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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La République, #La nation ., #La France, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #L'OTAN.

Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie.

Bonjour.

Devant les horreurs perpétrées par les hordes barbares en Syrie et en Irak, il est urgent de réagir. Que ces bêtes sauvages soient au service de l’EI, de l’ISI, de l’EIIL, de DAESCH et autres assassins, n’a pas beaucoup d’importance. Nous devons les éradiquer par tous les moyens. Nous devons prendre conscience que ce fléau sera combattu efficacement par une collaboration étroite avec les états de cette partie du monde. Le gouvernement syrien actuel est laïque et ne revendique pas de pareilles exactions. Bien au contraire il combat ces bêtes féroces.

Pour donner du sens à la légitime indignation de notre gouvernement devant les décapitations et autres atrocités, il est impératif de renouer des liens diplomatiques avec la Syrie. La réouverture de l’ambassade de France à Damas me semble être un symbole fort. C’est pourquoi je vous invite à signer cette pétition.

Vous trouverez ci-après l’excellent texte de mon ami Guy Martin sur ce sujet.

Bien cordialement.

Lucien PONS.

Texte de Guy MARTIN

J’ai signé cette pétition parce que je considère que la France s'honorerait et rayonnerait en rétablissant des relations diplomatiques avec un Etat laïque, au gouvernement d'union nationale, dont les réformes institutionnelles et les élections tenues avec succès depuis mars 2011 ont prouvé qu'il a considérablement évolué , et dont la population a soif de paix, de valeurs humanistes et de progrès social - inscrites encore dans la Constitution française.

Il faudrait ajouter que la France, en réouvrant son ambassade en Syrie, et en rétablissant une politique de coopération avec l’Etat syrien, reviendrait à une politique arabe logique, ferait preuve de bon sens, au moment où ceux qui étaient appelés les « rebelles » il y a quelques mois encore dans les médias dominants, sont enfin reconnus pour ce qu’ils sont : des fous sanguinaires dont les Etats européens sont horrifiés à la seule pensée qu’ils pourraient revenir un jour sur leur sol. C’est que « les faits sont têtus »…

Bien cordialement,

Guy Martin

P Pour préserver l'environnement, n'imprimer ce message qu'en cas de réelle nécessité

La Pétition.

Objet : réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

Signez!

Expéditeur: GIRS France <girsfrance@outlook.fr>
Date: 15 novembre 2014 15:22:41 UTC+1
Destinataire: GIRS France <girsfrance@outlook.fr>
Objet: réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

Pétition pour la réouverture de l’Ambassade de France en Syrie

C'est très urgent, je vous prie de signer cette pétition qui se trouve sur ce lien. Il est important de participer au succès de cette action humaine en le diffusant à tous vos contacts et sur les réseaux sociaux.

Grand merci.

https://www.change.org/p/monsieur-le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-fran%C3%A7aise-et-%C3%A0-tous-les-parlementaires-fran%C3%A7ais-la-r%C3%A9ouverture-de-l-ambassade-de-france-en-syrie

نداءعاجل وهام جداً ٠ الرجاء توقيع هذه العريضة الموجودةعلى هذاالرابط ونشرها على أوسع نطاق ممكن

عريضة من أجل إعادة فتح السفارة الفرنسية في سورية

ولكم جزيل الشكر

GIRS, Groupe Indépendant de Réflexion pour la Syrie

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La Syrie et l'ONU : M.Bachar al-Jaafari, Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, répond aux questions des journalistes.

6 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #L'OTAN., #Le capitalisme;, #la liberté

Jeudi 6 novembre 2014

La Syrie et l'ONU : M.Bachar al-Jaafari, Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, répond aux questions des journalistes

M. Bachar al-Jaafari

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

répond aux questions posées par les journalistes

1. M. de Mistura a-t-il discuté de son « plan d'’action » avec le gouvernement syrien lorsqu’'il s’est rendu à Damas, à Moscou ou à Téhéran, avant de le proposer au Conseil de sécurité ?

Non, nous n’avons pas eu de discussion préalable sur ce sujet lorsqu’'il s'’est rendu en Syrie. C’'est, comme il vous l’a dit, le fruit de sa tournée d'’une quarantaine de jours dans la région. De notre côté, nous étudierons ses propositions lorsqu’'il retournera à Damas pour s’'en entretenir avec les responsables politiques et donnerons notre avis sur la question. De toute façon, je dois le rencontrer dès demain.

2. M. De Mistura a appelé les Turcs à intervenir pour sauver les civils de Aïn al-Arab. Est-ce que ce point précis a été discuté avec le gouvernement syrien ?

Le gouvernement syrien est contre toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes et contre toute violation de la souveraineté syrienne. C’est une ligne rouge !

Ensuite, M. De Mistura n’a pas appelé la Turquie à intervenir dans les affaires syriennes. Les autorités turques empêchant les Syriens qui ont dû fuir cette ville d’y retourner, il les a appelées à faciliter le retour des combattants kurdes syriens, se trouvant de l'’autre côté de la frontière vers Aïn al-Arab, leur ville, pour participer aux combats contre Daech. Il nous faut rester très précis dans notre façon de nous exprimer. Voilà ce que voulait dire M. De Mistura.

3. M. De Mistura a parlé de « freeze zones » que certains traduisent par « zones locales de cessez-le feu ».

Pouvez-vous nous dire quelle est la position du gouvernement syrien devant ces propos.

Comment a-t-il l'’intention de procéder à Alep

Et aussi, pourriez-vous nous faire une mise au point sur ce qui se passe sur les hauteurs du Golan et avec les Forces de l'’UNDOF [ou FNUOD : Force des Nations Unies chargée d’Observer le Désengagement ; résolution 350/1974].

Sont-elles revenues du côté syrien de la ligne de séparation [4] ?

Cette question est un autre scandale de cette organisation, le DPKO [Department for PeaceKeeping Operations] n’'a même pas réagi devant la délicate et dangereuse situation qui prévaut dans la zone démilitarisée entre le côté syrien et le côté israélien de la ligne de désengagement. Depuis des mois, des éléments de Jabhat al-Nosra, qui est inscrite sur la liste des organisations terroristes, occupent des poches du côté syrien de la ligne de séparation, et le DPKO ne réagit toujours pas !

Comme vous le savez, le résultat est que les Philippins se sont retirés et que les Fidjiens ont été kidnappés, malgré nos mises en garde précoces et la prise en otage de membres philippins de l'’UNDOF à deux reprises [en Mars et en mai 2013, NdT]. Le DPKO n’a « toujours pas enquêté », ni sur le rôle joué par les services du renseignement du Qatar, ni sur les incidents de l'’époque; ce qui a encouragé les mêmes ravisseurs à répéter leurs crimes encore et encore. C’'est aussi pourquoi je dis qu’il ne s'’agit plus d’une crise essentiellement politique, mais d’une sorte de crise éthique au sein de cette organisation [...].

Le gouvernement syrien a appelé, à maintes reprises, les membres du Conseil de sécurité, ainsi que M. Lakhdar Brahimi et M. Kofi Annan avant lui, à prendre en considération ce que nous qualifions de « processus de réconciliation nationale ».

Autrement dit, le gouvernement syrien est en faveur de « zones pacifiées » où il travaille à la réconciliation avec ceux qui n'’ont pas de sang sur les mains et qui déposent leurs armes. Par conséquent cette idée, dans son sens le plus large, est l’'idée du gouvernement syrien lui-même.

De plus, nous ne voulons pas des « freeze zones », nous voulons que la Syrie toute entière redevienne une seule et même « freeze zone » sans aucune exclusion.

Ceci dit, nous prendrons en considération l’'idée de M. De Mistura et nous essaierons de voir comment nous pourrions l’aider à atteindre son objectif en même temps que celui du gouvernement syrien. Finalement, nous sommes heureux de constater que la priorité de M. De Mistura et celle des membres du Conseil de sécurité est de combattre le terrorisme. C’est sur point que nous avions insisté à Genève il y a un an et demi, et quelques-uns parmi vous doivent se souvenir que nous avions dit que c’était « la priorité des priorités ».

Malheureusement, certains n’'ont pas voulu entendre et aujourd'’hui, comme vous le constatez, tout le monde s’'accorde là-dessus, même si les uns parlent de Daech et que d’autres parlent de Jabhat al-Nosra ; ce qui revient au même.

