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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la guerre en syrie - depuis le 20 aout 2013 tag

Le crépuscule de l’Otan par Thierry Meyssan. Damas (Syrie) | 11 juillet 2016

30 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #AMERIQUE, #le nazisme, #Terrorisme

Le crépuscule de l’Otan

L’histoire de l’Otan et ses activités actuelles permettent de comprendre comment l’Occident a construit ses mensonges et pourquoi il en est désormais prisonnier. Les éléments contenus dans cet article sont choquants, mais il est impossible de démentir les faits. Tout au plus peut-on s’accrocher aux mensonges et persister à s’y tenir.

| Damas (Syrie)

L'Otan chante «We are the world». Lors de la réunion d’Istanbul, le 13 mai 2015, les dirigeants de l’Otan terminent un repas bien arrosé. Ils se moquent des crétins qui croient en leur discours de paix en chantant « We are the world ». On reconnait sur cette indécente vidéo le général Philip Breedlove, Jens Stoltenberg, Federica Mogherini et de nombreux ministres de la Défense.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Otan vient de se tenir à Varsovie (7 et 8 juillet 2016). Ce devait être le triomphe des États-Unis sur le reste du monde, ce fut en réalité le début de la débâcle.

Rappelons ce qu’est l’Alliance atlantique.

Ce que fut l’Alliance

Alors que les élites européennes étaient paniquées à l’idée d’une possible accession au pouvoir des Partis communistes, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1949, elles se placèrent sous « parapluie » états-unien. Il s’agissait avant tout d’être en mesure de menacer les Soviétiques pour les dissuader de soutenir les communistes occidentaux.

Les États de l’Ouest étendirent progressivement leur alliance, notamment en y joignant les Allemands de l’Ouest, qui avaient été autorisés à reconstituer leur armée, en 1955. Inquiets des capacités de l’Alliance, l’URSS répondit en créant le Pacte de Varsovie, six ans après la création de l’Otan.

Cependant, avec la Guerre froide, les deux alliances évoluèrent de manière impériale : d’un côté l’Otan dominée par les États-Unis et dans une moindre mesure par le Royaume-Uni, de l’autre le Pacte de Varsovie dominé par l’Union soviétique. De fait, il était devenu impossible de quitter ces structures : l’Otan n’hésita pas à utiliser le Gladio pour organiser des coups d’État et recourir à des assassinats politiques préventifs, tandis que le Pacte de Varsovie envahissait à visage découvert la Hongrie et la Tchécoslovaquie qui avaient émis des velléités d’indépendance.

Avant même la chute du Mur de Berlin, l’Union soviétique mit fin à ce système. Mikhaïl Gorbatchev laissa chaque État membre du Pacte de Varsovie reprendre son indépendance (« My Way ») ce qu’il dénomma ironiquement sa « doctrine Sinatra ». Lorsque l’URSS s’effondra, ses alliés se dispersèrent et il fallut plusieurs années de stabilisation avant que ne se constitue l’actuelle Organisation du Traité de sécurité collective (OTCS). Ayant intégré les erreurs du passé, celle-ci est basée sur une stricte égalité des États membres.

Notons au passage que l’Otan comme le Pacte de Varsovie sont des organisations contraires à la Charte des Nations unies car les États membres perdent leur indépendance en acceptant de placer leurs troupes sous commandement états-unien ou soviétique.

Contrairement à la Russie, les États-Unis sont restés un empire et continuent à utiliser l’Otan pour mener leurs alliés à la baguette. L’objectif initial de faire pression sur les Soviétiques pour qu’ils n’aident pas les communistes occidentaux à accéder au pouvoir n’a plus de raison d’être. Il ne reste donc qu’une tutelle états-unienne.

En 1998, l’Otan livra sa première guerre, contre un État minuscule (l’actuelle Serbie) qui ne l’avait aucunement menacée. Les États-Unis créèrent lentement les condition du conflit, formant la mafia kosovare au terrorisme sur la base turque d’Incirlik, organisant une campagne de terreur en Serbie, puis accusant le gouvernement serbe de la réprimer de manière disproportionnée. L’enclume ayant écrasé la mouche, on constata dans les chancelleries que l’Alliance était en réalité bien lourde et peu efficace. On commença alors de profondes réformes.

L’Alliance depuis le 11 septembre 2001

Avec la disparition de l’URSS, il n’y avait plus aucun État au monde capable de rivaliser militairement avec les États-Unis, et donc encore moins avec l’Otan. Celle-ci aurait normalement dû disparaître, mais il n’en fut rien.

D’abord un nouvel ennemi surgit : le terrorisme. Puis, il frappa diverses capitales de l’Alliance, obligeant les Etats membres à se soutenir les uns les autres.

Bien sûr, il n’y a aucune proportion entre ce que fut le Pacte de Varsovie et une bande de barbus terrés dans une cave en Afghanistan. Pourtant, tous les Etats membres de l’Otan font mine de le croire, car ils n’ont pas le choix : le seul moyen de protéger sa population est de signer les communiqués de l’Otan, de tenir le discours unique obligé.

Malgré une abondante littérature historique, les Occidentaux n’ont toujours pas compris que l’Otan avait été créée par leurs classes possédantes contre eux et qu’elle est aujourd’hui utilisée par les États-Unis contre leurs élites. Le cas est un peu différent pour les États baltes et la Pologne, qui sont entrés récemment dans l’Alliance et en sont encore au premier stade de crainte des élites face aux communistes.

La zone géographique presque illimitée de l’Alliance

Si l’Otan était une alliance défensive, elle se bornerait à défendre ses États membres, mais au lieu de cela, elle a élargi sa zone d’intervention géographique. À la lecture du communiqué final de Varsovie, on constate qu’elle se mêle de tout : de la Corée —où les États-Unis n’ont toujours pas signé de paix avec la République démocratique— à l’Afrique —où le Pentagone espère toujours installer l’AfriCom—. La seule partie du monde qui lui échappe, c’est l’Amérique latine, zone réservée de Washington (« doctrine Monroe »). Partout ailleurs, les vassaux du Pentagone sont priés d’envoyer leurs troupes pour défendre les intérêts de leur suzerain.

L’Alliance est aujourd’hui de toutes les guerres. C’est elle qui coordonna la chute de la Libye, en 2011, après que le commandant de l’AfriCom, le général Carter Ham, eut protesté contre l’emploi d’Al-Qaïda pour renverser Mouamar el-Kadhafi. C’est encore elle qui coordonne la guerre contre la Syrie depuis l’installation de l’Allied Land Command, en 2012, à Izmir en Turquie.

Au fur et à mesure, des États non-européens ont été intégrés dans l’Otan, avec des niveaux divers de participation. Les derniers en date sont le Bahreïn, Israël, la Jordanie, le Qatar et le Koweït, qui disposent chacun d’un bureau au siège de l’Alliance depuis le 4 mai.

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Le nouveau siège de l’Alliance, à Bruxelles, vient d’être construit pour la modique somme d’un milliard de dollars.

Ce que l’Alliance est aujourd’hui

Chaque État membre est prié de s’armer pour participer aux prochaines guerres et d’y consacrer 2 % de son PIB, même si l’on est en réalité encore loin du compte. Ces armes devant être compatibles aux normes Otan, il est prié de les acheter à Washington.

Certes, il reste des productions nationales d’armement, mais pas pour très longtemps. Ainsi au cours des vingt dernières années, l’Otan a systématiquement poussé à détruire les usines aéronautiques militaires de ses États membres, sauf celles des États-Unis. Le Pentagone a annoncé la création d’un avion multirôle à un prix imbattable, le F-35 Joint Strike Fighter. Tous les États en ont commandé et fermé leurs propres usines. Vingt ans plus tard, le Pentagone n’est toujours pas en mesure de produire un seul de ces avions à tout faire et doit présenter des F-22 bricolés durant les foires d’armement. Les clients sont constamment sollicités pour financer les recherches, tandis que le Congrès étudie la relance de la production d’anciens avions car, probablement, le F-35 ne verra jamais le jour.

L’Otan fonctionne donc comme une entreprise de racket : ceux qui ne payent pas devront affronter des attentats terroristes.

Les États-Unis ayant poussé leurs alliés à devenir dépendants de leur industrie militaire, ils ont cessé de la perfectionner. Pendant ce temps, la Russie a reconstitué son industrie d’armement et la Chine est sur le point d’y parvenir. D’ores et déjà l’armée russe a dépassé le Pentagone en matière conventionnelle. Le système qu’elle a pu déployer à l’Ouest de la Syrie, en mer Noire et à Kaliningrad lui permet d’inhiber les commandes de l’Otan qui a dû renoncer à la surveiller dans ces régions. Et en matière aéronautique, elle produit déjà des avions multirôle à faire pâlir d’envie les pilotes de l’Alliance. La Chine, quant à elle, devrait également dépasser l’Otan en matière conventionnelle d’ici deux ans.

Les Alliés assistent donc à la décrépitude de l’Alliance, qui est aussi la leur, sans réagir, à l’exception du Royaume-Uni.

Le cas de Daesh

Après l’hystérie des années 2000 à propos d’al-Qaïda, un nouvel ennemi nous menace : l’Émirat islamique en Irak et au Levant, « Daesh ». Tous les États membres ont été priés de rejoindre la « Coalition mondiale » (sic) et de le vaincre. Le sommet de Varsovie s’est félicité des victoires remportées en Irak et même en Syrie malgré « l’intervention militaire de la Russie, sa présence militaire importante, son soutien au régime » qui forment une « source de risques et [de] défis supplémentaires pour la sécurité des Alliés » (sic) [1].

Chacun ayant bien compris que l’Émirat islamique avait été créé en 2006 par les États-Unis, on nous assure que l’organisation s’est aujourd’hui retournée contre eux, comme on nous l’avait asséné à propos d’al-Qaïda. Pourtant, le 8 juillet, alors que l’Armée arabe syrienne combattait divers groupes terroristes dont Daesh à l’Est de Homs, l’armée de l’air US est venue les couvrir durant quatre heures. Ce temps a été mis à profit par Daesh pour détruire méthodiquement le pipeline reliant la Syrie à l’Irak et à l’Iran. Ou encore, lors des attentats du 4 juillet en Arabie saoudite (notamment en face du consulat états-unien de Jeddah, de l’autre côté de la rue), Daesh a utilisé des explosifs militaires high tech dont seul le Pentagone dispose aujourd’hui. Il n’est donc pas difficile de comprendre que d’une main le Pentagone combat l’Émirat islamique dans certaines zones, tandis que de l’autre, il lui fournit des armes et un soutien logistique dans d’autres zones.

L’exemple ukrainien

L’autre croquemitaine, c’est la Russie. Ses « actions agressives (…) y compris ses activités militaires provocatrices à la périphérie du territoire de l’Otan et sa volonté avérée d’atteindre des objectifs politiques par la menace ou l’emploi de la force, constituent une source d’instabilité régionale, représentent un défi fondamental pour l’Alliance » (sic).

L’Alliance lui reproche d’avoir annexé la Crimée, ce qui est exact, en niant le contexte de cette annexion : le coup d’État organisé par la CIA à Kiev et l’installation d’un gouvernement comprenant des nazis. Bref, les membres de l’Otan ont tous les droits tandis que la Russie viole les accords qu’elle avait conclus avec l’Alliance.

Le sommet de Varsovie

Le sommet n’a pas permis à Washington de colmater les brèches. Le Royaume-Uni qui vient de mettre un terme à sa « relation spéciale » en sortant de l’Union européenne a refusé d’augmenter sa participation à l’Alliance pour compenser l’effort qu’elle a résilié au sein de l’UE. Londres s’est abrité derrière son prochain changement de gouvernement pour éluder les questions.

