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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

L'Ukraine se révolte: Zaporozhié contre la mobilisation

9 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #La guerre, #La paix, #La Russie, #AMERIQUE

L'Ukraine se révolte: Zaporozhié contre la mobilisation

Dans beaucoup de régions de l’Ukraine les gens commencent à se révolter contre la énième mobilisation. Petit-à-petit les ukrainiens « retrouvent la vue »…

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Ukraine: un journaliste pacifiste arrêté. Article du Figaro

9 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #La France, #La guerre, #La paix, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Ruslan Kotsaba est un journaliste ukrainien de la chaîne publique de télévision KANAL 112. Il est originaire de l'Ukraine de l'ouest. Suite à l'annonce par le gouvernement de la n-ème vague de mobilisation il s'insurge et lance un appel aux ukrainiens.

Ukraine: un journaliste pacifiste arrêté

Par 

Mis à jour 

 
Un journaliste ukrainien qui avait appelé ses compatriotes à refuser les vagues de mobilisation militaire votées en janvier par le parlement a été arrêté et placé en détention pour "haute trahison", a appris l'AFP dimanche de sources concordantes.

"Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont arrêté Rouslan Kotsaba, suspecté de haute trahison et d'espionnage. Durant sa détention, des éléments susceptibles de prouver sa culpabilité ont été retrouvés", a annoncé dimanche sur Facebook Markian Lubkivski, un haut responsable des services de sécurité.

Selon son épouse, ce journaliste originaire d'Ivano-Frankivsk (ouest de l'Ukraine), qui travaille pour la chaîne de télévision 112 Oukraïna, a été arrêté samedi après une perquisition menée par le SBU à son domicile.

Dimanche, un tribunal a décidé de le maintenir en détention pour un maximum de 60 jours par "mesure de précaution" jusqu'à la fin de l'enquête.

Le 19 janvier, Rouslan Koutsaba avait publié sur YouTube une vidéo dans laquelle il dénonçait les nouvelles vagues de mobilisation, alors en discussion au Parlement ukrainien.

"Je préfère aller en prison que participer à cette guerre fratricide. Je refuse cette mobilisation et j'appelle tous les gens sensés à la refuser", déclarait-il. La vidéo a depuis été vue plus de 300.000 fois.

L'annonce de son arrestation a provoqué une intense émotion en Ukraine. "Si l'opinion de quelqu'un peut lui valoir des accusations de trahison et d'espionnage, nous allons nous éloigner très rapidement de la démocratie que nous voulons construire", a notamment réagi Andriy Kozlov, un avocat très médiatisé.

Les médias ukrainiens multiplient les articles sur les difficultés rencontrées par les autorités ukrainiennes pour mobiliser de nouveaux soldats, les dernières vagues de mobilisation ayant remporté peu de succès.

L'Ukraine avait voté le 20 janvier une quatrième vague de mobilisation militaire, avec pour objectif l'enrôlement d'environ 50.000 hommes, suivie de deux autres pour atteindre un total de 104.000 personnes mobilisées.

 

Ruslan Kotsaba: Je refuse la mobilisation [sous-titres français]

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La solution d’un foudre de guère : fournir des armes à l’Ukraine (Dr Breedlove)

9 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #La guerre, #La paix, #AMERIQUE, #Europe supranationale

La solution d’un foudre de guère : fournir des armes à l’Ukraine (Dr Breedlove)
Les partisans d’une politique de force s’activent à créer de l’irréparable.
Journaliste et écrivain
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais. Co-fondateur de Boulevard Voltaire, il en est le Directeur de la Publication.
Dr Folamour, ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe, c’est le titre, en version française, de la tragi-comédie explosive qui marqua le début de la renommée mondiale de Stanley Kubrick. Sorti en pleine guerre froide entre le « monde libre » et le bloc soviétique, six mois après l’assassinat de John Kennedy, deux ans après la fameuse crise des missiles qui mit la planète à un cheveu de la Troisième Guerre mondiale, le film, presque constamment drôle, déroule l’implacable scénario d’une escalade. On y voit comment, par la faute d’une poignée de faucons, plus vrais que nature, et de la malchance, ce qui était à l’origine un simple incident, dans le cadre de grandes manœuvres de routine, débouche, en dépit des efforts du président américain et de son homologue soviétique, sur l’Apocalypse. L’un des personnages principaux, particulièrement néfaste, de cette fiction est donc ce fameux Dr Folamour, en anglais Dr. Strangelove, savant nazi mal débarbouillé de son idéologie et recyclé par les États-Unis dans la recherche militaire, un dingue pas doux du tout.

Au point de violence et d’intensité où est arrivée la crise ukrainienne, il est tout simplement urgent de proposer un plan de paix qui ménage la susceptibilité et les intérêts des deux parties en cause. On ne doute pas des bonnes intentions de la chancelière allemande et du président français, mais force est de constater que leur voyage à Kiev et à Moscou n’a débouché que sur « des échanges constructifs et substantiels », c’est-à-dire sur rien. Tant qu’à Washington, à Berlin et à Paris on persistera à conforter le président Porochenko dans son intransigeance et à vouloir arrimer l’Ukraine au bloc occidental, voire à l’OTAN, dans un climat d’agressivité et de défiance vis-à-vis de la Russie, tant qu’on ne tiendra pas la balance égale entre deux belligérants arc-boutés sur des positions inconciliables, on ne fera qu’envenimer un conflit qui ressemble chaque jour davantage à une guerre pour de vrai. Est-il envisageable de maintenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine ? En tout cas, pas dans sa configuration actuelle, et moins encore en en faisant comme aux plus sombres jours de la guerre froide un avant-poste de l’Occident pour on ne sait quelles éventualités. La solution est dans la fédéralisation et la finlandisation de l’Ukraine, comme le dit excellemment Andreï Gratchev, ancien conseiller spécial de Gorbatchev.

