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Le blog de Lucien PONS

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Le journal L’Obs tombe dans le complotisme. Par Laurent Brayard.

29 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #Les média, #Terrorisme, #la liberté, #La France, #La nation ., #AMERIQUE, #La mondialisation

Le journal L’Obs tombe dans le complotisme.

Dimanche 29 mars 2015
Le journal L’Obs tombe dans le complotisme. Par Laurent Brayard.

En ce qui concerne la propagation exponentielle de propagande pro-ukrainienne de bas-étage, nous avons hélas l’habitude de voir surgir dans tous les médias français des kilomètres d’articles qui réécrivent en permanence l’histoire de l’Ukraine et l’histoire tout court. Vous ne verrez jamais de travail de contradictions de la part de ces « journalistes », vous entendrez toujours le même son de cloche et jamais les personnalités du Donbass ou ceux qui sont les partisans des deux républiques. Par contre, dans une boucle infernale, le Français lambda sera contraint de gré ou de force d’avaler la seule vérité possible et conseillée, en ce jour l’Obs nous livre un article particulièrement éloquent sur ce type d’exercice désormais bien rôdé : « Ce qui se passe en Ukraine est une opération planifiée » . Petit décryptage d’un dimanche matin de printemps.

L’entretien. Il faut beaucoup chercher en Ukraine pour trouver des témoins pertinents qui pourraient marquer puissamment l’opinion publique. Ceux qui vivent dans l’Est de l’Ukraine sont évidemment extrêmement recherchés, ils peuvent faire croire qu’il existe véritablement une autre Ukraine, ou du moins une seule Ukraine, celle de Porochenko. Ce témoin « impartial » que présente l’Obs est Serhiy Zhadan, écrivain et poète né en 1974 dans l’Oblast de Lougansk vivant par ailleurs à Kharkov. Auteur de best-sellers son témoignage serait en effet cohérent si la « journaliste » avait eu l’honnêteté de dire qui est Zhadan. Mais nous verrons plus loin, que de la journaliste à l’interviewé les similitudes d’intérêts sont grandes. Auteur d’une nouvelle au titre prémonitoire Anarchy in the UKR, Zhadan est de l’ethnie ukrainienne et s’enorgueillit de parler dans son pays la seule langue ukrainienne bien qu’il soit, comme tous les Ukrainiens, russophone. Le « hic » dans ce personnage au physique d’adolescent c’est qu’il fut l’un des leaders essentiels de l’Euromaïdan en 2013 et 2014 dans sa propre ville et qu’il participa en 2014 à l’assaut contre le bâtiment de l’administration générale occupé par quelques séparatistes. Dès cet instant l’interview de Zhadan sur « l’opération planifiée en Ukraine » devient suspecte.

Le journal L’Obs tombe dans le complotisme. Par Laurent Brayard. Le journal L’Obs tombe dans le complotisme. Par Laurent Brayard.
Le journal L’Obs tombe dans le complotisme. Par Laurent Brayard. Le journal L’Obs tombe dans le complotisme. Par Laurent Brayard. Le journal L’Obs tombe dans le complotisme. Par Laurent Brayard.

L’interview. Très longue, elle s’attarde dans un savant mélange sur la situation en Ukraine en commençant par la langue russe. Son témoignage commence par une vérité, du moins partielle, la langue russe est pratiquée normalement notamment à Kiev comme en témoigne l’un de mes amis qui fut dans la capitale il y a peu de jours. Toutefois, il est faux de dire que la langue n’est pas un enjeu. Comme du temps de l’occupation autrichienne, polonaise ou soviétique de l’Ouest de l’Ukraine, la langue russe est l’objet d’attaque dans les administrations, les écoles et les universités. Le témoignage de Zhadan est donc tronqué oubliant également de dire que dans les zones de combat, la pratique de la langue russe a certainement coûté la vie à de nombreux civils qui ne parlaient pas la bonne langue. Mais cette mise en bouche dérape dans l’instant dans les questions suivantes, la remontée de bile devient irrépressible… Dans les articles conseillés apparaît le pire de tout : « La Russie clinique psychiatrique dirigée par des psychopathes », nous touchons ici les bas-fonds du racisme le plus ignoble et de la russophobie délirante. Vous ne rêvez pas cependant, nous sommes en France. Très vite voici le complot russe… et des déclarations incroyables : « S’il n’y avait pas eu d’agents russes, qui ont accompli un énorme travail de sape, il n’y aurait pas eu d’émeutes antimaïdan […] d’après plusieurs indices concordants cette opération russe a été élaborée dès le lendemain de la Révolution orange en 2004-2005, comme le pouvoir russe avait peur qu’une Révolution de couleur à caractère démocratique éclate en Russie, il était très important pour le Kremlin de déstabiliser l’Ukraine, les services russes, bien implantés ici, sont parvenus à recruter tout un réseau : des officiers hauts gradés, des députés de la Rada, des maires de certaines villes et bien entendu des employés ordinaires de divers organismes publics, […] ce n’est pas une guerre civile, c’est essentiellement une agression et une occupation russes, la Russie met en œuvre sur notre sol son scénario de guerre hybride (c’est un terme russe odieux en soi) sans reconnaître sa participation militaire directe ». Ainsi derrière le complot russe préparé depuis dix années, l’écrivain activiste de l’Euromaïdan (extrêmement bien renseigné sur les services secrets russes) déballe son discours bien rôdé d’invasion russe. Au détour de quelques phrases, l’homme se dit offensé et scandalisé par les accusations qu’il y a des fascistes en Ukraine. A la bonne heure, il est vrai qu’il n’y a pas de nazis en Ukraine, encore dixit : « la propagande du Kremlin ». Diantre, ces Russes sont diaboliques, il n’y a jamais eu de massacres de la population du Donbass, ceux qui acceptent cette version des faits sont « dans le délire, voilà qui montre la puissance de la machine de désinformation russe ». Vous n’avez plus qu’à vous taire, la Russie est un vaste asile psychiatrique, ceux qui voient des nazis en Ukraine sont des fous, direction l’hôpital, je m’y rends dans l’instant, je dois être vraiment très malade !

Laurent Brayard pour Novorossia Vision

Galia Ackerman

Galia Ackerman

La journaliste. Galia Ackerman est d’origine juive-russe et est passée par l’Université de la Sorbonne où elle a passé un doctorat en histoire. Sa biographie indique qu’elle vit en France depuis 1984 et qu’elle a été naturalisée Française devenant journaliste et travaillant pour Radio France Internationale entre 1988 et 2010 et pour la revue Politique internationale depuis 1995, elle est aussi blogueuse pour Huffington Post le fameux journal de propagande américain et auteur pour des officines officielles des médias français comme Le Monde ou encore Libération. Sa bibliographie est parlante, livre sur les Femen en 2013, Droits humains en Russie : résister pour l’Etat de droit en 2009 avec Amnesty International et deux livres en 2007 et 2006 sur le drame de Tchernobyl. Elle milite activement pour les thèses du complot des activités russes en Ukraine publiant des articles aux titres éloquents tels que « La carte antisémite de Monsieur Poutine » ou encore « Voici la feuille de route de Poutine pour l’Ukraine ». Il est donc intéressant de relier cette énième dissidente autrefois soviétique avec les médias français. Ils peuplent les rédactions, instruments serviles de la propagande officielle, bombardés spécialistes du monde russe et écrivant à l’envie une autre histoire de la Russie qu’ils ont quitté. Ces « Russes », ce sont ceux que nous pouvons rencontrer dans les lignes des médias. Ceux qui ont émigré dans notre pays ne sont pas tous de l’avis de cette « élite », mais ceux-là bien sûr n’auraient eu aucune chance de devenir journalistes, ils n’ont pas droit à la parole. C’est pourtant très sérieusement qu’article après article, seule cette version des faits est entendue en France. En 2011, dans une émission de France Culture elle poussait à cette fameuse Révolution de couleur en Russie en mettant en scène d’imaginaires manifestants, 100 000 dans les rues en décembre 2011. A cette date, je me trouvais aussi dans les rues de Moscou, s’il se trouvait 10 000 opposants c’était déjà le bout du monde…

 

