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Le blog de Lucien PONS

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Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

8 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le fascisme, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #Europe supranationale, #Economie, #Terrorisme

  

Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

La situation étant problématique à tous les niveaux, inévitablement, les dettes souveraines vont voir leurs notes baissées par l’un des bras droits dont l’honnêteté reste encore à prouver: Standard and Poors. En effet, des dégradations à la pelle sont prévues donc par cette agence qui ne dégrade aucune des notes de l’un des pays les plus endettés de la planète, n’est-ce pas douteux? Et rappelez-vous qu’il y a quelques années, lorsque le PDG de l’agence a voulu dégrader la note des USA, il a été poussé vers la sortie pour être remplacé par un ancien banquier, cela ne s’invente pas!

L’effondrement se confirme donc, les cinq personnes les plus riches du monde ont vu s’évaporer en une seule journée 8,7 milliards de dollars, nous avons également des plans sociaux en pagaille, et une bonne nouvelle, Monsanto subit la chute des ventes des semences transgéniques. En tout, cette restructuration devrait lui coûter jusqu’à 1,2 milliard de dollars, cela fait 1000 emplois en moins, mais c’est peut-être une chance également de voir cette firme polluer les enfers plutôt que notre belle planète. Quand aux pays comme la France, il y aurait bien des moyens pour tenter de protéger le pays ou de récupérer un minimum d’argent, comme en interdisant l’évasion fiscale des grandes entreprises par exemple, mais l’Oncle Sam étant aux commandes, sans se gêner pour menacer au besoin, cela ne se fera pas, d’ailleurs, le vote contre l’évasion fiscale du type Luxleaks a été refusée, 97% des députés ayant été absents lors du vote.

Il faut donc que les états réunissent un maximum d’argent pour prolongé les apparences et l’arnaque financière, comment? Par exemple en spoliant les citoyens, un exemple simple avec cette taxe sur le constructible non-bâtisen protégeant les banques qui sont coupables d’avoir casés des emprunts toxiques reconnus illégaux (une solution ici), ou encore en autorisant ces mêmes banques à piocher sur le compte des épargnants pour se renflouer… Et ça, nous allons le subir en plein, et cela à déjà commencé!

 

image: http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/uploads/2016/01/western-417043-jpg_276456.jpg

Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

L’heure du grand braquage est arrivée…

Tandis que les médias se concentrent sur les extrémistes de l’État islamique, une menace plane : votre épargne de toute une vie pourrait être balayée par un effondrement massif des produits dérivés. Les renflouements internes, ou bail-in, ont débuté en Europe, et l’infrastructure nécessaire est déjà en place aux États-Unis. La pauvreté peut aussi tuer.

À la fin novembre, un retraité italien s’est pendu après que la totalité de son épargne, 100 000 euros, fut confisquée dans un plan de « sauvetage » d’une banque. Il laissa une lettre blâmant la banque, où il fut client durant 50 ans et avait investi dans les obligations émises par cette même banque. Mais il aurait tout aussi bien pu blâmer l’Union européenne et le Conseil de stabilité financière du G20, qui ont imposé un régime de « résolution ordonnée » qui garde les banques insolvables à flot en confisquant l’épargne des investisseurs et des déposants. Près de 130 000 actionnaires et détenteurs d’obligations ont subi des pertes dans ce « sauvetage ».

La banque du retraité en question est une des quatre petites banques régionales qui ont été mises sous tutelle lors des deux dernières années. Le plan de sauvetage de 3,6 milliards euros (3,3 milliards $) du gouvernement italien utilise un fonds de résolution nationale récemment formé, fondé par les banques saines du pays. Mais avant que l’on puisse se servir de ce fonds, des pertes doivent être imposées aux investisseurs et, à partir de janvier, les règles de l’Union européenne exigeront que des pertes soient aussi imposées aux déposants. Selon un article de BBC.com du 10 décembre :

« Le sauvetage constituait un ‘bail-in’, dans le sens où les détenteurs d’obligations ont subi des pertes, au contraire des tristement célèbres renflouements durant la crise financière de 2008, qui ont coûté aux contribuables de l’Union européenne des dizaines de milliards d’euros.

Les correspondants affirment que le Premier ministre italien Renzi a agi rapidement, parce qu’en janvier, l’Union européenne resserrera les règles sur les sauvetages bancaires – ils imposeront des pertes aux déposants ayant plus de 100 000 euros, ainsi qu’aux actionnaires et détenteurs d’obligations.

… laisser ces quatre banques couler sous ces nouvelles règles de l’UE, l’an prochain, aurait signifié le sacrifice de l’argent d’un million d’épargnants et de près de 6 000 emplois. »

Voilà ce qui est prédit pour 2016 : d’énormes sacrifices d’épargnes et d’emplois pour soutenir un système bancaire global « mathématiquement condamné ».

Les bail-in sous Dodd-Frank

Tout cela se passe dans l’Union européenne : devrait-on s’inquiéter pour les États-Unis ?

Selon l’ancien manager de hedge fund, Shah Gilani, auteur pour Money Morning, on le devrait. Dans un article du 30 novembre, intitulé « Pourquoi je ferme mes comptes bancaires pendant qu’il est encore temps », il écrit :

« Il est tout à fait possible que, lors de la prochaine crise bancaire, les déposants dans les grosses banques « too big to fail » (TBTF) voient leur argent confisqué et changé en actions…

Si votre TBTF risque la faillite parce qu’elle ne peut pas payer ses positions prises sur les produits dérivés et que le gouvernement refuse de leur venir en aide, alors, sous un mandat intitulé Adequacy of Loss-Absorbing Capacity of Global Systemically Important Banks in Resolution, approuvé le 16 novembre 2014 par le Conseil de stabilité financière du G20, ils peuvent utiliser votre argent déposé et le transformer en actions de la banque pour essayer de garder votre TBTF à flot. »

Une fois votre argent déposé à la banque, il devient légalement la propriété de la banque. Gilani explique :

« Votre cash déposé constitue un titre de créance non garanti de votre banque. Elle vous doit cet argent.

Si vous faites affaire avec une des plus grandes banques du pays qui, ensemble, ont des milliers de milliards $ d’exposition sur les produits dérivés « hors bilan » (ce qui signifie que ces dettes ne sont pas enregistrées sur les bilans selon les pratiques comptables généralement acceptées), vous constaterez que ces paris possèdent une place légale supérieure à celle de votre épargne et qu’ils devront être repayés avant que vous ne puissiez récupérer votre épargne. »

Les grandes banques ont réussi à insérer cette clause dans la loi Dodd-Frank de 2010, supposée mettre fin aux comportements bancaires dangereux. »

Les banques ont inséré cette clause et les législateurs l’ont signée, sans nécessairement l’avoir comprise ni même l’avoir lue. Avec plus de 2 300 pages, la loi Dodd-Frank est actuellement la loi la plus longue et la plus compliquée jamais promulguée par la législature américaine.

Soutenir les produits dérivés

La loi Dodd-Frank dit, dans son préambule, qu’elle « protégera les contribuables américains en mettant fin aux bail-out (sauvetage des banques par les contribuables) ». Mais elle le fait sous le Titre II, en imposant les pertes des compagnies financières insolvables à leurs actionnaires ordinaires et privilégiés, aux détenteurs de dette, et aux autres créanciers non-garantis. Ceci inclut les déposants, la plus grande classe de créanciers non-garantis des banques.

Le Titre II vise à « assurer que les paiements aux réclamants soient au moins aussi élevés qu’ils le seraient lors d’une liquidation type faillite. » Mais voici le hic : sous les deux lois, Dodd-Frank et le Bankruptcy Act de 2005, les réclamations sur les produits dérivés ont une super-priorité sur toutes les autres réclamations, garanties ou non, assurées ou non.

Le marché de gré à gré (over-the-counter, ou OTC) des produits dérivés (le plus gros marché de produits dérivés) est composé de banques et d’autres opérateurs hautement sophistiqués, tels les hedge funds. Les produits dérivés OTC sont en fait les paris que ces acteurs financiers prennent les uns contre les autres. Les réclamations sur les produits dérivés sont considérées « garanties », parce que les parties y assignent du collatéral.

Pour une raison inexplicable, l’argent durement gagné que vous déposez dans une banque n’est pas considéré en tant que « sécurité » ou « collatéral ». Ce n’est qu’un prêt à la banque, et vous devez faire la queue avec les autres créanciers pour espérer en revoir la couleur. Les gouvernements des États et les administrations locales doivent aussi faire la queue, quoique leurs dépôts soient considérés « garantis », parce que les réclamations sur les produits dérivés ont une « super-priorité » sur eux.

Faillites à l’envers

Selon les anciennes règles de liquidation, une banque insolvable était réellement « liquidée » – ses actifs étaient vendus pour rembourser les déposants et les créanciers. Sous une « résolution ordonnée », les comptes des déposants et des créanciers sont ponctionnés pour que la banque insolvable continue d’opérer. Le but d’une « résolution ordonnée » n’est pas de satisfaire les déposants et les créanciers, mais bien de prévenir une autre « résolution désordonnée » de tout le système, comme celle qui a suivi l’effondrement de Lehman Brothers en 2008. Le fait de sortir quelques dominos du fragile édifice qu’est notre système bancaire mondial, plein à craquer de produits dérivés, pourrait faire tomber le système en entier. Les souffrances des déposants et des investisseurs représentent le prix à payer pour maintenir en vie cet édifice hautement lucratif.

Dans un article de Forbes paru en mai 2013, intitulé « Le bail-in des banques chypriotes : une autre fraude des banquiers-voyoux », Nathan Lewis explique la manigance de la manière suivante :

« À première vue, le « bail-in » ressemble au processus capitaliste normal de restructuration des responsabilités qui devrait survenir lorsqu’une banque devient insolvable…

La différence, avec le « bail-in », est que l’ordre de prévalence des créanciers est changé. Et, à la fin, il y a les copains (les autres banques et le gouvernement) et les non-copains. Les copains obtiennent 100% ou plus, et les non-copains, incluant les déposants dans des comptes sans intérêts, qui devraient détenir une super-priorité, reçoivent plutôt un coup de pied dans le ventre…

En principe, les déposants sont les premiers créanciers d’une banque. Cependant, cela a changé avec le Bankruptcy Act de 2005, qui fit changea le statu des dérivés en créances sénior, donc prioritaires. Considérant l’exposition extrême sur les dérivés qu’ont plusieurs grandes banques, ainsi que l’opportunité de bourrer une banque de dérivés au dernier moment, les autres créanciers pourraient très facilement se rendre compte qu’il ne reste plus rien pour eux. »

En septembre 2014, les produits dérivés aux États-Unis avaient une valeur notionnelle de près de 280 000 milliards $. Une étude de Citibank intégrant le coût de Dodd-Frank pour les contribuables, insérée dans la loi « omnibus » de dépenses en décembre dernier, démontre que ce changement de règle a permis aux banques de garder 10 000 milliards $ de swaps dans leurs bilans. Cela représente de l’argent que les contribuables pourraient assumer en cas d’un autre bail-out (sauvetage des banques par les contribuables), et, vu que Dodd-Frank remplace les bail-out par des bail-in, les créanciers et déposants aussi. Citibank est particulièrement vulnérable aux swaps sur le prix du pétrole. Le Brent est passé d’un haut de 114 $ du baril, en juin 2014, à un bas de 36 $, en décembre 2015.

Qu’en est-il de l’assurance fournie par la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) ? Elle couvre les dépôts jusqu’à hauteur de 250 000 $, mais le fonds de la FDIC ne possède que 67,6 milliards $, en date du 30 juin 2015, pour assurer environ 6 350 milliards $ de dépôts. La FDIC dispose d’une ligne de crédit avec le Trésor, mais elle n’est que de 500 milliards $… et qui rembourserait un prêt si énorme ? Le fonds de la FDIC, également, doit faire la queue devant le trou noir sans fond des produits dérivés. Comme Yves Smith l’observait en mars 2013 :

« Aux États-Unis, les déposants sont dans une situation bien pire qu’à Chypre, tout du moins ceux qui font affaire avec les grandes banques qui jouent au casino des produits dérivés. Les organismes de réglementation regardent ailleurs, alors que les banques se servent de l’argent des déposants pour financer leur exposition aux produits dérivés… les dépôts pourraient maintenant être balayés par une grosse perte sur les produits dérivés. »

Même lors des pires faillites de banques lors de la Grande dépression, note Nathan Lewis, les créanciers ont récupéré presque tout leur argent. Il conclut :

« Quand des déposants, qui devraient avoir une super-priorité, subissent de lourdes pertes de 50% ou plus, après un bail-in ou une restructuration, vous savez qu’un crime a été commis. »

Sortir du système tant qu’il en est encore temps

Comment pouvons-nous éviter ce vol criminel et garder notre argent en sécurité ? Il est peut-être déjà trop tard pour retirer vos épargnes de la banque et les mettre sous le matelas, comme l’a constaté Shah Gilani, lorsqu’il a tenté de retirer quelques milliers de dollars de sa banque. Les gros retraits sont maintenant criminellement suspects.

