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Le blog de Lucien PONS

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Belfort est préservé, mais Alstom a-t-il un avenir? Par Martine Orange

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Alstom, #Le grand banditisme

Belfort est préservé, mais Alstom a-t-il un avenir?

4 octobre 2016 | Par martine orange
Plus de 700 millions d’euros de commandes publiques vont être engagés pour sauver Belfort et ses emplois. Si ce plan permet d’assurer le maintien du site historique d’Alstom, l’avenir du groupe ferroviaire reste incertain. Alstom peut-il se maintenir seul ? L’absence de stratégie industrielle claire et le gaspillage de 3,2 milliards d’euros en rachat d’actions posent question.
 

Belfort est sauvé ! Il n’y aura pas de fermeture de site, pas de suppression d’emplois. Toute la ville a soufflé en découvrant, mardi 4 octobre, le plan gouvernemental destiné à aider le site d’Alstom après 2018. En un mois à peine, le gouvernement a bâti un programme massif pour éviter la fermeture du site historique du groupe, ainsi que la disparition de 450 emplois directs et environ 1 000 emplois indirects. Pour sauver Belfort, l’État a mis les moyens : pas moins de 700 millions d’euros vont être engagés pour l’achat de nouvelles rames TGV, sans compter les commandes à venir sur les nouveaux trains intercités.

Le sauvetage de l’usine de Belfort le vaut bien. Alors que la suppression de 5 000 postes à SFR est engagée dans l’indifférence générale, le dossier d’Alstom à Belfort menaçait de devenir un nouveau Florange à la veille de l’élection présidentielle, illustrant à nouveau le déclin industriel de la France et l’impuissance des pouvoirs publics à l’enrayer. Le gouvernement a donc mis tout en œuvre pour éteindre l’incendie qui couvait, raclant les fonds de tiroir, utilisant tous les expédients de la commande publique pour trouver une solution.

Sur les murs de Belfort © D.ISur les murs de Belfort © D.I

 

« Il faut se réjouir que les emplois soient maintenus, mais tout cela relève du bricolage industriel », n’a pu s’empêcher de commenter Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste sur France Inter, tandis que la droite dénonçait le « rafistolage pré-électoral ». L’ensemble des mesures prévues a de fait des allures de catalogue. Dans un premier temps, l’État va commander quinze rames de TGV (roulant à la vitesse des trains Corail) et six rames destinées à la ligne Paris-Turin-Milan, selon les annonces présentées par le secrétaire d’État à l’industrie, Christophe Sirugue, aux élus locaux. Ces commandes devraient permettre d’assurer l’activité du site de Belfort pendant au moins trois ans après 2018. D’autant que la SNCF a elle aussi été mise à contribution : elle doit passer commande de 20 locomotives de dépannage.

En accompagnement, Alstom s’est engagé à investir 40 millions d’euros d’ici à 2020 dans le développement de la production d’un nouveau modèle de locomotive hybride, avec l’aide de l’État. De plus, le groupe prévoit d’investir, avec l’aide des collectivités locales, 5 millions d’euros à Belfort dans la modernisation des ateliers de maintenance ferroviaire du site, avec l’objectif de doubler les effectifs de cette activité pour les porter à 150 personnes d’ici trois ans. Cinq millions d’investissements supplémentaires devraient être engagés pour diversifier les productions du site de Belfort, afin de lui permettre de produire d’autres types de trains mais aussi des véhicules électriques de transport en commun.

Cette rafale de commandes publiques devrait conforter non seulement le site de Belfort, mais aussi celui de La Rochelle. Tout cela afin de permettre au groupe de franchir la mauvaise passe, en attendant le TGV du futur, dont la conception doit être lancée par la SNCF et Alstom à partir de 2017 et qui doit commencer à être produit à partir de 2021. C’est en tout cas le calcul fait par le gouvernement.

Une question reste toutefois pendante : cette pluie de commandes publiques va certes sauver le site de Belfort pour les années à venir, mais est-ce suffisant pour garantir l’avenir d’Alstom ? Le groupe ferroviaire est-il encore de taille pour affronter la concurrence mondiale ?

Cette interrogation sur la solidité du groupe ferroviaire plane depuis qu’Alstom a vendu son activité énergie à General Electric en 2014. D’un seul coup, le groupe a changé de dimension : de plus de 21 milliards d’euros en 2013, son chiffre d’affaires est tombé à 6,7 milliards d’euros en 2015. Sur le site historique de Belfort, l’usine ferroviaire d’Alstom n’est plus installée que sur quelques milliers de mètres carrés, noyée dans des hectares d’usines et d’entrepôts aux couleurs de GE.

 

 

Même si le groupe a engrangé de nombreuses commandes au cours des dernières années, ses moyens semblent limités, d’autant que la commande publique partout se raréfie. La concurrence internationale devient de plus en plus rude. On y retrouve l’allemand Siemens, le canadien Bombardier, le japonais Hitachi, mais aussi les espagnols Talgo et CAF, sans parler du nouveau groupe public chinois CRRC, qui se développe à toute vitesse et fait peur à beaucoup. Parmi eux, nombreux sont ceux qui appartiennent à des conglomérats, ce qui leur permet de partager des frais de structure, de recherche, et surtout leur offre une surface financière importante. Des avantages qu’Alstom n’a plus.

Pour de nombreux observateurs, la cause est entendue. Alstom est voué à acheter ou être racheté. Dès la vente des activités énergie à GE, le président de Siemens Joe Kayser, dont l’offre de reprise avait été écartée, voyait l’avenir d’Alstom comme inéluctable et prévenait que le groupe allemand attendait son heure. « Alstom est voué à devenir une entreprise relativement petite, opérant dans le secteur du transport et devant lutter pour rester compétitive, sur un marché soumis à un processus de consolidation rapide », analysait-il dans un entretien au Figaro. Avant d’ajouter : « Dans le secteur de l’énergie, la perspective de créer un champion européen est probablement passée et Siemens devra continuer seul. Dans le secteur du transport, une consolidation entre entreprises européennes reste encore possible. »

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3,2 milliards d'euros en rachat d'actions

 

Manifestation à Belfort le 15 septembre © D.IManifestation à Belfort le 15 septembre © D.I
« Siemens n’est peut-être pas le bon candidat. Il n’a pas grand-chose à apporter à Alstom. En revanche, le rapprochement avec Bombardier aurait beaucoup plus de sens. D’autant que la question va se poser à n’importe quel gouvernement : la France a-t-elle les moyens de soutenir trois constructeurs de locomotives ? », s’interroge un banquier d’affaires. Le sujet risque de rebondir dans les semaines à venir. Car pendant que l’État distribue les commandes à Alstom pour soutenir le site d’Alstom, qu’advient-il du site de Bombardier à Crespin (Nord), qui emploie 2 000 personnes ? Quel sort sera réservé au site de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), où l’espagnol Caf produit des locomotives et des tramways ?

 

« Si l’État veut maintenir des savoir-faire, des compétences et des emplois, il aurait tout intérêt à se pencher sur le sujet et à favoriser des réorganisations, plutôt que de se laisser balloter par les circonstances et intervenir en pompier », poursuit ce banquier.