Piqûre de rappel. Dans le calme tout relatif de la trêve de Minsk 2, brisée par ailleurs à plusieurs reprises par les Ukrainiens, les médias français n’aiment pas le silence. Inlassablement, la piqûre de rappel nécessaire aux masses françaises pour « expliquer » le conflit en Ukraine est instillée aux Français. C’est qu’ici et là, les « indices » relevés par Zhadan vont dans le sens d’un inversement de l’opinion française vis-à-vis de la Russie et des républiques du Donbass. Comment cacher les morts, les femmes violées, les très nombreux « soldats » ukrainiens s’affichant avec des runes nazies, faisant le salut nazi, sans compter les politiciens eux-mêmes, les chefs des partis Pravy Sektor et Svoboda, jusqu’au Premier ministre ukrainien Iatseniouk ? Comment cacher tout cela ? Les mêmes journalistes fustigeaient les théoriciens du complot dans l’euphorie du mouvement Charliste en France, les voici nous expliquant d’autres complots. Les complots russes bien entendu, des « barbares » comme l’indique Zhadan. La France pendant ce temps peut bien oublier ses files interminables de chômeurs, son économie en lambeaux, le TAFTA, ses politiciens gesticuleurs et même sa dette abyssale. Gardez-vous Français des comploteurs du Kremlin ! Dans une alternance également curieuse avec la peur du « Fasciste », la Russie Mesdames et Messieurs, c’est le Diable ! L’alliance des intellectuels ex-soviétiques et russes avec les médias français a un grand avenir, elle permet de cacher aux Français l’état de la France pour montrer toujours dans un flot de contre-vérités, un pays tel que la Russie, cause bientôt de tous nos maux… et plus si affinités…

Laurent Brayard pour Novorossia Vision

dimanche, 29 mars 2015
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Compte rendu du rassemblement du 26 mars 2015 qui s'est tenu devant l'Université de Paris 1 – Tolbiac dans le cadre de la "Israeli Apartheid Week".

29 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Politique étrangère, #Palestine libre, #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme

Compte rendu du rassemblement du 26 mars 2015 qui s'est tenu devant l'Université de Paris 1 – Tolbiac dans le cadre de la "Israeli Apartheid Week".

Compte rendu du rassemblement du 26 mars 2015 qui s'est tenu devant l'Université de Paris 1 – Tolbiac dans le cadre de la "Israeli Apartheid Week".
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A l'origine, une conférence débat, avec les intervenants suivants :

  • ·         Farid Esack, professeur à l'Université de Johannesburg et Président de BDS Afrique du Sud
  • ·         Bilal Afandi, militant palestinien, membre de la campagne BDS en Palestine
  • ·         Ivar Ekeland, ancien président de l'Université Paris-Dauphine, président de l'AURDIP

 

devait se dérouler dans l'un des amphithéâtres de Paris 1 mais, le 24 mars, les organisateurs sont informés de l'interdiction, sous des prétextes fallacieux, de la conférence (cf. le communiqué "Non à la censure - Maintien du débat") de Génération Palestine, signé par près d'une vingtaine d'organisations et soutenu par la Campagne BDS France.

 

En même temps il y a eu :

  • ·         Un communiqué du BNCVA (Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme) en date du 24 mars, qualifiant la conférence "d'antisémite" et calomniant la campagne BDS France
  • ·         Un communiqué de la même veine de l'UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) demandant l'interdiction de la tournée de Farid Esack en France.

 

Le rassemblement s'est tenu sur le trottoir (!)

  • ·         en présence d'une centaine de militants pour la cause du peuple palestinien, qui tenaient des banderoles BDS, anti apartheid, alertant les passants.
  • ·         en présence d'une dizaine de vigiles
  • ·         .... et des jeunes sionistes, parfois proches du Bétar ou de la LDJ  rôdaient autour du rassemblement

 

Le responsable de l'Université était présent et a commencé par s'excuser discrètement, hors micros, auprès de Farid Esack ...

 

Puis les trois intervenants ont pris la parole, expliquant le sens de leur présence.

 

L’intervention de Farid a été longue, émouvante, et très mobilisatrice.

Farid s’est d’abord adressé aux vigiles qui interdisaient l’entrée dans l’Université. Il a évoqué son dur engagement pendant l’apartheid en Afrique du Sud et les blessures qu’il a subies. Il a dit en quoi l’apartheid israélien est pire que ce qu’était l’apartheid  sud-africain.

Il a dénoncé la manipulation de la mémoire du génocide nazi et expliqué la dimension antiraciste du mouvement BDS

Les auditeurs ont été impressionnés par sa culture politique, son charisme et sa détermination

 

Farid a été interviewé par divers médias, dont Politis et hispanTV ci-dessous :

Voici aussi un album photo (photos de Jean-Claude Saget) :

https://plus.google.com/photos/101056143108562695304/albums/6130667929369039745?authkey=CJaCgoD38cKGCQ

A la fin de cette conférence, la police est intervenue pour contenir la mobilisation sur le trottoir d’en face d’une bande du Bétar ou de la LDJ ou des deux, qui ont déployé le drapeau israélien et contre-manifesté.

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Attentat au cœur de Donetsk ! Alors, qui sont les terroristes ?

29 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La République, #La Russie, #la liberté, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme

Attentat au coeur de Donetsk !

 
Alors, qui sont les terroristes ?
 
En préambule, j'adresse toutes mes condoléances à la famille de Roman Voznik frappée sauvagement au coeur de cette belle ville de Donetsk, ainsi qu'à toutes les familles du Donbass qui payent chèrement depuis 1 an la Liberté de la Novorossiya !
 
 
Le jeudi 26 mars 2015, moins d'une semaine après la lâche tentative d'assassinat du Lieutenant Colonel "Givi", Commandant du bataillon Somali (le lien de l'article : ICI) des tueurs ont frappé à nouveau la République, au coeur de Donetsk, entre 23h00 et 23h15... 
 
A l'intersection des avenues Prospect et Chelyuskintsev Vatoutine. La voiture Chevrolet Lacetti bleue du député Roman Voznik a été la cible de tireurs professionnels, menant une attaque minutieuse et brutale. Roman Voznik a été tué ainsi qu'un de ses 2 gardes du corps. Sa femme et son enfant, présents dans la voiture sont miraculeusement indemnes.
 
Romain Voznik était également "Gypsy", le Commandant du bataillon «Mirazh» et cela fait de lui le troisième officier supérieur a être visé en quelques jours, après Mozgovoï et Givi ! Nul doute que cela fait partie d'un programme d'assassinat visant à décapiter l'appareil militaire de la Novorossiya, au moment où les soupçons d'une prochaine offensive ukrainienne sont chaque jour un peu plus confirmés.

Donetsk, la cité libre et rebelle est donc à nouveau la cible des soudards et des tueurs qui punissent de leurs obus ou de leur balles un peuple qui refuse de devenir à son tour l'esclave de leurs maîtres étasuniens. 

Ce peuple du Donbass est le plus beau que j'ai eu l'honneur de rencontrer, car malgré l'infamie qui le frappe quotidiennement, les rires des enfants et la beauté des femmes fleurissent chaque journée passée dans l'attente du destin de l'Histoire. Non seulement ce peuple digne et courageux ne s'abaisse pas au niveau de lâcheté criminelle qu'il subit, mais, chaque crime odieux commis dans ses rues ne fait que renforcer sa bravoure et élever sa noblesse, tandis que les satrapes kiéviens et leurs tueurs ne font que se couvrir d'opprobre pour l'éternité.
 
 
Donetsk, théâtre d'attentats de plus en plus fréquents (photos "Tonio", volontaire français dans le Donbass)
 
Cet homme qui a été certainement abattu par des assassins, vil séides au service de Kiev, désigne par son sang les commanditaires de sa mort, ces faux princes qui se cachent dans les palais occidentaux, léchant la botte d'une présidence étasunienne. 
 
Car c'est bien cet Occident parangon des droits de l'Homme et de la lutte antiterroriste mondiale qui tue chaque jour en Novorossiya des femmes, des enfants et des hommes, dont le seul crime est de vouloir continuer à vivre chez eux selon leurs coutumes, leur Histoire et leur volonté commune. 
 
Et tandis que les gouvernements relayés par leurs journalopes nous traitent de "terroristes" lorsque nous sommes, visages découverts sur les remparts de la cité rebelle, attendant les armes à la main l'ennemi dans un combat loyal, leurs démocrates "libérateurs" eux, bombardent de loin les innocents terrés dans les caves ou rampent incognito pour frapper une famille au coeur de la nuit ! 
 
