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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

Un responsable palestinien tué par des soldats israéliens en Cisjordanie. Le Monde avec Reuters, mercredi 10 décembre 2014.

11 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre, #La guerre, #La paix, #La justice, #La mondialisation

Un responsable palestinien tué par des soldats israéliens en Cisjordanie. Le Monde avec Reuters, mercredi 10 décembre 2014.

Un responsable palestinien tué par des soldats israéliens en Cisjordanie

Le Monde avec Reuters, mercredi 10 décembre 2014

Ziad Abu Ain est mort le 10 décembre, après avoir été frappé par des soldats israé­liens, selon des témoins. | AP /​ Karim Kadim

Ziad Abu Ain est mort le 10 décembre, après avoir été frappé par des soldats israé­liens, selon des témoins. | AP /​ Karim Kadim

Ziad Abou Ein, ministre de l’Autorité pales­ti­nienne, est mort mer­credi 10 décembre après avoir été frappé par des soldats israé­liens lors d’une mani­fes­tation en Cis­jor­danie, rap­porte une source médicale.

Un responsable palestinien tué par des soldats israéliens en Cisjordanie. Le Monde avec Reuters, mercredi 10 décembre 2014.

Chargé du dossier de la colo­ni­sation au sein de l’Autorité pales­ti­nienne, Ziad Abou Ein a été frappé au torse par des soldats lors d’une marche de pro­tes­tation dans le village de Turmus Ayya, près de Ramallah, a indiqué une source de sécurité pales­ti­nienne. Il est mort lors de son transport vers la ville de Ramallah.

Un responsable palestinien tué par des soldats israéliens en Cisjordanie. Le Monde avec Reuters, mercredi 10 décembre 2014.

Un acte qui ne peut être « ni accepté ni toléré », selon Abbas

Mahmoud Abbas, pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne, a rapi­dement condamné « l’attaque brutale qui a pro­voqué la mort » de Ziad Abou Ein, « tombé en martyr », selon l’agence de presse offi­cielle WAFA. Cet « acte barbare ne peut être ni accepté ni toléré », a-​​t-​​il ajouté.

Ziad Abou Ein a été frappé au torse par des soldats lors d’une marche de pro­tes­tation dans le village de Turmus Ayya, près de Ramallah. | Reuters /​ Mohamad Torokman

Ziad Abou Ein a été frappé au torse par des soldats lors d’une marche de pro­tes­tation dans le village de Turmus Ayya, près de Ramallah. | Reuters /​ Mohamad Torokman

Les ten­sions entre Israé­liens et Pales­ti­niens sont très vives ces der­niers mois, notamment autour de l’esplanade des Mos­quées à Jéru­salem, troi­sième lieu saint pour les musulmans et site le plus sacré pour les juifs. Plu­sieurs attaques et attentats ont eu lieu en Israël et les affron­te­ments sont quasi-​​quotidiens entre radicaux Israé­liens et Palestiniens.

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Syrie: deux raids aériens israéliens près de Damas. Laurent Fabius et le gouvernement Hollande se taisent...

9 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #Politique étrangère, #Europe supranationale

Mardi 9 décembre 2014

Loin des déclarations va-t-en guerre concernant la Russie... Quand Israël bombarde un Etat souverain, Laurent Fabius et le gouvernement Hollande se taisent...

Loin des déclarations va-t-en guerre concernant la Russie...

Quand Israël bombarde un Etat souverain,

Laurent Fabius et le gouvernement Hollande se taisent...

Syrie: deux raids aériens israéliens près de Damas

ParRFI

Des Les habitants de Damas, la capitale syrienne, ont rapporté avoir entendu de fortes explosions dimanche 7 décembre 2014.

AFP PHOTO/ANWAR AMRO

L'armée israélienne a mené ce dimanche 7 décembre, deux raids aériens dans des régions tenues par le régime syrien dans la province de Damas.

Les raids n'ont pas fait de victimes.

« L'ennemi israélien a attaqué la Syrie en visant deux régions sécurisées [par les forces gouvernementales, ndlr] de la province de Damas », a annoncé la télévision officielle syrienne. Une source syrienne a précisé que les raids n'avaient pas fait de victimes mais seulement des dégâts matériels.

Les raids aériens israéliens visaient des dépôts de munitions situés dans l'enceinte de l'aéroport international de Damas et des positions militaires de l'armée syrienne, à Dimas, au nord-ouest de la capitale syrienne. D'énormes explosions ont ainsi été entendues à proximité de l'aéroport. Une image diffusée par al-Manar, la télévision du Hezbollah libanais, montrait un immense incendie et une épaisse colonne de fumée. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), pas moins de dix explosions ont été entendues dans le secteur.

Un soutien d'Israël à al-Qaïda

Comme le rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh, un porte-parole militaire syrien a déclaré que ces attaques aériennes prouvent qu'Israël apporte un soutien direct à al-Qaïda et au groupe Etat islamique dans leur guerre contre le régime syrien, mais que ces raids n'empêcheront pas l'armée syrienne de poursuivre sa guerre contre les terroristes.

A Beyrouth, des analystes affirment que les raids israéliens sont des messages adressés à Damas et à ses alliés russes et iraniens. Ils interviennent quelques jours après une rencontre entre Vladimir Poutine et le chef de la diplomatie syrienne, à Sotchi, et à la veille d'une visite du ministre Walid Moallem à Téhéran.

Plusieurs raids depuis 2011

De leur côté, les autorités israéliennes n’ont pas commenté l’information. Comme toujours en Israël, on se contente de citer les médias syriens et libanais, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Et s'il n'y a pas de réactions officielles, ce n'est donc pas étonnant : selon des sources étrangères, l'armée et l'aviation israélienne ont mené dans le passé plusieurs attaques contre des positions militaires depuis le début de la révolte contre le régime sans jamais confirmer ces opérations. Cela a été notamment le cas contre un convoi de missiles antiaériens en Syrie en janvier 2013, et aussi en 2007 contre un site nucléaire syrien construit par la Corée du Nord. Le raid aérien israélien le plus récent a eu lieu en mars dernier. Il visait des positions militaires de la région de Qouneitra, près du Golan.

La loi du silence a été observée par Israël...Et par Paris !

Mais des responsables israéliens et américains, sous couvert de l'anonymat, n'ont pas manqué de confirmer les informations auprès des médias étrangers.

Les habitants de Damas, la capitale syrienne, ont rapporté avoir entendu de fortes explosions dimanche 7 décembre 2014.   AFP PHOTO/ANWAR AMRO

Les habitants de Damas, la capitale syrienne, ont rapporté avoir entendu de fortes explosions dimanche 7 décembre 2014. AFP PHOTO/ANWAR AMRO

L'armée israélienne a mené ce dimanche 7 décembre, deux raids aériens dans des régions tenues par le régime syrien dans la province de Damas.

Les raids n'ont pas fait de victimes.

« L'ennemi israélien a attaqué la Syrie en visant deux régions sécurisées [par les forces gouvernementales, ndlr] de la province de Damas », a annoncé la télévision officielle syrienne. Une source syrienne a précisé que les raids n'avaient pas fait de victimes mais seulement des dégâts matériels.

Les raids aériens israéliens visaient des dépôts de munitions situés dans l'enceinte de l'aéroport international de Damas et des positions militaires de l'armée syrienne, à Dimas, au nord-ouest de la capitale syrienne. D'énormes explosions ont ainsi été entendues à proximité de l'aéroport. Une image diffusée par al-Manar, la télévision du Hezbollah libanais, montrait un immense incendie et une épaisse colonne de fumée. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), pas moins de dix explosions ont été entendues dans le secteur.

Un soutien d'Israël à al-Qaïda

Comme le rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh, un porte-parole militaire syrien a déclaré que ces attaques aériennes prouvent qu'Israël apporte un soutien direct à al-Qaïda et au groupe Etat islamique dans leur guerre contre le régime syrien, mais que ces raids n'empêcheront pas l'armée syrienne de poursuivre sa guerre contre les terroristes.

A Beyrouth, des analystes affirment que les raids israéliens sont des messages adressés à Damas et à ses alliés russes et iraniens. Ils interviennent quelques jours après une rencontre entre Vladimir Poutine et le chef de la diplomatie syrienne, à Sotchi, et à la veille d'une visite du ministre Walid Moallem à Téhéran.

Plusieurs raids depuis 2011

De leur côté, les autorités israéliennes n’ont pas commenté l’information. Comme toujours en Israël, on se contente de citer les médias syriens et libanais, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Et s'il n'y a pas de réactions officielles, ce n'est donc pas étonnant : selon des sources étrangères, l'armée et l'aviation israélienne ont mené dans le passé plusieurs attaques contre des positions militaires depuis le début de la révolte contre le régime sans jamais confirmer ces opérations. Cela a été notamment le cas contre un convoi de missiles antiaériens en Syrie en janvier 2013, et aussi en 2007 contre un site nucléaire syrien construit par la Corée du Nord. Le raid aérien israélien le plus récent a eu lieu en mars dernier. Il visait des positions militaires de la région de Qouneitra, près du Golan.

La loi du silence a été observée par Israël...Et par Paris !

Mais des responsables israéliens et américains, sous couvert de l'anonymat, n'ont pas manqué de confirmer les informations auprès des médias étrangers.

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Communiqué du collectif de défense des civils syriens victimes des agissements de Laurent Fabius. Par Jacques Henno sur "Le Monde.fr".

3 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre, #L'OTAN., #La France, #La nation ., #La République, #Politique étrangère

Communiqué du collectif de défense des civils syriens victimes des agissements de Laurent Fabius

Laurent Fabius. Ministre des affaires étrangères.

Laurent Fabius. Ministre des affaires étrangères.

Réplique à la défense présentée par le ministre

Le 26 mars 2014, Hnein Thaalab, Talal Salim, Thabet Darwich, Amer Raddah, Mohammed Al Ibrahim, Joumana Al Kassem et Nawar Darwich, civils syriens victimes des agissements de monsieur Laurent Fabius, ont demandé à l’État français une réparation symbolique, pour les fautes personnelles commises par ce ministre à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.

Cette réparation leur ayant été refusée, ils ont présenté une requête devant le tribunal administratif de Paris.

Les requérants ont été destinataires d’un mémoire en défense par lequel le ministre des Affaires étrangères et du développement international présente des observations, auxquelles le Premier ministre a fait connaître qu’il s’associait.

Le tribunal a laissé jusqu’au 10 novembre aux requérants pour présenter une réplique, l’audience devant se tenir en décembre 2014 ou en janvier 2015.

Le mémoire en défense rédigé par monsieur le ministre des Affaires étrangères lance dans le désordre une bonne dizaine d’arguments.

Pour la clarté du débat, il ne sera pas inutile d’y mettre un peu d’ordre.

Le ministre présente pour l’État une défense en trois temps. Il commence par nier, puis il avoue mais rejette la responsabilité sur l’État, enfin, pour le cas où cela ne fonctionnerait pas, il termine en quittant le terrain du fond et en jouant sa dernière chance sur l’irrecevabilité.

A. – Sur le fond

a) Nier

Le ministre des Affaires étrangères commence par tout nier, successivement : d’abord la faute, puis le dommage, enfin le lien de causalité.

1. Nier la faute

Il commence par nier la faute.

