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Le blog de Lucien PONS

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USA : pourquoi, une fille de mineur de charbon, petite-fille d'ouvriers du textile, épouse d'un ouvrier du bâtiment, j'ai voté Trump ...Par Jean Lévy.

29 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #l'horreur économique

La famille Rupert vit à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie. Jamie, démocrate « de naissance », a pourtant voté pour Donald Trump aux dernères élections. Son mari, Jesse a préféré s’abstenir. SARA NOEMI LEWKOWICZ POUR LE MONDE

La famille Rupert vit à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie. Jamie, démocrate « de naissance », a pourtant voté pour Donald Trump aux dernères élections. Son mari, Jesse a préféré s’abstenir. SARA NOEMI LEWKOWICZ POUR LE MONDE

Ci-joint un reportage (publié par Le Monde !...) en Pennsylvanie. En un seul article, l'essentiel est dit sur les raisons de la victoire de Donald T... A lire absolument.

 

Jamie Rupert, 33 ans, se dit " démocrate de naissance ". Fille de mineur de charbon, petite-fille d'ouvriers du textile, épouse d'un ouvrier du bâtiment, elle a grandi dans une communauté fidèle au Parti démocrate et au mouvement syndical depuis des générations.Jamie est infirmière, mais, cette année, elle ne travaille pas : elle a deux enfants en bas âge, et elle est à nouveau enceinte.

En 2008 et 2012, elle a voté pour Barack Obama : " Un homme moderne, qui repré-sentait le changement et qui comprenait les besoins des jeunes. " Mais, au bout de huit ans, elle constate que rien n'a changé à -Wilkes-Barre, une ville de 41 000 habitants au cœur du comté de Luzerne, vieux centre industriel du nord-est de la Pennsylvanie, en déclin depuis des décennies et qui a du mal à se reconvertir : " Les démocrates n'ont rien fait pour nous, ils refusent de nous protéger, ils laissent les usines partir au Mexique, en Chine ou je ne sais où, c'est insupportable. " Elle s'inquiète aussi du flot de réfugiés et d'immigrants, venus de partout, qui s'installent dans la région sans aucun contrôle.

Alors, au printemps, Jamie prend une -décision radicale : elle s'inscrit pour voter à la primaire républicaine, et comme 77 % des électeurs du comté de Luzerne elle choisit Donald Trump, le milliardaire vedette de la télévision qui promet de contrôler les frontières, d'abroger les accords de libre-échange et de relocaliser les usines aux Etats-Unis. Aux élections générales du 8 novembre, elle a voté à nouveau pour Trump, qui a remporté 58 % des voix dans le comté de Luzerne.

Cette petite victoire locale a suffi à Donald Trump pour remporter la Pennsylvanie, qui, depuis vingt-cinq ans, avait toujours voté démocrate aux élections présidentielles. Dès le début de la campagne, son équipe avait compris l'importance stratégique du comté de Luzerne. Parmi les bastions démocrates traditionnels de cet Etat, il était le seul réellement vulnérable. Le candidat républicain a donc tenu deux meetings à Wilkes-Barre, en avril et en octobre. A chaque fois, il a rempli le stade de 11 500 places, sans compter les milliers de supporteurs qui n'ont pas pu entrer et sont restés debout dehors pendant des heures.

" C'est un homme indépendant "

Donald Trump disposait sur place d'un allié précieux, fin connaisseur de la politique locale, le républicain Lou Barletta, ancien maire de Hazleton, une ville de la région, et représentant à Washington d'un district rural proche de Wilkes-Barre. Célèbre pour ses prises de position contre les immigrants illégaux, Lou Barletta fut l'un des premiers élus à soutenir publiquement la candidature de Donald Trump. " A l'époque, les experts lui donnaient moins de 1 % de chances d'être élu, mais je savais qu'il allait gagner en Pennsylvanie, dit-il. L'hiver dernier, près de chez moi, j'ai vu un homme que je connaissais, un militant démocrate, planter un panneau “Votez Trump” dans son jardin. J'ai compris qu'il se passait quelque chose. " Puis il découvre que des dizaines de démocrates de sa circonscription s'intéressent à Donald Trump : " Ils disaient tous la même chose : “Les élites de Washington nous ont oubliés, nous ne les intéressons plus.” Nous avons besoin d'un homme nouveau, qui ne soit pas un politicien de carrière et qui -apportera un vrai changement. " En face, Hillary Clinton apparaissait comme la candidate du statu quo, imposée par l'appareil du Parti démocrate, dont l'ambition était de poursuivre la politique menée par Obama qui, dans la région, n'a pas été un succès.

Au-delà du programme économique de -Donald Trump, de nombreux habitants du comté de Luzerne disent apprécier ses qualités -humaines. L'infirmière Jamie Rupert se dit conquise : "

C'est un homme indépendant, il a financé lui-même sa campagne, personne n'a pu l'influencer ni l'acheter. Il est franc, direct et simple, on comprend ce qu'il dit. Rien à voir avec un candidat républicain classique. " Elle n'est pas du tout gênée par ses propos grossiers ou agressifs envers les femmes : " Tout le monde dit des choses sexuelles vulgaires de temps à autre, y compris nous, les femmes, quand nous sortons entre filles le soir. C'est la vie.

Ici, les femmes ne sont pas des petites choses fragiles qui se choquent pour un rien. "

Le vote de Jamie a aussi été motivé par sa méfiance envers Hillary Clinton, une femme qui lui est complètement étrangère : " Hillary est riche, mais elle parle comme si elle faisait partie de la classe moyenne qui se bat pour survivre. C'est ridicule. Trump ne fait pas ça. " Elle doute aussi du patriotisme de la candidate démocrate : " J'ai regardé tous les débats, et jamais elle n'a porté la petite broche électorale traditionnelle des candidats, avec le drapeau américain. Sans doute qu'elle ne voulait pas faire un trou dans sa veste chic. "

Jamie craignait aussi qu'elle interdise les armes à feu : " J'ai un permis de port d'armes, c'est une tradition ici, ça n'a rien à voir avec la politique. C'est important de pouvoir se protéger, surtout quand on a des enfants. " Par ailleurs, elle a entendu dire à la télévision que la candidate démocrate était favorable à l'avortement jusqu'en fin de grossesse, quand le fœtus est déjà viable : " Pour moi, en tant qu'infirmière, c'est intolérable. "

Très motivée, Jamie a essayé de convaincre son mari, Jesse, 35 ans, charpentier, de soutenir lui aussi Donald Trump : " Il n'a jamais voté, il n'est même pas inscrit. Il considère que les -politiciens n'ont aucun impact sur sa vie. Mais je lui en parle souvent, il m'écoute pour me faire plaisir, alors peut-être que la prochaine fois… "

Pour le reste, Jamie se considère comme une femme ouverte et progressiste. Elle a reçu une éducation catholique, mais s'est convertie au protestantisme épiscopalien, moins conservateur. " J'ai plusieurs amis gays, je veux qu'ils aient les mêmes droits que moi dans tous les domaines, justifie-t-elle. Je sais que le nouveau vice-président, Mike Pence, est hostile aux gays, et je le regrette, mais ce n'est pas lui le patron. Trump est plus tolérant, enfin, je crois… "

Aujourd'hui, elle se dit apaisée et pleine d'espérance : " Mes amis démocrates sont en colère, mais ça leur passera. Trump mérite qu'on lui donne sa chance. Grâce à lui, nous pourrons à nouveau acheter des voitures, des frigos et des vêtements fabriqués chez nous, par nous. Le reste est secondaire. "

La mère de Jamie, Linda MacDermott, veuve et retraitée, a suivi le même chemin. Linda habite à la périphérie de la ville, dans un vieux pavillon juché sur une colline surplombant la carcasse en ruines d'une ancienne usine textile. En 2012, elle avait encore voté démocrate : " Obama avait fait du bon travail pendant son premier mandat, pour résoudre la crise financière et aider les industries en difficulté. " Mais, cette année, elle a choisi -Donald Trump, un peu par défaut, parce qu'elle n'a pas pu se résoudre à voter pour Hillary Clinton. Pour elle, " les Clinton sont tombés dans l'ivresse du pouvoir et de la richesse, ils se sont totalement éloignés des gens simples, ils ne fréquentent que des stars du show-business et des grands -patrons ". En fait, Linda considère que ce n'est pas elle qui a changé, mais les dirigeants -démocrates : " Ils se sont coupés de leurs racines, de la base de leur parti. Ils ont évolué très vite dans tous les domaines et ils nous ont abandonnés en chemin. "

Linda sait que Donald Trump est encore plus riche et privilégié que les Clinton et qu'il a beaucoup de défauts, mais elle apprécie sa franchise : " Il sait se montrer proche des gens simples. Il a la force de dire ce que les autres n'osent pas dire, et il s'en tire à chaque fois sans dommage. " Et puis, ajoute la retraitée, " c'est un véritable homme d'affaires, il sait comment gagner de l'argent, mais aussi comment créer des emplois et distribuer des salaires. De toute façon, il fallait essayer autre chose, parce qu'ici la situation empire chaque année. Si ça -continue, bientôt, des tas de gens n'auront plus de quoi vivre, ce sera le chaos ".

" Ils nous traitaient de racistes "

Aujourd'hui, Linda fait preuve d'un optimisme prudent : " Pour la première fois -depuis longtemps, j'ai le sentiment que ça va aller mieux. " Déjà, elle rêve que les usines où travaillaient ses parents vont rouvrir et donner du travail à ses petits-enfants.

Certains jeunes électeurs de Wilkes-Barre ont fait le grand écart. Ryan Miscavage, 26 ans, consultant en médias sociaux pour des entreprises de la région, avait voté pour Bernie Sanders lors de la primaire démocrate. " Bernie était le candidat du peuple, il aurait travaillé pour nous. Mais le jour où il a été battu, j'ai senti que jamais je ne pourrais voter pour Hillary Clinton. C'est une femme corrompue, et cela a été confirmé récemment par les révélations de WikiLeaks sur la fondation Clinton, ses liens troubles avec les milieux financiers et avec des pays comme l'Arabie saoudite, ses magouilles à Haïti avec l'argent de l'aide au développement… Alors, j'ai voté pour Trump. "

Par ailleurs, Ryan a été choqué par l'intolérance de ses amis partisans d'Hillary Clinton : " Dès qu'on n'était pas d'accord avec eux, ils -refusaient le dialogue, ils nous traitaient de racistes, de sexistes, de péquenots arriérés. Cette attitude m'a éloigné d'eux. " Il affirme aussi que la candidate démocrate était trop belliqueuse à son goût : " Elle voulait que les Etats-Unis décrètent l'interdiction de survol de la -Syrie, y compris pour les avions russes. Cela aurait déclenché une nouvelle guerre, et le peuple américain ne veut plus aller faire la guerre là-bas. Les Russes ne sont pas nos ennemis, mais si nous continuons à les traiter comme tels, ils vont recommencer à nous détester, et tout le monde sera perdant. " Ryan estime que Donald Trump, en bon businessman, saura s'entendre avec tout le monde, qu'il renégociera les traités de libre-échange avec des pays comme le Mexique et fera repartir l'économie américaine grâce à une politique fiscale plus souple : " Il n'est pas parti de rien, mais il a su transformer les millions de son père en milliards, ce n'est pas à la portée de n'importe qui. "

Ryan espère que les habitants de Wilkes-Barre sauront surmonter les divisions provoquées par la campagne électorale. Cela dit, il n'est pas très optimiste pour sa région natale. " Ici, relate le jeune consultant, les gens sont oppressés par un sentiment d'échec. Pour les jeunes, l'avenir est bouché. Je crois que je vais aller vivre en Californie. "

D'autres électeurs démocrates ont refusé de voter pour Donald Trump, jugé brutal, raciste et ignorant, mais ils ont préféré s'abstenir, toujours à cause de la mauvaise réputation d'Hillary Clinton. Doug, 34 ans, un chef d'entreprise prospère qui ne souhaite pas voir son nom apparaître dans les médias " pour des raisons professionnelles ", a toujours soutenu les démocrates, y compris cette fois-ci – à un détail près : " J'ai voté démocrate à tous les échelons, ville, Etat et fédéral, mais je n'ai pas coché la case Hillary Clinton. " Il affirme que, si -Barack Obama avait pu se présenter une troisième fois, il aurait voté pour lui. " J'aurais même voté pour le vice-président Jœ Biden s'il s'était présenté, lance-t-il. C'est un homme attaché à la justice sociale. Mais Hillary Clinton est menteuse et corrompue, ça la disqualifie. "

La fièvre électorale est retombée, mais ici, la victoire de Donald Trump a déjà fait un heureux : Lou Barletta a intégré l'équipe de transition du futur président. Un groupe de travail chargé d'attribuer des milliers de postes dans l'administration fédérale. Peut-être que là-bas, à Washington, on se souviendra avec gratitude du comté de Luzerne…

Yves Eudes

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Encore une coupe, Vladimir Vladimirovitch ? Par Pierre Lévy le 28 novembre 2016.

