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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

A mes amis qui pensent que les partis n'ont plus de raison d'être. Par Martine Billard.

26 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure, #La gauche, #Le socialisme, #La lutte des classes, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La République, #La finance dérégulée

A mes amis qui pensent que les partis n'ont plus de raison d'être

Mercredi, 25 mars 2015, 21:48 http://www.martine-billard.fr/

De nos jours défendre la nécessité d'avoir des partis politiques est presque suicidaire tant le discours général veut que les partis soient dépassés et représentent des obstacles à la démocratie. Disons-le tout net si quelqu'un était capable de me proposer une autre forme d'organisation efficace et plus démocratique, je dirais oui tout de suite. Mais j'ai longtemps cherché, fréquenté tous les collectifs, appels, revues, réseaux divers pour arriver à la conclusion que certes les partis étaient énervants par de nombreux aspects mais que personne n'avait trouvé comment les remplacer de manière durable.

En réalité la méfiance exprimée aujourd'hui dans les enquêtes ne concernent pas que les partis mais l'ensemble des « institutions ». Ainsi selon une étude du Cevipof, 76% des Français ne font pas confiance aux partis politiques juste devant 72% qui ne font pas confiance aux médias, chiffre qui monte d'ailleurs à 84 % pour les proches du Front de Gauche quant aux médias. Il faut dire que vu comment ils nous traitent, ce rejet n'est pas étonnant. Cette rupture des citoyens envers les dirigeants s'exprime notamment par le fait que 44% d'entre eux pensent que les politiques s’intéressent « peu » à leurs préoccupations et un tiers (34%) « pas du tout » alors qu'en 1977 la majorité (53%) avait un avis positif. Le décrochage s'est fait en 1983, soit sous Mitterrand lors du tournant de la rigueur.

Pour lire la suite: http://www.martine-billard.fr/

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Quelle réponse politique face à l’ascension du FN ? [par Stéphanie Roza]

26 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La gauche, #Le socialisme, #Le fascisme, #Europe supranationale, #La nation ., #La République, #La lutte des classes, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La finance dérégulée

Publié par Michel El Diablo

 

Quelle réponse politique face à l’ascension du FN ? [par Stéphanie Roza]

Une alternative aux replis communautaires 

 

par Stéphanie Roza, professeure 
de philosophie politique
 
*****

L’heure n’est pas à hurler au fascisme : oui, le FN a changé, il a notoirement changé de stratégie. Avant de se précipiter pour faire tomber d’hypothétiques masques et dévoiler la face hideuse de la bête immonde aux yeux d’un peuple qui comprend de moins en moins bien un tel langage, la gauche radicale doit se pencher sur ces transformations, les analyser sans complaisance, mais sans l’hystérie qui trop souvent tient lieu de politique antifasciste. Le FN n’a pas seulement changé par un phénomène naturel de remplacement par lequel, aux nostalgiques de Vichy et aux tortionnaires de la guerre d’Algérie, se substitue peu à peu une génération de politiciens toujours réactionnaires, toujours nationalistes, mais également opportunistes, technocrates…, en un mot, plus « classiques ». Les crânes rasés, les croix gammées, les amateurs de ratonnades n’ont certes pas disparu, mais ils se sont faits plus discrets. Ils font même l’objet de mesures disciplinaires parfois radicales. Des mesures d’affichage ? Sans doute. Mais qui disent quelque chose d’essentiel, pour qui sait l’entendre, des objectifs actuels de ce parti qui, désormais, se rêve sous les ors de la République. Qui, une fois au pouvoir, appliquerait bien évidemment une politique rétrograde, xénophobe, mais ne mettrait personne dans des chambres à gaz. Ni même n’abolirait, vraisemblablement, le suffrage universel.

 

Le FN brigue le pouvoir dans une situation qui n’a pas grand-chose à voir avec celle des années 1930. Il ne dispose pas de centaines de milliers de partisans en uniforme prêts à saccager les permanences des partis de gauche, à en assassiner les militants, à en disperser les meetings. Il dispose, en revanche, d’une base de millions d’électeurs qui, pour la plupart, ne sont pas même prêts à se déplacer à une de ses réunions publiques, mais qui ne comprennent ni n’approuvent ce qu’est devenue la France d’aujourd’hui. Qui sont remplis de méfiance et de préjugés. Qui se sentent bafoués et trahis. Et qui se vengent de tous et de tout en glissant discrètement un bulletin dans l’urne. De ces électeurs, des petits Blancs, pour la plupart, mais aussi désormais des juifs, des Arabes, des Noirs (qui l’eût cru), on a tiré des portraits divers, et qui tous contiennent une part de vérité : petits employés barricadés dans des pavillons dont ils peinent à rembourser le crédit et qui n’ont de l’Autre que l’image renvoyée par un écran de télévision ou d’ordinateur ; chômeurs des territoires saccagés par la désindustrialisation, emplis d’un sentiment de relégation ; petits patrons néo-poujadistes et racistes. Aux opprimés parmi eux, la gauche radicale devrait avoir des choses à dire et à proposer : pour eux, elle devrait substituer à la confusion idéologique et aux stigmatisations une explication rationnelle des causes historiques et économiques de la désagrégation du tissu social, de l’agonie des solidarités, de la montée de l’individualisme consumériste ; proposer une alternative aux replis communautaires en promouvant une société basée sur l’égalité, le progrès culturel, la mixité ; mettre fin au désespoir en redessinant la perspective d’un avenir collectif meilleur. Mais, pour cela, encore faudrait-il être, face au FN, « en ordre de marche »… comme dirait Marine Le Pen. Or la gauche de la gauche est dans un état préoccupant. Déchirée par des dissensions d’appareils, incapable d’ouvrir un vrai et vaste débat sur des sujets brûlants comme la souveraineté nationale, la laïcité, l’école, la forme parti. Incapable de trancher ces questions, de dégager une majorité et de défendre un minimum de positions communes. Manquant d’unité, de contenu idéologique clair, et finalement de courage politique, la gauche de la gauche, depuis la chute du mur, n’en finit plus de se chercher. Trouvons-nous donc enfin, avant qu’il ne soit trop tard.

 

SOURCE: 

 

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Orthodoxie : attention aux contrefaçons et aux boniments des menteurs.

26 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales

Orthodoxie : attention aux contrefaçons et aux boniments des menteurs

Orthodoxie : attention aux contrefaçons et aux boniments des menteurs.

Le pseudo patriarche et la sainte Russie

Au X° siècle, le grand prince de Kiev Vladimir adopta la foi chrétienne orthodoxe, après avoir envoyé des émissaires à Byzance qui revinrent, éblouis par les cérémonies religieuses, en lui disant : « Nous avons vu le ciel sur la terre ». Ce fut le début de la sainte Russie. Toutes les Russies, la blanche, la petite et la grande, restèrent fondamentalement unies dans cette entité dénommée la sainte Russie. En face des Polonais catholiques, l’ataman cosaque zaporogue Bogdan Khmelnitski se rallia à la Moscovie, par fidélité à cette même sainte Russie, ciment des trois Russies, lesquelles dérivaient toutes trois de cette région fluctuante et souvent envahie, de la Russie (Rus’) de Kiev, la mère des villes russes. Malgré les luttes entre les différents princes de cette sainte Russie, et leurs trahisons, ce qui unissait tout le monde, c’était la foi orthodoxe de la sainte Russie. Aussi le tsar était-il tsar de « toutes les Russies ». Et le patriarche également. On peut même dire qu’à présent où la Russie, après 70 ans d’URSS et la prédation néolibérale américaine des années Eltsine, se retrouve divisée comme au temps des mongols, le patriarche de Moscou est le seul à rester celui de « toutes les Russies ». Et à la tête de l’Eglise ukrainienne canonique se trouve un métropolite dépendant du patriarcat de Moscou, le métropolite Onuphre, un homme digne qui s’efforce de rester au dessus de la mêlée avec beaucoup de courage.

