Le blog de Lucien PONS

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Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Politique étrangère, #L'OTAN.

Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -

Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -

Susan Lindauer ex-agent de la CIA a été poursuivi en vertu du Patriot Act. Après 10 ans de silence, elle témoigne à propos du 11 Septembre: les services de renseignement savaient. Mohammed Atta était un agent gouvernementale US. D'étranges camionnettes sont venus chaque nuit dans le WTC avant l'attentat.
Un témoignage capital qui doit être entendu et pris en compte.

Susan Lindauer a raconté cela dans un livre sorti le 1 juin 2013 aux éditions "20 cœurs" , le titre est explicite, il s'agit "d'extrême préjudice".

C'est le combat d'une femme qui a su traversé les pires épreuves pour livrer son témoignage poignant sur le 11 septembre et la guerre contre l'Irak!

A lire absolument, c'est un témoignage extraordinaire.

Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -

On veut brûler les forêts françaises à Gardanne !

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Agriculture, #La forêt, #Economie

On veut brûler les forêts françaises à Gardanne !

E.On veut brûler les forêts françaises à Gardanne !

Les forêts du sud de la France sont en danger. Le géant de l’énergie E.On veut convertir à la biomasse la centrale thermique Provence 4 à Gardanne. Le monstre industriel dévorerait près d’un million de tonnes de bois par an. Mobilisons-nous contre cette aberration écologique grassement subventionnée par l’État français !

La centrale à biomasse d’E.On menace les forêts françaises - © david hughes - Fotolia.com
La centrale à biomasse d’E.On menace les forêts françaises - © david hughes - Fotolia.com

La centrale à biomasse d’E.On menace les forêts françaises - © david hughes - Fotolia.com

E.On veut mettre en fonctionnement une méga-centrale électrique à biomasse à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône. Le 3ème groupe mondial du secteur de la distribution d’énergie y brûlerait 855.000 tonnes de bois par an, pour moitié en provenance des forêts du sud de la France, le reste étant importé, principalement des forêts anciennes du Canada et des États-Unis. Une des conséquences serait l’industrialisation des forêts, notamment des Cévennes, avec ses coupes à blanc et la destruction de la biodiversité.

La centrale à biomasse de Gardanne : une aberration écologique…

Obligé par l’UE d’arrêter la centrale existante au charbon d’ici fin 2015, E.On consommerait étrangement plus de charbon de bois suite à sa conversion à la biomasse qu’auparavant. En outre, le bois n'est pas un combustible vert : par unité d'énergie, la combustion du bois libère encore plus de carbone que le charbon.

Autre aberration : avec un rendement énergétique de 35%, deux-tiers des arbres seraient tout simplement brûlés pour rien à Provence 4. Plus aberrant encore, l’Etat français a décidé en 2011 de subventionner E.On à hauteur de 70 millions d’euros par an pendant 20 ans pour sa centrale à biomasse, l’argent devant être collecté discrètement par le biais des factures d’électricité.

à 1,4 milliard d’euros pour le contribuable !

Sur place, une grande coalition composée de militants écologistes, de citoyens, d’administrations et d’élus s’est formée pour stopper le projet d’E.On. Ses motivations sont variées : protéger les forêts et la biodiversité de leur région, préserver la santé de la population locale dans une ville déjà très polluée, empêcher le gaspillage de l’argent public, etc.

Joignons-nous au Collectif SOS Forêts du Sud pour empêcher la réalisation de la centrale à biomasse d’E.On à Gardanne !

<h4>Contexte</h4>

Publications du Collectif SOS Forêts du Sud

• Rapport intégral „Halte à la biomascarade - Non ! aux mégacentrales d’E.On et d’Inova
• Blog consacré au projet d’E.On à Gardanne Collectif Forêts du Sud
• Articles de Nicholas Bell publiés sur le site forumcivique.org :
1- FORÊT: Halte à la biomascarade
2- FORÊTS: Contre le délire d’E.On
3- DOSSIER FORÊT: Ca brûle pour la forêt!

Informations supplémentaires

Médias
• Article de Reporterre La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles
• Rapport de Reporterre E.On, la centrale thermique de Gardanne et la châtaigneraie cévenole
• Article du Canard enchainé Une volée de bois vert dans la chaudière
• Articles d’Actu-Environnement 1-E.ON concrétise son projet controversé de centrale biomasse à Gardanne , 2- Centrale de biomasse à Gardanne : le parc national des Cévennes et E.ON signent un protocole
• Article de La Provence échoplanète Biomasse : la centrale de Gardanne va-t-elle griller la filière bois ?
• Article d’Enerzine.com Provence 4 : la plus puissance centrale électrique biomasse de France
• Article de CQFD Centrale à charbon de Gardanne et déforestation des Cévennes

Biomasse
• Rapport de Greenpeace Canada De biomasse à... biomascarade - Pourquoi brûler des arbres à des fins énergétiques menace le climat, les forêts et la population
• Articles du Monde 1- Ségolène Royal fait feu de tout bois, 2- La biomasse, dévoreuse de terres agricoles et de forêts ?
• Article de la Global Forest Coalition La conversion de centrales à charbon en biomasse : une catastrophe pour les forêts de feuillus

En anglais
• Rapport de Biofuelwatch Biomass: The Chain of Destruction
• Littérature scientifique et informations de fonds sur le sujet de la biomasse Resources on (Wood) Biomass for Heat and Power: Scientific Articles, Fact sheets and Reports, Letters and Resolutions, Background about the Forest Stewardship Council, Videos

Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

Autorités françaises

Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie de la République française

Courriel : segolene.royal@developpement-durable.gouv.fr

Directoire d'E.On

M. Johannes Teyssen, Directeur général et président du directoire d’E.On
M. Leonhard Birnbaum, Membre du directoire d’E.On
M. Jørgen Kildahl, Membre du directoire d’E.On
M. Bernhard Reutersberg, Membre du directoire d’E.On
M. Klaus Schäfer, Directeur financier et membre du directoire d’E.On
M. Mike Winkel, Membre du directoire d’E.On

E.On SE
E.ON-Platz 1
40479 Düsseldorf
Allemagne
Tél : +49 (0)211 4579 0
Fax : +49 (0)211 4579 501
Courriel : info@eon.com

Courriel : efr_sales@eon.com

<h4>Mises à jour</h4>

30 juil. 2014

FORÊT: Halte à la biomascarade

E.On à Gardanne - Complément d'informations

Article de Nicholas Bell, FCE - France,17.06.2014
Archipel émission 227 (06/2014)
http://www.forumcivique.org/fr/articles/for%C3%AAt-halte-%C3%A0-la-biomascarade

Depuis quelque temps nous vous informons régulièrement sur la lutte menée contre le projet aberrant de l’entreprise allemande E.On de transformer sa centrale électrique à charbon à Gardanne, près de Marseille, en centrale fonctionnant avec de la biomasse1.

Au fur et à mesure que nous avons approfondi notre connaissance de ce dossier délirant, nous nous sommes rendu compte qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg, que les menaces qui pèsent sur nos forêts sont infiniment plus monstrueuses qu’imaginées jusqu’alors. Rappelons que la centrale d’E.On aura besoin d’environ 900.000 tonnes de bois par an, dont la vaste majorité sous forme d’arbres coupés afin d’être brûlés, pour produire de l’électricité avec un rendement de guère plus de 30%. Ce qui signifie que 70% des arbres ne serviront qu’à chauffer le ciel et à polluer la région autour.

La dimension mondiale de cette problématique était déjà évidente, car pendant les premiers dix ans de fonctionnement la moitié du bois sera importée, sans doute du Canada. C’est grâce à des rapports détaillés publiés par des associations britanniques, canadiennes et américaines que nous avons commencé à mesurer l’échelle de la catastrophe2.

Il s’avère que le projet d’E.On à Gardanne fait partie d’un nombre considérable de telles conversions «charbon-vers-biomasse» en Europe. Prenons l’exemple du Royaume-Uni (RU) où les centrales à charbon sont parmi les plus polluantes d’Europe. Selon un article de la «Global Forest Coalition»3, plusieurs centrales à charbon qui ne respectaient pas les exigences de la «Directive européenne sur les grandes installations de combustion»4 à cause de leurs fortes émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont été ou seront converties à la biomasse. Les conversions déjà autorisées au RU auront besoin de plus de 50 millions de tonnes de bois par an, soit plus de cinq fois tout le bois produit annuellement par les forêts du pays5.

Les conversions «charbon-vers-biomasse» sont au cœur de la politique britannique sur les énergies renouvelables. Il est donc bien évident que les autorités britanniques et les industriels du secteur au RU comptent sur des importations massives de bois, en général sous la forme de pellets6. En résulte une véritable ruée vers l’or vert.

Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace Québec, a écrit dans son blog: «J’étais de passage en Europe la semaine dernière, entre autres pour rencontrer des représentants et députés du Parlement européen. Objectif: tenter de faire changer les politiques énergétiques européennes qui encouragent (et même subventionnent) la combustion de bois pour remplacer le charbon dans les grandes centrales thermiques. Les forêts européennes ne pouvant suffire à la demande grandissante des géants énergétiques (GDF-Suez, RWE, DRAX, Vattenfal, E.ON, etc.), ces grands producteurs d’électricité ont de plus en plus recours au bois des forêts canadiennes et américaines. Utilisant initialement des sciures et des résidus industriels, les producteurs de granulés canadiens doivent maintenant se tourner vers la forêt pour suffire à la demande.»

(…) A l’image de cette industrie qui se développe en catimini sans réel débat public, le Port de Québec a donné son aval à l’entreprise Arrimage Québec pour construire un terminal et permettre l’exportation de 75.000 tonnes de granulés par an à destination d’une immense centrale thermique de 4.000 MW appartenant à DRAX en Angleterre. Or l’opposition de la population locale est palpable et l’acceptabilité sociale de ce projet est loin d’être acquise, sachant que Drax brûlera plus de 7 millions de tonnes de bois par an dès l’an prochain. Les granulés qui passeront par le Port de Québec proviennent d’arbres de la forêt ontarienne abattus et broyés par Rentech Inc., une entreprise californienne en pleine expansion dans le monde de la bioénergie. En 2011, Rentech s’est vu attribuer par l’Ontario plus de 1,1 million de mètres cubes de bois par an en terre publique.»7

Selon un rapport de Greenpeace Canada, «les coupes à blanc, encore majoritairement utilisées et fortement agglomérées, détruisent jusqu’à 145.000 hectares de forêt boréale par bloc de coupe, ce qui équivaut à plus de 150.000 terrains de football»8

Ce pillage de la ressource est tel que 61 scientifiques américains ont écrit à la Commission européenne9 pour s’inquiéter de cette situation, estimant que les Etats du Sud des Etats-Unis vont exporter près de 6 millions de tonnes de bois en 2015. Ils demandent à l’Union européenne de «repenser sa politique qui alimente cette demande pour des pellets de bois comme source de combustible pour générer de l’électricité en Europe».

«Les sociétés10 s’implantent dans les régions forestières du monde entier. Elles achètent des forêts entières, y implantent des unités de fabrication de granulés destinés à approvisionner des centrales européennes. Autre conséquence de cette nécessaire ressource: l’émergence de la «culture» du bois. L’idée étant de planter des forêts d’essence à croissance rapide et donc à rotation courte, de 10 à 15 ans, d’exploiter par coupe rase et de replanter. Avec comme conséquence la nécessité d’intrants pour favoriser la croissance rapide et de grandes quantités d’eau pour démarrer la pousse.

Voir par exemple E.On en Afrique, qui achète 8.000 ha quitte à exproprier les petits paysans locaux et à leur interdire l’accès à l’eau. L’Australie, qui privilégie l’utilisation des déchets bois, a interdit l’utilisation du bois d’oeuvre en tant que bois énergie. Pour pallier à cette difficulté certaines compagnies de production d’énergie envisagent de cultiver de grandes étendues d’eucalyptus pour fabriquer du combustible pour leur propre compte, mais aussi pour l’export à destination de… l’Europe.»11

Dans ces plantations d’arbres à destination des centrales à biomasse, l’on trouvera sans doute les nouvelles espèces d’arbres génétiquement modifiés. Depuis plusieurs années, des expérimentations sont menées sur des variétés d’eucalyptus et de peupliers OGM. L’Institut National de Recherche Agronomique en France a récemment mené un projet de recherche intitulé «Taillis à très courte rotation de peupliers génétiquement modifiés pour les propriétés du bois - Evaluations agronomique et environnementale - Evaluation du bois pour la production de bioénergie»12.

Mais selon d’autres informations, dans les centrales à charbon converties à la biomasse, il est conseillé de ne brûler que des pellets issus de feuillus à croissance lente avec un faible pourcentage d’écorce. En effet, les autres types d’arbres ont un niveau trop élevé de sels alcalins et corrodent leurs chaudières13. Ainsi, ce n’est pas par hasard que les entreprises de production de pellets les plus performantes du Sud des Etats-Unis ciblent les forêts de feuillus. S’il est vrai que des entreprises comme Drax ont besoin d’exploiter des forêts de feuillus à croissance lente, l’impact sera immédiat, car très peu de forêts feuillues autochtones dans le Sud des Etats-Unis ont survécu aux coupes rases et aux plantations de monocultures de résineux. La plupart de ces forêts se trouvent dans les zones isolées ou humides. La biodiversité de la région sera anéantie en un court laps de temps. L’industrie dépendra ensuite de la destruction de forêts à croissance lente ailleurs, au Canada, en Russie, en Europe de l’Est...

