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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la france tag

La présence militaire française sur le front russe. Par Lucien Pons

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La guerre, #le nazisme

La présence militaire française sur le front russe. Par Lucien Pons

Bonjour.

Tristes constats, la France réduite à un dominion anglo-saxon, la France totalement soumise à l’OTAN envoie des troupes en Estonie afin de préparer la guerre à notre alliée de toujours : la Russie.

Depuis 1970, nos dirigeants n’ont eu de cesse de nous fondre dans le giron atlantique contre l’avis du peuple.

Quel est donc ce tropisme caractéristique des décideurs français qui consiste à préférer l’étranger à la France ! En 1940 déjà, la classe dirigeante avait fait le choix de la honte ; « l’étrange défaite » de Marc Bloch donne des pistes utiles pour comprendre. C’est vrai que la formule « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire » a fait florès chez les dirigeants (politiques, économiques, …) de l’époque.

L’atlantisme assumé de nos dirigeants actuels conduit aux mêmes trahisons.

Le retour total dans l’OTAN a des conséquences très graves quant à notre souveraineté militaire et à notre indépendance tout simplement.

Qu’en sera-t-il de notre armée républicaine dont la mission est la défense de notre territoire et de nos intérêts ?

Qu’en sera-t-il de notre dissuasion nucléaire ? Sera-t-elle donnée à l’OTAN ?

Qu’en sera-t-il de nos industries stratégiques de défense ? Hélas la dérive est actée, la prédation d’Alstom par Général Electric en est seulement la partie visible

Depuis longtemps la machine à décérébrer nos concitoyens tourne à plein régime. Il est urgent de modifier l’entendement des patriotes, et c’est « En Marche » !

Nous ne sommes plus reconnaissants à l’Armée Rouge pour sa victoire sur le nazisme. Pire, nous considérons le communisme comme l’équivalent du nazisme en terme de répressions et d’horreurs.

 

 

Nous sommes heureux de nous soumettre à l’impérialisme allemand et américain.

Nous sommes disposés à transmettre la dissuasion nucléaire française à cet empire sous prétexte que notre dette ne nous permet plus d’assumer cette charge.

Nous sommes incapables de voir que le mécanisme de la dette remplace avantageusement les divisions nazies sur les champs Elysées.

Nous sommes prêts à avaler - après la pilule Macron - le mensonge qui désigne la Russie comme notre principal ennemi.

 

 

Lors du sommet de l’OTAN les 8 et 9 juillet 2016 à Varsovie cette attitude belliqueuse à l’égard de la Russie avait été actée. Présence de troupes de l’OTAN sur le front de l’est. Système Aegis en Roumanie et prochainement en Pologne, cela permet d’installer des missiles offensifs de dernière génération, dits de première frappe afin d’anéantir les défenses russes. Il va de soi que ces missiles seront aussi nucléaires. En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur «Projet pour un nouveau siècle américain», qui théorise cette politique agressive.

Pour la première fois depuis sa prise de fonction en mai 2012, le président de tous les français s’est opposé à l’envoi de troupes françaises sur la frontière russe. Ce sursaut gaullien n’a pas été relayé par la presse atlantiste. Il est vrai qu’après la fête nationale du 14 juillet cette volonté d’opposition a disparu. Aujourd’hui des troupes françaises sont intégrées à un bataillon britannique de l’OTAN pour préparer la guerre à notre allié de toujours. Dans un des documents ci-après on peut apprécier le degré de vassalisation de la France : le responsable militaire français s’exprime en anglais !!!

Cordialement

Lucien Pons

 

Voici trois documents intéressants

  1. Des soldats français en Estonie pour renforcer le flanc oriental de l'Otan face à la Russie

 

Les "Scorpions" du 2e RIMa partent en Estonie

  1. Voici le plan du Pentagone pour l’Europe. Par Manlio Dinucci.

En préparation de la visite du président Trump en Europe -le 24 mai à Rome, le 25 au Sommet Otan de Bruxelles, les 26-27 au G7 de Taormina- le Pentagone a présenté son plan stratégique pour le « théâtre européen ». Il l’a fait par la voix du général Curtis Scaparrotti qui, étant à la tête du Commandement européen des Etats-Unis, est automatiquement à la tête de l’Otan avec la charge de Commandant suprême allié en Europe. Au Sénat des Etats-Unis, le 2 mai, le général rappelle que « le théâtre européen reste d’une importance cruciale pour nos intérêts nationaux » et que « l’Otan nous donne un avantage unique sur nos adversaires ». Cet avantage se trouve cependant à présent mis en danger par « une Russie résurgente, qui essaie de miner l’ordre international sous conduite occidentale et de se réaffirmer comme puissance mondiale ».

Le Commandant suprême appelle les alliés européens à serrer les rangs autour des Etats-Unis pour défendre par tous les moyens l’ « ordre international » -celui qui est fondé sur la suprématie économique, politique et militaire de l’Occident- mis en péril par l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux.

Il concentre le feu sur la Russie, en l’accusant d’ « activités malignes et actions militaires contre l’Ukraine » (juste au troisième anniversaire du massacre de dizaines de Russes perpétré à Odessa le 2 mai 2014 par des néo-nazis ukrainiens sous direction USA/Otan). Mais la « menace » ne provient pas que de la Russie : les Etats-Unis -déclare l’amiral Harris, chef du Commandement Pacifique- sont défiés dans cette région simultanément par « une Chine agressive et une Russie revancharde ».

En réponse à ces défis, annonce Scaparrotti, le Commandement européen des Etats-Unis « est en train de revenir à son rôle historique de combat, en adaptant ses plans aux menaces que nous avons face à nous ». Il demande donc au Congrès d’augmenter les fonds pour la «European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les USA en 2014 officiellement pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens, pour laquelle 3,4 milliards de dollars ont été attribués en 2017. « De significatifs investissements sont nécessaires -souligne le général- pour augmenter dans toute l’Europe notre présence avancée, le pré-positionnement de matériels militaires, les exercices pour la préparation aux conflits ».

Le plan est clair et il est déjà en acte : transformer l’Europe en première ligne de la confrontation avec la Russie. C’est ce que confirme l’annonce, faite le 4 mai, que l’Armée USA en Europe a constitué un nouveau quartier général à Poznan, en Pologne, pour commander les plus de 6 mille soldats étasuniens basés en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, Allemagne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, dans le but de « renforcer le flanc oriental de l’Otan comme dissuasion envers la Russie ».

Au déploiement sur le flanc oriental -comprenant forces blindées, chasseurs-bombardiers, navires de guerre et unités de missiles y compris nucléaires- participent les puissances européennes de l’Otan, comme le démontre l’envoi de troupes françaises et de chars d’assaut britanniques en Estonie.
Et l’armée européenne ? Dans la rencontre avec les ministres de la défense de l’Union européenne, le 27 avril à Malte, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg n’a laissé aucun doute : « Il a été clairement convenu par l’Union européenne que sont objectif n’est pas de constituer une nouvelle armée européenne ou des structures de commandement en compétition avec celles de l’Otan, mais quelque chose qui soit complémentaire à ce que fait l’Otan ».

