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[Socialisme 3.0] 2017, Emmanuel Macron réinvente le socialisme ? Le blog d'Olivier Berruyer.

30 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La nation ., #Le capitalisme;, #Le socialisme, #Europe supranationale, #La lutte des classes, #Economie

30 octobre 2014.

[Socialisme 3.0] 2017, Emmanuel Macron réinvente le socialisme ?

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, laissons la parole à Nicolas Canteloup…

Emmanuel Macron vu par Nicolas Canteloup

[Socialisme 2.0] 2014, Valls enterre le socialisme : “Il faut en finir avec la gauche passéiste”. Par Olivier Berruyer.

30 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le socialisme, #Le capitalisme;, #Europe supranationale, #La lutte des classes, #La mondialisation, #Economie

30 octobre 2014.

[Socialisme 2.0] 2014, Valls enterre le socialisme : “Il faut en finir avec la gauche passéiste”.

Cet homme a été choisi par le club Bilderberg pour gouverner la France?

Fa-bu-leu-se interview de Manuel Valls parue dans le Nouvel Obs du 23 octobre 2014.

Belle leçon de libéralisme (en jaune)… Je ne commente pas (trop) à ce stade, pour ne pas sombrer dans une inévitable vulgarité.

Condoléances aux cocus cependant.

La crise s’éternise, le pouvoir sombre dans l’impopularité, la majorité se divise, et Martine Aubry le somme de changer de cap. Le Premier ministre riposte et lance un défi à la gauche : “se réinventer ou mourir”

Les Français ont le sentiment que tous les sacrifices auxquels ils ont consenti depuis deux ans et demi n’ont servi à rien. Les déficits sont toujours aussi inquiétants, le chômage toujours aussi haut et la croissance toujours aussi nulle. Comment l’expliquez-vous ?

- Je ne partage pas un constat aussi sévère, mais il est vrai qu’il y a un grand désarroi, de l’inquiétude pour l’avenir, de la colère aussi. On l’a bien vu aux dernières élections municipales et européennes. Nous aurions dû faire dès 2012 un constat plus clair sur la situation de la France, sur sa triple crise : crise de croissance, crise de la dette et des déficits, crise de confiance. Tout part de là. Si nous étions partis de l’analyse très lucide de la Cour des Comptes de juillet 2012, le sens des réformes et le cap du quinquennat auraient été davantage affirmés. Ils l’ont été progressivement par la suite avec les conclusions du rapport Gallois en novembre 2012 qui a mis l’accent de manière implacable sur le décrochage de compétitivité de notre économie et de nos entreprises depuis dix ans.

Vous ne l’aviez pas mesuré avant?

L’enjeu de la production avait été un des thèmes forts de la campagne de François Hollande, mais nous avons sans doute sous-estimé l’ampleur de la crise de compétitivité et de la crise de confiance. Cela nous a empêchés – c’est une responsabilité collective – d’aller plus vite, dès le début.

Vous avez pris du retard ou vous avez fait des mauvais choix à l’époque ?

- Nous avons sans doute pris du retard et il y a eu des mauvais choix.

Lesquels ?

- La hausse de la fiscalité a frappé durement nos concitoyens, notamment les couches populaires et les classes moyennes. Nous avons privilégié l’impôt par rapport à la diminution de la dépense publique. Or ces décisions sont venues s’ajouter à celles effectuées à la fin du précédent quinquennat. 30 milliards de hausse de la fiscalité avec la droite, 30 milliards avec la gauche. C’est ce qui a provoqué un véritable ras-le-bol fiscal. Pendant sa campagne, François Hollande avait été extrêmement raisonnable quant aux promesses, il était lui-même très lucide sur la situation. La victoire de 2012 a créé dans le pays une espérance, une urgence. Et comme les résultats tardent à venir, il y a de la déception.

Cette espérance s’incarnait dans le slogan de campagne : “Le changement, c’est maintenant”. Aujourd’hui, le changement c’est quoi ?

Le changement, depuis le début, c’est redresser la France.

Ça, c’est le discours, mais en quoi cela change-t-il la vie des Français?

Il faut du temps. Certains nous disent : « Faites d’abord des réformes, la croissance viendra après. » C’est illusoire. D’autres nous disent : « Tant que la croissance ne sera pas là, il faut différer les réformes. » C’est dangereux. Il faut, en même temps, réformer la France et l’Europe. Il faut surtout expliquer la cohérence de ce mouvement de réformes sans précédent. Il a trois finalités. La première, c’est libérer la création d’emplois par tous les moyens. La seconde, et c’est sans doute là où il a manqué des explications, c’est la lutte contre les inégalités. Cela passe d’abord par la refondation de l’Ecole. Avec 1 milliard d’euros supplémentaires en 2015, l’Education redevient le premier budget de la nation. Cela a-t-il été entendu? Pas assez. La troisième finalité, c’est la préparation de l’avenir, avec nos grandes réformes de structures. Au fond ce que nous recherchons, c’est ce que nous avons perdu : la confiance. Si les efforts que nous demandons sont expliqués et compris, la cohérence du quinquennat de François Hollande apparaîtra plus évidente.

Et les résultats, c’est pour quand ? Il reste six mois, avez-vous dit…

- Je n’ai jamais dit ça !

NdR : « Si d’ici trois à six mois, la situation ne s’est pas inversée, ce sera foutu » – Source AFP, 15/09/2014

Je sais bien que nous vivons sous la dictature de l’immédiat, mais il faut assumer devant les Français que réformer un pays qui a perdu sa compétitivité prendra dix ans. Je comprends leur impatience, mais il faut du temps pour que la France rattrape pleinement son retard. L’étude de l’OCDE publiée récemment est encourageante. Elle juge que les réformes que nous menons auront un impact significatif sur la croissance.

Pas de lendemain qui chantent d’ici à la fin du quinquennat, alors ?

Evitons le simplisme. Nous agissons aussi à court terme. La baisse des impôts, intervenue à l’automne sera amplifiée en 2015, pour 6 millions de ménages supplémentaires, la baisse du coût du travail et de la fiscalité pour les entreprises, la grande réforme des allocations familiales, tout cela, c’est du concret pour les Français.

Vous avez fait “cadeau” aux entreprises de 41 milliards pour qu’elles reconstituent leurs marges et recommencent à embaucher. Jouent-elles le jeu aujourd’hui ?

Voilà un beau cliché ! Les 41 milliards, c’est pour la France, pour rendre notre économie, nos entreprises plus compétitives, pour que nous ne décrochions pas du reste de l’Europe et du monde. Sans compétitivité, il n’y a pas de création de richesses, et sans création de richesses, il n’y a pas d’emplois. Moi, je ne confonds pas les entreprises avec leurs seuls dirigeants ou leurs seuls actionnaires. Les entreprises, ce sont aussi des salariés, des ouvriers, des techniciens, des cadres. Nous devons bâtir des compromis sociaux qui permettent de protéger les salariés sans nuire à la compétitivité des entreprises. La clé, c’est la qualité des rapports sociaux et c’est la marque de ce quinquennat Je réunirai le 4 novembre prochain l’ensemble des partenaires sociaux pour faire le point sur les aides aux entreprises. Quand la nation tout entière consent un effort aussi important, il faut que les entreprises assument leurs responsabilités.

Réformer, c’est aussi affronter les corporatismes. Or sur Air France, l’écotaxe, ou encore la suppression des conseils généraux, vous avez reculé…

Réformer, c’est difficile, il y a toujours des résistances – car beaucoup de Français, dans le privé comme dans le public, ont peur d’être déclassés, de perdre leur situation. Mais il faut savoir les surmonter. La réforme ferroviaire adonné lieu à une grève particulièrement longue au mois de juin. Pourtant, je n’ai pas cédé. Pour Air France, l’essentiel de la réforme concernait le développement de la compagnie low cost Transavia France, pas Transavia Europe. J’ai soutenu personnellement la direction. La grève a été longue mais, pour la première fois, ce ne sont pas les pilotes qui ont eu raison ! Le gouvernement a tenu bon.

Sur l’écotaxe, n y a eu un recul.

Ça ne sert à rien de s’entêter! Le projet d’écotaxe voté par l’Assemblée à la quasi-unanimité, en 2011, s’est révélé il y a un an impossible à mettre en oeuvre pour des raisons techniques et politiques. Ce qui a été inventé en juin dernier ne fonctionnait pas non plus. Nous aurions dû y renoncer plus tôt. Gouverner, ce n’est pas s’entêter, c’est être pragmatique, c’est reconnaître aussi quand des erreurs ont été commises.

Et c’est pour ne pas vous entêter que vous avez cédé aux demandes du PRG sur les conseils généraux ?

Vous voudriez m’enfermer dans un débat que je connais par coeur… Soit on réforme et on est une brute, on passe sur tous les corps intermédiaires : partis, syndicats, élus … Soit on les écoute, et alors c’est le recul ! La réforme la plus importante, c’est celle des régions. Parce qu’elle va changer profondément la réalité du pays avec 12 régions plus fortes, à taille européenne, ayant désormais toutes les compétences sur le volet économique. Cette réforme jugée « impossible » sera votée avant la fin de l’année. Nous avons créé les grandes métropoles, réformé les intercommunalités pour leur donner davantage de moyens d’action. Mais il y a aussi dans certains territoires ruraux, périurbains, un sentiment profond d’abandon, un grand besoin de proximité. Il n’est donc pas absurde que, dans les départements ruraux, on conserve les conseils départementaux. Le pragmatisme n’est en rien contradictoire avec la réforme.

Sur les professions réglementées, la réforme Macron semble moins ambitieuse que oelle de son prédécesseur.

Au contraire ! Mais je refuse qu’on jette à la vindicte des professions qui comptent pour notre pays : notaires, professions de droit, pharmaciens… Grâce au dialogue, nous bâtissons une loi qui libère les énergies dans ces secteurs. La loi croissance et activité ouvrira aussi avec les contreparties prévues dans le rapport Bailly, davantage de possibilités de travailler le dimanche pour favoriser notamment l’attractivité des zones touristiques. Nous y intégrerons enfin le fruit du dialogue social sur la représentativité et le lissage des seuils sociaux.

Plus de liberté pour les autocars et les professions réglementées, ça ne suffira pas pour ramener la croissance, mais ça suffira peut-être pour donner des gages à Bruxelles ?

Nous faisons cette réforme d’abord pour nous-mêmes!

Comment expliquez-vous que ces réformes ne suffisent pas à convaincre Angela Merkel ?

Qu’en savez-vous? La chancelière elle-même a déclaré que notre programme de réformes était impressionnant par son ampleur et par sa diversité.

Vous aurez donc son soutien sur la question des déficits que la France réduit moins vite que prévu ?

C’est un autre sujet. Ramener nos déficits à 3% dès l’an prochain est impossible. Baisser de 30 milliards supplémentaires la dépense par rapport aux 21 milliards déjà engagés nous plongerait dans l’austérité et bloquerait le pays. Aujourd’hui, l’Europe sous-estime la gravité de sa situation. Certains voyaient, il y a six mois, la croissance revenir doucement. Ce que je vois se profiler, si nous ne faisons rien, c’est un risque de déflation et de récession. Les politiques d’ajustement non coordonnées ont-elles fini par tuer la croissance? Je le crains. Mais il y a deux avancées dont on ne parle pas assez : la baisse de l’euro, que j’avais moi-même réclamée, et l’annonce du plan Juncker de 300 milliards d’euros d’investissements. Cela veut dire que nous pouvons changer la politique budgétaire et monétaire de l’Union européenne. C’est ce que ne cesse de dire François Hollande depuis deux ans et demi.

Réduire les dépenses de 50 milliards, ce n’est pas l’austérité ?

Absolument pas. Mais je suis conscient que pour ceux qui connaissent la crise depuis des années, qui sont au chômage ou dans la précarité, la question peut se poser. Pourtant c’est la réalité ! Quand nous créons 60 000 postes d’enseignants pour lutter contre l’échec scolaire, et aussi des postes de policiers, de magistrats, quand nous augmentons les bourses pour les étudiants, quand nous augmentons les rémunérations des catégories B et C de la fonction publique, nous ne faisons pas de l’austérité ! Nous avons à faire des choix. La dépense publique dans notre pays représente 57 % de la richesse. Réduire ce montant n’est en rien une politique dictée par Bruxelles. Nous le faisons pour nous, pour préparer l’avenir, pour que la dette ne pèse pas davantage sur nos enfants, pour ne pas perdre notre souveraineté.

NdR : vous notez la malhonnêteté visant à rapprocher le niveau des “dépenses publiques” de la dette, alors que rien n’interdit de voter un budget équilibré – mais cela a des conséquences. Les États-Unis ont une dette supérieure à la nôtre, avec des “dépenses publiques” parmi les plus faibles.

Le prix Nobel d’économie Jean Tirole juge le marché du travail en France « assez catastrophique », c’est aussi votre avis ?

ll faut d’abord se féliciter de ce prix Nobel ! Le marché du travail ne fonctionne pas bien, c’est un fait. Et le niveau du chômage est aussi une résultante de ce dysfonctionnement. Se poser la question de l’efficacité et de l’équité des règles est donc légitime. Elle se pose d’ailleurs tous les deux ans à l’occasion de la renégociation de la convention d’assurance-chômage entre partenaires sociaux. Ils le feront au plus tard en 2016. Cela ne doit pas nous empêcher d’ici là d’en parler! D’autant plus que le régime est aujourd’hui en déficit de près de 4 milliards d’euros.

Y a-t-il des abus? Ce régime est-il à vos yeux trop généreux ?

Il faut éviter les caricatures : le haut niveau du chômage ne résulte pas d’un refus des chômeurs de travailler. Il y a toujours des abus, mais personne n’est au chômage par plaisir. Et, vous le savez, seulement la moitié des demandeurs d’emploi sont indemnisés. Mais se poser la question des devoirs des chômeurs, de leur formation, d’un meilleur accompagnement par Pôle emploi, des bonnes incitations pour retrouver un travail, ce n’est pas une régression sociale. Le fonctionnement du marché du travail n’est pas satisfaisant car il ne crée pas assez d’emplois, il génère des inégalités importantes entre, d’une part, des salariés très protégés en CDI et, d’autre part, des salariés très précaires en CDD et en intérim. C’est là-dessus qu’il faut agir.

NdR : traduction : ami lecteur en CDI, tu es un peu un salaud quand même, tu devrais avoir honte et partager ta sécurité…

Vous dessinez le contrat unique?

Les partenaires sociaux n’ont pas souhaité s’engager sur le contrat unique. Ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas intéressant. Mais il faut être pragmatique. Certains économistes comme Jean Tirole en sont venus à proposer cette idée parce qu’ils font le constat qu’aujourd’hui un certain nombre d’entreprises ne veulent pas embaucher en raison du coût trop élevé du licenciement, notamment parce que l’incertitude juridique est trop forte. Je partage ce constat. La loi de sécurisation de l’emploi votée l’an dernier encourage fortement la recherche d’un accord entre partenaires sociaux. Et déjà le nombre de recours juridiques suite à des plans sociaux a chuté. Pour ce qui est des conflits individuels, une concertation s’engage. Elle devra permettre de rendre la justice prud’homale plus rapide et plus efficace.

La gauche au pouvoir a toujours mené des réformes emblématiques : les lois Auroux, la cinquième semaine de congés payés, les 35 heures, la CMU… On cherche en vain la grande réforme sociale du quinquennat Hollande ?

- Il ne faut pas s’enfermer dans l’idée de la réforme emblématique, même si nous avons déjà fait beaucoup de choses. Le mariage pour tous, c’est une grande avancée pour l’égalité des droits. Personne ne reviendra dessus. Je suis certain qu’on retiendra de ce quinquennat la refondation de l’École et cette réforme historique qui vient d’être votée : la transition énergétique. C’est une grande loi de gauche ! Mais méfions-nous des symboles pour les symboles…

L’histoire de la gauche est jalonnée de symboles…

- Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. La seule question qui vaille, c’est comment orienter la modernité pour accélérer l’émancipation des individus.

Cette gauche est pragmatique plus qu’idéologique ?

- Oui parce que l’idéologie a conduit à des désastres mais la gauche que je porte garde un idéal : l’émancipation de chacun. Elle est pragmatique, réformiste et républicaine.

Pas socialiste ?

- Je le répète : pragmatique, réformiste et républicaine.

Vous avez dit que la gauche pouvait mourir ?

Oui. Si la gauche est menacée, c’est parce qu’elle n’a pas réussi à articuler des réponses fortes sur des questions essentielles : comment faire face à la globalisation qui crée des gagnants et des perdants ? Comment réformer l’Etat-providence ? Quelles réponses apporter en termes de citoyenneté, de laïcité, d’égalité femme-homme, notamment avec la construction d’un islam de France compatible avec nos valeurs ? Comment encore répondre à l’individualisme, qui épanouit et fragilise en même temps ? Le temps des solutions globales, identiques pour tous, est révolu. Il faut rechercher l’universalité des principes tout en tenant compte de l’hétérogénéité des situations.