De qui se moque t-on ! Depuis le coup d'état du Maïdan ce sont bien les occidentaux qui assassinent, soutiennent politiquement et militairement une junte néo-nazie qui bombarde les populations civiles, commet des attentats abjectes et meurtriers depuis 1 année maintenant...
 
Quand est ce que les Hommes libres d'Occident se réveilleront-ils enfin ?
 
Combien de mères assassinées avec leurs enfants dans les caves ou les bus du Donbass, faudra-t-il encore pour que le Monde ouvre les yeux sur les crimes commis au nom de la Liberté ? 
Combien de Romain Voznik, représentant élu par son peuple et condamné à mort pour le défendre, faudra-t-il encore pour que le Monde entende les chaînes de sa servitude mentale et de son esclavage sociétal ?
 
Dans le Donbass, nous refusons de devenir les zombies du Nouvel Ordre Mondial, et autour de nos héros et nos martyrs, nous annonçons ici et maintenant que la fin de la tyrannie a sonné... le monstre agonisant peut frapper autant qu'il veut, car à chaque homme abattu par ses tueurs, 100 autres se lèvent et, défendant la liberté de la Novorossiya, montreront toujours au monde que la force brutale, technologique, ou économique ne peut vaincre le courage d'une milice et l'amour d'un peuple pour sa Liberté !
 
Erwan Castel
 
 
Que le souvenir des morts soit la force des vivants !
 
 
 
 
 
 
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Euro : euro inflation, euro déflation, deux méthodes pour une même oppression - INITIATIVE...

29 Mars 2015 , Rédigé par Lucien Pons

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« LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR » ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES AU DÉPART DE NICE les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2015.

29 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #La République, #La nation .

 « LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR » ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES AU DÉPART DE NICE les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2015.
 « LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR » ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES AU DÉPART DE NICE les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2015.
 « LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR » ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES AU DÉPART DE NICE les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2015.
 « LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR » ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES AU DÉPART DE NICE les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2015.

« LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR »
ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUT
IVE
LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES
AU DÉPART DE NICE
les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2
015

Le plateau des Glières est un haut lieu de Résistance durant la seconde guerre mondiale contre l’envahisseur nazi, et contre la collaboration française, collaboration qui n’a pas hésité à trahir la patrie pour vendre la France au profit des forces de l’argent afin de revenir sur les avancées sociales du Front Populaire.

Durant ces deux jours vous pourrez assister à de nombreuses conférences et à des prises de paroles des Résistants d’hier et d’aujourd’hui.

Le déplacement s'effectuera en car à condition qu’un nombre suffisant
(35 personnes ) de participants se manifeste très rapideme
nt.
Le coût du car serait alors de 65€ / participant.

Sinon un covoiturage est d'ors et déjà organisé.

INSCRIVEZ-VOUS – URGENT

Il faut TRES VITE nous le faire savoir et nous envoyer un chèque de 50€ / participant.

Ce prix correspond à l'hébergement sur le plateau des Glières et aux repas du dimanche 24.

Le chèque est à libeller et adresser comme expliqué ci-dessus

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Salah Hamouri : « La France a traité mon dossier en fonction de ses alliances politiques »

29 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Politique étrangère, #Palestine libre, #la liberté, #La France, #La République, #La nation .

 

Salah Hamouri : « La France a traité mon dossier en fonction de ses alliances politiques »

Alohanews est allé à la rencontre d’un homme au destin atypique. Salah Hamouri était un étudiant franco-palestinien en sociologie et militant pour la cause palestinienne. Une vie ordinaire qui basculera le 13 mars 2005. Il sera enfermé dans les geôles israéliennes pendant plus de sept ans. C’est le récit d’un homme devenu le symbole de la jeunesse citoyenne militante. Un entretien qui casse des barrières. Salah Hamouri revient sur ses conditions de détention, sur la responsabilité des autorités françaises sur sa libération, sur l’affaire Florence Cassez et sur son combat.

Pouvez-vous rappeler aux lecteurs, quels ont été les chefs de votre détention en Israël ?

J’ai été arrêté le 13 mars 2005 pour avoir "l’intention d’assassiner" le rabbin extrémiste Yossef Ovadia et d’être membre du Front Populaire de Libération de la Palestine. J’ai été jugé par un tribunal militaire d’occupation. Ce dernier m’a condamné à sept années de prison.

Quel a été votre quotidien durant les sept années de votre emprisonnement ?

Les prisonniers palestiniens connaissent le but de leur détention : tuer l’être humain et détruire son mental afin qu’une fois sorti, il soit un poids pour sa famille et pour la société palestinienne. Nous faisions tout pour nous organiser, afin d’avoir une vie normale. Nous organisions des élections discrètes, pour élire nos dirigeants. La vie quotidienne s’organisait par plusieurs comités élus qui s’occupaient de la culture, de l’organisation et de la communication avec les autres prisons. Par exemple, nous devions lire minimum deux livres par mois, et nous en débattions.

Par rapport aux visites, normalement, le prisonnier politique palestinien a le droit de recevoir une visite tous les quinze jours. Cette visite s’effectue derrière une vitre. Toutes les conversations s’y effectuent par téléphone et sont enregistrées. Israël a divisé en trois catégories les visites, une pour Gaza, une pour Jérusalem et une pour la Cisjordanie.

Les prisonniers venant de Cisjordanie n’ont pas le droit de recevoir des visites sans que leur famille ait une autorisation militaire. Néanmoins, cette autorisation demande une contrepartie qui favorise la colonisation. Par exemple, l’armée de Tsahal demande à un enfant de collaborer avec les renseignements israéliens pour obtenir une autorisation afin de voir sa mère ou son père.

Entre 2006 et 2012, les prisonniers de la bande de Gaza n’ont pu recevoir qu’une seule visite de leurs proches. Suite à cela, les prisonniers ont entamé une grève de la faim en 2012 qui a duré 28 jours. Suite à cette grève, quelques prisonniers de Gaza ont pu recevoir des visites. La grève de la faim est le moyen le plus efficace pour les prisonniers politiques pour faire valoir leurs droits. A l’heure où je vous parle, quatre prisonniers sont en grève de la faim. Deux d’entre eux parce qu’ils sont en détention administrative (détention sans procès, sans preuve, renouvelable tous les six mois sans jugement), les deux autres parce qu’ils ont été de nouveau arrêtés, alors qu’ils avaient été libérés lors de l’échange de prisonniers en 2011.

Il faut savoir qu’il y a des prisonniers qui souffrent de maladies et que l’occupation refuse de leur donner des soins adaptés. Actuellement, onze détenus sont atteints du cancer. Israël refuse de les libérer alors qu’ils sont en danger de mort.

Le plus dangereux, c’est qu’Israël se sert des prisons comme centre de recherche. Le gouvernement utilise des prisonniers comme cobayes en testant toute sorte de médicaments. Des médecins internes viennent pratiquer des opérations sur les détenus pour obtenir leur diplôme.

Il faut savoir que depuis 1967, plus de 300 prisonniers sont morts dans les cellules. Certains corps n’ont pas été rendus à la famille, tant que la peine de l’incarcéré n’est pas terminée. A ce jour, 111 prisonniers sont incarcérés depuis plus de 20 ans. Israël refuse de les libérer malgré qu’ils aient été emprisonnés avant l’accord d’Oslo.

Vous êtes devenu une icône de la résistance palestinienne malgré vous à l’image de Marouane Barghouti. Est-il vrai que vous avez été incarcéré avec lui ?

Oui, j’ai vécu avec lui quelques mois. Je suis devenu une icône de la résistance palestinienne malgré moi. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui, il reste 4600 icônes de la résistance palestinienne derrière les barreaux. Je crois que ma liberté est seulement le début d’un long chemin pour obtenir leur libération.

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Comment s’est négociée votre libération par les autorités françaises ?

Je crois que mon dossier n’était pas soutenu par le gouvernement français et qu’il était caché au fond d’un tiroir. J’ai senti que je n’ai pas été traité comme un citoyen français à part entière. Nicolas Sarkozy a refusé plusieurs fois de recevoir ma mère, alors qu’il a reçu tous les parents des autres français détenus dans le monde. Il faut rappeler qu’il s’était promis de chercher les Français détenus dans le monde entier. Je crois aussi que la France à l’époque a traité mon dossier en fonction de ses alliances politiques.