On pourrait penser que la perspective était déjà assez sombre ainsi, mais d’autres menaces planent sur les forêts de notre planète. Dans un entretien avec Radio Zinzine14, Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, lance l’avertissement que la nouvelle génération d’agrocarburants visera surtout des arbres. Un article publié par Enerzine15 vient confirmer cette crainte. «En 2012, la Finlande a notifié son intention de soutenir financièrement la construction d’une unité de production d’huile de pyrolyse, dans une centrale combinée chaleur et électricité existante à Joensuu.» Joaquín Almunia, commissaire européen chargé de la politique de concurrence, a donné son feu vert à la construction de cette usine. Pour lui, «l’huile de pyrolyse constitue une excellente alternative au fuel lourd. Elle peut être utilisée dans des chaudières à mazout existantes, moyennant des adaptations minimes, ce qui constitue un sérieux incitant, pour les producteurs de chaleur, à se tourner vers des combustibles plus propres.» L’article précise que «la production repose sur un processus dit de ‘pyrolyse rapide’, par lequel la biomasse est convertie en biohuile».

La synthèse de Jean-François Davaut aborde deux autres aspects méconnus de cet engouement pour la biomasse industrielle: le mythe du carbone neutre et la biomasse qui pollue autant que le charbon.

Le mythe du «carbone neutre»

«La destruction des forêts et la combustion de la biomasse qui s’ensuit sont l’affaire de quelques heures. Par contre, la régénération de biomasse nécessaire à la recapture du carbone émis va prendre plusieurs dizaines d’années. Il y a donc mécaniquement un 'pic carbone' qui va durer quelques dizaines d’années. De plus la combustion de la biomasse émet 51% de CO2 de plus que la même quantité de charbon, ce qui crée une «dette» carbone. Il a été calculé qu’il faut environ 40 ans pour annuler cette dette carbone supplémentaire par croissance de biomasse nouvelle, et qu’il faut 100 ans pour neutraliser l’émission carbone totale.»

Biomasse polluante

«Prônée par quasiment l’ensemble des institutions politiques et écologiques, il apparaît que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un discours simplificateur, qui va à l’encontre des objectifs affirmés. Des rapports scientifiques émanant d’organisations indépendantes, voire de collectifs de scientifiques, prouvent que les centrales à biomasse de grande capacité vont à l’opposé des résultats recherchés, à savoir un moindre impact écologique.

Brûler de la biomasse est en général plus polluant que brûler du charbon, sauf en ce qui concerne le dioxyde de soufre. Des données de centrales en activité indiquent que la biomasse émet 98% de la quantité d’oxyde d’azote d’un volume équivalent de charbon bitumineux, 51% de plus de CO2 et un niveau global comparable de particules. Sauf que la biomasse émet davantage de particules fines. Les dioxines – particules chimiques les plus toxiques – sont émises en quantité 7 fois supérieures que par combustion du charbon. Pour compléter ce tableau, il faut noter que le pouvoir énergétique de la biomasse est environ deux fois plus faible que celui du charbon: il faut donc environ 2 tonnes de biomasse pour obtenir l’équivalent énergétique d’une tonne de charbon.

Ce qui amène à questionner les politiques publiques mises en place pour favoriser l’émergence des énergies renouvelables, ou plutôt de certaines catégories d’entre elles. L’un de ces rapports a servi à la Cour fédérale américaine pour annuler des lois mettant en place des subventions et des avantages fiscaux pour la production d’électricité à partir de la biomasse bois. De plus en plus de projets sont contestés, y compris par des organismes d’Etat chargés d’éclairer les décideurs politiques»16.

On ne peut donc que lancer un appel massif «Halte à la biomascarade», ce qui ne met aucunement en question des petites chaufferies à biomasse adaptées à la ressource locale.

https://www.sauvonslaforet.org/petitions/959/e-on-veut-bruler-les-forets-francaises-a-gardanne

<h4>Contexte</h4>

Publications du Collectif SOS Forêts du Sud

• Rapport intégral „Halte à la biomascarade - Non ! aux mégacentrales d’E.On et d’Inova
• Blog consacré au projet d’E.On à Gardanne Collectif Forêts du Sud
• Articles de Nicholas Bell publiés sur le site forumcivique.org :
1- FORÊT: Halte à la biomascarade
2- FORÊTS: Contre le délire d’E.On
3- DOSSIER FORÊT: Ca brûle pour la forêt!

Informations supplémentaires

Médias
• Article de Reporterre La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles
• Rapport de Reporterre E.On, la centrale thermique de Gardanne et la châtaigneraie cévenole
• Article du Canard enchainé Une volée de bois vert dans la chaudière
• Articles d’Actu-Environnement 1-E.ON concrétise son projet controversé de centrale biomasse à Gardanne , 2- Centrale de biomasse à Gardanne : le parc national des Cévennes et E.ON signent un protocole
• Article de La Provence échoplanète Biomasse : la centrale de Gardanne va-t-elle griller la filière bois ?
• Article d’Enerzine.com Provence 4 : la plus puissance centrale électrique biomasse de France
• Article de CQFD Centrale à charbon de Gardanne et déforestation des Cévennes

Biomasse
• Rapport de Greenpeace Canada De biomasse à... biomascarade - Pourquoi brûler des arbres à des fins énergétiques menace le climat, les forêts et la population
• Articles du Monde 1- Ségolène Royal fait feu de tout bois, 2- La biomasse, dévoreuse de terres agricoles et de forêts ?
• Article de la Global Forest Coalition La conversion de centrales à charbon en biomasse : une catastrophe pour les forêts de feuillus

En anglais
• Rapport de Biofuelwatch Biomass: The Chain of Destruction
• Littérature scientifique et informations de fonds sur le sujet de la biomasse Resources on (Wood) Biomass for Heat and Power: Scientific Articles, Fact sheets and Reports, Letters and Resolutions, Background about the Forest Stewardship Council, Videos

Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

Autorités françaises

Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie de la République française

Courriel : segolene.royal@developpement-durable.gouv.fr

Directoire d'E.On

M. Johannes Teyssen, Directeur général et président du directoire d’E.On
M. Leonhard Birnbaum, Membre du directoire d’E.On
M. Jørgen Kildahl, Membre du directoire d’E.On
M. Bernhard Reutersberg, Membre du directoire d’E.On
M. Klaus Schäfer, Directeur financier et membre du directoire d’E.On
M. Mike Winkel, Membre du directoire d’E.On

E.On SE
E.ON-Platz 1
40479 Düsseldorf
Allemagne
Tél : +49 (0)211 4579 0
Fax : +49 (0)211 4579 501
Courriel : info@eon.com

Courriel : efr_sales@eon.com

<h4>Mises à jour</h4>

30 juil. 2014

FORÊT: Halte à la biomascarade

E.On à Gardanne - Complément d'informations

Article de Nicholas Bell, FCE - France,17.06.2014
Archipel émission 227 (06/2014)
http://www.forumcivique.org/fr/articles/for%C3%AAt-halte-%C3%A0-la-biomascarade

Depuis quelque temps nous vous informons régulièrement sur la lutte menée contre le projet aberrant de l’entreprise allemande E.On de transformer sa centrale électrique à charbon à Gardanne, près de Marseille, en centrale fonctionnant avec de la biomasse1.

Au fur et à mesure que nous avons approfondi notre connaissance de ce dossier délirant, nous nous sommes rendu compte qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg, que les menaces qui pèsent sur nos forêts sont infiniment plus monstrueuses qu’imaginées jusqu’alors. Rappelons que la centrale d’E.On aura besoin d’environ 900.000 tonnes de bois par an, dont la vaste majorité sous forme d’arbres coupés afin d’être brûlés, pour produire de l’électricité avec un rendement de guère plus de 30%. Ce qui signifie que 70% des arbres ne serviront qu’à chauffer le ciel et à polluer la région autour.

La dimension mondiale de cette problématique était déjà évidente, car pendant les premiers dix ans de fonctionnement la moitié du bois sera importée, sans doute du Canada. C’est grâce à des rapports détaillés publiés par des associations britanniques, canadiennes et américaines que nous avons commencé à mesurer l’échelle de la catastrophe2.

Il s’avère que le projet d’E.On à Gardanne fait partie d’un nombre considérable de telles conversions «charbon-vers-biomasse» en Europe. Prenons l’exemple du Royaume-Uni (RU) où les centrales à charbon sont parmi les plus polluantes d’Europe. Selon un article de la «Global Forest Coalition»3, plusieurs centrales à charbon qui ne respectaient pas les exigences de la «Directive européenne sur les grandes installations de combustion»4 à cause de leurs fortes émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont été ou seront converties à la biomasse. Les conversions déjà autorisées au RU auront besoin de plus de 50 millions de tonnes de bois par an, soit plus de cinq fois tout le bois produit annuellement par les forêts du pays5.

Les conversions «charbon-vers-biomasse» sont au cœur de la politique britannique sur les énergies renouvelables. Il est donc bien évident que les autorités britanniques et les industriels du secteur au RU comptent sur des importations massives de bois, en général sous la forme de pellets6. En résulte une véritable ruée vers l’or vert.

Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace Québec, a écrit dans son blog: «J’étais de passage en Europe la semaine dernière, entre autres pour rencontrer des représentants et députés du Parlement européen. Objectif: tenter de faire changer les politiques énergétiques européennes qui encouragent (et même subventionnent) la combustion de bois pour remplacer le charbon dans les grandes centrales thermiques. Les forêts européennes ne pouvant suffire à la demande grandissante des géants énergétiques (GDF-Suez, RWE, DRAX, Vattenfal, E.ON, etc.), ces grands producteurs d’électricité ont de plus en plus recours au bois des forêts canadiennes et américaines. Utilisant initialement des sciures et des résidus industriels, les producteurs de granulés canadiens doivent maintenant se tourner vers la forêt pour suffire à la demande.»

(…) A l’image de cette industrie qui se développe en catimini sans réel débat public, le Port de Québec a donné son aval à l’entreprise Arrimage Québec pour construire un terminal et permettre l’exportation de 75.000 tonnes de granulés par an à destination d’une immense centrale thermique de 4.000 MW appartenant à DRAX en Angleterre. Or l’opposition de la population locale est palpable et l’acceptabilité sociale de ce projet est loin d’être acquise, sachant que Drax brûlera plus de 7 millions de tonnes de bois par an dès l’an prochain. Les granulés qui passeront par le Port de Québec proviennent d’arbres de la forêt ontarienne abattus et broyés par Rentech Inc., une entreprise californienne en pleine expansion dans le monde de la bioénergie. En 2011, Rentech s’est vu attribuer par l’Ontario plus de 1,1 million de mètres cubes de bois par an en terre publique.»7

Selon un rapport de Greenpeace Canada, «les coupes à blanc, encore majoritairement utilisées et fortement agglomérées, détruisent jusqu’à 145.000 hectares de forêt boréale par bloc de coupe, ce qui équivaut à plus de 150.000 terrains de football»8

Ce pillage de la ressource est tel que 61 scientifiques américains ont écrit à la Commission européenne9 pour s’inquiéter de cette situation, estimant que les Etats du Sud des Etats-Unis vont exporter près de 6 millions de tonnes de bois en 2015. Ils demandent à l’Union européenne de «repenser sa politique qui alimente cette demande pour des pellets de bois comme source de combustible pour générer de l’électricité en Europe».

«Les sociétés10 s’implantent dans les régions forestières du monde entier. Elles achètent des forêts entières, y implantent des unités de fabrication de granulés destinés à approvisionner des centrales européennes. Autre conséquence de cette nécessaire ressource: l’émergence de la «culture» du bois. L’idée étant de planter des forêts d’essence à croissance rapide et donc à rotation courte, de 10 à 15 ans, d’exploiter par coupe rase et de replanter. Avec comme conséquence la nécessité d’intrants pour favoriser la croissance rapide et de grandes quantités d’eau pour démarrer la pousse.

Voir par exemple E.On en Afrique, qui achète 8.000 ha quitte à exproprier les petits paysans locaux et à leur interdire l’accès à l’eau. L’Australie, qui privilégie l’utilisation des déchets bois, a interdit l’utilisation du bois d’oeuvre en tant que bois énergie. Pour pallier à cette difficulté certaines compagnies de production d’énergie envisagent de cultiver de grandes étendues d’eucalyptus pour fabriquer du combustible pour leur propre compte, mais aussi pour l’export à destination de… l’Europe.»11

Dans ces plantations d’arbres à destination des centrales à biomasse, l’on trouvera sans doute les nouvelles espèces d’arbres génétiquement modifiés. Depuis plusieurs années, des expérimentations sont menées sur des variétés d’eucalyptus et de peupliers OGM. L’Institut National de Recherche Agronomique en France a récemment mené un projet de recherche intitulé «Taillis à très courte rotation de peupliers génétiquement modifiés pour les propriétés du bois - Evaluations agronomique et environnementale - Evaluation du bois pour la production de bioénergie»12.