C’est ce que nous faisons en réformant les allocations familiailes. C’est pourquoi j’assume totalement cette réforme. Un autre enjeu fondamental, c’est la question de l’identité. La gauche l’a négligée car elle pensait que seule comptait l’identité sociale. D’où votre question : « Quelle est la grande réforme sociale emblématique de ce quinquennat ? » Cette négligence nous revient aujourd’hui conune un boomerang parce que la nation n’est pas soluble dans le social. On peut mener les politiques le plus sophistiquées sur le plan technique, si nos concitoyens n’ont pas le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand, ils retombent dans la défiance.

Si la gauche croit encore au progrès, la France, elle , n’y croit plus. Le pays sombre dans le déclinisme…

- Face au repli que propose l’extrême droite – on sort de l’euro, on ferme les frontières, on accable les immigrés et les musulmans de tous les maux –, face à une droite elle aussi aspirée par le déclinisme, il est essentiel que la gauche se réarme intellectuellement. faut aussi qu’elle redonne de la fierté aux Français. La France est un grand pays, la cinquième puissance économique mondiale, la deuxième en Europe, sa parole compte et elle contribue pleinement à la stabilité du monde. La gauche est forte quand elle s’adresse à tous. Le projet de cette gauche moderne, c’est de combattre tout ce qui aliène et enferme l’individu. Sa valeur cardinale, c’est l’émancipation. Son combat, c’est la République. Mais, si la gauche ne se réinvente pas, oui, elle peut mourir…

NdR : vous noterez le bug due à la contradiction absolue entre la vision proclamée du discours “notre projet est de combattre tout ce qui aliène”, et le fond du discours qui est une soumission totale aux diktats du néolibéralisme – qui aliènent pas mal, si, si…

Beaucoup pensent que c’est vous l’assassin…

- Quand la gauche se recroqueville sur le passé, sur les totems, elle cesse d’être fidèle à l’idéal du progrès, et donc à elle-même.

Ceux qui vous accusent de trahir sont des représentants de la gauche du passé ?

- Moi, j’évite l’insulte, la caricature, mais je pense, oui, qu’ils sont dépassés. La gauche qui renonce à réformer, qui choisit de défendre les solutions d’hier plutôt que de résoudre les problèmes d’aujourd’hui, cette gauche-là se trompe de combat. Ce que je reproche à la démarche de Jean-Luc Mélenchon, c’est son manque d’imagination. Aux autres, je demande si laisser filer les déficits et augmenter les impôts, c’est une nouveauté ? Non. C’est ce qui a été fait systématiquement depuis quarante ans et cela n’a pas marché !

Si un assouplissement de notre marché du travail, une intervention repensée de l’État ou la remise en cause de telle ou telle rente de situation contribuent à lutter contre les inégalités et à faire progresser l’intérêt général, il est de mon devoir d’envisager ces solutions. 57% de dépenses publiques, est-ce que l’on considère que c’est efficace ? Non. Face à ce modèle inefficace qui redistribue aveuglément sans tenir compte des besoins de chacun, et revient a posteriori sur les inégalités pour les corriger, nous devons proposer un modèle que j’appelle la prédistribution pour prévenir les inégalités. D’où la nécessité d’investir massivement dans l’éducation, la recherche, la formation et la culture.

Cette gauche, au fond, elle est sociale-libérale ?

J’écarte les mots piégeux qui visent à enfermer. Et j’invite toutes les forces progressistes à envisager leur propre dépassement. On ne milite plus au XXIe siècle comme au XIXe siècle.

Le PS doit-il changer de nom ?

Pourquoi pas ? Mais ce changement ne peut être que l’aboutissement d’un processus. Depuis la refondation du PS au congrès d’Epinay de 1971, la gauche réinvente le monde dans l’opposition, puis elle gouverne de façon pragmatique, mais comme elle ne l’assume pas, elle perd les élections. Ce cycle d’Epinay est terminé. Moi, je suis d’une gauche qui marche et qui assume les responsabilités. A l’heure des réseaux sociaux, le verticalisme des partis ne fonctionne plus. Ils doivent changer. J’invite donc à un nouveau compromis entre toutes les forces progressistes du pays.

Sous quelle forme ?

L’idée pourrait être de bâtir une maison commune dans laquelle chacun se retrouve.

Mais les écologistes ont quitté le gouvernement, le PRG a menacé de le faire, et le fossé entre les formations de gauche n’a jamais paru aussi profond.

Si nous restons tous dans nos chapelles et nos boutiques à défendre nos prés carrés, nous ne nous en sortirons pas. Nous devons créer demain une maison commune, une fédération ou une seule formation, tout est ouvert, mais, en tout cas, c’est le chemin à suivre. Le paradoxe, c’est que les différences aujourd’hui entre les partis de gauche sont beaucoup moins importantes qu’elles ne l’étaient hier.

Parce qu’il n’y a plus d’idéologie ?

Oui, et parce que les modèles ont failli. L’histoire est passée par là. C’est pourquoi nous devons nous réinventer, mais en acceptant de gouverner. Un autre impératif nous y contraint, c’est la menace d’une droite dure et d’une extrême droite qui progresse…

Si vous échouez, après vous, c’est le FN ? Vous avez dit que l’extrême droite était aux portes du pouvoir…

Quand je regarde les résultats des élections et les sondages, c’est une réalité. La progression du FN s’appuie sur un courant décliniste, anti-européen, celui d’une France rétrécie qui propose comme solution la régression, ça s’appelle la réaction. Le camp progressiste, lui, est divisé, morcelé, sur la défensive…

La gauche est-elle minoritaire en France?

En ce moment, électoralement sans doute, au vu des millions d’abstentionnistes, comme on l’a constaté aux municipales. Mais il y a une bataille d’idées à mener. Soyons gramsciens : il nous faut reconquérir l’hégémonie culturelle. Sur beaucoup de sujets, le mariage pour tous, la priorité à l’école, la réforme des allocations familiales, la nécessité de l’ordre républicain, le soutien aux entreprises, sommes-nous minoritaires dans l’opinion ?

L’aide aux entreprises, ce n’est pas vraiment un canon de la gauche…

Il y a les canons de la gauche et il y a les thèmes que nous avons conquis : la sécurité, l’aide aux entreprises, la réduction de la dépense publique, ce sont des idées que nous portons désormais.

À gauche, Martine Aubry vous somme de changer de cap.

- Martine Aubry a assumé les responsabilités du pouvoir. Aujourd’hui, elle participe au débat d’idées. Je ne partage pas sa proposition consistant à revenir en arrière et donc à perdre tous les fruits de nos efforts, et ce alors même que les choix que nous avons faits viennent de se mettre en place. Le débat, c’est utile, mais il y a aussi la responsabilité, l’unité et le devoir de cohésion. J’y suis attaché. Je suis adhérent du PS depuis l’âge de 18 ans. Mes inspirations sont multiples : Clemenceau, Mendès, forcément Jaurès et Blum, mais aussi Felipe González, Olof Palme, Willy Brandt. Et j’ai eu la chance de travailler avec Rocard et Jospin. Cette filiation, c’est aussi celle de Martine Aubry. Mais ma gauche à moi se nourrit de ce passé, sans s’y enfermer. Elle est pragmatique.

Cette gauche pragmatique, c’est aussi le visage d’Emmanuel Macron, très critiqué par une bonne partie de la gauche ?

- C’est une nouvelle génération qui assume ses responsabilités. Le plus grand danger qui guette la gauche, c’est le sectarisme. Parce qu’il a été banquier, Emmanuel Macron ne pourrait pas être de gauche ? Notre impératif, c’est le rassemblement. François Mitterrand, en 1981, a su s’entourer de gens qui venaient d’horizons très divers. En 2012, nous avons commis l’erreur de ne pas tendre la main à François Bayrou. Peut-être l’aurait-il refusée, mais nous aurions dû le faire, alors qu’il avait appelé à voter pour François Hollande. Il n’y a rien de pire que le sectarisme au nom d’une prétendue pureté.

C’est une question qui ne se pose qu’à gauche ?

C’est vrai! Peut-être parce qu’on demande beaucoup plus à la gauche. On est plus exigeant Oui être de gauche, c’est plus difficile, mais c’est passionnant. Alors, vive la gauche !

Propos recueillis par Matthieu Croissandeau, Renaud Dély et Sophie Fay pour le Nouvel Obs.

P.S. Lire aussi pour mémoire ce fabuleux billet : ”Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie” de François Rebsamen

En 1977 la chaîne publique TF1 parlait de la réunion du groupe Bildelberg.

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Europe supranationale, #La guerre, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #la liberté

En 1977 la chaîne publique TF1 parlait de la réunion du groupe Bildelberg.

Les temps ont bien changé!

L'abrutissement des masses s'est imposée à notre insu.

Ce n'est pas aujourd'hui que l'on verrait cela sur nos chaines d'information.

http://rutube.ru/video/16d8a0a2526584d9c7ae56a8e51fc603/

« SCOOP EXCLUSIF : le rapport classé top secret de la dernière réunion des Bilderberg… » Par Charles Sannat.

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La guerre, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme

Édition N°543 du Contrarien.

« SCOOP EXCLUSIF : le rapport classé top secret de la dernière réunion des Bilderberg… »

« SCOOP EXCLUSIF : le rapport classé top secret de la dernière réunion des Bilderberg… » Par Charles Sannat.

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

C’est une édition spéciale, très spéciale que je vous propose aujourd’hui. Je vous emmène comprendre la marche réelle du monde, du monde dans lequel nous vivons mais vraisemblablement plus pour très longtemps.

Je reproduis dans les lignes ci-dessous le compte rendu exclusif de la dernière réunion des Bilderberg, cette réunion qui se tient tous les ans et à laquelle assistent des personnalités de très haut niveau de tous les pays du monde. C’est dans ce genre de cénacle que, depuis des décennies, se façonne le monde de demain.

Avant d’aborder l’essentiel de ce document qui a fuité, je vous propose de visionner cette vidéo du JT de 20 heures. Elle date de 40 ans ! Enfin presque, de 1977 très exactement, et pourtant…

TF1 parle du Bilderberg en 1977 ... avant 40 ans de censure.mp4

Compte rendu rencontre annuelle. Classé Top Secret. À usage exclusif des membres

Discours de clôture du président de séance

« Au-delà du capitalisme. Franchir la nouvelle frontière »

« Si nous poursuivons le maintien du contrôle des masses par le travail salarié classique dans le cadre d’un système bâti sur la production de masse et la consommation de masse avec la solvabilisation des consommateurs par la répartition d’une partie de la richesse créée via le travail, nous avons tous désormais acquis la certitude que la survie à long terme de l’espèce humaine, la sauvegarde et la pérennité d’une biosphère viable et en harmonie avec les activités humaines nécessitaient une réorganisation totale de nos modes de pensée, d’organisation et de production.

Comme nous le savons tous, en réalité l’objectif que nous poursuivons n’est ni l’accumulation totalement vaine de nouvelles richesses ni même le sauvetage d’un système économique, fut-il utilisé depuis plus de 3 siècles et devenu incompatible avec notre vision du futur.

L’objectif que nous poursuivons est évidemment celui de la vie éternelle ou en tout cas le passage à l’homme vivant deux siècles et nous rejoignons ici les idées ambitieuses de transhumanisme que nous souhaitons développer, installer afin de favoriser l’émergence d’un nouvel être humain. D’un surhomme. De même que nos technologies nous permettent désormais de posséder des outils dits de « réalité augmentée », nos recherches ont parfaitement abouti en ce qui concerne « l’homme augmenté ». Nos technologies sont parfaitement au point. Nous sommes prêts pour vivre deux siècles. Nos nano-technologies nous permettent de réparer les corps de l’intérieur, le décodage du génome humain nous a permis de comprendre le fonctionnement du vieillissement cellulaire que nous sommes en mesure non pas de stopper totalement mais de ralentir considérablement. Notre maîtrise des cellules souches nous permet de refabriquer à la demande n’importe quel tissu cellulaire ou encore évidemment n’importe quel organe qui deviendrait défaillant.

Enfin, notre maîtrise du génome humain nous permet aussi bien de sélectionner les patrimoines génétiques les plus adaptés et les plus efficaces, sans oublier le fait qu’en en modifiant certains nous pouvons enfin augmenter aussi bien nos capacités physiques que mentales.

Nos illustres prédécesseurs des années 30 pensaient naïvement que nous pouvions transposer, pour l’amélioration de l’espèce humaine, les méthodes utilisées pour l’optimisation des races canines par des croisements savamment organisés. Pourtant, ces échecs du « nazisme » nous ont permis d’explorer de nouvelles voies et d’atteindre le succès que nous célébrons aujourd’hui. Nous avons enfin percé les secrets de la vie éternelle, ultime conquête de l’homme devenu enfin son propre dieu et son propre maître. Nous sommes, nous tous ici réunis, les Alpha et les Oméga de ce nouveau monde qui s’ouvre à nous et qu’il nous convient donc de façonner.

Évidemment, comme vous le savez, cela pose des problèmes de mise en œuvre absolument colossaux et c’était tout l’enjeu des travaux des différentes commissions auxquelles vous avez participé tout au long de ces jours intenses de séminaire.

Nous avons tous une conscience aiguë du fait que la planète et notre environnement ne peuvent évidemment pas supporter la vie éternelle de dizaines de milliards d’êtres humains qui consommeraient de la même façon qu’aujourd’hui. Nous savons tous qu’une croissance infinie y compris démographique dans un monde fini est une aberration intellectuelle. Nous avons tous compris que diviser le monde en deux castes, celle des mortels et des immortels, serait tout simplement impossible puisque dans un cas nous proposons de vivre et aux autres de mourir, mettant ainsi les masses laborieuses et populaires dans une situation où elles n’auraient plus rien à perdre, hors je vous rappelle que l’outil principal du contrôle des peuples passe par le fait d’octroyer des avantages calculés permettant de donner l’illusion d’une perte en cas de rébellion.
L’ensemble de ces données rendent le déploiement des technologies d’immortalité et d’amélioration de l’homme tout simplement impossible pour le moment.

Les groupes de travail ont donc soumis un certain nombre de propositions qui ont été discutées par le grand comité. Je vais donc vous livrer ici les mesures les plus importantes qui ont été votées à l’unanimité conformément aux usages de notre charte par nos Grands Maîtres. Il vous reviendra d’appliquer et de mettre en œuvre chacun, dans vos pays respectifs et zone géographique d’influence, les décisions suivantes.

L’objectif initial est donc la dépopulation massive en protégeant au mieux l’environnement, ce qui revient à exclure du champs de nos possibles tout usage des armes nucléaires qui reviendrait à infliger certains dommages irréparables à notre si petite planète. Les moyens dont nous disposons sont peu nombreux mais leur efficacité cumulée est certaine puisque en rentrant en résonance nous obtiendrons ce que les militaires appellent un « effet multiplicateur de force ». Il s’agit du triptyque effondrement économique, guerre civile et épidémies massives. L’utilisation de ces trois outils devrait nous permettre à terme de réduire la population mondiale de 7 à 10 milliards d’habitants. Nous pensons qu’atteindre notre objectif de 500 millions d’êtres humains en vie est illusoire et que malgré tous nos efforts de réduction, des poches de survivants subsisteront un peu partout à travers la planète. Néanmoins, ces poches ne devraient pas nous poser de problèmes majeurs, en tout cas dans un premier temps puisque leur désorganisation, leur isolement et leur incapacité à maîtriser l’ensemble des techniques ne serait-ce qu’actuelles en raison de leur faible nombre devraient limiter considérablement leur pouvoir de nuisance. Nous pensons qu’en quelques années beaucoup disparaîtront et que le peu qui subsisteront retourneront plus ou moins rapidement à l’état sauvage en quelques générations. Tout regroupement qui nous menacerait serait, dans tous les cas, traité de façon rapide.

Notre principal ennemi historique à la mise en œuvre de notre plan était évidemment les États nationaux. La mondialisation, la globalisation, les instances européennes, l’immigration massive ont été autant d’outils que nous avons utilisés avec un immense succès depuis 30 ans et désormais les identités nationales ou les sentiments d’appartenance ont été considérablement réduits, de même que les sentiments patriotiques. L’argent et la possession sont devenus les valeurs cardinales du plus grand nombre. La politisation des masses s’est considérablement réduite, les nations, comme nous le souhaitions, sont devenues fragiles et peuvent désormais être déstabilisées de l’intérieur.

Nous devons donc poursuivre avec constance la politique immigrationniste permettant de faire venir des masses considérables de pauvres du Sud dans des pays du Nord appauvris. Nous devons avec constance faire monter l’islam le plus radical afin d’attiser au maximum les haines et la désunion des peuples. Lorsque nous provoquerons l’effondrement économique, alors le communautarisme le plus absurde que nous avons développé dans chaque pays conduira la plus grande partie de ces pays vers des guerres civiles de grande ampleur où chaque communauté se chargera pour notre compte de tuer le plus grand nombre des membres de la communauté adverse. Noirs contre blancs aux USA, musulmans contre chrétiens en Europe, ces guerres civiles auront l’immense avantage de détruire les hommes sans que des affrontements entre pays dégénèrent en guerre nucléaire mondiale. Enfin, lorsque les guerres dévasteront les pays, nous en profiterons pour amplifier la diffusion de virus comme notre projet de e-bola 2.0 modifié génétiquement que nous testons actuellement avec efficacité puisque nous obtenons de précieuses données épidémiologiques, sociologiques (comportement des individus face à la maladie) mais nous visualisons également notre capacité à saturer des systèmes de soins qui seront, dans tous les cas, déjà considérablement dégradés par les guerres civiles que nous aurons créées sur l’exemple de la guerre entre les deux Ukraines.