Tout au plus a-t-on pu prendre deux décisions : installer des bases permanentes à la frontière russe et développer le bouclier anti-missiles. La première décision étant contraire aux engagements de l’Otan, on procédera en installant des troupes qui alterneront de sorte qu’il n’y aura pas de contingent permanent, mais que des soldats seront toujours présents. La seconde consiste à utiliser le territoire des Alliés pour y déployer des soldats US et un système d’armes. Pour ne pas vexer les populations qu’ils occuperont, les États-Unis ont accepté de placer le bouclier anti-missiles non pas sous leur commandement, mais sous celui de l’Otan. Ce qui ne change que sur le papier car le Commandeur suprême de l’Alliance, actuellement le général Curtis Scaparrotti, est obligatoirement un officier états-unien nommé par le seul président des États-Unis.

[1] « Communiqué du Sommet de l’Otan à Varsovie », Réseau Voltaire, 9 juillet 2016.

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La Chine et la Syrie par Thierry Meyssan

30 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La mondialisation, #AMERIQUE, #La Russie, #la Chine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La Chine et la Syrie

Bien que l’on ignore ce qui a été véritablement convenu entre les armées chinoise et syrienne, l’existence d’un accord entre elles modifie à la fois le champ de bataille et l’équilibre des relations internationales. Alors que les services secrets anglo-saxons ont diffusé l’année dernière des intoxications farfelues sur ce même sujet, Thierry Meyssan établit le point des enjeux.

| Damas (Syrie)
 
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Bien que la visite en Syrie de l’amiral Guan Youfei (le responsable du nouveau département de la coopération militaire internationale chinoise) se soit située dans le cadre d’une prise de contact avec l’ensemble des pays de la région, elle a suscité l’inquiétude en Occident. Pour le moment, selon l’accord signé, l’Armée chinoise s’est juste engagée à former en Chine des militaires syriens du service de santé. Cependant, chacun a bien compris que cet accord cache autre chose car cela fait déjà quatre ans qu’une moitié des médecins militaires est formée en Chine. Bien que l’on ignore ce qui a été véritablement décidé, l’existence de cet accord marque un changement stratégique.

En effet, au cours des cinq dernières années, la Chine populaire s’est interdit toute forme de coopération qui puisse être interprétée par Washington comme une aide militaire. Elle a donc non seulement refusé de livrer des armes, mais aussi des matériels civils indispensables durant cette guerre, comme des détecteurs de tunnels.

Indépendamment de la très importante assistance économique de Pékin, chacun se souvient que la Russie avait identiquement conclu un accord avec la Syrie début 2012, préfigurant son assistance militaire trois ans et demi plus tard. La Chine se prépare-t-elle donc à se déployer aussi ?

Il est probable que la réponse dépendra de la rapidité du déploiement états-unien en mer de Chine et des provocations des alliés de Washington dans cette région.

L’intérêt de la Chine pour la Syrie date de l’Antiquité et du Moyen-Âge. La route de la soie traversait l’Asie centrale pour passer par Palmyre et Damas avant de bifurquer vers Tyr et Antioche. Il reste peu de choses de cette lointaine coopération commerciale, sinon la Pagode visible sur les mosaïques de la Mosquée des Omeyyades. Le président Xi a fait de la restauration de cette voie de communication (et de la création d’une seconde à travers la Sibérie et l’Europe) l’objectif principal de son mandat.

L’autre grand intérêt de Pékin est la lutte contre le Parti islamisque du Turkestan qui a rejoint al-Qaïda, puis Daesh. Il existe aujourd’hui un quartier ouïghour à Rakka et Daesh édite un journal spécialement pour ses membres.

Les membres de ce groupe se rattachent à l’Ordre des Naqchbandis, une congrégation soufie dont l’ancien Grand mufti de Syrie, Ahmad Kuftaru, fut maître. Des loges de cet ordre se sont rapprochées des Frères musulmans, en 1961, sous l’influence des services secrets anglo-saxons, CIA et MI6. Ils ont participé à la création de la Ligue islamique mondiale par l’Arabie saoudite, en 1962. En Irak, ils se sont organisés autour d’Izzat Ibrahim al-Douri et soutinrent la tentative de coup d’État des Frères musulmans syriens, en 1982. En 2014, ils ont fourni 80 000 combattants à Daesh. En Turquie, les Naqchbandis ont créé la Millî Görüş dont Recep Tayyip Erdoğan était un des responsables. Ce sont eux qui ont, dans les années 90, organisé aussi bien les mouvements islamistes dans le Caucase russe que dans le Xinjiang chinois.

Plus encore que les Russes, les Chinois ont besoin de renseignements sur cette filière et sur la manière dont Washington et Londres la contrôlent. Ils avaient cru à tort, en 2001, que les Anglo-Saxons avaient changé après les attentats du 11-Septembre et qu’ils collaboreraient avec l’Organisation de coopération de Shanghai pour lutter contre le terrorisme. Ils savent aujourd’hui que la Syrie est un authentique ami de la paix.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Le grand marchandage. Le 26 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Le grand marchandage

26 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Le grand marchandage

A mesure que la poussière soulevée par les chars turcs de Jarablous retombe, les contours de la situation se font un peu plus nets, les analyses plus poussées. Byzantinisme moyen-oriental oblige, il convient de rester prudent, mais il semble que notre hypothèse 1 d'hier se vérifie, avec toutefois quelques variations non négligeables.

Apparemment, même si certains rapports sont légèrement contradictoires, les YPG kurdes repassent l'Euphrate sous la pression de leur "allié" américain. Inutile de dire que, après les énormes sacrifices consentis par les combattants kurdes pour prendre Manbij, le coup de poignard US est très mal vécu et un vieux proverbe refleurit ces derniers jours : "Les Kurdes n'ont d'autres amis que les montagnes".

Pour Washington, très inquiet de la réconciliation russo-turque, les Kurdes syriens sont devenus une monnaie d'échange afin d'amadouer le sultan. Nous annoncions depuis longtemps (ici par exemple) que viendrait le jour où les Américains seraient placés face à eux-mêmes :

(...) Erdogan, furieux, pète une veinule en exigeant des Etats-Unis qu'ils choisissent entre la Turquie et les Kurdes.
Pour être honnête, il n'a en l'occurrence pas tout à fait tort. Les Américains sont pris dans un imbroglio d'alliances totalement contradictoires que la crise syrienne fait passer au révélateur. Poutine a placé Obama exactement où il le voulait : face à ses incohérences. Le roi est nu et chacun s'en rend compte.

Le moment de vérité semble arrivé. L'opération de Jarablous est vue comme un avertissement aux Etats-Unis dans la foulée du net refroidissement suite au putsch manqué et de la flambée d'anti-américanisme de la société et des médias turcs. Et ce n'est pas la visite de Joe l'Indien qui a changé quelque chose. Le vice-président US a été humilié en étant reçu sur le tarmac de l'aéroport par... le n°2 de la mairie d'Ankara ! La suite n'est pas meilleure, un journal pro-gouvernemental qualifiant sa venue de "perte de temps" pour la Turquie. Ambiance, ambiance...

Gageons que le ton sera différent lors de la possible mais non encore confirmée visite de Poutine le 31 août pour assister à un match de football entre les deux pays. Toujours est-il que le maître du Kremlin a parlé par téléphone au sultan pas plus tard qu'aujourd'hui. Il a évidemment été question du dossier syrien en général et de l'opération turque en particulier.

Ce qui apparaît de plus en plus comme un grand rapprochement syro-turco-irano-russe, en fait un alignement d'Ankara sur les trois autres, n'est pas sans allumer quelques lumières rouges à Washington, d'où la soudaine et assez pathétique tentative américaine de se rabibocher avec Erdogan en balayant les Kurdes sous le tapis.

Nous écrivions hier que, malgré la condamnation publique de l'intervention turque par Damas, Assad ne doit en réalité pas être mécontent de la tournure des événements, car partageant avec Ankara (mais aussi Bagdad et Téhéran) une même peur concernant tout mouvement d'autonomisation kurde. Il semble que nous fussions en deçà de la vérité...

Apparemment, l'Iran sert de boîte aux lettres entre Syriens et Turcs (qui, rappelons-le, ne se parlent plus directement) depuis quelques semaines déjà et l'opération de Jarabous aurait été discutée entre ces trois-là. Le respecté Robert Fisk ne dit pas autre chose et prévoit une réconciliation future entre le sultan et le lion de Damas, le pardon de Moscou n'ayant évidemment pas été gratuit.

Cet alignement turc sur le 4+1 est la suite logique du fiasco qu'est devenue au fil des ans la politique syrienne d'Erdogan. Menaces russes après l'incident du Sukhoï, prise de distance américaine, critiques européennes, attentats daéchiques, risque de voir se constituer un Kurdistan autonome syrien et reprise de la guerre avec le PKK, impossibilité de déloger Assad du pouvoir... n'en jetez plus ! Le sultan s'était isolé de tout et de tous.

En se rangeant sur la position russo-syro-iranienne, ce qu'a également plus ou moins fait, bien à contre-coeur, l'administration Obama, Ankara revient, affaiblie, dans le concert moyen-oriental. Ce grand marchandage se fait sur le dos des Kurdes mais aussi des "rebelles" immodérément modérés qui verront bientôt se tarir le soutien turc.

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Incursion turque en Syrie enjeux ou objectif ? (25 août 2016)

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #AMERIQUE, #La Russie

un débat réalisé par Ali Khodabandeh avec Bruno Guigue, politologue, Bassam Tahan, analyste franco syrien et Elie Hatem, analyste des question internationales, ayant pour thème "Incursion turque en Syrie enjeux ou objectif ?".

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Le fiasco des barbouzes français à Homs par Boris V. Le 17 janvier 2012.

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère

Le fiasco des barbouzes français à Homs

Alors que Paris accuse Damas d’avoir organisé l’assassinat du journaliste de France-Télévisions Gilles Jacquier à Homs, une équipe de journalistes russes vient de présenter une toute autre version des faits. Selon leur enquête, M. Jacquier commandait sous couverture de presse une opération des services secrets militaires français qui a tourné au fiasco. Les accusations françaises ne sont qu’un moyen pour masquer la responsabilité de Paris dans les actions terroristes entreprises pour déstabiliser la Syrie.

| Moscou (Russie)

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Le journaliste français Gilles Jacquier a été tué lors d’un reportage à Homs, le mercredi 11 janvier. Il était venu couvrir les événements en Syrie pour le magazine Envoyé spécial.

Persuadé qu’il n’y avait pas de groupes terroristes, mais une révolution réprimée dans le sang, il avait refusé la protection des services de sécurité et ne portait ni casque, ni gilet pare-balles. Avec des collègues qui partageaient ses convictions, ils avaient loué trois minibus et trouvé des fixeurs, c’est-à-dire des locaux capables de les aider à se repérer, à prendre des rendez-vous, et leur servant de traducteurs.

