Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

services publics

Perturbation à la SNCF et privatisation des services d'électricité. Par Karine Bechet Golovko

30 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Services publics

lundi 30 juillet 2018

Perturbation à la SNCF et privatisation des services d'électricité
 
 
 
Sous l'impulsion de l'Union européenne, les services publics doivent être privatisés et les entreprises publiques passer dans le privé. Car, comme chacun le sait, seul le privé est apte à gérer de manière adéquate le marché et tout est marché. Même et surtout l'Etat. La perturbation monstre qui touche la gare de Montparnasse en raison d'une mauvaise gestion du système d'électricité par l'opérateur privé RTE en est la preuve. Tout est marché, mais ce n'est pas plus efficace pour autant.
 
 
Les voyageurs qui ont eu, comme moi, la bonne idée de devoir prendre un train à Montparnasse ont apprécié la panique générale qui s'est développée dans les transports ferroviaires au départ de cette gare. En fait, surtout au départ d'Austerlitz, totalement dépassée par les évènements. Des gilets rouges font ce qu'ils peuvent, chacun monte comme il peut dans des trains qui vont plus ou moins dans la direction où ils doivent aller. Surcharge des trains, des heures de retard ingérables et en cascade, dans une chaleur étouffante. Cela a des relans de déclaration de guerre, de fuite ... vers les vacances, loin de la région parisienne.
 
Et cette fois-ci, la grève n'y est pour rien. Cette grève qui a été lancé contre la réforme de la SNCF devant conduire à terme, ne nous fermons pas les yeux, à sa privatisation. Car tout ce qui est privé est plus efficace, plus rentable, c'est l'avenir d'un monde merveilleux et glorieux, débarrassé de l'Etat. C'est d'ailleurs dans cette logique que la gestion de l'alimentation électrique a été transférée à une structure "autonome", de l'Etat et de la SNCF, la RTE. Comme l'affirme le site: 
Notre mission : entretenir, exploiter et développer le réseau de transport d’électricité de manière strictement équitable et non-discriminatoire pour tous les acteurs du système électrique. Le but : préparer l’ouverture du marché de l’électricité. Nous sommes alors un service indépendant d’EDF, avec une gestion, une comptabilité et un management séparés.
Une gestion équitable, c'est beau et ça ne veut rien dire, donc ça n'engage en rien. Sauf à la phrase suivante: l'ouverture du marché, donc la privatisation. En 2005, une personne morale autonome est créée, bref une entreprise privée. 
 
Déstructurer, disjoindre les chaînes de prises de décisions, sortir par morceaux de la sphère publique. Tel est le véritable but. Car a priori, c'est plus efficace. Résultat: la gestion de l'alimentation en électricité de la gare de Montparnasse n'a pas été assurée selon les garanties prévues dans l'accord et la SNCF va se retourner contre RTE car: 
Aucune des trois sous-stations n'était opérationnelle après l'incendie. 
Quid de l'efficacité?  De ce marché infaillible à résoudre tous les problèmes? Que dis-je, à les prévoir même. Comme nous pouvons le lire sur le site de RTE:
Nous avons poursuivi notre mission en aiguillant les flux d’électricité sur le réseau à chaque instant, pour garantir une sécurité d’alimentation maximale et au moindre coût pour nos clients et pour la collectivité. Nous avons assuré la maintenance du réseau de transport d’électricité partout en France. Pour répondre aux besoins de nos clients et de la collectivité, nous l’avons renforcé et l’avons fait évoluer : développement de liaisons souterraines, accueil des énergies éoliennes et photovoltaïques, liaisons transfrontalières avec nos voisins européens, etc.
Il est temps de sortir des slogans pour s'occuper de la réalité. Et sans l'Etat, ce n'est pas possible. 
 
Lire la suite

Notre «Sécurité Sociale» vient d’être affaiblie en devenant «Protection Sociale» en toute discrétion pendant l’affaire Benalla !

26 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Services publics, #La lutte des classes

Notre «Sécurité Sociale» vient d’être affaiblie en devenant «Protection Sociale» en toute discrétion pendant l’affaire Benalla !
 
 
 

L’amendement étendant le périmètre du financement de la Sécurité sociale à la protection sociale a été adopté jeudi soir.

Malgré l’opposition à l’Assemblée nationale de députés de gauche comme de droite, l’amendement n° 1521 déposé par le député LaREM de l’Isère, Olivier Véran, visant à élargir le champ du financement des lois de financement de la Sécurité sociale à celui de la protection sociale a été adopté dans la nuit de jeudi à vendredi. À la suite de l’émotion provoquée par la première version du texte, qui remplaçait purement et simplement les termes de « Sécurité sociale » par ceux beaucoup plus vagues de « protection sociale » à plusieurs reprises, l’élu En marche avait soumis à l’Assemblée nationale une deuxième mouture de cet amendement au projet de loi constitutionnelle, faisant cette fois-ci coexister les deux expressions. L’objectif, assure-t-il, consiste uniquement à faire rentrer la dépendance dans le giron des lois de financement de la Sécurité sociale.

Des précautions sémantiques et des déclarations d’intention qui n’ont pas franchement rassuré les défenseurs du modèle historique de la Sécu. « La démarche dans laquelle vous nous engagez vise à sortir la question de la perte d’autonomie des logiques actuelles de la Sécurité sociale et à imaginer peut-être d’autres types de financement – dont nous ne savons rien, car le texte ne les précise pas –, ainsi que d’autres philosophies régissant le système de protection sociale », s’est inquiété le député communiste Pierre Dharréville, en amont du vote.

Des appels de plusieurs députés à reporter le vote

« Or la protection sociale peut être assurée par plusieurs organismes, dans le cadre d’une concurrence libre et non faussée. Nous ne pensons pas que ce système puisse apporter de solution sérieuse et viable aux questions liées notamment à la perte d’autonomie », a-t-il précisé. « Vous souhaitez faire évoluer le financement de la protection sociale au sens large : alors qu’il repose aujourd’hui, essentiellement, sur le versement de cotisations sociales assises sur les revenus du travail, vous entendez le faire basculer vers la fiscalisation et la solidarité nationale, à la charge de tous », a renchéri la députée FI Danièle Obono dans l’Hémicycle, accusant en outre la majorité « d’habiller cet objectif » avec cette nouvelle rédaction édulcorée du texte. Ignorant les appels de plusieurs députés – notamment Dominique Pottier, élu Nouvelle Gauche, et Marc Le Fur, député LR – à reporter le vote en raison des nombreuses incertitudes soulevées par cet amendement, la majorité a donc adopté ce texte qui semble ouvrir une boîte de Pandore en étendant ainsi le périmètre du financement de la Sécurité sociale à la « protection sociale obligatoire », un concept qui reste à être défini « par une loi organique ».