Or, tandis que le président Obama, fidèle à lui-même, s’obstine à ne rien décider et s’enferme dans un système de sanctions contre-productives, trop dures pour ce qu’elles ont de doux, trop douces pour ce qu’elles ont de dur, qui ne crèvent pas l’abcès mais l’enveniment, et permettent à Poutine de justifier sa raideur face à son opinion, les partisans d’une politique de force s’activent à créer de l’irréparable. La Pologne, les pays baltes, la Tchéquie, la Roumanie ont payé un trop lourd tribut à l’impérialisme tsariste puis bolchevique pour qu’on ne comprenne pas leurs craintes et leurs rancunes, mais font l’erreur de confondre l’URSS de Staline et la Russie de Poutine. La majorité républicaine du Congrès républicain donne à son habitude dans la surenchère sans avoir les mêmes excuses. Mais que dire des propos irresponsables qui ont été tenus en cette fin de semaine lors de la conférence annuelle sur la sécurité internationale qui s’est tenue à Munich ? Est-ce l’installation de bases de l’OTAN dans l’Est européen, ou la création et les grandes manœuvres d’une force d’intervention OTAN dans la même région qui vont faire baisser la tension ?

Fort de l’appui du secrétaire d’État John Kerry pour qui « toutes les options sont sur la table » – on sait ce que signifie cette formule, qui depuis quinze ans prélude aux engagements militaires américains. Le général Breedlove, qui n’est pas n’importe qui mais le commandant en chef de l’OTAN pour l’Europe, a déclaré que « si la diplomatie ne suffit pas », il a « autre chose dans sa boîte à outils ». Et qu’est-ce qu’il a, dans sa boîte à outils, ce bon docteur Breedlove ? Eh bien, naturellement, des canons, des blindés, des missiles, tout ce qui est nécessaire pour mettre l’armée ukrainienne au niveau de l’armée russe, tout ce qu’il faut pour mener une vraie guerre par procuration, tout ce qu’il faut pour engager l’Ukraine, pour commencer, la Russie, pour suivre, et, de proche en proche, l’Europe orientale et les forces de l’OTAN dans un conflit de dix ans, à l’afghane ou à la vietnamienne, dans l’hypothèse la plus favorable. Se rappelle-t-il encore, ce foudre de guère, que la Russie est une puissance nucléaire ?

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Pas de conscription pour les rebelles ukrainiens en Bessarabie. Par Sergey Ilchenko

7 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE

Pas de conscription pour les rebelles ukrainiens en Bessarabie

Par Sergey Ilchenko – Le 3 janvier 2015 – Source FortRuss

Des rebelles de Bessarabie prennent en otage une patrouille ukrainienne de la Garde nationale et brûlent les ordres de mobilisation sur la place du village dans le Sud-Ouest de la Bessarabie ukrainienne.

Les événements survenus dans le district de la région d’Odessa sont caractéristiques de la quatrième vague de mobilisation dans le sud de l’Ukraine. Limanskoe, un vieux village de pêcheurs, s’est rebellé. Des centaines de résidents ont capturé un groupe armé de représentants de l’armée et ont publiquement brûlé tout les papiers d’appel à la mobilisation sur la place du village.

 

Reni est situé à la pointe extrême du Sud-Ouest du pays. Déployé sur la rive gauche du Danube, le district est frontalier de la Roumanie et de la Moldavie. Autrefois, il y avait un port important et une ligne ferroviaire, l’agriculture et l’aquaculture étaient florissantes. Il ne reste plus aujourd’hui que des cendres indépendantes de l’économie locale. Les gens gagnent leur vie en braconnant ou en trafiquant de l’autre côté du bras du Danube. De telles activités forment des caractère intrépides et décisifs. Chaque foyer est armé et les vieux racontent des légendes sur les actes héroïques des bandits de grand chemin menés par Grigory Kotovsky.

Limanskoe est un ancien village roumain autrefois appelé Frikarsei. La plupart de ses habitants sont des Moldaves, des Gagaouzes et des Russes. Ils sont ouvertement hostiles à la junte ukrainienne et refusent absolument d’aller à la guerre. Si le sentiment est typique, il y a en revanche une caractéristique. Les hommes appelés pouvaient aisément passer la frontière et se cacher dans les marécages du Danube. Mais ils ont décidé de rester chez eux et de chasser les militaires ukrainiens.

Le commissaire militaire du district Igor Skrypnik connaissait très bien l’attitude de la population civile du pays envers la mobilisation. Ainsi, avant de se rendre à Limanskoe pour annoncer l’ordre de mobilisation, il avait demandé une escorte armée. Le groupe d’employés du commissaire avait donc été renforcé par des punisseurs de la Garde nationale composée de Nazis.

«Cela a provoqué un résultat opposé à ce qui était souhaité: lorsque des individus armés, en tenue de camouflage, sont apparus dans le village, cela a engendré une explosion spontanée de protestation, à dit le directeur de l’administration d’État Sergey Barimov.  Près de deux cents habitants de Limanskoe ont entouré les représentants de l’armée et les gardes, équipés d’armes automatiques. J’ai immédiatement informé le gouverneur Igor Palitsa de l’urgence de ce qui se passait à Limanskoe. Je l’ai rapporté parce que je connais la mentalité de ce village: l’incident aurait pu se terminer de façon tragique!»

Le chef du district a raison, les représentants du commissaire et les gardes nazis ont été désarmés, la foule allait sérieusement s’occuper d’eux. Dans le même temps, les pêcheurs de Limanskoe ont mis en place des points de contrôle autour du village. De l’autre côté du Lac Cagul, des brigades de villages environnants venaient avec des bateaux à moteur. Les villes roumaines de Lukavitsa et Isakcha sur la rive droite du fleuve étaient en alerte maximale.

Ivan Stadnikov, l’assistant du directeur de l’administration de Reni, est immédiatement arrivé pour négocier avec les rebelles. Ce dirigeant respecté a été capable de persuader ses compatriotes de relâcher les prisonniers, sans que personne ne soit molesté.