Nous voulons combattre le terrorisme et nous avons besoin que la communauté internationale nous aide, mais ce combat ne peut rester sélectif. Nous ne pouvons pas combattre le terrorisme en témoignant clémence et tolérance à l'’égard des mauvaises politiques du gouvernement turc contre la Syrie. Quelqu’'un doit stopper le gouvernement à Ankara et le pousser à s’'engager sérieusement dans le combat contre toutes les formes de terrorisme.

Encore une fois, la Turquie viole la charte et les lois internationales en s'’ingérant dans les affaires intérieures de la Syrie, en aidant les terroristes à traverser nos frontières après les avoir militairement entrainés sur son territoire. Cela devrait interpeller tout le monde et tout un chacun.

4. Pour revenir aux « freeze zones » ou « zones locales de cessez le feu », pourriez-vous, s’il vous plait, nous rappeler où ces zones ont été un succès ?

Nous ne parlons pas de cessez le feu, mais de processus de réconciliation nationale...

5. Où est-ce que cela a réussi ?

Partout dans le pays, à Damas, sur la côte, à Homs... Ce fut une expérience réussie pour le gouvernement syrien.

6. Des rapports indiquent que votre gouvernement a considérablement intensifié ses frappes aériennes ces derniers temps, y compris à Alep, et je ne vois pas comment cela est supposé vous conforter.

Ensuite, l'’EIIL ayant du répondant dans les ères sunnites, est-ce que les gouvernements syrien et irakien ont agi d'’une façon ou d’'une autre pour que les sunnites ne se sentent pas écartés par Damas et Bagdad à la fois ?

En Syrie, nous ne pratiquons pas un mode de pensée sectaire et confessionnel, notamment lorsqu’il s'’agit de nos affaires intérieures. Je suis donc au regret de ne pas répondre à cette partie de votre question totalement étrangère à notre culture nationale.

Concernant le deuxième point de votre question, le fait est que les dites « Forces de coalition » mènent 8 à 30 raids aériens par jour, contre l’'EIIL en Irak et en Syrie. Mais juste pour votre information, j'’aimerais vous confirmer que les Forces aériennes syriennes mènent quotidiennement environ 130 raids aériens contre l’'EIIL, contre Jabhat al-Nosra et contre d’'autres organisations terroristes. Par conséquent, l’'aviation syrienne est fortement engagée dans la lutte contre le terrorisme sur l’'ensemble des régions du pays et pas seulement à Alep.

7. Pouvez-vous nous donner votre avis sur les frappes aériennes US en Syrie ?

Ont-t-elles amené un quelconque changement positif sur le terrain ?

Nous avons de sérieux doutes quant aux motivations de ces frappes. Le président Obama a commencé par dire que cette guerre durerait 3 ans ! Je ne vois pas comment la force militaire la plus puissante du monde serait incapable, selon les dires du Pentagone, de stopper 15.000 terroristes déployés le long du désert irakien et du désert syrien ! Il y a donc quelque chose d’'erroné dans cette arithmétique.

Ensuite, nous avons entendu dire, par les chefs du Pentagone, que cette guerre pourrait durer longtemps et je crois que certains ont donné des chiffres allant de 20 à 30 ans ! C'’est donc un appel à une guerre ouverte destinée à devenir une « guerre d'’usure » contre tous les peuples ou les gouvernements de la région et plus particulièrement contre l'’Irak et la Syrie, car nous sommes les principales cibles de cette campagne. Nous sommes donc nécessairement d’'une extrême vigilance face aux déclarations publiques des uns et des autres.

Comme je viens de le dire, nous avons de sérieux doutes sur les motivations de cette dite « coalition » car alors qu’'elle cible l'’EIIL d’une main, elle se révèle très patiente à l’'égard des exactions du gouvernement turc, de l’'autre main ; exactions menées par l'’intermédiaire de l’EIIL. Ce faisant, elle exerce d’'énormes pressions sur l'’Armée nationale syrienne en ouvrant de « nouveaux fronts » dans le but de disperser ses efforts et de la détourner de son combat contre l’'EIIL, aussi bien au niveau de la zone frontalière avec la Turquie qu'’au niveau d’'autres zones du pays.

Ce qui revient à diminuer la pression sur l’EIIL et, d’une certaine façon, à faciliter sa tâche en Syrie et en Irak, alors que si l’Armée nationale syrienne avait les mains libres pour combattre uniquement l’EIIL, elle l’éliminerait en 3 jours et n’aurait certainement pas besoin de 3 ans pour ce faire !

Un grand merci à vous tous

Source :

http://webtv.un.org/watch/bashar-jaafari-syria-on-syria-security-council-media-stakeout-30-october-2014/3867335365001

ou

https://www.youtube.com/watch?v=zZdmuQbnSVE

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Notes :

[1] The situation in the Middle East (Syria) – Security Council, 6810th meeting

http://webtv.un.org/watch/the-situation-in-the-middle-east-syria-security-council-6810th-meeting/1743476443001

[2] Transcript – Press Stakeout: UN Special Envoy for Syria, Mr. Staffan De Mistura, New York, 30 October 2014

http://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/transcript-press-stakeout-un-special-envoy-syria-mr-staffan-de-mistura

http://webtv.un.org/watch/staffan-de-mistura-on-syria-security-council-media-stakeout-30-october-2014/3867242945001

[3] Mme Kyung-wha Kang / Syrie : la poursuite des violences aggrave la crise humanitaire.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=33631#.VFUNAhbOVyw

[4] Syrie : Les Israéliens jouent avec le feu et l’ONU se contente d’observer !

http://www.mondialisation.ca

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Syrie : « Les sunnites… constituent la principale base du pouvoir d’Assad ». Le Saker francophone.

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre, #La nation ., #L'OTAN.

Syrie : « Les sunnites… constituent la principale base du pouvoir d’Assad »

4 novembre 2014

Préambule

Cet article fait suite à celui que nous avons publié hier 3 novembre (Nouveaux signes d’un changement de position des USA à l’égard de la Syrie), à propos du changement d’attitude envers le régime de Bachar al-Assad observé dans les médias (The Washington Post, The Telegraph, Yahoo News, ABC News) par Moon of Alabama.

Le Saker francophone

———————————-

Comme prévu [1], la consolidation des groupes d’insurgés en Syrie se poursuit [2] et les plus radicaux d’entre eux gagnent du terrain :

La stratégie de l’administration Obama en Syrie a subi un revers cinglant dimanche, lorsque des combattants liés à Al-Qaïda ont forcé des rebelles soutenus par les USA à quitter leurs bastions dans le nord. Ils ont, du même coup, mis la main sur des quantités non négligeables d’armement, causé des défections massives et mis fin aux espoirs de Washington de trouver facilement des partenaires syriens dans sa lutte contre l’État islamique.

Les groupes mis en déroute étaient soutenus [3] par la CIA et disposaient d’armes Made in USA comprenant des missiles antichars TOW. Le tout est maintenant aux mains du front al-Nosra, qui s’apprête à gagner encore plus de terrain [4].

Continuer à nier l’évidence sera difficile pour l’administration Obama. L’idée même de former d’autres groupes de la « nouvelle Armée syrienne libre » en leur fournissant des armes est complètement dingue. Les seuls qui sont en mesure de combattre l’État islamique sont les forces armées syriennes. Il y a deux jours, j’ai senti comme une nouvelle approche dans les médias [5], qui semblent considérer le gouvernement syrien d’un œil plus favorable. Il était jusque-là presque toujours dépeint comme sectaire et dirigé d’une main de fer par la minorité alaouite. Ce n’était pas le cas, mais c’était le leitmotiv de tous les reportages occidentaux sur la Syrie. L’article d’Associated Press indiqué dans notre article en note [5], qui porte sur les réfugiés sunnites à l’intérieur de la Syrie, en est un autre qui sort du lot :

Les sunnites, le premier groupe confessionnel en importance en Syrie, constituent la principale base du pouvoir d’Assad, même si la rébellion est dominée par des sunnites. Les minorités, comme les alaouites, les chiites et les chrétiens, pour la plupart soutiennent le gouvernement ou sont restées neutres.

L’article indique aussi que l’administration syrienne est en mesure de gouverner de façon décente :

Les services publics, quoique fragmentaires, existent toujours. Les employés touchent leurs salaires, même si la monnaie locale se déprécie. Il y a toujours du courant, bien que les coupures soient fréquentes. Les soins de santé sont toujours gratuits, mais les résidents se plaignent de longues files d’attente, parce que les médecins quittent leurs postes.

Les lecteurs de ces articles récents relatifs à Associated Press auront de quoi s’interroger : Qu’est-ce qu’il y a de mal avec le président syrien Assad ? Ne vaut-il pas mieux que toutes les autres propositions ?