Tous ensemble avaient demandé à rencontrer des représentants alaouites avant de se rendre dans les quartiers insurgés de Bab Amr et Bab Sbah. Arrivés à l’hôtel As-Safir, ils avaient rencontré par hasard un capitaine qui leur proposa de les accompagner avec son détachement jusqu’au quartier alaouite de Najha où les attendait une assistante du gouverneur de Homs. Avec son aide, les journalistes purent rencontrer des personnalités et interroger les passants. À 14h45, la représentante du gouverneur leur avait demandé de quitter les lieux au plus vite, le cessez-le-feu de facto prenant fin chaque jour à 15h précises. Cependant, les journalistes de la radio télévision belge flamande (VRT) s’étant aventurés plus loin chez des particuliers jusque dans le quartier d’Akrama, le groupe fut lent à se mouvoir. Des membres de l’association des victimes du terrorisme qui avaient prévu de manifester devant un car affrété par le ministère de l’Information pour une quarantaine de journalistes anglo-saxons, mais qui ne les avaient pas trouvés, se sentirent utiles en scandant des slogans pour le président Bachar à la vue de quelques caméras. À 15h, comme chaque jour, la bataille d’Homs reprit. Un projectile explosa sur la terrasse d’un immeuble, détruisant un réservoir de mazout. Un second projectile tomba sur une école, puis un troisième sur les manifestants pro-Assad, tuant deux d’entre eux. Les journalistes montèrent sur la terrasse pour filmer les dégâts. Il y eut une accalmie. Gilles Jacquier, pensa que les tirs étaient finis et descendit avec son cadreur pour aller filmer les cadavres des manifestants. Arrivé dans l’embrasure de la porte, il fut tué avec six militants pro-Assad par une quatrième explosion qui le projeta sur sa fixeuse qui le suivait. La jeune femme fut blessée aux jambes.

Dans la confusion générale, le mort et la blessée furent évacués dans des voitures vers des hôpitaux. Ce seul incident fit 9 morts au total et 25 blessés. La bataille de Homs se poursuivi avec de nombreux autres incidents durant la soirée et la nuit.

Au premier abord, tout est clair : Gilles Jacquier est mort par hasard. Il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Surtout ses convictions sur la nature des événements en Syrie lui faisaient croire qu’il ne devait craindre que les forces gouvernementales et qu’il ne courrait aucun risque en dehors de manifestations anti-régime. Il avait donc refusé une escorte, il n’avait pas pris de casque et de gilet pare-balles, et il n’a pas respecté l’heure fatidique de fin du cessez-le-feu. En définitive, il n’a pas su évaluer la situation car il a été victime de l’écart entre la propagande de ses collègues et la réalité qu’il niait.

Dans ces conditions, on ne comprend pas très bien pourquoi, après une première réaction courtoise, la France, qui avait légitimement exigé une enquête sur les circonstances de la mort de son ressortissant, a subitement insinué que Gilles Jacquier avait été assassiné par les Syriens et a refusé que l’autopsie ait lieu sur place en présence de ses experts. Ces accusations ont été publiquement explicitées par un des journalistes qui accompagnait Jacquier, Jacques Duplessy.

Pour la presse française, les faits ne sont pas si évidents qu’il y paraît : un doute persiste sur l’identification des projectiles mortels. Selon la plupart des reporters, il s’agissait de tirs de mortiers. L’armée syrienne confirme que cette arme est quotidiennement utilisée par les terroristes à Homs. Mais selon certains témoins, c’était des roquettes tirées depuis un lance-roquette portatif, et la télévision privée syrienne Ad-Dounia a montré des ailettes de roquette. Des forums se passionnent sur ce sujet, non sans arrières-pensées. En France, les anti-Assad croient au mortier et accusent l’armée syrienne d’avoir tiré. Tandis que les pro-Assad croient à la roquette et accusent les terroristes. En définitive, ce détail ne prouve rien : certes l’armée syrienne utilise des mortiers, mais pas de ce calibre, et les groupes armés utilisent des lance-roquette, mais rien n’empêche chaque camp de varier son armement.

Au demeurant, s’il s’agit de tirs de mortier, les deux premiers ont permis d’ajuster le tir du troisième et du quatrième pour frapper les manifestants qui étaient leur cible. Mais s’il s’agit de tirs de roquette, il était possible de viser beaucoup plus précisément et de tuer une personne en particulier. La thèse de l’assassinat devient possible.

L’étude des images et des vidéos montre que les corps des victimes ne sont pas ensanglantés et criblés d’éclats, comme lors de l’explosion d’un obus qui se fragmente. Au contraire, ils sont intacts, le sang coulant selon les cas par le nez ou les oreilles, comme lors de l’explosion d’une roquette thermobarique dont le souffle comprime les organes provoquant des hémorragies internes. De même, les points d’impact sur le trottoir ne portent aucune trace de fragmentation.

Notez que certains témoins parlent, eux de grenades, ce qui ne fait guère avancer notre compréhension puisqu’il existe des grenades à souffle et des grenades à fragmentation. En définitive, seule l’hypothèse de l’arme de souffle (RPG ou grenade) est compatible avec les éléments médicaux-légaux visibles sur les photos et vidéos. Accourus sur les lieux, des enquêteurs syriens et des observateurs de la Ligue arabe ont retrouvé deux queues de mortier de 82mm et une queue de roquette de fabrication israélienne.

Par conséquent, les autorités françaises ont raison d’étudier la possibilité de l’assassinat même s’il s’agit pour elles de se saisir d’un drame pour l’instrumenter et justifier leur ambition de guerre contre la Syrie. Pourtant les diplomates français, s’ils ont pour consigne de chercher la vérité, ont manifestement aussi pour consigne de s’assurer que les Syriens ne la découvrent pas. Ainsi, ils ont empêché toute personne francophone d’approcher la photographe Caroline Poiron, compagne du journaliste Gilles Jacquier, qui veillait sa dépouille toute la nuit. La jeune femme, en état de choc, ne maîtrisait plus son comportement et aurait pu trop parler. Puis, ils ont interdit l’autopsie sur place et ont rapatrié le corps au plus vite. Quelle est donc l’hypothèse que la France veut vérifier pour elle-même, mais cacher au grand public ?

Ici commence notre plongée dans le monde des services spéciaux occidentaux qui conduisent en Syrie une « guerre de basse intensité », comparable à celles organisées dans les années 80 en Amérique centrale ou plus récemment en Libye pour préparer et justifier l’intervention de l’OTAN.

Gilles Jacquier était un reporter apprécié de ses confrères, et récompensé par sa profession (Prix Albert Londres, Prix des correspondants de guerre etc.). Mais il n’était pas que cela.…

Dans une lettre à en-tête de France-Télévisions, datée du 1er décembre 2011, les rédactrices en chef du magazine Envoyé spécial –l’émission politique la plus regardée du pays– avaient sollicité un visa du ministère syrien de l’Information [document téléchargeable au bas de cette page]. Prétendant vouloir vérifier la version syrienne des événements selon laquelle « les soldats de l’armée syrienne sont victimes d’embuscades et de groupes armés qui sévissent dans le pays », elles demandèrent que Jacquier puisse suivre le quotidien des soldats de la 4e division blindée commandée par le général Maher el-Assad (frère du président) et de la 18e division blindée, commandée par le général Wajih Mahmud. Les autorités syrienne furent surprises par l’arrogance des Français : d’une main, ils encadrent les groupes armés qui attaquent les troupes loyalistes, de l’autre ils entendaient infiltrer un agent de renseignement militaire dans leurs troupes pour informer les groupes armés de leurs déplacements. Il ne fut pas donné suite à cette demande.

Aussi, Gilles Jacquier tenta t-il une autre voie. Il sollicita l’entremise d’une religieuse grecque-catholique au franc-parler, estimée et parfois redoutée par le pouvoir, Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère Saint-Jacques de l’Intercis. Elle avait facilité le premier voyage de presse ouvert aux journalistes occidentaux. La célèbre religieuse fit donc le siège du ministère de l’Information jusqu’à obtention d’un visa pour Jacquier et son cadreur.

Les choses s’accélérèrent le 20 décembre, d’autres médias prièrent Mère Agnès-Mariam de leur obtenir la même faveur. Gilles Jacquier, quant à lui, sollicita un autre visa pour sa compagne, la photographe Caroline Poiron, et pour la reporter Flore Olive, représentant toutes deux Paris-Match. Ce devait être au total un groupe de 15 journalistes français, belges, néerlandais et suisses. Selon toute vraisemblance, les Français et le Néerlandais étaient pour la plupart, voire tous, des agents de la DGSE. Le temps pressait pour leur mission.

Ici un petit retour en arrière est indispensable.

Pour affaiblir la Syrie, les groupes armés par l’OTAN entreprennent diverses actions de sabotage. Bien que le centre historique de la rébellion des Frères musulmans soit Hama, et que seuls deux quartiers de Homs les soutiennent, l’OTAN à choisi cette ville pour concentrer ses actions secrètes. En effet, elle est au centre du pays et constitue le principal nœud de communication et d’approvisionnement. Successivement, des « révolutionnaires » ont coupé le pipe-line, puis les ingénieurs canadiens qui dirigeaient la centrale électrique ont été rapatriés à la demande des États-Unis. Enfin, cinq ingénieurs iraniens chargé de faire re-fonctionner la centrale ont été enlevés, le 20 décembre 2011.

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En violation du droit international Paris-Match a publié cette photographie des otages iraniens sans flouter les visages. C’est que ce document constitue la preuve de vie de quatre d’entre eux.

Des médias ont reçu une revendication d’une mystérieuse brigade contre l’expansion chiite en Syrie. Puis, l’ambassade a confirmé avoir débuté une négociation avec les preneurs d’otages. Restaient à ceux-ci à transmettre une « preuve de vie », par exemple une photographie datable des otages en bonne santé. Contre toute attente, celle-ci ne fut pas envoyée directement à la République islamique, mais publiée par Paris-Match (édition du 5 janvier). Un photographe du magazine, disait-on, avait pu entrer secrètement en Syrie et réaliser ce cliché. Peut-être les lecteurs français se sont demandés si ce reporter était bien humain pour prendre des photos d’otages sans leur venir en aide. Peu importe, le message était clair : les ingénieurs sont en vie et les preneurs d’otages sont contrôlés par les services français. Aucune réaction officielle, ni d’un côté, ni de l’autre. C’est donc que les négociations se poursuivent.

Arrivés à Damas, les médias français et néerlandais furent logés par les autorités dans des hôtels différents, mais Jacquier les regroupa immédiatement au Fardos Tower Hotel. Le manager de cet établissement n’est autre que Roula Rikbi, la soeur de Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national basé à Paris. L’hôtel sert de cache aux services secrets français.

En résumé, un agent de renseignement militaire, ayant pour compagne une photographe dont une collègue a pu entrer en contact avec les otages, a formé un groupe de « journalistes » ayant une mission liée à ces otages, probablement leur remise par des Français à des Iraniens. Ils se sont rendus à Homs après s’être débarrassés des services de sécurité, mais le chef de mission a été tué avant de pouvoir établir le contact prévu.

On comprend que, dans ces conditions, l’ambassadeur de France soit devenu nerveux. Il était en droit d’envisager que Gilles Jacquier ait été assassiné par des membres des groupes armés, inquiets de la dislocation de l’alliance militaire France-Turquie, et jusqu’au-boutistes d’une guerre de l’OTAN. Hostiles à la négociation en cours, ils auraient fait capoter sa conclusion.

L’ambassadeur de France, qui n’avait pas le temps de reconstituer les événements, s’appliqua donc à empêcher les Syriens de le faire. Contrairement aux normes internationales, il refusa que l’autopsie soit réalisée sur place en présence d’experts français. Les Syriens acceptèrent de déroger à la règle à la condition de réaliser une radiographie. En réalité, ils en profitèrent pour photographier le cadavre sous tous les angles. Selon nos informations, le corps porte la trace d’éclats à la poitrine et de coupures sur le front.

