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Le blog de Lucien PONS

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Elections américaines : les démocrates parti de la guerre

6 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La guerre, #L'OTAN., #La Russie, #le nazisme, #Terrorisme, #Europe supranationale

Elections américaines : les démocrates parti de la guerre

Elections américaines : les démocrates parti de la guerre

on: août 05, 2016

Et si l’enjeu des élections américaines à venir était rien moins que la troisième et dernière guerre mondiale ?+

La Russie a été invitée dans la campagne présidentielle par le parti Démocrate, à l’occasion de la publication par Wikileaks de près de vingt mille e-mails envoyés entre membres du parti et qui font apparaître, des manipulations en faveur d’Hilary Clinton et contre le deuxième candidat à l’investiture du parti, Bernard Sanders.+

Il est donc urgent du côté des soutiens d’Hillary Clinton de trouver un responsable. Il y a bien le parti républicain, mais il risquerait de « retourner le compliment ». Difficile d’accuser les soutiens de Bernard Sanders qui, pourtant, auraient aussi de bonnes raisons de passer les messages à Wikileaks, car maintenant qu’Hillary Clinton a gagné l’investiture, il faut veiller à l’unité du parti derrière sa candidate.+

Reste l’inusable bouc émissaire, le méchant Vladimir Poutine. Ainsi, contre toute vraisemblance, on accuse la Russie d’être derrière le piratage et d’avoir donné les messages à Wikileaks. Cela permet de faire d’une pierre deux coups, un on éloigne les questions du parti Démocrate et deux, on déconsidère l’adversaire Donald Trump dont on fait une « taupe » du Kremlin.+

Rapidement, Julian Assange explique, dans un entretien à la chaîne CNBC, que cette démarche est probablement une manœuvre de diversion vu qu’aucune preuve ne vient étayer ces accusations. De son côté, un site Israélien proche des services de renseignement de ce pays (Debka Files) explique que d’une part, le système de guerre électronique russe est une sorte de « trou noir ». On n’a presqu’aucun renseignement à son sujet, mais une chose paraît certaine c’est que si les Russes étaient impliqués, on ne trouverait pas de mentions comme “Fancy Bear,” ou “Cozy Bear” comme l’on dit les principaux vieux médias américains, repris par des vieux médias français. D’autre part, l’annonce par la société « Crowd Strike » qui travaille pour la campagne démocrate et qu’elle a trouvé l’origine du piratage en deux heures est hautement fantaisiste. Ce genre d’enquête qui nécessite des super-ordinateurs et une collaboration étroite avec les fournisseurs d’accès prend habituellement des mois, quand elle aboutit.+

Il n’est donc pas question de trouver la vérité mais d’utiliser tous les moyens possibles pour décrédibiliser un adversaire. Existe-t-il un moyen plus puissant aujourd’hui que de faire croire que Donald Trump est une taupe du Kremlin ? Après avoir utilisé ce genre d’argument, après avoir comparé Vladimir Poutine à Hitler, comment pourra-t-on une fois élue, si cela devait arriver, établir des relations normales entre grandes puissances ?+

Un spécialiste américain des relations américano-russes et ancien spécialiste de l’Urss, le professeur Stephen Cohen enseignant à Princeton et à l’Université de New York s’inquiète de plus en plus du tour pris par la politique étrangère américaine. Interviewé sur CNN par Michael Smerconish il expliquait : « Nous sommes très proches d’une confrontation nucléaire avec la Russie dans le genre de la crise des missiles de Cuba, mais cette fois le long de la frontière russe ou en Syrie. Cela nécessite de façon urgente un débat sur le sujet, d’autant que nous sommes en année électorale. (…) Cette présentation dangereuse de Donald Trump comme un agent russe qui vient principalement du camp démocrate, doit cesser immédiatement. » Et il poursuit en expliquant qu’à l’époque de la guerre froide, une époque qu’il est assez vieux pour avoir connue, on discutait de ces sujets aux Etats-Unis, on ne se contentait pas d’accusations sans aucune preuve comme aujourd’hui.+

L’affaire de e-mails démocrates a relancé la diabolisation de Donald Trump. C’est devenu une habitude en politique et dans les médias. On ne cherche pas à discuter les arguments de l’autre partie, on cherche à la déconsidérer, au besoin par des attaques personnelles, et on ne s’embarrasse pas de preuves.+

La dernière tentative de déstabilisation du camp Républicain en date est à trouver dans le numéro de ce jour du New York Times à propos de Paul Manafort, le conseiller de campagne de Donald Trump. Je ne reprendrai pas l’ensemble de l’article, ce n’est pas le sujet du moment et je vous conseille d’aller le lire pour vous faire votre opinion. Il commence comme ceci « Peu de consultants politiques ont eu un client qui échouait aussi spectaculairement que celui de Paul Manafort en Ukraine à l’hiver 2014 ». Pas besoin d’en dire plus, surtout ne pas préciser qu’alors, la campagne du client était terminée, qu’elle s’était soldée sur sa victoire et que ce n’est que quelques mois plus tard qu’il a été victime d’un changement de régime largement organisé par les Etats-Unis. Après une entame comme celle-là, l’incompétence du sieur Manafort est établie. Sans preuves, bien sûr, mais qui s’en souciera. Il ne reste plus qu’à expliquer que le client en question était un « homme de Poutine » et la boucle est bouclée. Le conseiller de Donald Trump est un incapable, un « homme de Poutine », donc Donald Trump lui-même est un incapable, et un « homme de Poutine ». Le niveau zéro de la réflexion politique.+

Henri Kissinger expliquait l’année dernière que la diabolisation du président russe ne pouvait tenir lieu de politique et qu’elle n’était que la marque d’une absence de politique.+

Ce qui a de quoi effrayer est que cette absence de politique pourrait être « gérée » par le parti démocrate qui est devenu en quelques années le parti de la guerre et un allié des néocons, aussi étonnant que cela puisse paraître à ceux qui se souviennent des positions de ce parti au début des années soixante dix.+

La candidate désignée à l’élection présidentielle de novembre, Hilary Clinton, est foncièrement belliciste. Elle l’a prouvé à maintes reprises dans un passé récent. Avec elle, comme le fait remarquer le journaliste américain Robert Parry, le parti Démocrate est maintenant le parti de la guerre le plus agressif, ce qui contraste énormément avec ses positions antérieures. Les Démocrates ont toujours été réticents à commencer des guerres extérieures quand ils n’y ont pas été résolument opposés comme dans le cas du Vietnam. Ils ont ainsi achevé en 2016 un virage à 180 degrés par rapport à leurs positions de 1968.+

Alors qu’elle n’était encore que sénateur de New York, Hilary Clinton a soutenu avec enthousiasme la guerre en Irak, ne retenant ses ardeurs qu’à l’approche des élections présidentielles de 2008 où elle se trouverait face à un candidat, Barack Obama qui lui, s’était opposé à cette guerre. En 2009, elle a soutenu la décision du président d’augmenter le contingent américain en Afghanistan pour lutter contre une nouvelle offensive des Talibans (le fameux « surge » de Barack Obama) qui n’a, en fait, pas eu d’autre résultat que la mort d’un millier de soldats américains supplémentaires et de beaucoup plus d’Afghans.+

En 2010, elle est parvenue à saboter la première tentative d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran sur le nucléaire. Cette tentative, qui était pilotée à l’initiative du président américain, par les présidents Brésilien et Turc, portait sur la remise par l’Iran d’une grande partie de son uranium faiblement enrichi.+

C’est elle également qui était à la manœuvre pour convaincre Barack Obama de demander à l’ONU l’établissement d’une zone d’interdiction aérienne au dessus de la Lybie, afin de protéger les « populations civiles innocentes ». Une fois la résolution obtenue grâce à l’abstention de la Chine et de la Russie (qui devait rapidement regretter sa position), la protection des populations est devenu une opération de changement de régime qui a plongé le pays dans le chaos que l’on sait. Le lendemain de la mort de Khadafi, Hillary Clinton déclarait sur une chaîne de télévision américaine : « nous sommes venus, nous avons vu, il est mort » en battant des mains de joie.+

Non seulement Hillary Clinton n’a pas reconnu ses torts en Lybie, mais elle a rapidement prévu d’organiser un changement de régime en Syrie, un autre « rêve » des néocons depuis 1990.+

Elle a quitté son poste de secrétaire d’état au début du deuxième mandat de Barack Obama en 2013. Quelques mois plus tard éclatait l’affaire du bombardement au sarin en Syrie, bombardement immédiatement mis sur le compte des forces gouvernementales. Malgré la pression internationale, le président temporisait quelques jours et on apprenait de source américaine qu’en fait de bombardement il n’y avait eu qu’une roquette tirée, roquette de fabrication artisanale et dont le rayon d’action indiquait que seuls des groupes terroristes auraient pu la tirer. Il s’agissait d’attirer les Etats-Unis dans la guerre aux côtés des terroristes. Peu de personnes doutent à Washington qu’Hillary Clinton aurait pesé de tout son poids pour une intervention directe si elle avait encore été secrétaire d’état. L’intervention de la Russie de Poutine qui a permis la destruction des armes chimiques du régime Assad n’a certainement pas arrangé les relations difficiles entre Hillary Clinton et la Russie et, en particulier, son ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov.+

Pendant la campagne des primaires et une des rares fois où le sujet des relations internationales a été évoqué, Hillary Clinton a déclaré qu’en tant que présidente, elle ordonnerait une invasion de la Syrie, mais bien sûr, toujours dans le but de protéger les civils exterminés par leur président ! Quelle serait la réaction de la Russie ? Mais également celle de l’Iran, sans chercher encore à spéculer sur la réaction d’Israël qui n’a pas besoin d’une nouvelle Lybie à sa porte et qui a reçu des garanties de la Russie.+

Et que ferait Hillary Clinton en Ukraine ? Poursuivrait-elle la politique de Victoria Nuland et des néocons qui veulent que les Etats-Unis livrent des armes au président Poroshenko ? Nul doute que ces armes seraient immédiatement utilisées par l’armée ukrainienne pour anéantir les indépendantistes du sud est du pays et « délivrer » la Crimée. L’étape suivante sur la liste des rêves fous des néocons dont Hillary Clinton a épousé les thèses serait un changement de régime à Moscou. Résisterait-elle au plaisir pervers de montrer comme elle saurait être forte face à Vladimir Poutine ?+

On peut se poser la question et on est d’autant plus tenté de le faire quand on considère qui sont les principaux financiers de la campagne Démocrate. Je me pencherai en détail sur cette question dans un chapitre consacré au financement des campagnes politiques aux Etats-Unis. Remarquons simplement que les entreprises du complexe militaro-industriel sont largement représentées dans la liste des donateurs. Si elle était élue, Hillary Clinton aurait-elle la force politique de résister à leurs demandes ?+

Ce sont ces mêmes financiers qui reprochent depuis longtemps déjà à Barack Obama sa « faiblesse » dans le domaine de la politique extérieure, en particulier face à la Chine et à la Russie. On peut raisonnablement penser qu’Hillary Clinton serait beaucoup moins bien placée pour résister à ce genre de reproches.+

D’autant que, pour le moment au moins, il y a peu de voix qui s’élèvent pour prôner une approche plus diplomatique des grands problèmes du moment. Que ce soit le secrétaire général de l’Otan, son commandant suprême, tous rêvent d’en découdre avec la Russie.+

La seule voix d’importance politique nationale américaine qui se soit élevée contre les positions des démocrates et du complexe militaro industriel est celle de Donald Trump. Je ne soutiens pas le candidat Républicain, pas plus, d’ailleurs que je ne soutiens la candidate démocrate, mais je ne peux que constater où se trouve la réaction responsable d’un homme d’état qui pourrait se trouver à la tête de la plus grande puissance économique et militaire de la planète. Etant donné les enjeux, il y a lieu de bien réfléchir.+

Qu’a dit Donald Trump ? Qu’il voulait penser d’abord aux intérêts des Etats-Unis. Je mentionnerai au passage, que cela correspond à la position de cinquante sept pour cent de la population américaine selon un sondage « PEW » d’avril 2016. Il a dit également qu’il voulait en finir avec la guerre froide et coopérer avec la Russie dans différents domaines. Au lieu de susciter un vrai débat dans les vieux médias américains et européens, ses propos déclenchent une campagne de dénigrement digne du « McCarthisme ». Donald Trump a également dit qu’il aimerait savoir, soixante ans après sa création, quelles étaient les missions de l’Otan. Important sujet de réflexion quand on sait que le « Pacte de Varsovie » a, lui, disparu au début des années 90. Va-t-on en parler ? Non on explique que Donald Trump veut détruire l’Otan. Qui est à la manœuvre dans cette vaste opération de désinformation, le pari Démocrate et sa candidate Hillary Clinton. Cette dernière a déclaré il y a deux jours que Donald Trump avait fait “allégeance absolue aux objectifs de la politique étrangère russe”.+

Tout cela ne vous inquiète pas ?