Loan Nguyen

Lire la suite

Privatisation des barrages français: un acte de haute trahison. Par Bertrand ROUZIES

9 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La haute trahison, #l'horreur économique, #Services publics

Privatisation des barrages français: un acte de haute trahison
Le gouvernement Philippe, naufrageur de l’intérêt général, a capitulé sans combattre devant une vieille exigence de la Commission européenne. La France sera le seul pays européen à affaiblir un secteur vital en pleine phase de transition vers un nouveau modèle énergétique. Un crime irrémissible contre l’avenir.
Conduite forcée du barrage du Pouget (Aveyron, vallée du Tarn). © EDFConduite forcée du barrage du Pouget (Aveyron, vallée du Tarn). © EDF
Il fallait s’y attendre. Confier la clef des communs à un transfuge de la banque Rothschild et à un ancien directeur des affaires publiques (autrement dit lobbyiste) d’Areva pour contrer une idéologie d’extrême droite dont on voit bien qu’elle infuse bien au-delà du parti qui l’incarne et s’accommode volontiers du régime néolibéral, sinon l’étaye, c’est comme affecter Renard le goupil et Grimbert le blaireau à la garde de la bergerie pour décourager les entreprises d’Ysengrin le loup : la tentation est trop forte, pour chaque prédateur, de se payer sur l’agneau, en bonne entente avec les autres.

 

Histoire d’une forfaiture politique

Le 7 février dernier, le gouvernement Philippe, après avoir fait savoir en automne 2017 à l’interfédérale des salariés du secteur hydroélectrique français qu’il ne trouvait rien à redire au principe, a donc acté la privatisation. D’ici 2022, 150 des plus grands barrages (plus de 20 mètres de haut) devraient être vendus, pour une puissance totale de 4,3 GW équivalant à celle de trois réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Le reliquat du parc public, sauf effondrement global, sera mis à l’encan avant 2050. EDF, société détenue à 83,5 % par l’État, gère 85 % des 433 concessions du pays (une concession représente un ou plusieurs barrages raccordés à une même centrale électrique). Engie et des structures régionales comme la Compagnie nationale du Rhône ou la Société hydroélectrique du Midi se partagent les 15 % restants.

Centrales hydrauliques en France. © EDFCentrales hydrauliques en France. © EDF
Cela faisait dix ans que la Commission européenne réclamait cette privatisation, avec un acharnement spécial et suspect de la part de la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager depuis sa nomination en 2014. Macron et Philippe l’ont signée, sans l’ombre d’une hésitation. Il s’agit de mettre fin à l’abus de « position dominante » d’EDF, incompatible avec l’article 106 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. On n’est plus à une incohérence près. Le secteur nucléaire, réputé stratégique mais en faillite, on n’y touche pas ; en revanche, le secteur hydroélectrique, très profitable mais réputé non stratégique par notre tandem, on peut le vendre à la découpe. Les charognards rôdent depuis longtemps et se sont fait connaître : E.ON (Allemagne), Enel (Italie), Vattenfall (Suède) et Alpiq (Suisse), entre autres. Sous la mandature présidentielle précédente, certains avaient au moins fait mine de résister. Les ministres socialistes Delphine Batho et Ségolène Royal, par exemple, avaient tenté de trouver un moyen terme en proposant de créer des sociétés d’économie mixte pour opérer les petits barrages : la puissance publique y aurait conservé une minorité de blocage de 34 % pour encadrer les éventuels repreneurs privés. Le 16 mai 2014, un décret, le no 2014-479, avait même étendu à de nouveaux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique les pouvoirs du décret no 2005-1739, qui portent sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques. Delphine Batho eût souhaité une renationalisation d’EDF, idée hérétique que Bercy s’empressa d’étouffer dans l’œuf. Vains contre-feux. En juin 2015, la Commission européenne, pas dupe de ces manœuvres, a estimé qu’elles contrevenaient à son credo de la concurrence « libre et non faussée » et a sommé Paris « d’accélérer l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques ». Notons au passage que, dans la phraséologie néolibérale, la concurrence « libre et non faussée » ne s’applique qu’au secteur économique – avec les nombreuses exceptions que l’on sait – et pas à la compétition électorale, où les rabais arrangeants sont tolérés.

 

Le gouvernement Philippe avait une arme pour s’opposer à la Commission, ce décret n° 2014-479. Il n’en a pas usé et a même appuyé sur l’accélérateur. Le scandale n’est pas tant que la France soit le seul pays d’Europe auquel on ait demandé de privatiser ses barrages, mais qu’un gouvernement français ait accédé à cette demande le plus servilement du monde, comme si le secteur hydroélectrique n’était pas lui aussi stratégique, ne fût-ce que pour honorer les engagements de la COP21. En Allemagne, les concessions sont déléguées aux Länder et la Slovénie a constitutionnalisé un « grand service public de l’eau ». Hors UE, en Norvège, qui tire 99 % de son électricité des barrages, les licences hydroélectriques ne sont accordées qu’à des opérateurs publics.

Poule aux œufs d’or et indispensable force d’appoint 

Il faut dire que pour la concurrence si chère à Margrethe Vestager, les barrages français, avec leur excédent brut de 2,5 milliards d’euros par an, dont la moitié revient aux collectivités locales, leur masse salariale faible (21 000 salariés) et leurs installations amorties depuis des lustres, sont une proie de choix. La bête, de surcroît, a été techniquement affaiblie dès avant que la Commission ne revînt à la charge, par un certain… Emmanuel Macron : une de ses premières grandes décisions et son premier grand acte de trahison comme ministre de l’économie aura été d’autoriser l’investissement de l’Américain General Electric dans Alstom. General Electric est à présent actionnaire à 50 % de la branche énergie d’Alstom, qui ravitaille en pièces essentielles les centrales nucléaires (turbines Arabelle de Belfort) et les barrages… Dans l’usine GE-hydro de Grenoble, un plan social de 345 postes (sur 800) assombrit l’avenir du site. Depuis plus d’un siècle, forte d’un savoir-faire unique et mondialement reconnu, cette usine fabriquait sur mesure les turbines des grands barrages français et en assurait la maintenance. En plus d’avoir fourni 25 % de la puissance hydraulique installée dans le monde (dont le barrage des Trois-Gorges en Chine, qui n’est sans doute pas son meilleur motif de gloire) et permis l’essor industriel des Alpes françaises, ses carnets de commandes sont pleins. Oui, pleins ! La décision de GE et le silence du gouvernement sur ce dossier, Nicolas Hulot inclus (les couleuvres, à force, lui sortent par la bouche), sont incompréhensibles, à moins d’y voir une volonté délibérée, d’abord subreptice, désormais frontale, de saborder un secteur vital, de la manufacture aux usages.

Car le secteur hydroélectrique est vital, comme le rappelait Martine Orange en novembre 2015. Il représente 12,5 % de la production d’électricité française, près de 70 % des énergies renouvelables. C’est l’électricité la moins onéreuse : de 20 à 30 euros le MWh. Les centrales hydroélectriques fournissent 66 % de la capacité d’appoint rapide lors des pics de consommation (le reste est assuré par les centrales thermiques). Les barrages, par leurs réserves d’eau, compensent l’intermittence des autres énergies renouvelables et, inversement, en cas de surplus de production de ces dernières, reconstituent leurs stocks par pompage. Par ailleurs, certaines installations complexes, avec conduite forcée et vastes lacs de retenue, nécessitent des compétences particulières et un sens avisé de la coordination avec les collectivités locales bénéficiaires, et ne supportent pas l’amateurisme.

