Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

La classe politique européenne a abandonné tout intérêt national, par Sergueï Glaziev

8 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La guerre, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale

Sergueï Glaziev est un économiste russe, né à Zaporojié (Ukraine) en 1961. Il a commencé une carrière politique à partir de 1990, tantôt dans les cabinets ministériels, tantôt sur les bancs de la Douma, le parlement russe. Il est passé du camp ultra-libéral aux communistes. Allié de Vladimir Poutine qu’il conseille, il a été nommé coordinateur des agences travaillant à l’union douanière entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan. Barack Obama l’a placé dans la liste des sept premières personnes sous sanctions, en 2014.

On dispose donc ici de la vision d’un proche conseiller du gouvernement russe, ce qui permet de mieux cerner leur vision (N.B : pour Manuel Valls : comprendre ne veut pas dire approuver hein…)

Cet article, à prendre bien entendu avec recul, est en lien avec l’article suivant, vu que Glaziev accuse nos médias de nourrir la peur d’une menace russe infondée…

Source : Russia-Insider d’après Lenta, 29/03/2016

M. Glaziev, y a-t-il la moindre raison de s’attendre à la levée des sanctions américaines ? 

Les sanctions constituent l’un des éléments de la guerre hybride que les États-Unis mènent contre nous. Ils le font, non pas parce qu’ils n’aiment pas «l’annexion» de la Crimée par la Russie , mais plutôt principalement en raison de la défense des seuls intérêts objectifs et subjectifs de l’oligarchie dirigeante américaine.

Les États-Unis sont en train de perdre leur hégémonie mondiale : ils fabriquent déjà moins de produits et exportent moins de technologies que la Chine. La Chine est également en train de rattraper l’Amérique pour le nombre de scientifiques et d’ingénieurs, et nombre de technologies innovantes chinoises sont en train de s’emparer des marchés mondiaux. Le taux de développement de la Chine est cinq fois supérieur à celui des États-Unis. Le système international des entités économiques récemment mis en place en Chine illustre bien le nouvel ordre économique mondial.

Les entités économiques qui dominent aux États-Unis, au seul service d’une oligarchie financière, ont complètement déstabilisé le système monétaire et financier américain, qui fait presque défaut deux fois par an. Les causes de la crise financière mondiale de 2008 n’ont en rien disparu et la bulle de la dette américaine – pyramides financières composées de dérivés et de dette nationale – ne cesse de croître davantage de jour en jour.

Selon la théorie des systèmes, ce processus ne peut pas continuer indéfiniment. L’oligarchie américaine est désespérée d’arriver à se débarrasser de son fardeau de la dette, et c’est la raison principale pour laquelle elle mène une guerre hybride, non seulement contre la Russie , mais contre l’Europe et le Moyen-Orient.

Comme il arrive toujours dans un ordre économique mondial en mutation, le pays qui est en train de perdre son leadership tente alors de déclencher une guerre mondiale pour le contrôle de la périphérie. Depuis que les Américains considèrent l’ancien espace soviétique comme étant leur périphérie financière et économique, ils tentent sans cesse d’en prendre le contrôle.

L’élite politique américain a été élevée selon des chimères de géopoliticiens du XIXième siècle. Les étudiants américains s’imprègnent encore dans les classes de sciences politiques des fondamentaux géopolitiques anglais et allemands de leur époque. La principale question qui revient sans cesse reste comment ruiner l’Empire Russe, et ils regardent encore le monde à travers les yeux des «faucons» du XIXième siècle, quand la Grande-Bretagne a tenté de sauver son hégémonie en déclenchant la Première Guerre mondiale, puis qu’elle a perdu son empire colonial après la seconde guerre mondiale.

Voilà ce qu’étudient toujours les géopoliticiens américains dans le Département d’État et la Maison Blanche , en continuant de regarder le monde à la fois à travers le prisme de la guerre froide, et des confrontations britanniques entre la Russie et l’Allemagne au XIXième siècle ; c’est donc maintenant le tour des États-Unis de vouloir déclencher une autre guerre mondiale.

La combinaison des problèmes objectifs de l’oligarchie financière américaine et de l’étrange état d’esprit des géopoliticiens américains fait peser la menace d’un conflit mondial. Cela n’a strictement rien à voir avec la Crimée. N’importe quel prétexte fera l’affaire.

Nous devons donc agir en fonction des contradictions qui amènent les États-Unis à toute attitude agressive à risque, avec le danger d’une guerre hybride avec le monde entier. Ils ont choisi la Russie comme étant leur objectif principal, et l’Ukraine, occupée par eux, comme étant leur principal moyen de destruction.

Pour survivre dans de telles conditions, arriver à maintenir notre souveraineté et développer notre économie, nous devons construire une large coalition antimilitaire, poursuivre notre stratégie de développement prioritaire, récupérer notre souveraineté financière et économique et continuer l’intégration eurasienne. Pour éviter la guerre, nous devons réaliser l’objectif du président Poutine d’une zone de développement commune de Lisbonne à Vladivostok. Il est très important de convaincre nos partenaires européens, ainsi que nos partenaires d’Extrême-Orient et dans le Sud, que nous avons besoin de coopérer, non pas par le chantage ou bien par des menaces, mais plutôt à travers des projets mutuellement bénéfiques, en combinant nos potentiels économiques tout en respectant la souveraineté de chaque État.

 

Peut-on améliorer les relations avec l’UE et comment ? 

Une condition nécessaire pour coopérer avec l’Union européenne est qu’elle ait rétabli sa souveraineté. Le fait que des politiciens européens soient aller tenir des discours devant la foule de l’euromaïdan comprenant des nazis déchaînés a montré à quel point s’est dégradée la culture politique européenne. Les dirigeants de l’UE ne sont plus indépendants : ils sont devenus de simples marionnettes des États-Unis.

Ceci est dû à une spécificité de l’espace politique de l’UE : il est dominé par les médias américains. Ils ont ancré dans l’esprit du public tout un tas de chimères antirusses, les affolant avec une soi-disant menace russe. Leurs politiciens se retrouvent donc obligés de suivre la ligne médiatique fournie par Washington afin de pouvoir gagner des voix. Cela a conduit à la catastrophe que nous contemplons aujourd’hui à Bruxelles et dans tant d’autres villes européennes, qui se retrouvent tout d’un coup envahies par la peur que leurs gouvernements ne réussissent pas à assurer leur sécurité.

Malheureusement, la souveraineté de l’Europe ne peut être restaurée uniquement par une clarification de l’esprit du public. Ces problèmes ne sont pas apparus d’un seul coup : ils sont le résultat d’une classe politique européenne qui a abandonné tout intérêt national. L’Europe se retrouve confrontée à une période de transition très difficile, au cours de laquelle elle ne peut pas encore devenir un partenaire, mais sera simplement l’ombre de Washington.

Les Européens ont perdu leur boussole. Ils vivent dans une mosaïque, un monde fragmentaire, qui a perdu de vue le système global de relations. Mais la vie va les forcer à revenir à la réalité, et je crois que les traditions démocratiques européennes et l’humanisme européen vont jouer un rôle important dans le retour du bon sens.”

Source : Russia-Insider d’après Lenta, 29/03/2016

Traduction librement adaptée par Didier Arnaud pour www.les-crises.fr, librement reproductible en indiquant la source.

usa-guerre

 

Réponse à "La classe politique européenne a abandonné tout intérêt national", par Sergueï Glaziev

Commentaires recommandés

 

“récupérer notre souveraineté financière”

Ca implique une nationalisation de la Banque Centrale, qui est “indépendante” (des citoyens, donc dépendante des cartels bancaires) car créée sur le modèle occidental pendant l’ère de grand pillage des années Eltsine. La Russie procède par étapes, et ils ont commencé par le lancement de la carte de paiement russe (“Mir”) leur permettant d’être indépendant de Visa/Mastercard. Il y a aussi la discussion en cours d’un système de paiement international alternatif avec la Chine, permettant d’être indépendant de Swift. Sans compter l’or, que Russie et Chine amassent.

Pendant ce temps-là, les pays de l’UE sont pieds et poings liés, comme des petits esclaves : les moyens de paiement par carte sont aux mains des cartels bancaires (chantage en cas de “problème” des banques : si les Etats ne les sauvent pas, les paiements s’arrêtent, c’est la famine), et les opérations Visa/Mastercard sont faites aux Etats-Unis (fin de Visa-Europe). Dès l’abolition de l’argent liquide, l’intégralité de l’économie européenne (y compris la bouffe) pourra être interrompue, d’un clic, à Washington.

Lire la suite

Un scénario à la yougoslave : liquidation armée des Etats dans le Donbass

8 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Ukraine, #L'OTAN., #l'ONU, #le nazisme, #Terrorisme, #La guerre

Un scénario à la yougoslave : liquidation armée des Etats dans le Donbass

Un scénario à la yougoslave : liquidation armée des Etats dans le Donbass

Le 08 avril 2016

Lors du récent sommet sur la sécurité nucléaire, le président de l’Ukraine a fait une déclaration concernant ses projets d’introduire sur le territoire des Républiques de Donetsk et de Lougansk des troupes internationales sou l’égide de la mission de l’OSCE. L’idée d’une résolution du conflit par le déploiement des forces pacificatrices dans le Donbass n’est pas nouvelle et ressort systématiquement, venant non seulement de Washington ou de Kiev, mais aussi de la Russie. Sauf que Kiev est farouchement opposé à la participation des forces russes dans une telle opération.

Alors, comment cela se passerait en réalité ? Indépendamment de celui qui supervisera cette action, nous avons sous les yeux l’exemple de la Yougoslavie où il a été question d’assurer seulement la sécurité dans quelques agglomérations dans le cadre d’une mission d’observation. Par la suite les forces internationales ont reçu l’autorisation d’utiliser leurs armes et en fin du compte l’OTAN a commencé les bombardements de la Serbie. C’est la raison pour laquelle Porochenko s’oppose à la participation de la Russie dans le blocage du conflit : les forces russes ne feront pas semblant comme le fait l’OSCE que tout va bien, mais tout simplement ouvriraient le feu sur les avions qui passent à l’attaque.

Les médias ont qualifié la proposition de Porochenko de « scénario à la yougoslave ». Je vous rappelle au passage qu’un autre scénario a eu lieu en Yougoslavie, que tout le monde a l’air d’avoir oublié.