Vous pourriez transférer votre argent dans une des credit unions (coopératives de crédit) qui ont leur propre assurance pour les dépôts, mais les credit unions et leurs plans d’assurance font aussi l’objet d’attaques. C’est ce qu’écrit Frances Coppola dans un article du 18 décembre intitulé « Co-operative Banking Under Attack in Europe« , en parlant d’une credit union espagnole insolvable qui fut l’objet d’un bail-in en juillet 2015. Lorsque les membres-investisseurs furent remboursés par le groupe privé d’assurance de la credit union, il y a eu des plaintes selon lesquelles le sauvetage « minait le principe de bail-in par les créanciers » – et cela même si le fonds d’assurance était financé en privé. Les critiques arguaient que « cela ressemblait à une façon détournée de faire ce qui était planifié au début, c’est-à-dire d’éviter de faire subir les pertes aux créanciers privés. »

Pour faire court, le but du schéma de bail-in est de faire subir les pertes aux créanciers privés. Les alternatives leur permettant d’éviter ces pertes pourraient bientôt être bloquées.

Nous avons besoin de forcer nos législateurs à changer les règles avant qu’il ne soit trop tard. La loi Dodd-Frank et le Bankruptcy Reform Act ont tous deux besoin d’un remaniement radical, et le Glass-Steagall Act (qui met un mur de feu entre les investissements risqués et les dépôts bancaires) doit être remis en place.

Pendant ce temps, les législateurs locaux feraient bien d’instituer quelques banques détenues publiquement, sur le modèle de la banque du Dakota du Nord, détenue par l’état, des banques qui ne jouent pas avec les produits dérivés et qui sont sécuritaires pour y déposer nos fonds, publics ou privés.

Ellen Brown est une avocate, qui a fondé le Public Banking Institute, et elle est l’auteure de douze livres, incluant le best-seller Web of Debt. Son dernier livre, The Public Bank Solution, explore des modèles bancaires qui ont connu du succès, historiquement et mondialement. Ses plus de 300 articles de blogue se trouvent sur EllenBrown.com. Vous pouvez écouter « It’s Our Money with Ellen Brown » sur PRN.FM.

Source: WEB OF DEBT BLOG

Traduction intégrale sur Goldbroker via Business Bourse

Et n’oubliez pas que tout ceci n’est qu’un petit avant gout du TAFTA, une fois celui-ci en place, cela sera encore plus dingue et dangereux pour nous. Alors comme le dit si bien Charles Sannat, préparez-vous, il est déjà trop tard…

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Un breton chez les Turcs. Un général breton chez le Calife!

8 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Politique étrangère, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Terrorisme

Un breton chez les Turcs

 

Une chronique sur Kedistan

 

Un général breton chez le Calife

 

 
Un breton chez les Turcs. Un général breton chez le Calife!

Le général breton Le Drian, enfin, le ministre de la guerre de france, réellement président de la région Bretagne, a rendu visite pas plus tard qu’avant hier à Erdogan. Il a fait quelques déclarations dans le genre :

« La partie française s’est félicitée de l’efficace coopération entretenue entre la Turquie et la France sur les combattants étrangers. »

« Daech est notre ennemi commun, nous le combattons par d’intenses moyens militaires. »

« La Turquie et la France sont d’accord sur tous les points de discussions. »

La momie bretonne est peu bavarde, mais a pourtant rencontré aussi le Premier ministre Ahmet Davutoglu, les ministres de la Défense Ismet Yilmaz et des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, ainsi que le chef d’état-major de l’armée turque, le général Hulusi Akar.

Mine de rien, ça fait du monde. Il devrait donc tout connaître des opérations de l’armée turque, membre de l’Otan, qui continue ses « entraînements » anti terroristes dans l’Est du Pays. Le nombre de civils tués est là pour montrer leur efficacité, et le ministre français a dû s’empresser d’en féliciter ses hôtes, n’en doutons pas, avant que d’en rendre compte à son retour au chef des armées, entre deux dépôts de gerbes.

Il y a donc de bonnes nouvelles, en ce mois de janvier ?

Erdogan a confirmé sa participation à la « coalition islamique », ce qui a aussi rassuré la France, puisque son principal client en matière d’achat de rafales en a pris la tête. Enfin, façon de parler, après les exécutions de 47 opposants.

Juste pile poil le Breton, juste  au moment où ça se fâche entre barbus, hache contre corde, savoir que l’ami Erdogan est du côté de ses clients, ça rassure sans doute. Gageons que le Drian avait aussi fait le voyage pour ça.

Un autre sujet a été débattu, celui de l’étanchéité des frontières, notamment côté Gaziantep. La France a une insistance particulière là dessus, non pas qu’elle redoute de retrouver le coton de Daech dans ses T-shirts « je suis Paris », mais parce qu’il s’agit à la fois d’un point de passage de réfugiés syriens et de futurs déchus du Djihad. Il est fort à parier qu’Erdogan a remis sur la table l’idée de la « zone tampon« , toujours pas concrétisée et restant un point de débat avec ses « alliés » qui se méfient quand même un peu de ses ambitions territoriales et de son envie d’en découdre ensuite avec le Rojava… Rappelons quand même que l’Otan a donné un feu vert en juin 2015.

Ainsi vont les petits arrangements entre amis, la tête de côté pour ne surtout pas voir les massacres qui se poursuivent au Kurdistan turc, les oreilles bouchées pour préserver les tympans à la fois des déflagrations d’obus de char, et des cris des manifestants pour la paix qui se font gazer.

Certains pourront s’étonner qu’un élu qui tient tant à la présidence de sa région, comme Breton, s’intéresse si peu aux revendications d’autonomie régionale, lorsqu’elles s’expriment ailleurs. Mais j’oubliais… ils étaient  « en accord sur tout, y compris le terrorisme ».

Je sais qu’en Bretagne, des associations Kurdes tentent de briser le mur du silence sur les massacres à caractère génocidaire d’Erdogan. Peut être ont-ils là, avec la visite « amicale » du président de leur région en Turquie, l’occasion de demander des comptes…

Mais, de façon générale, s’interroger sur les conséquences à très court terme de ces « alliances », surtout dans le contexte de l’opposition renforcée Iran/Golfe qui ne manquera pas d’avoir des conséquences dans toute la région, est devenu plus qu’urgent.

Cesser de répandre ici l’idée que tout cela se résume en guéguerres entre bons et méchants, où les Kurdes seraient des bons ici, des méchants là, Poutine par ci, Bachar par là… serait déjà salutaire.

La guerre dans tout le Moyen Orient est une belle saloperie, Daech ou pas. Toutes les boîtes de Pandore ouvertes où chaque intérêt impérialiste ou régional puise ses alliances d’hier et de demain jouent contre les populations de la région.

Il y a autant d’urgence aujourd’hui à faire cesser la guerre à l’Est de la Turquie qu’à soutenir en armes le Rojava contre Daech. Et pour les contrées européennes, cela passe aussi, en plus d’une solidarité humaniste indispensable, par une adresse incessante en direction des gouvernements qui ne cessent de verser l’huile ou de soutenir ceux qui allument les feux.

 

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Entretien avec Alexandre Orlov, Ambassadeur de Russie (Janvier 2016)

7 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Europe supranationale, #Economie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

jeudi 7 janvier 2016

Entretien avec Alexandre Orlov, Ambassadeur de Russie (Janvier 2016)

 

Un entretien réalisé par la web tv Thinkerview
Thèmes abordés :
Géopolitique, Russie, Terrorisme, Syrie, USA, France, Allemagne, Union Européenne, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie Iran, Jordanie, Intérêts Américains, OTAN, Ukraine, Fabius, Hollande, Sanctions économique, DAESH, politique de diversification, Agriculture, COP21, Président du Club des Ambassadeurs, Accords de Minsk, Multiconfessionnelle, Islam radicale, Bataclan, Beslan, Guerre de Tchétchénie, Etat Islamique, Imam de France, Complices de Daesh, Trafique de pétrole, Nucléaire, Espace, Académie des Sciences, Passage Arctique, Missile S400, Wikileaks, Trahison, Indépendance de la France, IFRI, Nucléaire Civil Saoudien, Prix Nobel de Littérature, Sanctions Banques Françaises, Territoire Kurde, l'affaire des Mistral, Amitié et contact entre les hommes.
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Arrêt de l'intervention française en Syrie ! Par Jean Lévy.

7 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #Terrorisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #Le grand banditisme, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Arrêt de l'intervention française en Syrie !
Retrait de toute force française hors du territoire national !
Retrait de la France de l'Otan !

publié le : 4 janvier, 2016

Selon la propagande diffusée par les médias français, il y a une bonne intervention militaire en Syrie et une détestable. La "bonne", bien sûr, c'est celle des aviations occidentales, française, US et britannique. La mauvaise, c'est forcément celle de la Russie... Cette distinction est quotidiennement ressassée par la télé, les radios, les journaux.

C'est la position officielle du gouvernement français.

Voyons les choses telles qu'elles se passent réellement.

Depuis 2011, le gouvernement légal de Syrie, reconnu comme tel par l'ONU, fait face à une subversion interne armée, alimentée massivement de l'extérieur directement par le Qatar et l'Arabie saoudite, avec la complicité ouverte de la Turquie et des Etats occidentaux, dont la France. Sous prétexte que le pouvoir légal syrien de Bachar al-Assad se défend contre l'agression, il est accusé de "massacrer son peuple", son président élu "n'aurait pas le droit de vivre", selon les paroles prononcées, au nom de la France, par le ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius.

Et joignant les actes à la parole, le gouvernement Hollande-Valls fournit armes et munitions les plus sophistiquées à la subversion et a entrepris une campagne de bombardement officiellement contre les bases de Daesh, mais en fait en soutien aux groupes aussi fanatiques d'Al-Qaïda et autres combattants islamiques étrangers engagés contre le pouvoir syrien.

En clair, le gouvernement français fait la guerre au gouvernement légitime de Syrie ! En violation flagrante avec la Charte de l'ONU, sans mandat du Conseil de sécurité, au mépris de la Loi internationale !

Mais , rétorquera-t-on, la Russie aussi multiplie ses bombardements en Syrie...Certes, mais Moscou intervient a la demande du gouvernement reconnu de Damas, du fait de l'agression extérieure subie par ce pays et en conformité avec les traités d'assistance signés entre les deux gouvernements.
C'est-à-dire à l'inverse de l'intervention française et occidentale.

Car soutenir militairement la subversion à l'encontre d'un gouvernement légal est contraire, non seulement moralement mais juridiquement à la charte des Nations unies.

Alors, chaque français doit légitimement se poser la question : Pourquoi cette intervention française ?

Parce que le gouvernement de Damas n'est pas jugé démocratique ?

Qu'il imposerait un système autoritaire à son peuple ?

Qu'il est coupable de réprimer violemment l'opposition ?

Ces allégations sont contredites par les représentants de toutes les confessions syriennes, qui assurent que, contrairement aux autres Etats du Moyen-Orient, nos "alliés", la liberté des cultes est respectée en Syrie et que le pouvoir est issu d'élections qui n'offraient pas de critiques quand Bachar al-Assad était, il y a peu d'années encore, l'invité d'honneur de la France aux cérémonies du 14 juillet...

Mais la légitimité du pouvoir syrien ne doit-il pas être jugée par le peuple syrien lui-même, et par lui-seul, comme le proclament le gouvernement de Damas, appuyé par Moscou, lors d'élections générales , et non pas soumis à l'appréciation des Etats étrangers, qui de surcroît alimentent la subversion ?

Pourtant, une question se pose.
Pourqoi l'attitude guerrière du gouvernement Hollande-Valls, mis en orbite par Washington ? Et s'il s'agissait entre autres, de pétrole, et plus précisément du projet de mise en service d'un pipe-line qui relierait l'Arabie saoudite à la Turquie, passant obligatoirement par la Syrie, et rejeté par le gouvernement de Damas, comme contraire à la souveraineté de son pays ?