Finalement, les villageois ont fait venir les représentants de l’armée sur la place du village, ils ont placé le sac contenant les ordre de mobilisation à côté. Ils l’ont imbibé de pétrole et l’on enflammé, par défi. De plus, ils ont forcé les militaires à rester sur place jusqu’à ce que les documents soient réduits en cendre.

On ne sait pas ce qu’il est advenu des armes automatiques confisquées.

Tout ceci a été rapporté par le chef de l’administration du district, S. Barymov. Il affirme que l’administration de la région d’Odessa veut maintenant mener une opération punitive dans le village rebelle. Une telle action pourrait déclencher une explosion populaire dans toute la région de Bessarabie.

«Lorsque l’incident a été réglé, j’ai été appelé par le représentant du ministère de l’Intérieur pour la région d’Odessa, qui m’a assuré que le chef de la police du district de Reni avait commis une erreur en faisant intervenir des gardes armés, et qu’il serait puni », a dit le fonctionnaire en haussant les épaules.

Ce qui signifie que les gens ont été rassurés par les promesses, que ce sont les policiers qui sont responsables de ce qui s’est passé et que la patrouille du commissaire ne se montrera plus jamais à Limanskoe.

Sur cette carte, vous pouvez voir que le district de Reni est complètement coupé du reste de la région d’Odessa (et de l’Ukraine) et qu’il est entouré par la Roumanie au Sud et à l’Ouest et la mer Noire au Sud-Est. Peut être la géographie a-t-elle contribué à l’intrépidité de ses habitants. Il apparaît que personne dans la région d’Odessa ne veut s’occuper d’eux. On peut espérer que leur isolement n’infectera pas d’autres districts. Une république de Reni est-elle en train d’apparaître? Je parie que c’est ce dont parlent les homme là-bas, la nuit. Pour l’instant, on dirait vraiment que nous avons une République de Limanskoye, entourée par ses propre postes de contrôle et triomphalement laissée à elle-même par les maîtres de la région d’Odessa.

Il s’agit bien là d’un argument de plus pour les chercheurs, qui pensent que l’Ukraine va connaître plus de démantèlements.

Sergey Ilchenko

Article original publié le 1 février 2015 par Sergey Ilchenko pour Svpressa.ru

Traduit du russe en anglais par Kristina Rus

Traduit de l’anglais par Lionel, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

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Un ex-premier ministre ukrainien: L’UE nous a menacés de putsch. Le Saker francophone.

6 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Ukraine, #La France, #La guerre, #La paix, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'ONU

Un ex-premier ministre ukrainien:
L’UE nous a menacés de putsch


Le 5 février 2015 – Source : RT Allemagne / RUPTLY

UE: La démocratie DANS TOUS ses états

 

Mykola Azarov, Premier Ministre d’Ukraine du 11 mars 2010 au 28 janvier 2014, a annoncé dans une conférence de presse à l’occasion de la sortie de son livre l’Ukraine à la croisée des chemins, ce mercredi, que les représentants de l’UE avaient fait comprendre durant les négociations avec la partie ukrainienne que «si vous ne signez pas, un autre gouvernement le fera». L’ancien politicien a comparé la destitution forcée de Viktor Ianoukovitch en février 2014 à la chute du président libyen Mouammar Kadhafi en 2011. Il a qualifié la démarche de déstabilisation en Ukraine de modèle libyen. Il a continué en disant que «Ianoukovitch devait être mis à mort comme précédemment Kadhafi».

Vidéo de l’intervention de l’ancien Premier ministre (sous-titrée en allemand)

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Les succès des résistants modifient la situation. Le député national de l'Ukraine du parti Radical (Extrême droite) et ex-chef du bataillon «Аïdar» Sergey Mel'nichuk a déclaré que pour cesser la guerre civile, il est nécessaire de commencer le dialogue direct avec les dirigeants des Républiques de Lougansk et Donetsk !

6 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #La paix

Les succès des résistants modifient la situation. Le député national de l'Ukraine du parti Radical (Extrême droite) et ex-chef du bataillon «Аïdar» Sergey Mel'nichuk a déclaré que pour cesser la guerre civile, il est nécessaire de commencer le dialogue direct avec les dirigeants des Républiques de Lougansk et Donetsk !
Rappelons que ce bataillon de 500 soldats, dont Mel'nichuk fut le fondateur, en mai dernier, et dont les combattants volontaires recrutèrent en particulier parmi les hommes armés qui avaient pris part à Maïdan, combat dans la région de Lougansk. Il y a quelques jours des membres de ce bataillon sont entrés en conflit avec le Ministère dela Défense et ont tenté d'occuper les bâtiments. Le ministère voulait liquider le bataillon. Mel'nichuk a été remplacé. Les combattants de Aïdar encore du côté de Lougansk désapprouvent les révoltés de Kiev....
Sergey Mel'nichuk a déclaré dans l'émission de la chaîne de télévision ТВі que pour le régler le conflit au Donbass il est nécessaire de négocier directement avec les commandants des subdivisions militaires de Donetsk et de Lougansk.
D'après lui, la plupart du personnel des subdivisions des forces de Donetsk et de Lougansk sont des Ukrainiens, c'est pourquoi pour cesser la guerre civile, il est nécessaire d'entamer le dialogue direct avec eux. «Il faut que les négociations ne se fassent pas seulement avec la Russie. Il faut introduire le format avec les commandants champêtres. De ceux-ci il est suffit beaucoup et il faut les persuader que l'on peut s'accorder, nous les Ukrainiens. Oui, il est clair, il y a là, un chef cosaque de cosaque Kozitsyn. Mais tous les autres sont Ukrainiens. Oui, ils faisaient la guerre.
Mais sur tout on peut s'accorder. Il faut plus vite arrêter cette guerre terrible. Parce que périssent de part et d'autre nos Ukrainiens. Et même les soldats russes, qui périssent, je pense, ils doivent vivre. Il sont nos frères-Slaves ».
Bien sûr, à Kiev la demande de Mel'nichuk de la nécessité des négociations directes avec les commandants des subdivisions militaires ДНР et ЛНР ils ont préféré "ne pas remarquer" et ils refusent de la commenter.
http://rusvesna.su/news/1423160496
http://rusvesna.su/news/1422880828

Для урегулирования конфликта на Донбассе необходимо вести прямые переговоры с командирами военных подразделений ДНР и ЛНР.
rusvesna.su
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Grèce : Georges Katrougalos, ministre de la réforme administrative, souhaite une assemblée constituante.