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Les hurlements nationalistes et guerriers du général Allen, soutien d'Hillary Clinton.

6 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La guerre, #Europe supranationale, #La Russie, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Les hurlements nationalistes et guerriers du général Allen, soutien d'Hillary Clinton (str Fr) .

FULL: General John Allen (ret. USMC) - Democratic National Convention
- General John Allen (ret. USMC), former Commander, International Security Assistance Forces, and Commander, United States Forces in Afghanistan.
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Le parti socialiste sponsor des dictateurs, de Washington, de l’Agenda 21 !

6 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #l'horreur économique, #le nazisme, #Terrorisme

Le parti socialiste sponsor des dictateurs, de Washington, de l’Agenda 21 !

Le parti socialiste sponsor des dictateurs, de Washington, de l’Agenda 21 !

Le 05 août 2016

Voilà que l’affaire du voyage du député Thierry Mariani en Crimée sert encore de cible au Parti socialiste français ! Mariani, député français, agit en homme libre et contre la dictature de l’information (La Lügenpresse tant dénoncée par les patriotes allemands) qui veut expliquer aux citoyens de France que la Russie est une dictature et que les républiques libres du Donbass comme la Crimée auraient été envahies par les Russes ! Que les Russes sont les méchants et que les Français avec le gouvernement actuel et les Etats-Unis avec Obama et peut-être demain Hillary Clinton sont les gentils ! En voulant nous faire croire que l’Ukraine n’a pas été envahie par l’OTAN dans le sang mais de manière démocratique ! La technique de l’inversion des valeurs est royalement appliquée par le PS ! Jean-Christophe Cambadélis attaque Thierry Mariani dans une déclaration de presse du PS « Ukraine/Crimée : Thierry Mariani multirécidiviste de l’irresponsabilité » et montre le niveau pitoyable et surtout dangereux de la caste actuelle au pouvoir !+

Le PS interdit les Français de référendum. Le parti socialiste par la voix de Cambadélis accuse la Russie d’avoir annexé la Crimée alors que les habitants de Crimée ont effectué un référendum et que les habitants de Crimée sont contents de vivre dans la fédération de Russie. Cambadélis devraient plutôt publier, «Ségolène Royale multirécidiviste de l’irresponsabilité » car la question du référendum rappelle les déclarations honteuses et arrogantes (pensant certainement que les Français ne regarderaient pas la BBC ne parlant pas l’anglais…) de Ségolène Royale dans un entretien avec la BBC en juillet 2016 où cette dernière dit , « je ne veux pas de référendum pour le peuple français » ; « la France ne fera pas l’erreur de David Cameron, je peux vous l’assurer. Nous ne ferons pas de référendum sur la sortie de l’Union Européenne de la France, je peux vous l’assurer » et qualifiant, de fait, les citoyens français dans sa lancée de débiles mentaux incapables d’avoir un avis n’ayant pas le niveau et tout simplement pas le droit de décider laissant entendre que seul le parti socialiste a le droit de décider de l’avenir de la France et de son peuple !

 

Car, elle, Ségolène Royal et les autres élus en place ont la science infuse et savent tout en étant supérieur aux autres faisant du peuple français des vaches bien gardées. « Nous croyons aux bonnes questions par rapport aux réponses », justifie Royal sa position quand le journaliste de la BBC se marre en voyant une telle personnalité politique de France, pays des droits de l’Homme, refuser un droit fondamental à ce même peuple de France ! Un droit fondamental que les mêmes socialistes exigent pour les autres nations ! C’est sûr que la Crimée montre au peuple français que par un référendum un peuple peut choisir et ce qui n’est pas le cas du peuple français  qui, lui, vit dans une dictature socialiste !+

Parti socialiste aux ordres de l’agenda 21 et de Washington. C’est évident. Le PS est l’instrument de Washington et de l’agenda 21 pour appauvrir les gens (Hartz IV en Allemagne avec le socialiste Schröder et le RSA en France!), les casser de leur statut de citoyen (TAFTA, loi du travail) et pour détruire leur identité au sein de leur famille et de la leur nation et de leur Histoire ! « L’accueil des réfugiés, pour nous, c’est oui ! » : Appel à la constitution d’un réseau de villes solidaires », publie Cambadelis sur sa page internet . Le parti socialiste et Cambadélis font la promotion de l’import de populations africaines et de la soumission par l’islam en France et de la lutte du changement climatique en obéissant à l’agenda 21 et à l’ONU pour changer le monde sans tenir compte de l’avis du peuple français. Le peuple français doit être rééduquer dans le sang et par la violence ! Le PS étant un outil des Young Leaders pour changer la France dans ses fondements avec l’introduction de l’enseignement de l’arabe dans les petites classes au profit des langues régionales de France (Le breton, le corse, le catalan, l’alsacien), il faut bien sûr attaquer un député français, Thierry Mariani, qui a le courage de montrer une autre position politique et de montrer son soutien à la politique russe et à la Crimée. La Russie est attaquée par Washington par les armes avec l’OTAN (encerclement par l’OTAN de la Russie) mais par la guerre de communication dont le PS se fait le porte-parole. Sans autorisation de Washington François Hollande n’aurait pas pu être élu tout comme Angela Merkel. La masse des Français doit toujours croire que la Crimée a été annexée, que la Russie c’est la dictature et que la France c’est, elle, la terre des droits de l’Homme qui protège la Syrie contre le dictateur Assad et contre le dictateur Poutine ! Mariani soutenant la Crimée et la Russie est dans les camps des méchants pour le PS et il doit être diabolisé. Le Parti socialiste ment ce qui n’est pas une surprise mais ce qui est grave ! Pour cela il suffit de compter le nombre des Young Leaders, achetés par Washington et l’ONU dans leur rang mais aussi voir que le président français, François Hollande, a soutenu dès le départ les djihadistes en Syrie contre un gouvernement légal. Encore une fois, Hollande avec le PS, soutient la technique de guerre voulue par Washington. Les tueurs formés en Syrie contre Assad sont maintenant en France. D’ailleurs un arsenal important de l’OTAN utilisé par les djihadistes (Le Gladio islamiste en somme) a été découvert à côté d’Alep. De toutes les manières le PS et Royal, Hollande ou Cambadélis sont des individus qui appartiennent au passé de la France et qui ne resteront pas dans les livres d’Histoire ! Thierry Mariani, lui, travaille pour la France de demain qui est naturellement l’alliée de la Russie et forcément le soutien de la Crimée. Cambadélis soutient le régime de Porochenko, celui d’un homme qui a appelé à massacrer les russophones et leurs enfants dans leurs caves ! Cambadélis soutient la politique de l’ONU qui massacre des populations civiles. L’Histoire n’oubliera jamais cela !

Olivier Renault

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Alep: le siège va-t-il se briser ?

5 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

  • L\\\'armée syrienne encercle totalement l\\\'est d\\\'Alep.

Al-Qaïda en Syrie et ses associés mènent actuellement une attaque de grande envergure au sud-ouest de la ville d’Alep.

Leur objectif est d’ouvrir un corridor entre les zones rurales d’Idlib/Alep qu’ils occupent et les zones encore contrôlées par Al-Qaïda qui sont assiégées à l’est d’Alep. Entre 5 000 et 10 000 combattants d’Al-Qaïda, qui utilisent des équipements fournis par les Américains, prennent part à la bataille. Sur le papier, certains de ces combattants sont des « modérés », mais en réalité, tous ces groupes se sont maintenant engagés à appliquer la charia et donc à bannir toutes les minorités. Ils ont fait quelques progrès contre les forces gouvernementales, mais les forces aériennes syriennes et russes les bombardent férocement.

L’état-major général russe sait et dit depuis le mois d’avril qu'al-Qaïda en Syrie (alias Front al-Nosra ou Fateh al-Sham) et les différents groupes terroristes planifient une attaque de grande envergure contre Alep. Un commandant d’al-Qaïda a, en effet, confirmé que l’attaque était planifiée depuis longtemps dans une harangue à ses combattants avant l’assaut actuel.

Cela jette une nouvelle lumière sur les négociations interminables que le secrétaire d’Etat Kerry a imposées, pendant des mois, à son collègue russe. Les Etats-Unis tentaient de protéger al-Qaïda contre les attaques russes et syriennes alors même que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies demandaient l’éradication d’al-Qaïda et de Daech. Ensuite, les Etats-Unis ont « offert » à la Russie de se battre collectivement contre al-Qaïda, sous commandement étasunien. Nous avons qualifié cette offre d’insensée et de fourbe. Tous ces verbiages, on le voit maintenant, ne servaient qu’à gagner du temps pour permettre à al-Qaïda de préparer l’attaque qu’ils viennent de lancer.

Une autre tentative pour gagner du temps, qui a échoué celle-là, a été de changer le nom du Front al-Nosra en Fateh al-Sham. Certains médias « occidentaux » ont dit que le groupe s’était séparé d’al-Qaïda, mais il s’agissait, au contraire, de la fusion d’al-Qaïda central et de Nosra/al-Qaïda en Syrie sous un nouveau nom. Les sponsors qataris d’al-Qaïda avaient exigé ce changement de nom pour pouvoir convaincre, au grand jour, les gouvernements « occidentaux » et leur opinion publique qu'al-Qaïda en Syrie était composée de « rebelles modérés ». Mais l’imposture a échoué. Le stratagème était trop visible pour être pris au sérieux. Le soutien « occidental » d’al-Qaïda va devoir se poursuivre secrètement et modérément.

Si cette attaque était repoussée, les énormes pertes que al-Qaïda subirait pourraient la faire renoncer à l’option de la guerre ouverte de style militaire. Si al-Qaïda réussit à vaincre l’armée arabe syrienne, cette dernière aura besoin d’importants renforts de forces terrestres pour reprendre l’initiative.

Mais les Etats-Unis ont compris que leur projet de changement de régime allait échouer quelle que soit l’issue de la bataille. Ils proposent maintenant de diviser la Syrie. La Syrie et tous ses voisins sont contre. Cela n’arrivera pas, mais Washington peut causer d’énormes dégâts avant de se rendre à l’évidence. La Russie peut et doit empêcher d’aussi importantes manœuvres américaines d’ingénierie sociale.

Par ailleurs, la Russie doit maintenant décider si elle veut assez intensifier son engagement pour sortir de l’impasse actuelle. Avec le temps qui passe, une impasse devient coûteuse et peut, à tout moment, tourner brusquement en défaite. Il est clair que jusqu’à présent les Américains ne négociaient pas sérieusement. Ils ne faisaient que gagner du temps pour permettre de grandes attaques contre le gouvernement syrien. La Russie doit choisir entre quitter complètement la Syrie ou intensifier suffisamment ses efforts pour vaincre les terroristes de façon décisive. Ce n'est pas une décision facile.