28 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #Politique étrangère

Encore une coupe, Vladimir Vladimirovitch ? Par Pierre Lévy le 28 novembre 2016.

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy note que la résolution récemment adoptée par le Parlement européen contre la «propagande russe» souligne involontairement un succès de Moscou.

Si le Parlement européen n’existait pas, il faudrait l’inventer. Juste pour rire.

Celui-ci se définit en effet par trois caractéristiques essentielles : il est illégitime ; il est insignifiant ; et il est grotesque.

Il est illégitime parce qu’il usurpe indûment son titre. Quel que soit le régime, l’époque ou la latitude, un Parlement se définit par le fait qu’il représente un peuple (plus ou moins bien, là n’est pas la question). Or il n’y a pas de peuple européen – les dirigeants de l’UE s’en lamentent assez.

L’adoption du texte strasbourgeois risque à nouveau de mettre à mal la sobriété du président russe

Les «parlementaires» de Strasbourg ne représentent donc rien ni personne. Qu’ils soient formellement élus ne change rien à l’affaire. Du reste, les électeurs ne s’y trompent guère, qui boycottent massivement ce scrutin quinquennal – plus de 57% d’abstentions en 2014. Et si l’on décidait d’abolir cette docte assemblée, il n’y aurait pas le plus petit mouvement populaire pour s’en émouvoir.

Ce désintérêt massif est également lié au fait qu’aucune décision importante ne se joue à Strasbourg. Quand bien même les prérogatives formelles des eurodéputés ont été renforcées par le traité de Lisbonne, les vrais choix ont lieu évidemment ailleurs. 

Comme «l’aventure européenne» se heurte à une hostilité populaire croissante, les honorables europarlementaires, multiplient coups d’éclat solennels et coups de menton agressifs

Enfin, le côté grotesque tient au contraste entre l’indifférence des électeurs et la très haute idée que les eurodéputés se font de leur importance – les plus acharnés vont même jusqu’à imaginer qu’ils servent à quelque chose, et que les citoyens ont les yeux rivés sur eux.

Du coup, comme «l’aventure européenne» se heurte à une hostilité populaire croissante, les honorables europarlementaires, multiplient coups d’éclat solennels et coups de menton agressifs. Le vote de deux résolutions – purement déclaratoires – respectivement les 22 et 23 novembre vient d’illustrer une nouvelle fois cet autisme boursouflé.

La première en appelle à accélérer l’intégration militaire, que certains dirigeants de l’UE souhaitent engager, mais qui se heurte à de sévères contradictions.

La seconde est un modèle d’hystérie anti-russe qui mérite de rester dans les annales. On a beau connaître les tropismes qui hantent l’hémicycle strasbourgeois, on ne peut totalement maîtriser ses zygomatiques à la lecture de la résolution approuvant le rapport sur «la communication stratégique de l’Union visant à contrer la propagande dirigée contre elle par des tiers» rédigé par la Polonaise Elzbieta Fotyga, ancien ministre de son pays.

Les tiers en question sont deux : Moscou et Daesh. La mise sur le même plan de cette double cible est tellement caricaturale qu’elle a mis mal à l’aise 179 eurodéputés qui ont voté contre, 208 s’abstenant. Il s’est tout de même trouvé 304 «représentants du peuple» pour adopter ledit texte. 

Celui-ci s’alerte de la volonté russe «de déformer la vérité, d’instiller le doute, de diviser les États membres, d’entraîner un découplage stratégique entre l’Union européenne et ses partenaires d’Amérique du Nord, de paralyser le processus décisionnel, de discréditer les institutions de l’Union et les partenariats transatlantiques – dont le rôle dans l’architecture de sécurité et économique européenne est reconnu – aux yeux et dans l’esprit des citoyens de l’Union et des pays voisins, et de saper le discours politique européen fondé sur des valeurs démocratiques, les droits de l’homme et l’état de droit». Ouf. Si propagande russe il y a, rendons lui hommage : elle sait au moins faire des phrases plus courtes. 

Il rend en effet hommage, bien involontairement, au succès des médias que la Russie a mis en place en direction des opinions publiques occidentales

Strasbourg sonne donc la mobilisation générale, et propose de promouvoir la coopération avec «le centre d’excellence en matière de communication stratégique de l’OTAN». Communication stratégique, voilà qui sonne tout de même mieux que propagande.

On l’a souvent signalé ici : quand les dirigeants européens ont un malheur, leurs fidèles commentateurs assènent régulièrement que «Vladimir Poutine va pouvoir sabler le Champagne» – ce fut le cas par exemple avec le CETA ou les référendums au Danemark, aux Pays-Bas, et bien sûr au Royaume-Uni.

L’adoption du texte strasbourgeois risque à nouveau de mettre à mal la sobriété du président russe. Car ladite résolution pourrait bien constituer une bonne nouvelle pour le Kremlin.

Сomme un malheur n’arrive jamais seul, on vient d’apprendre que Martin Schulz renonçait à briguer la prolongation de son mandat de président du Parlement européen

Il rend en effet hommage, bien involontairement, au succès des médias que la Russie a mis en place en direction des opinions publiques occidentales. Manifestement, un tel déchaînement n’aurait pas lieu d’être si des citoyens britanniques, allemands ou français ne s’intéressaient pas de plus en plus à cette terrifiante désinformation, alors qu’ils pourraient tout de même faire confiance à la presse occidentale dominante, qui brille par son objectivité…

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on vient d’apprendre que Martin Schulz renonçait à briguer la prolongation de son mandat de président du Parlement européen. Le social-démocrate allemand a dû jeter l’éponge face à ses partenaires chrétiens-démocrates qui lui ont rappelé le marché passé il y a deux ans et demi : la moitié du temps pour les uns, la moitié du temps pour les autres – telle va l’opposition frontale entre les deux principales forces présentes à Strasbourg.

M. Schulz projette désormais sa carrière dans la politique allemande. Et ce, après avoir seriné sur tous les tons que l’essentiel était l’Union européenne. Pendant ce temps, ses possibles successeurs se bousculent au portillon. La dernière en date est la Libérale Sylvie Goulard, avec le mot d’ordre : il faut une femme au perchoir. Ce qui promet – dans l’indifférence générale des citoyens victimes de la propagande russe – de sanglants affrontements.

Allez, Vladimir Vladimirovitch, encore une coupe ?

Du même auteur : Primaires : BHL avait tout prévu – ou presque

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. 

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Henri Guaino: "Le programme de Fillon, une purge comme jamais proposée depuis la Seconde Guerre mondiale"

28 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #ACTUALITE, #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Politique intérieure, #l'horreur économique, #Services publics

Henri Guaino: "Le programme de Fillon, une purge comme jamais proposée depuis la Seconde Guerre mondiale"

Invité dimanche 27 novembre au soir pour réagir à la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, Henri Guaino, lui-même candidat à la candidature pour 2017, a sévèrement bousculé le programme thatchérien de l'ancien Premier ministre, annonçant : "Ce programme, je le combattrai avec toute mon énergie, jusqu'au bout". Un retour de la guerre des droites des années 90, celle de la droite libérale de Balladur contre le gaullisme social de Seguin.
Henri Guaino, ancienne plume de Nicolas Sarkozy, combattra le programme de François Fillon "jusqu'au bout". WITT/SIPA

La guerre des fils aura bien lieu. Celle du fils prodigue contre le fils ingrat. A peine sorti , François Fillon doit composer avec l'héritage de son ancien mentor, Philippe Seguin, en la personne d'Henri Guaino. Invité dimanche soir sur Europe 1 pour réagir à la désignation du candidat de la droite pour la présidentielle de 2017, l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy n'a pas eu de mots assez durs contre le programme de Fillon. "Je n'ai rien contre François Fillon, je le connais depuis longtemps", commence-t-il. Des amabilités qui n'annoncent généralement rien de bon. En effet, il ajoute immédiatement :  

"Ce programme, je le combattrai avec toute mon énergie, jusqu'au bout".

 

Sur sa lancé, Henri Guaino poursuit sa charge : "(Cette candidature), c'est une très bonne nouvelle pour le Front national. Parce qu'avec un programme pareil, les classes populaires et les classes moyennes ne vont pas aller pour cette droite-là". Le député des Yvelines, lui même candidat à la candidature, hors primaire, pour 2017, ravive ici une vielle querelle de la droite. Celle de la droite Balladur contre la droite Séguin. Celle du tout libéral balladurien contre le "gaullisme social" seguiniste.

Une bataille des idées qui eu cours dans les années 1990. A cette époque, Guaino et Fillon étaient dans le même camp, celui de Philippe Seguin, jusqu'à ce que Fillon trahisse son mentor pour se mettre au service de l'adversaire en entrant en 1993 comme ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Balladur. Seguin qualifiait les réformes de ce dernier de Fillon, lui, avec cette envie de plaire au nouveau maître, les défendait âprement.

Vingt ans plus tard, Henri Guaino, resté plus ou moins fidèle à la pensée de Philippe Seguin, remue le couteau dans une plaie que l'on pensait refermée. 

"Ce n'est pas ma droite. C'est une droite qui n'a aucune générosité, aucune humanité (...)", lâche-t-il au micro d'Europe 1. 

Et de rappeler Fillon à ses premières fidélités : "Ma droite c'est celle du gaullisme, c'est celle de la générosité, c'est celle de la Nation unie par la solidarité". 

Et d'enfoncer la lame encore plus : 

"Le programme de François Fillon, c'est une purge comme on n'en a jamais proposé depuis la Seconde Guerre mondiale". 

François Fillon, qui pensait sa route dégagée après avoir court-circuité Nicolas Sarkozy et écrasé Alain Juppé dans ce match des anciens Premier ministres, voit donc des vieux démons ressurgir. Une voix du passé qu'Henri Guaino prendra plaisir à porter tout au long de la campagne aux oreilles de l'austère et austéritaire Fillon. 

La guerre des droites vient de commencer. 

 

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1953—2002—2016 : La Syrie et la résurgence du maccarthysme, par Fredrik Deboe

28 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL

Source : Current Affairs, le 03/11/2016

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Chaque fois que les États-Unis veulent aller à la guerre, les opposants sont accusés d’apologie des dictateurs. La controverse sur la Syrie ne sera pas différente.

