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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Selon un ministre israélien, l’ÉI “a bénéficié de l’argent turc en échange de pétrole”

18 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #l'immigration, #Terrorisme

Source : Reuters, le 26/01/2016

ILe ministre de la Défense, Moshe Ya'alon, fait un signe de la main tandis qu'il s'adresse à une assemblée au cours d'un débat dont le thème était :

ILe ministre de la Défense, Moshe Ya’alon, fait un signe de la main tandis qu’il s’adresse à une assemblée au cours d’un débat dont le thème était : “Un partenariat Israël-Inde au 21ème siècle ?” – New Delhi, 19 février 2015

REUTERS/ADNAN ABIDI

Le ministre de la Défense israélien a déclaré mardi que les militants de l’État Islamique avaient été financés avec de “l’argent turc”, une affirmation qui pourrait faire obstacle aux tentatives de réconciliation entre les deux pays après des années d’aliénation.

“Il incombe à la Turquie, au gouvernement turc, à la direction turque, de décider si c’est leur volonté d’intégrer une forme de coopération pour combattre le terrorisme. A cette heure, ce n’est pas le cas,” a déclaré Moshe Yaalon aux journalistes à Athènes.

“Comme vous le savez, cela fait très longtemps que Daech (l’État Islamique) profite de l’argent turc en échange de pétrole. J’espère que cela va prendre fin,” a encore dit aux journalistes Yaalon, un ancien chef des forces armées de droite, après sa rencontre avec son homologue grec, Panos Kammenos.

La Turquie a nié avoir autorisé la contrebande de pétrole par le groupe militant islamiste qui détient des portions de territoire en Syrie et en Irak. Les États-Unis ont rejeté le mois dernier les allégations russes selon lesquelles le gouvernement turc et la famille du président Tayyip Erdogan étaient de connivence avec l’État Islamique dans la contrebande du pétrole.
Cependant, Mark Toner, le porte-parole du Département d’État, a dit le mois dernier que l’ÉI vendait du pétrole à des intermédiaires qui à leur tour le passaient en contrebande par la frontière en Turquie.

Yaalon a également dit, d’après une transcription fournie par le ministère de la Défense grec, que la Turquie avait “autorisé les djihadistes à aller et venir d’Europe en Syrie et en Irak, dans le cadre du réseau terroriste de Daech, et j’espère que cela aussi va cesser.”

Les efforts d’Israël et de la Turquie pour normaliser leurs relations ont essuyé un revers ce mois-ci lorsque le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu a déclaré qu’il n’y avait pas eu d’accord sur les demandes de compensation d’Ankara pour la mort de 10 militants turcs à bord d’un bateau d’aide humanitaire en 2010 ni sur la fin du blocus de Gaza par Israël.

De hauts responsables israéliens et turcs se sont rencontrés en décembre pour tenter d’améliorer les relations entre les deux pays, donnant l’espoir de voir des progrès dans les négociations pour l’importation de gaz naturel israélien, surtout maintenant que les relations de la Turquie avec la Russie ont empiré dans le contexte du conflit syrien.

(Rédigé par Michele Kambas et Paul Taylor ; édité par Gareth Jones)

Source : Reuters, le 26/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Pourquoi les Occidentaux doivent faire de la Turquie un allié, par Jean-Sylvestre Mongrenier

18 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Turquie, #l'immigration, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Le collabo du jour…

Source : Challenges, Jean-Sylvestre Mongrenier, 18-02-2016

Pour le géopolitologue Jean-Sylvestre Mongrenier, les pays occidentaux doivent considérer la Turquie comme un véritable partenaire et allié.

Turquie Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Turquie Burhan Ozbilici/AP/SIPA

L’offensive russo-chiite contre les groupes syriens opposés à Bachar Al-Assad et les bombardements d’Alep ont provoqué de nouvelles vagues de réfugiés qui se précipitent sur la frontière turco-syrienne. L’opération militaire en cours et l’éradication des forces tierces, entre le régime de Damas et l’« Etat islamique », pourraient mettre sur les routes des centaines de milliers de personnes. En regard des réalités humaines et géopolitiques, la virulence des critiques à l’encontre du gouvernement turc appelle une réflexion d’ensemble.

Voilà en effet un pays, qui accueille 2,6 millions de réfugiés syriens, accusé ne pas ouvrir immédiatement ses frontières aux malheureux fuyant les bombardements russes et la politique de la terre brûlée, inspiré par le précédent tchétchène. Simultanément, il lui est reproché de ne pas fixer ces populations sur place, afin de préserver l’Europe de nouvelles arrivées. De surcroît, les « aficionados » de Poutine et Assad remettent en cause le principe même d’une aide de l’Union européenne (UE), pour permettre à la Turquie de faire face à ce drame de grande ampleur, au risque de déstabiliser ce pays clef sur le plan géopolitique. Mais peut-être est-ce là l’effet recherché, sans claire conscience de toutes les conséquences pour l’Europe.

Une puissance de statu quo

Outre le fait qu’il est simultanément demandé à la Turquie d’ouvrir grand ses frontières à l’Orient et de les cadenasser à l’Occident, d’aucuns expliquent que la question kurde relève du fantasme géopolitique. Au prétexte que les Kurdes combattent l’« Etat islamique », mais aussi les groupes rebelles non djihadistes, les dirigeants turcs devraient abandonner toute préoccupation quant à l’intégrité territoriale de leur pays, objectivement menacée par les développements de la situation. Enfin, il leur faudrait fermer les yeux sur les violations répétées de leur espace aérien par l’aviation russe. A ces conditions seulement, la Turquie pourrait être considérée comme un bon allié de l’Occident. Autisme stratégique ou mauvaise foi patentée?

D’autres vont plus loin. Ils suggèrent que la politique « néo-ottomane » de Recep. T. Erdogan et l’interférence dans les affaires syriennes seraient à l’origine de la guerre en Syrie et du chaos qui menacent le Moyen-Orient dans son ensemble. Il faut ici rappeler que ce néo-ottomanisme, théorisé par Ahmet Davutoglu, aujourd’hui Premier ministre, ne recouvrait pas une politique étrangère bien définie. Il s’agissait d’une rhétorique liée à la poussée commerciale turque sur les marchés voisins, doublée de manœuvres dans les interstices du statu quo régional, pour y développer l’influence de la Turquie. N’y voyons donc pas un grand complot ourdi en collaboration avec les Etats du golfe Arabo-Persique et les Frères musulmans: tout comme l’Arabie Saoudite, la Turquie est au plan international une puissance conservatrice (un status quo power), bousculée par les effets du « Printemps arabe », qui réagit plus qu’elle n’agit.

Quant à la Syrie, c’est la répression sanglante du pouvoir qui décida la rupture du « partenariat stratégique » développé dans la seconde moitié des années 2000. Les dirigeants turcs et syriens multipliaient alors les rencontres et affirmaient vouloir conjuguer leurs efforts, afin de fonder un grand marché commun moyen-oriental possiblement élargi à l’Iran (les puissances occidentales s’en inquiétaient). Il aura fallu cinq mois de répression sanglante et de vains appels d’Erdogan à son « frère », Bachar Al-Assad, pour que le premier ministre turc prenne enfin  acte de la situation et se mette dans le sillage des puissances occidentales, elles-mêmes à la remorque des événements.

Obsédées par les erreurs commises en Irak, ces puissances se préoccupaient plus du « jour d’après » (voir la mise sur pied du Conseil national syrien, en septembre 2011) que de mettre en place d’une zone d’exclusion aérienne en avant des frontières turques, destinée à l’abri des réfugiés et des groupes rebelles. Sur le terrain, leur soutien aura été minimal et elles n’auront pas véritablement œuvré à la chute du tyran de Damas. Nous subissons aujourd’hui les conséquences des atermoiements des gouvernements occidentaux en général, de l’Administration Obama en particulier, l’actuel président des Etats-Unis abandonnant les conflits syro-irakiens à son successeur (si les développements de la situation lui en laissent la possibilité).

A rebours de ceux qui préconisent la liquidation des alliances occidentales dans la région, laissant place à un axe géopolitique russo-chiite dominant le Moyen-Orient, il nous faut insister sur l’importance de la Turquie comme alliée et partenaire de l’Occident. La chose est évidente dans le domaine de l’immigration et de la crise des réfugiés: les Européens ne pourront prétendre reprendre le contrôle des flux migratoires sans une forte coopération avec Ankara, et cela aura un coût financier. Le poujadisme n’est pas une option stratégique et le « chacun pour soi » conduit à l’impasse: lorsque les réfugiés arrivent à nos frontières, il est déjà trop tard pour réagir.

Un nécessaire soutien occidental

Au plan géopolitique, la Turquie est un pont énergétique avec le bassin de la Caspienne, et le « corridor méridional » (le réseau de gazoducs entre Europe et Azerbaïdjan) contribuera à la sécurité énergétique de l’Europe, en diversifiant les fournisseurs de gaz. Comparable à un « balcon nord » qui surplombe la Méditerranée orientale et le Moyen-Orient, ce pays est aussi riverain de la mer Noire. Il fait face à la Russie de Poutine qui transforme la Crimée, qualifiée de « bastion méridional », en une plate-forme géostratégique utilisée afin de projeter forces et puissance dans le bassin pontico-méditerranéen (voir l’engagement militaire russe en Syrie).

Bref, la Turquie retrouve la fonction de flanc-garde qui était la sienne pendant la Guerre Froide – l’hostilité de Poutine à son encontre, décuplée depuis qu’un bombardier russe a été abattu par des F-16 turcs, le 24 novembre 2015, en témoigne -, et elle constitue un Etat-tampon, confronté aux ondes de choc en provenance du Moyen-Orient, une région menacée de déflagration générale. L’éventuelle faillite de l’Etat turc, au sens de Failed State, constituerait une catastrophe géopolitique pour l’Europe, dès lors privée d’« amortisseur » sur ses frontières sud-orientales. Les contempteurs de la Turquie en sont-ils conscients?

En conséquence, le soutien à la Turquie ne doit pas être compté. L’initiative germano-turque visant à déployer des navires de l’OTAN en mer Egée, pour lutter contre les passeurs, est heureuse ; plus encore le fait que les Alliés se soient accordés sur cette question (Bruxelles, le 11 février 2016). L’opération viendra compléter le « plan d’action commun » et le dispositif financier (un fonds de 3 milliards d’euros) négocié entre l’UE et Ankara, le 29 novembre 2015, qui reste à mettre en place.

