Sur cette jolie carte en anglais aux couleurs de l’Union européenne, vous pouvez voir l’aide qui est envoyée par de nombreux pays de l’Europe à l’Armée ukrainienne. L’Allemagne, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, le Danemark, la Croatie, l’Autriche, la Slovénie… et enfin la France. Non il ne s’agit pas d’une liste des alliés du Reich qui envoyèrent des combattants sur le Front de l’Est entre 1941 et 1944… Cela pourrait l’être. En dehors de l’Allemagne moteur de la guerre, tous ces états envoyèrent en effet des unités SS ou nationales combattre contre la Russie soviétique (comme aimait à la qualifier le général de Gaule). La Finlande s’était rangée aux côtés du IIIe Reich suite à l’agression soviétique de l’hiver 1939-1940. L’Estonie forma la 20e division SS de grenadiers. La Lettonie forma quant à elle, les 15e et 19e division SS de grenadiers. Le Danemark fut en mesure de fournir de nombreux volontaires pour la 5e division Panzerdivision SS Wiking et pour la 11e SS Panzergrenadier division Nordland (parmi les derniers défenseurs du bunker d’Hitler). La Croatie, en plus de nombreuses unités nationales forma la 23e division SS de montagne Kama. L’Autriche fut incorporée durant l’Anschluss de 1938 dans le Reich allemand, mais les Autrichiens ne furent pas en reste dans leur participation au nazisme. La France enfin forma la LVF, la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme, puis la Brigade SS Frankreich en 1943 et la 33e division de grenadiers SS Charlemagne… (derniers défenseurs du Bunker d’Hitler avec ceux de la Nordland).

Quel hasard de retrouver tous ces pays soutenir une « cause démocratique », une croisade contre les Slaves à la manière du Reich allemand qui aurait dû durer mille ans ? Sur ce document l’aide humanitaire d’urgence de la France pour l’Ukraine est chapeautée par la Commission Européenne pour l’Aide Humanitaire et la Protection civile… Il s’agit de l’aide envoyée pour une seule journée, celle du 26 janvier 2015. Où sont l’Europe et la France pour aider les populations du Donbass ? Car la guerre se déroule sur le territoire des russophones qui ont proclamé leur indépendance. Ce sont les populations civiles de cette région qui souffrent et qui manquent de tout. L’Ukraine empêche les organisations humanitaires de faire parvenir l’aide en direction de ces gens qui meurent. Ce blocus est total, il complique grandement l’acheminement pour le Donbass qui pour l’instant doit passer par la Russie, ce qui n’est pas simple avec les bâtons dans les roues que glissent les douaniers européens dans son transport, sans compter la Russie elle-même, qui n’a pas abandonné le contrôle de ses frontières.

Le document que nous découvrons nous montre comme point d’arrivée, la ville de Dniepropetrovsk, la base arrière des forces armées ukrainiennes. La guerre se déroulant dans le Donbass, il est évident, sans même avoir fait de hautes études, que cette aide est destinée en réalité à l’Armée ukrainienne. Il n’y a pas à ce jour d’Ukrainiens en détresse dans l’Ouest de l’Ukraine puisqu’aucune force militaire insurgée ne se trouve sur son territoire. Quelques civils parlant l’ukrainien ont bien fui la zone du Donbass depuis longtemps, mais leur nombre est ridicule par rapport aux 1,4 millions de réfugiés russophones qui ont fui la région pour trouver asile pour beaucoup en Russie et en Israël. Une infirmière française, Cécile qui est sur place nous écrivait il y a deux jours : « Depuis midi, hier, il n’y a plus d’oxygène, donc toutes les personnes atteintes d’affections respiratoires meurent tout doucement. L’usine qui fabriquait l’oxygène a été détruite il y a un moment déjà par l’artillerie ukrainienne. Mais maintenant les réserves sont épuisées. Au niveau de l’aide humanitaire, de l’oxygène serait un bon début […] En priorité je vois pour l’aide, de l’oxygène, des compresses stériles, des pansements, du sparadrap, des tubulures, il y a l’embarras du choix, et tout cela en quantité énorme ».

La France en un seul convoi vient d’envoyer aux soldats ukrainiens, 200 sacs de couchage, 15 groupes électrogènes portables, 15 rallonges électrique de 25 mètres, 15 projecteurs, deux jerrycans portables remplis de 5 000 litres d’eau potable, 15 chauffe-eau thermiques, 1 080 couvertures… avec vos impôts. Et il en part ainsi régulièrement. Nous dénoncions le fait que les insurgés s’emparaient depuis longtemps de matériels fabriqués en Europe ou aux USA sur les positions ukrainiennes. Les photographies montrent des soldats ukrainiens habillés de neuf par les Allemands et les Américains : uniformes, casques, gilets pare-balles, rations et même des armes qui n’arrivent pas des canaux encore non identifiés (des munitions notamment). L’Europe est en croisade contre deux petites républiques qui ont ratifié leur indépendance par la voie des urnes. Ce sont certes des séparatistes de l’Ukraine, mais ils sont russophones et slaves, orthodoxes pour la plupart. Est-ce donc une répétition de 1941 ? Rappelons par ailleurs que les troupes ukrainiennes sont composées en partie de bataillons internationaux (il y a aussi des volontaires étrangers avec les insurgés), composés de volontaires de Pologne, des Pays Baltes, des Pays-Bas, de France… du Royaume Uni et de mercenaires de toute sorte, Américains entre autre. Excepté ces derniers, cela rappelle furieusement les temps sombres de la Seconde Guerre mondiale. Ceci se fait dans l’indifférence quasi-totale des Européens, pour la plupart trompés par des médias au garde à vous, servant une propagande abjecte et criminelle. Pendant ce temps, toi le chômeur français, notamment ceux au RSA peuvent bien être oubliés, eux aussi ils ne sont rien dans cet étouffant cirque international.

Par Laurent Brayard pour Novorossia Vision