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Le blog de Lucien PONS

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Milices djihadistes, créatures monstrueuses de l'impérialisme ! Par Aline Retesse Lutte Ouvrière.

19 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Le fascisme, #le nazisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La mondialisation, #Les transnationales, #La République, #Terrorisme, #Politique étrangère

Milices djihadistes, créatures monstrueuses de l'impérialisme !

« Des milices comme celles de l'État islamique, qui utilisent le drapeau de la religion, prétendant représenter la population sunnite, tout comme celles, plus ou moins puissantes, qui prétendent représenter la population chiite, n'auraient jamais vu le jour si l'impérialisme ne leur avait pas ouvert la voie en attisant, directement ou indirectement, les divisions au sein de la population irakienne et en utilisant ces divisions pour imposer sa domination. Ces milices djihadistes ont été favorisées politiquement par les dix années de guerre et d'occupation impérialistes, qui n'ont apporté à la population que la misère, les destructions, les morts. Elles ont, de plus, été aidées matériellement pour certaines. Ainsi, les États du Golfe, et en particulier l'Arabie saoudite et le Qatar, en bons exécuteurs des basses œuvres pour le compte des pays impérialistes, États-Unis en tête, ont fourni aux milices de l'État islamique basées en Syrie de l'argent et des armes. Ces forces réactionnaires sont les créatures monstrueuses de l'impérialisme, devenues aujourd'hui de plus en plus incontrôlables. »

Il y a là quelques bonnes vérités à connaître et à faire connaître, même si Lutte Ouvrière n'est pas seule à les dire !

Michel Peyret

LUTTE OUVRIÈRE N°2424 DU 16 JANVIER 2015

Un terrorisme nourri par la politique de l'impérialisme

Utilisant l'émotion provoquée par les attentats en France, tous les dirigeants politiques français, de Hollande et Valls à Sarkozy, y sont allés de leurs déclarations pour appeler à faire la guerre contre le terrorisme.

Sans surprise, le ministre des Affaires étrangères, Fabius, a annoncé que les interventions militaires françaises au Mali et au Moyen-Orient seraient renforcées. Mardi 13 janvier, les députés votaient par 488 voix pour, une contre, et 13 abstentions, la prolongation de l'intervention des forces françaises en Irak. Le même jour, le porte-avions Charles-de-Gaulle partait en direction de la région du Golfe où il devrait être engagé dans des combats contre le groupe État islamique.

Cet envoi du Charles-de-Gaulle et d'avions supplémentaires au Moyen-Orient signifie de prochains raids aériens, qui n'apporteront que des destructions et des victimes parmi la population civile, sans pour autant vaincre les djihadistes.

Le gouvernement veut justifier les interventions passées au Mali ou en Centrafrique, ou encore celle déclenchée en septembre en Irak. Il voudrait surtout pouvoir continuer ces guerres, voire les intensifier, avec l'assentiment des travailleurs et de l'ensemble des classes populaires. Mais ces guerres menées par la France dans le monde, au nom de la lutte contre le terrorisme, ont eu pour seul objectif la défense des intérêts des grands groupes capitalistes.

Pour justifier l'intervention au Mali, déclenchée il y a tout juste deux ans, le gouvernement français parlait de s'opposer à l'instauration d'un État terroriste. Mais il était surtout préoccupé de préserver l'ordre dans sa zone d'influence africaine, dans cette zone située au nord du Mali, tout près de la frontière du Niger, pour que le trust français Areva puisse continuer à exploiter les gisements d'uranium.

Il faut bien combattre la barbarie, répètent en boucle les dirigeants politiques, de Hollande à Sarkozy. Mais qui a semé cette barbarie partout dans le monde ? Les milices djihadistes qui, en Irak et en Syrie, imposent une dictature moyenâgeuse à la population des territoires conquis, ne sont pas nées de rien.

Des milices comme celles de l'État islamique, qui utilisent le drapeau de la religion, prétendant représenter la population sunnite, tout comme celles, plus ou moins puissantes, qui prétendent représenter la population chiite, n'auraient jamais vu le jour si l'impérialisme ne leur avait pas ouvert la voie en attisant, directement ou indirectement, les divisions au sein de la population irakienne et en utilisant ces divisions pour imposer sa domination.

Ces milices djihadistes ont été favorisées politiquement par les dix années de guerre et d'occupation impérialistes, qui n'ont apporté à la population que la misère, les destructions, les morts. Elles ont, de plus, été aidées matériellement pour certaines. Ainsi, les États du Golfe, et en particulier l'Arabie saoudite et le Qatar, en bons exécuteurs des basses œuvres pour le compte des pays impérialistes, États-Unis en tête, ont fourni aux milices de l'État islamique basées en Syrie de l'argent et des armes. Ces forces réactionnaires sont les créatures monstrueuses de l'impérialisme, devenues aujourd'hui de plus en plus incontrôlables.

« Il serait temps que les pays occidentaux tirent les leçons de l'Afghanistan. Il y avait en 2001 un foyer de terrorisme. Aujourd'hui il y en a une quinzaine. Nous les avons multipliés. (...) Combien de terroristes allons-nous créer ? », déclarait même l'ancien Premier ministre Villepin en septembre dernier, au lendemain de la décision de Hollande de participer à une nouvelle guerre en Irak, qu'il jugeait « absurde et dangereuse ».

Oui, la barbarie des guerres menées par les puissances impérialistes pour maintenir leur domination a engendré la barbarie des milices intégristes. Compter sur les Hollande et autres dirigeants impérialistes pour la combattre, c'est compter sur des pyromanes pour éteindre le feu. C'est bien ce système capitaliste lui-même, et les hommes politiques qui gouvernent en son nom, qu'il faut combattre.

Aline Retesse

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Caroline Fourest : “Les Femen ne sont pas nazies !” Bon, enquêtons alors…

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Le fascisme, #le nazisme, #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #L'OTAN.

 

Comme je me suis fait interpeller fortement (enfin, insulter à ce stade…) par Caroline Fourest sur Le Huffington Post, j’ai un peu regardé ses derniers billets, et je suis tombé sur celui-ci :

 

 

Halte à la propagande. LES FEMEN sont très clairement anti-Svoboda et anti-Secteur droit, qu’elles ont décrit comme “leur ennemis” dans un tweet. Il faut être particulièrement pro-Poutine pour ne pas l’entendre… Vieille propagande soviétique. Les partisans de la Révolution Orange étaient déjà qualifiés de nazis, puis les FEMEN, puis Euro-Maïdan dans son ensemble… Grossier

 

Donc un visiteur (que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam) demande des explications (pour de bonnes ou de mauvaises raisons) sur la vision des FEMEN sur l’extrême-droite ukrainienne – et il finit par se faire traiter de “Pro-Poutine”, de “Propagandiste soviétique” et de “Grossier”. (Je fais d’ailleurs ici le pari que, dans quelques semaines, la propagande essaiera de dénoncer les gens qui dénoncent des néonazis dans un gouvernement en Europe comme étant ”évidemment” d’extrême-droite…)

Chacun appréciera d’ailleurs dans cette dialectique qui use de méthodes soviétiques ou d’extrême-droite – méthodes déjà utilisées à mon égard en tant que criminel de lèse-”journaliste”… Bref, en l’espèce, selon Mme Fourest, aucune raison d’enquêter, elles ont déjà donné leur vision… dans un tweet ! Du lourd, quoi…

Donc reprise du billet originel et “fact checking” (vérification par les faits).

 

Les FEMEN sont-elles nazies ? (par Caroline Fourest)

Source : Huffington Post

Un tissu d’amalgames mêlant sources russes et propagande d’extrême droite, diffusé par les amis de Dieudonné comme Jo le corbeau, tente de dépeindre les FEMEN comme un mouvement “ROUGE-BRUN”. Mise au point.

VRAI

  • Les premières militantes de FEMEN comme Anna Hutsol (ainsi que son camarade Viktor et Oksana) viennent des cercles communistes ukrainiens mêlant nostalgie marxiste et fierté patriotique (l’Ukraine ayant été colonisée par les Russes). Elles ne l’ont jamais caché.
  • Les premières campagnes de FEMEN étaient contre l’afflux de touristes pour l’EURO 2012, dont beaucoup de touristes turcs harcelant des Ukrainiennes en pleine rue. Elles se sont senties traitées comme des prostituées, et cette révolte est au cœur de leurs premières campagnes.
  • Elles ont effectivement participé à une manifestation où il y avait des féministes, des démocrates mais aussi des militants nationalistes d’extrême droite (comme en ce moment place Maïdan), au nom de la liberté d’expression et de manifester, pour demander la libération des prisonniers politiques en Biélorussie.

FAUX

  • Les Femen ne sont ni racistes, ni d’extrême droite, mais féministes, antireligieuses et défendent le principe d’égalité au point d’avoir été passées à tabac et d’être régulièrement menacées de mort, en France comme en Ukraine, par les mouvements d’extrême droite, qui les accusent d’être à la solde d’Israël, des Etats-Unis ou du gouvernement… Alors qu’elles ne touchent aucun argent public, font tourner leur mouvement avec trois fois rien, et que Soros finance les mouvements islamistes comme le Collectif contre l’islamophobie !
  • Un militant dieudonnesque a même été jusqu’à détourner (via Photoshop) une image où elles lèvent le poing après avoir été agressées par CIVITAS. Leur slogans contre l’Eglise et contre l’homophobie ont été remplacés par des slogans d’extrême droite !
  • Les militants de Dieudonné demandent aussi qu’on interdise FEMEN parce qu’elles ont fait un salut nazi, dans une action très ancienne… Mais qui visait justement à dénoncer comme nazie l’industrie du sexe ! Elles sont arrivées devant des sex-shop allemands déguisées en nazis avec des godmichets pour assimiler l’industrie du sexe à une industrie de la mort. Ce n’est pas la plus pertinente de leurs comparaisons mais bien la preuve que Femen a des références antifascistes… Et non “rouge-bruns”, contrairement aux “rouge bruns” qui tentent de faire cet amalgame contre elles !