Plaquette EDF expliquant le fonctionnement du groupement de barrages associés à la centrale du Pouget (Aveyron). © EDFPlaquette EDF expliquant le fonctionnement du groupement de barrages associés à la centrale du Pouget (Aveyron). © EDF
Enfin, la bonne gestion du niveau des fleuves et rivières est essentielle pour le refroidissement des centrales nucléaires, implantées majoritairement sur des cours d’eau jalonnés de barrages. On ne peut « arrêter le nucléaire » comme on mouche une chandelle. On peut (on doit) geler la construction de nouvelles centrales, on peut (on doit) les faire démanteler par les nucléocrates, qui seraient malvenus de nous accuser de les envoyer à une mort certaine sans se récuser, mais on a l’obligation vis-à-vis des générations futures d’entretenir et de surveiller sur une échelle de temps inédite les sites de production et de stockage. Nous sommes condamnés à accompagner l’interminable agonie de l’industrie nucléaire et le secteur hydroélectrique est partie prenante de cette veillée cauchemardesque. Les deux secteurs sont donc liés stratégiquement et, en l’occurrence, puisqu’il y va de la sécurité collective et même globale, puisque les pollutions nucléaires ignorent les frontières, affaiblir le secteur des barrages est un crime contre l’avenir et contre les nations.

 

 

Répartition des parts de production d'énergie en France. © EDFRépartition des parts de production d'énergie en France. © EDF

 

Planification d’un désastre

Philippe comme Macron ne peuvent ignorer les méfaits et les dangers mortels de l’immixtion de la concurrence dans les secteurs vitaux. Nous ne citerons que l’inquiétant précédent de la grève de la maintenance organisée par General Electric, justement, dans les centrales nucléaires françaises. L’épisode est rappelé par Pierre Gilbert, dans un article très complet sur la question de la privatisation des barrages. C’était en février 2016. General Electric, par le moyen d’une grève « prenant en otage » (salauds de patrons !) toute une industrie sensible, sans que BFMTV ait daigné faire un micro-trottoir auprès des usagers et éventuels riverains que nous sommes, a cherché à obtenir et a obtenu d’EDF, après plusieurs centaines d’incidents, des conditions plus avantageuses (en termes de responsabilité financière en cas… d’incident). La course à la défausse était lancée. La « libre » concurrence libère en premier lieu ses adeptes du scrupule.  

On imagine fort bien à quels types de chantage les nouveaux propriétaires de barrages pourraient se livrer pour augmenter leurs gains au détriment des communs et de la sécurité : rétention jusqu’au seuil de la pénurie pendant les pics de consommation pour faire monter les prix (rien ne l’empêche juridiquement), fin des lâchers d’eau gratuits en fonction des besoins des vallées (loisirs, agriculture), entre autres exemples signalés par Pierre Gilbert. Un opérateur privé va-t-il anticiper les sécheresses en réfléchissant à des plans de stockage sur le long terme ? Et quid de la maintenance ? EDF investit 400 millions d’euros par an dans l’entretien et le renforcement de ses barrages, dont certains ne sont plus tout jeunes et risqueraient, en cas d’économies de bouts de chandelle, de provoquer des catastrophes. Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, a déjà prévenu que certains investissements étaient obérés par l’incertitude pesant sur le destin des barrages français. Hors de question pour l’entreprise de lancer des travaux qui profiteraient à de futurs acquéreurs privés. Sauf que certains travaux sont, pour le dire sèchement, urgents. Voilà le genre de petit jeu malsain qu’alimente la concurrence « libre et non faussée ». Le témoignage de Jean-Louis Chauz, président du Conseil économique, social et environnemental d’Occitanie, illustre bien l’appréhension qui gagne peu à peu les collectivités : « En 2035, le déficit de stockage d’eau pour la nouvelle démographie de la région et les besoins de l’agriculture, des écosystèmes, de la préservation de la biodiversité, sera de 1 milliard de m3. EDF et Engie ont provisionné les budgets nécessaires pour engager les travaux pour le stockage d’eau. À l’heure où l’Occitanie est confrontée à un problème majeur de ressources en eau dans les années à venir, à même de compromettre son développement, voire sa sécurité sanitaire, il est incompréhensible et dangereux de chercher à complexifier une organisation de la gestion de l’eau… »

Et s’il ne fallait retenir de cette privatisation que le gain pour les caisses de l’État, là encore les comptables qui nous gouvernent seraient bien en peine de lui trouver quelque avantage. La Cour des comptes a calculé que si l’État en retirait 520 millions d’euros par an de redevances, ce serait Byzance. 520 millions d’euros, ce n’est jamais que cinq fois moins que l’excédent brut actuel…

Instruire le procès en haute trahison

Dans l’article 68 (révisé en 2007) de la Constitution, il est dit que « le président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». Pour un président de la République, la haute trahison, au sens de l’article 68 avant révision, se définit comme l’action volontaire d’aller contre les principes que la Constitution le charge de défendre ès qualités. Parmi ces principes, l’article 5 par exemple : « Le président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire. » Il me semble que cet article 5 englobe la question de l’approvisionnement énergétique. Le président Macron est donc coupable, sur ce dossier, de « manquement », conjointement avec le premier ministre. Le 6 décembre 2017, des députés et élus territoriaux de La France insoumise publiaient une tribune de protestation sur le site Reporterre. Il fallait aller plus loin, frapper plus fort, car un tel « manquement » déchire notre horizon et foule ostensiblement aux pieds la Constitution.   

La privatisation des barrages apporte une énième fois la preuve que nous sommes dirigés soit par des aliénés en plein délire paranoïde[*], soit par des naufrageurs embarqués qui, après avoir ôté les derniers rivets de la carène, sabotent les pompes de secours. Eu égard à la Constitution et à ma conception de l’intérêt général, de même que le renoncement politique sur le glyphosate et plus globalement sur l’addiction française aux produits phytosanitaires, cette décision m’apparaît comme un crime contre les intérêts vitaux de la France et des pays voisins, et contre les générations futures, en tant qu’elle fait obstacle à la transition vers une économie décarbonnée, ajoutant une complexité inutile à une complexité déjà mortifère. Tout crime contre l’avenir relève de la haute trahison. Si un certain monde doit disparaître à l’issue des bouleversements climatiques et énergétiques qui ont commencé, il me semble essentiel d’identifier dès maintenant les saccageurs de ce qu’il reste des sociétés humaines, afin que la colère civique ne se déchaîne pas tous azimuts, qu’elle aille frapper au cœur de l’hydre, plutôt que d’en trancher sottement les têtes sans cesse renaissantes.

Damnatio memoriæ pour MM. Macron et Philippe, ainsi que pour leurs comparses, dès après leur mort politique. 


Sources : 
https://www.mediapart.fr/journal/economie/031115/vers-la-privatisation-des-barrages-au-nom-de-la-concurrence
http://lvsl.fr/scandale-de-la-privatisation-des-barrages-une-retenue-sur-le-bon-sens?utm_source=actus_lilo
https://reporterre.net/La-privatisation-des-barrages-met-en-peril-la-transition-energetique
https://www.romandie.com/news/Maintenance-des-turbines-nucleaires-francaises-negociations-serrees-entre-EDF-et-/708764.rom
https://www.ladepeche.fr/article/2018/03/13/2758858-barrages-hydroelectriques-ouverture-a-la-concurrence-des-2018-2018.html
http://www.liberation.fr/france/2018/03/12/barrages-un-coup-de-prive-dans-l-eau_1635665

On peut lire également avec profit le rapport remis le 16 mai 2018 par Sud Énergie à la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale (merci à Dominikvan). 
_______________________
[*] Le délire paranoïde, selon la psychiatre Magali Bodon-Bruzel, est un syndrome délirant caractéristique de la schizophrénie, à mécanisme multiple (hallucinations, illusions, imaginations, interprétations...), non structuré et non systématisé.