A l’encontre des manœuvres russes visant à impressionner la Turquie, la présence militaire renforcée des Alliés sur le territoire turc, et dans ses eaux, devrait matérialiser les garanties de sécurité apportées par l’OTAN: il ne faudrait pas que Moscou s’y trompe et sous-estime la force de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. En revanche, le redémarrage des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’UE laisse circonspect. L’islamo-nationalisme de l’AKP et les atteintes à l’Etat de droit d’une part, la fragilité du Commonwealth paneuropéen et l’état d’esprit général de l’autre, rendent invraisemblable une telle perspective.

A l’évidence, la pratique des « ambiguïtés constructives » n’est plus de mise et les doubles discours sur la relation turco-européenne alimentent l’anti-européisme. Il nous faut donc sortir du « tout ou rien », et explorer la voie d’un partenariat géopolitique de haut niveau, fondé sur la claire conscience des intérêts mutuels. Au vrai, les Turcs eux-mêmes pensent-ils encore pouvoir entrer dans l’UE? Le veulent-ils seulement? La candidature d’Ankara est surtout utilisée comme un moyen de pression sur Bruxelles et les capitales européennes (à charge pour elles de résister).

Dans le présent contexte géopolitique, la logique de guerre froide qui est à l’œuvre dans l’Est européen (la « guerre hybride » en Ukraine, la situation en Moldavie et la pression russe sur les Baltes) s’étend au Moyen-Orient, et l’Occident doit pouvoir maintenir de solides points d’appui régionaux. Encore faut-il savoir prendre en compte les intérêts de ses alliés et faire preuve d’empathie stratégique. A défaut, on mettrait en péril les alliances et ouvrirait la voie à de dangereuses puissances révisionnistes, avec d’inévitables chocs en retour et de graves conséquences géopolitiques.

Par Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Thomas Morev

 

Source : Challenges, Jean-Sylvestre Mongrenier, 18-02-2016

 

Réponses à Pourquoi les Occidentaux doivent faire de la Turquie un allié, par Jean-Sylvestre Mongrenier

  1. antonio Le 18 mars 2016 
    r
     

    Il y a dix ou vingt ans, uniquement les dits “néo-conservateurs” américains, autour de tinques-tanques tels “Projet pour un nouveau siècle américain” et consorts, écrivaient des âneries manichéennes de ce genre. Cela a partiellement contaminé la francophonie française, donc.
    Heureusement c’est assez facile à contrer: il suffit de pointer vers les manuels d’histoire et d’histoire de la culture, où le terme “Occident” est utilisé dans son sens correct: civilisation gréco-latine et dérivés, ce qui englobe dès l’an 1000 les Russies, évidemment.
    Le “Occident” retranscript de l’anglais “West” n’étant qu’un sophisme pour “nous les Etats-Unis, notre Destinée Manifeste, et nos vassaux”.
    Mais bon, l’idéologie hégémoniste américaine a fait de gros dégâts entre-temps.
    D’une certaine manière l’anti-russisme actuel mirroite la haine anti-Byzance du Moyen-Âge, de la part de la Papauté, des marchands Vénitiens et de quelques monarques francs.

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SYRIE : CINQ ANS DE METAPHYSIQUE DIAFOIRUS …

17 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Politique étrangère

SYRIE : CINQ ANS DE METAPHYSIQUE DIAFOIRUS …

En France plus qu’ailleurs, certaines questions internationales finissent par confiner au religieux. Il en va ainsi du conflit israélo-palestinien et du génocide rwandais qui déclenchent – aussitôt évoqués – postures mystiques, déferlements de propagande et noms d’'oiseaux. N’ayant pas échappé à la boulimie commémorative de la presse parisienne, la crise syrienne qui vient d'’entrer dans sa sixième année, provoque encore toutes sortes de transes chez toutes sortes de belles âmes, de redresseurs de pensées courbes et de toutous de garde aux aboiements sélectifs.

Si nul ne conteste la gestion désastreuse de l’'emprisonnement des enfants de Deraa, ayant écrit sur les murs : « Bachar dégage ! » – affaire qui a constitué le facteur déclencheur de la crise en mars 2011 – ; si chacun pouvait s’'inquiéter de la lenteur des réformes de structures, qui étaient pourtant engagées avec l’'aide de la France depuis le début des années 2000 ; enfin, si personne ne pouvait comparer la Syrie avec la Confédération helvétique, il paraissait tout aussi stupide de la confondre avec la Corée du nord…

Deraa : une troisième année de sécheresse avec plusieurs milliers d’'ouvriers agricoles impayés, des armes de guerre qui rentrent impunément depuis la Jordanie et l'’Irak voisins par les caravanes des tribus transfrontalières sunnites et les activistes des Frères musulmans jordaniens qui chauffent à blanc la prière du vendredi… ça fait beaucoup ! L'’auteur de ces lignes a vu – de ses yeux vus – des snippers masqués tirer depuis les toits des maisons sur les forces de l'’ordre locales. Ciblées, évidemment celles-ci se sont mises à riposter, causant ainsi les premières dizaines de morts d'’une guerre civilo-internationale qui en ferait plus de 300 000.

D’'entrée de jeu, les rédactions parisiennes qui n’avaient personne sur place et dépourvues de bons experts, commencèrent à marteler la fable des manifestations « pacifistes », unilatéralement réprimées dans le sang. D'’entrée de jeu ! Ce pauvre Jean-Pierre Filiu écrivait sans ciller dans Le Monde1 que les jihadistes étaient littéralement paniqués, submergés qu'’ils étaient par un tsunami « démocratique » en train de déferler sur l’'ensemble du monde arabe ! Par conséquent et dès le départ, la crise syrienne a bénéficié d'’un traitement particulier, subjectif et idéologique : Hafez Al-Assad avait été l’'allié de Brejnev même s'’il avait participé à la première guerre du Golfe contre Saddam ; le Baath restait un parti socialiste et laïc particulièrement détesté des monarchies pétrolières (nos grand amis) ; enfin, Bachar – même s'’il avait multiplié les ouvertures internationales et domestiques depuis juin 2000 -, avait aussi reconduit son alliance avec le camp des Méchants : la Russie, l'’Iran, le Hezbollah libanais et les organisations palestiniennes qui n'’avaient jamais cru à camp David…

A Paris, les classes politique, diplomatique et médiatique avaient copieusement loupé le coche de la révolte tunisienne. On se souvient des brillantes prestations de Mme Alliot-Marie, qui proposait au Parlement de partager notre savoir faire sécuritaire avec les nervis de Ben Ali, d’'Alain Juppé qui amènait des oranges aux manifestants de la place Tahrir au Caire et de Nicolas Sarkozy qui lançait une nouvelle grande guerre « humanitaire », le 19 mars 2011 en Libye. Un an plus tard, le même Juppé – qui venait de manger son chapeau sur le retour de la France dans le Commandement intégré de l’OTAN -, décidait de fermer l’'ambassade de France à Damas.… Décision des plus hasardeuses, nous privant ainsi de bouches et d'’oreilles précieuses, notamment sur le front de la lutte anti-terroriste !

En juillet 2011, Eric Chevallier, que son copain Kouchner a bombardé ministre plénipotentiaire en passant devant tous les diplomates du Quai, est rappelé à Paris. Quelques mois auparavant, Kouchner l’'a nommé ambassadeur de France… en Syrie. Malin, ce médecin – précédé de son CV d'’ancien French Doctor -, sent très bien qu'’il ne va pas être accueilli avec des fleurs dans la capitale syrienne. A peine nommé donc, il en fait des tonnes dans le genre : Bachar, phare planétaire de la civilisation.… Peu rompu aux ficelles du métier diplomatique, même s'’il apprend vite, il se fait proprement engueuler. Les éminences du cabinet de Juppé lui expliquent que s'’il veut poursuivre sa brillante carrière diplomatique, il a tout intérêt à se contorsionner à 360 degrés afin de prendre clairement fait et cause pour la « Révolution syrienne », d’'autant que certaines et certains de ses plus brillants thuriféraires vivent à Paris depuis plus de trente ans et que… miracle ! Ils parlent français.

Ainsi, comme on l'’a fait de la reconnaissance précipitée d’'un Conseil national de transition en Libye avec les résultats que l’'ont connaît, la France éternelle adoube quelques happy fews, plutôt improbables : deux sœurs un peu fofolles qui ont toujours dégusté à tous les râteliers, un prof de socio sans étudiant et un économiste qui ne comprend toujours pas pourquoi il n'’a jamais été ministre dans son pays d’'origine. Du lourd ! D’'autant que le Qatar commence joyeusement à arroser ce « gouvernement en exil » de tombereaux de dollars. Dans les hôtels cinq étoiles de Paris, du Caire, d'’Istanbul et de Doha, on retrouve désormais le pragmatique Eric Chevallier – sur la photo – au milieu de cette joyeuse bande. Problème : la plupart de ses histrions n'’ont pas mis les pieds au pays depuis belle lurette. Quant aux membres des Comités de coordination nationales – qui, eux travaillent sur le terrain et récusent toute ingérence étrangère, envisageant d’'entreprendre une négociation avec le gouvernement syrien -, la diplomatie française ne veut, tout simplement pas les voir !

En juillet 2011, durant l'’engueulade de Chevallier, les experts du Quai d'’Orsay affirment le plus sérieusement du monde que Bachar ne passerait pas Noël. Bien vu ! Amateurisme, incompétence et métaphysique de Diafoirus, ces chapeaux pointus décrètent que l’'affaire est d’ores et déjà pliée comme le furent celles de Tunisie, d’'Egypte et de Libye ! Avec l'’arrivée de François Hollande à l’'Elysée, on se prend à rêver qu'’il va enfin être possible de revenir à de plus sérieux diagnostics. Que nenni ! Laurent Fabius décrète que « Bachar ne mériterait pas d’'être sur terre » et que « les petits gars de Jabhat al-Nosra font du bon boulot ! » La métaphysique Diafoirus s’'épaissit et produit trois brillants théorèmes : Bachar est personnellement responsables des 300 000 morts de la guerre ; il a crée Dae’ch ; il doit partir et tout sera réglé….

L'’un des plus beaux spécimens de cette métaphysique Diafoirus est paru dans « Les carnets du CAPS – Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du ministère des Affaires étrangères et du Développement international »2, document à diffusion restreinte. Sous la plume de Michel Duclos, qui fut ambassadeur de France en Syrie de 2006 à 2009, son titre annonce la couleur : « Bachar al-Assad – portrait d’'un dictateur »… En ouverture est cité un article de la revue Commentaire – « Le régime d'’Assad : le sabre du Mamelouk et le secret de la Mafia » – de Gérard Araud, l'’un des porte-voix de 'l’école néo-conservatrice française.

