Le blog de Lucien PONS

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Un gourou américain de la finance prédit une détérioration de la situation en France. Vive les fonds vautours!

25 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie

Un gourou américain de la finance prédit une détérioration de la situation en France

Vautour dans l'exercice de ses fonctions

Vautour dans l'exercice de ses fonctions

IDÉO - David Einhorn, le patron d'un hedge fund américain, dont l'avis fait autorité dans les milieux financiers, a dressé un tableau très sombre des perspectives économiques françaises.

Serait-ce la fin d'une situation confortable pour la France ? David Einhorn, PDG du hedge fund américain Greenlight Capital, a conseillé cette semaine durant une conférence d'investisseurs à New York, de parier sur une détérioration de la santé de l'économie française et une remontée des taux de sa dette. Or David Einhorn n'est pas le premier venu et jouit d'une certaine aura dans le secteur financier américain. Le fondateur et PDG du hedge fund gérant plus de 10 milliards de dollars, est notamment célèbre pour avoir prédit l'effondrement de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 avant la plupart des autres acteurs.

Il s'étonne que la France bénéficie de taux d'intérêt si avantageux pour émettre sa dette, alors que son économie est très mal en point. Les principaux défauts français sont selon lui la lourdeur du Code du Travail, les 35 heures, ainsi qu'un salaire minimum très élevé, ce qui lui fait dire que «La France est un pays difficile pour faire des affaires». Il insiste également sur l'incapacité du pays à réduire ses déficits et à faire des réformes structurelles.

La France semble trop fière pour se réformer

De fait, il affirme que les marchés ne considèrent pas la dette française à sa juste valeur, de même que la dette grecque serait beaucoup moins à risque que ne le laissent supposer ses taux. Et le PDG de mettre en garde: «La Grèce a pris un remède amer, restructuré ses obligations et son économie, et se relève après une période très difficile. La France, elle, semble trop fière pour se réformer».

Cette sortie renforce le camp de ceux qui doutent des espoirs de reprise française, alors que le modèle économique allemand fondé sur une forte orthodoxie budgétaire commence à être mis en doute. Une inflexion de l'Allemagne en faveur de plus d'investissements, afin d'encourager la relance européenne, sera l'un des enjeux du sommet européen qui se tient les 23 et 24 octobre.

Les critiques formulées à l'encontre de la France par David Einhorn ne sont certes pas nouvelles. Or les taux auxquels emprunte la France restent très peu élevés et n'ont jamais connu de réelle envolée. La dette française reste considérée comme une valeur sûre et est disponible en grande quantité. Mais le fait que les doutes émergent d'un financier ayant une certaine influence sur les marchés fait peser une nouvelle inquiétude sur l'économie française.

Jean-Claude Michéa, "La gauche, stade suprême du capitalisme ?"

25 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure, #La nation ., #Economie, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le socialisme, #Europe supranationale, #La lutte des classes

A L'INDEPENDANT. A partir des voies ouvertes par Marx, une politique d'émancipation humaine.

Jean-Claude Michéa, "La gauche, stade suprême du capitalisme ?"

A L'INDEPENDANT. A partir des voies ouvertes par Marx, une politique d'émancipation humaine.

Jean-Claude Michéa, "La gauche, stade suprême du capitalisme ?"

Tout débute avec la révolution française puis se poursuit avec l'affaire Dreyfus. Jean-Claude Michéa rappelle que ni Marx, ni Engels, ni aucun socialiste des origines ne se sont réclamés de la « gauche ». Pour eux, la «droite» désignait l'ensemble des partis censés représenter les intérêts de l'ancienne aristocratie terrienne et de la hiérarchie catholique tandis que la «gauche» constituait le ralliement politique des différentes fractions de la classe moyenne depuis la bourgeoisie industrielle et libérale jusqu'à la petite bourgeoisie républicaine et radicale. Le mouvement ouvrier socialiste contestant la domination féodale et celle du capital maintenait dans ce système son indépendance politique.

Cela n'allait pas durer, c'est ce que montre Jean-Claude Michéa. Lisons...

Michel Peyret

Les Mystères de la gauche - De l'idéal des Lumières au triomphe du capitalisme absolu
de Jean-Claude Michéa

A gauche, rien de nouveau

La gauche, stade suprême du capitalisme ? Ce pourrait être le sous-titre du nouvel essai de Jean-Claude Michéa. Agrégé de philosophie, auteur d'essais tels qu'Orwell, anarchiste tory (1995), L'Enseignement de l'ignorance (1999), Impasse Adam Smith (2002) ou L'Empire du moindre mal (2007), ce dernier est connu pour sa critique féroce d'une gauche qui a abandonné tout esprit de lutte anti-capitaliste.

Jean-Claude Michéa creuse son sillon avec une régularité impressionnante. Cette fois-ci, reprenant la thèse du Complexe d'Orphée sans y ajouter d'éléments nouveaux, il cerne de mieux en mieux son objet. Il y a sans doute un «mystère» de la gauche, dont le philosophe retrace les origines. Si celle-ci incarne traditionnellement une lutte contre le capitalisme, Jean-Claude Michéa démontre qu'elle en constitue en fait l’autre face : libéralisme économique et libéralisme culturel sont une seule et même chose. Défendant la «common decency» chère à Orwell, cette idée morale qu’il y a des «choses qui ne se font pas», Jean-Claude Michéa oppose la logique du don (donner, recevoir, rendre) à celle de l’individu libéral (demander, recevoir, prendre).

Tout débute avec la révolution française puis se poursuit avec l'affaire Dreyfus. Jean-Claude Michéa rappelle que ni Marx, ni Engels, ni aucun socialiste des origines ne se sont réclamés de la « gauche ». Pour eux, la «droite» désignait l'ensemble des partis censés représenter les intérêts de l'ancienne aristocratie terrienne et de la hiérarchie catholique tandis que la «gauche» constituait le ralliement politique des différentes fractions de la classe moyenne depuis la bourgeoisie industrielle et libérale jusqu'à la petite bourgeoisie républicaine et radicale. Le mouvement ouvrier socialiste contestant la domination féodale et celle du capital maintenait dans ce système son indépendance politique.

Avec l'affaire Dreyfus et devant la menace d'un coup d'État de la droite monarchiste, les organisations socialistes (à l'exception des syndicalistes révolutionnaires) allaient accepter de négocier un compromis de «défense républicaine» avec leurs anciens adversaires de la gauche parlementaire. Ce compromis constitue l’acte de naissance de la gauche moderne et l'un des points d'accélération de ce processus historique qui allait conduire à la dissolution de ce qui faisait la spécificité du socialisme ouvrier dans ce qu'on appellerait le camp du Progrès. Ce processus est placé sous le signe de la «philosophie des Lumières» et de la lutte contre le «cléricalisme» et la «Réac­tion» (la nouvelle «gauche socialiste» ne pourra penser le capitalisme que comme un système «conservateur», «réactionnaire», c'est-à-dire tourné vers le passé). Le ralliement de la gauche officielle (en France et ailleurs) au culte du marché concurrentiel, de la compétitivité internationale des entreprises et de la croissance illimitée (et au libéralisme culturel qui en constitue l’autre face) est l'aboutissement logique d'un processus historique négocié, lors de l'affaire Dreyfus, par les dirigeants du mouvement ouvrier français.

Dès lors, abandonnant les analyses de Marx, ce compromis conduisit à liquider les fondements mêmes du projet socialiste et à lui substituer cette idéologie égalitaire qui écarte toute idée du mal historique, empreinte de progressisme, d’une marche métaphysique dans le sens de l’histoire, du développement supposé «émancipateur» de la civilisation moderne par l'abondance des marchandises et la puissance illimitée de sa technologie. Elle conduisit à désinstaller toutes racines (««déconstruction» est le nom universitaire de cette entreprise de nettoyage des écuries du passé», dit Michéa), pour ne plus revivre les sombres jours de l’histoire et la domination. Citant Georges Orwell («En se fondant sur cette distinction philosophique, l'homme pourrait alors utiliser avec discernement les produits de la science et de l'industrie en leur appli­quant à tous le même critère : cela me rend-il plus humain ou moins humain ?»), Jean-Claude Michéa pense que la logique libérale conduit à détruire n’importe quelle communauté humaine (de la tribu à la nation, en passant par le village ou le quartier) sous couvert de la «faire entrer dans la modernité» et d'y introduire la «liberté» et les «droits de l'Homme».