Le bâton de commandement reste donc solidement dans les mains du Commandant suprême allié en Europe, un général étasunien nommé par le président des Etats-Unis.

Edition de mardi 9 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/ecco-il-piano-del-pentagono-per-leuropa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

Leurs livres ne se répètent pas : ils se complètent. Après Jacques Sapir (L’Euro contre la France, l’euro contre l’Europe, au Cerf), après Coralie Delaume et David Cayla (La fin de l’Union européenne, chez Michalon) et avant que je présente le livre de Frédéric Farah (Europe : La grande liquidation démocratique, Editions Bréal), voici les 30 bonnes raisons de quitter l’Europe (Editions H&O) exposées par Olivier Delorme, agrégé d’histoire, historien de la Grèce et des Balkans.

Résistant, Jean-Louis Bory publia en 1945 un roman écrit pendant la lutte de libération nationale et qui eut un immense succès : Mon village à l’heure allemande. Historien, lui aussi romancier, inspiré par le général de Gaulle et resté étranger au gaullisme partisan, Olivier Delorme aurait pu titrer son livre « Mon Europe à l’heure allemande » car l’Allemagne est le fil noir qui relie les trente chapitres du livre.

Bien entendu, il n’y a pas plus de « complot allemand » pour retrouver une position hégémonique en Europe qu’il n’y a de « complot américain » ourdi dans les couloirs de Washington et de Wall Street. Le jeu des acteurs se déroule pour l’essentiel dans la pleine lumière des rapports de force géopolitiques. Après 1945, les Etats-Unis sont en position dominante en Europe de l’Ouest et l’Allemagne vaincue, massivement criminelle (1), veut faire reconnaître à la fois sa respectabilité et son rôle dans la reconstruction européenne. La France, mais aussi le Vatican, jouent un rôle décisif dans cette reconstruction qui se fait contre l’Union soviétique. De l’exposé très complet et limpide d’Olivier Delorme, je retiens ici trois courtes leçons d’histoire :

L’Europe dont on nous parle – l’Ouest du continent – est le produit de la Guerre froide et elle n’a existé, jusqu’en 1990, que par la Guerre froide. Quelques dates suffisent pour établir ce point : la première bombe atomique soviétique explose le 22 août 1949 ; le coup de Prague qui a lieu le 25 février 1948 et la fin de la guerre civile en Grèce, le 16 octobre 1949, achèvent de délimiter les deux camps ; c’est le 9 mai 1950 que Robert Schumann, ministre français des Affaires étrangères, fait la fameuse Déclaration qui lance la « construction européenne ».

Cette Europe de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), du Marché commun puis de la Communauté Economique européenne a la particularité de ne pas être européenne : elle ne se produit pas elle-même, ce sont les Etats-Unis qui lui accordent leurs crédits (le plan Marshall) et qui exigent en avril 1948 la création de l’Organisation économique de coopération européenne (OECE devenue OCDE). Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie internationale et déployé leurs forces armées sur le sol européen, leur voix est évidemment prépondérante !

Durement éprouvée par l’Occupation et les combats de la Libération, embourbée en Indochine et sans capacités atomiques, la France peut d’autant moins contester la politique européenne des Etats-Unis que son personnel politique est largement convaincu que les nations doivent être dépassées dans « l’Europe ». Ce dépassement qui est présenté comme une loi de l’histoire se résume à un tour de passe-passe : alors que l’Allemagne n’est pas encore une nation puisqu’elle n’a connu dans sa brève existence que la forme impériale à l’exception des quatorze années de la République de Weimar, on proclame que toutes les nations sont belliqueuses par essence et on réclame leur fusion dans l’Europe supranationale. Ce qui permet d’ailleurs de noyer la culpabilité allemande dans le flot des condamnations des nationalismes-fauteurs-de-guerre.

Cette thématique du dépassement s’est inscrite dans une idéologie douce, fade au regard des idéologies totalitaires, mais qui donne encore un semblant d’esprit aux classes dirigeantes : il s’agit du démocratisme chrétien, incarné par Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer qui opèrent sous impulsion vaticane. De ces trois « pères fondateurs », le français fut assurément le pire. On a trop oublié que Robert Schuman, député mosellan entre les deux guerres, défenseur du patronat, admirateur de Salazar et de Franco, avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain avant de s’abstenir scrupuleusement de toute activité résistante. Frappé d’une peine d’indignité nationale dont le Général eut la faiblesse de le faire relever, mais encouragé par Pie XII et le patronat, ce familier de l’American Commitee for United Europe s’ingénia à bâtir une Europe qui n’a cessé de contredire l’ambition catholique d’universalité, de justice et de paix puisque la reddition progressive à l’ultra-concurrence coïncide avec l’extension de la guerre de tous contre tous.

Sous l’égide de Jean Monnet, proche, très proche des Etats-Unis avant, pendant comme après la guerre, la CECA créée en 1951 par le traité de Paris fut le premier organe supranational qui géra la production de charbon et d’acier en faisant primer la solidarité transatlantique sur les impératifs hautement proclamés de la construction européenne : la CECA accepta notamment de renoncer aux importations de charbon polonais pour leur substituer le charbon étatsunien. Les gaullistes et les communistes s’opposèrent sans succès au traité de Paris mais, en mobilisant l’opinion publique, ils réussirent à faire échouer le projet de Communauté Européenne de Défense qui impliquait le réarmement de la République fédérale allemande. Du moins, cette moitié d’Allemagne, où la dénazification fut une « farce », était redevenue respectable aux yeux des Etats-Unis et d’anciens vichystes : membre du Conseil national de Pétain, Antoine Pinay est le chef du gouvernement qui signe en mai 1952 le traité de CED.

Mais quelle respectabilité ? On répète depuis cinquante ans que l’Allemagne s’est relevée par ses efforts et la rigueur imposée par l’économie sociale de marché. Olivier Delorme détruit la légende : l’économie ouest-allemande a bénéficié des crédits américains, de l’annulation d’une grande partie de ses dettes, de l’échelonnement à long terme du reliquat, de l’ajournement du remboursement des intérêts et de l’oubli des dommages de guerre. Si nous avions puni l’Allemagne de l’Ouest et ses Allemands pour leurs crimes aussi méthodiquement que Berlin punit la Grèce pour des légèretés qui n’ont jamais tué personne, si nous avions pillé l’Allemagne vaincue aussi systématiquement que l’Allemagne pille aujourd’hui la Grèce, le pays que nous prenons pour modèle serait encore couvert de ruines.

