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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine.

21 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre

Palestine - 5 novembre 2014

Au-delà des apparences, la Palestine balaiera l’entité sioniste !

Par Daniel Vanhove

Daniel Vanhove est observateur civil et auteur de Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes, 2005, Ed. M. Pietteur et La Démocratie Mensonge, 2008, Ed. M. Pietteur.

Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine. Date que certains considèrent comme le premier acte ayant permis la création de l’Etat israélien dont tout le monde peut constater : 1/ les dérives politiques, militaires et morales croissantes dans son abjecte occupation coloniale qui se poursuit à l’encontre de toutes les Résolution du Droit international ; 2/ le régime d’apartheid qu’essuie de plein fouet la population arabe du pays.

Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine.

Il faut dire, au passage, que les Palestiniens ont rarement de quoi se réjouir, dans les dates anniversaires qui jalonnent leur histoire !

A l’aube de l’hiver, après les derniers massacres perpétrés il y a quelques semaines à peine par l’une des plus puissantes armées qui soit contre un peuple abandonné par l’ensemble des Nations, aucun média mainstream ne revient sur la situation dramatique des 1.800.000 habitants de Gaza dont le tiers du territoire a été détruit par plus de 50 jours de bombardements intensifs. Dont je rappelle le bilan :

- 2.200 morts dont une grande majorité de civils ;
- 20.000 blessés dont certains seront handicapés à vie ;
- 100.000 logements détruits ;
- 500.000 personnes sans toit…

Nos médias semblent vouloir coûte que coûte nous distraire avec d’autres faits, bien éloignés de ce terrible conflit qui voit l’un des Etats les plus méprisables du monde, s’attaquer avec des moyens toujours plus meurtriers, à une population exsangue, prise en otage de toutes parts.

Et pourtant…

Pourtant, loin des discours officiels auxquels plus personne ne croit et qui tourne en boucle autour d’une solution à deux Etats – sinistre farce que je dénonce personnellement depuis des années! – quand vous rencontrez des Palestiniens ordinaires et que vous dialoguez avec eux, pas un n’imagine que l’Etat israélien puisse perdurer. Chacun vous dira que la situation est « provisoire » et que cet Etat qui les occupe, gangréné jusqu’à la moelle par sa funeste idéologie, disparaîtra dans les poubelles de l’Histoire. Les juifs qui le souhaitent resteront des citoyens comme les autres dans une Palestine historique réhabilitée, et ceux qui ne supporteront par la défaite rentreront dans leur pays qu’ils n’auraient jamais dû quitter !

Cela vient d’ailleurs de se passer, mais aucun média – tiens donc ! – ne paraît s’y arrêter : après l’enfer qui s’est abattu sur Gaza cet été, et la courageuse résistance qui a tenu l’armée israélienne en échec, des milliers de juifs ont quitté le territoire israélien pour s’en retourner dans leur pays d’origine. Pourquoi ? Tout simplement parce que la résistance gazaouie s’est défendue avec les armes, ce qui embarrasse tellement nos chancelleries ! Le rapport de forces est donc en train de changer. Et sans doute que bientôt – si ce n’est déjà le cas – n’importe quel endroit d’Israël pourra être atteint par les roquettes et missiles utilisés par cette exemplaire résistance. On comprend dès lors l’insistance avec laquelle le gouvernement israélien, et quelques derniers de ses misérables vassaux, s’étranglent à exiger une démilitarisation de la Bande de Gaza, sachant que ce petit lambeau de terre douloureusement laminé, sera toujours l’épine dans le pied de l’arrogance sioniste qui ne verra jamais aboutir son nauséabond projet.

Ces mêmes Palestiniens vous diront droit dans les yeux que les Français sont restés 130 ans en Algérie, et qu’ils ont donc le temps devant eux pour réduire le projet sioniste à néant. Après plus de 65 ans de dépossessions et de crimes plus sournois et vicieux les uns que les autres perpétrés à leur encontre ; après plus de 65 ans d’un Droit international qui les ignore et les voit suffoquer ; après plus de 65 ans de souffrances et d’humiliations quotidiennes que personne dans nos confortables villes occidentales ne peut imaginer, une telle détermination force le respect. Et invite au soutien actif tant les injustices y sont flagrantes. Aussi bien tout Etat que tout individu qui supporte de près ou de loin l’imposture sioniste foule des pieds le plus élémentaire principe démocratique. Et devra rendre des comptes.

Dès lors, tout citoyen qui en appelle à plus de justice dans le monde, peut participer activement là où il est, dans la campagne initiée par les organisations palestiniennes elles-mêmes, à savoir le BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – dont l’objectif est clairement de mettre l’économie israélienne à genoux. Puisqu’il est clair et évident que depuis des années les Palestiniens n’ont pas de partenaires israéliens pour la Paix, il s’agit de faire payer à ces derniers, le prix le plus fort ! Et chacun sait – ou devrait désormais savoir – qu’il n’y a que leurs intérêts qui font bouger les gouvernements.

Le message est donc sans la moindre ambiguïté. Plus aucun compromis n’est possible tant cet Etat mortifère perpétue sa politique criminelle à l’encontre d’une population privée de tout, écrasée dans d’inacceptables conditions et dans l’indifférence générale de nos gouvernements quand ceux-ci ne favorisent pas une collaboration avec l’occupant !

Il faut arrêter de parler d’un « processus de paix » inexistant ! Il faut arrêter de parler d’une solution« à deux Etats » rendue caduque par les objectifs non-avoués des dirigeants sionistes ! Il faut arrêter de multiplier « réunions et sommets » qui n’ont pour seuls résultats que d’asphyxier un peu plus la population palestinienne ! Il faut arrêter de reconstruire avec nos impôts ce que l’armée d’Israël se fait un plaisir de démolir sans passer à la caisse par la suite ! Il faut arrêter de relayer les mensonges de cette infréquentable extrême-droite au pouvoir en Israël et repris ici par quelques intellos pédants qui se succèdent sur nos plateaux-télé !… La coupe est plus que pleine et déborde en cascades.

Aujourd’hui, il faut commencer à penser l’après Israël. Et dans la foulée, l’après Autorité palestinienne, défaillante sur tous les points. Il convient donc de prendre la parole – parce qu’elle ne nous sera jamais donnée – à ceux qui la monopolisent depuis trop longtemps sur base de plans foireux. Afin de la rendre au peuple palestinien qui est le seul à même de pouvoir réorganiser son Etat après des siècles d’occupations diverses. Cela prendra du temps, cela sera difficile, cela aura un coût. Tant humain qu’économique. Mais c’est la seule issue pour échapper à une catastrophe plus grande encore, qui serait la disparition dans l’effondrement de toute la région dont on voit à travers ce qui se passe en Afghanistan, en Egypte, en Libye, en Irak et en Syrie, que cela peut arriver là où nos « experts & spécialistes de salons » n’avaient rien vu venir…

Daniel Vanhove

02.11.14

Daniel Vanhove : Observateur civil et auteur :

« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » – 2005 – Ed. M. Pietteur

« La Démocratie Mensonge » – 2008 – Ed. M. Pietteur

Source : Mondialisation.ca

L'ISM a pour vocation la diffusion d'informations relatives aux événements du Proche Orient. Les auteurs du site travaillent à la plus grande objectivité et au respect des opinions de chacun, soucieux de corriger les erreurs qui leur seraient signalées.

Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur.

Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine.
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Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP Lu sur le blog de Nicolas Maury. Par Jean Lévy.

20 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Palestine libre, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #La France, #Politique étrangère

Jeudi 20 novembre 2014

Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP

Réveil Communiste

Mercredi 19 novembre 2014

Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP

Lu sur le blog de Nicolas Maury

(mais Américains et Israéliens ne "payent pas le prix" de cette subtitution d'adversaires, bien au contraire ils en tirent bénéfice; les victimes du terrorisme passent par profits et pertes, et sont même nécessaires à la stratégie du chaos poursuivie par leurs gouvernements. Ndrc).

Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP  Lu sur le blog de Nicolas Maury. Par Jean Lévy.

Dans son nouveau livre,Charles Enderlin montre comment Américains et Israéliens ont, au nom de leurs intérêts, favorisé la montée de l'islamisme... avant d'en payer le prix

Après plusieurs livres, devenus désormais des références, sur l'histoire des négociations de paix au Moyen-Orient, Charles Enderlin publie aujourd'hui un livre passionnant sur les relations des Israéliens et des Américains avec l'islam.

Dès leur arrivée en Afrique du Nord, en 1942, et pendant toute la guerre froide, les Américains ont utilisé l'islam contre le communisme. Des officiers américains ont même poussé les Algériens à se révolter contre une France dont Washington craignait qu'elle ne tombât entre les mains communistes. Comme ils ont manipulé, dans le même but, en Italie, le Vatican et la mafia, l'un et l'autre en soutiens de la démocratie chrétienne.

Charles Enderlin montre parfaitement comment cette stratégie a conduit, par un terrible engrenage, tant en Afghanistan qu'au Moyen-Orient, à la montée de l'islamisme. Ainsi le dirigeant pakistanais Zia Ul Hak a-t-il islamisé le pays entre 1977 et 1988 avec les dollars de la CIA. Et ainsi est-on passé de quelques centaines de madrasas (écoles religieuses) en 1977 à plus de 8 000 en 1988.

Les Israéliens font de même avec le Hamas, l'une des branches du salafisme; un mouvement entièrement religieux, et non politique comme l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), son antidote, qui parle en fait le même langage laïque que les chefs militaires israéliens.

Tsahal aveuglé par les promesses du Hamas

Dans un premier temps, l'armée israélienne ignore ceux qui ne "tirent" pas, ne vérifie pas ce qui se passe dans les mosquées et prend pour argent comptant les promesses du patron du Hamas, le cheikh Yassine: "Vous n'êtes pas nos ennemis. Nous combattons les apostats de l'OLP et les communistes." Ce n'est qu'après la chute du communisme qu'Américains et Israéliens réalisent le danger du radicalisme religieux.

Mais il est trop tard et ils sont paralysés. Charles Enderlin montre bien que tout dialogue est alors impossible: le Hamas refuse de parlementer avec Israël, dont il veut la disparition. Et les Israéliens comprennent bien tard que ce qui compte, ce ne sont pas les belles paroles des dirigeants politiques palestiniens, installés à Damas, mais les décisions des imams et des cheikhs dans les mosquées de Gaza.

Ainsi, en dix ans, les laïques des deux camps (travaillistes israéliens et Fatah), qui avaient fini par réussir à se parler et même à s'entendre, sont discrédités par les religieux de chaque bord, qui se retrouvent dans le rejet de la rationalité et des valeurs démocratiques ; transforment un conflit territorial en une guerre de religions, rendant impossible toute négociation. On peut faire des compromis sur le tracé d'une frontière, pas sur la nature de Dieu.