L’ensemble de ces éléments, l’impréparation des peuples, leur dépendance vis-à-vis de tous les systèmes supports les rendront particulièrement vulnérables à nos différentes actions. L’effondrement économique devrait rapidement se propager à l’ensemble de la planète. La Chine s’effondrera sous le poids des troubles sociaux et la Russie, qui nous pose encore des problèmes à l’heure actuelle, devrait voir son problème réglé en 2015 comme nous l’espérons, mais disons que pour le moment c’est l’axe Russo-chinois qui oppose la plus grande résistance à notre vision de futur. Nous n’excluons pas, si nous n’arrivions pas à convaincre, à utiliser l’arme de l’assassinat ciblé à l’égard de personnalités refusant notre programme de dépopulation et l’adhésion à notre idéologie de la vie éternelle. »

Évidemment, pour tous ceux qui ne l’auraient pas compris, ce que vous venez de lire n’a aucun rapport avec la réalité et toute ressemblance avec un ou plusieurs personnages existants serait purement fortuite (ou pas…). Il s’agit bien sûr de science-fiction (ou pas tout à fait…). C’était juste une petite histoire, sortie de mon esprit fertile (ou d’ailleurs…), que je souhaitais vous raconter. Vous pouvez évidemment vous rendormir tranquillement.

Disons qu’il s’agit juste du point de départ de ce que pourrait être un roman (ou pas…) mais il n’en demeure pas moins que, comme toute histoire, cela pose de véritables questions.

La vie éternelle, qui est au cœur de la stratégie d’une société comme Google (dont les liens avec les instances les plus secrètes des USA comme la NSA ou la CIA ne sont plus à démontrer), pose la question de la possibilité de l’accessibilité de tous à la vie éternelle. Peut-on être 10, 20 ou 30 milliards d’humains à peupler la planète et à consommer ? La réponse est bien évidemment négative, alors dans un tel cas forcément hypothétique, que ferions-nous des hommes et des femmes en trop ? Lire ici un excellent article du JDD sur le dernier livre de Laurent Alexandre « la mort de la mort » détaillant la stratégie de Google.

Le transhumanisme n’est pas une vue de l’esprit, c’est même une idéologie fondamentalement profondément répugnante qui a toujours existé même si elle portait d’autres noms en d’autres temps. Le transhumanisme se développe même de façon relativement transparente à visage presque découvert et finalement, personne n’y trouve tellement rien à y redire, mais que restera-t-il de l’homme lorsque l’homme sera scientifiquement amélioré pour devenir un surhomme, et cela ne vous rappelle-t-il toujours rien ?

Autre question, on commence enfin à parler quelque peu du ravage que va provoquer l’arrivée de la robotique, et France 2 a même consacré un reportage à ce sujet au JT de 20 heures d’hier sur cette étude qui annonce la disparition de 3 millions de postes en France d’ici 2025 – mais je peux vous assurer que ce sera beaucoup plus et beaucoup plus vite – et qui nous donne vite une raison d’espérer en allant nous montrer une entreprise de aéronautique qui a même embauché en même temps qu’elle installait… un robot !

Tout cela nous amène à deux questions de fond. La première c’est que factuellement, en supprimant tous les postes et le maximum de travail pour optimiser les gains, les entreprises finalement se tirent toutes une balle dans le pied à terme puisque évidemment, il n’y aura plus de consommateur solvable et donc de profit alors pourquoi poursuivre cette politique, d’où l’idée qu’en réalité le système ne cherche pas à se sauver mais à se « dépasser » et, désormais, la frontière de partage entre les riches et les pauvres n’est plus tant l’argent que l’accès à la vie éternelle.

Autre grande question, corollaire des premiers éléments, vous ne pouvez pas ne pas voir que l’homme voit son « utilité marginale » s’effondrer. Mao disait qu’un homme c’était une bouche à nourrir mais deux bras (pour travailler). Calcul économique simple mais fondé. L’homme avec ses deux bras c’est une « force de travail ». D’ailleurs, toute notre économie est basée sur ce type de postulat. Pourtant l’on voit bien que l’homme devient inutile et le deviendra d’autant plus que les nouvelles machines qui arrivent permettront de tout faire ou presque sans intervention humaine. Les humanoïdes pourront nous remplacer pour 95 % des tâches, alors que restera-t-il à l’homme ?

Si j’aimerais croire à la capacité de l’humanité de partager et de dépasser tous ses défauts, soyons raisonnables, l’histoire humaine prouve qu’il y a assez peu de chance que nous vivions dans un monde de Bisounours où tout le monde serait gentil et où personne ne manquerait de rien… Alors que faire de tous ces bras en trop devenus parfaitement inutiles, je dirais même obsolètes. Comment régler le problème pourrions-nous dire pudiquement.

Si nous poussons au bout les raisonnements « environnementalistes » et « transhumanistes », il apparaît logiquement que seule une politique drastique de dépopulation viendrait à bout des problèmes auxquels nous sommes confrontés et ces raisonnements, aussi odieux soient-ils, sont intellectuellement imparables. Nous sommes devenus trop nombreux, la planète ne peut pas supporter le nombre d’humains actuel dans le système économique actuel, notre empreinte écologique est insupportable et nous n’avons plus du tout besoin de main-d’œuvre. Enfin, nous pourrions presque vivre éternellement, or la quête de l’éternité est évidemment une tentation humaine depuis la nuit des temps.

Alors bien entendu, tout cela est de la fiction pure… et pourtant… Si Mao disait qu’une bouche à nourrir c’était deux bras utiles, aujourd’hui il dirait qu’une bouche… c’est toujours une bouche de trop, surtout quand il y en a 7 milliards et que leurs bras, bientôt, ne serviront plus à rien. Et Mao, ce grand humaniste, qu’aurait-il fait dans un tel contexte ?

Il est déjà trop tard. Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« L’Assemblée nationale est toujours otage de Thomas THÉVENOUD qui est toujours député. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

(Pour protester pacifiquement et avec humour, n’hésitez pas à reprendre cette formule en bas de tous vos mails, de vos articles ou de vos publications, il n’y a aucun droit d’auteur !!)

À propos de l'auteur

Charles Sannat est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires. Il est actuellement le directeur des études économiques d'AuCOFFRE.com et rédacteur du Contrarien Matin, 'Décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l'actualité économique'.

D'où est sorti Daech?, par Abdel Bari Atwan.

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #l'Afrique, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;

D'où est sorti Daech?, par Abdel Bari Atwan.

BHL, le néocon philosophe, a installé la nouvelle diplomatie "Bombarder la population pour assurer la paix!".

BHL, le néocon philosophe, a installé la nouvelle diplomatie "Bombarder la population pour assurer la paix!".

D'où est sorti Daech?, par Abdel Bari Atwan

IRIB-Aujourd'hui, toutes les routes en Libye vont dans la même direction : la sortie du pays.

Les Libyens de l'Est empilent dans leurs véhicules tout ce qu'ils peuvent emporter et se dirigent vers l'Égypte. Ceux de l'Ouest cherchent à joindre la Tunisie tandis que les gens de Misrata, au centre du pays, prennent la mer pour atteindre Malte.

Elle semblerait qu'il y ait presque 2 millions de Libyens vivant actuellement en Égypte et presque 1,5 million en Tunisie. Un grand nombre de Libyens a aussi essayé d'entrer en Italie et en Turquie, à la recherche de n'importe quel pays voulant bien ouvrir ses portes.

Benghazi, qui avait été présenté comme le berceau de la révolution libyenne, a enduré au cours des trois derniers jours de lourds combats entre les troupes fidèles au général Khalifa Hiftar et les groupes islamiques radicaux. À l'heure où j'écris ces lignes, 60 personnes ont déjà été tuées et ce nombre ne fait certainement qu'augmenter.

Hiftar a commencé en mai la prétendue « bataille de la dignité » contre les groupes islamiques menés par Ansar Al-Islam. Il est le chef du mouvement Awakening [le Réveil] en Libye et il est largement soutenu par les États-Unis.

Les Libyens sont perdus au milieu de tout une somme d'organisations, factions et milices se faisant concurrence, et le pays est englouti dans des batailles chaotiques.

La division est non seulement militaire mais aussi politique. Depuis août existent deux gouvernements libyens, deux parlements et deux armées, après que les islamistes se soient emparés de Tripoli et aient installé leur propre gouvernement, dirigé par le Premier ministre Omar Al-Hasi, forçant ainsi Abdullah Thinni - le Premier ministre reconnu au niveau international - et son équipe à s'installer à Tobrouk.

Mercredi, l'envoyé spécial turc pour la Libye, Emrullah Isler, a rencontré Al-Hasi dans l'ancien bureau de Thinni, ce qui équivaut à la première reconnaissance officielle de la nouvelle administration à Tripoli. La Turquie est l'un des plus grands partenaires commerciaux de la Libye.

La Libye est devenue un échiquier pour des guerres par procuration. Le Qatar soutient les groupes islamiques tandis que l'Égypte soutient Hiftar. En attendant, personne ne peut confirmer l'origine des avions qui ont bombardé Benghazi.

Le dernier-né en Libye est probablement le plus dangereux et le plus puissant de tous. Bernardino Léon, le Représentant des Nations Unies pour la Libye, a prévenu d'une présence croissante de l'État Islamique [EI] dans l'est du pays. Dans Derna, le Conseil de la jeunesse islamique à fait allégeance à Abu Bakr al-Baghdadi plus tôt ce mois-ci et s'est donné un émir yéménite nommé Abu Taleb al-Jazarawey. L'État islamique a mis en place une cour ou Sharia, dans la ville, et les drapeaux de l'EI sont maintenant visibles partout.

Au beau milieu de tout ce chaos, on se demande où se tiennent les Américains. La réponse a été apportée par l'ambassadeur Deborah Jones qui a tweeté que les organisations terroristes doivent être mises à l'écart par l'armée de métier, sous le contrôle d'une autorité centrale qui serait démocratique. Un autre tweet a condamné Ansar Al-Islam, suggérant ainsi que les États-Unis soutiennent pleinement Hiftar qui a longtemps été un de leurs alliés, puisqu'il a été formé par la CIA et a tenté sous leur contrôle dans les années 90, deux coups de force contre Muammar Ghadaffi.

Où se tient le peuple libyen dans cette jungle de milices et de combats ? Il est totalement perdu et quiconque dispose d'un peu d'argent a déjà fuit le pays - les plus riches (grâce à la corruption) sont déjà partis en Europe - tandis que ceux qui n'ont rien attendent leur destin et vivent dans la pauvreté et la terreur, ne sachant quel groupe craindre le plus.

La dernière question est : où est la révolution et où sont les "révolutionnaires" libyens ?
Je vous laisse cette question ainsi qu'aux Libyens. L'histoire contemporaine est plus noire et plus trompeuse que tout ce à quoi nous avons déjà assisté.

* Abdel Bari Atwan

Comment la machine bruxelloise et les séparatismes s’alimentent mutuellement Etats en miettes dans l’Europe des régions.

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La réforme territoriale, #La nation ., #Le capitalisme;

Comment la machine bruxelloise et les séparatismes s’alimentent mutuellement

Etats en miettes dans l’Europe des régions.

Par Paul Dirkx dans le monde diplomatique de novembre 2014.

Comment la machine bruxelloise et les séparatismes s’alimentent mutuellement  Etats en miettes dans l’Europe des régions.

Le référendum sur l’avenir de la Catalogne du 9 novembre ne sera finalement que consultatif. La volonté séparatiste qui progresse dans plusieurs régions riches d’Europe pourrait conforter paradoxalement la machine supranationale de l’Union européenne. Car, en défendant des identités aux contours toujours plus étriqués, certains mouvements régionalistes favorisent la destruction d’espaces de solidarité établis.

par Paul Dirkx, novembre 2014

En 1968, le nationaliste breton Yann Fouéré publiait L’Europe aux cent drapeaux (Presses d’Europe). A l’époque, ce plaidoyer pour une construction européenne fondée sur les ethnies — les « vraies nations » — ne prêchait guère que les convertis. Les temps ont bien changé. Le 18 septembre dernier, le Royaume-Uni a senti passer en Ecosse le vent du boulet de la dislocation. Une semaine plus tôt, fort d’une mobilisation sans précédent dans les rues de Barcelone, le mouvement indépendantiste-séparatiste (1) catalan avait voulu braver Madrid en imposant la tenue d’un référendum sur l’indépendance. A la suite de l’interdiction de ce vote par le Tribunal constitutionnel, les habitants de Catalogne seront simplement « consultés » sur leur avenir le 9 novembre. Mais de prochaines élections pourraient déboucher sur une déclaration d’indépendance si les partis s’en réclamant sont alors reconduits au pouvoir. Ces événements rendent l’impensable non seulement pensable, mais réalisable. Un tel changement de situation n’est pas tant dû à la détermination des militants indépendantistes — plus que jamais mobilisés sur le continent — qu’à des facteurs qui font partie d’un ensemble plus vaste.

Les mouvements séparatistes se sont longtemps divisés sur des questions idéologiques et stratégiques, concernant notamment l’unification européenne. Les quatre partis les plus connus, tous au pouvoir dans leur région, illustrent cette diversité. L’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne) suit une ligne sociale-démocrate comparable à celle du Scottish National Party (SNP), tandis que les catalanistes de Convergència i Unió (CiU, Convergence et Union) et la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA, Alliance néo-flamande) se situent nettement à droite. ERC, SNP et CiU travaillent à la renaissance d’une nation « ancienne » dont l’appartenance au royaume qui les inclut ne serait qu’une parenthèse à refermer. La N-VA en ferait autant si la Flandre moderne, entité engendrée par un Etat où les « Flamands » occupent une position dominante depuis des décennies, avait l’aura d’une nation naturelle. Or les séparatistes flamands n’ont jamais pu s’appuyer sur un mouvement populaire, ni même sur le soutien des milieux intellectuels.

Tous ces partis et quelques autres se sont progressivement accordés pour tirer profit de la construction européenne. Ils ont européanisé leurs liens de collaboration pour constituer un courant politique actif à l’échelle du continent. L’outil le plus développé est l’Alliance libre européenne (ALE) : soutenue au Parlement européen par les Verts, elle forme avec eux un groupe qui détient cinquante des cinq cent quatre-vingt-huit sièges depuis les élections de mai 2014. Fondée en 1981 à Bastia et reconnue par le Parlement européen en 2004, l’ALE est dirigée par M. François Alfonsi, ancien président du Parti de la nation corse (autonomiste et opposé à la violence politique). Elle réunit dix formations régionalistes, quatorze autonomistes et onze séparatistes représentant dix-sept Etats membres. La mobilisation pour l’Europe, explique M.Alfonsi à la tête d’une forte délégation de l’ALE à Edimbourg le 18 septembre, « elle est chez nous. La dynamique offensive, c’est la nôtre (2) ! ». Il n’a pas entièrement tort.

De la subsidiarité à l’évaporation

L’ALE comme la plupart des organisations séparatistes ou régionalistes tiennent un discours ancré dans le présent qui tend à voiler certains pans d’histoire. Car, pendant la seconde guerre mondiale, une partie importante des mouvements breton ou flamand ont fait le choix d’une Europe nazie, alors que les Catalans ou les Basques furent durement réprimés par les troupes de Francisco Franco appuyées par les régimes fascistes. L’ALE parvient à lisser son hétérogénéité grâce à une communication aux accents toujours plus technocratiques, démocratiques et progressistes. Elle tente ainsi d’introduire dans le jargon européen des formules avantageuses (elle se bat pour des « nations sans Etat ») et fidèles à l’esprit européen (chaque indépendance constituerait un « élargissement intérieur »). Cette rhétorique vise à légitimer un nationalisme où l’ethnie s’efface devant une communauté historique, voire où celle-ci fait place à une société ouverte à tous les habitants installés sur son territoire, une « communauté de destin ». Un tel nationalisme « civique », qui demeure largement fondé sur les notions de territoire, de traditions et de langue, ne parvient à se réclamer pleinement des mots « république », « peuple », « démocratie », etc., que par un détournement au moins partiel des valeurs de l’Etat-nation à la française. Si ce n’était pas déjà une caractéristique générale de la communication européenne, le discours de l’ALE frapperait par son angélisme : « Nous nous concentrons sur l’autodétermination, parce que nous pensons que tous les peuples ont le droit de décider de leur propre avenir. Ils ont le droit de choisir démocratiquement et sans contrainte le type de gouvernement et le type de société dans lesquels ils entendent vivre. »

Cette quête de respectabilité peut évoquer celle de certains partis d’extrême droite. Mais les séparatistes s’en distinguent par bien des aspects, notamment par leur stratégie de participation aux institutions européennes. Car l’Union promeut toujours plus fermement le niveau régional au nom du principe de subsidiarité. Cette clé de voûte de la gestion européenne consiste à réserver à l’échelon de pouvoir inférieur ce que l’échelon supérieur ne pourrait effectuer que de manière « moins efficace » et « moins proche du citoyen ». Il a été inscrit dans le traité de Maastricht de 1992, en même temps que l’union économique et monétaire et le Comité des régions (CDR), une assemblée à voix consultative pour toute question affectant les régions. Le CDR doit également veiller à ce que les principes de subsidiarité soient respectés, et il peut saisir la Cour de justice de l’Union européenne à cet effet.

