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Le blog de Lucien PONS

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Top Secret ! Notre agent de La Havane était à l'Elysée avec Raul. Le Grand Soir.

6 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #AMERIQUE, #Amérique Latine

Publié par Jean Lévy

 

 

 Top Secret ! Notre agent de La Havane était à l'Elysée avec Raul

 
Un solférinien mangeait son chapeau devant les petits fours

Le Grand Soir s’est invité au dîner de l’Elysée

avec Raul Castro le 1er février 2016

Un sympathisant, introduit dans l’entourage de Hollande, nous a refilé un carton d’invitation traficoté (ci-contre). Muni de ce Sésame, notre agent LGS 117 s’est glissé dans la foule en partie composée de courtisans qui auraient applaudi naguère si Cuba avait péri sous les missiles US. Mais là (puisque Obama a décidé de chagriner le parti républicain US par la normalisation), ils se bousculaient autour du président cubain, quêtant un regard, un sourire, n’osant espérer une poignée de mains à raconter illico par texto à la terre entière dont une partie penserait aussitôt : « Pauvre idiot, qu’est-ce qu’on en a à fiche, et pourquoi c’est important ? »
LGS

C’était dans la douceur d’une soirée d’hiver qui fit croire à Raul qu’il ne neigeait pas plus à Paris qu’à La Havane, ce qui était la seule explication plausible à la présence de centaines de dormeurs sur les trottoirs, couchés sur des cartons, peinards, à la fraîche. Quiconque n’est jamais sorti de Cuba imagine mal ce droit octroyé dans le monde libre, de dormir à la belle étoile. On voit presque autant de dormeurs en plein air à Paris que des musiciens dans les rue de La Havane.

Le décor était autre à l’Elysée, dans une débauche de bouquets de fleurs, d’inconnus gras et entichés d’eux-mêmes, de marbre, de députés (si souriants qu’on ne pouvait deviner lesquels craignaient une révélation du Canard Enchaîné ouvrant sur une mise en examen), de dorures, de ministres satisfaits, de lustres de cristal, de moquettes épaisses comme le dossier judiciaire de Bernard Tapie, d’artistes mégalos, de bouteilles de champagne fraîches comme les relations entre Christiane Taubira et Manuel Valls, de larbins obséquieux (fiers de travailler à l’Elysée), de messieurs en costumes sombres comme leur âme, de dames emperlouzées comme la Castafiore et d’un buffet incroyable : petits fours fondant dans la bouche et petits chapeaux difficile à avaler : Fabius (le père, pas le millionnaire non imposable) y passa la soirée la plus masticatoire de sa vie.

Les chapeaux de Fabius

Le 19 juin 2003, il pleurnichait dans le Nouvel Obs (pardi !) : «  Cuba, l’île de nos rêves brisés est devenue celle de tous les cauchemars ».

Le 29 octobre 2005, dans Libération (re-pardi !), Laurent Fabius s’alarmait :« Répression à Cuba, il faut agir ». Et de dénoncer les « conditions de détention barbares » imposées là -bas aux « combattants de la liberté » dont plusieurs font« une grève de la faim de plusieurs semaines ». Il invitait à se mobiliser contre un régime qui « démontre une fois de plus son caractère odieux » et il appelait » le gouvernement français et l’Union européenne à faire pression sur le gouvernement cubain ».

Le 12 avril 2014, il était à Cuba (où il mangea de la langouste et son chapeau) : affirmant qu’il avait parlé avec Raul Castro « entre amis », que « débloquer le dialogue politique, cela ne veut pas nécessairement dire qu’on est d’accord sur tout. Il y a des trajectoires historiques différentes, avec des sensibilités distinctes », que « Cuba a réalisé des avancées spectaculaires, par exemple dans le droit à l’éducation et le droit à la santé. ». qu’il voulait « aider au rapprochement entre l’Europe et Cuba », que « s’il existe des différences entre la France et Cuba, les convergences sont également très nombreuses », et que « les deux pays partagent « une même passion pour l’indépendance ».

Le 1er février 2016, nous le retrouvons à l’Elysés, tout sourire faisant des courbettes devant le président cubain qui n’est pas dupe (il a lu les fiches Wikipedia des Fabius). La rumeur dit que Fabius (Laurent, pas le millionnaire oisif) a acheté une chapellerie pour s’entraîner. En tout cas, il déchire un feutre à belles dents en proclamant, bravache, entre deux déglutitions laborieuses, qu’il regrette que ne soient pas servis aussi des casquettes de guérilleros et le béret du Che.

Un impertinent (car des amis français de Cuba, dont la liste a été dressée par l’ambassade, sont dans les locaux) veut lui demander ce qu’il pense du « régime odieux » d’Haïti sous le « barbare » baby Doc, bourreau de son peuple, fusilleur d’écoliers qui a vécu 25 ans en France en toute liberté car l’asile lui fut donné par... le Premier ministre de l’époque : Laurent Fabius. Mais Lolo lui fait signe qu’il a la bouche pleine. Le ruban du chapeau, ça s’avale presque comme un spaghetti, mais le reste...

Fin janvier 2016, le site du ministère des Affaires étrangères nous a appris que Fabius est retenu le 1er février 2016 à 17 heures pour un entretien, puis à 20 heures pour un dîner avec « M. Raul Castro, président du conseil d’Etat et du conseil des ministres de la République de Cuba ». Il n’est plus« barbare » ni « odieux » le président Raul Castro. Et on ne dit plus « dictateur », mais « Monsieur » car Obama a fait envoyer des « éléments de langage » à Paris.

Et pourquoi donc ce revirement des Français ?

Cuba a-t-il changé son système politique, médiatique, judiciaire, électoral, économique comme le réclament depuis 50 ans les USA et leurs domestiques européens ? Non.
Cuba a-t-il autorisé les femmes à sortir sans voile, sans leur mari, ou frère, ou fils comme chez notre ami l’Emir d’Arabie Saoudite ? Oh oui ! Depuis toujours.
Cuba a-t-il renoncé à décapiter, lapider, couper des mains ? Non, cela ne fut jamais en vigueur.
Cuba a-t-il renoncé à faire mourir par paquets de 12 des travailleurs immigrés sur les chantiers ? Ces crimes légaux sont commis chez notre grand ami le Qatar.
Cuba a-t-il décidé de soigner sa population, de scolariser tous ses enfants, d’offrir à tous un toit, de la nourriture, une retraite ? Oui, depuis 1959.
Cuba a-t-il cessé de bombarder des pays plus faibles que lui pour leur piquer leur pétrole ? Ce sont là les pratiques des USA avec la France comme supplétive.
Cuba a-t-il enfin renoncé à assassiner la nuit les opposants dont les cadavres castrés sont découverts dans les caniveaux au petit matin ? Ces méthodes étaient celles du dictateur Batista, la créature cubaine des USA.
Cuba vient-il de mettre fin à sa politique de ségrégation raciale qui fait que moins de 2 % de la population est métissée ? Voyons, vous nous parlez là des USA.
Les policiers cubains blancs vont-ils arrêter de tuer des enfants noirs dans les rues ? Ils ne l’ont jamais fait.
Les restructurations d’entreprises avec mise au chômage vont-elles enfin cesser avec leur cortège de ruine des salariés et la saisie de leur maison ? Cela n’est jamais arrivé depuis 1959.
Cuba a-t-il décidé de rendre obligatoire une religion et une seule ? Cette loi s’applique plutôt chez quelques-uns de nos amis pétroliers.

Alors, qu’est-ce qui a changé sur le socle du socialisme à la cubaine ?

Rien de fondamental. Aucun principe n’est abandonné. Des ajustements s’opèrent, imposés par les temps nouveaux et par le rapprochement avec les USA. Mais le système cubain reste foncièrement le même et ne changera pas sous la pression de l’extérieur. C’est la locomotive mondiale Obama qui a bifurqué, et les wagons français suivent.

Un verre en main, j’admire les salons de l’Elysée. Luxe, calme et volupté. Je laisse tomber un moment Fabius et j’essaie d’approcher Raul Castro. Mais c’est impossible : il est cerné par une foule de frotte-manches, de toco-manetos, de flagorneurs dont certains le couvent de regards énamourés, comme s’ils n’avaient pas rêvé 1000 fois de voir La Havane connaître le sort de Bagdad et le président cubain finir comme Kadhafi.

En tout cas, je peux voir qu’il tient un verre de champagne et qu’il enfourne un petit gâteau à la crème. Je savais (mais je voulais vérifier) qu’il ne mange jamais sa casquette. Un de ses rares et discrets garde du corps, que j’ai soudoyé en lui promettant de lui présenter Pamela Anderson (pour boire un verre et plus si affinités) et Nadine Morano «  pasqué yé vo rigoler oun po, sinon c’est tristé Parisss » (les Cubains sont des blagueurs de première) me confie que Raul sourit en cachette (diplomatiquement) devant la débauche de drapeaux cubains flottant sur les Champs Elysées, chose impensable il y a si peu de temps.

Anne Hidalgo me souffle : « Savez-vous qu’il est reçu en Visite d’Etat  ? C’est le summum protocolaire au-dessus de visite officielle, visite de travail et visite privée. Seules trois à cinq visites de ce type sont organisées chaque année ».

Ce que je sais c’est que Reporters sans frontières s’étrangle : avec les dollars reçus d’officines écrans de la CIA, la fausse ONG a inondé les médias d’un cri de protestation aussi long que son silence quand les militaires US zigouillaient des journalistes en Irak ou les torturaient à Guantanamo.