Le grand Aveuglement, par Charles Enderlin. Ed. Albin Michel

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/comment-americains-et-israeliens-ont-nourri-l-islamisme_828676.html#PEQKWal9UjUVqJdh.99

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Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ? Par Amin Hoteit.

20 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #Politique étrangère, #La France

Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ?

Par Amin Hoteit

Mondialisation.ca, 14 novembre 2014

al-binaa.com

Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ? Par Amin Hoteit.

Le 30 octobre dernier, l’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, M. Staffan De Mistura a proposé d’instaurer des zones de « gel des combats » à Alep. Sans donner plus de détails, il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un plan de paix mais d’un « plan d’action » [1] pour permettre la distribution de l’aide humanitaire dans cette ville devenue soudainement le centre d’attention de tous les faux amis de la Syrie, maintenant que l’Armée arabe syrienne est en passe de la nettoyer de leurs prétendus rebelles révolutionnaires fort pieux et modérés.

Erdogan menace de la récupérer au sein de son sultanat imaginaire ; Fabius veut la bombarder parce qu’il trouve qu’elle n’a pas subi suffisamment de destructions avant qu’elle ne « tombe » entre les mains des autorités syriennes légitimes ; Michel Kilo, le révolutionnaire surnommé « le Cheikh wahhabite » par les gens d’Alep, le rassure en jurant sur sa tête qu’elle ne tombera pas ; le Qatar, par la voix de « sa déléguée » auprès de l’ONU, appelle la Syrie à suivre son modèle de morale et de démocratie ; l’administration US cherche opposants modérés désespérément… Bref, la sollicitude des humanitaires va-t-en guerre pour cette ville massacrée depuis trois longues années est subitement quasi unanime, presque autant que pour la petite ville de Aïn al-Arab / Kobané.

En réponse, le délégué permanent de la Syrie auprès de l’ONU, M. Bachar al-Jaafari, a immédiatement rappelé qu’il suffirait de tenir compte des résolutions 2170 [2] et 2178 [3], adoptées à l’unanimité par le Conseil de sécurité, pour que le fléau de Daech et ses sœurs, qui s’est abattu sur tout le pays, disparaisse en quelques jours, tout en déclarant « nous étudierons les propositions de M. De Mistura lorsqu’il retournera à Damas pour s’en entretenir avec les responsables politiques et donnerons notre avis sur la question » [4].

M. De Mistura est retourné à Damas et voici le communiqué du 10 Novembre, 13H, de la Présidence de la République arabe syrienne [5] suite à sa rencontre avec le Président Bachar al-Assad :

« Le président Al-Assad, informé par M. de Mistura des principaux points et objectifs de son initiative consistant à geler les combats dans la ville d’Alep, a souligné l’importance de cette ville et le souci de l’État pour la sécurité des civils sur l’ensemble du territoire syrien. Il a considéré que cette initiative méritait d’être étudiée et d’essayer de travailler afin d’atteindre ses objectifs qui versent dans le retour de la paix à la ville d’Alep.

Il a aussi été convenu de l’importance de la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité 2170 – 2178 et de la conjugaison des efforts internationaux visant à lutter contre le terrorisme en Syrie et dans la région, un terrorisme qui constitue une menace pour le monde entier ».

Force est de constater que pratiquement tous les médias ont fait l’impasse sur le 2ème paragraphe de ce communiqué. [NdT].

Certains auront sans doute été surpris par l’initiative de M. de Mistura proposant un « gel local des combats » qui démarrerait dans une zone actuellement sous le feu des terroristes et, au cas où l’expérience serait réussie, s’appliquerait à d’autres zones, pour finalement aboutir à un environnement permettant d’initier le dialogue et d’entamer les négociations à la recherche d’une « solution politique » de la crise syrienne.

Une approche qui pose, en effet, nombre de questions quant à son contexte, son objectif et les conditions de son éventuel succès.

Mais avant de traiter de ces questions, nous devons rappeler que la notion de « gel local des combats » est une notion nouvelle qui n’a jamais été utilisée dans le cadre du droit international et des conflits armés. Par conséquent, elle ne peut être discutée, comprise et appliquée, que sur la base de ce qu’elle pourrait contenir comme concepts qui lui seraient obligatoirement liés.

À notre avis, les notions les plus proches en la matière sont « le cessez-le-feu » et la « trêve », mais M. De Mistura a évité d’user de l’une et de l’autre parce qu’il sait que le gouvernement syrien ne peut les accepter étant donné qu’elles touchent à la souveraineté de l’État et signifient la reconnaissance implicite des groupes terroristes.

En effet, en cas de cessez-le-feu ou de trêve, il faut définir « la ligne de cessez-le- feu » ainsi que les forces et les actes prohibés de part et d’autre de cette ligne, tout en veillant à ce que les deux parties restent sur leurs positions respectives et bénéficient de leur droit à s’approvisionner et à se renforcer pour les garder. Et bien sûr, l’État syrien ne pouvait accepter l’une ou l’autre de ces conditions qui reviendraient à renoncer à sa souveraineté sur son territoire, au profit des terroristes.

Voilà pourquoi M. De Mistura s’est bien gardé d’user de ces deux notions parfaitement comprises, pour en proposer une troisième inédite et dont les implications restent à définir.

Mais c’est bien parce que cette notion est « nouvelle » et que la Syrie se trouve aujourd’hui dans une situation plus confortable, suite à une série de succès sur le terrain depuis quelques mois et, aussi, parce qu’elle tient à la sécurité de ses citoyens ainsi qu’à la sauvegarde de leurs biens, qu’il est naturel qu’elle accepte de prendre en considération toute initiative qui porterait, en elle-même, l’espoir de sauver des vies et de rétablir la paix et la stabilité dans toutes les régions du pays.

D’où la réponse des autorités syriennes déclarant leur disposition de principe à étudier l’initiative de M. De Mistura ainsi que ses mécanismes d’application dans le respect des droits nationaux et dans le but d’accélérer le règlement d’une crise fabriquée à l’étranger et exécutée par des instruments locaux et régionaux, avec une incontestable participation internationale.

D’après ce qui a pu filtrer jusqu’ici, il semble que cette nouvelle notion de « gel local des combats » pourrait aller dans deux directions :

  • La première superposable à l’idée d’un « cessez-le-feu » qui ne dit pas son nom, ce qui revient à la situation décrite plus haut avec une ligne de cessez-le-feu reconnue par l’État syrien et par les organisations de terroristes armées ; ces dernières étant autorisées à se réapprovisionner et à se maintenir durant toute cette période sans que l’État syrien n’ait le droit d’intervenir contre leurs opérations logistiques.
  • La deuxième en rapport avec la déclaration de la Présidence de la République arabe syrienne lors de la visite de M. De Mistura à Damas et qui se fonde sur les résolutions 2170 et 2178 adoptées par le Conseil de sécurité, en vertu du Chapitre VII, afin de lutter contre le terrorisme en commençant par tarir ses sources.

Cette deuxième direction implique que l’État syrien et les terroristes cessent toute opération de combat dans la zone concernée par le « gel », mais aussi que cessent l’afflux des terroristes et toutes sortes d’approvisionnement qui leur sont destinés ; ce qui signifie la fermeture des frontières qu’ils continuent de traverser.

Ainsi, si un tel accord s’appliquait à « Alep », la Turquie se trouverait obligée de fermer tous les passages frontaliers empruntés aussi bien par les terroristes que par leurs fournitures logistiques, car la « communauté internationale » – comme aiment à le répéter l’Administration US – serait responsable de la mise en œuvre de la résolution contraignante, puisqu’adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Sinon, nous aurions affaire avec une énième arnaque concoctée dans l’intérêt des terroristes.

Nous pensons qu’il ya une énorme différence entre les deux directions quant à leur contenu et à leurs conséquences :

  • La première dissimulerait l’intention d’empêcher l’Armée arabe syrienne de récupérer « les quartiers » d’Alep qui restent aux mains des groupes armés et donnerait aux terroristes l’opportunité de se réorganiser, de se renforcer et de se réarmer en vue de la prochaine bataille.
  • La deuxième permettrait à l’État syrien de récupérer les zones envahies par les terroristes par étapes successives : arrêt des combats et des destructions, tarissement de toutes sortes de soutien aux terroristes, suivi de leur sortie des territoires envahis en association avec la solution politique globale.

Cette deuxième direction pourrait porter à croire que l’initiative de M. De Mistura est venue ouvrir le débat en vue d’une solution pacifique. Néanmoins, il faudrait commencer par définir ce nouveau concept de « gel des combats » à l’échelon international. Ce n’est qu’à la lumière de cette définition que nous pourrons juger des possibilités de son succès ou de son échec.

Quoi qu’il en soit, la Syrie a eu affaire à de multiples manœuvres, certaines beaucoup plus complexes que l’initiative actuelle et qui ont échoué grâce à son professionnalisme diplomatique et politique ainsi qu’au soutien d’une force militaire compétente. Elle ne sera donc pas impuissante aujourd’hui pour désamorcer une nouvelle mine placée sur sa route, d’autant plus qu’elle est actuellement dans une meilleure situation militaire qu’au tout début de l’agression. De plus, cette initiative internationale n’aurait pas été formulée de la sorte, si la balance ne penchait pas de son côté. Ce sont ses performances diplomatiques et sur le terrain qui ont amené « les autres » à revenir vers une solution pacifique, que « le gel des combats » soit local ou au-delà.

Par conséquent, personne ne devrait imaginer que la Syrie gaspillerait dans des négociations et des pourparlers ce qu’elle a récolté sur le terrain et par des moyens militaires

Dr Amin Hoteit

13/11/2014

Source : Al-Binaa

http://al-binaa.com/albinaa/?article=20407

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Notes :

[1] Transcript – Press Stakeout: UN Special Envoy for Syria, Mr. Staffan De Mistura, New York, 30 October 2014

http://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/transcript-press-stakeout-un-special-envoy-syria-mr-staffan-de-mistura

[2] Résolution 2170 (2014) – Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7242ème séance, le 15 août 2014

http://www.refworld.org/cgibin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=53f72d784

[3] Résolution 2178 (2014) – Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7272ème séance, le 24 septembre 2014

http://www.refworld.org/cgibin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=542a8fd04

[4] Le fléau Daech en Syrie et en Irak – Quelque chose ne tourne pas rond au sein de l’ONU !

http://www.mondialisation.ca/le-fleau-daech-en-syrie-et-en-irak-quelque-chose-ne-tourne-pas-rond-au-sein-de-lonu/5411509

[5] Présidence de la République arabe syrienne -10 Novembre 13H

https://www.facebook.com/SyrianPresidency?hc_location=timeline

Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, Général de brigade à la retraite, et Professeur à la faculté de Droit de Beyrouth.

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Un ÉCLAIRAGE sur la situation en IRAK et en SYRIE. Le site Commun Commune.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient

Syrie-Irak, EIIL.

Syrie-Irak, EIIL.