Moon of Alabama
Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr

Notes

[1] Syria : Pro-Nusra « Rebels » Turn Anti-Nusra « Rebels » Turn Dead, Moon of Alabama, 31-10-2014

[2] U.S. backed Syria rebels routed by fighters linked to al-Quaeda, The Washington Post, 02-11-2014

[3] Syrian rebels armed and trained by US surrender to al-Qaeda, The Telegraph, 02-11-2014

[4] Al-Qaida fighters push offensive in northern Syria, Yahoo News, 03-11-2014

[5] Nouveaux signes d’un changement de position des USA à l’égard de la Syrie, Le Saker francophone, 03-11-2014

[6] Assad’s Syria Truncated, Battered _ but Defiant, ABC News, 02-11-2014

Source : Syria: « Sunni … form Assad’s chief power base », Moon of Alabama, 03-11-2014

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BHL, une imposture tunisienne, par Jacques-Marie BOURGET dans Le Grand Soir.

4 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN.

4 novembre 2014

BHL, une imposture tunisienne

Jacques-Marie BOURGET dans Le Grand Soir.

BHL.

BHL.

Mondafrique a enquêté sur les amis libyens de Bernard-Henri Lévy et notamment Waheed Burshan, ancien membre du Conseil national de transition libyen qu’il a rencontré dans le Djebel Nafoussa lors de l’intervention franco-anglaise de 2011 contre Mouammar Kadhafi. Longtemps exilé à Chicago où il a défendu les intérêts des entreprises qatari, Burshan fut l’une des personnalités soutenues par la CIA et Doha pour reprendre les rênes de l’Etat libyen après la chute du "Guide".

Pendant longtemps Bernard-Henri Lévy n’a été que ridicule. Avec parfois une pointe d’odieux dans la série de ses mensonges, dans sa vie inventée et mise en scène façon série B. Un seul exemple pris dans la pile, quand il affirmait avoir livré des postes de radio au commandant Massoud en 1982. Mais la vie est comme la littérature, il lui faut bien des imposteurs ; leur existence gratifie les hommes courageux et discrets. Depuis qu’il a quitté le seul ridicule pour devenir complice des bombardiers, il a cessé de nous amuser. C’est ce qu’ont compris les tunisiens de la « société civile » qui, vendredi 31 octobre, ont réservé à ce pitre une standing ovation. Aux cris de « BHL dégage ! ». Reprenant ainsi les mots utilisés pour chasser Ben Ali.

Dehors, le clown.

Prié par le pouvoir, après une nuit passée à « La Résidence », le palace de Tunis, de rentrer au plus vite en France, le vieux philosophe la queue entre les jambes, s’est quand même gentiment assis dans un jet pour filer. A Paris, où ses points de chute médiatiques sont aussi nombreux que les relais de poste à l’époque des diligences, les affidés de BHL se sont mis au travail. Leur ordre de mission, leur story telling : donner son vrai sens à l’expulsion du génie du Flore.

C’est Liliane Lazar qui, depuis sa chaire (bien faible) de « professeur à Hofstra Univesity », USA, ouvre le premier barrage de contre-artillerie. C’est bien normal, depuis Long Island Liliane voit tout, sait tout de ce qui se passe en Tunisie. Ses mots sur le voyage de BHL sont donc du béton : l’ami de Nicolas Sarkozy ne s’est rendu au pays du jasmin que pour discuter, sur un mode fitzgéraldien, avec quelques amis dans le hall d’un palace et dans la fumée des cigares. Des amis libyens. Exploits, tant l’espèce est introuvable, des démocrates pas du tout islamistes.

De BHL à Gulliver

Pauvre Liliane qui, comme souvent quand les serviteurs veulent trop bien faire, se prend les pieds dans le tapis. Ainsi, en légende d’une photo où l’on voit le romanquêteur entouré de ses gens, la professeure nomme l’un des convives comme étant « Djebel Nefousa ». Éclat de rire général : « Monsieur Djebel Nefousa » n’existe pas, il s’agit du nom d’un haut plateau libyen proche de la frontière tunisienne où, aux côtés de conseillers qataris et français, les islamistes rebelles à Kadhafi ont préparé leur raid vers Tripoli. Avec à leur tête le si charmant et démocrate Abdel Hakim Belhadj, le prince du djihad et agent de Doha. C’est aujourd’hui ce grand maître barbu qui règne sur Tripoli. Liliane confond un homme et une montagne… ce qui devrait la pousser bientôt à s’intéresser plus aux voyages de Gulliver qu’à ceux de BHL.

Dans la brigade de défense de l’homme de Dombasle, qui ne manque pas de bras, après Liliane, le pompon revient à Jérôme Béglé. C’est un courtisan mondain et ne sachant pas écrire, qui a fini par trouver une écuelle au Point. Bien entendu, Jérôme pratique l’art où il excelle, servir la soupe. Même dans ses questions, aussi vides qu’un théâtre où se joue du BHL, on remarque le style du maître. Là notre phare de la nouvelle philo, mais aussi journaliste donc attaché à la vérité, décrit la petite foule qui l’attend à l’aéroport : « Quelques dizaines d’islamistes ou, peut être, d’exilés kadhafistes »… Voila, crier « BHL dégage ! » est une offense à trois coups, c’est être islamiste, antisémite et aimer les dictateurs. Ceux qui faisaient le pied de grue en attente du génie sortant de l’Airbus, et que nous connaissons comme des tunisiens laïcs, des citoyens de la société civile, vont apprécier l’injure.

Djebel or not Djebel

Dans l’Express où BHL a aussi son rond de serviette, on tend les sels afin que notre intellectuel multi spires reprenne connaissance. Mieux que lui prenant la plume, c’est son Sancho Pansa, Gilles Herzog, qui signe le compliment. Divergence avec le patron, le bon Gilles nous dit que les amis libyens, ceux qu’il fallait rencontrer, « habitaient sur place ou venaient de Tripoli », alors que BHL dans son envolée digne d’une carte IGN nous dit que ces démocrates venaient aussi de « Benghazi, des villes du djebel Nefousa (sic), Misrata, Zaouia »…Faudrait savoir ! Djebel or not djebel ? Heureusement pour l’intérêt du romanquête, Herzog nous livre un détail avec du sang : à son hôtel, BHL a été agressé par un homme… C’est bien connu, le palace de Tunis est un nid de supporters du Califat. Herzog ne peut imaginer que ce type en colère suit chaque jour le film d’horreur de ses voisin, du technicolor enclenché par BHL en 2011 à Tripoli : « Apocalypse Now ».

Bernard-Henri Levy avec son ami libyen Waheed Burshan, troisième en partant de la droite, à l’hôtel "La Résidence" à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis.

Bernard-Henri Levy avec son ami libyen Waheed Burshan, troisième en partant de la droite, à l’hôtel "La Résidence" à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis.

Mais attardons nous un peu sur l’excellent Waheed Burshan, l’un des aimables humanistes avec lesquels BHL s’est entretenu à l’hôtel « La Résidence ». Là, une petite leçon est nécessaire. Souvenez-vous d’un certain Ahmed Chalabi présenté en 2003 par les Américains comme l’homme providentiel qui devait remplacer Saddam Hussein… A l’usage il s’est révélé que ce démocrate était à la fois un voleur et un agent double allant rendre compte à Téhéran. Waheed Bershan, outre, détail important, qu’il n’est pas délinquant, a joué le rôle de Chalabi en Libye. Pour le Département d’État ce libyen exilé à Chicago était un fer au feu. Un joker sans cesse réchauffé par la CIA et le Qatar afin qu’il se tienne prêt à faire bonne figure, « au cas ou », pour devenir le cadre du nouvel État.

Et, pour la révolution libyenne, Bershan a mouillé son maillot, jusque sur le plateau de Nafousa où, assis dans le fourgon du Qatar piloté par Belhadj, il a rencontré BHL le libérateur, le Sandino, la Marti, le Guevara de la Libye. Notre ami Waheed méritait bien de faire parti du Comité National de Transition, la crème de la crème. Puis, sagement, tout en gardant un œil sur le réchaud libyen, et l’autre sur les envolées de BHL, Burshan à occupé son temps à défendre les intérêts d’entreprises qataries. Ce qui est plus sage. Nourri de la philosophie des Frères Musulmans, le saint homme dont la fille et la femme vivent sous le voile, peut attendre son heure.

Waheed Burshan avec sa fille, Sarah et sa femme, Amal, à Tunis. Cette photo a été prise en 2011 lors de l’entrée des rebelles libyens dans Tripoli.