En 1991-1995 en Croatie a été fondée une République Serbe de Krajina. Bien que cet Etat eût contrôlé entièrement son territoire, eût son propre gouvernement, sa devise et son armée, fût peuplé dans sa majorité par des Serbes, la communauté internationale n’a pas reconnu son indépendance. A la différence de Kosovo.

Au début du mois d’août 1995 on a procédé à la liquidation de l’Etat de la RSK.

“L’opération militaire a duré 36 heures avec la participation de presque 150 soldats croates, appuyés de 280 chars, de quelques de centaines d’unités d’artillerie antiaérienne, de plusieurs dizaines de missiles, ainsi que des avions et des hélicoptères. Les Croates étaient soutenus de presque 25 milles militaires de l’armée de la Bosnie-et-Herzégovine dont les régiments étaient principalement composés de Crates bosniaques. En face d’eux, il y avait potentiellement 40 milles soldats de l’armée de la République Serbe de Krajina avec un appui de 10 milles Bosniaques amenés par Fikret Abdića, un séparatiste de Bosnie opposé au pouvoir musulman de la Bosnie qui travaillait souvent avec les Serbes. Les forces Serbes n’ont pas entrepris de tentatives sérieuses pour mener une controffensive.” [LINK]

Cela vous rappelle quelque chose ? Il n’est pas exclu que le pouvoir kiévien cherche à reproduire la manœuvre : frapper avec tout le potentiel à sa disposition en espérant que le monde (ou plus précisément la Russie) ne bougera pas ou plutôt n’aura pas le temps de réagir. Dans cas là, nous les accords de Minsk, les discussions avec l’OSCE ne servent qu’à masquer le fait qu’il masse ses forces armées le long de la ligne de contact.

Dawid Hudziec

Traduit depuis le polonnais par Svetlana Kissileva

Lire la suite

Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté

8 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Les média, #L'OTAN., #l'ONU, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'armée française, #le nazisme, #Terrorisme

Odessa, 2 mai 2014 :
un massacre occulté


« Qui ne connaît la vérité n'est qu'un imbécile.
Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge,
celui-là est un criminel ! »

Bertolt Brecht

(La vie de Galilée)

Qui s’en souvient en France ? Encerclés par une foule en furie, plusieurs dizaines de membres et partisans du mouvement anti-maïdan réfugiés à la maison des Syndicats, à Odessa le 2 mai 2014, sont brûlés vifs ou asphyxiés, d’autres achevés à coups de barres de fer après s’être jetés par les fenêtres pour échapper à l’incendie. Qualifiés de « prorusses », ils avaient fait l’objet d’une opération de « nettoyage » lancée à l’instigation de groupes néo-nazis qui s’étaient déjà illustrés à Kiev quelques semaines auparavant dans la pseudo-révolution orchestrée dans la capitale pour renverser par la force le gouvernement démocratiquement élu. Or, sans ces groupes, et leur encadrement comme fer de lance des manifestations, il n’y aurait jamais eu de « révolution » sur la place Maidan. Quant à Odessa, non seulement des activistes ukrainiens d’obédience fasciste ont bel et bien constitué les troupes de choc armées, cuirassées et casqués qui ont assailli puis envahi la Maison des Syndicats pour y « liquider la racaille pro-russe », comme en témoignent de nombreuses vidéos filmées par des gens n’ayant rien à voir avec le FSB1, mais le déroulement de cette opération a pu s’effectuer sans que les autorités locales n’interviennent pour y mettre fin, la police, présente sur les lieux faisant preuve d’une remarquable passivité, tandis que les pompiers dont la caserne trouvait à proximité, battaient le record de lenteur pour se rendre sur place.

Sans doute, le gouvernement de Kiev s’est-il vu obligé de procéder à quelques limogeages de responsables locaux, à commencer par le gouverneur de la région d’Odessa, sous peine de perdre aux yeux de l’étranger une légitimité démocratique déjà douteuse. Mais les coupables directs ou indirects du carnage semblent toujours bénéficier, bientôt deux ans après l’événement, d’une totale impunité. Bien plus, certains d’entre eux continuent de patrouiller et parader dans les rues d’Odessa, à pied ou en véhicules, pour poursuive la chasse aux « prorusses » et menacer les habitants de la ville qui trouveraient à y redire, et ce jusque dans les tribunaux. Résultat : les parents et amis des victimes en sont encore à attendre que lumière soit faite sur les conditions de leur disparition, terme à prendre dans les deux acceptions du terme, puisque les cadavres de certaines d’entre elles n’ont pas encore été retrouvés.

C’est afin que justice soit rendue qu’une Association des mères des personnes assassinées s’est constituée pour qu’une enquête sérieuse soit réalisée sur ce qui s’est passé à Odessa le 2 mai 2014. Une justice qui, jusqu’ici, semble malheureusement encore relever de la mission impossible. En ce domaine en effet, c’est la parodie qui prédomine. Seul un activiste « pro-ukrainien » c’est-à-dire antirusse et vraisemblablement sympathisant sinon militant de Pravy Sektpr ou Svoboda, a été poursuivi, alors que les assiégeants et les assaillants de la Maison des Syndicats se comptaient par dizaines. À l’inverse, mais de manière complémentaire, 20 manifestants catalogués comme « pro-russes » étaient mis en examen. « Enquête judicaire opaque » titrait un journaliste du Monde, journal pourtant acquis aux positions pro-européennes et néo-libérales des nouveaux dirigeants ukrainiens2. Effectivement, cette enquête traînait au point d’inciter un certain nombre de personnalités à former un « groupe du 2-mai » qui mènerait ses propres investigations. Néanmoins, bien que composé en principe de personnes de « toutes les opinions politiques » et que son travail ait été « considéré comme objectif et sérieux », selon le même journaliste qui ne précise d’ailleurs pas à qui ledit travail devait cette considération, il ne semble pas que l’éclaircissement des faits survenus le 2 mai 2014 auquel il a abouti ait donné pleine satisfaction. 

Il faut dire que la version des faits concoctée par ce « groupe du 2 mai » concordait un peu trop, n’en déplaise à l’envoyé du Monde, avec les attentes de tous ceux qui, à Odessa comme à Kiev, souhaitent que l’affaire honteuse d’un meurtre de masse perpétré par des ultra-nationalistes dans un pays européen dont on se félicite à l’étranger qu’il soit en passe de rejoindre la grande famille des « démocraties », soit au plus vite étouffée, enterrée et oubliée. Ainsi le coup d’envoi des affrontements était-il imputé aux activistes « prorusses » qui auraient attaqué une manifestation pacifique pro-ukrainienne, c’est-à-dire nationaliste, spontanément organisée par les supporteurs de deux équipes de football à l’issue un match. Les deux premiers morts de la journée proviendraient de leurs rangs, atteints par les balles de tireurs « russophiles » sans que cela soit encore prouvé. Un scénario qui n’était pas sans rappeler celui fabriqué après coup dans la foulée de la « révolution de Maïdan » avant que l’on ne découvre qu’en réalité, les snipers qui avaient tiré sur la police aussi bien que sur les manifestants le 20 février 2014 faisaient partie d’un « groupe clandestin » où « se trouvaient impliqués, directement ou indirectement, l’extrême-droite (Pravy Sektor, Svoboda) et un parti oligarchique pro-occidental (Patrie) », avec pour objectif, grâce à un « meurtre de masse perpétré sous une fausse bannière », de « l’emporter dans le conflit assymétrique de Maïdan et prendre le pouvoir en urkraine »3.

La suite du récit ne dépare pas le début. Les « deux camps » auraient ensuite « échangé des cocktails Molotov, provoquant l’incendie ravageur du fait de la quantité de combustible stockée par les anti-Maïdan dans le bâtiment »4. Enfin, les commandos munis de barres ou de battes cernant l’immeuble en flammes auraient « dans leur grande majorité essayé de sauver les personnes pris au piège » au lieu de les achever comme en attestent pourtant les scènes filmées de multiples videos.

Que le « journal de référence » que Le Monde est censé être — de révérence à l’égard des puissants, en fait — se fasse le relais des mensonges et des contre-vérités destinés à dissimuler ou travestir une réalité aussi gênante pour les nouveaux dirigeants ukrainiens que pour leurs alliés euro-atlantistes, n’a rien qui doive surprendre. La présentation unilatérale pour ne pas dire caricaturale qui en est faite, de même que celle de la pseudo-révolution de Maïdan, offre un bon exemple de ce manichéisme primaire auquel cède le complexe médiatico-politico-intellectuel de notre pays pour embrigader une opinion publique qu’ils formatent plutôt qu’ils ne la forment. On a là une fable typique de ce que peut produire ou, dans ce cas, reproduire une presse française mainstream en phase avec la réécriture de l’histoire en temps réel par les autorités officielles ukrainienne ; et ce afin de relativiser l’importance des évènements funestes qui ont endeuillé une partie de la population d’Odessa, en falsifier la signification et nier leur propre implication en plus de celle, avérée, de leurs supplétifs d’extrême-droite.

Si ce conte à dormir debout avait le mérite, comme s’en félicite notre journaliste mondain, d’écarter l’« hypothèse avancée par les médias russes du massacre délibéré »5, il ne pouvait toutefois convaincre que les gens déjà convaincus. Ce qui n’était apparemment pas le cas d’un groupe de membres du Parlement européen qui, préoccupés par l’absence de données fiables relatives au massacre, demanderont en mai 2015 au Premier ministre Arseni Iatseniouk de « tout mettre en œuvre pour rendre publics les résultats des enquêtes sur les meurtres commis sur le Maïdan et les meurtres de masse perpétrés à Odessa ». Peine perdue. Dans un rapport très critique publié en octobre 2015, les experts européens d’un comité consultatif international créé à l’initiative du Secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland, jugeaient que l’enquête menée en Ukraine, censée établir les circonstances exactes du massacre et évaluer le travail des services municipaux d’urgence le jour des troubles, « ne répondait pas aux exigences de la Convention européenne des droits de l’homme ». Bien plus, outre qu’elle ne pouvait pas « être qualifiée d’indépendante et efficace », ils estimaient que le « contexte général » qui régnait en Ukraine empêchait les enquêteurs de « réaliser de sérieux progrès dans l’élucidation de la tragédie d’Odessa ».

On comprend dès lors que les mères des victimes du carnage n’aient plus d’autre recours aujourd’hui que de s’adresser à l’ONU pour qu’il ne demeure pas impuni. D’où leur requête auprès d’une instance compétente de cet organisme en matière de protection des droits humains, mandatée pour les cas de tortures, exécutions sommaires, disparitions forcées et détentions arbitraires, pour qu’une commission internationale réellement indépendante, impartiale et objective puisse faire enfin éclater la vérité sur ce qui s’est passé à Odessa le 2 mai 2014 et que les responsables soient punis.