Je trinque avec Nathalie Cardone, interprète de la bouleversante chanson sur Che Guevara « Hasta siempre ». Arrive vers nous l’actrice Virginie Efira qui nous annonce qu’elle ne joue plus au poker. Je m’en fiche comme d’une chemise de DRH : je ne savais même pas qu’elle y avait joué. David Guetta est là aussi avec sa copine, Jessica Ledon, mannequin cubaine de 22 ans. Un journaliste du Parisien me confie que le DJ prépare un grand concert à Cuba. Je le remercie du tuyau en lui montrant Jean-Pierre Bel, ami de Cuba, ancien président du sénat, poste auquel il a renoncé par amour pour sa femme, une superbe Cubaine. Parodiant Valls parlant d’un autre pays, il pourrait dire : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté cubaine et à Cuba. Quand même, merde ! » En tout cas, ça va pour lui : il est aujourd’hui envoyé spécial personnel de François Hollande pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Un journaliste de la presse écrite (dont nous tairons le nom parce qu’on n’attaque pas ad hominem les alcooliques) zigazgue, assez éméché, en demandant ici et là si quelqu’un a vu « Hector Delage ou Maurice Vivace » (sic) du Grand Soir qui ne cessent de dire que son journal est la bénédiction des poissonniers et des cabanes du fond de jardin pourvues d’un clou pour y accrocher les feuilles découpées en carrés. Il est très énervé et agressif.

Heureusement, les deux administrateurs sont en salle de rédaction du GS en train de préparer la « une » du journal militant d’information alternative.Impossible d’être en même temps à la tâche (où ils se complaisent) et aux honneurs (dans l’ivresse vaine des bulles éphémères).

 

Je suis averti du danger par un diplomate de l’ambassade, par un invité de Cuba Linda, par un autre de l’association France Cuba et par un autre de Cuba Coopération (quatre sources sures). Je décide d’affronter le fâcheux en me présentant comme mercenaire médiatique appointé par Reporters sans frontières et Le Monde. Je lui désigne deux malabars à oreillettes, sympas comme Cambadélis devant des jeunes socialistes qui le sifflent à La Rochelle. Ce sont des gardes du corps de Hollande. Je dis : « Les voila ! Ils ont l’air costaud mais ils sont tout mous. Tape d’abord, discute ensuite ! ».

 

La soirée avance : toujours pas de Julie Gayet en vue, pas même un socialiste, mais on croise Gérard Larcher, président du Sénat, Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, Anne Hidalgo, Segolène Royal, Jack Lang (comment l’éviter ?) Alain Robert, l’architecte Jean Nouvel, David Douillet, Elisabeth Guigou, Marisol Touraine, Michel Sapin, des patrons du CAC 40.

J’aperçois pourtant quelques Français qui n’ont pas peur du mot socialisme dans son acception jauressienne : Eric Tachou et Ana Katherine Martinez du bureau national de l’association France Cuba, Pierre Laurent, secrétaire du PCF, Jean-Luc Mélenchon (1), André Chassaigne, député communiste et grand ami de Cuba, Didier Lalande de Cuba Linda, Ignacio Ramonet, Maurice Lemoine, Pascal Joly de la CGT, Rémy Herrera, universitaire...

Difficile parfois de distinguer entre l’être et le paraître. Par exemple, tenez, près d’une fenêtre, j’aperçois Robert Hue, liquidateur du PCF, aspirant à un poste ministériel (un secrétariat d’Etat ferait l’affaire) tapant le baratin à tous ceux qui pourraient parler de lui au président. Tous fuient assez vite pour ne pas prendre froid : on sait que les girouettes se plantent là où il y a du vent.

Dans les salons feutrés, la rumeur court (invérifiée et sans doute fausse) que Rachida Dati vient d’essayer d’entrer, voulant embrasser Raul comme Danièle Mitterrand embrassa Fidel en 1995 sur le perron de l’Elysée, geste qui lui assura une notoriété mondiale. Dati aurait été refoulée par un vigile poli mais ferme : « Excusez-moi, Igor ou Grichka (je vous confonds toujours), mais vous n’êtes pas invité ».

Par contre, il est avéré qu’un pitre s’égosille dehors : c’est l’anticastriste de service que les médias nous ressortent à chaque occasion. Il s’appelle Jacobo Machover, il écrit des livres que les éditeurs anticastristes éditent parce que l’anticastrisme se vend. Il laisse dire aux médias qu’il est « un Cubain en exil depuis les années 60 » parce que cette précision liée à son activisme laisse croire que son courage d’opposant a été réprimé. Sauf qu’il avait 9 ans quand il a quitté Cuba. Quel guignol !

 

A Cuba on appelle les gens comme lui « los gusanos » (les vers de terre).

 

Puis, c’est le repas gastronomique rassemblant 200 convives choisis par les deux chefs d’État.

A la table d’honneur, outre François Hollande et Raul Castro : Barbara Hendricks, Gérard Larcher, Ségolène Royal, Laurent Fabius, Claude Bartolone et d’autres que j’oublie, mais assez gais. On entend rire au moindre mot d’un président Hollande, réjoui, rose, enrobé et resplendissant sous son reste de cheveux de jais.

Au menu  : Saint-Jacques, dos de bar et entremets. Vins fins de la cave de l’Elysée (du Saint-Emilion).

On a frôlé l’incident quand un serveur, croyant bien faire, a posé devant Raul Castro un Congri (plat national cubain fait d’oignons, de riz blanc, de haricots noirs et de morceaux de poulets ou de lard).

Par bonheur, Hollande, plus vif à table que dans son bureau, a ordonné que le plat soit servi à Fabius qui commence à fatiguer des mâchoires. Il le fait d’autant plus volontiers qu’il craint que Fabius ne lui demande de manger lui aussi un bout de chapeau.

Dame ! Hollande n’avait-il pas déclaré dans une longue chronique à charge publiée par le Nouvel Obs (pardi !) le 27 février 2003 que «  La belle révolution de 1959 contre la dictature de Batista, celle qui avait fait lever tant d’espérance au-delà même de l’Amérique latine, celle qui avait inspiré tant de rêve et de générosité partout dans le monde, s’est transformée en cauchemar politique » ?

Raul demande à son hôte s’il compte garder longtemps Fabius au ministère des Affaires étrangères. Hollande répond qu’il vient de lui donner une planque (la planque des planques) hors du gouvernement (Conseil Constitutionnel) et qu’il sera remplacé par un solférinien de gauche si on réussit à en trouver un. Puis, Hollande parle de Macron, Castro comprend « Maricon » et la confusion les fait rire de bon cœur, comme si l’énarque avait soudain oublié que le guérillero est un barbare odieux qui fabrique des cauchemars.

A table

J’ai eu un moment d’angoisse pour trouver une place à une table puisque rien n’était prévu pour moi. Par bonheur, j’ai vu un serveur débarrasser un couvert d’un invité absent. J’ai prétendu que c’était moi, un peu en retard, et j’ai pu m’asseoir. Je suis à une table de 12 avec des patrons du CAC 40 qui me regardent, suspicieux. Je débite une phrase comme : « Les places financières creusent leurs pertes depuis l’ouverture dans le sillage de la retombée de l’or noir qui pèse lourdement sur le compartiment des pétrolières. Total et Technip enregistrent des replis de l’ordre de 3.5%. Les valeurs bancaires sont également très mal orientées ainsi que le secteur automobile » et ils jacassent là-dessus pendant tout le repas sans plus s’occuper de moi et sans même s’intéresser à ce qu’ils mangent. Ils ne boivent que de l’eau, en plus.

J’ai fait un sort aux bouteilles. Hé, c’est avec mes impôts, non ?
La garde républicaine joue de la musique cubaine en accompagnant un chanteur et une chanteuse :Guantanamera, Qui saz, qui saz, qui saz...

La question des droits de l’homme

Au moment du dessert, Hollande, poussé par l’intelligentsia médiatique, ose aborder la question des droits de l’homme  :

« C’est vrai qu’en condamnant à la prison des syndicalistes de Goodyear, en désespérant les salariés d’Air France et en poussant au suicide les salariés de France Télécom, on a failli ».

« Et les emprisonnements de vos dissidents Basques et Corses ? », demande Raul.
« Heu, dit Hollande, on essaie heu de préserver l’unité de heu la patrie ». 
« Vous ne laissez plus les Espagnols des GAL (Groupes antiterroristes de libération) venir tuer les Basques chez vous ? »
« Noooon, c’était sous heu Pasqua. Nous on se contente heu de poursuivre les Français qui heu braillent trop fort qu’ils ne sont pas Charlie ». 
« Et pourquoi vous avez tant de chaînes de télévision et toutes pour le capitalisme, aucune pour le socialisme ? » s’étonne Raul Castro. «  Et pourquoi quand le peuple vote non au référendum vous faites comme s’il avait dit oui, et pourquoi on voit des hommes armés en uniforme partout à Paris, et c’était quoi, déjà votre phrase du Bourget sur votre adversaire qui ne se présente pas aux élections mais qui gouverne ? Et Djérôma Cahoussac, c’est lui qui vous colle des cheveux sur la tête ou bien il est en prison comme un jeune de banlieue qui a croisé un policier de la BAC ? Et celui qui a chassé Daniel Mermet, il a toujours une belle voiture et un bureau plus grand que le mien ? Et pourquoi tous vos journaux appartiennent à des banquiers et aucun à un parti de gauche ? Et pourquoi les Français qui meurent dans vos commissariats sont bronzés ? Et qu’est-ce qu’ils pensent de la liberté ceux qui font la queue aux restaurants du coeur ? C’est quoi que vous appelez « les sans-dents » ? On m’a dit que vous avez créé une Jungle à Calais : les animaux n’ont pas trop froids ? Est-il vrai qu’en France, on peut être ministre et même Premier ministre comme Villepin sans s’être une seule fois présenté à une élection ? Et Valls (absent) il est hospitalisé pour son cou raide et un regard halluciné à faire avouer à ses ministres qu’ils ont un compte en Suisse ? ».

 

Drôlement en forme, l’octogénaire ; ça conserve la Sierra Maestra et les croisières en Granma ! François Hollande a retenu la célèbre phrase lancée en 2007 par le roi d’Espagne au président Chavez (« ¿Por qué no te callas ? »), mais il ne peut la dire sans provoquer un incident et puis, avec son accent de l’ENA, il craint de faire rire Jean-Luc Mélenchon qui parle couramment l’espagnol. Alors, il dit qu’il va créer une commission (« Capitalisme et liberté ») et tout ça. Heu !

Bon, au final, la nourriture était bonne, des accords commerciaux ont été signés (dans les domaines du tourisme, du transport et du commerce équitable), la dette de Cuba est en partie annulée et la France réclame la levée du blocus. Cuba, qui résiste depuis 1959 à la plus formidable puissance du monde, la plus menaçante, la plus meurtrière à travers tous les continents (avec le consentement, voire le concours d’une Europe couchée et complice), Cuba est renforcé par la visite de son président à Paris.