Ce n'est pas le fait de défendre des valeurs universelles (la liberté, l'égalité, etc.) qui distingue le libéralisme du socialisme. C'est le fait que dans le cas du socialisme nous avons affaire à un universel concret dont le développement s'enracine dans l'expérience particulière des communautés (pour en extraire le principe universel de réciprocité) alors que dans celui du libéralisme, il s'agit d'un universalisme abstrait qui se fonde sur la diabolisation préalable de toute forme d'enracinement culturel particulier et de toute tradition populaire, laissant en dehors de lui la vie entière et le monde entier. C’est ce que disait déjà Marx dans Le Manifeste du Parti communiste.

L’individu devient axiologiquement neutre, prêt à épouser la logique du marché sous toutes ses formes, prêt à se ''brancher'' au progrès, à cette fuite en avant perpétuelle sans considération des conséquences réelles. Cette fameuse «lutte pour l'égalité» masque sous son apparence noble un déracinement de l’homme concret de toutes ses dettes symboliques (poids du passé, de la famille, du territoire, de la nation, de la langue, de la sexualité, de la morale, etc.) au bénéfice d'un homme abstrait régi par le Droit, devenu flexible, et mettant en fait tous les individus en rivalité et en concurrence, chacun considérant comme un dû tout ce qu’il peut vampiriser autour de lui. D’où ce Droit pour tous sans distinction. On retrouve évidemment là l’égoïsme libéral d’Adam Smith porté à incandescence.

La «gauche» a abandonné toute lutte contre le système capitaliste, qu’elle camoufle derrière des «avancées sociétales» pour encore faire illusion. «Cette société, au contraire, est probablement la plus connectée, la plus grégaire et la plus mimétique que l'histoire ait jamais connue (et, en ce sens, on peut même dire que c'est dans la figure de l'adolescent moderne — rivé à son MP3 ou à son écran d'ordinateur — que l'ordre libéral trouve son modèle d'humanité le plus accompli, jusqu'à fonder pour tous les adultes le seul impératif de «rester jeune» à tout prix). Mais dans la mesure où cette société libérale ne peut officiellement reconnaître que les relations fondées sur l'échange marchand et le contrat juridique — autrement dit les relations fondées sur le seul principe utilitariste du «donnant-donnant» — elle ne saurait engendrer par elle-même aucun lien social véri­table ni aucune rencontre authentique et désintéressée (l'amitié, l'amour et la confiance ne peuvent évidemment trouver leur source première que dans les cycles créateurs du don, c'est-à-dire dans ces soubassements anthropolo­giques que la société libérale a précisément pour effet de détruire). D'elle-même, elle ne pourra donc jamais pro­duire qu'une «socialité» de synthèse et des relations humaines préfabriquées (dont Twitter et Facebook sont, aujourd'hui, les paradigmes les plus connus)».

Jean-Claude Michéa se révèle tout aussi pertinent dans les détails qu'il développe comme celui de ces ampoules électriques qu'il est depuis longtemps possible de fabriquer avec une durée de vie supérieure à celle d'une vie humaine... mais les commercialiser, ce serait substituer la valeur d'usage à la valeur d'échange. «Du point de vue d'un système fondé sur le profit et le primat de la valeur d'échange, en revanche, il est clair que la généralisation d'une technologie de ce genre (simple, robuste et durable) est fondamentalement incompatible avec les exigences de l'accumulation du capital (ou «croissance») et de l'enrichissement continuel — en droit sans limites — des grands industriels et des grands actionnaires. C'est d'ailleurs précisément dans le but de se protéger contre les effets économiquement catastrophiques de ce type d'inven­tion beaucoup trop utile que le cartel des fabricants d'ampoules électriques (le fameux «Phoebus», entente internationale qui regroupait notamment, à l'origine, Philips, Osram et General Electric) en était venu, dès 1925, à concevoir et imposer le système de l'obsolescence programmée (pratique désormais universelle, de l'industrie automobile à celle de l'informatique ou de l'électroménager), c'est-à-dire, en fin de compte, celui du sabotage méthodique — et scientifi­quement organisé — de la plupart des marchandises destinées à être vendues sur le marché capitaliste mondial. Tel est, sans doute, l'envers le plus cynique de la vertueuse «croissance»».

Jean-Claude Michéa cite de nombreux faits relevant de cette même entreprise libérale, comme ces 22 députés d’un parti au parlement suédois, qui ont déposé le 12 juin 2012 devant le conseil général du comté de Sormland un projet de loi visant à inter­dire à tous les «individus de sexe masculin d'uriner debout (!), ou encore cette déclaration dans le Figaro du 16 décembre 2012, de l'homme d'affaire Pierre Bergé, représentant de la gauche mitterrandienne : «Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l'adoption. Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ?». Cette seule phrase est comme un cadeau fait au philosophe à l'appui de sa thèse...

Toujours offensif et mobilisant une culture impressionnante, Jean-Claude Michéa est sans doute l’un des penseurs contemporains les plus stimulants et ses ouvrages sont toujours remarquablement écrits, ce qui ajoute au plaisir de la lecture.

Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 21/01/2014 )

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"Il n'existe pas de négociateurs raisonnables" selon l'économiste Kostas Lapavitsas. Le site Okeanews.

24 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le capitalisme;

"Il n'existe pas de négociateurs raisonnables" selon l'économiste Kostas Lapavitsas.

dernière mise à jour le 24/10/2014.

Dans un article publié sur son blog personnel, l’économiste Kostas Lapavitsas adresse un message impitoyable à la Grèce, tant au gouvernement du pays qu’à l’opposition.

Kostas Lapavitsas

Kostas Lapavitsas

''La débâcle subie par le gouvernement Samaras-Venizélos a montré qu'un gouvernement qui agirait en suivant le programme annoncé par SYRIZA se trouverait confronté à une attaque particulièrement puissante de la part des marchés, avec une hausse fulgurante des taux d'intérêt et une chute de la bourse'', note-t-il.

L'impasse de la solution européenne

Invoquant la campagne d'information des puissants d'Europe par SYRIZA, menée dans un effort de les convaincre de la raison qui régit les positions du parti et sa décision de trouver une solution européenne, K. Lapavitsas souligne que les négociateurs sont peut-être polis mais n'en sont pas moins de durs défendeurs de leurs intérêts.

''Les dispositifs de la bourgeoisie européenne sont caractérisés par les bonnes manières, la politesse envers l'interlocuteur et l'habitude d'écouter ce que l'autre a à dire; mais ils demeurent des défendeurs impitoyables de leurs intérêts, durs et profondément condescendants. Il n'existe pas de négociateurs ''raisonnables'' avec lesquels un gouvernement grec radical pourrait discuter'', souligne-t-il.

Soutien populaire et détermination

Le soutien populaire et la détermination seront la seule véritable force capable de contrer les chantages qui seront inévitablement exercés, explique-t-il.

''Pour que pareil soutien existe, il est nécessaire de proposer une analyse économique et politique claire, être prêt aux ruptures et préparer les couches populaires aux dures épreuves", ajoute l'économiste.

La dernière sonnette d'alarme

''Les évènements des dernières semaines sont, peut-être, la dernière sonnette d'alarme pour SYRIZA et la dernière chance pour le pays de poursuivre le changement nécessaire de manière réaliste", ajoute K. Lapavitsas.

En même temps, il foudroie le gouvernement, parlant de gestion cynique, amateure et malheureuse de l'effort de se dégager directement du mémorandum.

''L'état-major de Maximou (NdT: siège du gouvernement) a eu l'idée faramineuse de se présenter comme étant à la tête de la lutte contre le mémorandum, pensant se dégager du FMI immédiatement et non pas en 2016, comme le prévoit le mémorandum, en couvrant les besoins financiers du pays en recourant aux marchés. Ces besoins varieront de 20 à 30 milliards d'euros. Il ne pouvait y avoir de gestion plus cynique, amateure et malheureuse, d'autant plus que l'effort de la Grèce d'emprunter sur les marchés, en juillet dernier, a échoué, en réalité... La manipulation gouvernementale s'est effondrée et, avec elle, le dernier espoir de sauvetage du gouvernement tragique Samaras-Venizélos", écrit-il.