Ce véto syrien contrarierait les intérêts saoudiens et turques, ce qui expliquerait en partie l'engagement des deux Etats en question envers la subversion anti-Assad...Et l'engagement dans le même sens du gouvernement de Paris, compte-tenu des intérêts économiques qui unissent la France à Riyad en particulier avec la vente massive d'armes à l'Arabie saoudite, sans parler des connivences personnelles entre les dirigeants saoudiens et français. Rappelons-nous la visite immédiate de François Hollande auprès du nouveau roi d'Arabie, à l'occasion de l'intronisation de ce dernier, souverain qui, comme son prédécesseur, maintient son pays dans un système moyen-âgeux, avec la tête tranchée pour les délinquants et les opposants, la lapidation et la crucification des condamnés.

En clair, on nous ment sur les raisons de l'intervention militaire française en Syrie; Il faut que celle-ci cesse ! Que les bombes et les missiles français arrêtent de frapper un Etat souverain, à l'encontre de la loi internationale. La France aurait mieux à faire en soutenant un processus de paix sous l'égide des Nations-Unies.

Retrait de toute force françaises hors du territoire national !

Retrait de la France de l'Otan !

Tels devraient être les mots d'ordre de l'opinion progressiste française.

Jean Levy

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Au front dans les nuits glacées, les volontaires internationaux du Donbass.

6 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Ukraine, #La République, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN.

Ils sont une poignée, quelques dizaines peut-être, ils viennent de tous les horizons, de Russie bien sûr, mais aussi surtout de Serbie, d’Espagne, de France… oui de France, ils sont une douzaine, deux sont en attente d’incorporation, deux autres sont en approches du Donbass. Autour d’eux et avec eux se trouvent aussi quelques Finlandais, Brésiliens et autres Sud-Américains, Italiens, Catalans, Grecs, un Indien perdu au milieu de la communauté du Donbass, j’ai même entendu parler d’Asiatiques que je n’ai encore jamais rencontrés, cela viendra peut-être. Le froid est polaire, dans une position arrière où je viens de passer la nuit, j’accompagne un groupe de volontaires qui viennent au petit matin relever leurs camarades.

 

Je n’ai pas la chance de rester la nuit suivante sur la ligne du front, l’atmosphère est pesante, le froid prend à la gorge, le paysage est saturé par la neige, le véhicule qu’il a fallu réchauffer démarre en pétaradant expulsant une fumée noire et âcre. Les soldats jettent leurs sacs dans le camion, ils emportent aussi la ration d’eau potable pour la relève, environ 30 litres. Nous ferons à peine deux kilomètres brinqueballés en tous sens. La route est défoncée mais plus praticable, tout le terrain a gelé, il serait propice à une offensive. En cheminant, je pense que dans le paysage, le camion qui se détache doit faire une très belle cible, il n’est pas camouflé hiver. Nous atteignons bientôt la position, tout est pris dans les glaces, le repos des hommes est une sorte d’ancienne usine, les lieux sont criblés d’éclats d’obus, de balles, de graffitis des soldats. Nous les trouvons couchés et emmitouflés dans des duvets, les têtes sont hirsutes et hagardes.

 

La nuit a été dure assurément, le thermomètre affiche ce jour-là – 15 °C, les toilettes improvisées n’émettent plus à cette température d’odeurs désagréables, des boîtes de conserve sont éparpillées ici et là, la boîte de singe du Poilu, elle n’inspire ici moins que confiance… il y en a deux sortes, le fameux « Pachtet », sorte d’improbable pâté de foie, sans pâté et sans foie, ainsi que le « Touchon ou Touchonka ». Il y a eu des bivouacs et des bases où j’ai vu quand même un ordinaire bien meilleur que celui que je découvre ici. L’ambiance est lourde, ceux qui viennent de passer une nuit dans les tranchées voudraient dormir, les autres qui sortent de la base ne sont pas pressés au vu des conditions climatiques de prendre la relève. Les tranchées sont à deux pas, il est interdit de photographier. Des débris sont épars ici et là, la neige recouvre le tout donnant une bizarre impression d’un relief tourmenté. La région pourtant est presque un billard, quelques terrils sont autant de points d’appuis et d’observations, le terrain comporte parfois des chemins creux, quelques étangs ou mares avec les inévitables marécages annoncés par des roseaux.

 

La relève se fait dans la grogne mais tout ce petit monde doit repartir, ils se reposeront plus tard. Le camion est plein au retour, sacs, matériels, armes et les hommes. Monter dans l’engin est déjà une acrobatie, mais un tel camion est capable d’affronter toutes les températures et tous les terrains. Depuis l’âge du moteur les Russes ont toujours su créer de robustes véhicules, à n’en pas douter la totalité du parc automobile de l’Armée française serait paralysé dans de telles conditions et elles iront en s’aggravant, les jours suivants, les températures chutent à – 21 °C. Je connais déjà ce cap de longue date, mais la plupart des hommes qui sont ici connaissent pour la première fois de telles températures et je n’aurais pas à affronter des nuits entières la froideur excessive qu’ils doivent endurer. Le froid use les âmes et les corps, malgré les apparences, les locaux sont aussi touchés, beaucoup de Russes sauf les volontaires Sibériens ou des parties les plus septentrionales de la Fédération de Russie sont aussi en souffrance.

 

Les Français sont là, ils m’impressionnent tout de même, Tonio trouve la force de plaisanter, lui l’homme du Midi. Un autre ; le plus jeune de la troupe, pas même 19 ans ; montre peut-être le plus de courage et d’entrain. C’est lui pourtant qui doit porter l’arme la plus lourde du groupe, un fusil-mitrailleur avec ses boîtes de cartouches. Nous rentrons à la base par le même chemin, les volontaires devront aller se procurer de l’eau chez une grand-mère, leur voisine. Comme partout les animaux de compagnie entourent les soldats. La section d’Erwan possède trois chiens et un chat, ils suivent le groupe partout. Le plus jeune des chiens est encore un chiot, il pleure, il a compris que l’intérieur du campement est autrement plus confortable que sa niche ! L’arrivée de la troupe est toutefois une joie pour eux, promesse de quelque nourriture ou d’une friandise.

 

Je laisse les camarades avec la sensation que leurs conditions sont sans doute parmi les plus terribles du front. J’ai vu de nombreux camps, des positions, ailleurs, sur la ligne de Donetsk, au Sud, au Nord, je repars en étant fier du courage qu’ils ont à affronter le général hiver, mais aussi bien sûr l’ennemi, l’unité a subi des pertes, de lourdes pertes ces trois dernières semaines. Je rentre dans mon logis au chauffage indigent, toutefois une quinzaine de degrés c’est déjà un luxe inouï, car au front les volontaires étrangers, les volontaires français vont devoir compter encore pendant de nombreuses semaines avec l’hiver. Cette année, il s’annonce hélas exceptionnel dans le Donbass. La nature fait bien les choses… les Ukrainiens n’y échapperont pas. Il est étrange alors de penser, que tant en 1812, qu’en 1941 et que probablement cette année, les hivers avaient été terribles et annonciateurs des déroutes… pour l’imprudent occidental venu troubler l’Ours slave.

 

Laurent Brayard pour DONi.Press

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Derrière l’image médiatique, le courage et la détermination des Syriens. Damas à bâtons rompus. Par Marie-Ange Patrizio

6 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #Europe supranationale, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch, #Terrorisme

Derrière l’image médiatique, le courage et la détermination des Syriens. Damas à bâtons rompus.

Conversations, fanfares, percussions et explosions.

Par Marie-Ange Patrizio

Mondialisation.ca, 03 janvier 2016

Syrie Damas drapeau

Mondialisation.ca publie aujourd’hui la septième partie d’un récit de voyage en Syrie : « Damas à bâtons rompus ». Derrière l’image médiatique, le courage et la détermination des Syriens.  Marie-Ange Patrizio y dépeint son expérience dans ce pays agressé depuis déjà quatre ans.  Elle décrit également des témoignages sur la vie quotidienne des femmes et des hommes dans un pays en guerre. Ce récit de voyage mérite notre attention pour comprendre que derrière l’image médiatique de la presse mainstream, il y a des femmes, des hommes, des adolescents, des adolescentes et des enfants démontrant leur courage et leur détermination malgré la peur et la menace des groupes terroristes…

Récit de séjour en Syrie, 3-17 octobre 2015,

7ème épisode

Conversations, fanfares, percussions et explosions.

Lundi soir 12 octobre, nous avons été voir Dora, que j’avais rencontrée le dimanche 13 novembre 2011, pour lui remettre de l’argent à faire parvenir[1] à la famille de R. pour les aider à se chauffer pour l’hiver. J’écris ceci après avoir eu ce matin des nouvelles de Syrie : il a neigé hier, 1er janvier 2015, à Damas. Il a neigé aussi dans le village où nous étions. Je réalise que nous n’avions pas beaucoup souffert à Damas des coupures d’électricité car à l’hôtel des étoiles, comme dans les restaurants, il y a un groupe électrogène qui prend le relais à chaque coupure. Mais chez les particuliers, dans Damas comme ailleurs, ces coupures rendent la vie quotidienne très difficile. Au début du mois d’octobre, les journées sont plus longues, et, surtout, chaudes. Je vous laisse imaginer l’hiver, maintenant… Je pensais hier que pour Noël 2011 et le Jour de l’an 2012 des amies à Damas m’avaient écrit cette année il n’y aura pas d’illumination, en solidarité avec les familles en deuil des attentats. Qui imaginait à cette date ce qui allait suivre de deuils, attentats, destructions, pénurie ? Et plus de quatre années de guerre.

Nous avons passé un beau moment sur le balcon de Dora, quartier résidentiel, côté rue parce que coté jardin le balcon est condamné : trous dans les volets roulants baissés. « Il y a un an, par ricochets des tirs d’un sniper depuis le jardin […] des gens qui dénoncent leurs voisins » chrétiens, ou laïcs ou pro-Assad, « c’est des collabos. Sinon les snipers tirent n’importe où ». « Je le ferai réparer après la guerre » !

Mardi matin, Marie, une consoeur psychologue et amie de Dora, dont nous avons fait la connaissance hier soir, vient nous chercher pour nous amener à la découverte de la vieille ville, à l’intérieur des murailles. Mais je raconterai une autre fois cette déambulation, parce que je voudrais d’abord vous faire part d’une visite qui va prendre beaucoup de place dans ce récit, comme dans notre séjour. Nous avons rendez-vous à 16 heures avec le Père Elias Zahlaoui, à Notre Dame de Damas. Visite imprévue, elle fait partie de ce qui s’organisé sur place au gré de nos rencontres : celle-ci improvisée la veille, à l’issue de notre conversation avec la directrice du Centre Aamal[2].

Claudia T.  nous avait dit « le Père Elias vit dans une petite pièce, au milieu de ses livres », mais c’est dans le salon d’accueil de la paroisse qu’il nous attend. Rafqa et moi connaissions le Père Zahlaoui par ses textes : moi sa Lettre au Président Hollande[3] et Rafqa son intervention au Parlement à Damas. Je rapporte ici, à partir des notes de chacune de nous trois, la plus grande partie de notre conversation à bâtons rompus avec le Père  Zahlaoui et Thierry Meyssan, tous les deux se saluant en disant, chacun, qu’il avait envie depuis longtemps de rencontrer l’autre sans avoir osé le déranger.

m-a : « Heureusement qu’on est venues à Damas ».

Peut-être à cause du lieu et de la stature -à première vue carrée, la suite confirme- de notre interlocuteur notre entretien démarre dans une tonalité un peu solennelle qui va cependant vite changer : le Père Elias est quelqu’un qui ne tourne pas autour du pot. Je vais transmettre nos propos à peu près dans l’ordre chronologique, mais aussi, parfois, en les replaçant dans la logique des deux thèmes principaux qu’il a évoqués : la situation politique et les phénomènes qui ont eu lieu à Soufanieh pour lesquels il avait été mandaté par sa hiérarchie, à partir de 1982.