La mouvance séparatiste profite d’autant plus de la tribune que lui offre le CDR que celui-ci cherche à drainer un maximum de pouvoirs vers les niveaux infranationaux. Il aspire à « une Union sans cesse plus étroite et solidaire entre les peuples d’Europe », notion équivoque qui peut recevoir un sens aussi bien civique qu’ethnique. L’essentiel du discours du CDR est au diapason des autonomismes et des séparatismes : « Nous voulons que l’Europe (...) puisse pleinement tirer profit de la diversité territoriale, culturelle et linguistique qui fait sa force et sa richesse et qui est gage d’identité pour ses citoyens. (...) Nous revendiquons l’autonomie des autorités régionales et locales et leur droit de disposer des ressources financières appropriées [et nous] encourageons le processus de décentralisation » (3). Si le CDR ne fait pas le lit des nationalismes infranationaux, il accroît du moins leur légitimité. Avec la Charte européenne de l’autonomie de 1988, il leur offre un cadre juridique qui pourrait un jour s’avérer précieux.

Ce cadre a été réaffirmé en avril 2014 par la Charte pour la gouvernance à multiniveaux en Europe, rédigée par le CDR sous la houlette du nationaliste flamand démocrate-chrétien Luc Van den Brande. Son approche « au-delà des frontières, procédures et entraves administratives traditionnelles (4) » vise avant tout, sans les nommer, les fauteurs d’entraves : les Etats-nations. La Commission a validé cette approche par la voix de son président, M. José Manuel Barroso : « L’Europe (...), c’est la diversité et la richesse de toutes ses régions, de toutes ses villes (5). » Pour le président du Parlement européen, M. Martin Schulz, le CDR « a bien évidemment un rôle central à jouer dans les politiques européennes ». Cette assemblée qui se félicite de n’avoir cessé de « renforcer sa légitimité démocratique » pourrait bien jouer le rôle d’un Sénat des régions, idée qui gagne du terrain à Bruxelles.

La position de l’Union vis-à-vis des séparatismes pourrait se résumer ainsi : elle s’interdit d’intervenir dans un dossier qui relève des affaires intérieures d’un Etat membre. Comme l’indique le traité sur l’Union européenne, celle-ci « respecte les fonctions essentielles de l’Etat, notamment celles qui ont pour objet d’assurer son intégrité territoriale ». Ainsi, l’Etat aurait non seulement le monopole en la matière, mais il ne saurait faire appel à l’Union — laquelle intervient pourtant toujours plus massivement à tous les « niveaux de compétence », notamment en matière budgétaire. La reconnaissance par Bruxelles d’un territoire faisant sécession nuirait à l’intégrité territoriale de l’Etat concerné et irait donc à l’encontre du traité. Ces derniers mois, le président de la Commission européenne, M. Barroso, a d’ailleurs déclaré qu’une Catalogne indépendante serait exclue de l’Union. Et il a jugé, en pleine campagne référendaire, qu’une adhésion de l’Ecosse serait « extrêmement difficile, voire impossible ». Mais ces menaces ont été aussi tardives qu’elles sont juridiquement contestables. Car il n’y a aucune différence essentielle entre les Etats-nations actuels et les Etats que les séparatistes appellent de leurs vœux, à savoir des Etats qui coïncideraient enfin avec de « vraies » nations — bref, de vrais Etats-nations.

La posture de Bruxelles paraît donc ambivalente, à moins de se rappeler que la construction européenne s’est faite contre les Etats ou, du moins, afin de permettre au pouvoir supranational européen de muer en une structure capable de les contraindre (6). En « rééquilibrant les gouvernances » par des transferts de compétences vers les régions et vers le niveau européen, le principe de subsidiarité précipite dans un processus d’évaporation, selon le mot assez pertinent des séparatistes flamands, non seulement l’Etat belge, mais tous ses homologues. Car, à la longue, cette évaporation affecte non seulement la capacité de décision des Etats, mais leur substance même. En somme, on comprend mieux que les groupements séparatistes soient si soucieux de coopérer aux politiques européennes. Sans sous-estimer leurs efforts propres, les mieux implantés n’ont eu qu’à enfoncer le clou localement, en matérialisant leur position de force dans les urnes.

La mise sous tutelle progressive des Etats comporte aussi une forte dimension économique. La construction européenne a été conçue, dès le traité de Rome de 1957, dans une perspective de « suppression progressive des restrictions » au « commerce mondial » et de dislocation corrélative des structures nationales sous-tendant les systèmes économiques. Les crises qui se succèdent depuis la fin des « trente glorieuse », souvent citées comme favorisant la montée des autonomismes et étroitement liées aux politiques néolibérales, ont certes fragilisé encore un peu plus les couches populaires que délaissaient les partis politiques censés les défendre. Une partie d’entre elles s’est tournée vers des partis « populistes », catégorie fourre-tout incluant nombre de formations nationalistes. Les séparatistes ont su exploiter à des degrés divers cette dynamique continentale en vue d’élargir durablement leur électorat.

La N-VA en offre l’exemple emblématique. L’idée séparatiste n’ayant pas d’assise dans les couches populaire en dépit des scores élevés des « populistes » du rival anti-immigrés Vlaams Belang, ce parti conservateur fondé en 2001 sur les débris du parti nationaliste social-libéral Volksunie (Union du peuple) a réussi à s’allier au patronat autonomiste néerlandophone. La Belgique, ce « paradis du libéralisme » (Karl Marx) qui appartenait au peloton de tête des puissances économiques mondiales entre 1860 et 1914, s’est trouvée à l’avant-garde de toutes les initiatives visant à accélérer l’expansion du libre-échangisme international. Son rôle dans la mise en place des institutions financières mondiales et dans la construction d’un Etat européen n’a aucune commune mesure avec sa taille. Une seule ombre au tableau : la défense de la langue et de la culture des classes populaires dans le nord du pays par un « mouvement flamand » toujours plus hostile à l’Etat belge. Lequel a tenté de résoudre le problème comme il en avait pris l’habitude pour les grands enjeux de société : en le sous-traitant. Mais, cette fois, ni aux partis politiques ni aux « piliers » — réseaux d’institutions (écoles, hôpitaux, presse, etc.) habilités à gérer une partie de la vie de chaque citoyen en fonction de son appartenance idéologique. De nouvelles institutions, appelées « Régions » et « Communautés », ont joué ce rôle dans les années 1970 et se sont vu octroyer des compétences croissantes à partir des années 1980.

Dégoûter les Wallons de la Belgique

Une telle fédéralisation était souhaitée par de nouvelles élites économiques flamandes décidées à donner à leur région sa place dans l’économie mondiale. L’objectif était de voir émerger, dans le cadre de l’Etat belge (ou non, si nécessaire), une administration flamande débarrassée du poids des « archaïsmes » défendus en Wallonie par la gauche socialiste — laquelle s’était mise à plaider en faveur du fédéralisme pour des raisons inverses à partir du déclin industriel des années 1960. La fédéralisation du pays se fit à marche forcée en moins de vingt-cinq ans et coïncida avec l’instauration des politiques d’austérité. Coïncidence qui s’avéra souvent une instrumentalisation des « problèmes communautaires » et des « réformes de l’Etat » à des fins de réformes socio-économiques d’inspiration néolibérale (7). Comme le résuma un jour Hugo Schiltz, le leader de ce nationalisme flamand que l’on peut qualifier d’« ethnolibéral » : « Fédéraliser, c’est assainir » (les finances publiques).

Son successeur, le président de la N-VA Bart De Wever, réalisa la jonction avec de puissants milieux d’affaires parfois ouvertement séparatistes (8) et exaspérés par la persistance du modèle social belge, l’un des plus développés du monde. Avec le soutien ambigu du Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V, Chrétiens démocrates et flamands), la N-VA mena une double stratégie. D’un côté, une stratégie ethniciste : dégoûter, à coups de petites phrases vaguement racistes, le plus grand nombre de citoyens francophones de leur cohabitation avec « les Flamands », donc les dégoûter de la Belgique, et accréditer le mythe d’une Belgique composée de deux démocraties. De l’autre côté, une stratégie ethnolibérale : radicaliser ce que le CD&V avait déjà introduit dans la doxa libérale, à savoir l’axiome « Wat we zelf doen, doen we beter » (« Ce que nous [Flamands] faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux »). Dès 2010, en captant surtout l’électorat du Vlaams Belang, la N-VA devint la première force du pays. Position qu’elle a consolidée en 2014 et qui fait d’elle le pivot du nouveau gouvernement fédéral N-VA-CD&V-libéraux formé le 11 octobre dernier. Ce gouvernement, le premier exempt de socialistes depuis 1988, est appelé à durcir les politiques sociales et économiques sans nouvelles réformes institutionnelles. Son architecte, M. De Wever, en a décrit l’esprit ethnolibéral en ces termes : si l’électeur francophone, au terme du mandat, « décidait de nous forcer à faire une coalition avec le Parti socialiste [wallon], j’estime que la question institutionnelle reviendrait sur la table (9) ».

Les principales formations séparatistes de l’Union semblent s’être donné le mot pour lier la question identitaire à celle de l’incapacité des Etats-nations à participer à l’économie européenne mondialisée avec la détermination budgétaire voulue. Une grande partie de l’establishment économique catalan défend inséparablement un Etat catalan « indépendant » et sa capacité à réformer plus fermement selon les recettes néolibérales déjà expérimentées par la droite séparatiste de M. Artur Mas, au pouvoir à la Generalitat (exécutif régional de Catalogne). Ce dernier voit aussi dans l’indépendance un moyen de rompre avec la coûteuse solidarité nationale et de revoir à la baisse les cotisations fiscales des entreprises. Là comme en Flandre, mais aussi en Italie du Nord et dans d’autres régions, « Madrid », « Wallonie », etc., sont devenus synonymes de gouffre financier et d’hypothèque sur la santé économique et sociale du peuple.

A Edimbourg également résonne un Iwant my money back (« Je veux qu’on me rende mon argent ») peu compatible avec le profil de gauche du SNP de M.Alexander Salmond. Ce parti a bâti sa popularité sur le rejet des politiques néolibérales de Margaret Thatcher puis de M.Anthony Blair. Mais, surtout depuis l’obtention de la majorité absolue au Parlement écossais en 2011, il s’est rapproché de la social-démocratie. M. Salmond, économiste et fin connaisseur des milieux financiers, a réussi à séduire une fraction du patronat en faisant miroiter le contrôle des dividendes pétroliers et les assouplissements fiscaux qu’engendrerait la naissance d’un nouveau « Tigre celtique ». Lui aussi polarise le débat : en expliquant à quel point Londres grève le bien-être des Ecossais, à quel point « une étoile noire londonienne » empêche « une nouvelle lumière au Nord (10) » de briller.

Enfin, ces régions au produit intérieur brut (PIB) généralement plus élevé que la moyenne nationale se présentent toutes comme des forces de changement et de progrès. Et ce loin de toute pensée ethnocentrée, mais en se disant au service de l’Europe. Car « le manque d’Europe, c’est à cause des Etats-nations », comme le résume le président de l’ALE, qui s’érige ainsi en allié de tous les contempteurs des « égoïsmes nationaux » à Bruxelles. Nombre de séparatistes, d’autonomistes et de régionalistes ont compris depuis longtemps que l’Europe marche vers le fédéralisme au détriment des Etats-nations. Et ils ont bien l’intention de l’y aider, en se montrant acquis à sa doctrine.

« Le régionalisme n’est pas et n’a jamais été une menace ni même une source de préoccupation dans un Etat unitaire, sûr de son centralisme. (...) Jamais la France (...) ne sera bousculée par des partis régionalistes peu puissants », proclamait un politologue français à la veille du scrutin écossais (11). Rien n’est moins sûr. Car le processus en cours à l’échelle de l’Union amène la République française à se transformer selon la logique subsidiariste. De nombreux instruments juridiques (la Charte de l’autonomie, les critères de subvention européenne, etc.) obligent les Etats membres à une forme ou une autre de régionalisation. Sur les vingt-huit Etats membres, une petite vingtaine sont divisés en régions (aux compétences très larges pour cinq d’entre eux) et trois sont fédéralisés, à des fins notamment de meilleure gouvernance économique. En Grèce, les transferts de pouvoir vers les régions en 2010 avaient clairement pour objectif de réduire les dépenses par des regroupements, afin de tenir les engagements d’économie du gouvernement.

« Le centralisme coûte cher »

Depuis les gouvernements Raffarin (2002-2005), la décentralisation dans laquelle était engagée la France s’est transformée en une régionalisation en bonne et due forme. La nouvelle réforme territoriale, menée tambour battant, réduit le nombre de régions de vingt-deux à treize. Le gouvernement invite pour l’occasion chaque citoyen à une réflexion d’une grande profondeur grâce à une application pour téléphone (#NotreFrance) : « “Nomme” ton [sic] territoire : pour s’approprier les contours des treize nouvelles régions et leur proposer des noms. “Marque” ton [sic] territoire : pour dessiner la carte de son bassin de vie. “Teste” ton [sic] territoire : pour tester ses connaissances (...) et comprendre la réforme proposée par le gouvernement. » Au-delà de cette communication infantilisante, le premier objectif est clairement affiché : doter la France de régions « de taille équivalente aux autres régions européennes (12) ». Le législateur, perdant de vue les dix-huit Etats membres dont la superficie est inférieure à ne serait-ce que trois de ces futures régions françaises, a plutôt regardé vers l’Espagne, l’Italie et surtout l’Allemagne.

Sur les vingt-deux régions actuelles, six seront laissées intactes, dont la Corse et la Bretagne. Celle-ci apparaît comme une région-pilote de la réforme : Paris a déjà signé avec elle, fin 2013, un « pacte pour l’avenir » (2 milliards d’euros d’aides et de prêts). Le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait alors annoncé que ce pacte serait complété par la réforme territoriale. Laquelle a pour deuxième objectif de doter les régions d’« outils pour accompagner la croissance des entreprises », notamment en leur cédant toutes les compétences en matière de politiques de formation et d’emploi. Le secrétaire d’Etat chargé de la réforme de l’Etat et de la simplification, M. Thierry Mandon, avait averti les Français : « Certaines missions de l’Etat devront être transférées ou abandonnées (13). » La régionalisation pourrait déboucher sur une France d’une dizaine de régions-bassins d’emploi, avec un dialogue social adapté aux nouvelles réalités. Elle introduit dans le fonctionnement de l’Etat français le principe d’équivalence des « niveaux de compétence » ainsi que celui de subsidiarité.

Il y aura donc un traitement spécifique des citoyens en fonction de leur région, ce qui signe l’émergence de catégories distinctes de Français. C’est ce que montre déjà le « pacte d’avenir », conçu, pour citer M. Ayrault, « pour la Bretagne et par les Bretons (14) » — « les Bretons », et non plus les habitants d’une région. Au risque de réhabiliter certaines catégories constitutives d’une identité régionale (15). Pour leur part, les séparatistes incitent Paris, comme Bruxelles, à ne pas s’arrêter en si bon chemin : « Nul ne conteste la nécessité d’effectuer des économies. Mais la débâcle de l’Etat français est d’abord celle d’un Etat centralisé à outrance. Et le centralisme coûte cher », explique la fédération française de la Convergence démocratique de Catalogne, qui prône la création d’une région de Catalogne du Nord dans le Roussillon pour « restaurer » un pays catalan transfrontalier « compétitif » (16). L’expérience montre qu’une collectivité territoriale fondée sur une identité se satisfait rarement du statu quo. La fédéralisation belge, longue tentative d’apaisement de ce désir de reconnaissance pourtant minoritaire (17), n’a pas empêché le pays, tout comme l’Espagne, de se trouver au bord de la dislocation. Le gouvernement de Londres, « sûr de son centralisme », avait cru pouvoir prendre les nationalistes à leur propre piège en autorisant le référendum. Il en est aujourd’hui réduit à devoir promettre ce qui ressemble fort à une fédéralisation (surtout fiscale) du pays, destinée à contenter, sans la moindre garantie de succès, les quatre « nations intérieures » qui le composent (Ecosse, Irlande du Nord, Pays de Galles et Angleterre)...

Pendant que les fédéralistes européens poursuivent leur stratégie de « réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait », comme disait Robert Schuman, les séparatistes proeuropéens continuent leur marche vers l’« indépendance de facto » en attendant l’« indépendance de jure » (18). Deux stratégies du fait accompli qui renvoient à une seule perspective ethnolibérale et qui se renforcent mutuellement.

Paul Dirkx

Enseignant-chercheur à l’université de Lorraine. Auteur de La Concurrence ethnique. La Belgique, l’Europe et le néolibéralisme, Editions du Croquant, Bellecombe-en-Bauges, 2012.

(1) Le mot « indépendantiste » a pour inconvénient d’accréditer la thèse d’une dépendance, et donc d’une domination, d’une partie du pays concerné envers une autre.