Je comprends que certaines de leurs actions puissent dérouter une fois sorties de leur contexte ukrainien. Je suis moi-même passée par toutes ces phases, de méfiance et d’incompréhension. Mon livre, INNA, raconte ces coulisses, comme il critique certains aspects plus réels de FEMEN.

Ce n’est pas une raison pour succomber aux fantasmes agités par leur ennemis, nombreux, particulièrement malhonnêtes, et pour le coup vraiment d’extrême droite.

Indice…

Cette attitude est donc un sérieux indice incitant à mener une petite enquête…

Ce billet a donc plusieurs buts :

  • montrer que les médias manquent de moyens (temps) et de volonté pour contrôler des faits importants mais déplaisants par rapport à l’orientation de la propagande dans le pays (ici, un fait qui a causé une grosse émotion dans l’Est de l’Ukraine et en Russie) ;
  • analyser une information de Caroline Fourest. Non que ça soit majeur, mais ça illustre bien les pratiques journalistiques actuelles – et j’ai trouvé le raccourci (que j’exagère à peine) “vous vous interrogez et craignez que les FEMEN soient d’extrême droite, attention, vous n’êtes pas loin d’utiliser des pratiques d’extrême droite” – on aura tout vu… ;
  • illustrer de nouveau que des choses vraiment pas nettes ont cours en Ukraine ;
  • alerter sur les dangers de l’affichage des informations personnelles dans les réseaux sociaux (si un citoyen lambda arrive à faire ça, imaginez ce dont est capable la NSA…).

Les photos

Une rapide recherche montre que Caroline Fourest fait allusion en particulier à ça - dont j’ai déjà parlé – :

“Certaines Femen ont eu des fréquentations – disons douteuses – dans les manifestations locales :

Le drapeau rouge est celui de l’UNA-UNSO, une organisation néo-nazie ukrainienne :

Et puis ça :

En bas de la pancarte : «Свобода» = SVOBODA et son logo !

Issue de l’intéressante enquête d’Olivier Pechter sur la face cachée des Femen

==> La réponse de Caroline Fourest est que “elles ont effectivement participé à une manifestation où il y avait des féministes, des démocrates mais aussi des militants nationalistes d’extrême droite (comme en ce moment place Maïdan), au nom de la liberté d’expression et de manifester

Ceci étant, il reste stupéfiant de ne voir aucun problème à manifester avec des néonazis revendiqués et de sembler ne pas se poser la moindre question sur la situation ni les éventuelles manipulations dont ces groupes sont coutumiers.

Si Madame Fourest voyait – disons -, un économiste de premier plan manifester juste à côté du FN pour demander la sortie de l’euro (qui n’est – sauf mauvaise foi sans limite – en rien une revendication d’extrême droite, ni d’extrême tout court), elle dirait donc : “Aucun souci, cet homme-là, – niant par ailleurs toute proximité idéologique avec le FN – utilise simplement sa liberté d’expression et de manifester, et je défends son droit en demandant que tout amalgame soit évité.”.

L’autre photo évoquée par elle est celle-ci :

À l’évidence, c’était le thème de la manifestation des FEMEN de caricaturer le symbole nazi, et il faut être de mauvaise foi pour retenir ceci contre elles. En tous cas sur l’aspect “nazi” (pour le fond et la forme, à chacun d’apprécier).

Pour ma part, pour la forme (et je ne parle même pas des godemichets…), j’avoue condamner ce genre de biais de communication, qui a surtout pour conséquence la banalisation du nazisme et du fascisme – et rend, comme on le voit, aveugle quand certains de ses représentants se retrouvent au gouvernement en Ukraine…

Bref, en tous cas, pour notre sujet, pour Caroline Fourest : Innocentes ! Fin du débat

Les doutes

J’ai pour ma part encore quelques doutes, que je vais exposer.

Mais je précise immédiatement : non je ne pense pas que “Les FEMEN sont nazies” (je le précise bien pour éviter toute Fourestitude prétendant que c’est ma vision, que je suis moi même nazi et soviétique et génocidaire cambodgien et tout et tout…) – le titre est grotesque, et est un stratagème classique manipulatoire (comme Schopenhauer l’a si bien recensé) visant à grossir le trait, pour évidemment le réfuter facilement, et ne pas traiter l’assertion initiale, possiblement juste.

En plus, il est bien évident que toutes les Femen ne sont pas des fanatiques de Svoboda et Secteur Droit – dont la tolérance envers les homosexuelles n’est pas le fort…

Maintenant la question “Certaines FEMEN ont-elles une forme de proximité avec des mouvements  néonazis, extrémistes ou ultranationalistes ?“, mérite à mon sens d’être posée. Surtout quand il s’agit de FEMEN de premier plan et systématiquement mises en avant. Cela mériterait une enquête approfondie – qu’il revient à des journalistes de mener, et pas à des blogueurs…

Je ne tire donc aucune conclusion définitive à ce stade, je mets quelques faits à votre connaissance et partage mes interrogations…

Inna Shevchenko

J’avoue ne pas  avoir lu le livre INNA – mais aussi, ce n’est pas le cœur de mes recherches, et ceci est a priori le dernier post du blog sur les Femen. Mais enfin, on me permettra d’avoir quelques interrogations sur ceci.

Je rappelle qu’Inna Shevchenko a obtenu l’asile en France le 9 avril 2013 alors qu’elle faisait l’objet d’une enquête criminelle par la police de son pays après avoir tronçonné une croix catholique lors d’une manifestation pour protester contre la condamnation des Pussy Riot. Cette action a soulevé de très vives protestations en Ukraine, la croix en question ayant été érigée en souvenir des millions de victimes des persécutions soviétiques du NKVD… (sources : Izvestia, Obozrevatel)

Qui a valu cette série de pubs Femen :

Ainsi que celle-ci – qui fleure bon les années 1930 :

Après, j’ai bien entendu le “oui elles sont antireligieuses”. Mais enfin, vous me permettrez de faire une “Fourestitude”, et  de dire que certains observateurs pourraient rapprocher un tel comportement de rejet de l’autre de celui des antisémites, anti-arabes et autres ”anti-autres”… “Pourquoi ne pas aussi bruler des églises, des synagogues et voir carrément des musulmans… ???” (Bien imité, non ?)

D’ailleurs, elles en appellent au meurtre du patriarche orthodoxe Kirill  dans leur Campagne KILL KIRILL (quelle finesse – et quelle belle pub pour le féminisme… Voir ici et  et ) :

Comme plusieurs siècles ont été nécessaires pour supprimer “l’Inquisition catholique”, il serait souhaitable que ne naissent pas des velléités de type ”Inquisition athée”…

Par ailleurs, le 14 juillet 2013, jour de la fête nationale en France, est dévoilé le timbre Marianne de la Jeunesse, dont Inna est une des sources d’inspiration selon un des auteurs. Elle réagit alors sur Twitter : « Désormais, tous les homophobes, extrémistes, fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre ».

Enfin, c’est super de dénoncer les “homophobes, extrémistes, fascistes“.

Mais alors je comprends mal ce tweet diffusé le 9 juillet 2013 : « Qu’est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ? Qu’est ce qui peut être plus laid que cette religion ? ». Elle a supprimé par la suite le tweet mais assure « l’assumer entièrement » (Source : L’Express).

J’ai donc du mal à accorder du coup le qualificatif “d’Humaniste” à cette personne… Ce qui ne veut pas évidemment pas dire que je lui dénie toute qualité - bien entendu…

Je considère cependant pour ma part qu’en ces temps de plus en plus troublés, il est important d’apaiser les tensions, de ne pas susciter la haine ou l’animosité entre les nations et les cultures, de respecter l’autre en son être et en ses convictions, bref, de tout faire pour apaiser le corps social et assurer sa cohésion.

Poursuivons l’enquête avec une seconde FEMEN…

Incise

Lors de ma participation au désormais fameux débat dans l’excellent Arrêt sur Images (c’est à se demander si Daniel Scheidemann est le dernier journaliste de premier plan du pays à se poser des questions sur sa profession…)

Alors oui, certaines choses ne me font pas beaucoup rire – contrairement aux deux journalistes – qui, bien que j’aie passé l’information, l’ont mise sous le boisseau (façon, pfffff, le blogueur il a même pas sa carte de presse…) - j’imagine que cela n’intéresse pas le lecteur du Monde ou de Libé

Alors du coup, j’ai un peu enquêté…

Eugenia Krayzman

Eugenia Krayzman est une des activistes ukrainiennes de premier plan des FEMEN.

Eugenia Krayzman

Vous l’avez déjà vu dans certaines actions (ce blog ne recule devant aucun sacrifice pour rechercher la vérité…) :

En septembre 2013 à la Mostra de Venise (2e : Inna Shevchenko; 4e Eugenia Krayzman ; 5e Alexandra Shevchenko) (Source)

De gauche à droite : Eugenia Krayzman, Alexandra Shevchenko, Inna Shevchenko & Anna (Source)

Eugenia Krayzman (Source)

Bien.