Le Père Elias parle d’abord de la situation politique et des rapports avec le pays d’où viennent ses visiteurs : « En France tout est à vendre […] Je n’ai pas cessé dans mes lettres ouvertes de provoquer l’Eglise d’Occident. “Que faites-vous en Occident ? Que fait l’Eglise ? Qu’est-ce qu’elle devient ? Est-ce qu’elle est muette ?”. Dans ma dernière lettre j’ai traité les évêques de momies. Ce sont des momies, c’est pour cela qu’on m’a dit : Père il vaut mieux ne pas venir, de peur de compromettre la mission de Myrna (tournée en Europe de Myrna Nazzour. à l’automne 2015) ». Peut-être pourra-t-il venir en mars avec sa chorale ?

A propos des phénomènes de Soufanieh et de Myrna Nazzour : « il faut que je vous parle de cette icône, qui a exsudé de l’huile. On était 2 prêtres à s’en occuper, tous les deux très récalcitrants avec ces phénomènes. En fait cette icône c’est Notre Dame de Kazan ». L’autre prêtre a écrit un compte-rendu à ce sujet en 82. « On l’a intitulé du nom du petit quartier de Soufanieh [au-delà des murailles de la vieille ville, à côté de la porte de Bab Touma], où ça s’est produit ». Une chrétienne, Myrna « entend des messages du Christ et de la Vierge», « elle entre en extase» et « de l’huile lui coule des yeux, avant l’extase, de la tête, des deux mains, du cou ; à chaque fois que le Christ parle l’huile lui coule des yeux et ça lui provoque des brûlures atroces. Il faut la retenir de peur qu’elle ne s’arrache les yeux. Des médecins l’ont examinée, il y a eu des rapports sur ces phénomènes, une psychologue a fait une thèse sur elle au Liban ».

Les dates des apparitions coïncident avec des fêtes religieuses ; la dernière fois, en 2014 «le jeudi saint 2014, c’était le 17 avril, jour de la fête nationale de Syrie, de l’Indépendance, il y a eu ce message : “les blessures qui ont saigné sur cette terre sont celles-là mêmes qui sont dans mon corps. Car la cause et l’auteur sont le même. Mais gardez la conviction que leur sort est celui-là même de Judas”. En 2004, c’était le jeudi de l’Ascension : devant un groupe venu de France, d’Allemagne, d’Autriche, du Canada, du Liban, de Damas, avec des représentants de télévisions de divers pays européens et américains et des théologiens venus de France, Autriche, Allemagne, Canada etc. Le message était ceci : “Mon dernier commandement pour vous : retournez chez vous mais portez l’Orient dans vos coeurs. D’ici a de nouveau jailli une lumière dont vous êtes le rayonnement pour un monde séduit par la matière, la concupiscence et la célébrité au point qu’il en a presque perdu ses valeurs. Quant à vous, conservez votre orientalité, ne permettez pas qu’on aliène votre volonté, votre liberté, votre foi dans cet Orient”.

Tous ces messages je les ai rapportés dans un gros livre, avec les rapports des théologiens et les témoignages[4]. Ça fait trente-trois ans que je connais Myrna, chaque fois que je l’entends parler je ne la reconnais pas. C’est bouleversant, de simplicité, de transparence, d’humilité».

Ces messages je les ai notés tels que nous les a rapportés le Père Z., in extenso comme des fragments cliniques.

TM dit qu’il n’a jamais entendu parler de Soufanieh et de Myrna, chose qui mérite aussi d’être précisée ici puisque TM vit à Damas depuis quatre ans et qu’il est généralement bien informé. Moi j’en avais entendu parler, par les diffusions de celui qui organise les tournées de Myrna en France, le Docteur Jean-Claude Antakli, qui m’avait contactée après avoir lu le récit de mon séjour en 2011. Mais je ne savais pas que le Père Zahlaoui s‘était occupé de Soufanieh. Aucune de nous trois, ni Thierry sans doute, ne pensait en venant à ce rendez-vous entendre parler d’extases, de stigmates, de visions et de messages divins.

Et je dois dire mon embarras, d’abord, pour restituer, ou pas, cette partie-là de notre entretien ; qui détonne dans le reste de notre séjour, et de ce récit. Désagréablement bousculée par ce que j’avais entendu, et, au moment de le relater, perplexe encore sur la façon de le présenter. Nous n’en avions pas reparlé avec Rafqa et Dominique : embarrassées toutes les trois par cette irruption de phénomènes présentés si ce n’est comme miraculeux, en tous cas comme surnaturels. Et rompant la rationalité de nos analyses. Taire ce passage m’aurait débarrassée d’un malaise. Mais ç’aurait été trahir un engagement de notre interlocuteur, et censurer une partie non anodine de la réalité à laquelle nous avons été confrontées de façon très inattendue ce jour-là : quel que soit son rayonnement dans le pays, et du fait même de sa teneur, pas des plus banales, le phénomène rapporté par le père Zahlaoui est un des aspects actuels, paradoxaux, de la composante religieuse d’une société qui paye cher, par ailleurs, son choix de la laïcité au milieu d’une région fanatique[5].

Ce qui nous tombait dessus dans ce moment-là, c’est la confrontation avec « ce qu’on appelle tout gentiment une mystique »[6] comme disait le Docteur Lacan. « Ceux qui croient au ciel » verront dans ce qui touche Myrna l’effet d’une intervention divine ;  « ceux qui n’y croient pas » sont bien embarrassés… Et vont se reporter à ce que disent des poètes et des psychanalystes de cette « expérience vertigineuse, obscure et indéchiffrable»[7].

Si vous êtes choqués par ce que vous lisez ici, c’est rassurant. Il faut n’avoir jamais été confronté, professionnellement ou dans la vie courante, au délire d’un aliéné ou aux paroles d’un(e) mystique pour imaginer qu’écouter leurs propos (qui ne sont pas du même registre), même médiatisés comme ici par le récit d’un tiers, n’est pas au moins déstabilisant voire un tantinet angoissant ; y compris quelques semaines plus tard, à tête dite reposée. Soit on fait l’impasse sur ce qui nous heurte, et tranche avec le reste de la démarche, soit on prend ces paroles confiées au sérieux, en l’occurrence comme une séquence clinique : «Moi je n’emploie pas le mot mystique comme l’employait Péguy. La mystique, ce n’est pas tout ce qui n’est pas politique. C’est quelque chose de sérieux, sur quoi nous renseignent quelques personnes, et le plus souvent des femmes (…) Ces paroles mystiques, ce n’est ni du bavardage, ni du verbiage, c’est en somme ce qu’on peut lire de mieux (…)»[8]. Je vous en livre quelques fragments ici, non sans avoir eu recours, parallèlement à cette transcription, à la relecture de ceux, psychanalystes et historiens de la littérature, qui n’ont pas eu peur de se pencher sur le récit de ces visions, apparitions, spasmes, extases, stigmates et leur cortège d’interrogations très dérangeantes pour nos névroses ordinaires et nos analyses rationnelles.

En se souvenant aussi qu’il y a eu à Damas au moins un précédent célèbre en matière de vision, apparition et inscriptions somatiques. Il y a deux mille ans environ, Paul de Tarse, collaborateur juif zélé de l’occupant romain, a écrit comment il a été terrassé et rendu aveugle à la suite d’une vision -apparition du Christ- au cours d’une mission contre les chrétiens, puis recouvré la vue grâce à l’intervention du chrétien Ananias près de la Rue Droite de la Porte d’Orient, pas très loin de l’actuel Soufanieh. Le discours et l’expérience mystiques ne sont pas déconnectés de la réalité sociale, géographique, historique, et politique[9].

T. Meyssan, que j’ai interrogé à ce sujet, m’indique aujourd’hui : « Le message de Soufanieh c’est de conserver l’orientalité, c’est-à-dire la perception qu’il n’y a qu’une foi et que les religions authentiques sont autant de chemins vers le même Dieu. C’est ce qui justifie la Syrie laïque d’aujourd’hui par opposition au projet des Frères Musulmans porté par Daesh ».

 

Père Elias : «Sans les Russes et les Chinois la Syrie aurait disparu, 140 pays contre la Syrie pour les beaux yeux d’Israël et les dollars du Qatar et de l’Arabie saoudite. […]

Le maire de Kazan, un musulman, a envoyé ici son conseiller, un chrétien de Kazan ; il est venu avec un groupe, ils ont passé une semaine, pris un tas de documents en 2005. Une traduction russe a été faite ici. Et ils l’ont apportée à Kazan ; et je compte la faire imprimer pour l’offrir à Poutine. A Kazan on m’a dit la traduction est digne de Dostoïevski !

Les USA sont un hippopotame qui marche sur un champ de tulipes ».

Rafqa me rappelle au moment où je rédige cette visite que le Père Elias avait parlé de voyoucratie pour cet hippopotame (et certains de ses alliés).

[…]

Rafqa : j’ai lu votre intervention sur la conception de l’homme syrien [Internet, en arabe].

EZ : laquelle ?

m-a : au Parlement.

EZ : oui, ils m’ont sollicité pour cette intervention.

TM : au Parlement ici ?

EZ : oui, le 2 février. On m’a fait la surprise de venir, trois personnalités du Parlement, pour me demander un mot. On a échangé, ils m’ont dit “nous voudrions que vous parliez de la reconstruction de l’homme en Syrie” »…

Rafqa : ah oui, c’est ça !

EZ : et je leur ai présenté un texte, un mois après. Il a été traduit en France, et je l’ai [re]traduit moi-même après parce que celle qui l’avait traduit avait escamoté pas mal de choses.

m-a : c’est vrai ?!

EZ : oui, oui, moi je me sois permis de faire la traduction intégrale ! Malheureusement je n’ai pas le texte ici de la traduction mais je vous l’enverrai si vous me donnez vos coordonnées. Je l’ai en arabe, ici, vous lisez l’arabe ?

TM, m-a et D. : non…

Rafqa : moi je lis l’arabe !

EZ : Comment vous vous appelez, votre nom de famille ? [Ils parlent tous les deux en arabe]. Ah, il y a de beaux lieux là-bas.

R. : Il connaît mon village !

EZ : [à nous] : la Vallée des Chrétiens, vous connaissez ? C’est une très belle région.

Rafqa : c’est chez moi !

EZ : Je vais vous raconter, j’ai rencontré en 1990 un écrivain français ancien parlementaire. Il m’avait donné un de ses livres et ensuite on a discuté ensemble. Il était anti-européen, contre le Traité de Maastricht, depuis on est resté en contact. Avant les événements il a demandé à venir en Syrie, il a passé 4 jours, il m’a  demandé de rencontrer des familles musulmanes, moi-même je suis de Damas et j’ai toujours refusé n’importe quelle invitation de repas chez des amis : après on ne peut plus fermer la porte ! Ce jour-là, pour lui, j’ai téléphoné à des amis musulmans en leur disant est-ce que je peux venir partager le repas chez vous demain soir ? C’est la dame qui m’a répondu et elle m’a dit bien sûr ! Ils habitent près d’ici, ce sont des gens extraordinaires. Durant toute la visite et tout le repas il me regardait de temps en temps et me disait “je n’en crois pas mes yeux et mes oreilles : c’est ça la Syrie ?” – oui c’est ça. Ensuite je l’ai amené à Douma chez des amis musulmans dont la fille est médecin à Pontoise. Là encore il me disait “mais ce n’est pas ce qu’on nous raconte…”. Je lui ai dit “mais vérifiez ce qu’on vous raconte ! ». Et maintenant pendant les événements il ne cessait de me téléphoner. Un jour je lui ai dit : “Monsieur Untel, qu’attendez-vous pour écrire ?” il m’a répondu “je n’ose pas”. Je lui ai dit : ”ancien parlementaire et écrivain, vous n’osez pas ? Pourquoi Thierry Meyssan ose ?” Vous savez ce qu’il m’a dit ? “Mais Thierry Meyssan est un iconoclaste, vous connaissez le terme ? Un iconoclaste, c’est-à-dire quelqu’un qui casse des barres [sic]“. Je lui ai dit “mais cassez des barres vous aussi !” ll m’a dit  ”je n’ose pas”…

TM : Oui mais si personne n’ose, tout le monde va finir en prison. C’est une prison intellectuelle.

EZ : Où va-t-on ?

D. de France : On se met soi-même en prison.

EZ : On m’a envoyé dernièrement le livre de Michel Raimbaud « Tempête sur le grand Moyen-Orient »[10], c’est un livre terrible. Je connais une dame qui le traduit en ce moment, l’ancienne ministre de la culture […] c’est bien mené, un grand livre.