Le portrait se poursuit par l'’évocation des études d’'ophtalmologie du jeune Assad à Londres où, « il n’est guère sorti, lors de ce séjour, d'’un milieu très étroit ». La suite est plus curieuse : « à la différence de Michael Corleone dans le film de Coppola, Le Parrain, Assad recevra entre 1994 et 2000 une véritable formation de pouvoir suprême, sous l’œ' oeil vigilant de son père et de quelques mentors désignés par celui-ci »… De retour en Syrie Bachar se voit confier la responsabilité du dossier libanais au sujet duquel notre biographe écrit ceci : « Isabelle Hausser, dans son roman-portrait Les couleurs du Sultan (il indique la maison d’'éditions3) qui est sans doute la meilleure introduction au drame actuel de la Syrie, a mis en relief la signification profonde de cet épisode »…

En lisant ce roman, qui n’est pas à tomber par terre, chaque habitué de la lecture des TD (télégrammes diplomatiques) pourra y reconnaître les tics de langage de la correspondance diplomatique (descriptif des faits et commentaires). En l'’occurrence, il s’agit du récit circonstancié de la défection du général Manaf Tlass – le fils de l’'ancien ministre de la Défense d’'Hafez, ancien confident de Bachar -, exfiltré de Syrie par les services français ! Mais ce que ne dit pas notre biographe un peu cachotier… c'’est que la romancière exceptionnelle en question n’'est autre que sa propre compagne. Assez moyen !

 

Richard Labévière
14 mars 2016

 
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L’Europe (du marché libre et non faussé), c’est la guerre.

17 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #La paix, #La guerre, #Terrorisme

 
 

L’Europe (du marché libre et non faussé), c’est la guerre.

L’EUROPE C’EST LA PAIX : L’Union Européenne a obtenu, rappelons-le, le prix Nobel de la Paix en 2012 : « C’est un immense honneur pour l’Union européenne de recevoir le prix Nobel de la paix 2012. Ce prix constitue la reconnaissance la plus forte qui soit des raisons politiques qui ont motivé la fondation de l’Union : l’effort unique consenti par un nombre croissant de pays européens pour surmonter les divisions et les conflits et construire ensemble un continent de paix et de prospérité ». Pourtant, une fois ces proclamations déclinées, on peut s’interroger sur la matérialisation effective du concept de « paix et de prospérité », surtout au regard d’événements récents, la situation ukrainienne et la Grèce. On pourra alors approfondir la question et constater que depuis le début du projet Européen, le fil conducteur du projet européen, c’est la guerre.

LE CONFLIT UKRAINIEN : On ne va pas rentrer, ici, dans l’analyse profonde des causes du conflit, juste souligner, que celui-ci, se fait aux portes de l’Europe, au lendemain de l’attribution du prix Nobel de la Paix (2012), et qu’il cache des raisons profondes. Ce conflit, pour l’instant géographiquement réduit, est potentiellement dangereux car il réactive des sentiments nationalistes sur lequel poussent les haines, notamment dans des périodes de pauvreté imposée (austérité) qui sont causes des « grandes boucheries ». Observons, que l’Ukraine est la preuve par l’absurde, que l’objectif de l’Union Européenne de : « construire ensemble un continent de paix » a loupé sa cible. Il faudra se demander pourquoi ….

GUERRE SOCIALE A LA GRECE : La victoire de SYRIZA en Grèce a été obtenue démocratiquement, sur un programme, dont on ne peut pas dire, qu’il n’était pas connu à l’avance. Ses premières décisions sont des actes de paix (hausse du S.M.I.C, des pensions retraites, emplois créés, électricité gratuite pour les pauvres), qui redonnent au peuple de l’oxygène, en s’opposant aux dictats financiers de la troïka. Or la première mesure prise par la B.C.E est un acte de guerre (« L’ultimatum [1] de la B.C.E à la Grèce » / Le monde 6 Février) contre le gouvernement légitime du peuple grec. Rappelons que les dirigeants de la B.C.E ne sont pas élus, mais choisis parmi la nomenklatura financière mondiale, et notamment Mario DRAGHI (Président de B.C.E), qui travaillait auparavant pour la banque américaine Goldman-Sachs, celle-là même qui trafiqua les comptes de la Grèce, pour la faire rentrer de force dans la zone euro, et qui fut aussi la première à déclencher la « Crise Grecque » de la dette dite publique, un véritable délit d’initié. La décision de la B.C.E est une déclaration de guerre de l’Europe, aux politiques choisies par le peuple. La monnaie, (l’euro et sa gestion antisociale) remplace avantageusement aujourd’hui, la « grosse bertha » [2]. Par un oukase monétaire la B.C.E démontre sa vraie mission, celle d’être la Bastille du Capitalisme Européen [3].

LA YOUGOSLAVIE : Déjà en 1990, dans un endroit dangereux en Europe, les Balkans, une guerre eut lieu dans un pays qui s’était libéré lui-même du nazisme, comme la Grèce. Et déjà, le premier Pays à reconnaitre la Croatie, fut l’Allemagne, avant même toute analyse et déclaration de l’Europe. Observons que ce fut la première décision politique de l’Allemagne réunifiée. Pendant que ce pays se réunifiait avec juste raison, son gouvernement légitimait la division d’autres pays. Là encore, observons que l’objectif de l’Union Européenne de « surmonter les divisions » est aussi un échec, et n’oublions pas en ce moment, les poussées régionalistes d’autonomie (Espagne, Bretagne) qui reviennent sur le devant de la scène.

LA MONTEE DE L’EXTREME DROITE : Observons que partout en Europe, y compris en Allemagne montent les idées d’extrême droite sur un fond de racisme, d’antisémitisme, à l’opposé des objectifs affichés et déclamés par les gouvernants européens. L’analyse de tout ce qui précède, nécessite d’observer avec attention, les causes profondes qui débouchent sur le développement de ces conflits, affrontements et guerres potentielles, qui ne cessent de s’accélérer et de s’aggraver depuis une dizaine d’années.

LE CAPITALISME PORTE LA GUERRE : Cette alerte est de jean JAURES, à la veille de la « grande boucherie » / Guerre de 1914. Il analyse combien la logique du capitalisme dans sa recherche de « profit individuel de court terme », en s’appuyant sur la logique de concurrence, dont le seul objectif, rappelons-le, est de « détruire » le concurrent, ne peut, en définitive, que déboucher sur la guerre. La confrontation économique, nécessitant la « mise en concurrence » permanente des salariés entre eux imposée par la mondialisation, la dictature de la « compétitivité » bombe atomique sociale, débouchent sur un système de « guerre économique » totale, antichambre de la guerre.

LA MATRICE DE L’HISTOIRE : Déjà en 1914, la « grande boucherie » fut l’expression des concurrences économiques que se faisaient l’Allemagne, la Grande-Bretagne, et la France pour la maîtrise des marchés et des colonies (Afrique). N’oublions pas non plus, que la guerre de 1940 est consécutive à la crise de 1929, et l’incapacité des politiques à inventer des solutions nouvelles sortant du marché [4]. Soulignons que c’est la montée des Nationalismes (Allemagne, Italie, Espagne) contre la République (Espagne, France) qui déboucha sur les régimes fascistes et dictatoriaux (Allemagne, Italie, Espagne), or nous assistons aujourd’hui au même mécanisme, qui ne pourra déboucher que sur les mêmes conséquences, car la matrice de l’Histoire pèse sur le destin des peuples, bien souvent à « l’insu de leur plein gré ». Marx a écrit une phrase qui devrait, aujourd’hui et il y a urgence, être étudié par tous les élèves de Terminale et les citoyens du monde : « Celui qui ne connait pas l’histoire est condamné à la revivre ».

LE PROJET EUROPEEN ET LA NEGATION DE L’HISTOIRE : Et que mirent au cœur du projet Européen, ceux qui en furent les « promoteurs » ? Une Europe sociale et de solidarité entre les peuples ? La coopération monétaire ? Une fiscalité citoyenne ? Des projets de « développement durable » favorisant la réduction de l’énergie et de co-développement ??? Nenni, tout le projet européen fut fondé sur la seule logique du marché.

  • 1952, création de la C.E.C.A, qui instaura le « marché du charbon et de l’Acier »,
  • 1957, Traité de Rome, qui fonda le « marché commun » entre 6 Pays, et instaurait déjà la liberté de circulation des biens entre les 6 Pays de la C.E.E (Communauté Economique Européenne),
  • 1986, Acte unique européen, qui crée le « marché unique » entre 27 Pays,
  • 1992, Traité de Maastricht, qui confirme le marché unique et prévoit la marche forcée vers l’Euro.
  • 2002, l’Euro, Imposé aux peuples, la gestion de la monnaie est confiée à une banque centrale dite indépendante (B.C.E) dont la seule mission est de lutter contre l’inflation.