Lire la suite

Mouvements de grève chez EDF ! Notre modèle social est en jeu. Par Jacques Chastaing

26 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Services publics, #EDF, #l'horreur économique

26 Juin 2018

ENEDIS et GRDF massivement dans la lutte...que les médias ne rellaient pas

 

"Extraordinaire" au sens où elle sort de l’ordinaire et a un potentiel considérable dans la situation actuelle.
C’est une grève massive, dynamique qui a commencé il y a plus de six semaines du côté de Marseille en appui et coopération à la grève des cheminots lorsque la fédération CGT de l’énergie a appelé à accompagner la lutte qui démarrait à la SNCF par une lutte dans l’énergie sur des revendications propres à l’énergie mais sur des modalités semblables à celle des cheminots et dans un esprit convergent pour la défense du service public.

Déjà, cela a quelque chose d’extraordinaire. Mais il y a beaucoup plus.

Cet appel de la fédération CGT de l’énergie a été peu suivi dans les faits sinon essentiellement par les électriciens et gaziers des Bouches du Rhône qui ont tenu leur lutte longtemps. On aurait pu croire que les choses allaient s’arrêter là.
Mais cela a généré de proche en proche une autre grève tout aussi importante que celle des cheminots, voire probablement encore plus.

La première caractéristique de ce mouvement c’est sa force, son importance, sa détermination et probablement sa durée.

En effet, depuis une dizaine de jours environ, surtout une semaine et encore plus ces derniers jours et certainement encore plus les jours à venir, les sites Enedis et GRDF de la distribution sont entrés dans la grève les uns derrière les autres, beaucoup de manière perlée, pour déboucher ensuite et de plus en plus rapidement aujourd’hui vers des grèves reconductibles ou illimitées avec blocage ou occupation, faisant de ce mouvement la plus grande grève dans l’énergie depuis dix ans.

Il est très difficile de chiffrer exactement le nombre de sites en mouvement, depuis ceux avec simple débrayage perlé ou ponctuel et ceux qui sont totalement bloqués voire occupés jour et nuit, parce que tout bouge très vite et change de jour en jour. Pour donner toutefois un ordre d’idée de l’importance du mouvement, j’ai compté pour ma part à ce jour près de 300 sites qui sont dans le mouvement général en cours et peut-être pas loin de 160 ou 170 qui sont bloqués ou occupés avec une extension très rapide de cette dernière forme de lutte dans les derniers moments.
Enfin, ce qui est remarquable c’est que ce sont le plus souvent des jeunes qui sont à l’initiative de cette grève dont la CGT se montre solidaire plus qu’elle ne dirige véritablement le mouvement même si elle se trouve à sa tête et s’en fait le porte parole à sa manière vu sa force dans ce secteur.

Les grévistes veulent pour l’essentiel une augmentation mensuelle de 200 euros et 4 NR, c’est-à-dire en gros une augmentation mensuelle de 400 euros, un mini de 1.800 euros, l’embauche des CDD et intérimaires, l’arrêt des suppressions de postes et emplois programmés pour les années à venir, la réinternalisation de tous les services externalisés ces derniers temps et enfin la nationalisation de tous les secteurs de l’énergie pour un véritable service public de l’énergie au service des usagers et pas des capitalistes.

Ce mouvement se cherche depuis un certain temps et ne sort pas d’une situation de calme plat, puisque les électriciens et gaziers ont mené pas mal de luttes bien suivies et de longue durée ces deux dernières années avec notamment ce qui a été appelé les "mardi de la colère" pendant plusieurs mois début 2017 mais sans pour autant atteindre la même ampleur et détermination qu’aujourd’hui.

Le deuxième élément très particulier de cette grosse grève, au delà de ses particularités intrinsèque, c’est la situation dans laquelle elle se déroule et le fait que malgré son importance, elle est très peu visible, très peu connue... En effet, sans même parler des médias qui font silence au niveau national sur ce mouvement, très peu de directions de syndicats ou de partis la font connaître, en tout cas au niveau où elle le mériterait.

Ce silence assourdissant est révélateur de la peur profonde qu’inspire cette grève aux dirigeants politiques et économiques du pays.

Et c’est ce qui est important à comprendre.

Car au delà de ses caractéristiques propres ; vaste, massive, dynamique avec des jeunes ouvriers à la pointe du combat, elle a des revendications offensives, hardies, audacieuses et pas simplement défensives qui correspondent à tout ce que peuvent vouloir également tous les salariés du public, cheminots, hospitaliers, postiers, enseignants, étudiants, lycéens... qui voient avec colère mais aussi une certaine impuissance que le gouvernement est en train de démanteler tous les services publics du pays. Ce mouvement peut devenir pour eux tous, un étendard de ce qu’il faudrait faire, un encouragement fantastique à rentrer à son tour dans la lutte.

Or, en plus, cette grande grève surgit non seulement quand il peut y avoir un accueil favorable des militants, salariés et usagers mais aussi et surtout au même moment où les cheminots connaissent la plus longue grève de leur histoire sans avoir pu pour leur part cristalliser la colère latente dans le pays contre la politique de Macron.

Or, deux grandes grèves, en même temps et qui défendent toutes deux le service public, c’est-à-dire avec une possibilité de convergence, c’est tout à fait autre chose qu’une seule

C’est en effet un nouvel espoir pour de très nombreux salariés, usagers, citoyens qui commençaient à ne plus croire dans les possibilités de la grève des cheminots.
C’est pour ça que les médias font le silence le plus total sur ce mouvement.

Il ne faut surtout pas pour eux que les gens sachent que cette grève existe afin de ne pas susciter un nouvel espoir comme il y en a eu un au début de la grève des cheminots, voire plus important encore, d’une part parce que ce n’est pas un seul mouvement comme les cheminots auquel devait faire face Macron mais deux dans des secteurs importants qui peuvent bloquer l’économie et d’autre part parce que les électriciens et gaziers ne font pas une grève perlée qui rend difficile la "coagulation" mais une grève reconductible avec occupation.

Dans les circonstances particulières de cette grève, le silence sur ce mouvement pourrait pousser logiquement vers des solutions corporatistes, qui sont toujours perdantes face à un gouvernement qui veut tout détruire et dont la tactique est de démolir chaque mouvement l’un derrière l’autre. C’est le but du silence : isoler la grève pour qu’il n’y ait pas d’agrégation avec les cheminots ni avec les autres professions ni encore avec les usagers, faire que chaque site s’installe dans les joies et la convivialité de l’occupation, coupé des autres sites, coupé de l’ensemble, un peu comme l’avaient fait les étudiants en avril/mai qui occupaient les facultés, mettaient toute leur énergie là dedans et n’en avaient plus vraiment pour construire une coordination qui puisse entraîner, peser sur la situation actuelle et leur permettre de gagner.

Alors nous devons tout faire pour sortir cette grève du silence dans laquelle on essaie de l’enfermer, pour que les électriciens et gaziers en grève puissent aller jusqu’au bout de ce qu’ils veulent et gagner.

Aider les grévistes de l’énergie à faire connaître leur grève est un acte hautement politique, le plus politique du moment.