Le but de cet article est de rétablir un certain nombre de vérités, de donner quelques clés pour combattre les enjeux et de dénoncer, une fois de plus, le traitement par la presse (écrite ou parlée) de notre pays, toutes tendances confondues, qui cache des éléments essentiels.

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Qu’est-ce que l’Emirat islamique ?

Ce sigle, EIIL (d’autres l’appellent DAESH ou encore ISIS) est un nouveau venu en France. Pourtant, il fait partie, depuis les débuts de la guerre en 2011, des organisations militaires qui combattent la République arabe syrienne. Son chef, Abou-Bakr Al-Baghdadi a siégé parmi les dirigeants de la soi-disant ASL (armée syrienne libre) qui combat l’armée et l’Etat syriens. C’est lorsque l’armée syrienne a repoussé ce groupe armé qu’il est passé en Irak et a changé son nom de EIL en EIIL (Emirat Islamique en Irak et au Levant).

Comme les autres groupes armés qui combattent le régime baasiste, il est essentiellement composé d’étrangers à la Syrie. Il a d’abord été alimenté par des Libyens, menés par Adelhakim Belhadj, bombardé gouverneur de Tripoli par les fascistes et les maffieux qui ont renversé et assassiné Kadhafi avec la bénédiction active des impérialismes US, français et britannique. Des Tunisiens ont suivi (on sait que Belhadj y a sa base arrière et est impliqué dans l’assassinat du dirigeant progressiste Chokri Belaïd). Aujourd’hui, on y trouve des Jordaniens, des Irakiens, bien sûr des Saoudiens, plus récemment sont arrivés des Tchétchènes venant du Caucase et notamment de Géorgie. Ainsi le chef militaire de l’EIIL Abou Omar al-Chichani est en réalité un ancien membre du renseignement militaire géorgien nommé Tarkhan Batirashvili.

Cette présence confirme le lien entre cette bande armée et l’impérialisme dominant. L’Etat géorgien était, avec l’ancien président Saakachvili, tout au service des USA et son successeur Margvelachvili se rapproche considérablement de l’UE.

La Géorgie, pion US/UE sur l’échiquier des rivalités inter impérialistes et de la guerre pour les ressources du sol et la domination du monde fournit donc des cadres militaires à l’EIIL. Il n’y a là rien de surprenant. Comme les autres groupes militaires fascistes constitués en Syrie, EIIL a été armé essentiellement par la France, les USA et l’Arabie Saoudite, féale de l’impérialisme US.

Les bandes mercenaires fascistes au Moyen Orient

Cela ne date pas d’hier. Les USA ont créé eux-mêmes ceux que l’on appelle les « Djihadistes » lors de la guerre en Afghanistan.

Le ciment anticommuniste a fait de ces gens-là des auxiliaires parfaits de l’impérialisme dominant, souvent formés par la CIA. Les princes saoudiens, particulièrement l’un d’entre eux, Bandar ibn Sultan ont joué un rôle essentiel dans la constitution de ces bandes.

Quel que soit le discours officiel tenu par les porte-parole des Etats US ou français sur EIIL, ces gens-là sont leur création et leurs créatures. Les chefs de ce groupe ont été des dirigeants fort présentables de la mythique ASL (l’opposition syrienne militaire adoubée par l’ONU, c’est-à-dire l’impérialisme US et son allié UE) ; le sénateur républicain Mac Cain, envoyé d’Obama, a même rencontré Al-Baghdadi avec l’état-major de la soi-disant ASL en mai 2013 afin de négocier la fourniture d’armes.

Sur le terrain, en Syrie, l’ASL n’existe pas ou n’existe plus. Les groupes armés opposés au régime baasiste au pouvoir sont de trois sortes : les deux principaux sont EIIL au nord-est (Rakka, Deir ez-Zor), coupant en partie le territoire syrien de celui des Kurdes plus au nord, le Front Al-Nosra à l’est (Hama) et au sud-ouest, près de la frontière libanaise où il combat le Hezbollah et les Frères Musulmans à Alep (nord-ouest). Le Front Al-Nosra se réclame de la nébuleuse Al-Qaïda et est officiellement armé par l’OTAN, probablement aussi par les Saoudiens ; les Frères Musulmans sont soutenus militairement et financièrement par le Qatar et la Turquie d’Erdogan.

Au début les USA utilisaient ces mercenaires comme supplétifs pour leur Grand Œuvre : remodeler le Moyen Orient pour en capter les ressources et éliminer les opposants. Mais, depuis les ennuis que l’armée occupante US a rencontrés aussi bien en Afghanistan qu’en Irak, la stratégie des dirigeants de Washington a évolué. Ils ont d’abord confié leurs intérêts à des armées privées dépendant d’officines US comme la fameuse Blackwater qui a changé de nom (Xe et aujourd’hui Academi) qui continue d’être la représentation armée directe des USA en Irak.

Puis sont venues les tentatives de déstabilisation des régimes du Maghreb et du Moyen Orient trop peu (ou pas du tout) favorables aux USA ou trop corrompus pour être encore utiles ; ce que des naïfs croyant aux révolutions spontanées ont appelé « le printemps arabe ». L’opération conjointe pour renverser le régime de Kadhafi a permis d’utiliser à la fois des mercenaires classiques (un contingent des Emirats Arabes Unis notamment) mais aussi, directement, non plus seulement comme repoussoir mais comme agents, les bandes armées fascistes intégristes. Cela a permis de donner le label "fréquentable" ou "démocratique" à des bandes comme celles de Belhadj ou le gang de Benghazi et à l’organisation fasciste par excellence de la région : les Frères Musulmans. Cela évite aussi la mort de soldats US, sujet brûlant sur place, on se contente de bombarder et d’utiliser des drones, beaucoup moins dangereux. Mais cela sous-entend de fournir armement et conseillers militaires aux bandes.

Le but des USA est la "somalisation" de ces pays, leur parcellisation, avec des sbires qui contrôlent le pétrole ou le gaz, en intégrant des données collatérales comme les rivalités entre les groupes utilisés. A cet égard la Libye est une parfaite réussite, justement parce qu’elle est délabrée, à feu et à sang, pendant que les "gentils" tiennent la bande côtière pétrolière.

La mise en cause et le bombardement d’EIIL, un retournement ?

Et voilà que cette belle stratégie paraissait avoir du plomb dans l’aile. La créature monstrueuse aurait échappé à ses créateurs. Mais il faut y regarder de plus près. La première question à se poser est celle du sort des Chrétiens orientaux. Apparemment celui des chrétiens syriens, massacrés par les bandes armées opposées à Assad n’émeut personne. Quand-à ceux d’Irak, n’est-il pas un peu tard pour s’en préoccuper ? Même si le pape n’a réagi qu’il y a peu, les malheurs datent du renversement de Saddam Hussein par les envahisseurs de la coalition internationale, USA en tout premier lieu.

Nos media et le gouvernement français ont beaucoup mis en avant les Kurdes d’Irak, comme rempart contre EIIL. La vérité est toute autre. Les clans Talabani et Barzani, qui contrôlent cette partie du Kurdistan, sont composés de maffieux à la solde d’Obama entretenant d’excellentes relations diplomatiques avec Israël. Lorsque le monde fut enfin informé des conquêtes d’EIIL en Irak, on "oublia" de nous dire que les Peshmergas de Barzani s’étaient partagé le gâteau avec eux et en avait profité pour s’emparer de la ville pétrolière de Kirkouk auparavant aux mains de l’embryon d’armée irakienne. Le gouvernement régional du Kurdistan a ainsi augmenté de 40 % la zone qu’il contrôle et a annoncé avoir augmenté, en quatre mois, ses revenus pétroliers de 60 %. La commercialisation de ce pétrole, acheminé vers le port turc de Ceyhan, est jugée illégale par le gouvernement fédéral irakien.

Parlons-en de ce gouvernement ! La condition drastique qu’avait émise Obama pour intervenir était la mise au placard du premier ministre Al-Maliki. A l’époque, en France, même "L’Humanité" avait repris la fable consistant à justifier son éviction par sa difficulté à partager le pouvoir, à associer les opposants politiques. En réalité, Al-Maliki est tombé parce qu’il refusait à la multinationale Exxon de lui concéder des terrains pétroliers (c’est réglé, ils négocient en ce moment avec les Kurdes maffieux) et parce qu’il a été lâché par l’Iran, le nouveau président, le religieux Rohani, entamant un spectaculaire rapprochement avec les USA et l’Arabie.

Enfin, les Kurdes de Barzani n’ont aidé ni les Yézidis ni les Kurdes syriens de Kobané. Ce sont les militants communistes du PKK, des Kurdes de Turquie qui, dans les deux cas ont fourni l’aide. Au final, l’offensive venue du sud de l’armée syrienne a permis de dégager la pression et de sauver la ville de Kobané. Mais ce ne fut pas sans mal. Car, il faut le dire, l’action des avions peut rendre perplexe même les plus naïfs. Au lieu de pilonner EIIL l’Otan a lâché des bombes plus en Syrie qu’en Irak et notamment sur la zone tampon entre les fascistes et l’armée syrienne, empêchant cette dernière de remonter vers le nord pour aider Kobané. Ils en ont profité pour détruire les infrastructures pétrolières afin qu’elles soient inutilisables au moment où l’armée syrienne les reprendrait.

L’ennemi de l’OTAN, ce n’est pas EIIL, à qui d’ailleurs elle a livré des armes (soi-disant par erreur), c’est encore et toujours la Syrie baasiste qui résiste bien mieux que prévu, le dernier empêcheur de profiter tranquillement des matières premières, le seul régime politique complètement opposé aux fascistes intégristes et capable de les détruire.

Le rôle de la Turquie et de la France sont à cet égard des plus clairs. Si les USA tentent de nous faire croire qu’ils essaient de combattre EIIL, les deux autres ne s’embarrassent pas de fioritures. Erdogan a sans cesse répété qu’il fallait détruire la RA Syrienne, il a longtemps refusé d’ouvrir sa frontière aux Kurdes de Syrie. Ses ennemis, ce sont les laïcs, qu’ils soient communistes comme le PKK ou nationalistes arabes comme le parti Baas. Ainsi l’hebdomadaire US "Newsweek" a révélé que les commandants de l’EIIL parlaient turc, étaient en conversation permanente avec les autorités turques ; quant aux milices kurdes de Syrie, elles accusent Ankara de fournir des armes à leurs ennemis.

La France est sur la même ligne. Fabius et ses amis ne décolèrent pas à l’idée de ne pas retrouver le protectorat colonial que l’impérialisme français avait en Syrie dans l’"Entre deux guerres". Notre ministre s’est même fendu d’un communiqué à vomir à propos d’Alep. Il essaie piteusement de mettre sur le même plan EIIL et les dirigeants de la République syrienne, se réjouit du sauvetage de Kobané sans dire un mot des responsables et accuse l’armée syrienne de n’avoir rien fait pour le sauver alors que, dès que les bombardements de l’OTAN, qui l’en empêchait, ont cessé, elle s’est mise en mouvement. En orientant sur Alep, il tente de convaincre une nouvelle fois ses partenaires de laisser tomber la lutte contre EIIL et de s’en prendre à l’armée syrienne, sans grande chance de succès. Enfin, il est bon de rappeler que la France fournit des armes, pour soi-disant combattre EIIL, au Front al-Nosra, sachant d’ailleurs qu’il n’existe aujourd’hui aucune zone de contact entre ces deux bandes.