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Note de la Rédaction

« l’explosion des marchés financiers » ne concerne pas uniquement la Grèce mais l’ensemble du système mondial. Un message qui montre que « faire plus de la même chose » ne résout pas le problème d’un modèle économique qui périclite.

« l’explosion des marchés financiers » ne concerne pas uniquement la Grèce mais l’ensemble du système mondial. Un message qui montre que « faire plus de la même chose » ne résout pas le problème d’un modèle économique qui périclite.

Mort de Christophe de Margerie : les dossiers chauds sur lesquels Total travaillait en Russie.

24 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Economie, #Politique étrangère, #La nation ., #Le grand banditisme

Publié le 22 Octobre 2014.

Mort de Christophe de Margerie : les dossiers chauds sur lesquels Total travaillait en Russie

Le patron de Total a trouvé la mort dans la nuit du 20 au 21 octobre, alors que son avion décollait de Moscou. Si les autorités russes ont dénoncé "une négligence criminelle des fonctionnaires", plusieurs experts que nous avons contactés confirment que la piste du crime sciemment organisé n'est pas totalement à exclure.

Mort de Christophe de Margerie : les dossiers chauds sur lesquels Total travaillait en Russie.

la suite de la mort du PDG de Total, Christophe de Margerie, dans la nuit du 20 au 21 octobre au décollage de son avion à Moscou, la rédaction d'Atlantico a contacté plusieurs experts en renseignement et en intelligence économique. S'il est encore trop tôt pour établir avec certitude le déroulé des événements et, surtout, l'ampleur de la "négligence" du personnel au sol, il n'en reste pas moins, selon eux, qu'il ne peut pas être totalement exclu que l'accident ait pu être provoqué. Christophe de Margerie travaillait en étroite collaboration avec les autorités russes.

Ces relations au beau fixe auraient pu susciter des rivalités et déclencher des réactions hostiles venues de l'extérieur.

Indépendamment des questionnements qui peuvent émerger quant au caractère purement accidentel de l'événement, Florent Parmentier et Cyrille Bret, maîtres de conférence à Sciences Po, nous expliquent les enjeux liés aux tractations entre le Kremlin et la direction Total, deux "empires" bien différents, mais aux intérêts liés.

Les prises de position à contre-courant d’un grand patron hors normes

Christophe de Margerie était devenu célèbre non seulement en raison de sa moustache impeccable mais aussi en vertu de ses mises en perspective saisissantes et de son franc-parler proverbial. Il n’hésitait pas à donner son opinion, quand bien même elle allait à contre-courant de l’approche dominante. Ainsi, concernant les événements récents en Ukraine, il s’exprimait très ouvertement pour pointer les erreurs des Européens dans leurs relations avec la Russie en général et dans la gestion de la crise dans le Donbass en particulier. Le grand patron français allait délibérément à contre-courant de l’opinion publique française sur la Russie

En raison de ces positions publiques mais également des alliances nouées par Total avec les grandes entreprises énergétiques russes (Novatek, Lukoil, etc.), les autorités russes ont salué la mémoire du chef d’entreprise français.

Total, un acteur majeur du marché énergétique russe

Le positionnement de Christophe de Margerie n’était certes pas dû à la seule présence de Total en Russie, même si celle-ci est notable, depuis 1991, date à laquelle le groupe s’est implanté dans ce pays. Qu’on en juge : si l’ancienne Compagnie française des pétroles, née en 1924, n’a jamais connu l’âge d’or capitalistique de l’Alliance franco-russe précédant la Première Guerre mondiale, elle a pris une place importante dans le paysage énergétique russe. Moscou est considérée comme appartenant à une zone stratégique privilégiée pour le cinquième groupe pétrolier mondial. Il est vrai que le temps du secteur énergétique est très long, tant du fait des montants d’investissements élevés que du fait que les infrastructures servent pendant plusieurs décennies.

Depuis plusieurs années, la Russie dispute la place de premier producteur de pétrole au monde à l’Arabie Saoudite (10 millions de barils par jour environ), et une présence accrue au pays des tsars permet de compenser la baisse de production dans des régions comme la mer du Nord. Ce constat explique la présence de Total dans le gisement de Khariaga dans le Grand Nord, ou de comprendre les volontés du rapprochement avec Lukoil sur les pétroles de schiste russe. La faible densité du territoire russe explique sans doute pourquoi les autorités ne déconsidèrent pas cette nouvelle source de revenus, quand bien même elles ont longtemps été dubitatives vis-à-vis de la rentabilité de telles ressources, en outre demandeuses d’un fort savoir-faire technologique. Outre le pétrole, le gaz est également une préoccupation de l’entreprise française : l’alliance avec le russe Novatek (où Total détient une participation) et le chinois CNPC sur le projet de GNL Iamal (gaz naturel liquéfié).

Convergences durables de partenaires complémentaires

Pour la Russie, Total fait partie de ces partenaires étrangers sur lesquels s’appuyer pour moderniser l’industrie d’extraction russe, qui a besoin d’accès aux hautes technologies ; à l’instar, par exemple, du groupe Statoil, qui travaille avec la Fédération de Russie dans la région Arctique. Et plus encore suite au règlement d’un différend territorial de 40 ans en 2010 sur la mer de Barents. Apprécié des autorités russes, le champion national français n’est pourtant pas sans concurrence : conséquence des sanctions européennes, les appétits en hydrocarbures de la Chine ont permis à ce pays non seulement de participer à la construction d’un gazoduc majeur, devenant en outre des actionnaires de la compagnie qui l’exploite.

L’énergie est le secteur par excellence où les logiques politiques et économiques se confrontent : Total est certainement l’un des acteurs importants du dialogue franco-russe, au même titre que le représentant spécial du président français auprès de la Russie, Jean-Pierre Chevènement, plutôt en phase avec Christophe de Margerie au sujet du pays de Catherine II.

Les liens étroits entre, d’une part, l’entreprise Total et, d’autre part, les pouvoirs publics et les groupes énergétiques russes sont basés sur des complémentarités trop évidentes pour ne pas sceller une alliance solide et durable. Les deux types d’empires (l’un entrepreneurial, l’autre politique) se rejoignent ici.

Florent Parmentier et Cyrille Bret animent le blog Eurasia Prospective

Atlantico.fr

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE == L’UPR DEMANDE AU PARLEMENT D’ENGAGER LA PROCÉDURE DE DESTITUTION DE FRANÇOIS HOLLANDE. Le 24 octobre 2014.

24 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Politique étrangère

COMMUNIQUÉ DE PRESSE == L’UPR DEMANDE AU PARLEMENT D’ENGAGER LA PROCÉDURE DE DESTITUTION DE FRANÇOIS HOLLANDE.

24 octobre 2014, 20:37

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE == L’UPR DEMANDE AU PARLEMENT D’ENGAGER LA PROCÉDURE DE DESTITUTION DE FRANÇOIS HOLLANDE. Le 24 octobre 2014.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L'UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE

= Vendredi 24 octobre 2014 =

OBJET : L’UPR demande au Parlement d’engager la procédure de destitution de François Hollande, pour violations répétées de la Constitution.

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De l'aveu même du Président de la République, la France a reçu une lettre de la Commission européenne lui « demandant des précisions » sur son budget 2015 que l'instance bruxelloise qualifierait « d'insincère ». Il s'agit bien sûr d'euphémismes signifiant que l'UE exige des mesures supplémentaires d'austérité. François Hollande a assuré qu'une réponse serait donnée à cette lettre « à la fin de la semaine », mais a refusé d'en divulguer le contenu.

L'UPR tient à dénoncer de la façon la plus solennelle l'inconstitutionnalité de cette procédure budgétaire en cours, ainsi que de l'attitude du Président de la République française. Au cours des dernières semaines et des derniers jours, celui-ci a purement et simplement piétiné l'essence même des valeurs républicaines qui fondent notre consensus national depuis 225 ans. En effet :

1°) En acceptant de soumettre le budget voté par les représentants du peuple français à l'appréciation d'un commissaire européen de nationalité finlandaise, Jyrki Katainen, François Hollande a violé expressément :

  • 1.1.)- l'article 3 de notre Constitution qui dispose que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. » ;
  • 1.2.)- et l'article 3 de la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 – qui fait partie du Préambule de notre Constitution - qui pose que « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. »

François Hollande, quant à lui, autorise un « individu » - en l'occurrence un citoyen finlandais non élu – à « s'attribuer l'exercice » de notre « souveraineté nationale ».