Mais selon d’autres informations, dans les centrales à charbon converties à la biomasse, il est conseillé de ne brûler que des pellets issus de feuillus à croissance lente avec un faible pourcentage d’écorce. En effet, les autres types d’arbres ont un niveau trop élevé de sels alcalins et corrodent leurs chaudières13. Ainsi, ce n’est pas par hasard que les entreprises de production de pellets les plus performantes du Sud des Etats-Unis ciblent les forêts de feuillus. S’il est vrai que des entreprises comme Drax ont besoin d’exploiter des forêts de feuillus à croissance lente, l’impact sera immédiat, car très peu de forêts feuillues autochtones dans le Sud des Etats-Unis ont survécu aux coupes rases et aux plantations de monocultures de résineux. La plupart de ces forêts se trouvent dans les zones isolées ou humides. La biodiversité de la région sera anéantie en un court laps de temps. L’industrie dépendra ensuite de la destruction de forêts à croissance lente ailleurs, au Canada, en Russie, en Europe de l’Est...

On pourrait penser que la perspective était déjà assez sombre ainsi, mais d’autres menaces planent sur les forêts de notre planète. Dans un entretien avec Radio Zinzine14, Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, lance l’avertissement que la nouvelle génération d’agrocarburants visera surtout des arbres. Un article publié par Enerzine15 vient confirmer cette crainte. «En 2012, la Finlande a notifié son intention de soutenir financièrement la construction d’une unité de production d’huile de pyrolyse, dans une centrale combinée chaleur et électricité existante à Joensuu.» Joaquín Almunia, commissaire européen chargé de la politique de concurrence, a donné son feu vert à la construction de cette usine. Pour lui, «l’huile de pyrolyse constitue une excellente alternative au fuel lourd. Elle peut être utilisée dans des chaudières à mazout existantes, moyennant des adaptations minimes, ce qui constitue un sérieux incitant, pour les producteurs de chaleur, à se tourner vers des combustibles plus propres.» L’article précise que «la production repose sur un processus dit de ‘pyrolyse rapide’, par lequel la biomasse est convertie en biohuile».

La synthèse de Jean-François Davaut aborde deux autres aspects méconnus de cet engouement pour la biomasse industrielle: le mythe du carbone neutre et la biomasse qui pollue autant que le charbon.

Le mythe du «carbone neutre»

«La destruction des forêts et la combustion de la biomasse qui s’ensuit sont l’affaire de quelques heures. Par contre, la régénération de biomasse nécessaire à la recapture du carbone émis va prendre plusieurs dizaines d’années. Il y a donc mécaniquement un 'pic carbone' qui va durer quelques dizaines d’années. De plus la combustion de la biomasse émet 51% de CO2 de plus que la même quantité de charbon, ce qui crée une «dette» carbone. Il a été calculé qu’il faut environ 40 ans pour annuler cette dette carbone supplémentaire par croissance de biomasse nouvelle, et qu’il faut 100 ans pour neutraliser l’émission carbone totale.»

Biomasse polluante

«Prônée par quasiment l’ensemble des institutions politiques et écologiques, il apparaît que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un discours simplificateur, qui va à l’encontre des objectifs affirmés. Des rapports scientifiques émanant d’organisations indépendantes, voire de collectifs de scientifiques, prouvent que les centrales à biomasse de grande capacité vont à l’opposé des résultats recherchés, à savoir un moindre impact écologique.

Brûler de la biomasse est en général plus polluant que brûler du charbon, sauf en ce qui concerne le dioxyde de soufre. Des données de centrales en activité indiquent que la biomasse émet 98% de la quantité d’oxyde d’azote d’un volume équivalent de charbon bitumineux, 51% de plus de CO2 et un niveau global comparable de particules. Sauf que la biomasse émet davantage de particules fines. Les dioxines – particules chimiques les plus toxiques – sont émises en quantité 7 fois supérieures que par combustion du charbon. Pour compléter ce tableau, il faut noter que le pouvoir énergétique de la biomasse est environ deux fois plus faible que celui du charbon: il faut donc environ 2 tonnes de biomasse pour obtenir l’équivalent énergétique d’une tonne de charbon.

Ce qui amène à questionner les politiques publiques mises en place pour favoriser l’émergence des énergies renouvelables, ou plutôt de certaines catégories d’entre elles. L’un de ces rapports a servi à la Cour fédérale américaine pour annuler des lois mettant en place des subventions et des avantages fiscaux pour la production d’électricité à partir de la biomasse bois. De plus en plus de projets sont contestés, y compris par des organismes d’Etat chargés d’éclairer les décideurs politiques»16.

On ne peut donc que lancer un appel massif «Halte à la biomascarade», ce qui ne met aucunement en question des petites chaufferies à biomasse adaptées à la ressource locale.

L'affirmation nationale n'est pas un péché ! Dimanche 14 Septembre 2014

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La République, #Politique intérieure

Tract de la France Libre.Tract de la France Libre.

Tract de la France Libre.

L'affirmation nationale n'est pas un péché !

Dimanche 14 Septembre 2014. Par le journal "Marianne".

Propos recueillis par Alexis Lacroix.

En cette rentrée, "Marianne" a demandé à un intellectuel d'analyser la crise politique en France. Pour le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner, notre démocratie est sapée par ce qu'il nomme "l'acratie", c'est-à-dire le renoncement de nos gouvernants à actionner les leviers du pouvoir. Il sonne l'alarme. Et en appelle, d'urgence, à un sursaut républicain. Le débat est lancé.
Photo d'Hannah Assouline.

Photo d'Hannah Assouline.

 L'affirmation nationale n'est pas un péché !    Dimanche 14 Septembre 2014

Marianne : En France, la crise de confiance dans la parole et l'action politiques atteint un paroxysme depuis le remaniement. En cette rentrée surtendue, comment analysez-vous cette défiance ?
Jean-Claude Milner : Je retiens plusieurs raisons. Le quinquennat resserre le rythme et, du coup, souligne l'absence de contraste. La droite a été remplacée par la gauche ; pourtant, à tort ou à raison, l'opinion ne perçoit pas de différence. L'alternance tourne à vide. Qui plus est, la coïncidence trop étroite entre élection présidentielle et élections législatives a retiré aux Français un moyen de corriger la trajectoire en cours de mandat ; la Constitution est devenue de ce fait une machine à produire des déconvenues. Dire que l'action politique est mise en cause, c'est un lieu commun, mais il y a plus : le doute s'étend aux institutions, je veux dire à la notion d'institution elle-même, ce qui relève à mes yeux du populisme. Toutefois, ces raisons n'expliquent pas tout.

Pourquoi ?
Parce que, plus profondément, le doute s'est installé dans l'esprit des Français sur le caractère national de leurs gouvernements.

Que voulez-vous dire ?
Aujourd'hui, l'esquisse même de réalisation d'un programme de type Front populaire serait tout bonnement impossible. A cause de l'Europe. Même le programme qui avait été défini par François Hollande lors de la dernière campagne présidentielle ne serait complètement applicable qu'à la condition de rompre avec plusieurs principes posés par l'Europe - je pense à la règle de libre concurrence qui interdit à l'Etat de soutenir des entreprises en difficulté. Or, la possibilité que l'Etat soit un acteur économique faisait partie de l'identité nationale.

Justement. L'Union européenne, comme vous le suggérez dans « La Politique des choses », fonctionne-t-elle comme une machine à « dépolitiser » ?
Oui, et les conséquences de cette dépolitisation sont particulièrement aiguës pour la gauche française. Elle tient à garder dans sa rhétorique une référence aux précédents de 1936 et de la Libération mais, à supposer qu'elle veuille s'en inspirer, elle se heurte, dans le réel, aux empêchements nés de traités qu'elle a elle-même ratifiés. On soutient que le Parti socialiste, à la différence de son homologue allemand, n'a pas fait son Bad Godesberg et n'a pas voulu assumer sa mue sociale-démocrate. C'est vrai, mais le PS a choisi l'Europe. Or, cela revient strictement au même. Sauf qu'on demeure dans le non-dit. Au lieu d'une révision idéologique explicite, on a préféré maintenir un idéal programmatique, en y juxtaposant une idolâtrie européenne qui, de fait, voue ce programme à du pur bavardage. Conclusion : les socialistes subissent un tiraillement maximal entre deux fantasmes.

La droite républicaine paraît aussi assez « tiraillée »...
Oui, mais à un moindre degré. Je ne parle pas ici des querelles de personnes. La droite de gouvernement est partagée entre le souvenir de la doctrine gaulliste en matière européenne et les effets de la déconstruction méthodique de cette doctrine, à partir de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, en 1974. Depuis lors, la droite se présente comme la plus européenne des formations politiques, mais cet engagement est contredit par la rémanence, toujours possible, de la thématique gaulliste.

C'est en raison de ces tiraillements structurels que triomphe aujourd'hui, au sommet de l'Etat, une certaine « acratie » ?
Oui, mais ce n'est pas lié à la personne d'un président en particulier. Tout le personnel politique français ne sait gouverner que dans le cadre de l'Etat westphalien ; il ne peut rationaliser son action que dans les limites de l'Etat-nation - un Etat doté d'un pouvoir central, qui homogénéise et rééquilibre le territoire ; cela requiert, entre autres choses, une économie animée par la puissance publique. Cet Etat non seulement stratège mais aussi investisseur est au cœur de notre modèle ; aujourd'hui, il est mis en échec par les traités européens. C'est pourtant lui qui a permis à notre pays, à de nombreuses reprises par le passé, de sortir des pires crises en lançant d'amples programmes de revitalisation de l'économie. De ma part, ce n'est en aucune façon un réquisitoire contre l'Europe. C'est un réquisitoire contre les hommes politiques. Aucun n'a eu l'audace de la clarté : si l'on veut maintenir le modèle français, il faudrait, dans les traités, une clause de préservation de l'Etat investisseur - ce qui conduirait à réévaluer la notion de déficit public. Si on juge cela inopportun ou nocif, alors il faut dire ouvertement que l'investissement public est devenu un luxe que la France ne peut plus s'offrir. Il faut choisir, or on ne choisit pas. D'où l'acratie dans ses deux variantes : soit le décisionnisme frénétique de Nicolas Sarkozy, soit la résolution de François Hollande de n'entreprendre que ce qu'autorisent les traités européens, pas davantage. A l'impopularité de l'un a succédé l'impopularité de l'autre ; sous des apparences opposées, la cause réelle est la même : le néant.

Etes-vous finalement devenu, comme Régis Debray ou Alain Finkielkraut, un nostalgique du général de Gaulle ?
Pas du tout ! Plutôt que la nostalgie du gaullisme, je ressens l'urgence du choix : ou bien le personnel politique français s'avise que sa méthodologie est liée à un modèle - celui de l'Etat-nation, stratège et investisseur - auquel il a lui-même renoncé, au nom de l'Europe, et alors il doit affronter la contradiction et la traiter d'une manière intelligente, ou bien il n'affronte rien, et le sentiment de ne plus être gouverné risque d'atteindre dans le peuple une intensité difficilement tolérable.

Plusieurs géographes et écrivains décrivent le face-à-face de deux France qui s'ignorent : celle, intégrée à la mondialisation, des centres-villes, et celle, laissée pour compte, des zones périurbaines. Quelle est votre analyse ?
Cette fracture est à mon avis la conséquence directe de la crise du mode d'intervention traditionnel de l'Etat. Encore une fois, un des mérites de la centralisation à la française tenait au principe d'équilibre qui la régissait.

D'équilibre entre les territoires...
De recherche d'équilibre, en tout cas. L'Etat cherchait à rééquilibrer les régions entre elles par la redistribution, les services publics, etc. De la même façon, dans les agglomérations, la division entre centre et périphérie était compensée par l'implantation de sites industriels dans les banlieues (Citroën à Aulnay, Renault à Billancourt...). On ne peut pas négliger le rôle d'entraînement de ces entreprises nationalisées. Aujourd'hui, il n'y a plus un seul bassin d'emploi qui soit à la taille des zones périurbaines. Est-ce en réduisant le nombre de régions qu'on réparera cette situation ? Marianne a qualifié la réforme territoriale de « mille-feuille indigeste » - je crains de devoir ajouter : et inefficace. Etant donné la nature des pouvoirs exercés par les régions, qui tiennent plus de la gestion administrative que de la décision, il aurait fallu privilégier des évolutions de fonctionnement plutôt qu'un redécoupage. Faute de quoi, l'ancien centralisme dit « jacobin » se sera mué en un centralisme à centres multiples. Si le centralisme se définit comme pouvoir discrétionnaire d'un centre, la France de 2014 est plus centralisée qu'en 1981.