Cuba ne renoncera pas à sa politique qui fait sa gloire et sa grandeur : servir son peuple, tout son peuple, sans sacrifier son honneur et sans cesser d’être solidaire des pauvres de ce monde.

Agent LGS 117 
(Se no e vero...).

(1) Les médias (indécrottables) s’étonnent de la présence de Jean-Luc Mélenchon à ce dîner, mais trouvent normal d’y voir des anticommunistes et anticastristes patentés faire des sourires à un frère Castro. A la sortie du dîner, Mélenchon a eu sur Hollande ce mot qui répond à tous : « Il n’est pas que mauvais cet homme, il lui reste bien un petit quelque chose de bon. Ce quelque chose de bon, c’est Cuba ».

Vidéo : deux interventions (toast) des deux chefs d’Etat (22 mn en tout).
http://www.elysee.fr/videos/toast-lors-du-diner-d-etat-en-l-honneur-de...

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La nouvelle dialectique « humanitaire » en Syrie, par Guillaume Borel

6 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme

La nouvelle dialectique « humanitaire » en Syrie, par Guillaume Borel

Par Guillaume Borel le 05 février 2016

Alep et les villages environnants se vident des milliers de combattants -et leurs familles- notamment du groupe terroriste Al-Nosra (la branche syrienne d’al-Qaida) devant l’avancée de l’armée régulière syrienne. Ces fuyards, qui ont semé la terreur et la mort durant 3 ans à Alep, vont maintenant en partie grossir les rangs des camps de réfugiés en Turquie. Les Etats qui – comme la Turquie, l’Arabie saoudite et la France – ont soutenu ces groupes terroristes « modérés » n’apprécient pas de voir l’armée gouvernementale reprendre le dessus. Ils sont maintenant plus que jamais à la manœuvre, comme l’expose l’analyse de Guillaume Borel ci-dessous. [Silvia Cattori]

Suite à l’avancée majeure de l’armée régulière syrienne dans la région d’Alep, les alliés régionaux de l’État Islamique et du Front Al-Nosra, la Turquie et l’Arabie Saoudite, montrent à nouveaux des velléités d’intervention directe sur le terrain syrien.

Soutenue par l’aviation russe, l’armée syrienne est en mesure de reprendre la ville d’Alep, fief des djihadistes du Front al-Nosra, et de libérer le gouvernorat régional. La principale route d’approvisionnement des djihadistes en provenance de Turquie a notamment été reprise par l’armée, qui a libéré plusieurs villages et localités de la province. Les quartiers rebelles sont sur le point d’être totalement encerclés. Selon le responsable de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane :

« Les pro régime encerclent les quartiers rebelles à Alep des côtés sud, est et nord, à l’exception d’une seule ouverture dans le Nord-Ouest qui permet aux insurgés d’accéder à la province voisine d’Idlib. »

Ce n’est donc probablement qu’une question de jours avant que les positions des djihadistes soient totalement bouclées. L’armée pourra alors lancer une vaste offensive afin de libérer l’intégralité de la ville. Toujours selon l’OSDH, le bouclage d’Alep pourrait « marquer le début de la fin pour eux, [les djihadistes] à moins qu’ils ne reçoivent une aide urgente des pays du Golfe et de la Turquie. »

Dans ce contexte militaire extrêmement préoccupant pour les alliés de la Turquie, Ankara semble montrer des velléités d’appuyer plus directement le Front al-Nosra. Les militaires turcs ont ainsi interdit un vol d’inspection russe au-dessus de leur territoire, qui devait s’effectuer dans le cadre du traité « ciel ouvert » qui autorise ce type de vols d’inspection afin de renforcer la transparence et l’ouverture militaire entre les principaux membres de l’OTAN et la Russie.

Le vol en question devait effectuer une reconnaissance entre le 1er et le 5 février sur la région frontalière avec la Syrie, et reconnaître notamment la base aérienne d’Incirlik utilisée par l’OTAN.

Le commandement militaire russe a logiquement interprété cette interdiction comme une volonté de dissimuler la préparation d’une offensive militaire sur le terrain syrien.

Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, l’armée russe «enregistre un nombre croissant de signes d’une préparation secrète des forces armées turques afin de mener des opérations sur le territoire syrien», et d’ajouter : « «Si quelqu’un à Ankara pense que l’interdiction d’un vol de reconnaissance russe permettra de cacher quoi que ce soit, il n’est pas professionnel ».

La coordination entre la Turquie et l’Arabie Saoudite semble également avoir franchi un cap devant l’urgence de la situation militaire. Les deux pays poussent notamment à la création d’une force militaire islamique de « maintien de la paix » sur le territoire syrien. Cette proposition a été formulée en janvier par un député du parti du président Erdogan, l’AKP, lors d’une réunion du conseil de l’Organisation de la Coopération Islamique basée en Arabie Saoudite. L’envoi d’une telle force sur le terrain pourrait en effet mettre un terme à l’avancée de l’armée régulière syrienne et geler le conflit sur ses positions actuelles.

Selon Erdogan Toprak, député turc du parti d’opposition d’extrême gauche Parti démocratique du peuple, la visite récente du premier ministre Ahmet Davutoglu à Riyad en compagnie du chef de l’état-major turc, est le signe de la volonté d’Ankara d’une intervention armée conjointe sur le théâtre syrien. La question actuellement débattue à Ankara serait donc « de savoir si la Turquie — qui a déployé des efforts énergiques conjointement avec l’Arabie saoudite en vue de tenir les Kurdes syriens à l’écart des négociations de Genève — lancera une opération en Syrie pour empêcher les troupes d’Assad soutenues par l’aviation russe d’établir un contrôle sur les territoires turkmènes. »

Dans cette optique, le bloc américano-occidental et ses alliés régionaux ont rompu les pourparlers de paix de Genève qui s’étaient ouverts lundi, en prétextant l’offensive militaire actuelle du régime syrien et en conditionnant la réouverture des négociations à la mise en place d’un processus humanitaire, validant ainsi le plan turco-saoudien d’une force d’interposition de « maintien de la paix » dans le but d’offrir une porte de sortie aux groupes djihadistes encerclés par l’armée régulière et de reconstituer probablement des « zones refuge » près de la frontière turque.

Le secrétaire d’état américain John Kerry a ainsi dénoncé : « La poursuite de l’assaut des forces du régime syrien – renforcées par les frappes russes – contre des zones tenues par l’opposition » qui traduirait selon lui « le désir de chercher une solution militaire plutôt que de permettre une solution politique ».

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, qui a mis en oeuvre depuis sa prise de fonction un soutien logistique et opérationnel aux groupes djihadistes et au Front al-Nosra, a également jugé que les circonstances militaires « privaient de sens » les discussions de Genève « auxquelles ni le régime de Bachar al-Assad ni ses soutiens ne souhaitent visiblement contribuer de bonne foi, torpillant ainsi les efforts de paix ».

Le 4 février, l’Arabie Saoudite se positionnait officiellement pour un engagement armé direct dans le conflit contre l’État Islamique sous-direction américaine, par la voix du porte-parole du ministre de la défense.

La stratégie de guerre par procuration menée par la coalition occidentale et les Etats du Golfe dans le but de renverser Bachar-al-Assad au profit d’un protectorat islamique étant sur le point d’échouer du fait de l’entrée en guerre de la Russie, c’est maintenant au nom de l’urgence « humanitaire » que les sponsors occidentaux et régionaux des groupes djihadistes ayant semé le chaos et la mort en Syrie tentent de sauver leurs mercenaires. Le soudain intérêt porté à la situation humanitaire des syriens masque ainsi une tentative désespérée de geler le conflit afin d’offrir une porte de sortie aux rebelles armés et soutenus par la coalition. Nul doute que la thématique « humanitaire » n’en est qu’à ses premiers développements et que le système médiatique va s’en emparer de manière massive afin de conditionner les opinions à la nouvelle dialectique du conflit syrien.

Une première offensive préparatoire a ainsi eu lieu début janvier autour de la situation de la ville de Madaya, qui a notamment donné lieu à différentes supercheries et montages photographiques qui ont servi à alimenter une campagne de communication virale sur les réseaux sociaux mettant en scène une population civile en état de sous-nutrition avancée. Certains clichés mensongers véhiculés par les médias, notamment des pays du Golfe, n’étaient pas sans rappeler les images des détenus des camps de concentration…

Guillaume Borel | 5 février 2016

Guillaume Borel est l’auteur de l’essai Le travail, histoire d’une idéologie. Éditions Utopia: 2015. Il s’intéresse aux questions de macro-économie, à la géopolitique et aux questions de propagande et d’intoxications médiatiques.

Crédit photo AP

Source: http://arretsurinfo.ch/la-nouvelle-dialectique-humanitaire-en-syrie/

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La thérapie de choc est à l'œuvre en France aujourd'hui, la criminalisation de l'action syndicale en est la preuve flagrante.

6 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée

La thérapie de choc est à l'œuvre en France aujourd'hui, la criminalisation de l'action syndicale en est la preuve flagrante.

Bonjour

L’état d’urgence, le verdict inique à l’encontre des ouvriers de Goodyear, bienvenu dans ce monde impitoyable de la finance sauvage qui écrase les peuples.

Ci-après l’éditorial de Pierre Lévy.

Cordialement.

Lucien Pons

L'affaire des syndicalistes de Goodyear n'est pas un cas isolé - mais plutôt symptomatique. Pierre Lévy, rédacteur en chef du mensuel

La thérapie de choc est à l'œuvre en France aujourd'hui, la criminalisation de l'action syndicale en est la preuve flagrante.

Le 12 janvier, le tribunal correctionnel d’Amiens condamnait huit syndicalistes de l’ex-usine Goodyear à 24 mois de prison, dont 9 mois ferme. Les «criminels» comparaissaient pour avoir retenu pendant trente heures (sans violence), en 2014, plusieurs cadres dirigeants, alors même que la direction de la multinationale américaine Continental organisait la fermeture de l’établissement de fabrication de pneus. L’affaire sera rejugée en appel. Le 4 février, partout en France, des milliers de salariés ont manifesté leur solidarité contre cette injustice.