Le métropolite Onuphre : « La mission de l’Église, indépendamment du lieu où elle se trouve et des territoires sur lesquels s’étend sa responsabilité canonique, est immuable dans tous les temps. C’est la mission du salut de l’âme humaine. En même temps, il existe également des circonstances humaines, que l’Église ne peut ignorer. Et là, notre tâche consiste à enseigner le bien et appeler à la paix. Nous devons aider tous les hommes à comprendre qu’il faut résoudre tous les problèmes de façon pacifique, qu’il ne faut pas offenser le prochain, lever la main les uns sur les autres et, d’autant plus, tuer ». Source

Le métropolite Onuphre

Le métropolite Onuphre

En face, naturellement, on souhaiterait vivement éjecter ce souvenir de l’ancienne unité spirituelle de toutes les Russies, et l’on comprend bien pourquoi. Il subsiste l’Eglise uniate qui avait déjà, été conçue par les Polonais pour briser la résistance des paysans orthodoxes des territoires de l’actuelle Biélorussie, alors grand-duché de Lithuanie, ou de l’actuelle Ukraine que les aléas historiques avaient mis dans l’orbite catholique occidentale. Certains résistèrent, d’autres non. Ceux qui n’ont pas résisté sont violemment anti orthodoxes, comme c’est souvent le cas lorsque des gens trahissent leur foi pour avoir la paix, ils en rajoutent. Pour échapper à ce sort, les cosaques de Bogdan Khmelnitski étaient prêts à s’allier aux tatars, et ils se sont mis sous la protection de Moscou.

Après la dilacération de la Russie postsoviétique en satrapies proaméricaines, il fallait séduire les orthodoxes ukrainiens non uniates mains nationalistes, raison pour laquelle a été créée une église autocéphale ukrainienne, pour des motifs purement politiques, à la tête de laquelle s’est autoproclamé le patriarche Philarète, personnage qui, contrairement au métropolite Onuphre, ne s’efforce pas du tout de rester au dessus de la mêlée et de calmer les passions. Il va réclamer des armes aux Américains pour la junte de Kiev et vient de déclarer que massacrer la population de Kiev n’était pas un péché.

Philarète : le massacre des habitants du Donbass ne viole pas les commandements de Dieu Source

le patriarche Philarète

Le patriarche Philarète

Il y a quelques jours, donc avant que je lise cette déclaration de Philarète, accompagnée d’une photo où l’homme m’a irrésistiblement rappelé les caricatures de religieux du film d’Eisenstein « Ivan le Terrible » (« sa coiffe est blanche mais son âme est noire »), j’avais vu passer celle du patriarche de Constantinople Bartholomée rappelant que le patriarcat de Kiev, n’était pas canonique et devait être considéré comme schismatique. Je dis bien le patriarche de Constantinople, et non celui de Moscou, et je le dis pour les mauvais esprits. Sous cette déclaration, de gentils orthodoxes occidentaux regrettaient dans leurs commentaires que l’on fît ainsi de la peine à des tas de gens, mais si le patriarche Bartholomée, plutôt favorable aux dialogues interconfessionnels, plutôt « cool », disons, avait cru bon de la faire, c’est que sans doute, il avait eu vent de choses pas très catholiques ou plutôt orthodoxes. Or voilà que deux jours plus tard, pan, Philarète fait encore des siennes, on peut dire que Bartholomée avait senti le vent.

Le patriarcat de Constantinople estime que le prétendu “patriarcat de Kiev” est une entité schismatique

Un « pieux » orthodoxe pas très catholique

Au même moment, voilà que surgit l’article du Saker. Cet article peut introduire de regrettables confusions, et comme nous nageons dans la confusion de tous les côtés, il est bon d’éclaircir celle-ci quand on est à peu près capable de le faire. Je lis que le héros de l’article, Dmytro Korchynski, a « l’originalité d’être motivé par une idéologie qui mélange le messianisme chrétien et le djihad musulman ». Et le Saker ajoute que ledit Korchynski et ses hommes sont de « pieux orthodoxes ». Non. Si Korchynski est un pieux orthodoxe, de l’Eglise canonique d’Ukraine dirigée par le métropolite Onuphre, décidé à ne pas entrer dans les querelles génératrices de guerre civile, il ne peut confondre messianisme chrétien et djihad islamique et du reste, si comme partout ailleurs, les hommes politiques en Russie ont pu tenter d’utiliser l’Eglise, ou de l’opprimer, le messianisme orthodoxe n’est pas guerrier. Le chevalier teutonique n’est pas le genre de l’orthodoxe russe. Il ne conçoit que la guerre défensive, comme au Donbass, où l’on renvoie les prisonniers ukrainiens à leur maman quand ils ne sont pas des néonazis convaincus du bataillon Azov. Le messianisme orthodoxe consistait à construire un ermitage au fond de la taïga et à attendre l’affluence des moines et des pèlerins qui transformaient le lieu en centre spirituel avec les reliques du saint fondateur, et les animistes du coin se convertissaient généralement tous seuls. C’est par exemple ce qui s’est passé en Alaska, avec les indiens locaux. Ce scénario a sans doute connu des dérapages, mais c’est le scénario de référence. Les orthodoxes ne sont pas prosélytes. Ils croient à la prière et à l’exemple. Donc le djihadisme orthodoxe du sieur Korchynski se rapporte certainement plus à l’Eglise schismatique de Philarète, qui va démarcher des armes en Amérique et appelle au massacre, qu’à l’Orthodoxie de Bartholomée ou de Cyrille ou de n’importe quelle autorité orthodoxe canonique et reconnue.

Je vois plus loin que l’olibrius entend créer un « mouvement taliban chrétien ». Et que pour lui, le grand Satan, c’est la Russie.

Désolée Saker, mais ce type ne saurait en aucun cas être caractérisé comme un « pieux orthodoxe ». Comment un pieux orthodoxe considèrerait-il la sainte Russie de cette manière ? Comment imaginerait-il de créer des « talibans chrétiens » ? Non, c’est au mieux une espèce de chevalier teutonique, de ceux qu’Alexandre Nevsky a envoyé par le fond du lac Peipous au XII° siècle, et encore, je pense qu’ils prendraient mal la comparaison.

Ah mais justement, nous y arrivons. Le chevalier teuton a des origines polonaises, il « continue la guerre familiale contre l’Empire russe », avec un peu de chance, ce n’est même pas un sectateur de Philarète, ce « pieux orthodoxe », mais un uniate polonisé pur et simple. Ou encore, pour faire bref et ne pas avoir peur des mots, un serviteur de Satan, un semeur de confusion, qui déforme et déshonore le message chrétien. Ce que nous voyons dans l’analyse subséquente de son « catéchisme » et de son « credo » politico-religieux, beaucoup plus politico que religieux, d’ailleurs.