Comment, face à ces risques d'éclatement de la cohésion nationale, reconstruire du nous ?
Nulle part, sauf en France, le nationalisme n'est stigmatisé. Le mot nous choque. Le mot « patriotisme » nous fait sourire. Je parlerai donc d'indépendance nationale. On la permet aux pays émergents ; pourquoi serait-elle interdite aux pays vieillissants ? Le mot « national » sonne désagréablement, mais tant pis : il faut cesser de tenir l'affirmation nationale et l'indépendance nationale pour des péchés.

Pourquoi ?
Car il y a une manière non excluante de s'affirmer comme nation : les Allemands l'ont prouvé en menant à bien leur réunification.

Donc, pour vous, le préalable à la réaffirmation du nous, c'est la rupture avec le « french bashing », cette spécialité hexagonale ? Cela peut-il sérieusement endiguer le Front national ?
Le FN a réussi ; il répond donc à des demandes. Au-delà de ces demandes, je discerne un désir d'histoire. Valéry Giscard d'Estaing avait tort : la page n'est jamais blanche. Se réapproprier, aujourd'hui, l'histoire d'un pays, ce serait entamer la reconstruction de ce que vous nommez le nous - l'appropriation républicaine des déterminations politiques. Sans mensonges, ni oubli, ni ignorance.

Il faudrait, aujourd'hui, rejouer une part de cette bataille ? En réarmant la pensée républicaine, c'est cela ?
Il faut, aujourd'hui, rejouer toute la partie. Pour une raison inverse de celle qui prévalait en 1875, au début de la IIIe République. La République est devenue une habitude. C'est presque pire.

En France, écriviez-vous dans « De l'école », « tout tient à quelques fragments de savoir ». Ce sont ces fragments de savoir qu'il faudrait remettre au cœur de notre actualité ?
Mais oui, car ces fragments de savoir et de culture spécifiques, liés à la singularité du modèle français, peuvent encore inspirer, en France, des décisions majeures. Un seul exemple : la neutralité de l'espace public. On ne peut que constater l'influence croissante du multiculturalisme ; elle s'appuie sur une donnée : la montée de l'islam politique, et sur une légende : les prétendus succès qu'auraient obtenus les modèles d'intégration fondés sur la juxtaposition et l'indifférence mutuelle des communautés. Or, ces modèles ont complètement échoué ; il suffit d'enquêter dans leurs zones d'influence : l'Europe du Nord et les nations anglophones. Quant à l'islam politique, plutôt qu'une menace, j'y discerne un rappel, qui n'a rien à voir avec l'islam. L'erreur, c'est de croire que les libertés démocratiques, la tolérance, l'autonomie intellectuelle sont naturelles ; elles ne le sont pas. Elles sont artificielles. Elles dépendent d'une machinerie compliquée, dont le meilleur artisan et le meilleur protecteur est un Etat ; quant à cet Etat, le meilleur moyen qu'il a d'intéresser ses citoyens à son perfectionnement, c'est de prendre appui sur l'indépendance nationale. C'est pour avoir négligé cette donnée élémentaire qu'on a laissé se développer de véritables zones d'extraterritorialité, où s'imposent des contre-modèles antirépublicains. Face à l'imminence des fractures, un propos commun doit être réarticulé ; si l'on veut que ce propos soit audible dans l'opinion, on ne peut y parvenir qu'en donnant toute sa place à la détermination «Etat-nation». L'articulation de la dimension nationale et de la dimension étatique va devoir être réinscrite au cœur de nos préoccupations.

Milner en 5 dates

> 1941 Naissance à Paris
> 1966 Fonde les Cahiers pour l'analyse
> 1992 Publie Constat
> 2003 Publie les Penchants criminels de l'Europe démocratique (Verdier)
> 2014 Prononce, en août, une conférence sur la question du nous au Banquet du livre organisé par les éditions Verdier, à Lagrasse (Aude)

http://www.marianne.net/L-affirmation-nationale-n-est-pas-un-peche%C2%A0_a241194.html?TOKEN_RETURN

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #La nation ., #Politique intérieure, #SolidaritéS, #Services publics

Emmanuel Macron ne paie pas l’impôt sur la fortune….

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

Texte repris sur( le site "Les moutons Enragés".

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

Le ministre de l’économie, ne paie pas l’ISF !

Comment c’est possible me direz vous ?

Je ne sais pas du tout !

A l’heure où une grande partie des français, fait le siège de leur centre des impôts, pour demander des délais de paiement, voilà qui a de quoi nous interpeler. Il a investi d’après ses dires, dans la réfection d’une maison familiale, vu ce qu’il a gagné, ne doutons pas du grand luxe de cette maison….

Titre original: Emmanuel Macron fraude également le fisc…

Thomas Thévenoud n’est pas un exception, il est la règle ! C’est pour cela qu’il pensait ne pas se faire prendre…

[Emmanuel Ratier - Faits & Document - N° 382 - Septembre 2014]

Le nouveau ministre de l’Économie Emmanuel Macron réussit l’exploit de ne pas payer l’ISF alors même que :

  • il est marié à une femme (de 56 ans) héritière d’une des grandes familles bourgeoises d’Amiens,
  • il détient une villa huppée au Touquet (résidence secondaire ne bénéficiant pas d’un abattement de 30 % pour résidence principale),
  • il a été payé durant ses études à l’ENA,
  • il est inspecteur des Finances depuis 2004 (revenu minimal : 12 000 euros par mois)
  • il a été secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2012 à 2014 (14 910 € par mois, plus tous les avantages évidents qui en découlent),
  • il a entre-temps rejoint la banque d’affaires Rothschild & Cie en 2008, successivement comme banquier d’affaires (2008-2011) puis associé gérant (2011-2012).
  • À ce titre, il a reconnu avoir touché 2 millions d’euros brut, soit au moins 1 million net, pour la seule période allant de décembre 2010 et mai 2012

(Question : comment faire confiance à un ministre de l’Économie, sans enfant, fils de deux médecins, marié à l’héritière d’une grande famille bourgeoise provinciale, membre du groupe de Bilderberg, Young Leader de la French American Foundation, disposant d’énormes avantages professionnels, qui n’a pas réussi en dix ans à accumuler 1,3 million d’euros tout en gagnant chaque année entre 200 000 et 1 million d’euros brut ?).

http://www.faits-et-documents.com

Source LibertesInternets relayé par Crashdebug

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!
Emmanuel Macron dévoile ses revenus

Le nouveau ministre de l’Economie a accepté de communiquer sur son salaire de banquier au journal L’Express. Directeur de la banque Rothschild en 2008, Emmanuel Macron est devenu associé-gérant en 2011. Cette année là, il gagne un million d’euros brut. Plus encore un million pour les quatre premiers mois de 2012. En enlevant les charges sociales et les impôts, le journal estime son revenu à un million d’euro de décembre 2010 à mai 2011.

Malgré cette somme, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée ne paie pas l’impôt sur la fortune (ISF). Il a notamment investi son argent dans la rénovation d’une maison familiale. Avec le reste de son patrimoine, ses revenus n’excèdent pas le seuil de 1,3 million d’euros.

Le ministre assure que sa déclaration de patrimoine, qui sera contrôlée par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, confirmera ces déclarations.

SOURCE

via les M.E.

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

http://www.brujitafr.fr/article-emmanuel-macron-ne-paie-pas-l-impot-sur-la-fortune-124574719.html

Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Politique intérieure, #la liberté

15 septembre 2014.

Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

Source : Numerama

La Quadrature du Net a organisé le vendredi 5 septembre une soirée d’information dans les locaux de Mozilla à Paris, pour mettre en alerte sur le contenu de la loi anti-terrorisme que doit présenter l’actuel ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve.

Ce texte sera présenté par lui le 17 septembre à l’Assemblée Nationale…

 Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

Le 17 septembre prochain, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve doit présenter à l’Assemblée Nationale son projet de loi de lutte contre le terrorisme, qui éloignera un peu plus le curseur de la “liberté” pour le rapprocher de la “sécurité”. Le texte prévoit notamment de durcir les lois sur la presse, ou d’instaurer un blocage de sites internet sur ordre de l’Etat, sans possibilité pour des tiers de savoir quels sont les sites bloqués, et donc sans possibilité de s’y opposer en justice, ni en amont, ni en aval.

Le Gouvernement a choisi de présenter le texte sous le régime de la procédure accélérée, ce qui veut dire que les députés et les sénateurs ne pourront en débattre et l’amender qu’une seule fois pour chaque chambre, sans possibilité d’allers-retours. C’est donc avec la conscience de l’urgence de mobiliser les citoyens pour qu’ils mobilisent à leur tour leurs élus que La Quadrature du Net a décidé d’organiser ce vendredi soir à Paris une réunion dans les locaux de Mozilla, au 16bis boulevard Montmartre (de 17h à 19h).

L’association lance par ailleurs un site internet, Présumés Terroristes, qui explique en détails les enjeux du texte pour les libertés individuelles (y compris hors Internet), et va jusqu’à remettre en cause la proportionnalité du dispositif par rapport à la réalité de la menace et du risque terroriste, qui reste statistiquement très faible.

La loi est l’affaire de tous. Le gouvernement a choisi une procédure d’urgence, à cheval sur l’été, pour faire adopter un projet de loi portant atteinte aux libertés fondamentales et inefficace pour la lutte contre le terrorisme. Il est du devoir des élus de la nation et des citoyens de se mobiliser pour défendre les libertés de tous, et nous appelons chacun à prendre ses responsabilités devant ce projet de loi“, exhorte Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

La Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, Reporters sans frontières, font également partie des organisations vivement alertées par les dangers de ce texte pour les libertés individuelles et la démocratie.

47 réponses à Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

http://www.les-crises.fr/democratie-internet-43432/

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise à Nice le mardi 16 septembre 2014 de 18h à 21h une conférence sur les accords transatlantiques (Canada-UE et USA-UE).

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Le traité Transatlantique., #Europe supranationale, #La nation ., #Economie

La grande braderie transatlantique ne se fera pas !

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise à Nice le mardi 16 septembre 2014 de 18h à 21h une conférence sur les accords transatlantiques (Canada-UE et USA-UE).

Bonjour.

Les Traités transatlantiques (Canada/UE et USA/UE) doivent être au cœur des préoccupations de nos compatriotes. Ils vont conditionner nos conditions de vie. Chacun de nous doit prendre conscience qu’avec ces accords (Canada-UE et USA-UE), les services publics sont condamnés, la sécurité sociale va disparaître, la souveraineté alimentaire deviendra illégale, … . La vaste zone de libre-échange va accentuer la paupérisation des populations sur les deux rives de l’atlantique. La désindustrialisation va encore s’accélérer. Le communautarisme va se développer, car il sera le dernier rempart devant la misère grandissante. Le vrai pouvoir sera confié pour longtemps à des multinationales. Des tribunaux privés condamneront les états au bénéfice des transnationales, ces juridictions privées seront au-dessus des lois nationales. Etc… .

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise à Nice le mardi 16 septembre 2014 de 18h à 21h une soirée pour alerter devant ces dangers imminents. Cette conférence/débat se déroulera à la maison des Associations de Nice Garibaldi (12 place Garibaldi 06000 Nice) dans la salle Avelanie.

Si ces accords entrent en vigueur alors vous n'aurez plus rien à dire !

L'Etat non plus !

Tous les secteurs sont concernés :

Agriculture et alimentation, environnement et santé, sécurité sociale, emplois, salaires, retraites, services publics, éducation,

propriété intellectuelle (brevets, médicaments, semences...), etc.

Etes-vous d'accord ?

La négociation se tient dans le secret entre la Commission Européenne et le gouvernement des Etats-Unis.

Nos gouvernements et le Parlement Européen prévoient de ratifier ce traité en 2015.

Il n'est pas prévu de consulter les citoyens.

En 1998, notre mobilisation a empêché la signature d'un accord similaire, l'AMI (Accord Multilatéral sur l'Investissement).

Le TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement) ou GMT (Grand Marché Transatlantique) ou encore PTCI (Partenariat Transatlantique sur le Commerce et l'Investissement) est un projet de libre-échange que les gouvernements de l'Union Européenne ont demandé à la Commission Européenne (désignée directement par eux) de négocier avec les USA.

Avec ce marché, les dirigeants européens et américains sont sur le point de nous soumettre définitivement aux multinationales qui ne veulent plus d'obstacles à leurs profits.

Si le TAFTA entrait en vigueur :

- les droits de douanes qui protègent notre agriculture seraient abolis : ce serait la fin de l'agriculture paysanne de proximité et de notre souveraineté alimentaire ;

- toutes les normes et règles publiques (sanitaires, environnementales, sociales, économiques, etc.) seraient menacées car préjudiciables au commerce ;

- les Etats qui voudraient interdire les OGM ou les gaz de schiste (par exemple) se verraient réclamer par les multinationales des dommages et intérêts dissuasifs devant une instance arbitrale privée ! Les Etats, les régions, les communes, donc les contribuables, devraient alors payer pour entrave au libre-échange et aux bénéfices que ne pourraient réaliser les multinationales !

La grande braderie transatlantique ne se fera pas !

Nous pouvons faire échouer ce projet liberticide !

Venez donc assister à cette conférence d'information !

Elle sera animée par Virginia Lombard.

Le montage technique a été réalisé par Jean-Claude Zucchini.