Waheed Burshan avec sa fille, Sarah et sa femme, Amal, à Tunis. Cette photo a été prise en 2011 lors de l’entrée des rebelles libyens dans Tripoli.

En réalité, comme l’a révélé Mondafrique, une réunion politique autour de la « réunification des partis libyens » devait bien se tenir à Hammamet. On attendait là d’autres philosophes, ceux d’Ennadha bien sûr, mais aussi ce cher Belhadj que BHL a croisé sans le voir dans la fureur de Nefousa. On ignorait que, fauteur de guerre, Lévy avait aussi la qualité d’un imam capable de rassembler la Oumma, la communauté des croyants.

JACQUES MARIE BOURGET, 03 Nov 2014.

»» http://mondafrique.com/lire/international/2014/11/03/bhl-une-imposture...

URL de cet article 27331
http://www.legrandsoir.info/bhl-une-imposture-tunisienne.html

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Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Europe supranationale, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient

On doit certes recouper cette information israélienne reprise par les Iraniens, ...mais plusieurs recoupements précédents tendent à confirmer ce type d'informations ...assez décevante pour ceux qui ont continué à croire au printemps arabe après le renversement de Moubarrak et sa prise en charge par la TV de l'émirat hyperdémocratique, populaire et démcoratique, social absolutiste monarchiste Al Jazeera .

Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

IRIB- selon Al Alam, plusieurs unités de l'armée israélienne surtout celle dénommée Mittar

opèrent en ce moment sur les hauteurs du Golan. et soutiennent les terroristes takfiris de Al Nosra à Quneitara. Le renseignement de l'armée israélienne Aman a déjà fourni les terroristes en équipements électroniques bien sophistiqués, en appareils d'écoute et en systèmes d'alarme précoce, soit des équipements qui permettent aux terroristes d'être avertis des attaques aux missiles de l'armée syrienne contre leurs positions. qui se trouvent au Golan occupé. les terroristes ont également recours aux dispositifs de brouillage des contacts de télécommunication de l'armée syrienne, installés dans différentes localités . il s'agit d'équipements conçus par la firme britannique Datong. Ce sont des équipements qui sont inclus dans de petites serviettes. ces dispositifs rendent les terroristes capables de contrôler les textos et les conversations téléphoniques des portables appartenant aux habitants du Golan. Les terroristes sont ainsi capables d'identifier les propriétaires des portables , de faire éteindre leurs portables , de les traquer. selon des rapports ces " serviettes" d'espionnage sont déposés prèsc des régions de Dael , Novy, Tal al Chaar entre les villes de Daraa et de Quneitara, au centre de Quneitara.

Il est aussi possible pour les terroristes de surveiller ces contacts. mais les coopérations entre Al Nosra et Israël ne se réduisent pas à cela ! le rapport du renseignement de l'armée israélienne Aman fait état de l'entrainement de certains terroristes d'Al Nosra dans un camps situé près de la GAlilée dans le nord des territoires occupés de la Palestine. de nombreux nosratistes ont débarqué ces derniers temps à Quneitara ainsi qu'à Daraa pour être soumis aux stages de formation militaire. l'armée sioniste fait état de la formation d'une cellule destinée à des opérations militaires spéciales . Cette cellule d'opération est dirigée par un officier de renseignement israélien et un chef terroriste takfiri, Khaled Nassar. Khaled Nassar travaillait pour le compte d'Israël alors que l'armée syrienne était en guerre contre les terroristes à Quneitara. il travaillait pour l'unité 504 de l'armée sioniste. selon cette information, le régime sioniste a multiplié ses agissements dans la banlieue de Quneitara et de Daraa , dans l'objectif de recruter davantage de terroriste et de préparzer le terrain à la formation d'une zone tampon au Golan dont il rêve depuis longtemps./

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent. On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis. On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.

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Serena Shim, journaliste tuée en Turquie : les médias occidentaux, hypocrites, demeurent silencieux par Raphaël "JahRaph" Berland / le 26 octobre 2014.

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La mondialisation, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Les média

La journaliste américaine Serena Shim

La journaliste américaine Serena Shim

La mort suspecte d’une journaliste née aux Etats-Unis, Serena Shim, et le silence des médias américains sur son histoire, illustre de manière évidente le « deux-poids, deux mesures » qui caractérise les médias occidentaux. Serena Shim, une journaliste américaine de 29 ans d’origine libanaise, couvrait la guerre en Syrie et plus spécifiquement la bataille entre les militants de l’EIIL et les forces kurdes, non loin de la ville de Kobani, située sur la frontière turco-syrienne. Serena Shim, rentrait à son hôtel, à bord de sa voiture de location, après un reportage réalisé dans la ville turque de Suruc, près de la frontière syrienne, lorsqu’un plus gros véhicule l’aurait heurtée, causant sa mort [le 19 octobre dernier, ndt].

Alors que les autorités turques ont très vite déclaré qu’il s’agissait d’un simple accident, beaucoup à travers le monde, incluant des dirigeants et des cadres de PressTV, l’agence Iranienne d’informations pour laquelle Serena Shim travaillait, ont exprimé des doutes concernant les circonstances entourant sa mort, les décrivant comme suspectes. En effet, les doutes sembleraient justifié, en raison du fait que l’accident présumé, surviendrait un jour seulement, après que Serena Shim, eut fait part de ses craintes pour sa sécurité, à la suite de menaces de morts, adressées par les services secrets turcs (MIT).

Dans une interview pour PressTV, juste après avoir été accusé d’espionnage et avoir reçu des menaces de mort, Shim déclarait :

« Je suis vraiment étonnée de cette accusation. J’ai même pensé me rapprocher des services de l’intelligence Turque, parce que je n’ai rien à cacher….Je suis un peu inquiète, parce que… la Turquie a été désignée par reporters sans frontières comme la plus grande prison pour journalistes…donc j’ai un peu peur de ce qu’ils pourraient utiliser contre moi..Nous étions parmi les premiers sur les terrains, si ce n’est les premiers, à faire sortir l’histoire des militants qui passent par la frontière Turque. J’ai des images d’eux, dans des camions de l’organisation alimentaire mondiale. Il était apparent qu’il s’agissait de militants, avec leurs barbes, les vêtements qu’ils portaient, et ils se déplaçaient dans des camions appartenant à des ONG. »

Cette interview révélatrice met en évidence le fait que Shim, contrairement à beaucoup de journalistes occidentaux couvrant le conflit Syrien, était en réalité en train de poursuivre une enquête sérieuse, incluant des sources concernant les communications entre les services secrets turcs et certains militants extrémistes afin de faire entrer clandestinement des mercenaires et des armes en Syrie. Bien que cet aspect du conflit syrien ait été rapporté par Reuters, le New York Times et d’autres, Shim était sur place couvrant l’événement, rassemblant des preuves documentées, des vidéos et photos de militants dans des camions d’ONG, en contradiction totale avec les lois internationales.

C’est précisément cette preuve accablante de l’implication de la Turquie dans la conflit syrien qui a probablement attirée sur elle les menaces de morts, et très certainement conduit à son assassinat. La mort tragique de Shim provoqué la colère (sans parler de la profonde tristesse) de sa famille et de ses collègues, qui ont demandé l’ouverture d’une enquête impartiale sur les circonstances de sa mort. Les condoléances ont afflué du monde entier, et ont été adressées aussi bien à PressTv qu’à sa famille. Cependant et de façon remarquable, il y a eu un black-out total de la part des médias occidentaux et spécialement aux Etats-Unis, le pays dont Shim était une ressortissante et une citoyenne.

À la lumière de la mort de Serena Shim, et de l’absence honteuse de couverture médiatique la concernant, des questions dérangeantes commencent à émerger quant à l’attitude des médias occidentaux, vis à vis des attaques, kidnappings, assassinats et ou morts suspectes de journalistes. Plus particulièrement, les grands médias et leurs gouvernements respectifs ainsi que leurs propriétaires, à savoir les grands patrons de multinationales. Il doivent expliquer pourquoi la mort de certains journalistes est traitée comme des sujets internationaux, capable de susciter l’indignation mondiale et de servir de prétexte pour des ingérences militaires, alors que d’autres comme Serena Shim, n’auront à peine droit qu’à une mention en passant ?