Alors, il se trouve que les Ukrainiens utilisent le Facebook local, vk.com (comme nous l’avons vu hier avec Pravy Sektor) et donnent publiquement des informations intéressantes… (je passe sous silence les nombreuses choses hallucinantes qui y figurent – mais relèvent pour le coup entièrement de la vie privée).

Voici donc l’éloquente analyse de la page Vk d’Eugenia – qui a choisi le nom de page girl_femen :

Eugenia Evgenia Krayzman

5 500 amis, près de 500 followers

Eugenia habite Kiev :

Eugenia Evgenia Krayzman

Hasard incroyable, elle était justement à Odessa le 2 mai 2014 à midi :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et toujours en fin de journée, ce qui a valu ce post d’anthologie à 18h40 (169 Like):

Eugenia Evgenia Krayzman

Odessa en avant ! Ukraine en avant !!  – Nous sommes un pays uni !!!”

Prononcées devant un bâtiment où sont attaqués des personnes militant pour leurs droits linguistiques (50 ayant péri dans l’incendie), cela pourrait vraiment ressembler à de paroles d’extrême-droite…

Rappel des images pas trop vues dans nos médias (images dures à la fin) :

N.B. des citoyens ont aussi porté secours, évidemment, mais tard, une fois que les néonazis ont reculé)

La photo de la tente brulant devant la Maison des Syndicats (pour ceux qui n’ont pas suivi et pour les journalistes de Libé, c’est ici) et là :

Eugenia Evgenia Krayzman

En effet, quelle joie d’aller mettre le feu au “Maïdan des anti-Kiev”…

Eugenia Evgenia Krayzman

Les réseaux FEMEN re-twittent avec plaisir ce grand moment à 20h34 – moment où l’ampleur du drame est apparue :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Bref, c’est de ça dont je parlais, et qui n’intéressait pas les journalistes (français – parce que les journalistes russophones…).

Bien. Poursuivons alors l’enquête “vkique”.

Que découvre-t-on dans les groupes dont elle est membre :

Eugenia Evgenia Krayzman

Pravy Sektor – Secteur Droit ! Tiens tiens – le même que nous avons analysé il y a quelques jours (ET QUE JE VOUS RECOMMANDE VIVEMENT), avec ses 430 000 followers et ces grands billets :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Bon, après rien de conclusif, on a encore le droit de lire des trucs sans y adhérer. Continuons.

Évidemment, Eugenia a été interpellée par des russophones suite à son post (originaux avec traductions) :

Eugenia Evgenia Krayzman

Bon, Boris Shevchenko (de la famille d’Inna et d’Alexandra ?) souhaiterait que les FEMEN en fassent plus.

D’autres trouvent (évidemment) que c’est déjà trop :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

“Et ce ne sont même pas des habitants d’Odessa, ni d’Ukraine!”

Hallucinant de bêtise crasse – tous les morts étaient bien d’Odessa (Sources : Unian.net, Podrobnosti.ua, odessit.ua).

Suite :

Eugenia Evgenia Krayzman

Donc elle a vu que les types n’étaient pas Ukrainiens… Bien. Elle a vu d’autres choses aussi – comme on va le voir plus loin… (Elle a donc semble-t-il des problèmes aux yeux – j’espère simplement qu’elle n’en parlera pas à Caroline Fourest, afin d’éviter de nouvelles tensions infondées avec la Russie :) ).

Alors du coup, le ton monte :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et c’est là que ça devient TRÉS intéressant :

Je suis une Bandériste (Banderovka=partisane de Stepan Bandera) et une sextrémiste, il ne faut pas venir dans un pays qui n’est pas le vôtre, si vous voulez aller en Russie, dégagez – les frontières sont ouvertes !

Est-il bien nécessaire de rappeler à qui se rattachent en France ce genre de propos ? Caroline Fourest les accepterait-elle ?

Mais ce qu’il faut faire, c’est rappeler qui était le non-regrettable Stepan Bandera.

Stepan Bandera est « le saint homme » de l’ultra-nationalisme ukrainien – et ce n’est pas une exagération, cf cette affiche de Svoboda :

Eugenia Evgenia Krayzman

Tract de Svoboda : (Roman) Choukhevytch est un héros / (Stepan) Bandera est un saint

Les troupes Bandera de troupes rentrent avec les nazis en URSS en juin 1941. Par la suite, les nazis refusant l’indépendance de l’Ukraine (et arrêtent Bandera et l’emprisonnent durant la guerre, avant de libérer et qu’il s’allie de nouveaux face aux Soviétiques), elles se fondent d’une part dans la Division Waffen SS (division Galicie), dans la milice ukrainienne alliée des nazis et dans l’UPA, qui combat d’abord les nazis avant de s’allier avec eux à la fin de la guerre. L’UPA est responsable du massacre de près de 80 000 civils Polonais en Volhynie.

Son organisation politique, l’OUN, écrivit en 1941 : « Les Moscovites, les Polonais et les Juifs nous sont hostiles et doivent être exterminés dans cette lutte, en en particulier ceux qui résisteraient à notre régime. […] L’assimilation des Juifs n’est pas possible. » Le bras droit de Bandera, Yaroslav Stetsko, écrivit en 1941 : « Je soutiens donc la destruction des Juifs et la pertinence de l’apport des méthodes allemandes d’extermination des Juifs en Ukraine, plutôt que de tenter de les assimiler. » (Sources : Wikipedia et Wikipedia)

Une des organisations ayant fondé Secteur Droit se nommait le Trident de Stepan Bandera, et était dirigée par l’actuel leader de Secteur droit, Dmitro Iarosh.

Laissons la parole à des spécialistes :

Stepan Bandera a collaboré avec les nazis au début de la Seconde Guerre mondiale, et [ses] partisans étaient liés à des meurtres de milliers de Juifs et d’autres minorités“ [Centre Simon Wiesenthal, 28 janvier 2010]

Et donc, ce triste sire est le héros d’Evguenia… Alors “nazie”, non… – mais admiratrice des collaborateurs nazis ultranationalistes, plus probablement ?

Rappel :

Eugenia Evgenia Krayzman

“Coïncidence”, c’est aussi la vision de Secteur Droit, dites !

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Ils aiment bien aussi l’idéologue du parti de Bandera – un modèle quoi… :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Bien, on avance un peu.

Eugénie (dans de rares occasions) ”re-twitte” même Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Comme ses appels à la mobilisation :

Eugenia Evgenia Krayzman

Ou ses appels aux dons :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et ses nécrologies :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia a enfin de hautes idées sur ce qui s’est passé à Odessa - puisqu’elle a tout “vu par elle-même”. Elle publie donc ce scoop fantastique :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Et termine par des liens de sites complotistes – que même chez nous, on n’en n’a pas d’aussi délirants…

Donc, c’est un coup des Russes, qui sont venus à Odessa, ont manipulé les anti-Kiev et les pro-Kiev (et elle-même donc…) pour que les premiers se fassent gazer à l’intérieur, car Poutine, eh ben il a tout arrangé depuis 3 jours…

Donc, les types de Pravy Sektor, ils ont un peu tué 50 ukrainiens russophones d’Odessa, mais bon, c’est la faute de Poutine, hein. Sans doute comme le 11 septembre 2001 pour elle, j’imagine – vu sa profondeur d’analyse.

Alors reprenons la fameuse Chronique de Caroline Fourest :

“Les morts d’Odessa font partie d’un complot [...] – version pro-russe, paranoïaque, qu’on retrouve chez d’authentiques militants d’extrême-droite mais européens cette fois, et pro-russes”

A priori, il n’y a guère de raison que si une version complotiste par un pro-russe est d’extrême droite, une autre version complotiste par un pro-Kiev ne le serait pas…

Donc délire + négationisme + complotisme = FEMEN ? Ah bon…

En tous cas, Eugenia en discute bien avec ses amis, Ukrainiens typiques j’imagine… (il y a un GROS truc avec les armes là-bas…)

Eugenia Evgenia Krayzman

 

À ce stade, une fois les nouvelles connues, on aurait pu penser qu’elle ferait amende honorable – mais non, car cette Femen “ose tout” et “ne change jamais d’avis”. Donc le 4 mai à 16, elle passe le fameuse photo en photo de profil, pour que tout le monde l’observe  bien :

Eugenia Evgenia Krayzman

Alors du coup on ne va pas s’arrêter en si bon chemin…

Comme elle raconte sa vie en public (ah, narcissisme quand tu nous tiens…), on apprend qu’elle est en couple avec Sasha :

Eugenia Evgenia Krayzman

Qui est là :

Eugenia Evgenia Krayzman

Sasha partage l’intérêt de sa fiancée pour Pravy Sektor – Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et elle en partage en tous  cas certaines analyses…

Secteur Droit diffuse ceci sur son compte :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Sasha (bon, c’est moins détaillé…) diffuse ça :

Eugenia Evgenia Krayzman

N.B. : il ne faut pas trop s’étonner de ce genre de propos chez une lesbienne ukrainienne qui ne semble pas vomir Secteur Droit.