Car le verdict a provoqué la stupéfaction. Même les commentateurs les moins habitués à soutenir le monde du travail ont souligné le caractère sans précédent d’une telle peine. L’incident ciblé par le procès constituait en réalité l’épilogue d’une bataille qui a opposé pendant près de sept ans une majorité de salariés de l’usine à la direction de choc de la firme américaine : Goodyear entendait imposer, par le chantage à la fermeture, une remise en cause des conditions et des horaires de travail. Et ce selon un modèle de flexibilité… dont l’esprit va être repris dans la réforme en cours du Code du travail, réforme impulsée par l’Union européenne.


C’est cette résistance à l’«air du temps» qui a été punie, de même que la détermination des syndicalistes à refuser les manières feutrées du «dialogue social». Mais, plus fondamentalement, l’acharnement du parquet (alors que les plaignants avaient retiré leur plainte) pourrait bien constituer un indice sur l’état d’esprit des dirigeants mondialisés, en France et en Europe. Ceux-ci semblent faire montre d’une fébrilité croissante face à des crises qu’ils ont provoquées, mais dont ils peinent désormais à garder ou à récupérer la maîtrise. Et ce, à trois niveaux.

Tout d’abord, il est difficile d’extraire cette sévérité du contexte de l’état d’urgence. La radicalisation répressive des puissants contre le monde du travail pourrait ainsi être une manière d’enjoindre aux syndicalistes de choisir : ou vous acceptez d’être des «partenaires sociaux», ou on vous traite en «terroristes».

Ensuite, on sent gronder des mouvements sismiques dans les tréfonds de l’économie mondialisée. Des vents en principe favorables se retournent en leurs contraires : la dégringolade du prix du pétrole met en difficulté des pays producteurs «qui sont aussi les clients de nos exportations», s’inquiète le patron des patrons allemands ; les bas taux d’intérêt vont de pair avec une déflation potentielle et une croissance atone ; pour contrer cette langueur, les banques centrales ont déversé des centaines de milliards de liquidités, dont le pouvoir déstabilisateur n’est plus à prouver.

Enfin, ce qu’il est convenu de nommer «la crise des réfugiés» semble désormais hors de contrôle. Le rétablissement en cascade du contrôle des frontières sape l’esprit même de Schengen, se lamente-t-on à Bruxelles, où certains commencent déjà à évoquer «la fin de l’Europe». Et d’autres dossiers explosifs se profilent, comme la perspective du référendum britannique. Bref, parmi les dirigeants européens, les inquiétudes sont de plus en plus vives et visibles. On leur souhaite donc une bonne année…

Good Year, en quelque sorte.

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La nouvelle dialectique « humanitaire » en Syrie, par Guillaume Borel

6 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Turquie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie

La nouvelle dialectique « humanitaire » en Syrie, par Guillaume Borel

Par Guillaume Borel le 05 février 2016

Syrie Arabie saoudite Etats-Unis France Russie Turquie Crises


Alep et les villages environnants se vident des milliers de combattants -et leurs familles- notamment du groupe terroriste Al-Nosra (la branche syrienne d’al-Qaida) devant l’avancée de l’armée régulière syrienne. Ces fuyards, qui ont semé la terreur et la mort durant 3 ans à Alep, vont maintenant en partie grossir les rangs des camps de réfugiés en Turquie. Les Etats qui – comme la Turquie, l’Arabie saoudite et la France – ont soutenu ces groupes terroristes « modérés » n’apprécient pas de voir l’armée gouvernementale reprendre le dessus. Ils sont maintenant plus que jamais à la manœuvre, comme l’expose l’analyse de Guillaume Borel ci-dessous. [Silvia Cattori]

Suite à l’avancée majeure de l’armée régulière syrienne dans la région d’Alep, les alliés régionaux de l’État Islamique et du Front Al-Nosra, la Turquie et l’Arabie Saoudite, montrent à nouveaux des velléités d’intervention directe sur le terrain syrien.

Soutenue par l’aviation russe, l’armée syrienne est en mesure de reprendre la ville d’Alep, fief des djihadistes du Front al-Nosra, et de libérer le gouvernorat régional. La principale route d’approvisionnement des djihadistes en provenance de Turquie a notamment été reprise par l’armée, qui a libéré plusieurs villages et localités de la province. Les quartiers rebelles sont sur le point d’être totalement encerclés. Selon le responsable de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane :

« Les pro régime encerclent les quartiers rebelles à Alep des côtés sud, est et nord, à l’exception d’une seule ouverture dans le Nord-Ouest qui permet aux insurgés d’accéder à la province voisine d’Idlib. »

Ce n’est donc probablement qu’une question de jours avant que les positions des djihadistes soient totalement bouclées. L’armée pourra alors lancer une vaste offensive afin de libérer l’intégralité de la ville. Toujours selon l’OSDH, le bouclage d’Alep pourrait « marquer le début de la fin pour eux, [les djihadistes] à moins qu’ils ne reçoivent une aide urgente des pays du Golfe et de la Turquie. »

Dans ce contexte militaire extrêmement préoccupant pour les alliés de la Turquie, Ankara semble montrer des velléités d’appuyer plus directement le Front al-Nosra. Les militaires turcs ont ainsi interdit un vol d’inspection russe au-dessus de leur territoire, qui devait s’effectuer dans le cadre du traité « ciel ouvert » qui autorise ce type de vols d’inspection afin de renforcer la transparence et l’ouverture militaire entre les principaux membres de l’OTAN et la Russie.

Le vol en question devait effectuer une reconnaissance entre le 1er et le 5 février sur la région frontalière avec la Syrie, et reconnaître notamment la base aérienne d’Incirlik utilisée par l’OTAN.

Le commandement militaire russe a logiquement interprété cette interdiction comme une volonté de dissimuler la préparation d’une offensive militaire sur le terrain syrien.

Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, l’armée russe «enregistre un nombre croissant de signes d’une préparation secrète des forces armées turques afin de mener des opérations sur le territoire syrien», et d’ajouter : « «Si quelqu’un à Ankara pense que l’interdiction d’un vol de reconnaissance russe permettra de cacher quoi que ce soit, il n’est pas professionnel ».

La coordination entre la Turquie et l’Arabie Saoudite semble également avoir franchi un cap devant l’urgence de la situation militaire. Les deux pays poussent notamment à la création d’une force militaire islamique de « maintien de la paix » sur le territoire syrien. Cette proposition a été formulée en janvier par un député du parti du président Erdogan, l’AKP, lors d’une réunion du conseil de l’Organisation de la Coopération Islamique basée en Arabie Saoudite. L’envoi d’une telle force sur le terrain pourrait en effet mettre un terme à l’avancée de l’armée régulière syrienne et geler le conflit sur ses positions actuelles.

Selon Erdogan Toprak, député turc du parti d’opposition d’extrême gauche Parti démocratique du peuple, la visite récente du premier ministre Ahmet Davutoglu à Riyad en compagnie du chef de l’état-major turc, est le signe de la volonté d’Ankara d’une intervention armée conjointe sur le théâtre syrien. La question actuellement débattue à Ankara serait donc « de savoir si la Turquie — qui a déployé des efforts énergiques conjointement avec l’Arabie saoudite en vue de tenir les Kurdes syriens à l’écart des négociations de Genève — lancera une opération en Syrie pour empêcher les troupes d’Assad soutenues par l’aviation russe d’établir un contrôle sur les territoires turkmènes. »

Dans cette optique, le bloc américano-occidental et ses alliés régionaux ont rompu les pourparlers de paix de Genève qui s’étaient ouverts lundi, en prétextant l’offensive militaire actuelle du régime syrien et en conditionnant la réouverture des négociations à la mise en place d’un processus humanitaire, validant ainsi le plan turco-saoudien d’une force d’interposition de « maintien de la paix » dans le but d’offrir une porte de sortie aux groupes djihadistes encerclés par l’armée régulière et de reconstituer probablement des « zones refuge » près de la frontière turque.

Le secrétaire d’état américain John Kerry a ainsi dénoncé : « La poursuite de l’assaut des forces du régime syrien – renforcées par les frappes russes – contre des zones tenues par l’opposition » qui traduirait selon lui « le désir de chercher une solution militaire plutôt que de permettre une solution politique ».

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, qui a mis en oeuvre depuis sa prise de fonction un soutien logistique et opérationnel aux groupes djihadistes et au Front al-Nosra, a également jugé que les circonstances militaires « privaient de sens » les discussions de Genève « auxquelles ni le régime de Bachar al-Assad ni ses soutiens ne souhaitent visiblement contribuer de bonne foi, torpillant ainsi les efforts de paix ».

Le 4 février, l’Arabie Saoudite se positionnait officiellement pour un engagement armé direct dans le conflit contre l’État Islamique sous-direction américaine, par la voix du porte-parole du ministre de la défense.

La stratégie de guerre par procuration menée par la coalition occidentale et les Etats du Golfe dans le but de renverser Bachar-al-Assad au profit d’un protectorat islamique étant sur le point d’échouer du fait de l’entrée en guerre de la Russie, c’est maintenant au nom de l’urgence « humanitaire » que les sponsors occidentaux et régionaux des groupes djihadistes ayant semé le chaos et la mort en Syrie tentent de sauver leurs mercenaires. Le soudain intérêt porté à la situation humanitaire des syriens masque ainsi une tentative désespérée de geler le conflit afin d’offrir une porte de sortie aux rebelles armés et soutenus par la coalition. Nul doute que la thématique « humanitaire » n’en est qu’à ses premiers développements et que le système médiatique va s’en emparer de manière massive afin de conditionner les opinions à la nouvelle dialectique du conflit syrien.

Une première offensive préparatoire a ainsi eu lieu début janvier autour de la situation de la ville de Madaya, qui a notamment donné lieu à différentes supercheries et montages photographiques qui ont servi à alimenter une campagne de communication virale sur les réseaux sociaux mettant en scène une population civile en état de sous-nutrition avancée. Certains clichés mensongers véhiculés par les médias, notamment des pays du Golfe, n’étaient pas sans rappeler les images des détenus des camps de concentration…

Guillaume Borel | 5 février 2016

Guillaume Borel est l’auteur de l’essai Le travail, histoire d’une idéologie. Éditions Utopia: 2015. Il s’intéresse aux questions de macro-économie, à la géopolitique et aux questions de propagande et d’intoxications médiatiques.