Jacques Chastaing, le 19.06.2018

Lire la suite

Appel d'Yves Cimbolini* aux agents EDF(RTE) afin de défendre le Service Public de l'Energie, héritage de Marcel Paul.

24 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Services publics, #EDF

Marcel Paul, ministre communiste qui a nationalisé EDF et GDF.

Marcel Paul, ministre communiste qui a nationalisé EDF et GDF.

Salut les camarades:


Beaucoup d’entre vous connaissent l’engagement qui était le mien, lorsque j’étais encore à RTE et que j’y cumulais une mission de technicien d’exploitation avec une mission de militant syndical. 
Deux missions pour lesquelles, je me suis efforcé de faire de mon mieux afin de donner l’exemple.
Aussi à ce titre je me permets aujourd’hui de vous écrire ces quelques mots que je qualifierai ‘‘d’encouragement’’ !

Alors que les agents d’Enédis sont entrain de montrer l’exemple au niveau des luttes, je ne vois toujours rien du coté de RTE. 
Or, l’action qui a commencé il y a plusieurs jours risque de s’essouffler si de nouvelles troupes n'arrivent pas, ne serait-ce que pour relancer le moral des camarades dans l’action, qui risque de baisser. 
De plus à RTE nous avons de bons moyens de pression qui permettent de frapper là où ça fait mal, là où le pognon rentre……Vous les connaissez ! 

Le temps n'est plus aux négociations de quartier qui ne rapportent rien, mais que les directions proposent pour nous endormir, nous amuser, voire nous catonner dans de l’accompagnement, alors qu'elles suivent points par points la feuille de route que leur concocte le gouvernement actuel.
Soyez certains que même s'ils essayent de nous rassurer avec de beaux discours apaisants, ils mettront tout leur zèle à appliquer ces feuilles de route, car ils ont choisi leur camps et n'ont aucun état d'âme, surtout si nous baissons la garde.
 
Le temps est à l'action, car de prochaines échéances plus sérieuses arrivent, comme par exemple l'ouverture à la concurrence des installations hydroélectriques, projet déjà bien engagé, qui porterait un coup fatal à nos IEG.

 
Il faut refaire l’entreprise intégrée au moins dans l’action ! Pour commencer.....

Cette lutte nous ne pouvons pas la perdre, c’est celle du service public, c’est la sauvegarde de ce que nous ont légué les anciens en 1946. 
C'est aussi notre statut avec tout ce qui en découle qui est en jeu !
Faut vous bouger les camarades, car après il sera trop tard. 
Comme vous avez su le faire par le passé, les camarades d'Enedis nous montrent aujourd’hui l'exemple, alors rejoignez les, ils ont besoin de vous comme vous avez besoin d'eux. 

Ca leur redonnerait certainement du baume au cœur !
Leur lutte fait tellement peur, que les médias en sont paralysés (ou plutôt muselés) pas ou presque pas d’info. Cela prouve que, à condition d’être unis, nous avons les moyens de faire céder les détracteurs du service public.
 
Pour vous motiver, je vous remets le lien pour accéder à la carte de France des sites en actions. Il suffit d’y rajouter les vôtres:
https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1fVat-S6mIMj2AgTLkkYmuqubSOpA-vUF&ll=46.97927580322568%2C2.4879744500000243&z=6

Tous ensemble (En tant que retraité aussi je suis concerné) nous serons plus forts. 
En attendant, en tant que revenant, bien vivant et missionné par Marcel Paul, soyez certains que je ne cesserai de tirer les pieds des camarades endormis et aussi de leur casser un peu les coui.... Notamment pour ceux, dont la mission principale est de motiver les troupes, afin de les amener dans la lutte.
Alors courage c'est quand vous voulez !

Cette formidable conquête industrielle et sociale que nous devons à la loi de nationalisation des IEG du 8 avril 1946 à besoin de vous, répondez à sa demande elle vous le rendra bien.

 


Bien fraternellement à tous.
Hasta siempre camarades. 


Yves Lilou (Morpion missionné par Marcel Paul)

 

*Yves Cimbolini, agent EDF à la retraite, a travaillé comme technicien d'exploitation dans l'entreprise publique. Cette branche est devenue ERDF puis RTE afin de faciliter la privatisation de ce fleuron national. Militant CGT dès sa prise de fonction, il est devenu rapidement responsable syndical. A son actif de nombreuses actions qui ont permis des avancées significatives. La retraite n'a pas entamé son engagement syndical, bien au contraire! Il a de plus diversifié ses actions; il est également un conférencier très apprécié! Il est capable d'expliquer clairement et simplement l'importance du réseau électrique et de justifier l'impérieuse nécessité du monopole public sur ce secteur stratégique.

Lire la suite

La grève à Enedis et Grdf est extraordinaire. Par Jacques Chastaing

23 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La nation ., #La République, #Services publics, #l'horreur économique

La grève à Enedis et Grdf est extraordinaire. Par Jacques Chastaing
La grève à Enedis et Grdf est extraordinaire

19 juin 2018- Jacques Chastaing

"Extraordinaire" au sens où elle sort de l'ordinaire et a un potentiel considérable dans la situation actuelle.

C'est une grève massive, dynamique qui a commencé il y a plus de six semaines du côté de Marseille en appui et coopération à la grève des cheminots lorsque la fédération CGT de l'énergie a appelé à accompagner la lutte qui démarrait à la SNCF par une lutte dans l'énergie sur des revendications propres à l'énergie mais sur des modalités semblables à celle des cheminots et dans un esprit convergent pour la défense du service public.
Déjà, cela a quelque chose d'extraordinaire.
Mais il y a beaucoup plus.

Cet appel de la fédération CGT de l'énergie a été peu suivi dans les faits sinon essentiellement par les électriciens et gaziers des Bouches du Rhône qui ont tenu leur lutte longtemps. On aurait pu croire que les choses allaient s'arrêter là.
Mais cela a généré de proche en proche une autre grève tout aussi importante que celle des cheminots, voire probablement encore plus.
La première caractéristique de ce mouvement c'est sa force, son importance, sa détermination et probablement sa durée.
En effet, depuis une dizaine de jours environ, surtout une semaine et encore plus ces derniers jours et certainement encore plus les jours à venir, les sites Enedis et GRDF de la distribution sont entrés dans la grève les uns derrière les autres, beaucoup de manière perlée, pour déboucher ensuite et de plus en plus rapidement aujourd'hui vers des grèves reconductibles ou illimitées avec blocage ou occupation, faisant de ce mouvement la plus grande grève dans l'énergie depuis dix ans.

Il est très difficile de chiffrer exactement le nombre de sites en mouvement, depuis ceux avec simple débrayage perlé ou ponctuel et ceux qui sont totalement bloqués voire occupés jour et nuit, parce que tout bouge très vite et change de jour en jour. Pour donner toutefois un ordre d'idée de l'importance du mouvement, j'ai compté pour ma part à ce jour près de 300 sites qui sont dans le mouvement général en cours et peut-être pas loin de 160 ou 170 qui sont bloqués ou occupés avec une extension très rapide de cette dernière forme de lutte dans les derniers moments.