Une problématique, le rôle de la gauche en France

Tous les éléments que nous présentons pour une meilleure compréhension des enjeux et de la réalité sont quasiment absents des journaux, télés et radios de notre hexagone. C’est que l’analyse de ce qui se passe vraiment dans le monde, que ce soit en Amérique du Sud, en Ukraine ou au Moyen Orient est un enjeu idéologique primordial pour ceux qui veulent la survie éternelle de l’ordre mondial capitaliste. La spécificité d’un pays comme la France est que la gauche est tout autant imprégnée des standards de l’idéologie dominante et les défend tout autant que la droite.

Rien de surprenant s’agissant du Parti socialiste qui a toujours adopté des positions très atlantistes, qui, dans une histoire récente, ont parfois divergé de celles des gaullistes : De Gaulle met fin à la Guerre d’Algérie que la SFIO avait activée, Chirac se prononce contre la seconde invasion impérialiste de l’Irak quand Mitterrand avait activement participé à la première. Attention à ne pas faire de fausse interprétation de ce que nous disons : SFIO devenue PS comme RPR devenu UMP défendent les intérêts de la Bourgeoisie française. Mais des courants divergents peuvent exister au sein de cette Bourgeoisie, comme c’est le cas dans les pays colonisés : la Bourgeoisie compradore suit l’Impérialisme dominant en espérant des miettes (c’est la position du PS, de l’ex-UDF, et plus récemment, aussi bien de Hollande que de Sarkozy), la Bourgeoisie nationale essaie de conserver ses propres prés carrés, soit en tentant de faire de l’UE un instrument de relative résistance aux USA après la fin de l’URSS (c’est la position de Chirac et des historiques du RPR) soit en la combattant (c’est la position de Pasqua, et, plus récemment de Dupont-Aignan et Le Pen). Pas de surprise non plus concernant la position des écologistes, tenant d’une des justifications idéologiques du maintien du capitalisme les plus efficaces : l’Homme est méchant et détruit la planète, seule une élite intellectuelle avec le nez vert s’en aperçoit ; il faut combattre le nucléaire civil sans rien dire des bombes atomiques ; l’avenir est dans la misère consentie en produisant moins (mais sans amputer les dividendes) ; bref, au placard les critères de classe.

Mais, ce qui apparaît de manière évidente depuis plusieurs années, c’est la position qui pourrait sembler inattendue de la « gauche de la gauche ». Du NPA qui condamne l’intervention impérialiste au Mali mais pas en Libye ni en Syrie à Mélenchon qui approuve l’intervention impérialiste en Libye en passant par le "Monde Diplomatique", supporter des Frères Musulmans ou le PCF vantant une pseudo-révolution baptisée printemps arabe sans voir que ce sont les impérialistes qui avancent leurs pions, la liste serait longue.

En Libye, les uns et les autres voient aujourd’hui un conflit entre "libéraux" et "progressistes" d’un côté et "intégristes" de l’autre, là où groupes maffieux et fascistes s’entremêlent ou s’entre déchirent et que les progressistes sont morts, en fuite ou se taisent. Jamais le fascisme intégriste n’est dénoncé. Pire, au prétexte d’islamophobie, s’établit une échelle entre une religion oppressante (le catholicisme) et une opprimée (l’islam). Outre que les hyper réactionnaires évangélistes de tout poil semblent oubliés, il faut dire que l’islamophobie est un concept erroné, véhiculé par l’idéologie dominante, pour masquer un racisme pur et dur, où l’on en veut à l’ethnie, pas à la croyance, où, depuis 50 ans, c’est la victoire des Algériens contre le colonisateur Français qui n’a toujours pas été digérée. De la même manière, nombre d’intellectuels de gauche critiquent le terme d’islamiste, qui introduit une fausse distinction entre croyants modérés et croyants fanatiques et s’en prend à l’Islam en général. Mais le problème n’est pas, là, de défendre l’islam, mais d’attaquer les autres religions, tout autant obscurantistes. « Peut-on croire modérément ? ». Là est la vraie question. Il n’y a pas d’opprimés religieux, il n’y a que des opprimés prolétaires, et seul l’athéisme est de nature à se dégager de cette oppression idéologique.

Sur un autre sujet, la « gauche de la gauche » défend des solutions qui n’en sont pas ; des compromis qui sont des compromissions. Il en est de la paix en Palestine comme de l’Europe sociale ou du partage des richesses : chimères !!! Ce n’est pas la protestation internationale pour la paix mais le combat acharné des Palestiniens de Gaza, qu’ils soient du Hamas ou des organisations marxistes, et le nombre de soldats colonialistes tués qui ont fait reculer le gouvernement israélien.

C’est la même chose pour le conflit que nous évoquons avec ce texte. Ceux qui semblent dénoncer l’Impérialisme en disant « C’est le Qatar et l’Arabie qui arment et financent EIIL » oublient le rôle de la France et des USA, de la Turquie même. Ceux qui, par pétition interposée demandent l’aide de la France au PKK se moquent du monde. L’Etat français n’est pas au sommet d’une balance qu’il suffirait de faire pencher d’un côté. Il est dans le camp de EIIL, qui est une officine à son service ; de la même manière qu’il est au service de la bourgeoisie capitaliste (et non pas qu’il écoute plus les patrons que les travailleurs).

En conclusion : choisir son camp

Contrairement à ce que véhicule cette gauche de la gauche, il n’existe pas un camp de la démocratie auquel, bon an mal an, il faudrait faire confiance, contre un camp des dictateurs. Cette grille de lecture qui fausse toutes les analyses internationales en particulier du PCF et de la CGT depuis vingt ans ne prend pas en compte les aspects de classes sociales, autant dire l’essentiel ; elle est donc intrinsèquement fausse.

Depuis le début des interventions impérialistes au Moyen Orient, le PCF, le Front de Gauche, le NPA, les différents intellectuels qui parlent pour eux ont le cul entre deux chaises. Comme le disait Elsa Triolet, les barricades n’ont que deux côtés. Il n’existe pas de troisième voie. Dès 2003, ceux qui voulaient n’être ni pour Bush ni pour Saddam étaient avec Bush.

Dans les combats planétaires armés ou seulement économiques que nous avons sous les yeux, les forces au service des impérialistes dominants affrontent les peuples qu’ils veulent dominer, mais aussi des forces au service de certaines petites ou moyennes bourgeoisies (le Baas syrien, le Hezbollah) voire des impérialismes rivaux (la Chine, la Russie, le Brésil) mais en position de résistance. Quand l’Allemagne nazie voulait dominer le monde, les progressistes, au premier rang d’entre eux les Soviétiques se sont retrouvés dans le même camp que d’autres impérialismes, les USA ou la Grande Bretagne. Il en est de même aujourd’hui : ceux qui veulent l’affranchissement de l’impérialisme US, la défaite des fascistes intégristes à son service au Moyen Orient sont dans le même camp que l’armée syrienne et même que la Russie qui lui livre les missiles qui lui permettent d’éviter une invasion US. Assumer cela n’est pas dire qu’Assad est un révolutionnaire ni Poutine un progressiste, mais c’est tenir compte d’une réalité qui ne plait pas à beaucoup :toutes celles et tous ceux qui avaient cru ou dit de bonne fois que le monde ne serait plus bipolaire après la fin de l’URSS se sont trompés. Nous sommes revenus à un monde d’affrontement inter impérialistes duals : l’impérialisme dominant, ses alliés et se sbires, contre tous ceux qui ne veulent pas de son ordre, que ce soit pour prendre sa place, pour continuer d’exister ou pour combattre le capitalisme.

La position de COMMUNISTES est claire. Dans ce conflit du Moyen Orient, nous sommes avec toutes celles et tous ceux qui combattent les impérialismes à l’attaque (USA, France, Grande Bretagne, Turquie, Israël) et leurs sbires, notamment les légions fascistes obscurantistes, des Frères Musulmans à EIIL. Nous sommes aux côtés des peuples, syrien, irakien, kurde, qui combattent ces fléaux et des organisations qui prennent activement part à ces combats, comme nos camarades du PKK, avec une pensée pour Abdullah Öcalan, son secrétaire général, prisonnier politique isolé dans l’île d’Imrali, depuis 15 ans, seul pendant 10 ans, en proie à toutes les exactions, victime de l’impérialisme turc comme avant lui le grand poète Nazim Hikmet.

source: www.sitecommunistes.org

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Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La République, #La nation ., #La France, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #L'OTAN.

Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie.

Bonjour.

Devant les horreurs perpétrées par les hordes barbares en Syrie et en Irak, il est urgent de réagir. Que ces bêtes sauvages soient au service de l’EI, de l’ISI, de l’EIIL, de DAESCH et autres assassins, n’a pas beaucoup d’importance. Nous devons les éradiquer par tous les moyens. Nous devons prendre conscience que ce fléau sera combattu efficacement par une collaboration étroite avec les états de cette partie du monde. Le gouvernement syrien actuel est laïque et ne revendique pas de pareilles exactions. Bien au contraire il combat ces bêtes féroces.

Pour donner du sens à la légitime indignation de notre gouvernement devant les décapitations et autres atrocités, il est impératif de renouer des liens diplomatiques avec la Syrie. La réouverture de l’ambassade de France à Damas me semble être un symbole fort. C’est pourquoi je vous invite à signer cette pétition.

Vous trouverez ci-après l’excellent texte de mon ami Guy Martin sur ce sujet.

Bien cordialement.

Lucien PONS.

Texte de Guy MARTIN

J’ai signé cette pétition parce que je considère que la France s'honorerait et rayonnerait en rétablissant des relations diplomatiques avec un Etat laïque, au gouvernement d'union nationale, dont les réformes institutionnelles et les élections tenues avec succès depuis mars 2011 ont prouvé qu'il a considérablement évolué , et dont la population a soif de paix, de valeurs humanistes et de progrès social - inscrites encore dans la Constitution française.

Il faudrait ajouter que la France, en réouvrant son ambassade en Syrie, et en rétablissant une politique de coopération avec l’Etat syrien, reviendrait à une politique arabe logique, ferait preuve de bon sens, au moment où ceux qui étaient appelés les « rebelles » il y a quelques mois encore dans les médias dominants, sont enfin reconnus pour ce qu’ils sont : des fous sanguinaires dont les Etats européens sont horrifiés à la seule pensée qu’ils pourraient revenir un jour sur leur sol. C’est que « les faits sont têtus »…

Bien cordialement,

Guy Martin

P Pour préserver l'environnement, n'imprimer ce message qu'en cas de réelle nécessité

La Pétition.