Ces logiques financières, ces grands Meccano industriels ne semblent pas de mise pour Alstom, du moins pour l’instant, à en croire Frédéric Genevrier, cofondateur de la société d’analyse financière indépendante OFG. « Les métiers ferroviaires répondent à des logiques très particulières qui ne s’exportent pas. Tout se conçoit avec les clients. La logique conglomérat n’apporte rien. Alstom n’a pas besoin de Siemens qui ne lui apporterait rien. Quant à Bombardier, ils travaillent déjà beaucoup ensemble. » Pour lui, plutôt que de spéculer sur des fusions financières, il importe de lui donner du temps pour se développer, après avoir vécu dans l’ombre des activités énergie pendant des décennies. « Alstom est un groupe en construction. Même s’il a le même nom, ce n’est plus le même groupe. Il lui faut changer d’image, faire oublier la présidence de Patrick Kron et les scandales de la corruption », dit-il.

L’ennui est que Henri Poupard-Lafarge, qui dirige cette activité depuis plus de cinq ans, ne s’explique pas sur sa stratégie industrielle. La direction du groupe ferroviaire ne dit rien de ce nouvel Alstom, de l’avenir qu’elle lui imagine. Avant l’annonce brutale de la fermeture du site de Belfort, désormais annulée, la première vraie décision, presque la seule, prise depuis la cession de l’activité d’énergie a été de racheter ses actions. Le groupe a dépensé 3,2 milliards d’euros touchés de la vente pour reprendre ses titres et les annuler pour le seul bénéfice des actionnaires, comme lorsque Alcatel s’était séparé d’Alstom en 1999 et avait exigé des milliards de dividendes exceptionnels. La décapitalisation comme illustration de l’esprit d’entreprise.

N’y avait-il vraiment pas de meilleures utilisations, à un moment où le groupe est en pleine reconfiguration ? La mobilité, le transport sont pourtant des sujets d’avenir qui intéressent tout le monde. Le groupe, après avoir été l’un des leaders technologiques dans ce domaine, s’est fait distancer tout au long des années 2000 et n’a rattrapé qu’une partie de son retard. La perte de commande de locomotives face à l’allemand Vossloh n’est pas seulement liée à un problème de prix, mais aussi de produit : les motrices allemandes sont beaucoup plus modernes et intégrées. Quels moyens pense engager le groupe pour inventer des trains, des trams, des moteurs plus confortables, plus faciles et plus économes à exploiter ? Mystère.

 

Sites de production d'Alstom en France © AlstomSites de production d'Alstom en France © Alstom
De même, puisque l’activité ferroviaire est désormais totalement autonome, ne convient-il pas de repenser son organisation industrielle ? Est-il justifié par exemple de maintenir la production de boogies en Inde, quand les sites industriels français sont en sous-production ? De même, si l’avenir de Belfort est assuré, qu’advient-il du site d’Ornans (Doubs) ? Celui-ci, qui conçoit, développe et produit des moteurs de tractions ferroviaires, emploie plus de 300 personnes. Une cinquantaine d’emplois doivent être supprimés d’ici à la fin de l’année.

 

De façon plus générale, alors que tous les industriels allemands sont en train de réfléchir à la numérisation, à la façon dont ces nouvelles technologies vont s’intégrer dans les processus industriels, changer tout de la conception à la production, a-t-on entendu la direction d’Alstom expliquer que le groupe allait profiter de ce redémarrage et de sa capacité financière pour s’emparer de ce sujet, et le mettre en œuvre pour la réalisation de ces futures commandes ? À l’image de tout le patronat français qui a délaissé l’innovation et l’industrie, Alstom préfère gémir sur les charges patronales et renvoyer le tout sur le dos de l’État.

Dans cette affaire, ce dernier est loin d’être irréprochable. Sa politique incohérente en matière de transports, privilégiant outrageusement la route au détriment du ferroviaire, plombant la SNCF de mille charges tout en lui refusant de reprendre sa dette héritée du passé, comme l’a fait le gouvernement allemand avec la Deutsche Bahn, sans parler de l’abandon en rase campagne des projets de ferro-routages, a produit des catastrophes qu’il essaie de réparer en urgence. Mais Alstom ne peut se dédouaner de tout. Maintenant que l’État s’est engagé à l’aider, il lui revient de prouver que tout ce qui est mis en œuvre se justifiait, qu’il est capable de redevenir un groupe industriel innovant, portant des visions d’avenir. Car pour l’instant, la démonstration est loin d’être faite : quand l’État met plus de 700 millions d’euros sur la table, lui en met 40 en demandant en plus l’aide des collectivités locales, après avoir dissipé 3,2 milliards d’euros rien que dans du papier boursier.

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Hillary Clinton a proposé de faire éliminer Julian Assange par un drone. Par Bertrand Rivière

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #l'horreur économique, #Terrorisme, #Le grand banditisme

mardi 4 octobre 2016

Hillary Clinton a proposé de faire éliminer Julian Assange par un drone

 

Selon une information publiée par le site « True Pundit », la candidate démocrate à la Maison Blanche aurait demandé lors d’une réunion en novembre 2010 comment parvenir à tuer Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. « Ne pouvons-nous pas simplement "droner" cet homme? », aurait-elle demandé à ses collaborateurs, alors qu’elle était Secrétaire d’Etat.
Le site base ses affirmations sur des sources travaillant au sein même du Département d’État, et soutient que Hillary Clinton se serait explicitement interrogée sur la possibilité de tuer Julian Assange, en raison de la lenteur de la stratégie visant à faire tomber WikiLeaks et son fondateur, Julian Assange. True Pundit évoque également la possibilité que la tête d’Assange ait été mise à prix, et avance même une somme de 10 millions de dollars comme possible récompense pour sa capture et éventuellement son extradition.
Le site True Pundit explique également disposer d’une une copie de l’email envoyé par une employée du Département d’État après cette rencontre du 23 novembre 2010 intitulé évoquant les possibilités d’employer des moyens « légaux ou non-légaux » pour faire tomber Wikileaks.
Atlantico 
Hillary Clinton a proposé de faire éliminer Julian Assange par un drone. Par Bertrand Rivière
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Quelles alliances pour la "démondialisation"…. Par Jacques Cotta.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #Europe supranationale, #Grèce, #L'Italie., #Le socialisme, #La mondialisation, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Quelles alliances pour la "démondialisation"…. Par Jacques Cotta.

Quelles alliances pour la "démondialisation"….

Intervention faite au troisième forum «No Euro » de Chianciano Terme les 16 et 17 septembre 2016.

Par Jacques CottaActualités • Dimanche 02/10/2016 •

Chers amis,

Georges Orwell nous a appris qu’i est aisé pour mieux duper le peuple d’utiliser un mot pour son contraire. La guerre c’est la paix, la fraternité c’est l’égoïsme, et la mondialisation c’est le bonheur n’est-ce pas ? Pour aborder le thème du jour, « quelles alliances pour démondialiser », parlons d’abord rapidement de ce qu’est la mondialisation dont il s’agit de se défaire. Car « démondialiser » n’est sans doute pas ce qu’il y a de plus simple à comprendre. Par contre, le terme et son contenu sont assez simples à pervertir. La mondialisation dont on parle, c’est la mondialisation capitaliste. A travers le libre-échange, la mondialisation financière au moyen d’institutions à son service vise à assujettir l’homme, la nature, le travail à la loi exclusive du profit. C’est notre opposition au capitalisme qui nous guide à combattre le capitalisme financier et qui donne son sens à la « démondialisation ». Pour le reste, nous sommes pour l’internationalisme qui sera le genre humain. D’ailleurs ici, à Chianciamo terme, ces jours-ci, chez les étrusques, avec la présence de délégations de tous les pays d’Europe, l’internationalisme s’impose.