Le journaliste américain James Foley (Photo AFP / Nicole Tung)

Le journaliste américain James Foley (Photo AFP / Nicole Tung)

L’indignation internationale à la suite du kidnapping et de l’exécution par décapitation de James Foley a occupé la une des médias occidentaux pendant des semaines, et a permis d’offrir la justification nécessaire aux bombardements américains contre l’EIIL en Syrie. Des hommages lui ont été consacré par la plupart des médias « mainstream », une page dédiée à sa mémoire a été crée par des fans et Reporters Sans Frontières ; le président Obama lui-même s’est exprimé, décrivant Foley comme : « un homme qui vivait pour son travail, qui relatait courageusement les histoires de ses semblables et qui était aimé par ses amis et sa famille… Nous ferons tout notre possible, pour protéger les nôtres et les valeurs éternelles pour lesquelles nous vivons. ». Un tel hommage, venant du président, démontre la signification politique et sociale, que revêt la mort de James Foley pour les américains.

Et pourtant, Serena Shim qui, comme James Foley, était journaliste et citoyenne américaine, n’a pas reçu tant d’égard. Il n’y aura pas d’hommage, de grandes chaînes d’informations pour elle, la plupart ne s’embarrasseront même pas à rapporter les conditions suspectes entourant sa mort. Il y a très peu d’articles mentionnant l’incident, et ceux qui existent, tendent à valider la thèse de l’accident comme affirmée par les autorités turques. Et ceci, en dépit du fait qu’il n’y a pas eu d’enquêtes, et que par l’effet d’une coïncidence qui vient bien à propos, des menaces de morts avaient été proférées quelques heures seulement avant l’accident.

Toujours pas de déclaration publique, de la part de Reporters Sans Frontières (1) pour l’instant, ou même de toute autre organisation chargée de la protection et de la promotion de la liberté de la presse, et de la protection universelle des journalistes. Pourquoi ? Quelle est la différence entre Shim et Foley, qui explique la disparité flagrante de traitement médiatique et d’indignation au niveau mondial ?

La mort de Serena Shim, illustre douloureusement mais de manière claire et tranchée, le « deux-poids, deux mesures » appliqué par les médias et les politiciens occidentaux. La mort de James Foley était une tragédie mondiale, la mort de Shim, une petite note de bas de page, tout au plus. Le fait remarquable, c’est que cette disparité de traitement n’est pas liée à qui ils étaient en tant qu’individus [journalistes américains, ndt], mais plutôt à leur employeur.

James Foley s’était volontairement engagé dans la guerre de l’OTAN/Etats-Unis en Libye, s’incorporant lui-même avec les soit disant « rebelles » qui, grâce à la campagne de bombardements massifs de l’OTAN, a effectivement détruit les infrastructures militaires, et participé au renversement de la Jamahiriya Libyenne et à l’assassinat de Mouammar Kadhafi. Foley a présenté une image héroïque des rebelles, dont beaucoup avaient des liens directs avec Al-Qaïda et le réseau terroriste s’étendant de l’Afghanistan à l’Arabie saoudite. Il les considéraient comme de vrais patriotes qui voulaient libérer leur patrie d’un dictateur brutal et sanguinaire. En vérité, Foley, était l’un des propagandistes en chef pour l’opération de l’OTAN en Libye, capturant des photos susceptible de servir la cause de Washington et de l’OTAN.

En contraste, Shim travaillait pour PressTV, une chaîne d’informations Iranienne, financée par le gouvernement et qui procure une autre lecture des événements, à celle proposée par les médias occidentaux. Les reportages de PressTv ont été critiques de l’opération internationale contre la Syrie, en plus d’avoir remis en question, par des articles, débats et analyses, le rôle de la Turquie, de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de Washington, Tel Aviv et d’autres dans la préparation de cette guerre.

PressTv a critiqué les positions politiques Américaines vis à vis de la Syrie et de l’Irak, et a diffusé de nombreuses rapports mettant en cause le rôle d’acteurs internationaux dans ces conflits. Shim, trouve elle-même la mort, quelques heures après avoir délivré la brûlante information selon laquelle des extrémistes avaient traversé la frontière vers la Syrie, avec l’assistance des services secrets turcs, et en utilisant des camions de l’Organisation Alimentaire Mondiale. Cette exclusivité détonante, corroborait d’autres témoignages datant de 2012, sur l’implication des services secrets turcs, précisément dans ce type d’opérations.

Donc, il apparaît évident, que la réaction des médias et des gouvernements, face à la mort de journalistes, dépend du type de reportages qu’ils font. Si vous êtes un journaliste, travaillant pour alimenter la narration des intérêts occidentaux et pour la propager, alors vous êtes un héros et votre mort est une tragédie nationale, qui doit provoquer une réponse ferme. Si par contre, vous êtes un journaliste travaillant pour un groupe d’informations non-occidental, et que vous êtes critique de l’occident, de ses politiques et de ses actes, alors votre mort n’est tout simplement pas digne d’être rapportée et sera très vite oubliée.

Journalistes en Ukraine (Reuters / Yannis Behrakis)

Journalistes en Ukraine (Reuters / Yannis Behrakis)

Peut être que l’aspect le plus épouvantable dans cette histoire, c’est le fait que la mort de Shim n’est que la dernière d’une longue liste de morts de journalistes, dans les récentes années et les derniers mois, qui ont été pratiquement occultés des médias occidentaux. De l’Ukraine à la Syrie en passant par Gaza, des journalistes ont été pris pour cible de manière alarmante, pendant qu’en occident on passe ces faits sous silence.

Dans l’est de l’Ukraine, un nombre impressionnant de journalistes ont été agressés, kidnappés, torturés et/ou tués, par les forces du régime militaire et paramilitaire de Kiev, soutenu par les Etats-Unis. En Juin 2014, Igor Kornelyuk et Anton Voloshin, tout deux employés de la chaîne Rossiya Tv, ont été tué tout près de Lugansk. En dépit des dénégations répétées émanant des autorités de Kiev et concernant le ciblage délibéré des journalistes, des témoins oculaires présent sur la scène du crime ont déclaré que les journalistes avaient été délibérément pris pour cible, par les forces Ukrainiennes. Viktor Denisov, le seul rescapé de l’équipe, a expliqué : « Je suis certain qu’il ne s’agissait pas de tirs accidentels, c’était une opération ciblé de la garde nationale. ». Malgré ce témoignage oculaire, ajouté aux images de l’attaque obtenues par Denisov, il n’y a eu pratiquement aucune couverture de la presse internationale.

En juin 2014 toujours, Anatoly Klyan, un cameraman de la chaîne de télévision russe Channel One, a été tué par les forces loyalistes au régime de Kiev, soutenu par les Etats-Unis. Il a reçu une balle dans le ventre, alors qu’il était à bord d’un bus rempli de mères de conscrits qui avait été visé par les forces militaires de Kiev ; Klyan est mort avant d’atteindre l’hôpital. Tandis que, quelques reportages ont été initialement réalisé par les médias occidentaux (notamment des médias anglais), nous n’avons pas assisté à l’indignation générale, consistant à demander la protection des journalistes en Ukraine, ou tout du moins à démontrer un intérêt plus important, quant à l’investigation des crimes présumés des forces du régime de Kiev et des forces paramilitaires, pas plus que l’on a assisté par ailleurs, de la part des soutiens du régime de Kiev, à l’exercice d’une influence quelconque sur le président Poroshenko sur cette problématique.

Hommage à Andrey Stenin à Moscou, le 5 septembre 2014 (Reuters / Sergey Karpukhin)

Hommage à Andrey Stenin à Moscou, le 5 septembre 2014 (Reuters / Sergey Karpukhin)

En août 2014, un photojournaliste, Andrey Stenin, de Rossiya Segodnya (anciennement Ria Novosti) a été tué, quand la voiture dans laquelle il voyageait, a été attaqué ainsi que plusieurs autres voitures et passagers, tous civils, cherchant à fuir les zones de combats. Stenin a été déclaré disparu pendant un mois, avant que l’on obtienne finalement la confirmation de sa mort. Durant la période où on le croyait enlevé, il y a eu des manifestations de solidarité et des demandes pour sa libération, notamment de la part du Comité pour la Protection des Journalistes, qui a collecté de la documentation, sur un nombre de crimes commis contre des journalistes, et particulièrement les journalistes russes, par les forces Ukrainiennes. Quoiqu’il en soit, au delà de la communauté des professionnels des médias, il n’y a décidément pas eu de réaction en occident, où l’information de sa disparition et subséquemment de sa mort est totalement passée inaperçu.