Objet : réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

Signez!

Expéditeur: GIRS France <girsfrance@outlook.fr>
Date: 15 novembre 2014 15:22:41 UTC+1
Destinataire: GIRS France <girsfrance@outlook.fr>
Objet: réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

C'est très urgent, je vous prie de signer cette pétition qui se trouve sur ce lien. Il est important de participer au succès de cette action humaine en le diffusant à tous vos contacts et sur les réseaux sociaux.

Grand merci.

https://www.change.org/p/monsieur-le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-fran%C3%A7aise-et-%C3%A0-tous-les-parlementaires-fran%C3%A7ais-la-r%C3%A9ouverture-de-l-ambassade-de-france-en-syrie

نداءعاجل وهام جداً ٠ الرجاء توقيع هذه العريضة الموجودةعلى هذاالرابط ونشرها على أوسع نطاق ممكن

عريضة من أجل إعادة فتح السفارة الفرنسية في سورية

ولكم جزيل الشكر

GIRS, Groupe Indépendant de Réflexion pour la Syrie

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La Syrie et l'ONU : M.Bachar al-Jaafari, Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, répond aux questions des journalistes.

6 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #L'OTAN., #Le capitalisme;, #la liberté

Jeudi 6 novembre 2014

La Syrie et l'ONU : M.Bachar al-Jaafari, Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, répond aux questions des journalistes

M. Bachar al-Jaafari

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

répond aux questions posées par les journalistes

1. M. de Mistura a-t-il discuté de son « plan d'’action » avec le gouvernement syrien lorsqu’'il s’est rendu à Damas, à Moscou ou à Téhéran, avant de le proposer au Conseil de sécurité ?

Non, nous n’avons pas eu de discussion préalable sur ce sujet lorsqu’'il s'’est rendu en Syrie. C’'est, comme il vous l’a dit, le fruit de sa tournée d'’une quarantaine de jours dans la région. De notre côté, nous étudierons ses propositions lorsqu’'il retournera à Damas pour s’'en entretenir avec les responsables politiques et donnerons notre avis sur la question. De toute façon, je dois le rencontrer dès demain.

2. M. De Mistura a appelé les Turcs à intervenir pour sauver les civils de Aïn al-Arab. Est-ce que ce point précis a été discuté avec le gouvernement syrien ?

Le gouvernement syrien est contre toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes et contre toute violation de la souveraineté syrienne. C’est une ligne rouge !

Ensuite, M. De Mistura n’a pas appelé la Turquie à intervenir dans les affaires syriennes. Les autorités turques empêchant les Syriens qui ont dû fuir cette ville d’y retourner, il les a appelées à faciliter le retour des combattants kurdes syriens, se trouvant de l'’autre côté de la frontière vers Aïn al-Arab, leur ville, pour participer aux combats contre Daech. Il nous faut rester très précis dans notre façon de nous exprimer. Voilà ce que voulait dire M. De Mistura.

3. M. De Mistura a parlé de « freeze zones » que certains traduisent par « zones locales de cessez-le feu ».

Pouvez-vous nous dire quelle est la position du gouvernement syrien devant ces propos.

Comment a-t-il l'’intention de procéder à Alep

Et aussi, pourriez-vous nous faire une mise au point sur ce qui se passe sur les hauteurs du Golan et avec les Forces de l'’UNDOF [ou FNUOD : Force des Nations Unies chargée d’Observer le Désengagement ; résolution 350/1974].

Sont-elles revenues du côté syrien de la ligne de séparation [4] ?

Cette question est un autre scandale de cette organisation, le DPKO [Department for PeaceKeeping Operations] n’'a même pas réagi devant la délicate et dangereuse situation qui prévaut dans la zone démilitarisée entre le côté syrien et le côté israélien de la ligne de désengagement. Depuis des mois, des éléments de Jabhat al-Nosra, qui est inscrite sur la liste des organisations terroristes, occupent des poches du côté syrien de la ligne de séparation, et le DPKO ne réagit toujours pas !

Comme vous le savez, le résultat est que les Philippins se sont retirés et que les Fidjiens ont été kidnappés, malgré nos mises en garde précoces et la prise en otage de membres philippins de l'’UNDOF à deux reprises [en Mars et en mai 2013, NdT]. Le DPKO n’a « toujours pas enquêté », ni sur le rôle joué par les services du renseignement du Qatar, ni sur les incidents de l'’époque; ce qui a encouragé les mêmes ravisseurs à répéter leurs crimes encore et encore. C’'est aussi pourquoi je dis qu’il ne s'’agit plus d’une crise essentiellement politique, mais d’une sorte de crise éthique au sein de cette organisation [...].

Le gouvernement syrien a appelé, à maintes reprises, les membres du Conseil de sécurité, ainsi que M. Lakhdar Brahimi et M. Kofi Annan avant lui, à prendre en considération ce que nous qualifions de « processus de réconciliation nationale ».

Autrement dit, le gouvernement syrien est en faveur de « zones pacifiées » où il travaille à la réconciliation avec ceux qui n'’ont pas de sang sur les mains et qui déposent leurs armes. Par conséquent cette idée, dans son sens le plus large, est l’'idée du gouvernement syrien lui-même.

De plus, nous ne voulons pas des « freeze zones », nous voulons que la Syrie toute entière redevienne une seule et même « freeze zone » sans aucune exclusion.

Ceci dit, nous prendrons en considération l’'idée de M. De Mistura et nous essaierons de voir comment nous pourrions l’aider à atteindre son objectif en même temps que celui du gouvernement syrien. Finalement, nous sommes heureux de constater que la priorité de M. De Mistura et celle des membres du Conseil de sécurité est de combattre le terrorisme. C’est sur point que nous avions insisté à Genève il y a un an et demi, et quelques-uns parmi vous doivent se souvenir que nous avions dit que c’était « la priorité des priorités ».

Malheureusement, certains n’'ont pas voulu entendre et aujourd'’hui, comme vous le constatez, tout le monde s’'accorde là-dessus, même si les uns parlent de Daech et que d’autres parlent de Jabhat al-Nosra ; ce qui revient au même.

Nous voulons combattre le terrorisme et nous avons besoin que la communauté internationale nous aide, mais ce combat ne peut rester sélectif. Nous ne pouvons pas combattre le terrorisme en témoignant clémence et tolérance à l'’égard des mauvaises politiques du gouvernement turc contre la Syrie. Quelqu’'un doit stopper le gouvernement à Ankara et le pousser à s’'engager sérieusement dans le combat contre toutes les formes de terrorisme.

Encore une fois, la Turquie viole la charte et les lois internationales en s'’ingérant dans les affaires intérieures de la Syrie, en aidant les terroristes à traverser nos frontières après les avoir militairement entrainés sur son territoire. Cela devrait interpeller tout le monde et tout un chacun.

4. Pour revenir aux « freeze zones » ou « zones locales de cessez le feu », pourriez-vous, s’il vous plait, nous rappeler où ces zones ont été un succès ?

Nous ne parlons pas de cessez le feu, mais de processus de réconciliation nationale...

5. Où est-ce que cela a réussi ?

Partout dans le pays, à Damas, sur la côte, à Homs... Ce fut une expérience réussie pour le gouvernement syrien.

6. Des rapports indiquent que votre gouvernement a considérablement intensifié ses frappes aériennes ces derniers temps, y compris à Alep, et je ne vois pas comment cela est supposé vous conforter.

Ensuite, l'’EIIL ayant du répondant dans les ères sunnites, est-ce que les gouvernements syrien et irakien ont agi d'’une façon ou d’'une autre pour que les sunnites ne se sentent pas écartés par Damas et Bagdad à la fois ?

En Syrie, nous ne pratiquons pas un mode de pensée sectaire et confessionnel, notamment lorsqu’il s'’agit de nos affaires intérieures. Je suis donc au regret de ne pas répondre à cette partie de votre question totalement étrangère à notre culture nationale.

Concernant le deuxième point de votre question, le fait est que les dites « Forces de coalition » mènent 8 à 30 raids aériens par jour, contre l’'EIIL en Irak et en Syrie. Mais juste pour votre information, j'’aimerais vous confirmer que les Forces aériennes syriennes mènent quotidiennement environ 130 raids aériens contre l’'EIIL, contre Jabhat al-Nosra et contre d’'autres organisations terroristes. Par conséquent, l’'aviation syrienne est fortement engagée dans la lutte contre le terrorisme sur l’'ensemble des régions du pays et pas seulement à Alep.

7. Pouvez-vous nous donner votre avis sur les frappes aériennes US en Syrie ?

Ont-t-elles amené un quelconque changement positif sur le terrain ?

Nous avons de sérieux doutes quant aux motivations de ces frappes. Le président Obama a commencé par dire que cette guerre durerait 3 ans ! Je ne vois pas comment la force militaire la plus puissante du monde serait incapable, selon les dires du Pentagone, de stopper 15.000 terroristes déployés le long du désert irakien et du désert syrien ! Il y a donc quelque chose d’'erroné dans cette arithmétique.

Ensuite, nous avons entendu dire, par les chefs du Pentagone, que cette guerre pourrait durer longtemps et je crois que certains ont donné des chiffres allant de 20 à 30 ans ! C'’est donc un appel à une guerre ouverte destinée à devenir une « guerre d'’usure » contre tous les peuples ou les gouvernements de la région et plus particulièrement contre l'’Irak et la Syrie, car nous sommes les principales cibles de cette campagne. Nous sommes donc nécessairement d’'une extrême vigilance face aux déclarations publiques des uns et des autres.

Comme je viens de le dire, nous avons de sérieux doutes sur les motivations de cette dite « coalition » car alors qu’'elle cible l'’EIIL d’une main, elle se révèle très patiente à l’'égard des exactions du gouvernement turc, de l’'autre main ; exactions menées par l'’intermédiaire de l’EIIL. Ce faisant, elle exerce d’'énormes pressions sur l'’Armée nationale syrienne en ouvrant de « nouveaux fronts » dans le but de disperser ses efforts et de la détourner de son combat contre l’'EIIL, aussi bien au niveau de la zone frontalière avec la Turquie qu'’au niveau d’'autres zones du pays.

Ce qui revient à diminuer la pression sur l’EIIL et, d’une certaine façon, à faciliter sa tâche en Syrie et en Irak, alors que si l’Armée nationale syrienne avait les mains libres pour combattre uniquement l’EIIL, elle l’éliminerait en 3 jours et n’aurait certainement pas besoin de 3 ans pour ce faire !