Crédit photo AP

Source: http://arretsurinfo.ch/la-nouvelle-dialectique-humanitaire-en-syrie/

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Les gaz de schistes, signez la pétition. Crash pétrolier en cours, attention gros dégâts !

5 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation

Les gaz de schistes, signez la pétition. Crash pétrolier en cours, attention gros dégâts !

Crash pétrolier en cours, attention gros dégâts !

Par Jacques Ambroise / Le 02-02-2016 /

Mis à part une certaine presse spécialisée dans le secteur des hydrocarbures, le reste des médias dominants ne semble montrer aucun empressement à évoquer les conséquences tragiques d'une actualité pourtant devenue calamiteuse dans l'ensemble de ce secteur hautement stratégique.

Si l'effondrement des cours du pétrole depuis juin 2014 satisfait les consommateurs occidentaux en soulageant quelque peu leurs dépenses grâce à la parcimonieuse baisse du prix des carburants à la pompe ou du budget chauffage, il n'en est pas de même dans les industries pétrolières, parapétrolières et financières. Comme anticipé par quelques-uns, le "boom" des gaz de schiste ne fut qu'un éphémère âge d'or et l'heure du repli a sonné.

Il est communément admis que le seuil de rentabilité de l'exploitation des hydrocarbures de schiste se situe entre 70/80 $ pour permettre de couvrir l'amortissement des coûts industriels directs (matériels, forages, salaires, etc.), mais en réalité si l'on tient compte de la globalité économique en incluant les frais annexes (remboursement des emprunts, des intérêts, des assurances, etc.) ce seuil atteint plutôt les 100/110 $. Dès lors, on comprend aisément que depuis que le prix du baril est passé sous la barre des 70 $, les premiers à souffrir de la situation sont les compagnies d'extraction des pétroles et gaz de schiste ainsi que l'extraction des sables bitumineux. L'eldorado tant vanté par les thuriféraires du tout pétrole a bien vite tourné au cauchemar, amenant une fois de plus son lot de laisser pour compte et ce depuis un an et demi déjà.

En 2015 aux États-Unis, les deux tiers des puits ont été fermés, la moitié des sociétés de forage ont disparu et si la situation perdure comme annoncée par certains économistes, l'année 2016 devrait être encore plus cruelle. Non seulement les suppressions d'emplois dans ce secteur se comptent déjà par dizaines de milliers, mais largement aidée par les médias, cette industrie a créé autour d'elle une énorme bulle spéculative afin de favoriser les investissements importants dont elle avait besoin, auprès des banques et autres investisseurs avides de profits rapides. La banqueroute est donc générale et ses conséquences financières, économiques, sociales, géopolitiques et géostratégiques encore loin d'être évaluées. Faut-il préciser que de nombreux pays, les États-Unis en tête, sont touchés par cet effondrement que l'on peut qualifier de systémique, puisqu'il faut en effet tenir compte de tous les secteurs industriels liés à cette industrie extractive.

Ajoutez à cela, la guerre que les pays émergents mènent contre l'hégémonie du pétrodollar (notamment la Russie et la Chine) et on mesure le degré d'intensité des multiples enjeux.

Après le festin, Il y a fort à parier que certains vont se réveiller avec….une bonne gueule de bois.

Pendant ce temps, notre village gaulois la France, semble hors d'atteinte de la conjoncture internationale et regarde ailleurs. La vertigineuse chute libre des hydrocarbures et de l'ensemble des matières premières avec comme conséquences celles des places boursières mondiales ne paraît pas affecter nos élites dirigeantes.

Fin septembre 2015, c'est à dire à quelques semaines de la COP 21, nos ministres de l'écologie et de l'économie signent conjointement des décrets octroyant de nouveaux permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux, ainsi que des renouvellements de permis, mutations, autorisations de forage et soutiennent la mise en place d' infrastructures pétrolières et gazières (port méthanier de Dunkerque, gazoduc Eridan). Plus pitoyable encore, nos candidats à l'élection présidentielle ne lâchent rien ! Comme un seul homme, Juppé et Sarkozy pérorent crânement en soutenant encore que la France ne saurait se passer de l'exploitation de cette hypothétique "richesse nationale". De manière quasi-obsessionnelle, ils persévèrent à considérer le gaz (de schiste ?) comme l’énergie de transition du futur.

Et pour finir provisoirement, fin janvier 2016, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, suivant les recommandations du rapporteur public, annule l'abrogation du permis de Montélimar accordé en 2010 à l'entreprise Total (pour autant, Total ne récupère pas (encore) son permis qui a expiré fin mars 2015).

Il y a donc fort à parier que nous allons prochainement entendre reparler du sujet car dans ce domaine comme dans d'autres, les collectifs citoyens restent vigilants et ne manquerons pas de se rappeler au bon souvenir de élites gouvernantes. La menace couve toujours et les débats risquent d'être brûlants si par ailleurs et très probablement, ils seront attisés par les conjonctures géopolitiques et géostratégiques internationales ainsi que par l'anti-démocratique serpent de mer que sont les négociations secrètes des accords de libre-échange, visant à sceller le mariage USA-UE, ou les multiples oppositions à quelques autres grands projets inutiles imposés.

Jacques Ambroise

Co-auteur avec Jean-Marc Sérékian de "Gaz de schiste le choix du pire" Éditions le Sang de la Terre

Novembre 2015

Les collectifs citoyens opposés à l'exploration–l'exploitation des gaz de schiste et gaz de houille se mobilisent et demandent :

Que le permis de Montélimar ne soit pas remis en vigueur;

Que les 133 demandes de permis* en cours d'instruction sur le territoire français soient définitivement rejetées.

Que le gouvernement, sur proposition du Parlement, prépare une loi interdisant toute exploration exploitation d'hydrocarbures non conventionnels, ainsi qu'il s'y était engagé pendant la campagne électorale de 2012.

Que les accords de libre-échange TAFTA et CETA ne soient pas signés par nos gouvernants.

* Données du Ministère de décembre 2015

GRAND RASSEMBLEMENT LE 28 février 2016 à Barjac (Gard)

Animations à partir de 11h00 – Marche militante à partir de 14h00

NON AUX PÉTROLE ET GAZ DE SCHISTE ET DE COUCHE

NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD 'HUI NI DEMAIN

Pour signer la pétition et en savoir plus : www.stopaugazdeschiste07.org

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Que vous soyez membre ou non du PS, vous en avez plus qu'assez de la politique social-néo-libérale du gouvernement actuel ! Alors au delà des divisions internes au PS entre les motions 3 et 4 voire au sein de la motion 1 et, bien évidemment, même en dehors du Parti Socialiste (Front de gauche, écologistes, etc) et que vous soyez encarté ou pas, cette association a pour objectif d'ouvrir le débat entre toutes les personnes de bonnes volontés qui ne peuvent pas et/ou ne veulent plus cautionner le logiciel dominant de la pensée dominante social-néo-libérale partagée aussi bien par le gouvernement actuel que par l'opposition qui, les uns comme les autres à quelques détails près, défendent la même politique. Une discussion totalement libre (la liberté de parole est un principe sacré au sein de notre association). Pour plus de détails voir le blog : http://fraternitecitoyenne.blog4ever.com
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Washington accuse Moscou de financer des mouvements politiques et caritatifs en vue de déstabiliser l’Europe politiquement...

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #Les transnationales, #L'OTAN.

Washington accuse Moscou de financer des mouvements politiques et caritatifs en vue de déstabiliser l’Europe politiquement...
Maxime Perrotin
187111653

Washington accuse Moscou de financer des mouvements politiques et caritatifs en vue de déstabiliser l’Europe politiquement...

Selon le quotidien britannique The Telegraph, les Etats-Unis vont lancer une enquête approfondie en Europe afin de déterminer à quel point les autorités russes auraient infiltré les milieux politiques européens en vue de « porter atteinte à la cohésion politique » de l'Union. Une stratégie du Kremlin, qui reposerait, selon Washington, depuis une décennie sur des « financements clandestins » alloués par les autorités russes à des organisations politiques ou caritatives.

 

Pour les autorités américaines, l'ombre de Moscou planerait derrière l'organisation du référendum au Pays-Bas, une allégation qui se justifierait par le fait que certains arguments développés dans le soutien de cette consultation nationale, relative au rapprochement entre l'Union Européenne et l'Ukraine, « ressembleraient fort » à ceux que l'on retrouve dans la « propagande russe ». Un plébiscite, qui n'a rien à voir avec une initiative du gouvernement hollandais, rendu possible par 420 000 signatures rassemblées par une pétition: soit bien plus que les 300 000 requises par la constitution.

 

Pour diligenter cette enquête de la plus haute importance sur le vieux continent, le Congrès américain a mandaté James Clapper, Directeur du renseignement national — qui à la tête de la Communauté du Renseignement, coordonne près de 17 services de renseignements — on y retrouve aussi bien le Trésor, la Marine, les gardes côtes et le Département d'Etat que le FBI et la NSA.

 

Aucune précision n'est apportée quant au type d'organisations dont les comptes vont être passés au crible par cette enquête fédérale américaine, afin de trouver des « liens » entre ces acteurs nationaux-européens et la Russie. Le journaliste de The Telegraph explique néanmoins que certains partis d'extrême droite semblent correspondre parfaitement: comme Jobbik en Hongrie, Aube Dorée en Grèce, la Ligue du Nord en Italie ou encore… Le Front National en France, notamment suite à son prêt de 9 millions d'euros contracté auprès d'une banque russe.