Puis, l’ambassadeur prit dans ses voitures blindées les « journalistes  » français et le néerlandais, et la dépouille du défunt. Il partit avec eux accompagné d’une lourde escorte, laissant sur le carreau la Mère supérieure stupéfaite et un journaliste de l’Agence France Presse : le diplomate pressé avait récupéré ses agents et abandonné les civils. Le convoi passa récupérer les effets personnels de chacun à l’hôtel As-Safir de Homs, puis rejoignit l’ambassade à Damas. Le plus vite possible, il arriva à l’aéroport d’où un avion spécial affrété par le ministère français de la Défense évacua les agents vers l’aéroport de Paris-Le Bourget. Les barbouzes ne feignaient plus de réaliser des reportages en Syrie, ils oubliaient avoir obtenu un allongement de leur visa, ils fuyaient juste avant que les Syriens ne découvrent le pot aux roses de cette opération ratée. Arrivé à Paris, le corps fut immédiatement transféré à l’institut médico-légal et autopsié avant l’arrivée d’experts mandatés par la Syrie. En violant les procédures pénales, le gouvernement français a invalidé le rapport d’autopsie, qui sera tôt ou tard rejeté par la Justice, et a définitivement écarté la possibilité d’établir la vérité.

Afin d’empêcher les journalistes français (les vrais) de mettre leur nez dans cette affaire, les journalistes (les faux) qui accompagnaient Jacquier ont, une fois revenus en France, multiplié les déclarations contradictoires, mentant de manière éhontée pour créer de la confusion et noyer le poisson. Ainsi, bien que 8 manifestants pro-Assad aient été tués, Jacques Duplessis dénonce « un guet-apens tendu par les autorités syriennes » pour l’éliminer avec ses confrères. Vérification faite, M. Duplessy a longuement travaillé pour une ONG réputée avoir servi de paravent …à la DGSE. Pour les Iraniens et les Syriens, la mort de Jacquier est une catastrophe. En laissant circuler le groupe d’espions français et en le surveillant discrètement, ils espéraient bien remonter aux ravisseurs et, à la fois, libérer les otages et arrêter les criminels.

Depuis un an, les services secrets militaires français sont placés au service de l’impérialisme états-unien. Ils ont organisé un début de guerre civile en Côte d’Ivoire. Par la suite, ils ont manipulé le séparatisme de la Cyrénaïque pour faire croire à une révolution anti-Kadhafi et s’emparer de la Libye. Maintenant, ils encadrent des repris de justice recrutés par le Qatar et l’Arabie saoudite pour semer la terreur, accuser le gouvernement syrien et menacer de venir le changer. Il n’est pas sûr que le peuple français apprécierait de savoir que Nicolas Sarkozy a rabaissé son pays au niveau d’un vulgaire preneur d’otages. Et il ne faudra pas s’étonner si un Etat qui pratique le terrorisme chez les autres doive un jour le confronter sur son sol.

Source
Komsomolskaïa Pravda (Russie)

Documents joints

 

Original : Комсомо́льская пра́вда
Version française : New Orient News

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Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie

Réseau Voltaire | 20 mars 2012


Un haut fonctionnaire français a invité , le 19 mars 2012, des journalistes arabes basés à Paris pour leur révéler la bataille qui se livre actuellement au sein du gouvernement français en général et du Quai d’Orsay en particulier à propos de la Syrie.

Selon cette personnalité, l’ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, dont l’ambassade vient d’être fermée et qui est rentré à Paris, a pris à partie son ministre devant ses collègues. Il a accusé Alain Juppé de ne pas avoir tenu compte de ses rapports et d’avoir falsifié les synthèses pour provoquer une guerre contre la Syrie.

Au début des événements, en mars 2011, le Quai avait dépêché des enquêteurs à Deraa pour savoir ce qui s’y passait. Leur rapport, transmis à Paris, indiquait qu’après quelques manifestations, la tension était retombée, en contradiction avec les reportages d’Al-Jazeera et de France24 qui indiquaient à l’inverse que la ville était à feu et à sang. L’ambassadeur demanda la prolongation de la mission pour suivre l’évolution des événements. Furieux de ce premier rapport, le ministre des Affaires étrangères lui téléphona pour exiger qu’il le modifie et fasse état d’une répression sanglante. L’ambassadeur plaça alors le chef de mission à Deraa en conférence téléphonique avec le ministre pour lui redire qu’il n’y avait pas de répression sanglante. Le ministre menaça l’ambassadeur et la conversation se termina de manière glaciale.

Immédiatement après, le cabinet d’Alain Juppé fit pression sur l’AFP pour qu’elle publie des dépêches mensongères confortant la vision du ministre.

Durant les mois qui suivirent, les incidents opposant Éric Chevallier et Alain Juppé ne cessèrent de se multiplier, jusqu’à l’affaire des otages iraniens et la mort du « journaliste » Gilles Jacquier. À cette occasion, l’ambassadeur reçu l’ordre d’exfiltrer les agents de la DGSE travaillant sous couverture de presse. Il réalisa l’importance de l’action secrète entreprise par Alain Juppé [1].

Ancien ministre de la Défense, Alain Juppé a semble t-il conservé de solides amitiés au sein des services militaires dont certains agents lui restent dévoués.

La même source assure que des rapports de l’ambassadeur auraient été négligés ou falsifiés et que celui-ci, pour étayer ses dires, aurait fait parvenir au Quai des rapports d’homologues européens attestant tous que la Syrie n’est pas confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation par des groupes armés venus de l’étranger. À son arrivée à Paris, Éric Chevallier aurait demandé une enquête administrative interne pour confondre son propre ministre.

Ces révélations en appelant d’autres, un autre haut fonctionnaire a révélé qu’Alain Juppé n’est pas seulement en conflit avec son administration, mais aussi avec ses collègues de l’Intérieur et de la Défense. Claude Guéant et Gérard Longuet auraient non seulement négocié avec le général Assef Chawkat l’exfiltration des agents français présents dans l’Émirat islamique de Baba Amr, comme le Réseau Voltaire l’a relaté [2], mais aussi la libération de trois commandos français détenus par la Syrie [3].

Dimanche 18 mars, le quotidien pro-syrien Ad-Diyar, édité à Beyrouth, a confirmé que trois prisonniers français ont été remis au chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Édouard Guillaud, lors d’un déplacement au Liban, prétendument effectué à l’occasion de la réorganisation du contingent français de la FINUL. Selon une source syrienne de haut niveau, l’amiral aurait en échange personnellement veillé au complet démantèlement de la base arrière que les services militaires français avaient installée au Liban.

Le conflit entre l’ambassadeur Chevallier et le ministre Juppé est connu depuis longtemps. Le 4 avril 2011, le journal électronique Rue89 avait publié un article attribué à un auteur franco-syrien anonyme [4]. On pouvait y lire que l’ambassadeur « se serait fait le porte-parole du régime, prétendant que les révoltes de Daraa et Lattaquié sont manipulées depuis l’étranger et que les médias mentent sur la réalité ». Dix jours plus tard, c’était au tour de Georges Malbrunot d’affirmer sur son blog du Figaro que l’ambassadeur « est complètement basharisé » [5]. Enfin, le 5 mai, France24, la chaîne placée sous la tutelle d’Alain Juppé, avait accusé l’ambassadeur de « minimiser la révolte » [6]

Le conflit entre le chef d’état-major des armées et Alain Juppé est également connu depuis longtemps. L’amiral Edouard Guillaud n’avait pas apprécié qu’Alain Juppé, alors ministre de la Défense, planifie à l’avance le renversement de Mouammar el-Kadhafi. Avec le discret soutien de son nouveau ministre de tutelle Gérard Longuet, il avait fait savoir publiquement son désaccord lorsqu’il avait reçu instruction de mobiliser les forces françaises contre la Libye.

Quant aux relations Guéant-Juppé, elles sont notoirement exécrables. On se souvient qu’avec l’arrogance qu’on lui connaît Alain Juppé avait posé comme condition pour son entrée au gouvernement Fillon que Claude Guéant quitte le secrétariat général de l’Élysée parce qu’il ne voulait pas avoir à lui parler.

Après l’accord survenu entre Washington, Londres et Moscou pour calmer le jeu en Syrie, Alain Juppé peut toujours compter sur l’appui d’Ankara, de Riyad et de Doha, ainsi que sur les principaux médias, mais se trouve isolé en France et privé des moyens nécessaires à sa politique … à moins, bien sûr, que le président Sarkozy ne pousse à la guerre pour faire remonter dans les sondages le candidat Sarkozy.

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[1] « Le fiasco des barbouzes français à Homs », par Boris V., Komsomolskaïa Pravda, 18 janvier 2012, version française de New Orient News disponible sur le site du Réseau Voltaire.

[2] « Les journalistes-combattants de Baba Amr », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2012.

[3] « La France rétablit la censure militaire », Réseau Voltaire, 4 mars 2012.

[4] « À Damas, le régime de Bachar el-Assad prépare un bain de sang », par Sadik H., Rue89, 4 avril 2011.

[5] « Syrie : quand l’ambassadeur de France déjeunait avec la bête noire des frondeurs », par Georges Malbrunot, L’Orient indiscret/Le Figaro, le 14 avril 2011.

[6] « L’ambassadeur de France en Syrie a clairement minimisé la révolte », par Julien Pain et Peggy Bruguière, France24, 5 mai 2011.

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Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole. Par Galil Agar

26 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'islamisme

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

Depuis Septembre 2015, la compagnie israélo-états-unienne Afek exploite le pétrole du plateau du Golan, territoire libano-syrien occupé et colonisé par le régime sioniste (1) depuis près d’un demi-siècle. Le conseil de sécurité de l’ONU a toujours souligné « l’inadmissibilité » de cette occupation. Cependant, depuis la découverte de ces ressources, la pression diplomatique du régime de Tel-Aviv en faveur d’une reconnaissance officielle de l’annexion de ces territoires a augmenté. À la guerre de l’eau que se livrent dans le Golan les puissances frontalières depuis des décennies se surajoute désormais une guerre pour le pétrole. La pression militaire a elle aussi monté d’un cran sur le plateau, remettant en question la neutralité longtemps affichée du régime israélien dans le conflit syrien.

Derrière Genie Oil & Gas, Effi Eitam, Dick Cheney, Rupert Murdoch, Jacob Rothschild et Larry Summers
 Les champs pétroliers et gaziers qu’Israël envisage d’exploiter le long des côtes méditerranéennes sont disputés par le Liban, Chypre et la Turquie  Largement tributaire de régions aussi instables que le Caucase pour l’importation d’hydrocarbures, le régime israélien est en quête permanente de diversification de ses fournisseurs.  Les négociations en cours concernant les champs gaziers du Léviathan et de Tamar, dans la mer Méditerranée, pourraient s’avérer longues et délicates. Pour l’heure, 40 % du pétrole israélien est importé d’Azerbaïdjan, un petit État jonglant sans cesse entre les influences russes, turques et occidentales pour assurer sa pérennité.  L’homme de Tsahal et du Likoud à la tête de Genie Israel  L’exploration des ressources du Golan est donc vitale pour Israël. C’est pourquoi elle a été confiée à un ancien militaire, coutumier des coteries

Les champs pétroliers et gaziers qu’Israël envisage d’exploiter le long des côtes méditerranéennes sont disputés par le Liban, Chypre et la Turquie Largement tributaire de régions aussi instables que le Caucase pour l’importation d’hydrocarbures, le régime israélien est en quête permanente de diversification de ses fournisseurs. Les négociations en cours concernant les champs gaziers du Léviathan et de Tamar, dans la mer Méditerranée, pourraient s’avérer longues et délicates. Pour l’heure, 40 % du pétrole israélien est importé d’Azerbaïdjan, un petit État jonglant sans cesse entre les influences russes, turques et occidentales pour assurer sa pérennité. L’homme de Tsahal et du Likoud à la tête de Genie Israel L’exploration des ressources du Golan est donc vitale pour Israël. C’est pourquoi elle a été confiée à un ancien militaire, coutumier des coteries

Largement tributaire de régions aussi instables que le Caucase pour l’importation d’hydrocarbures, le régime israélien est en quête permanente de diversification de ses fournisseurs.