Dans le même registre, on en reparlera, les Galiciens banderistes se sont alliés avec les nazis en 1941, pour chasser les Soviétiques dans le but, pour eux, de créer un État ukrainien – il considéraient  les Russes comme des sous-hommes asiatiques. Mais, ça ne l’a pas fait du tout, car ces Galiciens étaient en fait eux-mêmes vu comme des sous-hommes slaves par Hitler qui s’est rapidement retourné vers eux… Comme quoi…

Secteur Droit – 27/04, 11h41 :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Sasha : 27/04 15h56 :

Eugenia Evgenia Krayzman

Parfois c’est plus simple, elle re-twitte elle aussi directement Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Bien entendu, la plupart des posts sont plus… personnels :

Eugenia Evgenia Krayzman

Les posts qu’elle a laissés sur son mur :

Eugenia Evgenia Krayzman

No comment :

Eugenia Evgenia Krayzman

Sasha a par ailleurs 27 amis ! Dont ceux-ci :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et puis Sasha a pris soin de bien préciser ses goûts :

Eugenia Evgenia Krayzman

Elle est donc une “fanatique” (foot ou politique – à vous de voir…), et aime bien les livres sur le nazisme…

Bon, c’est bien de se renseigner, mais enfin de là à rejoindre le mini-groupe dédié, de 88 personnes… (on peut atteindre ce fabuleux groupe en cliquant sur le mot dans la fiche de Sasha про национал-социализм)

Surtout que - comment dire ? -, je suis peut-être mauvaise langue, mais on ne dirait pas franchement des historiens préparant des thèses sur ce sujet… Non ?

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

En ouvrant un de ces profils par hasard, on tombe sur ça par exemple – la classe…

Eugenia Evgenia Krayzman

Enfin, bon… Fin du tour d’horizon…

On a donc un membre du groupe Secteur Droit, qui se retrouve à Odessa avec des gens de Secteur Droit, qui reprend les pires thèses complotistes de Secteur Droit, qui se dit banderiste – héros de Secteur Droit, qui veut foutre les russophones dehors, qui ne semble nullement peinée par la mort de 50 personnes dans le bâtiment devant lequel elle paradait et tire gloire de mettre ça en photo d’identité de sa page, et dont la copine raffole de littérature nazie, relaie les mêmes billets que Secteur Droit, et traine dans des groupes d’immondes néonazis.

Après comme le dirait Caroline Fourest, cela peut “dérouter une fois sorties de leur contexte ukrainien.” et qu’il faut “passer par toutes ces phases, de méfiance et d’incompréhension.

Et c’est peut-être vrai… Mais pour ma part, je ne vais pas passer plus de temps sur cette personne – il y a tant et tant d’humanistes formidables qui ne demandent aucun “décryptage”… Mais bon, peut-être qu’un nouveau livre EVGENIA pourrait éclairer le public – je ne suis pour ma part, je le rappelle, nullement journaliste…

Journalistes dont on attend d’ailleurs qu’ils présentent le plus objectivement possible les faits, pour que les lecteurs se fassent leur propre opinion – et non pas qu’ils fournissent de l’information déjà digérée…

P.S. À la fin de sa fiche, Eugenia indique :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et je prouverai au MONDE qu’une femme est capable de tout!!!!!!”

À ce stade, on peut certainement considérer que c’est en effet prouvé…

Épilogue

On lit sur Femen France :

Eugenia Evgenia Krayzman

 ”Halte à l’épidémie fasciste en Europe”

Et je réponds, OUI !!!!

Et commençons donc en Ukraine, en refusant de tolérer que le moindre néonazi n’ait sa place dans un gouvernement, car c’est là que certains sont au pouvoir – en ce moment même, avec les conséquences que l’on voit…  C’est autrement plus grave que ce que peuvent penser 3 Femens qui se courent après sous le regard complice des caméras.

P.S. : si après ça, vous vous servez encore de Facebook non pas seulement pour vous informer, mais pour y raconter votre vie (surtout si vous êtes néonazis -enfin, sauf en Ukraine, ou ça semble plutôt à la mode…), je ne peux plus rien pour vous… :)

P.P.S. : billet évidemment réalisé sans le moindre trucage, j’ai toutes les copies d’écran vu que mon petit doigt me dit que ces pages vont vite changer après la sortie de ce billet…

 

 

116 réponses à Caroline Fourest : “Les Femen ne sont pas nazies !” Bon, enquêtons alors…

Les femen mangent dans la main des nazis ukrainiens... http://www.les-crises.fr/caroline-fourest-les-femen-ne-sont-pas-nazies-ah-bon/

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Etre ou ne pas être Charlie. Le côté obscur d’une antinomie

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #le nazisme, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #La guerre, #Politique étrangère, #Terrorisme, #Je suis Charlie?

Etre ou ne pas être Charlie. Le côté obscur d’une antinomie

Etre ou ne pas être Charlie. Le côté obscur d’une antinomie

Avant la tragédie survenue le 7 janvier dans le hall de ses locaux, Charlie Hebdo divisait déjà la société française. Volontairement ou non – on ne juge pas les morts – le journal creusait un immense fossé entre les musulmans de France et les chrétiens, entre les croyants et les athées, entre, pour reprendre ce vers de Louis Aragon, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas.

Deux semaines après les faits, cette division s’accentue on ne peut plus. Loin de se résorber, l’abcès pourrait crever à tout moment. Ce qui en sortira risque de n’être pas si beau à voir.

Je suis Charlie arborent, endeuillés, des amis sur facebook. Paris est Charlie, peut-on lire sur le frontispice de l’Arc de Triomphe. Charb est le nouveau Jean Moulin, martyr de la liberté d’expression, peut-on entendre de la part de sa compagne, Jeannette Bougrab. Il conviendrait donc de l’inhumer au Panthéon. Dans un même temps, on apprend que le couple entendait quitter à tout jamais la France pour s’installer dans un pays plus conforme à leurs idéaux démocratiques.

Toujours dans un même temps et toujours au nom d’une liberté dont on ne sait trop guère le nom, on voit les autorités austraciser Zemmour et voir d’un assez mauvais oeil Houellebecq. L’un est un identitaire, un raciste incorrigible. L’autre est anxiogène, bref, xénophobe. Il serait intéressant de relever que Mohamed Sifaoui a publié dans Le Monde un article extrêmement critique de Soumission en gratifiant son auteur d’étiquettes tantôt hargneuses tantôt condescendantes. La publication date du 7 janvier, jour de l’attentat et c’est Le Monde, un journal de référence et un journal de centre gauche qui en a fait la promotion. Si même l’on considère que les manifestations qui ont eu lieu un peu partout en France en mémoire du collectif Hebdo et en hommage à la liberté de la presse ont véritablement été organisées à ces seules et nobles fins, on pourrait se demander s’il n’y a pas comme une contradiction intrinsèque à l’Idée véhiculée.

Et ces contradictions, ces incohérences même, Dieu sait si elles foisonnent. Permettez-moi de les répertorier aussi brièvement que possible.

Sur un plan substantiel

– Douze personnes sont mortes, pour la plupart des journalistes et deux policiers. Il s’agit sans conteste d’un massacre abominable que n’importe quelle personne saine d’âme et d’esprit ne saurait que condamner quelles que soient ses convictions. Ceci étant dit, je me demande – et, a posteriori, je suis loin d’être la seule – pourquoi est-ce que cette tuerie devrait faire la une de tous les journaux du monde alors donc que tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, des gens sont massacrés aux quatre coins de l’Afrique, du Moyen-Orient et du Donbass au nom des fameuses valeurs républicaines que l’on prétendrait défendre?

La vie d’un journaliste occidental, vaudrait-elle plus que celle d’un enfant irakien mort sous les bombes de l’OTAN? Que celle d’une jeune femme syrienne tuée par ceux qui feraient “du bon boulot”? Que celle d’un journaliste russe tué par balles dans le Donbass alors qu’il prenait des photos?

Aurait-on vu en ces circonstances qui perdurent une offense à la démocratie? Auraient-elles interpellé la conscience de ceux qui pleurent Charb et son équipe ? Il ne semblerait pas. J’ai vu la souffrance des Donbassiens, le pleur des vieillards qui balaient les neiges épaisses de janvier sous le sifflement des obus, des enfants qui jouent dehors au moment où l’artillerie se défoule sur Donetsk. J’ai parlé à leurs parents qui évoquent la présence de mercenaires occidentaux – français, hélas, y compris – dans les bataillons dits punitifs.

Si donc j’ai moralement le droit de répéter, à la suite de mes compatriotes, Je suis Charlie, n’aurais-je donc pas doublement le droit, voire le devoir moral de proclamer “Je suis Odessa” (une centaine de morts brûlés/ou asphyxiés), “Je suis le Donbass” (près de 5.000 morts selon l’OSCE), “Je suis la Syrie” (200.000 morts environ), “Je suis l’Irak” (plus d’un million de morts) et j’en passe? L’exercice de nos valeurs, à admettre que celles-ci existent encore, n’est-il pas censé enjamber le seuil des locaux d’Hebdo?

– Cette hypocrisie, si elle est avant tout affligeante pour les peuples concernés en premier lieu, a frappé la France. Clairvoyant comme il sied à un Président de son envergure, Bachar al-Assad avait prévu le retour de manivelle qui trois jours durant ramena la France aux heures sombres du RER B station Saint-Michel et aux drames plus récents de Toulouse et Montauban. Peut-on se permettre d’instrumentaliser des islamistes au Moyen-Orient en ayant sur son territoire des cellules dormantes difficilement contrôlables ? Comme par hasard, les frères Kouachi revenaient de Syrie. Le cadet, Chérif, avait écopé trois ans de prison en 2008 pour avoir intégré une filière djihadiste. Trois ans seulement. C’est à méditer.