La première fois que j’ai reçu la visite de Christophe Bigot, ambassadeur de France à Tel-Aviv, c’était juste après la libération du soldat franco-israélien, Gilad Shalit. Il m’a dit que la France allait négocier pour que mon nom soit mis sur la liste des prisonniers libérés lors de la deuxième vague d’échange de prisonniers lors de la libération du soldat Gilad Shalit. Dix jours plus tard, j’ai reçu une deuxième visite de l’ambassadeur, m’annonçant qu’il a participé à plusieurs réunions avec 14 ministres israéliens, mais qu’il n’avait pas encore de réponse quant à ma libération.

Un jour après, j’ai été surpris d’apprendre que Christophe Bigot avait été rencontrer le rabbin Yossef Ovadia pour lui demander son avis sur ma libération. Le jeudi 15 décembre, j’ai appris que j’allais être libéré le 18 décembre 2011. Depuis le début de ma détention, j’ai pu compter sur la mobilisation citoyenne, bien plus que sur la mobilisation du gouvernement. Je remercie toutes les personnes qui ont pris part à cette mobilisation.

Cela fait maintenant plus d’un an que vous avez été libéré, comment arrive-t-on à vivre normalement après un tel traumatisme ?

Je ne crois pas que je pourrai un jour reprendre une vie normale en faisant comme si l’étape de la prison n’avait pas existé. La prison m’a volé sept ans de ma vie. Néanmoins, il y a des choses que je n’aurais jamais pu apprendre si je n’y avais pas été. Malgré la souffrance de l’incarcération, j’ai appris beaucoup de choses qui me resteront gravées : la solidarité, avoir des principes, cultiver l’espoir et surtout toujours garder le sourire et le moral même dans les moments les plus difficiles. Cette épreuve a forgé mon caractère. Depuis ma sortie, j’essaie de rattraper le temps volé par mon emprisonnement.

Vous avez pu suivre au journal télévisé, la sortie de la ressortissante française Florence Cassez en détention au Mexique. Jugez-vous avoir été soutenu de la même manière ?

La France avait moins de problèmes à créer une crise diplomatique avec le Mexique, qu’avec un état d’occupation. Les médias ont également beaucoup parlé d’elle pendant sa détention et l’ont reçu sur leurs plateaux après sa libération. En ce qui me concerne, seul le journal militant l’Humanité a réellement relayé mon affaire et à ma sortie, peu de médias français étaient présents. A l’inverse de Florence Cassez, je n’ai pas été reçu ni par le Président de la République ni par des ministres. Nous sommes face à un réel "deux poids, deux mesures" aussi bien au niveau de la classe politique qu’au niveau des médias. Dès que l’on touche aux alliés politiques de la France, les droits des citoyens français semblent oubliés. Tout cela confirme l’importance d’une mobilisation citoyenne forte envers la Palestine.

Comment qualifiez-vous le refus de la libération du résistant libanais Georges Abdallah par l’état français bien qu’il a purgé l’entièreté de sa peine ?

Tout d’abord, je veux saluer ce grand combattant de la liberté, à qui j’accorde un grand respect parce que sa volonté et ses principes n’ont pas été brisés par les barreaux des prisons. Comme beaucoup de personnes, je demande la libération immédiate et sans condition de Georges Ibrahim Abdallah. Aujourd’hui plus qu’avant, cette libération doit avoir lieu compte tenu de la décision prise par le tribunal. Malheureusement, le gouvernement français bloque cette libération, et préfère se soumettre à la pression américano-israélienne, au lieu de défendre sa souveraineté nationale.

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Vous soutenez une opération "J’écris ton nom : Je parraine un prisonnier’ en appui aux prisonniers politiques palestiniens. Quel est le but de cette initiative ?

Il s’agit d’une démarche simple, mais politiquement très forte. Chaque parrain s’engage à envoyer une lettre par mois à son filleul (en anglais ou en arabe), tout en sachant que les prisonniers ne peuvent pas y répondre. Le parrainage permet de faire comprendre aux prisonniers qu’ils ne sont pas seuls et de prouver à cette occupation qu’il y a des milliers de citoyens en France et partout dans le monde qui soutiennent la lutte et les droits des prisonniers. C’est aussi une sorte de protection pour ces détenus. Cette mission simple est une part de la mobilisation et de la solidarité entre tous les femmes et les hommes libres du monde. Pour y participer, il suffit de s’inscrire sur http://www.france-palestine.org/Parrainer-un-e-prisonnier-e

Quel est votre combat aujourd’hui ?

Je milite pour le droit des prisonniers politiques palestiniens. En Palestine, en France ou dans mes conférences à travers le monde, je m’efforce de faire connaître la situation des prisonniers palestiniens pour mobiliser le plus de monde afin d’obtenir leur libération.

Propos recueillis par Mouâd Salhi

http://newsaloha.tumblr.com/post/42517901002

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Lucien Pons

28 Mars 2015 , Rédigé par Lucien Pons

Lucien Pons

Lucien Pons

LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR » ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES AU DÉPART DE NICE les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2015

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/03/le-comite-pour-une-nouvelle-resistance-cnr-organise-pour-la-sixieme-annee-consecutive-le-deplacement-au-plateau-des-glieres-au.html

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LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR »...

28 Mars 2015 , Rédigé par Lucien Pons

LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR »...

LE COMITÉ POUR UNE NOUVELLE RÉSISTANCE- CNR » ORGANISE POUR LA SIXIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE LE DÉPLACEMENT AU PLATEAU DES GLIÈRES AU DÉPART DE NICE les samedi 23 mai et dimanche 24 mai 2015

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Renseignement. Comment le Mossad a aidé le Maroc à tuer Ben Barka

28 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #La France, #La République, #La nation ., #La guerre, #Politique étrangère

Bachir Ben Barka (à gauche), fils du leader de l'opposition marocaine Mehdi Ben Barka, donne une conférence de presse le 30 octobre 1975. A ses côtés, Madame Bachir Ben Barka et leur fille Fawz ainsi que Claude Bourdet, homme politique– AFP

Bachir Ben Barka (à gauche), fils du leader de l'opposition marocaine Mehdi Ben Barka, donne une conférence de presse le 30 octobre 1975. A ses côtés, Madame Bachir Ben Barka et leur fille Fawz ainsi que Claude Bourdet, homme politique– AFP

Au moment de la guerre des Six-Jours, le général de Gaulle décida d’“un embargo absolu sur les armes”. Son discours devant l’Assemblée nationale en novembre 1967 est entré dans les livres d’histoire :

Les Juifs [sont] restés ce qu'ils [ont] été de tout temps, un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur.”

Deux jours après avoir prononcé ces mots, il ordonna l’expulsion des représentants du Mossad en France et le démantèlement de son siège parisien.

Renseignement. Comment le Mossad a aidé le Maroc à tuer Ben Barka

 

Une grande enquête du quotidien israélien Yediot Aharonot publiée cette semaine met en lumière l’implication des services de renseignements israéliens dans l’enlèvement à Paris, le 29 octobre 1965, et l’assassinat de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka.

La mort du célèbre opposant marocain, Mehdi Ben Barka, eut d’importantes conséquences notamment sur les relations entre le Mossad, le Premier ministre d’alors, Levi Eshkol, et Isser Harel, figure mythique des services israéliens, qui fut chargé d’enquêter sur cette affaire d’Etat, mais aussi sur les relations franco-marocaines. Comme le souligne Le Monde, qui a interviewé l'un des auteurs de l'enquête, l'article a été soumis à la relecture de la censure militaire avant publication, car la loi israélienne l’exige. Toutefois, fondé sur la retranscription d’une rencontre entre le chef du Mossad de l’époque, Meir Amit,  Levi Eshkol et Isser Harel, et sur les témoignages de nombreux acteurs de l’affaire, l'article du Yediot Aharonot révèle l’implication logistique du Mossad dans la mort de Ben Barka.

Quels rapports de forces ?

A l'entame des années 1960, le Mossad (chargé du renseignement extérieur et de l'antiterrorisme) a installé un siège à Paris pour organiser ses opérations dans toute l’Europe. En matière de sécurité, les relations entre Israël et la France sont alors très étroites. La France, empêtrée “dans le bourbier algérien” et aux prises avec le Front de libération nationale (FLN), a besoin de l’aide du Mossad. “Au début, cette coopération s’est traduite par le partage d’informations sur l’organisation clandestine. Puis le Mossad livra des armes qui serviront dans une série d’assassinats perpétrés par les services français contre le siège du FLN au Caire”, écrivent les journalistes de Yediot Aharonot.