Les négociations en cours concernant les champs gaziers du Léviathan et de Tamar, dans la mer Méditerranée, pourraient s’avérer longues et délicates. Pour l’heure, 40 % du pétrole israélien est importé d’Azerbaïdjan, un petit État jonglant sans cesse entre les influences russes, turques et occidentales pour assurer sa pérennité.

L’exploration des ressources du Golan est donc vitale pour Israël. C’est pourquoi elle a été confiée à un ancien militaire, coutumier des coteries de la politique coloniale. Ancien ministre des infrastructures nationales, puis du logement et de la construction sous Ariel Sharon (2001–2003), militant de la fondation d’un Grand Israël, membre fondateur du parti Le foyer juif classé à l’extrême droite du Likoud, Effi Eitam, réside lui-même dans la colonie de Nov, sur le Golan. Il est président de Genie Israel, dont l’Afek est une filiale.

Le destin d’Eitam est de longue date lié à celui du Golan. Il s’est fait un nom durant la guerre du Kippour, repoussant les tanks syriens de la base de Nafah en 1973. Il s’est confronté au Hezbollah dès la guerre du Liban de 1982.

Effi Eitam, gardien du sanctuaire pétrolier du Golan, vétéran des guerres coloniales à la droite de Netanyahou

Effi Eitam, gardien du sanctuaire pétrolier du Golan, vétéran des guerres coloniales à la droite de Netanyahou

En 1988, le ministre de la défense Yithzak Rabin le charge de frapper des militants palestiniens. Il fait briser les os du jeune prisonnier palestinien Ayyad Aqel, frappé à mort. À partir des années 2000, il se fait connaître par des frasques verbales propulsant sa carrière politique naissante. Démissionnaire de l’armée, il appelle à l’assassinat d’Arafat, de Marwan Barghouti, à l’exclusion des arabes du système politique israélien, qualifiant les arabes israéliens de « cancer ». Il a cordialement invité les États-Unis à bombarder les sites nucléaires iraniens.

En 2008, sa faction politique Ahi fusionne avec le Likoud. En 2009–2010, il est mandaté en tant qu’ « émissaire spécial » de Netanyahou sur les campus états-uniens afin de promouvoir le programme de la « caravane pour la démocratie » sponsorisée par le Fonds National Juif. Eitam est donc un artisan du « néosionisme » armé le plus virulent en Israël, et du resserrement des liens entre Israël et l’élite anglo-saxonne à l’international.

De gauche à droite et de haut en bas : Mary Landrieu ( ex sécurité intérieure ) , Rupert Murdoch, Larry Summers , James Woolsey ( ex CIA ) , Dick Cheney, Jacob Rothschild , Bill Richardson (ex gouv. du Nouveau-Mexique ) et Michael Steinhart ( spéculateur professionnel ) ont tous des intérêts dans Genie Oil & Gas

De gauche à droite et de haut en bas : Mary Landrieu ( ex sécurité intérieure ) , Rupert Murdoch, Larry Summers , James Woolsey ( ex CIA ) , Dick Cheney, Jacob Rothschild , Bill Richardson (ex gouv. du Nouveau-Mexique ) et Michael Steinhart ( spéculateur professionnel ) ont tous des intérêts dans Genie Oil & Gas

Le projet d’exploitation du pétrole dans le Golan pourrait être un élément de ce resserrement. Genie Israel est elle-même une filiale de Genie Oil & Gas, dont la société mère est Genie Energy Limited. Comme le rapporte le nouvelobs, on trouve parmi les noms des membres du Conseil Consultatif Stratégique de Genie Oil & Gas ceux de l’empereur de la presse anglophone, notamment propriétaire de Fox News Rupert Murdoch, et du vice-président de l’administration Bush Dick Cheney.

Le banquier britannique Jacob Rothschild et Larry Summers, ancien secrétaire états-unien au trésor (1999–2001), ancien président de l’université de Harvard (2001–2006) et ténor des gouvernements démocrates de Bill Clinton à Obama, sont également de la partie.

Carmel Winery, la cave fondée par E. de Rothschild exploitant les domaines du Golan

Carmel Winery, la cave fondée par E. de Rothschild exploitant les domaines du Golan

Notons que le lointain aïeul de Jacob, le baron Edmond de Rothschild, avait dès les années 1891 à 1894, acheté 150 km² de terres dans le plateau du Golan. Ces terres sont aujourd’hui de fructueux domaines vinicoles.

Environ 3000 hectares sont exploités par Israël pour la culture du vin dans le Golan. Ce qui correspond à un tiers de la production israélienne. Le régime sioniste y produit également une huile d’olive très réputée. 40 % de la consommation de viande des Israéliens provient des élevages du Golan.

1967–2016 : remplacement des populations et annexion diplomatique

Les acquisitions des « pionniers » de l’époque d’Edmond de Rothschild en témoignent, les vues des organisations sionistes sur le plateau du Golan ne datent pas d’hier. Suite aux négociations de septembre 1923 cependant, le Golan est intégralement rattaché au mandat français de Syrie.

La mer de Galilée ( ou lac de Tibériade ) et le Jourdain émanant du Golan constituent les principales réserves d’eau de la région

La mer de Galilée ( ou lac de Tibériade ) et le Jourdain émanant du Golan constituent les principales réserves d’eau de la région

En 1946, deux ans avant l’acte de naissance d’Israël, la Syrie déclare son indépendance et la plus grande partie du Golan devient syrien. Dans les années 1950, la Syrie occupe les fermes de Chebaa, au Nord du Golan, revendiquées par le Liban. Dès 1953, Israël détourne les cours d’eau irriguant les pays arabes afin de s’approvisionner. En réponse à cette entreprise, la Syrie détourne le cours du Jourdain dans les années 1960.

Elle s’oppose alors au plan Johnston initié par les États-Unis pour développer des infrastructures hydrauliques dans la vallée du Jourdain en faveur de l’approvisionnement d’Israël. Un grave conflit s’ensuit entre Israël, la Jordanie et la Syrie, de 1964 à 1967.

Les guerres successives d’Israël contre les États arabes ont déterminé les conditions d’occupation du Golan

Les guerres successives d’Israël contre les États arabes ont déterminé les conditions d’occupation du Golan

Durant la guerre des six jours en 1967, Israël prend possession du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et d’une grande partie du Golan, dont les fermes de Chebaa, toujours revendiquées par le Liban. Pour éviter un bain de sang, les autorités syriennes appellent les 120 000 civils et les 30 000 soldats sous leur autorité dans le Golan à « abandonner leurs habitations et leurs propriétés » .

Parmi ces civils, on compte des Turkmènes, des Circassiens (ayant souvent opté pour la nationalité syrienne) et environ 10 000 Palestiniens. Environ 7000 Druzes (minorité arabophone et musulmane) habitant le territoire décident de rester dans le Golan. La majorité d’entre eux refuse néanmoins la citoyenneté israélienne. Tsahal implante 35 avant-postes occupés par des fermiers-soldats, protégeant six nouvelles colonies.

Durant la guerre du Kippour de 1973, déclenchée par la Syrie et l’Égypte pour récupérer leurs territoires, l’armée israélienne pousse son offensive sur 30 km à l’intérieur du territoire syrien. Damas, à 40 km des positions de Tsahal, est alors à portée de tir.

Sous la pression internationale, un armistice est signé, mais pas de traité de paix. Depuis 1973, Israël et la Syrie sont donc toujours en guerre. La FNUOD (Force des Nations Unies chargée d’Observer le Dégagement), établit une zone de séparation de laquelle Tsahal est priée de s’extraire.

Golan Netanyahou syrie liban pétrole Israël Afek Genie annexion colonie tsahal al nosra Netanyahou et son gouvernement en terrain illégalement conquis sur le plateau du Golan le 17.04.16. Une première depuis la guerre des 6 jours

Golan Netanyahou syrie liban pétrole Israël Afek Genie annexion colonie tsahal al nosra Netanyahou et son gouvernement en terrain illégalement conquis sur le plateau du Golan le 17.04.16. Une première depuis la guerre des 6 jours

Le 14 décembre 1981, Israël annexe la totalité du plateau du Golan. Cette annexion se déroule dans le cadre de l’invasion du Liban du Sud entamée en 1978 par le régime sioniste, se concluant en 1982 par l’occupation de l’intégralité du Liban. Le Liban reste occupé par Israël jusqu’en 2000.

Le conseil de sécurité de l’ONU condamne formellement la violation flagrante du droit international dans le Golan, sans se donner les moyens de s’opposer physiquement aux velléités expansionnistes du régime israélien. Dans les années 2000, Ariel Sharon déclare sa volonté d’aménagement structurel du territoire du Golan. En 2016, on y compte environ 30 000 occupants Israéliens 22 000 Druzes dont 10 % ayant opté pour la nationalité israélienne. Cette population est répartie dans 35 colonies.

L’ONU a condamné l’occupation du Golan par la résolution 417, mais du point de vue israélien, l’annexion a pris une dimension constitutionnelle en 1981, par la proclamation de la loi dite des hauteurs du Golan. Dimanche 17 avril 2016, pour la première fois depuis la guerre des six jours, le gouvernement israélien dans son intégralité s’est réuni sur le plateau du Golan pour sa réunion hebdomadaire.

À cette occasion, Netanyahou a déclaré :

« Le temps est venu pour la communauté internationale de comprendre la réalité et surtout deux éléments de base : d’abord, quoiqu’il arrive la frontière ne va pas bouger et deuxièmement, il est grand temps, après 50 ans, que le monde reconnaisse enfin que le Golan restera sous souveraineté israélienne pour toujours. »

Le 21 avril 2016, il rencontrait Vladimir Poutine à Moscou et répétait à cette occasion :

« Avec ou sans accord, le plateau du Golan restera dans le territoire souverain [d’Israël] »

Quelques jours plus tôt, s’entretenant avec John Kerry, il déclarait que la Syrie devait « oublier le Golan».

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

Selon une source proche du renseignement israélien (Debkafile) citée par la militante franco-syrienne anti-Assad Hala Kodmani dans Libération (17.04.16), l’offensive diplomatique de Netanyahou viserait à neutraliser un accord préalable entre Poutine et Obama, destiné à restituer le Golan à la Syrie à l’issue du conflit (quel qu’en soit le vainqueur).

Netanyahou a pleinement conscience que du point de vue du droit international, les ressources du Golan ne pourront jamais revenir à Israël. C’est pourquoi il souhaite forcer les grandes puissances à reconnaître la légitimité de cette annexion avant la fin de la guerre. Il sait que ni la Russie ni les États-Unis ni l’ONU ne pourraient imposer par la force une décision quelconque au régime sioniste, et tente donc de leur faire admettre bon gré mal gré que la concession du Golan à Israël serait un moindre mal.