Il était certes nécessaire de relever une République fédérale soumise, comme la République démocratique allemande, à occupation militaire : pour la France, les territoires de l’Est constituaient un glacis face à une possible invasion soviétique et il était important que la population y vive confortablement afin de ne pas se tourner vers les communistes. Mais il était non moins important de conserver le contrôle de l’ensemble des affaires de la Bundesrepublik. Né après l’échec du plan Fouchet d’Europe politique, le traité franco-allemand fermement proposé par le général de Gaulle au chancelier Adenauer visait à établir une entente politique qui reposait sur une base fragile car le chancelier allemand, qui avait accepté la participation allemande à la Force nucléaire multilatérale (MLF) proposée par les Etats-Unis, était aux prises avec ses ministres qui ne voulaient pas de traité bilatéral avec la France (2). D’ailleurs, comme le rappelle Olivier Delorme, le célèbre traité de l’Elysée, fondateur de l’amitié franco-allemande et du non moins célèbre « couple franco-allemand » fut affublé par le Bundestag, en juin 1963, d’un préambule interprétatif unilatéral précisant que les liens entre la République fédérale et les Etats-Unis primeraient toujours sur les liens avec la France.

Le redressement économique ouest-allemand se fit dans un pays dont l’existence dépendait du maintien de l’équilibre de la terreur et qui était voué, dans la très faible hypothèse d’un déferlement de troupes russes, à servir de champ de bataille – placé par précaution sous le feu de nos missiles nucléaires tactiques Pluton. Ce dispositif n’empêchait pas la France gaullienne de maintenir de bonnes relations avec l’Union soviétique qui garantissait quant à elle la division des deux Allemagnes (3).

La chute du mur de Berlin a détruit cet équilibre très favorable à la France. L’absorption de la RDA par la République fédérale a ravivé les inquiétudes françaises que François Mitterrand voulut apaiser en arrimant l’Allemagne par le traité de Maastricht. La manœuvre fut un échec complet puisque le « nain politique » allemand du temps de la Guerre froide se mua en puissance dominante par l’effet de l’Union économique et monétaire, du laxisme français face aux menées allemandes lors de l’éclatement de la Yougoslavie et de la fascination de l’élite française du pouvoir et des affaires pour le prétendu modèle allemand.

Au cours de cette période qui n’est malheureusement pas terminée, nous avons pu vérifier que l’Europe réduite à l’Union européenne ne garantissait ni la paix, ni la prospérité, ni la démocratie. Quant au « couple franco-allemand », mariage de raison lourd d’arrière-pensées, il s’est disloqué dès la réunion des deux Allemagnes. Le constat d’Olivier Delorme est implacable. C’est l’Allemagne qui a déclenché la catastrophe yougoslave en reconnaissant la Slovénie et la Croatie selon des affinités historiques qui l’ont poussée à soutenir les extrémistes croates (4) et c’est encore l’Allemagne qui a été à la manœuvre aux côtés des Etats-Unis et de la Pologne lors du renversement de Ianoukovitch. C’est l’Allemagne qui détient la réalité du pouvoir monétaire dans la zone euro, organisée à l’allemande, selon les règles et les fantasmes du patriotisme monétaire allemand qui font de l’euro une monnaie allemande, justement analysée comme « carcan idéologique » et moyen de contrainte effectif, déflationniste et rigoureusement antisocial, utilisé pour punir la Grèce – comme fut punie l’Allemagne de l’Est – et pour décourager tout mouvement de révolte contre l’ordre monétaire.

Olivier Delorme ne montre aucun signe de découragement. Pour lui comme pour nous, la reconquête de la souveraineté nationale est possible à brève échéance et il faut dès à présent envisager la réunion des Etats nationaux du continent dans une Europe enfin européenne. C’est pour l’Union européenne que sonne le glas.

Bertrand Renouvin

***

(1) Ce ne sont pas seulement des SS mais l’ensemble de l’armée allemande soutenue par la très grande majorité du peuple allemand qui s’est rendue coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cf. Christian Baechler, Guerre et exterminations à l’Est, Hitler et la conquête de l’espace vital – 1933-1945. Tallandier, Texto, 2016.

(2) Sur ce point, cf. Pierre Maillard, De Gaulle et le problème allemand, Ed. de Guibert, 2001 et plus particulièrement le chapitre IX : La crise du traité franco-allemand ; cf. également la communication de Jacques Bariety : « De Gaulle, Adenauer et la genèse du traité de l’Elysée du 22 janvier 1963, in De Gaulle en son siècle, tome 5 : L’Europe. Page 352-364. Institut Charles de Gaulle, Plon/ La Documentation française, 1992.

(3) Georges-Henri Soutou, L’Alliance incertaine, Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996. Fayard, 1996, et ma présentation de l’ouvrage : http://www.bertrand-renouvin.fr/france-allemagne-lavenir-incertain/

(4) Cf. http://www.bertrand-renouvin.fr/francois-mitterrand-la-france-et-letat-4-chronique-114/

 

SOURCE :

 

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Vent de panique en Ukraine: le peuple du 9 mai est bien vivant. Par Karine Bechet Golovko

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #le nazisme

jeudi 11 mai 2017

 

Vent de panique en Ukraine: le peuple du 9 mai est bien vivant

 
Kiev, 9 mai 2017
 
 
En Ukraine, en ce moment, se déroule l'Eurovision. Cet évènement pourtant mineur a eu pour effet d'obliger le pouvoir ukrainien à montrer un visage "civilisé", notamment pour les célébrations du 9 mai. Le résultat est fulgurant: des dizaines de milliers de personnes dans les rues des villes du pays avec le portrait de leurs  proches ayant combattus contre Hitler au sein de l'armée rouge, des nationalistes arrêtés, la police qui protège les manifestants. Le pouvoir ukrainien n'était pas prêt à cela, à cette résurgence du peuple qu'ils pensaient avoir détruit.
 
 
Pourtant, tout avait bien commencé. Kiev s'était transformé en ce qu'elle imagine être une ville européenne, tolérante, même avec les collaborateurs et les nazis. Même si l'on n'imagine pas voir des photos géantes de soldats en uniforme nazi dans les rues des villes européennes. L'Ukraine remerciant particulièrement les étrangers, mais évidemment rien sur l'armée rouge qui a libéré la ville et par la même, semblerait-il, a empêché son destin allemand, donc européen. Les coquelicots ont remplacé les oeillets (trop soviétiques), quand la botanique rencontre la décommunisation. (Voir plus de photos ici)
 
Le ton est donné par cette ignoble photo confondant la réconciliation avec l'Allemagne et la normalisation du nazisme. Ici un vétéran de l'armée sovétique sert la main à un vétéran de l'armée nazie ukrainienne UPA. Voici ce à quoi conduit ce mouvement très à la mode de transitionnal justice:
 
 
 
Les membres de l'UPA (organisation militaires ukrainienne qui était dans les rangs de l'armée nazie) sont mis à l'honneur: 
 
 
 
A part les nombreuses photos à la gloire des nazis ukrainiens, l'on trouve quelques photos d'ukrainiens ayant combattus dans les rangs des armées US ou canadienne, mais aucune photo des nombreux soldats soviétiques. C'est une véritable insulte au peuple ukrainien.
 