C’est la raison pour laquelle, une conférence suivie d’un débat s’est tenue dans les locaux de l’ONU à Genève le 21 mars 2015 au Palais des Nations, en marge des travaux du Conseil des Droits de l’Homme, avec la participations de M. Xavier Moreau, co-fondateur du site Stratpol, spécialiste des questions géopolitique, de Mme Victoria Malchulko, fondatrice et présidente de l’Association des mères du 2 Mai, témoin direct des évènements survenus ce jour-là et de Mme Elena Radzikhovskaiya, mère d’André Brazhevsky, tué lors du siège et de l’incendie de la Maison des Syndicats, toutes deux enseignantes, l’une à la retraite, l’autre en activité, et habitantes d’Odessa. Le but de cette conférence était d’une part, de retracer l’évolution de l’Ukraine depuis la «révolution» de la Place Maïdan, d’exposer l’impact sur le pays du changement de régime qui s’en est suivi, de replacer la tuerie d’Odessa dans ce contexte socio-historique, tant national qu’international, et de pointer le rôle des différents acteurs de ce drame. D’autre part, il s’agissait de faire connaître à partir de témoignages, non seulement le déroulement concret des évènements mais aussi les multiples obstacles rencontrés pour que la lumière soit faite sur les responsabilités directes et indirectes des autorités de la ville dans cette violence sans précédent à Odessa.

Il faut croire, cependant, que cette recherche de la vérité ne plaisait pas à tout le monde et encore moins l’idée de créer une commission d’enquête libérée de la pression des pouvoirs en place en Ukraine. Après la tentative d’un certain Mykola Cusin, président d’un Comité de Défense de la Démocratie en Ukraine, branche européenne du Comité des Ukrainiens d’Amérique du Nord, pour faire annuler la conférence, sous prétexte qu’elle offrirait une tribune à l’anti-américanimsme, l’antisémitisme, la russolâtrie et l’extrême droite, trois agents provocateurs dont une journaliste urkrainienne mêlée de très près aux évènements du 2 mai, sont venus jouer les agents d’ambiance à leur manière : interruptions du conférencier accompagnées d’injures à son égard, prises de paroles bruyantes sans y être conviés, discours haineux interminables… L’intention de ces perturbateurs était évidente : saboter la conférence et surtout faire capoter la projet de mise en place d’une commission d’enquête internationale. Il a fallu que je leur explique ainsi qu’à l’assistance que nous étions dans une assemblée de gens de pays civilisés et non dans la jungle qu’était devenue l’Ukraine depuis l’arrivée au pouvoir de leurs commanditaires aidés de leurs acolytes néo-nazis pour les obliger à se taire, tâche rendue aisée par les applaudissements approbateurs de la plupart des gens présents.

Le calme revenu, Mme Elena Radzikhovskaiya a pu exprimer, au nom des mères qui comme elle, ont été privées de leurs fils par ce qu’il faut bien appeler un assassinat collectif, le souhait qu’un maximum de personnes des autres pays se solidarisent avec elles pour que les coupables, quels qu’ils soient, soient identifiés, poursuivis, jugés et châtiés.

Que celles et ceux qui se refusent à rejoindre la cohorte des imbéciles ou des criminels, au sens où Bertolt Brecht les désignait, signent cet appel. Les mères des Ukrainiens assassinés le 2 mai 2014 leur en sauront gré.

 

Jean-Pierre Garnier

 

 

 

 

1 FSB : Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie Service secret chargé des affaires de sécurité intérieure. Principal successeur du KGB soviétique dissous en novembre 1991.

2 Benoît Vitkine, « Odessa, un an après le drame du 2 mai », Le Monde, 02.05.2015

3 Ivan Katchanovski, « The “Sniper’s Massacre ”in the Maidan in Ukraine » september 2015 The “Snipers' Massacre” on the Maidan in Ukraine | Oriental review. org

4 Benoît Vitkine, « Odessa, un an après le drame du 2 mai », Le Monde, 02.05.2015.

5 Ibid.

Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
 
Lire la suite

Quand France 2 et Etienne Leenhardt cherchent à paniquer la population

8 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #L'armée française

8 Avril 2016

Quand France 2 et Etienne Leenhardt cherchent à paniquer la population

La propagande de guerre, c’est ça : le 6 avril 2016, l’ouverture du JT se fait sur cette annonce pressante :

En effet, comme c’était une petite journée calme au niveau du terrorisme, ils ont dû trouver autre chose :

Pujadas, ouverture : “Bonsoir à tous. Dans l’actualité ce soir, le réarmement de l’Europe face au réveil de la menace russe. Les dépenses militaires font un bond en Pologne, en Slovaquie ou dans les pays baltes. Ont-ils raison d’avoir peur ? – Etienne Leenhardt nous répondra“.

J’ai du mal à voir en quoi une augmentation des dépenses militaires au fin fond de l’Europe mérite la Une (que n’a pas eu ce soir-là le référendum sur l’UE aux Pays-Bas, en revanche…), mais passons.

Par chance, les “journalistes” n’ont pas non plus évoqué le fait que l’industrie d’armement est aussi une des plus corruptrices au monde – ce qui ne peut évidemment avoir le moindre lien avec ce fait…

Pujadas : “Bienvenue à tous. C’est un virage pour l’Europe, après des années de baisse continue de l’effort militaire, le réarmement est en cours. C’est le cas de la France ou du Royaume-Uni, dont les budgets repartent à la hausse. Mais c’est la cas, bien davantage encore, pour l’Europe Centrale. En cause, le réveil de la menace russe.”

Reportage : “En Pologne… : total : 40 milliards d’euros (!). En Estonie, on accueille à bras ouverts les navires de l’OTAN venus en renfort dans la région (sic.).

pologne

Ca, c’est de l’information utile qui nous aurait manqué…

pologne-2

Belle fin de reportage

(Dommage, ils n’ont pas pu mettre ça vu que c’est un terroriste modéré syrien qui goûte le foie d’un soldat de l’armée syrienne (chuuuuut, on ne vous le montrera pas au JT), et pas un russe…)

Retour plateau :

Pujadas : “Bonsoir Etienne Leenhardt : ces pays d’Europe centrale ont-ils raison d’avoir peur ?

Etienne Leenhardt, directeur adjoint de l’information de France 2 : “Oui. cette inquiétude elle se comprend. Si vous êtes letton, estonien, polonais, et que vous entendez Vladmir Poutine dire “qu’il faut restaurer la puissance de la Russie dans sa zone historique d’influence”.

Je n’ai pas trouvé la source de cette déclaration – si quelqu’un peut chercher et l’indiquer en commentaire, merci.

J’ai trouvé cette interview de la BBC de décembre 2015 : Russia is not trying to bring back the USSR, but “nobody wants to believe it” […] I would like to think that there is not a person on the planet crazy enough to decide to use nuclear weapons,” he said, adding that this would lead to a “planetary catastrophe

Effrayant en effet…

Que pour la seule année 2015 vous constatez que les dépenses militaires russes ont représenté plus de 20 % du budget de l’État, que vous voyez Vladimir Poutine subtiliser la Crimée à l’Ukraine il y a 2 ans sans aucune réaction de la communauté internationale.

1/ c’est amusant, il me semblait qu’on avait lancé des sanctions contre la Russie, j’ai rêvé ?

2/ mais sinon, c’est quoi alors une “réaction” : la guerre ? Qu’il n’hésite pas, ils embauchent dans l’armée ukrainienne (90 € par mois)

3/ elle avait réagi comment la “communauté internationale” (sic.) quand, en 1954, l’Ukraine avait subtilisé la Crimée à la Russie via le dictateur communiste Khrouchtchev ?

4/ il est au courant que le parlement de Crimée a voté pour, puis la population aussi ? Et que des sondages occidentaux disent que le résultat des votes est conforme à la volonté de la population ?

Eh bien OUI, il y a de quoi être inquiet !

C’est beau la subtilité quand même…

Pujadas : “on peut effectivement parler de menace russe ?”

Leenhardt : “2 opérations militaires l’Ukraine et la Syrie, à la fois limitées mais efficaces.

Sérieusement ?

Il a vu l’armée russe opérer en Ukraine ? C’est dommage qu’en 2014, on n’arrive pas à avoir d’mages quand même… Et ils ne sont pas allés jusqu’à Kiev du coup ?

Quand au rapport avec la Syrie… Après, c’est sûr que ce n’est pas comme si on avait attaqué l’Irak ou la Libye sous de faux prétexte, ou soutenu en sous-main en Syrie les terroristes ayant abattu un avion russe…

“La Russie de Poutine a atteint un de ses objectifs : elle fait à nouveau peur.”

Tiens, celle-là je la mets direct dans mon Best-of des saloperies de “journalistes”, elle est vraiment belle.

Il aurait fait merveille dans les médias il y a un siècle, pour parler du boche. Ou en Allemagne un peu plus tard…

Et même si très peu d’observateurs pensent qu’elle ira au delà,

1. Ah, ben oui, peu se défoncent au crack, c’est sûr, et encore moins sont “journalistes” par chance…

2. ben alors, c’est quoi le micmac dont on parle depuis 3 minutes en terrorisant la population ?

notamment parce que les guerres, ça coûte cher, et que l’économie russe est au plus mal.

ah pardon, j’ai cru que c’était parce que les guerres ça tuait du monde, et que la prochaine risquera même d’anéantir l’espèce humaine – je suis bête…

Et ce n’est pas comme si la Russie avait perdu 20 millions d’habitants la dernière fois, hein… La guerre, ça les fait bien rire j’imagine…

 morts de la seconde guerre mondiale décès pertes deuxième

Donc prions pour que “Poutine” n’obtiennent pas un petit crédit Sofinco, sinon, boum, la guerre…

L’OTAN a annoncé que 4 000 seraient déployés à l’année en Europe de l’Est, pour parer à toute éventualité.

De quoi stopper net l’armée russe, c’est clair… Comme les 8 missiles Patriot polonais.