Il ne peut pas nier les faits :
1° de la promesse d’intervention militaire de la France contre le régime syrien, lancée à Paris le 29 mai 2012 ;
2° des paroles prononcées en Turquie le 17 août 2012, selon lesquelles « Bachar Ael-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre » ;
3° des propos tenus le 14 décembre 2012, selon lesquels « le front al-Nosra fait du bon boulot » ;
4° de l’annonce, à Paris le 14 mars 2013, de ce que la France et la Grande-Bretagne allaient livrer des armes aux rebelles ;
5° de l’appel, à Paris, le 22 août 2013, à « une réaction de force » contre le régime syrien.

Alors il nie qu’il s’agisse là de fautes. Il le nie péremptoirement, et en vérité il est très bref sur ce point. S’empressant de tenter autre chose.

2. Nier le dommage

La négation de la faute étant peu crédible, le ministre s’empresse de nier le fait des crimes et des massacres. À l’en croire, depuis trois ans, il ne se passe rien de mal en Syrie. Des attentats ? Des massacres ? Le ministre n’y croit pas. Il demande des preuves !

Il ne croit pas madame Joumana Al Kassem lorsqu’elle dit qu’elle a reçu des menaces ; que le 19 juin 2012, à 3 heures du matin, un groupe d’une dizaine de terroristes, au milieu de tirs massifs, a envahi sa maison ; que son fils blessé a été transporté à l’hôpital, mais qu’à l’entrée de l’hôpital, les terroristes s’attaquaient à eux à nouveau en ouvrant le feu ; que son deuxième fils a été blessé ; que ses deux fils sont morts et qu’aux obsèques, il y eut de nouveau une fusillade. Le ministre n’y croit pas.

Il ne croit pas non plus monsieur Talal Salim lorsque ce dernier dit que le 4 août 2013, à 4 h 30 du matin, des bandes djihadistes ont envahi leur village de Lattaquié, mutilant et tuant ses parents et enlevant sa propre épouse et leurs quatre enfants. Le ministre ne croit pas que le 4 août 2013, dans la région de Lattaquié Nord, les villages d’Hanbouchieh, d’Inbata, de Ballouta, de Barmasa, de Baroudeh et d’al Kharrata aient été envahis par des bandes armées appartenant aux groupes criminels de « Jabhat al-Nosra » et de ladite « Armée syrienne libre » ; il nie que les villages ont été livrés aux flammes et à la destruction ; il nie que l’on a tué ou enlevé hommes, femmes, enfants et vieillards.

Il ne croit pas plus monsieur Hnein Thaalab, habitant de Maaloula, lorsque ce dernier dit que, le 5 septembre 2013 au matin, la ville et les villages avoisinants ont été attaqués de toutes parts par des bandes armées de Jabhat al-Nosra. Monsieur le ministre veut des preuves de ce que cette organisation, qui fait paraît-il « du bon boulot », aurait commis.

Il ne croit toujours pas que le 10 septembre 2013, à Maksar al Hisan, la mère, le frère, la belle-sœur et les deux neveux de Mohammed Al Ibrahim ont été réveillés en pleine nuit par de violents tirs d’armes à feu ; que le village subissait, ainsi que les villages voisins, l’attaque des hordes de Jabhat al-Nosra ; il ne croit pas qu’il y eut ce jour-là un massacre.

Il nie enfin que le 21 octobre 2013, vers 6 h 20 du matin, des bandes armées aient investi en nombre par le sud, l’est et l’ouest de la ville de Sadad, qui dépend de Homs (67 km au sud-est de Homs), au moyen d’explosifs et de tirs intensifs accompagnés du cri « Allahu akbar » ; il nie les séquestrations et les tortures.

Il nie tout. Il veut des preuves. Pour lui, « le préjudice subi n’est pas établi ». Il veut que l’on dénombre les victimes. Il veut des sources publiques qui relatent les différentes attaques.

Mais comme il sent que cette défense ne tiendra pas, subsidiairement, il admet. Il admet les massacres, les enlèvements, les tortures, les mutilations.

Mais il veut qu’on lui prouve que ce sont bien les « bandes de djihadistes salafistes », les « terroristes » de « al-Nosra » qui sont les auteurs de ces attaques. Il veut la preuve de l’identité des auteurs des attaques.

Cela rejoint son attitude depuis le début des événements en Syrie. Le chaos, les massacres, les gaz, « c’est Bachar ».

Ce comportement invraisemblable du ministre français des Affaires étrangères est précisément que ce que les requérants lui portent à faute. Il persévère et réitère jusque dans la rédaction de son mémoire en défense.

3. Nier le lien de causalité direct et certain entre la faute et le préjudice

Finalement, le ministre admet. Il a commis des fautes. Ce sont bien les terroristes qui ont commis les massacres.

Mais il prétend qu’il n’y a pas de relation directe, aucun lien de causalité entre ce qu’il a fait, entre ses fautes et les massacres.

Monsieur le ministre ne voit pas le lien entre le fait de promettre l’intervention militaire de la France contre le régime syrien, lancée à Paris le 29 mai 2012, et les attaques dont madame Joumana Al Kassem a été la victime moins d’un mois après, le 19 juin 2012, de la part d’une dizaine de terroristes, ou encore les massacres commis par al-Nosra à peine plus de deux mois après, le 4 août 2013, à Lattaquié.

Il ne voit toujours pas de lien entre les paroles qu’il a prononcées en Turquie le 17 août 2012, donc précisément après ces derniers faits, selon lesquelles « Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre », ses propos tenus le 14 décembre 2012, selon lesquels « le front al-Nosra fait du bon boulot », l’annonce, à Paris, le 14 mars 2013, de ce que la France et la Grande-Bretagne allaient livrer des armes aux rebelles, l’appel, à Paris, le 22 août 2013, à « une réaction de force » contre le régime syrien et les massacres commis par les « rebelles » à Maaloula le 5 septembre 2013, à Maksar al Hisan le 10 septembre 2013, et à Homs le 21 octobre 2013.

Il y aura débat. Et le Tribunal tranchera.

b) Avouer, mais tout rejeter sur l’État

N’ayant plus rien à nier et toutes ces dénégations ne tenant pas, le ministre, finalement, revendique tout, accepte tout, avoue tout. Il avoue ses fautes, il avoue les massacres, il avoue le lien entre ses fautes et les massacres.

Mais il dit : « Ce n’est pas moi, c’est l’État. » Et il découle de cette invocation de la ratio status que le juge administratif serait incompétent.

L’argument est à la fois logique et casuistique.

Logique. Majeure : le juge administratif ne peut connaître des actes de gouvernement. Mineure : les actes de Laurent Fabius sont des actes de gouvernement. Conclusion : le juge administratif ne peut connaître des actes de Laurent Fabius.

Promettre, en mai 2012, l’intervention militaire de la France contre le régime syrien, avant que madame Al Kassem ne soit la victime du terrorisme contre lequel lutte ce même régime, ou que des massacres soient commis par al-Nosra à Lattaquié constitue un « comportement à caractère diplomatique ».

Dire à la suite de cela, en août, que « Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre », en décembre 2012, que « le front al-Nosra fait du bon boulot », annoncer en mars que la France va livrer des armes aux rebelles, et appeler en août 2013, à « une réaction de force » contre le régime syrien avant que des massacres soient commis par les « rebelles » à Maaloula, à Maksar al Hisan et à Homs constitue des « actes de nature diplomatique liés à la conduite des relations internationales ».

« Reflets de décisions de politique étrangère. »

Quant à la casuistique, sont cités des actes de guerre, entre autres l’engagement de troupes au Kosovo (CE 5 juillet 2000), l’autorisation donnée aux Américains du survol du territoire français pour bombarder l’Irak (CE 30 décembre 2003) ou la reprise par la France d’essais nucléaires (CE 30 décembre 2003).

Le ministre invoque même un autre de ses méfaits, l’interdiction récente de la tenue au consulat de Syrie des élections présidentielles syriennes (CE 23 mai 2014).

Reste que la France n’est pas en guerre avec la Syrie. Il n’y a pas eu de déclaration de guerre, ni de la France à la Syrie, ni de la Syrie à la France. Le gouvernement syrien, son président, son administration, son armée, sont des autorités légitimes.

Sont-ce des manières de conduire la politique étrangère d’un grand pays ? est-ce un comportement de nature diplomatique ? est-ce même une façon de mener une guerre que de lancer des promesses d’intervention militaire contre un régime qui lutte pied à pied pour protéger ses populations d’une agression terroriste internationale ? et que de dire du président légal et légitime de ce pays qu’il « ne mériterait pas d’être sur la Terre » ? Est-ce une conduite des relations internationales de la France, une diplomatie, que de dire d’une organisation terroriste qu’elle fait, en Syrie, « du bon boulot » ? De quelle guerre relève donc l’annonce de livraisons d’armes aux terroristes ? Et est-ce un acte diplomatique de tenter de fomenter une guerre mondiale en appelant à « une réaction de force » dès le lendemain d’une attaque chimique dont il est démontré aujourd’hui qu’il s’agissait d’une manœuvre des terroristes ?

Si ce sont là des actes de gouvernement, et si, par la voix de la juridiction administrative, cette ligne de défense (d’ailleurs curieusement avancée par l’auteur même des fautes personnelles) devait recevoir l’approbation de l’État, la France relèverait de la Cour internationale de justice.

Mais le tribunal ne suivra pas monsieur Fabius dans son argumentation. L’État français ne pourra pas être ainsi exonéré des fautes personnelles commises par son agent, à l’occasion de l’exercice de ses fonctions de ministre. L’État ne peut pas accepter que les actes de terrorisme commis par monsieur Fabius lui soient imputés à lui, fût-ce pour échapper à la juridiction administrative et éviter d’avoir à réparer symboliquement les dommages causés.

B. – Sur la recevabilité

Las, sentant bien que tout est perdu, forcé de reconnaître que la tentative d’invoquer l’acte de gouvernement échouera et que les fautes, les dommages et les liens des premières avec ceux-là sont indéniables, qu’il risque d’entendre une juridiction administrative dire qu’il a commis des fautes personnelles, le ministre se rabat sur de misérables arguties.

Il redouble dans la négation, demandant aux requérants de prouver leur lien de parenté avec les morts et les personnes enlevées (page 6 et 7 de son mémoire). Il demande des pièces. Des documents d’identité ? des livrets de famille ? des extraits des registres d’état civil ? dans un pays qu’il a contribué à mettre à feu et à sang, où même la production des pièces d’identité des requérants a été difficile et a exigé des déplacements à travers le pays qui ont mis leur vie en danger ? Le ministre nie tout lien de parenté entre les requérants et leurs morts et leurs disparus. Il estime que le préjudice n’est pas établi.

Et puis, finalement, il en est réduit à soulever que dans sa demande indemnitaire, l’un des requérants était dit « Monsieur » et non « Madame » ; argument indécent à l’heure de l’égalité des sexes. Le ministre voudrait que cette requête, au moins, soit déclarée irrecevable.

Et aussi celle-ci, où la lettre de demande préalable libellait le nom « Raadah », tandis que dans la requête, il s’agit de « Raddah ».

L’absence des prénoms dans la lettre préalable ne permet pas de savoir de qui il s’agit.

Erreurs matérielles qui tiennent au genre d’une adresse, à un « a » à la place d’un « d ».

Le tribunal appréciera.

Paris, le 3 novembre 2014

LEMONDE.FR


Par Jacques Henno, journaliste aux nouvelles technologies.