Aujourd’hui, des terroristes ont abattu un hélicoptère russe en Syrie. Le corps sanglant du pilote mort a été traîné dans la boue par des dingues locaux qui ont filmé la scène et ont posté la vidéo, tout fiers. Si le gouvernement russe avait besoin d’un prétexte officiel pour revenir en Syrie, il en a un maintenant. Aujourd’hui, également, Daech a menacé d’attaquer la Russie à l’intérieur de ses frontières. Voilà une autre bonne raison de revenir en force en Syrie. Il faut noter que la Russie est déjà extrêmement contrariée par le climat irrationnel d’hostilité qui règne contre elle à Washington DC. Il aura des conséquences.

Le Guide suprême iranien a affirmé récemment que l’accord nucléaire avec les Etats-Unis était un échec. Les Etats-Unis ne l’ont pas respecté au final. L’argent iranien est toujours bloqué dans les comptes contrôlés par les Etats-Unis et aucune banque internationale ne veut faire des affaires avec l’Iran, car les Etats-Unis menacent de les pénaliser. Selon le Guide iranien, il faut en conclure qu’un accord n’est possible avec les Etats-Unis sur aucune question locale au Moyen-Orient et que toutes les négociations avec eux sont une perte de temps. Cette nouvelle position officielle pourrait enfin faire sauter les limites sur le déploiement iranien en Syrie. Pourquoi prendre la peine de se limiter puisque les Etats-Unis n’en tiennent pas compte ?

La manière dont la situation en Syrie va évoluer à partir de maintenant dépend en grande partie de la Turquie. La Turquie est en train de changer de politique étrangère et de se tourner vers la Russie, l’Iran et la Chine. Mais jusqu’où cet éloignement de « l’Occident » ira et s’il s’assortira également d’un revirement complet sur la Syrie n’est pas encore clair. Si la Turquie bloque vraiment ses frontières et, avec elles, l’approvisionnement des terroristes, la guerre contre la Syrie pourrait se terminer en un an ou deux. Si l’approvisionnement (secret) continue, la guerre pourra se poursuivre pendant de nombreuses années. Dans les deux cas, un plus grand soutien (renforts en troupes, etc.) du gouvernement syrien par ses alliés réduirait considérablement le temps que la guerre prendrait encore (et les dégâts). Rien que cela justifierait les efforts supplémentaires des alliés de la Syrie.

L’avenir dira si Téhéran et Moscou sont d’accord avec cette conclusion.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7433

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Les racines nazies de l’Union européenne. Par Gunnar Bjornson

5 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #l'Allemagne, #l'horreur économique, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Chroniques du fascisme ordinaire, #Culture, #Histoire

Les racines nazies de l’Union européenne

Par Gunnar Bjornson − Le 25 mai 2016 − Source katehon.com


L’Union européenne est aujourd’hui considérée comme un standard de démocratie, de libéralisme et de droits de l’Homme. Pourtant, même si tout semble aller pour le mieux sur le plan du libéralisme, peut-être même à l’excès, on peut dire qu’il y a clairement un déficit démocratique. Le processus décisionnel de l’Union européenne est compliqué, et ne prévoit aucun mécanisme forçant les dirigeants de l’UE à rendre des comptes aux Etats membres. Le Parlement européen, la seule institution démocratique de l’UE, n’a qu’un rôle consultatif et ne constitue donc pas une réelle assemblée législative. En fait, le cauchemar de l’intégration européenne est confié à un cercle très restreint de personnes. De plus, cet aspect non démocratique du processus d’intégration est inhérent au système qui a été mis en place après la Deuxième guerre mondiale.

 

Juste avant le référendum britannique, les médias anglais ont révélé un fait important au sujet du passé de l’UE mettant en lumière son actuelle politique étrangère : depuis sa création, l’UE a été téléguidée par la CIA pour faire de l’Europe une entité géopolitique tournée contre la Russie.

Mais la CIA n’a pas construit l’UE à partir de rien. Les bases les plus importantes avaient été jetées bien plus tôt par les nazis. D’un point de vue géopolitique, le Troisième Reich, incluant les pays occupés d’Europe et leurs États satellites, a représenté une première version d’Europe unie. De nombreuses réalisations nazies ont été ensuite utilisées par les Américains et ont déterminé le caractère agressivement anti-national et rabiquement anti-Russe de l’UE de nos jours.

Les historiens allemands ont à plusieurs reprises publié des documents d’archives nazis contenant des projets d’intégration européenne. La compilation des documents de Gerhardt Haas et Wolfgang Schumann fut révélée à Berlin-Est en 1972 sous le titre Anatomie d’une agression : une nouvelle documentation au sujet des objectifs militaires de l’impérialisme allemand au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Cet ouvrage expose principalement les détails de projets de grande ampleur d’intégration européenne sous la direction des nazis, servant les intérêts du capital financier européen. Ces plans ont été élaborés au sein des ministères de l’Économie et des Affaires étrangères du Reich, et du Groupement industriel du Reich.

Une autre source documentaire allemande sur la relation entre le Troisième Reich et le processus d’intégration européenne a été rendue publique en 1987 à Munich. Intitulés L’Europe et le Troisième Reich, ces documents ont été compilés par Hans Werner Neulen. Ces sources analysaient en particulier les projets politiques des dirigeants nazis pour unifier l’Europe. En 1985, Michael Zalewski a publié le premier tome de ses documents sur l’histoire de l’intégration européenne, intitulé Projets pour une union européenne continentale: 1939-1945. On imagine aisément de quel type d’intégration il s’agit.

Les historiens ont remarqué que les formulations linguistiques telles que Union européenne, Communauté économique européenne et Confédération européenne, qui constituent la base du vocabulaire médiatique aujourd’hui, ont été à l’origine utilisées comme éléments de langage dans les documents officiels concernant les politiques étatiques du Troisième Reich.

L’intégration européenne par les SS

Un des premiers architectes de l’Europe unie fut l’officier SS Alexander Dolezalek, qui dirigeait un département créé spécifiquement à cet effet. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Dolezalek a travaillé pour les services spéciaux de l’Allemagne de l’Ouest et des États-Unis sous le nom d’Alexandre Bomhoff, à la tête du Projet éducatif pan-européen (Gesamteuropäischen Studienwerk) dans la ville allemande de Vlotho. Ses travaux d’après-guerre sur l’intégration européenne ont été étudiés de très près par des théoriciens de pointe dans ce domaine, et ont eu une influence sur le discours de Churchill prononcé à Zürich en 1946, au cours duquel l’ancien Premier ministre britannique a appelé à la création d’États-Unis d’Europe. Certains aspects de la Déclaration Schuman, qui marque le départ de la construction européenne, peuvent être retrouvés dans les premières esquisses de Dolezalek, en particulier sur le fait que le projet d’intégration garantirait une paix durable en Europe.

Alexander Dolezalek

A sa décharge, les plans de cet officier nazi pour transformer l’Europe contenaient au moins une déclaration d’intention sur la préservation des identités des peuples d’Europe de l’Ouest, un élément que l’Union européenne d’aujourd’hui ne mentionne même pas. Au même moment étaient élaborés par d’autres unités SS des projets de germanisation de l’Europe conquise. En particulier, on peut citer un projet d’imposition de l’allemand comme lingua franca et la création d’un espace d’information médiatique homogène. Cet aspect du projet était la priorité du célèbre linguiste allemand Georg Schmidt-Rohr, au sein de la section SS-Ahnenerbe.

Certains autres des projets de Dolezalek semblent aujourd’hui encore d’actualité et coïncident en fait parfaitement avec la politique des élites européennes actuelles. En particulier, Dolezalek proposait l’abolition des frontières entre les pays européens et la création d’un passeport européen. Les habitants d’Europe de l’Est, comme aujourd’hui, étaient considérés comme des citoyens de seconde classe. Les SS planifiaient de redessiner les frontières ethniques en Europe de l’Est pour éviter tous les futurs conflits. Toutefois, les initiatives de création d’une Europe unie par les SS ne se limitent pas aux initiatives de Dolezalek.

Le 1er mars 1945, un autre officier SS, Hans Schneider, a reçu l’ordre de prendre en charge le développement du sujet des « modèles européens d’organisation ». Schneider, qui avait travaillé à l’Institut pour le patrimoine des ancêtres (Ahnenerbe), disparut rapidement, pour ne réapparaitre qu’après la guerre en possession de documents signés de son nouveau nom, Hans Schwertke, avec lesquels il rejoint la maison d’édition Stalling, qui était connue pour ses activités de propagande sur une certaine idée de l’Europe et l’intégration européenne. Il est intéressant de mentionner que Stalling a engagé pendant la même période d’anciens officiers du SD [services secrets, sous le commandement des SS, NdT] : Hans Reossner et Wilhelm Spengler.

L’organisation adhérait publiquement à l’idéologie libérale de gauche, mais de façon plus significative, leur propagande d’après-guerre sur l’intégration européenne était le fait des mêmes personnes qui développaient ce projet pendant les années de la dictature nazie. D’un point de vue géopolitique, ces acteurs ont essayé de recréer sur de nouvelles bases l’unité européenne obtenue par les armes allemandes pendant la guerre, et de refaire de l’Europe une seule entité géopolitique. De leur côté, les États-Unis ont tenté de manipuler les transfuges nazis devenus communistes, et de reprendre leurs travaux dans le but d’opposer une Europe unie à la Russie, comme ce fut le cas à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale. Dans les deux cas, le camp atlantiste s’appuyait sur les mêmes forces.

La carte de l’Europe dessinée par les SS

Le projet de Ribbentrop pour la construction d’une confédération européenne

Le ministère des Affaires étrangères du Troisième Reich travaillait également sur un projet d’Europe unie. De concert avec les SS, le cabinet de Ribbentrop [ministre des Affaires étrangères du Troisième Reich de 1938 à 1945, NdT] y porta une attention toute particulière après la défaite allemande à Stalingrad [1943, NdT]. Suite à cette défaite, il devenait nécessaire de proposer une idée qui galvanise les populations européennes contre la montée en puissance de l’Union soviétique. Le Bureau de la propagande dirigé par Goebbels a diffusé à cette époque un communiqué appelant à travailler activement à la création d’une « nouvelle représentation à l’échelle européenne de la politique étrangère de l’Allemagne ». Le nouveau Comité européen, créé en 1942 au sein du ministère des Affaires étrangères du Reich, se mit alors activement au travail. Le 21 mars 1943, Ribbentrop a envoyé à Hitler un mémorandum dans lequel il prenait position en faveur de la création d’une Confédération européenne. La composition de ce nouveau bloc devait comprendre l’Allemagne, l’Italie, la France, le Danemark, la Norvège, la Finlande, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie, la Serbie, la Grèce et l’Espagne.

Un mémorandum daté du 9 septembre 1943, du ministère des Affaires étrangères allemand, révèle la structure de cette future Confédération européenne. La structure proposée ne diffère pas vraiment de la structure actuelle de l’Union européenne. Les questions économiques devaient être prises en charge par le Conseil économique européen, et il était déjà suggéré à l’époque que soient créées une Union monétaire européenne et une Banque centrale européenne. Toutes ces idées furent appliquées plus tard dans l’Union européenne, sous un format plus libéral.

La Communauté économique européenne, et les débuts de l’intégration européenne

L’autre terme de « Communauté économique européenne » a lui aussi été mentionné en détail et utilisé la première fois dans des documents nazis au sujet des différents projets d’intégration de l’espace économique européen tels qu’ils étaient développés par les ministères et bureaux en charge de l’Économie du Reich. Le théoricien principal sur ce sujet était Werner Deitz, le directeur de la Société pour la planification économique européenne et pour l’économie des grands espaces. Les théoriciens économiques nazis prévoyaient d’établir un système uniforme de planification et de gestion pour l’économie européenne qui saperait progressivement la souveraineté économique des États. Dans le même temps, la souveraineté politique des États au sein de ce système devait être remplacée par la souveraineté des peuples qui, dans les faits, devait amener à la destruction de l’indépendance des États-nations traditionnels, comme c’est actuellement le cas dans l’Union européenne.