– Comment se fait-il que la marche républicaine de Paris ait rassemblé des chefs d’Etat et des politiciens représentant des pays assez peu sensibles aux discours voltairiens de M.Hollande? Faudrait-il rappeler que la Turquie est sur le point d’autoriser la construction d’une église chrétienne à Istanbul alors qu’elle l’interdisait jusqu’ici? Quid de la Jordanie, une monarchie où la liberté de la presse est inexistante ? Quid de Porochenko qui est allé jusqu’à interdire les chaînes russes en Ukraine et qui cautionne le pilonnage des immeubles? La liberté d’expression, sauf erreur de ma part, ne constitue pas une valeur spécifique à la Vème République. Elle tend à l’universel. Surtout quand le prix de cette liberté est estimé à des vies humaines comme c’est aujourd’hui le cas, en plein centre de l’Europe, avec l’Ukraine.

Sur un plan (plus) technique

– Le Plan Vigipirate-attentats de vigueur supposait, tout à fait logiquement, que toute manifestation éventuelle soit repoussée à des fins de sécurité. Qu’a-t-on finalement remarqué ? Près de 100.000 personnes sont descendues dans les rues de Paris alors que des provocations auraient pu intervenir. La télévision montrait des leaders issus d’un grand nombre de pays marcher soi-disant à la tête du peuple. Or, dans la réalité, ces derniers ont défilé dans une ruelle parfaitement gardée par les forces de l’ordre et surtout barrée. On appréciera plus que jamais le degré de proximité et de solidarité des leaders mondiaux vis-à-vis d’un peuple dont ils prétendent être proches.

– On prétend organiser une marche dite d’unité nationale. Fort bien ! Se croirait-on alors permis d’en exclure les représentants du FN comme envisageaient de le faire les grands promoteurs de la démocratie européenne version PS ? Est-ce parce que Marine Le Pen, dans son discours aux Français, avait appelé à enquêter sur les sources de financement des cellules djihadistes disséminées à travers le territoire français ? Voilà qui serait bien plus efficace que d’arrêter Dieudonné dont l’humour serait moins acceptable que celui de Charlie Hebdo.

– Des journalistes ont été tués manifestement parce qu’ils se sont permis des caricatures de Mahomet. Dans le numéro historique du 14 janvier, on peut VOIR le Prophète, larmoyant, tenant une pancarte avec ce slogan au sens si vague Je suis Charlie. Mais a-t-on demandé aux musulmans s’ils sont Charlie? Je ne crois pas. Au lieu d’apaiser les tensions au nom de la sécurité nationale et du vivre-ensemble, on les entretient … à petits coups d’encre. S’agirait-il de motiver une nouvelle intervention soi-disant anti-islamiste au Moyen-Orient?

Il est humain de se reconnaître dans Charlie dans la mesure où toute vie est sacrée. Il est inhumain de pleurer Charlie en élevant une tragédie locale à une tragédie d’envergure mondiale tout en passant sous silence les monstruosités perpétrées dans d’autres coins du monde avec l’aval d’un certain nombre de ceux qui ont défilé dans une ruelle bien gardée. Il est humain de vouloir défendre la liberté d’expression. Il est inhumain de le faire au détriment d’autres libertés en jouant sur les contradictions. Cette antinomie lancinante que représente Charlie n’a ni commencement ni fin. On dirait un cercle vicieux. Un peu à l’image des politiques nulles et suicidaires qui régissent l’UE. Je suis Charlie et je ne suis surtout pas Charlie. Voilà pour résumer.

Par Françoise Compoint

Source : La Voix de la Russie-RIA Novosti

Photo prise par un des participants de la Marche républicaine à Paris le 11 janvier 2015

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TOUS AU MEETING NATIONAL DU CNR-RUE LE 7 FÉVRIER 2015, à la Bourse du travail de Saint-Denis.

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La République, #La France, #Europe supranationale, #Comité pour une Nouvelle résistance, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La lutte des classes

Dimanche 18 janvier 2015 

 

TOUS AU MEETING NATIONAL DU CNR-RUE

 

LE 7 FÉVRIER 2015, 

 

à la Bourse du travail

  

       de Saint-Denis

 

                     de 9h à 17h30, 

 

pour créer l’évènement et appeler ensemble à une grande manif progressiste contre l’UE atlantique !

 

NE PAS RATER CE RENDEZ-VOUS ESSENTIEL !

  

Le PRCF a joué un rôle important dans la création du Comité national de résistance républicaine à l’UE qui a appelé au boycott des élections au « parlement » supranational.

Aujourd’hui, le CNR-RUE s’apprête à lancer une grande manif unitaire pour que la France sorte de l’euro, de l’UE et de l’OTAN par la voie progressiste. Ce sera fait à l’issue du meeting du 7 février qui se tiendra à 

 la Bourse du travail de Saint-Denis, 

 9, rue Genin, 93200

Métro Saint-Denis Porte de Paris –

ligne 13 de 9h à 17h30

 

Plusieurs forces progressistes seront représentées, PRCF et M’pep, bien sûr, mais aussi Réveil communiste, Rouges vifs franciliens, ainsi sans doute qu’une représentante du réseau Faire vivre et renforcer  le PCF.

 

Cette initiative ne peut que converger avec l’appel historique des Assises du communisme à manifester successivement le 9 mai (en région, en écho au 70ème anniversaire de la victoire des peuples sur l’Europe fasciste)  et le 30 mai (cf appel paru sur le site www.initiative-communiste.fr le 24 décembre dernier).

 

Face au broyeur qui tenaille notre peuple entre les forces maastrichtiennes du PS, de l’UMP et de l’UDI et les divers courants fascistes, intégristes et racistes, ce projet de manifestation progressiste unitaire constitue un levier essentiel. Du succès de cette manif peut naître ce que le PRCF appelle depuis toujours le Front antifasciste, patriotique, populaire et le nouveau CNR auquel aspire notre pays pour sortir du carcan de l’UE et reconquérir la souveraineté nationale et les acquis progressistes démantelés au nom de la « construction » euro-atlantique.

 

Toutes choses dont nous débattrons de manière pluraliste et unitaire le 7 février.

 

Alors, que tous les animateurs, militants, amis et visiteurs du site du PRCF soient physiquement présents à St-Denis le 7 février car, comme disait Marx, « l’histoire ne repasse pas les plats »…

  

Le secrétariat national du PRCF. 

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Après les ATTENTATS quelques points de REPÈRES. Par Eldiablo.

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La guerre, #La lutte des classes, #Le grand banditisme

Dimanche 18 janvier 2015 

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Notre déclaration du 8 janvier (voir sur le site) au lendemain des crimes contre le journal « Charlie hebdo » prend tout son sens aujourd'hui.

 

La propagande capitaliste visant à « rassembler le peuple autour de ses valeurs » est une opération politique, une nouvelle manipulation qui poursuit des buts précis.

 

La question essentielle pour les états capitalistes est de poursuivre, accentuer, accélérer la politique dictée par les multinationales mondiales dans la recherche de nouveaux profits.

 

Pour cela, il leur faut conquérir les territoires et les peuples qui leur échappent encore pour les exploiter.

 

Tous les moyens sont mis en œuvre pour réaliser ces objectifs.

 

Avec la chute de l'URSS, qui constituait l'obstacle majeur au développement du capital mondial, le coup d'envoi était donné pour un nouveau partage du monde dont on mesure tous les jours la dangerosité.

 

56 conflits armés ont eu lieu ou sont en cours depuis la chute de l'URSS, il est utile derappeler que les forces du capital avaient promis une ère de paix et de fraternité après la disparition de « l'ennemi de classe ».

 

L'Europe du capital s'est développée, le capitalisme mondial également, les profits des multinationales mondiales ont explosé mais ce sont les peuples qui payent.

 

Pour parvenir à ces résultats les états capitalistes ont utilisé tous les moyens pour détruire les états qui résistaient ou qui résistent à leurs objectifs. Ils ont armé, financé, organisé des groupes locaux ou étrangers devenus aujourd'hui de véritables armées qui à leur tour veulent imposer des dictatures en utilisant les religions comme faire valoir mais le but est le même : exploiter pour le profit.

 

L'impérialisme américain joue un rôle central dans ce nouveau partage du monde. Dès le début avec la guerre en Afghanistan, il n'a pas hésité à armer les « talibans » contre le gouvernement afghan à l'époque progressiste, soutenu par l'URSS. Les interventions se sont succédées au Yémen, en Tchétchénie.

 

Dès la chute du mur ce fut le démantèlement de la Yougoslavie, les interventions en Irak à deux reprises depuis 91.

 

Aujourd'hui le pays est à feu et à sang comme le sont la Libye, la Syrie, le Mali, la Centrafrique, le Niger, le Soudan, le Nigéria et nombre de pays ou « l'intégrisme religieux » a été sollicité, organisé, construit. Cet « intégrisme » dont les états capitalistes utilisent l'existence aujourd'hui pour justifier leurs interventions alors qu'ils en sont les géniteurs.

 

Que dire de la politique d'Israël, bras armé de l'impérialisme étasunien qui massacre, assassine sans retenue pour s'accaparer l'ensemble des territoires de Palestine.

 

Oui, ils sont capables de tout pour imposer la politique des puissances capitalistes.

 

L'ensemble des partis politiques, de la droite au Front national, du PS et ses alliés au Front de gauche, les syndicats, pleurent sur les conséquences des actes criminels et acceptent sans broncher les mesures autoritaires que le gouvernement met en place. Tous gèrent une situation politique et sociale qui s'aggrave de jour en jour.