[…] Il faut lire aussi « Le dérèglement du monde » d’Amin Maalouf, et « Les identités meurtrières » en 97 : ce sont des textes très actuels.

La Syrie a été exécutée mais elle ressuscitera ».

 

Une jeune fille entre pour demander quelque chose au Père Elias et s’interrompt en s’exclamant (en français) : «Vous êtes Thierry Meyssan ?! Je lis tous tes articles, merci, merci, je peux faire une photo avec vous ?! ». Surprise de TM, séance photos, sympathique, on en profite pour faire les nôtres aussi ; le père Elias nous dit ensuite « elle travaille à la télévision », et fait partie de la chorale.

 

Photo D. de France, 13 octobre 2015 à ND de Damas.

 

Dans la 2ème partie de notre visite, la situation se renverse : c’est le père Elias qui interroge TM ! Sur son analyse de la situation dans toute la région. On retrouvera cette analyse plus rigoureusement dans les chroniques hebdomadaires publiées dans « Réseau Voltaire International » au cours des semaines qui ont suivi.

TM : La semaine dernière, il y a eu une réunion au Conseil de sécurité nationale [à Washington] où tout d’un coup le Conseil s’est divisé en deux : ceux pour et ceux contre la guerre. Jusqu’ici tout se faisait par dessous et on ne savait pas qui était pour et qui était contre. La personne qui a pris position contre la Syrie est Samantha Power[11], c’est elle qui a pris la direction de l’opposition à la Syrie.

Ça montre que c’est bien à l’ONU que ça s’est organisé contre la Syrie, avec  Feltman [adjoint au Secrétaire général, pour les Affaires politiques[12]]

Ils ont essayé de gagner du temps pour qu’il y ait une défaite militaire de la Syrie. Ils ont commencé fin juin 2012. En juin 2012 les USA et les Russes s’étaient mis d’accord, et tout d’un coup la guerre est repartie sous la direction de la France. Le 7 juillet il y eu une conférence à Paris des « Amis de la Syrie »[13] : tout est reparti contre ce qu’Obama avait négocié. Il ne contrôlait plus rien. Samantha Power et Feltman avaient tout dirigé.

m-a : Elle est terrible Power…

TM : C’est un professeur de droits de l’homme ! Il faut que les USA deviennent la puissance qui empêche les génocides ![14]

[…]

EZ : et le lobby [sioniste] ?

TM : il tient le Congrès, pas l’exécutif. [C’est bien décrit dans] le livre de James Petras, non traduit en français[15]. Le 15 septembre 2001, il y avait eu une réunion à Camp David présidée par Georges W. Bush. La guerre contre la Syrie a été votée par le Congrès, puis promulguée par le président Bush le 12 décembre 2003 (Syria Accountability Act).

Maintenant en Israël Netanyahu est sur la ligne coloniale originelle d’Israël. Mais, mystère : pourquoi a-t-il été réélu ? Car tous les grands chefs militaires israéliens ont abandonné cette ligne : c’est le mouvement Commanders for Israel Security [16] : ils sont nés en Israël et ce qu’ils veulent c’est continuer à vivre là, pas conquérir le Moyen-Orient. Tous ont pris position contre Netanyahu. La politique israélienne ne peut pas durer très longtemps.

[…]

Maintenant le défi pour la Syrie, c’est liquider les djihadistes et commencer immédiatement la négociation pour régler le problème du Golan avec Israël.

EZ : comment voyez-vous les mois qui viennent ?

TM : Normalement les bombardements russes vont continuer jusqu’au 6 janvier, ils souhaitent que cette campagne soit finie pour le Noël orthodoxe. L’essentiel de la Syrie habitable sera libéré.

Les djihadistes se retireront en Jordanie, en Irak et en Turquie où il y a un risque de guerre civile[17].

EZ : indépendamment des problèmes avec les Kurdes ?

TM : non, mais même en dehors de ça : il y a aussi le combat des laïcs contre les islamistes, en Turquie. Actuellement il y a  trois camps d’al-Qaeda et beaucoup plus de camps de Daesh, en Turquie […].

EZ : et l’explosion il y a deux jours, à Ankara…[18]

[…]

TM : Il y a un problème militaire, la Russie a déployé des armes dont personne ne connaissait l’existence.

En fait [avec] le tir de missiles de croisière [missiles de croisière 3M14 Kalibr tirés le 7 octobre par des navires russes depuis la mer Caspienne] ils ont montré qu’ils avaient des missiles plus précis que ceux des USA. Et un rayon d’action de 1500 Km. [De ce fait] ils ont complètement ruiné tous les investissements financiers sur le bouclier USA.

Quand les Russes sont arrivés ici, les USA ont dit “on ne sait pas très bien ce qui se passe”. Les Russes ont installé une énorme station de brouillage au nord de Lattaquié, avec un rayon d’action de 300 Km. Tous les systèmes d’interception, radio guidage, tout est brouillé ! Y compris le système satellitaire. Ils [USA] ne sont plus capables de voir le fonctionnement des avions. Ça a été une grosse surprise pour le monde entier ! Et du nord de Lattaquié ils brouillent la station Otan d’Iskenderun en Turquie… Ils ne savent pas ce qui se passe, personne ne sait ce qui se passe en Syrie sauf par les communiqués des Russes et des Syriens.

La France, quand elle bombarde à Raqqa c’est qu’elle ne peut pas bombarder ailleurs, à cause de ce défaut de renseignements : c’est vraiment pour montrer ses muscles.

Par contre les Russes n’iront pas à Deraa, au Sud, parce qu’ils devraient brouiller aussi l’Etat d’Israël. La Russie voulait vérifier que le brouillage fonctionnait aussi sur le territoire turc[19].

Il y a trois jours les avions du Commandement Central [étasunien] ont largué par parachutage 50 tonnes d’armes pour les djihadistes. Qui a envoyé ces armes ?

Ordre de la Maison Blanche ? Du Pentagone ? Un général qui a dit il me reste ça je le leur largue !? C’est un désordre gigantesque, les Usa, une machine énorme, il n’y a plus de hiérarchie, plus de structures ; si les USA étaient organisés la guerre ici serait finie depuis longtemps.

[…]

EZ : Robert Dôle, « Le cauchemar américain », dans l’introduction il dit j’écris en français pour m’innocenter de la langue anglaise des USA.

[…]

EZ : Donc d’après vous la Syrie va échapper au nettoyage [planifié par les faucons étasuniens] ?

TM : Tant qu’il reste aux USA des gens comme Power et Feltman, il peut y avoir un dérapage. Mais l’opération russe va diminuer la force des jihadistes. Daesh et al-Nosra ont des systèmes de communication, des usines de fabrication d’armes etc. mais ce n’est pas une armée. Tout ça a été détruit.

[…]

EZ : Est-il possible que les Européens ne sachent pas le nombre de gens qui viennent ici [faire la guerre] ?

L’Armée Syrienne n’en a aucune idée. Ceux qui sont arrivés de l’extérieur, depuis 2011, on pense au moins 250 000… Ils ont d’abord trois semaines d’entraînement en Jordanie[20]. Il y avait des instructeurs français, sans doute un encadrement militaire français. Dans la première période la France a envoyé environ une centaine de militaires : Légion et soldats, et DGSE, détachés de la Défense pour l’Elysée. Certains sont morts ici, certains sont prisonniers mais tous les autres se sont repliés après la chute de Baba Amr [quartier occupé par les terroristes à Homs]. L’amiral Guillaud est venu les reprendre à la frontière libanaise[21].

Mais quand Hollande a relancé la guerre en juillet 2012, il y a eu à nouveau des militaires français. Depuis le début de la guerre le gouvernement syrien a essayé d’établir des relations avec des parlementaires français : qui ne font rien.

m-a : Les parlementaires français le savent ?

TM : il y en a qui savent ..!

La France est prisonnière de l’Arabie Saoudite. Aujourd’hui ils [Arabie Saoudite] ont au moins 10% de l’industrie française, actions dans 40 banques et sociétés françaises… Si l’Arabie Saoudite retire tout d’un coup tout son argent, tout s’effondre. Les Saoudiens ont vraiment un moyen de chantage. Plus que le Qatar. C’est un autre type de relations : l’émir Hamad mettait son avion à disposition [de Cécilia Sarkozy, ensuite Carla Bruni]…

m-a : Et Azmi Bishara maintenant est conseiller de l’émir du Qatar…

TM : Tariq Ramadan y est aussi.

EZ : Azmi Bishara, en Syrie on le considérait comme un héros !

[…]

TM : Mr Juppé est celui qui a négocié au Royaume Uni, en 2010, que le Royaume-Uni et la France attaquent ensemble le Syrie et la Libye.

En mars 2011 [à l’époque ministre des Affaires étrangères sous la présidence de N. Sarkozy] il a signé un décret secret avec le ministre des Affaires Etrangères turc Davutoglu [toujours en fonction], qui prévoyait tout ce qui s’est passé depuis dans le nord de la Syrie[22].

Il a participé à une réunion secrète de certains Etats de l’Otan à Naples [Lago Patria, Base du Commandement suprême allié, toujours étasunien] pour qu’ils attaquent la Libye. Il y a eu 40 000 personnes tuées en trois jours à Tripoli [TM était à Tripoli au moment du siège : en novembre 2011 il nous avait relaté les bombardements incessants pendant ces trois jours, déluge de feu].

Actuellement à Bordeaux il est en train de construire une mosquée pour les Frères Musulmans. Et en 94 au moment de l’attaque au Rwanda, c’est lui qui était aux Affaires Etrangères… En 2011, j’ai été informé par le gouvernement iranien que Juppé avait donné l’ordre de m’assassiner à Tripoli.

Les USA, depuis 1954, utilisent les Frères Musulmans pour des assassinats politiques.

[…]

Les Allemands ont commencé, en secret, des négociations avec la Syrie.

Pendant ces 5 ans la Syrie a vécu avec l’argent de la Russie et de l’Iran ce qui implique que ce sont des compagnies russes qui vont exploiter le gaz [après la fin de l’agression internationale contre le pays].

[…]

EZ : C’est extraordinaire que Bashar al-Assad reste aussi serein. Et confiant en lui-même.

TM : Oui, il tient le coup ! C’est une surprise pour tout le monde et pour lui en premier !

EZ : il a une trempe !

 

Pendant que le Père Elias va chercher des exemplaires de son ouvrage sur Soufanieh, je fais remarquer le beau lustre du salon, comme ceux en cristal de Venise. TM nous raconte que ce sont des verriers damascènes qui ont importé les techniques en Italie : ils avaient été enlevés par des Vénitiens au Moyen-âge, emmenés sous bonne escorte et enfermés sur l’île de Murano où la Sérénissime les a priés sans ménagement de transmettre leurs techniques à des artisans locaux. Il semble que pas mal d’autres artisanats ou techniques (y compris agricoles) soient venus de Syrie. Nous reparlerons des artisans syriens.

Père Elias Zahlaoui et Thierry Meyssan. Mardi 13 octobre 2015, photo m-a patrizio.

 

On se quitte en échangeant nos coordonnées.

TM : je n’ai pas de carte…

Père Elias : mais vous avez mon numéro maintenant !

 

En sortant on traverse un groupe de jeunes, filles et garçons, avec des instruments de musique : c’est la fanfare de ND de Damas qui se met en place pour répéter sur le parvis éclairé. Il est tard, on ne peut pas s’attarder car on doit longer une place qui est une cible habituelle des terroristes depuis Jobar. Avant que la répétition ne démarre, je demande à ceux qui sont près du portail si c’est eux qui avaient joué à la fin de la cérémonie avec le Patriarche Cyril le 13 novembre 2011 à la cathédrale de la Dormition. Petit chahut pour me répondre : mes interlocuteurs vont surtout caser dans un français très approximatif les quelques mots qu’ils connaissent, assez décalés par rapport à ma question : ils sont décontractés, ces jeunes. Et leur musique saisissante, comme souvent les fanfares, dans la rue…Mais plus encore sur le parvis de cette église ; avec les risques que tout le monde connaît. ND de Damas va être touchée quelques jours plus tard par les roquettes (dégâts matériels seulement) de ceux dont nos médias parlent en disant que « le régime de Bashar » les bombarde avec des barils de TNT. Mais pourquoi avec du TNT ?! A part que les « rebelles », eux, en ont, de ces armes-là.