Les ministères et autres entités en charge de l’économie au sein du Reich ont pensé l’intégration européenne comme un processus au sein duquel toutes les autres nations européennes promouvraient le développement de l’économie allemande. A la même époque, certains économistes allemands ont élaboré une approche différente, et ce malgré le fait qu’ils partageaient la vision officielle de l’intégration européenne. Comme le préconisait le secrétaire d’État du ministère impérial de l’Économie, l’officier SS Gustaw Schlotterer, le processus d’unification européenne sur une base économique dans l’intérêt de l’économie allemande pouvait commencer par un rapprochement des économies nationales. Ce concept devint par la suite la base du processus actuel d’intégration européenne. La Commission Schlotterer a également élaboré des projets pour la création d’une future Banque européenne qui devait être basée à Vienne.

Il convient de souligner que l’actuelle Union européenne est née de la Communauté européenne pour le charbon et l’acier (CECA). Les mêmes industries allemandes du charbon et de l’acier dans la région de la Ruhr soutenaient le projet Schlotterer, et en 1951, elles lancèrent même une nouvelle association professionnelle. Schlotterer trouva même, après la période de dénazification, un emploi d’économiste dans l’industrie de l’acier à Düsseldorf, au centre de la région Rhin-Ruhr.

A la lumière de la forte impulsion donnée par les nazis à la création de l’Union européenne, il n’est pas surprenant que des gens comme Walter Hallstein, le premier président de la Commission de la CEE, un des pères fondateurs de l’UE et le père du droit européen dans les années 1930 et 1940, ait été un membre de l’Union des juristes national-socialistes. De la même manière, il a ouvertement fait usage, après la Seconde Guerre mondiale, des mêmes phrases et des mêmes constructions logiques au sujet du nouveau droit européen qu’il utilisait sous le régime hitlérien lorsqu’il discutait de nouveaux systèmes juridiques des États sous occupation allemande.

Bien entendu, des projets d’unification européenne ont existé avant la Seconde Guerre mondiale. Les nazis n’ont rien inventé de nouveau, mais ce sont leurs efforts d’organisation à grande échelle et leur évangélisme à ce sujet qui ont contribué à transformer le concept d’Europe unie du stade de mythe au stade de projet politique et économique viable.

Leurs réalisations ont formé la colonne vertébrale de l’intégration européenne dans sa version libérale, de la même manière que les anciens nazis sont devenus après la guerre les militants du projet européen. Les mêmes grands industriels allemands qui ont amené les nazis au pouvoir (les familles Thyssen et Krupp) ont été à l’origine de la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier [la CECA, créée en 1952 et expirée en 2002, NdT].

À n’en pas douter, l’Europe mérite de devenir un des pôles dans un monde multipolaire. Cependant, l’ADN du processus d’intégration européenne, hérité du projet nazi, peut inquiéter quant au sort des pays européens au sein de cette structure. L’héritage nazi a été absorbé par le projet libéral de l’Union européenne d’aujourd’hui, en grande partie grâce à la base rationaliste commune que ce projet partage avec les Lumières. Cet héritage commun comprend :

− Une hyper-centralisation dans les sphères économique et politique, qui aboutit à un empiètement sur la souveraineté des États membres.
− Un objectif d’élimination de la souveraineté des États en Europe.

− L’unification de l’Europe au nom d’un principe idéologique unique (nazi ou libéral) et la soumission des intérêts nationaux à cette abstraction (nazie ou libérale).
− Une nature fondamentalement non-démocratique des institutions européennes, qui ont des compte à rendre uniquement aux élites financières et industrielles, et pas aux assemblées des peuples européens.
− L’exploitation des pays faibles de la périphérie européenne (Grèce, Europe de l’Est) par les puissances d’Europe occidentale, principalement l’Allemagne.
− Une orientation géopolitique fortement anti-russe.

Gunnar Bjornson

Liens

Qui a financé Hitler : la liberté en échange du silence ? Des noms et des faits.

Traduit par Laurent Schiaparelli, édité par Hervé, relu par Catherine pour Le Saker Francophone

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Quand le JT de France 2 soutient de facto Al-Nosra, quel combat contre le terrorisme? Par Karine Bechet-Golovko

4 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Les média, #La République, #Terrorisme, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le fascisme

Quand le JT de France 2 soutient de facto Al-Nosra, quel combat contre le terrorisme?

Le 03 août 2016

Quand le JT de France 2 soutient de facto Al-Nosra, quel combat contre le terrorisme? Par Karine Bechet-Golovko

Après la série d’attentats qui touche la France, plus sanglants et plus barbares les uns que les autres, l’on aurait pu espèrer que la France réalise que soutenir des terroristes, simplement parce qu’ils n’aiment pas un Président étranger que les Etats Unis veulent faire tomber, est un peu léger comme justification d’une politique internationale. Mais non, aucune leçon n’a été tirée, comme le montre le JT de 20h sur France 2 hier soir, qui soutenait ouvertement “l’opposition” contre qui se déchainent les forces de Assad. Rappelons que ces forces “d’opposition” sont des membres de Al-Nusra, organisation reconnue comme terroriste non seulement par la Russie, mais aussi par l’ONU et les Etats Unis. Manifestement pas par la France, qui a l’hypocrisie de sa faiblesse.+

Voici la dernière mouture du “grand reportage” sur Alep qui vous fera comprendre à quel point le peuple syrien souffre, non pas en raison de Daesh, mais de l’armée de Assad et de la Russie, qui en plus ouvre des corridors humanitaires douteux. Livrer de l’aide humanitaire à une population au bord de la catastrophe humanitaire est en effet très douteux.+

Regarder à partir de la 15e minutes: JT de 20H présenté par Julian Bugier sur France 2 le 2 août 2016.+

Ainsi, les journalistes sont conduits par des forces d’opposition à Assad qui, donc très objectivement puisqu’elles sont “indépendantes”, leur livrent leur version des choses. Deux remarques: 1) Les journalistes français ont de bons contacts avec les groupes de cette “opposition modérée” armée contre le Gouvernement régulier syrien; 2) Aucune tentative n’ayant été faite pour chercher des personnes ayant un autre point de vue, France 2 se transforme en organe de propagande des groupes terroristes modérés en Syrie.+

Et d’insister sur le caractère douteux de l’aide humanitaire apportée par la Russie – sans expliquer pourquoi la coalition “démocratique américaine” préfère livrer des armes aux groupes terroristes combattant Assad plutôt que de la nourriture aux populations, alors que chacun est d’accord pour reconnaître que la population d’Alep est dans une situation de crise humanitaire. Selon l’ONU, 300 000 personnes sont en danger.+

Suite à l’intensification des combats autour d’Alep suite à la constante violation du régime de silence par les groupes terroristes, la Russie a décidé le 28 juillet de lancer une grande opération humanitaire pour aider la population de la ville, qui se réduit en deux temps: largage de nourriture, de produits pour bébés et autres produits de premières nécessités et ouverture de corridors humanitaires:+

Les organisations humanitaires internationales ont été proposées de se joindre à cette opération.+

Pour le sauvetage des civils en otage, ainsi que pour les combattants qui veulent mettre bas les armes, le Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes a été ordonné d’ouvrir 3 couloirs humanitaires.+

Près de ces couloirs humanitaires on va installer des centres de premier secours et d’alimentation.+

“En prenant en compte le fait que les partenaires américaines ne nous ont pas accordé les données sur la séparation de Jabhat al-Nusra et des détachements de l’Armée syrienne libre, il faut créer à nord d’Alep dans la direction de la route Kastello la 4ème couloir pour le passage sécurisé des combattants avec l’armement. Il est à noter, que cela n’est effectué qu’afin de garantir la sécurité des habitants d’Alep,». (…) Sergueï Choïgou a exprimé un espoir que « le collègues américaines nous accorderont les données sur les positions des formations de l’Armée syrienne libre et l’information sur l’apparence du détachement de l’opposition modérée – l’armement et le matériel, combien de chars, VCI et pièces d’artillerie on utilise.+

La population va être informée sur les couloirs humanitaires de sortie de la ville à coups de feuilles volantes, messages SMS, haut-parleurs. La tête de département militaire a ordonné d’organiser le parachutage des produits alimentaires, des médicaments et des objets de première nécessité aux civils bloqués par les combattants. L’attention particulière doit être payée à la livraison des objets de soin donné aux enfants et malades.+

Pour éviter les victimes vaines parmi les civils et les combattants qui n’ont pas mis bas les armes mais qui n’ont aussi pas s’entacher en crimes de sang, le Ministre de la Défense de la Russie a appelé le gouvernement syrien à garantir l’amnistie.+

La suite, nous la connaissons. Un hélicoptère russe en mission humanitaire a été abattu le 1er août par missiles par les rebelles modérés de Al-Nusra. 5 morts. Al-Nusra continue a attaquer Alep, ces gentils opposants dont parle France 2, sans les citer bien sûr, bombardent des quartiers de la vieille ville, des centres commerciaux, l’aéroport d’Alep. Et pendant ce temps, la presse parle, sans que l’information ne soit encore confirmée, de bombes chimiques de chlore lancées sur les populations avec morts et blessés par dizaines.
Mais Amnesty International estime que les corridors humanitaires ne servent à rien. Que ça ne résoudra pas le problème. Puisque le régime est responsable de ce que des terroristes aient pris en otage la population. Vouloir libérer cette population semble ne pas plaire à Amnesty.+

Et pour cause, les Etats Unis également condamnent cette opération humanitaire, l’armée syrienne doit tout bonnement cesser d’attaquer … les terroristes. Comme cela, les populations civiles seront libres. Est-ce une plaisanterie?+

Pendant ce temps, des groupes armés se rendent et l’armée syrienne avance, ce qui fait manifestement enrager les “partenaires américains”. Et explique cette campagne de dénigrement ignoble.+

Quel jeu joue France 2, chaîne publique? Aucun. Elle retransmet le message que la France veut faire passer. Seulement il faut choisir: soit pleurer sur les victimes de Nice, soit pleurer sur les terroristes d’Alep.+

Tant que la France soutiendra les terroristes, elle en paiera le prix.+

Karine Bechet-Golovko

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« Poutine est un monstre ! Et son pays aussi ! ». Par Alexandre Artamonov

4 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'horreur économique

« Poutine est un monstre ! Et son pays aussi ! »

Le 03 août 2016

« Poutine est un monstre ! Et son pays aussi ! ». Par Alexandre Artamonov

Il y a des jours où la grisaille, pas forcément parisienne, semble s’installer dans les méninges – ceux des gestionnaires, analystes, observateurs et autres plumeux de mon acabit. Eh bien, les médias américains y doivent être soumis en permanence compte tenu de leur ambiance où la fine pluie imprègne l’air des quartiers proches des berges du Potomak et en meuble la routine de tous les jours. Décidément les Etats-Unis ne vont pas bien ou, plus exactement, vont de mal en pis. Non seulement, elles ont dû se révolter contre les sempiternels principes de la libre circulation des biens et des personnes physiques (embargo contre la Russie), mais, à la tête d’autres nations occidentales, elles ont joyeusement opté pour la levée de la présomption d’innocence des athlètes russes. Je m’explique tout de suite.+