6 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La France, #La République, #Europe supranationale, #La dette, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme

Grèce : Georges Katrougalos, ministre de la réforme administrative, souhaite une assemblée constituante

Dans une interview accordée à Fabien Perrier, journaliste au quotidien suisse Le Temps, le ministre chargé de la Réforme administrative, Giorgos Katrougalos, qui a souvent participé depuis 2011 à des activités organisées par le CADTM, propose le lancement d’un processus de convocation d’une Assemblée constituante. Il entend également réintégrer des fonctionnaires licenciés et lutter contre le clientélisme.

Le Temps : Les représentants des institutions européennes accourent aujourd’hui en Grèce. La victoire de la gauche anti-austérité bouscule-t-elle l’échiquier européen ?

Giorgos Katrougalos : C’est clair. Avant les élections, nos opposants répétaient que personne n’accepterait la renégociation des accords. Mais le programme des mémorandums a été un échec éclatant qui impose aux deux parties de renégocier. La victoire de Syriza révèle deux grands espaces de confrontations en Europe. D’un côté, ceux qui veulent continuer les politiques d’austérité, soit l’Allemagne, la droite dure et ses alliés des pays du Nord. De l’autre, un espace qui comprend les partis de la gauche tels que le nôtre ou Podemos [en Espagne] et aussi potentiellement d’autres forces comme les sociaux-démocrates, ou ceux qui réalisent que les alliances avec la droite font tomber les droits sociaux comme en Grèce.


La troïka exigeait, au début des programmes d’austérité, la suppression, avant 2015, de 150 000 postes de fonctionnaires sur les 667 000 que comptait la fonction publique grecque. Combien ont été supprimés ? Réintégrerez-vous les salariés licenciés ?

Nous réintégrerons tous ceux qui ont été licenciés dont le nombre est moindre selon les rapports des services du ministère. Il ne dépasserait pas 3500 fonctionnaires de l’État, auxquels il faut ajouter les salariés d’organismes publics comme les journalistes de [la télévision] ERT licenciés en 2013.


On avait menti sur les chiffres ?

Oui ! Les précédents gouvernements signaient des accords et essayaient ensuite de les modifier. Nous voulons négocier avec les institutions compétentes : Conseil européen et institutions européennes.


Vous ne considérez pas la troïka comme légitime ?

Le rôle de la troïka est de contrôler la façon dont s’est déroulée l’application d’un programme décidé. Nous n’acceptons pas les fondements de ce programme.


Comment comptez-vous appliquer une de vos promesses de campagne, à savoir la fin du clientélisme au sein de l’administration ?

Je vais exploiter les conseils techniques de la task force afin de faire face au clientélisme et demander au syndicat des fonctionnaires Adedy s’il accepte de coopérer avec elle pour qu’elle leur donne une assistance technique, par exemple sur le système de l’évaluation des fonctionnaires. Il doit être clair et efficace. Le problème est que les systèmes précédents ont été conçus non comme un véritable outil d’évaluation, mais comme un prétexte pour licencier des fonctionnaires. Il faut donc clairement différencier les licenciements de l’évaluation qui est, elle, un moyen d’amélioration de l’administration et non de punition. Je veux donc avoir un discours clair sur ce qu’il faut changer dans la fonction publique. Nous ne sommes pas liés par le clientélisme et le patronage. Nous ne l’avons pas créé, contrairement aux deux partis précédents, Pasok et Nouvelle démocratie, qui sont impliqués dans ce système. Nous en sommes éloignés.


Mais vous devrez travailler avec des administrations qui se sont développées par ce clientélisme. Comment faire avec ce verrouillage ?

Je prends ce risque. Je ne vais pas changer les équipes et ce, justement, pour prouver que je suis différent de tous les autres qui, arrivés au pouvoir, changeaient immédiatement toute l’administration. Nous verrons, en revanche, dans trois à cinq mois si nous avons pu travailler ensemble. Je ne suis pas naïf. Ce verrouillage existe peut-être. Mais je veux aussi être honnête avec eux. S’ils veulent travailler avec moi, pourquoi pas. Ma seule ambition est de réformer l’administration.


Souhaitez-vous maintenir comme telle la Constitution ?

J’ai une proposition que nous discuterons au sein du gouvernement : la mise en place d’une Assemblée constituante. (…)


Une réforme constitutionnelle ?

Je ne me limite pas à cela, mais souhaite une Constitution nouvelle. Donc une IVe République grecque. Elle reposerait sur la démocratie directe, permettrait la révocation des personnalités politiques corrompues, instituerait l’initiative populaire pour des lois ou des référendums. Il faut renforcer les garanties pour les droits sociaux existants. Et la procédure d’élaboration de la Constitution devrait être, elle aussi, un exemple de démocratie directe, comme ce fut le cas en Islande.


Quel type de réforme fiscale voulez-vous appliquer ?

Jusqu’alors, ce sont les classes moyennes et les plus pauvres qui ont payé. C’est maintenant aux riches de payer. En instaurant un impôt progressif, en réformant le contrôle fiscal, nous allons trouver l’argent où il est.

Source : Le Temps via CADTM

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André Tosel : ce n'est pas de l'entité « La Gauche » que viendra une réponse...

6 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La gauche, #Le socialisme, #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale

André Tosel : ce n'est pas de l'entité « La Gauche » que viendra une réponse...