De ce point de vue, les attaques répétées d’al-Nosra contre les forces internationales de la FNUOD, chargées de veiller au maintien d’une zone tampon entre les territoires colonisés par l’occupant israélien et la frontière syrienne, convergent incidemment avec les orientations du projet expansionniste du gouvernement israélien.

Une pression militaire décuplée
Le mercredi 28 janvier 2015, Tsahal a tué un casque bleu espagnol de la FINUL

Le mercredi 28 janvier 2015, Tsahal a tué un casque bleu espagnol de la FINUL

Durant l’année 2013 en effet, des enlèvements de soldats de la FNUOD se sont multipliés sur le territoire du Golan. De ce fait, le Canada, le Japon et l’Autriche retirent leurs troupes de la Force d’Observation, durant cette année. L’Autriche retire ses soldats à cause des dangers relevant du conflit syrien, mais également en raison de son désaccord avec la France et le Royaume-Uni concernant le financement et l’armement des factions rebelles syriennes.

La zone tampon maintenue par les casques bleus de la FNUOD (en rouge) était censée contenir l’occupation israélienne dans le Golan. Depuis le départ de la FNUOD, forcé par les agressions d’al-Nosra, Tsahal a carte blanche dans la région…

La zone tampon maintenue par les casques bleus de la FNUOD (en rouge) était censée contenir l’occupation israélienne dans le Golan. Depuis le départ de la FNUOD, forcé par les agressions d’al-Nosra, Tsahal a carte blanche dans la région…

La Russie propose alors de fournir 300 soldats afin de remplacer les forces retirées. La proposition est refusée par l’ONU, au motif que les membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU ne peuvent envoyer des hommes dans le cadre du mandat de la FNUOD.

Le 28 août 2014, 45 casques bleus fidjiens sont capturés, respectant l’ordre leur ayant été donné de ne pas résister aux miliciens d’al-Nosra. Des soldats philippins pris dans l’embuscade décident quant à eux de ne pas suivre cet ordre et ripostent. Ils sont alors soutenus par une brigade irlandaise. Les 45 soldats fidjiens sont libérés le 10 septembre 2014. Le Qatar, principal mécène d’al-Nosra, aurait payé la faction rubis sur l’ongle : 25 millions de dollars en échange de la libération des casques bleus.

Le 15 septembre 2014, le personnel de la FNUOD évacue ses positions dans le Golan. Trois jours plus tard, le Times of Israel publie un article sur les projets d’exploration de l’Afek. Le permis d’exploration attribué à l’Afek par les autorités israéliennes date d’avril 2013.

Le Qatar aurait payé 25 millions de dollars à al-Nosra pour la libération des casques bleus en 2014

Le Qatar aurait payé 25 millions de dollars à al-Nosra pour la libération des casques bleus en 2014

Selon l’article du Times Of Israel, un permis de l’administration régionale aurait été réitéré dès le 11 septembre 2014, le lendemain de la libération des soldats fidjiens, prévoyant des prospections dès le 28 septembre. L’évacuation de la FNUOD aura permis à la compagnie pétrolière de s’exécuter dans les plus brefs délais et à l’abri des regards.

Il est à noter qu’avant d’être les cibles de l’enlèvement du 28 août, les soldats de la FNUOD avaient fourni des rapports détaillés aux membres du conseil de sécurité de l’ONU décrivant des rencontres quotidiennes entre Tsahal et al-Nosra, comptabilisant 59 réunions entre le 1er mars et le 31 mai 2014. Que faut-il en déduire concernant les rapports entre Tsahal et al-Nosra ?

Comme les Druzes du Golan, les casques bleus de la FNUOD ont observé, avant leur évacuation, des réunions quotidiennes entre les milices de Tsahal et les factions d’al-Nosra

Comme les Druzes du Golan, les casques bleus de la FNUOD ont observé, avant leur évacuation, des réunions quotidiennes entre les milices de Tsahal et les factions d’al-Nosra

Depuis mars 2015 et la publication du Wall Street Journal notamment relayée par le média israélien i24News, il ne fait plus aucun doute que plusieurs centaines de combattants d’al-Nosra aient été soignés en Israël. Les Druzes, massacrés par les combattants d’al-Nosra, ne peuvent tolérer cette situation qu’ils dénoncent depuis les habitations du Golan où ils sont particulièrement exposés. Le 24 juin 2015, des Druzes israéliens excédés ont tiré sur deux ambulances circulant dans le Golan, tuant un Syrien, présumé rebelle. Israël assume d’ailleurs officiellement son soutien aux « rebelles syriens » depuis l’été 2015.

N’étant plus observée par la FNUOD après l’évacuation, Tsahal se sent pousser des ailes. Dès le 23 Septembre 2014, l’armée israélienne abat un bombardier Soukhoï Su-24 de l’armée syrienne au-dessus du Golan, déclarant qu’il aurait pénétré de 800 mètres dans l’espace aérien contrôlé par Israël.

Israël cible particulièrement les chefs de la résistance dans le Golan. Jihad Moughnieh sous le portrait de son père Imad, respectivement assassinés  en janvier 2015 dans le Golan et en 2008 à Damas. Samir Kantar, assassiné en décembre 2015 dans la banlieue de Damas

Israël cible particulièrement les chefs de la résistance dans le Golan. Jihad Moughnieh sous le portrait de son père Imad, respectivement assassinés en janvier 2015 dans le Golan et en 2008 à Damas. Samir Kantar, assassiné en décembre 2015 dans la banlieue de Damas

Le 18 janvier 2015, des tirs de missile israéliens ont coûté la vie à 6 combattants iraniens et 6 combattants libanais près de Quneitra dans la région des fermes de Chebaa. Dans sa riposte aux représailles du Hezbollah survenues le mercredi 28 janvier, Tsahal a tué un casque bleu espagnol de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban). Les morts du 18 janvier comprenaient Mohammed Issa, responsable du dossier Irak-Syrie pour le Hezbollah, ainsi que Jihad Moughnieh, responsable du Hezbollah pour le Golan Syrien, fils d’Imad Moughnieh, haut commandant du Hezbollah, ayant lui-même trouvé la mort dans un attentat à la voiture piégée commis par le Mossad et la CIA à Damas en 2008.

Ces assassinats ciblés s’inscrivent clairement dans une stratégie israélienne consistant à profiter du chaos syrien pour « décapiter » le Hezbollah, son principal adversaire dans le Golan et donc le principal obstacle à l’exploitation des forages. En témoigne l’assassinat de Samir Kantar, Libanais Druze, chef de la résistance syrienne pour la libération du Golan, Dimanche 20 décembre 2015. Selon le Hezbollah, Kantar participait à une réunion visant l’organisation d’une coalition irano-libano-syrienne pour la reconquête du Golan, inspirée de la résistance à Israël dans le Sud-Liban lorsqu’il a été assassiné. L’immeuble dans lequel se tenait la réunion a été pulvérisé À plusieurs reprises, le Mossad avait tenté de l’assassiner en territoire syrien. Les leaders Druzes de Syrie, parfois réticents quant aux positions du Hezbollah, ont vivement dénoncé cet assassinat. Le nombre de victimes demeure inconnu. L’immeuble dans lequel se tenait la réunion a été intégralement pulvérisé.

L‘assassinat de Mustafa Badreddine, successeur et cousin d’Imad Moughnieh, s’inscrit également dans cette logique de déstabilisation du Hezbollah. Comme Samir Kantar, il a été pulvérisé par un raid aérien dans la banlieue de Damas, le 13 mai 2016.

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

De manière paradoxale, alors que des membres du gouvernement israélien ont officialisé l’alliance avec les factions anti-Assad, notamment dans le Golan, Israël persiste à proclamer sa neutralité dans le conflit syrien. Pourtant, des incursions dans le territoire syrien en provenance d’Israël, semblables à celle ayant scellé le sort de Mustafa Badreddine, sont récurrentes.

Dans la nuit du 27 au 28 avril 2013, l’aviation israélienne largue des bombes dans la banlieue de Damas, avant de survoler le palais de Bachar al-Assad. Elle réitère dans la nuit du 3 au 4 mai, puis cible de nouveau la banlieue de Damas le 5 mai 2013. Le 18 mars (en riposte à une attaque dans le Golan) et le 7 décembre 2014, de nouveaux bombardements ont lieu en territoire syrien. Puis de nouveau le 24 avril 2015 vers Qalamoun dans les montagnes, le 29 juillet près de Quneitra dans le Golan, le 20 août à plusieurs reprises dans le Golan.

Les bombardements israéliens ont repris le 18 février 2016 au sud de Damas, puis le 25 juillet, de nouveau à Quneitra. Le 22 août 2016, Quneitra a de nouveau été bombardée par Israël. Au moins 9 bombardements en 3 ans, voilà qui fait beaucoup pour un gouvernement affichant sa neutralité… Nul doute que la découverte d’hydrocarbures aura rajouté une pression supplémentaire dans le Golan, expliquant en partie la récurrence des frappes dans cette région.

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

Le Liban aussi est attaqué. Le 20 décembre 2015, après la mort de Samir Kantar, Tsahal a répondu à la riposte libanaise en tirant plusieurs obus dans le sud du pays. Dans l’après-midi, l’aviation israélienne a survolé Beyrouth et la côte, violant délibérément la souveraineté du Liban.

Toujours en représailles à l’assassinat de Samir Kantar, une faction du Hezbollah portant son nom a détruit un véhicule militaire israélien lundi 4 janvier 2016. Tsahal a riposté en bombardant deux villages du Sud-Liban.

Le 17 février 2016, le professeur israélo-états-unien Amitai Etzioni, ancien conseiller du président Jimmy Carter, publiait une tribune dans laquelle il suggérait de raser Beyrouth. Cette tribune n’est parue ni dans une revue satirique, ni dans un bulletin du Likoud, mais dans le journal de gauche Haaretz. Cette proposition n’avait malheureusement rien d’une plaisanterie. Ce serait pour Etzioni, la manière la plus sûre de se débarrasser du Hezbollah. Il a peut-être oublié que le Hezbollah était né précisément à cause d’une agression israélienne contre le Liban en 1982…

Du haut du Golan occupé, Netanyahou a lui-même admis la récurrence de ces frappes, lors d’un passage des troupes en revue le 11 avril 2016 :

« Nous agissons quand nous devons agir, y compris ici, de l’autre côté de la frontière, avec des dizaines de frappes destinées à empêcher le Hezbollah d’obtenir des armes pouvant changer le rapport de force »

Pour justifier ces frappes, il sort la carte de la légitime défense et de l’inversion des valeurs. Il affirme que c’est la Syrie qui

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

occupe le Golan, et que les forces de l’armée loyaliste comme de l’opposition syrienne menacent son intégrité territoriale… Pourtant, il devient de plus en plus clair, même pour les lecteurs de médias de masse comme La Croix, Libération, L’Express, Francetv, le nouvelobs, Vice News, I24News… que certains groupes djihadistes servent de sous-traitants à Tsahal dans la protection des territoires occupés par le régime sioniste dans le Golan. Israël ne veut pas d’une médiation des casques bleus dans le Golan, mais ne dit pas non à une zone tampon gérée par les émanations d’al-Nosra, comme le suggèrent les politologues Ofer Zalzberg et Cyril Roussel relayés par l’Express.

Selon le journaliste palestinien Abdel Badri Atwan, cette stratégie serait avalisée par les pays arabes opposés au régime d’Assad, sponsors officiels des factions terroristes, décidés à livrer l’intégralité Golan à Israël en échange de ses bons services, dans leur perspective commune d’affaiblissement du Hezbollah, de l’Iran et du régime syrien.