Vous savez, aussi bien que moi, que l’embargo contre la Russie a été voté au détriment du bon sens et au grand dam des règles internationales. Je dis bien à l’encontre des intérêts économiques de l’Europe parce qu’en fait, l’Europe y a laissé des plumes avec presque 4% de son PIB annuel et un taux de croissance qui était presque nul avant l’affaire tandis que les Etats-Unis ont presque triplé leur chiffre d’affaires avec Moscou. Les lois internationales ont été, elles aussi, traitées par-dessus la jambe, parce qu’un pays ne peut se rendre responsable de la décision d’une tierce entité juridique. La Crimée a voté son émancipation de l’Ukraine toute seule, c’est-à-dire sans l’ingérence de la Russie. Ensuite la Crimée qui était une autonomie au sein de l’Ukraine a demandé l’adhésion à la Fédération de Russie ce qui, en fait, était une restauration de son statut quo ante légitime, car c’est bien selon la décision du terrible secrétaire général et nationaliste ukrainien Khrouchtchev que la presqu’île a été offerte à Kiev. Cela était aussi contraire même aux us et coutumes aussi bien qu’à la Constitution de la feue URSS. Mais le camarade Nikita a tout bonnement passé outre.+

Donc, en revenant à nos moutons de Panurge, la Russie n’y était strictement pour rien. Ensuite on a fait souffrir Moscou dans sa chair (du moins, on l’espérait) à cause du traité de Minsk dont la Russie se porta garante sans en être pour autant le signataire exécutant. Ceci n’empêcha point l’Occident, en l’absence de toute logique, d’accuser la Russie de ne pas avoir tenu ses engagements (lesquels ?!). Cela se produisit justement au même moment où les troupes du président-chocolatier d’Ukraine Porochenko s’amusaient à pillonner les villes de Donbass. Alors de qui étaient les engagements et qui ne les a pas tenus ?! Tout ça est un dossier à classer et presque de l’histoire ancienne, vous pensez-bien ! L’Union Européenne est connue pour avoir la mémoire courte. Enfin, quelques mois auront suffi pour passer l’éponge. Le sang des Donbassiens aurait, sans doute, une autre couleur que celles des Niçois ! Et puis, c’est loin l’Ukraine, aux marches de l’Europe ! Pourquoi s’en inquiéter ?+

Mais voilà que survient Rio et les JO. Que se passe-t-il ? Comme de bien entendu, les athlètes russes se voient enlever la présomption d’innocence et, pour châtier les sportifs qui se sont dopés, on a décidé de mener une action coércitive contre tout un pays !!! Les Russes sont connus pour consommer des produits hallucinogènes à leur petit-déjeuner et se shooter à la drogue dure tous les après-midi! Cet acte juridique des instances sportives internationales est du jamais vu après les derniers Jeux d’avant la Seconde Guerre Mondiale ! Résultat ? A la différence d’autres nations, les Russes sont soumis à des procédures humiliantes pour prouver qu’ils ne se dopent pas. Saisissez la nuance ! Non ! Ce n’est pas l’Agence Mondiale Antidopage (WADA) qui doit prouver que les Russes se dopent. C’est aux Russes de prouver qu’ils ne se dopent pas ! On revient à des normes médiévales où les peuples n’étaient pas tous égaux devant la loi parce qu’il existait des peuples des seigneurs et des indigènes qui étaient traités en sous-hommes. Quel extraordinaire tournant l’histoire prend cette fois-ci ! Etonnant et contraire à toutes les lois européennes tant prônées à partir du siècle des Lumières ! Mais comme si toutes ces cochonneries, sans parler d’une dizaine de guerres au Proche- et Moyen-Orient aussi bien qu’en Afrique ne suffisaient pas, on s’est mis maintenant à chahuter Poutine sur les bords du Potomak.+

Cathleen Macfaren, ex-adjoint à l’assistant du Secrétaire à la Défense US, a déclaré que les yeux du Président de Russie trahissaient le for intérieur « d’un assassin et d’un bourreau » Sic !+

Comme vous voyez, le procédé est purement hitlérien : on ne se gêne plus parmi les siens. Il serait intéressant de savoir qu’elle serait la réaction de l’Occident si un ex-fonctionnaire haut-placé russe osait des commentaires de ce genre sur les ondes d’une radio ou d’une chaîne de télévision à diffusion nationale à propos de François Hollande ou de Barak Obama. En revanche, Margaret Thatcher aimait bien Gorbatchev, car elle savait qu’il était prêt à tout faire pour plaire à l’Occident, même à en découdre avec son propre pays.+

Je plains beaucoup les Américains qui non plus devant eux un interlocuteur écervelé de type gorbatchévien, ne mauviette avec la doublure d’un petit apparatchik sorti de rien, qui se hissa aux premiers rangs de l’actualité pour perdre son pays (sans parler, bien sûr, du côté idéologique soviétique qui était exécrable et auxquels les Russes ont renoncé de toute façon, à laz différence des Chinois, toujours officiellement communistes). Qui plus est, même Erdogan a commencé à peupler les cauchemards des décideurs américains.+

L’exemple de Vladimir Poutine semble être contagieux. Erdogan refuse de se faire détrôner par le Grand Frère. Il a bien compris qu’après Mouammar Kadhafi, ce grand rêveur de la Jamahiriya, sauvagement empâlé dans son propre pays et au su des troupes occidentales, après Saddam Hussein, pendu dans sa propre capitale par les troupes d’occupation américaines , après Bachar el-Assad qui résiste de toutes ses forces, c’était à son tour de passer à la casserole. Eh bien, quoi d’étonnant qu’il a choisi de vivre ? Je peux rappeler à tous ceux qui désirent entendre que les Américains ont également condamné le Président de Biélorussie. Ils se sont déclarés prêts à le liquider par tous les moyens disponibles. Tout ça prouve, une bonne fois pour toutes, que l’oligarchie occidentale s’est transformée en monstre nazi plutocratique qui a décidé de raser de la terre les peuples indésirables.+

En attendant c’est Poutine, bien sûr, qui est le méchant. Et c’est les Russes qui sont une nation à l’égard de laquelle aucune norme de morale ou de règles internationales n’est censée être respectée. Je répondrai que n’importe quel peuple a le droit à la légitime défense.+

Alors ne soyez point étonnés que la Russie fasse de son mieux pour se défendre aussi bien que d’autres pays du BRICS et du Tiers-Monde!+

Alexandre Artamonov, Pravda.ru

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Assad le tyran ? Par Philip Roddis – Le 23 mai 2016.

3 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Assad le tyran ?


Par Philip Roddis – Le 23 mai 2016 – Source Off Guardian

Je connais des hommes et des femmes intelligents, courageux, indépendants et bien intentionnés qui sont sûrs que Bachar al-Assad – le type affable qui ressemble à un gendarme français et qui, s’il n’en tenait qu’à lui, serait le chirurgien ophtamologiste qu’il voulait être et pour quoi il a été formé si l’Histoire ne lui avait pas réservé d’autres projets – est un monstre. Certains disent qu’il est tout aussi mauvais que les coupeurs de tête acharnés à transformer un pays divers et autrefois prospère en un théâtre d’horreurs incroyables : justement l’idée que poursuivent les fanatiques de la volonté d’Allah sur la terre.

Moi, je suis enclin à laisser au gars un peu de mou, et cela pour trois raisons.

UN, l’info sur la prétendue tyrannie d’Assad junior et son impopularité universelle, et sur les incidents de Daara largement mis en avant dans les médias commerciaux et sociaux comme ayant suscité une révolution syrienne, est d’origine louche. Les sources comprennent des topos émanant de Washington, de Whitehall et de politiciens de l’OTAN dont les antécédents sur la région seraient, dans tout monde sain et à peu près alerte, traités avec dédain. Elles incluent aussi Al-Jazeera – propriété de l’Émir du Qatar, dont des décennies d’hostilité envers Damas rendent presque sans valeur le traitement de la Syrie par cette source, par ailleurs utile – et le pompeusement intitulé Observatoire syrien des droits de l’homme. Permettez-moi de vous parler de ces types. Ou plutôt, ce type, puisque même le New York Times – qui n’était pas un porte-parole de Damas la dernière fois que nous avons vérifié – décrit cet Observatoire comme « un homme-orchestre dont le fondateur, Rami Abdul Rahman, a fui la Syrie il y a treize ans et opère à partir d’un appartement (à Coventry) ».

(Veux tu dire que c’est comme pour « steel city scribblings » ? [le blog de l’auteur, NdT] Nous, nous avons des équipes de journalistes sur nos listes de paie…)

Regardez : l’Ukraine et la Grèce… L’Irak, la Libye et la Syrie… La Bolivie, le Venezuela et une série d’autres pays dont les politiques déplaisaient à Washington et à Wall Street. De grands récits généraux sont construits sur le gouvernement de ces pays – avant des interventions ouvertes ou secrètes – à partir de preuves douteuses. À force de répétitions, et à travers le ton sobre des politiciens et des experts impartiaux, ces récits acquièrent le statut d’une vérité inattaquable. J’ai entendu des universitaires expérimentés – des hommes et des femmes qui sanctionnent régulièrement leurs étudiants pour ne pas étayer leurs affirmations dans leurs travaux – réciter de telles opinions inconsciemment pro-impérialistes sans l’ombre d’une preuve. J’ai entendu une militante de gauche aguerrie et courageuse me dire, lorsqu’elle a été mise au défi d’étayer une affirmation selon laquelle Assad est aussi malfaisant qu’EI, qu’elle verrait si elle pouvait « déterrer quelque chose » – puis perdre son sang-froid lorsque j’ai dit que c’était chercher une preuve pour appuyer une conclusion a priori. (Autre qu’un lien vers Al Jazeera, sa propre source était ce type magnifique à l’Observatoire syrien, que je dois réécouter.) Et j’ai rencontré un ami juif qui me disait que les horreurs sur Assad « ne peuvent pas toutes être des inventions ». Des types moins forts que moi pourraient sombrer dans le désespoir lorsque quelqu’un comme lui – apparenté à des gens qui en savent beaucoup sur l’échelle industrielle de la calomnie – parle de cette manière.

Un exemple central de cette authentification par la répétition est l’usage présumé du gaz sarin neurotoxique, élevé par des diffusions répétées au statut de fait avéré. Sur cette question et d’autres s’y rapportant, j’ai vu trop de partis manifestement biaisés prononcer la culpabilité d’Assad sans aucune preuve ou alors infiniment minces ; trop de groupes et d’individus crédules relayant de tels jugements sur Facebook et Twitter. J’ai aussi entendu des amis intelligents, qui devraient en savoir plus, dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu, un proverbe dangereusement complaisant lorsque le poids combiné des médias occidentaux parle d’une voix uniquement et singulièrement non critique. En revanche, je vous recommande cette enquête de Who What Why [Qui, quoi, pourquoi] ;  pas seulement parce qu’elle conseille la prudence mais aussi pour son approche impartiale. Who What Why n’exclut pas la possibilité de la culpabilité d’Assad. Ce qu’il fait est d’exposer les faits connus, en commençant par les multiples usages du sarin en Syrie, avant de peser les preuves médico-légales et balistiques et de poser la question du cui bono ? – Damas, les islamistes et l’OTAN. Le résultat n’est pas seulement un exemple rare d’appréciation sobre sur un aspect important du désastre qu’est la Syrie ; plus généralement, c’est un modèle de ce à quoi ressemble une enquête solide et critique.

Un autre exemple souvent répété de la vilenie d’Assad est l’usage de bombes barils. Damas est-il coupable ? Avec un plus grand degré de certitude que pour le sarin, la réponse est probablement oui. De mauvaises choses, les bombes barils, mais elles sont aussi artisanales et sommaires : au contraire du degré technique de l’armement utilisé – au bénéfice de l’énorme industrie américaine de l’armement – par la coalition des forces en Irak, où les gens meurent encore de l’uranium appauvri laissé par les armes conventionnelles. « Scandaleux, disent Kerry et Obama. Ces gens épouvantables utilisent (gloups) des bombes barils. » Et comme s’ils n’attendaient que ça, les bavards des médias commerciaux et sociaux se précipitent pour relayer le message partout – aucun des deux groupes ne se souciant de vérifier si les bombes barils sont pires que les faucheuses de marguerites et autres panoplies létales couramment utilisées par nos forces. Subitement, l’épreuve de vérité pour séparer les bons types des mauvais est l’usage de bombes barils. Comme nous sommes facilement manipulables !