Par FREDRIK DEBOER

J’ai beaucoup d’intérêts politiques, pour être honnête, mais seulement une obsession : l’anti-Rouge, le penchant pour les purges, la grande propension américaine à éradiquer les hérétiques et les bannir dans le désert. C’est cette obsession qui tend à me faire croire que nous nous dirigeons vers un nouvel accès de maccarthysme, lié au conflit en cours en Syrie, et qu’il a des chances de déchirer la gauche américaine.

Appelez mon obsession une construction familiale historique, à la fois récente et ancienne. Mon grand-père, un socialiste pacifiste et professeur d’université à l’université de l’Illinois, a été la cible des lois Broyles, un ensemble de lois fédérales de l’ère de la peur des Rouges destinées à débarrasser l’État de ses éléments subversifs. Toutes sortes de radicaux et sympathisants étaient visés par cette loi, qu’ils aient été de vrais socialistes comme mon grand-père, ou simplement suspects de sympathies communistes. La majeure partie de cette législation a été battue, avec le gouverneur libéral-Démocrate Adlai Stevenson mettant son veto sur plusieurs mesures. (Non pas qu’il ait été une sorte de champion viril des droits des radicaux, Stevenson contestait non pas les intentions des lois mais leur portée, arguant qu’elles risquaient de “brûler la grange pour tuer des rats.”) Mais comme il est fréquent avec ces tentatives, le dommage a été fait sans victoire législative. Nombreux sont ceux qui étaient visés et ont perdu leur emploi et vu leur carrière détruite. Mon grand-père a été protégé par son contrat, et donc a gardé sa situation, mais sa réputation a été entachée. Mon père m’a dit une fois que cela a contribué directement à l’alcoolisme qui l’a conduit à sa mort prématurée.

Les premières lois Broyles ont précédé ce qu’on appelle typiquement l’ère maccarthyste. Et encore maintenant on peut regarder en arrière et les voir comme du classique maccarthysme. Ce dernier ne se réfère pas seulement aux attaques gouvernementales sur la liberté intellectuelle et politique sous la bannière de l’anti-communisme. C’est un ensemble de pratiques consistant à calomnier les opposants sans procès équitable et basé sur des preuves très minces, attribuant aux autres des motifs sombres pour déligitimer leurs positions, suggérant que ceux avec qui vous discutez travaillent sous l’influence d’une entité de l’ombre, et insistent sur le fait que vos cibles ne sont pas seulement en tort, mais activement pernicieuses et donc doivent être évacuées de la conversation. Parfois, ce rejet implique l’arrestation de quelqu’un. Parfois cela implique une audience du Congrès et le renvoi de quelqu’un. Parfois ce n’est qu’une campagne de ragots, une attaque de dénigrement, une rencontre secrète où vous êtes désigné comme étant un cancer par vos ex-alliés. Mais l’intention est toujours la même : faire taire un type de dissidence en prétendant que c’est le germe d’intentions néfastes, et aussi arguant que quiconque se fait porte-parole de cette dissidence doit être banni.

Tous ceux qui ont vécu l’immédiat post 11/9 sont familiers de ce type de choses. Consécutivement aux attaques, une culture de patriotisme paranoïde et agressif enveloppa le pays, jetant la suspicion sur ceux qui n’ont pas mis un petit drapeau américain sur leur revers de veste ou leur voiture. Ceux qui ne professaient pas une guerre totale contre le terrorisme, quel qu’en soit le sens, étaient coupables de soutenir secrètement al-Qaïda. Les Américains musulmans, et ceux qui malheureusement avaient l’air de musulmans, étaient sujets à une constante suspicion et à des crises de violence aléatoires. Quand le commentateur conservateur Andrew Sullivan désigna les écrivains de gauche sceptiques sur la guerre contre la terreur, “une cinquième colonne”, il exprimait seulement quelque chose comme de la sagesse populaire : être insuffisamment dévoué à la cause de la guerre, c’était vous positionner nécessairement du côté de la cible de cette guerre. Avec le maccarthisme, ce qui était mis en question n’était pas seulement la justesse de votre opinion, ou la sagesse de vos choix, mais votre loyauté, vos motifs, votre caractère. C’est exactement ce sentiment de suspicion et d’exil que j’ai expérimenté en tant qu’activiste anti-guerre dans la première moitié des années 2000, ravivant intensément l’histoire de ma famille. Il n’y a pas eu de House Un-American Activities Committee (Commission de la Chambre sur les Activités Anti-Américaines) après le 11/9, mais il y a eu un niveau de peur ambiante qui transforme des gens ordinaires en indicateurs, une société entière de police secrète. Ainsi que l’écrivait le professeur de droit David Cole, de Georgetown, à propos de la résurgence du maccarthisme dans le monde de l’après 11/9 : “On a adapté les erreurs du passé, substituant de nouvelles formes de répression politique aux anciennes.”

Longue et bipartisane est l’histoire des tentatives visant à faire taire la dissidence en utilisant la culpabilité par association, les accusations non étayées et l’insistance que certaines opinions soient trop dangereuses pour être permises. En effet, McCarthy lui-même a été précédé par les démocrates anti-communistes et les purges de l’époque de Truman des socialistes du Parti démocrate après la Seconde Guerre mondiale et le début de la Guerre froide. Les démocrates sous Truman ont travaillé sans relâche pour expulser les socialistes et les sympathisants communistes du parti. C’est le sort de l’ancien vice-président de Roosevelt, Henry Wallace, coupable d’avoir plaidé pour des politiques aussi radicales que les soins de santé universels, la désescalade de la Guerre froide et la fin de la ségrégation immédiate. Cette période elle-même a fait écho à la guerre mondiale antérieure, quand le démocrate progressiste Woodrow Wilson a fait emprisonner le leader communiste Eugene Debs pour son opposition publique à la boucherie qu’a été la Première Guerre mondiale. Avancez un demi-siècle et vous avez la guerre du Vietnam, COINTELPRO [Counter Intelligence Program est un programme de contre-espionnage du FBI qui enquête sur et perturbe les organisations politiques dissidentes, NdT], et Hanoi Jane [Allusion à la photo de Jane Fonda sur le siège d’un canon anti-aérien nord-vietnamien, NdT] ; allez plus loin, et vous avez les lois Alien sur les étrangers et la loi Sedition sur la subversion. Plus ça change. [En français dans le texte]

Les purges anti-communistes de l’ère Truman étaient approuvées à la fin de 2004 par le féroce libéral Peter Beinart, qui écrivait dans (bien sûr) le New Republic, l’un des bastions de l’ère belliciste et pourfendeuse de hippies de l’époque Bush. Beinart appelait à une purge de la gauche anti-guerre dans des termes plus ou moins explicites, arguant que les libéraux ont dû s’adapter à la nouvelle réalité de la force américaine bienveillante, et en rejetant tout opposant. (Son usage du terme « rééducation » donne une touche plutôt ironique.) Comme tant d’autres, Beinart continuerait à regretter son soutien à la guerre en Irak, et Michael Tomasky requalifierait son essai de « polémique, sans direction, agressif, accusateur et tout à fait injuste » en 2006. Mais le maccarthysme semble rarement bon à la lumière de l’histoire, et fait des dégâts dans le présent.

Comme j’avais raison sur l’Irak et la grande question de l’usage de la force de l’Amérique dans le grand monde musulman, j’aimerais dire que j’ai apprécié notre revendication qui en a résulté. Mais malgré la litanie sans fin des “Pourquoi l’Irak c’est mal” qui ont poussé comme des champignons dans la merde à la fin des années 2000, il y avait à peine plus de revendications pour les voix anti-guerre. Pour commencer, le bobard “vous aviez raison pour de mauvaises raisons” a toujours été étalé libéralement dans les réexamens de la politique étrangère de l’Amérique. D’un autre côté, les mea culpa ont toujours été résolument restreints, se référant spécifiquement à la guerre en Irak, mais pas au traitement brutal dont les types anti-guerre ont été l’objet dans la conduite de cette guerre. La réalité du maccarthisme et son déploiement constant comme moyen de harceler les gens pour qu’ils soutiennent les guerres, froides ou chaudes, a été largement escamotée.

Je soupçonne, en fait, que le cycle recommence encore. Je soupçonne que le besoin de faire des purges augmente, et que le point de rupture sera la Syrie. Je crois que cette sorte d’intervention militaire en Syrie soit probablement en train d’arriver. Et peut-être pire encore, pour ceux d’entre nous de la gauche socialiste, la bataille politique sur cette guerre n’impliquera pas les conservateurs et quelques libéraux combattant une gauche radicale plus ou moins unifiée. Ce conflit, je crois, divisera une gauche déjà affaiblie, la laissant en morceaux.

L’existence d’une gauche favorable à la guerre aurait semblé impensable pour beaucoup, même il y a cinq ans. Les blessures de l’Irak et de l’Afghanistan ont été si profondes, et le terrible désordre qui suivit le changement de régime en Libye a sonné comme une parfaite répétition de toutes les mauvaises idées et les échecs de la décennie précédente, qu’il paraissait difficile de croire que le pays dans son ensemble voudrait repartir en guerre. Que ces arguments puissent venir de la gauche traditionnellement anti-guerre, méfiante envers les militaires et le gouvernement, et toujours en alerte sur la portée de l’impérialisme m’aurait choqué il a encore peu de temps. Et encore ce sont précisément les circonstances qui se présentent aujourd’hui.

Prenez une lettre caractéristique de la fidèle publication de gauche Socialist Worker. Stanley Heller, après être parti sur la tactique typique du vieil homme de gauche en colère qui consiste à asséner sa bonne foi anti-Vietnam, remplit tous les clichés imaginables : critiquer ou questionner la composition exacte des forces anti-Assad en Syrie, c’est être activement pro-Assad, qu’une telle attitude peut seulement être le produit de l’Occident naïf contre la pensée orientale, que la Russie et l’Iran sont les vrais Grand Méchants dans le monde, que les sceptiques sur la résistance syrienne ne se préoccupent pas assez de la question de l’anéantissement. Cet extrait de Heller est remarquable par son binarisme moral, et la discussion hystérique du vrai mal serait même critiquée dans une publication néo-conservatrice. Il parle “d’une triple alliance Assad-Iran-Russie”, faisant écho à “l’Axe du Mal” de l’administration de George W Bush, comme la vraie origine du Mal dans le monde. Heller charge ses critiques de complicité, les accusant de “rejoindre la National Review de droite et les libéraux comme Steven Kinzer, en applaudissant les avancées d’Assad et de Poutine.” Mais bien sûr cette critique est à double sens, et dans sa diabolisation de l’Iran en particulier, Heller rejoint les plus nuisibles bellicistes de la politique actuelle américaine. Il invoque même l’apaisement envers le Troisième Reich, peut-être le cliché le plus ridicule du débat actuel sur la politique étrangère.

Le phénomène que je décris est moins évident dans les journaux de gauche que dans les espaces politiques des média sociaux, qui ont pris une part démesurée du débat gauchiste dans la dernière décade. Quiconque dans la large sphère de gauche s’engage sur internet sur la question de la Syrie ne peut guère les éviter : une petite armée de tweeters en colère, d’usagers de Facebook, de commentateurs du web qui insistent lourdement sur le fait que soutenir l’intervention militaire américaine en Syrie est la seule solution morale. Ces voix sont agressives, implacables et fixées sur la Syrie à l’exclusion de tout autre sujet. Et elles ont tendances à adopter le classique comportement maccarthyste, accusant ceux qui ne sont pas d’accord avec eux d’être pro-Assad, de négliger la souffrance du peuple syrien, et même d’être des agents du Kremlin. Pour ces gens, la question syrienne est la seule question, et il n’y a rien à attendre d’un opposant de principe à l’usage de la force des USA pour sauver la Syrie. Ils sont brutaux envers leurs cibles, car ils les désignent comme complices de l’horreur syrienne.