 

Une information qui n'a pas manqué de faire réagir Wallerand de Saint Just, Trésorier National du Front-National:

 

​« Ce n'est pas étonnant de la part des États-Unis, mais c'est tout aussi scandaleux, de toute façon il ne sera pas question que les Etats-Unis puissent venir enquêter en quoi que ce soit et une seule minute sur le territoire français. Il n'y a aucune raison que je réponde à quelqu'un qui provienne des Etats-Unis sur ces questions-là, il n'est pas question qu'il m'appelle pour me poser une question, s'il le fait je ferai en sorte qu'il quitte le territoire français le plus rapidement possible, enfin c'est incroyable. Mais bon pour le moment, il ne s'agit que d'une information de presse […] Je ne sais pas du tout si c'est vrai, mais si c'est vrai, c'est scandaleux, mais ça ne pourra pas se réaliser, c'est sûr: en tout cas je ne déférerai à aucune convocation d'une CIA quelconque ».

 

Mais ce qui pourrait le plus étonner dans cette annonce, c'est la provenance des accusations d'ingérences via des financements d'organisations politiques: Washington. Washington qui est bien loin d'être exempte d'activités en la matière, comme nous l'explique François Asselineau, Président du parti politique l'Union Populaire Républicaine:

 

« Quand j'ai pris connaissance de cette nouvelle, j'avoue que j'ai été partagé entre l'envie d'un grand éclat de rire et l'envie d'une grande indignation, parce que s'il y a bien un pays au monde qui ferait bien de balayer devant sa porte quand il s'agit des questions d'infiltration des partis et des mouvements politiques en Europe, c'est bien les Etats-Unis d'Amérique. Les Etats-Unis d'Amérique, je rappelle que depuis 1945, ont une politique constante d'infiltration des milieux politiques ».

Et François Asselineau n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il s'agit de citer quelques exemples…

 

« Premier exemple, le Daily Telegraph lui-même, que vous citez, a révélé le 19 Septembre 2000 dans un article retentissant d'Ambrose Evans-Pritchard […] que les documents classés secret défense du Département d'Etat pour les années 50 et 60 venaient d'être déclassifiés. Qu'apprenait-on dans cet article? On apprenait notamment que Robert Schuman, que Paul-Henri Spaak, étaient traités comme des agents d'influences par les services américains, on a appris que l'American Committee on United Europe avait financé les mouvements pro-européens, par l'intermédiaire de fondations privées, comme la Fondation Ford, on y apprenait également qu'il y avait eu une réunion le 11 Juin 1965 au Département d'Etat, où Robert Marjolin qui à l'époque était le vice-président de la Communauté Economique Européenne, avait été convoqué par le Département d'Etat, et il avait été sommé de s'expliquer sur l'Etat d'avancement de la construction européenne, et en particulier, les dirigeants américains lui avaient demandé où on en était de la mise en place d'une monnaie européenne, ce qui allait devenir ultérieurement l'Euro, et les américains avaient conseillé d'y aller de façon discrète, pour en fait mettre les peuples devant le fait-accompli, qu'il n'y ait pas de débat sur le sujet ».

Si certaines références ont beau dater de la Guerre Froide, certains exemples sont encore nombreux de nos jours:

« Je citerai l'exemple de la création des syndicats, comme Force Ouvrière en France au début de la Guerre Froide, qui a été financé par les services américains, on peut citer également les réseaux Gladio et Stay-behind, où les services américains soutenaient des mouvements d'extrême-droite dans les pays d'Europe en cas d'invasion soviétique et puis on peut citer également, ce qui est d'ailleurs tout à fait d'actualité, des fondations comme par exemple la French-American Foundation, qui a été créé par les Etats-Unis et la France, du temps de Giscard d'Estaing lorsqu'il était Président de la République, et les américains sélectionnent 4 ou 5 personnes par an qu'ils vont formater à leurs intérêts et qu'ils vont promouvoir en France dans les milieux politiques, médiatiques et journalistiques comme étant un peu des agents d'influence […] Côté américain cela avait été lancé par John Negroponte, qui était un homme proche de la C.I.A.».

 

Le territoire de l'Union Européenne n'est pas le seul, les pays de l'ex-bloc soviétique sont aussi concernés… Notamment avec le cas de ces révolutions dites « colorées »: le rose en Géorgie, l'orange en Ukraine et les tulipes pour le Kirghizstan, respectivement en 2003, 2004 et 2005 pour ne citer que les plus « emblématiques »…

 

Des « révolutions » et divers autres opérations de subversion qui ont été soutenues par des organisations telles que l'Institut International Républicain (IRI) de John Mac-Cain, l'Institut National Démocrate pour les Affaires Internationales (NID) de Madeleine Albright, l'Open Society Foundations de George Soros, le National Endowment for Democracy ou encore Freedom House, qui venaient financer des journaux, des hommes et des mouvements politiques d'opposition, allant jusqu'à leur apporter encadrement logistique et formation, des organisations également en charge du recrutement des « observateurs indépendants » et finançant la surveillance du « bon déroulement des élections ».

 

Des aides parfois directes: comme au Kirghizstan, où pour la seule année électorale de 2005, 30 millions de dollars avaient été accordés par les Etats-Unis à l'opposition si on en croit la lettre d'autocongratulation que Stephen Young, ambassadeur américain au Kirghizstan, avait envoyée à Washington avant le début des émeutes qui allaient conduire à la destitution d'Askar Akaïev. 30 millions de dollars, un montant annuel constituant une « nette augmentation », mais « une augmentation conforme aux instructions du Département d'Etat ».

 

Et aussi des aides plus indirectes: comme par exemple, l'attribution de bourses à certaines personnalités prometteuses… On pourrait citer à ce titre Mikheil Saakachvili qui, avant d'être le plus jeune président du monde suite au renversement d'Edouard Chevardnadze, a pu suivre ses études à Columbia et à George Washington University, grâce à une bourse du Département d'Etat…

 

Il est aujourd'hui en Ukraine, à la tête de la très russophone Odessa, cette ville fondée par la tsarine Catherine II et qui connut son essor sous la gouvernance d'Armand-Emmanuel du Plessis, Duc de Richelieu. Odessa, ville portuaire et ferroviaire qui se révèle donc nœud stratégique pour la Transnistrie voisine, depuis que le gouvernement moldave, « changé », lui aussi, en 2009, en a fermé l'espace aérien.

 

Que dire aussi des déclarations de Victoria Nuland, Secrétaire d'état adjointe affaires européennes et eurasiennes, qui déclarait le 21 Avril 2014 lors d'une interview accordée à la journaliste britanico-iranienne Christiane Amanpour sur CNN, que les Etats-Unis avaient investi, depuis 1991, près de 5 milliards de dollars en Ukraine afin de soutenir « les aspirations du peuple ukrainien à avoir un gouvernement démocratique »…

« Ça fait vraiment penser à cette maxime prêtée à Goebbels que « plus le mensonge est gros plus il a de chances d'être cru » ou alors un autre dicton français qui est « la meilleure défense c'est l'attaque »: les américains en fait reprochent aux russes ce que eux font en Europe depuis bientôt 60 ans ».

Une autre phrase qui pourrait résumer la situation vient du président des Etats-Unis, Barack Obama qui, lorsqu'il accorda, fin janvier 2015, une interview au média en ligne Vox, déclara quant aux buts de la politique étrangère américaine « De temps à autre nous avons à tordre le bras à des pays qui ne voudraient pas faire ce que nous avons besoin qu'ils fassent », avant d'évoquer les différents leviers, économiques, diplomatiques et militaires, dont les Etats-Unis disposent…

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.



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Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, s'est déclaré dimanche en faveur de la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine".

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Agriculture

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, s'est déclaré dimanche en faveur de la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine".

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, s'est déclaré dimanche en faveur de la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine".

Le président français et l'ensemble du gouvernement du pays veulent que l'embargo alimentaire, imposé par la Russie, soit levé. Cependant, "ce n'est ni le ministre de l'Agriculture ni même la France qui négocie avec la Russie", mais l'Union européenne, a déclaré dans son entretien aux médias français dimanche, le ministre français de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

 

"Bien sûr, je souhaite une levée des sanctions, le président de la république le souhaite également, je suis allé en Russie pour négocier avec les Russes à ce sujet", a déclaré M. Le Foll lors de l'émission Le grand rendez-vous Europe 1-iTÉLÉ-Le Monde.

La position sur la levée des sanctions est partagée par l'ensemble du gouvernement, notamment, "Emmanuel Macron, qui est allé en Russie il n'y a pas longtemps, souhaite que les sanctions soient levées", a affirmé le ministre.

"Ces sanctions sont liées à une crise diplomatique, en partie également à une décision de la Russie sur un embargo sanitaire. Nous avons tout fait, je me suis déplacé en Russie à ce sujet, pour obtenir une levée des sanctions", a souligné le ministre de l'Agriculture.

La semaine dernière, les agriculteurs français se sont rassemblés dans différentes villes du pays pour manifester contre la crise du secteur agricole français, en particulier contre des cours trop bas, inférieurs aux coûts de production.

 

Les relations entre la Russie et les pays occidentaux se sont dégradées suite au rattachement de la Crimée et de Sébastopol à la Fédération de Russie en 2014. Les pays de l'UE ainsi que les Etats-Unis ont adopté plusieurs volets de sanctions contre des secteurs entiers de l'économie russe en 2014 et en 2015. La Russie a riposté, en frappant d'embargo en août 2014 plusieurs denrées alimentaires, notamment les produits laitiers, la viande, et les fruits et légumes en provenance de l'UE, du Canada, d'Australie et de Norvège.

Sanctions antirusses: l'UE subit de grandes pertes
© Sputnik.
Sanctions antirusses: l'UE subit de grandes pertes



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Le roi est nu. Demain, il mourra. Par Françoise Compoint

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Europe, #La France, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #l'islamisme, #La Russie, #Ukraine

Le roi est nu. Demain, il mourra. Par Françoise Compoint

Le roi est nu. Demain, il mourra.

Heureusement que la cruauté du titre n’est que métaphorique. Le roi ou plutôt le roitelet, passez-moi cet accès de condescendance, désigne ce système politique occidental qui est à bout de souffle – pas facile d’être vassalisé en long et en large –et qui, croyant jusqu’ici ses valeurs universalisables car infaillibles, constatent son déclin sans pour autant vouloir changer quoi que ce soit. Or, comme ses représentants ne veulent rien changer, ils essayent de se redorer le blason en s’en prenant à d’autres systèmes qu’il est de bon ton d’agonir, voire de menacer. Que ce soit par la force persuasive des médias de propagande, par des sanctions qui n’ont ni queue ni tête ou par le biais d’armées satellites enfermées dans l’Alliance.