Un catéchisme plutôt craignos

En tant qu’orthodoxe, sans me faire réprimander par les théologiens, je peux avancer que dans le fatras haineux, douteux et démoniaque du sieur Korchynski, il n’y a strictement rien d’orthodoxe ni même de chrétien, d’ailleurs, sauf quelques symboles ou citations profanés par le contexte. Voici le « catéchisme de la Fraternité » illustré par une « talibane chrétienne » sexy. Elle désigne une «antique croix orthodoxe » qui n’est pas spécialement orthodoxe, c’est un symbole chrétien des catacombes, qui n’a vraiment rien à faire dans cette sinistre farce.

Le sieur Korchynski s’est donné beaucoup de mal pour justifier son talibanisme uniatoïde avec la seule phrase évangélique qui pouvait faire l’affaire et qu’on interprète toujours de travers : «Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre, mais le glaive» (Matthieu 10,34-36). Il s’est bien gardé de citer à peu près tout le reste : « Alors Jésus lui dit: Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée » ( Matthieu 26 :52) ; ou « Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre » (Matthieu 5:39). La phrase du Christ n’était pas un appel à la guerre, mais le pressentiment que son message et son Eglise susciteraient de violentes réactions et des persécutions, ce qui a été le cas, jusqu’à nos jours. Mais on n’est pas à une profanation près, quand on sert l’Adversaire avec un zèle retors.

Plus loin, je vois un moine « orthodoxe » du patriarcat russe rallié à sa cause, après avoir vu torturer des jeunes filles ukrainiennes par les séparatistes. Je n’en crois personnellement pas un mot, mais il n’y a là aucun moyen de prouver si c’est vrai ou faux. Néanmoins, devant de tels débordements, un moine orthodoxe véritable ne réagira pas ainsi. Il réagira comme ceux qui s’interposaient entre les combattants sur le Maïdan, avec des croix et des icônes. Donc pas clair, le transfuge.

A noter que la bête noire des occidentaux, Alexandre Douguine, qui est non seulement orthodoxe mais vieux-croyant, s’est rapproché, lui, d’un imam malais à l’islam modéré et tendance soufie ; le sheik Imran Hossein, qui prône l’alliance avec les orthodoxes, défend les chrétiens d’orient et qualifie la guerre de Tchétchénie de « djihad yankee »… Le « talibanisme chrétien » du serviteur polonisant de l’impérialisme américain s’appuierait-il sur un djihadisme mercenaire ?

Les orthodoxes véritablement pieux ne font pas de croisades en Ukraine ni ailleurs. Ils ont autre chose à faire, et la croisade n’est pas dans la tradition orthodoxe. J’en donnerai pour exemple un saint homme, l’évêque Longin, autrefois père Mikhaïl, prêtre marié puis moine, fondateur d’un monastère à la frontière roumaine, et soutien aimant de centaines d’orphelins. J’avais traduit il y a quelques mois sa lettre courageuse qui ne mâchait pas ses mots au gouvernement de Kiev, et ça, oui, c’est orthodoxe. C’est dans la tradition du saint métropolite Philippe.

L’évêque Longin

L’évêque Longin

L’évêque Longin : Comment peut-on prendre les armes et tirer sur une créature de Dieu? Elle a comme vous une mère, une femme, un enfant. Pourquoi nous oblige-t-on à tuer par la force? Ce qui était secret devient clair: des milliers, des dizaines de milliers ont péri, et ils parlent de centaines. Je ne vous donne pas ma bénédiction pour aller faire la guerre. Nous vous appelons à la paix.

Dix mille soldats ont été tués, et leurs mères ne savent même pas qu’ils ne sont plus en vie. Je ne fais pas de politique, mais je vous dis avec douleur que cette guerre n’est pas dirigée contre l’ennemi mais contre nous-mêmes. Quand les maudits défendent les Etats-Unis, ils veulent voir les orthodoxes s’entretuer, et eux, pendant ce temps, ils mangent, ils boivent, ils s’amusent et se réjouissent de voir le sang couler sur une terre sainte. Source

L’article du Saker, inspiré par un documentaire allemand, met une fois de plus en évidence l’ignorance des occidentaux, même bien intentionnés, et aboutit à opérer une désinformation de plus. Il y a ceux qui ne savent rien, mais croient savoir. Il y a ceux qui ne savent pas et ne veulent pas savoir. Il y a ceux qui trompent délibérément le public. Et ceux qui me disent « on n’y comprend rien » mais ne vont pas chercher plus loin. Il est certain qu’on ne peut comprendre ce qui se passe en Ukraine et en Russie si l’on ne connaît même plus sa propre histoire ni sa propre tradition religieuse et culturelle. Il est facile de souffler n’importe quoi à des ignares bourrés de contre-vérités, de mensonges, de contes et légendes médiatiques, d’aprioris subliminaux. Ceux qui dirigent le monde le savent bien.

 

Première partie d'un merveilleux film de Mikaïl Chadrine sur l'évêque ukrainien Longin, autrefois père Mikhaïl, supérieur du monastère qu'il a fondé à la frontière de la Roumanie et de l'Ukraine. Providence des orphelins, un homme lumineux qui ne fait que du bien autour de lui

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Au Qatar, le béton se compte en litres de sang Par Jacques Marie Bourget + Sarkozy et Fabius sont-ils otages du Qatar ?

26 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La mondialisation, #Les transnationales

Au Qatar, le béton se compte en litres de sang
Par Jacques Marie Bourget
+ Sarkozy et Fabius sont-ils otages du Qatar ?

mercredi 25 mars 2015, par Comité Valmy

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Au Qatar, le béton se compte en litres de sang

La plainte que vient de déposer l’ONG « Sherpa » contre le groupe de BTP français « Vinci » agite le petit monde des médias qui comptent. Comment cette association, qui n’est une puce de l’humanitaire, ose-t-elle s’en prendre à l’une des enseignes porteuses de notre orgueil national ?

 

Si on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, on ne fait pas, à Doha, de grandes tours et de vastes stades sans casser des hommes. C’est le prix et la mort y est comprise, comme la TVA. Personne n’ose le mettre noir sur blanc mais, au Qatar, il est possible d’établir un ratio entre les ouvriers assassinés par leur travail, et les tonnes de béton et de ferraille qu’ils ont brassées, dressées. Sur les autoroutes de Vinci on compte la consommation en litres d’essence aux cent, à Doha c’est le béton en litres de sang.

 

Chaque année au Qatar, une dictature où personne n’imagine que l’on puisse dresser la statistique des accidents du travail, les estimations les plus sérieuses nous disent qu’au moins 400 ouvriers tombent chaque année sur le front des chantiers. Bravo à « Sherpa » de lancer le premier uppercut, mais il arrive bien tard. Depuis plus de 5 ans des associations comme Human Rights Watch dressent des rapports, prennent des risques et impriment du papier en pure perte : personne n’écoute leurs complaintes. Il ne faut pas déranger la construction du paradis… au Qatar. Avec mon ami Nicolas Beau, en mai 2012, nous avons publié chez Fayard « Le vilain petit Qatar. Un ami qui nous veut du mal ». Nous avons consacré un chapitre à la honteuse mise en esclavage d’un million et demi de travailleurs étrangers, par ces potentats inhumains qui gouvernent la micro dictature. Mais nous aurions pu consacrer tout l’ouvrage à ce scandale. Et là encore, que s’est-il passé ? Rien. Les ouvriers ont continué de souffrir, de mourir au boulot, de pleurer en travaillant 12 heures par jour.