Loin de tirer les leçons de l’Histoire passée, les gouvernants, aveugles, autistes et idéologues, sont repartis sur les mêmes bases, que celles ayant débouchées sur les catastrophes de 1914 et 1940,

LE MARCHE EST UN ESPACE PERMANENT ET SANS FIN, D’AFFRONTEMENT : Par la définition même de ses objectifs, le marché fondé sur le triptyque « compétitivité, concurrence, libre échange », fait des salariés du monde, les fantassins de la « guerre économique mondiale » et totale. Comment s’étonner, qu’après avoir demandé à chaque salarié, de tuer son voisin via la concurrence, on ne débouche pas sur l’individualisme, le racisme, la xénophobie, surtout quand cette concurrence débouche non, sur un « mieux-vivre » mais sur un chômage et une précarité de masse, déjà cause de l’arrivée d’Hitler au pouvoir et que l’expression « no futur », du mouvement Punk des années 80 résumait, en nous alertant bien avant. Si les économistes libéraux avaient un peu de gueule, ils reconnaitraient que les crises successives (1993, 2000, 2008), qu’aucun d’entre eux n’a vu venir, sont bien le produit des politiques libérales mondialisés et imposées comme système (U.R.S.S disparu). Mais non, « diabolicum perseverare », l’idéologie du marché « pur et parfait » prend le pas, sur l’intelligence, d’où leurs critiques sur l’Etat social (les politiques de solidarité) et le manque de concurrence, et de compétitivité qui expliqueraient selon eux, le fondement des crises et l’incapacité à en sortir. On leur mettrait leur nez dans leur caca, qu’il prétendrait encore et toujours, que c’est de l’or… [5]

LA GUERRE SOCIALE INTERIEURE : les guerres se sont souvent présentées à leur début, sous des formes différentes, bien aidé en cela par des médias au service de la classe dominante. Aujourd’hui les médias ne cessent de dénoncer à longueur de textes, d’images, et en boucle, le cycle « immigrés, fonctionnaires, jeunes » activant la guerre de religion (« Islam »). Les immigrés « prenant » le travail aux « Français », les fonctionnaires devenant les « nouveaux privilégiés » du fait de leur statut « protecteur » [6] et les jeunes étant présentés comme « ne voulant pas travailler » expliquant le taux de chômage élevé, nécessitant un « smic jeune ». La « guerre sociale » intérieure se formalise, sous l’impulsion des actions commandos du MEDEF (lobbying), par la remise en cause des salaires [7], par les privatisations successives, obtenues contre la « maitrise publique » ainsi que les lois successives qui remettent en cause les protections de l’emploi (A.N.I), les droits des salariés (Macron) et la généralisation légalisée du « low-cost » (Easy-Jet, Air-France, Id-T.G.V, CORSICA-FERRIES, S.N.C.M etc.), sans compter les textes qui détruisent le service public (R.G.P.P, M.A.P etc.) pour les transformer en « services marchands », sous la dénomination hypocrite de « services au public » [8]. La « guerre sociale » en France, se traduit par des victimes tant dans l’entreprise (« placards », « harcèlements », « burn-out, suicides » que hors de l’entreprise, avec le chômage et la précarité de masse, les quartiers ghettos, où fleurissent une « économie sous-terraine de survie », liée aux trafics multiples (lire « french deconnection » / Philipe PUJOL). La guerre sociale intérieure, c’est aussi la volonté de favoriser l’échec de l’école publique (financements, postes, équipements), favorisant l’ouverture d’écoles privées, par ailleurs confessionnelles (Catholique, Juives, Musulmanes) détruisant les fondements de la République, fondé sur l’école laïque.

QUAND LA B.C.E [9] SE PREND POUR UN ETAT : Dans le traité constitutionnel rejeté par les peuples [10], le traité donnait à la B.C.E, le statut « d’Institution » indépendante des pouvoirs politiques, tant de la Commission, que du parlement (Européen) et des gouvernements. Ceci explique l’impossibilité de définir l’Euro comme la « monnaie des peuples ». Cette séparation de la monnaie du pouvoir politique, prive les Etats de l’instrument le plus puissant pour traduire en faits, une politique économique, répondant aux besoins choisis pas les peuples. La souveraineté du peuple, c’est, au-delà des gouvernants élus, le pouvoir de « frapper monnaie ». En donnant ce pouvoir à une banque centrale, et en la rendant indépendante du pouvoir politique, de fait, on détruit la puissance de l’Etat et on prive le peuple de sa souveraineté.

DE LA DEMOCRATIE ? Quand en 1789, Condorcet définit la démocratie, comme « un pouvoir arrêtant le pouvoir », la monnaie existait déjà. Pourtant il ne reconnait que trois pouvoirs (Législatif, Exécutif, Judicaire), qui de fait définit la démocratie (séparation des pouvoirs). Toute autre forme institutionnelle, qui s’écarterait de cette construction, ne peut, par définition s’appeler démocratie. La B.C.E est la preuve même du fait que l’Europe n’est pas une démocratie. Sans l’écrire ainsi, mais en lui affectant ce statut d’Institution, en charge de la gestion de l’Euro, le texte crée une monnaie au service des seuls « marchés financiers », dont le seul credo évidemment, est de « promouvoir » la « guerre économique et monétaire », d’où l’objectif « d’Euro fort », forme moderne de « guerre des tranchées », cause essentielle de la destruction des entreprises et de l’emploi industriel en Europe (France, Espagne, Italie, Portugal, Grèce) ces dix dernières années et de la nécessité de baisser les « coûts du travail », compétitivité oblige.

Observons que l’Euro et la B.C.E, vendus au peuple, comme « le bouclier protégeant des crises financières et économiques » a, là aussi, loupé sa cible. Rappelons enfin, que l’un des objectifs, de l’Europe, était d’en faire une « zone de prospérité ». Damned, encore loupé : Décidemment, les « archers de l’Euro » sont vraiment… très maladroits. Et si les peuples, fatigués des échecs successifs, du aux experts de la finance mondialisée, reprenaient leurs destins en main ??? Tel est l’enjeu de la nouvelle bataille hellénique….

L’AUSTERITE, LIGNE LA PLUS DROITE VERS LE FASCISME : les politiques d’austérité qui échouent partout en Europe (sauf en Allemagne en tout cas pour l’instant) [11], et font les malheurs des autres peuples favorisent dans l’Europe entière la montée des forces qui se réclament plus ou moins ouvertement du fascisme, et là y compris en Allemagne (Pediga). Il y a urgence à redéfinir l’économie. Non, les peuples n’ont pas être les « serviteurs zélés » de l’économie et accepter l’esclavagisme imposée par la finance mondiale : « le C.A.C 40 a versé 56 Milliards à ses actionnaires / Les sommes versées sous forme de dividendes et de rachats d’actions ont progressé de 30 % en 2014 » [12]. On n’a jamais vu l’économie produire du social naturellement, par contre, l’inverse a un fondement de vérité, c’est le social qui tire l’économie. Que serait la « filière tourisme », sans les « congés payés » et le droit à la retraite (deux sièges sur trois des Airbus sont occupés par des retraités en bonne santé) ??? Pauvre libéralisme austéritaire, qui ne veut plus développer cette filière, que par le « low-cost maritime et aérien » et la « liberté » de travailler le dimanche, forme de S.T.O des commerces en mal de clients… Derrière le retour de cette paupérisation de masse, et l’incapacité volontaire des gouvernants à s’attaquer aux vraies causes, se cachent la montée de l’extrême droite comme dans les années 30 : « celui qui ne connait pas l’Histoire est condamné à la revivre ». Les politiques européennes d’austérité imposé, sont bien la ligne la plus droite pour un retour du fascisme, quel qu’en soit la forme car, « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde » [13].

LIBERONS-NOUS DU MARCHE, PAR LES « NOUVEAUX JOURS HEUREUX » : Tant que la bannière et la seule politique de l’Europe, se résumeront au « tout marché », sa gestion, son développement, son optimisation, l’Europe portera un « projet de guerre ». Cette guerre est intérieure, et elle est sociale, au sens où elle cherche en permanence, à rabaisser les droits du travail, les droits des salariés, générant un sous-développement humain, générant les « apartheids sociaux » [14]. L’Europe du « marché libre et non faussé », du fait de ses objectifs annoncés fondés sur la seule logique du marché, porte la guerre. En définitive, « L’Europe du marché libre et non faussé, c’est la guerre ».

VERS LA PAIX : Pour aller vers la Paix, il nous faut donc nous libérer du marché. En 1944, c’est le programme du Conseil National de la Résistance, intitulé « les jours heureux », créant la sécurité sociale, les services publics et le secteur public industriel (nationalisations), qui permirent à la France de reconstruire le Pays, et de devenir la 4ème puissance économique mondiale. Aujourd’hui pour nous éloigner de la guerre, et il y a urgence, il nous faut proposer et construire les « nouveaux jours heureux » en Grèce, en France, en Allemagne, pour tous les peuples Européens et du monde. Aujourd’hui, le peuple grec est à l’avant-garde de ce combat, contre l’austérité et pour la paix. Notre propre avenir dépend de l’issue de ce combat, contre les forces de l’obscurantisme austéritaire, et en ce sens, aujourd’hui, nous sommes tous grecs, car leur combat contre les marchés, donc pour la paix, est le nôtre.

Fabrice Aubert

[1Note par laquelle un État somme un autre État de donner satisfaction à un certain nombre d’exigences dans un délai limité, et de façon péremptoire, faute de quoi l’état de guerre naît automatiquement à l’expiration du délai. (Larousse).

[2Très gros canon utilisé par l’Armée Allemande pour bombarder Paris en 1914.

[3Cet aspect se trouvait déjà dans le principe d’interdiction de prêter directement aux Etats, ce qui favorise la dette publique dont se nourrisse les banques privées, réduit les financements répondant aux besoins (services publics) et construit une concurrence entre Pays (plus le pays est faible plus les taux sont élevés), précipitant les crises (Grèce).

[4Keynes fut le seul en tant qu’économiste, de plus anglais, à remettre en cause le « tout marché » et la nécessité de l’intervention publique dans l’économie, expliquant pour beaucoup la croissance d’après-guerre, sans chômage sans dette publique et sans inflation, pour ce qui concerne les Pays dit « développés ».

[5« Quand le réel n’est pas conforme à la théorie, ce n’est pas la théorie qui est fausse, c’est la réalité… » La théorie reposant sur des modèles mathématiques, les mathématiques ne pouvant donner que des réponses, justes, si les résultats ne sont pas conformes à la théorie, c’est que le réel ne correspond pas, il faut donc …. Réformer, pour mettre le réel en phase avec la théorie. Pour ceux qui cherchent le stalinisme…. Le voilà sous sa forme la plus crue.

[6Quel que soit la réalité effective qui montre que la sécurité du statut n’existe plus que dans les titre médiatiques, bien loin de la réalité vécue par les fonctionnaires au quotidien.

[7Nécessitant la baisse des « coûts du travail », pour un salariat « low-cost » généralisé.

[8Les « services au public » peuvent très bien être délivrés par des entreprises privées, sous la forme « d’appels d’offres », dont le juge de paix sera la « carte bleue », et plus « l’égalité de traitement », fondement du service public statutaire.

[9Observons de plus que le premier Responsable de la B.C.E, porte le titre de Président.

[10Imposé par la suite, sous la forme du traité de Lisbonne, ce qu’on appelle la « démocratie Européenne », les peuples votent, la politique européenne continue.

[11L’euro est l’outil de la puissance allemande, qui s’en sert pour reconstruire sa puissance politique et imposer son point de vue à toute l’Europe, forme de vengeance sur ses défaites militaires passées (1914/1940). Merkel est l’expression politique de cette analyse.

[12Les Echos / 9 Février 2015

[13Bertolt Brecht

[14Pour une fois, reconnaissons au premier ministre d’avoir utilisé une expression correspondant à peu près à la réalité.

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Réaction du SAKER à l’annonce du retrait des troupes russes de Syrie.