En revanche l'on retrouve des choses très bizarres, mais devant certainement montrer le haut degré de "tolérance" de l'Ukraine, donc toute une série de photos d'invalides:
 
 
Et cette chose très improbable: "Les vainqueurs: 15 histoires étonnantes des vétérans de l'Opération anti-terroriste":
 
 
C'est dans cette ambiance très "nazi-friendly" que le Président P. Poroshenko a annoncé que c'était la dernière année que l'Ukraine rendrait le 9 mai férié, désormais il n'y aurait que le 8 mai, comme tout pays européen qui se respecte. L'Ukraine a son histoire et elle ne suivra plus le scénario russe, qui ne concerne pas le peuple ukrainien. Il s'est lourdement trompé.
 
Dans l'internet russophone en Ukraine, la parade du 9 mai à Moscou était dans le top des recherches par mots-clés. Mais surtout, des dizaines de milliers d'ukrainiens sont sortis dans les rues, avec les portraits de leurs proches ayant combattus dans l'armée rouge, ayant été partisans, ayant été blessés, tués, par les nazis et les membres de l'UPA, ceux dont le portrait est érigé dans le centre de Kiev.
 
 
 
 
Une véritable marée humaine qui tient des oeillets, dans la tradition nationale, les vétérans ont leur ruban de St George, les drapeaux rouges ont été remplacés par des ballons bleus ... avec le marteau et la faucille.
 
A Kiev, l'ampleur impressionne (environ 20 000 personnes), les drapeaux ukrianiens bordent le trajet et sont tenus par les militaires, mais ne sont pas particulièrement repris par la foule:
 
 
 
A Dnepropetrosk, la foule n'en fini pas d'avancer:
 
 
Il y a évidemment eu des débordements, mais la police a bizarrement fait son travail: elle a protégé les manifestants et de nombreux nationalistes ont été arrêtés, des policiers blessés. A Nikolaev, des vétérans d'Afganistan ont pris à part des néo-nazis de manière très énergique. A Kiev, à proximité de l'état-major des bandéristes, ils ont lancé de fumigènes sur la foule, mais la police les a contrôlé. La police a par ailleurs investi leur état major et arrêté 24 personnes. A Dnepropetrovk, une vingtaine de vétérans de l'Opération anti-terrorisme se fait frapper par la foule:
 
 
Quelques arrestations de manifestants ont également eu lieu. A Odessa, un automobiliste ayant sorti un "mauvais" drapeau s'est retrouvé embarqué en même temps que son véhicule:
 
Одессит попал в тюрьму за орден Великой Отечественной войны
 
A Kiev, le drapeau de la victoire a été sorti, ce qui a conduit à l'arrestation de ces personnes:
 
 
 
Tout cela n'est pas resté sans réaction. Les néo-nazis de Nikolaev sont allés attaquer le local des vétérans d'Afganistan et ont fait plusieurs blessés. Les membres de l'UPA ont menacé de tuer tous les manifestants du 9 mai l'année prochaine, de les fusiller ou les brûler si nécessaire. Les extrémistes ont demandé la démission de Avakov, ministre de l'intérieur, en raison de l'arrestation des nationalistes lors des provocations. A Kiev, par exemple, un policier, exaspéré, qui a interpelé un nationaliste, l'a forcé à manger sa casquette de Mazepa. Le nationaliste a été conduit à l'hôpital, plus choqué par le fait que physiquement en danger.
 
La plus forte réaction a concerné la ville de Dnepropetrovk, où la police a été particulièrement efficace ... contre les nationalistes. Avakov a immédiatement procédé à la démission de leurs fonctions des responsables de la police de la région et de la ville et a ouvert une enquête sur les agissements des policiers. Le maire de la ville a annoncé qu'il couperait les aides financières apportées aux associations de vétérans de la Seconde Guerre Mondiale et les reverseraient au profit des vétérans de l'Opération anti-terroriste dans le Donbass. A chaque époque ses héros ...
 
La panique provoquée par les manifestations du 9 mai en Ukraine est sincère ... et fondée. La presse ukrainienne explique que le Régiment immortel est une arme de cette guerre hybride menée par la Russie contre l'Ukraine. C'est en fait beaucoup plus grave que cela: malgré une propagande russophobe et "tolérante" particulièrement agressive, malgré les nombreuses répressions, dès que la population sent un certain relâchement de la pression exercée sur elle (cette fois-ci en raison de l'organisation de l'Eurovision), elle revient à sa véritable culture, elle revient au Monde russe. C'est l'échec du régime post-Maîdan et de sa tentative de créer un homme nouveau, coupé de ses racines. 
 
Le régime ukrainien n'a en fait que réussi à exacerber le conflit idéologique intérieur en glorifiant les bourreaux sans pouvoir faire baisser la tête aux victimes. C'est cette défaite qu'a vécu l'Ukraine "pro-européenne" ce 9 mai.
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« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT . Le 10 mai 2017

10 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Terrorisme

« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT . Le 10 mai 2017

« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT

 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je crains fort que ce nouveau quinquennat nous semble long, très long. Alors que j’entends souvent l’expression « après Hollande ça va être dur de faire pire », mon petit doigt me dit que rien n’est moins sûr !

Si certains disent que l’on a touché le fond, il ne faut pas oublier qu’une fois au fond on peut effectivement remonter mais aussi se mettre à creuser, et notre pays semble avoir une furieuse envie de creuser…

Noooon… Je ne fais pas d’anti-macronisme primaire ! Je n’allais même pas accuser ce pauvre bougre qui n’a même pas encore pris officiellement ses fonctions !

Je voulais m’en prendre plutôt à la Commission européenne dont le président Juncker – ce gentil garçon luxembourgeois qui a su assurer la prospérité de son État lilliputien en permettant aux entreprises de tous ses voisins de ne pas payer d’impôts, bref, ce parangon de la vertu budgétaire (surtout avec le pognon des autres et le vôtre en particulier) – vient donc de féliciter le petit père du peuple Macron (béni-soit-son-nom maintenant qu’il est président), et tout aussi sec… hop ! de le mettre en garde !

Manu, t’as plus de sous !

Selon cet article du Figaro, « le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a averti le nouveau chef de l’État des risques auxquels s’exposaient la France si elle ne parvenait pas à maîtriser durablement sa dépense et à réduire son déficit. Le commissaire européen Moscovici a également réagi.