De son côté, le Mossad “utilise” Paris comme “voie d’accès à l’Afrique et à l’Asie”. Très actif, le service cherche alors à obtenir le plus possible d’informations sur les pays arabes et sur le bloc soviétique – pour les partager avec les Etats-Unis. Si le Mossad noue à l’époque des relations secrètes avec la Turquie, l’Iran et l’Ethiopie, “une cible lui manque cruellement : le Maroc”. Pays arabe modéré, le Maroc est un pays qui entretient des relations avec les principaux ennemis d'Israël. “Sans parler du fait qu’à la tête du royaume Hassan II fait plutôt figure d’allié de l’Occident.”

Echange de services

“Dans le renseignement, il n’y a pas de cadeaux gratuits”, rappelle l’enquête de Yediot Aharonot. C’est en vertu de cet adage que, six semaines avant l’assassinat de Ben Barka, le Mossad s’est retrouvé débiteur d’une dette vis-à-vis du Maroc. D’après les documents utilisés par les journalistes, Israël considérait ses relations avec le Maroc comme “stratégiques” et les deux pays avaient réussi à se trouver des intérêts. Le roi Hassan II s’était laissé convaincre de “laisser des Juifs de son pays émigrer vers Israël”. En échange, l’Etat hébreu fournissait une aide logistique au Maroc, formait ses militaires. En 1965, la coopération entre les services de renseignements des deux pays prit une dimension autrement plus importante.

En septembre 1965, expliquent Ronen Bergman et Shlomo Nakdimon, le renseignement marocain permet en effet à des agents du Mossad d’obtenir des informations cruciales. Du 13 au 18 septembre 1965, la Ligue arabe tint un sommet de la plus haute importance à Casablanca. Le roi Hassan II délivra à Meit Amir, le directeur du Mossad, tous les documents relatifs à cette rencontre ainsi que les enregistrements de la réunion, qui avait été mise sur écoute. “Ces informations très importantes donnèrent un aperçu des ambitions des plus grands ennemis d’Israël. [...] Lors de la réunion, les commandants des armées arabes avouèrent qu’elles n’étaient pas préparées pour une nouvelle guerre contre Israël”, rapporte Yediot Aharonot. C’est en partie sur ces informations que Tsahal recommanda au gouvernement de Levi Eshkol de lancer ce qui deviendra la guerre des Six-Jours en 1967. Conflit qui vit l’armée israélienne triompher des armées syrienne, égyptienne et jordanienne.

Après cette coopération sans précédent, le Maroc voulut être dédommagé du service rendu le plus vite possible. Le nom de cette dette : Ben Barka, l’un des opposants les plus farouches du roi Hassan II. C’est ainsi que fut lancée l’opération Baba Batra – qui, en plus d’avoir les mêmes initiales que Ben Barka, désigne dans le Talmud un traité s’intéressant aux questions liées à la responsabilité individuelle.

L’opération Baba Batra

En échange de la coopération du Maroc lors du sommet de la Ligue arabe, le Mossad s’engagea à  suivre les déplacements de Ben Barka en Europe – l’homme était alors en exil. Mehdi Ben Barka était une figure influente au Maroc et dans le monde arabe. Homme de gauche, il soutint la révolution et le combat contre le colonialisme, et devint l’un des opposants les plus virulents au roi Hassan II.

L’enquête révèle que le Mossad réussit à localiser Ben Barka à Genève, où l’opposant marocain relevait son courrier.

“Le Mossad donna l’adresse du kiosque à Ahmed Dlimi, adjoint de Mohammed Oufkir, le ministre de l’Intérieur marocain. Les agents marocains n’avaient plus qu’à surveiller le kiosque vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pendant deux semaines, jusqu’à ce que leur cible se montre.”

A ce stade de l’affaire, il n’est encore question pour le Mossad que de fournir une assistance technique, tout en gardant ses distances avec une opération qui, concrètement, sera menée par les agents marocains. Le Mossad fournit notamment de faux documents afin de louer des voitures et des passeports aux Marocains et Français impliqués dans l’affaire pour qu'ils puissent fuir rapidement après l’opération.

Le piège du documentaire

“Quel était le but de l’opération pour les Marocains ?" interrogent Ronen Bergman et Shlomo Nakdimon. "La réponse dépend de la personne à qui vous posez la question. Selon l'historien spécialiste des relations israélo-marocaines, Yigal Ben-Nun, l’idée au départ, était de kidnapper l’opposant avant de le soumettre à un choix : soit il devenait ministre de l’Education du gouvernement de Hassan II (ce qui sous-entend qu’il se soumet à sa loi), soit il comparaissait lors d’un procès public pour trahison. Selon d’autres preuves, notamment les enregistrements du Mossad et du Premier ministre israélien, l’intention a toujours été de mettre fin à sa vie.”

Le Mossad met au point un piège en montant une histoire de documentaire sur Ben Barka pour l’attirer à Paris. La suite de l’histoire est connue. Le 29 octobre 1965 : Mehdi Ben Barka arrive à Paris. Il a rendez-vous chez Lipp – la fameuse brasserie du boulevard Saint-Germain – avec un journaliste français. A quelques pas du restaurant, deux policiers français demandent à Mehdi Ben Barka de les suivre. Le piège se referme.

Les journalistes d’investigation racontent ensuite comment l’opposant a été amené dans un appartement. Il y sera longuement et sauvagement torturé par Ahmed Dlimi et ses acolytes à coups de brûlures de cigarettes, d’électrochocs et de simulations de noyade. Ronen Bergman et Shlomo Nakdimon précisent que “le Mossad n’était pas présent au moment des faits et n’a pas autorisé sa mise à mort”. D’après les témoignages de membres du Mossad à l’époque, au bout de plusieurs dizaines de minutes d'interrogatoire, Ahmed Dlimi aurait appelé ses homologues israéliens depuis l’appartement en disant : “Je ne voulais pas... il est mort.”

Les Marocains demandent alors aux services de renseignements israéliens de faire disparaître le corps. Le cadavre de Ben Barka sera emmené, enterré en pleine nuit dans la forêt de Saint-Germain, puis “dissous à l’acide” avec des produits chimiques achetés dans plusieurs pharmacies.

Les conséquences de l'affaire

Yediot Aharonot explique que la mort de Ben Barka provoqua une grave crise politique en Israël. Isser Harel, figure des renseignements israéliens, chargé d’enquêter sur l’affaire, réclame la démission d'Amit, le chef du Mossad, puis carrément celle du Premier ministre, Levi Eshkol. L’enlèvement de Ben Barka en plein Paris et sa disparition avérée sur le sol français ont par ailleurs profondément marqué les relations entre la France et le Maroc, ainsi qu’entre la France et Israël.

Des fuites bien orchestrées ont rapidement fait comprendre à l’entourage du général de Gaulle que les services marocains étaient impliqués dans la disparition de Mehdi Ben Barka. La réaction du président français fut immédiate : il décapita les services secrets français, intérieurs comme extérieurs, et ce fut la fin du SDECE (contre-espionnage). Il alla même jusqu’à demander au roi Hassan II de lui livrer Mohamed Oufkir et Ahmed Dlimi. Le refus du souverain chérifien marqua une dégradation brutale des relations diplomatiques entre Paris et Rabat, sur lesquelles plane encore aujourd’hui “l’ombre du fantôme de Ben Barka”, souligne le quotidien israélien.

Le site d'information marocain Tel Quel rappelle se son côté qu'“à ce jour l'affaire Ben Barka n'a toujours pas été élucidée par la justice marocaine”.

Avec Tel-Aviv, les choses furent différentes. Tout en soupçonnant le Mossad d’être mêlé d’une façon ou d’une autre à “l’affaire”, le soutien de la France à Israël a prévalu sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette participation, soulignent Ronen Bergman et Shlomo Nakdimon. Pourtant, au moment de la guerre des Six-Jours, le général de Gaulle décida d’“un embargo absolu sur les armes”. Son discours devant l’Assemblée nationale en novembre 1967 est entré dans les livres d’histoire : “Les Juifs [sont] restés ce qu'ils [ont] été de tout temps, un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur.” Deux jours après avoir prononcé ces mots, il ordonna l’expulsion des représentants du Mossad en France et le démantèlement de son siège parisien.