Le diaporama a été réalisé par Yves Cimbolini.

Ces trois personnes sont des membres actifs de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

Venez nombreux à cette conférence, il est temps d’arrêter cette machine infernale !

Bien cordialement

Lucien PONS Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR ».

NOTA :

En pièce jointe vous trouverez l’affiche annonçant cette manifestation.

Vous trouverez dans les liens ci-dessous des informations complémentaires essentielles.

  • Le blog de Lucien Pons ici. A la rubrique : Le Traité Transatlantique / 135 articles.
  • L’article du Monde Diplomatique de juin 2014 ici
  • Un autre article du Monde Diplomatique de novembre 2013 rédigé par Lori Wallach ici

Reprenons langue(s) ! Par Georges Gastaud et Matthieu Varnier.

5 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La défense de la langue française., #La nation ., #Histoire

Reprenons langue(s) ! Par Georges Gastaud et Matthieu Varnier

Georges Gastaud : Philosophe, président de l’association CO.U.R.R.I.E.L. pour la résistance au tout-anglais impérial. Auteur notamment de Patriotisme et internationalisme (2011) et de la Lettre ouverte aux ‘bons’ Français qui assassinent la France (2005).

Matthieu Varnier : Ingénieur, secrétaire général du CO.U.R.R.I.E.L. (www.courriel-languefrancaise.org et www.defenselanguefrancaise.org)

A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre les groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci

Reprenons langue(s) ! Par Georges Gastaud et Matthieu Varnier

Reprenons langue(s) ! Par Georges Gastaud et Matthieu Varnier.

Avec toute la perversité idéologique qui les caractérise, le capitalisme euro-mondialisé et ses collaborateurs hexagonaux présentent le basculement de la France au tout-globish et la relégation largement engagée du français, comme une « ouverture » sur la modernité et sur la pluralité des cultures. C’est également au nom de la diversité culturelle que les régionalismes les plus régressifs tentent d’imposer, Charte européenne des langues régionales et minoritaires à l’appui, la « co-officialité » du français – « langue de la République » au titre de la Constitution – et des langues de territoire au risque clairement assumé, voire revendiqué, d’ethniciser la citoyenneté française et de couvrir d’un voile « culturel » le repartage en cours de la France et son redécoupage en euro-Länder taillés sur mesure pour la « concurrence libre et non faussée » entre les « territoires ».

Comment alors réagir à cette sournoise agression linguistique qui vise à la fois la langue de Molière, la République une et indivisible issue de la Révolution française et – nous l’allons montrer tout à l’heure – toutes les conquêtes du monde du travail ? Car lorsque le français aura été réduit, en France même, au rôle subalterne de « langue domestique »[1], il sera encore plus aisé aux chasseurs de profits du M.E.D.E.F. et du grand capital mondialisé de diviser notre peuple, de dynamiter les avancées sociales et démocratiques de 1905, du Front populaire et du C.N.R., de briser l’aspiration au « tous ensemble » combatif des salariés, de casser les conventions collectives de branche, les statuts nationaux, les services publics et la fonction publique territoriale ou d’État, voire la Sécurité sociale et les retraites par répartition qui forment, aujourd’hui encore, le socle matériel de l’unité nationale-étatique de notre pays.

Pourtant, les résistances linguistiques sont encore faibles, éparses, voire inexistantes dans le mouvement ouvrier et populaire : contrairement à ce qui se passait encore lorsque le P.C.F. de Maurice Thorez et de Jacques Duclos, voire de Georges Marchais, prenait fièrement en charge l’indépendance nationale et la défense de la langue d’Aragon, la résistance à l’invasion du tout-anglais, ou plutôt du tout-américain, dans l’Hexagone, la défense de ce premier service public de France qu’est le français, reste sporadique si l’on excepte les efforts méritoires des associations de défense de la langue française ou ceux de certains syndicats ; on pense à certains dirigeants de la C.F.T.C., à la C.F.E.-C.G.C., ou à l’engagement permanent de la C.G.T.-Carrefour et de ses militants nîmois. Déjà nombre de grandes entreprises travaillent – illégalement ! – en anglais sur le sol même de l’Hexagone, notamment en région francilienne, ce qui occasionne discriminations et souffrance au travail de maints salariés, y compris parmi les cadres. Déjà, les grandes entreprises recrutent honteusement des cadres supérieurs English Mother Tongue[2], ce qui revient à instituer une préférence nationale inversée et à pratiquer une discrimination illégale à l’encontre des salariés dont la langue maternelle est le français ou une langue autre que l’anglais et le français. Comment prendre enfin conscience que, sans notre belle langue française illustrée par l’Édit de Nantes, par le Discours de la méthode, par L’Encyclopédie, par la Déclaration de 1789 et par celle de 1793, la loi laïque de 1905, par Les Jours heureux annoncés par le C.N.R. et par mille autres références lumineuses, la France globishisée ressemblerait bientôt à ce « couteau sans lame dont on a jeté le manche » qu’évoquait jadis Lichtenberg ?

I – Intégrer la dimension linguistique à nos résistances sociales et civiques !

Il faut d’abord prendre la mesure de l’arrachage linguistique en cours : ils arrachent notre langue comme ils virent nos usines, ferment nos hôpitaux, arrachent nos vignes ou éliminent nos exploitations agricoles quand Bruxelles et le M.E.D.E.F. jugent que c’est indispensable à la « profitabilité » du « site France ». Nous n’en sommes plus désormais au franglais, raillé naguère par Etiemble[3], ni à la multiplication des « emprunts » lexicaux à l’anglais. Quand toute la recherche – y compris peu à peu la recherche en sciences humaines, voire en littérature française – bascule à l’anglais, quand de plus en plus de Grandes Écoles et de cycles universitaires se livrent sans vergogne à la langue – non pas de Shakespeare, mais des « traders » et de la City – quand tant de jeunes chanteurs « français » chantent en mauvais anglais, quand tant de films « français », subventionnés par l’argent public, affichent des titres anglais, quand des enseignes « tricolores » comme Carrefour se rebaptisent « Carrefour-Market » ou « Carrefour-City », quand la Société « nationale » des Chemins de fer nomme ses « produits » T.G.V.-Night ou T.G.V.-Family, quand le président de cette société se glorifie d’offrir des cours d’anglais dans ses rames de T.G.V., mais que l’idée ne lui vient même pas d’offrir des cours de français aux étrangers circulant dans ses trains, on n’en est plus à « emprunter » à l’anglais des vocables qui manqueraient provisoirement au français (car des mots français existent depuis toujours, convenons-en, pour dire night, card, map, market ou access – comme on dit chez Total – ou everyone ajustable, comme le proclamait horriblement une pub d’Orange, anciennement « France »-Télécom !) ! En l’occurrence, il s’agit clairement de détruire notre langue nationale, de la polluer au maximum en la saturant et en l’enlaidissant d’anglicismes bas de gamme, de ridiculiser notre pays aux yeux des vrais anglophones, en un mot d’esquinter « ludiquement » notre langue nationale, qui est aussi celle de la Francophonie mondiale, avec des objectifs de classe politiques, économiques, culturels très précis : ringardiser la nation républicaine, éradiquer la fameuse « exception française » issue du Front populaire et de la Résistance antifasciste, insinuer à tout instant le contre-modèle anglo-saxon et néolibéral dans nos cerveaux, distinguer les travailleurs en catégories sociolinguistiques discriminantes[4], faire accroire au bon peuple qu’en un mot, il n’y a pas d’autre alternative que l’Empire euro-atlantique promis par les maîtres de l’U.E., de l’euro, de l’O.T.A.N. et du « Grand Marché Transatlantique » en construction…

Ce ne sont pas là des fantasmes, hélas : déjà en 2006 l’Union des industries de la Communauté européenne (UNICE), ancien nom de l’actuel syndicat patronal européen Businesseurope, promouvait à son de trompes cette politique de substitution et d’exterminisme linguistiques en déclarant, par la bouche de son tout nouveau président d’alors – le triomphant Baron Seillière, qui venait d’imposer en France une grave contre-réforme sur les retraites – que l’anglais serait désormais « la langue des affaires et de l’entreprise » dans toute l’U.E.[5]. Sciemment opérée par un grand patron français devant le Conseil des chefs d’État européens, cette déclaration déshonorante avait d’ailleurs provoqué la sortie immédiate de Jacques Chirac, un acte de dignité nationale qu’il serait naïf d’attendre des présidents de droite et de « gauche » qui lui ont succédé… Notons du reste que le nouveau nom du syndicat patronal, beaucoup moins francophone, est dû au même Ernest-Antoine Seillière…

Comment dans ces conditions ne pas fustiger la honteuse apathie des états-majors syndicaux qui laissent sereinement assassiner la langue de la République et de la Francophonie internationale pour ne pas compromettre leur insertion dans le « syndicalisme » jaune européen (C.E.S.) ou transatlantique (Confédération Internationale des Syndicats) ? Comment ne pas appeler les travailleurs en lutte pour l’emploi industriel en France, pour la défense des acquis de 1945-47, pour les services publics, l’école laïque et la Sécurité sociale, à se saisir enfin, en vrais partisans de la République sociale, souveraine et fraternelle, de ce combat linguistique proprement vital pour l’avenir de notre pays ? Un combat qui fait aujourd’hui cruellement défaut à la plupart des cahiers de revendications des agents des services publics, des travailleurs industriels, des défenseurs de l’Université au moment où les dirigeants de Renault, de Peugeot, de Citroën, d’Auchan, d’Air-France (devenu « Airfrance »[6]), d’EDF, voire de l’Éducation nationale (si friande de Learning Centers, entre autres…), massacrent notre langue en affichant ainsi leur mépris pour leurs salariés, leurs clients ou leurs usagers restés stupidement francophones ?

Au demeurant, la résistance ne saurait être purement collective. Chacun peut commencer par réagir individuellement en suscitant, par son attitude linguistiquement rebelle, la résistance collective à venir. Dire haut et fort « courriel » au lieu d’ « imeïlle » (ce qui écorche, non seulement le lexique français, mais les structures phonétiques de notre langue qui ne connaît pas le son « eïl’ »), cesser de dire à tout propos « OK » (voire, ridiculement, « OK d’accord ! »[7]), refuser de s’exclamer « yèèèèèèsss ! » à toute occasion, souhaiter « bon anniversaire » en chanson et non « happy birthday to you ! », c’est OSER, si peu que ce soit, marcher et parler à contre-courant, c’est offrir à l’auditeur – une fois la surprise passée et le débat civique et linguistique éventuellement lancé – un point de repère et de résistance structurant, c’est susciter la discussion contradictoire, ce havre de l’esprit républicain, en brisant le consensus linguistique (mais aussi culturel et idéologique) mortifère qui infiltre aujourd’hui nos cerveaux, nos cœurs et… nos cordes vocales ! Revivons l’échéance plutôt que la deadline, assumons d’être ou d’avoir un entraîneur plutôt qu’un coach, d’aimer le rétro plus que le vintage, de s’amuser franchement et sans « fun », d’assister à un tournée en direct, de trouver des coins sympa pour la course plutôt que des spot de running… Prenons un plaisir sobre à dominer nos mots, à maîtriser notre communication –à ne rien céder, ni à la mode, ni au conformisme, ni à la paresse. A utiliser ces mots droits et nets, précis et bien connus, qui savent ce qu’ils disent et osent être crûment eux-mêmes, sans se farder d’un latinisme marchand ou se gonfler avec fatuité des reflux de l’air du temps.

II – Vivent les langues régionales !

Entre la récente Loi Fioraso, qui a institué l’anglais comme langue universitaire en ridiculisant l’article II de la Constitution et la Loi Toubon de 1994, et la Charte européenne des langues régionales, qui tend à faire du français un idiome parmi d’autres sur l’ex-territoire national en voie d’euro-fédéralisation, notre langue nationale est délibérément prise en tenaille avec la complicité de François Hollande, en cela aussi digne continuateur de Sarkozy. Par tous les moyens le Parti Maastrichtien Unique a entrepris de banaliser et de désétablir le français, et cela au moment même où les négociations sur le Marché transatlantique menacent de mort l’ « exception culturelle » à l’échelle mondiale, européenne et française, face à la domination globalitaire de l’Oncle Sam. Le projet linguistique de « Charte » des langues minoritaires – dont les origines politico-idéologiques remontent à la pire période de l’histoire allemande[8] – répond clairement au projet politico-territorial porté par le M.E.D.E.F. dans son manifeste Besoin d’aire publié en décembre 2011 à l’initiative de Mme Parisot. Le haut patronat veut ouvertement en finir avec la République française souveraine (notamment avec son cadre territorial « jacobin » issu de la Révolution : communes, départements, État-Nation, tout cela s’insérant dans une Charte de l’O.N.U. proscrivant – au moins en principe – le prétendu « droit d’ingérence » des forts sur les faibles et proclamant au contraire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes). Et pour cela, il faut dissoudre la République une, laïque, sociale, démocratique et indivisible que proclame – en théorie, nous sommes bien d’accord, mais la théorie n’est pas rien ! – la Constitution actuelle, dans l’U.E. des métropoles et des euro-régions, de préférence transfrontalières. Celles-ci seront centrées en apparence sur les langues régionales (breton, basque, etc.), et dans les faits, sur l’anglo-américain[9], soit –plus marginalement – en allemand[10].