En tous cas, la Russie n’a en rien menacé la Pologne ou les pays Baltes, mais elle se retrouve avec plus de soldats juste à sa frontière – c’est subtil pour améliorer notre sécurité collective…

Une grande première depuis 30 ans. [Fin]

Ce genre de discours, il avaient en effet les mêmes en URSS durant la guerre froide…

====================================================

Eh bien voilà donc une jolie trace pour l’Histoire du niveau intellectuel du directeur adjoint de l’information d’une grande chaîne française en 2016 – je pense que ça aidera probablement les historiens à mieux comprendre ce qui s’est passé ensuite – s’il en reste évidemment…

C’est le moment où je vous renvoie au formidable discours de fin de mandat du Président Eisenhower :

“Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. Seul un peuple informé et vigilant réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la défense nationale s’ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble.” [Dwight Eisenhower, Discours de fin de mandat resté connu sous le nom du Discours du Complexe Militaro-Industriel, 17/01/1961]

Je vous ai enfin préparé une série de graphiques, que ces pantins télévisuels auraient dû faire s’ils avaient encore un peu de professionnalisme, pour informer les téléspectateurs avec quelques faits tangibles :

ue-russie-1

ue-russie-2

otan-russie-1

N.B. vous notez visuellement dans ce schéma que, par habitant, l’OTAN dépense donc en moyenne bien plus que la Russie… En fait, 980 $ contre 630 $/hbt, soit la bagatelle de 50 % de plus...

otan-russie-2

Eh oui, tu penses que les Russes rêvent d’un conflit avec une structure 7 fois plus peuplée et disposant d’un budget militaire 10 fois supérieur – qui ne ferait pas pareil ?

depenses-ue

On note qu’il n’y a que la Pologne parmi les pays cités qui augmente véritablement sur longue période ses dépenses – ce qui n’est ne rien rassurant…

====================================================

En conséquence, si tout ceci vous choque, je vous recommande vraiment de ne pas rester inactif et d’écrire (poliment…) :

 

 réponse à "Quand France 2 et Etienne Leenhardt cherchent à paniquer la population"

 

J’étais entrain de grignoter lorsque je suis tombé sur cette ouverture du journal… ma femme a cru que j’étais un poisson lune tellement mes yeux se sont agrandis à en sortir de leur orbite…
Tant de mensonges à la minutes, de contre vérités et de discours guerrier pour “affoler le lambda” qui n’a pas la capacité de réfléchir par lui même “à force d’être abreuvé par tous ces mensonges quotidiens”…
C’est pitoyable… affligeant… et dangereux/effrayant, car ils “jouent avec le feu”… le problème? ce sont “nos vies” qui sont concernées en bout de chaine… ce “pseudo” journaliste est pathétique… il devrait se voir retirer sa carte sur le champ… et par voie de conséquence, son poste…
L’idée d’en référer au CSA et au médiateur de France TV; est excellente Olivier, je suggère à toutes et à tous de le faire… Il faut qu’ils se rendent compte que les gens “ne sont pas naïfs-stupides”…

Lire la suite

La France revient définitivement dans le giron de l’OTAN.

8 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #L'armée française

La France revient définitivement dans le giron de l’OTAN.

Bonjour

La France a réintégré le commandement intégré de l’Otan en 2008. La France en 2016 se livre davantage à l’OTAN. Elle perd sa souveraineté, Alstom est bradé aux américains, les industries de défenses stratégiques passent peu à peu dans des mains étrangères, les armées de l’Axe Atlantique investissent peu à peu notre sol…

Toute honte bue, on nous montre la Russie comme notre principale ennemie ! L’Etat Islamique et les fous de dieu biberonnés au salafisme et soutenus par les Frères Musulmans ne sont donc pas la menace principale. C’est vrai qu’ils constituent les armées supplétives de l’OTAN.

Le 6 avril 2016, David Pujadas au journal de 20h de France2, ouvre celui-ci sur de la pure propagande de guerre.

http://www.dailymotion.com/video/x42pr0w_20h-f2-2016-04-06_news

http://www.les-crises.fr/quand-france-2-et-etienne-leenhardt-cherchent-a-paniquer-la-population/

Il faut faire peur et inciter la population à accepter l’OTAN sur notre sol comme seule défense nationale. Les dépenses liées à la défense nationale vont augmenter régulièrement, mais l’armée de la République va peu à peu disparaître. C’est vrai que le traité de Lisbonne - que les français ont rejeté en 2005 – reconnait l’OTAN comme seul instrument de défense. L’Union Européenne dans ses œuvres va donc donner des injonctions à la France pour accentuer la disparition de notre République indépendante.

Cordialement

Lucien Pons

La France revient définitivement dans le giron de l’OTAN.

 

Le 7 avril, la France a finalisé par voie parlementaire sa réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN en ré-adhérant au protocole visant à simplifier la vie des militaires de l’Alliance déployés en France.

«Ce texte technique constitue la traduction juridique et administrative de la réintégration du commandement intégré de l’OTAN», décidée par Nicolas Sarkozy en 2009, a déclaré au nom du gouvernement la secrétaire d’Etat à l’Egalité réelle Ericka Bareigts, à l’Assemblée nationale, qui a voté conforme le texte approuvé au Sénat le 17 mars.

 La France, qui avait quitté le commandement intégré de l’Alliance atlantique en 1966, «a commencé à accueillir de nouveau du personnel de l’OTAN dans ses quartiers généraux, mais, sans ce statut, ces officiers alliés sont confrontés à des difficultés administratives et financières qu’ils n’ont pas dans les autres pays de l’Alliance», a-t-elle précisé. Le texte, qui permet des exonérations fiscales et douanières, pourrait s’appliquer à 240 des 1 485 militaires de pays de l’OTAN actuellement déployés en France, selon le ministère de la Défense.

 

 

 

La France revient définitivement dans le giron de l’OTAN.
Lire la suite

Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

7 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Europe supranationale, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

Par Moon of Alabama le 05 avril 2016

Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

Le cessez-le feu en Syrie a tenu cinq semaines, mais il arrive maintenant à son terme. Pendant le cessez-le-feu, la Russie a réduit ses forces en Syrie et l’Armée arabe syrienne a fait des progrès significatifs contre l’État islamique. Mais l’opposition et leurs commanditaires ont utilisé abusivement le cessez-le-feu pour se réarmer. Ils ont préparé et exécuté de nouvelles attaques contre le gouvernement et les civils syriens.

Les sponsors de l’opposition, la Turquie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont livré de nouvelles armes et des munitions à l’opposition « modérée ». On sait qu’au moins la moitié de l’approvisionnement que les « modérés » reçoivent, finit inévitablement dans les mains d’al-Qaïda en Syrie. Les sponsors ont aussi brisé un tabou de longue date en introduisant des missiles anti-aériens Crédit: sur le champ de bataille. Plusieurs combattants de la brigade Al Hamza, soutenue par les États-Unis et la Turquie, ont posté des photos de leurs nouveaux jouets. Les États-Unis affirment que ces combattants sont censés ne se battre que contre l’Etat islamique. Mais l’État islamique n’a pas d’avions et ces armes sont clairement destinées à être utilisées contre le gouvernement syrien et ses partisans.

Aujourd’hui [5 avril, ndlr] Ahrar al-Sham, un groupe salafiste proche d’Al-Qaïda, a abattu un Su-22 d’attaque au sol syrien avec un MANPAD, près de la ville de Tal Eis, au sud de la ville d’Alep. Le pilote, le lieutenant-colonel Musad Zayed Hirani, a été fait prisonnier par al-Qaïda en Syrie (Jabhat al Nusra). Cet incident montre que les MANPADS prolifèrent sur le champ de bataille comme ailleurs, et pourraient bientôt être utilisés contre des avions civils au Moyen-Orient et dans le monde.

Vidéo

Le cessez-le feu en Syrie a tenu cinq semaines, mais il arrive maintenant à son terme. Pendant le cessez-le-feu, la Russie a réduit ses forces en Syrie et l’Armée arabe syrienne a fait des progrès significatifs contre l’État islamique. Mais l’opposition et leurs commanditaires ont utilisé abusivement le cessez-le-feu pour se réarmer. Ils ont préparé et exécuté de nouvelles attaques contre le gouvernement et les civils syriens.

Les sponsors de l’opposition, la Turquie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont livré de nouvelles armes et des munitions à l’opposition « modérée ». On sait qu’au moins la moitié de l’approvisionnement que les « modérés » reçoivent, finit inévitablement dans les mains d’al-Qaïda en Syrie. Les sponsors ont aussi brisé un tabou de longue date en introduisant des missiles anti-aériens Crédit: sur le champ de bataille. Plusieurs combattants de la brigade Al Hamza, soutenue par les États-Unis et la Turquie, ont posté des photos de leurs nouveaux jouets. Les États-Unis affirment que ces combattants sont censés ne se battre que contre l’Etat islamique. Mais l’État islamique n’a pas d’avions et ces armes sont clairement destinées à être utilisées contre le gouvernement syrien et ses partisans.

Aujourd’hui [5 avril, ndlr] Ahrar al-Sham, un groupe salafiste proche d’Al-Qaïda, a abattu un Su-22 d’attaque au sol syrien avec un MANPAD, près de la ville de Tal Eis, au sud de la ville d’Alep. Le pilote, le lieutenant-colonel Musad Zayed Hirani, a été fait prisonnier par al-Qaïda en Syrie (Jabhat al Nusra). Cet incident montre que les MANPADS prolifèrent sur le champ de bataille comme ailleurs, et pourraient bientôt être utilisés contre des avions civils au Moyen-Orient et dans le monde.

Vidéo

Les rebelles « modérés » d’aujourd’hui ont aussi lancé des attaques d’artillerie improvisées contre le quartier Sheikh Maqsoud, à dominante kurde, dans la partie de la ville d’Alep tenue par le gouvernement. Au moins 17 civils ont été tués et plus de 50 ont été blessés.

L’opposition « modérée » en Syrie qui reçoit le soutien officiel des Etats-Unis ne veut pas prendre ses distances vis à vis à al-Qaïda:

« Nous ne sommes absolument pas d’accord avec Jabhat Al-Nusra. Nous ne voulons pas de l’idéologie de Jabhat Al Nusra s en Syrie, ni maintenant, ni à l’avenir. Mais nous avons besoin de combattants qui se battent avec nous contre le régime », a déclaré Zakaria Malahefji, un officier politique de Fastaqim Kama Umrit, une coalition de groupes rebelles de la ville d’Alep.

« Les membres de Jabhat Al Nusra sont nos frères », a déclaré Hajj Bakri, un chef rebelle de Hama. « On n’a pas de problème avec eux. »

«Notre relation avec Jabhat Al-Nusra est bonne et nous collaborons avec Jabhat Al-Nusra dans les opérations militaires et pour assurer la sécurité », a déclaré Abou Zeid, un commandant d’Ahrar Al Sham, une milice salafiste pure et dure d’Akrad, dans les montagnes du nord-ouest de la Syrie. Ahrar Al Sham, qui est une des plus puissantes factions rebelles de la guerre, est l’allié individuel le plus important d’Al Nusra.