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Le plan impérialiste de treize ans pour la Syrie, par Slobodan Eric

28 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Les transnationales

Le plan impérialiste de treize ans pour la Syrie

Ce n’est que progressivement que toutes les pièces du puzzle se mettent place. Dans cet entretien à la revue serbe Geopolitika, Thierry Meyssan explique ce qu’il comprend aujourd’hui du plan impérialiste élaboré par Washington pour le Proche-Orient, en 2001. Il observe son échec face aux résistances populaires et note que nous en paierons tous les conséquences, à la fois les peuples opprimés et ceux qui ont cru pouvoir les dominer.

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Thierry Meyssan, analyste et consultant politique

Geopolitika : Cher Monsieur Meyssan, pourriez-vous —pour les lecteurs de Geopolitika— expliquer brièvement ce qu’il se passe en ce moment en Syrie, puisqu’en suivant les informations des grandes chaînes de télévision et les rapports de l’Observatoire Syrien des droits de l’Homme de Londres, on n’arrive pas à comprendre la situation réelle dans ce pays en guerre. Il nous semble qu’un vent positif souffle pour le président Assad, l’armée syrienne et toutes les forces patriotiques défendant la Syrie après l’initiative russe concernant la suppression des armes chimiques qui a détruit le plan de l’intervention états-unienne et de l’Otan.

Thierry Meyssan : Selon les États membres de l’Otan et du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les Syriens se sont révoltés contre leur gouvernement, il y a trois ans, par mimétisme avec les Africains du Nord. C’est ce que l’on appelle le « printemps arabe ». Le gouvernement, ou plutôt « le régime », c’est plus méprisant, y a répondu par la force et la brutalité. Depuis 2011, la répression aurait fait plus de 130 000 morts. Cette version est étayée par l’Observatoire syrien des Droits de l’homme qui diffuse une comptabilité des victimes.

La réalité est très différente. Au moment des attentats du 11-Septembre, les États-Unis ont décidé de détruire un certain nombre de pays, dont la Libye et la Syrie. Cette décision a été révélée par l’ancien commandeur suprême de l’Otan, le général Wesley Clark, qui y était opposée. Il s’agissait de créer une unité politique, du Maroc à la Turquie, autour des Frères musulmans, d’Israël et de la globalisation économique. En 2003, après la chute de l’Irak, le Congrès a adopté le Syria Accountability Act qui donne le pouvoir au président des États-Unis d’entrer en guerre contre la Syrie sans avoir besoin de repasser devant le Parlement. En 2005, les États-Unis ont utilisé l’assassinat de Rafik Hariri pour accuser le président Bachar el-Assad de l’avoir commandité et ont créé le Tribunal spécial pour le Liban de manière à le condamner et à entrer en guerre contre son pays. Cette accusation s’est effondrée dans le scandale des faux témoins. En 2006, Washington a sous-traité une guerre contre le Hezbollah à Israël, dans l’espoir d’impliquer la Syrie. En 2007, les États-Unis ont organisé et financé des groupes d’opposition en exil autour des Frères musulmans. En 2010, ils ont décidé de sous-traiter cette guerre et celle contre la Libye à la France et au Royaume-Uni qui ont, pour cela, conclu le Traité de Lancaster House. En 2011, l’Otan a envoyé secrètement des commandos en Syrie pour y semer la panique et la désolation. Après la chute de la Libye, ils ont déplacé le centre de commandement de leurs armées de terre à Izmir en Turquie et les combattants libyens d’Al-Qaida au Nord de la Syrie. Cette guerre d’agression a coûté la vie à 130 000 Syriens et à un très grand nombre de combattants étrangers.

Depuis le mois d’août-septembre 2013 et la crise des armes chimiques, les États-Unis ont admis qu’ils ne parviendraient pas à renverser l’État syrien. Ils ont interrompu leurs livraisons d’armes et les jihadistes étrangers ne pouvaient plus compter que sur Israël, la France et l’Arabie saoudite. Partout, l’armée loyaliste a repris du terrain et les bandes armées sont en déroute, sauf dans le Nord du pays. Cependant, Washington bloque la paix en Syrie tant qu’il n’aura pas réussi à imposer son règlement de la question palestinienne.

Geopolitika : Quelles sont les conséquences de la défaite de l’Armée syrienne libre, soutenue par l’Occident ? Quelle est la situation à Alep et sur les autres fronts de bataille ? Qui finance et soutient Al-Nosra, Al-Qu’aida et les autres groupes islamistes extrémistes ? Est-ce que les islamistes radicaux, même s’ils ne sont pas tellement populaires, sont des guerriers de second rang qui attaquent la Syrie pour le compte de l’Occident ?

Thierry Meyssan : Au début, l’Otan avait choisi de livrer une guerre de 4ème génération. Il s’agissait de noyer la population syrienne sous un flot de fausses informations visant à lui faire croire que le pays s’était soulevé et que la révolution avait triomphé, de sorte que chacun accepte fatalement un changement de régime. Le rôle des groupes armés était de mener des actions symboliques contre l’État —par exemple contre les statues d’Hafez el-Assad, le fondateur de la Syrie moderne— et des actions terroristes pour intimider les gens et les contraindre à ne pas intervenir. Chacun de ces groupes armés était encadré par des officiers de l’Otan, mais il n’y avait pas de commandement central afin de donner l’impression d’une insurrection généralisée et non pas d’une guerre front contre front. Tous ces groupes, disjoints les uns des autres, portaient une seule étiquette, celle de l’Armée syrienne libre (ASL). Ils se reconnaissaient au même drapeau, vert, blanc, noir, qui est historiquement celui du mandat français durant l’entre-deux-guerres, c’est-à-dire de l’occupation coloniale.

Lorsque les Occidentaux ont décidé de changer de stratégie, en juillet 2012, ils ont essayé de rassembler ces groupes armés sous un commandement unique. Ils n’y sont jamais parvenus du fait de la concurrence entre leurs sponsors, la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite.

Depuis le début, les seules forces militaires efficaces sur le terrain sont celles des jihadistes se réclamant d’Al-Qaida. Ils étaient le fer de lance de l’ASL durant la première partie de la guerre, puis s’en sont dissociés lorsque les États-Unis les ont qualifiés de « terroristes ». Aujourd’hui, ils se divisent principalement entre le Front islamique, financé par l’Arabie saoudite, le Front Al-Nosra, financé par le Qatar, et l’Émirat islamique d’Irak et du Levant (ÉIIL, « Daesh » en arabe), financé par l’Otan via la Turquie bien que commandé par l’Arabie saoudite. La concurrence est telle que ces trois groupes se massacrent entre eux plus qu’ils ne se battent contre l’État syrien.

Geopolitika : En raison des informations malicieuses et sélectives des médias globaux, pourriez-vous nous dire qui a attaqué des innocents citoyens et des enfants au gaz sarin ? Ici en Serbie, où on a déjà eu l’expérience du massacre de Raçak, celui des habitants de Sarajevo au marché de Markale, pour lesquels les Serbes ont été désignés comme coupables sans aucune preuve, tout ça ressemble à un script déjà vu de « management du massacre ». Est-ce que ces mises en scène sanglantes, qui ont servi à la manipulation de l’opinion publique et à déclencher les interventions militaires en ex-Yougoslavie et dans d’autres points critiques du monde, sont en train de perdre de leur effet, ou autrement dit : est-il aujourd’hui de plus en plus difficile de tromper les gens ?

Thierry Meyssan : L’attaque au gaz sarin dans la ghouta de Damas (c’est-à-dire la ceinture agricole vivrière de la capitale) n’est pas la première attaque au gaz. Il y en a eu plusieurs autres auparavant pour lesquelles la Syrie a vainement saisi le Conseil de sécurité. Selon l’opposition en exil, le gouvernement aurait bombardé cette zone de la ghouta pendant plusieurs jours pour finalement tuer la population au gaz. Le président Obama, ayant considéré que cette attaque franchissait la « ligne rouge », a alors menacé de détruire Damas. Il a été suivi, dans une surenchère, par le président Hollande. Mais, en définitive, la Syrie a, sur proposition russe, adhéré à la Convention contre les armes chimiques et remis tous ses stocks à l’OIAC. Le bombardement de Damas n’a pas eu lieu.