Face à cette grossière subversion de l’unité territoriale nationale qui revient à donner le pouvoir local à des groupes minoritaires d’euro-sécessionnistes, pour la plupart très réactionnaires (cf les Bonnets « rouges » bretons !), il serait à la fois injuste et maladroit de réagir par une crispation à l’encontre des langues régionales et des citoyens qui leur sont très légitimement et très honorablement attachés. Toutes, elles font partie de notre patrimoine national commun, comme l’atteste entre autres le rôle civilisateur éminent des troubadours médiévaux. Tout en promouvant partout le français comme langue commune de la République sociale, une France dirigée par le mouvement ouvrier révolutionnaire n’eût sans doute pas cherché à marginaliser les langues régionales comme l’ont fait la bourgeoisie bonapartiste, puis les notables radicaux de la Troisième République. Il n’est que de voir comment a procédé la jeune Union des républiques soviétiques sur le terrain linguistique : Lénine voyait certes dans le russe la langue incontournable des échanges entre les Républiques fédérées, mais il a rompu avec la russification imposée par les tsars et a fait donner aux langues des « allogènes » (langues du Caucase, de Sibérie, d’Asie centrale…) de larges moyens de se développer. Les Soviets ont même été jusqu’à créer des écritures, des grammaires et des dictionnaires là où ces langues n’avaient qu’une existence orale avant 1917 ; ils ont également suscité une puissante littérature nationale en langue maternelle pour permettre à chacun de ces peuples fédérés d’aller vers le socialisme universel en partant de ses traditions propres et en les revisitant, voire en les dépassant par leurs propres moyens et selon leur rythme propre. Comment ne pas penser ici aux admirables romans kirghizes de l’écrivain soviétique Tchinguiz Aïtmatov (Le premier Maître, Djamila…) ?

Il serait de plus très impolitique pour les défenseurs du français de prendre de front à la fois les tenants impérialistes du tout-anglais et les partisans républicains des langues régionales… tout au moins, ceux qui ne détestent pas « le » français parce qu’ils font la différence entre la langue de Victor Hugo et l’usage oppressif (pas seulement[11]…) qu’en a parfois fait la Troisième République. Rejeter les langues régionales serait d’abord faux dans le principe : de vrais internationalistes défendent tout naturellement le français contre le TOUT-anglais, mais ils ne seraient pas moins tenus de combattre le TOUT-français tel que le colonialisme a tenté de l’imposer en Afrique « au temps béni des colonies » (sic). Notons d’ailleurs que les peuples de l’ex-Empire colonial français ont intelligemment riposté au colonisateur en faisant du français – de LEUR français ! – une « prise de guerre », selon l’excellente expression de Kateb Yacine : loin de s’enfermer dans le « petit nègre » humiliant que leur enseignait le colonisateur, les ex-colonisés ont souvent mis un point d’honneur à cultiver un haut niveau de langue française dans leurs universités, notre enseignement actuel du français, ravagé par quarante ans de contre-réformes néolibérales faisant parfois pâle figure quand on se risque à la comparaison.

En outre, ce rejet prétendument républicain des langues régionales serait suicidaire politiquement pour la défense du français. Le fin marxiste que fut longtemps Mao nous a suffisamment appris, notamment dans son étude dialectique sur la contradiction, qu’il convient dans chaque lutte de distinguer l’ennemi principal de l’adversaire secondaire en réservant au premier l’essentiel de nos coups ; d’autant que souvent, tout ou parti de l’adversaire secondaire peut devenir un allié si l’on sait le dissocier de l’ennemi principal qui le manipule et ne cherche qu’à le poignarder dans le dos le moment venu. Enfin et surtout, il faut faire entendre aux tenants abusés des langues régionales que l’oppression linguistique et scolaire que ces langues ont subie hier (non par la faute de « la langue française », mais par celle de la bourgeoisie autoritaire), ne saurait justifier que leurs partisans actuels aident aujourd’hui à assassiner le français et la Francophonie internationale – ce ferment de résistance mondiale à l’américanisation générale – au profit d’un maître combien plus écrasant : le tout-anglais de l’Empire transatlantique et transpacifique en gestation[12], ce monstrueux totalitarisme planétaire que construisent l’Empire américain et l’Europe allemande en pleine expansion vers l’Est (cf l’actuelle extension de l’O.T.A.N. à l’Ukraine, en attendant qu’arrive le tour de la Biélorussie) : car la légitime dénonciation des crimes passés ne saurait légitimer la collaboration enthousiastes aux crimes présents et à venir !

Surtout, les défenseurs du français et les amis des langues régionales doivent se souvenir les uns et les autres d’une fable très « politique » de Jean de La Fontaine : se disputant un terrier, la belette et le petit lapin portent leur différend devant le Chat Raminagrobis. Feignant d’être sourd, le vieux matou leur demande de s’approcher et, quand ils sont à portée de ses griffes, il les happe et les dévore l’un après l’autre. Aujourd’hui, c’est le Raminaglobish transatlantique qui joue à opposer le français aux langues régionales ; mais une fois qu’il aura désétabli la « belette » francophone en se servant des petits lapins régionaux, qui peut croire qu’il laissera la moindre chance aux langues de territoire ? Si ce rempart mondial au tout-anglais qu’est (encore) la Francophonie internationale venait à sauter, il n’est pas difficile de comprendre que les langues régionales de France seraient encore plus vite englouties que ne l’ont été le gallois ou l’écossais celtique en Grande-Bretagne, ou les langues amérindiennes liquidées ou folklorisées par l’Empire yankee. Quand ce dernier aura fini d’utiliser les euro-sécessionnistes et les langues régionales pour dépecer les États italien, français, espagnol, voire britannique (mais pas la R.F.A., qui s’est « réunifiée » en phagocytant la R.D.A. et en divisant-satellisant les pays voisins, ex-Tchécoslovaquie, ex-Yougoslavie, États baltes, et demain sans doute la Belgique brisée par le « nationalisme » réactionnaire flamand), il aura tôt fait de régler leur compte à l’euzkara, au catalan, à l’alsacien, au corse, comme il l’a si efficacement fait avec le français de Louisiane et comme il s’emploie à le faire aujourd’hui, avec la complicité de Montréal et des gouvernants libéraux du Québec, par l’anglicisation galopante de Montréal[13].

C’est pourquoi tout vrai républicain devrait, au nom de la diversité indispensable à la culture mondiale, défendre TOUTES les langues de France et du monde contre la (non-) langue unique en marche, sans chercher cependant à briser le primat officiel de la langue nationale unifiée là où il en existe une[14]. Car à l’heure actuelle, les nations constituées (ou les États multinationaux hérités de l’histoire et brisés par l’Empire, comme la République socialiste fédérale de Yougoslavie) constituent des remparts pour la défense du droit des peuples à s’autodéterminer et à construire à égalité l’indispensable coopération mondiale entre les peuples.

Il est d’ailleurs surprenant que les organisations écologistes qui, à raison, défendent la biodiversité du vivant contre le rouleau compresseur du consumérisme capitaliste, restent de marbre quand disparaissent jusqu’à huit langues PAR AN et quand de grandes langues nationales et internationales porteuses d’une part majeure des Lumières mondiales, l’italien, l’allemand, le français, le polonais, le russe, sont rapidement boutées hors des secteurs décisifs de la communication mondiale : sciences, technologies, commerce, enseignes, cinéma, chanson, etc. Pourtant, quand une langue s’atrophie en perdant plusieurs fonctionnalités majeures, c’est une manière de vivre et de penser, c’est un regard et une sensibilité différents sur la vie qui plongent dans l’oubli, c’est un « esprit » qui meurt, ce sont des millions d’hommes qui sont subitement niés jusque dans leur histoire et dans leur identité la plus profonde, y compris celle de leur inconscient (que serait une psychanalyse en globish mondialisé ?) : en quoi serait-ce moins grave que de voir s’éteindre une sous-espèce de limaçons en Basse-Silésie ou un sous-groupe de poisson des abysses dans la fosse des Mariannes ?

Il faut donc à la fois défendre les langues régionales, qui devraient trouver place dans l’Éducation nationale partout où existerait une demande significative, et le primat de l’enseignement du français dont l’enseignement – rabougri et désossé par les contre-réformes libérales successives – doit être fortement revalorisé, étendu et requalifié de la maternelle à l’Université comme voie d’accès principale de tous les futurs citoyens-travailleurs aux « lumières communes » dont notre pays fut historiquement le pionnier de Descartes au plan Langevin-Wallon en passant par l’Encyclopédie de Diderot-D’Alembert.

III – Vive l’enseignement des langues de l’immigration de travail !

Curieusement, les mêmes qui s’enthousiasment pour la Charte européenne des langues au nom de la diversité et de l’égalité entre les parlers, ne trouvent rien à dire au fait que les langues de l’immigration de travail ne sont quasiment pas enseignées par l’école publique. C’est ainsi que pas un lycée de l’ex-bassin minier du Nord-Pas-de-Calais n’enseigne l’arabe comme LV 1 ou LV 2, alors que cette langue est parlée par nombre d’anciens mineurs marocains et leurs ayants-droit. Une étrange lacune qui semble ne choquer personne et qui ouvre un espace considérable aux intégristes pour accaparer l’enseignement de cette langue internationale sur des bases lourdement cléricales…

Si l’on voulait réellement accueillir et intégrer ces populations ouvrières, y compris en leur faisant aimer le français et la République, il conviendrait d’en finir avec cette exclusion linguistique par omission. Il faudrait pour cela affronter la députée Marion Maréchal-Le Pen et son prétendu front « national » : cette demoiselle n’a-t-elle pas exigé en 2012 à la tribune du Parlement que les rarissimes cours dispensés en arabe par l’école publique à des enfants d’immigrés primo-arrivants soient supprimés… et que les (très maigres) crédits qui sont alloués à ces cours de mise à niveau soient désormais affectés … au français[15] ? Nullement : à l’enseignement de l’anglais dès l’école primaire ! Bref, le FN n’est pas opposé à toute espèce de langue d’immigration et les mêmes xénophobes qui stigmatisent les populations prolétariennes issues de l’espace africain francophone, n’ont rien à redire contre la colonisation linguistique de l’Hexagone que pratique toute une partie de l’élite friquée venue de l’Europe du nord pour s’approprier des cantons entiers : comme si c’étaient les travailleurs étrangers qui délocalisaient nos usines à l’étranger, et non les P.D.G. « français » du C.A.C.-40, dont Le Monde nous apprend qu’une majorité réside désormais à New-York, et dont certains imposent le « travailler-en-anglais » dans nombre de sociétés franciliennes ! Pour mesurer l’aliénation nationale et l’humiliation linguistique que nous tolérons – et parallèlement l’ampleur du racisme pas seulement linguistique qui hante les meilleurs esprits en France – il suffit de s’imaginer comment réagirait la population française, intellectuels et « bobos » compris, si d’un seul coup toutes les enseignes et pubs en anglais qui nous assaillent étaient subitement écrites ou prononcées en arabe, en wolof ou en berbère ! Et pour mesurer à la fois l’islamophobie d’État et l’autophobie nationale dont font preuve certains dirigeants de la droite, il suffit de considérer la proposition délirante formulée par Jean-François Copé[16] : entre deux pains au chocolat, ce triste sire ne proposait-il pas récemment d’imposer le tout-français dans les mosquées de France, d’y proscrire l’arabe… et de passer désormais les films américains en V.O. de manière à imprégner d’anglais les enfants dès le biberon (plus facile que de créer des postes de français, d’anglais, d’allemand, d’espagnol, de russe, d’italien, etc. dans nos lycées !). Énorme veulerie et terrifiante vulgarité d’esprit qui conduit à vilipender les plus faibles et les plus en dangers – les ouvriers issus de l’immigration – et à ramper voluptueusement devant les plus forts, Européens du nord friqués refusant d’apprendre notre langue, investisseurs à milliards débarqués de Dallas ou du Qatar, U.E. imposant déjà de fait l’anglais comme sa langue officieuse unique en violation des traités européens qui font obligation à la commission européenne de respecter l’identité culturelle des États-membres.

IV – Vive(nt) le(s) français[17] !