(2) Le Monde, 18 septembre 2014.

(3) « Déclaration de mission », Comité des régions, Bruxelles, 21 avril 2009.

(4) « Résolution du Comité des régions sur la charte pour la gouvernance à multiniveaux en Europe » (PDF), Bruxelles, 2 au 3 avril 2014.

(5) Vidéo « 20 Years of the Committee of Regions », Comité des régions, juillet 2014.

(6) Cf. Belén Balanyá, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma’anit et Erik Wesselius, Europe Inc. Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale, Agone, Marseille, 2005 ; François Denord et Antoine Schwartz, L’Europe sociale n’aura pas lieu, Raisons d’agir, Paris, 2009.

(7) Cf. La Concurrence ethnique. La Belgique, l’Europe et le néolibéralisme, Editions du Croquant, Bellecombe-en-Bauges, 2012.

(8) Par exemple, le think tank In de Warande, auteur en 2005 d’un « Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe » qui a beaucoup inspiré le programme de la N-VA.

(9) Bel RTL, 10 octobre 2014.

(10) Channel 4 News, 7 février 2014.

(11) Xavier Crettiez, cité dans Le Monde, 18 septembre 2014.

(12) « [La réforme territoriale-http://www.gouvernement.fr/action/l...] », 10 octobre 2014, Gouvernement.fr

(13) 2 juillet 2014, http://www.lesechos.fr

(14) Cité sur Mediapart.fr, 13 décembre 2013.

(15) Encouragés par Paris et par les événements écossais et catalans, les « bonnets rouges » et les nationalistes bretons ont organisé une « marche historique pour une Bretagne réunie », rassemblant entre vingt mille et trente mille personnes à Nantes (Ouest-France, 28 septembre 2014).

(16) Extraits du site http://www.cdccat.com

(17) En Flandre, le séparatisme stagne autour de 15 % depuis 1995. En 2010, 83 % des électeurs de la N-VA se disaient hostiles à la scission de l’Etat belge (source : Katholieke Universiteit Leuven).

(18) Selon les mots du théoricien nationaliste écossais Tom Nairn, cité dans Keith Dixon, « Les ambitions du nationalisme écossais », Le Monde diplomatique, septembre 2014.

Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Europe supranationale, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient

On doit certes recouper cette information israélienne reprise par les Iraniens, ...mais plusieurs recoupements précédents tendent à confirmer ce type d'informations ...assez décevante pour ceux qui ont continué à croire au printemps arabe après le renversement de Moubarrak et sa prise en charge par la TV de l'émirat hyperdémocratique, populaire et démcoratique, social absolutiste monarchiste Al Jazeera .

Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

Golan : Que fait Israël contre Assad ?!

IRIB- selon Al Alam, plusieurs unités de l'armée israélienne surtout celle dénommée Mittar

opèrent en ce moment sur les hauteurs du Golan. et soutiennent les terroristes takfiris de Al Nosra à Quneitara. Le renseignement de l'armée israélienne Aman a déjà fourni les terroristes en équipements électroniques bien sophistiqués, en appareils d'écoute et en systèmes d'alarme précoce, soit des équipements qui permettent aux terroristes d'être avertis des attaques aux missiles de l'armée syrienne contre leurs positions. qui se trouvent au Golan occupé. les terroristes ont également recours aux dispositifs de brouillage des contacts de télécommunication de l'armée syrienne, installés dans différentes localités . il s'agit d'équipements conçus par la firme britannique Datong. Ce sont des équipements qui sont inclus dans de petites serviettes. ces dispositifs rendent les terroristes capables de contrôler les textos et les conversations téléphoniques des portables appartenant aux habitants du Golan. Les terroristes sont ainsi capables d'identifier les propriétaires des portables , de faire éteindre leurs portables , de les traquer. selon des rapports ces " serviettes" d'espionnage sont déposés prèsc des régions de Dael , Novy, Tal al Chaar entre les villes de Daraa et de Quneitara, au centre de Quneitara.

Il est aussi possible pour les terroristes de surveiller ces contacts. mais les coopérations entre Al Nosra et Israël ne se réduisent pas à cela ! le rapport du renseignement de l'armée israélienne Aman fait état de l'entrainement de certains terroristes d'Al Nosra dans un camps situé près de la GAlilée dans le nord des territoires occupés de la Palestine. de nombreux nosratistes ont débarqué ces derniers temps à Quneitara ainsi qu'à Daraa pour être soumis aux stages de formation militaire. l'armée sioniste fait état de la formation d'une cellule destinée à des opérations militaires spéciales . Cette cellule d'opération est dirigée par un officier de renseignement israélien et un chef terroriste takfiri, Khaled Nassar. Khaled Nassar travaillait pour le compte d'Israël alors que l'armée syrienne était en guerre contre les terroristes à Quneitara. il travaillait pour l'unité 504 de l'armée sioniste. selon cette information, le régime sioniste a multiplié ses agissements dans la banlieue de Quneitara et de Daraa , dans l'objectif de recruter davantage de terroriste et de préparzer le terrain à la formation d'une zone tampon au Golan dont il rêve depuis longtemps./

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent. On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis. On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.

“Personne n'a encore réussi à mettre le Donbass à genoux” – a lancé le chanteur émérite Yossif Kobzon depuis la scène de l'Opéra de Donetsk (vidéo sous-titrée).

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre

“Personne n'a encore réussi à mettre le Donbass à genoux” – a lancé le chanteur émérite Yossif Kobzon depuis la scène de l'Opéra de Donetsk (vidéo sous-titrée).

Alexandre Zakhartchenko et Yossif Kobzon.

Alexandre Zakhartchenko et Yossif Kobzon.

La légende vivante du Donbass, le chanteur émérite Yossif Kobzon a bel et bien réussi à venir en concert sur sa terre natale, bien que les clabaudeurs aient tout fait pour l'en empêcher. Dans la salle pleine à craquer le public ému attendait patiemment l'arrivée du chanteur. Et son attente a été largement récompensée !

Cet artiste, l'enfant du pays, connaît son public jusqu'au bout des doigts. Ainsi, il lui a préparé des chansons qui l'ont fait pousser des soupirs tantôt admiratifs, tantôt nostalgiques, fredonner des paroles appris par cœur, ou applaudir avec ardeur au rythme de la musique. Avant que le célèbre originaire de Donetsk entre en scène, les Chœurs de l'Armée Rouge, dirigés par le général de brigade Ielisseïev, ont chauffé le public avec de superbes chansons de l'époque de la 2e guerre mondiale ou des airs folkloriques russes en les alternant avec les danses. On voyait que les artistes éprouvaient du réel plaisir à se produire devant le public de Donetsk. Celui-ci leur a réservé un accueil très chaleureux, pour exploser littéralement en ovation lorsque le célèbre chanteur est enfin apparu. Yossif Kobzon le leur a rendu bien, en chantant plusieurs de leurs chansons préférées, en commençant le concert par l'intemporelle "Un jeune homme est sorti dans les steppes de Donetsk". Après, il y a eu "La valse de Sébastopol", les chansons des films "Dix-sept moments de printemps" et "Les officiers", les vers immortelles du poète Boulat Okoudjava et de nombreuses autres chansons magnifiques. La salle a retenu son souffle en entendant le requiem aux enfants-otages de Beslan, puisqu'aujourd'hui le Donbass verse aussi son sang et ses enfants se font tuer.

La chanson de l'amicale de Donetsk à Moscou qui a beaucoup fait pour le Donbass, pour les réfugiés et ceux qui sont restés sur place pour ne pas quitter leur terre natale, a été comme une déclaration d'amour à Donetsk et à Moscou. "La Russie !", "la Russie" scandaient les spectateurs pour exprimer leur profonde gratitude envers le peuple fraternel russe, qui n'a pas laissé tomber les habitants de la RPD et de la RPL et leur accorde une aide précieuse dans ces moments durs. Le concert s'est terminé par la chanson immortelle de Rassoul Gamzatov "Les cigognes". Ensuite le chanteur a fait monter sur scène le premier ministre de la RPD Alexandre Zakhartchenko pour chanter en duo avec lui "Je t'aime, la vie".

Yossif Kobzon a eu les paroles les plus chaleureuses envers ses compatriotes, ayant admiré leur courage, leur stoïcisme et leur amour envers leur terre natale, leur fidélité à leurs pères qui ont défendu cette terre dans les années 40. Dans son discours de remerciement le premier ministre a repris les paroles de Yossif Kobzon qu'il a prononcé au début du concert : “Personne n'a encore réussi à mettre le Donbass à genoux” La cohésion de la salle, ce sentiment chaleureux et vif qui se dégageait aussi bien de la scène que des spectateurs étaient vraiment extraordinaires. A plusieurs reprises le public s'est levé pour saluer les chansons les plus poignantes, les plus émouvantes.

Incontestablement, cette visite à Donetsk de Yossif Kobzon, qui a fêté cette année ses 70 ans, son énergie positive et sa voix extraordinaire ont été de grand soutien aux habitants de Donetsk martyr.

Donetsk. Yossif Kobzon en concert. "Donetsk ne sera jamais humilié!" (sous-titres français)

[A LIRE ABSOLUMENT] La réponse d’Igor Strelkov à Mikhaïl Khodorkovski. Le 23 octobre 2014 par The French Saker

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #La guerre, #Europe supranationale

[A LIRE ABSOLUMENT] La réponse d’Igor Strelkov à Mikhaïl Khodorkovski

23 octobre 2014 The French Saker

Chers amis,

Aujourd’hui, je soumets à votre attention deux documents intéressants. Un discours de Mikhaïl Khodorkovski, « l’ex-oligarque et mafieux à présent devenu activiste démocratique », et une réponse d’Igor Strelkov à ce discours.

Khodorkovsky et Strelkov

Khodorkovsky et Strelkov

Ne vous méprenez pas : une guerre est en cours. Certes, elle ne s’est pas encore transformée en guerre ouverte, avec, de chaque côté, deux armées déchaînant leur puissance, mais c’est une guerre quand même. Cette guerre oppose, d’une part, les 1 % qui constituent les élites dirigeantes de l’Empire anglo-sioniste et leurs alliés en Russie – que nous pouvons appeler la « 5ème colonne » ou les « intégrationnistes atlantistes » – et, d’autre part, les « souverainistes eurasiens russes » et leurs alliés dans le reste du monde, y compris les nombreux partisans, en Occident, d’une Russie souveraine et indépendante. Cette guerre se livre sur de nombreux « fronts » : celui qui sépare la Novorossia du Banderastan, bien sûr, mais aussi bien d’autres fronts. Il y en a un en Syrie, en Iran et en Irak. Il en est un autre à l’intérieur même de l’Union européenne. Il en est un en Extrême-Orient, le long du détroit de Taiwan, et une autre encore en Amérique latine. Dans un passé récent, on trouvait également de tels fronts en Krajina serbe de Croatie, à la frontière entre Israël et le Liban, et en Tchétchénie. En fait, il s’agit là de la première véritable *guerre planétaire* et ses « fronts » sont partout. Même la « oumma » [1] musulmane est profondément divisée entre ceux qui soutiennent le wahhabisme saoudien (lequel a l’appui des USA) et ceux qui s’y opposent (ils sont dirigés par l’Iran).

À l’heure actuelle, le plus important de ces fronts traverse le Donbass, mais cela peut changer demain.

L’un de ces fronts traverse la société russe. Khodorkovski est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « intégrationniste atlantiste », tandis que Strelkov est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « souverainiste eurasien ». S’il vous plaît, lisez à la fois leurs deux manifestes et comparez-les : vous constaterez que les différences entre ces deux visions du monde ne sont pas seulement profondes, elles sont inconciliables.

Un grand « merci !! » à « A » qui a traduit (en anglais) le manifeste de Strelkov pour ce blog.

J’espère que vous apprécierez cette lecture fascinante.

Cordialement,

Le Saker

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Discours de M. Khodorkovski lors du dîner d’attribution des prix de la Maison de la liberté

Ce qui suit est le texte préparé du discours prononcé par Mikhaïl Khodorkovski le 1er octobre au dîner d’attribution des prix 2014 de la Maison de la liberté. L’original de ce texte a été publié ici.

Mikhaïl Khodorkovski

Mikhaïl Khodorkovski

Le choix européen, la justice sociale et la mobilisation nationale

1. Il est une légende sur la façon dont, il y a près de 200 ans, les émigrés politiques russes de l’époque demandèrent à Karamzine, historien de la cour de Russie, des nouvelles de ce qui se passait dans la mère patrie. Karamzine réfléchit un moment et répondit d’un seul mot : « Vol ». Peu de choses ont changé en Russie depuis cette époque. Sauf peut-être que le vol est devenu encore plus sophistiqué. Tout est volé en Russie, mais le principal – et c’est, je pense, unique –, c’est qu’en Russie, on vole même le temps.

2. Il y a un peu plus de dix ans de cela, je me suis envolé des États-Unis vers la Russie, afin de rayer dix ans de ma vie et de la vie de ma famille. Ces dix ans m’ont été pris. En échange, j’ai reçu une expérience de la vie unique, qui m’a permis, sinon de tout reconsidérer, du moins assurément de reconsidérer une très grande partie de ce à côté de quoi j’avais vécu et de ce à quoi j’avais cru au cours de la décennie précédente. Mais il n’y a pas moyen de faire revenir le temps.

3. Pourtant, la pire chose que j’ai découverte, lorsque je suis sorti de prison, c’est qu’on avait volé ces dix années, non seulement à moi, mais au pays tout entier. Le temps avait rayé la décennie Poutine de la vie de la Russie. Dissimulé derrière une façade de prospérité extérieure, le fait est que le pays a cessé son développement. Et non seulement cela, mais dans la plupart des régions, le pays a été rejeté en arrière loin dans le passé : politiquement, économiquement, psychologiquement. La profusion des marchandises dans les magasins et l’argent abondant dans les poches des gens ne doivent tromper personne. Le régime ne peut se prévaloir de cela. Ce sont les cours du pétrole qui en sont la cause.

4. Ce n’est pas tout. Il s’avère que non seulement le régime a volé la Russie, mais qu’il tente de ramener le monde entier à l’ère de la guerre froide (si même il ne s’agit pas d’une guerre chaude), un temps où les conflits sont réglés à la pointe du fusil, et où la supériorité est établie, non par des taux de croissance économique, mais par l’agression militaire. La Russie et le monde en sont arrivés à un point très dangereux, au-delà duquel se profile une troisième guerre mondiale.

Le retour à l’Europe

5. Un retour aux valeurs européennes, qui sont à la base de la civilisation euro-atlantique, un retour à la fois mental et politique, est le point de départ de la nouvelle orientation politique qui pourrait aider la Russie à faire son chemin hors du piège historique dans lequel elle se trouve maintenant prise. La Russie n’a que deux voies face à elle : elle peut aller de l’avant en entrant dans l’ère post-industrielle avec l’Europe, ou elle peut retourner au Moyen-Âge, et, après cela, sombrer dans la non-existence pure et simple.

6. Tout ce que mon pays a aujourd’hui, tout ce qu’il considère vraiment comme « à lui en propre », tout ce qui lui a permis de devenir une grande puissance et qui est maintenant sa « carte de visite » : exploration de l’espace, bouclier nucléaire, littérature et art, niveau élevé d’éducation et de science (que même trente années « hors du temps » n’ont pas été capables de détruire), tout cela a été créé dans le cadre de la tradition culturelle européenne, en interaction avec la culture européenne et au sein du milieu culturel européen. Tous les actes de bravoure spirituelle du peuple russe, tous les sacrifices innombrables qu’il a apportés à l’autel de son indépendance, ont été réalisés dans le giron de la tradition chrétienne, qui a été et qui reste européenne dans sa nature.

7. Une rupture avec l’Occident, avec ses valeurs et ses connaissances, est une initiative dangereuse, une initiative qui amènera la Russie à perdre sa véritable identité culturelle. L’« eurasianisme » que l’on impose activement à la société, comme la nouvelle idéologie totalitaire, n’est rien de plus qu’une justification verbeuse à l’ignorance et à la barbarie militantes. Afin de préserver la Russie en tant qu’État unitaire, indépendant et souverain, il est impératif de la faire revenir sur cette voie de développement qu’elle avait suivie lorsqu’elle a atteint sa gloire.

8. Les valeurs européennes (ou les valeurs euro-atlantiques, comme on les appelle aujourd’hui communément) sont avant tout les valeurs d’un État fort et juste, doté d’institutions efficaces et de lois qui fonctionnent. C’est de cela que la Russie a besoin, tout autant que n’importe quel autre peuple dans le monde. La Russie a besoin d’un État de droit et d’une économie ouverte, pas parce que cela plaira à l’Europe occidentale et à l’Amérique, mais parce que, de la sorte, elle pourra collaborer avec le monde euro-atlantique – et si nécessaire entrer en concurrence avec lui – sur un pied d’égalité. Pierre le Grand n’a pas bâti une armée russe en se fondant sur les modèles européens juste pour faire plaisir aux Suédois.