Et André Toset poursuit : « Cette gauche est irréductiblement subalterne. Le recours ne peut venir que des mouvements de résistance capables de converger dans une unité plurielle positive, donc de se faire forces de proposition d’une politique capable d’interpréter les transformations du monde en traduisant le multivers bigarré de ces résistances en un univers pluriel où il s’agit de traduire les raisons des uns dans les raisons des autres. S’ouvre une multiplicité horizontale de fronts qu’il s’agit de transformer en force politique trans-fronts et d’interpréter en force politique hégémonique au niveau de l’Etat. Cette tâche ne peut se formuler que dans un langage commun autour des interfaces communes que partagent ces fronts. Aux militants socialistes actifs dans ces fronts d’œuvrer pour une mutation du PS. Mais nous n’avons ni à les attendre ni à regarder le derrière du parti socialiste et de ses hiérarques locaux pour des raisons électorales. Ce sont les multitudes subalternes trans-fronts qu’il s’agit de prendre en compte en interprétant leurs luttes, et cela pour s’engager dans les luttes, à leurs côtés en les rendant compatibles les unes avec les autres. »

Tous ceux qui sont à la recherche d'alternatives réelles ne peuvent qu'être attentifs aux propos de André Tosel (de novembre 2012).

Michel Peyret

En finir avec la gauche qui écoeure, par André Tosel

1. Un triste constat. Nous avons beau savoir que la tradition du parti qui se nomme encore socialiste pour capturer un électorat populaire consiste à ne jamais appliquer le programme des réformes sur lequel il a été élu et qu’une fois au gouvernement il se rend sans combattre aux diktats du néolibéralisme, cette conception du monde organique du capitalisme mondialisé. Nous découvrons après six mois de la présidence Hollande que le triste scénario est déjà rejoué en pire. Aujourd’hui ce grand écart structurel entre la parole et les actes n’a plus aucun avenir. Il n’a d’autre effet que de démoraliser toux ceux qui ont cru au changement et d’ouvrir un boulevard aux forces qui font partie du bloc dirigeant au service de la stratégie de l’accumulation pour l’accumulation et l’enrichissement sans limites d’une oligarchie aussi cynique que cruelle. Si quelques réformes sociétales ne sont pas négligeables, si certaines mesures sociales sont acceptables, tout ceci s’opère à la marge consentie par le bloc hégémonique qui domine l’Europe, dévaste les peuples et impose des sacrifices irrationnels. Le PS des Hollande, Ayraut, Aubry et autres Vals et Moscovici a imposé le Traité Européen qui sanctionne l’assujettissement de la volonté nationale aux stratégies financières et aggrave la concurrence sans perspective entre tous les éléments de la force de travail salariée française, européenne, africaine, mondiale, avec pour horizon la réduction des salariats au niveau des plus faibles, en attendant la relégation des hommes superflus dans l’enfer de l’inexistence sociale. Les politiques de santé, de sécurité sociale, d’éducation un peu retouchées, s’inscrivent dans le droit fil de la politique de Sarkozy qui triomphe en quelque sorte paradoxalement par le moyen de sa défaite électorale. La laïcité est remise en cause. La vérité est que le PS n’a aucune analyse alternative des rapports économiques et sociaux, politiques et culturels que celle du néolibéralisme simplement présenté en version soft. La gouvernance néolibérale est le lien qui arrime le PS à ses concurrents politiques et qui fait de lui une aile du même parti unique du capital (avec le chantage au choc des compétitivités, avec l’hymne permanent à la réduction du travail au rang d’une variable d’ajustement à merci).

2. Un échec assuré. Si le mouvement populaire ne reconstitue pas des forces capables d’une insurrection civile, l’échec du PS est à l’horizon proche. Les partis qui constituent l’expression politique du bloc hégémonique capitaliste sont en recomposition et leur alliance tacite ou expresse avec le Front National est une affaire de jours. Le mécontentement populaire est en passe de se transformer en écoeurement et ce dernier inclut aussi les forces de la gauche de la gauche qui n’ont pas réussi à réorienter le déplacement des opinions populaires et indiquer des alternatives désirables et praticables. A terme se profile une solution de type nouveau, une dé-démocratie néo-bonapartiste qui légitimera les atteintes à la démocratie en s’appuyant sur des majorités apeurées. Celles-ci en effet risquent d’être induites à transposer sur le plan des conflits identitaires (refus de l’immigration, racisme anti-arabe, délire sécuritaire) leur malaise existentiel et peuvent se conduire en majorités prédatrices, violentes à l’égard de minorités « ethniques ». A leur tour ces dernières, souvent insécurisées et stigmatisées, devront réagir pour ne plus être assimilés au statut de « racaille » et seront tentées de s’enfoncer dans des attitudes de violence improductive et de succomber à des politiques de régression politique, morale et intellectuelle Cette dé-démocratie se donnera une version institutionnelle fondée sur les thèmes d’un nationalisme exclusif, raciste et xénophobe ; elle sera non seulement compatible avec les forces dirigeantes du capitalisme transnational mais acceptables par des masses populaires excédées et désorientées. Se réalisera le grand écart entre un universalisme économique financier qui est une force domination et divers localismes et exclusivismes engagés dans des réactions impuissantes. Pour un temps ce grand écart se fera ciment entre ces éléments contradictoires ; il pourra cacher et gérer ses contradictions internes, fût-ce en rendant possibles l’engagement de l’Etat dans les multiples guerres de la mondialité.