La guerre des six jours a causé la mort de 14 000 à 24 000 personnes. La guerre du Kippour a causé la mort de 13 000 personnes. L’actuel conflit syrien a déjà causé la mort de 290 000 à 400 000 personnes.

Galil Agar

(1) Nota bene. Sur le concept de « régime sioniste » et sur la notion d’objectivité :

L’emploi de l’expression « régime sioniste » peut faire débat. Une telle expression ne nuit-elle pas à l’exigence d’objectivité (terme usité à tort pour parler d’impartialité) , souvent considérée comme la pierre angulaire de l’éthique en terme d’information ? Ne rebutera-t-elle pas certains lecteurs en apportant à cet article un parfum de soupçon ? N’aurait-il pas été plus sage d’opter sobrement pour l’appellation d’origine contrôlée « État d’Israël » ?

La notion de « régime » renvoie ici à l’usage qu’en firent les néoconservateurs des années Bush Jr., (mauvais ?) élèves du philosophe Leo Strauss. Selon eux, il existerait de bons et de mauvais régimes. L’observateur critique ne doit pas s’abstenir de porter des jugements de valeur sur la nature de ces régimes, et les « bons » régimes doivent se donner les moyens de combattre les mauvais. C’est à partir de cet axiome qu’a été fondée la logique de propagande dont l’ « axe du mal » fut le pivot. Cette logique est lourdement sous-entendue lorsque les systèmes politiques iranien, syrien, autrefois irakien, sont qualifiés de « régimes » à longueur de journaux télévisés : régimes malfaisants dont les peuples doivent être libérés. Soit, prenons « les neo-cons » au mot. Ne nous abstenons pas de porter de porter des jugements de valeurs sur la nature des régimes politiques.

Qu’en est-il du sionisme ? Rien de plus contradictoire que les différents usages de ce terme. « Un sioniste est un individu qui désire ou soutient la création d’un État juif en terre d’Israël qui serait, dans le futur, l’État du peuple juif » écrit le romancier francophone israélien Avraham Yehoshua. Cette définition élude à nos yeux une donnée essentielle. Le sionisme ne comprend pas simplement la perspective de la création d’un État, mais aussi celle de son expansion continue par les moyens de la colonisation. L’expansion et la colonisation ne sont pas des dommages collatéraux. Ils sont au cœur du projet sioniste. L’ expansion territoriale est vitale pour Israël afin d’assurer sa survie énergétique. C’est la thèse principale du présent article. Le sionisme y est donc compris comme perspective d’expansion par l’occupation et la colonisation des territoires ainsi que par l’exploitation de leurs ressources. Évidemment, cette définition ne prétend pas au consensus. Elle s’assume ici dans sa subjectivité.

Cette velléité d’expansion comporte un volet idéologique et théologique. Elle vise la restauration du Grand Israël, s’étendant du Nil à l’Euphrate. Cette visée n’est un secret pour personne. Elle tire sa source d’une promesse faite par Yahvé au peuple hébreu dans l’ancien testament (Genèse XV, 18-21). Elle est mentionnée noir sur blanc dans L’État des Juifs de Theodor Herzl (1896). Elle est assumée publiquement, régulièrement et sans complexe aucun par les dirigeants actuels de l’État hébreu. Elle s’est manifestée dans les années 1980 par la publication du plan Oded Yinon, du nom de son rédacteur, fonctionnaire du ministère israélien des affaires étrangères. Ce plan envisage la balkanisation des États arabes frontaliers d’Israël en prévision de la constitution du Grand Israël. L’expression « régime sioniste » désigne donc ici le système politique œuvrant sciemment depuis Tel Aviv à l’établissement impérial du Grand Israël en s’octroyant les moyens, l’apparence et la légitimité d’un État moderne doté des ornements coutumiers d’un système parlementaire. L’État d’Israël est ici compris comme le costume d’apparat du régime sioniste.

Le romancier Avraham Yehoshua est régulièrement présenté par les médias français comme un artisan du processus de paix. Le 22 Novembre 2012, lors d’un entretien accordé au quotidien italien La Republicca, ce pacifiste a appelé Israël à « cesser de fournir de l’électricité et de la nourriture » à Gaza, enjoignant son gouvernement d’interagir avec l’enclave palestinienne comme avec un pays en guerre. Lorsque vous évoquez les plans d’expansion, c’est-à-dire de conquête, d’occupation et de colonisation constitutifs du projet sioniste, publiquement assumés par l’élite au pouvoir en Israël, un sioniste est un individu qui vous répond qu’Israël est un petit état démocratique cerné par de grands ennemis totalitaires, que chaque jour d’existence de cet état est un nouveau miracle et qu’Israël a le droit de se défendre.

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Syrie : pas d’ISIS à Hasaka, mais des soldats américains qui "conseillent" aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ?

26 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme

Syrie : pas d’ISIS à Hasaka, mais des soldats américains qui "conseillent" aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ?

Soldats américains en Syrie qui portaient des insignes de la milice kurde syrienne YPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soldats américains en Syrie qui portaient des insignes de la milice kurde syrienne YPG

 

 

COMITE VALMY

par Moon of Alabama

 

Hier, une bagarre a éclaté entre les troupes de l’Armée arabe syrienne (AAS) et les forces kurdes locales, dans la ville majoritairement kurde de Hasakah au nord-est de la Syrie. Hasakah, qui compte environ 200 000 habitants, abrite une garnison de l’Armée arabe syrienne (AAS) depuis des années. Il y a une certaine inimitié entre les Kurdes et les soldats, mais le calme règne habituellement.

 

Il y a eu déjà eu des heurts, mais c’était des rivalités locales entre les Forces de défense nationales auxiliaires syriennes et des minorités arabes locales (chrétiennes) et des gangs qui forment une force de sécurité intérieure kurde sous le nom d’Asayish. Ces combats se terminaient habituellement au bout d’un jour ou deux quand les adultes des deux camps réglaient le désaccord sur tel ou tel point de contrôle ou voie d’accès.

 

L’État islamique (en gris sur la carte) a autrefois menacé Hasakah mais le danger est maintenant écarté.

Carte via ISW

Hier, une nouvelle bagarre a éclaté, mais cette fois, elle a pris un tour sérieux. L’armée de l’air syrienne a été appelée pour contrecarrer des attaques directes contre la garnison de l’AAS et les quartiers des minorités :

 

Des avions de combat du gouvernement syrien ont bombardé des parties de la ville de Hasaka tenues par les kurdes au nord-est du pays, jeudi, pour la première fois en cinq ans de guerre civile, selon la milice kurde syrienne YPG (Unités de protection du peuple) et un groupe de surveillance....

 

Le gouvernement syrien a encore des points d’ancrage dans les villes de Qamishli et Hasaka, toutes les deux situées dans le gouvernorat de Hasaka, qui coexistent largement pacifiquement avec les parties du territoire tenues par les YPG.

 

La cause de la flambée de cette semaine n’est pas claire.

...

Xelil dit que l’artillerie des forces gouvernementales a bombardé des districts kurdes de Hasaka, et qu’il y a eu des affrontements violents dans la ville.

 

L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, qui suit la guerre à travers un réseau de militants, a déclaré que des avions de combat avaient ciblé les positions des forces de sécurité kurdes dans le nord-ouest et le nord-est de la ville de Hasaka.

 

Il semble que ces combats aient éclaté à cause de l’arrivée, pour une raison inconnue, de troupes américaines à Hasakah. L’armée américaine se plaintmaintenant que ses troupes aient essuyé des tirs de l’armée de l’air syrienne :

 

Les frappes aériennes syriennes ont eu lieu au nord-est de la ville de Hasaka, un endroit où les affrontements au sol entre les combattants kurdes des YPG et les forces du régime syrien ont augmenté. Il y avait là un petit nombre d’agents spéciaux américains agissant comme conseillers des YPG lorsque les frappes aériennes syriennes ont commencé.

 

Après que les Su-24 syriens ont commencé à frapper, les États-Unis ont immédiatement contacté les Russes, a dit Davis qui a précisé que l’aviation américaine rétorquerait si les forces de la coalition étaient attaquées.

 

Les Russes ont expliqué que ce n’était pas eux qui avaient effectué ces frappes et les États-Unis ont envoyé précipitamment des avions de chasse pour protéger les Américains et leurs alliés.

 

Quand les avions des Etats-Unis et de la coalition sont arrivés, les jets syriens étaient partis.

 


-  Pourquoi les troupes américaines, qui n’ont aucun fondement juridique pour être en Syrie, se trouvent-elles dans la ville de Hasakah ou dans sa région ?

-  Qui « conseillent-t-elles ? Et dans quel but ?

-  Pourquoi les rares conflits locaux s’enveniment-ils juste au moment où les troupes américaines arrivent dans la région ?

 

Les Etats-Unis ont la chutzpah* « d’avertir » les Syriens de ne pas défendre leurs propres troupes sur leur propre sol :

 

Des nouvelles patrouilles aériennes de combat américaines ont été envoyées sur la zone, hier, et l’ont survolée aujourd’hui aussi.

 

Davis a dit que les Syriens seraient « bien avisés » de ne pas interférer avec les forces de la coalition sur le terrain à l’avenir.

 

Les forces gouvernementales syriennes sont attaquées par les troupes kurdes qui sont « conseillées » par les forces spéciales américaines. Et, si l’on en croit le porte-parole américain, les forces de l’air syriennes n’ont pas le droit de les défendre ? Qu’est-ce que cela a à voir avec « la lutte contre ISIS » dans l’est de la Syrie, qui est soi-disant la seule raison pour laquelle les troupes américaines sont en Syrie ?

 

L’armée de l’air syrienne est revenue à Hasakah aujourd’hui et a continué de bombarder la position à partir de laquelle l’armée syrienne est attaquée. Ils ne seraient pas là sans l’accord des Russes. Est-ce que l’armée des Etats-Unis veut entamer le combat contre l’armée de l’air syrienne et ses alliés russes ?

 

Les YPG kurdes disent qu’ils évacuent actuellement les civils de certains quartiers de la ville. Ils semblent s’attendre à un conflit prolongé.

 

Tout mouvement contre l’armée syrienne à Hasakah sera attentivement examiné par Ankara. La Turquie craint, avec raison, que les États-Unis ne soutiennent l’objectif kurde d’une entité nationale kurde à cheval sur la Syrie et l’Irak. Ce qui mettrait en danger la Turquie du fait de sa propre grosse minorité kurde.

 

Si les Kurdes expulsent les forces syriennes de Hasakah avec le soutien des Etats-Unis, la Turquie saura que toutes les assurances américaines de ne pas œuvrer contre les intérêts de son allié turc sont mensongères. Cela augmentera l’animosité turque, déjà profonde, contre les États-Unis et cela accélérera ses démarches en vue d’une alliance avec la Russie et l’Iran.

 

Note : culot en Hébreu

Moon of Alabama
19 août 2016

Traduction : Dominique Muselet

Tag(s) : #Impérialisme
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Le Parisien" : Syrie, la face obscure du photographe qui a immortalisé l'enfant blessé.