Ce qui est formidable encore c'est que bien des grévistes électriciens ont fait passer en heures creuses des centaines de milliers d'usagers donnant une image de ce que pourrait être un véritable service public de l'énergie au service des usagers, tandis que d'autres ont organisé des coupures de courants ciblées aux impôts ou aux Conseils départementaux jusqu'à ceux qui ont coupé l'électricité, son et lumière, à un meeting de E. Philippe, montrant toute la force et la puissance de ceux qui travaillent et comment gagner la sympathie des usagers. Les grévistes viennent même de couper le gaz à Jupiter comme il est coupé à quantité de familles (voir communiqué ci-dessous de la CGT)

Enfin, ce qui est remarquable c'est que ce sont le plus souvent des jeunes qui sont à l'initiative de cette grève dont la CGT se montre solidaire plus qu'elle ne dirige véritablement le mouvement même si elle se trouve à sa tête et s'en fait le porte parole à sa manière vu sa force dans ce secteur.

Les grévistes veulent pour l'essentiel une augmentation mensuelle de 200 euros et 4 NR, c'est-à-dire en gros une augmentation mensuelle de 400 euros, un mini de 1 800 euros, l'embauche des CDD et intérimaires, l'arrêt des suppressions de postes et emplois programmés pour les années à venir, la réinternalisation de tous les services externalisés ces derniers temps et enfin la nationalisation de tous les secteurs de l'énergie pour un véritable service public de l'énergie au service des usagers et pas des capitalistes.
Ce mouvement se cherche depuis un certain temps et ne sort pas d'une situation de calme plat, puisque les électriciens et gaziers ont mené pas mal de luttes bien suivies et de longue durée ces deux dernières années avec notamment ce qui a été appelé les "mardi de la colère" pendant plusieurs mois début 2017 mais sans pour autant atteindre la même ampleur et détermination qu'aujourd'hui.

Le deuxième élément très particulier de cette grosse grève, au delà de ses particularités intrinsèque, c'est la situation dans laquelle elle se déroule et le fait que malgré son importance, elle est très peu visible, très peu connue... En effet, sans même parler des médias qui font silence au niveau national sur ce mouvement, très peu de directions de syndicats ou de partis la font connaître, en tout cas au niveau où elle le mériterait.
Ce silence assourdissant est révélateur de la peur profonde qu'inspire cette grève aux dirigeants politiques et économiques du pays.
Et c'est ce qui est important à comprendre.

Car au delà de ses caractéristiques propres ; vaste, massive, dynamique avec des jeunes ouvriers à la pointe du combat, elle a des revendications offensives, hardies, audacieuses et pas simplement défensives qui correspondent à tout ce que peuvent vouloir également tous les salariés du public, cheminots, hospitaliers, postiers, enseignants, étudiants, lycéens... qui voient avec colère mais aussi une certaine impuissance que le gouvernement est en train de démanteler tous les services publics du pays. Ce mouvement peut devenir pour eux tous, un étendard de ce qu'il faudrait faire, un encouragement fantastique à rentrer à son tour dans la lutte.
Or, en plus, cette grande grève surgit non seulement quand il peut y avoir un accueil favorable des militants, salariés et usagers mais aussi et surtout au même moment où les cheminots connaissent la plus longue grève de leur histoire sans avoir pu pour leur part cristalliser la colère latente dans le pays contre la politique de Macron.

Or, deux grandes grèves, en même temps et qui défendent toutes deux le service public, c'est-à-dire avec une possibilité de convergence, c'est tout à fait autre chose qu'une seule.

C'est en effet un nouvel espoir pour de très nombreux salariés, usagers, citoyens qui commençaient à ne plus croire dans les possibilités de la grève des cheminots.

C'est pour ça que les médias font le silence le plus total sur ce mouvement.
Il ne faut surtout pas pour eux que les gens sachent que cette grève existe afin de ne pas susciter un nouvel espoir comme il y en a eu un au début de la grève des cheminots, voire plus important encore, d'une part parce que ce n'est pas un seul mouvement comme les cheminots auquel devait faire face Macron mais deux dans des secteurs importants qui peuvent bloquer l'économie et d'autre part parce que les électriciens et gaziers ne font pas une grève perlée qui rend difficile la "coagulation" mais une grève reconductible avec occupation.

Dans les circonstances particulières de cette grève, le silence sur ce mouvement pourrait pousser logiquement vers des solutions corporatistes, qui sont toujours perdantes face à un gouvernement qui veut tout détruire et dont la tactique et de démolir chaque mouvement l'un derrière l'autre. C'est le but du silence : isoler la grève pour qu'il n'y ait pas d’agrégation avec les cheminots ni avec les autres professions ni encore avec les usagers, faire que chaque site s'installe dans les joies et la convivialité de l'occupation, coupé des autres sites, coupé de l'ensemble, un peu comme l'avaient fait les étudiants en avril/mai qui occupaient les facultés, mettaient toute leur énergie là dedans et n'en avaient plus vraiment pour construire une coordination qui puisse entraîner, peser sur la situation actuelle et leur permettre de gagner.

Alors nous devons tout faire pour sortir cette grève du silence dans laquelle on essaie de l'enfermer, pour que les électriciens et gaziers en grève puissent aller jusqu'au bout de ce qu'ils veulent et gagner.

Aider les grévistes de l'énergie à faire connaître leur grève est un acte hautement politique, le plus politique du moment.

 

L’image contient peut-être : texte

Pour le suivi de la grève consulter Luttes invisibles

Lire la suite

Réforme du bac : vers un diplôme plus inégalitaire et moins républicain ?

17 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #La finance dérégulée, #Ecole, #Services publics

Réforme du bac : vers un diplôme plus inégalitaire et moins républicain ?
Réforme du bac : vers un diplôme plus inégalitaire et moins républicain ?  © FREDERICK FLORIN Source: AFP
Le bac débute le 18 juin pour les lycéens avec la traditionnelle épreuve de philosophie
 

Les épreuves du baccalauréat débutent le 18 juin. Celui-ci sera profondément remanié pour une toute nouvelle version en 2021. Enseignants comme élèves craignent une rupture avec la tradition républicaine, redoutant une augmentation des inégalités.

Les lycéens de Terminale sont en plein bachotage. Ils préparent leur première épreuve de l'examen, la philosophie, sur laquelle ils plancheront le 18 juin. La version traditionnelle de ce baccalauréat vit actuellement son crépuscule : elle sera bientôt remplacée par un nouvel examen, «le Bac 2021», version Jean-Michel Blanquer . Les séries ES (économique et social), S (scientifique) et L (littéraire) seront ainsi prochainement supprimées au profit d'un bac dit «modulaire».

Les lycéens auront ainsi à suivre huit enseignements communs, auxquels il devront ajouter deux à trois spécialités (parmi 12 possible,s dont les mathématiques) et jusqu'à deux options (parmi sept proposées). Une usine à gaz qui se confronte à un premier problème, de l'aveu même de Jean-Marc Huart, directeur général de l'enseignement scolaire, qui confiant sur RTL le 15 février : «[Les spécialités] ne seront pas toutes proposées dans chaque lycée.» Interviewé par RT France, Mohamed Haouas, responsable des mobilisations lycéennes pour le Syndicat général des lycéens (SGL), craint ainsi que l'élève ne doive faire plusieurs kilomètres pour trouver le lycée qui corresponde à ses attentes et proposant les spécialités qu'il désire.

Danielle Goussot, professeure de français à la retraite, s'interroge quant au modèle que propose le gouvernement : «Je ne sais pas si c'est le lycéen qui va choisir son lycée ou si ce n'est pas plutôt le lycée qui va choisir ses élèves», regrette-t-elle.