La mort de ceux-là et d’autres journalistes russes en Ukraine ne sont malheureusement pas les seules attaques contre des journalistes non-occidentaux. PressTv, qui est aujourd’hui frappé par le deuil de Shim, n’est que trop familier de ce type d’événements. En septembre 2012, le correspondant de PressTv Maya Nasser a été tué par un sniper, pendant qu’il était en direct, rapportant la récente attaque sur le quartier général de l’armée syrienne. Le fait qu’il ait été tué par un sniper (ce qui accrédite la thèse selon laquelle des attaques sont délibérées perpétrées contre des journalistes, afin de les empêcher de faire leur travail) aurait dû faire de lui une cause célèbre pour les organisations de médias à travers le monde. Ils sont pourtant demeuré silencieux, parce que Nasser n’était pas un journaliste occidental et faisait, au contraire de ceux-ci, un travail embarrassant pour les puissances occidentales, puisqu’il permettait de donner des éléments nouveaux et circonstanciés à propos de ces fameux « rebelles modérés » combattant le « brutal dictateur Assad ». La leçon a tiré objectivement, c’est que les journalistes peuvent être des cibles légitimes, à partir du moment où leur description des faits, va à l’encontre des plans de Washington et de ses alliés.

Finalement, il y a eu le tragique cas de Gaza, une véritable vallée de la mort pour les journalistes, où au moins 8 journalistes ont trouvé la mort, tués par les forces israéliennes durant leur guerre sur Gaza, au cours de l’été 2014. Alors que la Fédération Internationale des Journalistes a présenté sa protestation officielle aux Nations-Unies contre les exécutions de leurs collègues, et que d’autres organisations comme Al Haq ont mené des investigations poussées sur ces incidents, l’affaire a été totalement ignorée par les grands médias, avec un prix d’honneur décerné aux médias américains qui, fidèles à leurs habitudes, n’ont rapporté qu’une seule version de la situation sur le terrain à Gaza. Lorsque des journalistes américains correspondaient confortablement depuis Jérusalem, Tel Aviv, Amman et d’autres villes, des journalistes palestiniens perdaient leurs vies, pour témoigner de l’horreur indicible qui prenait place à Gaza. Encore une fois, le silence des médias était assourdissant.

Il est crucial de réitérer le fait que les médias occidentaux, qui sont toujours les premiers à sortir les trompettes pour affirmer leur engagement pour la liberté de la presse, parmi tant d’autres, sont bizarrement silencieux dès qu’il s’agit de la mort de collègues travaillant pour des médias non-occidentaux. Il semblerait que l’indignation soit plus une affaire d’idéologie, que d’un soutien sincère à la cause journalistique. Sur cette voie, les médias occidentaux se font les complices de crimes. En renonçant à leurs responsabilités pour rapporter les faits de manière honnête, en omettant consciemment de montrer leur soutien à des collègues tombés pour avoir exercé leur métier partout autour du monde, ces médias occidentaux se révèlent être des instruments du système impérialiste Etats-Unis/OTAN.

Eric Draitser (source : RT)
Traduction pour le Cercle des Volontaires : La Diotima

(1) Note du Cercle des Volontaires : le 20 octobre, sur leur mur Facebook, nous avons interpellé RSF à propos de leur silence sur la mort de Serena Shim. RSF nous a répondu le 21 octobre : « we are still verifying informations and really concerned about this. More coming soon » (traduction : nous sommes encore en train de vérifier certaines informations et sommes réellement préoccupés par [ce tragique événement]. Nous y reviendrons prochainement.). En date du 26 octobre, RSF n’avait toujours rien publié.

 Raphaël "JahRaph" Berland

Raphaël "JahRaph" Berland

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

Raphaël "JahRaph" Berland a écrit 503 articles sur ce site.

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Le pire n'est jamais certain. "La Palestine d'Oslo" par Julien Salingue.

27 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre

Le pire n'est jamais certain.

dimanche 26 octobre 2014

"La Palestine d'Oslo" : interview à propos de mon dernier livre

Émission Bayene (www.bayene.fr), octobre 2014

Émission Bayene (www.bayene.fr), octobre 2014

Émission Bayene (www.bayene.fr), octobre 2014. Interview de Julien Salingue à propos de son dernier livre (La Palestine d'Oslo) et de la situation dans les territoires palestiniens.

Le pire n'est jamais certain.  &quot;La Palestine d'Oslo&quot; par Julien Salingue.

Julien Salingue

J'ai soutenu en 2013 une thèse de doctorat en Science politique à l'Université Paris 8. Mes recherches, auxquelles un autre blog est consacré (www.juliensalingue.fr), portent sur la question palestinienne. Je suis en outre membre de l'observatoire critique des médias Acrimed (www.acrimed.org), pour lequel j'écris des articles en partie reproduits ici.

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JERUSALEM: le début d'une nouvelle intifada? Le 26 octobre 2014,

27 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre

https://www.facebook.com/notes/capjpo-europalestine/jerusalem-le-d%C3%A9but-dune-nouvelle-intifada/809509092421903

JERUSALEM: le début d'une nouvelle intifada?

26 octobre 2014, 23:17

http://www.alternativenews.org/english/index.php/special-reports/jerusalem/108-jerusalem-there-is-no-intifada

par Connie Hackbarth éditeur chez Alternativnews

Bien que le commandant de la police israélienne Aharon Aksol dise la presse israélienne qu'il n'y a pas d'Intifada à Jérusalem, la réalité raconte une autre histoire. Des affrontements ont éclaté tout au long du week-end à Jérusalem-Est, alors que qu'un supplémentde policiers israéeliens et de forces spéciales ont été déployés dans la ville pour faire face à la "non-Intifada". Israël accuse le Hamas et non son occupation en cours d'être la à l'origine de la "remise en cause d'un sentiment de sécurité" à Jérusalem.

JERUSALEM: le début d'une nouvelle intifada?  Le 26 octobre 2014,

Des dizaines de Palestiniens ont été blessés ce week-end lors d'affrontements entre les forces israéliennes et les manifestants Palestiniens dans différents endroits à travers Jérusalem-Est. Dès vendredi matin d'importantes forces de la police israélienne et de la police des frontières ont commencé à se rassembler sur la ville sous ce que la police a baptisé "Opération Gardiens des murs".

Trois ballons de surveillance ont été lancés au-dessus des quartiers de Ras al Amus, Abu Dis et Beit Hanina / Shuafat à Jérusalem-Est, tandis qu'Israël limitait l'accès pour la prière du vendredi dans la mosquée al-Aqsa aux hommes Palestiniens âgés de plus de 40 ans. La police israélienne a déclaré que son fonctionnement "comprennait un large éventail d'actions, y compris le déploiement d'unités spéciales, l'augmentation des forces et des moyens technologiques de pointe et des actions ouvertes et secrètes".

Des affrontements ont eu lieu dans A Tur, Silwan, Issawiya et Wadi Joz tout au long du week-end. Le samedi matin, les autorités ont envoyé un bulldozer dans Silwan pour déplcacer les pierres et les ordures qui bloquaient la route et le bulldozer a été bloqué par un barrage de roches.

La municipalité de Tel-Aviv a annoncé qu'elle avait annulé tous les voyages scolaires prévus à Jérusalem "en raison de la situation sécuritaire". Tous les élèves de neuvième année de Tel Aviv devaient arriver à Jérusalem cette semaine pour des visites et un événement de Bar Mitzvah / Bat.

Emeutes à Silwan vendredi soir

http://www.youtube.com/watch?v=D61zZ-N4VrM

Le commandant de la police, Aharon Asksol, a dit aux médias israéliens qu' "Il n'y a pas Intifada. Il s'agit d'une légère baisse du niveau de sécurité à la suite de quelques émeutes et les petits événements dans différentes zones". Ignorant de la poursuite de l'occupation par Israel et des politiques en cours à Jérusalem, Askol a dit "ce n'est un secret pour personne que le Hamas est impliqué dans les événements de Jérusalem, que ce soit dans la stratégie ou de financement. Le Hamas et les personnalités palestiniennes tirent les ficelles, cela ne vient pas de nulle part. Il y a une main qui guide et agit pour ses propres intérêts en attisant les flammes ".

Le samedi soir, le tribunal de district de Jérusalem a jugé que le corps d'Abdel Rahman al-Shaludi sera rendu à sa famille vers 23h00 le dimanche, et que seules une vingtaine de personnes sont autorisées à assister à ses funérailles. Al Shaludi, de Silwan, a tué une personne et en a blessé huit avec sa voiture mercredi, dans ce que les autorités israéliennes appellent un acte terroriste. Al-Shaludi a été abattu et sa version de l'accident ne sera jamais connue.

traduction AMM

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Stratégie du chaos otanesque et Daech : Un Irak (et une Syrie) dont personne n'a besoin ...

25 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #La mondialisation, #L'OTAN.