Un grand merci à vous tous

Source :

http://webtv.un.org/watch/bashar-jaafari-syria-on-syria-security-council-media-stakeout-30-october-2014/3867335365001

ou

https://www.youtube.com/watch?v=zZdmuQbnSVE

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Notes :

[1] The situation in the Middle East (Syria) – Security Council, 6810th meeting

http://webtv.un.org/watch/the-situation-in-the-middle-east-syria-security-council-6810th-meeting/1743476443001

[2] Transcript – Press Stakeout: UN Special Envoy for Syria, Mr. Staffan De Mistura, New York, 30 October 2014

http://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/transcript-press-stakeout-un-special-envoy-syria-mr-staffan-de-mistura

http://webtv.un.org/watch/staffan-de-mistura-on-syria-security-council-media-stakeout-30-october-2014/3867242945001

[3] Mme Kyung-wha Kang / Syrie : la poursuite des violences aggrave la crise humanitaire.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=33631#.VFUNAhbOVyw

[4] Syrie : Les Israéliens jouent avec le feu et l’ONU se contente d’observer !

http://www.mondialisation.ca

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Syrie : « Les sunnites… constituent la principale base du pouvoir d’Assad ». Le Saker francophone.

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre, #La nation ., #L'OTAN.

Syrie : « Les sunnites… constituent la principale base du pouvoir d’Assad »

4 novembre 2014

Préambule

Cet article fait suite à celui que nous avons publié hier 3 novembre (Nouveaux signes d’un changement de position des USA à l’égard de la Syrie), à propos du changement d’attitude envers le régime de Bachar al-Assad observé dans les médias (The Washington Post, The Telegraph, Yahoo News, ABC News) par Moon of Alabama.

Le Saker francophone

———————————-

Comme prévu [1], la consolidation des groupes d’insurgés en Syrie se poursuit [2] et les plus radicaux d’entre eux gagnent du terrain :

La stratégie de l’administration Obama en Syrie a subi un revers cinglant dimanche, lorsque des combattants liés à Al-Qaïda ont forcé des rebelles soutenus par les USA à quitter leurs bastions dans le nord. Ils ont, du même coup, mis la main sur des quantités non négligeables d’armement, causé des défections massives et mis fin aux espoirs de Washington de trouver facilement des partenaires syriens dans sa lutte contre l’État islamique.

Les groupes mis en déroute étaient soutenus [3] par la CIA et disposaient d’armes Made in USA comprenant des missiles antichars TOW. Le tout est maintenant aux mains du front al-Nosra, qui s’apprête à gagner encore plus de terrain [4].

Continuer à nier l’évidence sera difficile pour l’administration Obama. L’idée même de former d’autres groupes de la « nouvelle Armée syrienne libre » en leur fournissant des armes est complètement dingue. Les seuls qui sont en mesure de combattre l’État islamique sont les forces armées syriennes. Il y a deux jours, j’ai senti comme une nouvelle approche dans les médias [5], qui semblent considérer le gouvernement syrien d’un œil plus favorable. Il était jusque-là presque toujours dépeint comme sectaire et dirigé d’une main de fer par la minorité alaouite. Ce n’était pas le cas, mais c’était le leitmotiv de tous les reportages occidentaux sur la Syrie. L’article d’Associated Press indiqué dans notre article en note [5], qui porte sur les réfugiés sunnites à l’intérieur de la Syrie, en est un autre qui sort du lot :

Les sunnites, le premier groupe confessionnel en importance en Syrie, constituent la principale base du pouvoir d’Assad, même si la rébellion est dominée par des sunnites. Les minorités, comme les alaouites, les chiites et les chrétiens, pour la plupart soutiennent le gouvernement ou sont restées neutres.

L’article indique aussi que l’administration syrienne est en mesure de gouverner de façon décente :

Les services publics, quoique fragmentaires, existent toujours. Les employés touchent leurs salaires, même si la monnaie locale se déprécie. Il y a toujours du courant, bien que les coupures soient fréquentes. Les soins de santé sont toujours gratuits, mais les résidents se plaignent de longues files d’attente, parce que les médecins quittent leurs postes.

Les lecteurs de ces articles récents relatifs à Associated Press auront de quoi s’interroger : Qu’est-ce qu’il y a de mal avec le président syrien Assad ? Ne vaut-il pas mieux que toutes les autres propositions ?

Moon of Alabama
Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr

Notes

[1] Syria : Pro-Nusra « Rebels » Turn Anti-Nusra « Rebels » Turn Dead, Moon of Alabama, 31-10-2014

[2] U.S. backed Syria rebels routed by fighters linked to al-Quaeda, The Washington Post, 02-11-2014

[3] Syrian rebels armed and trained by US surrender to al-Qaeda, The Telegraph, 02-11-2014

[4] Al-Qaida fighters push offensive in northern Syria, Yahoo News, 03-11-2014

[5] Nouveaux signes d’un changement de position des USA à l’égard de la Syrie, Le Saker francophone, 03-11-2014

[6] Assad’s Syria Truncated, Battered _ but Defiant, ABC News, 02-11-2014

Source : Syria: « Sunni … form Assad’s chief power base », Moon of Alabama, 03-11-2014

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BHL, une imposture tunisienne, par Jacques-Marie BOURGET dans Le Grand Soir.

4 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN.

4 novembre 2014

BHL, une imposture tunisienne

Jacques-Marie BOURGET dans Le Grand Soir.

BHL.

BHL.

Mondafrique a enquêté sur les amis libyens de Bernard-Henri Lévy et notamment Waheed Burshan, ancien membre du Conseil national de transition libyen qu’il a rencontré dans le Djebel Nafoussa lors de l’intervention franco-anglaise de 2011 contre Mouammar Kadhafi. Longtemps exilé à Chicago où il a défendu les intérêts des entreprises qatari, Burshan fut l’une des personnalités soutenues par la CIA et Doha pour reprendre les rênes de l’Etat libyen après la chute du "Guide".

Pendant longtemps Bernard-Henri Lévy n’a été que ridicule. Avec parfois une pointe d’odieux dans la série de ses mensonges, dans sa vie inventée et mise en scène façon série B. Un seul exemple pris dans la pile, quand il affirmait avoir livré des postes de radio au commandant Massoud en 1982. Mais la vie est comme la littérature, il lui faut bien des imposteurs ; leur existence gratifie les hommes courageux et discrets. Depuis qu’il a quitté le seul ridicule pour devenir complice des bombardiers, il a cessé de nous amuser. C’est ce qu’ont compris les tunisiens de la « société civile » qui, vendredi 31 octobre, ont réservé à ce pitre une standing ovation. Aux cris de « BHL dégage ! ». Reprenant ainsi les mots utilisés pour chasser Ben Ali.

Dehors, le clown.

Prié par le pouvoir, après une nuit passée à « La Résidence », le palace de Tunis, de rentrer au plus vite en France, le vieux philosophe la queue entre les jambes, s’est quand même gentiment assis dans un jet pour filer. A Paris, où ses points de chute médiatiques sont aussi nombreux que les relais de poste à l’époque des diligences, les affidés de BHL se sont mis au travail. Leur ordre de mission, leur story telling : donner son vrai sens à l’expulsion du génie du Flore.

C’est Liliane Lazar qui, depuis sa chaire (bien faible) de « professeur à Hofstra Univesity », USA, ouvre le premier barrage de contre-artillerie. C’est bien normal, depuis Long Island Liliane voit tout, sait tout de ce qui se passe en Tunisie. Ses mots sur le voyage de BHL sont donc du béton : l’ami de Nicolas Sarkozy ne s’est rendu au pays du jasmin que pour discuter, sur un mode fitzgéraldien, avec quelques amis dans le hall d’un palace et dans la fumée des cigares. Des amis libyens. Exploits, tant l’espèce est introuvable, des démocrates pas du tout islamistes.

De BHL à Gulliver

Pauvre Liliane qui, comme souvent quand les serviteurs veulent trop bien faire, se prend les pieds dans le tapis. Ainsi, en légende d’une photo où l’on voit le romanquêteur entouré de ses gens, la professeure nomme l’un des convives comme étant « Djebel Nefousa ». Éclat de rire général : « Monsieur Djebel Nefousa » n’existe pas, il s’agit du nom d’un haut plateau libyen proche de la frontière tunisienne où, aux côtés de conseillers qataris et français, les islamistes rebelles à Kadhafi ont préparé leur raid vers Tripoli. Avec à leur tête le si charmant et démocrate Abdel Hakim Belhadj, le prince du djihad et agent de Doha. C’est aujourd’hui ce grand maître barbu qui règne sur Tripoli. Liliane confond un homme et une montagne… ce qui devrait la pousser bientôt à s’intéresser plus aux voyages de Gulliver qu’à ceux de BHL.

Dans la brigade de défense de l’homme de Dombasle, qui ne manque pas de bras, après Liliane, le pompon revient à Jérôme Béglé. C’est un courtisan mondain et ne sachant pas écrire, qui a fini par trouver une écuelle au Point. Bien entendu, Jérôme pratique l’art où il excelle, servir la soupe. Même dans ses questions, aussi vides qu’un théâtre où se joue du BHL, on remarque le style du maître. Là notre phare de la nouvelle philo, mais aussi journaliste donc attaché à la vérité, décrit la petite foule qui l’attend à l’aéroport : « Quelques dizaines d’islamistes ou, peut être, d’exilés kadhafistes »… Voila, crier « BHL dégage ! » est une offense à trois coups, c’est être islamiste, antisémite et aimer les dictateurs. Ceux qui faisaient le pied de grue en attente du génie sortant de l’Airbus, et que nous connaissons comme des tunisiens laïcs, des citoyens de la société civile, vont apprécier l’injure.

Djebel or not Djebel

Dans l’Express où BHL a aussi son rond de serviette, on tend les sels afin que notre intellectuel multi spires reprenne connaissance. Mieux que lui prenant la plume, c’est son Sancho Pansa, Gilles Herzog, qui signe le compliment. Divergence avec le patron, le bon Gilles nous dit que les amis libyens, ceux qu’il fallait rencontrer, « habitaient sur place ou venaient de Tripoli », alors que BHL dans son envolée digne d’une carte IGN nous dit que ces démocrates venaient aussi de « Benghazi, des villes du djebel Nefousa (sic), Misrata, Zaouia »…Faudrait savoir ! Djebel or not djebel ? Heureusement pour l’intérêt du romanquête, Herzog nous livre un détail avec du sang : à son hôtel, BHL a été agressé par un homme… C’est bien connu, le palace de Tunis est un nid de supporters du Califat. Herzog ne peut imaginer que ce type en colère suit chaque jour le film d’horreur de ses voisin, du technicolor enclenché par BHL en 2011 à Tripoli : « Apocalypse Now ».

Bernard-Henri Levy avec son ami libyen Waheed Burshan, troisième en partant de la droite, à l’hôtel "La Résidence" à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis.

Bernard-Henri Levy avec son ami libyen Waheed Burshan, troisième en partant de la droite, à l’hôtel "La Résidence" à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis.