Professeur de philosophie et vice-président d'Action et démocratie au sein de la CFE-CGC, René Chiche, estime que «le principal danger est le bac maison», c'est à dire un bac local, dont les contours différeraient selon les lycées. Une crainte partagée par Danielle Goussot, qui craint que la part de 40% de contrôle continu dans le résultat final des élèves ne donne trop de poids aux établissements au détriment de l'égalité de chacun face à un examen commun : «Le diplôme ne sera plus un diplôme national».

Pour René Chiche, l'école se «dénationalise» et «se décrédibilise» pour ces mêmes raisons : «Ces notes sont de la responsabilité de chaque professeur alors que dans le cadre d'un examen [...] on intègre la dimension universelle [dans la notation].». Le professeur de philosophie se montre ainsi très critique quant au contrôle continu et au poids accordé à l'oral dans la notation, qui sont selon lui contraires à l'objectivité d'un examen commun et à la garantie de l'anonymat des candidats : «Le baccalauréat, lui même, n'aura plus de sens [...] On n'aura plus de bac du tout, tout se jouera par l'intermédiaire des dossiers». Il juge d'ailleurs «que le résultat qui est actuellement déjà grotesque de plus de 80% de réussite au baccalauréat va devenir carrément ridicule avec près de 100% [de réussite]». Logique, puisque 50% de la note finale (contrôle continu et oral) sera attribuée par l'établissement scolaire – qui n'aura aucun intérêt à voir sa réputation touchée par un mauvais taux de réussite.

En outre, René Chiche pointe le risque d'un marchandage de la note qui serait effectuée sur le professeur par sa hiérarchie, les parents voire l'élève, ouvrant ainsi la voie «à des comportements calamiteux».

«Pour un établissement universitaire qui va sélectionner de futurs étudiants, l'université va voir d'un œil différent un lycéen qui vient du 93 et celui qui vient d'Henri IV, cet œil attentif va enlever la nature universelle du baccalauréat», argumente Mohamed Haouas, mettant en exergue la force des lycées dont les notes auraient plus de valeur car plus exigeants. 

Une réforme du bac était-elle nécessaire ? Oui, répond Mohamed Haouas, qui aurait préféré que des consultations soient menées avec les lycéens et le monde enseignant avant que le gouvernement n'engage sa réforme. «On voulait un baccalauréat beaucoup plus égalitaire entre les lycéens et les établissements», assume-t-il. Pour René Chiche, «il ne fallait non pas muscler le baccalauréat, mais le clarifier pour rappeler son but [et] muscler l'enseignement». Il juge donc la réforme «bâclée». 

 

Lire aussi : Réforme du baccalauréat : le secteur scolaire divisé (INTERVIEWS

Lire la suite

Edmée Dijoud, Marcel Paul. Le livre de Pierre Durand : "‘’ Marcel Paul : vie d’un pitau ‘’. Chronique d'Yves Cimbolini

16 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Services publics, #La lutte des classes, #La France

Edmée Dijoud, Marcel Paul. Le livre de Pierre Durand : "‘’ Marcel Paul : vie d’un pitau ‘’. Chronique d'Yves Cimbolini

Salut,

 

Ceux qui ont lu le fameux livre de Pierre Durand : ‘’ Marcel Paul : vie d’un pitau ‘’ doivent le savoir.
Le 4 aout 1933 aurait pu être fatal à Marcel Paul, si Edméé Dijoud une infirmière syndicaliste des hôpitaux de Marseille n‘était intervenue en se sacrifiant pour lui sauver la vie, contre des nervis envoyés par le patronat pour le tuer.
Grâce à elle notre Marcel a été sauvé. 
Malheureusement elle est décédée quelques jours après, des suites de ses blessures. Elle avait trente neuf ans. 
En quelque sorte, elle aussi a contribué à la nationalisation de nos entreprises électriques et gazières, promulguée par Marcel Paul le 8 avril 1946, alors qu’il était Ministre communiste de la production industrielle.
A elle aussi nous devons beaucoup. Elle fait partie de ces femmes, qui face à la barbarie ont prouvé que le courage n’a pas de sexe.
Si vous vous rendez un jour au bord du lac de Serre Poncon dans les hautes alpes, vous pourrez aller visiter le charmant petit village de Baratier qui se trouve pas loin d’Embrun. 
C’est dans le cimetière de ce petit village, que se trouve la tombe où repose Edmée. Vous pourrez alors peut-être y déposer un petit bouquet de fleurs des champs, elle le mérite, comme elle mérite d’être rappelée à notre mémoire à jamais. 
Enfin, je vous invite à lire et à relire le fameux livre de pierre Durand.

Yves Lilou

 

https://books.google.fr/books?id=GGdYDwAAQBAJ&pg=PT98&lpg=PT98&dq=edm%C3%A9e+dijoud&source=bl&ots=-W4httK82D&sig=dqsp16EZD4xO6kr9uhAhWjPJlEA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjr7Oe-z9bbAhULIcAKHdVWD_EQ6AEIUjAL#v=onepage&q=edm%C3%A9e%20dijoud&f=false

Lire la suite

Macron compte diminuer de 1,2 milliard d’euros la masse salariale des hôpitaux, soit la suppression de 30 000 infirmières.

30 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #l'horreur économique, #La santé, #Services publics

Macron compte diminuer de 1,2 milliard d’euros la masse salariale des hôpitaux, soit la suppression de 30 000 infirmières.

Macron compte diminuer de 1,2 milliard d’euros la masse salariale des hôpitaux, soit la suppression de 30 000 infirmières.

Le plan du régime Macron était tenu secret jusqu’à ce qu’il soit dévoilé par la fédération FO de la Santé. Macron veut diminuer entre 2018 et 2020 de 1,2 milliard d’euros la masse salariale des hôpitaux publics. Le plan de suppression de l’équivalent de 30 000 infirmières et infirmiers est détaillé par une note de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), un service du ministère des Solidarités et de la Santé. Le document, publié sur le site d’information spécialisé Hospimedia, détaille un plan de suppression de postes de 1,2 milliard d’euros prélevés sur la masse salariale des hôpitaux publics pour la période 2018-2022.

Cela revient à licencier près de une ou un infirmier dans chacune des communes de France.

Contrairement à la com’ du ministère de la santé, en 2018 l’objectif du gouvernement est de réduire de près de 1 milliard d’euros le budget des hôpitaux publics tout en diminuant de 600 millions d’euros les dépenses de santé remboursées pour les français.

Il est intéressant pour chaque travailleur de mettre en perspective ces chiffres :

  • avec l’objectif de réduction du déficit public imposé par l’Euro d’une part
  • l’objectif d’augmentation des dépenses militaires imposées par l’Union Européenne et l’OTAN d’autre part : illustrant ce slogan lancé par le PRCF dans les manifs du 1er mai “il y a toujours des milliards pour les guerres mais jamais pour les infirmières”.
  • mais également les cadeaux fiscaux fait aux millionnaires et milliardaires avec la quasi suppression de l’ISF ( 4 milliards d’euros)
  • ou encore la contribution nette de la France à l’Union Européenne, en augmentation de 1,5 milliards d’euros en 2017, qui s’élève à 20 milliards d’euros…
  • et avec les 47 milliards d’euros de dividendes versés aux actionnaires du CAC40, les plus grosses entreprises françaises cotées en Bourse, en 2017

De l’argent pour la santé, pour nos hôpitaux, il y en a. Aux travailleurs de se mobiliser pour le récupérer. Car cette richesse, c’est la leur, ils sont les seuls à la produire.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/macron-compte-diminuer-de-12-milliard-deuros-la-masse-salariale-des-hopitaux-soit-la-suppression-de-30-000-infirmieres/

Lire la suite

NON Philippe, la convergence syndicats/partis progressistes n'est un obstacle ni à l'unité ni à l'efficacité des luttes ! Le Front Syndical de Classe.

