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Le blog de Lucien PONS

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La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (II)

4 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Economie, #le nazisme, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN.

La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (II)

Valentin Katasonov
Valentin Katasonov

Par Valentin KATASONOV – Le 5 mai 2015 – Source strategic-culture

Voir la Première partie

 

La Banque des règlements internationaux (BRI) a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. Tête de pont des intérêts américains en Europe, elle assurait la liaison entre les entreprises anglo-américaines et allemandes. C’était en quelque sorte une zone offshore abritant le capital cosmopolite contre les initiatives politiques, les guerres, les sanctions, etc.

 

Cette banque a été créée sous la forme d’une entité commerciale publique. Son immunité face aux interférences gouvernementales et, par exemple, à l’imposition, était garantie par l’accord international signé à La Haye en 1930.
Les banquiers de la Réserve fédérale de New York, proches des Morgan, de Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre, ainsi que des financiers allemands tels que Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement de Hitler), Walther Funk (qui a remplacé Hjalmar Schacht au poste de président de la Reichsbank) et Emil Puhl, tous ont joué un rôle important dans la fondation de la Banque. Parmi les fondateurs figuraient les banques centrales de Grande-Bretagne, de France, d’Italie, d’Allemagne, de Belgique et quelques banques privées.

La Banque fédérale de New York a fait de son mieux, mais n’a pas fait partie des établissements fondateurs de la BRI. Les États-Unis étaient représentés par la banque privée First National Bank of New York, J.P. Morgan and Company, la First National Bank of Chicago, qui faisaient toutes partie de l’empire Morgan. Le Japon était également représenté par des banques privées. En 1931-1932, 19 banques centrales européennes rejoignaient la Banque des règlements internationaux. Gates W. McGarrah, banquier du clan des Rockefeller, était le premier président du conseil d’administration de la BRI. Il a été remplacé par Leon Fraser, qui représentait le clan des Morgan. Pendant la guerre, la banque était présidée par un citoyen américain, Thomas H. McKittrick.

Beaucoup d’encre a coulé au sujet des activités de la BRI au service des intérêts du Troisième Reich. La Banque était impliquée dans des transactions avec différents pays, y compris ceux avec lesquelles l’Allemagne était en guerre.

Depuis Pearl Harbor, la Banque des règlements internationaux jouait le rôle de correspondant de la Federal Reserve Bank de New York. Elle était sous contrôle nazi pendant la guerre, même si c’est l’Américain Thomas Huntington McKittrick qui la présidait. Les soldats mouraient sur les champs de bataille pendant que la direction de la BRI se réunissait à Bâle avec les banquiers d’Allemagne, du Japon, d’Italie, de Belgique, de Grande-Bretagne et des États-Unis.

Dans ce havre de paix que constituait la zone offshore suisse, les représentants des belligérants travaillaient tranquillement dans un climat de compréhension mutuelle.

C’est en Suisse que l’Allemagne a mis en lieu sûr l’or saisi aux quatre coins de l’Europe. En mars 1938, lorsque Hitler s’est emparé de Vienne, une partie de l’or autrichien a été transférée dans les coffres-forts de la BRI. La même chose a été faite avec l’or de la Banque nationale tchèque (48 millions de dollars). Lorsque la guerre a éclaté, l’or entrait à pleines portes à la Banque des règlements internationaux. L’Allemagne le récupérait dans les camps de concentration et par le pillage des pays occupés (y compris de tout ce qui appartenait à des civils : bijoux, dents en or, étuis à cigarettes, ustensiles divers, etc.). C’est ce que l’on a appelé l’or nazi. Il était fondu en lingots afin d’être entreposé à la Banque des règlements internationaux, en Suisse ou hors d’Europe.

Dans son livre Trading With The Enemy: An Expose of The Nazi-American Money Plot 1933-1949, Charles Higham écrit que, pendant la guerre, les nazis ont transféré 378 millions de dollars sur les comptes de la Banque des règlements internationaux.

Quelques mots au sujet de l’or tchèque. Certaines informations ont fait surface après l’ouverture des archives de la Banque d’Angleterre en 2012. (1) En mars 1939, l’Allemagne s’emparait de Prague. Les Nazis ont exigé 48 millions de dollars des réserves d’or nationales. Il leur a été répondu que cette somme avait déjà été transférée à la Banque des règlements internationaux. Par la suite, on a su que cet or avait été transféré de Bâle dans les coffres-forts de la Banque d’Angleterre. Sur l’ordre de Berlin, l’or a été transféré sur le compte de la Reichsbank à la BRI. Ensuite, la Banque d’Angleterre a été impliquée dans les transactions effectuées sur les ordres donnés par la Reichsbank à la Banque des règlements internationaux. Ces ordres étaient retransmis à Londres. Il y a donc eu collusion entre la Reichsbank allemande, la Banque des règlements internationaux et la Banque d’Angleterre. En 1939, un scandale a éclaté en Grande-Bretagne lorsqu’on a su que la Banque d’Angleterre exécutait les transactions portant sur l’or tchèque sur les ordres de Berlin et de Bâle, et non du gouvernement tchèque. Par exemple, en juin 1939, trois mois avant le début de la guerre entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la Banque d’Angleterre a aidé les Allemands à transférer sur leur compte l’équivalent en or de 440 000 livres sterling, et à acheminer une partie de l’or à New York (l’Allemagne s’assurait ainsi de la neutralité des États-Unis en cas d’intervention allemande en Pologne).

Ces transactions illégales sur l’or tchèque ont été effectuées avec l’accord tacite du gouvernement de Grande-Bretagne, qui savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Le Premier ministre Neville Chamberlain, le Chancelier de l’Échiquier Sir John Simon et les autres responsables de haut rang ont tout fait pour dissimuler la vérité, y compris en mentant éhontément (en affirmant que l’or avait été restitué à son propriétaire légitime ou qu’il n’avait jamais été transféré à la Reichsbank). Les documents de la Banque d’Angleterre rendus publics dernièrement révèlent les faits et montrent que les responsables gouvernementaux ont menti, afin de se couvrir eux-mêmes et de couvrir les activités de la Banque d’Angleterre et de la Banque des règlements internationaux. La coordination de ces activités criminelles conjointes était un jeu d’enfant lorsqu’on sait que Montagu Norman, directeur de la Banque d’Angleterre, présidait également le conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux. Il n’a d’ailleurs jamais caché ses sympathies pour les fascistes.

La Conférence de Bretton Woods, officiellement Conférence monétaire et financières des Nations unies, a réuni les 730 délégués des 44 pays alliés au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods (New Hampshire), aux États-Unis, en vue de réguler la vie monétaire et financière internationale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944. La Banque des règlements internationaux se retrouvait soudain sous le feu des projecteurs. On rapportait qu’elle avait collaboré avec l’Allemagne fasciste. Sans entrer dans les détails, je me limiterai à dire qu’après bien des aléas (certains délégués étatsuniens s’étant opposés à la motion), les délégués sont tombés d’accord pour fermer la BRI. Cette décision de la conférence internationale n’a jamais été appliquée. Toutes les informations susceptibles de jeter le discrédit sur les activités de la BRI pendant la guerre ont été classées. Aujourd’hui, cela contribue à falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Pour finir, quelques mots sur Hjalmar Schacht (1877-1970), ancien président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement fasciste de l’Allemagne. Il a joué un rôle de premier plan dans le contrôle de la machine économique du Troisième Reich en agissant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du capital anglo-américain en Allemagne. En 1945, Schacht a été jugé à Nuremberg et acquitté le 1er octobre 1946. Il échappait aux accusations de meurtre. Tout comme Hitler. Pour des raisons qui demeurent inexpliquées, il ne figurait pas sur la liste des principaux criminels de guerre de 1945. Mieux, Schacht a repris sa vie professionnelle comme si de rien n’était et fondé la société Schacht GmbH à Düsseldorf. Ce détail peut sembler insignifiant, mais il confirme une fois de plus que les ploutocrates anglo-américains et leurs représentants plénipotentiaires en Allemagne avaient préparé et, dans une certaine mesure, influencé l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Les ploutocrates veulent réécrire l’histoire de la guerre et changer ses résultats.

Valentin KATASONOV

(1)http://www.bankofengland.co.uk/archive/Documents/archivedocs/wwh/2/p3c9p1292-1301.pdf

Traduit par Gilles Chertier, relu par jj pour le Saker Francophone.

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La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (I)

4 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La Russie, #le nazisme, #Daesch, #Terrorisme

La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (I)

Valentin Katasonov
Valentin Katasonov

Par Valentin KATASONOV – Le 4 mai 2015 – Source strategic-culture

La guerre n’a pas été déclenchée par un Führer enragé qui se trouvait à diriger l’Allemagne à cette époque. La Seconde Guerre mondiale est l’œuvre d’une oligarchie mondiale, ou plus précisément des ploutocrates anglo-américains.

 

Utilisant des instruments tels que la Réserve fédérale US et la Banque d’Angleterre, ils ont commencé à se préparer pour le prochain conflit d’ampleur mondiale immédiatement après la Première Guerre mondiale. Leur cible était l’URSS.

Les plans Dawes et Young, la création de la Banque des règlements internationaux (BRI), la suspension du paiement des réparations par l’Allemagne prévues par le Traité de Versailles et l’acquiescement des anciens alliés de la Russie à cette décision, les investissements étrangers massifs dans l’économie du Troisième Reich, la militarisation de l’économie allemande et les violations du Traité de Versailles sont autant de jalons sur le chemin conduisant à la guerre.

Derrière ce complot se tenaient des personnages-clefs : les Rockefeller, les Morgan, Lord Montagu Norman (gouverneur de la Banque d’Angleterre) et Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement de Hitler). Le programme stratégique des Rockefeller et des Morgan était de subjuguer l’Europe économiquement, de saturer l’Allemagne d’investissements et de crédits étrangers, et de l’amener à délivrer un coup mortel à la Russie soviétique, afin que celle-ci revienne au capitalisme en tant que colonie.

Montagu Norman (1871-1950) a joué un rôle important d’intermédiaire dans le dialogue entre les milieux financiers américains et les chefs d’entreprise allemands. Hjalmar Schacht a organisé la reconstitution du secteur défense de l’économie allemande. L’opération menée par les ploutocrates était dissimulée par des politiciens tels que Franklin Roosevelt, Neville Chamberlain et Winston Churchill. En Allemagne, ces projets étaient exécutés par Hitler et Hjalmar Schacht. Selon certains historiens, Hjalmar Schacht a joué un rôle plus important que Hitler. Seulement, il restait dans l’ombre.

À l’issue de la Première guerre mondiale, le Plan Dawes visait à compromettre la Triple Entente et à collecter les réparations de guerre auprès de l’Allemagne. Le Plan Dawes (proposé par le Comité Dawes, présidé par Charles G. Dawes) désignait une tentative faite en 1924 de résoudre le problème des réparations, qui avait miné la politique internationale après la Première guerre mondiale et le Traité de Versailles (la France, réticente, a perçu plus de 50 % du montant des réparations). Entre 1924 et 1929, l’Allemagne a reçu 2,5 milliards de dollars des États-Unis et 1,5 milliards de la Grande-Bretagne dans le cadre du Plan Dawes. Il s’agit de sommes considérables, qui correspondent à 1 trillion (mille milliards) de dollars d’aujourd’hui. Hjalmar Schacht a joué un rôle actif dans la mise en œuvre du Plan Dawes. En 1929, il a résumé les résultats en déclarant qu’en 5 ans, l’Allemagne avait reçu davantage de prêts étrangers que les États-Unis au cours des 40 années ayant précédé la Première guerre mondiale. En conséquence, en 1929, l’Allemagne était devenue la deuxième puissance industrielle mondiale, devant la Grande-Bretagne.

Dans les années 1930, l’Allemagne a continué de bénéficier d’investissements et de prêts. Rédigé en 1929 et adopté officiellement en 1930, le Plan Dawes désignait un programme visant à régler les dettes de guerre allemandes à l’issue de la Première guerre mondiale. Il a été présenté par le comité présidé (1929-30) par l’industriel américain Owen D. Young, fondateur et ex-premier président de Radio Corporation of America (RCA). À l’époque, Young siégeait également au conseil d’administration de la Fondation Rockefeller, et il avait en outre été l’un des représentants impliqués dans un dispositif de réaménagement des réparations de guerre, le Plan Dawes de 1924. Selon le plan, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a été créée en 1930 pour permettre à l’Allemagne de payer les réparations aux vainqueurs. En réalité, l’argent a pris une toute autre direction, à savoir qu’il est parti des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour arriver en Allemagne. Le capital de la majorité des sociétés allemandes ayant une importance stratégique était, intégralement ou partiellement, américain. Une partie était détenue par des investisseurs britanniques. Les secteurs du raffinage du pétrole et de la liquéfaction du charbon de l’économie allemande étaient dans les mains de Standard Oil (les Rockefeller). Le géant de l’industrie chimique Farbenindustrie AG est passé sous le contrôle du groupe Morgan. Quarante pourcent du réseau téléphonique et 30 % des actions de Focke Wulf étaient sous le contrôle de la société américaine ITT. La radio et les géants de l’industrie électrique AEG, Siemens et Osram sont passés sous le contrôle d’American General Electric. ITT et General Electric faisaient partie de l’empire de Morgan. Cent pourcent des actions Volkswagen appartenaient à l’Américain Ford. Au moment où Hitler a accédé au pouvoir, le capital financier US contrôlait quasiment tous les secteurs d’importance stratégique de l’industrie allemande : raffinage du pétrole, production de carburant de synthèse, chimie, construction automobile, aviation, ingénierie électrique, radio, ainsi qu’une grande partie de l’industrie de la construction mécanique (278 sociétés au total). Les grandes banques allemandes, telles que la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la Donat Bank et quelques autres, étaient sous contrôle US.

Le 30 janvier 1933, Hitler devenait chancelier d’Allemagne. Auparavant, sa candidature avait été étudiée à la loupe par les banquiers américains. Hjalmar Schacht s’est rendu aux États-Unis à l’automne 1930 pour parler de cette nomination avec des collègues américains. La désignation de Hitler a finalement été approuvée lors d’une réunion secrète de financiers aux États-Unis. Schacht a passé toute l’année 1932 à convaincre les banquiers allemands que Hitler était le meilleur candidat au poste. Il a atteint son objectif. À la mi-novembre 1932, 17 des plus grands banquiers et industriels allemands ont adressé une lettre au Président Hindenburg, dans laquelle ils exigeaient qu’il nomme Hitler chancelier. La dernière réunion de travail des financiers allemands avant l’élection s’est tenue le 4 janvier 1933 à Cologne, au domicile du banquier Kurt von Schröder. Ensuite, le parti national-socialiste est arrivé au pouvoir. Les relations financières et économiques de l’Allemagne avec les Anglo-saxons se sont alors resserrées d’un cran.

Hitler a immédiatement annoncé qu’il refusait de payer les réparations de guerre. Il a mis en doute la capacité de l’Angleterre et de la France à rembourser leurs propres dettes de la Première guerre mondiale aux États-Unis. Washington n’a émis aucune objection à l’annonce de Hitler. En mai 1933, Hjalmar Schacht s’est rendu une nouvelle fois aux États-Unis. Il y a rencontré le président Franklin Roosevelt et les grands banquiers en vue de demander une ligne de crédit de 1 milliard de dollars. En juin de la même année, Hjalmar Schacht s’est rendu à Londres pour s’entretenir avec Montagu Norman. Tout est passé comme une lettre à la poste. Les Britanniques ont consenti un prêt de 2 milliards de dollars. Ils n’ont soulevé aucune objection quant à la décision de l’Allemagne de suspendre le remboursement de sa dette.

Selon certains historiens, les Américains et les Britanniques étaient accommodants parce que, dès 1932, l’Union soviétique avait réalisé le plan quinquennal de développement économique en vue d’atteindre de nouveaux sommets en tant que puissance industrielle. Quelques milliers d’entreprises avaient vu le jour, en particulier dans l’industrie lourde. La dépendance de l’URSS à l’importation de produits industriels avait ainsi considérablement diminué. Les chances d’étrangler l’Union soviétique économiquement s’en trouvaient quasiment réduites à zéro. Il a alors été décidé de recourir à la guerre et de lancer la militarisation accélérée de l’Allemagne.

Pour celle-ci, l’obtention de crédits américains ne posait aucun problème. Hitler est arrivé au pouvoir dans son pays à peu près en même temps que Franklin Roosevelt aux États-Unis. Les banquiers qui ont soutenu Hitler en 1931 sont précisément ceux qui ont soutenu l’élection de Roosevelt. Une fois en poste, le nouveau président ne pouvait guère faire moins qu’accorder de généreux crédits à l’Allemagne. D’ailleurs, beaucoup on remarqué la grande similitude entre le New Deal de Roosevelt et la politique économique du Troisième Reich. Rien d’étonnant. Ce sont en effet les mêmes qui assuraient le sauvetage des deux gouvernements tout en les conseillant. Ils représentaient principalement les milieux financiers US.

Le New Deal de Roosevelt n’a pas tardé à capoter. En 1937, les États-Unis étaient embourbés dans la crise économique. En 1939, l’économie US tournait à 33 % de sa capacité industrielle (19 % au pires moments de la crise de 1929-1933).

Rexford G. Tugwell, un économiste du premier Brain Trust, équipe d’universitaires de l’Université de Columbia mise en place par Franklin Roosevelt et ayant contribué aux recommandations politiques qui ont conduit au New Deal de Roosevelt, écrivait qu’en 1939 le gouvernement avait échoué. La situation est restée figée jusqu’à l’invasion de la Pologne par Hitler. Seuls les puissants vents de la guerre pouvaient dissiper la brume. Quoi que Roosevelt puisse tenter, ses initiatives étaient condamnées à l’échec. (1) Seule une guerre mondiale pouvait sauver le capitalisme US. En 1939, les ploutocrates ont mis en œuvre tous les moyens à leur disposition pour faire pression sur Hitler et l’inciter à lancer une guerre à grande échelle à l’Est.

Valentin KATASONOV

À Suivre deuxième partie

(1) P.Tugwell, The Democratic Roosevelt, A Biography of Franklin D. Roosevelt, New York, 1957, p 477.

Traduit par Gilles Chertier, relu par jj pour le Saker Francophone.

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Les peuples finiront par mettre les banksters en Prison.

3 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Le fascisme, #Terrorisme, #La France, #Europe supranationale, #la liberté

03/07/15 – Lettre d'info de FC / la revue de presse de la fin de semaine – PEUPLES VS BANKSTERS … les peuples finiront par mettre les banksters en Prison

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Le « cas » Grec, un épisode de plus de la lutte des peuples et donc de la démocratie contre la dictature des banksters. Et il ne fait aucun doute que ce sont les peuples qui vont gagner. On ne peut tout simplement pas se prétendre démocrate si on ne soutient pas la réponse recommandée par Alexis Tsipras au référendum du 5 juillet en Grèce. 

