Il est clair que dans l’Amérique capitaliste et chauvine il n’y a aucune chance de passer à une politique de paix en nommant mon ami l’excellent pacifiste David Swanson aux relations extérieures américaines, aussi souhaitable que cela puisse être.

De façon réaliste, la seule façon dont l’Amérique capitaliste puisse faire la paix avec la Russie est en développant les affaires capitalistes. C’est ce que Trump propose de faire.

Face aux réalités, un peu de réalisme est utile. Le choix du patron de Exxon, Rex W. Tillerson, comme secrétaire d’État est la meilleure démarche possible pour mettre fin à la course actuelle vers la guerre avec la Russie. A ce stade, le slogan américain pour la paix ne peut être que « Faites les affaires, pas la guerre ».

Mais la « résistance » à Trump ne soutiendra probablement pas cette politique pragmatique en faveur de la paix. Cette politique se heurte déjà à une opposition au Congrès, chez des Démocrates et des Républicains avides de guerre. Au lieu de soutenir la détente, en criant « Trump n’est pas mon président ! », les gauchistes désorientés renforcent par inadvertance cette opposition, qui est pire que Trump.

Éviter la guerre avec la Russie ne transformera pas Washington en un havre de douceur et de lumière. Trump est dotée d’une personnalité agressive, et les personnalités opportunistes et agressives de l’establishment, notamment ses amis pro-Israëliens, vont l’aider à retourner l’agressivité des États-Unis vers d’autres cibles. L’attachement de Trump à Israël n’a rien de nouveau, mais semble particulièrement intransigeant. Dans ce contexte, les mots extrêmement durs de Trump envers l’Iran sont de mauvais augure, et il faut espérer que son rejet déclaré des guerres de « changements de régime » s’appliquera ici comme ailleurs. La rhétorique anti-chinoise de Trump ne promet rien de bon, mais à la longue il n’y a pas grand chose que lui ou les États-Unis puissent faire pour empêcher la Chine de redevenir la « nation indispensable » qu’elle était pendant la majeure partie de sa longue histoire. Des accords commerciaux plus stricts ne conduiront pas à l’Apocalypse.

L’échec de l’élite intellectuelle



La triste image des Américains d’aujourd’hui comme de mauvais perdants, incapables d’affronter la réalité, doit être attribuée en partie à l’échec éthique de la « génération 1968 » des intellectuels. Dans une société démocratique, le premier devoir des hommes et des femmes ayant le temps, le goût et la capacité d’étudier avec rigueur la réalité est de partager leurs connaissances et compréhension avec ceux qui ne disposent pas de tels privilèges. La génération des intellectuels dont la conscience politique a été temporairement éveillée par la tragédie de la guerre du Vietnam aurait dû reconnaître que leur devoir était d’utiliser leur position pour éduquer le peuple américain sur l’histoire et les réalités du monde que Washington se proposait de redessiner. Mais l’actuelle phase du capitalisme hédoniste offre aux intellectuels de bien plus grandes opportunités de réussite en manipulant les masses qu’en les éduquant. Le marketing de la société de consommation a même contribué au développement de la politique identitaire en ciblant le marché des jeunes, le marché gay, et ainsi de suite. Une masse critique d’universitaires « progressistes » s’est retirée dans le monde abstrait du post-modernisme, et a fini par diriger l’attention des jeunes sur la bonne manière de réagir à la sexualité des autres ou d’élargir leur conception du « genre ». De telles élucubrations ésotériques alimentent le syndrome de « publier ou périr » et permettent aux universitaires en sciences humaines d’éviter le moindre sujet qui pourrait être jugé critique du militarisme croissant des États-Unis ou des dérives du monde « globalisé » dominé par la haute finance. La controverse la plus aigue qui secoue aujourd’hui le monde universitaire est de savoir qui doit utiliser quelles toilettes.

Si les snobs intellectuels peuvent ricaner avec une telle auto-satisfaction sur les pauvres "déplorables" des régions qu’ils ne voient que d’en haut en prenant l’avion d’une côte des États-Unis à l’autre, c’est parce qu’ils ont eux-mêmes ignoré leur devoir social primaire qui est de chercher la vérité et de la partager. Gronder des inconnus pour leurs attitudes supposées « mauvaises » tout en donnant l’exemple social de la course à la promotion personnelle effrénée ne peut que produire cette réaction anti-élite appelée « populisme ». Trump est la revanche de ceux qui se sentent manipulés, oubliés et méprisés. Quels que soient ses défauts, il était le seul choix qui leur était offert pour exprimer leur révolte dans une élection pourrie. Les États-Unis sont profondément divisés idéologiquement, ainsi que sur le plan économique. Les États-Unis sont menacés, non pas par la Russie, mais par leurs propres divisions internes et l’incapacité des Américains non seulement à comprendre le monde, mais à se comprendre entre eux.

Diana Johnstone

Traduction VD pour le Grand Soir avec probablement moins de fautes et de coquilles que d’habitude pour cause de relecture et corrections.

 
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Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain… Le 06 septembre 2013

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL

Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain…

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Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain…

Tribune libre Byblos

 

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Ma’loulaMesdames et Messieurs,

 

Permettez-nous de vous apprendre ce qui s’est passé aujourd’hui dans notre ville de Ma’loula [1], avant de vous rappeler ce qu’elle signifie.