15 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La France, #La Turquie, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

 

Réaction du SAKER à l’annonce du retrait des troupes russes de Syrie.

(En attendant la traduction de l’analyse complète par le Saker Francophone)

Poutine a accompli exactement ce qu’il avait annoncé dans l’interview accordée le 11 octobre à Vladimir Soloviev sur la chaîne TV Russia 1 : « Notre objectif est de stabiliser l’autorité (du gouvernement syrien, NdA) et de créer les conditions d’un compromis politique ».

La situation est stabilisée et les conditions qui devraient permettre un compromis politique sont établies. Elles le sont à temps pour que les négociations évoquées ci-dessus puissent commencer. Chose rien moins qu’admirable, dit le Saker, avec la très petite force d’intervention impliquée.

Il pense que Poutine donne ainsi aux Américains l’occasion de montrer ce qu’ils savent faire. Contre un Daech qui n’est de toute façon plus en état d’accomplir son but initial, lequel était de renverser le gouvernement légitime. Mais c’est peut-être aussi un piège… Si les USA veulent y aller « à pied », c’est-à-dire faire intervenir des troupes au so comme il en a été plusieurs fois question, le risque est grand, pour eux, de s’embourber dans une situation à l’afghane ou à l’irakienne : sans issue.

Donc : mission accomplished. Mais le Saker pense quand même que beaucoup de questions restent sans réponse. Car qu’en est-il de la partition de la Syrie, qui est le but poursuivi depuis toujours par Israël ? Les risques ne sont pas minces, là non plus, de voir les USA obtempérer docilement, surtout avec les néo-cons au pouvoir et pire encore si celui-ci échoit à Hillary. De jure, ils n’en ont pas le droit, mais de facto, ils pourraient tenter de le faire, s’assoyant une fois de plus sur les lois internationales. Avec la Turquie et l’Arabie Saoudite en renfort de Daech, le risque est exponentiel. Wait and see.

« La Russie a-t-elle quelque obligation morale d’empêcher un tel développement ? » demande encore le Saker. La réponse est : non. La Russie a rempli la tâche que la Syrie l’avait priée d’entreprendre.

Analysant finement la déclaration de retrait de Poutine (encore une fois, à voir en détail quand la traduction intégrale sera disponible) le Saker pense que les Russes, en se retirant, n’ont fermé la porte à rien, même pas à un retour dans le jeu si nécessaire. Ce que son expérience lui suggère, c’est qu’ils vont poursuivre leur aide sur le plan diplomatique. Maintenant qu’une « opposition modérée » a été créée et reconnue, M. Lavrov et les siens ne vont laisser passer aucune occasion de rappeler, toutes les fois et dans tous les lieux où ce sera utile, qu’il est impératif qu’un accord sérieux soit négocié entre les parties, à défaut de quoi la guerre devrait reprendre avec une intensité accrue. À bons entendeurs, salut.

Tout ceci est, très caricaturalement résumé, ce que nous avons compris.

Dernier mot : l’annonce du retrait par le RÉSEAU VOLTAIRE se termine sur une phrase qu’on ne trouve pas ailleurs : « La plupart des jihadistes originaires du Caucase ont été tués ». Gageons que, sans cela, l’armée russe serait encore en Syrie, quelque vaillante – et capable ! – que soit l’Armée Arabe Syrienne, et quelque confiance qu’on puisse faire à la détermination du gouvernement de M. Bachar Al-Assad.

c.l.

Source : http://thesaker.is/analysis-of-the-russian-military-pullo...

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La Syrie, Al-Mouallem à De Mistura : « Nous n’accepterons plus votre transgression de l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie »

15 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #La France, #AMERIQUE, #La Turquie, #L'OTAN.

Al-Mouallem à De Mistura :
« Nous n’accepterons plus votre transgression de l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie »

mardi 15 mars 2016, par Comité Valmy

Al-Mouallem à De Mistura :
« Nous n’accepterons plus votre transgression de l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie »

Conférence de presse de Monsieur Walid al-Mouallem, vice-premier ministre et ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés

Mes frères et sœurs,

Nous nous réjouissons de la présence parmi nous du Docteur Bachar al-Jaafari, chef de la délégation arabe syrienne, ainsi que des membres de cette délégation qui quittera demain [Dimanche 13 mars] pour Genève. Naturellement, que Dieu les protège, car leur mission est nationale.

 

Nous avons reçu une lettre de Stephan de Mistura nous informant que la date de sa réunion avec notre délégation, dans les locaux des Nations Unies, est fixée au lundi matin, 14 mars, et que la session débutera par cette première rencontre.

 

C’est une bonne chose, mais notre délégation ne répétera pas les erreurs de la session précédente, c’est-à-dire qu’elle ne restera pas à attendre, à Genève, l’arrivée des autres délégations au siège des Nations Unies plus de 24H avant d’entamer le dialogue.

 

Nous espérons que ce dialogue aura lieu avec la plus grande participation « des oppositions » conformément au mandat confié à M. de Mistura par le Conseil de sécurité et les communiqués de Vienne et Munich, notamment avec la participation des représentants de l’ « opposition nationale », lesquels n’ont pas élu domicile dans les hôtels cinq étoiles à l’étranger et ne sont pas tenus par des agendas étrangers. Raisons pour lesquelles nous espérons leur présence, d’autant plus que nulle opposition ne peut prétendre représenter, à elle seule, toutes les autres.

 

La semaine dernière a vu un flot de déclarations émanant de M. de Mistura, dont sa conférence de presse du 9 courant où il a précisé le programme de la session qui débutera donc le 14 mars, en disant qu’elle concernera le gouvernement, la Constitution, les élections parlementaires et présidentielles, lesquelles devront avoir lieu dans les 18 mois à partir de cette date.

 

Premièrement, les documents des Nations Unies n’accordent pas à M. de Mistura le droit de proposer l’ordre du jour des réunions, car c’est sur ce sujet que doivent s’entendre les interlocuteurs, le dialogue étant censé se dérouler entre Syriens et sous direction syrienne. Notre délégation est prête pour en discuter.

 

Ensuite, lorsque M. de Mistura parle de la Constitution, il sait que c’est au futur « gouvernement d’union nationale » d’en discuter et que c’est à lui de désigner le comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution ou de modifier la Constitution actuelle, avant de la soumettre à l’approbation effective du peuple syrien par referendum.

 

L’autre point sur lequel je voudrais revernir concerne ce que M. de Mistura a déclaré à propos des élections dans les 18 mois à venir. S’agissant des élections parlementaires, elles sont prévues dans les textes des communiqués de Vienne et de la résolution du Conseil de sécurité. En revanche, nul n’a le droit, ni M. de Mistura, ni qui que ce soit d’autre, de parler des élections présidentielles. C’est un droit réservé exclusivement au peuple syrien et, par conséquent, je répète que ce qu’a déclaré M. de Mistura constitue une transgression à l’ensemble des textes des Nations Unies et des communiqués de Vienne et de Munich, lesquels précisent que c’est au peuple syrien de décider de l’avenir de la Syrie.

 

C’est pourquoi, je dis à M. de Mistura : « Dorénavant, nous refuserons que vous transgressiez l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie et que notre délégation rejettera toute tentative visant à mettre cette question des élections présidentielles à l’ordre du jour. Notre délégation n’est pas autorisée à le faire. Ce droit n’appartient qu’au peuple syrien et à lui seul ».

 

Quant aux élections parlementaires, actuellement en cours de préparation, elles répondent à une échéance constitutionnelle qui doit être respectée et ne contreviennent pas au « dialogue » de Genève. C’est pourquoi nous n’acceptons pas les réserves de quiconque sur ce sujet, étant donné que nous attendons de la part de ceux qui préconisent la démocratie de respecter l’application des exigences constitutionnelles, non de s’en offusquer. Nous sommes heureux de constater la motivation populaire avec plus de 11 000 candidats inscrits. Ce qui prouve que les Syriens tiennent à la vie et à façonner l’avenir de leur pays. J’invite donc nos concitoyens à voter massivement lors de cette échéance pour que nous puissions offrir à la communauté internationale une image claire de la nature de notre peuple.

 

Concernant « l’arrêt des combats », nous nous y sommes engagés à partir du 27 février dernier. Nous le sommes toujours. Vous vous rappelez qu’au moment où nous avons cessé les combats, nos Forces armées progressaient sur tous les fronts. Par conséquent, la raison de cet accord consenti par la direction syrienne ne peut être interprétée autrement que par son souci d’arrêter l’effusion du sang syrien. Il n’empêche que des violations de la part des groupes armés ont eu lieu ; certaines violations contre lesquelles l’Armée syrienne a riposté, d’autres qu’elle a négligées.

 

Ici, il nous faut réaffirmer le droit de nos Forces armées de répondre à ces violations et je dis aux membres de la commission compétente à Genève -laquelle, à notre grand regret, compte une majorité de représentants d’États qui ont conspiré et continuent de conspirer contre la Syrie- que le droit de réponse à de telles violations est légitime. Il ne peut être considéré comme une violation par lui-même et c’est ce que notre Armée est amenée à faire.

 

À cette occasion, j’invite tous ceux qui portent illégalement des armes à profiter de l’arrêt des combats et à prendre le chemin de la « Réconciliation » et du règlement de leur situation. Tous ceux qui ont été dupés doivent réaliser que l’arrogance n’est plus de mise et que la crise se dirige vers sa fin. Nous accueillerons donc favorablement tous ceux qui souhaitent participer, aux côtés de notre Armée, à la lutte contre le terrorisme de Daech, du Front al-Nosra et des organisations qui leur sont liées.

 

Ces deux derniers mois nous avons assisté à une guerre médiatique particulièrement féroce. Elle a commencé par des annonces d’intervention militaire au sol, puis est passée aux projets de partition. Je vous dis que nul n’ose prendre le risque d’une intervention terrestre, d’où le recul sur ces propos.

 

Ils ont dit : « Nous voulons que toutes les forces de la Coalition interviennent… », et la dernière déclaration du Président Obama a prouvé qu’il n’interviendra pas. Que ceux qui veulent intervenir seuls, commencent donc par l’emporter au Yémen. De même, ils ont parlé d’un plan B, et il y a deux jours John Kerry a déclaré qu’il n’y avait pas de plan B.

 

Ces propos sont sans fondement. Ils n’existent que dans l’esprit de certains. Certains à qui je rappellerai l’Histoire et plus particulièrement ce qui s’est passé en Syrie en 1925, lorsque la Grande Révolution syrienne a éclaté parce que le colonialisme français projetait la partition de la Syrie en mini-États.