Mais ce sont des détails, de simples embellissements de récits plus larges qui viennent pour dominer notre compréhension des conflits à l’étranger et notre rôle infailliblement bien intentionné là-dedans. Et les escrocs et les menteurs courent parmi nos classes politiques, bien sûr, mais la plupart des politiciens parviennent à façonner nos points de vue sur les questions étrangères non seulement parce que nous avons tendance à en savoir peu et à peu nous en soucier, mais parce qu’ils s’en convainquent d’abord eux-mêmes. Pour certains, c’est parce qu’ils sont bêtes. (Mémoire pauvre et incapacité à établir des liens y contribuent.) Pour d’autres, c’est parce qu’ils en savent moins que nous. Et pour la plus grande partie, c’est parce que – guidés par le conformisme, la dissonance cognitive, le sens du côté où notre tartine est beurrée et la pure paresse – les humains sont disposés à croire ce qu’il convient de croire. Parce que nous à l’Ouest nous savons, comme dans nous pensons que nous savons, que nos chefs et nos médias sont tenus à des vérifications et à des contrepoids qui fonctionnent plus ou moins, donc que la thèse du mensonge répété qui devient vérité de Hitler n’est plus valable. Soutenez-vous que Assad est le diable que l’on nous a dit qu’il est ? Comment et où l’avez-vous découvert ? Voici une enquête d’opinion internationale – sûrement plus crédible et impartiale que les sources citées ci-dessus – montrant qu’une majorité de Syriens le soutiennent. Vous ne l’aurez pas vu dans le Daily Mail. Vous devriez l’avoir vu dans le Guardian ou l’Independent, mais seulement comme une note dissonante mineure – la quantité comptant ici plus que la qualité – dans une symphonie bien orchestrée, Assad le diable en sol majeur.

DEUX, dans tous les cas où l’Ouest a pesé de tout son poids militaire et financier pour déloger un prétendu tyran au Moyen-Orient, les résultats ont été : chaos meurtrier… privatisation … destruction de la protection sociale… gros bénéfices non seulement pour les marchands d’armes mais pour le grand capital en général, aidé par des politiciens opportunistes – allez vérifier Haliburton-Cheney, Clinton-ExxonMobil. En somme, ceux qui ont le plus à gagner à renverser le tyran sont précisément ceux qui contrôlent le récit sur sa tyrannie. Cela ne disqualifie pas automatiquement le récit, mais cela devrait nous rendre soupçonneux. Alors pourquoi n’est-ce pas le cas ? Pourquoi tant de gens de gauche et du centre-gauche répètent-ils et relaient-ils ce récit sans se soucier de faire un petit bout d’appréciation indépendante des preuves ? Et oui, je sais que certaines gens ont des boulots, des enfants et des vies occupées. Tout le monde ne peut pas passer des heures et des heures à étudier chaque affirmation des médias milliardaires, mais ce que nous pouvons tous faire est de faire de la place pour ménager un espace à un scepticisme à l’ancienne et à cette question perpétuellement utile, cui bono?

(Bien que je ne sois pas prêt à exposer complètement mes vues à ce propos, je vois beaucoup le chaos syrien comme un produit des politiques occidentales, à considérer à la lumière des tensions entre l’Occident et non seulement la Russie, mais aussi la Chine. Ces tensions ont de multiples aspects, fiscaux et économiques autant que géopolitiques et militaires, et il y a des signes que la Chine et la Russie s’unissent – la première amenant son énorme surplus, la seconde ses énormes réserves énergétiques – pour contester une hégémonie du dollar qui a soutenu le monde occidental depuis 1945 et près de la totalité de l’ordre mondial depuis la chute de l’Union soviétique en 1990. Tandis qu’il y a des aspects positifs à cette contestation, en particulier la capacité des pays en développement de résister à l’austérité imposée par le FMI en concluant des accords moins draconiens à Pékin et à Moscou, le résultat est que le monde est plus dangereux. L’Histoire n’offre pas d’exemple de pays le plus puissant sur la terre autorisant que son économie soit contestée, et dans ce contexte, la localisation géographique de la Syrie est importante. Ses ports en eaux chaudes sur la Méditerranée en font la candidate évidente pour transporter le pétrole des producteurs éloignés du littoral jusqu’en Europe, avec des routes concurrentes sur la table. Assad a rejeté l’oléoduc occidental/saoudien/qatari soutenu par l’Égypte passant par Homs (arabe) pour choisir en lieu et place l’oléoduc Iran-Irak (islamique) soutenu aussi par la Russie. Étant donné cela, une compréhension du conflit syrien comme une guerre des oléoducs – Washington ayant une fois de plus inventé ou exacerbé un soulèvement populaire qui doit être soutenu au nom de la Démocratie – ne peut pas être rejetée facilement. Ni le contexte plus large tel qu’il est brièvement esquissé.)

TROIS, supposons que certaines au moins des choses dites sur la brutalité d’Assad puissent être prouvées. Je n’ai pas encore vu de preuves crédibles, mais cela ne signifie pas qu’aucune ne pourrait surgir. Où cela nous mènerait-il ? Pour ceux qui à gauche font passer leur noble universalisme au-dessus de la realpolitik, la réponse est claire : tous les côtés sont également et indiciblement vils, donc la peste est partout ! OK, pour les besoins du raisonnement, disons que Assad est aussi mauvais que les coupeurs de tête. (Pire peut-être, puisque ceux-ci ont au moins la courtoisie de fournir les preuves de leur mauvaiseté sur internet.) Pour les champions d’une troisième force islamiste modérée qui s’est réduite à un croupion autour de Londres et de Washington (qui eux-mêmes n’y croient plus mais tiennent la ligne), la conclusion, rarement formulée mais découlant logiquement de cette prémisse, est que c’était à Assad de jeter l’éponge et d’embarquer ce soir pour une clinique suisse où il pourrait pratiquer l’optométrie chère à son cœur, et tout irait pour le mieux. En particulier si les Russes partaient aussi, suivis par le Hezbollah. Trois démons hors du cadre ; quelle joie ! C’est vrai, les fantassins d’Allah aiment chanter Les Alaouites au couteau, les chrétiens à Beyrouth, mais c’est la fougue de la jeunesse, n’est-ce pas ?

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

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« TERRORISME : Ne pas dire la vérité aux Français ! » (Penser la France)

31 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #l'islamisme, #l'horreur économique

« TERRORISME : Ne pas dire la vérité aux Français ! » (Penser la France)

 

« TERRORISME : Ne pas dire la vérité aux Français ! » (Penser la France)

26 juillet 2016

Face à la vague d’attentats qui vise directement les Français – et dont l’assassinat d’un prêtre dans son Eglise ce matin n’est qu’un point d’orgue particulièrement abject – le temps approche où les Français vont devoir opérer un sursaut important : moral et politique.

Depuis une dizaine d’année, la France a profondément modifié sa politique internationale.

Les interventions de nos services en Libye – grâce à Nicolas SARKOZY – et en Syrie – grâce à François HOLLANDE et Laurent FABIUS – ont placé la France en tête des soutiens aux rebellions islamistes contre des régimes politiques arabes stables : celui de Mouammar Kadhafi et celui de Bachar el-Assad.

Les politiques commerciales et financières agressives menées auprès des Etats du Golfe ont généré de nombreux contrats industriels alors que ces Etats finançaient dans le même temps les mouvements djihadistes.

Cette politique a non seulement entraîné la déstabilisation de régions entières mais également alimenté la concurrence entre les Etats du Golfe et entre les organisations islamistes.

Cette politique hypocrite et ambiguë a également placé en porte-à-faux plusieurs services de renseignements en France comme en Europe ainsi que des services opérationnels militaires et policiers.

Des services français ont formé des groupes islamistes (en Libye comme en Syrie) qui se sont trouvés combattre d’autres services français quelques mois après.

En Europe même, et ce depuis les années « 1990 », certains services anglais, français, allemands, américains et israéliens ont alimenté des mouvements djihadistes, les ont financés et formés.

La guerre en Yougoslavie a bien sûr été le lieu initial de cette politique catastrophique.

Dans le même temps, plusieurs services français luttent d’arrache pied contre le terrorisme et ce, au péril de la vie de leurs agents.

Certains policiers et certains militaires s’étonnent de coïncidences, écrivent et les dénoncent, puis crient leur écœurement.

Nous n’avons eu de cesse depuis dix ans de les relayer et d’informer le public français et étranger.

Les médias français sont pour la plupart fermés à cette réalité complexe. Les journalistes ne font plus leur travail. Et les intellectuels médiatisés comme Bernard-Henri Levy jouent un rôle absolument criminel.

Cette politique qui mêle des intérêts nombreux met en lumière la complexité de la situation sécuritaire française : la France ne maitrise plus sa propre politique internationale ni sa propre sécurité.

Des réseaux étrangers opèrent sur le sol français et peuvent aujourd’hui déstabiliser gravement la société française.

Aussi, et d’urgence, une politique s’impose : la France doit reprendre en main sa propre sécurité.

Pour cela, il faut que les Français osent s’informer pour comprendre la réalité complexe de notre situation nationale.

Les Clubs « Penser la France » appellent les Français à rester vigilants et à rechercher les véritables enjeux dissimulés derrière l’actuelle vague de terrorisme.

Depuis dix ans, le combat des Clubs « Penser la France » est limpide : il faut « Libérer la France » !

Pour cela, il faut : Sortir de l’OTAN ! Sortir de l’UE et Sortir de l’Euro.

 

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Pour aller plus loin, nous vous invitons à lire et relire les travaux suivants :

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« CRIMES SANS CHATIMENT » de Jean-Loup Izambert – Note de lecture et présentation de Jean-Luc Pujo (Café hyper-républicain du 30 mars 2013)

http://www.politique-actu.com/actualite/crimes-sans-chatiment-jean-loup-izambert-note-lecture-presentation-jean-pujo-cafe-hyper-republicain-mars-2013/706507/

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“Comment le Djihad est arrivé en Europe » par Jürgen Elsässer – préface de JP Chevènement

http://www.politique-actu.com/actualite/comment-djihad-arrive-europe-juergen-elsaesser/517386/

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« Mort pour la Françafrique » de Robert Dulas, Marina Ladous, Jean-Philippe Leclaire

http://www.politique-actu.com/actualite/mort-pour-francafrique/1202102/

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#penserlafrance

CONTACT: penserlafrance@penserlafrance.fr – 01.73.64.98.68

Les Clubs « Penser la France » travaillent au soutien de plusieurs initiatives politiques de refondation autour d’un « nouveau Conseil National de la Résistance » réunissant communistes authentiques et gaullistes authentiques.

 

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Histoire non romancée de la déclaration Schuman, par Yannick Hervé.

31 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #l'horreur économique

Histoire non romancée de la déclaration Schuman, par Yannick Hervé.

Bibliographie en fin de texte

** Histoire non romancée de la déclaration Schuman

D'après l'histoire officielle, celle que l'on trouve dans les livres d'école la construction européenne a démarré suite à deux événement :
- le discours de Churchill en 1946 (en oubliant de dire que ce serait sans les anglais et sur un modèle intergouvernemental)
- et d'un point de vue opérationnel par la déclaration Schuman du 9 mai 1950. Schuman, grand visionnaire, aurait pris cette initiative à titre personnel et imposé ses vues à toute l'Europe (des 6 à l'époque).

Du fait de l'importance de cette date, la fête de l'Europe a eté fixée au 9 mai. Preuve de son caractère exceptionnel, Robert Schuman est en cours de béatification avec certainement une canonisation à suivre par l'église catholique romaine.