3. Un moratoire sémantique : s’abstenir d’utiliser le terme de « gauche ». Une première conclusion s’impose. Elle est sémantique et intellectuelle. Le mot de gauche est durablement démonétisé et ne recouvre rien de pensable avec rigueur. Il faut abandonner les illusions rémanentes d’une union de gauche encore présente dans l’idée datée et fantomatique d’un Front populaire style 1936. C’est une mesure d’hygiène mentale de ne plus prononcer pour le moment le mot de gauche ; ce mot peut être remplacé par d’autres, comme révolutionnaire, réformisme radical, cosmopolitisme citoyen, ou, pourquoi pas, communisme. Mais une cure d’abstinence linguistique s’impose à la fois pour exprimer l’écoeurement qui nous envahit et pour le transformer positivement en sentiments et pratiques d’insurrections civiles et d’expérimentations transformatrices. Nous sommes écrasés inconsciemment par le souvenir de ce qui fut la dernière expression mobilisatrice de la politique de gauche, le Front populaire de 1936 et la stratégie frontiste qui a utilisé l’opposition droite vs gauche, fortement inscrite historiquement en France depuis la révolution et associée aux vicissitudes de la République. L’Union de la Gauche a ranimé après 1968 cet inconscient que certains contre toute évidence désirent faire ressurgir à l’occasion de telle ou telle échéance électorale. Il faut en prendre son parti et en faire son deuil. Le PS est résorbé et digéré dans le parti multiple et unique du capital, il faut éviter de se leurrer en nourrissant tout espoir en sa transformation. Il faut surtout développer des analyses permettant de comprendre le monde de la globalisation capitaliste et explorer des stratégies débarrassées de ces fantômes.

4. Fin des stratégies frontistes. Le Front populaire reposait sur des présupposés économiques, sociaux politiques et culturels qui ont été liquidés par les transformations du capitalisme mondialisé et qui ont été encore postulées lors de l’Union de la Gauche à quelques modifications près (reconnaissance des couches moyenne et des forces intellectuelles, insistance sur la révolution scientifique et technique).

-La stratégie de Front Populaire a pour référence une alliance de classes qui comprend comme élément de force une classe ouvrière dont la forme majeur est fordiste et appartient à des industries classiques et des fractions de classes moyennes de tradition critique. Face à lui la classe dirigeante coalise autour de grandes industries fordistes et des banques une galaxie de petites entreprises et de vastes zones d’une paysannerie encore importante. La bataille pour gagner la petite paysannerie est importante, mais difficile. Une certaine bipolarité forte structure donc l’espace social et l’imaginaire ouvrier implique une foi dans la vertu d’une civilisation des producteurs associés.

- Existent deux partis populaires, frères ennemis, mais encore reliés à une culture commune, celle d’un marxisme simplifié et des Lumières. Ces deux partis ont des liens avec les forces sociales qu’ils sont supposés représenter. L’opposition réforme vs révolution, encore vive, est partiellement neutralisée ou différée par l’accord sur un programme de réformes de structures (services publics, début d’une planification). Tous deux se disent anticapitalistes. Ces partis se présentent comme porteurs d’alternatives qui sont objet d’une sphère active de l’opinion publique et de ses débats.

- Cette stratégie a pour cadre l’Etat Nation sous sa forme républicaine dont le fonctionnement élargi est l’enjeu proprement politique. Cet Etat peut être contraint à donner forme à des compromis en fonction du rapport de forces et à un renouveau démocratique. Il peut sanctionner des avancées sociales que n’acceptent pas les forces patronales.

- Une conception du monde organisée à la fois autour par du marxisme et du droit naturel républicain, mâtiné de solidarisme, peut rivaliser avec le libéralisme classique et un fort courant clérical qui subsiste encore. L’utilitarisme économiciste est concurrencé par une pensée de la solidarité et la liberté n’est pas réduite à la défense de la propriété privée. La laïcité ne se réduit pas à la seule tolérance.

-L’ennemi principal est défini autant les fascismes émergents que par le capitalisme. Les rapports internationaux sont structurés par le triangle constitué par les démocraties libérales, les pays communistes et les nations fascistes. La question des alliances demeure flottante, les démocraties libérales ne perdant pas espoir d’une alliance anti-communiste avec l’extrême droite. Il faudra le traumatisme de la politique agressive et impérialiste des fascismes pour que l’alliance se renforce temporairement avant de se briser lors de la guerre froide.

Cette stratégie, vaincue en 1936 malgré des acquis importants, trouve une actualité après 1945 avec le programme du Conseil National de la Résistance. Elle ne peut suffire cependant pour interpréter les transformations du monde en 1968 et elle trouve sa limite dans l’échec de l’Union de la Gauche et le tournant néo-libéral du PS qui suit et qui n’a cessé de s’accélérer.

5.Une stratégie à hauteur de la modification du monde. Toute stratégie qui veut dépasser les impasses de la gauche doit tenir compte a minima des transformations qui ont rendu obsolètes les présupposés frontistes.

-La division sociale du travail est à la fois nationale et transnationale. La bourgeoisie classique n’existe plus et elle est remplacée par la couche oligarchique économique et politique qui gère la gouvernance d’une économie dominée par la hantise de l’accumulation sans limites ni partage et impose le modèle de l’entreprise comme organisation totale et la dette comme mode de gouvernement des subjectivités. La classe ouvrière existe bien sûr comme existe le travail. Mais elle est divisée et fragmentée en fonction des aléas de l’accumulation ; c’est un privilège aujourd’hui d’être exploité sans interruption, de vivre la tragédie d’un travail de plus en plus séparé de sa puissance humanisante, si on est exempté du chômage. Le salariat est miné par le précariat et par les nouvelles figures de l’exclusion sociale qui ont pour nouvelles figures limites l’homme endetté et la population superflue. Les mouvements de populations imposent le terrain d’une multiculturalité inégalitaire qui se dit dans des conflits identitaires souvent en concurrence avec les conflits sociaux existentiels. L’unification de ce multivers est devant nous et elle présuppose une pensée et une pratique de l’inter-culturalité. A ce propos la liquidation de l’inconscient colonial est urgent alors que de nombreux pays qui ont accédé à une soi disant indépendance sont pillés par des castes prédatrices indigènes soutenues par les anciennes métropoles et sont livrés à des conflits internes ethnicistes destructeurs.