À Bruxelles, l’optimisme aura été de courte durée. À peine Emmanuel Macron élu, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu à l’avertir des risques encourus par la France si le nouveau gouvernement ne parvenait pas à endiguer durablement la croissance de ses dépenses. «Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit», a déclaré Jean-Claude Juncker. «Les Français consacrent entre 53 % et 57 % de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette cela ne peut pas fonctionner dans la durée», a ajouté le président de la Commission européenne. Jean-Claude Juncker a estimé que le nouveau chef de l’État français ne pourrait pas compter à sens unique sur la tolérance et la solidarité de ses partenaires européens sur ces questions. «Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres» en faisant les réformes nécessaires a-t-il ainsi déclaré. Le commissaire européen en charge des Affaires économique et financières, Pierre Moscovici, a estimé de son côté que «Macron doit sortir la France de la procédure de déficit excessif». »

Alors… Maintenant que vous avez voté à 65 % officiellement, et 45 % du corps électoral seulement, pour sa sainteté Macronléon 1er bientôt couronné à Reims, vous allez la sentir passer la réforme ! Pensez donc, avec une telle popularité, le jeune prince qu’on sort (c’est un jeu de mot hein), et que nous a sorti le système européiste, va se charger de ramener le déficit de la France sous des niveaux plus acceptables.

50 milliards d’euros d’économie ! Et c’est où qu’on coupe ? Et c’est quels « zimpôts » qu’on augmente ?

Bon, de vous à moi, il n’y a pas de secret : il va évidemment falloir dépenser moins si on veut rester dans l’Europe (d’où justement l’idée d’en sortir) car contrairement à ce que l’on veut faire croire aux gens, s’il y a un coût évident à une sortie de l’euro, il y en a un tout aussi important à un maintien !

Alors nous allons expérimenter la grècification, comme prévu, et pour cela le plan est implacable. Il va falloir choisir quels impôts seront montés car ils seront montés, et quelles dépenses il faudra couper et elles seront coupées !!

Ce qui nous amène au plan machiavélique pour ce faire !

Le gouvernement d’union nationale pour réformer la France à grands coups de trique !

Si Macron veut supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, il ne faut pas se leurrer : il faudra des sous, si Macron veut embaucher des profs pour que les gamins soient 12 par classe, il faudra payer, de même que pour l’impôt sur les sociétés que Macron veut baisser !

Moi ça m’arrange toutes ces baisses, et je suis pour un prof particulier par gamin. Le problème c’est que parfois, on a plus besoin de vigiles que de profs, sans oublier que cela a un coût. Qui paye ? Où trouve-t-on l’argent ?

Le budget de Macron n’est pour le moment pas équilibré, et personne n’y croit un instant, d’ailleurs l’alpha et l’oméga c’est encore la suppression de postes de fonctionnaires.

Pourquoi pas…

Mais si Macron doit ramener le déficit à moins de 3 %, croyez-moi, cela va commencer à couiner fortement dans les chaumières, d’ailleurs tout le monde couine déjà et Macron, le plus jeune président, mal élu malgré son score de dictateur africain, est déjà en proie au scepticisme syndical, populaire, mais aussi politique.

Les législatives risquent d’accoucher d’une assemblée difficilement gouvernable. Enfin, pour pouvoir diriger par ordonnances, Macron devra tout de même se faire voter les pouvoirs de le faire par une majorité de députés. Est-ce que la majorité socialiste actuelle les lui votera avant de partir ? Macron pourra-t-il diriger ? Rien n’est certain, et le troisième tour social, lui, semble se profiler à grands pas. Pourtant, la grande idée, le grand plan, c’est de réussir à unir la classe politique en dynamitant et sabordant l’ensemble des grands partis afin de mettre en avant une « union sacrée » des démocrates, un gouvernement « d’union nationale » des gentils pro-européens qui nous défendront contre les hordes fascistes qui veulent déferler sur l’Europe.

Face à ce programme, il y a effectivement peu de chance que Manu-le-beau-gosse connaisse un état de grâce quelconque…

Ça promet un quinquennat comme ça !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 « Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source Le Figaro ici

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WHIRPOOL Amiens délocalisée en Pologne : « Touche ta prime et tais-toi ! » - la concurrence « libre et non faussée », dogme de l’U.E. continue de faire des ravages.

9 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Publié par El Diablo

capture d'écran France 2

capture d'écran France 2

Whirlpool : un accord pour les salariés

Après deux semaines de grève, les salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens ont voté vendredi la reprise du travail. Un accord sur le plan social a été trouvé entre syndicat et direction.

C'est la fin de longues journées de blocage. Vendredi 5 mai, les syndicats de Whirlpool ont signé un accord avec la direction. En trois jours de négociations, ils ont réussi à faire grimper les indemnités de licenciement. Une petite victoire sans réconfort, l'usine fermera quand même en 2018. Les syndicats se sont mis d'accord sur la durée du congé de reclassement et sur des indemnités supplémentaires qui permettront aux plus anciens salariés de toucher jusqu'à 80 000 euros.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Un communiqué de la CGT MÉTALLURGIE :

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Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

7 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #L'armée française, #le nazisme

Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

 
Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

Deux chasseurs F-35 étasuniens sont arrivés le 25 avril dans la base aérienne d’Ämari, en Estonie, pour leur « premier déploiement d’entraînement en Europe » », c’est-à-dire pour leur premier exercice de guerre en Europe. Peu après, le 28 avril, deux autres chasseurs sont arrivés avec le même objectif dans la base aérienne de Graf Ignatievo en Bulgarie. Ils font partie du groupe de six F-35A Lightning II transférés le 15 avril des Etats-Unis à la base anglaise de Lakenheat.

 

C’est le premier « déploiement d’entraînement » de F-35 étasuniens outre-mer, communique la U.S. Air Force, en soulignant qu’il « renforce la sécurité de nos alliés Otan et partenaires européens et démontre notre engagement pour la sécurité régionale et mondiale ». Le ministre estonien de la défense Tsahkna a déclaré, à la cérémonie de bienvenue, qu’ « héberger un avion aussi avancé constitue une reconnaissance de l’important rôle joué par cette base ». Ämari est en effet la principale base de la mission Otan de « surveillance aérienne » de la Baltique, où des chasseurs-bombardiers fournis par roulement par les membres de l’Alliance (Italie comprise) sont prêts au décollage vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour « réagir rapidement aux violations de l’espace aérien ». La base se trouve à environ 200km du territoire russe et à environ 400km de l’enclave russe de Kaliningrad, qu’un chasseur peut rejoindre en quelques minutes. Stratégiquement importante aussi Graf Ignatievo, une des quatre bases USA en Bulgarie, à à peine plus de 500km du territoire russe.

Le choix de ces bases pour le premier exercice des F-35 en-dehors du territoire étasunien a de multiples objectifs. Avant tout celui de renforcer la « European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les Etats-Unis en 2014 pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens face à « une Russie qui veut de plus en plus s’imposer avec ses actions agressives ». Pour cette opération, dans laquelle entre le déploiement de la 3ème Brigade blindée US en Pologne, ont été attribués 3,4 milliards de dollars pour l’année fiscale 2017.