Article sur Agoravox: http://bit.ly/1Kw0oze

 

Le dernier épisode de la volonté des peuples de s'émanciper de la tutelle des banques s'est déroulé en Islande : « L’Islande a laissé ses banques faire faillite, et jeté des banquiers en prison. Et voici ce qui s’est produit - http://www.businessbourse.com/2015/06/23/lislande-a-laisse-ses-banques-faire-faillite-et-jete-des-banquiers-en-prison-et-voici-ce-qui-sest-produit/ » et c'est le peuple Islandais qui a gagné. D'ailleurs depuis, la question monétaire a été abordé officiellement dans ce pays : « L'idée choc étudiée en Islande : et si on retirait aux banques la capacité de créer de la monnaie ? - http://www.latribune.fr/economie/international/l-idee-choc-etudiee-en-islande-et-si-on-retirait-aux-banques-la-capacite-de-creer-de-la-monnaie-470824.html »

 

Bien entendu, vous n'en avez presque pas entendu parler, n'est ce pas ? Et pourquoi ? Tout simplement parce que les médias appartiennent aux banques et aux grands groupes industriels et qu'ils ne veulent surtout pas que cela change ! Tout va bien pour eux, merci ! Et ils ne veulent surtout pas que les peuples comprennent à quel point le système monétaire et bancaire actuel est une escroquerie. D'ailleurs, c'est tellement énorme comme escroquerie que certain citoyen ont encore du mal a y croire ! Pour mémoire, Maurice Allais (prix Nobel d'économie en 1988) a dit : “Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.

 

Les médias ne vous parleront jamais de cette escroquerie. Il y a une omerta sur ce sujet, circulez, il n'y a rien à voir. La propagande est également disponible sur la toile. Exemple "Slate" ou un torchon au service des maîtres. Les fondateurs de "Slate" : Jacques Attali, Jean-Marie Colombani, Johan Hufnagel, Eric Le Boucher et Eric Leser détiennent la majorité du capital (57%) de Slate.fr. Sont aussi présents dans le tour de table, le groupe Washington Post (17%), le fonds d'investissement Viveris (20%) et BNP Paribas Développement (6%). Peut-on parler ici, comme ailleurs, d'indépendance des médias ? De Liberté de la Presse ? Ne peut-on parler de manipulation de l'opinion ?

L’imposture Tsipras - http://www.slate.fr/story/103643/imposture-tsipras-crise-grece

 

La lutte des peuples contre les banksters ne date pas d'hier, aux USA par exemple, elle a commencé en 1776, puisque la révolution américaine a pour origine le refus des colons de payer le service de la dette en émettant eux mêmes leur propre monnaie afin de s'émanciper du dictat des banques Anglaises. Le peuple Américain a perdu la bataille en 1913 lors de la création de la FED, voir « The Money Masters (sous-titres en français) - http://www.youtube.com/watch?v=pYvQoXFfJ_k », mais la bataille a repris en 2011 avec le mouvement Occupy : occupywallst.org - occupy.com - occupytogether.org .

 

Mais depuis la démocratisation d'internet et surtout depuis l'émergence des réseaux sociaux, la prise de conscience des peuples est de plus en plus rapide et c'est bien pourquoi les peuples finiront par gagner, cela ne fait aucun doute.

 

J'ai publié l'article "C’est la Crise finale !" dans la revue Nexus durant l'été 2010 que j'ai également publié ici le 21 février 2011, c'est mon premier article publié sur Agoravox (http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/c-est-la-crise-finale-89116). Je commençais l’article en disant qu’en dépit des propos rassurants des experts, le système financier planétaire touche à sa fin… Une seule solution pour les États : reprendre le pouvoir de la monnaie… En effet, je dénonce depuis plus de 20 ans l’escroquerie à la base du système capitaliste : le système monétaire de Réserves Fractionnaires que pratique les banques depuis plus de deux siècles. Avec ce système, la planche à billet a toujours été une affaire privée pour les particuliers et les entreprises, mais depuis 40 ans, depuis le 3 janvier 1973 pour la France pour être plus précis, l’État, sous pression des banquiers, c’est interdit à lui même de créer la monnaie dont il a besoin. C’est évidemment une trahison des Messieurs Pompidou et Giscard et donc depuis le gouvernement se refuse à lui-même un privilège qu’il a accordé aux banques par la loi, il se fait le serviteur des banquiers et méprise le peuple. Pour qu’un gouvernement soit vraiment souverain, il faut qu’il reprenne son droit de créer un argent libre de dette. J'ai publié également l'article « Crise finale du capitalisme ou 3e Guerre Mondiale ? Françaises, Français, réveillez-vous ! - http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/crise-finale-du-capitalisme-ou-3e-137789 (76.500 visites et 18.000 J'aime).

 

Je finissais l’article (NEXUS) en disant que la « crise économique et financière globale serait un bienfait pour l’humanité. D’abord, on arrêterait de travailler, consommer et polluer en toute inconscience, et ensuite, ce pourrait être l’occasion d’une émancipation extraordinaire. Concrètement, matériellement, rien ne serait perdu. Seule la possibilité de mobiliser l’énergie humaine, le pouvoir sur l’autre est aboli. C’est une vraie révolution, une réelle abolition des privilèges. » Et que « les grands perdants seront les grands manipulateurs de finances. Pour 99 % de la population, cela ne sera pas bien grave. L’énergie de tout un chacun sera libérée du carcan, des chaînes de la finance internationale et de ses geôliers : les financiers. Certains pourraient se sentir un peu déboussolé et sans l’État et les processus démocratiques, les choses pourraient dégénérer. Mais restons calmes : la richesse, la vraie, notre énergie, n’aura pas disparu. Il n’y a pas eu de guerre en Europe depuis des dizaines d’années et grâce au travail et au génie humain nous avons des moyens de production d’une extraordinaire efficacité ; en fait, nous n’avons jamais été aussi riches. Le jour où les peuples réaliseront cela, nous pourrons enfin mettre en place une société de convivialité, de temps choisi, d’harmonie et de respect. »

 

Pour sortir de la crise monétaire absurde dans laquelle nous sommes englué, je propose donc depuis des années, les solutions du « 100 % money » et de l’assouplissement monétaire pour les peuples, c’est à dire, premièrement un contrôle de la totalité de la masse monétaire en circulation par l’État et deuxièmement un revenu d’existence pour tout un chacun. Et il est évident que ces réformes ne pourront se faire qu’au niveau de l’État français en commençant par la nationalisation de toutes les banques françaises sans indemnités pour les actionnaires bien évidemment. En effet, comment se mettre d’accord sur des réformes aussi importante au niveau européen ?

 

Sachez que le Système Monétaire À Réserves Totales (SMART) que je préconise ou réforme dite du « 100% Money » [d'après le titre de l'ouvrage écrit en 1935 par l'économiste américain I. Fisher ] a pour principal avantage que la monnaie devienne un bien public, ce qui n'a jamais été le cas. Il s’agit de transférer le service des dettes de la sphère privée au secteur public. Notez que par la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, abrogée par l'Article 123 du Traité de Lisbonne [voir la Pétition : Pour que l'argent serve au lieu d’asservir chn.ge/MMb6En(1.300 signataires)], la planche à billet, en ce qui concerne les besoins de l'État, a été privatisée. Le service de la dette de l'État était de 48,5 milliards d'euro en 2013. Et si vous cumulez les intérêts annuel que payent, l'État, les entreprises et les particuliers, vous arrivez à 129,2 milliards d'euro par an soit 45,4% des recettes fiscales nettes du budget de l'État ou 92,6% des recettes de la TVA en 2014. La dette n'est qu'une colossale escroquerie au bénéfice de l'oligarchie financière planétaire.

 

De toute façon, l’Euro n’est pas une monnaie, mais une construction complètement artificielle qui va détruire l’Europe de la diversité que j’aime profondément, dans l’espoir insensé de créer de toutes pièces un État Européen dont seuls les technocrates non-élus sont les bénéficiaires. Milton Friedman dont je n'apprécie pas pour autant les positions politico-économiques, avait coutume de dire qu’à sa connaissance c’était la première fois dans l’Histoire que des pays souverains décidaient de tous utiliser la même monnaie et que le système sauterait si un choc asymétrique venait à toucher les différents pays. Ce qu’il voulait dire était que, dés qu’un choix allait devoir être fait entre la Souveraineté Nationale et la monnaie, la Souveraineté Nationale l’emporterait.

 

Ce choc, nous l’avons eu au moment de la grande crise financière de 2008-2009, le système a failli craquer et a fini par tenir quand monsieur Draghi a fait comprendre aux marchés que les Traités, il s’asseyait dessus et que la Bundesbank ne pouvait que se coucher, ce qu’elle fit. Et donc le nœud coulant fut resserré autour du cou de la Grèce et desserré par ailleurs, l’idée étant que les malheurs des Grecs devaient montrer aux autres peuples Européens pris dans le même étau ce qui arrivait aux mauvais sujets. En clair, les banksters torturent les Grecs pour que les Italiens et les Espagnols entendent leurs cris. Et donc l’Euro est encore là continuant à pousser les peuples Européens dans la misère et le désespoir, les seuls gagnants étant les technocrates et les banksters que personne n’a élu.

 

Pour des raisons purement techniques, on ne peut qu'être contre l'Euro, puisqu’il est idiot de vouloir maintenir un taux de change fixe entre des pays qui ont des productivités complètement différentes. Mais derrière l'Euro, il y a avant tout une volonté profonde de détruire les Nations Européennes. Et “Une Nation” disait Renan, “c’est une volonté de vivre ensemble”. Dans une Nation, pour qu’elle fonctionne, nous avons besoin d’un organisme qui aura le monopole de la violence légitime et cet organisme, pour payer ses dépenses devra lever des impôts qui seront libellés dans une monnaie dont le cours correspondra aux forces et aux faiblesses du pays en question. Payer ses impôts librement à un état légitime est donc le début de la Démocratie. Mais il n’en est rien dans l’Euro !

 

Et puis en Europe, personne n’a le monopole de la violence légitime puisqu'il n’existe pas de Nation Européenne. La démonstration en est faite par la BCE qui finance les États légitimes en imprimant de l’argent puisque les impôts ne suffisent pas. Or les impôts sont la manifestation de cette volonté de vivre ensemble. Le projet Européen apparaît ici en pleine lumière : Il s’agit purement et simplement de détruire les volontés de vivre ensemble, c’est-à-dire les Nations Européennes auxquels les peuples sont extraordinairement attachés, pour construire un État Européen dont personne ne veut sauf l'oligarchie qui n'a, évidemment, aucun respect pour la volonté des peuples, ce bétail stupide qu’il méprise. Et nulle part, cette volonté de destruction de la Nation n'a été plus visible qu’en Grèce. L’État Grec est certes tout à fait inefficace, tout le monde le savait, un peu comme l’État Italien mais le Peuple Grec est une réalité profonde et ancienne. Attaquer la Grèce parce qu’elle avait un État inefficace a coûté fort cher à Mussolini et à Hitler, qui eux aussi, comme les technocrates de Bruxelles au service de l'oligarchie financière occidentale aujourd’hui, voulaient rétablir l’Empire Romain. Mais ils n’ont pas trouvé en face d’eux l’État Grec, mais bien le Peuple Grec, ce qui n’est pas pareil. L’Euro n’est qu’une expression de plus, après le communisme, après le fascisme, après le nazisme de la présomption fatale de vouloir détruire les nations. La seule différence est que les victimes de ce projet contre nature se suicident à la place d’être envoyés dans des camps de concentration. Gros progrès !

 

Les Grecs vont donc pouvoir voter. Quand Papandréou avait proposé la même chose il y a quelques années, il avait été promptement débarqué grâce à ce qu’il faut bien appeler un coup d’État organisé a Bruxelles pour être remplacé par ex haut fonctionnaire de la BCE. J’espère que la révolte des peuples Européens contre la dictature molle que Tocqueville avait parfaitement vu arriver a enfin commencé, et si c’est le cas, elle se produit d’abord, ironie de l’Histoire dans le pays qui a été le berceau de la Démocratie.

Pour résumer le « cas » Grec :

25 vérités d’Alexis Tsipras sur le chantage du lobby financier international - http://www.mondialisation.ca/25-verites-dalexis-tsipras-sur-le-chantage-du-lobby-financier-international/5459298

Quand la Grèce maîtrise mieux les règles du FMI que le FMI lui-même - http://www.lalibre.be/economie/actualite/quand-la-grece-maitrise-mieux-les-regles-du-fmi-que-le-fmi-lui-meme-5594d9b83570e4598cb01bf4

 

De toute façon pour mettre en place une réforme monétaire comme je le préconise, le « 100% Money », et en l'occurrence en France, il faut que l'État retrouve le contrôle sur sa monnaie. C'est un impératif : les peuples pour s'affranchir de la dictature des banksters, doivent commencer par s'affranchir de la dictature de l'Euro.

 

Et quoi qu'il en soit, tant que les citoyens n’auront pas compris que :

Premièrement, les seules richesses qui existent sont : l’énergie humaine (l’ingéniosité, le savoir faire, le travail…), ses réalisations (immeubles, usines, machines, logiciels, oeuvres d'art, inventions …) et les richesses naturelles ;

2e, la monnaie est un instrument de manipulation au service d’une toute petite minorité sur l’ensemble de l’humanité, c’est l’instrument de management suprême ;

3e, les banquiers ont donc à leur disposition, depuis plus de 3 siècles, un instrument : la monnaie bancaire ou fiduciaire ce qui leur donne tout pouvoir ;

4e, cette fausse monnaie : la monnaie fiduciaire est l’origine du capitalisme et

5e, cette fausse monnaie est à l’origine de la plupart de nos problèmes ;

6e, une fois débarrassé de l’esclavage de cette monnaie dette et grâce à la prodigieuse efficacité de nos moyens de production, l’humanité pourra enfin accéder à un véritable âge de prospérité.

Donc, tant que les citoyens n'auront pas compris cela, les banquiers et leurs valets (la plupart des économistes, des journalistes et des politiques de la majorité et de l’opposition officielle) continueront à vous manipuler et à vous tondre comme des moutons !

 

Conclusion, le seul combat politique qui en vaille vraiment la peine, c'est la lutte contre l'oligarchie financière planétaire. Il est plus que temps de les virer du pouvoir et de les mettre en prison. Maintenant, posons-nous sérieusement cette question : Est-ce aux médias ou aux citoyens de choisir les élus de notre pays ?

Marc JUTIER, candidat aux Primaires Citoyennes socialistes de 2016 et de 2021, voir : http://bit.ly/1CC1qBW - Merci de faire connaître ma candidature !

 

D'autres liens pour y voir plus clair sur le « cas » Grec et sur l’escroquerie du système monétaire actuel :

Grèce : Washington ne permettra pas qu’un gouvernement indépendant se lève en Europe

http://news360x.fr/grece-washington-ne-permettra-pas-quun-gouvernement-independant-se-leve-en-europe/

Le complot Goldman Sachs par un humoriste allemand.

https://youtu.be/P8Lq-uhfYn8

Les secrets de la réserve fédérale :

http://www.youtube.com/watch?v=aQgu5Xwpclo

http://www.youtube.com/watch?v=xUa2GRosGzk

Les Principes du pouvoir : la Propagande - Le Film

http://www.youtube.com/watch?v=E5e7dPgdp2A

Les Principes du pouvoir : l'Empire - Le Film

http://www.youtube.com/watch?v=t159G1kNIJc

Les Principes du pouvoir : l'Apocalypse - Le Film

http://www.youtube.com/watch?v=cCB3iP7tEcc

John Perkins on Globalization

http://www.youtube.com/watch?v=TFC18pFvo1g

L'argent Dette (2010) Paul Grignon

http://www.youtube.com/watch?v=kgA2-bWXSN4

L'Argent Dette 2 - la mafia Rothschild

http://www.youtube.com/watch?v=c9jfU6q2GpM

Révolution monétaire. Redonner le contrôle de l'émission monétaire à l'Etat.

http://revolution-monetaire.blogspot.fr

The Secret of Oz - VF

http://www.youtube.com/watch?v=Jsk-FdJwL60

Loi de 73 Rotschild-Pompidou-Giscard d'ou la dette de la France.

http://www.youtube.com/watch?v=QTp44QfsrPc&

Le signe secret - Le groupe Bilderberg

http://www.dailymotion.com/video/xp9wuu_le-signe-secret-le-groupe-bilderberg_news

John Perkins « mémoires d'un assassin financier »http://www.dailymotion.com/video/xa636d_john-perkins-confessions-d-un-corru_news

Une mise au point indispensable par un des grands penseurs contemporains sur le socialisme, la démocratie et sur notre véritable pouvoir en tant qu'individu : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Lbd7a4e02RI

La crise du crédit pour les nuls

http://www.youtube.com/watch?v=PFqHYLsJZ5Y

"Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme." Vincent AURIOL en 1936

 

Bonne lecture. Amitiés écologistes & socialistes ,

Marc Jutier (1.580 ♥) facebooktwitter plus.google One page

Président de Fraternité Citoyenne - Tél.: 05 53 51 26 20

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Articles & vidéos à consulter.

« Dans ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire » George Orwell

 

Vidéos en une :

[Vidéo] La France en commun par le PCF - dai.ly/x2v3sir

[Vidéo] France : Élections présidentielles de 2017, Marc Jutier un candidat hors normes

http://finalscape.com/?p=1444

Le système bancaire actuel mondial est un système de fausse monnaie et de faux monnayeurs ! “ Et c'est un banquier Suisse qui le dit !

http://news360x.fr/le-systeme-bancaire-actuel-mondial-est-un-systeme-de-fausse-monnaie-et-de-faux-monnayeurs/

 

« Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire » Jean Jaurès

A/ PS, FdG & les autres! – France

Ecoutes illégales: après les USA, la France éclaboussée par des révélations

http://fr.sputniknews.com/international/20150701/1016806456.html

Roland Dumas : la France glisse «sous le chapeau américain»

https://youtu.be/LhY-JeU4BpA

La dette publique au premier trimestre en France grimpe à 97,5% du PIB, indique l'Insee

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/4516-economie-dette-publique-premier-trimestre-france-grimpe.html

Elbit & Thales, partners in crime, denounced by BDS at the Paris Air Show

https://youtu.be/GV2NuKnOkrA

Secret d’Etat : la France soutient Al-Qaïda en Syrie.

http://www.mondialisation.ca/secret-detat-la-france-soutient-al-qaida-en-syrie/5458877

Népotisme : comment François Hollande place ses amis

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/06/26/31001-20150626ARTFIG00129-nepotisme-comment-francois-hollande-place-ses-amis.php

La France a été élue première serpillière officielle des USA. Les yankes peuvent tout exiger même les pires reniements.