Le point de départ est donc le capitalisme, ses méfaits, la nécessité de rompre. Et tout le monde aspire à la voie la plus simple, la plus économique pour atteindre son objectif. Si le plus simple est l’aménagement des institutions supranationales qui pourraient de la sorte passer du service du capital à celui du travail, alors aménageons !

En d’autres termes, si le plus simple, le plus économique est la modification de l’union européenne, sa réforme, celle de la commission, des institutions qui du service de l’oligarchie pourrait passer au service des peuples, alors réformons ! C’est bien là-dessus que surfent –ou tentent de surfer- les eurosceptiques, les partisans d’une Europe sociale, les thuriféraires de la transformation de l’Europe technocratique en Europe démocratique. Ceux-ci s’accommodent de l’UE, de l’Euro, de la BCE, de la commission ou encore de l’OMC ou de l’OTAN…

Le concept de « démondialisation », aussi juste soit-il, ne permet ni bloc de forces organisées, ni une adhésion populaire.

  • Pour l’adhésion populaire, il manque de clarté et exige une approche théorique. Or, c’est l’expérience concrète qui permet d’avancer.
  • Pour un bloc de forces organisées, rares sont ceux qui n’ont pas été absorbés par le système. Pour les quelques autres, la survie de petites boutiques, de petites épiceries s’oppose de fait à la création d’une grande surface.

Le plus important est donc l’adhésion populaire pour laquelle on assiste à un paradoxe : d’une part l’intérêt général passe par la rupture avec la mondialisation capitaliste et avec ses institutions, d’autre part celle-ci ne parvient pas à s’imposer sinon qu’occasionnellement, en France en 2005, en Grande Bretagne avec le Brexit dernièrement.


Il s’agit de convaincre sur le fait essentiel que toute sauvegarde des acquis collectifs, et à fortiori toute avancée, ne peut passer que par la rupture avec la mondialisation capitaliste, avec ses institutions dont font partie l’UE, l’Euro, l’OTAN par exemple. Mettre à jour dans ce travail de persuasion pédagogique le double discours qui en fait devient un des derniers remparts de ces institutions, la nécessité par exemple « de rompre avec les traités » sans mettre en avant la condition politique incontournable pour y parvenir, à savoir la rupture avec l’UE elle-même.

Concernant le double discours, sans aller chercher en France les spécialistes à « la gauche de la gauche » qui durant tout un temps ont proclamé la « nécessité d’une Europe sociale » pour s’accommoder dans les faits de l’UE, de l’Euro, de la BCE et de la commission, nous pouvons faire un détour par la Grèce. Alexis Tsipras dont l’Europe connaît maintenant les exploits se déclare pour d’autres décisions que celles dictées par la Troïka, d’autres mesures qui permettraient de desserrer l’étau sur le peuple grec. La situation en Grèce est connue. Le taux de chômage dépasse les 25%, la misère explose, les privatisations opérées par « la gauche de la gauche » dépassent la pire des imaginations. Et dans le quotidien « le monde » en date du 9 septembre 2016, Alexis Tsipras déclare donc, je cite : « Nous sommes toujours contraints d’appliquer une stricte politique d’ajustement budgétaire (…). Nous ne constatons pas la nécessaire générosité de nos partenaires sur la question de l’allégement de la dette ». Le double discours se double là d’une hypocrisie qui n’échappe à personne. Contraint dit Tsipras, mais par qui ? Il a été élu en janvier 2015 sur un programme de rejet des mémorandums de la Troïka. En juillet 2015 ce mandat a été confirmé par référendum. Et quelques jours plus tard seulement Alexis Tsipras cédait au chantage de l’UE, de la BCE et du FMI et commençait à mettre en œuvre leurs plans, promettant d’ailleurs que chacun serait le dernier avant qu’un nouveau plus dur encore vienne frapper les grecs dans leur grande masse.

Revenons donc à l’essentiel. La question est donc de convaincre qu’il n’y a d’issue en définitive que dans la rupture avec l’UE et l’Euro. Comment faire ? Depuis des années nous mettons en relation la misère et les difficultés grandissantes subies par le peuple avec la mondialisation capitaliste, avec l’UE, l’Euro et les institutions supranationales. Si cet élément de la démonstration est nécessaire, il est de toute évidence insuffisant. Il nous revient d’indiquer aussi qu’une autre voie est possible et qu’elle passe inévitablement par la rupture nécessaire avec l’UE et l’euro.


Nous assistons à la mise en pièce des conquêtes sociales :

  • · Les droits sociaux, l’assurance maladie, les retraites, la protection contre le chômage alors qu’en 1945, lorsque la France était à genoux, elle décidait de se payer la sécurité sociale.
  • · Le bradage de tout ce qui est partagé par les membres de la communauté politique, les services publics notamment.


Tout se passe comme si cela était inévitable. Comme si nous n’avions aucune prise. Comme si les hommes politiques n’avaient d’autre choix que d’appliquer une politique dont le plus grand nombre ne comprend vraiment ni les causes, ni l’identité des fautifs, les Hollande ou Sarkozy en France, les représentants de la Troïka au pouvoir.

Créer des alliances pour « démondialiser », pour sortir de l’UE et de l’Euro, cela passe donc par un double éclairage :

  • · Le rapport entre la marche à la barbarie et la mondialisation capitaliste.
  • · Le rapport entre un programme transitoire permettant de répondre aux besoins urgents de la collectivité et de ses membres et les obstacles à la mise en place d’un tel programme, le capitalisme mondialisé.

Parmi les éléments constitutifs d’un tel programme de transition quelques éléments sont urgents et devraient être mis en avant.

a/ assurer une vie décente pour tous.

Il existe aujourd’hui en France 9 millions de pauvres selon les chiffres officiels. Je préfère pour ma part évoquer les travailleurs pauvres, car la pauvreté a une cause. Les salaires trop bas, l’absence de travail, la précarité, etc… Le travail est toujours au départ, la pauvreté n’étant jamais le produit d’un choix venant d’on ne sait où ! 9 millions donc de travailleurs pauvres.

La précarité a explosé.

Une vie décente cela signifie pouvoir se loger, se soigner, se nourrir, se vêtir, éduquer ses enfants…

Une vie décente cela signifie un principe de vie collectif dans la société, le secours apporté par la collectivité à chacun, quel que soit ses moyens… Bref, le principe fondateur de la sécurité sociale.

Au centre d’une vie décente se trouvent évidemment les services publics. Je ne développe pas…

  • Mais cela est contradictoire avec les politiques d’austérité imposée par l’UE, ses directives, ses institutions…
  • Cela est contradictoire avec le pillage des fonds publics pour payer les dettes privées.