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Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

24 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Le capitalisme;

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

La guerre menée par les États-Unis contre le groupe armé État islamique est un grand mensonge.

Pourchasser les « terroristes islamiques » et mener une guerre préventive dans le monde entier pour « protéger la patrie étasunienne » sont des concepts utilisés pour justifier un programme militaire.

L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) est une création du renseignement étasunien. Le programme de « lutte contre le terrorisme » de Washington en Irak et en Syrie consiste à appuyer les terroristes.

L’incursion des brigades du groupe État islamique (EI) en Irak ayant débuté en juin 2014 faisait partie d’une opération militaire et du renseignement, soigneusement planifiée et soutenue secrètement par les États-Unis, l’OTAN et Israël.

Le mandat de lutte contre le terrorisme est fictif. Les États-Unis sont le « commanditaire numéro un du terrorisme d’État ».

L’État islamique est protégé par les États-Unis et leurs alliés. S’ils avaient voulu éliminer les brigades de l’État islamique, ils auraient pu bombarder intensément leurs convois de camionnettes Toyota lorsqu’ils ont traversé le désert entre la Syrie et l’Irak en juin.

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

Le désert syro-arabe est un territoire ouvert (voir la carte ci-dessous). D’un point de vue militaire, cette opération aurait pu être effectuée efficacement, rapidement et de manière extrêmement précise avec des chasseurs à la fine pointe de la technologie (F15, F22 Raptor, CF-18).

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

Dans cet article, nous abordons 26 concepts qui réfutent le grand mensonge. Alors que les médias interprètent cette opération militaire à grande échelle contre la Syrie et l’Irak comme étant une entreprise humanitaire, elle a engendré d’innombrables morts civiles.

Cette opération n’aurait pas pu être entreprise sans l‘appui inflexible des médias occidentaux, lesquels ont maintenu que l’initiative d’Obama représentait une opération de contre-terrorisme.

LES ORIGINES HISTORIQUES D’AL-QAÏDA

1. Les États-Unis appuient Al-Qaïda et ses organisations affiliées depuis presque un demi-siècle, depuis le début de la guerre soviéto-afghane.

2. Des camps d’entraînement de la CIA ont été mis en place au Pakistan. Entre 1982 et 1992, la CIA a recruté quelques 35 000 djihadistes venus de 43 pays musulmans pour faire le djihad en Afghanistan.

« Payées par des fonds de la CIA, des annonces publicitaires incitant à se joindre au djihad ont été placées dans les journaux et bulletins d’information à travers le monde. »

3. Washington appuie le réseau terroriste islamique depuis l’administration Reagan.

Ronald Reagan a appelé les terroristes des « combattants de la liberté ». Les États-Unis ont fourni des armes aux brigades islamiques. C’était pour « une bonne cause » : la lutte contre l’Union soviétique et un changement de régime ayant mené à la disparition d’un gouvernement laïc en Afghanistan.

 Ronald Reagan rencontre les commandants des moudjahidines afghans à la Maison-Blanche en 1985 (Reagan Archives)

Ronald Reagan rencontre les commandants des moudjahidines afghans à la Maison-Blanche en 1985 (Reagan Archives)

4. Des manuels djihadistes ont été publiés par l’Université du Nebraska. « Les États-Unis ont dépensé des millions de dollars pour fournir aux écoliers afghans des manuels remplis d’images violentes et d’enseignements islamiques militants. »

5. Oussama ben Laden, «le démon» (Bogeyman) des États-Unis et fondateur d’Al-Qaïda a été recruté par la CIA en 1979, dès le début du djihad contre l’Afghanistan, appuyé par les États-Unis. Il avait 22 ans et a été formé dans un camp d’entraînement de guérilla soutenu par la CIA.

Al-Qaïda n’était pas derrière les attaques du 11-Septembre. Le 11 septembre 2001 a fourni une justification à la guerre contre l’Afghanistan, basée sur l’idée que l’Afghanistan pratiquait le terrorisme d’État en soutenant Al-Qaïda. Les attaques du 11-Septembre ont contribué à l’élaboration de la « guerre mondiale au terrorisme » (Global War on Terrorism)

L’ÉTAT ISLAMIQUE

6. Le groupe État islamique (EI) était à l’origine une entité liée à Al-Qaïda et créée par le renseignement étasunien avec le soutien du MI6 britannique, du Mossad israélien, de l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais et du General Intelligence Presidency (GIP) saoudien, Ri’āsat Al-Istikhbarat Al-’Āmah (رئاسة الاستخبارات العامة).

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

7. Les brigades de l’EI ont participé à l’insurrection en Syrie contre le gouvernement de Bachar Al-Assad, insurrection appuyée par les États-Unis et l’OTAN.

8. L’OTAN et le Haut commandement turc étaient responsables du recrutement de mercenaires pour l’EI et Al-Nosra dès le début de l’insurrection syrienne en mars 2011. Selon des sources du renseignement israélien, cette initiative consistait en « une campagne visant à enrôler des milliers de volontaires musulmans dans les pays du Moyen-Orient et le monde musulman pour combattre aux côtés des rebelles syriens. L’armée turque logerait ces volontaires, les formerait et assurerait leur passage en Syrie. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011.)

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

9. Il y a des forces spéciales occidentales et des services de renseignement occidentaux dans les rangs de l’EI. Des forces spéciales britanniques et le MI6 ont participé à la formation de rebelles djihadistes en Syrie.

10. Des experts militaires occidentaux travaillant à contrat pour le Pentagone ont formé les terroristes pour utiliser des armes chimiques.

« Les États-Unis et certains de leurs alliés européens utilisent des entrepreneurs liés à la Défense pour montrer aux rebelles syriens comment sécuriser les stocks d’armes chimiques en Syrie, ont déclaré dimanche à CNN un haut responsable étasunien et plusieurs diplomates de haut rang. » (CNN Report 9 décembre, 2012)

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

11. La pratique de la décapitation de l’EI fait partie des programmes d’entraînement des terroristes appuyés par les États-Unis et mis en œuvre en Arabie Saoudite et au Qatar.

12. Un grand nombre de mercenaires de l’EI, recrutés par l’allié des États-Unis, sont des criminels condamnés qui ont été libérés des prisons saoudiennes à condition qu’ils se joignent à l’EI. Des condamnés à mort saoudiens ont été recrutés pour rejoindre les brigades terroristes.

13. Israël a soutenu les brigades de l’EI et d’Al-Nosra sur le plateau du Golan.

Des djihadistes ont rencontré des officiers israéliens de Tsahal ainsi que le premier ministre Nétanyahou. Les haut gradés de Tsahal reconnaissent tacitement que « des éléments du jihad mondial en Syrie » [EI et Al-Nosra] sont soutenus par Israël. Voir l’image ci-dessous :

« Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou et le ministre de la Défense Moshe Yaalon, aux côtés d’un mercenaire blessé, à l’hôpital militaire de campagne israélien sur le plateau du Golan occupé à la frontière de la Syrie, le 18 février 2014. »

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

LA SYRIE ET L’IRAK

14. Les mercenaires de l’EI sont les fantassins de l’alliance militaire occidentale. Leur mandat tacite est de ravager et détruire la Syrie et l’Irak, au nom de ceux qui les appuient, les États-Unis.

Vingt-six vérités sur le groupe État islamique (EI) qu’Obama veut vous cacher. Le site réseau International.

15. Le sénateur étasunien John McCain a rencontré des chefs terroristes djihadistes en Syrie. (Voir la photo à droite.)

16. La milice de l’État islamique, actuellement la cible présumée d’une campagne de bombardements des États-Unis et de l’OTAN en vertu d’un mandat de « lutte contre le terrorisme », est toujours soutenue clandestinement par les États-Unis. Washington et ses alliés continuent à fournir de l’aide militaire à l’État islamique.

17. Les bombardements des États-Unis et de leurs alliés ne visent pas l’EI, ils visent plutôt l’infrastructure économique de l’Irak et la Syrie, dont les usines et les raffineries de pétrole.

18. Le projet de califat de l’EI relève d’un programme de longue date de la politique étrangère des États-Unis, ayant pour but de diviser l’Irak et la Syrie en territoires distincts : un califat islamiste sunnite, une République chiite arabe et une République du Kurdistan.

LA GUERRE MONDIALE AU TERRORISME (GMAT)

19. « La guerre mondiale au terrorisme » (GMAT) est présentée comme un « choc des civilisations », une guerre entre les valeurs et les religions concurrentes, alors qu’en réalité, elle constitue une véritable guerre de conquête, guidée par des objectifs stratégiques et économiques.

20. Les brigades terroristes d’Al-Qaïda soutenues par les États-Unis (et appuyées secrètement par le renseignement occidental) ont été déployées au Mali, au Niger, au Nigeria, en Centrafrique, en Somalie et au Yémen.

Ces différentes entités affiliées à Al-Qaïda au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne et en Asie sont appuyées par des « atouts du renseignement » soutenus par la CIA. Ils sont utilisés par Washington afin de faire des ravages, créer des conflits internes et déstabiliser des pays souverains.

Guerre et mondialisation: La vérité derrière le 11 septembre, Michel Chossudovsky

Guerre et mondialisation: La vérité derrière le 11 septembre, Michel Chossudovsky

21. Boko Haram au Nigeria, Al-Shabab en Somalie, le Groupe islamique combattant en Libye (GICL) (soutenu par l’OTAN en 2011), Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), la Jemaah Islamiyah (JI) en Indonésie, entre autres groupes affiliés à Al-Qaïda, sont soutenus clandestinement par les services de renseignement occidentaux.

22. Les États-Unis appuient également des organisations terroristes affiliées à Al-Qaïda dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang en Chine. L’objectif sous-jacent consiste à déclencher l’instabilité politique en Chine occidentale.

L’on rapporte que des djihadistes chinois auraient reçu « une formation terroriste » de l’État islamique « dans le but de perpétrer des attaques en Chine ». L’objectif déclaré de ces entités djihadistes situées en Chine (servant les intérêts des États-Unis) est d’établir un califat islamique s’étendant jusque dans l’ouest de la Chine. (Michel Chossudovsky, America’s War on Terrorism, Global Research, Montréal, 2005, chapitre 2).

TERRORISTES D’ORIGINE INTÉRIEURE

23. Les terroristes c’est nous : Les États-Unis sons les architectes inavoués du groupe armé État islamique et le mandat sacré d’Obama est de protéger l’Amérique contre les attaques de l’EI.

24. La menace terroriste d’origine intérieure est une fabrication. Les gouvernements occidentaux et les médias en font la promotion dans le but d’abroger les libertés civiles et d’instaurer un État policier. Les attaques terroristes perpétrées par de présumés djihadistes et les avertissements d’attentats des terroristes sont invariablement mis en scène. Ils sont utilisés pour créer une atmosphère de peur et d’intimidation.

Les arrestations, les procès et les condamnations de « terroristes islamiques » visent pour leur part à entretenir la légitimité du Homeland Security, l’État sécuritaire des États-Unis, et de l’appareil d’application de la loi, de plus en plus militarisé.

L’objectif ultime est d’inculquer dans l’esprit de millions d’Étasuniens l’idée que l’ennemi est réel et que l’administration étasunienne va protéger la vie de ses citoyens.