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/07/la-france-a-ete-elue-premiere-serpilliere-officielle-des-usa-les-yankes-peuvent-tout-exiger-meme-les-pires-reniements.html

Julian Assange : « Monsieur Hollande, accueillez-moi en France »

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/07/julian-assange-monsieur-hollande-accueillez-moi-en-france.html

 

B/ Europe.

ALLOCUTION DU PREMIER MINISTRE A. TSIPRAS AU PEUPLE GREC. LE CHOIX AU PEUPLE SOUVERAIN

http://syriza-fr.org/2015/06/27/allocution-du-premier-ministre-a-tsipras-au-peuple-grec-la-choix-au-peuple-souverain-referendum/

Référendum grec, le bis repetita des médias

http://www.politis.fr/Referendum-grec-le-bis-repetita,31801.html

Des experts de l’ONU saluent le référendum grec et appellent à la solidarité internationale

http://cadtm.org/Des-experts-de-l-ONU-saluent-le

Espagne: la loi limitant le droit à manifester prendra effet le 1er juillet

http://fr.sputniknews.com/international/20150625/1016718309.html

Jacques Sapir face à Ruth Elkrief

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/jacques-sapir-face-a-ruth-elkrief-572693.html

Grèce: Schulz espère "un gouvernement de technocrates"

http://www.levif.be/actualite/international/grece-schulz-espere-un-gouvernement-de-technocrates/article-normal-403747.html

Tsipras mène le jeu en Europe. Référendum annoncé en Grèce.

http://reseauinternational.net/tsipras-mene-le-jeu-en-europe-referendum-annonce-en-grece/

Grèce : Le petit grain de sable qui fait dérailler l’Union Européenne

http://reseauinternational.net/grece-le-petit-grain-de-sable-qui-fait-derailler-lunion-europeenne/

Grèce : la mécanique du défaut

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-la-mecanique-du-defaut-484268.html

Le gouvernement: Pourquoi nous avons rejeté les propositions des créanciers

https://grecefranceresistance.wordpress.com/2015/06/28/le-gouvernement-pourquoi-nous-avons-rejete-les-propositions-des-creanciers/

Trois idées reçues sur la crise grecque

http://www.audit-citoyen.org/?p=6466

« L’UE, c’est l’antithèse de la démocratie » – Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie.

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2015/06/30/lue-cest-lantithese-de-la-democratie-joseph-stiglitz-prix-nobel-deconomie/

La sortie de l’euro, c’est possible, et pas difficile…

http://www.gaullistelibre.com/2015/06/la-sortie-de-leuro-cest-possible-et-pas.html

Juncker dit « non » à la Grèce et menace la France

http://www.politis.fr/Juncker-dit-non-a-la-Grece-et,29890.html

Zone euro: France et Italie, des bombes à retardement plus menaçantes que la Grèce (Mais Hollande se veut rassurant…)

http://lesmoutonsenrages.fr/2015/06/29/zone-euro-france-et-italie-des-bombes-a-retardement-plus-menacantes-que-la-grece-mais-hollande-se-veut-rassurant/

Qu’ils aillent au diable!

http://michellepinay.blog.lemonde.fr/2015/06/20/quils-aillent-au-diable/

Grèce : le grand concours des âneries apocalyptiques commence !

http://l-arene-nue.blogspot.fr/2015/06/grece-le-grand-concours-des-aneries.html

 

« C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race : l’humanité » Jean Jaurès

C/ International.

Une troisième guerre mondiale est-elle possible ?

http://www.planet.fr/politique-une-troisieme-guerre-mondiale-est-elle-possible.886252.29334.html

Révélations de Snowden : comment les USA aident Israël et recrutent les djihadistes de l’EIIL

http://www.europalestine.com/spip.php?article10758&lang=fr

Poutine : « Les membres de l’OTAN ont renoncé à leur souveraineté » [VIDEO]

http://arretsurinfo.ch/poutine-les-membres-de-lotan-ont-renonce-a-leur-souverainete-video/

Les Etats-Unis vont commencer l'invasion de la Syrie (NEO) par Tony Cartalucci 27 Juin 2015

http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2015/06/les-etats-unis-vont-commencer-l-invasion-de-la-syrie-neo.html

L’épouvantail de la « théorie du complot »

http://www.mondialisation.ca/lepouvantail-de-la-theorie-du-complot/5458607

11 Septembre 2001 - Quand la Vérité Éclate en Direct - youtu.be/FjRfc0s-x-Q

La non-invasion russe provoque l’inquiétude dans les capitales européennes

http://lesakerfrancophone.net/la-non-invasion-russe-provoque-linquietude-dans-les-capitales-europeennes/

Noam Chomsky: Austerity Is Just Class War

http://www.alternet.org/economy/noam-chomsky-austerity-just-class-war

 

« Le vrai réalisme c'est de fermer la bourse, saisir les banques, et de ne pas payer la dette » F. Lordon

D/ Crise du capitalisme, réforme monétaire & nouveau paradigme. Cours de l'or◄►dettepublique.fr

5 CHOSES QUE LA RÉSERVE FÉDÉRALE ESPÈRE QUE VOUS NE DÉCOUVRIREZ JAMAIS!

http://laosophie.over-blog.com/2015/06/wwiii-5-choses-que-la-reserve-federale-espere-que-vous-ne-decouvrirez-jamais.html

[Vidéo - Classique] Les nouveaux maîtres du monde. Comment Goldman Sachs, petite maison de courtage fondée en 1869, est-elle devenue la banque d'affaires la plus puissante du monde ? - https://youtu.be/GRcEyXUzgik

Paralysie de l’esprit critique en temps de crise

http://www.mondialisation.ca/paralysie-de-lesprit-critique-en-temps-de-crise/5458851

Historique – Vers la fin de l’Euro . Coup de tonnerre de Tsipras, les autorités se réunissent et se préparent à un « black monday » et à la clôture des banques : Contrôle des capitaux, les banques grecques et le marché action fermés une semaine !!! (l’or en Euro prêt à décoller …)

https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/06/28/quand-la-grece-fait-trembler-leurope-referendum-de-tsipras-les-autorites-se-reunissent-et-preparent-la-fermeture-des-banques-lundi-en-cours/

Suivez l'actualité monétaire sur : FRANCE : 100 % MONEYfauxmonnayeurs.org

 

E/ Santé – divers (Histoire).

Réponse aux attaques infondées visant la pétition sur le vaccin DT-Polio

http://www.professeur-joyeux.com/reponse-aux-attaques-infondees-visant-la-petition-sur-le-vaccin-dt-polio/

Surprise ! Le Pr. Henri Joyeux poursuivi par l'Ordre des médecins...

http://fr.sott.net/article/25872-Surprise-Le-Pr-Henri-Joyeux-poursuivi-par-l-Ordre-des-medecins

Les révélations fracassantes d’un ancien grand maître franc-maçon

http://metatv.org/les-revelations-fracassantes-dun-ancien-grand-maitre-franc-macon

Histoire

Mutilation de l’Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau (D’après « Histoire partiale, Histoire vraie » (Tome 1), paru en 1911)

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article12686

Science, technologie et SF

Technologie avancée ou géopolymère 5000 ans avant son invention ?

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/technologie-avancee-ou-geopolymere-5000-ans-avant-son-invention.html

Photo haute définition du ciel nocturne : www.google.ca/sky/

Et pour finir un peu d'humour : Top 10 des meilleures blagues plates livrées par des humoristes québécois - youtu.be/DJ3tekyOiuQ

 

Les articles de la Lettre d'info de FC sont extrait, entre autres, des sites suivants: pilulerouge.over-blog.com - lesakerfrancophone.net - agenceinfolibre.fr - fr.euronews.com - etat-du-monde-etat-d-etre.net - francais.rt.com - fr.sputniknews.com - voltairenet.org - novorossia.vision/fr/ - reseauinternational.net - reporterre.net - politis.fr - news360x.fr - mondialisation.ca - russiepolitics.blogspot.fr - latinoactu.wordpress.com - dedefensa.org - agoravox.fr - monde-diplomatique.fr - mrmondialisation.org - info-contre-info.fr - fawkes-news.blogspot.fr - metatv.org - cercledesvolontaires.fr - lesmoutonsenrages.fr - lucien-pons.over-blog.com - theorisk.wordpress.com - chaos-controle.com - sante-nutrition.org - reopen911.info - le-blog-sam-la-touch.over-blog.com - news.vice.com/fr/ - zejournal.mobi - arretsurinfo.ch - wsws.org/fr/ - infoguerre.fr - les-crises.fr - wikistrike.com - legrandsoir.info - afrique-asie.fr - stopmensonges.combastamag.net - anticons.wordpress.com - michelcollon.info - poilagratter.infodes sites d'information alternatifs afin de s'informer sans se faire manipuler.

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François Hollande refuse l'asile à Julian Assange

3 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #la liberté, #AMERIQUE, #Le fascisme, #Terrorisme, #Je suis Charlie?

François Hollande refuse l'asile à Julian Assange

François Hollande refuse l'asile à Julian Assange

|  Par Lénaïg Bredoux et Jérôme Hourdeaux et Mathieu Magnaudeix

François Hollande a explicitement refusé l'asile au fondateur de Wikileaks, Julian Assange. La publication par Mediapart et Libération des documents de WikiLeaks sur l'espionnage de la France par la NSA a relancé la question du sort des lanceurs d'alerte comme Assange et Edward Snowden.

C'est non. Une heure à peine après la parution d'une lettre de Julian Assange dans Le Monde, dans laquelle le fondateur de Wikileaks enfermé dans l'ambassade d'Équateur à Londres demandait asile à la France, un communiqué lapidaire de l'Élysée est arrivé ce vendredi 3 juillet dans les rédactions.

« La France a bien reçu la lettre de M. Assange. Un examen approfondi fait apparaître que compte tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande. » Selon la présidence de la République, « la situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l’objet d’un mandat d’arrêt européen ». Autrement dit : impossible de donner l'asile alors que les États-Unis n'ont pas délivré de mandat d'arrêt et que la Suède réclame son extradition pour une affaire d'agression sexuelle et de viol.

Dans sa tribune, Julian Assange affirme pourtant qu'aux États-Unis « un grand jury secret, portant notamment des accusations d’espionnage à [s]on encontre, a été formé en 2010, et n’a jamais cessé d’agir depuis ». Il assure qu'en Suède « aucun acte d’accusation formel à [s]on encontre ni d’acte d’enquête n’a été mené en cinq ans ». Reclus et traqué, il estime sa vie « en danger ».

Cette décision intervient de façon très étrange : aucune demande d'asile formelle n'a été déposée par Assange auprès des autorités françaises (à l'ambassade et/ou à l'Ofpra) et le seul organisme compétent pour en juger, l'Ofpra (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides), n'a donc pas été saisi.

« Julian Assange n’a déposé aucune demande d’asile en France. Julian Assange s’est contenté de réagir aux déclarations de Christiane Taubira, ministre de la justice, et d’un appel de la société civile à l’accueillir en France, signé par plus de quarante personnalités éminentes des mondes intellectuels et de la culture », a réagi Baltasar Garzon, directeur de l’équipe de défense de Julian Assange, dans un communiqué. Avant d'ajouter : « M. Assange a souhaité saisir cette opportunité pour rappeler les liens profonds qui l’unissent à ce pays et montrer sa disposition à être accueilli en France si et seulement si une initiative était prise par les autorités compétentes. (...) L’équipe de défense de Julian Assange s’interroge dès lors sur la réalité de “l’analyse approfondie” censée avoir été faite de la lettre de M. Assange dans un temps pour le moins réduit, et sur les raisons qui ont amené à une telle précipitation. »

Mais le choix de l'Élysée n'est pas surprenant : la France a toujours rejeté l'hypothèse d'accueillir les lanceurs d'alerte Julian Assange ou Edward Snowden, l'ancien agent de la NSA qui a alerté sur les pratiques du renseignement américain.

Le 26 juin, Christiane Taubira avait pourtant ouvert une brèche. « Il y a une dimension symbolique à faire ce geste-là », avait pourtant déclaré la garde des Sceaux le 26 juin sur BFMTV. « Cela ne me choque absolument pas. Et si la France décidait de le faire, mais c’est la responsabilité du président de la République, du premier ministre et du ministre des affaires étrangères, [...] moi je ne verrais rien de choquant dans la mesure où, dans notre loi, nous avons introduit une protection des lanceurs d’alerte », disait-elle. Elle avait été une première fois contredite par Manuel Valls et par l'Élysée. « Nous n'avons pas reçu de demande en ce sens. La question ne pose donc pas », assurait alors la présidence de la République. Cette fois, pour ce qui concerne en tout cas Julian Assange, la réponse est sans équivoque. 

Dès les premières révélations d’Edward Snowden en 2013, Manuel Valls a toujours été opposé à ce que la France accorde l’asile à l’ancien collaborateur du renseignement américain. Ministre de l'intérieur en juillet 2013, il expliquait : « En ce qui me concerne, je n'y suis pas très favorable. » Au nom des relations avec les États-Unis et des accords d’extradition entre les deux pays : « C'est un pays démocratique, et nous avons des relations avec les États-Unis, notamment concernant l'extradition possible pour un certain nombre d'individus. [...] C'est une démocratie, ça n'est pas une dictature. Il y a une justice, une justice indépendante. » Promu premier ministre, Manuel Valls l'avait redit en juillet 2014: « Je ne vois pas pourquoi nous le ferions. Je n’y suis pas favorable. »

Parmi les opposants à l'asile, figure également le député socialiste Jean-Jacques Urvoas. « Pour demander l’asile, il faut faire l’objet de persécutions, être sur le territoire national et ne pas venir d’une démocratie dans laquelle la justice est indépendante », a-t-il dit ce jeudi sur France Inter. « Je ne vois pas pourquoi, au titre de l’asile ou de réfugiés politiques, nous donnerions l’asile à quelqu’un qui n’est pas persécuté et qui est dans une démocratie qui a une justice indépendante », a estimé le président de la commission des lois, artisan de la loi renseignement.

La déflagration provoquée par la première publication des documents de WikiLeaks concernant l’espionnage de la France a pourtant changé la donne. Au lendemain des révélations de Mediapart et Libération, l’avocat Jean-Pierre Mignard, proche de François Hollande, a indiqué qu’il fallait « accorder l’asile à Julian Assange et Edward Snowden ». « Quiconque aura combattu pour la liberté obtiendra l’asile sur le territoire de la République. Ce sont les textes fondamentaux de la Révolution française. La convention de Genève en dispose aussi. Ils se sont battus pour notre liberté, ils ont révélé des faits graves dont nous étions dans l’ignorance », a indiqué Mignard (par ailleurs avocat de Mediapart).

Jeudi 2 juillet, dans un texte publié sur Mediapart, plusieurs politiques et intellectuels avaient à leur tour demandé à la France d'accueillir Julian Assange et Edward Snowden, « persécutés, menacés, diffamés, coupés de leur entourage, soumis à un harcèlement constant ».

« On peut se dire que ces hommes sont des lanceurs d’alerte et qu’aujourd’hui on devrait ouvrir nos portes à ce genre de personnes. C’est grâce à eux que nous avons pu évaluer les dangers » posés par la surveillance américaine, a estimé la sénatrice EELV Esther Benbassa dans un entretien vidéo à Mediapart. Jean-Luc Mélenchon a même appelé à leur offrir la citoyenneté française « puisqu’ils ont fait bénéficier notre pays d’informations qui permettent de protéger sa souveraineté ».

Dès la semaine dernière, tous les défenseurs du droit d’asile pour les lanceurs d’alerte n'étaient pas exactement sur cette ligne. Le député LR (ex-UMP) Franck Riester, qui avait voté contre le projet de loi renseignement, mettait par exemple en garde contre tout emportement. « On ne peut pas le faire à chaud, comme des représailles bêtes et méchantes envers les États-Unis par rapport à ce qu’on vient d’apprendre, explique-t-il à Mediapart. Il faut d’abord créer un cadre cohérent pour protéger les lanceurs d’alerte, aussi bien nos ressortissants à l’étranger que des ressortissants d’autres pays, et c’est ce que nous faisons dans le cadre de la commission numérique de l’Assemblée. »

Autre opposante au projet de loi renseignement à l’Assemblée, Laure de La Raudière affirmait que la loi française devrait « absolument » offrir « des moyens de respecter les lanceurs d’alerte, même si cela pose des questions diplomatiques compliquées ». Mais la députée UMP refuse de se prononcer sur les cas de Snowden et Assange.

Certains, enfin, opèraient une distinction, comme le député EELV Sergio Coronado. « Je reste favorable à l’asile constitutionnel pour Snowden, explique-t-il à Mediapart. Assange, c’est plus compliqué, car il fait l’objet de poursuites qui n’ont rien à voir avec le fait de dévoiler des documents confidentiels. » « Même si le cas de Julian Assange est un peu différent, WikiLeaks est une ONG qui défend la liberté d’expression et le droit de savoir », nous disait Christian Paul, député PS membre de la commission de réflexion sur le numérique. 

Julian Assange : l'imbroglio suédois

Ce vendredi 3 juillet, le refus sans appel de la France sur le cas Assange est donc tombé. Il faut dire que sa situation juridique est complexe, ce que rappelle l'Élysée dans son communiuqué. Si le rédacteur en chef de WikiLeaks est bien dans le viseur des États-Unis depuis que son site a publié, au printemps 2010, les documents de l’armée américaine fournis par Chelsea Manning, la justice suédoise réclame aussi son extradition pour une affaire d'agression sexuelle et de viol.

Au mois d’août 2010, alors que WikiLeaks est au sommet de sa popularité, deux jeunes femmes suédoises déposent plainte contre Julian Assange. Lors de relations sexuelles consenties, il lui est notamment reproché d'avoir refusé d'utiliser un préservatif, ou de l'avoir retiré sans prévenir, des faits qui, en Suède, peuvent relever du viol. Julian Assange se trouve alors en Grande-Bretagne, à qui la Suède demande son extradition. Au terme de deux années de bataille juridique, il finit par se réfugier, le 19 juin 2012, dans les locaux de l’ambassade de l’Équateur à Londres et demande l’asile à ce pays. Il y est depuis toujours bloqué, menacé d’être interpellé dès qu’il passera la porte de l’ambassade.

Julian AssangeJulian Assange © Reuters

Julian Assange ne nie pas avoir eu des relations sexuelles avec ses deux accusatrices, mais dément avoir retiré son préservatif sans leur consentement. Selon ses défenseurs, c’est la police qui aurait fortement incité les deux femmes à déposer plainte. WikiLeaks affirme en effet que cette procédure est téléguidée par les États-Unis afin d’obtenir l’extradition de Julian Assange dès qu’il sera arrivé en Suède. Celui-ci s’est d’ailleurs dit prêt à se présenter devant la justice, à la condition que les autorités suédoises s’engagent à ne pas le transférer vers un autre pays. Ce qu’elles ont refusé au nom de l’indépendance de la justice.