Mais attardons nous un peu sur l’excellent Waheed Burshan, l’un des aimables humanistes avec lesquels BHL s’est entretenu à l’hôtel « La Résidence ». Là, une petite leçon est nécessaire. Souvenez-vous d’un certain Ahmed Chalabi présenté en 2003 par les Américains comme l’homme providentiel qui devait remplacer Saddam Hussein… A l’usage il s’est révélé que ce démocrate était à la fois un voleur et un agent double allant rendre compte à Téhéran. Waheed Bershan, outre, détail important, qu’il n’est pas délinquant, a joué le rôle de Chalabi en Libye. Pour le Département d’État ce libyen exilé à Chicago était un fer au feu. Un joker sans cesse réchauffé par la CIA et le Qatar afin qu’il se tienne prêt à faire bonne figure, « au cas ou », pour devenir le cadre du nouvel État.

Et, pour la révolution libyenne, Bershan a mouillé son maillot, jusque sur le plateau de Nafousa où, assis dans le fourgon du Qatar piloté par Belhadj, il a rencontré BHL le libérateur, le Sandino, la Marti, le Guevara de la Libye. Notre ami Waheed méritait bien de faire parti du Comité National de Transition, la crème de la crème. Puis, sagement, tout en gardant un œil sur le réchaud libyen, et l’autre sur les envolées de BHL, Burshan à occupé son temps à défendre les intérêts d’entreprises qataries. Ce qui est plus sage. Nourri de la philosophie des Frères Musulmans, le saint homme dont la fille et la femme vivent sous le voile, peut attendre son heure.

Waheed Burshan avec sa fille, Sarah et sa femme, Amal, à Tunis. Cette photo a été prise en 2011 lors de l’entrée des rebelles libyens dans Tripoli.

Waheed Burshan avec sa fille, Sarah et sa femme, Amal, à Tunis. Cette photo a été prise en 2011 lors de l’entrée des rebelles libyens dans Tripoli.

En réalité, comme l’a révélé Mondafrique, une réunion politique autour de la « réunification des partis libyens » devait bien se tenir à Hammamet. On attendait là d’autres philosophes, ceux d’Ennadha bien sûr, mais aussi ce cher Belhadj que BHL a croisé sans le voir dans la fureur de Nefousa. On ignorait que, fauteur de guerre, Lévy avait aussi la qualité d’un imam capable de rassembler la Oumma, la communauté des croyants.

JACQUES MARIE BOURGET, 03 Nov 2014.

»» http://mondafrique.com/lire/international/2014/11/03/bhl-une-imposture...

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http://www.legrandsoir.info/bhl-une-imposture-tunisienne.html

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Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Europe supranationale, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient

On doit certes recouper cette information israélienne reprise par les Iraniens, ...mais plusieurs recoupements précédents tendent à confirmer ce type d'informations ...assez décevante pour ceux qui ont continué à croire au printemps arabe après le renversement de Moubarrak et sa prise en charge par la TV de l'émirat hyperdémocratique, populaire et démcoratique, social absolutiste monarchiste Al Jazeera .

Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

IRIB- selon Al Alam, plusieurs unités de l'armée israélienne surtout celle dénommée Mittar

opèrent en ce moment sur les hauteurs du Golan. et soutiennent les terroristes takfiris de Al Nosra à Quneitara. Le renseignement de l'armée israélienne Aman a déjà fourni les terroristes en équipements électroniques bien sophistiqués, en appareils d'écoute et en systèmes d'alarme précoce, soit des équipements qui permettent aux terroristes d'être avertis des attaques aux missiles de l'armée syrienne contre leurs positions. qui se trouvent au Golan occupé. les terroristes ont également recours aux dispositifs de brouillage des contacts de télécommunication de l'armée syrienne, installés dans différentes localités . il s'agit d'équipements conçus par la firme britannique Datong. Ce sont des équipements qui sont inclus dans de petites serviettes. ces dispositifs rendent les terroristes capables de contrôler les textos et les conversations téléphoniques des portables appartenant aux habitants du Golan. Les terroristes sont ainsi capables d'identifier les propriétaires des portables , de faire éteindre leurs portables , de les traquer. selon des rapports ces " serviettes" d'espionnage sont déposés prèsc des régions de Dael , Novy, Tal al Chaar entre les villes de Daraa et de Quneitara, au centre de Quneitara.

Il est aussi possible pour les terroristes de surveiller ces contacts. mais les coopérations entre Al Nosra et Israël ne se réduisent pas à cela ! le rapport du renseignement de l'armée israélienne Aman fait état de l'entrainement de certains terroristes d'Al Nosra dans un camps situé près de la GAlilée dans le nord des territoires occupés de la Palestine. de nombreux nosratistes ont débarqué ces derniers temps à Quneitara ainsi qu'à Daraa pour être soumis aux stages de formation militaire. l'armée sioniste fait état de la formation d'une cellule destinée à des opérations militaires spéciales . Cette cellule d'opération est dirigée par un officier de renseignement israélien et un chef terroriste takfiri, Khaled Nassar. Khaled Nassar travaillait pour le compte d'Israël alors que l'armée syrienne était en guerre contre les terroristes à Quneitara. il travaillait pour l'unité 504 de l'armée sioniste. selon cette information, le régime sioniste a multiplié ses agissements dans la banlieue de Quneitara et de Daraa , dans l'objectif de recruter davantage de terroriste et de préparzer le terrain à la formation d'une zone tampon au Golan dont il rêve depuis longtemps./

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent. On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis. On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.

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Serena Shim, journaliste tuée en Turquie : les médias occidentaux, hypocrites, demeurent silencieux par Raphaël "JahRaph" Berland / le 26 octobre 2014.

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La mondialisation, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Les média

La journaliste américaine Serena Shim

La journaliste américaine Serena Shim

La mort suspecte d’une journaliste née aux Etats-Unis, Serena Shim, et le silence des médias américains sur son histoire, illustre de manière évidente le « deux-poids, deux mesures » qui caractérise les médias occidentaux. Serena Shim, une journaliste américaine de 29 ans d’origine libanaise, couvrait la guerre en Syrie et plus spécifiquement la bataille entre les militants de l’EIIL et les forces kurdes, non loin de la ville de Kobani, située sur la frontière turco-syrienne. Serena Shim, rentrait à son hôtel, à bord de sa voiture de location, après un reportage réalisé dans la ville turque de Suruc, près de la frontière syrienne, lorsqu’un plus gros véhicule l’aurait heurtée, causant sa mort [le 19 octobre dernier, ndt].

Alors que les autorités turques ont très vite déclaré qu’il s’agissait d’un simple accident, beaucoup à travers le monde, incluant des dirigeants et des cadres de PressTV, l’agence Iranienne d’informations pour laquelle Serena Shim travaillait, ont exprimé des doutes concernant les circonstances entourant sa mort, les décrivant comme suspectes. En effet, les doutes sembleraient justifié, en raison du fait que l’accident présumé, surviendrait un jour seulement, après que Serena Shim, eut fait part de ses craintes pour sa sécurité, à la suite de menaces de morts, adressées par les services secrets turcs (MIT).

Dans une interview pour PressTV, juste après avoir été accusé d’espionnage et avoir reçu des menaces de mort, Shim déclarait :

« Je suis vraiment étonnée de cette accusation. J’ai même pensé me rapprocher des services de l’intelligence Turque, parce que je n’ai rien à cacher….Je suis un peu inquiète, parce que… la Turquie a été désignée par reporters sans frontières comme la plus grande prison pour journalistes…donc j’ai un peu peur de ce qu’ils pourraient utiliser contre moi..Nous étions parmi les premiers sur les terrains, si ce n’est les premiers, à faire sortir l’histoire des militants qui passent par la frontière Turque. J’ai des images d’eux, dans des camions de l’organisation alimentaire mondiale. Il était apparent qu’il s’agissait de militants, avec leurs barbes, les vêtements qu’ils portaient, et ils se déplaçaient dans des camions appartenant à des ONG. »

Cette interview révélatrice met en évidence le fait que Shim, contrairement à beaucoup de journalistes occidentaux couvrant le conflit Syrien, était en réalité en train de poursuivre une enquête sérieuse, incluant des sources concernant les communications entre les services secrets turcs et certains militants extrémistes afin de faire entrer clandestinement des mercenaires et des armes en Syrie. Bien que cet aspect du conflit syrien ait été rapporté par Reuters, le New York Times et d’autres, Shim était sur place couvrant l’événement, rassemblant des preuves documentées, des vidéos et photos de militants dans des camions d’ONG, en contradiction totale avec les lois internationales.

C’est précisément cette preuve accablante de l’implication de la Turquie dans la conflit syrien qui a probablement attirée sur elle les menaces de morts, et très certainement conduit à son assassinat. La mort tragique de Shim provoqué la colère (sans parler de la profonde tristesse) de sa famille et de ses collègues, qui ont demandé l’ouverture d’une enquête impartiale sur les circonstances de sa mort. Les condoléances ont afflué du monde entier, et ont été adressées aussi bien à PressTv qu’à sa famille. Cependant et de façon remarquable, il y a eu un black-out total de la part des médias occidentaux et spécialement aux Etats-Unis, le pays dont Shim était une ressortissante et une citoyenne.

À la lumière de la mort de Serena Shim, et de l’absence honteuse de couverture médiatique la concernant, des questions dérangeantes commencent à émerger quant à l’attitude des médias occidentaux, vis à vis des attaques, kidnappings, assassinats et ou morts suspectes de journalistes. Plus particulièrement, les grands médias et leurs gouvernements respectifs ainsi que leurs propriétaires, à savoir les grands patrons de multinationales. Il doivent expliquer pourquoi la mort de certains journalistes est traitée comme des sujets internationaux, capable de susciter l’indignation mondiale et de servir de prétexte pour des ingérences militaires, alors que d’autres comme Serena Shim, n’auront à peine droit qu’à une mention en passant ?

Le journaliste américain James Foley (Photo AFP / Nicole Tung)

Le journaliste américain James Foley (Photo AFP / Nicole Tung)

L’indignation internationale à la suite du kidnapping et de l’exécution par décapitation de James Foley a occupé la une des médias occidentaux pendant des semaines, et a permis d’offrir la justification nécessaire aux bombardements américains contre l’EIIL en Syrie. Des hommages lui ont été consacré par la plupart des médias « mainstream », une page dédiée à sa mémoire a été crée par des fans et Reporters Sans Frontières ; le président Obama lui-même s’est exprimé, décrivant Foley comme : « un homme qui vivait pour son travail, qui relatait courageusement les histoires de ses semblables et qui était aimé par ses amis et sa famille… Nous ferons tout notre possible, pour protéger les nôtres et les valeurs éternelles pour lesquelles nous vivons. ». Un tel hommage, venant du président, démontre la signification politique et sociale, que revêt la mort de James Foley pour les américains.

Et pourtant, Serena Shim qui, comme James Foley, était journaliste et citoyenne américaine, n’a pas reçu tant d’égard. Il n’y aura pas d’hommage, de grandes chaînes d’informations pour elle, la plupart ne s’embarrasseront même pas à rapporter les conditions suspectes entourant sa mort. Il y a très peu d’articles mentionnant l’incident, et ceux qui existent, tendent à valider la thèse de l’accident comme affirmée par les autorités turques. Et ceci, en dépit du fait qu’il n’y a pas eu d’enquêtes, et que par l’effet d’une coïncidence qui vient bien à propos, des menaces de morts avaient été proférées quelques heures seulement avant l’accident.