 

Pourquoi cette indifférence qui pousse, par exemple, Anne Hidalgo à louer « les avancées montrées par le Qatar »… Non seulement on ne respecte pas les morts par un silence qui s’impose, mais on se moque d’eux. Dans le même temps, l’homme ordinaire, sans qualité, celui qui ne se déplace plus pour voter, lui, il sait ce qui se passe là-bas et est capable de le dénoncer en déroulant une banderole lors d’un match du PSG. Pas besoin d’être énarque, ou gonflé aux hormones du Quai d’Orsay, pour connaitre la réalité de ce petit pays sans lois et sans pitié. La différence entre les élus qui roulent en limousine et ceux que les limousines écrasent dans la rue, c’est que les premiers ont, presque tous, des intérêts, des espoirs, des vues, des bourses, des comptes liés au Qatar. Se fâcher avec Doha c’est se brouiller avec le père Noël.

 

Par l’organisation de forums bidons, de réunions grotesques et inutiles, de médiations qui ne règlent rien, avec à chaque fois l’invitation gratuite de politiciens ahuris, le Qatar a médusé nos élus qui ne forment plus qu’une grosse statue de sel, un chœur unique et repus qui chante « Hosanna à l’émir des cieux ! ». Imaginez alors que l’on va gourmander un si bon ami pour la mort de quelques prolétaires, les nôtres ne disparaissent-ils pas du champ de vision des français ? Paris vaut une messe et Doha que l’on détourne les yeux du charnier, celui des quatre cents morts.

 

La plainte de « Sherpa » qui remet sous le nez des politiques et des « entrepreneurs » les horreurs qu’ils tolèrent, à la vertu, en cette période de vote à valeur de sondage, d’indiquer pourquoi il n’y a qu’un français sur deux qui va vers l’isoloir. Les gens ordinaires voient le monde tel qu’il est, alors que ceux qui les guident voit le monde qui lui convient qui leur convient. L’esclavage, le travail forcé, les conditions terribles de survie sont des péripéties qu’un politicien moderne, donc loin de l’émotion, ne retient plus. Ces ouvriers de Doha devraient savoir combien nos élus souffrent pour que notre monde devienne meilleur.

 

Jacques Marie Bourget
25 mars 2015

Source :

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Sarkozy et Fabius sont-ils otages du Qatar ?

Dans l’émission Les Trublions de l’info en partenariat avec Mondafrique, les journalistes Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget multiplient les révélations sur les liens de la classe politique avec le Qatar. Ils expliquent également les raisons pour lesquelles Sarkozy et Fabius défendent inconditionnellement ce pays.

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[Le résultat des départementales en 1 graphique] 50 % des ouvriers votent FN…

26 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La lutte des classes, #Le capitalisme;, #La mondialisation

Graphique important sur le vote des électeurs en fonction de leur catégorie sociale (et qui vaut toutes les soirées électorales du monde) :

Éloquent, non ?

  • la catégorie qui vote le plus PS : les cadres supérieurs !!! (pauvre Jaurès…)
  • la catégorie qui vote le plus UMP : les vieux (les cadres supérieurs votent à peine plus pour l’UMP que pour le PS !)
  • la catégorie qui vote le plus FN : les ouvriers, et à 49 % !

Je pense que ça résume terriblement bien notre situation politique…

(pour mémoire, voici la répartition des salariés en 2013 selon l’INSEE :  Ouvriers : 20 % / Employés : 28% / Professions intermédiaires : 25% / Cadres sup et prof libérales : 17% / Artisans et chef entreprises : 6%)

Bien entendu, comme il y a une énorme corrélation entre le niveau d’étude et la catégorie sociale, certains se sont amusés à présenter les choses ainsi, avec des commentaires de qualité :

On en arrive ainsi à une visualisation du mépris social.

Car si les sans-dents votent mal, c’est bien entendu parce qu’ils sont peu éduqués – et donc peu intelligents -, NULLEMENT car ils souffrent, et comprennent bien qu’ils sont les dindons de la farce du système actuel…

Cela rentre dans ses visions décadences du financiarisme, du genre “la fin de l’histoire”, “la fin des luttes de classes sociales”, etc. (un lecteur me parlait même récemment de la “fin du mal”, comme si le mal n’existait plus, et qu’on vivait dans un monde de Bisounours”). Visions où la politique fait seulement partie de la société du spectacle, et n’est plus la façon d’arbitrer entre les revendications des parties du corps social.

Et un jour, les parties constamment perdantes du corps social (et dont tout le monde se contrefout) se révoltent…

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A l’Ouest rien de nouveau, on détruit, à l’Est on construit. Par Pepe Escobar

25 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #La finance dérégulée, #Le socialisme

A l’Ouest rien de nouveau, on détruit, à l’Est on construit

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 25 mars 2015

atimes.com

« Il est impératif qu’aucune puissance eurasienne concurrente (des USA) capable de dominer l’Eurasie ne puisse émerger et ainsi contester l’Amérique.»

Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquier, 1997

Que recèle un nom, ou même un idéogramme ? Tout. Un simple caractère chinois, jiè (介), qui signifie entre, illustre de façon éloquente l’initiative de politique étrangère la plus ambitieuse du nouveau rêve chinois.

Dans la partie supérieure de ce caractère à quatre traits qui, symboliquement, évoque le toit d’une maison, le trait à gauche correspond à la Ceinture économique de la route de la soie, et le trait à droite représente la Route de la soie maritime du XXIe siècle. Dans la partie inférieure, le trait à gauche est le corridor Chine-Pakistan, et celui à droite est le corridor Chine-Myanmar-Bengladesh-Inde, qui passe par la province du Yunnan.

La culture chinoise fait ses choux gras d’une ribambelle de formules, d’adages et de symboles. Même si bien des érudits chinois craignent que la nouvelle allusion au pouvoir souple de l’Empire du Milieu ne se perde en conjectures, le caractère jiè, avec toute la connectivité dont il est empreint, sert déjà de point de référence pour amener 1,3 milliard de Chinois et toute la diaspora à l’étranger à se faire une idée de la vision double (continentale et maritime) de la Nouvelle route de la soie dévoilée par le président Xi Jinping, appelée aussi Initiative de la Ceinture et de la Route.

Concrètement, la Nouvelle route de la soie sera dynamisée par le financement qui lui sera accordé en vertu d’un fonds spécial s’élevant à plusieurs milliards de dollars et par la nouvelle Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB). Les investisseurs européens en ont pris bonne note.

La Nouvelle route de la soie (les routes, en fait) symbolise le pivot de la Chine vers le cœur du continent qu’est l’Eurasie. Cela implique l’existence d’une Chine puissante enrichie encore plus par son voisinage, sans pour autant perdre son essence en tant qu’État de civilisation. On pourrait y voir une version remixée postmoderne des dynasties Tang, Song et des premiers Ming, que Pékin a habilement fait valoir dernièrement, dans le cadre d’une superbe exposition au Musée national de Chine, qui réunit des pièces rares de la Route de la soie de jadis en provenance de divers musées régionaux.