 

C’est donc en toute confiance que je vous dis que notre peuple refusera toute tentative de partition. D’ailleurs, le Président Al-Assad n’a cessé de dire dans tous ses discours que nous libérerons chaque pouce de la terre syrienne du terrorisme takfiri.

 

Quant à la piste du fédéralisme promue par les médias étrangers citant le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, sachez qu’ils en ont fait une lecture irréaliste, étant donné qu’il a bien dit : « à condition que les Syriens soient d’accord… ».

 

Et moi, je dis en ma qualité de citoyen syrien ma conviction que vous êtes tous d’accord avec moi pour refuser le discours sur le fédéralisme.

 

Nous sommes tous pour l’unité de la Syrie, de sa géographie et de son peuple. Nous sommes tous pour son indépendance, sa souveraineté et son intégrité territoriale. C’est du moins ce qu’affirment tous les documents internationaux concernant la Syrie, y compris ceux qui tentent de remédier à la situation actuelle.

 

Je vous remercie.

Walid al-Mouallem
Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Expatriés
Damas, le 12/03/2016

Source : Vidéo / Al-Fadaiya [Syrie]
https://www.youtube.com/watch ?v=OMDSvjs3WvA&feature=youtu.be&app=desktop

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

« C’est à vous, s’il vous plaît que ce discours s’adresse »…

 

4. Staffan_de_Mistura_September_2015_(21108901363).jpgStaffan de Mistura, est un diplomate suédois né à Stockholm en 1947, et naturalisé italien en 1999. (Mère suédoise, père italien originaire de Šibenik en Croatie).

En Italie, il a été ministre délégué aux Affaires étrangères pendant un mois en 2013, après avoir été secrétaire d’État depuis fin 2011.

C’est tout ce qu’on sait de lui, sauf que, en juillet 2014, Ban Ki-moon, secrétarire général de l’ONU, a annoncé l’avoir nommé « nouvel envoyé spécial chargé de la recherche d’une résolution pacifique au conflit en cours en Syrie ».

À quel titre ? Mais, ils vont les chercher où, tous ces gens ? Quelle est leur légitimité - en dehors du bon vouloir de M. Ban-ki-moon sélectionné de même - et quelles sont leurs compétences ? Ne faudrait-il pas qu’on s’en inquiète ?

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Syrie : grâce à la coopération russe, l'armée régulière, celle de Bachar al-Assad, converge vers Palmyre

15 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Syrie : grâce à la coopération russe, l'armée régulière, celle de Bachar al-Assad, converge vers Palmyre

francetvinfo

C'est une technique de guerre russe : à Palmyre, l'armée syrienne frappe l'adversaire avec tous les calibres en même temps pour le forcer à se retirer. L'opération a permis aux troupes syriennes de progresser de quatre kilomètres en quatre jours. Les carcasses de véhicules blindés témoignent de la violence des combats. 

Pour l'armée syrienne, la bataille de Palmyre est un objectif majeur. "C'est essentiel, car c'est une porte vers l'est. C'est un carrefour qui nous permettra de progresser vers Raqqa et Deir ez-Zor", explique un général de l'armée syrienne.

 
En plus de sa dimension stratégique, c'est une ville symbole, connue du monde entier pour son site archéologique. Un site en partie détruit par les troupes de de l'organisation Etat islamique. Daech avait fait de la conquête de Palmyre en 2005 un symbole de son avancée. Cette bataille confirme le recul du groupe jihadiste en Syrie.
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Comment la Turquie exporte le pétrole de Daech dans le monde : la preuve scientifique

15 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #l'Allemagne

Source : Zero Hedge, le 28/11/2015

Au cours de ces quelques dernières quatre semaines, les médias ont prêté une attention particulière au commerce lucratif de pétrole brut “volé” de l’État islamique.

Le 16 novembre, dans un effort largement couvert par les médias, les avions de guerre américains ont détruit 116 camions citernes de Daech en Syrie. 45 minutes avant, des tracts avait été lâchés pour conseiller aux chauffeurs (dont Washington était totalement sûr qu’ils n’étaient pas eux-mêmes membres de Daech) de “sortir de leurs camions et de s’échapper.”

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Ce qu’il y a de bizarre quant à ces frappes américaines est que le Pentagone ait mis presque quatorze mois à réaliser que la façon la plus efficace de paralyser le commerce de pétrole de Daech est de bombarder… le pétrole.

Avant novembre, la “stratégie” américaine tournait autour de bombardements de l’infrastructure pétrolière du groupe. Il s’avère que cette stratégie était, au mieux, d’une efficacité médiocre et il n’est pas certain qu’un effort d’information ait été fait auprès de la Maison-Blanche, du Congrès ou du public sur l’inefficacité des frappes. Il y a deux explications possibles aux raisons pour lesquelles Centcom a tenté de faire croire à une campagne plus réussie qu’elle ne l’était en réalité, I) le directeur des services secrets nationaux, James Clapper, a joué les Dick Cheney et fait pression sur le major-général Steven Grove pour qu’il fournisse des rapports triomphaux, ou II) le Pentagone et la CIA étaient satisfaits de bombardements inefficaces parce que les officiels des renseignements voulaient préserver les revenus pétroliers de Daech pour que le groupe puisse continuer à opérer comme élément déstabilisant majeur vis-à-vis du régime d’Assad.

En fin de compte, la Russie a crié à la triche au vu de la facilité avec laquelle Daech transportait son pétrole illégal et, quand il est devenu clair que Moscou était prêt à frapper les convois de pétrole du groupe, les É-U n’ont pratiquement pas eu d’autre choix que de se raccrocher à la locomotive. Les avions de guerre de Washington ont détruit 280 camions citernes supplémentaires plus tôt cette semaine. La Russie affirme avoir pulvérisé plus de 1000 véhicules de transport en novembre.

Bien sûr, la question la plus intéressante, sur les rentrées pétrolières de plus de 400 millions de dollars annuels de Daech, est : où ce pétrole finit-il et qui en facilite les livraisons ? Dans une tentative de commencer à répondre à ces questions, nous avons écrit :

Le rôle de la Turquie dans l’aide à la vente du pétrole de Daech a été débattu depuis quelque temps. Extrait de “L’OTAN est en train d’héberger l’État Islamique : pourquoi la meilleure des guerres de la France contre Daech est une mauvaise blague, et une insulte aux victimes des attaques de Paris,” par Nafeez Ahmed :

“La Turquie a joué un rôle-clé dans l’aide au nerf de la guerre de l’expansion de Daech : les ventes de pétrole sur le marché noir. Des sources politiques et du renseignement haut placées en Turquie et en Irak confirment que les autorités turques ont activement soutenu les ventes de pétrole de Daech à travers le pays. L’été dernier, Mehmet Ali Ediboglu, un député du premier parti d’opposition, le Parti républicain du peuple, a estimé les ventes de pétrole de Daech à environ 800 millions de dollars – et c’était il y a plus d’un an. Aujourd’hui, ceci implique que la Turquie a facilité la vente de plus d’un milliard de dollars de pétrole de Daech sur le marché noir.”

Voici ce que l’ex-parlementaire Ali Ediboglu a dit l’année dernière :

“Les 800 millions de dollars dont l’ÉI a disposé dans les régions qu’il occupait cette année (les champs pétroliers de Rumeilan dans le nord de la Syrie – et plus récemment à Mossoul) proviennent de la vente en Turquie. Ils ont installé des oléoducs depuis des villages proches de la frontière turque à Hatay. Des conduites similaires existent aussi dans les régions (frontalières turques) de Kilis, Urfa et Gaziantep. Ils transfèrent le pétrole en Turquie et le convertissent en argent liquide. Ils retirent le pétrole des raffineries à un coût nul. Ils utilisent des moyens ultra simples, ils raffinent le pétrole dans des zones proches de la frontière turque et le vendent ensuite via la Turquie. Tout celà à hauteur de 800 millions de dollars.

Plus tôt ce mois-ci, Ediboglou déclara aux médias russes que “L’ÉI détient la clé de ces ventes et en commun avec un certain groupe de personnes, notamment de ceux qui sont proches de Barzani et quelques hommes d’affaires turcs, ils s’occupent de vendre ce pétrole” (“Barzani” est une référence à Massoud Barzani, le président de la région kurde d’Irak).

Mais alors que les liens entre la Turquie et le commerce pétrolier de l’ÉI sont restés cachés au vu et au su de tous pendant quasiment deux ans, les médias occidentaux ignorent largement la question (ou du moins son importance et le degré de complicité du gouvernement Erdogan) car, après tout, la Turquie est membre de l’OTAN.

Malheureusement pour Ankara, la décision d’Erdogan de descendre un SU-24 russe à proximité de la frontière syrienne mardi a déclenché la colère de Vladimir Poutine, et l’a décidé à dévoiler la combine de la Turquie avec l’ÉI aux yeux du monde. Voici ce que Poutine a dit hier après une rencontre à Moscou avec le président français François Hollande :

“Des véhicules, transportant du pétrole, formaient une colonne qui s’étendait au-delà de l’horizon. Les vues ressemblent à un oléoduc vivant, s’étendant depuis les zones de Syrie contrôlées par les rebelles jusqu’en Turquie. Nuit et jour, ils roulent vers la Turquie. Les camions partent là-bas chargés et reviennent à vide. Nous parlons d’un approvisionnement en pétrole à échelle commerciale depuis les territoires syriens occupés par les terroristes. C’est depuis ces zones (que vient le pétrole) et non d’aucune autre. Et nous pouvons voir depuis le ciel, où se rendent ces véhicules.”

“Nous considérons que le pouvoir politique au sommet de la Turquie ne peut ignorer quoi que ce soit au sujet (de ce commerce de pétrole illégal) ou bien c’est très difficile à imaginer,” poursuit Poutine, qui ajoute “si le pouvoir politique au sommet n’en sait rien, ils devraient se renseigner.”