Stratégie du chaos otanesque et Daech : Un Irak (et une Syrie) dont personne n'a besoin ...

L'empire atlantique a fabriqué un monstre encombrant.

Stratégie du chaos otanesque et Daech : Un Irak (et une Syrie) dont personne n'a besoin ...

Cet article (ci bas) ignore l'armée arabe syrienne comme un des élément militaire important à prendre en compte mais il pose effectivement une vraie question à propos de l'appui relatif mais réel, selon l'avis de témoins que j'ai pu moi-même confirmer, de la population des territoires Daech envers Daech qui a restauré un ordre, dur mais un ordre, et qui a beaucoup d'argent (qui lui arrive d'où ?), ce qui lui a permis de restaurer les services publics et de verser des salaires apparemment supérieurs à ceux que l'on reçoit dans les zones sous contrôle gouvernemental syrien. Bien sûr, il faut être musulman sunnite ligne takfiri pour "profiter" de cet "ordre" qui exclue tous les autres, sunnites authentiques compris. Mais l'argent n'a pas d'odeur et n'importe quel ordre est mieux que le désordre pour beaucoup.

Donc il y a plusieurs questions à poser :

- D'où Daech tire-t-il son argent et comment se fait-il que ses opérations financières ne soient pas contrôlées par les puissances financières internationales ? Ni, visiblement, ses communications internet internationales et téléphoniques ? Comment se fait-il que, même dans les prisons françaises, un prisonnier puisse entrer en communication internet ou téléphonique avec Daech ? ...Témoignages à l'appui.

- Par où et avec l'appui de qui Daech exporte-t-il le pétrole qu'il extrait des territoires sous son contrôle ?

- Quels sont ses généreux donateurs ? Privés (pétromonarchies) ? Etatiques (pétromonarchies ? Israël ? ou autres encore ?) ?

- Pourquoi les puissances de l'OTAN qui pourraient le détruire en 6 mois selon ce que disent les experts militaires, soit avec leurs armées en intervenant directement, soit en mettant sur pied une armée "interarabe" sous leur direction, ne le font-ils pas ? Soit encore au moins en finançant et armant les rebelles concurrents ? ...Soit en coopérant avec les gouvernements syrien, irakien et iranien ? Et en organisant le blocus total des exportations des territoires Daech ?

On peut donc émettre l'hypothèse qu'il s'agit encore et toujours de profiter du chaos apparent pour éliminer l'Etat syrien et sans doute aussi toute vélléité de reconstruire un Etat irakien unifié et tout mouvement kurde indépendant (PKK, Kurdes syriens) au profit du mouvement kurde barzani dont les liens avec Tel Aviv et Washington ne sont un secret pour personne. Et de maintenir la pression sur l'Iran. Stratégie du chaos donc, comme elle a été décrite par de nombreux analystes depuis des années. A rapprocher des chaos en cours, ukrainien, soudanais, somalien, congolais, libyen, ivoirien, centrafricain, malien, etc, etc, etc...d'autres pays attendent sans doute sur la liste des chaos provoqués : Hong Kong/Chine, Biélorussie, Algérie, Venezuela, Zimbabwe, Nigeria, Erythrée, Sri Lanka, Argentine, etc.

Un Irak dont personne n'a besoin

Convoi de djihadistes de l'Etat Islamique

Convoi de djihadistes de l'Etat Islamique

Revue de presse : La Voix de la Russie (21/10/14)*

L'ancien commandant des forces armées de Grande-Bretagne, général Sir David Richards, a déclaré dans sa récente interview à Huffington Post que les forces armées des pays occidentaux en finiraient avec l'Etat islamique en six mois à condition d'engager une opération terrestre.

Pourtant il paraît que cela ne se produira jamais. Le 17 octobre l'analyste de la sécurité nationale à Fox News Kathleen McFarland s'est exprimée sur les résultats de la rencontre entre Barack Obama et les ministres de la Défense de la coalition « anti-califat » à la base aérienne d'Andrews. Selon Barack Obama, les Etats membres de la coalition ont décidé de détruire ensemble l'EI. Selon Kathleen McFarland l'unique chose sur laquelle les représentants de 21 pays se sont entendus consistait à ne pas impliquer leurs troupes dans une confrontation directe avec l'EI. Selon elle « il y a dix ans nous avons eu besoin du Proche-Orient plus que lui avait besoin de nous. A présent, la situation a diamétralement changé ».

Les changements ont commencé à l'époque où les promesses de l'administration Bush d'après laquelle « l'opération en Irak serait courte, facile et autofinancée » ne se sont pas réalisées. Le problème de financement, particulièrement sensible, devait être levé grâce au pétrole irakien. Mais à présent tous ont suffisamment de pétrole même sans l'Irak.

La population locale a-t-elle besoin de protection contre les violences du « califat » ? La réponse est non. Le professeur de l'Université Harvard Stephen M. Walt écrit dans Foreign Affairs que de nombreux sunnites de la province d'Al-Anbar considèrent Bagdad et les milices chiites comme un mal plus grand que l'EI. Pour sa part Barak Barfi de New America Foundation a relaté à l'intention de CNN ses conversations personnelles avec les gens habitant sous le pouvoir du « califat » dans la Syrie voisine. Le président Obama peut croire que l'EI n'est pas un Etat, mais les Syriens vivant sous son contrôle sont reconnaissants pour les « services publics » octroyés par le groupe : électricité, gaz, eau courante, denrées alimentaires. Mais le plus grand avantage du régime nouveau est, selon les interlocuteurs de Barak Barfi, dans le fait que sous le pouvoir de l'EI les habitants de Racca se sentent dans une plus grande sécurité par rapport à l'époque de l'Armée syrienne libre. « Le chaos et les pillages qui caractérisent la situation dans les régions contrôlées par cette dernière sont actuellement pour eux un cauchemar lointain », écrit M. Barfi.

Cela semble invraisemblable, mais Barak Barfi lequel a consulté à l'époque la famille du journaliste Steven Sotloff exécuté par l'EI souhaite communiquer à la société qu'une part considérable de la population du « califat » soutiendra évidemment toute action de ses « défenseurs ».

Il n'est pas étonnant que personne ne se soit hasardé à envoyer leurs citoyens à une longue guerre sur le territoire immense contre un ennemi motivé et entraîné et une population locale hostile.

Bombarder ne fait pas peur. Mais après les raids aériens sur les positions de l'ennemi quelqu'un doit les attaquer et prendre. Il paraît qu'il ne faut plus compter sur 14 divisions de l'armée irakienne forte de 500 000 hommes préparées pendant des années aux opérations de ce genre. Les brigades de l'ASL et les combattants kurdes pourront-ils défaire l'EI ? L'ASL et les kurdes quittent rarement leur territoire. Ils n'ont pas d'expérience d'approvisionnement en munitions, nourriture et combustibles des unités d'avant-garde à de grandes distances. Mais pour assiéger Racca, par exemple, les détachements de l'ASL doivent s'éloigner à 150 km de leurs positions d'Alep et d'Idlib.

Dans cette situation l'Allemagne a décidé d'ouvrir un centre d'entraînement pour les Kurdes d'Irak à Erbil. Selon la ministre italienne de la Défense Roberta Pinotti l'Italie a envoyé à Erbil 200 conseillers et enverra 80 autres à Bagdad. Les Etats-Unis ont en Irak 242 conseillers. Il y a aussi des dizaines de spécialistes de certains autres pays.

Mais l'EI lui aussi ne reste pas dans l'expectative. Les avant-gardes du « califat » se sont rapprochés des positions de l'armée irakienne à 20 km de l'aéroport de Bagdad. Les Américains se sont vus obligés de faire décoller les hélicoptères d'attaque Apache. L'assaut a été repoussé. Mais l'espoir dans la participation directe des Américains à l'opération terrestre engendré par cet épisode a été dissipé par le chef d'état-major des armées des Etats-Unis Marin Dempsey qui a déclaré que les Américains ne pouvaient pas accepter la prise de l'aéroport : « Nous avons besoin de cet aéroport ».

Est-ce que quelqu'un a besoin de l'Irak avec ses problèmes immenses et un faible espoir dans leur prochaine solution ?


*http://french.ruvr.ru/2014_10_21/Un-Irak-dont-personne-na-besoin-0113/

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Le temps des barbares. Le réseau international.

22 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le capitalisme;, #L'OTAN.

Le temps des barbares.

Le temps des barbares. Le réseau international.