Tout comme l’État islamique, Al-Qaïda en Syrie ne faisait pas partie de l’accord de cessez-le feu. Les Etats-Unis considèrent officiellement al-Qaïda en Syrie comme une entité terroriste et ennemie. Al-Qaïda n’a aucun intérêt à voir la paix s’installer et le groupe fait donc de son mieux pour la saboter. Au cours des dernières semaines, il a réussi à convaincre les « modérés » de se joindre à lui pour reprendre les combats:

Confronté à une cessation des hostilités sous médiation internationale qui menace d’éroder de façon irréversible son influence, dès la mi-mars, Al-Nusra a entamé une série de pourparlers à l’intérieur de la Syrie pour convaincre les groupes d’opposition de reprendre leur lutte contre le régime. Les dernières 48 heures de progrès de l’opposition au sud d’Alep sont le signe qu’Al-Qaïda a réussi à saper le processus politique et à revenir à une situation qui se prête mieux à sa stratégie de long terme en Syrie.

Samedi, plusieurs groupes rebelles « modérés » soutenus par les États-Unis se sont joints à al-Qaïda dans une attaque contre la ville de Tal Eis, dans la campagne au sud d’Alep, qui est tenue le gouvernement :

Le cessez-le-feu partiel en Syrie semblait se déliter samedi avec de violents combats entre les forces gouvernementales et les combattants de l’opposition, y compris les membres du Front Al-Nusra affilié à Al-Qaïda, aux abords d’Alep, la deuxième plus grande ville du pays, et d’autres endroits du nord du pays.

Au moins 25 combattants pro-gouvernement et 16 de l’opposition sont morts dans des affrontements au sud d’Alep, où le Front Nusra et les milices rebelles ont capturé un village surplombant une route importante, a déclaré à Associated Press un groupe de suivi basé en Grande-Bretagne.

Un certain nombre de groupes – dont certains font officiellement partie de l’accord de cessez-le-feu – ont reconnu, sur les médias sociaux, qu’ils étaient en train de se battre contre les forces gouvernementales.

L’Armée de l’Islam, dont le coordinateur politique dirige la délégation de l’opposition pendant l’interruption des pourparlers de paix à Genève, a annoncé qu’elle avait tué 20 soldats du gouvernement dans des combats à l’extérieur de Damas, vendredi. Elle a annoncé samedi, qu’elle se battait aussi dans la campagne au sud d’Alep, bien qu’on ne pense que le groupe y ait un contingent important.

Il est donc clair que les rebelles « modérés » ont rompu le cessez-le feu et coopèrent pleinement et ouvertement avec al-Qaïda.

À moins que les sponsors de l’opposition ne parviennent à enrêner immédiatement leurs troupes par procuration, il y aura bientôt à nouveau une guerre générale en Syrie. Le gouvernement syrien et ses alliés sont en train de mobiliser plus de forces pour reprendre les zones perdues au sud d’Alep. Pour la première fois, des « conseillers » de l’armée iranienne régulière (pas la Garde révolutionnaire) prendront part aux combats. La force aérienne russe est susceptible de réintroduire en Syrie une partie du contingent qu’elle avait retiré.

Le camp russe avait convenu avec les Etats-Unis d’arrêter les combats et de suivre la voie politique par le biais des négociations à Genève. Cette décision a été prise contre la volonté du gouvernement syrien et de ses alliés iraniens. Ils auraient préféré libérer au moins la ville d’Alep de toutes les forces de l’opposition avant toute négociation.

Mais même si le cessez-le-feu se rompt maintenant, ce que les Russes ont fait aura été très utile. Cela a montré que les Russes étaient capables de faire respecter un cessez-le-feu par leurs alliés quand ils s’engagent à le faire. Cela a également montré que le camp américain, soit n’est pas capable, soit n’a pas envie de faire respecter un cessez-le-feu auquel il s‘est engagé, et, qu’au contraire, il le viole en réarmant ses mandataires pour de nouveaux combats.

La future campagne du gouvernement syrien, sera probablement, avec le plein appui de ses alliés, plus intensive que sa dernière offensive. Cette attaque avait provoqué la dispersion des rebelles, ils étaient vaincus et faisaient retraite dans plusieurs endroits quand leur fuite a été stoppée par l’accord de cessez-le-feu. La prochaine attaque sera plus intense et ne s’arrêtera pas avant que l’opposition ne soit hors de combat.

Aujourd’hui, l’armée syrienne a publié une déclaration demandant à tous les civils de quitter les zones tenues par l’opposition dans les 48 heures. La nouvelle campagne « donnera une bonne leçon » à Al-Qaïda et ses partisans, assure-t-elle.

Moon of Alabama | 4 avril 2015

Article original:http://www.moonofalabama.org/2016/04/syria-as-rebels-break-ceasefire-army-gathers-for-new-campaign.html

Traduction : Dominique Muselet

Lire la suite

Le gouvernement français soutient l'horreur nazie à l'oeuvre en Ukraine: Natacha, survivante des geôles du Pravy Sektor, viols et tortures.

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme, #L'horreur naize

A 55 ans Natacha m’arrive un matin dans nos bureaux, ce sont d’autres prisonniers torturés qui lui ont indiqué le travail que nous effectuons à DONi. Modeste et presque timide elle n’ose pas s’asseoir, je passerais plus de deux heures à écouter le témoignage effarant qu’elle me livre, l’histoire d’une simple femme pris dans le maelström des tortures et des violences du Pravy Sektor et de l’Ukraine du Maïdan brun. Ce témoignage est assurément le plus dur que j’ai eu à relever et pourtant j’en ai déjà entendu, trop entendu. Descente en enfer avec Natacha.

« Je suis née dans le Donbass et j’y ai vécu toute ma vie, je vivais dans un hameau près de Pervomaïskoe non loin de Makeevka et Donetsk. J’étais contrôleuse pour la compagnie locale de gaz et malgré que je ne me sois jamais intéressée à la politique, j’ai participé à l’organisation du référendum pour la fédéralisation de l’Ukraine au printemps 2014, il faut dire que j’étais aussi conseillère municipale de mon village. Malgré cela, quand nous avons vu les troupes ukrainiennes arriver, je ne me suis pas enfuie, je n’avais pas conscience de ce qui allait m’arriver, bien sûr j’étais pour la RPD, pour l’insurrection, mais je n’avais aucune activité subversive. J’ai continué mon travail, avec une petite moto je me trimballais sous le feu et les tirs dans tout le secteur qui m’était attribué pour couper les canalisations de gaz, souvent pendant des bombardements et j’ai fait cela jusqu’au 27 janvier 2015, jour de mon arrestation ».

« Quatre ou cinq solides gaillards cagoulés ont débarqué chez moi en hurlant, ils ont tout fouillé et n’ont rien trouvé, mais dans mon téléphone il y avait les nombreuses adresses des points de gaz à couper et des chiffres correspondants aux relevés. Ils ont décrétés que j’étais une coordinatrice d’artillerie pour l’Armée républicaine, je n’ai pas pu me défendre, les coups pleuvaient et j’ai été emmenée manu militari dans un véhicule. Ils m’avaient scotché la tête et les yeux en plus d’un sac. Durant le voyage, alors que j’étais couchée à l’arrière, un homme ne cessait de ne me questionner et de me frapper à la tête. Ils m’ont emmené dans un état-major du Pravy Sektor entre Celidovo et Novogrodovka où les tortures ont commencé »

« Je suis restée 19 jours en détention, dont sept jours sans nourriture, juste des vitamines dans un verre d’eau et 11 jours avec les mains attachées, jusqu’à ce jour j’en garde des séquelles. Ils m’ont battu à coup de bâton et à mains nues, j’ai eu quasiment toutes les dents du haut cassées par les coups. Ils me jetaient à terre et me frappaient lors de séances terribles. Je n’ai pas vu de médecin avant le onzième jour, on ne m’a pas autorisé à aller aux toilettes, je faisais mes besoins sur moi. En 19 jours j’ai perdu de nombreux kilos et je ne pouvais plus marcher. Ils m’ont cassé et retourné tous les ongles et j’ai un kyste dans le dos dû à des coups de pied. Ils m’ont aussi tailladé légèrement avec un couteau qu’ils m’appuyaient sur le front pour avoir des réponses. La nuit j’étais jetée dans un sous-sol, nous étions dans les locaux d’une mine. J’entendais les hurlements des torturés, beaucoup d’hommes mais aussi quelques femmes, ces cris résonneront toute ma vie dans ma tête ».

« Lorsqu’ils m’emmenaient, je passais devant une pièce où était allongée une jeune femme de peut-être 25 ans, elle s’appelait Carla ou Christina, quelque chose comme ça. Elle était entièrement nue et attachée sur un lit, les bourreaux venaient la violer à la ronde selon leurs envies, elle criait faiblement appelant sa mère « Mamioulia, Mamioula, ne me faîtes plus de mal, je vous en prie… », c’était terrifiant, les bourreaux m’ont dit qu’elle était une « sniper » et que je n’avais pas à en savoir plus, ils l’ont violentée encore longtemps, à la fin elle gémissait et quand ils la violaient, j’entendais les montants du lit qui percutaient le mur, je me trouvais de l’autre côté. J’ai été enfermée ensuite dans une cave, un jour, la jeune torturée avait disparu, je ne sais pas ce qu’ils en ont fait. Dans ce nouveau trou, je suis restée deux jours, il n’y avait pas de chauffage, je ne pouvais dormir à cause du froid, l’endroit était couvert de sang séché, des impacts de balles criblaient littéralement l’un des murs, c’était assurément un lieu de torture et d’exécution des prisonniers, des dizaines de préservatifs usagés pouvaient se voir partout au sol, jetés là après les viols. Il y avait d’autres filles qui hurlaient mais je ne pouvais les voir ».