Le problème est que, pour l’instant, Julian Assange n’est officiellement inculpé d’aucune charge, ni aux États-Unis ni en Suède. Pour être formellement inculpé, il devrait être auditionné par la procureur en charge de l’enquête. Mais celle-ci s’est jusqu’à présent refusée à faire le voyage jusqu’à Londres, malgré les demandes répétées de WikiLeaks et le feu vert des autorités britanniques. « Elle devait venir à Londres le 17 ou le 18 juin dernier, mais elle n’a entamé ses démarches auprès de l’ambassade que trois jours avant, affirme Juan Branco, conseiller juridique de WikiLeaks. Ce qui est bien entendu bien trop tard. Elle a prétendu une erreur technique. Mais ce que nous constatons, c’est en fait un double langage. »

De leurs côtés, les États-Unis se gardent bien d’annoncer l’ouverture officielle d’une enquête qui ne ferait que confirmer les craintes des avocats d’Assange. Celle-ci semble pourtant bien être une réalité. Au cours d'une conférence de presse organisée au mois de janvier à Genève, l'équipe juridique de WikiLeaks, menée par le juge espagnol Baltazar Garzon, a présenté des emails montrant que Google collaborait avec la justice américaine en lui fournissant des données sur certains membres de WikiLeaks. Le 9 juin dernier, le hacker et journaliste Jacob Appelbaum, qui a par ailleurs travaillé avec WikiLeaks, a révélé que Google avait été obligé de transmettre ses données personnelles aux autorités afin d’alimenter le dossier d’inculpation de Julian Assange par un grand jury. « Jusqu’à présent, lorsque nous affirmions que les États-Unis faisaient tout pour obtenir de la Suède l’extradition de Julian Assange, on nous traitait de complotistes. Aujourd’hui, nous savons que c’est vrai », estime Juan Branco.

Mais cet imbroglio juridique pourrait bientôt se débloquer. « Au mois d’août, trois des quatre charges dont Julian Assange est accusé vont être prescrites », explique Juan Branco. « Il ne restera que la plus lourde, "viol mineur", pour laquelle il risque jusqu’à 10 ans de prison. Il y a une grande chance pour que l’ensemble du dossier soit clos. En effet, à cette occasion, l’ensemble de l’affaire sera réexaminée, un nouveau mandat d’arrêt devra être délivré, et il faudra le justifier. Or, il n’y a eu dans ce dossier aucun acte d’enquête depuis 2010. » Selon le conseiller juridique, « le parquet sait que ce dossier est vide et cherche en fait une porte de sortie tout en gardant la tête haute ».

Si les poursuites sont abandonnées contre lui en Suède, rien ne dit pourtant que la France, qui ne veut pas froisser les États-Unis, reviendrait sur sa position de ne pas accorder l'asile.

Edward Snwoden: l'asile impossible

La situation d’Edward Snowden, elle, est plus simple. L’informaticien a fui les États-Unis au mois de mai 2013. Il se réfugie tout d’abord à Hong Kong, où il rencontre les journalistes à qui il confie les documents de la NSA qu’il a emportés avec lui. Le 9 juin, peu après la publication des premières révélations, Edward Snowden dévoile son identité dans une vidéo diffusée par le quotidien britannique The Guardian. Le 22 juin, les États-Unis l’inculpent pour espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux et révoquent son passeport. Le lendemain, Edward Snowden, accompagné par la journaliste de WikiLeaks Sarah Harrison, parvient tout de même à prendre un avion à l’aéroport de Hong Kong, à destination de l’Amérique latine via la Russie. Mais une fois arrivé à Moscou, le duo se voit refuser l’embarquement sur son vol pour Cuba. Edward Snowden et Sarah Harrison resteront un mois bloqués dans la zone de transit de l’aéroport de Sheremetyevo. Avant que la Russie n’accorde au lanceur d’alerte un asile temporaire, depuis renouvelé.

Edward SnowdenEdward Snowden © Reuters

Il suffirait donc qu’un pays accepte d’accueillir Edward Snowden pour débloquer la situation. À la condition que celui-ci puisse s’y rendre – le 2 juillet 2014, l'appareil d'Evo Morales, qui décollait de Moscou alors que Snowden était confiné dans l'aéroport s'était vu refuser l'espace aérien français et italien sous pression des États-Unis. L'avion avait dû atterrir en Autriche et avait été fouillé. L'affaire avait provoqué un incident diplomatique avec la Bolivie.

Le futur pays d’accueil d’Edward Snowden devra donc peser suffisamment en termes diplomatiques pour pouvoir faire face aux pressions américaines. Aucune grande puissance ne semble prête à prendre ce risque. Lorsqu’il était bloqué à l’aéroport de Sheremetyevo, Edward Snowden, aidé par Sarah Harrison et des ONG, avait envoyé une demande d’asile à de nombreux pays. La quasi-totalité d'entre eux l’avaient rejetée, dont la France. « La France a reçu, comme beaucoup d'autres pays, par l’intermédiaire de son ambassade à Moscou, une demande d'asile de M. Edward Snowden. Compte tenu des éléments d'analyse juridique et de la situation de l'intéressé, il n'y sera pas donné suite », expliquait alors le ministère de l'intérieur. La France, comme d’autres pays, joue en fait sur un détail juridique. Un demandeur d’asile est censé déposer lui-même sa demande, et donc être sur le territoire français, avant que celle-ci soit étudiée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

Pour contourner cet argument, un appel, accompagné d’une pétition, avait été lancé au mois de juin 2014, afin que soit accordé à Edward Snowden un asile dit « constitutionnel ». L’article L 711-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) permet d’accorder l’asile politique « à toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté » sans avoir besoin de pénétrer sur le sol français. Or, « lanceur d’alerte, Snowden a permis d’informer le grand public de ces dérives, en plaçant l’intérêt général et l’éthique au-dessus de la raison d’État », affirme l’appel, signé notamment par le sociologue Michel Wieviorka, l’historien Patrick Weil, Daniel Cohn-Bendit, le sociologue Edgar Morin, l’ex-premier ministre Michel Rocard ou encore le philosophe Marcel Gauchet. « Pour toutes ces raisons, il est indispensable d’accueillir Edward Snowden dans un véritable État de droit, afin qu’il puisse se défendre et participer au débat sur le renforcement des libertés publiques », poursuivait le texte.

La pétition avait finalement recueilli plus de 165 700 signatures et avait été déposée à l’Assemblée nationale le 9 juillet. Parallèlement, des sénateurs UDI (dont l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Chantal Jouanno) et écologistes avaient déposé une proposition de résolution pour accueillir Snowden en France, sur la base de l'article 14 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. « La France, pays des droits de l'homme et de la liberté de la presse, a une obligation particulière à l'égard d'Edward Snowden car sa Constitution prévoit que “tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République” », expliquaient-ils. « Les révélations d'Edward Snowden ont montré que les collectes massives d'informations par l'Agence nationale de sécurité (NSA), concernant des citoyens du monde entier, dépassaient le cadre de la lutte nécessaire contre le terrorisme ou contre les autres risques géopolitiques. Lanceur d'alerte, Snowden a permis d'informer le grand public de ces dérives, en plaçant l'intérêt général et l'éthique au-dessus de la raison d'État », écrivaient-ils. Proposant même de faire d’Edward Snowden un citoyen d’honneur de la République française.

Mais le gouvernement est resté sourd à ces initiatives et, à ce jour, la situation d’Edward Snowden est toujours dans l’impasse. Interrogé par Mediapart, William Bourdon, un de ses avocats, refuse de se prononcer sur les éventuelles démarches en cours. « Je n’ai rien à dire sur le cas Snowden. La situation réclame une discrétion absolue. Avec les autres avocats, nous échangeons deux, trois fois par mois et réfléchissons, mais rien dont on puisse parler à ce stade. » L’avocat précise qu’il n’y a « aucun contact » avec des politiques.

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L’euro, ou la haine de la démocratie, par Frédéric Lordon

30 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #Economie, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La France, #La finance dérégulée, #La dette, #Terrorisme

 

Forcément, ça leur a coupé la chique. Qu’on puisse jouer la carte de la démocratie, c’est la chose qui est maintenant tellement hors de leur entendement qu’elle les laisse toujours sidérés, pantois et démunis. Vraiment, à cet instant, on aurait voulu voir leurs têtes, mâchoires décrochées comme des tiroirs de commodes fraîchement cambriolées : Sapin, Hollande, Moscovici, leurs experts organiques, leurs journalistes de propagande, tous ceux qui n’ayant que la « modernité » à la bouche se sont si constamment efforcés d’en finir avec le peuple, pénible démos, et pénible démocratie quand il lui vient à l’idée de ne pas se contenter de valider ce qui a été décidé pour elle. Mais c’est une némésis et personne n’y pourra rien : il vient toujours un moment où la politique chassée par la porte revient par la fenêtre. Plus elle a été chassée obstinément d’ailleurs, et plus ses retours sont fracassants.

Le référendum, ou le retour du refoulé

Et c’est vraiment le retour du refoulé sous tous les rapports : celui de la mauvaise conscience notamment. C’est qu’on peut difficilement porter la démocratie en bandoulière, en faire des chartes à enluminures ou des hymnes à la joie, un modèle offert au monde (éventuellement à coup de frappes aériennes), et la bafouer à ce point à domicile.

Prononcer le mot « référendum », c’est en effet immanquablement faire resurgir le spectre du Traité constitutionnel de 2005, celui de l’acharnement jusqu’à ce que ça dise oui, ou du contournement si ça persiste à dire non. Celui du putsch également, à l’image du débarquement en 2011 de Georges Papandréou, ordinaire socialiste de droite qui n’avait rien de bien méchant, mais avait fini par s’apercevoir qu’on approchait des seuils où férule macroéconomique et tyrannie politique deviennent dangereusement indistinctes, et éprouvé le besoin d’un mandat légitime en soumettant le mémorandum à son peuple… par référendum. Appliquant une doctrine en fait formée de longue date puisqu’elle est intrinsèque à l’Union monétaire même, mais dont la formulation pleinement explicite attendra 2015 et l’inénarrable Juncker – « il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens »… –, il avait suffi aux institutions européennes de quelques pressions de coulisses pour obtenir le renversement de l’imprudent, et nommer directement le banquier central Papademos premier ministre ! – c’est tellement plus simple –, qui plus est à la tête d’une coalition faisant, pour la première fois depuis les colonels, entrer au gouvernement un parti ouvertement d’extrême-droite (Laos), particularité qui n’avait pas davantage ému le journalisme d’accompagnement à l’époque (il n’a pas manqué depuis de pousser des cris de putois quand Syriza a fait alliance avec la droite souverainiste d’Anel).

C’est tout ce lourd passé, et même ce lourd passif, qui se trouve replié dans le mot « référendum », le sale petit secret de toute une construction institutionnelle qui ne se sent pas d’autre devoir vis-à-vis de la démocratie que celui du simple oblat verbal, de la célébration en mots, et en réalité n’a pas d’autre projet la concernant que d’extinction méthodique.

Comme on trouve encore des gens suffisamment acharnés pour contester que les Traités donnent à l’Europe le caractère d’une entité néolibérale, on en trouve de suffisamment bêtes pour nier qu’ils entraînent la moindre perte de souveraineté – expérience récemment faite au contact, tout à fait fortuit, d’un député socialiste dont, par charité chrétienne on ne dira pas le nom. Comme la chose est inhérente aux traités mêmes dont, rappelons-le, la caractéristique première tient au fait (monstrueux) d’avoir constitutionnalisé des contenus substantiels de politique économique, comme la chose est inhérente aux traités, donc, et qu’ils ne l’ont pas vue, ils ne doivent pas avoir davantage connaissance de la manière dont se déroulent les négociations depuis 2011, et particulièrement celles de ces dernières semaines. Car la Troïka ne se contente pas d’imposer un cadrage macroéconomique délirant, elle entend également en imposer le détail – et décider elle-même, dans le menu, des augmentations d’impôt et des baisses de dépenses, c’est-à-dire prendre en mains directement l’intégralité des commandes.

Que le gouvernement Syriza, à l’encontre de ses propres engagements électoraux, ait accepté de se couler dans la logique du mémorandum et de jouer le jeu de l’ajustement budgétaire n’était pas encore assez : car la Troïka ne demande pas qu’un objectif global, mais aussi la manière. Il n’est pas suffisant que la Grèce s’impose une restriction supplémentaire de 1,7 point de PIB, il faut qu’elle la compose comme il faut. Par exemple l’augmentation du taux d’imposition sur les sociétés de 26% à 29%, ainsi que la taxe exceptionnelle de 12% sur les profits supérieurs à 500 000 euros ont été refusées par la Troïka au motif qu’elles étaient… de nature à tuer la croissance ! – ou quand l’étrangleur déconseille à ses victimes le port du foulard. En revanche la Troïka tient beaucoup à ce qu’on en finisse avec la petite allocation de solidarité servie sur les retraites les plus pauvres – le décile inférieur a perdu jusqu’à 86 % de revenu disponible de 2008 à 2012 [1] … c’est donc qu’il reste 14 bons pourcents : du gras ! Elle refuse la proposition grecque de taxer les jeux en ligne, mais demande la fin du subventionnement du diesel pour les agriculteurs – des nantis. Et tout à l’avenant.

Les institutions de la haine politique

On pourrait se perdre à l’infini dans ces détails qui disent tous le délire idéologique additionné d’instincts sociaux meurtriers – au sens presque littéral du terme, car rompre avec le fléau du gouvernement par abstractions macroéconomiques demande de prendre connaissance du tableau des conditions concrètes d’existence de la population grecque à l’époque de l’austérité, entre baisse de l’espérance de vie, explosion du taux de suicide, effondrement de la qualité des soins, etc [2]. On pourrait dire tout ça, donc, mais on n’aurait pas dit l’essentiel, qui tient à une forme de haine politique, comme il y avait jadis des haines religieuses, mais, fait inédit, une haine politique institutionnelle, une haine portée par des institutions. Depuis le premier jour, les institutions européennes n’ont pas eu d’autre projet que de faire mordre la poussière au gouvernement Syriza, d’en faire, par un châtiment exemplaire, une leçon à méditer par tous les autres pays qui pourraient avoir à l’idée eux aussi de ne pas plier, comme s’il fallait annuler l’événement de la première authentique alternance politique en Europe depuis des décennies.

Chaque régime politique, même celui qui a de la démocratie plein la bouche, a ses points d’impensable, ses interdictions formelles et ses exclusions catégoriques. La dite « démocratie parlementaire », qui fait vœu de débattre de tout, s’est en fait constituée comme le régime politique de défense de la propriété privée du capital (et de toutes les prérogatives qui y sont attachées), c’est pourquoi elle accepte qu’on débatte de tout sauf de la propriété privée du capital (et de toutes les prérogatives qui y sont attachées) [3] – et l’histoire a suffisamment montré de quoi la « démocratie » était capable quand le peuple des manants avait l’idée de s’en prendre au règne du capital. Pour autant, dans ce périmètre-là, il restait un peu de marge à explorer. C’était encore trop pour une construction néolibérale comme l’Union européenne qui a saisi la fenêtre d’une époque pour réduire autant qu’elle le pouvait le cercle du discutable : les formes de la concurrence intérieure, le statut de la banque centrale, la nature et les cibles de la politique monétaire, les orientations de la politique budgétaire, le rapport aux marchés financiers : toutes ces choses ont été irrévocablement tranchées par inscription constitutionnelle dans les traités, à la fin expresse qu’à leur sujet le débat soit clos.

Comment s’étonner qu’une construction aussi congénitalement libérale se soit donné des institutions qui suintent à ce point la haine de tout ce qui est progressiste ? Syriza ne pouvait pas être un partenaire : elle a été d’emblée, et en fait très logiquement, considérée comme un ennemi. L’ennemi ici, c’est celui qui veut vous forcer à rediscuter de ce que vous avez décrété soustrait à toute discussion. Aussi bien le référendum (à supposer qu’il ne devienne pas sans objet d’ici dimanche) que l’imminente sortie de l’euro sont des affirmations du droit de rediscuter – des affirmations du principe démocratique.

Le droit de rediscuter se paye cher en Union européenne. Dans un mouvement misérable qui ajoute à la considération qu’on peut lui porter, l’Eurogroupe, entité informelle à la consistance juridique d’ailleurs incertaine, met tous ses efforts à ce qu’il soit le plus coûteux possible. Mais en réalité c’est toute la construction institutionnelle qui porte la responsabilité de ce qui est en train de se passer : car, à la fin des fins, c’est bien la Banque centrale européenne (BCE) qui donnera le coup de grâce en interrompant le refinancement des banques grecques.

Faut-il qu’elle soit grande la détestation de la souveraineté populaire pour ne pas même accorder l’extension du plan d’aide à l’échéance du référendum… Tout est dit d’une passion anti-démocratique européenne devenue si écumante qu’elle ne parvient même pas à se tenir à son propre ordre légal : c’est que le refinancement des banques, grecques ou autres, est une mission de la BCE, assignée par les traités, et dont l’accomplissement est sans rapport avec les vicissitudes latérales de tel ou tel ordre, fussent-elles celles d’un plan de sauvetage. Que la terminaison du plan de sauvetage mardi 30 juin s’accompagne, comme il en est lourdement question, de la fermeture du guichet ELA (Emergency Liquidity Assistance), où la totalité du système bancaire grec est vitalement suspendu, est une connexion dont la légalité est plus que douteuse eu égard à l’autonomie des missions de refinancement de la BCE. [Il faut vraiment convoquer les aruspices pour avoir le fin mot du communiqué publié dimanche 28 juin par la BCE, car l’annonce du maintien du programme ELA pour les banques grecques n’est accompagnée d’aucune mention d’échéance… de sorte qu’il peut bien se trouver interrompu à tout moment. Cependant, contre la menace lourdement sous-entendue de fermer l’ELA en conséquence de l’arrêt du plan de sauvetage le 30 juin, il pourrait être politiquement rationnel pour la BCE de ne pas aller jusqu’à se faire l’exécuteur anticipé des basses œuvres, et de maintenir son guichet ouvert jusqu’à l’échéance du référendum : c’est qu’on doit beaucoup compter dans les institutions européennes sur le fait que le contrôle des capitaux mis en place lundi 29 juin est un repoussoir électoral, et que la restriction de l’accès des déposants à leurs encaisses monétaires est le plus sûr moyen d’aiguillonner le vote « oui ».]

En tout cas, on le sait bien, le simple fait d’avoir exclu les banques grecques des procédures ordinaires de refinancement pour les cantonner au guichet d’urgence de l’ELA n’avait d’autre propos que de leur faire sentir leur état de dépendance extrême, et de leur faire connaître le pouvoir discrétionnaire auprès duquel leur survie se renégocie quasi-quotidiennement – c’est-à-dire la possibilité qu’à tout moment le pouce s’abaisse. Comme toujours, c’est aux limites, et dans les situations de crise extrême, que les ordres institutionnels révèlent leur vérité. Ici toute la sophistication juridique de la construction européenne se ramène à un pouce levé ou bien baissé. Et la comédie du droit laisse voir à nu les rapports de force qu’elle cache ordinairement.