Et ils en ont, des cibles de choix. Peu d’entre elles ont été sujettes à des diffamations plus brutales que celles subies par les journalistes américains Max Blumenthal et Rania Khalek. Ces derniers, connus pour leur plaidoyer au nom du peuple Palestinien, sont devenus objets de fixation pour ceux qui militent pour plus d’armes américaines en Syrie. Leur tweets, même ceux sans rapport avec le sujet syrien, sont souvent noyés sous les réponses les attaquant comme alliés d’Assad. A cause de leur travail typiquement orienté sur le grand Moyen-Orient, ils sont particulièrement vulnérables à ce type de campagne de dénigrement, étant donné qu’ils doivent trouver des emplois payés dans cette niche vraiment étroite. Parce qu’ils se situent sur la frange gauche du débat politique “responsable”, les cercles professionnels dans lesquels ils opèrent sont nécessairement restreints. Blumenthal et Khalek sont, dans un sens, des orphelins politiques : de gauche, dédaigneux des Démocrates, non associés aux éditions grand public, et férocement indépendants. Ils sont donc vulnérables et précisément le genre de voix qui devrait être protégé, si on veut préserver une presse contradictoire, questionnante, critique.

Khalek, en particulier, a été l’objet d’une campagne de calomnie vicieuse, implacable, constamment dénigrée comme apologiste d’Assad malgré ses critiques publiques fréquentes de la conduite d’Assad (qu’elle appelle “criminel massacreur de masse“) et de ses armées. D’une part cette fixation sort d’une ambiance de misogynie qui est l’environnement ordinaire dans lequel une femme journaliste est obligée de travailler. Mais Khalek a depuis longtemps attiré une étrange obsession négative de la part de gens dont vous pourriez imaginer qu’ils sont ses alliés. Dans ce qu’ils lui reprochent, les critiques de Khalek ont fait du double standard une forme d’art. Khalek a attiré fortement l’attention pour avoir initialement accepté d’assister à une conférence sponsorisée par le gouvernement syrien. Cela a été présenté comme une décision hautement disqualifiante de sa part et liée directement à sa complicité avec le régime d’Assad. Ce qui n’est pas dit dans ces attaques, c’est que Khalek a été rejointe par des journalistes et universitaires venant d’endroits parfaitement mainstream, que des journalistes assistent couramment à des évènements sponsorisés par des organisations et gouvernements qu’ils ne tolèrent aucunement. Mais c’est la réalité des insinuations comme moyen d’attaque politique : ce qui importe, ce n’est pas ce que vous pouvez prouver mais ce que vous pouvez suggérer. Tout ce que vous avez à faire est de laisser courir et les laisser imaginer. Après tout, qui s’occupe des preuves quand l’enjeu est si grand ?

L’attaque sur la décision initiale de Khakek d’assister à la conférence paraît ridicule quand on la compare au monde des analyses sur la politique étrangère et la production de rapports. C’est un fait banal de notre système politique, que les cabots misent sur des organisations supposées indépendantes politiquement et des journalistes ostensiblement indépendants. Le régime brutal du Qatar verse des millions dans les coffres de la Brookings Institution [think tank spécialisé en sciences sociales, NdT] ; Les Emirats Arabes Unis, régressifs, autocratiques, donnent des centaines de milliers de dollars au Center for American Progress [think tank progressif, fondé par John Podesta, NdT]. L’argent des Saoudiens est ambigu dans notre système politique, qu’il vienne d’une théocratie violente ne préoccupe guère ceux qui le prennent. Il y a eu peu de remarques sur les relations chaleureuses entre les journalistes, les think tanks et la plus grande puissance injuste depuis la chute du Troisième Reich, le gouvernement des États-Unis. Pourtant, l’intention initiale de Khalek d’assister à une conférence et d’en faire le rapport, aux côtés de journalistes et d’universitaires d’une grande variété d’institutions de l’establishment, est particulièrement disqualifiante. Les partisans de l’aventurisme militaire en Syrie rejetteront toutes ces comparaisons, insistant sur le fait que l’influence malveillante d’Assad est différente de celle de tous les autres mauvais régimes. C’est la nature du maccarthysme d’insister sur le fait que le Big Bad actuel est le plus grand mal que le monde ait jamais connu, et que toute considération d’autres mauvais acteurs n’est qu’une diversion.

Peut-être Khalek et Blumenthal sont-ils vraiment des partisans d’Assad déguisés. Peut-être sont-ils vraiment des agents russes. Peut-être que leur opposition à une autre intervention américaine au Moyen-Orient vient de leur amour pour un dictateur. Peut-être. Ce qui me préoccupe, ce n’est pas le caractère de quelques individus sceptiques, mais la méthode avec laquelle nous établissons nos opinions sur ces personnages. Et ce qui est clair, c’est que personne n’a pris la peine de demander réellement aux victimes de cette chasse aux sorcières ce qu’elles pensent. Personne n’a jugé bon de définir des critères de preuves convaincants. Personne n’a approfondi ces questions dans un esprit de totale impartialité. Et même si toutes les victimes de ce dénigrement étaient en fait coupables, je m’opposerais à une inquisition.

Si vous voulez voir un inquisiteur en action, vous devriez regarder Evan Sandlin. Etudiant diplômé en science politique, Sandlin a récemment illustré les tendances gauchistes du maccarthysme dans un article pour le Los Angeles Review of Books. Son attaque sur les supposés gauchistes pro-Assad est typique : il assimile le scepticisme à l’égard d’une guerre contre un dictateur au soutien de ce dictateur, il utilise des propos délibérément vagues et argumente par sous-entendus, évitant consciencieusement de citer les personnes qu’il accuse.

Prenez, par exemple, les attaques de Sandlin envers Tariq Ali, une voix d’extrême-gauche qui était fermement opposée à l’intervention contre Assad. Sandlin lui tape dessus avec fureur, le traitant de conspirationniste qui croit la propagande russe en Syrie, propagande qui, soyons clair, est légitimement pro-Assad. Serez-vous étonné d’apprendre, ayant lu l’article de Sandlin, que cet intellectuel supposé pro-Assad a signé une lettre ouverte appelant Assad à abdiquer et quitter la Syrie ? Qu’Ali a dit que “le fait est qu’une écrasante majorité des gens en Syrie souhaite le départ de la famille Assad – et c’est la première chose que nous devons admettre et qu’il [Assad] doit comprendre” ? Etonnante manière d’être pro-Assad ! Sandlin use de cette tactique tout au long de son essai ; il va chercher toute citation incriminante qui indique un soutien pour Assad, mais évite scrupuleusement les multiples fois où il est dénoncé ou répudié. C’est profondément malhonnête intellectuellement, au point que j’espère que le LA Review va publier un correctif, mais je n’y mettrai pas ma main à couper.

En fait, dans un email reçu après que je l’ai défié, Sandlin m’a avoué que « certaines de ces personnes, comme Kinzer ou La Riva, soutiennent ouvertement Assad. D’autres, comme Ali, Prashad ou Khalek ne le soutiennent pas. » Cela semble être un aveu important ! Presque assez important pour le faire dans son essai original. C’est amusant qu’il ne l’ait pas fait. Tout cela signifie-t-il que je sois d’accord avec tout ce que les cibles de Sandlin ont écrit ou dit au sujet du conflit ? Bien sûr que non. C’est le cas de l’équité et de l’intégrité : elle s’applique même à ceux avec qui vous êtes parfois en désaccord.

Sandlin prend le temps de citer des sondages montrant un considérable soutien à la démission d’Assad- considérable, ici, signifiant 50%, de son propre aveu. Ce faisant, il essaye au moins de déterminer l’opinion publique en Syrie au-delà de l’assertion commune “vous devriez parler aux vrais Syriens” – les vrais Syriens étant ceux qui sont d’accord avec ceux qui avancent cet argument.

Chaque fois que les gens usent de ceci : ” les habitants de ce pays X veulent…”, cela me rappelle Pauline Kael qui a soi-disant déclaré qu’elle était choquée que Richard Nixon ait gagné les élections parce qu’elle ne connaissait personne ayant voté pour lui. Un échec fréquent dans l’analyse américaine des conflits internes des pays étrangers est la tendance à voir ceux qui sont le plus prompts à parler aux journalistes occidentaux comme représentant nécessairement un large sentiment public. Chaque fois que des troubles arrivent en Iran, les journalistes clament que tous les Iraniens auxquels ils parlent sont opposés au gouvernement, ne semblant pas comprendre que la portion la plus âgée, la plus religieuse et conservatrice en Iran n’a pas l’habitude de parler aux journalistes occidentaux. Donc, au sujet de Sandlin : il sait juste ce que les vrais Syriens veulent. Sandlin prend le temps d’accuser ses cibles d’orientalisme, mais ne voit aucun problème à faire de grandes déclarations sur les positions de la rue en Syrie. Le fait est que “Ce que veulent les Syriens”, n’existe pas plus que “Ce que veulent les Américains” ; tous les pays ont leur chaos d’opinions. Le pouvoir américain décide purement ce que le futur sera pour chacun d’eux.

Y a-t-il vraiment des gauchistes pro-Assad ? Bien sûr. L’univers des opinions politiques est large ; vous pouvez trouver des gens qui soutiennent toute sorte d’opinion stupide que vous pouvez imaginer. Exactement comme il y avait des pro-al-Qaïda légitimes, il y a des gauchistes pro-Assad sur la frange ultime des opinions politiques et de la santé mentale. Est-ce que cela a été un plan d’action sage durant la précédente décade et demi ? Non bien sûr. Ce qui importe n’est pas l’existence d’une gauche pro-Assad, mais l’influence de la gauche pro-Assad. J’assignerai personnellement au pouvoir de ce groupe la note zéro. Le pouvoir des contingents pro-guerre dans la politique américaine, maintenant — les faucons, les profiteurs, les politiciens désespérés de trouver quelques personnes à tuer — bon, ce serait difficile d’exagérer leur influence. Ils sont partout dans la vie politique contemporaine. Ils hantent notre démocratie comme des esprits. Et contrairement aux gauchistes pro-Assad, ils ont du pouvoir, le pouvoir réel de pousser encore notre pays vers une nouvelle guerre. Sandlin s’engage imprudemment dans la complicité et ne semble cependant pas perturbé par le fait qu’en attaquant les motifs des sceptiques, il trouve une cause commune avec les plus nuisibles des bellicistes de notre temps. Sandlin confesse s’opposer à l’escalade américaine dans une note boiteuse. Mais quelle cause pense-il soutenir quand il descend ceux qui sont sceptiques sur notre implication dans ce conflit ? Comment quiconque étudie les sciences politiques peut ne pas comprendre les inégalités fondamentales de pouvoir entre ceux qu’il attaque et ceux pour qui il fait le sale boulot ?

S’investir dans un combat gauche-gauche contre les voix anti-guerre est consacrer son énergie à combattre l’impuissant pour le bénéfice du puissant. Je pense que personne ne devrait soutenir leur combat contre des cibles vues comme méritant une critique légitime. Mais il incombe à tout le monde d’évaluer le pouvoir relatif de leurs cibles et de leurs copains improbables, pour rester conscient de qui a une influence, et qui n’en a pas. L’appareil de guerre de l’Amérique contemporaine a l’habitude de devenir sa propre raison de conflit. Tous ceux qui s’identifient comme faisant partie de la gauche large devrait s’en souvenir, même quand ils se sentent contraints par conscience à critiquer ceux qui s’opposent à une action militaire.