« Ils m’ont sortis hagarde du sous-sol et j’ai été enchaînée dans une salle de sport où se trouvait une autre femme du nom de Galina Stepenienka. Elle avait la tête tuméfiée et m’a raconté avoir été violée et battue à plusieurs reprises par des soldats bourrés. Nous avions la défense de nous parler, sous peine de mort mais nous avons pu le faire. Je suis restée là, de temps à autre un soldat entrait pour nous donner des coups de pied ou nous insulter, j’ai reçu de la nourriture, un médecin militaire ukrainien m’a détaché les mains le onzième jour, je ne pouvais plus en faire l’usage. J’ai été conduite dans un WC mais je n’ai jamais pu me laver pendant 19 jours. Le dix-huitième jour ils ont placé dans notre salle un jeune prisonnier pas trop amoché, nous avons vite compris que c’était un faux prisonnier et un mouchard, de toute façon qu’avais-je à dire, je n’avais rien fait ! Nous entendions encore chaque nuit les cris des jeunes filles violées et torturées ou ceux des hommes que l’on maltraitait ».

« Le dix-neuvième jour, j’ai été emmenée dans un état pitoyable à Droujovka près de Kramatorsk dans une sorte d’état-major du SBU ou quelque chose comme ça. Là-bas les gens n’étaient pas cagoulés, ils ont préparé une déclaration où je reconnaissais mes activités séparatistes et le fait que je sois une coordinatrice d’artillerie, j’étais prête à tout après un traitement pareil et puis cela ne changeait rien, j’ai signé le papier. J’ai cru qu’ils allaient m’emmener en prison comme une autre femme qui se trouvait là du nom de Yulia Michiouka à Marioupol ou ailleurs mais ils m’ont libéré en pleine nuit. J’ai été reconduite en voiture par un jeune soldat ukrainien qui était effrayé par mon aspect et ce que l’on m’avait fait. Il m’a dit que le Pravy Sektor était toujours dans le secteur où j’habitais et que même si le tribunal m’avait libéré, j’allais disparaître comme beaucoup des gens de mon village, nous avions vu en effet disparaître des gens, comme Sergeï Vassilievitch Reznik, Vladimir Banderenka ou Alexandre Ouzakov et des dizaines d’autres ».

« Nous étions le 14 février, je suis rentrée chez moi avec ordre de ne plus en sortir, mais j’ai compris que je devais fuir. A cette époque, il n’y avait pas de laisser-passer et d’autorisations pour les autobus qui traversaient la ligne de front, alors j’ai pris juste mon sac à main, ce que j’avais comme argent et je suis montée dans un bus. C’était entre le 16 et le 18 février 2015, comme je n’étais pas encore « fichée » au niveau des passages, j’ai traversé la peur au ventre le front me retrouvant à Donetsk le jour même. Depuis je vis dans un foyer du gouvernement et avec l’aide humanitaire de la Fédération de Russie et celle de ma fille. J’ai retrouvé un travail comme cuisinière mais pour un salaire de 1 730 roubles à mi-temps, je survie, tous mes biens sont restés dans la zone occupée. J’ai été entendue par Charline, une Suisse de la Croix rouge et également par un commissaire de l’ONU, il y avait aussi un Français, peut-être de l’Union européenne, j’ai sa carte de visite quelque part… Une chose est sûre, ils ont entendu mon témoignage, mais je n’ai rien vu venir ».

Le témoignage de Natacha se termine ainsi à nouveau sur les traces de la Croix rouge, avec toujours et encore… Charline, avec l’ONU, avec des responsables européens peut-être de l’OSCE. En haut lieu, les autorités européennes et occidentales, sans parler de la Croix rouge, savent, ils savent donc la vérité sur les tortures, sur les viols, les exécutions. Pendant ce temps-là, des journalistes nient encore l’horreur des actes terribles commis par Kiev, son armée, ses services de sécurité et jusqu’à présent pas un des correspondants français des grandes officines médiatiques nationales n’a jamais sorti le moindre témoignage, pourtant à portée sur les crimes contre l’Humanité qui sont perpétrés par l’Ukraine dans le Donbass. Le silence continuera-t-il longtemps ?

Laurent Brayard pour DONi.Press

Lire la suite

"La future Constitution est affaire du peuple syrien", par le Président Bachar al-Assad

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

 

 "La future Constitution  est affaire du peuple syrien",  par le Président Bachar al-Assad

COMITE VALMY

1ère partie de l’entrevue accordée par le Président syrien au Directeur général de l’agence russe Sputnik [Texte intégral]


Question 1 : On parle beaucoup des réfugiés syriens, la majorité des migrants en Europe se présentant comme des Syriens, même les Pakistanais. Selon les évaluations allemandes, 77% sont sans papiers d’identité. Nous aimerions comprendre comment vous évaluez le nombre de déplacés à l’intérieur de la Syrie, ainsi que le nombre de ceux qui ont été forcés à quitter le pays et les raisons de leur fuite. Nous aimerions mettre les points sur les « i » en ce qui concerne ce sujet.

 

Le Président Al-Assad : Il n’y a évidemment pas de chiffres précis. Les chiffres sont approximatifs. Ainsi, ceux qui se déplacent à l’intérieur du pays pour se rendre chez des proches, dans d’autres villages, ne se déclarent pas en tant que réfugiés. La plupart, en quête de sécurité, quittent des zones infiltrées par des terroristes pour aller dans les zones contrôlées par l’État.

 

Ceci dit, je ne crois pas que le problème réside dans les chiffres. Le problème est que, jusqu’à présent, il n’y a eu aucun travail sérieux de la part de nombreux États. Ils traitent la question des réfugiés comme si elle ne concernait que l’étranger.

 

Certains pays européens veulent bien les accueillir pour leur assurer le gîte et des aides. Il arrive même qu’ils envoient des aides aux personnes déplacées à l’intérieur du pays. Mais cela ne résout pas le problème. Le problème fondamental est le terrorisme. Nous devons le combattre au niveau international car il n’est pas uniquement lié à la Syrie. Il sévit aussi en Irak. Il est directement soutenu par la Turquie, la famille des Al-Saoud et une partie des pays occidentaux, notamment la France et la Grande-Bretagne, tandis que d’autres se contentent de regarder sans agir sérieusement. Je pense que plus qu’une question de chiffres c’est là que réside le problème.

 

Question 2 : Je suis persuadé que vous attendez le retour des Syriens dans leur pays, ce qui pourra se faire à partir du moment où vous aurez démarré la reconstruction. Avez-vous déjà estimé l’étendue des destructions et des dommages subis par la Syrie ces dernières années ?

 

Le Président Al-Assad : Les dommages portant sur l’économie et les infrastructures dépassent deux cents milliards de dollars. Le secteur économique pourra être relevé dès que la Syrie retrouvera sa stabilité, mais la reconstruction des infrastructures exigera plus de temps.

 

Nous avons initié le processus de la reconstruction avant que la crise ne soit résolue afin de soulager, autant que possible, le citoyen syrien des dommages subis par l’économie et les infrastructures et, en même temps, diminuer l’émigration vers l’étranger, car il se peut que ceux qui souhaitent revenir soient encouragés au retour par l’espoir d’une amélioration de la situation.

 

L’émigration n’est pas uniquement due au terrorisme et à l’insécurité, mais aussi au blocus et aux sanctions occidentales imposées à la Syrie. Beaucoup de gens résidant en zones sécurisées, indemnes de terrorisme, ont émigré parce que le citoyen ne peut plus assurer les nécessités de sa vie quotidienne.

 

Par conséquent, en tant qu’État, il est impératif que nous agissions pour offrir les moyens, mêmes élémentaires, pouvant améliorer la situation économique et les services à la population. C’est ce que nous faisons en travaillant dès maintenant à la reconstruction.

 

Question 3 : La Syrie devra évidemment compter sur l’aide de la communauté internationale. Sur l’aide de qui compterez-vous pour la reconstruction du pays et comment envisagez-vous le rôle des sociétés et entreprises russes ?

 

Le Président Al-Assad : Dans tous les cas, le processus de reconstruction est un processus gagnant pour les entreprises qui y contribueront, surtout si leurs États les soutiennent en leur accordant les crédits nécessaires. Bien sûr, il est à prévoir que ce processus repose sur les trois États qui se sont tenus à nos côtés tout au long de cette crise : la Russie, la Chine et l’Iran.

 

Mais je pense que nombre d’États qui se sont positionnés contre la Syrie, et en premier lieu les États occidentaux, tenteront d’envoyer leurs propres entreprises pour participer à ce processus. Cela dit, il ne fait aucun doute qu’en ce qui nous concerne, nous nous adresserons principalement aux pays amis. D’ailleurs, ce serait assurément la réponse, politique et affective, de n’importe quel citoyen syrien que vous questionneriez à ce sujet. Il vous dira que nous réserverons le meilleur accueil aux entreprises de ces trois pays, à commencer par la Russie.

 

Quant aux infrastructures en question, elles nécessitent la collaboration de centaines de spécialités et de compétences. C’est pourquoi je crois que le champ d’action sera très large pour toutes les entreprises russes qui participeront à la reconstruction.

 

Question 4 : Monsieur le Président, nous passons aux questions politiques. Comment évaluez-vous les résultats des « négociations » à Genève sur la Syrie, lesquelles ont eu lieu la semaine dernière ?

 

Le Président Al-Assad : Jusqu’ici, nous ne pouvons certainement pas dire que quelque chose ait abouti suite à ces derniers « pourparlers » de Genève, si ce n’est que nous avons abordé des sujets fondamentaux en posant les principes de base des futures négociations, car des négociations sans principes sous-jacents se transforment en palabres chaotiques improductives, autorisant chaque partie à camper sur ses positions et d’autres États à s’ingérer indûment.

 

Nous avons donc commencé par présenter un « document de principes », mais nous n’avons encore travaillé qu’avec M. De Mistura sans entrer en contact avec la partie censée négocier avec nous. Nous devrions poursuivre les discussions et le dialogue autour de ce document lors de la prochaine session. Par conséquent, je peux dire à propos de la dernière session que nous avons initié une méthodologie susceptible d’aboutir au succès des futures négociations et que si nous la respectons, les prochaines sessions seront bénéfiques.

 

Question 5 : Je voulais justement aborder le positionnement de la Syrie lors des prochaines sessions. Quand est-ce qu’elle discutera de ladite « transition politique », laquelle amènera le sujet d’un « organe de transition » qui gouvernerait le pays ? Quel est votre point de vue sur le mécanisme adopté à cet égard ?

 

Le Président Al-Assad : Premièrement, il n’existe pas de définition d’une « période transitoire ». Ensuite, en Syrie, nous pensons que ce concept implique une transition d’une Constitution à une autre, car c’est la Constitution qui définit le système politique souhaité.