2°) Par la même occasion, il a violé l'article 5 de notre Constitution qui fait de lui « le garant de l'indépendance nationale. »

3°) En refusant de transmettre aux parlementaires français copie de la lettre que « l'individu » Jyrki Katainen a transmise au gouvernement français pour lui demander de modifier le budget de l'État, François Hollande a :

  • 3.1.)- violé les mêmes article 3 de la Constitution et article 3 de la Déclaration de 1789 puisqu'il s'est comporté lui-même comme un « individu » s'arrogeant une « autorité qui n'émane pas expressément de la Nation », les députés et les sénateurs étant seuls habilités à voter le budget de la République ;
  • 3.2.)- violé l'article 4 de la Déclaration de 1789 qui dispose que « tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée. »

François Hollande, quant à lui, refuse aux citoyens français de « constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique », et leur refuse également « de la consentir librement ».

  • 3.3.)- violé l'article 15 de la Déclaration de 1789 qui dispose que « la Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. »

François Hollande, quant à lui, il refuse à « la Société le droit de lui demander compte de son administration.»

  • 3.4.)- violé l'article 16 de la Déclaration de 1789 qui dispose que « toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. »

François Hollande, quant à lui, piétine les droits du Parlement, et bafoue purement et simplement « la garantie des Droits » et « la séparation des Pouvoirs », donc la Constitution.

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L'UPR relève que l'attitude antidémocratique de François Hollande saute aux yeux si on la compare à celle du Premier ministre italien Matteo Renzi. Ayant été lui aussi destinataire d'un courrier comparable du Commissaire finlandais Jyrki Katainen, le chef du gouvernement de Rome a aussitôt publié cette lettre afin de prendre à témoin le peuple italien. On notera au passage que cette lettre a été écrite en anglo-américain, et non en italien, qui est pourtant langue officielle de l'Union européenne. (1)

Le chef de l'exécutif italien a d'ailleurs fait savoir avec colère son intention de mettre sur la place publique le coût des institutions européennes, en lançant que « nous allons publier les données sur tout ce qui est dépensé par ces palais. On va bien s'amuser ». (2)

Jetant le masque, le président sortant de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a eu l'audace de faire connaître son mécontentement devant la publicité donnée par Rome à la lettre de Jyrki Katainen, preuve s'il en fallait que la dictature européiste, qui avance masquée, déteste rien plus que la transparence et la liberté d'information sur son action. (3)

Mattéo Renzi, président du conseil italien. À la différence du locataire de l'Élysée qui préfère maintenir le peuple français dans l'ignorance comme le lui demande l'oligarchie, le Président du Conseil italien Matteo Renzi (équivalent de notre Premier ministre) a publié la lettre que lui a adressée le Commissaire européen finlandais, afin de prendre à témoin le peuple italien.

Mattéo Renzi, président du conseil italien. À la différence du locataire de l'Élysée qui préfère maintenir le peuple français dans l'ignorance comme le lui demande l'oligarchie, le Président du Conseil italien Matteo Renzi (équivalent de notre Premier ministre) a publié la lettre que lui a adressée le Commissaire européen finlandais, afin de prendre à témoin le peuple italien.

Les agissements anticonstitutionnels de François Hollande sont d'ailleurs tellement flagrants que des députés français commencent à protester avec vigueur. Tel a notamment été le cas de plusieurs députés de sa propre majorité, dont la rapporteure générale du Budget Valérie Rabault, qui se sont élevés contre le refus du Président de la République de leur donner communication de cette lettre. (4)

Notons au passage, que cette lettre adressée à la France a fait l'objet d'une fuite et a été publiée sur un site Internet après « traduction ». Ce qui prouve que la soumission de François Hollande à l'ordre euro-atlantiste va même jusqu'à accepter de recevoir des courriers d'admonestation, non seulement anticonstitutionnels, mais écrits en anglo-américain alors qu'elles émanent d'une institution dont le français est théoriquement langue officielle et langue de travail.

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L'UPR souligne que François Hollande n'en est pas à ses premières violations de notre Loi fondamentale.

En particulier :

  • il décide d'agressions militaires tous azimuts sans jamais procéder à la déclaration de guerre prévue dans l'article 35 de notre Constitution, ce qui lui permet de mettre systématiquement le Parlement devant le fait accompli ;
  • il a imposé la loi dite Fioraso qui prévoit de remplacer progressivement le français par l'anglais dans l'enseignement supérieur et la recherche, ce qui viole l'article 2 de notre Constitution qui dispose que « la langue de la République est le français ».

Mais, cette fois-ci, les agissements de l'actuel président de la République violent de façon flagrante le Préambule et les articles 3 et 5 de la Constitution, ainsi que les articles 3, 4, 15 et 16 de la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789.

 Depuis son accession à l'Élysée, François Hollande viole continuellement des articles essentiels de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (à gauche) et de la Constitution de la République française de 1958 (à droite).   Cette scandaleuse impunité est due au fait que personne - et notamment aucun parlementaire ni aucun grand média - n'ose appeler un chat un chat.   Tout se passe comme s'il était admis que nos textes fondateurs ne doivent pas être lus avec le sérieux nécessaire, comme si les mots et les formules qu'ils utilisent n'avaient pas vraiment de sens ni de portée, comme s'ils 'étaient d'application facultative et comme s'il était ridicule de vouloir s'y tenir.  Cette folklorisation de notre Loi  fondamentale nous conduit directement à la dictature si le peuple français n'y met pas le holà.

Depuis son accession à l'Élysée, François Hollande viole continuellement des articles essentiels de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (à gauche) et de la Constitution de la République française de 1958 (à droite). Cette scandaleuse impunité est due au fait que personne - et notamment aucun parlementaire ni aucun grand média - n'ose appeler un chat un chat. Tout se passe comme s'il était admis que nos textes fondateurs ne doivent pas être lus avec le sérieux nécessaire, comme si les mots et les formules qu'ils utilisent n'avaient pas vraiment de sens ni de portée, comme s'ils 'étaient d'application facultative et comme s'il était ridicule de vouloir s'y tenir. Cette folklorisation de notre Loi fondamentale nous conduit directement à la dictature si le peuple français n'y met pas le holà.

Dans ces conditions, l'Union Populaire Républicaine (UPR) estime que les parlementaires sont placés devant un choix simple et grave :

  • soit ils laissent sans réagir François Hollande bafouer notre démocratie, en estimant que les mots de notre Loi fondamentale n'ont plus de sens et peuvent être impunément piétinés ; ils se rendront alors coupable d'une lâcheté de même nature que celle qui poussa les parlementaires à saborder la IIIe République à Vichy ;
  • soit ils se ressaisissent, en comprenant qu'il est plus que temps de donner un coup d'arrêt à la dictature européiste qui avance masquée, et à son complice qui siège à l'Élysée.

C'est à opter pour cette seconde solution que l'UPR convie solennellement les parlementaires.

Nous invitons donc les députés et sénateurs français, et notamment tous ceux qui protestent contre les agissements de François Hollande depuis son élection, à mettre en accord leurs paroles avec leurs actes, en demandant la réunion du Parlement en Haute Cour afin d'engager la procédure de destitution du chef de l'État, conformément à ce que prévoit l'article 68 de notre Constitution en cas de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat ».

L'UPR rappelle que cette procédure fait ensuite l'objet d'une instruction puis d'un vote à la majorité des deux-tiers des présents. Si les députés qui protestent contre les agissements de François Hollande se refusent ne serait-ce qu'a engager cette procédure, c'est que leurs protestations ne sont faites que pour la galerie et qu'ils s'accommodent en réalité fort bien, pour des motifs de carrière personnelle, de voir la République française sombrer silencieusement dans la dictature.

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NOTES

Les journalistes désireux de contacter l'UPR au sujet de ce communiqué sont invités à écrire à François-Xavier Grison à l'adresse presse@upr.fr

Déficit : Mediapart révèle le courrier de Bruxelles que l’Elysée ne veut pas dévoiler.