Certains des éléments que j’évoque ci-dessus sont assez démonstratifs. Les retraites par exemples. Il faut reprendre au capital les 8 à 10% qui ont été volé au travail dans les 20 dernières années. Les objections énoncées régulièrement pour s’opposer au paiement des retraites, tel par exemple le vieillissement de la population, ne tiennent pas. Un retraité sur deux aujourd’hui donne son temps aux associations pour préserver un sens à leur vie.

  • Mais les retraites sont contradictoires avec le capitalisme mondialisé, au service exclusif duquel sont l’UE et ses institutions, qui préfère les fonds de pension, et qui produit le « chacun pour soi » au détriment de tout lien social.


Une vie décente pour tous, c’est l’eau, l’électricité, l’assainissement, les transports…. Une vie décente pour tous exige la renationalisation de ce qui est passé dans les mains d’actionnaires avides de dividendes.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé dont les intérêts sont défendus par les directives européennes au nom de la concurrence libre et non faussée.

A ce stade nous pouvons faire comprendre aisément je crois que l’UE n’est pas fondée pour assurer un projet économique, assurer une prétendue croissance, préserver du chômage, mais bien pour imposer un modèle politique : celui que l’ancien N°2 du Medef Denis Kessler, aujourd’hui un des patrons des compagnies d’assurance, exprimait en 2007 dans un article intitulé « Adieu 1945 » : la mise en compétition des hommes les uns avec les autres contre toute aspiration à vivre ensemble.

  • Ainsi, une vie commune décente dans laquelle chacun peut préserver et développer l’estime de soi, le sens de sa propre dignité, où chacun est appelé à remplir ses devoirs sociaux et à faire valoir son mérite est contradictoire avec le capitalisme mondialisé, l’UE et les institutions à son service.

b/ Remettre l’éducation au centre des priorités

L’école est l’institution républicaine par laquelle l’idée même de république s’est consolidée en France.

Depuis 150 ans, l’école existe comme instruction permettant de développer esprit critique et raison, comme éducation permettant la formation de chacun au cadre républicain commun, celui de la citoyenneté.

Depuis 50 ans nous assistons à une accélération des réformes liquidatrices des savoirs, des programmes, du goût de l’effort, de l’humilité pour apprendre, de la notion de mérite…

Une bonne réforme à venir serait notamment d’abroger toutes celles qui se sont succédées.

  • Mais ce saccage organisé s’inscrit dans les objectifs du capitalisme mondialisé, de l’UE, de ses institutions, de l’OCDE dont certains textes, dans les années 1990-2000 indiquaient le but à atteindre : une éducation au rabais pour le plus grand nombre, peu coûteuse, une éducation améliorée, notamment dans le cadre privé, pour le petit nombre chargé d’encadrer les premiers.

c/ Affirmer l’écologie comme une priorité majeure

Il s’agit simplement du problème de la vie, de la terre…

En partant de la question écologique, ce ne sont pas que les petites fleurs qui sont concernées, mais bien le mode de production qui est à mettre en cause, la recherche du profit sans limite, le gaspillage des ressources naturelles, bref c’est la question du passage du profit à la satisfaction des besoins humains qui est posée.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé qui repose sur les seules préoccupations de produire, consommer, jeter, sacrifier…

La question agricole est un bon exemple avec l’installation des agros managers, des hommes d’affaires, en lieu et place des exploitations à taille humaine et des paysans qui se trouvent condamnés. Une agriculture de qualité, des familles pouvant vivre de leur travail, tout le monde en comprend l’exigence…

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé…

d/ Dégager les moyens de l’œuvre collective

Evidemment la question de la propriété est posée. En opposition à la propriété privée, il ne s’agit pas de répondre comme par le passé par les formules magiques du genre propriété collective généralisée. Nous pouvons répondre au souci majoritaire qui concerne, avec la question de la propriété de l’organisation de la société, de la place que chacun peut occuper. Il est possible d’articuler la propriété privée, la propriété collective et la propriété d’état.


La propriété du produit de son travail rentre la première catégorie, la propriété privée.

La séparation entre moyen de production et salariat n’est pas satisfaisante. Sous la forme coopérative des outils de production et des structures, elle permet de définir une forme de propriété collective.

Enfin ce qui relève des secteurs stratégiques mérite d’être nationalisé.

  • Mais de toute évidence cela est contradictoire avec le capitalisme.

Un bon exemple est donné ces jours-ci par Alsthom avec l’exigence d’arrêt immédiat du plan de démantèlement de Belfort, l’exigence de la nationalisation, l’exigence d’arrêt des appels d’offre régis par l’UE.

e/ Instaurer la démocratie à tous les étages

Il s’agit d’une démocratie laïque, égalitaire, fraternelle, libertaire. Depuis des années la confiscation de toute démocratie est ressentie et impose la nécessité de combattre pour imposer le pouvoir d’en bas, le pouvoir du peuple.


Au centre de cette question, la place des communes menacées par la succession de lois sur la décentralisation depuis les années 80, les régions, les communautés de communes, les métropoles, … ce mille-feuilles contradictoire à l’exercice de la démocratie. Avec les communes se pose la place menacée des départements. Communes, départements à défendre et préserver…

  • Mais cela est contradictoire avec l’UE et l’Europe des régions, la mise en place de territoires censés permettre le développement de l’activité, des profits d’une part, de territoires déshérités et abandonnés, dignes des réserves d’indiens d’autre part.

Derrière cette question se trouve plus généralement celle de la possible régénérescence de la vie politique française.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé dont un des outils en France est la cinquième république bonapartiste. Contradictoire avec l’exigence d’une constituante pour une proportionnelle intégrale permettant la représentation de toute la nation.

f/ La souveraineté et l’union des peuples.

Nous voilà au cœur du problème. Il n’est pas besoin de s’étendre. L’Union Européenne pour s’opposer aux aspirations légitimes et aux intérêts des peuples n’est qu’une construction politique dont l’objet est la négation de la souveraineté populaire et nationale.

Un des moyens politiques dont se dote l’UE est la destruction des Nations avec les drames humanitaires qu’elle provoque et qui sous nos yeux ne peuvent aller qu’en se développant.

Interdiction faite aux peuple de décider de leurs propres affaires et rejet dans la misère de centaines de milliers jetés sur les routes et sur les mers sont deux phénomènes étroitement liés. La résolution de la question migratoire va s’imposer de fait comme une réalité incontournable.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé qui :

o Organise les guerres de pillage et met à genoux des pays entiers.

o Apporte son soutien à des dictateurs qui assument les basses œuvres.

o S’oppose à une politique qui permette un accueil humain et décent des populations jetées sur les routes et sur les mers.

En conclusion :


Je voudrais revenir au point de départ, « quelles alliances pour démondialiser » ?


J’ai voulu montrer que seul au point de départ un programme accessible, compréhensible, partagé, peut permettre de quitter l’incantation pour entrer dans le monde de la persuasion.

Ce programme peut permettre de mettre en relation la situation réelle, les besoins, les solutions et donc l’impossibilité de concilier avec le capitalisme mondialisé et ses institutions que sont notamment l’UE, la commission, la BCE, l’OTAN, et l’outil du capital financier que constitue l’Euro.