 

Par conséquent, la période transitoire doit nécessairement courir sous la Constitution actuelle. Nous ne passerons à une nouvelle Constitution qu’une fois que le peuple syrien l’aura approuvée par son vote.

 

D’ici là et selon notre perception en tant que Syriens, ce que nous pouvons faire est de veiller à la formation d’un gouvernement regroupant les diverses forces politiques syriennes, y compris celles de l’opposition et des indépendants. Une structure transitoire ou un gouvernement momentané, dont le but principal sera de travailler à la nouvelle Constitution avant de la soumettre au suffrage des Syriens et qui ne sera applicable qu’après leur approbation.

 

Rien dans la Constitution syrienne, ni dans aucune autre, ne correspond à un « organe de transition ». C’est un discours illogique et inconstitutionnel. Quels seront les pouvoirs d’un tel organe ? Comment pourrait-il gérer le quotidien des citoyens ? Qui évaluera leurs besoins ? Aujourd’hui, nous disposons d’une Assemblée du peuple [le Parlement syrien] et d’une Constitution qui dirigent le gouvernement et l’État. C’est pourquoi la solution est celle d’un « gouvernement d’union nationale » qui préparera la nouvelle constitution.

 

Question 6 : À ce stade et concernant ce gouvernement, je souhaitais vous interroger sur les modalités de sa formation. Qui le composera ? Serait-ce le Parlement élu le 13 avril prochain ou bien vous-même ? Accepteriez-vous une participation internationale à sa formation ?

 

Le Président Al-Assad : Tel est l’objectif des pourparlers de Genève, un dialogue entre Syriens pour que nous nous mettions d’accord sur la composition de ce gouvernement. Nous n’avons pas encore d’idée définitive étant donné que, mis à part certaines personnes, les autres parties n’ont toujours pas accepté ce principe.

 

Une fois que nous nous serons tous entendus sur ce principe, nous dirons comment il nous faudra l’exécuter. La logique voudrait que soient représentées les forces indépendantes, les forces de l’opposition et les forces en accord avec l’État actuel. Théoriquement, cela pourrait se faire rapidement.

 

Quant aux modalités techniques devant aboutir à la formation de ce gouvernement, comme vous le savez, existent des ministères avec ou sans portefeuille et certains y entreront sans avoir l’expérience du travail gouvernemental. Dès lors, nombre de questions devront être discutées et détaillées à Genève. Je ne pense pas qu’elles seront sources de complications insolubles, car elles sont toutes susceptibles de trouver un règlement.

 

Concernant le Parlement, il n’a aucun rôle à jouer dans ce processus qui doit être réglé entre nous et l’ « opposition à l’étranger ». Il supervise le gouvernement syrien mais ne le nomme pas.

 

Question 7 : Pensez-vous que le prochain Parlement sera de toutes les couleurs ?

Le Président Al-Assad : Cela dépend des électeurs syriens. Y’aura-t-il de nouvelles couleurs dans la société syrienne ? Il ne suffit pas qu’il y’ait de nouveaux partis, comme cela fut le cas lors des élections législatives en 2000, car il est possible qu’existent une centaine de partis sans qu’ils aient tous leurs représentants aux élections. Que souhaitera le citoyen syrien pour aller voter ? Comme vous le savez, ce sont des questions qui demandent du temps. N’importe quel nouveau parti en a besoin pour prouver le bien-fondé de son programme politique aux citoyens. Actuellement, étant donné les circonstances difficiles, il est possible qu’ils ne souhaitent pas tenter trop de nouveautés, comme il est probable que ce soit le cas quand la situation sécuritaire ira vers le mieux et que les préoccupations politiques du citoyen prendront le pas sur ses préoccupations vitales. Aujourd’hui, le citoyen syrien pense d’abord à sa vie, à sa sécurité, ensuite aux nécessités de son quotidien, aux études de ses enfants et à sa santé ; le reste est du domaine du secondaire. C’est pourquoi je ne m’attends pas à un changement radical dans l’immédiat.

 

Question 8 : Vu la situation dans sa globalité, comment croyez-vous que vos succès sur le terrain et les victoires des forces gouvernementales pourront aider la transition politique, certains étant convaincus que ces victoires consolideront vos positions lors des pourparlers de Genève, d’autres déclarant qu’elles menacent le processus politique ?

 

Le Président Al-Assad : C’est une question très importante. Il y a, en effet, ceux qui présentent le positionnement de la Russie contre le terrorisme comme un simple soutien au Président, ou au gouvernement, et donc comme un obstacle au processus politique. Ce serait vrai si nous n’avions pas été souples dès le départ et si nous nous étions vraiment butés.

 

Or, si vous reveniez sur la politique suivie par l’État syrien depuis cinq ans, vous constateriez que nous avons tenu compte de toutes les initiatives avancées par toutes les parties, sans exception, même lorsqu’elles n’étaient pas sincères ; notre but étant de ne rater aucune occasion susceptible de résoudre la crise.

 

C’est pourquoi, ma réponse à ce sujet se résumera à dire que le soutien militaire russe et le soutien des amis de la Syrie, ainsi que les victoires militaires syriennes, mèneront à l’accélération de la solution politique, non l’inverse. Nous n’avons pas modifié nos positions, ni avant, ni après le soutien russe. Nous nous sommes rendus à Genève avec toujours autant de souplesse.

 

En même temps, je dirai que ces victoires auront leur influence sur les forces et les États qui empêchent la solution, à commencer par l’Arabie Saoudite, la Turquie, la France et la Grande-Bretagne qui parient sur notre échec sur le terrain, afin d’imposer leurs conditions lors des négociations politiques. Raisons pour lesquelles, je pense que ces avancées militaires aboutiront à accélérer la solution politique et non à la menacer.

 

Question 9 : S’agissant de l’avenir, comment envisagez-vous la présence de bases militaires étrangères sur le territoire syrien ? À quelles conditions elles y resteront et est-ce que la Syrie en a besoin ?

 

Le Président Al-Assad : Si nous parlons de la période actuelle, oui, nous en avons certainement besoin, parce qu’elles sont efficaces dans la guerre contre le terrorisme. Et même si la situation sécuritaire se normalisait, la lutte contre le terrorisme ne sera ni rapide, ni éphémère. Le terrorisme s’est répandu dans cette région sur des décennies et il faudra le combattre sur une longue période. D’un autre côté, ces bases ne sont pas uniquement liées à la lutte contre le terrorisme, mais sont aussi liées à la situation internationale générale.

 

À notre grand regret, l’Occident, tout au long de la guerre froide, au-delà et jusqu’aujourd’hui, n’a pas changé sa politique. Il veut étendre son hégémonie et décider pour les autres nations. Malheureusement, les Nations Unies n’ont pas été en mesure de jouer leur rôle dans le maintien de la paix internationale. Par conséquent, tant qu’elles ne retrouveront pas leur véritable rôle, ces bases militaires seront nécessaires, pour nous, pour vous et pour l’équilibre du monde. C’est un fait. Que nous soyons d’accord ou pas, c’est actuellement une nécessité.

 

Question 10 : Des bases militaires de quels États parlez-vous exactement ?

Le Président Al-Assad : Je parle uniquement des bases russes. Nous n’avons pas de bases d’un autre État. D’une part, parce que nos relations avec la Russie datent d’une soixantaine d’années et sont fondées sur la confiance et la transparence. D’autre part, parce qu’en matière de politique la Russie s’appuie sur des principes et que nous respectons ces mêmes principes. C’est pourquoi, la présence de bases militaires russes en territoire syrien n’est pas une occupation. Bien au contraire, elle renforce nos relations, notre amitié, la stabilité et la sécurité. Et c’est ce que nous voulons.

 

Question 11 : Pouvez-vous imaginer ou accepter l’idée que le système de gouvernance de l’État syrien se transforme en un système fédéral ? Si oui, quelle forme prendrait l’autonomie kurde et quelle en serait l’étendue ?

 

Le Président Al-Assad : Du point de vue géographique, la Syrie est trop petite pour se transformer en État fédéral, elle est probablement moins étendue que la plupart des Républiques de Russie. En principe, la Syrie ne me paraît pas destinée au fédéralisme, faute de facteurs naturels pouvant justifier un tel système. Mais naturellement, en tant qu’État, nous approuvons ce que le peuple approuve, et le fédéralisme dépend de la Constitution, laquelle est soumise à l’approbation de ce même peuple.

 

Ceci étant dit, le concept de fédération kurde aurait besoin d’être corrigé. La majorité des Kurdes de Syrie veulent vivre au sein d’un État unitaire dirigée par un gouvernement central non fédéral. Il ne faut donc pas confondre certains Kurdes qui réclament un système fédéral et tous les autres Kurdes. D’ailleurs, d’autres composantes non-kurdes, aussi peu représentatives quantitativement, cherchent la même chose. Ce n’est pas pour autant que l’idée du fédéralisme soit acceptée par la majorité du peuple syrien. C’est pourquoi, je ne pense pas qu’au cas où cette idée serait soumise à son suffrage direct, elle aurait son approbation.

 

Question 12 : Mais maintenant, on parle d’une nouvelle Constitution. Êtes-vous d’accord sur le fait que la nouvelle Constitution devrait être prête en août, une date fixée par John Kerry après ses entretiens au Kremlin, alors que la position de la Russie n’a pas encore été annoncée ?

 

Le Président Al-Assad : La rédaction de la constitution pourrait être prête en quelques semaines, les experts en la matière et les propositions ne manquent pas. Ce qui prend du temps ce sont les discussions. La question devient donc : quel est le processus politique qui devrait nous mener à débattre de la Constitution ?

 

En tant qu’État, nous pouvons aujourd’hui rédiger une Constitution et la soumettre aux citoyens, mais lorsque nous parlons de « forces politiques », quelles sont-elles ? Nous ne le savons toujours pas. Nous posons la question à M. De Mistura, il ne le sait pas ! Même les Américains ne savent pas, tandis que l’Occident, par moments, ainsi que certains autres États, notamment l’Arabie saoudite, veulent restreindre toutes les autres parties au seul « groupe d’opposants de Riyad », lequel comprend des membres terroristes, dans le but de donner une image unique de l’opposition avec laquelle nous serions censés négocier une Constitution. C’est une opposition qui n’existe pas en Syrie. À part cela, le délai du mois d’août est correct et suffisant.