24 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme

Déficit : Mediapart révèle le courrier de Bruxelles que l’Elysée ne veut pas dévoiler

Les Echos | Le 24/10 à 15:20, mis à jour à 18:07

Le commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, Jyrki Katainen - AFP/EMMANUEL DUNAND En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0203887119667-deficit-mediapart-revele-le-courrier-de-bruxelles-que-lelysee-ne-veut-pas-devoiler-1057282.php?cwcXH22YFaPcJQjA.99

Le commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, Jyrki Katainen - AFP/EMMANUEL DUNAND En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0203887119667-deficit-mediapart-revele-le-courrier-de-bruxelles-que-lelysee-ne-veut-pas-devoiler-1057282.php?cwcXH22YFaPcJQjA.99

Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Jyrki Katainen demande à Michel Sapin d’expliquer comment la France compte se conformer aux obligations du pacte de stabilité.

L’Elysée avait jusqu’ici refusé de dévoiler les courriers adressés par la Commission européenne sur le projet de budget de la France pour 2015, malgré la multiplication des appels de plusieurs députés socialistes. Mediapart s’en est chargé et a publié sur son site la lettre adressée par le Jyrki Katainen, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires à Michel Sapin, ministre des Finances, en début de semaine. Il y fait part de ses inquiétudes vis à vis du projet de budget 2015.

« A partir de la proposition française, il ressort que l’ébauche de proposition budgétaire ne prévoit pas de ramener le déficit public global sous la barre des 3 % du PIB définie par les traités d’ici 2015, qui correspond à la date butoir fixée par le Conseil dans ses recommandations du 21 juin 2013 _ avec l’objectif de mettre fin à la procédure de déficit public excessif pour la France », écrit le commissaire. Et de poursuivre : « D’après notre analyse préliminaire (...), l’ajustement du déficit structurel devrait ressortir à un niveau bien inférieur au niveau recommandé. Dès lors, tout porte à croire que l’ébauche de programme budgétaire pour 2015 prévoit de manquer aux obligations budgétaires qui découlent des recommandations du Conseil, sous la procédure de déficit public excessif ». « J’attends donc de connaître votre position dès que vous le pourrez, et si possible d’ici le 24 octobre. Cela permettrait à la commission de prendre en compte les positions françaises, dans la suite de la procédure », conclut Jyrki Katainen.

Le gouvernement n’a « rien à cacher »

Depuis Bruxelles, le président François Hollande a indiqué que la France fait les réformes nécessaires pour réduire son déficit mais entend user de toutes les flexibilités prévues par les traités européens pour doper la croissance économique, a-t-il dit en ajoutant que Paris répondrait d’ici la fin de semaine à la demande d’explication adressée par la Commission sur son projet de budget pour 2015. « Nous considérons que nous avons fait ce que nous avions à faire, poursuivre la réduction du déficit structurel, faire 21 milliards d’économies, mener des réformes structurelles tout à fait significatives, muscler davantage notre économie avec le pacte de responsabilité », a-t-il dit à la presse.« La France veut préserver toutes les conditions pour la croissance, respecter les traités, et les respecter avec le maximum de flexibilités qui sont permises par ces traités », a-t-il ajouté. « Les explications et détails que nous fournirons permettront de faire comprendre à la Commission que nous respectons les traités en préservant, parce que c’est ça l’essentiel, la croissance et l’emploi. »

Le ministre français des Finances Michel Sapin a également réagi et répété qu’ « il n’y a rien de neuf » dans la lettre envoyée par la Commission européenne sur le budget français, en ajoutant qu’il « ne s’agit pas d’appliquer des règles pour appliquer des règles ». Le gouvernement n’a « rien à cacher », a assuré Michel Sapin tout en estimant que « ce ne sont pas des courriers qu’on publie ». La lettre a un « ton d’une sécheresse bureaucratique qui ne présente absolument aucun intérêt pour personne ». En visite avec des journalistes dans une entreprise installée à Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne, le ministre a assuré que la France travaillait « à la réponse à donner ». Mais « il s’agit pas d’appliquer des règles pour appliquer des règles », « ce serait idiot », a-t-il dit.

Le ministre a souligné que le budget a été « construit avant l’été » et que depuis « il y a eu certaines évolutions négatives d’autres plus positives ». « Nous allons tenir compte de tous ces évènements nouveaux pour montrer en quoi pour 2015 les propositions qui sont les notres sont des propositions adaptées à la situation de l’Europe et de la France », a-t-il ajouté. « On fait 21 milliards d’économies, c’est déjà pas si simple », a-t-il ajouté.

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Avis rendu le 29 octobre

Vendredi, des députés socialistes, dont Valérie Rabault, rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale, ont exigé la publication de cette lettre au nom de la transparence et de la souveraineté nationale. « Le budget de la France relève de sa pleine souveraineté et aucune mesure visant à réduire notre déficit structurel (...) et qui aurait comme conséquence d’empêcher la nécessaire lutte contre la déflation ne peut nous être imposée », écrivent dans un communiqué Valérie Rabault, Karine Berger, Yann Galut, Alexis Bachelay et Colette Capdevielle.

Déficit : Mediapart révèle le courrier de Bruxelles que l’Elysée ne veut pas dévoiler.

Une exigence à laquelle se sont joints le Front national, par la voix de son vice-président, Florian Philippot, et les centristes de l’Union des démocrates et indépendants (UDI).

Les discussions entre Paris et Bruxelles entrent dans une phase décisive. La Commission européenne prépare l’avis qu’elle doit rendre d’ici la mi-novembre sur le projet de budget français. Si cet avis est négatif, il sera rendu dès le 29 octobre, précise-t-on à la représentation de la Commission à Paris.

Au lieu de réduire le déficit public à 3% du PIB en 2015 comme elle s’était engagée à le faire, la France prévoit qu’il atteindra 4,3% et que son déficit structurel (hors effets de la conjoncture) sera réduit de 0,2 point au lieu de 0,8.

Selon des informations publiées par la presse, la Commission pourrait demander à la France un effort supplémentaire de 4 milliards d’euros, alors que les projets de budget de l’Etat et de la Sécurité sociales prévoient déjà 21 milliards d’économies. Ce chiffre ne figure pas dans la lettre de Jyrki Katainen.

Si la demande d’un effort supplémentaire de 4 milliards d’euros se confirmait, elle ne constituerait cependant pas une surprise, a confié à Reuters le député PS Dominique Lefebvre, vice-président de la commission des finances de l’Assemblée. « On a toujours considéré que si la Commission restait dans sa logique, c’est probablement le niveau d’effort qui serait demandé puisque c’est tout le débat sur le niveau du déficit structurel », explique-t-il.

Farage : « la Commission européenne est l'ennemi ultime du concept de la démocratie » (Vidéo)

24 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #Le capitalisme;

Farage : « la Commission européenne est l'ennemi ultime du concept de la démocratie » (Vidéo).

Auteur : David | Editeur : Walt | Vendredi, 24 Oct. 2014

Lors des débats suivant la présentation de la Commission européenne composée par Jean-Claude Junker, Nigel Farage annonce que son groupe votera contre cette Commission car elle est l'ennemi ultime de la démocratie.


- Source : David

"La Grèce est un laboratoire pour tester des politiques effroyables". Par Philippe Menut, Alex Anfruns. Sur le site "INVESTIG'Action".

24 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Le grand banditisme

"La Grèce est un laboratoire pour tester des politiques effroyables". Par Philippe Menut, Alex Anfruns. Sur le site "INVESTIG'Action".

22 octobre 2014

Article en PDF :

Philippe Menut, ex-journaliste à France 2 et France 3, devenu journaliste indépendant, a réalisé un documentaire... Un gros plan à la fois humain et économique sur les causes et les conséquences de la crise grecque, le film donne la parole aux salariés, militants, économistes, médecins, ministres, chômeurs, philosophes... Ils donnent leur éclairage sur la crise vécue de l'intérieur, et témoignent de la résistance et de la solidarité du peuple grec. La Grèce est un laboratoire. Le film ouvre le débat sur l'avenir d'une zone euro en crise, livrée à un capitalisme financiarisé. Un documentaire lanceur d’alerte.

"La Grèce est un laboratoire pour tester des politiques effroyables". Par Philippe Menut, Alex Anfruns. Sur le site "INVESTIG'Action".

Dans votre film "la tourmente grecque", une série de manipulations médiatiques sont exposées. Elles cherchent à justifier une véritable guerre économique et sociale contre la Grèce. Comment expliquez-vous, en tant que journaliste critique cette inversion des rôles et que les victimes, les citoyens grecs, soient présentées comme responsables de la crise ?