-Les partis politiques de masse ont disparu. Le PS est devenu appareil idéologique intérieur à l’appareil de l’Etat néolibéral, source de prébendes pour ses fonctionnaires. Le Front de Gauche peine à s’affirmer comme tel et le parti communiste est privé d’un rapport organique avec l’ensemble des masses subalternes qui sont sans représentation politique réelle. Le populisme identitaire traverse les partis pro-capitalistes dits de droite. Pour l’instant l’alternance remplace l’alternative en même temps que se profile une restructuration faisant de la démocratie affirmée en paroles une dé-démocratie en acte.

-Le cadre politique ne se définit plus par l’Etat souverain pais par une surimposition de regroupements qui vont de la région autonome à la quasi fédération d’Etats. L’Europe actuelle est le lieu où s’effectue la désappropriation de la souveraineté populaire et la capture ses subjectivités individuelles et collectives par le mécanisme de la dette que les Etats relaient. Des instances non élues remplacent l’Etat libéral pour désapproprier irréversiblement les citoyens de tout pouvoir politique réel et les travailleurs de toute bribe de pouvoir économique et social. Les compromis sont rendus structuralement impossibles comme le prouvent en France le conflit social exemplaire de PSA et le passage en force de la « règle d’or ».

-Enfin la guerre est aux portes d’une Europe imposant les diktats financiers à ses peuples. L’Europe est toujours disposée e à rejoindre les diverses guerres impériales possibles au nom des droits de l’homme à se faire interventionniste dans des conflits douteux en imposant la loi de l‘Occident capitaliste. Hollande prend un plaisir évident à décorer tous les cercueils de soldats morts dans des conflits douteux.

- Le néolibéralisme est devenu la conception du monde hégémonique ; il fait un absolu de son universalisme, gestionnaire au profit du capital ; il en fait le modèle de l’existence. Il unit en un même bloc capital industriel et capital financier. S’imaginer moraliser le capitalisme par une disjonction des deux aspects du capitalisme est une pieuse illusion ou un mensonge cynique. Cette conception suscite en contre-champ les affirmations identitaires qui souvent compromettent leur légitimité par un ethnicisme raciste. Mais ces affirmations sont indispensables srtruturellment à la réalisation de l’hégémonie néolibérale qui ne peut éviter le choc en retour des différenciations anthropologiques. Saurons-nous les analyser et les évaluer autrement qu’en répétant notre légitime position laïque ? Saurons-nous purifier les thèmes de laïcité et de république de leurs relents coloniaux en cessant de rêver d’une religion civile laïque ? Saurons-nous promouvant la sphère publique d’une interculturalité fondée sur la reconnaissance de l’union des singularités culturelles et la recherche de biens communs ?

6. Ce n’est pas de l’entité « La Gauche » que viendra une réponse. Cette gauche est irréductiblement subalterne. Le recours ne peut venir que des mouvements de résistance capables de converger dans une unité plurielle positive, donc de se faire forces de proposition d’une politique capable d’interpréter les transformations du monde en traduisant le multivers bigarré de ces résistances en un univers pluriel où il s’agit de traduire les raisons des uns dans les raisons des autres. S’ouvre une multiplicité horizontale de fronts qu’il s’agit de transformer en force politique trans-fronts et d’interpréter en force politique hégémonique au niveau de l’Etat. Cette tâche ne peut se formuler que dans un langage commun autour des interfaces communes que partagent ces fronts. Aux militants socialistes actifs dans ces fronts d’œuvrer pour une mutation du PS. Mais nous n’avons ni à les attendre ni à regarder le derrière du parti socialiste et de ses hiérarques locaux pour des raisons électorales. Ce sont les multitudes subalternes trans-fronts qu’il s’agit de prendre en compte en interprétant leurs luttes, et cela pour s’engager dans les luttes, à leurs côtés en les rendant compatibles les unes avec les autres. Il s’agit notamment nouer des liens avec tous ceux qui sont hors politique représentative et sont marginalisés durablement pour qu’ils puissent s’inscrire comme forces dans le travail multipletiple qui doit redéfinir le travail lui-même. Maintenir une alliance sans principe pour une politique morte née peut conduire à une survie électorale, à sauver des sièges, mais cela ne conduit ni à produire une plus value de vie politique à la base, ni à inventer des partis qui soient révolutionnaires « autrement ».

7. Une ultime précision s’impose. Il ne s’agit pas de transformer le PS en ennemi, mais de ne plus oublier que sa ligne politique est étrangère à tout projet de transformation émancipatrice civile. Il s’agit encore moins par gauchisme irresponsable d’imaginer une ridicule reprise de la stratégie classe contre classe qui a fait le malheur de la révolution communiste en Allemagne et empêché de lutter contre la menace nazie. Où sont d’ailleurs ces classes ? Il s’agit de conquérir une nouvelle autonomie intellectuelle et morale en développant une stratégie rassemblant transversalement et à la base toutes les luttes des couches subalternes en les rendant aptes à se faire des acteurs, à cesser des subir le destin de masses d’hommes endettées et enchaînés aux dettes que le capital produit pour gouverner. Nous découvrons que la gouvernance par le management est en fait la dictature politique exercée par le moyen de la dette privée et publique qu’ensemble et sans opposition interne le capitalisme financier dominant et le capitalisme industriel font peser pour se les assujettir, sur toutes les couches sociales non intéressées à l’hégémonie néolibérale. Aucune avancée, aucune mesure positive n’est à négliger par sectarisme. Mais l’essentiel est ailleurs. Il fait avoir le courage de se dégager d’années d’alliances sans principes et de pratiquer l’esprit de scission pour mieux rassembler sous de nouvelles modalités, des luttes hétérogènes en les traduisant les unes dans les autres. Ainsi pourront être dégagées et construites les interfaces communes, les notions communes qui constituent une intelligence et une volonté politiques communes.

André Tosel, novembre 2012

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Menace de putsch en Grèce. Par le journal suisse "Le Courrier".