Aujourd’hui le Massachussets Institute of Technology (MIT) a publié un rapport montrant que les missiles chimiques observés dans la ghouta ont une portée inférieure à 2 kilomètres. Or, selon les cartes diffusées par la Maison-Blanche, il faudrait 9 km pour que les forces loyalistes puissent toucher la « zone rebelle ». En d’autres termes, il est impossible que ces tirs émanent des forces gouvernementales.

Cette étude confirme les rapports satellitaires russes selon lesquels deux missiles avaient été tirés par des Contras sur leur propre zone. Elle valide les aveux, diffusés trois jours plus tard par la télévision syrienne, d’un individu ayant avoué avoir convoyé ces missiles chargés depuis une base de l’armée turque jusqu’à Damas. Elle valide les imputations de familles alaouites de Lattaquié qui affirment avoir reconnus leurs enfants enlevés par les Contras le mois précédant, parmi les images des victimes. Enfin, elle valide l’enquête de Seymour Hersh, selon qui, contrairement aux propos de Barack Obama, les observations du Pentagone ne montraient aucune activité du service des armes chimiques dans les jours précédents.

Cette affaire n’a pas de raison de vous étonner puisque vous avez vécu le même type d’agression, de la part des mêmes puissances. Elle fonctionne aujourd’hui aussi bien qu’auparavant. Cependant, les intoxications ont toujours une durée de vie limitée. Il se trouve que celle-ci a fonctionné, mais n’a pas abouti. Le public occidental y a cru, mais Damas n’a pas été bombardée parce que la Russie l’a empêché en massant sa flotte sur la côte syrienne. Du coup, le Pentagone ne pouvait plus détruire la ville qu’en tirant depuis la mer Rouge au dessus de la Jordanie et de l’Arabie saoudite, ce qui aurait provoqué une vaste guerre régionale. La vérité, nous ne la connaissons avec certitude que maintenant, c’est-à-dire six mois plus tard.

Geopolitika : On doit aussi vous poser la question sur la situation des chrétiens en Syrie. Des informations sont arrivées sur l’occupation et le pillage de Maaloula par les islamistes d’Al-Nosra, qui est un ancien sanctuaire chrétien ; des nonnes auraient également été kidnappées ?

Thierry Meyssan : Pour saigner la Syrie, l’Otan a eu recours à la fois à des collaborateurs syriens et à des combattants étrangers. Durant la seconde partie de la guerre, c’est-à-dire depuis la première conférence de Genève en juin 2012, on assiste à un afflux sans précédant de Contras. Il s’agit d’une guerre de type nicaraguayen, mais avec un recours jamais atteint auparavant aux mercenaires. Ils sont aujourd’hui au moins 120 000 combattants étrangers, issus de 83 pays, à se battre en Syrie contre l’État. Tous se réclament du wahhabisme, une secte fondamentaliste au pouvoir en Arabie saoudite, au Qatar et dans l’émirat de Sharja. La plupart se disent takfiristes, c’est-à-dire « purs ». Ils condamnent à mort les « apostats » et les « infidèles ».

À ce titre, ils scandent durant leurs manifestations : « Les alaouites au tombeau, ! Les chrétiens au Liban ! ». Durant trois ans, ils ont massacré des dizaines de milliers d’alaouites (une Église chiite pour qui la foi est intérieure et ne s’exprime pas par des rites) et de chrétiens. Surtout, ils ont contraint des centaines de milliers de chrétiens à fuir en abandonnant leurs biens. Aujourd’hui, ils les contraignent à leur payer un impôt spécial, en tant qu’infidèles.

Comme nous arrivons à la fin de la guerre, les groupes armés tentent de venger leur défaite par des opérations spectaculaires. Ils ont ainsi attaqué Maloula, une ville chrétienne ou l’on parle encore la langue du Christ, l’araméen. Ils y ont commis des atrocités qui ont frappé les esprits. Des chrétiens ont été suppliciés en public et sont morts en martyrs parce qu’ils refusaient d’abjurer leur foi.

Geopolitika : Vous suivez avec beaucoup d’attention et de précision la situation au Proche Orient. Comment qualifieriez-vous la situation en Égypte ? Pensez-vous que la situation là-bas a été consolidée après les actions déterminées du commandement militaire ? Est-ce la première sérieuse défaite de ceux qui planifient les révolutions arabes ? Comment expliquez-vous que les États Unis soutiennent un groupe islamiste radical comme les Frères Musulmans ?

Thierry Meyssan : L’expression « printemps arabe » est une facilité de journaliste pour dire que des événements qu’ils ne comprennent pas se passent au même moment dans des pays très différents ou l’on parle la même langue, l’arabe. C’est aussi un moyen de propagande pour faire passer des guerres d’agression pour des révolutions.

Le département d’État, inquiet de la succession d’Hosni Moubarak, avait décidé de le renverser pour choisir lui-même le prochain gouvernement. Il a donc organisé la famine, en 2008, en spéculant sur les denrées alimentaires. Il a formé une équipe pour assurer la relève autour des Frères musulmans. Et il a attendu que le chaudron bouille.

Lorsque la révolte a commencé, le département d’État a envoyé l’ambassadeur Frank Wisner —celui qui a organisé la reconnaissance internationale de l’indépendance du Kosovo— pour ordonner à Hosni Moubarak de démissionner. Ce qu’il a fait. Puis, le département d’État a aidé à organiser des élections qui ont permis aux Frères musulmans de placer le double national égypto-états-unien Mohamed Morsi à la présidence, avec moins de 20 % des voix. Une fois au pouvoir, M. Morsi a ouvert l’économie aux transnationales états-uniennes et a annoncé la prochaine privatisation du Canal de Suez. Il a imposé une constitution islamiste etc. Le peuple s’est alors soulevé à nouveau. Mais pas seulement quelques quartiers du Caire comme la première fois. Tout le peuple, dans tout le pays, sauf le cinquième de la population qui l’avait élu. En définitive, l’armée a repris le pouvoir et emprisonné les dirigeants des Frères musulmans. Il apparaît aujourd’hui qu’ils étaient en train de négocier le déplacement de la population palestinienne de Gaza en Égypte.

Là-bas, comme dans l’ensemble du monde arabe, Hillary Clinton s’appuyait sur les Frères musulmans. Cette organisation secrète, constituée en Égypte pour lutter contre le colonialisme britannique, a en réalité toujours été manipulée par le MI6 et tient aujourd’hui son siège international à Londres. Dès 2001, Washington avait planifié leur ascension en facilitant l’élection en Turquie d’un responsable politique qui avait été emprisonné en tant que Frère musulman, mais prétendait les avoir quittés, Recep Tayyip Erdoğan. Après avoir tenté de nombreux coups d’État dans plusieurs pays, durant 80 ans, la confrérie est arrivée au pouvoir dans les bagages de l’Otan en Libye, et par les urnes en Tunisie et en Égypte. Elle participe aux gouvernements au Maroc et en Palestine. Elle donne une figure politique aux Contras en Syrie. Elle s’est révélée en Turquie. Partout, elle dispose des conseils en relations publiques turcs et du financement du Qatar, c’est-à-dire d’Exxon-Mobil donc des Rockefellers. Elle a ses propres chaînes de télévision et son principal prédicateur al-Qadarawi, est le « conseiller spirituel » (sic) de la chaîne du Qatar Al-Jazeera. La Confrérie impose un islam sectaire, qui brime les femmes et assassine les homosexuels. En échange, elle soutient que l’ennemi des arabes ce n’est pas Israël, mais l’Iran, et ouvre les marchés aux transnationales US.

Si, durant deux ans et demi, on a pu croire que les Frères allaient gouverner l’ensemble du monde arabe, ils sont aujourd’hui abandonnés par les Occidentaux. En effet, nulle part, ils n’ont réussi à obtenir de soutien populaire massif. Jamais ils n’ont eu plus de 20 % de la population derrière eux.

Geopolitika : Depuis votre « tour de guet » au Proche-Orient, pourriez-vous nous expliquer l’amitié surprenante entre le gouvernement de Serbie et les Émirats Arabes Unis ? Le prince Mohammed Bin Zayed Al Nahyan est venu plusieurs fois en Serbie où il a annoncé plusieurs investissements des Émirats dans l’agriculture serbe, ainsi que le tourisme. La compagnie aérienne Etihad a acheté – pratiquement absorbé – la compagnie serbe JAT Airways. Est-ce que ces contacts politiques et économiques entre Abu Dhabi et Belgrade peuvent être réalisés sans l’accord de Washington ? Quelle serait le motif de la Maison-Blanche à encourager la collaboration entre les Émirats et la Serbie ?