25. La campagne de « lutte au terrorisme » contre l’État islamique a contribué à la diabolisation des musulmans, qui, aux yeux de l’opinion publique occidentale, sont de plus en plus associés aux djihadistes.

26. Toute personne qui ose remettre en question la validité de la « guerre mondiale au terrorisme » est accusée d’être un terroriste et soumise aux lois anti-terroristes.

Le but ultime de la « guerre mondiale au terrorisme » est de soumettre les citoyens à l’autorité, de dépolitiser complètement la vie sociale aux États-Unis, d’empêcher les gens de penser et de conceptualiser, d’analyser les faits et de contester la légitimité de l’ordre social inquisitorial qui gouverne le pays.

L’administration Obama a imposé un consensus diabolique avec le soutien de ses alliés, sans compter le rôle complice du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les médias occidentaux ont adopté le consensus; ils décrivent le groupe État islamique comme une entité indépendante, un ennemi extérieur qui menace le monde occidental.

Le grand mensonge est devenu vérité.

Dites non au « grand mensonge ».

Passez le mot.

Au bout du compte, la vérité est une arme puissante.

Aidez-nous s’il vous plaît à aller de l’avant. Nous comptons sur l’appui de nos lecteurs.

Pensez à faire un don au Centre de recherche sur la mondialisation.

Pour la paix et la vérité dans les médias.

Michel Chossudovsky

Video: La mondialisation de la guerre

La mondialisation de la guerre

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Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine.

21 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre

Palestine - 5 novembre 2014

Au-delà des apparences, la Palestine balaiera l’entité sioniste !

Par Daniel Vanhove

Daniel Vanhove est observateur civil et auteur de Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes, 2005, Ed. M. Pietteur et La Démocratie Mensonge, 2008, Ed. M. Pietteur.

Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine. Date que certains considèrent comme le premier acte ayant permis la création de l’Etat israélien dont tout le monde peut constater : 1/ les dérives politiques, militaires et morales croissantes dans son abjecte occupation coloniale qui se poursuit à l’encontre de toutes les Résolution du Droit international ; 2/ le régime d’apartheid qu’essuie de plein fouet la population arabe du pays.

Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine.

Il faut dire, au passage, que les Palestiniens ont rarement de quoi se réjouir, dans les dates anniversaires qui jalonnent leur histoire !

A l’aube de l’hiver, après les derniers massacres perpétrés il y a quelques semaines à peine par l’une des plus puissantes armées qui soit contre un peuple abandonné par l’ensemble des Nations, aucun média mainstream ne revient sur la situation dramatique des 1.800.000 habitants de Gaza dont le tiers du territoire a été détruit par plus de 50 jours de bombardements intensifs. Dont je rappelle le bilan :

- 2.200 morts dont une grande majorité de civils ;
- 20.000 blessés dont certains seront handicapés à vie ;
- 100.000 logements détruits ;
- 500.000 personnes sans toit…

Nos médias semblent vouloir coûte que coûte nous distraire avec d’autres faits, bien éloignés de ce terrible conflit qui voit l’un des Etats les plus méprisables du monde, s’attaquer avec des moyens toujours plus meurtriers, à une population exsangue, prise en otage de toutes parts.

Et pourtant…

Pourtant, loin des discours officiels auxquels plus personne ne croit et qui tourne en boucle autour d’une solution à deux Etats – sinistre farce que je dénonce personnellement depuis des années! – quand vous rencontrez des Palestiniens ordinaires et que vous dialoguez avec eux, pas un n’imagine que l’Etat israélien puisse perdurer. Chacun vous dira que la situation est « provisoire » et que cet Etat qui les occupe, gangréné jusqu’à la moelle par sa funeste idéologie, disparaîtra dans les poubelles de l’Histoire. Les juifs qui le souhaitent resteront des citoyens comme les autres dans une Palestine historique réhabilitée, et ceux qui ne supporteront par la défaite rentreront dans leur pays qu’ils n’auraient jamais dû quitter !

Cela vient d’ailleurs de se passer, mais aucun média – tiens donc ! – ne paraît s’y arrêter : après l’enfer qui s’est abattu sur Gaza cet été, et la courageuse résistance qui a tenu l’armée israélienne en échec, des milliers de juifs ont quitté le territoire israélien pour s’en retourner dans leur pays d’origine. Pourquoi ? Tout simplement parce que la résistance gazaouie s’est défendue avec les armes, ce qui embarrasse tellement nos chancelleries ! Le rapport de forces est donc en train de changer. Et sans doute que bientôt – si ce n’est déjà le cas – n’importe quel endroit d’Israël pourra être atteint par les roquettes et missiles utilisés par cette exemplaire résistance. On comprend dès lors l’insistance avec laquelle le gouvernement israélien, et quelques derniers de ses misérables vassaux, s’étranglent à exiger une démilitarisation de la Bande de Gaza, sachant que ce petit lambeau de terre douloureusement laminé, sera toujours l’épine dans le pied de l’arrogance sioniste qui ne verra jamais aboutir son nauséabond projet.

Ces mêmes Palestiniens vous diront droit dans les yeux que les Français sont restés 130 ans en Algérie, et qu’ils ont donc le temps devant eux pour réduire le projet sioniste à néant. Après plus de 65 ans de dépossessions et de crimes plus sournois et vicieux les uns que les autres perpétrés à leur encontre ; après plus de 65 ans d’un Droit international qui les ignore et les voit suffoquer ; après plus de 65 ans de souffrances et d’humiliations quotidiennes que personne dans nos confortables villes occidentales ne peut imaginer, une telle détermination force le respect. Et invite au soutien actif tant les injustices y sont flagrantes. Aussi bien tout Etat que tout individu qui supporte de près ou de loin l’imposture sioniste foule des pieds le plus élémentaire principe démocratique. Et devra rendre des comptes.

Dès lors, tout citoyen qui en appelle à plus de justice dans le monde, peut participer activement là où il est, dans la campagne initiée par les organisations palestiniennes elles-mêmes, à savoir le BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – dont l’objectif est clairement de mettre l’économie israélienne à genoux. Puisqu’il est clair et évident que depuis des années les Palestiniens n’ont pas de partenaires israéliens pour la Paix, il s’agit de faire payer à ces derniers, le prix le plus fort ! Et chacun sait – ou devrait désormais savoir – qu’il n’y a que leurs intérêts qui font bouger les gouvernements.

Le message est donc sans la moindre ambiguïté. Plus aucun compromis n’est possible tant cet Etat mortifère perpétue sa politique criminelle à l’encontre d’une population privée de tout, écrasée dans d’inacceptables conditions et dans l’indifférence générale de nos gouvernements quand ceux-ci ne favorisent pas une collaboration avec l’occupant !

Il faut arrêter de parler d’un « processus de paix » inexistant ! Il faut arrêter de parler d’une solution« à deux Etats » rendue caduque par les objectifs non-avoués des dirigeants sionistes ! Il faut arrêter de multiplier « réunions et sommets » qui n’ont pour seuls résultats que d’asphyxier un peu plus la population palestinienne ! Il faut arrêter de reconstruire avec nos impôts ce que l’armée d’Israël se fait un plaisir de démolir sans passer à la caisse par la suite ! Il faut arrêter de relayer les mensonges de cette infréquentable extrême-droite au pouvoir en Israël et repris ici par quelques intellos pédants qui se succèdent sur nos plateaux-télé !… La coupe est plus que pleine et déborde en cascades.

Aujourd’hui, il faut commencer à penser l’après Israël. Et dans la foulée, l’après Autorité palestinienne, défaillante sur tous les points. Il convient donc de prendre la parole – parce qu’elle ne nous sera jamais donnée – à ceux qui la monopolisent depuis trop longtemps sur base de plans foireux. Afin de la rendre au peuple palestinien qui est le seul à même de pouvoir réorganiser son Etat après des siècles d’occupations diverses. Cela prendra du temps, cela sera difficile, cela aura un coût. Tant humain qu’économique. Mais c’est la seule issue pour échapper à une catastrophe plus grande encore, qui serait la disparition dans l’effondrement de toute la région dont on voit à travers ce qui se passe en Afghanistan, en Egypte, en Libye, en Irak et en Syrie, que cela peut arriver là où nos « experts & spécialistes de salons » n’avaient rien vu venir…

Daniel Vanhove

02.11.14

Daniel Vanhove : Observateur civil et auteur :

« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » – 2005 – Ed. M. Pietteur

« La Démocratie Mensonge » – 2008 – Ed. M. Pietteur

Source : Mondialisation.ca

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Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur.

Sinistre date anniversaire que ce 2 novembre, où fut signée en 1917 la Déclaration Balfour par laquelle les autorités anglaises rendaient officiel leur soutien pour l’établissement d’un foyer juif en Palestine.
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Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP Lu sur le blog de Nicolas Maury. Par Jean Lévy.

20 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Palestine libre, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #La France, #Politique étrangère

Jeudi 20 novembre 2014

Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP

Réveil Communiste

Mercredi 19 novembre 2014

Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP

Lu sur le blog de Nicolas Maury

(mais Américains et Israéliens ne "payent pas le prix" de cette subtitution d'adversaires, bien au contraire ils en tirent bénéfice; les victimes du terrorisme passent par profits et pertes, et sont même nécessaires à la stratégie du chaos poursuivie par leurs gouvernements. Ndrc).

Charles Enderlin : comment Étatsuniens et Israéliens ont nourri l'islamisme contre le communisme et l'OLP  Lu sur le blog de Nicolas Maury. Par Jean Lévy.

Dans son nouveau livre,Charles Enderlin montre comment Américains et Israéliens ont, au nom de leurs intérêts, favorisé la montée de l'islamisme... avant d'en payer le prix

Après plusieurs livres, devenus désormais des références, sur l'histoire des négociations de paix au Moyen-Orient, Charles Enderlin publie aujourd'hui un livre passionnant sur les relations des Israéliens et des Américains avec l'islam.

Dès leur arrivée en Afrique du Nord, en 1942, et pendant toute la guerre froide, les Américains ont utilisé l'islam contre le communisme. Des officiers américains ont même poussé les Algériens à se révolter contre une France dont Washington craignait qu'elle ne tombât entre les mains communistes. Comme ils ont manipulé, dans le même but, en Italie, le Vatican et la mafia, l'un et l'autre en soutiens de la démocratie chrétienne.

Charles Enderlin montre parfaitement comment cette stratégie a conduit, par un terrible engrenage, tant en Afghanistan qu'au Moyen-Orient, à la montée de l'islamisme. Ainsi le dirigeant pakistanais Zia Ul Hak a-t-il islamisé le pays entre 1977 et 1988 avec les dollars de la CIA. Et ainsi est-on passé de quelques centaines de madrasas (écoles religieuses) en 1977 à plus de 8 000 en 1988.

Les Israéliens font de même avec le Hamas, l'une des branches du salafisme; un mouvement entièrement religieux, et non politique comme l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), son antidote, qui parle en fait le même langage laïque que les chefs militaires israéliens.

Tsahal aveuglé par les promesses du Hamas

Dans un premier temps, l'armée israélienne ignore ceux qui ne "tirent" pas, ne vérifie pas ce qui se passe dans les mosquées et prend pour argent comptant les promesses du patron du Hamas, le cheikh Yassine: "Vous n'êtes pas nos ennemis. Nous combattons les apostats de l'OLP et les communistes." Ce n'est qu'après la chute du communisme qu'Américains et Israéliens réalisent le danger du radicalisme religieux.