25 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

 

Le petit Omrane, dont le visage ensanglanté est devenu mercredi un symbole du conflit syrien. En médaillon, le photographe Mahmoud Rslan avec des combattants rebelles de Noureddine Al-Zinki.(AFP/Mahmoud Rslan.) (Capture Facebook.)Capture d'écran du compte Facebook de Mahmoud Rslan. Le photographe apparaît au premier plan. Omar Salkho et Mohammed Mayuf sont en deuxième et troisième position (de g. à d.), au second plan. (Capture Facebook.)
Le petit Omrane, dont le visage ensanglanté est devenu mercredi un symbole du conflit syrien. En médaillon, le photographe Mahmoud Rslan avec des combattants rebelles de Noureddine Al-Zinki.(AFP/Mahmoud Rslan.) (Capture Facebook.)Capture d'écran du compte Facebook de Mahmoud Rslan. Le photographe apparaît au premier plan. Omar Salkho et Mohammed Mayuf sont en deuxième et troisième position (de g. à d.), au second plan. (Capture Facebook.)
Le petit Omrane, dont le visage ensanglanté est devenu mercredi un symbole du conflit syrien. En médaillon, le photographe Mahmoud Rslan avec des combattants rebelles de Noureddine Al-Zinki.(AFP/Mahmoud Rslan.) (Capture Facebook.)Capture d'écran du compte Facebook de Mahmoud Rslan. Le photographe apparaît au premier plan. Omar Salkho et Mohammed Mayuf sont en deuxième et troisième position (de g. à d.), au second plan. (Capture Facebook.)

Le petit Omrane, dont le visage ensanglanté est devenu mercredi un symbole du conflit syrien. En médaillon, le photographe Mahmoud Rslan avec des combattants rebelles de Noureddine Al-Zinki.(AFP/Mahmoud Rslan.) (Capture Facebook.)Capture d'écran du compte Facebook de Mahmoud Rslan. Le photographe apparaît au premier plan. Omar Salkho et Mohammed Mayuf sont en deuxième et troisième position (de g. à d.), au second plan. (Capture Facebook.)

Mahmoud Rslan, dont les images ont fait le tour du monde, ne cache pas sa sympathie pour un groupe rebelle qui a décapité un enfant, en juillet.

 

Qui n'a pas vu le visage hagard du petit Omrane, 4 ans, sauvé des décombres après le bombardement de sa maison, à Alep, en Syrie ?

Les images qui ont fait le tour du monde depuis mercredi ont été prises par un photographe syrien de 27 ans, Mahmoud Rslan.

 

Dans une vidéo tournée au moment où Omrane Dagneesh a été transporté des gravats vers une ambulance, on peut voir brièvement l'auteur des photos pointer son objectif vers le jeune blessé.

Si la portée symbolique et la véracité des clichés sont incontestables, l'homme a sa part d'ombre. Cet «activiste anti-régime» selon l'Agence France-Presse (lire le témoignage en encadré) ne cache pas sympathie pour un groupe rebelle qui a décapité un enfant en juillet.

 

Sur une photo publiée sur son compte Facebook le 5 août, il pose fièrement aux côtés de membres de Noureddine Al-Zinki, dont deux commandants du mouvement à Alep, Omar Salkho et Mohammed Mayuf. En légende, Mahmoud Rslan écrit : «La victoire vient avec la permission de Dieu».

Salkho et Mayuf sont deux des hommes impliqués dans la décapitation à Alep d'un enfant, Abdallah Issa, dont le supplice avait été rapporté à la mi-juillet. Cet acte avait suscité indignation et colère jusqu'au conseil de l'ONU, où le représentant permanent de la Syrie, Bachar Jaafari, avait abordé l'affaire le 25 juillet.

 

Diffusée quelques jours auparavant, la vidéo de l'exécution montre bien les commandants Omar Salkho et Mohammed Mayuf, même si Noureddine Al-Zinki s'est bornée à dire qu'il s'agissait d'un «abus» et d'une «erreur individuelle».

Mohammed Mayuf, même si Noureddine Al-Zinki s'est bornée à dire qu'il s'agissait d'un «abus» et d'une «erreur individuelle».

 

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Capture de la vidéo de décapitation d'Abdallah Issa. Salkho et Mayuf apparaissent en bas à droite de l'image. (Capture Al-Masdar News.)

 

Quelle est la profondeur des relations qu'entretient Mahmoud Rslan avec Nourredine Al-Zinki ? Pouvait-il ignorer le méfait du groupe rebelle au moment de publier son selfie sur Facebook ? Le photographe n'était pas joignable au moment d'écrire ces lignes. Interrogé auparavant par l'AFP sur ses photos d'Omrane, il a eu ces paroles lourdes de sens : «Cet enfant comme tous les enfants en Syrie est le symbole de l'innocence. Ils n'ont rien à voir avec la guerre».

 

«Il ne peut qu'être en relation avec les combattants»

 

Comme Reuters et AP, l'Agence-France-Presse a fait connaître au monde les photos d'Omrane. Christophe Schmidt, adjoint à la direction de l'information, explique comment l'AFP a travaillé avec Mahmoud Rslan.

 

«Nous avons un bureau à Damas qui nous permet de couvrir la zone contrôlée par le régime. Nous avons aussi un bureau à Beyrouth (capitale du Liban, ndlr) par le biais duquel nous rendons compte de ce qui se passe sur les autres parties du territoires. Nous avons enfin une spécialiste des réseaux sociaux et des UGC (contenus générés par les utilisateurs, ndlr), à Nicosie (Chypre).

 

Notre bureau de Beyrouth surveille régulièrement la production de l'Aleppo Media Center (média militant, ndlr), c'est par leur intermédiaire que nous avons découvert la photo du petit Omrane. Nous avons fait ce que nous faisons à chaque fois que nous avons affaire à ce type de contenus : contrôler l'authenticité des images et vérifier que nous ne nous faisons pas manipuler. Nous nous sommes adressés à notre pigiste photo et vidéo à Alep Est qui connaît directement Rslan. Il le décrit comme un activiste anti-régime qui travaille régulièrement avec Al-Jazira Direct.

 

Selon lui, Rslan ne participe pas à des opérations militaires, mais il fréquente des tas de combattants. Il faut imaginer le contexte de cette ville d'Alep... Tous ceux qui sont impliqués dans la collecte d'informations ne peuvent qu'être en relation avec les combattants.

 

Nous avons pu être en contact avec Rslan lui-même, nous avons pu parler via WhatsApp. Nous lui avons demandé quel était son appareil pour confronter l'information avec les métadonnées de ses fichiers photos. Nous avons également pris en compte tous les éléments disponibles dans la photo pour prouver son authenticité.

 

Selon notre collègue du bureau de Beyrouth, il semblerait qu'il y ait une campagne assez agressive de Damas à l'encontre de Rslan depuis qu'il a diffusé les photos. C'est aussi une guerre de l'information, avec beaucoup de propagande. Concernant la photo d'Omrane, nous avons considéré qu'elle avait une vraie valeur informative. Le document en lui-même est très fort.»

  leparisien.fr

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Syrie: la France pourrait être derrière le massacre à l'arme chimique de Ghouta. Par Karine Béchet Golovko

25 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Politique étrangère, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

jeudi 25 août 2016

Syrie: la France pourrait être derrière le massacre à l'arme chimique de Ghouta

 
Les rebelles modérés soutenus par les USA utilisent des gaz toxiques à Alep
 
L'insistance avec laquelle la France et le Etats Unis veulent à tout prix imputer au régime d'Assad l'utilisation d'armes chimiques contre la population syrienne est étrange. Partant du principe que l'attaque est la meilleure des défenses, l'on s'interroge sur la déclaration du représentant syrien à l'ONU accusant les services de renseignement français d'être derrière la barbarie de Ghouta, qui a permis de justifier l'opération en Syrie.
 

 
Le 21 août 2013, du gaz sarin est utilisé dans l'oasis de Ghouta, faisant plus d'un millier de morts et blessés parmi la population civile. L'arsenal chimique syrien a ensuite été détruit, la France et les Etats Unis ont immédiatement attribué cet acte ignoble au régime d'Assad et ont pu ainsi justifier la furture intervention militaire en Syrie.
 
Comme l'écrit le journal Le Point:
Bachar el-Assad est en revanche incriminé par deux synthèses des services de renseignements américains et français, publiées respectivement le 30 août et le 3 septembre 2013, pour ainsi justifier publiquement des frappes occidentales à venir. "La simultanéité de l'attaque, dans des endroits différents, réclame un savoir-faire tactique indéniable que seul le régime syrien possède", assure encore aujourd'hui Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques à la Fondation pour la recherche stratégique.
Or, le rapport de l'ONU du 12 décembre 2013 n'a "pu" établir les responsabilités, autrement dit n'a pu imputer l'acte au régime d'Assad. Et pour cause, en février 2014, un rapport du Massachusets Institut of Technology aux Etats Unis affirme lui sans aucun doute que le régime syrien n'est pour rien dans cette attaque chimique, mais il est passé sous silence en France et Fabius maintient la responsabilité d'Assad. En effet:
 
Un ancien inspecteur de l'ONU et spécialiste des missiles, Richard Lloyd, et un professeur du MIT, Theodore Postol, avaient conclu que l’attaque chimique n’avait pu être lancée que depuis une zone tenue par les milices de l’opposition.
Or, cette opposition est soutenue par les Etats Unis et la France. La presse également tient le cap:
 


C'est alors que deux évènements se croisent ces derniers jours. L'ONU rend un nouveau rapport sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie:
 
Au terme d’un an de travail, une enquête conjointe des Nations unies (ONU) et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a déterminé qu’en Syrie, les forces du président syrien Bachar Al-Assad s’étaient rendues coupables de deux attaques toxiques et l’organisation Etat islamique (EI) d’une troisième.
Dans 6 autres cas, les responsabilités "n'ont pu être établies". Soit. Nous avons pris l'habitude des "rapports d'enquête" et des "commissions indépendantes", ce qui ne peut être prouvé officiellement signifie simplement que ça n'entre pas dans la vision nécessaire du monde .
 
A cette occasion, justement, le représentant syrien à l'ONU accuse les services français d'avoir organisé le massacre de Ghouta, pour masquer un autre massacre que venait de commettre la fameuse "opposition modérée". Cette information est diffusée par la presse britanique, dans The Independant, étrangement elle n'est pas reprise par la presse française. Selon Bachar Al-Jaafari:
«L'utilisation d'armes chimiques dans la région de Damas était destinée à empêcher Oke Selstrem [chef du groupe des inspecteurs] de se rendre à Alep, car la France savait qui avait utilisé des armes chimiques à Alep. Ils voulaient empêcher Oke Selstrem d'atteindre Alep par tous les moyens, de ce fait, ils ont utilisé des armes chimiques à Damas, avec l'implication du renseignement français»
Evidement, la France considère ces accusations comme absurdes et maintient ses accusations contre Assad. Pourtant, les dernières attaques chimiques menées en Syrie, par les "rebels modérés" à Alep ne soulèvent pas l'opinion internationale qui préfère s'accrocher au portrait du petit Omrane photographié par un "rebelle" qui maîtrise bien l'art de la décapitation, mais une trentaine de morts et de blessés, bien réels, ne seront que des dégâts collatéraux. Ils ont eu la malchance d'être massacré par les "gentils", ceux qui sont soutenus par la coalition américaine, donc rien à voir, on circule:
Les militants du mouvement Nour al-Din al-Zenki ont tiré plus de sept obus sur le marché local d'al-Awamid dans la vieille ville d'Alep, dans le but de forcer l'armée gouvernementale à arrêter les opérations militaires sur la ville et d'obtenir un nouvel instrument de pression. "J'étais près de l'endroit où l'un des obus a été largué. Une autre bombe a été larguée sur le marché d'Al-Awamid. Quelques minutes plus tard, je suffoquais et j'avais des nausées, j'ai été soigné sur place, puis transporté à l'hôpital. Cela a sauvé ma vie"
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