 

Chacun joue son rôle dans la mascarade de l'appel à «  l'unité nationale ». Personne n'a protesté quand Hollande a accueilli avec bienveillance les chefs d'états couverts du sang des peuples qu'ils massacrent.

 

Netanyahu a le droit de tout faire, massacrer les palestiniens et leurs enfants, détruire les infrastructures du pays, décider l'annexion de nouvelles terres palestiniennes, poursuivre la colonisation, bloquer les moyens financiers indispensables à la vie courante du peuple, instaurer avec l'extrême droite israélienne un régime politique foncièrement raciste. Tout cela au mépris du droit international, avec la bénédiction et l'aide des grandes puissances.

 

Porochenko, le « président » ukrainien installé par l'impérialisme européen par un coup d'état militaire gouverne aujourd'hui avec l’aide de groupes fascistes.

 

Le secrétaire général de l'OTAN au service exclusif des états capitalistes, fournisseur des armes et des armées pour détruire, bombarder, organiser les guerres contre les peuples qui ne veulent pas se soumettre à la loi du capital.

 

Voilà trois personnages (il y en avait une trentaine du même acabit) qui viennent soutenir « la démocratie », la « liberté de la presse » à l'appel du gouvernement français. Quelle démocratie? Quelle liberté de la presse alors que l'une et l'autre sont aux mains des grands groupes industriels et financiers.

 

C'est « l'union sacrée de l'internationale capitaliste » que Hollande et consorts veulent pérenniser en France.

 

Tous sont venus chercher le soutien des multinationales, utiliser l'émotion suscitée pour masquer les effets désastreux que leur politique engendre.

 

La France est le pays européen le plus engagé dans les conflits armés, Hollande vient d'annoncer de nouveaux renforts aux huit mille hommes déjà en opération, il annonce également le déploiement de 3500 militaires sur le territoire national, il regrette qu’il n’y ait pas d’intervention en Syrie pour éliminer Assad. Qui peut croire que cette politique guerrière peut rester sans conséquence?

 

Et pendant ce temps, qui parle des sales coups que préparent Hollande et son gouvernement, de la loi Macron et ses 156 mesures dirigées contre les travailleurs!! On ne parle plus des dépenses en hausse constantes, des pensions, allocations et salaires en baisse, de la casse des services publics, du code du travail.

 

Voilà la signification de l'appel à "l'unité nationale" relayée à tous propos par la propagande du pouvoir. C’est la perspective offerte aux travailleurs, au peuple et à sa jeunesse soumise au chômage de masse, à la précarité, à la pauvreté.

 

La paix, la satisfaction des besoins sociaux des peuples seront satisfaits lorsque la lutte sera suffisamment puissante pour chasser les forces du capital. Il faut l'engager partout, tout de suite, il y a urgence. C’est notre conception de l’union nationale, c’est la seule possible. "Communistes" y travaille.

 

source : site "communistes"

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Vers une dictature antiterroriste ? Par Damien Viguier.

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #La France, #La mondialisation, #La justice

http://arretsurinfo.ch/vers-une-dictature-antiterroriste/

Vers une dictature antiterroriste ?

Par Damien Viguier le 16 janvier 2015

Crises/guerres Dissidence France Liberté d'expression

L’arbitraire du magistrat dans la loi pénale

Le vendredi 9 janvier 2015, à 18h47, près d’une heure trente après que les frères Kouachi, soupçonnés de l’attentat du mercredi précédent à Charlie Hebdo, sont tombés dans une scène digne de Butch Cassidy et le Kid, Othman Dahouk, 16 ans, fait figurer sur son compte Facebook l’image « Je suis Kouachi ».

Mauvaise idée. Le mardi 13, il est entendu par un officier de police judiciaire. À ce dernier, qui l’invite à parler et qui lui dit qu’il est dans un pays libre où il peut s’exprimer, il répond :

« Je mets un truc sur Facebook, et je suis en garde à vue. Vous trouvez que je suis libre ? »

Le lendemain il est conduit, menotté et sous escorte, devant un juge des enfants, dans la perspective de sa mise en examen du chef d’apologie de terrorisme [1].

Il garde le silence. Son avocat prend la parole. Il en appelle à la raison, il rappelle au magistrat que dans le contexte de démence collective qui saisit une bonne partie de la population en France, démence dont sont saisies les plus hautes autorités de l’État, il est de son devoir, à lui, magistrat, dernier rempart des libertés, de rester serein et de prononcer ce qui naturellement s’impose devant pareil cas : une ordonnance de non-lieu.

Comment peut-on, dans le contexte malsain d’une idéologie hostile à l’islam, alors que gouvernement et médias nourrissent une psychose collective, « inculper » (comme jadis l’on disait) un gamin de 16 ans pour une pancarte « Je suis Kouachi » ? Alors que dans le même temps on prétend défendre la liberté d’expression, et en particulier le droit de moquer, de railler et de tourner en ridicule ? N’encourage-t-on pas, au contraire, à dire « Je suis Kouachi » ? N’a-t-on pas le droit de tourner en ridicule ce mouvement de foule et son slogan « Je suis Charlie » ?

Il semblerait que non.

Othman Dahouk, 16 ans, a été mis en examen pour apologie de terrorisme. Il encourt cinq ans d’emprisonnement pour une pancarte sur son Facebook (sept ans, même, si l’on tient compte de la circonstance aggravante). Et le magistrat l’a astreint à se soumettre, lui, à une obligation de soins psychologiques !

Sur quoi il convient de faire d’abord remarquer que si la loi doit être claire et précise de manière à ce que l’on puisse prévoir si ce que l’on s’apprête à faire est ou non punissable, cette loi qui incrimine « l’apologie de terrorisme » ne l’est guère, tout simplement parce qu’un élément de cette formule ne l’est pas.

« Apologie »

Le mot apologie, selon le dictionnaire Bloch et Warturg, est emprunté au latin ecclésiastique apologia et provient du grec apologia, qui signifie « défense », dérivé du mort apologos, qui au sens propre signifie « récit », « narration ». Il est vrai que toute défense, en droit pénal, commence par raconter ce qui s’est passé. Le Robert parle de « discours écrit visant à défendre, à justifier », c’est un plaidoyer.

Même si on pressent qu’il y a quelque abus à voir dans trois mots l’expression d’un plaidoyer (la plaidoirie la plus brève qu’il m’ait été donné de tenir jusqu’à présent en comportait quatre), le sens du terme est suffisamment précis pour répondre au principe de légalité.

« Terrorisme »

Il en va autrement avec le mot « terrorisme ». Notons d’abord que la même réalité peut recevoir des termes synonymes : partisan, résistant, guérillero, franc-tireur, rebelle, insurgé, membre d’un corps franc, milicien ou… terroriste. Tout dépend de l’endroit et du moment d’où l’on perçoit le phénomène. Le « terrorisme » n’est pas une infraction en soi, mais englobe de nombreuses choses qui peuvent être des infractions, lorsqu’elles ne sont pas légitimées par le pouvoir en place, ou même n’en être pas (comme de simplement parler, écrire, dessiner faire un geste, etc.).

Par exemple, on va prochainement (mai 2015) faire entrer au Panthéon, pour les donner en exemple à la Nation, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, quatre « résistants » qui par leurs actes et mêmes leurs pensées étaient perçus comme des terroristes par les autorités et par la population de 1942 à 1944.

Et le Président Sarkozy n’avait-il pas ordonné que l’on lise à la jeunesse des écoles la lettre « d’adieu à ma petite maman », de Guy Môquet ? Et dans un autre registre, n’a-t-on pas fait de Che Guevarra une icône marketing ?

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, n’a-t-il pas dit que le Front Al-Nosra faisait « du bon boulot » ? Il s’agit pourtant d’une organisation terroriste, qui opère en Syrie et qui s’y livre à des horreurs autrement plus graves que ce qui est arrivé à Paris le 7 janvier 2015. Le tribunal administratif de Paris a même reconnu que de tels propos relevaient de la politique internationale de la France.

Le phénomène est donc extrêmement difficile à appréhender. Combattant glorieux pour les uns, criminel odieux pour les autres, le terroriste n’est vraisemblablement ni l’un ni l’autre. Seulement il se trouve que le cadre juridique ne comprend que deux catégories, et qu’il faut bien l’y faire rentrer.

Sans faire de la sociologie juridique d’avant-garde à l’américaine, il est évident que la décision du juge va dépendre du pouvoir en place. Selon que vous êtes appréhendé sous un régime libéral et libertaire du genre de n’importe quel État occidental, ou que vous êtes arrêté pour les mêmes faits sous un califat dans le style État islamique, votre sort ne sera pas le même. Pour les uns vous êtes un criminel impardonnable ou un fou, tandis que pour les autres vous êtes le saint et le héros qui a exécuté la fatwa.

Tout dépend aussi de l’endroit où vous opérez. Sur sol syrien ou irakien vous pouvez décapiter, violer, torturer à loisir (à condition toutefois de ne pas toucher aux journalistes occidentaux). En France en revanche, c’est « tolérance zéro » : le voile pour les femmes, la barbe pour les hommes, suffisent à vous rendre suspects.

Et même sous un régime libéral et libertaire, tout va dépendre, à quelques jours, parfois à quelques heures près, des degrés de pression politique, de propagande et de mobilisation de l’opinion publique. En période de calme relatif il ne vous arrivera rien. Mais gare si vous n’avez pas senti le vent tourner, même si le vent tourne après, bien après que vous ayez dit ce que vous avez dit.