À quatre heures du matin, heure de Damas, les gangs armés de la prétendue Armée Syrienne Libre [ASL], les terroristes de , et les meurtriers de l’État islamique d’ et du Levant, ont attaqué notre ville paisiblement installée dans le Djebel Qalamoun, puis ont entrepris le saccage de ses monastères, de ses églises et de ses icônes historiques, avant d’exiger de tous les habitants de se convertir à l’Islam !

Oui, c’est ce qui est arrivé à l’aube de ce jour dans notre petite ville de Ma’loula. Les gangs armés se sont répandus partout, exposant toute leur artillerie sur la place après avoir interdit tous les accès aux .

Ces actes criminels, ce saccage systématique de villes chrétiennes, ce terrorisme frappant leurs habitants, font partie d’un plan global visant à déplacer les chrétiens de leurs patries depuis les origines [2]. C’est ce que nous venons de vivre alors que l’Etat est toujours fort. Qu’est-ce qui nous arrivera si jamais ce n’est plus le cas, une fois que les Forces US nous auront bombardés ?

Ce qui attend les chrétiens de nos villes et villages, aux mains de l’organisation terroriste Jabhat al-Nosra et de ses semblables, est tout simplement terrifiant…  Pouvons-nous espérer que toutes les terribles agressions subies par les monastères et églises de la chrétienté telles celles qui ont eu lieu à Ghassanieh, à Saint Siméon, à l’Église de la ceinture à Homs… finiront par réveiller un tant soit peu la conscience du monde pour qu’il reconnaisse le crime terroriste commis à l’encontre de la Syrie [3] [4] ?

Nous n’aborderons même pas les perpétrés dans toutes les villes et tous les villages où cohabitent ceux que vous désignez par « minorités », puisque vous en connaissez tous les détails !

Mesdames et Messieurs, permettez que nous vous rappelions l’Histoire de Ma’loula qui remonte à des milliers d’années, à l’époque araméenne où elle dépendait du Royaume de Homs, à l’époque romaine quand elle s’appelait Celeokoboles, à l’époque byzantine lorsqu’à partir du IVe siècle elle est devenue le centre d’un épiscopat de première importance qui a duré jusqu’au XVIIe siècle.

Permettez-nous de vous parler du « Monastère de Mar Sarkis » [5] construit au IVe siècle après JC et conçu selon la simple architecture de l’époque des premiers martyrs, Saint Sarkis étant l’un des cavaliers d’origine syrienne exécuté sous le règne du roi Maximanus en l’an 297 après JC ; monastère qui était resté intact jusqu’ici !

Permettez-nous de vous parler du « monastère de Mar Taqla » [6] où sont conservés les restes de Saint Thècle, fille d’un prince Séleucide et élève de Saint-Paul. Un lieu bien visible de toute la petite ville et où l’eau est à jamais de « l’eau bénite ». Un lieu élevé face à la caverne où elle s’était réfugiée après avoir échappé à la persécution des Romains. Un lieu qui depuis ces temps reculés est resté un symbole de la spiritualité et un témoignage de la vie des saints. Des religieuses en prenaient grand soin ainsi que des pèlerins venus de tous les horizons. De là, ils pouvaient contempler les refuges troglodytiques où les premiers chrétiens jeûnaient, méditaient et priaient; preuve, s’il en fallait, que Ma’loula est une ville monastique d’où l’on prie Dieu, le jour comme la nuit.

C’est Ma’loula… Ce lieu célèbre de où une fissure ouverte dans la montagne se remplit ou se vide d’eau en fonction des saisons, et où les pèlerins venaient chercher la bénédiction, la guérison et la pureté depuis la nuit des temps !

Les habitants de Ma’loula

05/09/2013

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Texte original : Al-tayyar

 

http://www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/maaloula-pb-1630838827.htm#.UihWC5oqCXM.facebook

 

Notes :

[1] Syrie : le village chrétien de Maaloula attaqué par des rebelles islamistes

http://www.france24.com/fr/20130905-syrie-al%20nosra-village-chretien-maaloula-attaque-rebelles-islamistes

[2] Le Président Sarkozy au Patriarche maronite : « Que les chrétiens de Syrie et du Liban émigrent pour l’Europe, ils n’ont plus leur place au Proche Orient »

http://www.silviacattori.net/article2394.html

 [3] Syrie : Juppé « en faveur d’une intervention » même sans le mandat de l’ONU

http://lci.tf1.fr/politique/syrie-juppe-en-faveur-d-une-intervention-meme-sans-le-mandat-de-8259196.html

[4]  Syrie: Alain Juppé ne défend pas les minorités… il fabrique des révolutions

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29676

[5] Ma’loula – Le couvent Saint Serge ( Mar Sarkis )

http://www.levoyageur.net/photo-1607.html

[6] La Syrie, un pays historiquement Chretien ou il faisait bon vivre, il y a encore peu

http://lesamisdejesus.forumactif.org/t5786-la-syrie-un-pays-historiquement-chretien-ou-il-faisait-bon-vivre-il-y-a-encore-peu


 
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