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Poutine est de toute évidence ironique. Il est fortement convaincu que le gouvernement d’Erdogan est lourdement compromis dans le transport et la vente du pétrole par l’ÉI. Juste après l’incident du Su-24, Poutine déclara la chose suivante à propos d’Ankara :

  • POUTINE : DU PÉTROLE DE L’ÉTAT ISLAMIQUE EST EXPÉDIÉ EN TURQUIE
  • POUTINE DIT QUE L’ÉTAT ISLAMIQUE OBTIENT DE L’ARGENT LIQUIDE POUR LA VENTE DE PÉTROLE A LA TURQUIE

Comme contribution à notre effort pour repérer et informer sur le commerce de pétrole par l’ÉI, nous présentons des extraits d’une étude de Georges Kiourktsoglou, professeur invité à l’Université de Greenwich à Londres et du Dr Alec D Coutroubis, professeur à l’Université de Greenwich à Londres. L’article intitulé “La porte d’entrée de l’ÉI sur les marchés mondiaux de pétrole brut” examine les courbes d’enlèvement  depuis le port de Ceyhan en vue de déterminer si le pétrole brut de l’ÉI est expédié depuis le sud-est de la Turquie.

*  *  *

De “La porte d’entrée de l’ÉI sur les marchés mondiaux de pétrole brut

Les commerciaux/intermédiaires responsables du transport et de la vente de l’or noir affrètent des convois comprenant jusqu’à trente camions vers les sites d’extraction du produit. Ils concluent leurs accords avec l’ÉI sur le site, encouragés par les rabais aux acheteurs et les facilités de paiement. De la sorte, le brut quitte les puits de l’ÉI rapidement et traverse les zones de Syrie tenues par les insurgés, l’Irak et la Turquie.

Dès lors que les raids aériens des É-U et ses alliés ne visent pas les camions de peur de provoquer des réactions de la part des populations locales, les opérations de transport se déroulent efficacement, le plus souvent en plein jour. Les acheteurs attirés par les profits élevés sont actifs en Syrie (même dans les territoires tenus par le gouvernement), en Irak et dans le sud-est de la Turquie.

Le parcours d’approvisionnement comprend les localités suivantes: Sanliura, Urfa, Hakkari, Siirt, Batman, Osmaniya, Gaziantep, Sirnak, Adana, Kahramarmaras, Adiyaman et Mardin. Ces différentes filières commerciales se terminent à Adana, domicile du principal port d’expédition pour les pétroliers du port de Ceyhan.

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Ceyhan est une ville au sud-est de la Turquie, peuplée de 110 000 habitants dont 105 000 vivent dans la principale zone urbaine. C’est la deuxième ville de la province d’Adana par sa population, après la capitale Adana qui compte 1 700 000 habitants. Elle est traversée par la rivière Ceyhan et se trouve à 43 km à l’est d’Adana. Ceyhan est le point de convergence des oléoducs et gazoducs du Moyen-Orient, et d’Asie Centrale et de Russie (d’après la municipalité de Ceyhan 2015).

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Le port de Ceyhan est l’hôte d’un terminal pétrolier maritime situé sur la partie méditerranéenne de la Turquie qui est en fonctionnement depuis 2006. Il reçoit des hydrocarbures qui sont ensuite chargés dans des tankers qui transportent les marchandises aux marchés mondiaux.

De plus, le port est pourvu d’une jetée à cargos et d’un terminal pétrolier, chacun de 23,2 m de profondeur qui peuvent charger des tankers de plus de 500 pieds de long (Ports.com 2015). La capacité d’exportation annuelle du terminal s’élève à 50 millions de tonnes de pétrole. Le terminal est géré par Botas International Limited (BIL), une entreprise d’état turque qui gère également le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan sur le territoire turc.

Les quantités de pétrole brut qui sont exportées au terminal de Ceyhan dépassent le volume d’un million de barils par jour. En prenant la mesure de ce contexte et étant donné que l’ÉI n’a jamais été capable d’échanger plus de 45 000 barils par jour (voir Section 2 : “Le montant du commerce de pétrole de l’ÉI”), il devient évident que la détection de quantités similaires de pétrole de contrebande ne peut avoir lieu en utilisant une méthode de comparaison comptable des stocks. Cependant les auteurs de ce papier pensent qu’il existe un autre indicateur documentaire, bien plus sensible aux quantités de pétrole de contrebande très bon marché. Ce sont les tarifs d’affrètement pour les tankers chargeant à Ceyhan.

Le Baltic Exchange (2015 a) piste les tarifs d’affrètement sur les routes de transport maritime du pétrole brut. Pour rendre son service plus efficace et facilement compréhensible, il utilise le système des Indices “Baltic Dirty Tanker” (Baltic Exchange 2015 b). Un de ces indices fut le BDTI TD 11, 80 000 à travers la Méditerranée depuis Banias en Syrie (entre Tartous et Lataquié sur la côte Syrienne) jusqu’à Lavéra en France (Étang de Berre) – Voir la Carte VI. La route 11 a été interrompue en septembre 2011, en raison de la guerre civile en Syrie et rapidement par la suite il a été remplacé par le BDTI TD 19 (TD19-TCE_Calculation 2015), avec exactement les mêmes spécifications que le BDTI TD 11, à l’exception que le port de chargement était Ceyhan au lieu de Banias.

Depuis juillet 2014 jusqu’à février 2015, la courbe de TD 19 comprend trois pics inhabituels qui ne correspondent pas aux tendances généralement observées par les autres routes maritimes commerciales du Moyen-Orient (voir graphique IV) :

  1. Le premier pic se développe du 10 au 21 juillet 2014, s’étendant sur environ 10 jours. Il coïncide avec la chute du plus grand champ de Syrie, Al Omar, aux mains d’ISIS (Reuters 2014) ;
  2. Le second pic a lieu de la fin d’octobre à la fin de novembre 2014, sur environ un mois. Il arrive en même temps que des combats acharnés entre les fondamentalistes et l’armée syrienne pour le contrôle des gisements gaziers de Jhar et Mhar, ainsi que ceux de la société Hayyan gaz dans l’est de la province d’Homs (International Business Times 2014; Albawada News 214) ;
  3. Le troisième pic s’étend de la fin janvier jusqu’au 10 février 2015, sur environ 10 jours. Il arrive simultanément à une campagne intense d’attaques aériennes menée par les États-Unis martelant les bastions d’ISIS dans et autour de la ville de Hawija à l’est de Kirkuk riche en pétrole (Rudaw 2015) ;

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Les auteurs de cet article voudraient préciser tout d’abord qu’il ne s’agit pas d’une preuve irréfutable. La démonstration est insuffisante. Mais même si les volumes de brut d’ISIS ont trouvé accès, au-delà de tout doute raisonnable, aux marchés de pétrole brut internationaux via le terminal Ceyhan, ce fait n’indiquerait pas de façon concluante la collusion entre les autorités turques et le réseau fantôme de contrebandiers, sans parler des agents secrets d’ISIS.

Cependant, ayant clarifié une question si sensible politiquement, les auteurs croient qu’il y a de fortes présomptions pour qu’une chaîne d’approvisionnement illicite expédie le brut d’ISIS à partir de Ceyhan. La recherche principale indique un réseau fantôme extrêmement actif de contrebandiers et de commerçants de pétrole brut (voir section 2.1, page 3), qui transporte le brut d’ISIS vers le sud-est de la Turquie à partir du nord-est de la Syrie et du nord-ouest de l’Irak. Compte tenu de l’existence de la route E 90, le transport correspondant du pétrole ne pose pas de défis géographiques et topologiques insurmontables.

Une manifestation supplémentaire du lien invisible entre Ceyhan et ISIS est devenue évidente par l’étude simultanée des tarifs de charter de navire-citerne du port et la chronologie des engagements militaires des terroristes (voir la section 3.4 à cette page). Il semble que quand l’État Islamique se bat aux alentours d’une zone accueillant des actifs pétroliers, les 13 exportations de Ceyhan explosent promptement. Ceci est peut-être dû à une augmentation supplémentaire de la contrebande du pétrole afin de produire immédiatement des fonds supplémentaires, absolument nécessaires à l’approvisionnement en munitions et en équipement militaire. Malheureusement, dans ce cas aussi, les auteurs ne peuvent pas être catégoriques.

*  *  *

Non, on ne peut être catégorique et franchement, si les auteurs avaient revendiqué avoir découvert une preuve indiscutable, nous aurions été immédiatement sceptiques. Ce qu’ils ont fait cependant, c’est identifier une anomalie statistique et développer une théorie plausible pour l’expliquer.

La chose clé à noter est que c’est un terminal d’État et il semble certain que les tarifs d’affrètement présentent des pics en liaison avec des évènements pétroliers impliquant l’État Islamique. En effet, le fait que les auteurs mentionnent la collusion entre des autorités turques et des agents secrets d’ISIS (même s’ils font cela afin de protéger leurs conclusions) indique que les chercheurs pensent qu’un tel partenariat est possible.

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Pour finir, notez que Ceyhan est à moins de deux heures de voiture de la base aérienne de Incirlik à partir de laquelle les É-U pilotent leur sorties anti-ISIS. En d’autres termes, le pétrole d’ISIS est expédié vers le monde juste aux pieds de la base opérationnelle préférée de Washington pour le Moyen-Orient.

Maintenant que nous pouvons ajouter ce qui ressemble à une preuve quantitative que le pétrole d’ISIS est expédié de Turquie à l’énorme preuve qualitative fournie par des ex-législateurs turcs, des journalistes d’investigation, et le gouvernement russe (pour ne citer que quelques sources), nous pouvons maintenant passer à l’examen d’une question finale : où le brut qui aide à financer le califat de Bakr al-Baghdadi arrive-t-il en fin de compte ? Plus sur cela pendant le week-end.

Source : Zero Hedge, le 28/11/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 réponses à Comment la Turquie exporte le pétrole de Daech dans le monde : la preuve scientifique

Commentaires recommandés

Paul Le 13 mars 2016 à 04h55
 
 

En gros, si on comprend bien la démonstration, la Turquie vole le pétrole de la Syrie et spolie le peuple syrien de sa richesse naturelle. Hallucinant ! Et cela depuis plusieurs années.

Avec la complicité des USA et de l’U.E qui n’a bougé le petit doigt que depuis quelques semaines, depuis que la Russie a décidé de ne pas se faire avoir une seconde fois, comme avec la guerre fomentée en Libye sous le gouvernement Sarkozy-BHL.

Je rappelle au passage que la guerre déclenchée par M.Sarkozy a fait 55 000 morts libyens. La très grande majorité, des civils. Comment se fait -il que M.Sarkozy ne soit pas encore convoqué par la Cour Pénale Internationale pour crime contre l’Humanité ?

Idem pour BHL ou M.Alain Juppé pour sa participation au Génocide Rwandais sous le gouvernement de M.Balladur – Que font-il donc à la CPI ? Ils font la chasse au “Tiers-Monde” ?