Par conséquent, il est extrêmement dangereux de faire figurer dans la loi pénale ce terme obscur et vague de « terrorisme ». C’est laisser à l’arbitraire du magistrat le choix de condamner ou de relaxer, sans que l’on puisse prévoir à l’avance sa réaction. Cela crée une atmosphère extrêmement malsaine. L’emploi du mot, en réalité, est le signal de la guerre civile. Il n’a pas à figurer dans la loi.

Damien Viguier | 16 janvier 2016
Avocat – Docteur en Droit

Damien Viguier est avocat aux barreaux de l’Ain et de Genève, docteur en droit privé et sciences criminelles, chargé d’enseignement à l’université.

Notes

[1] La loi n° 2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme a introduit dans le Code pénal un article 421-2-5 : « Le fait, publiquement, par quelque moyen que ce soit, de provoquer directement à des actes de terrorisme, ou de faire l’apologie de ces actes est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 € d’amende. Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et 100.000 € d’amende lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne. » Auparavant l’alinéa 6 de l’article 24 de la loi de 1881 sur la presse prévoyait quelque chose d’approchant.

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Contre le communautarisme par Jean LEVY

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La guerre, #L'OTAN., #La France, #Je suis Charlie?, #Terrorisme

Samedi 17 janvier 2015

Contre le communautarisme par Jean LEVY

Contre le communautarisme

par Jean LEVY

Depuis l’attentat contre « Charlie Hebdo », le pouvoir et ses médias invoquent l’Union sacrée mais divisent arbitrairement les Français en diverses « communautés », en lieu et place de la communauté nationale, seule entité acceptable dans notre République, qui se veut laïque.

Ainsi, les journaux, la télé, la radio n'ont de cesse d'invoquer la "communauté juive, la "communauté musulmane". Dans celle-ci, sont regroupées les populations en général d'origine maghrébine, qualifiées en bloc de "musulmane", comme si tous s'en référaient à l'Islam religieux. En fait, simplement d'origine algérienne, tunisienne ou marocaine, comme d'autres sont descendants d'émigrés italiens, polonais, espagnols ou portugais, nombreux sont ceux qui ne pratiquent aucune religion. Pourquoi en faire une "communauté", un ensemble homogène en marge de la "communauté française ?

De même, les médias distinguent en permanence les "juifs" des autres Français. Certes, malheureusement, le fait n'est pas nouveau.

Cette césure a été d'abord pratiquée par les ligues factieuses d'avant guerre, l'extrême-droite d'alors. Pourtant, la population d'origine juive askynase, fuyant les persécutions généralisées dans les pays d'Europe de l'Est et d'Allemagne n'avaient qu'un souci, arrivant en France, c'est de se fondre le plus vite possible dans la nation française, aux antipodes du communautarisme.

La discrimination s'est amplifiée jusqu'à l'horreur du fait de l'occupant allemand, de l'Etat dit "français" et leurs Kollaborateurs. L'exposition antisémite organisée à Paris par les nazis, "le Juif et la France", en constitue le point d'orgue idéologique, justifiant les massacres de masses qui ont suivi. Le mot "juif" en lettres de sang s'étalait sur les murs de nos villes.

On aurait pu croire qu'avec la Libération, la discrimination cesserait.

Or, des décennies plus tard, un certain nombre de nos concitoyens, se revendiquant de la qualité de « juifs », voulaient se singulariser en tant que communauté distincte. Cette attitude a pris une toute autre ampleur avec la venue en France des « pieds-noirs » d’Afrique du Nord, dont nombre de juifs sépharades. Ceux-ci, très ancrés dans la religion, ont constitué

des pôles urbains de regroupement, reproduisant la nature communautaire telle qu’ils la vivaient en Algérie ou au Maroc.

L’Etat d’Israël, se considérant la nation de tous ceux qui se revendiquent comme « juifs » dans le monde, s’est appuyé sur cette population pour donner à celle-ci un sentiment de double appartenance nationale et développer ainsi son caractère communautaire.

Mais les Français d’origine juive ne se limitent pas à aux Sépharades. Le

plus grand nombre, au cours des siècles passés, condamnés longtemps

à vivre dans des ghettos, se sont totalement intégrés à la communauté française, y compris en délaissant la religion. Ils ne sentent aucun lien avec l’Etat d’Israël, dont ils critiquent la politique criminelle. Les replacer, malgré eux, dans une pseudo « communauté juive » à l’écart de la nation française, constitue un viol de leur conscience et une division arbitraire de notre pays.

La question est donc posée : pourquoi gouvernement et médias font-ils tant d’efforts à réduire la nation française à un agglomérat de communautés distinctes ?

L’abandon par nos « élites » de toute notion de souveraineté et

d’indépendance, l’alignement de nos soit-disantes élites sur un pouvoir extérieur à la France, expliquent leur volonté de faire de notre pays une simple région européenne peuplée de communautés juxtaposées, sans lien charnel, sans sa longue histoire partagée de luttes pour la liberté.

A nous de poursuivre le combat pour la République Une et indivisible.

* Lire ou relire aussi :

OUI ! LES MOTS « JUIF » ou « ARYEN »

ONT LEUR IMPORTANCE

Par Jean LEVY

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Où est Charlie ? Rapport officiel sur les tortures du régime de Kiev contre les prisonniers (Vidéo).

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #le nazisme, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #Les média, #L'OTAN.

 


Lorsque des ONG comme Amnesty international ou bien l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) font état de tortures et de découvertes de charniers en Ukraine, ce n’est pas répercuté dans nos pays de liberté d’expression, ou au mieux, le flou est entretenu afin de laisser croire que ces faits sont observés en Novorossiya libre: les Républiques de Donetsk et de Lugansk.


Dans son rapport, le Comité contre la torture du Conseil de l’Europe fait état de «découvertes très préoccupantes», après sa visite en septembre dernier de deux prisons ukrainiennes de la région de Kharkov, les colonies numéros 25 et 100, et publie ses observations préliminaires tirées de sa visite.

Photo: Une victime civile des bombardements de l'armée de Kiev sur Donetsk, abattue en pleine rue, le 13 janvier 2015,... (Voir vidéo ci-dessous) 
medias-presse.info

Où est Charlie ? Rapport officiel sur les tortures du régime de Kiev contre les prisonniers (Vidéo)

Où était Charlie

Photo: Une victime civile des bombardements de l’armée de Kiev sur Donetsk, abattue en pleine rue, le 13 janvier 2015,… (Voir vidéo ci-dessous)

 

Lorsque des ONG comme Amnesty internationale ou bien l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) font état de tortures et de découvertes de charniers en Ukraine, ce n’est pas répercuté dans nos pays de liberté d’expression, ou au mieux, le flou est entretenu afin de laisser croire que ces faits sont observés en Novorossiya libre: les Républiques de Donetsk et de Lugansk.

 

Cette fois-ci, « l’enquête portait sur la situation de personnes arrêtées lors d’opérations antiterroristes ; et les enquêtes au sujet de cas de mauvais traitement infligés par des agents des forces de l’ordre à des manifestants de la place de « Maidan». La visite avait aussi pour objectif d’examiner la situation des personnes arrêtées dans le cadre de l’opération antiterroriste en cours. » 

le Comité contre la torture du Conseil de l’Europe évoque l’usage de camisoles de force, d’actes de sodomies et notamment de strangulations.  Il dénonce un « nombre considérables » de cas rapportés de mauvais traitements ou de torture de prisonniers en Ukraine, dans un rapport le mardi 13 janvier. Dans son rapport, le Comité fait état de « découvertes très préoccupantes », après sa visite en septembre dernier de deux prisons ukrainiennes de la région de Kharkov, les colonies numéros 25 et 100, et publie ses observations préliminaires tirées de sa visite.

Kharkov ou Kharkiv qui est la plus grande ville d’Ukraine, se situe à l’Est du pays, mais loin des lieux sous autorité novorusses. Ces centres de détention dans lesquels des cas graves de tortures sont infiniment timidement dénoncés, sont sous l’autorité de Kiev et donc du président Porochenko, le grand vassal des USA.

Je suis Donbass

« Hier une nouvelle est passée sans que personne ne s’en aperçoive :

pendant qu’on lançait un énième assaut contre les terroristes dans la banlieue de Paris,

cinq personnes, dont 2 gamins innocents, ont été tuées au Donbass. » (source)

Le CPT évoque des cas rapportés de « passages à tabac, de sodomie avec matraque et l’usage de camisoles de force (sur des détenus), de strangulation de l’abdomen avec une corde au point de faire déféquer des prisonniers ». Ces observations ont été rendues publiques sur le site internet du CPT avec l’accord du gouvernement de Kiev. Dans l’un de ces deux centres – la colonie 25 -, la délégation dit avoir reçu « un nombre considérable d’allégations de mauvais traitements physiques graves et/ou de torture de prisonniers par des gardiens de prison ».

« La délégation a eu la claire impression que les deux établissements étaient gérés par un système d’intimidation et de violence », explique le Comité. « La délégation a été frappée par l’atmosphère de crainte générale » qui régnait dans ces deux établissements. Le comité note notamment la « grande réticence » des prisonniers à parler. Plusieurs d’entre eux auraient refusé de parler à la délégation, notamment après avoir été approchés par des surveillants.