L’exercice des F-35 sert en même temps à « intégrer le nouveau chasseur de 5ème génération dans l’infrastructure Otan ». Pour le moment, communique la U.S. Air Force, on ne prévoit pas d’utiliser le F-35 dans la « surveillance aérienne » de la Baltique, mais « si nécessaire, le chasseur pourrait être utilisé au combat ».

Un autre objectif de l’exercice, effectué aux frontières de la Russie, est celui de tester la capacité du F-35 d’échapper aux radars russes. C’est en substance un essai d’attaque nucléaire : le nouveau chasseur est de fait destiné à être le principal vecteur de la nouvelle bombe nucléaire B61-12 par laquelle les USA vont remplacer les actuelles B-61 à partir de 2020. L’Italie disposera à la fois des F-35 et des B61-12, utilisables dans des opérations sous commandement USA.

Un objectif ultérieur de l’exercice est de démontrer que le nouveau chasseur de Lokheed Martin, malgré les nombreux problèmes techniques, est désormais « combat ready » (prêt au combat), en démentant les prévisions de ceux qui pensaient qu’il ne volerait jamais. Le 26 avril, Lokheed Martin a reçu un contrat de 109 millions de dollars pour l’upgrade (modernisation) d’un des nombreux software du chasseur. Le 1er mai, la société a reçu un autre contrat d’une valeur de 1,4 milliards de dollars, pour la production initiale de 130 F-35 Lightning II du lot 12, destinés aux Etats-Unis et à d’autres pays.

Il est maintenant essentiel que le chasseur « combat ready » soit utilisé dans une guerre pour être déclaré « combat proven », testé au combat. Dans l’attente, il est envoyé en Estonie et Bulgarie combattre la nouvelle guerre froide contre la Russie pour nous « rassurer », nous Européens.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

 

Caccia Usa F-35 in Estonia e Bulgaria. Schierati nelle basi a pochi minuti di volo dalla Russia

Edition de jeudi 4 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/cacciabombardieri-usa-f-35-schierati-in-estonia-e-bulgaria/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.
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De qui Macron est-il le nom? Par Julia Cerisi

6 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #Le fascisme, #l'horreur économique

De qui Macron est-il le nom? Par Julia Cerisi

Ahahah ! Les medias jubilent : de bout en bout ils ont pianoté sur l'électorat , montant un curseur ici, descendant une voix par là, pilotant avec dextérité l'opinion publique,qui, on le sait, depuis l'étude d'Etienne Chouard sur l'élection de 2012 ,est corrélée à 98% aux temps de passage télé. Donc, sur les plateaux ,un candidat est bien reçu ou adulé quand on veut faire monter le curseur, mais sitôt le score maximum autorisé , on déclenche l'orage et la foudre s'abat sur le candidat; on l'a vu avec Jean-Luc Melenchon, après une période de paix angélique et attentive, le voilà tout soudain accusé d'être Chavez/ Poutine / Castro et autres diableries . Mais nous sommes au deuxième tour, et il est nécessaire de faire gagner Macron, candidat adoubé des multinationales, des banques, de Jean-Claude Juncker et de Tata Merkel , et même, suprême transcendance , voix divine descendue du ciel , de Barack Obama : votez Macronne ,

et vive la France !
Sur cet artistique equalizeur médiatique, il faut également baisser le curseur de la blonde, et sur elle déclencher l'orage, la dépeindre en noire Madone diabolique, car 20% d'écart ne suffit pas, il faut qu'en grande pompe "Macronne" soit sacré ROI ! Et tout le bon peuple de voter la bouche en coeur pour la Sainte blancheur de l'Ange, en réalité pourfendeur du contrat de travail, chantre de la précarité et futur sabreur des retraites - bien sûr, ça fait plaisir à la Commission, le grand Mammamouchi Juncker sera content, et la GOPE satisfaite.
L'oligarchie et ses fortunes ont un bel avenir, et vous petits Français la bouche en coeur ,vous aurez été pilotés d'un bout à l'autre par le dosage savant des curseurs médiatiques. Ainsi va la saga de l'élection.
 
Amen.
Julia, 06.05.2017
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La Commission européenne engage une procédure d’infraction contre l’Autriche pour des mesures anti-dumping social. Par Laurent Dauré dans le journal "RUPTURES".

6 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #l'horreur économique

La Commission européenne engage une procédure d’infraction contre l’Autriche pour des mesures anti-dumping social. Par Laurent Dauré dans le journal "RUPTURES".

RUPTURES N°65 N° du 26 avril 2017 S'ABONNER
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Dans un communiqué de presse daté du 27 avril, la Commission européenne a annoncé qu’elle engageait le même jour « une procédure d’infraction contre l’Autriche concernant l’application de la loi autrichienne visant à lutter contre le dumping social et salarial dans le secteur du transport routier ».

Vous avez bien lu, Vienne est poursuivi pour avoir mis en place des mesures protectrices, la Commission estimant que « cette pratique limite le marché intérieur de l’UE de manière disproportionnée ».

Voici comment l’institution suprême de l’UE justifie la procédure d’infraction : « Tout en soutenant pleinement le principe du salaire minimum national, la Commission estime que l’application de la législation autrichienne à toutes les opérations de transport international comportant un chargement et/ou déchargement effectué sur le territoire autrichien constitue une restriction disproportionnée à la libre prestation de services ainsi qu’à la libre circulation des marchandises. »

Le 31 janvier dernier, les ministres des Transports de neuf pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Italie, Luxembourg, Norvège et Suède) avaient signé une « alliance du routier » pour tenter de lutter contre la concurrence déloyale dans le secteur. Dans le viseur, des États comme la Pologne, la Bulgarie ou la Lituanie, dont les normes sociales et salariales basses font pression sur la rémunération et les conditions de travail des conducteurs de l’Ouest (notamment en ce qui concerne les temps de conduite et de repos). Varsovie, soutenu par dix autres pays, avait protesté contre les « règles disproportionnées » imposées par la France et l’Allemagne en matière de salaire minimum. La Commission leur avait donné raison.

Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux Transports, avait motivé ainsi l’initiative commune anti-dumping : « Si nous ne faisons rien, les réactions seront nationales et nous n’en voulons pas. L’Europe ne se construit pas sur la loi de la jungle et le dumping social. Cela nourrit le populisme. » Toujours l’argument de la montée du « populisme » et des risques que celle-ci fait peser sur la précieuse construction européenne…

En juin 2016, la Commission avait ouvert une procédure d’infraction contre la France, comme elle l’avait fait contre l’Allemagne en 2015. Les procédures sont toujours en cours. Les professions de foi européenne ne paient décidément pas. Le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, avait plaidé : « On nous a reproché le protectionnisme. Ce n’est pas fondé. » C’est aujourd’hui au tour de l’Autriche de goûter au bâton bruxellois.

Comment les réformateurs – plus ou moins sincères – de l’UE espèrent-ils contraindre onze pays membres de l’UE, soutenus par la Commission, à renoncer aux avantages que leur procure la dérégulation dans le secteur du transport routier ?