12 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #Services publics, #Le syndicalisme, #La lutte des classes

NON Philippe, la convergence syndicats/partis progressistes  n'est un obstacle ni à l'unité ni à l'efficacité des luttes ! Le Front Syndical de Classe.

NON Philippe, la convergence syndicats/partis progressistes

n'est un obstacle ni à l'unité ni à l'efficacité des luttes !

NON Philippe, la convergence syndicats/partis progressistes

n'est un obstacle ni à l'unité ni à l'efficacité des luttes !

 

A la proposition d'un député de la France Insoumise François RUFFIN validée par une assemblée de 1000 personnes dans la salle Ambroise CROIZAT de la Bourse du travail de Paris, d'une manifestation commune syndicats, partis progressistes, associations le 5 mai prochain (jour de l'intronisation du monarque E.M.) … Philippe MARTINEZ répond par la négative.

 

C'est parfaitement le droit de la CGT d'apprécier les circonstances de la proposition, ses justifications, son opportunité.

 

Ce qui pose problème ce sont les arguments avancés pour ce refus : ce qu'ils révèlent et ce qu'ils masquent. La question ne concernant bien sûr que les partis progressistes à l'exclusion par conséquent du F_haine dont le rôle est de diviser les travailleurs.

 

Dans sa récente interview au Monde le secrétaire général de la CGT évoque le calendrier (le 1er mai avant le 5), la multiplication des dates risquant d'engendrer la division, le risque de récupération politique du thème de la « convergence des luttes » les partis devant se positionner en simple soutien du mouvement social.

 

Ce qui est masqué dans l'argumentaire du secrétaire général de la CGT c'est l'invocation de l'indépendance syndicale qui avait été brandie auparavant lors de la lutte contre la précarisation massive du marché du travail pour refuser une offre similaire d'action commune.

 

Un mur de Chine absurde

 

Là réside la faiblesse fondamentale de Philippe MARTINEZ et du bureau confédéral :

 

Dresser un mur de Chine entre syndicats et partis voilà ce qui est contre-productif et qui nuit au rassemblement nécessaire pour faire reculer le pouvoir sur sa politique à l'endroit des cheminots, des retraités, des magistrats, des étudiants, des précaires, des sans-emploi, des salariés dans les entreprises et établissements d'une manière générale.

Pour une raison essentielle c'est que ces conséquences pour le peuple résultent de la mise en œuvre d'une politique globale de remise en cause de TOUS les conquis, et qu'il s'agit donc bien d'une question politique au sens le plus élevé du terme.

Et que donc la résistance à cette régression nécessite une résistance et une contre-offensive syndicale qui comporte nécessairement une dimension politique et qui pose la question des alliances que les organisations syndicales doivent nouer pour être efficaces et remporter la victoire contre une oligarchie unie et déterminée à infliger une défaite aux travailleurs, à la classe ouvrière.

Afin d'amplifier les contre-réformes qui déjà sont dans les canaux : retraites, privatisations d'autres domaines …

 

L'unité est un combat qui exige la clarté !

 

Bien sûr ici se pose la question de l'unité syndicale avec les autres organisations dont on sait qu'elles sont opposées à toute action commune à dimension politique.

Mais justement cela mérite clarification dans le monde syndical : si par exemple les dirigeants de la CFDT sont opposés à cela c'est parce-qu'ils sont en fait d'accord avec les contre réforme macroniennes, AVEC SA POLITIQUE.

Sur la SNCF par exemple Laurent BERGER accepte l'ouverture à la concurrence et ne souhaite en négocier QUE LES CONDITIONS.

Alors comment ne pas voir que le pouvoir est prêt à quelques concessions secondaires pour maintenir le cœur de sa contre-réforme qui prépare la privatisation afin d'obtenir le retrait de la lutte de la CFDT et de l'UNSA et de tabler par conséquent sur la division des cheminots ?

Lutter contre la division et pour l'efficacité de la lutte ça passe par la clarté sur les objectifs du combat engagé en éclairant publiquement les salariés sur les positions réelles de TOUS.

Et on ne préservera pas l'unité syndicale sur une base de lutte d'une manière qui escamote le combat sur le fond !

Le repli sur un syndicalisme purement corporatiste ne constituant nullement un bouclier et une garantie contre les divisions !

 

L'expérience historique

 

En profondeur, l'histoire du mouvement syndical et de la CGT sont là pour monter l'inanité du positionnement actuel de P. MARTINEZ et de la direction confédérale :

Qu'aurait donné une telle position de retrait en 1943 dans la résistance à l'occupant et dans l'anticipation sociale et politique du programme du Conseil National de la Résistance ?

 

A l'époque la CGT de FRACHON totalement engagée dans la défense revendicative immédiate des travailleurs tout en préparant l'insurrection s'est AUSSI totalement investie AVEC les organisations politiques dans l'élaboration du contenu économique et social du programme « Les Jours heureux » qui devait ensuite servir de référence à la mise en place de la Sécurité sociale, du statut de la fonction publique, des nationalisations des secteurs clés …

 

NON Philippe, la convergence syndicats/partis progressistes  n'est un obstacle ni à l'unité ni à l'efficacité des luttes ! Le Front Syndical de Classe.

Ce programme constitue un véritable programme de gouvernement et c'est Louis SAILLANT qui en tant que telle représente la CGT au sein du CNR dont il deviendra d'ailleurs le président en septembre 1944. Ensuite il siège à l'Assemblée nationale constituante.

Et va-t-on dire que ce faisant l'indépendance syndicale n'a pas été respectée dans ces circonstances, dans un moment où le rapport des forces et l'affaiblissement de la bourgeoisie et du patronat compromis dans la collaboration, cette présence précisément de la CGT au niveau politique ont permis les plus grandes avancées qui soient pour les travailleurs !

 

Dire cela c'est monter l'absurdité du positionnement actuel qui est le reflet d'une régression idéologique qui dessert considérablement les intérêts des travailleurs.

Car le brandissement de l'indépendance syndicale par un MAILLY ou un L. BERGER ne fait que masquer leur renoncement à défendre réellement les intérêts des travailleurs et à consentir aux régressions macroniennes !

Sur ce point aussi dans la CGT il faut revenir aux fondamentaux qui ont permis les grands conquis sociaux !

 

D'ailleurs ces leçons de l'histoire sont mises à profit de plus en plus par les structures de la CGT comme l'Union départementale des Bouches du Rhône qui en ce moment même appelle pour le 14 avril comme pour le 19 à des manifestations à Marseille, AVEC les partis politiques progressistes (PCF, France Insoumise, NPA, Ensemble …).

 

Ce débat doit donc avoir lieu dans la CGT pour lever tous les obstacles à un déploiement offensif des travailleurs dans leur combat contre l'oligarchie macronienne !

Et il y a urgence !

 

Le Front Syndical de Classe

12 avril2018

 

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>