Ce qui prête à rire, c’est la mal fou que se donne une civilisation en déroute à montrer qu’elle est exclusive et à donner des leçons de démocratie alors que ses agissement sont simplement ridicules. Ce qui prête moins à rire, c’est le fait que le chaos de la pensée se juxtapose au Mal absolu. Mais au préalable, quelques traits humoristiques pour s’éclater un peu avant de passer aux choses sérieuses …

Alors que les présidentielles étasuniennes approchent, le ministère des Finances US nous annonceque Poutine est corrompu. Suite à ladite déclaration, Gallup relève que 3/4 des Américains trouvent que leur gouvernement est corrompu jusqu’au fin fond des poches obamiennes. Si donc, à en croire le ministère, Poutine a cela en commun avec Obama, je ne vois pas où est le problème. La mort de Litvinenko, agent du MI6, mort survenu suite à un empoisonnement au polonium il y a près de dix ans, serait cette fois et plus que jamais imputable aux méchants gobelins du Kremlin. Outre les accusations de sa veuve, il n’y a rien qui puisse ressembler ne serait-ce qu’à un soupçon de preuve. Toutes mes condoléances au passage, mais tout de même, quand on est lié à la fois au renseignement et aux séparatistes djihadistes tchétchènes, il faut être prêt à se faire liquider à tout moment.

Tout comme pour l’affaire du Boieng malaysien abattu, les griefs les plus tirés par les cheveux sont bons quand il s’agit d’infliger à la Russie de nouvelles sanctions dont la seule visée consiste à exaspérer les masses et orchestrer une énième révolution de couleur, plutôt rouge qu’orange comme l’a joliment démontré le Maïdan. Or, sachant que Kiev a refusé d’annuler son veto sur le déroulement ultérieur de l’enquête – ce qui démontre la culpabilité de la partie ukrainienne – et que les désastres du Maïdan mariés aux joyeusetés migrationnistes que connaît à l’heure actuelle les villes les plus paisibles de l’UE sont autant d’épouvantails même pour certains libéraux russe, il faudrait être d’une stupidité affligeante, voire d’un masochisme incurable pour se laisser encore tenter par ce qui fut la veille encore le fameux rêve civilisationnel européen.

Même la virilité n’a plus sa place dans ce petit monde consumériste que les éléments les plus crados et les plus vils arrivent à envahir, de un, par leur idéologie obscurantiste, de deux, par le viol qui est une arme de guerre psychologique avant même que d’être un moyen de satisfaire ses besoins primaires. Elle est dure la vie quand il faut éviter de léser les sentiments des transexuels et ceux des clandestins délinquants, les deux catégories devenant progressivement les vaches sacrées des sociétés civilisées qui par excès de civilisation s’évertuent à produire des Barbies obèses par égard pour les petites filles obèses. Si un réfugié afghan lapide un trans, je suppose que l’opinion allemande sera très gênée pour choisir la bonne victime.

La France va plus loin ! Sarkozy flirte avec un futur (éventuel) électorat LGBT en déclarant avoir révisé ses vues quant à la loi Taubira et en scandant studieusement que la menace numéro un ce serait, allez donc deviner,non pas le TAFTA, non pas l’impossibilité d’inverser la courbe du chômage, l’endettement exponentiel du pays ou les cellules salafistes actives, que non, mais le FN ! Pendant ce temps, se donnant corps et âme à toutes ces splendeurs du Nouveau Monde, Kiev n’exclut pas un nouveau premier ministre … suédois. Oui, parfaitement, suédois. Un certain Karl Bildt, ministre des Affaires étrangères dans sa dernière vie. S’il aura quelque mal à capter les subtilités du nationalisme ukrainien du moins aura-t-il le mérite d’être tout sauf ukrainien.

Examinés séparément, ces symptômes ne trahiraient pas grand-chose. En revanche, imbriqués comme ils le sont ici, ils révèlent un monde moribond qui s’inscrit dans la phase 6 du déclin des Empiresdécrite par le Lieutenant-Général Sir Glubb(voir le Destin des Empires). J’ajouterais qu’en plus d’être moribond ce monde est aussi criminel. Les oligarques qui le dirigent sont des criminels hélas partiellement élus par des nations qui ne voient pas ou ne veulent pas voir qu’ils sont tels.

Voici deux exemples d’actualité qui permettront d’éviter des énumérations par trop redondantes.

Premier exemple. Le système atlantiste a l’habitude de flanquer le nez là où il conviendrait de le lui couper à des fins de sécurité. Comme en général il reproduit le même scénario, il ne nous échappera pas que l’un de sesleviers d’influence privilégiés, ce sont des opposants dits libéraux du genre Kassianov, chef du parti PARNAS et ancien Premier ministre de Poutine. Il importe peu de savoir si ce triste sire récolte 1,5% ou 2% des voix tout comme en récoltait, de son vivant, Nemtsov. Ce qui importe, c’est le choix d’une personnalité quiinvitée à s’exprimer devant l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe appelle à rendre la Crimée à l’Ukraine quitte – connaissant les résultats du référendum du 16 mars 14 – à noyer la péninsule dans le sang. Ce qui importe aussi, dans cette optique, ce sont les liens entretenus par cet « opposant » anti-national et anti-systémique avec l’ancien président du Majlis tatar criméen, Djemilev,qui avec le ministre de l’Intérieur turc concoctent tout deux, enfin, tout trois, avec Kassianov, la libération d’une Crimée qu’ils estiment occupées … comme par hasard, j’imagine, par des Criméens. Gardons bien à l’esprit que la Turquie participe à l’organisation et au financement de bataillons salafistes qu’elle pense diriger, l’instant propice, contre un territoire revendiqué depuis plus de 200 ans. Gardons également à l’esprit que le soi-disant pacifique Djemilev n’a pas hésité à se présenter en 2006 au Congrès constitutif du Front anti-impérialiste rassemblant islamistes et néo-nazis, le sulfureux Iarosh en tête. En d’autres termes, Strasbourg en vient à donner une tribune – tribune d’honneur ! – à un collabo aussi proche, à ses fins traîtressses, du salafisme que du néo-nazisme. Bravo. On savoure à fond les fameuses valeurs démocratiques atlantistes.

Deuxième exemple. Ça repasse par la Turquie, désolée pour si peu d’originalité! J’ai comme l’impression que la comédie anti-Daesh de la coalition se termine au nord et au nord-est de la frontière turco-syrienne une forte concentration de troupes turques y étant avérée. Expliquant cette percée progressive par la nécessité de réprimer le séparatisme kurde et la montée en puissance des takfiris, la Turquie reste très discrète quant à son intention de créer une sorte de zone tampon entre les villes syriennes de Djarablous et d’Azaz. Le hasard a voulu qu’une telle initiative voit le jour après la visite de Biden à Ankara ce qui est d’autant plus inquiétant quand on sait qu’il s’agit du tuteur de Porochenko et quand on voit ce que ça donne en plein centre de l’Europe. Si donc on en arrive demain à une confrontation armée massive et directe entre les forces armées turques et les forces armées syriennes, je me demande ce que pourra entreprendre la Russie contre un membre de l’OTAN. Un membre de l’OTAN, soulignons-le, qui parvient à le rester, de un, en assurant le passage de convois pétroliers de l’EI via son territoire, de deux, en en achetant une certaine partie comme en témoignent non pas les médias russes mais le New York Time et le Guardian, de trois, à faire transiter du coton syrien comme le rapporte la Tribune de Genève, de quatre, à acheminer du shit afghan vers l’Europe en le faisant préalablement passer via la Syrie et l’Irak … de quoi se poser quelques questions avant de griller un joint.Plus concrètement encore, il y a quelques jours, la police serbe a mis la main sur 16 kg de joyeusetés évanescentes exportées grâce à Daesh en direction de l’Europe via notre alliée, la Turquie. Celle-ci est même tellement notre alliée que le Conseil de l’Europe vient d’adopter le turc comme une de ses langues officielles : reconnaissons qu’il faut vraiment l’avoir mérité !

Résumons : l’euro-intégration passe fichtrement mieux si vous violez des Européennes et/ou trafiquez d’une façon ou d’une autre avec l’EI en en faisant profiter les oligarchies occidentales.

Si vous voulez rester ce qu’on vous demande d’être – un bon citoyen de l’UE attaché aux valeurs démocratiques qui sont forcément votre religion – vous devez, si vous êtes du sexe mâle, éviter de défendre vos femmes et vos filles, si vous êtes des deux sexes, accepter toutes les conditions que vous imposent, sous couvert de nobles principes, les oligarchies au pouvoir qui à leur tour sont les marionnettes d’autres oligarchies qu’on voit un peu moins sur le petit écran et qui elles ne risquent pas de se retrouver à défendre leur bout de terre contre les mujâhid. En attendant l’inévitable, on nous enjoint de rester politiquement correct. Même l’Eglise est politiquement correcte. Comment défendrait-elle alors sa Fille aînée? Permettez-moi de citer la très juste remarque de l’archevêque d’Alep, Monseigneur Jeanbart, pour qui l’Eglise, à l’instar du Christ, n’a pas à être politiquement correcte mais politiquement juste. Aujourd’hui, l’Europe vassalisée n’a ni politique, ni diplomatie, ni valeurs réelles.Comment tendrait-elle au Juste? Suspendue entre les lauriers d’un passé glorieux, de vagues espoirs projetés dans un non moins vague futur, elle patauge dans un présent mêlant le ridicule au crime.

Cela étant dit, quand un cycle touche à sa fin, il repart à zéro. Le monde que je viens de décrire est un monde moribond. Demain, il mourra. L’Humanité étant prête à souffrir tant que les maux sont supportables est-il dit dans un extrait de la Déclaration d’indépendance des USA, il se trouve que les maux qui minent aujourd’hui les Européens sont de moins en moins supportables. Le réveil n’est pas loin et sera dans une certaine mesure conditionné par trois facteurs :

  1. L’issue des négociations de Genève entre les pro et les anti-Assad. S’y surajoutent les provocations armées que semble préparer la Turquie ses forces aériennes venant de passer au niveau d’alerte orange.
  2. L’issue des élections présidentielles US.
  3. L’attitude des clandestins déjà présents en UE suite aux flux massifs attendus au printemps 2016.