6 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La lutte des classes, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #La justice

Menace de putsch en Grèce

JEUDI 05 FéVRIER 2015

Benito PerezPostez un commentaire

Les crises – et celle que traverse l’Europe depuis 2008 ne fait pas exception – agissent comme de puissants révélateurs. Depuis mercredi soir, la menace de la Banque centrale européenne (BCE) de couper toute alimentation au système financier grec n’est plus une hypothèse – évoquée mardi dans nos colonnes – mais une réalité. Le chantage est limpide: si le gouvernement d’Alexis Tsipras ne renonce pas, courant février, à appliquer son programme, les banques grecques seront privées d’oxygène. Dans le conflit qui oppose Athènes à Berlin – et leurs projets économiques antagoniques –, l’institution dirigée par Mario Draghi, l’ancien cadre de Goldman Sachs1, a choisi son camp.
On n’en sera pas surpris. La prétendue neutralité des banques centrales – fiction néoclassique destinée à soustraire la monnaie au périmètre de la démocratie – a tôt fait de disparaître dès que certains intérêts sont en jeu. On a pu l’observer juste après la crise des subprimes, lorsque les banques nationales avaient été sommées d’assainir leurs homologues privées.
Puis, oubliant soudain leur dogme anti-inflation, ces mêmes instituts chargés d’émettre la monnaie l’ont généreusement prêtée, à des taux dérisoires, aux banques privées. Des sommes faramineuses que les financiers ont fait fructifier sur les marchés émergeants ou spéculatifs, relançant ainsi leur profitabilité. Le tout sous prétexte de relancer l’économie réelle locale...
Même la Suisse s’est laissé séduire et, après le sauvetage d’UBS, a de nouveau actionné la BNS, en 2011, lorsque le franc fort commençait à menacer les marges de l’industrie d’exportation. Avant qu’elle ne soit rappelée à la réalité en janvier dernier par de plus gros joueurs.
Or, de deux choses l’une: soit ces instituts ont des tâches de politique économique et doivent être soumis au pouvoir politique, soit ils ne sont que des organismes techniques, juste bons à contrôler l’inflation, et peuvent donc s’émanciper des gouvernements. La réponse, la BCE s’est chargée de nous la rappeler mercredi, en refusant de considérer la valeur des titres grecs, alors même qu’Athènes venait de lever, le jour même, 812,5 millions d’euros à 2,75% sur les marchés financiers.
Le coup est déloyal: Athènes n’avait pris aucune mesure unilatérale pouvant justifier une dévaluation de ses obligations. Il est politique: il vise le talon d’Achille des Grecs, «leurs» banques privées. Il est idéologique: il veut forcer le gouvernement de Syriza à abandonner son plan de sortie de crise pourtant approuvé par les urnes (fiscalité plus juste, lutte contre la corruption, relance de la consommation) et à revenir aux mesures de privatisation-austérité imposées par la Troïka. Une stratégie d’encerclement, puisqu’elle présuppose que le gouvernement grec n’osera pas reprendre le contrôle de sa banque centrale, voire de l’ensemble de ses établissements financiers, et quitter la zone euro.
En résumé: l’institution d’émission de la monnaie des Grecs s’est retournée contre eux. Tel un quarteron de généraux factieux, l’ex-mercenaire de Goldman Sachs et ses hauts-fonctionnaires se sont dressés contre un gouvernement démocratiquement élu, le menaçant d’un putsch financier s’il ne retrouvait pas «la raison»...
Cette «bataille d’Athènes», comme naguère celle du Chili, dépasse les frontières grecques. Elle est celle de la démocratie contre la toute-puissance du carcan néolibéral. Au-delà de notre solidarité spontanée à l’égard du peuple grec, elle nous concerne toutes et tous.

1 Rappelons que Mario Draghi s’occupait des dettes souveraines européennes chez Goldmann Sachs au moment où cette banque maquillait les comptes grecs.

Le Courrier

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Hollande et Merkel à Kiev et à Moscou: pourquoi avoir tant attendu?

6 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #Ukraine, #La guerre, #La paix

Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel avant la rencontre avec le président ukrainien Piotr Porochenko

Hollande et Merkel à Kiev et à Moscou: pourquoi avoir tant attendu?

© AP Photo/ Efrem Lukatsky
International
Règlement de la situation en Ukraine (1965)
1815149
Le président français et la chancelière allemande se rendent à Kiev puis à Moscou dans le but d’obtenir - par la diplomatie - une désescalade de la crise ukrainienne.

Pourquoi entreprennent-ils ce voyage maintenant alors que la guerre dure depuis des mois, s'interroge dans le Nouvel Observateur l'analyste Vincent Jauvert.

Sur le terrain, des armes de plus en plus lourdes sont utilisées. Les pertes civiles ne cessent de croître ces derniers jours. Selon le journaliste français, après un bus détruit par les  insurgés, c’est un hôpital du Donbass qui a été bombardé par l’armée ukrainienne cette fois.

 

Angela Merkel et François Hollande semblent avoir obtenu des garanties du Kremlin que Vladimir Poutine acceptera demain de signer leur texte. Celui-ci reprendrait solennellement les principaux points de l’accord signé à Minsk le 5 septembre par des représentants ukrainiens et russes mais jamais exécuté: un cessez le feu dans les 15 jours, un retrait des armes lourdes à 15 kilomètres, un échange des prisonniers, une vérification des frontières par l’OSCE…

 

Forts d’un tel document, les dirigeants français et allemand pourraient alors arguer que les livraisons d’armes ne sont pas nécessaires. Piégés par l’initiative franco-américaine, les Ukrainiens, qui réclament des armes à cor et cri depuis des semaines, ne pourront pas refuser de signer ce texte….

Sauf si le Premier ministre Iatseniouk, plus radical que le président Porochenko, ne décide de faire capoter l’opération. Ce n’est pas exclu. Car il sait, comme tout le monde, que, dans cette affaire, la signature du Kremlin ne vaut rien. Que si Poutine accepte un énième cessez le feu ce sera probablement pour décrédibiliser l’initiative américaine et non pour stabiliser durablement la situation en Ukraine.



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