Hier, la Chine a mis en œuvre des projets d’infrastructure unificateurs comme la Grande muraille. Demain, elle se lancera dans un grand projet d’unification de l’Eurasie au moyen d’un train à grande vitesse. Lorsqu’on se penche sur l’ampleur de cette vision, la description de Xi comme un chef d’État qui aspire à devenir un nouveau Mao Zedong ou Deng Xiaoping se distingue par sa banalité.

La nouvelle aspiration de la Chine pourrait bien sûr être interprétée comme la fermentation d’un nouveau système d’influence, ordonné et centré à Pékin. Aux USA, ils sont nombreux à craindre que la Nouvelle route de la soie ne devienne, sur le plan géopolitique, un développement pacifique, une alternative avantageuse pour tous au pivot vers l’Asie de l’administration Obama, en fait mené par le Pentagone.

Pékin rejette l’idée même d’hégémonie. Il maintient qu’il ne s’agit pas d’un Plan Marshall. Il est indéniable que le Plan Marshall ne concernait que les pays occidentaux et excluait tous les pays et les régions que l’Occident considérait comme idéologiquement proches de l’Union soviétique. La Chine, en revanche, cherche à intégrer les économies émergentes dans un vaste réseau d’échanges et de commerce pan-eurasiatique.

Il ne faut donc pas s’étonner de voir les grandes nations d’une Union européenne (UE) aux abois graviter autour de la banque AIIB [Banque d’investissement pour les infrastructures asiatiques, NdT], qui jouera un rôle clé dans la (les) nouvelle(s) route(s) de la soie. C’est à un géographe allemand, Ferdinand von Richthofen, que l’on doit le concept de Seidenstrasse (route de la soie). Marco Polo a lié à jamais l’Italie à la route de la soie. L’UE est déjà le partenaire commercial numéro un de la Chine. C’est aussi le 40e anniversaire des relations entre la Chine et l’UE, avec tout le symbolisme qui va avec. La constitution d’un fonds sino-européen pour financer des projets d’infrastructure, voire d’énergie verte, à la grandeur d’une Eurasie intégrée, est une possibilité bien réelle.


Angelus Novus, tableau de Paul Klee

C’est comme si le tableau saisissant de Paul Klee, Angelus Novus, l’Ange de l’Histoire, dont le philosophe Walter Benjamin a fait l’éloge, essayait maintenant de nous démontrer l’inexorabilité de la synergie qui émane de la Seidenstrasse sino-européenne en ce XXIe siècle. Fait crucial, elle engloberait la Russie, qui constitue un élément vital de la Nouvelle route de la soie, avec la transformation prévue du Transsibérien en TGV, un projet de 280 milliards de dollars financé par la Russie et la Chine. C’est la fusion du projet de Nouvelle route de la soie à l’idée initiale du président Poutine de créer un vaste empire commercial s’étendant de Lisbonne à Vladivostok.

Parallèlement à cela, la Route de la soie maritime du XXIe siècle va affermir les échanges commerciaux par mer déjà frénétiques qui se font entre la Chine et l’Asie du Sud-Est. La province du Fujian, juste en face de Taiwan, où Xi a passé bien des années de sa vie, jouera un rôle déterminant. Hong Kong ne veut évidemment pas être en reste.

Tous ces changements sont proposés par la Chine, qui est enfin disposée à devenir un exportateur net d’une quantité massive de capitaux et la principale source de crédit pour le Grand Sud. D’ici quelques mois, Pékin va lancer le système de paiement international de la Chine (CIPS), qui devrait turbopropulser le yuan comme une importante devise mondiale pour tous les types d’échanges. Comme si la Banque AIIB ne suffisait pas, il y a aussi la Nouvelle banque de développement, fondée par les BRICS pour faire concurrence à la Banque mondiale, dont le siège social est à Shanghai.

On pourrait soutenir que tout le succès de la Route de la soie repose sur la façon dont Pékin va s’occuper de la rétive Xinjiang et sa population de Ouïghours [un peuple turcophone et musulman sunnite, NdT], qui devrait être considérée comme l’un des principaux maillons de l’Eurasie. Il s’agit là d’une intrigue secondaire qui pose de nombreux problèmes de sécurité, c’est le moins qu’on puisse dire, et qu’il faudra suivre attentivement d’ici la fin de la décennie. Chose certaine, la puissance du vent en provenance de Chine qui souffle vers l’Eurasie se fera sentir dans la majeure partie de l’Asie.

Par opposition à la sempiternelle pensée magique de Brzezinski, l’Eurasie deviendra probablement un enjeu politique: un partenariat stratégique sino-russe de facto, qui se manifeste dans les diverses facettes de la Nouvelle route de la soie, tout en déployant la force de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

À ce moment-là, l’Iran et le Pakistan seront membres de l’OCS. Les relations étroites entre l’ancienne Perse et la Chine s’étendent sur deux millénaires et sont perçues aujourd’hui par Pékin comme une question de sécurité nationale. Le Pakistan est un maillon essentiel de la Route de la soie maritime, surtout lorsqu’on prend en compte le port de Gwadar, dans l’océan Indien, appelé à devenir aussi, d’ici quelques années, un point de transit du gazoduc IP ou Iran-Pakistan. Il pourrait être aussi le point de départ d’un autre grand schème du pipelinistan chinois, qui prendrait la forme d’un gazoduc longeant la route de Karakorum pour ravitailler le Xinjiang.

Pékin considère l’Iran et le Pakistan, qui forment l’intersection entre l’Asie du Sud-Ouest et l’Asie du Sud, comme des maillons stratégiques de la Nouvelle route de la soie. Ce qui amène Pékin à faire sentir sa puissance commerciale non seulement dans l’océan Indien, mais aussi dans le golfe Persique.

L’inquiétude que la tournure des événements suscite à Washington fait ressortir l’absence flagrante de la moindre vision Made in the USA afin de charmer l’opinion publique paneurasiatique à ses vues. Tout ce qu’il propose, c’est une posture militaire brumeuse qui pivote parallèlement à une expansion effrénée de l’Otan, ainsi que le racket corporatiste connu sous le nom de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), qu’on appelle communément en Asie la version commerciale de l’Otan.

Le contrecoup de ce qui précède pourrait être déjà en préparation par l’entremise des BRICS, de l’OCS et du renforcement continuel du partenariat sino-russe. À cela s’ajoute l’expansion de l’Union économique eurasiatique (Arménie, Biélorussie, Kazakhstan et Russie, que rejoindra bientôt le Kirghizistan, puis le Tadjikistan). Au Moyen-Orient, la Syrie étudie sérieusement la possibilité d’en faire partie, et un accord commercial avec l’Égypte a déjà été conclu. En Asie du Sud-Est, un pacte avec le Vietnam sera chose faite d’ici la fin de 2015.

Le programme caché de la Russie et de la Chine dans leur contribution à la conclusion d’un accord sur le nucléaire entre l’Iran et le P5+1 ouvre la voie à l’admission de l’Iran comme membre à part entière de l’OCS. Au début de 2016, attendez-vous à ce que l’OCS représente au moins 60 % de l’Eurasie, une population regroupant 3,5 milliards d’habitants et une réserve pétrolière et gazière à la hauteur de celle des pays membres du Conseil de coopération du Golfe.