Et l’on apprend que Madame Merkel vient de verser au gouvernement Erdogan – L’homme qui fait la chasse à ses opposants politiques, qui musèle la Presse Indépendante et qui fait la guerre au peuple Kurde – Trois Milliards d’ Euros ? Trois Milliards d’ Euros qu’elle ne veut pas verser au peuple Grec pour une politique solidaire et qu’elle tue à petit feu ?

Mais quelle est donc cette “Europe” qui nous fait honte ?

(…)

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Les héros anonymes du Donbass, par Laurent Brayard.

12 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme, #le Nouvel Ordre Mondial

Les héros anonymes du Donbass

Ils sont quatre devant moi, nous sommes dans les environs de la petite ville minière et industrielle de Kirovskoe, une localité nichée dans le Donbass libre qui fut l’objet des attaques de l’Armée ukrainienne dans l’été 2014. Natacha, Iaroslav, Sacha et Evguéni. Nous nous sommes installés dans le petit parc central de la ville, le soleil brille car le printemps s’installe vite dans le Donbass, voilà déjà longtemps que les dernières traces de neige ont disparues. Ils étaient de simples habitants et travailleurs lorsque l’Armée ukrainienne a agressé le Donbass lors d’un autre printemps, il y a déjà deux ans. Ils étaient parmi les premiers dans la rue pour les manifestations contre le Maïdan, ils avaient compris le danger de la situation et que rien de bon ne sortirait de cette Révolution colorée que les Etats-Unis eux-mêmes ne se cachent pas d’avoir financé par les déclarations de Victoria Nuland ou de John McCain, les fameux cinq milliards de dollars investis pour répandre le désordre dans l’Ukraine désormais utilisée comme une arme braquée contre la Russie.

 

« Au début nous n’étions pas nombreux dans la rue, quelques dizaines à peine et nous étions serrés de près par la police locale, nous avons bien failli être arrêtés à plusieurs reprises. Ce qui est triste c’est que ces policiers sont d’ici pour la plupart, de Kirovskoe et beaucoup sont encore ici alors qu’ils ont obéis aux ordres de Kiev qui étaient à l’époque évidemment contraire à la raison et au principe de liberté d’expression. J’ai servi comme coordinatrice dans les milices au début de l’invasion. Je servais dans un Etat-major improvisé, avec nos téléphones nous recevions des appels des habitants des alentours pour nous indiquer les positions et les actions des troupes de représailles de l’Ukraine. Nous rassemblions les informations que nous traitions ensuite par priorité pour les communiquer de la même manière aux unités insurgées qui s’étaient levées spontanément. Je n’avais aucune expérience politique avant la guerre, ni même militaire, je suis une simple habitante de Kirovskoe, j’ai passé ma vie ici, tranquillement avec mes enfants, mon fils est un cadet de la nouvelle armée de République populaire de Donetsk, regardez ses photos ! ». Natacha me montre en effet avec fierté les photos de son garçon en uniforme blanc posant fièrement pour la postérité.

 

« Lorsque les soldats de l’Ukraine se sont approchés de la ville après la chute de Slaviansk, nous avons réagi et formé des unités de volontaires. Nous n’avions rien, que des bâtons, des armes de fortunes, des fusils de chasse, c’était dérisoire. Nous avons construit des bunkers de fortune, des blocs-posts sur les points de passage et en avant de la ville pour surveiller et défendre les abords et les entrées. Les avions de chasse ukrainiens survolaient la zone, ils volaient si bas que nous avions parfois l’impression que nous allions les prendre en pleine face. Et puis les obus ont commencé à tomber sur la ville, au départ sporadiquement, puis méthodiquement. Lorsque nous avons formé nos unités de volontaires, nous n’étions pas cinquante, et beaucoup sont morts par la suite. Nous avons combattu pour notre terre, pour notre pays jusqu’à Minsk 2 en février 2015 et puis nous avons été démobilisés, ce n’était plus le temps de l’insurrection mais de la création d’une armée. Nous avons quand même l’impression d’avoir été oubliés, mais nous avons fait notre devoir, quelques récompenses honorifiques seraient les bienvenues » poursuit ensuite Sacha qui peut avoir environ 40 ans.

 

« Lorsque nous avons organisé les premiers meetings contre le Maïdan beaucoup de gens du lieu ne comprenaient pas l’utilité et l’importance de ces actions. Certains disaient que cela finirait mal, d’autres préféraient ne pas voir et de toute façon la plupart d’entre nous avions un travail, nous nous occupions d’organiser les manifestations dans notre temps libre, les jours de repos ou le soir. C’était un temps très particulier, il y avait un air de liberté et à la fois nous retrouvions aussi notre fierté et nous avons gagné des convictions, c’était un beau moment. Pour le fameux référendum pour la fédéralisation et finalement vers le chemin de l’indépendance que nous n’avions pas encore entrevu, c’était extraordinaire, les gens sont venus par centaines, je n’ai jamais vu autant de monde venir aux urnes, c’était dans une ambiance de fête et bon enfant. Ils en venaient de partout, certains étaient déçus de n’être arrivés qu’après la fermeture des bureaux de vote, ils criaient, ils voulaient aussi voter, nous avons dû beaucoup argumenter pour expliquer que la loi était la loi, que nous ne pouvions rouvrir les bureaux, qu’il fallait faire le référendum dans les normes pour qu’il soit incontestable pour tous. Pour tous, mais pas pour Kiev hélas, nous n’avons pas été entendu et ensuite nous avons dû défendre notre ville, nos familles et nos vies » continue Iaroslav qui aujourd’hui milite toujours dans le sein d’un syndicat où il travaille à l’organisation d’actions patriotiques et pour les familles des plus démunis et des volontaires au front, blessés ou tués.

 

« La guerre a commencé alors que nous avions compris qu’elle serait terrible, les hélicoptères de l’Armée mitraillaient les voitures civiles sur les routes, Sacha et Natacha ont raconté comment les avions survolaient la ville en rase motte. Nous n’avions presque pas d’armes pour nous défendre, nos amis nous disaient : « mais vous êtes fous, vous n’avez pas la moindre arme pour les arrêter, ils ont des armes automatiques, des canons et des chars ! ». « Et alors ? » je répondais, et j’expliquais que nous allions prendre les armes dont nous avions besoin dans leurs mains. En effet les premiers soldats que nous avons rencontré c’était l’Armée ukrainienne. Beaucoup des officiers étaient totalement affolés, ils étaient venus pour tuer des terroristes, c’est ce qu’on leur avait dit et ils trouvaient en face d’eux des civils, des grands-mères, des femmes. Les soldats étaient des appelés, ils avaient 18 ou 20 ans, alors nous en avons désarmé des dizaines, ils se laissaient faire parce que sinon ils auraient dû tuer de simples gens qui ressemblaient étonnamment à leurs parents, à leurs frères et sœurs, à leurs familles. Nous nous sommes même emparés de véhicules blindés de cette façon, parfois ils passaient aussi de notre côté. Cela n’a pas été la même chose par la suite, l’artillerie a commencé à bombarder et les bataillons de nazis sont arrivés, la mort, le pillage, le viol dans leur sillage et nous nous sommes défendus » complète Evguéni qui lui aussi travaille maintenant pour un syndicat de défense des soldats et des familles de soldats.

 

Tous les quatre sont nés dans le Donbass, ils ont la trentaine ou la quarantaine, ils ont vu le jour durant la période de l’Union soviétique. Evguéni est fier de me montrer le béret de marin de son grand-père, un héros de l’autre guerre, cette Grande Guerre patriotique comme l’appellent les Russes et ceux des pays qui ont participé à ce conflit titanesque contre l’envahisseur nazi. D’un envahisseur nazi à un autre, ceux-là n’auront pas oublié que s’ils n’étaient pas devenus des esclaves du Reich allemand, ils ne le seraient pas plus de l’Union européenne. La simple évocation de leur futur et également de l’Union européenne déclenche les rires et les plaisanteries. « Si vraiment ceux de l’Ouest de l’Ukraine veulent vivre dans le sein de l’Europe et selon les règles et les lois qui la régissent, bien leur en fasse, ils le peuvent, mais nous ici nous n’avons rien à faire avec ces gens, nous sommes Russes, nous sommes du Donbass, ce que sera le futur je n’en sais rien, quelque part nous ne sommes pas d’accord sur notre futur, il y en a qui pensent que l’Ukraine c’est la Russie jusqu’aux Carpates, d’autres jusqu’au Dniepr, d’autres que nous pourrons reconstruire l’Ukraine en chassant ces nazis et les créatures de l’Occident, d’autres encore que le Donbass sera dans la Fédération de Russie, une chose est sûre, nous n’avons ni besoin de l’UE, ni besoin des Américains, ni de Porochenko et toute sa clique, les oligarques c’est fini ! »

 

Evguéni regrette toutefois que les entreprises de Rinat Akhmetov, le célèbre milliardaire de Donetsk qui a fui en Ukraine mais qui par le fonds qui porte son nom envoie de l’aide humanitaire dans le Donbass, paye toujours ses impôts à Kiev. « Vous comprenez beaucoup des plus grandes entreprises qui restent sont les siennes, pensez-vous qu’il paye ses impôts à la RPD ? Non ! Cet homme nous a trahi comme d’autres avant lui, l’aide qu’il envoie sert juste à le garder populaire dans les couches les plus pauvres et les plus nombreuses du Donbass. Les Ukrainiens n’ont pas bombardé ses entreprises ou ses usines, ni même le stade de son club de foot à Donetsk, étrange non quand ils bombardaient tout autour ? Nous nous sommes battus pour notre pays et nous ne le regrettons pas, mais j’espère que nous arriverons à les pousser dehors jusqu’au dernier, les patriotes se sont ceux qui sont restés pour défendre le Donbass, les autres je vous laisse conclure ! »

 

Laurent Brayard pour DONi.Press

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Les Kurdes - Daech, même combat ? (vidéo) Chris den Hond, INfocus

12 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La France, #l'immigration

 

11 mars 2016

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"Pour l'Etat turc, le "danger" kurde est toujours plus important que le danger de Daech." Dans ce reportage éclairant, le documentariste Chris den Hond et l'équipe d'InFocus, vont à la rencontre des progressistes kurdes persécutés avec acharnement par le gouvernement d'Erdogan.

Production : Johnny Miller

Cameraman : Chris Den Hond

Traduction : Berivan Akyol

Traduit de l’anglais par Lucas Courtin

Sous-titres : Ronan Dereuder pour Investig’Action

Source : Chris den Hond / INfocus © Tous droits réservés

Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur

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