En tout cas, que représente le cas de l’intervention américaine en Syrie ? C’est simple : plusieurs décades d’histoire américaine démontrent que l’armée du pays ne peut pas assurer la paix dans les conflits étrangers, et ses efforts pour le faire s’effondrent dans le chaos et les effusions de sang du sectarisme. Vous noterez que cet argument ne demande pas d’avoir un point de vue particulièrement anti-impérialiste, ce qui est pratique étant donné que les discussions sur l’anti-impérialisme et la Syrie se sont effondrées dans un trou noir de non-sens absurde que seule la gauche radicale contemporaine pouvait créer.

Parce que la guerre en Syrie est si horrible, et le régime d’Assad si mauvais, c’est naturel pour les gens de se jeter dans quelque chose qui pourrait venir mettre fin à cette misère. Mais ce qui est bizarre, c’est cette hypothèse, après les leçons post-Seconde Guerre mondiale de l’histoire américaine, que ce quelque chose pourrait être l’armée des États-Unis. Les arguments pour une force de paix potentielle américaine (que ce soit par les troupes au sol ou par une sorte de “bombe intelligente”) semblent être sûrs que la question est de savoir si l’armée américaine empêchera le chaos et les effusions de sang, pas de savoir si elle le peut. Mais on a toutes les raisons de douter que notre armée ait la capacité de le faire. Serions-nous capable d’expulser Assad sans un spectacle d’horreur encore plus long ? Je trouve cela loin d’être évident. La fin du régime d’Assad se résoudrait dans la paix ? Vous seriez surpris d’apprendre qu’une force bâtie pour infliger la mort et la destruction ait du mal à créer la paix. On avait 150 000 soldats en Irak, et une de leurs missions explicites était de garder la paix. Encore que des iraquiens soient morts par centaines de milliers quand même. Si notre intervention est restreinte à l’armée de l’air, l’exemple récent le plus révélateur est notre mésaventure en Lybie, dont a résulté un chaos général, une terrible oppression des minorités comme les Africains sub-sahariens, et une opportunité pour l’EI. D’où vient cette croyance que la paix et l’ordre peuvent venir des forces américaines ?

En attendant, la fixation sur une zone d’exclusion aérienne, une solution présentée généralement comme intermédiaire, une troisième voie, l’option raisonnable de quelque rêve érotique de Beltway, tout ça n’est qu’un divertissement. A en entendre beaucoup, l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne est aussi simple que l’installation d’une nouvelle radio dans votre voiture. En fait, cela implique un effort massif et très coûteux. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il est impossible d’imposer une zone d’exclusion aérienne sans une présence militaire importante dans le pays. Le général Lloyd Austin, chef du commandement central des États-Unis, le général Joseph Dunford, président du chef d’état-major interarmées des États-Unis, et Hillary Clinton dans un email piraté ont admis qu’il fallait des troupes au sol pour assurer un couloir humanitaire viable. La notion d’une campagne uniquement aérienne sans la présence de troupes américaines est une fiction politique, un alibi qui nous permet de fantasmer sur un conflit sans risque. Cette possibilité n’existe pas. La question est de savoir si nous sommes prêts à entrer dans une guerre à grande échelle en Syrie. Après des années de mensonges sur les bombes intelligentes et les guerres humanitaires, on dirait que la gauche, comme les arbres à l’automne, est en train de perdre ses illusions.

Il ne fait aucun doute qu’une grande partie du peuple syrien rejette Assad, et partage ma propre conviction qu’Assad doit s’en aller. Mais nous devons prendre soin de réfléchir à la raison rationnelle du soutien d’une partie importante de la population syrienne, à la crainte légitime de représailles contre les chrétiens syriens, les alaouites et les loyalistes du gouvernement. La notion d’intervention « humanitaire » est un truisme : quand les grandes puissances choisissent les gagnants, elles choisissent aussi les perdants. Regardez, par exemple, au Kosovo, considéré si souvent comme une bonne guerre qu’il en est devenu un cliché. Après que les puissances occidentales ont rétabli la situation, la violence contre les perdants de cet engagement s’est généralisée. En fait, le Kosovo a procédé au nettoyage ethnique de sa population serbe. Les catégories de victimes et d’agresseurs ne sont ni simples ni statiques. Il n’y a guère de doute que le régime d’Assad ait cyniquement utilisé des préoccupations au sujet des violences des représailles contre les alaouites syriens et les chrétiens pour défendre son refus de démissionner ; Il ne fait guère de doute que la crainte de représailles violentes soit entièrement justifiée. On se salit les mains dans une guerre. Rien ne prouve que la chute d’Assad signifie la fin des effusions de sang.

Je ne crois pas non plus qu’une guerre contre Assad en resterait là. Les arguments pour l’intervention des États-Unis ne font pas que surestimer notre pouvoir de mettre fin au carnage. Ils surestiment la bienveillance des gens qui dirigeraient l’effort de guerre. L’establishment de la défense américaine est complètement obsédé par l’Iran. A lire les faucons conservateurs, qui restent, malgré les problèmes plus larges du mouvement conservateur d’aujourd’hui, profondément influents dans le domaine de la politique étrangère, on découvre une vision bizarre du monde dans laquelle toutes les mauvaises actions ramènent inévitablement à Téhéran. Dans l’imbroglio de la politique étrangère américaine, la plupart des arguments invoqués plaident généralement pour notre politique belligérante envers l’Iran. Israël doit recevoir des milliards d’armes et d’aide pour aider à servir son rôle de rempart contre l’Iran. Les myriades de péchés de l’Arabie saoudite doivent être pardonnées afin qu’elle puisse servir de contrepoids sunnite aux chiites en Iran. Le Liban est secrètement contrôlé par le gouvernement iranien, l’échec continu de l’Irak à atteindre la stabilité à long terme est la faute des agents iraniens, l’Afghanistan tombe dans les griffes de Téhéran… Ce sont des récits récurrents que l’on trouve en analysant la politique étrangère gravement préjudiciable de l’Amérique.

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Fredrik deBoer

Source : Current Affairs, le 03/11/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Débandade barbue, rédigé par Observatus geopoliticus

27 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Daesch

Débandade barbue

27 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

C'est une véritable Bérézina pour les coupeurs de tête modérés d'Alep... Chaque heure apporte son lot de nouvelles et elles sont mauvaises pour les protégés du camp du Bien ; les quartiers rebelles tombent les uns après les autres.

Après la prise d'Hanano, l'armée syrienne et ses alliés ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Les districts adjacents, notamment l'important Jabal Badro, ont été pris d'assaut. Le patient travail de renseignement russe durant la "trêve humanitaire" ainsi que les drones ont permis aux Sukhois et autres Mig de vaporiser les barbus .

La partie nord de l'enclave s'écroule comme un château de cartes et les djihadistes sont en train de l'abandonner. Celle-ci se réduit à peau de chagrin et, chose intéressante, les Kurdes d'Alep participent à la curée.

Pour pouvoir rejoindre leurs compères du sud de l'enclave, les rebelles doivent passer par le goulot d'Al Sakhur, sous le feu des loyalistes. Pire ! selon des rapports non encore confirmés, l'armée aurait déjà pris ce point stratégique et coupé l'enclave en deux :

Après des mois de relatif statu quo, le ciel est tombé sur la tête des modérément modérés en quelques dizaines d'heures. Le fidèle lecteur ne sera pas surpris, nous avions à plusieurs reprises annoncé que l'échec de la tentative de la dernière chance fin octobre avait porté un rude coup au moral barbu. Mais avouons que nous n'anticipions pas une débâcle aussi rapide.

Prudence tout de même : restera encore la partie sud de l'enclave où les loyalistes commencent aussi à avancer. Mais le sort d'Alep est scellé : la ville reviendra intégralement dans le giron gouvernemental, la seule incertitude demeurant le facteur temps. Cadeau de Noël pour Bachar ?

La prise d'Alep, incontestable tournant de la guerre, libérera des dizaines de milliers de soldats qui iront renforcer les autres fronts, chaque fois moins nombreux d'ailleurs et libérant à leurs tour des milliers de combattants. Resteront alors deux gros morceaux :

  1. la province d'Idlib où Al Qaeda, Ahrar al-Cham & Co, en relatif état de faiblesse après les pilonnages russes, sont d'ailleurs en train de se dévorer entre eux.
  2. l'Etat islamique.

Dans ces deux cas, un délicieux retour à l'envoyeur se profile. Pressés de tous côtés, les djihadistes d'Idlib n'auront qu'une échappatoire : la Turquie, où tonton Erdogollum aura toutes les peines du monde à les contrôler. Quant à Daech, nous évoquions l'année dernière le scénario rêvé :

Il existe une possibilité formidable à tous les sens du terme, bien que très hypothétique pour l'instant. C'est une idée qui avait traversé l'esprit de votre serviteur il y a quelques semaines mais qu'il avait chassée tellement elle lui paraissait énorme... jusqu'à ce qu'elle réapparaisse dans la conclusion d'un article passionnant du site spécialisé Oil Price. L'article lui-même s'attache aux causes énergétiques du conflit syrien, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises ici. Les pays du Golfe (dont le Qatar et son projet de méga-gazoduc) voulaient faire transiter leurs fabuleuses ressources en hydrocarbures vers l'Europe, le tout sous contrôle américain, ce qui aurait eu pour effet de marginaliser considérablement la Russie. Passer par l'Irak saddamique puis chiite étant impossible, la seule voie pour les pipelines du Golfe était la Syrie, pays à majorité sunnite qui ne ferait aucune difficulté une fois Bachar renversé.

Assad ne l'entendait pas de cette oreille, qui mettait une contre-proposition sur la table : un tube "chiite" Iran-Iraq-Syrie. De quoi donner une crise d'urticaire aux cheikhs du Golfe et à leur allié américain. Quatre ans après, Riyad, Doha et Washington n'ont pas abandonné l'idée bien que le projet paraisse maintenant bien compromis (même si Assad perdait finalement, l'EI est devenu totalement incontrôlable).

Mais revenons à notre idée, géniale, diabolique, colossale en réalité. Nous avons vu il y a quelques jours comment la coalition irano-irako-syro-russe pourrait, avec l'aide des Kurdes au nord, mettre fin à l'EI. Notons d'ailleurs au passage qu'à l'est, les Irakiens commencent à avancer et ont quasiment réussi à tuer le calife grâce au centre de renseignement commun mis sur pied avec Téhéran, Moscou et Damas (ce n'est certes pas sur les Américains que Bagdad pouvait compter pour trouver les cibles de l'EI...)

Cher lecteur, que voyez-vous sur cette carte ? Entre la poussée Syrie-Iran-Hezbollah à l'ouest, kurde au nord et Irak-Iran à l'est, le tout soutenu par l'aviation russe, l'Etat Islamique serait cerné et n'aurait plus qu'une échappatoire : vers le sud, vers... l'Arabie Saoudite !

Ô divin retour à l'envoyeur, renvoi du monstre à son créateur... Riyad prend les choses suffisamment au sérieux pour ériger une frontière électronique. Mais si cet amusant gadget peut stopper quelques djihadistes égarés dans le désert, que fera-t-il face à des (dizaines de) milliers de fanatiques surarmés et désespérés ? Gageons que les bombes US retrouveront soudain toute leur efficacité mais sera-ce suffisant ?

Si l'EI entre en Arabie Saoudite, c'est tout le fragile édifice de la monarchie moyenâgeuse wahhabite qui explose. Et avec elle les prix du pétrole. Pour Poutine, ce serait un incroyable triple coup : s'allier aux Kurdes et ravaler la Turquie au rang de faire-valoir, détruire la maison des Seoud et enfin faire grimper les prix du pétrole à des niveaux jamais atteints. Nous n'en sommes pas (encore ?) là...