Mais il est trop tard et ils sont paralysés. Charles Enderlin montre bien que tout dialogue est alors impossible: le Hamas refuse de parlementer avec Israël, dont il veut la disparition. Et les Israéliens comprennent bien tard que ce qui compte, ce ne sont pas les belles paroles des dirigeants politiques palestiniens, installés à Damas, mais les décisions des imams et des cheikhs dans les mosquées de Gaza.

Ainsi, en dix ans, les laïques des deux camps (travaillistes israéliens et Fatah), qui avaient fini par réussir à se parler et même à s'entendre, sont discrédités par les religieux de chaque bord, qui se retrouvent dans le rejet de la rationalité et des valeurs démocratiques ; transforment un conflit territorial en une guerre de religions, rendant impossible toute négociation. On peut faire des compromis sur le tracé d'une frontière, pas sur la nature de Dieu.

Le grand Aveuglement, par Charles Enderlin. Ed. Albin Michel

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/comment-americains-et-israeliens-ont-nourri-l-islamisme_828676.html#PEQKWal9UjUVqJdh.99

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Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ? Par Amin Hoteit.

20 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #Politique étrangère, #La France

Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ?

Par Amin Hoteit

Mondialisation.ca, 14 novembre 2014

al-binaa.com

Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ? Par Amin Hoteit.

Le 30 octobre dernier, l’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, M. Staffan De Mistura a proposé d’instaurer des zones de « gel des combats » à Alep. Sans donner plus de détails, il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un plan de paix mais d’un « plan d’action » [1] pour permettre la distribution de l’aide humanitaire dans cette ville devenue soudainement le centre d’attention de tous les faux amis de la Syrie, maintenant que l’Armée arabe syrienne est en passe de la nettoyer de leurs prétendus rebelles révolutionnaires fort pieux et modérés.

Erdogan menace de la récupérer au sein de son sultanat imaginaire ; Fabius veut la bombarder parce qu’il trouve qu’elle n’a pas subi suffisamment de destructions avant qu’elle ne « tombe » entre les mains des autorités syriennes légitimes ; Michel Kilo, le révolutionnaire surnommé « le Cheikh wahhabite » par les gens d’Alep, le rassure en jurant sur sa tête qu’elle ne tombera pas ; le Qatar, par la voix de « sa déléguée » auprès de l’ONU, appelle la Syrie à suivre son modèle de morale et de démocratie ; l’administration US cherche opposants modérés désespérément… Bref, la sollicitude des humanitaires va-t-en guerre pour cette ville massacrée depuis trois longues années est subitement quasi unanime, presque autant que pour la petite ville de Aïn al-Arab / Kobané.

En réponse, le délégué permanent de la Syrie auprès de l’ONU, M. Bachar al-Jaafari, a immédiatement rappelé qu’il suffirait de tenir compte des résolutions 2170 [2] et 2178 [3], adoptées à l’unanimité par le Conseil de sécurité, pour que le fléau de Daech et ses sœurs, qui s’est abattu sur tout le pays, disparaisse en quelques jours, tout en déclarant « nous étudierons les propositions de M. De Mistura lorsqu’il retournera à Damas pour s’en entretenir avec les responsables politiques et donnerons notre avis sur la question » [4].

M. De Mistura est retourné à Damas et voici le communiqué du 10 Novembre, 13H, de la Présidence de la République arabe syrienne [5] suite à sa rencontre avec le Président Bachar al-Assad :

« Le président Al-Assad, informé par M. de Mistura des principaux points et objectifs de son initiative consistant à geler les combats dans la ville d’Alep, a souligné l’importance de cette ville et le souci de l’État pour la sécurité des civils sur l’ensemble du territoire syrien. Il a considéré que cette initiative méritait d’être étudiée et d’essayer de travailler afin d’atteindre ses objectifs qui versent dans le retour de la paix à la ville d’Alep.

Il a aussi été convenu de l’importance de la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité 2170 – 2178 et de la conjugaison des efforts internationaux visant à lutter contre le terrorisme en Syrie et dans la région, un terrorisme qui constitue une menace pour le monde entier ».

Force est de constater que pratiquement tous les médias ont fait l’impasse sur le 2ème paragraphe de ce communiqué. [NdT].

Certains auront sans doute été surpris par l’initiative de M. de Mistura proposant un « gel local des combats » qui démarrerait dans une zone actuellement sous le feu des terroristes et, au cas où l’expérience serait réussie, s’appliquerait à d’autres zones, pour finalement aboutir à un environnement permettant d’initier le dialogue et d’entamer les négociations à la recherche d’une « solution politique » de la crise syrienne.

Une approche qui pose, en effet, nombre de questions quant à son contexte, son objectif et les conditions de son éventuel succès.

Mais avant de traiter de ces questions, nous devons rappeler que la notion de « gel local des combats » est une notion nouvelle qui n’a jamais été utilisée dans le cadre du droit international et des conflits armés. Par conséquent, elle ne peut être discutée, comprise et appliquée, que sur la base de ce qu’elle pourrait contenir comme concepts qui lui seraient obligatoirement liés.

À notre avis, les notions les plus proches en la matière sont « le cessez-le-feu » et la « trêve », mais M. De Mistura a évité d’user de l’une et de l’autre parce qu’il sait que le gouvernement syrien ne peut les accepter étant donné qu’elles touchent à la souveraineté de l’État et signifient la reconnaissance implicite des groupes terroristes.

En effet, en cas de cessez-le-feu ou de trêve, il faut définir « la ligne de cessez-le- feu » ainsi que les forces et les actes prohibés de part et d’autre de cette ligne, tout en veillant à ce que les deux parties restent sur leurs positions respectives et bénéficient de leur droit à s’approvisionner et à se renforcer pour les garder. Et bien sûr, l’État syrien ne pouvait accepter l’une ou l’autre de ces conditions qui reviendraient à renoncer à sa souveraineté sur son territoire, au profit des terroristes.

Voilà pourquoi M. De Mistura s’est bien gardé d’user de ces deux notions parfaitement comprises, pour en proposer une troisième inédite et dont les implications restent à définir.

Mais c’est bien parce que cette notion est « nouvelle » et que la Syrie se trouve aujourd’hui dans une situation plus confortable, suite à une série de succès sur le terrain depuis quelques mois et, aussi, parce qu’elle tient à la sécurité de ses citoyens ainsi qu’à la sauvegarde de leurs biens, qu’il est naturel qu’elle accepte de prendre en considération toute initiative qui porterait, en elle-même, l’espoir de sauver des vies et de rétablir la paix et la stabilité dans toutes les régions du pays.

D’où la réponse des autorités syriennes déclarant leur disposition de principe à étudier l’initiative de M. De Mistura ainsi que ses mécanismes d’application dans le respect des droits nationaux et dans le but d’accélérer le règlement d’une crise fabriquée à l’étranger et exécutée par des instruments locaux et régionaux, avec une incontestable participation internationale.

D’après ce qui a pu filtrer jusqu’ici, il semble que cette nouvelle notion de « gel local des combats » pourrait aller dans deux directions :

  • La première superposable à l’idée d’un « cessez-le-feu » qui ne dit pas son nom, ce qui revient à la situation décrite plus haut avec une ligne de cessez-le-feu reconnue par l’État syrien et par les organisations de terroristes armées ; ces dernières étant autorisées à se réapprovisionner et à se maintenir durant toute cette période sans que l’État syrien n’ait le droit d’intervenir contre leurs opérations logistiques.
  • La deuxième en rapport avec la déclaration de la Présidence de la République arabe syrienne lors de la visite de M. De Mistura à Damas et qui se fonde sur les résolutions 2170 et 2178 adoptées par le Conseil de sécurité, en vertu du Chapitre VII, afin de lutter contre le terrorisme en commençant par tarir ses sources.

Cette deuxième direction implique que l’État syrien et les terroristes cessent toute opération de combat dans la zone concernée par le « gel », mais aussi que cessent l’afflux des terroristes et toutes sortes d’approvisionnement qui leur sont destinés ; ce qui signifie la fermeture des frontières qu’ils continuent de traverser.

Ainsi, si un tel accord s’appliquait à « Alep », la Turquie se trouverait obligée de fermer tous les passages frontaliers empruntés aussi bien par les terroristes que par leurs fournitures logistiques, car la « communauté internationale » – comme aiment à le répéter l’Administration US – serait responsable de la mise en œuvre de la résolution contraignante, puisqu’adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Sinon, nous aurions affaire avec une énième arnaque concoctée dans l’intérêt des terroristes.

Nous pensons qu’il ya une énorme différence entre les deux directions quant à leur contenu et à leurs conséquences :

  • La première dissimulerait l’intention d’empêcher l’Armée arabe syrienne de récupérer « les quartiers » d’Alep qui restent aux mains des groupes armés et donnerait aux terroristes l’opportunité de se réorganiser, de se renforcer et de se réarmer en vue de la prochaine bataille.
  • La deuxième permettrait à l’État syrien de récupérer les zones envahies par les terroristes par étapes successives : arrêt des combats et des destructions, tarissement de toutes sortes de soutien aux terroristes, suivi de leur sortie des territoires envahis en association avec la solution politique globale.

Cette deuxième direction pourrait porter à croire que l’initiative de M. De Mistura est venue ouvrir le débat en vue d’une solution pacifique. Néanmoins, il faudrait commencer par définir ce nouveau concept de « gel des combats » à l’échelon international. Ce n’est qu’à la lumière de cette définition que nous pourrons juger des possibilités de son succès ou de son échec.

Quoi qu’il en soit, la Syrie a eu affaire à de multiples manœuvres, certaines beaucoup plus complexes que l’initiative actuelle et qui ont échoué grâce à son professionnalisme diplomatique et politique ainsi qu’au soutien d’une force militaire compétente. Elle ne sera donc pas impuissante aujourd’hui pour désamorcer une nouvelle mine placée sur sa route, d’autant plus qu’elle est actuellement dans une meilleure situation militaire qu’au tout début de l’agression. De plus, cette initiative internationale n’aurait pas été formulée de la sorte, si la balance ne penchait pas de son côté. Ce sont ses performances diplomatiques et sur le terrain qui ont amené « les autres » à revenir vers une solution pacifique, que « le gel des combats » soit local ou au-delà.

Par conséquent, personne ne devrait imaginer que la Syrie gaspillerait dans des négociations et des pourparlers ce qu’elle a récolté sur le terrain et par des moyens militaires

Dr Amin Hoteit

13/11/2014

Source : Al-Binaa

http://al-binaa.com/albinaa/?article=20407

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Notes :

[1] Transcript – Press Stakeout: UN Special Envoy for Syria, Mr. Staffan De Mistura, New York, 30 October 2014

http://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/transcript-press-stakeout-un-special-envoy-syria-mr-staffan-de-mistura

[2] Résolution 2170 (2014) – Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7242ème séance, le 15 août 2014

http://www.refworld.org/cgibin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=53f72d784

[3] Résolution 2178 (2014) – Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7272ème séance, le 24 septembre 2014

http://www.refworld.org/cgibin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=542a8fd04

[4] Le fléau Daech en Syrie et en Irak – Quelque chose ne tourne pas rond au sein de l’ONU !

http://www.mondialisation.ca/le-fleau-daech-en-syrie-et-en-irak-quelque-chose-ne-tourne-pas-rond-au-sein-de-lonu/5411509

[5] Présidence de la République arabe syrienne -10 Novembre 13H

https://www.facebook.com/SyrianPresidency?hc_location=timeline

Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, Général de brigade à la retraite, et Professeur à la faculté de Droit de Beyrouth.