9. Celui qui veut être fort ne doit pas se permettre de prendre du retard. La Russie ne peut pas se fermer au progrès en se retranchant derrière une sorte de muraille de Chine (au sens littéral comme au sens figuré de cette expression). L’hystérie anti-occidentale est une manifestation d’insécurité psychologique et de peur de la concurrence, de la part de ces éléments sociaux, qui, aujourd’hui, constituent l’élite de la Russie. Churchill a dit jadis que s’il n’y avait pas d’antisémitisme en Angleterre, c’était pour la raison que les Anglais ne pensaient nullement être, en quoi que ce soit, plus bêtes que les Juifs. Nous n’avons aucune raison de craindre l’Europe, parce que nous ne sommes pas plus bêtes que les autres Européens.

10. Se joindre à l’Europe ne veut pas dire se dissoudre dans l’Europe. La Russie a sa propre identité culturelle distincte et ses propres intérêts nationaux particuliers, qu’elle doit savoir comment protéger. Dénier à la Russie un choix européen, sous le prétexte de protéger ses intérêts nationaux, ou en utilisant le choix européen comme une explication pour avoir refusé de protéger les intérêts nationaux, sont deux attitudes également inacceptables.

Un retour à l’équité

11. La société russe moderne est structurée de façon injuste. Celui qui a les plus gros poings y a les droits les plus importants. Dans la Russie d’aujourd’hui, la force c’est le droit, alors que les choses devraient fonctionner dans l’autre sens : ce qui est juste devrait être doté de puissance. Restaurer l’« équilibre de l’équité » est une tâche hautement prioritaire pour toutes les forces qui ont pour objectif la transformation de la Russie en un État moderne et dynamique, en plein développement. Si l’on ne trouve pas une solution pour cette tâche stratégique, la société n’apportera pas son soutien à quelque réforme économique, sociale ou politique que ce soit. Pour paraphraser Engels, on peut dire que toutes les réformes précédentes dans la Russie post-communiste ont conduit à une augmentation de l’injustice sociale, et qu’à présent, il s’agit d’éliminer ou à tout le moins de réduire cette injustice.

12. Il n’est pas possible de revenir à la justice sociale en Russie, si l’on ne répare pas le préjudice causé par une privatisation injuste. La privatisation a été une tâche historique douloureuse, sans laquelle le développement ultérieur de la Russie n’aurait pu être envisagé. Mais la façon dont elle a été accomplie a conduit à l’apparition d’effets secondaires sociaux extrêmement graves. L’objet de la prochaine étape de l’histoire de la Russie devra consister à éliminer ces « distorsions ». Aujourd’hui, le pouvoir procède de facto à un réexamen des résultats de la privatisation, à sa façon très particulière, en retirant la propriété des mains de certaines personnes, pour simplement la transférer immédiatement dans d’autres mains, que l’on suppose être davantage « de notre côté ». Ce n’est pas ce que notre peuple attend. Cela ne mènera nulle part, si ce n’est à encore plus de vol et de corruption.

13. Pour commencer, il faudra, pour rétablir l’équité, aborder également la question de l’utilisation du sous-sol, qui est la principale source de la richesse du peuple russe, et à ce jour sa seule source. À ce stade de notre évolution historique, nous devons reconnaître le caractère équitable de cette formule simple : le revenu de l’exploitation du sous-sol de la Russie doit appartenir au peuple de la Russie. Le sous-sol peut très bien être la propriété privée de ceux qui en tirent des revenus pour la société – et en particulier pour la société – et qui gèrent efficacement les opérations et les accroissent. Mais il ne peut pas rester à la disposition de rentiers de la nomenklatura, qui se paient à eux-mêmes des « salaires » disproportionnés et sont incapables de travailler efficacement.

14. Il est également impératif de ramener l’équité dans la répartition des revenus dans leur ensemble, en rétablissant des taux d’imposition proportionnels. Nous devons créer l’image du « contribuable responsable », avec toutes ses obligations, mais aussi, est-il nécessaire de le dire, avec des droits. Seul celui qui paie des impôts a le droit de demander à l’État ce que celui-ci a fait pour lui des sommes ainsi collectées. Une nation de rentiers n’a pas un tel droit, et c’est pourquoi le pouvoir fait à présent ce qu’il veut de la nation.

15. Le vecteur de développement du libéralisme russe, qui est aujourd’hui exclusivement politique, doit être repensé. Élaborer des projets de constitution et des plans de réformes politiques et économiques radicales est un exercice futile, jusqu’à ce que la société commence à sentir que l’idée libérale est une idée juste.

16. La société a un énorme potentiel d’auto-organisation, dès lors qu’une matrice peut se former autour d’une idée. Pour la Russie, une telle idée ne peut être que celle d’un État-nation à vocation sociale. La seule question est de savoir si cet État-nation à orientation sociale sera libéral ou fasciste.

La guerre : l’injustice ultime

17. Le fascisme, c’est la guerre. La Russie mène déjà une vraie guerre. Ceux qui envoient des héros mourir le font, non pas au nom de l’intérêt national, non pas pour défendre la patrie, mais pour maintenir au pouvoir un petit groupe de ploutocrates, qui tentent, de cette manière, de prolonger la vie d’un régime qui a déjà fait son temps.

18. La guerre est devenue le seul pilote du régime moribond. Elle se passe en Ukraine, mais cette guerre n’est pas faite pour l’amour de l’Ukraine ou de la Russie, mais pour l’amour du pouvoir. Ce qui a suscité une réaction si follement enthousiaste de l’homme de la rue apportera des épreuves et des tribulations innombrables au peuple russe, déjà dans l’avenir le plus proche que l’on puisse prévoir.

La mobilisation nationale

19. Le régime au pouvoir est en train de faire de la Russie un protectorat chinois. Ce n’est même pas une question d’annexion de la Sibérie. Aujourd’hui, il serait suffisant pour la Sibérie d’être complètement arrimée à la Chine, laquelle, à toutes fins utiles, s’apprête à en pomper les ressources gratuitement, comme on pompe celles d’une colonie.

20. La Russie est bloquée sur une voie historique dangereuse, de laquelle sortir sera très compliqué. Ne serait-ce qu’arrêter, et d’autant plus si c’est pour changer de voie, exigera la mobilisation de toutes les énergies du peuple russe. La tâche des vrais patriotes russes n’est pas de promettre au peuple russe une croisière en douceur, mais de dire la vérité. C’est seulement s’ils comprennent l’ampleur de la menace et l’importance historique de ce moment que les gens peuvent être incités à accomplir des actes héroïques. Et sans actes héroïques, la Russie aujourd’hui ne peut être sauvée.

21. L’acte héroïque du peuple russe doit consister en un travail constructif. Il doit consister à inculquer la discipline et la modération, et à développer la capacité à travailler ensemble et à s’entraider. En d’autres termes, à faire revivre toutes ces compétences morales qui ont aidé la culture russe à se développer et qui ont dans une large mesure été perdues au cours des dernières années. Afin de tirer les gens vers le haut, pour qu’ils soient en mesure d’accomplir cet acte héroïque, la minorité pro-européenne a besoin de prouver sa solidité morale et sa volonté d’observer, non pas en paroles, mais en actes, le principe de l’égalité de tous devant la loi. C’est précisément cette égalité de tous devant une loi qui soit la même pour tous, devant une adversité qui est la même pour tous, et pour une cause commune qui est la même pour tous, qui constitue le vrai sens du libéralisme. Si les gens en viennent à croire en cela, alors tout le reste trouvera sa place : les réformes, le progrès économique et la prospérité de la Russie.

22. La Russie a perdu du temps ces dix dernières années. C’est maintenant que nous devons commencer à rattraper ce temps perdu.

Mikhaïl Khodorkovski

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La réponse de Strelkov à Khodorkovski

Avant-propos, par le colonel CASSAD : Après un long silence, Strelkov parle. Il parle avec une critique programmatique du manifeste de Khodorkovski. Cette transition vers une controverse publique, où Strelkov oppose, à la vision de cet éloquent oligarque, diffusée depuis les États-Unis, sa vision de l’avenir de la Russie, définit dans une large mesure la vision que Strelkov a de l’avenir du pays. En général, la réponse de Strelkov à Khodorkovski reflète son point de vue que le printemps de Crimée est le début d’une « révolution depuis le sommet », qui est l’œuvre de Poutine.

Igor Strelkov

Igor Strelkov

Au début d’octobre, au siège de l’organisation internationale des droits de l’homme Freedom House (Maison de la liberté) à Washington, l’ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, a prononcé un discours condamnant l’État russe et le président russe. Un discours qui a constitué la base du manifeste publié par la suite. Ayant obtenu le soutien de l’oligarchie financière mondiale, Khodorkovski a présenté quelques thèses théoriques, usant de la comparaison, de l’analogie et de l’association, lesquelles sont familières aux Russes, copiant même parfois les méthodes de la rhétorique patriotique. Avec un pathos enviable et la demande du statut d’instance ultime, l’ex-oligarque tente de combiner les incompatibles. Il « ajoute » des « valeurs » libérales, étrangères à la Russie et au peuple russe, aux notions de fierté et de justice nationales, chères au cœur russe, créant ainsi l’illusion dangereuse de leur compatibilité biologique. Khodorkovski essaie d’habituer la partie active de la société aux futures transformations libérales initiées par l’oligarchie mondiale et, plus encore, déclare qu’elles seules sont possibles et utiles. Malheureusement, il est tout simplement impossible d’ignorer cette combinaison de « chaud et de doux » et de la laisser sans réponse. Des discours par trop dangereux sont tombés déjà des lèvres de cet ennemi évident de la Russie, et la simple tentative de mettre en œuvre les scénarios qu’il propose peut s’avérer bien trop destructrice. Il nous faut donner la réponse patriotique russe au scénario libéral mondialiste imposé par Khodorkovski, sous le couvert d’un nouveau cycle de « réformes ». Après tout, il ne s’agit pas simplement de raisonnements de loisirs émanant de ce criminel riche et peu commun, qui s’est enfui de la patrie, il s’agit du programme idéologique d’une nouvelle révolution en Russie, de la « feuille de route » de la révolte oligarchique dirigée, comme toujours dans l’histoire de la Russie, contre le gouvernant, contre le peuple et contre le pouvoir. Eh bien, nous allons faire le tri de tout cela point par point.

Le choix russe, la justice sociale et la mobilisation nationale

1. Il y a 100 ans, le dernier tsar-martyr de Russie, Nicolas II, a écrit : « Tout autour, trahison, lâcheté et tromperie ». Il ne parlait pas du tout du peuple, ni des « imbéciles ou gens des routes », mais de l’élite politique, militaire et économique qui l’entourait pendant cette période. La trahison de l’élite a fini en effondrement de ce qui était la plus grande puissance mondiale, l’Empire russe. Il y a 200 ans, l’élite politique a, sous la direction de l’envoyé britannique, participé au régicide de l’empereur Pavel, ce qui a conduit à l’invasion par Napoléon et à la guerre patriotique de 1812 qui s’en est suivie. Il y a 400 ans, pendant la Période des Troubles, l’élite politique de la Russie prêta serment à des imposteurs et au roi de Pologne, commettant une trahison, tant envers la patrie qu’envers la foi, et seule la révolte de la milice russe sauva à la fois la Russie et l’orthodoxie, au cours de cette période difficile, en jetant les bases d’une nouvelle dynastie de tsars de Russie. Depuis lors, en Russie, peu de choses ont changé. Les gouvernants de la Russie, avec le soutien du peuple russe, apportent leur vie sur l’autel de la patrie, tandis que les élites de compradores engraissés et corrompus ne dédaignent pas de trahir la patrie, d’aucune manière, se faisant lâchement traîtres au souverain, volant le peuple et le tenant en état de subordination, au nom de leur seul profit personnel instantané. C’est alors, toujours, qu’est venue la pacification, après de longues et pénibles années de désarroi : ayant laissé derrière elle la crise et des guerres sanglantes, la Russie a commencé à se développer progressivement à nouveau. L’histoire s’est répétée il y a 23 ans (sous nos yeux), une fois de plus. « L’empire rouge » avait rendu nécessaire une réforme sérieuse et extrêmement prudente. Au lieu de cela, il fut pillé, volé et détruit par le racket de hauts fonctionnaires du parti, simplement « repeints » pour l’occasion. Il fut vendu aux « ennemis idéologiques » récents, et avec eux à des nouveaux riches sans scrupules. L’histoire s’est accélérée… Ses cycles deviennent plus courts. Et, aujourd’hui encore (pour la deuxième fois au cours de notre petit siècle), il apparaît que le pays, qui commence à peine à connaître une restauration, après le dernier « désordre », est sous la menace d’une ruée cupide. Ceux qui, en fin de compte, n’avaient pas été autorisés à piller notre patrie en détresse dans les années 1990, sont aujourd’hui avides de revanche.

2. Dix ans d’emprisonnement pour vous, M. Khodorkovski, c’est une véritable tragédie. Après tout, combien vous aurait-il été possible de voler pendant cette période ! Votre seule tâche est maintenant de rattraper le temps perdu. Regardons les dix dernières années de votre activité. Depuis 1991, avant votre arrestation, vous, M. Khodorkovski, « en partant de rien » (sans investir un rouble, mais en vous étant approprié des dizaines de milliards de dollars de bien national), vous avez créé cet énorme empire financier et industriel, et vous êtes devenu l’un des hommes les plus riches du pays. De la même façon, vous avez, en outre, comme d’ailleurs tous les oligarques de l’époque, généreusement « marché sur des cadavres », vous ne vous êtes embarrassé d’aucune restriction morale, et vous avez pillé et ruiné le gigantesque patrimoine industriel soviétique. Vous vous êtes roulé dans l’argent et dans « l’élitisme », sans vous refuser quoi que ce soit. Pendant ces mêmes années, moi ainsi que beaucoup de mes amis et camarades, nous étions presque en permanence à la guerre, pour le peuple russe et pour la Russie, contre les ennemis de la patrie. Tout d’abord en Transnistrie, puis en Bosnie, puis en Tchétchénie. Tandis que nous subissions défaite sur défaite, à cause de la trahison de celle qui se disait la « nouvelle élite », que nous reculions, en serrant les dents, accompagnés de commentaires méprisants et pleins de haine de la part des prétendus médias « démocratiques », vous, M. Khodorkovski, et vos semblables, ne vous êtes pas même souvenu des besoins du pays et de ses habitants. Par conséquent, nos expériences sont de nature entièrement différente. Vous avez appris à voler, à piller et à mentir, et nous à protéger la Russie et le peuple. Alors même que nul ne l’exigeait de nous. La prison change toujours les gens, parfois en mieux. Vous, hélas, n’avez rien retenu de cette expérience. Après tout, vous n’avez pas plaidé coupable de quoi que ce soit, même après votre retour à la liberté. De surcroît, vous avez alors fait votre apparition immédiatement dans le camp des ennemis, à nouveau, confirmant par là même que c’était pour une bonne raison, que vous vous trouviez en prison.

3. De quoi parlez-vous donc lorsque vous utilisez le mot « volé » ? Vous, dont le credo était de « voler, voler et encore voler » ? Avez-vous jamais construit ou fabriqué quelque chose dans votre vie, quelque chose qu’il serait possible à un autre de vous voler personnellement à vous ? Non. Parce que vous n’étiez pas engagé dans quoi que ce soit, si ce n’est dans le vol, la fraude et le brigandage, avant qu’on ne vous mette en prison. De tous vos accomplissements, le seul que je sois personnellement prêt à reconnaître comme un résultat socialement utile, ce sont les « bottes » que vous avez « cousues » en prison. Du point de vue moral, c’est là également votre seule œuvre digne, dans cette vie passablement sale (pour user d’un euphémisme) de voleur hautement professionnel et d’escroc talentueux, qui est la vôtre. Mais le pire de tout, c’est que cette activité manuelle ne vous a fait aucun bien du tout, à en juger par ceux en compagnie desquels vous agissez aujourd’hui ; elle ne vous a en rien conduit à la compréhension de vos erreurs et de vos crimes. Quand les vrais patriotes de la Russie et les Russes s’engageaient en Novorossia, vous, après avoir reçu le pardon du président Poutine, vous avez immédiatement pris le parti de ses ennemis et des ennemis de la Russie. Vous étiez sur place, au sein d’un Maïdan russophobe, et vous rassembliez sur le territoire de l’ennemi toutes les « couleurs » de traîtres russes, sur un forum destiné à lutter contre le Printemps russe. Vous dites que « la Russie a cessé de croître » ? C’est là le résultat direct de votre activité, de votre privatisation, de votre politique de comprador. Maintenant, vous appelez à des réformes capitales ? En vous associant avec qui ?? Avec d’évidents ennemis de tous les Russes ? Et cela pour des motifs patriotiques ?