Il fait doux, nous redescendons à pied vers l’hôtel, une bonne demi-heure. Il fait nuit rapidement, mais il y a des gens dans les rues, même si on y voit plus ou moins. Mais nous avons pris l’habitude de Damas, en 48 heures et plusieurs rencontres peu banales. Personne ne fait attention à nous quand nous demandons notre chemin ; ici on ne nous prend pas pour des Russes. Ou bien c’est qu’on ne remarque plus les gens de la communauté russe, depuis le temps qu’ils vivent à Damas ; la coopération a été importante avec l’URSS, pendant la présidence de Hafez al-Assad.

En arrivant vers l’hôtel nous entendons un grand bruit de percussions. On entre dans une cour, pour voir, puis jusque dans une salle où un groupe de jeunes répète avec toutes sortes de tambours, dans les locaux d’une association culturelle arménienne. On entre comme dans un moulin, d’ailleurs, pas de plan Vigipirate ici…Ils font un de ces bruits, on n’entend même plus les bombardements.

Dans la chambre de l’hôtel des étoiles, on peut écrire grâce à une connexion Internet sans problèmes. Je relis ces messages aujourd’hui pour me souvenir de cette ambiance.

A l’aube, j’entends des avions et une série de détonations très fortes. La réception est en face de ma chambre de l’autre côté du patio. Je vais en vitesse demander au veilleur de nuit ce qui se passe : « No problem, Madam, it is our army, our aviation ». L’aviation syrienne -des bombardiers, pas les fameux hélicoptères trimballant les barils de TNT de nos médias- cible les repères des terroristes à Douma, Ghouta et Jobar. Mercredi 14 octobre et premier jour de l’annéee 1437 de l’Hégire, c’est le début d’une grande offensive de l’Armée arabe syrienne autour de Damas[23].

Je parle un moment avec le veilleur de nuit : étudiant en management, d’origine bolivienne, parents immigrés en Syrie où lui est né. Il ne parle pas français, c’est dans son programme de l’an prochain, mais, un peu d’anglais un peu d’arabe pas mal de gestes et mimiques, on bavarde. Je vais me recoucher en écoutant le bruit des avions et explosions. C’est la première fois que je suis proche d’un bombardement, pourtant ces détonations font un bruit qui m’est familier. Je vais mettre du temps à réaliser lequel : les explosions des (très gros) feux d’artifice. On m’expliquera plus tard que les roquettes des « rebelles » font un tout autre bruit : plus sec, métallique, précédé d’une sorte de sifflement (pour laisser le temps de regarder où ça va tomber ? Braves gens ces rebelles). Je n’en entendrai que deux dans cette journée du mercredi. Roquettes qui n’ont fait que des dégâts matériels. Il semble que les terroristes soient trop occupés par ce qui leur arrive pour riposter.

Le matin en servant le petit déjeuner Karim me dit (en anglais) «Aujourd’hui c’est une grande surprise pour les rebelles » : lui, c’est un rigolo.

Nous n’avons pas de rendez-vous prévu avant 18h (Nadia Khost et sa fille Rania Massarani), nous devions sortir pour aller visiter avec Marie le quartier de la Porte d’Orient : c’est justement là que les ripostes des terroristes peuvent tomber. Les gens de l’hôtel nous recommandent précisément quels endroits éviter. Je reviens en début d’après-midi, avant D et R. qui vont flâner dans la Rue Droite.

Karim bavarde à la réception avec ses collègues ; en me voyant entrer il me dit (en anglais) « oh madame, encore en vie ?! ». Quatre années de guerre ne sont pas venues à bout de l’humour et de la vitalité de ces jeunes Syriens. Ça fait du bien.

L’atmosphère est décidément plus légère aujourd’hui. Oui, le vent a tourné

Marie-Ange Patrizio

Marseille, 3 janvier 2016,

 

 

Merci, une fois de plus, à mes compagnes de voyage que j’ai quasiment harcelées ces jours-ci pour vérifier et compléter ce récit particulièrement délicat à rédiger.

Je recommande post scriptum deux interviews que me signale Dominique de France, tout frais sortis -sans date des interviews- sur Internet. Le premier « date d’octobre 2014 », me dit l’auteur interrogé à ce sujet. On peut penser, d’après certains passages, que le second aussi.

Syrie : les chrétiens dans la tourmente, entretien avec le Patriarche Grégoire III Laham, et Dans l’ombre de Bachar el-Assad, entretien avec Bouthaina Chaabane.

Merci à Frédéric Pichon pour ces précieux entretiens publiés « en février 2015 » : en effet je les retrouve dans le n° 146 de Politique Internationale. Diffusés les 30 décembre 2015 et 3 janvier 2016 par Les Crises [24].

 

 

 


[1] Embargo bancaire, si vous allez en Syrie, n’oubliez pas d’apporter vos sous, vous ne pourrez pas en retirer sur place.

[2] cf. « Damas des étoiles » et le reportage « Vivre à Damas » de France2.

[4] Soufanieh. En Syrie et dans le monde, Père Elias Zahlaoui, Damas 2014. 1 kilo 346 grammes dans le bagage en soute.

ou http://www.soufanieh.com/FRANCAIS/20071002.can.fre.pez.Soufanieh.fetera.bientot.ses.25ans.pdf

[5] Voir à ce sujet l’entretien « conduit par Frédéric Pichon » en octobre 2014 avec le Patriarche Grégoire III Laham : « la Syrie, dois-je seulement le rappeler, est un État laïque… Elle est même l’État le plus laïque de la région ! Le Liban n’est pas un État laïque, Israël non plus, nos autres voisins guère davantage…Parmi les rebelles, nombreux sont ceux qui ne sont pas des Syriens, qui n’ont pas une vision syrienne de la société ; c’est la vraie raison pour laquelle ont eu lieu tous ces massacres de personnes sur la seule base de leur appartenance religieuse. C’est quelque chose de profondément étranger à la tradition syrienne. Ici, en Syrie, on ne parle jamais de sa confession : le régime, malgré tous ses défauts, est parvenu à faire émerger un véritable sentiment national. C’est cela, l’exception syrienne ! » http://www.les-crises.fr/syrie-les-chretiens-dans-la-tourmente/

[6] Encore, Le séminaire, livre XX, Jacques Lacan, Ed. du Seuil, 1973, Paris, p. 70.

[7] Portraits de femmes, Pietro Citati, Ed. Gallimard, Paris, 2001 pour la traduction française, p. 24 et suivantes.

[8] Encore, p. 70-71

[9] En précisant aussi que si les stigmates sont apparus dès 1982 (et ont eu lieu six fois depuis) les messages entendus par Myrna commencent en 2004, donc bien avant la période de crise puis de guerre en Syrie.

[11] Sur Samantha Power voir notamment : « La face cachée de lAdministration Obama », T. Meyssan, 10 novembre 2015, http://www.voltairenet.org/article189204.html

[13] Voir Discours de François Hollande à la 3ème réunion des amis du peuple syrien, notamment les cinq points de décision finale, et constat (juillet 2012) : « une chose est certaine, c’est que le régime de Bachar Al-Assad ne tiendra pas » http://www.voltairenet.org/article174994.html .
Les «  Amis de la Syrie » ont compté 124 Etats et 16 organisations internationales.

[14] Idem : « La face cachée de lAdministration Obama »

[15] The Power of Israel in the United States, Clarity Press, Inc. (2006).

Voir aussi de James Petras Le sabotage des négociations de paix américano-iraniennes : http://www.voltairenet.org/article180887.html

[16] Lettre au Premier Ministre Netanyahu, 30 octobre 2014 : http://www.voltairenet.org/article186961.html .

Voir aussi la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=6DitoiYXT5M

et, site du mouvement (en trois langues : hébreu, anglais et … russe !) : « Notre vision et nos objectifs » : http://en.cis.org.il/our-vision/ . Commentaire dans le Jerusalem Post du

3 janvier 2015 : http://www.jpost.com/Israel-News/Former-Israeli-security-commanders-Netanyahu-speech-will-bring-Iran-closer-to-the-bomb-392565

[17] Poursuivant cette analyse dans un autre entretien le lendemain, TM nous dira « le problème est que les sponsors des terroristes ne voudront pas perdre tout l’argent qu’ils ont investi dans ces mouvements : où les enverront-ils ensuite pour les utiliser ? Ukraine, Caucase..? »

[18] 86 morts et 186 blessés, le 10 octobre 2015 : http://www.voltairenet.org/article189047.html

[19] Voir « Larmée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », T. Meyssan, 19 octobre 2015,  Réseau Voltaire, http://www.voltairenet.org/article189038.html

[20] Dans les camps -Zaatari- où nos agents des affaires étrangères vont faire des visites et interviews ?  Cf. Fabius et Burgat, http://www.mondialisation.ca/quelques-figures-de-vitalite-artistique-intellectuelle-et-mediatique-la-syrie-du-mucem/5371380

[21] « Alain Juppé n’est pas seulement en conflit avec son administration, mais aussi avec ses collègues de l’Intérieur et de la Défense. Claude Guéant et Gérard Longuet auraient non seulement négocié avec le général Assef Chawkat l’exfiltration des agents français présents dans l’Émirat islamique de Baba Amr, comme le Réseau Voltaire l’a relaté [2], mais aussi la libération de trois commandos français détenus par la Syrie [3].

Dimanche 18 mars, le quotidien pro-syrien Ad-Diyar, édité à Beyrouth, a confirmé que trois prisonniers français ont été remis au chef d’état-major des armées (CEMA), lamiral Édouard Guillaud, lors d’un déplacement au Liban, prétendument effectué à l’occasion de la réorganisation du contingent français de la FINUL. Selon une source syrienne de haut niveau, l’amiral aurait en échange personnellement veillé au complet démantèlement de la base arrière que les services militaires français avaient installée au Liban » : http://www.voltairenet.org/article173169.html .

Voir aussi :

« Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? » T. Meyssan, 12 octobre 2015, Réseau Voltaire, T. Meyssan :   http://www.voltairenet.org/article189002.html

[22] Voir : «Clinton, Juppé, Erdoğan, Daesh et le PKK », T. Meyssan, 3 août 2015,

http://www.voltairenet.org/article188313.html

[23] Al Manar, 14 octobre : «Or la grande surprise est que les forces gouvernementales ont lancé en même temps une offensive à l’est de la capitale, dans la Ghouta orientale. Et il est question d’une avancée à Harasta et Jobar. Selon l’agence russe Sputnik, citant une source militaire syrienne, les troupes syriennes ont repris le contrôle de plusieurs bâtiments, dont l’usine des eaux Rima. La Ghouta orientale est sous le diktat de la milice wahhabite pro saoudienne Jaïch al-Islam, dirigée par Zahrane Allouche »

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=263877&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

Une rumeur à Damas avait annoncé la mort du chef salafiste Z. Allouche ce jour-là ; il a finalement été tué par un bombardement de l’armée syrienne le 25 décembre, dans un bâtiment où se tenait une réunion de chefs « rebelles » (comme disent nos médias et « spécialistes » politologues anciens expatriés à Damas, qui ont débarrassé le plancher au début de la crise).

[24] http://www.politiqueinternationale.com/revue/article.php?id_revue=146&id=1348&content=synopsis ou

http://www.les-crises.fr/dans-lombre-de-bachar-el-assad/

Et

http://www.politiqueinternationale.com/revue/article.php?id_revue=146&id=1347&content=synopsis publié le 3 décembre 2015

Ou http://www.les-crises.fr/syrie-les-chretiens-dans-la-tourmente/ . Cet entretien se trouve aussi, en cherchant bien, sur le blog de l’auteur : http://frederic-pichon.com/resources/drChaabane.pdf . Je n’y ai pas trouvé celui du patriarche Grégoire III.

Photo par Rebecca : Marie-Ange Patrizio (à gauche) avec Soeur Rafqa, Monastère de Mar Yakub, Syrie.
 
 
Marie-Ange Patrizio, psychologue, est également traductrice, membre de comaguer, comité Comprendre et agir contre la guerre, Marseille
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« Coup d’état » en Ukraine sous régie USA/Otan : « Heil mein Nato ». L’art de la guerre, par Manlio Dinucci

6 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #le nazisme, #Terrorisme, #L'Allemagne;

« Coup d’état » en Ukraine sous régie USA/Otan : « Heil mein Nato »

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 05 janvier 2016

ilmanifesto.info

porochenko_nazi

La feuille de route pour la coopération militaire Otan-Ukraine, signée en décembre, intègre désormais pratiquement les forces armées et l’industrie guerrière de Kiev dans celles de l’Alliance sous conduite USA. Il ne manque plus que l’entrée formelle de l’Ukraine dans l’Otan. Le président Poroshenko a annoncé à cet effet un « référendum » dont la date est à définir, en pré-annonçant une nette victoire des « oui » sur la base d’un «sondage» déjà effectué. De son côté l’Otan garantit que l’Ukraine, « un des plus solides partenaires de l’Alliance», est « fermement engagée à réaliser la démocratie et la légalité ».