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Un ÉCLAIRAGE sur la situation en IRAK et en SYRIE. Le site Commun Commune.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient

Syrie-Irak, EIIL.

Syrie-Irak, EIIL.

Le but de cet article est de rétablir un certain nombre de vérités, de donner quelques clés pour combattre les enjeux et de dénoncer, une fois de plus, le traitement par la presse (écrite ou parlée) de notre pays, toutes tendances confondues, qui cache des éléments essentiels.

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Qu’est-ce que l’Emirat islamique ?

Ce sigle, EIIL (d’autres l’appellent DAESH ou encore ISIS) est un nouveau venu en France. Pourtant, il fait partie, depuis les débuts de la guerre en 2011, des organisations militaires qui combattent la République arabe syrienne. Son chef, Abou-Bakr Al-Baghdadi a siégé parmi les dirigeants de la soi-disant ASL (armée syrienne libre) qui combat l’armée et l’Etat syriens. C’est lorsque l’armée syrienne a repoussé ce groupe armé qu’il est passé en Irak et a changé son nom de EIL en EIIL (Emirat Islamique en Irak et au Levant).

Comme les autres groupes armés qui combattent le régime baasiste, il est essentiellement composé d’étrangers à la Syrie. Il a d’abord été alimenté par des Libyens, menés par Adelhakim Belhadj, bombardé gouverneur de Tripoli par les fascistes et les maffieux qui ont renversé et assassiné Kadhafi avec la bénédiction active des impérialismes US, français et britannique. Des Tunisiens ont suivi (on sait que Belhadj y a sa base arrière et est impliqué dans l’assassinat du dirigeant progressiste Chokri Belaïd). Aujourd’hui, on y trouve des Jordaniens, des Irakiens, bien sûr des Saoudiens, plus récemment sont arrivés des Tchétchènes venant du Caucase et notamment de Géorgie. Ainsi le chef militaire de l’EIIL Abou Omar al-Chichani est en réalité un ancien membre du renseignement militaire géorgien nommé Tarkhan Batirashvili.

Cette présence confirme le lien entre cette bande armée et l’impérialisme dominant. L’Etat géorgien était, avec l’ancien président Saakachvili, tout au service des USA et son successeur Margvelachvili se rapproche considérablement de l’UE.

La Géorgie, pion US/UE sur l’échiquier des rivalités inter impérialistes et de la guerre pour les ressources du sol et la domination du monde fournit donc des cadres militaires à l’EIIL. Il n’y a là rien de surprenant. Comme les autres groupes militaires fascistes constitués en Syrie, EIIL a été armé essentiellement par la France, les USA et l’Arabie Saoudite, féale de l’impérialisme US.

Les bandes mercenaires fascistes au Moyen Orient

Cela ne date pas d’hier. Les USA ont créé eux-mêmes ceux que l’on appelle les « Djihadistes » lors de la guerre en Afghanistan.

Le ciment anticommuniste a fait de ces gens-là des auxiliaires parfaits de l’impérialisme dominant, souvent formés par la CIA. Les princes saoudiens, particulièrement l’un d’entre eux, Bandar ibn Sultan ont joué un rôle essentiel dans la constitution de ces bandes.

Quel que soit le discours officiel tenu par les porte-parole des Etats US ou français sur EIIL, ces gens-là sont leur création et leurs créatures. Les chefs de ce groupe ont été des dirigeants fort présentables de la mythique ASL (l’opposition syrienne militaire adoubée par l’ONU, c’est-à-dire l’impérialisme US et son allié UE) ; le sénateur républicain Mac Cain, envoyé d’Obama, a même rencontré Al-Baghdadi avec l’état-major de la soi-disant ASL en mai 2013 afin de négocier la fourniture d’armes.

Sur le terrain, en Syrie, l’ASL n’existe pas ou n’existe plus. Les groupes armés opposés au régime baasiste au pouvoir sont de trois sortes : les deux principaux sont EIIL au nord-est (Rakka, Deir ez-Zor), coupant en partie le territoire syrien de celui des Kurdes plus au nord, le Front Al-Nosra à l’est (Hama) et au sud-ouest, près de la frontière libanaise où il combat le Hezbollah et les Frères Musulmans à Alep (nord-ouest). Le Front Al-Nosra se réclame de la nébuleuse Al-Qaïda et est officiellement armé par l’OTAN, probablement aussi par les Saoudiens ; les Frères Musulmans sont soutenus militairement et financièrement par le Qatar et la Turquie d’Erdogan.

Au début les USA utilisaient ces mercenaires comme supplétifs pour leur Grand Œuvre : remodeler le Moyen Orient pour en capter les ressources et éliminer les opposants. Mais, depuis les ennuis que l’armée occupante US a rencontrés aussi bien en Afghanistan qu’en Irak, la stratégie des dirigeants de Washington a évolué. Ils ont d’abord confié leurs intérêts à des armées privées dépendant d’officines US comme la fameuse Blackwater qui a changé de nom (Xe et aujourd’hui Academi) qui continue d’être la représentation armée directe des USA en Irak.

Puis sont venues les tentatives de déstabilisation des régimes du Maghreb et du Moyen Orient trop peu (ou pas du tout) favorables aux USA ou trop corrompus pour être encore utiles ; ce que des naïfs croyant aux révolutions spontanées ont appelé « le printemps arabe ». L’opération conjointe pour renverser le régime de Kadhafi a permis d’utiliser à la fois des mercenaires classiques (un contingent des Emirats Arabes Unis notamment) mais aussi, directement, non plus seulement comme repoussoir mais comme agents, les bandes armées fascistes intégristes. Cela a permis de donner le label "fréquentable" ou "démocratique" à des bandes comme celles de Belhadj ou le gang de Benghazi et à l’organisation fasciste par excellence de la région : les Frères Musulmans. Cela évite aussi la mort de soldats US, sujet brûlant sur place, on se contente de bombarder et d’utiliser des drones, beaucoup moins dangereux. Mais cela sous-entend de fournir armement et conseillers militaires aux bandes.

Le but des USA est la "somalisation" de ces pays, leur parcellisation, avec des sbires qui contrôlent le pétrole ou le gaz, en intégrant des données collatérales comme les rivalités entre les groupes utilisés. A cet égard la Libye est une parfaite réussite, justement parce qu’elle est délabrée, à feu et à sang, pendant que les "gentils" tiennent la bande côtière pétrolière.

La mise en cause et le bombardement d’EIIL, un retournement ?

Et voilà que cette belle stratégie paraissait avoir du plomb dans l’aile. La créature monstrueuse aurait échappé à ses créateurs. Mais il faut y regarder de plus près. La première question à se poser est celle du sort des Chrétiens orientaux. Apparemment celui des chrétiens syriens, massacrés par les bandes armées opposées à Assad n’émeut personne. Quand-à ceux d’Irak, n’est-il pas un peu tard pour s’en préoccuper ? Même si le pape n’a réagi qu’il y a peu, les malheurs datent du renversement de Saddam Hussein par les envahisseurs de la coalition internationale, USA en tout premier lieu.

Nos media et le gouvernement français ont beaucoup mis en avant les Kurdes d’Irak, comme rempart contre EIIL. La vérité est toute autre. Les clans Talabani et Barzani, qui contrôlent cette partie du Kurdistan, sont composés de maffieux à la solde d’Obama entretenant d’excellentes relations diplomatiques avec Israël. Lorsque le monde fut enfin informé des conquêtes d’EIIL en Irak, on "oublia" de nous dire que les Peshmergas de Barzani s’étaient partagé le gâteau avec eux et en avait profité pour s’emparer de la ville pétrolière de Kirkouk auparavant aux mains de l’embryon d’armée irakienne. Le gouvernement régional du Kurdistan a ainsi augmenté de 40 % la zone qu’il contrôle et a annoncé avoir augmenté, en quatre mois, ses revenus pétroliers de 60 %. La commercialisation de ce pétrole, acheminé vers le port turc de Ceyhan, est jugée illégale par le gouvernement fédéral irakien.

Parlons-en de ce gouvernement ! La condition drastique qu’avait émise Obama pour intervenir était la mise au placard du premier ministre Al-Maliki. A l’époque, en France, même "L’Humanité" avait repris la fable consistant à justifier son éviction par sa difficulté à partager le pouvoir, à associer les opposants politiques. En réalité, Al-Maliki est tombé parce qu’il refusait à la multinationale Exxon de lui concéder des terrains pétroliers (c’est réglé, ils négocient en ce moment avec les Kurdes maffieux) et parce qu’il a été lâché par l’Iran, le nouveau président, le religieux Rohani, entamant un spectaculaire rapprochement avec les USA et l’Arabie.

Enfin, les Kurdes de Barzani n’ont aidé ni les Yézidis ni les Kurdes syriens de Kobané. Ce sont les militants communistes du PKK, des Kurdes de Turquie qui, dans les deux cas ont fourni l’aide. Au final, l’offensive venue du sud de l’armée syrienne a permis de dégager la pression et de sauver la ville de Kobané. Mais ce ne fut pas sans mal. Car, il faut le dire, l’action des avions peut rendre perplexe même les plus naïfs. Au lieu de pilonner EIIL l’Otan a lâché des bombes plus en Syrie qu’en Irak et notamment sur la zone tampon entre les fascistes et l’armée syrienne, empêchant cette dernière de remonter vers le nord pour aider Kobané. Ils en ont profité pour détruire les infrastructures pétrolières afin qu’elles soient inutilisables au moment où l’armée syrienne les reprendrait.

L’ennemi de l’OTAN, ce n’est pas EIIL, à qui d’ailleurs elle a livré des armes (soi-disant par erreur), c’est encore et toujours la Syrie baasiste qui résiste bien mieux que prévu, le dernier empêcheur de profiter tranquillement des matières premières, le seul régime politique complètement opposé aux fascistes intégristes et capable de les détruire.

Le rôle de la Turquie et de la France sont à cet égard des plus clairs. Si les USA tentent de nous faire croire qu’ils essaient de combattre EIIL, les deux autres ne s’embarrassent pas de fioritures. Erdogan a sans cesse répété qu’il fallait détruire la RA Syrienne, il a longtemps refusé d’ouvrir sa frontière aux Kurdes de Syrie. Ses ennemis, ce sont les laïcs, qu’ils soient communistes comme le PKK ou nationalistes arabes comme le parti Baas. Ainsi l’hebdomadaire US "Newsweek" a révélé que les commandants de l’EIIL parlaient turc, étaient en conversation permanente avec les autorités turques ; quant aux milices kurdes de Syrie, elles accusent Ankara de fournir des armes à leurs ennemis.