4. De manière particulièrement brillante, vous démontrez votre « patriotisme », Mikhaïl Borissovitch, par votre répétition d’un véritable « film d’horreur » à propos de la Russie, que vous présentez comme une « menace pour l’Europe et pour le monde entier ». Jadis, Goebbels, et bien avant lui, Napoléon et les Britanniques Lord Palmerston et Disraeli, ont eux aussi vociféré haut et fort (et de manière bien plus talentueuse) à propos de cette « menace ». Puis ce fut le tour de Winston Churchill et du président américain Ronald Reagan, lequel, sans le moindre temps d’hésitation, donna à l’Union soviétique le nom d’« Empire du mal ». Ainsi, Mikhaïl Borissovitch, vous vous êtes engagé sur un chemin déjà largement frayé. Il semble que vous ayez cette pleine confiance d’être, vous seul, « le plus intelligent », et le seul à connaître l’histoire, tandis que tous les Russes seraient des crétins profonds et de complets ignares. Et, en vérité, des lâches aussi, qu’il serait facile de tromper et d’intimider en agitant un fantôme de « troisième guerre mondiale », pour leur faire accepter facilement de renoncer à la Patrie et de renoncer à aider leurs frères, qui périssent en Novorossia, au nom de ce fameux « tout sauf la guerre ». Cependant, le principal destinataire de cette adresse n’est pas du tout en Russie. Il s’agit bien plutôt, de votre part, d’une sorte de « serment » fait à ceux, qui, durant toute l’histoire de la Russie, ont rêvé de la liquider. À mon avis, il s’agit là d’un accueil « shulersky » typique, par lequel, lorsqu’il comprend qu’il est sur le point d’être démasqué, le joueur qui se sert lui-même de cartes marquées accuse immédiatement ses partenaires de tromperie. Le monde occidental, dirigé par l’oligarchie financière mondiale dont vous êtes partie intégrante, Mikhaïl Borissovitch, s’efforce de nous présenter, nous les Russes, comme nous apprêtant à détruire ou à conquérir nos voisins. Toujours et partout, c’est ainsi qu’on commence à accuser les futurs adversaires, en leur attribuant précisément ses propres intentions. Alors il est possible d’affirmer que la Russie constitue vraiment une menace de guerre. Dans l’espoir qu’elle en sera effrayée et capitulera, qu’elle se désarmera elle-même. Dans l’espoir d’en terminer une bonne fois pour toutes. Qu’y a-t-il à dire ici ? La tâche des vrais patriotes russes (mais pas des habitués de la « Maison de la liberté » de Washington) consiste à préparer la réflexion sur l’agression de l’Occident, parce que c’est seulement comme cela que la Russie pourra avoir l’occasion de prévenir ladite agression et de défendre sa souveraineté.

Le retour à la Russie

5. Lorsque vous parlez de « valeurs européennes », vous, M. Khodorkovski, soit vous ne comprenez pas, soit vous faites simplement semblant de ne pas comprendre qu’elles n’ont aucun rapport avec les véritables valeurs, les valeurs traditionnelles de l’Europe. Ces valeurs revivent aujourd’hui en Russie, grâce au président Poutine. Et ces « valeurs », qui sont imposées par l’oligarchie financière mondiale sous le nom d’« européennes », suscitent aujourd’hui des actions de protestation de la part de centaines de milliers de personnes en Europe. Il y a plus de vingt ans de cela, la dernière fois que la direction de l’URSS a décidé de « se tourner » vers ces prétendues « valeurs », cela n’a eu d’autre résultat que de diviser le pays, qui s’est trouvé pillé et humilié : le peuple russe est soudainement apparu comme étant la plus grande nation divisée du monde. Depuis le moment où il est arrivé au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la catastrophe des années 1990, en maîtrisant le pouvoir absolu de l’oligarchie, en nationalisant les possessions de l’élite, en restaurant l’économie détruite. Tandis qu’il s’efforçait de rétablir un certain ordre, le président a jugé possible de montrer de la miséricorde, même à l’égard d’un salaud tel que vous, puisque c’est ainsi que vous vous montriez au monde, M. Khodorkovski, avant la prison. Mais vous n’avez pas su apprécier. Probablement parce que vous avez considéré la faveur qui vous était faite comme une manifestation de faiblesse. Après tout, vous, M. Khodorkovski, vous ne vous embarrasseriez pas bien sûr d’un semblable sentiment, n’est-ce pas ? Et maintenant, après avoir trompé le président par de faux remords, avez-vous l’intention de vous venger de tout ce qu’il a fait ? De ce qu’il se soit appuyé sur le renforcement de l’État et la protection des intérêts nationaux, au détriment de l’élite des compradores ? De ce qu’il n’ait pas permis de vendre pour une bouchée de pain les plus grands stocks de ressources naturelles à des « Rothschild », ce qui aurait voué la Russie à une gestion depuis l’extérieur ? De ce qu’il vous ait puni pour vos intentions ouvertement déclarées de le démettre de ses pouvoirs par des moyens inconstitutionnels ? D’après vos propres paroles : tandis que vous étiez en prison, vous avez « réévalué beaucoup de choses ». Pourtant, à peine aviez-vous été libéré que vous êtes apparu du côté opposé de ce front sur lequel le peuple russe se bat pour le monde russe, en opposition directe et inflexible sur la question du Donbass, à nouveau. Votre haine de Poutine vous a amené dans le camp des ennemis, non seulement du président personnellement, mais dans le camp des ennemis de l’État russe et de tous les Russes. Comment osez-vous reprocher à Poutine de s’être levé pour la défense du peuple de la Crimée et de la Novorossia, de n’avoir pas permis aux nazis ukrainiens soutenus par l’Occident de mettre en place sur la Crimée et le Donbass une dictature sanglante ? N’était-ce pas là, après tout, les Russes se protégeant eux-mêmes et protégeant leurs vies ? Vous accusez les victimes de ce qu’elles auraient eu le courage de se défendre. Une troisième guerre mondiale est exclue, tant que la Russie sera assez forte et assez puissante pour garantir une parité, certes asymétrique, mais en tout cas stratégique, et tant qu’il y aura aux responsabilités des gens qui ne sont pas prêts à troquer leur pays et le peuple contre la promesse de faire partie de l’élite financière supranationale. À votre aspiration à vendre ce qui ne vous appartient pas, aspiration persistante et qui ne s’est pas infléchie durant les années de votre emprisonnement, nous ne donnerons d’autre réponse que celle du dégoût mérité qu’elle nous inspire. Et nous ne nous laisserons pas emporter une fois de plus par les faux slogans, comme ce fut le cas il y a vingt-trois ans.

6. Ces choses dont vous nous parlez, telles que « les valeurs européennes et la civilisation euro-atlantique », non seulement sont sans relation avec la Russie, mais contredisent directement notre histoire, notre psychologie et notre destin, en tant que nation. L’Europe s’est détournée de ses propres valeurs chrétiennes depuis longtemps, après avoir plongé dans l’abîme des défauts les plus vils, et l’« euro-atlantisme » tant vanté n’est guère plus que la doctrine géopolitique de la domination mondiale des États-Unis, dirigée contre les peuples du monde entier qui gardent encore leur religion propre, leur souveraineté et leurs traditions nationales. À deux reprises déjà, ces derniers temps, la Russie a été touchée par la lèpre des « idées progressistes européennes », et sévèrement endommagée par les passe-temps insensés de ses propres élites et de ses intellectuels. Devant elle s’ouvrent aujourd’hui deux routes : soit revenir à elle-même, en retrouvant sa foi, sa tradition, ses valeurs, sa souveraineté, soit être dissoute dans l’Occident mondial, entrer en esclavage et disparaître en tant que civilisation, une fois qu’elle aura tout perdu. Je soulignerai une fois encore de quelle hypocrisie exceptionnelle vous êtes doté, M. Khodorkovski, quand vous déplorez la perte de l’art, de la littérature, de la science, de l’aventure spatiale et d’autres réalisations de notre « passé totalitaire » impérial et soviétique. En vérité, vous êtes comme « le loup qui se sent désolé pour un cheval à qui ne restent que la crinière et la queue » ! Mais, même en supposant que, dans ce que vous dites, quelque chose soit vrai, même de loin, je vous demanderais de bien vouloir apprendre un peu d’histoire : ce n’est pas de l’Occident catholique, mais de l’Orient orthodoxe que la Russie a reçu la foi chrétienne, directement de cet Empire romain d’Orient de Byzance, qui est resté le gardien du vrai christianisme tout au long du millénaire tout entier. Mais comment pourriez-vous débattre de la foi chrétienne ?

7. Tout ce que la Russie est aujourd’hui, tout cela a été créé par notre peuple et par notre État, au cours d’une lutte désespérée pour la préservation de notre originalité propre, de notre liberté et de notre souveraineté. Au cours d’une lutte, à la fois contre les ennemis de l’Occident et de l’Orient. La Russie s’est développée, d’abord comme un État national, qui a grandi jusqu’à devenir un grand empire, parce qu’il était suffisamment souple dans sa capacité à discerner les expériences positives de ses voisins. Rien là qui soit, ni honteux, ni outre-mesure honorable : c’est la façon de faire de toutes les nations qui ont des dirigeants sensés, des dirigeants qui bâtissent et développent leur propre État. Emprunter ne signifie pas copier aveuglément. Trop c’est trop, et copier à ce point… Seul le marxisme a importé d’Europe à l’identique, et à quel coût pour le pays ! Chaque nation et chaque État sont uniques. Comme une prairie herbeuse est belle des différentes herbes qui la composent et de l’éparpillement des diverses fleurs qui en parsèment l’étendue, ainsi l’humanité est belle dans la floraison de peuples dont chacun est unique, dans la lutte entre les uns et les autres, à celui qui aura « la meilleure place sous le soleil », mais pas dans ce qui rappelle cette « pelouse publique et plate », en laquelle « les hommes universels euro-atlantiques » veulent tout changer.

8. Les valeurs euro-atlantiques seraient les « valeurs d’un État fort et juste » ? Bien joué, Mikhaïl Borissovitch ! En ce moment même, ces valeurs conduisent cette grande Europe, dont nos libéraux brassés maison aiment tant à parler, à l’extinction de ces peuples de l’Europe qui les ont suivies, et qui jadis même les ont créées. Est-ce en cela que consiste votre prétendue « justice » ? Vous-même, cependant, pour des raisons évidentes, ne vous souciez en rien des destinées historiques d’aucun de ces Allemands, Français ou Britanniques. Non plus que des Russes, des Bachkirs, des Tatars, des Lezguiens et ainsi de suite. À moins que « l’État fort », puisque c’est ainsi que vous en parlez, ne signifie les États-Unis ? Après tout, il ne reste plus d’État « fort » (c’est-à-dire relativement souverain et indépendant) en Europe. Le dernier État souverain d’Europe, en dehors de l’ancienne URSS, qui ait osé défendre les intérêts de ses citoyens, était la Yougoslavie, qui a été écrasée et soumise il y a quinze ans de cela. Elle fut incitée à faire « le choix euro-atlantiste », par des bombes et des roquettes, par le blocus et la mutinerie de l’étranger. Maintenant, c’est le tour de la Biélorussie et de la Russie, n’est-ce pas ? La base en était déjà créée en Ukraine : il ne reste plus que la percée finale. Les valeurs propagées par l’oligarchie financière mondiale (« européenne », « euro-atlantiste », « universelle », etc.), ce sont des valeurs d’élimination des États nationaux et d’annulation radicale de tout ce qui ressemble un tant soit peu à la justice sociale. Ici, M. Khodorkovski, vous êtes, soit un ignorant, soit consciemment un menteur. Il va de soi que je ne fais mention d’« ignorance » que pour conserver à mon propos l’apparence d’une « boutade », n’ayant pas d’illusion sur la qualité de l’éducation que vous avez reçue. Le libéralisme que vous défendez a pour objectif ultime la mondialisation totale, le nivellement de toutes les personnes et de toutes les communautés religieuses, tous et toutes coiffés par le même « peigne » du consommateur, et tous assujettis à la déclaration de puissance de l’oligarchie financière mondiale, laquelle est en train de mener à bien l’abolition de tous les États historiquement développés (le projet de l’Union européenne, qui fut la première étape dans cette direction). Dans le domaine de l’économie, les politiques libérales nient de manière inflexible la justice sociale, non seulement en pratique, mais même en théorie. La liberté du marché, à propos de laquelle les libéraux sont intarissables, est incompatible avec la redistribution des bénéfices que réclament avec insistance les partisans de la justice sociale. Plus la Russie sera impliquée dans les processus de mondialisation, plus vite elle perdra sa souveraineté et la possibilité de poursuivre une politique sociale. Venons en maintenant à la « mobilisation ». Nous avons, bien sûr, besoin d’une puissante mobilisation nationale contre l’agression des « euro-atlantistes », qui ne visent que le pillage accéléré et définitif de la Russie, sous le prétexte de son « intégration dans la communauté internationale » et dans l’« économie mondiale ». Mobilisation à la fois de l’État et du public. Parce que la menace est suspendue, non seulement au-dessus de la souveraineté de l’État russe, mais également au-dessus de l’identité culturelle et morale de son peuple, identité décomposée sans relâche par ces tares de l’« euro-atlantisme », que la propagande nous assène et voudrait introduire chez nous : débauche sodomite, pédophilie, meurtre d’enfants et de personnes âgées (avortements et euthanasies), toxicomanie, terrorisme, etc., tous bienfaits de ce « nouvel ordre mondial humain ».

9. « Celui qui veut être fort ne peut pas se permettre de rester en arrière ». C’est là une thèse tout à fait exacte. Pour cette raison, la décision prise par le président Poutine d’entreprendre la modernisation complète de l’armée d’ici à 2020 est une réponse parfaitement appropriée à l’hystérie russophobe de l’Occident. L’armée russe, des chefs de complexes de l’industrie de la défense, des industriels et des hommes d’affaires régionaux doivent prendre la place de l’élite des compradores des années 1990, ceux que l’on dénomme « oligarques », dont vous êtes un représentant typique, M. Khodorkovski. Les oligarques sont étrangers à la Russie, leurs capitaux et leur famille sont à l’Ouest, alors même qu’ils ont bâti leur fortune en exploitant le peuple russe. Ils représentent les intérêts de l’oligarchie financière mondiale, pensent selon les catégories de l’ultra-libéralisme et, de fait, se considèrent eux-mêmes comme une sorte d’administration coloniale. Il est donc logique que ce soit depuis Washington D. C. qu’ils préfèrent faire part de leurs « révélations », par vos lèvres « prophétiques ».

10. Aujourd’hui, ce n’est pas l’Europe qui importe, mais la Russie. Notre voie est un retour à nous-mêmes. Il est nécessaire de revenir à la Russie, à notre histoire, à notre culture, à notre mission. Cette mission a toujours été, et reste de porter la lumière de la foi du Christ, les idéaux du bien et de la justice sociale pour les peuples du monde, d’être des « gardiens » contre le mal, comme a dit l’apôtre Paul. Nous avons eu un passé très lourd. La Russie a été secouée durant tout le 20ème siècle dans les fièvres de révolutions sanglantes et de guerres destructrices. Mais, grâce à ces lourds tests que nous avons passés, la Russie a réussi à sauver beaucoup de choses, que l’Europe a perdues de façon quasi irrévocable. Si l’Europe veut revenir à ses propres traditions et aux principes chrétiens, c’est avec nous que sera son chemin, pas avec l’oligarchie financière des États-Unis, qui amène aux peuples du monde une civilisation athée de la décadence morale, leur transformation en zombies idéologiques, leur mort spirituelle et physique.

La création d’une société juste

11. « La société russe moderne est structurée de façon injuste », dites-vous. Je suis entièrement d’accord avec cela. Mais je dois répéter ce que j’ai écrit précédemment : c’est par vous et par vos semblables que cela a été fait. Profitant de la crise que connaissait l’URSS, vous avez commencé à piller et à tuer, vous appropriant les biens nationaux. Vous et vos complices avez, par conséquent, posé les bases de la « société russe moderne », où la couche [sociale] la plus cynique et la plus vicieuse, qui œuvre d’après les plans et selon les instructions d’administrateurs d’outre-Atlantique, a entre les mains tous les leviers du développement économique, et pour partie le pouvoir politique. Juste après son arrivée au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la situation, mais l’injustice, qui était devenue le principe dans les années 1990, a des racines profondes. C’est pourquoi un retour à notre société de justice sociale sera un long et difficile processus. Mais je crois que nous saurons y faire face sans les conseils d’un éloquent ex-oligarque, qui s’est constitué une fortune par le pillage de la richesse nationale, autrefois créée par le travail acharné de générations du peuple russe.

12. En lisant votre critique de la privatisation (soit dit en passant, tout à fait raisonnable), j’ai été surpris par votre cynisme : ce sont vous et vos semblables qui, par cet accaparement criminel de la propriété publique, avez acquis ces énormes capitaux. Et voici que vous tentez à présent d’en accuser celui-ci ou celle-là, en évitant soigneusement de viser ceux qui sont en fait les véritables coupables. La privatisation, du moins telle qu’elle s’est produite, n’était pas une « distorsion », mais un crime. Sa conséquence, c’est que les propriétés en question tombèrent aux mains, non de gens ordinaires, mais d’une minorité aussi prompte que sans scrupules. Et les plus gros « morceaux » furent acquis avec le soutien direct du capital financier étranger, qui a littéralement marché « sur des cadavres ». Qui sait cela mieux que vous ? Poutine a commencé à rétablir les bonnes proportions, rendant à l’État les domaines stratégiques les plus importants de l’économie. Ce faisant, il essaie simplement de corriger les conséquences catastrophiques d’une privatisation criminelle. Sans éradication de l’oligarchie qui s’est constituée à la suite de cette privatisation criminelle, il n’y aura ni justice sociale, ni plein développement de l’entreprise privée.