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Al Babordage ! Les barbus égorgeurs sont en difficulté. Rédigé par Observatus geopoliticus

26 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La Turquie

Al Babordage !

26 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Ca s'enflamme autour d'Al Bab - "la porte" en arabe, la toponymie du lieu reflétant parfaitement son importance stratégique.

Dans un réflexe tout sun tzuesque, les syro-kurdes laissent l'ASL turquisée faire le boulot contre Daech pour mieux prendre tout ce joli monde de revers (flèches noires) :

A l'ouest, la nouvelle alliance kurdo-loyaliste a encore pris une flopée de villages et s'approche dangereusement de "la porte" (8 kilomètres aux dernières nouvelles, contre 17 km sur la carte d'hier ci-dessus) et surtout des lignes turco-ASL. C'est dans cette zone qu'a eu lieu, il y a deux jours, le possible bombardement syrien ayant tué quatre soldats ottomans et qui continue de faire des vagues. Même contrôlée, la presse turque commence à publier la litanie des pertes militaires officielles (officieusement, c'est sans doute plus), ce qui n'est jamais bon pour la popularité d'un dirigeant, tout sultan qu'il soit.

Suite à l'incident, une conversation téléphonique a eu lieu entre Erdogan et Poutine, à la demande d'Ankara. Ce qu'ils se sont dit doit valoir son pesant d'or ; l'on peut seulement sentir, en lisant entre les lignes, une légère position de faiblesse des Turcs qui réitèrent leur "soutien à l'intégrité territoriale de la Syrie" et dont le Premier ministre s'est ensuite cru obligé de préciser que l'opération "Bouclier de l'Euphrate" n'est absolument pas dirigée contre Alep. Il devrait peut-être le dire à ses petits protégés barbus qui paraissent ne pas être au courant...

Du côté Est, les médias kurdes ont déclaré, fait intéressant, que la bataille pour Al Bab était une mini-guerre mondiale et prédit une victoire de l'armée syrienne, "préférable pour les Kurdes à une victoire turque". Les Russes ont-ils enfin réussi à mettre d'accord, plus seulement localement mais à l'échelle nationale, Assad et les Kurdes ? Alliance militaire contre les djihadistes modérés ou immodérés en échange d'un Kurdistan autonome au sein d'une Syrie fédérale : c'était le plan de Poutine depuis le début alors que Damas freinait des quatre fers.

Toujours est-il que, accord politique ou pas, l'alliance militaire de facto kurdo-loyaliste semble sur les rails et avance à bonne vapeur, menaçant de couper et broyer l'ASL barbue sultanisée. Pas folle, cette dernière a depuis plusieurs jours cessé ses opérations sur Al Bab pour renforcer ses flancs. Mais à moins d'un investissement turc bien plus conséquent sur le terrain (et la multiplication des pertes ottomanes ne plaide pas en faveur de cette hypothèse), cela paraît sans espoir.

Quant aux inénarrables Américains, ils poursuivent leur grande danse de l'absurde sur trois jambes et deux béquilles. Une nouvelle fois, ils se retrouvent avec un pied dans chaque camp et s'approchent dangereusement du grand écart. D'un côté, la CIA continue de fournir des armes aux djihadistes participant à l'opération turque - Al Zinki en l'occurrence, ceux-là même qui s'étaient filmés en train d'égorger un gamin de 13 ans. De l'autre, des forces spéciales US sont embarqués avec les YPG kurdes. D'ici à ce que les armes de la CIA tuent les soldats du Pentagone, il n'y a qu'un pas...

Pour ne rien arranger, les ingrats rebelles, pourtant armés par tonton Sam, l'accusent d'espionner pour le compte des Kurdes ! Mais laissons-là le panier de crabes américano-barbu et terminons sur ce qui se passe ailleurs.

A Alep, ça sent le sapin pour Al Qaeda & Co. L'offensive générale de l'armée syrienne donne ses premiers fruits. Le district stratégique d'Hanano (entouré d'une ligne jaune sur la carte) vient de tomber entièrement, ce qui enfonce un coin terrible dans la ligne de défense des "modérés" :

Profitant de la débandade rebelle, de nombreux civils qui servaient de boucliers humains ont réussi à rejoindre les corridors humanitaires. Ne vous attendez pas à en lire une seule ligne dans la presse du camp du Bien...

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Pourquoi l'Europe refuse de se battre contre la glorification du nazisme? Par Karine Bechet Golovko.

25 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Ukraine, #La Russie, #La guerre, #Le fascisme, #Le socialisme, #La paix, #le nazisme

Pourquoi l'Europe refuse de se battre contre la glorification du nazisme? Par Karine Bechet Golovko.

vendredi 18 novembre 2016

 

Billet d'humeur: pourquoi l'Europe refuse de se battre contre la glorification du nazisme?

 
 
 
J'aimerais beaucoup savoir pourquoi la France n'a pas voté la résolution présentée par la Russie à l'assemblée générale de l'ONU contre la glorification du nazisme? J'aimerais que l'on m'explique quelles sont ces valeurs soi-disant européennes qui sont portées par l'Union européenne conduisant tous les pays de cette Tour de Babel à s'abstenir face au nazisme? Comment peut-on s'abstenir sans le soutenir? J'aimerais beaucoup que nos dirigeants me l'expliquent.
 

Le 17 novembre, la Russie et 40 pays ont déposé devant le 3e comité de l'assemblée générale de l'ONU une résolution visant à la lutte contre la glorification du nazisme. Face à la résurgence des manifestations d'anciens SS dans les pays baltes, de la glorification ouverte des "héros" nazis en Ukraine, de la montée en puissance de partis et mouvements politiques reprenant cette rhétorique raciste et xénophobe, il est important de ne pas oublier ce qu'était le nazisme. La "tolérancce" doit avoir des frontières. Il s'agit aussi de ne pas laisser réécrire l'histoire, se souvenir qui était dans quel camp. Et c'est manifestement ici que le bas blesse. Depuis 10 ans que la Russie introduit cette résolution chaque année.
 
131 pays ont voté pour. L'Ukraine a évidemment voté contre. Les Etats Unis, qui soutiennent leur "projet" également. Sans oublier les Palaos, qui ont obtenu leur indépendance des Etats Unis le 1er octobre 1994. Se sont abstenus 48 pays, dont tous les membres de l'Union européenne et notamment le Canada ou encore la Suisse. Autrement dit, les pays des droits de l'homme se refusent systématiquement de soutenir la lutte contre la glorification du nazisme, puisque l'année dernière ils avaient également refusé de voter cette résolution, 
 
Voici la photo du tableau du vote publiée par la porte-parole du Ministère des affaires étrangères russe:
 
 
La fracture de notre monde est flagrante. Ce qui ne la rend pas plus acceptable. Et aucune discussion ne sera possible à ce sujet dans nos sociétés, car le sujet n'est simplement pas traité par la presse qui soit le considère comme insignifiant, soit comme allant de soi.
 
Or, cette abstention n'est ni insignifiante, ni allant de soi. L'on ne peut, en passant, jeter de hauts cris de jeune fille effarouchée face à la radicalisation du discours en matière de racisme, de xénophobie et accepter de fermer les yeux sur la glorification du nazisme. Il n'est pas "normal" dans une société soutenant les "valeurs européennes" de ne pas se battre contre ces phénomènes de plus en plus fréquents dans nos pays. Le fait de ne pas en parler ne les rend pas pour autant inexistant.
 
Mais il est vrai, qu'alors, comment soutenir cette hystérie politique anti-russe, que Obama tente à bout de bras de maintenir en Europe dans sa tournée d'adieu? Car elle repose sur des pays comme les pays baltes, plus que coopératifs avec les nazis, sur l'Ukraine qui se cherche des héros nationaux distincts de la Russie et ne les trouve que dans les rangs des collaborateurs nazis. 
 
L'hystérie anti-russe est censée justifier toute politique, tous les moyens. Pour quelle fin? Revoir des marches aux flambeaux dans nos rues? Elles ont déjà lieu à Kiev, depuis que le pays s'est déclaré pro-européen.
 
Si c'est ça l'Europe, c'est l'Europe des années 30. Ce n'est pas mon Europe.
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François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet par Jacques Sapir ·

25 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #l'horreur économique

François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet  par Jacques Sapir ·

François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet

 

L’un des faits marquants de la campagne pour les « primaires » de la Droite et du Centre, dont le premier tour se déroulait le dimanche 20 novembre a été la spectaculaire remontée de François Fillon. Cette remontée s’est soldé par un résultat imprévu : François Fillon enregistre plus de 44% des 4 millions d’électeurs qui se sont déplacés pour cette primaire, devançant de loin Alain Juppé (28%) et Nicolas Sarkozy (environ 20%).

L’une des raisons qui explique ce résultat est certainement la volonté de nombreux électeurs de droite d’échapper à l’alternative Juppé-Sarkozy. Il est vrai qu’entre la momie, transformé par la presse en clone de François Hollande, et l’Excité-Chef, le choix ne soit guère appétissant. En un sens, la victoire au premier tour de François Fillon est aussi une défaite de la presse et de la tentative d’imposer un candidat des médias.

Une autre raison a pu être le programme de François Fillon. Ce candidat a produit un véritable programme, fort détaillé. C’est un de ses points forts, comparé au vide intersidéral de personnes comme Copé, Le Maire ou « NKM » ; mais c’est aussi un point faible car la précision même du programme attire logiquement un œil critique. Et, si l’on peut partager certaines des propositions de François Fillon, d’autres sont incontestablement inquiétantes.

 

L’homme d’un programme

François Fillon a dit et écrit des choses assez justes sur plusieurs thématiques. Qu’il s’agisse de l’éducation, où il entend faire la chasse aux « pédagogistes », ou sur la sécurité publique, ou il dit fort justement que les lois et règlements permettant d’assurer la sécurité des français face au terrorismes existent déjà et que la véritable question posée est celle de la volonté de l’Etat à appliquer ses lois, on ne peut être que d’accord. Rien n’est pire pour l’autorité de l’Etat que la multiplication de lois et de mesures qui ne sont pas appliquées. On peut penser que les prestations de François Fillon sur le terrorisme, en particulier son débat avec le juge Trevidic sur France-2, n’ont pas été étrangères à sa percée spectaculaire lors du premier tour de la primaire de la Droite et du Centre.

De même, en politique étrangère, il entend rééquilibrer la position de la France, en particulier au Moyen-Orient, et rouvrir le dialogue avec la Russie. Ces mesures s’imposent à l’évidence. Le fait que dans sa tournée d’adieux le Président des Etats-Unis, M. Barack Obama, n’ait pas souhaité se rendre à Paris, alors qu’il fit un voyage remarqué à Berlin et à Athènes (quoi que pas pour les mêmes raisons) devraient faire réfléchir tous ceux qui pensent que la politique étrangère est chose importante. La France est, provisoirement, sortie de l’Histoire du fait de son alignement inconditionnel sur l’Allemagne et les Etats-Unis. Barack Obama, en homme occupé, n‘avait pas de temps à perdre. Il a « zappé » Paris et son insignifiant Président.