La France est sur la même ligne. Fabius et ses amis ne décolèrent pas à l’idée de ne pas retrouver le protectorat colonial que l’impérialisme français avait en Syrie dans l’"Entre deux guerres". Notre ministre s’est même fendu d’un communiqué à vomir à propos d’Alep. Il essaie piteusement de mettre sur le même plan EIIL et les dirigeants de la République syrienne, se réjouit du sauvetage de Kobané sans dire un mot des responsables et accuse l’armée syrienne de n’avoir rien fait pour le sauver alors que, dès que les bombardements de l’OTAN, qui l’en empêchait, ont cessé, elle s’est mise en mouvement. En orientant sur Alep, il tente de convaincre une nouvelle fois ses partenaires de laisser tomber la lutte contre EIIL et de s’en prendre à l’armée syrienne, sans grande chance de succès. Enfin, il est bon de rappeler que la France fournit des armes, pour soi-disant combattre EIIL, au Front al-Nosra, sachant d’ailleurs qu’il n’existe aujourd’hui aucune zone de contact entre ces deux bandes.

Une problématique, le rôle de la gauche en France

Tous les éléments que nous présentons pour une meilleure compréhension des enjeux et de la réalité sont quasiment absents des journaux, télés et radios de notre hexagone. C’est que l’analyse de ce qui se passe vraiment dans le monde, que ce soit en Amérique du Sud, en Ukraine ou au Moyen Orient est un enjeu idéologique primordial pour ceux qui veulent la survie éternelle de l’ordre mondial capitaliste. La spécificité d’un pays comme la France est que la gauche est tout autant imprégnée des standards de l’idéologie dominante et les défend tout autant que la droite.

Rien de surprenant s’agissant du Parti socialiste qui a toujours adopté des positions très atlantistes, qui, dans une histoire récente, ont parfois divergé de celles des gaullistes : De Gaulle met fin à la Guerre d’Algérie que la SFIO avait activée, Chirac se prononce contre la seconde invasion impérialiste de l’Irak quand Mitterrand avait activement participé à la première. Attention à ne pas faire de fausse interprétation de ce que nous disons : SFIO devenue PS comme RPR devenu UMP défendent les intérêts de la Bourgeoisie française. Mais des courants divergents peuvent exister au sein de cette Bourgeoisie, comme c’est le cas dans les pays colonisés : la Bourgeoisie compradore suit l’Impérialisme dominant en espérant des miettes (c’est la position du PS, de l’ex-UDF, et plus récemment, aussi bien de Hollande que de Sarkozy), la Bourgeoisie nationale essaie de conserver ses propres prés carrés, soit en tentant de faire de l’UE un instrument de relative résistance aux USA après la fin de l’URSS (c’est la position de Chirac et des historiques du RPR) soit en la combattant (c’est la position de Pasqua, et, plus récemment de Dupont-Aignan et Le Pen). Pas de surprise non plus concernant la position des écologistes, tenant d’une des justifications idéologiques du maintien du capitalisme les plus efficaces : l’Homme est méchant et détruit la planète, seule une élite intellectuelle avec le nez vert s’en aperçoit ; il faut combattre le nucléaire civil sans rien dire des bombes atomiques ; l’avenir est dans la misère consentie en produisant moins (mais sans amputer les dividendes) ; bref, au placard les critères de classe.

Mais, ce qui apparaît de manière évidente depuis plusieurs années, c’est la position qui pourrait sembler inattendue de la « gauche de la gauche ». Du NPA qui condamne l’intervention impérialiste au Mali mais pas en Libye ni en Syrie à Mélenchon qui approuve l’intervention impérialiste en Libye en passant par le "Monde Diplomatique", supporter des Frères Musulmans ou le PCF vantant une pseudo-révolution baptisée printemps arabe sans voir que ce sont les impérialistes qui avancent leurs pions, la liste serait longue.

En Libye, les uns et les autres voient aujourd’hui un conflit entre "libéraux" et "progressistes" d’un côté et "intégristes" de l’autre, là où groupes maffieux et fascistes s’entremêlent ou s’entre déchirent et que les progressistes sont morts, en fuite ou se taisent. Jamais le fascisme intégriste n’est dénoncé. Pire, au prétexte d’islamophobie, s’établit une échelle entre une religion oppressante (le catholicisme) et une opprimée (l’islam). Outre que les hyper réactionnaires évangélistes de tout poil semblent oubliés, il faut dire que l’islamophobie est un concept erroné, véhiculé par l’idéologie dominante, pour masquer un racisme pur et dur, où l’on en veut à l’ethnie, pas à la croyance, où, depuis 50 ans, c’est la victoire des Algériens contre le colonisateur Français qui n’a toujours pas été digérée. De la même manière, nombre d’intellectuels de gauche critiquent le terme d’islamiste, qui introduit une fausse distinction entre croyants modérés et croyants fanatiques et s’en prend à l’Islam en général. Mais le problème n’est pas, là, de défendre l’islam, mais d’attaquer les autres religions, tout autant obscurantistes. « Peut-on croire modérément ? ». Là est la vraie question. Il n’y a pas d’opprimés religieux, il n’y a que des opprimés prolétaires, et seul l’athéisme est de nature à se dégager de cette oppression idéologique.

Sur un autre sujet, la « gauche de la gauche » défend des solutions qui n’en sont pas ; des compromis qui sont des compromissions. Il en est de la paix en Palestine comme de l’Europe sociale ou du partage des richesses : chimères !!! Ce n’est pas la protestation internationale pour la paix mais le combat acharné des Palestiniens de Gaza, qu’ils soient du Hamas ou des organisations marxistes, et le nombre de soldats colonialistes tués qui ont fait reculer le gouvernement israélien.

C’est la même chose pour le conflit que nous évoquons avec ce texte. Ceux qui semblent dénoncer l’Impérialisme en disant « C’est le Qatar et l’Arabie qui arment et financent EIIL » oublient le rôle de la France et des USA, de la Turquie même. Ceux qui, par pétition interposée demandent l’aide de la France au PKK se moquent du monde. L’Etat français n’est pas au sommet d’une balance qu’il suffirait de faire pencher d’un côté. Il est dans le camp de EIIL, qui est une officine à son service ; de la même manière qu’il est au service de la bourgeoisie capitaliste (et non pas qu’il écoute plus les patrons que les travailleurs).

En conclusion : choisir son camp

Contrairement à ce que véhicule cette gauche de la gauche, il n’existe pas un camp de la démocratie auquel, bon an mal an, il faudrait faire confiance, contre un camp des dictateurs. Cette grille de lecture qui fausse toutes les analyses internationales en particulier du PCF et de la CGT depuis vingt ans ne prend pas en compte les aspects de classes sociales, autant dire l’essentiel ; elle est donc intrinsèquement fausse.

Depuis le début des interventions impérialistes au Moyen Orient, le PCF, le Front de Gauche, le NPA, les différents intellectuels qui parlent pour eux ont le cul entre deux chaises. Comme le disait Elsa Triolet, les barricades n’ont que deux côtés. Il n’existe pas de troisième voie. Dès 2003, ceux qui voulaient n’être ni pour Bush ni pour Saddam étaient avec Bush.

Dans les combats planétaires armés ou seulement économiques que nous avons sous les yeux, les forces au service des impérialistes dominants affrontent les peuples qu’ils veulent dominer, mais aussi des forces au service de certaines petites ou moyennes bourgeoisies (le Baas syrien, le Hezbollah) voire des impérialismes rivaux (la Chine, la Russie, le Brésil) mais en position de résistance. Quand l’Allemagne nazie voulait dominer le monde, les progressistes, au premier rang d’entre eux les Soviétiques se sont retrouvés dans le même camp que d’autres impérialismes, les USA ou la Grande Bretagne. Il en est de même aujourd’hui : ceux qui veulent l’affranchissement de l’impérialisme US, la défaite des fascistes intégristes à son service au Moyen Orient sont dans le même camp que l’armée syrienne et même que la Russie qui lui livre les missiles qui lui permettent d’éviter une invasion US. Assumer cela n’est pas dire qu’Assad est un révolutionnaire ni Poutine un progressiste, mais c’est tenir compte d’une réalité qui ne plait pas à beaucoup :toutes celles et tous ceux qui avaient cru ou dit de bonne fois que le monde ne serait plus bipolaire après la fin de l’URSS se sont trompés. Nous sommes revenus à un monde d’affrontement inter impérialistes duals : l’impérialisme dominant, ses alliés et se sbires, contre tous ceux qui ne veulent pas de son ordre, que ce soit pour prendre sa place, pour continuer d’exister ou pour combattre le capitalisme.

La position de COMMUNISTES est claire. Dans ce conflit du Moyen Orient, nous sommes avec toutes celles et tous ceux qui combattent les impérialismes à l’attaque (USA, France, Grande Bretagne, Turquie, Israël) et leurs sbires, notamment les légions fascistes obscurantistes, des Frères Musulmans à EIIL. Nous sommes aux côtés des peuples, syrien, irakien, kurde, qui combattent ces fléaux et des organisations qui prennent activement part à ces combats, comme nos camarades du PKK, avec une pensée pour Abdullah Öcalan, son secrétaire général, prisonnier politique isolé dans l’île d’Imrali, depuis 15 ans, seul pendant 10 ans, en proie à toutes les exactions, victime de l’impérialisme turc comme avant lui le grand poète Nazim Hikmet.

source: www.sitecommunistes.org

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Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La République, #La nation ., #La France, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #L'OTAN.

Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie.

Bonjour.

Devant les horreurs perpétrées par les hordes barbares en Syrie et en Irak, il est urgent de réagir. Que ces bêtes sauvages soient au service de l’EI, de l’ISI, de l’EIIL, de DAESCH et autres assassins, n’a pas beaucoup d’importance. Nous devons les éradiquer par tous les moyens. Nous devons prendre conscience que ce fléau sera combattu efficacement par une collaboration étroite avec les états de cette partie du monde. Le gouvernement syrien actuel est laïque et ne revendique pas de pareilles exactions. Bien au contraire il combat ces bêtes féroces.

Pour donner du sens à la légitime indignation de notre gouvernement devant les décapitations et autres atrocités, il est impératif de renouer des liens diplomatiques avec la Syrie. La réouverture de l’ambassade de France à Damas me semble être un symbole fort. C’est pourquoi je vous invite à signer cette pétition.

Vous trouverez ci-après l’excellent texte de mon ami Guy Martin sur ce sujet.

Bien cordialement.

Lucien PONS.

Texte de Guy MARTIN

J’ai signé cette pétition parce que je considère que la France s'honorerait et rayonnerait en rétablissant des relations diplomatiques avec un Etat laïque, au gouvernement d'union nationale, dont les réformes institutionnelles et les élections tenues avec succès depuis mars 2011 ont prouvé qu'il a considérablement évolué , et dont la population a soif de paix, de valeurs humanistes et de progrès social - inscrites encore dans la Constitution française.

Il faudrait ajouter que la France, en réouvrant son ambassade en Syrie, et en rétablissant une politique de coopération avec l’Etat syrien, reviendrait à une politique arabe logique, ferait preuve de bon sens, au moment où ceux qui étaient appelés les « rebelles » il y a quelques mois encore dans les médias dominants, sont enfin reconnus pour ce qu’ils sont : des fous sanguinaires dont les Etats européens sont horrifiés à la seule pensée qu’ils pourraient revenir un jour sur leur sol. C’est que « les faits sont têtus »…

Bien cordialement,

Guy Martin

P Pour préserver l'environnement, n'imprimer ce message qu'en cas de réelle nécessité

La Pétition.

Objet : réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

Signez!