Quelles alliances ? Existe-t-il une autre alliance susceptible de porter un tel programme qu’une nouvelle alliance populaire faite des hommes et des femmes qui s’empareront des éléments de ce programme ? Avec deux écueils à éviter, deux raccourcis qui ne peuvent apparaître que pour ce qu’ils sont.

- Chercher au nom de la rupture avec l’UE et l’euro des alliances de droite ou de gauche. Mais que signifie aujourd’hui ce clivage ? C’est le programme qui permet de trancher, pour entrainer vers la rupture avec le capitalisme mondialisé. Or admettons que ni « droite » ni « gauche » ne se réclame de mesures allant dans le sens indiqué précédemment. Une fois encore c’est le programme qui incarne la rupture nécessaire avec le capitalisme mondialisé, donc avec ses institutions, l’UE, l’Euro, etc…

- Chercher avec la gauche de la gauche -sous prétexte que cela signifie plus à gauche- une alliance qui relève de la logique orwellienne. En effet, Jean Luc Mélenchon évoque la rupture avec les traités européens. Ce qui indiscutablement va dans le bon sens lorsqu’on a en souvenir tous les discours sur « l’Europe sociale ». Mais que signifie une telle volonté de « rupture avec les traités » si elle n’est accompagnée de sa conséquence logique, la rupture avec l’UE en tant que construction politique pour y substituer une union des nations libres choisissant de coopérer librement les unes avec les autres sur un sujet, un autre, ou plusieurs ? Encore un effort Jean Luc…

Jean Luc Mélenchon a d’ailleurs indiqué ce qu’il fallait éviter. Beaucoup ont vu une bouée de sauvetage lorsqu’il a décidé de rompre avec le PS. Mais il a fallu déchanter. En une après-midi, la messe était dite, bonne pour ceux qui acceptaient le catéchisme, hostile aux autres. Il annonçait le nouveau nom « parti de gauche », il donnait la direction, il proclamait autour de lui le parti, sa nouvelle direction, et son programme. Cela sans démarche collective, sans discussion, sans possibilité dans la confrontation de rassembler plus largement, pour arriver à des formules creuses, trompeuses, fausses sur l’essentiel, l’UE et l’Euro et aboutir à une aventure personnelle calquée sur le fonctionnement des institutions de la 5ème république.


En réalité les alliances sont à construire. Un nouveau bloc est possible que seul l’intérêt collectif peut rassembler. Ces forces n’existent pas aujourd’hui de façon organisée, mais objectivement elles peuvent se révéler, là dans un référendum –le Brexit dernièrement- là dans un conflit donné –grèves, occupations, Goodyear par exemple- là dans un colloque où nous nous retrouvons de France notamment, le Pardem par exemple et « la sociale », à cette tribune.

Jacques Cotta
Le 16 septembre
2016

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Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège d"Avaaz… Par Nabil Antaki

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Daesch, #Terrorisme, #La République, #l'islamisme

Attention : le fait d’ouvrir seulement cette pétition d’Avaaz ou d’aller consulter leur site fait de vous quelqu’un qui est comptabilisé par Avaaz comme un de ses millions de membres. Même sans signer. Avaaz n’a jamais reculé devant aucune tromperie, depuis sa fondation. m-a

 

Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège…

Par Nabil Antaki le 02 octobre 2016

 

 

 

Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège d"Avaaz…  Par Nabil Antaki
 
 

Une amie Française vient de me consulter au sujet d’une pétition [1 ] qui circule sur le web à propos de « destructions commises par l’armée syrienne et les avions russes sur les hôpitaux d’Alep ». Pétition qu’il est demandé aux honnêtes gens de signer et qui sera ensuite envoyée comme lettre ouverte à Barak Obama et à Angela Merkel.

Voici ce que je lui ai répondu :

Attention. Ne signez pas cette pétition en pensant que vous nous rendez service en exprimant ainsi votre solidarité avec nous.

On veut profiter de la sympathie des gens pour les bonnes causes et de leur solidarité avec les personnes qui souffrent pour leur soutirer des appuis politiques.

Cette lettre est une fabulation et un outil de propagande très habile, exactement comme dans le cas de l’OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme); une officine basée à Londres proche des groupes armés qui, sous un nom qui inspire confiance, a été créé par la CIA pour faire de la désinformation sur la guerre en Syrie. Les communiqués de l’OSDH sont malheureusement repris par tous les médias occidentaux et présentés comme parole d’évangile. Souvenez-vous de la fausse nouvelle donnée il y a quelques mois disant que le « dernier pédiatre d’Alep avait été tué ».

Cette lettre à Obama est signée par 15 noms inventés (des personnages fictifs, sauf un ou deux). On y fait, comme d’habitude, l’amalgame entre les quelques quartiers d’Alep-Est tenus par les terroristes et le reste d’Alep. On y raconte dans cette lettre des mensonges en affirmant, par exemple, que « 15 hôpitaux d’Alep-Est ont été bombardés en un mois ». Si on devait compter tous les hôpitaux et structures sanitaires qui, selon les communiqués des terroristes ou de Médecins sans frontières ont été bombardés par l’armée arabe syrienne, il y aurait eu en Syrie plus d’hôpitaux qu’en France.

Nabil Antaki | Alep, le 1er octobre 2016 | Facebook

[1] Avaaz ou change.org

URL: http://arretsurinfo.ch/syrie-attention-ne-tombez-pas-dans-le-piege/

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Kiev refuse la Paix. L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix.

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La guerre, #le nazisme, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #L'OTAN.

   Kiev refuse la Paix 

 

L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix 

Kiev refuse la Paix. L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix.

L'armée ukrainienne, en dépit des volontés marquées de mettre (enfin) en oeuvre le processus de paix, continue de saboter quotidiennement l'application des deux premiers des treize points du protocole de Minsk (1: Cessez-le-feu immédiat et 2: Retrait des armements de la ligne de contact).

En effet durant le week end, l'artillerie ukrainienne a bombardé la zone de front tuant 2 soldats républicains et occasionnant de nouvelles destructions matérielles importantes. Hier 90 tirs ukrainiens contre le territoire de la DNR ont été encore enregistrés.

Bombardements sur Yasinovataya (Nord de Donetsk)

pendant le week-end des Primaires électorales

Mais c'est surtout par des actions délibérées sur les secteurs de Petrovsky (Quartier Sud Ouest de Donetsk) et Stanitsa Lugansk (au Nord de Lugansk) que Kiev a exprimé son refus obstiné d'engager le processus de paix dans le Donbass. En effet, et conformément au point 2 du processus de Minsk, un retrait des forces combattantes doit être effectué au niveau des zones de contact or, sur les secteurs cités, les forces ukrainiennes ont non seulement refusé de se soumettre à ce protocole (au Nord de Lugansk) mais ont même ont perturbé par des tirs le retrait engagé par les forces républicaines (près de Petrovsky).

Les représentants de l'OSCE qui doivent "assurer le suivi et la vérification du cessez-le-feu" (Point 3 des accords) étaient présents à Petrovsky lors des provocations ukrainiennes (voir la vidéo ci dessous) et ils ont aussitôt demandé aux forces ukrainiennes de "prendre des mesures " pour respecter le cessez le feu, mais en vain...