La véritable histoire, ce n’est pas de savoir comment la Chine va s’effondrer, comme le prétend David Shambaugh, le soi-disant expert numéro deux de la Chine aux USA (c’est qui le premier ? Henri Kissinger ?). Ce mythe a été démoli par de nombreuses sources. La véritable histoire, qu’un Asia Times revigoré va couvrir en détail dans les prochaines années [tout comme Le Saker francophone d’ailleurs, NdT], se trouve dans la manière dont les multiples aspects liés à la Nouvelle route de la soie vont configurer un nouveau rêve eurasiatique. Nous avons une vision, nous voyagerons. Bon voyage.

Pepe Escobar

Article original en anglais : Westward ho on China’s Eurasia BRIC road, Asia Times, 21 mars 2015

Traduit par Daniel, relu par jj et Diane pour Le Saker francophone

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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Les Français bientôt espionnés par les mêmes systèmes américains que les Syriens ou les Birmans ? Par Pierre Col pour Infra | Net.

25 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #la liberté, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La lutte des classes, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre, #Le fascisme, #le nazisme

Les Français bientôt espionnés par les mêmes systèmes américains que les Syriens ou les Birmans ?

Législation : La future loi sur le renseignement veut obliger les FAI à installer des boîtes noires pour espionner le trafic, et les députés voulaient recevoir Blue Coat, spécialiste américain du « Deep Packet Inspection ». Inquiétant ?

Le projet de loi sur le renseignement, qui va entrer en discussion devant le Parlement, prévoit que les FAI devront installer des « boîtes noires » permettant aux services de sécurité d’analyser le trafic pour « détecter, par un traitement automatique, une succession suspecte de données de connexion ». Dans le cadre des travaux autour de ce projet de loi, les parlementaires membres de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale auditionnent depuis hier et jusqu’à demain des personnalités et organisations qualifiées, convoquées par le rapporteur Jean-Jacques Urvoas : des représentants de différentes structures dépendant des ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la défense, des syndicats de magistrats, des associations qui militent pour le respect des libertés des citoyens (Ligue des Droits de l’Homme, Quadrature du Net), la CNIL, et aussi des acteurs de l’Internet comme Facebook, Google et Microsoft.

Mais on découvrait aussi jusqu'à ce matin dans la liste des entreprises qui devaient être entendues par les députés le nom de la société Blue Coat. Cette entreprise californienne a pour slogan « Security Empowers Business », et propose toute une gamme de produits dans le domaine de la sécurité des réseaux informatique et tout particulièrement des technologies avancées pour la « détection de menaces » par « analyse des contenus ».

Blue Coat vient d’être rachetée il y a à peine 2 semaines par Bain Capital, une gigantesque holding financière qui compte parmi ses fondateurs Mitt Romney, ex-candidat du parti républicain à l'élection présidentielle américaine de 2012. Autant dire que Blue Coat fait clairement et indéniablement partie du « lobby militaro-industriel » états-unien.

 

Plus grave, Blue Coat est expressément répertoriée par Reporters Sans Frontière parmi les  « ennemis de l’Internet ». Pour RSF, « Blue Coat est une société spécialisée dans les technologies de l’information basée dans la Silicon Valley, en Californie. Elle est surtout connue pour avoir fourni des outils de filtrage et de censure à des pays parmi lesquels on trouve la Syrie ou la Birmanie. Mais la société propose aussi des systèmes d’analyse réseau appelés Intelligence Center (centre de renseignement), utilisés par des entreprises et des États pour assurer une veille du trafic réseau et détecter des problèmes techniques. Ils permettent également de surveiller le comportement des internautes. »

L'association de défense de la liberté de l’information précise que « Blue Coat propose à ses clients une solution utilisant la technologie Deep Packet Inspection (DPI), PacketShaper, qui peut être utilisée pour surveiller et censurer le contenu web. Avec le DPI, il est possible d’analyser chaque paquet IP et de lui faire subir un traitement spécifique, basé sur son contenu (censure, mots-clefs) ou son type (email, VoIP, protocole BitTorrent). Le DPI ne contrevient pas seulement au principe de neutralité du Net que défend Reporters sans frontières, il s’oppose également au principe de la protection des donnés personnelles. Il rend les internautes identifiables. Dans les pays où le respect des droits de l’homme fait défaut, il expose à des risques d’emprisonnement arbitraire, de violences, voire de tortures. Le DPI est potentiellement dangereux pour les journalistes, les blogueurs, les militants, ainsi que pour leurs sources, dans la mesure où son principe porte atteinte à la nature privée et anonyme de la communication en ligne. La société Blue Coat vend ses produits aussi bien aux agences gouvernementales qu’à des entreprises privées. »

 

C’est donc cette entreprise très controversée que devaient recevoir les parlementaires, dans le cadre d’un projet de loi visant à obliger les FAI à installer des équipements de surveillance au cœur de leurs réseaux.

En dernière minute, aujourd'hui même,  le programme des auditions a été modifié, et Blue Coat n'y figure plus :

Programme des auditions tel qu'il était encore disponible hier soir :

 

Programme des auditions tel qu'il a été modifié en dernière minute :

 

Ce revirement de façade n'est pas de nature à rassurer : clairement, le pouvoir exécutif veut systématiser la surveillance de masse, et va étudier tous les moyens techniques pour y parvenir. Doit-on craindre que les Français soient bientôt espionnés par les mêmes systèmes américains que les Syriens ou les Birmans ?

A suivre cet après-midi et demain à l’Assemblée Nationale !

 

 

@PierreCol

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Une dette qui met Détroit en détresse. Par Laila Benzzi.

25 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #La dette, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Les transnationales

Detroit.

Detroit.

Global Research

Une dette qui met Détroit en détresse

Par Laila Benzzi

Mondialisation.ca, 12 mars 2015

cadtm.org

Immeubles en ruine, herbes folles et pauvreté qui explose : les images de Detroit témoignent de l’ampleur de la crise qui touche les États-Unis depuis 2008.

Les dernières discussions, approuvées par le juge Steven Rhodes, concernant le plan de sortie de faillite de Detroit ont été récemment qualifiées de « Happy Talk » (discussions heureuses). Néanmoins, la ville est toujours frappée par la crise, les problèmes fondamentaux persistent, les droits les plus élémentaires ne sont pas respectés : logement décent, accès à l’eau, soins de santé, etc.

Dianne Feeley, auteure américaine, ouvrière retraitée de l’automobile aux Etats-Unis et militante de « Solidarity » |1|, lève le voile sur la réalité à Détroit. Detroit est la principale ville de l’État du Michigan aux États-Unis. Elle est connue principalement pour son industrie automobile, comme le soulignent les surnoms populaires de la ville : the Motor City, Motown ou la ville des Big Three (Ford, General Motors et Chrysler).

Detroit est le symbole de la montée en puissance d’une économie étasunienne et d’un « capitalisme triomphant » pendant les trente glorieuses. Aujourd’hui, elle est frappée de manière emblématique par les effets du néolibéralisme avec un taux de pauvreté supérieur à 40 % par rapport à la moyenne nationale et un taux de chômage représentant, officiellement, le double de celui de l’État du Michigan.