Voyons, basé sur un analyse historique, la réalité des choses.

***** Courte bio de Schuman

Rappelons que Robert Schuman est né citoyen allemand, le 29 juin 1886, au Luxembourg. Il y fréquenta l'école communale de Clausen avant de poursuivre ses études à l'Athénée grand-ducal.

En 1908, âgé de 22 ans et vivant seul avec sa mère veuve, Robert Schuman se fait réformer, prétendument pour raisons médicales. Cette décision, pas banale à l’époque, ne plaide guère pour son courage et son ardeur au combat, lui vaut d’être exempté du service militaire allemand long de deux ans.

Schuman, ayant perdu son père à 14 ans (en 1900) et sa mère à 25 ans (en 1911), aurait pu, n’ayant plus de famille proche, partir s’installer en France. Pourtant, il décida de rester allemand et fit le choix d’aller étudier le droit dans les universités allemandes. Ses études supérieures le conduisirent successivement à fréquenter les Universités de Bonn, Munich, Berlin et enfin celle de Strasbourg, la capitale du Reichsland annexé. Il s’installa enfin en 1912 à Metz, encore allemande, comme avocat.

Toutefois, la guerre de 1914 mobilise plus largement et il est affecté sous uniforme allemand, de 1915 à 1918, comme adjoint d’administration au responsable de la sous-préfecture allemande (Kreisdirektion) de Boulay en Moselle (1) . Ce travail, qui n’est pas subalterne compte tenu des diplômes et du métier d’avocat de Robert Schuman, lui vaudra d’être accusé, en 1919, par plusieurs organes francophones lorrains d'avoir servi comme officier de l'armée allemande et d'avoir été « embusqué » dans cette sous-préfecture.

Comme le note l’historien François Roth, Robert Schuman se montra ainsi un parfait sujet de l’Empire allemand, « respectueux des autorités et de l’ordre établi », et ne participant à aucune des manifestations du Souvenir français.

Robert Schuman, « nommé sous-secrétaire d’État aux réfugiés dans le gouvernement de Paul Reynaud en mars 1940.

Le 16 juin 1940, Schuman est confirmé par le maréchal Pétain dans ses fonctions de sous-secrétaire d’État. Après l’armistice, il fait partie des 569 parlementaires qui votent les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet. Mais Pierre Laval ne veut pas de lui dans le nouveau gouvernement formé le 12 juillet.

Robert Schuman rentre à Metz en zone occupée où il ne trouve rien de mieux à faire que de brûler sa correspondance. Puis... il se rend à la police pour discuter du rapatriement des réfugiés mosellans. On lui propose de collaborer avec les autorités allemandes. Il refuse.

Robert Schuman est placé en état d’arrestation et écroué de septembre 1940 à avril 1941.

Sur ordre d’Heinrich Welsch, le procureur allemand, Robert Schuman est sorti de prison, non pas pour être envoyé en déportation comme d’autres parlementaires français, mais pour être
placé en résidence surveillée à Neustadt-an-der-Weinstrasse dans la Forêt Noire.

Il s’enfuit vers la zone libre en août 1942, après avoir de nouveau refusé plusieurs offres de collaboration.

À partir de novembre 1942, Robert Schuman décide de vivre clandestinement, mais il opte pour le cadre bucolique d'abbayes trsè discrêtes. Il s’installe à l’abbaye d’En-Calcat, monastère bénédictin situé dans le Tarn, mais aussi à l’abbaye de Notre Dame des Neiges en Ardèche et à l’Abbaye de Ligugé dans la Vienne. À aucun moment il n’envisage de s’engager dans la Résistance.

À la Libération, le ministre de la Guerre, André Diethelm, exigea que « soit vidé sur-le-champ ce produit de Vichy ».

Les autorités de la France Libre le traitèrent pour ce qu'il était : à savoir un ex-ministre de Pétain et l'un des parlementaires ayant voté les pleins pouvoirs au maréchal en assassinant la IIIème République. Ces faits suffirent à le frapper « d’indignité nationale »
et « d’inéligibilité ».

Avec la volonté et l’ambition de reprendre des responsabilités politiques, il finit par écrire au général de Gaulle le 4 juillet 1945 pour le supplier de lui retirer ces marques d’infamie.

Il est très probable que cette démarche ait été appuyée par le clergé mosellan, mais aussi probablement le Vatican de Pie XII. Charles de Gaulle, qui avait une piètre image de Robert Schuman mais qui, avait le souci d’apaiser les tensions entre Français, céda à la supplique et intervint pour que l'affaire fût classée.

Un non-lieu dans l'affaire Rober Schuman fut prononcé par la commission de la Haute Cour le 15 septembre 1945 et Robert Schuman reprit sa place dans la vie politique française comme si
de rien n’était.

À peine relevé de sa peine d’inéligibilité pour collaboration, Robert Schuman se lance donc dans la politique de la IV ème République. Il est candidat aux législatives du 21 octobre 1945, et sa liste remporte quatre sièges sur sept en Moselle.

************

** Déclaraton (Monnet-)Schuman

Collowald a rencontré Robert Schuman, au mois d’août 1949, qui lui avait confié, avoir rendez-vous à Washington, en septembre 1949, avec ce qu’on appelait les trois alliés, l’Américain Dean Acheson, secrétaire dEtat américain, l’Anglais Ernest Bevin et lui.

Les questions en suspend : désormais les Allemands vont avoir, puisqu’ils ont un Parlement, vont avoir un gouvernement – on ne sait pas lequel – ensuite une démarche démocratique mettra au point une coalition, il y aura une opposition, etc., donc, dans ce contexte, que vont devenir les problèmes des démontages, le problème de la Ruhr, le problème de la Sarre ?
Il faut quand même réfléchir, qu’est-ce qu’on va faire ?

Cette rencontre du mois de septembre, à Washington, à quelques heures près, a coïncidé avec l’élection de Konrad Adenauer, en septembre, autour du 20 septembre, à Bonn, comme premier chancelier.

(témoignage de Bernard Clappier, directeur de cabinet de Schuman)
Le 20 septembre 1949, lorsque Acheson, Bevin et Schuman sont ensemble, Dean Acheson se tourne vers Robert Schuman, pour lequel il avait beaucoup d’estime, il regarde Ernest Bevin en disant: «Écoutez, finalement, on va se retrouver à Londres au printemps – il
fixe le 10 mai – pour prendre des décisions (après-guerre, problème allemand, etc.). Chargeons notre collègue Robert Schuman, qui quand même est en première ligne, c’est un Lorrain, un Français qui connaît bien tout ce monde germanique, on va lui demander de nous faire une proposition.»

Dean Acheson entend vaguement un grognement de la part d’Ernest Bevin et Dean Acheson dit : «Eh bien, voilà, nous sommes d’accord.»

Bernard Clappier rajoute : «Il a quand même un peu bousculé Ernest Bevin.»

(Fin du témoignage de Clappier=

Le témoignage de Clappier montre quand même que c’est le ministre des Affaires étrangères américain qui pose un ultimatum à Robert Schuman en lui demandant de proposer quelque chose
sur le problème allemand de l’après-guerre. C’est une vérité historique qui n'est jamais rappelée souligne Collowald.

De son côté Jean Monnet, au commissariat au Plan, réfléchissait depuis longtemps à une approche économique, mais dans un contexte politique.

Il avait déjà évoqué cette solution en 1917 au cours d'un diner avec Arthur Salter, haut fonctionnaire anglais.

Dans ses "Mémoires", Paul-Henri Spaak (autre père de l'Europe) évoque sa première rencontre avec Monnet à Washington en 1941 : "Nous parlâmes de l’après-guerre, de la façon dont il faudrait assurer la paix et l’avenir de l’Europe. Il m’exposa la philosophie et les grandes lignes de ce qui devait être un jour le plan Schuman."

Etienne Hirsch, ingénieur et résistant, rejoint Alger en juillet 1943 et devient l’un des plus proches collaborateurs de Jean Monnet. Un matin de l’été 1943, Hirsch surprend Monnet penché sur une carte en train de couvrir de hachures la Ruhr, la Lorraine, le Luxembourg, la Campine, le Borinage.
- "Que faites-vous ?"
- "C’est de là que vient tout le danger, lui répond Monnet. C’est grâce aux productions de charbon et d’acier que l’Allemagne et la France forgent les instruments de la guerre. Pour empêcher un nouveau conflit, il faut, sous une forme ou sous une autre, soustraire cette région aux deux pays qui, par trois fois en moins d’un siècle, s’étaient affrontés."

Dans une note fameuse, datée du 5 août 1943 à Alger, Jean Monnet s’interroge sur la manière de rétablir durablement la paix et d’assurer la reconstruction économique en Europe une fois
le conflit terminé.

Dans cette note, Monnet expose, en outre, ce qui constituera presque toute la teneur de la Déclaration Schuman : limitation des souverainetés nationales, subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général, lutte contre le protectionnisme, nécessité pour l’Europe d’accroître ses débouchés sur le marché mondial, lien entre les réformes sociales internes et la création d’un ordre mondial plus équitable, lien également entre la modernisation et l’efficacité économique, et in fine, la constitution d’une fédération ou "entité" européenne.

Il se confie au Président du Conseil, Georges Bidault, dans une note du 18 avril 1948 : "L’effort des différents pays, dans les cadres nationaux actuels, ne sera pas, à mon avis, suffisant. En outre, l’idée que seize pays souverains coopéreront effectivement est une
illusion. Je crois que seule la création d’une fédération de l’Ouest, comprenant l’Angleterre, nous permettra en temps voulu de régler nos problèmes et finalement d’empêcher la guerre. J’en sais toutes les difficultés -peut-être l’impossibilité, mais je ne vois pas d’autre solution, si le répit nécessaire nous est accordé."

Depuis 1947, Bernard Clappier, directeur de Cabinet de Robert Schuman (alors ministre des Finances), est souvent amené à déjeuner avec Jean Monnet au siège du Commissariat au Plan.

Vers le début du mois de mars 1950, Jean Monnet entreprend de lui lire les notes qu’il a rédigées au sujet de l’Allemagne. Il ne lui en laisse pas de traces écrites mais cela n’empêche pas Clappier de mettre Robert Schuman au courant.

Un mois plus tard, début avril, Monnet interroge Clappier sur les réactions de R. Schuman. Clappier lui fait savoir que Robert Schuman "aime les écrits, les textes, qu'il peut étudier à loisir. C'est donc en lui remettant un texte qu'on pourra obtenir de lui une réaction sérieuse."

Le 12 avril 1950, Jean Monnet rencontre dans son bureau du Commissariat au plan un jeune professeur de droit de l’université d’Aix en Provence et jurisconsulte au Quai d’Orsay, Paul Reuter.

Le dimanche 16 avril 1950, Jean Monnet convie Paul Reuter et Etienne Hirsch chez lui, à Houjarray (Yvelines) près de Paris.

Rejoint plus tard par l’économiste Pierre Uri, ils rédigent une note de quelques feuillets qui contient à la fois l'exposé des motifs et le dispositif d'une proposition qui allait bouleverser tous les schémas de la diplomatie classique (Notes de Paul Reuter, nuit du 16 au
17 avril 1950 : "Paix – Europe – France-Allemagne – Renonciation partielle souveraineté… ")

Ils précisent l'idée d'un pool charbon-acier européen et rédigent un premier texte. Mais, déjà, tout est là : "L’Europe doit être organisée sur une base fédérale. Une union franco-allemande en est un élément essentiel, et le gouvernement français est décidé à l’entreprendre…".

Bien que le but de Monnet était la création d'une entité européenne qui jouirait de l'ensemble des attributs d'un Etat, la phraséologie anodine était délibérée afin d'éviter de transformer cettte entité en une autre institution intergouvernementale (comme la défunte SDN, l'ONU ou le Conseil de l'Europe). La formulation était volontairement insignifiante sans préciser que son objet était de dissoudre la souveraineté.