C’est sur ce constat que j’avais commencé le tournage. J’étais révolté que les Grecs soient souvent présentés – d’ailleurs depuis le début de la crise - comme les responsables d’une situation dont ils sont victimes. Depuis, j’ai été emporté plus loin, sur les raisons même de la crise.

Ces rumeurs, ces intox, ont bien sûr une fonction, celle de masquer une politique économique à l’œuvre, celle qui met en place une austérité effroyable vis-à-vis du peuple grec et des services publics avec un transfert massif de capitaux publics vers la spéculation internationale. Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement d’argent public grec mais aussi européen.

245 milliards ont été versés dans un soi-disant plan européen de sauvetage dont les Grecs et l’économie réelle grecque n’ont quasiment pas vu la couleur. C’est démontré dans le film, ces sommes énormes vont directement dans la poche des créanciers de la dette publique grecque qui ont prêté à des taux dépassant parfois 20%... Ces prêts ont donc la garantie du contribuable européen !

Tout cela est organisé par la Troïka, les vrais patrons du pays, envoyés de la commission européenne, la Banque centrale Européenne et le FMI (qui joue plutôt le rôle d’expert).

Quelle est la responsabilité, selon vous, des médias européens dans la présentation biaisée de la réalité de ce pays ?

Les médias européens, d’abord allemands et surtout Bild, premier tirage quotidien européen, jouent un rôle considérable dans la fabrication de l’opinion. Ce n’est d’ailleurs pas seulement la réalité grecque qui est biaisée, c’est celle de la crise de toute l’Europe.

La « grande presse » française, moins violente mais tout aussi efficace nous parle de « réformes structurelle » (traduisez « d’austérité imposée à la population »), de « rassurer les marchés » (financiers, bien sûr, mais ce n’est jamais dit), de « restaurer la confiance » (des mêmes, mais ce n’est pas non plus dit). Le but est d’entretenir le fatalisme face à un système économique néolibéral « qui n’aurait pas d’alternative » comme disait Margareth Thatcher.

Le plus fort dans cette idéologie dominante est d’arriver à faire croire qu’il n’y a pas d’idéologie dominante… On pousse les gens à dire « je ne fais pas de politique » alors qu’ils cautionnent ainsi celle qu’ils subissent...

Je reconnais que j’emploie, comme tout le monde, le terme de « crise » par facilité de langage. Il est pourtant inapproprié. Cette crise n’est pas une catastrophe, une fatalité. C’est, en dernière analyse une augmentation délibérée et brutale des inégalités.

La fermeture de la télévision publique grecque en 2013 et la décision de ses travailleurs de développer un média indépendant reste un exemple frappant de la capacité de résistance du peuple grec. Quel leçon tirer de cette expérience ?

Il y a des moments où le peuple est fort, imaginatif et audacieux face à un pouvoir affaibli. La lutte de l’audiovisuel public (l’ERT) en est un exemple. Elle est développée dans le film et je vous le résume : le 11 juin 2013, le gouvernement, à la demande de la Troïka, ferme l’antenne et licencie les 2650 salariés. Immédiatement, se déclenche une énorme mobilisation en Grèce et une protestation généralisée dans le monde entier. Journalistes et techniciens occupent le bâtiment, mais le gouvernement grec, pris à contrepied, n’ose pas lancer les MAT (police anti émeute) contre les personnels.

L’occupation a duré 5 longs mois, une période de véritable autogestion, avec la remise en marche d’émissions diffusées sur Internet. Ces émissions, marquées par une totale indépendance et un véritable pluralisme ont eu un grand succès.

Au bout de 5 mois, le gouvernement – toujours conseillé par la Troïka ! – a décidé d’évacuer le personnel le 7 novembre 2013. Depuis, les anciens de l’ERT ont lancé une nouvelle radio télé, ERT Open.

Lorsqu’on parle de dette de la Grèce, il paraît que l’Allemagne aurait intérêt à cacher une épisode important de l’Histoire, concernant l’argent qu’elle doit à la Grèce depuis la 2ème guerre mondiale. Pouvez-vous nous expliquer ce chapitre important du film qui est évoqué dans le film à travers le témoignage du combat d’un ancien résistant.

Manolis Glésos, 92 ans est un « monument » en Grèce. Il est un des tous premiers résistants d’Europe, connu pour avoir décroché en mai 1941 le drapeau nazi du somment de l’Acropole. Un de ses combat actuel est de demander le paiement par l’Allemagne des dommages de guerre et un emprunt forcé incontestable à la banque d’Athènes par les nazis.

Total de la dette due à la Grèce : 162 milliards d’euros actuels… Soit plus de la moitié de la dette qui est maintenant exigée de la Grèce avec une totale intransigeance par l’Allemagne !

L’un des médecins qui témoigne dans le film, lors d’une manifestation, explique que la fermeture de sept hôpitaux à Athènes signifie tout simplement que de plus en plus de personnes vont mourir dans la rue. L’impact des mesures d’austérité en Grèce, en particulier dans le domaine de la santé semble apocalyptique...

Un seul chiffre suffirait : d’après une revue scientifique anglaise et Médecins du Monde : la mortalité infantile a augmenté de 43% depuis le début des mesures d’austérité. En Grèce, mais aussi dans l’Europe en crise, la santé est la principale cible des réductions budgétaires. Pourquoi n’est-ce pas l’éducation nationale ? Parce que vous ne pouvez pas réduire le nombre d’élèves total. En revanche, on peut moduler les parcours de soin, réduire les remboursements, etc. Dans le film, on voit un grand hôpital qui reste ouvert mais tourne au ralenti, quasi vide, faute de moyens.

Votre regard panoramique sur la Grèce risque d’être bientôt se devoir s’élargir sur d’autres pays.

Je n’avais pas lors de mes premiers tournages prévu de parler de l’importance du capitalisme financiarisé, pas plus que de l’Union Européenne. J’y ai été naturellement porté par mes investigations, mes interlocuteurs. Le film ouvre un débat sur l’Union Economique et Monétaire.

Des interviews fortes expliquent la nécessité d’une rupture avec la zone euro, d’autres expliquent qu’il faut être pragmatique et qu’il faut d’abord s’opposer à l’austérité et à une dette illégitime.

Je ne tranche pas, mais si on veut poser la question du changement de politique économique et sociale, et aussi de la démocratie, il faudra bien poser la question du pouvoir tout puissant de l’Europe actuelle. Le capitalisme financiarisé y est maître dans son organisation même, dans ses traités, l’influence de lobbies tout puissants.

Quel message adressez vous aux personnes qui regardent de loin la Grèce, subir des dégâts terribles mais présentés comme inévitables ? En quoi les Européens peuvent-ils, au-delà de la solidarité, être concernés ? Au-delà, comment les peuples européens pourraient-ils passer à la contre offensive ?

Toute la zone euro est concernée par la crise grecque. La Grèce est un laboratoire pour tester sur un petit pays (11 millions d’habitants) une politique effroyable au nom d’une dette artificiellement gonflée. Depuis le début des réformes, prétendues réponses à la crise, la dette a grimpé de 50 % et le chômage est passé de 10 à 28% ! Et ces politiques continuent.

Mais attention, cette crise de la dette est la même partout en Europe, zone la plus récessive du monde. La France, que je connais mieux, a une dette de 2000 milliards d’Euros de même nature que la dette grecque. Elle serait de moins de la moitié sans les intérêts excessifs aux banques et les cadeaux fiscaux. Le remboursement des seuls intérêts est un des tous premiers budget de l’Etat. Nos chers « confrères » journalistes des « grands médias » n’en parlent jamais…

Le rêve européen pourrait bien tourner au cauchemar. Les Grecs montrent la voie de la résistance. Des résistances isolées ne suffiront pas. La vraie question est de savoir si les peuples sauront s’unir pour une autre Europe, plus juste et démocratique, une Europe des citoyens.

Minisite du film : http://lesfilmsdumouvement.wordpress.com

Entretien réalisé par Alex Anfruns

Source : Publico.es

21 oct 2014 Hollande et les occasions perdues, par Jacques Sapir.

22 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure, #Economie, #La nation ., #Europe supranationale

21 octobre 2014.

Hollande et les occasions perdues, par Jacques Sapir. Sur le site d'Olivier Berruyer.

  21  oct  2014   Hollande et les occasions perdues, par Jacques Sapir.