13. En affirmant que les ressources naturelles doivent appartenir au peuple, vous avez entièrement raison. J’ai déjà dit que, parfois (même si c’est rare), la prison corrige en bien. Sur ce point, le changement est sans aucun doute positif. C’est exactement ce qui vous est arrivé : les actifs de vos compagnies d’énergie, créés de façon criminelle, sont passés sous la gestion de l’État, donc de son peuple. Comment est-il possible, autrement, de faire des ressources naturelles un bien national, si ce n’est par leur nationalisation et par la redistribution des profits en faveur de tous les citoyens ? Cela exclut la propriété privée des grandes structures d’extraction des hydrocarbures. L’histoire de Ioukos est un exemple de la façon dont les ressources naturelles reviennent au peuple. L’efficacité de leur utilisation est une autre question. Pour commencer, il y a lieu de les soustraire aux gens tels que vous et vos semblables, et, alors seulement, il faudra les utiliser le plus efficacement possible. Il est difficile d’argumenter contre le fait que l’utilisation du revenu généré par une ressource donnée est loin d’être idéale. Le principal, cependant, est de ne pas laisser quelque ressource naturelle que ce soit à la propriété privée d’une oligarchie.

14. Un barème d’imposition proportionnel, c’est une façon de faire absolument correcte. C’est aussi aller dans le sens de la justice sociale. En revanche, il n’est pas correct pour vous, M. Khodorkovski, qui êtes devenu riche en spoliant la population, et qui avez emmené votre fortune à l’étranger, de faire valoir quoi que ce soit à ce sujet. Dans quel pays avez-vous payé vos impôts ? En Suisse ? En Angleterre ? Aux États-Unis ? Pourquoi ne pas rendre à ceux que vous avez volés ? Commencez par vous-même : payez des impôts en Russie. Ou vous faut-il pour ce faire devenir d’abord président ? Un oligarque qui vous ressemble a tout récemment prodigué à l’électorat du pays voisin le même genre de serment. Son nom est Petro Porochenko. Il a juré de donner à la population de l’Ukraine le produit de tout ce qu’elle avait semé par son labeur éreintant ! Mais il n’est pas pressé. Commencez donc par vous-même ! Montrez au monde une image de ce « contribuable responsable » ! Alors, peut-être quelqu’un (s’il est vraiment naïf) sera-t-il également porté à vous croire.

15. Le libéralisme comme vous le comprenez, M. Khodorkovski, est une illusion absolue. C’est une fausse doctrine, qui ignore complètement Dieu, l’esprit, la culture, l’humanité, la société, et, s’agissant de l’individu, n’attache d’importance qu’à ses intérêts privés matériels et au domaine financier, une importance primordiale. Le libéralisme, compris de cette manière, est absolument incompatible avec la liberté d’origine : comment quelqu’un peut-il être libre, si la société dans laquelle il vit est un esclavage du taux d’intérêt, une servitude de la dette à l’égard de l’oligarchie financière internationale et de ses superviseurs locaux ? Si toute vie humaine est subordonnée à la recherche et au renforcement de ses avantages matériels, et si le relevé du compte bancaire est seul un critère ? Aujourd’hui, le libéralisme est une idéologie totalitaire, et c’est par sa diffusion que les États-Unis construisent leur hégémonie mondiale. Il est inacceptable pour la Russie, sous quelque forme que ce soit : ni acceptable en politique, ni sur le plan économique, ni sur le plan juridique. Cela est extrêmement important. Pour vous, M. Khodorkovski, le libéralisme est la vérité ultime, et le développement national, comme la justice sociale, sont bons pour le populisme. Mais en Russie, le libéralisme est condamné, il n’est acceptable, ni pour la droite, ni pour la gauche. C’est une idéologie coloniale, qui va à l’encontre de notre identité russe. En essayant de détruire cette identité, au nom de la célébration de l’idéologie libérale, vous détruisez aussi la Russie. J’en suis venu à penser que c’est là votre but ultime.

16. Un État à orientation sociale, fondé sur des valeurs chrétiennes, c’est le but, un point de référence, et la stratégie des vrais patriotes russes. Dans la réalisation de cet objectif, la « droite » comme la « gauche », les partisans de la monarchie comme ceux du socialisme, peuvent s’unir en toute liberté. Et, bien sûr, cet État doit être fondé sur un strict respect des préceptes de la loi. Mais vous, quelle relation avez-vous avec tout cela ? Après tout, il ne vous est besoin que de tenter les gens pour qu’ils soient maintenant enclins à écouter des mots d’ordre tels que création « d’un État national à vocation sociale » (sans qu’ils comprennent comment il sera possible de construire cet État « national » à la place de l’Empire russe vieux de plusieurs siècles, au sein duquel des centaines de nations vivaient en paix et se développaient). Vous nous jetez cet os, à nous le peuple russe. Mais les Russes ne sont plus le troupeau confiant qui, au cours du siècle passé, a, par deux fois « tâté du bec » des promesses « de lait et de miel », et, pour résultat, n’a fait que répandre des océans de sang. J’espère sincèrement que nous avons appris quelque chose et que nous réussirons à distinguer le vrai de ce faux enveloppé dans un bel emballage. L’État national à vocation sociale, c’est tout sauf vous, les oligarques, valets de pied des Rothschild. Laissez cela, M. Khodorkovski, laissez les questions nationales et sociales : ce sont là des concepts qui exigent des mains propres et une biographie irréprochable.

La guerre est la tragédie qu’il est parfois impossible d’éviter

17. Les États-Unis et l’hégémonie américaine sont en guerre. Nous le voyons en Libye, en Syrie, en Irak et en Afghanistan, en Ukraine. Partout, les États-Unis contribuent à mener à bien des « révolutions de couleur ». Des fascistes, des extrémistes, des fondamentalistes arrivent au pouvoir. Être le défenseur des États-Unis, de l’Occident et de l’OTAN signifie se faire l’assistant des fascistes, l’avocat de la guerre. Cette guerre, c’est contre toute l’humanité qu’elle est menée, cette humanité qui ne souhaite pas vivre selon les règles américaines et servir docilement et servilement les intérêts de l’oligarchie financière mondiale.

18. Cette guerre est menée contre la Russie, contre l’Ukraine. Ces héros, qui se lèvent pour la défense du monde russe qui se bat en Novorossia, ils ne voulaient pas de cette guerre. Ils voulaient la paix. Mais la paix ne peut pas être acquise au prix de la liberté et de la dignité. Selon les conditions imposées par la junte néo-nazie portée au pouvoir à Kiev par vos maîtres, M. Khodorkovski, et que vous soutenez vous-même personnellement, la vie n’est pas une vie, et la paix n’est pas la paix. Des Russes, en Crimée comme en Novorossia, se sont levés pour la liberté et la justice, pour le droit à un développement national, pour la langue et la culture. C’était la guerre contre la guerre. Vos appels à la paix ne sont pas de la simple hypocrisie, ils sont de la traîtrise. Comme tout le reste, au demeurant. Nous sommes tout simplement d’un côté différent de la ligne de front, et, pour moi, qui ai pris une part active dans les opérations militaires en Novorossia, vos paroles sonnent comme des appels de l’autre côté : « Russe, abandonne. Il y aura une paix ! Tu as été trompé ! ». En conditions de combat, il ne peut y avoir qu’une seule réponse à un tel appel. Devinez laquelle. Le problème de la Russie d’aujourd’hui n’est pas qu’une guerre serait (comme vous dites) le « pilote » du régime. Au contraire, Poutine a fait tout son possible et fait tout son possible pour éviter une « grande » guerre (la petite, les USA l’ont déjà lancée par les mains de Kiev, et elle se poursuit en prélevant chaque jour son lot de vies humaines). Reprocher aux autorités de la Russie de ne pas laisser le monde russe à la merci du destin, c’est parler de manière blasphématoire. À défendre cette thèse, vous trouvez certes l’appui de l’élite compradore occidentalisée qui, régulièrement, convie à des « marches pour la paix » anti-russes, mais vous devez dire au revoir pour toujours à ceux qui se tiennent du côté de la Russie historique et de la justice sociale, ce qui est le cas d’une grande majorité des gens. S’agissant de la Crimée et de la Novorossia, vous êtes dans l’autre camp : l’une comme l’autre, maintenant plus que jamais, se rallient aux Russes, en soutenant inconditionnellement les pas décisifs que Poutine fait dans cette direction.

La mobilisation nationale

19. Les autorités agissantes ont amené la Russie au seuil d’une percée décisive vers l’indépendance, un pouvoir et une liberté qui sont capables de la faire sortir de la zone d’influence directe de l’hégémonie américaine. Malheureusement, c’est là mon jugement privé, la percée en question se trouve manifestement ralentie (je soupçonne vos partisans, secrets et manifestes, d’en être la cause, eux qui ont encore un énorme ascendant, grâce aux richesses volées et à l’influence dans les hautes sphères de la politique interne qu’ils ont achetée grâce à ces richesses). Certaines hésitations, quant à la nécessité d’avancer plus avant, sont visibles également. Mais les gens du pays, eux, y sont tout à fait prêts, et cela vous fait peur. C’est là qu’intervient cette hystérie concernant la menace d’un « protectorat chinois ». La « menace chinoise » n’est à ce jour qu’une théorie. À l’inverse d’un protectorat à visage découvert des États-Unis, tel qu’il a été établi sur la Russie en raison de la trahison de Gorbatchev et d’Eltsine. Ce protectorat est une réalité de la vie. La principale menace pour la souveraineté de la Russie, c’est l’impact agressif que pourrait avoir l’oligarchie financière mondiale, effrayée par la possibilité de perdre la Russie du fait d’un simple creux de décantation de « l’économie coloniale ». La menace pour la Russie est aussi dans sa cinquième colonne, dont vous êtes l’un des idéologues.

20. L’oligarchie financière mondiale se bat désespérément et frénétiquement contre une renaissance de la Russie. Si la Russie résiste, elle a de l’avenir, elle fera retour à l’histoire, et elle gagnera. Mais si l’agent commercial de l’oligarchie financière mondiale, qui hait tous les Russes (comme vous), arrive au pouvoir en Russie, nous échouerons dans un gouffre, en comparaison duquel l’ère des gangsters des années 1990 semblera un jeu d’enfants. Ce sera la désintégration du pays, avec tout ce que cela implique, sous forme de guerres, de pauvreté généralisée, de faim, d’épidémies et de catastrophes d’origine technologique à grande échelle. Voilà ce qui nous attend dans cette boite. Comment de telles choses se passent, à ce jour, j’ai eu l’occasion de l’observer personnellement sur une échelle beaucoup plus petite, plus d’une fois, et pas seulement deux. Tout récemment, en Ukraine, où les « cerises » sont encore à venir. Après tout, M. Khodorkovski, votre intention est d’aider l’Occident à détruire à nouveau ce que Poutine, dans les années 2000, a commencé à restaurer. Mais vous n’y parviendrez pas, parce que nous sommes Russes, et que Dieu est avec nous ! L’oligarchie financière mondiale, les prêtres de Mammon, s’étant mis à la place de Dieu et entendant diriger pour leur propre compte les destinées du monde, sont allés trop loin. L’hégémonie américaine s’effondre, comme un colosse aux pieds d’argile. L’Occident s’effondre. Ses populations autochtones s’éteignent. Les pays européens deviendront musulmans d’ici vingt ans. La culture chrétienne y est reléguée à la périphérie de la vie publique. La Chine est devenue officiellement la plus grande économie du monde. Les États-Unis ne sont pas en mesure de payer leur énorme dette nationale, ils sont eux-mêmes secoués par des troubles sur les terrains racial et social. Dans son agonie, l’Ouest ne sème sur le monde que chaos et destructions, sang et souffrances. C’est dans un autre sens que nous devons aller, vers une renaissance de la Grande Russie, envers et contre toutes les menaces et tous les appels. Un gigantesque virage a déjà été opéré à cet égard : Poutine a de nouveau assemblé la Crimée et la Russie, et personne ne sera en mesure de nous la prendre !

21. Vous avez commencé à parler des exploits russes, mais vous les avez réduits à la sobriété et au travail. Probablement croyez-vous que le bonheur futur du peuple russe serait dans un travail d’esclave pour un bol de skilly [2], au seul profit de l’oligarchie financière mondiale que vous représentez. Pour un bol de skilly et pour le genre de « spectacles » de bas niveau que vous offrirez en plus d’une skilly, de ceux qui garantissent le retour de la personne à la condition d’un animal suivant ses instincts les plus simples. Eh bien, dans ce cas, ce sera « seulement en passant sur nos cadavres » ! Les Russes ont de tout autres horizons et de tout autres desseins qu’une soumission muette aux élites occidentales corrompues. Ici, je vais laisser de côté vos thèses, et je vais formuler brièvement notre réponse russe, laquelle est exprimée par une formule simple : « Pour la foi, le tsar et la patrie ». Pour ces concepts sacrés, depuis des temps immémoriaux, les Russes sont allés mourir, comprenant parfaitement que se battre pour ces concepts, c’est se battre pour eux-mêmes et pour l’avenir. Aujourd’hui, cela signifie une loyauté très concrète : à l’Église orthodoxe russe, et au commandant suprême de l’État russe, Vladimir Vladimirovitch Poutine.

22. Au cours des quinze dernières années, la Russie s’est préparée à une percée dans le grand avenir russe. À présent, il est temps de la faire.

Igor Strelkov
Traduit par Goklayeh pour vineyardsaker.fr

Notes de traduction

[1] La « oumma » (Ummat islamiyya, « la Nation Islamique ») est la communauté des musulmans, indépendamment de leur nationalité, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent.

[2] Nourriture légère présentée sous forme de bouillie liquide, de gruau ou de soupe, communément fabriquée à partir de farine d’avoine, et traditionnellement servie dans les prisons et les hospices.

Source : Igor Strelkov replies to Mikhail Khodorkovsky (vineyardsaker, anglais, 20-10-2014)

[Reprise] On essaye de nous attirer dans une nouvelle guerre froide, par Mikhaïl Gorbatchev. Le site d'Olivier Berruyer.

29 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre, #L'OTAN.

29 octobre 2014.

[Reprise] On essaye de nous attirer dans une nouvelle guerre froide, par Mikhaïl Gorbatchev

Dans une interview à la RTS du 17 septembre 2014, le Nobel de la paix et ex-président de l’URSS a critiqué l’Otan et jugé “révoltantes” les sanctions européennes contre la Russie.

[Reprise] On essaye de nous attirer dans une nouvelle guerre froide, par Mikhaïl Gorbatchev. Le site d'Olivier Berruyer.

Interview pour RTS de Darius Rochebin. Journal en continu. Michaël Gorbatchev: "L'OTAN veut que tout le monde lui obéisse".

Transcription de l’interview :

Q : Les sanctions de l’Union européenne contre la Russie, est-ce que c’est risqué, c’est dangereux selon vous ? Une provocation ?

MG : C’est indéfendable ! Quelle genre de politique est-ce que c’est ? C’est révoltant ! Ça veut dire essayer d’étouffer notre pays pour que la Russie cesse sa politique, sa stratégie de coopération, de développement. Cela veut dire que notre partenaire va mal.

Q : Il y a 25 ans, moment historique : vous avez accepté le mouvement d’époque, une Allemagne unifiée dans l’OTAN, une maison commune (c’étaient vos paroles). Est-ce que l’OTAN a trahi en voulant tellement s’étendre du côté de la Russie ? Est-ce qu’elle a trahi ?

MG : L’OTAN n’est pas nécessaire ! On n’en a plus besoin. L’OTAN n’est plus nécessaire.

Q : Elle devrait être dissoute ?

MG : On n’a plus besoin de l’OTAN. On s’est bien débarrassé du Pacte de Varsovie. Mais l’OTAN veut toujours prouver qu’elle a sauvé le monde ! Ils veulent, à l’OTAN, faire en sorte que partout sur tous les territoires, on leur obéisse. Ils disent : « pour la paix » ; mais en fait ils veulent simplement avoir une influence universelle sur la politique de tous les pays.

[…]

Q : Cette femme si puissante [Angela Merkel], une Allemagne prospère, équilibrée… A quoi vous pensez ?

MG : Je pense que la génération actuelle et la précédente ont fait beaucoup de choses pour changer l’Allemagne, pour changer la réputation de l’Allemagne. C’est un pays démocratique. Mais je vois que la chancelière Mme Merkel – je la respecte beaucoup – mais elle va dans tous les sens.

Q : Sur la question de l’Ukraine vous dites ?

MG : Oui. Sur les sanctions surtout. Mais je ne pense pas que les Allemands puissent permettre une complication de nos relations.

Q : Vous avez mis fin à la guerre froide. Aujourd’hui, est-ce qu’il y a dans les têtes de certains, aux États-Unis, en Russie, un retour de guerre froide ?

MG : ça y ressemble quelque part. J’ai l’impression parfois aussi que l’on essaye de nous attirer dans une nouvelle guerre froide. Mais il faut tout faire pour ne pas admettre ça. Il faut arrêter quiconque veut une nouvelle guerre froide.

Source : Interview de Mikhaïl Gorbatchev à la RTS, sur le site du Point

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