La conséquence est que le commandement militaire de la DNR a donné l'ordre à une de ses divisions de revenir sur ses positions initiales tant que Kiev ne se soumettra pas également au processus de Minsk signé par elle en février 2015.


Kiev ne peut pas la guerre et ne veut pas la paix

On voit donc une armée ukrainienne qui est bloquée dans les tranchées politiques et militaires creusées par Kiev. Incapables de relancer une offensive, les unités ukrainiennes ne veulent pas pour autant se plier aux consignes données par les accords de Minsk. Aussi les soudards se contentent-ils de maintenir le front sous un feu minimum afin d'alimenter la politique de terreur lancée par Kiev au Printemps 2014, de fixer les forces républicaines et de saboter le processus de Paix...

Depuis la semaine précédent la tenue des Primaires électorales dans le Républiques, l'artillerie ukrainienne a repris ses tirs contre les populations civiles du Donbass.

Après une trop courte trêve la population du Donbass

est à nouveau sous les obus de l'armée ukrainienne

Le satrape kiévien pris à son propre piège 
 
Ce sabotage permanent du processus de paix, sans toutefois s'accompagner d'un retour à une dynamique offensive, révèle la situation de blocage du Président Porochenko, qui militairement ne peux plus attaquer le Donbass sans risquer une Bérézina catastrophique et politiquement ne peut s'y désengager sans risquer la perte des territoires occupés (de Mariupol à Slaviansk) et surtout un coup d'état immédiat des nationalistes radicaux.
 
La marionnette étasunienne de Kiev de plus en plus impopulaire en Ukraine mais aussi dans les pays occidentaux est donc aujourd'hui sur un trône éjectable. Complètement isolé Porochenko ne doit le sursis de son pouvoir qu'à la perfusion économique de ses parrains occidentaux que sa présence maintient ouverte et la guerre dans le Donbass qui nourrit satisfait les radicaux et nourrit les oligarques et alimente encore une "union sacrée" politique de plus en plus fragile...


Un conflit aux ordres de Washington
 
De toute évidence l'évolution de la situation du front du Donbass, aujourd'hui gelée entre la guerre et la paix, est dépendante du contexte international et notamment du bras de fer engagé entre Washington et Moscou en Syrie. L'Ukraine reste un "front de réserve" pour la Maison Blanche qui profite de cette guerre dans le Donbass pour renforcer sa présence militaire en Europe et faire pression sur Moscou via une "otanisation" factuelle de l'Ukraine, tant politique et économique que militaire.
 
Par exemple, alors que le mythe de l'intervention russe dans le Donbass ne survit plus que dans les bas fonds des officines propagandistes occidentales, Anders Fogh Rasmussen, l'ancien secrétaire Général de l'OTAN qui a été nommé conseiller spécial du Président Porochenko tel un fanatique possédé  invoque encore la pseudo déstabilisation de l'Ukraine causée par Moscou et appelle à "la livraison d'armes défensives mortelles pour l'Ukraine, de sorte que l'Ukraine serait mieux en mesure de se défendre". Rasmussen n'est pas le seul occidental présent dans l'appareil d'Etat ukrainien et faisnt pression avec le lobbying de la communauté ukrainienne implantée en Amérique du Nord sur les décisions nord américaines.
Ainsi, la semaine dernière le congrès étasunien a donné son accord pour la livraison d' "armes de défense létales" à l'Ukraine, ce qui constitue une nouvelle provocation et surtout une décision contraire aux accords de Minsk.
 
En attendant l'évolution syrienne, l'échéance électorale étasunienne, les forces armées ukrainiennes quant à elles, appliquant des ordres précis de leur commandement militaire et politique entretiennent "à feu doux"  le front du Donbass qui peut exploser à nouveau à tout moment.
 
Combats près de Yasinovataya (Au Nord de Donetsk) 
au niveau du blok post Kroutaya Balka, le 2 octobre
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
*
*   *
 
Pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés les virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
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Chez Smart, les ouvriers passent aux 39 heures payées 37h.

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Europe supranationale, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La lutte des classes, #Le capitalisme;

Environ 100.000 véhicules par an sortent de l'usine d'Hambach en Moselle qui emploie huit cents employés. - SIPA

Environ 100.000 véhicules par an sortent de l'usine d'Hambach en Moselle qui emploie huit cents employés. - SIPA

Après des mois de bras de fer entre les syndicats et la direction, la nouvelle mesure concernant le temps de travail a été actée. Depuis le 1 er octobre, les employés de l'usine sont passés aux 39h payées 37.

A l'usine Smart de Hambach en Moselle, le passage aux 39 heures payées 37 est désormais effectif . Une nouvelle durée de travail actée après un long bras de fer entre la direction et les organisations syndicales.

Soumise à un référendum consultatif le 11 septembre 2015, la mesure avait été adoptée par 56% des employés, mais rejetée par les syndicats. Pour contourner cette opposition, la direction a alors fait signer des avenants à chaque employé.

Un effort pour améliorer la compétitivité

"On risquait le chômage, donc on n'a pas trop eu le choix", avance Thierry Drouin, qui a, comme plus de 95% des employés, signé un avenant à son contrat de travail le faisant passer aux 39 heures.

À lire aussi

Le travail à temps partiel après la loi Travail

Le « Pacte 2020 » de l'entreprise prévoit une augmentation provisoire du temps de travail jusqu'à 39 heures avant un retour aux 37 heures en 2019, puis aux 35 heures en 2020. En échange de cet effort - devant permettre d'"améliorer la compétitivité" de l'usine en faisant baisser le coût horaire du travail - la direction s'engageait à ne procéder à aucun licenciement économique d'ici là.

La CGT et la CFDT, majoritaires car représentant plus de 50% des salariés à eux deux, avaient opposé leur droit de veto - sur fond de tension autour de la loi Travail, dont un des articles les plus disputés concernait le référendum d'entreprise.

Mesure loin d'être inédite dans le monde de l'automobile

Environ 100.000 véhicules par an sortent de l'usine, mais en ce moment la production est basse, expliquent les employés, qui se demandent donc à quoi serviront les heures en plus.

À lire aussi

L'usine emploie 800 personnes directement, mais 800 autres salariés qui travaillent sur le site pour des sous-traitants de Smart pourraient être touchés par les changements d'emploi du temps.

Ce n'est pas la première fois dans l'automobile que ce genre de changement a lieu. Michelin , Renault, PSA ou Continental ont par le passé négocié des accords temporaires pour augmenter le temps de travail et la flexibilité , baisser les salaires ou supprimer des avantages.

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MÉLENCHON et L’UNION EUROPÉENNE : sortir ou pas ?... « Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup » !

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La nation ., #La mondialisation

Publié par El Diablo

 

 

Jean-Luc Mélenchon à Berlin, en compagnie de Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag

Jean-Luc Mélenchon à Berlin, en compagnie de Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag

- DÉCRYPTAGE -

Avec quelles techniques Mélenchon manipule l’opinion et contourne savamment la question fondamentale de l’Europe dans la perspective de 2017

Vendredi 23 septembre 2016 : Jean-Luc Mélenchon à Berlin, en compagnie de Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag. On distingue à l’arrière-plan le logo de « Die Linke » à droite et un logo « NEU START », qui signifie « NOUVEAU DÉPART ». Comme les lettres EU ont la couleur du drapeau bleu aux étoiles d’or et signifient « Europa Union » en allemand, il faut comprendre qu’il s’agit d’une manifestation des partis de la gauche de la gauche européens afin de donner « un nouveau départ » à la construction européenne. Une autre Europe en somme…

 

Introduction : Mélenchon à Berlin

Jean-Luc Mélenchon a tenu à Berlin, le vendredi 23 septembre 2016, une conférence de presse sur l’Union européenne. À ses côtés se tenait Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag, l’équivalent français de notre Assemblée nationale.

Dans une vidéo de 3 minutes , Mélenchon a résumé devant les caméras ce qu’il était venu faire à Berlin, avec ses collègues de « Die Linke ».

Cette vidéo est tout-à-fait intéressante à visionner de très près, car elle nous révèle de façon limpide les procédés rhétoriques et les ruses politiciennes que Mélenchon utilise pour manipuler l’opinion publique.

Le décryptage minutieux du discours de Mélenchon auquel je me livre ci-dessous – à partir du verbatim exact de ses propos – démonte pas à pas comment Mélenchon s’ingénie à tromper les électeurs, en leur faisant miroiter des perspectives qu’il sait, en son for intérieur, impossibles à réaliser, et en leur suggérant de croire à des promesses qu’en réalité il ne leur fait même pas.

Ce morceau d’anthologie de la manipulation politicienne devrait être visionnée au calme et l’analyse que j’en fais devrait être méditée par le plus grand nombre.

Ceux qui jugeront que « c’est trop long » ou qui refuseront tout bonnement d’en prendre connaissance ne devront pas se plaindre, en juin 2017, lorsqu’ils découvriront qu’ayant voté Mélenchon, ils se retrouvent avec Juppé ou Sarkozy à l’Élysée.

 

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE EN LIEN CI-DESSOUS:

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Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Yougoslavie, #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #l'islamisme, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

 

Joaquin Flores – Fort Russ News 26 septembre 2016

 

14. Milorad Dodik meeting Banja Luka.jpg

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitale de facto de la Republika Srpska

 

La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

Dans la soirée d’hier [25 septembre, NdT], les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

 

15. Vote Serbie.jpg

 

Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

 

16. Carte Balkans2010.png

 

 Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

 

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN [ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

Le plus grand camp d’entraînement des troupes d’ISIS et d’Al Qaïda à l’ouest d’Istamboul se trouve en Bosnie. Les plus grands groupes ethnico-religieux indigènes à l’Europe actuellement engagés dans les guerres de Syrie et de Libye sont bosniaques. Les Bosniaques, à l’origine, étaient des Serbes qui, pour différentes raisons, au temps de la domination ottomane, ont adopté la religion musulmane. La langue parlée par les Bosniaques, aujourd’hui encore, est le serbe. Ils restent, en général, d’un point de vue phénotypique, indiscernables des Serbes, les deux principales différences entre les deux communautés étant religieuses et historiques.

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, le SDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

 

17.  Local SDA candidates.jpg

Candidats du SDA

 

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou Armée syrienne libre.

En conséquence des avertissements sans équivoque de Sarajevo quant à sa volonté d’abolir le statut autonome de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a prévenu très clairement en 2014 que si Sarajevo mettait à exécution sa menace de changer la Constitution, la Russie serait en position de « reconnaître le droit à l’autodétermination des deux peuples composant l’État » de la République à trois peuples de Bosnie-Herzégovine, se référant ainsi non moins clairement au précédent historique des Croates et des Serbes, bien que sa remarque concernât surtout la Serbie, puisque les Serbes de Bosnie ont ouvertement exprimé leur volonté de faire sécession en cas de crise constitutionnelle.

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

 

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d'Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passé, la période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujet pour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine - la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska - au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

 

Des ONG serbes pour éduquer et tenter de stabiliser.

Le Centre pour les Études Syncrétiques (Center for Syncretic Studies) a été fondé en 2013 à Belgrade, comme une réponse spécifique au spectre grandissant d’un nouveau conflit majeur dans la région. En tant qu’organisation éducative à but non lucratif, il a travaillé à disséminer l’information accessible au public, à l’intention à la fois des publics anglophones et serbes, pour aider à comprendre ce que signifient les Balkans occidentaux et  en particulier la Serbie, dans la crise mondiale en cours.

Fort-Russ News a plusieurs rédacteurs, qui sont aussi des chercheurs, et des directeurs au sein du CSS. Le CSS travaille en partie sur des questions relatives aux efforts de déstabilisation de l’OTAN dans la région, et il étudie les outils de mobilisation politique et idéologique capables de s’y opposer. Le CSS a travaillé en collaboration avec le consulat de Syrie et avec des dirigeants politiques serbes, afin d’être mieux préparé aux événements que de nombreux analystes considèrent comme inéluctables.

Les événements de Syrie et d’Ukraine ont confirmé plusieurs des thèses opératoires du CSS sur l’idéologie syncrétique, les tactiques de printemps colorés dans le contexte de la 4GW (« Fourth Generation Warfare ») ou  Guerre de Quatrième Génération* et la guerre des nouveaux médias, qu'il peut s’avérer utile de bien connaître, au fur et à mesure que surgiront des problèmes similaires dans les mois ou les années qui viennent, dans ce qui fut la Yougoslavie.

________________

* Lire aussi : « Syrie, le laboratoire d’une guerre de quatrième génération ? » - Le Grand Soir, 27 décembre 2012.

 

Source : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

Si nous comprenons bien tout, la République serbe de Bosnie se trouve aujour’dhui ou se trouvera demain dans la situation où était la Crimée, au lendemain du coup d’État Otano-nazi d'Ukraine. Si les choses pouvaient évoluer de la même manière, les deux Serbie réunies ne formeraient plus qu’un seul état, auquel pourrait se joindre, on ignore comment mais c’est envisagé, le Kosovo. Par superstition, on n’ose presque pas dire que ce serait là un premier pas vers une reconstitution, à plus ou moins long terme, de la Yougoslavie démantelée par nos soins (honte éternelle sur l’Europe !) mais il faut l’espérer.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

Et voilààààà !

 

Le Conseil européen accueille favorablement la demande d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine

Olivier Berruyer – Les crises – 2 octobre 2016

 

19. guillemets anglais.GIF

Eh oui, la Bosnie dans l’UE, génial ! Tout va bien se passer… Vivement l’Albanie ! (parce que je ne plaisante pas en plus)

C’est fascinant un machin qui sombre dans la folie, comme l’OTAN…

 

18. Juncker + Bosniaque.jpg

Denis Zvizdic a rencontré à Bruxelles Christian Danielsson, commissaire européen à l’élargissement (photo gouvernement de Bosnie-Herzégovine)

 

BOSNIE-HERZÉGOVINE. Suite à sa demande d’adhésion présentée le 15 février 2016, le Conseil européen rappelle, mardi 20 septembre 2016, “son attachement sans équivoque à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine en tant que pays unique, uni et souverain”.

Dans ces conclusions, le Conseil “réaffirme que l’avenir des Balkans occidentaux est dans l’Union européenne.”