« De l’avis du Comité, sont laisser pendant des heures sans soins médicaux appropriés des personnes détenues présentant de graves lésions corporelles qui pourrait s’apparenter à un traitement inhumain et dégradant. »

Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites! Mais que peut-on attendre des organisations pro-européennes ? « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Cela n’a jamais été aussi vrai!

La délégation appelle les autorités de Kiev à lancer rapidement une enquête indépendante pour comprendre comment fonctionnent ces deux prisons et à prendre des mesures adéquates pour assurer que les détenus n’y soient pas soumis à des représailles après avoir témoigné. Kiev dispose de deux mois pour communiquer au CPT un compte-rendu détaillé des mesures engagées.

Poulets grillés

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Qu’en est-il des crimes atroces perpétrés à Odessa où des gens ont été piégés volontairement dans un bâtiment auquel le feu a été mis? Lorsque les pompiers ont tenté d’intervenir pour lutter contre l’incendie, ils en ont été empêchés d’intervenir!  

En fait ce Comité du Conseil de l’Europe demande aux tortionnaires eux-mêmes d’enquêter … Autant dire que les tortionnaires peuvent continuer de torturer en toute tranquillité! Et pendant ce temps Kiev intensifie ses bombardements sur la Novorossiya et la liste des victimes civiles continue de s’allonger, dans l’indifférence la plus totale. Voir la vidéo ci-dessous.

Informations recueillies sur la Voix de la Russie le Figaro et l’Agence News Press du Conseil de l’Europe.

Dans le quartier Octobre de Donetsk, une victime civile vient d’être abattue dans la rue. Une bombe s’abat pendant le tournage sur les pompiers pris sous les tirs des lances-roquettes BM-21 grad des forces de Kiev.

« Au moment même où Porochenko dépose des gerbes et verse des larmes pour faire preuve de sa solidarité « dans la lutte contre le terrorisme », on a définitivement façonné aux yeux des occidentaux « la bonne image » où la France paisible est devenue la cible du terrorisme de la même façon « que l’Ukraine paisible ». L’Ukraine combat le « régime terroriste » du Donbass et non pas tue par milliers ses anciens compatriotes et en affame d’autres. Après avoir défilé aux côtés des chefs des puissances mondiales sous les salves des bombes phosphoriques à Donetsk, Porochenko a définitivement affirmé son droit de faire tout ce qu’il veut en toute impunité : il est désormais un « brave gars » qui défile dans les rangs des « gens civilisés », il est des leurs, il est Charlie. Alors que ceux qui ne sont pas Charlie, on peut les tuer, sans discuter avec eux. Au même titre que des Serbes, des Irakiens, des Libyens et de Syriens. Tout simplement parce que leurs gueules ne reviennent pas à certains, parce qu’ils ne font pas partie du « Milliard d’or », parce qu’ils ne sont pas Charlie. » (Source)

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Nous sommes tous Raïf ! Je suis Raif Badaoui, combattant de la liberté d'expression condamné à 1000 coups de fouet en ARABIE SAOUDITE, alliée de l'Occident.

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Je suis Charlie?, #la liberté, #La Laïcité, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #La République, #La mondialisation

Samedi 17 janvier 2015 

Raif-Badaoui.jpg

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La présence à Paris dimanche d'un ministre saoudien pour dire « Je suis Charlie » : 9.5 sur l'échelle de l'hypocrisie ambiante. Au même moment, à Riyad, un jeune blogueur est condamné aux peines les plus barbares pour le plus simple usage de la liberté d'expression.

 

Il est difficile de choisir un coupable qui porte autant sur son visage l'innocence. Ses traits angéliques sont brandis dans des portraits par ses enfants accablés par la peur de perdre leur père. Son combat pour la liberté est porté par sa femme, qui alerte sur son sort depuis son exil canadien.

 

Lapidation pour un blogueur « libre-penseur »

Raif Badaoui, 31 ans, est détenu depuis 2012 par le régime saoudien. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet livrés sur la place publique, à 10 ans de prison ainsi qu'à une amende de 1 millions de rials (soit 250 000 euros).Quel crime a bien pu commettre Raif ?

 

Celui de tenir un site d'orientation politique démocratique (« Free Saudi liberals »), défendant la liberté d'expression, la libération des prisonniers politiques et l'ouverture d'un débat sur les questions politiques en Arabie saoudite.

 

Il critiquait sur son blog les grands du Royaume, dont des figures religieuses comme le Grand Mufti d'Arabie saoudite, et tournait en dérision la police religieuse de la monarchie saoudienne, la Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice.

 

Crimes d'apostasie, blasphème, lèse-majesté : le Moyen-âge en 2015

 

Dans un premier temps, l'accusation avait réclamé la peine de mort pour « apostasie », soit l'abandon de l'Islam. Finalement, c'est le crime d' « insulte à l'Islam » qui a été reçu. Derrière l'accusation de « blasphème », c'est bien plus un « lèse-majesté » dont il s'agit.

 

La monarchie saoudienne s'appuie sur une vision fondamentaliste de l'Islam, le wahhabisme, accompagnant sa politique de diffusion du terrorisme islamiste dans le monde.

 

Elle constituait jusqu'alors une interprétation fort minoritaire de cette religion. Elle n'a connu une renaissance que dans les années 1930 en Arabie même, avec l'installation de la dynastie Saoud, patronnée par la puissance coloniale britannique puis soutenu par l'allié américain.

 

Une peine barbare en tout cas, pour un crime obscurantiste. Les 50 premiers coups de fouet ont été donnés vendredi dernier dans sa ville natale de Jeddah, devant une mosquée.

 

Une foule de plusieurs centaines de personnes ont rythmé les coups de fouet d'applaudissements, de sifflets d'encouragement et de cris « Allah Akbar » (Dieu est grand).

 

Selon ce qu'un témoin a conté à Amnesty international, « Raif était menotté et enchaîné mais son visage n'était pas couvert. Un officier de police s'est approché avec un grand bâton et a commencé à le frapper. Raif a levé sa tête vers le ciel, fermant ses yeux et cambrant son dos. Il n'a rien dit, mais vous pouviez voir sur son visage et son corps qu'il souffrait le martyr ».

 

Ce vendredi, il doit subir une seconde salve de 50 coups de fouet à Djeddah, un rituel qui devrait continuer pour les 19 prochaines semaines. Sa femme, Ensaf Haidar, désormais exilée à Montréal a déclaré – après l'avoir eu au téléphone – qu'elle n'était pas sûr qu'il résisterait à un second supplice.

 

« Raif m'a dit qu'il avait énormément souffert après sa flagellation, sa santé est précaire », a-t-elle confié à Amnesty.

 

Son avocat condamné à 15 ans de prison pour sa défense des droits humains

 

Son avocat, Walid Abou al-Khair a lui aussi été condamné en juillet à 15 ans de prison pour avoir dénoncé les violations des droits de l'Homme en Arabie saoudite. Il s'agit, prétextant le contexte anti-terroriste (un comble), de réprimer toute dissidence interne, fut-elle modérément libérale.

 

Une semaine après la condamnation officielle par Riyad des attentats de Paris, après la présence d'un ministre saoudien à la manifestation officielle de dimanche dernier, ce piétinement de la liberté d'expression crée un certain malaise, dans le monde arabe. Les caricatures ont fleuri sur le web.

fouet-arabie-saoudite.jpg

Une montrant un homme ressemblant à Raif fouetté alors qu'à côté le bourreau criait, des fleurs plein la bouche, « l'Arabie saoudite condamne les attaques contre la liberté d'expression à Paris ». Une autre image montrait un crayon lacéré de coups de fouet.

 

Notre allié saoudien : champion du monde de la peine de mort et du terrorisme

 

C'est un secret de polichinelle, l'Arabie saoudite a armé les factions islamistes en Syrie contre le régime d'Assad, dans une émulation morbide avec le Qatar, usant des facilités offertes par la Jordanie et la Turquie, avec la bénédiction de ses alliés américains, français et britanniques.

 

Ce n'est pas un secret du tout, la Charia est appliqué sous une forme extrêmement rigoriste. Sont considérés comme crimes passibles de la lapidation, la mutilation ou la décapitation : sodomie, athéisme, trafic de drogue (y compris cannabis), fornication, blasphème ou sorcellerie (sic).

 

L'Arabie saoudite détient le record du nombre de condamnations à mort avec 89 décapitations en 2014prononcées par la monarchie absolue. La loi du talion y est appliquée, elle a ainsi conduit l'an dernier à la condamnation d'un jeune homme … à la paralysie après une agression durant son adolescence qui avait conduit tragiquement à la paralysie de sa victime.

Ce que dénonçait Raif, c'était la police des mœurs, les « mutaween » (pieux) qui patrouillent dans les rues s'assurant du code vestimentaire, de la stricte séparation entre hommes et femmes, du respect des prières dictées par leur interprétation particulière de la Charia.

 

Le gouvernement encourage la délation de ses concitoyens. Un tribunal saoudien vient tout juste de condamner cinq hommes à 32 ans de prison et 4 500 coups de fouet pour avoir organisé une … Fête illégale de St-Valentin avec des femmes avec lesquelles ils auraient dansé et bu.

 

2015 sera l'année de la dénonciation de l'hypocrisie. Au moment où on nous demande de rejoindre l' « Union sacrée » nationale pour une « Sainte-Alliance » internationale menée par la France, les USA, appuyant l'Arabie saoudite, le Qatar, Israel, les premiers soutiens et acteurs du terrorisme international. Aujourd'hui, « nous sommes tous Raif ».

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