Toujours pas de déclaration publique, de la part de Reporters Sans Frontières (1) pour l’instant, ou même de toute autre organisation chargée de la protection et de la promotion de la liberté de la presse, et de la protection universelle des journalistes. Pourquoi ? Quelle est la différence entre Shim et Foley, qui explique la disparité flagrante de traitement médiatique et d’indignation au niveau mondial ?

La mort de Serena Shim, illustre douloureusement mais de manière claire et tranchée, le « deux-poids, deux mesures » appliqué par les médias et les politiciens occidentaux. La mort de James Foley était une tragédie mondiale, la mort de Shim, une petite note de bas de page, tout au plus. Le fait remarquable, c’est que cette disparité de traitement n’est pas liée à qui ils étaient en tant qu’individus [journalistes américains, ndt], mais plutôt à leur employeur.

James Foley s’était volontairement engagé dans la guerre de l’OTAN/Etats-Unis en Libye, s’incorporant lui-même avec les soit disant « rebelles » qui, grâce à la campagne de bombardements massifs de l’OTAN, a effectivement détruit les infrastructures militaires, et participé au renversement de la Jamahiriya Libyenne et à l’assassinat de Mouammar Kadhafi. Foley a présenté une image héroïque des rebelles, dont beaucoup avaient des liens directs avec Al-Qaïda et le réseau terroriste s’étendant de l’Afghanistan à l’Arabie saoudite. Il les considéraient comme de vrais patriotes qui voulaient libérer leur patrie d’un dictateur brutal et sanguinaire. En vérité, Foley, était l’un des propagandistes en chef pour l’opération de l’OTAN en Libye, capturant des photos susceptible de servir la cause de Washington et de l’OTAN.

En contraste, Shim travaillait pour PressTV, une chaîne d’informations Iranienne, financée par le gouvernement et qui procure une autre lecture des événements, à celle proposée par les médias occidentaux. Les reportages de PressTv ont été critiques de l’opération internationale contre la Syrie, en plus d’avoir remis en question, par des articles, débats et analyses, le rôle de la Turquie, de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de Washington, Tel Aviv et d’autres dans la préparation de cette guerre.

PressTv a critiqué les positions politiques Américaines vis à vis de la Syrie et de l’Irak, et a diffusé de nombreuses rapports mettant en cause le rôle d’acteurs internationaux dans ces conflits. Shim, trouve elle-même la mort, quelques heures après avoir délivré la brûlante information selon laquelle des extrémistes avaient traversé la frontière vers la Syrie, avec l’assistance des services secrets turcs, et en utilisant des camions de l’Organisation Alimentaire Mondiale. Cette exclusivité détonante, corroborait d’autres témoignages datant de 2012, sur l’implication des services secrets turcs, précisément dans ce type d’opérations.

Donc, il apparaît évident, que la réaction des médias et des gouvernements, face à la mort de journalistes, dépend du type de reportages qu’ils font. Si vous êtes un journaliste, travaillant pour alimenter la narration des intérêts occidentaux et pour la propager, alors vous êtes un héros et votre mort est une tragédie nationale, qui doit provoquer une réponse ferme. Si par contre, vous êtes un journaliste travaillant pour un groupe d’informations non-occidental, et que vous êtes critique de l’occident, de ses politiques et de ses actes, alors votre mort n’est tout simplement pas digne d’être rapportée et sera très vite oubliée.

Journalistes en Ukraine (Reuters / Yannis Behrakis)

Journalistes en Ukraine (Reuters / Yannis Behrakis)

Peut être que l’aspect le plus épouvantable dans cette histoire, c’est le fait que la mort de Shim n’est que la dernière d’une longue liste de morts de journalistes, dans les récentes années et les derniers mois, qui ont été pratiquement occultés des médias occidentaux. De l’Ukraine à la Syrie en passant par Gaza, des journalistes ont été pris pour cible de manière alarmante, pendant qu’en occident on passe ces faits sous silence.

Dans l’est de l’Ukraine, un nombre impressionnant de journalistes ont été agressés, kidnappés, torturés et/ou tués, par les forces du régime militaire et paramilitaire de Kiev, soutenu par les Etats-Unis. En Juin 2014, Igor Kornelyuk et Anton Voloshin, tout deux employés de la chaîne Rossiya Tv, ont été tué tout près de Lugansk. En dépit des dénégations répétées émanant des autorités de Kiev et concernant le ciblage délibéré des journalistes, des témoins oculaires présent sur la scène du crime ont déclaré que les journalistes avaient été délibérément pris pour cible, par les forces Ukrainiennes. Viktor Denisov, le seul rescapé de l’équipe, a expliqué : « Je suis certain qu’il ne s’agissait pas de tirs accidentels, c’était une opération ciblé de la garde nationale. ». Malgré ce témoignage oculaire, ajouté aux images de l’attaque obtenues par Denisov, il n’y a eu pratiquement aucune couverture de la presse internationale.

En juin 2014 toujours, Anatoly Klyan, un cameraman de la chaîne de télévision russe Channel One, a été tué par les forces loyalistes au régime de Kiev, soutenu par les Etats-Unis. Il a reçu une balle dans le ventre, alors qu’il était à bord d’un bus rempli de mères de conscrits qui avait été visé par les forces militaires de Kiev ; Klyan est mort avant d’atteindre l’hôpital. Tandis que, quelques reportages ont été initialement réalisé par les médias occidentaux (notamment des médias anglais), nous n’avons pas assisté à l’indignation générale, consistant à demander la protection des journalistes en Ukraine, ou tout du moins à démontrer un intérêt plus important, quant à l’investigation des crimes présumés des forces du régime de Kiev et des forces paramilitaires, pas plus que l’on a assisté par ailleurs, de la part des soutiens du régime de Kiev, à l’exercice d’une influence quelconque sur le président Poroshenko sur cette problématique.

Hommage à Andrey Stenin à Moscou, le 5 septembre 2014 (Reuters / Sergey Karpukhin)

Hommage à Andrey Stenin à Moscou, le 5 septembre 2014 (Reuters / Sergey Karpukhin)

En août 2014, un photojournaliste, Andrey Stenin, de Rossiya Segodnya (anciennement Ria Novosti) a été tué, quand la voiture dans laquelle il voyageait, a été attaqué ainsi que plusieurs autres voitures et passagers, tous civils, cherchant à fuir les zones de combats. Stenin a été déclaré disparu pendant un mois, avant que l’on obtienne finalement la confirmation de sa mort. Durant la période où on le croyait enlevé, il y a eu des manifestations de solidarité et des demandes pour sa libération, notamment de la part du Comité pour la Protection des Journalistes, qui a collecté de la documentation, sur un nombre de crimes commis contre des journalistes, et particulièrement les journalistes russes, par les forces Ukrainiennes. Quoiqu’il en soit, au delà de la communauté des professionnels des médias, il n’y a décidément pas eu de réaction en occident, où l’information de sa disparition et subséquemment de sa mort est totalement passée inaperçu.

La mort de ceux-là et d’autres journalistes russes en Ukraine ne sont malheureusement pas les seules attaques contre des journalistes non-occidentaux. PressTv, qui est aujourd’hui frappé par le deuil de Shim, n’est que trop familier de ce type d’événements. En septembre 2012, le correspondant de PressTv Maya Nasser a été tué par un sniper, pendant qu’il était en direct, rapportant la récente attaque sur le quartier général de l’armée syrienne. Le fait qu’il ait été tué par un sniper (ce qui accrédite la thèse selon laquelle des attaques sont délibérées perpétrées contre des journalistes, afin de les empêcher de faire leur travail) aurait dû faire de lui une cause célèbre pour les organisations de médias à travers le monde. Ils sont pourtant demeuré silencieux, parce que Nasser n’était pas un journaliste occidental et faisait, au contraire de ceux-ci, un travail embarrassant pour les puissances occidentales, puisqu’il permettait de donner des éléments nouveaux et circonstanciés à propos de ces fameux « rebelles modérés » combattant le « brutal dictateur Assad ». La leçon a tiré objectivement, c’est que les journalistes peuvent être des cibles légitimes, à partir du moment où leur description des faits, va à l’encontre des plans de Washington et de ses alliés.

Finalement, il y a eu le tragique cas de Gaza, une véritable vallée de la mort pour les journalistes, où au moins 8 journalistes ont trouvé la mort, tués par les forces israéliennes durant leur guerre sur Gaza, au cours de l’été 2014. Alors que la Fédération Internationale des Journalistes a présenté sa protestation officielle aux Nations-Unies contre les exécutions de leurs collègues, et que d’autres organisations comme Al Haq ont mené des investigations poussées sur ces incidents, l’affaire a été totalement ignorée par les grands médias, avec un prix d’honneur décerné aux médias américains qui, fidèles à leurs habitudes, n’ont rapporté qu’une seule version de la situation sur le terrain à Gaza. Lorsque des journalistes américains correspondaient confortablement depuis Jérusalem, Tel Aviv, Amman et d’autres villes, des journalistes palestiniens perdaient leurs vies, pour témoigner de l’horreur indicible qui prenait place à Gaza. Encore une fois, le silence des médias était assourdissant.

Il est crucial de réitérer le fait que les médias occidentaux, qui sont toujours les premiers à sortir les trompettes pour affirmer leur engagement pour la liberté de la presse, parmi tant d’autres, sont bizarrement silencieux dès qu’il s’agit de la mort de collègues travaillant pour des médias non-occidentaux. Il semblerait que l’indignation soit plus une affaire d’idéologie, que d’un soutien sincère à la cause journalistique. Sur cette voie, les médias occidentaux se font les complices de crimes. En renonçant à leurs responsabilités pour rapporter les faits de manière honnête, en omettant consciemment de montrer leur soutien à des collègues tombés pour avoir exercé leur métier partout autour du monde, ces médias occidentaux se révèlent être des instruments du système impérialiste Etats-Unis/OTAN.

Eric Draitser (source : RT)
Traduction pour le Cercle des Volontaires : La Diotima

(1) Note du Cercle des Volontaires : le 20 octobre, sur leur mur Facebook, nous avons interpellé RSF à propos de leur silence sur la mort de Serena Shim. RSF nous a répondu le 21 octobre : « we are still verifying informations and really concerned about this. More coming soon » (traduction : nous sommes encore en train de vérifier certaines informations et sommes réellement préoccupés par [ce tragique événement]. Nous y reviendrons prochainement.). En date du 26 octobre, RSF n’avait toujours rien publié.

 Raphaël "JahRaph" Berland

Raphaël "JahRaph" Berland

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

Raphaël "JahRaph" Berland a écrit 503 articles sur ce site.

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