Mais, ces choses justes ne sont pas suffisantes. François Fillon se présente à nos yeux comme un homme neuf. Nous n’oublions pas cependant qu’il fut pendant cinq ans le Premier-ministre de Nicolas Sarkozy et qu’à ce titre il doit en embrasser le bilan. Nous n’oublions pas que des mesures désastreuses, comme l’implication de la France dans le drame libyen et la conversion de la politique française à l’atlantisme et à l’idéologie « néoconservatrice », ou la fameuse réforme Chatel, du nom de cet ancien DRH de L’Oréal passé à l’Education National, qui entendait supprimer l’enseignement de l’Histoire en classes de terminales scientifiques furent prises alors qu’il était Premier-ministre. Il est bien temps aujourd’hui de dire que la politique étrangère de la France est désastreuse ou qu’il faut reconstruire un récit (et non un « roman ») national ; quelle crédibilité peut-on avoir quand on n’a pas fait une profonde autocritique sur son action passée ? Mais surtout, on ne peut oublier que François Fillon fut à l’origine, par sa politique, de la forte hausse du chômage que la France a connue à partir de l’été 2011.

Graphique 1

Le chômage et la politique de François Fillon

(nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et D de la Dares)

a-01-gr1-aout16

Source: Chiffres de la DARES

Le père du chômage ?

C’est donc sur le versant économique que le projet politique de François Fillon pêche le plus. Il n’y a eu aucune autocritique sur les politiques qu’il a conduites en tant que Premier-ministre, si ce n’est pour exprimer des regrets de ne pas avoir fait plus d’austérité. Pire, son programme nous annonce un renforcement de ces mesures néfastes. Prenons ainsi les 5 premières mesures de son programme :

  1. 100 milliards d’euros d’économies en 5 ans sur les dépenses publiques.
  2. 40 milliards de baisse des charges pour les entreprises et 10 milliards d’allégements sociaux et fiscaux pour les ménages.
  3. Fin des 35 heures dans le secteur privé et retour aux 39 heures dans la fonction publique.
  4. Suppression de l’ISF pour aider au financement des entreprises,
  5. Recul de l’âge de la retraite à 65 ans et unifier tous les régimes de retraite pour maintenir le pouvoir d’achat des retraites

La première de ces mesures pose la question de la croissance. De telles réductions des dépenses publiques, environ 1% du PIB par an en moyenne, cela est maintenant admis par une majorité des économistes, y compris les économistes du Fond Monétaire International[1], auront un impact très négatif sur la croissance, et donc sur l’emploi. On ne demande certes pas à un homme politique de lire des travaux d’économistes. Mais, à tout le moins, ceci prouve qu’il est fort mal conseillé, et surtout qu’il n’a tiré nulle leçon de sa précédente expérience du pouvoir. D’ailleurs, le programme de François Fillon est en complet décalage avec ce que proposent les conservateurs anglais avec Mme Theresa May, ou ce que promet Donald Trump. Et cela, pour le coup, on est bien fondé à le lui reprocher. Non qu’il ne faille réviser l’orientation des dépenses. Le budget de l’Etat délaisse l’investissement de compétitivité du territoire au profit de dépenses clientélistes. Il faut donc réallouer une partie des dépenses publiques et non supprimer.

La « baisse des charges », qui est la deuxième mesure, est en réalité une baisse des cotisations. Il faudra donc baisser d’un même chiffre les prestations sociales OU faire payer aux salariés (ou aux contribuables) ce qui ne le sera plus par les entreprises. Ce qui exercera, là encore, un effet profondément dépressif sur la croissance et l’emploi. L’effet dépressif de ce choc fiscal, que François Fillon veut faire passer par la TVA, l’emportera sur les aspects positifs d’une baisse de la contribution des entreprises. Ici encore, c’est l’investissement qui sera la première victime, car les entreprises, pour construire leurs prévisions d’investissements, se fondent sur les perspectives de la consommation.

La troisième mesure est la fin des 35 heures, ce qui représente une des « vaches sacrées » de la Droite en France. Mais, faire travailler à 39h dans toutes les professions, cela se traduira par une diminution des heures supplémentaires et donc une baisse du revenu des ménages, avec par conséquence une baisse de la croissance et de l’emploi.

La quatrième mesure, la suppression de l’ISF, est elle aussi une des « vaches sacrées » de la Droite. Non que ce dernier impôt soit parfait. Il est évident qu’il nécessite des modifications. Mais, là aussi, Fillon jette le bébé avec l’eau du bain.

Quant à la cinquième mesure, elle porte non seulement sur le recul de l’âge de la retraite à 65 ans mais aussi sur l’unification des régimes de retraites, et donc la fin des régimes spéciaux. Cette dernière mesure à l’apparence de la « justice » pour elle ; mais l’apparence seulement. En effet, dans les régimes spéciaux, on a des fonctionnaires dont les conditions de travail se sont profondément aggravées depuis une vingtaine d’années, et en particulier les fonctionnaires qui sont « au contact du public » comme on dit, et qui sont constamment en buttes aux incivilités, quand ce n’est pire. Retirer les droits particuliers dont ils bénéficient aujourd’hui ne peut que conduire à une profonde démotivation de ces fonctionnaires, que ce soit les policiers, les personnels de santé ou les enseignants, au moment même où ces fonctionnaires donnent des signes inquiétants d’épuisement. Soit on remontera de manière très significative (au moins 30%) leurs rémunérations, et l’on s’engagera à embaucher plus dans ces secteurs, soit il faut s’attendre à un effondrement de ces services fondamentaux, sur lesquels l’Etat et la République s’appuient. Ces mesures, en apparence dictée par la « justice » contiennent en réalité une injustice si criante qu’elles pourraient bien aboutir à une crise majeure de l’Etat. François Fillon prend ici, et l’on pèse ces mots, le risque d’être – s’il est en mesure d’appliquer son programme – l’homme qui aura détruit la République et l’Etat.

 

Un européisme fondamental

Fondamentalement, François Fillon est conscient du déficit de compétitivité qui s’est établi entre la France et ses principaux partenaires. Mais il raisonne « comme si » on pouvait parler de cette question sans aborder le problème des parités de change, c’est à dire le problème de l’Euro. La cécité dont il fait preuve à cet égard est assez étonnante. Il le fait parce qu’il ne veut sous aucun prétexte remettre en cause la monnaie unique. Or, l’existence d’un écart lié à la fois à la sous-évaluation de la monnaie allemande dans le cadre de l’Euro et à la surévaluation de la monnaie française est indéniable. Une étude du FMI, encore lui, l’évalue à 21%[2]. On peut considérer cette évaluation comme juste, tout comme on peut considérer qu’elle tend à sous-estimer l’ampleur du problème.

En fait, sans un écart du taux de change d’au moins 25% entre l’Allemagne et la France (et sans doute plus, de l’ordre de 30%), la France n’est pas compétitive. Mais, comment peut on obtenir un tel écart dans un régime qui fixe les parités monétaires, tout comme l’étalon-Or des années vingt et trente du vingtième siècle le faisait ?

Alors cet écart peut, bien sûr, être obtenu en faisant baisser les salaires en France et en espérant que ces mêmes salaires augmentent en Allemagne. Mais, même en espérant, ce qui est en réalité illusoire, une hausse réelle de 10% en Allemagne, cela implique une baisse de 15% en France, avec les effets dévastateurs qu’aura une telle politique sur l’économie française, et ce d’autant plus que nous sommes, et selon les propres mots de François Fillon, dans une situation grave, avec un très fort chômage et une baisse de l’investissement.

L’autre solution, qui serait non seulement incontestablement moins coûteuse, mais aussi dont la garantie de succès est considérablement plus élevée, consisterait à sortir de l’Euro, à laisser le « nouveau » Franc se déprécier d’environ 10% tandis que l’Euro allemand (et plus certainement encore le DM, car une sortie de la France ferait exploser la zone Euro) se réapprécierait d’environ 20%. Cette solution est en réalité la seule qui permette à la fois de résorber une partie du chômage de masse que nous connaissons (entre 1,5 et 2,0 millions à court terme), et de rééquilibrer nos comptes sociaux (moins de chômage signifiant plus de cotisations et moins de prestations) mais aussi nos comptes publics.

On a donc le sentiment que François Fillon promet à la France une politique qui va s’avérer extrêmement douloureuse et ceci sans aucune garantie de succès, alors qu’il pourrait proposer une autre politique dont le succès, lui, est garanti. On est bien ici en présence d’un aveuglement idéologique, d’une clôture autistique, qu’il partage – il faut l’ajouter – avec ses adversaires de la primaire de la Droite et du Centre, mais aussi avec les candidats potentiels de la gauche traditionnelles.

 

François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet

La raison en est que François Fillon n’arrive pas à couper les ponts avec l’européisme, qu’il a pourtant critiqué que ce soit aujourd’hui ou dans le passé. Il reste soumis à cette idéologie et incapable de voir qu’elle détruit non seulement la France mais aussi l’Europe toute entière. L’aveuglement de François Fillon sur ce point a des conséquences extrêmement profondes et graves sur le reste de son programme. Il ôte toute cohérence à l’effort qu’il veut faire pour restaurer la souveraineté de la France, et assurer les conditions de sa véritable indépendance. François Fillon prétend parler comme de Gaulle, mais il pense comme Jean Monnet.

Derrière le discours gaullien qu’il affectionne et derrière la posture d’héritier qu’il se donne, il faut reconnaître la réalité de la soumission aux règles européennes, une soumission qui, en définitive, détruira ce que la coopération avec les autres nations a pu construire de positif. Car, la coopération ne se construit jamais dans la soumission, et cette vérité historique, François Fillon semble l’avoir décidément oubliée.

[1] Blanchard O. and Daniel Leigh, Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers, IMF Working Paper, Janvier 2013, Washington DC. Voir aussi, Baum A., Marcos Poplawski-Ribeiro, and Anke Weber, Fiscal Multipliers and the State of the Economy, IMF Working Paper, décembre 2012, Washington DC.

[2] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

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George Soros, architecte du chaos.

25 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La Russie, #Terrorisme, #l'horreur économique

George Soros, architecte du chaos.
.2015(mis à jour 16:05 05.10.2015) URL courte32777713260Là où Soros apparaît, il faut s'attendre à des troubles sanglantsNombreux sont ceux qui se souviennent avec colère et exécration du nom de George Soros, né György Schwartz, financier et investisseur américain, juif d'origine hongroise: des banquiers britanniques touchés au début des années 1990 à cause de la chute de la livre au politiciens d'Europe orientale victimes des révolutions de velours organisées avec son implication directe, écrit vendredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.
 