Sévère tribune du 15/10/2014

Monsieur François Hollande,

En mai 2012, vous étiez élu Président de la République française. Nous sommes aujourd’hui, le 15 octobre, pratiquement à mi-mandat, et jamais un Président n’avait été aussi discrédité, voire détesté que vous ne l’êtes aujourd’hui. Les chansonniers, qui ne sont pas bons et c’est pourquoi ils nous amusent, dressent de vous des caricatures qui nous semblent, à la lecture de vos actes en-deçà de la vérité. On vous voit, l’air fourbu, le regard égaré, errer sous les critiques et les huées. Votre mandat est un échec. Cela peut arriver, et nul politicien ne peut prétendre détenir la clef du succès. La permanence et la répétition des échecs pourtant interrogent. Au XVIIIe siècle, le Prince de Ligne écrivait ainsi « Ce n’est pas qu’il ne soit permis d’être malheureux. Nous ne sommes point à Carthage ((Carthage, où l’on mettait à mort un général défait.)), mais, sans que cela soit poussé aussi loin, il serait bon de savoir pourquoi un général qui a été battu l’a été ». Or, des défaites politiques, vous les avez accumulées.

Mais le désastre est à ce point total, en économie comme en politique extérieure en passant par le social, qu’il nous interroge. Napoléon écrivait, il y a près de deux siècles « à la guerre, un grand désastre désigne toujours un grand coupable ». C’est aussi vrai de la politique. Ce désastre vous désigne. Il convient d’en comprendre la cause.

Des occasions perdues

Votre mandat aura été celui des occasions perdues, et en cela il laisse à tous un tragique goût d’amertume au fond de la bouche. La toute première fut celle qui s’offrait à vous avant même votre élection. Je vous avais, avec quelques collègues, adressé une lettre ouverte avant même le second tour en vous demandant de soumettre à référendum le projet de traité concocté par Mme Merkel et Nicolas Sarkozy. L’eussiez-vous fait, vous auriez eu, il n’en faut pas douter, entre les mains une arme d’une puissance redoutable pour mener à bien une véritable renégociation de ce traité. Mais, vous fîtes la sourde oreille. Vous vous êtes contenté d’un codicille à ce texte, le TSCG, qui marquait l’engagement de l’Europe dans la logique austéritaire où nous nous trouvons maintenant. J’en avais tiré les conséquences, et décidé, avec plus de deux millions de Français, de m’abstenir lors du second tour de l’élection présidentielle.

Engagé dans cette logique, vous en avez rapidement mesuré les conséquences. Certes, M. Mario Draghi, le Président de la Banque Centrale Européenne, vous a bien aidé par des déclarations qui surent impressionner les marchés. Mais, tout a une fin. M. Draghi arrive au bout des effets de ses déclarations. La BCE se voit limitée dans son action par la menace allemande. Le marché, désormais, n’achète plus les déclarations de M. Draghi. Tout ceci était prévisible. Vous ne pouviez ignorer que Mario Draghi achetait du temps. Le temps s’est aujourd’hui écoulé.

Survint alors la deuxième occasion. En décidant d’intervenir au Mali, vous avez pris une décision que je crois juste, même si les raisons pour lesquelles vous l’avez prise sont plus obscures. L’intervention française, qui vient ajouter au nombre des opérations extérieures de nos forces armées, pèse financièrement. Vous aviez la possibilité d’aller à Bruxelles et de dire à nos partenaires que soit ils venaient avec nous soit ils devaient nous délier de nos engagements financiers et manifester sur ce terrain une solidarité qu’ils nous refusaient en réalité sur le théâtre des opérations. En un mot, l’intervention au Mali, puis au Centrafrique, vous offrait l’opportunité de provoquer la renégociation de ce pacte auquel vous aviez si imprudemment souscrit. Et, là, la position de la France aurait été très forte. Vous aviez la possibilité de confronter Mme Angela Merkel à ses contradictions. A nouveau, vous vous êtes contenté de bonnes paroles et de gestes symboliques.

La troisième opportunité perdue se situe entre ce printemps et la désastreuse décision de suspendre la livraison du « Mistral » à la Russie. La France avait la possibilité, de par son histoire mais aussi sa position internationale particulière, en ne s’associant pas à la deuxième, ni à la troisième, vague des sanctions, d’ouvrir un véritable dialogue avec la Russie. Nicolas Sarkozy, votre prédécesseur, avait compris cela. Il l’avait mis en pratique en août 2008 lorsqu’éclata la crise entre la Géorgie et la Russie. En décidant de vous aligner sur les Etats-Unis et sur l’Union Européenne, vous avez, au contraire signifié la disparition de la France. J’en souffre bien sûr pour mon pays, mais ceci n’est en rien essentiel. Cette disparition d’une politique étrangère indépendante implique aussi que la confrontation entre les États-Unis et leurs alliés et la Russie peut se poursuivre au détriment de la notion d’Europe, qui est la première, mais non la seule, victime de cet affrontement. Il en a résulté une guerre en Europe. La France s’est déshonorée en soutenant implicitement les héritiers idéologiques du nazisme et en apportant sa caution au projet de nationalisme « ethnique » d’une partie de la classe politique ukrainienne.

Faiblesses d’une politique, faiblesse d’un homme

Ces occasions perdues, si elles avaient été utilisées différemment, auraient pu vous permettre de reprendre la main. Vous avez décidé de choisir de ne pas choisir. Vous vous êtes refusé à la construction d’un rapport de force, que ce soit en politique économique ou en politique internationale. Il en va de même en politique intérieure.

Dans une note publiée sur ce carnet il y a à peu près un an, j’analysais vos choix possibles1. Je prédisais qu’en nommant Manuel Valls comme Premier-Ministre, ce que vous vous êtes résolus à faire ce printemps, vous choisissiez une impasse. Je cite mes propres mots de l’époque : « La seconde possibilité est un remaniement ministériel avec le choix de Manuel Valls, le Ministre de l’Intérieur, comme Premier Ministre. François Hollande chercherait à capitaliser sur la popularité actuelle de Valls. Mais, ce faisant, il prend le risque de l’user prématurément. D’ailleurs, le choix de Manuel Valls n’a de cohérence que s’il s’accompagne d’une ouverture vers le centre-droit. Mais, le centre est en France comme le mythique « triangle des Bermudes » : quand on l’atteint, on disparaît. Ce gouvernement Valls pourrait faire illusion pour une période de 6 mois à un an, mais après la France se retrouverait dans un état pire qu’aujourd’hui. Un gouvernement Valls serait un chiffon rouge devant le Front de Gauche et une partie de la Gauche socialiste alors que, dans le même temps, les forces d’appoint centristes seraient probablement insuffisantes. La pays irait de crise sociales en crises politiques, avec à la clef une probable dissolution de l’Assemblée dans un délai d’un an. » C’est très exactement la situation où nous sommes, et la dissolution surviendra sans doute au printemps 2015. En nommant Manuel Valls vous avez nommé un ambitieux qui comprend, et c’est évident, qu’il doit rompre symboliquement avec vous et vous faire porter le fardeau de cette rupture. De provocations en petites phrases il vous forcera à se séparer de lui, s’étant entre-temps construit l’image d’un homme du « centre », de responsable, et de soumis aux diktats du MEDEF. En attendant, vous aurez foulé aux pieds tous vos engagements, et vous aurez déçu même les plus aveugles de ceux qui vous soutiennent.

On mesure que les faiblesses de votre politique, ses hésitations multiples, ses nombreux reniements, ne font que traduire une faiblesse plus personnelle, que vous masquez tant sous l’apparence d’un boute-en-train débonnaire que sous le masque d’une personne dure aux faibles et soumise aux puissants. Cette faiblesse, c’est l’incapacité à prendre des décisions qui coûtent, c’est la volonté de toujours ménager la chèvre et le chou. Mais l’on ne sait que trop qui mange qui dans ce genre de situation. Cette incapacité à trancher, à savoir qui véritablement vous voulez être, est votre Némésis. Ce qui n’est en somme qu’un problème de caractère devient désormais un problème politique pour tous les français. Peu m’importe que vous soyez hué et vilipendé. Mais, ce qui importe à des millions de personnes c’est que votre action précipite notre pays, et à travers lui l’Europe, dans une crise sans égale. La protection sociale, héritage d’un siècle de luttes, est en train d’être détruite sous vos yeux et avec, si ce n’est votre consentement, du moins votre indifférence.