Le président  bosnien du Conseil des ministres, Denis Zvizdic s’est félicité de ces propos : “Aujourd’hui, nous vivons véritablement un moment historique pour l’orientation européenne et l’avenir européen de la Bosnie-Herzégovine.

Tout en saluant “les progrès significatifs réalisés dans la mise en oeuvre du programme de réformes”, Bruxelles demande au pays de poursuivre ses réformes économiques mais aussi celles dans le domaine de l’Etat de droit et de l’administration publique.

La route vers l’Union européenne semble donc toute tracée.

 

Un accord de stabilisation et d’association déjà signé avec Bruxelles

La Bosnie-Herzégovine a conclu un accord sur un mécanisme de coordination concernant les questions relatives à l’UE. Ses gouvernements successifs travaillent depuis 2015 à un programme de réformes pour entrer dans les critères de Bruxelles.

Pays de 3,87 millions d’habitants, la Bosnie-Herzégovine (51 000 km²) est née en 1992 de l’éclatement de la Yougoslavie. Elle est constituée, depuis les accords de paix de Dayton (décembre 1995) mettant fin aux conflits interethniques, de deux entités : la Republika Srpska (majorité de Serbes) et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (Bosniaques et Croates).
Le pays a signé, en 2007, un accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’Union européenne. Il est entré en vigueur en juin 2015.

Doté d’une banque centrale depuis 1997, sa monnaie est, depuis juin 1998, le mark bosnien (1,96 Marks = 1 €). Avec un PIB de 15,57 mrds€ en 2015, l’économie est portée par le secteur tertiaire (66% du PIB) avec le commerce, les services aux entreprises et le transport. Le secteur industriel (produits métalliques et bois) assure un quart du PIB, l’agriculture 8%.

Le pays connaît un taux de chômage de 27% (26,5% en prévision pour 2016).

Parmi ses voisins, la Croatie est devenue en juillet 2013 le second membre de l’ex-Yougoslavie à rejoindre l’Union européenne après la Slovénie en mai 2004.

Le Monténégro et la Serbie se trouvent également sur le chemin de l’intégration en tant que candidats officiels.

Source : Econostrum, Frédéric Dubessy

Notre source : https://www.les-crises.fr/le-conseil-europeen-accueille-f...

 

P.S. Sur les camps djihadistes prêts à donner un coup de main en cas de besoin, pour mater la République serbe, voir les commentaires en fin d’article.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

 

 

Mis en ligne le 3 octobre 2016.

Précisons :

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord nous prépare une guerre de Yougoslavie bis.

Personnages : Les groupes salafistes « rebelles modérés » sont sur place, fin prêts pour un « regime change ». Mais la résistance aussi s’organise.

Décor : La Republika Srpska ou République serbe de Bosnie (RS) au milieu. La République fédérale de Bosnie-Herzégovine – moitié croate, moitié bosniaque – (BH) à droite. La République de Serbie (S), à gauche. Par la grâce de nos protecteurs et amis, la Yougoslavie a été morcelée de façon que la première – RS – fasse partie de la deuxième (BH) et ait une frontière commune avec la troisième (S).

Action : avec le référendum dont il est question plus haut, on pourrait croire à une provocation de la part de la RS, mais il s’agit en fait d’une manœuvre de défense contre une provocation BH-UE-OTAN préparée de longue date.

Rideau :

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Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #les néocons, #La Yougoslavie, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #l'islamisme, #Terrorisme

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?
Le  30.09.2016
 
Selon l’ancien vice-président serbe Emil Vlajki, l’Occident cherche à se venger de Milorad Dodik, le turbulent patron de la «Republika Srpska» (RS) et figure de proue d’un nouveau référendum d’indépendance, en soutenant par tous les moyens un climat d’instabilité dans les Balkans.

Dans une interview accordée à Sputnik, l'ancien vice-président serbe et professeur de l'Université de Banja Luka, Emil Vlajki, explique pourquoi les récents événements en Bosnie-Herzégovine devraient être considérés dans le contexte d'une « Nouvelle guerre froide » et pourquoi la Cour constitutionnelle du pays a volontairement provoqué Belgrade. En guise de préambule, il a rappelé que la RS empêchait toujours la Bosnie-Herzégovine d'intégrer l'Otan. Ainsi, la Cour constitutionnelle ne ferait, selon lui, qu'accomplir des « commandes reçues depuis l'étranger ». À ces fins, elle cherchait à « destituer le président Dodik » et à « ouvrir au pays les portes de l'Otan ». C'est pour cela, poursuit-il, que l'Occident ne prête pas attention aux discours va-t'en-guerre de Bakir Izetbegović, le président du Présidium bosniaque, adversaire intransigeant de Dodik.
 
D'après M. Vlajki, l'Occident — et avant tout les États-Unis — se mêlerait de choses beaucoup plus dangereuses que la simple imposition de sa politique à la Serbie. Il s'agirait en fait d'une islamisation des Balkans. « Depuis 1992, ils (les États-Unis, ndlr) épaulaient la communauté musulmane. Ils ont littéralement aidé les moudjahidin à pénétrer dans le pays. Ils ont fermé les yeux sur le trafic d'armes depuis la Croatie. D'ailleurs, je dispose de documents prouvant que le président croate Franjo Tuđjman s'indignait contre cet état de choses. Cependant, il n'avait pas le choix, tant il craignait alors de perdre le soutien des États-Unis », fustige-t-il.
 
Et d'expliquer que « l'objectif ultime des États-Unis est de créer de la Bosnie-Herzégovine un État unitaire, un État de la Charia. Et ils ne vont pas y renoncer. »
 
À en croire M. Vlajki, au moins 100 000 wahhabites résident actuellement en Bosnie-Herzégovine. Ils sont à tel point radicalisés, poursuit-il, qu'ils sont faciles à manipuler. Parmi eux, il y en aurait même « cinq ou six mille prêts à recourir à une provocation armée en cas de nécessité ». « Il n'est pas exclu qu'en cas de conflit le Présidium à Sarajevo fasse appel à l'Otan pour stabiliser la situation », relève l'expert. Concernant la déclaration du Parlement européen, qui accuse la Russie de soutenir le référendum en vue de propager la confrontation dans la région, Emil Vlajki fait remarquer que « le désir de s'accaparer des ressources russes est toujours à l'ordre du jour ». « Les Russes peuvent faire ce qu'ils veulent. Ils peuvent ne rien faire du tout. Dans tous les cas, il seront accusés de tous les maux », conclut-il.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/
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Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #L'OTAN., #Daesch, #l'islamisme

Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»
 
Le groupe islamiste Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) est considéré comme une organisation terroriste aux Etats-Unis, au moins officiellement. Cependant, un haut commandant du groupe a déclaré: « les Américains sont de notre côté » en pointant une livraison présumée d'armes provenant des Etats-Unis.
Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

Le groupe terroriste Front Fatah al-Cham, selon un de ses commandants, reçoit des armes des Etats-Unis. Les Américains ont fourni aux djihadistes des missiles antichars TOW, a déclaré un commandant de l'organisation terroriste dans un entretien au journal allemand Kölner Stadt-Anzeiger.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/caricatures/201609261027929325-commandant-nosra-livraison-armes-usa/

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