Cette résistance linguistique tous azimuts n’implique aucun « purisme ». Comme toute langue vivante, le français comporte plusieurs niveaux d’usage et chacun d’eux est légitime et efficace pour la destination communicationnelle, poétique, professionnelle, nationale, qui est la sienne. Rappelons d’ailleurs que même Malherbe, le poète qui « épura » notre langue et notre littérature au Grand Siècle, se référait aux « crocheteurs des Halles » pour fixer le vocabulaire. La première des choses à faire pour encourager les travailleurs et d’abord, les militants politiques et syndicaux du mouvement ouvrier, à défendre leur langue, est de les convaincre qu’ils sont compétents en matière de « bon français » puisqu’ils se font clairement entendre de leurs pairs. Au demeurant, qui pourrait parler plus mal le français que les moulins à paroles des « merdias » capitalistes qui ne savent plus faire une liaison évidente, inverser le verbe et le sujet dans une interrogation directe, utiliser la double négation, qui abusent de la novlangue politicienne à la mode et qui – surtout à Paris intra muros – multiplient les anglicismes branchés sans le moindre souci du droit des auditeurs à comprendre ce que disent les chaînes qu’ils financent par leurs impôts ou par l’entremise des pubs (en réalité payées par les consommateurs) qui subventionnent les médias privés. Des études montrent d’ailleurs paradoxalement que les ados qui manient le langage SMS de la manière la plus drôle et la plus inventive sont souvent les plus performants dans l’usage du français « scolaire ». Fi donc des nouveaux puristes qui condamnent le langage des jeunes pour mieux cautionner l’invasion de l’anglo-américain : comme si les multinationales qui imposent d’en haut leur sabir avaient la même légitimité politique à changer la langue que le peuple, le monde du travail et la jeunesse qui, de Tunis au Caire crient en français « dégage ! » à Benali ou à Moubarak, que les syndicalistes de lutte qui se déclarent désobéisseurs et que tous ceux qui ont l’audace d’inventer les néologismes dont ils ont besoin pour dire présenter aux autres leur activité sociale innovante !

Il est également nécessaire de faire de la Francophonie internationale non plus seulement cet espace guindé piloté par les gouvernements (hyper-angliciseurs pour beaucoup d’entre eux, à commencer par ceux de la France, de la Belgique et du Canada…), qui prend prétexte d’une langue commune, qu’ils ne servent guère, pour pontifier sur les problèmes mondiaux, mais un lieu vivant de résistance sociale, d’échange international, d’impulsion culturelle, d’émancipation nationale et de mise en commun linguistique permettant d’affronter à armes égales le rouleau compresseur des oligarchies américanolâtres arc-boutées sur l’exportation de leur langue, réduite au rôle d’une arme de « soft power » (car contrairement à nos gouvernants, qui considèrent comme un boulet une langue parlée sur les cinq continents, les élites anglo-américaines savent que la pénétration mondiale du globish constitue à long terme une arme économique et commerciale plus efficace que plusieurs alliances militaires ![18]). Face à un tel monstre nourri à la fois par Wall Street, par le Pentagone et par la City, il est vital pour le français d’échanger et de collectiviser la créativité africaine, l’esprit de résistance québécois, la force poétique haïtienne, etc.

Dans le même esprit le français moderne doit dialoguer avec et s’enrichir d’échanges, voire d’emprunts, aux autres langues de France, aux langues de l’immigration ainsi qu’aux autres langues romanes, espagnol, italien, portugais, roumain, qui sont confrontées aux mêmes problèmes d’arrachage linguistique (du moins en Europe) que notre pays, sans négliger bien entendu l’apport de l’espéranto. En un mot, internationalisons les résistances linguistiques et refusons que le tout-anglais règne dans le mouvement syndical international, dans les « alter-summits » (sic) ou dans certaines émissions de prétendue « Underground Democracy » qui, jusque dans leur dénomination, clament le caractère petit-bourgeois, ostentatoire et inoffensif de leur semi-révolte. Entendons enfin le conseil de Montaigne, auteur des Essais et maire de Bordeaux, qui déclarait déjà au 16ème siècle : « que le gascon y aille si le français n’y peut aller ! »…

Cette prise en compte de la diversité linguistique du ou des français n’interdit nullement de se réapproprier le français commun, y compris le vocabulaire et la grammaire – si évolutifs soient-ils – car ceux qui prétendent que tout cela n’est que vieillerie dépassée, qu’il n’y a pas de différence entre l’oral et l’écrit, qu’on peut parler n’importe comment en n’importe quel lieu, font en réalité tout le nécessaire pour se réserver l’écrit et le « bel usage », fût-il mâtiné d’expressions familières employées pour « faire peuple ». Quant à ceux qui défendent l’idée reçue qu’il n’y a pas de normes linguistiques et qu’il suffirait au linguiste de décrire l’état des lieux de la langue sans s’inquiéter de savoir si elle vit ou si elle dépérit, ils méconnaissent ce fait patent que la production de normes linguistiques est un fait langagier constant : celui qui maîtrise bien sa langue, dans quelque domaine que ce soit, et qui peut de ce fait s’en faire le poète, le virtuose et le transformateur actif, travaille et retravaille sans cesse la norme existante. Pour cette raison même, il lui faut bien connaître et manier sa langue, comme l’artisan connaît et manie parfaitement ses outils et sa matière première.

Conclusion – Les « élites » françaises – en réalité l’oligarchie transatlantique et ses collabos de la haute bourgeoisie « française » sacrifient cyniquement une langue dont ils ont profondément honte car elle porte l’inexpiable héritage d’une histoire populaire qu’ils abhorrent : l’héritage de Marat et de Toussaint Louverture, des Communards et du Front populaire, voire de l’Internationale communiste (dont le français était la langue de congrès) et des luttes de libération nationale d’Afrique. Marginaliser cette langue maudite est un enjeu central pour ceux qui veulent, comme le M.E.D.E.F., « reconfigurer les territoires », construire « l’Union transatlantique » et mettre en place « les États-Unis d’Europe, notre nouvelle patrie » – comme si l’on pouvait à son gré changer de patrie, c’est-à-dire de parents et d’histoire. Face à ce énorme parri- et matri-cide de classe et de caste, il revient d’abord aux progressistes d’imposer le débat politico-linguistique : car la substitution linguistique qui vise à exproprier le peuple de ses mots ne pourra l’emporter que si la classe travailleuse se laisse priver de débat sur sa langue. C’est pour la priver de parole à jamais, pour faire d’elle une classe mutique après avoir fait d’elle une masse précarisée et largement chômeuse, que le Parti Maastrichtien Unique, toutes tendances confondues, veut (se) défaire (de) la langue frondeuse de Villon, de Rabelais, de Voltaire, d’Eugène Pottier et autre Jean-Baptiste Clément, sans parler de Félix Leclerc, de Jacques Brel ou des incandescents Fanon et Aimé Césaire.

Première cible de l’exterminisme linguistique de l’oligarchie, la classe laborieuse. Ses organisations syndicales et politiques – et tout d’abord les militants qui ont pris conscience de la nécessité de marier l’émancipation sociale à l’affranchissement national et à la coopération internationale – ont un intérêt vital à engager la résistance linguistique en l’associant aux combats en cours pour le produire en France, les services publics, la protection sociale, la souveraineté nationale, la défense de la paix contre les aventures bellicistes dans lesquelles le Parti atlantique compromet régulièrement notre peuple. Chacun peut sans attendre engager cette résistance aux niveaux individuel, associatif, syndical, politique. Il s’agit moins d’ailleurs de « défendre la langue française » que de SE défendre AVEC la langue française ; c’est pourquoi ce combat a beaucoup à voir avec celui par lequel les résistants sociaux affrontent la novlangue néolibérale (celle qui, par ex. nomme « modernisation » les régressions sociales et « archaïsmes » les acquis sociaux) pour reconquérir un vocabulaire de classe permettant de nommer un chat un chat et M. Manuel Valls un laquais du capital. Il s’agit là d’un combat central et non d’un « à-côté » mineur du combat social : car lorsque les tenants de l’Empire euro-atlantique et de Businesseurope auront détruit nos langues, et avec elles, toute la mémoire consciente et inconsciente du mouvement ouvrier et jusqu’à l’A.D.N. républicain de la Nation, la « France des travailleurs » chantée par Jean Ferrat et l’idéal de République sociale dont notre pays est l’initiateur historique, auront définitivement sombré dans ce que Marx appelait naguère « les eaux glacées du calcul égoïste ». Est-ce vraiment cela que nous voulons pour nos enfants ?

[1] Et dans un second temps – ce serait sa seconde mort, ignominieuse ! – à l’état de parler aristocratique mondial des « élites mondialisées », dont la soif de distinction pourrait ne pas se satisfaire très longtemps du « globish » imposé partout ?

[2] « Anglais langue maternelle ».

[3] René Etiemble (1909-2002), écrivain et linguiste éminent, auteur notamment de Parlez-vous franglais ? (Gallimard, 1964).

[4] Au sommet, les English Mother Tongue venus d’ailleurs ou provenant des enfants de l’oligarchie « française » élevés directement en anglais, comme les collabos gaulois de César reniaient le celtique en élevant leurs enfants en latin. Au milieu, les « globishisants », parlant plus ou moins bien un anglais d’aéroport et destinés aux fonctions de cadres moyens. En bas, les francophones demeurés (c’est à dire ceux demeurés francophones…), cantonnés dans les tâches d’exécution et parlant un français appauvri et truffé d’anglicisme. Et dans les soutes, les travailleurs immigrés venus de l’espace francophone africain et subissant la double peine linguistique puisque parlant le français avec un accent (comme s’il existait un français sans accent…) et ne sachant pas encore la vraie langue du French Euroland en cours de recyclage linguistique total. Le schéma étant compliqué, notamment pour les travailleurs des services publics d’État, ou pour les enseignants, par la nécessité de parler le français, l’anglais et, si possible, plusieurs langues régionales s’ils veulent par ex. être mutés de la Bretagne à la Corse ou à Perpignan, lorsque le breton, le corse ou le catalan auront obtenu la co-officialité dans les actes publics… Vive la « modernité » ! Et tout cela, bien entendu, sans un euro supplémentaire sur la fiche de paie…

[5] http://www.lefigaro.fr/international/2006/03/23/01003-20060323ARTWWW90425-seilliere_parle_anglais_chirac_part_fache.php ethttp://www.observatoireplurilinguisme.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=17%3Aseillire-aptre-de-la-langue-unique-en-conseil-europen&catid=88888904&Itemid=88888980&lang=en-US

[6] « France is in the air » remplaçant dans la foulée le célèbre slogan « Faire du ciel le plus bel endroit de la terre »…

[7] Et si « oui », « d’accord », « ça marche ! », « ça roule ! », « ça baigne ! », vous paraissent trop fades, pourquoi ne pas OSER « Oc » en occitan, « si como no ? », en castillan, etc. ? S’il faut emprunter, il est prudent de ne pas emprunter toujours à la World Company

[8] Lire notamment : http://www.m-pep.org/spip.php?article3517. La Charte a été rédigée par la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), groupe de pression directement héritier du pangermanisme allemand et d’une conception ethnique des populations ayant valu la reconnaissance du caractère nazi de certaines de ses formes antérieures.

[9] Déjà, en Catalogne ibérique, des Banques s’affichent uniquement en catalan et en anglais en proscrivant l’espagnol, seconde langue la plus parlée au monde, et le français, parlé de l’autre côté de la frontière !

[10] Arguant de la prochaine adoption de la Charte européenne par le Parlement français, le conseil municipal de Saverne a cru pouvoir annoncer que les séances du conseil municipal se tiendraient désormais en alsacien, avec des traducteurs français pour les non-locuteurs du dialecte, et que les comptes-rendus se feraient « en allemand, forme écrite de l’alsacien ». Fermez le ban ! Le patronat alsacien qui inspirait largement le projet (rejeté par l’électorat républicain alsacien) de fusion des deux départements et de la région Alsace, ne cachait pas que son but réel était de se fondre dans une grande euro-région transfrontalière avec le Bade-Würtemberg allemand. Des projets analogues sont couvés par les hiérarques féodal-« socialistes » du Languedoc-Roussillon, qui lorgnent sur la riche Barcelone, ou par Martin Malvy (Midi-Pyrénées) et Martine Aubry (la vraie patronne du Nord-Pas-de-Calais), qui veulent chacun leur région « transfrontalière ». C’est évidemment l’anglais, et non les langues régionales – purs prétexte d’un instant pour déconstruire mille ans de construction nationale française – qui fédérera ces regroupement clairement antinationaux dans lesquels le Code du travail, les statuts, le SMIG et les conventions collectives ne feront pas long feu.

[11] Poussée par le socialisme ouvrier naissant et encore portée par l’élan de la Révolution jacobine, cette bourgeoisie a AUSSI institué l’école laïque, gratuite et obligatoire, mis en place la loi de séparation de l’Église et de l’État, institué la loi passablement démocratique de 1901 sur les associations, interdit le travail du dimanche… Quelle différence avec l’oligarchie capitaliste actuelle et avec ses reptiliens serviteurs « socialistes » du type de Manuel Valls !