Son nom a récemment refait surface en Macédoine, pays des Balkans jusque-là tranquille et paisible, dont le calme ne semblait pas du goût des faucons de Washington. Une autre révolution de couleur "à la Soros" a failli s'y produire. Soyons objectifs: personne ne nie qu'il est un homme d'affaires accompli et le "seigneur" des bourses à travers le monde occidental. Un magnat qui a fait sa fortune de 19 milliards de dollars essentiellement en jouant sur la baisse des cotes en bourse. Il mène sur le marché un jeu étonnant avec un calcul presque diabolique, qu'il perçoit, d'après sa philosophie, non seulement comme des côtes et des valeurs, mais comme une substance vivante, bouillonnant d'émotions, avec des personnes concrètes — des négociants, des courtiers, des investisseurs, qui peuvent être influencés à l'aide des informations pour promouvoir des décisions avantageuses. Mais Soros n'a pas seulement un don étonnant de prédiction financière. Il est aussi connu pour sa capacité à utiliser à 100% les informations d'insiders obtenues grâce à ses liens avec les "puissants de ce monde". Il n'hésite pas non plus à faire de la manipulation ou, en d'autres mots, de la désinformation par l'intermédiaire des ressources analytiques des milieux politique et financier, en parallèle d'une déstabilisation du marché par les spéculateurs financiers qui lui sont subordonnés. Ainsi, le 13 août 1998, Soros a annoncé que la Russie avait "besoin d'une dévaluation". En dépit des affirmations du gouvernement de l'époque, le rouble s'est effondré quelques jours après. Soros est un véritable "mauvais génie", un des escrocs à l'échelle planétaire. Il n'est pas du tout "Uncle Scroodge" qui se cache soi-même et ses biens des autres. Il est un fervent partisan de l'idée de "société ouverte" qui, grâce à son maître, le philosophe autrichien Karl Popper, est devenue le but de sa vie. Soros est l'un de ces "barons" qui préfèrent faire des dons "au public admiratif". Peu importe que ce soit sous forme de subventions ou de manuels, avec lesquels il essayait d'envahir, à l'aide de ses assistants obséquieux, les universités russes dans les années 1990, et qui étaient soumis dans notre pays à de vives critiques de la part des scientifiques et des chercheurs pro-étatiques. Soros préfère donner ce genre d'"aumônes" non pas à l'intérieur des USA, mais partout dans le monde: ses fonds sont déjà ouverts dans 25 pays. Il est l'un de ceux qui font des dons. Des dons de centaines de millions de dollars. Mais souvent, il utilise ses fonds à des fins autres que le véritable mécénat implique. Il suffit de dire qu'au cours de 20 dernières années, ce père de cinq enfants trois fois marié et fervent partisan des mariages homosexuels a donné 200 (!) millions de dollars pour la promotion de l'idée de la légalisation de la marijuana aux États-Unis. Que cela reste une affaire intérieure des USA, ainsi que l'hostilité persistante de Soros envers Bush fils. Pour discréditer la politique de celui-ci pendant sa campagne électorale de 2004, il a dépensé 27 millions de dollars. Une autre chose est alarmante: en "s'infiltrant" dans d'autres pays par l'entremise de fondations caritatives pavées de bonnes intentions, l'empire de Soros utilise en fin de compte ses ONG pour organiser des révolutions de toutes les couleurs. Comme une révolution "rose" en Géorgie en 2003, quand le protégé des Américains Saakachvili est arrivé au pouvoir, ou comme une révolution "orange" en Ukraine à deux reprises, en 2004 et en 2014.
On dit qu'il est impossible de le regarder longtemps dans les yeux. Comme un analyste l'a écrit de manière très précise, on ressent "un regard plein de désespoir et de douleur; qu'on craint de rencontrer". Laissons aux économistes l'analyse de ses activités commerciales, notamment dans le domaine des fonds de couverture (hedge funds) qu'il a abandonnés, selon lui, il y a quelques années. Examinons plutôt les motifs de ses actes. Il faut commencer par son enfance, pendant laquelle il a failli se retrouver avec toute sa famille dans un convoi de Juifs emmenés dans des chambres à gaz en Allemagne, mais a été épargné grâce à son père qui avait falsifié les papiers. Il a presque regardé la mort en face — et son regard s'est empli de désespoir et de douleur. Depuis la Seconde guerre mondiale, l'URSS puis la Russie ont été pour Soros comme un chiffon rouge devant un taureau, tout comme les pays "pro-soviétiques" ou se trouvant dans la zone des intérêts vitaux de Moscou. Il faut, d'ailleurs, mentionner un autre motif de l'"amour personnel" du financier pour la Russie. Pendant la Première guerre mondiale, le père de Soros, avocat et éditeur, s'est porté volontaire pour aller au front, a été capturé par les Russes, exilé en Sibérie, mais a réussi à s'échapper et, par miracle, est rentré dans sa ville natale de Budapest. "J'ai de la chance que mon père ait été de ceux qui n'agissaient pas comme autres", a avoué une fois le milliardaire. Survivant de la Seconde guerre mondiale, George Soros, qui a connu beaucoup de malheurs, a forgé sa philosophie de la vie pendant son enfance, marquée par la souffrance et la peur. Son essence peut se résumer par l'une de ses phrases: "Je n'acceptais pas les règles proposées par les autres, sinon, je serais déjà mort". On pourrait facilement la compléter ainsi: "Je m'en fiche de tout ce que vous faites. Moi, je peux tout. Et je vais obtenir ce que je veux". D'ailleurs, l'idée même de "société ouverte" qui a donné le nom à ses fondations et organisations caritatives, est que l'homme est guidé dans vie par sa propre pensée et intelligence, en évitant des tabous imposés par la "société fermée", en d'autres mots, "l'autre humanité". Parmi ceux qui ont beaucoup souffert pendant la période de formation de la personnalité, les uns se referment sur eux-mêmes et les autres, rancuniers face au monde entier, sont rongés par cette rancune. Soros a choisi un autre chemin, sans doute le plus difficile. Il a commencé à se lever obstinément de ses genoux avec un calcul froid, en se vengeant, à sa manière, du monde qui l'avait rejeté dans son enfance et son adolescence. En analysant l'activité de Soros, financier et philanthrope, on arrive à la conclusion que tous ses actes, parfois excentriques en apparence, sont dictés par le désir de prouver au monde qu'il est capable de "déplacer des montagnes", malgré les règles et les tabous établis dans la société. Peu importe, quel "monde". Que ce soit des régimes communistes odieux ou la Russie (en fait, il suffit de se rappeler les "révolutions de velours", sponsorisées par Soros, qui ont traversé l'Europe de l'Est en 1989 et conduit au changement des régimes), ou bien l'Albion britannique. © REUTERS/ Stefanie LoosSoros remercie Merkel pour les sanctions antirussesLe 16 septembre 1992, "mercredi noir" pour l'Angleterre, Soros a gagné près d'un milliard de dollars en un jour et a fait chuter la livre sterling par rapport au mark allemand. Ainsi, il a piétiné la monnaie du pays dans lequel au début des années 1950, les employeurs lui avaient refusé un emploi d'un ton moqueur. À la fin des années 1940, le jeune diplômé de la London School of Economics a travaillé un peu partout — comme commis voyageur, vendeur de pommes, gestionnaire dans une fabrique de mercerie — tout sauf sa spécialisation financière. Les banques anglaises lui refusaient des postes en raison de sa nationalité et de l'absence d'un protecteur qui pourrait dire un mot en sa faveur. … Quarante ans plus tard, Soros achetait discrètement des petits lots de monnaie britannique à la bourse et le mercredi 16 septembre 1992, faisait chuter la monnaie nationale du Royaume-Uni en déversant à la bourse 5 milliards de livres sterlings. La Grande Bretagne a été choquée, ne s'attendant pas à un tel coup de l'autre côté de l'Atlantique. Soros lui-même a appelé ce jour "mercredi blanc", celui de sa vengeance face aux Britanniques. En 1997, par l'entremise de spéculations boursières, il a fait chuter les monnaies d'un certain nombre de pays d'Asie-Pacifique comme la Malaisie et Singapour. Il a également essayé d'atteindre la Chine, mais Pékin a su arrêter le zèle du milliardaire américain. C'est ce principe — "je peux tout et je vais le faire", marqué par son expérience personnelle, qui explique beaucoup de ses actions, y compris le travail mené depuis la fin des années 1980 pour renverser des régimes indésirables à l'Amérique, dans lequel il est activement impliqué. La Maison Blanche et le grand Joueur en bourse, doté d'un instinct naturel incontestable, ont formé une équipe qui gagne. On peut dire que Soros est la "pointe financière" de la lance, jetée par les marionnettistes de la grande politique des États-Unis restant en coulisses, quand il est nécessaire de renverser des gouvernements qui ne naviguent pas dans le sillage des USA. Soros: 50% de chances que la Grèce quitte la zone euro D'autant que ce type de personnes ne se fait pas longtemps prier: pour le financier Soros, russophobe avéré de longue date, tout comme pour le politicien McCain du Capitole, une Russie forte et prospère serait une horreur. N'ayant pas réussi à la ruiner directement par l'intermédiaire de Gaïdar, Kassianov et leurs semblables dans les années 1990, il s'approche d'elle par le truchement des peuples frères de notre pays. En mars 2014, quand Porochenko n'était pas encore président et que le sang ne coulait pas encore dans le Donbass, l'ancien agent des services de renseignement américain Scott Rickard avait fait un aveu sensationnel dans son interview donnée à la chaîne internationale Press TV. C'est de l'ancien agent de la CIA qu'on a appris que les dépenses directes des USA pour la "réanimation de la révolution orange" — ou "Maïdan-2014" — s'élevaient à 5 milliards de dollars. Cependant, un autre aveu est resté dans l'"ombre" de ce chiffre choquant: Rickard a déclaré que parmi les principaux sponsors du coup d'État à Kiev figuraient le fondateur du site de ventes aux enchères eBay, Pierre Omidyar, et Soros. Cette "contribution" a porté ses fruits sanglants: dirigée par la main cynique du réalisateur-marionnettiste Soros, l'Ukraine a glissé dans l'abîme du chaos et du désespoir, deux peuples frères se sont heurtés, portant le niveau de haine à l'extrême. Soros a bien réussi à semer la pagaille sur le Maïdan — et le chaos a englouti l'Ukraine. Le dollar vert de Soros n'a que faire des souffrances humaines et des sentiments. Peu lui importe, à lui, de savoir qui a survécu à la terreur nazie, de voir qu'à quelques centaines de kilomètres du pays de son enfance, le sang est versé, qu'un obus, atterri dans sa cour, a déchiré une jambe à un petit garçon innocent, en mutilant sa vie et son âme, ou qu'un vétéran de la guerre, auquel les salauds du Maïdan ont cassé des côtes pour avoir porté le ruban de Saint-Georges, pleure d'impuissance de ne pas avoir achevé les partisans de Bandera. Il serait naïf de croire que Soros fait n'importe quoi en jetant de l'argent à droite et à gauche, simplement pour semer le chaos. C'est seulement le personnage qui convient le mieux pour les opérations secrètes de Washington. Si d'autres marionnettistes américains membres du club Bilderberg préfèrent rester dans l'ombre sans apparaître dans les médias, Soros, au contraire, s'exprime très volontiers. En avril 2015, il appelait Bruxelles à soutenir les autorités ukrainiennes jusqu'à la participation à une confrontation militaire directe avec la Russie. Il a récemment effrayé la planète par sa "prophétie" d'une nouvelle guerre mondiale où Washington serait opposé à Pékin. Il a aussi donné deux conseils, à sa manière. En tant que financier, il a suggéré à la Maison blanche d'associer le yuan au panier monétaire du FMI. Et en tant que russophobe, il a déclaré que l'administration américaine devait tout faire pour empêcher la solidification de l'alliance entre la Russie et la Chine. 
On pourrait, bien sûr, expliquer toutes ces déclarations excentriques par l'âge avancé de George Soros. On pourrait dire que "le vieillard s'est un peu emballé". Le 12 août 2015, il aura 85 ans. Mais il faut garder à l'esprit que quel que soit l'état physique de Soros, il ne laissera jamais échapper un mot sans avoir calculé ses conséquences, ni sans y voir son propre bénéfice — pas un simple bénéfice, mais un superbénéfice — ni sans tenir compte du profit des USA, le pays qui l'a accueilli en 1956. À propos Il n'y a pas longtemps, Soros a été vu à Kiev — fait qui a été complètement ignoré par les journalistes. C'est l'ancien chef de l'administration présidentielle du pays, Viktor Medvedtchouk, qui a expliqué les raisons de la visite du milliardaire influent en Ukraine. Selon lui, Soros serait venu pour diviser Naftogaz Ukraine en trois entreprises distinctes, avec le soutien du premier ministre Iatseniouk, et les privatiser. "Il (Soros) est toujours là où il y a beaucoup d'argent, des schémas de corruption et des possibilités de fraude. En Ukraine, surtout sous le pouvoir qui lutte contre la corruption de façon que personne ne s'en aperçoive, il y en a plus qu'assez de tout cela", conclut Medvedtchouk....
 
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