Il envoie son texte par respect au président du Conseil, Georges Bidault, et en même temps, il cherche à atteindre Bernard Clappier, qui est le directeur de cabinet de Robert Schuman mais ils ne se rencontrent pas. Dans la note explicative Monnet explique que la situation allemande devenait une cancer qui mettati en danger la paix.Il semble que Georges Bidault n'ait jamais eu le texte ou qu'il l'ai écarté le pensant sans importance.

Plus tard, Bernard Clappier indique à Jean Monnet qu’approche le week-end du premier mai et que son ministre va rentrer en Moselle, pour aller se reposer un petit peu.

Le vendredi 28 avril 1950, Jean Monnet remet à Bernard Clappier qui avait oublié le rappeler une note qui contient tous les éléments clés de la future Communauté européenne du Charbon et de l’Acier.

Le 29 avril 1950, Clappier accompagne son patron à la gare de l’Est qui part pour le week-end à Metz et il dit: «On vient de voir Jean Monnet et il m’a dit: parlez-en à Schuman. Voilà.»
Schuman emporte la proposition avec lui.

Il médite quarante-huit heures là-dessus. Il dit: «Ça, c’est formidable, on va lui donner une touche politique. Moi, ministre, je devrais reprendre la responsabilité, entre guillemets, de vendre ça à mes collègues, à mon gouvernement», parce que le ministre des Affaires étrangères ne peut pas prendre des initiatives de cette nature sans que ce soit entériné.

Schuman rentre à Paris et dit: «J’en fais mon affaire».

A peine rentré au Quai d'Orsay le ministre demande à Jean Monnet de le rejoindre. L'initiative est alors dans le champ de la responsabilité politique. Le temps presse, et le succès de l’opération implique une discrétion absolue.

Alors qu’il rédige les différentes versions, il y en a eu 9 différentes, de ce qui deviendra la Déclaration Schuman, Jean Monnet écrit le 3 mai au ministre des Affaires étrangères : "Il faut changer l'esprit des hommes. Des paroles n'y suffisent pas. Seule une action immédiate
portant sur un point essentiel peut changer l'état statique actuel. Il faut une action profonde, réelle, immédiate et dramatique qui change les choses et fasse entrer dans la réalité les espoirs auxquels les peuples sont sur le point de ne plus croire… Il ne faut pas chercher à régler le problème allemand qui ne peut être réglé avec les données actuelles. Il faut en changer les données en les transformant. Il faut entreprendre une action dynamique qui transforme la situation allemande et oriente l’esprit des Allemands, et ne pas rechercher un règlement statique sur les données actuelles."

Au Conseil des ministres du 3 mai, Schuman parle d'un projet d'initiative française à l’égard de l’Allemagne de la façon suivante : «Écoutez, vous savez qu’il faudra changer l’ordre le 10 mai, je dois être à Londres, vous vous souvenez, il y a une réunion là-bas. Bon, on va faire une proposition.»

Bidault: «Bon, eh bien, d’accord.» Il avait laissée le texte initial de Monnet dans un tiroir…

Le 6 mai 1950, Monnet et ses collaborateurs rédigent la neuvième et dernière version de ce texte. Jean Monnet veille à ce que ce travail soit entouré de la plus grande discrétion.

Outre Robert Schuman et le secrétaire général du quai d’Orsay, Alexandre Parodi, deux ministres sont dans la confidence, René Mayer (Garde de sceaux) et René Pleven (Ministre de la défense), ainsi que les collaborateurs de Monnet, Pierre Uri, Étienne Hirsch, Robert Marjolin ou encore Paul Reuter. Au total, neuf personnes !

Le 7 mai Schuman obtient un accord de principe mais secret d'Adenauer, qui a reçu le texte préliminaire le jour même, sans prendre l'avis de ses ministres. Schuman a ignoré le canal diplomatique des Ambassadeurs alors qu'il est le ministre des
affaires étrangères. Mais il a aussi ignoré toute la techno-structure française ainsi que les autres partenaires dont l'Angleterre qui n'a reçu qu'un résumé quelques heures avant la communication officielle.

Le texte final de la déclaration est prêt le 8 mai. Pour arriver le 10 mai à Londres, il faut que le Conseil des ministres, qui a été avancé de 24 heures à l'initiative de Pleven et Mayer, décide le 9 mai du projet a présenter le 10 mai à Londres, sur ce qui est deviendra la
déclaration Schuman.

En Conseil des ministres, alors que Bidault allait lever la séance, l’ordre du jour était épuisé, en disant: «Ah oui, Schuman voulait encore un point.»

Alors Schuman explique rapidement, pour avoir le feu vert. C’était le 9 mai vers midi et demi une heure moins le quart et le lendemain il fallait être à Londres avec un projet en grillant l’ambassadeur François Poncet.

En Conseil, il y eut quelques réticences de la part de certains, à l’instar de Georges Bidault, mais Pleven et Mayer se firent les avocats convaincants de la proposition Schuman. Finalement le Conseil des ministres français donna son accord.

La fille de l'ambassadeur raconte : «Oui, mais, mon père était fou de rage. Il a appris dans le train qu’il allait y avoir ou qu’il y a eu la déclaration Schuman, la conférence de presse.»

Dans la matinée du 9 mai, au moment même où Robert Schuman défendait sa proposition devant ses collègues en Conseil des ministres, Robert Mischlich, un de ses proches collaborateurs,
communiquait le texte définitif de la déclaration en main propre au Chancelier Adenauer, qui dû, pour le recevoir, interrompre une séance du cabinet fédéral à Bonn.

Le Chancelier fut immédiatement enthousiasmé par la proposition. Robert Mischlich, fort de l’approbation d’Adenauer, appela immédiatement Bernard Clappier qui demeurait dans un bureau
de l’Elysée, lieu où se tenait le Conseil des ministres. Ce dernier, après en avoir informé Schuman, appela Monnet au Commissariat du Plan : "C’est acquis, on peut y aller".

Adenauer avait proposé en mars 1950 que la France et l'Allemagne s'unissent pour former une nation. Leurs économies seraient gérées en commun, leurs parlements fusionneraient et leur citoyenneté serait partagée. Adenaueur enthousiaste au départ a été refroidi quand il a appris que Monnet en était l'instigateur car il le savait retors et fourbe.

La conférence de presse a lieu vers dix-huit heures dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay devant une centaine de journalistes dont beaucoup d'étrangers. La lecture dura très exactement une minute et demie.

Schuman a pris la place qui lui avait été réservée au bout d’une grande table revêtue du classique tapis vert. Assis à sa droite, silencieux, Jean Monnet, l'auteur réel de tous ça.

Dans sa déclaration, Schuman dit au quatrième paragraphe :
"Dans ce but, le gouvernement français propose immédiatement l'action sur un point limité mais décisif.

Le gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe."

Alors que quelques heures avant, la gouvernement n'était même pas au courant et il n'a pas donné son avis formel sur le contenu.

Monnet, avaient pris à l'avance des contacts avec la sidérurgie, les charbonnages, et ça, Schuman le savait.

Ce qui n'est écrit nulle par dans les histoires officielles c'est que Dean Acheson, le secrétaire d'Etat américain s'est arrêté le dimanche 7 mai 1950 à Paris (avec John Mc Cloy), sur la chemin de Londres pour une réunion de l'OTAN, dans le but de rencontrer Schuman de façon informelle. Et comme par hasard Monnet se trouvait aussi présent à cette rencontre "non planifiée". Dean Acheson a été mis dans la confidence par Schuman sur le déroulé des événements.

La plan annoncé par Monnet porté par Schuman reprend des propositions américaines présentées au printemps 1948 à Londres et même celles du Général Marshal et Dulles à Moscou en 1947. La
propostion est la concrétisation des discussions passées entre Monnet et William Clayton et de toutes ses propositions depuis 1917.

Dans ses mémoires Acheson avoue qu'il n'a pas compris tout de suite la portée du projet, n'y voyant que la construction d'un cartel industriel. Puis il en saisit l'importance et demande à Pierre Uri, un collaborateur de Monnet, d'écrire une note de soutien et 'explication qui sera diffusée en même temps que la proposition.

Le 10 mai à Londres, Schuman retrouve Dean Acheson mais tout est déjà fixé.

Le 23 mai, Monnet rencontre Adenaueur pour lever les dernières oppositions.

Les anglais, au grand dam de Dean Acheson, ont refusé de s'associer à une initiative supranationale non démocratique.
Cette décision, en ces termes peu diplomatiques, a été signifieé le 2 juin par un compte-rendu du Gouvernement. C'était le réponse attendue par Monnet qui savait que les anglais s'opposeraient à la supranationalité et à la fédération qui faisaient partie de ses plans.

Le 3 juin, le Benelux et l'Italie sont invités à la table des négociations d'un comité interministériel sous la présidence de Jean Monnet, représentant nommé pour la france (alors qu'il n'était pas au gouvernement).

Le traité a été signé le 18 avril 1951 pour mettre en place la CECA.
La ratification a eu lieu en décembre 51.Comme dit le professeur Lavergne : "Les députées votèrent les yeux grands fermés."

Monnet a été nommé premier président de la haute autorité.
Pour ouvrir la première session, il déclara aux délégués : "Vous prenez part au premier gouvernement d'Europe".

Et le grand bordel européen était lancé ....

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Donc, à la fameuse question: " Qui est le père de la déclaration Schuman ?"

On peut répondre : Sur une impulsion de américains, c'est une propostion concrétisant un vieux rève de Monnet au service des intérêts des industriels, portée par Schuman et finalisée par les américains, en grande partie à leur profit, avec l'échec de l'intégration anglaise.

Cet acte fondateur de ce qui est devenu l'UE a été imposé par 9 personnes, en autonomie totale du gouvernement, avec le soutien des américains et sans même en avoir informé la représentation nationale qui n'a donc pas pu ni en débattre ni se prononcer.

C'est la définition d'un coup d'Etat.

On peut aussi, se poser la question "Quel en était le véritable objectif".

Le texte proposé au comité interministériel en juillet 1950 par Monnet comporte la clause suivante :
"Le retrait d'un etat qui s'est engagé à participer à la Communauté ne devrait être possible que si les autres l'acceptent et en fixent les conditions. Cette règle résume la transformation fondamentale voulue par la proposition française. au-delà de l'acier et du fer, elle pose les fondations d'une fédération européenne. Dans une fédération, aucun Etat ne peut entrer en sécession de manière unilatérale."

On peut alors, sans exagérer, parler de complot contre les Etats et leurs peuples.

Yannick HERVE (26/07./16)
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Bibliographie :

La grande dissimulation
Christophe booker et Richard North
Préfacé par Jacques sapir
Collection L'artilleur, Le Toucan éditeur
ISBN : 97828100007189

La France et les Origines de l'Union européenne
Matthias Kippong
OpenEdition, ISBN : 9782110910561

Histoire économique et financière de la France
Tome II : 1932-1952
Michel Margairaz, OpenEdition, ISBN : 9782110811219

L'idéologie européenne
Landais, Monville et Yaghlekdjian
Editons Aden, ISBN : 978293040512

Témoignage de Paul Collowald
Ancien directeur général de l’information à la Commission européenne et au Parlement européen ainsi que directeur de cabinet du président du Parlement européen, Pierre Pflimlin.
Porte-Parole de Robert Marjolin, VP dela CE.
Interview par Étienne Deschamps, prise de vue : Alexandre Germain.
Sanem: CVCE [Prod.], 27-28.06.2002. CVCE, Sanem.
http://www.cvce.eu/…/interview_de_paul_collowald_la_declara…

Un article de Touteleeurope.eu et sa longue bibliographie
"La genèse de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950"
http://www.touteleurope.eu/…/la-genese-de-la-declaration-sc…

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