Françoise Compoint

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Quand l’armée se rebiffe

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'armée française, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Terrorisme, #La nation .

Quand l’armée se rebiffe

© Michel Euler/AP/SIPA
© Michel Euler/AP/SIPA

 

 

Pour une fois, la « grande muette », c’est-à-dire l’armée française, est sortie spectaculairement de son silence. Par la voix de son chef d’état-major, le général Pierre de Villiers, et avec tout le respect qui s’impose, elle s’en est prise vigoureusement à l’exécutif dans une longue tribune publiée par Le Monde du 21 janvier. À ses yeux, les responsables de l’exécutif font pression sur l’armée en lui réclamant, à cor et à cri, des résultats rapides dans sa lutte contre Daech. Et cela, pour des raisons de politique intérieure. Comme le dit un haut gradé cité par Le Monde : « La stratégie française est à trois jours, totalement faite par la politique intérieure. »

Pour parler net, à l’approche des présidentielles, nos gouvernants comptent sur ces résultats rapides pour améliorer leur popularité en berne dans l’opinion. Or, il est toujours absurde de conduire une guerre – qui sera forcément difficile et longue –, en fonction d’impératifs électoraux à court terme. Il ne s’agit pas d’accabler telle ou telle majorité politique, en l’occurrence le pouvoir actuel. Ce serait injuste car, tout laisse penser que l’opposition aurait fait la même chose si elle était aux affaires. Nicolas Sarkozy n’était pas indifférent aux gains de politique intérieure quand il conduisit de façon brouillonne notre intervention en Libye, en 2011, avec les résultats que l’on sait.

Dans l’histoire militaire, en Europe comme ailleurs, l’instrumentalisation des soldats par les politiciens témoigne d’une ancienne et irréductible contradiction entre la logique stratégique et la logique électoraliste. Or, quand on demande aux soldats d’aller se faire trouer la peau pour atteindre un objectif, il ne faudrait pas mélanger les deux. Dans sa tribune, le chef d’état-major, conseiller militaire du gouvernement, rappelle que l’emploi de la force, parfois nécessaire (c’est le cas contre les djihadistes), exige un minimum de patience et s’accommode mal de ce qu’il appelle la « tyrannie de l’urgence ». Mais Pierre de Villiers va beaucoup plus loin. Il rompt clairement avec ces officiers bellicistes qu’on appelait jadis les « va-t-en-guerre ».

Si la force est nécessaire, explique-t-il, elle ne suffit jamais. Gagner une guerre ne veut pas dire qu’on gagne la paix. Pierre de Villiers va jusqu’à invoquer les impératifs éthiques qu’une armée civilisée ne saurait enfreindre sans perdre sa légitimité et même son âme. De façon délibérée ou pas, la charge de ce général nous renvoie aux incontinences verbales de Manuel Valls qui ironisait récemment sur « ceux qui invoquent les grandes valeurs en oubliant qu’on est en guerre ». Comme s’il s’agissait de faire la guerre n’importe comment, quitte à devenir aussi barbares que les djihadistes que l’on combat ! C’est ce risque que pointe le chef d’état-major quand il ajoute que, face au terrorisme, nous devons nous garder de tomber dans le mimétisme. L’emploi de ce vocable trahit un lecteur du grand philosophe René Girard, disparu le 4 novembre 2015.

C’est un peu le monde à l’envers ! Nos militaires deviennent quelquefois plus cultivés et plus réfléchis que nos politiques. Qui s’en plaindra ?

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Quand la diplomatie turque perd ses nerfs !

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Ukraine, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Grèce, #Terrorisme, #islamisme

Quand la diplomatie turque perd ses nerfs !

Quand la diplomatie turque perd ses nerfs !

Le 01 février 2016

Ce mercredi 28 janvier avait lieu dans les locaux de l’institut de la démocratie et de la coopération une conférence sur le thème : « La Turquie d’Atatürk à Erdogan : quelles évolutions ? »

Participaient à cette conférence, le Professeur Darko Tanaskovic, ambassadeur de la Serbie auprès de l’UNESCO et auteur de l’ouvrage, «neo-ottomanism» (Belgrade Civis 2010), Fabrice Monnier, auteur de « Atatürk, naissance de la Turquie moderne » (Paris CNRS édition, 2015) et Victor Nadein-Raevskiy, chercheur à l’institut de l’économie mondiale et des relations internationales (Moscou) et bien sur sous la présidence de Madame Natalia Narotchnitskaïa, présidente de l’I.D.C. Et ancienne député à la Douma.

En introduction, Madame Narotchnitskaïa présenta ses invités, ainsi que les représentants de l’ambassade turque (présents dans l’assemblée) et nous gratifia d’un petit résumé géopolitique des relations entre la Turquie et l’Europe. Elle nous livra également son sentiment sur l’abandon par l’actuel régime, de la voie tracée par Atatürk pour s’engager vers une nouvelle direction, celle du néo-ottomanisme. Madame Narotchnitskaïa rappela également que le « revival » du pan-turquisme réapparut et se développa à l’aube des années 90 à la chute du mur de Berlin et de l’effondrement de l’Union Soviétique.

Ce fut ensuite à Mr Fabrice Monnier de nous présenter sa vision de l’évolution de la géopolitique turque. Monsieur Monnier insista sur le fait que la politique turque a toujours été expansionniste. Que la Turquie, même sous le nationalisme kémaliste, était toujours conquérante. Il nous rappela, par exemple, l’interventionnisme des kémalistes au delà de l’état nation turc, que ce soit à Mossoul ou Alexandrette. Monsieur Monnier mit en parallèle ces interventions à visée expansionniste avec l’actuel politique du régime de Recep Tayyip Erdogan dans le Kurdistan irakien en faisant allusion, notamment, aux revendications envers le Vilayet de Mossoul… région, comme chacun sait, très riche en pétrole…. Le néo-ottomanisme de Monsieur Erdogan cherchant à réussir la où les kémalistes avaient échoué, c’est à dire reprendre Mossoul.

Ensuite le professeur Tanaskovic évoqua avec érudition, l’histoire turbulente de la Turquie en relevant ses incessantes continuités et discontinuités, ses conquêtes et ses reculs, sa politique tantôt agressive tantôt sereine. Le professeur Tanaskovic insista, par contre, sur une constante de la politique turque au cours des siècles : sa stratégie expansionniste (qu’elle soit guerrière, linguistique, culturelle ou économique). Stratégie représentée aujourd’hui, selon le professeur, par le néo-ottomanisme développé par le régime de Monsieur Erdogan. Un néo-ottomanisme nié par les chancelleries occidentales, la Turquie étant, pour nos élites, un exemple de république musulmane et moderne. Le professeur insista également sur la synthèse idéologique, mis en place par le régime Erdogan, les premières années, amalgamant islamisme, kémalisme et impérialisme. Cet équilibre tend à disparaître petit à petit, pour laisser place, de plus en plus, au premier point de ce « triptyque », l’islamisme de moins en moins modéré.

L’intervention suivante fut plus concentrée sur l’histoire turque des XXème et XXIème siècle, sur la naissance du Kémalisme et sur les changements apportés par cette idéologie. Tout d’abord, ce fut l’abandon de la politique pan-turquiste d’expansion pour ériger un nouvel état moderne, ensuite ce fut la mise à l’écart du clergé de toutes les sphères du pouvoir et bien sur la mise en place de la laïcité. Malgré tout, Atatürk se lança également dans une réforme ambitieuse de la langue afin de faciliter les communications entre populations turcophones au delà des frontières des états nations. Ce dernier point, pour Mr Nadein-Raevskiy, réactiva une forme de pan-turquisme basé sur la langue.

Ensuite notre dernier orateur, rappela les premières années du régime Erdogan en évoquant ses prises de position. Tout d’abord en faveur de la population Kurde avec la possibilité de parler leur langue, avec l’ouverture de journaux, radios, télés en langue Kurde et sur les négociations avec le leader Kurde Öcalan. Monsieur Nadein-Raevskiy insista également sur les relations entre Erdogan et Gulen, sur leur lune de miel idéologique et sur la mise en place de la part de Gulen d’un véritable renouveau estudiantin. Ce renouveau créa une nouvelle génération de jeunes turcs, une nouvelle élite avec une vision du monde très influencée par l’islamisme de Gulen. Puis Monsieur Nadein-Raevskiy se montra plus vindicatif envers Recep Tayyip Erdogan et se livra à une charge virulente contre le régime turc actuel, accusant notamment le président Turc de multiples traîtrises aussi bien envers ses alliés (en l’occurrence Gulen) qu’envers ses partenaires économiques (évoquant de manière à peine voilée, le dossier Turkish-stream). Mr Nadein-Raevskiy s’éloigna du sujet de la conférence et évoqua la traitrise de l’état turc suite à la destruction du bombardier russe en Syrie, accusant ouvertement la Turquie de guet-apens prémédité avec l’appui de ses alliés de l’OTAN…

Ce fut certainement ces derniers propos qui provoquèrent la colère noire de l’attaché de l’ambassade turque de Paris…qui pris la parole à son tour, afin de dénoncer les « accusations calomnieuses » faites à son pays et à son gouvernement. Ce Monsieur se lança ensuite dans une charge immodérée contre la Russie et son président, les accusant de violer les frontières de leurs voisins (faisant allusion à l’Ukraine), de massacrer de nombreux civils (en Syrie)… des crimes que la Turquie, quant à elle, ne commettait pas (sic). La jeunesse de cet attaché d’ambassade, probablement, lui faisait oublier le génocide arménien, les massacres des populations grecques, l’occupation de la partie Nord de Chypre mais aussi les actuelles incursions de l’armée turque en Irak ou en Syrie. Suite à cela, la délégation turque quitta la salle….laissant le soin à Mr Nadein-Raevskiy de terminer la conférence en nous mettant en garde contre le soi-disant islamisme « modéré », qui selon lui….n’existe pas !

Bernard Decocq

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