Le moment du chaos

Techniquement parlant en tout cas, il est bien certain que la fermeture du refinancement auprès de la BCE, qu’elle survienne mardi 30 ou plus tard, effondrera le système bancaire grec dans la journée, et forcera, de fait, au réarmement de la Banque centrale grecque comme prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire émetteur d’une liquidité qui ne sera pas reconnue par le SEBC (Système européen de banques centrales). On l’appellera de la drachme.

Effectuée dans une pareille urgence, la sortie grecque de l’euro ne pourra pas éviter le moment du chaos, et pour des raisons dont Syriza porte une part. Il est à craindre que le refus d’envisager dès le début la sortie de la monnaie unique, et d’en faire une menace crédibilisant d’ailleurs la position grecque dans le rapport de force, laisse aujourd’hui le gouvernement dans un état de totale impréparation. Le sens stratégique possible de l’accord de prolongation passé avec l’Eurogroupe le 21 février dernier aurait dû être de mettre à profit les quatre mois gagnés pour préparer logistiquement et politiquement la sortie.

Celle-ci est vouée à présent à s’opérer dans les plus mauvaises conditions. Il est même impossible que se fassent aussi vite l’ajustement technique du système des paiements et la conversion des espèces monétaires. Si bien qu’il y aura vraisemblablement un moment bizarre de double circulation monétaire pendant lequel des espèces émises par le système bancaire grec auront toutes les apparences de l’euro mais n’en seront pas moins des drachmes… qui en principe ne seront pas reconnues comme euros à l’extérieur alors même qu’elles leur ressembleront comme deux gouttes d’eau !

Rien de tout ça ne sera fait pour décourager le run bancaire, en fait déjà bien entamé puisqu’on évalue à 130 milliards d’euros les retraits opérés depuis janvier. Que les gens retirent des espèces si ça peut les tranquilliser, ça n’est pas le problème, en tout cas pour le système bancaire [4] : dès que la situation se stabilisera, ces fonds effectueront le mouvement inverse, et entre temps c’est la Banque de Grèce qui prendra le relais de la BCE pour maintenir les banques dans la liquidité. C’est que cet argent prenne le large qui est un problème. Aussi un drastique contrôle des capitaux, avec contingentement des retraits, sera la mesure à prendre dès les toutes premières heures (elle est déjà prise au moment où ce texte est publié). Avec la dévaluation carabinée de la drachme qui suivra sa réintroduction, les Grecs y perdront du pouvoir d’achat international ? Oui, et ça sera comme ça. Par définition, la conversion est une opération purement nominale qui laisse invariant le pouvoir d’achat interne… à l’inflation importée près. Or vu la dégringolade anticipée de la drachme, celle-ci sera conséquente. La couronne islandaise qui a initialement perdu près des trois quarts de sa valeur contre euro a laissé derrière elle une inflation de 18 % en 2008. Mais les premières fluctuations sont toujours d’une ampleur extravagante, et vouées à s’ajuster plus raisonnablement à moyen terme : la couronne a été rapidement stabilisée 40 % en dessous de sa valeur de 2008, l’inflation est d’ailleurs redescendue en dessous des 5 % dès la mi-2009, elle est désormais proche de 0. Il en ira vraisemblablement de même avec la drachme.

Dans l’intervalle il faudra peut-être ajouter au contrôle des capitaux un dispositif de protectionnisme ciblé dans les marchés de biens et services. C’est que la balance courante grecque à très court terme va devenir déficitaire. Or l’interruption de tout flux financier entrant interdira de la financer par la partie « compte de capital » de la balance globale, et la position extérieure nette de la Grèce va se détériorer. Il faudra donc réduire la flambée des importations, alors que l’effet de renchérissement de leur prix devrait d’abord l’emporter sur celui de contraction des volumes. Evidemment il est vital que les entreprises continuent d’avoir librement accès aux biens étrangers d’équipement ou de consommation intermédiaire. Le dispositif protectionniste devra donc être ciblé sur les (certains) biens de consommation (hors énergie notamment), et ceci jusqu’à ce que les exportations « réagissent » à la dévaluation de la drachme – en général dans un délai de 12 à 18 mois (de ce point de vue, la sortie de l’euro se passe au plus mauvais moment possible de l’année puisqu’il est trop tard pour que le tourisme, qui est le secteur le plus dynamique du commerce international grec, en enregistre l’effet, et qu’il faudra attendre la saison prochaine pour en recueillir les bénéfices). L’énorme incertitude achèvera de mettre en carafe le peu d’investissement qui restait (le taux d’investissement est tombé à 12 % en 2014 [5]…). Tous ces effets ajoutés à la désorganisation initiale promettent à la croissance grecque de plonger. Il faut avoir le courage de le dire : le début va être une épreuve.

Cette épreuve n’a de sens, économiquement parlant, que parce qu’elle ouvre par ailleurs de nouvelles opportunités et restaure de nombreux degrés de liberté absolument fermés dans le cadre des institutions de l’euro. En premier lieu elle permet d’en finir avec l’austérité, dont les nouvelles mesures ne relâchaient rien : la Grèce se trouvait enjointe de dégager un excédent primaire de 1 point de PIB cette année même, puis de 2 en 2016, puis de 3 en 2017, puis de 3,5 en 2018 ! Elle se trouve également soulagée des 26 milliards d’euros dus d’ici la fin 2015 à ses créanciers de toute sorte qu’elle va envoyer élégamment se faire foutre – 26 milliards d’euros [6], ça n’est pas loin de… 15 points de PIB ! Voilà à quoi la Grèce se saigne depuis tant d’années : à payer une dette que tout le monde sait insoutenable en dépit de tous ses rééchelonnements et, plus encore,dont elle ne porte pas la responsabilité ! Car les 80 points de PIB de dette pris depuis 2008 ne sont pas, comme le répète l’éditorialisme en pilotage automatique, « la dette de la Grèce » : c’est la dette de l’impéritie européenne, la dette de la plus gigantesque erreur de politique économique de l’histoire du capitalisme, la dette de l’acharnement idéologique, dit plus brièvement : la dette de la zone euro – et par conséquent la dette dont il n’est que justice que la zone euro se la carre dans le train.

Le vrai visage des « amis de l’Europe »

En écrivant en janvier que l’alternative de Syriza était de passer sous la table ou de la renverser[7] et qu’il n’y aurait pas de tiers terme, en particulier que l’idée d’obtenir quoi que ce soit des institutions européennes, ou pire encore d’engager leur transformation de l’intérieur, était un rêve de singe, il faut bien avouer qu’on n’était pas prêt à parier grand-chose sur l’hypothèse du renversement. Hic Rhodus hic salta [8] comme dit l’adage latin. Et c’est là qu’on voit les vrais hommes politiques. Pour toutes les erreurs stratégiques qu’il a commises jusqu’ici, il se pourrait bien que Tsipras en soit un. C’est qu’il faut une sacrée consistance pour faire face à ce mélange de périls et de chances qui s’offre à lui aujourd’hui – qui s’offre à lui ? non, qu’il a fait advenir en se tenant au plus près de l’essence de la politique : la proposition faite au peuple de décider souverainement.

Comme Roosevelt se déclarait fier en 1936 d’être devenu objet de haine de l’oligarchie capitaliste qu’il avait décidé de défier carrément, Tsipras peut s’enorgueillir des tombereaux d’injures que lui réserve une oligarchie d’un autre type, le ramassis des supplétifs d’une époque finissante, et qui connaitront le même destin qu’elle, la honte de l’histoire. La première chose que Jean Quatremer a cru bon de tweeter consiste en photos de queues devant les distributeurs à billets. Et d’annoncer avec une joie mauvaise : « La Grèce sera donc en faillite mardi à minuit. Accrochez-vous ! ».

On voudrait que quelque archiviste de talent, conscient de ce qui se joue d’historique ces jours-ci, s’attache à collecter tout ce qui va se dire et qui méritera de rester, tout ce que pense et dit l’oligarchie quand, à l’épreuve d’un moment critique, elle jette enfin le masque – car cette fois-ci le masque est bel et bien jeté. « La Grèce, c’est fini »titre le JDD du 28 juin, dirigé par Denis Olivennes, l’un des Gracques à qui l’on doit cette tribune à valeur de document quasi-psychiatrique publiée dans Les Echos, où l’on apprenait qu’il était urgent de « ne [pas laisser] Monsieur Tsipras braquer les banques » [9], textuellement, alors que le refus de restructurer la dette grecque jusqu’en 2012 n’a pas eu d’autres finalités que de sauver les banques allemandes, françaises, etc., ces banques où, précisément, prolifère la racaille Gracque, en effet la vraie racaille dans la société française – pas celle de Sarkozy –, ces « anciens hauts fonctionnaires socialistes » comme ils aiment à se présenter eux-mêmes, et qui en disent assez long sur l’état réel du « socialisme » français – pour ceux qui ne s’en seraient pas encore aperçus.

Bloomberg fait déjà des gorges chaudes de ce qu’on puisse envisager « sur les documents hautement techniques » de la Troïka de demander leur avis « aux mamies grecques » [10]. Mais c’est vrai, quelle idée ! La vraie démocratie est bien celle qui se contente de l’avis des économistes et des journalistes spécialisés de Bloomberg. Ou de Libération. Comme toujours les événements historiques, la sortie grecque sera un test de Rorschach en vraie grandeur, un bain photographique surpuissant. On peut le dire dès maintenant puisque la grande vidange est déjà à l’œuvre : l’oligarchie dégondée va montrer son vrai visage, et parler son vrai langage. Jean-Louis Bourlanges sur France Culture traite Tsipras de « terroriste révolutionnaire » [11] (sic), Quatremer relaie, écumant, les errances de Kathimerini, quotidien de droite qui qualifie le référendum de « coup d’Etat de bolcheviks », formidable moment de vérité où l’on va voir sans fard qui est qui et qui dit quoi. Oui, on voudrait vraiment que tout ceci soit méticuleusement consigné, pour qu’on sache ce qu’il en aura été de la « démocratie » en Europe à l’époque de la monnaie unique. Et pour que cette belle accumulation produise l’effet qu’elle est vouée à produire : celui du ridicule mêlé d’ignominie.

Et nous ?

Par un paradoxe qui doit tout aux coups de fouet de l’adversité, il se pourrait que cette avalanche de haine, car il n’y a désormais plus d’autre mot, soit le meilleur ciment des gauches européennes, et leur plus puissant moteur. Car la guerre idéologique est déclarée. Et il faudra bien cet état de mobilisation et de colère pour supporter ce qu’il va falloir supporter. Il ne faut pas s’y tromper : sauf à ce que tout l’euro parte en morceaux à son tour, hypothèse qui n’est certainement pas à exclure mais qui n’est pas non plus la plus probable, les yeux injectés de sang d’aujourd’hui laisseront bientôt la place à l’écœurant rire triomphateur des Versaillais quand la Grèce passera par le fond du trou. Car elle y passera. Elle y passera au pire moment d’ailleurs, quand Espagnols et Portugais, sur le point de voter, se verront offrir le spectacle du « désastre grec » comme figure de leur propre destin s’ils osaient à leur tour contester l’ordre de la monnaie unique. Ce sera un moment transitoire mais terrible, où, sauf capacité à embrasser un horizon de moyen terme, les données économiques de la situation n’offriront nul secours, et où l’on ne pourra plus compter que sur la colère et l’indignation pour dominer toutes les promesses de malheur. En attendant que se manifestent les bénéfices économiques, et plus encore politiques, du geste souverain.

Que faire entre temps pour échapper à la rage impuissante lorsqu’on n’est pas grec ? Depuis février, on a vu fleurir des initiatives de solidarité où le réconfortant le dispute au dérisoire : c’est que la version KissKiss BankBank des Brigades internationales a surtout pour effet de dire quelque chose de l’époque… En réalité l’événement offre peut-être la meilleure occasion de redécouvrir, et pour certains de découvrir tout court, que l’internationalisme réel consiste moins dans le dépassement imaginaire des nations que dans la solidarité internationale des luttes nationales. Et dans leurs inductions mutuelles. Les Grecs sont sur le point de défier l’ordre néolibéral en son institution principale : la monnaie unique européenne. Pour nous qui souffrons des pouvoirs entièrement vendus à cet ordre, être à la hauteur de l’éclaireur grec ne réclame pas moins que de nous retourner contre nos gouvernements.

Notes
[1] Philippe Légé, « Ne laissons pas l’Europe écrire sa tragédie grecque », Note des Economistes Atterrés, 30 avril 2015.

[2] Sanjay Basu et David Stuckler, « Quand l’austérité tue », Le Monde diplomatique, octobre 2014.

 

[3] Inutile d’arguer des épisodes de « nationalisation » qui ont toujours été très partiels et n’ont jamais remis en cause l’essentiel, à savoir les rapports sociaux de production, inchangés même dans les enclaves de capitalisme d’Etat.

 

[4] C’est un problème si cet argent retiré de la circulation monétaire cesse d’animer les échanges marchands.

 

[5] Il était à 26 % en 2008…

 

[6] Dont un accord avec l’Eurogroupe n’aurait couvert que 15 milliards d’euros, et encore sans compter le déblocage fractionné, par tranches de 7,5 milliards, bien fait pour activer à chaque fois une clause de revoyure.

 

[7] « L’alternative de Syriza : passer sous la table ou la renverser », 19 janvier 2015.

 

[8] « C’est ici qu’il faut sauter ».

 

[9] Les Gracques, « Grèce : ne laissons pas Monsieur Tsipras braquer les banques », Les Echos, 15 juin 2015.

 

[10] « Tsipras Asking Grandma to Figure Out if Debt Deal is Fair », Bloomberg, 28 juin 2015.

 

[11] « L’esprit public », France Culture, 28 juin 2015.

 

Source : Frédéric Lordon, pour son blog La Pompe à phynances, le 29 juin 2015.

 

 

25 réponses à L’euro, ou la haine de la démocratie, par Frédéric Lordon

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Un coup d’État financier contre Athènes, par Vicky Skoumbi.

30 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #Terrorisme, #La dette, #Le grand banditisme

Un coup d’État financier contre Athènes

29 Juin 2015 - 00:38 par Vicky Skoumbi

Un plan de déstabilisation financière et politique de la Grèce est en cours depuis quelques semaines. À vrai dire, c’est bien avant l’élection de Syriza que le processus a été mis en route, mais son accélération intensive ces derniers jours jette une lumière vive sur celui-ci. Il ne s’agirait de rien moins qu’une tentative de renverser le gouvernement Syriza, pour que celui-ci soit enfin remplacé par une coalition à la convenance des créanciers. Le chantage odieux exercé sur le gouvernement grec, par le biais d’une incitation ouverte à un bank run, ne laisse aucun doute sur la volonté des créanciers d’en finir une fois pour toutes avec un gouvernement qui ose contester leurs diktats et refuse de faire boire au peuple grec jusqu’à la lie la potion létale que Bruxelles, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont savamment concoctée pour lui. Doit-on rappeler ici que les programmes de « sauvetage », qui n’ont sauvé personne à l’exception notoire de banques européennes, grecques comprises, n’ont pas manqué de produire une telle chute du PIB, une telle baisse du niveau de vie que même une guerre menée par des moyens militaires n’aurait su les produire. La nouveauté aujourd’hui consiste au fait que le trio infernal de la Troïka a décidé de mettre délibérément en danger le système bancaire grec afin de faire tomber un gouvernement qui, malgré des pressions terrifiantes, a osé lui tenir tête pendant cinq mois. Après tout, il n’est pas interdit de mettre en danger quelques petites banques périphériques si c’est pour rafler la mise sur le plan politique et économique. Ces affirmations qui pourraient, aux yeux de certains, paraître exagérées, voire gratuites, s’appuient sur des faits.

Déstabilisation économique

Le lendemain de l’Eurogroupe du 18 juin, Donald Tusk a su trouver la bonne formule pour résumer la situation : la Grèce aura à choisir entre, ou bien le projet que proposent les créanciers, ou bien la faillite, a-t-il déclaré. Mais ces messieurs, qui sont censés veiller sur la sauvegarde des intérêts des peuples européens, ne se sont pas contentés de placer un gouvernement élu devant ce choix forcé. La faillite, ils ne se bornent pas à l’évoquer, ils l’organisent sournoisement et méthodiquement par des rumeurs, de vraies fausses annonces aux médias, des fuites savamment orchestrées, qui toutes laissent planer depuis plusieurs jours la menace d’un scénario à la chypriote. Par un jeu calculé de déclarations alarmantes, ils préviennent de l’imminence d’un « capital control » en Grèce et poussent délibérément les épargnants grecs à faire des retraits massifs, qui n’ont pas manqué de conduire les banques au bord du gouffre. Dresser ici un inventaire exhaustif des faits et gestes incitant à la panique bancaire n’est pas possible ; je vous renvoie à l’excellent compte rendu qu’en fait Romaric Godin dans La Tribune, ainsi qu’à l’analyse de Martine Orange dans Mediapart.

Je mentionne juste deux exemples : le refus de la Commission de démentir l’article du Süddeutsche Zeitung qui évoquait la possibilité d’un contrôle des capitaux et la vraie fausse rumeur lancée par les soins de Benoît Cœuré, selon laquelle les banques grecques ne devaient pas ouvrir lundi dernier. Une fois cette prévision catastrophique démentie par les faits, le spectre de la fermeture bancaire s’est savamment déplacé vers… mardi ! Que faudrait-il de plus pour que les épargnants se ruent vers les agences les plus proches ? La très honorable institution qui se doit d’assurer la stabilité du système financier européen n’accorde chaque jour qu’une somme « insuffisamment suffisante », pour maintenir les banques grecques tout juste à flot, mais toujours au bord du gouffre. Bref, les responsables européens, avec l’aide de leurs amis du FMI, recourent ici au bon vieux schéma de la prophétie apocalyptique, qui, en semant la panique, finit par s’accomplir, du fait de sa seule énonciation publique. Le but de l’opération étant d’obliger le gouvernement Tsipras à décider ses prochains mouvements, sous la menace imminente d’un « accident » bancaire. Ce qui pourrait expliquer les concessions supplémentaires que le gouvernement grec a faites en acceptant une hausse de la TVA et une augmentation des cotisations des retraités au système de santé. Pour compléter le tableau, juste avant la réunion du 24 juin, un dignitaire européen a jugé bon de rappeler à notre mémoire le scénario à la chypriote, dont la répétition pourrait intervenir à tout moment.