La Commission, comme les traités le lui permettent, s’ingère donc dans les affaires intérieures d’un État, exigeant un changement de législation. Vienne, qui essaie simplement de protéger les chauffeurs routiers (autrichiens mais pas seulement) contre la pression salariale et sociale à la baisse qu’impose la libre circulation des services et des marchandises, se voit sèchement rappeler à l’ordre par Bruxelles.

Le maître remet les subordonnés à leur place, violence symbolique que le langage bureaucratique a tendance à euphémiser : « après un échange d’informations avec les autorités autrichiennes et une analyse juridique approfondie des mesures prises par l’Autriche, la Commission a décidé aujourd’hui d’adresser à cette dernière une lettre de mise en demeure. Cette lettre constitue la première étape de la procédure d’infraction. Les autorités autrichiennes ont maintenant deux mois pour répondre aux arguments présentés par la Commission dans sa lettre de mise en demeure. »

Le communiqué de presse a le mérite d’exposer la réalité crue du fonctionnement de l’UE : « en tant que gardienne des traités, [la Commission] doit […] veiller à ce que l’application des mesures nationales soit parfaitement compatible avec le droit de l’UE, et tout particulièrement la directive sur le détachement des travailleurs (directive 96/71/CE), l’acquis en matière de transports, les libertés garanties par les traités et notamment le principe de libre circulation des services et des marchandises, ainsi que le principe de proportionnalité. »

Les quatre piliers de la libre circulation (capitaux, marchandises, services et main-d’œuvre) sont non négociables quand on appartient à l’Union européenne. En fait, ils sont l’Union européenne. Ils font partie de ce qu’on appelle « l’acquis communautaire », l’effet cliquet auquel recourt la construction européenne depuis ses débuts garantit qu’aucune entorse majeure au dogme néolibéral ne soit possible. Accepter de rester dans le cadre de l’UE, c’est nécessairement accepter la quadruple libre circulation et ses conséquences sociales.

Une modification significative des traités européens réclamant l’unanimité des États membres (cf. l’article 48 du TUE), on en conclut aisément que tous les projets d’ « autre Europe » sont condamnés à l’échec. En effet, comment les réformateurs – plus ou moins sincères – espèrent-ils, dans le cas présent, contraindre onze pays membres de l’UE, soutenus par la Commission, à renoncer aux avantages que leur procure la dérégulation dans le secteur du transport routier ?

Laurent Dauré

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"il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens" Junker

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L’horreur Macron. Par Jacques Sapir

6 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

L’horreur Macron. Par Jacques Sapir

Sécessions

Cette campagne électorale se termine. Elle fut révélatrice, dans le comportement d’une certaine presse, de ce que la société française a de plus hideux. Le résultat de l’élection présidentielle ne fait désormais guère de doutes. M. Emmanuel Macron sera, selon toutes probabilités, élu le 7 mai au soir. Mais, cette campagne va laisser des traces profondes. Le pays est profondément divisé et n’arrivera pas à s’unir sous ce nouveau Président. Des pans entiers de la population sont entrés, ou sont sur le point d’entrer, en sécession. Christophe Guilluy a d’ailleurs bien analysé le désastre de cette bien-pensance soi-disant antifasciste qui ne sert que de couverture aux intérêts des puissants[1].

 

L’horreur Macron

Les deux candidats portent une responsabilité évidente dans cet état de fait. M. Emmanuel Macron, tout d’abord, qui par son arrogance combinée à son insignifiance, s’avère être un produit de ce que l’on appelle le « système », vendu aux électeurs comme l’on vend un paquet de lessive (selon Michel Onfray) ou une pâtisserie trop grasse et trop sucrée, aux consommateurs dans un supermarché. Il a porté très haut la barre de l’indécence en matière de récupération mémorielle, et durablement endommagé la mémoire historique qu’il convient de préserver. Son erreur sur le chômage de masse lors du débat du 3 mai à la télévision est en réalité exemplaire. En prétendant que la France est la seule touchée par le « chômage de masse », en oubliant la situation de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal, il dévoile en réalité sa pensée. Ces pays ne sont plus considérés comme frappés par le chômage, parce qu’ils ont mis en place, que ce soit volontairement ou contraints et forcés, des politiques de « réforme du marché du travail ». Que ces politiques aggravent en réalité la situation à laquelle elles étaient censées remédier constitue l’erreur de fond que recouvre cette erreur de forme.

Sur le fond donc, tout a été dit de ce que représente le projet d’Emmanuel Macron, sa soumission profonde au néo-libéralisme et au culte de l’Union européenne, ses aspects rétrogrades sous des masques faussement modernes. Cet homme est bien le produit, comme l’a rappelé Aude Lancelin, d’un putsch silencieux du CAC-40, même si Aude Lancelin ne décrit que très imparfaitement les mécanismes et les ressorts de ce putsch[2]. Autour de lui se rassemblent tous les politiciens qui ont échoué depuis ces vingt ou ces trente dernières années. Il a été incapable d’entendre ce que lui disaient les français qu’il a rencontrés. Muré dans ses certitudes, droit dans ses bottes comme le veut l’expression, ce Président par défaut qui s’annonce sera un profond facteur de division et une cause de sécessions parmi les français. Comme le dit et l’écrit François Ruffin il sera haï à peine que d’être élu et ne bénéficiera d’aucun état de grâce[3].

 

L(’ir)responsabilité de Marine le Penn

Mais, Mme Marine le Pen porte aussi une grande part de responsabilité dans cette situation. Elle s’est révélée incapable de porter son programme, et ce quelles que soient les critiques que l’on pouvait y faire par ailleurs. Ce programme avait une cohérence et, par ses revirements de dernière minute, elle a contribué à la brouiller. Elle dit avoir écouté les économistes sur de nombreuses questions, de l’Euro à la mondialisation, mais à l’évidence elle ne les a pas entendus ni compris. Ses différents changements de pieds en fin de campagne, de l’Euro justement à l’âge de la retraite ont été désastreux. Cela montre, au mieux, un très grand amateurisme dans le traitement de ces sujets qui sont pourtant des questions essentielles pour la France et les français. Au pire, cela révèle une attitude instrumentaliste quant ces sujets et, plus globalement, quant à la question économique et sociale. Son style pugnace s’est transformé en une agressivité sans borne. Tout cela ne fait pas d’elle, contrairement à ce que prétend une bien-pensance imbécile, une « fasciste », et ne justifie nullement l’appel à faire « barrage » contre elle. J’ai dit, dans une précédente note[4], ce qu’il fallait penser de tout cela. Néanmoins, elle s’est avérée être le meilleur ennemi des idées qu’elle prétendait porter. Si elle ne réfléchit pas à cela, et si elle n’en tire pas les leçons, elle est perdue. Or, la désespérance que cela peut induire est susceptible de faire le jeu de politiques qui elles seront ouvertement condamnables et autrement plus radicales et dangereuses.