[12] Pressé d’équilibrer les BRIC, qui parlent portugais (Brésil), russe, mandarin ou hindi, l’Oncle Sam mène de front en ce moment deux négociations secrètes ; l’une avec les Européens (Union transatlantique) et l’autre avec les Japonais, les Coréens du Sud, etc. (Union transpacifique). Et quelle sera la langue officielle de l’Union transatlantico-pacifique quand ces négociations seront venues à leur terme et que Wall Street sommera la Maison Blanche d’unifier les deux Unions ? Alors que le système capitaliste fait fonds depuis cinquante ans sur une propagande « antitotalitaire » frelatée, il porte en ses flancs une pensée unique, une langue unique, une économie et une culture uniques qui battent d’avance tous les records de totalitarisme – si l’on tient à utiliser cette notion passablement floue – puisqu’elles s’étendront aux moindres recoins de la planète : plus la moindre île déserte, plus le moindre îlot d’Utopie où fuir ce « devenir-monstre » (dixit André Tosel) de la mondialisation capitaliste. Radicalisée, un tel système unique – heureusement traversé par bien des contradictions – signifierait la mort de l’humanité en tant qu’humaine : car UNE pensée, UNE culture, UNE langue, égalent nécessairement ZERO pensée, ZERO langue, ZERO culture pour peu que l’on ait compris que la pensée a besoin de diversité et de contradictions pour exister. Nous avons défendu par ailleurs la thèse selon laquelle « l’exterminisme est le stade suprême de l’impérialisme ». Mais il y a bien des moyens d’exterminer l’humanité en lui laissant l’illusion provisoire d’exister…

[13] Il faudrait aussi évoquer le sort des francophones belges. Violant les prétendues règles démocratiques de l’U.E., la droite dure flamande persécute les francophones qui résident au nord du pays, abandonne la Wallonie en crise à son sort et resserre son étreinte menaçante sur Bruxelles ; or, la seule réponse du chef de file socialiste des francophones, M. Elio Di Rupo, le premier ministre fédéral belge, est de s’adresser à l’ensemble de ses compatriotes en anglais !

[14] Y compris sans doute de l’anglais britannique, en passe d’être avalé par le globish et par l’américain, et dont il serait sans doute stupide de priver les Écossais et les Gallois, sans parler des Irlandais, pourvu qu’ils disposent tous des moyens de recouvrer leur langue historique.

[15] http://www.debunkersdehoax.org/depenses-ahurissantes-pour-les-cours-darabe-a-lecole-intox-de-marion-le-pen

[16] http://www.slate.fr/story/33579/francais-anglais-langues-etrangeres-ecole

[17] Rappel orthographique : le substantif « le(s) français » en minuscules désigne la langue française et, au pluriel, ses divers usages, hexagonal, québécois, romand, wallon, etc. ; le substantif le(s) Français, avec la majuscule, désigne le ou les citoyens de nationalité française, donc des personnes.

[18] Honte à ceux des officiers français qui acceptent sereinement, pour poursuivre leur brillante carrière au sein de l’O.T.A.N., que l’anglais devienne la « langue de travail » de l’armée « française ».

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/reprenons-langues-georges-gastaud-matthieu-varnier/

Déclaration d’ASSISE (Italie) pour la SORTIE DE L’EURO. Par le M'PEP.

5 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure, #Economie, #Europe supranationale, #La nation .

Déclaration d’ASSISE (Italie) pour la SORTIE DE L’EURO. Par le M'PEP.
SORTONS DE L’EURO !

Plusieurs responsables d’organisations politiques progressistes européennes se prononcent pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne

Assise (Italie), le 23 août 2014.

La Coordination nationale de la gauche italienne contre l’euro a tenu son « Forum européen de 2014 » à Assise (Italie) du 20 au 24 août 2014 qui a rassemblé un grand nombre de participants, notamment des pays de l’Union européenne mais aussi d’Ukraine et de Russie. A cette occasion des dirigeants de plusieurs organisations politiques progressistes de l’Union européenne ont adopté une déclaration se prononçant pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne.

Dans tous les pays de l’Union européenne et particulièrement dans la zone euro, de violentes politiques antisociales sont menées avec acharnement par l’Union européenne et les gouvernements qui en sont membres : baisse massive des dépenses publiques sociales, déflation salariale par le blocage des salaires, baisse des cotisations sociales patronales, subventions injustifiées aux grandes entreprises supposées créer les emplois, privatisations, démantèlement des services publics et de la Sécurité sociale, financiarisation de l’économie et des budgets publics… Le résultat est une accélération exponentielle du chômage de masse et de la précarité.

L’origine de cette situation est à rechercher dans les politiques menées par l’Union européenne, entièrement verrouillées par le traité de Lisbonne. Ce dernier repose sur tous les dogmes néolibéraux qui ont pourtant fait la démonstration de leur nuisance pour les intérêts des classes populaires et moyennes. Dans la zone euro les déséquilibres s’aggravent entre pays. L’euro est une arme de destruction massive contre l’emploi. La monnaie unique fonctionne uniquement pour protéger le rendement des capitaux en maintenant de façon permanente et volontaire un taux élevé de chômage.

Il existe une « essence » de cette « construction » européenne qui repose sur les valeurs et les intérêts des classes dominantes occidentales : européisme, atlantisme, capitalisme, autoritarisme. Un tel système ne peut pas changer d’essence, il ne peut pas s’améliorer de l’intérieur. Il faut le démanteler et bâtir quelque chose de radicalement nouveau. L’Union européenne est en effet le système le plus sophistiqué au monde qui s’appuie sur la tentative de construire une civilisation par le marché. L’Union européenne est un monstrueux système de domination et d’aliénation des peuples dont il faut s’émanciper.

L’Union européenne est une pièce maîtresse de l’ordre néolibéral mondial, avec ses firmes multinationales géantes, et ses institutions supranationales (OMC, FMI, Banque mondiale, OTAN, UE, OCDE). Ce système possède une caractéristique principale : agir avec persévérance pour dissoudre la souveraineté des peuples à l’échelle des nations. C’est en effet le meilleur moyen de laisser se développer sans limites la domination du grand capital comme en témoigne le TAFTA. Détruire les nations est la garantie pour les classes dominantes que l’on ne puisse pas revenir sur les « réformes » néolibérales. Il ne peut pourtant pas exister de souveraineté populaire sans souveraineté nationale. Par conséquent, faire disparaître la nation c’est faire disparaître la démocratie. C’est supprimer la capacité d’action des peuples à décider de leur avenir. Le soutien de l’Union européenne au régime fascisant de Kiev témoigne de son alignement total sur l’OTAN et l’impérialisme américain.

Des années d’exercice du pouvoir par les partis socialistes, travaillistes ou sociaux-démocrates, dans plusieurs pays de l’Union européenne, permettent désormais de dresser leur bilan. Ce bilan est parfaitement accablant comme on a pu le voir en Grèce, en Espagne, au Portugal, en France... Ces partis sont désormais ouvertement néolibéral, ils n’essayent même plus de faire semblant de vouloir défendre les classes populaires. Ils préparent partout le terrain pour des gouvernements de grande coalition à l’allemande (un gouvernement réunissant gauche et droite), comme l’Union européenne le met en œuvre déjà en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Italie. Si le clivage opposant les classes dominantes aux classes populaires s’avive d’année en année, celui entre la gauche et la droite devient de plus en plus flou. Rien d’essentiel ne sépare la gauche de la droite dans de nombreux pays. Ces forces créent le contexte politique qui construit et amplifie la progression de l’extrême droite, elles permettent l’assimilation progressive de la nation avec sa définition essentiellement ethnoculturelle de l’extrême droite. Alors que pour nous la nation est strictement constitutionnelle et politique. Laisser ce concept politique central aux partisans de la définition identitaire de la nation comme l’extrême droite, est donc gravement irresponsable, et signe le fait que tous ces partis abandonnent le principal, les conditions même d’existence de la politique et de la démocratie.

La montée des partis d’extrême droite au sein des pays membres de l’UE a pour cause principale les politiques d’austérité pour les classes populaires et moyennes qui jettent les peuples dans la misère et en concurrence. L’extrême droite peut désormais s’approprier à elle seule l’idée et les symboles de la nation. Et inversement l’idée de nation finit par être assimilée à l’extrême droite. Or l’extrême droite défend une vision étriquée de la nation réduite à sa seule dimension identitaire. Loin d’être antisystème, comme elle le prétend, l’extrême droite est en réalité un agent indirect au service du système et des classes dominantes. Ces partis sont les plus nauséabonds par leur attitude xénophobe, chauvine et hostile aux syndicats et à toutes les organisations qui défendent collectivement les intérêts des classes populaires.

Il est urgent de reconstruire une pensée, une pratique et un programme favorables aux intérêts des classes populaires et des classes moyennes. Les éléments clé, pour nous, sont :

-La suppression totale du chômage et de la précarité.

-Des plans de réindustrialisation et de nationalisation des grands secteurs stratégiques de l’industrie et des services.

-Le démantèlement des marchés financiers.

-L’annulation et la répudiation de la dette publique.

-Des mesures protectionnistes nationales dans le cadre universaliste de la charte de La Havane de 1948.

-Une mutation écologique du mode de production.

-La sortie des institutions supranationales qui maintiennent l’ordre néolibéral mondial : OTAN, FMI, Banque mondiale, OMC, Union européenne et euro.

Nous appelons cela la démondialisation. Le cœur de cette stratégie et de ce programme est de revendiquer et d’assumer la nécessité de la reconquête de la souveraineté nationale pour chaque pays. C’est-à-dire la lutte décisive pour conserver à chaque pays ses caractéristiques de société authentiquement politique, où le peuple dispose des moyens juridiques et institutionnels pour décider et mettre en œuvre ce qu’il estime correspondre à l’intérêt général.

Les signataires vont organiser une nouvelle rencontre internationale à l’échelle européenne, encore plus importante. Elle visera à rassembler très largement toutes les forces qui œuvrent pour la défense des intérêts des classes populaires et moyennes, pour la sortie de l’OTAN, de l’Union européenne et de l’euro, pour le plein-emploi.

-Borotba (Combat) : Sergeï Kirichuk, Ukraine.

-Committee « Euro exit » (Comité « Sortir de l’euro ») : Wilhelm Langthaler, Albert F. Reiterer, Autriche.

-Coordinamento nationale sinistra contro l’euro (Coordination nationale contre l’euro) : Moreno Pasquinelli, Italie.

-Frente Civico (FC – Front civique) : Manolo Monero Pérez, Espagne.

-Front uni populaire (EPAM) : Antonis Raskousis, Grèce.

-Initiative e.V. Duisburg : Thomas Zmrzly, Allemagne.

-Left Co-March, Kostas Kostopoulos, Grèce.

-Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) : Jacques Nikonoff, Joël Périchaud, France.

-Plan B : Nasia Pliakogianni, Grèce.

Lu sur le site du M'PEP

En mémoire aux victimes civiles de la Novorossia.

5 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Politique étrangère

En mémoire aux victimes civiles de la Novorossia.
En mémoire aux victimes civiles de la Novorossia.

A l'heure où tout se lit, se dit et s'entend sur la situation en Ukraine, je relaie ici cet hommage musical aux victimes que j'ai trouvé posté sur Facebook.

Par Hélène Richard Favre.

https://www.youtube.com/watch?v=f0RjIaSBGfk

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/09/05/pensee.html

Pour les États-Unis, l’État islamique "va au-delà de tout autre groupe terroriste" . Article du Monde.fr

22 Août 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN.

Pour les États-Unis, l’État islamique "va au-delà de tout autre groupe terroriste" (non, sans blague !)
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/08/22/pour-les-etats-unis-l-etat-islamique-va-au-dela-de-tout-autre-groupe-terroriste_4475071_3218.html

À mon humble avis, vu le mode opératoire du tueur (de Nations) en série nommé Oncle Sam (mode opératoire qui ne change guère au fil des ans), ça semble très clair :

Sous prétexte de faire la guerre à "l'État islamique au Levant", dont le secrétaire d'État à la défense Chuck Hagel dit qu'il est "incroyablement bien financé", mais sans jamais dire qui le finance (le Qatar), les Américains cherchent à intervenir militairement (depuis le temps !) en Syrie.

D'ailleurs, le général en chef Martin Dempsey annonce clairement la couleur, puisqu'il précise que pour défaire ces vilains djihadistes, il faudra s'y attaquer "aussi (surtout...) en Syrie, là où ils se sont formés (tous seuls, comme des grands ?) et où ils sont les plus forts" (oubliant de dire que ces "djihadistes" ont principalement été formés en Jordanie et en Turquie, pays alliés et vassaux des États-Unis...).

Et le hasard faisant en général (et même toujours) bien les choses lorsque les Américains veulent attaquer un pays, les "djihadistes" de l’État islamique au Levant viennent d'avoir la bonne idée de décapiter un journaliste américain, et comme ils aiment bien frimer, de filmer la scène pour refiler la vidéo aux médias américains via les réseaux sociaux.

Ce qui fait écrire au très pertinent journal Le Monde :

"L'assassinat du journaliste américain James Foley, et la diffusion de la vidéo du meurtre, a visiblement incité les États-Unis à prendre davantage la parole.
L'ambassadeur américain en Irak, Chris Hill, a résumé la situation en déclarant à une journaliste de la BBC :
« Je pense que lorsque des millions d'Américains ont vu cela, ils ont décidé de s'attaquer à ces mec
s »."

Moi, ça me rappelle furieusement la déclaration de Bush junior au lendemain du 11 septembre qui avait dit devant les caméras du monde entier un truc dans le genre "Les types qui ont fait ça vont entendre parler de nous...".

Pour les États-Unis, l’État islamique "va au-delà de tout autre groupe terroriste" . Article du Monde.fr
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