Mais cela n’a pas suffi, la preuve, la nouvelle proposition des trois institutions, qui en fait ne diffère que très peu de la précédente, exige de nouvelles baisses des retraites et des salaires, dans le but évident mais non avoué d’enfoncer encore plus la Grèce dans une misère économique et sociale la plus totale. Prenons juste un exemple parmi les mesures préconisées : le taux d’imposition des agriculteurs passe de 13 % à 26 %, voire à 33 %, et la réduction des taxes sur le pétrole destiné aux travaux agricoles est diminuée de moitié. Pareilles mesures, si elles venaient à s’appliquer à une agriculture à l’agonie, pousseraient la grande majorité des cultivateurs à renoncer à leur métier et à brader leurs champs pour moins que rien. Sous prétexte de multiplier les recettes de l’État, ce qui n’est tout simplement pas envisageable car on ne peut rien tirer de gens ruinés, la terre arable grecque changerait de mains. J’ajoute que, selon Wolfgang Münchau, l’avant-dernière proposition de ceux qui prétendent parler au nom de l’Europe, et qui diffère très peu de celle actuellement sur la table, produirait certainement un effet récessif de 12,6 % sur quatre ans, et que la dette risquerait d’atteindre 200 % du PIB en 2019. Avoir mis sous tutelle un pays dont la dette s’élevait à 120 % en 2009 pour le sauver de la faillite, et le conduire grâce aux conditionnalités de l’ « aide » accordée, à 200 %, c’est un brillant exercice de destruction massive, qui pourrait servir d’exemple à tous ceux et celles en Europe qui trouvent que l’austérité est un remède qui tue. À ce propos, on aimerait bien savoir sur quelle logique Pierre Moscovici s’appuie pour affirmer qu’un paquet de 11 milliards d’économies étalées sur 18 mois, imposé à un pays en dépression, ne constitue point un plan d’austérité.

Des acolytes bien commodes

Il est à noter que les déclarations catastrophistes les plus redoutables venaient de l’intérieur même du pays. Le bal fut ouvert par Dóra Bakoyánni, qui, dès le 24 mai déjà, avait affirmé l’imminence d’un capital control qui pourrait intervenir dans le long week-end de la Pentecôte. Adonis Georgiadis, transfuge de l’extrême droite au sein du gouvernement précédent et vendeur de pamphlets antisémites, n’a pas manqué d’apporter sa propre touche à l’édifice. Cependant, celui qui a vraiment donné le coup de grâce fut le directeur de la Banque de Grèce, Ioánnis Stournáras. Celui-ci, en outrepassant abusivement les limites de sa fonction en tant que garant de la stabilité financière grecque, a jugé bon de publier, la veille de l’Eurogroupe du 18 juin, un rapport qui prévoyait des catastrophes cataclysmiques, si jamais un accord avec les créanciers n’était pas signé tout de suite.

Terrorisme financier

Mais la BCE n’en est pas à son premier coup. En matière de chantage aux liquidités et d’ultimatums, Jean-Claude Trichet s’était avéré un maître à la tête de la BCE. Les Irlandais en ont goûté la saveur, lorsqu’en novembre 2010 et sous la menace du tarissement de liquidités, ils furent forcés de signer un mémorandum qu’ils s’obstinaient jusqu’alors à rejeter. On peut également évoquer l’éviction de Geórgios Papandréou de son poste de Premier ministre, une fois qu’il avait eu la très mauvaise idée de proposer en novembre 2011 un référendum. Quant au « bail in » chypriote, on aurait tort d’oublier le chantage ouvert qu’a exercé encore une fois la BCE, en menaçant de couper les liquidités aux banques chypriotes. Cet exercice de haut vol de terrorisme financier a prouvé encore une fois en Chypre son efficacité : il a obligé le parlement chypriote à revenir sur sa décision initiale et à accepter le 22 mars 2013 le même bail in qu’il avait rejeté trois jours avant.

Cependant, l’exemple le plus instructif reste celui qui concerne la fuite de capitaux « téléguidée », pendant la période entre les élections de mai et celles de juin 2012 en Grèce. Une étude du Peterson Institute, datée de mai 2012, sous le titre parlant « Comment un bank run peut faire partie de la solution » décrit en détail de quelle manière une panique bancaire en période électorale pourrait s’avérer fort opportune pour pousser les électeurs à se détourner de Syriza. Son auteur, Jacob Funk Kirkegaard, ne mâche pas ses mots : « Un bank run accéléré en Grèce pourrait offrir quelques opportunités. Nous ne devons donc nous attendre à aucun répit sur le front des menaces de la part des dirigeants de l’Eurozone. En effet, ces dirigeants peuvent encourager secrètement la panique bancaire, une stratégie qui révèlerait aux yeux de tous le caractère fallacieux et trompeur du programme électoral de Syriza. Si les déposants des banques grecques ne peuvent pas faire confiance aux promesses d’Alexis Tsipras concernant leur argent propre, pourquoi voteraient-ils pour lui ? » Et l’excellent homme pousse son raisonnement jusqu’à dire : « tout un chacun qui veut maintenir la Grèce dans l’Eurozone se doit de retirer de l’argent des banques ». On ne peut pas être plus clair, je crois. Il ne faut surtout pas imaginer que ce scénario-là était resté lettre morte à l’époque. Entre mai et juin 2012, résonnaient sans cesse à nos oreilles les paroles des dignitaires européens du plus haut rang, qui n’avaient de cesse de nous prévenir des catastrophes apocalyptiques qui se produiraient si jamais Syriza gagnait les élections (voir ici un article relatif à cet épisode et l’appel que, à l’époque, Etienne Balibar, Michel Vakaloulis et moi-même avions lancé). Tout au long de cette période électorale, on a pu constater une fuite considérable de capitaux vers l’étranger, dont une grande partie fut rapatriée juste après la formation du gouvernement Samaras. Une véritable campagne d’intimidation avait été lancée en interne et en externe, afin de terroriser les électeurs par la perspective de la perte de leur épargne et d’une fermeture imminente des grandes entreprises, si, par malheur, Syriza l’emportait. Une grande banque systémique grecque, Eurobank, pour ne pas la nommer, avait même donné la consigne à ses employés de bien prévenir la clientèle de la fermeture certaine de la banque, si Syriza l’emportait, après quoi leurs économies seraient parties en fumée.

Mais nul besoin de remonter si loin pour trouver des précédents. Début février 2015, la BCE avait annoncé la suppression de lignes de financement des banques grecques, qu’elle acceptait depuis 2010. « Les responsables de la banque centrale ont annoncé que l’institut monétaire mettait un terme à partir du 28 février – dans les faits, la mesure devrait prendre effet dès le 11 février pour des raisons techniques – à la clause qui lui permettait d’accepter les titres grecs, classés aujourd’hui en « junk bonds », que les banques grecques placent en dépôt de garantie pour obtenir un refinancement bancaire. Pour les banques grecques, privées de tout accès aux financements interbancaires, ce dispositif est essentiel pour assurer leur financement », écrivait Martine Orange. Après avoir accepté pendant plusieurs années d’acheter des titres qui étaient classés très bas dans l’échelle d’évaluation, subitement la BCE a commencé à se poser des questions sur la qualité de ces titres, en se souvenant tout d’un coup que son règlement lui interdit d’acheter des titres qui ne sont pas dotés du fameux AAA. Il va de soi que le moment ne fut pas choisi au hasard : Syriza venait de remporter les élections du 25 janvier et les négociations avec les créanciers venaient juste de commencer.

Toutefois, la sortie systématique de la BCE de ses prérogatives ne s’arrête pas là. L’honorable institution refuse de rendre à la Grèce les gains qu’elle a faits sur les obligations grecques achetées dans le cadre du programme SMP (Securities Market Program, un programme d’achat des obligations les plus attaquées sur les marchés, afin de faire baisser les taux d'intérêt). Ces gains, pour la seule année 2014, s’élèvent à 1,9 milliard. Bref, la BCE, au même titre que n’importe quel spéculateur, profite allègrement de taux d’intérêt très élevés de cette catégorie de titres, et, en ce moment critique où l’économie grecque est à l’asphyxie, elle refuse de payer à la Grèce son dû, si celle-ci ne cède pas aux exigences extravagantes de ses créanciers. Car, à partir du 1er janvier 2013, les intérêts perçus sur ces titres doivent obligatoirement être rétrocédés aux banques centrales nationales, qui elles-mêmes les mettront à la disposition du pays émetteur du titre. Mais l’« exception » grecque autorise quelques écarts par rapport aux accords que les institutions ont signés avec la Grèce. Non pas que cela ne se fasse pas également au détriment d’autres pays comme le Portugal. Quoi qu’il en soit, dans le cas de la Grèce, ce type de pratiques constitue plutôt la règle que l’exception.

Un scénario assez semblable au bank run de mai 2012 est en cours aujourd’hui, sauf que, maintenant, l’implication des institutions européennes se fait ouvertement et non plus à mots couverts. Comme l’a révélé Martine Orange dans son article « Grèce : les créanciers instaurent la stratégie de la terreur », une étude de la très honorable Goldman Sachs avait déjà tout prévu depuis le mois de décembre : « Cette volonté de semer l’inquiétude ressemble tant au scénario de Goldman Sachs, établi dès décembre, où s’enchaînaient panique bancaire, fermeture des banques, contrôle des capitaux, capitulation politique, mise sous tutelle économique et nouvelles élections, que cela en devient troublant. » Pour sa part, Romaric Godin remarquait : « Tout au long de la semaine, les créanciers et la BCE ont tout fait pour déstabiliser les déposants grecs. Et placer le gouvernement grec devant un choix impossible. » Faudrait-il rappeler ici que M. Mario Draghi fut pendant de longues années le représentant attitré de Goldman Sachs en Europe ?

Déstabilisation politique

Mais Goldman Sachs n’en était pas à son dernier coup. Le site économique grec capital.gr relate que la très honorable maison prévoit un défaut imminent de la Grèce dans l’euro, accompagné d’un capital control. Goldman Sachs précise que la période chaotique qui pourrait suivre comporte tout de même « le risque d’une sortie de l’euro au lieu de conduire au changement politique qui permettrait d’arriver à un accord » (c’est moi qui souligne). Au cas où nous n’aurions pas compris quel est le changement politique que l’honorable maison appelle de ses vœux, elle en dresse les contours d’une façon on ne peut plus claire. Le capital control ruinerait la confiance des électeurs dans le gouvernement, de sorte que la voie vers « un nouvel équilibre politique interne » serait enfin ouverte. Par « nouvel équilibre politique », il faut entendre une nouvelle configuration de la carte politique grecque entre les partis, qui permettrait d’arriver finalement à la conclusion d’un accord. Cette recomposition de la scène politique grecque, qui serait atteinte grâce aux turbulences d’une période trouble de transition, implique nécessairement de nouvelles élections ainsi que la formation de coalitions inédites, nous verrons lesquelles par la suite. Le tout rendra possible le maintien de la Grèce dans la zone euro sous un gouvernement suffisamment docile envers les diktats des créanciers.

Si ce qui vient d’être décrit n’est pas un scénario de déstabilisation méthodiquement planifiée d’un gouvernement élu, qu’est-ce que c’est ? En provoquant un bank run, en ouvrant la voie vers le capital control qui dressera la population contre le gouvernement actuel, certains espèrent avoir raison de Syriza. Qui plus est, un accord en contrepied du programme électoral de Syriza, que les créanciers veulent imposer manu militari, constituerait l’occasion rêvée pour que la coalition de gauche radicale qu’est Syriza vole en éclats. Une scission au sein de Syriza permettrait d’isoler le bon grain de l’ivraie et ouvrirait la voie à un autre gouvernement de coalition. Remarquons que la dernière mouture de la proposition des créanciers comporte une coupe de 400 millions dans le budget de la défense. Pareille baisse dans le budget de la défense aurait pu être la bienvenue, si elle ne comportait pas une certaine arrière-pensée. ANEL, la droite souverainiste qui est l’alliée actuelle de Syriza, est particulièrement attachée au maintien d’un budget militaire considérable. Certes, dans les programmes précédents, il y a eu quelques coupes dans le budget de la défense, mais, que je sache du moins, jamais de cette ampleur. Alors on ne peut que s’étonner de voir comment ceux qui, au début du programme de « sauvetage », avaient exigé que la Grèce honore les contrats signés pour l’achat d’armements au grand profit de la France et de l’Allemagne, tout d’un coup, par une illumination divine, exigent non seulement des coupes, mais des baisses d’effectifs, c’est-à-dire des licenciements de militaires professionnels. Scission donc de Syriza, éclatement de la coalition avec ANEL, voici quelques éléments ouvrant une voie royale vers un autre gouvernement plus commode.

Stavros Théodorakis, un présentateur télévisuel, qui se trouve actuellement à la tête de Potami, réputé pour ses accointances avec le cercle des créanciers, est appelé à jouer un rôle clef dans ce processus. Précisons qu’il prône ouvertement la nécessité de coupes budgétaires avec baisse des retraites, et s’oppose à toute idée de restructuration de la dette, ainsi qu’à toute augmentation d’impôts des couches supérieures de la société. Ce dirigeant d’une formation qui n’a pas fait plus de 6 % aux dernières élections est, dans le contexte actuel, l’interlocuteur privilégié de Bruxelles. Il multiplie les rencontres avec M.M. Juncker, Sapin, Moscovici et Schulz, ce dernier ne manquant pas une occasion d’affirmer que c’est bien avec Potami que Syriza aurait dû former un gouvernement de coalition. Stavros Théodorakis participe même à des dîners avec des chefs d’État ! Comble de l’affaire, ce chantre des intérêts des créanciers se présente en Grèce comme un porte-parole officieux de Bruxelles, faisant part aux Grecs du mécontentement de M. Juncker devant l’« intransigeance » supposée du Premier ministre grec.

Si par malheur ces manœuvres ne réussissent pas à le faire plier, on peut compter sur l’usure qui pourrait saper la popularité de Tsipras auprès d’une population qui, jusqu’à maintenant, continue contre vents et marées à lui accorder son soutien. Cette usure sera assurée si Tsipras est amené à appliquer des mesures d’austérité, imposées par les créanciers. La chose pourrait être facilitée par un coup de main opportun et un bank run organisé ferait bien l’affaire. Les créanciers seraient même disposés à conduire la Grèce au défaut, tout en faisant porter la responsabilité de celui-ci à Syriza. Il s’ensuivrait nécessairement une première période confuse sinon chaotique, particulièrement propice à des manifestations dites « de casseroles », dans la veine de celles organisées au Chili d’Allende, qui contribueraient à faire tomber le gouvernement. Je dois ajouter ici que chaque fois que les négociations se trouvent à un point crucial, des groupes qui se disent anarchistes créent des incidents violents aux alentours de l’École polytechnique, en brûlant des voitures, cassant des vitrines, etc. Il se peut qu’il s’agisse effectivement d’anarchistes, mais la coïncidence avec les réunions de l’Eurogroupe aussi bien que l’attitude tolérante de la police à leur égard laissent songeur.

Pour ceux qui pourraient voir l’analyse qui précède comme une énième théorie du complot, je propose de prêter l’oreille à un économiste peu suspect de verser dans le complotisme, à savoir Romaric Godin : « L'Europe doit donc de toute urgence abandonner ses buts politiques et accepter enfin le résultat de l'élection du 25 janvier. Elle doit aussi respecter sa propre parole, celle qui, le 20 février, affirmait que la Grèce devait décider de ses propres réformes dans le cadre du programme. » (souligné par moi).

Des amis qui vous veulent du bien

J’en viens aux faits et gestes politiques qui permettent d’affirmer qu’un plan de renversement du gouvernement Tsipras est lancé par Bruxelles. Stavros Théodorakis, encore lui, fut invité par la Commission et reçu par M. Juncker le jour même où le Premier ministre était convoqué à Bruxelles. Notons qu’il ne fut pas le seul à se rendre à Bruxelles le mercredi 24 juin, mais s’y sont précipités tous ceux qui vont être appelés à former un gouvernement obéissant, une fois Tsipras évincé. On y a vu Antónis Samarás, dont les déclarations étaient plus qu’explicites : il propose un gouvernement d’unité nationale sans Alexis Tsipras, en faisant quand même la concession de s’abstenir de toute participation personnelle au schéma proposé. En même temps, le nom de Konstantínos Karamanlís commence à circuler ; celui-ci pourrait en effet se présenter comme un recours possible, dans la mesure où il n’a occupé aucun poste gouvernemental depuis septembre 2009 ; il est moins usé que ceux qui se sont compromis dans la gestion des memoranda. Quant à Stavros Théodorakis, toujours lui, du haut de ses 6 % de voix et de sa science économique, il vient de donner une interview au Financial Times, où il précise qu’il est à la disposition de qui veut l’entendre pour un remaniement gouvernemental. Mais, le 24 juin, a également été reçue à Bruxelles Fofi Gennimata, qui vient de succéder à Evangelos Venizelos à la tête du Pasok, forte des 289 482 voix que celui-ci avait récoltées aux dernières élections. J’invite le lecteur à réfléchir un instant pour se poser la question suivante : que pouvait faire tout ce beau monde à Bruxelles, au moment où les négociations avec les créanciers se trouvaient à leur point critique, sinon se présenter comme une alternative « sérieuse » au gouvernement actuel, qui ne serait composée que « de personnes responsables et d’adultes » (dixit Mme Lagarde) ?

Coup d’État financier

Deux scénarios se dessinent : ou bien il faut obliger le gouvernement Tsipras à la capitulation totale en lui faisant accepter des mesures exceptionnellement dures, auxquelles il faudrait éventuellement ajouter l’arme majeure du capital control, ce qui le discréditerait aux yeux de l’opinion, ou bien il faudrait provoquer une scission opportune au sein de Syriza pour introniser ensuite un gouvernement de coalition avec la soi-disant bonne partie de Syriza, où M. Théodorakis jouerait un rôle de premier ordre. Une combinaison des deux scénarios reste bien entendu possible. Le tout dans une perspective de défaut. Pour éviter les malentendus, je précise que j’appelle de mes vœux une cessation de paiement, même si cela se traduit par un défaut, à la condition qu’il soit soigneusement préparé et encadré. Sans cela, il pourrait déclencher un enchaînement d’événements incontrôlables qui mèneraient à la chute du gouvernement.