 

Sécessions politiques

Tout cela met en place une segmentation politique et culturelle profonde des français. On voit bien que les partisans d’Emmanuel Macron et ceux de Marine le Pen n’habitent plus le même pays. Ils habitent des pays différents géographiquement tout d’abord, avec la distinction entre France « périphérique » et France de la métropolisation. Mais ils habitent aussi des pays différents en matière de références culturelles et sociales. Cette sécession est d’une extraordinaire gravité. Quant on n’a plus de mots en commun, la porte est ouverte à la guerre civile.

Cette sécession n’est pas la seule. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, du moins une large fraction d’entre eux qui se prononce contre le vote Macron, s’orientent vers une autre forme de sécession. La manière dont cet électorat a été méprisé, diffamé, menacé pour qu’il rejoigne la coalition macroniste restera l’un des grands scandales et l’une des grandes hontes de cette élection. Surtout, cette campagne hystérique et haineuse, cette campagne que j’avais dénoncée sur ce même carnet[5], va pousser ceux qui se définissent eux mêmes comme des « Insoumis » vers la sécession vis-à-vis du système politique. Ce ne sont pas les risibles manœuvres de la 11ème heure d’un PCF agonisant, manœuvres dénoncées par Mélenchon lui même, qui pourront l’empêcher[6]. Il est probable que ces manœuvres, et d’autres, vont se multiplier durant la campagne pour les élections législatives de juin. On en comprend l’objectif : priver les « Insoumis » du nombre de députés auquel leur nombre numérique leur donnerait droit. Si ce scénario se mettait en place, alors la sécession des « Insoumis » deviendrait une réalité avec ce qu’un tel processus, venant s’ajouter aux sécessions précédentes, porterait en lui comme menaces de montée de la violence, mais aussi dans la violence. Les phrases finales de François Ruffin dans sa tribune pour le journal Le Monde sont très claires sur ce point.

Le désespoir de s’être vu « voler » l’élection par le système qui impose dans les faits un président dont beaucoup ne veulent pas est gros de ruptures futures. L’arrogance très probable à laquelle on doit s’attendre si Emmanuel Macron est élu va démultiplier ce désespoir. Il est toujours dangereux d’acculer deux fractions des français au désespoir, chose qu’ignorent superbement Emmanuel Macron et ses soutiens, dont le calamiteux François Hollande. Ces gens portent potentiellement la responsabilité d’ouvrir les portes à la guerre civile.

 

La sécession silencieuse

Mais, il y a une quatrième sécession, elle silencieuse, qui se produit dans le même temps. De plus en plus de jeunes français issus de l’immigration et de confession musulmane rejettent les principes d’égalité qui fondent la République. Nous sommes ici aussi en face d’un processus de sécession, d’autant plus grave qu’il est toléré, par clientélisme électoral ou par volonté de faire régner le calme, par des politiques de tous bords[7]. Cette sécession se manifeste dans l’exclusion de plus en plus grande des femmes de la sphère publique, dans la déscolarisation des enfants et la constitution de réseaux alternatifs et non contrôlés d’enseignement.

Or, ceci est d’une gravité extrême, qui dépasse le danger direct du terrorisme et du salafisme. Le lent et silencieux grignotage de la laïcité par les organisations « faux nez » ou proches des Frères Musulmans pose un problème redoutable pour la sphère politique française. On a publié il y a quelques semaines le texte de Jérôme Maucourant à ce sujet[8]. Le problème est d’une autre gravité que l’hystérie dite « anti-fasciste » qui s’est emparée d’une partie des esprits et de la quasi-totalité de la presse, à l’occasion de cette élection présidentielle. Nous voici confrontés donc à une autre forme de sécession, et celle-ci, il est à craindre, encore plus irréconciliable que les trois autres.

Si l’on veut parler de peuple, et sans le peuple il ne peut y avoir de souveraineté, alors s’impose l’importante distinction que l’on doit faire entre le peuple « ethnique » et le peuple « politique ». J’y ai consacré des pages entières dans le livre que j’ai publié en 2016, Souveraineté, Démocratie, Laïcité[9], un livre dont l’actualité se charge, hélas, de nous rappeler l’importance du propos. On ne peut penser la Démocratie sans penser en même temps la Souveraineté, et que cette dernière implique et impose la Laïcité. Nous ne disons pas autre chose avec Bernard Bourdin dans le récent livre que nous venons de publier[10]. Il ne peut y avoir d’individus libres que dans une société libre. La souveraineté définit aussi cette liberté de décider qui caractérise les communautés politiques que sont les peuples à travers le cadre de la Nation et de l’Etat. Encore faut-il savoir ce qui fait société. Encore faut-il comprendre ce qui constitue un « peuple », et faut-il comprendre que quand nous parlons d’un « peuple » nous ne parlons pas d’une communauté, qu’elle soit ethnique ou religieuse, mais de cette communauté politique d’individus rassemblés qui prend son avenir en mains. Tel est le peuple auquel parle les politiques qui font réellement leur travail, et non ceux qui, comme Emmanuel Macron, sont promus comme un paquet de lessive.

 

 

Cette élection semble jouée. Cette élection a surtout été volée aux électeurs, par la combinaison de la volonté consciente et organisée des uns, par l’irresponsabilité des autres. Mais, elle ne réglera rien, ne tranchera rien. Au contraire, son résultat probable, précipitant des fractures antérieures, risque – et l’on espère ici de tout cœur se tromper – de faire basculer la France dans un avenir fort sombre.

 

Notes

[1] Guilluy C., « La posture anti-fasciste de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social » http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-posture-anti-fasciste-superiorite-morale-france-en-haut-permet-en-realite-disqualifier-tout-diagnostic-social-3031677.html#CiyKyhEAzGD6UQfU.99

[2] De Castelnau R., http://www.vududroit.com/2017/05/presidentielle-sortir-machoires-piege/

[3] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/04/francois-ruffin-lettre-ouverte-a-un-futur-president-deja-hai_5122151_3232.html

[4] Voir « Mélenchon, la meute et la dignité », note publiée le 28 avril, https://russeurope.hypotheses.org/5948

[5] Idem.

[6] http://www.lefigaro.fr/politique/2017/05/04/01002-20170504ARTFIG00231-legislatives-la-france-insoumise-va-poursuivre-les-communistes-qui-se-reclament-de-melenchon.php

[7] Voir Pina C., Silence Coupable, Paris, Kéro, 2016. Voir aussi la recension de cet ouvrage sur ce carnet : Les salafistes et la République (recension de « Silence Coupable »), http://russeurope.hypotheses.org/4909

[8] https://russeurope.hypotheses.org/5892

[9] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Editions Michalon, 2016.

[10] Bourdin B. et Sapir J., Souveraineté, Nation, Religion, Paris, Editions du Cerf, 2017.

russeurope.hypotheses.org/author/russeurope

 
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