Les faits parlent clair. L’Ukraine de Poroshenko -l’oligarque qui s’est enrichi avec le saccage des propriétés d’Etat, duquel le premier ministre Renzi loue le « sage leadership » – a décrété par loi en décembre la mise au ban du Parti communiste d’Ukraine, accusé d’ « incitation à la haine ethnique et violation des droits humains et des libertés ». Sont interdits par loi même les symboles communistes : chanter l’Internationale comporte une peine de 5 à10 ans de réclusion.

C’est l’acte final d’une campagne de persécution analogue à celle que marquèrent l’avènement du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne. Sièges de parti détruits, dirigeants lynchés, journalistes torturés et assassinés, militants brûlés vifs dans la Bourse du Travail à Odessa, civils sans armes massacrés à Marioupol, bombardés au phosphore blanc à Slaviansk, Lougansk et Donetsk.

Un véritable coup d’état sous régie USA/Otan, avec l’objectif stratégique de provoquer en Europe une nouvelle guerre froide pour frapper et isoler la Russie et, en même temps, renforcer l’influence et la présence militaire des Etats-Unis en Europe. Comme force d’assaut ont été utilisés, dans le putsch de Place Maïdan et dans les actions successives, des groupes néo-nazis entraînés et armés à cet effet, comme le prouvent les photos de militants Uno-Unso entraînés en 2006 en Estonie. Les formations néo-nazies ont ensuite été incorporées dans la Garde Nationale, entraînée par des centaines d’instructeurs étasuniens de la 173ème division aéroportée, transférée de Vicence en Ukraine, accompagnés par d’autres de l’Otan.

L’Ukraine de Kiev est ainsi devenue le « vivier » du nazisme renaissant au coeur de l’Europe. A Kiev arrivent des néo-nazis de toute l’Europe (Italie comprise) et des USA, recrutés surtout par Pravy Sektor et par le bataillon Azov, dont l’empreinte nazie est représentée par l’emblème calqué sur celui des SS Das Reich. Après avoir été entraînés et mis à l’épreuve dans des actions militaires contre les Russes d’Ukraine dans le Donbass, on les fait rentrer dans leurs pays avec le «laissez-passer » du passeport ukrainien. Simultanément on diffuse en Ukraine l’idéologie nazie parmi les jeunes générations. Dont s’occupe en particulier le bataillon Azov, qui organise des camps d’entraînement militaire et de formation idéologique pour enfants et adolescents, auxquels on enseigne avant tout à haïr les Russes.

Cela advient avec la connivence des gouvernements européens : par initiative d’un parlementaire de la République Tchèque, le chef du bataillon Azov, Andriy Biletsky, aspirant « Führer »  de l’Ukraine, a été accueilli au parlement européen en tant qu’ « orateur invité ». Le tout dans le cadre de l’ « Appui pratique de l’Otan à l’Ukraine », comprenant le « Programme de potentialisation de l’éducation militaire » auquel ont participé, en 2015, 360 professeurs ukrainiens, instruits par 60 experts Otan. Dans un autre programme Otan, « Diplomatie publique et communications stratégiques », on enseigne aux autorités à «contrecarrer la propagande russe» et aux journalistes à « générer des histoires factuelles depuis la Crimée occupée et l’Ukraine orientale ».

 Manlio Dinucci

Edition de mardi 5 janvier 2016 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/ucraina-heil-mein-nato/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Soutien de la France aux néo-nazis de Svoboda

6 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Le fascisme

Soutien de la France aux néo-nazis de Svoboda.

. L. Fabius - Questions au gouvernement - Assemblée Nationale (25/02/14)
2. L. Fabius - l'invité du 7/9 - France Inter (05/05/14)
3. Vidéo interne sur l'accord de coopération Front National / Svoboda (23/11/09)
4. Wikipedia - Gouvernement_Iatseniouk
5. Wikipedia - Union_panukrainienne_«_Liberté_»
6. Wikipedia - Wolfsangel
7. Wikipedia - Centre_Simon-Wiesenthal
8. www.wiesenthal.com/2012slurs
9. Olivier Berruyer - Les experts - BFM Business (17/03/14)
10. BHL - itélé - invité de L. Ferrari (25/02/14)

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ALAIN MARSAUD : « L’ETAT FRANÇAIS A FACILITE LES ACTIONS D’AL-NOSRA… » Par Maxime Chaix.

5 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme, #La Turquie

L’Envers des Cartes du 4 janvier 2016

ALAIN MARSAUD : « L’ETAT FRANÇAIS A FACILITE LES ACTIONS D’AL-NOSRA… »

Le 26 novembre dernier, le député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud (LR) répondait aux questions des internautes. À cette occasion, il m’avait indiqué qu’une enquête parlementaire susceptible d’exposer le soutien du Front al-Nosra par l’État français en Syrie avait été refusée par la majorité. D’après lui, ce refus visait à ne pas embarrasser le gouvernement. Je l’ai donc sollicité afin d’obtenir des précisions sur cette question épineuse, qui est occultée par les médias français malgré d’autres accusations compromettantes formulées par des experts et par différents parlementaires de l’opposition.

Selon le député Marsaud, « il n’est pas sérieusement contesté qu’à un moment ou un autre l’État français a facilité les actions d’al-Nosra qui, je vous le rappelle, est une filiale d’al-Qaïda [en Syrie]. J’ai eu l’occasion de montrer à l’Assemblée Nationale des photos de combattants d’al-Nosra en possession de fusils d’assaut français. Il n’y avait bien évidemment aucune volonté du gouvernement français de voir mis en évidence une telle collaboration avec un groupe terroriste. Ainsi fut rejetée toute idée d’enquête parlementaire. »

Je me suis donc intéressé aux propositions d’enquêtes parlementaires sur ce sujet en consultant le site l’Assemblée Nationale. La seule demande que j’ai pu trouver est celle du député Jacques Bompard (LS), qui avait proposé une commission d’enquête sur « le soutien de la France à la rébellion syrienne » à la suite des attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge en janvier 2015. L’assistant parlementaire du député Bompard m’a expliqué que cette enquête avait été refusée à deux occasions par la majorité. Déclarant ne pas avoir été surpris par ces refus, il a souligné que cette question dépasse les clivages partisans, et qu’une telle démarche aurait dû être soutenue par les députés de chaque parti politique. Il m’a également rappelé qu’une commission d’enquête parlementaire, si elle est approuvée, dispose de moyens d’investigation supérieurs à ceux de la Justice, dont la levée du secret-défense. Il semble donc que, lorsque les politiques profondes de l’Exécutif français sont mises en cause, la raison d’État l’emporte sur la nécessaire transparence démocratique de nos institutions.

Hélas, en novembre dernier, la France a été à nouveau frappée par des jihadistes, et il s’avère que la majorité d’entre eux avaient combattu en Syrie. De ce fait, j’ai demandé à Alain Marsaud s’il lui semblait cohérent que le gouvernement français soutienne clandestinement al-Qaïda contre Bachar el-Assad tout en affirmant être en guerre contre Dae’ch. D’après le député, « nous assistons à une recomposition de la ligne de conduite de la diplomatie française, qui comprend aujourd’hui qu’elle s’est fourvoyée dans sa politique syrienne. À la suite des attentats du 13-Novembre, nous recherchons des alliés, ceux-ci se montrent exigeants et ne peuvent accepter aucune compromission avec tel ou tel groupe islamiste. Le plus étonnant est qu’on en arrive à dire que l’on va combattre aux côtés des troupes syriennes de Bachar el-Assad. »

Ce revirement, qui implique un rapprochement franco-russe, est considéré par certains comme un aboutissement de la synthèse « hollandaise », quand d’autres le jugent plus sévèrement. Il n’en demeure pas moins qu’en Syrie, les puissances occidentales, et pas seulement la France, ont été impliquées en profondeur dans le soutien de forces pas aussi « modérées » qu’elles nous ont été décrites jusqu’à présent.

En effet, trois semaines avant les attentats du 13-Novembre, la représentante états-unienne Tulsi Gabbard expliquait sur CNN que la CIA soutient clandestinement al-Qaïda pour renverser Bachar el-Assad. Le 19 novembre, elle a introduit une proposition de loi à la Chambre des Représentants pour stopper cette guerre secrète de la CIA et de ses alliés, qu’elle a décrite comme étant « illégale et contreproductive », et qui perdure malgré les attentats de Paris et de San Bernardino. Depuis l’intervention russe en Syrie, d’autres sources ont confirmé une intensification de l’aide de la France et des États-Unis en faveur d’« islamistes réputés fréquentables », pour reprendre l’expression ironique de l’éditorialiste du Point Michel Colomès.

À la suite des attentats du 13-Novembre, j’ai demandé à Alain Marsaud s’il pensait que les États-Unis et leurs alliés, dont le gouvernement français, allaient interrompre leur soutien de factions jihadistes pour renverser le gouvernement syrien. D’après le député, « nos politiques militaristes, européistes et moralisatrices ont entrainé le chaos moyen-oriental de l’Irak à la Syrie, en passant par les autres pays en révolution. La prise de conscience de la part des Américains et de la France est en cours, du moins souhaitons-le. Le réalisme nous amènera sans doute à côtoyer des gens plus fréquentables et à mettre fin à un impérialisme sur la zone moyen-orientale qui ne nous a coûté que des morts. »

On ne peut que partager ce constat du député Marsaud, si l’on garde en tête que le bilan humain des guerres moyen-orientales de l’Occident est désastreux. Saluons également son objectivité, lorsqu’il reconnaît que « [n]os politiques militaristes, européistes et moralisatrices ont entrainé le chaos moyen-oriental de l’Irak à la Syrie, en passant par les autres pays en révolution. » En effet, le député fait implicitement référence à la Libye, et l’ancienne majorité dont il est issu partage une lourde responsabilité dans le chaos qui s’est imposé dans ce pays, et qui s’est étendu en Syrie. D’une part, le mauvais calcul du gouvernement sarkozyste dans le dossier syrien a placé la France dans une impasse diplomatique dont a hérité la majorité actuelle, et qui se résume en une phrase aussi intransigeante qu’irréaliste : « Assad doit partir ». Par ailleurs, dès l’intervention en Libye, l’État français présidé par Nicolas Sarkozy a clandestinement soutenu des forces pas aussi « modérées » qu’elles nous avaient été décrites dans les médias. En effet, en août 2014, le Washington Post a publié un important article intitulé « Les terroristes qui nous combattent aujourd’hui ? Nous venons tout juste de les entraîner ».

D’après cette analyse, « au cours de nombreux entretiens menés ces deux derniers mois [avec des membres de l’État Islamique et du Front al-Nosra], ils ont décrit comment l’effondrement sécuritaire durant le Printemps arabe les a aidés à recruter, à se regrouper et à utiliser en leur faveur la stratégie occidentale – c’est-à-dire le soutien et l’entraînement de milices afin de combattre des dictateurs. “Des Britanniques et des Américains nous avaient [également] entraînés durant le Printemps arabe en Libye”, d’après un homme surnommé Abou Saleh, qui a accepté d’être interrogé si son identité restait secrète. [Ce dernier], qui est originaire d’une ville proche de Benghazi, affirma qu’un groupe de Libyens et lui-même avaient bénéficié dans leur pays d’entraînements et de soutien de la part des forces [spéciales] et des services secrets français, britanniques et états-uniens – avant de rejoindre le Front al-Nosra ou l’État Islamique [en Syrie]. Interrogées pour cet article, des sources militaires arabes et occidentales ont confirmé les affirmations d’Abou Saleh, selon lesquelles des rebelles en Libye avaient bénéficié d’“entraînements” et d’“équipements” durant la guerre contre le régime de Kadhafi. »

Ces politiques profondes ont donc été confirmées par des sources de haut niveau, et il semblerait que l’extrémisme des combattants entraînés par les services spéciaux occidentaux était parfois connu des autorités. En effet, toujours d’après cet article du Washington Post, « nous disposions dès le départ de renseignements nous indiquant que les groupes radicaux avaient profité du vide engendré par le Printemps arabe, et que certains des individus que les États-Unis et leurs alliés avaient entraîné à combattre pour la “démocratie” avaient des objectifs jihadistes – au préalable ou pas – [lorsqu’ils] rejoignirent al-Nosra ou l’État Islamique”, d’après un haut responsable des renseignements d’un pays arabe interrogé récemment. »

À l’aune de ces révélations, toute la lumière doit être faite sur les politiques profondes de l’État français et de ses alliés en Libye et en Syrie. En effet, il est inacceptable que des réseaux terroristes soient considérés par les puissances de l’OTAN comme des alliés clandestins pour renverser des gouvernements étrangers, tandis que les crimes des jihadistes en Occident justifient un durcissement sécuritaire permanent et un état de guerre perpétuelle.