Ce qui vient d’être décrit ici porte un nom, ce n’est rien d’autre qu’un coup d’État financier où, à la place des tanks, on fait appel aux banks ! Un coup d’État fomenté par les institutions européennes, voilà le visage de l’Europe que les dirigeants européens souhaitent donner à voir à leurs peuples. Je ne saurais dire si ceux-ci tolèreront ces agissements. Les trois de l’ex-Troïka, malgré leurs dissensions internes, font tout pour dresser les citoyens européens contre les Grecs en leur faisant croire qu’ils ont payé et continueront à payer pour le sauvetage de la Grèce. Ce que l’on oublie de dire, c’est que le programme qui fut présenté en 2010 comme un plan d’ « aide » à la Grèce, n’était en réalité qu’un généreux plan de sauvetage de banques européennes exposées à la dette grecque. Tous les économistes qui se respectent s’accordent aujourd’hui sur ce point : à l’époque, il aurait fallu faire une restructuration importante de la dette grecque qui l’aurait rendue viable, avant d’entreprendre n’importe quelle mesure pour la suite. Or, une telle restructuration aurait pu faire perdre 30 milliards à peu près aux banques européennes, au premier rang desquelles se trouvaient BNP Paribas, la Société générale et la Deutsche Bank. Et, pour que celles-ci n’accusent pas une perte qui aurait nécessité leur recapitalisation aux frais du contribuable, un sauvetage qui l’a ruinée a été imposé à la Grèce. Bref, ce qui fut présenté comme un plan d’aide à la Grèce n’a été qu’une recapitalisation indirecte des banques, qui ont eu toutes leurs aises pour se débarrasser à temps des obligations grecques avant la restructuration de 2012 ; ainsi, la patate chaude est passée du secteur privé aux États. Le fait est confirmé par la toute récente déposition de Panayotis Rouméliotis à la Commission parlementaire « Vérité sur la dette ». Rouméliotis, qui représentait à l’époque la Grèce au sein du FMI, a révélé que des représentants de grandes banques européennes furent reçus à plusieurs reprises par l’équipe du FMI à Athènes afin d’éviter une restructuration qui les prendrait de court. Force est de constater que l’appel « Sauvons le peuple grec de ses sauveurs » que nous avions lancé en février 2012 n’a malheureusement rien perdu de sa pertinence.

Négociations ?

J’espère que cette stratégie des créanciers qui met en danger, non seulement la Grèce mais l’Europe dans son ensemble, soulèvera un vent de protestations sans précédent partout dans le monde. Car, si les créanciers arrivent à leurs fins, si ce coup d’État financier monté par les institutions européennes et le FMI réussit, il ne restera plus rien de l’idée européenne. Des cendres calcinées de celle-ci émergera non pas le visage « complaisant » du chef de Potami, mais celui, odieux, de l’Aube Dorée. À qui d’autre pourrait profiter le sentiment d’une impuissance totale et enragée qui résultera inévitablement devant le spectacle des manœuvres qui ne vous laissent aucune prise sur votre propre destin ? Faire preuve de tant d’aveuglement au moment où partout en Europe des partis d’extrême droite et des formations ultranationalistes ouvertement racistes prennent le pas, c’est dire jusqu’où les dirigeants européens sont disposés à aller pour imposer le dogme néolibéral. Ou bien il ne s’agit point d’aveuglement, mais d’un choix délibéré ? Certes, il y en a quelques-uns parmi le cénacle de dirigeants qui, face à ce danger, optent pour un scénario plus soft, celui non pas de l’éviction immédiate, mais de la prolongation de six mois du programme sans restructuration de la dette, six mois pendant lesquels Syriza sera sommé d’appliquer les contre-réformes préconisées partout en Europe comme un remède miracle à la crise. Un tel scénario présente l’avantage de compromettre les chances de Podemos et d’autres formations affines. Mais il n’empêchera point la montée en force de l’Aube Dorée, qui serait en droit dans ce cas d’affirmer que les politiciens sont tous « les mêmes ». À qui d’autre pourrait profiter la conviction que les politiques sont « tous vendus », qui ne manquera pas de s’imposer alors à l’opinion ?

Le dernier rebondissement, avec le durcissement maximal des créanciers qui se sont réglés sur les positions libérales à outrance de Mme Lagarde, ne fait que confirmer l’hypothèse d’une stratégie de déstabilisation. Il est à noter que cette nouvelle provocation intervient juste deux jours après que les représentants des trois institutions aient accepté comme une bonne base de discussion les positions grecques, tandis que, deux jours plus tard, le texte présenté par les créanciers tordait le cou à l’esprit initial du texte grec, qui, de son côté, consistait à faire porter le maximum de charges aux entreprises bien portantes et non pas uniquement aux plus faibles, très fragilisées par les coupes successives de revenus. En somme, les propositions du FMI adoptées par les créanciers dans leur ensemble sont si extrêmes qu’elles ne sauraient qu’être rejetées. Si par bonheur Tsipras, sous la menace de la faillite, signait un accord plus dur que celui proposé à Samaras, quelle aubaine ! Les peuples européens comprendraient une bonne fois pour toutes que celui qui sort du droit chemin paie le prix fort.

Les institutions européennes se sont avérées de véritables maîtres ès manipulation et vraies fausses négociations. Un mécanisme médiatique s’est mis au service de cette stratégie. De faux bonds en retournements de veste, de déclarations qui étaient faites pour s’annuler un jour après, d’engagements pris et cyniquement et ouvertement non tenus, depuis cinq mois, ils n’avaient que fait semblant de négocier, afin de repousser la chose jusqu’au mois de juin, à la fin duquel la Grèce, sans prolongation du programme, ne touchera pas la dernière tranche d’aide. Pour que ces ajournements incessants passent auprès de l’opinion, les créanciers ont sans cesse dénoncé l’« intransigeance » irresponsable du gouvernement grec. Et ils l’ont fait au moment où ils l’obligeaient, par le tarissement des liquidités, à reculer considérablement par rapport à ses positions initiales. Tout avait bien commencé par un coup tordu : comme l’a révélé Paul Mason, journaliste au Channel 4, Varoufakis était arrivé à l’Eurogroupe du 16 février avec une des propositions de Moscovici en mains, pour découvrir que ce n’était point sur celle-ci que portait la discussion, mais sur un texte beaucoup plus dur que Dijsselbloem allait sortir pendant la réunion. En faisant circuler des contre-vérités, en traitant comme nulle et non avenue la proposition de 47 pages déposée par Syriza début juin. Ce texte ne reprenait point les positions propres du gouvernement grec, mais bel et bien celles issues de quatre mois de pourparlers inutiles. Ainsi, les institutions européennes ont réussi à repousser les vraies négociations vers une période critique où le gouvernement grec est obligé d’effectuer plusieurs remboursements. Mais les dignitaires de Bruxelles ont voulu y voir un document irrecevable, puisque non conforme à leurs diktats. Fin juin, ils croyaient réussir à coller Tsipras dos au mur et escomptaient rafler ainsi la mise. C’est à ce moment que, pour gagner encore du terrain sur l’adversaire, ils ont sorti le bazooka du bank run orchestré, comme arme de destruction massive. Mais Tsipras, tant bien que mal, continue à résister. Certes, il a fait des concessions, dont plusieurs sont inacceptables, comme les privatisations, mais il continue à ne pas accepter une capitulation totale et sans conditions. Et sur ce point, même si l’on n’est pas d’accord sur sa stratégie, il faudrait lui rendre un hommage appuyé ; tenir bon lorsqu’on est seul dans la fosse aux lions demande un certain courage, voire un courage certain.

Devant tant de mauvaise foi, tant d’arrogance, tant de perfidie liées à une stratégie de déstabilisation d’un gouvernement qui dérange, j’aimerais inviter le Premier ministre grec à suspendre les paiements des créanciers jusqu’à ce que la croissance revienne en Grèce. Il serait utile de rappeler ici que, selon le rapport provisoire de l’audit de la dette grecque, celle-ci a explosé entre 1980 et 2010, non pas à cause de dépenses licencieuses, mais par l’effet conjugué de taux d’intérêt très élevés et de la course aux armements.

Tous égaux devant la loi ?

Mme Merkel ne cesse de demander plus d’efforts aux Grecs. On ne saurait que lui donner raison. C’est vrai qu’une hausse de 45 % de mortalité infantile, de 42 % du taux de suicides, accompagnées d’une baisse de trois ans de l’espérance de vie ne lui donnent pas entière satisfaction. De même, le taux de retraités qui vivent en dessous du seuil de pauvreté (44,6 %) est sans doute scandaleusement bas. Encore un effort doit donc être fait par ce ramassis de « privilégiés », qui passent leur temps à bronzer au soleil, pour atteindre un chiffre qui témoignerait de leur volonté de se mettre enfin au travail. Ce qui voudrait dire, pour les plus vulnérables parmi eux, qu’ils se décident enfin à apporter leur contribution à la réussite des programmes d’« aide », en ayant la politesse de se laisser mourir. Si l’on ajoute à cela que le plus grand hôpital du pays, Evangélismos, n’a de quoi continuer à fonctionner que jusqu’à la fin juillet, il devient on ne peut plus clair que l’effort qui est demandé aux Grecs n’est autre qu’une accélération intensive du travail de la mort. Force est de constater que l’Europe, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, s’avère être un mécanisme redoutable de thanatopolitique, tant à l’endroit des migrants à qui elle offre une place dans les fonds marins, qu’à l’endroit des populations vulnérables, considérées comme superflues, qui sont invitées à presser le pas vers la paix éternelle.

Pour ceux qui pourraient trouver que ces affirmations sont gratuites, je voudrais rappeler la réponse du commissaire aux affaires économiques et monétaires de l’époque, à une question d’eurodéputés de Syriza qui, en en septembre dernier, dénonçaient la violation systématique des droits sociaux, économiques et humains de la population grecque pendant les quatre dernières années, en s’appuyant sur un rapport relatif aux droits humains des Nations unies présenté par Cephas Lumina. L’excellent M. Jyrki Kataïnen n’a pas hésité un instant à dire que « la validité de la Charte des droits fondamentaux de l’UE est suspendue en Grèce mais aussi dans tous les pays sous programme », dans la mesure où les memoranda n’ont pas à être soumis au droit communautaire. Une bévue d’un ultra ? Voyons ce qu’en décembre dernier, son successeur, le très socialiste M. Moscovici, avait répondu à une question d’eurodéputés de Syriza sur le non-respect du droit de travail en Grèce. Selon lui, les memoranda ne sont que des accords intergouvernementaux et en tant que tels se soustraient au droit communautaire. Bref, ce qui est affirmé sans ambages ici est le fait que le principe fondateur de la démocratie depuis Solon, à savoir l’isonomie, n’est plus valable, ni pour les Grecs, ni pour les autre pays sous la tutelle de la Troïka. En somme, ce dont il s’agit, c’est de l’instauration de véritables zones de non-droit au sein de l’Europe, qui fonctionneront comme hauts lieux d’une exploitation extensive, d’autant plus que, du droit du travail, il ne reste presque rien. Un presque rien que les créanciers trouvent encore excessif et s’efforcent de rendre équivalent à zéro. Cette création des zones économiques spécialisées, régies par la seule loi du plus fort, ne sert pas uniquement la maximisation de profits sur place, mais l’intimidation de ceux qui ailleurs en Europe se mettront à résister à l’offensive néolibérale. Si jamais vous vous mettez en tête que c’est à vous de changer quoi que ce soit, voilà quel sort vous attend. Il est largement temps de se poser la question : quel est le régime où les droits fondamentaux d’un texte fondateur de l’UE sont valables – même si ce n’est qu’en théorie – pour les uns, et non pas pour les autres, en fonction de leur pays de résidence et de leur appartenance ethnique ? Je laisse au lecteur le soin d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

De nos responsabilités

De tout ce qui précède, on peut conclure que l’Europe de M.M. Juncker, Schulz, Moscovici et Dijsselbloem n’est qu’une structure de pouvoir techno-financier dont la seule raison d’être est le sauvetage à tout prix des banques, quitte à en sacrifier quelques-unes de la périphérie pourvu que le résultat politique soit là. Car cette technostructure européenne, dotée d’un mécanisme qui peut semer la terreur sur les marchés, et pourvue d’un dispositif thanatopolitique, a pour but de « neutraliser la démocratie », lorsque celle-ci comporte un risque de rupture. Et tout moyen est bon, même la faillite du système bancaire grec, si c’est pour arriver à ses fins, c’est-à-dire faire tomber un gouvernement élu, non point révolutionnaire, mais qui se bat tant bien que mal pour défendre les droits du peuple dont il est le représentant.

Devant cette attaque sans précédent de la notion d’isonomie, devant cette mise à mort de la démocratie dans le pays même qui l’a vue naître, pourrions-nous rester muets ? Plusieurs d’entre vous ont déjà entrepris des initiatives, des textes, des actions de solidarité avec les Grecs, ce dont je les remercie de tout cœur. Mais, aujourd’hui, un seuil a été franchi. Il ne s’agit plus ni du sort des Grecs ni de celui de l’Europe. Ce qui est en danger est cette infime marge de démocratie que nos dirigeants daignent bien nous laisser encore. Un coup d’État est en train d’avoir lieu sous nos yeux, et il n’est pas possible de se taire. Faisons entendre nos voix partout dans le monde. Il y va de notre responsabilité.

Athènes, le 25 juin 2015

Annexe

Du paquet Juncker pour la Grèce, du respect de règles européennes, et d’autres histoires à dormir débout

Les dirigeants européens rivalisent à qui mieux mieux en double langage et contre-vérités ; le prétendu « ami » des Grecs au sein des institutions européennes qui faisait jusqu’à récemment étalage d’amabilités à l’endroit de Tsipras, M. Juncker pour ne pas le nommer, veut nous faire croire qu’il offre à la Grèce un généreux paquet de 35 milliards, étalé sur cinq ans et destiné aux investissements. Certains se sont empressés de le nommer « paquet Juncker ». Mais des journalistes qui honorent leur profession sont allés voir de plus près quel est ce paquet que le président de la Commission offrirait en cadeau à la Grèce. Or, il ne s’agit de rien d’autre que des fonds structurels faisant partie d’un « repackaging » de fonds non utilisés. La Grèce, en tant que membre à part entière de l’UE, y a droit au même titre que les autres pays membres, indépendamment de toute conditionnalité et certainement pas en fonction de l’issue des négociations. Cependant, M. Juncker ne se contente pas de présenter comme un « plan pour la Grèce » ces fonds, que l’UE doit à la Grèce par la redistribution proportionnelle parmi les pays membres de fonds qui sont restés dans les tiroirs, mais, en pleine contradiction avec ses prérogatives, il met une conditionnalité politique à son versement. Bref un chantage on ne peut plus cynique, où la Commission se croit en droit de retenir une somme due à un pays en état de nécessité et fait dépendre son versement de l’issue de discussions. « Il est assez étonnant de penser que la Grèce, membre jusqu'à nouvel ordre à part entière de l'Union européenne, serait « moins bien servie » dans le cadre de la répartition des fonds européens si elle ne parvenait pas à s'entendre avec les créanciers. La Commission a donc commencé à mettre en place cette « zone euro à deux vitesses » qu'Alexis Tsipras évoquait ? », écrit Romaric Godin.

Mais il y a plus. Selon des informations provenant des étudiants italiens, la Commission aurait suspendu pour des raisons de procédure le programme Erasmus pour la Grèce ! Si cette exclusion, contraire non seulement aux règlements mais à la notion même de l’isonomie, s’avère fondée, elle serait la preuve supplémentaire que ceux qui s’échinent à exiger de la Grèce le respect des règlements sont disposés à les violer sans hésitation, lorsqu’il s’agit d’exercer un chantage politico-économique à un gouvernement réfractaire. En d’autres termes, la Commission traite d’ores et déjà la Grèce comme un non-membre de l’UE, en suspendant les aides auxquelles elle a droit, jusqu’à ce qu’à ce que la Grèce cède sur tous les fronts.

Comme quoi il n’y pas à s’étonner que M. Juncker ait été Premier ministre du Luxembourg pendant la glorieuse période qui a transformé celui-ci en un paradis fiscal. Il serait intéressant de savoir à combien de manque à gagner pour les autres pays européens s’est traduite cette politique. Combien de manque à gagner pour la Grèce, qui aujourd’hui manque des fonds suffisants pour couvrir les besoins les plus élémentaires d’un système de santé en ruines ? Selon Eva Joly, il se peut que le montant s’élève à plusieurs milliards.

M. Juncker ne manque pas de dénoncer à qui veut l’entendre le mépris des règles européennes dont ferait preuve Tsipras. Le président de la Commission, si attaché au respect des règles, saurait-il nous dire quelle règle européenne permet à l’Allemagne de dépasser pendant cinq années consécutives le 6 % réglementaire d’excédents commerciaux, sans être le moindre du monde inquiétée par aucune instance européenne ? Si j’y fais mention, c’est parce que, comme le dit Ambrose Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph, un excédent de l’ordre de 7,9 % comme celui qu’affiche actuellement l’Allemagne, a comme effet moins de croissance et plus de chômage pour les autres pays européens. Bref, l’Allemagne n’exporte pas que ses produits, mais a trouvé moyen d’exporter du chômage à ses partenaires européens, sans qu’aucun d’entre eux ne trouve à y redire.

Enfin, last but not least, jusqu’à quand les économistes de la BCE continueront-ils à cacher sous le tapis l’état pas franchement rassurant de la Deutsche Bank ? La situation délicate de ce géant aux pieds d’argile, embourbé dans une série de scandales et soupçonné de blanchiment d’argent, représente un danger considérable non seulement pour l’Europe mais pour l’économie mondiale. La Deutsche Bank vient d’écoper d’une amende de 2 milliards pour falsification du Libor, et est actuellement « aux prises avec quelque 6 000 litiges » juridiques ! À la mi-mars, ses filiales américaines ont été les seules, avec celles de Stantander, à ne pas passer les Stress Tests de la Fed. Mais le plus inquiétant est que le géant allemand, poursuivi outre-Atlantique pour évasion fiscale, détiendrait dans son portefeuille une bombe de plusieurs gigatonnes. Rien de moins que quelques trillions de produits à très haut risque, voire toxiques. Sur leur montant exact, les chiffres les plus fous circulent. Il y en a qui parlent de 3 à 4 trillions, d’autres de quelques dizaines. Peut-être que le très pointilleux M. Draghi daignerait nous informer de ce qu’il en est au juste. Car lorsque cette bulle-là éclatera, le krach qui suivra, fera paraître celui de 1929 comme une partie de plaisir. C’est bien commode de présenter la Grèce, dont la dette ne représente même pas 2 % du PIB de la zone euro, comme le danger qui menacerait l’économie européenne, mais en tant que citoyens européens, nous avons tout de même le droit d’en savoir un peu plus long sur les pratiques plus que douteuses et surtout sur l’état de santé de la DB. Certes, le niveau de la TVA sur les pâtes à Athènes est un sujet d’importance cruciale, qui suscite à juste titre un intérêt mondial. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de penser qu’il pourrait s’agir là d’une manœuvre de diversion bien commode, destinée à détourner l’attention de ce qui pose vraiment problème.

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Texte proposé par Vicky Skoumbi, invitée des atterrés, rédactrice en chef de la revue grecque de philosophie "αληthεια"

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Rencontre avec Svetlana Kissileva : la guerre aux portes de l’Europe. Le 28 juin 2015.

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Terrorisme, #le nazisme, #Europe supranationale, #Economie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La finance dérégulée

Rencontre avec Svetlana Kissileva : la guerre aux portes de l’Europe. Le 28 juin 2015.