Cet article est excellent, parce qu’il pose sur ces événements hautement émotionnels un regard humain qui oblige à la distance et à la réflexion. Je le partage complètement. Obligeons-nous à regarder les images avec recul et à nous méfier du chatoiement des mots, sinon, c’est nous qui perdrons notre humanité.

Cet article explique clairement comment les peuples occidentaux sont en train de se faire manipuler,

comment par brouillage et amalgames on désigne à leur vindicte près de 3 milliards d’habitants de la planète,

comment on détourne dans un but inavoué et inavouable des émotions légitimes pour désigner l’ennemi absolu, l’irréductible, la source de tous les maux. Ennemi, terme dont on pourra affubler n’importe quel individu, n’importe quel état, au nom duquel on viole toutes les lois, brise toutes les barrières, piétine tous les règles d’une démocratie flottant comme une bannière au-dessus du troupeau des nouveaux croisés hallucinés devant leurs écrans.

Ce qui est oublié dans l’histoire, c’est que ce même orgueilleux Occident sème un vent qui se lève en tempête, un vent de haine dans les cœurs et les esprits, et que cet impalpable nous poursuivra jusqu’aux générations suivantes.

Vivre ensemble, ce rêve humaniste n’est plus, et sans doute pour longtemps, qu’une utopie en lambeaux.

Nous sommes des êtres supérieurs, et ce sont le médias qui vous le disent tout les jours. Ceux que le hasard a fait naître du mauvais côté ne méritent ni notre reconnaissance ni notre respect et encore moins notre compassion. Nous sommes les chevaliers blancs.

Blancs, pas tant que ça… parce que nous sommes surtout des chevaliers à la mémoire très très courte.

Galadriel

Barbaries, disent-ils..

Le temps des barbares. Le réseau international.

Les décapitations filmées d’otages occidentaux en Irak et d’un randonneur français en Algérie suscitent légitimement un sentiment d’horreur et une condamnation unanime et sans appel. Ces assassinats insensés ne peuvent être le fait que de criminels pervers au service d’une idéologie déviante. Ces mises en scène macabres viennent à la suite d’images tout aussi insoutenables montrant des exécutions de masse d’hommes désarmés.

L’émotion produite par ce théâtre de la cruauté est cependant froidement manipulée par des médias et des relais politiques en Occident. La qualification sans cesse reprise de « barbaries », perpétrées par des « barbares », répond à la volonté de déshumaniser les auteurs de ces atrocités. Hors du limès de la Civilisation, ils ne relèvent plus du droit commun et ne sont plus passibles des lois ordinaires. Il s’agit pour la propagande blanche, conforme à ses usages établis et ses traditions éprouvées, de dénoncer l’irréductible barbarie de « l’autre » présenté comme totalité indistincte pour mieux soumettre ou exterminer, au-delà des criminels, toute une société. Ou comme dans les cas de l’Irak et de la Syrie de détruire des Etats.

Ces assassinats médiatiques sont représentés par les organes de propagande comme des actes irrationnels d’une radicale altérité, quasiment non-humaine. Mais bien davantage, des échelles du Levant à celles de Barbarie, ces atrocités seraient inhérentes à une sphère ethnico-religieuse, l’Islam, qui malgré des nuances langagières, reste intrinsèquement dangereuse, quasi-incompréhensible et systématiquement opposée à un Occident dont, par essence et définition, les valeurs humanistes sont définitivement supérieures à toutes les autres.

Dans un amalgame éhonté mais clairement assumé, les musulmans d’ici et d’ailleurs, suspectés de connivence « culturelle » avec les assassins, sont sommés par des policiers de la pensée de se désolidariser publiquement de ces crimes. Il leur est enjoint d’approuver la nouvelle guerre moyen-orientale de l’Occident et les bombardements « vengeurs » décidés par la Civilisation.

Le temps des barbares. Le réseau international.

Ces arguments d’une propagande essentialiste visant à diaboliser des communautés toutes entières sont odieux et totalement ineptes. Cette propagande de stigmatisation et de culpabilisation est d’autant plus inacceptable que ces journalistes-procureurs seraient particulièrement bien placés, s’ils faisaient leur métier, pour évoquer, en spécialistes, la sauvagerie systématique et des exactions d’une ampleur sanguinaire inouïe de ceux dont les armes se tournent contre les populations arabo-musulmanes depuis des décennies.

Ces journalistes, qui martèlent le mot de barbarie, qu’ont-ils écrit sur les centaines de milliers de morts civiles en Irak, sur le recours au phosphore blanc et aux munitions à l’uranium appauvri contre des populations civiles ? Qui parmi ces parangons de la Civilisation a évoqué le sort de ces dizaines d’enfants mal formés à Falloujah et ailleurs du fait de l’utilisation d’armes interdites ?

A-t-on entendu des cris d’indignation de la part de cette presse au garde-à-vous, lorsque la très civilisée Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’état américaine, justifiait la mort de cinq cent mille enfants irakiens ? Qui de cette presse ou de ces chaines de télévision s’est insurgé devant le fait que dans ce pays des droits de l’homme des criminels au moins aussi sadiques que ceux de l’Etat Islamique puissent mourir dans leurs lits grâce aux amnisties et à l’amnésie d’Etat ?

Le temps des barbares. Le réseau international.

Mais il n’est nul besoin de remonter aux guerres coloniales au nom des « Lumières » de la génération précédente pour reconnaitre une même sauvagerie contemporaine, tout aussi indécente, qui se drape des valeurs de la Démocratie et des Droits de l’Homme.

Barack Obama, prix Nobel de la paix, peut ainsi mener sept guerres depuis qu’il a reçu cette distinction qui a définitivement perdu toute signification morale.

Qui parmi ces médias évoque les dizaines de milliers de victimes innocentes des frappes de drones à travers le monde ? La mort, sous les missiles guidés et les bombes « intelligentes », de cinq cent enfants de Ghaza n’est -elle pas une « barbarie » ? Tout comme les bombardements d’écoles gérées par les Nations Unies seraient tout au plus les dégâts collatéraux de frappes chirurgicales. Il est vrai que sans images et ensevelis sous la mystification et le silence complice des journalistes de l’infotainment, les dizaines de milliers de morts des guerres asymétriques n’existent pas. Pures statistiques, les cadavres déchiquetés de pauvres et de désarmés ne suscitent aucune émotion.

Il n’est donc nul besoin d’effectuer de minutieuses recherches pour découvrir que la réalité de la « barbarie » est fort différente de ce que cette presse en battle-dress veut faire accroire. On ne tentera pas non plus d’établir ici la généalogie politique de l’Islamisme fanatique fabriqué par les monarchies du Golfe et armé par l’Occident. Qui se souvient des missiles français Milan, des armes anglaises et américaines généreusement fournies aux « moudjahidine » afghans, hier freedom-fighters et aujourd’hui talibans extrémistes ?

Le temps des barbares. Le réseau international.

Les mises en scène d’assassinats abjects dans des circonstances horribles par des psychopathes apolitiques ne peuvent, en aucun cas, servir de prétexte à des manipulations haineuses. Le discours sur la barbarie asséné par les relais de propagande, destiné à désigner de faux ennemis intérieurs, vise à faire taire ceux parmi les musulmans en Europe qui dénoncent les aventures guerrières au Moyen-Orient. A faire oublier les assassinats commis par les alliés de l’Occident. Et également, en jouant sur la peur à jeter en pâture des minorités visibles « d’apparence musulmane » à une opinion matraquée que l’on cherche à conditionner depuis des années. Ces gesticulations autour d’une soi-disant barbarie musulmane ne parviennent pas à masquer la vérité sanglante d’un Occident colonialiste hier, impérialiste aujourd’hui, qui assume sans discontinuer depuis le dix-neuvième siècle ses guerres éminemment civilisées et très sanguinaires dans le monde arabo-musulman. Les criminels de l’Etat Islamique ont été à bonne école.

Dans le dispositif éprouvé de préparation psychologique, la barbarie de l’autre est la justification ultime de la guerre. Or, les « guerres » éternelles contre le terrorisme, engagées depuis des dizaines d’années, loin d’avoir endigué le phénomène, l’ont généralisé et complexifié. Il ne fait guère de doute, à la lumière de l’expérience, que le refus d’approches politiques et la fascination pour la guerre manifestée par les dirigeants occidentaux, outre une dangereuse régression du droit international, ne produira qu’un surcroît de subversion.

Les premiers et les pires barbares sont parmi nous.

Source : Fondation Frantz Fanon

Pour : http://www.michelcollon.info/Barbarie-disent-ils.html?lang=fr

Via http://lesbrindherbes.org/2014/10/02/temps-barbares/

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