Detroit est aussi une ville marquée par la ségrégation raciale : le drame commence avec la fuite des blancs vers les banlieues dans les années 70 (aujourd’hui, 83 % de la population de Détroit est afro-américaine). Ce déclin du nombre d’habitants a conduit à une baisse des revenus publics. La situation s’aggrave avec la délocalisation des industries automobiles dans des États du pays où la main d’œuvre est moins chère, moins syndiquée et où la fiscalité est plus souple. Au début des années 80, Detroit se voit donc privé de toute aide, vidé de ses entreprises et de ses habitants. Toutes ces raisons ont accéléré le déclenchement d’une crise sociale et économique autodestructrice et amorcé la spirale de la faillite.


Comment la crise de 2008 a empiré la situation à Détroit ?

La crise de 2008 a frappé de plein fouet les États-Unis. Detroit, ville marquée par une combinaison de plusieurs années de baisse des ventes d’automobiles et une faible disponibilité du crédit, n’a pas été épargnée.

Après une chute spectaculaire des ventes d’automobiles en 2008, chacun des « Big Three » constructeurs américains – General Motors (GM), Ford Motor Company et Chrysler – ont demandé des prêts d’urgence pour remédier à leur pénurie de trésorerie. Avec l’intention de prévenir les pertes d’emplois massives et des dommages qui déstabiliseraient l’ensemble du secteur manufacturier, les gouvernements étasunien et canadien ont fourni une « aide » financière sans précédent : 85 milliards dollars pour permettre aux entreprises automobiles de se restructurer. Malgré ces aides étatiques (prêts de sauvetage), les entreprises n’ont pas pu s’en sortir, en 2009, Chrysler et General Motors se déclarent en faillite.

Le 18 juillet 2013, Detroit est la première grande ville étasunienne à demander à bénéficier d’une procédure judiciaire de mise en faillite. L’objectif pour la ville est de lui permettre de renégocier sa dette abyssale. En effet, la dette de la ville accumulée depuis des années, d’environ 18,5 milliards de dollars, est devenue impayable.

La municipalité répondant aux critères juridiques a pu se placer sous la protection du chapitre 9 |2| de la loi des États-Unis sur les faillites.
Selon le site Internet des tribunaux américains (US Courts) |3http://www.uscourts.gov/FederalCour…, le chapitre 9 du code des faillites a pour but de « donner aux municipalités en difficulté financière une protection contre leurs créditeurs pendant qu’elles mettent au point et négocient un plan d’ajustement de leurs dettes. » Il vise à faire reconnaître le droit, pour un pays endetté en mesure de prouver son insolvabilité, de recourir à l’établissement d’une instance d’arbitrage neutre chargée de régler les différends qui l’opposent à ses créanciers. Le juge Rhodes, a déclaré en 2013 : « Le tribunal constate que Detroit était et est insolvable ».

L’ouverture de la procédure de faillite va permettre de suspendre le remboursement de la dette afin de la restructurer en allongeant la durée ou en réduisant les taux d’intérêt, voire d’en annuler un certain pourcentage de manière généralisée pour tous les créanciers.

Mais cette mise en faillite a de lourdes conséquences sur les habitants de Detroit. De fait, 7,8 milliards de dollars ont été économisés en réduisant les pensions de retraite (de 13% et même de 18 % pour les policiers et les pompiers en retraite. Cette mesure a sérieusement inquiété les travailleurs par ailleurs pénalisés pour leurs dépenses en matière de soins de santé.
Pour tenter de résoudre ce problème, la ville a versé 4,3 milliards de dollars aux groupes financiers des parties prenantes du VEBA |4|. En retour, ils versent un misérable montant de 125 dollars par mois aux retraités pour qu’ils puissent acheter l’assurance santé individuelle instituée par l’ « Obama care ».

Si le rapport de faillite cherche à récupérer 7 milliards de dollars auprès des retraités, il ne prévoit par contre qu’une récupération de 3 milliards de dollars pour la restructuration de la dette contractée auprès des créanciers de Wall Street, alors que ceux-ci touchent des intérêts de 13 %. En réalité, il n’y jamais eu d’enquête sérieuse sur les offres de crédits.

Grâce à son plan de sortie de la faillite, Detroit a pu négocier et restructurer finalement sa dette mais tout en réduisant le bien être de la population. En effet, le coût de la restructuration de la dette a été essentiellement supporté par la population, notamment les retraités qui pensaient avoir un avenir sûr. Les créanciers ont quant à eux été épargnés. C’est le cas des banques, Bank of America, JP Morgan Chase, Deutsche Bank, UBS, City, etc. qui ont été les premières bénéficiaires de ces opérations de renégociation.

Récemment un autre phénomène est venu aggraver la situation des habitants de Détroit. Les valeurs de marché des maisons de Detroit ont baissé de manière significative, mais cela n’a eu aucune répercussion en matière de fiscalité et d’échéances d’emprunts : les taxes d’habitation et les emprunts hypothécaires représentent toujours des charges très importantes qui étranglent les familles modestes.

À partir de 2015, 62 000 propriétés pourraient être saisies, dont environ 37 000 maisons occupées par des familles en situation d’impayées |5|. Les banques ont accéléré les procédures judiciaires en refusant de modifier les prêts hypothécaires.

Les maisons vont donc être saisies et les impôts dus à partir de 2012 vont être réclamés, en facturant des intérêts sur le solde impayé à un taux punitif de 18% par an ! Le législateur du Michigan vient de modifier la loi en donnant aux trésoriers du comté la possibilité d’abaisser l’intérêt annuel sur les taxes impayées de 18% à 6% (mais pour certains cas seulement).

Comme le souligne « Detroit Eviction Defense », pour sauver les quartiers, il faut garder les gens dans leurs maisons et arrêter le cycle d’expulsions qui provoquent la rupture sociale. Il faut mettre un terme aux saisies de maisons occupées et opérer une réévaluation du parc immobilier de la ville à des niveaux réalistes et annuler les arriérés d’impôts fondés sur un marché artificiellement gonflé.


Quel futur pour Detroit ?

Dans un appel lancé les 5 et 6 octobre 2013, l’Assemblée Internationale des Peuples contre les banques et contre l’austérité réunie à Detroit avait identifié les causes et désigné les responsables de la situation calamiteuse de Detroit et de ses habitants :

« À l’intérieur des frontières des États-Unis, Detroit constitue l’épicentre de la guerre déclarée par les banques à la classe ouvrière. Les quartiers de Detroit ont été détruits et 237 000 résidents ont été expulsés de la ville du fait du racisme et des frauduleux montages de prêts hypothécaires. Les banques ont fait souscrire des subprimes et des emprunts prédateurs à 73 % des propriétaires immobiliers, avec pour résultat plus de 100 000 saisies au cours des 10 dernières années.