Svetlana Kissileva est une femme qui cultive la mémoire du passé pour mieux comprendre le présent et pour mieux travailler le futur. La mémoire des morts et de nos anciens sont des éléments importants pour elle. En effet, une société qui ne cultive pas la mémoire de ses anciens n’est pas capable de protéger ses enfants. Cette tradition envers la mémoire se retrouve actuellement chez les populations russes et slaves. Il est question de l’Histoire et de la dignité humaine. Svetlana Kissileva est une personne discrète qui a une force en elle. Avec l’abominable guerre en Ukraine, Svetlana Kissileva est devenue une figure importante de la résistance contre la destruction de l’Ukraine. Le conflit en Ukraine est très mal expliqué par nos médias. Nos médias dans le monde occidental parle peu de la situation en Ukraine. Les informations sont souvent désinformées. Dans un entretien Svetlana Kissileva, « la résistante au grand cœur », comme du temps de la Grande guerre patriotique, répond à nos questions.

Le 9 mai, célébration importante de la victoire de la Grande guerre patriotique. Svetlana Kissileva s’est rendue dans le Donbass. Pourquoi s’était important d’être ce 9 mai à Saur Mogila ?

Pourquoi à Saur Mogila ? Tout d’abord, le 9 mai est une fête extrêmement importante pour tous les Russes ou plutôt je dirais pour l’ensemble des peuples de l’ex-Union soviétique ou du moins pour ceux qui n’ont pas perdu leur mémoire collective. (Les Européens ne peuvent pas comprendre l’importance de cette fête sans avoir vécu ce rituel en Russie où les enfants distribuent des fleurs aux anciens soldats à l’heure où les instances européennes sont en train d’effacer l’Histoire des peuples européens). L’Union soviétique a gagné la Seconde Guerre Mondiale au prix d’énormes sacrifices et il n’y a pas une seule famille chez nous qui n’ait pas perdu un proche.

Depuis les événements dans le Donbass et l’élan de patriotisme que cela a provoqué chez les Russes, cette cérémonie est devenue encore plus importante à mes yeux. Et compte tenu du contexte politique il a été impensable pour moi de rester le jour du 70e anniversaire de la Victoire en France où, comme je le savais, il n’allait rien se passer. J’avais envie d’une grande fête avec les miens.

J’ai donc décidé d’aller dans le Donbass où les festivités allaient être organisées avec ampleur malgré les violations de la trêve par l’armée ukrainienne. Notamment à Saur Mogila qui est un lieu doublement sacré. C’est le symbole de l’héroïsme des soldats soviétiques pendant la Grande guerre patriotique et de la résistance du Donbass insoumis.

Cette année, une opération commémorative a été lancée par la Russie intitulée, “Le régiment immortel”, où les gens devait défiler avec les portraits des membres de leur famille ayant combattu le nazisme.

Mon grand-père a péri en Pologne et nous n’avons jamais eu l’occasion d’aller sur sa tombe. J’ai donc voulu amener son portait à Saur Mogila et lui rendre hommage en le déposant sur ce lieu couvert de gloire ou reposent les héros des temps passés et présents.

Votre grand-père était un soldat de l’Armée rouge ? Expliquez !

Mon grand-père a été en effet capitaine de l’Armée rouge. Du temps de sa vie civile il était comptable dans une usine d’automobiles dans ma ville natale qui est Zaporojié. Son histoire est en fait plus complexe. Sa mère a été victime d’une fausse accusation suite à une délation de ses voisins qui voulaient récupérer sa chambre dans un appartement partagé. Ces voisins ont accusé sa mère d’être en désaccord avec la politique de Staline. Elle a donc fait de la prison. Lorsque la guerre a éclaté et qu’il a fallu défendre la patrie, mon grand-père a tenu sous silence cette histoire pour pouvoir être pris dans l’armée afin de combattre l’ennemi. Au lieu de se retrancher dans les lignes arrières, il a décidé de mener le combat. Ce qui lui a coûté la vie. Il aurait pu rester en vie. En préférant accomplir son devoir il est décédé 4 mois seulement avant la Victoire. Mon grand-père a laissé sa femme avec 2 enfants en bas âge dont ma mère qu’il n’a pas pu connaître.

Ma grand-mère, son épouse, était issue d’une famille de paysans aisés qui ont subi la dékoulakisation (le processus de liquidation des grands fermiers dans les années 30). Ses deux frères, lorsque la guerre a éclaté, se sont engagés dans l’armée comme volontaires. Le plus jeune avait 15 ans et il a déclaré être plus âgé pour être pris. Les deux frères sont morts au combat.

Lorsque les Ukrainiens trouvent des excuses pour les bandéristes, ceux qui ont collaboré avec l’ennemi qui a envahi notre pays parce que soi disant ils avaient souffert des pouvoirs soviétiques, j’ai, compte tenu de l’histoire de ma propre famille, du mal a leur trouver une excuse.

Mon “pèlerinage” à Saur Mogila a été aussi réalisé pour honorer la mémoire de mes grands-oncles. Nous n’avons malheureusement aucune photo d’eux.

Votre grand-père a trouvé la mort en 1945 où et dans quelles circonstances ?

Il y a encore quelques années nous ne savions rien dans ma famille. Je n’avais à ma disposition que 4 lettres de lui datant de la guerre et seulement l’avis de décès mais sans plus de détails. Un jour j’ai découvert un site “l’Exploit du Peuple”. Ce site a été lancé en Russie pour constituer une importante base de données sur tous les anciens combattants. Mon frère a pu retrouver 2 ordres qui avaient été décernés à mon grand-père dont des décorations. Ce fut une grande nouvelle.

Il assurait le commandement d’un bataillon d’infanterie qui a été le premier à franchir la rivière Dunajec en Pologne le 18 janvier 1945 ce qui a assuré le succès de l’offensive de l’Armée Soviétique. Son bataillon a capturé un convoi ferroviaire d’automobiles, un convoi des prisonniers russes, plusieurs convois de munitions et d’approvisionnement, 4 locomotives ainsi que des stocks de munitions.

Il a été mortellement blessé lors de ce combat et il est décédé dans un hôpital en Pologne le 20 janvier.

Le général Pétrov en personne a demandé à lui décerner le titre de « Héros de l’Union soviétique », la décoration suprême, à titre posthume. Mais c’est l’ordre du Drapeau rouge qui lui a finalement été octroyé.

Par votre grand-mère maternelle vous êtes de Lougansk et par grand-père paternel de la Crimée. Que doit savoir l’Europe de cette guerre en Ukraine ?

J’ai envie de dire « tout » puisqu’en Europe c’est un blackout médiatique total. La Crimée, pour commencer, a toujours été et restera toujours russe. Ce n’est point une annexion. La population de la Crimée a voulu se réunifier avec la Russie et ce n’est qu’une réparation de l’injustice.

Quant au Donbass… Vous savez, le peuple russe, c’est un peuple pacifiste. Mais lorsqu’il se fait agresser, il se soulève comme un seul homme et, là, il devient prêt à tout pour défendre ses valeurs. J’ai récemment été dans le Donbass à deux reprises. Tout le monde m’a dit (que ce soit des gens croisés dans la rue ou des personnes qui occupent un poste quelconque au sein de la république autoproclamée), « nous avons jamais souhaité sortir de l’Ukraine. Nous avons juste voulu un referendum pour obtenir la fédéralisation du pays pour mieux défendre nos valeurs, notre langue et notre culture. Nous avons cru obtenir nous aussi les effets positifs de l’Euromäidan qui était censé défendre les libertés. Nous avons été tout d’abord traités de terroristes et ensuite des chars ont été envoyés contre notre population qui est sortie à mains nues pour les arrêter. C’est par la suite que nous nous sommes débrouillés pour trouver des armes parce que c’est notre terre ici ! C’est notre maison ! Et ces terres nous les défendrons à n’importe quel prix !

Votre action dans le Donbass est pour la mémoire de votre grand-père qui a donné sa vie contre le nazisme ?

Avec les événements d’abord à Odessa et ensuite dans le Donbass je ressens depuis un an des liens plus forts que jamais avec mon grand-père. Il a combattu le nazisme et a libéré d’abord mon pays et l’Europe ensuite. Aujourd’hui la vermine nazie a, de nouveau, avec les atrocités commises dans le Donbass par les Ukrainiens, levé la tête. J’ai l’impression de vivre dans le film « Retour vers le futur ». Le fait de pouvoir penser que mon grand-père pourrait peut-être être fier de moi, même si je ne sais pas tenir une arme, me donne les forces pour poursuivre le combat.

Les médias européens parlent de rebelles dans le Donbass vous en pensez quoi ?

Je vais citer un seul exemple. Lors de mon dernier séjour dans le Donbass le chauffeur du bus qui m’a amenée de Rostov à Donetsk, a dit, au moment où nous traversions la ville d’illovaïsk, « c’est l’école d’Ilovaïsk, les FAU y ont rassemblé la population. Femmes, enfants, vieillards ont été rassemblés dans l’école. Les Ukrainiens ont placé leur artillerie juste derrière l’école pensant que les républicains n’oseraient pas tirer sur ce bouclier vivant ! Alors les combattants de la résistance arrivés du côté nord ont pris l’école d’assaut en se servant uniquement de fusils et ont pu libérer les gens. Voilà pourquoi le bâtiment n’est presque pas abîmé. Cela montre bien l’attitude des deux parties. »

Vous êtes la responsable du groupe Novopole. C’est quoi ? Quels sont les objectifs ?

Les membres du groupe se sont tout d’abord connus sur des réseaux sociaux. Nous avons ensuite voulu passer à l’organisation d’actions concrètes. A partir de ce moment là nous avons eu l’idée de fonder une association selon la loi de 1901. Ses objectifs sont bien sûr d’aider le Donbass, notamment par le biais des actions humanitaires, mais pas seulement. Dans un sens plus large nous menons une vaste palette d’actions pour rapprocher et développer l’amitié entre les peuples de tous les Etats. Nous avons la conception multipolaire du monde. Nous faisons la promotion des études et des recherches dans les domaines de la géopolitique et des relations internationales, de l’histoire, de l’économie et de la géostratégie.

Vous travaillez comme journaliste pour l’agence d’Etat de Novorossia. Dans un article vous lancez un appel à l’aide internationale pour la population du Donbass « APPEL AUX DONS POUR LA SOUPE POPULAIRE DANS LE DONBASS », nous apprenons que les convois humanitaires sont stoppés par l’Ukraine. Comment vivent les gens dans le Donbass actuellement ? Et comment peut-on les aider ?

Vous savez, si nous pouvions arriver à trouver 100 personnes qui donneraient 10 euros par mois cela permettrait de nourrir chaque mois 170 personnes là-bas. Je pense que cet exemple est concret et qu’il suffit à lui-même.

Vous travaillez comme journaliste pour Novorossia Today. Quels sont vos objectifs en tant que journaliste ?

Faire tout le travail de réinformation, de palier à l’absence quasi-totale des médias. Je pense qu’en étant sur place avec un journaliste français, Laurent Brayard, nous pourrons leur permettre d’attendre un niveau bien supérieur de travail sur le plan international.

Quel message voulez-vous donner à nos lecteurs ?

Que la guerre est déjà aux portes de l’Europe. Il n’est plus possible de rester à l’écart, ou de dire que la politique ne m’intéresse pas. Nous sommes donc tous concernés. Nous pouvons nous en sortir tous ensemble ou bien ce sera un désastre qui n’épargnera personne.

Propos recueillis par Olivier Renault pour Wall Street International

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Reportage vidéo: Laurent Brayard, journaliste français dans le Donbass – Novorossia.TV

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #Europe supranationale, #Economie, #L'OTAN., #La Russie, #AMERIQUE, #Terrorisme, #le nazisme

Reportage vidéo: Laurent Brayard, journaliste français dans le Donbass – Novorossia.TV

Le 27 juin 2015

Reportage vidéo: Laurent Brayard, journaliste français dans le Donbass – Novorossia.TV

A l’occasion du IIIe congrès antifasciste de Donetsk qui s’est déroulé le 14 mai 2015, Laurent Brayard, journaliste français a été invité dans le Donbass où il a séjourné quelques jours pour se rendre également à la rencontre de la population et des combattants, des journalistes locaux, de politiciens et d’activistes.

Il a été suivi pendant son séjour par une équipe de tournage du canal Novorossia.TV de Donetsk. Avec eux, il s’est rendu sur le terrain et a pu voir de ses propres yeux la situation réelle dans le Donbass. Accompagné de Sergeï au début de son voyage à partir de Moscou, il a retrouvé sur place Svetlana Kissileva, présidente en France de l’association Novopole.

Durant un séjour hélas trop court, il a cependant pu mesurer la détresse des populations les plus démunies, le courage des habitants, leur dignité et sentir quelle injustice est faite aux russophones de la région, les oubliés de l’histoire, ceux qui meurent pour ne pas subir le sort de milliers de leurs concitoyens déjà morts, ceux emprisonnés en Ukraine, ceux vivant sous la botte des bataillons de mercenaires et de volontaires des partis néo-nazis ukrainiens Pravy Sektor et Svoboda.

C’est accompagné par Svetlana, Sergeï, Kristina et Vyacheslav qu’il a pu vivre une expérience particulière qui est retracée modestement dans ce petit film qui au départ n’était destiné qu’aux téléspectateurs du Donbass et de leurs voisins de Russie mais que nous vous livrons ici sous-titré en français.

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La guerre que veut déclencher l'Ukraine, la Transnistrie zône très sensible à surveiller de très près!

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Economie, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme

La guerre que veut déclencher l'Ukraine, la Transnistrie zône très sensible à surveiller de très près!

Ukraine Masses Troops on Border With Transnistria

© Flickr/ Dieter Zirnig

Europe

28.06.2015

Ukraine continues to mass troops and heavy weapons on the border with Transnistria on the pretext that the self-proclaimed republic may launch a military campaign against Ukraine, Russian media reported on Saturday.

Traduction :

Les média russes ont rapporté samedi l’information suivante :

L’Ukraine continue de masser des troupes et des armes lourdes à la frontière avec la Transnistrie sous prétexte que la république autoproclamée de Transnistrie peut lancer une campagne militaire contre l’Ukraine.

La guerre que veut déclencher l'Ukraine, la Transnistrie zône très sensible à surveiller de très près!

U© Sputnik/ Sergey Kuznecov

Moldova, Ukraine Wage Hybrid War Against Transnistria

“It looks like the Kiev authorities  want to picture themselves as encircled by enemies, ready to attack,” a representative of the Transnistrian KGB told Russia’s Zvezda TV channel.

“That we may have a war here tomorrow is hard to say, but we are not ruling out a Ukrainian provocation either…They could use for this purpose one of their many small private armies which refuse to take any orders from Kiev,” the official added.

On June 22, the deputy foreign minister of the Transnistrian Republic, Vitaly Ignatyev, said that Ukraine was moving its troops towards the borders of the self-proclaimed republic, sandwiched between Ukraine and Moldova.

“The situation here is very bad… Economic production is going down, foreign trade is shrinking, the security situation is equally alarming with our Moldovan partners holding military drills with NATO and the Ukrainian pressure mounting every day,” Ignatyev said.

He also mentioned the curbs Kiev has imposed on the transit of  Transnistrian nationals and citizens of Russia, almost 200,000 of whom currently live in Transnistria.

“They haven’t been able to travel to Russia via Ukraine for more than a year now. They have to move across Moldova, but Chisinau is creating problems too, along with economic sanctions,” Ignatyev added.

The newly appointed governor of Ukraine’s Odessa region Mikheil Saakashvili earlier announced plans to reinforce Ukraine’s border with Transnistria.

"We have two major tasks — to reinforce the border and curb corruption. Drug and weapons trafficking across this border means nothing good," Saakashvili told a news conference in Odessa.

He also blamed the Transnistrian authorities of destabilizing the situation in Ukraine.

 

Traduction :

 

Un représentant des services secrets de Transnistrie KGB dit déclare à la « TV canal russe Zvezda ».

 

« Les autorités de Kiev veulent donner l’image d’un pays assiégé, entouré d'ennemis prêts à l'attaque".

 

"Que nous ayons une guerre d’ici demain est difficile à dire, mais nous ne pouvons pas exclure une provocation ukrainienne non plus. Ils pourraient utiliser à cet effet une de leurs armées privées qui refusent de prendre des ordonnances de Kiev, a "ajouté le responsable.

Le 22 juin, le vice-ministre des affaires étrangères de la République de Transnistrie, Vitaly Ignatiev, a déclaré que l'Ukraine déplaçait ses troupes vers les frontières de la République autoproclamée, pris en sandwich entre l'Ukraine et la Moldavie.

"La situation ici est très mauvaise. La production économique est en baisse, le commerce extérieur se rétrécit, la situation de sécurité est tout aussi alarmante avec nos partenaires moldaves. Ils participent à des exercices militaires avec l'OTAN et la pression ukrainienne monte tous les jours, » dit Ignatiev.

Il a également mentionné que Kiev a imposé des contrôles sur le transit des ressortissants de Transnistrie et des citoyens de la Russie, près de 200.000 d'entre eux vivent actuellement en Transnistrie.

"Ils n'ont pas pu se rendre en Russie via l'Ukraine depuis plus d'un an maintenant. Ils ont à se déplacer sur la Moldavie, mais Chisinau crée des problèmes également. Les sanctions économiques pèsent également a ajouté Ignatiev .

Le nouveau gouverneur de la région d’Odessa en Ukraine, Mikheil Saakashvili a annoncé son intention de renforcer le contrôle de la frontière entre l'Ukraine et la Transnistrie.

Saakachvili lors d'une conférence de presse à Odessa a annoncé : "Nous avons deux tâches principales, celle de renforcer la lutte contre la corruption et le trottoir. Le trafic de drogue et des armes à travers cette frontière ne signifie rien de bon, "

Il a également accusé les autorités transnistriennes de déstabiliser la situation en Ukraine



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Lettre ouverte au premier ministre de la France, par Hélène Richard-Favre.

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Je suis Charlie?, #Daesch, #Israël et la Palestine, #Terrorisme, #le nazisme

« "Ce n'est pas un délit de prôner le djihad" | Page d'accueil

28/06/2015

«Et je rappelle et je rappellerai toujours que les premières victimes de ce terrorisme sont les musulmans».

Monsieur le Premier Ministre,

Ces propos sont les vôtres et ont été cités dans un article paru sur le site du Dauphiné.com.*

Au risque de vous contredire, non, les premières victimes de ce terrorisme ne sont pas les musulmans.

Les premières victimes de ce terrorisme sont celles qui meurent, de fait.

Les premières victimes sont celles dont ce terrorisme prend la vie.

Les premières victimes sont celles dont la tête est tranchée.

Les premières victimes sont celles dont la tête tranchée a été fichée sur une grille.

Quant aux prochaines victimes, elles sont partout.

Monsieur le Premier Ministre, vous n'êtes certes et comme nul autre, tenu à l'impossible.

Mais nul, non plus, n'est tenu à déconsidérer la vie d'un innocent décapité.

Avec respect,

Hélène Richard-Favre

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