 

Docteur Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne
30/03/2016

Source : SANA [Syrian Arab News Agency], 1ère partie.
http://sana.sy/ ?p=361365

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal

Lire la suite

Le courage de quitter l’OTAN, par Joseph Macé-Scaron

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE

Le courage de quitter l’OTAN

Vendredi 26 Juin 2015 à 5:00

Joseph Macé-Scaron

A NSA écoutait trois de nos présidents et il faudrait ne rien dire ? Passer son chemin ? Au contraire, il faut avoir la volonté politique d’engager une de ces grandes querelles sans lesquelles un pays finit par sortir de l’Histoire. Il faut avoir le courage de quitter l’OTAN. Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches.

DOULIERY-POOL/SIPA

DOULIERY-POOL/SIPA

Donc les renseignements américains espionnaient les trois derniers présidents français et voilà ceux qui se croient toujours plus malins, tous ces beaux esprits ricanant en permanence comme ces masques de comédie, qui entonnent en choeur : « C’est normal, on le savait ! ». Cynisme à deux balles, machiavélisme de comptoir, pragmatisme pour les nuls. Il y a un gouffre entre surjouer la surprise et accepter l’hubris américaine comme s’il s’agissait d’un simple accident de parcours. « On ne va pour autant entrer dans une crise » a tempéré Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement devenu en un instant le porte-serviette de l’administration américaine, prétextant qu’il y avait assez de crises dans le monde pour ne pas en ouvrir une autre. Quel argument !

A Marianne, nous avons interrogé bon nombre d’experts en expertologie sur cette question qui — excusez du peu — porte atteinte à notre souveraineté nationale. Et le pire, y compris lorsqu’il s’agit de collaborateurs ou de ministres d’anciens chefs d’Etat, a été d’entendre cette pathétique réponse : « Ecouter Hollande, quand même, quelle drôle d’idée ! » Comme si le problème était d’espionner une personnalité et non d’écouter le président de la France, comme si l’on pouvait se tirer d’affaire avec une petite blague.

Alors, oui, il ne faut pas craindre de souligner que l’affaire est, aujourd’hui, grave et même très grave. Alors oui, ces révélations tombent au plus mauvais moment pour le gouvernement français obligé d’adopter une pudeur de violette en raison de sa loi sur le renseignement. Alors oui, espionner Angela Merkel, Jacques Chirac ou François Hollande ne relève pas de la lutte antiterroriste, pas plus que de recueillir des informations sur Airbus. Cela relève plus trivialement de la certitude que l’administration américaine s’arroge tous les droits, y compris ceux de s’essuyer les pieds sur les autres nations prétendues « alliées ». Et que l’on ne vienne pas, une nouvelle fois, nous refaire le vieux coup de « l’antiaméricanisme primaire » pour justifier toutes nos faiblesses, légitimer tous nos renoncements. Et que surtout l’on ne nous fasse plus jamais la leçon si l’on évoque, encore une fois, la possibilité d’offrir l’asile politique et même d’accorder la nationalité française à Edward Snowden et Julien Assange. La servitude volontaire d’une partie de nos élites trouve ses limites dans cette agression. Imagine t-on une seule seconde le scandale si l’on avait non pas appris mais révélé, preuve à l’appui, que nos plus hautes instances gouvernementales étaient espionnées par la Russie de Poutine ?

Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il faut avoir la volonté politique d’engager ici une grande querelleFace à cet acte fort, il convient d’adopter des réponses fortes. La première et la plus logique est l’arrêt immédiat de cette ténébreuse affaire que nous avons dénoncé dans Marianne il y a plus d’un an : le fameux et fumeux traité de commerce transatlantique (Tafta) entre l’Union européenne et les Etats-Unis qui fait la part belle aux multinationales. Après ces révélations, il est désormais clair n’en déplaise à tous les « lou ravi » de l’atlantisme que nous sommes en guerre économique avec les Etats-Unis. Il y va de notre survie car cette guerre n’est pas moins offensive que celle que nous mène la Chine. Une guerre totale puisqu’elle veut faire porter le poids des turpitudes de l’économie financière américaine sur les épaules du monde en général et de celles de l’Europe en particulier.

Il faut avoir le courage de quitter l’OTAN. C’est le second acte fort. Commençons par adopter sans tarder la politique de la chaise vide pour la prochaine réunion de l’organisation. Il faut avoir la volonté politique d’engager ici une de ces grandes querelles sans lesquelles un pays finit définitivement par sortir de l’Histoire. Ce gouvernement a déjà raté une occasion en ne s’engageant pas clairement derrière le peuple grec préférant laisser opérer la patronne du FMI, Christine Lagarde, bien moins clémente et accommodante avec la Grèce qu’elle ne le fut jadis avec Bernard Tapie.

Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il est grand temps d’arrêter d’être les béni oui-oui, les gentils membres d’une organisation présidée par un Etat qui mène contre nous une offensive économique sans précédent. Se retirer du commandement intégré serait aussi l’occasion de dénoncer cette forfaiture d’un OTAN prenant progressivement la place de l’ONU dans la marche du monde en méprisant les droits les plus élémentaires des nations et en propageant le désastre et le chaos. Vaste programme, aurait dit une de nos plus hautes figures politiques qui, elle, ne craignit pas jadis de claquer la porte alors que s’aplatissaient toutes les importants de ce pays.

Lire la suite

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #Trahisons, #L'armée française

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

Mercredi 20 Janvier 2016 à 12:58

Bruno Rieth

Le gouvernement, très discrètement, a déposé un projet de loi qui prévoit la réintégration totale de la France dans l'OTAN. Sarkozy avait commencé le travail, Hollande rompt définitivement avec la tradition d'indépendance de la France en matière militaire.

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

OLIVIER DOULIERY-POO/SIPA

"Dans toute démocratie digne de ce nom, de tels arbitrages auraient été rendus après un vaste débat dans le pays", lançait à la tribune de l'Assemblée Nationale fin 2008, François Hollande, alors premier secrétaire du parti socialiste, pour défendre une motion de censure portée par le groupe socialiste (voir vidéo ci-dessous). L'objet de son courroux ? La décision du président Nicolas Sarkozy d'entamer des négociations pour opérer le retour de la France dans la commandement intégré de l'OTAN.

On pouvait lire sous la plume des auteurs de cette motion qu'ils souhaitaient ainsi "éclairer les Français sur la dangereuse rupture que sont en train d’opérer le président de la République et son gouvernement avec le consensus national qui prévalait sur les principes d’indépendance militaire et stratégique de notre pays." Mais ça c'était en 2008, avec un François Hollande en animateur de l'opposition. Car comme l'a repéré le Canard enchainé dans son édition publiée cette semaine, la France, sous l'impulsion de l'actuel locataire de l'Elysée, s'apprête à réintéger l'ensemble des instances militaires de l'Alliance. Ce que Sarkozy avait commencé, Hollande est bien parti pour le finir en beauté. Selon le palmipède, le 4 janvier, le Conseil des ministres a ainsi donné en toute discrétion son accord sur un projet de loi "autorisant l'accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu du Traité de l'Atlantique Nord", déposée dans la foulé à la Présidence du Sénat.

En clair, de revenir pleinement dans le giron de l'OTAN.

Extraits du discours de François Hollande (PS) devant l'Assemblée nationale LEMONDE.FR | 08.04.08 |

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, s'est exprimé, mardi, devant l'Assemblée nationale, pour défendre la motion de censure déposée par son groupe à l'encontre du gouvernement. Bien que cette motion ne concerne que l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan et l'entrée de la France dans le commandement opérationnel de l'OTAN, M. Hollande a souligné qu'elle aurait pu concerner beaucoup d'autres domaines de la politique menée par le gouvernement. M. Hollande a mis en garde la représentation nationale envers les risques "d'enlisement" de la coalition et l'a appelée à revoir sa stratégie dans le pays, en y renforçant les investissements civils qu'il juge insuffisants.
Toutes les vidéos Toutes les vidéos

http://video2007.over-blog.com/

Une absence de communication que l'on comprend aisément au regard de la rupture historique, entamée déjà sous Sarkozy, que s'apprête à acter l'actuel gouvernement avec cette longue tradition d'indépendance de la France en matière militaire.

Le 7 mars 1966, trois mois après sa réélection, Charles de Gaulle annonce au Président des Etats-Unis Lyndon Baines Johnson le retrait de la France de l'OTAN. "La France considère que les changements accomplis ou en voie de l’être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l’évolution de sa propre situation et de ses propres forces ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d’ordre militaire prises après la conclusion de l’Alliance", explique ainsi de Gaulle à son homologue américain. Et de préciser que la France "se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN".

La souveraineté militaire de la France, c'est ce que s'apprête donc à brader le gouvernement de Manuel Valls pour des motifs bien étranges. Dans le projet de loi déposé le 4 janvier, il est ainsi écrit qu'"en 2009, la France a décidé de réintégrer la structure de commandement de l'OTAN. En conséquence, elle a recommencé à accueillir du personnel de l'Organisation dans ses quartiers généraux militaires sans que ses QG ne bénéficient toutefois d'aucun statut international. Seuls des arrangements de circonstance ont permis jusqu'ici l'accueil de personnels de l'OTAN dans les QG situés sur le sol français. L'attractivité du territoire français s'en trouve affectée de même que l'influence française au sein des structures de commandement." On ne comprend pas bien ce que vient faire l'"attractivité" dans cette histoire, à moins de considérer des forces armées, qui pourront ainsi se balader sur le territoire national, comme des touristes lambdas... Quant à l'influence de la France sur l'OTAN, elle n'en a jamais eu autant que lorsqu'elle suivait sa propre voie.

"Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il est grand temps d’arrêter d’être les béni oui-oui, les gentils membres d’une organisation présidée par un Etat qui mène contre nous une offensive économique sans précédent. Se retirer du commandement intégré serait aussi l’occasion de dénoncer cette forfaiture d’un OTAN prenant progressivement la place de l’ONU dans la marche du monde en méprisant les droits les plus élémentaires des nations et en propageant le désastre et le chaos. Vaste programme, aurait dit une de nos plus hautes figures politiques qui, elle, ne craignit pas jadis de claquer la porte alors que s’aplatissaient toutes les importants de ce pays", écrivait Marianne en juin 2015, lors de la révélation des écoutes de la NSA dans une chronique intitulé : "Le courage de quitter l’OTAN".

Ce rôle de caniche fût un temps occupé par un autre social-démocrate, Tony Blair en l'occurence, fonçant tête baissée dans une guerre irakienne injuste, basée sur un mensonge contenu dans une petite fiole brandie devant l'ONU. Voilà que la France s'apprête à prendre le relai. Quelle étrange ambition que celle de notre président de la République...

Lire la suite