Thierry Meyssan : Les Émirats arabes unis sont dans une situation très difficile. D’abord, c’est une fédération de 7 États assez différents, dont l’émirat wahhabite de Sharjah. Ensuite, ils sont trop petits pour pouvoir tenir tête à leur puissant voisin, l’Arabie saoudite, et à leur client, les États-Unis. Ils ont d’abord cherché à diversifier leurs protecteurs en offrant une base militaire à la France, mais celle-ci est revenue dans le commandement intégré de l’Otan. En 2010, ils ont abandonné l’idée de jouer un rôle diplomatique sur la scène internationale après que la CIA a assassiné le prince Ahmed au Maroc parce qu’il finançait secrètement la résistance palestinienne. La levée des sanctions US contre l’Iran va affaiblir leurs ports qui étaient devenus la plaque tournante du trafic pour contourner l’embargo. Ils cherchent maintenant de nouveaux partenaires économiques à leur taille. En négociant avec la Serbie, ils balancent aussi l’influence wahhabite du Qatar qui a créé Al-Jazeera en Bosnie.

Geopolitika : Que pensez-vous de la situation actuelle des relations internationales ? Est-ce que la présence militaire russe dans la Méditerranée et leurs actions diplomatiques rendant impossible l’intervention en Syrie, l’encouragement de l’Ukraine à ne pas signer un accord avec l’UE, la position ferme de la Chine en ce qui concerne les iles litigieuses du Pacifique, est-ce que tout ça montre le renforcement d’un monde multipolaire ? Quelle réponse peut-on attendre de la part des États Unis et de l’élite gouvernementale globale concernant les défaites qu’ils ont vécues après certaines révolutions oranges et arabes et concernant la tendance évidente de l’affaiblissement du pouvoir occidental ?

Thierry Meyssan : La faiblesse des États-Unis est certaine. Ils avaient prévu de réaliser une démonstration de force en attaquant en même temps la Libye et la Syrie. En définitive, ils n’en ont pas été capables. Aujourd’hui, leurs armées sont peu efficaces et ils ne parviennent pas à les réorganiser. Cependant, ils sont toujours de très loin la première puissance militaire du monde et parviennent ainsi à imposer le dollar, malgré une dette extérieure sans équivalent historique.

Au cours des dernières années, la Chine et la Russie ont considérablement progressé tout en évitant un affrontement direct. Pékin est devenu la première puissance économique du monde, tandis que Moscou est à nouveau la seconde puissance militaire. Ce processus va se poursuivre car les dirigeants chinois et russes ont montré leur capacité tandis que les dirigeants états-uniens ont montré leur incapacité à s’adapter. Je suis par contre sceptique sur le développement de l’Afrique du Sud, du Brésil et de l’Inde. Ils se développent pour le moment économiquement, mais je ne vois pas leurs ambitions politiques.

Les élites globales sont divisées. Il y a ceux qui pensent que l’argent n’a pas de patrie et que Washington sera remplacé par un autre, et ceux qui estiment tenir de leur force de la puissance militaire menaçante du Pentagone.

Geopolitika : Compte tenu des informations dont vous disposez et la crédibilité de vos analyses, nous serions intéressés à connaitre votre opinion concernant la politique du gouvernement de la Serbie qui mène avec persistance le pays vers l’Union Européenne, sans aucun enthousiasme de son peuple, et qui a accepté, pour arriver à ce but, de participer avec Bruxelles et Washington, dans la destruction de la résistance serbe à la sécession albanaise au Kosovo et Métochie.

Thierry Meyssan : L’actuel gouvernement serbe ne comprend pas notre époque. Il réagit toujours comme si la Russie était encore gouvernée par Boris Eltsine et ne pouvait pas l’aider. S’étant lui-même fermé la porte du Kremlin, il n’a d’autre choix que de se tourner vers l’Union européenne et d’en payer le prix. Il porte désormais le poids de la honte de l’abandon de la résistance serbe.

À vrai dire, il n’est pas le seul État des Balkans dans cette position. La Grèce et le Monténégro devraient identiquement se tourner vers la Russie et ne le font pas. Sans aucun doute, on peut dire que la plus grande victoire de l’impérialisme, c’est d’être parvenu à diviser et à isoler les peuples jusqu’à ce qu’ils croient ne plus avoir le choix de leur politique.

Geopolitika : Dans votre dernière interview pour Geopolitika, vous aviez dit que les membres de l’UÇK du Kosovo avaient entrainé un groupe de combattants en Syrie au terrorisme. Est-ce que l’UÇK et les Kosovars sont toujours actifs dans la lutte contre le président Assad et les organes légitimes de la Syrie ? Est-ce que vous avez des informations sur la participation chez les islamistes des musulmans de Bosnie, de Kosovo et Métochie et du la région de Serbie où vit une majorité musulmane (ville de Novi Pazar) ?

Thierry Meyssan : Les jihadistes qui se battent en Syrie ont revendiqué sur leurs sites internet avoir reçu une formation de l’UÇK et ont posté des photos de leurs relations. Tout cela était évidemment organisé par les services secrets turcs, le MIT, dont le chef actuel, Hakan Fidan, était l’agent de liaison entre l’armée turque et l’état-major de l’Otan durant la guerre du Kosovo.

De la même manière nous savons que de nombreux jihadistes en Syrie viennent des Balkans. Mais ce phénomène ne semble plus alimenté par la Turquie. Actuellement, la police et la justice turque mènent une opération contre le gouvernement Erdoğan. Ils sont parvenus à mettre en lumière les relations personnelles du Premier ministre avec le banquier d’Al-Qaida, qu’il recevait secrètement à Istanbul alors que celui-ci figurait sur la liste des personnes recherchées par l’Onu. De la sorte, la Turquie finançait les actions d’Al-Qaïda en Syrie. M. Erdoğan prétend être victime d’un complot de son ex-associé, le prédicateur musulman Fethullah Güllen. Il est probable qu’en réalité, celui-ci s’est allié à l’armée kémaliste contre M. Erdoğan qui s’est révélé, quoi qu’il prétende, être toujours un membre des Frères musulmans.

Au début, des États membres ou proches de l’Otan ont incité des musulmans à partir faire le jihad en Syrie. Aujourd’hui, ils s’inquiètent de voir revenir ces gens chez eux. Car des personnes qui ont violé, torturé, coupé d’autres personnes en morceaux et les ont exhibés, ne peuvent pas revenir collectivement à une vie civile normale.

Lorsque la CIA a créé le mouvement jihadiste contre l’union Soviétique en Afghanistan, le monde n’était pas encore globalisé. Les voyages étaient beaucoup moins nombreux et donc plus surveillés. Il n’y avait d’Internet. La CIA pouvait manipuler des musulmans en Afghanistan sans craindre de les voir déborder ailleurs. Aujourd’hui, ce que l’Otan a initié en Syrie s’est développé tout seul. Il n’est plus besoin d’organiser des filières pour que des jeunes gens rejoignent d’eux-mêmes les Contras en Syrie. On a tellement répété que la Syrie était une dictature que tous le croient. Et c’est romantique d’aller combattre une dictature.

De nombreux gouvernements européens demandent aujourd’hui à la Syrie de les aider à identifier leurs ressortissants parmi les jihadistes. Mais comment la Syrie le ferait-elle et pourquoi rendrait-elle ce service à ceux qui ont tenté de la détruire ? La guerre va progressivement s’éteindre en Syrie, les jihadistes vont revenir chez eux, y compris en Europe, et ils y poursuivront la guerre pour laquelle les Européens les ont formés.

Au demeurant, cette situation ne pourra pas avoir de solution pacifique, car si l’Otan gagnait en Syrie et renversait l’administration Al-Assad, ce serait pire. Ce serait un signal à tout les apprentis jihadistes en Occident pour tenter chez eux ce qui viendrait de réussir au Proche-Orient. L’Occident et le CCG ont accouché de monstres avec les crimes desquels nous allons devoir vivre.

Traduction
Svetlana Maksovic

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