Ce phénomène qui s’autoalimente n’a pas encore suscité une indispensable rationalisation des politiques étrangères occidentales à l’égard des pétromonarchies du Golfe et de la Turquie, dont le soutien de milices terroristes est de notoriété publique. Au contraire, ce processus engendre des lois d’exception sans cesse plus « démocracides », comme on peut l’observer avec la réforme constitutionnelle sur l’état d’urgence qui est loin de faire l’unanimité au Parlement français. Hélas, ce processus engendre la légalisation et l’extension incontrôlée d’une surveillance de masse extrajudiciaire avant tout favorable à des intérêts privés et étrangers, mais totalement inefficace pour empêcher des attentats – du moins selon la NSA elle-même, ou d’après l’ancien responsable du contre-terrorisme à la DGSE. Dans ce contexte, comment pouvons-nous accepter que nos libertés publiques soient inutilement sacrifiées, alors que des groupes jihadistes pourtant hostiles sont clandestinement soutenus par nos États pour renverser des gouvernements étrangers ?

Comme l’avait déclaré le député Alain Marsaud quelques mois avant l’adoption de la « Loi Renseignement », cette législation « peut permettre une police politique comme nous n’en avons jamais vue. » Cette loi est dorénavant mise en œuvre, et les administrations « non spécialisées » qui seront autorisées à en faire usage vont l’être par décret du Conseil d’État, et non par voie législative. Cette dérive autoritaire de l’Exécutif, qui invoque la lutte antiterroriste pour s’arroger des pouvoirs exorbitants sans contrepoids judiciaires ou parlementaires, est pour le moins préoccupante.

Au plan extérieur, la politique étrangère occidentale en Syrie semble être hors de contrôle, comme s’en était alarmée la représentante Tulsi Gabbard sur CNN en octobre dernier, lorsqu’elle déclara que « des armements US vont dans les mains de nos ennemis, al-Qaïda et ces autres groupes, des groupes islamistes extrémistes qui sont nos ennemis jurés. Ce sont des groupes qui nous ont attaqués le 11-Septembre, et nous étions censés chercher à les vaincre, mais pourtant nous les soutenons avec ces armes pour renverser le gouvernement syrien. (…) Je ne veux pas que le gouvernement des États-Unis fournisse des armes à al-Qaïda, à des islamistes extrémistes, à nos ennemis. Je pense que c’est un concept très simple : vous ne pouvez vaincre vos ennemis si, en même temps, vous les armez et vous les aidez ! C’est absolument insensé pour moi. »

Comme nous venons de le démontrer, le soutien clandestin de factions islamistes en Syrie n’est pas limité à celui de la CIA, les services spéciaux français, britanniques et leurs alliés moyen-orientaux étant étroitement impliqués dans ces politiques profondes qui menacent la paix mondiale – toujours selon Tulsi Gabbard. Face à cette situation d’instabilité globale, il est urgent que le gouvernement français, et plus généralement les États occidentaux :

1) interrompent les processus de durcissement sécuritaire permanent dans lesquels ils se sont engagés, qu’ils abrogent leurs politiques de surveillance massive et illégale de leurs populations, et qu’ils priorisent le renseignement humain et les actions judiciaires et policières pour combattre efficacement le fléau jihadiste. La « guerre contre le terrorisme » lancée par l’administration Bush à l’automne 2001 continuera d’enrichir une minorité de multinationales et leurs actionnaires, mais ne pourra qu’amplifier le désordre mondial et la haine antioccidentale. Les trois ouvrages de Peter Dale Scott traduits en français, dont le dernier vient d’être recensé par l’IRIS, le démontrent indiscutablement ;

2) cessent sans délai de soutenir clandestinement des factions extrémistes en Syrie, qui finissent par attaquer les populations occidentales et qui déstabilisent un nombre grandissant de pays ;

3) réévaluent leurs alliances avec les principaux soutiens étatiques du fléau jihadiste, tout en abandonnant leurs sanctions économiques contre des États luttant réellement contre le terrorisme, tels que l’Iran et la Russie. Il faudrait alors se rapprocher de ces pays, notamment au plan commercial. Ce processus a été lancé avec l’Iran, et les perspectives d’une intervention militaire désastreuse contre ce pays s’éloignent durablement. Comme l’avait écrit Montesquieu, « [l]’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. » Cette solution, bien qu’imparfaite, est nettement préférable au pillage brutal de nations entières à travers la « stratégie du choc », comme on a pu l’observer en Irak ou en Libye.

J’encourage donc mes concitoyens à dénoncer auprès de leurs élus les politiques profondes exposées dans cet article, puisqu’elles déstabilisent le monde et menacent nos démocraties. Essentiellement, je vous remercie de diffuser le plus largement possible cette analyse afin de sensibiliser votre entourage sur ces questions trop souvent ignorées ou déformées par les médias.

Maxime Chaix
http://maximechaix.info

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Anniversaire, par Jacques SAPIR

5 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Politique intérieure, #Terrorisme, #La justice, #La paix, #La mondialisation

Publié par Jean Lévy

Place de la République, un jour ordinaire : camp de migrants afghans  le 21 décembre 2015...Mais dimanche, elle - la place comme la République - fait place net : François Hollande la réquisitionne...pour mémoire, un an avant les élections présidentielles - providentielles ?- ...

Place de la République, un jour ordinaire : camp de migrants afghans le 21 décembre 2015...Mais dimanche, elle - la place comme la République - fait place net : François Hollande la réquisitionne...pour mémoire, un an avant les élections présidentielles - providentielles ?- ...

RussEurope

 

Blog de Jacques Sapir sur la Russie et l'Europe

 

 

 

 

Nous vivons un temps de commémoration. Et, aujourd’hui, ce sont les victimes des attentats de janvier 2015 que l’on nous invite à honorer. Certains des témoignages qui sont publiés sont respectables, et touchants. Mais d’autres s’inscrivent dans une logique qui est un attentat de plus à la mémoire des personnes qui ont perdu leur vie.

 

L’une des victimes de ces actes atroces fut l’économiste Bernard Maris, assassiné avec une partie de la rédaction de Charlie Hebdo. Fils de Républicains espagnols émigrés en France, il avait fait de brillantes études d’économie couronnées par une thèse en 1975. Il avait suivi le cursus honorum qui devait le mener au poste de professeur et enchaîné les postes, récoltant le prix de « meilleur économiste » pour 1995 décerné par Le Nouvel Economiste. Il avait aussi publié des livres importants comme Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! (en 1998), ou Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles (en 1999). Il fut l’auteur du remarquable Antimanuel d’économie (publié chez Bréal en 2 volumes) et d’un ouvrage collectif important témoignant de son intérêt pour les sciences sociales, Gouverner par la peur en 2007. On pouvait le suivre à la télévision ou sur France-Inter. Il fut mon directeur de collection de 2000 à 2002 chez Albin Michel. Nous avions, alors, discuté ensemble des journées entières et, de ces discussions, devait surgir un autre livre Les économistes contre la démocratie qui fut publié en 2002. Son écoeurement était immense devant le comportement de certains économistes à gages, dont la seule fonction est de fournir des justifications à qui les payent. Le projet d’un troisième livre, rédigé avec l’un de mes anciens étudiants russes sur la « transition » en Russie ne se fit pas.

A chacune de nos rencontres, il ne cessait de fulminer contre ce gouvernement et le président. Il fut nommé en 2011 au Conseil Général de la Banque de France, alors qu’il avait déjà largement exprimé ses doutes quant à la survie de la zone Euro, il devait franchir le pas au début de 2014 et expliquer pour quelles raisons il était désormais favorable à une dissolution de la zone Euro et à un retour aux monnaies nationales. J’avais vu ses positions s’infléchir avec le temps parce qu’il comprenait dans quelle impasse l’Euro était en train d’enfermer tant la France que l’Europe. Un livre lui rend hommage qui sort le mercredi 6 janvier 2016[1].

 

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Mais Bernard Maris ne fut pas la seule victime. De grands dessinateurs, mais aussi des personnes ordinaires, ont perdu la vie lors de ces attentats qui n’ont pas frappés que Charlie Hebdo. Il faut aussi rappeler la mémoire de Ahmed Merabet, 42 ans, enfant de l’immigration, policier de la brigade VTT du commissariat du XIème, assassiné par les tueurs qui ont frappé Charlie Hebdo. De même, on s’incline devant Franck Brinsolaro, policier du service de la protection de personnalités, qui avait en charge la protection de Charb de Charlie Hebdo ou encore leur collègue tuée de sang froid par Coulibaly.

Ces attentats n’ont été que le début d’une série d’actes terroristes, dont les massacres du 13 novembre ont été comme un tragique point d’orgue. Et delà surgit une question : le gouvernement français a-t-il bien pris toute la mesure du drame de janvier 2015 ? Car, s’il est bon de s’émouvoir, de marcher et de protester, il est encore meilleur, et bien plus utile, de prévenir la répétition de tels actes. On ne peut qu’être rongé par cette question : tout a-t-il bien été fait pour tenter d’éviter la répétition de ces crimes ?

Et c’est là que la commémoration produit une gêne certaine.

A vouloir en rajouter sur le registre de l’émotion, n’a-t-on pas perdu en réflexion ? Il bien beau de produire des documentaires, d’organiser des concerts in memoriam, bref de faire ce qu’exige de nous une société du spectacle qui se repait des douleurs collectives.

Mais il serait bien plus utile de répondre à certaines interrogations. Les mesures que le gouvernement s’est enfin résolu à prendre, comme la suspension des accords de Schengen, les contrôles et les sanctions contre les « prédicateurs de haine » n’ont-elles pas été trop tardives ? A trop vouloir commémorer, nous risquons de passer à côté de véritables questions. Et de toutes, c’est bien celle de la responsabilité du gouvernement entre janvier et novembre 2015 qu’il faut poser. Pourquoi a-t-on dit après l’attentat du Thalys que des portiques étaient impossibles à mettre en place dans les gares pour découvrir soudain en décembre qu’une telle mesure était parfaitement applicable ?

Au-delà, la récupération politicienne des attentats de janvier 2015 par le gouvernement pose problème. On a dit tout le dégoût que la mise en scène de la marche de masse du 11 janvier 2015 pouvait inspirer et pourquoi, en dépit de dégoût, il fallait y participer quand même[2].

En prenant la responsabilité de faire manifester les Français en compagnie de gens infréquentables, le gouvernement français a pris la responsabilité de salir un mouvement de masse.

On dira que ceci n’est qu’un épiphénomène, et que les millions et millions qui ont marché dans toute la France représentaient bien plus que ces rangs de politiciens qui n’ont eu aucune honte à marcher sur des morts. Et l’on aura sans doute raison. L’ampleur du mouvement était telle que rien ne pouvait réellement l’atteindre. Et pourtant, cette récupération mesquine ne faisait qu’anticiper sur d’autres qui sont encore en cours. Parler ainsi d’un “génération Bataclan” est une profonde ignominie. La dignité est visiblement un mot inconnu des responsables de la cellule de communication de François Hollande.

Ces événements terribles auront, pour la génération de 1968 et des années qui suivirent, marqués un tournant radical. Nous sommes définitivement sortis du temps de l’espérance et de la joie pour entrer dans une période sombre, même si ce tournant était manifeste depuis des années. Il nous faut en tirer les leçons.

NOTES :

[1] Collectif, Pour saluer Bernard Maris, éditions Flammarion, Paris, en librairie le 6 janvier

[2] Sapir J. « A dimanche, hélas… », note publiée sur le carnet RussEurope le 10 janvier 2015, 

http://russeurope.hypotheses.org/3259

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