Après avoir détruit l’assiette d’imposition de la ville, les banques ont soumis la ville elle-même à ces emprunts prédateurs, comportant des swaps de taux d’intérêt qui permettent aux banques de percevoir des intérêts à des taux 1 200 % plus élevés que le taux actuel des bons qui financent les villes |6|. La dette exorbitante que les banques ont imposée à la ville a servi de prétexte au gouverneur du Michigan pour faire un coup d’état en privant de tous leurs pouvoirs les autorités élues de la communauté afro-américaine, et en désignant un administrateur d’urgence non élu – dont la mission, de par la loi, est de garantir aux banques le service de la dette. »

Aujourd’hui, comme en 2013, les habitants de Detroit doivent agir collectivement pour exiger :

  • L’annulation de la dette qui étrangle les écoles, les villes, les états et les campagnes.
  • La garantie de l’emploi et des pensions pour les travailleurs des services des collectivités.
  • La fin de l’administration d’urgence des villes et des écoles anti-démocratique et raciste.
  • Une augmentation du financement des écoles publiques et l’arrêt du subventionnement des écoles par des fonds |7|.
  • Un programme d’emplois financé par les banques pour que les chômeurs soient employés à la reconstruction des villes.
  • Un moratoire sur toutes les saisies et sur toutes les expulsions consécutives aux saisies, car le logement est un droit.
  • La répudiation de la dette représentée par les prêts étudiants, car l’éducation doit être gratuite et accessible à tous.

En définitive, l’urgence est de sauver les populations, pas les banques.

Laila Benzzi

Notes

|1http://solidarity-us.org/site/about

|2| Le régime américain des faillites réservé aux municipalités.

|3http://www.uscourts.gov/FederalCour…

|4| Voluntary Employee Beneficiary Association

|5| Judge okay’s tax foreclosures on thousands of Wayne County families
www.detroitevictiondefense.org

|6| Aux États-Unis, les banques ont amené les collectivités à se financer au moyen d’un dispositif spéculatif, très rémunérateur pour les banques mais très risquée pour les villes et les États qui y ont recours. Les collectivités émettent des bons dans le cadre d’un montage spéculatif qui combine trois éléments clefs : des obligations à vue à taux variable (ou VRDBs : variable rate demand bonds), des lettres de crédit et un swap de taux d’intérêts.

|7| Les charter schools ou « écoles à charte » dont il est question ici sont des établissements scolaires privés sous contrats mais financés par des fonds publics et disposant d’une grande autonomie de fonctionnement.

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Articles d'Indépendance des Chercheurs : Stratégie de Lisbonne, "gauche plurielle" : quinze ans après (II)

25 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique intérieure, #Services publics, #Economie, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Le grand banditisme

Articles d'Indépendance des Chercheurs :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/03/24/strategie-de-lisbonne-gauche-plurielle-quinze-ans-apres-ii-50769.html

Stratégie de Lisbonne, "gauche plurielle" : quinze ans après (II)

Le 24 mars 2015, quinzième anniversaire de la stratégie de Lisbonne adoptée lors du Conseil Européen extraordinaire des 23 et 24 mars 2000, un constat nous semble s'imposer : celui des effets destructeurs de cette stratégie de marchandisation de l'éducation et de la recherche. Il y a une semaine, Le Monde écrivait « La qualité de l’emploi des jeunes européens s’est détériorée sans réduire le chômage », se référant à une « Enquête sur les forces de travail » coordonnée par Eurostat. Notre article « Stratégie de Lisbonne, "gauche plurielle" : quinze ans après (I) » a déjà souligné les nombreux constats d'échec de la stratégie de Lisbonne qui apparaissent actuellement. Pourtant, c'est cette politique qu'appliquent depuis mars 2000 les différents gouvernements, notamment en France avec la Pacte pour la Recherche, la Loi d'août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), la LOI n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche (loi Fioraso)... Quel en est le résultat ? La situation actuelle a été décrite, entre autres, dans nos articles récents « La crise des universités françaises » (I), (II) et (III) et « Casse des services publics : la Recherche (I) ». Une impasse qui ne cesse de s'aggraver, et un lourd bilan pour la « gauche plurielle » de Lionel Jospin qui a adopté et appliqué cette stratégie de mise en place d'un « marché de la connaissance ».

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/03/24/strategie-de-lisbonne-gauche-plurielle-quinze-ans-apres-ii-50769.html ]


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/03/24/francois-hollande-telerecours-et-exclusion-des-citoyens-50770.html

François Hollande, télérecours et exclusion des citoyens

Suite au premier tour des élections départementales, Le Monde publie un article intitulé « Les citoyens ont de bonnes raisons de ne pas voter », évoquant les pressions politiques pour tenter d'imposer le vote obligatoire sous peine de sanctions lourdes. Les auteurs commentent à ce sujet : « La réponse proposée à la crise de légitimité qui frappe le politique est donc la punition et l’infantilisation du citoyen ». C'est le moins que l'on puisse dire. Le 24 mars 2015, Le Parisien rapporte notamment « Isère : la droite bien placée pour faire basculer le département ». Il s'agit, précisément, du département et véritable lieu d'implantation de l'ancienne ministre et secrétaire d'Etat Geneviève Fioraso vite disparue des médias après sa démission mais sur qui nous avions intérrogé « Affaire Fioraso : les "raisons de santé" empêcheront-elles l'enquête et le bilan ? », après « L'affaire des diplômes de Geneviève Fioraso » (I) et (II). N'a-t-on pas à présent affaire à une réaction de rejet d'une majorité des citoyens devant une situation générale devenue de plus en plus insupportable ? Paradoxalement, alors qu'une certaine « gauche » voudrait contraindre les citoyens à voter, l'évolution des dispositions en matière de justice administrative tend à les exclure du fonctionnement réel de cette dernière. Ce n'est pas une évolution nouvelle, l'obligation de ministère d'avocat dans le contentieux administratif étant devenue de plus en plus contraignante sous les précédents gouvernements. Mais dans les mois qui ont suivi l'élection de François Hollande, un décret sur le contentieux administratif a été préparé et promulgué réservant « aux avocats, aux avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, aux administrations de l'Etat, aux personnes morales de droit public et aux organismes de droit privé chargés de la gestion d'un service public » la possibilité réglementaire de déposer des mémoires par voie électronique, par l'intermédiaire de l'application informatique Télérecours. Les « petits citoyens » agissant sans ministère d'avocat se trouvent donc exclus de cette possibilité qu'incorpore actuellement l'article R414-1 du Code de Justice Administrative et qui peut jouer un rôle important en cas d'urgence. Pourquoi une telle exclusion, qui génère dans la pratique une réelle situation d'inégalité sur le plan des possibilités matérielles ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/03/24/francois-hollande-telerecours-et-exclusion-des-citoyens-50770.html ]


Et pour rappel :

Stratégie de Lisbonne, "gauche plurielle" : quinze ans après (I)

Casse des services publics : la Recherche (I)

Affaire Fioraso : les "raisons de santé" empêcheront-elles l'enquête et le bilan ?

La crise des universités françaises (I)

La crise des universités françaises (II)

La crise des universités françaises (III)

Contentieux fiscal, avocats, aide juridictionnelle... (I)

Impôts, contentieux fiscal, aide juridictionnelle... (I)

Quelle réforme de la juridiction administrative française ? (I)

Quelle réforme de la juridiction administrative française ? (II)

Quelle réforme de la juridiction administrative française ? (III)

Quelle réforme de la juridiction administrative française ? (IV)



Si vous avez apprécié le contenu de nos articles, nous ne pouvons que vous encourager à rediffuser autour de vous cette lettre d'information. Merci d'avance.

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

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