Expéditeur: GIRS France <girsfrance@outlook.fr>
Date: 15 novembre 2014 15:22:41 UTC+1
Destinataire: GIRS France <girsfrance@outlook.fr>
Objet: réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

C'est très urgent, je vous prie de signer cette pétition qui se trouve sur ce lien. Il est important de participer au succès de cette action humaine en le diffusant à tous vos contacts et sur les réseaux sociaux.

Grand merci.

https://www.change.org/p/monsieur-le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-fran%C3%A7aise-et-%C3%A0-tous-les-parlementaires-fran%C3%A7ais-la-r%C3%A9ouverture-de-l-ambassade-de-france-en-syrie

نداءعاجل وهام جداً ٠ الرجاء توقيع هذه العريضة الموجودةعلى هذاالرابط ونشرها على أوسع نطاق ممكن

عريضة من أجل إعادة فتح السفارة الفرنسية في سورية

ولكم جزيل الشكر

GIRS, Groupe Indépendant de Réflexion pour la Syrie

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La Syrie et l'ONU : M.Bachar al-Jaafari, Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, répond aux questions des journalistes.

6 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #L'OTAN., #Le capitalisme;, #la liberté

Jeudi 6 novembre 2014

La Syrie et l'ONU : M.Bachar al-Jaafari, Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, répond aux questions des journalistes

M. Bachar al-Jaafari

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

répond aux questions posées par les journalistes

1. M. de Mistura a-t-il discuté de son « plan d'’action » avec le gouvernement syrien lorsqu’'il s’est rendu à Damas, à Moscou ou à Téhéran, avant de le proposer au Conseil de sécurité ?

Non, nous n’avons pas eu de discussion préalable sur ce sujet lorsqu’'il s'’est rendu en Syrie. C’'est, comme il vous l’a dit, le fruit de sa tournée d'’une quarantaine de jours dans la région. De notre côté, nous étudierons ses propositions lorsqu’'il retournera à Damas pour s’'en entretenir avec les responsables politiques et donnerons notre avis sur la question. De toute façon, je dois le rencontrer dès demain.

2. M. De Mistura a appelé les Turcs à intervenir pour sauver les civils de Aïn al-Arab. Est-ce que ce point précis a été discuté avec le gouvernement syrien ?

Le gouvernement syrien est contre toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes et contre toute violation de la souveraineté syrienne. C’est une ligne rouge !

Ensuite, M. De Mistura n’a pas appelé la Turquie à intervenir dans les affaires syriennes. Les autorités turques empêchant les Syriens qui ont dû fuir cette ville d’y retourner, il les a appelées à faciliter le retour des combattants kurdes syriens, se trouvant de l'’autre côté de la frontière vers Aïn al-Arab, leur ville, pour participer aux combats contre Daech. Il nous faut rester très précis dans notre façon de nous exprimer. Voilà ce que voulait dire M. De Mistura.

3. M. De Mistura a parlé de « freeze zones » que certains traduisent par « zones locales de cessez-le feu ».

Pouvez-vous nous dire quelle est la position du gouvernement syrien devant ces propos.

Comment a-t-il l'’intention de procéder à Alep

Et aussi, pourriez-vous nous faire une mise au point sur ce qui se passe sur les hauteurs du Golan et avec les Forces de l'’UNDOF [ou FNUOD : Force des Nations Unies chargée d’Observer le Désengagement ; résolution 350/1974].

Sont-elles revenues du côté syrien de la ligne de séparation [4] ?

Cette question est un autre scandale de cette organisation, le DPKO [Department for PeaceKeeping Operations] n’'a même pas réagi devant la délicate et dangereuse situation qui prévaut dans la zone démilitarisée entre le côté syrien et le côté israélien de la ligne de désengagement. Depuis des mois, des éléments de Jabhat al-Nosra, qui est inscrite sur la liste des organisations terroristes, occupent des poches du côté syrien de la ligne de séparation, et le DPKO ne réagit toujours pas !

Comme vous le savez, le résultat est que les Philippins se sont retirés et que les Fidjiens ont été kidnappés, malgré nos mises en garde précoces et la prise en otage de membres philippins de l'’UNDOF à deux reprises [en Mars et en mai 2013, NdT]. Le DPKO n’a « toujours pas enquêté », ni sur le rôle joué par les services du renseignement du Qatar, ni sur les incidents de l'’époque; ce qui a encouragé les mêmes ravisseurs à répéter leurs crimes encore et encore. C’'est aussi pourquoi je dis qu’il ne s'’agit plus d’une crise essentiellement politique, mais d’une sorte de crise éthique au sein de cette organisation [...].

Le gouvernement syrien a appelé, à maintes reprises, les membres du Conseil de sécurité, ainsi que M. Lakhdar Brahimi et M. Kofi Annan avant lui, à prendre en considération ce que nous qualifions de « processus de réconciliation nationale ».

Autrement dit, le gouvernement syrien est en faveur de « zones pacifiées » où il travaille à la réconciliation avec ceux qui n'’ont pas de sang sur les mains et qui déposent leurs armes. Par conséquent cette idée, dans son sens le plus large, est l’'idée du gouvernement syrien lui-même.

De plus, nous ne voulons pas des « freeze zones », nous voulons que la Syrie toute entière redevienne une seule et même « freeze zone » sans aucune exclusion.

Ceci dit, nous prendrons en considération l’'idée de M. De Mistura et nous essaierons de voir comment nous pourrions l’aider à atteindre son objectif en même temps que celui du gouvernement syrien. Finalement, nous sommes heureux de constater que la priorité de M. De Mistura et celle des membres du Conseil de sécurité est de combattre le terrorisme. C’est sur point que nous avions insisté à Genève il y a un an et demi, et quelques-uns parmi vous doivent se souvenir que nous avions dit que c’était « la priorité des priorités ».

Malheureusement, certains n’'ont pas voulu entendre et aujourd'’hui, comme vous le constatez, tout le monde s’'accorde là-dessus, même si les uns parlent de Daech et que d’autres parlent de Jabhat al-Nosra ; ce qui revient au même.

Nous voulons combattre le terrorisme et nous avons besoin que la communauté internationale nous aide, mais ce combat ne peut rester sélectif. Nous ne pouvons pas combattre le terrorisme en témoignant clémence et tolérance à l'’égard des mauvaises politiques du gouvernement turc contre la Syrie. Quelqu’'un doit stopper le gouvernement à Ankara et le pousser à s’'engager sérieusement dans le combat contre toutes les formes de terrorisme.

Encore une fois, la Turquie viole la charte et les lois internationales en s'’ingérant dans les affaires intérieures de la Syrie, en aidant les terroristes à traverser nos frontières après les avoir militairement entrainés sur son territoire. Cela devrait interpeller tout le monde et tout un chacun.

4. Pour revenir aux « freeze zones » ou « zones locales de cessez le feu », pourriez-vous, s’il vous plait, nous rappeler où ces zones ont été un succès ?

Nous ne parlons pas de cessez le feu, mais de processus de réconciliation nationale...

5. Où est-ce que cela a réussi ?

Partout dans le pays, à Damas, sur la côte, à Homs... Ce fut une expérience réussie pour le gouvernement syrien.

6. Des rapports indiquent que votre gouvernement a considérablement intensifié ses frappes aériennes ces derniers temps, y compris à Alep, et je ne vois pas comment cela est supposé vous conforter.

Ensuite, l'’EIIL ayant du répondant dans les ères sunnites, est-ce que les gouvernements syrien et irakien ont agi d'’une façon ou d’'une autre pour que les sunnites ne se sentent pas écartés par Damas et Bagdad à la fois ?

En Syrie, nous ne pratiquons pas un mode de pensée sectaire et confessionnel, notamment lorsqu’il s'’agit de nos affaires intérieures. Je suis donc au regret de ne pas répondre à cette partie de votre question totalement étrangère à notre culture nationale.

Concernant le deuxième point de votre question, le fait est que les dites « Forces de coalition » mènent 8 à 30 raids aériens par jour, contre l’'EIIL en Irak et en Syrie. Mais juste pour votre information, j'’aimerais vous confirmer que les Forces aériennes syriennes mènent quotidiennement environ 130 raids aériens contre l’'EIIL, contre Jabhat al-Nosra et contre d’'autres organisations terroristes. Par conséquent, l’'aviation syrienne est fortement engagée dans la lutte contre le terrorisme sur l’'ensemble des régions du pays et pas seulement à Alep.

7. Pouvez-vous nous donner votre avis sur les frappes aériennes US en Syrie ?

Ont-t-elles amené un quelconque changement positif sur le terrain ?

Nous avons de sérieux doutes quant aux motivations de ces frappes. Le président Obama a commencé par dire que cette guerre durerait 3 ans ! Je ne vois pas comment la force militaire la plus puissante du monde serait incapable, selon les dires du Pentagone, de stopper 15.000 terroristes déployés le long du désert irakien et du désert syrien ! Il y a donc quelque chose d’'erroné dans cette arithmétique.

Ensuite, nous avons entendu dire, par les chefs du Pentagone, que cette guerre pourrait durer longtemps et je crois que certains ont donné des chiffres allant de 20 à 30 ans ! C'’est donc un appel à une guerre ouverte destinée à devenir une « guerre d'’usure » contre tous les peuples ou les gouvernements de la région et plus particulièrement contre l'’Irak et la Syrie, car nous sommes les principales cibles de cette campagne. Nous sommes donc nécessairement d’'une extrême vigilance face aux déclarations publiques des uns et des autres.

Comme je viens de le dire, nous avons de sérieux doutes sur les motivations de cette dite « coalition » car alors qu’'elle cible l'’EIIL d’une main, elle se révèle très patiente à l’'égard des exactions du gouvernement turc, de l’'autre main ; exactions menées par l'’intermédiaire de l’EIIL. Ce faisant, elle exerce d’'énormes pressions sur l'’Armée nationale syrienne en ouvrant de « nouveaux fronts » dans le but de disperser ses efforts et de la détourner de son combat contre l’'EIIL, aussi bien au niveau de la zone frontalière avec la Turquie qu'’au niveau d’'autres zones du pays.

Ce qui revient à diminuer la pression sur l’EIIL et, d’une certaine façon, à faciliter sa tâche en Syrie et en Irak, alors que si l’Armée nationale syrienne avait les mains libres pour combattre uniquement l’EIIL, elle l’éliminerait en 3 jours et n’aurait certainement pas besoin de 3 ans pour ce faire !

Un grand merci à vous tous

Source :

http://webtv.un.org/watch/bashar-jaafari-syria-on-syria-security-council-media-stakeout-30-october-2014/3867335365001

ou

https://www.youtube.com/watch?v=zZdmuQbnSVE

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Notes :

[1] The situation in the Middle East (Syria) – Security Council, 6810th meeting

http://webtv.un.org/watch/the-situation-in-the-middle-east-syria-security-council-6810th-meeting/1743476443001

[2] Transcript – Press Stakeout: UN Special Envoy for Syria, Mr. Staffan De Mistura, New York, 30 October 2014

http://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/transcript-press-stakeout-un-special-envoy-syria-mr-staffan-de-mistura

http://webtv.un.org/watch/staffan-de-mistura-on-syria-security-council-media-stakeout-30-october-2014/3867242945001

[3] Mme Kyung-wha Kang / Syrie : la poursuite des violences aggrave la crise humanitaire.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=33631#.VFUNAhbOVyw

[4] Syrie : Les Israéliens jouent avec le feu et l’ONU se contente d’observer !

http://www.mondialisation.ca

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