Partir dignement

Au point où nous en sommes, la seule question qui peut encore être posée est celle des conditions de votre départ. Ce sera votre choix, et ce sera le dernier. Plusieurs possibilités s’offrent à vous, de la dissolution qui susciterait une autre majorité et donnerait le pouvoir véritable au Premier-Ministre issu de la nouvelle assemblée à une possible démission. Mais, désormais, votre impopularité et le rejet général dont vous êtes l’objet sont devenus des problèmes pour les institutions de la République. Vous abimez votre fonction, vous abimez la République et, en fin de compte, vous abimez la France.

Prenez garde de ne pas rester, une fois encore, dans cet « entre-deux » que vous affectionnez tant. Les français sont à bout. Si vous tergiversez, ils vous le feront savoir, et ceci risque d’être bien plus déplaisant que la lecture de cette lettre.

  1. Sapir J., « Le choix de François Hollande », publiée sur le carnet Russeurope », 1er Novembre 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1652 []

source : Le blog de Jacques Sapir

Génocide du Rwanda Les médias-mensonges politiques sont enfin démasqués. par Christian Sébenne sur le site "Réseau International".

22 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Afrique, #AMERIQUE, #La nation ., #Politique étrangère, #Armée

Génocide du Rwanda Les médias-mensonges politiques sont enfin démasqués.

Génocide du Rwanda Les médias-mensonges politiques sont enfin démasqués. par Christian Sébenne sur le site "Réseau International".

Du baume au cœur pour le Colonel Jacques Hogard et le Capitaine Paul Barril

Il est des nouvelles qui passent inaperçues ou sont volontairement passées à la trappe voire censurées, tellement elles dérangent la conscience de ceux qui ont pêché par manque d’analyse, de réflexion ou de discernement, à moins que ceux-ci ne faisaient que répondre à une stratégie émanant directement d’un certain Protocole de Toronto.

La longue enquête menée par la BBC, média dominant s’il en est, a fait l’effet d’une bombe médiatique exceptée en France, révélée par la voix de la journaliste Jane Corbin qui confirme en tous points que les massacres qui auraient été perpétrés par les Hutus sur les Tutsis étaient et sont une vaste imposture dans la présentation des faits, et pour reprendre le titre du canadien Bernard Desgagné, « La propagande des médias menteurs est complètement démolie », (dont l’article ci-joint).

http://www.vigile.net/La-BBC-confirme-la-macabre

Dans cette fuite en avant pour cacher la vérité, Paul Kagamé a ‘’fait suicider’’ ou liquider nombres de témoins gênant de son entourage proche, cependant quelques uns avaient in extremis eu le temps de témoigner avant leur mort, mais ici les preuves à charge sont apportées en complément par des anciens du FPR traqués par le tyrannicide Kagamé.

L’union sacrée en 1996 entre le Président Paul KAGAMÉ et Binyamin NETANYAHU à Yad Vaschem

Cette minutieuse quête pour qu’enfin la vérité voit le jour, fait suite à plus de vingt années de mensonges et de calomnies, taxant les Hutus d’actes de génocide, ainsi que des défoulements diffamatoires à l’encontre de l’Armée Française, propos qui avaient déshonoré tout particulièrement le Colonel Jacques Hogard et le Capitaine Paul Barril qui ont été salis et accusés à tort des pires ignominies voire de complicité de génocide.

Dès les événements de 1994, en tant qu’ancien propriétaire du magazine Africa International, selon les faits et nos informations de l’époque, rapportés entre autres par notre spécialiste de la région des Grands Lacs, Jerzy Bednarek, faits et informations qui n’ont fait que suivre notre ligne éditoriale, nous avons toujours dénoncé l’affabulation et les mensonges du « Tutsi-Power » de Paul Kagamé, mensonges repris et suivis en boucle par la presque totalité de la Presse, et j’insiste à nouveau lourdement ici, ‘’mensonges relayés par la quasi intégralité de la Presse sur la couverture des faits et massacres au Rwanda’’ dont la diabolique rhétorique perdure encore aujourd’hui, alors que celle-ci est un règlement de compte dont les Hutus furent et sont encore les victimes et non l’inverse, d’un génocide qui deux décennies plus tard perdure encore et toujours.

Aujourd’hui, vingt ans après le déclenchement du drame, les massacres ont fait plus de six millions de morts, le génocide continue et Paul Kagamé égal à lui-même est invariablement au pouvoir, à qui profite le crime, cherchez l’erreur…?

Je me suis permis de joindre en annexe un texte que j’avais rédigé l’année dernière lorsque j’ai appris que le capitaine Paul Barril était poursuivi et accusé de complicité de génocide; or, le connaissant très bien, je n’avais pas pu laisser passer sans réagir ces propos diffamatoires dont il était affublé.

http://www.armee-media.com/2013/07/21/lhonneur-du-capitaine-barril-ne-doit-pas-etre-bafoue-par-christian-sebenne/

Mon texte avait été repris sur le site de madame Nicole Guihaumé, celle-ci avait retrouvé un additif que j’avais rédigé en 2010 de mon exil Canadien faisant état d’une décision des enquêteurs de l’ONU qui déjà à cette époque remettait les pendules à l’heure et aurait dû mettre un terme au calvaire vécu entre autres par le Colonel Jacques Hogard et le capitaine Paul Barril, c’était sans compter avec le lobby des faussaires.

http://www.les-attentats-du-11-septembre-vus-par-une-conspirationniste.com/article-le-capitaine-barril-accuse-de-complicite-de-genocide-video-de-l-accident-d-avion-d-habyarimana-119165230.html

Aujourd’hui, à la lumière des révélations de la BBC, celles-ci sont une réhabilitation pour ceux qui ont été injustement salis et dont la vie a été brisée par la tournure de tous ces mensonges et fausses accusations dont la planche de salut pour nombre de survivants aura été l’exil, sans oublier les familles endeuillées de l’équipage de l’avion présidentiel du Falcon 50, dont le cas n’a apparemment pas ému grand monde.

Alors que tant de journalistes d’investigations, pour ne citer que Jerzy Bednarek, Bernard Lugan, Pierre Péan ou les travaux de Robin Philpot avaient depuis longtemps apporté tous les éléments de preuve de la falsification des faits dans la responsabilité chronologique de ce génocide, il est choquant de constater que ceux qui ont œuvré pour que la vérité puisse voir le jour aient été trainés dans la boue et soient taxés de révisionnistes voire de négationnistes, ces faits ont d’étranges similitudes avec une certaine coloration que Paul Kagamé a revendiqué, d’un business démontré, et démonté pièce par pièce par Norman Finkelstein de l’exploitation des souffrances que l’on veut à tout prix faire rentrer de force dans le mental des peuples au grand dam de la vérité, car dans cette course aux génocides… les falsificateurs de l’histoire auront livré ignominieusement en pâture les sacrifiés Jacques Hogard et Paul Barril.

Dans cette réécriture de ce drame, les spécialistes de l’investigation exposeront leurs masses de preuves, mais la justice devra statuer sur le pourquoi et les raisons qui ont poussé le président Nicolas Sarkozy à s’octroyer le droit d’interférer dans ce dossier et à démettre le juge Jean-Louis Brugière dont le travail avait été remarquable. Plus que jamais se pose le grave problème de la dissociation des pouvoirs pour une justice indépendante, honnête et libérée des réseaux et loges, comme en ont fait foi de récentes affaires où des jugements iniques et anticonstitutionnels ont été rendus par le Conseil d’Etat. Faut-il avoir été soi-même victime de dénis de justice pour comprendre l’effroyable gravité de ces situations pour nos libertés, qui chaque jour passant font craindre le pire pour nos droits de « sans dents » et l’avenir de la République.

En conclusion, il est affligeant que la somme de ces preuves flagrantes ait été dévoyée de la sorte, la tournure de prestidigitation donnée à cette funeste tragédie par le juge Marc Trévidic sur ce dossier devait semble t-il cadrer au mieux des intérêts supérieurs des Protocoles de la caste de ce Nouvel Ordre Mondial. La BBC a parlé !

« Blessent mon cœur d’une langueur monotone ». Paul Verlaine

Christian Sébenne

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/10/20/genocide-du-rwanda-les-medias-mensonges-politiques-sont-enfin-demasques/#more-71687

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